Archives de la catégorie Santé

Covid : 95 000 décès en plus au final

 » De mars 2020 à décembre 2021, les décès observés ont été nettement supérieurs à ceux attendus en l’absence d’épidémie de Covid-19″, écrit l’Insee  dans un nouvel Insee Première. « Cet excédent de décès toutes causes confondues (+ 95 000) est inférieur au nombre de décès attribuables à la Covid-19, estimé entre 130 000 et 146 000. Le nombre de décès liés à la Covid-19 inclut en effet les décès de personnes fragiles qui seraient décédées même sans l’épidémie en 2020 ou 2021. Par ailleurs, l’impact de l’épidémie est réduit grâce à certains décès évités, par exemple les accidents de la route évités en période de confinement. D’août à décembre 2021, l’écart entre décès observés et attendus est devenu toutefois supérieur aux décès liés à la Covid-19. Cela pourrait s’expliquer par une baisse des décès évités et/ou par une hausse des décès indirectement liés à l’épidémie (du fait par exemple de reports d’opérations) ».

 

Insee Première

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Covid : ça redémarre !

Avec 81 424 élèves contaminés dans la semaine du 18 au 24 mars, selon les données du ministère de l’éducation nationale, on assiste à un quasi doublement des cas en une semaine (52 669 dans la semaine précédente). C’est le cas aussi pour les personnels qui passent de 6199 à 10201. Encore ces données sont-elle, comme d’habitude, en dessous de ce qu’indique Géodes, la base du ministère de la Santé. Elle compte 51 781 nouveaux cas de covid chez les jeunes d’âge scolaire (0-19 ans) pour la seule journée du 21 mars. Les taux d’incidence dépassent 1000 pour tous les niveaux scolaires. En école élémentaire on est à 1501 avec déjà plus de 3000 dans plusieurs départements (Finistère, Ardennes). Dans ces départements il y a en moyenne un malade par classe. Dans les autres départements on a de 50 à 80% de chance d’avoir un malade dans chaque classe. Au collège le taux d’incidence est à 1606 avec là aussi deux départements au dessus de 3000.Au lycée le taux d’incidence moyen est à 1296. Le masque, qui n’avait pas totalement disparu avec le nouveau protocole, revient dans les écoles et établissements. Les enseignants ont appris, grâce à sa gestion du covid, à limiter leur confiance même dans les instructions officielles.

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Covid : la pandémie se renforce

Selon le ministère de l’éducation nationale, 52 669 élèves ont été contaminés par le covid dans la semaine du 11 au 17 mars, soit environ 20% de plus que la semaine précédente. Le nombre de personnels augmente aussi : 6 199 pour cette semaine. Comme d’habitude, les données Education nationale sont inférieures à celles de la Santé qui trouve 32 271 nouveaux malade d’âge scolaire pour la seule journée du 14 mars. L’avis du Conseil scientifique covid du 11 mars (rendu public le 18 mars) est d’ailleurs sans ambiguïté. « Les rentrées scolaires successives (selon les zones) favorisent la reprise des infections chez les enfants, visibles dans un délai de 10 jours environ après le retour à l’école », dit-il. « Les régions les plus touchées par la reprise de l’épidémie sont celles où la rentrée scolaire des vacances de février a eu lieu en premier (21 février) ; l’incidence chez les 0-9 ans y augmente de 20% à 40% par semaine ». Le Conseil note que « le relâchement des mesures de contrôle le 14 mars devrait encore pousser à la hausse les taux de transmission » et « qu’environ 18 000 décès liés au COVID ont eu lieu en France depuis le 15 décembre 2021 (dont une partie importante est liée aux variants Omicron, variants dit peu sévère), et ce, avec une certaine forme de banalisation et d’indifférence ». Les taux d’incidence sont de 1139 en moyenne à l’école élémentaire, ce qui veut dire une chance sur deux d’avoir un élève malade en classe. Au collège il est à 1056 et à 864 en lycée.

 

Le rapport du conseil scientifique covid

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Covid : déjà un nouveau protocole

A peine appliqué, le protocole est à nouveau modifié par l’Education nationale. A compter du 21 mars, les cas contacts de 12 ans et plus non vaccinés ne seront plus tenus de s’isoler. On leur appliquera les mêmes règles que pour les cas contacts complètement vaccinés c’est à dire un autotest à J+2.

 

La FAQ modifiée

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Covid : un protocole allégé alors que l’épidémie rebondit

Publiée le 10 mars, la nouvelle « foire aux questions » du ministère multiplie les appels à la prudence. Il y a des raisons à cela : les taux d’incidence sont repartis à la hausse dans les écoles et établissements scolaires. Le calendrier politique semble avoir eu raison du calendrier sanitaire. Les conséquences sur le fonctionnement des établissements risquent d’être sérieuses. Sans précautions, le covid pourrait à nouveau empêcher de faire cours.

Un nouveau protocole prudent

On l’avait bien noté. Le nouveau protocole sanitaire, précisé dans la foire aux questions du 10 mars, reste prudent. Certes les élèves et les adultes peuvent retirer le masque en intérieur à partir du 14 mars. Mais ils peuvent aussi ne pas le faire. Le masque reste « fortement recommandé » pour les personnes contacts à risques et aussi pour les cas confirmés après leur retour en classe. Les règles d’aération des salles sont elles aussi maintenues. Le brassage des élève redevient possible mais « il est recommandé dans un premier temps et dans la mesure du possible de limiter les brassages trop importants ».

Si le ministère suit les décisions politiques, il envoie des signaux qui contredisent la communication sur la fin de l’épidémie. Il semble ne pas prendre la responsabilité des consignes nationales.

La 6ème vague arrive ?

Il y a à cela des raisons. Partout en Europe de l’ouest l’épidémie redémarre. En France plus de 70 000 nouveaux cas ont été comptés en fin de semaine soit 11% de plus que la semaine précédente.  Le nouveau variant Omicron B2 est en train de remplacer le B1 et il est encore plus contagieux que lui. Nos voisins connaissent déjà un rebond plus important que nous : +16% en Allemagne, +17% en Italie, + 33% au Royaume Unie. Une nouvelle vague descend du nord de l’Europe vers le sud ouest.

Cela se voit dans les taux d’incidence chez les jeunes d’âge scolaire. Pour les écoliers il est remonté à 846 alors qu’il avoisinait 600 la semaine dernière. Un tiers des départements métropolitains ont franchi la barre des 1000. C’est la cas dans l’ouest (Finistère 2346), de l’est (Meuse 1830) , du centre ouest (Indre 1554). Concrètement cela veut dire que la probabilité d’avoir un élève malade dans sa classe est de 76% dans l’Indre, 89% en Finistère, 82% en Meuse.

Les effets chez les élèves

Chez les collégiens, le taux d’incidence est de 736. 16 départements métropolitains ont aussi dépassé 1000 dans les mêmes régions. Il n’échappe à personne que ce sont les académies qui ont repris l’école en premier le 21 février. Inversement les académies rentrées en dernier ont aujourd’hui le taux d’incidence le plus faible (Ile de France :Paris 360). Enfin chez les lycéens 13 départements dépassent 1000 avec un taux moyen de 691. A noter la Martinique où l’épidémie explose : taux d’incidence de 10 274.

Les données ministérielles donnent une image imparfaites de ces réalités. Pour la semaine de 3 au 10 mars le ministère déclare 40 493 élèves contaminés soit le double de la semaine précédente (26 699). Mais le ministère de la Santé compte 25 457 nouveaux cas chez les jeunes d’âge scolaire pour la seule journée du 7 mars. Ce rebond de l’épidémie invite à la plus grande prudence.

Les enseignements à nouveau désorganisés

Le nouveau protocole aura aussi des conséquences pédagogiques. « Cette mesure s’est accompagnée d’une évolution du protocole de contact tracing qui étend notablement le nombre d’élèves et de personnels cas-contacts à risque potentiel : toute la classe, et tous les élèves des groupes notamment en lycée, sont concernés, ainsi que tous les professeurs qui ont eu l’élève en classe sans porter le masque, au lieu des quelques élèves auparavant dans les lieux fréquentés sans masque (cantine, EPS…). Cela va alourdir considérablement le travail des établissements scolaires pour réaliser ce tracing », prévient déjà le syndicat de personnels de direction ID FO. « De plus, le nombre d’élèves et de personnels non vaccinés contacts à risque qui seront en éviction va également augmenter mathématiquement. Les incidences sur les apprentissages et, en lycée, sur la représentativité des moyennes trimestrielles des disciplines évaluées en contrôle continu pour le baccalauréat risquent d’être non-négligeables ». Un avis partagé par le syndicat majoritaire Snpden Unse : «  »Le nouveau contact tracing va engendrer un surcroit de travail pour les personnels de direction et un nombre d’isolements d’élèves et de personnels injustifié », estime Freddy Leroux, secrétaire départemental 77. Le masque va vite se faire regretter ?

