Archives de la catégorie Retraites

Retraites : l’Unsa contre la réforme Macron

« Pour l’@UNSA_Education reculer l’âge de départ à 65 ans n’est pas acceptable », écrit Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa éducation, sur son fil Twitter . « Cela va venir accroître les tensions sociales alors que nous avons besoin de chercher la voie d’un pacte social juste, fédérateur et progressiste ».

 

Sur son fil

Macron et les retraites

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Election présidentielle 2022 : les syndicats vent debout contre le report de l’âge de la retraite à 65 ans. Le Monde

Grâce à Emmanuel Macron, les syndicats parlent d’une même voix, sans avoir besoin de se coordonner. Ils sont résolument opposés à la volonté du président-candidat de repousser l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans à 65 ans. Tout leur déplaît dans cette proposition, devenue officielle, jeudi 10 mars, et que le locataire de l’Elysée mettra en œuvre s’il est réélu pour un second mandat : la méthode pour l’annoncer, les arguments qui la justifient et ses conséquences pour de nombreux travailleurs.

Laurent Berger a eu une occasion en or pour manifester publiquement sa désapprobation. La CFDT, dont il est le secrétaire général, recevait, jeudi, à son siège parisien, des prétendants à la magistrature suprême (ou leurs représentants) pour les auditionner sur le dialogue social, le pouvoir d’achat, la transition écologique, etc. Durant cet exercice, c’est Richard Ferrand qui a porté la parole du chef de l’Etat. Le président de l’Assemblée nationale, proche du président et déjà très impliqué dans la campagne en 2017, a confirmé l’idée de relever de trois années l’âge d’ouverture des droits.

A l’issue de la rencontre, M. Berger s’est exprimé devant les journalistes pour redire qu’il trouvait ce projet « injuste » et « brutal ». « Ça pénalise ceux qui ont commencé à travailler tôt, ceux qui ont un métier pénible, ceux qui ont de la peine à se maintenir en emploi à un âge avancé », a-t-il déclaré, en expliquant que de nombreux assurés sont au chômage ou en invalidité lorsqu’ils réclament le versement de leur pension. Les individus dans cette situation-là risquent d’y rester encore plus longtemps s’ils doivent patienter jusqu’à 65 ans pour prendre leur retraite. A contrario, a ajouté M. Berger, les femmes et les hommes qui ont démarré leur vie professionnelle tardivement, avec des activités « plus soutenables » et « mieux valorisées », seront peu touchés par la réforme – « voire, pas du tout » « C’est de la solidarité à contresens. »

« Mesure dogmatique et simpliste »

Les autres responsables syndicaux, sollicités par Le Monde, sont exactement sur la même ligne. La démarche de M. Macron « me semble déplacée et en contradiction avec son affirmation de vouloir écouter les citoyens », indique Philippe Martinez, en soulignant que toutes les organisations de salariés sont hostiles à la mesure. Le numéro un de la CGT se montre plus que perplexe face aux promesses faites jeudi par la garde rapprochée du chef de l’Etat de conserver des exceptions pour les personnes ayant occupé des postes physiquement éprouvants : au début de la législature, rappelle-t-il, le gouvernement avait fortement amoindri un dispositif – le compte de prévention de la pénibilité – qui permet de stopper sa carrière avant 62 ans.

« Je n’accepte pas cette façon de faire, alors que la présidentielle se joue dans un contexte de guerre », enchaîne Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière (FO). Cela revient à transformer le scrutin « en pseudo-référendum » sur le passage à la règle des 65 ans. Or, poursuit-il, les motivations du vote sont multiples et ont peu à voir avec le sujet en question. Conclusion : si M. Macron s’impose, sa victoire ne vaudra pas approbation de la réforme par la population, aux yeux du patron de FO. D’après lui, les pouvoirs publics devraient agir différemment, notamment en veillant à ce que les salariés aient un emploi pérenne, à temps plein et convenablement rémunéré, jusqu’au moment de faire valoir leurs droits à la retraite.

Cyril Chabanier, le président de la CFTC, pense aussi qu’il faudrait s’attaquer à certains des problèmes qui se posent sur le marché du travail avant d’imposer un allongement de la vie active. Il évoque le sort des personnes qui s’usent à la tâche ou qui ont des parcours hachés – les femmes, en particulier. Il cite aussi le cas des seniors, qui mériterait d’être « mis sur la table » sérieusement, car la part des 60-64 ans en poste est faible en France, comparée à celle d’autres pays européens. Au total, la proposition de M. Macron revient à « commencer par la fin », reculer l’âge de départ ne devant être qu’une « dernière étape » à envisager après avoir traité les autres difficultés.

« C’est une mesure dogmatique et simpliste », s’indigne Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA. Pour étayer son propos, le syndicaliste s’appuie sur des études récemment présentées au Conseil d’orientation des retraites, qui montrent que les réductions des dépenses induites par ce type de réforme sont relativement « faibles » si on raisonne sur l’ensemble de la protection sociale, la baisse des sommes consacrées aux pensions étant en partie contrebalancée par la hausse du volume d’autres prestations (chômage, invalidité…). « Rien ne justifie économiquement de repousser l’âge légal à 65 ans », lance François Hommeril, le leader de la CFE-CGC. Selon lui, ce projet recèle une intention « cachée » « diminuer le montant des pensions ».

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La réforme des retraites sera inscrite au programme d’E Macron

On la croyait enterrée. L’élection présidentielle est l’occasion pour Emmanuel Macron de remettre en selle la réforme des retraites. Sur RTL le 10 mats, Gabriel Attal a annoncé que l’âge de départ en retraite sera progressivement repoussé à 65 ans. Une retraite minimum sera fixée à 1100 euros par mois pour des années complètes. G Attal a annoncé la suppression des régimes spéciaux, si E Macron est réélu, citant en exemple les régime de la SNCF ou d’EDF. « Nous ne devons pas abandonner l’idée d’un régime universel » a précisé le même jour R Ferrand. « L’idée c’est que les principaux régimes de retraite disparaissent ». La formule semble bien inclure le régime des fonctionnaires. Pour R Ferrand, « il nous faut collectivement travailler plus afin de financer notre modèle social, notre éducation, notre système de santé, nos armées ». En 2019 l’annonce de la réforme des retraites avait conduit à une grève historique des enseignants. Compte tenu de leur niveau de salaire, qui n’augmente qu’en toute fin de carrière, la réforme se traduisait par une baisse des retraites d’environ un quart. Le gouvernement avait promis une revalorisation salariale pour pouvoir maintenir les retraites des enseignants à leur niveau. Cette revalorisation n’a pour le moment concerné que la moitié des enseignants et dans des proportions très minimes. Dans son rapport sur les politiques budgétaires à venir, la Cour des Comptes a clairement inscrit la nécessité d’une réforme des retraites avec alignement des régimes. Ce scénario est donc bien relancé. Les enseignants pourraient en être les premières victimes.

