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Snpden : des « assouplissements » pour appliquer les mesures Macron

Dans un courrier adressé le 18 mai à JM Blanquer, le premier syndicat de personnels de direction, le Snpden, demande l’ouverture de trois chantiers. D’abord celui de la réforme du collège pour lequel le Snpden veut des simplifications administratives. Ensuite, celui de la réforme du lycée :le syndicat  veut de nouveaux programme et une réforme du bac pour en faire un vrai diplôme d’entrée dans le supérieur.

Simplifier le retour des bilangues

 » Le SNPDEN espère que trois chantiers seront rapidement ouverts », demande le Snpden dans une lettre envoyée le 18 mai au nouveau ministre de l’éducation nationale. « D’abord, l’instauration d’une plus grande sérénité au sein de l’institution scolaire en donnant aux établissements les possibilités d’apporter les assouplissements parfois nécessaires pour clore les polémiques inutiles sans que soient remises en cause les réformes engagées ».

Pour Philippe Tournier, secrétaire général du Snpden, interrogé par le Café pédagogique, il s’agit de donner des instructions pour simplifier les aménagements de la réforme du collège qui s’imposent sur le terrain. E Macron a réaffirmé sa volonté de rouvrir les  classes bilangues. Pour P Tournier, « il faut tourner la page là où il y a ds points de fixation », sur la réforme,. « Le rétablissement des bilangues a un coût dérisoire », de nombreux professeurs d’allemand étant en sous service. Mais « pour faire cela il y a beaucoup de paperasse ». C’est cette simplification que souhaite le syndicat. Le Snpden s’était dressé avec succès cotre la circulaire contraignante publiée par la Dgesco pour la réforme du collège.

Réformer le bac et les programmes du lycée

Le Snpden souhaite aussi que soit abordée la question « de la connexion du secondaire et du supérieur, en interrogeant la forme du baccalauréat et les programmes du lycée ». Le programme d’E Macron propose de réduire le bac à 4 épreuves terminales qui serviraient de base à la sélection des étudiants par les universités. Le bac ne donnerait plus accès librement au supérieur.

Cette perspective convient au Snuipp. « La sélection existe déjà de fait », affirme P Tournier. « On n’est pas pour la sélection mais pour poser des pré-requis pour l’entrée dans le supérieur », continue P Tournier. Pour le Snpden le bac ne doit plus être le certificat de fin d’études secondaires. Il doit redevenir le ticket d’entrée dans le supérieur.  Pour cela il faut pour le Snpden des « épreuves ponctuelles modernisées ».

Autre enjeu, il faut que les programmes du lycée soient revus à la fois pour étre ajustés aux nouveaux programmes du collège et pour préparer au supérieur. « Pour nous la réforme du lycée ne doit pas être une réforme de son organisation mais de ses programmes », affirme P Tournier .

Justement le Snpden veut l’abandon « des grandes réformes traumatisantes » et « la confiance aux établissements » notamment envers les personnels de direction.

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Maitres + et rythmes : le Snuipp contre les projets Macron

Les deux points principaux du programme éducatif d’Emmanuel Macron sont en train de se retourner contre lui. Le 17 mai, le Snuipp Fsu saisit le nouveau ministre à propos de la suppression des maitres surnuméraires (maitres +) et de la réforme des rythmes scolaires.

« Il n’est pas acceptable d’opposer la réduction de la taille des classes de CP et de CE1 au maintien du dispositif « plus de maîtres que de classes » », écrit Francette Popineau, co-secrétaire générale duSnuipp Fsu, le premier syndicat du primaire. « L’attribution d’un maître surnuméraire aux écoles de l’éducation prioritaire est plébiscitée par une grande majorité de nos collègues (86% d’enseignants satisfaits d’après l’enquête du SNUipp-FSU de juin 2016). Le dispositif permet de travailler plus collectivement et de faire évoluer les pratiques pédagogiques, il améliore le climat de classe et les apprentissages. Les enseignants de ces écoles ne comprennent pas que vous remettiez en cause un dispositif dans lequel ils se sont fortement engagés et qui montre ses premiers effets sur la réussite des élèves ».

S’agissant des rythmes scolaires, E Macron veut laisser les commune décider librement de l’organisation de la semaine scolaire. « Il est indispensable de remettre à plat cette réforme mais sans accentuer son caractère inégalitaire ce qui ne manquerait pas d’advenir si carte blanche était laissée aux collectivités ».

Le courrier du Snuipp

Le programme d’E Macron

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Data scolaire : des industriels et des syndicats saisissent le ministre contre la directive GAFAM

L’Ecole a-t-elle vraiment le droit de fournir les données des élèves aux grands groupes d’Internet , le GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) ? La question se pose après la révélation par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un courrier du Directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, invitant les responsables académiques à fournir aux GAFAM les annuaires des établissements. Des industriels, investis dans les ENT demandent des comptes dans un courrier que le Café pédagogique s’est procuré. Le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent le nouveau ministre de ce qu’ils considèrent comme un « revirement lourd de conséquences ».

Le revirement du DNE

« Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation »… Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels ». La lettre de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation, que le Café pédagogique a révélé, invitait clairement les directeurs académique du numérique et les DSI à laisser les établissements donner les données sur les élèves aux géants d’Internet. Pour M Jeandron , interrogé par le Café, les élèves sont suffisamment protégés par les CGU (Conditions générales d’utilisation) de ces grands groupes.

En ouvrant grand les portes de l’Ecole aux GAFAM, le directeur du numérique revient par une simple lettre  sur des années de développement d’outils nationaux sécurisés, les ENT, et toute une culture de « sanctuaire numérique » pour l’Ecole.

La réaction des éditeurs français

Les industriels nationaux ne s’y trompent pas. Dans un courrier du 18 mai, que le Café pédagogique s’est procuré, les responsables de trois entreprises phares du numérique éducatif français, Arnaud Albou, CEO d’Open Digital Education, Alain Ecuvillon, DG de Itslearning et Hervé Borredon ,président d’Itop, demandent des explications à Mathieu Jeandron.

« Sous prétexte qu’elles disposent de « Conditions Générales d’Utilisation propres au monde de l’éducation », et sous couvert d’une déclaration CNIL, vous êtes donc prêts à transférer l’ensemble des annuaires académiques aux fameux ‘GAFAM’. Connaissez-vous bien le modèle économique de ces entreprises ? Savez-vous sur quoi la gratuité apparente de certains de ces services repose ? », interrogent-ils. Certaines de ces entreprises , comme Google ou Facebook, vivent principalement de revenus publicitaires rendus possibles par l’exploitation des données des utilisateurs.

