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Programme commun de la Nupes : accord sur le social et la 6e République, dissensions sur l’Europe

par Rédaction

Le programme de coalition de la Nouvelle union populaire écologique et sociale propose des centaines de mesures pour la transitons écologique, la hausse du Smic, la retraite à 60 ans… Mais il reste des points de désaccord entre les partis de gauche.

Huit chapitres, des centaines de mesures… La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté son programme commun d’union de la gauche le 19 mai. Un « programme partagé de gouvernement » dans la perspective d’une possible majorité de l’union des gauches après les législatives des 12 et 19 juin. La France insoumise, le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste et Générations se sont mis d’accord sur une série de propositions, et écrit mis noir sur blanc leurs désaccord sur plusieurs sujets.

Assurance-chômage : cesser les radiations à tout-va

La Nupes rejette la réforme de l’assurance chômage d’Emmanuel Macron, qui réduit l’indemnisation de nombreux chômeurs. Au contraire, le programme des gauche veut indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de contrat, supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre raisonnable d’emploi », cesser la radiation des demandeurs d’emploi indemnisés à la première absence à un rendez-vous et « en finir avec la logique de radiation au moindre prétexte pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage ».

Par ailleurs, la Nupes souhaite mettre ne place une « garantie d’emploi » : « Tout chômeur de longue durée pourra se voir proposer un emploi utile », « rémunéré au moins au SMIC, financé par l’État et cohérent avec ses qualifications, son parcours professionnel et ses souhaits », ou « suivre une formation qualifiante prise en charge à 100 % ».

Vie au travail : vers la semaine de 32 heures

Parmi les propositions du programme contre la souffrance au travail, sont listées : la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle qui n’est pour l’instant que reconnu au cas par cas et si ses conséquences pour le salarié sont très graves [1], le doublement des effectifs de l’inspection du travail, qui compte actuellement 1800 inspecteurs et agents de contrôle, « soit un pour 1000 entreprises et 10 000 salariés », selon la CGT ; restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), supprimés par Emmanuel Macron.

La Nupes propose également de « créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative », de donner plus de pouvoir aux salariés lors des procédures de redressement et de liquidation d’entreprise, d’accorder aux comités d’entreprise un droit de veto suspensif sur les plans de licenciements. La Nupes envisage aussi de rétablir la durée effective hebdomadaire du travail à 35 heures (les équivalents temps plein travaillent, en moyenne, plus de 40h par semaine), par la majoration des heures supplémentaires ; passer immédiatement aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit – Un tiers des salariés sont exposés aux postures pénibles ou fatigantes durant le travail – et leur généralisation par la négociation collective ; remettre en cause les autorisations de travail le dimanche.

Retraites : taux plein à 60 ans

La Nupes reprend le programme de Jean-Luc Mélenchon de la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous « après quarante annuités de cotisation ». Elle veut aussi rétablir la prise en compte des facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel Macron, prendre en compte le RSA pour valider des trimestres en vue de la retraite.

Transition énergétique : divergences sur le nucléaire

Le programme dit vouloir « planifier le passage à 100 % d’énergies renouvelables et la sortie du nucléaire », et abandonner les projets de réacteurs nucléaires EPR. La Nupes refuse par ailleurs la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz. Elle veut stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, créer un pôle public de l’énergie incluant EDF et Engie, qui seraient renationalisé, « ainsi que des coopératives locales ». Le programme commun ambitionne de rénover 700 000 logements par an pour les rendre moins consommateurs d’énergie, contre, actuellement, quelques dizaines de milliers de rénovation avec réelle efficacité énergétique.

Sur la politique énergétique, plusieurs désaccords sont exprimés. Sur le nucléaire, « le Parti communiste français proposera une trajectoire qui combine les énergies renouvelables à l’énergie nucléaire et ne s’associera pas à l’objectif 100 % renouvelables et à l’abandon des projets d’EPR ». Par ailleurs, Le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts ne soutiennent pas la renationalisation d’Engie.

Agriculture : sortie progressive des pesticides

La Nupes veut « refondre la politique agricole commune (PAC) », en réorientant les aides vers « les exploitations intensives en main-d’œuvre » – celles qui emploient davantage de travailleurs plutôt que de recourir intensivement à la mécanisation et aux produits chimiques – et l’agriculture écologique et paysanne, avec l’objectif d’atteindre 30 % de la surface agricole utile en agriculture biologique en 2030 (à peine 10 % actuellement selon l’Agence bio) et 100 % en 2050. Le programme entend luttercontre l’artificialisation des sols « pour empêcher la disparition de surfaces agricoles utiles ». Sans donner de calendrier précis, le programme dit vouloir « planifier la sortie progressive des engrais et de pesticides de synthèse », et interdire immédiatement le glyphosate et les néonicotinoïdes.

Droit au logement : baisser et encadrer les loyers

C’est un autre sujet crucial, qui pèse sur les revenus des ménages, et qui reste un impensé du nouveau gouvernement, sans ministère dédié. Le programme commun veut interdire les expulsions locatives sans proposition de relogement public, mettre en place une garantie universelle des loyers créant un filet de sécurité contre les impayés de loyers pour les locataires, comme pour les propriétaires ; encadrer les loyers partout sur le territoire et à la baisse dans les grandes villes ; construire 200 000 logements « publics » par an pendant cinq ans (contre environ 80 000 mis en chantier actuellement) ; relever le seuil minimal de logements sociaux par commune à 30 %, et augmenter les sanctions contre les communes hors la loi. La Nupes entend également « utiliser le droit de réquisition » (qui existe dans la loi depuis 1945 mais n’est jamais utilisé par l’Etat) pour lutter contre les logements vacants et les remettre en location.

Santé : rouvrir les services d’urgence

Alors que les services d’urgences et les lits d’hôpitaux ferment partout, le programme promeut la réouverture des services d’urgences, des maternités et des Ehpad publics « assurant un service de santé public de proximité à moins de trente minutes de chaque Français » ; revaloriser les métiers et les revenus et augmenter les capacités d’accueil des établissements de santé publics, notamment les hôpitaux. Contre les déserts médiaux, il est proposé : la création de centres de santé publics, des coopératives médicales, un conventionnement sélectif (limiter l’installation de nouveaux médecins dans les zones déjà largement dotées), des obligations temporaire d’installation.

Enseignement supérieur : supprimer Parcoursup

Sur les universités et l’accès aux études supérieurs, les mesures envisagées sont : la suppression de la sélection à l’université aggravée par Parcoursup ; la création de nouvelles places d’études en particulier en première année et dans les formations courtes ; abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Emmanuel Macron pour les étudiants étrangers ; recrutement de 30 000 personnels statutaires dans l’enseignement supérieur et la recherche en cinq ans ; titularisation des personnels précaires qui effectuent des missions pérennes ; abrogation de la dernière loi de programmation de la recherche qui prévoyait plus d’emplois précaires dans les universités ; construction de 15 000 logements étudiants supplémentaires par an.

Réformes des institutions : vers une 6e république

Dans l’optique d’éventuellement gouverner, mais en coalition avec le président Macron, le programme de la Nupes veut renforcer les pouvoirs du Parlement face au président. Et passer à la 6e République, « qui soit un régime parlementaire stable », avec une nouvelle constitution adoptée par référendum, pour « en finir avec la monarchie présidentielle ». Ainsi, la Nupes propose d’abolir « les procédures qui brident les droits du Parlement », comme l’article 49.3 qui permet au gouvernement de passer des lois sans vote.

Le programme des gauche entend par ailleurs renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement notamment sur les opérations militaires extérieures. Parmi les autres propositions : instaurer le référendum d’initiative citoyenne (RIC), droit de vote à 16 ans, reconnaissance du vote blanc, droit de vote des résidents étrangers aux élections locales ; une procédure de parrainages citoyens pour l’élection présidentielle en alternative aux 500 parrainages d’élus. En outre, la Nupes amnistiera les « citoyens, syndicalistes, militants écologistes, politiques, associatifs et Gilets jaunes » qui ont été condamné pour avoir « exercé leur droit de manifester ».

Changer la police

Après un quinquennat où la questions des pratiques et violences policières ont régulièrement fait les gros titres, la Nupes veut aussi réformer la police : interdire les armes mutilantes, les techniques d’immobilisation létales et la technique de la «  nasse  » ; rétablir la police de proximité ; supprimer les primes aux résultats « qui encouragent la politique du chiffre » ; abroger la loi Sécurité globale ; remplacer l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) par une « autorité indépendante incluant des magistrats, des universitaires, des citoyens ».

International : divisions sur l’Europe et l’Otan

C’est le domaine où les désaccords entre les différents partis de la Nupes sont les plus nombreux. Sur l’Union européenne, « nous partageons l’objectif commun de mettre fin au cours libéral et productiviste de l’Union européenne et de construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique, démocratique et solidaire, même si nos histoires avec la construction européenne diffèrent », dit le programme. Mais alors que la France insoumise et le Parti communiste se disent « héritiers du non de gauche au Traité constitutionnel européen en 2005 », le PS « est attaché à la construction européenne et ses acquis », et EELV « historiquement favorable à la construction d’une Europe fédérale ». Les partis se sont cependant mis d’accord pour « mener les batailles au sein du Conseil de l’Union européenne » pour « constituer des alliances pour obtenir des majorités sur des textes favorisant le progrès social et écologique, former des minorités de blocages sur des textes qui y sont contraires, opposer notre droit de veto aux accords de libre-échange ».

Sur l’invasion russe en Ukraine, le programme affirme « défendre la souveraineté et la liberté de l’Ukraine et du peuple ukrainien ainsi que l’intégrité de ses frontières, dans un contexte international de tensions et de guerre sur le continent européen et face aux crimes de guerre décidés par Vladimir Poutine ». Sur l’Otan, LFI demande toujours « le retrait immédiat de la France du commandement intégré de l’Otan puis, par étapes, de l’organisation elle-même ». La demande est soutenu par les communistes, qui veulent même la « dissolution » de l’Otan.

Le PS et EELV quant à eux, « soutiendront le renforcement de la coopération militaire au niveau de l’Union européenne, la création d’un commandement militaire opérationnel européen, ainsi que l’intensification des livraisons d’armes à l’Ukraine et la mise en place d’un embargo total et immédiat sur les importations russes de pétrole, de charbon, de combustible nucléaire et de gaz. » Ces dissensions seront à discuter au sein du Parlement, dit le programme. La Nupes assure n’avoir « rien voulu cacher » sur les désaccords. Reste à voir si ce grand chantier de réflexion sur la politique internationale de la France, ses principes fondateurs, ses alliances et les moyens de sa défense, sera sérieusement ouvert.

Notes

[1Un salarié en burn out peut être indemnisé par l’Assurance maladie si son trouble est directement lié au travail et a provoqué une incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 25 %.

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Entre opposition pugnace et force de proposition : le bilan du groupe LFI à l’Assemblée nationale

par Ivan du Roy, Rachel Knaebel

On ne peut pas leur reprocher leur inactivité : le groupe des député.e.s, dont nombre de novices en politique, de La France insoumise a beaucoup questionné et proposé ces cinq dernières années, souvent en vain.

