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FO Médiapart Affaire du fichage : Pascal Pavageau, le crash d’une comète à la tête de FO,17 OCTOBRE 2018 PAR MATHILDE GOANEC

Il ne s’en cachait pas : Pascal Pavageau aimait la bagarre, la radicalité, prendre des coups et en donner, dans l’arène syndicale, politique et médiatique. Un « irréductible gaulois », crânait récemment le chef de file de Force ouvrière (FO), en réponse à Emmanuel Macron, qui moquait l’immobilisme français. Mais cette fois-ci, le secrétaire général de FO a été mis K.-O., sans même combattre.

Mercredi 10 octobre, Le Canard enchaîné sort une petite bombe : lors de la campagne pour la succession de Jean-Claude Mailly, des proches de Pascal Pavageau (alors simple candidat) réalisent un fichier interne, recensant 126 cadres du syndicat, responsables d’unions départementales ou de fédérations, selon leur orientation politique, sexuelle, psychologique… Un fichage assorti de commentaires tels que « niais »« bête »,« ordure », « complètement dingue », « non fiable » ou « collabo »… Un fichage parfaitement illégal, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a d’ailleurs été saisie.

Dès lors, la maison Pavageau s’écroule. En public, le secrétaire général estime qu’il s’agit d’une « connerie », jure que les coupables seront sanctionnés et qu’il n’est pas « déstabilisé ». Il a effectivement licencié illico les deux personnes qui ont réalisé ce fichier, devenues lors de sa prise de fonctions en avril 2018 ses proches collaboratrices.

Mais dès lundi 15, il fait, selon Le Canard enchaîné, le ménage de son bureau, se sépare de deux autres membres de son cabinet et déclare « vouloir prendre du recul » à ses proches. Quarante-huit heures plus tard, il démissionne. « L’homme est démoli », raconte Fabrice Le Restif, secrétaire départemental FO pour l’Ille-et-Vilaine, à qui Pascal Pavageau a tenu à annoncer personnellement la nouvelle, mercredi matin.

Dans un courriel qu’il a envoyé aux adhérents de FO, tôt mercredi, pour annoncer sa décision, et que Mediapart a pu consulter, l’ancien secrétaire général reconnaît à nouveau des documents « stupides et déplacés mais confidentiels » et annonce que la confédération a porté plainte contre leur diffusion. Il présente cependant ses « excuses »pour ces événements qui ont « terni l’image de l’organisation » avant de conclure, amer, qu’il ne peut plus continuer dans ces conditions : « C’est trop dur. Je sais que pour certains cela relèvera de la désertion, voire de la trahison, tant de la classe ouvrière que de ceux avec lesquels j’ai tissé des liens indéfectibles. »

Mais le gros de ce courriel est clairement accusateur et parle même de « cabale », menée contre lui-même, sa famille, ses proches, depuis des mois: « Comment se fait-il que certains responsables de l’Organisation (sic) aient ces documents depuis plusieurs semaines et qu’ils ne m’en aient pas informé et qu’ils aient choisi la presse comme moyen de diffusion ? Comment se fait-il que depuis la sortie de ces documents, certains secrétaires confédéraux se désolidarisent et se saisissent de prétextes pour rebattre les cartes ? » 

Ses soutiens ne disent pas autre chose. « Nous sommes sans complaisance sur ce qui s’est passé avec le fichier mais la conséquence de tout ça, c’est qu’on nous vole le congrès de Lille, son orientation revendicative et l’homme qui l’incarnait », insiste Fabrice Le Restif, qui vise tour à tour l’ancien secrétaire général Jean-Claude Mailly, le « pouvoir », ainsi que des membres du conseil confédéral (l’exécutif de Force ouvrière), trop prompts à lâcher leur chef.

Car alors que Pascal Pavageau demandait en catastrophe l’annulation de la réunion hebdomadaire du bureau confédéral (l’instance nationale permanente du syndicat), lundi 15, ses membres sont passés outre et ont maintenu la réunion. Dans un texte cinglant dévoilé par Les Échos, deux hauts responsables, de tendances longtemps opposées, ont de fait dévoilé leur alliance inédite pour contrer Pascal Pavageau. Il s’agit de Frédéric Homez (numéro un de la fédération de la métallurgie), chef de file du courant « réformiste », plutôt enclin à signer des accords avec le gouvernement, et de Hubert Raguin (numéro un de la fédération de l’enseignement), dirigeant du courant trotskiste-lambertiste, puissant à FO et rassemblé au sein du Parti ouvrier indépendant (POI).

Les « réformistes » n’ont jamais caché leur hostilité vis-à-vis du nouveau secrétaire général, ni digéré de voir son prédécesseur, Jean-Claude Mailly, poussé vers la sortie, notamment en raison de son positionnement plutôt accommodant sur les ordonnances Macron. Ils l’ont d’ailleurs bruyamment fait savoir lors du dernier congrès, à Lille, en quittant la salle lors des débats électoraux. « Cette frange réformiste, historiquement, pèse dans l’arc-en-ciel politique que constitue FO, confie un observateur du monde syndical. Mais en général, l’accord se fait, sur le modèle d’un gentleman agreement. C’est sans doute cet équilibre que Pavageau n’a pas réussi à trouver, et cela lui revient comme un boomerang. »

Des ennemis en externe, et en interne

Ce courant n’aura, sans nul doute, pas plus apprécié le seul soutien affiché de Pascal Pavageau à l’heure de sa déconfiture, celui de Jean-Luc Mélenchon : « La fédération de la métallurgie qui n’est pas la plus révolutionnaire n’aime pas trop que le secrétaire général de Force ouvrière soit en débat avec la CGT et tout ce qui bouge dans le pays », a ainsi affirmé le leader de La France insoumise.

De fait, même si Pascal Pavageau n’a pas jamais répondu favorablement à l’appel de Jean-Luc Mélenchon de se joindre à ses « marées populaires », des compatibilités fortes existent entre le responsable politique et l’organisation, y compris du côté de la « première gauche, républicaine et laïque, qui résonne[nt] très fort », constate Karel Yon, sociologue spécialiste de la question syndicale et de FO, interrogé par Mediapart.

Le revirement d’une partie des trotskistes de FO, politiquement plus en phase avec Pascal Pavageau, est en revanche plus inattendu. Certaines sources y voient l’un des énièmes soubresauts, dans le monde syndical, de la scission du POI en deux branches, en 2015. Dans tous les cas, « cette alliance, que l’on pourrait qualifier de contre-nature, entre les réformistes et les trotskistes, laisse entendre que Pavageau a perdu une bonne partie de ses soutiens, y compris parmi ceux qui voyaient d’un bon œil sa présence à la tête de la confédération », décrypte Karel Yon.

L’annonce d’un large audit financier interne, à l’arrivée de Pascal Pavageau, a également contribué à souder certains ennemis d’hier. L’ancien secrétaire confédéral, que l’on pensait archi rompu aux pratiques de son syndicat, a sans doute sous-estimé le monde à part que constitue Force ouvrière. « Le fonctionnement de FO me fait penser aux régimes de pouvoir dans les régimes parlementaires, sous la IVRépublique, avec des élus prisonniers de marchés très étroits, d’où la grande vulnérabilité de ses dirigeants », confirme Karel Yon.

Quant à l’hostilité entre Pascal Pavageau et Jean-Claude Mailly, elle est désormais légendaire : le premier a critiqué ouvertement le choix de l’ancien secrétaire général de travailler pour un cabinet de conseil patronal, dès son départ de FO. Le second a accusé son successeur, dans un email révélé par Le Monde, de « duplicité » et de mensonge permanent. Une mésentente qui a, dès les premiers jours, constitué un caillou dans la chaussure pour le nouveau dirigeant de FO.

