Archives de la catégorie Retraites

La retraite par points, machine à diminuer les pensions

La concertation s’est achevée sans la moindre présentation de projections des pensions dans le nouveau système.

En l’absence de simulations, la FSU révèle ses propres chiffres, calculés à partir des régimes existants (agirc arco). Certes, on pourra nous objecter que ces chiffres ne seront véritablement valables que pour des personnes dont on calculerait complètement la pension dans un système par points, c’est à dire dans plusieurs dizaines d’années au vu des modalités de transition prévues. Il n’empêche, la baisse drastique des pensions qu’induit un système par points est significative, inquiétante et de nature à renforcer notre opposition à la réforme en préparation.

Professeur certifié ayant en moyenne sur sa carrière 10% de primes et heures supplémentaires (taux moyen constaté)

C’est surtout la dernière ligne qu’il faut regarder puisque, de plus en plus, la carrière sera de 38 ans donc avec des décotes, et un taux de liquidation à peine au-dessus de 50% du traitement indiciaire brut, 56,25%. Ce taux est donc déjà fortement dégradé par rapport au taux plein de 75%. Or avec un système par points, on aboutit pour une même carrière à un taux de 41,6% de l’ensemble des rémunérations, primes comprises, et donc une perte de 400 euros par mois !

Toutes ces projections montrent que la prise en compte des primes n’est absolument pas une compensation de la perte subie, en particulier dans des corps ayant peu de primes. Pour les professeurs des écoles, les professeurs documentalistes, les CPE, les PSY-EN, la perte serait encore pire puisque nous avons pris ici une moyenne de 10%, le taux de primes pour ces corps est beaucoup plus bas, autour de 4%.

Détails du calcul :

Pour les corps de certifiés, PE, CPE, PEPS, PSY-EN, etc, dont la carrière en classe normale est parcourue en 26 ans avec un passage à la hors-classe obtenue après 6 mois au 11ème échelon. La carrière est donc estimée se terminer au nouveau 7ème échelon de la hors-classe (indice 821) avec une ancienneté dans cet échelon allant ainsi de 3,5 ans à 8,5 ans.

On considère que le salaire est composé de 10% de primes sur toute la carrière (c’est déjà un taux de primes élevé, il correspond par exemple pour un certifié au fait d’avoir une heure supplémentaire et une indemnité de professeur principal sur quasiment toute les années de sa carrière). Dans le projet par points, on est censé cotiser sur la totalité de la rémunération à hauteur de 28 % se répartissant en 11,2% pour le salarié (40%) et 16,8% pour l’employeur (60%). On s’appuiera sur la situation de l’Arrco et l’Agirc qui avaient un taux d’appel de 125 % (127% depuis le 01/01/19) où donc 78,74 % des cotisations (1/127 %) des cotisations versées produisent des points. C’est l’équivalent de frais sur versements de 21,26 %.

.ARRCOAGIRC
Valeur en 20185,8166 €16,7226 €
Valeur service en 20180,4378 €1,2588 €

Le rendement instantané est défini comme le montant de retraite annuel acquis en contrepartie d’une cotisation contractuelle d’un euro payée la même année. Concrètement, il est calculé comme le rapport entre la valeur de service du point et la valeur d’achat du point (majoré du taux d’appel). Ce rapport est considéré ici constant dans la durée en supposant que la valeur annuelle des paramètres du régime varie dans le même rapport. Pour mémoire, les rendements AGIRC-ARRCO ont diminué au fil des années. En 2018, le rendement des deux régimes est de 5,93 % contre 13,65 % à l’AGIRC (soit une division de 2,2) et 11,09 % à l’ARRCO (soit une division de 1,9) en 1973. Autrement dit, un cotisant acquiert dans les faits deux fois moins de droits en 2018 qu’il en acquérait en 1973 pour le même euro de cotisation.

Bien évidemment, le rendement ne détermine pas à lui seul le montant de la pension correspondante. En effet, deux régimes de retraite avec des rendements identiques peuvent aboutir à des montants différents, notamment en cas d’indexation sur les prix ou les salaires. D’ailleurs, il est même possible d’obtenir des niveaux de pension inférieurs avec des rendements supérieurs. C’est pourquoi, il est nécessaire d’associer au rendement la série des valeurs de service du point (ou des valeurs d’achat) afin d’évaluer le niveau des pensions avec exactitude. L’augmentation la valeur du point sur une longue période est un facteur important du rendement actuariel des versements de cotisations. Le rendement instantané peut donner une fausse idée de ce rendement actuariel.
Par exemple, le tableau ci-contre montre que pour un même rendement instantané de 5,93 % dans deux régimes, la pension dans le cas 2 est plus élevé de 6,1%.

Voir aussi :

Les publications FSU :

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Attac et la Fondation Copernic – Réforme des retraites : « Après les salaires flexibles, voici les pensions flexibles ! » (tribune Le Monde)

En présentant ses propositions au « grand débat », la majorité LRM prétend améliorer le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes en indexant leurs pensions sur l’inflation. Ce mode d’indexation est présenté comme favorable, ce qui a toujours été contesté par les syndicats et par de nombreux experts (« Vingt ans de réformes des retraites : quelle contribution des règles d’indexation ? », Insee Analyses, 2014).

Avant 1987, les pensions étaient indexées sur le salaire moyen dans le régime général, et dans la fonction publique jusqu’en 2003, elles suivaient l’évolution du point d’indice. La situation était beaucoup plus favorable pour les retraités puisque leur pouvoir d’achat suivait celui de la population active. Mais pour baisser la dépense, elles ont été indexées sur l’inflation.

La compréhension de ces mécanismes a été brouillée par le fait que les gouvernements successifs ont cessé de respecter les lois de 1993 et de 2003 garantissant l’indexation des pensions sur les prix. Ainsi, les pensions ont été gelées à deux reprises sous le quinquennat Hollande ; gelées à nouveau en 2018, alors qu’elles ont subi la hausse de la CSG. En août 2018, le premier ministre a annoncé que les pensions ne seraient revalorisées que de 0,3 % en 2019 et en 2020, au lieu de 1,8 % (inflation en 2018) et 1,6 % (inflation attendue pour 2019). Une sous-indexation de 1,3 point au minimum, encore plus sévère que celle appliquée depuis 2017 sur les pensions complémentaires Agirc et Arrco, qui n’est « que » de 1 point de moins que l’inflation.

Face à cette dégradation, la proposition qui émerge est le retour à l’indexation des pensions sur les prix. Cependant, ce mode d’indexation pose un vrai problème. Il aboutit au décrochage du niveau de vie des retraités par rapport à celui de la population active, car les revenus du travail progressent plus vite que les prix. Ce problème est connu, il était pointé par le rapport Moreau de la Commission pour l’avenir des retraites (2013), qui indiquait que « les décrochements du pouvoir d’achat relatif des retraités peuvent être considérables ». L’écart de niveau de vie s’accroît tout au long de la retraite et peut devenir énorme. Le rapport ajoutait que « le taux de pauvreté des plus de 75 ans est en nette augmentation. Au sein de cette population, les femmes isolées (notamment les veuves) sont surreprésentées ».

Paupérisation programmée
L’indexation des pensions sur les prix peut certes être opposée à la sous-indexation en cours et à la hausse de la CSG. Mais à moyen terme, elle est problématique. Pour empêcher la paupérisation des retraités pendant la durée de leur retraite, l’indexation des pensions sur l’évolution du salaire moyen par tête est une nécessité. Il faut y ajouter la garantie d’une évolution au minimum qui ne pourrait être inférieure à celle des prix.

Ce n’est pas du tout la direction prise par le Haut-Commissariat à la réforme des retraites. Dans un document distribué aux syndicats, il suggère une indexation sur la masse salariale ou sur le salaire moyen par tête… mais corrigée par un facteur tenant compte de l’espérance de vie et de la croissance économique. Après les salaires flexibles, voici les pensions flexibles ! L’indexation sur le salaire moyen ne serait en réalité qu’une indexation sur le salaire diminué de quelque chose (un ou plusieurs points) ! On passerait de la sous-indexation sur l’inflation à une sous-indexation sur le salaire.