« Quel est le cadre réglementaire imposé à Amazon, Google ou à Facebook ? Les “CGU Education” de chacun de ces éditeurs remplacent-elles dorénavant votre propre cadrage ? Vous dispensez ces entreprises américaines des contraintes (justifiées) que vous nous avez imposées depuis toutes ces années. C’est le monde à l’envers ! », écrivent les industriels.

« L’Espace Numérique de Travail est un dispositif central dans l’école qui constitue un “environnement de confiance, protecteur des données des élèves” selon la circulaire de rentrée 2017 du Ministère. Après des efforts importants de tout l’écosystème éducatif, des centaines de milliers d’élèves et d’enseignants sont connectés chaque jour », rappellent-ils. « Partout où nos déplacements professionnels nous conduisent (en Europe, au Brésil, au Mexique, en Amérique du Nord, en Afrique), ce modèle français interpelle et intéresse. Tous nous envient cette capacité à adresser des problématiques territoriales, à généraliser des solutions à l’échelle de centaines de milliers d’élèves, le tout avec une autonomie pédagogique, éditoriale et économique. Du moins, tous ceux qui ont compris que les bases centralisées commerciales ne pouvaient être la solution aux nouveaux enjeux de l’éducation, ceux de la collaboration, de l’éducation aux médias et à l’identité numérique, de la prévention des risques inhérents aux usages des réseaux sociaux commerciaux… »

Les trois dirigeants d’entreprise mettent en cause le nouveau ministre. « Est-ce là le mandat que vous aurait déjà confié la nouvelle équipe ? Ou une prise de position plus personnelle ? », écrivent-ils.  « S’il vous plaît, expliquez-nous ! »

La Cgt et le Snes montent au créneau

De leur coté, le Snes Fsu et la Cgt Education  saisissent le ministre par une lettre publique.  » Un revirement lourd de conséquence vient d’être opéré au ministère de l’éducation nationale : avant la nomination du nouveau ministre, le directeur du numérique pour l’éducation incite clairement les cadres académiques à l’utilisation des outils des grandes multinationales du numérique (notamment les GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels. Il ignore délibérément les risques évoqués par la CNIL sur le traitement possible des données personnelles et scolaires des élèves (souvent mineurs), données particulièrement sensibles, et qui les suivront longtemps », écrivent les deux syndicats. « Les organisations signataires jugent inacceptables que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles des élèves et des enseignants. Elles s’inquiètent qu’une telle décision aussi lourde de conséquences pour les personnes et la souveraineté des données puisse être prise par simple mél. Elles dénoncent cette tentative de passage en force contraire à l’État de droit et saisiront la CNIL et la Direction des affaires juridiques du ministère sur cette question. Elles demandent au nouveau Ministre de l’éducation nationale de clarifier rapidement sa position sur cette question.  »

Deux acteurs n’ont pas encore réagi dans ce débat. Mais ils ne devraient plus tarder à le faire. D’abord les collectivités territoriales qui ont englouti des sommes très importantes dans le développement des ENT au nom de la sécurité des élèves. Ensuite les associations de parents. Ce sont les données scolaires et privées de leurs enfants qui sont l’enjeu de ce bras de fer.

La lettre des industriels

Le Café révèle la décision du DNE

La lettre du Snes et de la Cgt

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La saga Facebook continue : les autorités ne veulent pas « Liker »

Publié le 18/05/2017 par Thierry Léonard, Thomas Dubuisson

Trois autorités de contrôle de protection des données ont encore condamné certaines pratiques de Facebook et sa politique en matière de cookies. France, Belgique, Pays-Bas en tir groupé ! Leur constat est unanime : Facebook enfreindrait toujours les lois nationales sur la protection des données. Selon Facebook, seule la loi irlandaise serait applicable et seul le DPA irlandais serait compétente pour délivrer une sanction. Cela n’a pas empêché la CNIL de prononcer une sanction et condamner Facebook à 150.000 euros d’amende.

Contexte

Au sein du Groupe de travail européen « Groupe 29 », un « Groupe de contact » a été créé après que Facebook ait annoncé en 2014 un changement dans sa politique de confidentialité. Ce groupe est composé des Commissions vie privée de la Belgique, France, des Pays-Bas, d’Espagne et de l’Allemagne. Chacune de ces autorités de contrôle a lancé une procédure indépendante en cours contre Facebook.

Selon Facebook, seule la législation irlandaise sur la protection des données serait applicable et l’autorité irlandaise serait compétente pour contrôler le traitement des données personnelles des utilisateurs du service en Europe. A l’inverse, les autorités du « Groupe de contact » considèrent, respectivement, que leur législation nationale de protection des données est applicable au traitement des données personnelles des utilisateurs et non-utilisateurs de Facebook dans leurs pays respectifs et que chaque autorité est compétente.

Ce 16 mai, la Belgique, la France et les Pays-Bas ont publié leurs résultats sur les pratiques de Facebook.

France : la CNIL condamne Facebook à 150.000 euros d’amende

La CNIL a « constaté que Facebook procédait à la combinaison massive des données personnelles des internautes à des fins de ciblage publicitaire. Il a aussi été constaté que Facebook traçait à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers via un cookie ».

Au regard des manquements constatés à la loi Informatique et Libertés affectant 33 millions d’utilisateurs en France, la CNIL a décidé de mettre en demeure Facebook de se conformer à cette loi. N’étant pas satisfaite des réponses qui lui ont été formulées, une procédure de sanction a donc été engagée.

La CNIL a considéré que Facebook collecte de données à des fins publicitaires en l’absence de base légale. En effet, « si les utilisateurs disposent de moyens pour maitriser l’affichage de la publicité ciblée, ils ne consentent pas à la combinaison massive de leurs données et ne peuvent s’y opposer » note la CNIL.

Elle reproche aussi à Facebook la « collecte massive de données effectuée via le cookie « datr » en l’absence d’information claire et précise ». Bien que Facebook plaide en faveur d’un outil de sécurité, ce « cookie espion » est en réalité un outil servant à pister les internautes, que ceux-ci soient utilisateurs ou non-utilisateurs du réseau social. Cette collecte serait « déloyale » d’après la CNIL.

