Archives de la catégorie Syndical

Les stylos rouges et les syndicats

« Le mouvement Les stylos rouges n’a pas vocation à se substituer aux syndicats » , affirment Les stylos rouges dans un communiqué le 15 janvier. Le nouveau mouvement se place en protecteur des syndicats. « La loi Cap 22 a pour but de les faire plier définitivement. Les SR ne permettront pas cela ». Les Stylos rouges travaillent aussi leur différence : « nous voulons nous faire entendre par un moyen d’action différent et unifiant tout le corps éducatif… Nous espérons que (les syndicats) soutiendront notre démarche ». C’est pourtant sur le terrain syndical que se situent les revendications des Stylos rouges : revalorisation, conditions d’apprentissage. Il reste aux Stylos rouges à trouver leurs modes d’action.

Les stylos rouges

Tout le monde aime les stylos rouges

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L’intersyndicale de la Fonction publique s’invite dans le grand débat

 » Au moment du grand débat national, où il sera notamment question de la réorganisation de l’État et des services publics, les organisations syndicales demandent au gouvernement la suspension du projet de loi relatif à la Fonction publique et des processus engagés sur la réforme de l’État ». La large intersyndicale CGC, CFDT, CFTC, CGT, FA FP, FSU, Solidaires, UNSA demande  » l’ouverture de négociations visant à renforcer la Fonction publique et les droits et garanties de ses personnels ».

Alors que le gouvernement a entrepris de briser les syndicats de la fonction publique, notamment en mettant fin au paritarisme, le lancement du grand débat et la situation sociale dans le pays sont des opportunités que l’intersyndicale saisit.

Dans un communiqué commun, les syndicats « appellent le gouvernement à changer d’orientation pour que soient confortés la Fonction publique, ses missions et le rôle des agent-es. A l’inverse des suppressions d’emplois et d’un recours accru au contrat prévus par le gouvernement, les organisations syndicales jugent indispensable la création d’emplois statutaires dans tous les services qui en ont besoin. Elles exigent également une revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es ».

Les syndicats se retrouveront à la fin du mois de janvier « pour examiner la situation et envisager les initiatives nécessaires. »

Communiqué

Le gouvernement veut mettre fin au paritarisme

Le gouvernement engage une réforme de fond

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Les syndicats demandent l’abandon des évaluations de mi-CP

Nous demandons l’abandon de ce protocole d’évaluation ». Cette fois-ci, c’est l’ensemble des syndicats du premier degré qui s’oppose aux évaluations de mi parcours instituées en CP pour la première fois par JM BLanquer. L’intersyndicale réunit le Snuipp Fsu, le Se Unsa, le Sgen Cfdt, Sud, FO et la CGT. Tous pointent l’inadaptation et les risques pour le métier enseignant.

Des évaluations de début d’année inadaptées

Les syndicats rappellent les critiques émis sur l’évaluation de début d’année.  » Enquêtes et témoignages montrent que ces évaluations sont inadaptées aux jeunes élèves de CP et sont facteur de stress. Les consignes officielles de passation, source de confusion et de difficultés, ont dû être adaptées le plus souvent par les personnels. De fait, les résultats ne peuvent être considérés comme fiables et ne sont donc d’aucune aide aux enseignants sur les acquis des élèves. La saisie extrêmement chronophage ainsi que la dépossession de l’analyse des résultats n’ont fait qu’accentuer le malaise ressenti par les enseignants, réduits à de simples exécutants de tâches subalternes ».

Quels objectifs pour les évaluations de mi parcours ?

Ils en arrivent à ces évaluations de mi parcours qui sont prévues pour la période du 21 janvier au 1er février.  » La manière de mener les évaluations standardisées montre une grande confusion sur les objectifs des différentes formes d’évaluation dans et du système éducatif. Ce qui nourrit des inquiétudes quant aux visées du ministère dans l’évaluation des établissements », écrivent les syndicats.

 » Si l’objectif est d’évaluer le système éducatif, nous disposons déjà de beaucoup d’évaluations nationales et internationales et des évaluations sur échantillon sont suffisantes, nul besoin donc de les généraliser… A moins qu’il ne s’agisse d’utiliser ces évaluations pour imposer des pratiques, réduire la liberté pédagogique, pourtant nécessaire à l’efficacité d’enseignements adaptés aux besoins des élèves, voire  pour évaluer le travail des enseignants au travers des résultats des élèves. Le ministère assure qu’il n’en est rien, il est permis d’en douter », disent de façon unanime les syndicats.

 » Les premières pressions exercées par les corps d’inspection pour imposer telle méthode de lecture, l’usage d’un manuel, ou promouvoir des partis pris faisant fi de l’ensemble des résultats de la recherche n’ont qu’un but : imposer une idéologie pédagogique et mettre au pas les enseignants », ajoutent-ils.

Le risque du pilotage par l’évaluation

Dans son discours donné à Ludovia , en aout 2018, le ministre avait donné une finalité plus globale aux évaluations. « Le traitement des données va permettre de mener une politique éducative au plus près des besoins scolaires », disait-il. « Dès cette année on ira dans ce sens avec les évaluations de Cp Ce1 et 2de… On va établir pour chaque élève à chaque moment un état des lieux de ses forces et de ses besoins. C’est le sens des évaluations auxquelles je fais référence ».  Le 2 aout, le premier ministre vantait l’opération :  » une véritable culture de l’évaluation, transparente et publique, doit se déployer au service de la réussite des élèves et de la qualité de la vie scolaire ».

Cette promesse rappelle les évaluations systématiques réalisées aux Etats-Unis depuis la loi No Child Left Behind.  La loi NCLB a mis en place des batteries d ‘indicateurs pour évaluer les objectifs à atteindre. Les résultats sont publics, ce que prévoit aussi le gouvernement. On obtient ainsi une évaluation de chaque établissement, un thème porté aussi par JM Blanquer. L’avenir des écoles et établissements est lié aux résultats aux tests. Dans plusieurs Etats on a lié aussi « tout naturellement » le salaire et l’emploi des enseignants aux résultats des évaluations. Des primes au mérite ont vu le jour , attribuées aux enseignants obtenant les meilleurs résultats aux tests jugés infaillibles. Les Etats-Unis sont revenus sur la loi NCLB et sur ces tests aux effets pervers.

Le ministre sommé de s’exprimer sur ses intentions

C’est donc bien aussi sur les intentions finales de ces évaluations que les syndicats s’opposent aux évaluations. Pointé du doigt par les syndicats avec ces évaluations à l’américaine, le risque d’évaluation individuelle de tous les enseignants de CP demeurera si l’évaluation de Ce1 a lieu à la rentrée 2019.

Si cette lettre commune envoyée au ministre est très claire pour dénoncer ce qui se trame avec cette évaluation, elle laisse au ministre la possibilité de s’exprimer avant une éventuelle consigne envoyée aux enseignants.

