Archives de la catégorie Publications

Les devoirs c’est vraiment efficace ?

Alors que JM Blanquer annonce la mise en place rapide du dispositif « devoirs faits », qui devrait accueillir au collège les élèves dans des études du soir, l’OCDE publie une intéressante étude sur le temps de travail des collégiens. Si l’on en croit l’OCDE, il n’y a pas de lien mathématique entre le temps passé au travail scolaire et le niveau obtenu. Et cela dépend en grande partie du temps consacré aux travaux d’après la classe. Pour l’OCDE ce n’est pas hors de la classe que l’on peut améliorer les résultats scolaires…

La solution « Devoirs faits »

« Oui, les devoirs, c’est important. On a besoin de faire des exercices, d’apprendre des choses par cœur… Bref, d’avoir un travail individuel autonome ». Sur RTL, le 30 mai, JM Blanquer, nouveau ministre de l’éducation nationale, annonce le dispositif « Devoirs faits ». L’année prochaine les collèges proposeront aux élèves volontaires un temps d’étude pour faire les devoirs présentés parle ministre comme « importants ».

Mais est-ce si sur ? Le 7 juin, le Café pédagogique citait P Rayou.  » Il ne semble pas que les devoirs soient utiles aux élèves qui ont le plus besoin de compléter des apprentissages qui n’ont pas été convenablement mis en place pendant les séquences de cours », écrivait-il. « Beaucoup des élèves que nous avons vus, notamment dans des aides aux devoirs, s’acquittent très scrupuleusement de leur tâche, mais si leurs difficultés d’apprentissage au cœur de la classe, au milieu de leurs pairs, persistent, ils peuvent finir par penser qu’ils sont « nuls ». Ils se débarrassent alors de ce qui ne constitue plus qu’un pensum, voire ne font plus leur travail. Ce qui ne fait en effet que creuser les inégalités d’apprentissage ».

De forts écarts de temps scolaire selon les pays

Dans un nouveau numéro de Pisa à la loupe, l’OCDE apporte un nouvel éclairage sur cette question. L’organisation a demandé aux collégiens ou parfois jeunes lycéens (élèves âgés de 15 ans) quel était leur temps de cours et quel était leur temps de travail hebdomadaire après les cours.

Le tout cumulé se chiffre à environ 44 heures de travail scolaire hebdomadaire en  moyenne. Mais cela va de 36 (Finlande) à 58h (Emirats arabes unis) , en grande partie en raison de la durée variable des travaux scolaires à la maison.

Dans les Emirats arabes unis, en Chine, en Tunisie, en Thaïlande, en Corée, les jeunes passent presque tout leur temps disponible à étudier. A l’autre extrémité, les Finlandais, les Allemands, les Suisses , les Uruguayens passent peu de temps au travail scolaire, en grande partie  parce que le travail à la maison est beaucoup moins long. La France est dans une position un peu inférieure à la moyenne Ocde.

Pas de lien entre temps scolaire et niveau

Quels pays obtiennent les meilleurs résultats ?  D’après l’OCDE  il n’y a pas de lien entre le temps de travail scolaire global et le niveau atteint.

Ainsi dans les pays ayant le plus fort niveau on va trouver Singapour, où les élèves consacrent plus de 50 heures par semaine au travail scolaire, ou le Canada mais aussi tout le bloc des dilettantes, Finlande en tête, où on retrouve l’Allemagne, le Japon, les Pays Bas, la Nouvelle Zélande…

Travailler après les cours est peu efficace

Comment expliquer cela ? L’OCDE s’est attaché à calculer l’efficacité du travail scolaire après les cours. Pour l’organisation, elle n’a rien d’évident. L’organisation calcule même que plus il est long moins il est efficace. Pour chaque heure de devoirs en plus le score baisse de 20%.

La conclusion de l’Ocde ne surprendra pas les enseignants, mais peut-être les ministres… « Etudier et apprendre après l’école peut être inéquitable .. Ca peut aussi être la façon la moins efficace d’atteindre le niveau attendu. Pour aider les élèves, il faut redoubler d’efforts pour que le temps scolaire soit productif ».  C’est dans la salle de classe qu’il faut améliorer les conditions d’enseignement. Mais c’est plus couteux que des retraités ou des jeunes du service civique après l’école…

Pisa in focus

Rayou

Blanquer sur RTL

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Primaire : 600 postes non pourvus aux concours de CRPE

Les résultats aux concours de professeurs des écoles de plusieurs académies sont sortis. A Versailles comme à Créteil, cette année encore tous les postes n’ont pas été pourvus. 600 professeurs manqueront à la rentrée.

Selon les résultats des académies de Créteil et Versailles, 564 postes d’enseignants ne sont pas pourvus à la rentrée 2017. Sur les 1600 postes proposés aux concours externes, seulement 1110 ont été pourvus à Créteil. Il manque donc 490 enseignants. A Versailles, le déficit est de 74 postes sur les 1470 qui étaient proposés.

Ce déficit est globalement moins important qu’en 2016 où il avait atteint 665 postes. La situation est meilleure à Versailles où on comptait deux fois plus de postes non pourvus en 2016. Mais elle s’est aggravée sur Créteil : en 2016, 424 postes n’avaient pas été couverts.

Ces deux académies sont celles qui créent le plus de postes. Ce sont aussi des académies où le nombre de candidats est limité par la composition sociale et scolaire de la population. Enfin ce sont les académies qui ont les seuils d’admission les plus bas de métropole : en dessous de 8 en 2016.

Résultats Versailles Créteil

Les poste smis aux concours en 2017

Les résultats de 2016

Notre analyse des résultats des concours 2016

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Communiqué LDH : « En Marche », mais pas pour mettre fin à l’état d’urgence ni renoncer aux lois sécuritaires !

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Se plaçant dans le sillage de la politique sécuritaire des pouvoirs publics précédents, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres, le jeudi 22 juin 2017, deux projets de lois attentatoires aux droits et libertés. Les préfets garderont seuls jusqu’au 1er novembre leurs pouvoirs exorbitants, sans juge pour prévenir les détournements constatés, notamment contre les mouvements sociaux.

