Archives de la catégorie Société

Gazette d’@rrêt sur images, n°505. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 5/5 de Gaulle

Gazette d’@rrêt sur images, n°505

Ah, la Ve République ! La Ve et son président tout puissant, son monarque républicain, son chef « jupitérien ». La Ve et ses contre-pouvoirs rabougris, son Parlement au rôle réduit. Et si on remontait à ses origines, elle qui est au centre de toutes les polémiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et de sa République en marche ? Les origines, c’est à dire…1958, et le retour de de Gaulle au pouvoir, sur fond de guerre d’Algérie. La dernière émission de notre série d’été, consacrée aux premières images de la présidence du général de Gaulle, est en ligne (1).

La rédaction d’@si

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Gazette d’@rrêt sur images, n°504. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 4/5 Giscard

Gazette d’@rrêt sur images, n°504

Il fait des discours en anglais, il est porté par des jeunes gens en t-shirts colorés, bien peignés. Depuis son élection, il ne cesse de multiplier les gestes marquants pour incarner au mieux jeunesse et modernité. Lui, ce n’est pas Emmanuel Macron, mais Valéry Giscard d’Estaing, élu président de la République en 1974. Il voulait rompre avec les ors de la République. Il voulait être normal et simple. Il partira sous les sifflets, vu comme un aristocrate coupé du peuple. Cet été, on continue de regarder le présent avec un œil dans le rétroviseur. Notre émission est en ligne (1).

La rédaction d’@si

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Gazette d’@rrêt sur images, n°503. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 3/5 Mitterrand

Gazette d’@rrêt sur images, n°503

Mai 1981 : son visage apparaît sur toutes les télés de France. Il faut quelques secondes pour le reconnaître, encore quelques unes pour réaliser, mais c’est bien lui : François Mitterrand est élu président de la République. Le lendemain, dans les beaux quartiers de Paris, les lycéens sont en larmes. Les banques de leurs parents vont-ils fermer ? Les chars soviétiques vont-ils débarquer place des Invalides ? Non. Mais 36 ans plus tard, tandis que la Macronie se dévoile peu à peu sous nos yeux, il n’a jamais semblé aussi urgent de prendre un peu de distance. La troisième émission de notre série d’été est ici (1).

La rédaction d’@si

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Communiqué de Cédric Herrou

Ci-dessous le communiqué de presse de Cédric Herrou après sa sixième garde à vue et sa mise en examen
http://www.roya-citoyenne.fr/2017/07/communique-de-cedric-herrou/

Communiqué de Cédric Herrou

Depuis 2 semaines, nous sommes témoins de reconductions illégales de demandeurs d’asile en Italie, depuis Nice et Cannes donc loin de la frontière. C’est pour cela que, lundi 25 juillet, je me suis rendu en gare de Cannes afin d’être témoin des interpellations des demandeurs d’asile, loin de penser que je finirai en garde à vue durant 48h.

Mon arrestation à Cannes a été un prétexte permettant d’ouvrir une enquête sur moi. L’opération policière menée à Cannes lundi a pris des proportions démesurées : des dizaines de policiers et militaires, des chiens, de la violence, le tout devant des touristes choqués et des citoyens désemparés. Il est clair que leur objectif était de faire peur, d’intimider, d’impressionner, tout comme la perquisition qui a eu lieu le lendemain à mon domicile, menée par 40 forces de l’ordre, où 90 demandeurs d’asile ont été arrêtés et renvoyés fissa en Italie -mineurs compris- sans aucune explication.

A l’heure actuelle je suis donc mis en examen, je suis interdit de sortir du territoire français, d’aller dans une gare ou sur le parvis d’une gare en France et je dois pointer toutes les deux semaines à la gendarmerie de Breil.

Cela fait un an que je pose de questions aux pouvoirs publics mais que personne ne me répond. Le préfet refuse de me recevoir, la police aux frontières également. Je pose pourtant des questions simples. J’attends des réponses. J’espère que cette mise en examen me permettra d’en obtenir.

Dites-moi, quand on a 200 demandeurs d’asile qui arrivent dans son jardin, quelle est la solution ? Qui est responsable ? Qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce qu’on ne peut pas faire ? Où s’arrête la solidarité ? Où commence le délit ?

On se trouve aujourd’hui dans une situation à laquelle personne ne comprend rien. Ni la justice, ni les avocats, ni les forces de l’ordre, ni nous. Le droit est poreux, tout comme cette frontière. Nous agissons dans l’urgence et la nécessité. Nous espérons que cette mise en examen permettra enfin à la justice de se confronter à une réalité niée, à un droit d’asile bafoué, et d’améliorer la situation à la frontière franco-italienne.

Merci à tous pour votre soutien.

NB: Si j’étais lundi à Cannes, c’était en réalité pour filmer le comportement indigne des forces de l’ordre envers les demandeurs d’asile. Malheureusement, ma caméra à été saisie pendant mon arrestation. Heureusement, je n’étais pas seul. Un film est en cours de montage, bientôt en ligne.

