[LDH] Communiqué LDH. Mort d’un homme de 22 ans à Nantes : des modes d’intervention de la police en question

Ligue des droits de l’Homme

Section de Nantes et du pays nantais

 

Communiqué de presse

Le 9 juillet 2018

 

Mort d’un homme de 22 ans à Nantes : des modes d’intervention de la police en question

Mardi 3 juillet au soir, dans le quartier du Breil-Malville, à Nantes, Aboubakar Fofana, 22 ans a été tué par un policier d’une balle dans la carotide lors d’un contrôle de véhicule effectué par six CRS. Depuis, la colère des jeunes a éclaté, des équipements publics, des commerces et des voitures ont été incendiés dans plusieurs quartiers de l’agglomération. Une marche blanche a permis aux habitants de rendre hommage dans le calme, au jeune Aboubakar et à sa famille ; la section de Nantes et du pays nantais de la LdH s’y est associée. Cet évènement revêt un caractère exceptionnel, comparable à celui qui avait mis le feu aux quartiers dits « difficiles » en 2005.

Comme trop souvent en pareil cas, les premières déclarations des autorités ont mis en avant la présomption de délinquance pour la victime et la possible légitime défense pour le policier, attisant ainsi la colère des proches, persuadés qu’il s’agissait d’une bavure policière. Une enquête a été confiée à l’IGPN, mais, si les circonstances précises restent à établir, lors de sa garde à vue le policier est revenu sur ses premières affirmations pour déclarer avoir tiré par accident. Il a été mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Cet évènement éclaire de façon tragique une situation qui tend à être ordinairement occultée, celle des rapports conflictuels entre la police et la population, en particulier les jeunes des quartiers populaires. Comme l’a exprimé dans la presse une mère de famille du quartier, la multiplication des contrôles d’identité est l’un des facteurs de cette tension : « ce n’est pas normal que les jeunes se fassent contrôler comme des chiens, mon fils subit ça régulièrement.. ». Ces contrôles, dont de nombreuses enquêtes ont pu établir qu’ils étaient souvent « au facies », est l’un des éléments de cet affrontement permanent qui signe la faillite d’un mode d’intervention policière, souvent plaqué de l’extérieur (les CRS qui sont intervenus faisaient partie d’une compagnie de Bergerac, tout le contraire d’une police de proximité). Par ailleurs, il est difficile de ne pas mettre en rapport ce tir mortel avec le constat de la hausse de 54 % entre 2016 et 2017 de l’usage des armes à feu par les policiers, constat réalisé par l’IGPN dans un rapport paru le 26 juin.

Nul doute qu’il faille relier ces tensions à la situation de nombreux jeunes, fortement touchés par le chômage, notamment du fait des discriminations à l’embauche. Ces jeunes tendent à rester enfermés dans leur quartier et se trouvent pris dans des processus de mise à l’écart qui se traduisent par un « repli sur soi ». Les dégradations qui ont essentiellement touché les équipements des quartiers où ils vivent et portent préjudice à tous les habitants sont pour partie l’expression de leur rejet d’un système qui les exclut.

La Ligue des droits de l’Homme demande que l’enquête judiciaire fasse au plus vite toute la lumière sur ce qui s’est passé, détermine les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de cet homme et, s’il y a lieu, conduise à des poursuites. Elle appelle à l’écoute et à l’apaisement. Elle appelle à ne pas banaliser un tel évènement au prétexte de la lutte contre la délinquance mais à réorienter et adapter les modes d‘intervention de la police. Elle appelle enfin à des politiques ambitieuses de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits.

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Prime au mérite : qu’en pensent les syndicats ?

Que disent les syndicats de la prime au mérite annoncée par JM Blanquer pour les personnels des Rep+ ? S’agit-il d’une remise en cause du statut des fonctionnaires ? Frédérique Rolet (Snes) et Stéphane Crochet (Se-Unsa) répondent aux questions du Café pédagogique.

Sur la prime

« Il y a tellement de facteurs de progression des élèves qu’il est bien difficile de définir un indicateur pour mesurer ce « mérite », nous a dit F Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu. « Comment le calculer ? Avec le taux de réussite au DNB (brevet) ? On connait les biais. Dans ce cas on finit par seulement entrainer les élèves aux tests.. En plus on va introduire des divisions dans l’équipe si un des membres ou plusieurs n’atteignent pas les objectifs affichés. Cela va créer une ambiance délétère ». Elle souligne aussi que « ce n’était pas ce qui était prévu : la prime devait stabiliser les équipes de Rep+ ce qui suppose qu’elle soit donnée à tous, y compris les AED ».

« La prime au mérite c’est une vision erronée et idéologique des motivations des enseignants. Penser qu’une prime est un levier pour que les enseignants s’engagent dans des projets est une vision déformée de la façon de travailler des enseignants. Le ministère va créer une usine à gaz qui ajoutera des dysfonctionnements… Qui évaluera ce mérite ? Le ministère parle de façon énigmatique d’une évaluation par des personnes autres que celles pouvant toucher la prime, ce qui exclut les personnels de direction et les inspecteurs. Alors qui? A l’ESEN le ministre a parlé d’auditeurs du système éducatif ce qui renvoie au projet Macron d’agence de l’évaluation du système éducatif. On a l’impression qu’on ne nous dit pas tout… »

Le statut de la Fonction publique remis en cause ?

S’agit-il d’une remise en cause du statut de la fonction publique ? « On est dans un projet d’ensemble qui rappelle la ligne Sarkozy de 2008. Il y avait déjà ces idées reçues, la volonté de toucher au statut , d’individualiser les carrières, de développer le nombre de contractuels et de remettre en cause le recrutement par concours ». Pour elle, « cette prime au mérite est une première brèche dans le statut alors que les enseignants n’étaient pas touchés jusque là. On importe chez les professeurs ce qui ne marche pas ailleurs ».

« Si on reste à un système avec une part fixe et une part variable dans cette prime on sera surtout dans un dispositif guidé par l’idéologie, plutôt qu’une remise en cause du statut de la fonction publique », nous dit Stéphane Crochet. Pour lui, la situation faite aux syndicats aujourd’hui « n’est pas pire que sous Sarkozy, pas plus revancharde  »

Dans un communiqué, le Snuipp Fsu juge sévèrement la division de la prime.  » On est en droit de s’interroger sur les critères « objectifs » qui présideraient à l’attribution de cette part variable de la prime à tel enseignant, telle équipe d’école et pas à telle autre. Doigt mouillé ou pilotage par les résultats ? Quoi qu’il en soit, et décidément bon élève du gouvernement, le locataire de la rue de Grenelle envisage donc et sans attendre, de mettre en musique « la remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel » annoncée mi-juin par Matignon dans le cadre de la réforme de la fonction publique. Pour le SNUipp-FSU il y a là un dangereux précédent, d’autant que les études internationales montrent que la rémunération au mérite, là où elle a été mise en place, a été un échec, démotivant les équipes et ne favorisant en rien la réussite des élèves ».

Communiqué snuipp

Sur la prime

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Bac : « tripatouillage » de notes à Lille

Selon le Snes de Lille, des modifications importantes des notes de candidats au bac S ont été faites par l’administration sans consultation des jurys dans trois lycées de l’académie de Lille. Le bruit fait dans les médias sur cette situation amène finalement le rectorat à convoquer à nouveau le jury le 9 juillet pour réexaminer les cas des candidats. Pour le Snes cet incident interroge le controle continu prévu au bac 2021.