L’objectif affiché est de plafonner à sa valeur actuelle la part des dépenses de retraite dans le PIB (13,8 %). Mais sachant que la part des retraités dans la population augmentera dans les prochaines années, décider de bloquer la part de leur revenu dans la richesse produite signifie programmer mécaniquement leur paupérisation ! Est-ce acceptable ? Les retraites relèvent d’un choix de société, donc du débat public sur la répartition de la richesse produite. Quel partage de la valeur ajoutée entre masse salariale et profits ? Et quelle répartition au sein de la masse salariale, entre revenus de la population active et retraitée, c’est-à-dire quelle solidarité entre les générations ?

par Christiane Marty, Daniel Rallet

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Retraite : la réforme fera baisser nettement les retraites des enseignants

Les enseignants seront-ils les grands perdants de la réforme des retraites  C’est l’avis de la FSU qui publie des évaluations de retraite selon le régime par points envisagé par le gouvernement.

 » La concertation s’est achevée sans la moindre présentation de projections des pensions dans le nouveau système. En l’absence de simulations, la FSU révèle ses propres chiffres, calculés à partir des régimes existants (agirc arco) », écrit la FSU qui dénonce une  » baisse drastique des pensions ».

Ainsi selon son calcul un professeurs certifié ayant en moyenne 10% de primes et heures supplémentaires toucherait avec 38 ans de carrière 1762 € au lieu de 2164 et avec 40 ans 1889€ au lieu de 2452.

 » Toutes ces projections montrent que la prise en compte des primes n’est absolument pas une compensation de la perte subie, en particulier dans des corps ayant peu de primes. Pour les professeurs des écoles, les professeurs documentalistes, les CPE, les PSY-EN, la perte serait encore pire puisque nous avons pris ici une moyenne de 10%, le taux de primes pour ces corps est beaucoup plus bas, autour de 4% », écrit la FSU.

La simulation

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11 AVRIL, ENCORE UNE FOIS LES RETRAITÉS ÉTAIENT MOBILISÉS

On peut déjà recenser plus de 160 rassemblements et manifestations dans toute la France. Par exemple ils étaient 25 000 à manifester à Paris ou 3 000 à Marseille, plus d’un d’un millier à Bordeaux. Toutes ces initiatives expriment la colère des retraités.

Le gouvernement, mais surtout Monsieur MACRON vont-ils rester sourds … dingues face à la colère de centaines de milliers de retraités ?

Pour eux, 2 mois de pension en moins en 3 ans, et pour les riches des centaines de milliards d’aides diverses, cela est insupportable. Salariés et retraités ne supportent pas le dédain du président de la République.

Selon les études du ministère du travail, entre décembre 1999 et septembre 2018, le salaire moyen a augmenté de 47,2 % et les pensions de retraite seulement de 26,7 %. Cette situation s’est aggravée depuis avril 2013, elle s’est accentuée avec le blocage des pensions et les dispositions fiscales prises ces dernières années.

Le 0,3% de revalorisation des retraites en janvier 2019, bien en-deçà de l’inflation qui s’est établie à 1,8% en 2018 reste au travers de la gorge des retraités, eux qui sont déjà échaudés par la hausse de la CSG et un quasi-gel des pensions depuis 2013.

Le gouvernement en difficulté promet une revalorisation des petites retraites. Mme la ministre des Solidarités Agnès Buzyn a même déclaré : « Le gouvernement a entendu aujourd’hui les demandes des retraités modestes ». Elle a même redit qu’une réindexation des petites pensions sur l’inflation était sur la table. Ces déclarations n’ont pas calmé la colère. « En plus on sait ce que les promesses valent ».

Les retraités veulent pouvoir vivre décemment.

Ce que veulent les retraités, c’est une réelle revalorisation de toutes les pensions. Le gouvernement veut-il opposer les petites pensions à l’ensemble des autres retraités. Avec 1 200 € on n’est pas un riche !

Il faut augmenter toutes les retraites. La retraite n’est pas une allocation que l’on donne un jour aux plus pauvres ou que l’on augmente au bon vouloir du Président. Nous refusons de voir mettre en cause le principe de nos systèmes de retraite solidaires par répartition, dans lequel le fait de cotiser donne droit à une pension et une revalorisation.

Pouvoir d’achat, Santé, Sécurité Sociale, Services publics, nous sommes tous confrontés aux mêmes reculs de société mis en œuvre par ce gouvernement.

Le 11 avril, les retraités étaient massivement dans la rue. Ils poursuivront leurs actions en portant les cartes pétitions unitaires au Président de la République à la mi-juin, en continuant de se rassembler sur les marchés et les lieux de vie, en allant à la rencontre des maires de nos cités pour proposer aux conseils municipaux des motions de soutiens.

Notre nouvelle réunion unitaire du Groupe de 9, le 18 avril, précisera ces prolongements utiles à l’action des retraités.

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Jeudi 11 avril, nouvelle journée nationale de mobilisation des retraité.e.s

Le jeudi 11 avril prochain, les retraité.e.s sont invités à une nouvelle journée nationale de mobilisation pour imposer le maintien de leur pouvoir d’achat.

Cette nouvelle journée de mobilisation se concrétisera sur notre département par des rassemblements

  • à Saint Nazaire, 10h, Fontaine République
  • et à Nantes, 14h30, place Royale (suivie d’une marche jusqu’à la Préfecture puis au marché de Talensac).

Nous vous joignons le tract d’invitation à cette journée de mobilisation rédigé par nos huit organisations départementales et actuellement diffusé aux retraité.e.s de nos syndicats et associations ainsi que sur les principaux marchés des agglomérations nazairienne et nantaise,

L’intersyndicale départementale CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR

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Réforme des retraites : tous et toutes perdant.e.s

La réforme des retraites préparée dans les concertations avec le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye fait périodiquement les gros titres de la presse parce que le gouvernement lance des ballons d’essai qui sont chaque fois autant d’occasions pour l’exécutif de communiquer et préparer le terrain idéologique à des reculs fondamentaux.

retraitecgt

Dernier coup de com’ en date, le recul de l’âge de la retraite ou l’allongement de la durée de cotisation avec cette fois une nouvelle thématique glissée dans le débat : la dépendance. Ce risque qui relève non pas de l’arrêt de la vie professionnelle, mais de la dégradation de l’état de santé devrait tout naturellement être couvert par l’assurance maladie. C’est un risque qui n’est d’ailleurs pas spécifique au grand âge puisqu’il peut résulter du handicap. L’irruption de ce sujet de la perte d’autonomie dans le débat, alors que peu ou prou tous les Français.e.s le connaissent ou l’ont connu dans leur entourage n’est évidemment pas le fruit du hasard mais d’un calcul politicien sordide. Il s’agit d’alourdir la barque pour exiger qu’à la fin on sacrifie quelqu’un ou quelque chose afin de rester à flot. La crise des Ehpad avec la révélation de l’indignité des conditions de travail des personnels et la maltraitance institutionnelle dont sont victimes les personnes âgées en fin de vie ne saurait être traitée ainsi.


En tous cas, les Français.e.s ne sont pas prêts à accepter un report de l’âge de la retraite. Selon une étude Harris (ajouter le lien si possible), 2 personnes sur 3 s’y opposent et dans la même proportion les Français.e.s ne veulent pas envisager de cotiser plus longtemps. Alors que la borne d’âge est désormais à 62 ans, les Français.e.s estiment déjà qu’avec la décote imposée à l’âge pivot il leur faudra dans les faits travailler au moins jusqu’à 64 ans. Ce qui s’apparente à de la lucidité nous est présenté comme une liberté nouvelle : celle d’arbitrer chacun notre futur niveau de vie. Foutaise ! La majorité des Français.e.s préfère partir à 60 ans, comme cela était le cas avant 2011.


