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La Cour des Comptes veut revoir l’évaluation de l’Ecole et des enseignants

Le rapport de la Cour des Comtes  sur  l’évaluation de l’Education nationale « pour améliorer sa performance » appelle à une rupture complète avec la culture de l’institution scolaire. La Cour demande la mise en place de batteries de tests automatisés, pilotés par une nouvelle institution à créer , susceptible d’évaluer les performances du système éducatif, des élèves et des enseignants. Ce rapport peut devenir un levier puissant pour supprimer le Cnesco et, bien au delà, piloter de façon très hiérarchique et coercitive l’Ecole et les enseignants. Il importerait en France des modes d’évaluation américains qui n’ont apporté que désillusions.

L’évaluation une exigence pour l’Ecole

« La massification des populations scolaires impose une sommation de la mesure des savoirs transmis, maintenant possible par l’emploi de modes d’enquêtes, plus systématiques et globaux, sous forme de tests le plus souvent numérisés. C’est ainsi que pratiquent les enquêtes de référence internationales et nombre d’institutions éducatives étrangères ». Dans un nouveau rapport publié le 20 février, la Cour des Comptes invite l’Education nationale à réorganiser son évaluation et à mettre en place une évaluation de type américain.

« L’évaluation constitue pour l’Éducation nationale, peut-être plus encore que pour tout autre service public, un impératif. L’école a pour mission première la transmission des connaissances. Aussi la mesure des connaissances transmises est consubstantielle à sa mission, inhérente à l’acte d’enseigner comme cette mesure est indispensable à l’évaluation du fonctionnement et des performances du service public de l’éducation », estime la Cour.

Des évaluations actuelles contradictoires

La Cour dénonce des évaluations trop partielles et une multiplication d’initiatives. Elle reconnait la solidité des évaluations Cedre réalisées par la Depp mais déplore qu’il faille 5 ans pour avoir une évaluation dans toutes les disciplines. Elle salue la mise en place de l’évaluation de 6ème depuis 2015 et son extension à tous les élèves depuis 2017.

Mais la Cour relève aussi des évaluations divergentes à l’intérieur du système éducatif. On va voir que les choix opérés par la Cour ne doivent rien au hasard. Ainsi à propos  du dispositif PARLER que la Cour gratifie d’une évaluation positive alors que l’Inspection générale a émis un avis négatif. La Cour oublie que l’Inspection s’était interessée à l’efficacité durable du dispositif. Même chose , mais à l’envers pour l’enquête de R Goigoux, Lire et écrire au CP dont les résultats sont contestables selon la Cour. La Cour défend aussi l’idée que les classes de niveau sont positives et s’appuie sur les travaux d’Esther Duflo, que Blanquer vient de faire entrer dans son Conseil scientifique. La Cour relève les évaluations divergentes sur l’efficacité de l’éducation prioritaire. Elle s’indigne de voir les maitres + multipliés alors que leur efficacité n’est pas prouvée. Autrement dit la Cour reprend les chevaux de bataille des dénonciateurs du « pédagogisme ».

Lier davantage l’évaluation des enseignants et la carrière

La Cour attaque aussi l’évaluation des enseignants. Elle a pu calculer que le nombre d’inspections d’un esneignant est en moyenne de 5 soit une tous les 7 ans (5 ans au primaire). Surtout l’évaluation n’est pas assez liée à la carrière estime la Cour. « Le critère de l’ancienneté demeure très prégnant », estime la Cour. « Le projet du ministère dispose que les propositions annuelles de promotion à la hors classe seront basées sur un « barème » fondé sur deux éléments, d’une part l’appréciation finale du troisième rendez-vous de carrière de l’enseignant, d’autre part le nombre d’années de présence de l’enseignant dans la plage d’appel statutaire à la hors-classe. Aussi cette réforme est loin de garantir une connexion plus forte entre carrière et évaluation. De surcroît apparait le risque que s’instaure effectivement une déconnexion entre évaluation et avancement ».

Une attaque frontale du Cnesco

Tout cela amène la Cour à attaquer frontalement le Cnesco. Certes elle  relève qu’à chaque alternance politique on a changé l’organe d’évaluation de l’Ecole : Hcéé, HCE puis Cnesco. Mais elle invite à supprimer à son tour le Cnesco en attaquant frontalement son mode de fonctionnement. « Les critiques adressées à l’instance actuelle chargée de l’évaluation du système éducatif, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), illustrent les divergences de vision et d’attentes en termes de méthodologies. Sans enlever de l’intérêt à des conclusions obtenues par « consensus participatif » ou « collaboratif » tel que pratiqué par le CNESCO ou le secrétariat général à la modernisation des politiques publiques, elles n’acquièrent leur valeur probante que si elles se combinent avec des données objectives. Les méthodes dites participatives ou collaboratives d’évaluation, pour disposer d’une base solide, ont grand besoin de données ».

Une nouvelle instance et des batteries de tests annuels

La Cour invite à créer plus qu’une nouvelle instance un nouveau système. « Il serait possible de construire un système cohérent, crédible et efficace d’évaluation à condition de lui fixer, au moins dans un premier temps, une cible prioritaire et de concevoir les instruments à cet effet Un consensus pourrait se dégager pour estimer comme condition première et nécessaire à l’évaluation du système éducatif, la mesure du degré de maitrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui clôt la scolarité obligatoire », écrit la Cour.

« Le déploiement actuel des technologies numériques dans les établissements scolaires et les progrès réalisés par les tests standardisés, rendent possible la généralisation de contrôles réguliers des connaissances et compétences acquises, pour un coût raisonnable car fortement dégressif. La généralisation des tests de compétences en classe de sixième à la rentrée 2017 ouvre cette voie. Grâce à un dispositif étendu d’évaluation des acquis des élèves, il serait non seulement possible de mesurer une performance collective, mais de décliner des données agrégées par équipes éducatives, par établissements, par dispositifs pédagogiques ».

Ce nouvel organisme indépendant publierait un rapport annuel sur la performance du systeme éducatif. Pour cela il mettrait aussi en place des batteries de tests d’abord à chaque entrée et fin de cycles puis à l’entrée et à la fin de chaque année pour évaluer les élèves mais aussi les enseignants. C’est l’idée de l’évaluation par les résultats que JM BLanquer a aussi défendu récemment.

Le modèle dépassé du NCLB

La Cour s’appuie sur les systèmes existant aux Etats Unis, où le Teaching for the test est devenu une routine, et au Luxembourg, les eux seuls états où on ait vraiment des systèmes d’évaluation sur l’enseignement obligatoire.

Ces idées ne sont pas réellement neuves. La mise en place  d’évaluations tests a commencer aux Etats Unis dans les années 1960. Elle est devenue un système , liant évaluation des élèves, des écoles et des enseignants avce la loi No Child Left Behind , en 2002.

La loi NCLB mettait en place des indicateurs et liait l’avenir des écoles et le salaire et l’emploi des enseignants aux résultats des évaluations. Cela a généré des fraudes en tous genres et totalement déformé les enseignements, l’objectif étant d’enseigner pour le test et non pour le développement de l’élève. Par exemple les disciplines non évaluées ont été abandonnées ou réduites.

