Primaire : l’école rurale « dépouillée » selon le Snuipp

 » Dans de nombreux départements, parents d’élèves, élus et enseignants se lancent dans la bataille pour défendre une école rurale souvent première victime des décisions arrêtées par les recteurs et les DASEN », écrit le Snuipp Fsu, premier syndicat du primaire.

 » En théorie, la dotation de 3880 postes, conjuguée à un faible recul des effectifs d’élèves,  doit en effet conduire à une légère amélioration du taux d’encadrement.  Mais concrètement, l’engagement du ministre de dédoubler CP et CE1 en REP +, CP en REP dès la rentrée prochaine va consommer l’intégralité de ces postes supplémentaires. Et il en manquera encore ! », remarque le Snuipp. « Le SNUipp-FSU estime le déficit à 2300 postes non budgétés . Pour faire face, après avoir tiré un trait sur les « Plus de maîtres », l’administration se voit contrainte de puiser dans le stock de postes existants. L’éducation prioritaire étant principalement située en zone urbaine, on assiste donc à un véritable redéploiement. Au niveau régional comme dans l’Académie de Toulouse où  89 postes sont créés avec 130 postes supplémentaires pour le seul département de la Haute-Garonne, aux dépens des départements ruraux de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées, du Lot, du Gers, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Même logique à l’intérieur des départements avec des fermetures dans les écoles rurales pour permettre le dédoublement dans les centres urbains . C’est le cas par exemple de la Somme où l’on prévoit 63 suppressions de classes ou même d’écoles rurales malgré la dotation positive de 18 postes largement insuffisante pour assurer les dédoublements prévus à Amiens ou à Abbeville.

Ainsi dans la Somme une « nuit des écoles » est organisée le 19 février par les associations de parents.  On annonce 48 fermetures de classes dans le département. Dans l’Hérault on compte 72 postes en plus pour 2018 mais les dédoublements de CP demandent à eux seuls 84 postes et 650 élèves supplémentaires sont prévus. Le Dasen s’en tire en fermant des classes et en les bourrant avec plus de 30 élèves annoncés.

Communiqué snuipp

Nuit des écoles

Les fermetures de classes rurales sont elles un mensonge ?

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Les disciplines contre la réforme du lycée

Présentée le 14 février, la réforme du lycée fait monter au créneau les disciplines scientifiques et les sciences économiques et sociales (SES).Après les associations de professeurs de SVT et de physique chimie, c’est la Commission française pour l’enseignement des mathématiques (CFEM) et l’association des professeurs de maths (Apmep) qui marquent leurs désaccord devant l’insuffisance de l’enseignement des sciences. De nouveaux renforts viennent  l’appui de la démarche de l’Apses (association des professeurs de SES) qui lance une pétition.

Les scientifiques très mobilisés

Dès l’annonce de la réforme l’APBG (professeurs de SVt) et l’Udppc (physique chimie) avaient marqué leurs inquiétudes.  » Avec la réforme du baccalauréat, la France renonce définitivement à offrir une culture scientifique à ses citoyen·ne·s », écrit l’Udppc.  » Le tronc commun du cycle terminal (1re et Tale) voit l’horaire de philosophie augmenter de 33 %, celui d’histoire-géographie de 33 % également. Si l’on veut que celui de mathématiques reste stable, sans devoir avoir recours à une option supplémentaire, les sciences expérimentales sont condamnées à subir une baisse de 15 % de leurs horaires d’enseignement », écrivait le 14 l’Udppc.

Depuis l’Udppc a publié des graphiques éclairants sur les horaires qui pourront être choisis par les élèves. Dans le cas d’un profil maths – physique, la légère hausse des maths se paye par l’affaissement des SVT. C’est l’inverse pour un profil maths – SVT. Aucun profil ne permet d’améliorer le niveau scientifique des élèves ni même d’assurer une formation de haut niveau en maths, SVT et physique, souhaitée par certaines prépas.


Dans un communiqué publié el 18 février, la Commission française pour l’enseignement des mathématiques (CFEM), qui regroupe l’association des professeurs de maths (Apmep), la société mathématique de France, l’union des prépas scientifiques et d’autres organisations scientifiques, est  » inquiète à la fois pour la formation scientifique du citoyen à la sortie du Lycée général et technologique et pour celle des futurs scientifiques ».

 » Cette réforme acte le fait que certain.e.s lycéen.ne.s peuvent obtenir le baccalauréat sans

véritable enseignement de mathématiques en première, ni en terminale… L’intitulé du nouvel enseignement de tronc commun « humanités scientifiques et numériques », et le format réduit de 2h hebdomadaires, alors que c’est le seul enseignement de tronc commun comportant des sciences, ne permettent pas de présager que le lycéen qui n’aura choisi aucun autre enseignement scientifique en spécialité ou en enseignement facultatif, pourra acquérir la culture scientifique pourtant jugée indispensable à la formation du citoyen », estime la CFEM.

 » Pour les futur.e.s scientifiques, notre inquiétude rejoint celle exprimée dans le communiqué de l’UdPPC (Union des professeurs de physique et de chimie). Ce communiqué souligne les nouveaux équilibres du tronc commun, avec une augmentation des horaires de disciplines non scientifiques (Philosophie en terminale, Histoire-géographie en première et en terminale) par rapport à ceux de l’actuelle série S, alors qu’il faut faire place à une nouvelle discipline, l’informatique », poursuit la CFEM.

Au coeur de la question le nouvel enseignement « d’humanités scientifiques et numériques » dont la programme semble encore flou. Le ministre l’utilise pour avancer l’idée qu’il y aura des sciences partout. Mais il semble aussi y voir une initiation aux problématiques liées aux sciences et au numérique et non un véritable enseignement scientifique.

Les SES aussi

Les SES ont réagi aussi très tôt à la réforme du lycée qui maintient les SES comme enseignement de spécialité en les amputant des sciences politiques. L’Apses lance une pétition, déjà signée par l’association des sociologues (ASES) et celle d’économie politique (Afep).

 » Cette discipline, très appréciée des élèves, a démontré sa réussite. La série ES, dont elle est la discipline pivot, a indéniablement participé à la démocratisation du lycée en accueillant un tiers des bacheliers généraux, qui présentent un recrutement social particulièrement varié et bénéficient de débouchés diversifiés et de bons taux de réussite dans l’enseignement supérieur », écrit l’Apses.

« Les SES devraient être un élément constitutif de la culture commune en étant proposées à chaque lycéen. Absentes du collège et des enseignements obligatoires en première et terminale, il apparaît nécessaire de leur donner une place suffisante en classe de seconde. C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Ministre, que les sciences économiques et sociales soient intégrées au tronc commun de la classe de seconde générale et technologique, pour un horaire de 3 heures par semaine, incluant des dédoublements définis nationalement ».

JM Blanquer a fait l’effort de reculer sur les propositions les plus violentes pour les enseignants comme l’annualisation ou la dissolution totale des classes. Le voilà confronté  aux associations disciplinaires qui font remonter que non seulement leurs postes sont en danger mais aussi que la réforme s’attaque à la formation scientifique, économique et sociale. Alors que le gouvernement met en place la sélection pour les lycéens, ce n’est pas une bonne idée…

CFEM

Les sciences déjà mobilisées

Apses

Pétition Apses

Diagrammes Udppc

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Comment évaluer l’éducation prioritaire ?

 » Ces indicateurs doivent être interprétés davantage comme un état des lieux initial de la réussite scolaire des élèves en REP+ que comme une évaluation de ce dispositif. En effet, le dispositif REP+ n’est entré en application qu’à la rentrée 2015″. Dans une nouvelle Note la Depp, division des études du ministère, publie un prudent « état des lieux » de l’éducation prioritaire. Il chiffre l’écart existant aussi bien en moyens qu’en résultats entre l’éducation prioritaire. Survenant après une article publié par la Depp qui mettait en douce l’efficacité du dispositif, alors que la carte de l’éducation prioritaire arrive à terme, cette Note alimente un débat que le ministre va bientôt trancher.

Des moyens à la hauteur ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser seulement un faible pourcentage des enfants défavorisés est scolarisé en éducation prioritaire : seulement 31% des élèves de 6ème de PCS défavorisée sont scolarisés en Rep ou en Rep+(12%). Mais ce qui singularise l’éducation prioritaire c’est la concentration des élèves défavorisés. Alors qu’on trouve 39% d’enfants d’ouvriers et d’inactifs hors éducation prioritaire (EP) , ils sont 75% en Rep+ et 61% en Rep. Inversement on ne trouvera que 8% d’enfants de cadres en Rep+ contre 35% hors E.P. Autrement dit l’éducation prioritaire correspond à la forte ségrégation sociale existant dans certains établissements scolaires.