Le premier tend à la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre 2017 et aura pour effet de placer, pour la sixième fois, la France sous ce régime d’exception, pour une durée totale inédite de presque deux ans alors que ses conditions légales sont loin d’être réunies et que des rapports parlementaires ont démontré son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme. La France demeurera ainsi seule, avec l’Ukraine et la Turquie, à subir ce droit d’exception, dont l’application a conduit à des abus, à des dérives et à une stigmatisation d’une partie de la population.

Le second, supposé nécessaire pour sortir de l’état d’urgence, introduit dans le Code de la sécurité intérieure, après les lois des 3 juin et 21 juillet 2016, des dispositions qui accroissent considérablement les pouvoirs de police administrative du ministre de l’Intérieur et des préfets, et qui sont inspirées, même si elles ne sont pas transposées, par l’état d’urgence (périmètre de sécurité imposant à tous des contrôles d’identité, palpations de sécurité, inspections visuelles et fouilles des bagages, visites des véhicules, mesures individuelles de surveillance à l’égard de personnes présumées suspectes de lien avec le terrorisme comportant des restrictions de libertés, perquisitions de jour et de nuit, saisies de données informatiques…).

La LDH condamne cette fuite en avant des pouvoirs publics, qui, se réfugient dans l’élaboration d’une nouvelle loi sans même avoir pris le temps de procéder à une évaluation pertinente des législations antérieures, et sans non plus s’interroger sur l’efficacité réelle de l’action des services de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Se crée ainsi un véritable droit d’exception sans cesse renforcé qui ampute, sans retour possible, les droits et libertés de chacun, au mépris de l’Etat de droit et des engagements internationaux et européens de la France.

Paris, le 23 juin 2017

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La LDH se mobilise contre l’état d’urgence !

L’Etat d’urgence : au centre de l’agenda politique.

Déjà plusieurs fois reconduit, cet instrument n’est pas prêt d’être remisé au magasin des accessoires dépassés. Après son expiration en juillet prochain, il sera sans aucun doute, vu les déclarations du gouvernement, renouvelé dans les mêmes termes. Puis ce sera le dépôt d’un projet de loi intégrant l’Etat d’urgence dans le droit commun, et qui sera examiné  à l’automne.

Le document en référence est fait pour aider à la mobilisation contre le renouvellement de cet Etat d’urgence, dans sa définition actuelle. Il comprend :

  • un résumé sous la forme de questions / réponses à son propos, rédigé par la LDH ;
  • un argumentaire détaillé écrit par des associations et syndicats qui militent depuis des mois contre l’Etat d’urgence tel qu’il est actuellement en vigueur.

Le projet de loi qui sera présenté au débat parlementaire fera l’objet à une date ultérieure d’une analyse sous une forme qui n’est pas encore arrêtée par les organisations qui ont rédigé l’argumentaire du dispositif actuel.

L’action que la LDH doit conduire est double : mobiliser les citoyennes et les citoyens sur les dangers du renouvellement de l’Etat d’urgence actuel ; interpeller les nouve-aux-lles député-e-s sur ce renouvellement qui est l’actualité de ce qu’elles et ils vont devoir adopter – ou rejeter… – dans l’une de leurs premières sessions en juillet.

Bien cordialement,

Dominique Guibert

Secrétaire général

—————————————

138 rue Marcadet – 75018 Paris

Tél. 01 56 55 51 07 – Fax : 01 42 55 51 21

ldh@ldh-france.orgwww.ldh-france.org

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Gazette d’@rrêt sur images, n°497. Les collégiens, le réalisateur, et le dieu serpent

Gazette d’@rrêt sur images, n°49

C’est l’histoire d’une jeune parisienne, brutalement transplantée dans son village natal au Sénégal, après une rixe à Paris. Elle avait droit à la nationalité française, mais avait bêtement omis de la demander. Et la voilà coincée dans ce village, sans pizzas ni hamburgers. Choc des cultures ! Horreur et fatalité ! C’est le sujet de La mort du Dieu serpent (1), le dernier « doc de Tënk » sur lequel nous nous arrêtons avant l’interruption estivale. Vous pouvez le voir sur notre site toute cette semaine (2).

Et pour en parler, avec son réalisateur Damien Froidevaux, nous avons fait appel aux collégiens de la « classe télé (3) », qui nous ont accompagnés toute cette année scolaire. Mais oui, Mamadou, Maximilian, Minyana et les autres sont sur notre plateau. Avec leur enseignante, Laura Mougel, ils ont visionné le documentaire, et soigneusement préparé la séance. Quel regard portent-ils sur ce documentaire, eux qui vivent dans l’arrondissement du Nord parisien voisin de celui de Koumba ? Entre les collégiens et le réalisateur, c’est une rencontre inattendue. Mais pas vraiment un choc des cultures. Notre émission est ici (4).

Daniel Schneidermann

(5)

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[Cerises] Le champ des possibles

Voici le 330° numéro de Cerises dans lequel est posée la question des possibles, et la « com' » macroniste démysthifiée. Il y est aussi question des retraites.

« Et maintenant », à vous de lire :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Collège : Blanquer explique la rentrée aux principaux

Alors que le B.O. du 22 juin publie l’arrêté sur la réforme du collège, le ministre écrit aux principaux pour expliquer ses intentions. Evoquant « une nouvelle étape », il montre comment « consolider la place des langues au collège avec al réaffirmation des classes bilangues » et le « développement du latin et/ou du grec ».

Dans sa lettre adressée le 19 juin aux principaux,  JM Blanquer annonce « une nouvelle étape pour le collège » qui « donne la possibilité d' »enrichir l’offre d’enseignements des établissements ». Pour le ministre , « cette réussite passe par la consolidation des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui), l’ouverture sur la culture , la projection vers l’avenir ».

Le ministre rappelle « qu’un EPI au minimum » doit avoir été suivi au cycle 4 et qu’il n’y a plus de thèmes imposés. Et il glisse tout de suite au rétablissement des classes bilangues et du latin grec.

Le document d’accompagnement clarifie la gestion des moyens. L’horaire ancien est continué, y compris les 4 h d’enseignements complémentaires au cycle 4 et les 3 heures par division pour dédoublements.

Ce qui change c’est à la fois les priorités et une nouvelle gestion des moyens. Dès le début du document officiel on parle d’assouplissement et d’enrichissement de l’offre d’enseignements dans chaque collège, une invitation claire à développer les enseignements facultatifs.