« Au départ, il y a l’erreur d’un chef d’établissement d’un lycée de Maubeuge, centre d’examen, qui interdit l’usage des calculatrices durant les épreuves de sciences physiques, alors que partout en France, au même moment, tous les élèves de TS pouvaient utiliser leur calculatrice. Erreur ensuite du Rectorat à travers sa direction des examens qui n’envisage pas de faire composer à nouveau les élèves dans des conditions équitables, alors que c’était la solution la plus simple à ce dysfonctionnement », écrit le Snes. Selon lui, le 5 juillet « des dizaines de professeurs, examinateurs et correcteurs convoqués en jury de bac au lycée Wallon de Valenciennes ont eu la stupeur de voir leurs notes modifiées sur les relevés, sans que les jurys normalement souverains aient pu délibérer… Les notes ont été modifiées sans aucune autre logique qu’une logique comptable. Ces modifications, à notre connaissance, ont été effectuées de manière à ce qu’aucun des 200 élèves concernés ne soit « ajourné » ».

En fait la même interdiction de calculatrices s’est produit dans 3 lycées, les lycées Pierre-Forest de Maubeuge, Jean-Perrin de Lambersart et Sophie Berthelot de Calais. Le 7 juillet, devant le bruit fait par cette affaire, la rectrice de Lille a décidé de convoquer les jurys le 9 juillet pour réexaminer chaque cas.

« Le projet de réforme du baccalauréat, s’il devait être appliqué, ferait reposer l’examen pour 40% sur du contrôle local, organisé et évalué localement, dans chaque établissement », note le Snes. « C’est la porte ouverte à la multiplication des incidents de ce genre, et surtout au développement des tripatouillages indignes, sous des pressions diverses, tels que ceux qui viennent d’avoir lieu – alors qu’ils auraient pu être évités, très simplement ».

Communiqué

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Dronisep, CIO : dialogue de sourds pour l’intersyndicale

Selon l’intersyndicale (Snes, Se Unsa, Cgt, Sud, Sgen, Fo, Snptes) la rencontre avec le cabinet du ministre le 4 juillet n’a pas été fructueuse. L’intersyndicale appelle à la « poursuite des actions » à la rentrée.

 » Le directeur de cabinet (de JM Blanquer) a de nouveau confirmé que les dispositions de la loi qui vont être votées seront appliquées. Ainsi prévoit-on de transférer quelques 200 personnels vers des missions et des structures non définies, sans visibilité des coordinations possibles et au risque de mettre à mal le service public d’information représenté par l’ONISEP. Le calendrier prévu resterait inchangé avec une mise en oeuvre au 1er janvier 2019″, note l’intersyndicale à l’issue de sa rencontre le 4 juillet avec le cabinet du ministre. Le ministère a rappelé qu’il maintiendrait au moins un CIO par département mais veut  » rapprocher les psychologues des élèves ».

Les personnels des directions régionales de l’Onisep (Dronisep) et des CIO sont victimes de l’article 10 de la loi sur la formation professionnelle en discussion au Parlement. Pour dédommager les régions qui perdent leur controle sur l’apprentissage, le gouvernement leur donne la responsabilité de l’orientation dans les établissements scolaires. Le transfert des Dronisep aux régions s’accompagne de la fermeture des CIO et du redéploiement des conseillers dans les établissements. Ces mesures mettent en péril l’avenir de l’Onisep et la qualité de  l’information données aux élèves.

Seule nouveauté, selon l’intersyndicale, l’annonce de nouveaux rapports.  » Il a été confirmé qu’une « Une mission nationale relative à la stratégie nationale de l’orientation » composée de 2 inspecteurs généraux et de 2 personnalités extérieures, notamment P. Charvet, démarrera dès le vote de la loi. Concernant le transfert des DRONISEP, M. Lacroix, IGAENR, rendra fin juillet son rapport sur l’Onisep proposant les modalités du transfert, le calendrier et les moyens en personnels transférés ».

L’intersyndicale  » appelle les personnels à se réunir dès la première semaine de rentrée afin de décider de la poursuite des actions ».

Le communiqué

L’Etat va mettre fin aux CIO

Manifestation du 5 juin

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[LDH] Communiqué ONL. Obtenir transparence et vérité

Observatoire nantais des libertés

Communiqué

Nantes, le 6 juillet 2018

Obtenir transparence et vérité

Lors d’’un contrôle, un CRS a tiré et tué un jeune homme de 22 ans le mardi 3 juillet au soir dans le quartier de Breil-Malville.

Le procureur a promis une « enquête approfondie » sur cette « affaire particulièrement grave ». Il est demandé que la justice fasse la transparence. L’’Observatoire nantais des libertés n’’en attend pas moins. Il entend qu’’effectivement l’’enquête judiciaire fasse au plus vite toute la lumière sur ce qui s’’est passé, détermine les circonstances qui ont conduit à la mort de cet homme et, s’’il y a lieu, conduise à des poursuites.

Ce tragique évènement pose la question du respect de l’’égalité sociale et des droits dans tous les territoires de la République. Elle doit être au centre des réflexions à conduire.

L’Observatoire nantais des libertés avec les associations Association Républicaine des Anciens Combattants, Attac, Droit au logement, France Palestine Solidarité, Ligue de l’Enseignement-Fédération des Amicales Laïques, Ligue des droits de l’Homme, Maison des Citoyens du Monde, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, Mouvement National de Lutte pour l’Environnement, Syndicat de la Médecine Générale, Syndicat des Avocats de France, Tissé Métisse. ONL@rezocitoyen.net

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Prime au mérite : histoire d’une obsession

Sortie apparemment de nulle part le 2 juillet, la prime au mérite destinée aux personnels des réseaux  Rep+ a pourtant une longue histoire. Libération a récemment rappelé qu’une éphémère prime des réseaux Eclair, crée en 2011, pouvait déjà être déclinée de façon variable par le chef d’établissement. Mais l’idée d’évaluer le mérite des enseignants pour décider de leur paye est plus ancienne encore rue de Grenelle. Dès 2009, JM Blanquer, directeur de l’enseignement scolaire, y travaille. Cette histoire est aussi celle d’un échec.

Une idée de Sarkozy

C’est Sarkozy qui lance dès 2007 l’idée d’une rémunération des enseignants basée sur les résultats des élèves. Révélée par Education & formations, une revue de la Depp, la lettre de mission de N Sarkozy à Xavier Darcos, en 2007, l’invite à mettre en place un dispositif en ce sens.

« Nous voulons que la rémunération des enseignants corresponde mieux à l’importance de leur rôle pour la nation… Nous souhaitons que le mérite soit reconnu, tant au niveau individuel que collectif. C’est possible tout en étant objectif », écrit N Sarkozy. « Nous souhaitons que vous mettiez en place un dispositif d’évaluation beaucoup plus conséquent de notre système éducatif. Celui-ci devra comprendre quatre volets : une évaluation systématique de tous les élèves tous les ans, afin de repérer immédiatement les élèves en difficulté et de pouvoir les aider ; une évaluation régulière des enseignants sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves ».

