Gazette d’@rrêt sur images, n°496. De l’ancien au nouveau monde : Isabelle Attard parle

Gazette d’@rrêt sur images, n°496

Pour évoquer le nouveau monde macronien, nous avons choisi une voix de l’ancien monde. Et pas n’importe laquelle : Isabelle Attard, remuante députée sortante, sur de nombreux sujets qui nous intéressent. Elle a été sèchement battue au premier tour des législatives. Comment analyse-t-elle son échec ? Que pense-t-elle des candidates novices qui bafouillent sur les plateaux ? Des premiers gestes de Macron sur l’écologie et le code du travail ? Et elle, maintenant, que va-t-elle faire ? Notre émission est ici (1).

Un nouveau chroniqueur nous rejoint cette semaine : André Gunthert, professeur de culture visuelle. Il nous parlera…d’images (quelle surprise !) Et il commence avec Wonder Woman. Certes, le film n’est pas féministe. Mais tout de même… Sa chronique est ici (2).

Je voudrais enfin vous raconter l’histoire de Koumba. C’est une jeune fille qui a grandi en France et qui arrive dans son pays de naissance, le Sénégal, à l’âge de vingt ans, après son expulsion de France. Elle est l’héroïne d’un documentaire, La mort du dieu serpent. Nous en parlerons la semaine prochaine, mais vous pouvez déjà le regarder. Il est ici (3).

Daniel Schneidermann

(4)

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[Cerises] Argenteuil – un moment d’histoire duPCF

Ce  vendredi, vous trouverez  « Argenteuil » en « gâteau » et les rubriques habituelles.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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[ATTAC] Pas d’opposition à l’Assemblée, retrouvons-nous à l’Université d’été pour organiser celle des mouvements sociaux

Pas d’opposition à l’Assemblée, retrouvons-nous à l’Université d’été pour organiser celle des mouvements sociaux

Évènement 15 juin 2017

Cher·e ami·e,

L’actualité nous le montre, il faudra une mobilisation forte et massive des mouvements sociaux pour répondre aux mesures déjà annoncées du premier gouvernement Macron. Cet été à Toulouse, les mouvements sociaux de toute l’Europe se rencontreront. Rejoignez-les, et retrouvons-nous. C’est le moment de débattre, réfléchir, analyser et de nous organiser ! Rendez-vous à l’Université d’été européenne des mouvements sociaux du mercredi 23 au dimanche 27 août 2017, à Toulouse.

Profitez de notre offre spéciale Université d’été pour passer à l’Attac : inscrivez-vous à l’Université d’été et profitez-en pour adhérer à Attac à tarif réduit et recevez le livre d’Attac de votre choix lors de votre arrivé à Toulouse.

Mercredi 23 août à 17 h, Susan George , écrivaine franco-américaine et présidente d’honneur d’Attac France, Achille Mbembe , historien camerounais spécialisé sur les questions liées au colonialisme, Edwy Plenel , journaliste et fondateur de Mediapart, et Zoé Konstantopoulou , ex-présidente du parlement grec, ouvriront l’Université d’été.

Pour faire de cet événement un succès populaire et militant, nous préparons depuis plusieurs mois un programme exceptionnel :

  • > 10 plénières thématiques durant lesquelles interviendront des personnalités militantes et/ou intellectuelles internationales (voir la liste ici).
  • > 20 séminaires pour préparer ensemble les mobilisations ô combien nécessaires de la rentrée, développer nos analyses critiques, et faire connaître des alternatives concrètes.
  • > Une cinquantaine d’ateliers pour explorer tous les sujets chers à Attac et aux mouvements sociaux (système financier, libéralisme, multinationales, climat et écologie, agriculture, migration, féminisme, travail, activisme…).
  • > Des activités hors-les-murs pour découvrir les lieux au cœur de la vie militante toulousaine et des environs, et aussi des pièces de théâtre, des concerts et des expositions pour redonner à l’art et à la création toute la place qu’ils méritent !

Alors n’attendez pas pour réserver votre place !

Vidéo de présentation de l’Université d’été européenne des mouvements sociaux

Vous avez besoin d’un hébergement à Toulouse ?

Sélection d’hôtels et d’auberges de jeunesse

Le comité local d’Attac Toulouse a préparé pour vous des solutions d’hébergement pour toutes les bourses. Une liste d’hôtels est disponible sur le site web.

Cité universitaire (CROUS)

400 places en chambre universitaire individuelles (à 30 minutes en métro du lieu de l’Université d’été) sont disponibles ! Vous pouvez réserver jusqu’au 19 juin, n’attendez pas !

Hébergement militant

Des militant·e·s toulousain·e·s vous proposent également de loger chez eux gratuitement, mais il n’y a que peu de places et celles-ci seront attribuées en priorité aux personnes qui peuvent difficilement payer pour un hébergement.

Camping

Un camping à prix libre vous est également proposé (il y a 40 places environ, n’attendez pas pour nous faire savoir si vous souhaitez y planter votre tente), il est à environ 45 minutes en transports en commun de l’université, dont un petit passage à pieds ou en vélo (les militant·e·s de la vélorution peuvent prêter quelques vélos si besoin). Si vous êtes véhiculé·e c’est l’idéal !

Attac France — 2017
Twitter |  Facebook |  Viméo


Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

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Dernière ligne droite de la quinzaine classe

L’été approche et, avant de vous souhaitez un bel été que nous espérons riche d’amitié, d’amour mais aussi de résistances en tous genre et de victoires, nous vous envoyons ce dernier mail de notre saison 2016-2017 pour vous annoncer l’ultime ligne droite de notre quinzaine des soirées classe. Deux derniers rendez-vous sur lesquels nous vous invitons à vous inscrire (nos jauges étant limitées). Deux dernières occasions avant de nouveaux rendez-vous en septembre-octobre prochain pour nous rencontrer, nous tenir chaud, refaire le monde à notre mesure et nous rappeler à quel point l’esprit de résistance et de collectif va nous être utile pour affronter le quinquennat de Macron. On se retrouve place de l’UPPERCUT ?

# CONFÉRENCE GESTICULÉE SUR L’ÉCOLE #

Sept bénévoles de l’UPPERCUT ont décidé d’unir leur énergie et de construire une conférence gesticulée qui, à partir de morceaux de vie et d’analyses théoriques, évoquera les grands enjeux de l’école actuelle : la notation, la pédagogie, l’orientation… A mi chemin entre spectacle et conférence, cet objet politique donnera à entendre les récits autobiographiques de ses auteurs. Le but avoué ? Que la parole se libère : une parole comme un acte de résistance, un état d’alerte. Une parole qui se veut libre et qui interroge, éveille, transporte et fait finalement briller l’espoir… Nous vous attendons !

Vendredi 16 juin à 20h30 à la salle du Lapin vert, foyer de l’Amicale Laïque, place de l’église à la Montagne.

# BALADE UPPERCUTANTE : SUR LES CHEMINS DE L’ECOLE BUISSONNIERE #

L’uppercut nous invite à une nouvelle balade, à travers le territoire communal, qui prendra soin d’éviter les sentiers battus. Les enfants, les écolier-e-s que nous fûmes ont encore en tête les intrépides aventures que constituaient ces accrocs aux bonnes manières, ces moments d’oubli de l’ordre établi. L’école buissonnière nous faisait nous retrouver en pirates au fond des bois ou dans l’herbe haute. Chatouillé-es par les papillons, gratouillé-es par les orties, nous refaisions le monde là où les aménageurs laissaient, momentanément, le reste du vivant tranquille. Ainsi nous nous promènerons là où nous pourrions encore sentir et rêver l’alternative. Des enfants d’aujourd’hui nous entendrons les paroles, libres, recueillies par notre conteuse-cueilleuse préférée, à l’endroit oublié, momentanément, de la cité de demain, encore vague, encore en friche.