La Note fait le point aussi sur les moyens attribués à l’EP. Au niveau collège comme dans le premier degré on trouve en moyenne 21 élèves par classe en Rep+ , 22 en Rep et 24 hors EP. Un écart qui reste faible malgré les dédoublements en CP de Rep+. Ces chiffres illustrent d’ailleurs le faible impact de cette politique. Le seul point où se distingue l’EP c’est sur la scolarisation à deux : 20% des enfants sont scolarisés à 2 ans en EP contre 10% hors EP. Mais on sait que cette particularité est maintenant sur la sellette…

Dernière caractéristique de l’EP : le fort pourcentage d’enseignants ayant peu d’ancienneté dans l’établissement. 45% des professeurs de collèges de l’EP sont là depuis moins de 2 ans contre 33% pour les autres collèges.  Ce chiffre occulte une autre réalité : ces enseignants sont plus souvent des débutants. 38 % des professeurs de Rep+ ont 35 ans ou moins contre 22% hors EP.

Quels résultats ?

La Note s’attache aussi aux résultats des élèves. Elle souligne le faible niveau à l’entrée au collège.  » En REP+, en début d’année scolaire 2015-2016, les élèves entrant en sixième maîtrisent la compétence 1 du socle à 60 % contre 72 % en REP et 83 % dans les autres collèges publics. Pour la compétence 3, les proportions sont respectivement de 44 %, 56 % et 73 %. Finalement, seuls 36 % des élèves entrant en sixième de REP+ maîtrisent à la fois les compétences 1 et 3 en début de sixième, contre près d’un élève entrant en sixième sur deux en REP et deux tiers des élèves entrant en sixième hors EP ».

En sortant d’EP, ces élèves réussissent moins bien. A la session 2016 du brevet  » 44 % des élèves des collèges REP+ et 54 % des élèves des REP ont obtenu plus de 10 sur 20 aux épreuves écrites contre 73 % ailleurs » (il s’agit là des seules épreuves écrites finales et non du taux de réussite au brevet). Par suite les élèves de l’EP se trouvent plus souvent en 2de professionnelle ou en CAP que les autres :  » le taux d’accès de la troisième vers la seconde professionnelle est de 31 % pour les élèves scolarisés dans un collège REP+ contre 21 % hors EP ».

Où en est l’éducation prioritaire ?

Cette Note fait suite à une étude de la Depp qui a fait du bruit. Dans Education & formations, A Stefanou mettait en doute l’efficacité du dispositif.  »  » L’écart entre les élèves de RAR et les élèves hors éducation prioritaire passe d’environ un écart-type à environ un dixième d’écart-type quand on contrôle le niveau initial des élèves et les caractéristiques socio-démographiques. Pour les élèves de RRS, l’écart passe d’environ 0,5 écart-type à environ un dixième d’écart-type… Nous avons évoqué plus haut les deux raisons qui fondent l’éducation prioritaire : cibler les difficultés où elles se trouvent et tenir compte des effets délétères de la ségrégation sociale. Si seule la première raison existait, ces résultats, avec toute la prudence que l’on doit conserver du fait de leur caractère descriptif, seraient assez décevants. Malgré des moyens supplémentaires, les élèves de RAR ne progressent pas plus que les élèves hors éducation prioritaire au collège et ne peuvent pas rattraper le retard important qui existe à l’entrée en sixième. »

Mais c’était aussi pour rappeler que  » les écarts ne se creusent pas sensiblement. En d’autres termes, les dispositifs d’éducation prioritaire semblent parvenir à contenir l’effet de la très forte concentration de difficultés sociales, qui selon les travaux du Cnesco, devrait provoquer une forte dégradation des performances dans ces établissements ».

La publication de cette Note intervient aussi alors qu’on attend pour 2019 la confirmation ou pas de l’éducation prioritaire et éventuellement une nouvelle carte. En décembre 2017, Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires marquait ses inquiétudes.  » La question qui  est posée est celle de la volonté ou non du nouveau ministre de poursuivre et d’accentuer la politique de refondation de l’Education prioritaire engagée en 2013/2014, après la consultation nationale sur l’Ecole de 2012. En d’autres termes, encourager, accompagner, renforcer l’action engagée depuis des années par les réseaux au nom du pragmatisme et de la bienveillance… Ou bien tenter de déconstruire insidieusement les orientations politiques , les évolutions professionnelles, les innovations pédagogiques , comme cela a été pratiqué en 2010/2011 en remplaçant sans évaluation les RAR par Eclair, au nom du dogmatisme idéologique et de la défiance ». 2010-2011 c’est le moment où JM Blanquer était numéro 2 du ministère…

L’OZP était inquiète de la déconstruction du dispositif Plus de maitres que de classes, qui va s’aggraver à la rentrée. Elle pourrait l’être aussi quand on entend le ministre préférer « l’immatériel » au « matériel » ou quand on constate , comme F Dubet, son « indifférence à la question des inégalités sociales ».

Mais le ministre est « en même temps » en train d’achever les dédoublements des CP Rep+. Autrement dit l’avenir de l’éducation prioritaire attend toujours un engagement clair.

Note Depp

Etude Stefanou

L’OZP et la question de confiance

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Réforme du lycée : l’appel de Touche pas ma zep

Soyons justes : le gouvernement n’ignore pas les inégalités sociales de réussite scolaire, et dit vouloir les combattre… Mais entre le CP et la L1, rien : tout se passe comme si, dans les réformes en cours ou en projet, les inégalités s’évaporaient soudainement entre l’enseignement primaire et l’enseignement supérieur. Le rapport Mathiot accomplit ainsi l’exploit de ne jamais évoquer, en 65 pages, la corrélation massive et persistante entre les résultats au baccalauréat et l’origine sociale des lycéens qui le passent », écrit le collectif Touche pas ma zep dans le Bondy Blog.

Le collectif s’était mobilisé en 2016 pour obtenir l’inscription de lycées des quartiers populaires dans l’éducation prioritaire. Dans le Bondy Blog il interpelle le nouveau ministre sur sa réforme du lycée, alors que la carte de l’éducation prioritaire doit être revue pour 2019.

 » Nous qui enseignons dans des lycées de quartiers populaires, savons tout le prix d’un accompagnement pédagogique renforcé. Travaux en petits groupes, partenariat avec des institutions culturelles et des artistes pour monter des projets, projets interdisciplinaires d’enseignants d’une même classe, tutorat individualisé, enseignements différenciés, etc. – l’école peut conjurer les déterminismes sociaux, dès lors qu’elle donne plus à ceux qui ont moins : c’est le principe même de l’éducation prioritaire… Les dotations annuelles allouées aux établissements viennent d’être annoncées. Nous constatons qu’elles sont en baisse dans la plupart des lycées accueillant une majorité d’élèves issus de milieux populaires. Les conséquences seront très concrètes : augmentation des effectifs par classe, suppression des cours en petits groupes et des projets d’ouverture culturelle ou de soutien aux élèves. Comment espérer réduire l’inégalité des chances avec des terminales à 35 dans des lycées qui devraient relever de l’éducation prioritaire ? », écrit le collectif.  » Réformer le lycée sans affronter son échec principal – la persistance d’inégalités sociales massives face aux filières et face au baccalauréat – serait un gâchis déplorable. Prétendre le faire tout en liquidant l’éducation prioritaire, une hypocrisie majeure. »

Sur le Bondy Blog

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L’Apses dénonce la réforme du lycée

« Le projet de réforme du baccalauréat et du lycée présenté par le Ministre le 14 février dernier conduirait à un net recul de la place des sciences économiques et sociales au lycée », estime l’Apses, association des professeurs de SES. « Les élèves bénéficieraient d’un temps de formation en SES de 20% inférieur à la situation actuelle… L’architecture proposée remet donc en cause la place de la troisième culture au lycée alors que les SES et la série ES ont fait leurs preuves depuis leur création il y a plus de 50 ans. La série ES attire effectivement des effectifs croissants (aujourd’hui un tiers des élèves des séries générales) grâce à une formation cohérente et équilibrée permettant une poursuite d’études diversifiée et de forts taux de réussite dans l’enseignement supérieur. Elle joue son rôle dans la démocratisation du lycée puisque sa composition sociale est la même que celle des classes de seconde. Surtout, les SES apparaissent comme une discipline contribuant pleinement à la formation du citoyen en donnant, grâce aux savoirs et méthodes des sciences sociales (économie, sociologie, science politique…) ».

La réforme annoncée par JM Blanquer supprime les filières et inscrit les SES dans les enseignements de spécialité à hauteur de 4 h en 1ère et 6 h en terminale. Actuellement les SES sont pris comme enseignement d’exploration par la très grande majorité des lycéens en 2de avec 1h30 hebdomadaire et les élèves ont droit à 5h de ses en première et terminale ES. La réforme retire aussi les sciences politiques aux SES. IL y a donc bien un net recul des SES.

