Regards sur l’éducation : les enseignants français gagnent-ils trop ?

Comment évaluer le salaire des enseignants français par rapport à leurs collègues étrangers ? La nouvelle édition 2019 de Regards sur l’éducation apporte des données précises qui lui permettent d’affirmer que, sauf dans le premier degré, les salaires des professeurs français sont au dessus de la moyenne OCDE. Le constat est pourtant beaucoup plus nuancé. On notera aussi deux points : l’écart entre la rémunération des enseignants français et de leurs collègues étrangers se creuse avec l’ancienneté. Pour rendre le métier attirant il ne faudra pas se limiter à relever les premiers échelons, comme on l’a entendu par exemple au Sénat. Le travail demandé aux enseignants en France est plus lourd que celui de leurs collègues des autres pays de l’OCDE. Alors la pression des enseignants pour l’évolution de leur salaire ne risque pas de retomber…

Des salaires français plus ou moins élevés que la moyenne ?

« Excepté au niveau élémentaire, les salaires effectifs des enseignants (français) sont plus élevés que la moyenne de l’OCDE », affirme l’OCDE dans la nouvelle livraison de Regards sur l’éducation. L’organisation donne des chiffres : dans le premier degré 39 426 $ annuels en France contre une moyenne OCDE de 40 580, 45 375 au collège contre 42 553, 51 007 au lycée contre 45 803. En apparence avantage à la France !

Mais ces salaires effectifs sont une moyenne des salaires perçus et tiennent donc compte de la pyramide des âges, du poids des enseignants les plus âgés et aussi des corps les plus rémunérés (agrégés, professeurs de CPGE en lycée par exemple). Cette moyenne est assez différente de la réalité vécue par les enseignants.

Pour toucher cette réalité on peut s’appuyer sur les salaires statutaires, ceux que touchent à coup sûr les enseignants. Et là il n’y a pas photo : tous sont inférieurs à la moyenne OCDE. A l’école en début de carrière 30 872 $ contre 33058, au collège 39 320 contre 34230 et au lycée 32492 contre 35859.

Ce qui est intéressant c’est de voir que l’écart se creuse significativement avec l’ancienneté. Les professeurs ayant 15 ans d’ancienneté touchent 37 700$ en France à l’école contre 45 947$ en moyenne dans l’OCDE, 39 320 contre 47 675 au collège et 39 320 contre 49 804 au lycée.

Un coût par élève nettement inférieur

Un autre exercice de comparaison, c’est de voir le coût salarial par élève des enseignants français. Dans le premier degré, il est de 1915 $ en France contre 2784 dans l’OCDE, 2843 contre 3360 au collège et 2993 contre 3274 au lycée. Des données qui apportent une réponse à ceux qui disent que l’éducation coute plus cher en France que chez nos voisins. On a aussi plus d’élèves qu’eux !

Des conditions de travail plus dures

Autre bruit bien connu : les enseignants français travailleraient moins que leurs homologues étrangers. L’OCDE apporte un démenti net sur ce point. En France les temps  d’enseignement sont nettement plus lourds : 900 heures de cours par an pour le professeur des écoles au lieu de 783 en moyenne dans l’Ocde, 684 contre 667 au lycée. Un tableau des tâches réalisées par les enseignants dans les différents pays montre que les professeurs français en assument plutôt plus que leurs collègues.

La taille des classes est aussi un élément pour évaluer la fatigue des enseignants et la charge de travail ramenée à la maison. En France on est nettement au dessus de la moyenne OCDE : 24 élèves par classe en moyenne au primaire contre 21 dans l’OCDE; 25 au collège contre 23.

Indépendamment des nécessités liées à la réforme des retraites, la rémunération des enseignants français reste inférieure à celle de la plupart des enseignants des pays développés, au moins jusqu’aux deux tiers de la carrière.  Une remise à niveau nécessiterait un effort sur la plus grande partie des carrières. Il semble que le gouvernement mise plutôt sur l’appel  aux contractuels pour modérer les demandes salariales.

