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Gazette d’@rrêt sur images, n°513. Intelligence artificielle, promesse ou menace ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°513

Et si les ordinateurs nous surpassaient ? Et s’ils nous rendaient inutiles, bons pour le rebut ? Alerte : déjà ils dialoguent entre eux, créant des langages inintelligibles aux humains ! C’est avec une sourde angoisse, tapie sous un regard émerveillé, que nos médias rendent compte, jour après jour, des progrès apparemment quotidiens de l’intelligence artificielle. Reprenons à zéro. Première question : cette expression « d’intelligence artificielle » recouvre-t-elle une réalité définissable, ou ne s’agit-il que d’une trouvaille marketing et journalistique ? Cette question déblayée, quel est vraiment l’état des lieux des menaces et des promesses des calculateurs de plus en plus puissants ? Journalistes, médecins, enseignants, juristes : qui est menacé ? Il était temps que nous plongions sur ce fantasme-là. Notre émission est ici (1).

Sur l’affaire Harvey Weinstein, ce prédateur sexuel de Hollywood, les témoignages se multiplient depuis quelques jours. C’est salutaire. Cette libération de la parole ne peut que faire progresser les choses. Mais avant cette semaine, qui savait quoi, notamment dans la presse ? Les investigations sur l’Omerta ne font que commencer. Nos articles sont regroupés dans notre dossier « Agressions sexuelles » (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°512. Agressions sexuelles : enfin visibles, mais à quel prix !

Gazette d’@rrêt sur images, n°512

Invisibles depuis des siècles, les atteintes sexuelles sur les femmes, les agressions sexuelles, le harcèlement de rue ou au travail, les viols, les incestes, sont entrés dans les dernières décennies dans le champ du visible. Mais à quel prix ! Cette irruption est parfois chaotique, souvent déformante, et violemment contestée, comme le montrent plusieurs émissions de la télévision mainstream, et notamment l’agression, sur le plateau de Laurent Ruquier, de la responsable EELV Sandrine Rousseau, par l’écrivaine et chroniqueuse Chistine Angot. Que s’est-il joué exactement au cours de cette séquence ? Nous y revenons cette semaine, avec Sandrine Rousseau, la députée France Insoumise Clémentine Autain, et la journaliste et militante féministe Lauren Bastide. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

(2)

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Une proposition de loi liberticide

Jusqu’où peut aller l’état d’esprit sécuritaire ? Pour le député Ciotti peut-être jusqu’à la dictature si l’on en croit le projet de loi qu’il a déposé à l’Assemblée nationale. Ce projet prévoit notamment cet article : « La loi fixe les conditions dans lesquelles l’autorité administrative peut priver de liberté tout individu à l’égard duquel il existe des raisons sérieuses de penser qu’il constitue, par son comportement, une grave menace pour la sécurité nationale, ainsi que les garanties juridictionnelles qui s’y rattachent.  » Tout simplement…

 

Le projet

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Communiqué LDH-SAF La vidéosurveillance n’est pas une solution !

Communiqué de presse

 

La vidéosurveillance n’est pas une solution !

Le 4 octobre 2017

La maire de Nantes, présidente de Nantes métropole et l’adjoint nantais délégué à la sécurité viennent de présenter le déploiement dans l’agglomération de 139 caméras, dans les rues à Nantes (97), St Herblain (22 déjà existantes), Rezé (13) et Vertou (7) et d’un centre de supervision urbain. Le coût de la création de celui-ci s’élèverait à 1,4 million d’euros, les frais de fonctionnement se chiffreraient à 342 000 € par an. Il semblerait que l’achat et l’installation d’une caméra reviendraient à 10 000 €.

Les élus sont appelés à voter l’engagement dans ce processus, au conseil municipal de Nantes le 6 octobre et au conseil métropolitain le 13 octobre. Le conseil municipal de Rezé a voté le recours à cette « expérimentation » pour deux ans. Celui de Vertou a voté l’implantation des caméras.