L’APSES demande « que tous les élèves de seconde bénéficient en tronc commun d’un enseignement de SES à hauteur de 3H par semaine, nécessité pour une formation aux sciences sociales devenue aujourd’hui indispensable, ainsi que pour éclairer leur choix d’orientation dans le cycle terminal » et que dans la spécialité  « Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » la partie sciences politiques revienne aux professeurs de SES. Enfin l’association souhaite aussi « la création d’une option facultative de SES ; un horaire dédié, distinct de celui des spécialités, pour encadrer réellement les élèves dans la préparation de leur grand oral ; des dédoublements définis nationalement, en sciences économiques et sociales comme dans les autres disciplines ».

Après les enseignants de sciences (Udppc et Apbg) cette réaction des enseignants de la voie ES donne à penser que le choix ministériel n’est pas équilibré.

Communiqué

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Primaire : Les fermetures de classes en milieu rural sont elles un mensonge ?

JM Blanquer est il en train de faire payer aux écoles rurales les dédoublements des CP et CE1 des Rep+ ? Le ministre le nie quand il est accusé par des députés. Europe 1 démontre que pourtant c’est bien le cas. De nouveaux exemples sont donnés dans la presse régionale.

 » Monsieur le député, je serais volontiers d’accord avec vous si ce que vous disiez était vrai. Bien sûr que ce n’est pas vrai, et je vais vous le prouver… Nous menons aujourd’hui une politique en faveur du rural, qui se traduit par un meilleur taux d’encadrement dans tous les départements ruraux et par un travail précis si bien que dans chaque cas où une fermeture de classe ou d’école a lieu, elle est concertée. Donc oui au débat entre le rural et l’urbain, à condition de dire des choses exactes ! » Le 13 février, JM Blanquer a repris vertement le député JL Bricout et dénoncé comme un mensonge les fermetures de classes dans les écoles rurales.

Europe 1 a voulu en savoir plus et a compté les ouvertures et fermetures en milieu rural. Selon la radio sur une vingtaine de départements on compte 880 classes fermées pour 630 ouvertes.  » à l’échelle d’un département, oui, des classes ouvrent et le taux d’encadrement augmente, mais ce n’est pas le cas à l’échelle des territoires. C’est compréhensible quand on regarde les chiffres : 3.680 postes à vont être créés l’an prochain dans le premier degré, mais il en faudrait davantage pour appliquer le programme du gouvernement, qui prévoit de dédoubler, au minimum, 3.400 nouvelles classes de CP et de CE1… Par exemple, dans 8 académies (Besançon, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Limoges, Poitiers, Rennes, Guadeloupe), aucun poste n’est créé, alors qu’elles comptent aussi des classes à dédoubler. D’autres sont sous-dotées. Dans l’académie de Nantes, par exemple (5 départements, dont certains très ruraux), il y aura l’an prochain 2.300 élèves de moins, donc on ferme des classes, mais si 34 postes vont être créés, les moyens seront avalés par le dédoublement de 130 nouvelles classes, à Nantes, au Mans, à Angers ». Une situation que le Café pédagogique avait présentée en décembre 2017.

Plusieurs mouvements locaux appuient cette constatation. A Nice 6 (selon la ville) ou 8 (selon les syndicats) écoles étaient fermées le 13 février pour protester contre les fermetures de classe, selon Nice Matin. Dans la Haute Garonne, 300 enseignants ont manifesté le 13 pour la même raison selon La Dépêche. En Eure et Loir, selon L’écho républicain, 42 classes ferment à la rentrée. A Marseille « l’extension des classes dédoublées rabat les cartes de la rentrée, titre La Marseillaise. Une journée d’actions est prévue le 15 à l’appel du Snuipp.  » 392 postes seront nécessaires pour dédoubler les classes en éducation prioritaire à Marseille. Avec une dotation de 205 postes, les écoles seront sur la corde raide », écrit le quotidien.

A l’Assemblée

Sur Europe 1

Les professeurs face à la pénurie

La Marseillaise

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Journée de mobilisation lycéenne

A l’appel de la coordination nationale de l’éducation, les lycéens sont appelés à manifester le 15 février  » après les deux journées de mobilisation réussies des 1er et 6 février 2018 qui ont réuni plusieurs dizaines de milliers de lycéen.ne.s, d’étudiant.e.s, de parents d’élèves, de personnels de l’éducation contre le « projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants », et les projets de réforme du Bac et du lycée qui font système et qui renforcent la sélection sociale discriminante et injuste ». L’Unef, l’Unl, l’Unl SD, le Sgl devraient appeler les lycéens à des mobilisations dans les établissements.

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Les syndicats divisés sur la réforme du lycée

Le nouveau bac garde t-il son caractère national ou pas ? La réforme du lycée est il plus inégalitaire ou pas ? Les syndicats ont réagi très vite et de façon opposée à la réforme présentée par JM Blanquer le 14 février.

« Le SE-Unsa juge que le futur bac pourra être plus sécurisant pour les élèves tout en étant plus exigeant sur leurs acquis », estime le Se Unsa dans un communiqué.  » Avec son oral appuyé sur un projet conduit par l’élève, la validation continue des acquis par des épreuves partielles encadrées nationalement, avec un tronc commun d’enseignements suffisamment large et des spécialités réellement approfondies, et évaluées par des épreuves terminales, la réforme proposée peut améliorer la formation des lycéens et la valeur certificative du diplôme ». Le syndicat attire l’attention sur la mise en place de la réforme :  » Pour que les bonnes intentions se concrétisent, le ministre doit garantir des dotations horaires suffisantes pour assurer une offre diversifiée de parcours et d’options et des conditions d’enseignement satisfaisantes dans tous les lycées ».

Le syndicat Unsa des personnels de direction , Snpden, majoritaire, est lui aussi favorable aux réformes.  » L’aspect le plus important du nouveau baccalauréat est que le recrutement dans l’enseignement supérieur pourra désormais intégrer des épreuves nationales et anonymes significatives et ne s’effectuera plus exclusivement sur la base des bulletins scolaires comme c’est le cas aujourd’hui », écrit le Snpden. Pour le lycée,  » la transformation annoncée de l’enseignement général au lycée va vers plus de clarté et de simplicité d’organisation… Des enseignements moins nombreux aux horaires plus importants permettront de mieux ancrer les apprentissages et donneront le temps aux professeurs -qui devraient avoir moins de classes- d’aborder sereinement les notions nécessaires tout en accompagnant mieux des élèves qu’ils verront plus souvent ».

Le Sgen Cfdt ne partage pas la même vision que les autres syndicats « réformistes ».  » L’évolution du lycée qui était indissociable de l’évolution du Bac passe à côté de la nécessité de positionner le lycée dans la continuité du socle du collège et dans la préparation à l’enseignement supérieur », estime le Sgen. « Le projet fait le choix de supprimer les séries dans la voie générale, mais, en même temps, maintient celles de la voie technologique et ne traite pas de la voie professionnelle. Il n’y aura donc pas d’amélioration de la mixité sociale au lycée.. Le projet du lycée ouvre des possibilités de choix aux élèves sans cependant s’inscrire dans une logique progressive de construction de parcours, ni permettre de véritable droit à l’erreur ».

« Si le ministre a évacué les propositions les plus impraticables du rapport Mathiot, le projet de réforme du baccalauréat et du lycée qu’il vient de présenter n’en demeure pas moins inacceptable », estime la Cgt. Pour le syndicat « le lycée général que l’on nous propose n’est, finalement, qu’une façon d’orienter les élèves vers le supérieur, dès la fin de seconde, par leurs choix de disciplines de spécialités… Le projet tourne ainsi le dos à un lycée émancipateur, aboutissement de la construction d’une culture générale et technologique commune et va aggraver les déterminismes sociaux déjà à l’oeuvre dans le choix des séries, entre les élèves des milieux favorisés, qui sauront choisir les bonnes spécialités en fonction des « attendus » de Parcoursup et les autres. Il risque également d’accroitre les disparités territoriales entre établissements en mesure de proposer tous les duos de spécialités, voire d’offrir un duo « maison », et les autres ».

Le Snes Fsu, principal syndicat de l’enseignement secondaire, est lui aussi très critique.  » Le SNES-FSU constate que le baccalauréat se complexifie et devient un diplôme d’établissement… Au lieu d’une dizaine de journées consacrées à la passation en juin en Terminale, il y aura une accumulation d’épreuves : des partiels en Première et en Terminale, des épreuves écrites en mai ainsi qu’une dizaine de jours consacrés à l’oral et à la Philosophie en juin en Terminale. En quoi cette accumulation constitue-t-elle une simplification ?  Quelle garantie de justice pour les élèves du fait du renforcement du contrôle local ? Combien de journées d’enseignement perdues au lycée pour tenir ces épreuves ? » Le synicat relève aussi  » le risque d’une offre de formation très inégalitaire selon les lycées et les territoires, et du développement de parcours d’initiés en fonction des attendus sélectifs de l’enseignement supérieur ».