 

G Attal

La Cour des Comptes

Sur la réforme des retraites

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Retraites : vers le recul de l’âge de départ ?

« Ca fait 18 mois que l’on assiste au jeu « je réforme, je réforme pas », explique Benoît Teste , secrétaire général de la Fsu. Un jeu que l’on a vu encore cette semaine avec une déclaration devant l’Assemblée du secrétaire d’Etat aux retraites disant que la réforme se fera, suivie d’uen autre du premier ministre disant qu’aucune date  n’est fixée. La Fsu fait le point le 9 septembre sur ses échanges avec J. Castex et l’avenir de la réforme.

« Le projet de retraite par points semble enterré », dit Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu. Mais Emmanuel Macron tient à faire une réforme. « Il veut relancer des mesures plus faciles ». Parmi les mesures présentées au syndicat figure la retraite minimale à 1000€, le recul de l’âge de la retraite et la suppression des régimes spéciaux.

« Il ne s’agit pas de la suppression du régime des fonctionnaires », précise B Teste , « mais d’autres régimes spéciaux comme les cheminots ». Et ça ne concernerait que les nouveaux entrants dans ces entreprises. « Le recul de l’âge de départ en retraite serait terrible pour les enseignants », nous dit-il. « A 62 ou 63 ans un enseignant a du mal à faire classe ». Pour Benoit Teste, si l’Elysée pousse à la réforme, J Castex  » a le pied sur le frein ».

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Retraite : le gouvernement maintient la réforme

« Il nous faudra la faire pour assurer la pérennité du système par répartition. Il nous faudra la faire pour que notre système soit plus juste », a affirmé devant l’assemblée, le 7 septembre, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat en charge des retraites. On sait que la réforme annonce par le gouvernement se traduirait par un effondrement du volume des pensions des enseignants. La revalorisation actuelle est trop basse pour y changer grand chose. Laurent Pietraszewski n’a pas fixé de date pour cette réforme. Plus de précisions pourraient sortir du conseil des ministres aujourd’hui.

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Tract 1er octobre mobilisation retraité-es

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SONDAGE EXCLUSIF – Retraites : seuls 20 % des Français sont disposés à une hausse de l’âge légal. Les Echos

Publié le 8 juil. 2021 à 17:00Mis à jour le 8 juil. 2021 à 17:49

Voilà qui risque de conforter tous ceux autour d’Emmanuel Macron qui jugent le moment malvenu de réformer les retraites, et pensent que les Français ont besoin d’apaisement, que la question doit être un débat de la présidentielle et un chantier du prochain quinquennat. Qui plus est avec une remontée de l’épidémie due au variant Delta.

Selon un sondage Elabe pour « Les Echos », Radio classique et l’Institut Montaigne, seuls 20 % des Français sont favorables à un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, alors même que la nécessité de devoir « travailler plus longtemps » est régulièrement rappelée par l’exécutif. Le passage à 64 ans est notamment défendu par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Seuls les électeurs de François Fillon à la présidentielle de 2017 sont majoritairement favorables (53 %) à une hausse de l’âge légal.

A l’inverse, 48 % des Français souhaitent le maintien de l’âge légal à 62 ans (c’est même la volonté de 51 % des électeurs de premier tour d’Emmanuel Macron en 2017). Surtout, un tiers des personnes interrogées (32 %), soit un bond de 7 points depuis avril 2019, sont favorables à un abaissement de l’âge légal. C’est l’une des propositions de Marine Le Pen, qui veut revenir à 60 ans.

C’est sans doute là une conséquence de l’évolution du rapport au travail due à la crise sanitaire, avec des Français épuisés et qui, relève Vincent Thibaud, chef de groupe chez Elabe, « ont aussi réfléchi sur leur vie durant cette période. Cela a pu alimenter cette envie de ne pas la passer au travail ».

« Au final, ce sont 80 % des personnes interrogées pour lesquelles il n’est pas question de repousser cet âge légal, poursuit-il. L’état de l’opinion sur le fond n’est ni plus ni moins défavorable qu’en 2019, mais l’âge est un tel totem que cela risque de balayer tout le reste comme les mesures de justice. Cela réveille aussi le clivage gauche-droite ».

Inquiétude sur la pérennité financière

Par rapport à janvier 2019, les Français interrogés portent un regard un peu plus positif sur le système de retraites actuel mais ils restent très partagés puisque 52 % d’entre eux (+ 9 points) estiment qu’il fonctionne bien, contre 47 % (- 10 points) pensant l’inverse. Ils demeurent en revanche pessimistes sur sa pérennité financière, puisqu’une proportion en hausse (57 %, + 2 points depuis novembre 2019) avance que le système ne peut pas financièrement continuer à fonctionner ainsi.

Reste que, pour le pérenniser, une majorité (62 %, – 1 point depuis avril 2019) privilégie une hausse des impôts ou des taxes sur les foyers les plus aisés. Une piste à laquelle l’exécutif s’est toujours opposé. Sans surprise, ils sont, en revanche, massivement opposés (91 %) à une baisse des pensions des retraites. Et la suppression des régimes spéciaux continue de recueillir l’assentiment d’une forte majorité (65 %).