Des « néo-bolcheviques », une alliance « d’extrême gauche », « déshonorante », qui provoquera un « désastre » : la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) semble faire craindre le pire à certains commentateurs habitués des plateaux télés (voir le sympathique condensé réalisé par Blast). C’est que l’alliance réunissant insoumis, écologistes, socialistes et communistes a de bonnes chances de faire élire plus de 150 député.e.s à l’Assemblée après les élections législatives de juin (voir notre carte des circonscriptions que la gauche peut gagner). Lors de la précédente législature, les partis désormais membres de l’union des gauches ne comptaient que 62 députés : aucun pour les Verts, 15 pour le Parti communiste, 28 pour les socialistes, et La France insoumise (LFI), alors nouvelle venue, 17.

La gauche, autour de LFI, pèsera donc a priori bien plus dans la prochaine Assemblée. Et si les nouveaux députés sont aussi actifs que leurs prédécesseurs, ce sera plutôt rassurant pour le débat démocratique et pour faire remonter à l’Assemblée des situations et des revendications souvent ignorées par la majorité présidentielle. Le groupe des député.e.s LFI sortants, quoi qu’on pense de leurs propositions, ont largement participé au travail de fond, porté des débats et des propositions d’intérêt général au sein de l’hémicycle. Voici un panorama de l’action de ces parlementaires « néo-bolcheviques »…

Caroline Fiat, la voix des soignantes

Caroline Fiat a consacré une bonne partie de son mandat à porter la voix des soignant.e.s de l’hôpital public et des Ehpad. Logique : elle est elle-même aide-soignante de profession, en Moselle. Et la seule élue « ouvrière » de la santé à l’Assemblée, aux côtés d’une trentaine de médecins. En 2018, elle rédige avec une députée LREM, Monique Iborra, un rapport sur les Ehpad. Les deux élues proposent de fixer le nombre de soignants (infirmiers et aides-soignants) à 6 équivalents temps plein pour 10 résidents. Soit le double de ce qui est pratiqué actuellement en Ehpad. Ce rapport débouche, en 2021, sur une proposition de loi qui vise à mettre en place une obligation d’encadrement minimal dans les Ehpad. Le projet est soutenu par le reste du groupe LFI.

Elle planche également en 2019 sur un texte pour interdire les dépassements d’honoraires médicaux, afin de garantir un meilleur accès au soins. Puis, en janvier 2021, elle propose d’attribuer la même prime « post covid » aux personnels soignants des établissements médico-sociaux, « oubliés » du Ségur de la santé, qu’à ceux des hôpitaux. Un mois plus tard, le ministre de la Santé d’alors, Olivier Véran, annonce accorder cette prime de 183 euros aux autres professions médico-sociales qui en étaient initialement exclues.

François Ruffin aux côtés des aides-ménagères

François Ruffin, journaliste, fondateur du journal picard indépendant Fakir et député de la Somme, s’est aussi engagé pour les travailleuses et travailleurs du soin, dans deux propositions de loi en 2020. La première tentait de faire « reconnaître les métiers du lien », pour améliorer les conditions de travail et garantir une rémunération minimum aux auxiliaires de vie sociale et aux AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), en prévoyant par exemple qu’elles puissent être recrutées en CDI.

L’autre proposition ambitionne de mieux encadrer la sous-traitance dans le recours au personnel de ménage, en garantissant l’égalité de salaire et une majoration de 50 % des heures de soir et de nuit. Le député de la Somme a également proposé une loi pour étendre le RSA au jeunes de 18 à 25 ans.

Écologie : transférer l’aérien vers le train, en finir avec l’intoxication au glyphosate

Sur les questions écologiques, François Ruffin s’est attaqué dès 2019 au sacro-saint transport aérien. Il a proposé de remplacer les vols intérieurs par le train « quand c’est possible… », c’est-à-dire quand le trajet équivalent en train ne prend pas plus de deux heures de plus que le trajet en avion. Les vols domestiques (Outre-mer compris) génèrent 20 % des émissions de CO2 du secteur aérien en France. Dans la proposition, les vols Paris-Rennes, Paris-Brest, Paris-Marseille, Brest-Rennes (entre autres) auraient été transférés vers le rail. François Ruffin a aussi proposé d’instaurer un quota carbone individuel pour limiter l’usage de l’avion. Deux ans plus tard, la suppression des vols domestiques, dont le trajet était réalisable en moins de 4 heures de train, sera l’une des mesures phares de la Convention citoyenne pour le climat. Sans succès également.

Autres combats des députés insoumis pour l’environnement : l’interdiction des pesticides à base de glyphosate, la non-prolifération des « fermes-usines » (une proposition déposée par Bénédicte Taurine, enseignante et élue de l’Ariège), et la création d’un délit d’obsolescence programmé et d’une garantie de disponibilité des pièces détachées, a minima sur la durée de garantie légale (par le député de Gironde, Loïc Prud’homme).

Bannir les armes et techniques policières dangereuses

Autre spécificité des insoumis : ils et elles font partie des rares élus à porter au sein de l’hémicycle la lutte contre les violences policières arbitraires ou illégales. La députée de Paris Danièle Obono en 2019, puis l’année suivante François Ruffin, ont ainsi tenter de légiférer pour bannir les techniques dangereuses d’immobilisation : celles dites du plaquage ventral et du pliage – quand un interpellé est entravé, plaqué au sol, la tête immobilisé, contraint parfois de supporter le poids d’un ou plusieurs policiers [1]. Ces techniques d’interpellation ont provoqué des asphyxies respiratoires, et sont notamment mises en cause dans la mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, mort en janvier 2020 lors d’un contrôle par des agents de la police nationale.

Alexis Corbières, député de Seine-Saint-Denis, a demandé en 2019, dans la foulée du mouvement des Gilets jaunes et de sa brutale répression, que les forces de l’ordre ne soient plus équipées de lanceurs de balles de défense et de « grenades lacrymogènes instantanées de type F4 ». Les premiers sont la cause de l’éborgnement d’une trentaine de manifestants pendant le mouvement des Gilets jaunes (sans oublier toutes celles et ceux qui en ont fait les frais, dans les quartiers populaires ou les mouvements sociaux précédents). Les secondes, du fait de la charge de TNT qu’elles contiennent, sont responsables de plusieurs mutilations et pertes de membres (mains arrachées). Ces grenades controversées ne sont, officiellement, plus censées faire partie de l’arsenal du maintien de l’ordre depuis 2021.

Le groupe insoumis est aussi à l’initiative d’une demande de commission d’enquête sur la « composition chimique des grenades utilisées par les forces de sécurité intérieure et ses conséquences sur la santé des personnes exposées » et d’une demande de créer « une commission d’enquête sur la violation des droits humains aux frontières françaises », au regard des traitements réservés aux exilés dans la région de Calais ou le long la frontière franco-italienne. Face à la question des contrôles de police discriminatoires à répétition, Éric Coquerel (député de Seine-Saint-Denis), a déposé une proposition de loi « relative à l’instauration d’un récépissé dans le cadre d’un contrôle d’identité ».

Face aux violences d’extrême droite qui s’intensifient, la députée de l’Hérault Muriel Ressiguier dépose une proposition de résolution en 2018 sur « la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France ». Elle y invite « le gouvernement à dissoudre les groupuscules d’extrême droite qui sévissent sur notre territoire ». Elle a aussi réalisé un rapport sur le sujet.

Victoire sur l’endométriose

C’est une des rares propositions du groupe de La France insoumise qui a finalement été adoptée par la majorité présidentielle. Fin 2021, la députée Clémentine Autain dépose une proposition de résolution visant à reconnaître comme une affection longue durée l’endométriose, une maladie chronique qui touche de nombreuses femmes et peut provoquer des douleurs invalidantes. Cette reconnaissance doit permettre une prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie. La mesure est votée à l’Assemblée début 2022, à la suite d’une annonce de Macron pour une stratégie nationale de prise en charge de diagnostic de la maladie.

Référendums d’initiative citoyenne, contrôle parlementaire des exportations d’armements…

Le groupe LFI n’a pas chômé sur la question de la réforme des institutions politiques françaises. Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbières ont déposé une série de propositions de loi sur le sujet : pour instaurer la proportionnelle intégrale au scrutin législatif, pour ouvrir la possibilité de référendums d’initiative citoyenne, pour un droit de révocation des élus ; ou encore pour renforcer le contrôle par le Parlement sur les exportations d’armements militaires, un sujet sur lequel le député Sébastien Nadot, dissident précoce du parti présidentiel, a également été très actif. Mais, ce dernier, élu de Haute-Garonne, ne se représentera pas.

Pendant le Covid : pôle public du médicament et nationalisations de secteurs stratégiques

Tout au long de la pandémie, les député.es LFI ont proposé des mesures pour faire face aux conséquences du Covid. En avril 2020, Jean-Luc Mélenchon demande un moratoire sur les loyers pendant l’épidémie, la création d’un pôle public du médicament, la réquisition des entreprises du secteur du textile au profit de la fabrication de masques, et la nationalisation des sociétés Luxfer Gas Cylinders, fabricant d’oxygène médical et Famar, producteur de médicaments, un sujet en théorie partagé par Emmanuel Macron qui assure alors « rendre à la France son indépendance sanitaire ». En mai 2020, Adrien Quatennens, député du Nord, tente de faire reconnaître le Covid-19 comme maladie professionnelle pour les travailleuses et travailleurs, au-delà des soignants, susceptibles d’avoir contracté le virus dans leur activité professionnelle.

Otan : la question qui fâche

C’est l’un des sujets qui divisera probablement les futurs élus de l’alliance de gauche : la question de l’Otan, des alliances militaires et des moyens à consacrer à la défense. Fin 2021, Bastien Lachaud, élu LFI de Seine-Saint-Denis, demande, à l’occasion de la crise diplomatique provoquée par l’annulation de la vente de sous-marins par l’Australie, au gouvernement de retirer la France de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Les député.e.s insoumis considèrent alors, au vu des interventions passée dans les Balkans (ex-Yougoslavie), en Afghanistan et en Libye, que l’alliance comporte un « caractère belliciste », reste largement dominée par les intérêts des États-Unis et que « la France dispose, en toute autonomie, des moyens de sa défense nationale ».

Nucléaire : sûreté des installations et amélioration du statut des sous-traitants

Sur la question des installations nucléaires françaises, la députée LFI Mathilde Panot (élue du Val-de-Marne) a déposé deux demandes de commission d’enquête en 2021 : sur la fuite de documents confidentiels relatifs à la sécurité du site de l’EPR de Flamanville et sur la sûreté et la sécurité de la centrale nucléaire de Tricastin. Elle essaie aussi de faire avancer la cause des travailleurs sous-traitants du nucléaire, pour qu’ils « disposent d’un suivi médical identique à celui des agents statutaires des exploitants du secteur nucléaire », et que le responsable d’une installation nucléaire soit « responsable pénalement des maladies professionnelles ayant pour origine le niveau d’exposition des travailleurs, tous statuts confondus ». Comme la quasi-totalité des mesures proposées par LFI dans l’opposition, cette demande a été ignorée par la majorité.

La soixantaine de députés de gauche (LFI, PS, PC) de la précédente législature ont par ailleurs souvent bataillé ensemble contre plusieurs projets gouvernementaux, avec parfois quelques succès à la marge. Ils se sont opposés de concert à l’affaiblissement du droit du travail, à la suppression de l’ISF, ou à la loi sécurité globale et son pendant sur les « séparatismes ».

