Archives de la catégorie Retraites

Retraités en colère : appel pour le 18 octobre

Nantes Rassemblement Jeudi 18 octobre 11h Place Bretagne

Saint-Nazaire Rassemblement Jeudi 18 octobre 11h devant la CPAM

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Stage de l’école émancipée: retraites – sécu et répartition des richesses – lundi 17 décembre

Pour s’inscrire, et ainsi recevoir l’autorisation d’absence et nous permettre d’organiser techniquement le stage au mieux, veuillez écrire à Nathalie Pszola (nathaliepszola@msn.com).

Et pour les réfractaires aux images dans les mails: Stage de l’école émancipée le 17 décembre 2018Retraites, sécu et répartition des richesses12 rue Cabanis, 75013 Paris – métro Glacière
10h: Intervention de Philippe Léger – les déterminants des inégalités économiques
14h: les enjeux politiques de la sécurité sociale face à la réforme à venir des retraites 
16h: le projet de salaire à vie de Bernard Friot en question
Et le mardi 17 et mercredi 18 décembre, il y a le stage Extrême-droite organisé par la FSU, dans les mêmes lieux.

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Pourquoi la nouvelle réforme des retraites pourrait encore aggraver les inégalités femmes-hommes

Article d’origine : https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-nouvelle-reforme-des-retraites-pourrait-aggraver-les-inegalites

par Nolwenn Weiler 12 octobre 2018

La réforme des retraites annoncée par le gouvernement pour 2019 pourrait bien exacerber les fortes inégalités qui persistent dans le montant des pensions entre hommes et femmes. En cause : une possible généralisation du système par points au lieu du système par répartition, qui assurait jusqu’ici une solidarité entre carrières complètes et incomplètes, mais aussi entre hauts revenus et bas salaires. Les femmes seront les premières touchées, de même que les travailleurs intérimaires ou à temps partiels, les chômeurs, toutes celles et ceux présentant des carrières discontinues et des revenus injustement maintenus au plus bas.

En France, les femmes retraitées touchent en moyenne 1065 euros par mois, contre 1739 euros pour les hommes. « Leur pension est inférieure de 38,8% à celle des hommes ou, dit autrement, celle des hommes est supérieure de 63,3% à celle des femmes », détaille Christiane Marty, membre de la fondation Copernic, critique du néolibéralisme, et du conseil scientifique de l’association Attac. Les femmes représentent plus de la moitié des titulaires du minimum vieillesse – environ 800 euros par mois. Et celles qui touchent une pension complète restent minoritaires. Pourtant, les femmes travaillent en moyenne une heure de plus chaque jour que les hommes. Simplement, il s’agit d’un temps de travail en partie non rémunéré, inégalité de la répartition des tâches domestiques oblige [1].

Le président Emmanuel Macron affirme avoir pris acte de ces injustices et promet pour 2019 un système de retraites « juste, unique, transparent », notamment pour protéger au mieux ceux et celles dont les carrières sont « hachées, instables, atypiques » [2]. La réforme en préparation irait-elle dans ce sens ?

Les carrières interrompues pénalisées

Si ses détails ne sont pas encore connus, une certitude semble émerger : nous aurons à faire à un régime de retraite « par points ». De quoi s’agit-il ? Jusqu’à présent, pour percevoir une pension complète – ou « à taux plein » –, il faut avoir cotisé un certain nombre d’années, le montant de la pension étant calculé, dans le privé, sur la base des 25 meilleures années ou, dans la fonction publique, sur le dernier traitement (salaire de base hors prime). Dans un régime « par points », on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active, et pas seulement pendant les « meilleures » années, lorsque le salaire est le plus élevé – ou le moins bas. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Le montant de la pension dépendra de la valeur du point décidée par le gouvernement au moment du départ en retraite, en fonction du nombre de retraités et de la conjoncture économique.

Le régime par annuité – en basant le montant de la pension de retraite sur le salaire moyen et la durée de carrière – pénalise d’ores et déjà les femmes. Elle sont en effet nettement moins rémunérées que les hommes au cours de leur vie active – notamment du fait du temps partiel – et elles ont, pour beaucoup d’entre-elles, des carrières interrompues, notamment à cause de la maternité. « Elles sont d’autant plus pénalisées que le salaire moyen pris en compte résulte de la moyenne des 25 meilleures années, au lieu des 10 meilleures années avant la réforme de 1993 », déplore Christiane Marty.

Le système à points sur l’ensemble de la vie active empêche toute équité

Plus le nombre d’années pris en compte est élevé, plus il pénalise les femmes : choisir les 25 meilleures années oblige à retenir davantage de mauvaises années dans des carrières qui sont plus courtes, assorties de salaires plus faibles, et qui ont des périodes de temps partiel. Avec un régime par points ce sera encore pire, puisqu l’intégralité de la carrière sera prise en compte.

« Toutes les années compteront y compris les plus mauvaises », avertit l’Union syndicale Solidaires. Les inégalités entre les sexes seront nécessairement accentuées. Un exemple : la somme des salaires perçus par une femme née entre 1950 et 1960 ne représente que 58 % de celle d’un homme. Sa pension, avec un régime à points prenant en compte l’intégralité de sa carrière, égalerait donc 58 % de celles des hommes, contre 69 % actuellement. Soit un écart de près de 10 points. Pour l’équité promise, il faudra repasser.

L’ensemble des inégalités vont se cumuler à la retraite

« Les salarié-es du secteur privé connaissent déjà le système à points des régimes complémentaires obligatoires de retraite (Agirc et Arrco) dont les résultats sont très aléatoires ! » , souligne l’union syndicale Solidaires [3]. Dans ces deux régimes complémentaires – dont les pensions viennent s’ajouter à la retraite de base de la sécurité sociale pour constituer la retraite globale –, les écarts de revenus entre les femmes et les hommes sont plus importants qu’au sein des systèmes par annuités [4]. « Cela tient à la logique du fonctionnement par points, qui reflètent l’ensemble des cotisations versées tout au long de la vie active, insiste Christiane Marty. L’ensemble des inégalités qui frappent les femmes par rapport aux hommes au cours de leur carrière – inégalités salariales, précarité de l’emploi, temps consacré aux activités domestiques et familiales… – se cumulent au moment du calcul de la pension de retraite.

L’autre raison des ces inégalités accrues par le système à points, c’est l’affaiblissement des dispositifs de solidarité qui permettent de compléter un peu les pensions des personnes qui n’ont pas exercé d’activité professionnelle suffisante pour prétendre à une retraite à taux plein – les femmes, les chômeurs et chômeuses, les accidentés… « Ces dispositifs représentent moins de 7 % de la totalité des montants alloués dans les régimes complémentaires par points, contre 23 % dans l’ensemble des régimes par annuités. »

Individualiser le système

Lors de son discours devant le congrès de Versailles, en juillet dernier, Emmanuel Macron a tenu à faire taire la rumeur selon laquelle le gouvernement voudrait supprimer l’un de ces dispositifs : la pension de réversion, qui permet de toucher une partie de la retraite de son conjoint au moment où il décède. 4,4 millions de retraités en bénéficient, pour un montant total 36 milliards d’euros, dont 90 % sont des femmes. Cette pension constitue le quart de leur retraite, contre à peine 1 % pour les hommes [5]. Si les pensions de réversion seront maintenues, on ignore encore sur quelles bases elles seront calculées.

Il semble bien que l’ensemble de ces dispositifs de solidarité soient dans le collimateur du gouvernement. En mai dernier, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a affirmé qu’il n’y aurait « pas de points gratuits » [6]. Or, la pension de réversion, ou encore l’assurance vieillesse des parents au foyer sont, précisément, attribués gratuitement, dans le cadre d’un système assumant sa part de solidarité, au-delà des cotisations individuelles versées tout au long de la vie active.