La réforme Macron-Delevoye s’annonce comme une révolution avec la transformation en retraite universelle par points, habilement présentée par le candidat Macron comme égalitaire et juste : un euro cotisé donnant les mêmes droits pour tous et toutes… Les mêmes droits ? Mais lesquels ? On devrait connaître dans les jours à venir le sort réservé aux mécanismes de solidarité, c’est-à-dire aux droits non contributifs attribués aujourd’hui, afin de mutualiser les risques d’une vie de travail : chômage, maladie, handicap, bas salaires… de compenser des interruptions d’activité incontournables : maternité… ou des pertes de revenus impactant fortement les ressources des retraités, ainsi en est-il aussi des pensions de réversion. Pour rappel, les pensions de réversion permettent actuellement de réduire de 15 points les écarts entre la pension des hommes et celle des femmes.


L’objectif premier de la réforme n’est pas de faciliter la lecture de nos droits futurs, mais bien de bloquer la part du PIB dévolue au financement des retraites à 14 %, les prestations devenant alors la variable d’ajustement. Les projections du Conseil d’Orientation des Retraites sont claires : alors que le nombre de retraité.e.s va augmenter, sans nouveau financement pour les retraites, le niveau de vie des retraité.e.s baissera de 20 % à 35 % d’ici à 2050. Pour les ingés, cadres et tech, la conséquence sera immédiate : si le système par répartition ne garantit plus le maintien du niveau de vie, celles et ceux qui le peuvent se tourneront vers des systèmes d’assurance individuelle, par capitalisation. On touche ainsi l’enjeu principal de la réforme, dont Macron ne s’est d’ailleurs jamais caché : orienter les fonds (importants) dévolus aux retraites vers la finance, à l’image de ce qu’ont fait Reagan et Thatcher dans les années 80. Avec comme résultat pour les salarié.e.s la loterie. Et c’est bien la supercherie de la réforme annoncée : sur la question clé des salarié.e.s : « à quel âge je vais pouvoir partir avec quel niveau de pension ? » : silence. Et pour cause : le système à « cotisation définie » prôné par Macron détermine une seule chose : le niveau maximum des cotisations, les prestations variant à la baisse. Pour faire dérailler ce scénario, faisons toute la transparence sur ses conséquences. Et débattons du vrai sujet : notre pays qui n’a jamais été aussi riche ne le serait-il pas assez pour garantir le niveau de vie de ses futur.e.s retraité.e.s ?

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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Le système des retraites en Europe

La plupart des pays européens ont procédé à des réformes de leur système de retraite. Le Haut-commissariat à la réforme des retraites a rencontré les représentants des gouvernements ainsi que les représentants des syndicats de ces pays. mercredi, 28 novembre 2018 | Actualités Tweeter Partager Partager Envoyer Imprimer Version .pdf

Son objectif est de puiser dans les différentes expériences en laissant supposé un assentiment des syndicats pays concernés.

La présentation des expériences étrangères étant souvent incomplète, la CGT a organisé le 26 septembre dernier une journée de débats sur les réformes des retraites en Europe avec des représentants de syndicats allemands (DGB), italien (CGIL), et suédois (LO).

L’Allemagne, la Suède, et l’Italie avaient des systèmes de retraite par annuités et sont passés à des systèmes par points ou par comptes notionnels. En Belgique, une réforme semblable au projet d’Emmanuel Macron est en cours, qui ambitionne de passer d’un système par annuités à un système par points.

EN SUÈDE

En Suède, le premier pilier obligatoire et en répartition est commun aux salariés du privé et aux fonctionnaires. Au niveau du second pilier (capitalisation), il y a 4 grands régimes de retraite basés sur des conventions collectives (cadres et techniciens du privé, ouvriers et employés du privé, fonctionnaires des collectivités locales et fonctionnaires d’Etat). Les deux niveaux sont gérés selon le principe de la cotisation définie.

L’objectif annoncé de la réforme était d’atteindre sur le premier pilier 60 % de taux de remplacement en lien avec une durée minimale de cotisations de 47 années à temps plein, sur le 2ème pilier le taux de remplacement avancé était de 10 à 12 %.

Aujourd’hui, le taux de remplacement réel est beaucoup plus bas qu’attendu entre 45 et 50 % sur le premier plier et de 10 à 15 % sur le 2ème pilier.

Ceci est principalement dû à l’augmentation de l’espérance de vie (+2 ans depuis 1995), qui n’a pas correspondu à l’augmentation de l’âge de départ en retraite de 64,5 ans en moyenne.

Selon LO, les cotisations finançant le 1er pilier doivent être augmentées. En même temps, les conditions de travail (postes de travail, heures de travail, temps plein/temps partiel, emploi permanent/précaire, formation) doivent être améliorées. Les salariés en situation de pénibilité doivent avoir droit à leur pension dès l’âge de 60 ans. En Suède, les salariés estiment qu’il est impossible de travailler au-delà de 65 ans.

EN ALLEMAGNE

Les réformes initiées en Allemagne, notamment depuis 1992, ont, selon certains, produit une situation enviable, constituant ainsi une boite à outils dans laquelle il serait judicieux de puiser. A commencer par le report de l’âge à 67 ans en vigueur chez nos voisins. En réalité, il n’y a aujourd’hui, plus guère qu’en France que l’on considère le système allemand comme un modèle à suivre.

Il n’est pas possible de comparer l’exigence de 67 ans en Allemagne contre 62 ans en France pour 2 raisons essentielles. En premier lieu, sous certaines conditions, notamment de carrières longues, nombres de salariés allemands partent avant cet âge pivot, sans décote s’ils comptent 45 années de cotisations, aves décote à partir de 35 années. En second lieu, cette application du taux plein à 67 ans ne sera requise en Allemagne qu’en 2031 (pour la génération 1964). Alors qu’en France, elle sera dès 2022 (génération 1955).

Aujourd’hui, l’âge de départ sans décôte est de 64 ans et 10 mois en Allemagne et alors qu’il est de 65 ans et 9 mois en France. Les conditions d’âge sont donc, en réalité, plus dures en France qu’en Allemagne.

Enfin, relevons que l’âge effectif de départ à la retraite est plus élevé en France (61,8 ans pour les hommes et 62,30 pour les femmes) qu’en Allemagne (61,4 ans pour les hommes et 61,2 ans pour les femmes).

Si la retraite « standard » affiché devait s’élever à 1 287 € en 2014, dans les faits les chiffres réels moyens effectivement versées par la caisse vieillesse allemande semblent comparables à ceux versées par la CNAV soit 734 € en Allemagne et 677 € en France. Mais s’ajoute en France la retraite complémentaire mais qui est obligatoire contrairement à l’Allemagne et aux taux de remplacement bien plus bas.  

Aujourd’hui, l’Allemagne est classée, parmi les 34 pays de l’OCDE, au 33ème rang pour son taux de remplacement.

EN BELGIQUE

En Belgique comme en France, le gouvernement a décidé le principe d’une réforme des retraites avec, notamment, le passage du mécanisme actuel en annuités vers un mécanisme en points.

Selon la réforme actuellement en débat, le principe du système à point est que chaque salarié disposerait d’un compte alimenté par des points tout au long de sa carrière.

Si le budget est insuffisant la condition de durée de la carrière pour pouvoir bénéficier d’une pension complète serait durcie.

Pour chaque année pendant laquelle il perçoit le « revenu moyen » de référence, il recevrait un point. Le « revenu moyen » n’est pas celui perçu par le salarié mais par l’ensemble des travailleurs dans chacun des régimes (salariés, fonctionnaires et indépendants).

En cas de déséquilibre budgétaire, économique ou démographique, le système à points allongerait la durée de cotisations car les conditions d’accès à une pension complète serait relevée.