Dimanche 18 juin de 10h à 13h sur les chemins de la Montagne. Rdv au Belvédère du Boulevard Bellevue à la Montagne. Proposition de partager un repas urbano-champêtre à l’issue de la balade (pensez apporter votre pique-nique).

Très bel été à vous,

Avec nos amitiés les plus sincères,

l’équipe de l’UPPERCUT

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Numérique : plus d’équipement mais nouveau fossé numérique aux Etats Unis

Les enseignants américains ont plus de matériel numérique et d’accès Internet mais les usages n’évoluent pas voire la situation se détériore, note la revue américaine Edweek qui consacre un dossier aux dernières statistiques fédérales sur le numérique à l’école.

« Malgré la promesse de construire les compétences du 21ème siècle, comme la créativité et la résolution de problèmes, les élèves disent qu’ils utilisent les ordinateurs à l’école davantage pour des activités routinières », écrit Edweek. La revue souligne aussi que le pourcentage d’enseignants formés aux usages numériques a légèrement baissé depuis 2009.  Les enseignants non formés se retrouvent surtout dans les écoles des quartiers populaires créant ainsi un nouveau fossé numérique entre les élèves pauvres et les favorisés.

Dossier Edweek

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Rythmes : le Snuipp 75 pour le retour aux 4 jours

« La déclinaison parisienne de cette réforme est une catastrophe. Elle est massivement rejetée par les collègues : désorganisation des écoles, fatigue des élèves, remise en question du temps scolaire… Il est urgent d’y mettre fin », écrit le Snuipp 75. Le syndicat dénonce la position de la mairie en faveur des 4 jours et demi et demande au recteur « l’ouverture urgente de discussions sur la déclinaison parisienne de la réforme des rythmes scolaires ».

 

Snuipp 75

2013 : Dialogue de sourds à Paris

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Bac, APB : pressions pour la réforme

Alors que commencent les épreuves du bac, qui est satisfait du système actuel ? On peut se le demander alors que se multiplient les plaintes après l’annonce ministérielle d’un report de la réforme du bac et de l’orientation post bac à après 2018. Le 14 juin, le Sgen Cfdt, le Snpden et des syndicats Fsu tapent chacun à leur tour sur APB et le bac.

 » Le baccalauréat ne remplit plus sa fonction de préparation aux études supérieures », écrit le Sgen Cfdt. « Il demeure cependant un rituel auquel beaucoup restent attachés mais qui détourne le lycée de ses vraies missions : développer les compétences des élèves et les guider vers l’autonomie ». Le syndicat donne la parole à Armelle Nouis, co auteure d’un rapport du think tank proche de Macron Terra Nova.

Mais c’est APB qui fait réagir des syndicats aussi différents que le Snes Fsu et le Snpden Unsa.  » De plus en plus d’étudiants ont des parcours non-linéaires qui peuvent passer par des redoublements, des réorientations, tout en étant des réussites en terme d’accès au diplôme ou d’insertion professionnelle », rappelle le Snes, le Snep , le Snuep et le Snetap Fsu des Pays de la Loire après les premiers résultats d’APB. Ces syndicats réagissent après l’annonce de tirages au sort sur des formations recommandées aux lycéens et les alarmes subies par les lycéens sur leur orientation post bac.

« Les difficultés rencontrées par certains lycéens et étudiants ne leur sont pas imputables par nature, et ne sont pas une fatalité. Il est possible de lutter contre l’échec en licence, à condition d’abonder les moyens des universités qui ont été largement appauvries depuis la loi LRU, et de travailler sur les contenus enseignés et sur les pratiques pédagogiques au lycée et dans le supérieur. Mais réduire l’accès aux études est la pire des solutions ! L’université doit rester ouverte à toutes et tous les jeunes qui le souhaitent ».

 » La question du baccalauréat doit être, enfin, ouverte. Il était temps car on assiste à la pire absurdité qu’on puisse imaginer : tirer au sort des élèves à l’entrée de 169 licences, une semaine avant qu’ils ne passent le baccalauréat, soulignant combien les résultats qu’ils vont obtenir n’ont plus aucun rôle », écrit le Snpden.

 » Mais il y a encore plus scandaleux. Des formations dites « pastille verte », rendues obligatoires sous prétexte qu’elles garantissaient aux élèves une place dans l’enseignement supérieur, font elles-mêmes l’objet de tirages au sort, foulant aux pieds les engagements pris et répétés auprès des élèves et des familles. Pour couronner cette désinvolture, les personnels de direction -que les autorités abreuvent d’exhortations à « accompagner la construction du projet » de l’élève-  ont surtout été informés par les médias et les élèves victimes du tirage au sort. Cela discrédite la parole de l’institution et de ceux qui la portent, surtout quand ils ne sont pas informés ». Le Snpden organise la semaine prochaine une conférence de presse sur le bac.

Communiqué Sgen

Sur le rapport de Terra Nova

La réforme repoussée à après 2018

Faut-il simplifier le bac ?

La dangereuse réforme du bac

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L’apprentissage des langues progresse en Europe

Que sait-on de l’apprentissage des langues vivantes en Europe ? Eurostat publie une étude précise sur le développement de l’enseignement des langues. Avec une bonne nouvelle : celui ci progresse en Europe. Et le français reste la seconde langue étrangère étudiée en Europe.

Comment évolue l’apprentissage des langues ?

Selon Eurostat, 84% des écoliers européens apprennent au moins une langue étrangère. C’est 16% de plus qu’en 2005. Dans 12 pays tous les écoliers apprennent une langue étrangère. C’est le cas par exemple en France mais aussi en Espagne ou Pologne. L’apprentissage peut commencer à 3 ans comme en Belgique germanophone. Mais pour la plupart des écoliers il commence entre 6 et 8 ans. C’est le Royaume Uni qui retarde le plus cet apprentissage, statut de l’anglais oblige.

La majorité des collégiens européens apprennent deux langues vivantes (60%) et là aussi leur nombre augmente.  Dans 11 pays cet enseignement concerne 90% et plus des élèves. Mais dans tous les pays, les élèves de l’enseignement professionnel son moins nombreux à apprendre deux langues.

Quel niveau ?

La quasi totalité des pays européens  a adopté le Cadre européen commun de référence pour les langues. La plupart demande le niveau A2 en fin de collège et B2 en fin de lycée pour la première langue et B1 pour la seconde  en fin de lycée.

Quelles langues sont apprises ?

On ne sera pas surpris de constater que l’anglais se taille la part du lion. 97% des collégiens apprennent l’anglais. C’est aussi le cas de 79% des écoliers et 85% seulement des lycéens (les élèves du professionnel n’apprennent pas tous une langue étrangère). La part de l’anglais a encore progressé fortement depuis 2005 particulièrement au primaire.

Le Français est la seconde langue enseignée : 34% des européens l’apprennent au collège et 23% au lycée. L’Allemand vient après avec 23 et 19% devant l’espagnol enseigné à 18% des collégiens et 19% des lycéens. L’espagnol est en progression.

Apprend on les langues en France comme dans les autres pays ?

Dans la plupart des pays européens on accorde davantage de temps aux langues au primaire que dans le second degré. C’est le contraire en France. On accorde 270 heures à l’école alors que la moyenne européenne est de 312 heures. 17 pays européens consacrent davantage de temps. Dans le second degré, les langues prennent 936 heures contre 565 en moyenne en Europe. Un système qui explique peut-être les difficultés de nos élèves ?