De plus, lors des séances de travail avec les partenaires sociaux durant le mois de septembre, la pertinence de l’application du principe de solidarité – qui fonde les systèmes de protection sociale mis en place après la Seconde guerre mondiale – envers les retraités, a été clairement questionnée. « L’idée, c’est de sortir ces dispositifs du système des retraites pour les faire assumer par l’impôt », explique Christiane Marty.

S’attaquer aux inégalités durant la vie professionnelle

« S’il faut continuer à compenser la faiblesse des pensions des femmes, il faut surtout leur permettre de se constituer des retraites dignes de ce nom, prévient Christiane Marty. En intégrant le travail domestique dans le calcul des pensions retraites ? « Si les dispositifs familiaux sont indispensables pour réduire les inégalités de pension entre les femmes et les hommes, ils sont à double tranchant, appuie le syndicat FO. « Ils enferment les femmes dans le rôle de mère en pérennisant l’assignation sociale des femmes aux tâches parentales. Il est donc indispensable de lutter effectivement contre les discriminations professionnelles et d’assurer l’égalité salariale. »

Malgré leurs réussites exemplaires quand elles font des études, les femmes continuent à exercer une activité salariée bien moindre que les hommes : leur taux d’activité plafonne à 67,6 % contre 75,5 % pour les hommes. Leur salaire, tous temps de travail confondus, représente en moyenne 74,3 % du salaire des hommes. Les outils de lutte contre les inégalités dans la vie professionnelle et personnelle sont connus, mais encore trop souvent négligés. On pourrait par exemple condamner les entreprises qui ne respectent pas les obligations légales en matière d’égalité professionnelle à des amendes réellement dissuasives. Ou, comme le suggère Christiane Marty, « instaurer une sur-cotisation patronale sur l’emploi à temps partiel, puisque ces temps partiels sont très profitables aux employeurs, comme l’illustre l’exemple des caissières dans la grande distribution, qui ne travaillent qu’aux heures de pointe ».

L’égalité salariale rapporterait 11 milliards d’euros

Le développement des modes d’accueil de la petite enfance, à un coût abordable, est une autre piste. Pour atteindre l’égalité dans le partage des tâches parentales et domestiques – dont les femmes se chargent encore à près de 70% –, il serait possible de modifier le congé parental de manière à ce qu’il soit partagé de manière égale – et obligatoire – entre les deux parents… Aux grincheux qui s’inquiètent de voir le système totalement déséquilibré par une augmentation des retraites féminines, on peut répondre que l’augmentation du taux d’activité des femmes et de leur salaire permettrait à l’ensemble de la protection sociale de collecter davantage de ressources.

« Si les femmes ont des salaires équivalents à ceux des hommes, ce qui signifie un rattrapage de 25 %, les cotisations « retraite » vont beaucoup augmenter. Et ainsi de suite si leur taux d’activité égale celui des hommes », illustre Christiane Marty. En 2010, à la demande de la CGT, la Caisse nationale d’assurance vieillesse a fait une simulation pour évaluer l’impact de l’égalisation par le haut des salaires entre les sexes. Le gain annuel a été estimé à environ 11 milliards d’euros. Une autre projection, également réalisée à la demande de la CGT par les services de l’Agirc et de l’Arrco, montre que l’égalité salariale entre les femmes et les hommes permettrait un accroissement des cotisations tel que tout déficit serait effacé à l’Arrco. Celui de l’Agirc serait divisé par deux. « Il faut vraiment prendre les choses dans leur globalité, souligne Christiane Marty. Et insister sur le fait que l’émancipation passe pour toute personne par l’autonomie financière. »

Nolwenn Weiler

Photo : manifestation interprofessionnelle le 9 octobre à Paris / © Serge d’Ignazio

Notes

[1] Les femmes consacrent au travail non rémunéré une part de leur temps qui est plus du double de celle qu’y consacrent les hommes (24 % contre 11 %). À l’échelle européenne, ces inégalités sont encore plus criantes. Voir notre article à ce sujet.

[2] Voir le discours d’Emmanuel Macron devant le congrès de Versailles en juillet 2018.

[3] À partir de 2019, l’ARRCO (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’AGIRC (Association générale des institutions de retraite des cadres) fusionneront : il n’y aura plus qu’une seule caisse de retraite complémentaire pour l’ensemble des salariés.

[4] C’est également le cas d’autres régimes complémentaires « par points » : Ircantec (agents non titulaires de l’État et collectivités publiques), RSI complémentaire (régime spécial des indépendants), ou MSA complémentaire non-salariés (agriculture).

[5] D’autres dispositifs de solidarité permettent aux femmes de majorer leurs pensions de retraite : Majoration de durée d’assurance (MDA), qui permet l’attribution de trimestres au titre de l’accouchement et de l’éducation des enfants, ou Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) qui permet d’acquérir des droits à la retraite pour les personnes qui élèvent un ou plusieurs enfants.

[6] Voir l’interview de Jean-Paul Delevoye dans le Parisien.

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Communiqué de la FSU sur les annonces RETRAITE

Retraites: un scénario bien incertain tout autant qu’inquiétant pour les fonctionnaires…

Le Haut-commissariat à la réforme des retraites a confirmé la volonté de faire évoluer les régimes de retraites actuels vers un système «universel» à la place des 42 régimes de retraite actuels.

Ce nouveau système est basé sur un calcul par points et un compte unique identique pour le privé et le public. Tout dépendra donc de la valeur du point et des périodes de salaire prises en compte pour chaque salarié. Beaucoup d’incertitudes sur un système de cotisation «à l’aveugle» que les discussions à venir devront lever.

Mais si le gouvernement veut faire «plus simple» et «plus juste», la FSU affirme que la simplification n’est pas toujours synonyme de justice ! Ce nouveau système serait ainsi particulièrement défavorable aux fonctionnaires. En effet, leurs meilleurs salaires étant en fin de carrière, l’abandon du calcul de la pension sur les 6 derniers mois au profit d’un calcul sur l’ensemble d’une carrière sera pénalisant. Sans compter qu’un tel système doit reposer sur une politique de revalorisation salariale constante. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui dans la Fonction publique !
Et ce n’est pas l’intégration des primes dans ce calcul qui compensera les pertes occasionnées. Dans la Fonction publique, les primes sont versées de manière très inégalitaire entre les catégories, les versants et entre les femmes et les hommes au détriment des femmes.
Il reste aussi à ce stade beaucoup d’incertitudes sur la manière dont les solidarités seraient organisées. Faire financer par une cotisation à part les pensions de réversion, les droits familiaux, etc, aujourd’hui financés par les cotisations de l’ensemble des assurés pourrait fragiliser leur évolution.

Si le Haut-commissariat a confirmé l’âge minimum de départ garanti à 62 ans, les éléments de calcul du nouveau système pourrait de fait minorer le niveau des pensions rendant les 62 ans purement théorique.
La FSU revendique un retour à la possibilité de départ à la retraite à 60 ans et l’annulation de la décote. 