Si les 3 et 4 heures d’enseignements complémentaires sont maintenues, leur gestion est libérée. Chaque collège peut les attribuer librement entre AP et EPI , à condition d’avoir au moins une séquence de chaque sur le cycle 4. Le contenu des EPI n’est plus défini. Enfin , « un enseignement complémentaire peut être dispensé dans une langue vivante étrangère ».

Tout cela permet le rétablissement des classes bilangues et des filières latin grec en puisant dans les enseignements facultatifs (les 3 heures par division) mais aussi sur le temps des enseignements complémentaires.

La lettre aux principaux

La rentrée

L’arrêté qui dit adieu à la réforme

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Le Snpden veut un autre bac

Plus question de « remuscler » ou de « simplifier ». Le bac, pour le Snpden Unsa, le premier syndicat des personnels de direction, est « un truc monstrueux qui ne sert à rien ». Alors qu’une nouvelle affaire de fuite au bac venait de tomber, Philippe Tournier, secrétaire général,  a dit le 22 juin tout le mal que son syndicat  pense d’un examen perçu comme obsolète et néfaste. Le Snpden veut deux examens distinguant d’un coté la certification de fin d’études secondaires et de l’autre l’accès au supérieur.

Bac : Des sujets impossibles

« Le coût réel du bac c’est 2 milliards d’euros ». Le Snpden arrive à ce calcul en estimant toutes les heures de cours perdues du fait de l’examen. Ou plutôt des heures « volées aux élèves ». Pour Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, on paye pendant plus d’un trimestre les enseignants à fare autre chose que des cours à cause du bac.

Mais ces 2 milliards ne sont qu’un apéritif. Le Snpden n’en a pas fini avec les critiques. Le syndicat dénonce la multiplication des épreuves et cite e exemple celle de langues vivantes où d’une épreuve écrite on est passé à 3 épreuves qui occupent les enseignants de mars à juin.

Troisième critique , la question des sujets. Le Snpden est irrité par les erreurs « inadmissibles » dans les sujets. D’après le syndicat on en serait à 7 alertes depuis le début du bac. La plupart de ces erreurs, comme celle de l’épreuve de chinois Lv2, sont détectées par les candidats. « Comment se fait-il que personne n’ait rie vu », demande P Tournier.

Mais il y a pire. Pour P Tournier , l’évolution des sujets tend au sujet impossible. Il cite en exemple le sujet d’histoire des séries Es et L : « Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à nos jours ». Il en a d’autres : le sujet de français de ES et L où le texte de Proust nécessite 7 fiches vocabulaires. Ou ces sujets de bac pro qui font 10 pages. « Il faut arrêter le concours Lépine des sujets hors sol », dit il. Pour lui le résultat c’est qu’on n’évalue plus réellement les connaissances des élèves.

Le bac « sert à rien »

P Tournier estime que le bac « ne sert à rien » puisque l’orientation des lycéens est faite avant le bac, par APB. « Pour toutes les formations sélectives elle se fait sur dossiers, de façon ni anonyme, ni régulée, ni nationale », relève-t-il. Au final, « 85% des élèves obtiennent le bac et 60% échouent dans le supérieur ». Le bac ne sert donc ni à l’orientation ni à la préparation au supérieur.

P Tournier dénonce le fait que tous les bacs donnent accès au supérieur.  » Seul le bac général a été conçu pour la poursuite d’études supérieures longues. Les bacs professionnels n’ont pas été faits pour que les élèves poursuivent dans le supérieur ».

Ces bacheliers professionnels inscrits dans le supérieur « occupent des places » alors qu’ils seront en échec, souligne -t-il. « Le statut d’étudiant est aussi un statut social », poursuit-il. « Ce qui se joue pour certains c’est leur moyen de survie avec le Crous et les bourses ».

Créer un examen d’entrée dans le supérieur

Le Snpden souhaite donc une réforme totale du bac et sur ce point rejoint le ministre. Il envisage deux épreuves. D’abord un certificat d’études secondaires , simplifié et passé au milieu de l’année de terminale, et ensuite un bac qui évaluerait les compétences nécessaires à la réussite dans le supérieur.

« Il faudrait d’autres épreuves qui s’assurent que les élèves savent écrire, parler, exploiter un document, chercher sur Internet », estime-t-il. Des épreuves qui ne se compenseraient pas à la différence du bac actuel.

Pour P Tournier, « des forces antagonistes peuvent se retrouver là dessus au conseil supérieur de l’éducation ». Il invite donc le ministre à chercher le consensus.

APB : Omerta et scandale

P Tournier est aussi intervenu sur APB  pour dénoncer le scandale des formations « à pastilles vertes » devenues inaccessibles. Les lycéens avaient l’obligation de prendre au moins une de ces formations qui étaient présentées comme la garantie d’avoir une affectation. Des 169 filières embouteillées , 129 auraient trouvé des solutions, selon le ministère, a précisé P Tournier. Seulement 2000 à 2500 jeunes se trouveront sans affectation en septembre.

« On aurait pu anticiper la croissance démographique de 2017 que l’on connait depuis 17 ans », a déclaré P Tournier. « En 2018 on nous promet que tout sera réglé mais il y aura encore 40 000 lycéens de plus ».

Macron avance son projet

Au conseil des ministres du 22 juin, le gouvernement a annoncé un « contrat de réussite étudiant » dès la rentrée 2018, mis en place « après dialogue avec les organisations étudiantes et syndicales ». Ce contrat « permettra de donner aux futurs étudiants les clés de la réussite dans l’enseignement supérieur ». Le projet de réforme du bac avec réforme d’APB est lancé.

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GAFAM : le Snes et la CGT saisissent la Cnil et la DAJ

«  Nous avons des inquiétudes concernant le développement des bases de données numériques et de l’usage qui pourrait en être fait. L’identité numérique des élèves comme celle des personnels ne saurait faire l’objet d’une quelconque diffusion, voire, pire, d’un usage mercantile. C’est pourquoi la découverte, par voie de presse, d’un courriel envoyé par le ministère aux Dan et Dsi nous a particulièrement inquiétés, tant par la forme que par le fond ». Dans un courrier du 15 juin, le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent la Direction des affaires juridiques du ministère de l’éducation nationale de cette question. Les syndicats ont également saisi la Cnil le même jour.