Etude Eurostat

Le rapport

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La France reste championne des fondamentaux

 » D’abord et avant tout les fondamentaux ». Dans son discours d’installation, le 17 mai, Jean Michel Blanquer a mis les fondamentaux comme la première priorité de l’Ecole en les précisant :  » Lire, écrire, compter , respecter autrui ». Une injonction qui vient butter sur la réalité statistique. Selon Eurostat, qui vient de publier son annuel sur les temps d’instruction en Europe, l’école française est déjà celle qui accorde le plus de temps aux fondamentaux.

La championne du temps scolaire ?

Alors que le débat sur les rythme scolaires est relancé, qu’en est il du temps consacré à l’instruction en France ? Eurostat livre à la fois des données et deux manières de les lire.

Si l’on en croit la longueur de l’année scolaire, l’école française a les temps d’enseignement parmi les plus longs en Europe. L’année scolaire à l’école primaire c’est 864 heures de cours en France contre 734 en moyenne en Europe. Seulement 5 pays ont un temps plus long sur les 42 systèmes éducatifs évalués par Eurostat. Le record c’est le Danemark avec 1051 heures. Mais la Bulgarie se contente de 468 heures.

Au collège, avec 948 heures de classe les élèves français sont nettement au dessus de la moyenne européenne (864 heures) et la France se situe au 9ème rang. C’est pire encore pour le lycée : avec 1031 heures de cours contre 900 en moyenne, la France est au second rang juste derrière l’Espagne avec 1054 heures. Autant dire qu’en France, les années d’école sont parmi les plus chargées du continent.

Mais il y a une autre façon de compter le temps scolaire. C’est additionner le temps scolaire obligatoire.  Or beaucoup de pays comptent 12 d’école obligatoire alors que la France n’en exige que 10. Avec 4000 heures d’instruction obligatoire, la  France est dépassée par le Royaume Uni, les Pays Bas, la Belgique et la Turquie. Il faut rappeler que la grande majorité des élèves poursuit sa scolarité au delà de 16 ans et dépasse donc les 4000 heures.

Dans tous les cas on est très loin d’un modèle européen d’éducation, même si l’Europe a rédigé des directives  sur l’éducation. Le temps scolaire effectif peut varier du simple au double. Pour le collège la Lithuanie ou la Macédoine se contente de 734 heures annuelles quand le Danemark exige 1200 heures.

Championne des fondamentaux

Là où la position de la France est bien établie c’est pour les fondamentaux. Pour la lecture – écriture, l’école primaire française mobilise 1656 heures. C’est presque le double de la moyenne européenne qui est de 953 heures. Aucun pays n’atteint le nombre d’heures français. L’Allemagne se contente de 744 heures, l’Espagne de 1099, la Pologne de 383 heures.

Ces données relativisent les propos entendus durant la campagne électorale. Inutile d’augmenter l’horaire de français à l’école. On lui consacre déjà beaucoup plus de temps que tous nos voisins. La conférence de consensus du Cnesco a par contre montré qu’il y avait des apprentissages à renforcer.

Dans le second degré, 774 heures sont consacrées au français quand la moyenne est de 564 heures. Seuls l’Italie et la Turquie donnent plus de temps à l’étude de leur langue nationale.

900 heures sont consacrées aux maths à l’école primaire ce qui est nettement plus que la moyenne européenne (670 heures). 5 pays consacrent plus de temps que la France, dontle Portugal avec 1310 heures. L’Allemagne se contente de 573 heures.

Dans le second degré, la France donne 684 heures aux maths , nettement au dessus des 484 heures de la moyenne européenne. Seule la Turquie, avec 768 heures, y passent plus de temps.

En sciences, la France est aussi nettement au dessus de la moyenne européenne avec 306 heures au primaire (contre 284) et 630 dans le second degré (contre 475). Seulement 2 pays européens accordent plus de temps à ce niveau.

Mais l’école la moins autonome

Eurostat donne encore deux singularités de l’école française. La première est son manque d’autonomie.  Il est souligné par Eurostat. Celle ci peut porter sur l’organisation des enseignements ou même sur le curriculum.  Dans neuf pays l’établissement scolaire peut affecter du temps supplémentaire sur tel ou tel sujet aussi bien au primaire que dans le second degré. En Ecosse aucun horaire n’est donné pour aucune discipline. En Finlande l’Etat fixe des horaires disciplinaires mais les écoles ont une marge pour leur répartition. La France reste fidèle à un système national  qui fixe des horaires nationaux pour chaque année.

La seconde singularité est liée à cette question. La France est le pays européen qui a connu la plus forte réduction du temps d’instruction en 2016. 180 heures ont disparu au collège du fait des nouveaux dispositifs (AP EPI).

Le rapport

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AVS : des manifestations devant les rectorats aujourd’hui

Avec le soutien de la CGT et de Sud, les associations d’AVS organisent des rassemblement devant les rectorats le 14 juin un peu partout dans le pays.  Ils demandent la fin d e la précarité et des salaires décents.

 

Le groupe Facebook

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Bac : le Snes sceptique sur la politique ministérielle

 » Quoi qu’en dise le ministre, le bac comme premier grade universitaire risque d’être mis en cause s’il ne garantissait plus la possibilité de s’inscrire dans le Supérieur », écrit le Snes dans une tribune publiée le 13 juin. « Faire du contrôle continu la norme d’évaluation viderait le bac de sa dimension nationale et l’affaiblirait bien davantage. Comme le rappelait le CNESCO dans son rapport de juin 2016, des épreuves terminales, nationales et anonymes garantissent une forme de justice sociale car l’évaluation est ainsi déconnectée de la supposée qualité de l’établissement d’origine des candidats. »

 

Sur le site du Snes

Faut-il simplifier le bac ?

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Rythmes : un détricotage plus rapide qu’annoncé ?

Les « expérimentations » annoncées par JM Blanquer et actées dans un projet de décret présenté au CSE du 8 juin pourraient bien se transformer en ras de marée. Pour la seule journée du 13 juin, la presse régionale signale que Versailles et Carcassonne demanderont à bénéficier du retour aux 4 jours. Dans les Alpes Maritimes, selon Nice Matin, ce sont toutes les communes sauf 10 qui vont demander à basculer vers l’ancien système. Le cas le plus difficile sera la ville de Nice où les conseils d’école ne sont pas tous d’accord. Selon Nice Matin, les communes ont jusqu’au 23 juin pour se prononcer. Les conseils d’école auront jusqu’au 28 juin pour émettre leur avis. Le Conseil départemental de l’éducation nationale se réunira avant le 7 juillet pour examiner les cas. C’est ensuite le Dasen qui décidera. Le détricotage pourrait bien être plus rapide que ce que le ministre a annoncé.

 

Carcassonne

Versailles

Alpes maritimes

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Bac : la reforme repoussée à l’après 2018

Le bac fera bien l’objet d’une réforme. Mais JM Blanquer veut prendre le temps nécessaire à sa mise au point et le bac 2018 devrait être inchangé. C’est ce que nous a dit le 13 juin l’entourage du ministre. Pour 2017, le ministère enregistre une forte hausse du nombre de candidats. Elle devrait s’accélérer encore en 2018.

Une hausse sensible du nombre de candidats

Les épreuves terminales du bac commencent jeudi 15 juin par la philosophie et les épreuves anticipées de français et , dans certaines séries, sciences.  On compte cette année 719 000 candidats aux épreuves de terminale et 538 000 aux épreuves anticipées. Les candidats de terminale sont 25 000 de plus qu’en 2016, principalement en bac général où on compte 380 000 candidats contre  362 en 2016. Les séries technologiques et professionnelles connaissent aussi une progression (de de 3000 et 4000 candidats).

Cette hausse générale ne se retrouve pas dans toutes les séries de l’enseignement général. La série L continue sa chute avec seulement 60 000 candidats soit 4% de moins qu’en 2016. La série S progresse peu. C’est en ES que la progression est forte avec 109 000 candidats soit 13% de plus qu’en 2016.

