600 postes supprimés à la rentrée enseignement professionnel

Selon le Snuep Fsu, 600 postes seraient supprimés à la rentrée dans l’enseignement professionnel.  Le calcul a été fait par le syndicat à partir des remontées des académies. Ces suppressions résulteraient de l’application de la réforme qui réduit de façon substantielle les heures d’enseignement, notamment en enseignement général. « Aucun personnel supplémentaire ne sera affecté dans les lycées difficiles et ce malgré les alertes aux rectorats ou celles sur les réseaux sociaux comme le phénomène « # pas de vagues » », souligne le Snuep Fsu.

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22 AVS gagnent en justice contre l’Éducation nationale

Portée en 2017 avec le syndicat Sud devant le conseil des Prud’hommes, la plainte de 22 AVS des Charentes aboutit à la condamnation de l’Education nationale. Payés 600 € par mois en moyenne, ils viennent d’obtenir 371 000 € soit près de 15 000 € par personne. L’Education nationale est condamnée pour ne pas avoir respecté leur droit à la formation , pour discrimination syndicale pour 4 d’entre eux, et aussi pour annualisation des temps de service. L’académie avait décidé d’annualiser leur temps de travail et leur demandait de faire 26 h hebdomadaires payés 20 pour compenser les congés scolaires. Les petites économies sur les plus faibles finissent parfois en grosses dépenses.

Dans Sud Ouest

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après le 17, l’action continue

Suite à la journée réussie du 17 juin dans le second degré, l’intersyndicale a appelé à continuer l’action sous différentes formes contre les réformes du lycée et du bac, pour l’augmentation des salaires, pour des moyens donnés à l’Éducation et contre les réformes.
https://www.snes.edu/Apres-le-17-juin-determines-a-poursuivre-l-action.html
Les reconductions ont été nombreuses, le SNES-FSU appelle à continuer ce mouvement partout où c’est possible.

Le SNES-FSU appelle à faire du jeudi 27 juin un nouveau temps fort par la grève des surveillances le premier jour du brevet et la participation à des rassemblements ; cette action du second degré s’inscrira en convergence de la journée Fonction publique à l’appel de l’ensemble des fédérations de fonctionnaires.

Le 27 juin, il s’agit, une nouvelle fois, de dénoncer les conditions dans lesquelles se déroulera la rentrée 2019 et plus généralement la dégradation sans précédent des conditions de travail et d’étude en collège comme en lycée (augmentation des effectifs, deuxième HSA imposable, inclusion à marche forcée, conséquence des réformes des lycées et du bac sur les emplois du temps, suppressions de postes, imposition de formation continue pendant les vacances…) ainsi que la faiblesse des salaires.

Le SNES-FSU appelle les personnels à refuser d’assumer la charge de professeur principal dont les missions englobent de plus en plus celles des Psy-EN.
Le mode d’emploi : https://www.snes.edu/Demission-collective-de-la-fonction-de-professeur-principal.html.

Dans le cadre de ce mouvement, des actions de rétention de notes et de refus du retrait des copies sont engagées.
Le Ministre, par son obstination à vouloir imposer ses vues et refuser toute discussion, est responsable de la colère qui s’exprime actuellement.
Le SNES-FSU continue de dénoncer ce déni du dialogue social et toutes les formes de pression et de répression touchant élèves et personnels. Il défendra celles et ceux qui en seraient victimes.

Les actions de rétention de notes ou de refus de retrait des copies peuvent être efficaces si elles sont massives et donc décidées dans des assemblées générales larges.
Elles ne sont  cependant pas exemptes de « risques » que le SNES-FSU tient à porter à votre connaissance. Si l’action implique une majorité des correcteurs, le risque de mesures de rétorsion sera moindre.
Ces précisions ne visent pas à brider l’action mais à ce que les décisions soient prises en connaissance de cause et que les adhérent-e-s soient en mesure de répondre aux questions posées.

Vous trouverez ci-dessous trois grands cas de figure, quand l’enseignant, en tant que correcteur, fait grève.

Bon courage à toutes et à tous dans la période et au 27 dans la rue.

Frédérique Rolet, secrétaire généraleBenoît Teste, Valérie Sipahimalani, Xavier Marand, secrétaires généraux adjoints


Quand l’enseignant, en tant que correcteur, fait grève

a) Ne pas aller chercher ses copies
En application de la règle de tout ou partie du service non fait, l’administration sera fondée à retirer autant de 30e qu’il y a de jours entre le moment où théoriquement l’agent devait récupérer les copies et celui où théoriquement il devait les rendre.
Il est conseillé d’avoir des éléments démontrant qu’après la date butoir de restitution théorique des copies, l’agent a effectivement repris son service.

b)  Aller chercher ses copies, les corriger mais ne pas saisir les notes dans l’application ad hoc
Si l’administration peut prouver que la saisie des notes a été demandée ou qu’elle figure sur la convocation, la retenue d’un ou plusieurs 30e est possible. La hauteur reste limitée puisque l’administration sera obligée de le faire rapidement afin que la publication des résultats ne soit pas retardée. Ce refus d’exécuter la saisie des notes peut déboucher sur une éventuelle sanction disciplinaire mais qui serait légère.
Si l’administration ne peut pas prouver que cette demande a été faite, rien ne peut-être reproché à l’agent.

c) Mettre 20/20
Une fonctionnalité aurait été mise en place dans les logiciels pour repérer les correcteurs dont la moyenne des notes serait élevée. Le but est de vérifier qu’il n’y a pas de campagne de 20/20. Un correcteur pris à mener une telle campagne, dans la mesure ou les notes seraient difficiles à justifier, serait lourdement sanctionné puisque son action ne serait pas couverte par la grève et qu’il aurait dénaturé sa mission de service public. C’est une action à proscrire.

Dans tous les cas, le SNES-FSU défendra les collègues.

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Conflit aux urgences : « Nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons obtenu ce que nous voulons »

par Thomas Clerget 20 juin 2019

Parti de la base, des aides-soignants et des infirmières, le mouvement des urgences n’a cessé de s’étendre depuis trois mois, avec près de 120 services concernés. En réponse à l’indifférence du gouvernement, la contestation s’est aussi durcie. Les enjeux du bras de fer engagé par les soignants face à un ministère de la Santé apathique sont cruciaux : être en mesure de soigner celles et ceux qui en ont besoin dans de bonnes conditions, sortir de l’épuisement et d’un sous-effectif permanent, pouvoir de nouveau être fier de son travail, et sauver l’hôpital public que le gouvernement laisse tomber en ruine. Reportage et témoignages.

Symbole d’un hôpital public poussé dans ses derniers retranchements par une décennie d’austérité, le mouvement de grève dans les urgences s’est propagé comme une traînée de poudre. Lancé mi-mars par les aides-soignants et infirmiers de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, il s’est étendu aux autres hôpitaux de la capitale, et toucherait désormais, selon le collectif « Inter-urgences » qui l’anime, plus de 110 services à travers le pays. « De nouveaux services nous rejoignent tous les jours », prévient Abdel, l’un des initiateurs du mouvement. Une contestation que le gouvernement a d’abord fait mine d’ignorer, mais qu’il surveille depuis comme le lait sur le feu, tant elle pourrait faire tâche d’huile au sein des hôpitaux, voire au-delà.

Blouse de travail mauve, recouverte d’un sweet floqué du logo des urgences de Saint-Antoine, Abdel, un aide soignant de 45 ans, reçoit devant l’entrée du bâtiment. Malgré la grève, les « paramédicaux » – infirmiers et aides-soignants – n’ont pas tout loisir de répondre aux journalistes. Pour des raisons évidentes, il n’est pas question que les urgences baissent le rideau. Chaque jour, les personnels sont donc assignés par la direction : comptabilisés comme grévistes, ils doivent en fait travailler, accomplir leur journée ou leur nuit complète.