Parmi les questions:  » Qui a la compétence juridique/réglementaire pour donner une autorisation d’interconnexion à un annuaire de l’Éducation nationale ? Qu’en est-il de l’application de la loi de 1978 informatique et libertés en ce qui concerne la connexion des annuaires (données élèves mineurs ou majeurs) aux GAFAM ? Existe-t-il un cadre juridique ? Si oui, pouvez-vous nous préciser lequel ? Pouvez-vous nous éclairer sur la hiérarchie entre CGU « éducation » (conditions générales d’utilisation), chartes dans l’établissement, cadre réglementaire validé par la CNIL ? »

A l’occasion d’une rencontre, le 6 juin, entre le directeur du numérique éducatif, M Jeandron, et le Snptes, c’est l’avenir de la base même des élèves qui est évoqué.  » L’hypothèse d’un abandon de la base élèves établissement SIECLE qu’exploiteraient désormais les éditeurs privés ». Hypothèse confirmée par la direction du numérique.  » Mathieu Jeandron ne dément pas que cette question est à l’étude, et s’interroge sur la viabilité de SIECLE dans les années à venir. Il faut s’interroger, selon lui, sur l’intérêt de continuer à investir sur des produits que les éditeurs privés font aussi bien, voire mieux », écrit le Snptes.

La lettre à la DAJ

La lettre à la Cnil

Le ministère ouvre l’école aux GAFAM

Snptes

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Concours : menaces sur la lente reprise des candidatures

« Cette année encore, la session n’a pas permis de pourvoir l’ensemble des postes ouverts aux concours externes ». On le savait mais deux Notes de la Depp, la division des études du ministère, apportent un éclairage historique à la crise du recrutement qui touche le premier et le second degré. Pourtant l’élan est réel depuis la reprise du recrutement en 2012 et le nombre de candidats augmente. Mais celui des postes aussi. Dans cette course, l’Education nationale perd des plumes. On peut s’interroger sur l’avenir du redressement initié depuis 5 ans.

Inégalités entre les disciplines au second degré

Aux concours du second degré 2016, 13% des postes n’ont pu être dotés, rappelle la Depp dans une nouvelle Note. Si l’on retient que les postes mis aux concours externes, 44 846 candidats se sont inscrits mais finalement seulement 11 454 ont été admis pour 13 170 postes proposés.


Le nombre de candidats a pourtant augmenté depuis 2012 passant de moins de 30 000 à 45 000. Mais le nombre de postes proposés augmente aussi : 8000 en 2012, 13 000 en 2016. Le nombre de candidats augmente juste au même rythme que celui des candidatures et l’écart entre les deux se maintient. Globalement on a toujours 3 candidats pour un admis.

Si on regarde en détail, on note de fortes variations entre les disciplines. En maths 6106 personnes se sont inscrites pour 1540 postes. Mais seulement 2732 étaient présentes et 1234 admises. En lettres modernes les 3881 inscrits n’ont donné lieu qu’à 1120 admis là où il y avait 1357 postes. Déficit aussi en anglais avec 1134 admis pour 1304 postes. Certaines disciplines connaissent l’inverse : en EPS on a 3442 présents pour 820 postes.

Inégalités régionales dans le premier

Dans le premier degré aussi tous les postes n’ont pas été pourvus en 2016. 600 postes sont restés vacants pour 13 000 postes proposés. On constate là aussi la forte reprise des candidatures (moins de 20 000 en 2012, plus de 30 000 en 2016) mais l’évolution du nombre de postes est plus rapide encore.


Dans le premier degré, la différence est surtout régionale. Les concours sont académiques et deux académies ont des besoins immenses et une population avec un bagage scolaire plus faible qu’ailleurs. En 2016 Créteil recrutait 1745 postes et Versailles 1725. Dans les deux cas on a eu à peine plus que 2000 présents. Même avec une seuil d’admission assez bas (7.5 à Créteil), tous les postes n’ont pu être pourvus. A Créteil on a compté 1321 admis pour 1745 postes. Le concours spécial dit de Créteil a apporté 500 postes supplémentaires.

Un phénomène mondial

Comment expliquer cette crise du recrutement ? On sait que les salaires enseignants , même revalorisés, restent faibles, les conditions de travail et les perspectives de carrière médiocres. Mais il faut ajouter que cette situation est générale dans les pays développés.

Partout, sous la poussée du New Public Management, on augmenté la professionnalisation des enseignants, relevé les conditions de diplôme et partout la pénurie est apparue. La crise est plutôt plus faible en France que chez nos voisins où on peut compter par exemple 10 fois plus de démissions.

La rentrée et après…

Ces données de la Depp sortent alors que les Dasen mettent un point presque final à la rentrée. En septembre 2017, il y aura beaucoup d’enseignants en plus dans les écoles et les établissements. Les 13 170 nouveaux professeurs du second degré admis en 2016 seront dans les classes à la rentrée avec les 11 858 nouveaux professeurs des écoles. Mais il y en aura moins qu’espéré.

Le pire est pourtant pour après. Le candidat Macron a prévu 2000 nouveaux postes seulement pour son quinquennat. L’effort fait pour redresser le nombre de candidatures pourrait bien se perdre dans la baisse du nombre de postes proposés dès la session 2018.

Note Depp 1er degré

Note Depp 2d degré

Suède, Angleterre, Pays Bas

L’échec des concours réservés

La crise du recrutement s’aggrave dans le 1er degré

2d degré la crise du recrutement

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L’Union syndicale Solidaires publie une carte des suicides

 par Nolwenn Weiler 20 juin 2017

« Rendre visible les suicides liés au travail » : c’est l’objectif de la carte réalisée par l’union syndicale Solidaires. Après les suicides le 7 mars d’une infirmière à l’hôpital Cochin et d’un cheminot le 10 mars à la gare St Lazare, Solidaires a décidé de recenser les suicides au travail et de les rendre publics. Et malheureusement, la liste s’allonge : en mars, à Tarbes, un technicien et un ingénieur travaillant pour Daher Socata, une ancienne filiale d’EADS qui construit des avions légers, ont mis fin à leur jour ; en avril, à Amiens, trois salariés de l’équipementier Valeo se suicidaient ; en mai, l’InterSyndicat national des internes (ISNI) de Bordeaux déplorait le cinquième suicide d’un interne hospitalier depuis la rentrée universitaire.

