Archives de la catégorie Publications

Action / Actualité

La section académique

aux

secrétaires de S1
Vous trouverez en suivant les liens ci-dessous les cartes des enseignements de spécialité envoyées aux membres du CAEN (Conseil Académique de l’Éducation Nationale, présidé par le préfet de région et le président du conseil régional, et dont le rôle est consultatif), en préparation de cette instance qui doit se réunir le 14 décembre prochain.
Carte des options et spécialités 1ère
Carte des options et spécialités 2nde
Il est à noter que ces cartes ont été élaborées sans concertation aucune, le recteur ayant refusé la tenue d’un GT.

Nous ne les avons récupérées qu’il y a quelques jours grâce à nos représentant-es au CAEN, mais les élections professionnelles et les difficultés liées à la mauvaise gestion des opérations par le rectorat, nous ont empêché de vous les communiquer plus vite.
Heureusement, il reste encore une semaine avant le CAEN.

Comme nous en avons l’habitude, nous vous envoyons ces documents de travail (qui ne seront définitifs qu’après la tenue du CAEN), afin de nous faire les retours que vous jugerez utiles et qui alimenteront nos interventions syndicales. Merci donc de ne pas les diffuser à votre tour en dehors de votre établissement.
LE CAEN portera aussi sur le bilan de la rentrée 2018 (comme le CTA du 09/11/18), l’offre de formation professionnelle initiale 2019 (documents à venir dans un 2nd mail) et la labellisation « lycées des métiers » et « campus des métiers et qualifications » ; sujets sur
lesquels nous sommes aussi porteurs de vos revendications collectives.

Nous vous en remercions par avance.

Par ailleurs, vous savez sans doute (cf. nos diverses communications) que le SNES, comme la FSU, appelle à rejeter les réformes Blanquer (du lycée, du BAC, de ParcourSup), soutient le mouvement lycéen qui porte les mêmes revendications, et constate que de nombreux
manifestants actuels partagent nos revendications syndicales.

Pour permettre toutes les actions décidées localement, le SNES-FSU a déposé un préavis de grève national couvrant toute la période.

Pour construire la riposte nécessaire :
la section académique soutient toutes les décisions départementales d’appel à la grève le vendredi 14/12 (action interpro initiée par la CGT et depuis rejointe par d’autres) et a décidé de proposer à la FSU (mardi 4/12) et à l’intersyndicale (jeudi 6/12) un rassemblement devant le rectorat, vendredi 14 à 9h (horaire et lieu du CAEN)

le SNES-FSU propose d’organiser des actions locales le mercredi 19 décembre après midi (au moment de la tenue du CSE à Paris).
la section académique relaie cette proposition et prévoit, en accord avec les sections départementales qui vous communiqueront les détails, des rassemblements dans les départements et devant le rectorat de Nantes.

la section académique relaiera, sur son site et ses listes de diffusion, toutes les mobilisations syndicales proposées localement dans la période.
Le secrétariat académique
SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38
site : www.nantes.snes.edu

Poster un commentaire

point de situation….sociale

Comme éléments nouveaux, il y a d’abord la confirmation de l’irruption d’un mouvement lycéen qui se saisit du mouvement des GJ pour affirmer sa propre insatisfaction, ses inquiétudes et ses revendications…des milliers de lycéen-nes ont manifesté aujourd’hui après avoir organisé blocages, grèves…Il faut noter une attitude extrêmement agressive des forces de police, postées souvent devant les établissements et n’hésitant pas à intervenir violemment pour casser le mouvement. Souvent les équipes enseignantes accompagnaient les lycéens pour être à leurs cotés et assurer leur protection (à Marseille, l’UD CGT a prêté main forte). A noter la volonté de franges très significatives des lycéens qui choisissent de répondre à la violence de la police de façon déterminée. Des embryons de coordinations d’établissements sont mis en place. Des choses commencent à bouger dans les universités.

L’autre élément, annoncé hier, est la tenue de la réunion interpro nationale ce matin. Révélant une inquiétude des directions syndicales qui sentent la situation leur échapper avec le développement de plusieurs mouvements sociaux massifs, déterminés et portant des revendications de caractère « syndical », cette réunion a débouché sur un seul communiqué (voir plus bas). Disons le tout net, son contenu est très mauvais et il ne propose aucune action syndicale nationale de mobilisation dans la situation actuelle. On a donc un mouvement syndical qui, en plein mouvements sociaux développés sans son apport, n’est pas capable d’essayer « de reprendre la main » de façon unitaire en se lançant sur ses propres revendications dans la bagarre sociale et politique en cours. Et pire, dans sa déclaration commune, il se paye le luxe de ne rien dire des violences policières, de constater que « Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue.« , et de dire que les syndicats signataires « dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications.« , c’est à dire une condamnation des manifestant-es agressé-es par la politique anti sociale et par la police….Ceci ne peut que contribuer à creuser le fossé qui existait entre les gens mobilisé-es jusque là et les syndicats, et faire le jeu du RN…Seul Solidaires a refusé de signer cette déclaration (voir ci dessous) et nous pouvons dire que nous partageons leurs raisons. Nous allons revenir au sein de la FSU sur cet épisode malheureux et ce, dans toutes les instances. Au contraire de cela, il nous faut prendre toutes les dispositions pour être au côté des manifestant-es dans les jours qui viennent de façon à construire un large front contre la politique de Macron.

Dernier élément, la publication d’un appel large de personnalités (voir ci dessous) affirmant leur volonté de combiner justice sociale et justice climatique…A faire connaître.

L'équipe EE du BDFN

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU se sont retrouvées ce jeudi 6 Décembre pour échanger sur l’actualité sociale.

Elles rappellent que, depuis des mois, face aux inégalités sociales et territoriales, elles ont réclamé des politiques publiques permettant de la justice sociale. Elles rappellent aussi que, depuis des mois, elles ont appelé le gouvernement à les écouter à travers un véritable dialogue social.

Aujourd’hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l’expression d’une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue.

Nos organisations s’y engageront, chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible. Les sujets du pouvoir d’achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l’accessibilité des services publics, de la fiscalité doivent trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d’une transition écologique efficace parce que juste.

Le dialogue et l’écoute doivent retrouver leur place dans notre pays. C’est pourquoi nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications.

La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations. Cela suppose qu’elles soient larges, ouvertes et transparentes, au niveau national comme dans les territoires.Les syndicats doivent prendre leur responsabilité

L’Union syndicale Solidaires n’a pas signé aujourd’hui le texte rendu public par toutes les autres organisations syndicales à la suite d’une réunion qui s’est tenue ce matin.

Pour Solidaires il n’est pas possible :

– de décider qu’il est urgent de ne rien faire

– de s’engager dans des négociations à leur sens ouvertes par le gouvernement

– de condamner uniquement « les formes de violence dans l’expression des revendications ».

Cette déclaration des syndicats d’aujourd’hui est hors sol.

La colère sociale exprimée depuis plusieurs semaines par les gilets jaunes et les maigres reculs consentis ne peuvent être transformés en « négociations » de circonstances voulues par le gouvernement. Cette colère n’est plus canalisable par de faux semblants.

Nous avons proposé aux autres syndicats de construire rapidement une journée de grève générale pour peser dans le rapport de force et arracher des augmentations de salaire et des droits sociaux. Notre proposition est restée lettre morte.

Une posture d’unité syndicale qui n’évoquent pas les violences subies par les manifestant-es depuis plusieurs années, et encore plus gravement depuis les dernières semaines, est inconcevable pour Solidaires.

Nous portons et continuerons à porter dans le champ syndical la parole de ceux et celles qui considèrent que la construction de convergence de luttes entre les lycéen-nes, retraité-es, étudiant-es, salarié-es précaires, chômeur-euses, et toutes celles et ceux qui se battent pour la justice sociale, la justice environnementale est à mener. Nous appelons dès le 8 décembre à réaliser la convergence entre alarmes climatiques et sociales en étant présent-es dans la rue. Nous appelons à amplifier les mobilisations dans les secteurs où elles sont en cours, notamment par la grève, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui, partout aujourd’hui, exigent la justice sociale. Notre Union syndicale met à disposition son outil syndical partout où cela sera jugé utile.

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires ou artistes appellent à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Tribune. Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase».

