[Cerises] FI, dénis et enjeux

Un nouveau « gâteau » sur Octobre 1917 avec, aujourd’hui, Paul Ariès et Pierre Zarka, et toutes nos rubriques dans ce n°338 de Cerises.

Bonne lecture :


Cerises
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2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200
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Réforme du collège : le bilan du SNES

« Quel bilan peut-on tirer un an après la mise en place de ces programmes et des nouvelles épreuves du DNB ? Quels constats ? Quelles propositions ? » Le Snes fait le point sur la réforme du collège et il le fait de façon disciplinaire. Le syndicat demande « des repères de progressivité dans les programmes pour construire une progression annuelle cohérente » à la place de programmes conçus par cycle.  De la même façon il souhaite « des repères de progressivité au cycle 3 avec un creuset de notions à aborder plus spécifiquement en CM1-CM2 d’une part et en Sixième d’autre part ».  Le Snes critique aussi la mise en place du LSU : « La mise en place du bilan de fin de cycle (fin de Sixième et fin de Troisième) via l’application informatisée LSU conduit souvent à l’imposition par les hiérarchies locales de modalités et de grilles d’évaluation. Elles remettent en cause la liberté pédagogique des enseignant.e.s et génèrent des tensions qui pèsent sur les métiers. L’évaluation des élèves est en fait utilisée comme levier pour transformer, sans le dire, les pratiques professionnelles des enseignant.e.s ».

 

Le bilan

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Diminution des postes dans le privé

La baisse du nombre de postes d’enseignants concerne aussi l’enseignement privé sous contrat. Ainsi le nombre de postes offerts aux concours externes et 3eme concours du 1er degré est de 800 en 2018, soit 14% de moins qu’en 2017. Il était de 930 en 2017. Dans le second degré on compte 22% de moins de postes au cafep externe et 3eme Cafep : 1200 postes contre 1530 en 2017. Le nombre de postes aux concours internes du second degré (CAER) diminue également : 1300 (dont 156 pour l’agrégation) en 2018 contre 1450 en 2017 (dont 160 pour l’agrégation). 370 postes sont offerts pour l’examen professionnalisé  réservé du 1er degré  et 600 aux concours réservés du 2d degré.

 

Concours externes PE

Cafep  et CAER

CAER répartition

Concours externes Cafep répartition

Concours réservés

Examen professionnalisé des PE répartition

Examen professionnalisé du 2d degré répartition

 

Effondrement des postes dans le public

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Effondrement des postes aux concours du second degré

Le tournant a été annoncé. Il arrive maintenant officiellement avec la publication au Journal officiel ce 29 novembre des postes mis aux concours du second degré. En moyenne il y a 20% de postes en moins à tous les concours externes du second degré : -19% à l’agrégation, – 20% pour le capes, – 21% pour le capet et le capeps, – 18% pour les plp. Les postes mis aux concours internes sont préservés. Pour le concours de professeur des écoles, il faut encore attendre.

La baisse va au delà de la réalité des recrutements

« On ne fait pas de rénovation politique en fonction d’un budget. La volonté du gouvernement est que le budget appuie la politique publique ». Mais la politique publique c’est la réduction du nombre de postes de fonctionnaires. Alors rien d’étonnant dans les chiffres actuels. La baisse de 20% des postes mis aux concours du second degré avait été annoncée par le Café pédagogique le 28 septembre.

Pour l’entourage du ministre la baisse devait correspondre  » aux postes non pourvus aux concours en 2017″ et devait donc théoriquement être indolore. En réalité elle va bien plus loin que cela. Ainsi au concours externe de l’agrégation 1709 postes sont été pourvus en 2017 et il n’y a que 1555 postes offerts en 2018. Pour le capes externe, 6011 postes ont trouvé preneur en 2017 et il n’y a que 5 833 postes offerts en 2018. Pour le capet c’est 569 et 495. Au concours externe de PLP 1647 postes ont été pourvus en 2017 mais 1580 sont offerts en 2018. En EPS les 800 postes ont été pourvus en 2017 mais on passe à 630 postes en 2018.

Le message envoyé aux étudiants est donc très clair : l’Education nationale réduit ses recrutements. D’autant que la réalité pourrait bien être inférieure encore aux annonces.

Les disciplines ne sont pas traitées  avec équité

En effet, l’ajustement aux réalités de recrutement des postes en 2017 n’est pas fait. Le ministre n’a pas sabré dans les disciplines qui ne trouvent pas de candidats mais qu’il flatte. Au capes externe d’allemand, seulement 125 postes ont été couverts en 2017 sur 345 proposés. En 2018, 275 postes sont offerts. En maths 1066 postes ont trouvé preneur en 2017 mais 1183 sont proposés en 2018 (c’était 1440 en 2017). En lettres classiques, 85 professeurs certifiés ont été recrutés en 2017 mais 183 postes sont offerts en 2018 (230 en 2017).  En anglais l’éducation nationale a recruté 847 professeurs en 2017 pour 1190 postes offerts. En 2018 elle en attend 949. Par contre en arts plastiques 165 postes ont été couverts en 2017 sur 200 proposés mais seulement 125 sont offerts en 2018. Pour le capet, celui de tourisme disparait carrément et en STMS on passe de 48 à 27 postes seulement. Les disciplines ne sont pas traitées avec égalité.

Il y aura encore des postes non pourvus en 2018

Cela veut dire que le nombre réel d’emplois qui seront pourvus en 2018 sera probablement inférieur aux emplois ouverts en 2018. L’écart entre offre et réalité va continuer à exister , justifiant de nouvelles baisses les années suivantes.

L’inversion de tendance sera durable

Alors même que le nombre d’élèves attendus à la rentrée 218 dans les collèges et les lycées va augmenter de près de 20 000 jeunes, il y aura  nettement moins d’enseignants pour les accueillir. D’autant que le nombre de départs pourrait bondir en cas de réforme brutale des retraites.

Après des années de croissance, le signal qui est envoyé aux étudiants c’est bien la chute du recrutement à l’éducation nationale. Alors que le ministère a mis des années à obtenir une reprise des candidatures aux concours de l’enseignement, le plan de recrutement de 2018 va annihiler ces années d’effort. Il y a un autre signal dont il faut tenir compte alors que le ministère va attaquer la réforme du lycée. C’est la volonté de diminuer le nombre d’emplois dans le second degré. Les réductions de postes ce n’est probablement pas terminé.

Agrégation

Répartition des agrégés

Certifiés

Répartition des certifiés

PLP

Répartition des PLP

PEPS

CPE

Psychologues

Répartition des psychologues

Concours réservé certifiés

Et aussi

Réservé PLP

Et aussi

Réservé PE

Et aussi

Réservé EPS

Réservé CPE

Réservé Psychologues

 

Budget le tournant

Effectifs d’élèves

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Brevet : le nouveau texte

Sans surprise, le ministre n’ a pas tenu compte du rejet, le 19 octobre par le Conseil supérieur de l’éducation de la nouvelle mouture du brevet. Le nouvel arrêté modifie la répartition des points entre les épreuves terminales et la validation du socle pour 2018. Le nombre total de points passe de 700 à 800 dont 400 pour les épreuves finales. Le nouveau brevet continue donc à associer validation du socle et épreuves terminales dans un montage de plus en plus complexe. Non seulement le ministre n’a pas su trancher entre ces deux logiques mais le nouveau brevet hiérarchise les disciplines : maths et français comptent double. Histoire géo et sciences sont deux fois moins importants. Quant aux autres disciplines…

 

Le nouvel arrêté

Réforme rejetée

De l’examen complexe à l’épreuve absurde

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Sénat : annualiser pour économiser les remplacements

 » Le remplacement n’est pas un problème de moyens. Imagine-t-on dépenser davantage que 3,5 milliards d’euros ? Une augmentation marginale serait sans effet sur la situation. A cadre réglementaire inchangé, il faudrait plusieurs milliards supplémentaires pour assurer le remplacement de toutes les absences ». Dans son rapport sur le budget de l’enseignement scolaire , le sénateur Jean-Claude Carle consacre tout un chapitre à l’analyse des besoins de remplacement des enseignants.

