Archives de la catégorie Rendez-vous

Des lycées contre la réforme

Alors que l’intersyndicale du second degré a décidé de faire du 17 janvier une journée d’actions, avec notamment des heures d’information syndicale, des lycées prennent le devant. Ainsi à Toulouse, la quasi totalité des enseignants du L.P. R Garros ont fait grève le 15 janvier pour le maintien de la filière GA. A Tours, c’est la réforme du lycée général avec la perspective de la fermeture d’une classe et de la suppression de 6 postes qui a mis en grève le lycée Vaucanson. A Blois, deux lycées ont manifesté contre la suppression de 8 postes à C Claudel et 4 à Dessaignes. A Saint Malo, un collectif de professeurs a manifesté contre les suppressions de postes (3 à Maupertuis) visant particulièrement les options. Ils dénoncent également lamise en concurrence des élèves. A Bagnères de Bigorre, l’heure syndicale au lycée V Duruy a pris la forme d’un rassemblement contre la réforme du lycée le 14 janvier. A Besançon, ce sont les lycéens qui manifestent contre la réforme.

Bagnères

Saint Malo

Blois

Toulouse

Tours

Besançon

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L’intersyndicale de la Fonction publique s’invite dans le grand débat

 » Au moment du grand débat national, où il sera notamment question de la réorganisation de l’État et des services publics, les organisations syndicales demandent au gouvernement la suspension du projet de loi relatif à la Fonction publique et des processus engagés sur la réforme de l’État ». La large intersyndicale CGC, CFDT, CFTC, CGT, FA FP, FSU, Solidaires, UNSA demande  » l’ouverture de négociations visant à renforcer la Fonction publique et les droits et garanties de ses personnels ».

Alors que le gouvernement a entrepris de briser les syndicats de la fonction publique, notamment en mettant fin au paritarisme, le lancement du grand débat et la situation sociale dans le pays sont des opportunités que l’intersyndicale saisit.

Dans un communiqué commun, les syndicats « appellent le gouvernement à changer d’orientation pour que soient confortés la Fonction publique, ses missions et le rôle des agent-es. A l’inverse des suppressions d’emplois et d’un recours accru au contrat prévus par le gouvernement, les organisations syndicales jugent indispensable la création d’emplois statutaires dans tous les services qui en ont besoin. Elles exigent également une revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es ».

Les syndicats se retrouveront à la fin du mois de janvier « pour examiner la situation et envisager les initiatives nécessaires. »

Communiqué

Le gouvernement veut mettre fin au paritarisme

Le gouvernement engage une réforme de fond

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Une intersyndicale appelle à la grève le 24 janvier

La fameuse « convergence des luttes » va t-elle se faire dans les lycées ? Huit syndicats d’enseignants et deux organisations lycéennes appellent à un mouvement commun en  deux étapes contre les réformes des lycées, du bac et Parcoursup. C’est toute la politique gouvernementale du second degré qui est rejetée. Une journée d’actions est prévue le 17 suivie d’une journée de grève le jeudi 24 janvier.

« Les organisations syndicales des personnels et des lycéens font l’analyse que les réformes des lycées généraux et technologiques, de la voie professionnelle et du baccalauréat vont accroître les inégalités et la sélection entre élèves et établissements ». Huit syndicats (CGT Éduc’action – SNES, SNEP, SNUEP, SNETAP de la FSU – Sud Éducation – SNCL FAEN – CGT AGRI, SIES) et deux organisations lycéennes (UNL et FIDL) ont décidé d’unir leurs forces contre les réformes gouvernementales.

 » Dans l’enseignement professionnel, la réduction des horaires d’enseignement des disciplines générales pénalisera les élèves et compromettra leurs poursuites d’études… Le baccalauréat, tel que le ministre l’a imposé aux élèves et aux personnels, par l’importance qu’il donne au contrôle local via le contrôle continu, va se transformer en diplôme local Ces réformes se placent dans un contexte de préparation de rentrée marqué par l’amplification des suppressions de postes dans le second degré alors qu’il accueillera davantage d’élèves »

Les organisations lycéennes et syndicales « appellent lycéens et personnels à une journée nationale d’actions le 17 janvier, afin de construire une grève massive le 24 janvier pour le retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup, l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation des salaires ».

Le mouvement fédére beaucoup d’organisations. Mais on remarquera l’absence de trois syndicats du second degré : Se Unsa, Sgen Cfdt et Snalc.

Communiqué

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Compte-rendu détaillé de la réunion du 10 janvier à Nantes

Une cinquantaine de personnes (dont une vingtaine de parents) se sont réunies ce soir à Carcouët.

Parmi elles se trouvaient quatre participants inattendus : la doyenne des inspecteurs (IA/IPR) et le directeur de la pédagogie venu-es du Rectorat ainsi que le proviseur du lycée Carcouët et son adjoint, suite à l’annonce dans le Ouest-France du matin de la réunion.

Nous avions prévu d’exposer 7 points (voir réunion du 8 janvier) avec un temps de débat entre chaque point, plutôt que de faire un long exposé d’introduction qu’on craignait indigeste. Cette forme de réunion a été très appréciée et a permis l’expression de très nombreuses personnes dans des échanges riches et couvrant la plupart des aspects de la réforme :

  • La fausse liberté de choix de 3 spécialités en 1re , alors qu’il ne sera pas possible donner satisfaction à tous les élèves en pratique, et de loin.
  • La complexification des épreuves du bac, qui devient à 50% local et donc perd sa qualité de référence à l’échelle nationale.
  • L’impréparation extrême de la réforme, l’institution étant à ce jour encore incapable d’expliquer comment elle pourrait être applicable concrètement (programmes toujours pas définitifs et aussi inadaptés, impossibilité de créer des emplois du temps au-delà de 12 menus possibles, impossibilité de trouver des professeurs pour enseigner certaines nouvelles matières, etc.)
  • Des conditions d’enseignement dégradées, avec moins d’adultes face aux élèves, disparition de la plupart des heures en effectifs réduits, la fin des voyages scolaires pour ne pas gêner les épreuves du bac à répétition, tous les cours supprimés pendant ces multiples épreuves, etc.
  • Une réforme destructrice pour les filières professionnelles et technologiques.