En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Les signataires

Christophe Aguiton, membre d’Attac ; Verveine Angeli, Solidaires ; Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF, Pas-de-Calais ; Eliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRCE ; Antoine Atthalin, militant altermondialiste ; Didier Aubé, Solidaires ; Clémentine Autain, députée LFI ; Geneviève Azam, économiste, ancienne porte-parole d’Attac ; Emmanuel Aze, porte-parole Confédération paysanne 47 ; Albena Azmanova, University of Kent, Brussels ; Marinette Bache, conseillère de Paris, présidente de Résistance sociale ; Daniel Bachet, sociologue ; Sebastien Bailleul, délégué général du Crid ; Jacqueline Balsan, présidente du MNCP ; Louis-Marie Barnier, sociologue du travail, conseil scientifique d’Attac ; Francine Bavay, écologie sociale ; Emmanuelle Becker, conseillère de Paris PCF ; Esther Benbassa, sénatrice de Paris EE-LV ; Nicolas Béniès, économiste ; Ugo Bernalicis, député LFI ; Sophie Béroud, politiste ; Eric Berr, économiste atterré ; Jacques Berthelot, économiste ; Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ; Eric Beynel, co-délégué général Solidaires ; Jacques Bidet, philosophe ; Martine Billard, ancienne députée écologiste, oratrice nationale LFI ; Philippe Blanchet, universitaire, Rennes; Catherine Bloch-London, sociologue; Eric Bocquet, sénateur du Nord, PCF; Frédéric Bodin, Solidaires; Julien Boeldieu, syndicaliste CGT; Jérôme Bonnard, Solidaires; Claire Bornais, syndicaliste FSU; Hadrien Bortot, membre du Conseil National du PCF; Nicole Borvo Cohen-Séat, sénatrice honoraire; Paul Bouffartigue, directeur de recherche, CNRS; Edith Boulanger porte-parole du Mouvement de la Paix; Ali Boulayoune, sociologue; Philippe Boursier, professeur de SES, membre de la Fondation Copernic; Omar Brixi, médecin et enseignant en santé publique; Ian Brossat, adjoint de Paris, PCF; Céline Brulin, sénatrice de seine maritime, PCF; Alain Bruneel, député du Nord, PCF; Mireille Bruyère, économiste atterrée; Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, PCF ; Laurent Cadreils, syndicaliste FSU; Claude Calame, historien, conseil scientifique d’Attac; Sílvia Capanema, conseillère départementale vice-présidente de Seine-Saint-Denis, historienne; Jean-Claude Chailley, secrétaire général de Résistance Sociale; Patrick Chamoiseau, écrivain; Vincent Charbonnier, syndicaliste SNESUP-FSU; Léo Charles, économiste; André Chassaigne, député Puy de Dôme, président du groupe GDR ; Pascal Cherki, conseiller de Paris, Génération·s; Stéphanie Chevrier, éditrice; Patrick Cingolani, sociologue; Laurence de Cock, historienne, Fondation Copernic; Laurence Cohen, sénatrice Val de Marne, PCF; Patrice Cohen-Séat, président honoraire d’Espaces-Marx; Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var; Maxime Combes, membre d’Attac; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alexis Corbière, député LFI; Sergio Coronado, militant écologiste ; Jacques Cossart, économiste; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alain Couderc, militant AC!; Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac; Pierre Cours-Salies, sociologue; Thomas Coutrot, économiste, ancien porte-parole d’Attac; Robert Crémieux, revue partage; Alexis Cukier, philosophe, université de Poitiers; Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, PCF; Alain Damasio, écrivain; Christian De Montlibert, sociologue; Christian Delarue, fonctionnaire d’État, syndicaliste CGT; Christine Delphy, sociologue; Pierre Dhareville, député des Bouche du Rhône, PCF; Cyril Dion, auteur, réalisateur; Emmanuel Dockes, professeur de droit; Jean-Michel Drevon, institut de recherche de la FSU; Clémence Dubois – porte-parole de 350.org France; Vincent Dubois, professeur de science politique, université de Strasbourg; François Dubreuil, EELV, Unis pour le climat; Olivier Dubuquoy, géographe, militant écologiste; Jean-Paul Dufregne, député de l’Allier, PCF ; Cédric Durand, économiste; Simon Duteil, Solidaires; Stéphane Enjalran, Solidaires; Jean Baptiste Eyraud, porte parole du DAL; Colin Falconer, militant d’Ensemble ; Patrick Farbiaz, écologie sociale; Didier Fassin, professeur de sciences sociales, Institut d’étude avancée, Princeton; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF; Sélyne Ferrero, militante féministe; Caroline Fiat, députée LFI; Gérard Filoche, membre de la Gauche Démocratique ; Sociale; David Flacher, économiste, porte-parole du Mouvement Utopia; Fabrice Flipo, membre conseil scientifique d’Attac; Fanny Gaillanne, conseillère de Paris; Nicolas Galepides, secrétaire général Sud PTT; Yves-Jean Gallas, Mouvement de la Paix; Jean-Louis Galmiche, Solidaires; Isabelle Garo, enseignante; Pascal Gassiot, activiste; Alain Gaulon, universitaire, président de la fédération CNL du Val-de-Marne; Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, PCF; Vincent Gay, syndicaliste Snesup-FSu; Bertrand Geay, sociologue ; Didier Gelot, économiste, Fondation Copernic ; Frédérick Genevée, historien; Susan George, présidente d’honneur d’Attac; Karl Ghazi, syndicaliste CGT ; Vanessa Ghiati, conseillère régionale IDF, PCF – Front de Gauche; Jérome Gleizes, enseignant université Paris-XIII, EELV; Cécile Gondard-Lalanne, co-déléguée général Solidaires; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, EELV; Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle ; Michelle Greaume, sénatrice du Nord, PCF; Murielle Guilbert, Solidaires; Victoire Guillonneau – chargée d’organisation à 350.org France ; Janette Habel, politologue, coprésidente de la Fondation Copernic; Jean-Marie Harribey, co-président du conseil scientifique d’Attac et économiste atterré; Marie Haye, syndicaliste FSU; Ingrid Hayes, historienne; Odile Henry, sociologue; Anne Hessel, Nouvelle Donne; Hervé Heurtebize, syndicaliste FSU; Pamela Hocini, animatrice Espace des Luttes LFI; Robert Injey, membre du conseil national du PCF; Lucien Jallamion, République et Socialisme; Kévin Jean, président de Sciences Citoyennes; Fanny Jedlicki, sociologue; Esther Jeffers, économiste, co-présidente du conseil scientifique d’Attac ; Florence Johsua, politiste, Université Paris-Nanterre, membre de la Fondation Copernic; Anne Jollet, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers; Isaac Joshua, économiste membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic ; Samy Joshua, universitaire; Marianne Journiac, République et Socialisme; Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime, PCF; Philippe Juraver, orateur national LFI, co-coordinateur Espace des Luttes LFI; Emma Justum, DIEM25; Fadi Kassem, pour le PRCF; Pierre Khalfa, économiste, Fondation Copernic; Michel Kokoreff, sociologue; Isabelle Krzywkowski, universitaire; L’1consolable, chanteur; Bastien Lachaud, député LFI; Marie Lacoste, secrétaire du MNCP; Bernard Lacroix, politiste; Romain Ladent, militant associatif; Jean Lafont, mouvement écolo; Rose-Marie Lagrave, sociologue; Elie Lambert, Solidaires; Sandra Laugier, professeure de philosophie, Paris 1, Institut Universitaire de France; Pierre Laurent, sénateur de Paris, PCF; Michel Larive, député LFI ; Mathilde Larrère, historienne, membre de la Fondation Copernic; Pierre Laurent, sénateur PCF; Hervé Le Crosnier, éditeur; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député européen, PCF- GUE; Yann Le Lann, président d’Espaces Marx; Serge Le Quéau, membre du conseil scientifique d’Attac, membre de l’Union syndicale des Côtes d’Armor; Catherine Leclercq, sociologue; Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime, PCF; Clément Lefevre, syndicaliste FSU; Remi Lefebvre, politiste ; Sarah Legrain, secrétaire nationale du PG et membre de la Fondation Copernic; Arnaud Lelache, co-président Nouvelle Donne; Paul Lemonnier, FSU; Elliot Lepers, directeur de l’ONG le mouvement; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris; Daniel Linhart, sociologue; Pierre Lucot, membre du bureau national du mouvement Utopia ; Frédéric Lordon, économiste; Elise Lowy, sociologue, mouvement écolo ; Nicole Lozano, co-présidente Nouvelle Donne; Laurence Lyonnais, Ensemble Insoumis, candidate sur la liste Europe Insoumise; Pascal Maillard, syndicaliste FSU; Jean Malifaud, syndicaliste SNESUP-FSU; Jean-Claude Mamet, Ensemble!; Marc Mangenot, économiste, responsable associatif; Sophia Mappa, professeure honoraire, psychanalyste et consultante internationale; Jean-Christophe Marcel, sociologue; Myriam Martin, Ensemble, élue régionale LFI; Gaëlle Martinez, Solidaires ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT; Christiane Marty, féministe, chercheuse; Gustave Massiah, membre du conseil scientifique d’Attac; Sonia Masson, comédienne; Jean-Luc Mélenchon, député LFI ; Marilza de Melo Foucher, économiste et journaliste; Georges Menahem, membre du conseil scientifique d’Attac ; Roland Mérieux, Ensemble!; Julian Mischi, sociologue; Claire Monod, coordinatrice nationale Génération.s; Bénédicte Monville, conseillère régionale Ile-de-France; Corinne Morel-Darleux, militante écosocialiste, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes; Frank Mouly, membre de la direction du PCF; Émilie Moutsis, artiste plasticienne; Erik Neveu, politiste; Evelyne Ngo, Solidaires; Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix; Gérard Noiriel, historien; Alain Obadia, président de la fondation Gabriel Péri; Danièle Obono, députée LFI ; Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, PCF; Ugo Palheta, sociologue et maître de conférences à l’université de Lille; Guillaume Pastureau, membre du conseil scientifique d’Attac; Mathilde Panot, députée LFI ; Sébastien Peigney, Solidaires ; Willy Pelletier, sociologue, membre de la Fondation Copernic; Stephane Peu, député de la Seine-Saint-Denis, PCF; Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie; Michel Pinçon, sociologue; Monique Pinçon-Charlot, sociologue; Carl Pivet, militant AC!; Dominique Plihon, porte-parole d’Attac; Emmanuel Poilane, président du CRID; Matthieu Ponchel, collectif Climat Social; Jean-François Ponsot, économiste atterré, professeur à l’université de Grenoble; Véronique Ponvert, syndicaliste FSU ; Thomas Porcher, économiste ; Véronique Poulain, Solidaires; Christine Poupin, porte-parole du NPA; Philippe Poutou, porte-parole du NPA; Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac ; Loïc Prud’homme, député LFI; Christine Prunaud, sénatrice Côtes-d’Armor, PCF; Romain Pudal, sociologue; Serge Quadruppani, écrivain; Adrien Quatennens, député LFI; Guillaume Quintin, animateur Espace des Luttes LFI; Josep Rafanell i Orra, psychologue et psychothérapeute; Christophe Ramaux, économiste; Jean-Hugues Ratenon, député LFI; Philippe Reig, République et Socialisme ; Emmanuel Renault, enseignant de philosophie, Université Paris Nanterre; Muriel Ressiguier, députée LFI ; Michelle Riot-Sarcey, historienne; Jean Rochard, producteur de musique ; Daniel Rome, enseignant, militant altermondialiste; Roberto Romero, Responsable National du secteur international de Génération.s; Cécile Ropiteaux, syndicaliste FSU; Sabine Rosset, directrice de BLOOM; Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord; Sabine Rubin, député LFI; François Ruffin, député LFI; Jean-Michel Ruiz, conseiller régional IDF, PCF – Front de Gauche; Gilles Sabatier, membre d’Attac; Jean-Claude Salomon, membre du conseil scientifique d’Attac; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Diogo Sardinha, philosophe, ancien président du Collège international de philosophie; Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF; Luc Schaffauser, syndicaliste CGT, République et Socialisme; Jean-Christophe Sellin, secrétaire national du PG et conseiller régional Occitanie ; Nicolas Sembel, sociologue; Guillaume Sibertin-Blanc, professeur des universités, Paris 8; Denis Sieffert, Politis; Corine Siergé, APEIS; Cécile Sihouette, Ensemble!; Johanna Silva, membre du collectif La Fête à Macron; Patrick Simon, démographe; Danielle Simonnet, co-coordinatrice du PG et conseillère de Paris; Yves Sintomer, membre du conseil scientifique d’Attac; Francis Sitel, Ensemble!; Philippe Sultan, membre de la Fondation Copernic; Bénédicte Taurine, députée LFI; Jacques Testart, directeur honoraire de recherches à l’Inserm; Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Eric Thouzeau, conseiller régional de la Gauche démocratique et sociale (GDS); Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Jean Tosti, professeur de lettres; Eric Toussaint, historien, politologue, porte-parole international du CADTM; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac; Christophe Ventura, rédacteur en chef de Mémoire des luttes et chercheur en relations internationales; Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF, Gauche Unie Européenne; Philippe Villechalane, APEIS; Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT; Christophe Voillot, syndicaliste Snesup-FSU; Louis Weber, syndicaliste, éditeur; Hubert Wulfranc, député de la Seine-Maritime; Youlie Yamamoto, membre du collectif La Fête à Macron; Sophie Zafari, syndicaliste, FSU; Laurent Zappi, syndicaliste, FSU; Malika Zediri, militante.