Le rapport critique les données fournies par le ministère jugées peu fiables. Dans le premier degré, officiellement « malgré l’importance des moyens consacrés au remplacement, une demi-journée d’absence sur cinq n’est pas remplacée » avec de forts écarts selon les académies. Dans le second degré,  » le remplacement des absences de courte durée dans le second degré constitue une « défaillance systémique », tant est faible la proportion des heures remplacées ».

Le rapporteur recommande d’abord de « réduire les absences institutionnelles en organisant les stages de formation continue et les autres tâches institutionnelles en dehors du temps d’enseignement et pendant les vacances scolaires; en évaluant et en revoyant les régimes d’allégement du temps d’enseignement, le cas échéant en compensant leur remise en cause par des avantages statutaires et indemnitaires ». Cette dernière phrase concerne prioritairement pour JC Carle l’éducation prioritaire.

Mais la question des remplacements lui permet d’aller plus loin dans la remise en cause des statuts.  » Le caractère hebdomadaire des obligations de service des enseignants constitue une contrainte importante dans l’élaboration des emplois du temps… Je recommande en conséquence l’annualisation des obligations règlementaires de service des enseignants, prônée depuis plusieurs années par la Cour des comptes. Ces obligations devraient également intégrer les missions de remplacement des collègues absents et de formation continue. L’annualisation revêt de nombreux avantages : elle donnerait une souplesse aux établissements dans l’organisation du remplacement, la définition des emplois du temps et le soutien aux élèves en difficulté. Il en va de même pour la bivalence dans le second degré, c’est-à-dire de la capacité des professeurs à enseigner deux disciplines : celle-ci doit être encouragée ; elle permettrait également de faciliter le remplacement et de réduire les situations de sous-service ou de service partagé sur plusieurs établissements ».

Rapport Carle

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Crégy (77) toujours sans professeur de technologie

Comment se désorganise un système éducatif ? Selon le site Actu.fr Crégy est un bon exemple. Dans cette banlieue pavillonnaire de Meaux (77), le collège vient enfin de récupérer un professeur de français. Mais il manque depuis la rentrée un professeur de technologie. La disparition des contrats aidés frappe le personnel d’entretien. Et même le transport scolaire semble avoir des difficultés à fonctionner.

 

Dans Actu.fr

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La sociale c’est samedi à La Montagne

LA SOCIALE, UN FILM DOCUMENTAIRE RÉALISÉ PAR GILLES PERRET

L’Uppercut profite de la projection du documentaire « La Sociale » organisée par l’A2LM, fédération des Amicales laïques de La Montagne, Brains et Le Pellerin, dans le cadre du festival Cinethik pour lancer sa nouvelle quinzaine : « TOUT DOIT DISPARAÎTRE ! ». En racontant l’étonnante histoire de la Sécu, La Sociale rend justice à ses héros oubliés, mais aussi à une utopie toujours en marche, et dont bénéficient 66 millions de Français…

La bande annonce disponible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=1ykrnRM3Vww

SAMEDI 2 DÉCEMBRE À 20H30 / SALLE DU LAPIN VERT, FOYER DE L’AMICALE LAÏQUE,

45 RUE VIOLIN À LA MONTAGNE.

A très bientôt ! L’équipe de L’UPPERCUT

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« Nous exigeons l’abandon des poursuites à l’égard de SUD Éducation 93 » (tribune paru ce jour dans Libération)

« Nous en avons assez des tergiversations et des atermoiements de tous ces « responsables » élus par nous qui nous déclarent « irresponsables »[…]. Nous en avons assez du racisme d’État qu’ils autorisent. » Pierre Bourdieu

Reprenant les inepties propagées par la fachosphère, c’est un ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a attaqué publiquement et devant la représentation nationale le syndicat SUD Éducation 93 pour son stage de formation syndicale « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ? »

Nous sommes pour tout dire stupéfait·es de cette atteinte grave aux libertés syndicales comme de la tournure que prend le débat public, virant littéralement au lynchage avec beaucoup d’amalgames, d’approximations, voire de mensonges. Cette médiatisation a des conséquences pour les militant·es de ce syndicat qui subissent depuis plusieurs jours menaces, injures, calomnies émanant de l’extrême droite. Et il est inacceptable qu’un ministre légitime cette entreprise.

Avant toute chose, il faut rappeler l’évidence : oui, ce stage de formation syndicale est bien un stage antiraciste, visant à combattre les discriminations raciales. Alors, on peut avoir des réserves sur la pertinence des méthodes employées par SUD Éducation 93 dans ce stage, dont celle qui fait couler beaucoup d’encre, les ateliers en non-mixité. Nous pouvons même, après tout, être en désaccord et en débattre. Mais il y a des impostures agitées par les détracteurs de SUD Éducation 93 que nous ne pouvons accepter.

Les deux ateliers non-mixtes (sur neuf) constituent une partie seulement du programme du stage, dont une grande part se déroule en plénière, mixte. Il ne s’agit donc absolument pas d’un stage « interdit aux blancs » comme plusieurs médias ont cru pouvoir l’affirmer. Ces ateliers restent organisés dans un but : déconstruire des mécanismes d’oppressions avec pour finalité de mieux comprendre le racisme pour mieux le combattre aujourd’hui. Comme l’a expérimenté le mouvement féministe avec intérêt, l’intention de la méthode de non-mixité est bien de chercher à faire avancer l’égalité… celle-là même qui s’inscrit aux frontons de nos mairies sans se traduire dans les faits pour des millions de nos concitoyen·nes. Et c’est cela qui devrait être la préoccupation des pouvoirs publics.

Mais c’est à l’opposé de cette préoccupation que Jean-Michel Blanquer a annoncé vouloir attaquer en diffamation le syndicat SUD Éducation 93 pour l’usage des mots « racisme d’État ».

Nous demandons au ministre : faudra-t-il demain mettre au pilon l’abondante littérature scientifique qui utilise cette expression et en analyse les déclinaisons, malheureusement bien concrètes ? Faudra-t-il demain bannir des ouvrages les pages de Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou d’autres qui l’évoquent ? Sera-t-il désormais interdit de discuter, d’échanger sur la notion même de « racisme d’État » ?

Nous ne pouvons pas non plus accepter la répression syndicale et sa judiciarisation croissante, impulsée par le sommet de l’État. Au moment où Jean-Michel Blanquer attaque le syndicat SUD Éducation, Muriel Pénicaud met à pied une inspectrice du travail également membre de SUD et sanctionne deux militants de la CGT.

Le cas présent nous amène bien « au croisement des répressions » : surfant sur les paniques identitaires, le ministre de l’Éducation nationale s’aligne sur le calendrier dicté par l’extrême droite pour chercher à disqualifier le mouvement social et faire diversion face aux contestations.