Nous regrettons que les majorités locales aient changé de position. Elles disaient il n’y a pas si longtemps que la vidéosurveillance n’est pas une solution.

Dans le département jusqu’à une date récente, la vidéosurveillance des espaces publics était seulement présente à St Herblain, Orvault et La Baule. Depuis 2013, elle s’est étendue : Sautron, Treillières, Le Pellerin, Pornichet, Pornic, Carquefou, Le Croisic, St Sébastien-sur-Loire, Grandchamp-des-Fontaines, St Nazaire… D’autres collectivités y réfléchissent comme Ste Luce, Bouguenais, La Montagne.

Nous refusons ce qu’implique la banalisation de la vidéosurveillance rebaptisée de façon trompeuse « vidéoprotection ».

De faux arguments

« La vidéosurveillance est un moyen d’identifier les délinquants ». Mais, si le méfait a été commis et que les caméras ne l’ont pas empêché, la « vidéoprotection » ne protège pas des atteintes aux personnes et aux biens et permet au mieux de poursuivre. La vidéosurveillance n’a pas empêché les attentats à Nice pourtant hautement vidéosurveillée, ni en d’autres lieux.

« La vidéosurveillance n’est pas à craindre quand on n’a rien à se reprocher ». Mais, la vidéosurveillance fait de tous les citoyens des suspects potentiels. Il s’agit là d’une inversion du droit, lequel considère chaque personne comme innocente jusqu’à ce qu’elle franchisse les limites de la loi, après quoi et pour cela elle pourra être sanctionnée.

« Les dégradations, incivilités et actes délictueux sont moins fréquents dans les endroits filmés ». Mais, la délinquance s’adapte et se déplace. Le délinquant averti, le braqueur décidé ne va pas être assez bête pour commettre un délit à découvert devant une caméra. La logique implique alors de mettre de plus en plus de caméras. Imagine-t-on une société totalement vidéosurveillée ? Tandis que les actes impulsifs ne sont pas freinés par les caméras. Ainsi, l’efficacité de la vidéosurveillance contre les incivilités et la délinquance n’a jamais été montrée.

La vidéosurveillance coûte cher et est inefficace pour faire respecter la « sécurité ».

Plus au fond, des dangers pour la liberté et la démocratie

Etre surveillé amène les personnes, même bien intentionnées, à « normaliser » leurs comportements, à s’autocensurer. C’est là une atteinte sournoise à la liberté d’aller et venir et au libre arbitre. L’enregistrement et la diffusion d’images d’une personne sans son consentement restent une atteinte à la vie privée et menacent les libertés individuelles.

Et comment être assuré de l’avenir ? Bien sûr, nous sommes en démocratie, mais par exemple sur la place Tian’anmen en Chine, les caméras ont permis d’identifier les personnes. L’opposition citoyenne et les mouvements sociaux font partie de l’activité démocratique. Une majorité municipale peut toujours évoluer.

La vidéosurveillance détruit le lien social et déresponsabilise

On ne peut répondre au « sentiment d’insécurité » des citoyens par un artifice technique. Là où on attend au contraire des solutions basées sur le contact humain : renforcer la présence d’enseignants, d’aide-éducateurs, de travailleurs sociaux, d’animateurs, de médiateurs, de concierges, de correspondants de quartiers, de policiers de proximité et développer les espaces de rencontres et d’échanges pour rendre les gens acteurs de leurs espaces de vie collective.
La vidéosurveillance déresponsabilise les citoyens qui auront tendance, en cas d’incident, à se décharger sur l’agent imaginé derrière la caméra. La vidéosurveillance menace la solidarité et renforce l’individualisme.

Les moyens techniques ne peuvent garantir une protection absolue contre tous les risques de la vie. Cette illusion conduit à accepter des restrictions aux libertés et des atteintes à la vie privée sur lesquelles il sera ensuite impossible de revenir, le tout en affaiblissant au passage les valeurs sociales et démocratiques de notre société.