Système universel par points

En revanche, alors même qu’Emmanuel Macron a semblé, dans le Lot, abandonner l’idée d’une réforme systémique, les sondés se montrent plus favorables qu’en 2019 à un système universel par points, à 61 % (en hausse de 9 points). La hausse est encore plus forte au sein des publics qui y étaient les plus défavorables (les 25-34 ans, les catégories populaires, les abstentionnistes du premier tour de 2017 et les électeurs de Marine Le Pen). « Sur le principe, l’idée d’un système universel, plus juste, plaît, souligne Vincent Thibaud. C’est dans le détail que les difficultés arrivent. »

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Retraites : la piste du recul de l’âge légal étudiée par le gouvernement. Le Monde

Simple ballon d’essai ou réelle volonté de réformer ? Lors d’un déplacement dans le Lot, les 2 et 3 juin, Emmanuel Macron a soudainement replacé la question des retraites au cœur du débat. Assurant que la dernière année du quinquennat doit « être utile », le président de la République a prévenu qu’il aurait à prendre des « décisions difficiles ». Une chose semble sûre : l’édification d’un système universel de pensions, suspendue en mars 2020 à cause de la crise sanitaire, ne sera pas relancée, du moins pas « en l’état ». « Elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et du coup porteuse d’inquiétudes », a-t-il justifié. S’il a précisé qu’« il est trop tôt » pour se prononcer sur de nouvelles mesures, M. Macron a ajouté que « rien n’est exclu ». Ce qui laisse la place à beaucoup d’hypothèses et donne libre cours à toutes les supputations.

L’intervention du chef de l’Etat fait suite à des confidences distillées par des conseillers de l’Elysée au cours des précédentes semaines, laissant entendre que le projet de transformation, mis sous cloche l’an dernier, pourrait être repris dans une version amendée. « Il y a un récit à construire », indiquait-on alors dans l’entourage de M. Macron. Aujourd’hui, les intentions se précisent. Comme le remarque un dirigeant syndical, dépité, « ce n’est plus une petite musique mais une fanfare ». Bruno Le Maire ne s’est, d’ailleurs, pas fait prier pour jouer de la grosse caisse. « La réforme des retraites doit être une priorité. Il est bon que cette réforme ne tarde pas trop », a réaffirmé, dimanche, sur Europe 1, le ministre de l’économie.

Une conviction qu’il répète inlassablement depuis des mois : dans son esprit, le fait de mener à bien ce chantier contribuera au rebond de la croissance, après l’épisode récessif déclenché par l’épidémie de Covid-19. Le fait que cette rhétorique soit développée par le locataire de Bercy – seul durant l’automne et l’hiver, puis avec le concours de plusieurs sources gouvernementales – plaide pour une lecture financière de la réforme, même si d’autres objectifs sont mis en avant (simplification des règles, réduction des inégalités).

Besoins de financement

Il est vrai que le système de retraites représente une masse financière que les gardiens des deniers publics rêvent de faire maigrir : en 2020, 338 milliards d’euros ont été consacrés au paiement des pensions, soit environ 14,7 % du PIB, selon le dernier rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR). Ce qui en fait le premier poste de dépense publique. En outre, les régimes, pris dans leur globalité, étaient déficitaires de 18 milliards d’euros en 2020, et le retour à l’équilibre n’est pas en vue avant le milieu des années 2030, d’après le COR.

Plusieurs curseurs peuvent être déplacés pour combler les besoins de financement. La hausse des cotisations constitue une première option, mais l’exécutif a toujours prétendu qu’il s’y refuserait et le patronat ne veut pas en entendre parler. Autre possibilité : toucher au niveau des prestations. Là encore, une telle idée a peu de chances de prospérer. En 2018, le gouvernement avait imposé un quasi-gel des pensions pour les deux années suivantes, avant de revenir en partie sur cet arbitrage, devant la bronca des retraités.

En revanche, une option paraît être sérieusement étudiée : le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, qui se situe aujourd’hui à 62 ans dans le régime général. Il s’agit d’une piste politiquement explosive, mais qui présente le mérite d’être efficace sur un plan budgétaire. Durant la campagne présidentielle, M. Macron l’avait exclue, indiquant, dans un entretien au Figaro du 16 février 2017, qu’« il n’y aura pas (…) de modification dans les cinq ans à venir [de ce paramètre] ». Mais le contexte a radicalement évolué et cette hypothèse ne semble désormais plus taboue.

Une augmentation de l’âge à partir duquel un assuré peut réclamer le versement de sa pension « s’écrit facilement », fait remarquer un acteur au cœur du dossier. Autrement dit, cette mesure est très simple à élaborer. Si elle était décidée « en juillet », complète cette source, cela « permettrait encore, le cas échéant, de préparer une disposition » dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022, qui doit être présenté à la rentrée. Un âge d’ouverture des droits porté à 64 ans « pourrait rapporter à terme jusqu’à une vingtaine de milliards d’euros [d’économies par an] », affirme la même source. Un autre expert évoque, pour sa part, un ordre de grandeur de « 15 milliards d’euros ». En 2016, la direction générale du Trésor avait évalué l’impact de plusieurs scénarios : avec un passage à la règle des 64 ans (au rythme de trois mois par génération), le poids des dépenses de pension dans le PIB serait inférieur, en 2030, de 0,4 point environ par rapport à une situation où la législation reste inchangée.

Signal aux électeurs de droite

Les chiffrages qui circulent doivent cependant être pris avec précaution, car ils ne tiennent pas toujours compte de l’ensemble des effets induits par une élévation de l’âge légal de départ. Certaines de ces incidences peuvent entraîner un surcroît – au moins temporaire – de dépenses, qui n’est pas supporté par le système de retraites, mais par d’autres dispositifs de protection sociale : entre notamment dans cette catégorie le cas des seniors qui ne parviennent pas à rester en emploi jusqu’à l’âge requis et peuvent bénéficier de diverses prestations (revenu de solidarité active, pension d’invalidité, allocation-chômage…).

Enfin, le gouvernement peut actionner un autre levier pour inciter les assurés à prolonger leur carrière au-delà de 62 ans : c’est la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension à taux plein. La loi Touraine de 2014 avait déjà prévu de l’augmenter, de manière très progressive, entre 2020 et 2035. Elle atteindra 43 ans pour les personnes nées à partir de début 1973. Une des mesures envisageables consisterait à accélérer le calendrier : ainsi, appliquer une durée de cotisation de 43 ans dès la génération 1964 permettrait de réaliser 3,9 milliards d’euros d’économies en 2027, d’après les calculs effectués l’an passé dans le cadre de la conférence de financement. Une durée de cotisation à 44 ans – qui n’est actuellement pas prévue par la loi – à partir de la génération 1968 rapporterait un peu plus (5 milliards d’euros).