Quinze ans plus tard NCLB a été supprimée et remplacée par une nouvelle loi nettement moins coercitive. Le paradoxe c’est qu’alors qu’aux Etats Unis on réfléchit aux désillusions apportées par NCLB, en France la vague arrive portée par l’arrivée au ministère de JM Blanquer.

Ce que sous tend ce type d’évaluation, tout comme les dispositifs vantés par la Cour comme  PARLER, c’est un encadrement  hiérarchisé et très strict des enseignants. C’est l’idée qu’en imposant des normes et en vérifiant leur application on va améliorer le système éducatif.

Une menace directe pour les enseignants

Aux Etats Unis il aura fallu la multiplication des scandales et des fraudes pour que ce type de système soit remis en question. Comme l’explique Anthony S. Bryk, tout cela a surtout apporté des désillusions. Si cette politique définit de « bonnes pratiques » elle ne dit pas  » ce qu’il faudrait faire pour que l’intervention fonctionne pour différents sous groupes d’élèves et d’enseignants ou dans différents contextes. Ici, au fond, nous sommes confrontés à la différence entre la connaissance que quelque chose peut fonctionner et la connaissance sur la façon de le faire fonctionner de manière fiable sur des contextes et des populations variés », note A S Bryk.

Pour AS Bryk cela doit nous inviter à nous focaliser non sur la pratique mais sur son application.  » Ces observations suggèrent que nous accordions plus d’attention aux tâches que les enseignants accomplissent et aux environnements organisationnels qui façonnent la manière dont ce travail est mené. Plutôt que de laisser croire que la voie vers l’amélioration des résultats consiste à ajouter continuellement de nouveaux programmes (de fait « plus de pièces »), cette perspective nous encourage à nous concentrer d’abord sur l’amélioration de notre compréhension des systèmes de travail qui créent des résultats insatisfaisants. Car c’est dans cette capacité à voir le système que les progrès significatifs peuvent s’établir », écrit-il.

Or c’est justement ce que fait le Cnesco qui semble galoper loin devant la Cour. Le Cnesco aborde les questions pédagogiques à travers des conférences de consensus qui réunissent chercheurs et enseignants. C’est cette rencontre qui peut être efficace pour faire évoluer les pratiques sur le terrain. Et c’est aussi ce que R Goigoux a fait dans la recherche Lire Ecrire.

La Cour a multiplié très récemment les rapports sur l’Ecole. Il y a quelques mois elle a demandé l’annualisation des services enseignants Dans un autre rapport la Cour a plaidé pour une réorganisation territoriale de l’Education nationale.

Tous ces rapports convergent avec les  idées développées par JM Blanquer dans L’Ecole de demain. Ils sont un puissant appui pour le ministre. Autrement dit ce rapport aura des suites. Et sans doute rapidement.

Le rapport

La Cour veut un recadrage du métier d’enseignant

La Cour veut « simplifier » l’organisation territoriale de l’Education nationale

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[Cerises] Prévenir, accompagner

Sortir du répressif inefficace, prévenir, accompagner, c’est le thème du « sandwich » de ce numéro 343, entre autres.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Communiqué commun : Loi asile-immigration : un projet déséquilibré qui inquiète les associations

Loi asile-immigration : un projet déséquilibré qui inquiète les associations

Communiqué commun signé par la LDH

Le gouvernement a présenté le projet de loi asile-immigration en Conseil des ministres aujourd’hui. Certaines mesures sont positives, comme l’accès à la carte de résident des parents d’enfants bénéficiaires d’une protection internationale, ou encore l’extension à quatre ans de la carte de séjour pluriannuelle pour les bénéficiaires d’une protection subsidiaire.

Mais ce texte contient principalement des mesures qui vont dégrader la procédure d’asile et l’accompagnement social proposé par les associations, dans un contexte où l’ensemble des demandeurs d’asile ne pourra être hébergé, faute de places suffisantes :

  • Le raccourcissement des délais d’instruction des demandes d’asile s’effectue principalement au détriment du demandeur et risque de fait d’exclure des milliers de personnes de la protection : réduction des délais de recours devant la CNDA, fin du caractère suspensif du recours dans certaines situations, instauration des audiences par vidéo-conférence, notification des décisions par « tout moyen ».
  • Le projet de loi renforce les mesures directives et instaure un contrôle des préfectures, avec le risque de créer une confusion générale entre surveillance administrative et action sociale et de dégrader le travail des acteurs sociaux dans l’accompagnement pour l’accès aux droits (orientation directive sur l’ensemble du territoire national sans garantie d’une proposition effective d’hébergement, contrôles préfectoraux dans les structures d’hébergement, restriction de la liberté d’aller et venir).
  • Au prétexte de renforcer l’efficacité des mesures d’éloignement, le projet développe à outrance les mesures de contrôle et de privation de liberté (systématisation de l’assignation à résidence, forte hausse de la durée de rétention) auxquelles s’ajoute le placement en rétention des personnes placées sous procédure Dublin, voté au parlement le 15 février.
  • En fragilisant les fondements même du travail social, ce texte va altérer la relation de confiance entre les travailleurs sociaux et les personnes en grande précarité, leur famille et leurs enfants, qu’elles aient un statut administratif précaire ou non. Ces orientations pourraient conduire les personnes migrantes à fuir les procédures et les dispositifs sociaux, multipliant les situations d’errance et de précarité.
  • En refusant d’avancer sur la question de l’accès à un titre de séjour pour les dizaines de milliers de personnes qui vivent déjà sur le sol français, parfois depuis des années, et sur la modification nécessaire du règlement Dublin, ce projet passe à côté d’une occasion de s’attaquer réellement à la pauvreté et à la souffrance sociale.

Les associations en appellent à la responsabilité des parlementaires pour modifier ce texte en profondeur, afin que soit définie une politique publique qui tienne compte de leurs propositions adaptées aux situations vécues par les personnes migrantes en France.

Signataires : Fédération des acteurs de la solidarité, Médecins du monde, Emmaüs France, Dom’Asile, France terre d’asile, L’Uniopss, JRS France, Centre Primo Levi, AdN, Le Refuge, La Cimade, Ligue des droits de l’Homme, Médecins sans frontière, Solidarité femmes, Unicef, CASP, Le Secours catholique – Caritas France, Association des Cités du Secours catholique, Fondation Abbé Pierre, Emmaüs solidarité, Armée du salut

 

Paris, le 21 février 2018

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Terminale : le conseil de classe modifié pour Parcoursup

Le J.O. du 21 février publie un décret modifiant l’organisation des conseils de classe pour permettre son adaptation à Parcoursup. Le  nouveau texte précise que  » le chef d’établissement émet, après que le conseil de classe s’est prononcé, un avis sur chacun des vœux de poursuite d’études de l’élève dans l’enseignement supérieur ».

 

Au JO

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Le décret sur le redoublement publié au J.O.

Le Journal officiel publie un décret qui revoir la procédure de redoublement au primaire comme dans le second degré. La nouvelle rédaction supprime le caractère exceptionnel du redoublement qui n’était possible qu’en cas de rupture des apprentissages depuis 2014.  Le CSE s’était prononcé contre. Mais pourquoi ce retour en arrière ?