Invité partout, par des médias friands de ses punchlines inspirées du Seigneur des anneaux ou de La Cité de la peur, Pascal Pavageau avait néanmoins réussi son entrée dans le débat public, notamment sur les retraites ou l’assurance-chômage, jouant sur ces deux sujets une partition commune avec la CGT. De quoi éloigner un peu plus la CFDT et son patron, Laurent Berger, qui a incité dès lundi matin son homologue au départ : « Lorsqu’on n’est pas conforme à l’éthique qu’on s’est fixée, il faut partir. » Philippe Martinez, interrogé par Mediapart, n’a pas souhaité réagir, mais en privé, des responsables cégétistes parlent d’une « catastrophe » pour l’image du syndicalisme, déjà écornée par l’affaire Lepaon. Par sa vision politique, et sa méthode, Pascal Pavageau s’est fait beaucoup d’ennemis, en externe comme en interne. Lors d’un entretien que Mediapart a obtenu avec l’ancien secrétaire général, début septembre, Pascal Pavageau assumait de taper « comme un sourd » sur Emmanuel Macron. « C’est une bête de com’, on joue son jeu. » Vu le climat social, « on est obligé d’être vision contre vision », expliquait-il aussi, quitte à mettre pour un temps en pause le « cahier revendicatif » de FO : « On gagnera quoi pour la fonction publique si on n’a plus de statut ? On gagnera quoi sur l’assurance-chômage, quand il n’y aura plus d’assurance-chômage ? »

Pour ce faire, Pascal Pavageau, « gros bosseur et intelligent » aux dires de tous, travaillait en équipe resserrée, rudoyant l’appareil FO, au risque de se bunkeriser. Dans son message envoyé aux militants, Pascal Pavageau se livre d’ailleurs à des explications troublantes, réagissant aux critiques récurrentes sur son « cabinet », dévoilant au passage que sa directrice, payée par l’organisation, n’est autre que sa « compagne dans la vie ».

Manifestement, un tel mélange des genres a fait grincer des dents, provoquant un grand déballage à l’heure du départ : « On m’explique qu’il ne faut pas toucher aux secrétaires confédéraux même lorsque ceux-ci mettent en danger des salariés dont ils ont la responsabilité, mais concernant mon équipe, c’est tolérance zéro, avance Pascal Pavageau. En particulier pour ma “maîtresse”, puisque c’est ainsi qu’elle est qualifiée, toujours dans le style misogyne cher à notre organisation. » Ambiance…

La suite s’annonce tout aussi explosive que ce départ précipité. La commission exécutive confédérale, direction de FO, s’est réunie mercredi 17 octobre à Paris. Elle a convoqué un comité confédéral national pour les 21 et 22 novembre, afin que puisse être élu un nouveau secrétaire général. Un nouveau congrès, dans les statuts de FO, n’est pas nécessaire, ce qui veut dire que l’orientation prise lors du congrès de Lille devrait s’appliquer, ce qui provoquera forcément nombre de contorsions.

Peu de noms sont pour le moment sur la table, hormis celui d’Yves Veyrier. Ancien secrétaire général de la fédération des transports, il a de l’expérience, est passé par le bureau international du travail, sans avoir pour autant le « brillant » d’un Pavageau ou d’un Mailly, confient les connaisseurs du syndicat. En 1998, un article de Libération le situait politiquement comme « le chef de file des trotskistes ».

Quant à Pascal Pavageau, il a signé son dernier courrier comme secrétaire général d’un simple « militant ». En septembre, l’ingénieur de la fonction publique confiait sa fierté d’avoir, à la différence d’un certain nombre d’hommes politiques, « un vrai métier », qu’il retrouverait avec « plaisir ». Avec plaisir sans doute, mais peut-être pas si tôt.

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Lycée : le Snpden pose la question des emplois du temps

« Le nombre de combinaisons de spécialités choisies par les élèves sera de fait extrêmement important et connu tardivement. Même si les variations seront moindres en fin d’année, elles existeront néanmoins dans des volumes qui impacteront nécessairement les dotations des établissements, ceci à une période inhabituelle au regard des nécessités liées à la gestion des ressources humaines. De plus, du fait de la multiplication théorique des choix de combinaisons (7 enseignements de spécialité, c’est 35 combinaisons possibles en première, pour 9 c’est 84 combinaisons possibles), les premières simulations que nous avons pu conduire montrent un accroissement considérable des plages horaires à aligner dans les emplois du temps de première (de 30 à 55%) et de terminale (de 50 à 60%) », écrit Philippe Vincent, secrétaire général du Snpden au ministre. « Il nous apparaît donc indispensable qu’à ce stade soit menée une étude d’impact de manière à permettre de recenser les difficultés techniques de mise en oeuvre afin d’y pallier dès à présent. Ainsi il est souhaitable qu’un groupe d’experts (proviseurs, proviseurs adjoints) puisse, à partir de données réelles d’établissements (divisions, séries, DHG, dotation en professeurs, répartition des services, voeux exprimés par ces derniers, locaux, …), construire des emplois du temps sur la base des nouvelles spécialités et modalités d’organisation en seconde, première et terminale ».

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[ATTAC] « Cette crise qui n’en finit pas : par ici la sortie »

Cet email ne s’affiche pas correctement ? Voir ce communiqué dans votre navigateur..     Livre du mois : « Cette crise qui n’en finit pas : par ici la sortie »     Publication Attac 16 octobre 2018         Chaque mois, découvrez un livre d’Attac ! Aujourd’hui « Cette crise qui n’en finit pas : par ici la sortie », un livre coordonné par Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Esther Jeffers, Frédéric Lemaire, Dominique Plihon. Une réflexion de fond sur la crise systémique du capitalisme contemporain et sur les voies de bifurcation qui permettraient de prendre un autre chemin […] Un ouvrage argumenté, qui démontre l’essoufflement économique et écologique de notre modèle de croissance, sa propension à développer les inégalités et les excès de risques et de crédits que porte sa finance.Alternatives économiques Commandez le livre
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[Collectif Santé] Dépassements d’honoraires ? Osons en parler … et agir

Dans leur majorité les généralistes et spécialistes sont conventionnés avec la Sécurité Sociale en
secteur 1 mais certains, en secteur 2, sont autorisés à appliquer des dépassements d’honoraires pour des
consultations, des opérations ou des examens.

En secteur 1 les médecins pratiquent des honoraires dits « opposables ». C’est ce tarif qui sert de base
de remboursement de l’Assurance Maladie au taux de 70 % dans le parcours de soins depuis la convention
du 29 août 2016. 1

La Loi du 4 mars 2002 relative « aux droits des malades et à la qualité des soins» indique que les
patients ont le droit d’être informés des coûts auxquels ils pourraient être confrontés.

Le « collectif Nantais pour le Droit à la Santé et à la Protection Sociale pour Toutes et Tous » déplore
que certaines complémentaires prennent en charge les dépassements d’honoraires en secteur 2, moyennant
surprime(s), ce qui fait porter ce « surcoût » aux assurés et accentue la discrimination économique à l’accès
aux soins.

NB Alors que le code de la sécurité sociale indique clairement que c’est interdit (article 42 de la loi de
financement de la Sécurité sociale pour 2015) il y un cas où des dépassements d’honoraires sont appliqués et
le tiers payant refusé par certains professionnels de santé, c’est celui de la CMU-C et de l’ACS.

Comment refuser les dépassements d’honoraires ?

Si c’est votre médecin traitant qui vous oriente vers un spécialiste demandez-lui d’être adressé
à un praticien exerçant en secteur 1.

En prenant rendez-vous, avec tout médecin ou laboratoire (pour les examens radiologiques,
biologiques …), demander au secrétariat dans quel secteur il exerce 2 .

Les tarifs doivent être affichés en salle d’attente, c’est une obligation légale : l’arrêté du 11 juin 1996
relatif à « l’information sur les tarifs d’honoraires pratiqués par les médecins libéraux » précise que ceux-ci
« doivent afficher dans leur salle d’attente de manière visible et lisible leur situation vis-à-vis des
organismes d’assurance maladie ».

Si vous consultez en secteur 2, au cas où il n’existe pas à proximité de praticien ou de
laboratoire en secteur 1

Demandez quel est le montant des dépassements d’honoraires. Attention il peut se chiffrer en
centaines d’euros !! Si on ne vous en a pas prévenu(e) vous n’avez pas à le payer.
Pour tout acte supérieur à 70 euros exigez un devis avec le montant du dépassement. (loi n°2016-41
du 26 janvier 2016)
Si on vous propose une date de rendez-vous plus rapide au prix d’un dépassement d’honoraires
demandez que cette proposition soit faite par écrit.
N’acceptez jamais de payer en espèces, faites-le par chèques ou carte bancaire.

Ce n’est pas parce qu’on paye plus cher qu’on est mieux soigné.

Refuser les dépassements d’honoraires
C’est défendre une Assurance Maladie solidaire
Contre les assurances privées et une médecine à deux vitesses !