« Si le thème de la dette s’impose dans la campagne présidentielle, repousser l’âge de départ à la retraite peut permettre au gouvernement de crédibiliser le fait qu’il n’aura pas à augmenter les impôts, ni à toucher aux autres dépenses en matière d’éducation et de santé, pour réduire la dépense publique », considère Philippe Martin, le président du Conseil d’analyse économique, un think tank rattaché à Matignon. Aller dans ce sens permettrait aussi au chef de l’Etat de montrer qu’il continue à transformer le pays tout en envoyant un signal aux électeurs de droite.

Risque politique

Au sein de la majorité parlementaire, ils sont plusieurs à insister sur la nécessité de bâtir un système de retraites « budgétairement fiable », selon la formule de Guillaume Gouffier-Cha, député La République en marche du Val-de-Marne et rapporteur général de la réforme lors de son examen à l’Assemblée nationale. « Les Français ont conscience qu’il faut agir », déclare-t-il, en faisant allusion aux besoins de financement. Le parlementaire macroniste plaide aussi pour que le projet redémarre dans le but d’améliorer la « lisibilité » du dispositif et de « réduire les inégalités » – une thématique qui concerne notamment les « travailleurs de la deuxième ligne », mais renvoie aussi à l’abolition des régimes spéciaux. « On a le choix entre le faire dès à présent ou l’inscrire dans le débat pour la présidentielle, dit-il. On n’aura pas peur de s’engager dessus dans la perspective [de 2022]. »

Mais le risque politique est réel : le gouvernement est bien placé pour savoir que le sujet des retraites est inflammable, comme l’a illustré le long mouvement social de l’hiver 2019-2020. D’ailleurs, les syndicats sont déjà sur leurs gardes. Lundi, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a jugé que « ce serait une erreur » de relancer la réforme des retraites, car « il y a bien d’autres priorités ». « La détermination de Force ouvrière reste entière », renchérit son homologue de FO, Yves Veyrier. « Il n’y a pas de voie de passage pour l’heure, estime également Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT. Il ne faut pas mettre en péril la reprise économique et ce n’est pas le moment de se confronter à un sujet clivant. » Un haut gradé syndical est plus direct : « Soixante-quatre ans, ce serait la guerre ! » L’exécutif est prévenu.

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Emmanuel Macron ne pense pas que « la réforme des retraites puisse être reprise en l’état » Le Monde

La réforme des retraites attendra encore. Le président de la République, Emmanuel Macron, a estimé, jeudi 3 juin, que la très controversée réforme ne pouvait pas « être reprise en l’état », après sa suspension en mars 2020, au début de la pandémie de Covid-19.

« Elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et porteuse d’inquiétudes, il faut le reconnaître, être lucide sur la manière dont le pays l’a vécue », a-t-il expliqué devant la presse à Martel, dans le Lot. La pandémie a changé la donne. « La faire maintenant, ce serait ne pas prendre en compte le fait qu’il y a déjà beaucoup de peurs », a-t-il assuré, ajoutant qu’il était « trop tôt ».

Pour le président, la « priorité absolue » est d’abord « la question du travail et de la reprise d’activité ». Ensuite, a-t-il poursuivi, il faudra voir « comment la solidité de nos dépenses publiques est assurée dans la période. C’est trop tôt pour répondre ». Dans tous les cas, « ce ne sera pas la même » réforme. Le chef de l’Etat a expliqué que le sujet serait abordé « dans le débat avec les Françaises et les Français, les représentants syndicaux et patronaux, les partis politiques et les experts ».

La majorité est divisée sur le bien-fondé de relancer, à l’approche de l’élection présidentielle de 2022, le débat sur ce projet de réforme ultrasensible, à l’origine d’un mouvement social d’ampleur à l’hiver 2019-2020.

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a récemment estimé que la France en avait besoin « pour que [le] système de retraites par répartition soit financièrement viable ».

Le Monde avec AFP

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Plan de relance : retour de la réforme des retraites

Le document final du plan de relance transmis au Parlement évoque à nouveau la détermination du gouvernement d’aller au bout de la réforme des retraites. Si l’Education nationale y a sa part, l’essentiel des financements vont à des aides aux entreprises et au soutien à l’emploi. JM Blanquer a fait inclure dans le plan ses projets comme les internats d’excellence ou les Cordées de la réussite, des dispositifs qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves.

Un plan de 100 milliards

Le plan de relance c’est 100 milliards dont 40 milliards de subventions européennes orientés sur trois axes : le verdissement de l’économie (30Mds), la compétitivité (34 Mds dont 20 de réduction d’impots) et la transition numérique (36 Mds). « Ces investissements seront accompagnés de réformes destinées à en accroître l’impact et à soutenir également le potentiel de croissance. Ainsi, entre autres, les réformes engagées amélioreront l’efficacité de la politique du logement, du marché du travail et de l’assurance-chômage, et, lorsque les conditions le permettront, du régime des retraites », précise d’emblée la  synthèse gouvernementale.

Le retour de la réforme des retraites

La relance de la réforme des retraites est clairement annoncée.  » Nous restons déterminés à mener une réforme ambitieuse du système de retraites », dit le gouvernement. « Le système actuel des retraites en France est insatisfaisant : d’une part, il génère de profondes inégalités, du fait de sa fragmentation et de l’existence de règles de calcul des pensions très hétérogènes, d’autre part, il ne valorise pas assez l’emploi des seniors, ce qui explique pour partie le très fort retard français en matière de taux d’emploi des 55-64 ans. S’ajoute à ces difficultés un déséquilibre financier structurel important ».

Plus significatif est le rappel du projet de 2019. « Le projet de réforme présenté en décembre 2019, et actuellement suspendu du fait de la crise sanitaire, a pour but d’engager cette réforme en profondeur du système de retraites. Nous sommes convaincus que des mesures visant à harmoniser progressivement les règles des différents régimes de retraite pour en améliorer l’équité, à inciter à l’activité pour augmenter le potentiel de croissance du pays, et à préserver sa soutenabilité financière restent pertinentes. Le dialogue social devra être repris sur ces questions dès que l’amélioration de la situation sanitaire et économique le permettra ».