 

Les cartes de Germain Forestier

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Le nouveau protocole sanitaire reste prudent

Si le gouvernement lève toutes les restrictions concernant le port du masque et les passes vaccinale et sanitaire à compter du 14 mars, le nouveau protocole sanitaire de l’Education nationale reste prudent. Dans l’atmosphère née du 13 janvier, le ministère a tenu compte des remarques syndicales et précise que le port du masque ne sera plus obligatoire en classe mais restera autorisé pour ceux (élèves ou personnels) qui le souhaitent. Il est recommandé aux personnes cas contact, ce qui veut dire que dans une classe où un cas de covid est confirmé tous les élèves et personnels seront invités à le porter. Si ce nouveau protocole va soulager de nombreux professeurs et élèves, la levée des restrictions de brassage, même si là aussi il y a des conseils de modération, va rendre très difficile la recherche des cas contacts. Difficile aussi va être la tâche des directeurs et chefs d’établissement à qui il reste seulement 24 heures pour tout organiser pour lundi.

Le masque supprimé si on veut

« A compter du 14 mars 2022, le protocole sanitaire passera au niveau 1 / niveau vert pour l’ensemble des écoles et établissements scolaires du territoire national. Ce passage au niveau 1 implique notamment la fin de l’obligation de la limitation du brassage entre groupes d’élèves ; la fin des restrictions pour la pratique des activités physiques et sportives ; les mesures relatives au lavage des mains, à l’aération et à la désinfection des surfaces sont quant à elles maintenues… Le passage au niveau 1 implique également la fin de l’obligation du port du masque en intérieur », aussi bien pour les élèves que les personnels, annonce la nouvelle foire aux questions ministérielle.

Est-ce à dire que le port du masque disparait totalement ? Non. Il reste obligatoire dans les transports scolaires à partir de 6 ans. Il est aussi « fortement recommandé » pour les personnes contacts à risques durant les 7 jours après la survenue d’un cas et aussi pour les cas confirmés dans les 7 jours suivant leur période d’isolement.

A la demande des syndicats, le ministère précise que » les personnels qui le souhaitent pourront bien entendu continuer à porter le masque ». De nombreux enseignants ont manifesté sur les réseaux sociaux le souhait de le garder.

Les règles d’aération sont maintenues. C’est précisé dans la FAQ par exemple en ce qui concerne les réunions dans les écoles et établissements qui sont autorisées mais à condition d’aérer la salle.

Les cas contacts

Le ministère a aussi tempéré la libération des règles de brassage.  » S’agissant de la limitation du brassage, il est recommandé, dans un premier temps et dans la mesure du possible, de limiter les brassages trop importants entre groupe-classe et niveaux notamment pendant les temps de recréation et de restauration »; dit la FAQ. C’est la seule façon de pouvoir continuer à retrouver les cas contacts.

Justement, le retrait des masques change les règles concernant la recherche des cas contacts. Alors qu’avant les enseignants ne pouvaient pas être cas contact quand un cas survenait dans leur classe, dorénavant ils sont cas contacts ainsi que tous les élèves de la classe aussi bien dans le 1er que 2d degré. Dans les lycées cela concerne aussi les élèves d’autres classes mais avec qui l’élève malade a partagé un moment : groupes de spécialité, options par exemple.

Pour les élèves cas contacts à risque, ils doivent respecter un isolement de 7 jours  et réaliser un tests au bout de ces 7 jours sauf s’ils ont moins de 12 ans ou un schéma vaccinal complet. Dans ce cas ils n’ont pas d’isolement mais devront faire un autotest à J2. On leur recommande de porter le masque.

Les personnes cas confirmé s’isolent 7 jours si leur schéma vaccinal es complet, 10 jours s’il ne l’est pas.

EPS et sorties

L’EPS est rétablie intégralement y compris les sports de contact. Les activités de piscine reprennent. Les sorties vont être aussi favorisées à partir du 14 mars puisque les transports sont facilités.  » Les sorties scolaires sans hébergement (théâtre, musée, cinéma …) et voyages scolaires avec nuitée(s) sont autorisés. Ils doivent être organisés dans le strict respect des conditions sanitaires et de sécurité.. Si certaines dispositions du protocole de l’établissement d’accueil sont moins strictes que celles du cadre sanitaire applicable à l’école ou l’établissement scolaire, alors ce sont les dispositions du cadre sanitaire de l’éducation nationale qui s’appliquent », précise la FAQ.

Attention au retour en arrière

« On a envie d’enlever le masque », nous a dit Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu, « et de retrouver des conditions d’apprentissage normales. Mais il faut aussi prévenir les parents que ces mesures ne sont pas irréversibles. On a demandé au ministère de le mettre dans la FAQ ». Cela ne semble pas avoir été fait alors qu’en début d’année scoalire on a connu un premier retour du masque après un retrait trop précoce. « Il y a aussi des personnes vulnérables. Il faut continuer à leur fournir des masques FFP2 et, pour ceux qui ne peuvent pas être devant élève, des autorisations d’absences. »

 

La nouvelle FAQ

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Covid : un décret à venir sur le nouveau protocole

Après l’annonce par J Castex, le 3 mars, du retrait des masques dans les salles de classe à partir du 14 mars, un décret devrait préciser les modalités précises, annonce le Snalc. La troisième rencontre entre les syndicats et les autorités sanitaires donne déjà des indications qui devront être confirmées par le ministère de l’éducation nationale. Selon le Snalc, la passage des écoles au niveau 1 du protocole le 14 mars devrait lever les règles de séparation des groupes d’élèves et des règles de distanciation. « Il s’agit bien de fin d’obligations, mais par exemple un personnel ou un élève peut toujours porter un masque s’il le souhaite… dans le premier degré, l’enseignant non masqué sera désormais lui aussi cas contact. Dans le second degré où les groupes changent régulièrement, il y aura sans nul doute davantage de cas contacts. Dans le second degré, il faut ajuster. Il sera très fortement recommandé que les cas contact reviennent avec un masque, mais ce ne sera pas possible de l’imposer.

 

Su rle site

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Le port du masque ne sera plus obligatoire en classe à partir du 14 mars

Le premier ministre annonce le 3 mars la fin du port du masque en classe pour le 14 mars. Cette mesure va radicalement changer la vie quotidienne des écoles et établissements. Mais elle est prise alors que le taux d’incidence a beaucoup baissé mais reste très élevé dans les établissements scolaires (environ 600).

Des précisions à venir

« Après une 5e vague de COVID-19 d’une ampleur inédite, la situation sanitaire s’améliore nettement depuis plusieurs semaines…Dans ces conditions, et alors que les modélisations scientifiques ne prévoient pas d’infléchissement de cette trajectoire favorable dans les prochaines semaines, le Premier ministre a annoncé ce jour de nouvelles mesures d’allègement », annonce les services du premier ministre.  » Le port du masque, déjà levé dans les espaces extérieurs ainsi que, depuis le 28 février, dans les lieux soumis au passe vaccinal, ne sera plus obligatoire dans aucun lieu, à l’exception de l’ensemble des transports collectifs, dans lesquels il restera exigé jusqu’à nouvel ordre. Cela signifie notamment que le port du masque ne sera plus requis à compter du lundi 14 mars sur le lieu de travail, ni dans les salles de classe ».

Le premier ministre ajoute que  » le ministre de l’Éducation nationale apportera les précisions nécessaires sur ces évolutions en milieu scolaire, à l’occasion des réunions qui se tiendront la semaine prochaine avec les syndicats et représentants des parents d’élèves », ce qui est confirmé par l’Education nationale.

Soulagement et inquiétude

Jean Castex avait annoncé le 20 janvier le retrait des masques pour le retour des vacances de février. Le 11 février le ministre annonçait seulement le retrait des masques dans la cour de récération au retour des vacances de février. Finalement le calendrier politique semble s’imposer à l’éducation nationale.

La mesure sera accueillie avec beaucoup de soulagement par les élèves et les enseignants. Mais l’expérience a appris à envisager le pire. « On se souvient qu’on l’a retiré en novembre et que pour certains ça  n’a duré qu’une semaine », nous avait dit Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu en janvier. « Donc annoncer ça maintenant ça n’a pas de sens.  S’il faut remettre le masque après 15 jours d’interruption,  ça va être encore compliqué. Aujourd’hui,  au vu des contaminations, ça semble irréaliste ».