Le temps imparti (fin à 19h30) ne nous a pas permis d’aborder deux autres points mais la priorité était le jeu des questions/réponses avec la salle.

Les représentants de l’institution sont peu intervenus notamment parce que nous étions convaincant-es et peut-être parce qu’ils étaient là pour écouter surtout. La plupart des objections qu’ils ont formulées ont été balayées par nos arguments :

  • Il a été prétendu que l’enseignement de SNT (sciences du numérique et technologie) de 2de était un enseignement général sur la culture et la société numérique.
    Son programme contient l’enseignement des protocoles TCP/IP, NMEA0183, des métadonnées EXIF et autres routages par paquets… Il est très technique au contraire et inadapté à être imposé à tous les élèves de 2de à hauteur d’une heure 30 par semaine.
  • Il a été prétendu qu’il n’y avait pas de problème pour trouver des enseignants de SNT en les piochant dans toutes les disciplines existantes, et que chaque enseignant l’enseignerait avec sa « sensibilité ».
    Beaucoup de professeurs refuseront d’avoir cette matière dans leur service qui ne correspond pas à leur formation et leurs compétences, et ceux qui y seront contraints le seront sous la menace de perdre leur poste et n’enseigneront pas ce programme très technique pendant les heures imparties.
  • Il a été prétendu qu’il était faux que les chefs d’établissements envisageaient de contraindre les élèves à choisir leurs spécialités parmi des menus imposés en nombre limité.
    Au moins une réunion venait d’avoir eu lieu le jour-même dans laquelle un chef d’établissement a proposé de nous faire travailler sur cette limitation du nombre de menus, puisque les 24 menus ressortant actuellement du sondage auprès des élèves est impossible à mettre en pratique en terme d’emplois du temps.
  • Il a été avancé qu’à Carcouët, il y avait un engagement à ne pas supprimer de poste l’année prochaine, même s’il s’avérait au 3e trimestre qu’une spécialité était désertée par les élèves et que donc des professeurs se retrouveraient avec très peu de cours à effectuer.
    En sera-t-il de même dans tous les lycées ?

D’autre part, ces représentants de l’institution ont montré de façon flagrante qu’il y avait de nombreuses inconnues et que la réforme n’était pas du tout prête à être mise en œuvre à l’heure d’aujourd’hui.
Nous avons d’ailleurs conclu sur ce point : au minimum, cette réforme doit être reportée au moins d’un an, car elle est inapplicable à la rentrée 2019.

En fin de réunion, les personnes présentes ont en grande majorité exprimé leur satisfaction d’avoir pu assister à cette réunion et participer aux débats.
Plusieurs parents ont laissé leurs adresses mails pour être recontactés et participer aux prochaines réunions du collectifs et/ou temps forts organisés.

Perspectives :
Prochaine réunion du collectif CRBP44 le 17 janvier (date et lieu à confirmer)
De nouvelles réunions du même type avec les parents dans d’autres lycées (à organiser)
Participation à la réunion de la FCPE44 vendredi 25 à la maison des syndicats
Journée de grève le 24 janvier appelée par l’intersyndicale Education nationale (à confirmer)

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L’UPPERCUT : les RDV de janvier

Conférence gesticulée : Aux frontières du droit – La politique d’immigration en question

Samedi 12 janvier à 20h30 à la salle du Lapin Vert – Amicale Laïque de la Montagne, 45 Rue Violin à La Montagne. Entrée au chapeau

Ils-elles croyaient que la France était le pays des droits de l’homme. Je le pensais aussi à la sortie de l’école d’Avocat. A travers mes client.es, je découvre la réalité du Bureau des étrangers à la Préfecture, des Centres d’accueils pour demandeurs d’asile, du 115 (numéro d’appel d’urgence pour les sans-abris),… et des salles d’audience bien sûr. Je vous propose ce voyage aux frontières du droit, de la morale et de l’équité, qui questionne le but et la légitimité de la politique d’immigration aujourd’hui. Une conférence gesticulée de Julie ALLARD, avocate.

Arpentage : Et si on parlait d’immigration ?

Vendredi 18 janvier à 20h30 au Bar de l’ALM, 45 Rue Violin à La Montagne. Gratuit

Nous proposons ici d’arpenter le « Manifeste pour l’accueil des migrants » publié en septembre 2018 par Mediapart, Regards et Politis et la réponse faite par Frédéric Lordon. Alors, ce Manifeste, un réel progrès ou un appel sans suite ? L’arpentage est un outil d’éducation populaire qui invite une assemblée à une lecture collective d’un ouvrage de sciences humaines. Son but est de parvenir, en un temps limité (2 heures), à « débroussailler » cet ouvrage en mettant en commun les connaissances, les idées et les intuitions des participant-es.