Poster un commentaire

Blanquer, les lycéens et les gilets jaunes

Quel lien entre le ministre de l’Education nationale, les mouvements lycéens et celui des gilets jaunes ? En apparence aucun. En réalité, la conjonction existe déjà sur le terrain. Surtout, le ministre de l’Education nationale doit faire face à la même opposition que le gouvernement tout entier : celle qui résulte d’une politique qui augmente les inégalités sociales et territoriales.

Un mouvement lycéen qui puise dans le même terreau que les gilets jaunes

 En politique avisé, Jean-Michel Blanquer n’a pas manqué de communiquer sur le mouvement des gilets jaunes. Sur Twitter , il dit le 1er décembre : « Nous sommes à l’écoute d’un mouvement qui manifeste des détresses ancrées depuis des années dans notre pays. Nous agirons pour la justice sociale. Mais nous n’accepterons jamais la violence. Celle d’aujourd’hui est ignoble… Nous la combattrons ».

Une déclaration apparemment équilibrée. Et JM Blanquer a des arguments à faire valoir , notamment sur le plan social. Depuis 2017, son ministère est l’alibi social du gouvernement grâce aux dédoublements des classes de CP et CE1 en Rep et Rep+, une mesure sans aucun doute social. Même si son financement se fait au détriment du second degré, des autres classes et des écoles de milieu rural.

Car le ministre de l’Education nationale doit faire face à un mécontentement qui puise ses sources dans le même terreau que le mouvement des gilets jaunes. Ce qui commence à lui revenir dans le mouvement lycéen, ce n’est pas une détresse vieille de nombreuses années, mais celle sui résulte de son action.

Une réforme du lycée qui augmente les inégalités sociales

Les yeux des lycéens semblent se déciller au moment où les réformes du lycée et du lycée professionnel se mettent en place. Sur le plan social, la réforme du lycée aboutit à anticiper dès la troisième un choix d’orientation qui se faisait jusque là en terminale. Toutes les recherches internationales montrent qu’il faut retarder et non anticiper la fragmentation du système scolaire en filières différentes.  Or dès 2019 celle ci interviendra dès la seconde. La réforme du lycée demande aux établissements de se spécialiser en fonction des filières du supérieur. Le choix du lycée équivaudra dès l’année prochaine à celui du post bac. Si dans les familles les plus privilégiées la route est tracée tôt et les choix décryptés facilement, dans les familles défavorisées l’anticipation du choix à un age aussi tendre va se traduire par une augmentation des inégalités sociales.

Le budget 2019 montre comment les dédoublements au primaire sont financés en supprimant des postes dans le second degré. Et dans ce niveau, le ministre n’hésite pas à puiser chez les plus démunis en l’occurrence dans l’enseignement professionnel. L’effondrement des postes de PLP mis aux concours en 2019 confirme ce que les syndicats disent depuis des mois ;la réforme du lycée professionnel réduit de façon drastique l’enseignement général tout comme elle déqualifie la formation professionnelle réduisant le bac pro à deux années de préparation seulement. Là aussi les études internationales montrent qu’il faudrait au contraire élever le niveau en enseignement général et non l’affaiblir. Et les enseignants de LP savent qu’ils remettent les élèves sur les rails en 2de pro en étant exigeant en enseignement professionnel. En remplaçant une formation professionnelle exigeante par un méli mélo d’initiation à l’entreprise en seconde, le ministre ne fait que renvoyer une image dégradée à des jeunes déjà qui doutent.

Inutile de développer l’impact social de Parcoursup. Avec lui a disparu le droit des bacheliers à entrer dans le supérieur. Dorénavant, le second degré est soumis aux « attendus » du supérieur et la sélection s’affiche ouvertement. En même temps le ministre met en place une réforme qui donne « la liberté » aux lycéens de choisir leurs spécialités de lycée. Or les dés sont pipés. Les spécialités maths illustrent cela de façon claire. Elles ne sont pas obligatoires en 1ère et terminale. En même temps leur niveau est nettement relevé. Or elles sont exigées pour la plupart des formations supérieures longues, même en psychologie par exemple. Concrètement seuls les jeunes qui ont compris cela dès la 3ème, qui osnt prêts à prendre le « bon  » lycée et qui seront en mesure de suivre pourront suivre des filières supérieures intéressantes. On demande aux collégiens et leur famille un niveau d’analyse du système qui est celui des familles favorisées. Et on remet sur leur dos la responsabilité des désillusions à venir… L’augmentation énorme des droits d’inscription pour les étudiants étrangers confirme crument au yeux des lycéens comment le gouvernement est peu sensible aux inégalités sociales.

La montée des inégalités territoriales

Mais ces réformes se traduisent aussi par la montée des inégalités territoriales. JM Blanquer a déjà été très critiqué par les fermetures de classes en milieu rural pour financer les dédoublements. La réforme du lycée augmente aussi les inégalités territoriales. Demander à un lycée rural de se spécialiser c’est réduire le droit de choisir une formation pour les jeunes ruraux. C’est notamment ce qui a poussé les élèves et parents du seul lycée général et technologique de Bellac dans la rue. L’interview de la rectrice de Limoges en réponse à ce mouvement est éclairante. « Elle trouve qu’elle fait beaucoup en accordant 7 spécialités à ce lycée qui en demande 9. « En ville les lycées ont en moyenne 7 spécialités contre 6.75 à la campagne », dit-elle. « En revanche les moyens que je mets sont 2.3 fois plus importants dan sle rural car en moyenne la projection des effectifs par spécialités sera de 30 élèves en zone urbaine et 13 en zone rurale. » A la demande des jeunes de respecter leur droit à la formation de leur choix, la rectrice répond par un argument de gestion. Denis Laforgue avait déjà montré dans une remarquable étude comment l’Education nationale fabrique de la ségrégation sociale par ses fonctionnements bureaucratiques. Mais ce mouvement est nettement accéléré par la réforme blanquérienne qui construit sous les yeux des jeunes et leur parents de nouvelles inégalités territoriales.

Si le mouvement des gilets jaunes se construit sur la prise de conscience de la montée des inégalités sociales et territoriales depuis 2017, il se nourrit aussi de l’arrogance d’un pouvoir technocratique qui est convaincu d’avoir raison et qui ne comprend rien à sa contestation. Sur tous ce terrain là aussi l’Education nationale n’est pas en reste.

L’affaiblissement des corps intermédiaires

En réponse aux tensions venues du terrain, le gouvernement n’a trouvé que l’affaiblissement des corps intermédiaires. Là aussi l’Education nationale est en tête avec le mépris affiché pour les représentants syndicaux , le ministre ne faisant aucun cas de leur opposition. Il ne fait pas davantage mystère de sa volonté de les affaiblir encore en mettant ne place une gestion « de proximité » qui court circuitera les dispositifs de controle des carrières, voire ne réformant le statut à travers la réforme de la formation des enseignants. Ce travail de sape le met face à des révoltes locales tout comme le gouvernement doit faire face au mouvement des gilets jaunes.

« A ce niveau atteint par les inégalités dans notre pays il devient absurde et cynique de parler d’égalités des chances », écrit JP Delahaye, ancien Dgesco, sur Twitter. « C’est l’égalité des droits qu’il faut travailler ». Rétablir les droits de tous les jeunes à un véritable choix de leur avenir, leur dessiner un futur et non imposer dès un âge plus tendre la soumission et la sélection, voilà ce que JM Blanquer pourrait faire. Mais cela implique un autre budget et d’autres réformes.

François Jarraud

Su rle lycée de Bellac

A Champagnole

A Bain de Bretagne

Etude de D Laforgue

Blanquer sur les gilets jaunes

Poster un commentaire

Gilets jaunes, cheminots, collectifs antiracistes ou précaires : les appels à converger vers les Champs-Elysées ce 1er décembre

Alors que des gilets jaunes appellent à se mobiliser à nouveau sur les Champs-Elysées le 1er décembre, des cheminots ainsi que le Comité Adama invitent à se joindre à eux. Deux autres mobilisations, l’une contre le chômage et la précarité, l’autre « pour exiger égalité et dignité pour tous et toutes » à l’initiative du collectif Rosa Parks, sont également prévues. Retrouvez les différents lieux de rassemblements, dans un contexte où des lycéens veulent poursuivre le blocage des lycées dès le 3 décembre, et tandis que des gilets jaunes suggèrent le blocage des raffineries et stations service à partir du 4 décembre.

Les mobilisations des gilets jaunes se poursuivent. A l’issue de la rencontre de deux membres de la délégation officielle des gilets jaunes avec le ministre de la Transition écologique François de Rugy, le 27 novembre, l’appel à manifester à partir de 14h sur les Champs-Elysées ce samedi 1er décembre est maintenu (voir l’événement facebook).