À l’issue des élections législatives, la coalition de gauche nouvellement créée, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), devrait au minimum doubler le nombre de ses députés à l’Assemblée, avec le renfort d’un groupe parlementaire écologiste, et le triplement des élus insoumis. Même sans disposer d’une improbable majorité, les élus de la Nupes, bien plus nombreux, seront en mesure de mettre davantage de propositions de loi à l’ordre du jour, donc d’obliger la majorité macroniste à en débattre, et, qui sait, à les faire adopter.

Ivan du Roy, Rachel Knaebel

CC BY-NC-ND 2.0 Magali
via flickr
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Contre les offensives libérales, s’organiser !

Contre les offensives libérales, s’organiser !

Communiqué 25 mai 2022

Bonjour,

Le fossé ne cesse d’élargir entre riches et pauvres, entre puissant.es et précaires, entre pays du Nord et du Sud, à l’échelle de la planète et au sein de nos sociétés. L’instabilité mondiale poussée par les conflits, la pandémie Covid19 et la crise climatique accélère ces inégalités. Face à ce constat, Attac a besoin de vous pour intensifier son combat !

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Une crise systémique


Deux grandes offensives idéologiques apportent leurs réponses radicales à cette situation inédite. L’une promeut un repli nationaliste et xénophobe et l’autre, un ultralibéralisme autoritaire dont l’austérité est l’arme principale.
Toutes deux sont porteuses de recul des droits et des solidarités et s’avèrent incapables de répondre à la crise écologique.
L’élection d’Emmanuel Macron annonce une offensive de démantèlement des services publics, de nos systèmes de retraite et de nos systèmes de protection sociale. Le tout, au service des plus riches, des multinationales et de leurs dirigeants.
La période qui s’ouvre est marquée par une tentative d’imposer de manière irréversible une politique nocive pour les populations !

Face à l’offensive, s’organiser !


Le mouvement contre les retraites de fin 2019 à début 2020, stoppé par le Covid, a su défendre un système de retraites solidaire pour tous·tes. La naissance du collectif « Plus Jamais ca », inédit à bien des égards, a su livrer porter des proposition sociales, économiques et écologiques cohérentes tout en obtenant des victoires, notamment avec le sauvetage de la Chapelle d’Arblay !
Attac a pris sa part dans ces luttes avec des mobilisations et actions fortes visant à dénoncer les profiteurs de crise, l’évasion fiscale tout en s’impliquant dans les mobilisations du mouvement social.
Face aux annonces de Macron, le mouvement social doit se renforcer et s’organiser !

Plus que jamais, la justice fiscale, sociale et écologique !


Attac prendra toute sa part au sein des mouvements sociaux dont le rôle doit être de porter un message d’espoir, de résistance et de rupture avec le néolibéralisme. Notre capacité à jouer notre rôle de contre-pouvoir dépend majoritairement du soutien et de la générosité des personnes.
En soutenant Attac mensuellement, vous agissez concrètement en donnant à notre association les moyens d’agir maintenant et sur le long terme partout en France. Vous nous permettez de renforcer notre rôle de contre-pouvoir, d’assurer notre indépendance financière, de produire de l’expertise, de développer l’éducation populaire, de passer à l’action et de construire, avec d’autres, des rapports de force indispensables.
Nous ne sommes pas résigné·es et sommes déterminé·es, plus que jamais, à contribuer à la transformation sociale et écologique !

D’avance, nous vous remercions.
L’équipe d’Attac

Informations complémentaires

Les adhésions et dons en ligne auprès d’Attac France sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66 % dans la limite de 20 % de vos revenus imposables. Pourtant, Attac n’est pas une niche fiscale ! Notre association est en effet reconnue d’utilité publique dans sa mission d’éducation populaire. La dépense fiscale liée à cet abattement contribue à financer ces activités d’éducation populaire, qui pourraient relever d’un service public, à travers des réunions publiques dans toute la France, des publications, des campagnes et des initiatives… notamment sur la thématique de la justice fiscale.

Attac France — 2022
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Pap Ndiaye : le ministre qui écoute les syndicats… (???)

« Une écoute réelle ». Le 24 mai, Pap Ndiaye a reçu pour la première fois les syndicats de l’Education nationale, en commençant par les deux plus importants, la FSU et l’UNSA. Pap Ndiaye les a longuement écouté, rompant ainsi avec les pratiques de son prédécesseur. Si les syndicats ont pu insister sur les questions les plus urgentes, comme la rentrée ou la revalorisation, le ministre n’a rien laissé paraitre de ses intentions. Si ce n’est celle de maintenir le dialogue. Le ministre écoute. Mais peut-il s’écarter de la feuille de route élyséenne ?

La nouvelle méthode

« Le dialogue avec toute la communauté éducative sera un principe important » avait déclaré Pap Ndiaye le 20 mai. Il tient parole en recevant dès le 24 mai les deux principales centrales syndicales, la Fsu et l’Unsa. Le ministre est accompagné de son directeur de cabinet, JM Huart et de Julie Benetti. Animatrice du pole éducation de la campagne d’E. Macron, elle devrait intégrer le cabinet de P Ndiaye comme conseillère spéciale ou conseillère sociale.

« Pap Ndiaye a beaucoup écouté et il a insisté sur la nouvelle méthode qu’il prétend mettre en place : nous écouter et aussi répondre aux questions », nous a dit Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu, à la sortie de la réunion. Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education, parle lui aussi « d’une écoute réelle » et d’une « bonne prise de contacts sans véritables engagements ». Les syndicats sont repartis sans annonces, y compris sur les sujets qui deviennent très urgents comme les recrutements pour la rentrée.

Une décision attendue sur les maths au lycée

Un seul sujet semble vouloir évoluer rapidement : les maths au lycée général. « Le ministre a posé des questions sur les maths au lycée avec une insistance curieuse », nous a dit B Teste. « S’il met en place 1h30 de maths pour les élèves qui ne prennent pas la spécialité maths cela va être difficile à organiser pour la rentrée. On craint la désorganisation ». « On souhaite que le changement n’ait pas lieu à la rentrée 2022 », confirme F Marchand. Emmanuel Macron a annoncé lors de sa campagne électorale le retour des maths dans le tronc commun. Le Conseil Supérieur des Programmes consulte en ce moment sur un projet de programme. L’Elysée pourrait vouloir concrétiser sa promesse très rapidement. Quitte à ce que les établissements aient du mal à suivre.

Revalorisation et recrutement : en attente

Si les syndicats craignent une évolution très rapide sur cette question, d’autres, encore plus urgentes, pourraient attendre. « Le ministre a pris note de nos demandes sur la revalorisation. Pour nous il faut aller vite aussi bien au ministère de la Fonction publique (pour le point FP) qu’à l’éducation nationale. Le ministre a dit qu’il y aurait des discussions avant l’été », dit B Teste. »Pour lui c’est lié à la question de l’attractivité du métier d’enseignant. Mais il n’a pas donné de détails », explique F Marchand.

Pap Ndiaye « est conscient des difficultés de recrutement », confirme B Teste. « On lui a dit qu’il faut employer les inscrits sur listes complémentaires et garder les contractuels. Il a opiné du chef. Mais a t-il les moyens pour le faire ? ». « Notre alerte sur le recrutement a été entendu par le directeur de cabinet », estime F Marchand. « Il va falloir aller sur du pluriannuel pour garder les contractuels ».

L’Unsa Education a rappelé que la loi sur le harcèlement prévoit la CDIsation des surveillants (AED) et il a demandé la réalisation des engagements pris en faveur du personnel administratif. Le syndicat a rendu compte du Baromètre Unsa « pour signifier l’état d’esprit de la profession et la nécessité d’apaiser la relation ». Il a posé la question de la mixité sociale et scolaire et de l’école inclusive.

Pas de chamboule tout

La Fsu a demandé l’attention du ministre sur la montée des inégalités, notamment avec la réforme du lycée, et des discriminations. Pap Ndiaye a déclaré qu’il y serait attentif. « On a alerté sur le fait que le ministère du Travail récupère des dossiers comme l’apprentissage et par suite la voie professionnelle. On lui a dit que pour nous c’est une ligne rouge », dit B Teste. Un autre sujet est venu sur la table, celui des 6 enseignants sanctionnés de l’école Pasteur de Saint Denis. « On lui a dit qu’il faut une mesure d’apaisement. Il a pris des notes mais ne semble pas connaitre le dossier ».

Pour la FSU, le ministre écoute mais n’a pas pris de décisions. Le syndicat s’interroge sur l’état des arbitrages budgétaires. « Aura t-il les moyens nécessaires ? Et pour plusieurs années ? », demande B Teste. « Ce ne sera pas un « chamboule tout », estime F Marchand. « Mais il est préoccupé par la fatigue des enseignants ». A suivre…

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La FSU critique le nouveau gouvernement

« La composition de ce gouvernement sonne comme l’annonce de la poursuite par Emmanuel Macron de sa politique de casse sociale : nouvelle réforme des retraites, travail gratuit exigé des allocataires du RSA, poursuite du démantèlement des services publics, fragilisation de l’éducation », écrit la FSU. « Dans la période de 3 semaines qui nous sépare de l’élection législative, la FSU continuera donc de mettre les enjeux sociaux au centre du débat public, en toute indépendance vis-à-vis des partis politiques mais avec la volonté de nourrir les dynamiques de progrès social et avec la volonté de porter au plus haut les revendications du monde du travail afin qu’elles se traduisent en mesures législatives et réglementaires. Elle appelle à aller voter massivement à l’élection législative, pour battre inconditionnellement l’extrême droite, mais aussi à rejeter massivement les forces portant les politiques néolibérales ».

 

Communqiué

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Plainte collective contre la Technopolice

Il y a 3 ans, La Quadrature du Net lançait l’initiative Technopolice pour recenser les nouvelles technologies policières installées dans nos villes. Aujourd’hui, la surveillance de nos rues est devenue totale, car ces technologies se renforcent les unes les autres : vidéosurveillance généralisée, fichage de masse, reconnaissance faciale et détection automatisée de comportements. Pour mettre un coup d’arrêt à cette surveillance totale, nous lançons une plainte collective contre le ministère de l’intérieur qui l’organise illégalement.

Rejoignez la plainte sur plainte.technopolice.fr. Vous y trouverez le détail de notre argumentaire et de la procédure.

En résumé, il s’agit d’une procédure similaire à celle que nous avions engagée il y a 4 ans devant la CNIL contre les GAFAM. Ces plaintes collectives avaient réuni 12 000 personnes et conduit à quelques belles victoires, telle que l’amende record de 746 millions d’euro contre Amazon (les autres plaintes sont encore en cours de traitement).

Aujourd’hui, nous attaquons l’État français pour demander l’arrêt de quatre dispositifs de surveillance :

  • les caméras de surveillance installées depuis plus de 20 ans dans toutes les villes de France, qui n’ont cessé de démontrer leur inutilité (et donc leur illégalité) ;
  • les logiciels qui s’ajoutent à ces caméras, dans le but de détecter des comportement « indésirables » (mendicité, maraude, regroupement, tag…) pour aseptiser nos villes et en exclure les personnes les plus vulnérables ou encore les activistes politiques ;
  • les fichiers de police enregistrant nos visages, qu’il s’agisse du TAJ (« traitement des antécédents judiciaires »), qui contient 8 millions de photos de personnes connues de la police, ou du TES (« titres électroniques sécurisés »), qui contient la photo de toute personne demandant un passeport ou une carte d’identité ;
  • l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police (plus de 1 600 fois par jour en 2021) et par les services de renseignement, qui est en train d’abroger l’anonymat dans l’espace public.