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Fonction publique : l’intersyndicale cherche à négocier

Alors que la loi de transformation de la fonction publique a été adoptée cet été, l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FA, FO, FSU, SOLIDAIRES et UNSA ne s’est pas mis d’accord pour une action commune. Elle rappelle son  » attachement à l’égalité de traitement des agents pour tous les éléments de leur carrière, égalité qui ne peut être garantie que par le maintien de toutes les compétences des Commissions Administratives Paritaires (CAP) ». Et elle demande au gouvernement « d’ aller au-delà de simples concertations pour s’engager dans un véritable dialogue social, constructif et sincère en faveur des agents et du service public ».

Le communiqué

La loi adoptée

Le sprofesseurs en 1ère ligne

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Regards sur l’éducation : la France dépense-t-elle trop pour son éducation ?

La France dépense-t-elle trop pour son système éducatif ? Comment comparer cette dépense avec celle des autres pays ? Comment se décompose cette dépense entre les niveaux et entre les personnels ? Regards sur l’éducation apporte des éléments nouveaux et même parfois surprenants. Comme la part de non enseignants dans la dépense d’éducation.

Un profil de dépense atypique

Quelle part de la richesse nationale les pays consacrent-ils à l’éducation ? Selon Regards sur l’éducation 2019, la part du PIB consacré à l’éducation peut varier du simple au double. Elle est de 3% en Russie contre 6% au Royaume-Uni. La France avec un taux un peu supérieur à 5% se situe légèrement au dessus de la moyenne de l’OCDE (5%).

Mais le pourcentage de jeunes varie selon les pays de façon sensible et on sait que la France fait exception en Europe par sa natalité. Aussi faut-il évaluer par élève la dépense. Si la France se situe presque à la moyenne de l’OCDE pour la dépense totale, par contre son profil de dépense est atypique. Les dépenses par élève sont plus élevées en France que dans la moyenne de l’OCDE dans l’enseignement secondaire, mais plus faibles dans l’élémentaire. En effet, les dépenses annuelles par élève en 2016 sont plutôt faibles au niveau élémentaire (7 600 USD contre 8 500 USD), légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE au niveau du collège (10 600 USD contre 9 900 USD) et très élevées au niveau du lycée (14 100 USD contre 10 400 USD). Au niveau de l’enseignement supérieur, les dépenses annuelles (y compris les activités de recherche et développement) par élève s’établissent à 16 200 USD en France, contre 15 600 USD pour la moyenne des pays de l’OCDE.

Des dépenses qui diminuent relativement

Ces dépenses ont augmenté en moyenne de 5% depuis 2010 dans l’OCDE. Ce n’est pas le cas en France où les dépenses annuelles par élève ont très peu évolué au niveau élémentaire et secondaire (+1 % ) et elles ont baissé au niveau de l’enseignement supérieur (- 5 % comparé à + 8 % pour l’OCDE). Cette dernière baisse est due en partie à la forte augmentation du nombre d’étudiants (+ 11 %) entre 2010 et 2016 qui n’a pas été suivie par une augmentation des dépenses aussi forte (+ 5 %).

Surtout, l’OCDE note que « entre 2010 et 2016, en France, les dépenses publiques d’éducation ont augmenté à un rythme moins soutenu que les dépenses publiques totales (1 % contre 6 %). Cette tendance s’observe également au niveau de l’OCDE, mais avec un écart moins prononcé : 4 % d’accroissement des dépenses publiques d’éducation, contre 6 % d’accroissement des dépenses publiques totales ».

Le poids important des non enseignants

Dernier point notable pour la France : ce ne sont pas les enseignants qui coûtent cher. « En France, 58 % des dépenses courantes des établissements d’éducation publics de l’enseignement élémentaire et secondaire sont destinées aux salaires des enseignants », note l’OCDE. « Ce chiffre est inférieur à celui de l’OCDE ou de l’UE23 (63 %) ». La particularité de la France est de consacrer une part plus importante au personnel non enseignant : 22 % contre 15 % pour l’OCDE et l’UE23. Ainsi, en moyenne on dépense en France 8901 $ par élève du primaire et du secondaire pour les dépenses d’enseignement contre 8722 dans l’OCDE en moyenne. Mais le coût des services auxiliaires se monte à 1285 $ contre 635 dans l’OCDE.