Or les taux d’incidence ont beaucoup baissé mais restent élevés aussi bien à l’école primaire que dans le second degré.  Dans le premier degré le niveau moyen est à 605 avec des départements au dessus de 100 (Finistère, Creuse..). Ai collège le taux moyen est à 605 également avec davantage de départements au dessus de 1000 : Creuse, Finistère mais aussi Meurthe et Moselle, Gers, Haute Corse, Réunion.Dans les lycées le taux moyen est à 611 avec 9 départements au dessus de 1000. Et la rentrée n’est pas faite partout.

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Le port du masque ne sera plus obligatoire en classe à partir du 14 mars

Le premier ministre annonce le 3 mars la fin du port du masque en classe pour le 14 mars. Cette mesure va radicalement changer la vie quotidienne des écoles et établissements. Mais elle est prise alors que le taux d’incidence a beaucoup baissé mais reste très élevé dans les établissements scolaires (environ 600).

Des précisions à venir

« Après une 5e vague de COVID-19 d’une ampleur inédite, la situation sanitaire s’améliore nettement depuis plusieurs semaines…Dans ces conditions, et alors que les modélisations scientifiques ne prévoient pas d’infléchissement de cette trajectoire favorable dans les prochaines semaines, le Premier ministre a annoncé ce jour de nouvelles mesures d’allègement », annonce les services du premier ministre.  » Le port du masque, déjà levé dans les espaces extérieurs ainsi que, depuis le 28 février, dans les lieux soumis au passe vaccinal, ne sera plus obligatoire dans aucun lieu, à l’exception de l’ensemble des transports collectifs, dans lesquels il restera exigé jusqu’à nouvel ordre. Cela signifie notamment que le port du masque ne sera plus requis à compter du lundi 14 mars sur le lieu de travail, ni dans les salles de classe ».

Le premier ministre ajoute que  » le ministre de l’Éducation nationale apportera les précisions nécessaires sur ces évolutions en milieu scolaire, à l’occasion des réunions qui se tiendront la semaine prochaine avec les syndicats et représentants des parents d’élèves », ce qui est confirmé par l’Education nationale.

Soulagement et inquiétude

Jean Castex avait annoncé le 20 janvier le retrait des masques pour le retour des vacances de février. Le 11 février le ministre annonçait seulement le retrait des masques dans la cour de récération au retour des vacances de février. Finalement le calendrier politique semble s’imposer à l’éducation nationale.

La mesure sera accueillie avec beaucoup de soulagement par les élèves et les enseignants. Mais l’expérience a appris à envisager le pire. « On se souvient qu’on l’a retiré en novembre et que pour certains ça  n’a duré qu’une semaine », nous avait dit Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu en janvier. « Donc annoncer ça maintenant ça n’a pas de sens.  S’il faut remettre le masque après 15 jours d’interruption,  ça va être encore compliqué. Aujourd’hui,  au vu des contaminations, ça semble irréaliste ».

Or les taux d’incidence ont beaucoup baissé mais restent élevés aussi bien à l’école primaire que dans le second degré.  Dans le premier degré le niveau moyen est à 605 avec des départements au dessus de 100 (Finistère, Creuse..). Ai collège le taux moyen est à 605 également avec davantage de départements au dessus de 1000 : Creuse, Finistère mais aussi Meurthe et Moselle, Gers, Haute Corse, Réunion.Dans les lycées le taux moyen est à 611 avec 9 départements au dessus de 1000. Et la rentrée n’est pas faite partout.

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Le protocole annoncé aujourd’hui

13 janvier oblige : JM Blanquer devrait annoncer aux syndicats ce matin ses décisions concernant le nouveau protocole. En même temps les enseignants recevront un mail détaillant les dispositions. Et c’est seulement ensuite que le ministre s’adressera à la presse. Les pistes envisagées sont connues. Il reste à fixer notamment le calendrier.

Les pistes du ministère

Pour la première fois, le ministre de l’éducation nationale suit l’ordre normal des choses : dialoguer avec les syndicats puis informer la profession de ses décisions avant de les détailler devant la presse. E Macron lui-même, dit-on, aurait imposer ce schéma à son ministre plus habitué à s’adresser aux parents.

Les pistes envisagées par le ministère et le ministère de la Santé sont connues depuis le 8 janvier. Dans un premier temps le nombre de tests demandés aux élèves cas contact pourrait diminuer et passer à deux. L’attestation sur l’honneur serait supprimée. Cela allègerait le travail des directeurs d’école , ce qui est une des demandes des syndicats. Par contre il n’y aurait plus aucun controle sur la situation virale des élèves. Le mot d’ordre serait de responsabiliser les parents. La levée du port du masque dans les écoles à l’extérieur pourrait aussi être décidée. L’argument donné est que les jeunes retirent le masque à la sortie de l’école. Les écoles primaires passeraient ainsi au niveau 2 du protocole ce qui allègerait aussi l’interdiction du brassage, la gestion de la cantine et permettrait de faire l’EPS en intérieur. Plus tard, pourrait se poser la question du retrait du masque en intérieur  pour les élèves et peut-être les professeurs. Mais ce serait dans une autre situation sanitaire.

Questions en suspens

Reste à fixer les dates de ces allègements. Plutôt que le retour des vacances, ce qui est très proche pour la zone B (21 février), ce pourrait être début mars pour les premières mesures.

Reste que les taux d’incidence sont encore extraordinairement élevés avec 4046 à l’école élémentaire, 4392 au collège et 4122 au lycée, des taux qui correspondent à plus d’un malade par classe. Certes ces taux diminuent. En une semaine ils ont baisé de près de 20%. Et les vacances devraient accélérer cette baisse. Rappelons que si le variant Omicron est moins dangereux il génère le PIMS pour environ un jeune sur 4000. Aussi il faudrait attendre début mars pour avoir des taux un peu plus raisonnables.

L’essentiel pour les syndicats c’est aussi d’avoir l’assurance de ne pas avoir à revenir e arrière comme cela a été le cas avec le masque pour les écoliers , retirés en début d’année scolaire puis vite rétablis.

« On demande que si des changements sont faits ils soient étayés par des décisions scientifiques et expliqués pour pouvoir être acceptées », nous avait dit Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa éducation le 8 février. On verra ce matin si ces conditions sont remplies.

 

Les allègements envisagés

Les prévisions du Café

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Covid : quel allègement pour la rentrée ?

JM Blanquer annonce aujourd’hui aux syndicats les allègements apportés au protocole sanitaire à la rentrée des vacances de février. L’hypothèse pourrait paraitre incongrue quand on compte plus de 400 000 élèves officiellement contaminés la semaine dernière et quand on a des taux d’incidence moyens dans les écoles et établissements au dessus de 4000. Mais le premier ministre a annoncé des allègements le 20 janvier. Il reste à les délimiter. Et surtout à les justifier…

Une promesse gouvernementale

« La situation commence à évoluer plus favorablement », a expliqué Jean Castex le 20 janvier. Le premier ministre a souligné la baisse des contaminations avec Omicron dans les régions où il est apparu en premier comme l’Ile de France et le fait qu’Omicron est « moins sévère que ses prédécesseurs ». Il a alors promis des allègements du protocole sanitaire scolaire pour la rentrée de février. Depuis, le 2 février, le Conseil des ministres a acté des allègements en dehors de l’Ecole.

Quelles sont les pistes du gouvernement? Elles ont été annoncées par Jean Castex le 20 janvier. Il a évoqué l’arrêt du port du masque en classe en école élémentaire. Il a aussi mentionné la diminution du nombre de tests pour les cas contacts.

Quelles pistes ?

Si elles sont confirmées ces mesures correspondraient au retour des écoles au niveau 1 du protocole, avec un port du masque maintenu dans le second degré seulement. Un retour au niveau 2 semble plus probable avec le port du masque en classe mais pas forcément en extérieur. Le niveau 2 réduirait aussi les exigences en ce qui concerne le brassage des élèves, notamment dans les cantines. Certaines ont du fermer car elles ne pouvaient pas s’adapter au niveau 3. Les activités d’EPS pourraient se faire en intérieur, sauf sports de contact.

Une interrogation porte aussi sur les tests. Aujourd’hui les écoliers sont isolés 5 jours en cas de test antigénique ou PCR positif et les cas contacts doivent faire 3 autotests à J0, J2 et J4. Le Conseil scientifique penche plutot pour des tests systématiques que réactifs. Dans un avis du 8 décembre, il expliquait que  » le contrôle par le dépistage itératif systématique pourrait être plus efficace, bien que lui aussi difficile au plan opérationnel, et présenterait l’avantage de dépister les asymptomatiques et pré-symptomatiques. La question de sa généralisation pour la rentrée de janvier 2022 devra se poser, comme elle est réalisée dans de nombreux autres pays européens ». Le Conseil n’a pas été écouté en janvier. Il est fort possible qu’il ne le soit pas non plus en février et que le gouvernement réduise le nombre des tests à 2 voire un seul.