La lettre

Notre Dossier

Pilotage par les résultats : qu’en disent les enseignants

A Chaptal : Vers les méthodes des entreprises ?

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Une intersyndicale appelle à la grève le 24 janvier

La fameuse « convergence des luttes » va t-elle se faire dans les lycées ? Huit syndicats d’enseignants et deux organisations lycéennes appellent à un mouvement commun en  deux étapes contre les réformes des lycées, du bac et Parcoursup. C’est toute la politique gouvernementale du second degré qui est rejetée. Une journée d’actions est prévue le 17 suivie d’une journée de grève le jeudi 24 janvier.

« Les organisations syndicales des personnels et des lycéens font l’analyse que les réformes des lycées généraux et technologiques, de la voie professionnelle et du baccalauréat vont accroître les inégalités et la sélection entre élèves et établissements ». Huit syndicats (CGT Éduc’action – SNES, SNEP, SNUEP, SNETAP de la FSU – Sud Éducation – SNCL FAEN – CGT AGRI, SIES) et deux organisations lycéennes (UNL et FIDL) ont décidé d’unir leurs forces contre les réformes gouvernementales.

 » Dans l’enseignement professionnel, la réduction des horaires d’enseignement des disciplines générales pénalisera les élèves et compromettra leurs poursuites d’études… Le baccalauréat, tel que le ministre l’a imposé aux élèves et aux personnels, par l’importance qu’il donne au contrôle local via le contrôle continu, va se transformer en diplôme local Ces réformes se placent dans un contexte de préparation de rentrée marqué par l’amplification des suppressions de postes dans le second degré alors qu’il accueillera davantage d’élèves »

Les organisations lycéennes et syndicales « appellent lycéens et personnels à une journée nationale d’actions le 17 janvier, afin de construire une grève massive le 24 janvier pour le retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup, l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation des salaires ».

Le mouvement fédére beaucoup d’organisations. Mais on remarquera l’absence de trois syndicats du second degré : Se Unsa, Sgen Cfdt et Snalc.

Communiqué

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Primaire : le Snuipp Fsu contre les évaluations de janvier

Alors que les enseignants reçoivent les instructions sur de nouvelles évaluations en CP en janvier, le Snuipp Fsu prend position elles.  » Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves ».

 » Les évaluations de début d’année ont permis aux enseignants de CP de disposer de repères pour accompagner les élèves vers la maîtrise des savoirs fondamentaux. En milieu d’année, leurs compétences sont de nouveau évaluées en français et en mathématiques. Ce point d’étape doit permettre aux équipes pédagogiques d’apprécier les progrès et de définir les ajustements à apporter à l’accompagnement des élèves », affirme le site ministériel au moment où les instructions relatives aux évaluations de mi CP arrivent dans les écoles.  » Les évaluations CP sont des évaluations nationales qui s’adressent à tous les élèves de CP. Elles visent à fournir des points de repère quant à la maîtrise des compétences fondamentales en français et en mathématiques, plus particulièrement dans les domaines de la lecture, de l’écriture et de la numération », précise le ministère. Elle doivent avoir lieu entre le 21 janvier et le 1er février.

 » La première vague imposée aux classes de CP et de CE1 avait suscité une levée de boucliers des enseignants mais aussi d’une large partie du monde de la recherche en éducation », rappelle le Snuipp Fsu.  » Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves ». Des critiques venues aussi bien d’enseignants de terrain que de chercheurs appréciés des enseignants , comme R. Brissiaud ou R. Goigoux ont été publiées par le Café pédagogique, ainsi qu’une analyse positive de F. Ramus, membre du Conseil scientifique créé par JM Blanquer.

 » Là encore, les tests sont centrés sur la maîtrise du décodage, laissant trop peu de place à la compréhension, à l’encodage et à la production d’écrit, sans prendre en compte les progrès en cours et les rythmes d’apprentissages différents d’un élève à l’autre », estime le Snuipp.

 » Le SNUipp-FSU est pourtant intervenu tous azimuts et a d’ailleurs obtenu quelques bougés », écrit le syndicat. « La reconnaissance que les temps indiqués ne sont pas les temps réels de passation, la diminution du nombre d’exercices, la mise à disposition d’une version adaptable pour toutes les écoles, une conception différente du document remis aux familles, reposant sur les acquis déjà en place sans mention de score. Mais ces modifications ne sont en rien suffisantes. Elles ne permettent pas de modifier en profondeur le sens de ces évaluations qui ne seront pas plus au service des élèves et des enseignants que les premières ».

Le Snuipp estime que « ces évaluations (sont) destinées avant tout à justifier la politique éducative de la rue de Grenelle, engageant un pilotage du système par les résultats, des changements dans les programmes et des méthodes qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves ». Il invite les enseignants « à s’interroger en équipes sur la finalité de ces évaluations et sur le rôle que le ministère entend leur faire jouer. Il réitère sa demande d’abandon de ce dispositif et propose aux autres organisations syndicales de s’adresser ensemble au ministre en ce sens ».

L’appel du Snuipp

Les évaluations sur Eduscol

Le dossier du Café pédagogique

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éé – Sur le mouvement des gilets jaunes

Mouvement des Gilets jaunes : contribution de l’École Émancipée

Le mouvement des Gilets Jaunes marque la séquence sociale et politique. Totalement inattendu, il a déstabilisé le pouvoir et redonné de la crédibilité à l’action collective : mobilisations déterminées (récurrence des actions, occupations de ronds-points 24h/24h pendant plusieurs jours…), soutien populaire à des niveaux rarement atteints pour un mouvement social ces dernières décennies, un pouvoir qui vacille et est contraint de réagir. Ce mouvement est cependant caractérisé par la quasi-absence des organisations syndicales. Beaucoup d’inédit donc dans cette séquence et d’interrogations pour le syndicalisme de transformation sociale. Cette contribution cherche à participer au débat nécessaire sur un mouvement en cours qui va marquer le quinquennat Macron.

Initialement motivé par le refus de la hausse des taxes sur les carburants, le mouvement des gilets jaunes a rapidement vu ses revendications s’étendre à la vie chère, aux injustices fiscales, aux questions démocratiques. Lorsqu’émerge début novembre la dynamique initiée sur les réseaux sociaux, nous sommes nombreux/ses à craindre l’émergence d’un mouvement réactionnaire anti fiscal. La France en a connu, et des dynamiques contemporaines existent (Tea Party aux USA notamment). La présence visible du petit patronat a pu légitimement alimenter cette hypothèse. Mais assez rapidement, la question des taxes sur le carburant apparaît comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’une colère plus générale qui s’incarne dans les revendications contre les injustices (fiscales notamment, avec le marqueur de l’ISF, contre les taxes indirectes, c’est-à-dire les plus injustes), pour des services publics notamment dans les territoires péri-urbains, et contre un système politique en crise profonde de légitimité.