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La réforme du bac pro renvoyée dans les cordes

Mardi, 10 Septembre, 2019Olivier Chartrain

Le CHSCT ministériel a demandé vendredi l’abandon de la réforme du lycée professionnel, pour cause de risques psychosociaux. Blanquer a deux mois pour répondre.

À force de vouloir brûler les étapes, Jean-Michel Blanquer risque de se brûler les doigts. Mise en place au pas de charge dès cette rentrée, la réforme du bac pro vient de subir un véritable camouflet. Le CHSCTM (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel), réuni le 5 septembre, a voté majoritairement pour son abandon, en raison des risques psychosociaux qu’elle fait courir aux personnels. Cette instance nationale demande également « la mise en place de véritables concertations » avec les personnels et leurs organisations représentatives. Le ministère dispose désormais de deux mois pour faire valoir ses réponses.

La réforme de la filière professionnelle fait moins de bruit que celle du bac général. Elle n’est pourtant pas moins lourde, et concerne tout de même, si l’on prend les chiffres du bac 2019, 28 % de l’ensemble des candidats au diplôme : c’est elle, et non le bac général, qui a porté la démocratisation du bac depuis les années 1980. « Il y a un effet cumulatif des réformes et des lois », explique Sigrid Gérardin, cosecrétaire nationale du Snuep-FSU, présente en tant qu’experte lors du CHSCTM : « La loi Blanquer, les heures supplémentaires obligatoires, la formation pendant les vacances (voir encadré), la loi sur la “liberté de choisir son avenir professionnel”… » Et, bien entendu, la réforme du bac pro lui-même. « Quand une réforme est mise en place, poursuit la syndicaliste, il doit être procédé à une étude d’impact. Or, le ministère de l’Éducation nationale s’en affranchit régulièrement. » C’est ce qui a poussé le Snuep à déposer une « alerte sociale » devant le CHSCTM. Avec le résultat que l’on sait.

Le bac gestion-administration se trouve particulièrement fragilisé

Temps de travail, complexité des tâches, perte de sens du métier, liens entre vie professionnelle et vie privée, insécurité sociale et économique, soutien de l’institution : les contours des risques psychosociaux sont assez précisément définis. Et la réforme du bac pro coche presque toutes les cases. D’abord, elle diminue les temps d’enseignement général proposés aux élèves. Conséquence à moyen terme pour les élèves : un affaiblissement de la culture générale qui ne sera pas sans effets sur la liberté qu’ils auront – ou non – de poursuivre leurs études. Possibilité déjà rendue plus difficile depuis la mise en place de Parcoursup. Conséquence immédiate : « Nous avons perdu 300 postes en cette rentrée, relève Sigrid Gérardin, alors qu’on en avait déjà perdu 4 000 depuis la réforme Robien de 2009. »

Le bac gestion-administration, que le ministère a décidé de réduire de moitié d’ici à 2020, se trouve particulièrement fragilisé : « Les collègues ne savent pas s’ils vont pouvoir continuer, ni ce qu’ils pourront faire après. » La crainte de mobilités forcées, géographique et professionnelle, s’exprime. Dans les enseignements généraux, la tension monte également. Spécificité de la filière pro, les profs cumulent deux spécialités : on est prof de lettres et histoire-géo, ou de lettres et langue vivante, ou de maths et physique-chimie. Mais la réforme va en plus les contraindre à assumer des heures dites de « co-intervention », avec leurs collègues des matières professionnelles. « Cela ne se fait pas dans le cadre de projets, relève Sigrid Gérardin, mais de manière imposée, avec à la clé des heures de travail en plus pour s’approprier les référentiels des métiers, les soirs, les mercredis, les week-ends… Cela n’est pas sans impact sur la vie privée. » Ni sur le sens du métier de ces enseignants, qui ont l’impression que leurs matières n’ont plus de légitimité par elles-mêmes, mais uniquement en lien avec la finalité professionnelle.