Au final, la vidéosurveillance est une sorte de renoncement.

Nous nous tenons à la disposition de toutes les personnes et des pouvoirs publics pour débattre des graves questions posées par la vidéosurveillance. Nous appelons tous les habitants à se saisir de ces questions.

Nous demandons aux élus de la ville de Nantes et à ceux de Nantes Métropole de ne pas voter la décision d’installer des caméras dans les rues.

Ligue des droits de l’Homme (LDH), Syndicat des Avocats de France (SAF)

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Quand la liberté s’éteint en silence PAR EDWY PLENEL

Quand la liberté s’éteint en silence

03 OCTOBRE 2017 | PAR EDWY PLENEL

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

Un État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause notre liberté de circulation, notre liberté de culte, notre droit à l’inviolabilité du domicile, notre droit à l’égalité devant la loi. Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127, lire ici le texte de loi adopté et là le dossier parlementaire), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

« Nous cajolons la bête immonde », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart (lire ici). Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuel. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. Présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH, lire ici son avis sur le projet de loi), Christine Lazerges avait pris date, dès juillet dernier, dans un entretien à Mediapart : « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France serait dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. »

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia (ici son blog sur Mediapart) rappelle cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. »C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Comment ne pas interroger le silence collectif, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribuée à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH (lire ici), tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies (lire là), se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction » (lire ici leur communiqué et là leur lettre au gouvernement français).

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche! et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs et écologistes isolés qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller l’indifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés (lire mon précédent parti pris, Le devoir d’hospitalité) ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes ? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

C’est ainsi que pas grand monde n’a sursauté en découvrant que cette loi dite antiterroriste entend faciliter, étendre, généraliser, bref banaliser encore plus les contrôles au faciès, cette discrimination quotidienne qui frappe la diversité de notre peuple, et notamment sa jeunesse. Même l’historien Patrick Weil, homme modéré par conviction autant que par métier, n’a pu réveiller l’opinion et les parlementaires en leur démontrant que « le projet de loi antiterroriste rappelait le code de l’indigénat », en destinant son dispositif policier à la surveillance d’une population particulière, les Noirs et les Maghrébins (lire ici sa tribune dans Le Monde), aggravant le champ des discriminations qui blessent l’égalité.

De grandes sagesses philosophiques nous ont pourtant enseigné, notamment après les catastrophes européennes du siècle passé, que le meilleur chemin vers le prochain, c’est le souci du lointain. Que le souci de l’autre mène à soi-même. Si je ne suis pas au rendez-vous des libertés des autres, je ne serai pas au rendez-vous des miennes. Si je laisse mettre en cause des droits fondamentaux, au prétexte de prévenir une menace qui me serait étrangère, je découvrirai, un jour ou l’autre, que j’ai ainsi renoncé à mes propres droits.

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Gazette d’@rrêt sur images, n°511. Journalisme : enfin du neuf !

Gazette d’@rrêt sur images, n°511

Réinventer le journalisme, cette profession sinistrée, tout le monde est d’accord, mais comment ? Par un journalisme d’opinion assumé, rompant avec la fausse neutralité des éditorialistes politiques qui squattent les plateaux ? Ou bien en partant en reportage sur les routes, loin des petites polémiques politiques, à la rencontre de la vie des gens ? Ce sont les auteurs de deux projets stimulants, innovants, intrigants, que nous recevons cette semaine. Emmenée par Gérard Miller et Sophia Chikirou, une équipe proche de la France insoumise créera en janvier prochain un site, Le Média. Au même moment, l’équipe de la revue XXI lancera un hebdomadaire… papier (mais oui !) Deux conceptions très différentes du journalisme se confrontent en toute liberté, et avec bienveillance : depuis longtemps, nous n’avions pas eu un débat aussi stimulant. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Les députés adoptent l’obligation de déclarer tous ses identifiants électroniques

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Par
le mercredi 27 septembre 2017 à 10:04

Les députés ont voté hier soir les mesures de contrôle et de surveillance individuelles. Dans le lot, a été adoptée l’obligation pour une personne au comportement suspect de fournir l’intégralité de ses identifiants aux autorités administratives.