Un mouvement confusionniste ?

Aucun mouvement social n’est pur a priori. Et celui-ci se construit dans une société française travaillée depuis 30 ans par des politiques xénophobes de différents gouvernements et par une extrême droite qui s’est hissée au second tour de la présidentielle et est en tête des sondages pour les européennes. Le risque d’une perméabilité aux discours et aux pratiques les plus nauséabondes est réel. D’autant qu’une partie de l’Extrême Droite militante cherche à investir le mouvement, quand les organisations progressistes sont, elles, très discrètes… Cette fraction de l’ED n’a pas aujourd’hui les forces militantes pour orienter nationalement un mouvement populaire, mais elle a acquis les capacités depuis quelques années, sur les réseaux sociaux et dans certaines régions de déverser son venin. Et pourtant, au-delà des coups médiatiques et Fake news de l’ED, au vu des revendications discutées sur les plateformes numériques, des enquêtes de terrain, et même selon le secrétaire d’État au numérique, nos pires cauchemars ne se réalisent pas1.

La question au sein du syndicalisme de transformation sociale ne devrait donc plus être en ce début d’année de savoir comment caractériser le mouvement. Il ne s’agit pas non plus d’attendre qu’il se décante de lui-même, au risque qu’avec le temps et notre absence, l’extrême droite prospère réellement. Il s’agit de savoir comment nous, syndicalistes, pouvons agir pour favoriser toutes les issues progressistes possibles. La bataille contre le TCE en 2005 n’avait rien d’évident, mais si le Non de gauche l’a emporté sur le Non nationaliste, c’est du fait d’une dynamique militante impulsée par nos organisations dans leur diversité. La société française connaît un fort moment de politisation, notamment au sein d’une fraction de la population éloignée des formes de la participation politique traditionnelles, de nombreuses questions ont été discutées sur les réseaux sociaux, sur les ronds-points, au travail…Nous devons nous en réjouir et l’alimenter.

Un mouvement par procuration ?

Les premières enquêtes réalisées par deux collectifs de chercheurs de Lille et Bordeaux donnent quelques indications. Un ancrage fort au sein des classes populaires avec une surreprésentation d’employé.es, et donc de femmes dont de nombreuses mères célibataires très exposées à la précarité, mais également d’auto entrepreneurs, de petits artisans, de jeunes précaires, ou de retraité.es. Et politiquement, ni plus à gauche ou à droite que la société française dans son ensemble. Ce mouvement est le révélateur de dynamiques connues : éclatement du salariat et plus encore d’un monde du travail de plus en plus protéiforme : des auto entrepreneurs, ou de petits artisans sont objectivement inscrits dans des relations sociales très proches de salarié.es. Mais ils participent d’un monde du travail peu organisé, n’ayant pas souvent l’occasion d’être en contact avec des équipes syndicales (pensons également aux salarié.es de TPE et PME soumis à la concurrence et la sous-traitance). Distance qui explique en partie les discours anti syndicaux, qui peuvent être levés lorsqu’une démarche est entreprise2.

Le salariat plus stable, celui des grandes entreprises ou de la fonction publique, cette fraction, un peu plus syndiquée et qui compose plus traditionnellement les mouvements sociaux ces dernières décennies, bien que présente, n’est pas forcément majoritaire au sein du mouvement des Gilets jaunes. Il en est de même des grands centres urbains et de leurs quartiers périphériques. Une composition qui explique en partie l’inédit dans les formes et lieux de de mobilisations où, dans sa première phase, ce mouvement ne s’est pas traduit par LA grève mais par des occupations durables de ronds points et par des manifestations. C’est indubitablement un mouvement de classe (par sa composition sociale, ses revendications), qui réhabilite la lutte de classes, même si ce n’est pas les formes que nous avons connues durant des décennies. Toutes les enquêtes d’opinion indiquent par contre le soutien très massif, y compris des secteurs non mobilisés, ce qui rappelle la « grève par procuration » de nov-déc 1995. Ils ne sont pas forcément « Gilets jaunes », mais partagent les préoccupations de partage des richesses, de critiques du gouvernement, de sa politique tout comme de son mépris.

Et il faut bien reconnaître que ce mouvement vient de remporter une première victoire (certes partielle et insuffisante, comme le sont à peu près toutes les victoires des exploité-e-s et des dominé-e-s) face à un gouvernement très arrogant … alors que, depuis une quinzaine d’années, le mouvement ouvrier organisé, avec ses syndicats et ses partis, enregistre, lui, défaites sur défaites, reculs sociaux sur reculs sociaux !

Le mouvement ne serait pas une mobilisation massive comme on en a connu à d’autres époques ? Il est vrai qu’on est loin des grandes manifestations syndicales d’il y a quelques longues années. Mais, quelle que soit la réalité des chiffres, c’est ce nombre qui a contraint E. Macron à ce recul. Malgré la répression tous azimut, mais grâce à la détermination de la mobilisation, de sa permanence dans des conditions difficiles, dehors sous la pluie et le froid, et ce, avec le soutien très majoritaire du reste du salariat et de la population. Pour obtenir plus, il faut certainement plus de monde dans la lutte, dans la rue, dans la grève. Il faut donc profiter de la séquence et s’y mettre enfin ! Les syndicats peuvent faire la démonstration qu’ils peuvent amener plus de monde et changer aussi les choses à leur façon !

Un pouvoir affaibli

E. Macron se voit dans l’obligation en décembre de réagir autrement que par le mépris et la stigmatisation du mouvement. Certes, les annonces gouvernementales ne traduisent pas un changement de cap, sa politique est toujours guidée par le soutien actif aux ultra riches et aux grandes entreprises. Mais qui ne voit pas que le pouvoir est de fait en grande difficulté ? Cacophonie au sommet sur plusieurs sujets depuis 2 mois, démission de proches, obligation d’annuler tous ses vœux… Et un niveau de répression jamais atteint depuis Mai 68 3. Le pouvoir macroniste est obligé d’endosser l’option répressive des gouvernements libéraux dans le monde ces dernières années : incapables d’assurer une légitimité à leurs politiques d’austérité, la matraque et les restrictions des libertés fondamentales sont maintenant leurs seules armes pour approfondir la libéralisation de nos sociétés.

Si ce pouvoir est affaibli, il n’est pour autant pas défait. Et l’absence de renforts, la fatigue, la répression peuvent conduire à un affaiblissement d’une mobilisation qui a su passer la trêve des confiseurs. Pourtant, de la capacité ou non des mouvements sociaux à arracher une victoire à ce gouvernement dépendra la suite de ce quinquennat, voire au-delà : retraites, réforme de la fonction publique, restriction des droits et libertés pour tous les mouvements sociaux, ce n’est pas seulement la conclusion du mouvement des GJ qui se joue à travers le bras de fer engagé par le gouvernement en ce début d’année 2019.

