Archives de la catégorie Système politique

JM Blanquer annonce la fin programmée des académies de Limoges et Poitiers

 » Dans le futur, vous aurez peut être un recteur pour l’ensemble des trois académies ». En visite le 19 mai à Saint Sulpice le Dunois (Creuse), Jean-Michel Blanquer a confirmé les préconisations du rapport sur la territorialisation de l’IGAEN remis récemment. Des propos qui ont suscité de nombreuses réactions , y compris du ministre qui s’en est pris à France Télévision.

« Nous avons plusieurs années pour accomplir ce que dit ce rapport… Rien de brutal ne va se passer » a déclaré JM Blanquer à l’occasion de la visite d’une école à Saint Sulpice le Dunois (Creuse) le 19 mai. L’annonce de la fermeture « dans le futur » des académies de Limoges et Poitiers arrive alors que le ministre vient tout juste de nommer la rectrice de Limoges.

Elle suit la publication la semaine dernière d’un rapport de l’Inspection générale (IGAENR) qui préconise l’alignement des académies sur les nouvelles régions. Dans les 4 grandes régions (Auvergne‐Rhône‐Alpes, Grand Est, Nouvelle‐Aquitaine et Occitanie),  » la mise en oeuvre de ce principe implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité de suivi indispensables »,précise le rapport. Il demande la création d’un vice chancelier des universités et d’un adjoint chargé de l’enseignement scolaire auprès de chaque recteur. Mais rien qui compense l’organisation actuelle en terme de suivi des établissements. L’objectif est bien de faire des économies en regroupant les services administratifs. Y compris la fusion des corps d’inspection.

Le choix de Limoges et Poitiers ne doit rien au hasard. Ce sont justement les deux villes qui ont immédiatement réagi au rapport. Les deux villes sont détenues par l’opposition (PS à Poitiers, LR à Limoges).

Les propos du ministre ont suscité des réactions syndicales. Le secrétaire général de l’Unsa éducation , Pierre Gautret, apostrophe le ministre. « Nous apprécions, Monsieur le Ministre, que vous n’ayez pas pris le temps de venir rencontrer ceux qui font tous les jours l’école au plus près de vos concitoyens, nous espérons que le laboratoire des politiques rurales que deviendra notre département ne préfigurera pas le recul encore plus mortifère du service public et de la présence de l’état auprès des plus fragiles ».

Dans un tweet, JM Blanquer a reproché à France Télévision la publication de cette information disant : le titre que vous donnez ne traduit pas ce que j’ai dit dans la vidéo. Pourquoi ? ». Réponse d’une enseignante : « Le titre de votre livre ne traduit pas la politique que vous mettez en oeuvre. Pourquoi ? »

Sur France TV

Unsa 23

Le rapport sur la territorialisation

Publicités

Poster un commentaire

Le gouvernement avance sur la réforme de la fonction publique, Le Monde AFP

La réforme de l’Etat entre dans la dernière ligne droite. Mercredi 16 mai, Edouard Philippe rassemble des ministres pour une réunion à Matignon sur le cadrage budgétaire de cette future réforme d’envergure pour le gouvernement. Le premier ministre devrait notamment leur présenter les mesures susceptibles d’être retenues dans le rapport CAP22, commandé par l’exécutif, ainsi que leur impact budgétaire.

Depuis octobre 2017, trente-quatre experts travaillent au sein du Comité action publique 2022 sur une vingtaine de pistes qui pourraient inspirer la réforme de l’Etat voulue par Emmanuel Macron. Objectif : réduire la part de la dépense publique dans le PIB de 4 points d’ici à 2022 et améliorer la qualité du service public.

Dans ses grandes lignes, le rapport, dont la publication est prévue, selon l’exécutif, « fin mai, début juin » – soit avec deux mois de retard – a été achevé au début du mois. Depuis, les services de Matignon tâchent de chiffrer les économies que cela représenterait.

Le document montrera comment améliorer l’efficacité de l’Etat, secteur par secteur. Exemples : comment faire progresser la France dans les classements PISA de l’OCDE, en matière d’éducation, désengorger les urgences médicales ou améliorer le calcul des prestations sociales ? Il devrait également être question d’« une clarification des missions entre l’Etat et les collectivités locales » en supprimant les services qui doublonnent. « On peut faire des économies sans nuire à la qualité du service public en chassant les doublons », confie une source proche du dossier. Il devrait également être proposé de « mettre en place une organisation plus déconcentrée afin d’adapter le service aux besoins des usagers et de laisser beaucoup plus de liberté aux agents » : moins de défiance, moins de contrôle a priori, plus d’agences publiques.
« Etre ambitieux »

En parallèle du travail des experts, l’ensemble des membres du gouvernement passent chaque semaine un « oral » en conseil des ministres. Chaque ministre doit proposer des mesures de transformation dans son secteur, alors que le président de la République ne cesse de leur demander « de se bouger, d’être ambitieux », confie une source gouvernementale. Un quart d’entre eux doit encore se prêter à l’exercice d’ici à juin.

De même, le 2 mai, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a présenté les résultats du « forum de l’action publique ». Cette consultation a attiré 154 000 usagers et agents entre novembre et mars. Il en ressort notamment que, s’ils sont attachés au service public, 60 % des premiers et 66 % des seconds estiment qu’il se dégrade. « Cela appelle un programme de réformes, c’est tout l’enjeu de CAP22 », notait ce jour-là Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique. Autres enseignements : les Français nourrissent une relation ambivalente à la numérisation de l’administration (ils la soutiennent tout en s’en méfiant) et ne veulent pas d’abandon de missions.

Les décisions du gouvernement sont attendues en juin, après un dernier séminaire gouvernemental, le 30 mai à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron. Par ailleurs, les premiers projets qui bénéficieront du Fonds pour la transformation de l’action publique, doté de 700 millions d’euros sur cinq ans, seront prochainement annoncés. Quelque 150 ont été déposés par des administrations.

Poster un commentaire

CAC 40 : les dividendes des actionnaires ont augmenté trois fois plus vite que les salaires

par Anne-Sophie Simpere

Les grandes entreprises françaises préfèrent – et de loin – rémunérer les rentiers plutôt que d’investir ou de mieux payer leurs employés. C’est ce que révèle un rapport d’Oxfam et du Basic : depuis 2009, les deux tiers des bénéfices des sociétés du CAC40 ont été reversés aux actionnaires sous forme de dividendes. La France devient aussi championne en matière d’inégalités salariales entre ceux qui produisent et ceux qui « restructurent ».

Dans un nouveau rapport qui parait ce 14 mai, l’ONG Oxfam et le Basic (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) s’attaquent au CAC 40 [1]. Alors que les plus grosses entreprises françaises viennent d’annoncer des bénéfices records de plus de 93 milliards d’euros pour 2017, pas de ruissellement en vue : depuis 2009, les deux tiers de ces bénéfices ont été reversés aux actionnaires sous forme de dividendes, moins d’un tiers a été réinvesti tandis que les salariés n’ont touché que 5,3 % de participation et d’intéressement.

La France serait ainsi championne du monde de la rémunération des actionnaires. Cerise sur le cadeau : grâce aux réformes du gouvernement Macron, les revenus financiers sont maintenant exonérés d’impôt sur la fortune et soumis à un prélèvement forfaitaire maximal de 30 %, la flat tax, qui leur permet d’échapper à la progressivité de l’impôt sur le revenu et à la tranche supérieure de 45 %. Les heureux actionnaires sont principalement privés : fonds d’investissements, grands groupes familiaux type Arnault ou Bettencourt Meyers… L’État français ne détient que 3 % des actions du CAC 40.

Les salariés auraient pu être augmentés de 2000 euros par an

A quoi aurait pu servir l’argent distribué aux actionnaires ? A revaloriser les salaires, par exemple. Selon le rapport : « Si les entreprises du CAC 40 avaient choisi de maintenir en 2016 le niveau – déjà élevé, de dividendes de 2009, et d’augmenter les salaires des employés plutôt que de maximiser les dividendes des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 auraient pu voir leurs revenus augmenter d’environ 14 000 euros sur la période, soit plus de 2 000 euros par an et par employé. » Au contraire, les dividendes ont augmenté de près de 60 %, soit pratiquement trois fois plus que la moyenne des salaires depuis 2009 (22,6%).

Autre suggestion du rapport : éviter des milliers de licenciements. Depuis 2011, les principaux plans sociaux des entreprises du CAC40 n’ont permis d’économiser que 0,6 à 5,5 % des volumes de dividendes versés aux actionnaires. Réduire leur rémunération pour sauver l’emploi, c’est le choix que n’ont pas voulu faire les grands groupes.

Écarts de salaires : la France parmi les pays les plus inégaux

Certains salariés ne souffrent pas de cette politique : les dirigeants du CAC40, qui touchent des rémunérations comprises entre 1,5 et 10 millions d’euros en 2016, soit 46 % de plus qu’en 2009. Une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne des salaires de leurs entreprises, et quatre fois plus rapide que celle du SMIC. En moyenne, les PDG du CAC 40 gagnent aujourd’hui 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés. Un écart qui s’est aggravé : en 2009, ils ne gagnaient « que » 97 fois plus que leurs salariés.

Certains se sont octroyé des augmentations records : +469 % pour Carlos Ghosn, PDG de Renault qui passe de 1,2 à 7 millions d’euros entre 2009 et 2016, + 347 % soit 3,7 millions d’euros supplémentaires pour le DG de PSA, +344 % ou + 2,5 millions d’euros pour celui de Michelin… Une bonne partie de ces grands patrons complètent ces rémunérations par des jetons de présence au sein de divers conseils d’administration [2]. Pour Oxfam et le Basic : « Ces écarts de salaire placent la France parmi les pays les plus inégaux au niveau international. Ainsi, l’écart entre les rémunérations des PDG du CAC 40 et le revenu moyen français est d’environ 143, soit un ratio légèrement supérieur à celui de l’Allemagne et plus de sept fois plus élevé qu’en Norvège [3]. »

Même les fonds d’investissements s’inquiètent de l’approche court-termiste des grandes entreprises

Ces rémunérations astronomiques récompensent-elles des stratégies d’investissements ambitieuses pour l’entreprise ? Pas vraiment : « La primauté donnée à la rémunération des actionnaires a pour corollaire une baisse significative de l’investissement qui risque de fragiliser à terme la santé économique des entreprises françaises », expliquent les auteurs du rapport. Traduction : pour rémunérer les actionnaires, les entreprises du CAC 40 ont sacrifié leur capacité à investir. En 2017, quinze grandes entreprises françaises ont ainsi reversé plus de la moitié de leurs bénéfices à leurs actionnaires, ponctionnant d’autant les investissements et le travail réel accompli par leurs employés. Six entreprises ont même versé plus de 90% de leurs bénéfices en dividendes (TechnipFMC, Veolia, Engie, ST Micro, Total, Orange), comme nous le montrons dans le graphique ci-dessous, issu de notre propre enquête.