Des textes techniques

Le décret publié au JO du 21 février modifie les articles D 321-6, D 321-22 et D 331-62 du Code de l’éducation. Pour le premier dégré, le nouvel article D321-6 précise que « à titre exceptionnel, dans le cas où le dispositif d’accompagnement pédagogique mentionné au premier alinéa n’a pas permis de pallier les difficultés importantes d’apprentissage rencontrées par l’élève, un redoublement peut être proposé par le conseil des maîtres ». Mais le redoublement nécessite toujours l’avis de l’IEN et la mise en place d’un PPRE. En principe un seul redoublement est possible durant l’école élémentaire, mais le texte ne derme pas la porte à 2 redoublements après avis de l’IEN. Enfin « aucun redoublement ne peut intervenir à l’école maternelle ».

Pour le second degré, l’article D 331-62 précise qu’un redoublement peut être décidé par le chef d’établissement en fin de chaque année scolaire. Auparavant le redoublement n’était possible qu’en cas de rupture de l’apprentissage et avec l’accord écrit des parents.  Là aussi la règle c’est un seul redoublement sur la scolarité du collège mais deux sont possibles.

Cette nouvelle rédaction a été étudiée par le Conseil supérieur de l’éducation qui a voté contre le texte le 14 décembre 2017. CE qui n’empêche pas cette publication au J.O.

Un dispositif dont l’efficacité est contestée

Pourtant l’inefficacité du redoublement est avérée sauf cas particuliers. Selon le Cnesco, en 2015, « dans la majorité des études, le redoublement n’a pas d’effet sur les performances scolaires à long terme. Quelques études obtiennent des effets positifs à court terme dans des contextes très particuliers (notamment lorsque le redoublement est accompagné d’autres dispositifs de remédiation comme des écoles d’été). Le redoublement a par contre toujours un effet négatif sur les trajectoires scolaires et demeure le meilleur déterminant du décrochage. Il semble également impacter négativement le revenu futur du jeune adulte en agissant comme un signal de faible performance du salarié pour les entreprises ».

Dans une nouvelle étude publiée en 2018 , Hugues Draelants a réévalué le coté politique de la décision de maintenir ou pas le redoublement.  » Bien que la littérature sur le redoublement soit plutôt pléthorique, nous considérons au terme de cette analyse que, contrairement à l’idée reçue, la recherche a encore beaucoup de progrès à faire. En attendant, il nous semble important d’arrêter de prétendre que la Science détient la vérité sur le sujet et qu’elle plaide de manière unanime pour le passage obligatoire plutôt que pour le redoublement… Le choix consistant à privilégier l’un ou l’autre doit donc fonder pour l’instant sa légitimité sur des bases autres que scientifiques, en l’occurrence des bases politiques », écrit-il.

Une pratique socialement marquée

Reste que le redoublement est une pratique très inégalitaire socialement. Le redoublement ne touche pas tous les jeunes de façon égale. Il concerne beaucoup plus les garçons que les filles. Le niveau d’éducation des parents est fortement lié à la probabilité d’avoir redoublé. Plus les parents sont éduqués, plus les chances d’avoir redoublé à 15 ans sont faibles. Ainsi, en 2012, avoir une mère diplômée du supérieur divise la probabilité d’avoir redoublé par presque 3 par rapport au fait d’avoir une mère ayant au plus un niveau collège. Les conditions économiques, appréhendées par le statut d’emploi des parents (temps plein, temps partiel, chômage), impactent fortement le redoublement en 2012. Ainsi, un élève dont le père est au chômage ou travaille à temps partiel a deux fois plus de chance d’avoir redoublé qu’un élève dont le père travaille à temps plein. Enfin le redoublement a à voir avec l’appartenance ethnique. En 2003, un élève dont la langue des parents n’était pas le français avait une probabilité de redoubler 79 % plus élevé qu’un élève dont les parents parlent le français.

Le redoublement plébiscité

Mais le redoublement est une pratique plébiscitée par tous les acteurs en question. En 2015, le Cnesco a pris l’initiative d’interroger 3302 collégiens et 2314 lycéens venus de 59 établissements sur leur rapport au redoublement. Selon cette étude, 69% des lycéens  et collégiens se déclarent défavorables à la suppression du redoublement. Mais 80% voient dans le redoublement une seconde chance. 73% le jugent utile.  Les redoublants gardent le souvenir positif d’une année d’efforts.  » 67 % des redoublants déclarent s’être plus investis dans leur travail l’année de leur redoublement ;  71 % des lycéens et collégiens sont tout à fait ou plutôt d’accord avec l’affirmation : « J’ai eu de meilleurs résultats l’année redoublée » », affirme l’étude.

Du coté des enseignants, Hugues Draelants a étudié de près, en 2012, le rapport qu’entretiennent les enseignants belges au redoublement. Pour lui, s’il se maintient contre vents et marées, c’est tout simplement parce qu’il a son utilité.  » Le redoublement fait l’objet d’un attachement social important et est une pratique difficile à abolir », écrit-il. « D’une part, car nombre d’acteurs scolaires continuent à croire dans son efficacité.. D’autre part, peut-être plus fondamentalement, car le redoublement servait et sert toujours en Communauté française belge à assumer une série de fonctions latentes ». Il en distingue quatre : « une fonction de gestion de l’hétérogénéité et de tri des élèves au sein des établissements ; une fonction de positionnement stratégique et symbolique par rapport à des établissements environnants ; une fonction de régulation de l’ordre scolaire au sein de la classe ; une fonction de maintien de l’autonomie professionnelle des enseignants ». Ainsi le redoublement participerait du fonctionnement ordinaire du système , du positionnement symbolique des établissements et de l’ordre scolaire quotidien. « En l’absence du redoublement, les enseignants se plaignent du défaut de motivation induit auprès des élèves, il devient (encore plus) difficile de les faire travailler », écrit-il.

Peut on se passer du redoublement ?

De nombreux pays ne connaissent pas le redoublement et ont développé des mesures pour s’en passer.  Selon le Cnesco, « la quasi-totalité des pays européens offre aux élèves la possibilité de passer des épreuves supplémentaires (écrites et/ou orales selon le pays) en fin d’année scolaire pour rattraper les cours pour lesquels les notes ont été jugées trop faibles par l’équipe enseignante. Ce type d’organisation limite l’incidence d’un « accident de parcours » et corrige le caractère aléatoire de certaines évaluations. » D’autres pays , comme l’Allemagne ou l’Espagne, pratiquent la promotion conditionnelle. L’élève passe en classe supérieure mais doit suivre un programme de rattrapage dans la matière où ses résultats sont insuffisants. En Italie, on a créé des écoles d’été pour les élèves ayant de mauvais résultats. Si l’on sort des états européens, le colloque sur l’Asie organisé par le CIEP et la Revue d’éducation de Sèvres, a souligné le cas du Japon. Au Japon tous les jeunes suivent ensemble l’école obligatoire. Chaque classe est divisée en 6 groupes hétérogènes qui réalisent ensemble des travaux variés. Les classes sont délibérément hétérogènes.

Dans les bonnes pratiques qui permettent d’éviter l’échec et le redoublement , le Cnesco n’hésite pas à citer les classes à effectifs réduits. « Les classes à effectifs réduits peuvent permettre aux enseignants de modifier leur pédagogie en consacrant davantage de temps, d’attention à chaque élève », écrit le Cnesco. « La probabilité d’avoir des élèves perturbateurs dans une classe est également plus faible lorsque le nombre d’élèves est réduit ». Une autre pratqiue recommandée est le looping : garder le même enseignant plusieurs années facilite l’intégration de tous les élèves et améliore la gestion de la différence dans la classe. L’organisation des programmes en cycles, et non sur une base annuelle, fait également reculer le redoublement. On sait que le ministre veut revenir à des « repères annuels » et s’éloigne des cycles.