Signalez donc dépassements d’honoraires et difficultés d’accès aux soins

à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie

aux organisations membres du « Collectif Nantais pour le Droit à la Santé et à la Protection Sociale
pour Toutes et Tous ». Par téléphone à ces numéros :
LDH 44, Ligue des droits de l’homme, 02 51 86 22 39 (répondeur)
CSF 44, Confédération Syndicale des Familles, 02 40 47 56 33

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Le projet de loi Blanquer rejeté par le CSE

« Trois voix pour un projet de loi. C’est peu. Ils se sont rendus compte qu’ils y vont fort ». Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, résume assez bien la réunion du Conseil supérieur de l’Education (CSE) du 15 octobre. Le projet de loi Blanquer a fait consensus. Mais contre lui. A quelques semaines des élections, réunir ainsi les syndicats, il fallait le faire…

« Chez les organisations présentes, il y a eu un sentiment partagé d’un désaccord total sur la méthode employée. Ce projet de loi est arrivé devant le CSE sans avoir été discuté auparavant, le texte étant juste remis une semaine à l’avance ». Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa témoigne de l’unité du CSE contre le texte présenté par le ministre. « Il y a eu un consensus dans les déclarations des organisations sur la méthode utilisée, le fait que le projet de loi soit un véhicule législatif pour faire passer plein de choses différentes », souligne F Rolet.

Vingt organisations comprenant les principaux syndicats (Cfdt, Cgt, Fsu, Unsa) , la Fcpe, des organisations étudiantes (Unef, fage) et lycéenne (Sgl) et la Ligue de l’enseignement, ont ouvert le CSE avec une déclaration commune. « La confiance ne se décrète pas, elle se construit et surtout, elle se partage, entre tous les membres de la communauté éducative », disent-elles. « Où est la confiance quand vous mettez en place une instance d’évaluation qui ne fait pas de place à tous les acteurs de cette communauté éducative, qui semble être davantage dans le contrôle que dans l’évaluation ?… Où est la confiance quand les directeurs et directrices d’ESPE, devenus INSP, ne sont plus élus par leurs pairs ? Où est la confiance quand vous choisissez de passer par voie d’ordonnance pour faire évoluer les instances de concertation que sont les CAEN et CDEN ? Finalement, en filagramme du projet de loi que vous présentez, se dessine un mode de pilotage vertical et univoque ».

A l’issue de 7 heures de discussions, dont 3 passées avec le ministre, le CSE a repoussé le projet de loi par 34 voix contre , 15 refus de vote (Unsa et Sgen Cfdt), 5 abstentions et seulement 3 vois en faveur du texte (Apel et Spelc : deux organisations du privé catholique).

Le ministre a longuement dénoncé les procès d’intention qu’on lui porterait. Mais au final, le ministère a accepté peu de propositions du CSE. Les nouvelles écoles de formation des enseignants vont retrouver dans leur sigle le « e » d’éducation. Dans le nouveau conseil qui devrait prendre la place du Cnesco, il y aura 2 sénateurs et 2 députés à la place d’un seul. Cela ne changera rien dans le pilotage de cette institution d’évaluation de l’école où 8 membres sur 12 seraient nommés par le ministre.

Le CSE a aussi adopté des amendements qui ont peu de chances d’être pris en compte par le ministère. Notamment l’amendement demandant le retrait de l’article 9 et le maintien du Cnesco a obtenu 57 voix. Un record.

Mais dans l’entourage du ministre on affecte d’accorder peu d’importance à ces votes et au CSE. « Le CSE vote contre toutes les mesures depuis 10 ans , alors… ». Pourtant Peillon et Vallaud-Belkacem ont réussi, eux, souvent, à faire passer leurs textes….

Sur la loi Blanquer

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Loi Blanquer : le ministère confirme les craintes

Fourre tout législatif, le projet de loi Blanquer avance des dispositions très différentes et surtout obscures. Sur bien des points les objectifs poursuivis ne sont pas affichés. Or les échanges avec l’entourage du ministre confirment les craintes que l’on a exprimé. Oui les expérimentations ouvrent la porte à l’annualisation des service. Oui l’instruction obligatoire à 3 ans va se traduire par un transfert d’argent vers le privé. Oui l’évaluation des politiques éducatives sera faite par les proches du ministre. Oui les évaluations des écoles et des collèges seront publiées.

Un formidable cadeau au privé

« Ce projet de loi vise à faire réussir tous les élèves grâce à l’abaissement de l’age de l’instruction obligatoire ». Il vise « à élever le niveau » et à « davantage de justice sociale », nous a t-on dit le 15 octobre dans l’entourage de JM Blanquer. Pourtant sur bien des points les points négatifs du texte présentés dans le Café pédagogique sont maintenant confirmés.

Les articles 2 à 4 traitent de la scolarisation obligatoire à 3 ans, une annonce présidentielle. Le texte stipule que  » L’Etat attribue à chaque commune les ressources correspondant à l’augmentation des dépenses obligatoires qu’elle a consenties en application des dispositions des articles L. 212-4, L. 212-5 et L. 442-5 du code de l’éducation au cours de l’année scolaire 2019-2020 par rapport à l’année scolaire précédente dans la limite de la part d’augmentation résultant directement de l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire ».

Cette mesure est surtout un affichage puisque 98% des enfants concernés sont déjà scolarisés. Mais c’est aussi un cadeau pour le privé comme l’a précisé le 15 octobre l’entourage du ministre. Celui ci estime que cette mesure coutera au total 100 millions par an versés aux communes qui devront faire face à de nouvelles dépenses de fonctionnement scolaires. Sur cette somme 50 millions correspondront à la prise en charge par les communes des écoles maternelles privées. En clair les communes devront rémunérer des Atsems dans les écoles privées comme dans le public. Or il n’y a pas parité entre public et privé : 90% des enfants de maternelle sont scolarisés dans le public. L’obligation scolaire à 3 ans va donc bénéficier principalement aux écoles privées.

Mais toutes les communes ne seront pas a égalité. Le ministère tient compte d’une décision du Conseil d’Etat dont le Café avait rendu compte le 24 août. Les communes qui ont donné leur accord à la conclusion du contrat d’association de l’école maternelle ne seront pas aidées par l’Etat même si elles n’ont rie payé jusque là à l’école maternelle privée.  L’Etat n’aidera que les communes qui n’ont jamais donné d’accord à l’ouverture d ‘une école maternelle privée. D’une certaine façon, les communes les plus favorables au privé sont pénalisées par une mesure globalement très favorable au privé !

Les évaluations des écoles et des collèges rendues publiques

L’article 9 du projet de loi crée un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » composé de 10 membres dont 8 choisis par le ministre qui a été décrit dans cet article. Le CSE du 15 octobre a obtenu que leur nombre soit porté à 12 avec 4 parlementaires au lieu de 2. Avec 8 membres sur 12 désignés par le ministre dont 4 sont des fonctionnaires, le nouveau conseil n’a de toutes façons plus aucune indépendance. Le ministère ajoute que les  évaluations des écoles et collèges réalisées par ce conseil seront rendues publiques « à l’image des IVAL des lycées ». On sait ce qu’a donné la publication des IVAL avec le classement annuel des lycées. C4est la mise en concurrence des collèges et même des écoles que prépare le ministre.

L’avenir du Cnesco confirmé

Du coup le projet de loi supprime le Cnesco. Pour justifier cette mesure, alors qu’un récent rapport parlementaire rend un hommage appuyé au Cnesco, on dit au ministère que le Cnesco « sera repositionné ». Il pourrait devenir une chaire d’université ou même être représenté dans le Conseil scientifique créé par JM Blanquer. Dans les deux cas le Cnesco cesserait d’être une instance d’évaluation de l’Ecole.

Quant à l’évaluation de l’Ecole, l’entourage ministériel estime qu’aucune instance ne peut évaluer les politiques publiques éducatives. « Il faut croiser les regards », dit-on rue de Grenelle. Mais qui ferait ce croisement ? Pas le Conseil d’évaluation de l’école mais le conseil scientifique, intégralement nommé par le ministre. On n’est jamais aussi bien évalué que par soi-même…

L’annualisation des services

L’article 8 du projet de loi modifie le régime des expérimentations issu de la loi Fillon. Le texte précise que « ces expérimentations peuvent concerner l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire, l’utilisation des outils et ressources numériques, la répartition des heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire dans le respect des obligations réglementaires de service des enseignants et les procédures d’orientation des élèves ». « Il ouvre la voie à l’annualisation des services d’enseignement », écrivions nous le 15 octobre. Cela est confirmé par l’entourage du ministre qui souligne que c’est déjà pratiqué dans plusieurs établissements. L’annualisation, chaudement recommandée par plusieurs rapports ministériels, permet d’augmenter le temps de travail de façon sensible.