Or pour les enseignants ce projet de réforme des retraites est une catastrophe. Son annonce en 2019 a conduit à une grève historique des enseignants avec 65 à 75% de grévistes. C’est que la réforme gouvernementale est très injuste envers les enseignants qui en sont les principales victimes. Dans la réforme, le montant des retraites varie selon les points acquis. Ceux-ci correspondent aux salaires perçus tout au long de la carrière, primes inclus. Or les salaires enseignants ne s’élèvent qu’en toute fin de carrière. Ils sont très faibles auparavant. Calculer la retraite enseignante sur toute la carrière au lieu des 6 derniers mois fait chuter énormément le montant de la retraite. Selon l’insee le salaire des enseignants est inférieur de 25% au salaire moyen des autres cadres A de la fonction publique. Les enseignants touchent moins de primes que les autres fonctionnaires. Le ministère le reconnait lui-même : un attaché d’administration touche 45% de primes.  Chez les enseignants on a en moyenne 12% de prime selon le Bilan social du ministère. Mais avec de grosses inégalités selon les corps.

Le 19 décembre, après cette grève très puissante, le premier ministre avait annoncé un plan de revalorisation des enseignants. Il a été d’abord question de 10 milliards. C’est en effet la somme qui serait nécessaire pour atténuer l’effet de la réforme des retraites pour les enseignants. Une loi de programmation devait organiser cette montée en puissance des salaires enseignants. On n’en entend plus parler. Finalement la revalorisation des enseignants a été présentée en novembre 2020. Elle représente seulement 400 millions et pour 69% des enseignants se limite à 12.50€ par mois.

Qu’en est-il de l’éducation ?

Si le financement des aides aux entreprises est très structuré, l’éducation n’apparait que de façon indirecte dans les différents axes principaux. Il n’y a pas de projet ou même de programme éducatif dans le plan de relance. Mais des opportunités de saisir des subventions sans aucune cohérence.

Le programme le plus important c’est « la transformation numérique des écoles » c’est à dire un programme pour aider les collectivités locales à équiper les écoles. 132 millions sont prévus , soit 101 en 2021 et le reste en 2022. C’est évidemment une somme importante. Mais au final elle ne représente que 2600€ par école.

La mise à niveau informatique de l’administration de l’éducation nationale n’a pas été oubliée. Il s’agit de faire financer par le plan de relance la refonte des outils de gestion du 1er et du 2d degré. 35 millions y seront consacrés.

Troisième mesure phare le financement de 1300 places dans des « internats d’excellence », un dispositif mis en place par JM Blanquer quand il était Dgesco avant 2012 et dont l’évaluation avait été négative. Ce projet revient avec un financement à hauteur de 50 millions.

Quatrième mesure fortement soutenue par le gouvernement, les Cordées de la réussite. Là aussi il s’agit d’un dispositif qui n’a pas été évalué positivement. Les évaluations existantes, qui sont un peu anciennes, sont négatives. Le gouvernement reprend ce dispositif légué par la droite. Il veut faire passer le nombre d’élèves concernés de 80 000 à  200 000 et dépensera 10 millions pour cela.

Au nom de la transition énergétique, 4 milliards sont prévus pour la transformation des batiments publics. Une part ira sans doute à des locaux scolaires sans qu’on sache combien. L’objectif est de les isoler davantage et de les rendre moins dépendants des énergies fossiles.

Deux autres programmes concernent indirectement l’Education nationale. Le plan de poursuite d’études va disposer de 75 millions. Il y aura la création de 475 postes en BTS et le financement d’heures supplémentaires. L’objectif est de créer 5700 places en BTS, 6000 en CAP et près de 10 000 places dans le supérieur, parfois sous la forme de formation courte d’une année probablement non qualifiante.

Un dernier projet concerne la formation des jeunes de 16 à 18 ans qui sont sans emploi et sans formation. 35 000 jeunes devraient bénéficier d’une formation d’un maximum de 13 semaines qui vise principalement à travailler leur « compétences sociales », c’est à dire leur adaptabilité e entreprise.

Du plan de relance on gardera donc l’annonce de la relance du projet de réforme des retraites. Aucune date n’est données. Mais l’ensemble des mesures du plan de relance sont à brève échéance.

 

Le plan de relance

Réforme des retraites : le dossier

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Urgence EHPAD – MSF lance un appel à la mobilisation

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dans les EHPAD
Cher Monsieur,

J’espère que cet email vous trouve, vous ainsi que vos proches, en bonne santé.

Alors que l’épidémie s’étend sur le territoire national, nous sommes particulièrement préoccupés par la situation des personnes âgées dans les EHPAD. La détresse et l’épuisement d’une partie du personnel de ces établissements s’ajoutent aux difficultés structurelles du secteur.
Depuis avril 2020, les équipes MSF sont présentes dans 56 EHPAD dans lesquels elles apportent un soutien médical et psychologique. Face à la seconde vague de COVID-19 en train de déferler, et avec des services hospitaliers de plus en plus sous tension, ces établissements ont besoin de renfort médical.
MSF lance une intervention d’urgence pour accompagner les EHPAD en difficulté et renforcer la prise en charge médicale. Mais pour y parvenir, nous avons besoin de vous :

Dans certains cas, il s’agira de renforcer directement les soins médicaux et infirmiers, dans d’autres de fournir des conseils techniques pour contrôler les risques d’infection et continuer d’organiser des visites de famille par exemple. Un soutien psychologique pour le personnel et les pensionnaires continuera d’être proposé […] nous pourrions aussi fournir des équipements médicaux, notamment pour assurer un apport d’oxygène aux patients rencontrant des difficultés respiratoires.
Je connais votre engagement aux côtés de MSF et j’espère pouvoir compter sur vous pour diffuser notre appel.
La protection des plus vulnérables face à la COVID-19 ainsi que leur prise en charge reste pour MSF une priorité. Votre don renouvelé permet à nos équipes d’agir en France, comme dans plus de 70 pays dans le monde, et je tiens sincèrement à vous en remercier. Vous êtes indispensable à notre organisation.
Merci.
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La réforme des retraites sera poursuivie

On la croyait à moitié enterrée depuis les propos présidentiels qui ne fixaient plus de date à sa mise en place. Selon Challenges, J Castex commande au Conseil d’orientation des retraites un rapport sur la situation financières des caisses de retraite pour fin septembre.  » La réforme des retraites sera poursuivie » ajoute-il.