Quelles conséquences pour les personnels ?

Cela sera t-il suffisant pour alléger le travail des directeurs et CPE et des enseignants ? Les premiers passent beaucoup de temps à gérer les départs et retours des élèves.Ils sont devenus des administratifs du sanitaire, alors que ce n’est aps leur role. Les seconds ne savent plus comment enseigner et évaluer avec des classes dont la composition varie de jour en jour, voire d’heure en heure. Pour les syndicats, un retour à la normale pour ces personnels est l’urgence première. Or aucun allègement de protocole ne changera significativement les choses. Pour rendre vivable le covid il aurait fallu en amont recruter des administratifs et des remplaçants, ce qui n’a pas été fait. Heureusement pour le gouvernement, les vacances arrivent.

Une nouvelle politique sanitaire dictée par la politique

On sait depuis la réunion sanitaire du 25 janvier que le gouvernement ne cherche plus à bloquer l’épidémie dans les écoles et établissements. Il cherche à maintenir le plus possible d’enfants à l’école. Il s’y autorise car le variant Omicron génère moins de formes graves. Mais celles ci existent quand même encore. On a ainsi un PIMS pour 4000 cas, ce qui ferait environ 500 jeunes scolaires malades chaque semaine de façon durable et grave.

Parce que l’épidémie est loin d’être terminée. Le gouvernement a mis l’accent dès janvier sur la baisse des contaminations. Elle est réelle et générale. Mais il y a encore eu 410 741 élèves contaminés la semaine dernière. Les taux d’incidence dans le monde scolaire ont bien baissé. Mais ils restent très élevés car ils baissent très lentement. Ainsi les taux moyens le 3 février étaient de 4876 en école élémentaire, 5289 au collège et 4949 au lycée. Le 20 janvier ils étaient de 5331, 5371 et 5971. A ce rythme de baisse il faudrait des mois pour un éventuel retour à des niveaux inférieurs à 100.

Les allègements qui seront probablement décidés aujourd’hui ne seront donc pas un pari sur l’épidémie. Ils seront un choix politique dans un contexte électoral, avec une population qui a soif d’un retour à la normale.

J Castex annonce un allègement du protocole en février

Le protocole du 10 janvier

Nouveau protocole, nouvelle politique sanitaire

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Covid : plus de 400 000 élèves contaminés

Alors que le ministère devrait annoncer cette semaine un allègement du protocole, l’épidémie flambe toujours dans les écoles et établissements. Selon le ministère, 410 741 élèves ont été contaminés la semaine du 28 janvier au 3 février , soit un peu moins que les 572 000 de la semaine précédente. 26 798 personnels ont connu le même sort. Cela confirme la très faible efficacité du protocole actuel et le peu d’intérêt du gouvernement pour controler l’épidémie. Les taux d’incidence dans les écoles et établissements restent très élevés. En école élémentaire le taux d’incidence est à 4876 avec des départements au dessus de 8000. En collège, il est de 5289 et au lycée de 4949. Ces taux sont plus bas que ceux de la semaine dernière mais il restent extrêmement élevés.

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Covid : des allègements annoncés pour la rentrée malgré la pandémie

« Ce 2 février marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie », a annoncé Gabriel Attal, porte parole du gouvernement, à l’issue du conseil de défense sanitaire qui s’est tenu le 2 février. Il annonce une concertation la semaine prochaine sur la révision du protocole sanitaire de l’éducation nationale et une annonce dans le courant de la semaine prochaine. Mais ce qui est vraiment inédit, et même peut-être unique dans le monde, c’est un gouvernement qui prépare un allègement du protocole alors que le taux d’incidence dépasse 10 000  dans les lycées de 7 départements et que sa moyenne s’établit autour de 6000 dans les écoles et établissements scolaires. Original, non ?

Une nouvelle étape

« Ce 2 février marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie. Les écoles n’ont pas fermé. Nous avons gardé la tête froide face à Omicron », se félicite Gabriel Attal à la sortie du conseil des ministres, le 2 février. Il annonce la levée de restrictions pour les spectacles, le télétravail et le port du masque dans la rue.

Le porte parole du gouvernement souligne la baisse du taux d’incidence cette semaine (-4%) et parle d’un recul. « Aujourd’hui l’épidémie semble s’inverser », dit-il. Tout en reconnaissant que la situation reste tendue dans les hopitaux.

Annonce la semaine prochaine pour les écoles

Pour l’éducation nationale, « ce qui a été décidé c’est une concertation menée par le gouvernement la semaine prochaine », avec les organisations syndicales et les parents d’élèves, « ensuite une annonce faite dans le courant de la semaine prochaine ».

Le gouvernement travaille sur le niveau du protocole, qui pourrait redescendre à 2, le port du masque à l’école élémentaire, qui pourrait être supprimé en classe, et la gestion des cas contacts et des tests, qui pourrait encore être allégée.

Toutes ces mesures pendraient effet à la rentrée des vacances de février c’est à dire entre le 21 février et le 7 mars selon les zones.

Des mesures sans rapport avec l’explosion de l’épidémie

Le premier ministre a promis des allègements du protocole. Mais, au regard de la situation actuelle, cela semble irréaliste. La semaine dernière l’Education nationale a battu le record d’élèves contaminés avec 572 072 cas, selon les chiffres, traditionnellement bas, du ministère. Un nouveau record a aussi été battu en ce qui concerne les taux d’incidence dans les établissements scolaires. Au 29 janvier le taux d’incidence des lycées des Deux Sèvres atteint 11 118, celui de la Haute Vienne 11 080. 11 autres départements dépassent 9 000 , soit trois malades en moyenne par classe. Le taux moyen des lycées est à 6 671. Celui des collèges est à 6995 avec 13 départements métropolitains au dessus de 9000 (10 961 dans les Pyrénées atlantiques). Ce n’est pas mieux dans les écoles élémentaires avec un taux moyen de 6532 et 4 départements au dessus de 9000. En école maternelle on est à 4091 et 3 départements (64, 12, 19) dépassent 6000.

Croire que dans 3 semaines on aura rejoint un taux suffisant pour retirer les masques dans les salles de classe est vraiment très optimiste. D’autant qu’un nouveau variant , BA2, arrive. Selon G. Attal, il est « plus contagieux encore qu’omicron avec des risques importants de recontamination mais pas plus dangereux qu’omicron ».

Le gouvernement semble miser sur la faible dangerosité d’Omicron. Certes elle est beaucoup plus faible que la variant A. Mais comme la masse de contaminés est beaucoup plus importante, le nombre de décès a doublé cette semaine. Et une étude de Santé Publique France montre l’explosion des PIMS chez les enfants avec près de 400 nouveaux cas en janvier. Mais la réalité sanitaire pèse t-elle encore face aux échéances politiques ?

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Jean-Michel Blanquer, les écoles et le Covid-19 : deux ans de déclarations approximatives. Le Monde

Jeudi 27 janvier, les syndicats de l’éducation nationale ont appelé à une nouvelle journée de grève et de mobilisation pour une revalorisation salariale et davantage de moyens de protections contre le Covid-19. Malgré la confirmation, à la mi-janvier, d’une commande de 5 millions de masques FFP2 et d’un plan de recrutement de 8 000 personnes, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer reste critiqué pour ses protocoles scolaires trop fluctuants et illisibles, mais aussi pour sa gestion jugée rigide de l’épidémie de Covid-19.

Si le cabinet de Jean-Michel Blanquer assure qu’il ne s’agit pas de défendre une ouverture coûte que coûte des écoles, « mais d’avoir une réponse équilibrée éclairée par la connaissance scientifique et visant à préserver l’intérêt des enfants », il apparaît que M. Blanquer a pris le contrepied des données scientifiques à plusieurs reprises, et a multiplié les affirmations minimisant les risques de contamination à l’école.

Contacté sur ces erreurs et raccourcis, le cabinet du ministre se justifie par un « contexte de crise sanitaire totalement inédite » et « l’évolution constante des connaissances autour de cette épidémie ».

  • Lors de la deuxième vague, les contagions à l’école minimisées

Au moment de la seconde vague de l’épidémie, en novembre 2020, alors que plusieurs épidémiologistes s’inquiétaient de foyers de contamination à l’école, Jean-Michel Blanquer évoque, sur RTL, 3 528 élèves positifs sur 12 millions, « un chiffre qui est maîtrisé ».

