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Parcoursup : la moitié des candidats sans proposition

Débuts affligeants pour le nouveau système d’affectation dans le supérieur. Là où APB  affectait dès son ouverture 80% des jeunes, Parcoursup, la nouvelle plate forme ministérielle, ne fait de propositions qu’à la « meilleure » moitié des 810 000 jeunes inscrits. Simple problème technique pour la ministre. Refus de prendre en compte les besoins de la jeunesse pour la FSU. Peut-être y a-t-il des deux…

« Pas d’inquiétude… »

« Ce soir la moitié des lycéens auront une ou plusieurs propositions. Un petiot nombre qui auront des « non » à toutes leurs demandes seront pris en charge par les commissions rectorales dès demain ». Sur France Inter, Frédérique Vidal s’est voulue rassurante. « Le processus est radicalement différent d’APB. Plusieurs centaines de milliers de places seront libérées… Je leur dis : dès demain de nouvelles propositions seront faites… Pas d’inquiétude ».

La ministre s’est fixée comme objectif 80% de réponses après le bac, début juillet. « Entre ceux qui finalement font autre chose et ceux qui n’auront pas le bac, tout le monde aura une proposition. C’est un engagement ». En effet le décret sur la phase complémentaire prévoit que les commissions rectorales fassent des propositions parmi les places qui resteront vacantes au niveau national. Mais cela répond il aux attentes des lycéens ?

Un choix politique

C e n’est pas l’avis de la FSU. Dans un communiqué du 22 mai, la FSU  » dénonce le fiasco de Parcoursup ».  » Le gouvernement a fait le choix de refuser d’entendre l’expression de la jeunesse à accéder à une formation et un diplôme de l’enseignement supérieur », écrit le syndicat. « Depuis des mois, un mouvement social conteste les fondements de la politique de sélection à l’entrée de l’université. Le gouvernement s’enferme dans le déni et choisit la répression comme seule réponse. La FSU exige que tous les lycéens lauréats du baccalauréat puissent choisir leurs études ». Mais pour cela il faudrait ouvrir des postes dans l’enseignement supérieur. Et il est vrai que c’est devenu un mot tabou. F Vidal parle de « places », éventuellement de millions. Mais jamais de créer de nouveaux postes, comme si l’on pouvait ouvrir des places sans mettre d’enseignant devant les élèves… Il y a bien refus gouvernemental d’investir dans l’enseignement supérieur pour répondre à la fois à la montée démographique et à celle des aspirations de la jeunesse, notamment celle des lycées professionnels.

La part de la plateforme

Pour autant la nouvelles plateforme explique aussi la mise de coté de la moitié des jeunes à l’ouverture de Parcoursup. Selon Guillaume Ouattara, un élève ingénieur qui analyse sur son blog l’algorithme de Parcoursup, l’absence de classement des voeux crée cet embouteillage à l’ouverture qui sera lent à se résorber, suscitant des angoisses chez les lycéens les plus fragiles. Il confirme également que la publication de l’algorithme de Parcoursup n’éclaire en rien le mode de tri des dossiers dans l’enseignement supérieur, comme le Café l’écrivait le 22 mai. Il souligne le risque d’overbooking dans les formations sélectives : à la création de postes, le ministère semble avoir organisé le bourrage des classes…

F Vidal

Pour la FSU

Sur le Café

F Vidal : Promesse impossible

Le blog de G Ouattara

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Tribune collective : « Nous soutenons les 3 de Briançon : oui à l’asile, non à la loi Collomb » publiée dans Politis

21 mai 2018 – Tribune collective « Nous soutenons les 3 de Briançon : oui à l’asile, non à la loi Collomb » publiée dans Politis

Tribune signée par Malik Salemkour

Cet appel, à la suite de la pétition initiée par Erri De Luca et signée par Pouria Amirshahi, directeur de Politis, déclare illégitime la loi incriminant le secours aux migrants en danger, en mer comme sur terre.

Nous serons tous une « bande organisée » autour des militant.e.s de la Solidarité.

Le 21 avril les militants d’un groupe d’extrême-droite suprématiste « Génération Identitaire », a mis en scène au col de l’Echelle (05) une opération de « blocage des frontières » entre la France et l’Italie, interdisant l’accès à des personnes épuisées par un trajet en montagne, les mettant ainsi potentiellement en danger. Cette action fut largement diffusée sur les réseaux sociaux à renfort de commentaires xénophobes

Le lendemain, une manifestation de 150 habitants des vallées frontalières, engagés dans la solidarité concrète avec les migrants transitant dans cette région, traversent symboliquement la frontière de Clavière jusqu’à Briançon, pour protester contre la militarisation de la frontière et la non prise en charge des personnes mineures ou en demande d’asile par les autorités. La gendarmerie française effectue alors 6 interpellations arbitraires. Trois personnes seront relâchées et trois autres sont en liberté provisoire, en Savoie et à Marseille. Elles sont poursuivies pour « avoir par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée », elles risquent selon la loi française jusqu’à 10 ans de prison, assortie de 750 000 euros d’amende.

Le jugement a été renvoyé au 31 mai 2018.

À travers cette accusation, c’est la solidarité humaine et toute forme d’assistance y compris à personnes en danger qui est ainsi considérée comme un délit passible de prison de très longue durée mais c’est aussi le déni pur et simple du droit d’asile et donc de séjour, lequel est une obligation conventionnelle de la France.

Devant une telle répression et atteinte à la conscience humaine nous sommes et nous nous sentons tous des montagnards, nous accompagnons depuis des siècles ceux qui doivent impérativement traverser la frontière pour se mettre à l’abri, protéger leur vie et leur liberté. Les montagnes par leurs innombrables sentiers nous aident.

Nous continuerons à le faire. Nous revendiquons notre aide comme légitime. Nous déclarons illégitime la loi qui nous incrimine, parce que contraire à la fraternité et au devoir universel des hommes au secours d’autres hommes en détresse. En mer comme sur terre : nous déclarons que nous continuerons à porter secours à ceux qui ont besoin de nos sentiers.

Personne n’est clandestin. Dans nos montagnes, il n’y a que des hôtes de passage. Cet appel est signé en Italie et en Suisse comme en France.

Cette hospitalité, nous nous rassemblerons pour la réaffirmer en même temps que notre soutien aux trois inculpés de Briançon, le dimanche 27 mai, à partir de 15h30, place de la République à Paris.

Retrouvez la tribune sur Politis

Comité de soutien des Trois de Briançon, Tous Migrants de Briançon, Réseau hospitalité de Gap à la suite de la pétition rassemblant 3 000 signatures initiée par Erri de Luca.

Premiers signataires : Comité de soutien aux trois de Briançon, Tous migrants de Briançon, Réseau hospitalité de Gap, ADA – Accueil demandeurs d’asile (Grenoble), Association femmes plurielles, ATMF, Auberge des migrants, Cercle Louis Guilloux, CGT Educ’action académie de Versailles, Collectif Accueil migrants Valfleury, Collectif Outils du soin, Collectif Réfugiés du Vaucluse, Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics, Copaf, Dal, Écologie sociale, EELV, Ensemble !, FERC CGT, FTCR, Gisti, Jarez solidarités, LDH-Paca, Les Ami.e.s de la Roya, Ligue des droits de L’Homme, Mouvement Ecolo, Mrap, Mrap 84, PCF, PG, POID, République et Socialisme, RESF, RESF 48, Résistance sociale, Solidaires, UD CGT Paris…

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JM Blanquer annonce la fin programmée des académies de Limoges et Poitiers

 » Dans le futur, vous aurez peut être un recteur pour l’ensemble des trois académies ». En visite le 19 mai à Saint Sulpice le Dunois (Creuse), Jean-Michel Blanquer a confirmé les préconisations du rapport sur la territorialisation de l’IGAEN remis récemment. Des propos qui ont suscité de nombreuses réactions , y compris du ministre qui s’en est pris à France Télévision.

« Nous avons plusieurs années pour accomplir ce que dit ce rapport… Rien de brutal ne va se passer » a déclaré JM Blanquer à l’occasion de la visite d’une école à Saint Sulpice le Dunois (Creuse) le 19 mai. L’annonce de la fermeture « dans le futur » des académies de Limoges et Poitiers arrive alors que le ministre vient tout juste de nommer la rectrice de Limoges.

Elle suit la publication la semaine dernière d’un rapport de l’Inspection générale (IGAENR) qui préconise l’alignement des académies sur les nouvelles régions. Dans les 4 grandes régions (Auvergne‐Rhône‐Alpes, Grand Est, Nouvelle‐Aquitaine et Occitanie),  » la mise en oeuvre de ce principe implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité de suivi indispensables »,précise le rapport. Il demande la création d’un vice chancelier des universités et d’un adjoint chargé de l’enseignement scolaire auprès de chaque recteur. Mais rien qui compense l’organisation actuelle en terme de suivi des établissements. L’objectif est bien de faire des économies en regroupant les services administratifs. Y compris la fusion des corps d’inspection.