Cette approche court-termiste de maximisation des dividendes, critiquée par des fonds d’investissements eux-mêmes, à l’image de BlackRock, inquiet de cette obsession du rendement immédiat de l’actionnariat qui peut compromettre la croissance à long terme. Paradoxe : en 2017, comme nous le révélons ici, le puissant fonds d’investissement a, à lui seul, perçu au moins 1,6 milliard d’euros de dividendes du CAC40 ! Un chiffre qui donne une idée du poids de ce géant de la finance.

https://datawrapper.dwcdn.net/m8eHu/1/(Graphique issu de l’article de notre Observatoire des multinationales : Dividendes : les actionnaires ont coûté 55 milliards au CAC40 en 2017

Pour réformer ce « système économique qui va dans le mur » et creuse les inégalités, Oxfam et le Basic proposent une série de recommandations allant de l’encadrement des rémunérations à la réforme de la gouvernance des sociétés. Un débat sur le rôle de l’entreprise et le partage des richesses qu’ils espèrent ouvrir autour des discussions sur la loi Pacte, dont la présentation vient encore une fois d’être décalée par Bercy. En 2017, la répartition des richesses s’est encore davantage déséquilibrée : les actionnaires du CAC40 ont reçu plus de 47 milliards d’euros de dividendes, soit 52,6% des profits enregistrés par les grands groupes français (lire notre article).

Anne-Sophie Simpere

Photo : CC Ars Electronica

Poster un commentaire

Réforme constitutionnelle : le Parlement muselé ?

Seul Napoléon est allé aussi loin dans le démantèlement du pouvoir législatif. Dans la constitution de la Vème République le pouvoir législatif est déjà largement soumis à l’exécutif. Ce dernier peut par exemple légiférer sans le Parlement avec des ordonnances ou le bâillonner avec le 49-3. Que reste-il au Parlement : le droit de débattre, parfois longuement, pour freiner l’adoption d’un texte pour alerter l’opinion. C’est ce pouvoir là qui est maintenant attaqué par le projet de loi constitutionnel présenté au Parlement. Ce projet de loi prévoit de limiter le droit d’amendement en écartant d’office des amendements et en réservant d’autres au travail de commission. Il prévoit aussi de réduire encore plus le temps réservé à l’adoption du budget , c’est à dire la fonction première de contrôle du législatif sur l’exécutif. Le CESE est lui aussi touché puisqu’il disparaitrait au profit d’une « Chambre de la société civile » qui pourrait bien concurrencer le Parlement. Enfin le projet de loi prévoit aussi que des collectivités locales puissent déroger à la loi et adopter des mesures pérennes les différenciant des autres collectivités locales.

 

Le projet de loi

Poster un commentaire

On signe pour Jérusalem : Touchepas à ma capitale / #TouchePasAMaCapitale

Aux moment où Trump s’apprête à déménager l’ambassade US à Jérusalem confortant Israël dans sa violation du droit et où les Palestiniens vont commémorer la Nakba à Jérusalem comme dans toute la Palestine, l’AFPS lance une campagne pour Jérusalem avec cette pétition : Touche pas à ma capital / #TouchePasAMaCapitale .

Je signe la pétition

 

Vous la retrouverez ci-dessous et

Ne laissons pas les Palestiniens de Jérusalem dans l’indifférence coupable de la communauté internationale. Signons, faisons signer, faisons suivre, partageons !

Le bureau national de l’AFPS  _______

PALESTINE, JÉRUSALEM : TOUCHE PAS À MA CAPITALE !   #TouchePasAMaCapitale

Jérusalem-Est : pour la communauté internationale, c’est la capitale du futur État de Palestine.

Depuis 1967, elle est occupée, colonisée, annexée par l’État d’Israël. Sa population palestinienne est privée de ses droits élémentaires et subit discrimination et humiliation.

Le Président de la République, les collectivités territoriales, les entreprises françaises doivent s’engager pour que cela cesse.

Les Palestiniens doivent pouvoir y vivre dignement et s’y rendre librement !

Ne touchez pas à leur capitale !

 

Signez la pétition ci-dessous et partager les liens

 

PALESTINE, JÉRUSALEM : TOUCHE PAS À MA CAPITALE !   #TouchePasAMaCapitale

Jérusalem-Est : pour la communauté internationale, c’est la capitale du futur État de Palestine.

Depuis qu’il occupe, qu’il a annexé unilatéralement et illégalement Jérusalem-Est et qu’il a décrété Jérusalem sa capitale éternelle, une et indivisible, l’État d’Israël, n’a cessé de violer le droit international :

  • Il a installé 215 000 colons israéliens dans des colonies urbaines ou au cœur des quartiers palestiniens
  • Il a transféré de force des dizaines de milliers de Palestiniens hors de Jérusalem
  • Il a détruit des centaines d’habitations
  • Il a construit un mur de 168 km tout autour de la ville afin d’enfermer, de diviser et d’isoler la population palestinienne de Jérusalem et de redessiner une nouvelle fois les contours de la ville pour en  exclure toujours plus de Palestiniens et d’y inclure toujours plus de colons israéliens.

Ce sont 316 000 Palestiniens de Jérusalem-Est qui vivent sous le statut précaire de « résident », subissant des politiques discriminatoires qui entravent leurs droits à loger, éduquer leurs enfants, se soigner.

Tout cela s’opère dans l’indifférence coupable de la communauté internationale qui accorde une impunité totale et apparemment sans borne à l’État d’Israël.

Une étape supplémentaire a été franchie quand le 7 décembre 2017 Donald Trump a conforté Israël dans sa violation du droit international en annonçant sa décision de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem.

Au moment où les Palestiniens commémorent les 70 ans de la Nakba – la catastrophe qui a vu l’expulsion de 750 000 Palestiniens, dont 80 000 de l’Ouest de Jérusalem, de la terre qui allait devenir Israël – nous demandons à Emmanuel Macron, Président de la République de

  • Contribuer à apporter une protection internationale à Jérusalem-Est et ses habitants par l’envoi  d’observateurs,
  • Exiger l’arrêt immédiat de toute démolition de maison palestinienne, de toute construction de colonie et de tout transfert de population ainsi que le rétablissement de la liberté de circulation entre la Cisjordanie et Jérusalem Est.

Les collectivités territoriales doivent arrêter toute relation avec les autorités qui gèrent l’annexion, donc la municipalité : suspension des jumelages avec la municipalité de Jérusalem, arrêt de tout projet économique impliquant la municipalité.

Les entreprises françaises doivent abandonner toute collaboration avec l’occupation, l’annexion et la colonisation de Jérusalem-Est ainsi qu’avec la dépossession des Palestiniens de leur ville.

Jérusalem-Est : capitale du futur État de Palestine !

Les Palestiniens doivent pouvoir y vivre dignement et s’y rendre librement !

Ne touchez pas à leur capitale !

#TouchePasAMaCapitale

Je signe la pétition


Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
Suivez l’AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter

Poster un commentaire

France : la croissance ne profite pas aux habitants

Incroyable…on ne s’en doutait pas…

Le ruissellement c’est du goutte à goutte. L’OCDE a publié le 7 mai de nouvelles données sur l’évolution du PIB et du revenu réel des ménages.  » La croissance du revenu réel des ménages par habitant, qui fournit une meilleure image des évolutions du bien-être économique des ménages que la croissance du PIB réel par habitant, a repris dans la zone OCDE s’établissant à 0,3% au quatrième trimestre 2017 contre 0,2% au troisième trimestre, restant cependant plus faible que la croissance du PIB réel par habitant (0,5%) », écrit l’OCDE. En France, alors que le PIB augmente de 0.6% au dernier trimestre, le taux le plus élevé des 7 grands, le revenu des ménages n’augmente que de 0.1%, un des taux les plus faibles. Une situation bien différente de celle de l’Union européenne.

 

Communiqué

 

Poster un commentaire

Emmanuel Macron, un an de présidence impérieuse LE MONDE Par Solenn de Royer et Bastien Bonnefous

Troublant mais très intéressant…

Toutes éclairées, les fenêtres de l’Elysée étincellent dans la nuit d’hiver. Ce 1er mars, Emmanuel et Brigitte Macron reçoivent au palais. Dans le cadre des « jeudis de l’Elysée », le couple présidentiel attend quelque 200 personnes pour une « soirée russe » : Casse-Noisette et Sérénade pour cordes, de Tchaïkovski, d’abord, puis le conte musical de Prokofiev Pierre et le Loup, interprété par l’orchestre de la garde républicaine et dans lequel le président de la République joue le récitant.

Une première sous la Ve République. Si les prédécesseurs d’Emmanuel Macron avaient tous organisé des événements culturels à l’Elysée, aucun ne s’était ainsi mis en scène. Louis XIV, en revanche, jeune roi féru de danse, avait pour habitude d’interpréter des personnages dans les ballets donnés à la cour. « Pour qu’il y ait cour, il faut qu’il y ait courtisans », relativisait dans la foulée de la représentation un conseiller élyséen, soucieux de couper court à la comparaison. Le même précisait que le public invité était composé de personnels du palais, de pupilles de la nation ou d’enfants des hôpitaux. « Ni people ni VIP, mais la lingère de l’Elysée et son fils », résumait le conseiller, en parlant d’une soirée « très simple ».

Reste que cette mise en scène du corps présidentiel a semé le trouble, y compris dans la majorité. « Ce qui caractérise Emmanuel Macron, c’est une protection jalouse de sa liberté et le refus de tous les conformismes, observe Gilles Le Gendre, vice-président du groupe LRM à l’Assemblée nationale. Il en a fait la preuve très jeune dans ses choix sentimentaux. Il l’affirme aujourd’hui dans sa politique pour écarter tous les obstacles qui le détourneraient de son cap. »

Au-delà de l’anecdote, cette représentation de Pierre et le Loup en dit long sur ce nouveau pouvoir, qui se veut féru d’histoire, de culture et de symboles. Dès le soir de sa victoire, Emmanuel Macron s’est coulé dans une représentation monarchique : il y a eu le choix du lieu – le Louvre, ancienne résidence royale – et de la mise en scène – l’homme qui marche seul vers l’Histoire, la musique de Beethoven pour souligner la solennité du moment.

« Petit lord Fauntleroy »

Après l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, le 16 novembre 2016, l’ancien ministre de l’économie s’était d’ailleurs recueilli, loin des caméras, à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France. Un geste qu’il a réitéré le 5 avril. Après avoir assisté au concert annuel des demoiselles de la Légion d’honneur, comme François Mitterrand aimait à le faire avant lui, Emmanuel Macron en a profité pour faire une nouvelle échappée à la basilique, pour une visite nocturne. Accompagné de son épouse et d’une poignée de conseillers, le président s’est attardé devant les sépultures de Dagobert, roi des Francs, de François Ier et d’Henri II.

« Ils sont tous là », a-t-il murmuré en marchant dans les travées de la nécropole royale. « On ne peut pas penser le Grand Paris si on ne le pense pas à partir des lieux symboliques », a-t-il ajouté, avant de se tourner vers le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit : « Et toi, qui est ton gisant ?

– Du Guesclin ! », a souri le conseiller, en ajoutant qu’il préférait « les tombes des serviteurs plutôt que celles des rois ».

« Cette visite était nimbée des forces de l’esprit, raconte aujourd’hui Bruno Roger-Petit. Il y a, chez Macron, l’idée de transmission. Il place sa présidence dans la continuité des gouvernants qui l’ont précédé. Il se sent dépositaire de l’histoire ».