UN CHIFFRE LOIN DU COMPTE

Au cours de la même période, Santé publique France (SpF) faisait état de plus de 25 000 cas positifs chez les moins de 19 ans, comme nous l’avions relevé à l’époque. La raison de cet écart ? Un petit décalage, qui reste marginal, pour les 0-3 ans et les 18-19 ans, mais surtout une sous-déclaration des cas au niveau des rectorats, qui n’ont qu’une vision partielle de la situation. Le ministre avait alors choisi le chiffre le plus biaisé, mais le plus rassurant.

Le cabinet de Jean-Michel Blanquer évoque un indicateur qui comporte « nécessairement des écarts » par rapport aux données de SPF, mais « complémentaire », et avec des « tendances conformes ». Il précise également que des indicateurs plus précis ont été mis en place depuis.

  • En avril 2021, des confusions entre les indicateurs

Au début de la troisième vague, en mars 2021, le ministre de l’éducation nationale affirme sur LCI que « le taux d’incidence dans les écoles françaises est de 0,35 % » et il en déduit qu’« on se contamine moins en milieu scolaire que dans le reste de la société ».

UNE DÉFINITION IMPRÉCISE

Comme l’expliquait Le Monde, alors que les premières campagnes de dépistage par tests salivaires se déployaient dans les établissements, Jean-Michel Blanquer confondait deux indicateurs sanitaires différents : le taux d’incidence, qui permet de connaître la circulation du Covid-19 par rapport à l’ensemble de la population, et le taux de positivité, c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par le virus par rapport au nombre de tests réalisés. Son cabinet évoque un malentendu : « Le ministre a indiqué que les taux de positivité lors de ces campagnes étaient de 0,35 %. Des commentateurs [Jean-Jacques Bourdin] ont déduit que cela équivalait à une incidence de 500 ce qui était tout à fait inexact. »

  • Des autocongratulations sur l’ouverture des écoles

Jean-Michel Blanquer se flatte régulièrement d’avoir permis à la France d’être le pays de l’OCDE qui a le moins fermé les écoles pendant la pandémie, comme il le répétait encore, en juillet 2021, au Figaro. Une affirmation sensiblement exagérée.

LA FRANCE BIEN PLACÉE, MAIS PAS PREMIÈRE

Les calculs de BFM-TV, basés sur les chiffres de l’Unesco, montraient que le pays champion de l’ouverture des établissements scolaires était non pas la France, mais la Suisse. Début 2022, avec treize semaines de fermeture totale ou partielle des écoles, quand le Mexique en est à près de soixante-dix, la France demeure parmi les bons élèves de l’OCDE. Mais elle reste derrière la Suisse et l’Islande (un peu plus de six semaines).

  • Trop définitif sur l’effet de la vaccination

Jean-Michel Blanquer s’est joint au discours péremptoire de la majorité sur la capacité des vaccins contre le Covid-19 à enrayer toute transmission. « Quand vous êtes vacciné vous ne risquez pas de contaminer les autres, alors que si vous n’êtes pas vacciné vous faites courir ce risque », expliquait-il en juillet 2021 à Franceinfo, pour justifier que les élèves non vaccinés soient cantonnés au distanciel.

EXAGÉRÉ, ET DE MOINS EN MOINS VRAI

Comme le rappelait AFP Factuel à l’époque, si la vaccination diminue bel et bien le risque d’être contaminé, elle ne le fait pas disparaître complètement. A la décharge de Jean-Michel Blanquer, l’échappement vaccinal est plus important depuis que le variant Omicron s’est imposé, et l’était bien moins au moment de sa prise de parole. Néanmoins, comme le soulignait alors Le Monde, une étude israélienne évaluait déjà à 90 % l’efficacité contre les contaminations, non à 100 %. « S’il y a un débat scientifique sur le niveau de réduction de la transmissibilité du virus pour les personnes vaccinées, il y a consensus sur le fait que la vaccination réduit le risque de contracter la Covid-19 ainsi que le risque de la transmettre et limite très fortement les formes graves de la maladie », reformule désormais le cabinet du ministre.

  • La bonne couverture vaccinale des enseignants

En novembre 2021, Jean-Michel Blanquer affirme sur BFM-TV que plus de 90 % des professeurs sont vaccinés – à la fois pour rassurer les parents, mais aussi pour éviter de rendre la vaccination obligatoire.

AUCUN CHIFFRE OFFICIEL POUR EN ATTESTER

Problème : il n’existe aucun chiffre officiel permettant de suivre l’évolution de la couverture vaccinale par profession. Comme le relève 20 Minutes, le ministre de l’éducation nationale s’appuie sur un sondage déclaratif d’août 2021 réalisé par Ipsos : 78 % des cinq cents enseignants sondés affirmaient alors posséder un schéma vaccinal complet et 9 % prévoyaient de recevoir une seconde dose. Des données « forcément imprécises en raison de la méthode utilisée », résume Le Parisien, mais qui n’ont pas empêché le ministre de se montrer affirmatif.

  • Les enseignants moins contaminés ?

Plus récemment, Jean-Michel Blanquer a aussi assuré, à propos des enseignants, le 3 janvier 2022 sur LCI, que « toutes les enquêtes nous montrent que c’est une profession moins contaminée que les autres, précisément parce que plus responsable aussi, avec le respect des gestes barrières, etc. »

DES ÉTUDES QUI DISENT LE CONTRAIRE

Comme le relève 20 Minutes, le ministre de l’éducation nationale s’appuie sur une étude de l’Institut Pasteur réalisée à l’hiver 2020-2021, ce que confirme le cabinet du ministre au Monde. Celle-ci estimait que « les enseignants ne semblent pas avoir un risque augmenté », mais appelait à une extrême prudence face à des données jugées « fragiles ». Dans le même temps, une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares, qui dépend du ministère du travail), réalisée en janvier 2021, place les enseignants parmi les « dix-neuf familles professionnelles les plus touchées par le Covid-19 en lien avec le travail ».

De même, selon une étude réalisée à l’hiver 2020-2021 par Sciensano, un centre de recherche et l’Institut national de santé publique en Belgique, tous métiers confondus, le secteur professionnel de l’enseignement est le troisième le plus touché par le Covid-19, derrière l’administration publique, la santé et l’action sociale.

Mise à jour du 27 janvier 2021 à 15 heures : ajout des réponses du cabinet du ministre, parvenues après la publication.

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Autotests périmés : le ministère renvoie les personnels en pharmacie

« Certaines remontées d’écoles et d’établissements font état ces dernières semaines de réception d’autotests arrivant en fin de période de validité ou périmés », écrit le ministère dans un communiqué qui ne nie pas la réalité. « Pour rappel, les autotests ont été acquis, puis distribués dans les établissements en avril et mai 2021. Des approvisionnements, en volume moins importants, se sont poursuivis après la rentrée de septembre 2021. Les dates de péremption de ces autotests étaient comprises entre janvier 2022 et avril 2023 ». Au moins c’est clair : le ministère ne nie pas livrer des autotests périmés ou quasi périmés. Mais ce n’est pas grave car la distribution va changer. « Pour la suite de l’année scolaire, la distribution des autotests s’appuie sur le réseau des pharmacies. Les personnels travaillant au contact des élèves dans les écoles et les établissements scolaires (personnels relevant de l’éducation nationale et des collectivités territoriales) peuvent obtenir gratuitement des autotests en pharmacie. Sur présentation d’une attestation professionnelle ainsi que d’une pièce d’identité, chaque bénéficiaire se verra délivrer un lot d’autotests à hauteur de 10 autotests par mois. »

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Confinement : le soutien des professeurs n’a pas fait défaut

« Quel que soit le secteur, selon les parents, la quantité de travail donnée par les professeurs était globalement adaptée et le soutien des professeurs n’a pas fait défaut », pendant le confinement, estime la Depp dans une nouvelle étude sur le confinement et la fermeture des écoles au printemps 2020. Cette affirmation s’appuie sur la consultation de 22 628 familles. Elle arrivera peut-être à faire oublier la campagne de prof bashing lancée lors du déconfinement sur les « milliers » de  professeurs qui avaient disparu. Campagne alimentée à l’époque par des déclarations ministérielles. Selon la Depp, « les parents ont réaménagé leur temps afin de s’occuper davantage de leurs enfants, que ce soit pour leur travail scolaire ou leurs loisirs. Le confinement a été vécu plus difficilement par les familles en éducation prioritaire en termes d’effets psychologiques et en termes de conditions matérielles mais pas dans les relations avec l’école… Sept sur dix considèrent que leur enfant a progressé et un sur deux qu’il a acquis de l’autonomie ou découvert de nouvelles méthodes d’apprentissage. Pendant cette période, les principales difficultés rencontrées par les enfants pour travailler ont été, selon leurs parents, le manque d’autonomie et de motivation ».