Le choix de Limoges et Poitiers ne doit rien au hasard. Ce sont justement les deux villes qui ont immédiatement réagi au rapport. Les deux villes sont détenues par l’opposition (PS à Poitiers, LR à Limoges).

Les propos du ministre ont suscité des réactions syndicales. Le secrétaire général de l’Unsa éducation , Pierre Gautret, apostrophe le ministre. « Nous apprécions, Monsieur le Ministre, que vous n’ayez pas pris le temps de venir rencontrer ceux qui font tous les jours l’école au plus près de vos concitoyens, nous espérons que le laboratoire des politiques rurales que deviendra notre département ne préfigurera pas le recul encore plus mortifère du service public et de la présence de l’état auprès des plus fragiles ».

Dans un tweet, JM Blanquer a reproché à France Télévision la publication de cette information disant : le titre que vous donnez ne traduit pas ce que j’ai dit dans la vidéo. Pourquoi ? ». Réponse d’une enseignante : « Le titre de votre livre ne traduit pas la politique que vous mettez en oeuvre. Pourquoi ? »

Sur France TV

Unsa 23

Le rapport sur la territorialisation

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Premier et second degrés : la crise du recrutement ne s’arrange pas

Les premiers résultats des admissibles aux concours externe de professeur des écoles et au capes externe laissent présager que la crise du recrutement dont souffre l’Education nationale se prolonge. En ce qui concerne le premier degré, les premiers résultats sont sans appel. Les résultats des épreuves d’admissibilité disent dès maintenant que dans les académies de Créteil et Versailles on n’aura pas un nombre d’enseignants permettant de couvrir le nombre de postes offerts.  Le déficit final pourrait être de 700 postes. Dans le second degré, malgré la forte réduction du nombre de postes proposés cette année, les résultats de l’admissibilité annoncent près de 400 postes non couverts en lettres (modernes et surtout classiques), allemand et maths. Les résultats de l’anglais, une autre discipline en déficit l’année dernière, ne sont pas encore connus.

Premier degré

Dans le premier degré, les résultats des épreuves d’admissibilité au concours externe de professeur des écoles mettent en lumière l’aggravation de la crise du recrutement dans les académies de Versailles et de Créteil.

A Créteil, 1379 candidats ont été déclarés admissibles. Or 1450 postes sont offerts cette année au concours. Même en ayant diminué de 150 places le nombre de postes cette année, il est clair que tous les postes ne seront pas couverts. Le déficit devrait dépasser 71 postes. En reprenant le ration admis / admissibles de l’an dernier (80% d’admis) on obtiendrait  environ 1100 admis soit un déficit d’environ 350 postes. L’année dernière 489 places n’avaient trouvé preneur.

Sur Versailles la situation est bien pire. On compte 1657 admissibles pour 1700 postes proposés. Il est clair que 43 postes ne seront pas couverts. Mais en reprenant le ration d’admis de 2017 (85%) on obtiendrait 1408 admis. Dans cette hypothèse ce sont environ 300 postes qui en seront pas couverts. L’année dernière le déficit n’a été que de 74 postes.

Second degré

Dans le second degré, le problème se pose en maths et lettres. Les résultats de l’admissibilité au Capes externe montrent encore des déficits à venir en lettres et en maths. En lettres classiques on compte 105 admissibles (autant qu’en 2017) pour 183 postes. Il est clair qu’ils ne seront pas couverts. Si on reprend le ration admis / admissibles de 2017 on compterait 85 admis seulement (comme en 2017) c’est à dire que 53% des postes ne trouveraient pas preneurs alors que le nombre de postes a été fortement réduit (183 au lieu de 230).

En lettres modernes, on a 1390 admissibles soit 150 de moins qu’en 2017. Cela pourrait donner 1029 admis pour 1040 postes. Là le ratio s’améliorerait par rapport à 2017 mais du simple fait de la forte réduction du nombre d e postes (1040 au lieu de 1288).

En allemand on compte 228 admissibles cette année, contre 224 l’an dernier, pour 275 postes proposés. Avec le taux de 2017 cela ferait 125 admis soit 45% de postes non pourvus. A l’évidence le rétablissement des classes bilangues n’a pas eu d’impact sur l’attractivité du métier.

En maths, on compte 1760 admissibles pour 1183 postes. Cela semble suffisant. Mais l’expérience des années précédentes montre qu’un fort pourcentage d’admissibles ne sont pas admis. En 2017 on n’a compté que 55% d’admis chez les admissibles. Dans ce cas on compterait seulement 968 admis en 2018 soit un déficit de 215 postes, un pourcentage un peu inférieur à celui de 2017.

Dans les autres disciplines la situation est meilleure car si le nombre d’admissibles est en baisse , celui des postes proposés également. Ainsi en histoire géo on compte 1252 admissibles contre 1496 l’an dernier pour 540 postes , en SVT 697 contre 811 pour 327 postes, en espagnol 871 contre 930 pour 415 postes. En physique chimie , il y a 673 admissibles pour 300 postes. Ils devraient être tous pourvus.

Un budget sincère ou comptable ?

Alors que le ministre avait justifié la réduction du nombre de postes ouverts dans le secondaire par la volonté d’avoir un budget « sincère » et d’ajuster le nombre de postes proposés à la réalité de la demande, on constate toujours de fortes différences dans de nombreuses disciplines ce qui pourrait laisser penser que la  vraie raison de la baisse du nombre de postes est politique. Au final entre la baisse du 2d degré et la hausse du 1er degré le ministère n’aura créé aucun poste en 2018.

Faute d’une vraie politique de recrutement le ministère n’est pas arrivé à atteindre les créations de postes qu’il avait jugé nécessaires.  Le ministre promet de favoriser les pré recrutements prochainement. C’est une bonne idée . Mais il a aussi annoncé vouloir distinguer entre réussite au concours et recrutement. Appliquer cette idée serait-il sans effet sur l’attractivité du métier enseignant ?

Les résultats 1er degré

Les résultats 2d degré

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Réforme du lycée : cataclysme dans l’enseignement agricole

Les syndicats de l’enseignement agricole dénoncent les suppressions massives de moyens à l’occasion de la réforme du lycée. Ainsi selon le Snetap Fsu, pour le bac technologique STAV des enseignements complets qui font la spécificité de l’enseignement agricole disparaissent purement et simplement. Pour le bac général, l’intersyndicale dénonce la réduction drastique des spécialités. C’est par ce biais que le ministère fait des économies de postes. Une démarche qui pourrait faire réfléchir tous les enseignants…

 » La mise en place de spécialités en classe de 1ère et terminale se traduit donc par la suppression des EIL mais dans les projets diffusés ce jour… la DGER propose de ne pas  transposer les EIL en enseignement de spécialité ! Ainsi, il n’existerait pas-plus dans le futur bac technologique de spécialité liée aux services à la personne et aux territoires, ni à l’agroalimentaire, ni à l’agroéquipement. Plus de formation spécifique dans ces 3 domaines », écrit le Snetap Fsu à propos du bac technologique STAV.

Pour le bac général suivi en lycée agricole, c’est l’intersyndicale qui monte au créneau.  » « La DGER l’a tuer ! », annoncent les syndicats FO, CGT, et FSU.  » Faute de moyens, faute d’ambitions, la DGER a refusé toutes nos propositions d’amendements et imposera que les lycées ne proposent qu’un seul parcours ! Ainsi les élèves ne pourront pas choisir leurs enseignements de spécialité de terminale, ceux-ci seront (faute de moyens) imposés par l’établissement. Chaque lycée n’aura les moyens de proposer qu’une « paire » d’enseignements de spécialité : biologie-écologie-mathématiques ou mathématiques-physique chimie ou biologie-écologie-physique chimie. »

Bac général

Sur le bac STAV

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Apprentissage : les régions et le Medef construisent un compromis

Au terme d’un bras de fer qui a duré des mois, Régions de France et le Medef semblent avoir trouvé un compromis sur l’apprentissage et l’orientation. François Bonneau, Hervé Morin et Pierre Gattaz signent un communiqué commun qui scelle ce compromis. Une de ses retombées c’est de demander aux députés de donner toute l’orientation scolaire aux régions.

« Nous faisons le choix d’unir nos responsabilités et nos forces pour bâtir ensemble une réforme efficace de la formation initiale par apprentissage », annoncent François Bonneau, Hervé Morin et Pierre Gattaz dans une déclaration du 16 mai.