 

Sur Challenges

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Retraite : J. Castex confirme le retour de la réforme

« S’agissant des retraites, donc, il a d’ores et déjà été acté que, dans le cadre des concertations à reprendre, nous distinguerions, d’une part, la réforme de fond, à laquelle nous ne renoncerons pas qui vise à instaurer un système de retraite plus juste et que tous les Français attendent, et d’autre part, les dispositions qu’il y aura lieu de prendre pour sauvegarder le système actuel». Le 8 juillet devant l’Assemblée , puis devant le Sénat, le premier ministre a confirmé que la réforme des retraites reprend son cours interrompu par la pandémie. « Sur tous les bancs de cette assemblée, indépendamment de ce que vous pensez du futur régime de retraite, qui pourrait laisser s’effondrer le système actuel ? Nous devons donc, en responsabilité et avec les partenaires sociaux, dans le cadre d’une concertation, prendre les dispositions nécessaires pour en assurer la sauvegarde ». Devant le Sénat, il ajoute : « Nous faisons face à une crise exceptionnelle, mais faut-il pour autant renoncer aux réformes entreprises ? Non, rien ne serait pire que de revenir à une forme d’immobilisme. Je dirige un gouvernement de combat, dans un contexte particulièrement dégradé ». La réforme organise une baisse de toutes les prestations retraites grâce au système de points. Elle prévoit une baisse de la retraite des enseignants encore plus importante que celle des autres salariés. Le premier ministre a aussi annoncé l’entrée en vigueur à la rentrée de l’obligation de formation jusqu’à 18 ans inscrite dans la loi Blanquer.

 

A l’Assemblée

Loi retraite : le dossier

La loi retraite butte sur les enseignants

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Jean Castex va relancer la réforme des retraites

«La crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C’est mon souhait », a déclaré J Castex le 4 juillet. « A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social ». Le premier ministre relance ainsi la réforme qui a le plus mobilisé l’opinion contre le gouvernement. Pour les enseignants, le retour de cette réforme est une très mauvaise nouvelle. Ils ont le plus à y perdre. « Il n’aura donc même pas fallu attendre la fin de l’épidémie pour voir relancée cette réforme injuste pourtant rejetée par un mouvement social inédit par sa durée et ses formes d’organisation », écrit la Fsu. Le syndicat « n’accepte pas » cette réforme. « Le projet rend incertain le montant des pensions, qui ne dépend plus que de la variation de la valeur d’un point. À rebours de ces orientations, le besoin de sécurisations collectives n’a jamais été aussi grand qu’après la crise sanitaire. La FSU demande l’abandon définitif de cette réforme, l’ouverture de discussions pour améliorer le système solidaire par répartition actuel, l’augmentation immédiate des minima de pensions au niveau du Smic ».

 

Déclaration de J Castex

Fsu

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La réforme des retraites, «victime collatérale» de la pandémie,27 MAI 2020 PAR DAN ISRAEL ET ELLEN SALVI Médiapart

Des mois de débats, une mobilisation sans précédent, une discussion parlementaire tranchée par un 49-3 et puis… rien. Depuis plusieurs semaines, la réforme des retraites, qui aurait dû déboucher sur la création d’un régime « universel » par points, a disparu des radars. Pour l’heure, chacun s’en tient à ce qu’Emmanuel Macron avait annoncé le 16 mars, lors de sa deuxième allocution consacrée à la crise sanitaire, à savoir la « suspension » de toutes les réformes en cours, à commencer par celle-ci. Mais dans les faits, beaucoup considèrent que le sujet n’est plus d’actualité.

« C’est fini, on peut mettre le texte à la poubelle », assure un conseiller ministériel. Le 3 avril, sur TF1, Édouard Philippe avait confirmé qu’« un certain nombre de réformes » n’avaient « plus lieu d’être dans la situation actuelle », sans s’avancer davantage sur le devenir de celle que l’exécutif souhaitait voir adoptée avant l’été. Depuis lors, aucun des acteurs du dossier n’a plus jamais entendu parler du sujet. « On est dans un processus d’évaporation », estime Frédéric Sève, le « Monsieur Retraites » de la CFDT, seul syndicat d’envergure favorable au principe d’un régime universel.

Selon lui, « le président et le premier ministre ont donné les termes du débat : il faut éviter les sujets qui divisent les Français », ce qui « dresse l’acte d’accusation sur cette réforme »« Nous n’avons pas eu du tout de contact avec le gouvernement depuis la mi-mars, nous en sommes réduits aux paris sur l’avenir, ajoute Catherine Perret, secrétaire confédérale CGT chargée du dossier. On se dit qu’ils auront du mal à remettre le couvert : après le vote à l’Assemblée, il faut inscrire le projet de loi à la discussion au Sénat, ce qui n’a pas été le cas jusque-là. » Et qui risque fort de ne jamais l’être.

« C’est un problème qui n’a pas été abordé une seule fois depuis le début du déconfinement, affirme le sénateur Les Républicains (LR) René-Paul Savary, initialement désigné comme rapporteur du texte au palais du Luxembourg. Pour moi, cette réforme est enterrée. » « Ce n’est pas inscrit à l’ordre du jour du calendrier parlementaire », a d’ailleurs indiqué le ministre chargé des relations avec le Parlement, sur Europe 1. Comme bon nombre d’élus de la majorité, Marc Fesneau continue toutefois de penser qu’il « faudra bien qu’un jour ou l’autre on résolve ces questions ».

Le député La République en marche (LREM) Guillaume Gouffier-Cha, rapporteur général du texte à l’Assemblée nationale, insiste lui aussi sur le fait que « le sujet retraites n’a pas disparu ». Mais il faudra, précise-t-il, « connaître la réalité de la crise sociale et économique, et son impact sur les régimes sociaux », avant d’imaginer relancer un quelconque débat autour de cette question. « Franchement, ça va pas être la priorité… », glisse un ministre. « On n’en a pas parlé, ni en burex [bureau exécutif du parti – ndlr] ni à l’Élysée », confie le patron des sénateurs LREM François Patriat.

« Rien n’a été dit officiellement aux ministres, et il y a clairement eu des hésitations, souligne encore un interlocuteur habituel de l’exécutif. Les membres du secrétariat d’État [de Laurent Pietraszewski – ndlr] sont eux-mêmes dans l’expectative. Certains étaient convaincus qu’ils pouvaient faire leurs valises, que la réforme était morte. D’autres pensent pouvoir encore faire avancer le projet par petites touches. » En réalité, chacun attend de savoir ce que le président de la République a en tête pour amorcer la dernière partie de son quinquennat.