Celle-ci n’est pourtant guère plus gâtée. Chaque élève sera dorénavant jugé, l’année du bac, sur un « chef-d’œuvre » à réaliser. « Dans certains métiers, comme par exemple la vente ou les soins à la personne, on peine à voir de quoi il va retourner, assène Sigrid Gérardin, d’autant que les inspecteurs sont incapables de nous renseigner là-dessus. » Cerise sur le gâteau : les lycées pros devront maintenant accueillir dans leurs classes, y compris en cours d’année, les apprentis en rupture de contrat. Sachant que ces ruptures touchent près d’un tiers des apprentis, « cela va désorganiser complètement nos cours », s’inquiète la syndicaliste. Qui ironise sur les grands discours de Jean-Michel Blanquer sur le « bonheur professionnel », et surtout s’inquiète : « Dans de telles conditions, on va avoir du mal à assurer la réussite de nos élèves. »

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Documentaires : Bienvenue au lycée professionnel

Mal considéré, mal connu, multiple, complexe et malmené par les réformes successives, c’est le LP! LSD, la série documentaire vous emmène dans les Lycées professionnels à la rencontre des élèves, des anciens, des profs et des chercheurs qui travaillent sur cet angle quasi mort de la recherche pourtant pléthorique sur l’école.

Une série de Perrine Kervran, réalisée par Doria Zénine et Vincent Decque54 minSÉRIEBienvenue au lycée professionnelÉpisode 1 : Des lycéens au boulotLSD, La série documentaireLE 02/09/2019

Des lycéens en filière professionnelle, mais aussi des bacheliers, ou d’autres qui ont poussé jusqu’au BTS ou au master et enfin certains qui travaillent… 54 minSÉRIEBienvenue au lycée professionnelÉpisode 2 : Un monde du travail en miniatureLSD, La série documentaireLE 03/09/2019

Dans les lycées professionnels, qui sont comme des usines ou des entreprises miniatures, on apprend à travailler, on fait des stages, on est confronté… 54 minSÉRIEBienvenue au lycée professionnelÉpisode 3 : Les profs invisibles, P.L.P.LSD, La série documentaireLE 04/09/2019

P.L.P., c’est l’acronyme de professeurs des lycées professionnels, et l’occasion de faire un tour d’horizon des profils, des motivations, des parcours… 54 minSÉRIEBienvenue au lycée professionnelÉpisode 4 : Petite histoire du bac proLSD, La série documentaireLE 05/09/2019

De la loi Astier à la réforme Blanquer, en passant par la création du bac pro, et les désormais rituels 80% d’une classe d’âge bachelière ; on peut faire…

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Appel unitaire : URGENCE ÉCOLOGIQUE ET URGENCE SOCIALE

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Cinq maires du 93 portent plainte contre l’Etat

 » On ne demande pas l’aumône mais juste l’égalité et réparation ». Les maires de Bondy, L’Île Saint-Denis, Saint-Denis, Stains et Aubervilliers, cinq communes de Seine Saint Denis, ont porté plainte contre l’Etat le 7 septembre pour « rupture d’égalité ». Ils dénoncent un manque de policiers, une justice plus lente et une école au rabais. Leur démarche fait suite à la rupture d’égalité déjà constatée en 2015 par le Défenseur des droits. Elle est la conséquence aussi du rapport des députés Cornut-Gentille – Kokouendo de 2018. Ce rapport avait notamment mis en évidence que  » le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ».