Le but de notre action n’est pas uniquement juridique : il s’agit aussi d’imposer un rapport de force politique dans un contexte où ces technologies s’imposent dans l’opacité la plus totale. Unissons-nous massivement pour reprendre notre place dans le débat public et faire savoir que la Technopolice est illégale et doit le rester.

Rejoignez notre plainte collective sur plainte.technopolice.fr.

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Jean-Marc Huart directeur du cabinet de Pap Ndiaye

Le retour de Jean-Marc Huart au ministère est-ce le retour du blanquerisme rue de Grenelle ? La question enflamme les réseaux sociaux. Si JM Huart a bien été un maillon important de la politique blanquérienne, son retour ne signifie pas pour autant celui de JM Blanquer. Mais il pose d’autres questions.

Un spécialiste de la formation professionnelle

Agé de 54 ans, Jean-Marc Huart a commencé sa carrière comme professeur de SES. Nommé IPR il a été de 2002 à 2007 délégué académique à la formation professionnelle dans l’académie de Bordeaux. De 2007 à 2009 il est conseiller technique pour l’enseignement professionnel au cabinet de X. Darcos. Inspecteur général, il est sous directeur à la formation professionnelle à la Dgesco. De 2013 à 2015 il est sous directeur des politiques de formation au ministère du Travail où il participe à l’élaboration de la loi Sapin sur la formation professionnelle. Il revient à l’éducation nationale en 2015 avant d’être nommé directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) par JM Blanquer. Il restera à ce poste deux années de l’été 2017 à l’été 2019. Il est alors nommé recteur de Nancy-Metz et recteur de la région académique Grand Est. Il est élu en 2021 président de la Conférence des recteurs.

La fidélité à JM Blanquer

JM Huart a été un directeur général très actif et très fidèle à JM Blanquer. Une fidélité qui a continué quand il était recteur. Ainsi Libération a pu montrer en 2020 son rôle dans la naissance du syndicat lycéen « Avenir lycéen », une organisation inspirée par le ministère qui aurait même trouvé son nom. En novembre 2020, JM Huart s’était défendu d’avoir privilégié Avenir lycéen en affirmant qu’il entretenait comme Dgesco des relations avec toutes les organisations lycéennes et qu’il n’avait favorisé personne.

Est-ce cette fidélité qui explique la nomination de JM Huart ? Est-ce même le souci de donner des gages aux partisans de JM Blanquer suite aux attaques lancées contre Pap Ndiaye ? Des confidences arrivées au Café pédagogique le 20 mai mentionnaient déjà son installation rue de Grenelle. C’est à dire avant que les polémiques racistes prennent de l’ampleur. Et il n’est pas rare que l’Elysée intervienne dans la nomination des directeurs de cabinet. Ceux ci ont à travailler fréquemment avec le secrétaire général de l’Elysée. Ils doivent donc y avoir des liens.

Appliquer la réforme d’E Macron

La carrière de JM Huart explique sa nomination. C’est un spécialiste de l’enseignement professionnel. Il a participé à la réforme menée sous X Darcos puis aux lois qui se sont succédées sur la formation professionnelle. Il a été un rouage important des contacts entre Education nationale et organisations patronales. Or Emmanuel Macron veut réformer en profondeur l’enseignement professionnel. Non seulement il va doubler la durée des stages en entreprises, ce qui va poser problème pour le maintien des enseignements, mais c’est la philosophie même de l’enseignement professionnel qu’il veut changer. D’un enseignement scolaire donné à des élèves perçus comme de jeunes citoyens ayant droit au bagage éducatif commun et ouvrant la porte du supérieur, E Macron veut passer à un enseignement adapté aux besoins immédiats des entreprises locales. Au point que le Snuep Fsu a pu parler d’un « séparatisme des jeunesses ». E. Macron accorde à cette réforme une très grande importance et il a installé au centre du ministère un spécialiste capable de la diriger.

Une nomination inhabituelle

JM Huart connait très bien le ministère. Il est connu des services. Il pourra être un appui pour un ministre quine connait pas la « centrale » et mal le fonctionnement du système. Rappelons que là aussi c’est une situation banale. Il est rare qu’un ministre de l’éducation soit du sérail et ait l’expérience d’avoir dirigé les services centraux. La Dgesco prépare un dossier qui présente les projets en cours et permet au ministre de faire, avec son directeur de cabinet, le tour des questions. JM Huart connait très bien le ministère. Il devra être plus qu’un directeur de cabinet, un véritable appui pour P. Ndiaye. Ce qui va lui demander beaucoup d’autorité.

Mais il y a une autre surprise dans cette nomination. « C’est sans précédent qu’un recteur devienne directeur de cabinet », nous a dit Claude Lelièvre. D’abord parce que le poste de recteur est des plus confortables. Ensuite parce que diriger un cabinet demande une disponibilité totale. Les membres des cabinets « sont donc plutôt jeunes » même s’il y a des exceptions (comme C Kerrero quand JM Huart était Dgesco). JM Huart a accepté de quitter Nancy-Metz pour revenir au coeur d’un ministère épuisant. Pour combien de temps ?

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SES : L’aveu ?

Dans une chronique publiée dans les Echos le 19 mai 2022 et intitulée « Le penser-faux de Mélenchon », l’économiste Philippe Aghion instrumentalise les sciences économiques et sociales (SES) à des fins politiques », écrit l’Apses, association qui réunit les professeurs de SES. « Ainsi, s’il affirme se battre depuis plusieurs années pour que tou·te·s les élèves du secondaire apprennent l’économie « afin que chacun puisse comprendre que certaines idées ne peuvent fonctionner », ses propos visent directement le programme politique de J.L Mélenchon. L’APSES prend acte du fait que les chapitres d’économie des programmes de SES, qui ont été réécrits en 2018 par un groupe d’experts présidé par M. Aghion (par ailleurs soutien officiel d’E. Macron en 2017), l’ont été avec pour objectif de dissuader les futur·e·s citoyen·ne·s de voter pour les adversaires politiques d’Emmanuel Macron. Cette prise de position est révélatrice des pressions qui s’exercent depuis de nombreuses années sur la confection des programmes de sciences économiques et sociales et de l’instrumentalisation qui peut en être faite par le pouvoir politique ». L’APSES « dénonce ce grave manquement au principe de neutralité » et demande  » une réécriture des programmes de SES, pour qu’ils intègrent davantage la réalité des débats scientifiques et démocratiques ».

 

Communqiué

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L’environnement des enfants des pays pauvres menacé par les pays riches

« La majorité des pays riches créent des conditions de vie délétères et dangereuses pour les enfants du monde entier », annonce le Bilan Innocenti publié par l’UNICEF. Le Bilan Innocenti 17, intitulé Places and Spaces: Environments and children’s well-being (Lieux et espaces : Environnements et bien-être des enfants), analyse dans quelle mesure 39 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Union européenne (UE) offrent aux enfants un cadre de vie sain, en s’appuyant sur toute une série d’indicateurs tels que l’exposition à des substances polluantes nocives (pollution atmosphérique, pesticides, humidité du domicile, plomb) ; l’accès à la lumière, aux espaces verts et à des routes sûres ; et les contributions des pays à la crise climatique, à la consommation des ressources et à la production de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE). Selon ce rapport, si chaque individu sur le globe vivait comme un Français, il faudrait 2,9 planètes pour couvrir l’ensemble des besoins de l’humanité. Aucun des pays de l’OCDE et de l’UE ne parvient à fournir des environnements sains à tous les enfants du monde sur l’ensemble des indicateurs étudiés. La France est l’un des pays de l’OCDE et de l’UE ayant le moins d’espaces verts récréatifs à disposition des citadins. « Non seulement la majeure partie des pays riches ne parvient pas à fournir à ses propres enfants un cadre de vie sain, mais pire, ils contribuent à la destruction de celui d’autres enfants, ailleurs dans le monde », estime Gunilla Olsson, directrice du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF. « Par ailleurs, certains pays offrant des environnements relativement préservés à leur propre jeunesse contribuent fortement à la pollution qui détériore les conditions de vie des enfants dans d’autres pays. »

 

Le rapport

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Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce

Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
23 mai 2022 | Par Romaric Godin
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser.
« Vous semblez oublier mes amis que vous n’êtes que des salariés, les êtres les plus vulnérables du système capitaliste. […] C’est pourquoi, si vous avez des revendications de salaires à formuler, vous me faites une note écrite, je la mets au panier et on n’en parle plus. » Cette réplique célèbre de Michel Audiard tirée du nanar Un idiot à Paris, sorti en 1967, et prononcée par Bernard Blier, qui campe le patron autoritaire d’un abattoir face à une grève sauvage, semble résumer à elle seule la situation dans laquelle les salariés se trouvent depuis quatre décennies.
Avec l’accélération des prix en 2021 et encore plus au début de 2022, la priorité des politiques menées en France, mais aussi dans la plupart des pays avancés, est la même : contenir les salaires nominaux pour éviter la fameuse « boucle prix-salaires ». Il est donc demandé aux salariés d’amortir le choc.
L’inflation exige la modération salariale
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau exhorte les salariés à la raison : « Tout le monde serait perdant en cas de hausses de salaire », a-t-il déclaré le 11 mai sur France 5. En attendant, ce sont les salariés qui trinquent. Les salaires réels se sont effondrés : selon la Dares, durant le premier trimestre 2022, le salaire mensuel de base du secteur privé a reculé de 2,3 %.
On peine à prendre conscience du choc que cet « ajustement » représente. Au cours des douze dernières années, les baisses de salaires en termes réels, autrement dit en prenant en compte l’inflation, ont été des phénomènes exceptionnels. Les salaires nominaux ont plutôt stagné quand les prix, eux, restaient faibles. C’est pour cette raison que le phénomène actuel est particulièrement rude pour les salariés : la baisse du salaire réel atteint un niveau inédit depuis longtemps. La réalité de la politique actuelle de lutte contre l’inflation se traduit donc par la plus grande violence sociale.
Évolution des prix à la consommation et du salaire mensuel de base du secteur privé. © Dares
C’est face à cette réalité qu’il faut comprendre la stratégie du précédent gouvernement et du nouveau. Le « chèque énergie », le nouveau « chèque alimentation », annoncé dans le prochain collectif budgétaire, ou même le « bouclier tarifaire » ne sont, en réalité, que des mesures d’accompagnement visant à faire accepter cette baisse de revenus réels.
Évidemment, en période de campagne électorale, les bras s’agitent et les moulinets succèdent aux effets de manche. Ce lundi 23 mai, Bruno Le Maire a réuni le patronat pour demander aux entreprises de faire quelque chose. Mais les « demandes » de Bercy sont surtout et avant tout le reflet de son impuissance volontaire. D’ailleurs, dans son entretien inaugural du dimanche 22 mai au Journal du Dimanche, la première ministre Élisabeth Borne, n’a même pas daigné évoqué la question des salaires.
En face, les entreprises ont beau jeu de faire valoir la compétitivité, l’investissement, leurs intérêts et le rapport de force décrit par Bernard Blier ci-dessus pour renvoyer le ministre à ses chères études. Tout le monde est content : le ministre a essayé, mais ce n’est pas possible. Aux salariés, donc, de continuer à ajuster. Si l’on cherche un adjectif pour qualifier ce type de politique économique, on pourrait aisément tomber sur le terme « cynique ».
L’inflation faible exige la modération salariale
Mais il y a davantage. Car la position des salariés n’est, en réalité, guère plus enviable lorsque l’inflation est modérée. On peut aisément s’en souvenir, cela ne date que de quelques années. Lorsque la hausse des prix est modérée ou basse, la « modération salariale » est de rigueur. Il en va bien sûr de notre compétitivité et, faute de hausse des prix, il faut bien pouvoir assurer les bénéfices par la compression des salaires.
Le 14 juillet 2020, lors de son entretien suivant la nomination de Jean Castex au gouvernement et alors que l’inflation était au plus bas, le président de la République avait d’ailleurs revendiqué cette politique de « modération salariale ». Dans cet entretien, Emmanuel Macron faisait aussi rêver les salariés en leur promettant en retour de leurs « efforts » de l’intéressement et de la participation. « Si on accepte de la modération salariale pour un temps, moi, je souhaite qu’elle s’accompagne et on a mis en place ces dispositifs, d’intéressement et de participation », affirmait-il. Ce que le salarié perd en salaire, il le gagnerait en forme de dividende.
Mais comme avec les chèques divers distribués en période d’inflation, le salarié lâche alors la proie pour l’ombre. Il abandonne la rémunération de son travail, fondement de la valeur, pour un partage avec les actionnaires, de la plus-value, autrement dit ce qu’il a travaillé pour le capital. À ce petit jeu, la perte est assurée.
C’est donc un bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent.
Au reste, la « grande modération » de l’inflation a un bilan très décevant en termes de revenus réels. Il est d’ailleurs intéressant de se plonger dans l’historique de l’Insee des évolutions du « pouvoir d’achat », autrement dit du revenu disponible brut réel par unité de consommation. On constate que, entre 1960 et 1980, ce revenu a progressé de 100,8 %. Mais entre 1980 et 2020, soit sur une période deux fois plus longue, ce même revenu a, lui, progressé de 45,5 %, soit plus de quatre fois moins vite. Dans la deuxième décennie du XXIe siècle, la situation a même été désastreuse : entre 2011 et 2013, la chute a été telle qu’il a fallu attendre 2017 pour revenir au niveau de 2010. Sans inflation, cette fois.
Comme on peut donc le constater, la promesse de la modération salariale est une fausse promesse : elle se traduit par des gains faibles ou négatifs en termes de revenus réels. Dès lors, ce que demandent aujourd’hui les économistes orthodoxes, le patronat et le gouvernement revient à demander aux salariés de perdre du pouvoir d’achat pour pouvoir ne pas en gagner par la suite.
C’est donc bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent. Inflation ou désinflation, ils doivent renoncer à toute revendication de hausse des salaires. Et le tout en supportant un discours dominant qui fait du salariat une sinécure pleine de sécurité et d’avantages face à un entrepreneur qui, lui, « prendrait des risques » et « jouerait sa vie ».
Évidemment, une telle situation n’est pas le fruit du hasard. En désarmant le monde du travail à force de « réformes structurelles » et de répressions syndicales, on a renforcé cette fameuse « vulnérabilité » structurelle du salarié dont parle Audiard. Il suffit de faire jouer la crainte du chômage pour faire accepter une politique unilatéralement favorable au capital. Car, bien sûr, cette politique de répression des salariés ne se fait jamais qu’au nom de « l’emploi » et de la « valeur travail ». Ce lundi 23 mai encore, Élisabeth Borne pouvait ainsi se lancer dans un éloge abstrait du travail qui « libère » et « rend digne ». À condition, évidemment, qu’il reste bon marché.
La situation actuelle agit naturellement comme un révélateur de la condition salariale que le consumérisme du dernier demi-siècle avait cherché à dissimuler. Du point de vue du capital, les salaires sont toujours trop élevés et les salariés toujours trop gourmands et trop paresseux. Cette règle ne signifie pas qu’il puisse y avoir des exceptions, mais lorsque, comme c’est le cas aujourd’hui, la croissance de la productivité du travail est faible, la lutte pour le partage de la valeur est nécessairement plus intense. Mais lorsque cette lutte n’est pas menée par un des deux camps, ici le travail, ce dernier devient nécessairement la dernière roue du carrosse économique.
Vers une prise de conscience par la lutte sociale ?
Si les années 1950-1970 peuvent, de ce point de vue, apparaître comme une exception, c’est en raison d’une triple conjoncture exceptionnelle dans l’histoire du capitalisme : une croissance inédite de la productivité, un besoin d’élargir la consommation de masse pour renforcer la rentabilité du secteur privé et un rapport de force unique en faveur d’un travail revendicatif et organisé.
Une fois cette exception passée, la réalité du statut salarial (qui d’ailleurs n’avait jamais complètement disparu) revient dans toute sa violence. Seuls les salariés de soutien direct au capital (les PDG des grandes entreprises) sont protégés, précisément parce qu’ils sont les artisans de cette soumission des salariés (le dernier bilan du CAC 40 publié par l’Observatoire des multinationales pour 2021 permet de s’en rendre compte). Mais cette réalité rappelle aussi que la lutte sociale est plus que jamais indispensable. Et c’est bien l’intérêt de cette période.
La démission de l’État semble complète. Ce lundi 23 mai, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a déclaré que « le gouvernement n’a pas le pouvoir direct d’augmenter les salaires des Français en appuyant sur un bouton ». C’est précisément ce que l’on peut lui reprocher. En refusant de restaurer tout mécanisme d’indexation, qui avait permis de sauvegarder les revenus réels jusqu’à sa suppression en 1982, le gouvernement renonce à protéger des salariés qu’il a, par ailleurs, en 2016 et 2017, encore affaiblis avec les ordonnances travail.
Laissés seuls face aux employeurs et à la violence de l’ajustement qui leur est demandé, les salariés n’ont d’autre option que de lutter pour maintenir leur niveau de vie. Ce combat se répand déjà dans les entreprises, que ce soit parmi les secteurs à bas salaires (lire ici l’article de décembre 2021 de Khedidja Zerouali) ou dans des secteurs plus « haut de gamme » comme chez Thales.
Ce mouvement est celui d’une nouvelle prise de conscience qui, après quatre décennies de répression et de guerre culturelle, sera forcément progressive. Mais elle peut permettre aussi d’interroger cette condition de salariés qui, à chaque variation de la conjoncture, devraient toujours s’oublier. Ce qui revient avec la particularité de l’inflation actuelle, c’est la remise en avant de la guerre sociale au cœur de la dynamique capitaliste, de cette lutte de classes que des générations de politiques ont voulu nier.
En 1847, un an avant la grande vague de révolutions qui emportera l’Europe avec, pour la première fois, un contenu social, Marx répondait à Proudhon dans sa Misère de la philosophie sur la défense des grèves et des « coalitions » que le penseur anarchiste critiquait si vivement. Pour le Trévois, les luttes sociales sont toujours politiques, elles permettent de mener ce combat interne au système productif et de modifier ainsi l’ordre social. Sans elles, l’ordre règne, au détriment du salariat.
On comprend donc l’intérêt du gouvernement à faire croire que quelques chèques régleraient le problème et permettraient d’oublier la violence de la politique actuelle qui n’est rien d’autre qu’une politique de classe. « Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il n’y a jamais de mouvement politique qui ne soit social en même temps », écrivait Marx dans le texte qu’on a cité. Peut-être le vrai combat politique se joue-t-il alors sur ce nouveau front des salaires.

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Benoît Teste :  » On ne va pas se laisser conter par la stratégie actuelle qui vise à désamorcer le vote enseignant »

La personnalité de Pap Ndiaye va t-elle changer les relations entre le ministre et les personnels ? Secrétaire général du premier syndicat de l’Education, Benoît Teste manifeste son admiration pour la personne de Pap Ndiaye et sa volonté de reprendre un dialogue cassé par JM Blanquer. Pour autant il rappelle que les législatives peuvent changer le ministre et que la nomination de Pap Ndiaye est avant tout une manoeuvre politique.

La nomination de Pap Ndiaye a t-elle été une surprise pour vous ? Comment expliquez vous ce choix ?

Cela a été une grande surprise. D’autres noms de personnes proches d’E Macron ont circulé. Sa nomination est un symbole très fort d’une sorte d’anti blanquérisme sur les questions de la lutte contre les discriminations et le racisme. Par contre on ne connait pas avec quels projets il arrive au ministère. Il n’a pas pour l’instant développé ce qu’il souhaite faire.

Mais on peut penser qu’il vient appliquer la politique voulue par E Macron, que nous jugeons négativement. Comme par exemple lier la revalorisation à des contreparties. Nous sommes dans l’attente de savoir ce que sa nomination signifie et s’il y a réorientation de la politique éducative.

On lisait Pap Ndiaye comme historien. Nous étions en lien avec lui intellectuellement. C’est une personnalité qui compte, particulièrement intéressante par sa grande intelligence et sa grande finesse sur des questions comme les discriminations. Sur ces questions c’est une sorte d’anti Blanquer. Le précédent ministre hystérisait le débat. Au contraire, Pap Ndiaye manie ces questions avec finesse et intelligence.

Pap Ndiaye a marqué , dès son premier discours, son choix du dialogue. Etes vous prêt ?

On est prêt. On va poser nos sujets. Mais on l’aurait aussi été avec le ministre précédent. On attend une plus grande ouverture au dialogue et une capacité à mener des débats sans hystérisation. On souhaite un dialogue plus franc et plus serein. Mais il ne faut pas cacher que le projet présidentiel pour l’Ecole remet en cause de nombreux points sur le statut des personnels. On attendra donc de voir le contenu de ce dialogue.

Il faut le rappeler : on est dans une période particulière, à 3 semaines des législatives. On espère dialoguer avec Pap Ndiaye. Mais il y a aussi une élection qui doit déterminer la majorité parlementaire et donc l’orientation du gouvernement.

Quels sujets sont prioritaires ?

La revalorisation. On voit l’éducation prendre l’eau avec une crise du recrutement sans précédent. On craint beaucoup pour la rentrée prochaine. C’est le moment d’échanger sur les urgences : prendre en compte immédiatement les listes complémentaires, maintenir en emploi les contractuels par exemple.

Vous allez demander des mesures d’apaisement pour les poursuites lancées par le ministre précédent ?

Bien sur. Vouloir tout controler, désigner comme wokistes des enseignants qui usent seulement de leur liberté pédagogique, c’était structurel dans la politique de JM Blanquer. On attend du nouveau ministre qu’il envoie des signaux là dessus. Il ne s’agit pas de tout remettre en cause mais de montrer que le calme revient dans certains cas emblématiques. On attend ce calme dans les questions de discrimination. Ce qui s’est passé à Saint-Denis (la mutation forcée de 6 enseignants de l’école Pasteur NDLR) c’est typiquement de l’hystérisation. On a monté en épingle une situation d’autonomie pédagogique qui se faisait dans le respect des textes avec une volonté de reprise en main. On a fait de ces enseignants de dangereux gauchistes en donnant raison à l’extrême droite. On attend de Pap Ndiaye qu’il prenne des décisions là dessus. Il y aussi le cas des CPE déplacés à Nantes.

Un mot sur les 5 années de JM Blanquer ?