Les cheminots de Sud Rail : « Le service public disparaît, avec des fermetures de guichets, de lignes et de gares partout en France »

Les cheminots de Sud Rail appellent à « prendre le train de la colère sociale avec les gilets jaunes ». « Le mouvement des gilets jaunes a commencé contre la hausse du prix du carburant, mais aujourd’hui les revendications touchent à la question du coût de la vie, la casse des services publics de proximité, l’augmentation des prix et le gel des salaires. Trop, c’est trop ! Nous, cheminots, sommes aussi concernés ! », souligne l’appel.

« Nos conditions de travail se dégradent, avec des suppressions de postes et des réorganisations. Le service public disparaît, avec des fermetures de guichets, de lignes et de gares partout en France, touchant surtout les milieux éloignés des grandes villes. Nous avons des raisons pour descendre dans la rue et se révolter ! (…) Organisons un énorme cortège cheminot, avec nos gilets orange, pour s’inscrire dans ce mouvement de colère sociale, tout en portant nos propres revendications et nos propres méthodes, celles de la grève et sa généralisation ! », annonce le syndicat de cheminots. Le rendez-vous est fixé au 1er décembre à 10h sur le parvis de la gare St Lazare, avant de rejoindre la manifestation des gilets jaunes à 14h sur les Champs-Elysées (voir l’événement facebook).

Sud Aérien vient également d’appeler à se joindre à la mobilisation sur les Champs-Élysées (voir leur appel).

Le Comité Adama : « Nous aussi, habitant.es des quartiers populaires, nous travaillons le plus souvent dans les secteurs les plus précaires pour des salaires de misère »

Le Comité Adama [1] appelle également manifester samedi 1er décembre aux cotés des gilets jaunes. « Les quartiers populaires sont confrontés aux mêmes problématiques sociales que les territoires ruraux ou périurbains – dits « périphériques » – touchés par la politique ultra libérale de Macron », écrivent-ils. Nous aussi nous habitons des territoires enclavés, même à proximité des grands centres urbains. Nous aussi, habitant.es des quartiers populaires, nous travaillons le plus souvent dans les secteurs les plus précaires pour des salaires de misère. Nous aussi nous devons parfois faire plusieurs heures de voiture pour nous rendre sur nos lieux de travail : dans des usines, dans des entrepôts, dans le nettoyage industriel ou encore dans le secteur de la sécurité. Pour beaucoup parmi nous, c’est aussi le chômage, qui atteint 40% dans certains quartiers.

« À ces inégalités sociales, s’ajoutent le racisme, les humiliations quotidiennes et les violences policières », souligne le Comité. Violences policières auxquelles les gilets jaunes sont aussi confrontés aujourd’hui à leur tour. (…) « Faisons alliance à égalité, avec nos spécificités, contre le régime Macron qui détruit nos vies, et qui nous laisse agoniser chaque fin de mois pour parvenir à nourrir nos familles. Nous appelons tous les habitant.es des quartiers populaires à venir massivement se battre pour leur dignité le samedi 1er décembre. Comme le font les habitants de La Réunion qui nous ont montré la voie. » Le rendez-vous est donné à Saint-Lazare le 1 décembre à 13h30 (voir l’événement facebook).

Les autres manifestations prévues le 1er décembre à Paris

-

 Une manifestation contre le chômage et la précarité débutera à 14h sur la place de la République en direction de l’Assurance-chômage. Le 1er décembre est une date traditionnelle de mobilisation pour la défense des droits des chômeuses et chômeurs, en particulier pour une indemnisation qui ne soit pas au dessous du seuil de pauvreté quelles que soient les formes de chômage, rappelle le syndicat Solidaires. Retrouvez notamment l’appel de la CGT Paris, du Mouvement national des chômeurs et précaires et d’Agir contre le chômage.

-

 Une manifestation « Justice, dignité ou rien ! » est prévue à partir de 14h, Place de la Nation, avant de se diriger vers la place de la République. Le collectif Rosa Parks, à l’initiative de cette manifestation, commence son appel en ces termes : « Le 1er décembre 1955, une femme, noire, couturière, refuse d’aller s’asseoir à la place située à l’arrière du bus qui lui est assignée. Ce jour-là, Rosa Parks, est restée assise devant, pour que nous puissions vivre debout avec dignité ». « Partout en Occident, nous sommes pour beaucoup d’entre nous, relégués, ségrégués dans des espaces qui sont les moins bien dotés par le droit commun. En privatisant les services publics, ils cassent le meilleur outil de redistribution sociale, fragilisant davantage nos vies et particulièrement celles des femmes de familles monoparentales vivant dans nos quartiers. En perdant l’accès aux services publics, nous perdons le droit aux services publics », souligne l’appel. « Le 30 novembre 2018, contre le racisme et les inégalités sociales, on disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles, des réseaux sociaux, des lieux de consommation. Et le 1er décembre, on réapparaît sur toutes les grandes places des villes, pour exiger Egalité et Dignité pour tous et toutes. »

Et après le 1er décembre ?

A partir du mardi 4 décembre, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, Eric Drouet, appelle à bloquer les raffineries et stations-service.

Les lycéens, à l’appel de l’UNL, tentent aussi de mobiliser. Des établissements ont été bloqués ce 30 novembre dans plusieurs villes de France, dont Rennes, Poitiers, Orléans ou Marseille. L’indignation face aux récentes réformes, comme Parcoursup ou l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers, est toujours présente. L’UNL appelle à reconduire le mouvement dès lundi.

Vous êtes nombreux•ses à l’avoir demandé. Les lycéen•ne•s ne lâcheront rien. Reconduction lundi !! #RevancheLycéenne2 pic.twitter.com/awa3BFp5pV

— UNL (@UNLnational) 30 novembre 2018

Le 29 novembre au soir, le député Insoumis François Ruffin et l’économiste Frédéric Lordon avaient donné rendez-vous place de la République à Paris pour essayer d’élargir encore le socle du bloc contestataire. Un millier de personnes ont répondu à leur appel, là même où il y a deux ans, débutait le mouvement Nuit Debout. « Malgré des dissensions, des interruptions, parfois des tensions, très vite résolues, tous ont donc appeler à converger, samedi, à 13h, de la gare Saint-Lazare aux Champs-Elysées. Et l’assemblée générale a appelé, pour une période indéterminée, à envahir les parterres des ministères lors d’apéros-occupations », rapporte le site d’informations Regards. A suivre.

Photo de Une : © Serge d’Ignazio

Notes

[1] Le 19 juillet 2016, Adama Traoré décédait lors de son interpellation par la gendarmerie. Depuis, sa famille, ses amis et leurs soutiens se mobilisent pour établir la vérité et obtenir justice. Lire notre entretien

Poster un commentaire

Qui écoute les professeurs , demandent les syndicats européens de l’éducation

 » Dans bon nombre de situations, la voix des enseignant(e)s n’est pas représentée au sein des processus décisionnels portant sur l’éducation et la profession enseignante, alors que la qualité de la prise de décision et les engagements en faveur des réformes nécessaires pourraient être fortement renforcés si l’on prenait en compte leurs points de vue et conseils avisés et professionnels, ainsi que ceux de leurs représentant(e)s, pour orienter les décisions politiques ». Ce n’est pas une déclaration du CSE français mais un communiqué du Comité syndical Europe éducation. Le CSEE réunit 132 syndicats de l’enseignement nationaux à tous les échelons de l’éducation de 51 pays européens. Réunis en Grèce les 27 et 28 novembre, 300 délégués ont arrêté des revendications sur l’implication des enseignants dans les décisions et le renfrocement des libertés académiques en Europe.

Le congrès

La décision

Poster un commentaire

Menaces sur les droits des enfants

La Fsu, la Cgt, Solidaires, le syndicat de la magistrature, la Ligue des droits de l’homme, le syndicat des avocats de France protestent contre la volonté gouvernementale de procéder par ordonnances à une nouvelle réforme de la justice des mineurs. « Le principe de responsabilisation à outrance des enfants est venu progressivement supplanter celui de protection etd ‘éducation », soulignent ces organisations. « La première des conséquences est l’augmentation constante de l’enfermement des mineurs ».  Elles rappellent l’annonce de l’ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés. Des structures qui ont un cout important (660€ par jeune et par jour) pour peu de résultats.

D’autres organisations, la Cimade,  Medecins sans frontières, Secours catholique, médecins du monde, Unicef, SAF, SM, dénoncent le projet de décret sur le fichage biométrique des mineurs non accompagnés. Au lieu d’accueillir ces mineurs, le gouvernement envisage d’abord de les enfermer et ficher avant éventuelle expulsion.

Sur les mineurs non accompagnés

Sur les ordonnances

Poster un commentaire

L’Education nationale confie la pédagogie à un colonel

Ingénieure en chef de l’armement avec grade de colonel, Rachel-Marie Pradeilles-Duval est nommée cheffe du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique à la Dgesco, un poste occupé jusque là par Yves Cristofari. La nomination d’une militaire à un poste aussi stratégique à l’Education nationale est une première.

Le chef du service de l’action pédagogique porte à la Dgesco les réformes ministérielles. Numéro 2 de la Dgesco, il pilote les examens, dirige les écoles et établissements du socle commun et des lycées. Il dirige aussi la formation des enseignants.

C’est donc un poste hautement stratégique pour le ministre puisque concrètement c’est lui qui fait appliquer les réformes pédagogiques sur le terrain. JM Blanquer l’avait confié à un de ses fidèles , Yves Cristofari, un IPR conseiller de G de Robien, fait inspecteur général sous Darcos.

Evidemment ce qui frappe c’est le profil singulier de Rachel-Marie Pradeilles-Duval pour un poste de cette nature qui a toujours été occupé par une personne venue de l’Education nationale.

Car le parcours de RM Pradeilles-Duval a peu à voir avec la maison éducation. Auteure d’une thèse sur  » les micromécanismes et comportement macroscopique d’un élastomère fortement chargé » elle a longtemps travaillé dans la mécanique. « Pendant plusieurs années, j’ai travaillé sur les problèmes de compréhension de l’endommagement », explique-t-elle dans la revue de l’Ecole polytechnique. Son terrain d’action c’est alors la mécanique, plus précisément l’automobile et l’usure des boites de vitesse et des  pneus.

Sa découverte de l’enseignement se fait d’abord dans les écoles militaires puis à partir de 2012 au ministère de l’enseignement supérieur. En 2014 elle y est chargée de la stratégie des formations et de la vie étudiante. Jusqu’à ce qu’un arrêté publié au Journal officiel du 23 novembre la nomme cheffe de service de l’instruction publique et de l’action pédagogique.