Une décision populiste ?

Comment expliquer la décision ministérielle ? Dans Le Parisien , en juin 2017, JM Blanquer avait vanté ce retour au redoublement. « Autoriser le redoublement ce n’est pas un virage absolu mais c’est une inflexion importante », disait il. « Il n’est pas normal d’interdire le redoublement. Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards. La première réponse réside dans l’accompagnement tout au long de l’année et dans les stages de soutien que nous créons. Mais le redoublement doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’enfant ».

Sa décision a un coût pour le système éducatif car davantage de redoublement entraine un engorgement des classes. Elle n’apporte rien aux élèves concernés. Mais l’avis du  ministre penche toujours du coté de la popularité. JM Blanquer connait la popularité du redoublement auprès des différents acteurs.  Comme pour la semaine de 4 jours, il penche toujours vers ce qui augmente son poids politqiue quelque soit le coût pour les élèves.

Le décret

Cnesco

Draelants en 2018

Redoublement un retour en arrière

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« L’insoumis » sort demain mercredi – c’est le moment de nous aider !

« L’insoumis » sort ce mercredi

C’est le moment de nous aider !


Bonjour à tous,

Ca y est, c’est le grand jour : « L’insoumis » sort demain mercredi au cinéma. Nous avons besoin de votre aide pour que ce film puisse vivre au mieux. La sortie a été chaotique, seuls les bons chiffres de fréquentation viendront lever certains barrages.

En ce sens, c’est très important d’avoir du monde dès les premiers jours (voir dès le tout premier jour). Cela a des conséquences sur toute la France.
Alors, venez voir ce film le plus tôt possible ou envoyez vos amis dans une des 40 salles qui programment « L’insoumis » en première semaine. D’autres villes suivront.

Allez, plus le temps pour le blabla, nous comptons sur votre aide.

Vive le cinéma!

Fraternellement.
Gilles Perret et toute l’équipe de « L’insoumis ».


Où voir « L’insoumis » dès ce mercredi ?

Angers, Les 400 Coups.
Avignon, Utopia Avignon.
Blois, Les Lobis.
Bordeaux, Utopia Saint-Siméon.
Brest, Les Studios.
Chambéry, Cinéma le Forum.
Clermont-Ferrand, Le Rio.
Cran-Gevrier, La Turbine.
Grenoble, Le Méliès
Hérouville-Saint-Clair, Café des Images.
Le Mans, Cinéma Les Cinéastes.
Lille, Le Metropole.
Limoges, Cinéma Grand Ecran Ester
Lyon, Le Comœdia..
Lyon, Cinémas Lumière Bellecour.
Marseille, Pathe Le Madeleine..
Meythet, LE RABELAIS.
Montbéliard, Colisée Concorde.
Montpellier, Cinéma Diagonal.
Montreuil, Le Méliès.
Nancy, Caméo Officiel Commanderie.
Nantes, Cinéma Le Concorde
Nice, Cinéma le Rialto.
Nîmes, Cinéma le Sémaphore.
Orléans, Cinéma Les Carmes.
Paris, UGC Ciné Cité Les Halles.
Paris, Espace Saint-Michel.
Paris, Sept Parnassiens.
Paris, Cinéma Publicis Champs Elysées.
Paris, Majestic Bastille.
Paris, Cinema Escurial.
Paris, Gaumont Opéra.
Perpignan, Le Castillet.
Rennes, Ciné TNB.
Rouen, Omnia République.
Saint-Étienne, Le Méliès (Projection avec G Perret le 27 fév, puis sortie 14 mars)
Saint-Gaudens, Le Régent.
Sillingy, Tournée Cinébus.
Strasbourg, Cinéma Star.
Toulouse, American Cosmograph.
Vaison-la-Romaine, Le Florian.
Valence, Le Navire Valence.


Quelques critiques presse à lire :

Critique film

Abus De Cinéma

Vous en retrouverez d’autres sur la page facebook du film…


La bande annonce du film :

Suivez l’actualité du film et celle de Gilles Perret en vous abonnant aux deux pages Facebook :

https://www.facebook.com/LInsoumis-180783339136027/

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Pour nous contacter:

contact@linsoumis.org

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[lalettre] 58. IRFSU – La lettre d’information de Fév. 2018

Si cet email ne s’affiche pas correctement, vous pouvez consulter directement la page.
Newsletter Février 2018
A LA UNE

Etats généraux des migrations

Les États Généraux des Migrations (EGM ) sont un processus dans lequel sont impliqués des centaines d’acteurs locaux et nationaux – associatifs ou collectifs citoyens – présents sur le terrain aux côtés des migrants. En juin 2017, 470 organisations ont adressé un courrier à M. Macron. Faute de réponse satisfaisante sur la concertation, elles ont décidé de lancer le processus des États Généraux des Migrations.
L’IRFSU invite à y participer partout où cela se décline.

Pablo Servigne : « La loi du plus fort est un mythe »

Alternatives économiques propose dans ses pages « idées-débat » un entretien passionnant avec Pablo Servigne qui vient de publier avec Gauthier Chapelle « L’entraide, l’autre Loi de la Jungle » (Ed. Les Liens qui Libèrent). Ils démontrent, études scientifiques sur le monde vivant à l’appui, que l’entraide, la coopération, la solidarité jouent un rôle déterminant dans l’évolution et qu’il en est de même chez les humains. Démonstration.

Enquête Les Services Publics qu’il nous Faut !

La Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics – à laquelle participe la FSU – a décidé d’engager une véritable enquête et un débat populaire sur les services publics.
Un questionnaire en ligne est proposé. Nous vous remercions d’accepter de prendre quelques minutes pour le remplir (avec possibilités de choix multiples dans certains cas).
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L’INSTITUT

Le 27 mars un colloque de l’IR-FSU : Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur

Réfléchir sur le travail et le rapport salarial est depuis son origine un des axes de recherches de l’Institut de recherches de la FSU. C’est pourquoi l’Institut organise un colloque le mardi 27 mars, à Paris, qui réfléchira aux alternatives au salariat, afin de contribuer à inventer avec le syndicalisme un autre futur. Lire la suite

Payer pour réussir ?