Le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme poursuit sa route à l’Assemblée nationale. Les députés ont voté tard dans la nuit l’article 3 du projet de loi où se nichent les mesures de surveillance individuelle comme le port d’un bracelet électronique ou l’obligation de pointer une fois par jour au commissariat du coin, outre l’obligation de résider dans un périmètre déterminé.

Une autre mesure concerne tout particulièrement le domaine des nouvelles technologies. C’est l’obligation de fournir ses identifiants. Comme relatée dans notre panorama, elle avait été prévue dès le projet de loi initial, mais avait sauté au Sénat. À l’Assemblée, en appui d’une confortable majorité, Gérard Collomb a réinjecté la mesure.

Cette contrainte pèsera là encore sur la personne « à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics ».

Ce n’est à dire vrai qu’une première condition puisque les autorités devront aussi démontrer que celle-ci est entrée « en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme » ou bien a soutenu, diffusé ou adhéré « à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes ».

Ceci fait, la personne au comportement et relations louches aura l’obligation de déclarer tous ses « identifiants techniques de tout moyen de communication électronique dont elle dispose ou qu’elle utilise ».

Un seul identifiant oublié, trois ans de prison et 45 000 euros d’amende

Le moindre oubli sera lourdement sanctionné : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Hier, en séance, un seul amendement sur le sujet a été examiné.

Déposé par des députés de la Gauche démocrate et républicaine il visait à supprimer cette déclaration au motif qu’elle « porte une forte atteinte aux libertés constitutionnelles : respect de la vie privée, secret des correspondances et droits de la défense ».

Selon ses auteurs, comme d’ailleurs les sénateurs, « nul n’est tenu de participer à sa propre incrimination ». Et ceux-ci de revenir sur la décision du Conseil constitutionnel du 4 novembre 2016 qui a rappelé « le principe selon lequel nul n’est tenu de s’accuser, dont découle le droit de se taire ».

Autre argument : cette mesure viendrait heurter le principe de nécessité puisque la loi sur le renseignement prévoit depuis le 24 juillet 2015 une armada de mesures pour « récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif, qu’il s’agisse de l’accès aux données de connexion (article L. 851‑1 du Code de la Sécurité intérieure) ou du recueil en temps réel des données de connexion (article L. 851‑2 du Code de la Sécurité intérieure) ».

Enfin, les députés GDR ont jugé « paradoxal » d’inscrire cette obligation dans le droit commun alors qu’elle n’est pas prévue dans le cadre de l’état d’urgence, censé être plus sécuritaire que sécuritaire.

Une obligation adoptée « pour des raisons opérationnelles »

En fin de route, vers une heure du matin, le rapporteur a exprimé un « avis défavorable » expliquant rapidement que l’obligation devait être adoptée « pour des raisons opérationnelles ». Et Gérard Collomb de se délester d’un même « avis défavorable », sans autre explication.

La commission des lois avait déjà expliqué que ces informations, qui ne concernent pas les mots de passe, seront « très utiles aux services de renseignement » puisque ces derniers pourront alors suivre à la trace et en temps réel les personnes concernées. Soit un véritable pont dressé avec la loi sur le renseignement.

En séance, juste avant le vote rejetant cet amendement de suppression, Ugo Bernalicis (FI) a fait cette mise au point : « Donc, je résume : on est suspect, on n’a pas de preuve, on est suspect. On peut se voir poser un bracelet avec le consentement, on doit sinon pointer une fois par jour et puis en plus, on doit communiquer ses identifiants, numéro de téléphone, etc. (…) C’est aller très loin dans la remise en cause des libertés individuelles (…) ou alors les principes évoqués de se taire (…) ne veulent plus rien dire dans cette ère d’infrasoupçon ». (3:46:00 de la vidéo).