On peut s’interroger sur le choix de JM Blanquer. Souhaite-il donner une coloration militaire à son action pédagogique ? Veut-il renforcer le lien lycée – supérieur au moment de la mise en place de la réforme du lycée ? Dans tous les cas, Rachel Marie Pradeilles Duval sera attendue sur ses décisions pédagogiques.

L’arrêté

Article de La jaune et la rouge

Poster un commentaire

Lycée : il n’ya aura pas de règle nationale des dédoublements

Les dédoublements « ne sauraient être arrêtés uniformément au niveau national ». C’est une des réponses faites par le cabinet de JM Blanquer aux questions du Snpden , premier syndicat de personnels de direction, sur la réforme du lycée. Le syndicat tire de ce courrier ministériel des conclusions sur la mise en place de la réforme.

On savait déjà que la réforme du lycée, en supprimant les filières, permet d’importantes économies en rentabilisant au maximum chaque classe. Fini l’histoire-géo ou les sciences à 36 en S et 15 en L. On pourra remplir au maximum chaque classe puisque ses élèves passeront l’essentiel de leur temps scolaire mélangés avec d’autres classes. On mesure mal d’ailleurs quel sera l’impact de cet effacement des classes sur la réussite des élèves, notamment ceux qui ont du mal à entrer dans le métier d’élève.

En réponse à des questions du Snpden, le cabinet de JM Blanquer révèle que les économies de gestion iront encore plus loin. Selon le Snpden, les enseignants n’auront plus droit à des dédoublements en fonction de seuils d’ouverture. Le cabinet renvoie aux recteurs et au contexte les dédoublements qui pourront donc varier fortement d’une région à une autre en fonction « des priorités académiques et du dialogue constant avec les établissements ». Là aussi, car c’est une constante, le ministre supprime un droit pour le remplacer par une gestion locale. Aux établissements de faire avec ce qui leur sera octroyé, car le dialogue de gestion entre un recteur et un proviseur n’est pas un contrat  négocié à égalité entre partenaires.

Autre précision donnée au Snpden, « les spécificités de l’établissement peuvent ne pas permettre de donner une suite favorable à un des souhaits émis par la famille… en particulier au regard des limites organisationnelles qui peuvent s’imposer dans la confection des emplois du temps ». Cette fois ci la réforme réduit les droits des élèves et de leurs familles. « Des limites organisationnelles (dont moyens horaires, ressources humaines et contraintes des emplois du temps) peuvent s’imposer et donc ne pas permettre de répondre à tous les choix », souligne le Snpden. Les familles devront adapter leurs choix d’avenir à la réalité de l’offre proposée par les établissements.

Le Snpden tire des conclusions de ce courrier. « nous conseillons à nos adhérents de clairement séparer l’information faite en CA en janvier/février sur le TRM (tableau de répartition des moyens NDLR) et les créations et suppressions de postes (qui peuvent faire l’objet d’un simple avis), et le vote sur la répartition de la DHG (procédure du double vote) qui peut se faire dans la sérénité, et après que toutes les discussions aient abouti, en fin d’année scolaire. » C’est qu’en effet la pilule de la réforme va être dure à avaler.

Dans la lettre hebdomadaire du Snpden

Poster un commentaire

Lycée : mettre en place une spécialité sans moyens…

Comment mettre en place un enseignement de spécialité sans moyens ? Dans une lettre du 12 novembre envoyée aux proviseurs, le recteur de Nantes explique que les établissements qui voudront ouvrir la spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) devront trouver des professeurs volontaires. Ceux ci devront suivre une formation obligatoire sur leur temps de vacances en 5 séances de 5 jours réparties sur les vacances d’hiver 2019, printemps 2019, juillet 2019, février et printemps 2020. Le recteur demande aux proviseurs de joindre les noms de deux enseignants qui s’engagent à perdre un mois de vacances à toute demande d’ouverture de la spécialité. Il suffisait d’y penser…

Poster un commentaire

Enseignement à domicile : la particularité française

Est-on plus ou moins permissif en France pour l’éducation à domicile qu’ailleurs en Europe ? A la veille de la loi Blanquer, qui va augmenter  le controle sur l’enseignement à domicile, la question des rapports entre l’Etat et les familles qui enseignent à domicile se pose. Alors que cette forme d’enseignement est en croissance, la Commission européenne fait le point sur l’attitudes des états sur cette pratique.

Impossible dans deux pays

L’enseignement à domicile n’est pas autorisé partout en Europe. Deux pays l’interdisent : la Bosnie et la Macédoine. Dans une dizaine de pays, dont la Suède, il nécessite une autorisation et reste exceptionnel. C’est le cas par exemple de l’Allemagne ou de l’Espagne où il n’est possible que pour les enfants malades. A Chypre l’éducation à domicile est réservée aux enfants handicapés sur autorisation ministérielle. En Suède, l’enseignement à domicile n’est autorisé que pour des raisons de santé ou de voyage. Les parents ne peuvent le demander pour des raisons religieuses ou philosophiques. 

Un enseignement généralement très encadré

Dans 28 pays, dont la France, l’enseignement à domicile est possible à la demande des parents. En général (sauf Pays Bas et Royaume Uni) des règles encadrent ce droit. Dans 18 pays (les pays nordiques par exemple)  il faut une autorisation des autorités scolaires locales. Dans 15 pays il faut au contraire une autorisation des autorités centrales ou régionales. Ainsi en Serbie les parents doivent prévenir des mois à l’avance.

Dans la moitié des états européens il faut avoir un certain niveau de qualification, généralement celui des professeurs, pour enseigner à domicile. C’est le cas par exemple en Espagne ou en Allemagne où déjà les autorisations sont rares. En Italie les parents doivent prouver qu’ils ont le niveau scolaire et la capacité financière pour être autorisés. Au Danemark les parents doivent se débrouiller pour offrir une éducation comparable à celle des écoles. En France il n’y a aucun niveau de qualification requis et il y a les cours du Cned…

Des enfants évalués régulièrement


Dans tous les pays , sauf les Pays Bas et le Royaume  Uni, les progrès des enfants sont évalués. Dans la plupart des pays européens, les enfants passent des examens organisés par les écoles. En Italie il y a un examen par an, en Hongrie deux par an. En Autriche si l’enfant ne réussit pas l’examen annuel il est automatiquement inscrit à l’école. Ce controle existe dans 36 pays européens. En France la nouvelle loi peut contraindre la famille à la scolarisation de l’enfant si une inspection relève de graves lacunes dans l’enseignement à domicile par rapport au socle commun.

La France troisième pays le plus libéral

Finalement la France fait partie, avec les Pays Bas et le Royaume Uni, des pays qui contrôlent le moins l’enseignement à domicile. Les parents peuvent librement en bénéficier sur simple déclaration. Et l’action de l’Etat se limite à une supervision assez lointaine des progrès des enfants (ce qui est la norme des états européens).

On sait que les familles peuvent être inspectées. La future loi Blanquer consacre son article 5 à ce contrôle. Elle stipule que  » les résultats de ce contrôle sont notifiés aux personnes responsables de l’enfant. Lorsque ces résultats sont jugés insuffisants, les personnes responsables de l’enfant sont informées du délai au terme duquel un second contrôle est prévu… Si les résultats de ce second contrôle sont jugés insuffisants, l’autorité de l’Etat compétente en matière d’éducation met en demeure les personnes responsables de l’enfant de l’inscrire, dans les quinze jours suivant la notification de cette mise en demeure, dans un établissement d’enseignement scolaire public ou privé ». La loi prévoit aussi que deux soustractions au controle entraine l’inscription d’office.

Ainsi les familles devraient être inspectées une fois l’an pour vérifier que les enfants reçoivent le socle commun de connaissances. Mais ce n’est pas toujours facile à apprécier. Alors que la loi raffermit le contrôle, le passage de l’obligation d’instruction à trois ans vient perturber cette logique. Comment les inspecteurs feront-ils pour vérifier le respect de l’instruction obligatoire entre 3 et 6 ans ? Mystère…

L’étude européenne

Poster un commentaire

Programmes scolaires : comment Jean-Michel Blanquer veut redessiner le lycée Le Monde

Les quelque 80 projets de programmes scolaires du lycée, désormais tous dévoilés, sont-ils à la hauteur des attentes ? Donneront-ils corps à ce lycée du XXIe siècle censé garantir aux élèves, en lieu et place des séries S, L et ES supprimées à la rentrée 2019, une « plus grande personnalisation des parcours », comme le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, s’y est engagé ? Et permettront-ils de « muscler » le baccalauréat à l’horizon 2021, comme promis par le président, Emmanuel Macron, pour redonner du « sens » à l’examen, mais aussi de la « cohérence » entre les enseignements du lycée et ceux de l’université ?

Ces questions, bon nombre d’enseignants et d’associations disciplinaires les ont posées avant même que le Conseil supérieur des programmes (CSP), instance chargée du travail de réécriture, ne mette un point final à sa copie, le 6 novembre : des « fuites » de projets de programmes ont, dès la mi-octobre, alimenté la machine à polémiques.

Analyser du projet éducatif d’ensemble que les nouveaux programmes devront porter ne va pas de soi. D’abord parce que les textes rendus publics ne concernent que les classes de 2de et de 1re (réformées en 2019), et pas la terminale (réformée en 2020), classe pourtant charnière pour s’assurer de la continuité entre le lycée et l’université – ce « continuum du bac – 3/bac +3 », dans le jargon de l’école. Ensuite, parce que le corpus de textes était, jusqu’au 20 novembre, soumis à la consultation de la communauté éducative par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne. En parallèle et jusqu’en décembre, syndicats et associations disciplinaires continuent d’être reçus, rue de Grenelle, pour porter leurs demandes d’aménagements.

« Là où émergent les critiques, les projets de programmes bougeront », assure au Monde Jean-Michel Blanquer. Des inflexions se dessinent déjà en mathématiques, discipline dans laquelle le niveau des lycéens français pèche au regard des résultats de leurs camarades européens – la filière S siphonnant, depuis des décennies, les bons élèves, et pas seulement ceux qui se destinent à des études scientifiques. Les premières pistes de réforme divulguées prévoient que les maths disparaissent du tronc commun en classe de 1re, pour devenir un enseignement de spécialité. Avec un « programme touffu » digne de la série S, avancent certains enseignants, quand bien même ce module est, en théorie, aussi destiné à accueillir des lycéens se destinant à des études de gestion, de journalisme… Ou à l’enseignement.