C’est l’un de ses premiers fidèles, le sénateur LRM François Patriat, grand chasseur (à la dague) et amoureux de Chambord (dont il a une photo en fond d’écran de son téléphone portable), qui lui a suggéré l’idée : « A Chambord, tu es chez toi », lui a dit l’élu de Côte-d’Or, que le chef de l’Etat vient de nommer président du conseil d’orientation du domaine. « On y retournera ensemble », lui a glissé Macron par SMS en arrivant, à la nuit tombée, dans le château de François Ier. Le nouveau président, depuis, a même confessé que son modèle de dirigeant dans l’histoire de France était le roi emblématique de la Renaissance, devant des étudiants de l’université George-Washington lors de sa récente visite aux Etats-Unis.Emmanuel Macron évolue d’ailleurs comme chez lui dans les dépendances de la République. Le 7 mars, à l’issue du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, au Carrousel du Louvre, le couple présidentiel a demandé qu’on lui ouvre le jardin des Tuileries – fermé pour la nuit – pour rentrer à pied à l’Elysée. Trois mois plus tôt, le chef de l’Etat a fêté en famille Noël et ses 40 ans – il est né un 21 décembre – dans un salon du château de Chambord. « Un Noël de petit lord Fauntleroy », s’amuse un député PS, rappelant ce roman anglais du XIXe siècle.

D’un château l’autre

Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron revisite intensément le patrimoine architectural français. En moins d’un an, il s’est rendu trois fois à Versailles. Pour y recevoir Vladimir Poutine en majesté, le 29 mai 2017, pour un discours devant le Congrès, le 3 juillet, et pour y accueillir en grande pompe, le 22 janvier 2018, les « CEO » (chief executive officers, les patrons) de multinationales pour une journée de travail et un dîner de prestige dans le restaurant d’Alain Ducasse.

Cette utilisation des joyaux architecturaux, censée servir le rayonnement de la France à l’étranger, est un moyen pour l’Elysée de mettre en scène la grandeur de l’Etat, mais aussi celle du président monarque. « La transformation du pays ne se résume pas à la réforme structurelle (…) d’un grand service public, comme nous sommes en train de le faire pour la SNCF, plaide le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. C’est aussi par ce soft power que se fait la transformation du pays et que se gagnera la bataille culturelle. »

Pour Camille Pascal, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et historien de formation, cette façon de puiser dans les attributs subliminaux du pouvoir royal est surtout un moyen pour Emmanuel Macron de se mettre dans les pas du fondateur de la Ve République. « De Gaulle, lui aussi, est allé d’un château l’autre, explique-t-il. Il a d’abord voulu installer la présidence au Trianon, qu’il a fait refaire. Puis il a pensé aux Invalides et enfin au château de Vincennes dont les deux ailes, du roi et de la reine, ont été restaurées. Il y avait chez lui la volonté de se mettre à l’ombre du donjon des Capétiens, là où Saint-Louis rendait la justice. »

Afin d’asseoir son pouvoir, Emmanuel Macron capitalise à plein sur les ressources politiques et symboliques d’une Ve République façonnée par un imaginaire monarchique. Rompant sans hésiter avec ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui avaient voulu se défaire d’une incarnation présidentielle jugée datée, figée ou encombrante.

Tout cela, le futur chef de l’Etat l’avait très tôt théorisé. Dès l’été 2015, dans un entretien à l’hebdomadaire Le 1, Macron évoquait déjà la figure du roi, grand « absent » de la politique française. « Je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort du roi, expliquait-il. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. »

A Chaillot en majesté

Dans une interview fleuve au Point, en août 2017, le chef de l’Etat ajoutait qu’il assumait « cette part de transcendance qui fait qu’en France le processus démocratique n’est jamais tout à fait parvenu à son terme ». « Louis XIV a maçonné son royaume avec des impôts, une armée, une administration, rappelait-il. Mais l’imaginaire qu’il a véhiculé a été plus déterminant que ses surintendants des finances. La France (…) s’est construite sur une langue et un imaginaire communs. C’est aussi de cela que je me sens le dépositaire ». Tout est dit.

Guère sensible aux critiques, Emmanuel Macron assume. Jusque dans le choix des mots. Car sa rhétorique elle-même est frappante. Recevant le journaliste Laurent Delahousse, le 17 décembre 2017, pour une déambulation nocturne dans le palais de l’Elysée, le chef de l’Etat, qui multiplie le recours aux possessifs, a lâché ces deux mots – « mon peuple » – pour parler des Français. Deux petits mots répétés récemment en anglais – « my people » – dans son entretien accordé le 1er mai au magazine économique américain Forbes. Même chose quand il reçoit le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, le 24 octobre 2017, à l’Elysée : « Je n’accepte pas qu’un dirigeant étranger me donne des leçons sur la façon dont je gère mon pays, donc je n’en donne pas aux autres », a-t-il répondu lors d’une conférence de presse, interrogé sur le respect des droits de l’homme en Egypte.

Il lui arrive ainsi fréquemment d’évoquer « [ses] hommes », « [son] armée » ou même « [ses] éoliennes », comme le 12 décembre 2017, dans un entretien au Monde consacré à l’écologie et au climat. « Macron pense qu’il est l’élu des bonnes fées. Il y a aussi chez lui un côté saint-simonien sur la puissance de l’Etat. Il pense vraiment l’Etat, c’est moi », analyse un banquier qui l’a connu chez Rothschild et qui observe la mue du « jeune prodige » avec une fascination teintée de trouble.

Ample et calculée, la geste présidentielle est empreinte d’une solennité princière. La lenteur et la précision de son pas, le jour de la passation des pouvoirs, quand il passe en revue les troupes sur le tapis rouge, donne le ton, d’emblée. Le 15 avril, son arrivée nocturne, main dans la main avec son épouse, au palais de Chaillot, où doit se tenir une interview télévisée avec BFM et Mediapart, est tout aussi précieuse et décalée, en majesté.

Réconcilier les « deux corps du roi »

Chacun à leur manière, Nicolas Sarkozy (boule d’énergie et de tics) et François Hollande (bonhomme et désincarné) s’étaient contentés de leur corps d’homme, n’habitant pas (ou mal) le corps politique et spirituel, le corps symbolique. Emmanuel Macron, lui, tente de réconcilier ce que l’historien américain Ernst Kantorowicz appelait les « deux corps du roi »,la double nature, humaine et souveraine. Dès le début de son mandat, ce corps, qu’il a souvent habillé en soldat ou en sportif, s’impose, avant d’être mis en scène, en noir et blanc, par la photographe officielle de l’Elysée, Soazig de La Moissonnière.

Emmanuel Macron est devenu expert en bain de foule. Ce jeune président, qui a parfois des allures de prêcheur, s’y jette, s’y plonge, s’y complaît. Il touche, enlace, caresse, prend les enfants dans ses bras, n’a pas peur non plus d’affronter les mécontents, cherche à convaincre mais surtout à communier. Ce faisant, il dégage bien davantage que l’image d’un politicien au contact de ses électeurs. Pour le porte-parole de l’Elysée, cette geste serait un écho lointain des rois thaumaturges qui guérissaient les écrouelles. « Pour lui, le toucher est fondamental, c’est un deuxième langage, explique Bruno Roger-Petit. C’est un toucher performatif : “Le roi te touche, Dieu te guérit.” Il y a là une forme de transcendance. »

La représentation de Pierre et le Loup à l’Elysée, le 1er mars, est le stade ultime de ce jeu d’acteur, de l’exhibition du corps présidentiel. « Jusqu’au XIXe siècle, le corps du roi était un instrument de domination, analyse l’historien Stanis Perez, auteur du livre Le Corps du roi, incarner l’Etat de Philippe Auguste à Louis-Philippe (Perrin, 480 p., 25 €). Macron instrumentalise une gestuelle, une énergie, sa jeunesse, peut-être même sa beauté, soit un certain charisme, pour compenser une ascension rapide, bonapartisteIl joue au prince charmant. »

L’historien voit dans ce comportement « ambigu » des similitudes avec l’instrumentalisation du corps chez Vladimir Poutine, qui chasse, pêche, fait du judo et se montre torse nu. « Cette posture de majesté n’est pas destinée à représenter l’électeur ou le peuple, mais à renforcer la personnification du pouvoir, le culte de la personnalité, soit l’inverse de la démocratie, conclut Stanis Perez. En la matière, Poutine a pris de l’avance, mais Macron devrait se rappeler que la République dispose déjà du visage et de la silhouette de Marianne ».

« Ses désirs sont des ordres »

Avant même d’entrer à l’Elysée, le chef de l’Etat a montré qu’il n’avait nullement l’intention d’être empêché de quoi que ce soit. Comme au soir du premier tour de la présidentielle, où il invite ses amis dans une brasserie parisienne, La Rotonde, pour fêter la victoire avant l’heure. « C’est mon plaisir », assume-t-il alors. Des « caprices » habituels sous la Ve République, comme le rappelle la journaliste Béatrice Houchard, auteure de l’ouvrage Le Fait du prince (Calmann-Levy, 2017). « Les présidents de la Ve République ont tous très souvent agi en n’obéissant qu’à leurs humeurs, leurs passions (…), voire leurs fantasmes, écrit-elle. Petits et grands caprices des gouvernants font le quotidien de notre vie publique. »

Jaloux de son pouvoir revendiqué de « maître des horloges », le chef de l’Etat joue avec les nerfs de ceux qui l’attendent (il est systématiquement en retard) ou dépendent de lui. En novembre 2017, l’annonce attendue du remaniement a donné lieu à un jeu du chat et des souris entre le président et les journalistes, le premier signifiant qu’il n’avait nullement l’intention de se laisser dicter son agenda par les seconds.

Annoncé par ses équipes, puis sans cesse repoussé, ce remaniement technique a traîné toute une semaine, pour être finalement dévoilé… le vendredi soir à 19 heures. Un improbable timing qui a fait enrager les chaînes d’information en continu, mais fut ainsi prémédité par le pouvoir. Et assumé comme tel. « Le temps médiatique doit s’adapter au temps politique », insiste un conseiller ministériel, qui reconnaît que Macron a voulu marquer son territoire en faisant « mariner » tout le monde, non sans une certaine dose de « perversité ».

Ce président quadra, qui a sermonné les armées en juillet 2017 en imposant son autorité (« Je suis votre chef »), aime qu’on lui obéisse. Il fait régner un rythme infernal et un climat de tension dans son cabinet et au sein du gouvernement, tout comme dans l’administration. « Macron terrorise les ministres, qui sont en adoration devant lui », s’amuse l’ancien ministre de l’économie Michel Sapin.

Le chef de l’Etat, qui concentre tous les pouvoirs au Palais et décide de tout entouré d’une poignée de proches conseillers – dont le puissant secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler –, veut tout contrôler. « Ses désirs sont des ordres », constate une ancienne députée PS reconvertie dans le business. « Dans les milieux financiers, même à un très haut niveau, les intéressés se voient parfois répondre : “C’est une décision du président” ou alors “Il faut attendre la décision du président” », poursuit-elle.