Ouf ! Cette période a été douloureuse. Une période d’autoritarisme, de difficulté à dialoguer dans un ministère qui a besoin de calme et de sérénité. Il peut y avoir désaccord entre nous et le ministre. Mais JM Blanquer ajoutait une façon de mépriser ses interlocuteurs dès lors qu’ils ne pensaient pas comme lui qui a envenimé les choses. Le gouvernement actuel ne doit pas penser que la page est tournée. JM Blanquer a été soutenu y compris dans sa volonté de cliver sur les questions d’identité et de racisme car à un moment cela a correspondu à la volonté d’E Macron de fracturer la gauche. On ne va pas se laisser conter par la stratégie actuelle qui vise à désamorcer le vote enseignant. Il y a une forme de cynisme là dedans.

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Pap Ndiaye salué par ses collègues

Alors que l’extrême droite attaque violemment le nouveau ministre de l’Education nationale, ses collègues le saluent.  » Tout au long de sa carrière Pap Ndiaye a témoigné d’une conception profondément citoyenne de sa fonction et d’une idée très élevée du rôle des sciences humaines et sociales dans la compréhension des grands enjeux du monde contemporain », écrivent Laurence Bertrand Dorléac, présidente de la FSNSP et Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po. « Il a toujours mis son savoir et ses idées au service du plus grand nombre, sans sectarisme, dans le strict respect des règles du débat universitaire, celles d’un échange serein d’arguments rationnels, étayés par des faits, où les prises de position s’appuient sur des connaissances, sur une expertise… Celles et ceux qui, dès sa nomination, ont engagé une chasse aux sorcières à son encontre sont emblématiques de cette méconnaissance, trop largement partagée, de l’enseignement supérieur et de la recherche, teintée de mépris pour les sciences humaines et sociales. Les nuances de la pensée, le doute méthodique, les principes de l’enquête, les subtilités de la controverse scientifique, leur sont étranger. Ils nous donnent, par les voies étriquées et tortueuses de la malhonnêteté intellectuelle et de la vacuité argumentative, un bel exemple de la nécessité brûlante d’accorder la plus haute importance à la formation (de l’école primaire jusqu’au doctorat) et à la recherche ».  » Dix de ces 28 ministres de l’Éducation nationale ont été professeurs. Il est remarquable qu’ils sont tous agrégés », rappelle Claude Lelièvre. Pap Ndiaye n’échappe pas à la règle.  » En 2021, il est nommé par le président de la République Emmnanuel Macron à la tête du Palais de la Porte-Dorée qui héberge le Musée national de l’histoire de l’immigration. Selon le sociologue Michel Wievorka, « le chef de l’Etat voulait lancer un signal politique pour contrebalancer les positions des ministres Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Gérald Darmanin » (épisodes remarqués des évocation de « la cancel culture » et de « l’islamo-gauchisme »). Un an plus tard, Emmanuel Macron vient de l’installer à la tête d’un ministère très exposé (celui de « l’Education nationale et de la Jeunesse ») pour qu’il succède précisément à Jean-Michel Blanquer avec son passé et son passif. Sans compter la perspective d’être la cheville ouvrière (sinon le maître d’oeuvre) d’une « refondation de l’Ecole » voulue et dûment annoncée par le président de la République nouvellement réélu. Rude tâche… » L’APHG met aussi en garde ce collègue.  » Au-delà du symbole que représente l’arrivée rue de Grenelle de l’un de nos collègues historiens, dix-huit mois après l’assassinat de l’un des nôtres, Samuel Paty, l’APHG souligne l’impérative nécessité d’un dialogue renouvelé entre tous les acteurs éducatifs et notre ministre, fondé sur la confiance et l’intérêt commun d’œuvrer à la réussite des élèves. Les blessures sont profondes et il faudra une attention constante pour les apaiser et les soigner. »

 

APHG

C Lelievre

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A Alès, l’Education nationale aggrave sa crise

Le Café pédagogique l’avait signalé en juin 2021. A Alès, comme dans d’autres départements comme la Gironde, les dédoublements des classes de GS de maternelle ont été utilisés pour créer des postes à profil. Résultat : des enseignants expérimentés et appréciés sont obligés de passer devant une commission et peuvent perdre leur poste s’ils répondent mal à un entretien dont le contenu n’est pas communiqué. C’est ce qui est arrivé à Maxime Tatry, directeur et enseignant depuis 16 ans à l’école Rep+ Louis Leprince – Ringuet d’Alès. En février 2021 il perd son poste en 15 minutes sous prétexte qu’il ne connait pas assez Eduscol. « L’institution réduit à néant 16 ans d’expérience ce qui dévalorise nos compétences professionnelles », écrivent ses collègues qu organisent deux rassemblements de soutien.Un nouvel entretien a lieu à l’été 2021. A la rentrée, devenu directeur d’une autre école, M Tatry reçoit la visite de la police. L’inspectrice a porté plainte contre lui pour harcèlements et outrages. C’est le coup de grâce pour M Tatry. Amère, il décide de quitter définitivement l’enseignement et signe une rupture conventionnelle. La hiérarchie règne enfin. Sur un désert…

 

Dans le Café pédagogique du 15 juin 2021

Dans Objectif Gard

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Pap Ndiaye et JM Blanquer : Rupture ou continuité ?

Quand un ministre s’en va il vante son bilan. Quand il arrive il salue les enseignants. Tout cela, JM Blanquer et Pap Ndiaye l’ont fait le 20 mai lors de la cérémonie de passation de pouvoirs. Mais les deux hommes se sont aussi affrontés à fleuret très moucheté sur le thème de la continuité. De leur coté, les syndicats posent dès maintenant leurs exigences en attendant d’entamer un dialogue que le nouveau ministre a promis.

JM Blanquer ne lâche rien

« Oui il y a eu un progrès. Oui les enfants ont progressé en français et en maths ». Ce dernier jour de son long ministère, JM Blanquer continue à répéter des éléments de langage qui ne l’ont pas aidé à garder son poste. Mais l’essentiel de son discours va porter sur ce qui semble le séparer de son successeur. « L’école républicaine c’est la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Et nous avons voulu faire valoir cela avec des initiatives que je sais que vous partagez, avec le conseil des sages de la laïcité, les équipes laïcité… Certains veulent souligner que chaque appartenance serait plus importante que la république. C’est l’inverse », dit JM Blanquer à son successeur, pionnier des Black Studies en France. « Je sais, et nous en avons parlé, il y aura des continuités et même des mesures d’approfondissement sur ces sujets », affirme t-il. JM Blanquer en appelle à S Paty. « Il y a eu un événement dramatique pour cette maison : l’assassinat de S Paty. Il nous oblige à une vigilance sur nos valeurs et cette vigilance vous en êtes maintenant le garant ».

Pap Ndiaye promet le dialogue

Pap Ndiaye anticipe. « J’ai une pensée pour un collègue historien, Samuel Paty, dont l’exemple et la mémoire sont gravés dans nos esprits », dit P Ndiaye en commençant son discours. « Mes premières pensées vont vers le monde des enseignants qui est le mien depuis toujours. Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine dont l’école est le pilier ». Mais Pap Ndiaye ajoute : « Je suis aussi le symbole de la diversité. Je n’en tire nulle fierté mais plutôt le sens des responsabilités ».

Arrive le moment d’annoncer sa politique. P Ndiaye évoque « la consolidation des savoirs fondamentaux, l’égalité des chances , l’adaptation aussi nécessaire de l’école aux bouleversements des économies et des sociétés ». Il termine son discours en promettant que « le dialogue avec toute la communauté éducative sera un principe important ».

Les syndicats manifestent leurs exigences

Justement la communauté éducative n’a pas tardé à faire connaitre ses exigences. « Sa nomination est un symbole de rupture avec Jean-Michel Blanquer à plus d’un titre », affirme le Snes Fsu. « Mais l’Education nationale ne se gouverne pas uniquement à coup de symboles. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron a évoqué de nombreux projets de réformes : pacte pour les enseignants, redéfinition du statut, orientation, avec des propos souvent méprisants ou déconnectés de la réalité. Ces projets ne répondent en rien à l’urgence du moment qui est salariale : après des années de déclassement salarial, les personnels doivent être revalorisés sans contreparties. Si le nouveau ministre de l’Education nationale persiste à vouloir engager des réformes qui ne répondent qu’à des lubies idéologiques sans prendre la mesure de la crise profonde que traverse l’Education nationale, il portera alors, comme son prédécesseur, une lourde responsabilité dans la crise du service public d’Education ». Le Snes demande une réelle revalorisation (« plus aucun professeur, CPE, Psy-EN ne doit être recruté en dessous de 2 000 euros nets »).

Pour le Snuipp Fsu,  » une rupture nette avec les politiques éducatives menées est non seulement nécessaire, mais aussi urgente. Pourtant, le programme du président de la République prévoit de poursuivre le resserrement sur « les fondamentaux » qui réduit l’ambition scolaire, d’amplifier la mise au pas des enseignant·es comme dernièrement avec la mutation d’office de six enseignant·es de l’école Pasteur en Seine Saint Denis, de généraliser “l’expérimentation marseillaise” créant ainsi des inégalités territoriales pour les écoles, d’instaurer un salaire prétendument au “mérite” et de mettre en concurrence les personnels comme les écoles… Ces mesures augmenteraient le caractère inégalitaire du système scolaire et conduiraient à une dégradation encore plus forte des conditions d’exercice du métier ». « Il faudra prendre des décisions rapides en matière de revalorisation salariale : dégeler le point d’indice et rattraper des années de déclassement salarial », dit encore le Snuipp. « Sur le plan des conditions de travail, des moyens doivent être débloqués pour alléger les effectifs partout afin de faire réussir tous les élèves ».

Pour le Sgen Cfdt « sortir du sous-investissement dans la reconnaissance des personnels implique pour le Sgen- CFDT une loi de programmation pluriannuelle pour revaloriser les rémunérations des agents. Mais cette reconnaissance doit passer aussi par un changement de paradigme en terme de gestion humaine. Il est nécessaire de mieux considérer les agents, reconnaître leur expertise professionnelle, leur reconnaître une autonomie au travail pour construire au plus près des réalités locales les solutions pour mieux faire réussir tous les élèves ».

Pour le Se Unsa,  » La priorité, c’est la nécessité de travailler à la réconciliation des personnels avec leur institution. Pour le SE-Unsa, il faut une rupture nette avec la méthode politique de la rue de Grenelle de ces cinq dernières années. Les personnels ne veulent plus subir, ni vivre au rythme d’incessantes annonces médiatiques qui nient la réalité, simplifient la complexité de leurs missions et placent les professionnels qu’ils sont dans un insupportable porte-à-faux ». Le Se Unsa pointe encore deux priorités :  » Le premier défi, c’est la crise de l’attractivité. Après des difficultés plus importantes que d’habitude en septembre 2021, la rituelle rentrée « techniquement » réussie » est sérieusement menacée pour septembre 2022… Le second défi, c’est la réussite de l’école inclusive. Il n’est plus possible de laisser les professionnels seuls, entre culpabilité et épuisement, et des élèves et des classes en panne, voire en souffrance ».