Il n’y aura rien à attendre pour nous d’un retour à la « normale ». La répression des GJ et leur défaite sans soutien de la part des syndicats, c’est l’assurance d’une perte de crédibilité dans l’action collective, dans la possibilité de prendre notre destin en main et un approfondissement de la distance envers les OS. C’est un renforcement du fatalisme et/ou de l’aigreur, meilleurs carburants pour l’extrême droite. Il n’y a rien à espérer d’un mouvement des GJ qui s’éteindrait avec le goût amer de la défaite.

Attendons-nous que tout rentre dans l’ordre… ?

Ce mouvement est caractérisé par des formes et des modalités d’actions nouvelles. Nouveautés qui interrogent forcément le mouvement syndical, comme toutes les forces organisées.

Importance tout d’abord des réseaux sociaux pour s’organiser, se donner des rendez-vous, s’échanger des arguments, mais également organiser des consultations et des votes. L’importance de ces réseaux d’informations et d’échanges étaient évidents pour qui a suivi les grandes « mobilisations des places » contre les politiques d’austérité post crise 2008, d’Occupy Wall Street aux indigné.es, en passant même par les révolutions arabes, de nouvelles formes d’organisations ont émergé, en lien parfois avec des organisations traditionnelles, en substitution d’autres fois. En France, les mobilisations pour le climat cet automne ont combiné appels « citoyens » sur des réseaux sociaux, constitution de « collectifs citoyens » via des plate-formes de discussions (discord) et appui logistique et politique de certaines organisations plus réactives.

La tendance est trop lourde pour que ces processus d’auto organisation via les réseaux sociaux ne soient qu’un épiphénomène conjoncturel et national. Au-delà de l’outil, elle révèle une distance vis-à-vis des processus de représentation/délégation, un désir d’avoir une prise directe sur le cours des choses (ce que l’exigence de RIC dit également), et une démocratisation des savoirs faire organisationnels de sociétés de plus en plus qualifiées et éduquées. Associé à la circulation en direct des informations, c’est donc une partie des avantages majeurs des organisations (syndicales, associatives, politiques) qui disparaît ainsi. Les syndicats espagnols qui ont regardé de haut le mouvement des indignés ont dû regarder émerger les marées populaires, et non un retour à la « normale » et un retour au bercail…

Le syndicalisme à la croisée des chemins ?

Il s’agit donc pour les organisations syndicales de transformation sociale de prendre la mesure de l’événement en apportant leur soutien aux revendications de justice sociale portées par le mouvement des GJ, et en proposant des modalités d’action propres à élargir les mobilisations : il n’y a pas besoin d’être un GJ pour se mobiliser aujourd’hui pour un autre partage des richesses. Mais pour construire une mobilisation d’ensemble, les OS ne peuvent contourner la réalité de la mobilisation déjà à l’œuvre et ne pas appeler à converger avec les GJ.

Par ailleurs, dans les issues possibles à la crise politique actuelle, la démission de Macron ou la dissolution de l’Assemblée ne sont pas exclues. De même qu’une défaite du mouvement social. Avec, alors, le risque de l’accès au pouvoir de l’extrême-droite au regard du rapport de forces politique actuel. Très vite en cas de dissolution ou de démission, ou reportée à la fin du quinquennat, en cas de défaite du mouvement social. Le pire pour notre syndicalisme dans ce contexte serait de rester l’arme au pied. Au contraire, c’est à une mobilisation d’ensemble qu’il doit œuvrer pour obtenir la satisfaction des revendications en termes de justice sociale, de services publics et de démocratie. C’est sans doute là, la meilleure réponse à l’extrême-droite : dans la preuve qu’un autre avenir démocratique et social est possible.

La dynamique des GJ en entraîne d’autres, la sympathie pour le mouvement et la compréhension que le gouvernement est affaibli donne des idées dans d’autres secteurs. Ainsi, l’apparition des stylos rouges constitue un enjeu immédiat pour la FSU. Il nous faut répondre en tant que syndicat à cette attente en nous engageant dans un puissant mouvement contre la politique libérale de ce gouvernement. Nous pouvons démontrer notre utilité en nous affichant au service de la dynamique en germe, avec humilité et sans vouloir diriger, tout en interrogeant la nécessité de s’organiser dans la durée…

Enfin, la séquence et ses enseignements nous obligeront à engager une réflexion de plus long terme sur les pratiques et l’organisation du syndicalisme.

L’équipe EE du BDFN

1 Le secrétaire d’Etat, Mounir Mahjoubi en convient lui-même dans une tribune au Monde, le 1er janvier que « Dans leur immense majorité, les « gilets jaunes » que j’ai rencontrés ou qui participent au débat sur les réseaux sociaux ne sont ni violents, ni séditieux, ni anti-écologie, ni racistes, ni antisémites, ni homophobes. » cf. https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/01/mounir-mahjoubi-et-les-gilets-jaunes-elevons-nous-a-la-hauteur-des-francais/

2 Le récit fait par la CGT de rencontres sur les ronds-points est ainsi assez éclairante : https://www.nvo.fr/gilets-jaunes-et-cgt-convergences-sur-les-ronds-points/

3 https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/20/face-aux-gilets-jaunes-l-action-repressive-est-d-une-ampleur-considerable_5400077_3232.html

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Directeurs d’école : le Snuipp demande une aide administrative

« Il est aujourd’hui indispensable que toutes les écoles maternelles, élémentaires et primaires soient dotées de personnels supplémentaires dédiés au fonctionnement de l’école. De nombreuses tâches peuvent leur être confiées permettant aux directeurs et directrices de se consacrer pleinement aux élèves et à l’animation de nos écoles. Leur rôle premier est bien de faire vivre des projets au sein de l’école, de faire vivre la collégialité de l’école pour la réussite des élèves ». Dans une lettre adressée au ministre le 10 janvier, le Snuipp Fsu demande au ministre « d’affecter dans toutes les écoles une aide au fonctionnement de l’école pérenne et statutaire ». Le Snuipp avait pris position sur l’aide nécessaire aux directeurs, plutôt qu’un changement de statut, en novembre.