« C’est comme s’ils avaient vu la Vierge »

Emmanuel Macron est d’autant moins enclin à se brider qu’il est entouré d’une véritable cour d’admirateurs. Certes, ce phénomène a toujours existé sous la VRépublique, mais le président semble l’avoir poussé à l’extrême depuis un an. A écouter les élus LRM ou les proches du chef de l’Etat, il cumule tous les superlatifs (« impressionnant », « hors norme », « unique », etc.). Un unanimisme renforcé par les résultats de l’exécutif qui enchaîne les réformes sans rencontrer – à ce stade – de vraies difficultés, y compris sur le front social. Mais aussi par le fait qu’Emmanuel Macron, instruit des déboires de François Hollande, a organisé son pouvoir de telle manière qu’aucune voix discordante ne puisse exister. En « macronie », rien (ou peu) ne fuite, ni divergences de fond sur les politiques menées, ni états d’âme sur la marche parlementaire ou gouvernementale. Au premier accroc, toute critique est sévèrement recadrée.

A l’Elysée, la marche en avant, l’énergie et la méthode du « chef » sont comparées sans ciller à celles de Napoléon. « Il faut être lent dans la délibération, vif dans l’exécution, avait coutume de dire Napoléon. Macron fonctionne exactement de la sorte », explique un conseiller. Le parallèle napoléonien est partagé par le député LRM du Rhône Bruno Bonnell. L’ancien chef d’entreprise, qui a fait la connaissance d’Emmanuel Macron en 2016 lors d’un déplacement à Lyon, se souvient avoir vu « Napoléon au pont d’Arcole ».Résultat : ne surnage qu’un sentiment de louange générale, de la part de proches ou d’élus qui vantent son « génie politique » ou même sa « résistance physique » nourrie par la légende qui lui prête une poignée d’heures de sommeil chaque nuit. Le patron du parti, Christophe Castaner, confie carrément son amour pour le président, des « étoiles plein les yeux ». « J’assume cette dimension amoureuse, explique M. Castaner dans Le Point en septembre. Emmanuel Macron est fascinant. Tout l’est chez lui : son parcours, son intelligence, sa vivacité, sa puissance physique même… » « Et en plus, il est beau ! », s’exclame parfois le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement quand il le regarde à la télévision.

Depuis, jamais avare de formules-chocs, l’élu se définit comme « un orthodoxe de Macron », et il en est persuadé : « Il y a eu le gaullisme et il y a le macronisme. » « Plus que jamais, j’en suis convaincu, Emmanuel Macron impose un style totalement nouveau. Plus pédagogique et moins pompeux. De Gaulle, c’était bureau, micro, dodo. Macron c’est intuition, interaction, explication », s’enflamme-t-il. Rien de moins. « Il y a un côté secte en macronie, observe un ancien conseiller du pouvoir. Les députés LRM n’existent pas sans Macron. C’est le seul détenteur de la légitimité et le ciment du régime. Quand ils le voient, c’est comme s’ils avaient vu la Vierge. »

Machiavel plus que Ricœur

Le « Prince » Macron, qui, ancien étudiant en philosophie à Nanterre, a consacré son mémoire de DEA à Machiavel, aurait-il finalement puisé dans la lecture du célèbre Florentin son inspiration pour la conquête et l’exercice du pouvoir ? « Il n’est pas exclu que la lecture de Machiavel ait aidé Macron à se comprendre lui-même », remarque dans L’Obs dès le début du quinquennat, l’historien Patrick Boucheron. Le professeur au Collège de France, auteur d’Un été avec Machiavel (Equateurs, 2017), précise que « Machiavel est lui aussi arrivé au pouvoir par effraction : c’était en 1498, après l’exécution de Savonarole, lorsqu’il s’est engouffré dans l’action politique avec une “brigata”, une brigade de jeunes gens affamés de pouvoir et d’amitié ».

La « brigata » de Macron, les Français l’ont découverte le 14 mai 2017, jour de la passation des pouvoirs à l’Elysée. Posant pour les photographes, le sourire triomphant, ce sont ceux qui ont cru avant tout le monde dans les chances de leur champion : Benjamin Griveaux, Julien Denormandie, Richard Ferrand, Jean-Marie Girier, Stéphane Séjourné, Ismaël Emelien, Sylvain Fort et Sibeth Ndiaye. Un véritable commando politique, tous placés à des postes stratégiques du régime et qui cultivent avec le chef de l’Etat un même goût pour la transgression et le secret, les seules armes réellement efficaces à leurs yeux pour durer en politique.

Pour le journaliste François Bazin, auteur d’une biographie de référence sur Jacques Pilhan (Le Sorcier de l’Elysée, Plon, 2009), l’ancien gourou de la communication politique qui a conseillé François Mitterrand puis Jacques Chirac, « la référence » du président n’est pas Paul Ricœur, mais bel et bien Machiavel. « Macron a lu Le Princesouligne-t-il. Il sait que la tactique de la conquête du pouvoir n’est pas la même que celle de sa conservation. Dans la conquête, il était le renard, rusé et duplice. Une fois élu, il est le lion, explicite, vertical, jupitérien. Et il prend tout. »

Sous la nouvelle présidence, la pyramide du pouvoir repose sur sa pointe, à savoir le chef de l’Etat. Tout remonte à lui, tout procède de lui. Les poids lourds ont disparu du gouvernement, ou sont isolés, comme Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Bruno Le Maire (économie), ou Nicolas Hulot (environnement). Autour de lui, Macron a promu des ministres experts, sans passé politique et inconnus des Français.

A l’Assemblée nationale, les députés LRM ne se détachent pas davantage. « Ministres experts, Parlement discipliné, pas de parasitage d’amis ou d’ennemis politiques de trente ans, Macron a intériorisé la fonctionnalité du pouvoir, vertical et tenu, estime Julien Vaulpré, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et directeur général du cabinet de conseil en communication Taddeo. Comme dans un grand groupe moderne, le pouvoir et son exercice doivent être fluides, efficaces et donc, en partie, sans affect. »

La fusion de Colbert et de Mark Zuckerberg

En réduisant le nombre de conseillers dans les cabinets ministériels – au point que certains, au bord de l’épuisement, s’endorment en pleine réunion (comme c’est déjà arrivé à Matignon) –, Emmanuel Macron a décidé de s’appuyer principalement sur le savoir-faire de la haute administration. Derrière le vernis monarchique apparaît donc un Etat ultra-technocratique, auquel viennent s’appliquer des méthodes de « management » inspirées du privé. C’est à la fois Versailles et la « start-up nation ». Colbert et Mark Zuckerberg. Pour le politologue Jérôme Sainte-Marie, cette contradiction au cœur du système macronien n’est qu’apparente. Car, explique ce spécialiste de l’opinion, « il n’y a pas d’univers plus vertical que celui de l’entreprise. Les deux styles, managérial et monarchique, procèdent du même univers hiérarchique et peu délibératif ».

Cette promotion de l’administration dans la préparation des réformes, et plus seulement dans leur application, est aussi un moyen pour le pouvoir de dépolitiser son action. « L’idéologie du gouvernement, comme de l’administration, c’est le pragmatisme. Mais comment avoir un débat sur le pragmatisme et l’efficacité ? », s’interroge la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancienne ministre de François Hollande, qui se voit souvent questionnée ainsi sur le terrain : « Vous le saviez, vous, que Macron était aussi autoritaire ? »

Avec Emmanuel Macron à l’Elysée, la haute fonction publique a repris des couleurs, plus encore que par le passé. Le président en vient : sorti dans la « botte » de l’ENA, il est passé par l’inspection des finances, ce corps d’élite de la République, puis par Bercy. « Le candidat du système qui sauve le système », résume un ancien de Rothschild.

C’est finalement l’un des nombreux paradoxes de l’ère Macron : lui, le président quadra qui promet de casser les vieux codes, qui jure de faire souffler un vent de « disruption » et de « révolution », renforce à sa façon le pouvoir de l’énarchie, accusée depuis trente ans de nourrir la fameuse pensée unique contre les « blocages » et les « archaïsmes » nationaux. « Macron pense qu’une avant-garde peut faire le bien du pays », observe encore Jérôme Sainte-Marie. Alors que le chef de l’Etat revendique une filiation rocardienne et qu’il a attiré à lui de nombreux représentants de la deuxième gauche – lesquels ont toujours exalté les contre-pouvoirs et la social-démocratie –, il serait en réalité « la négation de tout cela ». Au fond, conclut Sainte-Marie, « le macronisme est une critique profonde de la démocratie ».

Poster un commentaire

Enquête Cevipof sur Macron Le Monde

Emmanuel Macron résiste bien – mieux en tout cas que ses prédécesseurs immédiats – à l’usure du pouvoir après un an de mandat présidentiel. Tel est le principal enseignement de l’enquête menée par Ipsos-Sopra Steria, du 25 avril au 2 mai, pour le Centre de recherche de Sciences Po (Cevipof), la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde.

Ce sondage a été réalisé par Internet auprès de 13 540 personnes qui composaient le panel électoral suivi par le Cevipof depuis décembre 2015.

  • Fragilités

Certes, les points de fragilité ne manquent pas dans le tableau extrêmement riche ainsi dressé. En matière d’image personnelle d’abord, si d’indéniables qualités lui sont reconnues (énergie, modernité, présidentialité notamment), le chef de l’Etat souffre, aux yeux d’une majorité de Français (53 %), de ne pas « bien comprendre » leurs problèmes.

Au plan sociologique, le déséquilibre s’est creusé depuis un an entre une France populaire qui le juge de façon critique et une France aisée beaucoup plus positive. Au plan politique, enfin, le candidat centriste – ou central – de mai 2017 est devenu, un an plus tard, un président nettement situé à droite par les Français.

  • Socle politique

En revanche, le bilan de l’action menée depuis un an présente de nombreux aspects encourageants pour le pouvoir exécutif. Globalement, il est jugé positif par 45 % des personnes interrogées, et négatif par 55 %.

Mais Emmanuel Macron peut se rassurer en constatant qu’il conserve le soutien des Français qui l’ont élu : 68 % de ses électeurs du premier tour de la présidentielle jugent son bilan positif, de même que 56 % de ceux du second tour, dont beaucoup ne l’avaient pas choisi par adhésion mais pour faire barrage à la présidente du Front national (FN).

De même, son socle politique composite reste solide : 93 % des Français proches de La République en marche (LRM) et 66 % des sympathisants du MoDem (la base de sa majorité parlementaire) jugent le bilan positif, mais aussi 68 % des sympathisants de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), 51 % des Républicains (LR) et même 41 % des socialistes. Sans surprise, c’est du côté du FN et de La France insoumise (LFI) que le jugement est le plus négatif (78 % et 85 % respectivement).

  • Palmarès des réformes

L’analyse plus détaillée des grands domaines d’action confirme le constat global. Une majorité de Français estiment que l’action du pouvoir exécutif va « dans le bon sens » en matière de politique étrangère (63 %), d’aide aux entreprises (61 %), d’Union européenne (60 %), de lutte contre le terrorisme (57 %) et d’amélioration du fonctionnement de la vie politique (50 %). Dans trois domaines, le jugement est très partagé : lutte contre le chômage (49 % positif), réforme de l’éducation nationale (49 %) et lutte contre l’insécurité (47 %).