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Stress technologique, une réalité en entreprise : d’où vient-il et comment l’atténuer ?

jeudi 21 septembre 2017, par La Rédaction
Tribune – Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ont peu à peu investi le monde du travail, ayant pour effet d’accélérer les échanges numériques en entreprise en remettant l’e-mail au cœur de la communication. Par Capucine Roche, responsable marketing de MailInBlack.

1er vecteur de communication, l’e-mail est l’outil favori en entreprise. Un individu passe en moyenne 30 % de sa journée à gérer sa messagerie. Une véritable perte de productivité pour l’entreprise. Sachant qu’en moyenne 80 % des e-mails reçus sont du spam et/ ou du virus, les salariés sont donc constamment perturbés par la réception d’e-mails non productifs voire dangereux pour l’entreprise, soit une perte de temps et un agacement constant.

Ainsi, il est facile de dire que l’e-mail autant que tous les nouveaux outils amenés par les TIC peuvent avoir des impacts négatifs sur les conditions de travail des salariés, notamment ce qu’on appelle le stress technologique (ou techno-stress). Ce techno-stress s’installe tout particulièrement dans un environnement de travail où les collaborateurs se sentent obligés de rester connectés et de répondre au flux constant d’informations, telle que la masse d’e-mails reçus quotidiennement. Ils sont face à une situation de surcharge de travail “multi-tâche” et l’exécution de ces tâches devient automatique. Un véritable préjudice pour leur pensée créative et une possible analyse approfondie…

Mais qu’est-ce que ce stress technologique ?

Il s’agit d’un stress induit chez une personne par l’utilisation massive et parfois à mauvais escient des nouvelles technologies et en particulier des e-mails. Les individus reçoivent trop d’informations dans une même journée, ils sont submergés et ont du mal à faire le tri entre celles qui sont importantes voire urgentes et les autres. Une sensation de perte de temps et d’inefficacité se fait ressentir et pèse sur le moral des salariés. Stressés, ils sont moins concentrés et productifs. Un vrai fléau pour les entreprises !

Quelles sont alors les solutions ?

#1 – S’accorder des temps de repos dans la journée pour reposer son esprit et ses yeux
Le Code du travail impose un temps de pause minimum égal à 20 minutes pour 6 heures travaillées. Il est nécessaire de profiter de ce temps de repos pour se décontracter et limiter le stress.

#2 – Appliquer le droit à la déconnexion en limitant l’ouverture des e-mails en dehors des heures de travail
Selon une étude Eléas, réalisée en septembre 2016, 37 % des actifs utilisent les outils numériques professionnels tels que l’e-mail, hors du temps de travail. Avec l’utilisation du digital, bien évidemment incontournable dans le monde de l’entreprise, les modes de travail évoluent également. La frontière entre vie professionnelle et personnelle se rétrécie grandement et tend à disparaître, c’est pourquoi une loi sur le droit à la déconnexion a fait son entrée dans le code du travail cette année. Le but ? Imposer aux entreprises de plus de 50 salariés une régulation des communications (e-mail, SMS, messagerie, etc.), notamment en dehors du temps de travail. Reste désormais aux entreprises et salariés de jouer le jeu…

#3 – Équiper son entreprise d’une solution qui catégorise les e-mails des collaborateurs
Le but est d’éviter aux collaborateurs d’être constamment interrompu par un flux trop important d’e-mails non désirables. Ils peuvent enfin se concentrer sur l’essentiel, leurs e-mails dits “productifs”. Productivité maximale assurée pour l’entreprise

Ces différents points constituent des pré requis indispensables pour lutter contre le phénomène grandissant de stress technologique. Il en va de la responsabilité de tous de prendre les mesures nécessaires pour s’en préserver et ne pas affecter sa santé.