Sur France Info

Le rapport de 2018

Défenseur des droits 2015

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Le collège Barbusse (Vaux en Velin) toujours en grève

Le voyage à Paris n’a pas porté ses fruits. Lundi 9 septembre trois enseignants du collège Barbusse de Vaulx-en-Velin étaient envoyés au ministère de l’éducation nationale par l’assemblée générale avec l’espoir d’une entrevue et d’un déblocage de la situation. Ils ont trouvé porte close et n’ont pas été reçus, nous ont confié les émissaires. Mais le ministère a demandé au rectorat de Lyon de recevoir à nouveau les grévistes. Depuis la rentrée, les enseignants du collège Barbusse sont e grève pour obtenir des moyens supplémentaires. Ils posent une question qui intéresse le système éducatif dans son ensemble : un établissement Rep+ doit-il avoir davantage de moyens qu’un établissement ordinaire ? Ils dénoncent des 6èmes à plus de 26 élèves en Rep+ là où le rectorat en voit 24 ou moins.  Au centre de cet écart la prise en compte ou pas des enfants handicapés et des allophones dans l’effectif du collège. Alors que la loi Blanquer impose la prise en charge des jeunes à besoins particuliers, aucun décret d’application n’est paru et les rectorats prennent des décisions au cas par cas. A Barbusse le rectorat arbitre dans un sens qui pousse les enseignants dans la grève. Ils ont entamé lundi leur 2ème semaine de grève. Ils doivent être reçus par le rectorat ce mardi. Les réponse apportées aux questions posées concernent tous les établissements de l’académie et au-delà…

A Vaulx-en-Velin

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Créteil : 1640 professeurs contractuels remerciés

Alors que la rentrée est tendue dans le second degré pris entre la croissance des effectifs élèves (+ 40 000 principalement en 6ème et 4ème) et la perte de 2650 postes, on pourrait penser que les académies fassent appel largement aux contractuels. A Créteil ce n’est pas le cas selon le Snes local qui annonce la suppression de 1640 emplois contractuels dans le second degré. Dans cette académie qui manque de moyens, certains de ces contractuels étaient employés depuis des années voire ont des compétences particulières , par exemple pour l’enseignement en FLE à des allophones ou auprès d’enfants handicapés. Une pétition est lancée par le Snes Créteil.

Pétition et rassemblement

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Le décret sur la formation durant les congés publié

Refusé à deux reprises en Comité technique ministériel, le décret sur les 5 journées de formation continue obligatoire sur les congés scolaires est publié au Journal officiel du 8 septembre. Un arrêté rémunère cette formation à hauteur de 20 € brut par heure. Pourquoi ce texte et quel peut être son impact ?

 » Une allocation de formation est attribuée aux personnels enseignants de l’éducation nationale qui bénéficient lors des périodes de vacance des classes, à l’initiative de l’autorité compétente ou après son accord, d’actions de formation professionnelle… Dès lors qu’elles sont réalisées à l’initiative de l’autorité compétente, ces actions de formation n’excèdent pas, pour une année scolaire donnée, cinq jours lors des périodes de vacance de classes. L’autorité compétente informe les personnels, dès le début de l’année scolaire, des périodes de vacance de classes pendant lesquelles pourraient se dérouler de telles actions de formation. La liste de ces actions de formation se déroulant pendant des périodes de vacance de classe est présentée annuellement pour avis en comité technique académique ». La mesure est applicable à compter du 1er avril 2019.

Un arrêté fixe le montant de l’allocation de formation : 20€ brut par heure dans la limite de 120€ par journée et 60 par demi journée.

Présenté à deux reprises en comité technique ministériel en juin 2019, le texte a été l’objet d’une opposition entre syndicats et ministère. Ce dernier a refusé par exemple qu’il soit précisé que ces formations seraient suivies par des enseignants volontaires.

La question de la formation obligatoire pendant  les congés scolaires a fait débat lors de l’adoption de la loi Blanquer, les sénateurs ayant introduit un amendement en ce sens. Finalement, en commission mixte paritaire, cet amendement sautera au profit de l’article 50 qui dit que  » La formation continue est obligatoire pour chaque enseignant ». Le décret publié le 8 septembre ajoute que celle-ci peut être fixée durant les congés scolaires à hauteur de 5 journées par an. En clair, les enseignants peuvent perdent une semaine de congés à condition que le ministère les rémunère.

Pourquoi ce décret ?

Deux réalités guident ce texte. La première, accidentelle, c’est que le ministère organise déjà des formations sur les congés. C’est le cas par exemple pour certains nouveaux enseignement de la réforme du lycée. Et il faut bien rémunérer ces enseignants.