Cette hausse va continuer en 2018. On compte 538 000 candidats aux épreuves anticipées soit  35 000 de plus qu’en 2016 (+7%).

Le nombre de correcteurs lui ne change pas. 170 000 enseignants sont mobilisés pour l’évaluation des candidats. Davantage encore pour la surveillance.

Continuer la modernisation

« Le bac s’inscrit dans la continuité mais poursuit la modernisation de ses épreuves », a expliqué le 13 juin Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) en présentant la session 2017 du baccalauréat.

Dans ces modernisations, Florence Robine a cité l’étalement sur 6 jours des épreuves pour permettre aux candidats handicapés (ils sont plus nombreux cette année +25%) qui ont un temps allongé de ne pas avoir plus de 8 heures d’épreuves par jour.

Mais le bac 2017 compte quelques nouveautés.  La conservation des notes en cas d’échec au bac a été étendue à toutes les séries. Pour le ministère il s’agit de lutter contre les sorties sans diplôme. Cette année voit également se mettre en place  la nouvelle organisation de l’épreuve de remplacement de septembre. Un candidat absent pour un bon motif à une épreuve en juin pourra ne repasser que cette épreuve en septembre.

Des réunions de jurys à distance

La modernisation du bac ce sont aussi les épreuves de langues passées par webconférence pour les candidats malades, emprisonnés ou trop éloignés. Le ministère étend aussi la correction des copies à distance et les réunions dématérialisées de jury. Selon F Robine, ce procédé intéresserait d’autres pays.

F Robine a indiqué que les dispositifs mis en place par N Vallaud Belkacem , comme le dispositif « meilleur bachelier » sont maintenus. Ce dispositif donne accès aux filières sélectives aux meilleurs bacheliers de chaque filière de chaque lycée. Cela concerne environ 10 000 jeunes. En 2016 seulement 2 600 jeunes ont demandé à bénéficier de ce dispositif et finalement seulement 877 ont eu la formation qu’ils souhaitaient.

La session 2018 inchangée

« L’évolution du bac c’est une réflexion à long terme », a indiqué F Robine. « On a entendu les déclarations du Président et le ministre a la volonté de réfléchir  à ces questions ». JM Blanquer devrait s’exprimer sur l’avenir du bac prochainement.

Dans l’entourage de JM Blanquer, on précisait que cette déclaration n’aurait pas lieu durant le bac . Surtout on indiquait que le bac ne serait probablement pas modifié pour la session 2018. Le nouveau bac serait mis en place plus tard probablement après une concertation.

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Rentrée : petites annonces et communication…

Formations pour les enseignants de CP, études « prouvant » l’inefficacité de la semaine de 4 jours et demi, étalement du dispositif « Devoirs faits » jusqu’en 2020… Le document publié par le ministère de l’éducation nationale le 13 juin apporte quelques éclairages nouveaux sur la rentrée vue de la rue de Grenelle. Il apporte aussi son lot de questions devant des affirmations officielles qui semblent peu assurées.

Dédoublements de CP : Formations annoncées

 » L’objectif global dans lequel s’inscrit cette mesure est « 100% de réussite en CP » : garantir, pour chaque élève, l’acquisition des savoirs fondamentaux – lire, écrire, compter, respecter autrui ». Derrière la rhétorique officielle, qui ignore d’ailleurs bien des compétences utiles au 21ème siècle, le communiqué ministériel publié le 13 juin apporte quelques informations nouvelles sur le dédoublement des classes de Cp en Rep+.

Le texte confirme que  » là où les locaux le permettent les classes de CP seront dédoublées. Là où les locaux ne le permettent pas, deux enseignants interviendront, en petits groupes, dans la même salle de classe ». Le ministère évalue à 2500 classes le nombre de cp en Rep+. Les 2500 enseignants nécessaires seront pris « par redéploiement » des maitres surnuméraires.

 » Le dédoublement des classes de CP en REP+ ne signifie pas la suppression du dispositif « Plus de maîtres que de classes », affirme le texte sans autre précision, alors qu’arrivent du terrain des informations contraires. Le ministère prépare d’ailleurs l’étape suivante :  » hors REP+, ce dispositif va être recentré sur les niveaux CP/CE1″.

Le ministère annonce un plan de formation pour les enseignants de CP des Rep+. « Les professeurs bénéficieront d’une formation adaptée à ce nouveau contexte d’enseignement. Fin juin, un séminaire national réunissant les Inspecteurs de l’Éducation nationale impliqués permettra de poser les jalons d’une formation solide pour ces professeurs ».

Rythmes : les mystérieuses études du ministère…

Le ministère confirme la possibilité qui sera offerte à toutes les communes de revenir à la semaine de 4 jours en 2018 et à certaines dès la rentrée 2017 sous forme d’expérimentations. « Les études montrent que les effets de l’aménagement du temps scolaire – sur 4 jours ou 4,5 jours – sont négligeables, voire nuls, sur les résultats des élèves », affirme le ministère.

En réalité, aucune étude n’a été publiée en ce sens. L’étude de la Depp, qui aurait du sortir sous N Vallaud Belkacem, n’a pas été rendue publique. Et JM Blanquer ne l’a pas plus sortie du coffre. Compte tenu de ce qu’on sait des pratiques des enseignants sur les 5 matinées, selon les rapports de l’Inspection,  il serait surprenant que 5 matinées de français maths n’apportent pas plus que 4 matinées.

Prolongement des Devoirs faits

La mise en place du dispositif « devoirs faits » pourrait s’échelonner jusqu’en 2020. Le ministère annonce qu’i sera proposé « dès la rentrée 2017″ en collège.  » Son déploiement dans les écoles et les collèges sera progressif sur les rentrées 2018, 2019 et 2020″. C’est que  le ministère n’envisage visiblement pas d’investir dans le dispositif. La liste des intervenants est longue. A coté des enseignants, qu’il faudrait payer, le ministère prévoir de faire appel à des assistants d’éducation, au service civique(quasi gratuit), aux associations, à des retraités, à des étudiants et même à la réserve citoyenne de l’Education nationale. Un inventaire qui ne préjuge pas d’une grande qualité…

Le communiqué

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[lalettre] 52. IRFSU – La lettre d’information de Juin 2017

Newsletter Juin 2017
A LA UNE

PENSER LE NUMERIQUE

Il n’est pas question d’opposer ici le papier et le numérique : des synergies fécondes sont à l’œuvre, montrant à quel point l’essence du livre est dans l’acte même de lire, et l’enjeu dans le partage de ce plaisir.
Ce qu’il faut penser, c’est précisément comment nous pensons en milieu numérique, ce que cela fait à l’attention, à l’éducation, mais aussi au syndicalisme et à la démocratie elle-même, car c’est toute la signification de la représentation qui est à repenser, et les modalités de la participation qui sont à reconsidérer. C’est pourquoi chacun.e doit pouvoir s’approprier les savoirs scientifiques de base pour être capable de poser des questions légitimes. Sans quoi, le numérique risque de devenir comme la finance : de même que nous parlons de « la main invisible du marché », nous pourrions être soumis à notre insu à cette « main invisible du numérique ».
C’est l’objet du dossier de Regards Croisés. En primeur l’article de Christine Eisenbeis et Maxence Guesdon et celui de Yves Citton.

« Qu’est-ce qu’on fait dans une salle de classe sinon cultiver un certain type d’attention ? »

Yves Citton est professeur de littérature française du 18e siècle à l’université Grenoble Alpes et co-dirige la revue Multitudes. Il est notamment l’auteur de Pour une écologie de l’attention (Seuil).