« Tu as beau soulever les problèmes, écrire des courriers, il ne se passe rien »

Puisqu’il est impossible de bloquer le fonctionnement du service, dans un premier temps « l’aspect symbolique s’est révélé essentiel », pointe Abdel. Tout en s’affairant auprès des usagers, les grévistes arborent des autocollants « Urgences en grève ». Leur mouvement s’inscrit aussi dans le décors du lieu de travail : les portes vitrées, les couloirs, l’accueil, sont constellés d’affichettes annonçant les mots d’ordre de la grève, et reflétant l’immense raz-le-bol du personnel. Tentée, au début, de les faire retirer, la direction a fini par renoncer.

Aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine (TC/Bastamag)

« C’est de la colère et de la fatigue, résume Candice, qui fait elle aussi partie des pionniers de la grève. La fatigue, à cause des 150 patients dont on s’occupe tous les jours. La colère, parce que tu as beau soulever les problèmes, écrire des courriers, il ne se passe rien… » L’interview avec Candice et Abdel s’improvise sur un muret en début de soirée, quand l’équipe de nuit remplace celle de l’après-midi. A l’intérieur des urgences de Saint-Antoine, « les journalistes ne sont pas autorisés », comme nous l’a expliqué une cadre de santé.

10 000 postes supplémentaires, « zéro hospitalisation brancard »

A Saint-Antoine, le 13 janvier, un patient a agressé trois soignants : c’est « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». « Ces problèmes vont croissants, raconte Candice. Chaque jour tu te demandes : « Est-ce que ça va être moi ? » Ça peut être des crachats, des insultes, des menaces… » De 10 millions de passages en 1996, les urgences françaises en ont enregistré 21 millions en 2016. Les effectifs n’ont pas suivi. « A force d’attendre, les gens deviennent parfois agressifs, explique Abdel. Ici de nuit, il y a six heures d’attente en moyenne, mais ça peut être davantage. »

Le collectif Inter-urgences s’est constitué courant avril. 23 services d’accueil des urgences (SAU), sur les 25 de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ont ensuite rejoint le mouvement. De quoi donner des sueurs froides à son directeur général Martin Hirsh, l’ancien dirigeant d’Emmaüs et haut-commissaire aux Solidarités actives du gouvernement Fillon. D’autant que le mouvement, comme d’autres, a émergé de manière éruptive depuis la base, avec le soutien de syndicats mais pas à leur initiative. Au niveau national, Inter-urgences réclame notamment la création de 10 000 postes et l’ouverture de lits « en aval », au sein de l’hôpital, pour atteindre « zéro hospitalisation brancard ». Chaque service, partout en France, a également ses revendications spécifiques, telles les questions de sécurisation à Saint-Antoine

« Je n’ai plus le temps de parler avec les patients, ni avec leurs proches »

« La situation est épuisante, décrit Abdel. Ça n’est plus quelque chose d’humain. Il y a tellement de gens qui te demandent un soin, mais on n’est pas assez nombreux ! On s’excuse trente fois, et puis à la fin, la personne a fait sur elle… » « Je n’ai plus le temps de parler avec les patients, ni avec leurs proches, confirme Candice, de leur expliquer pourquoi ils attendent aussi longtemps. Je n’arrête pas de répéter « Je reviens ! » Et quand je dois faire une toilette, par exemple, j’y passe moins de dix minutes, alors qu’à l’école on nous dit qu’il en faut 30. »

« La pression physique et psychologique est permanente, poursuit Abdel, qui attaque à 21h et finit le matin à 7h. Souvent on ne prend pas de pause, voire on ne va pas aux toilettes. On mange à côté des patients, parce que personne ne peut prendre notre place. Quand un usager a besoin d’aide, et que tu ne peux pas l’aider, je comprends que certains pètent les plombs. On rentre chez nous en ayant l’impression d’avoir mal fait notre boulot… Bref pour tenir, il faut un mental de fer. »

« On est obligés d’occuper toutes les fonctions à la fois : aide soignante, infirmière, vigile, secrétaire… »

Corinne, une aide soignante aux urgences de nuit à l’hôpital Saint-Louis (10ème arrondissement) – un hôpital qui aurait connu plusieurs suicides au sein de son personnel – raconte aussi les effets du sous-effectif : « On est obligés d’occuper toutes les fonctions à la fois : aide soignante, infirmière, vigile… Avant il y a avait des secrétaires à l’accueil des urgences. Désormais, c’est un aide soignant qui occupe le poste. » « Aux urgences de Saint-Antoine, ajoute Abdel, l’effectif minimum est fixé à dix-neuf paramédicaux. En dessous, la sécurité des patients est en jeu. Et bien on est 19 toute l’année. »

Devant le ministère de la Santé, à la fin de la manifestation nationale du 6 juin organisée par Inter-urgences (TC/Bastamag)

Conséquence : non seulement les patients sont malmenés, mais la santé du personnel se dégrade. Les urgentistes témoignent unanimement, comme Candice, de leur « grande fatigue », avec « de plus en plus d’arrêts pour burn-out ». « Chaque jour, poursuit Candice, dans les équipes tu as une ou deux personnes en arrêt maladie. On souffre de douleurs chroniques, de mal de dos, on s’enrhume tout le temps. A sans cesse forcer, on devient fragiles. »

douze ans d’ancienneté, 1500 euros nets par mois

L’absence de reconnaissance, y compris financière, pèse lourd. « On accueille tout le monde. Les gens qui ont des soucis psy, les voyageurs sur le retour, qui ont peut-être ramené une maladie, la tuberculose, des méningites, on est confronté à la précarité. Les gens qui sont dans la rue viennent également », explique Abdel. Des situations pas toujours faciles à prendre en charge, voire des maladies potentiellement contagieuses mais pas encore diagnostiquées : les urgences sont, au sens propre du terme, en première ligne.

Pour autant, les rémunérations ne suivent pas. Avec douze ans d’ancienneté, Candice reçoit 1500 euros nets par mois. Abdel, 21 ans d’ancienneté, qui travaille de nuit, entre 1800 et 1900 euros. Les infirmiers, de leur côté, touchent 150 à 200 euros de plus. Et ce n’est pas la prime de danger, qui ne dépasse pas les quelques euros par mois, qui mettra du beurre dans leurs épinards.

« Quand ton loyer est de 700 euros, tu entres dans la précarité. Soit tu te loges sur place, à proximité du travail, mais sans confort. Soit tu pars à une heure de voiture, pour être mieux installé. Mais dans ce cas tu as le temps de trajet, le coût de la voiture, de l’essence… Avec nos salaires, on est tous à découvert quasiment dès le début du mois », raconte Candice, Les grévistes font aussi d’une augmentation de 300 euros nets par mois l’une de leurs exigences centrales.

Le gouvernement ? « C’est du théâtre, ils se moquent de nous »

En réponse à leurs revendications, les soignants n’ont cessé de pointer le « mépris » des autorités. « C’est du théâtre, ils se moquent de nous », lâche Abdel, désabusé. De fait, pendant de longues semaines, la stratégie du gouvernement s’est bornée à les ignorer. La réponse a d’abord été locale, à travers des concessions apportées au cas par cas par les directions. Fin avril, la direction des AP-HP a proposé la création de 61 postes ainsi qu’une prime de 250 euros nets par an. Bien en dessous des demandes des soignants. « On s’est rendu compte que les discussions étaient stériles », résume Candice, qui a le sentiment de se retrouver, malgré elle, à négocier « comme des marchands de tapis. »

La chanson « Y’a la colère dans le cathéter », enregistrée par les urgences de Valence, totalisait 4,6 millions de vue sur Facebook le 19/06/2019.