Facebook, en outre, ne recueille pas « le consentement exprès des internautes lorsqu’ils renseignent des données sensibles dans leurs profils (ex : leurs opinions politiques, religieuses ou leur orientation sexuelle) », et ne démontre pas « en quoi la conservation de l’intégralité des adresses IP des internautes pendant toute la durée de vie de leur compte est nécessaire ». Par ailleurs, en renvoyant au paramétrage du navigateur, Facebook ne permet pas « aux utilisateurs de s’opposer valablement aux cookies déposés sur leur équipement terminal ».

En raison de ces manquements, une sanction de 150.000 € fut prononcée à l’égard du géant  américaine qui dispose désormais 4 mois pour faire appel devant le Conseil d’État.

Belgique : Facebook n’a toujours pas mis fin aux violations en question

La CPVP a publié de nouvelles recommandations (03/2017) à Facebook concernant le traitement de données à caractère personnel via des cookies, des plug-ins sociaux et des pixels.

Elle considère que « Facebook n’obtient toujours pas de consentement valable des personnes concernées. Elle estime en outre que la collecte de données à caractère personnel par Facebook à l’aide de cookies et de modules sociaux est excessive dans plusieurs circonstances ».

Depuis août 2016, la CPVP constate également que Facebook fait une grande utilisation des « pixels » afin d’obtenir des informations sur le comportement de navigation d’utilisateurs et de non-utilisateurs. Le « pixel » est un « tracker » qui a pour objectif d’informer lorsqu’un internaute réalise une action spécifique (par ex. un achat, une inscription, un téléchargement) sur un site web.

La Commission belge considère par ailleurs que les exigences légales en matière de consentement, d’équité, de transparence et de proportionnalité ne sont pas respectées, notamment en raison des faiblesses de l’information que Facebook communique aux personnes concernées et de l’insuffisance des choix que Facebook offre aux personnes concernées.

Elle sollicite l’application judiciaire de ses recommandations dans la procédure judiciaire au fond pendante devant le tribunal de première instance de Bruxelles ; les plaidoiries devraient avoir lieu les 12 et 13 octobre prochain.

Pays-Bas : Facebook est aussi en infraction

Après une enquête sur le traitement des données personnelles de 9,6 millions d’utilisateurs de Facebook aux Pays-Bas, le College Bescherming Persoonsgegevens a conclu que Facebook enfreint la loi néerlandaise sur la protection des données.

La DPA néerlandaise a également constaté que « Facebook utilise des données personnelles sensibles des utilisateurs sans leur consentement explicite. Par exemple, les données relatives aux préférences sexuelles ont été utilisées pour montrer des publicités ciblées ». Facebook aurait à cet égard apporté des modifications pour mettre fin à l’utilisation de ce type de données.

La DPA néerlandaise évalue actuellement si les autres infractions ont cessé. Si ce n’est pas le cas, la DPA néerlandaise peut décider de délivrer une sanction.

Pour être complet, notons qu’en Allemagne, le « Der Bundesbeauftragte für den Datenschutz » a délivré deux injonctions à l’égard de Facebook et qu’en Espagne, la « Agencia de Protección de Datos » a ouvert deux procédures de sanction.

Cette condamnation de la CNIL est hautement symbolique car, soyons honnêtes, 150.000 euros n’arrêteront pas Facebook. Cependant, l’étau se resserre… Sans parler de l’entrée en vigueur du GDPR : après mai 2018, la CNIL et les autres autorités seront en mesure de prononcer des sanctions bien plus significatives : 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial d’un groupe. D’ici là, Facebook a encore quelques mois pour se conformer.

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Gazette d’@rrêt sur images, n°492. Edouard Philippe, et ses transparences à géométrie variable

Gazette d’@rrêt sur images, n°492

A l’origine, il ne s’agissait pour lui que de filmer son « pote de droite », un vieux copain de classe prépa, Edouard Philippe, maire du Havre. Mais voilà que le vieux pote, contre toute attente, est bombardé Premier ministre. Alerte générale ! Du coup, le documentaire est scruté à la loupe. Et le moindre détail prend des proportions inattendues ! Laurent Cibien, pote de gauche du Premier ministre, raconte sur notre plateau le tournage, et ses coulisses. Notre émission est ici (1).

Transparent avec son « pote », Edouard Philippe l’a été nettement moins avec la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, qu’il a sèchement envoyée au bain, par exemple à propos de la valeur actuelle de ses propriétés immobilières. Nous le rappelons sur le plateau, avec quelques détails. Car en ce quinquennat naissant, nous souhations être aussi attentifs au « hors champ ». Par exemple, au fiasco très discret de la fusion américaine du géant parapétrolier français Technip. Cette fusion fut jadis défendue par un ministre nommé… Emmanuel Macron. Elle était conseillée part une banque nommée Rothschild. Conflit d’intérêt ? Pour creuser, il ne faut pas compter sur vos medias préférés. Notre enquête est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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[Cerises] La nouvelle droite sous le masque du centrisme

Entre deux élections, avec un « nouveau » gouvernement… Cerises, cette semaine, invite à une nouvelle vague d’insoumission face à la légitimité creuse de Macron !

Bonne lecture :

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Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Les licenciements d’enseignants stagiaires ont doublé en trois ans

Erwin Canard  |  Publié le 10.05.2017 à 17H41

C’est dans les disciplines qui recrutent le plus d’enseignants que les licenciements sont les plus nombreux.

Un document du ministère de l’Éducation nationale, révélé par EducPros, fait état d’un doublement des licenciements de stagiaires entre 2013 et 2016 et d’une hausse des démissions. Des chiffres qui interrogent une nouvelle fois sur la sélectivité du concours et la formation des enseignants.

Enseignant stagiaire ne semble décidément pas être une sinécure. Après la mobilisation, il y a quelques semaines, à l’Espé (École supérieure du professorat et de l’éducation) de Grenoble, où les stagiaires dénonçaient notamment une surcharge de travail, un nouvel indice confirme la difficulté d’entrer dans la profession.

Le 4 mai 2017, lors d’un comité technique ministériel de l’Éducation nationale, la direction générale des ressources humaines du ministère a présenté le « bilan de la campagne de titularisation des personnels enseignants des second et premier degrés », qu’EducPros s’est procuré. Résultat frappant : le nombre de licenciements d’enseignants-stagiaires, c’est-à-dire avant leur titularisation, a doublé entre les années scolaires 2012-2015 et 2015-2016.