 

source :

http://courriercadres.com/management/gestion-du-stress/stress-technologique-une-realite-en-entreprise-dou-vient-il-et-comment-lattenuer-21092017?utm_source=welcome&utm_medium=newsletter&utm_campaign=270917

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Gazette d’@rrêt sur images, n°510. Pinçon-Charlot dévoile les ruses de l’entre-soi

Gazette d’@rrêt sur images, n°510

C’était l’an dernier, et vous avez sans doute vu ces images. Dans le très chic 16e arrondissement de Paris, une horde de résidents rendus furieux par le projet d’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence. C’est cet épisode violent qui a convaincu les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, avec le dessinateur Etienne Lécroart, de partir dans le bois de Boulogne, en safari aux hypocrisies, et aux mille stratagèmes de l’entre-soi.

Providentielle soirée, qui a rendu visible, pour une fois, la violence des stratégies de préservation de cet entre-soi. Car c’est sans doute l’un des phénomènes les plus invisibles de la République. Dans ce pays qui se proclame égalitaire, les plus riches déploient toutes sortes de ruses et de stratégies, pour rester entre eux, vivre dans les mêmes quartiers, les mêmes logements, envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles. Comment procèdent-ils ? Et comment mettre ces stratégies en évidence pour, éventuellement, les combattre ? Débat exigeant, sur notre plateau, entre Monique Pinçon-Charlot et l’adjoint à la maire de Paris chargé du logement, Ian Brossat. Notre émission est ici (1).

Et si vous voulez entendre Mathilde Larrère raconter comment et pourquoi, le week-end dernier, elle a mis en échec la tromperie monarchiste sur l’Histoire de Stéphane Bern et Emmanuel Macron, c’est là (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°509. Cyclones et climat : après la tornade, que dit la science ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°509

Comme d’habitude, la tornade médiatique a noyé l’essentiel sous les anecdotes. Polémiques sur les secours, et rumeurs diverses ont étouffé la seule question importante : la responsabilité du changement climatique dans la violence des cyclones. Mais au fait, qu’en est-il ? Que dit vraiment la science ? A force d’entendre des « peut-être » et des « probablement », nous voulions en avoir le coeur net : à la fin des fins, le changement climatique est-il oui ou non responsable de la violence sans précédent des cyclones, qui viennent de s’abattre sur la Caraïbe ?

Sur un plan général, c’est entendu : plus les eaux sont chaudes, plus les cyclones sont violents. Mais nos invités, journalistes et scientifiques, n’en démordent pas : il est difficile de se prononcer sur les cas particuliers de Irma ou de Harvey. Une telle prudence est-elle bien raisonnable ? Comment, dans la démesure des éléments, garder la mesure de l’expression ? Vaste et belle question. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

Pour voir nos émissions, vous devez être abonnés. Pour vous, le premier mois est à 1€, sans engagement. Pour vous abonner c’est ici (2).

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Internet fait perdre 11 jours d’école par an

Selon un sondage réalisé par Nominet, l’organisme d’attribution des noms de domaine au Royaume Uni, les enseignants britanniques perdraient en moyenne 17 minutes par jour à réguler l’usage des smartphones en classe. Cela représente près de 11 jours de classe perdus par an. Un quart des enseignants ont déclaré des cas de cyberbullying dans leur classe et la moitié pense que l’usage que font les élèves des réseaux sociaux a un impact négatif sur leur niveau scolaire. Nominet alerte les parents sur les conséquences scolaires des réseaux sociaux et des usages d’Internet chez les élèves.

 

Dans le Mirror

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Gazette d’@rrêt sur images, n°508. Ordonnances travail : écoutez le patron qui n’en veut pas !

Gazette d’@rrêt sur images, n°508

Ces ordonnances sur le code du travail ! Et si on essayait, en pensant contre nous-mêmes, de les analyser de manière impartiale ? De tenter de comprendre ce qu’elles peuvent comporter de positif pour les salariés, et comment elles pourraient, comme promis, faire baisser le chômage ?