A l’inverse, le jugement est clairement négatif pour la maîtrise de l’immigration (66 % estiment que l’action va « dans le mauvais sens »), la préservation du système de retraites (70 %), l’amélioration du système de santé (72 %), l’amélioration du pouvoir d’achat (78 %) et la réduction des inégalités sociales (78 %). Mais, à l’exception des trois derniers secteurs, le bilan reste positif pour la majorité des électeurs du premier tour d’Emmanuel Macron.

Quant aux nombreuses réformes engagées, leur « palmarès » présente une surprise de taille : celle qui « satisfait le plus » les Français concerne la SNCF, suivie par celles de la taxe d’habitation et des institutions, ainsi que l’interdiction de l’utilisation du glyphosate. A l’inverse, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), la limitation de vitesse à 80 km/h sur certaines routes départementales, la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune et la diminution des aides au logement sont les quatre mesures qui « mécontentent le plus » les Français.

  • Président réformateur

La volonté de changement martelée par le candidat puis par le président Macron est clairement établie. La moitié des Français (50 %, dont 87 % de « marcheurs », 49 % de Républicains et 48 % de socialistes) jugent que le chef de l’Etat et le gouvernement « veulent vraiment réformer la France » et qu’« ils y parviendront ». Auxquels s’ajoutent un tiers (32 %) qui estiment qu’ils veulent vraiment réformer, mais qu’ils n’y parviendront pas.

En outre, près des trois quarts des Français (73 %, y compris une nette majorité de frontistes et d’« Insoumis ») reconnaissent que l’action menée depuis un an est conforme aux engagements de campagne de M. Macron.

En revanche, la méthode de gouvernement suscite davantage de réserves. La moitié des Français (49 %) estiment que « les réformes sont trop nombreuses et qu’il faudrait aller plus lentement », contre 13 % pour qui il faudrait aller plus vite et 38 % (dont 57 % de l’électorat Macron du premier tour) qui déclarent que le rythme des réformes est le bon.

De même, 55 % des sondés jugent que le président et le gouvernement « sont trop autoritaires et ne laissent pas assez de temps à la négociation », contre 15 % pour qui ils ne sont pas assez autoritaires et devraient aller plus vite, tandis que 30 % estiment qu’ils « trouvent généralement un bon compromis entre négociation et rapidité ».

Il est enfin évident que le chef de l’Etat continue à bénéficier de la faiblesse et du manque de crédibilité de ses opposants. Si le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, était aujourd’hui président de la République, seuls 14 % des Français (et 46 % de ses électeurs du premier tour) pensent qu’il « ferait mieux » qu’Emmanuel Macron. Le jugement est identique pour Marine Le Pen (14 % pensent qu’elle ferait mieux) et encore plus calamiteux pour le président de LR Laurent Wauquiez (8 %) ou pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure (4 %). Le big bang politique de 2017 n’a pas fini de produire ses effets.

Gérard Courtois

image: http://img.lemde.fr/2018/05/04/0/0/1080/5137/534/0/60/0/aa0cbf2_3758-1nkkvyu.b117.png

Enquête Cevipof sur Macron : des aficionados plutôt âgés, diplômés et aisés

Un tiers des sondés apprécient chez le président « à la fois son action et sa personnalité », 39 % les rejettent.

Dans leur rapport à Emmanuel Macron, les Français peuvent être classés en trois catégories de poids inégal. Il y a 33 % de « passionnés », 39 % de « détracteurs » et 28 % de « partagés ». Au-delà de leur poids respectif, ce sont les profils très différents de ces catégories qui sont intéressants.Les « passionnés » apprécient chez le président « à la fois son action et sa personnalité ». Qui sont ces supporteurs enthousiastes – et, il faut le souligner, plus nombreux que les électeurs du premier tour du candidat Macron ? Démographiquement, ils sont plutôt âgés : 37 % chez les plus de 65 ans contre 33 % en moyenne. Sociologiquement, ils sont nettement plus aisés (42 % de cadres supérieurs, 48 % gagnent plus de 6 000 euros par mois) et nettement plus diplômés (40 % des bac + 4 ou plus contre 25 % seulement des sans diplôme). Géographiquement, on les trouve davantage dans les Pays de la Loire (35 %) ou la Bretagne (36 %) mais à peine plus dans les grandes villes que dans le rural (2 points de différence seulement).

Electoralement, ce sont ceux qui ont évidemment voté pour Macron mais ils se recrutent aussi beaucoup chez les électeurs de Fillon (42 %) et même, de manière non anecdotique, chez les électeurs de Le Pen (16 %), Hamon (16 %) et Mélenchon (13 %). Ce qui séduit les « passionnés », plus encore que la moyenne des Français ? Dans l’action, la réforme de la SNCF (+ 22 points que la moyenne) et du code du travail (+ 11 points). Et dans l’image, la présidentiabilité, l’efficacité, la bonne image portée de la France à l’étranger, l’honnêteté et la sympathie.

Agréger un spectre large

En face d’eux, il y a les « détracteurs ». Ce sont les opposants, un peu plus nombreux et tout aussi déterminés, qui rejettent « à la fois son action et sa personnalité ». Leur profil est, de manière fascinante, le symétrique rigoureusement inversé des supporteurs : plutôt jeunes (42 % des 18-24 ans contre 39 % en moyenne) ou âgés de 50 à 64 ans (42 %), employés ou ouvriers (44 % et 45 %), habitant la Franche-Comté (47 %) et l’Auvergne (47 %, avec un effet Wauquiez évident), peu diplômés (46 % des sans diplôme), dotés de revenus parmi les plus modestes (51 % de ceux dont le foyer gagne moins de 1 250 euros et 43 % de ceux qui gagnent entre 1 500 et 2 000 euros), électeurs de Mélenchon (58 %), Hamon (50 %) et Le Pen (58 %).

Ce qu’ils rejettent, davantage que la moyenne des Français ? Dans l’action, la hausse de la CSG mais, plus significativement, la réforme du code du travail (+ 11 points) et de la SNCF (+ 7 points). Et dans l’image, tout particulièrement, d’être peu sympathique, une forme de mépris et la faible capacité à comprendre les problèmes des gens. En un mot, une distance de classe.

Entre les passionnés et les détracteurs, se trouvent les « partagés ». Ces 28 % de Français dichotomiques se divisent eux-mêmes en deux sous-catégories. D’un côté, ceux qui apprécient « sa personnalité mais pas son action » pèsent 18 %. Ce qu’ils apprécient tout particulièrement, c’est la bonne image de la France portée à l’étranger (+ 10 points par rapport à la moyenne), la modernité (+ 9 points), la présidentiabilité (+ 8 points) et l’énergie (+ 8 points).

Ces dimensions personnelles, vectrices de fierté, viennent atténuer une action politique jugée négativement. Et elles permettent d’agréger sur un spectre large – même si c’est la gauche qui est davantage concernée : aux alentours du quart des électeurs de Mélenchon et de Hamon, et environ 15 % des électeurs de Fillon et de Le Pen se situent dans cette catégorie.

Martingale présidentielle

Il y a, d’un autre côté et à l’inverse, ceux qui apprécient « son action mais pas sa personnalité ». Ils pèsent 10 %. Ils se recrutent pour leur part davantage à droite, comme en témoigne leur positionnement sur une échelle gauche-droite. Ils apprécient de ce fait plus significativement que la moyenne la réforme de la SNCF (+ 15 points) mais, aussi, un contrôle accru des chômeurs (+ 9 points) et l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (+ 7 points). Ils n’aiment pas la personne de Macron, mais reconnaissent et apprécient plus que la moyenne sa capacité à vouloir changer les choses, la bonne image de la France portée à l’étranger et une manière différente de faire de la politique.

En définitive, trois enseignements peuvent être tirés. Le premier concerne le positionnement du président de la République et la forte séduction exercée sur les électeurs de François Fillon. Entre les 42 % de « passionnés » et les 31 % de « partagés », seuls 27 % des électeurs de l’ancien premier ministre se classent dans les « détracteurs » – c’est dire l’étroitesse de la cible visée par Laurent Wauquiez.

Le deuxième concerne le jeu de l’action politique et de l’image personnelle du chef de l’Etat. 43 % des Français apprécient l’action d’Emmanuel Macron, 57 % ne l’apprécient pas. 51 % apprécient sa personnalité, 49 % ne l’apprécient pas. C’est donc plus son action qui divise et sa personnalité qui rassemble.

Le troisième explique le succès relatif, un an après, de la martingale présidentielle : au-delà du premier cercle de supporteurs – qu’il a élargi –, il a réussi à conserver dans un second cercle des électeurs de gauche qui apprécient sa personnalité et des électeurs de droite qui approuvent son action. Pour l’instant.

Brice Teinturier (directeur général délégué d’Ipsos) et Gilles Finchelstein (directeur général de la Fondation Jean-Jaures)

Enquête Cevipof : un président « énergique » et « réformateur », mais dénué d’empathie et trop autoritaire

L’image d’Emmanuel Macron ne semble pas encore atteinte après un an d’exercice du pouvoir contrairement à celle de ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Après un an d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron continue de véhiculer une image en construction, celle d’un président à la fois volontaire pour ses partisans et peu empathique voire méprisant pour ses adversaires. A la différence de ses prédécesseurs, il séduit soit par son action soit par sa personnalité, mais plus rarement sur ces deux dimensions en même temps. Rien à voir, en tout cas, avec un François Hollande, dont la normalité a rapidement lassé l’opinion, ou avec un Nicolas Sarkozy hyperactif, qui a fini par déconsidérer la fonction présidentielle.Quel bilan tirer des premiers mois d’Emmanuel Macron en termes d’autorité présidentielle par le prisme des traits d’image ? Le sociologue allemand Max Weber soulignait que l’autorité charismatique relève moins d’un caractère inné que de la représentation par les autres. Ne serait-ce pas précisément cette ambiguïté que le chef de l’Etat continue de cultiver pour mieux s’affranchir de la seule autorité bureaucratique (pour ne pas dire technocratique) dont il disposait par son expérience passée.

image: http://img.lemde.fr/2018/05/05/0/0/1038/2151/534/0/60/0/b07c4fb_3589-1enw24k.ppqx.png

S’agit-il pour autant d’une opération de communication politique savamment calculée ? A vrai dire, cela s’apparente davantage à une stratégie conforme à des gestes, des paroles, des positions voire des oppositions politiques assumées durant cette première année. Le spectre d’un président inefficace est certainement l’image la plus fortement combattue au cœur de la machine élyséenne et chez les parlementaires de La République en marche. Il n’est donc guère étonnant qu’une forte majorité de citoyens (60 %) considèrent qu’il veut faire passer son programme en force sans respecter ceux qui ne pensent pas comme lui. Une telle affirmation fait écho à l’image d’un président énergique (68 %), moderne (60 %) et réformateur (61 % des Français considèrent qu’il veut vraiment changer les choses contre 24 % en mai 2017).

Autrement dit, Emmanuel Macron réussit aujourd’hui là où ses prédécesseurs avaient échoué car plus d’un Français sur deux (57 %) juge qu’il incarne une nouvelle manière de faire de la politique tout en donnant une bonne image de la France à l’étranger (pour 58 % d’entre eux).