La lettre

En novembre

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Tout le monde aime les stylos rouges…

Après le Snes Fsu qui a annoncé une rencontre avec les stylos rouges, d’autres syndicats manifestent leur intérêt pour ce mouvement. « Un certain nombre d’enseignants, par leur adhésion à la démarche du collectif « stylos rouges », manifestent qu’ils partagent les constats posés par plusieurs organisations syndicales représentatives dont le Sgen CFDT et la Fep CFDT… », écrivent ces deux syndicats. « Ces revendications, le Sgen CFDT et la Fep CFDT les portent auprès de différents ministères ». Même message à la Cgt Education : « La CGT Éduc’action soutient les revendications portées par ce mouvement qui rejoignent, pour la plupart, celles que nous portons depuis très longtemps. .. C’est pour cela que la CGT Éduc’action appelle à une convergence de luttes au sein de l’Éducation nationale afin d’augmenter le rapport de force contre le gouvernement Macron et exiger une autre politique sociale et économique. » Même le Snec Cftc, un syndicat de l’enseignement privé, se reconnait dans les stylos rouges , mais du privé seulement : « Les revendications du récent mouvement des Stylos Rouges sont pour la plupart celles que nous portons depuis plusieurs années pour les maîtres de l’enseignement privé sous contrat »…

Les stylos rouges et la page blanche

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Stylos rouges : prise de contact avec le Snes

« On va prendre contact très rapidement avec les stylos rouges », a annoncé le 7 janvier Xavier Marand, secrétaire général adjoint du Snes. Il a précisé que l’intersyndicale du second degré se réunit mercredi. « Et on voit avec eux les modalités d’action qu’on peut mettre en commun ». X Marand a précisé que la rétention de copies ou de notes devrait être couvertes par le recours à la grève.

Sur France info

Les stylos rouges et la page blanche

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Pouvoir d’achat : les syndicats de fonctionnaires déçus Benoit Floc’h Le Monde + communiqués

Les syndicats de fonctionnaires sont sortis déçus, vendredi 21 décembre, du bureau d’Olivier Dussopt. Le secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, s’était pourtant montré rassurant : oui, leur a-t-il confirmé solennellement, les agents publics bénéficieront eux aussi des mesures en faveur du pouvoir d’achat annoncées par le président de la République le 10 décembre.

Trois des quatre mesures présentées ce jour-là s’appliqueront soit aux fonctionnaires, soit aux agents retraités. La première est l’exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires à partir du 1er janvier. Environ 1,5 million d’entre eux sont concernés, a précisé M. Dussopt : 700 000 (dont 400 000 enseignants) pour la fonction publique d’Etat, 570 000 dans les collectivités locales et 220 000 à l’hôpital. Pour un célibataire, cela pourra représenter jusqu’à « plusieurs centaines d’euros par an », a ajouté le secrétaire d’Etat.

Pas de prime exceptionnelle

La deuxième est la revalorisation de la prime d’activité et l’élargissement de son champ d’application. Aujourd’hui, 410 000 agents publics, sur un total de 2,8 millions de bénéficiaires tous secteurs confondus, en jouissent. Le plan annoncé par Emmanuel Macron permettra d’accroître le nombre de fonctionnaires concernés de 200 000 personnes supplémentaires.

La troisième mesure, enfin, touche les agents retraités. Comme ceux du privé, ils bénéficieront du maintien du taux de CSG à 6,6 %, contre 8,3 % prévus, si leur revenu fiscal de référence est inférieur à 22 580 euros (34 636 euros pour un couple).

Olivier Dussopt a en revanche rappelé que la prime exceptionnelle que le gouvernement enjoignait aux entreprises de verser à leurs salariés ne verrait pas le jour dans le public. Cela coûterait « environ 5,1 milliards d’euros » à l’Etat, a-t-il justifié. Un montant jugé « colossal », rapporté au coût des mesures annoncées par Emmanuel Macron : 10,3 milliards d’euros.

« Malaise »

Sitôt la réunion terminée, les neuf organisations syndicales ont répondu sèchement que « les annonces faites ne répondent pas aux attentes » des agents. « Le gouvernement n’a pas pris la mesure du malaise qui s’exprime dans la fonction publique et des difficultés en termes de pouvoir d’achat », ont-ils dénoncé unanimement. Demandant « des mesures urgentes et générales », le ton a pris une tournure menaçante : « Devant l’absence de réponse de sa part, elles décideront des moyens nécessaires pour peser afin d’être entendues. »

Mais le secrétaire d’Etat a, sans surprise, fermé la porte à toute mesure générale, assimilée à du saupoudrage. Le gouvernement rappelle que le protocole « parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR), plan de revalorisation salariale signé en 2015, serait réenclenché en 2019, après avoir été gelé en 2018. Cela représentera 745 millions d’euros en 2019. Il a également évoqué d’autres mesures, comme la revalorisation des frais de mission et de l’indemnité kilométrique, entre autres.

Communiqué FSU

Fonction publique: réponses irresponsables du gouvernement

Le gouvernement ne prend pas la mesure de l'exaspération des agent-es de la Fonction publique face à un pouvoir d’achat qui se dégrade et à l’absence de toutes perspectives de revalorisation salariale. 
Son refus aujourd’hui encore d’ouvrir des négociations salariales dans la Fonction publique est tout autant navrant qu’inacceptable.
Il n’est pas acceptable non plus de faire peser sur le pouvoir d'achat et les conditions de travail de plus de 5 millions d’agent-es, l’incapacité du gouvernement à mener une réforme fiscale pour répondre aux besoins de la population. 

La FSU juge nécessaire la construction rapide de perspectives, dans un cadre unitaire le plus large possible, pour se faire entendre du gouvernement. 
Elle organisera également, tout au cours du mois de janvier, des actions et initiatives (interpellations des élu-es, débats, rassemblements etc), dans tous les territoires et dans tous les secteurs de la Fonction publique, pour faire entendre les revendications des agents.


Communiqué des organisations syndicales de la fonction publique CGC, CFTC, CFDT, CGT, FA-FP, FO, FSU, SOLIDAIRES,UNSA


Le gouvernement n’a pas pris la mesure du malaise qui s’exprime dans la Fonction publique et des difficultés en termes de pouvoir d’achat. 

Les annonces faites ce matin ne répondent pas aux attentes de toutes et tous les agent-es de la Fonction publique.

Les organisations syndicales CGC, CFTC, CFDT, CGT, FA-FP, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont solennellement demandé au gouvernement des mesures urgentes et générales.
      
Devant l’absence de réponse de sa part,  elles décideront des moyens nécessaires pour peser afin d’être entendues.

Les Lilas le 21 décembre 2018

      

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Programmes : des syndicats quittent le CSE (ben oui UNSA et CFDT…bref comme d’hab…)

Comment appeler un fait rarissime qui se renouvelle ? « Pas de réponse. Pas de démocratie. Pas de dialogue ». Cinq syndicats (FSU, Sud, Solidaires, CGT, CGC) ont quitté le CSE le 19 décembre dans la matinée et deux autres, Unsa et Sgen Cfdt, ont partagé leur indignation. Le CSE était réuni pour examiner une vingtaine de nouveaux programmes du lycée. Un travail difficile l’administration, selon les syndicats, ne communiquant même pas sur les textes amendés !