Une nouvelle voie de formation des enseignants

Les articles 10 à 12 remplacent les ESPE par des INSP qui pourraient d’ailleurs s’appeler définitivement INSPE, le ministère acceptant en CSE le 15 octobre d’ajouter le E d’Education.  Leurs directeurs seront choisis par les ministres, et non plus élus par leurs pairs. Pour l’entourage ministériel, cette mesure se justifie par le fait que les Espe « ne sont pas à la hauteur des enjeux » et « n’ont pas trouvé leur régime de croisière ». La nomination directe par l’éducation nationale se justifie car « elle est l’employeur » des étudiants. Les assistants d’éducation (AED) qui souhaiteront devenir professeur seront choisis par les chefs d’établissement. Ils pourront dès l’année de L2 intervenir en classe accompagnés et des L3 sans accompagnement.

La loi Blanquer en 20 articles

Les communes doivent elles payer les maternelles du privé ?

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Loi Blanquer : les grandes villes mécontentes

Dans Les Echos, les responsables des grandes villes craignent le coût de la loi Blanquer. Elles devront verser aux écoles maternelles privées  la même somme que pour le public, soit environ 800€ par enfant. « L’Etat ne va compenser que pour une minorité de communes », explique B Vételé, maire adjoint de Blois. Seules celles qui n’ont jamais donné d’accord pour une école maternelle privée sous contrat seront prises en charge.

Dans Les Echos

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La loi Blanquer en 20 articles

Baptisé « loi pour une école de la confiance », le projet de loi Blanquer est marqué par la défiance certaine, tant son caractère principal est que le ministre y avance masqué. Pour cette raison, présenté rapidement par le Café pédagogique le 9 octobre,  le projet mérite une analyse précise tant certains points pourront avoir des implications difficiles à déchiffrer. Car le projet permet d’avancer des cartes bien camouflées : l’annualisation des services d’enseignement, le remplacement des enseignants par des surveillants (AED), la création d’un nouveau type d’établissements, la réforme territoriale par ordonnance sans oublier le remplacement du Cnesco par une instance d’évaluation de l’Ecole totalement dans la main du ministre. Le projet de loi est présenté au CSE du 15 octobre.

L’article le plus ridicule

Baptisée « loi pour une école de la confiance », la loi commence par cette phrase :  » Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. » Autrement dit le ministre remet sur les personnels la problématique de la confiance envers l’Ecole, lui-même, sa politique et son administration n’y étant sans doute pour rien…. On peut d’ailleurs se demander si cette formule peu élégante va rester dans le texte définitif car elle semble sortir du cadre d’une loi.

L’article le plus  ridicule est l’article 20. Il modifie le territoire des caisses des écoles des 1,2 , 3, et 4e arrondissements de Paris.

L’article positif

L’article positif est l’article 15. Il prévoit que les statuts des personnels d’éducation, de psychologues et de personnels de direction peuvent déroger au statut de la Fonction publique. Sur ce point, le ministre répond à la demande des syndicats depuis que le Conseil d’Etat a estimé que les CPE ne constituent pas un corps dérogatoire au statut général de la Fonction Publique. Le reste est nettement moins positif (voir cet article).

Un tiroir caisse ouvert pour rien…

Les articles 2 à 4 traitent de la scolarisation obligatoire à 3 ans, une annonce présidentielle. C’est surtout un affichage, 97% des enfants concernés étant déjà scolarisés. Mais c’est aussi un cadeau pour le privé. Le texte stipule que  » L’Etat attribue à chaque commune les ressources correspondant à l’augmentation des dépenses obligatoires qu’elle a consenties en application des dispositions des articles L. 212-4, L. 212-5 et L. 442-5 du code de l’éducation au cours de l’année scolaire 2019-2020 par rapport à l’année scolaire précédente dans la limite de la part d’augmentation résultant directement de l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire ». La loi va donc imposer aux communes la prise en charge des frais des écoles maternelles privées là où ce n’était pas encore fait. Mais ce texte semble aussi dire qu’une commune qui devrait construire une école maternelle pour accueillir des enfants pourrait se faire rembourser par l’Etat. Cet article 4 pourrait aboutir à des effets inattendus : pour un effet nul puisque les enfants de 3 ans sont déjà scolarisés, l’Etat pourrait avoir à prendre en charge des dépenses supplémentaires. Les départements d’outre mer , comme Mayotte ou la Guyane, où on est très loin de l’application de la scolarisation à 3 ans, pourraient y voir un boulevard. L’Etat lui n’a pas prévu de postes d’enseignants supplémentaires en maternelle pour 2019…

Des « académies » anglaises à la française ?

L’article 5 prévoit un renforcement du contrôle sur la scolarisation à domicile avec l’obligation d’inscrire son enfant à l’école en cas de deux contrôles négatifs.

L’article 6 traite des établissements locaux d’enseignement international. Un établissement de ce type a été créé à Strasbourg pour renforcer la dimension de capitale européenne de cette ville en 2012. Cet article ne se justifie que si le ministre veut multiplier ce genre d’établissement largement dérogatoires pour ses enseignements tout en restant public. Autrement dit on peut se demander si JM Blanquer ne pense pas aller vers des « academies » à l’anglaise, des écoles publiques à large autonomie. 

Une porte vers l’annualisation des services

L’article 8 modifie le régime des expérimentations issu de la loi Fillon. Le texte précise que « ces expérimentations peuvent concerner l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire, l’utilisation des outils et ressources numériques, la répartition des heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire dans le respect des obligations réglementaires de service des enseignants et les procédures d’orientation des élèves ». Autrement dit il ouvre la voie à l’annualisation des services d’enseignement là où l’institution le souhaite. Une réflexion qui est à lier à l’article 6… mais pas uniquement.

On n’est jamais aussi bien contrôlé que par soi-même

L’article 9 crée un Conseil d’évaluation de l’Ecole composé de 10 dont 8 choisis par le ministre qui a été décrit dans cet article. Avec 8 membres sur 10 désignés par le ministre dont 4 sont des fonctionnaires, le nouveau conseil n’a plus aucune indépendance. La durée de leur mandat, 3 ans seulement aggrave cette dépendance. Clairement JM Blanquer a fait le choix de confier l’évaluation de sa réussite au ministère à… lui-même. Les nouvelles missions du Conseil d’évaluation interrogent également. Ce nouveau Conseil d’évaluation de l’école n’évaluera plus les politiques scolaires ! Si ce projet voit le jour, il ne restera plus que les évaluations internationales pour avoir un regard indépendant sur l’Ecole française sans avoir le travail d’explication et d’analyse extrêmement riche qu’a produit le Cnesco salué encore récemment par un rapport parlementaire.

Les remplacements effectués par les AED

Les articles 10 à 12 remplacent les ESPE par des INSP. Leurs directeurs seront choisis par les ministres, et non plus par la procédure universitaire normale.

L’article 13 prévoit que  » lorsqu’ils sont recrutés alors qu’ils sont inscrits dans une formation préparant aux concours d’accès aux corps des personnels enseignants ou des personnels d’éducation, (les assistants d’éducation)  peuvent également se voir confier, respectivement, des fonctions pédagogiques et d’enseignement ou des fonctions d’éducation ».

Cet article surprend. Aujourd’hui des AED ayant une licence peuvent déjà effectuer un remplacement. Si le ministre choisit de mettre cela dans sa loi c’est probablement qu’il pense à une réforme de la formation inscrivant les remplacements dans la tâche des AED avant la licence dans la cadre d’une réforme de la formation. On aurait là une évolution de la formation des enseignants aboutissant à la banalisation d’un corps de sous enseignants.

La réforme territoriale par ordonnances

Les article 17 et 18 prévoient que le gouvernement effectuera la réforme territoriale de  l’Education nationale par voie d’ordonnances. Il se donne donc carte blanche pour cette opération à grands risques pour les enseignants. Ce nouveau découpage pourra affecter les procédures d’affectation des enseignants de façon importante et aura aussi des effets importants de « rationalisation » de la carte scolaire. A noter que le projet veut aussi « simplifier » le fonctionnement des conseils de l’éducation nationale.

Ce projet de loi peut porter des modifications substantielles de l’Ecole. Bien loin d’être à l’image de l’Ecole de la confiance, le ministre y avance masqué.  Mais si le projet de loi est obscur c’est aussi parce que c’est un bric à brac de mesures sans logique interne. Et les parlementaires pourraient bien y trouver à redire.