Si l’on sait combien de points chaque salarié accumule, en revanche le montant de la pension est par nature imprévisible dans un système à comptes notionnels.

On ne connaitra la valeur de chaque point accumulé que l’année précédant le départ en retraite.

Concrètement, si vous partez à la retraite quand la conjoncture économique est mauvaise, si vous appartenez à une génération qui compte un nombre de retraitables nombreuses, ou encore si le budget est en déficit, cela pourrait générer un gel de la valeur du point créant ainsi des inégalités importantes.

L’analyse de la FGTB est partagée par les deux autres confédérations syndicales belges la CSC (sensibilité chrétienne) et la CGSLB (de sensibilité libérale). Les trois organisations ont largement diffusé un dossier commun, à la fois technique et politique « les pensions en questions » dans lequel l’analyse, les revendications et les mesures de financements sont portées de manière unitaire.

Extraits du numéro spécial « Retraite » du Peuple de septembre 2018.

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Réformes des retraites en France et conséquences sur les cadres

L’enjeu majeur de la réforme des retraites est celle du financement. Les projections actuelles du Conseil d’Orientation des Retraites prévoient à paramètres constants une forte dégradation du niveau des pensions sur une période qui commencera dès 2020 pour toutes les générations qui partiront en retraite jusqu’en 2070. mercredi, 28 novembre 2018 | Actualités Tweeter Partager Partager Envoyer Imprimer Version .pdf

Concrètement, sans augmentation des sources de financement, les pensions baisseront durablement de 20 à 30 %. Pour rappel, en 2016, le montant moyen des pensions, après prélèvements sociaux, s’élevait à 1 294 € nets (hors impacts de l’augmentation de la CSG intervenue en 2017).

Des nouvelles ressources sont donc nécessaires pour financer le système des retraites. Or, la réforme annoncée vise à maintenir la part relative des retraites dans le PIB à 14 % alors que la population.

Selon les projections démographiques de l’INSEE, le nombre de personnes de plus de 65 ans va progresser au moins jusqu’en 2040 à 25 % de la population totale contre 18 % en 2013, soit une augmentation de 30 %.

Le maintien à 14 % de la part des retraites dans le PIB sachant que la proportion du nombre de retraité va augmenter de 30 % fera mécaniquement chuté le montant des pensions des générations de retraités à venir.

Conséquences majeures sur les cadres

Selon les principes définis par le Haut-Commissaire à la Réforme des Retraites, le système actuel par annuités et cotisations définies sera remplacé par un système à points en compte notionnels. Un plafonnement du futur régime universel est également prévu à 9 333 € bruts de rémunération mensuelle. L’objectif affiché est de maintenir le taux actuel de 14 % que représente le financement des retraites dans le PIB. Ces principes auront trois conséquences majeures pour les cadres :

Un changement de la base de calcul des retraites défavorable aux cadres

Le montant des pensions sera calculé sur l’ensemble de la carrière, sur les 43 annuités cotisées, au lieu des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public. Ceci pénalisera directement les cadres qui ont une progression de carrière et donc de leur niveau de rémunération, au contraire des non cadres qui ont une courbe de rémunération relativement plate.

Pour les femmes cadres : la double peine

Les femmes sont payées en moyenne 26 % de moins que les hommes et touchent une pension 40 % plus faible. Ces inégalités sont en partie compensées par les droits familiaux, avec la validation des congés maternité et parental et les pensions de réversion en cas de décès du conjoint. Ces droits ont pour objectif de maintenir le niveau de vie, ils sont donc accessibles à toutes les femmes quel que soit leur niveau de salaire, et leur montant est proportionnel au salaire. Le gouvernement veut les remplacer par un filet de sécurité minimum, limité aux femmes dont les carrières sont les plus précaires et dont les critères d’attribution restent à déterminés.

Inciter les cadres à recourir à la retraite par capitalisation

La volonté de baisser le niveau des pensions, et celles des ingénieurs, cadres et techniciens en particulier, vise à généraliser les retraites par capitalisation comme complément de retraites. Cette incitation sera encore plus forte pour les cadres supérieurs qui ne pourront plus cotiser dans le système commun (ni percevoir de pension) au-delà de 9 933 € de rémunération brute mensuelles contre 26 488 € aujourd’hui. Pourtant, les expériences étrangères et la crise financière ont montré à quel point les retraites par capitalisation sont risquées et peuvent s’évaporer en cas d’effondrement boursier (explosion de la bulle internet en 2001, crise des subprimes de 2008..).  Ajoutons qu’elles contribuent à la financiarisation de l’économie, détruisent de l’emploi par des stratégies de court terme et alimentent la spéculation au détriment de nos entreprises. 

Voir aussi :

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Retraités en colère : appel pour le 18 octobre

Nantes Rassemblement Jeudi 18 octobre 11h Place Bretagne

Saint-Nazaire Rassemblement Jeudi 18 octobre 11h devant la CPAM

Télécharger le tract :

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Stage de l’école émancipée: retraites – sécu et répartition des richesses – lundi 17 décembre

Pour s’inscrire, et ainsi recevoir l’autorisation d’absence et nous permettre d’organiser techniquement le stage au mieux, veuillez écrire à Nathalie Pszola (nathaliepszola@msn.com).

Et pour les réfractaires aux images dans les mails: Stage de l’école émancipée le 17 décembre 2018Retraites, sécu et répartition des richesses12 rue Cabanis, 75013 Paris – métro Glacière
10h: Intervention de Philippe Léger – les déterminants des inégalités économiques
14h: les enjeux politiques de la sécurité sociale face à la réforme à venir des retraites 
16h: le projet de salaire à vie de Bernard Friot en question
Et le mardi 17 et mercredi 18 décembre, il y a le stage Extrême-droite organisé par la FSU, dans les mêmes lieux.

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Pourquoi la nouvelle réforme des retraites pourrait encore aggraver les inégalités femmes-hommes

Article d’origine : https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-nouvelle-reforme-des-retraites-pourrait-aggraver-les-inegalites

par Nolwenn Weiler 12 octobre 2018

La réforme des retraites annoncée par le gouvernement pour 2019 pourrait bien exacerber les fortes inégalités qui persistent dans le montant des pensions entre hommes et femmes. En cause : une possible généralisation du système par points au lieu du système par répartition, qui assurait jusqu’ici une solidarité entre carrières complètes et incomplètes, mais aussi entre hauts revenus et bas salaires. Les femmes seront les premières touchées, de même que les travailleurs intérimaires ou à temps partiels, les chômeurs, toutes celles et ceux présentant des carrières discontinues et des revenus injustement maintenus au plus bas.

En France, les femmes retraitées touchent en moyenne 1065 euros par mois, contre 1739 euros pour les hommes. « Leur pension est inférieure de 38,8% à celle des hommes ou, dit autrement, celle des hommes est supérieure de 63,3% à celle des femmes », détaille Christiane Marty, membre de la fondation Copernic, critique du néolibéralisme, et du conseil scientifique de l’association Attac. Les femmes représentent plus de la moitié des titulaires du minimum vieillesse – environ 800 euros par mois. Et celles qui touchent une pension complète restent minoritaires. Pourtant, les femmes travaillent en moyenne une heure de plus chaque jour que les hommes. Simplement, il s’agit d’un temps de travail en partie non rémunéré, inégalité de la répartition des tâches domestiques oblige [1].

Le président Emmanuel Macron affirme avoir pris acte de ces injustices et promet pour 2019 un système de retraites « juste, unique, transparent », notamment pour protéger au mieux ceux et celles dont les carrières sont « hachées, instables, atypiques » [2]. La réforme en préparation irait-elle dans ce sens ?