Mise en place par JM Blanquer

En 2009 JM Blanquer arrive rue de Grenelle et devient le directeur de l’enseignement scolaire du ministre Chatel. C’est à lui que revient de mettre en place l’évaluation de fin d’année de Ce1. Ces évaluations sont élaborées par la Dgesco (division de l’enseignement scolaire), et non par la Depp (division des études du ministère). Elles seront obligatoires pour tous les élèves jusqu’à l’alternance politique de 2012. Facultatives en 2013 elles disparaissent en 2014.

JM Blanquer s’implique beaucoup dans la réalisation de cette commande élyséenne au point qu’on parlera « d’évaluations Blanquer ». Au point aussi de créer une prime spéciale de 400€ pour les enseignants qui les font passer, soit un cout d’une quarantaine de millions.

Dans ces évaluations on retrouve les deux objectifs de la lettre de mission de N Sarkozy. D’une part évaluer le niveau des élèves. D’autre part avoir une idée du mérite de l’enseignants à travers les résultats de ses élèves. Si l’évaluation avait été généralisée aux 4 niveaux , on aurait pu suivre les progrès des élèves et, en théorie, les lier à des enseignants précisément. Mais dans le discours public cet objectif n’apparait pas, ce qui n’empêche pas des enseignants de manifester des doutes. Le ministère ne parle que d’évaluation des élèves, comme le montre un entretien donné au Café pédagogique en 2009.

L’idée de publication des résultats école par école fait long feu. Mais le mélange d’évaluation bilan et diagnostic est dénoncé chez les enseignants.  » Toutefois, subsiste chez les enseignants une défiance quant à la vraie nature de ces évaluations, présentées à la fois comme bilan et comme diagnostic, en insistant tantôt sur un aspect, tantôt sur l’autre, et pouvant servir à contrôler leur valeur professionnelle », explique Education & formations. « Cet usage possible de l’évaluation est ressenti comme d’autant plus injuste qu’il ne repose pas sur les progrès réalisés par les élèves, mais uniquement sur leur niveau à un instant donné, sans prendre en considération leur niveau scolaire à leur arrivée dans la classe ni leurs différences socioéconomiques ».

Un échec retentissant

Education & formations, revue de la Deep, signale aussi le rôle qu’a joué cette direction dans le sabordage de ces évaluations.  » Une étude interne, réalisée par la DEPP… fait apparaître des distorsions dans les résultats selon que les écoles ont ou non été suivies par les inspecteurs du contrôle qualité, ainsi qu’en fonction des secteurs de scolarisation », raconte Education & formations.  » On observe une surestimation des élèves par leurs enseignants, et ce de façon plus particulièrement marquée dans le secteur privé, en l’absence de contrôle des procédures de passation et de correction. Dès la deuxième année d’utilisation, les limites de l’exercice, en termes de comparabilité, sont atteintes : les résultats des élèves de CM2 affichent une forte baisse en mathématiques. Cette baisse est en fait due à la plus grande difficulté du protocole élaboré pour cette deuxième itération, mais elle est interprétée comme une perte de compétence moyenne des élèves de CM2″.

Une autre instance dénonce elle aussi le caractère non scientifique de ces évaluations. C’est le Haut Conseil de l’Education. Mis en place par la droite mais indépendant, le HCE parle sans équivoque. Sur les évaluations nationales de CE1, CM2 et 3ème, le HCE pointe des questions de méthode : ces évaluations confondent évaluation du système éducatif et évaluation de sa classe par le maître. En CM2 et 3ème, selon le HCE « la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée. La manière dont elles sont renseignées n’est ni contrôlée ni harmonisée ».  Tout féru de sciences , le directeur de la Dgesco tempête contre ces propos. Mais personne ne prend au sérieux ses évaluations.

Le retour en 2018

En 2011, le ministre Chatel demande à la Depp d’aider la Dgesco à améliorer ces évaluations.  Quelques mois plus tard le nouveau gouvernement enterre les évaluations de Ce1 et Cm2. Ainsi disparait la première tentative d’évaluer les professeurs à travers les élèves.

Six ans plus tard, le directeur de l’enseignement scolaire est devenu ministre de l’éducation nationale. Le président de la République a promis des évaluations dans toutes les classes chaque année. Le ministre multiplie les évaluations pour la rentrée 2018. Seul changement. Le lien avec l’évaluation et la rémunération des enseignants n’est plus occulte. La prime au mérite des Rep+ sera versée en fonction des résultats des élèves annonce le ministre le 2 juillet. « la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement qui y contribue sera examinée ». Et le gouvernement dit qu’il veut généraliser la rémunération au mérite.

Lettre de mission de X Darcos

Entretien donné au Café

Education & formations n°86-87

Dossier du Café pédagogique de 2009

Blanquer confirme la rémunération au mérite

Dans Libération

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[LDH] Communiqué commun dont la LDH est signataire : « Nouveau record du nombre de mineurs incarcéré-e-s : halte à l’enfermement des enfants et des adolescent-e-s ! »

Communiqué commun dont la Ligue des droits de l’Homme est signataire

Durant les deux dernières décennies, la France n’a jamais enfermé autant d’enfants qu’actuellement.

Depuis plus d’un an maintenant, nos différentes organisations ne cessent d’alerter sur l’augmentation particulièrement inquiétante et constante du nombre d’adolescent-e-s incarcéré-e-s. Suite à nos interpellations, la Garde des Sceaux a fini par saisir la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) sur ce sujet. Le 27 mars dernier, cette dernière a rendu un avis, préconisant un ensemble de mesures pour lutter concrètement contre ce fléau. Pour autant, loin de diminuer, ce nombre vient de dépasser au 1er juin un pic jamais atteint ces dernières années avec 893 mineur-e-s incarcéré-e-s dont plus de 77% dans le cadre de la détention provisoire, c’est-à-dire avant d’être condamné-e-s. Parmi ces jeunes, les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s continuent de faire l’objet d’un traitement judiciaire discriminatoire et représentent actuellement plus de 15% de l’ensemble des enfants incarcéré-e-s. A cela, il faut ajouter « le chiffre gris » des jeunes majeur-e-s incarcéré-e-s suite à des condamnations pour des faits commis du temps de leur minorité, les adolescent-e-s placé-e-s dans les 52 centres fermés existants, ainsi que les enfants placé-e-s en centre de rétention administrative, en constante augmentation depuis 2013.

La part des contrôles judiciaires dans les mesures confiées à la Protection judiciaire de la jeunesse a doublé de 2005 à 2015, et entre 2014 et 2016, ils ont accru de 53%, participant à l’accélération de la spirale coercitive. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté et la CNCDH ont encore récemment mis en lumière cette situation inquiétante.

Malgré ces nombreuses dénonciations et l’échec criant des politiques d’enfermement qui n’enrayent pas la récidive, le gouvernement s’obstine à attribuer des moyens exponentiels aux structures fermées au détriment des services de milieu ouvert, d’insertion et d’hébergement. Il envisage notamment l’augmentation de places en prison et la création de 20 nouveaux centres fermés pour mineur-e-s. Or, cela est désormais établi : plus on construit, plus on remplit !

L’urgence est ailleurs : il est plus que nécessaire de revenir à la primauté de l’éducatif sur le répressif, la spécialisation des acteurs et des actrices et à une temporalité spécifique telles que définies dans l’ordonnance du 2 février 1945.