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Primaire : les dédoublements financés par les autres classes

Principale mesure sociale de ce gouvernement, les dédoublements de classes en CP de Rep et une partie des Ce1 de Rep+ à cette rentrée sont assurés par des créations de postes affirme le ministre. Or ce n’est pas l’avis du Snuipp Fsu qui publie des chiffres précis remontant des analyses départementales.

Selon le Snuipp, les dédoublements consomment 5605 postes, un chiffre à comparer aux 3680 postes créés à la rentrée. Le ministère a donc du prélever 1925 postes ailleurs pour mettre en place les dédoublements.

Pour le Snuipp, ils ont été trouvés d’abord chez les maitres +, un dispositif prisé du terrain. 1400 postes, la moitié des maitres +, disparaissent à la rentrée. Le reste est trouvé en maternelle où on compte 575 classes supprimées. Le Snuipp relève aussi la faiblesse des effectifs de remplaçants et des ouvertures de postes dans les ULIS.  Selon le Snuipp près de 300 écoles rurales sot fermées à cette rentrée dont 34 fermetures nettes (les autres ferment par fusion).

Le résultat final, pour le Snuipp, c’est que les dédoublements se traduisent par une dégradation des conditions d’exercice ailleurs. En 2017 42% des classes du primaire comptaient plus de 25 élèves (52% en maternelle). Ce taux devrait progresser malgré la baisse démographique.

Document Snuipp

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Cnesco : le putsch de Blanquer

Dans Le Nouvel Obs, G Le Guellec dénonce « le putsch de Blanquer » qui se soustrait à l’évaluation indépendante de son action au ministère en supprimant le Cnesco.

 » Le message envoyé est quand même curieux. Alors qu’en cette rentrée scolaire Jean-Michel Blanquer s’attelle à mettre en place des évaluations tous azimuts – des élèves, des profs, des établissements – et qu’il assume hardiment cette politique au nom de la « vérité » due aux usagers et aux citoyens, notre ministre semble vouloir se soustraire à toute évaluation indépendante », écrit G Le Guellec. Il explique que la loi Blanquer prévoit la suppression du Cnesco ,  » une instance impartiale chargée d’évaluer les politiques scolaires en s’appuyant sur l’ensemble de la communauté scientifique – toutes les chapelles des sciences de l’éducation, souvent antagoniques, y avaient voix au chapitre. Et c’était une instance démocratique, confrontant les préconisations des chercheurs au regard des profs et des parents à travers l’exercice rafraîchissant, et inédit en France, de grandes conférences de consensus ».  Enfermé dans ses certitudes,  appuyé par un conseil scientifique univoque, le ministre n’a plus besoin d’évaluation tant il est convaincu que son action est positive, explique le Nouvel Obs. Le ministre préfère se priver d’une évaluation indépendante au profit de ses choryphantes.  » Est-ce le meilleur moyen de s’assurer des jours tranquilles ? Ce n’est pas certain ».

Sur le site Nouvel Obs

Dans le Café

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« Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif » Tribune dans Le Monde

Tribune. A son arrivée rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer avait expliqué qu’il ne voulait pas bousculer l’éducation nationale, que sa politique s’inscrirait dans le prolongement de la précédente, avec simplement quelques inflexions afin d’en améliorer l’efficacité, comme l’emblématique dédoublement des classes de cours préparatoires dans les réseaux d’éducation prioritaire. Mais il a, en réalité, engagé une transformation profonde de notre école à travers, en particulier, la promotion de « la culture de l’évaluation » qui est, pour lui, « le plus puissant moteur de transformation » du système.

L’évaluation concerne, d’abord, les élèves : ils passeront désormais des tests standardisés, répartis tout au long de la scolarité et, en particulier, dans les premières années de l’enseignement primaire. Objectif : repérer les acquis et les besoins de chacun afin de proposer un accompagnement personnalisé. Nul ne saurait s’opposer à une telle intention !

Approche technocratique libérale

Elle est, pourtant, grosse de difficultés, d’inquiétudes et de dangers. Difficultés pour élaborer des tests qui mesurent réellement des acquis transférables et ne réduisent pas les objectifs de l’école à ce qui est strictement quantifiable. Inquiétudes sur l’utilisation de données qui vont être collectées nationalement alors qu’en toute logique elles devraient rester entre les mains des enseignants qui sont les mieux placés pour les utiliser. Dangers de voir ainsi se mettre en place, puisque chaque élève est désormais « traçable » grâce à un identifiant, un fichage systématique à destination du système d’orientation et des employeurs.

Mais le ministre affirme, de plus, vouloir mettre en place « une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires ». On pourrait croire que c’est là simplement une façon d’effectuer en France des évaluations permettant de mesurer le niveau de nos élèves, et non de laisser ce soin aux comparaisons internationales. Mais, pour évaluer rigoureusement ce niveau, nul n’est besoin d’évaluer tous les établissements : un travail scientifique sur un échantillon représentatif d’élèves est, tout à la fois, bien plus efficace et bien moins coûteux…

En réalité, il s’agit là de développer un ensemble de dispositifs de contrôle en continu dont la publication encouragera la « concurrence libre et non faussée » de citoyens désormais devenus des « usagers ». Le service public ne sera plus fondé sur des valeurs communes, la volonté de garantir à chaque enfant le droit à l’éducation, la ventilation des moyens selon les difficultés sociales, la formation exigeante des acteurs. « Piloté par les résultats », il deviendra un ensemble de guichets proposés à des parents mis sans cesse en concurrence les uns avec les autres.

Paradoxe apparent dans cette approche technocratique libérale : les valeurs sont omniprésentes dans les discours officiels, où « confiance » et « respect » sont invoqués de façon incantatoire. Mais, en réalité, elles quittent le domaine des pratiques, puisque, par exemple, l’éducation civique et morale se replie sur des prescriptions formelles au détriment des activités de formation à la citoyenneté.

Propos ambigu et équivoque

De même, Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, qui dit tout haut ce que le ministre pense tout bas, explique-t-elle, dans le magazine Causeur, que « l’enseignement de l’histoire doit, aujourd’hui, plus que jamais, promouvoir le sentiment d’appartenir à la nation ».

Propos ambigu s’il en est, car un tel sentiment peut recouvrir aussi bien un repli nationaliste que l’effort collectif pour être à la hauteur de l’idéal des Lumières, de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, nous ouvrant ainsi bien au-delà des frontières de l’Hexagone.

Propos équivoque aussi, car l’histoire est une discipline scolaire dont la rigueur est incompatible avec l’exaltation inconditionnelle de telle ou telle figure. Propos inopérant, surtout, car l’adhésion aux valeurs de la République ne peut être obtenue par une quelconque injonction, fut-elle étayée par des phénomènes d’identification habilement manipulés.

Nous ne ferons adhérer nos élèves à ces valeurs que par le témoignage qu’en donneront l’institution, dans son fonctionnement même, et les adultes qui la font vivre dans leurs pratiques pédagogiques. C’est ce que demandent, précisément, ces « prétendus pédagogues » que Souâd Ayada taxe de « constructivistes », oubliant que le constructivisme est d’abord une théorie élaborée au sein des sciences cognitives – dans la lignée desquelles se placent aujourd’hui les neurosciences – qui insiste sur le caractère « actif » du sujet dans ses apprentissages – « l’engagement actif », comme l’explique Stanislas Dehaene, le président du Conseil supérieur de l’éducation dans son dernier ouvrage.

Affirmation mensongère

Souâd Ayada voit en eux des êtres malfaisants « qui défendent l’idée que l’élève construit ses savoirs, et que le maître n’est donc pas le tenant d’un savoir qu’il transmet » ! Affirmation récurrente et mensongère : les « constructivistes » n’ont jamais prétendu que l’élève construisait seul son savoir.

Ils affirment, au contraire, que toute appropriation réelle des savoirs par les élèves requiert la maîtrise de ces savoirs par l’enseignant mais aussi l’exercice d’une autorité indispensable afin d’engager les élèves dans l’activité, de construire des situations d’apprentissage rigoureuses et de garantir leurs acquisitions. Aucune démission, bien au contraire. La véritable démission est dans l’illusion que la simple « distribution » des savoirs garantit leur appropriation. Et c’est en refusant cette démission-là que nous ferons vivre la promesse éducative de la République.

C’est ainsi que nous ferons vivre aussi « la liberté » à des enseignants aujourd’hui déniés dans leur expertise, sommés de mettre en œuvre des programmes élaborés sans véritable concertation. C’est ainsi que nous promouvrons l’« égalité », si gravement mise à mal quand on décide de l’avenir des lycées généraux et technologiques séparément des lycées professionnels dont les élèves restent privés de philosophie et voient leurs enseignements généraux sérieusement menacés. C’est ainsi que nous rendrons désirable la « fraternité » en promouvant l’entraide et la coopération plutôt qu’une concurrence systématisée.

Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif. Pas pour lui permettre de répondre par plus de solidarité aux défis de la modernité. Mais pour en calquer le fonctionnement sur celui d’une économie et d’un monde aujourd’hui en bout de course. Il est temps de se mobiliser pour imaginer collectivement une autre voie.

Signataires : Laurence De Cock, historienne, enseignante, Fondation Copernic ; Catherine Chabrun, militante pédagogie Freinet ; Gregory Chambat, enseignant, collectif « Questions de classe(s) » ; Véronique Decker, directrice d’école ; Claude Lelièvre, historien de l’éducation ; Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon-II ; Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et sociales, formateur à l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de Paris.

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[LDH] Appel et pétition pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace

Appel et pétition de plusieurs personnalités et organisations, signée par la Ligue des droits de l’Homme

« Si vous avez le droit de diviser le monde entre italien.ne.s et étranger-ère-s, alors je dirai que je n’ai pas de Patrie et je réclame le droit de diviser le monde entre déshérité-e-s et opprimé-e-s d’un côté, privilégiés et oppresseurs de l’autre. Les un-e-s sont ma patrie, les autres mes étrangers » (Don Milani, 1965)

Signez vous aussi la pétition !

Accusé d’avoir « favorisé l’immigration clandestine » le maire de Riace (Calabre, Italie) est aux arrêts domiciliaires depuis le 2 octobre. Il s’agit d’une arrestation en représailles à l’action courageuse de Mimmo Lucano, surnommé le « maire de l’accueil », qui s’était mis cet été en grève de la faim pour protester contre la politique migratoire inhumaine du gouvernement italien. Sa seule faute : avoir su mettre en place dans sa commune un système d’accueil qui fonctionne. Il a non seulement permis d’offrir à des femmes et des hommes fuyant la guerre et la misère des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi à la population locale en créant des emplois (médiateurs-trices culturels, enseignant-e-s etc…), et en promouvant des formation inédites (laboratoires artisanaux, fermes pédagogiques). Une réussite dans un territoire connu pour ses mafias et son chômage. C’est cet exemple courageux que le gouvernement italien veut punir. Mimmo Lucano a pu en effet faire la preuve que l’accueil des migrant.e.s pouvait se conjuguer avec le dialogue et le bien être d’une communauté tout entière. Il est pour cela depuis quelques années sur la liste noire de tous les partis et mouvements qui entendent faire de la peur de l’autre et de la répression contre les migrant.e.s leur fonds de commerce politique.


L’Italie vit un moment très grave : les propos particulièrement choquants que tiennent régulièrement le principal parti de gouvernement, la Lega et le vice-premier ministre Matteo Salvini lèvent les tabous et libèrent les venins les plus abominables : le racisme et la haine. Dans le sud de l’Italie, l’exploitation éhontée des migrant.e.s fait les affaires d’une poignée de propriétaires terriens, vrais négriers, de nationalité italienne pour la plupart. En garantissant aux migrant.e.s des conditions de travail et de vie décentes, Mimmo Lucano prend le contrepied de cette exploitation. Il les protège des nombreuses tragédies – mort de douzaines d’immigré.e.s sur les routes durant le transport du travail aux camps où ils-elles sont entassés – qui ont marqué l’été. C’est un acte de solidarité.


C’est pourquoi, la décision de justice contre Mimmo Lucano instaure de fait un nouveau délit, le délit de solidarité.
Face à l’offensive déclenchée par le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini contre les migrant-e-s, les pauvres et celles et ceux qui les soutiennent, nous dénonçons cette arrestation et affirmons publiquement notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui, comme Mimmo Lucano, sont entrés en lutte, ou s’apprêtent à le faire.


Nous apportons notre soutien à Mimmo Lucano, à sa famille et à la population de sa commune, face à l’acharnement d’un gouvernement de la haine qui fait de la peur de l’autre son fonds de commerce politique.


Parce que nous nous reconnaissons dans les valeurs des droits humains.
Parce que nous défendons un Etat de droit, fondé sur l’indépendance de la justice.
Parce que nous sommes pour plus de solidarité, de démocratie, plus d’égalité et de justice sociale.
Parce que nous sommes du côté de celles et ceux qui défendent l’universalité des droits sociaux et civils.
Parce que nous sommes solidaires avec celles et ceux qui fuient les guerres, la misère et les catastrophes climatiques.
Nous sommes du côté de Mimmo Lucano et nous demandons sa remise en liberté immédiate.
#MimmoLucanolibre

Signez vous aussi la pétition !

Lire le communiqué LDHParis, le 10 octobre 2018

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La réforme du lycée professionnel rejetée par le CSE

Malgré des efforts du ministère, ça ne passe pas. Réuni le 10 octobre, le Conseil supérieur de l’éducation a voté contre la réforme de l’enseignement professionnel. La réforme divise les syndicats, opposant la principale organisation Snetaa Fo et l’Unsa à une intersyndicale réunissant le Snuep Fsu, la CGT et Sud.

Les votes

 Deux votes ont eu lieu au CSE du 10 octobre sur les grilles horaires de CAP et du bac pro. Les grilles de CAP ont été rejetées par 25 voix contre 22. Le vote négatif est plus clair pour le bac pro : 25 contre et 17 pour. Les projets de fusion des bacs pro commerce et vente ont eu un vote favorable ainsi que le nouveau bac pro métiers de l’accueil (ex bac arcu).

Un horaire revu à la hausse

Le ministère avait pourtant fait des efforts. Le Snetaa et l’Unsa se sont félicités d’une augmentation d’une heure en moyenne du volume d’heures complémentaires en bac pro (de 12,5 à 13,5 heures pour 20 élèves) et d’une augmentation d’une demi-heure de l’horaire de LVB/Sciences en seconde et première bac pro.

Pour le Se Unsa,  » avec ces avancées obtenues par la négociation constructive, la réforme de la voie professionnelle ne se fait pas « à l’économie ». En effet, les nouveaux engagements représentent au bas mot 1500 postes. Pour nous, on peut dire cette fois que le compte y est ! »

Déprofessionnalisation

Ce n’est pas l’avis du Snuep Fsu. Tout ne estimant que cette progression « n’est pas négligeable », Jérôme Dammerey, co-secrétaire général du Snuep Fsu, estime que cela ne règle pas la question de la baisse du volume horaire d’enseignement des élèves, particulièrement en esneignement général. Le syndicat estime que les élèves perdent de ce fait 7 semaines de cours en bac pro et 4 en CAP. De ce fait le bac pro est dévalorisé. Pour le Snuep Fsu la réforme nuit à la poursuite d’études des bacheliers professionnels et même à leur insertion professionnelle.

A l’appui de ce raisonnement, la transformation de l’année de 2de où les élèves ont un enseignement regroupé « par familles de métiers » réduit la préparation du bac pro en fait à deux années au lieu de 3.

Les propos de JM Blanquer

Enfin , les propos de JM Blanquer à l’Assemblée nationale le 2 octobre :  » Le lycée professionnel est celui qui coute le plus cher, a le plus d’heures de cours et ce n’est pas synonyme de réussite. J’assume qu’il peut y avoir moins d’heures (de cours) mais mieux d’heures. Je sais que les professeurs de LP sont d’accord », lui a été reproché par le Snuep Fsu.

Le 10 octobre, après le CSE, l’intersyndicale se réunissait. Après une journée d’action réussie le 27 septembre, les syndicats pourraient ne pas laisser refroidir le mécontentement.

Pourquoi la grève

Quel avenir pour les lycéens professionnels

Une manif contre la malédiction

Communiqué se unsa

Communqiué snuep fsu

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Une proposition de loi sur l’école inclusive

La Commission de l’éducation de l’Assemblée a commencé à travailler sur une proposition de loi sur l’inclusion scolaire déposée par le député (LR) Aurélien Pradié. Ce projet révise le statut des AESH en fondant tous les accompagnateurs dans un nouveau statut en CDI. Il impose un délai de 2 mois pour répondre aux demandes d’accompagnateurs. Et Il permet aux écoles hors contrat de bénéficier des services des accompagnateurs aux frais de  l’Etat.