Confrontée à l’extension du mouvement à travers le pays, la ministre de la Santé Agnès Buzin a fini par prendre la parole pour affirmer l’absence de « solution miracle » et pointer, d’abord, un problème de « désorganisation » de l’hôpital. Une ligne dont elle s’est peu éloignée depuis, et qui présente l’avantage, du point de vue de l’exécutif, d’éluder la question des moyens. En face, la détermination des soignants n’a pas flanché. « Pendant des années, on a souffert en silence, explique Marie, une infirmière de l’hôpital Lariboisière à Paris. Mais le collectif a été le point d’ancrage dont on avait besoin. Désormais, on est en contact, on se parle. On nous voit. Et on ne s’arrêtera pas tant qu’on aura pas obtenu ce que l’on veut. »

« Nous revendications légitimes sont sous-considérées »

Face à l’intransigeance du gouvernement, le mouvement s’est peu à peu durci. Dans plusieurs services, une partie du personnel a été mis en arrêt maladie, poussant parfois, comme à Lons-le-Saunier, les autorités à réquisitionner, via les forces de l’ordre, des membres de l’équipe de jour. Courant juin à Paris, à l’hôpital Lariboisière puis à Saint-Antoine, des soignants ont également dû travailler 18 heures d’affilée pour compenser l’absence de la majorité des paramédicaux, déclenchant l’ire des autorités.

Pour tenter de désamorcer la situation, Agnès Buzyn a finalement dégainé une série de mesures pour répondre aux urgentistes : une prime de danger portée à 100 euros nets par mois, une « prime de coopération » pour certains soignants auxquels les médecins délégueraient des tâches, des crédits de rénovation, ou encore une « mission nationale » de réflexion sur l’avenir des urgences, destinée à produire son rapport à l’automne 2019 [1]… « Nous revendications légitimes sont sous-considérées », a réagi Inter-urgences, qui déplore en outre la proposition de relever le plafond des heures supplémentaires, alors même que les soignants dénoncent « un épuisement professionnel ». Les soignants ont voté mi-juin la poursuite du mouvement, avec une nouvelle manifestation nationale prévue le 2 juillet.

« Il y a une embolisation des urgences »

« Pour en arriver à de telles extrémités, c’est vraiment qu’un stade a été franchi, note le sociologue Frédéric Pierru, spécialiste de l’hôpital. Les conditions d’accueil sont devenues littéralement inhospitalières. » Tout en reconnaissant l’importance de la question des moyens, ce chercheur au CNRS fait partie des spécialistes qui invitent à élargir le point de vue : « La crise des urgences est aussi un symptôme de la désorganisation de l’amont et de l’aval de l’hôpital. En amont, développe-t-il, une frange de la population est chassée de la médecine de ville. En aval, il n’y a plus assez de lits, notamment pour les personnes âgées. Il y a donc une « embolisation » des urgences : d’un côté les gens afflux, de l’autre il n’y a pas de point de sortie. C’est une crise structurelle. » 60 à 70 % des patients se rendant aux urgences n’auraient pas d’autres possibilités pour accéder à un médecin [2].

Le « grand plan de transformation du système de santé » annoncé par le gouvernement, en cours de discussion au Parlement, prétend s’attaquer à ces problématiques. Sur l’amont, l’exécutif prévoit que la dernière année des études de médecine générale se transforme en année de « pratique », sur des zones insuffisamment pourvues. Une incitation à l’installation, sous forme d’exonération de cotisations, est aussi dans les tuyaux. Le gouvernement veut également créer plusieurs catégories d’établissement hospitaliers, avec la désignation de 500 à 600 « hôpitaux de proximité », recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, les spécialités et la chirurgie étant réservées aux grands pôles hospitaliers.

« Les gouvernements ont été impitoyables avec l’hôpital et d’un laxisme incroyable avec la médecine libérale »

Ces mesures, prévues pour l’horizon 2022, permettront-elles une sortie de crise ? Tout en notant une évolution du discours, plus attentif à considérer l’organisation d’ensemble du système de santé, Frédéric Pierru en doute : « On persiste dans les erreurs passées. Les incitations financières ne fonctionnent pas. » Pour garantir l’accès à la médecine de ville, le sociologue prône une remise en cause de la liberté d’installation des médecins, qui « ne se justifie plus », ainsi qu’une « lutte féroce contre le dépassement d’honoraire ». « Les gouvernements, ajoute-t-il, ont été impitoyables avec l’hôpital, et en même temps d’un laxisme incroyable avec la médecine libérale, dont les syndicats leurs inspirent une peur panique. »

Concernant les moyens, « il faut donner de l’air à l’hôpital, poursuit Frédéric Pierru, avec une volonté politique de répondre à l’urgence. Si on veut réorganiser le système, il faut investir. Le gouvernement compte-t-il s’en donner les moyens ? J’en doute fortement. » Pour le chercheur, les lignes de financement qui ont été décidées pour les années à venir « ne sont pas à la hauteur » [3].

« Les besoins sont déconnectés des moyens depuis des années, constate le journaliste de Mediapart Romaric Godin, dans une analyse rapprochant la détresse des soignants hospitaliers des choix économiques récents. Le tournant date de 2010, lorsque Nicolas Sarkozy décide de s’engager dans une voie austéritaire. (…) La sortie de crise du secteur de la santé passe par un renversement de la politique économique permettant d’investir pour l’avenir en rattrapant les années de retard. Mais il n’en est évidemment pas question. » « La politique de santé est devenue avant tout une politique budgétaire décidée à Bercy, juge Frédéric Pierru. Le ministère de la Santé, lui, se charge surtout de la communication. » Agnès Buzyn sera-t-elle la ministre qui aura laissé mourir l’hôpital, abandonné sur le brancard de l’austérité ?

Thomas Clerget

 Photo de une : Devant le ministère de la Santé, à la fin de la manifestation nationale du 6 juin 2019 (Thomas Clerget/Bastamag)

Notes

[1] Lire cet article de Libération.

[2] Selon la classification clinique des malades aux urgences (CCMU), lire cet article du Monde.

[3] Il s’agit notamment de l’« objectif national de dépenses d’assurance maladie » (Ondam), inscrit dans les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS).Voir par exemple ici.

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Bac : la grève continue localement

Avec le soutien de l’intersyndicale, la grève des examens continue localement à un niveau plus faible que le 17 juin mais avec de nouvelles formes d’action plus radicales. C’est dans l’enseignement agricole que le mouvement semble le mieux installé. Après le blocage du centre de correction de Montauban, des enseignants ont entrepris le 18 juin celui de Rennes. Le mouvement est soutenu par les syndicats du public, du privé et des MFR. En Ile de France, un collectif annonce  un temps fort le 20 juin dans 45 lycées. Des professeurs de philosophie de l’académie de Créteil ont entrepris une rétention des notes. Dans l’académie de Versailles, une assemblée générale des professeurs de philosophie a décidé de ne pas retirer les copies. Leur notation fictive est en débat.

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Classes à horaire aménagé et ségrégation scolaire

« Les élèves de milieu favorisé sont surreprésentés dans les dispositifs d’horaires aménagés CHAM et CHAD (soit 21 000 des 24 000 élèves de ces classes). Ainsi, plus de 4 élèves sur 10 sont issus d’un milieu social très favorisé (contre 23,0 % en moyenne pour l’ensemble des collégiens). De même, les élèves de milieu défavorisé représentent moins de 25 % des effectifs de ces classes à horaires aménagés alors qu’ils représentent près de 40 % des effectifs de collège », note la Depp dans une nouvelle publication.  » Dans les collèges qui proposent un enseignement artistique, les disparités de milieu social sont importantes entre les élèves concernés et les autres élèves de l’établissement : la part de PCS très favorisées varie du simple au double (42 % contre 20 %)  selon que les élèves sont inscrits ou non dans une classe à horaires aménagés ». Cette mise à l’écart sociale est tempéré par le mélange des élèves dans les classes. « Mais ces différences sociales ne se retrouvent pas dans les divisions où ces élèves sont scolarisés. En effet, dans ces divisions, 18,4 % des collégiens non inscrits en CHA sont issus d’un milieu très favorisé ; 45 % sont issus d’un milieu défavorisé ». Ainsi le dispositif est un marquer social qui dans les collèges publics ordinaires signale des élèves au parcours particulier. Marqueur social qui se retrouve ensuite dans un parcours scolaire différent de celui de leurs camarades. Ces classes sont peu développées dans le privé qui n’a pas besoin de ce marqueur.