Il y a un véritable enjeu de société à redéfinir une justice protectrice et émancipatrice pour tou-te-s les jeunes, et en particulier pour celles et ceux les plus en difficulté, plutôt que de maintenir une politique s’attachant davantage à l’acte qu’à la personnalité et à la stigmatisation plutôt qu’à l’accompagnement éducatif de ces adolescent-e-s, renforçant par ailleurs l’inégalité de traitement entre classes sociales.

Ce projet nécessite des moyens et du temps, non des barreaux et de la vidéo-surveillance.

 

Paris, le 3 juillet 2018

Signataires : Ligue des droits de l’Homme, SNPES-PJJ, FSU, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des avocats de France, Défense des enfants international, Observatoire international des prisons, CFDT Interco Justice, CGT Justice PJJ,

 

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Nouvelles pressions en faveur d’Agir pour l’école

 » Les élèves de maternelle – a fortiori ceux des milieux populaires-ne sont pas des cobayes ! Les enseignants ne sont pas des exécutants à la botte d’officines privées ». Lancée sur le Nord, l’offensive d’Agir pour l’école pour entrer dans les écoles s’est heurtée à la résistance d’enseignants. Mais elle se renforce dans le Pas de Calais, département où l’association est présente depuis des années selon le Snuipp Pas de Calais.

Selon Dominique Dauchot, secrétaire départementale, le Snuipp 62 est intervenu auprès de l’Inspection académique pour dénoncer « les multiples pressions consistant à tenter de contraindre les équipes enseignantes à s’engager dans des programmes pédagogiques particuliers, comme ceux portés par l’association « Agir pour l’École » ou à s’orienter vers une méthode de lecture préconisée ou des pratiques uniquement centrées sur l’apprentissage des fondamentaux ».

« Quelques élèves de maternelle à Calais ont été contraints de passer des évaluations quasiment pendant 1h30 ce mardi 3 juillet, avec une personne inconnue, issue de cette association privée, aux intérêts et financements également privés », explique le syndicat. « Tout cela sans concertation ni accord de l’équipe enseignante qui a été mise devant le fait accompli et n’a même pas pu prévenir les parents ! »

Le Snuipp rappelle qu’il n’y a « aucune preuve scientifique attestant autre chose que des progrès très ponctuels dans des compétences faisant l’objet d’entrainements intensifs… Par ailleurs, aucun protocole n’a été signé entre cette association privée et la rectrice ou l’inspecteur d’académie, qui parlent simplement « d’expérimentation » sans cadre réel ! Ce qui nous interroge et nous inquiète fortement sur la qualité et l’indépendance du service public d’éducation rendu aux usagers ».

Le Snuipp invite les enseignants « « reprendre la main » sur leur métier et, dès la rentrée 2018, à résister à toute forme de pressions ou d’injonctions qui remettraient en cause leur professionnalisme et leur indépendance ».

L’offensive Agir pour l’école

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Faut-il détruire la pédagogie Freinet ?

Moins d’un mois après la tentative d’imposer l’association « Agir pour l’école » dans une centaine d’écoles du Nord, le département est secoué par une nouvelle affaire à Mons en Baroeul. La ville abrite un groupe scolaire public Freinet. Le Dasen annonce que les postes vers cette école ne seront plus fléchés. Des enseignants sans formation Freinet pourront y enseigner. C’est une façon de mettre fin à la seule école Freinet dont les résultats ont été scientifiquement et positivement évalués. Une décision aberrante estime Yves Reuter, l’universitaire qui a évalué les résultats de l’école. Une école Freinet qui obtient des résultats, ça dérange ?

« Tous avec Freinet ». Voilà une banderole qu’on voit rarement dans les manifestations. Selon La Voix du Nord, le 3 juillet les parents du groupe scolaire Concorde manifestent. Ils s’inquiètent de la nouvelle règle décidée par le Dasen qui permet à des professeurs non formés à la méthode Freinet de postuler dans l’école. Pour les parents c’est prendre le risque de briser le travail d’équipe qui est une clé de la réussite de l’école.

Car celle ci ne fait pas de doute. L’école a été évaluée de 2001 à 2006 par une équipe universitaire dirigée par Yves Reuter. « L’école était en déshérence aussi bien pour les incivilités qu’en ce qui concerne les apprentissages », nous confie-t-il. « On évitait l’école et les effectifs baissaient ». Au tournant du siècle, la décision est prise de faire de l’école une école Freinet. Et Y Reuter est chargé d’évaluer l’efficacité de la pédagogie utilisée dans l’école.

« Les résultats sont clairs. Il y a une baisse des incivilités et une hausse des performances scolaires. On la constate dans les outils que nous avons utilisé mais aussi dans les évaluations nationales ou académiques », nous dit Y Reuter. « On constate aussi un rapport plus positif à l’école, le développement de compétences auto évaluatives chez les élèves. Tous ces aspects montrent qu’on peut luter contre l’échec scolaire socialement différencié sans moyens particuliers avec la pédagogie Freinet ».

Que font les enseignants dans cette école ? « L’accent est mis sur la coopération entre élèves et le développement de l’écriture des élèves. Les élèves assistent au conseil d’élèves. Ils peuvent découvrir la vie démocratique et ne sont pas réduits à l’impuissance », explique Y Reuter.  « Pour autant l’école n’est pas laxiste. On n’entend pas de bruit dans l’école ».

Pour lui ce qui se passe à Mons en Baroeul est grave. « Quand on a une équipe qui fonctionne , qui est solidaire, cela amène des résultats chez les élèves. Vouloir arrêter une expérience qui marche, pour mois c’est inquiétant ». C’est aussi l’avis des parents qui veulent garder la pédagogie Freinet pour leurs enfants.

5 juillet : le Dasen s’engage sur la pédagogie Freinet

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Plus de 1100 postes non pourvus à la rentrée 2018

Les résultats des admissions aux concours de recrutement confirment ce que le Café pédagogique avait annoncé le 24 mai. Nous avions prévu « près de 1200 postes  non pourvus à la rentrée. On sait maintenant que ce sera exactement 1117 postes. Plus de la moitié concerne le premier degré , comme nous l’avions annoncé. Le ministre avait justifié la chute du recrutement dans le second degré par la volonté de proposer un budget sincère. Or il y a toujours des centaines de postes vacants dans le second degré. Et c’est au premier degré que la situation a empiré.

775 postes vacants dans le premier degré

Les conclusions des concours de recrutement des enseignants  étaient prévisibles en observant les résultats des épreuves d’admissibilité. Nous avions établi un pronostic le 24 mai , annonçant « près de 1200 postes vacants ». A quelques unités près le diagnostic du Café pédagogique est exact.

Dans le premier degré nous avions calculé 350 postes vacants à Créteil. En fait c’est 361. 1086 candidats ont été admis au concours externe des PE pour 1450 postes proposés. Avec les autres concours ce sont 1339 places qui ont été attribuées pour 1700 proposées.

A Versailles, 1628 poste sont été pourvus pour 2000 proposés aux différents concours des professeurs des écoles. Il manque 338 enseignants. Nous avions annoncé « environ 300 ».