De manière rétrospective, le chef de l’Etat a consolidé certains traits inhérents à son image. La stature de président est clairement, de toutes les caractéristiques personnelles, celle où il a le plus progressé depuis douze mois. En effet, 52 % des Français (contre 23 % en mai 2017) jugent qu’il a l’étoffe d’un président. Ce jugement est partagé jusqu’au sein de l’électorat de La France insoumise (37 %), des Républicains (61 %), des socialistes (46 %), du Front national (34 %) et naturellement de La République en marche (82 %).

Par ailleurs, alors que 21 % des Français le percevaient comme honnête et 27 % comme sympathique en mai 2017, ils sont désormais respectivement 33 % et 35 % à lui prêter ces mêmes qualités.

Inquiétude grandissante

En revanche, Emmanuel Macron souffre toujours d’un déficit d’empathie politique puisque seuls 15 % des Français considèrent « qu’il comprend bien les problèmes des gens comme nous » et qu’il suscite une inquiétude grandissante pour 42 % des personnes interrogées (contre 28 % un an plus tôt mais loin des 64 % recueillis par Nicolas Sarkozy en mai 2008). Signalons enfin que près de 4 Français sur 10 le jugent méprisant, indiquant par là qu’il n’incarne pas le rassemblement, bien souvent martelé par ses prédécesseurs.

Au fond, son image ne semble pas encore atteinte par l’exercice du pouvoir qui, généralement, use l’image des dirigeants politiques. En dépit du qualificatif de « président des riches » qui pourrait durablement lui être associé, Emmanuel Macron semble convaincu qu’il tient de sa seule action politique un capital d’image globalement positif.

Martial Foucault (professeur à Sciences Po et directeur du Cevipof)

Enquête Cevipof sur Macron : le chef de l’Etat perçu de plus en plus à droite

Les Français reprochent à Emmanuel Macron un déficit social et un excès d’autoritarisme.

« Sur une échelle de 0 (très à gauche) à 10 (très à droite), où classeriez-vous Emmanuel Macron ? » A cette question simple, les Français ont apporté, en moyenne, comme réponse : 6,7. Ce chiffre net est le signe d’un déséquilibre idéologique.

image: http://img.lemde.fr/2018/05/05/0/0/1038/1447/534/0/60/0/163fcc4_11688-1m3y56g.cl52.png

Déséquilibre d’abord par rapport à lui-même. En mars 2017, les Français positionnaient le candidat Macron presque parfaitement au centre, à 5,2. Et ce positionnement central était une des clés de son succès face à la polarisation extrême des deux candidats des partis de gouvernement. En novembre 2017, premier glissement vers la droite, de 5,2 à 6. Aujourd’hui, deuxième glissement substantiel, de 6 à 6,7. Du candidat au président, la rapidité et l’ampleur de l’évolution sont sans précédent.

Déséquilibre, ensuite, par rapport à son socle électoral. Les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle se positionnent à 5,1 et les sympathisants de La République en marche à 5,7 – les uns et les autres nettement plus à gauche que le chef de l’Etat. Déséquilibre, enfin, par rapport à l’ensemble des Français. La société française est certes en voie de « droitisation » – révélée notamment par l’évolution de l’autopositionnement idéologique des Français. Mais ils ne se situent malgré tout qu’à 5,6. Ainsi, par rapport à la moyenne des Français, le candidat Macron était un peu plus à gauche quand le président Macron est clairement plus à droite.

Déséquilibre démocratique

Comment comprendre la droitisation du positionnement idéologique du chef de l’Etat ? Par un double déséquilibre politique. Le premier est social. Il y avait promesse de « plus d’efficacité » et de « plus de justice ». Il y a la perception – massive – d’un déficit social. Chez l’ensemble des Français, 70 % à 80 % jugent négativement l’action engagée pour « l’amélioration du pouvoir d’achat »« la réduction des inégalités sociales » ou « l’amélioration du système de santé ». Et il en est de même, de 52 % à 61 %, chez les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Ainsi, moins de 10 % des Français estiment que les classes moyennes et les milieux populaires sont les bénéficiaires de l’action engagée depuis le début du quinquennat.

Le second déséquilibre est démocratique. Il y avait promesse de « plus de décision » et de « plus d’écoute ». Il y a la perception – large – d’un excès d’autoritarisme. Les Français reconnaissent, et approuvent, la volonté réformatrice du président de la République. Mais, outre qu’ils s’interrogent sur le rythme soutenu des réformes, ils sont 55 % à reprocher un mode de gouvernement « trop autoritaire » – sentiment d’autant plus partagé qu’ils se positionnent à gauche ou au centre de l’échiquier politique.

Brice Teinturier (directeur général délégué d’Ipsos) et Gilles Finchelstein (directeur général de la Fondation Jean-Jaures)

Poster un commentaire

Nouveau livre Attac et Fondation Copernic : L’imposture Macron

Nouveau livre Attac et Fondation Copernic : L’imposture Macron

Publication 18 avril 2018

Cher·e adhérent·e et sympathisant·e,

Le nouveau livre d’Attac avec la Fondation Copernic : L’imposture Macron sort en librairie aujourd’hui, vous pouvez le commander sur la boutique en ligne d’Attac.

L’illusion d’une sortie de la crise actuelle par des politiques néolibérales est-elle nouvelle ? C’est ce que prétend incarner Emmanuel Macron, en voulant créer une mystique salvatrice via ses réformes économiques et sociales. Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d’une politique qui se prétend résolument moderne alors qu’elle n’a de cesse de prendre des mesures issues de l’ « ancien monde ».

L’imposture Macron,
coordonné par Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Aurélie Trouvé
.
Commandez
L’imposture Macron
Attac France — 2018
Twitter |  Facebook |  Viméo


Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

Poster un commentaire

Au Parlement européen, Emmanuel Macron n’a pas du tout apprécié le cadeau de cet eurodéputé belge

Le président de la République a sèchement répondu à cet élu écologiste.

EUROPE – La politique française s’est largement invitée à l’intérieur du Parlement de Strasbourg où Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi 17 avril aux eurodéputés. A l’issue du discours d’une vingtaine de minutes du président de la République, chaque groupe avait la parole pour lui répondre.

C’est à cette occasion que l’élu écologiste belge Philippe Lamberts a largement critiqué ce que le gouvernement d’Edouard Philippe fait en France depuis bientôt un an. Le porte-parole des eurodéputés écolos a adressé quelques bons points, comme l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais c’était pour mieux dénoncer l’action des forces de l’ordre qui « écrasent dans la violence les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une autre manière de vivre ».

Il a dénoncé la loi asile, « ses procédures expéditives, recours non-suspensifs, détentions administratives » mais il a surtout critiqué la politique économique menée, reprenant l’une des expressions favorites du chef de l’Etat: « les premiers de cordée ». « Dans nos sociétés, cette corde n’existe plus: les riches s’enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort », a-t-il lancé, concluant son propos en offrant une corde à Emmanuel Macron, comme le montre la vidéo en tête d’article.

Ce dernier lui a ensuite répondu de manière virulente. « Vous pouvez tenir des propos d’estrade car vous avez le confort de ce salon. Au nom du respect que j’ai pour ce Parlement, je ne peux vous laisser dire des bêtises et contre-vérités », a balayé le chef de l’Etat.

À voir également sur Le HuffPost:

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01590560/zone/1/showtitle/1/src/vflmxr

Poster un commentaire

NDDL. Le ras-le-bol de gendarmes engagés dans la ZAD

Alors qu’une guerre d’usure est engagée dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, l’Association professionnelle nationale militaire tire la sonnette d’alarme.

Sur sa page Facebook, l’Association professionnelle nationale militaire s’alarme de la situation d’enlisement qui caractérise l’opération menée depuis le 9 avril, dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. « Ce que l’on redoutait depuis l’annonce de l’abandon du projet de NDDL est en train de se produire : un enlisement désastreux, en terme d’image, de l’expulsion et de la destruction des abris de fortune des occupants illégaux d’un territoire abandonné par les gouvernements successifs depuis de nombreuses années », écrit-elle notamment.

à lire sur le sujet    ZAD. La guerre d’usure

« Extrême détermination des marginaux »

« (…) Les forces de gendarmerie ont été calibrées pour répondre à la demande expresse du politique pour enfin exécuter les décisions de justice et détruire les constructions illégales qui avaient été érigées anarchiquement par des « amoureux de la nature ». Le décor ainsi planté devait permettre aux décideurs de « faire ce qu’ils avaient dit ». C’était sans compter sur l’extrême détermination des marginaux de Notre-Dame-des-Landes à ne pas quitter un lieu qu’ils avaient unilatéralement décidé de s’approprier. D’une opération bon enfant d’accompagnement d’engins de chantier pour faire exécuter les « déconstructions », comment en est-on arrivé à une guérilla rurale qui s’annonce de plus en plus délicate physiquement et moralement pour les gendarmes engagés sur place ».

« Maintenir l’ordre ou le rétablir, lorsque les objectifs sont clairs, la gendarmerie sait faire. C’est plus compliqué quand les consignes sont manifestement de réaliser de telles opérations sans entrer en contact avec ceux qui n’ont aucun respect pour l’État de droit ».

Des individus rompus à toutes formes de transgressions

« Après Sivens (et la mort de Rémi Fraisse, NDLR), ces politiques qui donnent chaque jour des leçons de fermeté ont retiré les grenades offensives qui permettaient de se dégager rapidement d’une situation dangereuse. Il faut être véritablement inconséquent pour imaginer que des individus belliqueux, rompus à toutes formes de transgressions, se contentent de répondre à quelques lacrymogènes par des gestes de tendresse. Non, parce qu’ils sont déterminés à agresser de manière violente, brutale et définitive ceux qui représentent le symbole de l’État ».

« Ceux que l’on presse à l’envi »

Dans ce post Facebook, l’exaspération des forces de l’ordre est plus que palpable : « Beaucoup de gendarmes mobiles sur place en ont ras le casque de cette démission du politique qui ne veut pas en dire le nom (…). Que les politiques prennent garde à la montée d’une grogne légitime de la part de ceux que l’on presse à l’envi et qui ne réclament qu’une seule chose : faire le travail pour lequel ils sont entrés au service du pays ».

Poster un commentaire

Macron : on continue !

« Nous allons continuer sur l’école », a affirmé Emmanuel Macron lors de son intervention dans le JT de TF1 le 12 avril. Le président de la République a également lancé des chiffres sur l’école qui semblent éloignés de la réalité…

« La base de notre pays c’est l’école ». E Macron tient ces propos dans une salle de classe d’une école rurale de l’Orne. « De la maternelle à l’université on change tout, comme cela n’était pas arrivé depuis Jules Ferry », explique le président. Il relève la scolarité obligatoire à 3 ans et les dédoublements en éducation prioritaire. « Moins d’élèves par classe c’est social.. Avec cette réforme je m’engage à ce que tous les enfants sachent lire écrire et compter ».

E Macron a voulu montrer que le rural n’est pas délaissé. « A la rentrée prochaine on aura 32 000 élève sen moins en CP. Pourtant on va ouvrir 5000 classes, 3000 par dédoublement dont certaines en zone rurale, et 1000 classes en zone rurale alors qu’il y aura 20 000 élèves en moins. On va augmenter le taux d’encadrement. Je vous le garantis ».