 

Etude Depp

Sur le prof bashing à la sortie du confinement

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Nouveau protocole, nouvelle politique sanitaire…

Sans le dire, le gouvernement a bien changé de politique sanitaire. C’est ce qui ressort de la première réunion tripartite entre les syndicats, le ministère et le ministère de la Santé. Le président du Haut conseil de la santé publique estime qu’il n’est plus possible d’arrêter l’épidémie avec Omicron et qu’il faut apprendre à vivre avec. L’allègement du protocole annoncé pour le 2 février et celui qui a eu lieu à la rentrée s’expliquent par cette nouvelle politique qui, jusque là, avait été tue. Une nouvelle version du protocole inscrit le passe vaccinal dans la vie des élèves et traite des autotests des personnels.

L’aveu d’une nouvelle politique sanitaire

L’ambiguïté est levée. Le gouvernement a bien changé de politique sanitaire. Lors de la réunion tripartite syndicats, ministère, Santé, Franck Chauvin, président du Haut conseil de la santé publique a été très clair. Pour lui, on n’arrêtera pas le virus. La stratégie gouvernementale n’est plus que de s’adapter au virus. Le maintien des activités économiques est la priorité.

La question s’était posée après la publication du protocole allégé de la rentrée de janvier qui excluait toute fermeture. Il y avait eu aussi ces propos de J Castex affirmant que « quand on est cas contact on ne risque rien ». « Il y a une incompréhension de la profession sur l’objectif du gouvernement. On ne comprend pas s’il s’agit de lutter contre la diffusion du virus ou de gérer pour viser l’immunité collective », nous disait le 11 janvier Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa. « Le gouvernement gagnerait à clarifier sa position », nous disait Sophie  Vénétitay, secrétaire générale du Snes Fsu.

« On a tous l’impression qu’ils laissent filer l’épidémie », nous dit Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp Fsu. « Ce qui nous importe maintenant c’est la charge des directeurs d’école ». En effet ce sont eux qui sont astreints à une comptabilité sanitaire de plus en plus lourde, à compter les jours et les autotests. Ils le font alors que l’épidémie explose dans les écoles et établissements. Au 21 janvier les taux d’incidence étaient de 4838 en maternelle, 6773 en école élémentaire, 7238 au collège et 7096 au lycée. Concrètement cela veut dire qu’il y a en moyenne deux élèves contaminés par classe de l’école au lycée. Toute la réglementation repose sur eux alors que le gouvernement décide de laisser faire l’épidémie.

L’autre victime de cette politique ce sont les élèves. Même si les classes ne ferment plus quand des élèves ont le covid, elles se vident au fur et à mesure des contaminations. Les élèves partent faire les tests quand ils sont cas contacts. Dans les classes, particulièrement dans le 1er degré, c’est un flux perpétuel d’élèves. Du coup les enseignants n’arrivent plus à construire des progressions. « On est en mode dégradé partout », nous dit G David. « Les élèves vont payer cette situation. Il faut réfléchir à un système qui permette de maintenir les apprentissages grâce à des moyens supplémentaires cette année et l’année prochaine.

Le nouveau protocole

Le nouveau protocole publié le 25 janvier n’apporte pas de réponses à ces questions. Il se borne à adapter le protocole au passe vaccinal. Pour toute personne de plus de 16 ans, le passe vaccinal remplace le passe sanitaire. Le passe vaccinal est obtenu avec 3 doses au dessus de 17 ans, deux doses pour les 16-17 ans. Le passe sanitaire continue à s’appliquer aux 12-15 ans.

Le passe sanitaire (pour les élèves de 12 à 15 ans) ou vaccinal (pour toute personne âgée de 16 ans et plus) est exigé dans un certain nombre de lieux (cinémas, musés, théâtres, …). Il s’applique aussi aux trajets longue distance sauf s’il s’agit d’un bus affrété par l’établissement. Aucun passe n’est demandé pour les activités scolaires ou périscolaires quand elles ont lieu de façon régulière dans un local distinct de l’établissement scolaire. Il n’est pas non plus demandé lors d’une sortie où le lieu est réservé aux scolaires. Par contre il l’est si les élèves sont mélangés au public. A noter que les intervenants extérieurs venant dans les établissements scolaires ne sont pas astreints au passe vaccinal.

Les équipements sportifs des collectivités territoriales peuvent être utilisés pour la pratique des activités physiques et sportives sur le temps scolaire. Mais « seules des activités de faible intensité compatibles avec le port du masque sont recommandées dans les espaces intérieurs ». Les activités physiques et sportives en piscine couverte sont suspendues pour les écoliers. « Pour les collégiens et les lycéens, compte tenu de la situation épidémique depuis janvier 2022, il est recommandé dans la mesure du possible de privilégier les activités physiques et sportives en extérieur. Lorsque la pratique en extérieur n’est pas possible, des activités compatibles avec les règles de distanciation doivent être privilégiées. Les activités physiques et sportives en piscine couverte sont possibles pour ces élèves lorsque les conditions d’accueil à la piscine permettent le strict respect des règles sanitaires ».

Les journées porte ouverte sont reportées. « Il est recommandé de reporter les journées portes ouvertes. Lorsque dans certaines filières, telles que la voie professionnelle et les formations post baccalauréat, ces journées apparaissent indispensables, ces dernières ne peuvent se tenir que lorsque la configuration de l’établissement permet de les organiser dans des conditions respectant strictement les consignes sanitaires. A défaut, ces journées sont reportées à une date ultérieure », dit le protocole.

Le protocole change aussi l’accès aux autotests pour les personnels. Jusque là ils étaient distribués dans les établissements. Dorénavant ce sera dans les pharmacies. « S’ils le souhaitent, tous les personnels travaillant au contact des élèves dans les écoles et les établissements scolaires (personnels relevant de l’éducation nationale et des collectivités territoriales) peuvent obtenir gratuitement des autotests en pharmacie. Sur présentation d’une attestation professionnelle établie et remise par l’employeur (service académique ou collectivité territoriale) ainsi que d’une pièce d’identité, chaque bénéficiaire se verra délivrer un lot d’autotests à hauteur de 10 autotests par mois ».

Finalement cette première réunion tripartite aura été éclairante. « Elle a permis de savoir sur quoi repose les protocoles. Ces explications ne nous étaient pas données par le ministère », nous a dit G David. La prochaine réunion, dans 15 jours, aura à aborder la prochaine mesure d’allègement :l’abandon du masque dans les écoles élémentaires.

 

Le protocole

Les syndicats interrogent la politique sanitaire

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Covid : les annonces gouvernementales inquiètent

Qu’est ce qui pousse le gouvernement à alléger encore le protocole le 2 février ? Les annonces de Jean Castex le 20 janvier ressemblent à une fuite en avant justifiée davantage par le calendrier politique, et une éventuelle candidature d’E Macron, que par la situation sanitaire. Celle-ci reste très grave. Suffisamment pour que le Conseil scientifique covid prenne ses distances avec le gouvernement. Et que les syndicats mettent en garde contre un retrait trop précoce du masque à l’école.

Des annonces contredites par la situation sanitaire

« La situation commence à évoluer plus favorablement », a expliqué Jean Castex le 20 janvier. Le premier ministre a annoncé des allègements pour les scolaires à la rentrée des vacances de février : le port du masque en école élémentaire sera levé et la règle des autotests pour les personnes cas contacts pourra être revue.

Cette vision de la situation sanitaire est pourtant très optimiste. Le bulletin ministériel du 20 janvier annonce 463 197 élèves contaminés dans la semaine et 30 774 personnels. C’est 130 000 élèves et 5000 personnels de plus que la semaine précédente. Cette progression montre clairement l’inefficacité du protocole sanitaire. Les chiffres du ministère sont toujours très optimistes par rapport à ceux du ministère de laSanté : il compte 205 263 nouveaux malades entre 0 et 19 ans pour la seule journée du 17 janvier.

Au 20 janvier, les taux d’incidence chez les scolaires sont extrêmement élevés. Ainsi en maternelle le taux moyen est de 4815, ce qui veut dire en moyenne plus d’un enfant par classe contaminé en moyenne. Aucun département métropolitain est ne dessous de 3000. Les Pyrénées atlantiques sont à 6415. Pour l’école élémentaire, la moyenne est à 6617, soit en moyenne deux enfants par classe atteints du covid. Plusieurs départements sont au dessus de 7000, voire 8000 (Pyrénées atlantiques 8703 !). Aucun département métropolitain est en dessous de 3000. La moyenne nationale pour les collèges est de 7006 avec deux départements au dessus de 9000 ! (05 et 64). Enfin pour les lycées, la moyenne est à 6916 avec là aussi les Pyrénées atlantiques au dessus de 8000.  Croire que dans une semaine on sera redescendu à un niveau permettant de retirer le masque à l’école élémentaire est vraiment très optimiste.