Les carrières interrompues pénalisées

Si ses détails ne sont pas encore connus, une certitude semble émerger : nous aurons à faire à un régime de retraite « par points ». De quoi s’agit-il ? Jusqu’à présent, pour percevoir une pension complète – ou « à taux plein » –, il faut avoir cotisé un certain nombre d’années, le montant de la pension étant calculé, dans le privé, sur la base des 25 meilleures années ou, dans la fonction publique, sur le dernier traitement (salaire de base hors prime). Dans un régime « par points », on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active, et pas seulement pendant les « meilleures » années, lorsque le salaire est le plus élevé – ou le moins bas. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Le montant de la pension dépendra de la valeur du point décidée par le gouvernement au moment du départ en retraite, en fonction du nombre de retraités et de la conjoncture économique.

Le régime par annuité – en basant le montant de la pension de retraite sur le salaire moyen et la durée de carrière – pénalise d’ores et déjà les femmes. Elle sont en effet nettement moins rémunérées que les hommes au cours de leur vie active – notamment du fait du temps partiel – et elles ont, pour beaucoup d’entre-elles, des carrières interrompues, notamment à cause de la maternité. « Elles sont d’autant plus pénalisées que le salaire moyen pris en compte résulte de la moyenne des 25 meilleures années, au lieu des 10 meilleures années avant la réforme de 1993 », déplore Christiane Marty.

Le système à points sur l’ensemble de la vie active empêche toute équité

Plus le nombre d’années pris en compte est élevé, plus il pénalise les femmes : choisir les 25 meilleures années oblige à retenir davantage de mauvaises années dans des carrières qui sont plus courtes, assorties de salaires plus faibles, et qui ont des périodes de temps partiel. Avec un régime par points ce sera encore pire, puisqu l’intégralité de la carrière sera prise en compte.

« Toutes les années compteront y compris les plus mauvaises », avertit l’Union syndicale Solidaires. Les inégalités entre les sexes seront nécessairement accentuées. Un exemple : la somme des salaires perçus par une femme née entre 1950 et 1960 ne représente que 58 % de celle d’un homme. Sa pension, avec un régime à points prenant en compte l’intégralité de sa carrière, égalerait donc 58 % de celles des hommes, contre 69 % actuellement. Soit un écart de près de 10 points. Pour l’équité promise, il faudra repasser.

L’ensemble des inégalités vont se cumuler à la retraite

« Les salarié-es du secteur privé connaissent déjà le système à points des régimes complémentaires obligatoires de retraite (Agirc et Arrco) dont les résultats sont très aléatoires ! » , souligne l’union syndicale Solidaires [3]. Dans ces deux régimes complémentaires – dont les pensions viennent s’ajouter à la retraite de base de la sécurité sociale pour constituer la retraite globale –, les écarts de revenus entre les femmes et les hommes sont plus importants qu’au sein des systèmes par annuités [4]. « Cela tient à la logique du fonctionnement par points, qui reflètent l’ensemble des cotisations versées tout au long de la vie active, insiste Christiane Marty. L’ensemble des inégalités qui frappent les femmes par rapport aux hommes au cours de leur carrière – inégalités salariales, précarité de l’emploi, temps consacré aux activités domestiques et familiales… – se cumulent au moment du calcul de la pension de retraite.

L’autre raison des ces inégalités accrues par le système à points, c’est l’affaiblissement des dispositifs de solidarité qui permettent de compléter un peu les pensions des personnes qui n’ont pas exercé d’activité professionnelle suffisante pour prétendre à une retraite à taux plein – les femmes, les chômeurs et chômeuses, les accidentés… « Ces dispositifs représentent moins de 7 % de la totalité des montants alloués dans les régimes complémentaires par points, contre 23 % dans l’ensemble des régimes par annuités. »

Individualiser le système

Lors de son discours devant le congrès de Versailles, en juillet dernier, Emmanuel Macron a tenu à faire taire la rumeur selon laquelle le gouvernement voudrait supprimer l’un de ces dispositifs : la pension de réversion, qui permet de toucher une partie de la retraite de son conjoint au moment où il décède. 4,4 millions de retraités en bénéficient, pour un montant total 36 milliards d’euros, dont 90 % sont des femmes. Cette pension constitue le quart de leur retraite, contre à peine 1 % pour les hommes [5]. Si les pensions de réversion seront maintenues, on ignore encore sur quelles bases elles seront calculées.

Il semble bien que l’ensemble de ces dispositifs de solidarité soient dans le collimateur du gouvernement. En mai dernier, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a affirmé qu’il n’y aurait « pas de points gratuits » [6]. Or, la pension de réversion, ou encore l’assurance vieillesse des parents au foyer sont, précisément, attribués gratuitement, dans le cadre d’un système assumant sa part de solidarité, au-delà des cotisations individuelles versées tout au long de la vie active.

De plus, lors des séances de travail avec les partenaires sociaux durant le mois de septembre, la pertinence de l’application du principe de solidarité – qui fonde les systèmes de protection sociale mis en place après la Seconde guerre mondiale – envers les retraités, a été clairement questionnée. « L’idée, c’est de sortir ces dispositifs du système des retraites pour les faire assumer par l’impôt », explique Christiane Marty.

S’attaquer aux inégalités durant la vie professionnelle

« S’il faut continuer à compenser la faiblesse des pensions des femmes, il faut surtout leur permettre de se constituer des retraites dignes de ce nom, prévient Christiane Marty. En intégrant le travail domestique dans le calcul des pensions retraites ? « Si les dispositifs familiaux sont indispensables pour réduire les inégalités de pension entre les femmes et les hommes, ils sont à double tranchant, appuie le syndicat FO. « Ils enferment les femmes dans le rôle de mère en pérennisant l’assignation sociale des femmes aux tâches parentales. Il est donc indispensable de lutter effectivement contre les discriminations professionnelles et d’assurer l’égalité salariale. »

Malgré leurs réussites exemplaires quand elles font des études, les femmes continuent à exercer une activité salariée bien moindre que les hommes : leur taux d’activité plafonne à 67,6 % contre 75,5 % pour les hommes. Leur salaire, tous temps de travail confondus, représente en moyenne 74,3 % du salaire des hommes. Les outils de lutte contre les inégalités dans la vie professionnelle et personnelle sont connus, mais encore trop souvent négligés. On pourrait par exemple condamner les entreprises qui ne respectent pas les obligations légales en matière d’égalité professionnelle à des amendes réellement dissuasives. Ou, comme le suggère Christiane Marty, « instaurer une sur-cotisation patronale sur l’emploi à temps partiel, puisque ces temps partiels sont très profitables aux employeurs, comme l’illustre l’exemple des caissières dans la grande distribution, qui ne travaillent qu’aux heures de pointe ».

L’égalité salariale rapporterait 11 milliards d’euros

Le développement des modes d’accueil de la petite enfance, à un coût abordable, est une autre piste. Pour atteindre l’égalité dans le partage des tâches parentales et domestiques – dont les femmes se chargent encore à près de 70% –, il serait possible de modifier le congé parental de manière à ce qu’il soit partagé de manière égale – et obligatoire – entre les deux parents… Aux grincheux qui s’inquiètent de voir le système totalement déséquilibré par une augmentation des retraites féminines, on peut répondre que l’augmentation du taux d’activité des femmes et de leur salaire permettrait à l’ensemble de la protection sociale de collecter davantage de ressources.