« Ensemble, les Régions et les branches professionnelles doivent disposer des leviers pertinents de pilotage et de développement de l’apprentissage au plus près des entreprises et des territoires. De ce point de vue, la future agence « France Compétences » devra garantir la cohérence, la performance, et l’évolution continue du système. Il ne faut donc pas que la future agence France Compétences soit aux mains des seuls Ministères. Il en va de même de la recentralisation des primes aux employeurs d’apprentis ou de la suppression des financements des aides régionales aux apprentis. Nous réaffirmons notre attachement au quadripartisme, source de coopérations renforcées et au copilotage Région-branche, facteur d’efficacité », annoncent-ils alors que le pilotage de l’apprentissage est prévu par les seules branches professionnelles dans le projet de loi présenté au parlement.

Le compromis porte sur le financement des CFA. Les régions annonçaient 700 fermetures du fait du nouveau mode de financement « au contrat » favorisant les grandes branches professionnelles au détriment des petits CFA. « Il faut libérer la capacité d’investissement et d’installation des CFA, mais, dans le même temps, il faut que soit confiée aux Régions et aux branches professionnelles la coconstruction commune d’une stratégie régionale cible pluriannuelle et révisable annuellement », annoncent Régions de FRance et le Medef.

« Le troisième défi est celui de l’orientation pour attirer davantage de jeunes vers les métiers de demain, vers la formation professionnelle, vers l’alternance… Les Régions sont particulièrement bien placées pour piloter et coordonner les structures qui agissent dans ce domaine (ONISEP, CIO, CARIF-OREF, Missions locales, réseau information jeunesse, développeurs de l’apprentissage…) et les rapprocher des entreprises, qui sont les mieux placées pour parler des métiers. .. Une vraie étape doit être franchie par le Parlement dans ce domaine ».

Le communiqué

L’ARF prédit la fermeture des petits CFA

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[Cerises] Révolution maintenant et comment

Face au capitalisme déployé sous toutes ses formes de Trump à Macron en passant par…, des propositions pour « Faire la révolution maintenant et comment ».

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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L’homophobie à l’Ecole en hausse de 38% !

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie qui aura lieu le 17 mai, l’association SOS Homophobie publie son 22ème rapport annuel. Le bilan est inquiétant : en 2017, les témoignages d’actes LGBTphobes ont augmenté de 4,8 % ; en milieu scolaire, l’augmentation est même de 38 %. « Pédé » est toujours la première insulte prononcée dans les cours de récréation. S’ajoutent moqueries, menaces, agressions physiques, cyberharcèlement, affiches contre l’homophobie taguées dans une université, distribution de manuels anti-genre et anti-IVG dans un établissement privé…

La discrimination vient le plus souvent des élèves, mais enseignant.es et directions en sont aussi parfois responsables, ou complices par leur indifférence aux victimes. Et les conséquences sont graves : SOS Homophobie rappelle que « chez les jeunes victimes de LGBTphobies, la probabilité de tentative de suicide est entre 3 et 7 fois plus élevée que chez les autres adolescent•es ».

« Un garçon à l’allure « efféminée », une jeune fille avec une « grosse voix » … : les éléments déclencheurs sont souvent les stéréotypes sexistes, que l’Ecole a aussi le devoir de combattre. A ce sujet, on se souvient des ABCD de l’égalité, lancés à la rentrée 2013 par la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem et abandonnés l’été 2014 par le ministre de l’Education nationale Benoit Hamon. Désertion d’un champ de bataille qui continue à faire des victimes, cette décision rangeait la lutte contre le sexisme et l’homophobie « dans le placard » politique. A jamais ?

Si des actions ponctuelles ont lieu dans l’Education nationale, conclut SOS Homophobie, « beaucoup reste à faire : davantage d’interventions et aussi un développement de plans d’actions sur le long terme », ce qui suppose de « former les adultes en début de carrière puis d’assurer un suivi continu. ». On ajoutera que la question appelle à mettre en œuvre, à tous les niveaux, une réelle Education aux Médias et à l’Information : pour contrer l’homophobie qui déferle sur certains sites et réseaux sociaux, pour décrypter et dépasser les stéréotypes sexistes qui font des ravages dans trop d’images et propos diffusés, pour aider chacun à se comporter, jusque sur internet, en citoyen éclairé.

Le rapport 2018 de SOS Homophobie

Dans Le Café : combattre les stéréotypes sexistes par Claude Lelièvre

Dans Le Café : combattre les discriminations

Dans Le Café : Un projet pédagogique de Claire Augé sur Facebook

Dans Le Café : Claire Berest contre les stéréotypes sexistes

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Communiqué commun  » Secret des affaires : action unitaire spectaculaire pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires »

#StopSecretdAffaires

Secret des affaires : action unitaire spectaculaire pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires

 

Ce mardi 15 mai à 7h30 une centaine de militant·e·s et de personnalités ont déployé une banderole géante devant l’assemblée nationale pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires sur la proposition de loi Secret des affaires.

Étaient notamment présent·e·s les personnalités et organisations suivantes : Edwy Plenel, Laurent Joffrin, Edouard Perrin, la CGT, Attac, Pollinis, Foodwatch, Greenpeace, Sherpa, Le Mouvement, les syndicats de journalistes (SNJ et SNJ-CGT), Sciences citoyennes, Informer n’est pas un délit, le Syndicat de la Magistrature…

La proposition de loi instituant le secret des affaires sera soumise le 24 mai à la Commission Mixte Paritaire. Elle est dénoncée par 53 organisations (syndicats et associations) et 23 sociétés de journalistes qui ont interpellé Emmanuel Macron le 16 avril dernier[1]. Pour empêcher que le secret ne devienne la règle et les libertés des exceptions, les organisations signataires exigent que le champ d’application du secret des affaires soit restreint aux seuls acteurs économiques concurrentiels.

Malgré cette lettre ouverte, la pétition signée par plus de 550 000 personnes[2], et de multiples demandes de rendez-vous, Emmanuel Macron n’a pas répondu.

L’enjeu est pourtant de taille : la proposition de loi remet en cause les principes Républicains et permet aux entreprises de poursuivre journalistes, syndicalistes, lanceurs d’alerte, ONG voire simples salarié·e·s pour détention ou révélation de secrets d’affaires. La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) vient d’ailleurs d’appeler à la restriction du champ d’application de la loi aux seuls acteurs économiques concurrentiels[3].

La coalition renouvelle son interpellation du Président de la République et des parlementaires : la commission mixte paritaire du 24 mai doit permettre d’amender en ce sens la proposition de loi de façon à garantir le respect des libertés fondamentales et de l’intérêt général. 

Signataires de la lettre ouverte au Président de la République :Appel-Muller Patrick, Directeur de la rédaction de l’Humanité ; Auroi Danielle, Présidente de Forum Citoyen pour la RSE ; Berille Luc, Secrétaire général de l’UNSA ; Beynel Éric, Porte-parole de Solidaires ; Binet Sophie et Kotlicki Marie-José, Secrétaires générales de l’Ugict-CGT ; Blanchet Lise, Présidente de la Commission SCAM des journalistes ; Borrel Thomas, Porte-parole de Survie ; Bounaud Laurène, Déléguée générale de Transparency International ; Cellier Dominique, Président de Sciences Citoyennes ; Collectif « On ne se taira pas ! » ; Compain Florent, Président des Amis de la Terre France ; Coriat Benjamin et Sterdyniak Henri, Économistes atterrés ; Cossart Sandra, Directrice de Sherpa ; Cutajar Chantal, Présidente de l’Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale ; Darmon Muriel, Présidente de l’Association Française de Sociologie ; Deltour Antoine, Lanceur d’Alertes LuxLeaks ; Derigny Alexandre, Secrétaire Général de la Fédération des Finances CGT ; Dubreuil Katia, Présidente du Syndicat de Magistrature ; Duval Guillaume, Président du Collectif Éthique sur l’étiquette ; Faucheux Benoît, Directeur général de CCFD Terre Solidaires ; Fayet Véronique, Présidente du Secours Catholique ; Fontaine Alain, Directeur général de Terre des Hommes France ; Julliard Jean-François, Directeur exécutif de Greenpeace France ; Kalinowski Wojtek, Co-directeur de l’Institut Veblen ; Kragl Ingrid, directrice de l’information de Foodwatch ; Laarman Nicolas, Délégué général de Pollinis ; Lanier Vincent, Premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes ; Lefevre Christophe, Secrétaire national en charge des affaires européennes de la CFE-CGC ; Lepers Elliot, Directeur de l’ONG Le Mouvement ; Mahieu Laurent, Secrétaire général de la CFDT Cadres ; Marolleau Jean-Louis, Secrétaire exécutif du Réseau Foi et Justice Afrique Europe – Antenne de France ; Martinez Philippe, Secrétaire général de la CGT, Merckaert Jean, Rédacteur en Chef de la Revue Projet ; Monfort Patrick, Secrétaire général du SNCS-FSU ; Morin Jérôme, Secrétaire général de la F3C CFDT ; Noisette Christophe, Rédacteur en Chef d’Inf’OGM ; Pedersen Birthe, Présidente d’Action Aid France – Peuples Solidaires ; Peres Éric, Secrétaire général de FO Cadres ; Perrin Édouard, Président du Collectif « Informer N’est Pas un Délit » ; Petitjean Olivier, coordinateur à l’Observatoire des Multinationales ; Pigeon Martin, Corporate Europe Observatory ; Plihon Dominique et Trouvé Aurélie, Porte-paroles d’Attac; Poilane Emmanuel, Directeur général de France Liberté et président du CRID ; Poitier Julie, Directrice de Bio Consom’Acteurs ; Rehbinder Lison, Coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires ; Remy Clément, Président de Pollinis ; Rizzoli Fabrice, CrimHalt ; Roques Laurence, Présidente du Syndicat des Avocats de France ; Salemkour Malik, Président de la Ligue des Droits de l’Homme ; Vire Emmanuel, Secrétaire général du Syndicat National des Journalistes CGT ; Youakim Marie, Co-présidente de Ritimo ; SDJ des Échos ; SDJ de Premières Lignes ; SDJ de TV5 Monde ; SDJ de BFMTV ; SDJ de l’AFP ; SDJ de Challenges ; SDJ de la rédaction nationale de France 3 ; SDJ de Télérama ; SDJ du JDD ; SDJ de l’AEF ; Société des rédacteurs du Monde ; SDJ de Radio France ; SDJ du Figaro ; SDJ du Point ; SDJ de RTL ; SDJ de La Vie ; SDJ de Libération ; Rédaction d’Alternatives Economiques ; SDJ de TF1 ; SDJ de RMC, SDJ de Mediapart ; SDJ de l’Humanité ; SDJ de France 2 ; Prix Albert Londres ; Télé Libre.