En juillet dernier, déjà sur les programmes, presque tous les syndicats avaient quitté le Conseil supérieur de l’éducation devant le dialogue de sourd avec le ministère. Avec cet acte rarissime, les membres du CSE pensaient pouvoir compter sur la collaboration du  ministère.

« Le ministère soumet au vote des textes dont on ne connait pas la nature », nous a dit Sandrine Charrier, secrétaire nationale du Snes Fsu. « Quand on lui demande quels amendements vont être retenus par l’administration , ils ne sont pas capables de le dire mais nous renvoient au cabinet qui tranchera. On ne peut pas voter sur un texte dont on ne connait pas le contenu ».

Déjà énervés par l’avalanche de textes communiqués au dernier moment, les syndicats savaient que la journée du 19 décembre serait difficile. La veille ils avaient recalé 14 programmes du lycée et adopté deux programmes (en sciences physiques).

Le 19 décembre l’ensemble des organisations n’a pu se prononcer que sur les programmes d’histoire-géographie de seconde et de première qui n’ont obtenu qu’une voix pour (Snalc) contre 47.  L’enseignement de spécialité d’histoire-géo, sciences politiques a lui aussi été recalé.

Tout cela n’empêchera pas le ministère de publier les programmes, l’avis du CSE étant consultatif.

Mais cela montre qu’après le rejet des réformes du lycée, du lycée professionnel et du bac, les membres de la communauté éducative sont hostiles aux réformes Blanquer contrairement à ce que le ministre affirme.

En créant des conditions de travail impossibles et en refusant de jouer le jeu, le ministère envoie à la fois le signal qu’il n’a que faire du paritarisme. Et il évite aussi de nouveaux votes massivement négatifs.

 » A cette heure, la quasi-totalité des programmes étudiés a reçu un avis négatif du CSE : français, enseignement moral et civique (0 voix pour), histoire-géographie, SES (0 voix pour), EPS (0 voix pour)… Au lieu de s’interroger sur les causes de rejet dont l’ampleur est sans précédent à ce jour, le ministère persiste dans son déni, continue de travestir la réalité et de propager ses infox ! », ont annoncé les syndicats Fsu dans un communiqué. « Avec la FSU, le SNES et le SNEP ont demandé une autre méthode de travail. Devant un telle surdité très loin du dialogue social et du respect du travail des organisations syndicales, ils ont quitté la séance. »

Les programmes de lycée rejetés massivement

Communiqué Fsu

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Des syndicats appellent à des actions cette semaine

Réunion du Conseil national de la vie lycéenne le 17, Conseil supérieur de l’éducation les 18 et 19 décembre, avec tous les nouveaux programmes proposés à l’adoption, CTM du 19 sur les moyens des académies, la semaine s’annonce chargée pour les syndicats enseignants et le ministre. Le Snes Fsu et la CGT appellent à conserver la pression sur le ministère malgré le faible succès de la journée du 14.

 » Le Ministre de l’Education nationale martèle dans les media que ces jeunes se sont lancés dans l’action à l’occasion d’un mouvement qui ne les concerne pas, que ses réformes du baccalauréat et du lycée suscitent l’enthousiasme général et que tout cela s’éteindra bien vite. C’est faire fi des vives critiques qui se sont exprimées dès la présentation du projet de réforme du baccalauréat, c’est oublier les votes négatifs du Conseil supérieur de l’Education. C’est feindre d’ignorer les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée 2019″, écrit le Snes Fsu. « Familles, enseignants, lycéens, tout le monde a compris ce qui risquait de se passer, entre les dotations étriquées consécutives aux suppressions de postes, la répartition inégale des formations entre les lycées, les effets du contrôle local sur la valeur du baccalauréat ».  Le Snes veut faire du 19 décembre une « journée d’expression » avec une manifestation devant el ministère.

La CGT « appelle à poursuivre la mobilisation dès le 18 décembre et à se saisir de toutes les dates ». La CGT demande la réunion d’une intersyndicale « afin de construire les mobilisations dès la rentrée de janvier ». L’UNL appelle à de nouveaux blocages les 18 et 20 décembre.

Communiqué Snes

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14 décembre : des enseignants dans la rue pour défendre l’école et leur métier

Vendredi 14 décembre, quelques milliers de manifestants se sont rassemblées place de la République. Une manifestation qui regroupait agents et salariés de plusieurs horizons mais dont les inquiétudes et le mécontentement rencontrent des points de similitudes. Des enseignants, du premier et second degré, qui manifestaient auprès d’agents de la protection de l’enfance ou encore des salariés du groupe Orange, à l’appel d’une grande majorité des syndicats. « Vu le contexte social actuel, j’avais besoin d’être dans la rue moi aussi, mais dans quelque chose de plus cadré » explique Caroline, enseignante dans un établissement du quatorzième arrondissement de la capitale. Erwin, enseignant du second degré, voulait dénoncer « l’idéologie autoritaire des réformes du lycée, sans aucune concertation ».

Contre les réformes

Erica, jeune professeure des écoles avec sa collègue Marie, tout juste titularisée. « Je me sens de plus en plus méprisée par ce gouvernement et de moins en moins libre dans mon travail. J’ai l’impression que l’on me dit que je ne sais pas faire mon métier et ça, en permanence. Y en a ras-le-bol ». Outre l’aspect professionnel, « quand je pense à mon avenir financier, c’est gris, c’est triste. Je ne vois pas comment m’en sortir. Je suis à découvert tous les mois…. Y a une forme de pessimisme qui s’installe, l’impression de ne pas avoir d’avenir et c’est dur à porter… ». Marie, quant à elle, explique être en grève pour lutter contre les réformes qui ne vont pas dans le sens du bien-être des enfants et « pour que notre métier soit un peu plus reconnu ».

Un peu plus loin dans le cortège, Mathieu, professeur d’histoire-géographie porte l’étendard du SNES. « Je manifeste pour nos salaires, contre la volonté de mettre en place les trois jours de carence dans la fonction publique, et bien, entendu, contre la réforme du lycée. Réforme dont le seul leitmotiv est de raboter le nombre d’heures et donc de faire des économies. Alors, bien entendu, le gouvernement présente cela comme une politique innovante avec une approche locale au plus près des élèves. Alors que finalement, c’est comme dans les facs, cela vise à renforcer le pouvoir des chefs d’établissements en individualisant les rapports entre l’administration et les professeurs. Et puis, la réforme porte le projet de l’individualisation des parcours des élèves, nous ne sommes pas contre, bien au contraire. Encore faut-il avoir les moyens de son ambition. Aujourd’hui, déjà, nous sommes à flux tendus avec des classes surchargées et peu des moyens. Alors, quand bien même ces réformes seraient fondées sur de bonnes intentions, elles ne sont pas applicables ».