Cédric Herrou

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Communiqué de Roya citoyenne

Ci-dessous le communiqué de Roya citoyenne après la rafle de lundi dernier et la mise en examen de Cédric Herrou
http://www.roya-citoyenne.fr/2017/07/communique-de-roya-citoyenne-au-27-juillet-2017/

COMMUNIQUE DE ROYA CITOYENNE

Fichier au format pdf en téléchargement : communique-27-juillet-2017

Le 27/07/2017

Nous assurons Cédric Herrou, membre du Conseil d’administration de Roya citoyenne, de notre solidarité totale dans le cadre de cet acharnement policier et judiciaire que déploient contre lui le Parquet et le Gouvernement français : 6ème interpellation, trois en un mois…

Qu’ils poursuivent alors l’ensemble des citoyens solidaires du monde associatif et les initiatives individuelles de solidarité qui font vivre les valeurs fondatrices de la République !

Cet acharnement, qui ne se limite pas à Cédric Herrou (au mois de juin, cinq citoyens solidaires gardés à vue, un seul avec mise en examen ; l’eurodéputé José Bové victime de brutalités policières lundi 24 juillet…), va de pair avec la systématisation et l’aggravation des actions illégales quotidiennes de reconductions en Italie, de dénis du droit d’asile et de la protection des mineurs que nous ne cessons, avec nos partenaires associatifs, de dénoncer depuis de longs mois, preuves à l’appui comme la vidéo diffusée par le collectif « Collectif Roya Solidaire » le 6 juillet.

Le Parquet ne manque pas d’humour dans cette situation absolument ubuesque : voilà un individu qui, sur ses terrains privés, pallie les manques des pouvoirs publics depuis des mois comme il le peut, avec le soutien de dons, et la logistique de bénévoles et de notre association. Les personnes exilées atteignent son domicile après des errances de 2 ou 3 jours. Ces exilés peuvent enfin avoir l’espoir, depuis la condamnation du Préfet par le Tribunal administratif le 31 mars, de pouvoir rejoindre Nice faire enregistrer leur demande d’asile.

Toujours plus nombreux à être bloqués à Vintimille, ils prennent tous les risques pour franchir les multiples barrages policiers dans la Roya (Qui s’est préoccupé de ce migrant, fuyant les forces de police, grièvement blessé lors d’une chute dans le lit de la Roya samedi 22 juillet ?).

Dans ces conditions, comment le Parquet, sans se situer dans le cadre d’une propagande outrancière, peut raisonnablement accuser Cédric d’« aide à l’entrée… » ?!?

Il ne peut pas davantage lui reprocher des conditions d’accueil indignes !
Alors même que :

  • le Gouvernement français laisse dormir dans les rues tant de personnes vulnérables, familles avec enfants en bas âge, pas plus loin qu’à Nice, avec un 115 aux abonnés absents,
  • la PAF de Menton entasse des dizaines d’exilés dans des conditions indignes d’accueil, et ce pendant des heures et des heures, sans leur donner ni à boire ni à manger, un seul WC…,

Est-ce que ce ne sont pas précisément cela des pratiques d’accueil indignes ?

Avec nos partenaires associatifs des Alpes-Maritimes, nous avons demandé à rencontrer le Préfet, puis un médiateur de la République ; une délégation associative dont Roya citoyenne est partie prenante, représentant un réseau national de plus de 400 associations, a rencontré des représentants du Gouvernement, et demande une conférence nationale des associations et du Gouvernement : aucune réponse !

Nous appelons le Gouvernement français à revenir à la raison, en prenant en compte les demandes de concertation des acteurs de terrain et à cesser les violences policières : le déni de réalité n’a jamais fait une politique.

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Gazette d’@rrêt sur images, n°502. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 2/5 Chirac

Gazette d’@rrêt sur images, n°502

Cinq euros ! Ce n’est pas grand chose, cinq euros par mois, vu de chez les heureux du monde. Et pourtant, c’est peut-être ce boulet des cinq euros retirés aux étudiants bénéficiaires des aides au logement, qui restera accroché aux premiers jours de Macron, comme le bouclier fiscal resta accroché à Sarkozy. Lisez ici notre article (1). Y a-t-il une malédiction de l’oubli du peuple, qui frappe les présidents, les premières semaines ? Regardez Chirac. Tout commence bien. Son discours du Vel d’hiv est unanimement salué (et Christine Albanel, qui l’écrivit, le raconte sur notre plateau). Et puis, il renonce à combler la fameuse fracture sociale. Et la dégringolade commence. Notre deuxième émission d’été est ici (2).

Nos medias démocratiques, nous déconstruisons à longueur d’année leurs présupposés, leurs biais, leurs manipulations. Et c’est indispensable. Mais restons conscients de notre privilège, de pouvoir le faire. Car informer dans les dictatures, de l’intérieur, c’est un tout autre exercice. Nous avons souhaité vous le rappeler cet été, en replongeant dans les compromissions de l’agence AP sous le nazisme, avec des détours par la Corée du Nord et la Syrie d’aujourd’hui. Tous les articles de notre série d’été sont ici (3). Bonne lecture !

Daniel Schneidermann

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Chasse aux migrant-es et à celles et ceux qui les aident dans le 06

Salut à tout-es,
Ci-dessous le communiqué de lundi soir que vous pouvez voir sur le site de Citoyens solidaires 06 ( https://citoyenssolidaires06.com/) qui résume la situation de lundi et la situation bloquée dans laquelle nous nous trouvons sur la question des migrant-es dans le département des Alpes Maritimes. Au passage Cédric Herrou est toujours en garde à vue et les flics recherchent ses « contacts niçois ». On craint rien parce que l’on a rien fait d’illégal mais cela vous donne un peu l’ambiance policière qui règne dans la Roya et à Nice. Nous avons affaire à un État raciste et à une police clairement fasciste. Les images de 150 « noirs » parqués accroupis, apeurés et subissant des violences de la part des flics sur le quai de la gare de Cannes rappelle des images d’une autre époque…

Ce lundi 24 juillet, environ 220 demandeurs d’asile hébergés à Breil sur Roya, sont venus à Nice pour se faire enregistrer auprès de la PADA (Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile) de Nice.