Au total, avec les autres concours, ce sont 775 postes qui ne seront pas pourvus à la rentrée et donc une situation encore plus difficile que prévu à Versailles et Créteil. On observe surtout une dégradation rapide de la situation dans le premier degré : en 2017 564 postes étaient vacants contre 665 en 2016. Cela promet pour ces deux académies des tensions pour faire l’année, des remplacements non assurés et un large appel aux contractuels. Pas sur que les deux rectorats trouvent les enseignants nécessaires. Les deux concours spéciaux devraient apporter 400 postes à Créteil et 250 à Versailles. On est en dessous des besoins.

Et 342 dans le second degré

Dans le second degré , la bonne surprise est l’anglais où les 949 postes sont pourvus. L’année dernière 1190 postes étaient proposés et seulement 847 avaient été pourvus. Ailleurs il n’y a pas de surprise. En allemand 275 postes sont ouverts en 2018 mais seulement 151 sont pourvus. En espagnol les 415 postes sont couverts.

En maths le ministre avait ramené de 1440 à 1183 le nombre de postes offerts. Seulement 1068 sont pourvus soit exactement autant qu’en 2017 (1066). Il manquera 115 profs de maths à la rentrée.

En lettres modernes 1040 postes seulement étaient offerts et ils sont tous pourvus. En 2017 151 postes ne l’avaient pas été mais le ministère recrutait 1440 enseignants. En lettres classiques seulement 80 des 183 postes offerts sont pourvus.

Au total il manquera 342 nouveaux professeurs à la rentrée du second degré. En 2017 1233 chaises étaient restées vides, soit beaucoup plus. Mais le nombre de postes offerts en 2018 est largement inférieur.

Retour des suppressions de postes

Le ministère a justifié cette baisse du nombre de postes par la volonté d’avoir un budget « sincère » et d’ajuster le nombre de postes ouverts à la réalité de l’offre. Mais finalement on constate toujours de fortes différences dans de nombreuses disciplines du secondaire sans parler du déficit au primaire.

Alors ce n’est plus la stabilité du nombre de postes d’enseignants qui se dessine en 2018 mais bien une baisse de plus d’un millier de postes. Le ministère renoue ainsi avec une politique que l’on avait oublié depuis 2012 : la réduction du nombre d’emplois d’enseignants.

Pour remédier à la crise, le ministre promet de favoriser les pré recrutements prochainement. C’est une bonne idée. Mais cela sera t-il suffisant pour répondre à la perte d’attractivité du métier alors que les salaires sont gelés et que des menaces planent sur la liberté pédagogique et le statut.

Résultats concours CRPE IDF

Résultats capes externe

L’article du 24 mai

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Rassemblement lors de la venue d’Edouard Philippe à Nantes demain ! A partager en masse !

Communiqué de presse

Appel à rassemblement par les organisations du collectif Marée Populaire, à 11h devant la préfecture, pour dénoncer la politique du gouvernement, à l’occasion de la visite d’Edouard Philippe ce jeudi 5 juillet à Nantes .

La politique menée par le gouvernement néo-libéral Macron-Philippe nous entraîne dans un système agressif et répressifs contre toutes les catégories de la populations (salariés, chômeurs, retraités, jeunes, …).

Le modèle de société proposé par celui-ci amène l’augmentation des inégalités en donnant toujours plus aux riches et en culpabilisant les pauvres. En effet, pour E.Macron « il faut responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté ».En un mot, pour lui,si les pauvres sont pauvres, c’est bien un peu de leur faute. A contrario,  le  gouvernement d’E.Philippe n’hésite pas à mettre « un pognon de dingue »…pour les plus riches ! Cela n’empêche pourtant pas que le nombre de chômeurs toutes catégories (A, B, C, D) ne baisse pas, et que la précarité augmente. De plus, la vision du travail impulsée par celui-ci pousse les travailleurs en concurrence permanente, impose une pression, et cherche à les monter les uns contre les autres. Cette politique économique inégalitaire se perçoit également d’un point de vue fiscal. Suppression de l’ISF, de l’Exit Tax, augmentation de la CSG, baisse de l’impôt sur les sociétés, passivité face aux pratiques d’évasion fiscale, … sont autant de mesures favorisant l’injustice fiscale entre les citoyens, permettant alors des cadeaux aux plus riches…

Les inégalités territoriales sont également favorisées par cette politique ! Le recul de la présence des services publics se poursuit. Partout en France, les hôpitaux sont à l’agonie, les administrations sont surchargées, les tribunaux engorgés, … sans parler de la SNCF qui tend par sa réforme à entretenir la même logique que les entreprises privées, comptant les profits avant les services rendus. De plus, la fin de la taxe d’habitation sans garantie de moyens supplémentaires retire aux collectivités locales leur capacité d’agir au plus près de leurs populations sur leurs territoires.

Le gouvernement donne régulièrement la preuve d’une incohérence flagrante entre ses discours et ses actes dans la politique menée autour de la transition écologique  et face aux enjeux du dérèglement climatique : projets maintenus d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, refus de signer le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires, autorisation donnée à Total pour l’exploitation d’huile de palme à l’usine de la MEDE, projet de méga-mine d’or à ciel ouvert en Guyane, refus d’interdiction du glyphosate,  incapacité à mettre en œuvre des politiques contraignantes envers des entreprises polluantes, …

De plus, la financiarisation du logement, les menaces contre notre système social et la sécurité sociale, les attaques sur la protection collective des salariés, la sélection des jeunes dans l’enseignement supérieurs et la recherche, la politique honteuse contre les migrants, le démantèlement de notre système judiciaire, le secret des affaires avant le droit à l’information, la future baisse des allocations de retraites, … sont autant de mesures ne permettant pas une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique et plus égalitaire.

Les organisations à l’initiative de la manifestation « marée populaire » du 26 mai dernier appellent à se rassembler pour protester à l’occasion de la venue du Premier ministre à Nantes à 11h devant la préfecture à Nantes, contre la politique du gouvernement d’assistanat en direction des plus riches.

Le collectif unitaire Nantais portant cette volonté se compose des organisations suivantes : ATTAC 44, CGT 44, comité 5 mai Nantes, collectif Santé 44, Collectif STOP CETA 44, comité Bure Nantais, DAL 44, EELV 44, Ensemble 44, France Insoumise 44, FSU 44, Gauche Démocratique et Sociale 44, Génération.s 44,   Jeunes Générations 44, Jeunes France Insoumise 44, NPA 44,  PCF 44, Place au peuple 44, Solidaires 44,  SGL 44, Sortir du nucléaire Pays Nantais, UNEF Nantes.

ATTAC 44 contact :

– mail : attac44@attac.org

– tel : 06 30 76 04 23

– site : https://local.attac.org/attac44/

Fondée en 1998, Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) est une association qui milite pour la justice sociale et environnementale, et conteste le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature.

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Fermetures de classes : ça bouge dans les collèges

Dernière ligne droite pour les défenseurs des établissements. A Chateauroux (36) des enseignants du collège Lafayette manifestent contre la fermeture d’une classe à la rentrée, raconte La Nouvelle République.   » Avoir une classe à trente, ça n’est plus le même travail, notamment en français, où l’on travaille beaucoup à l’oral. Il est nécessaire d’avoir des petits groupes », explique une professeure de lettres. A Gueux, une petite commune de la Marne, c’est une classe de 6ème qui est fermée. Les autres compteront 30 élèves par classe. A Rostrenen (Côtes d’Armor) des parents et des enseignants manifestent pour l’ouverture d’une classe de 6ème.