Commandez le Rapport sur les inégalités en France

Où en est-on des inégalités en France ? Quels sont les domaines où elles augmentent et ceux où elles diminuent ? Les inégalités sont au cœur du débat public mais l’information reste parcellaire et désordonnée. Trop d’informations sont encore réservées aux spécialistes.

L’INSTITUT

Le billet de la présidente

A quoi sert l’histoire ?
« Ce que j’aime dans l’histoire, c’est justement sortir du quotidien, de moi-même aussi » explique Gilles Candar dans un grand entretien que vous découvrirez dans le numéro 22 de Regards croisés, qui arrivera dans vos boîtes aux lettres vers le 20 juin.
Mais alors, comment peut-on écrire l’histoire d’un passé récent et d’événements dont on a été partie prenante ?
Gilles Candar, grand spécialiste de Jaurès et de l’histoire de la 3e République, est aussi membre du Conseil scientifique de l’Institut de recherches de la FSU, qui se réunira le 22 juin prochain. Lire la suite

Archéologie d’une curiosité

Guy Dreux du chantier Histoire/Socialisme et éducation nous propose une note de lecture du livre de Jean-Luc Chappey, Sauvagerie et civilisation Une histoire politique de Victor de l’Aveyron, Fayard, 2017.
Jean-Luc Chappey signe ici un ouvrage aussi élégant que passionnant, archéologie de la curiosité d’un moment, qui a l’immense intérêt de nous rappeler qu’un des legs de la Révolution française fut d’être « le temps des aspirations à l’égalité par la perfectibilité ». Lire la suite

Colloque de Cerisy : L’alternative du commun

Ces dernières années, on observe dans les pratiques comme dans les réflexions théoriques une véritable « explosion » du thème du « commun », devenu une référence centrale pour de multiples foyers de luttes et d’expérimentations politiques et économiques (mouvement altermondialistes et écologistes, défense des services publics, résistances paysannes, coopératives, expérimentations numériques collectives). Lire la suite

ON A VU

Histoire des droites en France (1815-2017)

Depuis le classique de René Rémond, les droites n’avaient pas trouvé leur historien. C’est désormais chose faite grâce à la belle synthèse de Gilles Richard. Couvrant plus de deux siècles d’histoire politique et n’hésitant pas à aborder les enjeux contemporains, l’ouvrage évoque bien entendu les partis et leurs métamorphoses, tout en scrutant les cultures politiques et en pointant les grandes mutations. Lire la suite

La Commune du Rojava : L’alternative kurde à l’État-nation

On dit de la poudrière du Moyen-Orient qu’une nouvelle guerre mondiale peut s’y déclencher. Mais on y voit naître aussi des idées et des pratiques qui montrent qu’un autre monde est possible. Lire la suite

SONT-ILS TOUJOURS DES JUIFS ALLEMANDS ?

La gauche radicale et les Juifs depuis 1968.
Notre collègue Robert Hirsch, docteur en histoire,est l’auteur d’Instituteurs et institutrices syndicalistes, 1944- 1967 (Paris, Syllepse, 2010) et a participé à des ouvrages collectifs. Professeur agrégé dans le secondaire, il a également été chargé de cours à l’Université Paris XIII de 1999 à 2006. Lire la suite

1917-2017 Que reste-t-il de l’octobre russe ?

L’auteur, Roger Martelli, a été professeur d’histoire. Spécialiste de l’histoire du communisme français, il a été en même temps un acteur de cette histoire communiste.
Longtemps membre du Parti communiste français, il a fait partie de sa direction. Lire la suite

AGENDA
Jeudi 22 juin 2017

Réunion Conseil scientifique de l’Institut de recherches de la FSU

Du 23 au 27 août

Université d’été européenne des mouvements sociaux, Toulouse, Université Toulouse – Jean Jaurès

PUBLICATIONS

Regards Croisés N°22

ARTS
BD Sylvain Savoia
DOSSIER
Penser le numérique
GRAND ENTRETIEN
Gilles Candar Lire la suite

En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite

Nouvelle édition 2017 revue et augmentée.
La banalisation des idées d’extrême droite est un danger pour la démocratie, pour les droits sociaux, pour les libertés. Répliquer à leur propagation là où on travaille, là où on vit suppose de se doter d’arguments solides. Le livre En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite contrecarre près de 80 de ses slogans en s’appuyant sur des données solides. Lire la suite

IR-FSU

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[Cerises] Spécial élections législatives

Dans ce numéro spécial, un premier bilan des résultatsdu premier tour : une légitimité des candidats d’En Marche plombée par l’abstention, un immense gâchis de la division entre France insoumise et le PCF.

A vendredi pour le prochain numéro.

L’équipe de Cerises

Cliquer sur l’image ci-dessus ou ici pour une édition en haute-définition.

Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Comment se construit la ségrégation scolaire…

C’est le Snes qui donne l’information. Selon le syndicat, la navette scolaire qui permet le transport des élèves du quartier des Sablons vers le collège de La Pléiade dans un autre quartier ne sera plus gratuite à partir de la rentrée, la municipalité retirant sa subvention de 140 000 €. Le collège La Pleiade est situé dans une cité populaire. Le busing permettait d’amener une population socialement plus mélangée au collège. Cette subvention existait depuis 1997.

 

Sur le site Snes Créteil

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Faut-il simplifier le bac ?

Le 13 juin, le ministère présente la nouvelle édition du baccalauréat. Nouvelle et probablement dernière. Car 2017 verra probablement la dernière année du bac tel qu’il est établi depuis un demi siècle, avec une accumulation d’épreuves finales. Emmanuel Macron a promis la refonte du bac qui compterait nettement moins d’épreuves. Le 5 juin, Jean-Michel Blanquer parle de « remuscler le bac ». N Vallaud-Belkacem évoquait en juillet 21016 la « simplification du bac ». L’idée de réduire le nombre d’épreuves semble faire consensus. Pourtant elle pourrait avoir des conséquences néfastes.

« Remuscler » le bac

 » J’ai toujours été un défenseur inconditionnel de l’existence du baccalauréat mais je pense qu’il faut qu’on retrouve son utilité profonde, qui est non pas d’être une forme d’évaluation finale de l’élève, mais… un tremplin pour la suite de son parcours », a déclaré Jean-Michel Blanquer sur France Culture le 5 juin. Il annonce un bac plus exigeant avec davantage de contrôle continu et quelques épreuves finales.

Pour le ministre il s’agit de  » remuscler ce baccalauréat pour lui donner plus de sens et pour le rendre plus utile, tout simplement, pour les élèves… Le baccalauréat non seulement n’est pas menacé de disparition, mais il a au contraire des perspectives d’évolution pour lesquelles le débat est très largement ouvert ».

Une idée qui fait consensus ?

Mais Jean-Michel Blanquer n’a pas initié le débat sur la réforme du bac. En juin 2016, Annie Genevard, alors déléguée nationale à l’éducation des Républicains, promettait une réforme du bac en cas de victoire de son parti.   » Il faut recentrer les épreuves sur les matières fondamentales de chaque section par des coefficients significatifs… Le nombre d’options offertes au bac pourrait être réduit sans pour autant nuire à la motivation des lycéens pour des matières qui ne seraient plus au programme du baccalauréat, en les intégrant par exemple au dossier scolaire avec des appréciations susceptibles d’être valorisées dans les choix d’orientation futurs », disait-elle. Elle reprenait là une idée exprimée dans un rapport de 2009 de Benoit Apparu.

A gauche, le Think Tank Terra Nova publie au même moment une étude de Martin Andler et Armelle Nouis qui défend la même idée. Les auteurs proposent de limiter l’examen  à 4 épreuves passées en deux journées. Les autres disciplines seraient évaluées au contrôle continu.