Pour Sud, « la nomination de Pap Ndiaye est un désaveu des aspects les plus réactionnaires et nauséabonds de la politique menée par Jean-Michel Blanquer. Néanmoins le programme de Macron en matière d’éducation continue de laisser craindre le pire avec la casse du lycée professionnel,  l’accroissement de l’autonomie des établissements et la remise en cause des obligations réglementaires de service… Le nouveau ministre doit prendre ses responsabilités et envoyer un signal d’apaisement aux personnels en mettant fin sans délai à la répression qui s’abat sur les enseignant·es de l’école Pasteur de Saint-Denis ainsi que sur les 2 CPE du collège Victor Hugo de Nantes. Enfin, l’abrogation des contre-réformes Blanquer (réformes des lycées et du bac, Parcours sup’ et loi Rilhac) doit être une priorité du nouveau ministre ».

Dans l’enseignement professionnel, une priorité pour E Macron, le Snuep Fsu va a contre courant de la politique présidentielle. « Les lycées professionnels, fortement fragilisés par la Transformation imposée par J.-M. Blanquer, doivent bénéficier d’une politique éducative renforcée et volontariste permettant à tout∙es les élèves d’accéder à un diplôme dans des conditions d’études satisfaisantes. Pour cela, il est indispensable de rompre immédiatement avec la volonté d’imposer l’apprentissage dans les classes, d’abroger la Transformation de la voie professionnelle et donc de supprimer les familles de métiers et les gadgets pédagogiques (chefs-d’œuvre, co-intervention et accompagnement imposés). Il faut en finir avec le dogme libéral des compétences et renforcer les diplômes en les certifiant par des épreuves ponctuelles terminales ».

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Pap Ndiaye ministre de l’Education nationale

C’est une nomination surprise, un tournant et pourtant une continuité. La nomination de Pap Ndiaye à l’éducation nationale et à la jeunesse est une surprise. Il ne figurait pas dans les noms qui revenaient pour ce ministère et ce n’est pas un politique. Un tournant car il va rompre avec le populisme anti wokisme agité par JM Blanquer. Une continuité car il aura à appliquer la politique décidée par E Macron, c’est à dire continuer ce qui avait été dessiné dès 2017.

Grimace rue de Grenelle

Nouvelle grimace rue de Grenelle. On se souvient de celle de N Vallaud Belkacem en 2017 à l’annonce du nom de JM BLanquer. Aujourd’hui c’est JM Blanquer qui doit faire la grimace. La nomination de Pap Ndiaye est une gifle pour l’ancien ministre de l’éducation nationale.

Le départ du ministre qui est resté le plus longtemps au ministère a des raisons de grimacer. Les 5 années du ministère Blanquer se traduisent par un rejet inédit de la politique ministérielle. Toutes les enquêtes le disent qu’il s’agisse du Baromètre Unsa ou des enquêtes menées par la FSU. Selon le baromètre Unsa, la confiance est morte entre le ministre et ses personnels depuis 2018. En 2021 il compte seulement 8% de soutiens chez les professeurs des écoles et 6% chez les enseignants du 2d degré. Cela touche aussi les cadres. Un inspecteur (IPR ou IEN) ou personnel de direction sur quatre seulement partage les vues de JM Blanquer. Les résultats promis, malgré la communication ministérielle active jusqu’au bout, ne sont pas au rendez vous. JM Blanquer avait promis un vrai bond au début de l’école primaire grâce à plus de 10 000 postes. En fait l’évolution est faible. Pire, les résultats des élèves socialement défavorisés des classes dédoublées ne sont pas meilleurs que ceux des élèves défavorisés des classes non dédoublées. On ne saurait mieux attester de l’impasse pédagogique dans laquelle le ministre s’est mis.

Un intellectuel à l’Education nationale

Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’éducation nationale, est un historien spécialiste de la question noire. Il est même un pionnier des Black Studies en France, ces études sociologiques que JM Blanquer a décriées et poursuivies d’une haine tenace. Il siège par exemple au conseil scientifique du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). La campagne anti wokisme, la répression qui touche élèves à ce sujet et personnels vont probablement cesser. On va assister à des acrobaties dans les discours des cadres de l’Education nationale. Pour de nombreux cadres, comme le Dasen de Seine Saint Denis mis en cause récemment par Mediapart, ce n’est pas une bonne nouvelle.

En nommant un intellectuel rue de Grenelle, une personnalité qui affiche des valeurs partagées par les enseignants, Emmanuel Macron cherche une certaine réconciliation avec les enseignants. Nul doute que cette nomination sera bien accueillie. Nul doute aussi que les attentes des enseignants soient grandes qu’il s’agisse du dialogue dans l’institution mais aussi des programmes et surtout de la revalorisation.

Après les deux années et 9 mois du ministère Allègre, il avait fallu tout le talent d’un Jack Lang pour apaiser un héritage lourd à porter. Jack Lang avait été nommé pour renouer avec les enseignants. Il avait le soutien politique pour le faire. A la différence de Jack Lang, le nouveau ministre d’E Macron devra, lui, porter la continuité d’une politique lancée par JM Blanquer. Et le président n’a pas marqué dans son discours du 17 mars une considération particulière pour les enseignants.

Une politique fixée par E Macron

Mais le nouveau ministre, même s’il est beaucoup plus ouvert, aura à mener la politique annoncée par E Macron. « Nous sommes à un moment de bascule où nous pouvons changer les choses », a dit E Macron le 17 mars. Sur le fond, c’est la même politique que JM Blanquer (anti wokisme en moins) que Pap Ndiaye aura à appliquer, avec une équipe probablement fléchée par l’Elysée.

E Macron a  fixé comme objectif à son second quinquennat d’aller au bout des réformes menées depuis 2017. Redonnons en les grandes lignes.

Commençons par les enseignants. « On va augmenter leur rémunération mais avec de nouvelles missions » , a dit le président. Ces nouvelles missions sont énumérées. « On propose un pacte aux enseignants : on vous demande de nouvelles missions qu’on est prêts à mieux payer comme le remplacement des profs absents, ça doit être une obligation, le suivi individualisé des élèves, l’accompagnement sur le temps périscolaire. Pour les enseignants en place je propose un nouveau contrat. On augmente leur rémunération s’ils sont prêts à changer leur organisation. Toutes les nouvelles embauches sont sur la base de ces nouveaux contrats », explique E Macron. « On va payer mieux ceux qui sont prêts à faire plus d’efforts.. J’assume plusieurs systèmes de rémunération car ils (les enseignants) ne font pas tous la même chose. Vous avez des enseignants qui pendant le covid se sont occupés de leurs élèves et des enseignants qui ont disparu ».  C’est la paye au mérite que Pap Ndiaye aura à mettre en place. Il aura un budget pour cela : 6 milliards supplémentaires pour l’éducation.

E Macron veut donner de nouveaux pouvoirs aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement , dans la logique de la loi de transformation de la fonction publique. « Je veux que les directeurs aient la possibilité de récuser des profils et participent à la décision », a dit E Macron le 17 mars. « Il ajoute : « Cela permettra de luter contre l’absentéisme. Si un directeur veut porter un projet pédagogique, il est légitime qu’il ait une équipe qui adhère à ce projet. Donc je veux lui donner plus de liberté ». Il souhaite aussi une profonde réforme de l’enseignement professionnel en doublant les périodes de stage, c’est à dire en diminuant d’autant les enseignements.

Voilà la route tracée à Pap Ndiaye. Les enseignants seront soulagés de voir partir JM Blanquer. Ils seront flattés de voir un grand intellectuel et un homme qui défend des valeurs démocratiques nommé rue de Grenelle. Ils doivent aussi se préparer aux réformes à venir.

 

Paye au mérite : histoire d’une obsession

Au revoir JM Blanquer

Macron règle leur compte aux enseignants

Macron au rattrapge

Le bilan de JM Blanquer

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Les syndicats demandent des moyens à Elisabeth Borne

Les syndicats de l’éducation n’attendent pas. Le 18 mai ils écrivent à la première ministre. « La situation pour la prochaine rentrée est inquiétante. Avec la chute importante du nombre de présents aux concours de recrutement, : des personnels vont manquer pour la rentrée 2022. Ceci alors que celles et ceux en postes dans les écoles, les établissements et les services sont épuisés par les réformes à marche forcée du dernier quinquennat et inquiets des projets annoncés », écrivent ensemble 11 syndicats (FSU, UNSA Education, FNEC FP-FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC, Sud Education, SNCL-FAEN, FO-EA, CGT Agri, SUD Rural Territoires) et la Fcpe.  » Il est nécessaire de mobiliser des moyens notamment en pérennisant partout où elles existent les listes complémentaires en y recourant en première intention. Il faut également dès maintenant renouveler les contractuels mobilisés pour assurer les remplacements cette année. Dans l’immédiat, nous demandons un moratoire sur les suppressions de postes présentées dans les comités techniques… Au titre des priorités à engager dès le début du quinquennat, nous vous confirmons notre exigence d’une revalorisation ambitieuse des salaires pour tous les personnels non seulement pour compenser la perte de pouvoir d’achat depuis plusieurs années mais pour redonner de l’attractivité aux métiers des services publics d’Education, sans conditionnement à des tâches supplémentaires ». Faire bloc semble être la bonne politique.

 

Le courrier

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Loi Blanquer : Des précisions sur la compensation des communes

Dans une réponse à une question d’un sénateur, le ministère précise les modalités de versement de la compensation par l’Etat des dépenses des maternelles privées suite à l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire dans la loi BLanquer.  » Cette mesure constitue, pour les communes, une extension de compétences qui, en application de l’article 72-2 de la Constitution, doit donner lieu à un accompagnement financier de la part de l’État », écrit le ministère.  » Les dépenses éligibles sont les dépenses de fonctionnement nouvelles qui résultent directement de l’extension de l’instruction obligatoire… Avec l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire, toute commune de résidence est désormais tenue de prendre en charge, pour les élèves domiciliés sur son territoire et dans les mêmes conditions que pour les classes correspondantes de l’enseignement public, les dépenses de fonctionnement des classes élémentaires et préélémentaires privées sous contrat d’association avec l’État ». Et cela ne survient que s’il y a hausse des dépenses.  » Une hausse des dépenses dans les classes préélémentaires compensée par une baisse des dépenses dans les classes élémentaires ne permet pas d’établir une hausse globale des dépenses obligatoires de fonctionnement pouvant donner lieu à une attribution de ressources ». Cette mesure de la loi Blanquer devrait couter de 100 à 150 millions à l’Etat au profit de l’enseignement privé.

 

La réponse

 

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Blanquer vante un « rebond » au primaire

« Le rebond du niveau des élèves à l’école primaire en français et en mathématiques attesté par une nouvelle évaluation, celle de mi-cp », écrit JM Blanquer dans un tweet.  Le ministre interprète ainsi les résultats des évaluations de mi CP réalisées par l’Education nationale.  » On peut considérer que plus de huit élèves de CP sur dix sont entrés correctement dans l’apprentissage de la lecture », claironne le minsitère. C’est à dire qu’on a 20% des élèves en difficulté en mi CP, un pourcentage sensiblement égal aux années précédentes. Si on regarde de plus près en 2022 pour la compétence « écrire des mots » 18% des élèves sont en difficulté selon les critères ministréiels contre 21 en 2021 et 22% en 2019. Pour « comprendre des phrases lues », 15% des élèves avaient du mal en 2021, 26% en 2019 et 29% en 2022. En maths, 40% des élèves ont du mal à résoudre un problème, un pourcentage identique à 2021 et 2020. 28% ont du mal à soustraire . C’était 31% en 2021. On est loin des « 100% de réussite » qui était le slogan de départ…

 

Communiqué

Sur les évaluations nationales

Sur les dédoublements

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Rire en faisant sa déclaration d’impôt, c’est possible !