 

Châteauroux

Gueux

Rostrenen

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Les collectivités territoriales rompent avec l’Etat

 » Les Communes, les Départements et les Régions ont décidé le 3 juillet 2018 de se retirer de la Conférence nationale des territoires présidée par le Premier ministre. Les collectivités ne peuvent cautionner par leur présence une instance qui n’est devenue qu’un faux-semblant de concertation et de dialogue », ont déclaré ensemble l’AMF, l’ADF et Régions de France, les trois structures qui représentent les collectivités territoriales.  » Depuis plusieurs mois, le Gouvernement a refusé tout dialogue, en décidant unilatéralement la mise sous tutelle financière des collectivités et en s’exonérant de tout effort », estiment les collectivités. Elles soulignent  » pour la première fois en trente ans, la recentralisation d’une compétence, l’apprentissage » en application de la loi sur la formation professionnelle qui reprend l’apprentissage aux régions pour le donner aux branches professionnelles.

 

Communiqué

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Canopé : Les professeurs devront payer ?

Les enseignants doivent -ils payer pour leur formation continue ? Le bruit a fait rapidement le tour des réseaux sociaux ce week end soulevant l’indignation de nombreux enseignants : les professeurs utilisateurs des services de Canopé doivent désormais payer un abonnement de 20 euros par an. Qu’en est-il réellement ? Jean-Marie Panazol, directeur général de Canopé, explique les raisons de cette nouvelle politique tarifaire.

Opérateur de l’éducation nationale, Canopé a pour mission de  » contribuer au développement professionnel des enseignants et répondre plus largement aux besoins de la communauté éducative dans son ensemble. L’établissement continuera en outre à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de la stratégie du numérique éducatif du ministère », précise la loi de finances 2018. Qui ajoute que « en 2018, la consolidation du modèle économique de l’établissement (développement de l’offre payante, optimisation des coûts) sera poursuivie ». De fait, la subvention pour charges de service publique est légèrement réduite en 2017 et 2018 passant de 90 à 89.6 millions. Et la nouvelle politique tarifaire vient d’être mise en place.

 » L’abonnement Atelier Canopé vous permet de développer vos compétences dans l’usage de vos pratiques pédagogiques, l’anglais, la bureautique avec les outils d’autoformation M@gistère, Mycow et Vodéclic; emprunter un ensemble de ressources physiques et numériques; bénéficier de remises sur les ressources éditoriales physiques Canopé vendues en Atelier ». La nouvelle page abonnement du réseau Canopé n’est pas passée inaperçue. Elle propose un abonnement individuel enseignant de 20€ par an et un abonnement établissement de 10€ par enseignant. Une situation nouvelle qui a éveillé des craintes, notamment de devoir payer pour ce qui relève de la formation continue. Jean-Marie Panazol, nouveau directeur général de Canopé, répond.

Pourquoi cette nouvelle politique tarifaire dans les ateliers Canopé ?

C’est le résultat de la refondation du réseau Canopé qui passe de 31 établissements avec des politiques tarifaires différentes en un seul établissement. Dans certains ateliers tout était gratuit. Dans d’autres on demandait plus que 20€.

Cette restructuration s’accompagne d’une offre nouvelle. On passe d’une logique de produits à une offre de services enrichie. Les médiathèques Crdp deviennent des ateliers. L’accès aux ateliers, avec la possibilité de consulter des ressources , l’espace de travail, le test de matériels reste gratuit.

L’abonnement de 20€ par an est très minime comparé au bouquet offert avec les service sd’Europress, Mycow pour l’apprentissage d’une langue étrangère, Vodéclic pour la formation à des logiciels. Et notre objectif n’est pas de multiplier les abonnements individuels mais de faire prendre en charge par les établissements scolaires les frais d’abonnement.

Ce qui change en 2018 c’est que cette politique tarifaire, expérimentée dans 4 zones est généralisée à tout le territoire.

Vous comprenez que les professeurs soient surpris de payer pour être formés ?

Tout ce qui relève de la mission de service public de Canopé reste gratuit. Par contre quand quelqu’un exprime un besoin individuel de formation , on l’accompagne individuellement dans le cadre de l’abonnement. On ne lui fait pas payer le coût réel de la formation.

Le ministère a raboté votre budget ?

La part de subvention est constante aux environs de 90 millions pour un budget de 135 millions. Le reste vient essentiellement de subventions liées à des projets par exemple quand on accompagne une collectivité territoriale dans la mise en place d’un plan tablettes. La part versée par les enseignants est minime.

Alors pourquoi ne pas la rendre gratuite ?

Dans notre esprit l’abonnement ne doit pas être payé par les enseignants mais par les établissements grâce au budget attribué par les collectivités territoriales. En échange nous offrons un bouquet de services de qualité.

La page abonnement

 

Loi de finances 2018

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L’enseignement agricole « comme un rat crevé au fil de l’eau »

La formule est vigoureuse et à double sens. Pour Frédéric Chasagnette, secrétaire général adjoint  du Snetap Fsu, syndicat de l’enseignement agricole, elle désigne la gestion actuelle de l’enseignement agricole. Mais c’est aussi la reprise d’une formule de Bruno Le Maire quand il était ministre de l’agriculture. Un clin d’oeil envoyé au ministre des Finances alors que le budget 2019 devrait imposer des suppressions de postes. Réunis le 3 juillet, le Snetap Fsu et la Cgt enseignement agricole craignent une rentrée difficile et des lendemains encore plus douloureux.

Les CFA touchés par la nouvelle loi

« Les réformes déséquilibrent nos établissements ». Thierry Jacob, CGT agricole, était accompagné des sénateurs (groupe CRCE) Pierre Ouzoulias et Guillaume Gontard, du député LFI Loïc Prud’homme, et de Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap Fsu pour cet état des lieux de l’enseignement agricole public. La réunion se tient alors que plusieurs centres d’examen ont été bloqués ces derniers jours à  l’appel de ces syndicats et un ‘entre eux l’est encore.

« La loi sur la formation professionnelle va faire voler en éclat les CFA agricoles », prévient JM Le Boiteux. Ces CFA sont généralement de taille très modeste. Ils équilibrent leur fonctionnement par des subventions régionales. Celles ci sont fortement réduites par la nouvelle loi puisque le financement de l’apprentissage passe aux filières professionnelles. Pour le Snetap près de 6000 emplois devraient disparaitre avec cette nouvelle  loi.

La série S menacée

La réforme du bac frappe aussi les lycées agricoles du fait de la disparition des séries. « La réforme du bac général va faire perdre sa spécificité à notre filière », estime JM Le Boiteux. L’enseignement d’agronomie devient une option dans le cadre de la réforme du lycée. Les familles choisiront probablement des établissements où d’autres spécialités et options sont disponibles. Or il suffit du départ de quelques élèves pour entrainer des fermetures de classes. « S’ils veulent que les lycées agricoles deviennent des lycées professionnels qu’ils le disent et qu’ils assument des lycées de 120 élèves ».

Troisième facteur de crainte pour les établissements : « c’est le retour au budget contraint », assure le Snetap. Selon lui, l’Elysée serait en train d’arbitrer le budget 2019 , notamment savoir s’il y aura des suppressions de postes d’enseignants.