Le Snes

Sgen

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Lycée : le ministre recule sur sa réforme

Le grand big bang du lycée n’aura pas lieu. Le 14 février, JM Blanquer a présenté sa réforme du bac et du lycée comme sociale et moderne. « Plus d’égalité, plus de liberté, plus de véritable réussite, plus de simplicité », a-t-il dit. On retiendra surtout qu’il a reculé. Sur la semestrialisation qui n’aura pas lieu. Sur le bac qui sauve son caractère national. Le ministre introduit des « humanités scientifiques et numériques  » et impose des sciences à tous les lycéens. Il introduit aussi une épreuve orale. Il maintient les filières en séries technologiques alors qu’elles disparaissent en série générale. Ces points nous semblent positifs. Rançon de ces choix : le bac devient plus complexe et les enseignants vont passer leur temps à évaluer au lieu de faire cours. La réforme devrait se traduire par des écarts plus grands entre les lycées en raison d’offres différentes. Le gain de postes ne devrait pas être très important. JM Blanquer reste donc avec son problème : dégager au moins 25 000 postes pour répondre à l’engagement présidentiel. Apparemment ils ne seront pas pris sur le lycée. Alors où ?

Le nouveau bac reste national

Rappelant que le nouveau bac résulte de l’engagement présidentiel, JM Blanquer voit dans le nouvel examen « plus d’égalité du fait du socle commun, plus de liberté car il permet plus  de choix, plus de simplicité et une véritable réussite synonyme d’excellence ». Il voit aussi « plus de modernité sur la forme avec l’oral et sur le fond avec de nouvelles matières comme les humanités nuémriques ».

Le nouveau bac restera bien un diplôme national. Finalement le ministre a reculé devant l’idée d’un bac d’établissement. En plus des épreuves finales, les autres disciplines du tronc commun (histoire géo, emc, langues, eps et humanités scientifiques et numériques) seront évaluées en controle continu. Mais cela reposera sur des sujets nationaux et des copies anonymisées qui seront corrigées par un autre professeur que celui de l’élève dans l’établissement. Une harmonisation sera assurée, promet le ministère. Les bulletins scolaires seront pris en compte pour 10% de la note. Ce système devrait permettre de maintenir une dimension nationale à l’examen ce qui est vital pour les élèves des quartiers défavorisés.

Nouvelle certification, évaluations permanentes

Les épreuves auront lieu en janvier et avril en 1ère et en décembre en terminale. S’ajoutera l’oral, réduit à 20 minutes mais nécessitant quand même 170 000 heures multipliées par un nombre d’enseignants à déterminer ( le ministère annonce trois personnes mais seront-elles toutes enseignantes ?). Au final on évaluera beaucoup en 1èer et terminale et quoiqu’en dise le ministre, à moins qu’il n’envisage d’ajouter ces temps au service normal d’enseignement, cela pourrait perturber les cours.

JM Blanquer a quand même fait un pas vers ce qui pourrait être une privatisation de l’examen. En langues vivantes, les enseignants ont beaucoup de mal avec les épreuves actuelles. Le ministre annonce qu’elles seront remplacées par des certifications nationales ou internationales. On pense bien sur aux grandes certifications existantes. Avec le B2i ce serait de nouvelles épreuves échappant au principe de l’examen d’Etat. S’il laissait certifier le niveau d’anglais, par exemple, par un organisme international, ce serait sans doute un avantage pour les candidats mais une remise en question du monopole d’Etat sur les examens.

Le nouveau bac, qui sera mis en place en 2021, comptera aussi 4 épreuves terminales comme promis par le  candidat Macron. Elles compteront pour 60 % de la note. Elles concernent, fin juin, le français, toujours en fin de première, dont on ne sait pas si l’écriture d’invention sera maintenue, la philosophie en fin de terminale. S’ajoutent deux épreuves de spécialités qui auront lieu après les vacances de printemps. Enfin les élèves passeront un oral préparé sur deux ans, en première en groupe comme les TPE. Mais en terminale ce sera une épreuve personnelle de 20 minutes qui développera les compétences à s’exprimer.

Suppression des filières en lycée général

En ce qui concerne le lycée, le ministre a choisi de maintenir les filières technologiques en l’état mais de supprimer les filières en série générale « pour arrêter la hiérarchie des séries ».

En série générale on aura donc un tronc commun comprenant 4 h de français en première et autant de philosophie en terminale, 3 h d’histoire-géo, 0 h 30 d’EMC, 4h30 de langues en terminale et 4h en terminale, 2 h d’EPS et 2h d’humanités scientifiques et numériques. Tous les élèves feront donc des sciences.

Chaque élève devra choisir trois spécialités en première et deux en terminale , toujours pour 12 heures (3 * 4 en 1ère et deux fois 6 h en terminale). Il n’y aura pas de possibilité de changer dans l’année et les choix devront être validés par e chef d’établissement.

Les élèves auront le choix entre arts, écologie agronomie, histoire géo et sciences politiques, humanités littérature et philosophie, langues et littératures étrangères, maths, numérique et sciences informatiques, SVT, sciences de l’ingénieur, SES et physique chimie.

Les SES sont maintenues mais apparemment amputées des sciences politiques. Le numérique apparait comme une nouvelle discipline sans qu’on sache bien qui la fera.

S’ajouteront un enseignement d’orientation (1h30) dont rien ne dit qu’il sera fait par un enseignant et un enseignement facultatif de 3h (voire deux en terminale) : arts, LCA, Eps, LV3, « maths expertes », « maths complémentaires », droit et grands enjeux du monde contemporain. Le ministre pense ainsi répondre aux craintes des scientifiques.

Le conseil supérieur des programmes dispose d’une année pour écrire les nouveaux programmes.

Des gains de postes apparemment marginaux

Interrogé par le Café pédagogique, le ministre nous a dit que « la réforme n’était pas faite pour des raisons économiques » mais pour des raisons pédagogiques. Il estime que le volume d’enseignement va monter en histoire géo et philosophie. Au total les élèves auront 28 h minimum en première et 27h30 en terminale soit à peu près l’équivalent des horaires actuels.

Est ce à dire qu’il n’y aura pas de gain ? C’est difficile à évaluer discipline par discipline car cela va dépendre des choix des élèves. Mais la nouvelle organisation du lycée devrait permettre de gagner des postes. En effet chaque classe n’aura plus que 16h en première (et 15h30 en terminale) en commun. Pour l’autre moitié du temps les élèves seront regroupés en fonction de leurs choix et cela devrait permettre quelques économies.

Le vrai problème de cette organisation va être dans l’offre d’établissement. Il ne sera pas possible d’offrir toute la gamme dans chaque lycée. Le ministère veut aussi encourager chaque lycée à proposer des choix locaux, comme art et informatique par exemple. Autrement dit on va aller vers une différenciation accentuée entre les lycées. On a pu montrer récemment que cette logique est déjà annoncée par des établissements comme ces 3 lycées de l’Indre qui annoncent déjà un enseignement préparant dès la 1ère au concours de médecine.

Dernière modification : l’année de terminale devrait changer de nom et le ministre porpose « année de maturité ».

Un bilan positif mais un retour à une question fondamentale

Pour le ministre ces réformes « décongestionnent le lycée et la société ». Elle mettent fin au bachotage. Elles moderniseraient le lycée avec des enseignements nouveaux ouverts sur les évolutions scientifiques.

Les enseignants retiendront plus de complexité dans les épreuves. On verra aussi les contraintes apportées par les nouveaux programmes.

Mais globalement JM Blanquer a reculé sur son projet initial. La semestrialisation, et donc l’annualisation des service, est repoussée. On reste dans un cadre trimestriel classique. Le bac garde une dimension nationale. Et les nouvelles disciplines semblent mieux préparer les jeunes, notamment pour l’oral.

Si JM Blanquer a respecté l’engagement présidentiel des4 épreuves au bac, il lui reste maintenant à satisfaire celui de la disparition de 50 000 fonctionnaires. Où peut il les prendre en dehors du lycée ?