Bien que cette promesse soit sujette à caution, Emmanuel Macron l’a souvent répété depuis deux mois : il souhaite se « réinventer ». Pour le moment, nul n’est en mesure d’expliquer, y compris au sein du gouvernement, ce que cette expression recouvre. Toutefois, ils sont nombreux à pointer le risque – et l’impossibilité politique qui l’accompagne – de cliver de nouveau le pays. Si, comme le dit le président de l’Assemblée Richard Ferrand dans L’Express« l’heure est à des transformations radicalement apaisantes », ce n’est clairement plus celle des retraites.

Pendant la crise sanitaire, Laurent Pietraszewski a continué de suivre, semaine après semaine, l’économie des caisses de retraites pour que les quelque 17 millions de Français qui perçoivent une pension ne rencontrent aucune difficulté. Mais l’essentiel de son temps a surtout été consacré à la conception de « guides de bonnes pratiques » diffusés par le ministère du travail aux entreprises – depuis le 20 mai, il cumule d’ailleurs officiellement sa fonction avec une nouvelle casquette : « La protection de la santé des salariés contre l’épidémie de Covid-19. »

Si cela désole ses soutiens, l’abandon de la réforme des retraites ne fait pas que des mécontents. « C’est une victime collatérale de la crisenous n’allons pas bouder notre plaisir », affirme Catherine Perret de la CGT, pour qui « les fortes mobilisations de décembre-janvier ont permis de ralentir suffisamment » le processus pour qu’il soit stoppé aujourd’hui.

Chez Force ouvrière (FO), on estime aussi que la crise a « conforté » les arguments du syndicat. « On a bien compris que face au virus, les plus de 65 ans sont les plus vulnérables, et c’est eux qu’on imaginait faire travailler plus longtemps ? », interroge le secrétaire général Yves Veyrier. Et de poursuivre : « Alors qu’on va manquer d’emplois avec le chômage qui va fatalement s’aggraver, il vaudrait mieux éviter de maintenir au travail trop longtemps ceux qui ont un poste. »

Même à la CFDT, on sent un certain soulagement, tant l’affaire était mal engagée. « Porter un tel projet demande une certaine énergie, et je trouvais déjà au début de l’année que l’exécutif et la majorité parlementaire étaient en limite de charge. Le morceau devenait trop gros, reconnaît Frédéric Sève. Cela fait un an que l’exécutif s’était mis politiquement dans l’ornière, quand ils ont réussi à se fâcher non seulement avec les opposants au projet de réforme, mais aussi avec ses partisans. »

« Je reste sur mes gardes »

Depuis le printemps 2019, le duo exécutif s’était lancé dans un pas de deux délicat, pour ne pas dire incohérent. D’un côté, le président de la République voulait voir naître un nouveau régime de retraites, dont le principe même n’emballait pas vraiment le premier ministre. De l’autre, ce dernier, et avec lui une partie du gouvernement, comptait surtout réaliser des économies, en poussant l’idée de reculer l’âge de départ. Quitte à abandonner les trop grandes ambitions de remise à plat de tout le système.

Au mois de mars, après des semaines et des semaines de discussions, le débat sur les mesures budgétaires n’était toujours pas clos, puisqu’il avait été renvoyé aux travaux d’une « conférence de financement » lancée au début de l’année. « Pour nous, la conférence de financement, c’était une sorte d’armistice, mais toutes les divergences n’étaient pas comblées », rappelle le secrétaire national de la CFDT, qui estime encore possible d’avancer à petits pas, plus discrets, vers l’unification du système de retraites.

« Vous pouvez très bien construire le système universel par petits morceaux, explique Frédéric Sève. D’abord en créant des grands pôles – public, privé et indépendants – pour les régimes de retraites, puis en uniformisant les modes de calcul, voire en mutualisant les réserves. D’autant que tous les régimes ne vont pas sortir en bonne forme de la crise économique qui s’annonce. »

Catherine Perret, de la CGT, se veut prudente : « Notre équipe retraites va se réunir dans la semaine, car dans diverses caisses de retraites, et notamment celles des régimes spéciaux, on nous a alertés sur le fait que, même pendant la période de confinement, les travaux pour préparer le rapprochement des différents régimes ne s’étaient pas interrompus… » D’ailleurs, ce n’est pas parce que la réforme des retraites ne verra pas le jour telle quelle que certains de ses paramètres ne pourraient pas réapparaître.

« Je reste sur mes gardes, indique le secrétaire général de FO Yves Veyrier. Contrairement à ce qui avait été annoncé, on avait vite compris que l’objectif de cette réforme était de piloter le régime des retraites avec une vision budgétaire dominante. Or, aujourd’hui, compte tenu de l’endettement auquel nous serons confrontés à la sortie de la crise, d’aucuns pourraient considérer qu’il faut toujours agir sur l’âge de départ à la retraite. »

Les déficits vont en effet se creuser au cours des prochaines années. Alors que la conférence de financement était chargée de trouver comment combler 8 à 17 milliards d’euros de déficit à l’horizon 2027, un projet de loi organique du gouvernement évoque désormais 136 milliards d’euros de trou financier pour l’ensemble de la Sécurité sociale en 2033. L’idée qui circule actuellement serait de loger cette énorme dette dans la caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades).

Sans le choc du coronavirus et de ses conséquences économiques, cet organisme, chargé d’amortir les déficits, accumulés depuis 20 ans, de la Sécu, aurait dû disparaître en 2024, après avoir épongé toute la dette. Il faudra donc que les futurs gouvernements trouvent des recettes budgétaires supplémentaires, afin de résorber les nouveaux déficits. Toucher aux retraites pourrait alors être tentant, au regard des masses brassées : chaque année, environ 314 milliards d’euros de pensions sont versés à 16 millions de retraités.

« Dans un premier temps, on a gagné par forfait sur les retraites, mais nous ne sommes pas rassurés pour autant. Que va-t-il se passer pour le budget 2021 de la Sécurité sociale ?, demande Catherine Perret, de la CGT. Si le gouvernement décide d’annuler ou de reporter sa réforme après la présidentielle de 2022, ne sera-t-il pas tenté de mettre en place des mesures d’économies tout de suite, à partir de 2021 ? » C’est une question qui se pose, y compris dans les rangs de la majorité et du gouvernement, où certains poussent dans ce sens, malgré l’écueil politique qu’il comporte.