Le marché du soutien scolaire. Le soutien scolaire marchand concerne une part tout à fait significative des élèves puisque environ 15 % des lycéens en bénéficient. Derrière cette moyenne se cachent d’importantes disparités sociales. Ainsi ce soutien scolaire est-il révélateur du poids du capital économique dans la reproduction des inégalités scolaires.
L’ouvrage analyse précisément sa diversité et ses stratégies mais aussi le rôle de l’État dans la structuration du marché. Il montre comment le soutien scolaire construit un marché de l’angoisse et participe de l’exacerbation de la compétition scolaire. Lire la suite

Premiers résultats de l’enquête « métier » auprès des enseignants et enseignants-chercheurs du supérieur

Au cours du premier semestre 2017, le SNESUP a lancé une enquête auprès des enseignants et enseignants-chercheurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
L’exploitation de cette enquête (plus de 2 600 réponses) reste largement à faire pour affiner le diagnostic et alimenter la réflexion syndicale sur la santé des personnels.
Le diaporama joint, présenté lors de la journée du 11 janvier 2018 sur « Les transformations du travail universitaire », fournit les premiers résultats. Par Gérard Grosse de l’IR-FSU. Lire la suite

ON A VU

L’envers de Flins. Une féministe révolutionnaire à l’atelier

Préface d’Annick Coupé à l’ouvrage de Fabienne Lauret.
« il n’y a pas eu (à ma connaissance) de livres de femmes établies en usine ; comme si cette question de l’établissement de militants d’extrême gauche dans les années 1970 n’avait concerné que des hommes ! »
C’est aussi un témoignage assez remarquable sur la condition ouvrière dans une usine qui se veut le fleuron de l’industrie automobile française : les conditions de travail sur les chaînes de production, la taylorisation, la hiérarchie, la place des ouvriers immigrés, les secteurs de production réservés aux 10 % de femmes salariées du secteur… On y lit la solidarité, les moments de luttes collectives, les grèves mais aussi la répression ou la division syndicale. Lire la suite

La place des femmes dans l’univers syndical.

Le dernier essai de la sociologue Cécile Guillaume fourmille de portraits de militantes qui portent, toujours plus nombreuses, la parole syndicale dans les entreprises. Comme le constate Michel Noblecourt dans son article du Monde du 16 janvier :  » Il se confirme que la précarité de l’emploi constitue l’un des principaux freins à la syndicalisation des femmes, comme pour les hommes, mais pour elles la marche est plus haute à monter. » Lire la suite

Les sentinelles – film

Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.
Ils ont rencontré le père du réalisateur, Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.
Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.
Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides. » Lire la suite

AGENDA
mercredi 28 février 2018 à 17h15

Comité de défense et de développement de l’enseignement agricole public – Salon Agriculture

2 mars 2018

Séance inaugurale de « Mai 68 vu des Suds » : 2 mars-14 avril 2018

8 et 9 mars 2018

« Le colloque d’Amiens, mars 1968 » Université de Picardie Jules Verne – Amiens

Mardi 27 mars 2018 à Paris

IR-FSU : Colloque « Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur »

Mardi 10 avril 2018, de 9h15 à 16h30 (Bourse du Travail Évry)

Stage FSU 91 « La Fonction publique, c’est l’avenir avec Anicet Le Pors, Gérard Aschieri, Bernadette Groison

PUBLICATIONS

Octobre – Novembre – Décembre

Regards Croisés N°24

ARTS
Thiphaine Corvez la femme chocolat
DOSSIER
Le niveau scolaire
GRAND ENTRETIEN
Emmanuelle Seyboldt Lire la suite

Socialismes et éducation au XIXè siècle

L’ambition de cet ouvrage est d’étudier comment le mouvement socialiste a su articuler des conceptions et des réalisations originales de l’éducation au projet de transformation sociale. Il s’agit de comprendre quelles formes peut prendre une éducation quand elle entend contrarier les effets les plus délétères d’une société de
classes et contribuer à l’émancipation complète des individus dans une société égalitaire. Situées dans leur contexte, ces conceptions et ces expérimentations appartiennent sans aucun doute à l’histoire. Mais elles portent en elles un projet qui s’il n’a pas abouti n’est pas pour autant révolu. Lire la suite

IR-FSU

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« L’insoumis » au cinéma Le Concorde de Nantes dès ce mercredi 21 février

Bonjour à tous

 
« L’insoumis » sort en sortie nationale ce mercredi 21 février.
 
A Nantes, « L’insoumis » sera au cinéma Le Concorde dès ce mercredi.
 
Allez-y ou envoyez vos amis sans trop tarder. Les premiers jours sont décisifs.
Vous êtes nos meilleurs ambassadeurs !

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Les professeurs de maths rejettent la réforme du lycée

Crainte de voir à nouveau les maths devenir une discipline de sélection tout en ne permettant plus une formation scientifique solide, la réforme du lycée inquiète l’Apmep, association des professeurs de maths. Elle s’exprime dans un nouveau communiqué qui fait suite à celui de la CFEM.

« L’enseignement des sciences, des mathématiques en particulier, est un enjeu majeur pour la formation de tous en ce début de 21ième siècle. De nombreux métiers actuels, mais aussi futurs, nécessitent des compétences qui relèvent des mathématiques. Assurer à chacun une formation minimale en mathématiques éviterait de cantonner cette discipline au rang de discipline de sélection », écrit l’association. Elle souligne l’absence des maths du tronc commun. Seul un enseignement « d’humanités numériques et scientifiques » est prévu dans le tronc commun. Or son contenu apparait peu scientifique.

« Un enseignement de mathématiques pour tous permettrait d’assurer à chacun une formation suffisante pour ne pas être trop limité dans son orientation à l’entrée du supérieur et d’enrayer les choix « stratégiques » ne correspondant ni à un projet d’études, ni à un goût particulier. Les enseignements de spécialisation en mathématiques pourraient alors reposer, de manière totalement assumée, sur un programme ambitieux pour les lycéens ayant un projet mathématique ou plus largement scientifique », explique l’Apmep. Celle-ci relève qu’il « ne suffit pas de gommer artificiellement les filières pour qu’elles n’existent plus (ni d’ailleurs la hiérarchie entre elles) ».

L’Apmep interroge aussi la cohérence des parcours alors qu’il est modulaire avec des changements en fin de première. « La structure du lycée général telle qu’elle a été exposée par le ministre, peut faire craindre que le contenu des enseignements de mathématiques ne soit pas (ou très peu) articulé avec les autres disciplines. La présentation actuelle avec un enseignement de spécialisation en mathématiques auquel s’ajoute deux enseignements facultatifs de « mathématiques expertes » et de « mathématiques complémentaires » pose un problème de cohérence dans les programmes : ils regrouperont des élèves aux projets d’études très différents. Il est donc à craindre que le contenu de la spécialisation en mathématiques reste extrêmement généraliste et peu ambitieux », écrit l’Apmep.

Apmep

Les disciplines contre la réforme du lycée

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Primaire : l’école rurale « dépouillée » selon le Snuipp

 » Dans de nombreux départements, parents d’élèves, élus et enseignants se lancent dans la bataille pour défendre une école rurale souvent première victime des décisions arrêtées par les recteurs et les DASEN », écrit le Snuipp Fsu, premier syndicat du primaire.

 » En théorie, la dotation de 3880 postes, conjuguée à un faible recul des effectifs d’élèves,  doit en effet conduire à une légère amélioration du taux d’encadrement.  Mais concrètement, l’engagement du ministre de dédoubler CP et CE1 en REP +, CP en REP dès la rentrée prochaine va consommer l’intégralité de ces postes supplémentaires. Et il en manquera encore ! », remarque le Snuipp. « Le SNUipp-FSU estime le déficit à 2300 postes non budgétés . Pour faire face, après avoir tiré un trait sur les « Plus de maîtres », l’administration se voit contrainte de puiser dans le stock de postes existants. L’éducation prioritaire étant principalement située en zone urbaine, on assiste donc à un véritable redéploiement. Au niveau régional comme dans l’Académie de Toulouse où  89 postes sont créés avec 130 postes supplémentaires pour le seul département de la Haute-Garonne, aux dépens des départements ruraux de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées, du Lot, du Gers, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Même logique à l’intérieur des départements avec des fermetures dans les écoles rurales pour permettre le dédoublement dans les centres urbains . C’est le cas par exemple de la Somme où l’on prévoit 63 suppressions de classes ou même d’écoles rurales malgré la dotation positive de 18 postes largement insuffisante pour assurer les dédoublements prévus à Amiens ou à Abbeville.