« Si les femmes ont des salaires équivalents à ceux des hommes, ce qui signifie un rattrapage de 25 %, les cotisations « retraite » vont beaucoup augmenter. Et ainsi de suite si leur taux d’activité égale celui des hommes », illustre Christiane Marty. En 2010, à la demande de la CGT, la Caisse nationale d’assurance vieillesse a fait une simulation pour évaluer l’impact de l’égalisation par le haut des salaires entre les sexes. Le gain annuel a été estimé à environ 11 milliards d’euros. Une autre projection, également réalisée à la demande de la CGT par les services de l’Agirc et de l’Arrco, montre que l’égalité salariale entre les femmes et les hommes permettrait un accroissement des cotisations tel que tout déficit serait effacé à l’Arrco. Celui de l’Agirc serait divisé par deux. « Il faut vraiment prendre les choses dans leur globalité, souligne Christiane Marty. Et insister sur le fait que l’émancipation passe pour toute personne par l’autonomie financière. »

Nolwenn Weiler

Photo : manifestation interprofessionnelle le 9 octobre à Paris / © Serge d’Ignazio

Notes

[1] Les femmes consacrent au travail non rémunéré une part de leur temps qui est plus du double de celle qu’y consacrent les hommes (24 % contre 11 %). À l’échelle européenne, ces inégalités sont encore plus criantes. Voir notre article à ce sujet.

[2] Voir le discours d’Emmanuel Macron devant le congrès de Versailles en juillet 2018.

[3] À partir de 2019, l’ARRCO (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et l’AGIRC (Association générale des institutions de retraite des cadres) fusionneront : il n’y aura plus qu’une seule caisse de retraite complémentaire pour l’ensemble des salariés.

[4] C’est également le cas d’autres régimes complémentaires « par points » : Ircantec (agents non titulaires de l’État et collectivités publiques), RSI complémentaire (régime spécial des indépendants), ou MSA complémentaire non-salariés (agriculture).

[5] D’autres dispositifs de solidarité permettent aux femmes de majorer leurs pensions de retraite : Majoration de durée d’assurance (MDA), qui permet l’attribution de trimestres au titre de l’accouchement et de l’éducation des enfants, ou Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) qui permet d’acquérir des droits à la retraite pour les personnes qui élèvent un ou plusieurs enfants.

[6] Voir l’interview de Jean-Paul Delevoye dans le Parisien.

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Communiqué de la FSU sur les annonces RETRAITE

Retraites: un scénario bien incertain tout autant qu’inquiétant pour les fonctionnaires…

Le Haut-commissariat à la réforme des retraites a confirmé la volonté de faire évoluer les régimes de retraites actuels vers un système «universel» à la place des 42 régimes de retraite actuels.

Ce nouveau système est basé sur un calcul par points et un compte unique identique pour le privé et le public. Tout dépendra donc de la valeur du point et des périodes de salaire prises en compte pour chaque salarié. Beaucoup d’incertitudes sur un système de cotisation «à l’aveugle» que les discussions à venir devront lever.

Mais si le gouvernement veut faire «plus simple» et «plus juste», la FSU affirme que la simplification n’est pas toujours synonyme de justice ! Ce nouveau système serait ainsi particulièrement défavorable aux fonctionnaires. En effet, leurs meilleurs salaires étant en fin de carrière, l’abandon du calcul de la pension sur les 6 derniers mois au profit d’un calcul sur l’ensemble d’une carrière sera pénalisant. Sans compter qu’un tel système doit reposer sur une politique de revalorisation salariale constante. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui dans la Fonction publique !
Et ce n’est pas l’intégration des primes dans ce calcul qui compensera les pertes occasionnées. Dans la Fonction publique, les primes sont versées de manière très inégalitaire entre les catégories, les versants et entre les femmes et les hommes au détriment des femmes.
Il reste aussi à ce stade beaucoup d’incertitudes sur la manière dont les solidarités seraient organisées. Faire financer par une cotisation à part les pensions de réversion, les droits familiaux, etc, aujourd’hui financés par les cotisations de l’ensemble des assurés pourrait fragiliser leur évolution.

Si le Haut-commissariat a confirmé l’âge minimum de départ garanti à 62 ans, les éléments de calcul du nouveau système pourrait de fait minorer le niveau des pensions rendant les 62 ans purement théorique.
La FSU revendique un retour à la possibilité de départ à la retraite à 60 ans et l’annulation de la décote. 

Aucune mesure d’amélioration du niveau des pensions n’est prévue à ce stade. La FSU continue de demander une indexation des pensions sur l’évolution des salaires, à rebours de la politique de gel des pensions menée actuellement. Pour .la FSU, renouveler le contrat entre les générations suppose un accord sur le niveau futur des pensions et donc sur leur financement. Cela nécessite de préciser aussi la prise en compte des droits familiaux et conjugaux, l’extension à des droits nouveaux (prise en compte des années d’étude, du statut des aidants…) et de garantir une évolution des pensions parallèle à celle des salaires. De plus avec  l’augmentation du nombre de retraité-es, la France doit consacrer une part plus importante des richesses qu’elle produit  à la redistribution envers les retraitée-es

Dans les discussions qui vont se poursuivre, la FSU défendra un scénario durable et solidaire, du système de retraites par répartition. Elle rappelle son attachement au code des pensions et s’opposera à sa disparition programmée en 2025  
La FSU demande au gouvernement de mener un dialogue social à la hauteur des enjeux et d’ouvrir rapidement les discussions au sein de la Fonction publique.

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Réforme des retraites…..Figaro + CGT + FO

Les partenaires sociaux étaient convoqués ce mercredi matin pour un bilan à mi-parcours sur la réforme des retraites. Jean-Paul Delevoye leur a présenté une quinzaine de lignes directrices, reprenant en partie les engagements d’Emmanuel Macron.

Le gouvernement a enfin dévoilé les «premiers grands principes» de sa future réforme des retraites. Après des mois de concertation en tête à tête, le Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté à l’ensemble des syndicats et des organisations patronales, qu’il réunissait pour la première fois ce mercredi matin au ministère des Solidarités, une quinzaine de lignes directrices, reprenant en partie les engagements d’Emmanuel Macron.

Ainsi, on savait déjà que le futur système «remplacerait les 42 régimes de retraite existants» tout en restant «public, par répartition», avec la promesse qu’«un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous les Français». Désormais, on sait qu’il sera financé par «tous les assurés», qui cotiseront «dans la limite de 120.000 euros bruts annuels» de revenus d’activité. «Ça devient plus concret mais ça confirme nos craintes. Ça va détruire les 42 régimes existants», a réagi le secrétaire général de Force Ouvrière à l’issue de la rencontre.

Pour les fonctionnaires, le changement sera radical. Ils cotiseront «au même niveau» que les salariés du privé, et les primes «seront prises en compte pour le calcul des droits à retraite», ce qui n’est pas le cas actuellement. Les travailleurs indépendants, en revanche, «bénéficieront d’un régime de cotisations adapté afin de ne pas bouleverser les équilibres économiques de leur activité». Ces cotisations seront converties en points, qui seront «accumulés tout au long de la vie» et «enregistrés sur un compte unique» pour calculer les futures pensions.

Les retraités actuels pas concernés

Échaudé au printemps par la polémique sur une possible suppression des pensions de réversion, l’exécutif assure désormais que ce dispositif de solidarité sera maintenu, de même que le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées. Idem pour «les interruptions d’activité» comme le chômage, l’invalidité, la maladie ou la maternité, pour lesquelles des points seront accordés. La réforme changera en revanche les droits familiaux, avec une bonification «pour chaque enfant, dès le premier enfant» et non plus à partir du troisième.

Catherine Perret de la CGT redoute pour sa part que le système ne fasse «baisser les pensions au niveau du seuil de pauvreté pour beaucoup, notamment pour les femmes».

Par ailleurs, l’âge légal «à partir duquel on pourra liquider ses droits restera fixé à 62 ans». Ce qui correspond à la ligne rouge tracée par les syndicats. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, pourtant favorable à la réforme, en avait même fait mercredi matin un «casus belli», de même que le «maintien des droits acquis», sur lequel l’exécutif s’est également engagé. Il se dit aujourd’hui satisfait sur ce point. «Sur l’âge on a obtenu assurance qu’il restait à 62 ans.»