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Des lycées en lutte contre la réforme

Les professeurs du Lycée professionnel Bougainville de Nantes ont bloqué la circulation le 9 janvier contre la réforme du LP. A Bayeux les professeurs du lycée Arcisse de Caumont ont lancé un préavis de grève pour les 10 et 11 janvier. Ils estiment que leur lycée est « oublié » par la réforme, notamment parce que la spécialité SI ne sera plus dispensée. A Condé sur l’Escaut les enseignants ont obtenu la promesse de maintenir la spécialité arts plastiques mais sous condition de remplissage.

LP Bougainville

A de Caumont

Condé sur Escaut

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Journée d’actions le 17 janvier face aux réformes des lycées

Elle avait annoncé des réactions juste avant les vacances. L’intersyndicale du second degré s’est réunie le 9 janvier en fin d’après midi pour lancer de nouvelles actions contre la réforme des lycées alors que le ministre veut imposer une seconde heure supplémentaire obligatoire. Une journée d’actions le 17 janvier a été décidée.

Sept syndicats d’enseignants et deux organisations lycéennes se sont constitués en intersyndicale du second degré et se sont réunis le 9 janvier. L’intersyndicale réunit les syndicats enseignants FSU (Snes, Snep, Snuep), la Cgt éducation, FO (avec notamment le Snetaa), Sud éducation, et le Sncl Faen. L’intersyndicale souhaite des actions communes entre enseignants et lycéens et l’Unl et la Fidl étaient présentes.

L’intersyndicale a décidé une journée d’actions et d’information le jeudi 17 janvier sans appel à la grève. Le Snes proposera un arrêt de travail sous forme d’une heure d’information syndicale. Une journée de grève sera probablement proposée d’ici la fin du mois.

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Des collectifs stylos rouges s’organisent

Passer du virtuel au réel. C’était le but des réunions des stylos rouges qui se sont tenues mercredi 9 janvier dans des départements d’Ile de France. Les stylos rouges ont prévu d’organiser des actions dès la semaine prochaine.

La journée du 9 janvier a commencé par l’annonce du blocage du rectorat de Lille par quelques dizaines d’enseignants se réclament des stylos rouges, accompagnés de quelques lycéens, pour demander  la hausse des salaires mais aussi l’arrêt des réformes des lycées et de Parcoursup.

Mais le 9 janvier était surtout la journée de réunion des stylos rouges dans plusieurs départements franciliens, comme à Créteil et Cergy. A Cergy une cinquantaine d’enseignants se sont réunis à la Maison des syndicats. « Chacun a exprimé ses idées pour faire changer les choses », nous dit Julie, une des administratrices du site des Stylos rouges.

Finalement des idées se sont imposées. Les stylos rouges ont prévu d’aller corriger leurs copies le mercredi après midi dans les locaux des DSDEN pour montrer la réalité du travail des enseignants. « On va noter systématiquement notre temps de travail pour montrer que l’on effectue beaucoup plus d’heures que les heures devant élèves », explique aussi Julie.

Des actions limitées « sans doute insuffisantes mais on ne peut pas tout faire d’un coup ». Le recours à la grève divise toujours les stylos rouges.

Les stylos rouges et la page blanche

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Des lycées contre la réforme

A Cherbourg, des dizaines de professeurs du lycée Tocqueville se sont mis en grève contre la réforme. Ils dénoncent les inégalités territoriales qui en découlent. A Paris des esneignants du lycée E Quinet ont fait grève le 7 janvier contre la réforme. L elycée n’aura que 5 spécialités à proposer et par exemple aucune correspondant à l’ancienne filière L. Les enseignants dénoncent « l’appauvrissement de l’enseignement ». A Arras les lycéens de Guy Moquet ont repris le blocage de l’établissement contre la réforme.

Quinet

Arras

Cherbourg

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Stylos rouges : prise de contact avec le Snes

« On va prendre contact très rapidement avec les stylos rouges », a annoncé le 7 janvier Xavier Marand, secrétaire général adjoint du Snes. Il a précisé que l’intersyndicale du second degré se réunit mercredi. « Et on voit avec eux les modalités d’action qu’on peut mettre en commun ». X Marand a précisé que la rétention de copies ou de notes devrait être couvertes par le recours à la grève.

Sur France info

Les stylos rouges et la page blanche

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Rentrée perturbée dans des lycées contre la réforme

A Bar sur Aube , la quasi totalité des enseignants menacent de faire grève chaque lundi, annonce Champagne FM. Selon la radio locale la réforme du lycée se traduira par  un e réduction importante de la DHG qui passerait de 520 à 440 heures par semaine. La spécialité S I devrait disparaitre du lycée. En Martinique,selon RCI, plusieurs lycées professionnels ont été bloqués le 7 janvier à l’appel du Snetaa Fo contre la réforme du lycée et Parcoursup.

Bar sur Aube

Martinique

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L’alternative lycéenne fait son retour

Les lycées seront-ils à nouveau bloqués ? L’UNL appelle à « reprendre le mouvement social en bloquant nos lycées » à partir du 8 janvier. Une nouvelle organisation s’annonce aussi à partir du 10 janvier. « L’alternative lycéenne » organise son assemblée générale le 10 janvier. Ce mouvement veut dépasser les conflits entre organisations. « Les étiquettes nuisent aux idées , à leur légitimité », affirme ses responsables. « L’unité doit être plus que jamais la seule clef pour que la voix lycéenne puisse porter ses fruits ».  L’alternative lycéenne reprend le nom du livre d’E Nouaille et A Moinet, deux anciens responsables du SGL.