Partout les directions d’entreprises cherchent à rendre invisibles ces drames qui, pourtant, pourraient être en partie liés aux conditions de travail : à la SNCF, dans les hôpitaux, à la Poste, dans de trop nombreuses entreprises, petites et grandes, qui n’ont parfois aucune équipe syndicale pour alerter sur ces situations.

- A relire : Les suicides au travail sont-ils statistiquement admissibles ?

Solidaires invite les équipes syndicales, les salariés et militants qui ont connaissance d’un suicide probablement lié au travail à les informer en remplissant un court formulaire. Seules informations nécessaires : le lieu et la date du suicide, avec un lien vers la source l’ayant rendu public (communiqué tract syndical, article de presse…).

https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/carte-des-suicides-au-travail_135473?scaleControl=false&miniMap=false&scrollWheelZoom=false&zoomControl=true&allowEdit=false&moreControl=true&searchControl=null&tilelayersControl=null&embedControl=null&datalayersControl=true&onLoadPanel=undefined&captionBar=false

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[Cerises] Spécial 2e tour

Et voici pour le 2e tour des législatives.
A vendredi prochain !

L’équipe de Cerises :


Cerises
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Saint-Denis, 93200

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Officiel : l’arrêté qui dit adieu à la réforme du collège…

Premier détricotage officiel. L’arrêté collège est paru au Journal officiel du 18 juin. Sans interdire les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) il les vide de tout contenu et ne les rend plus obligatoire que sur année des 4 que compte le collège. L’accompagnement personnalisé connaît le même sort. Moins d’un mois après sa prise de fonctions, Jean-Michel Blanquer a déjà rayé d’un trait la réforme du collège de N. Vallaud-Belkacem.

Un arrêté publié malgré le vote négatif du CSE

L’arrêté, daté du 16 juin, annulant les dispositions de la réforme du collège est publié au Journal officiel du 18 juin. Et cela bien qu’il ait été rejeté le 8 juin par 26 voix contre (FO, Sgen Cfdt, Fcpe, Solidaires), 8 pour (Snalc et Snpden Unsa) et 24 abstentions (Se Unsa et Fsu). Pour mémoire, l’avis du CSE n’est que consultatif.

Sans surprise, l’arrêté reprend le texte mis en débat devant le Conseil supérieur de l’éducation du 8 juin, que le Café pédagogique avait publié le 9 juin. Il s’agit d’une version modifiée par rapport à une première version proposée le 6 juin qui annulait totalement la réforme Vallaud Belkacem.

Les EPI et l’AP réduits à portion congrue

Le 8 juin, le ministère a fait une concession en acceptant une proposition du Se-Unsa. Un amendement modifie l’article 3 pour prescrire un minimum d’un EPI et d’une séquence d’accompagnement personnalisé sur le cycle 4. Il ajoute en fin d’article un nouveau paragraphe.  » A l’issue du cycle 4, tout élève doit avoir bénéficié de chacune des formes d’enseignements complémentaires ».

Chaque élève devra donc avoir croisé au moins un EPI et un temps d’accompagnement personnalisé (AP) sur son temps au collège. A charge pour chaque collège de choisir le niveau où ces dispositifs seront mis en place. Ce devra obligatoirement être le même niveau pour tous les élèves. L’article 4 précise maintenant que le niveau retenu pour faire un EPI ou l’AP sera le même pour tous les élèves.  » La répartition entre les enseignements complémentaires est déterminée par l’établissement, en fonction des besoins des élèves accueillis et du projet pédagogique de l’établissement. Elle est identique pour tous les élèves d’un même niveau ».

Mais qu’est ce qu’un EPI ? L’arrêté a supprimé la liste des thèmes obligatoires. Un EPI reste interdisciplinaire mais les enseignants pourront considérer comme EPI ce qu’ils voudront.  L’accompagnement personnalisé est lui aussi dans un certain flou. Tout cela contribue, avec la nouveauté de dispositifs parachutés et qui n’ont pas été bien accueillis, à en vider la substance.

Une modification à venir du brevet ?

Il faut s’attendre maintenant à une probable modification du règlement du brevet. Celui ci prévoir une épreuve orale sur l’EPI. Elle ne pourrait être maintenue que si les collèges choisissaient impérativement le niveau de 3ème pour faire l’unique EPI obligatoire.

Les autres modifications

L’article 5 met les langues régionales au même niveau que les langues étrangères.  » un enseignement commun ou un enseignement complémentaire peut à chaque niveau être dispensé dans une langue vivante étrangère, ou régionale ».

L’article 7 est modifié pour renforcer l’horaire des bilangues.  » Les enseignements facultatifs peuvent porter sur : a) les langues et cultures de l’Antiquité au cycle 4, dans la limite d’une heure hebdomadaire en classe de cinquième et de trois heures hebdomadaires pour les classes de quatrième et de troisième ; b) l’introduction d’une deuxième langue vivante étrangère, ou régionale, en classe de sixième. Le cas échéant, l’enseignement des deux langues vivantes se fait dans la limite de six heures hebdomadaires (au lieu de : dans la limite de deux heures hebdomadaires); c) un enseignement de langues et cultures européennes, s’appuyant sur l’une des langues vivantes étudiées, dans la limite de deux heures hebdomadaires au cycle 4″.

Le ministre a aussi atténué dans la forme l’esprit très ségrégatif de la 3ème prépa pro. Les élèves y suivent toujours un enseignement de découverte professionnel , mais ce n’est plus officiellement le seul objectif de cette filière. Ce qui ne change pas grand chose.

Un retour en arrière

Finalement cet arrêté donne-t-il plus de pouvoir et d’autonomie aux équipes éducatives ? Oui dans la mesure où il n’y a  plus de liste imposée d’EPI. Mais globalement le ministre n’a pas accordé davantage de moyens aux dispositifs particuliers que les collèges pourraient développer. Les éventuels bilangues ou enseignements de langues et cultures de l’Antiquité vont être pris sur les heures complémentaires attribuées par la réforme.

La logique qui sous-tend la réforme Blanquer n’est pas celle de davantage d’autonomie pour les collèges. C’est la même marge d’autonomie avec une forte incitation à revenir en arrière.

Non seulement les enseignants vont se faire concurrence pour « pousser » leur discipline. Et on peut parier que les collèges, comme c’était le cas avant, tiendront compte en priorité des contraintes de postes pour faire des choix qui devraient être pédagogiques.