Nos difficultés ont commencé quand nous avons tenté de trouver un petit patron qui leur serait favorable : chou blanc. Le patron de PME présent sur notre plateau est donc… un farouche opposant, qui les juge au mieux inutiles, au pire dangereuses. Il est vrai qu’il ne correspond pas à l’image traditionnelle du patron. Quant aux salariés, a fortiori, leurs gains dans l’opération se réduisent à « des miettes, et un jeu vidéo », comme résume un de nos invités, poussé dans ses retranchements. Au moins, on aura essayé… Notre émission, exceptionnellement co-préparée avec nos confrères du magazine Alternatives Économiques, est ici (1).

Daniel Schneidermann

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La rentrée des GAFAM

Prenons un peu des nouvelles des fameux GAFAM avec l’ami Gee qui nous synthétise les derniers exploits de ces entreprises aux pouvoirs de plus en plus larges et inquiétants… malheureusement, les quelques anecdotes racontées ici sont tirées de faits réels (les sources sont données après la BD).

Sources :

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)

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Gazette d’@rrêt sur images, n°507. Cette Corée du Nord, qu’on adore détester

Gazette d’@rrêt sur images, n°507

Quelle ennemie idéale, cette Corée du Nord, royaume d’un « dictateur fou », qui multiplie les « chantages » et les « provocations » nucléaires, et où les dissidents sont abattus à coups de missiles, avant que leurs corps soient « livrés aux chiens ». Après un été de tension entre la dictature communiste et les États-Unis, il était temps pour nous de se pencher sur l’étrange fabrique d’info et d’intox sur la Corée du Nord. Dispose-t-on d’informations fiables sur leurs progrès militaires ? (Plutôt oui). Faut-il croire les témoignages des déserteurs ? (Plutôt non). Est-il possible d’y enquêter librement lorsqu’on est journaliste ? (Pas du tout). Mais ce que nous apprend surtout cette émission, c’est que la Corée du Nord… est une partie de la Corée, présentant bien des similitudes inattendues avec sa voisine du Sud. Si vous tenez à vos idées reçues, ne regardez pas notre émission. Sinon, elle est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°506. Deliveroo, la grève des « nouveaux canuts », et ses surprises

Gazette d’@rrêt sur images, n°506

Paradis ou enfer ? Après une dizaine d’années de chambardement, la révolution numérique hésite encore. Paradis du temps choisi, ou enfer du non-droit social ? Et quid de ses acteurs, chauffeurs de VTC, livreurs à vélo, mais aussi consommateurs comblés de ces nouveaux services. Consentants ? Complices ? Victimes ?

Au coeur de l’été, la grève des livreurs de Deliveroo, minoritaire mais ultra-médiatisée, et à gros enjeu, est venue interroger ces représentations. Parce que c’est ici que l’Histoire est sur le point de bascule, nous consacrons à cette grève notre émission de rentrée… qui nous a réservé quelques petites surprises. Décidément, pour peu qu’on le regarde de près, le réel est complexe. Notre émission est ici (1).

A propos d’Histoire : par bien des aspects, cette grève fait écho à celle des canuts lyonnais, au XIXe siècle. Pour un petit rappel historique (et musical) par une Mathilde Larrère en grande forme, c’est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°505. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 5/5 de Gaulle

Gazette d’@rrêt sur images, n°505

Ah, la Ve République ! La Ve et son président tout puissant, son monarque républicain, son chef « jupitérien ». La Ve et ses contre-pouvoirs rabougris, son Parlement au rôle réduit. Et si on remontait à ses origines, elle qui est au centre de toutes les polémiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et de sa République en marche ? Les origines, c’est à dire…1958, et le retour de de Gaulle au pouvoir, sur fond de guerre d’Algérie. La dernière émission de notre série d’été, consacrée aux premières images de la présidence du général de Gaulle, est en ligne (1).