Sur l’alternative lycéenne

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Des syndicats appellent à des actions cette semaine

Réunion du Conseil national de la vie lycéenne le 17, Conseil supérieur de l’éducation les 18 et 19 décembre, avec tous les nouveaux programmes proposés à l’adoption, CTM du 19 sur les moyens des académies, la semaine s’annonce chargée pour les syndicats enseignants et le ministre. Le Snes Fsu et la CGT appellent à conserver la pression sur le ministère malgré le faible succès de la journée du 14.

 » Le Ministre de l’Education nationale martèle dans les media que ces jeunes se sont lancés dans l’action à l’occasion d’un mouvement qui ne les concerne pas, que ses réformes du baccalauréat et du lycée suscitent l’enthousiasme général et que tout cela s’éteindra bien vite. C’est faire fi des vives critiques qui se sont exprimées dès la présentation du projet de réforme du baccalauréat, c’est oublier les votes négatifs du Conseil supérieur de l’Education. C’est feindre d’ignorer les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée 2019″, écrit le Snes Fsu. « Familles, enseignants, lycéens, tout le monde a compris ce qui risquait de se passer, entre les dotations étriquées consécutives aux suppressions de postes, la répartition inégale des formations entre les lycées, les effets du contrôle local sur la valeur du baccalauréat ».  Le Snes veut faire du 19 décembre une « journée d’expression » avec une manifestation devant el ministère.

La CGT « appelle à poursuivre la mobilisation dès le 18 décembre et à se saisir de toutes les dates ». La CGT demande la réunion d’une intersyndicale « afin de construire les mobilisations dès la rentrée de janvier ». L’UNL appelle à de nouveaux blocages les 18 et 20 décembre.

Communiqué Snes

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14 décembre : des enseignants dans la rue pour défendre l’école et leur métier

Vendredi 14 décembre, quelques milliers de manifestants se sont rassemblées place de la République. Une manifestation qui regroupait agents et salariés de plusieurs horizons mais dont les inquiétudes et le mécontentement rencontrent des points de similitudes. Des enseignants, du premier et second degré, qui manifestaient auprès d’agents de la protection de l’enfance ou encore des salariés du groupe Orange, à l’appel d’une grande majorité des syndicats. « Vu le contexte social actuel, j’avais besoin d’être dans la rue moi aussi, mais dans quelque chose de plus cadré » explique Caroline, enseignante dans un établissement du quatorzième arrondissement de la capitale. Erwin, enseignant du second degré, voulait dénoncer « l’idéologie autoritaire des réformes du lycée, sans aucune concertation ».

Contre les réformes

Erica, jeune professeure des écoles avec sa collègue Marie, tout juste titularisée. « Je me sens de plus en plus méprisée par ce gouvernement et de moins en moins libre dans mon travail. J’ai l’impression que l’on me dit que je ne sais pas faire mon métier et ça, en permanence. Y en a ras-le-bol ». Outre l’aspect professionnel, « quand je pense à mon avenir financier, c’est gris, c’est triste. Je ne vois pas comment m’en sortir. Je suis à découvert tous les mois…. Y a une forme de pessimisme qui s’installe, l’impression de ne pas avoir d’avenir et c’est dur à porter… ». Marie, quant à elle, explique être en grève pour lutter contre les réformes qui ne vont pas dans le sens du bien-être des enfants et « pour que notre métier soit un peu plus reconnu ».

Un peu plus loin dans le cortège, Mathieu, professeur d’histoire-géographie porte l’étendard du SNES. « Je manifeste pour nos salaires, contre la volonté de mettre en place les trois jours de carence dans la fonction publique, et bien, entendu, contre la réforme du lycée. Réforme dont le seul leitmotiv est de raboter le nombre d’heures et donc de faire des économies. Alors, bien entendu, le gouvernement présente cela comme une politique innovante avec une approche locale au plus près des élèves. Alors que finalement, c’est comme dans les facs, cela vise à renforcer le pouvoir des chefs d’établissements en individualisant les rapports entre l’administration et les professeurs. Et puis, la réforme porte le projet de l’individualisation des parcours des élèves, nous ne sommes pas contre, bien au contraire. Encore faut-il avoir les moyens de son ambition. Aujourd’hui, déjà, nous sommes à flux tendus avec des classes surchargées et peu des moyens. Alors, quand bien même ces réformes seraient fondées sur de bonnes intentions, elles ne sont pas applicables ».

Théo et Vincent, professeurs de SVT, font part de leurs inquiétudes. « Nous sommes au mois de décembre, on est incapable d’expliquer aux élèves ce qui va se passer en septembre. Il y a une forme d’opacité alors que nous sommes, tout de même, sensés portés cette réforme ». Et puis, ils souhaitent aussi exprimer leur solidarité aux lycéens qui manifestent ces dernières semaines dans un climat tendu. « Ils se battent pour des causes justes telles que la création d’inégalités sociales engendrées par Parcoursup, par exemple ».

Une communication du gouvernement de plus en plus mal perçue

Hakim, directeur d’école, est exaspéré, « Nous avons de plus en plus d’injonctions, tout à l’opposé du discours de confiance du ministre. On vit toujours avec le même manque de moyens, peu de remplacements, pas assez d’AVS, presque plus de formation… Ce saupoudrage est de plus en plus insupportable. Et pour compléter ce tableau, déjà bien noir, on nous annonce un changement de statut du directeur d’école qui ferait de nous une sorte de subalterne du principal d’un collège.  Alors que la force de l’école primaire, c’est le travail en équipe, la réflexion collective sans hiérarchie. On a l’impression qu’il y a une volonté de casser cette dynamique, de diviser, de mettre en concurrence enseignants et établissements ». Il marque aussi son agacement suite au discours du Président. « Au début, j’avoue ne pas avoir pris au sérieux le mouvement des gilets jaunes. Et puis, petit à petit, j’ai compris leur mécontentement. Alors c’est vrai que c’est une colère qui se manifeste dans des formes qui me sont inhabituelles, mais j’ai envie de dire pourquoi pas ».