Le projet de loi

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Lycée : les projets de programme publiés par le Snes

Ils ne sont pas tous là. Mais beaucoup y sont. Le Snes Fsu met en ligne les projets de programme du lycée qui lui sont parvenus et invite les enseignants  les commenter. On trouvera notamment les programmes de 2de en biotechnologies, histoire-géo, LCA, maths, management, musique, physique chimie, santé social, SES, SVT, EMC et le programme de physique chimie maths de STI.

Téléchargez les programmes

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La loi Blanquer pour réformer l’Ecole

Réforme territoriale par ordonnances, remplacement des professeurs par des AED,  suppression du Cnesco, cadeau au privé, mise au pas des Espe : si la loi Blanquer a été tenue secrète jusqu’au dernier moment c’est qu’elle comporte des sujets explosifs. En principe elle n’aurait du modifier le Code de l’éducation que pour permettre la scolarité obligatoire à 3 ans. Présentée aux syndicats le 8 octobre elle doit passer en CSE le 15.

Une loi tenue au secret

 » Il n’y aura pas de  »loi Blanquer », et j’en serai fier », avait promis le 26 mai 2017 Jean-Michel Blanquer. Mais voilà : le gouvernement a entrepris une réforme de fond de l’Education nationale. Le premier ministre avait annoncé le 2 août 2018 qu’une « instance d’évaluation (de l’Ecole) sera créée par voie législative au 1er  trimestre 2019 ». Et il faut aussi une loi pour modifier le Code de l’Education et instituer la scolarisation obligatoire à 3 ans.

Début octobre encore, devant l’Assemblée nationale puis le Sénat, le ministre n’a rien dit du contenu de la loi. Le projet de loi vient d’en être présenté aux syndicats le 8 octobre. Sa première caractéristique est d’être un fourre tout comprenant même des mesures très locales à cote de sujets d’ampleur nationale.

Un cadeau au privé

Il s’ouvre sur « le lien de confiance » entre enseignants, parents ,élèves et institution scolaire, une mention sans doute chère au ministre.

L’article 2 introduit la scolarité obligatoire à 3 ans et est suivi d’un article qui prévoit la compensation par l’Etat des dépenses des communes du fait de cette mesure au bénéfice des écoles privées. La mesure, voulue par E Macron, apparait donc comme une opportunité pour l’enseignement privé. « Il n’y a pas de changement en ce qui concerne le privé lié à cette évolution », nous avait pourtant dit le ministre le 27 mars 2018…

Les mains libres pour la réforme territoriale

L’article le plus immédiatement sensible pour les enseignants donne le droit au gouvernement de prendre les mesures relatives au nouveau découpage territorial par ordonnances, donc hors du controle du parlement. Ce nouveau découpage pourra affecter les procédures d’affectation des enseignants de façon importante et aura aussi des effets importants de « rationalisation » de la carte scolaire. A noter que le projet veut aussi « simplifier » le fonctionnement des conseils de l’éducation nationale.

La fin du Cnesco

Un article supprime le Cnesco qui est remplacé par un Conseil d’évaluation de l’Ecole chargé d’évaluer les établissements scolaires. Il sera composé de 10 membres.

Un autre autorise « des travaux de recherche en matière pédagogique… dans des écoles et des établissements publics ou privés sous contrat »

Enfin, la réforme de la formation des enseignants y est aussi inscrite avec le changement de nom des Espé qui deviendraient les INSP (Instituts nationaux supérieurs du professorat) et une modification de la procédure de nomination des directeurs qui seront choisis par les ministres, et non plus par la procédure universitaire normale. Le texte permet aussi aux assistants d’éducation préparant un concours de l’enseignement d’enseigner, créant une nouvelle catégorie de sous enseignants.

Réaction syndicale

Le projet suscite déjà des réactions syndicales.  Dans un communiqué, Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa, déplore qu’iln’y ait eu « aucun échange sur le projet de loi en préparation, que ce soit sur le contenu ou sur les échéances, jusqu’à il y a deux semaines ». Le SE-Unsa « dénonce un véhicule législatif maquillé derrière la volonté présidentielle grand public de l’instruction obligatoire à 3 ans ». Le texte doit passer en CSE et CTMEN les 15 et 17 octobre.

Projet INSP sur le site du Snesup

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Des redoublants de terminale sans réelle affectation

« Dans l’Essonne, plusieurs dizaines d’élèves étaient encore sans lycée à la mi-septembre. A la fin du mois, certaines familles étaient en colère, désespérées, prêtes à saisir le tribunal administratif », annonce le Snes 91. « La logique économique d’ « optimisation » des moyens, la « chasse à la place vacante » dans les salles de classe, sont restées la règle. Ainsi, lors de la préparation de la rentrée scolaire suivante, les structures sont toujours calculées au plus juste : bon nombre de lycées n’ont pas ou n’ont que peu de places prévues pour accueillir les doublants, l’objectif à peine caché étant de faire des économies ».

Le syndicat donne des exemples. A Bondoufle,  » compte tenu du nombre de divisions prévu en janvier », une quinzaine de doublants de terminale sont sans affectation. Des lycéens se voient proposer des places dans des lycées à 3 heures de transport de chez eux (une lycéenne de Montgeron pour un lycée d’Arpajon par exemple). Finalement l’académie ouvre des classes de redoublants à horaires spéciaux (MOREA) proposant une sous formation dans un contexte pas réellement porteur à ces jeunes.

Un décret de 2015 a pourtant ouvert le droit à tout jeune redoublant de terminale à trouver place dans son établissement.

Fsu 91

Sur le décret

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A Stains un gendarme comme proviseur adjoint

Libération du 7 octobre attire l’attention sur la façon dont le rectorat et la région règlent les problèmes de sécurité du lycée Utrillo à Stains (93). Le lycée a connu de terribles bagarres sur son parvis l’année dernière provoquant le retrait des enseignants. Selon Libération les réponses institutionnelles sont décalées par rapport à la question des bagarres entre jeunes de cités différentes. Ainsi le personnel du lycée demandait de la place pour éviter que les jeunes sortent sur el parvis aux récréations. Le lycée compte 1300 élèves pour 900 places. La réponse de la région a été la mise en place de grilles. La demande de personnels supplémentaires n’a pas plus été entendue. La rentrée s’est faite avec des postes d’enseignants non pourvus et le lycée a juste récupéré un poste d’AED qui avait été supprimé. Le rectorat a nommé un 3ème proviseur adjoint venu de la gendarmerie qui semble travailler étroitement avec les services de police du secteur.

Dans Libération

A Stains un lycée paralysé

Un lycée particulièrement performant

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Les futurs programmes de français du lycée révélés par l’Afef

Quelle vision de l’enseignement du français proposent les futurs programmes du lycée ? L’Association Française pour l’Enseignement du Français (AFEF) rend compte de sa rencontre avec le Conseil Supérieur des Programmes le 4 octobre et en présente les grands lignes. Quatre points sont affichés comme essentiels : l’apprentissage de la langue (qui donnera lieu à une question spécifique à l’oral du bac), l’histoire littéraire (d’où des objets d’étude croisant systématiquement genres et périodes, par exemple en 2nde  » la poésie du moyen-âge au 18ème siècle »), la lecture (7 livres seront à lire dans l’année en 2nde et 8 en 1ère), l’appropriation (grâce à un « carnet de lectures et de formation culturelle »). Sont annoncés : un programme de 4 œuvres obligatoires chaque année en 1ère, une explication linéaire d’un texte d’une quinzaine de lignes à l’oral et la suppression de l’écriture d’invention à l’écrit… Beaucoup de retours en arrière donc, un renforcement probable du bachotage (« L’orientation générale du travail en classe de première est liée à la préparation des élèves aux épreuves anticipées de français ») et une seule réelle nouveauté : chaque élève devra présenter à l’oral un dossier personnel où il pourra insérer des « écrits d’appropriation ». Les programmes des Langues de l’Antiquité et de l’enseignement de spécialité « Humanités Littérature et Philosophie » sont aussi présentés.

Les futurs programmes de français

Présentés le 4 octobre aux associations de professeurs de français et de lettres anciennes (y compris à ceux qui avaient annoncé boycotter la rencontre…), les nouveaux programmes de français, LCA et « Humanités littérature et philosophie » sont décrits par l’AFEF. L’association avait d’ailleurs réussi à se procurer les programmes de français avant la réunion.

Les programmes de français poursuivent 4 objectifs. D’abord, « le lycée doit poursuivre l’enseignement de la langue » car les élèves ne la maitrisent pas suffisamment.