Et par le Conseil scientifique

C’est d’ailleurs l’avis du Conseil scientifique. Dans un avis rendu le 19 janvier, le Conseil estime que « la 5ème vague n’est pas terminée et son retentissement sur le système de soin va rester élevé… jusqu’à mi mars ». Début février semble donc écarté pour un allègement.

Bien au contraire, le Conseil souligne la forte progression de l’épidémie et pointe l’Ecole dans la transmission du virus.  » Une remontée importante du nombre de cas a été notifiée le 18 janvier avec environ 460 000 cas déclarés en 24h. Il semble que cette remontée s’explique par un regain de l’épidémie chez les moins de 15 ans et chez les 30-44 ans, suggérant un effet important de la rentrée des classes : le virus circule de façon intense chez les plus jeunes et se propage ensuite aux parents ».

Et le Conseil critique l’action ministérielle.  » Des moyens supplémentaires pourraient être alloués afin de renforcer les protocoles sanitaires de prévention et dépistage des infections en milieu scolaire et dans les crèches (voir avis précédents du Conseil scientifique) », écrit le Conseil. Ces « avis précédents » ont été rendus le 13 septembre et le 8 décembre. Le Conseil critiquait le système de tests réactifs, jugé inefficace, et demandait des tests systématiques avec un test par semaine pour chaque élève dans le premier degré.

Le Conseil souligne aussi le risque des covid longs  » et ce d’autant plus si le pourcentage de personnes ayant une forme chronique de COVID reste le même avec le variant Omicron, compte tenu du nombre massif de personnes infectées avec ce variant ».

A plus long terme le Conseil est nettement moins optimiste que Jean Castex.  » L’ambiance générale parfaitement compréhensible est de penser qu’on sera en mars- avril 2022 « au début de la fin » en raison d’une immunité collective très élevée liée au nombre massif d’infections avec le variant Omicron qui est nettement moins sévère, et d’un très haut niveau vaccinal, y compris pour la 3ème dose/rappel. L’expérience récente (variants Alpha, Delta et Omicron) nous a malheureusement montré que l’arrivée d’un nouveau variant était difficile, voire très difficile à anticiper… »

Les syndicats prudents

Les syndicats ont eux les pieds sur terre et ne sont pas candidats aux présidentielles… Dès le 20 janvier, Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu, nous disait sa crainte sur le retrait du masque à l’école élémentaire. « Annoncer ça maintenant ça n’a pas de sens.  S’il faut remettre le masque après 15 jours d’interruption,  ça va être encore compliqué. Aujourd’hui,  au vu des contaminations, ça semble irréaliste », nous disait-elle.

Le 21 janvier, Stéphane Crochet, secrétaire général du Se6unsa, prenait aussi ses distances avec l’optimisme gouvernemental.  » Le SE-Unsa met d’ores et déjà en garde l’exécutif qui ne doit pas commettre les mêmes erreurs que ces deux dernières années. Le SE-Unsa exige que le futur protocole soit travaillé dès maintenant pour permettre une simplification de la gestion de crise par tous les personnels et puisse être connu en amont des vacances scolaires… Suite à l’annonce d’un allégement du protocole à l’École, et notamment une levée du port du masque pour les élèves dans les écoles élémentaires, qui entrerait en vigueur à la rentrée des congés d’hiver et donc de façon décalée selon les zones, le SE-Unsa rappelle ses demandes depuis des mois pour un protocole  concerté avec les personnels et adapté à la réalité du quotidien et de chaque métier; simplifiant réellement la gestion de crise, pour tous les personnels, par des mesures concrètes annoncé suffisamment tôt et directement aux personnels pour laisser le temps des réorganisations nécessaires; stabilisé pour ne pas connaître de revirement peu de temps après ».

Mais il semble que l’urgence politique , une fois encore, soit plus forte que les garanties sanitaires.

 

Avis du Conseil scientifique

Cartes Germain Forestier

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Omicron : les raisons du raz-de-marée français. Par Nathaniel Herzberg et Florence Rosier. Le Monde

Sur le site Our world in data, le graphique stupéfie. Les auteurs de cette publication en ligne, de l’université d’Oxford, y tracent l’évolution du nombre de cas quotidiens positifs au Covid-19. A chaque pays d’Europe, sa couleur. En rouge, l’un d’eux sort du lot : la France. Avec sa pente très raide, presque constante depuis le 27 décembre 2021, elle offre un profil unique, et un nombre record de contaminations. Au 20 janvier, la moyenne hebdomadaire des nouveaux cas enregistrés chaque jour y atteint 337 446, quand le deuxième pays, l’Italie, affiche 180 373 tests positifs. Le Royaume-Uni et l’Allemagne plafonnent, quant à elles, à 92 000 et 90 000 nouvelles contaminations quotidiennes. Les autres suivent loin derrière.

Cette représentation est quelque peu trompeuse. Pour mesurer l’impact réel de la vague Omicron qui déferle sur l’Europe, depuis la fin de l’année 2021, il faut cocher la case « par rapport à la population ». Cette fois, le Danemark accompagne la France parmi les pays comptant, chaque jour, plus de 5 000 nouveaux cas par million d’habitants. Depuis le 18 janvier, le pays scandinave nous a même dépassés.

Mais derrière, le trou est creusé : le Portugal, la Belgique et la Suisse comptent entre 3 000 et 4 000 cas, le Royaume-Uni poursuit sa décrue avec 1 300 cas, l’Allemagne a tout juste dépassé les 1 000. « Quelle que soit la manière dont on prend les chiffres, ce constat reste pour nous un mystère, admet Hajo Zeeb, professeur d’épidémiologie à l’université de Brême, en Allemagne. Soit cela vient des tests, soit cela vient des chances que vous laissez au virus de circuler en France. Je crains que la deuxième hypothèse ne soit la bonne. »

Plus de tests au Danemark qu’en France

La première, très mise en avant par le gouvernement, mérite d’être examinée. Le 3 janvier, sur France Inter, le ministre de la santé Olivier Veran l’avait assuré : « Il n’y a aucun pays, quasiment, qui teste autant que nous ». Le 6 janvier, le premier ministre, Jean Castex, avait renchéri sur BFMTV : « La France est le deuxième pays au monde à tester. » Il s’agissait alors de relativiser les files d’attente observée devant les pharmacies.

Aujourd’hui, l’argument pourrait permettre d’expliquer le nombre record de contaminations, dont 96 % sont provoquées par le variant Omicron. On le comprend aisément, plus on teste, plus on trouve de cas positifs. Sauf que l’affirmation apparaît sans fondement. Les calculs du Monde, publiés le 7 janvier, l’avaient montré, les chiffres actuels le confirment : la France teste plus que l’Italie, la Belgique ou l’Allemagne. Mais moins que la Grande-Bretagne, le Portugal et surtout le Danemark qui, lui, pourrait légitimement avancer cette explication.

« Le Danemark fait partie des pays au monde qui pratiquent le plus grand nombre de tests quotidiens, il n’est pas surprenant que l’incidence y soit très élevée », confirme Kare Molbak, professeur d’épidémiologie à l’université de Copenhague. Plutôt que les chiffres d’incidence à un instant donnée, mieux vaut scruter les tendances qui se dessinent dans chaque pays, ajoute-t-il. Là encore, la flambée du nombre de nouveaux cas en France est plus rapide que partout ailleurs.

Baisse de l’adhésion aux gestes barrières

Certains experts évoquent une autre hypothèse : celle des autotests. « Si le recours récent aux autotests s’est accentué, cela peut participer à augmenter les taux de positivité dans les bases de données. Mais ce n’est pas la cause principale de la hausse de l’incidence », relève Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. La France, en effet, recommande de confirmer un autotest positif par un test antigénique ou PCR (seuls ceux-ci étant enregistrés dans la base de données SI-Dep), ce qui, de facto, augmente le taux de positivité national.

Mais la France utilise-t-elle plus d’autotests qu’ailleurs ? Une telle explication devrait s’accompagner d’un taux de positivité clairement plus important. Or, à 22,7 %, il est similaire en France et en Allemagne, supérieur aux taux britannique, portugais ou danois, mais largement inférieur à ceux enregistrés en Belgique ou en Suisse.

Aussi, c’est bien vers le contexte sanitaire français, le profil vaccinal de la population, mais surtout la réalité des mesures barrières, que la plupart des experts invitent à se tourner. Chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris, le professeur Gilles Pialoux voit trois explications à cette récente explosion de cas positifs, qui conduit son service à « voir le stock de malades continuer d’augmenter, malgré toutes les paroles lénifiantes ».