Dossier de presse

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Communiqué commun : Recours des associations contre la circulaire du 12 décembre : audience du Conseil d’Etat demain (ce vendredi) à 15h

Recours des associations contre la circulaire du 12 décembre : audience du Conseil d’Etat demain à 15h

Communiqué commun de plusieurs associations, dont la LDH

Le Conseil d’Etat examinera, demain (ce vendredi) à 15h, le recours en référé suspension déposé début janvier par trente associations contre la circulaire du 12 décembre 2017 qui organise « l’examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence » par des « équipes mobiles » composées d’un ou plusieurs agents de l’OFII et d’agents de la préfecture.

Depuis la publication de cette circulaire fin décembre, plusieurs équipes mobiles sont déjà intervenues dans des centres d’hébergement de différentes régions de France, malgré la vive opposition des associations qui refusent de voir opérer un tri parmi les personnes hébergées en fonction de leur nationalité et de leur statut et la demande en annulation du texte par le Défenseur des droits.

Les personnes à la rue craignent désormais d’être hébergées sous peine d’être contrôlées, quand d’autres quittent les centres et dorment dehors, mettant leur vie en danger, tout particulièrement en période de grand froid, pour échapper à la venue des équipes mobiles.

Il est par ailleurs demandé aux travailleurs sociaux de contrevenir aux directives de la Cnil et de mettre en jeu leur responsabilité pénale lorsqu’ils doivent, comme l’impose la circulaire, collecter et transmettre aux autorités relevant du ministère de l’Intérieur des informations à caractère personnel et confidentiel sur les personnes hébergées.

Ce texte remet non seulement en cause le principe de l’accueil inconditionnel en hébergement d’urgence prévu par le Code de l’action sociale et des familles au profit de toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale, quels que soient sa nationalité ou son statut administratif, mais également la continuité de la prise en charge.

Les associations demandent au Conseil d’Etat de décider, demain (ce vendredi), de suspendre ce texte en urgence dans la mesure où il contrevient aux principes fondamentaux qui gouvernent l’hébergement des personnes en détresse, sans attendre l’examen de sa légalité au fond dans plusieurs mois.

 

Liste des associations requérantes :

Fédération des acteurs de la solidarité ; Cités du Secours catholique ; Association Droit au logement ; Ligue des droits de l’Homme ; Association les Petits frères des pauvres ; Aurore ; Dom’asile ; Emmaüs France ; Emmaüs solidarité ; France terre d’asile ; L’Amicale du nid ; Anas ; Uniopss ; La Cimade ; Fédération Entraide Protestante ; Fehap ; Fondation Abbé Pierre ; Fondation de l’Armée du salut ; Centre d’action sociale protestant ; Centre Primo Levi ; Gisti ; Le Refuge ; Le Secours catholique ; Médecins du monde ; Médecins sans frontières ; JRS France ; Association Charonne ; Oppelia

Paris, le 15 février 2018

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La Fcpe dénonce les suppressions de poste dans le second degré

 » Alors que 26 242 élèves de plus seront accueillis à la rentrée 2018 dans les établissements du second degré, les créations de postes nécessaires ne suivent pas », relève l’association de parents d’élèves qui souligne aussi la contradiction avec la réforme du lycée.  » La rentrée 2018 sera pourtant marquée par des réformes importantes, comme l’accès à l’enseignement supérieur ou le baccalauréat. Le ministère a prévu de développer de nouveaux enseignements facultatifs au collège. Ces mesures nécessiteront à coup sûr plus de personnels, notamment pour accompagner les élèves dans la construction de leur projet d’orientation post-bac ». La FCPE « appelle tous les parents d’élèves à la mobilisation. Elle invite à s’opposer, par le vote dans les instances, à toute baisse ou maintien du nombre d’enseignants en face des élèves. Elle exige également que le nombre de postes dans le second degré augmente à la hauteur des enjeux de la rentrée 2018 ! »

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Rapport Villani : des préconisations inquiétantes selon le Snuipp

« Peu de surprises à la lecture des mesures relatives au premier degré. Les références aux trois phases d’apprentissage (manipulation, verbalisation, abstraction), à l’enseignement explicite, à l’importance de la numération et du calcul mental, au travail sur le sens des opérations figurent déjà dans les programmes de 2016, rédigés, il est vrai, avec le concours de didacticiens des mathématiques qui faisaient cruellement défaut à la mission Villani », acrit le Snuipp. Le syndicat relève par contre des préconisations inquiétantes. « Bien que rappelant la nécessaire liberté pédagogique des enseignants, la mission met en exergue les exemples « qui marchent » à l’étranger, se propose de faire le tri entre bons et mauvais manuels, de mettre à disposition des enseignants un matériel standardisé, des protocoles d’évaluations à utiliser trois fois par an. Sur une question complexe et multifactorielle, l’expérience montre pourtant les écueils des solutions clés en main : Singapour n’est pas Clichy-sous-Bois ni Rodez et le protocole Savoir lire écrire compter calculer (SLECC) cher à l’un des membres de la mission a échoué à faire la preuve de son efficacité ». Le Snuipp conclue :  » Attendu sur la question de la formation initiale et continue, le rapport pointe le problème sans y apporter de réponse concrète, hormis la création d’un poste de conseiller pédagogique spécialisé en maths par circonscription. Impossible sans moyens dédiés de progresser sur ce volet ».

 

Communiqué

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L’Angleterre abaisse les critères de recrutement des enseignants

Pour faire face à la crise du recrutement, le ministre de l’éducation a décidé que les candidats ayant échoué aux tests d’entrée dans la formation d’enseignant pourront les repasser librement. Précédemment un second échec aux tests écartait le candidat pour deux ans. Ce changement s’explique par la chute du nombre de candidats (-29% cette année). Le ministre promet que le niveau de recrutement sera maintenu . Cette décision scelle une évolution constatée dans tous les pays qui appliquent le New Public Management. L’élévation des conditions de recrutement et la hausse des exigences réduit le recrutement au point qu’il faille faire un appel massif aux contractuels. Le résultat final de cette politique c’est l’abaissement du niveau de recrutement des enseignants particulièrement dans les établissements populaires.

 

Communiqué

Angleterre , Suède, Pays Bas : l’échec du New Public Management

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Spéciale procès Apple et BNP Paribas contre Attac

Spéciale procès Apple et BNP Paribas contre Attac Lettre d’information — 13 février 2018

L’année des 20 ans d’Attac débute fort. En moins de 10 jours, nous nous sommes retrouvés deux fois devant des tribunaux : le 6 février à Carpentras pour affronter BNP Paribas, la plus grande banque européenne, qui poursuivait la « faucheuse de chaises » Nicole Briend et le 12 février à Paris où nous avons fait face à Apple, la plus grande multinationale du monde. Le procès de Nicole est reporté au 7 juin prochain, faute de jury collégial. Le verdict du procès Apple tombera le 23 février.

Dans cette lettre d’info spéciale, nous vous invitons à revivre ces deux temps forts de mobilisation pour la justice fiscale.

Et en 2018, démontrons par la force de notre nombre que nous sommes prêts à mettre un terme à l’impunité dont jouissent les multinationales.

Je passe à l’Attac !

Actualité

Procès #AppleContreAttac : les multinationales ne nous feront pas taire !

lundi 12 février 2018, par Attac France

Ce lundi 12 février à 13h30, Attac était convoquée devant le tribunal de grande instance de Paris à la suite d’une assignation en référé déposée par Apple. La raison : empêcher de dénoncer l’évasion fiscale qu’organise la multinationale et, en particulier, interdire les futures actions dans les Apple Store, telles que celles menées le 2 décembre 2017. Ce procès a permis la tenue d’un rassemblement politique, syndical, associatif très large appelant à la création d’une « alliance pour la justice fiscale ». Le délibéré sera rendu le 23 février.

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Procès BNP Paribas VS Attac : à Carpentras, 1 000 personnes demandent la relaxe pour Nicole Briend

mardi 6 février 2018, par Attac France

Mardi 6 février 2018 devait s’ouvrir le procès de Nicole Briend au tribunal de Carpentras. Cette militante d’Attac, proviseure de lycée à la retraite, devait comparaitre pour « vol en réunion » et « refus de prélèvement ADN », à la suite d’une action de « fauchage de chaises » menée en mars 2016.

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Campagnes

#JusticeFiscale : des actions citoyennes ciblent BNP Paribas partout en France

samedi 27 janvier 2018, par Attac France

Samedi 27 janvier 2018 des dizaines d’actions ont ciblé les vitrines des agences de BNP Paribas, la plus grande banque européenne et la plus implantée dans les paradis fiscaux. Ces actions visent à soutenir Nicole Briend, militante d’Attac, qui comparaîtra devant le tribunal de Carpentras le 6 février 2018 pour avoir participé à une action de « fauchage de chaise » en mars 2016.