Nous exigeons que toutes les poursuites à l’égard de SUD Éducation 93 soient immédiatement abandonnées.

Premier·es signataires :

Thomas Alam, politiste, SNESUP-FSU ;

Elise Allard, charpentière, ex-professeure des écoles, ex-secrétaire fédérale SUD étudiant ;

Bastien Amiel, politiste, Université Paris Nanterre, enseignant d’histoire-géographie, adhérent SUD Education 92 ;

Hervé Andres, ingénieur CNRS, docteur en science politique ;

Armelle Andro, professeure en démographie, universitaire ;

Verveine Angeli, secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires ;

Jean-Christophe Angaut, maître de conférences de philosophie à l’Ecole normale supérieure de Lyon ;

Naïma Anka Idrissi, doctorante en sociologie, ATER ;

Jean-Pierre Anselme, journaliste ;

Nathalie Astolfi, professeur des écoles, CNT-STE 75 ;

Virginie Baby-Collin, professeure de géographie ;

Paola Bacchetta, professeur, University of California, Berkeley ;

Bally Bagayoko, maire-adjoint de Saint-Denis ;

Maëva Ballon, archiviste, CGT Région Ile-de-France ;

Sébastien Banse, journaliste au Journal de Saint-Denis ;

Ludivine Bantigny, historienne, Université de Rouen ;

Emmanuel Barot, philosophe, université de Toulouse ;

Michel Barthélémy, sociologue, CNRS ;

Christophe Baticle, Socio-anthropologue, Université de Picardie Jules Verne ;

Benjamin Bauné, syndicaliste SUD éducation Paris ;

Adda Bekkouche, juriste ;

Gregory Bekhtari, syndicaliste FSU, Ecole Emancipée ;

Maxime Benatouil, membre de l’Union juive française pour la Paix ;

Omar Benderra, militant associatif ;

Sarah Benichou, enseignante d’histoire-géographie ;

Robert Benoit, historien, Marseille ;

Fatima Benomar, militante féministe ;

Judith Bernard, enseignante, metteure en scène, journaliste ;

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ;

Eric Beynel, porte-parole national de l’Union syndicale Solidaires ;

Alain Bihr, professeur honoraire de sociologie ;

Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique et communication interculturelle, université Rennes 2 ;

Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature ;

Daniel Blondet, CGT Educ’action Paris ;

Benoit Bories, créateur sonore et documentariste radiophonique, Toulouse ;

Martine Boudet, professeure agrégée de Lettres modernes, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France ;

Florence Bouillon, maîtresse de conférences en sociologie, Université Paris 8 ;

Antoine Boulangé, Formateur Espé de Paris, syndicaliste FERC Sup CGT ;

Marc Bessin, sociologue, directeur de recherche au CNRS IRIS /EHESS ;

Christophe Bonneuil, historien ;

Alima Boumediene Thiery, avocate ;

Sam Bourcier, université Lille 3 ;

Sami Bouri, enseignant de sciences économiques et sociales, co-fondateur-organisateur de “L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques” ;

Jean-Jacques Bretou, traducteur ;

Marc Brunet, professeur d’histoire-géographie à Cavaillon, ATTAC 84 ;

Thomas Brunner, maître de conférences en histoire du Moyen Âge (Strasbourg) ;

Maguy Borrás ;

Jérôme Buresi, enseignant-chercheur à Lens ;

Jean-Charles Buttier, enseignant et historien ;

Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, membre de l’Union Juive Française pour la Paix

Alain Castera, ingénieur, militant syndical, SUD-Recherche EPST ;

Manuel Cervera-Marzal, sociologue ;

Brendan Chabannes, co-secrétaire fédéral de SUD éducation ;

Olivier Chaïbi, agrégé d’histoire-géographie, docteur en histoire ;

Grégory Chambat, enseignant, syndicaliste, collectif Questions de classe(s) ;

Grégoire Charlot, universitaire ;

Alain Chevarin, enseignant retraité, syndicaliste ;

Nara Cladera, Solidaires Comminges ;

Matthias Claeys, auteur/metteur en scène ;

Michèle Claveau, enseignante de biologie au CNED de Lyon ;

Anne Clerval, géographe, universitaire ;

Agnès Cluzel, militante du MRAP de Saint Denis ;

Déborah Cohen, historienne, Université de Rouen ;

James Cohen, politiste ;

Matthieu Colloghan, dessinateur ;

Maxime Combes, économiste ;

Dominique Constantini, SUD éducation 84 ;

Patrice Coulon, militant de la Ligue des droits de l’Homme ;

Annick Coupé, membre du Bureau d’Attac ;

Philippe Corcuff, maître de conférences en science politique ;

Renaud Cornand, sociologue ;

Jérôme Coutelle, CGT Ford-Blanquefort ;

Pierre Cours-Salies, sociologue ;

Léon Crémieux, technicien retraité syndicaliste Sud Aérien ;

Monique Crinon, philosophe militante féministe ;

Alexis Cukier, directeur de programme au Collège international de philosophie ;

Georges Da Costa, Ferc Sup CGT Université de Caen ;

Amel Dahmani, secrétaire de SUD CT 93 ;

Cybèle David, co-secrétaire fédérale de SUD Education ;

Hendrik Davi ;

Marielle Debos, maîtresse de conférences en science politique, Université Paris Nanterre ;

Laurence De Cock, historienne ;

Stéphane Degl’Innocenti, SUD Santé Sociaux 93 ;

Pauline Delage, sociologue ;

Gwenaël Delaval, universitaire, FERC Sup CGT ;

Christine Delphy, sociologue ;

Alain Dervin, professeur des écoles, CNT-STE 93 ;

Claire Desmitt, doctorante en Sciences de l’éducation ;

Adèle Dorada, Alternative libertaire ;

Marnix Dressen, professeur des universités ;

Nicolas Dreyer, Confédération Paysanne du Var ;

Christian Drouet, militant SUD Rail retraiée et militant du Front social 93 ;

Véronique Dubarry, conseillère municipale de l’Île-Saint-Denis ;

Frank Duport, syndicaliste, Union locale CGT Bordeaux-Nord ;

Simon Duteil, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ;

Sylvia Duverger, déléguée syndicale SNJ, créatrice et rédactrice de Féministes en tous genres ;

Didier Epsztajn, animateur du blog « Entre les lignes, entre les mots » ;

Louis Erb, statisticien, FERC Sup CGT ;

Karine Espineira, sociologue, Université Paris 8 ;

Hervé Falcetta, syndicaliste CGT construction, Toulouse ;

Colin Falconer, militant d’Ensemble à Saint-Denis ;

Jules Falquet, sociologue, Université Paris Diderot ;

Mireille Fanon-Mendès-France, pour la Fondation Frantz-Fanon ;

Ahmed Faouzi, militant syndical, CGT action sociale (67) ;

Thomas Faure, CGT Getrag Ford Transmission ;

Irène Favier, historienne, Université de Grenoble :

Olivier Favier, auteur ;

Sonia Fayman, sociologue, membre de l’Union juive française pour la Paix ;

Sophie Fesdjian, enseignante, chercheuse, anthropologue ;

Yann Fiévet, socio-économiste ;

Thierry Flammant, professeur d’histoire ;

Sébastien Fontenelle, journaliste ;

Camille Foubert, doctorante à l’EHESS et syndiquée SUD éducation Paris ;

Bernard Friot, Snesup FSU ;

Leïla Frouillou, maître de conférences en sociologie ;