La note

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TRIBUNE DE SOUTIEN PARENTS À LA GRÈVE DU BAC PUBLIÉE DANS MEDIAPART « À nos enfants » : « Nous, parents donnons raisons aux profs en grève pour les examens de fin d’année. »

https://blogs.mediapart.fr/louise-thierry/blog/170619/nos-enfants

TRIBUNE DE SOUTIEN PARENTS À LA GRÈVE DU BAC PUBLIÉE DANS MEDIAPART « À nos enfants » : « Nous, parents donnons raisons aux profs en grève pour les examens de fin d’année. »

Tribune d’un Collectif de parents d’élèves de Paris mobilisés contre la Loi Blanquer publiée dans Mediapart
« Il n’y aura pas de loi Blanquer, j’en serai fier », Jean-Michel Blanquer, Avignon, 25 mai 2017 – Paris, 19 février 2019 : Adoption en première lecture, après engagement de la procédure accélérée, du projet de Loi « Pour une école de la confiance » – Nous, parents donnons raisons aux profs en grève pour les examens de fin d’année.
« Il n’y aura pas de loi Blanquer, j’en serai fier », Jean-Michel Blanquer, Avignon, 25 mai 2017
Paris, 19 février 2019 : Adoption en première lecture, après engagement de la procédure accélérée, du projet de Loi « Pour une école de la confiance »
Paris, 17 juin 2019
Parents d’enfants scolarisés dans des établissements publics parisiens – élus ou non dans les conseils d’écoles ou conseils d’administration des collèges et lycées, regroupés ou non en associations – nous souhaitons réaffirmer, comme nous l’avons fait à maintes reprises et sous diverses formes, depuis plusieurs mois, notre opposition au projet de loi « Pour une école de la confiance ».
Depuis l’adoption de ce texte en première lecture par  l’Assemblée nationale, les actions des parents d’élèves se sont en effet multipliées : distributions de tracts, rassemblements, défilés, manifestations, occupations, réunions, assemblées générales, réalisations d’affiches et de banderoles visibles sur les façades des établissements… De nombreuses opérations « écoles et collèges déserts » ont été menées au cours desquelles les taux d’absence des enfants ont oscillé entre 50 et 80% dans les écoles maternelles et élémentaires et dépassé les 90% dans les collèges : ces chiffres, à eux seuls, donnent la mesure du rejet massif de cette loi par les parents d’élèves.
Au cours de ces mois de mobilisation, les différents points de vue échangés en assemblées ou sous forme d’écrits convergent immanquablement vers le même constat : ce texte constitue une atteinte d’une gravité inédite aux principes fondamentaux qui structurent l’éducation publique. Le premier est celui d’une enseignement qui soit le mêmes pour tous, seul garant d’une égalité de traitement, quels que soient les territoires et les milieux sociaux dont les élèves sont issus. On nous rétorque que la société est de fait profondément inégalitaire : raison de plus pour ne pas creuser davantage les inégalités au sein du système éducatif par une mise en concurrence des établissements, doublée d’une mise en compétition sans cesse accrue des enfants et adolescents (création d’étalissement ultra-sélectifs et multiplication des évaluations dès la maternelle, mise en place de plateformes organisant le tri et l’exclusion sous couvert d’orientation à l’issue du collège et du lycée, etc.). L’éducation que nous souhaitons pour nos enfants n’a pas pour finalité de produire efficacement des « compétences » quantifiables pour le marché du travail, mais de former des citoyens, d’éveiller leur conscience critique. La concurrence ne doit pas tenir lieu de politique éducative : cette orientation constitue une entorse criante au principe constitutionnel d’égalité entre les humains, gravé au frontispice de nos établissements.
De nombreux aspects de la loi (mutualisation des services et des personnels, mise en situation professionnelle de personnels peu qualifiés et précarisés, inclusion et absence de traitement spécifique pour les élèves en situation de handicap…) concourent à une diminution des moyens financiers et humains préoccupante, dont on conçoit mal qu’elle puisse concourir en quoi que ce soit à améliorer les conditions d’enseignement alors que de nombreux établissements sont au bord de la rupture (faire plus et mieux avec toujours moins…).
Réunis en commission paritaire le 13 juin, les députés et sénateurs se sont accordés sur un texte très légèrement remanié qui ne modifie en rien l’esprit de la loi. Le maintien du rappel du devoir d’exemplarité à l’article1, largement dénoncé comme contrevenant à la liberté d’opinion, sonne  bien plutôt comme une menace …
Pour toute réponse, face à cette mobilisation inédite des parents d’élèves et de l’ensemble de la communauté éducative, Jean Michel Blanquer s’est déclaré, le 31 mai dernier, « serein », autant dire sourd et aveugle. Parents d’élèves mobilisés à Paris pour la défense de l’enseignement public, nous soutenons l’appel à la grève des examens lancé par la quasi-totalité des syndicats enseignants le 6 juin dernier, relayé par les principales organisations lycéennes.
    Paris – Collectif de parents d’élèves mobilisés contre la Loi Blanquer
    Contact : parentspasconfiants[at]gmail.com
https://blogs.mediapart.fr/louise-thierry/blog/170619/nos-enfants

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Décisions de l’AG Éducation IDF du 18 juin : la grève continue, temps fort ce jeudi 20 juin

Malgré les délais extrêmement courts de convocation depuis hier soir, l’AG Éducation Île-de-France a réuni environ 70 collègues en provenance de 45 établissements ou regroupements d’établissements (AG de villes ou de bassins), de scollègues ayant participé aux AG de philosophie des trois académies, ainsi que des représentants des Stylos Rouges et de Bloquons Blanquer.

L’AG a donné lieu à des débats riches et pointus sur les prochaines échéances, et a adopté les trois motions suivantes.


1) « L’AG Éducation Île-de-France interdegrés qui s’est réunie ce jour appelle à reconduire le mouvement de grève pendant la période des examens (Bac, Bac pro, Brevet), et appelle à un nouveau temps fort de grève ce jeudi 20 juin, avec manifestation commune à l’Île-de-France et AG le soir. »

(Unanimité moins 2 abstentions et 1 NPPV.)

L’AG a mandaté quelques collègues pour déposer le parcours de manifestation et réserver la salle. Nous vous tiendrons informés dès que nous aurons confirmation pour la manif et pour l’AG.



2) « L’AG Éducation Île-de-France salue la grève majoritaire des corrections de BEP en Seine-Saint-Denis, et les décisions des AG ayant lieu à l’occasion des réunions d’entente de philosophie d’Île-de-France (non-retrait reconductible des copies à Versailles, rétention des notes à Créteil, et appel à toutes les disciplines à agir sur les opérations de Bac à Paris).

L’AG Éducation IDF appelle à suivre leur exemple et à étendre notre mouvement à des actions sur les opérations du Bac dans toutes les disciplines (non-retrait des copies, rétention des notes, action sur les jurys et la notation, etc.).

À cet effet, l’AG Éducation IDF appelons :

– à des piquets de grève lors des corrections du Bac pro (24-25 juin), à l’exemple des corrections de BEP en Seine-Saint-Denis

– à une AG interdisciplinaire des correcteurs et correctrices d’Île-de-France le lundi 24 juin à partir de 18h à Paris (salle en cours de réservation), pour discuter et décider de nos actions sur les opérations du Bac (corrections, notation, jurys, etc.). La réussite de cette AG nécessite les efforts de toutes et de tous pour mobiliser nos réseaux personnels, les syndicats et les associations disciplinaires à tous leurs niveaux. »

N’hésitez pas à diffuser cette information au plus vite, sans attendre la confirmation du lieu de l’AG, qui vous sera communiqué dès que possible !