Pour le premier degré, la part de licenciements est passée de 1 % en 2012-2013 à 1,8 % en 2015-2016. Pour le second degré, la part de licenciés après la première année de stage est passée de 0,5 % à 1 %. Ainsi, en 2012-2013, sur 9.000 stagiaires, 44 étaient licenciés après la première année, 79 après la seconde et 342 voyaient leur année de stage renouvelée contre, respectivement, en 2015-2016 et sur 15.000 stagiaires, 144, 189 et 758. Les principaux motifs de licenciement sont connus : difficultés autour de la didactique, de la gestion de classe, de la pédagogie, de la posture d’enseignant ou des connaissances de la discipline.

La sélectivité du concours en question

C’est dans les disciplines recrutant le plus d’enseignants – mathématiques, lettres modernes et anglais – et pour lesquelles le ministère ne pourvoit pas tous les postes, que les licenciements sont les plus nombreux. « Plus on est en difficultés de vivier, plus on recrute des gens qui ne répondent pas aux attentes », pointe Stéphane Crochet.

« Si l’on ‘donne’ le concours à plus de monde, on est moins sélectifs. Nous sommes alors moins certains que les jeunes soient ‘faits’ pour le métier », ajoute Jean-Rémi Girard, vice-président du Snalc, autre syndicat enseignant.

Un constat qui interroge aussi sur la nature du concours. Stéphane Crochet s’interroge : « Le concours permet-il de bien saisir si le candidat est apte ? Nous entendons beaucoup de stagiaires expliquer qu’ils ont un ‘choc’ lors de leur stage. Le concours devrait mieux refléter la réalité. »

une (trop) lourde année de stage ?

Cette augmentation des licenciements pose également question sur la formation même des enseignants. D’autant plus que les démissions de stagiaires sont, elles aussi, à la hausse. Elles sont passées de 1,9 % à 2,8 % des stagiaires du premier degré entre 2014-2015 et 2015-2016 et, sur la même période, de 1,4 % à 1,7 % pour le second degré. « Les augmentations des licenciements et des démissions correspondent à des échecs. Cela signifie soit que la formation n’est pas parvenue à mener les stagiaires au niveau requis par l’employeur, soit que le métier n’est pas fait pour eux« , estime Jacques Ginestié.

Parmi les raisons invoquées, la question de la difficulté de l’année de stage, qui a secoué l’Espé de Grenoble, figure en bonne place. « L’année de stage est très lourde. Les stagiaires en difficulté se retrouvent dépassés et n’ont pas le temps de se reprendre« , souligne Alain Billate. « Le mi-temps entre responsabilité en classes et préparation du master fait que les gens sont tellement sous tension qu’ils échouent », justifie Stéphane Crochet. Mais, au-delà des suppositions, « nous n’avons pas beaucoup d’éléments pour comprendre cette hausse », admet Jacques Ginestié.

Une étude « qualitative » demandée

Pour valider ces hypothèses, syndicats et Espé demandent une étude qualitative plus poussée. « Il faut aller à la rencontre de ces ex-stagiaires pour savoir ce qui ne leur a pas convenu et apporter des modifications au concours, au processus de mutation ou à la formation, ou aux trois », indique Stéphane Crochet. « Nous devons regarder s’il y a un profil type de licenciés ou de démissionnaires », juge le directeur du réseau des Espé. Le comité de suivi des Espé, piloté par le recteur de l’académie de Versailles, Daniel Filâtre, pourrait travailler sur ce sujet prochainement.

Après Grenoble, au tour des stagiaires de l’Espé de Paris
Des stagiaires de l’Espé de Paris se sont réunis en assemblée générale, fin avril 2017, afin de porter des revendication similaires à ceux de Grenoble : année de stage trop chargée, cours déconnectés des besoins, etc. En revanche, il n’y a pas de grève annoncée. En effet, « la période n’est pas propice à la mobilisation car il n’y a plus de cours en Espé et les stagiaires sont en période de titularisation. Ce serait suicidaire ! » déclare Alain Billate, du Snes. Les stagiaires souhaitent ainsi « marquer le coup pour l’avenir et aider les futurs stagiaires », rajoute le syndicaliste.

Erwin Canard  |  Publié le 10.05.2017 à 17H41

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L’Ecole combat-elle l’homophobie ?

La Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie est célébrée tous les 17 mai. Sauf à l’Ecole en France ? L’association SOS Homophobie a publié son rapport annuel : elle a reçu 1575 témoignages, soit 19,5% de plus qu’en 2016 ! Parmi les constats : une nette augmentation de la haine envers les personnes trans, une parole qui sur internet exprime, anonymement, ouvertement, de plus en plus fréquemment, insultes et rejet, une homophobie qui reste importante au quotidien, en famille ou au travail. A l’Ecole en particulier, l’homophobie est hélas présente et, en témoignent beaucoup, très destructrice : chacun.e, enseignant.e, personnel de direction, ministre, en prendra-t-il la mesure pour enfin agir ?

Etat des lieux

Dans l’Education nationale et à l’université, les victimes élèves et étudiant-e-s sont majoritaires parmi les cas rapportés, mais les enseignant-e-s représentent 15 % des victimes des cas relatés, victimes des chefs d’établissement, des parents d’élèves ou des élèves eux-elles-mêmes. Les manifestations LGBTphobes sont aussi dirigées contre les enfants de parents homosexuel-le-s, « ostracisé-e-s mais aussi généralement harcelé-e-s en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, réelle ou supposée, de leurs parents. »

Cette homophobie scolaire est d’autant plus violente et douloureuse que les victimes sont des jeunes en train en pleine construction de leur identité, y compris de genre et d’orientation sexuelle : «  Il n’est pas rare que les victimes soient alors réduites à leur seule orientation sexuelle ou leur identité de genre et stigmatisées pour ces raisons. Leur expérience scolaire peut alors se résumer à des insultes et un harcèlement LGBTphobes. »

L’association souligne combien le système éducatif peine à se confronter à la question. Le personnel enseignant et la direction des établissements peuvent « faire preuve de lâcheté en affirmant ne pouvoir rien faire, et en conseillant de saisir la justice. » Il arrive parfois qu’avec bonne volonté, mais faute de formation, ils commettent de fâcheuses bévues, ou même dans certains cas qu’ils participent à l’humiliation et à l’exclusion : « Chloé, 16 ans, nous raconte avoir été convoquée pour avoir embrassé sa copine : Le proviseur a menacé de m’exclure si je continuais à “répandre des idées contre-nature”.»