Le discours de lundi soir lui a laissé un goût amer. Comme à Émilie, directrice elle aussi. « Les propos du président m’ont immédiatement inquiétée pour les services publics et la fonction publique. Il essaie de calmer la colère avec certaines mesures qu’il va falloir financer. Mais j’ai bien écouté rien n’est prévu pour augmenter les recettes du budget de l’état. Par exemple, pas de rétablissement de l’ISF. Ça veut dire que les quelques mesures annoncées vont se faire par des économies ailleurs. Et comment si ce n’est en réduisant encore les services publics sous prétexte d’économie à faire pour financer les nouvelles mesures. Ce qu’il faudrait, c’est augmenter les recettes pour répondre aux revendications des gilets jaunes et pour renforcer et développer l’école, la protection des mineurs, l’hôpital, le justice… »

Des enseignants qui manifestent pour une meilleure école mais aussi, si ce n’est surtout, pour une reconnaissance de leur métier et la fin des injonctions du Ministre, qu’ils ressentent bien souvent, comme une forme de mépris…

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Appel à manifester le 19 décembre à 14h00 puis à une AG

Dans l’Education, le SNES-FSU entend poursuivre les mobilisations du 12 novembre et du 14 décembre (et toutes les actions locales de résistance), contre la réforme du lycée et du baccalauréat, contre les suppressions de postes et l’alourdissement des effectifs.

Il appelle, avec la CGT, FO et Sud éducation les personnels à des Assemblées Générales, partout dans les établissements, pour débattre de la situation et des modalités d’action, pour faire la vérité sur la politique éducative de ce gouvernement et exposer les revendications de la profession dans le cadre d’une protestation plus large contre une politique à courte vue qui détruit les services publics, malmène la jeunesse, met à mal les solidarités. Le SNES-FSU appelle à soutenir les mobilisations des lycéen-es. Un préavis de grève court sur toute la période.

Il est grand temps de changer de politique : donner à tous les jeunes les moyens de réussir, permettre aux personnels de travailler dans de bonnes conditions et augmenter les salaires.
Nos collègues retraité-es, particulièrement pressurés depuis 2013, seront eux aussi dans l’action mardi 18 décembre 2018, en rassemblement à 14h30 à la Préfecture de Nantes, à l’appel de la FSU, la CGT, FO, la CFE-CGC, Solidaires, la FGR … pour exprimer leur colère et revendiquer d’autres choix politiques auprès du nouveau Préfet.

Le 19 décembre 2018, jour du Comité Technique Ministériel – qui donne les dotations de rentrée aux académies – et du Conseil Supérieur de l’Education – qui examinera les programmes du lycée, les organisations syndicales FSU – CGT Educ – Sud Educ appellent :

à se rassembler mercredi à 14h au Rectorat de Nantes

Pour construire les suites nécessaires à nos actions, une Assemblée Générale aura lieu à 15h00 à l’UFR de Sciences.

Le secrétariat du SNES44
——————————————————————————–
SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
pour échanger entre adhérents du 44 : https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

La force du SNES repose sur ses adhérents. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer, c’est ici:
http://www.nantes.snes.edu/index.php/adhesion

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Manifestations et grève le 14 décembre

De nombreuses écoles et établissements devraient être affectés par la grève du 14 décembre, notamment par la fermeture des services  des collectivités locales (cantine par exemple). 13 organisations syndicales d’enseignants, d’étudiants et de lycéens appellent à faire grève et manifester le 14 décembre.

Pour les enseignants du second degré, il s’agit du Snes Fsu,  Snep Fsu, FO,  CGT, Sud Education et le Sundep (privé). S’ajoutent le Snesup Fsu, l’Unef, l’Unl et l’Unl Sd. Ces organisations demandent  » l’augmentation générale des salaires la défense des services publics, l’abrogation du dispositif Parcoursup et de la loi ORE, l’abrogation des réformes du lycée et l’annulation de la hausse des frais d’inscription pour les étrangers hors UE ».  Des intersyndicales régionales renforcent le mouvement. Ainsi en Ile-de-France, les unions régionales Cgt, FO, Solidaires et Fsu appellent à la grève et à manifester. Des enseignants du premier degré devraient donc participer aussi au mouvement.

Pour la FSU, « le Président n’a rien dit non plus du financement de ses mesures, sinon qu’elles ne coûteraient rien aux employeurs et que l’impôt sur la fortune ne serait pas rétabli, ce qui revient à les faire supporter par les contribuables et par le budget de l’État. La FSU est très inquiète pour l’avenir de la Fonction publique et de ses agent-es. Le point d’indice reste gelé. Le Président confirme une réforme de l’Etat et de la fonction publique dans l’objectif d’une meilleure maîtrise de la dépense publique. » La FSU souligne aussi le silence du président sur les lycéens comme si tout allait bien.

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Les lycéens se mobilisent pour préserver la « dimension égalitaire » de l’enseignement

par Emmanuel Riondé, Tien Tran 13 décembre 2018

Le mouvement des lycéens ne faiblit pas depuis son démarrage le 30 novembre. Contrairement à ce que véhiculent certains commentateurs et médias, leurs revendications sont précises : ils contestent une série de mesures gouvernementales accusées de renforcer les inégalités scolaires et territoriales, comme la suppression des filières d’enseignement général ou l’augmentation des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers. Basta ! les a suivis à Toulouse, entre blocage d’établissements, assemblée générale, préparation de manifestations et violences policières. Reportage.