A leur arrivée à la gare de Breil Sur Roya, ils ont pu prendre le train (en deux fois dans la journée), les billets ayant été réglés par Roya Citoyenne.

Trente d’entre eux ont fait savoir qu’ils souhaitaient mettre fin à leur parcours migratoire au sein de notre belle ville Niçoise. Ils ont été enregistrés ce lundi pour une partie. Les autres iront demain.

Trente demandeurs d’asile supplémentaires vont donc dormir dans les rues de Nice, les autorités refusant encore actuellement d’ouvrir un CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile), ou un CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation), alors même que des dizaines de famille ayant déposé leurs demandes « dorment » dans la rue, en ce compris femmes enceintes et enfants, dont enfants en bas âge.

Ceux souhaitant se rendre dans d’autres villes de France pour y déposer leur demande d’asile sont repartis en train dans la journée, la Loi leur permettant de formaliser leurs demandes d’asile dans la ville de France de leur choix, selon leurs projets migratoires personnels. (Le choix de quitter le département s’expliquant notamment par l’absence d’accueil digne de ce nom dans les Alpes-Maritimes).

Les Citoyen.ne.s Solidaires s’étaient mobilisé.e.s pour leur communiquer les adresses des PADA des villes de leur choix, mais également afin de leur apporter un peu d’humanité, via de la nourriture, de l’eau, mais surtout des échanges et des sourires qui en disent plus long que tous les mots du monde.

Malgré cela, ils ont été arrêtés brutalement en gare de Cannes dans l’après-midi afin d’être conduits dans les locaux de la PAF (police de l’Air et des Frontières) de Menton. Deux cars ont été affrétés à cet effet à Cannes. D’après les informations recueillies auprès des nombreux bénévoles présents en gares de Nice, Antibes et Cannes, nous estimons le nombre d’arrestations entre 150 et 180, même si cela est très difficile à chiffrer.

Nous apprenons également via Nice Matin que Cédric HERROU, qui accompagnait un groupe dans un T.E.R aurait été interpellé et placé en garde à vue à Cannes (par ici). Les autres bénévoles présents à Cannes nous ont relaté qu’ils avaient eux subi seulement un simple contrôle d’identité, ce qui démontre une fois de plus l’acharnement contre Cédric HERROU, qui comptabilise ainsi 6 gardes à vue en moins d’un an.

Nous ignorons pour l’heure si, comme l’exige la Loi, les demandeurs d’asile pourront rester sur le territoire français afin de régulariser leurs demandes, ou s’ils feront l’objet d’un refus d’entrée sur le territoire français et seront conduits à Vintimille, alors même qu’ils sont arrivés à Nice (et donc Cannes) depuis Breil Sur Roya, en France, et non d’Italie (à moins que Breil Sur Roya n’ait été annexée à l’Italie sans que personne ne soit informé).

Ce soir, comme tout au long de la journée, des Citoyen.ne.s Solidaires sont mobilisé.e.s afin de vérifier qu’ils pourront bien régulariser leurs demandes d’asile.

N’hésitez pas à les rejoindre dès demain matin, mardi 25 juillet devant la PAF de Menton.

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Tribune de plusieurs associations dont la LDH : « A rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble » (publié sur Mediapart le 25 juillet 2017)

25 juillet 2017 – Tribune collective « A rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble »

Mediapart – 25 juillet 2017

275 associations et collectifs de solidarité, dont la LDH, lancent aujourd’hui l’organisation d’une Conférence nationale citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France. Si le gouvernement a convoqué plusieurs « Etats généraux » (de l’alimentation) ou « Assises » (de la mobilité), il reste sourd aux demandes de dialogue et de concertation des acteurs de la société civile. Et persiste dans l’ignorance des droits des migrants et dans la criminalisation de tous ceux et celles qui leur viennent en aide.

Lire la tribune

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Communiqué de presse : Soutien à la communauté des gens du voyage

Section de Nantes et du pays nantais de la LDH

Communiqué de presse

Nantes, le 25 juillet 2017.

Soutien à la communauté des gens du voyage

La Ligue des droits de l’Homme section de Nantes et du pays nantais condamne fermement les inscriptions haineuses et extrémistes qui ont été apposées durant le week-end sur les bâtiments de l’aire d’accueil des gens du voyage à Saint-Sébastien.

Ces écrits sont signés patriotes FN, GUD (Ouest-France du 24 juillet); le dépôt de plainte de Nantes Métropole devrait permettre que lumière soit faite et justice rendue.

La LDH apporte tout son soutien à la communauté des gens du voyage régulièrement victime de propos racistes et haineux.