« D’abord, il y a une baisse de l’adhésion aux gestes barrières, enregistrée dans toutes les enquêtes. Le masque, le lavage de mains, la distanciation, le télétravail : dès le 3e trimestre 2021, on avait vu un relâchement des comportements, il se poursuit. » La politique du gouvernement de tout miser sur le vaccin, encore illustrée par les annonces de Jean Castex, jeudi 20 janvier, pourrait amplifier un mouvement particulièrement fort en France.

Deux indicateurs, collectés grâce aux données de mobilité de Google, en témoignent avec force. Le premier a mesuré la fréquentation des principales stations de transports collectifs : des six pays observés (France, Espagne, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Suède), la France est celui dans lequel la baisse est la plus faible. Les experts ont également suivi l’évolution du temps passé à domicile – de quoi observer les changements de pratiques vis-à-vis du travail, des loisirs et des courses. Les Espagnols, avec + 6,14 % au 17 janvier, ont moins modifié leurs comportements que nous (6,86 %). Mais tous les autres pays font mieux.


INFOGRAPHIE LE MONDE

Circulation du virus chez les enfants

Deuxième explication avancée par le professeur Pialoux : « le taux hallucinant de circulation observé chez les enfants, avec une augmentation de 56 % en semaine 2, juste après la rentrée, et des taux quotidiens de nouveaux cas de 5,5 % chez les 10-19 ans et de 4 % chez les 0-9 ans. C’est considérable. Leurs parents sont ensuite les premiers touchés, par l’intermédiaire des clusters familiaux. Puis, tous les autres. »

Une explication privilégiée par le conseil scientifique, dans son dernier avis, daté du 19 janvier. « La cinquième vague, liée au variant Omicron, demeure à un niveau très élevé au niveau national, avec un regain épidémique possiblement lié à la reprise de la vie scolaire », écrit cette instance.

Troisième hypothèse du professeur Pialoux, « l’incapacité à entendre autre chose que l’idée rassurante qu’Omicron n’est pas si méchant, que ce “gros rhume” va nous offrir l’immunité collective, et qu’on a évité le pire ». « Il est vrai qu’on avait envisagé, dans notre groupe hospitalier, de transformer le réfectoire en salle de soins critiques et qu’on n’aura pas à le faire, mais la tension hospitalière demeure forte, poursuit-il. La réanimation est encore essentiellement occupée par des patients [atteints du] Covid, Delta et Omicron, dont certains meurent, des opérations ont été reportées. Et ça restera comme ça, tant qu’on gardera un tel niveau de contamination. Mais c’est inaudible pour la population. Et donc je crains que l’on reste pendant quelques semaines encore sur ce haut plateau. »

Pas de mesures fortes en France

A ces explications, l’écologue de l’évolution Samuel Alizon en ajoute quelques autres. D’abord « la forte couverture vaccinale. Elle permet de “tolérer” un fardeau plus élevé en termes d’incidence, car le nombre d’hospitalisations associées est plus faible ».

Ensuite, et à l’inverse, le niveau limité d’injections de rappel en France, par rapport à plusieurs autres pays européens, qui pourrait entraîner « une immunité plus ancienne en France que dans les pays voisins avec, du coup, un effet encore robuste sur les formes sévères, mais très limité sur la protection contre l’infection ». « Enfin il y a les différences de politiques sanitaires entre pays », souligne-t-il à son tour, avec, selon lui, un choix de l’exécutif français de « laisser filer l’épidémie », particulièrement chez les plus jeunes.

Tous les épidémiologistes le soulignent : la France n’a pas pris de mesures véritablement fortes, ni pendant la vague Delta, ni même lorsque Omicron est venu s’y ajouter, sans laisser le moindre répit. Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale (université de Genève), le constat est pourtant assez simple : le virus SARS-CoV-2 –
et le variant Omicron par-dessus tout – se transmet dans les lieux clos, fréquentés, mal aérés ou mal ventilés. « Il faudrait donc les rendre aussi sûrs que les milieux extérieurs », en les équipant de capteurs de CO2de ventilateurs ou de purificateurs d’air.

Menace du sous-variant BA.2

Les écoles n’échappent pas à cette règle. C’est d’ailleurs une recommandation forte du conseil scientifique : « S’il s’avère que la reprise épidémique constatée depuis le 18 janvier 2022 est bien liée à une circulation très active du virus dans les écoles primaires, les maternelles, et les crèches, il conviendra d’y allouer au plus vite des moyens supplémentaires pour renforcer les protocoles sanitaires de prévention et dépistage des infections en milieu scolaire et dans les crèches. »

Les couches d’immunité protectrice accumulées, grâce aux doses de vaccins et aux infections passées, finiront-elles par faire barrage au virus ? C’est ce sur quoi, à l’évidence, misent les pouvoirs publics. Tout en pariant sur la responsabilité des Français, que préconise le conseil scientifique. Un pari non dénué de risques, si l’on en croit le relâchement déjà observé.

D’autant qu’une nouvelle menace plane, incertaine : l’arrivée d’un nouvel intrus, le sous-variant d’Omicron BA.2, au visage encore flou. En France, le séquençage n’a permis de détecter, au total, que 17 cas de BA.2 sur l’ensemble du territoire. Un nombre sous-estimé : le criblage ne permet pas distinguer les différents sous-variants d’Omicron, et les remontées du séquençage sont lentes.

Une fois encore, le virus déjoue les certitudes. « Va-t-on vivre le scénario favorable espéré par tous : une décrue des nouvelles contaminations, s’accompagnant d’une décrue des hospitalisations à partir de février-mars ?, s’interroge Antoine Flahault. Ou bien allons-nous revivre une dynamique analogue à celle de la mi-décembre, avec une nouvelle flambée liée à l’arrivée d’un nouveau variant, qui échappe en partie à l’immunité laissée par le précédent ? » Vertigineuses questions.

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J. Castex annonce un allègement du protocole en février

Jusque là rien ne change. Tout en reconnaissant « des difficultés » dans l’application du protocole dans les écoles, Jean Castex a annoncé le 20 janvier un allègement à la rentrée de février. Le port du masque ne sera plus demandé à l’école élémentaire et le nombre de tests à réaliser quand on est cas contact pourrait évoluer. Le protocole actuel va donc rester valide jusqu’aux vacances de février.

Evolution favorable

« La situation commence à évoluer plus favorablement », a expliqué Jean Castex le 20 janvier. Le premier ministre a souligné la baisse des contaminations avec Omicron dans les régions où il est apparu en premier comme l’Ile de France et le fait qu’Omicron est « moins sévère que ses prédécesseurs ». Le premier ministre ne l’a pas dit mais le niveau de contamination reste très élevé avec des taux d’incidence à 4315 pour la maternelle, 5531 pour l’école élémentaire, 5731 pour le collège et 5971 pour le lycée. Ce taux correspond à deux élèves malades par classe…

Pour le premier ministre il faut poursuivre les vaccinations.  » Nous devons faire progresser la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui démarre doucement. Pour les 12-17 ans nous allons étendre possibilité de rappel vaccinal pour tous à compter de lundi ».

Le masque supprimé à l’école élémentaire

Castex a annoncé des allègements pour les scolaires à la rentrée de février. A la rentrée des vacances de février le port du masque en école élémentaire sera levé et le nombre de tests pour les cas contacts diminué, sous réserve d’accord des autorités sanitaires. Cette rentrée est décalées selon les zones et le premier ministre n’a pas donné de date précise pour les trois zones.

Si l’allègement du protocole est souhaité, le retrait du masque suscite des inquiétudes. « On se souvient qu’on l’a retiré en novembre et que pour certains ça  n’a duré qu’une semaine », nous a dit Guislaine David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu. « Donc annoncer ça maintenant ça n’a pas de sens.  S’il faut remettre le masque après 15 jours d’interruption,  ça va être encore compliqué. Aujourd’hui,  au vu des contaminations, ça semble irréaliste ». Le protocole actuel reste en vigueur jusqu’aux vacances.

Des allègements pour la campagne des présidentielles

J Castex a fait aussi allusion à la grève du 13 janvier. « L’adaptation du protocole dans les écoles a entrainé des difficultés. J’ai reçu les représentants du personnel et nous avons apporté les rectificatifs nécessaires. Mais rien n’aurait été pire que fermer les écoles ».

D’autres mesures concernent la population dans son ensemble. Le gouvernement annonce des allègements en deux étapes. Le 2 février les équipements sportifs et culturels retrouveront leur pleine capacité d’accueil, avec port du masque. Le 16 février, les discothèques rouvriront. On pourra écouter de concerts debout et consommer dans les stades ou les transports. L’allègement aura lieu au moment où la campagne électorale démarrera vraiment…

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