Le Haut commissaire devra encore préciser si un «âge pivot» sera créé pour inciter les travailleurs à partir plus tard que l’âge légal, sur le modèle des retraites complémentaires des salariés du privé qui subissent une décote s’ils partent avant 63 ans. Sur ce point le leader de la CGT, Philippe Martinez, représenté par ses lieutenants à la réunion de mercredi, a flairé un piège. «On va vous dire “vous pouvez partir à 62 ans” mais si vous n’avez pas les moyens de vivre, vous allez continuer à travailler pour avoir plus de points», prédit-il, expliquant que «la finalité, c’est que vous allez partir à 65, 67 ans».

Le nouveau système ne concernera ni les retraités actuels, ni «ceux qui seront à moins de 5 ans de l’âge de départ lors de l’adoption de la loi», dont la discussion au Parlement est envisagée «dans le courant de l’année 2019». Pour tous les autres, la transition «sera très progressive» et les droits acquis «avant l’entrée en vigueur du nouveau système seront conservés à 100%».

D’ici là, une deuxième phase de concertation entre Jean-Paul Delevoye et les partenaires sociaux doit aborder des nouveaux sujets tout aussi sensibles, comme l’âge de départ, les taux de cotisation, la fonction publique, les régimes spéciaux. Le projet de loi est prévu pour juin 2019, alors que certains médias laissaient entendre que le calendrier serait ajourné en raison, notamment, des élections européennes.

MULTILATÉRALE HAUT-COMMISSARIAT AUX RETRAITES DU 10 OCTOBRE 2018

Quand c’est flou… c’est qu’il y a un loup !

mercredi 10 octobre 2018

Le haut-commissaire aux retraites a réuni les organisations syndicales de salariés et d’employeurs le 10 octobre pour un bilan de la 1ère phase de concertation sur la réforme systémique des retraites.
Face aux risques que comporte une réforme aussi radicale, en particulier, pour les salariés les plus fragiles (carrières hachées, CDD, temps incomplet de nombreuses femmes salariées, etc.), le gouvernement allonge les délais et recule la présentation du projet de loi à juin 2019, après les échéances électorales.
Il a présenté un cadre qui reste très flou destiné avant tout à rassurer. La majorité des citoyens n’est, en effet, pas dupe des risques de baisse des pensions pour toutes et tous.
Les mécanismes de redistribution et de solidarité sont tous remis en cause, ce qui vise en premier lieu les salariés du secteur privé. Il y a tout lieu de craindre que les nouveaux mécanismes de solidarité que le haut-commissariat envisage de reconstruire soient plus restreints, plus ciblés, plus individualisés, avec des économies réalisées sur le dos des plus fragilisés.
Cette perspective de régime unique conduirait à la disparition des régimes des fonctionnaires et des régimes spéciaux et, en conséquence, à la remise en cause des statuts d’agents publics et de fonctionnaires. De même, les retraites complémentaires disparaîtraient.
Aucune perspective de gouvernance démocratique du système de retraite n’a été évoquée par le haut-commissariat.
En affichant le maintien du niveau de cotisation (28 %) et de l’âge d’ouverture du droit à retraite (62 ans), le gouvernement veut faire croire que le nouveau système maintiendra le niveau de pension et l’âge de départ, avec un supplément de transparence.
Il n’en est rien.
Si par exemple on applique les règles de la retraite complémentaire actuelle en points (Arrco-Agirc) à la totalité du salaire, une pension de 1600 euros passerait à 1000 euros. Le gouvernement doit sortir du flou.
Le système en point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite. Il prend en compte la totalité de la carrière et pas les meilleures années (privé) ou la fin de carrière (public). La solidarité ne consistera qu’en points supplémentaires dont rien ne garantit qu’ils seront au niveau du salaire antérieur (maladie chômage, maternité, etc.).
Pour la CGT, les priorités sont : quel montant de pension et à quel âge ? Points sur lesquels le projet ne dit rien et n’apporte aucune garantie. 
La CGT réaffirme son opposition à ce projet et portera des propositions pour améliorer les droits de toutes et tous.

Montreuil, le 10 octobre 2018

Réforme des retraites : une réunion qui confirme les craintes et les oppositions de FO

Depuis plusieurs semaines, Force Ouvrière demande que la concertation en cours sur la réforme des retraites se transforme en consultation sur le futur projet de loi et ainsi sur des éléments concrets.

Lors de la réunion entre la ministre de la Santé, le Haut-commissaire chargé des retraites et les interlocuteurs sociaux, plusieurs craintes exprimées par FO ont été confirmées : le système universel de retraite remplacera bien les 42 régimes existants et il s’agirait donc bien d’un « régime unique par points » que nous refusons ; la réforme systémique sera évolutive de façon permanente puisque tous les ans le prix d’achat du point sera fixé par l’État pour que le « système reste à l’équilibre » ; pour les fonctionnaires l’État employeur se désengagerait de ses obligations ; et même le fameux engagement « 1 euro cotisé vaut les mêmes droits » est mis en défaut par le fait que les salariés paieront de fait pour les indépendants qui percevraient le minimum contributif unique.

La délégation Force Ouvrière a rappelé ses revendications. FO a demandé à la fois que le projet de loi soit dévoilé au fur et à mesure : il ne saurait être question de découvrir des éléments non débattus préalablement au moment de la présentation du projet de loi ! De plus FO demande que, rapidement, il soit réalisé des simulations sur des cas réels existants partant en retraite en 2019 ou 2020 et pour lesquels serait reconstituée la carrière avec le nouveau régime par points afin de comparer tant les montants de retraite que le maintien des grands principes (répartition, solidarité inter ou intra générationnelle, majorations familiales, interruptions d’activité, réversion, etc.). Pour FO, si l’engagement d’un « âge légal de la retraite à 62 ans à partir duquel on pourra liquider ses droits » est réaffirmé, il n’est pas précisé « à taux plein » et un malus ou une décote pour un départ antérieur à 63 ans reste possible.

Les premiers éléments concrets dévoilés confortent nos analyses : individualisation et incertitude permanente, régime unique et ainsi casse des régimes existants et donc des statuts selon une logique de « déprotection », menaces sur nos principes de solidarité et d’égalité. La retraite par point c’est le travail sans fin, le régime unique c’est un modèle inique.

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Dépôt des plaintes contre les GAFAM !

Chers participants aux plaintes collectives contre les GAFAM,
Après six semaines d’une campagne qui a été dense et très bien relayée, nous avons reccueilli plus de 12 000 mandats pour attaquer les GAFAM dans le cadre de l’entrée en application du RGPD. Merci à vous pour votre soutien, votre confiance et pour les relais nombreux de cette action ! Et merci aussi à toutes celles et ceux qui ont participé à l’écriture collective des textes des plaintes (voir le communiqué ici : https://www.laquadrature.net/fr/plainteGAFAM) !
Nous avons officiellement déposé cinq plaintes devant la CNIL le 28 mai dernier, et nous avons reçu en fin de semaine dernière les accusés réception officiels. Chacune des plaintes déposées vise un des GAFAM, et concernent sept des services pour lesquels vous nous avez donné mandat (Facebook, Google Search, Gmail, Youtube, iOS, Amazon et LinkedIn)
Nous avons pris la décision de ne pas attaquer les douze services annoncés en une seule fois, mais de les étaller dans le temps, en espérant ainsi raccourcir le délai de réponse pour les premières plaintes et ainsi obtenir le plus rapidement possible des jurisprudence intéressantes. S’agissant des cinq services restants (Whatsapp, Instagram, Android, Outlook et Skype), nous allons attendre un peu de voir comment les choses évoluent avant de lancer les procédures contre eux.
Car les procédures que nous avons déjà initiées seront longues et nouvelles, et nous préférons y aller étape par étape.
Dans un premier temps, d’ici un mois au mieux, la CNIL devrait rendre une première décision pour répartir nos différentes plaintes entre les autorités de plusieurs États européens. C’est désormais la règle avec le règlement général sur la protection des données : si une entreprise collecte des données sur plusieurs pays, les CNIL de tous ces pays doivent collaborer pour trouver une décision commune. La CNIL d’un de ces États (celui où l’entreprise a le centre de ses activités dans l’Union européenne) est alors désignée « autorité chef de file » et est chargée de conduire l’instruction et d’animer cette coopération. Mis à part la plainte dirigée contre Amazon qui partira au Luxembourg, toutes les autres seront très probablement réceptionnées par l’autorité irlandaise.
Bref, nos plaintes seront les premières à éprouver ce nouveau mécanisme de coopération complexe : inutile donc de nous précipiter en tirant toutes balles d’entrée de jeu !
Les cinq plaintes déposées sont accessibles en ligne, et sont bien entendu librement réutilisable par toute structure qui souhaiterait lancer des actions de groupe du même genre : 
En attendant la décision de la CNIL qui ne saurait trop tarder, vous pouvez découvrir comment le RGPD pourrait « rebooter Internet » en lisant la tribune enthousiaste que Marne et Arthur, les deux animateurs de notre campagne d’action de groupe contre les Gafam, ont publié le 25 mai dernier : https://www.laquadrature.net/fr/25_mai !
Merci encore à vous tous, et on vous tient au courant des suites !
La Quadrature du Net
PS : si vous souhaitez être tenus au courant de ce que fait La Quadrature du Net par ailleurs, vous pouvez vous inscrire à notre newsletter : https://lists.laquadrature.net/cgi-bin/mailman/listinfo/actu