LDH – Ligue des droits de l’Homme Section de Nantes et du pays nantais 4 place de la Manu 44000 Nantes tél : 02 51 86 22 39

ldh.nantes@orange.fr www.ldh-nantes.org https://www.facebook.com/LDH.Nantes

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Gazette d’@rrêt sur images, n°501. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 1/5 Sarkozy

Gazette d’@rrêt sur images, n°501

Méfiez-vous de la première impression : c’est souvent la bonne ! Comme tout autre, un nouveau président de la République sait bien que la première impression des citoyens risque fort d’être durable. Aussi, le nouvel élu s’efforce-t-il, dans sa communication, de mobiliser soigneusement des monuments parisiens, des personnages historiques, ou des événements mémorables. Emmanuel Macron n’y a pas fait exception, lui qui (entre autres) a réquisitionné dans ses premières semaines le Louvre, Versailles, les Invalides, ou la tour Eiffel.

Et ses prédécesseurs ? Pour notre série d’émissions d’été, nous revenons sur les toutes premières images de cinq présidents de la Cinquième République (avec, en prime, une chronique historique de Mathilde Larrère (1) dans chaque émission). Débuts réussis ou ratés ? Par ordre antéchronologique, nous commençons cette semaine par le président qui a su le mieux rater son entrée : Nicolas Sarkozy, et son inoubliable halte au Fouquet’s, ce restaurant du show biz, sur les Champs Elysées. Qu’allait-il faire dans cette galère ? Notre première émission d’été est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°500. Assemblée : à quoi peuvent servir les Insoumis ? Danièle Obono parle

Gazette d’@rrêt sur images, n°500

Mission accomplie… jusqu’ici. Ils ne sont que dix-sept, mais font du bruit pour deux cents. Sur les réseaux sociaux, on n’entend que les députés de la France insoumise. Turbulents mais disciplinés, offensifs, Ruffin, Quatennens, Mélenchon et les autres s’efforcent de révéler l’amateurisme et le refus de débat du groupe dominant de La République en Marche. Mais au-delà du spectacle, à quoi vont-ils vraiment servir ? Comment, dans leur situation, prendre appui sur les médias traditionnels, les réseaux sociaux, ou la rue ? Questions posées cette semaine à Danièle Obono, députée de Paris, et à coup sûr un des visages de la nouvelle opposition parlementaire. Notre émission est ici (1).

Et comme il n’y a pas que la politique dans la vie, notre nouveau chroniqueur, André Gunthert, a regardé cette semaine le film américano-coréen Okja, la dernière création de Netflix sur les souffrances animales. Verdict ? Un film audacieux, oui, mais limité par… ses choix d’images, justement. Sa chronique est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Qu’est ce qui motive les profs ?

De nombreux travaux ont étudié la motivation des élèves qui est reconnue comme un facteur de réussite. Mais que sait-on des motivations des professeurs ? Les jeunes et les professeurs plus anciens ont-ils les mêmes buts ?  A-t-on le même objectif en éducation prioritaire et ailleurs ? Dans la Revue française de pédagogie, n°194, Nicolas Mascret, Christophe Maïano et Olivier Vors étudient, au regard des types psychologiques récents, les motivations des enseignants. Une étude fine qui permet au final de mieux connaitre les enseignants.

6 modèles de motivation

A l’origine de cette publication, une recherche menée auprès de 289 enseignants de l’académie d’Aix Marseille dont 65 en ECLAIR, on dirait rep+ aujourd’hui. Ils ont été soumis à des questionnaires précis sur leurs buts professionnels. L’étude utilise le vocabulaire  scientifique sur la motivation qui distingue 6 buts principaux chez les professionnels. Adaptés aux enseignants, on dira que les enseignants peuvent se motiver par rapport à la tâche à accomplir : faire réussir les élèves ou éviter l’échec des élèves. Ils peuvent aussi se motiver par rapport à eux : enseigner mieux que l’année dernière ou éviter de faire moins bien. Enfin ils peuvent aussi se motiver par rapport aux collègues : être meilleur prof que les autres ou éviter d’apparaitre comme le pire professeur de l’établissement.

Le profil particulier des professeurs des Rep

L’étude montre qu’il y a bien un effet établissement, autrement dit les professeurs se motivent différemment en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire. En Eclair, les professeurs cherchent moins à faire réussir tous les élèves. Ils cherchent plus à leur éviter l’échec.  Ils cherchent aussi davantage à éviter la comparaison avec les autres enseignants et à apparaitre comme en difficulté.

Pour les auteurs, ces constatations confirment ce que l’on sait de l’éducation prioritaire.  » Les enseignants peuvent se donner des priorités différentes de celles directement liées à l’apprentissage et à la réussite scolaire, au risque de substituer le maintien de l’ordre à la transmission des connaissances (Kherroubi & Rochex, 2004), la socialisation primant alors sur les apprentissages (Peltier-Barbier, 2004). Les pratiques enseignantes visent alors des objectifs multiples dont les relations sont souvent complexes voire contradictoires, comme faire que les élèves réussissent  les tâches, mettre les élèves au travail et maintenir leur motivation, préserver le climat et la discipline dans les classes ». C’est l’idée d’un « narrow curriculum » dans les Rep.

L’idéal universel de la réussite de  tous les élèves

Cela ne veut pas dire que l’idéal de la réussite des élèves est absent.  » L’objectif institutionnel de réussite de tous les élèves est largement partagé par les enseignants quel que soit leur contexte d’exercice… Les enseignants, quel que soit leur établissement d’exercice, cherchent à éviter que leurs élèves échouent ».