Sur les marches de la Bourse du travail dans le quartier Saint Sernin, Kamilhe, militant de l’Union des étudiants de Toulouse (UET), délivre quelques conseils : ne pas se laver au savon avant les manifs, ne pas attraper les galets de gaz lacrymogène à la main et plutôt les renvoyer au pied, avec de « bonnes chaussures ». Ondine, Areski, Virgile et une poignée d’autres écoutent avec attention. « C’est bien qu’on le sache », conclut l’un d’eux. Ils ont entre 15 et 18 ans, sont élèves dans l’un des 21 lycées publics de Toulouse – d’enseignement général ou professionnel. Depuis fin novembre, ils battent le pavé, votent en AG, bloquent leurs établissements ou se mettent en grève. Ils découvrent aussi les débats sans fin sur la « convergence des luttes »… Via les smartphones, ils communiquent sur les réseaux sociaux, Instagram étant, d’après eux, le plus utilisé.

Ce lundi 10 décembre, veille de mobilisation contre la réforme du bac et des lycées, une AG inter-lycée est prévue en fin d’après-midi. Avant qu’elle ne débute, ils se racontent, mi-rigolards, mi-impressionnés, comment ils sont passés devant un cordon de CRS en levant les mains pour ne pas se faire gazer. Souvenirs tout frais de la manif du 8 décembre, l’acte 4 des « gilets jaunes », qui s’est avéré particulièrement chaud à Toulouse. En marge du bouillonnement actuel, une nouvelle génération d’adolescents s’initie à la lutte. Opportunisme juvénile de circonstance qui s’évanouira aux vacances de Noël ? C’est ce que les autorités, locales et nationales, veulent espérer.

Loin des clichés, des revendications nombreuses et précises

« Oui, on entend beaucoup ça mais en réalité on est mobilisés depuis longtemps, corrige Thomas Vautour, 18 ans, en terminale au lycée professionnel Gabriel Péri, syndiqué à l’Union nationale lycéenne (UNL) et élu de son établissement au conseil académique de vie lycéenne. Bien sûr, on profite du mouvement actuel pour faire entendre notre voix, mais dès l’an dernier et les annonces de suppression de postes, on avait commencé à gueuler… » Les revendications portées aujourd’hui par le mouvement sont précises : contre la réforme du lycée et la suppression des filières dans l’enseignement général, contre la réforme des bacs professionnels et technologiques amoindrissant les heures d’enseignement général et supprimant les options, contre le dispositif d’orientation vers l’université Parcoursup et son algorithme kafkaien, contre la hausse des tarifs d’inscription à la fac pour les étudiants étrangers, contre l’instauration du service national universel (SNU)… Liste à laquelle s’ajoute désormais la dénonciation des violences policières.

Une série d’oppositions et de refus argumentés. Élève de terminale au lycée Ozenne, en centre-ville, l’un des établissements toulousains les plus mobilisés depuis l’appel au blocage du 30 novembre lancé par l’UNL, Louise Pichenet précise : « Avec la suppression des filières, la valeur du bac dépendra désormais des lycées dans lesquels on va étudier, qui n’ont pas tous les mêmes moyens et ne proposent pas tous les mêmes options et spécialités. Du coup, cela risque de dévaloriser les lycées de banlieue et ruraux ». La réforme prévoit qu’à compter de septembre 2019, les séries – littéraire, scientifique, économique… – seront supprimées. Seuls le français, la philo, l’histoire-géographie, l’enseignement moral et civique, deux langues vivantes, le sport et un « enseignement scientifique » demeureront commun à l’ensemble des élèves. Qui devront choisir, en milieu de seconde, trois « spécialités » – dont les mathématiques – pour la classe de première, avant d’en abandonner une en terminale. Des mesures susceptibles de renforcer les dynamiques « élitistes » et de sélection, dont les lycéens ne veulent pas entendre parler.

« Il y avait une dimension égalitaire, qui va disparaître avec ces spécialisations »

« Ce qu’on n’arrive pas à retrouver dans ce nouveau bac, c’est le côté diplôme référent partagé par tous, et garantissant un socle minimal de culture générale à tout le monde. Il y avait une dimension égalitaire qui va disparaître avec ces spécialisations », s’inquiètent Thomas et Antoine, 16 ans et élèves en première, croisés dans le cortège du « mardi noir », qui s’est déroulé calmement à Toulouse ce 11 décembre. L’analyse vaut particulièrement pour les bacs professionnels et technologiques, où le volume d’heures d’enseignement général va être réduit et les options supprimées : « On va en faire des filières poubelles, s’indigne Louise, des filières où l’enseignement général est quasi inexistant, ce qui va à l’encontre du principe de l’instruction pour tous. » De fait, dans cette logique de « spécialisation », le sort réservé aux filières techniques semble devoir assigner certains élèves à des trajectoires d’ouvriers privés de culture générale. Une école au diapason de la « start-up nation » macronienne.