La rédaction d’@si

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Gazette d’@rrêt sur images, n°504. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 4/5 Giscard

Gazette d’@rrêt sur images, n°504

Il fait des discours en anglais, il est porté par des jeunes gens en t-shirts colorés, bien peignés. Depuis son élection, il ne cesse de multiplier les gestes marquants pour incarner au mieux jeunesse et modernité. Lui, ce n’est pas Emmanuel Macron, mais Valéry Giscard d’Estaing, élu président de la République en 1974. Il voulait rompre avec les ors de la République. Il voulait être normal et simple. Il partira sous les sifflets, vu comme un aristocrate coupé du peuple. Cet été, on continue de regarder le présent avec un œil dans le rétroviseur. Notre émission est en ligne (1).

La rédaction d’@si

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Gazette d’@rrêt sur images, n°503. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 3/5 Mitterrand

Gazette d’@rrêt sur images, n°503

Mai 1981 : son visage apparaît sur toutes les télés de France. Il faut quelques secondes pour le reconnaître, encore quelques unes pour réaliser, mais c’est bien lui : François Mitterrand est élu président de la République. Le lendemain, dans les beaux quartiers de Paris, les lycéens sont en larmes. Les banques de leurs parents vont-ils fermer ? Les chars soviétiques vont-ils débarquer place des Invalides ? Non. Mais 36 ans plus tard, tandis que la Macronie se dévoile peu à peu sous nos yeux, il n’a jamais semblé aussi urgent de prendre un peu de distance. La troisième émission de notre série d’été est ici (1).

La rédaction d’@si

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Gazette d’@rrêt sur images, n°502. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 2/5 Chirac

Gazette d’@rrêt sur images, n°502

Cinq euros ! Ce n’est pas grand chose, cinq euros par mois, vu de chez les heureux du monde. Et pourtant, c’est peut-être ce boulet des cinq euros retirés aux étudiants bénéficiaires des aides au logement, qui restera accroché aux premiers jours de Macron, comme le bouclier fiscal resta accroché à Sarkozy. Lisez ici notre article (1). Y a-t-il une malédiction de l’oubli du peuple, qui frappe les présidents, les premières semaines ? Regardez Chirac. Tout commence bien. Son discours du Vel d’hiv est unanimement salué (et Christine Albanel, qui l’écrivit, le raconte sur notre plateau). Et puis, il renonce à combler la fameuse fracture sociale. Et la dégringolade commence. Notre deuxième émission d’été est ici (2).

Nos medias démocratiques, nous déconstruisons à longueur d’année leurs présupposés, leurs biais, leurs manipulations. Et c’est indispensable. Mais restons conscients de notre privilège, de pouvoir le faire. Car informer dans les dictatures, de l’intérieur, c’est un tout autre exercice. Nous avons souhaité vous le rappeler cet été, en replongeant dans les compromissions de l’agence AP sous le nazisme, avec des détours par la Corée du Nord et la Syrie d’aujourd’hui. Tous les articles de notre série d’été sont ici (3). Bonne lecture !

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°501. Symboles présidentiels, nos émissions d’été : 1/5 Sarkozy

Gazette d’@rrêt sur images, n°501

Méfiez-vous de la première impression : c’est souvent la bonne ! Comme tout autre, un nouveau président de la République sait bien que la première impression des citoyens risque fort d’être durable. Aussi, le nouvel élu s’efforce-t-il, dans sa communication, de mobiliser soigneusement des monuments parisiens, des personnages historiques, ou des événements mémorables. Emmanuel Macron n’y a pas fait exception, lui qui (entre autres) a réquisitionné dans ses premières semaines le Louvre, Versailles, les Invalides, ou la tour Eiffel.

Et ses prédécesseurs ? Pour notre série d’émissions d’été, nous revenons sur les toutes premières images de cinq présidents de la Cinquième République (avec, en prime, une chronique historique de Mathilde Larrère (1) dans chaque émission). Débuts réussis ou ratés ? Par ordre antéchronologique, nous commençons cette semaine par le président qui a su le mieux rater son entrée : Nicolas Sarkozy, et son inoubliable halte au Fouquet’s, ce restaurant du show biz, sur les Champs Elysées. Qu’allait-il faire dans cette galère ? Notre première émission d’été est ici (2).

Daniel Schneidermann

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