La date et l’heure précises de cette AG ont donné lieu à une discussion minutieuse, et la date du lundi 24 juin à partir de 18h a été choisie afin d’inclure les collègues de lycée pro qui seront en grève de correction ce jour et les collègues de lycée GT de toutes les disciplines (notamment ceux de lettres, avec leurs épreuves anticipées de français, etc.), et pour se laisser un délai raisonnable pour assurer le succès de cette AG (communication vers les syndicats et associations disciplinaires, travail sur le cadrage juridique, etc.).



Nous rappelons que l’intersyndicale nationale d’hier lundi 17 juin appelle « les personnels à continuer à se réunir en assemblées générales et à poursuivre la grève là où elle a été ou sera décidée collectivement. (…) Des préavis de grève sont déposés sur toute la période des examens et concours. »

La grève du Bac a démarré le 17 juin, elle a continué aujourd’hui : maintenant le bras de fer est vraiment engagé avec le ministère.

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Bac : en grève sans «déranger les élèves»,Par Marie Piquemal , Sarah Finger, (à Montpellier) et Marlène Thomas Libé

Le faible taux de grévistes affiché par le ministère de l’Education lundi a pu atteindre 50 % dans certains lycées, les profs se refusant toutefois à perturber réellement l’épreuve.

Le scénario était écrit à l’avance. Pour le ministre de l’Education, l’appel à la grève des enseignants pour le premier jour des épreuves du bac devait se solder par un fiasco. Jean-Michel Blanquer l’avait répété en boucle, «les épreuves du bac se dérouleront sans difficulté». Résultat : «Pas une seule épreuve bloquée, tout va bien», a frétillé dès la mi-journée son entourage.

Légitimité

Les chefs d’établissement avaient, il est vrai, carte blanche pour mobiliser des surveillants supplémentaires, destinés à remplacer les profs grévistes… Les plans B (de tout genre) ont parfaitement fonctionné. Peut-être faudra-t-il les réactiver pour les prochains jours. Réunie en fin de journée lundi, l’intersyndicale devait déposer un préavis de grève pour les enseignants qui par endroits décideraient de poursuivre le mouvement. Un appel à la grève est par ailleurs lancé pour le premier jour du brevet, le 27 juin.

Le ministère parviendra-t-il à réitérer le sans-faute affiché lundi ? A dire vrai, les enseignants grévistes l’ont cette fois plutôt aidé. Aucun n’avait envie d’empêcher leurs élèves de passer cet examen final à forte portée symbolique. «Ce n’est pas facile d’être là et de ne pas surveiller. J’ai deux classes de terminale que je prépare au bac depuis un an», confiait Alain, prof de maths gréviste croisé devant son lycée Paul-Valéry, dans le XIIe arrondissement à Paris. Où le piquet de grève était assez original : pas de barrage, ni de blocage filtrant. Ni même slogan, ou coup d’éclat. «L’idée n’est pas de déranger les élèves pendant l’épreuve. On ne veut pas faire de bruit.» Autre situation peu commune : à Montpellier, le proviseur du lycée Jean-Mermoz était sur le perron de son établissement, dans un calme olympien au point de saluer la «responsabilité» des grévistes : «Ce matin, 846 élèves passent l’épreuve de philosophie sans problème de surveillance. On a convoqué plus d’enseignants, autrement dit on a surbooké. Les grévistes ont fait preuve de responsabilité, ils nous ont avertis.»

Au bas des marches, à l’ombre de quelques drapeaux SUD, les intéressés affichent un calme identique. Mais tous sont certains de la légitimité de leur mouvement. «C’est notre devoir de faire grève. On s’élève contre cette réforme Blanquer parce qu’elle entraîne une dégradation profonde des inégalités et de notre système scolaire», résume Françoise, prof de lettres, syndiquée au Snes-FSU (majoritaire dans le secondaire). A ses côtés, Eric, prof de philo et lui aussi adhérent au Snes, acquiesce : «La question des inégalités est centrale dans notre mouvement. On va se retrouver avec un bac à valeur locale, l’orientation des élèves se fera en fonction d’examens locaux… Un bac passé chez moi, à Lunel, n’aura pas la même valeur qu’un bac décroché à Henri-IV.» Marine Trégan, cosecrétaire académique de SUD, insiste quant à elle sur l’ampleur de ce mouvement : «Nous avons des profs mobilisés de la maternelle à l’université. La réforme Blanquer affecte en effet tout le parcours de l’éducation.»

Invisibilité

Les premières estimations de la mobilisation, communiquées par le ministère à la mi-journée, étaient de l’ordre de 5,3% d’enseignants grévistes dans le secondaire (englobant donc collèges et lycées). «On était 50% de grévistes à Van Dongen ce lundi. Ça ne veut rien dire 5 %, il avait annoncé ce chiffre avant ! peste Elizabeth, prof d’histoire-géo en Seine-et-Marne (lire page 5). Même si l’épreuve a eu lieu, c’est un succès qui montre bien qu’on a le sentiment que notre ministre ne nous écoute pas.» Ces derniers jours, plusieurs enseignants interrogés craignaient une invisibilité de leur mouvement, à l’image de leurs actions ces derniers mois. D’où cette grève le jour du bac, avec l’espoir que parce que c’est symbolique, les médias en parlent.

Des rassemblements étaient prévus dans plusieurs villes. A Paris, le rendez-vous était rue du Bac (le prof est blagueur), dans le VIIe arrondissement. Des bureaux de classe étaient installés dans la rue pour l’occasion. Ils étaient, selon l’AFP, quelques centaines de manifestants, à se convaincre que cette mobilisation était utile. L’ambiance était plutôt bonne, avec du soleil (rare), des chants («Même si Blanquer ne le veut pas, nous, on est là») et des pancartes («Avec tes économies Blanquer, le lycée prend cher»). Repérée aussi, à partir du sujet de philo du matin : «Les lois peuvent-elles faire le bonheur ? Pas la vôtre, monsieur Blanquer.» La mobilisation a failli tourner au vinaigre boulevard Raspail. Un cordon de policiers barrait la route du cortège. Célestine, membre du collectif Stylo rouge : «Ils nous ont placés loin, là où il n’y a personne, alors on essaie de se faire entendre.»

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CR AG 93 du mardi 18 juin

Bahuts présents:Utrillo 25 présents
Angela Davis 10 présents
Feyder 5 présents
Marcelin Berthelot 12 présents
Eluard 11 présents
Germaine Tillon 9 présents
Jean Zay 12 présents
Suger 8 présents
Rostand à Villepinte 18 présents
Jean Renoir (Bondy) 5 présents
Aubrac a Pantin 1 présent
Mozart au Blanc Mesnil 1 présent

Dans les établissements qui sont centres d’examen, même constat sur les conditions déplorables de surveillance:Plusieurs salles avec 40 candidats pour 1 seul surveillant.Nombreux surveillants non profs (proviseur/adjoint/secrétaires/AED/infirmiers/profs de collèges alentours, etc.)Peu ou pas de surveillants de couloirs.Des collègues non grévistes surconvoqués.
Dans certains bahuts, des collègues grévistes lundi convoqués aujourd’hui alors qu’il ne l’était pas initialement > Sanction.

Un résumé de l’AG d’hier matin à Saint-Denis et de l’Ag île de France d’hier soir ont été faits (voir CR).

Rappel des actions d’aujourd’hui:
3 megapiquets par zone pour faire venir les médias.
Manif cet aprèm depuis Necker à 15h > Refus de la préfecture, manif annulée et remplacée par un rassemblement au Sénat à 14h pour rejoindre les Psy EN.Proposition de faire la tournée urgences locales. 