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#ProcesCarpentras : Attac restitue au Trésor public les chaises réquisitionnées chez BNP Paribas

vendredi 19 janvier 2018, par Attac France

40 militant·e·s ont participé à une action symbolique à Carpentras (84). Alors que Nicole Briend passera en procès le 6 février pour « vol en réunion » suite à une action de réquisition de chaises en mars 2016 dans l’agence BNP Paribas de Carpentras, les militant·e·s d’Attac, mais aussi des organisations soutenant Nicole, ont restitué les trois chaises réquisitionnées au Trésor public. Sur chaque chaise remise à des syndicalistes de Solidaires Finances publiques, un panneau précisait : « ce siège est un acompte de la banque BNP Paribas au Trésor public sur le montant de l’évasion fiscale qu’elle pratique et qu’elle doit à la société ».

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Dans les médias

Revue de presse : mobilisation pour le procès Apple VS Attac

mardi 13 février 2018, par Attac France

Retrouvez dans cette revue de presse les différentes apparitions d’Attac dans les médias, à l’occasion du procès en référé qui l’opposait à Apple. Le délibéré sera rendu le 23 février.

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Revue de presse : mobilisation d’ampleur à Carpentras

mercredi 7 février 2018, par Attac France

A l’occasion du procès de Nicole Brien et pendant deux jours, 1000 militant·e·s se sont rassemblé·e·s pour dénoncer l’évasion et la fraude fiscales. Retrouvez dans cette revue de presse les différents articles en échos à cette mobilisation.

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Multimédia

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#AppleContreAttac l’Alliance pour la #JusticeFiscale était unie contre l’empire #Apple

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Apple l’empire contre Attac – Images de la mobilisation lors du procès

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iPhone X les raisons d’un échec

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#AppleContreAttac : la guerre fiscale

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Images de la mobilisation de Carpentras en soutien à Nicole Briend

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Robert Guédiguian soutient le mouvement de faucheurs de chaises

Boutique en ligne : dernières publications

Toujours plus pour les riches – manifeste pour une fiscalité juste

Affaires Cahuzac, « LuxLeaks », « Panama Papers », « Paradise Papers »… Les scandales financiers se succèdent, révélant les stratégies des multinationales, des grandes fortunes et des puissants pour (…)

décembre 2017
Attac France

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Le monde qui émerge : Les alternatives qui peuvent tout changer

Derrière l’instabilité et le chaos d’un monde chaque jour plus imprévisible, de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles idées et de nouveaux concepts émergent. Sur tous les continents, des groupes (…)

septembre 2017
Attac France

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Attac France — 2018
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Multiplication des mouvements locaux

Le 13 février, jour du CDEN, ce sont les écoles de la Haute Garonne qui sont en grève à l’appel du Snuipp, de FO, la Cgt et Sud Education contre la carte scolaire du département. Les syndicats dénoncent les dédoublements de CP aux dépens des autres classes et demandent pas plus de 25 élèves par classe.  Les syndicats ont calculé que le département abesoin de 1100 postes. Il ne devrait en recevoir que 130.

En Ile de France le 14 février le Snes des 3 académies appelle à manifester contre la réforme du bac. Pou rle Snes,  » le baccalauréat mérite bien mieux que cette course de vitesse qui passe sous silence les véritables enjeux du bac et du lycée ! Cette précipitation montre que l’école de la confiance, tant vantée par Jean-Michel Blanquer, n’est qu’une façade, et que le Ministre, comme d’autres avant lui, engage des réformes importantes, dans la précipitation et sans réelle considération pour les personnels. Cette réforme se fait avec, en arrière-plan, les objectifs affichés de suppressions de postes de fonctionnaires auxquelles l’Education Nationale devra participer : les établissements franciliens constatent déjà la faiblesse, voire la dégradation des moyens mis en oeuvre. Comment croire à une quelconque volonté ministérielle d’améliorer la situation en lycée ».

Enfin le 15 février, la Coordination nationale de l’éducation appelle « après les deux journées de mobilisation réussies des 1er et 6 février » à une journée de grève et mobilisation le 15 février. L’appel vise prioritairement les lycéens et étudiants même si la Coordination invite les enseignants à s’y joindre.

Snuipp 31

Snes Versailles

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Nouveau référé contre Parcoursup

Deux nouvelles organisations annoncent avoir déposé un référé contre Parcoursup. Solidaires étudiants et l’UNL SD ont déposé le 11 février une requête en référé contre Parcoursup.  » Nos organisations contestent la légalité de la plateforme mise en place par le gouvernement. Nous estimons, sur l’analyse de Me Jérémy Afane Jacquart, que les bases juridiques qui devraient permettre la mise en place de « ParcourSup » ne sont pas assurées, et qu’elles ne le seraient pas, même si le projet de loi voulu par le ministère venait à aboutir », annoncent-elles. Un autre référé a été déposé devant le Conseil d’Etat par le groupe communiste du Sénat, le Snesup Fsu, la CGT Education, l’Unef et l’Unl, pour faire interdire Parcoursup.

 

Sur Solidaires étudiants

L’autre référé

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Réforme de l’apprentissage : arbitrages dangereux selon le Snuep Fsu

« Le gouvernement dévalorise à nouveau, de façon irresponsable, la voie professionnelle publique sous statut scolaire. C’est pourtant la seule solution pour sécuriser la formation professionnelle des jeunes : sans discrimination, sans sélection, avec des taux de ruptures nettement moindres qu’en apprentissage, la voie scolaire permet chaque année de valider par un diplôme le premier niveau de qualification obtenu par environ 250 000 jeunes », écrit le Snuep Fsu. Pour le syndicat « l’implantation d’une UFA dans tous les LP… aura des conséquences délétères sur les conditions de travail des enseignant.es et sur les conditions d’études des jeunes… Le statut des Professeurs de lycée professionnel (PLP) sera remis en cause. Le gouvernement répond favorablement au MEDEF qui exige de pouvoir embaucher des apprenti.es tout au long de l’année. Ce choix implique des entrées/sorties en formation à tout moment et va désorganiser fortement les enseignements et les examens ». Le syndicat critique aussi la politique de soutien aux campus des métiers : « le développement de telles « vitrines » sera préjudiciable aux autres établissements qui seront siphonnés de leurs moyens et de leur public ».

 

Communiqué

Apprentissage : arbitrages en faveur du Medef

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Yannick Trigance : la scolarisation dès 2 ans menacée est un levier de réussite

La journée « Ecole et pauvreté » organisée le 7 février à l’Assemblée nationale a remis sur le devant de la scène notre école maternelle qui vit aujourd’hui un étrange et dangereux paradoxe : alors que bon nombre de pays nous l’envient – école publique gratuite dès 3 ans – elle n’en reste pas moins  menacée dans son existence et dans sa pérennité avec notamment une remise en cause de la scolarisation des enfants de deux ans.

Cette remise en cause portée par des députés de la majorité actuelle est confortée par le ministre de l’Education nationale qui a déclaré lors de cette journée : « Il est probable que la crèche soit plus pertinente que la scolarisation à 2 ans ».

Et pourtant : véritable lieu d’éducation des individus, de socialisation, de construction de la citoyenneté, fondée sur les valeurs de solidarité, d’égalité, de coopération, de responsabilité, l’école maternelle s’attache à permettre à chaque enfant de développer le maximum de ses potentialités, de construire ses connaissances et ses apprentissages.

En ce sens l’école maternelle est bien une « école » et non un mode de garde parmi d’autres. Elle joue par ailleurs un rôle primordial dans la prévention des difficultés scolaires et dans la détection de certains handicaps.

La scolarisation des enfants de moins de trois ans, priorité du quinquennat précédent, constitue également un formidable outil de lutte contre les inégalités notamment en zone rurale mais aussi dans les quartiers défavorisés, en zone d’éducation prioritaire où la demande de scolarisation est forte et où l’accueil des enfants de moins de trois ans devrait être une priorité, comme le précisait la loi de Refondation de l’Ecole de 2013.

Si les 4-5 ans sont accueillis dans leur totalité et les trois ans à 99%, environ 11% des enfants de moins de trois ans sont scolarisés en France avec des variations de 10% à 70 % selon les départements (très fort en Bretagne, dans le Nord et dans le Nord-Est du Massif Central et plus faible en Ile-de-France et dans les départements périphériques, en Alsace et dans le Sud-Est).

Pour exemple, la scolarisation des tout-petits en Seine-Saint-Denis s’élève à moins de 8% alors qu’elle est de 60% dans le Nord. La situation est un peu meilleure en REP où 17% des enfants sont scolarisés et en REP+ où l’on atteint 22%.

De 2008 à 2012, les effectifs des tout petits scolarisés sont passés de 123 000 à 91 000 et ils sont remontés à 97 000 à partir de 2012 : aujourd’hui, c’est bel et bien une remise en cause de cette priorité qui se dessine, sous la contrainte notable des promesses électorales.