Finalement, en juillet 2016, N. Vallaud Belkacem annonce elle -aussi une réforme du bac. « Il faudra faire un jour le toilettage du bac, avec sans doute moins d’options, moins d’épreuves et un calendrier plus équilibré », dit-elle dans Les Echos. Plus tard sur RTL elle ajoute qu’il y a « trop d’épreuves, trop d’options ».

Tout cela se retrouve en 2017 dans le programme Macron. Il prévoit d’alléger le bac en réduisant à 4 épreuves l’examen final, les autres disciplines étant au contrôle continu. Pour le candidat il s’agit  » de rendre possible de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours, qui prépareront mieux à la poursuite d’études et à l’insertion professionnelle ».

Quel coût pour le bac ?

Les arguments avancés sont de deux types. Il y a ceux qui évoquent la complexité et le cout du bac. C’est vrai qu’avec ses deux types d’épreuves (anticipées et normales) le bac concerne plus d’un million de jeunes qui produisent 4 millions de copies traitées par près de 200 000 correcteurs. Selon le ministère le coût est de 81 euros par candidat mais cette somme ne prend pas en compte les cours qui auraient pu avoir lieu durant ce temps d’examen.

Mais ce qu’on voit poindre aussi comme argument c’est le manque de sélectivité du bac. C’est ce qui est sous-jacent dans l’idée de « remuscler « le bac. A quoi bon un examen si 90% des candidats le réussissent ? Comme s’il était anormal qu’un taux de réussite soit élevé pour un examen de fin d’études. En arrière plan il y a l’idée de mieux sélectionner els candidats pour le post bac. Mais on sait qu’aujourd’hui la sélection s’effectue avec APB avant le bac. Le bac joue le rôle de garantie démocratique d’accès au supérieur en donnant un ticket d’entrée. On verra que c’est cela qui est maintenant attaqué.

En fait ces deux types de critiques ne pointent que le bac général. C’est le bac général qui multiplie les options alors que les bacs pro et technologique sont beaucoup plus simples. Ces options servent à effectuer un tri des candidats à travers les mentions. Le taux de réussite au bac professionnel stagne à 80%.Il a même baissé par rapport à ses débuts. Enfin un jeune sur cinq n’a toujours pas le bac, ne serait ce que parce que le système l’a déjà orienté ailleurs ou fait quitter l’école.

Le danger d’épreuves au controle continu

Pourtant la nature de l’examen n’est pas sans conséquences pour les candidats. Faire passer les épreuves au contrôle continu ou dans le cadre d’un examen final change beaucoup de choses. Dans le premier cas cela créé davantage d’inégalités entre les candidats car la correction n’est pas anonyme et les stéréotypes jouent leur rôle de façon plus importante qu’avec une correction anonyme ou par un enseignant inconnu.

Surtout, installer le contrôle continu c’est transformer le bac de diplôme national en diplôme d’établissement. Or, compte tenu des écarts énormes de niveau entre les établissements, cela se retournerait contre les lycées des quartiers populaires et leurs élèves.

Pourquoi faut-il un nombre important d’épreuves finales ?

Dans une étude sur le bac publiée en juin 2016, le CNESCO met l’accent sur le principal handicap d’une réduction du bac à quelques épreuves.

Dans le Café pédagogique du 15 juin 2016, Nathalie Mons, présidente du Cnesco, explique précisément pourquoi la réduction du nombre d’épreuves à l’examen final est une fausse bonne idée.  » Ces évaluations externes élèvent le niveau général des élèves et réduisent les écarts de résultats entre eux », dit-elle. « Cela s’explique par le fait que l’évaluation externe fait référence dans tous les établissements. C’est un objet pédagogique externe qui oriente les pratiques pédagogiques ».

« Dans les établissements défavorisés ça permet d’avoir des objectifs nationaux et du coup d’aller au delà des difficultés scolaires des élèves », explique-t-elle.  » On se rappelle qu’Agnès van Zanten, par exemple, a montré que dans les établissements défavorisés les enseignants ont tendance à s’adapter au niveau des élèves. L’examen final externalisé rompt avec cette habitude et élève les objectifs ».

Mais elle fixe aussi des conditions à ces épreuves finales. « La première c’est qu’il faut un examen de qualité. Par exemple, on a vu, dans certains états américains, se mettre en place des tests par QCM . Cela a donné de mauvais résultats. Entre autre le « Teaching to the test ». Il faut aussi que l’examen soit assis sur un champs large de matières. L’idée de limiter drastiquement le nombre de disciplines présentées à l’examen serait une lourde erreur. On perdrait l’effet bénéfique de l’examen final ».

La question de la sélection

Alors pourquoi tenir tant à un bac simplifié ? Dans l’esprit d’Emmanuel Macron cette réforme est liée à celle de l’entrée dans le supérieur. Le bac « remusclé », ne sera plus un examen de fin d’étude ouvrant droit automatiquement aux formations du supérieur.

Chaque établissement supérieur fixera le niveau attendu dans 4 ou épreuves finales du bac pour prétendre être admis. Cette réforme permettra probablement d’améliorer l’orientation et donc le taux de réussite des admis dans le supérieur.

Mais c’est bien la sélection à l’entrée dans le supérieur que va concrètement instaurer le nouveau président. Et cela de la façon la plus dure puisque chaque université pourra fixer son seuil d’entrée. On peut gager qu’on va assister à une belle surenchère entre universités pour accaparer les meilleurs candidats et exclure les autres.

Cette sélection ne résoudra pas les inégalités de niveau entre lycées et entre jeunes. Elle n’apporte pas de solution au taux d’échec dans le supérieur sauf à dire qu’on en réserve l’accès aux seuls candidats sans risque. Elle n’apporte pas de réponse au besoin de renforcer le référentiel des bacs pros par exemple.

Elle n’offre aucune chance supplémentaire aux jeunes des  quartiers populaires. Bien au contraire elle fait semblant de considérer que les élèves travaillent dans des conditions identiques pour les rendre seuls responsables de leur niveau.

Elle ne fera que refermer davantage l’accès à l’enseignement supérieur. D’ailleurs, pour les bacheliers professionnels, E Macron a imaginé une filière spécifique, en alternance,  qui achèvera leur mise à l’écart. Une solution que Geneviève Fioraso avait envisagée avant de l’écarter.

Si l’idée de la simplification du bac peut sembler attirante, ne serait ce que pour alléger un dispositif qui est devenu complexe dans les seules filières générales (ailleurs il n’y a pas d’options), on voit que les enjeux sont tout autres. « Simplifier » le bac c’est encore un grand saut social en arrière.

Nvb dans les Echos

Sur RTL

A Genevard

Terra Nova

N Mons

Article 20 Minutes

Le programme Macron

Blanquer : la dangereuse réforme du bac

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Communiqué LDH : « Législatives : La LDH en appelle à une mobilisation citoyenne forte »

Législatives : La LDH en appelle à une mobilisation citoyenne forte

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Malgré l’importance de l’Assemblée nationale dans l’élaboration et le vote des lois comme dans le contrôle de l’action du gouvernement, les électrices et les électeurs ont boudé les urnes comme jamais au premier tour de ce type d’élections. Moins d’un électeur sur deux s’est déplacé, marquant sa défiance envers les offres politiques qui lui étaient proposées.

De par le mode de scrutin, une coalition présidentielle prévisible est en mesure d’emporter une très large majorité, avec à peine un tiers des voix exprimées. La diversité des sensibilités serait faiblement représentée au sein de la future Assemblée et son rôle, ainsi que la qualité du débat démocratique, risquent d’en être affaiblis.

Ces résultats confirment l’urgence à revoir en profondeur le fonctionnement de notre démocratie et de nos institutions pour corriger dérives et carences, en offrant plus de place aux débats contradictoires, à l’implication et au contrôle citoyens.