—-

CR de l’Intersyndicale d’hier soir:
Dépôt d’un préavis + soutien à la reconduction aujourd’hui, difficile d’avoir plus en termes d’appel à la grève.
Freinage par le Snalc (pour appel clair à la grève du brevet).
Nécessité de faire pression sur les syndicats pour aller au tribunal administratif concernant les irrégularités de surveillance (SNES réticent).
Le 27 juin sera surement une journée de grève de la surveillance du brevet + journée fonction publique.


Suite mobilisation:- Caisse de grève longuement évoquée, une commission sera dédiée à ce sujet demain matin à partir de 9h30.- Vie scolaire: appel à se rapprocher des CPE et AED afin qu’ils ne pallient pas l’absence des collègues grévistes.- Rétention des notes: longs débats sur les modalités, les conséquences et les aspects légaux. Une autre commission sera dédiée à traiter ce sujet demain matin à 9h30.
Les collègues de philo de l’académie de Créteil réunis en réunion d’entente aujourd’hui ont voté la rétention des notes: 52 pour, 24 abstentions ,0 contre.L’AG a voté à l’unanimité le soutien aux collègues de philo et appelle les collègues de l’ensemble des autres disciplines à retenir les notes. Une troisième commission traitera des modalités demain matin à 9h30.La grève du jury du 04 juillet a été votée: 46 pour, 10 abstention, 0 contre (24 collègues de lettres, 22 collègues non convoqués, 1 CPE, deux profs doc n’ont pas participé au vote).La reconduction de la grève demain mercredi 19 juin a été votée: 65 pour, 36 abstentions (majoritairement collègues non convoqués demain).

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Pourquoi les vrais chiffres du brevet des collèges sont inquiétants

87% de réussite ? Non : 47% si l’on prend en compte les seuls résultats aux épreuves terminales.

Par Gurvan Le Guellec Publié le 24 octobre 2018 à 10h40

Tout le monde ou presque obtient son brevet ? Oui… mais grâce au contrôle continu ! Les 87.1% de collégiens lauréats de la session 2018, (dont 64.5% avec mention) cachent une réalité un peu plus inquiétante. Soit un taux de réussite aux épreuves finales du brevet de tout juste 47% ! C’est ce que révèle ce mercredi 24 octobre  la toute dernière étude du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), cette instance poil à gratter que le ministre Jean-Michel Blanquer a décidé – hélas – de supprimer.

Dans son « Panorama des inégalités scolaires d’origine territoriale dans les collèges d’Ile-de-France », le Cnesco est allé chercher un indicateur fiable du niveau des élèves en fin de 3e. Il a donc collationné les résultats bruts du brevet – que tout le monde connaît, et qui prennent en compte le contrôle continu à 50% – et ceux, jamais publiés, de l’examen à proprement parler, composé d’un oral et de quatre épreuves de maths, de français, de sciences et d’histoire-géo.

Schizophrénie

Et surprise : ces résultats ne coïncident aucunement ! Alors que le taux de réussite du brevet en Ile-de-France est officiellement de 87.3% (chiffres 2017), les candidats de l’enseignement public obtenant la moyenne aux épreuves terminales ne sont que 42.8% ! Ce qui témoigne, au choix, du peu d’implication des élèves dans cet examen sans enjeu ou de la schizophrénie des enseignants, capables de noter sèchement des copies anonymes, tout en surnotant leurs propres élèves tout au long de l’année.

Les chiffres du Cnesco, qui a opéré une analyse très fine des résultats, collège par collège, indiquent par ailleurs que les performances et les pratiques de notation varient considérablement selon les établissements. Si le contrôle continu ne permettait pas de redresser les notes, le taux de réussite aux épreuves atteindrait 57% dans les collèges favorisés de Paris ou des Hauts-de-Seine (ce qui est déjà très peu…), mais ne dépasserait pas 25% dans les territoires les plus défavorisés : 23% dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, 21% en Essonne, 19% dans le Val-d’Oise et même 15% dans les Yvelines !

Des élèves « redressés »

Est-ce à dire que 85% des jeunes habitants de Trappes, Mantes ou les Mureaux ne maîtrisent pas les connaissances et compétences de base du socle commun ? Non, puisque le contrôle continu permet de rattraper miraculeusement les choses.

Dans les territoires les plus défavorisés d’Ile-de-France, le taux de réussite au brevet, une fois l’ensemble des notes prises en compte, atteint ainsi les 83%. Cela représente un de bond de 60 points par rapport à la proportion d’élèves obtenant la moyenne aux épreuves ! Les élèves des banlieues favorisées, eux, ne sont redressés « que » de 38 points (90% de réussite au brevet pour 52% de réussite aux épreuves).

Et c’est ainsi que l’Education nationale, sans traiter au fond la question des inégalités scolaires au collège, parvient à produire chaque année un examen égalitaire. Abracadabra !

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Mobilisation contre la réforme Blanquer Grenoble

Petit récit sur les événements qui se sont déroulés à Grenoble hier et aujourd’hui
Nous avons été près de 300 hier à nous mobiliser au rectorat de Grenoble pour témoigner de notre indignation face à la loi Blanquer. A l’issue de l’AG nous avons voté à plus des 2/3 pour la reconduction de la grève aujourd’hui.  Nous nous sommes donc retrouvés à 12h au rectorat pour une AG afin de décider des moyens d’action et de la suite du mouvement.  Vers 13h, opération coup de poing : nous nous sommes introduits dans le rectorat et avons occupé les lieux jusqu’à 16h45. Nous avons demandé à rencontrer la rectrice pour faire part de nos revendications laissées aux oubliettes depuis des mois après plusieurs rencontres entre les différentes délégations et le rectorat.
L’objectif premier était de faire part de notre mécontentement sur les manipulations chiffrées, à savoir la minimisation du pourcentage de gréviste, estimé à 5%, voire 2,5%. Estimation peu crédible et incohérente lorsque le calcul se base sur l’ensemble du personnel, y compris ceux qui n’étaient pas convoqués à surveiller le DNB.
Après plusieurs minutes d’échanges avec le directeur du cabinet de Mme la rectrice, nous avons réussi à obtenir cet échange avec  la rectrice elle-même. Une délégation de 6 personnes était autorisée à rencontrer cette dernière. Nous avons d’abord proposé une rencontre avec 35 personnes. Proposition refusée. Mme la rectrice n’est-elle pas en mesure de communiquer avec 35 adultes ? On nous demande pourtant de la faire avec 35 adolescents tous les jours..
Finalement, afin de ne pas être décrédibilisés, nous avons accepté la rencontre avec une délégation de 6 personnes. Nous voulions être reçus et entendus, nous ne pouvions pas refuser le dialogue. 
Au terme de la discussion (nous n’espérions pas grand chose) la rectrice a « entendu » les revendications et stipule qu’elle n’a pas la main mise sur les résultats des grévistes. Soit. 
Nous avons obtenu ce que l’on souhaitait, à savoir un bruit médiatique. Plusieurs médias ont fait le déplacement après les force de l’ordre. Un court article est déjà paru dans le Dauphiné libéré, nous attendons la suite (france bleu isère, M6, etc..)
https://www.ledauphine.com/isere-sud/2019/06/18/isere-grenoble-operation-coup-de-poing-des-professeurs-sont-rentres-dans-le-rectorat
En tout cas, quel joie de voir et vivre ce mouvement qui est une vraie réussite !  La communication du ministre consiste à marteler que tout cela reste marginal mais la réalité est tout autre. Les difficultés rencontrées dans plusieurs établissements sont réelles, les conditions d’examen ne sont pas réunies. L’ampleur de la mobilisation d’hier et aujourd’hui témoigne également du contraire. 
Nous avons donc voté pour une autre AG demain à 12h30 qui aura lieu à Stendhal avec des casseroles ! Oui, nous comptons faire du bruit !  Nous espérons bien que ce sera relayé dans les médias et que notre ministre ne pourra plus se défiler. 
A été voté enfin un appel à la grève les 24 et 27 juin prochains. Nous espérons que la mobilisation sera forte pour le premier jour de surveillance du brevet des collèges. 
Nous ne sommes pas encore représenté médiatiquement et je pense que c’est enjeu de taille. Le ministre à une compétence qu’on ne peut lui enlever, elle s’appelle « communication », avec le mot « dialogue » c’est une autre question…A nous maintenant de poursuivre le combat, de faire parler de nous sur les réseaux sociaux, dans les journaux, et de faire comprendre au plus grand nombre que notre but n’est pas de perturber nos élèves actuels ou de leur faire payer quoi que ce soit mais qu’au contraire, nous nous battons pour préserver un baccalauréat national, bien moins inégalitaire que la loi Blanquer. 