Mais aussi les collèges sont invités à développer des stratégies de concurrence entre eux en proposant des voies spécifiques qui encouragent la ségrégation à l’intérieur des établissements ou entre établissements, comme c’était le cas avant 2015. En ce sens l’arrêté Blanquer est bien une contre -réforme, hostile à la philosophie qui sous-tendait la réforme Vallaud-Belkacem, présentée comme un outil pour réduire les inégalités dans le système éducatif.

Quelle application ?

Publié le 18 juin, l’arrêté parait alors que la rentrée 2017 est déjà organisée dans les établissements.

Dans un communiqué ID Fo, le second syndicat de chefs d’établissement, écrit : » Aujourd’hui dans tous les établissements, dans l’intérêt des élèves, les personnels de direction sont mobilisés, dans le temps de l’orientation et des examens. Au même moment, différentes sources annoncent des modifications profondes à mettre en oeuvre concernant la réforme du collège… dès la rentrée 2017…qui nécessiteraient du temps… Mais quand trouverons-nous ce temps, alors même que la préparation de rentrée est déjà actée dans les établissements ?  »

Des réunions vont probablement avoir lieu dans une partie des collèges pour modifier en catastrophe ce qui était prévu pour septembre 2017. Ailleurs c’est trop tard.

Là où les équipes tiennent beaucoup aux EPI et à l’AP elles pourront les maintenir. Mais il faudra que ces nouveaux dispositifs aient convaincu la majorité des enseignants. Ca va être rare. Ailleurs EPI et AP vont s’effilocher jusqu’à l’oubli.

De cet épisode, les enseignants tireront la conclusion qu’une fois de plus le ministère a exercé de fortes pressions pour mettre en place une réforme pour revenir ensuite dessus sans plus tenir compte de leurs attentes. A l’Education nationale, il suffit de savoir attendre le contre-ordre.

Le nouvel arrêté

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Créteil : le brevet et les manipulations du LSUN

L’administration manipule-t-elle le livret scolaire ? Ou les enseignants ? La validation des compétences dans le livret scolaire LSUN donnerait lieu à des tripatouillages de dernière minute selon le Snes de Créteil. Une accusation qui renvoie aux nouvelles conditions d’attribution du brevet qui font de l’évaluation des compétences la clé des résultats de l’examen et de l’affectation en lycée. Cela dans un second degré qui n’a toujours pas accepté l’évaluation par compétences. Problème…

Selon le Snes, des principaux changent l’évaluation

 » Plusieurs établissements nous ont fait remonter, depuis quelques jours, des modifications par les chefs d’établissement des compétences remplies dans le LSUN par les collègues », annonce le syndicat Snes de Créteil sur son site. Selon le syndicat, des chefs d’établissement redresseraient l’évaluation des compétences en attribuant 320 points là où des enseignants en auraient donné 200.

 » Depuis la mi-mai, la hiérarchie a pu constater que le LSUN ne se remplissait pas comme prévu. Dans plusieurs établissements, des équipes entières ont annoncé ne pas vouloir compléter, vouloir mettre 200 points ou 400 points à tous les élèves ou utiliser notre logiciel pour transformer les moyennes en compétences. Pour y faire face, l’administration s’est mise à réunir, début juin, les chefs d’établissement de l’académie, et leur a rappelé qu’ils pouvaient modifier les travaux des collègues sur le socle si besoin », note le Snes.

Les compétences un enjeu du brevet et au-delà

L’enjeu est la validation des compétences dans le livret numérique LSUN qui a été imposé cette année. Celle-ci a pris une importance beaucoup plus grande cette année avec le nouveau brevet et la nouvelle procédure Affelnet.

Jusque là la validation des compétences était une étape secondaire dans l’obtention du brevet. Celui ci était attribué au vue des notes obtenues dans l’année et lors des épreuves finales. C’étaient aussi les notes qui fixaient les rangs d’affectation dans Affelnet.

Avec la nouvelle évaluation tout change. Le nouveau brevet se compose de deux catégories d’épreuves. Les premières consistent en la validation du socle. Selon les textes, c’est au conseil de classe du 3ème trimestre de l’année de troisième que « l’équipe pédagogique évalue le niveau de maîtrise atteint. Le chef d’établissement certifie ce niveau et en porte attestation sur le livret scolaire dans le bilan de fin de cycle 4 ». Le conseil de classe accorde un nombre de points pour chacune des 8 compétences : 10 points si le candidat obtient le niveau « Maîtrise insuffisante » ; 25 points s’il obtient le niveau « Maîtrise fragile » ; 40 points s’il obtient le niveau « Maîtrise satisfaisante » ; 50 points s’il obtient le niveau « Très bonne maîtrise ». Pour le brevet, l’évaluation des compétences donne 320 points à un élève moyen alors que le brevet est attribué avec 350 points. Par suite, tout élève moyen a automatiquement le brevet avant même le début des épreuves, alors que celles ci ont été complexifiées.

Logique de moyenne et logique de compétences

C’est cette situation absurde qui crée le tripatouillage dénoncé par le Snes Créteil. D’une part des enseignants calculent l’évaluation des compétences comme des notes. Pour eux un niveau moyen c’est 200 points et non 400. Selon le Snes,  » les 200 points correspondent à la moitié des points attribuables dans le socle. De nombreux enseignants ont considéré qu’un élève moyen devrait avoir un nombre de points correspondant à ce nombre. De plus, ce score, attribué à tous, avait l’avantage de rendre aux épreuves finales du brevet une importance ».

Le problème c’est que ce n’est pas ce que dit  le règlement d’examen et que cela fausse aussi l’affectation des élèves. Des chefs d’établissement repassent alors derrière les enseignants pour transformer les 200 points en 320 réglementaires.

D’autre part la logique même d’évaluation des compétences serait toujours refusée dans certains établissements, selon le Snes Créteil. Et les principaux valideraient à la louche comme ils le faisaient dans l’ancien système.

Quand le système dérape c’est le niveau local qui répare…

La situation dénoncée par le Snes Créteil était prévisible. Le nouveau règlement d’examen, en ne choisissant pas entre l’attribution du brevet par validation du socle et attribution par examen final, a créé un monstre où se cumulent les inconvénients des deux systèmes. Son avenir est d’autant moins assuré que la quasi disparition des EPI depuis la réforme Blanquer supprime une partie des épreuves.