Fanny Gallot, historienne ;

Jean-Jacques Gandini, avocat honoraire ;

Jean Gardin, maître de conférences en géographie, Université Paris I Panthéon Sorbonne ;

Isabelle Garo, philosophe ;

Franck Gaudichaud, politiste ;

Arlette Gautier, professeure de sociologie, Université de Brest ;

Clément Gautier, secrétaire fédéral Solidaires étudiant.es ;

Amandine Gay, réalisatrice et universitaire ;

Vincent Gay, Snesup-FSU ;

Valérie Gérard, professeure de philosophie 92, directrice de programme au Collège international de philosophie ;

Cécile Gintrac, enseignante, géographe ;

Raphael Giromini, enseignant à Aubervilliers, syndicaliste SNES-FSU 93 ;

Sybille Gollac, sociologue, chercheuse au CNRS ;

Liliana Gonzalez, psychanalyste ;

Camille Gourdeau, socio-anthropologue, Université Paris-Diderot ;

Jean-Guy Greilsamer, retraité, Union Juive Française pour la Paix ;

Luca Greco, maitre de conférences, Sorbonne Nouvelle ;

Lena Grigoriadou, enseignante ;

Michelle Guerci, journaliste ;

Fabrice Guilbaud, maître de Conférences en sociologie, UPJV Amiens, secrétaire de section Snesup-FSU ;

Hélène Guillaume, Assistante d’Education, 93 ;

Georges Gumpel, membre de l’Union juive française pour la paix ;

Boualem Hamadache, secrétaire général SUD Conseil départemental de Seine-Saint-Denis ;

Bérénice Hamidi Kim, enseignante-chercheuse en études théâtrales, Université Lyon 2 ;

Nahema Hanafi, maîtresse de conférences en histoire moderne, université d’Angers ;

Claire Hancock, professeure de géographie, Université Paris-Est Créteil ;

Samuel Hayat, historien, chercheur au CNRS ;

Gaétan Helon, secrétaire du Syndicat étudiant et lycéen CGT du Nord ;

AnouchK Ibacka Valiente, thesard.e, Berlin ;

Rada Ivekovic, philosophe ;

Sylvain Jay, Ligue des droits humains ;

Fanny Jedlicki, maîtresse de conférences en sociologie à l’université du Havre ;

Florence Johsua, sociologue ;

Samy Johsua, professeur émérite Université Aix Marseille ;

Cécile Jouhanneau, Maîtresse de conférences en science politique, Université Paul Valéry Montpellier 3 ;

Nicolas Jounin, sociologue ;

Claire Karpman, enseignante, militante SUD Education ;

Razmig Keucheyan, sociologue ;

Pierre Khalfa, économiste, militant altermondialiste ;

Isee Kheroufi-Gautherat, étudiante Master 1 genre, université paris 7 ;

Stathis Kouvélakis, philosophe ;

Isabelle Krzywkowski, Professeur de Littérature comparée, Université Grenoble Alpes, SNESUP-FSU ;

Juliette Lancel, doctorante en histoire (EHESS), enseignante, photographe ;

Patrice Lardeux, militant CGT et anti-impérialiste ;

Mathilde Larrère, historienne ;

Nathalie Lautrec, SUD éducation Manche ;

Léa Laval, doctorante en sciences de l’éducation – Paris 8 ;

Stéphane Lavignotte, pasteur de la Mission populaire ;

Brenda Le Bigot, université Cergy-Pontoise, syndicaliste SUD éducation 95 ;

Francis Lebon, maître de conférences en sciences de l’éducation ;

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire ;

Rose-Marie Lagrave, sociologue, directrice d’études EHESS ;

Christian Leblanc, membre du Bureau national du SYNPTAC-CGT ;

Sébastien Ledoux, historien, Université Paris-I ;

Margaux Leduc-Leroy, secrétaire fédérale SUD Santé-Sociaux ;

Jean-Philippe Legois, archiviste et historien ;

Fabienne Le Jeannic, militante NPA ;

Joël Le Jeannic, technicien avion et membre du Bureau National SUD Aérien ;

Stéphane Lavillaureix, réalisateur ;

Jean-Yves Lesage, militant du Livre CGT ;

Nathalie Levallois, syndiquée SUD santé, membre de la France Insoumise ;

Michel Lopes, retraité du Livre CGT ;

Michael Löwy, sociologue ;

Liêm-Khê Luguern, historienne ;

Seloua Luste Boulbina, universitaire ;

Christian Mahieux, Cahiers Les Utopiques, syndicaliste Solidaires ;

Pascal Maillard, universitaire, SNESUP-FSU ;

Jean-Claude Mamet, co-animateur du blog « Syndicollectif » ;

Gilles Manceron, historien ;

Anne Marchand, sociologue ;

Fabien Marcot, graphiste ;

Audrey Mariette, enseignante-chercheuse à l’université Paris 8 ;

Philippe Marlière, politiste ;

Adrien Martinez, syndicaliste SNUIPP, membre de l’Ecole émancipée ;

Gustave Massiah, économiste ;

Guillaume Mazeau, historien ;

Sarah Mazouz, sociologue, chargée de recherche au CNRS ;

Madjid Messaoudene, élue de Saint-Denis en charge de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits ;

Raphaël Millon, membre du ReAct – Réseaux pour l’action collective transnationale ;

Julian Mischi, sociologue ;

Sylvie Monchatre, sociologue, Université de Strasbourg ;

Sophie Montant, professeure de français ;

Christian de Montlibert, sociologue ;

René Monzat, membre de Espaces Marx ;

John Mullen, historien ;

Dominique Natanson, militant pédagogique, membre de l’Union juive française pour la paix ;

Jean-Michel Nathanson, syndicaliste Solidaires Finances publiques ;

Olivier Neveux, universitaire ;

Olivier Noël, sociologue, Université Paul Valéry-Montpellier ;

Sylvie Nony, chercheuse, militante FSU ;

Perrine Olff-Rastegar, membre de l’Union juive française pour la paix ;

Jean-Louis Olive, anthropologue, sociologue, Université de Perpignan ;

Julien O’Miel, maître de conférence en science politique ;

Anissa Ouamrane, doctorante en géographie ;

Ugo Palheta, sociologue ;

Luca Paltrinieri, maître de conférences (philosophie), Université de Rennes 1

Gaël Pasquier, maître de conférences en sociologie ;

Jean-François Pélissier, porte-parole national d’Ensemble ;

Willy Pelletier, sociologue ;

Etienne Penissat, chercheur au CNRS ;

Irène Pereira, sociologue ;

Thierry Perennes, UL CGT Guingamp

Evelyne Perrin, auteur et économiste ;

Roland Pfefferkorn, professeur de sociologie, Université de Strasbourg ;

Valérie Phelippeau, enseignante et syndiquée CGT, Cergy ;

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne ;

Marie Plassart, maîtresse de conférences, Université Lumière Lyon 2 ;

Bruno Poncet, secrétaire fédéral SUD Rail ;

Véronique Ponvert, syndicaliste FSU, Ecole Emancipée ;

Emmanuelle Posse, professeur de philosophie dans le 93, syndiquée SUD ;

Nicolas Poulin, ingénieur de recherche, co-secrétaire de SUD Éducation Alsace ;

Christine Poupin, porte-parole du NPA ;

Philippe Poutou, ancien candidat du NPA à l’élection présidentielle ;

Raphaël Pradeau, porte-parole d’ATTAC France ;

