Archives de la catégorie Numérique

Gazette d’arrêt sur images, n° 521. Porno : et si on se disait vraiment les choses ?

Gazette d’arrêt sur images, n° 521

Donc, tout serait de la faute du porno. C’est Emmanuel Macron qui le dit. Sommé de prendre des mesures contre les violences faites aux femmes, le président a donc dégainé le porno. Pas seulement le porno. Aussi la pub, les jeux vidéo. Mais notamment le porno. On va le surveiller, on va ouvrir une réflexion, il faudrait que le CSA s’en mêle, etc.

Le porno accessible à tous : simple diversion présidentielle, sur une mesure qui ne coûtera pas un sou à l’État, cheval de Troie du contrôle du net, ou véritable problème qu’il est temps de prendre à bras-le-corps, sans tabou ? Influence des images pornos, violence accrue des pratiques, possibilités réelles de contrôle parental : il était temps de tout mettre à plat sur le sujet. Cette émission (garantie sans une seule image porno) est ici (1).

Et Johnny ? Pas un mot de Johnny, dans notre émission. En revanche, Mathilde Larrère raconte les funérailles de Victor Hugo, dont il a beaucoup été question cette semaine. Conflits d’appropriation, échanges d’insultes entre la gauche, la droite et l’extrême-gauche : toute la France d’aujourd’hui est déjà dans ce moment des funérailles de Victor Hugo. Et déjà, ça se passe aux Champs Élysées ! La chronique de Mathilde Larrère est ici (2).

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Gazette d’arrêt sur images, n° 520. Qui veut tuer l’investigation à la télé ?

Gazette d’arrêt sur images, n° 520

Les gants troués des employés des palmeraies africaines de Bolloré, c’est eux. La vidéo d’archives retrouvée, qui démolit les mensonges des Fillon, c’est eux. Le témoignage exclusif sur Sarkozy dans Bygmalion, c’est eux. Ce sont les équipes des deux émissions du jeudi soir sur France 2, Envoyé Spécial et Complément d’enquête. Une poignée de journalistes obsessionnels, creusant aussi profond qu’ils peuvent creuser, viscéralement attachés au service public. Le vent du boulet, au début de la semaine, est passé tout près. Non pas qu’on ait tenté de les censurer. Quel vilain mot ! Simplement, il s’agissait de leur retirer tous leurs moyens.

Sont-ils vraiment rassurés, après la semi-reculade de la direction ? Et à propos, comment investigue-t-on, à la télévision ? Moyens, censures, pressions : trois journalistes d’investigation de la télé répondent (c’est bien leur tour !) à nos questions. Notre émission est ici (1).

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Gazette d’arrêt sur images, n° 518. Paradise Papers, Macronleaks : mais d’où viennent toutes ces fuites ?

Gazette d’arrêt sur images, n° 518

Les « Paradise Papers », après les Panama papers. Et tous ces « leaks » qui se succèdent : mais d’où viennent toutes ces fuites ? Bien sûr, on sent bien que ce ne sont pas seulement de vertueux lanceurs d’alerte, qui sont à la manœuvre. On commence à se méfier. On devine les agendas cachés, les intérêts masqués. Mais dans le feu roulant des révélations (souvent passionnantes, et d’intérêt public) on ne prend pas le temps d’aller plus loin. C’est pourquoi nous avons invité deux journalistes, qui ont mené l’enquête aussi loin qu’on pouvait la mener. Et le dessillage est parfois brutal. Saviez-vous que beaucoup de gens avaient gagné beaucoup d’argent avec les Panama papers ? Notre émission est ici (1).

Décidément, c’est la semaine des démystifications. Pour convaincre le public qu’il ne déteste pas les révolutions et les révolutionnaires, Stéphane Bern rappelle volontiers qu’il a consacré une émission à Olympe de Gouges, icône féministe. Aie. Pas de chance. Mathilde Larrère connait bien le cas, et nous retrace le véritable portrait de Olympe de Gouges. Tout en rappelant que bien d’autres femmes, non passées à la postérité, ont joué un rôle important dans la Révolution française. Sa chronique est ici (2).