Théo et Vincent, professeurs de SVT, font part de leurs inquiétudes. « Nous sommes au mois de décembre, on est incapable d’expliquer aux élèves ce qui va se passer en septembre. Il y a une forme d’opacité alors que nous sommes, tout de même, sensés portés cette réforme ». Et puis, ils souhaitent aussi exprimer leur solidarité aux lycéens qui manifestent ces dernières semaines dans un climat tendu. « Ils se battent pour des causes justes telles que la création d’inégalités sociales engendrées par Parcoursup, par exemple ».

Une communication du gouvernement de plus en plus mal perçue

Hakim, directeur d’école, est exaspéré, « Nous avons de plus en plus d’injonctions, tout à l’opposé du discours de confiance du ministre. On vit toujours avec le même manque de moyens, peu de remplacements, pas assez d’AVS, presque plus de formation… Ce saupoudrage est de plus en plus insupportable. Et pour compléter ce tableau, déjà bien noir, on nous annonce un changement de statut du directeur d’école qui ferait de nous une sorte de subalterne du principal d’un collège.  Alors que la force de l’école primaire, c’est le travail en équipe, la réflexion collective sans hiérarchie. On a l’impression qu’il y a une volonté de casser cette dynamique, de diviser, de mettre en concurrence enseignants et établissements ». Il marque aussi son agacement suite au discours du Président. « Au début, j’avoue ne pas avoir pris au sérieux le mouvement des gilets jaunes. Et puis, petit à petit, j’ai compris leur mécontentement. Alors c’est vrai que c’est une colère qui se manifeste dans des formes qui me sont inhabituelles, mais j’ai envie de dire pourquoi pas ».

Le discours de lundi soir lui a laissé un goût amer. Comme à Émilie, directrice elle aussi. « Les propos du président m’ont immédiatement inquiétée pour les services publics et la fonction publique. Il essaie de calmer la colère avec certaines mesures qu’il va falloir financer. Mais j’ai bien écouté rien n’est prévu pour augmenter les recettes du budget de l’état. Par exemple, pas de rétablissement de l’ISF. Ça veut dire que les quelques mesures annoncées vont se faire par des économies ailleurs. Et comment si ce n’est en réduisant encore les services publics sous prétexte d’économie à faire pour financer les nouvelles mesures. Ce qu’il faudrait, c’est augmenter les recettes pour répondre aux revendications des gilets jaunes et pour renforcer et développer l’école, la protection des mineurs, l’hôpital, le justice… »

Des enseignants qui manifestent pour une meilleure école mais aussi, si ce n’est surtout, pour une reconnaissance de leur métier et la fin des injonctions du Ministre, qu’ils ressentent bien souvent, comme une forme de mépris…

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Appel à manifester le 19 décembre à 14h00 puis à une AG

Dans l’Education, le SNES-FSU entend poursuivre les mobilisations du 12 novembre et du 14 décembre (et toutes les actions locales de résistance), contre la réforme du lycée et du baccalauréat, contre les suppressions de postes et l’alourdissement des effectifs.

Il appelle, avec la CGT, FO et Sud éducation les personnels à des Assemblées Générales, partout dans les établissements, pour débattre de la situation et des modalités d’action, pour faire la vérité sur la politique éducative de ce gouvernement et exposer les revendications de la profession dans le cadre d’une protestation plus large contre une politique à courte vue qui détruit les services publics, malmène la jeunesse, met à mal les solidarités. Le SNES-FSU appelle à soutenir les mobilisations des lycéen-es. Un préavis de grève court sur toute la période.

Il est grand temps de changer de politique : donner à tous les jeunes les moyens de réussir, permettre aux personnels de travailler dans de bonnes conditions et augmenter les salaires.
Nos collègues retraité-es, particulièrement pressurés depuis 2013, seront eux aussi dans l’action mardi 18 décembre 2018, en rassemblement à 14h30 à la Préfecture de Nantes, à l’appel de la FSU, la CGT, FO, la CFE-CGC, Solidaires, la FGR … pour exprimer leur colère et revendiquer d’autres choix politiques auprès du nouveau Préfet.

Le 19 décembre 2018, jour du Comité Technique Ministériel – qui donne les dotations de rentrée aux académies – et du Conseil Supérieur de l’Education – qui examinera les programmes du lycée, les organisations syndicales FSU – CGT Educ – Sud Educ appellent :

à se rassembler mercredi à 14h au Rectorat de Nantes

Pour construire les suites nécessaires à nos actions, une Assemblée Générale aura lieu à 15h00 à l’UFR de Sciences.

Le secrétariat du SNES44
——————————————————————————–
SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
pour échanger entre adhérents du 44 : https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

La force du SNES repose sur ses adhérents. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer, c’est ici:
http://www.nantes.snes.edu/index.php/adhesion

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Manifestations et grève le 14 décembre

De nombreuses écoles et établissements devraient être affectés par la grève du 14 décembre, notamment par la fermeture des services  des collectivités locales (cantine par exemple). 13 organisations syndicales d’enseignants, d’étudiants et de lycéens appellent à faire grève et manifester le 14 décembre.

Pour les enseignants du second degré, il s’agit du Snes Fsu,  Snep Fsu, FO,  CGT, Sud Education et le Sundep (privé). S’ajoutent le Snesup Fsu, l’Unef, l’Unl et l’Unl Sd. Ces organisations demandent  » l’augmentation générale des salaires la défense des services publics, l’abrogation du dispositif Parcoursup et de la loi ORE, l’abrogation des réformes du lycée et l’annulation de la hausse des frais d’inscription pour les étrangers hors UE ».  Des intersyndicales régionales renforcent le mouvement. Ainsi en Ile-de-France, les unions régionales Cgt, FO, Solidaires et Fsu appellent à la grève et à manifester. Des enseignants du premier degré devraient donc participer aussi au mouvement.

Pour la FSU, « le Président n’a rien dit non plus du financement de ses mesures, sinon qu’elles ne coûteraient rien aux employeurs et que l’impôt sur la fortune ne serait pas rétabli, ce qui revient à les faire supporter par les contribuables et par le budget de l’État. La FSU est très inquiète pour l’avenir de la Fonction publique et de ses agent-es. Le point d’indice reste gelé. Le Président confirme une réforme de l’Etat et de la fonction publique dans l’objectif d’une meilleure maîtrise de la dépense publique. » La FSU souligne aussi le silence du président sur les lycéens comme si tout allait bien.