La nouvelle évaluation rencontre aussi l’hostilité d’une partie des chefs d’établissement qui jugent que le nouveau système, où les points sont attribués au vue de l’évaluation des compétences, n’ets aps assez discriminant pour permettre l’affectation des futurs lycéens dans un système où tous les établissements sont égaux mais où certains sont quand même reconnus d’élite…

Ce que dénonce le Snes de Créteil, c’est involontairement les errances d’un système éducatif qui croit pouvoir imposer une culture d’évaluation et qui n’est pas non plus au clair avec ses valeurs. Pour résoudre toutes ces contradictions systémiques, ce sont les tacherons des établissements qui s’y collent : les principaux.

Sur le site du syndicat

Brevet complexité inutile

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Elèves, bientôt tous fichés ?

Rue des écoles par Louise Tourret, le dimanche de 17h à 17h55

Quel encadrement pour le numérique dans l’éducation?

Ré-écouter l’émission : https://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/eleves-bientot-tous-fiches

Pixel Amiens - Des écoliers amiénois s'initient à l'informatique dans les locaux d'ALCO
Pixel Amiens – Des écoliers amiénois s’initient à l’informatique dans les locaux d’ALCO Crédits : Frédéric MétézeauRadio France

Nous allons vous parler des « Gafam », des ENT des algorythmes ou encore des learnings analytics… Oui le numérique éducatif est un sujet technique, on y emploie aussi nombre d’acronymes et des termes en anglais… Mais derrière le jargon, les enjeux sont énormes car il s’agit de protéger les informations qui concernent nos enfants, ce que beaucoup d’entre nous oublient de faire dans leur vie numérique de tous les jours où l’on donne notre avis, publions des photos et ouvrons des comptes personnels en livrant nom, date de naissance et adresse. Alors, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft sont-ils prêts à pénétrer le marché de l’Education Nationale dans le but de récupérer le plus possible de données personnelles comme ils-le font déjà ailleurs? Comment une institution aussi énorme que l’Education nationale peut-elle s’adapter et formuler des règles et des bonnes pratiques compréhensibles, applicables et protectrices? La question dépasse d’ailleurs l’école, il s’agit d’éduquer les enfants et même toute la société à un usage responsable du numérique.

L’actualité de l’éducation avec Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction de l’Etudiant

– Début des épreuves du Bac et un sondage « Les lycéens dessinent leur Bac idéal », autour de la réforme du Bac

– Les annonces du ministre de l’Education : jeudi 08 juin, le CSE examinait les textes de « détricotage » des réformes précédentes : rythmes scolaires avec un retour désormais possible à la semaine de 4 jours et collège avec le rétablissement des classes bilangues. L’éventuelle remise en cause de la suppression du redoublement

– Des mesures seraient inspirées par l’Institut Montaigne? Une enquête parue dans Libération

APB, tirage au sort des étudiants de la filière Paces, une information du site Educpros

Focus : Les reconversions vers le métier d’enseignant. Avec le témoignage de Libie Cousteau

Intervenants

Bibliographie

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Gazette d’@rrêt sur images, n°496. De l’ancien au nouveau monde : Isabelle Attard parle

Gazette d’@rrêt sur images, n°496

Pour évoquer le nouveau monde macronien, nous avons choisi une voix de l’ancien monde. Et pas n’importe laquelle : Isabelle Attard, remuante députée sortante, sur de nombreux sujets qui nous intéressent. Elle a été sèchement battue au premier tour des législatives. Comment analyse-t-elle son échec ? Que pense-t-elle des candidates novices qui bafouillent sur les plateaux ? Des premiers gestes de Macron sur l’écologie et le code du travail ? Et elle, maintenant, que va-t-elle faire ? Notre émission est ici (1).

Un nouveau chroniqueur nous rejoint cette semaine : André Gunthert, professeur de culture visuelle. Il nous parlera…d’images (quelle surprise !) Et il commence avec Wonder Woman. Certes, le film n’est pas féministe. Mais tout de même… Sa chronique est ici (2).

Je voudrais enfin vous raconter l’histoire de Koumba. C’est une jeune fille qui a grandi en France et qui arrive dans son pays de naissance, le Sénégal, à l’âge de vingt ans, après son expulsion de France. Elle est l’héroïne d’un documentaire, La mort du dieu serpent. Nous en parlerons la semaine prochaine, mais vous pouvez déjà le regarder. Il est ici (3).

Daniel Schneidermann

(4)

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[Cerises] Argenteuil – un moment d’histoire duPCF

Ce  vendredi, vous trouverez  « Argenteuil » en « gâteau » et les rubriques habituelles.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Numérique : plus d’équipement mais nouveau fossé numérique aux Etats Unis

Les enseignants américains ont plus de matériel numérique et d’accès Internet mais les usages n’évoluent pas voire la situation se détériore, note la revue américaine Edweek qui consacre un dossier aux dernières statistiques fédérales sur le numérique à l’école.

« Malgré la promesse de construire les compétences du 21ème siècle, comme la créativité et la résolution de problèmes, les élèves disent qu’ils utilisent les ordinateurs à l’école davantage pour des activités routinières », écrit Edweek. La revue souligne aussi que le pourcentage d’enseignants formés aux usages numériques a légèrement baissé depuis 2009.  Les enseignants non formés se retrouvent surtout dans les écoles des quartiers populaires créant ainsi un nouveau fossé numérique entre les élèves pauvres et les favorisés.

Dossier Edweek

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L’apprentissage des langues progresse en Europe

Que sait-on de l’apprentissage des langues vivantes en Europe ? Eurostat publie une étude précise sur le développement de l’enseignement des langues. Avec une bonne nouvelle : celui ci progresse en Europe. Et le français reste la seconde langue étrangère étudiée en Europe.

Comment évolue l’apprentissage des langues ?

Selon Eurostat, 84% des écoliers européens apprennent au moins une langue étrangère. C’est 16% de plus qu’en 2005. Dans 12 pays tous les écoliers apprennent une langue étrangère. C’est le cas par exemple en France mais aussi en Espagne ou Pologne. L’apprentissage peut commencer à 3 ans comme en Belgique germanophone. Mais pour la plupart des écoliers il commence entre 6 et 8 ans. C’est le Royaume Uni qui retarde le plus cet apprentissage, statut de l’anglais oblige.