Et pour faire un formidable cadeau de fin d’année, je vous l’ai déjà dit, vous pouvez déjà commander notre premier DVD : les meilleures chroniques de Mathilde Larrère (en vente uniquement par correspondance). Pour le commander, c’est là (3)

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Pour les fêtes de fin d’année, offrez le DVD des « Arrêts sur Histoire » de Mathilde Larrère

Bientôt les fêtes de fin d’année. Et voici une bonne idée de cadeau : offrez donc le DVD des “arrêts sur histoire”, de Mathilde Larrère !

Vous l’avez forcément entendue : sur notre site, Mathilde Larrère déconstruit depuis un an les récupérations abusives de l’Histoire, et les comparaisons historiques boiteuses. Et il y a du travail !

Non, les Gaulois n’étaient pas “nos ancêtres”. Non, les communards n’ont pas incendié le Louvre. Non, les communistes allemands ne sont pas responsables de l’arrivée de Hitler. Quant aux livreurs grévistes de Deliveroo, oui leur grève rappelle bien celle des canuts du XIXe siècle.

Précises, documentées, drôles, les chroniques de Mathilde Larrère, spécialiste de l’histoire des Révolutions, sont un antidote d’utilité publique à l’Histoire telle qu’elle est monopolisée, à la télévision, par les Stéphane Bern, Lorant Deutsch, et autres nostalgiques des rois et des chateaux.

Nous pensons que beaucoup d’entre vous peuvent avoir envie de la faire connaitre autour d’eux.

C’est pourquoi, pour la première fois dans l’histoire d’Arrêt sur images, nous avons édité… un DVD. Vous y retrouverez douze chroniques de Mathilde, dont en bonus une chronique inédite sur les transgressions vestimentaire des députés, depuis la Révolution. Eh oui !

C’est le cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année. Précommandez-le nombreux, afin de le recevoir à temps pour l’offrir autour de vous. Pourquoi attendre ? Pour en regarder des extraits, c’est ici (1). Pour le commander, c’est ici (2).

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Certains clients de courrier électronique bloquent l’accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l’ensemble des adresses web de ce présent message :

(1) https://www.facebook.com/arretsurimages.net/videos/2219884274704094/

(2) http://www.lepublieur.com/livre/arrets-sur-histoire/DVD-Mathilde-Larrere/

(3) http://www.lepublieur.com/livre/arrets-sur-histoire/DVD-Mathilde-Larrere/

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Intervention d’une députée contre le « partenariat » Microsoft – ÉducNat

En commission culture et éducation de l’Assemblée nationale, dans le cadre des questions budgétaire, une députée FI – Sabine Rubin – a demandé un rapport d’information sur les conséquences économiques du partenariats Microsoft / ÉducNat.

Retranscription https://www.nosdeputes.fr/15/seance/373#inter_63b08830b7fd9505ada4f9c17b4ad168

Vidéo (à partir 03:05:15) http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5109417_59fc2025e11fa.commission-elargie-credits-2018–enseignement-scolaire-3-novembre-2017

 À noter par ailleurs :

–  la mention d’une « mission d’information sur l’école dans la société du numérique » Pas trouver trace de cette mission.  La députée et son collab n’ont pas tellement plus d’info si j’ai bien compris.

– l’intervention « hors-sol » du député LREM Gabriel Attal, qui a été voir ce que fait Microsoft pour l’éduc et trouve ça formidable.

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Gazette d’@rrêt sur images, n° 517. iPhone : enfin la révolte ?

Gazette d’@rrêt sur images, n° 517

Côté face, c’est un objet de rêve, de fantasme, et de désir. Côté pile, il rassemble tout ce que peut produire de pire l’économie capitaliste : aliénation publicitaire, évasion fiscale, saccage de l’environnement. Il s’agit bien entendu de l’iPhone, contre lequel plusieurs associations, dont ATTAC, viennent de lancer un mouvement de révolte global. Pourquoi cet appareil, et son fabricant Apple, concentrent-ils tant d’amour, et tant d’opposition ? Le méritent-ils ? Et quel rôle y jouent les médias ? Notre émission est ici (1).