« Le fait d’essayer de mieux enseigner que les années précédentes semble être une préoccupation qui concerne davantage les enseignants en début de carrière que les enseignants plus expérimentés », notent encore les auteurs.  » Tout en visant l’apprentissage de leurs élèves, la préoccupation centrale des enseignants novices est l’apprentissage de leur propre métier ».

La place des élèves

Par conséquent les enseignants débutants en éducation prioritaire  » cherchent davantage à progresser en tant qu’enseignants que ceux qui ont plus d’ancienneté. » Une remarque qui renvoie à l’idée de faire venir des enseignants expérimentés en Rep.

Finalement la recherche confirme , sous un angle nouveau, des éléments décrits sur l’éducation prioritaire.  » Elle apporte un nouvel éclairage aux nombreuses recherches spécifiques aux milieux « difficiles » en montrant la spécificité d’une certaine forme d’orientation motivationnelle des enseignants en établissement appartenant à la politique d’éducation prioritaire ». Elle confirme aussi ce que chaque enseignant sait : au coeur de sa motivation il y a les élèves.

Le sommaire du numéro 194 de la Revue française de pédagogie

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Revalorisation : vers un PPCR sur mesure ?

« J’ai proposé aux syndicats de regarder métier par métier, notamment à l’éducation nationale pour les Atsem ». Dans le grand détricotage entamé par le gouvernement, celui des accords PPCR et de l’augmentation uniforme du point Fonction publique semble se profiler. Bruno Le Maire et Gerald Darmanin ont présenté les grands axes de la politique budgétaire d gouvernement à la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Deux certitudes : l’éducation occupe beaucoup les deux ministres. Et ils sont déterminés à faire passer une politique de rupture avec le gouvernement précédent.

Trop de déficit, trop de dépense…

Bruno Le Maire va-t-il sauver la France ? C’est un peu comme cela que le ministre des finances présente son programme devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale le 12 juillet. Dans le duo mené avec Gerald Darmanin, B Le Maire parle grande politique. G Darmanin développe, avec une certaine agressivité, les applications concrètes.

« La France fait structurellement moins bien que ses partenaires en Europe… On a un niveau de dépense publique de 10 points supérieur à nos partenaires.. Un déficit excessif depuis 10 ans ». C’est tout cela que B Le Maire veut redresser de façon à adapter l’économie française à « la révolution technologique » de l’intelligence artificielle et de la robotique ». Il promet réforme de l’assurance, des régimes de retraite et de la formation professionnelle. L’objectif premier reste la réduction du déficit public pour le ramener à 3% dès 2017.

« Trop de déficit, trop de dépense et de prélèvements obligatoires », poursuit G Darmanin, ministre des comptes publiques. Il promet la baisse des dépenses « la plus ambitieuse » de tous les gouvernements précédents. Il confirme le gel du point Fonction publique, le rétablissement du jour de carence.

Des augmentations à la carte à la place du PPCR

G Darmanin s’explique aussi sur les 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires sur le quinquennat. « On va définir les missions du service public avant de mettre des agents ». C’est donc mission par mission, avec chaque ministre, que la réduction du nombre de postes sera évaluée. Ce travail sera fait dès septembre avec l’optique de moderniser les  ministères.

Pour le PPCR, « l’évolution de la masse salariale c’était 4 milliards d’ici 2020. C’est beaucoup d’argent », dit G Darmanin. « On souhaite questionner le calendrier avec les syndicats et regarder métier par métier ». Le 11 juillet, le ministre a évoque le « report  » du PPCR devant les syndicats.

A la place d’une augmentation pour tous, qui est actée dans plusieurs décrets, le ministre propose des augmentations catégorielles. Je l’ai propose notamment en éducation pour les Atsems », ajoute G Darmanin. Avant d’ajouter. « L’idée du gouvernement c’est de voir métier par métier plutôt qu’un point d’indice pour tout le monde ».

C’est donc une nouvelle étape dans le démantèlement de la politique salariale de l’Etat qui se dessine. On revient à une augmentation fragmentée et à la carte.

Si l’éducation nationale semble déjà entrée dans cette logique c ‘est qu’elle occupe beaucoup B Le Maire. « La question économique est d’abord une question éducative », dit-il. « On gagnera la bataille économique si on gagne la bataille éducative. La seule vraie question c’est comment on forme mieux les jeunes ».

Le PPCR reporté

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Une rentrée sans contrats aidés ?

Imagine-t-on l’école primaire sans AVS et sans aide administrative ? C’est pourtant ce qui attend peut-être la rentrée 2017 avec le non renouvellement d’un contrat aidé sur deux.

Près d’un contrat aidé sur deux ne sera pas renouvelé à la rentrée. Le gouvernement a annoncé son intention de passer de 190 000 contrats au premier semestre 2017 à 110 000 au second semestre. Le budget prévu pour ces contrat a été utilisé pour les 2 tiers au premier semestre et le gouvernement n’envisage pas de rallonge budgétaire. « C’est le ministre du travail qui fera la répartition » , a dit G Darmanin au Parisien le 11 juillet.

La mesure concerne directement l’école qui utilise un grand nombre de ces contrats. Les AVS qui accompagnent les enfants handicapés relèvent de ce mode de contrat. C’est aussi le cas des aides administratifs qui apportent une aide vitale aux écoles. Dès maintenant, dans plusieurs départements le renouvellement des contrats a été stoppé.