[1] http://www.ugict.cgt.fr/ugict/presse/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique

[2] http://www.stopsecretdaffaires.org

[3] http://www.cncdh.fr/fr/publications/secret-des-affaires-la-liberte-dexpression-et-dinformation-doit-rester-le-principe

À Montreuil, le 15 mai 2018

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Communiqué FSU Gaza : halte au massacre

Communiqué FSU
Les Lilas le 16 05 18

Gaza : halte au massacre

La FSU condamne avec force le massacre de la population palestinienne à la frontière de Gaza, perpétré par l’armée de l’État israélien.

Depuis plus de 70 ans et l’expulsion des Palestinien-nes de leur terre, l’état israélien viole les droits des Palestinien-nes en dépit des résolutions de l’ONU : annexion de territoires, colonisation, blocus de Gaza, enfermement des militant-es palestinien-nes, répression extrême de toutes les manifestations…

Aujourd’hui, l’administration Trump choisit la provocation et piétine le droit international en déplaçant son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Avoir Jérusalem comme capitale, vieille revendication des droites extrêmes israéliennes, symbolise une expulsion de plus pour les Palestinien-nes. Ce geste a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère.

Le bilan humain des manifestations pour le droit au retour, qui commémorent ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe) et qui s’opposent à l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem est terrible : plusieurs dizaines de manifestant-es tué-es froidement, dont des enfants, et des milliers de blessé-es.

Les Palestinien-nes demandent l’égalité, la justice, la dignité. Autant de revendications légitimes et qui sont les nôtres. La FSU demande au gouvernement français de prendre toutes les mesures pour protéger le peuple palestinien et qu’il prenne des sanctions vis-à-vis de l’Etat d’Israël pour que le droit international soit respecté.

La FSU appelle à participer aux rassemblements de soutien au peuple palestinien.

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Tribune collective  » Israël fête ses 70 ans, et après ? « , à l’initiative du Collectif Trop c’est trop et de la LDH

Tribune collective « Israël fête ses 70 ans, et après ? », à l’initiative du Collectif Trop c’est trop et de la LDH, publiée, ce 15 mai 2018, sur lemonde.fr et sur Mediapart

Israël fête ses 70 ans, et après ?

15 mai 2018

Soixante-dix ans après la création de l’Etat d’Israël, diverses personnalités appellent l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine.

Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale marquée par le génocide des Juifs d’Europe, a été accueillie dans le monde comme un refuge pour les survivants et comme un espoir. En même temps, elle a dépossédé les Palestiniens d’une partie importante de leur pays et représenté pour eux une catastrophe, la Naqba. 70 ans plus tard, l’Etat d’Israël est une réalité, comme est une réalité le fait que des millions de Palestiniens vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement à Gaza, de discriminations en Israël ou d’exil.

Depuis 1948, ces deux réalités s’entrechoquent entraînant du sang et des larmes, entravant l’avenir des peuples de la région et produisant ses effets jusqu’en Europe et dans le reste du monde. L’occupation et la colonisation poursuivie par Israël depuis 1967 de territoires ne faisant pas partie de ses frontières internationalement reconnues aggrave une situation régionale par ailleurs bouleversée par de nombreux conflits et fait peser de lourdes menaces sur la paix mondiale.

Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant les terres, cantonnant les Palestiniens à des territoires de plus en plus réduits, les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux Etats puissent vivre en paix, côte à côte, avec Jérusalem comme capitale commune. Le résultat de leur politique interroge, certes, sur la possibilité de cette solution. La poursuite continue de la colonisation conduisant à l’installation de quelque 700 000 colons en Cisjordanie a sapé les espoirs suscités par le processus d’Oslo. Mais il est clair que l’hypothèse louable d’un seul Etat ouvert à tous avec les mêmes droits se heurte aux aspirations nationales des deux peuples. L’établissement de deux Etats dans les frontières de 1967, garantissant une solution aux réfugiés et établissant Jérusalem comme capitale des deux pays, reste, au moins à court et moyen terme, la seule solution viable.

Il est illusoire de penser que laisser le gouvernement israélien et l’autorité palestinienne face à face permettrait d’avancer dans cette voie. Seule l’intervention de la communauté internationale permettra de peser sur les deux parties, en particulier sur les autorités israéliennes qui se sentent revêtues de l’impunité que leur confère le soutien indéfectible des Etats-Unis.

C’est donc à l’Union européenne d’agir. L’Europe doit cesser de regarder ce conflit comme une séquelle de ses responsabilités dans le génocide des juifs et de la manière dont y ont été traités les survivants. Ramener le gouvernement israélien au respect du droit et à la raison, dénoncer sa politique, n’est en rien une manifestation d’antisémitisme. Antisémitisme dont nous combattons les manifestations insupportables qui se produisent partout en Europe.

Nous appelons l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. La France doit agir en ce sens en procédant elle-même à cette reconnaissance sans délai.

Les signataires:

Tewfik Allal, militant associatif,
Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’EPHE,
Bertrand Badie, professeur à l’IEP Paris,
Françoise Basch, universitaire,
Sophie Basch, professeur à Sorbonne Université,
Esther Benbassa, sénatrice EELV, universitaire,
Sophie Bessis, historienne,
Françoise Blum, ingénieure CNRS,
Barbara Cassin, chercheur CNRS,
Mouhieddine Cherbib, militant associatif CRLDH Tunisie,
Alice Cherki, psychanalyste,
Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne,
Michel Deyfus, directeur de recherche au CNRS,
Dominique Guibert, président de l’AEDH,
Christiane Hessel, présidente d’honneur de Les Enfants, le Jeu, l’Education,
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS,
Robert Kissous, militant associatif,
Abdelatif Laabi, écrivain,
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS,
Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH,
Jean-Claude Lefort, député honoraire,
Catherine Lévy, sociologue CNRS,
Gilles Manceron, historien,
Michel Mousel, militant politique,
Fabienne Messica, sociologue,
Bernard Ravenel, historien,
Vincent Rebérioux, LDH,
Malik Salemkour, président de la LDH,
Abraham Ségal, documentariste,
Taoufiq Tahani, universitaire, président d’honneur de l’AFPS,
Athéna Tsingarida, professeure à l’Université libre de Bruxelles,
Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH,
Marie-Christine Vergiat, députée européenne,
Georges Vigarello, EHESS,
Sylviane de Wangen, comité de rédaction de Confluences Méditerranée.

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Fonction publique : une rencontre pour rien

Reçues le 15 mai par le secrétaire d’Etat auprès du ministre des comptes publics, les 9 fédérations syndicales de la Fonction publique CGC, CFTC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires, Unsa et Cfdt estiment que  » le Ministre n’a apporté aucune réponse satisfaisante aux organisations. Cela confirme qu’il n’y a pas de véritables concertations ouvertes par le gouvernement ». Les organisations syndicales « réaffirment la nécessité d’une forte mobilisation le 22 mai prochain. Elles appellent toutes et tous les agent-es à être en grève et à manifester pour faire entendre leurs exigences ».