Dans la réaction en chaîne de l’affaire Weinstein, nous vivons des semaines passionnantes, et réjouissantes, de renversement du regard. Aussi bien dans la langue, que dans le cinéma, les femmes sortent de l’invisibilité et des stéréotypes. Pour déconstruire définitivement la vision du mâle, notre chroniqueur André Gunthert vous propose cette semaine d’avaler la pilule rouge de Matrix. Pour plus de détails, sa chronique est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Fin du débat sur notre vie privée au Parlement européen : bilan

Paris, le 6 novembre 2017 — Le 26 octobre, l’ensemble du Parlement européen a décidé de clore les débats sur le règlement ePrivacy. Sa position est donc celle arrêtée le 19 octobre par sa commission d’examen principale. Le texte sera désormais débattu entre les gouvernements des États européens et des représentants du Parlement, qui tenteront de s’entendre sur une version commune. Faisons le bilan de l’étape qui vient de prendre fin.

Un départ alarmant

La protection des nos communications électroniques est actuellement assurée par la directive ePrivacy de 2002. Elle exige notre consentement pour l’analyse de nos communications, mais ne s’impose toutefois qu’aux opérateurs de téléphonie et d’Internet.

L’an dernier, la Commission européenne a annoncé souhaiter réformer cette directive. Son idée était notamment d’étendre le champ de la directive ePrivacy à tout type de prestataire de communications électroniques : opérateurs de télécommunications, mais aussi fournisseur de courriels (Gmail par exemple) et de messagerie instantanée (comme Whatsapp). Cette ambition était enthousiasmante et déclenchait naturellement l’opposition des nouvelles entreprises visées (voir les recommandations que nous publions alors).

Toutefois, le projet de règlement ePrivacy finalement proposé par la Commission en janvier dernier prévoyait aussi de supprimer de nombreuses protections que nous offre le droit actuel (voir l’analyse détaillée que nous en faisions) :

  • nos téléphones pourraient être tracés par des magasins ou des villes sans notre consentement, pour n’importe quelle finalité ;
  • nos activités en ligne pourraient être tracées sans notre consentement pour « mesurer des résultats d’audience sur le Web » ;
  • les sites Internet pourrait bloquer leur accès aux internautes refusant d’y être tracés.

Cet alarmant projet de règlement a été remis au Parlement européen, libre de le modifier, pour le meilleur comme pour le pire (lire les recommandations que nous adressions alors aux députés).

Un lobbying féroce

Le règlement ePrivacy affectera de nombreuses acteurs aussi puissants que divers (voir leurs positions recensées sur notre wiki). Chacun y trouve un intérêt à affaiblir nos droits fondamentaux :

  • les opérateurs de télécommunications voient dans la réforme d’ePrivacy l’occasion d’autoriser l’analyse de nos communications sans notre consentement, ce qui leur créerait une nouvelle manne économique considérable ;
  • les autres fournisseurs de communications (courriel et autres) ne veulent pas être soumis à l’exigence de consentement actuellement imposée aux seuls opérateurs, celle-ci remettant en cause leur modèle économique fondé sur la surveillance de leurs utilisateurs à des fins publicitaires ;
  • les entreprises de publicité en ligne voient dans la réforme d’ePrivacy l’occasion d’autoriser le traçage sans consentement de tous les internautes, ce qui ouvrirait en grand les vannes de la surveillance économique généralisée ;
  • les grands éditeurs de presse, ayant entièrement renoncé à leur modèle économique traditionnel (le seul capable de produire une information de qualité), sont aujourd’hui pieds et mains liés à leurs clients (les entreprises de publicité) et contraints de défendre les intérêts de ces derniers (contre l’intérêt de la presse, comme nous l’avons déjà expliqué) ;
  • les gouvernements européens ont tout intérêt à ce que les entreprises (volontairement ou non) surveillent pour leur compte l’ensemble de la population, afin de mettre en œuvre les mesures de surveillances les plus autoritaires, dont ils ne cachent même plus la violence.

La volonté commune qu’ont ces acteurs de détruire nos droits fondamentaux a été servilement exécutée par de nombreux députés européens (principalement de droite) dans les amendements qu’ils ont déposés (analysés ici, en anglais) et dans les avis qu’ils ont fait adoptés par le Parlement ces derniers mois (dénoncés ).