Aucune mesure d’amélioration du niveau des pensions n’est prévue à ce stade. La FSU continue de demander une indexation des pensions sur l’évolution des salaires, à rebours de la politique de gel des pensions menée actuellement. Pour .la FSU, renouveler le contrat entre les générations suppose un accord sur le niveau futur des pensions et donc sur leur financement. Cela nécessite de préciser aussi la prise en compte des droits familiaux et conjugaux, l’extension à des droits nouveaux (prise en compte des années d’étude, du statut des aidants…) et de garantir une évolution des pensions parallèle à celle des salaires. De plus avec  l’augmentation du nombre de retraité-es, la France doit consacrer une part plus importante des richesses qu’elle produit  à la redistribution envers les retraitée-es

Dans les discussions qui vont se poursuivre, la FSU défendra un scénario durable et solidaire, du système de retraites par répartition. Elle rappelle son attachement au code des pensions et s’opposera à sa disparition programmée en 2025  
La FSU demande au gouvernement de mener un dialogue social à la hauteur des enjeux et d’ouvrir rapidement les discussions au sein de la Fonction publique.

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Réforme des retraites…..Figaro + CGT + FO

Les partenaires sociaux étaient convoqués ce mercredi matin pour un bilan à mi-parcours sur la réforme des retraites. Jean-Paul Delevoye leur a présenté une quinzaine de lignes directrices, reprenant en partie les engagements d’Emmanuel Macron.

Le gouvernement a enfin dévoilé les «premiers grands principes» de sa future réforme des retraites. Après des mois de concertation en tête à tête, le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté à l’ensemble des syndicats et des organisations patronales, qu’il réunissait pour la première fois ce mercredi matin au ministère des Solidarités, une quinzaine de lignes directrices, reprenant en partie les engagements d’Emmanuel Macron.

Ainsi, on savait déjà que le futur système «remplacerait les 42 régimes de retraite existants» tout en restant «public, par répartition», avec la promesse qu’«un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous les Français». Désormais, on sait qu’il sera financé par «tous les assurés», qui cotiseront «dans la limite de 120.000 euros bruts annuels» de revenus d’activité. «Ça devient plus concret mais ça confirme nos craintes. Ça va détruire les 42 régimes existants», a réagi le secrétaire général de Force Ouvrière à l’issue de la rencontre.

Pour les fonctionnaires, le changement sera radical. Ils cotiseront «au même niveau» que les salariés du privé, et les primes «seront prises en compte pour le calcul des droits à retraite», ce qui n’est pas le cas actuellement. Les travailleurs indépendants, en revanche, «bénéficieront d’un régime de cotisations adapté afin de ne pas bouleverser les équilibres économiques de leur activité». Ces cotisations seront converties en points, qui seront «accumulés tout au long de la vie» et «enregistrés sur un compte unique» pour calculer les futures pensions.

Les retraités actuels pas concernés

Échaudé au printemps par la polémique sur une possible suppression des pensions de réversion, l’exécutif assure désormais que ce dispositif de solidarité sera maintenu, de même que le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées. Idem pour «les interruptions d’activité» comme le chômage, l’invalidité, la maladie ou la maternité, pour lesquelles des points seront accordés. La réforme changera en revanche les droits familiaux, avec une bonification «pour chaque enfant, dès le premier enfant» et non plus à partir du troisième.

Catherine Perret de la CGT redoute pour sa part que le système ne fasse «baisser les pensions au niveau du seuil de pauvreté pour beaucoup, notamment pour les femmes».

Par ailleurs, l’âge légal «à partir duquel on pourra liquider ses droits restera fixé à 62 ans». Ce qui correspond à la ligne rouge tracée par les syndicats. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pourtant favorable à la réforme, en avait même fait mercredi matin un «casus belli», de même que le «maintien des droits acquis», sur lequel l’exécutif s’est également engagé. Il se dit aujourd’hui satisfait sur ce point. «Sur l’âge on a obtenu assurance qu’il restait à 62 ans.»

Le Haut commissaire devra encore préciser si un «âge pivot» sera créé pour inciter les travailleurs à partir plus tard que l’âge légal, sur le modèle des retraites complémentaires des salariés du privé qui subissent une décote s’ils partent avant 63 ans. Sur ce point le leader de la CGT, Philippe Martinez, représenté par ses lieutenants à la réunion de mercredi, a flairé un piège. «On va vous dire “vous pouvez partir à 62 ans” mais si vous n’avez pas les moyens de vivre, vous allez continuer à travailler pour avoir plus de points», prédit-il, expliquant que «la finalité, c’est que vous allez partir à 65, 67 ans».

Le nouveau système ne concernera ni les retraités actuels, ni «ceux qui seront à moins de 5 ans de l’âge de départ lors de l’adoption de la loi», dont la discussion au Parlement est envisagée «dans le courant de l’année 2019». Pour tous les autres, la transition «sera très progressive» et les droits acquis «avant l’entrée en vigueur du nouveau système seront conservés à 100%».

D’ici là, une deuxième phase de concertation entre Jean-Paul Delevoye et les partenaires sociaux doit aborder des nouveaux sujets tout aussi sensibles, comme l’âge de départ, les taux de cotisation, la fonction publique, les régimes spéciaux. Le projet de loi est prévu pour juin 2019, alors que certains médias laissaient entendre que le calendrier serait ajourné en raison, notamment, des élections européennes.

MULTILATÉRALE HAUT-COMMISSARIAT AUX RETRAITES DU 10 OCTOBRE 2018

Quand c’est flou… c’est qu’il y a un loup !

mercredi 10 octobre 2018

Le haut-commissaire aux retraites a réuni les organisations syndicales de salariés et d’employeurs le 10 octobre pour un bilan de la 1ère phase de concertation sur la réforme systémique des retraites.
Face aux risques que comporte une réforme aussi radicale, en particulier, pour les salariés les plus fragiles (carrières hachées, CDD, temps incomplet de nombreuses femmes salariées, etc.), le gouvernement allonge les délais et recule la présentation du projet de loi à juin 2019, après les échéances électorales.
Il a présenté un cadre qui reste très flou destiné avant tout à rassurer. La majorité des citoyens n’est, en effet, pas dupe des risques de baisse des pensions pour toutes et tous.
Les mécanismes de redistribution et de solidarité sont tous remis en cause, ce qui vise en premier lieu les salariés du secteur privé. Il y a tout lieu de craindre que les nouveaux mécanismes de solidarité que le haut-commissariat envisage de reconstruire soient plus restreints, plus ciblés, plus individualisés, avec des économies réalisées sur le dos des plus fragilisés.
Cette perspective de régime unique conduirait à la disparition des régimes des fonctionnaires et des régimes spéciaux et, en conséquence, à la remise en cause des statuts d’agents publics et de fonctionnaires. De même, les retraites complémentaires disparaîtraient.
Aucune perspective de gouvernance démocratique du système de retraite n’a été évoquée par le haut-commissariat.
En affichant le maintien du niveau de cotisation (28 %) et de l’âge d’ouverture du droit à retraite (62 ans), le gouvernement veut faire croire que le nouveau système maintiendra le niveau de pension et l’âge de départ, avec un supplément de transparence.
Il n’en est rien.
Si par exemple on applique les règles de la retraite complémentaire actuelle en points (Arrco-Agirc) à la totalité du salaire, une pension de 1600 euros passerait à 1000 euros. Le gouvernement doit sortir du flou.
Le système en point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite. Il prend en compte la totalité de la carrière et pas les meilleures années (privé) ou la fin de carrière (public). La solidarité ne consistera qu’en points supplémentaires dont rien ne garantit qu’ils seront au niveau du salaire antérieur (maladie chômage, maternité, etc.).
Pour la CGT, les priorités sont : quel montant de pension et à quel âge ? Points sur lesquels le projet ne dit rien et n’apporte aucune garantie. 
La CGT réaffirme son opposition à ce projet et portera des propositions pour améliorer les droits de toutes et tous.

Montreuil, le 10 octobre 2018

Réforme des retraites : une réunion qui confirme les craintes et les oppositions de FO

Depuis plusieurs semaines, Force Ouvrière demande que la concertation en cours sur la réforme des retraites se transforme en consultation sur le futur projet de loi et ainsi sur des éléments concrets.