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Territorialisation : la fin de l’égalité républicaine pour FO

 » Ces mesures auraient pour conséquence une gestion locale des personnels au détriment des garanties collectives », écrit FO éducation en réponse au rapport de l’IGAENR sur la territorialisation de l’éducation nationale. « Elles s’inscrivent dans une logique d’ensemble : c’est l’inversion de la hiérarchie des normes appliquée à l’Education nationale comme dans toute la Fonction publique et le privé. C’est dans ce cadre que l’évaluation et l’individualisation des carrières, comme des salaires, prennent toute leur signification. C’est dans ce cadre que s’appliquerait «le nouveau contrat social avec les agents publics », dont l’objectif est la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022 et la destruction du statut général. Dans le même temps, le gouvernement présente un projet de révision constitutionnelle permettant aux collectivités territoriales de déroger aux lois et aux réglementations nationales : la fin de l’égalité républicaine est en marche ! »

 

Sur le site Fnec FO

Le ministère programme la fusion des académies

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Dénonciation calomnieuse d’un enseignant : le ministère présente la note

Les 36 parents du collège de Biscarosse (Landes) qui avaient dénoncé un professeur d’EPS en 2013 vont devoir casser leur tirelire. Selon 20 Minutes, la cour d’appel de Pau a confirmé la dénonciation calomnieuse. L’Etat réclame 400 000 euros aux parents.

 

Sur 20 minutes

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Le gouvernement avance sur la réforme de la fonction publique, Le Monde AFP

La réforme de l’Etat entre dans la dernière ligne droite. Mercredi 16 mai, Edouard Philippe rassemble des ministres pour une réunion à Matignon sur le cadrage budgétaire de cette future réforme d’envergure pour le gouvernement. Le premier ministre devrait notamment leur présenter les mesures susceptibles d’être retenues dans le rapport CAP22, commandé par l’exécutif, ainsi que leur impact budgétaire.

Depuis octobre 2017, trente-quatre experts travaillent au sein du Comité action publique 2022 sur une vingtaine de pistes qui pourraient inspirer la réforme de l’Etat voulue par Emmanuel Macron. Objectif : réduire la part de la dépense publique dans le PIB de 4 points d’ici à 2022 et améliorer la qualité du service public.

Dans ses grandes lignes, le rapport, dont la publication est prévue, selon l’exécutif, « fin mai, début juin » – soit avec deux mois de retard – a été achevé au début du mois. Depuis, les services de Matignon tâchent de chiffrer les économies que cela représenterait.

Le document montrera comment améliorer l’efficacité de l’Etat, secteur par secteur. Exemples : comment faire progresser la France dans les classements PISA de l’OCDE, en matière d’éducation, désengorger les urgences médicales ou améliorer le calcul des prestations sociales ? Il devrait également être question d’« une clarification des missions entre l’Etat et les collectivités locales » en supprimant les services qui doublonnent. « On peut faire des économies sans nuire à la qualité du service public en chassant les doublons », confie une source proche du dossier. Il devrait également être proposé de « mettre en place une organisation plus déconcentrée afin d’adapter le service aux besoins des usagers et de laisser beaucoup plus de liberté aux agents » : moins de défiance, moins de contrôle a priori, plus d’agences publiques.
« Etre ambitieux »

En parallèle du travail des experts, l’ensemble des membres du gouvernement passent chaque semaine un « oral » en conseil des ministres. Chaque ministre doit proposer des mesures de transformation dans son secteur, alors que le président de la République ne cesse de leur demander « de se bouger, d’être ambitieux », confie une source gouvernementale. Un quart d’entre eux doit encore se prêter à l’exercice d’ici à juin.

De même, le 2 mai, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a présenté les résultats du « forum de l’action publique ». Cette consultation a attiré 154 000 usagers et agents entre novembre et mars. Il en ressort notamment que, s’ils sont attachés au service public, 60 % des premiers et 66 % des seconds estiment qu’il se dégrade. « Cela appelle un programme de réformes, c’est tout l’enjeu de CAP22 », notait ce jour-là Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique. Autres enseignements : les Français nourrissent une relation ambivalente à la numérisation de l’administration (ils la soutiennent tout en s’en méfiant) et ne veulent pas d’abandon de missions.

Les décisions du gouvernement sont attendues en juin, après un dernier séminaire gouvernemental, le 30 mai à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron. Par ailleurs, les premiers projets qui bénéficieront du Fonds pour la transformation de l’action publique, doté de 700 millions d’euros sur cinq ans, seront prochainement annoncés. Quelque 150 ont été déposés par des administrations.

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Entre managérialisation, obligations de réussite et réformes : où en est le métier enseignant ?

Quand on interroge les enseignants, deux sentiments dominent sur leur métier : la dévalorisation et la complexité. Quand on interroge le public, c’est souvent le « conservatisme enseignant » qui est dénoncé.  Alors que commence une nouvelle année, après une réforme complète des statuts enseignants en France, nous nous tournons vers Christian Maroy pour faire le point des évolutions du métier dans les pays développés et en France. Spécialiste des politiques éducatives,  professeur à l’Université de Montréal, Christian Maroy suit de près ces questions depuis des années. Pour lui,  » les réformes éducatives, l’amélioration des pratiques ne sont pas seulement des questions techniques. Ce sont aussi des questions auxquelles il faut associer les enseignants ».

Peut on définir des évolutions générales du métier d’enseignant dans les pays développés?

De façon variable selon les systèmes éducatifs et les sociétés, on peut avancer que le travail enseignant se diversifie, se complexifie et s’intensifie. Les modèles de référence et les rôles se diversifient: ils ne doivent plus seulement être un « maitre instruit », mais être surtout des « pédagogues » et s’impliquer dans leur école comme organisation. De nouveaux rôles (travailleur social, psychologue, …)  s’imposent et sont plus ou moins acceptés comme partie intégrante de la tâche. Leurs tâches en classe deviennent aussi plus complexes, parfois beaucoup plus difficiles, leurs activités dans l’école beaucoup plus diverses et multiples, alors que les attentes organisationnelles et institutionnelles à leur égard s’élèvent et sont plus contrôlées.

Par exemple, les enseignants se retrouve devant des classes où les élèves ont des rapports à l’apprentissage diversifiés, et qui peuvent être relativement hétérogènes sur le plan des acquis scolaires, des aptitudes ou des comportements, ce qui rend la gestion de classe plus complexe et difficile. Cela nécessite de l’enseignant une capacité à gérer des processus d’apprentissage différenciés, mais aussi des compétences relationnelles et émotionnelles pour se contrôler, gérer la distance avec les élèves, gérer la démotivation ou l’agressivité.

Par ailleurs dans l’établissement, une exigence de coordination accrue apparaît aussi entre les classes et le travail de chaque enseignant individuel. Nombre de politiques éducatives et d’autorités scolaires cherchent en effet à renforcer l’autonomie de gestion des établissements tout en les soumettant à des exigences accrues d’évaluation externe et de reddition de compte sur les résultats de leurs élèves. Cela va de pair avec la promotion de directions d’établissements plus fortes et faisant preuve de « leadership » notamment pédagogique, au point que pour nombre de chercheurs, on assiste à une managérialisation des écoles

Peut on parler d’un nouveau métier ou simplement d’une  évolution du métier d’enseignant ?

Le cœur du métier reste inchangé, il s’agit toujours d’un travail centré sur l’enseignement et les élèves, de plus en plus chargé de stimuler, de structurer et d’accompagner l’apprentissage des élèves et cela en devant tenir compte tout à la fois de balises et de prescriptions ministérielles et de la diversité et des incertitudes des situations dans le quotidien. Cette base est liée à la forme scolaire  qui reste toujours bien en place. Pour l’essentiel, une école est toujours une somme de classes, découpées selon les âges des élèves et des matières.

Qu’est ce qui sous tend ces évolutions ?

Des évolutions du public élève, mais aussi des changements dans les politiques scolaires et les attentes institutionnelles à l’égard des enseignants. L’école obligatoire s’est étendue à toutes les couches de la société et la scolarité se prolonge. Les jeunes sont aussi soumis à d’autres sources de savoirs et informations (Internet..) et à d’autres spécialistes de l’éducation que les enseignants. Dans le même temps, les enseignants sont mis en face d’une attente politique relativement nouvelle de faire « réussir tous les élèves » ou à tout le moins le plus grand nombre, jusqu’à la fin du premier cycle de l’enseignement secondaire, le collège pour la France. Enfin, une incitation politique à intégrer les élèves « aux besoins particuliers » (handicapés, en difficulté d’apprentissage ou manifestant des troubles de comportement) dans les classes régulières a également vu le jour.

Ces exigences nouvelles ont-elle été suivies d’améliorations de la condition enseignante ou le sentiment de dégradation est-il le plus fréquent ?

Cela dépend vraiment d’un contexte à l ‘autre. Le sentiment de dégradation semble quand même assez répandu, puisque un peu partout on s’inquiète –l’OCDE en tête- de la perte d’attractivité du métier ou des difficultés d’entrée dans le métier. Ce sentiment de dégradation peut être ressenti pour des raisons fort variables autant en raison de l’intensification ou de la complexification du travail que d’une dégradation des conditions d’emploi dans certains contextes nationaux. (mais ceci n’est hélas pas spécifique aux métiers enseignants et varie selon les pays).