Il faut ensuite « donner à l’histoire littéraire une place plus nette… Deux idées sont associées, celle d’un fil historique et celle de la contextualisation », explique l’AFEF. Les objets d’étude croisent genre et période, et sont au nombre de 4 par an. En 2nde les élèves doivent étudier 2 parcours et 2 œuvres intégrales dans ces 4 objets d’étude ; en 1ère, les élèves doivent étudier 4 œuvres et 4 parcours d’histoire littéraire, et 4 œuvres sont imposées avec renouvèlement d’une œuvre par an.

Les programmes insistent sur la lecture. Sept livres seront à lire dans l’année en 2nde et huit en 1ère. Ce devra être des œuvres intégrales plus ou moins longues, ou des sections conséquentes et cohérentes. Certaines œuvres seront étudiées en classe, d’autres seront lues personnellement en lecture cursive.

Enfin les programmes veulent favoriser l’appropriation des lectures et pour cela les programmes instituent un « carnet de lectures et de formation culturelle ». « Le but est de favoriser un rapport personnel aux œuvres », note l’AFEF. « Il contiendra les lectures personnelles des élèves, leurs notes sur des « rencontres » artistiques, théâtrales, leurs gouts, mais aussi leurs écrits d’appropriation que le professeur fait écrire : invention, intervention, article critique ».

Les programmes seront organisés en 2nde et en 1ère autour d’objets d’étude. Pour chacun de ces objets d’étude seront indiqués le corpus (en 2nde 2 œuvres intégrales et deux groupements de textes – en 1ère 4 œuvres) et le parcours d’histoire littéraire obligatoires. Chaque objet d’étude est assorti d’un prolongement artistique et culturel, ou un groupement de textes complémentaire. Les lectures cursives (dont le nombre minimum est précisé) figurent dans le carnet de lectures et de formation culturelle. Pour chaque objet d’étude les élèves devront faire la lecture cursive d’une œuvre d’un autre siècle que celle étudiée en classe.

Les objets d’étude annoncés dans les programmes sont selon l’Afef :

–      En 2nde : La poésie du Moyen-Âge au XVIIIème siècle – La littérature d’idées et la presse du XIXème siècle au XXIème siècle – Le récit du XVIIIème siècle au XXIème siècle – Le théâtre du XVIIème siècle au XXIème siècle

–      En 1ère : La poésie du XIXème siècle au XXIème siècle – La littérature d’idées du XVIème siècle au XVIIIème siècle – Le récit du Moyen-Âge au XXIème siècle – Le théâtre du XVIIème siècle au XXIème siècle.

Les épreuves d’examen prévues par le CSP et le ministère se composent d’un écrit et d’un oral.

L’écrit de la série générale proposera sur une des œuvres au programme un commentaire ou une dissertation. Le sujet d’invention est bien supprimé. En série techno, l’écrit porte sur un corpus avec un commentaire d’un passage d’un des textes du corpus ou une contraction d’un des textes du corpus proposé suivi d’un essai.

L’oral dure 55 minutes : 30 minutes de préparation et 25 de présentation divisée en 2 parties de 12 et 13 minutes. L’élève arrive avec un dossier. Pour composer son dossier, l’élève a choisi, dans chaque objet d’étude, trois textes parmi ceux étudiés.

L’examinateur choisit un des textes dans le dossier, il en demande une lecture expressive, puis l’explication linéaire d’un passage de 15 lignes environ ; puis il pose une question de grammaire sur un mot ou une expression du texte. Puis dans le dossier, l’examinateur choisit parmi une lecture complémentaire, une lecture personnelle, une référence d’œuvre artistique ou théâtrale et un écrit d’appropriation personnelle. Le professeur ne note pas le dossier mais la manière dont l’élève le présente et le justifie. L’examinateur prend appui sur les choix faits par l’élève.

Des programmes « sur la ligne de crête » pour l’Afef

Pour l’Afef, ces programmes  » se situent immanquablement sur une ligne de crête ; ils oscillent entre des orientations didactiques (largement assimilées par l’institution et une grande part de la communauté enseignante), et les revendications passéistes du plus grand nombre des associations invitées par le CSP ». L’Afef déplore l’impasse faite sur la modernité et la francophonie dans ces programmes.

 » Les « classiques », en surnombre à la réunion, sortent confortés dans leur demande d’une approche chronologique qui, si elle ne l’est pas stricto sensu, est nette et peut difficilement être contestée quand elle n’empêche pas des circulations entre les siècles et les œuvres.  Ils sortent confortés par la suppression du sujet d’invention, par la confirmation de la dissertation et du commentaire en série générale, le sujet de contraction-essai étant laissé à la série technologique. Ils ne s’inquiètent pas outre mesure des quatre œuvres imposées en classe de première. Ils se réjouissent de l’annonce de l’explication linéaire d’un court extrait à l’oral de l’épreuve de français du baccalauréat », estime l’Afef.

Quant à l’AFEF, elle se félicité de  » l’enseignement continué de la langue au lycée » et de l’accent mis sur la lecture avec un carnet de lectures et de formation culturelle ». Elle rappelle aussi que les « écrits d’appropriation personnelle » des programmes sont des exercices d’écriture qui comprennent l’écriture d’invention.

Des points de crispation

L’Afef souligne aussi ses points de crispation. « Les quatre œuvres imposées vont ouvrir le champ à une abondante production éditoriale parascolaire, qui vont alimenter une lecture des œuvres « unifiée » du côté d’un discours officiel, face auquel une authentique réception des élèves aura peu de chances d’être prise en compte… La nécessaire contextualisation historique, culturelle, sociale des œuvres occulte l’histoire de leur réception au fil des siècles, ainsi que leur réception contemporaine ».

L’Afef regrette que la récusation par la didactique de l’analyse linéaire d’un court extrait d’une des œuvres soit balayée. « Le danger de l’analyse linéaire est que les professeurs débutants y retrouvent une pratique des concours et, s’enfermant dans la paraphrase et le mot à mot, ne soient pas enclins à travailler la construction du sens dans un texte ». L’association craint aussi un retour de la grammaire exhaustive à l’examen.

Enfin « rien n’est dit sur l’apprentissage de l’écriture, sur les processus d’écriture. Les multiples et intéressants exercices d’écriture proposés dans le cadre des écrits d’appropriation personnelle sont présentés comme des produits, sans qu’aucune indication ne soit donnée sur les procédures, les cheminements, les allers-retours qui constituent le processus qui permettra de rédiger ces exercices ».

« Humanités Littérature et Philosophie » à parité philo – français

Selon l’AFEF, dans cet enseignement de spécialité le choix politique est de rassembler les deux disciplines, et le principe de parité horaire est fixé. Plutôt que d’une synthèse, le choix a été fait de créer des passerelles et d’installer une forme d’unité entre ces deux disciplines. L’objectif est de les articuler, et la lecture des textes est au centre du projet, avec de nombreuses propositions bibliographiques. Le programme sera construit en articulation avec les programmes de français et de philo avec une approche historique : 4 objets seront au cœur de la réflexion des élèves, 2 en 1ère, 2 en terminale. Le découpage sera semestriel.

En 1ère le programme portera sur :

I.        La parole de l’Antiquité à l’époque médiévale ; les pouvoirs de la parole, ancrage de l’Antiquité au monde médiéval, mais extension possible à l’époque actuelle

1.   Art de la parole

2.   Autorité de la parole, pouvoir, parole performative, politique

3.   Séduction de la parole, réception, effets, lyrique

II.        Représentations du monde de la Renaissance aux Lumières

1.Découverte du monde et rencontres des cultures

2. Décrire, figurer, imaginer. Modèles heuristiques en philo, mimésis en littérature, représentation littéraire du réel, fiction

3. L’homme et l’animal, théorie sur le vivant

En terminale :

Connaissance de soi des Lumières à 1945 – Expériences contemporaines, tableau de la situation intellectuelle. Situation intellectuelle, artistique et scientifique depuis 1945.

L’épreuve comprendra deux questions auxquelles les élèves répondent par deux essais, une question philo et une question littéraire. L’objectif est de favoriser le réinvestissement de ce qui a été vu en cours, en privilégiant le sens plutôt que de se focaliser sur la forme.

F Jarraud – JM Le Baut

Présentation détaillée en ligne

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Une pétition pour sauver l’Aquarius

Déjà signée par 250 000 personnes, la pétition en faveur de l’Aquarius a besoin d’un soutien plus important encore face à l’immobilisme politique. Dernier navire de sauvetage en Méditerranée centrale, l’Aquarius a sauvé des centaines de vies. La pétition exhorte les Etats à « prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite mener sa mission vitale de sauvetage; respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer; assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée ».

La pétition

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