« Il est essentiel de renouveler et de recruter dans un premier temps les CUI-CAE nécessaires à l’accompagnement des élèves et au bon fonctionnement de l’école », déclare le Snuipp dans un communiqué du 12 juillet. Mais auront-ils la priorité ou la rentrée se fera-t-elle dans des conditions encore jamais vues ?

Snuipp

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Communiqué commun  » 53 000 signataires contre l’enfermement des enfants en rétention : le président Emmanuel Macron a le pouvoir de mettre fin à ces pratiques « 

Paris, le 11 juillet 2017

Communiqué de presse 

Il y a un an, le 12 juillet 2016, la France était condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour des « pratiques dégradantes » à l’encontre des enfants enfermés en rétention. Mais ces pratiques perdurent : de jeunes enfants – parfois des nourrissons – ou des adolescents sont privés de liberté, surveillés par des policiers, enfermés derrière un grillage… Dans des prisons qui ne disent pas leur nom : les centres de rétention administrative. Leur crime ? Avoir des parents étrangers dont les papiers ne sont pas à jour.

Une pétition a déjà recueilli plus de 53 000 signataires pour demander au président Emmanuel Macron de mettre fin à l’enfermement d’enfants dans les centres de rétention. Cette pétition exige du président de la République qu’il interdise cette maltraitance dénoncée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) mais également le Comité des droits de l’enfant des Nations unies ou encore le Défenseur des droits.

Avec la période estivale, nous redoutons une multiplication des enfermements de mineurs dans les centres de rétention, comme c’est le cas chaque année. Afin d’éviter la mobilisation des associations et des parents d’élèves pendant l’année scolaire, les préfectures procèdent à de nombreuses procédures d’enfermement et d’expulsion en juillet et août.

Alors que les camarades de classe partent en vacances, des dizaines d’enfants risquent de passer une partie de leur été derrière des barreaux, dans un univers d’enfermement traumatisant, puis d’être expulsés vers le pays d’origine de leurs parents qu’ils ne connaissent souvent pas. Le président Emmanuel Macron a le pouvoir de mettre fin à ces pratiques. Cette pétition est portée par La Cimade avec ses partenaires Réseau Education sans frontières (RESF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Anafé, MRAP, Syndicat des avocats de France (SAF), France terre d’asile, ASSFAM, Droits d’urgence, Hors la Rue et Clowns sans frontières.

Les organisations à l’origine de cette pétition demandent au chef de l’État d’ordonner un moratoire à effet immédiat pour empêcher l’enfermement de mineurs dans les centres de rétention administrative, et de traduire cette décision dans la loi dans les meilleurs délais.

La pétition est disponible ICI.

Signataires: La Cimade, Réseau Education sans frontières (RESF), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Anafé, MRAP, Syndicat des avocats de France (SAF), France terre d’asile, ASSFAM, Droits d’urgence, Hors la Rue et Clowns sans frontières.
Pour rappel : 
La rétention administrative reste le principal instrument des politiques d’expulsion, avec près de 50 000 personnes privées de liberté dans les centres et locaux de rétention administrative en 2016. La loi du 7 mars 2016 a élargi le recours à la rétention pour les familles accompagnées d’enfants. En métropole, le nombre d’enfants privés de liberté a de nouveau fortement augmenté, passant de 45 en 2014 à 105 en 2015, puis 182 en 2016. À Mayotte, 4 325 enfants ont été concernés.

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À nos ami·e·s qui pensent qu’Emmanuel Macron n’est pas le président des banques et de la finance

À nos ami·e·s qui pensent qu’Emmanuel Macron n’est pas le président des banques et de la finance

Mobilisation 12 juillet 2017

Au lendemain du second tour de l’élection certain·e·s ont reproché à Attac d’avoir qualifié Emmanuel Macron de « dernier avatar du néolibéralisme » et « d’ami de la finance, des banques et des multinationales ». En mettant la France en marche vers l’austérité, en enterrant la taxe européenne sur les transactions financières et en déroulant le tapis rouge aux plus riches et aux traders de la City, le nouveau président vient de lever le peu de doute qui subsistait sur son vrai visage.
Deux poids, deux mesures ! C’est comme cela que l’on pourrait qualifier les dernières annonces du gouvernement « ni de gauche, ni de droite  » d’Emmanuel Macron.

D’un côté, il accélère sa marche vers l’austérité avec la loi « Travail » XXL, la hausse de la CSG ainsi que la suppression annoncée de 125 000 postes, le gel du point d’indice et la réintroduction du jour de carence pour les fonctionnaires. « En même temps », selon son expression favorite, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge aux banques et à la finance.

En décidant d’enterrer l’accord négocié depuis cinq ans pour la création d’une taxe européenne sur les transactions financières (TTF), bête noire de banquiers, Emmanuel Macron s’engage sur la voie d’une double régression. D’abord, il prive l’Union Européenne d’une mesure qui pourrait rapporter jusqu’à 35 milliards d’euros par an et piétine les engagements pris par la France lors de la COP 21 en matière de financement de la transition écologique et de soutien aux populations pauvres de la planète.