Ces exigences supposent de la formation. A t-elle suivi ? Sa place dans le métier a-t-elle changé ?

Oui dans de très nombreux pays, la formation enseignante cherche à être renforcée et améliorée (son allongement, son universitarisation, la mise en place d’approche par compétences avec davantage d’alternance entre pratique et théorie). La formation continue et le développement professionnel des enseignants deviennent aussi de plus en plus une obligation plutôt qu’un avantage ou un droit.  Cependant, les modèles de référence de cette formation sont toujours très contreversés. Il y a toujours débat entre un accent accru sur la formation disciplinaire et une formation pédagogique réduite, ou à l’opposé une volonté de « professionnaliser » le métier par des connaissances pédagogiques et des habiletés relationnelles ou émotionnelles accrues.

A l’occasion des réformes , les autorités dénoncent « le conservatisme enseignant ». Quelle lecture avez vous de ces résistances ?

J’ai toujours été très réticent à cette lecture. Au début des années 2000, j’avais fait une enquête auprès des enseignants belges, et une grande majorité d’entre eux déclaraient être prêts à changer leurs pratiques pour améliorer la réussite ; pour eux, l’inégalité entre élèves n’était pas seulement liée aux inégalités dans la société ou à l’organisation du système scolaire. Il ne faut donc pas stigmatiser les enseignants, en essentialisant « leur résistance au changement ».

Cependant, la question est davantage de savoir que les voies (diverses) de changement des pratiques ou des structures scolaires sont des enjeux sociaux ou scolaires. Les réformes éducatives, l’amélioration des pratiques ne sont pas seulement des questions techniques (dont les solutions viendraient de la seule recherche). Ce sont aussi des questions auxquelles il faut associer les enseignants. Sans nier non plus que des clivages politiques ou idéologiques se creusent autour des questions scolaires et  traversent aussi la profession enseignante : par exemple celle des inégalités ou de la ségrégation scolaire, celle des savoirs, compétences (cognitives et non cognitives) à transmettre à l’école. Mais l’association des enseignants aux débats et aux expérimentations doit faire partie de la solution, à mon sens.

En France le métier est encore défini statutairement par un nombre d’heures de cours. Est on dans les derniers pays dans ce cas ?

Oui, la plupart des pays européens définissent à présent les tâches de façon plus large, ne réduisant pas le métier aux heures de cours (et le temps de préparation ou de correction associés). Des heures de coordination, de formation sont aussi pris en compte.  Au Québec, par exemple, un temps de présence et de disponibilité des enseignants dans les écoles est prescrit (32 heures par semaine), ce qui peut favoriser leur travail en équipe par exemple ou l’organisation du travail de remédiation. Mais les bâtiments scolaires incluent des espaces de travail de qualité pour les enseignants. Bref, avant d’importer une solution étrangère, il faut réfléchir à ses « conditions » matérielles ou autres d’application.

L’école face aux marchés scolaires

L’école à l’épreuve de la performance

Réformer l’enseignement ?

Le pilotage par les résultats

Peut-on changer l’Ecole ? (Dossier)

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Que sait-on du travail des enseignants (2) : Comment les profs tiennent…

Formatrice à l’Espe de Lyon et membre du laboratoire Education Culture Politique, Sabine Coste a coordonné une recherche sur les enseignants en fin de carrière avec une problématique centrale : comment les enseignants quinquagénaires font-ils pour tenir ? Car, si la classe d’âge la plus abondante chez les enseignants est les 35 à 45 ans, les plus de 50 ans sont nombreux dans l’enseignement. On compte 40% de plus de 50 ans chez les PLP, 35% chez les agrégés, 30% des certifiés et 25% des professeurs des écoles. A noter que le vieillissement est plus important encore chez nos voisins. Pour étudier ces enseignants, l’étude sur laquelle s’appuie S Coste est composée d’entretiens auprès de 169 professeurs, de l’école au lycée, et de nombreuses observations. Certains enseignants du premier degré ont par exemple rempli un agenda, ils ont évalué leur confort au travail. Il s’agit donc d’une enquête qualitative relativement représentative.

Pourquoi étudier ce thème ?

Parce que les questions du bien être au travail et celle de l’usure s’imposent avec le vieillissement du corps enseignant. Du fait de l’élargissement des tâches demandées aux enseignants (voir ce que dit C Maroy) leur professionnalité est mise à mal. Dans cette logique du « toujours plus », certains enseignants arrivent à l’épuisement professionnel car ils ont l’impression qu’ils ne savent plus enseigner. C’est ce que montre par exemple F Lantheaume et C. Hellou dans leur recherche sur la souffrance au travail des enseignants.

Quels éléments pèsent le plus sur les enseignants ?

L’organisation du travail peut être source d’épuisement. Par exemple l’emploi du temps. On demande de plus en plus aux professeurs de travailler en équipe mais la plupart du temps les emplois du temps ne permettent pas de se rencontrer. Donc cette exigence pèse.

Il y a aussi la question de la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle. C’est un phénomène très présent chez les quinquagénaires. Les enseignants pensent en permanence à leur travail qui envahit leur vie privée. Ils ont besoin de construire des limites.

Mais ce qui pèse le plus sur les enseignants c’est l’absence de reconnaissance de leur travail. Ils disent qu’il y a des formes de managements qui aident, par exemple quand le chef d’établissement fait un retour sur la qualité de leur travail, quand les enseignants se sentent soutenus ou lorsque les conditions matérielles accompagnent la mise en place des réformes

Certains engagements professionnels, en dehors des tâches d’enseignement peuvent aider les enseignants. Par exemple quand ils participent à l’élaboration des sujets du bac ils considèrent cette tâche comme une reconnaissance de leurs compétences par leur hiérarchie et cette contribution nourrit en retour leurs activités avec les élèves. On a observé également que les professeurs tuteurs d’enseignants stagiaires vivent cela de façon positive. Cela influe sur leur pédagogie et contribue aussi à leur propre développement professionnel.

Les parents sont-ils une source d’usure ?

Cela fait partie de l’alourdissement des tâches du métier même si ce n’est pas reconnu. Mais quand les enseignants arrivent à enrôler les parents dans le travail éducatif c’est une source d’allègement de leur travail qui profite aussi à la réussite des élèves.

Parmi les nouvelles tâches, les enseignants doivent  accueillir des élèves à besoins particuliers mais souvent cet accueil doit être fait sans formation (des enseignants) ou sans information (sur les adaptations pour l’élève) et souvent sans aide…ce qui aggrave les conditions d’exercice du métier.

Les enseignants ne rejettent pas ces missions. Mais la façon dont elles se mettent en place pose problème. Les professeurs  ont besoin de ressources pour y faire face. Et cela renvoie à la question du travail à plusieurs quand ils ont à gérer aussi les AVS. C’est une nouvelle situation de travail où les enseignants se retrouvent sans expérience antérieure et qui leur demande de procéder à des arbitrages : superviser ou coopérer, soutenir l’activité de l’AVS ou laisser l’autonomie…

Comment font-ils pour éviter l’usure ?

Ils développent diverses stratégies. Des stratégies pour réduire le coût du travail, par exemple, les professeurs de maternelle récupèrent pendant le temps de sieste des élèves. Selon les disciplines ils apprennent à solliciter des élèves pour alléger leur implication physique en cours. Stratégie pour réduire la part du travail peu apprécié, par exemple, une professeure d’histoire-géographie interrogée dans l’enquête expliquait qu’elle utilisait les travaux de groupes pour diminuer le nombre des travaux à corriger. Des stratégies pour enseigner avec un public scolaire ayant intégré les règles du travail scolaire, en lycée, les professeurs migrent vers les établissements de centre ville en vieillissant.

Alors que les études sur les fins de carrières enseignantes sont réduites en France, et qu’en la manière Huberman décrivait des cycles de vie professionnelle, l’enquête met en avant l’existence de périodes d’engagement et désengagement. Par exemple, les professeurs de langues s’engagent certaines années dans des activités d’organisation de voyages puis s’en retirent. Ils allègent la pression pesant sur leur travail pendant un temps pour se réengager ensuite sur un nouveau projet.

Mais les enseignants qui durent sont ceux qui trouvent des satisfactions dans le travail, par exemple quand ils conçoivent des situations pédagogiques et quand ils constatent qu’avec elles les élèves progressent. Les enseignants éprouvent de la satisfaction quand ils voient briller les yeux de leurs élèves. Le métier d’enseignant n’est plus un travail uniquement de transmission. C’est devenu un travail de conception de dispositif pédagogique, d’accompagnement et d’évaluation.