Rire en faisant sa déclaration d’impôt, c’est possible !

Livre du mois 19 mai 2022

Il y a tout juste un an, Attac publiait Impôts : idées fausses et vraies injustices, un petit manuel de desintox qui s’attaque aux idées fausses souvent propagées par les éditorialistes en tout genre et autres responsables politiques opposés à toute notion de justice fiscale. En plus d’aller contre ces discours, ce livre réhabilite l’impôt, propose des solutions concrètes en faveur de la justice fiscale, et s’amuse du sujet grâce aux illustrations de Fred Sochard. Il n’est donc pas trop tard pour se le procurer… et remplir sa déclaration d’impôt avec optimisme et sourire !
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« Les pauvres ne paient pas d’impôts et les riches en paient trop ! », « La France est un enfer fiscal ! »… Face aux idées reçues diffusées par le discours dominant, Attac contre-attaque avec son livre Impôts : idées fausses et vraies injustices.

150 pages pour analyser et déconstruire les idées reçues sur les impôts, les taxes et notre système social plus généralement. Il a pour objectif de poser les termes d’un débat rigoureux, toujours plus nécessaire face aux crises que nous traversons, sur la hausse des inégalités et les besoins en matière de politiques publiques.

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144 pages. Prix public : 10€. Frais de port pour la France métropolitaine : 2,50€. 

Rédigé sous la responsabilité d’Attac et illustré avec humour par Fred Sochard, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains. Il vise à donner à chacun·e les outils pour mieux comprendre les enjeux de la fiscalité. Avec des propositions concrètes et applicables pour une meilleure justice fiscale afin de réhabiliter l’impôt solidaire et consenti !

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Informations complémentaires

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Attac France — 2022
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Attac France

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75011 PARIS
France

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17 000 établissements en moins : pourquoi plus d’un quart des écoles ont fermé en France en quarante ans ?

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/05/17/17-000-etablissements-en-moins-pourquoi-plus-d-un-quart-des-ecoles-ont-ferme-en-france-en-quarante-ans_6126542_4355770.html (graphiques uniquement sur leur site)

Evolutions démographiques, politiques territoriales et choix politiques se mêlent pour expliquer cette baisse du nombre d’établissements.

Par et

Publié hier à 20h22, mis à jour à 12h40

A Sauvebœuf (Dordogne), à Bolbec (Seine-Maritime), à Blaincourt-sur-Aube (Aube), à Abbeville (Somme), des mobilisations sont en cours contre la fermeture d’une école. Les mesures de carte scolaire, annoncées en février et éventuellement renégociées jusqu’à la rentrée, font l’objet de tensions entre les différents échelons de l’éducation nationale, les élus locaux, les syndicats enseignants et les parents d’élèves.

Chaque année, depuis 1963 et la création de la carte scolaire, l’offre scolaire est rationalisée en fonction des prévisions démographiques et des postes d’enseignants disponibles, ce qui implique souvent de regrouper, fusionner ou fermer des écoles. En découle le nombre annuel d’immatriculations d’écoles, qui recouvre des situations diverses (des établissements réunis administrativement tout en conservant leur site, de nouvelles constructions, des écoles closes…).

Selon des données fournies au Monde par le ministère de l’éducation nationale, on comptait 61 373 établissements scolaires publics de niveau maternelle ou élémentaire immatriculés en France en 1982, et seulement 44 312 à la rentrée 2021, soit une baisse de 17 061 écoles en quarante ans. Or, pendant cette même période, le nombre d’enfants d’âge scolaire est resté globalement stable.

  • Une tendance historique à la baisse du nombre d’écoles

Au XIXe siècle, les lois Guizot (1833) et Goblet (1886) imposent à toute commune de plus de 500 habitants d’entretenir une école. Mais, dès les années 1960, la baisse démographique en milieu rural incite les autorités politiques à diminuer le nombre de petits établissements. Par exemple, la circulaire du 28 juillet 1964 préconise de fermer les classes ou écoles de moins de seize élèves. Si cette orientation s’assouplit ensuite, face aux réalités de terrain – notamment en zone montagneuse –, la tendance est d’inciter les petits établissements à se regrouper pour survivre dès les années 1970.

Apparaissent ainsi des « regroupements pédagogiques intercommunaux » (RPI), qui incitent les communes à faibles effectifs scolaires à coopérer. Le regroupement peut être plus ou moins formel selon l’accord signé entre les communes et reposer sur des locaux « dispersés » (maternelle et CP dans l’école d’une commune, du CE1 au CM2 dans une autre) ou « concentrés » (un seul bâtiment est conservé et entretenu par plusieurs communes).

Malgré cette politique de regroupements, les petits établissements sont toujours nombreux : on compte 3 483 écoles publiques à classe unique, 5 204 écoles à deux classes et 5 890 écoles à trois classes.

A partir des années 1980, les RPI se développent fortement en milieu rural et rurbain. On s’éloigne de la logique selon laquelle chaque commune devrait avoir son école. D’autant qu’en 1992, le rapport Mauger préconise la généralisation des écoles à trois classes en arguant du manque d’efficacité des classes uniques ou de niveaux regroupés qui caractérisent les petits établissements. Si un moratoire vient conditionner, en octobre 1993, toute fermeture de service public à l’autorisation des communes concernées, la tendance est clairement à la baisse du nombre de petites écoles.

Dans les années 2000, un grand plan de modernisation de l’administration publique (la « révision générale des politiques publiques », RGPP), se traduit par d’importantes suppressions de postes dans la fonction publique, dont l’école. En 2003, la loi prévoit la création obligatoire d’un RPI pour toutes les communes comptant moins de quinze élèves, contraignant les municipalités distantes de moins de 3 kilomètres à se regrouper scolairement. « Dans le premier degré, si les élus locaux sont associés au processus, ce sont les acteurs étatiques des administrations scolaires déconcentrées qui sont chargés d’évaluer les besoins et restent maîtres du nombre de postes d’enseignants. En supprimant un ou plusieurs postes, ils peuvent procéder à une fermeture de classe ou d’école, sans nécessairement solliciter l’accord des élus communaux », détaille Malorie Ferrand, historienne de l’aménagement scolaire du territoire rattachée à l’université Lyon-II.

Si le président de la République, Emmanuel Macron, a souvent affiché sa volonté de « ne pas fermer d’école primaire en milieu rural sans l’accord du maire », la tendance en cours reste d’éviter les écoles de petite taille et de tendre vers « l’équité territoriale ». S’y ajoutent quelques objectifs apparus durant le dernier quinquennat, comme le dédoublement des classes dans les réseaux d’éducation prioritaires et le seuil maximum, partout en France, de vingt-quatre élèves par classe en grande section, CP et CE1.

Ainsi l’école de Ponthoile, village de la Somme de 611 habitants, ne rentrait plus dans les cases. « Nous avions deux classes, l’une allant de la maternelle au CP, l’autre du CE1 au CM2. Les effectifs se sont progressivement étiolés pour atteindre vingt-cinq élèves en tout, en 2017 », rappelle le maire, Henri Poupart. Le couperet tombe en 2018 : l’inspection académique décide de supprimer un poste, l’école est condamnée. « On a tenté de se regrouper avec d’autres communes, ça n’a pas fonctionné », déplore l’édile, qui regrette surtout de perdre le fil avec la jeunesseL’attention médiatique n’y changera rien. Malgré le succès de la chanson Les Oubliés de Gauvain Sers, dont le clip est tourné entre les murs de l’école, celle-ci est close et va être transformée en centre culturel.

  • De grandes disparités territoriales

Le résultat de cette dynamique historique est un territoire marqué par de grandes disparités, y compris à l’intérieur des zones rurales. Un épais rapport sur la scolarité en milieu rural remis par le sénateur socialiste Alain Duran en 2016 le soulignait déjà. « Les communes rurales, dans leur ensemble, ne perdent pas de population depuis trente ans, l’“exode rural” est achevé depuis les années 1970. Mais elles n’en gagnent que lorsqu’elles sont situées à proximité d’une ville, et d’autant plus que cette ville est grande », pointe M. Duran en citant un rapport de l’Insee, avant d’insister sur l’augmentation rapide du nombre de communes se retrouvant sans école depuis les années 1990, surtout dans les académies rurales.

Selon nos données, certains départements voient ainsi leur réseau d’écoles se resserrer de manière drastique. Entre 1990 et 2018, l’Orne a enregistré une baisse du nombre d’enfants de moins de 10 ans de 27 % pour atteindre 29 350 enfants tandis que le nombre d’écoles immatriculées chutait de 58 %, à 175 établissements. Dans l’Est, la population d’enfants de Haute-Marne baissait de 39 % (17 482 enfants de moins de dix ans), et le nombre d’écoles tombait à 162, une baisse de 59 %. Le Cantal a vu sa population enfantine diminuer de 27 % sur la même période, et le nombre d’écoles baisser de 45 % pour tomber à 144 écoles.

Cette « rationalisation » se poursuit. En témoigne l’histoire de La Cabanasse, commune de 681 habitants située dans la partie montagneuse des Pyrénées-Orientales (département dont les 0-10 ans ont augmenté de 18 % entre 1990 et 2018 mais où le nombre d’écoles a diminué de 10 %). Elle appartient actuellement à un « regroupement pédagogique intercommunal dispersé » de quatre petites écoles, dans des villages limitrophes, qui ont chacune leurs locaux et leur direction. Celles-ci seront bientôt « fusionnées » selon les mots de la directrice de l’école de La Cabanasse, Ingrid Sarda, une transformation d’abord prévue pour la rentrée 2023 mais retardée du fait de la crise sanitaire. « Nos écoles vont fermer et nous serons transférés dans un seul et même bâtiment neuf construit à La Cabanasse, un pôle enfance aux normes, équipé d’une cantine et d’une garderie », raconte l’enseignante. L’accord n’a pas été facile à trouver, car les communes perdant leur école se sont inquiétées d’un déclin général de leur bourg.

« Au niveau pédagogique, on y voit des avantages et des inconvénients. Il n’y aura plus qu’un poste de directeur d’établissement, donc moins de cumuls de fonctions. Les collègues isolés le seront moins, les difficultés d’apprentissage parfois plus faciles à appréhender. Mais le risque est de se retrouver dans un engrenage menant à des fermetures de classe. Si, en fusionnant, on se retrouve en moyenne à vingt élèves par classe quand l’objectif national est de vingt-quatre, il est possible que nous perdions un poste. Localement, c’est toujours un événement difficile à encaisser », s’inquiète-t-elle.

Lorsqu’on interroge l’éducation nationale, du ministère aux recteurs d’académie, personne ne le nie. « Même si les évolutions d’effectifs s’anticipent et se discutent sur le long terme, les décisions quant aux suppressions de poste ne sont jamais évidentes à prendre », dit Catherine Moalic, inspectrice de l’académie des Ardennes. « Il est alors crucial de faire comprendre qu’on travaille dans un souci d’équité entre les territoires », explique-t-elle. Dans son département des Ardennes, où le nombre d’enfants est en baisse constante depuis les années 1990, la « mue » vers des écoles regroupées est ainsi presque terminée. Sur 449 communes, seules 130 possèdent une école. Aucune ne fermera cette année.

Mise à jour le 18 mai : retrait d’une mention indiquant que le taux d’encadrement était identique dans des territoires de nature différente.

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