« Notre ministre ne nous défend pas », se plaint le Snetap qui se verrait bien passer sous une autre tutelle. « Il manque quelques dizaines d’emplois pour une rentrée correcte », estime Frédéric Chassagnette, secrétaire général adjoint du Snetap. Le syndicat dépose déjà des préavis de grève pour la rentrée dans 3 régions (Centre, Bourgogne, Rhône Alpes). « Le combat se joue sur le terrain », prévient JM Le Boiteux…

Cataclysme dans l’enseignement agricole

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Paye au mérite : Blanquer confirme pour les Rep+

Dans un communiqué publié le 2 juillet, le ministère de l’éducation nationale annonce le versement d’une prime de 1000 € aux personnels des Rep+ à la rentrée 2018. Mais il confirme aussi que le reste de la somme promise par le président de la République en 2017 pourrait être versée aux seuls enseignants méritants. Il n’aura fallu que 15 jours, et aucune consultation, au ministre de l’éducation nationale pour appliquer la décision annoncée par le gouvernement le 12 juin.

Une prime de 1000€ à la rentrée

 » Le ministre de l’Éducation nationale, conformément à ses engagements, a décidé que cette revalorisation débutera dès la rentrée 2018. Ainsi, pour l’année scolaire 2018-2019, les personnels des établissements en REP+ percevront déjà 1 000 euros nets supplémentaires », annonce le 2 juillet le ministère de l’éducation nationale. La mesure va concerner tous les personnels : enseignants (41 000), personnels d’encadrement et administratifs (environ 4000). Au total, elle devrait couter environ 46 millions au ministère.

Mais la promesse électorale d’Emmanuel Macron c’était 3000 € de prime annuel nette s’ajoutant à la prime actuelle d’environ 2000 €. Aussi, JM Blanquer précise que d’autres versements suivront les deux années suivantes.

Adosser la prime aux progrès des élèves

Mais ce sera pour les seuls enseignants méritants.  » Dans le cadre des discussions qui se dérouleront au cours des prochains mois avec les organisations syndicales, la possibilité d’un adossement d’une partie de cette indemnité aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement qui y contribue sera examinée », ajoute le ministère, confirmant ce que Les Echos ont annoncé le 30 juin.

Si ce n’est pas plus clair c’est peut-être parce que deux logiques, correspondant à deux tempos politiques,  s’affrontent dans cette décision.

Une prime pour retenir les enseignants…

A l’origine, la mesure proposée par le candidat Macron visait bien « la valorisation des équipes éducatives en réseaux d’éducation prioritaire ». Le bilan social du ministère, publié il y a quelques jours, nous a encore rappelé que les personnels de l’éducation prioritaire (rep et rep+ mélangés) a des traits particuliers. On y trouve davantage de contractuels et surtout de jeunes enseignants. La proportion d’enseignants débutants est donc plus forte qu’ailleurs et le turn over particulièrement important.

La prime promise par E Macron vise à retenir les enseignants et aussi à attirer des enseignants plus expérimentés vers l’éducation prioritaire. C’était déjà le souci des ministres précédents qui ont revalorisé la prime existante mais aussi attribué du temps de formation et des pondérations horaires pour le travail en équipe. Travailler en éducation prioritaire donne aussi des avantages pour la promotion.

Le communiqué ministériel situe bien cette mesure dans cet esprit là : il s’agit de la réussite de tous les élèves.

Ou à mettre fin au statut des fonctionnaires ?

S’il s’agit d’attirer et retenir des enseignants en Rep+, dans ce cas la prime doit aller à tous et ne doit pas varier selon le « mérite ».

Mais à ce premier tempo est venu s’ajouter un second temps politique, marqué par les décisions prises au conseil des ministres du 12 juin. Là le gouvernement a acté « la refonte de la rémunération des agents publics, avec une remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel ».

En réunion de travail avec les syndicats, le 28 juin, le gouvernement a précisé la méthode. Il veut « modifier la structure des rémunérations en donnant plus de poids aux indemnités et moins au traitement indiciaire, reconnaitre plus le « mérite » comme levier de gestion des ressources humaines ». Le salaire fixe serait plus faible et le supérieur hiérarchique du fonctionnaire, le chef d’établissement par exemple, déciderait du montant de la prime versée à chaque fonctionnaire.

L’idée de la paye au mérite, en l’air depuis plusieurs mois, est devenue une décision officielle. JM Blanquer est la premier à en proposer une application concrète. Et ça tombe pile au moment où il doit être entendu par le Premier ministre pour une évaluation de son action. Une nouvelle fois, JM Blanquer sera le meilleur élève…

Est ce efficace ?

Mais peut être que le salaire au mérite permet de récompenser les meilleurs et donc d’agir dans l’intérêt des élèves ? Ce n’est pas ce que nous dit la recherche.

Là où elle a été testée elle n’a pas fait ses preuves.  » Il n’est pas aisé de mettre à jour l’ensemble des facteurs à l’origine de cet « effet-enseignant », celui-ci relève d’une alchimie complexe entre les compétences de l’enseignant, les caractéristiques du public d’élèves et les démarches et méthodes pédagogiques mises en œuvre », nous a dit en 2013 Bruno Suchaut, actuel membre du Conseil scientifique de l’éducation. « Dans une logique d’évaluation par les résultats, le principe d’une évaluation au mérite peut certes paraître attractif pour les décideurs mais il soulève plusieurs interrogations et ne semble pas atteindre les objectifs escomptés quand on analyse les effets de cette mesure dans le cadre de certaines expériences étrangères, aux Etats-Unis notamment. Même dans le cas d’un bonus substantiel accordé aux enseignants qui affichaient initialement la valeur ajoutée la plus élevée (en tenant donc compte du niveau initial des élèves), les enseignants les plus «méritants» n’ont pas fait davantage progresser les élèves ».

Aux Etats Unis les tentatives de baser la rémunération sur les résultats des évaluations ont échoué. En Suède, la liberté la plus grande laissée aux chefs d’établissement a mené à un échec retentissant. L’objectif poursuivi n’est donc pas l’efficacité. Mais simplement d’appliquer à l’éducation en premier lieu un nouveau mode de management des fonctionnaires.  Une gestion dont l’objectif , avec la fin imminente du paritarisme, vise à en finir avec les fonctionnaires et leur statut.

Du coté syndical

Le Se Unsa a immédiatement réagi au communiqué du ministère , précisant qu' »il ne cautionne nullement que cela soit différencié d’un personnel à l’autre selon l’équipe dans laquelle il exerce. » Il ajoute :  » La proposition initiale du candidat Macron n’était pas alambiquée. Pourquoi la tordre pour en faire une usine à gaz déconnectée des dynamiques réelles des écoles et établissements ? » Parce qu’une année de gouvernement est passée sur la réforme…

Article du 2 juillet

Article des Echos

Notre article du 13 juin

Celui du 20 juin

Et celui du 29 juin

En février

Peut on évaluer le mérite d’un enseignant ?