Ainsi dans la Somme une « nuit des écoles » est organisée le 19 février par les associations de parents.  On annonce 48 fermetures de classes dans le département. Dans l’Hérault on compte 72 postes en plus pour 2018 mais les dédoublements de CP demandent à eux seuls 84 postes et 650 élèves supplémentaires sont prévus. Le Dasen s’en tire en fermant des classes et en les bourrant avec plus de 30 élèves annoncés.

Communiqué snuipp

Nuit des écoles

Les fermetures de classes rurales sont elles un mensonge ?

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Réforme du lycée : l’appel de Touche pas ma zep

Soyons justes : le gouvernement n’ignore pas les inégalités sociales de réussite scolaire, et dit vouloir les combattre… Mais entre le CP et la L1, rien : tout se passe comme si, dans les réformes en cours ou en projet, les inégalités s’évaporaient soudainement entre l’enseignement primaire et l’enseignement supérieur. Le rapport Mathiot accomplit ainsi l’exploit de ne jamais évoquer, en 65 pages, la corrélation massive et persistante entre les résultats au baccalauréat et l’origine sociale des lycéens qui le passent », écrit le collectif Touche pas ma zep dans le Bondy Blog.

Le collectif s’était mobilisé en 2016 pour obtenir l’inscription de lycées des quartiers populaires dans l’éducation prioritaire. Dans le Bondy Blog il interpelle le nouveau ministre sur sa réforme du lycée, alors que la carte de l’éducation prioritaire doit être revue pour 2019.

 » Nous qui enseignons dans des lycées de quartiers populaires, savons tout le prix d’un accompagnement pédagogique renforcé. Travaux en petits groupes, partenariat avec des institutions culturelles et des artistes pour monter des projets, projets interdisciplinaires d’enseignants d’une même classe, tutorat individualisé, enseignements différenciés, etc. – l’école peut conjurer les déterminismes sociaux, dès lors qu’elle donne plus à ceux qui ont moins : c’est le principe même de l’éducation prioritaire… Les dotations annuelles allouées aux établissements viennent d’être annoncées. Nous constatons qu’elles sont en baisse dans la plupart des lycées accueillant une majorité d’élèves issus de milieux populaires. Les conséquences seront très concrètes : augmentation des effectifs par classe, suppression des cours en petits groupes et des projets d’ouverture culturelle ou de soutien aux élèves. Comment espérer réduire l’inégalité des chances avec des terminales à 35 dans des lycées qui devraient relever de l’éducation prioritaire ? », écrit le collectif.  » Réformer le lycée sans affronter son échec principal – la persistance d’inégalités sociales massives face aux filières et face au baccalauréat – serait un gâchis déplorable. Prétendre le faire tout en liquidant l’éducation prioritaire, une hypocrisie majeure. »

Sur le Bondy Blog

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L’Apses dénonce la réforme du lycée

« Le projet de réforme du baccalauréat et du lycée présenté par le Ministre le 14 février dernier conduirait à un net recul de la place des sciences économiques et sociales au lycée », estime l’Apses, association des professeurs de SES. « Les élèves bénéficieraient d’un temps de formation en SES de 20% inférieur à la situation actuelle… L’architecture proposée remet donc en cause la place de la troisième culture au lycée alors que les SES et la série ES ont fait leurs preuves depuis leur création il y a plus de 50 ans. La série ES attire effectivement des effectifs croissants (aujourd’hui un tiers des élèves des séries générales) grâce à une formation cohérente et équilibrée permettant une poursuite d’études diversifiée et de forts taux de réussite dans l’enseignement supérieur. Elle joue son rôle dans la démocratisation du lycée puisque sa composition sociale est la même que celle des classes de seconde. Surtout, les SES apparaissent comme une discipline contribuant pleinement à la formation du citoyen en donnant, grâce aux savoirs et méthodes des sciences sociales (économie, sociologie, science politique…) ».

La réforme annoncée par JM Blanquer supprime les filières et inscrit les SES dans les enseignements de spécialité à hauteur de 4 h en 1ère et 6 h en terminale. Actuellement les SES sont pris comme enseignement d’exploration par la très grande majorité des lycéens en 2de avec 1h30 hebdomadaire et les élèves ont droit à 5h de ses en première et terminale ES. La réforme retire aussi les sciences politiques aux SES. IL y a donc bien un net recul des SES.

L’APSES demande « que tous les élèves de seconde bénéficient en tronc commun d’un enseignement de SES à hauteur de 3H par semaine, nécessité pour une formation aux sciences sociales devenue aujourd’hui indispensable, ainsi que pour éclairer leur choix d’orientation dans le cycle terminal » et que dans la spécialité  « Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques » la partie sciences politiques revienne aux professeurs de SES. Enfin l’association souhaite aussi « la création d’une option facultative de SES ; un horaire dédié, distinct de celui des spécialités, pour encadrer réellement les élèves dans la préparation de leur grand oral ; des dédoublements définis nationalement, en sciences économiques et sociales comme dans les autres disciplines ».

Après les enseignants de sciences (Udppc et Apbg) cette réaction des enseignants de la voie ES donne à penser que le choix ministériel n’est pas équilibré.

Communiqué

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Lycée : le ministre recule sur sa réforme

Le grand big bang du lycée n’aura pas lieu. Le 14 février, JM Blanquer a présenté sa réforme du bac et du lycée comme sociale et moderne. « Plus d’égalité, plus de liberté, plus de véritable réussite, plus de simplicité », a-t-il dit. On retiendra surtout qu’il a reculé. Sur la semestrialisation qui n’aura pas lieu. Sur le bac qui sauve son caractère national. Le ministre introduit des « humanités scientifiques et numériques  » et impose des sciences à tous les lycéens. Il introduit aussi une épreuve orale. Il maintient les filières en séries technologiques alors qu’elles disparaissent en série générale. Ces points nous semblent positifs. Rançon de ces choix : le bac devient plus complexe et les enseignants vont passer leur temps à évaluer au lieu de faire cours. La réforme devrait se traduire par des écarts plus grands entre les lycées en raison d’offres différentes. Le gain de postes ne devrait pas être très important. JM Blanquer reste donc avec son problème : dégager au moins 25 000 postes pour répondre à l’engagement présidentiel. Apparemment ils ne seront pas pris sur le lycée. Alors où ?

Le nouveau bac reste national

Rappelant que le nouveau bac résulte de l’engagement présidentiel, JM Blanquer voit dans le nouvel examen « plus d’égalité du fait du socle commun, plus de liberté car il permet plus  de choix, plus de simplicité et une véritable réussite synonyme d’excellence ». Il voit aussi « plus de modernité sur la forme avec l’oral et sur le fond avec de nouvelles matières comme les humanités nuémriques ».