Jean-Luc Primon, sociologue, maître de conférences ;

Aude Rabaud, sociologue ;

Jean-Pierre Rafier, militant CGT Haute-Savoie, membre de la Ligue des droits de l’homme ;

Sandra Regol, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts

Juliette Rennes, sociologue, EHESS ;

François Reyssat, chercheur associé en sociologie ;

Fabrice Riceputi, enseignant ;

Jean Rivière, enseignant chercheur en géographie ;

Julien Rivoire, enseignant, Snesup-FSU Paris 13 ;

Jacqueline Roche ;

Cécile Ropiteaux, syndicaliste FSU, Ecole Emancipée ;

Jean-Louis Rotter, Fédération SUD Santé Sociaux ;

Théo Roumier, Cahiers Les Utopiques, syndicaliste Solidaires ;

Nordine Saidi, militant décolonial et délégué syndical Setca/FGTB ;

Julien Salingue, docteur en science politique ;

Catherine Samary, économiste ;

Maximilien Sanchez, conseiller municipal délégué à la Jeunesse de Gentilly, militant altermondialiste ;

Eric Santinelli, secrétaire fédéral SUD Rail ;

Odile Schneider-Mizony, linguiste, Université de Strasbourg

Arnault Skornicki, maître de conférences en science politique ;

Linda Sehili, syndicaliste Solidaires Finances publiques ;

Véronique Servat, enseignante histoire-géographie, SNES ;

Yasmine Siblot, sociologue ;

Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la Paix ;

Patrick Silberstein, éditions Syllepse ;

Patrick Simon, démographe, INED ;

Marie Sonnette, sociologue ;

François Spinner, revue N’autre école, collectif Questions de classe(s) ;

Pierre Stambul, membre de l’Union juive française pour la paix ;

Alessandro Stella, directeur de Recherche au CNRS/EHESS ;

Catherine Stern, professeure d’histoire retraitée ;

Stephen Suffern, avocat à la Cour (barreau de Paris) ;

Eddy Talbot, secrétaire fédéral SUD PTT ;

Clarisse Taron, présidente du Syndicat de la magistrature ;

Romain Telliez, maître de conférences (histoire), Université Paris-Sorbonne ;

Julien Théry, historien ;

Daniel Thin, professeur émérite de sociologie, Université Lyon 2 ;

Christian Topalov, sociologue, directeur d’études EHESS ;

Michel Tort, psychanalyste ;

José Tovar, syndicaliste, ex-secrétaire général de la FSU 93 ;

Vincent Touchaleaume, secrétaire du Syndicat des travailleurs de l’éducation / Union des travailleurs guyanais, Cayenne ;

Maryse Tripier, professeur émérite, sociologue de l’immigration, militante antiraciste ;

Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC France ;

Béatrice Turpin, cinéaste ;

Mathieu Uhel, université de Caen ;

Jérôme Valluy, professeur de science politique, Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) ;

Bertrand Verdier, critique littéraire, président association Axolotl – Cahiers Denis Roche ;

Marie-Christine Vergiat, députée européenne ;

Boris Vigneault, secrétaire général de la CGT Caisse des Dépôts ;

Olivier Vinay, élu Émancipation au Bureau national de la FSU ;

Julien Vincent, historien ;

William Vey, enseignant de sciences économiques et sociales et syndicaliste SNES FSU ;

Pedro Vianna, économiste, spécialiste du droit d’asile, ancien rédacteur en chef de Migrations Société, poète ;

Gilles Walusinski, photographe ;

Dror Warschawski, chercheur CNRS Paris ;

Louis Weber, ancien responsable de la FSU, éditeur ;

Karel Yon, sociologue, CNRS ;

Sophie Zafari, syndicaliste ;

Eric Zafon, syndicaliste, membre du comité de rédaction de N’autre école – Questions de classe(s) ;

Patricia Zander, maître de Conférences Géographie/aménagement, Université de Strasbourg ;

Caroline Zekri, maîtresse de conférences, Université Paris-Est Créteil ;

Jean-Pierre Zirotti, professeur émérite, sociologueOlivier Vinay, élu Émancipation au Bureau national de la FSU

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Les établissements français à l’étranger en grève le 27 novembre

 » Pour défendre l’établissement public AEFE et ses personnels, le SNES et les syndicats de la FSU appellent à la grève sur l’ensemble du réseau le 27 novembre, jour du Conseil d’administration. La mobilisation n’est plus seulement nécessaire, elle est désormais vitale ».  Le Snes entend protester contre la baisse de 33 millions du budget de l’AEFE. Selon l’intersyndicale Fsu, Unsa, Sgen celle ci devrait se traduire par la suppression de 500 postes.

 

L’appel à la grève

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Les enseignants en détresse avec le new public management

Le nouveau management axé sur la performance coute cher aux enseignants. C’estce qui ressort d’un congrès d’un syndicat d’enseignants québécois, la FAE, selon l’Huffington Post. « Les travaux de la sociologue Marie-France Maranda et du professeur Simon Viviers font état de la culture du «trop» et du «manque», soit trop d’élèves dans les classes, trop d’élèves présentant des difficultés diverses et trop d’exigences individualisées alors que parallèlement, les enseignants manquent de ressources, manquent de reconnaissance et manquent de soutien politique », écrit l’Huffington Post.  » La philosophie de gestion tourne autour d’un discours positif visant à mousser l’enthousiasme et la résilience face à l’adversité, et qui interprète les situations de surcharge comme un problème personnel de l’enseignant incapable de gérer son temps de travail et son désenchantement comme étant un manque de vocation pour l’enseignement. » Le congrès  a mis en évidence le coût final pour le système éducatif : les enseignants craquent, tombent malade et il faut les remplacer.

 

L’article

L’échec du New Public Management

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Petites économies sur le dos des référents handicaps

Enseignants du premier degré, les 1500 référents handicap suivent les projets de scolarisation des écoliers handicapés. Doivent ils bénéficier de la même revalorisation que les autres enseignants du premier degré qui ont vu l’ISAE, une prime annuelle, relevée ? Finalement le ministère laisse les recteurs décider si leur prime sera de 950 ou de 2500 €. Dans une lettre au premier ministre datée du 23 novembre, l’intersyndicale Snuipp, Se Unsa et Sgen Cfdt, c’est « inacceptable ».

 

La lettre

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Le Snuipp lance un appel pour que le ministère soutienne toute la recherche

« Il y a un parti pris du ministre en faveur des neurosciences. On sait qu’elles sont importantes mais on n’a pas affaire à des cerveaux de laboratoire mais à des enfants vivants ». A l’issue d’un colloque sur la difficulté d’enseigner, le 23 novembre, Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp, annonce le lancement d’un appel à diffuser toute la recherche dans la formation continue des enseignants. Une cinquantaine de chercheurs soutiennent l’appel, par exemple E. Gentaz, B. Cyrulnik, M. Duru Bellat. R. Goigoux ou P. Meirieu.

Des dons naturels à la diversité des aptitudes…

Comment faire face aux difficultés des élèves? Le 23 novembre, le Snuipp a invité plusieurs spécialistes pour échanger avec les nombreux enseignants présents.  Jacques Bernardin ouvre la journée en proposant un savoureux historique du traitement de la difficulté scolaire dans l’école française. Il montre comment on est passé de la théorie des dons (« Il nait des enfants doués pour les études et d’autres doués pour le travail manuel » Giscard d’Estaing 1976) à celle du handicap socio culturel (« Tout jeune, quel que soit le handicap de son milieu culturel, doit pouvoir courir sa chance » Giscard d’Estaing 1977) pour aboutir à l’individualisation et à la « diversité des aptitudes », la version moderne de l’idéologie des dons, ou à l’externalisation des problèmes vers le médical.