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Au niveau supérieur, l’exécutif a annoncé une forte hausse des tarifs d’inscription pour les étudiants étrangers à la fac. « C’est une réforme qui a pris exemple sur le Canada, souligne Thomas Vautour. Mais si on veut américaniser notre éducation, on va dans le gouffre : leur système coûte cher. Nous, on a une fac gratuite, il faut garder ça. » Dénonçant plus globalement les suppressions de poste, le jeune militant de l’UNL regrette qu’« à côté de ça, on va dépenser 3 milliards d’euros pour un service national universel (SNU) qui va nous mettre 15 jours à l’armée soi-disant pour nous transmettre des valeurs, et 15 jours dans une structure associative pour du travail non rémunéré. Les lycéens sont déjà très mobilisés dans le système associatif, et on est contre un État armé. Cet argent est dépensé pour rien, ils n’ont qu’à le reverser dans l’éducation. »

Avec les gilets jaunes, un rapport mêlant distance et solidarité

Des revendications qui font écho à la séquence sociale actuelle, effervescente à Toulouse. Lundi en milieu de journée, Ondine, 15 ans, en seconde au lycée des Arènes, vient prendre la parole lors de l’AG des étudiants de l’Université Jean Jaurès au Mirail. Après avoir fait la lecture des revendications lycéennes, elle propose une « convergence des luttes » aux étudiants. Ces derniers applaudissent. Le matin même, elle avait enchaîné son AG au lycée puis celle de la fac de sciences politiques, très impliquée dans le mouvement et bloquée depuis le 6 décembre. Les cours qui s’y tiennent sont banalisés.

Lundi soir, à la Bourse du travail, alors qu’elle s’apprête à entamer sa quatrième réunion du jour, l’adolescente confie que cette mobilisation est le « premier mouvement de lutte » auquel elle participe. Une formation politique et militante d’autant plus accélérée qu’il importe de se positionner par rapport au mouvement des gilets jaunes, et de se situer vis-à-vis des violences lors des cortèges, celles des manifestants comme celles des forces de police. Sur les gilets jaunes toulousains (voir notre article ici), « quelques uns d’entre nous ont assisté à leur AG dimanche, explique Ondine. Le problème, c’est que leur mouvement est très hétérogène. Entre eux ils sont parfois sur des positions différentes, et du coup, il est difficile de s’y associer pour l’instant. »

Une distanciation partagée par Louise : « Nos revendications et les leurs sont très différentes, même si c’est vrai qu’on lutte contre la politique du même gouvernement. » Sur le terrain pourtant, quelques liens se tissent. Mardi, Sylvain et Lucie, deux « streets médics » arpentant la manif – ces bénévoles qui apportent les premiers soins aux autres manifestants – sont des gilets jaunes venus des Alpes-Maritimes. Ils sont là « pour donner un coup de main, parce qu’on savait qu’il se passait des choses ici ». Un peu plus loin dans le cortège, interrogé sur le sujet, Thomas s’enflamme : « Oui, les discriminations, les inégalités sociales, le pouvoir d’achat, les réformes du bac et des lycées, tout ça, c’est la même chose, la même lutte, c’est important de se retrouver ensemble ! » Il juge la séquence filmée de Mantes-La Jolie comme une « humiliation inadmissible », et imagine un scénario contraire : « Si ça avait été l’inverse, qu’un CRS s’était fait humilié par des jeunes, qu’est ce qu’on aurait pas entendu… » A plusieurs reprises durant l’après-midi, les manifestants s’arrêtent et s’agenouillent, mains sur la tête, en solidarité avec les lycéens des Yvelines, contraints par des policiers à cette posture de soumission.

« On considère que le plus grand ennemi du mouvement, ce sont les actes de violence »

Les violences policières n’ont pas épargné les jeunes toulousains, notamment lors de la manifestation du lundi 3 décembre : gaz lacrymogènes, coups de tonfa, grenades de désencerclement… Au soir d’une journée particulièrement chaude, l’Union départementale de la CGT a publié un communiqué appelant le Préfet de Haute-Garonne à « prendre immédiatement toutes les mesures pour que cesse la violence contre la jeunesse et pour lui permettre d’exercer son droit à manifester et à exprimer ses revendications ». Les jours suivants, des militants de la CGT et d’autres organisations syndicales et politiques de gauche se sont joints aux cortèges étudiants, afin d’en assurer la sécurité.

Pour Océane, en seconde au lycée Ozenne, « tous les lycéens sont pacifistes, mais il y en a qui en profitent pour mettre un peu le bordel. Ce n’est pas bon du tout parce que plus on casse, moins on est entendu. On devrait au contraire montrer qu’on est matures. Après, depuis le début, j’ai vu aussi bien des jeunes qui provoquaient la police jusqu’à ce qu’elle réagisse, que des réactions policières très violentes face à des jeunes totalement pacifiques », raconte-telle un peu déroutée. Thomas de l’UNL est, lui, droit dans ses godillots de militant syndical : « On considère que le plus grand ennemi du mouvement, ce sont les actes de violence. Mais ce n’est pas un appel au calme, au contraire : on appelle à bloquer les lycées mais pacifiquement avec des pancartes, de la musique, des modes d’opération festifs. »

Prise de conscience que la réforme va être « un bouleversement total »

Mardi 4 décembre à Blagnac, en banlieue toulousaine, le hall d’entrée du lycée Saint-Exupéry a été partiellement détruit par un incendie. L’établissement a dû fermer ses portes toute la semaine. « Les conseils de discipline et les procédures sont en train de se mettre en place, prévient Philippe Rogel, vice-président de la FCPE de Haute Garonne, présent dans le cortège mardi. Elles vont viser ceux qui auront été pris dans des dégradations. » Pour lui, si la colère lycéenne monte, c’est que la « prise de conscience » que la réforme va être « un bouleversement total » commence à gagner les lycéens et leurs parents. « Les rectorats ne sont pas prêts, des lycées ne savent même pas ce qu’ils vont enseigner l’année prochaine », assure-t-il. La FCPE a demandé un moratoire d’un an sur l’application de la réforme.