La situation semblait donc critique (nous adaptions notre position en publiant de nouvelles recommandations).

Le rôle décisif de la commission LIBE

Le règlement a été examiné par différentes commissions d’examen du Parlement, mais c’est la commission LIBE (« liberté civile ») qui devait avoir le dernier mot et arrêter la position du Parlement. La députée Marju Lauristin a été nommée pour conduire les débats au sein de cette commission. Elle appartient au groupe politique S&D, qui regroupe en Europe des partis similaires à feu le Parti Socialiste français.

La vision générale qu’a Mme Lauristin de la vie privée ne semble pas très éloignée de celle de La Quadrature du Net. Mais les visions idéologiques ont la vie dure en politique ! Et pour cause : plutôt que de défendre ses positions de façon intransigeante, l’objectif constant de Mme Lauristin a été de trouver un compromis avec les groupes de droite. La raison de cet objectif désastreux se trouve dans les règles de procédure du Parlement.

La règle perverse du trilogue

En principe, toute nouvelle norme créée par l’UE ne peut être adoptée que si le Parlement européen et les gouvernements de États membres (qui négocient au sein du Conseil de l’UE) se mettent d’accord sur un texte identique — ce qui peut prendre du temps et plusieurs lectures par institution.

Pour gagner du temps, les règles de procédure du Parlement prévoient ce qui suit : une commission d’examen (constituée d’une soixantaines de députées) arrête, seule, la position du Parlement et dispose d’un mandat pour négocier avec le Conseil de l’UE, au nom de l’ensemble du Parlement, afin de trouver un texte commun.

Cette négociation est appelé « trilogue » (qui brille d’ailleurs par son absence totale de transparence, privant radicalement la population de toute possibilité de prendre part aux débats). Lorsque le trilogue aboutit à un consensus, il ne reste plus qu’au Parlement et au Conseil qu’à adopter le texte de compromis par un vote formel.

Ceci est le déroulement classique. Le règlement du Parlement prévoit que, en principe, le mandat donné à la commission d’examen pour négocier avec le Conseil en trilogue est automatique. Toutefois, un groupe politique peut s’opposer au trilogue en exigeant que le mandat soit soumis au vote de l’ensemble du Parlement. Si le mandat est rejeté, le texte adopté par la commission d’examen n’est plus considéré comme la position du Parlement. Il est renvoyé devant l’ensemble du Parlement qui, en séance plénière, peut le modifier entièrement (voir l’article 69 quater du règlement intérieur du Parlement).

Un compromis impossible

C’est ce « risque » d’aller en plénière que Mme Lauristin redoutait : si le texte adopté en commission LIBE ne convenait pas aux groupes de droite, ceux-ci s’opposeraient à son mandat. Or, Mme Lauristin pensait que, si le texte était soumis à l’ensemble des députés, nombre d’entre eux n’auraient pas (ou ne prendraient pas) le temps de l’examiner dans le détail et se laisseraient massivement convaincre par le lobbying particulièrement féroce qui était à l’œuvre.

Mme Lauristin était donc prête à faire avec la droite de nombreux compromis, dans la mesure où elle jugeait ces compromis « moins pires » que le texte qui serait adopté en plénière si son mandat lui était refusé.

La Quadrature du Net s’est frontalement opposée à cette logique. D’abord, par principe, on ne défend pas les libertés fondamentales en bridant des débats parlementaires. De plus, dans ce cas précis, les compromis que Mme Lauristin était prête à faire s’attaquaient si frontalement à nos droits que les accepter pour éviter « le pire » ne faisait plus aucun sens (voir notre article d’interpellation, en anglais).

La députée n’essayait plus de corriger toutes les atteintes à nos droits proposées par la Commission européenne en janvier dernier. Plus grave, elle s’apprêtait à autoriser l’exploitation des métadonnées de nos communications sans notre consentement (en contradiction totale du droit actuel, mais en parfaite conformité des souhaits exprimés par les géant de l’Internet et des opérateurs oligopolistiques, repris par la droite).