Trois témoignages parmi d’autres

« Lou, dont les parents ont divorcé et qui vit chez son père, est une collégienne qui assume complètement son orientation sexuelle. Elle décide de ne pas cacher sa petite amie à ses camarades. Mais ceux-ci s’en prennent alors à elle tout au long de l’année. Elle « cherche à [s]e faire disparaître », devient anorexique et commence à se scarifier. Pour s’en sortir, elle décide de partir vivre chez sa mère où elle retrouve du soutien, puis de changer de style vestimentaire pour devenir une autre personne. »

« Noémie a 4 ans et rencontre des difficultés à l’école, selon son institutrice. Elle est même punie tous les jours. Ses mères s’inquiètent, sollicitant des explications de la part de la petite fille et du corps enseignant. Noémie leur explique que des camarades lui ont dit que « c’est interdit d’avoir deux mamans ». Réussissant à s’entretenir avec l’institutrice, cette dernière se dérobe. Elle ne veut pas « prendre parti ». La directrice de l’équipe pédagogique la soutient et déclare : « Vous avez fait le choix d’avoir des enfants, vous devez donc vous débrouiller. » L’institutrice  conclut l’entretien : « En tout cas Noémie semble équilibrée malgré le fait d’avoir deux mamans. »

«  Bruno, 17 ans, est en terminale et est victime de harcèlement et d’insultes homophobes de la part d’un groupe d’élèves. Les menaces dépassent le cadre du lycée et se retrouvent sur les réseaux sociaux. Lors d’une conversation de groupe, on lui explique qu’il faudrait le « mettre au bûcher ». Lorsqu’il alerte le CPE et le proviseur adjoint, ces derniers affirment qu’ils ne peuvent rien faire et que la seule solution est judiciaire. »

Que fait l’Ecole ?

L’Ecole se donne-t-elle vraiment les moyens d’agir ?

On se souvient des ABCD de l’égalité, lancés à la rentrée 2013 par la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem et abandonnés l’été 2014 par le ministre de l’Education nationale Benoit Hamon. Désertion d’un champ de bataille qui continue à faire des victimes, cette décision rangeait la lutte contre le sexisme et l’homophobie « dans le placard » politique. Le nouveau gouvernement reprendra-t-il un indispensable combat ?

Certes, çà et là, des actions ont lieu et des personnels se mobilisent. SOS Homophobie nous le rappelle : « Afin de lutter contre les stéréotypes, la formation des encadrant-e-s et l’instauration d’espaces de discussion pour les élèves sont nécessaires. » L’association d’ailleurs y participe en organisant des interventions en milieu scolaire,  en en  proposant dans tous les lieux d’enseignement  et, lorsqu’elles en font la demande, dans les établissements scolaires des victimes.

On ajoutera que la question appelle à mettre réellement en œuvre, à tous les niveaux, une réelle Education aux Médias et à l’Information : pour contrer l’homophobie qui, comme le montre le rapport, déferle sur certains sites et réseaux sociaux, pour décrypter et dépasser les stéréotypes de genre qui font des ravages dans trop d’images et propos diffusés, pour aider chacun à se comporter, aussi en ligne, en tant que citoyen éclairé.

Le rapport SOS Homophobie 2017

Sur le site ministériel

Les ABCD de l’égalité

La fin des ABCD

Défaire les préjugés chez les petits

L’Ecole veut éduquer contre l’homophobie

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Jean-Michel Blanquer, un spécialiste marqué à droite à l’éducation nationale

En 2012, à Paris.

Le directeur de l’Essec, âgé de 52 ans, a été deux fois recteur et numéro deux rue de Grenelle. Sa vision des réformes promises est « Macron compatible ».

LE MONDE | 17.05.2017 à 15h51 • Mis à jour le 17.05.2017 à 22h02 | Par Mattea Battaglia et Aurélie Collas

L’« ère Blanquer » au ministère de l’éducation a démarré sous trois auspices. Trois mots-clés que le nouveau locataire de la rue de Grenelle à égrener, le 17 mai, tout au long de son discours d’investiture : « République », « excellence », « bonheur ». Un attelage hétéroclite que d’autres notions sont venues compléter : « respect », « confiance », « innovation », « responsabilité »… Face aux défis que pose l’école, « la démarche moderne que nous devons avoir au XXIe siècle » se doit, pour le nouveau ministre, d’être fondée sur la « science », l’« expérience », l’« évaluation ».

Le ton du discours, ce mercredi, était indubitablement plus froid, plus distancié que celui par lequel sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, avait un peu plus tôt clos ses 993 jours au ministère. Mais pas moins assuré : Jean-Michel Blanquer, 52 ans, est à l’hôtel de Rochechouart en terrain connu. Il y a été le « numéro 2 » sous la droite, entre 2009 et 2012, au poste de directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco). Un « ministre bis » aux côtés de Luc Chatel, que l’on disait alors peu au fait des réalités scolaires. Il y a conservé des soutiens, des fidèles ; bref, des repères.

Pour la communauté éducative, c’est aussi un personnage connu, et pas seulement parce qu’il dirige depuis quatre ans l’Essec, l’une des plus grandes écoles de management françaises : Jean-Michel Blanquer reste, aux yeux des enseignants, celui qui a fait appliquer la politique éducative sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012), une période marquée par les coupes budgétaires et un discours très dur à l’encontre des fonctionnaires. Et l’inspirateur d’évaluations en maternelle qui avaient, à l’automne 2011, provoqué un tollé.

Tout au long de sa carrière, ce diplômé de philosophie, agrégé de droit – le plus jeune de sa génération -, a occupé de hautes fonctions d’administrateur au sein de l’éducation nationale. S’il fallait le ranger dans une catégorie, ce serait moins celle du politique – il n’a jamais assumé aucun mandat électif – que de l’expert, du technicien.

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Ce fils d’une enseignante anglaise et d’un avocat parisien accède, sous la droite, à des postes de premier plan : il est nommé recteur de Guyane à 40 ans, en 2004. « Tu seras le seul recteur à avoir une pirogue de fonction », lui aurait-on glissé pour lui « vendre » ce premier poste. L’année suivante, il est pressenti comme ministre de l’éducation dans le gouvernement de Dominique de Villepin, mais il sera finalement directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien.