Lors de la réunion entre la ministre de la Santé, le Haut-commissaire chargé des retraites et les interlocuteurs sociaux, plusieurs craintes exprimées par FO ont été confirmées : le système universel de retraite remplacera bien les 42 régimes existants et il s’agirait donc bien d’un « régime unique par points » que nous refusons ; la réforme systémique sera évolutive de façon permanente puisque tous les ans le prix d’achat du point sera fixé par l’État pour que le « système reste à l’équilibre » ; pour les fonctionnaires l’État employeur se désengagerait de ses obligations ; et même le fameux engagement « 1 euro cotisé vaut les mêmes droits » est mis en défaut par le fait que les salariés paieront de fait pour les indépendants qui percevraient le minimum contributif unique.

La délégation Force Ouvrière a rappelé ses revendications. FO a demandé à la fois que le projet de loi soit dévoilé au fur et à mesure : il ne saurait être question de découvrir des éléments non débattus préalablement au moment de la présentation du projet de loi ! De plus FO demande que, rapidement, il soit réalisé des simulations sur des cas réels existants partant en retraite en 2019 ou 2020 et pour lesquels serait reconstituée la carrière avec le nouveau régime par points afin de comparer tant les montants de retraite que le maintien des grands principes (répartition, solidarité inter ou intra générationnelle, majorations familiales, interruptions d’activité, réversion, etc.). Pour FO, si l’engagement d’un « âge légal de la retraite à 62 ans à partir duquel on pourra liquider ses droits » est réaffirmé, il n’est pas précisé « à taux plein » et un malus ou une décote pour un départ antérieur à 63 ans reste possible.

Les premiers éléments concrets dévoilés confortent nos analyses : individualisation et incertitude permanente, régime unique et ainsi casse des régimes existants et donc des statuts selon une logique de « déprotection », menaces sur nos principes de solidarité et d’égalité. La retraite par point c’est le travail sans fin, le régime unique c’est un modèle inique.

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Dépôt des plaintes contre les GAFAM !

Chers participants aux plaintes collectives contre les GAFAM,
Après six semaines d’une campagne qui a été dense et très bien relayée, nous avons reccueilli plus de 12 000 mandats pour attaquer les GAFAM dans le cadre de l’entrée en application du RGPD. Merci à vous pour votre soutien, votre confiance et pour les relais nombreux de cette action ! Et merci aussi à toutes celles et ceux qui ont participé à l’écriture collective des textes des plaintes (voir le communiqué ici : https://www.laquadrature.net/fr/plainteGAFAM) !
Nous avons officiellement déposé cinq plaintes devant la CNIL le 28 mai dernier, et nous avons reçu en fin de semaine dernière les accusés réception officiels. Chacune des plaintes déposées vise un des GAFAM, et concernent sept des services pour lesquels vous nous avez donné mandat (Facebook, Google Search, Gmail, Youtube, iOS, Amazon et LinkedIn)
Nous avons pris la décision de ne pas attaquer les douze services annoncés en une seule fois, mais de les étaller dans le temps, en espérant ainsi raccourcir le délai de réponse pour les premières plaintes et ainsi obtenir le plus rapidement possible des jurisprudence intéressantes. S’agissant des cinq services restants (Whatsapp, Instagram, Android, Outlook et Skype), nous allons attendre un peu de voir comment les choses évoluent avant de lancer les procédures contre eux.
Car les procédures que nous avons déjà initiées seront longues et nouvelles, et nous préférons y aller étape par étape.
Dans un premier temps, d’ici un mois au mieux, la CNIL devrait rendre une première décision pour répartir nos différentes plaintes entre les autorités de plusieurs États européens. C’est désormais la règle avec le règlement général sur la protection des données : si une entreprise collecte des données sur plusieurs pays, les CNIL de tous ces pays doivent collaborer pour trouver une décision commune. La CNIL d’un de ces États (celui où l’entreprise a le centre de ses activités dans l’Union européenne) est alors désignée « autorité chef de file » et est chargée de conduire l’instruction et d’animer cette coopération. Mis à part la plainte dirigée contre Amazon qui partira au Luxembourg, toutes les autres seront très probablement réceptionnées par l’autorité irlandaise.
Bref, nos plaintes seront les premières à éprouver ce nouveau mécanisme de coopération complexe : inutile donc de nous précipiter en tirant toutes balles d’entrée de jeu !
Les cinq plaintes déposées sont accessibles en ligne, et sont bien entendu librement réutilisable par toute structure qui souhaiterait lancer des actions de groupe du même genre : 
En attendant la décision de la CNIL qui ne saurait trop tarder, vous pouvez découvrir comment le RGPD pourrait « rebooter Internet » en lisant la tribune enthousiaste que Marne et Arthur, les deux animateurs de notre campagne d’action de groupe contre les Gafam, ont publié le 25 mai dernier : https://www.laquadrature.net/fr/25_mai !
Merci encore à vous tous, et on vous tient au courant des suites !
La Quadrature du Net
PS : si vous souhaitez être tenus au courant de ce que fait La Quadrature du Net par ailleurs, vous pouvez vous inscrire à notre newsletter : https://lists.laquadrature.net/cgi-bin/mailman/listinfo/actu

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Communiqué unitaire FP appel journee 22 mars

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1er, 6, 7 février … mars : Tous dans l’action

SNES-FSU, section académique de NantesLa section académique
aux

adhérent.e.s de l’académie

SNES
                  national
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }

Moyens en baisse,

Réforme du Lycée,

Sélection à l’Université,

Baisse du pouvoir d’achat…

Face au PLAN DE BATAILLE DU GOUVERNEMEDEF,
opposons NOTRE PLAN D’ACTION.

1er février : mobilisation dans les lycées et l’enseignement supérieur.

6 février : grève dans le second degré

7 février : états généraux de l’éducation

Et en mars : grève dans la fonction publique pour les salaires et l’emploi.

Du plan étudiant à la plateforme Parcoursup : l’instauration de la sélection !
le 1er février, agissons pour une université ouverte.

Les enjeux et les convergences entre le rapport de la commission Mathiot et le programme du candidat Macron sont trop forts pour que nous restions l’arme au pied en attendant sagement que le ministre fasse connaître ses arbitrages (d’ici un mois ?). Les attaques contre le baccalauréat et l’organisation des enseignements au lycée s’inscrivent dans la logique « bac-3/bac+3 » qui vise, en continuité avec la réforme du collège, à casser l’unité du second degré. L’individualisation des parcours ne peut que renforcer la mise en concurrence entre les établissements et accentuer les inégalités entre les élèves. Nous pensons au contraire que c’est en renforçant cette l’unité du second degré, en inscrivant les apprentissages dans la durée, que l’on pourra mieux lutter contre les inégalités scolaires et l’échec qu’elles génèrent.
Cette lutte est indissociable de nos combats pour l’amélioration de nos conditions de travail, alors que le rapport Mathiot préconise la semestrialisation, synonyme à terme d’annualisation des services.
Dans le même temps, les dotations communiquées aux établissements annoncent de nouvelles dégradations pour la rentrée 2018.


Le SNES-FSU, le SNUEP-FSU, le SNETAP-FSU, la CGT-educAction
appellent à la grève l’ensemble des personnels du second degré

Les sections départementales continueront à vous tenir informé.es des modalités précises de ces différentes mobilisations.

Rappel : un préavis de grève national court jusqu’aux congés de février pour couvrir toutes les actions.