Pour J Bernardin « penser les différences en terme de compensation c’est un regard de dominant ». Il milite pour l’épaisseur culturelle  des situations données aux élèves et pour  donner le temps de la réflexion et de l’institutionnalisation des savoirs.

Contre l’externalisation et la médicalisation de la difficulté scolaire

Florence Savournin (Espe de Toulouse) rappelle l’empilement des dispositifs d’aide, des dispositifs qui finissent par assigner l’élève dans sa difficulté. Elle montre aussi la montée du scientisme en éducation. Alors que les enseignants sont les vrais experts de la difficulté scolaire, les familles, et même parfois les professeurs, font de plus en plus appel à des « spécialistes » : orthophonistes, psys etc. Or la difficulté est liée à un milieu tout comme l’élève est dans un collectif. « L’élève est en difficulté comme élève », pas forcément comme individu.

Stanislas Morel, un sociologue, rebondit sur cette analyse. « Il faut remettre en cause le postulat de l’individualisation… Il y a des difficultés pédagogiques  qui relèvent de l’école ». Il appelle à redonner confiance aux  enseignants qui sont des experts pour traiter la difficulté scolaire. De témoignages en fin de journée montrent  comment des équipes enseignantes s’emparent de la difficulté scolaire et la gèrent en équipe.

Un appel pour la diversité de la recherche

Interrogée par le Café pédagogique, Francette Popineau, co-secrétaire générale du Snuipp,   revient sur les objectifs du colloque. « On veut mettre en avant que la difficulté scolaire est notre lot quotidien. On veut la traiter mais pas des mesurettes ou des affichages. Avec le CP à 12 le ministre dit qu’il va régler la difficulté par le seul biais des effectifs. C’est un bon angle. Mais il y a des élèves en difficultés dans les autres CP et les autres classes. Il faut traiter dans la largeur et pas faire une focale sur les CP de Rep+ ».

« Dans le colloque on a vu que l’école a un rôle important à jouer. Il n’est pas normal que les enseignants, qui sont experts, soient dominés par d’autres qui leur apprennent leur métier. Ils doivent reprendre la main ». Le Snuipp propose que le temps des APC, un moment d’externalisation peu efficace, soit utilisé par les équipes pour monter leurs projets ou se former.

Trouvez vous que les neurosciences prennent trop de place par rapport aux autres approches pédagogiques ? « Il y a un parti pris du ministre en faveur des neurosciences. On sait qu’elles sont importantes mais on n’a pas affaire à des cerveaux de laboratoire mais à des enfants vivants. L’activité mentale peut être perturbé par beaucoup de choses comme le contexte social. Il ne faut donc pas s’appuyer que sur les neurosciences. Il faut croiser les recherches. C’est pourquoi on réalise un appel déjà signé par 55 chercheurs pour dire qu’on a besoin de toute la recherche pour progresser. C’est comme cela que l’école va avancer ».

Pour F Popineau, des courants ne sont pas assez reconnus, « ceux qui sont traités de pédagogistes », alors « qu’ils apportent des choses importantes en terme de didactique ou de réflexion sur le métier ».

Le texte appelle le ministère à « développer et diffuser la recherche dans tous les domaines intéressant l’école par le biais de la formation… pour construire une école capable de réduire les inégalités ».

L’appel est signé de nombreux noms prestigieux et surtout venus de sciences différentes : E. Gentaz, B. Cyrulnik, R. Goigoux, M. Duru Bellat, E Debarbieux,P Rayou, P Merle ou P. Meirieu par exemple.

Cet appel est une pierre jetée dans le jardin de JM Blanquer qui semble ne connaitre que les neurosciences. Il intervient au moment où le ministère va lancer des formations sur la lecture en CP, un autre sujet de tension entre le ministre et les chercheurs qui remonte au début du siècle. Mais il est vrai que la domination des neurosciences a commencé avant Blanquer. Quand R Goigoux recevait 30 000 euros pour son étude incontournable sur la lecture, les laboratoires de psychologie cognitive se partageaient déjà les 30 millions d’E-Fran pour des projets parfois qui interrogent.

E-Fran une recherche très orientée

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Les profs recrutés par la police ?

 » Toute décision de recrutement doit être précédée d’une enquête administrative destinée à vérifier si la personne concernée représente une menace grave à la sécurité publique ou la sûreté de l’État ». Une proposition de loi déposée par I Valentin,député Les Républicains, veut soumettre la nomination des enseignants , et eux seuls, à une enquête de police.

 

La proposition

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Gazette d’arrêt sur images, n° 519. Et si Drahi n’était pas fichu ?

Gazette d’arrêt sur images, n° 519.

Alors que vacille l’Empire des télécoms et des medias de Patrick Drahi, mille questions se posent. La presse a-t-elle été hypnotisée par la rapidité de l’ascension du milliardaire ? Sa stratégie de « convergence entre contenus et contenants », sur laquelle un certain Jean-Marie Messier s’est cassé les dents voici vingt ans, a-t-elle une chance de réussir aujourd’hui, à l’ère du smartphone ? A voir les abonnés SFR fuir l’opérateur par paquets de centaines de milliers, on peut être sceptique. Mais nos invités ne croient pas que le pire (pour Drahi) est certain. Faites-vous votre idée. Notre émission est ici (1).

Un éloge des chouanneries de la Vendée, sur une radio publique, de bon matin ? C’est possible ! Nicolas Demorand recevait cette semaine sur France Inter Patrick Buisson, l’ancien « mauvais génie » de Nicolas Sarkozy. Ni une ni deux, Mathilde Larrère nous rappelle ce que furent vraiment les guerres de Vendée, et l’histoire mouvementée de leur mémoire. Sa chronique est ici (2).

Et pour faire un formidable cadeau de fin d’année, je vous l’ai déjà dit, vous pouvez déjà commander notre premier DVD : les meilleures chroniques de Mathilde Larrère (en vente uniquement par correspondance). Pour le commander, cliquez ici (3).

Pour voir nos émissions, vous devez être abonnés. Pour vous, le premier mois est à 1€, sans engagement. Pour vous abonner c’est ici (4)

(5)

(6)

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Des lycéens en grève obtiennent les enseignants qui leur manquent

En grève pour obtenir les 3 enseignants qui leur manquent, les élèves de terminale du lycée Delamare Deboutteville à Forges-les-Eaux viennent d’obtenir satisfaction, annonce France Bleu. Il manquait deux professeurs de maths et un de philosophie dans l’établissement. Le rectorat assure les avoir trouvés.

 

Sur France Bleu

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Manifestations lycéennes contre le Plan étudiants

Cinq lycées parisiens et un établissement de Sceaux (92) ont été bloqués le 22 novembre pour protester contre le projet d eloi sur l’orientation dans le supérieur. Les lycéens protestent contre la sélection qui sera mise en place à l’entrée en université.

 

Sur France3

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80% des communes vont revenir à la semaine de 4 jours

Sous pression des parents et des enseignants, et pour diminuer leurs coûts, plus de 8 communes sur 10 auront demandé le retour à la semaine de 4 jours à la rentrée 2018, selon une enquête de l’Association des maires de France publiée le 22 novembre. Les PEDT sont maintenant également menacés. La moitié des communes choisissant le retour aux 4 jours veut les abandonner. En quelques mois le décret Blanquer aura fait s’effondrer 5 années de politique éducative locale.