L’analyse des décisions des CDEN dans 97 départements réalisée par le Snuipp Fsu donne pourtant des chiffres bien différents. Selon le Snuipp, les 3880 postes supplémentaires de la rentrée 2018, dont 100 concernent des conventions ruralité, ne suffisent pas à alimenter les 5 442 postes nécessaires aux dédoublements en éducation prioritaire. Outre les maitres + (1300 supprimés) , les Dasen sont obligés de ponctionner des moyens ailleurs.

Selon le Snuipp, il y aura 1097 fermetures de classes en zone rurale à la rentrée pour 289 ouvertures soit un déficit de 808 postes. JM Blanquer parle lui de 207 classes fermées et non d’un millier ouvertes.

« La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves (RERS 2017), la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire », relève aussi le Snuipp.

Macron à la peine

Poster un commentaire

Macron et la laïcité : prises de position syndicales et laïques

« Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer ». La phrase prononcée devant les évêques le 9 avril alimente la polémique aussi bien auprès des syndicats que de la Ligue de l’enseignement.

Le Se Unsa estime qu’en  » appelant les catholiques à s’engager en politique, le président sort de son rôle. Il doit seulement s’adresser au citoyen, caractère premier de chaque personne au sein de la République. La croyance constitue un caractère secondaire, comme le genre, la couleur de peau, les opinions politiques, l’orientation sexuelle ». Le syndicat souligne « un passage surréaliste du discours : « chaque jour, des associations catholiques et des prêtres, accompagnent des familles monoparentales, des familles divorcées, des familles homosexuelles, des familles recourant à l’avortement […] ; l’Église accompagne inlassablement ces situations délicates et tente de concilier les principes et le réel ». Sans préjuger de la réalité de cette affirmation, l’opinion publique a surtout retenu l’opposition de l’Église au divorce, à l’acceptation de l’homosexualité, à l’IVG et au mariage pour tous. »

 » Le président de la République porte une attaque frontale aux principes fondamentaux de la laïcité. La loi de séparation de 1905 pour laquelle « la République ne reconnaît … aucun culte » serait-elle devenue de la poudre de perlimpinpin ? », affirme le Snes Fsu.  » Au delà des gages qu’il a sans doute voulu donner à son auditoire alors que va s’ouvrir le débat parlementaire sur la bioéthique, le président donne sa vision de la société laïque dans laquelle  État et Églises sont placés sur le même plan, appelant les catholiques, que « les politiques ont profondément méconnus », à réinvestir la « scène politique, nationale comme européenne ». Il entretient aussi largement la confusion entre croyants et Église ».

 » Faut-il voir là l’esquisse d’une gestion communautaire des défis posés par la société actuelle ? », demande la Ligue de l’enseignement. « Parmi ces défis, la réduction des inégalités sociales insupportables qui sont à l’œuvre dans notre pays et qui sont contraires à nos valeurs. Pour la Ligue de l’enseignement, « ce n’est pas la diversité culturelle qui menace l’unité de la société, c’est l’inégalité persistante et croissante des conditions et des discriminations » . En conséquence, c’est bien le lien entre République et laïcité qu’il faut, non pas réparer, mais réaffirmer. »

Sur son blog, Claude Lelièvre rappelle les étapes de cet engagement du président sur un chemin qui interpelle la laïcité.

C Lelièvre

La Ligue

Poster un commentaire

Orientation : le transfert aux régions critiqué

« Nous ne comprenons pas ce qui motive nos tutelles à soutenir un transfert de compétences qui affaiblit la mission du service public d’éducation, constitue un risque d’accroissement des inégalités et des disparités entre les territoires et favoriserait davantage les déterminismes en limitant les perspectives d’un Avenir à un territoire », écrit l’Association des délégués régionaux adjoints de l’Onisep. Le projet de loi sur la formation professionnelle, qui arrive en discussion au Parlement le 12 avril, prévoit le transfert des directions régionales de l’Onisep aux régions.

« L’activité de production, d’agrégation et de diffusion de données documentaires relatives aux formations, aux métiers et à l’insertion professionnelle implique la neutralité, l’exhaustivité et la gratuité de l’information délivrée concernant l’offre de formation initiale et l’information sur les professions », poursuit l’association qui souligne aussi que l’Onisep perdra l’appui apporté par ses directions régionales. « Si cet article est maintenu, comment les services d’information et d’orientation auxquels appartiennent les Dronisep pourront-ils encore contribuer à faire réfléchir les élèves sur leur trajectoire scolaire et les aider à se construire comme citoyen responsable et solidaire ? Comment l’Education nationale pourra-t-elle relever l’ambition d’assurer un service public national d’information et d’orientation pour tous et adapté à chacun ? »

Le projet de loi

Poster un commentaire

Scolarisation à 3 ans : le ministre plus très sur que cela n’aura aucun effet pour le privé…

« Il n’y a pas de changement en ce qui concerne le privé lié à cette évolution », nous avait dit le 27 mars JM Blanquer à propos de la scolarité obligatoire avancée à 3 ans. Mais finalement le ministre n’est pas très sur. Répondant à une question de la sénatrice RDSE Mireille Jouve le 5 avril, le ministre répond que  » le forfait d’externat est (déjà) acquitté par les trois quarts des communes ». Il ajoute que « l’obligation de scolarité à 3 ans n’ajoutera pas forcément aux dépenses des communes, d’autant que l’on attend une baisse démographique dans les prochaines années qui devrait dégager des marges de manoeuvre. Mais si c’était le cas, nous respecterions la Constitution », ce qui veut dire que l’Etat serait obligé de financer la mesure. Dans sa réponse le ministre « oublie » d’évoquer les emplois d’atsems dans les écoles privées qu’il faudra aussi que les villes prennent en charge. Pour Pierre Marsollier, délégué général national de l’enseignement catholique, il n’y a pas de doute de l’effet de cette mesure sur les communes. « S’il y a obligation de scolarisation, il faut que le financement suive. Nous sommes paisibles. Nous n’allons pas présenter la facture dans six mois, mais il faut que pour l’application de cette réforme, en septembre 2019, nous ayons notre dû. Et on ne lâchera pas », dit-il dans La Voix du nord.

 

Au Sénat

La Voix du Nord

Macron fait il un cadeau au privé ?

Poster un commentaire

Du ministère à Amazon

En mai 2017, le Café pédagogique rendait public un courrier interne du directeur du numérique éducatif, Mathieu Jeandron, prévoyant la livraison des données des élèves des établissements scolaires aux grands groupes du Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). S’en suivaient de vives réactions des syndicats, des parents et de la Cnil, une déclaration gouvernementale de haut niveau et des « explications » embarrassées de M. Jeandron. Finalement Le Canard enchainé du 4 avril annonce son recrutement par Amazon. C’est un fait sans précédent de « pantouflage » qui fait tache rue de Grenelle. Le précédent évoqué par le Canard concernait un conseiller et non un fonctionnaire.

 

L’article du 16 mai 2017

Poster un commentaire

Réforme constitutionnelle : faut-il réduire le nombre de députés ?

 » Le surcroît d’efficacité qu’entraînerait la réforme n’a rien de certain. En revanche, elle distendrait un lien représentatif déjà fragile entre électeurs et parlementaires ». Thomas Ehrhard et Olivier Rozenberg (Sciences Po) décortiquent dans cet article les effets de la réduction du nombre de députés alliée à l’élection d’une partie d’entre eux à la proportionnelle, souhaitée par E Macron. Elle en montre les conséquences politiques.

Selon l’article, la France compte un député pour 114 000 habitants ce qui est exactement le niveau des pays voisins. Le nouveau système proposé par E Macron aboutirait à un député pour 230 000 habitants « ce qui n’a pas d’équivalent au sein des démocraties ». 35 à 49 départements n’auraient plus qu’un député.  » Il en résulterait une inégalité accrue quant à la possibilité pour les électeurs soutenant de petites formations de les élire selon la taille du département où ils vivent ».

« L’augmentation de la taille des circonscriptions augmenterait par ailleurs la prime majoritaire ». En clair, la réforme avantagerait le plus gros parti en l’occurrence celui d’E Macron. Selon le calcul des auteurs  » la baisse d’effectifs des groupes d’opposition (dont les membres ont été élus en dépit de candidats LREM) serait de 52 % pour LR (sans les cons-tructifs), 67 % pour le FN, 69 % pour LFI et 72 % pour le PCF ». Selon la façon dont le découpage électoral serait fait l’effet pourrait être pire pour le FN, LFI et le PCF. La réforme avantagerait donc nettement LREM et lui permettrait de maintenir plus facilement sa majorité.

La note passe en revue les effets néfastes d’une baisse du nombre de parlementaires sur le fonctionnement des assemblées. « Ils concernent : a) la hausse du seuil de saisine du Conseil constitutionnel si la Constitution n’est pas changée (10 à 15%) ; b) la possibilité que de vastes circonscriptions n’accaparent le temps, l’attention et les ressources des parlementaires ; c) l’effet mécanique d’un agrandissement des circonscriptions sur une moindre diversité des profils des élus ».

Sur le site Sciences Po

Poster un commentaire

La loi sur le secret des affaires est un danger pour nos libertés fondamentales

par Collectif

Deux ans après son adoption, la directive européenne sur le secret des affaires va être transposée dans le droit français en catimini et dans le cadre d’une procédure accélérée. Lanceurs d’alerte, syndicalistes, militants associatifs, journalistes et chercheurs sonnent l’alarme sur les dangers de cette loi pour le droit à l’information et la liberté d’expression. Les journalistes de Basta ! s’associent à cet appel.

L’Assemblée nationale et le Sénat s’apprêtent à remettre en cause nos libertés fondamentales en votant, via une procédure accélérée, une proposition de loi portant sur le secret des affaires.

Ce texte, qui sera étudié en séance publique à l’Assemblée nationale le 27 mars 2018 et qui porte sur « la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites », est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016 malgré les mises en garde des ONG, des syndicats, des journalistes, des chercheurs et l’opposition massive des citoyens. Cette directive a été élaborée par les lobbies des multinationales et des banques d’affaires qui souhaitaient un droit plus protecteur pour leurs secrets de fabrication et leurs projets stratégiques, alors que le vol de documents et la propriété intellectuelle sont déjà encadrés par la loi.

La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen. Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. La proposition de loi sur le secret des affaires a des implications juridiques, sociales, environnementales et sanitaires graves. De fait, ce texte pourrait verrouiller l’information à la fois sur les pratiques et les produits commercialisés par les entreprises.

En effet, la définition des « secrets d’affaires » est si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie. L’infraction au secret des affaires aurait lieu dès lors que ces informations seraient obtenues ou diffusées et leur divulgation serait passible de sanctions pénales. Les dérogations instituées par le texte sont trop faibles pour garantir l’exercice des libertés fondamentales. Des scandales comme celui du médiator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les Panama Papers ou LuxLeaks pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens.

Qu’il s’agisse d’informations sur les pratiques fiscales des entreprises, de données d’intérêt général relatives à la santé publique ou liées à la protection de l’environnement et à la santé des consommateurs, les journalistes, les scientifiques, les syndicats, les ONG ou les lanceurs d’alertes qui s’aventureraient à rendre publiques de telles informations s’exposeraient à une procédure judiciaire longue et coûteuse, que la plupart d’entre eux seraient incapables d’assumer face aux moyens dont disposent les multinationales et les banques. C’est là le pouvoir de cette loi : devenir une arme de dissuasion massive.