Le secrétariat académique

SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38

site : www.nantes.snes.edu
Page Facebook du SNES Nantes compte
                  Twitter du SNES Nantes
Ce message est envoyé aux adhérents (à jour et non à jour) du SNES ayant fourni leur adresse électronique.
Cette adresse ainsi que les données personnelles communiquées au SNES sont accessibles et modifiables en ligne avec le numéro d’adhérent et le mot de passe qui figurent sur la carte syndicale.

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manifestation retraités jeudi 28 septembre

Le SNES 44, à l’instar de la FSU, appelle ses adhérents et sympathisants à participer à la manifestation nationale et intersyndicale organisée le 28 septembre pour la défense du pouvoir d’achat des retraités, et donc de celui des pour l’instant toujours actifs à plus ou moins brève échéance.

En pièce jointe l’appel détaillé ainsi que les rendez-vous suivants :

  • à 14h30 à Nantes à la Préfecture
  • à 10h00 à Saint-Nazaire Fontaines République (Paquebot)


Amitiés syndicales

SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
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Jeudi 30 mars, mobilisation des retraité-es

A l’appel des sept syndicats et associations, USR-CGT, UCR-FO, CFE-CGC, CFTC retraités, FSU retraité-es, Solidaires retraité-es et FGR-FP, deux rassemblements des retraité-es sont organisés en Loire-Atlantique jeudi prochain 30 mars :

  • A Saint-Nazaire, 10h30, Place Pierre Sémard (Gare SNCF-Bus)
  • A Nantes, 14h30, devant la Préfecture

 Télécharger l’appel.

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23 & 24 MARS : B Friot aux « Causeries de la Fac » Nantes

C’est avec plaisir que nous vous invitons dès aujourd’hui à 18 heures aux « Causeries de la fac » où Bernard Friot exposera ses thèses sur le salaire à vie et la copropriété d’usage des moyens de production.

Mercredi 23 mars à 18 heures
 
puis Jeudi 24 mars à 18 heures 
 
Amphi C Bâtiment TERTRE
Université de Nantes (arrêt Tram Facultés) 

En PJ, le flyer d’invitation à partager rapidement

Salutations Salariales

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CGT,CGT-FO, FSU, solidaires retraités

Appel des syndicats de retraités CGT, CGT-FO, FSU et Solidaires de Loire-Atlantique :

 

Pour la défense du service public et du pouvoir d’achat, les retraités dans la rue le 26 janvier

Les organisations de retraités CGT, CFT-FO, Solidaires et FSU de Loire Atlantique appellent  les retraités à participer aux manifestations de salariés, enseignants et fonctionnaires, qui auront lieu le 26 janvier, pour un service public de qualité et l’augmentation du pouvoir d’achat :

 

►parce que le blocage des salaires des fonctionnaires et les choix budgétaires du gouvernement compromettent le financement des services publics ;

►parce que l’hôpital public et ses personnels sont soumis aux fermetures de services et suppressions de postes, compromettant l’accueil et le traitement des malades ;

►parce que les désengagements imposés à la Sécurité Sociale entraînent une explosion des cotisations des mutuelles ;

►parce qu’aucune revalorisation des pensions de retraite n’est intervenue depuis 2013 ;

►parce que la pression fiscale s’est alourdie sur les retraités : application de la taxe de 0,3% sur les pensions, imposition des majorations familiales, suppression de la ½ part des veuves et veufs…;

►parce que les coûts restant à la charge des résidents des maisons de retraite et établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes sont insupportables pour une part grandissante de retraités ;

►parce que les retraités ne supportent plus les études, articles…, les présentant comme des privilégiés en les opposant à la jeune génération ;

►parce que les retraités sont solidaires des salariés en activité et qu’ils veulent défendre et conserver pour les futures générations les services publics garants de l’égalité républicaine et la Sécurité Sociale où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Les organisations de retraités CGT, CGT-FO, Solidaires et FSU de Loire Atlantique appellent les retraités  à rejoindre les manifestations du 26 janvier, 10h, à Nantes devant la Préfecture, et à Saint Nazaire, devant la Sous Préfecture.

Non à la politique d’austérité !

Augmentation immédiate des pensions et retraites !

Défense des services publics !

Toutes et tous aux manifestations mardi 26 janvier

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Le « Salaire à Vie » de Bernard Friot vu par Usul

Tiré de RezoCitoyen :

Voir en ligne : Le « Salaire à Vie » de Bernard Friot vu par Usul


La nouvelle vidéo du YouTuber Usul fait l’effet d’une petite bombe. Le jeune réalisateur analyse le projet révolutionnaire porté par l’économiste Bernard Friot : le « Salaire à Vie ». Ce projet a deux objectifs majeurs : abolir le « marché du travail » et sortir du capitalisme. A rebours des économistes orthodoxes, M. Friot propose de reprendre la grande marche du progrès social, stoppée nette dans les années 80 avec l’avènement du libéralisme économique. A découvrir…….

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L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

par Morgane Remy 30 octobre 2015

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions. Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités. Enquête.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Objectif : 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an. A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davantage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes. François Hollande estime qu’il ne s’agit pas « d’un report de l’âge de la retraite » mais d’une « liberté » laissée aux salariés… Quant aux syndicats, ils sont partagés : CGT et FO ont refusé l’accord de principe, ce dernier qualifiant le dispositif de « catastrophique ».

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééquilibrer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espérance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité…

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors »

La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié

L’OCDE, dans son rapport Mieux travailler avec l’âge en France souligne pudiquement que « la transition de l’emploi à la retraite est particulièrement précoce et problématique pour de nombreux seniors ». Seul un salarié sur deux est passé directement de son emploi à la retraite entre 2008 et 2011. Cela signifie que les autres (45%) connaissent le chômage ou des dispositifs intermédiaires de sortie de l’emploi. « Après 55 ans, le marché du travail est caractérisé par d’importantes sorties d’emploi », reconnaît même le très néolibéral Institut Montaigne, dans son enquête sur l’emploi des seniors [3].

La cause ? Les seniors, dont les salaires ont progressé tout au long de leur carrière, sont souvent jugés trop chers tandis que, à l’aune des critères de rentabilité immédiate, ils deviendraient moins productifs avec le temps. « Alors que les seniors sont tout à fait capables de s’adapter – y compris au numérique –, le monde du travail a tendance à considérer leurs compétences comme obsolètes, analyse Serge Guérin, sociologue et auteur de Vive les vieux ! [4]. Cela tient aussi au fait que les entreprises peinent à investir sur les seniors en terme de formations. »

Un tiers des salariés vulnérables sont mis à la porte après 50 ans

Les salariés âgés accèdent moins fréquemment que leurs cadets à la formation. En 2006, environ un tiers des salariés âgés de 50 ans et plus ont déclaré avoir suivi une formation au cours des 12 derniers mois, contre la moitié des salariés plus jeunes.
En outre, la pénibilité du travail n’étant pas gérée au fil de la carrière, les salariés concernés s’épuisent plus rapidement. La pénibilité concerne près d’un salarié sur trois, selon l’enquête Santé et itinéraire professionnel de 2007 [5]. Les personnes de 50 à 59 ans, qui ont été durablement exposées à de conditions de travail difficiles, sont alors moins souvent en bonne santé : une sur quatre se déclare limitée dans ses activités quotidiennes du fait d’un problème de santé, contre une sur six pour les autres salariés du même âge.