Ensuite, le président Macron veut profiter du Brexit pour attirer les banquiers et les traders de la City en annonçant l’abandon de la TTF européenne, la « simplification » de la fiscalité et la suppression de la taxe sur les hauts salaires. En même temps, Il rabote la TTF française qui ne taxera pas les transactions financières intra-journalières, mesure pourtant nécessaire pour stopper le « trading à haute fréquence », qui fait peser une menace croissante sur la stabilité des marchés. Alors que le spectre d’une nouvelle crise financière est sur toutes les lèvres, Emmanuel Macron commet une grave erreur en donnant la priorité aux intérêts du monde de la finance sur la lutte contre la spéculation.

Et les cadeaux du nouveau président à ses amis, et anciens collègues ne s’arrêtent pas là, avec le plafonnement forfaitaire à 30 % sur les revenus de l’épargne ou la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ainsi, selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiées le 12 juillet 2017, les 10 % les plus riches vont concentrer « 46 % des gains des mesures fiscales à destination des ménages » prévues par le gouvernement [1].

En fin de compte, dans la nouvelle France dessinée par Emmanuel Macron, il vaut mieux être banquier et riche, sinon on n’est « rien » !

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Notes de bas de page

Attac France — 2017
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France

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L’apprentissage à 14 ans discuté à l’Assemblée

Dans le cadre de la loi sur le dialogue social, examiné en ce moment à l’Assemblée, les députés Républicains, notamment Patrick Hetzel, ont déposé un amendement demandant la création d’une « formation apprenti junior » ouverte à 14 ans. L’objectif est clair : en finir avec le collège unique.  » Le collège unique est un leurre », écrivent les députés à l’initiative du texte,  » qui pousse des milliers de jeunes gens hors des bancs de la scolarité chaque année. Il faut permettre à ceux auquel ce système ne convient pas d’emprunter une autre voie, plutôt que d’aller rejoindre les trop nombreuses cohortes de décrocheurs ».

La Fcpe invite les députés à réfléchir à l’avenir de ces jeunes.  » Loin de constituer une voie de diversification au collège, cette mesure signerait la fin du collège pour tous. Elle organiserait l’éviction précoce des élèves en difficulté en mettant en place une voie d’exclusion. En outre, en répondant à l’échec scolaire par l’apprentissage, on s’exonère de toute réflexion sur les causes de cet échec. L’apprentissage doit être un parcours choisi, réfléchi et accessible à la fin du collège, pas avant ».

La dernière proposition de loi pour l’apprentissage à 14 ans venait des Républicains. Elle date de février 2016.

Amendement

Fcpe

En 2016

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On n’a pas retrouvé tous les rapports de l’Inspection…

Cette année encore, la publication du rapport annuel de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale (IGAENR) réserve son lot de révélations. Notons d’abord qu’en 2016, 218 rapports ont été réalisés par l’Igaenr, soit 22% de plus qu’en 2015. Mais les révélations son à chercher dans les détails. Sur ces 218 rapports, l’IGAENR ne fait connaitre le sujet que de 97. La moitié restent totalement dans le noir. Sur les 97 dont on connait le sujet, seuls 38 ont été publiés. Les autres ont été retenus par le cabinet.

Parfois c’est pour de bons motifs. C’est le cas par exemple quand l’inspection est diligentée pour faire un rapport sur un principal ou un inspecteur, ou, peut-être, sur un établissement qui dérape.

Mais cette censure ministérielle est beaucoup plus discutable dans nombre de cas. On attend toujours la publication du rapport sur la santé scolaire. Ou encore de deux évaluations de la réforme du collège réalisée en 2016.Ou encore du rapport sur la gestion par les académies de l’enseignement privé sous contrat. Ou encore du rapport sur les dysfonctionnements sur les sujets d’examen au bac. Pour certains rapports gardés sous le boisseau, l’IGAENR en révèle le contenu dans le rapport annuel. C’est le cas par exemple  du rapport sur le fonctionnement du service du premier degré de l’académie de Paris. Une sortie « en douce ».

Le rapport

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Budget : le PPCR « reporté » ?

Les accords PPCR menacés ? Alors que la question budgétaire devient pour l’Éducation nationale la question prioritaire, deux syndicats, le Sgen Cfdt et l’Unsa Fonction publique, annoncent une éventuel « report » des accords de revalorisation du PPCR. L’interview donnée par G Darmanin, ministre des comptes publics, au Parisien le 11 juillet apporte plus de questions que de réponses. Elle renvoie directement aux silences de JM Blanquer. Et aux sous-entendus du ministre des comptes publics en conseil de la fonction publique.

5 milliards d’économies en 2017

Selon l’entretien donné au Parisien le 11 juillet, Gérald Darmanin confirme l’objectif de 4 à 5 milliards d’euros d’économies en 2017. Selon le ministre, les économies porteront surtout là où on ne les attendait pas : près d’un milliard sur la Défense, 500 millions pour l’intérieur, 100 millions sur l’Aide publique au développement. Pour le reste, le ministre se fait fort de trouver quelques milliards « sur la gestion du parc des voitures » des ministères et « avec des appels d’offres mieux négociés ». On demande à voir…

Le PPCR menacé

Dans l’Éducation nationale, où 95% du budget correspond à du salaire, les enseignants sont  aux premières loges. En quelques jours ils ont appris le gel du point Fonction publique, puis le rétablissement du jour de carence. D’après le Sgen Cfdt, ce sont maintenant les accords PPCR qui sont menacés. « Le ministre de l’action et des comptes publics a tenu hier des propos inquiétants en conseil commun de la fonction publique concernant le protocole PPCR », a révélé le Sgen Cfdt lors du CTM du 11 juillet. Le Sgen demande « une clarification sur ce point et la continuité des engagements de l’État ». L’Unsa Fonction publique confirme : « Gérald Darmanin envisage une perspective qui porterait un nouveau coup aux agents : le report du calendrier de montée en charge de PPCR ».