La majorité des collégiens européens apprennent deux langues vivantes (60%) et là aussi leur nombre augmente.  Dans 11 pays cet enseignement concerne 90% et plus des élèves. Mais dans tous les pays, les élèves de l’enseignement professionnel son moins nombreux à apprendre deux langues.

Quel niveau ?

La quasi totalité des pays européens  a adopté le Cadre européen commun de référence pour les langues. La plupart demande le niveau A2 en fin de collège et B2 en fin de lycée pour la première langue et B1 pour la seconde  en fin de lycée.

Quelles langues sont apprises ?

On ne sera pas surpris de constater que l’anglais se taille la part du lion. 97% des collégiens apprennent l’anglais. C’est aussi le cas de 79% des écoliers et 85% seulement des lycéens (les élèves du professionnel n’apprennent pas tous une langue étrangère). La part de l’anglais a encore progressé fortement depuis 2005 particulièrement au primaire.

Le Français est la seconde langue enseignée : 34% des européens l’apprennent au collège et 23% au lycée. L’Allemand vient après avec 23 et 19% devant l’espagnol enseigné à 18% des collégiens et 19% des lycéens. L’espagnol est en progression.

Apprend on les langues en France comme dans les autres pays ?

Dans la plupart des pays européens on accorde davantage de temps aux langues au primaire que dans le second degré. C’est le contraire en France. On accorde 270 heures à l’école alors que la moyenne européenne est de 312 heures. 17 pays européens consacrent davantage de temps. Dans le second degré, les langues prennent 936 heures contre 565 en moyenne en Europe. Un système qui explique peut-être les difficultés de nos élèves ?

Etude Eurostat

Le rapport

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La France reste championne des fondamentaux

 » D’abord et avant tout les fondamentaux ». Dans son discours d’installation, le 17 mai, Jean Michel Blanquer a mis les fondamentaux comme la première priorité de l’Ecole en les précisant :  » Lire, écrire, compter , respecter autrui ». Une injonction qui vient butter sur la réalité statistique. Selon Eurostat, qui vient de publier son annuel sur les temps d’instruction en Europe, l’école française est déjà celle qui accorde le plus de temps aux fondamentaux.

La championne du temps scolaire ?

Alors que le débat sur les rythme scolaires est relancé, qu’en est il du temps consacré à l’instruction en France ? Eurostat livre à la fois des données et deux manières de les lire.

Si l’on en croit la longueur de l’année scolaire, l’école française a les temps d’enseignement parmi les plus longs en Europe. L’année scolaire à l’école primaire c’est 864 heures de cours en France contre 734 en moyenne en Europe. Seulement 5 pays ont un temps plus long sur les 42 systèmes éducatifs évalués par Eurostat. Le record c’est le Danemark avec 1051 heures. Mais la Bulgarie se contente de 468 heures.

Au collège, avec 948 heures de classe les élèves français sont nettement au dessus de la moyenne européenne (864 heures) et la France se situe au 9ème rang. C’est pire encore pour le lycée : avec 1031 heures de cours contre 900 en moyenne, la France est au second rang juste derrière l’Espagne avec 1054 heures. Autant dire qu’en France, les années d’école sont parmi les plus chargées du continent.

Mais il y a une autre façon de compter le temps scolaire. C’est additionner le temps scolaire obligatoire.  Or beaucoup de pays comptent 12 d’école obligatoire alors que la France n’en exige que 10. Avec 4000 heures d’instruction obligatoire, la  France est dépassée par le Royaume Uni, les Pays Bas, la Belgique et la Turquie. Il faut rappeler que la grande majorité des élèves poursuit sa scolarité au delà de 16 ans et dépasse donc les 4000 heures.

Dans tous les cas on est très loin d’un modèle européen d’éducation, même si l’Europe a rédigé des directives  sur l’éducation. Le temps scolaire effectif peut varier du simple au double. Pour le collège la Lithuanie ou la Macédoine se contente de 734 heures annuelles quand le Danemark exige 1200 heures.

Championne des fondamentaux

Là où la position de la France est bien établie c’est pour les fondamentaux. Pour la lecture – écriture, l’école primaire française mobilise 1656 heures. C’est presque le double de la moyenne européenne qui est de 953 heures. Aucun pays n’atteint le nombre d’heures français. L’Allemagne se contente de 744 heures, l’Espagne de 1099, la Pologne de 383 heures.

Ces données relativisent les propos entendus durant la campagne électorale. Inutile d’augmenter l’horaire de français à l’école. On lui consacre déjà beaucoup plus de temps que tous nos voisins. La conférence de consensus du Cnesco a par contre montré qu’il y avait des apprentissages à renforcer.

Dans le second degré, 774 heures sont consacrées au français quand la moyenne est de 564 heures. Seuls l’Italie et la Turquie donnent plus de temps à l’étude de leur langue nationale.

900 heures sont consacrées aux maths à l’école primaire ce qui est nettement plus que la moyenne européenne (670 heures). 5 pays consacrent plus de temps que la France, dontle Portugal avec 1310 heures. L’Allemagne se contente de 573 heures.

Dans le second degré, la France donne 684 heures aux maths , nettement au dessus des 484 heures de la moyenne européenne. Seule la Turquie, avec 768 heures, y passent plus de temps.

En sciences, la France est aussi nettement au dessus de la moyenne européenne avec 306 heures au primaire (contre 284) et 630 dans le second degré (contre 475). Seulement 2 pays européens accordent plus de temps à ce niveau.

Mais l’école la moins autonome

Eurostat donne encore deux singularités de l’école française. La première est son manque d’autonomie.  Il est souligné par Eurostat. Celle ci peut porter sur l’organisation des enseignements ou même sur le curriculum.  Dans neuf pays l’établissement scolaire peut affecter du temps supplémentaire sur tel ou tel sujet aussi bien au primaire que dans le second degré. En Ecosse aucun horaire n’est donné pour aucune discipline. En Finlande l’Etat fixe des horaires disciplinaires mais les écoles ont une marge pour leur répartition. La France reste fidèle à un système national  qui fixe des horaires nationaux pour chaque année.

La seconde singularité est liée à cette question. La France est le pays européen qui a connu la plus forte réduction du temps d’instruction en 2016. 180 heures ont disparu au collège du fait des nouveaux dispositifs (AP EPI).

Le rapport

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