Un réveil salutaire

C’est à ce moment que l’intervention de la population a été la plus décisive pour défendre nos droits. Portée par les nombreux « coups de pression » individuels qui étaient venus de toute l’Europe (par mails, appels ou interpellations publiques des députés, dans le cadre notamment de notre campagne ePrivacy), La Quadrature du Net, rejointe par les associations Acces Now et EDRi, a entrepris de briser cette absurde tentative de compromis avec la droite.

Ces trois associations ont expliqué aux députés de la commission LIBE que, si leurs compromis autorisaient une surveillance aussi grave que celle alors débattue, elles s’opposeraient tout simplement à l’ensemble du règlement ePrivacy. Elles exigeraient que le texte soit rejeté et que, faute de mieux, le droit reste dans son état actuel.

Ce coup de pied dans la fourmilière a suffit, par effet de domino, à remettre la situation en ordre. Les députés les plus à gauche, Jan Philipp Albrecht (Vert) en tête, ont retrouvé le courage qui leur manquait jusqu’ici. Mme Lauristin a dû retirer des négociations les compromis les plus graves (principalement ceux concernant l’analyse des métadonnées).

Quelques députés de droite se sont révélés prêts à suivre Mme Lauristin, provoquant le réveil de la majorité des autres députés de droite, qui souhaitaient défendre l’intérêt des entreprises sans aucune concession. Le débat s’étant re-polarisé, l’impossibilité d’établir un compromis trans-partisan s’est enfin révélée. Les négociations générales ont pris fin (nous nous en réjouissions ici, en anglais).

Une occasion manquée

Mme Lauristin avait enfin les mains libres pour améliorer le texte, les députés prêts à la suivre étant légèrement majoritaire au sein de la commission LIBE. Mais elle craignait trop de perdre cette majorité. De plus, désormais, les groupes pro-industries remettraient manifestement en cause son mandat devant l’ensemble du Parlement, ce qu’elle voulait toujours éviter. Elle craignait qu’en allant « trop loin » dans la défense de nos droits contres des intérêts économiques dangereux et insensés, l’ensemble du Parlement refuserait de lui donner son mandat et que le texte aille en plénière.

Elle s’est donc contentée de retirer du texte les derniers compromis proposés à la droite, sans rien changer de plus. Notamment, les deux dispositions les plus graves proposées par la Commission européenne en janvier (traçage des téléphones et traçage sur Internet pour mesurer l’audience) n’ont été qu’à peine encadrées alors qu’elles auraient du être simplement supprimées1.

C’est cette version du texte qui a été adoptée par la commission LIBE le 19 octobre (à 31 voix contre 25). Nous dénoncions alors amèrement que les députés disant lutter pour notre vie privée aient échoué à le faire entièrement.

Des avancées importantes

Toutefois, heureusement et en dépit de cette occasion manquée, le texte avait intégré au cours des mois précédents de nombreuses avancées proposées par des associations de défense des libertés, certaines institutions ou les députés européens les plus attentifs à nos droits. Le texte adopté par la commission LIBE prévoit six mesures déterminantes :

  • aucun internaute ne pourra se voir refuser l’accès à un site au seul motif qu’il a refusé d’y être tracé2 (contrairement à ce que la proposition initiale de la Commission européenne pouvait laisser entendre) ;
  • les fournisseurs de communications (téléphone, FAI, email, discussions instantanées) devront garantir la confidentialité des communications par les méthodes techniques adéquates du niveau de l’état de l’art, étant explicitement visé le chiffrement de bout en bout, et aucune loi nationale ne pourra les contraindre à utiliser une méthode plus faible (tel le chiffrement de point à point) ou d’introduire des backdoors3 ;
  • les fournisseurs de communications ne pourront être contraints de collaborer avec les États que pour lutter contre les crimes graves et les atteintes à la sécurité publique (ces finalités sont toujours beaucoup trop larges mais, au moins, écartent d’autres finalités inadmissibles qui autorisent aujourd’hui la surveillance étatique, telles que la défense des intérêts économiques d’un État ou la défense des droits de particuliers, tel que le droit d’auteur)4 ;
  • les entreprises partageant des informations avec des autorités publiques devront le documenter dans des rapports publics (indiquant le nombre, les finalités et les auteurs des demandes d’information, les types de données transmises et le nombre de personnes affectées)5 ;
  • par défaut, les navigateurs Web devront être configurés pour fonctionner comme certains bloqueurs de publicité (empêcher l’affichage de contenus et les tentatives de traçage provenant d’entités tierces au site consulté par l’utilisateur)6 ;
  • nos communications seront toutes protégées de la même façon, quel que soit le lieu d’où elles sont envoyées (le droit actuel protège peu les communications envoyées depuis un réseau qui n’est pas « accessible au public », tel qu’un réseau d’entreprise ou universitaire)7.