C’est pourquoi la LDH appelle à une mobilisation citoyenne forte au second tour des élections législatives.

Inquiète des 2,99 millions de voix qui se sont portées sur le parti d’extrême droite de Marine Le Pen, la LDH appelle à faire barrage à tous ses candidats, aux idées de haine et d’exclusion.

Elle invite les citoyen-ne-s à apprécier leur choix à la lumière des enjeux qui engagent l’avenir :

– la promotion d’une démocratie plus forte et participative, qui associe mieux les citoyen-ne-s aux décisions qui les concernent ;

– la défense des droits et libertés, individuels et collectifs confortés, particulièrement par des droits économiques et sociaux protecteurs et facteurs d’une solidarité pour tous ;

– le refus de la stigmatisation de catégories de population et d’un Etat policier, sous couvert de lutte contre le terrorisme ;

– la réaffirmation d’un Etat de droit, où les juges contrôlent l’action de l’exécutif, refusant l’état d’urgence et l’inscription des mesures d’exception dans le droit commun.

Paris, le 12 juin 2017

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Blanquer (le Monde)

Jean-Michel Blanquer, programmé pour l’éducation

Au-delà du pragmatisme, le nouveau ministre, ennemi du  » pédagogisme « , a des idées très arrêtées sur l’école

Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé…  » Voilà le message que Jean-Michel Blanquer est venu porter jusque dans la classe de CP de -Madame Rémy, à l’école Albert-Camus de Creil (Oise), mardi 23  mai. C’était, six jours après sa nomination, sa première visite en tant que ministre de l’éducation nationale. Et il a choisi de la faire en zone d’éducation prioritaire, pour défendre l’une de ses mesures phares de la rentrée prochaine : les classes à 12 élèves en CP.

De lui, les enfants retiendront sans doute un  » grand monsieur  » en costume cravate gris, petites lunettes, crâne dégarni, l’air sérieux mais bienveillant, accompagné d’une nuée de caméras. Avant de les quitter, il leur a posé une question :  » Vous savez qui est Albert -Camus ? « Et eux de répondre :  » C’est nous ! C’est notre école !  »

Sans doute que lui savait déjà, à 6 ans, qui était Albert Camus. Lui qui a grandi dans le coeur de Paris, aux côtés d’une mère enseignante et d’un père avocat. Qui a fait ses premières classes au cours Saint-Louis puis à Stanislas, prestigieux établissements privés. Qui a cumulé tous les titres que le système universitaire peut dispenser : maîtrise de philosophie, DEA d’études politiques à Sciences Po, diplôme de Harvard, doctorat et agrégation de droit public.

Quand on lui demande  » qui il est  » aujourd’hui, il répond :  » un professeur « . Mais il n’est ni un instituteur ni un professeur de collège : Jean-Michel Blanquer est enseignant-chercheur. Un  » intellectuel brillant « , disent ceux qui l’ont côtoyé partout où il a pu enseigner – de la fac d’Assas en  1992 à Paris-III en  2004. Un homme d’action  » hyperactif « , pour ceux qui l’ont vu oeuvrer sur le terrain en Guyane et à Créteil, et progresser à une vitesse éclair dans la haute hiérarchie de l’éducation nationale. Un  » politique, mais pas politicien « , compagnon de route des gouvernements de droite depuis les années 2000, glissentles observateurs du microcosme scolaire.

Un esprit libéral

De fait, sa cascade d’annonces, depuis son installation Rue de Grenelle, sur les rythmes scolaires comme le collège ou le redoublement, place l’école en position d’alternance politique. L’image droitière du nouveau ministre est renforcée par les nominations au sein de son cabinet : il a fait venir un ex-conseiller de Luc Chatel, l’ancien chef de cabinet de François Baroin, une membre de l’Institut Montaigne… Jean-Michel Blanquer apparaît, en tout cas, plutôt dans le camp de ceux qui, nombreux, reprochent à la gauche d’avoir  » nivelé par le bas « le système en confondant égalité et égalitarisme. D’autant qu’il n’hésite pas à brandir le  » chiffon rouge  » du  » pédagogisme  » ; ce dernier  » doit désormais relever du monde d’hier « , a-t-il expliqué au Point.

Son nom n’était pas connu du grand public à son entrée dans le gouvernement d’Edouard Philippe. Et pourtant, à droite, il s’était imposé durant la campagne présidentielle comme  » l’homme de la situation « . La carte qu’auraient pu jouer, au ministère de l’éducation, Alain Juppé autant que François Fillon. C’est finalement la victoire d’Emmanuel Macron qui l’a hissé, à 52 ans, au poste dont il rêvait.  » Il a réussi à arriver là où il voulait -aller « , murmure-t-on dans les couloirs de l’Essec, cette grande école de commerce qu’il dirigeait depuis quatre ans.

 » Macroncompatible « , il l’est incontestablement : un esprit libéral, prônant l’autonomie des établissements, ouvert à tous types d’expérimentations. Un pragmatique revendiqué, qui a malgré tout, aux dires d’anciens collaborateurs, des idées arrêtées, y compris en matière de lutte contre l’échec scolaire.

S’il fallait trouver un moment charnière, ce serait 2004. Jean-Michel Blanquer est directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, quand l’un de ses ex-étudiants avance son nom au cabinet de François Fillon, alors ministre de l’éducation. On y cherche un recteur pour la Guyane. L’académie du bout du monde attire peu.  » Vous serez le seul recteur de France avec une pirogue de fonction « , s’entend dire M.  Blanquer. Il accepte sans hésiter. Car ce passionné d’Amérique latine a un autre centre d’intérêt : l’école.  » J’ai toujours été habité par cette question, explique-t-il au Monde, dès l’enfance, quand j’entendais ma mère raconter ses journées de classe à Argenteuil.  »

 » Bâton de pèlerin « 

En  2000, dix ans après avoir été chercheur coopérant en Colombie – pays dont il se dit  » amoureux  » -, il publie Les Défis de l’éducation en Amérique latine (Iheal). Un peu plus tôt, en  1989, il consacre son mémoire de fin d’études aux lois Savary sur l’éducation. La même année, à 25 ans, il rédige un  » Manifeste pour une nouvelle Déclaration – des droits de l’homme –  » dans lequel il plaide pour une  » éducation sans carcan « . A ses côtés, deux de ses meilleurs amis, François Baroin et Richard Senghor. L’initiative retient l’attention de toute la presse et s’invite au Parlement européen.

 » Il fallait les voir, Blanquer et Baroin, deux camarades comme il en existe dans les romans de Jules Romains, face à un hémicycle plein « , raconte Alain-Gérard Slama, professeur à Sciences Po. Les deux garçons se sont connus sur les bancs de l’école. Jean-Michel Blanquer voue une admiration au père de son meilleur ami, Michel Baroin, qui fut patron de la Fnac et de la GMF, grand maître du Grand Orient de France et ami intime de Jacques Chirac. Cinq ans après sa mort accidentelle, en  1992, il lui consacrera un livre : Michel Baroin : les secrets d’une influence (Plon). Entre Baroin et Blanquer, c’est une histoire d’amitié de quarante ans. Le chef de file du parti Les Républicains pour les législatives n’a pas caché, le 17  mai, avoir  » versé une larme  » en apprenant son entrée au gouvernement.