Le nouveau bac restera bien un diplôme national. Finalement le ministre a reculé devant l’idée d’un bac d’établissement. En plus des épreuves finales, les autres disciplines du tronc commun (histoire géo, emc, langues, eps et humanités scientifiques et numériques) seront évaluées en controle continu. Mais cela reposera sur des sujets nationaux et des copies anonymisées qui seront corrigées par un autre professeur que celui de l’élève dans l’établissement. Une harmonisation sera assurée, promet le ministère. Les bulletins scolaires seront pris en compte pour 10% de la note. Ce système devrait permettre de maintenir une dimension nationale à l’examen ce qui est vital pour les élèves des quartiers défavorisés.

Nouvelle certification, évaluations permanentes

Les épreuves auront lieu en janvier et avril en 1ère et en décembre en terminale. S’ajoutera l’oral, réduit à 20 minutes mais nécessitant quand même 170 000 heures multipliées par un nombre d’enseignants à déterminer ( le ministère annonce trois personnes mais seront-elles toutes enseignantes ?). Au final on évaluera beaucoup en 1èer et terminale et quoiqu’en dise le ministre, à moins qu’il n’envisage d’ajouter ces temps au service normal d’enseignement, cela pourrait perturber les cours.

JM Blanquer a quand même fait un pas vers ce qui pourrait être une privatisation de l’examen. En langues vivantes, les enseignants ont beaucoup de mal avec les épreuves actuelles. Le ministre annonce qu’elles seront remplacées par des certifications nationales ou internationales. On pense bien sur aux grandes certifications existantes. Avec le B2i ce serait de nouvelles épreuves échappant au principe de l’examen d’Etat. S’il laissait certifier le niveau d’anglais, par exemple, par un organisme international, ce serait sans doute un avantage pour les candidats mais une remise en question du monopole d’Etat sur les examens.

Le nouveau bac, qui sera mis en place en 2021, comptera aussi 4 épreuves terminales comme promis par le  candidat Macron. Elles compteront pour 60 % de la note. Elles concernent, fin juin, le français, toujours en fin de première, dont on ne sait pas si l’écriture d’invention sera maintenue, la philosophie en fin de terminale. S’ajoutent deux épreuves de spécialités qui auront lieu après les vacances de printemps. Enfin les élèves passeront un oral préparé sur deux ans, en première en groupe comme les TPE. Mais en terminale ce sera une épreuve personnelle de 20 minutes qui développera les compétences à s’exprimer.

Suppression des filières en lycée général

En ce qui concerne le lycée, le ministre a choisi de maintenir les filières technologiques en l’état mais de supprimer les filières en série générale « pour arrêter la hiérarchie des séries ».

En série générale on aura donc un tronc commun comprenant 4 h de français en première et autant de philosophie en terminale, 3 h d’histoire-géo, 0 h 30 d’EMC, 4h30 de langues en terminale et 4h en terminale, 2 h d’EPS et 2h d’humanités scientifiques et numériques. Tous les élèves feront donc des sciences.

Chaque élève devra choisir trois spécialités en première et deux en terminale , toujours pour 12 heures (3 * 4 en 1ère et deux fois 6 h en terminale). Il n’y aura pas de possibilité de changer dans l’année et les choix devront être validés par e chef d’établissement.

Les élèves auront le choix entre arts, écologie agronomie, histoire géo et sciences politiques, humanités littérature et philosophie, langues et littératures étrangères, maths, numérique et sciences informatiques, SVT, sciences de l’ingénieur, SES et physique chimie.

Les SES sont maintenues mais apparemment amputées des sciences politiques. Le numérique apparait comme une nouvelle discipline sans qu’on sache bien qui la fera.

S’ajouteront un enseignement d’orientation (1h30) dont rien ne dit qu’il sera fait par un enseignant et un enseignement facultatif de 3h (voire deux en terminale) : arts, LCA, Eps, LV3, « maths expertes », « maths complémentaires », droit et grands enjeux du monde contemporain. Le ministre pense ainsi répondre aux craintes des scientifiques.

Le conseil supérieur des programmes dispose d’une année pour écrire les nouveaux programmes.

Des gains de postes apparemment marginaux

Interrogé par le Café pédagogique, le ministre nous a dit que « la réforme n’était pas faite pour des raisons économiques » mais pour des raisons pédagogiques. Il estime que le volume d’enseignement va monter en histoire géo et philosophie. Au total les élèves auront 28 h minimum en première et 27h30 en terminale soit à peu près l’équivalent des horaires actuels.

Est ce à dire qu’il n’y aura pas de gain ? C’est difficile à évaluer discipline par discipline car cela va dépendre des choix des élèves. Mais la nouvelle organisation du lycée devrait permettre de gagner des postes. En effet chaque classe n’aura plus que 16h en première (et 15h30 en terminale) en commun. Pour l’autre moitié du temps les élèves seront regroupés en fonction de leurs choix et cela devrait permettre quelques économies.

Le vrai problème de cette organisation va être dans l’offre d’établissement. Il ne sera pas possible d’offrir toute la gamme dans chaque lycée. Le ministère veut aussi encourager chaque lycée à proposer des choix locaux, comme art et informatique par exemple. Autrement dit on va aller vers une différenciation accentuée entre les lycées. On a pu montrer récemment que cette logique est déjà annoncée par des établissements comme ces 3 lycées de l’Indre qui annoncent déjà un enseignement préparant dès la 1ère au concours de médecine.

Dernière modification : l’année de terminale devrait changer de nom et le ministre porpose « année de maturité ».

Un bilan positif mais un retour à une question fondamentale

Pour le ministre ces réformes « décongestionnent le lycée et la société ». Elle mettent fin au bachotage. Elles moderniseraient le lycée avec des enseignements nouveaux ouverts sur les évolutions scientifiques.

Les enseignants retiendront plus de complexité dans les épreuves. On verra aussi les contraintes apportées par les nouveaux programmes.

Mais globalement JM Blanquer a reculé sur son projet initial. La semestrialisation, et donc l’annualisation des service, est repoussée. On reste dans un cadre trimestriel classique. Le bac garde une dimension nationale. Et les nouvelles disciplines semblent mieux préparer les jeunes, notamment pour l’oral.

Si JM Blanquer a respecté l’engagement présidentiel des4 épreuves au bac, il lui reste maintenant à satisfaire celui de la disparition de 50 000 fonctionnaires. Où peut il les prendre en dehors du lycée ?