  • Un niveau relevé

En attendant les programmes définitifs qui devraient être présentés en décembre à l’occasion d’un Conseil supérieur de l’éducation et d’une intervention ministérielle, un point semble déjà faire l’unanimité : les exigences au lycée s’envolent.

En français, par exemple, le nombre d’œuvres à étudier « en entier » augmente. Les élèves de 1re auront quatre œuvres imposées à lire pour le baccalauréat – contre trois au choix du professeur auparavant –, avec une forte revalorisation de la dissertation, exercice choisi aujourd’hui par 10 % des candidats. En mathématiques, le programme suit des recommandations remises en février par le mathématicien et député de l’Essonne, Cédric Villani (La République en marche), et l’inspecteur général Charles Torossian : la démonstrationtrouvera une plus grande place dans les programmes, dans le tronc commun en 2decomme dans l’enseignement de spécialité.

« C’est tout le système scolaire que l’on souhaite tirer vers le haut, résume M. Blanquer, et on le fera au service de tous : des élèves les plus à l’aise, à qui l’on va offrir des contenus exigeants, certainement pas édulcorés ; des élèves les plus fragiles également, qui feront l’objet d’une attention particulière à l’entrée en 2de. » Une aide personnalisée leur est promise, concentrée sur les mathématiques, le français, le soutien méthodologique.

Cela suffira-t-il à désamorcer le « procès en élitisme » que le ministre de l’éducation voit poindre ? A voir. « On retombe dans le péché mignon de l’école française : faire des programmes pour un élève idéal, et pas pour l’élève réel »,réagit un haut cadre de l’éducation nationale. Cette analyse trouve, déjà, un certain écho parmi les enseignants. « L’ambition est une bonne chose… si elle est bien dosée », témoigne un professeur de mathématiques. « On se demande un peu pour quel élève le programme est fait, fait valoir, dans la même veine, un enseignant d’histoire : si la spécialité histoire-géographie est destinée à préparer les élèves aux concours de Sciences Po, cela me paraît un peu juste. La plupart d’entre eux auront du mal à accrocher. »

La réforme Parcoursup et les critiques qu’elle a générées, la place des universitaires et des inspecteurs généraux dans les groupes de travail qui ont accouché des programmes, viennent renforcer la crainte d’un lycée « piloté par le haut ». D’autant que dans les établissements, engagés dans une course contre la montre pour mettre en musique le « lycée Blanquer », l’articulation entre les enseignements de tronc commun et les enseignements de spécialités que les lycéens auront à choisir à raison de trois en 1re et de deux en terminale, se dessine à peine.

  • Des contenus modernisés ?

Rue de Grenelle, on dément le « tour de vis conservateur » que d’aucuns lisent déjà dans les projets de programmes. « Nous voulons des programmes passionnants, affirme M. Blanquer. La réforme que nous menons créera du désir, de l’envie, et quand un élève aime ce qu’il apprend, il aime aussi l’approfondir. »Dans une tribune publiée dans Le Monde, fin août, la présidente du CSP, Souâd Ayada, a défendu une « instruction qui brise le confinement intellectuel et trace les voies de l’émancipation »Sollicitée après la remise des projets de programme, elle n’a pas souhaité commenter.

La démonstration oratoire convainc-t-elle ? Dans les rangs syndicaux, on regrette la « faible » prise en compte des « savoirs être », ces soft skills – ou « compétences douces » que sont l’esprit d’équipe, le travail collaboratif, l’estime de soi… – déjà intégrées par bon nombre de nos voisins dans la conception des programmes. On regrette aussi le « cloisonnement des disciplines » dont les contenus leur apparaissent pensés « sans lien », dû selon les syndicats aux « méthodes de travail » du CSP et à la « précipitation » qui a prévalu.

D’autres, encore, questionnent l’écart entre ces projets de programmes et une évaluation qui demeure « classique » à leurs yeux, parce que dominée en grande partie par la dissertation – même si les épreuves terminales du bac intégreront, à compter de 2021, un « grand oral ». Cette « permanence », le ministre de l’éducation l’assume : « La dissertation est un point fort de la France, dit-il. A l’heure où nous rentrons dans un siècle technologique, accroître la capacité de discernement des lycéens, leur apprendre à structurer leur pensée et à raisonner s’impose. Remédier à nos points faibles ne doit pas nous conduire à abandonner nos points forts. »

  • Un « mode d’emploi » détaillé

Prendre le risque de saturer les élèves d’informations est une chose, mais« pourquoi saturer les enseignants de préconisations, au risque de tomber dans leprêt-à-enseigner ?, interroge un ancien recteur. Pourquoi se sentir obligé de répéter aux enseignants, à chaque entrée de chapitre, ce qu’ils doivent faire et comment le faire ? » Cet observateur averti n’est pas le seul, après lecture des projets, à mettre en doute la prise en compte des conditions d’exercice réelles du métier : plusieurs professeurs contactés confient douter de la possibilité d’exercer leur liberté pédagogique. En histoire, par exemple, les enseignants sont guidés par de nombreuses recommandations formulées par des « on peut mettre en avant » et autres « points de passage et ouvertures »,qu’ils craignent de devoir respecter à la lettre. 

« Quel peut être le sens de notre travail face à un programme aussi dirigiste, où l’on donne des réponses au lieu de poser des questions ? », se demande une enseignante de sciences économiques et sociales (SES). « Cela ne fait pas envie, réagit un autre, qui enseigne l’histoire-géographie. On a l’impression qu’on va être pieds et poings liés sur notre manière de travailler. »

« Un programme qui intéresse les lycéens ne doit-il pas, en premier lieu, leur parler » interroge un ancien membre du CSP. Leur signifier, clairement, pourquoi ils ont intérêt à maîtriser tel ou tel point pour trouver leur place dans le monde de demain ? » Il faudrait pour cela reconnaître, aussi, aux élèves le droit de souffler un peu. Ce n’est pas la piste qui semble s’imposer, même avec un baccalauréat redimensionné.

Mattea Battaglia et Violaine Morin

Poster un commentaire

Lycée : un premier sondage confirme le problème des maths

A qui profitera la réforme du lycée ? Un premier sondage, auprès de 700 lycéens, réalisé par L’Etudiant, montre que 62% prendrait les spécialités maths. Viendraient ensuite physique chimie (43%), histoire-géo-géopolitique-sciences politiques (32%) et SVT (32%). A première vue les lycéens tentent de reconstruire les anciennes filières où la série S accueillait la moitié des lycéens généraux devant la série ES avec un tiers. Mais la question des maths reste centrale.

Un des aspects les plus contestables de la réforme du lycée, c’est de laisser aux élèves le choix des spécialités qu’ils souhaitent suivre. Ces choix sont intimement liés à celui du lycée, les établissements proposant une offre éducative limitée. En clair, le choix de l’établissement en 3ème va s’avérer déterminant pour l’avenir du jeune. En avançant ainsi l’âge de l’orientation, la réforme effectue un premier tri social de façon importante d’autant que le ministère s’est bien gardé de toucher aux filières professionnelles et technologiques.

Le deuxième outil de sélection ce sont les maths. Celles ci ne sont plus obligatoires à partir de la première. Ne suivront un enseignement mathématique en première et terminale que les jeunes qui les demanderont. En même temps les nouveaux programmes ont nettement relevé le niveau des spécialités mathématiques. Il n’y a plus de place pour les élèves moyens en maths à partir de la première, comme ceux de ES. Soit ils investissent dans les maths pour pouvoir suivre en première soit ils laissent tomber. Là est le piège puisque les attendus de la quasi totalité des formations supérieures longues exigent des maths. C’ets le cas par exemple de la psychologie.

De piège en piège, sous couvert de liberté ,la réforme sélectionne et elle le fait scolairement et socialement. Ce sont les élèves les mieux informés qui vont tirer leur épingle du jeu. Or on sait bien que cette information est le propre des familles et des établissements privilégiés.

Aussi le premier sondage de L’Etudiant montre à la fois que la réforme n’apporte rien sur le terrain des inégalités mais que celles ci se maintiendraient, ce qui serait une très relative bonne nouvelle. Tout laisse craindre qu’en réalité la situation soit pire.

Sur L’Etudiant

Poster un commentaire

La réforme du lycée critiquée en CSE

« C’est actuellement la pagaille quand à l’organisation de la classe de première… Le rythme des réformes ne peut être celui du bruit médiatique ». Le Snes a dénoncé le rythme trop rapide des réformes et spécialement celles des lycées lors du CSE du 15 novembre. Un sentiment partagé avec l’Unsa Education dont un sondage auprès de 13 000 enseignants montre que 74% trouvent ce rythme trop rapide. « Les réformes se suivent et s’empilent  dans un rythme effréné » a déclaré aussi la Fcpe qui dénonce « une stratégie de l’épuisement ». Le Snpden, syndicat très majoritaire des personnels de direction Unsa, a expliqué l’incapacité des chefs d’établissement pour préparer la rentré sans textes. Notamment l’absence de grilles horaires officielles en LP ne permet pas de faire des prévisions de postes. Enfin les fameuses 54h destinées à l’orientation restent non financées.

Poster un commentaire

Hausse générale des redoublements

Deux Notes de la Depp sur les effectifs d’élèves illustrent les effets de la politique menée par JM Blanquer. Dans le premier degré on assiste au doublement du taux de redoublement en CP : il passe de 1% en 2017 à 2% en 2018. En Cm2 il monte de 0.2% à 0.4%. Le taux de redoublement double aussi en 6ème (de 0.5 à 0.8) mais reste stable en 3ème (2.3%). Autre signal fort , la hausse du privé. Elle est particulièrement forte dans le 1er degré à Créteil (+6%), en Guadeloupe et à La Réunion. Au collège la part du privé se stabilise.