La semaine de 4 jours très majoritaire en 2018

 » La semaine de quatre jours devrait être majoritaire à la rentrée 2018. Outre les 43 % des collectivités dont les écoles sont à quatre jours à la rentrée 2017, l’enquête montre que 40 % des communes et 45 % des intercommunalités ont d’ores et déjà envisagé les quatre jours pour la rentrée 2018″. C’est un des enseignements d’une enquête menée auprès de 6000 communes par l’Association des maires de France. A la rentrée 2018 plus de 8 communes sur 10 devraient avoir abandonné la semaine de4.5 jours mise en place en 2013.

Pour justifier ce retour les maires évoquent les pressions des parents et des enseignants, la fatigue des enfants et le coût des activités périscolaires. 8 communes sur 10 restées sur 4.5 jours le justifient par le trop court délai posé par le décret Blanquer pour changer l’organisation de la rentrée. 20% le justifient par l’organisation des transports scolaires ou par une meilleure adaptation aux rythmes de l’enfant.

Les PEDT en voie d’abandon

Les communes passées aux 4 jours continuent à organiser majoritairement un accueil le soir mais il est devenu payant à 92%. Seules 37% de ces communes organisent un accueil le mercredi matin. Elles demandent une extension sur ce temps des normes allégées d’encadrement appliquées au périscolaire.

Selon cette enquête 42% des communes revenues aux 4 jours envisagent d’abandonner le PEDT. Pour les autres communes, le PEDT reste pertinent mais un quart d’entre elles estime qu’il n’a pas apporté de valeur ajoutée.

Deux modèles d’accueil des enfants

Pour l’AMF,  » le retour à la semaine de quatre jours répond à une forte attente des élus, qui considèrent que la réforme de 2013 n’était pas adaptée aux petites communes au regard des difficultés d’organisation des NAP et qui notent, pour les trois quarts d’entre eux, l’économie financière dégagée grâce au retour à quatre jours… La semaine de quatre jours est souvent perçue comme plus adaptée aux classes maternelles, aux contraintes des transports scolaires et du milieu associatif, et plus en cohérence avec l’organisation des écoles privées. La semaine de quatre jours et demi offre, outre un rythme plus favorable aux apprentissages, la possibilité aux enfants d’avoir un meilleur accès aux activités culturelles et sportives. L’organisation des activités par les collectivités tend à se différencier. La semaine de quatre jours présente une offre périscolaire davantage organisée en accueil non déclaré et payant, à l’inverse des NAP ». Mais  » la poursuite des activités est toutefois conditionnée au maintien du financement de l’État. D’ailleurs, si le fonds de soutien devait être supprimé, 91 % des collectivités envisageraient le retour aux quatre jours. »

L’enquête

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François Bonneau : ce que demandent les régions

Quel rôle les régions veulent -elles jouer dans l’enseignement professionnel et l’orientation ?? Le 22 novembre, Hervé Morin a été élu président de l’Association des régions de France et François Bonneau président délégué. Il nous explique pourquoi les régions demandent le pilotage de l’enseignement professionnel et de l’orientation et  quelle place précise elles veulent y jouer.

« Pas question de devenir ceux qui s’occupent du ravalement et de la peinture et qui n’ont rien à dire sur les formations ». Nouveau président de l’Association des régions de France, Hervé Morin a annoncé le 22 novembre un Manifeste des régions qui fera connaitre leurs demandes sur la gouvernance. Selon H Morin les régions « le redressement du pays passe par les territoires » et les régions  attendent de l’Etat « un référentiel budgétaire jusqu’en 2022 à partir de compétences stabilisées ». En échange de quoi elles reviendraient dans la Conférence nationale des territoires. H Morin a beaucoup parlé de l’apprentissage estimant que « c’est une mauvaise idée de le confier aux branches professionnelles ». Les régions revendiquent son pilotage.

François Bonneau , devenu président délégué de l’ARF, fait le point sur cette question et sur celle de l’orientation.

 

Les régions veulent-elles vraiment mettre la main sur les lycées professionnels ?

D’abord il faut rappeler les objectifs des régions. C’est ça qui compte. L’objectif c’est d’avoir tous les jeunes en situation d’avoir une qualification professionnelle reconnue correspondant aux emplois d’aujourd’hui et de demain. Alors que l’on voit partout des entreprises qui peinent à trouver les compétences dont elles ont besoin et qu’en même temps on a 3 millions de chômeurs, notre objectif c’est de faire en sorte qu’au moment de la reprise de l’activité les ressources humaines ne soient pas un frein mais un moteur.

Pour cela il faut commencer par réformer nos diplômes. Il faut que la carte des formations soient confiées aux régions et élaborées avec les branches professionnelles en fonction de l’évolution des territoires. Il faut des formations organisées autour d’un tronc commun pour des diplômes plus adaptables. Il faut qu’elles soient modulaires pour pouvoir s’adapter à al réalité de publics très différents. Il faut que les moments d’entrée et de sortie de formation puissent être à un autre moment que le calendrier d el’éducation nationale. Il faut donc beaucoup assouplir les formations et faire évoluer les diplômes.

Ensuite il faut faire évoluer l’orientation. Nos jeunes connaissent mal le monde des métiers d’aujourd’hui et de demain. Cela ne leur permet pas de former un projet professionnel dans lequel ils puissent vraiment s’investir. Nous voulons que les choix soient faits avec une connaissance meilleure de l’entreprise et de la vie économique. Les jeunes ont souvent encore une vision à la Zola de l’entreprise alors que chaque emploi fait appel à plus d’autonomie et qu’une nouvelle organisation du travail est en place.

Nous pensons aussi qu’il faut davantage de complémentarité entre apprentissage et lycée professionnel Pour certains jeunes, le L.P. est le chemin de la réussite. Pour d’autres le contact avec le monde adulte, dans l’apprentissage, leur permet de se construire. Faisons de la dualité  une chance.

Pour cela nous voulons la responsabilité de la formation professionnelle initiale  en alternance ou en lycée professionnel. On y associera les branches professionnelles. Mai spas question de mettre les régions sous leur tutelle.

Des syndicats enseignants disent que donner la carte des formations aux régions c’est réduire les choix des jeunes et les enfermer dans des politiques régionales. Que répondez vous ?

Nous sommes capables de faire évoluer les formations pour s’adapter aux évolutions économiques. Par ailleurs les jeunes doivent pouvoir bouger pour suivre une formation qui n’existe pas localement.

Pour l’orientation qu’aimeriez vous changer concrètement ?

Aujourd’hui l’information est portée par des enseignants et des conseillers d’orientation qui par leurs charges n’ont pas assez la possibilité de comprendre le monde économique. L’orientation est une vocation du projet de chaque établissement. On veut que cette orientation se nourrisse de concret. On soutiendra des projets d’orientation dans les établissements associant des entreprises ou des universités. On mobilisera des entreprises pour que dans chaque établissement il y ait un bouquet d’information. Il faudra aussi que les entreprises fassent davantage de place à l’accueil des jeunes. Finalement on veut prendre la responsabilité  de l’orientation  pour que l’établissement puisse trouver dans son environnement des offres d’accueil et sensibiliser les jeunes pour qu’ils forgent progressivement leur projet.

Confier les lycées professionnels aux régions c’est toujours d’actualité ?