En effet, chacun sait que le ministre Blanquer ne pourra mettre en place les dédoublements promis qu’en supprimant des postes de remplaçants. Il doit en effet créer les derniers dédoublements de 2019 et il est peu probable qu’il bénéficie de créations de postes, d’où la volonté de sacrifier  la scolarisation à 2 ans pour récupérer environ 3700 postes.

Plus inquiétant encore : au-delà de l’aspect budgétaire, cette nouvelle remise en cause de la scolarisation des enfants de moins de trois ans par l’actuel gouvernement traduit de fait une absence de reconnaissance de l’école maternelle comme élément-clé de la réussite scolaire.

Dans ce contexte, il nous faut réaffirmer plus que jamais que le temps passé à l’école maternelle a une incidence positive sur la scolarité ultérieure des enfants, ce que démontrent bon nombre d’études.

En remettant en cause la scolarisation des enfants de moins de trois ans, l’actuel gouvernement s’en prend également à un principe éducatif majeur : celui de l’universalité d’accès à l’éducation.

A l’école maternelle, la prise en charge des enfants  est gratuite pour toutes les familles, installant ainsi un principe d’universalité d’accès encore reconnu aujourd’hui. L’école maternelle accueille tous les enfants, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, sans condition de revenu ou d’insertion professionnelle des parents.

L’accessibilité actuelle de l’école maternelle, liée au statut d’école, n’a jamais été égalée par aucun autre système de garde. L’entrée à l’école maternelle est devenue un droit. Ce droit  n’est cependant  pas toujours respecté, particulièrement pour les enfants les plus jeunes, les deux trois ans mais aussi les trois ans qui selon la législation en cours sont accueillis en fonction des places disponibles. L’Etat se laisse donc la possibilité de ne pas appliquer le droit.

Il y a là un point que l’on doit pouvoir améliorer en assurant une place à l’école maternelle à tous les enfants en droit de l’attendre : il convient par conséquent de renforcer le statut de l’école maternelle en garantissant l’accueil de tous les enfants, dont ceux de moins de trois ans.

En même temps qu’elle marque la reconnaissance pleine et entière de l’école maternelle au sein de notre service public d’enseignement, le maintien et le renforcement de la scolarisation des enfants de deux ans constitueraient une mesure essentielle et un levier majeur dans la lutte contre les inégalités, pour la réussite de tous les élèves.

Yannick Trigance

Conseiller régional Ile-de-France

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Lycée : la solution finale pour les SES ?

La réforme du lycée va-t-elle permettre la victoire finale du lobby patronal sur les sciences économiques et sociales ? Un article des Echos annonçant l’éclatement des SES en plusieurs disciplines fait réagir l’association des professeurs de SES (Apses). Dans le vieux combat qui oppose le lobby emmené par Michel Péberau, et l’Apses, le ministre va-t-il céder au patronat et faire disparaitre les SES ?

Une vieille histoire

C’est une vieille histoire commencée sous Sarkozy et Darcos. En 2008, quelques mois après la victoire de N Sarkozy, deux rapports sont diligentés sur l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES). Le premier est rédigé par  l’Académie des sciences morales et politiques sous la direction de Pierre André Chiappori. Il fustige l’enseignement des SES le qualifiant « d’inadapté dans ses principes et biaisé dans la présentation, soit en fait néfaste ». Ce rapport remis au ministre Xavier Darcos inspire la commission Guesnerie réunie par le ministre pour réformer les programmes de SES. En 2010 ils sont fortement réorientés. Cela génère un conflit avec l’Apses qui s’oppose à ces programmes et finit par les détourner à son profit n’hésitant pas à créer un « contre manuel » respectant la lettre des programmes mais certainement pas leurs intentions. L’Apses obtiendra aussi des aménagements des programmes.

Il y a un an, dans la fièvre de la campagne des présidentielles, l’Académie des sciences morales et politiques (ASMP), présidée par M Pébereau, lance une nouvelle offensive. L’ASMP organise un colloque qui juge « néfaste » l’enseignement des SES.

Mais en décembre 2017, le Conseil supérieur des programmes et le Conseil national éducation économie publient un rapport commun qui confirme l’idée d’un enseignement associant étroitement économie et sciences sociales et politiques. Ce rapport ne sera, selon une source bien informée, pas remis directement au ministre, signe qu’il ne le satisfait guère.

Les SES démembrées dans la réforme du lycée ?

C’est justement ce point central des SES que le ministre, selon Les Echos, s’apprete à faire sauter.  » Jean-Michel Blanquer va-t-il maintenir les  » SES » en un seul bloc ou les scinder en différentes disciplines – sciences économiques, sciences politiques, droit… -, et ainsi faire coïncider les disciplines du lycée avec celles de l’enseignement supérieur ? », écrit Les Echos.  » Il faut des disciplines permettant à l’université de savoir si les attendus sont au rendez-vous ou pas », décrypte une source bien informée qui se demande toutefois  » si le ministre va aller au charbon avec l’APSES, car une césure des sciences économiques et sociales ne se ferait pas sans cris ni heurts ».

La réponse de l’Apses

Pour l’Apses ce démembrement des SES serait un casus belli.  » Ce prétexte est bien sûr fallacieux. Car pourquoi vouloir réserver un traitement de faveur aux SES et ne pas proposer, selon la même logique, de séparer l’histoire de la géographie, ou la biologie de la géologie ? », écrit l’Apses.  » Le succès non démenti des sciences économiques et sociales depuis plus de 50 ans montre pourtant qu’associer les différentes sciences sociales pour étudier le monde contemporain est une nécessité à la fois pour la formation intellectuelle et citoyenne.  Comprendre les débats sur l’emploi et le chômage, sur les entreprises et l’économie de marché, ou encore déconstruire les stéréotypes liés au genre ne peut se faire de manière mono-disciplinaire ».

Du coup l’Apses durcit le ton sur la réforme du lycée.  » Plus largement, il est enfin temps de reconnaître que les SES contribuent pleinement à la citoyenneté des élèves. Cette discipline centrale de la troisième culture, celle des sciences humaines et sociales, doit pouvoir intégrer le tronc commun de la classe de seconde, et se déployer en première et en terminale au sein d’une série qui assure une formation intellectuelle cohérente. L’APSES s’opposerait donc vivement à toute fusion des séries L et ES, dont on aurait peine à saisir les motifs, et qui ne ferait que renforcer la hiérarchie des séries et la domination de la série S. »  JM Blanquer présentera son projet le 14 février.

L’avis de l’ASMP

Rapport CSP CNEE

Selon Les Echos

Communiqué Apses

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Apprentissage : des arbitrages en faveur du Medef

« Pragmatique, ambitieux et crédible ». C’est ainsi que la Medef salue le plan de transformation de l’apprentissage présenté par le premier ministre le 9 février.  Bien que celui-ci se défend d’avoir « privatisé » l’apprentissage, les arbitrages rendus sont en faveur des branches professionnelles. Au terme d’une « consultation riche, animée et franche », le gouvernement a considérablement fait avancer l’autorité des branches professionnelles dans l’enseignement professionnel au point de leur confier la définition des référentiels professionnels. Pour faire décoller l’apprentissage le gouvernement a prévu des aides aux apprentis (500 € sur le permis de conduire) et aux entreprises (100 € en plus par mois par apprenti) amenant le coût de certains apprentis à 65€ par mois. Le nouveau financement de l’apprentissage favorisera les grands branches professionnelles au détriment, selon l’Association des régions de France, de l’aménagement du territoire. Le régions estiment qu’elles n’auront pas les moyens nécessaires au développement de l’apprentissage. Elles pourront imposer des « journées des métiers » dans les établissements de la 4ème à la 1ère. Coté enseignants, le Snuep Fsu parle de « régression » sur le plan social et dans la formation des jeunes. Après des mois de consultations la réforme ne satisfait que le Medef. Et il n’est pas certain qu’elle permette réellement un décollage de l’apprentissage…

Une privatisation de la formation ?

« Que veut dire privatiser le dispositif alors que le financement est socialisé ? Alors que les régions disposent de capacités d’organiser une programmation des besoins ? » Edouard Philippe a vivement défendu le 9 février le nouveau plan gouvernemental en faveur de l’apprentissage présenté par Muriel Pénicaud. Mais il a aussi reconnu qu’il veut « donner au monde professionnel une place centrale dans le fonctionnement de l’apprentissage ». JM Blanquer est resté très prudent tout en reconnaissant que les régions « ont vocation à avoir la responsabilité de l’orientation », un sujet brulant pour les syndicats enseignants.

Des mesures pour les apprentis

Regardons en détail.  De la centaine de mesures présentées le 9 février certaines concernent les jeunes, d’autres les entreprises.