Note 1er degré

Note 2d degré

Poster un commentaire

Réformes du lycée et du LP : le budget mis à nu par Id FO

Inquiet des conséquences de #pasdevagues, le syndicat des personnels de direction ID FO s’inquiète des effets de la réforme du lycée. « Ces réformes illusionnent les familles », écrit Id Fo dans sa lettre Flash. « On les leurre sur le choix totalement libre des spécialités en 1ére générale alors que les équipes de direction vont devoir guider et contraindre ce choix en fonction des moyens attribués et des contraintes d’organisation propres à chaque lycée. Ces mêmes choix impacteront les heures postes enseignants. Les suppressions deviendront par conséquent le fait du chef d’établissement. L’autonomie annoncée des EPLE cache en réalité l’incapacité à permettre l’organisation des heures à effectifs réduits, pourtant nécessaires dans de nombreuses spécialités, imposée par nombre de programmes pour le travail en salle informatique par exemple ».

Le jugement des chefs d’établissements sur la réforme du LP est pire encore.  » le refus d’affecter les moyens à l’intégration de l’apprentissage dans la formation initiale, l’absence de budgétisation de la compensation de la baisse de la collecte de la taxe d’apprentissage pour les LP, condamnent la réforme à l’échec.

Lettre flash n°6

Poster un commentaire

Blanquer, la bataille du budget

« Je n’aime pas que perdurent des choses fausses. On ne fait pas d’économies sur l’éducation… Avis défavorable car vous dites des choses fausses et je suis défavorable au mensonge ». Rarement on aura vu des propos aussi violents dans la bouche d’un ministre à l’Assemblée nationale. Pour ceux qui s’interrogent sur les conséquences du 12 novembre, il suffit d’écouter JM Blanquer. Rassuré par l’ampleur très modérée du mouvement d egrève, le ministre tire sur les syndicats, proclame le ralliement de la grande majorité des enseignants à sa cause et attaque avec fougue les députés de l’opposition. Quatre sujets se sont imposés dans cette première journée : les postes, la rémunération des enseignants, l’éducation prioritaire et la réforme du lycée professionnel.  

A quoi bon créer des postes ?

La question des postes est évoquée dans les questions au gouvernement puis par des amendements à la loi de finances.  » Hier, pour la première fois depuis 2011, les syndicats se sont unis pour vous dire leur désarroi face à votre politique dévastatrice, avec à leurs côtés la première fédération de parents d’élèves. Monsieur le ministre, votre ministère supporte aujourd’hui plus de 40 % des suppressions de postes dans la fonction publique. Dites-nous combien seront supprimés au cours de l’ensemble du quinquennat, au regard de l’objectif affiché de réduction globale de 50 000 postes de fonctionnaires ». Qu’avait dit là S Talmont (PS) !  » Nous voulons que les élèves arrivent en classe de sixième en sachant lire, écrire, compter et respecter autrui. Et je peux vous dire que c’est exactement ce que les professeurs du secondaire attendent », répond JM Blanquer.

JM Blanquer lache quelques chiffres sur les suppressions de postes. « La partie significative portera sur les stagiaires (du fait de la baisse des postes mis aux concours). Les postes à temps pleins devant élèves diminueront de 675 à la rentrée ». Il calcule à sa façon l’impact de la croissance démographique : 4 élèves de plus  par lycée, 6 par collège.  D’où la conclusion de JM Blanquer : « les professeurs préfèrent un élève de plus dans leur classe,  mais des élèves ayant tous, ancrés en eux, les savoirs fondamentaux ».

Rémunération

Le ministre lie cette question à la rémunération des enseignants. « Les professeurs savent que si on gère bien on saura les rémunérer.  À la fin de ce quinquennat, les jeunes professeurs gagneront 1 000 euros de plus par an qu’à son début. Cela ne s’est pas produit lors du précédent quinquennat. La solution n’est jamais de créer des postes pour en créer, mais de savoir faire des choix qualitatifs », affirme JM Blanquer. Ce qu’oublie de dire JM Blanquer c’est que la hausse des débuts de carrière et le fameux milliard résulte des accord PPCR signés par le gouvernement précédent et que le gouvernement, après un an d’hésitation, n’a pas osé jeter à la poubelle.

Faiblesse des syndicats

Mais le ministre se réjouit de la faiblesse des syndicats. « Des enseignants manifestaient hier, 10% », dit JM Blanquer. « Il y a la grande majorité qui comprennent ce que nous sommes en train de faire.. Les postes ne sont pas l’alpha et l’omega de la politique éducative sinon ça se saurait avec un million de professeurs pour 12 millions d’élèves ».

Le même raisonnement est tenu sur la réforme du lycée professionnel, attaquée par exemple par M Ressiguier (LFI). A l’accusation de diminuer les horaires d’enseignement en LP, JM Blanquer répond : « Les lycéens professionnels ont le plus grand nombre d’heures d’enseignement. Si c’était la solution ça se saurait ».  Le ministre aime les sophismes : puisque beaucoup d’heures d’enseignement n’apportent pas de très bons résultats , il est sans effet de les diminuer. Puisque créer des postes ne résout pas tous les problèmes de l’Education nationale , supprimons en. « Ne focalisons pas sur les postes qui ne sont pas l’alpha et l’omega de la politique éducative »…

La réponse est venue de Jean-Paul Lecoq, député GDR du Havre : « Dans les collèges du Havre, je vous assure qu’on a encore besoin de moyens. On considère qu’on n’est pas au taquet. On a besoin de moyens supplémentaires »…

L’Education prioritaire inutile ?

Et la droite que faisait elle ? F Reiss (LR) a surtout saisi l’occasion pour une attaque en règle et restée sans réponse de l’éducation prioritaire. « Je voudrais vous interroger sur le diagnostic sévère de la Cour des comptes sur l’éducation prioritaire. Donner plus à ceux qui ont moins permet de se donner bonne conscience mais les résultats sont plus que décevants. Quel sera l’avenir des Rep et Rep+ ?.. La Cour relève que les primes (versées en Rep+)   n’ont abouti ni à attirer des enseignants ni à stabiliser les équipes »…

A l’assemblée

Poster un commentaire

17 novembre, communiqué commun

17 novembre : un vent de colère souffle sur notre département, comme dans tout le pays

Quinze associations, syndicats et partis et mouvements politiques du département ont adopté le texte commun suivant.

Ces organisations sont issues du collectif “26 mai” à Nantes : Attac 44GIGNVAlternatiba NantesCGT Union Locale de NantesUDB Loire-Atlantique – Liger AtlantelGénération•S – NantesFrance Insoumise Loire-AtlantiqueNPA 44PCF – Parti Communiste FrançaisUnef NantesUnion Solidaires 44GDSEELV NantesSortir du Nucléaire Pays NantaisEnsemble.

Chaque mois sont plus nombreux les salarié.e.s, retraité.e.s et privé.e.s d’emploi qui n’arrivent plus à boucler leur budget. La hausse régulière et conséquente du carburant inquiète et fragilise celles et ceux qui n’ont d’autres choix que la voiture individuelle pour les actes de la vie courante. Et, alors que l‘hiver s’annonce, la hausse des prix du gaz, de l’électricité, du fuel et des chauffages collectifs aggrave encore le quotidien.

Alors que les profits financiers et patronaux explosent, le gouvernement Macron Philippe accentue sa politique de classe, au service des riches, et, pour la grande masse de la population, la réduction des droits sociaux et une politique fiscale particulièrement injuste et inégalitaire. S’y ajoutent la fermeture de nombreux établissements publics et la suppression de milliers de postes de fonctionnaires accentuant encore le sentiment d’abandon pour toutes celles et ceux qui vivent loin des métropoles.

Ce vent de colère est légitime et salutaire. Il met justement en cause la politique suivie par le Président de la République et son gouvernement, notamment en matière fiscale. Les groupes capitalistes, patronat et banques, avec leurs profits exponentiels, sont les vrais responsables de ce désespoir social et de la crise climatique.

Pour Macron, comme pour ses prédécesseurs, le libéralisme est un dogme. Pour nous c’est un drame. Car il explose les inégalités sociales, accroît la paupérisation de larges franges de la population et accentue les atteintes à l’environnement et le réchauffement climatique.

Le gouvernement tente de justifier ses choix politiques, les augmentions des taxes sur les carburants, par l’urgence écologique. C’est un mensonge. Non seulement le pays ne réduit pas la production de gaz à effet de serre, mais il l’augmente, non seulement il ne réduit pas l’utilisation des pesticides, mais il l augmente, non seulement il ne diminue pas l’artificialisation des sols, mais il la poursuit. La fermeture des services publics de proximité, des gares et voies ferrées secondaires, la concentration des emplois dans les métropoles ne font que renforcer la tragédie climatique en cours et accroitre les difficultés quotidiennes de milliers d’habitant.e.s.

Le gouvernement est responsable de la crise en cours car la politique qu’il mène dans les transports comme dans les autres domaines, n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement. Aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement. Cette prétendue fiscalité écologique épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le trafic aérien ou le transport routier de marchandises.

L’urgence sociale et l’urgence écologique sont aujourd’hui totalement imbriquées. La politique gouvernementale aggrave l’une et l’autre et espère diviser celles et ceux qui en sont les victimes. Et il est illusoire de prétendre répondre à l’une en tournant le dos à l’autre.

Des mesures d’urgences sociales et écologiques comme priorité :

• L’augmentation des salaires, des pensions, des indemnités chômage, et des allocations sociales et leurs indexations sur les prix pour permettre à tous/toutes de vivre dignement.

• L’arrêt des suppressions de postes et des fermetures des services publics, et la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour permettre une organisation équilibrée des territoires,

• Mettre un terme à une politique centrée sur la voiture. Mettre un terme à la défiscalisation du kérosène dans le transport aérien, au profit du fret ferroviaire pour les transports de marchandise et les transports collectifs. Par la mise en place d’un réseau de transports en commun gratuit sur le département.

• La lutte contre l’étalement urbain et la diversification des modes de transport dans tous les territoires

• Le soutien à une agriculture paysanne privilégiant les circuits courts et les productions bios pour permettre à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité.

Associations, syndicats et partis politiques engagées dans le département pour la justice sociale et climatique, nous appelons ensemble à la mobilisation sociale, écologique et citoyenne contre la politique de Macron-Philippe, tout en refusant les boucs émissaires habituels des discours racistes, antisémites ou xénophobes. Nous appelons au partage des richesses et à l’urgente nécessité de placer la transition écologique et solidaire au cœur de toutes les décisions pour notre avenir et celui de la planète. Ce sont les mobilisations multiples dans les entreprises comme dans la rue, par la grève et par l’action, qui permettront de peser sur les décideurs publics ou privés pour que ces changements s’enclenchent.