Paye au mérite selon A Chaptal

L’échec de la réforme suédoise

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JM Blanquer promeut une ancienne vice présidente du Snalc

Claire Mazeron, IPR d’histoire-géographie est nommée directrice académique adjointe des services de l’éducation nationale de Paris. Le Journal officiel du 3 juillet annonce ainsi la nomination d’une personnalité très médiatique. De 2000 à 2010 , Claire Mazeron a multiplié les interventions télévisées. Vice présidente du Snalc, très proche de Brighelli, elle a publié en 2010 un ouvrage préfacé par N Polony. Cette carrière syndicale l’a conduite sous Chatel au poste d’IPR en 2010. Plus récemment elle a participé aux congrès du mouvement d’extrême droite Debout la France. JM Blanquer vient de ramener cette figure de l’anti-pédagogie à Paris et de lui confier les enseignants du second degré parisiens.

 

Au JO

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Enseignement professionnel : un rapport interroge sur l’avenir des diplômes intermédiaires

Rédigé en octobre 2017 par les inspecteurs généraux JP Collignon, JF Cuisinier et M Lugnier, le rapport sur les certifications intermédiaires du bac professionnel souligne la perte de valeur des diplômes intermédiaires. Ces diplômes, comme le BEP, ont longtemps été une référence professionnelle et une étape vers le bac professionnel qui se préparait en deux ans après le BEP. Lors de la réforme du bac professionnel en 3 ans de 2009, ils n’ont pas été supprimés mais transformés en une certification intermédiaire. Comme le remarquent les auteurs, ils sont apparus comme une étape nécessaire pour faire face au décrochage et aux sorties sans qualification. Par contre, selon le rapport, ils ne sont pas reconnus par les professionnels. « L’absence d’intérêt, voire l’opposition à son endroit est quasi-unanime », écrit le rapport. « La certification intermédiaire conduisant à l’obtention d’une qualification de niveau V leur paraît déconnectée d’une véritable formation professionnalisante ». Les enseignants critiquaient le dispositif de délivrance de ces diplômes très chronophage. Cela amène la conclusion nuancée du rapport : « Le peu de valeur du DI dans le monde professionnel doit conduire les décideurs à s’interroger sinon sur son existence – son rôle dans la construction du parcours de certains élèves parmi les plus fragiles ne pouvant être ignoré ». JM Blanquer a tranché après la publication du rapport : les diplômes intermédiaires subsistent sous forme d’épreuves générale et professionnelles en fin de première dont on promet qu’elles seront « simplifiées ».

 

Le rapport

Sur la réforme du lycée pro

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SES : L’Apses dénonce un « lobby » en oeuvre dans la rédaction des programmes

Ca recommence. C’est un peu ce que dit l’Apses, l’association des professeurs de SES qui réunit près de la moitié des professeurs de la discipline. Ultra représentative elle est aussi exclue du groupe de travail sur les programmes de SES comme cela avait déjà été le cas en 2010. « En sciences économiques et sociales (SES), les enseignant.e.s de lycée ne représentent qu’un quart des membres, et les femmes pas même un tiers. Parmi les 4 économistes, deux représentent l’Académie des sciences morales et politiques, dont la section économie est quasi exclusivement composée de représentants patronaux. Le nouvel enseignement « d’Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » apparaît quant à lui déséquilibré, avec une inspection de SES absente du groupe alors que celle d’Histoire-géographie est très représentée, et seulement deux enseignant.e.s de SES contre 5 pour l’histoire-géographie », écrit l’Apses. « L’APSES dénonce la représentation de l’Académie des sciences morales et politiques au sein du groupe d’élaboration des programmes. Les contenus d’enseignements ne doivent pas faire l’objet de manipulation partisane ». En 2017 l’Académie avait qualifié l’enseignement de SES de « néfaste ».

 

Communiqué

Sur la composition des groupes d’experts

L’Apses dans la rue

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La paye au mérite dès septembre ?

Après l’annonce, lors du Conseil des ministres du 12 juin, que le gouvernement instaurera la paye au mérite pour ses fonctionnaires, les choses s’accélèrent. Le 20 juin, le Café indiquait que la prime de 3000 € des Rep+ faisait partie de la négociation. Le 29 juin le gouvernement a précisé sa méthode. Dans un article du 30 juin, Les Echos apportent un nouvel éclairage. Si la prime de 3000€ est bien versée à partir de septembre , ce pourrait être en fonction des résultats des élèves ou de la participation au projet d’établissement.

Une volonté affirmée le 12 juin

Le 12 juin, en Conseil des ministres, le gouvernement a acté « la refonte de la rémunération des agents publics, avec une remise à plat complète des modalités de rémunération des agents publics et la généralisation de la rémunération au mérite au niveau collectif et individuel ».

En réunion de travail avec les syndicats, le 28 juin, le gouvernement précise la méthode. Il veut « modifier la structure des rémunérations en donnant plus de poids aux indemnités et moins au traitement indiciaire, reconnaitre plus le « mérite » comme levier de gestion des ressources humaines ». Le salaire fixe serait plus faible et le supérieur hiérarchique du fonctionnaire, le chef d’établissement par exemple, déciderait du montant de la prime versée à chaque fonctionnaire.

Rupture complète avec les règles

Cette rupture complète avec les règles de la Fonction publique sont confirmées par le ministère de l’éducation nationale si on ne croit un article des Echos du 30 juin. « Qu’en est-il de l’idée d’un versement automatique des 3.000 euros sans condition ? « Au final de la négociation, on arrivera peut-être à ce scénario, mais ce n’est clairement pas la direction que le ministre a donnée dans ses différents propos relatifs à cette prime », glisse-t-on dans l’entourage de Jean-Michel Blanquer », écrit MC Corbier.

Selon elle, la prime de 3000€ promise aux professeurs des Rep+ par E Macron lors de sa campagne électorale, pourrait être versée dès septembre 2018. Mais son versement serait  » conditionné à la réalisation d’un projet d’équipe ou d’établissement – qui seraient évalués – voire aux résultats des élèves ».

Cette individualisation du salaire pourrait ensuite être généralisée en application des décisions du gouvernement.

Est ce efficace ?

La paye au mérite est-elle efficace ? Là où elle est testée elle n’a pas fait ses preuves.  » Il n’est pas aisé de mettre à jour l’ensemble des facteurs à l’origine de cet « effet-enseignant », celui-ci relève d’une alchimie complexe entre les compétences de l’enseignant, les caractéristiques du public d’élèves et les démarches et méthodes pédagogiques mises en œuvre. Dans une logique d’évaluation par les résultats, le principe d’une évaluation au mérite peut certes paraître attractif pour les décideurs mais il soulève plusieurs interrogations et ne semble pas atteindre les objectifs escomptés quand on analyse les effets de cette mesure dans le cadre de certaines expériences étrangères, aux Etats-Unis notamment. Même dans le cas d’un bonus substantiel accordé aux enseignants qui affichaient initialement la valeur ajoutée la plus élevée (en tenant donc compte du niveau initial des élèves), les enseignants les plus «méritants» n’ont pas fait davantage progresser les élèves », nous a dit en 2013 Bruno Suchaut, actuel membre du Conseil scientifique de l’éducation. Aux Etats Unis les tentatives de baser la rémunération sur les résultats des évaluations ont échoué. En Suède, la liberté la plus grande laissée aux chefs d’établissement a mené à un échec retentissant.

Article des Echos

Notre article du 13 juin

Celui du 20 juin

Et celui du 29 juin

En février

Peut on évaluer le mérite d’un enseignant ?

Paye au mérite selon A Chaptal

L’échec de la réforme suédoise

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