2004, année charnière, donc. En arrivant en Guyane, M.  Blanquer découvre une académie qui présente  » un certain nombre de traits communs avec la France de la IIIe  République « , comme il le racontera dans son livre L’Ecole de la vie (Odile Jacob) ; une académie confrontée au fléau de la déscolarisation. La Guyane, elle, découvre un recteur qui a un  » sens aigu du service public d’éducation, se remémore Alain Bravo, secrétaire départemental de la FSU à l’époque. Un des rares, sinon le seul, à avoir pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des populations et des enseignants dans les zones reculées « . Son projet académique,  » liberté, égalité, fraternité « , fédère, tout comme son Observatoire de la non-scolarisation. A son départ, en  2006, la FSU publiera un communiqué pour le féliciter de son action.  » Blanquer m’a dit qu’il le garderait comme une carte de visite « , se souvient M. Bravo.

Internat d’excellence

De la Guyane, il tire l’une de ses convictions : point de salut pour l’école sans autonomie des établissements.  » C’est à l’échelle d’un territoire, et a fortiori d’un établissement, que l’on peut bien analyser les problèmes et apporter des solutions « , écrit-il dans L’Ecole de la vie. Cette idée, il la décline pleinement dans l’académie de Créteil, où il est nommé recteur en mars  2007, deux mois avant l’élection à la présidence de Nicolas Sarkozy, après un bref passage au cabinet de Gilles de Robien. Créteil devient, sous son impulsion, un laboratoire d’expérimentations. Les initiatives se multiplient tous azimuts : micro-lycées pour les élèves décrocheurs, dispositif  » cours le matin, sport et culture l’après-midi « ,  » cartable en ligne « ,  » cagnotte  » pour inciter les élèves à l’assiduité,  » mallette des parents « , etc.

 » Pour lui, tout est permis, rapporte Laurent Petrynka, qui fut un proche collaborateur en Guyane et à Créteil. On n’a pas le droit de s’interdire des choses sous prétexte qu’elles sont compliquées ou risquées, du moment que c’est dans l’intérêt des élèves.  »  » C’est un partisan du bottom-up – approche ascendante – , pas du top-down – descendante –  : on lance des expérimentations, on les évalue, et si les résultats sont bons, on s’efforce de les déployer « , observe l’universitaire Pierre Mathiot, qui enseignait avec lui à Lille.

Sauf qu’à Créteil, le climat politique et syndical n’est pas aussi favorable qu’en Guyane. Sa stratégie de  » prendre tout le monde de vitesse en proposant des innovations à petite échelle, applicables immédiatement, évaluables et contagieuses « ,comme il le racontera dans ses livres, agace.  » Nous ne sommes pas des cobayes ! « , écrivent au chef de l’Etat, en  2009, les syndicalistes de la FSU et les parents de la FCPE.  » C’est quelqu’un qui faisait beaucoup d’affichage, qui aimait montrer de belles choses, sans doute un peu pour se faire repérer. La communication, c’était son truc. Reste qu’après lui, beaucoup de projets ont fait pschitt « ,témoigne Matthieu Brabant, de la CGT.  » On a eu le sentiment qu’il ne nous accordait pas beaucoup d’attention ni de légitimité, renchérit Pierre Claustre, du SNES-FSU. On se sentait un peu comme les représentants d’un vieux monde.  »

C’est dans l’académie de Créteil, à Sourdun (Seine-et-Marne), qu’il tente de réaliser son  » utopie éducative  » : l’internat d’excellence, qui verra le jour à la rentrée 2009. Un espace d’innovation où tous les personnels sont rassemblés autour d’un projet global d’éducation censé bénéficier aux enfants de milieux défavorisés, mêlant musique, équitation, voyages, club d’échecs, éducation aux médias… Mais le fait d’extraire une poignée d’élèves  » méritants  » de leur milieu d’origine crispe, à gauche, tous ceux pour qui la priorité doit être l’instauration des conditions de la réussite pour tous. Aux yeux de M. Claustre, cette politique vise  » non pas à l’égalité, mais dans le meilleur des cas, à mixer un peu les élites, à faire monter quelques happy few – privilégiés – qui deviendront les alibis du système « .

Lorsque, en décembre  2009, Jean-Michel Blanquer accède à la direction générale de l’enseignement scolaire, le ministre, Luc Chatel, lui donne carte blanche pour poursuivre dans cette veine au niveau national. L’heure est aux coupes de postes, mais lui est sûr qu’on peut  » faire mieux avec moins « . Il instaure un département de l’innovation au ministère. Duplique les internats d’excellence. Met en oeuvre, en ZEP, le programme  » Eclair  » qui permet à des établissements de recruter leurs enseignants sur des postes à profil.  » En matière de pédagogie, c’était lui le ministre « ,estiment, a posteriori, la plupart des syndicats d’enseignants. Et pour cause, il connaît infiniment mieux les rouages du système éducatif que l’ancien DRH de L’Oréal.

C’est lui qui soutient, en  2011, le développement d’évaluations nationales au primaire, notamment le projet de repérage des élèves  » à risques  » dès la grande section de maternelle, abandonné face à la polémique qu’il suscite. Lui, surtout, qui défend un autre mode de gouvernance de l’école par les  » résultats « , la  » science  » et la  » comparaison internationale  » – un  » style Blanquer  » qu’il s’est engagé à perpétuer dans son discours d’investiture le 17  mai.

Neurosciences

L’une de ses grandes préoccupations concerne l’école maternelle, qui doit être, selon lui,  » l’école du langage « . Il appuie l’expérience menée à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) par Céline Alvarez, croisant pédagogie Montessori et recherche en sciences cognitives, que le grand public a découverte en  2016 à travers son best-seller : Les Lois naturelles de l’enfant (Les Arènes). L’ex-institutrice est soutenue par l’association Agir pour l’école, succursale éducative de l’Institut Montaigne, think tank libéral dont on n’a cessé de dire qu’il a pesé durant cette campagne présidentielle. Jean-Michel Blanquer faisait partie, jusqu’à il y a peu, du conseil d’administration de l’association.

Nombre d’acteurs de terrain l’assurent : Jean-Michel Blanquer n’a qu’une seule  » chapelle pédagogique « .  » Il se fait l’apôtre du pragmatisme, de la confiance aux enseignants, mais sa boussole, ce sont les neurosciences « , glisse un leader syndical.  » C’est un scientiste, relève tel autre. A ses yeux, la résolution de tous les problèmes de l’école passe par la science, mais une science au singulier : les neurosciences. Ni les sciences de l’éducation ni la sociologie.  » L’intéressé, lui, se défend de pratiquer l’exclusive :  » Ma vie intellectuelle m’a amené à rencontrer des courants de pensée très différents, d’Edgar Morin à Régis Debray en passant par Stanislas Dehaene…  »

Ses convictions laissent-elles présager de fortes inflexions ? Une frange du monde enseignant prédit  » le développement de protocoles d’évaluation dans tous les champs « . Une autre, la réécriture des programmes.  » La gauche a en partie manqué le rendez-vous avec l’innovation. Elle a tardé à prendre en compte l’enjeu que celle-ci représente dans l’éducation nationale, observe l’universitaire Philippe Meirieu. Il pourrait être là, le levier du nouveau ministre pour réformer l’école, dans une alliance entre innovation et libéralisme scolaire susceptible d’aboutir à un démantèlement du service public.  »

Rien de tout cela dans ses premières décisions, qui consistent surtout pour l’heure à défaire ce que la gauche avait entrepris. Sur les réseaux sociaux, on le surnomme déjà le  » ministre des Ctrl + Z  » ou du  » détricotage « . Il avait pourtant assuré qu’il ne serait pas le ministre  » des zigzags  » ou des  » stop and go « .

Mattea Battaglia et Aurélie Collas

Les dates

1964

Naissance à Paris

1993

Doctorat en droit

1996

Agrégation de droit public

1998

Directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine

2004

Recteur de Guyane

2006

Directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, ministre de l’éducation

2007

Recteur de Créteil

2009

Directeur général de l’enseignement scolaire sous Luc Chatel

2013

Directeur général de l’Essec

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