M Pénicaud a annoncé des mesures pour faciliter l’accès des jeunes à l’apprentissage. Le gouvernement prend l’engagement de financer tout contrat d’alternance automatiquement.  La rémunération des apprentis en dessous de 25 ans sera augmentée de 30 euros par mois et le gouvernement crée une aide au permis de conduire réservée aux apprentis de 500€. Enfin les interruptions de contrat en cours d’année n’entraineront plus de rupture les CFA pouvant prolonger de 6 mois le contrat. Reprenant une idée du rapport Brunet, il prévoit des préparations à l’apprentissage, travaillant le savoir être, qui seront proposées en CFA.

Des mesures pour les entreprises

Le Medef est le seul partenaire qui affiche sa satisfaction devant le plan gouvernemental. Pour Pierre Gattaz, président du Medef :  » Ces annonces… correspondent aux évolutions que nous souhaitions ». Il se félicite que « les branches et les entreprises sont placées au coeur du système, le cadre juridique de l’apprentissage est simplifié, les démarches d’apprentissage sont assouplies, l’organisation est libérée de nombreuses contraintes et la réactivité est encouragée pour tenir compte de l’évolution des besoins en compétences des entreprises et des jeunes ». Et le Medef promet « d’amplifier » son action en faveur de l’apprentissage.

En effet le gouvernement va revoir le droit du travail de façon à autoriser le travail de nuit dans la boulangerie pour les mineurs et la semaine de 40h dans le bâtiment. L’embauche des apprentis pourra avoir lieu toute l’année. Surtout le gouvernement prévoit une réforme des aides en faveur de l’apprentissage qui vise particulièrement les entreprises de moins de 250 salariés et les formations de niveau bac ou en dessous. Dans ce champ là le gouvernement distribuera, par l’intermédiaire des régions, des aides qui réduiront de 100 € par mois le cout d’un apprenti. Par exemple le cout mensuel d’un apprenti de moins de 25 ans dans une PME ,ne sera que de 65€ par mois la première année. Ensuite il passe à plus de 400€.

Les régions menacent de quitter l’accord

Le plan gouvernemental a été vivement critiqué par F Bonneau, vice président de l’ARF (association des régions). Pour lui « le compte n’y est pas » déjà en ce qui concerne le financement de l’apprentissage. Les régions recevront 250 millions pour compenser les inégalités entre CFA. Mais selon l’ARF il faudrait 150 millions de plus. Pour F Bonneau, « les moyens ne permettront pas de répondre aux besoins exprimés pour avoir des CFA de proximité.

Les régions vont aussi manquer de moyens pour coordonner la formation dans les territoires entre LP et CFA. Pour lui il faudrait adapter le financement au cout réel des formations. L’ARF craint un recul de l’apprentissage dans les CFA interprofessionnels. F Bonneau estime aussi qu’un pilotage régional est nécessaire pour mobiliser les patrons aujourd’hui peu intéressés par l’apprentissage.

Pour l’ARF, « pour la première fois depuis 30 ans, une compétence décentralisée et pilotée avec efficacité par les Régions sera très largement centralisée, en contradiction totale avec la volonté affichée du gouvernement de conclure un «pacte girondin» avec les collectivités locales dont les Régions. Le compte n’y est pas pour répondre sur tous les territoires aux besoins et au maintien du développement de l’apprentissage ».

Prudence sur la question de l’orientation

Les régions sont aussi fort mécontentes de n’avoir pas obtenu un contrôle total de l’orientation. F Bonneau dénonce le « recul » du gouvernement sur ce point.  Et les régions menacent même de se retirer si elles n’obtiennent pas satisfaction sur ce point.

Les déclarations gouvernementales sur ce point sont prudentes. JM Blanquer estime que « les régions ont vocation à avoir la responsabilité de l’orientation » d’autant que « chacun constate les limites en matière d’orientation » aujourd’hui. Les régions auront la responsabilité de l’orientation professionnelle. Elles organiseront avec les branches professionnelles des journées d’information sur les métiers et les filières professionnelles dans tous les collèges et lycées de la 4ème à la 1ère. Ces journées permettront de mettre en contact des chefs d’entreprise avec les élèves. Selon JM Blanquer les régions pourraient même organiser des heures d’information dans les établissements.

Qu’est ce qui change pour les établissements ?

Si la question n’est pas encore cadrée définitivement, la réforme du financement  de l’apprentissage devrait permettre le maintien du financement des lycées professionnels. Le président de la République avait annoncé que toute la cotisation alternance n’aille qu’à l’alternance. Sa décision est respectée, mais il y aura une nouvelle cotisation « pour les relations école entreprise » qui permettra , nous a-t-on assuré, de maintenir les versements faits aux lycées professionnels au titre actuel de la taxe d’apprentissage.

Les grands changements pour les établissements scolaires devraient être ailleurs. D’abord la multiplication des journées des métiers qui feront entrer dans les établissements des représentants des entreprises pour faire la promotion de l’apprentissage. Ensuite la mise sous tutelle des branches professionnelles des référentiels professionnels des programmes de l’enseignement professionnel. Pour la première fois ils ne seront plus rédigés pâr accord entre les syndicats patronaux, ouvriers, enseignants et l’Etat mais par les seules branches, pas forcément très au courant de ce que sont des élèves.

Un plan qui ignore la réalité des formations pour le Snuep

Aussi, le Snuep Fsu se montre très critique envers le plan gouvernemental. « On est mécontent sur les politiques certificatives qui échappent à l’éducation pour être données aux entreprises », nous a dit Sigrid Gérardin, co secrétaire générale du Snuep Fsu.  » On a des craintes sur la faisabilité de référentiels rédigés par des personnes ignorant tout de l’école ». Le Snuep déplore aussi le passage éventuel de l’orientation aux régions.

Selon le Snuep le ministère donnera comme consigne d’ouvrir une section apprentissage au moins dans chaque lycée professionnel. « C’est irréalisable car l’apprentissage n’existe pas dans des branches importantes », souligne S Gérardin. C’est le cas par exemple pour les bacs pros tertiaires administratifs ou en soins à la personne. « Comment feront les lycées spécialisés ? ». La Snuep craint aussi la mixité des parcours. Apprentis et scolaires n’ont ni le même calendrier ni le même statut vis à vis des absence par exemple. Enfin le Snuep voit d’un mauvais oeil la nouvelle réglementation du code du travail pour les jeunes apprentis. « Il n’y a pas de réflexion sur la formation des jeunes et sa qualité. Ca manque totalement dans le rapport », souligne S Gérardin.

Un plan à même de faire démarrer l’apprentissage ?

Le nouveau plan vise à relancer l’apprentissage au niveau secondaire (CAP et Bac) et dans les petites entreprises. Or depuis 20 ans on assiste au mouvement inverse, c’est à dire au déclin de l’apprentissage au niveau bac et avant et dans les petites entreprises.  Si l’apprentissage est en baisse depuis 2012 ce n’ets aps le cas dans l’enseignement supérieur. Ainsi en 2016 il a augmenté de 5% au niveau supérieur mais a baissé de 1% au niveau bac et 2% au niveau CAP. De même il a augmenté de 4% dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Ces mouvements s’expliquent d’abord par le déclin de l’emploi dans les métiers traditionnels. Et on ne voit aps comment le plan pourrait y remédier. Ensuite par l’absence de tradition de l’apprentissage dans de nombreuses formations développées par les lycées professionnels (services comme GA ou vente par exemple).

La réussite du taux d’insertion dans l’emploi des apprentis cache mal la réalité de la dureté du parcours. Le taux de décrochage global de l’apprentissage est de 28%. Mais pour les apprentis de moins de 18 ans il est de 38%. C’est infiniment plus que le décrochage dans l’enseignement professionnel. Si l’apprentissage se développait vraiment au niveau bac et en dessous, on  verrait les efforts de réduction du taux de décrochage s’envoler et celui ci repartirait à la hausse ce qui serait catastrophique.

Il reste un dernier obstacle. A la différence de certains pays voisins, comme l’Allemagne ou la Suisse, les entreprises françaises financent très peu l’éducation. Chez nos voisins elles rechignent à le faire. Mais en FRance on les voit difficilement se mettre à investir massivement. Au niveau scolaire, les entreprises n’avancent aujourd’hui que 1.1 milliard quand l’Etat en met 56 et les collectivités territoriales 21. Même si l’Etat envisage de financer dans les CFA des formations de préparation à l’apprentissage pour préparer des jeunes à la vie en entreprise, on voit mal pourquoi les entreprises investiraient tout à coup dans la dépense d’éducation. Du plan gouvernemental il pourrait bien ne rester au final qu’une victoire symbolique du patronat sur l’Education nationale et une baisse des charges pour les gros CFA des grandes branches au détriment des autres.

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