Autre élément qui ressort de cette enquête : ceux qui ne s’usent pas sont aussi ceux qui mettent en adéquation leur engagement professionnel avec les valeurs pour lesquelles ils sont entrés dans l’enseignement. Quand les enseignants retrouvent ces valeurs dans le métier ça leur permet de tenir. Par exemple une affectation en CPGE peut être vécue positivement par des enseignants qui sont entrés dans le métier pour transmettre un haut niveau dans leur discipline. Ceux qui sont entrés dans le métier en défendant des valeurs émancipatrices de promotion sociale éprouvent une grande satisfaction à exercer avec des élèves issus de milieux populaires et qui accèdent à un diplôme universitaire en BTS.

Que pourrait faire l’institution pour faire durer les enseignants ?

Ce que nous disent les enseignants c’est l’intérêt qu’ils auraient à transmettre les ficelles du métier aux jeunes enseignants. Ils rêvent d’un allègement de leur temps d’enseignement en fin de carrière permettant de consacrer ces heures aux nouveaux enseignants. Cette transmission intergénérationnelle serait très intéressante car les enseignants ont construit des savoir faire. Cela participerait aussi de la reconnaissance qui manque tant aux professeurs. Ce besoin de transmission correspond aussi aux valeurs de ces enseignants âgés de plus de 50 ans. Ils viennent souvent d’un milieu modeste et ils ont vécu leur métier comme une ascension sociale. Ils veulent rendre à l’institution ce qu’elle leur a donné comme ils le rendent aux élèves.

Que sait-on du travail des enseignants (1)

C Maroy : Où en est le métier enseignant ?

Sur l’alourdissement du métier enseignant un rapport de l’Inspection

Debarbieux ne tirez pas sur l’école

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Communiqué LDH. Les Palestiniens sont des êtres humains, pas des cibles

Les Palestiniens sont des êtres humains, pas des cibles

 

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Rien ne peut justifier la mort d’au moins trente-huit Palestiniens et les blessures infligées à plusieurs centaines d’entre eux, dont il n’est même pas avéré qu’ils étaient en possession et usaient d’armes à feu. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) considère que les autorités civiles d’Israël et les responsables de l’armée israélienne, qui définissent les conditions d’emploi des armes, et les soldats qui acceptent d’exécuter les ordres donnés portent l’entière responsabilité de ce qu’une enquête impartiale pourrait qualifier de crime de guerre.

Ce déferlement de violences commises à l’égard de manifestants désarmés n’est possible qu’en raison de l’impunité de leurs auteurs, consacrée par la législation israélienne et confortée par le soutien sans limite des Etats-Unis, et par l’inaction de l’Union européenne.

Au-delà des condamnations verbales qui ne manqueront pas d’avoir lieu, la LDH demande au gouvernement français d’adopter les mesures nécessaires pour marquer son refus de tels agissements.

Paris, le 14 mai 2018

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[lalettre] 62. IRFSU – La lettre d’information de Mai 2018

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Newsletter Mai 2018
A LA UNE

Marseille contre les PPP

Le maire de Marseille a annoncé un plan pour la rénovation des écoles marseillaises. Ce plan prévoit, en 6 ans, la construction ou reconstruction d’une trentaine de groupes scolaires en urgence absolue. Par conséquent rien n’est prévu pour les 400 autres écoles !
De plus le mode de financement est inacceptable : un Partenariat-Public-Privé (PPP) comme pour le stade Vélodrome que les Marseillais devront payer encore longtemps. Cette procédure coûte plus cher que le financement direct de la Mairie et la gestion du projet sera attribuée à de grands groupes financiers multinationaux. Une fois encore, la mairie choisit d’endetter considérablement les marseillais pendant plus de 25 ans.
Pierre-Marie Ganozzi – SG FSU13 – a répondu à nos questions.

Appel pour un plan B écologique et social pour l’éducation

« Enseignants, travailleurs et usagers du service public d’éducation, nous considérons qu’un grand débat public sur le devenir de l’école est indispensable au succès des mobilisations.
Tout projet éducatif résulte d’un projet de société. Dans la droite ligne des réformes Chatel et Vallaud-Belkacem, les réformes Blanquer continuent de soumettre l’école aux normes productivistes. »
Paul Ariès (politologue), Christian Laval (professeur de sociologie), Laurent Paillard (philosophe), Samy Johsua (professeur émérite en sciences de l’éducation) lancent un appel.

En 2018, l’Etat prélèvera 5 milliards sur les ménages les moins riches pour les redistribuer aux plus riches

A force d’entendre que Macron est le Président des riches, on a envie d’en avoir le cœur net.
Le Gouvernement nous explique qu’en supprimant des dispositions fiscales qui font mauvais effet dans la vitrine de l’attractivité (ISF, Exit tax etc…) il pense à l’intérêt général.
L’avenir dira si ce pari en valait la chandelle…
En attendant, si on est un peu taquin, on note que la totalité des nouveaux efforts socio-fiscaux que l’on réclame aux ménages les moins riches (5 milliards) sont affectés au bon plaisir des 20% les plus riches.

L’INSTITUT

« Nous devons penser l’avenir »

La mobilisation du 22 mai pour la défense des services publics se prépare. Les neuf organisations syndicales représentatives dans la fonction publique ont appelé l’ensemble des personnels de la Fonction publique d’Etat, de la Fonction publique Hospitalière et de la Fonction publique territoriale à la grève et aux manifestations. Lire la suite

Libérer le travail. Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer

Gérard Grosse, l’un des animateurs du chantier « travail » de l’IR-FSU a rédigé cette note de lecture du livre de Thomas Coutrot.
Le thème de la « liberté du travail » est le plus souvent brandi par les libéraux opposés au syndicalisme et aux grèves et plus généralement aux législations protectrices .
Il peut donc sembler étonnant de voir Thomas Coutrot, économiste et statisticien, militant (LCR, ATTAC, les économistes atterrés) se saisir de cette revendication. Le sous-titre de son livre précise l’objectif : relancer au sein de la gauche le débat sur le travail, son organisation, son sens. Lire la suite

Pourquoi les profs râlent tout le temps ?

Souvent en grève, opposés à toute réforme de l’école, jamais assez bien payés, jamais contents. Pourtant, ils ont tout ce qu’un salarié peut rêver de mieux : pas beaucoup de travail (ils ne voudraient quand même pas nous faire croire qu’ils refont leurs cours tous les ans !) et des vacances à gogo. Serait-ce par désœuvrement que les enseignants râlent autant ?
Deux articles de Nada Chaar chercheuse, membre de l’IR-FSU dans le site « nonfiction.fr » Lire la suite

ON A VU

Enfants d’immigrés.

Le sociologue Stéphane Beaud a entrepris de raconter l’histoire de l’intégration à bas bruit des Maghrébins en France, en restituant la trajectoire d’une famille. Un travail précis et exigeant qui permet la compréhension en profondeur des évolutions de notre société.
Un article de Jean-Louis Fabiani dans « La vie des idées » Lire la suite

MAI68 par celles et ceux qui l’ont vécu

Pour sortir de l’oubli la parole essentielle des anonymes de ce printemps mémorable, plus de 150 témoins ont pris la plume pour nous raconter leur Mai 68. Reliés les uns aux autres, leurs récits forment une véritable fresque, une trace précieuse, inédite à cette échelle, de ce que fut Mai-Juin 68.
Le pari de ce livre ? D’autres paroles, d’autres intelligences de Mai 68 !
Aux éditions de l’Atelier. Lire la suite

INJEP analyses & synthèses n°12 De la discrimination aux attitudes protestataires ? Enquête dans les lycées populaires

Le douzième numéro d’INJEP analyses et synthèses est consacré au volet discriminations d’une enquête du CNRS à laquelle l’INJEP a participé. Cette étude révèle l’importance de l’environnement social et scolaire à partir duquel s’élaborent des situations de discrimination, de frustration et, in fine, d’adhésion des jeunes à des idées et pratiques radicales. Lire la suite

Ce que les riches pensent des pauvres

Les pauvres suscitent-ils aujourd’hui, chez les riches, une répulsion similaire à celle que le peuple inspirait aux bourgeois au xixe siècle ? Autrement dit, les démunis sont-ils encore considérés comme une classe dangereuse, immorale et répugnante ?
En interrogeant le refus de la mixité résidentielle manifesté par les catégories supérieures, telle est la question frontale que pose cet ouvrage, issu d’une grande enquête comparative sur les perceptions de la pauvreté et des inégalités dans les beaux quartiers de trois métropoles : Paris, São Paulo et Delhi. Lire la suite

AGENDA
Mardi 15 Mai 2018

Existe-t-il une école socialiste ? Fondation Jean-Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75 009 Paris

Mercredi 23 mai 2018, à 18h30

« Mai 68, la CGT et la démocratie » Rencontre avec Jean-Louis Moynot – Salle Violette, rez-de-chaussée de la Tour Essor 14, rue Scandicci 93500 Pantin

Samedi 26 mai 2018 de 14 h à 19 h

L’autogestion en mai et juin 1968 en France à l’Union Syndicale Solidaires 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris

29 et 30 mai 2018

Journées d’étude sur les globalisations universitaires à l’Université Paris Descartes, salle des conférences, 45 rue des Saints Pères.