Dans tous les cas, « il faudra reparler des retraites, ne serait-ce que sur le budget », affirme le député LREM Guillaume Gouffier-Cha. « Certains plaident pour que l’on mette en œuvre toutes les avancées sociales du texte dès à présent, mais encore faudrait-il qu’il y ait un équilibre général du système, souligne un ministre. À ce stade, cette option n’est pas à l’ordre du jour. » Le sujet est balayé par plusieurs autres interlocuteurs, persuadés que l’heure n’est plus aux économies : « Je ne suis pas sûr que ce soit une réforme démontable », tranche un bon connaisseur du dossier.

La prochaine bataille concernant les retraites pourrait finalement se jouer sur un autre terrain. Car dans son projet de loi organique sur la Cades, le gouvernement prévoit aussi qu’une petite partie des sommes apportées dans cette caisse via la CSG serve bientôt à financer une nouvelle branche de la Sécurité sociale, chargée de gérer les questions de la dépendance des personnes âgées – aujourd’hui, la Sécu englobe quatre branches : retraites, maladie, famille, accidents du travail et maladies professionnelles.

Cette possibilité est un chiffon rouge pour la CGT. « Si ce projet aboutit, cela signifie que la Sécurité sociale sera en partie financée par l’impôt, à la main de l’État, et ce serait un pas de plus vers la privatisation de la Sécu, détaille Catherine Perret. Nous préconisons plutôt que la dépendance soit intégrée dans la branche assurance-maladie. » Le syndicat prévoit déjà qu’« il faudra sans doute défendre plus globalement le statut de la Sécurité sociale ». Mais il reconnaît aussi que cette question, plus générale et moins concrète, « rendra sans doute moins facile la mobilisation de la population ».

Or, c’est précisément ce que souhaiterait éviter Emmanuel Macron d’ici l’élection présidentielle de 2022 : la remobilisation de la population. « La réforme des retraites devra être mise de côté » si elle empêche la formation d’un « pacte républicain » à l’issue de la crise sanitaire, avait d’ailleurs fait valoir le patron des députés LREM Gilles Le Gendre, dans Le JDD, le 12 avril. Cette réforme « a montré à quel point notre démocratie sociale est épuisée », avait-il encore indiqué. « Entre deux réformes utiles, il faudra toujours choisir celle qui rassemble les Français. »

Pour ce faire, le délégué général du parti présidentiel, Stanislas Guerini, a même soumis l’idée, dans les colonnes de La Voix du Nord, de laisser tomber le sujet d’ici la fin du quinquennat, pour le remettre sur la table « dans le cadre d’un nouveau projet présidentiel ». Cette proposition est moquée jusque dans les rangs de la majorité, où certains des collègues du député de Paris pointent ironiquement son « indéniable sens politique »« Repartir en campagne avec un tel boulet, faut en avoir envie quand même », plaisante l’un d’entre eux.

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Retraite : Laurent Pietraszewski toujours chargé d’appliquer la réforme des retraites

Un décret publié au JO du 20 mai charge Laurent Pietraszewski de  » la protection de la santé des salariés contre l’épidémie de covid-19″. Mais il reste toujours en charge de la réforme des retraites. « Il prépare et met en œuvre la réforme des retraites, en lien avec les ministres intéressés. » Autrement dit la réforme des retraites n’est pas enterrée.

 

Au JO

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Déclaration des 8 orgas de retraités

Ci-joint un texte du groupe des 9 organisations de retraité-es (la CFTC au niveau national reste à l’écart pendant la crise sanitaire mais n’est pas en rupture avec le groupe des 9).

Télécharger la Declaration Groupe des 9-1

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communiqué interpro : 31 mars : journée nationale de grève

31 mars : journée nationale de grève

Des manifestations, actions, sans précédent ont eu lieu ce 8 mars journée internationale des droits des femmes. Elles ont exprimé le refus des violences faites aux femmes. Elles marquent la détermination à exiger l’égalité et, cette année tout particulièrement, à faire tomber ce système de retraite par point qui pénalisera particulièrement les femmes.

Les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL, FIDL appellent, dans la continuité de cette dynamique, et de celle de ce mouvement social inédit entamé le 5 décembre, à poursuivre les mobilisations locales et sectorielles partout sur le territoire.

Elles tiendront la « vraie conférence » sur le système de retraites le 24 mars prochain alors qu’une majorité de la population reste opposée à cette réforme et que le gouvernement s’enfonce dans le déni de cette réalité.

L’intersyndicale appelle à faire du 31 mars une journée nationale de grève. Elle appelle ce jour-là les travailleuses et travailleurs à une journée de grève interprofessionnelle et à organiser partout des actions (rassemblements, blocages, occupations…) et manifestations. Elle appelle les jeunes à se mobiliser sur leurs lieux d’études, à organiser des actions locales et à participer massivement aux manifestations. L’intersyndicale appelle d’ores et déjà à l’organisation d’assemblées générales dans tous les secteurs professionnels et lieux d’études où les salarié-es et les jeunes débattront des modalités d’actions à mettre en œuvre.

Le 31 mars et ses suites doivent être un nouveau message fort envoyé au gouvernement et au patronat.

La bataille des retraites est loin d’être terminée et l’intersyndicale construira les suites jusqu’au retrait du projet.

Paris, le 11 mars 2020

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Retraites : l’intersyndicale éducation donne rendez-vous le 24 janvier

Les syndicats CGT Éduc’action, FAEN, FNEC-FP-FO, FSU, SUD éducation  » appellent à des actions de grève, de convergences interprofessionnelles sur tout le territoire, les 22 et 23 janvier. Elles proposent d’organiser dans toutes les villes des « Retraites aux flambeaux » ou autres initiatives le jeudi 23 au soir. Elles appellent à faire du vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui devrait examiner le projet de loi, une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle ».

 

Communiqué

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Le coronavirus contre la réforme des retraites ?

 » Dans ce contexte exceptionnel, l’urgence est bien d’endiguer le coronavirus et non pas le passage en force de la réforme des retraites par points, c’est pourquoi les organisations syndicales demandent la suspension du processus législatif ». L’intersyndicale Cgc, Cgt, FO, Fsu, Solidaires, Fidl, Mnl, Unef et Unl, appelle le gouvernement à tenir compte du coronavirus qui va limiter les participations aux manifestations.

 

L’appel

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