Il prend, en 2007, la direction de l’académie de Créteil, l’une des plus vastes et des plus difficiles de France métropolitaine. Il s’y forge la réputation d’un recteur bouillonnant – l’« hyperrecteur » , donnant son feu vert à tous types d’expérimentations. Celles-ci germent sur ses terres, autant (ou presque) que les polémiques. Ce sont les débuts des internats d’excellence pour élèves méritants issus des milieux défavorisés. Les débuts, aussi, de la « mallette des parents » ou du « cartable numérique » pour les collégiens, le développement des microlycées… Sans oublier la « cagnotte » pour les décrocheurs censée inciter les lycéens à plus d’assiduité. Payer les jeunes pour qu’ils ne sèchent pas les cours ? Le projet met en émoi la communauté éducative.

Un homme pragmatique

En homme pragmatique, le recteur Blanquer fait évaluer ces expériences par l’Ecole d’économie de Paris. Une méthode qu’il défend : le pilotage par la science et les résultats. C’est aussi celle qu’il continue à employer en tant que directeur général de l’enseignement scolaire, fonction qu’il quitte en 2012, remercié par la gauche.

Avant l’Essec, où il s’installe en 2013, son regard se porte vers l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) qui pleure son directeur Richard Descoing. Sa candidature, parmi une vingtaine d’autres, ne sera finalement pas retenue, mais Jean-Michel Blanquer a su l’imposer dans la « short-list » finale, avant que l’énarque Frédéric Mion ne soit nommé.

De lui, peu de choses filtrent : on connaît sa passion pour l’Amérique latine, son amitié avec François Baroin, son soutien à l’ex-institutrice innovante Céline Alvarez, guère plus. Ses références au philosophe Edgar Morin – qui a donné son nom à la « chaire de la complexité » inaugurée à l’Essec – comme au neuroscientifique Stanislas Dehaene. Et son goût, certain, pour l’écriture.

En 2014, vingt ans après un premier essai sur l’ENA, il publie L’Ecole de la vie puis, en 2016, L’Ecole de demain (tous deux chez Odile Jacob), accueillis comme un programme ministériel assumé. Son projet pour l’éducation prend également corps dans les médias. Sur France Info, à l’émission « Moi président » fin 2016, il explique que sa mesure phare porterait sur l’école maternelle. Dans un entretien à L’Expansion en décembre 2016, il s’exprime comme s’il s’apprêtait déjà à revenir au ministère de l’éducation.

« Une troisième voie »

Dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle, Jean-Michel Blanquer a, sans le nommer, pris position contre le Front national. Sur Twitter le 3 mai, il mettait en garde ses étudiants de l’Essec « si la France devait prendre dimanche prochain un chemin contraire à cet idéal ». Le lendemain, dans Le Point, il consacrait sa chronique à interroger « une troisième voie en éducation ».

Son programme tel qu’il transparaît dans son dernier ouvrage – élaboré avec l’aide de l’Institut Montaigne, un think tank libéral – est indubitablement « Macron compatible ». Au point qu’on peut se demander si M. Blanquer n’en a pas été l’un des principaux inspirateurs. On y retrouve la priorité aux premières années de la scolarité et la proposition de diviser par deux la taille des classes dans les zones d’éducation prioritaire.

On y retrouve aussi les stages de remise à niveau, l’été, pour les élèves en difficulté, les études dirigées le soir pour les collégiens, une réforme du baccalauréat, un principe d’autonomie très fort… Autant de promesses de campagne du candidat Macron.

A le lire, l’éducation nationale n’est pas un « mammouth » irréformable ; il préfère à cette image un peu galvaudée celle du « diplodocus », « avec un grand corps et une petite tête » précisait-il à la presse à la rentrée 2014. On verra dans les prochains mois s’il parvient à mettre en musique les promesses de campagne d’Emmanuel Macron face auxquelles les syndicats d’enseignants semblent déjà prêts à serrer les rangs.

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Etats-Unis : comment Google a envahi les salles de classe

« Les écoles pourraient bien donner à Google plus qu’elles ne reçoivent : des générations de consommateurs ». Dans un long article du New York Times, Natasha Singer analyse l’emprise de Google sur l’école américaine en quelques années seulement. Selon elle la moitié des écoles primaires et secondaires des Etats Unis utilisent les applications Google et des Chromeboooks, les petits ordinateurs sous système Google, en classe. Et cette domination impacte la pédagogie. La « googlification » de l’école se fait au détriment de la formation d’un citoyen critique et au bénéfice d’un futur consommateur. « Inutile de comprendre la réponse est dans Google », semble dire l’article. N Singer interroge aussi l’usage qui est fait des données des utilisateurs de ses applications par Google. Le groupe vit de la vente de publicité en ligne et les données des élèves permettent de définir précisément les profils de millions de clients.

 

Article du NYT

Voir aussi cette analyse de l’Ed Tech Market

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Le Snuep FSU contre l’apprentissage

 » Les projets d’Emmanuel Macron constituent une attaque frontale contre l’enseignement professionnel public, en voulant le placer sous la tutelle du patronat. Son objectif de faire de l’apprentissage « le cœur de l’enseignement professionnel » entraînera une dégradation majeure des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur-es de lycée professionnel », écrit le bureau du Snuep Fsu, le syndicat Fsu de l’enseignement professionnel.  » Le projet d’Emmanuel Macron n’a rien d’une idée « nouvelle » : vieille antienne libérale, il constitue une régression sociale majeure, renvoyant les jeunes les moins favorisé-es sous la coupe du patronat et les privant de leur véritable droit à l’éducation ».

Communiqué

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Enseignement technologique et résilience scolaire

« La voie technologique permet aux plus fragiles des élèves de réussir malgré un plus faible niveau académique en troisième ». C’est ce que conclut une nouvelle Note de la Depp (division des études du ministère de l’Education nationale). En comparant le niveau des élèves au brevet et au bac, elle distingue les filières qui rattrapent les élèves et leur permettent de réussir scolairement. Un rôle réparateur que toutes les filières technologiques n’ont plus.