La seconde, chronique, c’est que le ministère doit remplacer les enseignants si la formation a lieu sur le temps scolaire, ce qu’il est bien incapable de faire. D’où l’idée de rendre la formation obligatoire hors temps scolaire. Une idée bien pratique pour un ministre  qui veut dicter de nouvelles méthodes pédagogiques sans avoir le budget lui permettant d’organiser des formations avec remplacement.

Un contre sens sur la formation

Troisième raison : l’enquête Talis (OCDE) montre que les enseignants français sont à la fois parmi les plus demandeurs de formation et parmi ceux qui ont le moins de formation continue. Un exemple est fourni par l’OCDE à propos de la formation pour l’enseignement aux élèves à besoins particuliers. En France 40% des enseignants ont des classes comptant au moins 10% d’élèves à besoins particuliers ce qui est supérieur à la moyenne de Talis (27%). La moitié des enseignants déclarent avoir été formés en formation initiale à l’enseignement à ces élèves. Mais seulement 25% se sentent réellement préparés, un taux parmi les plus faibles de Talis. Les enseignants français sont aussi ceux qui ont bénéficié le moins d’une formation continue en ce domaine. Ils sont pourtant parmi ceux qui demandent le plus cette formation. C’est aussi une priorité pour les chefs d’établissement. Mais tout cela semble peu compter aux yeux de l’institution scolaire… Les enseignants français sont aussi parmi ceux qui expriment le plus leur manque de formation pédagogique.

Pour autant les enseignants ne sont probablement pas prêts à accepter n’importe quelle formation à n’importe quel moment. Talis a montré ce qui marche en formation : des formations répondant aux besoins ressentis, réalisées en présentiel par des pairs.

La loi Blanquer réussit l’exploit de rendre la formation obligatoire et ce décret à la placer sur les congés. Enfin la formation est définie comme venant de l’autorité académique. Autrement dit le ministère réussit à transformer en obligation aveugle une attente des enseignants. Qui peut croire qu’une formation ne répondant pas à une demande et subie dans ces conditions puisse être bénéfique ? L’expérience des formations sur les réformes (du collège par exemple) montre que même dans des conditions bien meilleures l’efficacité est faible.

Mission impossible

Le ministère peut-il réellement imposer une semaine de formation aux enseignants sur les congés ? La mesure couterait environ 500 millions en allocation, une somme qui n’est pas mobilisable par le ministère. Elle pourrait par contre être appliquée sur des sujets précis et des catégories d’enseignants précises. Le décret permettra de rémunérer déjà des enseignants ayant suivi des formation après le 1er avril.

Réactions

Les enseignants n’ont pas manqué de réagir sur Twitter à cette mesure. Cécile n’est aps contre cette allocation mais s’inquiète du contenu des formations. L’argument ets repris par « Tristabitch » : « quand on voit le contenu des formations c’est non merci ». Une autre enseignante rappelle qu’elle consacre déjà une bonne semaine de vacances à s’auto former…

Le décret

L’arrêté

La loi Blanquer article 50

En juin

Talis

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A Vaulx-en-Velin deuxième semaine de grève

Un établissement Rep+ doit-il avoir autant d’élèves par classe que les autres ? C’est la question posée avec ténacité par les enseignants du collège Barbusse à Vaulx en Velin. Ils entament ce lundi une seconde semaine de grève. Au coeur de leur action la prise en compte des élèves à besoins particuliers, des segpa, et des élèves nouveaux arrivants en France. Selon le rectorat, le collège ne franchit pas le seuil de 24 élèves par classe fixé en Rep+. Mais le rectorat ne prend pas en compte ces élèves à besoins particuliers ou allophones. Pour les enseignants ces élèves là comptent bien. Et dans ce cas ils se retrouvent avec des classes à 28 élèves en 6ème en Rep+. Au final c’est la politique d’éducation prioritaire qui disparait totalement. Les enseignants se rendent le 9 septembre au ministère dans l’espoir d’être reçus.