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Communiqué unitaire FP appel journee 22 mars

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1er, 6, 7 février … mars : Tous dans l’action

SNES-FSU, section académique de NantesLa section académique
aux

adhérent.e.s de l’académie

SNES
                  national
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }

Moyens en baisse,

Réforme du Lycée,

Sélection à l’Université,

Baisse du pouvoir d’achat…

Face au PLAN DE BATAILLE DU GOUVERNEMEDEF,
opposons NOTRE PLAN D’ACTION.

1er février : mobilisation dans les lycées et l’enseignement supérieur.

6 février : grève dans le second degré

7 février : états généraux de l’éducation

Et en mars : grève dans la fonction publique pour les salaires et l’emploi.

Du plan étudiant à la plateforme Parcoursup : l’instauration de la sélection !
le 1er février, agissons pour une université ouverte.

Les enjeux et les convergences entre le rapport de la commission Mathiot et le programme du candidat Macron sont trop forts pour que nous restions l’arme au pied en attendant sagement que le ministre fasse connaître ses arbitrages (d’ici un mois ?). Les attaques contre le baccalauréat et l’organisation des enseignements au lycée s’inscrivent dans la logique « bac-3/bac+3 » qui vise, en continuité avec la réforme du collège, à casser l’unité du second degré. L’individualisation des parcours ne peut que renforcer la mise en concurrence entre les établissements et accentuer les inégalités entre les élèves. Nous pensons au contraire que c’est en renforçant cette l’unité du second degré, en inscrivant les apprentissages dans la durée, que l’on pourra mieux lutter contre les inégalités scolaires et l’échec qu’elles génèrent.
Cette lutte est indissociable de nos combats pour l’amélioration de nos conditions de travail, alors que le rapport Mathiot préconise la semestrialisation, synonyme à terme d’annualisation des services.
Dans le même temps, les dotations communiquées aux établissements annoncent de nouvelles dégradations pour la rentrée 2018.


Le SNES-FSU, le SNUEP-FSU, le SNETAP-FSU, la CGT-educAction
appellent à la grève l’ensemble des personnels du second degré

Les sections départementales continueront à vous tenir informé.es des modalités précises de ces différentes mobilisations.

Rappel : un préavis de grève national court jusqu’aux congés de février pour couvrir toutes les actions.

Le secrétariat académique

SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38

site : www.nantes.snes.edu
Page Facebook du SNES Nantes compte
                  Twitter du SNES Nantes
Ce message est envoyé aux adhérents (à jour et non à jour) du SNES ayant fourni leur adresse électronique.
Cette adresse ainsi que les données personnelles communiquées au SNES sont accessibles et modifiables en ligne avec le numéro d’adhérent et le mot de passe qui figurent sur la carte syndicale.

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manifestation retraités jeudi 28 septembre

Le SNES 44, à l’instar de la FSU, appelle ses adhérents et sympathisants à participer à la manifestation nationale et intersyndicale organisée le 28 septembre pour la défense du pouvoir d’achat des retraités, et donc de celui des pour l’instant toujours actifs à plus ou moins brève échéance.

En pièce jointe l’appel détaillé ainsi que les rendez-vous suivants :

  • à 14h30 à Nantes à la Préfecture
  • à 10h00 à Saint-Nazaire Fontaines République (Paquebot)


Amitiés syndicales

SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

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Jeudi 30 mars, mobilisation des retraité-es

A l’appel des sept syndicats et associations, USR-CGT, UCR-FO, CFE-CGC, CFTC retraités, FSU retraité-es, Solidaires retraité-es et FGR-FP, deux rassemblements des retraité-es sont organisés en Loire-Atlantique jeudi prochain 30 mars :

  • A Saint-Nazaire, 10h30, Place Pierre Sémard (Gare SNCF-Bus)
  • A Nantes, 14h30, devant la Préfecture

 Télécharger l’appel.

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23 & 24 MARS : B Friot aux « Causeries de la Fac » Nantes

C’est avec plaisir que nous vous invitons dès aujourd’hui à 18 heures aux « Causeries de la fac » où Bernard Friot exposera ses thèses sur le salaire à vie et la copropriété d’usage des moyens de production.

Mercredi 23 mars à 18 heures
 
puis Jeudi 24 mars à 18 heures 
 
Amphi C Bâtiment TERTRE
Université de Nantes (arrêt Tram Facultés) 

En PJ, le flyer d’invitation à partager rapidement

Salutations Salariales

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CGT,CGT-FO, FSU, solidaires retraités

Appel des syndicats de retraités CGT, CGT-FO, FSU et Solidaires de Loire-Atlantique :

 

Pour la défense du service public et du pouvoir d’achat, les retraités dans la rue le 26 janvier

Les organisations de retraités CGT, CFT-FO, Solidaires et FSU de Loire Atlantique appellent  les retraités à participer aux manifestations de salariés, enseignants et fonctionnaires, qui auront lieu le 26 janvier, pour un service public de qualité et l’augmentation du pouvoir d’achat :

 

►parce que le blocage des salaires des fonctionnaires et les choix budgétaires du gouvernement compromettent le financement des services publics ;

►parce que l’hôpital public et ses personnels sont soumis aux fermetures de services et suppressions de postes, compromettant l’accueil et le traitement des malades ;

►parce que les désengagements imposés à la Sécurité Sociale entraînent une explosion des cotisations des mutuelles ;

►parce qu’aucune revalorisation des pensions de retraite n’est intervenue depuis 2013 ;

►parce que la pression fiscale s’est alourdie sur les retraités : application de la taxe de 0,3% sur les pensions, imposition des majorations familiales, suppression de la ½ part des veuves et veufs…;

►parce que les coûts restant à la charge des résidents des maisons de retraite et établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes sont insupportables pour une part grandissante de retraités ;

►parce que les retraités ne supportent plus les études, articles…, les présentant comme des privilégiés en les opposant à la jeune génération ;

►parce que les retraités sont solidaires des salariés en activité et qu’ils veulent défendre et conserver pour les futures générations les services publics garants de l’égalité républicaine et la Sécurité Sociale où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Les organisations de retraités CGT, CGT-FO, Solidaires et FSU de Loire Atlantique appellent les retraités  à rejoindre les manifestations du 26 janvier, 10h, à Nantes devant la Préfecture, et à Saint Nazaire, devant la Sous Préfecture.

Non à la politique d’austérité !

Augmentation immédiate des pensions et retraites !

Défense des services publics !

Toutes et tous aux manifestations mardi 26 janvier

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