La lutte à venir

L’ensemble du Parlement a été saisi par les groupes de droite pour décider de donner ou non à Mme Lauristin son mandat pour débattre de ce texte en trilogue. Le 26 octobre, le Parlement l’a accepté, à 318 voix contre 280, faisant ainsi sien le texte adopté en LIBE et marquant la fin des débats parlementaires.

Ce sont désormais aux gouvernements d’arrêter entre eux une position commune au cours des mois à venir. Ce n’est qu’ensuite que les négociations en trilogue pourront commencer (Mme Lauristin sera alors remplacée par une autre députée de son même groupe politique, Birgit Sippel).

Le rôle de la France sera ici déterminant : nous reviendrons bientôt en détail sur ses positions actuelles et sur l’action que nous devrons collectivement exercer pour défendre nos droits fondamentaux.

  • 1. L’article 8, paragraphe 1, point d, et paragraphe 2a du rapport LIBE limitent le pistage de nos téléphones et de nos activités en ligne à la seule réalisation de statistiques supposées n’agréger que des informations anonymes. Cette nouvelle limitation n’est en rien satisfaisante : il est particulièrement risqué d’autoriser la constructions de bases de données anonymes dès lors que, techniquement, personne ne peut prédire si une donnée aujourd’hui anonyme ne pourra être réutilisée demain de sorte à être désanonymisée ou pour réaliser de la surveillance de masse. En effet, à ce dernier égard, dans la mesure où les statistiques pourraient couvrir l’ensemble de la population et de ses activités sans être toutefois rendues publiques, elles offriraient à ceux qui y ont accès des informations particulièrement détaillées sur la population que celle-ci ignore elle-même, créant un déséquilibre du savoir considérable, propice à des politiques de régulation de masse parfaitement contraires à tout idéal démocratique. La publication des ces statistiques n’empêcherait d’ailleurs pas à elle seule des pratiques de surveillance (et donc de régulation) des individus à grande échelle, pour des finalités opposées à l’intérêt collectif. Enfin, si toutes les statistiques produites étaient légitimes, il n’y aurait aucune raison de craindre que la population refuse d’y consentir : contourner le consentement des personnes n’est utile que pour poursuivre des finalités illégitimes — finalités que la population refuserait si elle était consultée.
  • 2. Voir l’article 8, paragraphe 1a du rapport LIBE.
  • 3. Voir l’article 17 du rapport LIBE.
  • 4. Voir les articles 11a et 11b du rapport LIBE.
  • 5. Voir l’article 11c du rapport LIBE.
  • 6. Voir l’article 10, paragraphe 1, point a du rapport LIBE.
  • 7. Voir l’article 4, paragraphe 3, point -aa du rapport LIBE, à opposer au champ de l’article 5 de l’actuelle directive ePrivacy.

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LSUN : un nouveau décret pour le généraliser

« Est autorisée au ministère de l’éducation nationale, la mise en œuvre d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « Livret scolaire unique numérique » (LSUN) ayant pour finalité l’enregistrement, dans un livret scolaire unique tout au long de la scolarité obligatoire, des résultats des élèves, de leur parcours scolaire, de leur niveau d’acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, ainsi que des appréciations des enseignants, quel que soit l’établissement scolaire, public ou privé sous contrat, qu’ils fréquentent ». Un nouveau décret , publié au J.O. du 3 novembre, généralise le livret scolaire unique numérique de l’école au lycée.  Il n’indique pas de date de mise en exécution. Celle-ci reste largement problématique, aussi bien pour des raisons matérielles qu’éthiques…

 

Au JO

Le LSU et le pédagogue

Le nouveau LSU

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Gazette d’@rrêt sur images, n°516. Langage : alerte, les femmes émergent !