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Apprentissage : les régions dénoncent « l’indécence » de M Pénicaud

« La ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est réjouie, ce matin, sur France Culture, de la bonne évolution des résultats de l’apprentissage en France, qu’elle impute au Gouvernement. Les Régions expriment leur stupéfaction devant un tel aplomb. Elles tiennent à rappeler que ce sont elles qui exercent cette compétence et qu’elles ne disposent de moyens renforcés pour le faire que depuis 2016. Ce sont bien elles qui sont à l’origine de la dynamique observée », affirme Régions de France dans un communiqué. « Mme Pénicaud pratique la politique du coucou, s’appropriant des résultats qui ne sont pas uniquement les siens! ». C’est une loi présentée par M Pénicaud qui a retiré aux régions le financement de l’apprentissage. Mais cette loi n’entre en application qu’au 1er janvier 2020…

Communiqué

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Balade-récit : sur les traces de Jean Cremet

En cette rentrée des classes, L’UPPERCUT est très heureuse de vous inviter à la balade-récit qui sera donnée sur la Montagne le dimanche 15 septembre à 10H. « Sur les traces de Jean Cremet » est un événement qui s’inscrit dans le cadre d’un week-end d’actions initié par la Municipalité et la Médiathèque. Vous trouverez en pièce jointe l’intégralité du programme.

Ci-dessous la présentation de la balade-récit…
Au plaisir de vous y croiser !
L’équipe de L’UPPERCUT


Sur les traces de Jean Cremet
Voici l’occasion de revenir sur l’histoire hors-norme d’un montagnard dont la vie entière n’est faite que d’apparitions et de disparitions, soit pour aller au bout de ses idées, soit pour sauver sa peau, aux moments les plus éruptifs de l’Histoire du vingtième siècle: Jean Cremet, né en 1892, ouvrier métallurgiste anarchiste, militant infatigable.  Avec roublardise, l’histoire est ici racontée à travers la rencontre avec un autre personnage mystérieux de la Montagne: un certain Monsieur X qui connaît le destin inouï de Jean Cremet sur le bout des doigts et qui tient à garder l’anonymat… C’est au tressage d’un récit mêlant fiction presque vraie, éléments historiques et réalités romanesques que nous vous invitons, en y associant une lecture naturaliste du paysage qui nous plonge elle aussi concrètement dans les affres de l’Histoire: une géographie faite d’éruptions, de rapports de force, d’apparitions et de disparitions. RDV le dimanche 15 septembre à 10H sur la place de l’église de la Montagne.

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Fonction publique : rien n’est joué selon la FSU

Alors que la loi de transformation de la Fonction publique  a été publiée cet été, la Fsu  veut croire que « rien n’est joué ». Le syndicat participera aux concertations sur son application. « Il n’est pas question de laisser, dans les nouvelles instances, les agent-es seul-es face à l’Administration et aux employeurs publics mais bien de défendre une gestion collective et démocratique des carrières et des conditions de travail de toutes et tous les agent-e-s », affirme la Fsu. L’Unsa a demandé également de nouvelles structures de suivi des carrière où les syndicats soient présents. « La FSU a également rappelé son exigence de reprendre les discussions sur la question salariale ».

Communiqué

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Fonction publique : rien n’est joué selon la FSU

Alors que la loi de transformation de la Fonction publique  a été publiée cet été, la Fsu  veut croire que « rien n’est joué ». Le syndicat participera aux concertations sur son application. « Il n’est pas question de laisser, dans les nouvelles instances, les agent-es seul-es face à l’Administration et aux employeurs publics mais bien de défendre une gestion collective et démocratique des carrières et des conditions de travail de toutes et tous les agent-e-s », affirme la Fsu. L’Unsa a demandé également de nouvelles structures de suivi des carrière où les syndicats soient présents. « La FSU a également rappelé son exigence de reprendre les discussions sur la question salariale ».