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Grève des examens : prolongations locales

 » Les organisations syndicales représentatives du public et du privé, de l’enseignement agricole ainsi que les Stylos rouges et la chaîne des bahuts, appellent les personnels à continuer à se réunir en assemblées générales, et à poursuivre la grève là où elle a été ou sera décidée ». Réunie le 17 au soir, l’intersyndicale du second degré (Snes Fsu, Snuep Fsu, Snetap Fsu, Cgt, Cgt agricole, Sud éducation, Sud territoires, Snalc, Sundep, Cgc) à laquelle s’ajoutent les stylos rouges, la Chaine des bahuts et la CNT, couvre par des préavis les grèves locales.

 » L’appel intersyndical à la grève de la surveillance des épreuves ce lundi 17 juin a été bien suivi. En dépit de la communication lénifiante du ministre de l’Education nationale, les centres d’examens ont été obligés de faire des sur-convocations, des pressions, des appels à d’autres personnels. Les épreuves se sont déroulées, parfois au prix de conditions inacceptables », note l’intersyndicale.

Plusieurs assemblées locales ont pris les devants et décidé de prolonger la grève. C’ets le cas à Lyon où une assemblée de 300 grévistes a voté la prolongation de 24 heures de la grève. Dans l’académie de Toulouse, différents modes de prolongation ont été votés selon les départements.

Pour autant, l’intersyndicale n’appelle pas à continuer partout la grève. Elle s’en remet aux décisions locales. La grève annoncée pour le 27 juin est à confirmer.  » Déterminées à poursuivre l’action, les organisations appellent à mettre en débat la grève le jeudi 27 juin, premier jour de la surveillance du brevet des collèges et journée d’action interfédérale contre la loi Fonction publique et pour la revalorisation des salaires. »

Grève du bac : la stratégie du pire

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Grève du 17 : une contestation nationale

« Je dirais au ministre qu’on est plus sur un divorce que sur un mariage ». La petite phrase de Jean-Rémi Girard, président du Snalc, en réponse au « petit pli à la robe de la mariée » évoqué le matin même par JM Blanquer, donne le ton de la journée de mobilisation réussie du 17 juin même si les épreuves du bac ont eu lieu partout. En fin de journée l’intersyndicale du 2d degré appelle les enseignants à décider en assemblée générale la poursuite ou non du mouvement.

Une grève nationale

 » Cette grève est incompréhensible. Qu’elle soit le jour du bac n’est pas acceptable ». Sur France Inter, le 17 au matin, JM BLanquer dénonce « la prise d’otage du système » du fait de l’appel à la grève lancé par l’intersyndicale (Snes Fsu, Snuep Fsu, Snetap Fsu, Cgt, Cgt agricole, Sud éducation, Sud territoires, Snalc, Sundep, Cgc) pour le 17 juin, premier jour du grève. JM Blanquer ne comprend pas un mouvement alors que, selon lui « on a fait plusieurs mois de concertation ». Pour lui les syndicats feraient la fine bouche. « On dit « Il y a un petit pli a la robe de la mariée », explique t-il. Il se plaint d’une « agressivité décalée » de certains syndicats. Il annonce que les épreuves vont se passer normalement.

Pourtant ce qui ressort des dépêches c’est que la grève a une dimension nationale, avec des nombres de grévistes très variables d’un établissement à l’autre. A Toulouse, une AG des professeurs réunit un millier de personnes. A Pantin 70 enseignants sont réunis le matin devant le lycée Aubrac. Au lycée Bourdelle de Montauban, la surveillance est assurée par des étudiants, des inspecteurs et des personnels de direction, assure le Snes local. A Paris la manifestation réunit plus d’un millier de professeurs. Un groupe d’enseignants du collectif « Bloquons Blanquer » manifeste devant la victoire de Samothrace dans le musée du  Louvre. Parfois ça se passe mal comme au lycée agricole de Montauban où la police évacue des grévistes manu militari.

Quel taux de grévistes ?

Le ministère annonce finalement 5% de grévistes dans le second degré et 0.5% dans le premier. Des chiffres démontés par M Piquemal dans Libération. « Les proviseurs ont convoqué les professeurs les moins susceptibles de faire grève… Les professeurs en lutte depuis des mois n’avaient pas d’obligation de service ce lundi. Or comment faire grève quand on ne travaille pas ? ».

Le taux réel de grévistes est évalué à 25 à 50%. « Il s’est passé des choses à peu près partout », remarque Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, interrogée par le Café pédagogique. « Le mouvement n’est pas le souci de quelques collèges. L’inquiétude est partagée », note-elle. Interrogé par le Café pédagogique, Jean-Rémi Girard, président du Snalc, estime que la majorité des enseignants est hostile à la réforme du lycée.

Un mécontentement plus vaste que la réforme du lycée

A Paris, dans la manifestation on distribue de faux sujets de philosophie du bac. « Communiquer est-ce dialoguer ? » ou « Peut-on économiser sur l’essentiel ? »…  Interrogé par le Café pédagogique, Pierre Jean-Luc, professeur de SES à Vendoeuvre (54) est venu manifester à Paris  contre le « plan social » qui frappe les ES du fait de la réforme du lycée. « Dans mon lycée on est trois . Quand je partirai en retraite l’année prochaine il n’y aura plus que deux professeurs de SES ». Pour lui la réforme « agrège les mécontentements liés au salaire, à la réforme de la fonction publique ». Le ministre « a tout fait pour en arriver là », à cette grève un jour de bac.

« Il va falloir que le ministre sorte de sa tour d’ivoire », nous dit F Rolet. « S’il ne fait rien on a des mouvements qui demandent la reconduction des actions ». Elle évoque la transformation du métier du fait du futur bac 2021 qui va transformer les enseignants en évaluateurs. « Le troisième trimestre sera utilisé que pour des évaluations », note-elle pour la 1ère et la terminale. « On voit tous les travers de la réforme dans les difficultés pour les élève à obtenir la spécialité demandée ». Du coup, pour elle, « le mouvement est durable. On ne peut pas continuer comme cela ».

Grève du bac : la stratégie du pire

Dans Libération

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Un milliard et demi pour le SNU

Dans un entretien accordé au Parisien, G Attal estime le cout du Service national universel à un milliard et demi quand il sera vraiment universel, c’est à adire pas avant 2026. Un coût important pour un dispositif rejeté par des organisations de jeunesse et dont les finalités semblent bien floues.

On parle « d’appelé », l’encadrement est en partie militaire, le service national universel semble ravir tous les nostalgiques du service militaire , c’est à dire des adultes plutôt agés. Lancé par G Attal le 17 juin pour 2000 jeunes volontaires, le SNU comprend 12 jours de vie en collectivité avec lever du drapeau le matin, vie de chambrée , activités physiques et stage de défense.  Ces deux semaines sont suivies de deux semaines dans une association. L’utilisation du portable et du tabac sont proscrits.