On a déjà un rôle très important dans ces lycées. L’équipement, les murs,l’internat, l’entretien, la restauration, la proposition de la carte des formations, tout cela c’est déjà nous. On demande la responsabilité de la carte des formations, aujourd’hui partagée avec le recteur. On veut qu’elle s’articule avec l’alternance et on veut piloter cette carte des formations. Les enseignants resteront dans l’éducation nationale. Mais la carte des formations et l’accompagnement des jeunes doivent devenir des compétences régionales.

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Géraldine Farges : mondes enseignants

Peut-on encore parler du corps enseignant ? Pour Géraldine Farges, chercheuse à l’IREDU, le corps enseignant est fragmenté  en plusieurs « conditions enseignantes » qui opposent principalement le premier et le second degré. Son ouvrage  montre que derrière un référentiel professionnel commun, beaucoup de choses séparent les deux groupes : des conditions de travail et de rémunération mais aussi des sociabilités différentes. Plus divisé que jamais le corps enseignant connait aussi un malaise certain.

 A l’origine de ce petit livre un sondage réalisé en 2010 auprès de 3 000 enseignants grâce au soutien de la Maif. Il permet de connaitre l’origine sociale, la sociabilité mais aussi les aspirations des enseignants d’ages et de corps  différents.

Ainsi l’ouvrage montre que, malgré l’élévation du niveau de recrutement, malgré la poussée de l’éducation dans le pays qui a relevé le niveau des parents d’enseignants, les professeurs des écoles se distinguent des enseignants du secondaire par une origine sociale plus modeste. « Les jeunes PE connaissent par comparaison avec les jeunes professeurs du secondaire des parcours sociaux marqués par ne ascension plus fréquente », même si dans les deux corps on constate une montée du niveau de l’origine sociale.

Qu’en est il des couples ? L’étude montre une nette opposition chez les PE, les hommes comptant nettement plu de célibataires que les professeurs du secondaire (PLC) alors que les femmes sont après les indépendantes la catégorie qui vivent le plus en couple, à la différence de leurs collègue PLC. L’endogamie enseignante a régressé dans le premier degré alors qu’elle augmente dans le second où un quart des couples unit deux enseignants.

Une dernière partie de l’ouvrage sonde les coeurs des enseignants . Elle relève un fort sentiment de dévalorisation combattue par une nette appétence pour le métier « pour soi ». La vocation n’ets pas morte. Pourtant le sentiment de dévalorisation est très fort.

L’enquête aborde aussi d’autres questions : rapport à l’engagement syndical, revendications, appartenance politique. Des sujets sur lesquels on a des vues plus précises dans d’autres  enquêtes. C’est le cas par exemple du baromètre Unsa, publié après la réalisation de l’enquête de G Farges, qui chaque année fait le point des tensions et des attentes dans la profession.

En 200 pages, Géraldine Farges nous offre une base solide pour mieux comprendre les métiers enseignants, en saisir finement les différences et les attentes.

 

 

Géraldine Farges : La place des enseignants n’est plus la même

 » La dimension symbolique du statut enseignant n’est plus la même ». G Farges revient sur les évolutions constatées dans le ou les corps enseignants.

De l’extérieur les enseignants sont perçus comme un corps et eux-mêmes le pensent souvent. Vous dites que ce corps se différencie de plus en plus. Pourquoi ?

L’objectif de ce livre c’est justement de prendre à bras le corps l’idée d’un corps enseignant unifié, de professeurs qui seraient tous les mêmes, et de mettre en question cette uniformisation. Il y a bien sur des différences anciennes, stabilisées. Mais même si les statuts se rapprochent, les enseignants se différencient de façon informelle. Par exemple les professeurs des écoles et les certifiés ont les mêmes grilles indiciaires et en théorie le même salaire. En fait ils n’ont ni les mêmes conditions de travail ni la même rémunération parce qu’il y a des primes et des missions que les uns touchent ou peuvent remplir et pas les autres.

C’est la même chose pour leur formation. Ils ont tous un master mais les études diffèrent. A l’Espe les cursus des PE et des certifiés ne sont pas les mêmes et les occasions   de rencontre sont rares.

Peut-on dire quand même qu’ils partagent tous un univers de référence commun ?

Il y a des points communs. Par exemple l’importance accordée à l’appartenance à la fonction publique. Il y a l’héritage d’une histoire collective forte. Mais face à  cela il y a des différences qui sont arrivées. Par exemple le référentiel des compétences des enseignants est unificateur car on attend les mêmes compétences des enseignants. Mais ils ne sont pas exactement identiques celui des PE étant plus précis.

Peut on dire que tous les corps enseignants, avec la formation longue généralisée, ont connu un embourgeoisement ?

Il y a bien élévation de la durée des études pour tous les enseignants. Mais pas embourgeoisement général. Les jeunes enseignants ont une origine sociale plus élevée que leurs ainés. Mais l’origine sociale des PE reste plus modeste que celle des certifiés. Celle ci est aussi plus proche du milieu enseignant alors que les jeunes PE en sont plus éloignés.

L’homogamie entre enseignants s’est elle renforcée ?

Elle a tendance à se réduire au fil des générations et reste plus importante pour les enseignants du second degré. Globalement on a plutôt une diversification des choix matrimoniaux.

Comment l’expliquer ?

Dans le livre j’explique à quel point le statut de l’enseignante a changé. Jusqu’au milieu des années 1970s être femme professeure était une position sociale rare, associé à un statut social plus libre que celui de la plupart des femmes. De ce fait c’était plus difficile pour ces femmes de trouver un conjoint. Ce statut allait de pair avec un célibat très fréquemment. Aujourd’hui cela a bien changé. La dimension symbolique du statut n’est plus la même.

Vous écrivez que les enseignants ont été un modèle culturel. Ils ne le sont plus ?

Dans les années 1970 les classes moyennes, dont les enseignants, ont été des moteurs pour la société. Les enseignants avaient un rôle social plus important et ils ont pu contribuer à faire bouger la société avec d’autres travailleurs des secteurs du social, de la santé  ou de la culture.  Ils ont investi la scène associative, syndicale ou politique. Aujourd’hui c’est moins le cas. Leur rôle social reste important mais leur place dans le monde politique ou syndical n’est plus la même.

Quelles conséquences peut avoir cet éclatement du monde enseignant ?

Pour les enseignants on peut y voir une des explications sur malaise enseignant qu’Anne Barrère a décrit. Mon enquête montre l’insatisfaction des enseignants. Mais on sait aussi que le métier est moins attractif et que le nombre des démissions augmente. Cet éclatement contrarie les solutions collectives , il empêche d’en trouver facilement.

Aujourd’hui on demande aux enseignants du premier du second degré de franchir le mur qui les sépare et de travailler ensemble dans le cycle 3. Cela vous semble possible ?

C’est possible. Mais ce n’est pas en imposant par le haut ce genre de changement qu’on va voir spontanément des collectifs se créer.  Pour le moment ce travail en commun relève surtout du langage institutionnel.

En étudiant ces univers enseignants qu’est ce qui vous a le plus surpris ?

C’est de constater la valeur que les professeurs des écoles donnent à la dimension intellectuelle de leur métier. Or c’est un point pour lequel ils pensent ne pas être reconnus par la société. Ce paradoxe surprenant est révélateur pour comprendre le malaise enseignant.

Géraldine Farges, Les mondes enseignants, PUF, ISBN 9782130606437

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