Plutôt que gérer cet aspect de santé tout au long de la vie professionnelle, comme certaines filières industrielles allemandes qui veillent à éviter de maintenir trop longtemps un employé sur un poste pénible [6], le patronat français préfère la solution de facilité : près d’un tiers des salariés les plus vulnérables sont mis à la porte des entreprises après 50 ans. « Nous avons vu beaucoup d’entreprises gérer les problèmes de pénibilité en encourageant les départs des seniors, témoigne Pierre-Yves Chanu, économiste à la CGT, qui a suivi les précédentes réformes de retraite. Par exemple chez un grand industriel où les ouvriers étaient exposés à de fortes températures, la rupture conventionnelle était présentée comme une solution « gagnant-gagnant », puisque le salarié cessait de souffrir et l’entreprise pouvait recourir aux services d’un ouvrier plus jeune. »

Quand la rupture conventionnelle remplace les pré-retraites

La rupture conventionnelle semble devenir le mode privilégié par les sociétés pour encourager les salariés quinquagénaires à partir. En moyenne, 16% des fins de CDI pour licenciement sont des ruptures conventionnelles. Leur part dépasse les 25 % pour les salariés âgés de 58 à 60 ans [7]. « Il y a un alignement des intérêts des acteurs (salariés comme entreprises) qui fait du départ anticipé des seniors un acte globalement consensuel », analyse l’Institut Montaigne. Un « alignement » qui se fait souvent sous la pression de l’employeur et qui se traduit par un accord avec l’employé pour une sortie anticipée. Comme les plus de 50 ans bénéficient de trois ans d’indemnisation au lieu de deux, les allocations chômage permettent souvent de faire la jonction avec la retraite à taux plein à 62 ans. « Ce ne sont rien de moins que des pré-retraites déguisées », résume Anne Sonnet, responsable seniors de l’OCDE [8].

Les ruptures conventionnelles à l’initiative des employeurs sont légions. « Mes confrères et moi-même le constatons : il y a des recours aux ruptures conventionnelles à répétition, souligne Sophie Bourrier, psychologue du travail proposant des consultations dans le cadre du réseau Souffrance et Travail. Mais certaines sociétés font attention à les limiter en nombre et dans le temps afin d’éviter un contrôle de l’inspection du travail. » Cette dernière risquerait alors de les requalifier en licenciement. « Pour la CGT, ce dispositif est surtout favorable aux employeurs qui mettent une pression sur les salariés afin qu’ils acceptent, note Pierre-Yves Chanu. Surtout, ils ne les informent pas que cela réduira de fait le niveau de leur pension. »

Des seniors qui se battent pour leurs droits

Difficile de savoir quelle est l’ampleur de ces pressions pour la signature d’une rupture conventionnelle. Cependant beaucoup de témoignages concordent. Comme celui de Jean-Pierre, aujourd’hui âgé de 67 ans et à la retraite. Il raconte, ce qu’il a vécu il y a sept ans quand il était salarié et conseiller prud’homal CFDT : « Dans une mission locale du Languedoc Roussillon, le directeur avec lequel j’entretenais de bonnes relations m’a proposé une rupture conventionnelle qui ne présentait, selon lui, que des avantages pour moi. Après une longue réflexion, j’ai finalement refusé. Dès lors, j’ai été sujet à de nombreuses et malveillantes pressions professionnelles jusqu’à ce qu’une procédure de licenciement soit engagée contre moi pour faute grave. Bouleversé psychologiquement par cette démarche, après conseils de mon syndicat et au vu des pièces de mon dossier, j’ai entamé une démarche judiciaire pour harcèlement moral et discrimination syndicale. » L’affaire s’est conclue par un accord transactionnel qui lui a permis d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans mais aussi un dédommagement financier.

Agnès, âgée aujourd’hui de 53 ans, basée en Rhône-Alpes, a pour sa part finalement accepté la rupture conventionnelle que son employeur lui proposait. Après avoir géré pendant 20 ans l’exploitation d’un logiciel de gestion très spécifique, l’entreprise pour laquelle elle travaillait a opté pour une mutation informatique. « En 2013, nous avons fait la migration. Ayant été mise à l’écart du projet et me retrouvant sans fonction précise, j’ai demandé une formation et proposé de mettre mes compétences au service d’une autre équipe de l’entreprise », raconte cette dernière.

Le traumatisme du chômage de longue durée

La quinquagénaire n’est alors pas étonnée quand elle obtient un rendez-vous avec le service des ressources humaines…. qui lui propose finalement une rupture conventionnelle. « Deux ans auparavant, ils avaient déjà procédé ainsi avec quelques postes occupés par des plus de 50 ans », se souvient-elle. Agnès ne veut alors pas quitter son entreprise, anticipant les difficultés qu’elle rencontrera sur le marché du travail. « Mais c’était peine perdue. Quand un poste de vendeuse à domicile de produits innovants allemands s’est présenté, j’ai accepté de lâcher prise mais j’ai vécu cette rupture conventionnelle, après 20 ans d’ancienneté, comme un licenciement. » Aujourd’hui, elle bénéficie encore de deux ans de chômage. Elle a conscience que son temps est compté… même si elle se remet encore doucement du choc de ce départ. « J’aurais du mal à reprendre un poste dans l’immédiat. Une mission courte, même pour un poste sans qualification, me permettrait de remettre un pied à l’étrier. »

Une fois au chômage, le risque principal est que la situation s’enlise. « Tout le monde peut se retrouver au chômage, analyse Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE [9]. Mais quand on est senior, parfois dès 50 ans, on tombe dans une trappe dans laquelle il est très difficile de sortir : le chômage de longue durée. » En clair : si les entreprises ne licencient plus massivement les seniors, ils ne les recrutent pas non plus. Tandis qu’en 2007, les plus de 55 ans ne représentaient « que » 8% des chômeurs très éloignés de l’emploi, ils correspondent désormais au quart (24%) de cette catégorie en 2013.

« J’étais prêt à balayer les cours mais cela n’intéressait personne »

Ils vivent alors souvent le chômage comme une expérience d’exclusion durable. Ce fut le cas pour Didier, aujourd’hui âgé de 66 ans. Il a connu une traversée du désert sur le marché du travail, entrecoupé de quelques expériences, jusqu’à sa retraite. A 45 ans, alors qu’il occupait un poste de cadre et manageait une quinzaine de personnes, il est licencié. Il se bat, obtient des stages, des missions courtes en comptabilité pour des entreprises et même pour le Diocèse de Marseille. Mais pour mieux revenir à Pôle Emploi, la case départ.

A 50 ans, il tente sa chance et lance sa boite. « C’était avec un collègue chômeur », précise-t-il. Ils lancent ensemble une entreprise de machines-outils testant l’étanchéité de contenants. Mais l’investissement initial n’est pas rentabilisé. L’entreprise meurt. « J’avais 52 ans ; j’étais au tapis, explique-il aujourd’hui, la voix encore chargée d’émotion. Plus l’âge avançait, moins j’avais de réponse à mes sollicitations… Je me marginalisais. »

Dans le cas d’un chômage de longue durée qui pèse tant sur les finances que sur le moral, la retraite représente alors un soulagement. « Je rentrais à nouveau dans un schéma normal. Je retrouvais ma fierté. Je cessais d’être demandeur, en permanence. C’était ça le plus difficile : j’étais prêt à balayer les cours mais même cela n’intéressait personne. » Un rejet qui illustre le fait que le marché du travail n’est pas clément et l’est encore moins vis-à-vis des seniors.