Pour les téméraires qui briseront cette loi du silence, on peut toujours espérer que les tribunaux feront primer la liberté d’expression et d’informer. La récente affaire Conforama indique plutôt le contraire. Les soi-disant garanties proposées par le gouvernement français ne couvrent pas tous les domaines de la société civile et notamment le travail des associations environnementales. Ces dérogations ne sont qu’un piètre hommage aux grands principes de la liberté d’informer. Elles ne vaudront pas grand-chose devant une juridiction armée d’un nouveau droit érigeant le secret des affaires en principe, et la révélation d’informations d’intérêt public en exception.

Cette offensive sans précédent sur notre droit à l’information est un enjeu démocratique majeur qui est en train de mobiliser l’ensemble de la société civile, comme le montre le succès de la pétition dans ce sens. Lanceurs d’alertes, syndicats, ONG, journalistes, avocats, chercheurs et citoyens : nous nous opposerons à l’adoption en l’état de cette loi. Le droit à l’information et l’intérêt des citoyens ne sauraient être restreints au profit du secret des affaires.

Une pétition est à signer à l’adresse : http://www.stopsecretdaffaires.org

Premiers signataires

Aiquel Pablo, journaliste, SNJ-CGT
Alt Éric, Vice-Président de l’association ANTICOR
Apel-Muller Patrick, directeur de la rédaction de l’Humanité
Dr Arazi Marc, lanceur d’alerte du Phonegate
Beynel Eric, porte-parole de l’union syndicale Solidaires
Binet Sophie, Secrétaire générale adjointe de l’UGICT CGT
Borrel Thomas, porte-parole de Survie
Cellier Dominique, président de Sciences Citoyennes
Christofol Hervé, secrétaire général du Snesup-FSU
Compain Florent, Président Les Amis de la Terre France
Cossart Sandra, Directrice de Sherpa
Darmon Muriel, Présidente de l’Association Française de Sociologie
Deltour Antoine, lanceur d’alertes Luxleaks
Dupré Mathilde, Présidente du Forum citoyen pour la RSE
du Roy , Ivan, journaliste, co-rédacteur en chef de Basta !
Julliard Jean-François, directeur-exécutif de Greenpeace France
Kalinowski Wojtek, Co-Directeur de l’Institut Veblen
Kamenka Patrick, journaliste, SNJ-CGT
Kragl Ingrid, directrice de l’information, Foodwatch
Kotlicki Marie-José, secrétaire générale de l’UGICT CGT
Lepers Elliot, Directeur de l’ONG “Le Mouvement”
Lucet Élise, journaliste
Merckaert Jean, rédacteur en chef de la Revue Projet
Monfort Patrick, Secrétaire général du SNCS-FSU
Perrin Edouard, journaliste, Président du Collectif “Informer N’est Pas un Délit” Peres Eric, Secretaire général de FO Cadres
Petitjean Olivier, journaliste, coordinateur de l’Observatoire des multinationales.
Plihon Dominique, économiste, porte-parole d’Attac
Potier Julie, Directrice de BIO CONSOM’ACTEURS
Poilâne Emmanuel, délégué général de France Libertés et président du CRID
Raffin Patrick, photographe
Ramaux Christophe, économiste à l’Université Paris 1, membre des Economistes atterrés
Remy Clément, Président de l’ONG POLLINIS
Roques Laurence, Présidente du Syndicat des avocats de France
Rousseaux Agnès, journaliste, co-rédactrice en chef de Basta !
Salamand Bernard, délégué général de Ritimo
Thibaud Clément, président de l’Association des Historiens Contemporanéistes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Trouvé Aurélie, porte parole d’ATTAC
Vire Emmanuel, Secrétaire général du Syndicat national des Journalistes CGT (SNJ-CGT)

CrimHalt
Collectif On ne se taira pas !
Collectif Ethique sur l’étiquette
Fédération CGT des finances
Ingénieurs Sans Frontières-AgriSTA

Alternatives Economiques
Bastamag
La Télé Libre

La Société des journalistes des Échos
La Société des rédacteurs du Monde
La Société des journalistes de TV5 Monde
La Société des journalistes du Point
La Société des journalistes de France 2
La Société des journalistes et du personnel de Libération
La Société des journalistes de BFMTV
La Société des journalistes de Premières Lignes
La Société des journalistes de Challenges
La Société des journalistes de RMC
La Société des journalistes de Mediapart
La Société des journalistes de Télérama
La Société des personnels de l’Humanité
La Société des journalistes du JDD

— 
Photo : CC Nada News by Pepe Medina/5395824766/

Poster un commentaire

Classes rurales : Macron à son tour à la peine

 » Des collèges qui ont moins de 30 élèves par classes, ce n’est pas bon, même pour les élèves ». Ces propos présidentiels, tenus le 15 mars selon l’AFP, résument assez bien la tournée du président de la République et du ministre de l’éducation nationale en Indre et Loire. Lancé pour effacer la mauvaise impression donnée par les fermetures de classes en milieu rural, le voyage présidentiel n’a pas convaincu. D’autant que le Snuipp Fsu, premier syndicat du primaire, publie une contre argumentation précise.

Alors que les CDEN se terminent dans les départements, E Macron voulait effacer l’impression détestable restée dans le monde rural par la multiplication des fermetures de classes. Ainsi il annonce le 15 mars l’ouverture de « la première classe dédoublée en milieu rural », à Rilly-sur-Vienne (37). Le geste , qui applique en zone rurale la mesure qui existe en Rep+, se veut symbolique : le président n’oublie pas le monde rural au profit des villes.  » Nous allons augmenter le taux d’encadrement (nombre d’enseignants par rapport au nombre d’élèves) l’année prochaine, en particulier en zone rurale. Nous allons ouvrir 1.000 classes » sur l’ensemble du territoire en plus de celles dédoublées dans les zones prioritaires », ajoute-il. De son coté le ministre de l’éducation nationale bataille dans les médias depuis plusieurs semaines limitant les fermetures à 207 classes rurales.

Mais, selon le Snuipp, on est loin du compte. Rappelant les troubles dans 70 départements, le syndicat compte 1097 fermetures dans les écoles rurales pour seulement 289 ouvertures, soit un différentiel de 808 postes supprimés. Pour le syndicat, « les 3880 postes créés pour la rentrée 2018 ne suffisent pas à financer la mesure-phase du gouvernement : le dédoublement des CP et des CE1 en REP+ et des CP en REP « consommera » à la rentrée environ 6200 postes. Même en tenant compte de la baisse démographique, ce sont près de 1200 postes qui font défaut pour préparer la rentrée 2018. Recteurs et directeurs d’académie sont donc contraints à des redéploiements en ponctionnant les postes des secteurs ruraux pour les réaffecter dans les villes où se situe la majorité des réseaux d’éducation prioritaire, suscitant l’incompréhension car l’abaissement des effectifs dont on sait qu’il peut être facteur de réussite, n’est pas l’option retenue pour tous les élèves. L’amélioration du taux d’encadrement dont se targue le gouvernement, si elle est réelle du point de vue mathématique, repose en fait sur un trompe-l’oeil lié en partie aux classes dédoublées ».

De très nombreux exemples appuient cette analyse. Par exemple la carte scolaire du Gers publiée le 16 mars avec 10 fermetures de classes rurales contre 3 ouvertures. Selon le Snuipp dans l’Indre, autre département rural , on compte 8 postes supprimés (0 créés) en zone rurale, 20 en Dordogne, 22 dans la Loire etc.

Le président préfère faire la morale aux Français qu’il croise lors de ce voyage. Au maire de Rilly il répond «  » des collèges qui ont moins de 30 élèves par classes, ce n’est pas bon, même pour les élèves ». Des propos qui seront mal appréciés des enseignants. Aux retraités qui se plaignent de la hausse de la CSG, il les invite à  » un effort pour aider les jeunes qui travaillent et qui paient vos retraites ».

Dépêche AFP

Communiqué Snuipp

Communiqué Snuipp

Poster un commentaire

Où voir « L’insoumis » à partir de ce mercredi 14 mars ?

L’INSOUMIS dans le TOP 10 des films préférés des spectateurs !


Continuez à le demander à votre cinéma préféré, ça porte ses fruits…

La critique de Gérard Mordillat :

Gérard Mordillat a sans doute fait la critique la plus juste concernant le film mais aussi ses difficultés de sortie.
Ca se passe dans sa rubrique quotidienne sur le site de Daniel Mermet : www.la-bas.org
(vous pouvez vous abonner pour 5 euros pas mois)


Où voir « L’insoumis » dès ce mercredi 14 mars?

58 salles cette semaine

Agen Studio Ferry
Arcueil Cinéma Jean Vilar
Auxerre CGR Auxerre – Ciné Casino
Beauvais CGR Beauvais
Bressois La Muse Cinéma
Chalon-sur-Saône Cinémas de Chalon
Chambéry Cinémas Astrée et Forum
Chambon-sur-Lignon Cinema Scoop
Châtellerault Les 400 coups
Cherbourg CGR Odéon
Chessy Cinéma Studio 31
Clermont-Ferrand Le Rio
Digoin Cinéma Majestic Panacéa
Forcalquier Cinéma Le Bourguet
Fréjus Cinéma Le Vox
Gardanne Cinéma 3 casino
Gennevilliers CINÉMA JEAN VIGO
Grenoble Cinéma Le Méliès – Grenoble
Lannion Cinéma Les Baladins
Laragne-Montéglin Cinéma Le Hublot
La Rochelle CGR La Rochelle – Olympia
La Souterraine Cinéma L’Eden
Le Mans Le Colisée
Lézignan-Corbières Le Palace Lézignan-Corbières
Limoux L’Elysée
Lyon Cinéma Saint Denis
Mallemort Tournee ciné Bonne Nouvelle
Manosque CGR Manosque – Le Lido
Montauroux Maison Pour Tous Montauroux
Mont-de-Marsan Le Royal Cinéma
Montpellier Le Diagonal
Moulins CGR Moulins
Nancy Caméo Officiel Nancy
Nantes Le Concorde
Nantua Le Club Nantua
Narbonne Cinem’Aude
Paris Le Brady Cinéma Théâtre
Paris Espace Saint-Michel
Paris Lucernaire
Peyrat-le-Château Le club
Pont-à-Mousson Cinéma Concorde
Pont-de-Roide Cinéma « Le Foyer »
Quillan Le Familia
Quimper Le Dupleix
Reims Cinémas Opéra

Reignier Cinébus (mercredi 14 mars)
Rennes Théâtre National de Bretagne
Roanne Espace Renoir
Saint-Ciers-sur-Gironde Trianon
Saint-Etienne Le Méliès
Saint-Junien Ciné-Bourse Saint-Junien
Saint-Pons-de-Thomières Ciné Star
Sarlat Rex de Sarlat
Sillingy Tournée Cinébus
Tence Ciné Tence
Toulouse Cinema Monaco
Toulouse American Cosmograph
Villard Cinéma La Trace
Villefontaine Cinéma Fellini



Pour nous contacter:

contact@linsoumis.org

Plus d’informations sur :

www.linsoumis.org

Poster un commentaire