Signataires issues du collectif “26 mai” à Nantes : Attac 44GIGNVAlternatiba NantesCGT Union Locale de NantesUDB Loire-Atlantique – Liger AtlantelGénération•S – NantesFrance Insoumise Loire-AtlantiqueNPA 44PCF – Parti Communiste FrançaisUnef NantesUnion Solidaires 44GDSEELV NantesSortir du Nucléaire Pays Nantais, Ensemble.

Poster un commentaire

[LDH] Ciné-débat « Libre » cinéma Beaulieu 22 novembre à 20h

Invitation
La section de Nantes et du pays nantais de la Ligue des droits de l’Homme vous invite à assister à la projection du film « Libre » de Michel Toesca
et à participer au débat sur le délit de solidarité qui s’en suivra, le jeudi 22 novembre à 20h.

Ce Ciné-débat est organisé par le cinéma Beaulieu, à Bouguenais, avec la LdH et SOS Méditerranée,
dans le cadre du Festival des solidarités, coordonné par la MCM (Maison des citoyens du monde).
Débat en présence d’un marin sauveteur de l’Aquarius.

——————————————————————————————-
Ciné-débat autour du documentaire « Libre » Jeudi 22 novembre 2018 de 20h à 22h30

Cinéma Le Beaulieu
26 rue de Beaulieu à Bouguenais

La Roya, vallée du Sud de la France, frontalière avec l’Italie. Cédric Herrou, agriculteur, y cultive des oliviers. Le jour où il croise la route des réfugiés, il décide de leur offrir refuge et de les aider. Mais en agissant ainsi, il est considéré comme hors-la-loi…

Débat en présence d’un marin sauveteur de l’Aquarius.

Contact : infos@cinemalebeaulieu.com

Tickets en vente sur place :

  • Tarif normal : 6 €
  • Tarif réduit : 5 €

Projection organisée par Cinéma le Beaulieu, SOS Méditerranée et la Ligue des droits de l’Homme

Plus d’infos au lien suivant

Poster un commentaire

Rends l’ISF d’abord !

  • Publié par François Ruffin
  • le 13 novembre 2018

Téléchargez le logo et la bannière de notre opération « Rends l’ISF d’abord ! »

Télécharger le logo

Télécharger la bannière

Rendez l’ISF d’abord, Monsieur le président.

Allaient-ils dormir sous les ponts, vos amis de chez Rotschild ?
Risquaient-ils la soupe populaire, vos mécènes millionnaires ?
ll faut le croire.

Dès votre entrée à l’Elysée, vous en avez fait la priorité des priorités :
Enrichir les riches.
Vous avez offert cinq milliards d’euros sur un plateau aux nouveaux seigneurs, à vos donateurs, aux maîtres de la pharmacie, aux maîtres de la téléphonie, aux maîtres de la chimie, aux maîtres des start-ups.
A votre bande organisée, vous avez délivré, dans la foulée, la flat tax, et l’exit tax, et le secret des affaires, et le CICE doublé.
C’était l’urgence sociale, à n’en pas douter.
Tout pour ceux qui ont tout.
Et rien pour ceux qui ne sont rien.

Les grandes familles peuvent vous remercier.
Elles étaient déjà repues : vous les avez gavées.
En un an, leur patrimoine a bondi de 14 %.
14 %, en douze mois seulement.
En douze mois de travail acharné.
Car c’est un vrai métier, de privilégier les privilégiés.
C’est une rude tâche, de favoriser les favorisés.
D’expliquer, sans cesse, à un peuple ignare et geignard, que c’est pour le bien de la patrie, pour la compétitivité du pays.

Car en même temps, en même temps, avec audace, avec entrain, vous allez partout réclamant des sacrifices.

Chez les locataires, les étudiants, les modestes, vous avez gratté 5 € d’APL.
Mais que murmurent-ils tous, même dans le silence de leur conscience ?
« Rends l’ISF d’abord! »

Vous augmentez les taxes sur l’essence, et que vous crient les automobilistes, avec ou sans gilets jaunes ?
« Rends l’ISF d’abord! »

C’est toute la France qui, aujourd’hui, de la Lorraine aux Ardennes, dans la rue ou dans les sondages,vous le répète :
« Rendez l’ISF d’abord! »
« Rendez l’ISF d’abord! »

François Ruffin

François Ruffin

Poster un commentaire

[LDH] Fwd: Lettre ouverte signée par la LDH à Mme Nicole Belloubet sur le Génépi

Lettre ouverte à Mme Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice

Lettre ouverte signée par plusieurs organisations dont la LDH

La décision de la direction de l’administration pénitentiaire de ne pas renouveler la convention la liant au Génépi met cette association étudiante en péril. Considérant que « le rôle du Génépi est essentiel pour le respect de la dignité (des personnes détenues) comme pour notre démocratie » de nombreuses associations et personnalités demandent à la garde des Sceaux de rétablir cette convention.

Le Genépi est une association étudiante œuvrant auprès des personnes incarcérées depuis 42 ans. Le 20 septembre 2018, la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a annoncé de manière brutale au Génépi le non-renouvellement de la convention qui les liait. Suite à cette décision, ses bénévoles se sont déjà vu refuser l’accès à de nombreux établissements pénitentiaires dans toute la France entraînant un arrêt des activités auprès des personnes incarcérées. Cette décision menace aujourd’hui la raison d’être, le décloisonnement du monde carcéral, et l’existence même du Genepi en remettant en cause son fonctionnement, sa liberté d’expression et son indépendance.

Cette volonté de faire taire une association qui compte plus de 800 jeunes bénévoles nous choque. Elle constitue un très mauvais signal pour encourager l’engagement de la jeunesse dans les associations.

Il apparaît que le Génépi est la cible d’une sanction politique visant à empêcher les étudiants du Génépi d’entrer dans les établissements pénitentiaires, de témoigner de ce qu’ils y voient et d’alerter sur les conditions de détention des personnes qu’ils y rencontrent.

Alors que 37 établissements ont été condamnés par la Cour européenne des droits de l’Homme et la justice française, que la surpopulation carcérale bat des records et que les conditions de vie des personnes détenues se détériorent gravement, il nous semble que le rôle du Genepi est essentiel pour le respect de leur dignité comme pour notre démocratie.

D’autre part, le Génépi est un lieu d’apprentissage citoyen pour la jeunesse. Depuis 42 ans, elle a permis à des dizaines de milliers d’étudiantes et étudiants de se sensibiliser et réfléchir aux problématiques en lien avec les institutions carcérales et judiciaires. Ces jeunes citoyens, formés et engagés, se retrouvent souvent par la suite dans des parcours professionnels qui croisent ceux de nos organisations, universités ou institutions. Parmi eux se trouvent de futurs acteurs et actrices du monde prison-justice, qui reçoivent ainsi une première formation de qualité dans le cadre d’une structure historique et au contact de la réalité du terrain.

Le non-renouvellement de la convention nationale pourrait signer la mort du Genepi tel qu’il existe depuis 42 ans, alors qu’aucun des gouvernements successifs n’a remis en cause l’utilité publique de l’association ni sa liberté d’expression. Sanctionner une association critique qui est un témoin des conditions de détention au sein des prisons françaises est un fait grave et un déni de démocratie.

Nous vous demandons, Madame la Garde des Sceaux, d’intervenir au plus vite pour rétablir la convention nationale liant le Genepi et la direction de l’administration pénitentiaire, car cette convention est indispensable pour le bon déroulement des actions de ces bénévoles auprès des personnes détenues.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, notre considération distinguée.

Associations signataires : A3D, Association des avocats pour la défense des droits des détenus ; ACAT, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture ; Afev, Association de la Fondation étudiante pour la ville, Aides ; Anafé, association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers ; Artag, accompagnement social des Gens du voyage, des tsiganes, des voyageurs ; Artogalion ; Bamm, bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants ; Ban public ; Bruxelles laïque ; Collectif des associations citoyennes (CAC) ; CGT Syndicat SPIP ; Champ libre ; Coexister ; Comede ; Confluences ; Fédération des acteurs et actrices des danses traditionnelles (FAMDT) ; Fédération des associations réflexion-action, Prison et justice (Farapej) ; Fédération addiction ; Fédération des acteurs de la solidarité ; FièrEs ; Filmogène, Production de films de fiction et de documentaires, courts et longs métrages ; Génépi Belgique ; Gisti, groupe d’information et de soutien des immigré.e.s ; Ingénieurs sans frontières ; La Cimade ; La clé des ondes Bordeaux ; L’Etincelle, pour une éducation populaire politique ; Le Collectif des associations citoyennes ; Le MAG, jeunes LGBT ; Les Désobéissants ; Les Petits frères des pauvres ; Ligue des droits de l’Homme ; Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) ; OSB IV ; Ovale citoyen ; Radio Campus Paris ; Refeed, Réseau français des étudiants pour le développement durable; RESF, Réseau éducation sans frontières ; Saf, Syndicats des avocats de France ; Secours Catholique ; SNEPAP-FSU, Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire ; SNPES-PJJ-FSU, Syndicat national des personnels de l’éducation et du social ; Solidaires Etudiants ; Solidaires Jeunesse et Sports ; Solidaires Justice ; Solidaires national ; SOS pour les prisonniers ; Syndicat Asso-Solidaires ; Syndicat de la magistrature, Syndicat pour la protection et le respect des prisonnier.e.s ; UFISC, Union fédérale d’intervention des structures culturelles ; Unef, Union nationale des étudiants de France.

Personnalités : Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, ancienne secrétaire nationale, ministre et députée ; Christian Daniel, Directeur des Services pénitentiaires d’insertion et de probation honoraire ; Etienne Noël, avocat ; Gabriel Mouesca, ancien président de l’Observatoire International des Prisons ; Henri Leclerc, avocat pénaliste, doyen du Barreau de Paris ; Marie-Pierre De la Gontrie, sénatrice socialiste, Stéphane Mercurio, cinéaste ; Xavier Renou, des Désobéissants.

Poster un commentaire