« Globalement, 55 % des élèves obtiennent au bac un résultat moins bon qu’au brevet (en obtenant une mention inférieure ou en étant refusé). Dans la filière générale, c’est la situation la plus courante : elle concerne 68 % des candidats au bac S, 59 % au bac ES et 53 % au bac L. Dans la voie technologique, seuls les candidats aux bacs Hôtellerie et STD2A obtiennent en majorité un moins bon résultat au bac qu’au brevet. Obtenir au bac un résultat meilleur qu’au brevet concerne un élève sur dix en moyenne. Certaines séries offrent toutefois la possibilité à plus d’élèves de voir leur niveau de résultats augmenter : entre 22 % et 25 % des candidats aux bacs STI2D, STMG et STL décrochent une meilleure mention qu’au brevet », établit la Depp.


« Les élèves candidats au bac général ou technologique et avec les plus faibles notes au brevet (1er quartile) réussissent, eux, nettement moins bien. En moyenne, leur taux de réussite est dix points en dessous du taux de réussite des élèves du quartile supérieur. Dans la voie générale, 65 % obtiennent leur diplôme. La série scientifique est la plus difficile pour ces candidats qui ne réussissent que dans un cas sur deux, suivie de la série ES (où ces élèves obtiennent leur bac dans deux cas sur trois). À l’opposé, au bac technologique, ces élèves qui avaient au brevet en troisième des résultats faibles sont tout de même 80 % à obtenir leur bac (un peu moins en Hôtellerie) ».

La Note

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Approbation du cahier des charges écoles et collèges numériques

Les cahiers des charges modifiés des appels à projets « collèges numériques et innovation pédagogique » et « écoles numériques innovantes et ruralité » sont approuvés par un arrêté publié au JO.

 

Au JO

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Réforme des rythmes scolaires : les instits en parlent

Que pensent les professeurs des écoles de l’annonce d’Emmanuel Macron d’une remise en cause de la réforme des rythmes scolaires ? Sur les sites professionnels les avis sont toujours nettement partagés même si al perspective de devoir tout refaire à nouveau parait épuisante.

C’est un des points importants et appliqué le plus tôt du programme éducatif du nouveau président.  Dès l’été 2017, un décret devrait donner aux communes la possibilité d’appliquer ou non la réforme des rythmes scolaires. Elles pourront décider de revenir à la semaine de 4 jours ou non. Elles pourront aussi maintenir ou supprimer les activités périscolaires. E Macron tire ainsi un trait sur une des réformes les plus importantes et les plus contestées du quinquennat. Les aides aux communes pour financer le périscolaire seront maintenues jusqu’en 2019. Après elles seront réservées aux communes pauvres pour les aider à payer le périscolaire.

Pour…

Qu’en disent les enseignants du premier degré ? Sur le site Charivari, un des sites les plus populaires chez les professeurs des écoles, Delphine, la créatrice du site, se déclare pour la semaine de 5 jours.

 » Ça se passait très bien, à 4 jours ? Mais ça se passait très bien pour QUI ?… 4 séances de calcul mental au lieu de 5 ?  4 rituels de grammaire au lieu de 5 ?  4 séances de langage oral au lieu de 5 ?  Ça se passait très bien ? Mais pour qui donc ? Bien sûr que ça se passait très bien pour tous ceux qui décident aujourd’hui d’autoriser le retour à la semaine de 4 jours. Ça se passait très bien pour les enfants d’instits, pour les enfants de ministres, et, plus généralement, pour les enfants des familles favorisées ou ceux des parents élus au conseil d’école… Ça se passait très bien pour tous les enfants dont les parents savent/peuvent expliquer à leur enfant, le soir, comment on accorde un participe ou comment on additionne deux fractions », écrit-elle.  » La semaine de 5 jours est une très bonne chose… La cinquième matinée est bénéfique pour les apprentissages des enfants. Le matin, les enfants sont plus réceptifs », écrit Lutine. « Un avis que nuance Zousmoun qui plaide pour le samedi matin travaillé à la place du mercredi :  » Dans notre école, nous constatons les dégâts du mercredi travaillé: aucune concentration le jeudi et le vendredi, des enfants continuellement fatigués. Tout cela a été amorcé avec la semaine de 4 jours. Nous sommes vraiment pour le retour de la semaine des 5 jours avec le mercredi de repos et le samedi travaillé. »

Ou contre…

Mais on compte aussi des avis opposés.  » Chez nous, en maternelle, la semaine des cinq jours a été une véritable catastrophe. Pourtant, au début, je n’étais pas contre du tout. Mais tout le monde reconnait chez nous que c’est un échec : à sa troisième année, le constat est désastreux : très peu d’enfants profitent de la sortie anticipée, la grande majorité sort comme avant, si ce n’est la en plus la garderie. Bilan : les enfants passent par trois systèmes de garde en une journée ».

DHB surenchérit ne mettant en cause la semaine choisie à Lyon, une dont le maire soutient E Macron mais a été rétif à la mise en place de la réforme.  » Ici c’est une catastrophe ces 5 matinées travaillées.. Les séances du jeudi et du vendredi sont pratiquement à refaire la semaine d’après tellement la concentration n’y est pas. La plupart des enfants restent à l’école de 8H30 à 18h y compris le vendredi. A Lyon les journées du lundi mardi jeudi sont de 8H30 à 16H30 et le mercredi et vendredi de 8H30 à 11H30. Les enfants ont donc concrètement 4 journées longues à l’école et en plus le mercredi matin.. il faudrait qu’ils soufflent ».

Un enseignant tire la conclusion de ces va et vient.  » Après s’être battu pour construire un projet cohérent, qui fonctionne., y compris pour les maternelles .. 3 ans après, il va falloir se battre pour le conserver épuisant… »

Le site Charivari

Le programme d’E Macron

Le site Charivari

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Comment la réforme des ORS a permis d’économiser un millier de postes

Comment créer des postes quand les concours de recrutement ne donnent pas le maximum ? Une nouvelle Note de la Depp (division des études du ministère) montre que la réforme du statut des enseignants du second degré a permis d’économiser un millier de postes d’enseignants dans le public. La Note montre aussi les inégalités de répartition des heures supplémentaires des enseignants.