Le « report » des accords PPCR c’est une économie de 700 à 800 millions pour l’Éducation nationale. Ça voudrait dire que la revalorisation ferait une « pause » probablement définitive. Pour les enseignants, les deux revalorisations d’indices prévues pour le 1er septembre 2017 et le 1er janvier 2018 seraient annulées. Et probablement les suivantes, les 1er janvier 2019 et 2020. Par exemple, un certifié 4ème échelon devait passer à l’indice 529 au 1er septembre 2017 puis à 539 au 1er janvier 2018.

L’Himalaya de JM Blanquer

Pour l’Éducation nationale, le ministre se veut relativement rassurant. « Il y a une économie de 75 millions. Mais il n’y aura pas de postes de professeurs supprimés pour la rentrée scolaire », dit-il . Enfin, « nous tiendrons l’intégralité des promesses du président de la République ».

75 millions, dans un budget de plus de 60 milliards, c’est faisable. Mais les propos du ministre sont largement à décrypter. Par exemple, ne pas supprimer des postes pour la rentrée ne veut pas dire grand chose puisque les seuls emplois qui sont supprimables pour la rentrée, les contractuels, ne sont pas des  postes. Par contre G Darmanin a bien confirmé que 120 000 postes de fonctionnaires seraient supprimés sur le quinquennat.

Ce qui compte, c’est plutôt ce que ne dit pas G Darmanin. Car le défi budgétaire se renforce chaque jour pour l’Éducation nationale. Pour 2018, c’est un véritable Himalaya que JM Blanquer va devoir gravir.

Pour faire face au doublement des CP et CE1 de Rep et Rep+, une promesse d’E Macron, l’Éducation nationale doit trouver 9500 postes en 2018. Il était prévu que 5000 seraient créés, soit 250 millions. Pour 9500 c’est presque le double. Darmanin n’en parle pas. Et on ne l’imagine pas augmenter le budget du ministère.

L’Éducation nationale doit aussi financer le PPCR (700 millions), les « devoirs faits » (150 millions), le glissement vieillesse technicité (en clair l’avancement) pour 300 millions, la prime Rep+ (200 millions). Au total, les engagements du ministre et du président représentent plus d’un milliard de charges nouvelles pour l’Éducation nationale. Ce qui supposerait une augmentation d’autant du budget.

Or 2018 c’est l’année où le gouvernement doit faire plus de 20 milliards d’économies selon l’audit qu’il a fait connaitre le 4 juillet. Depuis, E Macron a ajouté la réforme de la taxe d’habitation et celle de l’ISF, soit au total 10 milliards supplémentaires à trouver. Quand on demande au ministre des comptes publics comment il va faire, il répond, dans Le Parisien, qu’il réfléchit à « des réformes structurelles ».

Quelle pourrait être la part de l’Éducation nationale ? On ne voit pas comment le gouvernement, qui a déclaré qu’aucun ministère ne sera sanctuarisé, pourrait épargner un ministère qui dépense un quart du budget de L’État et emploie la moitié de ses fonctionnaires.

Alors décryptons un peu. Il n’y aura peut-être pas de baisse très importante du budget de l’Éducation nationale en 2017. Mais, au mieux, tous les engagements annoncés, JM Blanquer devra les financer à budget constant. En 2018 ce sera très probablement pire.

Sortir du non-dit

De Bercy à Grenelle, il va bien falloir à un moment sortir des non-dits ou des petites phrases et présenter un budget. C’est-à-dire se prononcer clairement sur les coupes qui sont probablement déjà décidées. Car des pistes se dessinent  notamment avec une réforme du lycée lancée dès 2018 qui pourrait s’accompagner d’une réduction de l’offre scolaire. Il va falloir dire quels postes seront supprimés ou transférés. Les Fables de La Fontaine c’est pour les enfants.

Dans Le Parisien ce matin

Déclaration Unsa

Déclaration Sgen Cfdt

PPCR : les nouvelles grilles

PPCR : Une revalorisation importante

Sur le budget

Blanquer et le dédoublement : mission impossible

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Mutuelle : le ministère casse le monopole de la Mgen

Selon la Fsu, le ministère de l’éducation nationale a décidé de référencer deux nouveaux organismes pour l’offre de protection sociale complémentaire, à coté de la MGEN, à savoir AXA-Interial et la CNP-assurances. Pour la Fsu, « la possibilité pour deux opérateurs venus du monde de l’assurance de se prévaloir du référencement de l’employeur risque d’ouvrir une nouvelle phase de recul du mutualisme ».  La FSU craint  » un profond recul des solidarités inter-générationnelles en segmentant la population couverte entre opérateurs différents. La marchandisation de la protection sociale complémentaire est renforcée et la concurrence entre les opérateurs risque d’être exacerbée, accroissant ainsi les frais de gestion et de communication ».

 

Communiqué

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