Présenté comme un stage éducatif et inscrit au budget de l’éducation nationale, le SNU échappe pourtant largement à l’éducation. Les 4 modules de formation obligatoires l’attestent : défense , sécurité, code de la route et promotion de la santé, tous relèvent d’un autre ministère. L’encadrement fait largement appel à d’anciens militaires. Le coût est évalué à 2000 euros par « appelé ». A terme il devrait couter , selon G Attal dans Le Parisien, 1.5 milliard.

Ce projet voulu par le président de la République est activé au moment où celui ci vise les voix de la droite. Il oppose vieux et jeunes. Dès 2018,14 organisations de jeunesse (Fage, Unef, SGL, UNL, JOC, Jets d’encre, Animafac etc.) ont pris position contre le SNU. Pour ces associations, la mixité sociale se construit et se décrète pas. Elles sont aussi contre l’obligation faite de participer au SNU et suggèrent au gouvernement d’utiliser cet argent à l’accompagnement des jeunes en difficulté, à la prévention des risques ou encore au passage du Code de la route. Alors que l’éducation nationale a abandonné les programmes de mixité sociale dans les collèges, croire que celle ci va exister en chantant la Marseillaise 15 jours est aventuré. Le service national ne visait pas la mixité sociale mais la défense du pays.

Document ministériel

Appel 14 organisations de jeunesse

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Les lois Blanquer et de Fonction publique votées avant les vacances

Un décret présidentiel convoque le Parlement à partir du 1er juillet pour l’adoption finale d’une trentaine de textes dont la loi Blanquer et la loi de transformation de la fonction publique. Ces deux textes devront être adoptés avant le départ en congé des parlementaires.

Au JO

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Les agrégés contre les réformes du bac et du lycée

En assemblée générale, la Société des agrégés prend position contre la réforme du bac  » qui transforme les établissements en centres d’examen permanents et risque de susciter des litiges et des disparités entre établissements ». Elle est jugée  » dangereuse pour les disciplines dont certaines sont confondues sous des intitulés flous et d’autres vouées à disparaître sans considération de leur apport à la formation intellectuelle des élèves ». La société des agrégés demande  » la poursuite en terminale des trois spécialités choisies en première » et  » le paiement de la deuxième heure supplémentaire obligatoire à un tarif majoré ».

Communiqué

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Communiqué intersyndical et inter-collectifs à diffuser largement

Le communiqué intersyndical et inter-collectifs adopté aujourd’hui, appelle « les personnels à continuer à se réunir en assemblées générales, et à poursuivre la grève là où elle a été ou sera décidée collectivement ». Un point d’appui pour tou.te.s les collègues qui ont décidé de reconduire la grève ou décideront de le faire demain !

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Décisions de l’AG Éducation Île-de-France du lundi 17 juin : demain on reconduit !

L’AG Éducation Île-de-France s’est réunie ce lundi 17 juin au soir dans la grande salle historique de la Bourse du Travail de Paris, après avoir dû changer de salle devant l’affluence massive.

Environ 250 collègues étaient présents, en provenance de 125 établissements et écoles de toute la région parisienne, un chiffre inégalé jusque là (maximum 80 établissements et écoles).

Les bilans des chiffres de grève et des décisions d’AG présentés par l’ensemble des départements sont extrêmement réjouissants (jusqu’à 84 % ce matin au LP Gaston Bachelard à Paris 13ème).

L’AG Éducation IDF se félicite de la réussite de cette première journée de grève des examens, qui est d’ores et déjà historique et au-delà de toute attente, et du rassemblement francilien qui a réuni environ 2000 collègues. Nos cortèges sont partis en manifestation déterminée dynamique en direction du ministère.

L’AG Éducation IDF s’est prononcée ce soir sur plusieurs motions :

1) « L’AG Éducation IDF, réunie le lundi 17 juin en présence de 250 collègues provenant de 125 établissements et écoles de toute la région parisienne, appelle à reconduire la grève le mardi 18 juin. »

Adoptée à l’unanimité des 250 présents, moins 16 abstentions et 11 NPPV.
Par ailleurs, un décompte a été fait des mandats d’AG (d’établissement, de ville ou de bassin) qui avaient déjà décidé de reconduire la grève : 17 avaient d’ores et déjà décidé de reconduire la grève, contre 1 mandat s’abstenant.

2) Pour le programme de la journée du mardi 18 juin, l’AG Éducation IDF appelle :
– à organiser et se rassembler à 7h30 sur deux ou trois piquets de grève par département de la région parisienne, dans le respect des décisions d’AG, afin de permettre aux collègues (de LGT, LP, collège et premier degré) de se rassembler.
Il revient aux départements de s’organiser pour décider des piquets de grève qui leur paraîtront les plus judicieux, et à utiliser les mailing-lists locales ainsi que rp-bahuts-en-lutte@fautvoir.com
(Unanimité moins 14.)

– à organiser des tournées dans les centres d’examen sur le temps du midi, afin de visibiliser et d’étendre la grève, et / ou à développer des convergences avec les services d’urgences hospitalières en lutte.
(Unanimité moins 40.)

– à participer massivement à une manifestation à 15h de l’hôpital Necker au ministère de l’Éducation Nationale.
C’est dans le souci de construire concrètement la convergence de tous les services publics en lutte que le départ de la manifestation est fixé à l’hôpital Necker.
(Parcours en attente de confirmation, restez à l’affût !)
(Unanimité moins 20.)

– à se réunir en AG Éducation IDF à 17h30 à la Bourse du Travail de Paris.
(Réservation de la salle en cours, probablement en salle Hénaff à l’annexe de la Bourse du Travail, au 85 rue Charlot.)
(Unanimité moins 14.)

3) « L’AG Éducation IDF appelle à décider en Assemblée Générale, à chaque occasion possible, de la poursuite des mobilisations durant les opérations du Bac, du Bac pro et du Brevet, notamment lors des réunions d’entente, des corrections du Bac pro et du Brevet, des jurys d’examen, et par la rétention des notes. »
(Unanimité moins 3.)

Un compte-rendu rapide des AG tenues dans les départements et de leurs décisions suivra dès que possible.

Le bras de fer s’est engagé avec Blanquer, faisons-le plier !

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La coordination nationale des collectifs contre les réformes et l’intersyndicale

L’appel intersyndical à la grève de la surveillance des épreuves ce lundi 17 juin a été bien suivi. En dépit de la communication lénifiante du ministre de l’Education nationale, les centres d’examens ont été obligés de faire des sur-convocations, des pressions, des appels à d’autres personnels. Les épreuves se sont déroulées, parfois au prix de conditions inacceptables.

Une fois de plus, le gouvernement a campé sur ses positions méprisantes et autoritaires. Il a refusé le dialogue social et toute réponse au préavis de grève, mais s’est vu obligé de défendre ses réformes, et de renoncer à certaines mesures de la loi Blanquer.

La grève de la surveillance des épreuves a été majoritaire dans bon nombre d’établissements.

Elle a aussi mobilisé en collège.

Les organisations syndicales représentatives du public et du privé, de l’enseignement agricole ainsi que les Stylos rouges et la chaîne des bahuts, appellent les personnels à continuer à se réunir en assemblées générales, et à poursuivre la grève là où elle a été ou sera décidée collectivement, pour :

une revalorisation significative des rémunérations ;

le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;

le retrait du projet de loi « Fonction publique ».

Des préavis de grève sont déposés à cet effet sur toute la période des examens et concours.

Les organisations dénoncent toutes les formes de pressions et de répressions touchant les élèves et les personnels. Elles soutiendront toutes celles et ceux qui en sont victimes.

Déterminées à poursuivre l’action, les organisations appellent à mettre en débat la grève le jeudi 27 juin, premier jour de la surveillance du brevet des collèges et journée d’action interfédérale contre la loi Fonction publique et pour la revalorisation des salaires.

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