Dossier de presse

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La Fcpe dénonce les suppressions de poste dans le second degré

 » Alors que 26 242 élèves de plus seront accueillis à la rentrée 2018 dans les établissements du second degré, les créations de postes nécessaires ne suivent pas », relève l’association de parents d’élèves qui souligne aussi la contradiction avec la réforme du lycée.  » La rentrée 2018 sera pourtant marquée par des réformes importantes, comme l’accès à l’enseignement supérieur ou le baccalauréat. Le ministère a prévu de développer de nouveaux enseignements facultatifs au collège. Ces mesures nécessiteront à coup sûr plus de personnels, notamment pour accompagner les élèves dans la construction de leur projet d’orientation post-bac ». La FCPE « appelle tous les parents d’élèves à la mobilisation. Elle invite à s’opposer, par le vote dans les instances, à toute baisse ou maintien du nombre d’enseignants en face des élèves. Elle exige également que le nombre de postes dans le second degré augmente à la hauteur des enjeux de la rentrée 2018 ! »

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Rapport Villani : des préconisations inquiétantes selon le Snuipp

« Peu de surprises à la lecture des mesures relatives au premier degré. Les références aux trois phases d’apprentissage (manipulation, verbalisation, abstraction), à l’enseignement explicite, à l’importance de la numération et du calcul mental, au travail sur le sens des opérations figurent déjà dans les programmes de 2016, rédigés, il est vrai, avec le concours de didacticiens des mathématiques qui faisaient cruellement défaut à la mission Villani », acrit le Snuipp. Le syndicat relève par contre des préconisations inquiétantes. « Bien que rappelant la nécessaire liberté pédagogique des enseignants, la mission met en exergue les exemples « qui marchent » à l’étranger, se propose de faire le tri entre bons et mauvais manuels, de mettre à disposition des enseignants un matériel standardisé, des protocoles d’évaluations à utiliser trois fois par an. Sur une question complexe et multifactorielle, l’expérience montre pourtant les écueils des solutions clés en main : Singapour n’est pas Clichy-sous-Bois ni Rodez et le protocole Savoir lire écrire compter calculer (SLECC) cher à l’un des membres de la mission a échoué à faire la preuve de son efficacité ». Le Snuipp conclue :  » Attendu sur la question de la formation initiale et continue, le rapport pointe le problème sans y apporter de réponse concrète, hormis la création d’un poste de conseiller pédagogique spécialisé en maths par circonscription. Impossible sans moyens dédiés de progresser sur ce volet ».

 

Communiqué

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[Cerises] La société en avance sur la loi

Sont abordés dans ce numéro 342 de nombreux sujets de société, très politiques.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Procès #AppleContreAttac J-5 : faites pencher la balance de la justice fiscale

Procès #AppleContreAttac J-5 : faites pencher la balance de la justice fiscale

Appel 7 février 2018

Cher·e ami·e,

Lundi 12 février Attac se retrouvera au tribunal de grande instance de Paris face à Apple. La marque à la pomme utilise la justice française pour nous empêcher de dénoncer l’évasion fiscale qu’elle pratique à très grande échelle. Elle nous menace d’une astreinte bâillon de 150 000 € pour toute future action ciblant une enseigne Apple Store.

Seule, l’association Attac ne peut pas lutter contre l’empire Apple, sa puissance financière et son armée d’avocat·e·s.

Aidez-nous à faire pencher la balance

Découvrez et partagez : notre parodie d’une célèbre saga intergalactique

#AppleContreAttac : la guerre fiscale

Relayez l’appel

Attac France — 2018
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Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

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Communiqué LDH : « Justice : des conflits à (re)considérer »

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

La justice a relaxé fin janvier trois militants syndicaux de l’usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux. Ils étaient poursuivis pour dégradations après une manifestation, en 2012, au Salon de l’automobile. Il s’agissait pour eux d’exprimer leur volonté de sauvegarder l’emploi.

La Cour de cassation a confirmé les peines d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de sept salariés de l’usine Goodyear d’Amiens qui avaient retenu, pendant une trentaine d’heures, le directeur des ressources humaines et le directeur de production. Goodyear et les deux cadres concernés ayant retiré leurs plaintes, les poursuites étaient intentées par le seul parquet. Là encore, il s’agissait de défendre l’emploi.

Le 6 février, le tribunal de Carpentras convoque une « faucheuse de chaises », accusée d’avoir « réquisitionné une chaise » de la BNP, dans le cadre d’une action collective. Il s’agissait de protester contre un des pires maux qui frappent le pays : l’évasion fiscale.

Le 12 février, le tribunal de Paris convoque l’association Attac à la suite d’une assignation en référé déposée par Apple. Il s’agit d’empêcher que se développe la campagne « ApplePayeTesImpôts ».

Cette énumération est loin d’être exhaustive et s’inscrit dans une longue tradition de judiciarisation des conflits collectifs. Que la justice soit saisie n’est évidemment pas en soi condamnable. Mais on constate une double accélération. D’une part, la tentation d’instrumentaliser le judiciaire non pour dépasser le conflit mais pour l’étouffer, et en nier la légitimité. D’autre part, un glissement vers un deux poids deux mesures, au détriment des accusés.

La Ligue des droits de l’Homme estime qu’un tel glissement ne laisse pas d’être préoccupant. La justice est en charge du retour à l’ordre public, lequel suppose une juste considération du conflit social et de toutes ses parties prenantes. L’issue du conflit de Notre-Dame-des-Landes devrait de ce point de vue déclencher une réflexion fondatrice sur l’économie générale des décisions administratives, de la place réelle et effective laissée au débat public, du rôle dévolu aux décisions de justice. Des enjeux tels que l’emploi, la santé, la justice environnementale ou fiscale ne seront en effet pas débattus, dépassés et résolus sans conflits ni mobilisations collectives.

Dans cette perspective, il est d’autant plus important que la justice, dans le respect du droit au conflit et à l’action collective, veille à ce que la pénalisation des acteurs des mouvements sociaux ne devienne pas un mode de gestion politique de la démocratie.

Paris, le 6 février 2018
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Emploi enseignant : le Se Unsa et le Sgen rejoignent le Snuipp

 » Nos organisations alertent sur la dégradation à venir des conditions d’enseignement et d’apprentissage, dans les collèges et lycées comme dans les écoles ». Le Se Unsa et le Sgen Cfdt ont finalement rejoint le Snuipp dans une action nationale sur l’emploi. Les trois syndicats du primaire dénoncent dans une déclaration commune les effets des dédoublements sans moyens décidés par JM Blanquer. « Même en éducation prioritaire, les 3 880 postes attribués au primaire ne couvrent pas la poursuite demandée du dédoublement en CP et CE1 », écrivent -ils. « En décidant une forte réduction des effectifs uniquement en CP et CE1 dans l’éducation prioritaire, et ce, sans en donner les moyens suffisants, le ministre va dégrader les conditions d’enseignement et d’apprentissage partout ailleurs. Pour équilibrer leurs dotations, les DASEN sont conduits à fermer beaucoup de classes, particulièrement en maternelle et dans le rural ».

 

Communiqué commun

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Le Snuep inquiet du rapport Brunet

 » Si elles étaient retenues, les propositions du rapport de synthèse de la concertation pour le développement de l’apprentissage signeraient un véritable recul pour la formation professionnelle initiale des jeunes. Certaines propositions dépassent le champ strict de l’apprentissage et impacteront l’organisation de l’enseignement professionnel scolaire et la politique de certification », écrit le Snuep Fsu.  » Le SNUEP-FSU dénonce les propositions de généralisation de la mixité des publics en EPLE et de signature de contrat d’apprentissage à tout moment de l’année. Elles ne font que répondre aux exigences du patronat, occultant complètement l’objectif de formation des jeunes. Les conditions de formation des apprenti·es et des élèves n’en seront que dégradées, tout comme les conditions de travail des enseignant·es, formateurs et formatrices. Recentrer les diplômes professionnels autour de “famille de métiers”, tout en confiant l’élaboration des référentiels d’activités professionnelles (RAP) aux seules branches professionnelles qui auraient un pouvoir de codécision pour l’élaboration des référentiels de compétences, ne fera qu’affaiblir les diplômes et leurs contenus de formation. »

 

Communiqué

Le rapport Brunet le la défaite des régions

Le rapport

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