2015 :la réforme des obligations de service supprime des décharges de service et met en place un système de pondération horaire pour certaines catégories d’enseignants du secondaire. A la rentrée 2015 la pondération des heures d’enseignement est mise en place pour les classes de 1ère et terminales des lycées généraux et technologiques à la place de la décharge horaire de l’heure « de première chaire ». Plus d’enseignants bénéficient de la pondération (90 000 contre 67 000 qui avaient l’heure de première chaire) et touchent une indemnité. Mais les décharges sont supprimées et davantage d’enseignants doivent effectuer 18 h de service (pour un certifié). La réforme a permis de « transformer une partie des  heures de décharge en heures pour l’enseignement sans avoir recours aux heures supplémentaires » quitte à payer une pondération.

Le résultat vient d’être chiffré par la Depp. De 2014 à 2015, dans le public, 123 500 heures ont rendues disponibles par la suppression de décharges  alors que la pondération supprime 108 100 heures d’enseignement. Le solde est de 15 900 heures économisées soit l’équivalent de 883 temps complets d’enseignement de certifiés. Cette création artificielle de près d’un millier de postes est une bouffée d’oxygène alors que l’effectif éléve continue à augmenter plus rapidement que celui des enseignants malgré les créations de postes décidées après 2012. Dans le privé l’évolution est différente car il y a moins de décharges et la nouvelle réglementation entraine la suppression de 322 postes.

 

La Note montre aussi les inégalités de la répartition des heures supplémentaires  selon les corps.  » Le nombre moyen d’HSA par enseignant diminue dans l’ensemble des niveaux de formation du secteur public, excepté pour les CPGE et les sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) où il reste identique », écrit la Depp. En CPGE les enseignants font en moyenne 3.9 heures supplémentaires hebdomadaires.

Note Depp

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Gazette d’@rrêt sur images, n°491. Macron, la légende et le hors-champ

Gazette d’@rrêt sur images, n°491

Evidemment, il y a la légende pieuse, que les télés ont commencé à nous raconter, à coups de documentaires embedded, et de reportages enamourés. Celle d’un jeune président, cool et sympa, un Kennedy du XXIe siècle, qui va renverser la table, et faire enfin entrer la France dans la modernité politique. Pourquoi pas ? Les légendes ont leur charme. Nous ne voudrions pas le rompre. C’est pourquoi cette semaine, nous avons demandé à quelques confrères étrangers de venir s’arrêter avec nous sur les premières images du nouveau quinquennat. Notre émission est ici (1).

Mais tout de même, restons attentifs au hors-champ. A tout ce que l’imagerie pieuse cache soigneusement. Nous nous sommes donc efforcés toute cette semaine d’attirer aussi l’attention sur ce que cachait le documentaire de TF1Coulisses d’une victoire (2), ou les portraits consacrés au nouveau président (3), ou encore les reportages complaisants sur la sélection des nouveaux députés (4). Plus que jamais, avec ce président qui va jouer la séduction, il faudra être attentif au hors-champ.

Daniel Schneidermann

(5)

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[Cerises] Les enjeux de juin

Insoumis de tous poils, unissez-vous ! C’est le message (décliné en plusieurs rubriques) de ce numéro 324 de Cerises.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Revalorisation des personnels de direction

Un décret publié au JO du 11 mai étend aux personnels de direction le bénéfice des accord PPCR. Cette réforme statutaire vise à maintenir l’attractivité de ce corps de seconde carrière au regard de la revalorisation dont bénéficient les corps d’origine des lauréats du concours d’accès. A compter du 1er septembre 2017, le corps de personnel de direction est restructuré en deux grades : le grade de personnel de direction de deuxième classe et le grade de personnel de direction de première classe sont fusionnés en un seul grade. Par ailleurs, il est créé un échelon spécial dans le grade de personnel de direction hors classe doté de la hors échelle B. Concernant la promotion de grade, les conditions d’accès à la hors classe ont été modifiées et prévoient cumulativement la détention du 9e échelon de la classe normale et d’une ancienneté dans le corps de huit ans. L’accès à l’échelon spécial, qui est contingenté, est rendu possible au regard de quatre critères alternatifs liés au nombre de postes occupés ou aux sujétions particulières assurées tout au long de la carrière. Un autre décret publie les nouvelles grilles indiciaires.

 

Décret

Grilles indiciaires

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Les accès à la classe exceptionnelle et à la hors classe

Le JO du 11 mai établit la liste des lieux d’exercice donnant droit à l’accès à la hors classe. A coté de l’éducation prioritaire, on trouve  l’affectation dansle supérieur, directeur d’école, directeur de CCIO, directeur adjoint de Segpa, directeur Unss, conseiller pédagogique, formateur académique et maitre formateur, référent handicap, directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques. Un autre texte fixe les taux d’accès à la classe exceptionnelle. Enfin un dernier texte augmente le taux d’accès à la hors classedes professeurs des écoles de 5 à 5.5% en 2017.

 

Accès hors classe des PE

Accès classe exceptionnelle

Lieux d’exercice pour accès à la classe exceptionnelle

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Les enseignants de l’enseignement adapté et spécialisé et les référents TICE revalorisés

Avant de partir, N Vallaud Belkacem conclue le PPCR en décidant pour les cas particuliers du système éducatif. Le Journal officiel du 11 mai publie une série de décrets et arrêtés qui revoient le système d’indemnisation des enseignants  de l’enseignement adapté et spécialisé et les référents TICE.

Un décret accorde le bénéfice de l’indemnité de suivi et accompagnement des élèves aux seuls enseignants du 1er degré exerçant en Segpa, EREA et ULIS. Un second décret restreint le bénéfice de l’indemnité spéciale aux enseignants du 1er degré affectés au Cned, écoles régionales et classes relais. Une indemnité est crée pour les enseignants exerçant en Segpa, Erea, Ulis, établissements médico sociaux. Son montant est fixé à 1765 €. Une indemnité est verés aux enseignants du 2d degré titulaires du Cappei ou 2CA SH exerçant en segpa, EEA, Ulis, pénitentiaires, classes relais, médicaux sociaux. Son montant est fixé à 844.19€ annuels. Enfin les référents Tice et handicap du 1er degré bénéficient d’une indemnité de mission  dont le montant annuel va de 1250 à 2500 €.

Décret enseignement spécialisé et adapté

IMP pour enseignants 1er degré (TICE par ex.)      

Indemnité de fonction pour enseignants 2d degré

ISAE pour enseignants du 1er degré

Indemnité spéciale enseignement adapté spécialisé

Montant indemnité IMP 1er degré

Montant indemnité fonctions particulièères 2de degré

Montant indemnité enseignants spécialisés et adaptés

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