Création d’entreprise : une solution réservée aux cadres qui en ont les moyens

Souvent la solution face à la réticence des entreprises à recruter des seniors est, pour ces derniers, la création de sa propre entreprise. C’est le choix qu’a fait Sonia, suite à un plan de départs volontaires, en Ile-de-France. « J’étais responsable commerciale pour un groupe hôtelier et je souhaitais redevenir assistance de direction, avec des missions plus larges, souligne Sonia, actuellement âgée de 52 ans. Mais je me suis heurtée à la réalité du marché du travail : j’étais trop vieille pour un CDI. »

Elle envoie des CV sans préciser son âge mais, à l’occasion de nombreux entretiens, réalise que cela coince. Beaucoup de non-dits. « On me disait que je connaissais trop de monde dans mon secteur, que j’étais trop qualifiée ou on ne me rappelait simplement pas », se souvient-elle. Pleine de bonne volonté, elle décide de s’investir dans une association professionnelle et, au bout d’un an, crée son auto-entreprise. « J’ai eu de la chance. Mon ancien employeur, présent au sein de cette association, m’a proposé de faire une mission proche de ce que je réalisais pour lui. » Elle utilise alors son carnet d’adresses pour promouvoir le lancement d’un nouvel hôtel. Le client – ancien-employeur – est ravi de la prestation et lui commande d’autres missions. La responsable commerciale à son compte a ainsi accepté d’être flexible – et a été en capacité de le faire – en espérant, qu’avec le temps, son carnet de commande sera suffisamment conséquent pour recruter à son tour. « Au moins, aujourd’hui, je dégage un salaire correct. »

Des pensions inférieures de 40% à celles des hommes

Cette perspective est bien loin d’être garantie pour les femmes à l’approche de la retraite. « Malgré huit lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tous temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard », pointe un collectif d’associations pour le droits des femmes, dans une lettre ouverte adressée aux trois syndicats signataires de l’accord [10].

Devenir un créateur d’entreprise quand on est un « senior chômeur » n’est pas à la portée de tous. Les ouvriers et employés au chômage ne disposent pas des ressorts et des réseaux d’un cadre. Ceux qui peuvent compter sur la solidarité de leur famille et, surtout, de leur conjoint ont plus de chance de réussir. Ce qui signifie que leurs proches doivent aussi en avoir les moyens. La solidarité privée succède alors à celle, publique, de la société. De quoi encore renforcer les inégalités. Est-ce bien la volonté des organisations syndicales qui s’apprêtent à signer l’accord ?

Morgane Remy

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Retraites : pourquoi Force ouvrière a refusé de parapher l’accord

Leïla de Comarmond / Journaliste | Le 18/10 à 18:15

La centrale de Jean-Claude Mailly a refusé de valider un « changement structurel », précurseur, selon elle, d’un relèvement de l’âge légal.

Protocole d’accord sur les carrières dans la fonction publique, accord sur les régimes de retraites complémentaires, même combat ! Ces deux textes se sont traduits par une division du paysage syndical : d’un côté, les organisations réformistes (CFDT, CFTC et CGC) qui les ont paraphés ; de l’autre, les contesta­taires (FO et la CGT) qui les ont rejetés sans ménagement. L’image vaut clairement pour la CGT. Son nouveau leader, Philippe Martinez, tout occupé à bétonner son élection lors du 51e congrès­ de la centrale, en avril 2016, a endossé l’habit du « mister no » du syndicalisme.

C’est plus complexe pour FO. La confédération de Jean-Claude Mailly a toujours marché sur deux pieds, avec un courant très contestataire dans le secteur public et très réformiste dans le secteur privé. A ce titre, elle est historiquement très investie dans le paritarisme, dont les retraites complémentaires sont l’un des derniers bastions.

Un réglage de curseurs

Depuis sa création, en 1961, FO préside l’Arrco, régime qui couvre tous les salariés, en alternance avec le patronat. Et, ceci va avec cela, jusqu’à présent, elle a presque toujours signé les accords sur la retraite complémentaire. Son refus de parapher celui de vendredi est une rupture.

Ce que FO a toujours signé, ce sont les accords contenant des « ajustements paramétriques », c’est-à-dire qui faisaient bouger le curseur. C’était le cas des diminutions successives de droits acquis par les salariés au long de leur carrière, comme des économies réalisées sur la revalorisation des pensions, ou des conséquences sur l’Agirc-Arcco des réformes du régime général – en particulier le relèvement de l’âge de départ à la retraite à taux plein de 60 à 62 ans, qu’elle avait combattu dans la rue avec les autres syndicats.

Mais l’accord de vendredi n’est pas de même nature. Il s’agit d’une réforme structurelle qui a pour objectif affiché de reculer l’âge de départ en retraite. Cette fois-ci, les régimes de retraite complémentaires sont précurseurs. « On n’est pas dans une recherche d’équilibre, on est dans un changement structurel de la retraite complémentaire », a dénoncé le négociateur de FO, Philippe Pihet.

Il y a quatorze ans, FO n’avait pas signé l’accord du 10 février 2001 qui traitait de l’application de la retraite à 60 ans dans les régimes de retraite complémentaire. Le syndicat estimait déjà qu’il posait les jalons d’une réforme des régimes de base.

Leïla de Comarmond

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021413491789-retraites-pourquoi-force-ouvriere-a-refuse-de-parapher-laccord-1166673.php?wkxmQ1sWUpIsQkLh.99#xtor=CS1-31

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Accord AGIRC-ARRCO : mauvaises nouvelles pour les salarié-e-s !

Communiqué FSU

Les Lilas le 17 octobre 2015

Accord AGIRC-ARRCO : mauvaises nouvelles pour les salarié-e-s !

Le Medef vient de décrocher un accord de principe avec la CFDT, la CGC et la CFTC concernant les retraites complémentaires.

L’application d’un tel accord fera qu’à compter de 2019, nombre de salariés, et particulièrement les femmes, devraient travailler un an de plus que ce qui était déjà prévu pour l’âge de leur départ en retraite à taux plein (y compris en ayant tous les trimestres de cotisation) pour bénéficier pleinement de leur retraite complémentaire.

Les salariés qui ne différeraient pas leur départ subiraient les trois premières années de retraite un abattement de 10 % du montant de leur retraite complémentaire.

En outre, l’accord entérine une perte de pouvoir d’achat pour les retraités en prévoyant une sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation.

Il s’agit donc d’une nouvelle manœuvre pour contraindre les salariés à différer leur départ en retraite, pour allonger la durée du temps de travail.

Non seulement de telles mesures tournent le dos au principe de justice sociale, mais elles ne permettent même pas d’équilibrer les régimes ARRCO et AGIRC.

La garantie des régimes de retraites repose déjà sur le niveau de l’emploi et l’assiette de leurs financements.

La FSU demande au gouvernement de prendre ses responsabilités pour assurer à tous les salariés des retraites à taux plein sans revenir une nouvelle fois sur l’âge légal de départ à la retraite, et de maintenir le pouvoir d’achat des retraités.

Elle sera particulièrement vigilante et refusera avec détermination tout recul pour les salariés du privé comme du secteur public.

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Vidéo : reconquête de la protection sociale

En France la protection sociale et son pilier fondamental la Sécurité Sociale ont permis des progrès sociaux considérables en espérance de vie, en qualité et en sécurité de vie. Les Français perçoivent à juste titre la Sécurité Sociale comme leur premier acquis social.
Or aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’histoire de notre système. En effet, les droits les plus élémentaires ne sont aujourd’hui plus accessibles à un grand nombre de nos concitoyens :

  • un tiers de la population renonce à des soins,
  • la moitié des jeunes pense qu’ils n’auront pas de retraites,
  • 4,5 millions de personnes sont sans emploi et parmi elles seulement 2,8 millions perçoivent des indemnités chômage,
  • 8 millions de salariés sont pauvres,
  • 8,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté,
  • 3,6 millions de personnes sont non ou mal logées dont 600 000 enfants,
  • 75% des personnes pauvres. ont moins de 25 ans….