PUBLICATIONS

Regards Croisés N°25

ARTS :
HK – L’urgence de faire corps
DOSSIER :
Les neurosciences
ENTRETIEN :
Cynthia Fleury Lire la suite

Payer pour réussir ?

Le marché du soutien scolaire
Le soutien scolaire marchand concerne une part tout à fait significative des élèves puisque environ 15 % des lycéens en bénéficient. Derrière cette moyenne se cachent d’importantes disparités sociales. Ainsi ce soutien scolaire est-il révélateur du poids du capital économique dans la reproduction des inégalités scolaires.
L’ouvrage analyse précisément sa diversité et ses stratégies mais aussi le rôle de l’État dans la structuration du marché. Il montre comment le soutien scolaire construit un marché de l’angoisse et participe de l’exacerbation de la compétition scolaire.
Collection Comprendre et Agir 110 pages Lire la suite

IR-FSU

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Que sait-on du travail des enseignants ?

névitablement c’est ressorti. Et pourtant ils dépassent largement les 35 heures ! Les jours fériés à répétition venant juste après les vacances de printemps ont remis dans l’actualité la question du travail des enseignants. Question dont s’est aussi emparé le Snes qui a ouvert un site spécifique. Mais que sait-on du travail des enseignants ? Comment le comparer à celui d’autres pays ? Quelles singularité dans son organisation ? Comment évolue-t-il ?

Plus de 35 heures

Il faut remonter à 2010 pour avoir une évaluation officielle du temps de travail des enseignants. Cette année là la Depp, la division des études du ministère, organise une enquête auprès des enseignants dont les résultats sont publiés en 2013.

La Depp évalue le temps de travail hebdomadaire des enseignants du premier degré à 44h07 dont 25h34 devant élèves. Précisément ce temps comporterait 12h57 de préparation et correction, 2h26 de rencontres avec les parents et les collègues et 3h10 d’autres tâches. Chaque semaine les enseignants passeraient 9h30  à travailler à la maison. Le temps varierait selon la fonction : un directeur travaille 45h26, un enseignant dans l’élémentaire 43h27 et en maternelle 36h38.

On observe une grande inégalité selon l’âge des enseignants. Les débutants travaillent 52 heures par semaine et les plus âgés 44 heures. Entre les deux le temps de travail diminue. L’observation est également valable dans le second degré (45h pour les débutants, 44h30 pour les plus de 50 ans).

Par comparaison, les enseignants du second degré travaillent un peu moins : 41h17 par semaine mais un peu plus à domicile : 12h36. Le temps d’enseignement est évalué à 20h04, les préparations à 8h14, les corrections à 7h26, la documentation à 2h07. Les temps d’échanges avec les parents et collègues représentent 2h43.

On observe de plus fortes inégalités selon les corps d’appartenance ou les disciplines. Les agrégés travaillent 39h15 (rappelons que leur temps devant élèves est plus faible), les certifiés 42h53, les PLP 39h30. Les professeurs de langues sont ceux qui travaillent le plus longtemps (42h39), devant les disciplines littéraires (41h47), les matières professionnelles (41h16), les sciences (40h54) et l’EPS (37h37). A noter que le temps de travail a augmenté de près de 3 heures pour les certifiés sous Chatel notamment du fait de la mis en place de l’évaluation du socle.

A ces temps de travail en semaines où il y a cours il faut ajouter 20 jours de vacances travaillés dans le premier degré et 18 dans le second. Si vous additionnez tout cela vous dépassez largement les 1607 heures annuelles dues par les agents de l’Etat en général et les 35 heures hebdomadaires des salariés ordinaires.

Les enseignants du primaire nettement au dessus de la normale

Mais comment c’est ailleurs ? Les enseignants français travaillent-ils moins que les autres ? Selon l’OCDE (Regards sur l’éducation 2017), le nombre d’heures d’enseignement dans le premier degré est de 794 heures pour la moyenne OCDE contre 900 en France. Les enseignants français du premier degré travaillent nettement plus la moyenne OCDE. Et cela pèse d’autant plus que le nombre de semaines de cours est le plus faible en France.

Dans le second degré on se situe dans la moyenne OCDE : France 648 et OCDE 662. La plupart des pays connaissent cette différence entre niveaux d’enseignement. Mais en général elle se situe entre école + collège et lycée alors qu’en France on oppose l’école contre le second degré uni.

Ainsi en Allemagne les enseignants donnent 799 heures de cours en école, 750 au collège et 714 au lycée. Au Danemark 784, 784 mais seulement 386 au lycée. En Russie et en Pologne les professeurs de lycée enseignent moins de 500 heures.

Mais à ces heures d’enseignement peuvent s’ajouter du temps de présence statutaire en établissement où les enseignants reçoivent mais aussi corrigent et effectuent des tâches administratives. Ainsi en Espagne les enseignants passent 1140 heures par semaine dans l’établissement, un nombre très proche de la moyenne OCDE (1156, 1135 et 1045 selon les niveaux). Beaucoup rêvent d’étendre ce système en France. Malheureusement pour eux cela semble impossible : les établissements n’ont pas les locaux nécessaires  d’une part. D’autre part cela réduirait le temps de travail réel des enseignants (qui passent de 9 à 12h de travail par semaine à la maison). Or ce ne semble pas être le but recherché…

Un travail plus isolé

Il faut donc creuser davantage pour trouver les différences entre le travail enseignant en France et à l’étranger. Talis, une enquête OCDE, donne des indications précieuses pour toucher le quotidien enseignant.

La particularité du travail enseignant en France c’est son isolement. Selon Talis seulement 3% des enseignants français font appel à un tuteur, un taux 4 fois inférieur à la moyenne OCDE (13%). 78% n’observent jamais le travail d’un collègue soit deux fois plus que la moyenne Talis (45%).

Ecart aussi dans les pratiques pédagogiques : 37% des enseignants français font travailler les élèves en groupe contre 47% en moyenne des pays participant à Talis. 22% donnent des travaux différents selon les compétences des élèves contre 44%.

Autre particularité pédagogique : les problèmes de discipline. Les enseignants français sont ceux qui déclarent consacrer le plus de temps à la gestion de la classe avec les enseignants portugais et brésiliens.

Enfin dernier trait particulier : les enseignants français sont aussi les plus nombreux des pays de l’OCDE à considérer que leur métier est dévalué dans la société. Et ça aussi cela pèse sur le travail… Et même sur les résultats des élèves.

Un travail pénible

Résultat de ces considérations : le travail enseignant est perçu comme de plus en plus pénible par les enseignants. Selon la dernière enquête du Se Unsa (portant sur 7500 enseignants) 76% des enseignants estiment que leur activité professionnelle a des répercussions sur leur sommeil et 27% jugent leur métier épuisant. 51% ont déjà eu un arrêt de travail lié à leur métier. 46% déclarent des problèmes de voix et 32% d’audition.

Il y a un an, la Depp a publié les résultats d’une étude sur les risques psychosociaux. Elle  montrait que les enseignants sont les plus exposés aux risques psychosociaux. Elle pointait particulièrement les professeurs du premier degré.  » L’indice global d’exposition aux facteurs de risques psychosociaux (RPS) indique que les enseignants, hormis ceux du supérieur, ont une exposition moyenne significativement plus élevée que les autres populations, surtout dans le premier degré ».

Selon cette étude, la particularité des RPS des enseignants tient d’abord à l’intensité du travail. Les enseignants du premier degré sont les cadres qui déclarent le plus subir de contraintes de temps et de pressions dans leur métier. Là il y a une différence avec les enseignants du second degré qui sont ceux qui déclarent le moins de pression ressentie.

Mais la plus forte caractéristique des RPS des enseignants, premier et second degré confondus, selon cette enquête officielle, c’est le manque de soutien hiérarchique. « Ce sont surtout les enseignants qui déclarent manquer de soutien de leur hiérarchie et de moyens nécessaires pour bien faire leur travail, tant au niveau du matériel que de la formation », note l’étude. « Plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien »… L’indice moyen d’exposition au manque de soutien hiérarchique est le plus élevé chez les enseignants, hormis ceux du supérieur, surtout pour le premier degré. Les tensions avec la hiérarchie se font plus ressentir pour eux ».

(à suivre)

Temps travail premier degre

Second degré

Dans le Café

Dégradation des conditions de travail

Résumé de Talis ocde 2015

Enquete Se unsa

Enquête Depp

Ce que nous avait dit un ergonome

Améliorer le bien être enseignant OCDE

 

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