Communiqué

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Professionnel : alerte au CHSCT

Selon le Snuep Fsu, le CHSCT ministériel a validé le 5 septembre l’alerte déposée par le Snuep Fsu concernant la réforme de l voie professionnelle sur les risques psycho sociaux engendrés par la réforme. « La balle est maintenant dans le camp du ministre. Ila deux mois pour répondre au vote du CHSCT qui demande le retrait de la réforme », écrit le Snuep Fsu.

Communiqué

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L’UEE revient à la Toussaint

L’université d’été des enseignants va revenir aux vacances de la Toussaint. Fiers du succès de leur université d’été, les organisateurs annoncent « une nouvelle occasion de poursuivre les réflexions engagées » cet été lors des vacances de la Toussaint, toujours à la cartoucherie.

Communiqué

Sur l’université d’été

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100 000 enfants non scolarisés selon un collectif

 » Hier, nous étions encore 100 000 enfants et jeunes dont ni vous ni personne n’a vu les visages à l’entrée des écoles de France. Nous étions encore cette année les 100 000 oubliés de la rentrée des classes », écrit le collectif « Ecole pour tous » dans Libération. Il dénonce les obstacles mis à la scolarisation des enfants de la grande précarité. L’appel évoque « les demandes illégales et interminables de justificatifs pour l’inscription en mairie, les expulsions d’habitat à répétition, la contestation arbitraire de notre minorité, la fin de la prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance qui brise nos rêves à 18 ans ou encore le racisme des adultes et des enfants dans et autour de l’école ».

Le collectif demande de « simplifier les démarches d’inscription, reconnaître et systématiser le métier de médiateur scolaire, instaurer la «trêve scolaire» pour qu’aucun enfant ou jeune scolarisé ne soit expulsé de son habitat de septembre à juillet, rendre obligatoire le contrat jeune majeur pour les bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance, accorder la présomption de minorité aux mineurs non accompagnés qui demandent la protection de l’enfance, et enfin adapter les plans de lutte contre le racisme à nos réalités ».

Même si la loi Blanquer marque une avancée en donnant la possibilité au Dasen d’inscrire d’office des enfants, la situation ne progresse pas. On se rappelle l’inertie ministérielle dans l’affaire de Chilly Mazarin quand l’administration de l’éducation nationale intervenait pour déscolariser des enfants.

L’appel

Article de Libération

Chilly Mazarin

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Ouest France dénonce la censure dans l’Education nationale

Dans Ouest France, Arnaud Wajdzik dénonce les exigences de l’inspectrice d’académie d’Ancenis (44) qui interdirait aux directeurs d’école de parler à la presse.  » Ce genre de pratique menace la liberté de la presse, pourtant nécessaire à une société démocratique. Elle encourage la défiance envers les médias, dans un contexte où selon une étude récente, le fait même d’enquêter ou de dénoncer les « « versions officielles » » est de plus en plus souvent remis en cause par les dirigeants des pays démocratiques. Or, laisser croire que la presse peut être contrôlée, c’est menacer la démocratie », écrit A Wajdzik.  Une situation pourtant devenue banale et qui peut maintenant s’appuyer sur l’article 1 de la loi Blanquer.

Dans Ouest France

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Les sénateurs notent Blanquer

Public Sénat interroge les sénateurs sur la rentrée 2019. Max Brisson, pourtant LR et donc dans l’opposition, estime que « le bilan n’est pas si négatif ». Mais il estime que JM BLanquer va trop vite. « Il y a une précipitation dans la mise en œuvre de la réforme du bac, qui angoisse légitimement les professeurs. On a un calendrier politique de passage au forceps lié à l’effet du quinquennat. Dans l’esprit du ministre, il faut que le nouveau bac soit en place pour la présidentielle de 2022, d’où ce calendrier à marche forcée, qui ne marche pas justement ».

La sénatrice LREM F Cartron relativise la sous rémunération des enseignants.  » Bien sûr il y a la paie. Mais il y a des vacances qui vous permettent une qualité de vie. Quand vous partez deux mois en vacances, vous avez le temps de voyager, vous enrichir culturellement et humainement. Ce n’est pas dans la grille de salaire, mais ce n’est pas rien ». Voyager sans argent ?

Sur Public Sénat

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