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Des enseignants en grève vendredi

13 organisations syndicales d’enseignants, d’étudiants et de lycéens appellent à faire grève et manifester le 14 décembre. Pour les enseignants du second degré, il s’agit du Snes Fsu,  Snep Fsu, FO,  CGT, Sud Education et le Sundep (privé). S’ajoutent le Snesup Fsu, l’Unef, l’Unl et l’Unl Sd. Ces organisations demandent  » l’augmentation générale des salaires la défense des services publics, l’abrogation du dispositif Parcoursup et de la loi ORE, l’abrogation des réformes du lycée et l’annulation de la hausse des frais d’inscription pour les étrangers hors UE ».  Des intersyndicales régionales renforcent le mouvement. Ainsi en Ile-de-France, les unions régionales Cgt, FO, Solidaires et Fsu appellent à la grève et à manifester. Des enseignants du premier degré devraient donc participer aussi au mouvement. L’intersyndicale demande l’augmentation des salaires, le dégel du point d’indice fonction publique, le développement des services publique dans les territoires et l’abandon des réformes lycéennes et étudiantes.

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Les programmes du lycée publiés par le Snes

Le Snes Fsu met en ligne les projets de programme du lycée revus par le Conseil supérieur des programmes après la phase de consultation.  » Pour la très grande majorité des projets, les modifications n’ont été que cosmétiques et très peu de nos propositions ont été prises en compte… »

Les programmes

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Tous dans l’action le 14 décembre et au-delà !!

Vous trouverez sur ce lien toutes les actions départementales et académiques actuellement programmées, notamment pour le 14 décembre et le 19 décembre prochains.

Nous comptons sur vous pour que, malgré un contexte aujourd’hui marqué par un attentat à Strasbourg et le retour médiatisé d’un discours sécuritaire prônant à cette occasion la mise en veilleuse des revendications sociales et éducatives actuelles, ces actions soient le plus largement diffusées auprès des collègues, et réussies dans toute l’Académie.

Elles incluent un appel académique à la grève dans tous les lycées et collèges ce vendredi 14 décembre, des manifestations intersyndicales et interprofessionnelles départementales, et, pour tous ceux qui le pourront, un rassemblement le même jour au rectorat à 9 heures à l’occasion de la réunion du Conseil Académique de l’Education Nationale chargé d’avaliser les projets non discutés déclinant la réforme du lycée dans notre académie à la prochaine rentrée.

Cordialement.

Le secrétariat académique

SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38
site : www.nantes.snes.edu

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La FSU appelle tous les fonctionnaires à la mobilisation le 14 décembre

Les annonces d’E Macron le 10 décembre alarment la FSU. Dans un communiqué du 11 décembre elle souligne les problèmes de financement de mesures qui ne reposent que sur le budget de l’Etat. Rien n’est proposé pour les jeunes qui manifestent et pour les fonctionnaires. La Fsu les appelle à faire grève et manifester le 14 décembre et demande aux autres syndicats de fonctionnaires de rejoindre ce mouvement.

 » Il n’a ainsi rien dit sur les bas salaires en général, les minimas sociaux et n’a rien annoncé pour les chômeurs, les jeunes. Il est resté également trop silencieux sur les plus de 5 millions d’agent-es de la Fonction publique ».  L’intervention du président de la République le 10 décembre n’a pas convaincu la Fsu. « Le Président n’a rien dit non plus du financement de ses mesures, sinon qu’elles ne coûteraient rien aux employeurs et que l’impôt sur la fortune ne serait pas rétabli, ce qui revient à les faire supporter par les contribuables et par le budget de l’État. La FSU est très inquiète pour l’avenir de la Fonction publique et de ses agent-es. Le point d’indice reste gelé. Le Président confirme une réforme de l’Etat et de la fonction publique dans l’objectif d’une meilleure maîtrise de la dépense publique. »

« Concernant la jeunesse et les questions d’Education et de formation, le Président a considéré que les politiques en cours répondaient aux exigences. Or, les jeunes sont aujourd’hui mobilisés pour des perspectives d’avenir meilleures que celles promises avec les réformes actuelles (réforme du lycée, Parcours Sup…). Des réformes qui remettent en cause la professionnalité des enseignant-es , leurs conditions de travail et celles d’apprentissage de leurs élèves. La FSU réitère sa demande de d’ouverture de discussions avec les organisations de jeunesses et celles représentatives des personnels de l’Education. »

En conclusion, la FSU « invite à développer et à participer à toutes les initiatives qui s’organisent de manière unitaire large dans le cadre de la journée d’action du 14 décembre (Grève, rassemblements, manifestations, AG avec les personnels…). La FSU considère qu’il est de sa responsabilité de proposer aux Fédérations de fonctionnaires d’appeler à une journée d’action nationale pour permettre à la Fonction publique d’assurer des services publics de qualité sur l’ensemble du territoire et pour davantage de reconnaissance des agent-es qui en assurent le fonctionnement au quotidien. »

Communiqué

L’Education nationale et les annonces d’E Macron

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APPEL À LA MOBILISATION POUR LA JUSTICE SOCIALE Vendredi 14 Décembre

APPEL À LA GRÈVE ET À LA MOBILISATION POUR LA JUSTICE SOCIALE POUR LE DROIT DE TOUTES ET TOUS A UNE VIE DIGNE LE 14 DÉCEMBRE

La FSU de Loire Atlantique appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi, les étudiants et lycéens à une journée de grève et de mobilisation le 14 décembre 2018 pour dire son refus des politiques inégalitaires et la nécessité urgente de remise en place d’un modèle social protecteur et redistributeur des richesses.

LE 14 DÉCEMBRE, TOUTES ET TOUS DANS LA RUE
POUR EXIGER LA JUSTICE SOCIALE ET LA HAUSSE DU NIVEAU DE VIE

  • Rassemblement devant le Rectorat 9h00 pendant le CAEN (Comité Académique de l’Éducation Nationale instance consultée sur toute question relative à l’organisation et au fonctionnement du service public d’enseignement dans l’académie).
  • Assemblée Générale NANTES Fac de Sciences Amphi F – 11h00
  • MANIFESTATION NANTES – 14 h 30 Beauséjour (croisement bd du Massacre et route de Vannes – arrêt Beauséjour, ligne 3)
  • MANIFESTATION SAINT-NAZAIRE – 9 h 00 Chantiers de l’Atlantique – porte 4
  • MANIFESTATION CHÂTEAUBRIANT – 10 h 30 Mairie

Lire l’article en ligne

   COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA FSU: Mobilisation du 14 décembre

   La FSU invite à développer et à participer à toutes les initiatives qui s’organisent de manière unitaire large dans le cadre de la journée d’action du

   14 décembre (Grève, rassemblements, manifestations, AG avec les personnels…).

Lire l’article en ligne

FSU de Loire-Atlantique
Tél. : 02 40 35 96 55 | E-mail : fsu44@fsu44.org | Adresse : 8 place de la gare de l’état – 44276 NANTES CEDEX 2 www.fsu44.org

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