Face à ces situations et pour toutes ces raisons, la CGT entend mener une reconquête de la protection sociale pour transmettre aux générations futures une Sécurité sociale qui reste toujours une référence pour les salariés des pays qui ne la possèdent pas.

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3 juin : manifestation nationale des retraité-es….

UCR CGT – UCR FO – UCR CFTC – FSU – Solidaires Retraités – LSR – UNRPA – FGRFP

APPEL A LA MOBILISATION DES RETRAITE(E)S

Alors que le pouvoir d’achat des retraités baisse depuis des années, le gouvernement entend geler les pensions jusqu’en octobre 2015. C’est INACCEPTABLE ! Trop de retraités, et particulièrement des femmes, sont en dessous du seuil de pauvreté.
Il annonce de nouvelles mesures « d’économies » que nous ne pouvons accepter :
– 10 milliards « d’économies » pris sur l’assurance maladie, c’est une régression évidente dans l’accès aux soins !
– 18 milliards « d’économies » sur le fonctionnement de l’Etat et 11 milliards pris sur les collectivités locales : c’est une nouvelle régression des Services Publics, qui impactera l’ensemble de la société (recul des services de proximité, des transports…)
– Le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures d’économies à l’encontre des retraités comme éléments du « pacte de responsabilité » qui aggravent la situation des retraités. Les réactions négatives à ce plan d’austérité ont permis un infléchissement dérisoire pour les pensions inférieures à 1200 €. L’éventuelle revalorisation du niveau de l’inflation au 1er et octobre 2014 est tout à fait insuffisante n’améliorera pas la situation des retraités concernés.

Pour nos organisations, la retraite n’est pas un privilège ou une prestation sociale. Elle est un droit obtenu par le travail et son niveau est directement le résultat des rémunérations perçues pendant la vie professionnelle et le nombre d’années cotisées.

L’aggravation de la baisse du pouvoir d’achat des retraités ne résoudra en rien les difficultés financières des régimes de retraites, le retour de la croissance. C’est la création d’emplois, la revalorisation des salaires, l’égalité des salaires des femmes, l’arrêt des exonérations de cotisations, l’élargissement de l’assiette à tous les revenus distribués par les entreprises, qui créeront les ressources nécessaires. La politique accroissant l’austérité appellera d’autres reculs, alimentera la spirale infernale de la baisse de la demande, de la récession, des baisses d’emplois et des cotisations… Il est urgent de mettre en place d’autres orientations économiques et budgétaires et un autre partage des richesses.

Depuis 1986, les réformes se sont succédées pour durcir les conditions d’obtention de la retraite et réduire leur niveau : passage de 10 à 25 ans pour les salariés du privé, indexation des retraites sur les prix et non sur les salaires, décote, allongement des durées de cotisation… suppression de la demi-part supplémentaire aux veufs et veuves, fiscalisation brutale du supplément de 10% pour les retraités ayant eu 3 enfants et plus, et, depuis le 1er avril 2013, instauration d’une taxe de 0,3% pour les retraités imposables. C’est la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA).

Refusons toute nouvelle dégradation. Pour nos organisations, l’heure est à la mobilisation autour de ces revendications principales :

  • Contre le gel des pensions, et retraites,
  • Pour l’amélioration du pouvoir d’achat de tous les retraités, et le retour à la revalorisation annuelle des retraités, des pensions et pensions de réversion,
  • Pour qu’une loi progressiste sur l’adaptation de la société au vieillissement soit déposée dès maintenant par le gouvernement sur le bureau de l’Assemblée Nationale, débattue et votée,
  • Pour le développement de services publics de qualité, indispensables à l’ensemble des citoyens (transports, santé, etc…).

Nos organisations vous appellent à intervenir par une mobilisation, la plus large, LE 3 JUIN 2014 à PARIS.

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Des milliers d’écoles fermées en Angleterre

A l’appel du NUT, un syndicat d’enseignants particulièrement  présent dans le primaire, des milliers d’écoles sont fermées le 26 mars en Angleterre. A Manchester, selon le Guardian, 73 écoles seront totalement fermées, 55 partiellement et 39 seront totalement ouvertes. Le syndicat refuse la paye au mérite que le gouvernement vient d’instituer et la réduction des pensions.

 

Article du Guardian

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mobilisation samedi 11 janvier face au recul de l’accès à l’avortement en Espagne

Face au dramatique recul de l’accès à l’avortement en Espagne, le Planning Familial de Loire-Atlantique appelle les associations, les syndicats, les organisations, les partis politiques à manifester ensemble toutes et tous aux côtés des femmes espagnoles, RDV ce Samedi 11 janvier à 14h30  Place Royale.

 

Pour  distribution de tracts et si nous sommes suffisamment nombreux-ses départ en manifestation.

Nous avons besoin de votre présence !

 

Pour signer la pétition en ligne, cliquer ci-dessous :

http://www.avaaz.org/fr/petition/aux_associationssyndicats_partis_politiques_toutes_et_tous_le_droit_a_lavortement_en_Espagne/?email

Communiqué de presse 

2013: Régression catastrophique des droits des femmes espagnoles!

Le  gouvernement choisit l’obscurantisme et supprime le droit à l’avortement!

2014: Pour nos droits, pour nos choix!

 

Le Vendredi 20 décembre, sous couvert d’une loi organique qui  complète et précise les termes de la Constitution  espagnole concernant la protection de la vie et des droits de la femme enceinte,  le gouvernement espagnol Rajoy annule la loi autorisant l’avortement, pour rassurer sa base électorale et consolider sa position de fervent défenseur des valeurs traditionalistes et fondamentalistes religieuses.

Au mépris des recommandations des textes internationaux de l’OMS et de l’ONU, il revient ainsi sur la loi de 2010 qui légalisait l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse (22 pour raison médicale).

En outre il soumet le choix des femmes au contrôle médical et social puisque l’interruption de grossesse ne pourra avoir lieu que dans 3 cas très précisément encadrés:

1. Grave danger encouru par la femme pour sa vie ou sa santé physique ou psychologique : le texte impose que le diagnostic soit émis par deux médecins différents et étrangers à l’établissement pratiquant l’avortement.

2. Viol, à la condition que la femme ait déposé plainte

3. Malformation fœtale, sous réserve de deux rapports médicaux : l’un sur la mère et l’autre sur le fœtus, qui confirmeront le motif d’interruption de grossesse.

Autre recul : les jeunes mineures devront avoir obligatoirement l’autorisation de leurs parents pour interrompre une grossesse non désirée.

En renouant avec des pratiques déniant la liberté de choix, c’est le mépris des droits humains fondamentaux des femmes et des couples à maitriser leur fécondité et à décider de leur vie que le gouvernement espagnol vient de signer. Il annonce clairement son projet de société : maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission.

Après l’offensive des opposants aux droits des femmes et le rejet par le parlement européen du rapport Estrela  ( rapport sur  la santé et les droits reproductifs et génésiques, traitant de l’accès aux contraceptifs et à l’avortement, de la procréation médicalement assistée, de l’éducation sexuelle et de la liberté de conscience)  cette démarche du gouvernement espagnol vient s’inscrire dans le mouvement européen réactionnaire et conservateur qui n’a toujours pas accepté le droit des femmes à de disposer de leur corps, et les considère comme des sous citoyennes incapables de décider par elles-mêmes.

Le combat des forces démocratiques et associatives espagnoles pour ce droit fondamental est le nôtre, et nous le soutiendrons ici et ailleurs, car il est le combat  de celles et ceux qui veulent l’égalité entre les femmes et les hommes.

Contacts presse : 

Planning Familial 44 : 02 40 20 56 28 / 06 78 04 09 89

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