La mobilisation survivra-t-elle aux vacances de Noël ? « Il est difficile d’organiser le mouvement à l’échelle de la ville, constate Thomas Vautour. Certains veulent des manifs déclarées en préfecture, d’autres, non. Dans les lycées professionnels, c’est plus compliqué de mobiliser et tous n’ont pas de représentants à envoyer aux assemblées. » Pour autant, le mouvement reste déterminé à se faire entendre : « Macron n’a pas prononcé une seule fois le mot « lycée », alors que ça fait plus de dix jours qu’on est mobilisés, note Thomas. Et Jean-Michel Blanquer a fait savoir qu’on en parlerait lors du prochain Conseil national de la vie lycéenne, tout en sachant qu’il n’y aura pas de convocation du conseil avant janvier. Il espère sûrement que le mouvement sera éteint d’ici là… Mais nous, on a des revendications, et on attend des propositions du gouvernement. »

Emmanuel Riondé

Photos : ©Tien Tran

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Des enseignants en grève vendredi

13 organisations syndicales d’enseignants, d’étudiants et de lycéens appellent à faire grève et manifester le 14 décembre. Pour les enseignants du second degré, il s’agit du Snes Fsu,  Snep Fsu, FO,  CGT, Sud Education et le Sundep (privé). S’ajoutent le Snesup Fsu, l’Unef, l’Unl et l’Unl Sd. Ces organisations demandent  » l’augmentation générale des salaires la défense des services publics, l’abrogation du dispositif Parcoursup et de la loi ORE, l’abrogation des réformes du lycée et l’annulation de la hausse des frais d’inscription pour les étrangers hors UE ».  Des intersyndicales régionales renforcent le mouvement. Ainsi en Ile-de-France, les unions régionales Cgt, FO, Solidaires et Fsu appellent à la grève et à manifester. Des enseignants du premier degré devraient donc participer aussi au mouvement. L’intersyndicale demande l’augmentation des salaires, le dégel du point d’indice fonction publique, le développement des services publique dans les territoires et l’abandon des réformes lycéennes et étudiantes.

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Tous dans l’action le 14 décembre et au-delà !!

Vous trouverez sur ce lien toutes les actions départementales et académiques actuellement programmées, notamment pour le 14 décembre et le 19 décembre prochains.

Nous comptons sur vous pour que, malgré un contexte aujourd’hui marqué par un attentat à Strasbourg et le retour médiatisé d’un discours sécuritaire prônant à cette occasion la mise en veilleuse des revendications sociales et éducatives actuelles, ces actions soient le plus largement diffusées auprès des collègues, et réussies dans toute l’Académie.

Elles incluent un appel académique à la grève dans tous les lycées et collèges ce vendredi 14 décembre, des manifestations intersyndicales et interprofessionnelles départementales, et, pour tous ceux qui le pourront, un rassemblement le même jour au rectorat à 9 heures à l’occasion de la réunion du Conseil Académique de l’Education Nationale chargé d’avaliser les projets non discutés déclinant la réforme du lycée dans notre académie à la prochaine rentrée.

Cordialement.

Le secrétariat académique

SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38
site : www.nantes.snes.edu

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La FSU appelle tous les fonctionnaires à la mobilisation le 14 décembre

Les annonces d’E Macron le 10 décembre alarment la FSU. Dans un communiqué du 11 décembre elle souligne les problèmes de financement de mesures qui ne reposent que sur le budget de l’Etat. Rien n’est proposé pour les jeunes qui manifestent et pour les fonctionnaires. La Fsu les appelle à faire grève et manifester le 14 décembre et demande aux autres syndicats de fonctionnaires de rejoindre ce mouvement.

 » Il n’a ainsi rien dit sur les bas salaires en général, les minimas sociaux et n’a rien annoncé pour les chômeurs, les jeunes. Il est resté également trop silencieux sur les plus de 5 millions d’agent-es de la Fonction publique ».  L’intervention du président de la République le 10 décembre n’a pas convaincu la Fsu. « Le Président n’a rien dit non plus du financement de ses mesures, sinon qu’elles ne coûteraient rien aux employeurs et que l’impôt sur la fortune ne serait pas rétabli, ce qui revient à les faire supporter par les contribuables et par le budget de l’État. La FSU est très inquiète pour l’avenir de la Fonction publique et de ses agent-es. Le point d’indice reste gelé. Le Président confirme une réforme de l’Etat et de la fonction publique dans l’objectif d’une meilleure maîtrise de la dépense publique. »

« Concernant la jeunesse et les questions d’Education et de formation, le Président a considéré que les politiques en cours répondaient aux exigences. Or, les jeunes sont aujourd’hui mobilisés pour des perspectives d’avenir meilleures que celles promises avec les réformes actuelles (réforme du lycée, Parcours Sup…). Des réformes qui remettent en cause la professionnalité des enseignant-es , leurs conditions de travail et celles d’apprentissage de leurs élèves. La FSU réitère sa demande de d’ouverture de discussions avec les organisations de jeunesses et celles représentatives des personnels de l’Education. »

En conclusion, la FSU « invite à développer et à participer à toutes les initiatives qui s’organisent de manière unitaire large dans le cadre de la journée d’action du 14 décembre (Grève, rassemblements, manifestations, AG avec les personnels…). La FSU considère qu’il est de sa responsabilité de proposer aux Fédérations de fonctionnaires d’appeler à une journée d’action nationale pour permettre à la Fonction publique d’assurer des services publics de qualité sur l’ensemble du territoire et pour davantage de reconnaissance des agent-es qui en assurent le fonctionnement au quotidien. »

Communiqué

L’Education nationale et les annonces d’E Macron

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