Gazette d’@rrêt sur images, n°516

Horreur ! Des barbares, paraît-il, voudraient ré-écrire « Le Corbeau et le Renard », en langue féministe. Et l’Académie de crier au « péril mortel » pour la langue de Molière. Cette alarme est évidemment excessive. Mais elle a le mérite d’attirer l’attention, une fois de plus, sur les épreuves de force qui prennent la langue pour champ de bataille. La langue que nous parlons, celle que nous écrivons, et notamment la langue des médias, n’est pas seulement un moyen d’expression. C’est aussi un outil de distinction, de domination, de visibilisation ou d’invisibilisation.

Longtemps invisibilisées par la grammaire, les femmes émergent peu à peu. Ce qui a le mérite de faire émerger aussi, par exemple, la question de la domination de l’accent parisien, dans les médias nationaux, sur les accents régionaux. Et de braquer le projecteur sur le rôle de blocage joué par l’Académie. Sait-on qu’au XVIe siècle, le mot « autrice » était parfaitement licite ? Et puis, l’Académie arriva. Notre émission vous raconte cette histoire. Elle est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°515. Consentement : quand une femme dit non…

Gazette d’@rrêt sur images, n°515

« Si une femme ne dit pas non, c’est qu’elle veut dire oui ! » : voilà le genre de certitude masculine que le tsunami Harvey Weinstein a fait voler en éclats, en braquant les projecteurs sur toutes les « zones grises » du consentement féminin. Certes, elles ne refusaient pas, les victimes de Weinstein. Mais c’est pourtant bien des viols, et des agressions sexuelles, qu’elles ont subi.

Mais qui donc nous a mis dans la tête ce qu’on appelle aujourd’hui des ignominies, sinon le cinéma lui-même, ce cinéma pensé par des hommes, produit par des hommes, incarné par des hommes, de James Bond à Indiana Jones, ce cinéma qui est monté à la tête d’un de ses plus puissants potentats. Quelle image du consentement féminin ont fabriqué le cinéma hollywoodien, mais aussi les séries, et le cinéma d’auteur ? Et surtout, maintenant, comment façonner une nouvelle imagerie, pour illustrer cette vérité incroyable : quand une femme dit non, ça veut dire non. Et même quand elle ne dit rien ! Heureusement, les femmes commencent à parler. Et notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Des nouvelles du film « L’insoumis »

Des nouvelles du film

« L’insoumis »


Cher-e-s ami-e-s,
Il y a un mois nous lancions la souscription pour mon prochain film intitulé « L’insoumis ». A ce jour, nous avons recueilli 21 000 euros. Merci pour votre soutien.
N’ayant cependant toujours pas atteint la somme requise afin de couvrir les frais de post-production, vous pouvez toujours nous aider en pré-commandant le DVD ici.
Quoi qu’il en soit, ce film sortira en sortie nationale le 21 février et sera distribué par Jour2Fête. Avant-cela, il y aura des avant-premières un peu partout en France.
Les deux premières projections publiques auront lieu à Taninges (74) le vendredi 17 novembre et à Cran Gevrier (74), le samedi 18 novembre au cinéma la Turbine. Un peu à la maison quoi…
Pour en savoir plus sur « L’insoumis », vous pouvez vous rendre sur la page du film.
Une petite note personnelle: je savais que Jean-Luc Mélenchon était un personnage clivant mais j’ai été surpris par la violence de certains propos quant à mon choix de sujet depuis que j’en ai fait l’annonce. Visiblement, certaines personnes ont du mal à faire la différence entre le film et la personne filmée. C’est dommage mais cela nous promet de beaux débats en perspective. Une manière de faire vivre notre démocratie dans les salles de cinéma !
A très bientôt.
Gilles Perret et l’équipe qui m’entoure.

Souscrivez ici
en commandant votre DVD de « L’insoumis »

Vous pouvez payer soit en ligne, soit par chèque.
Votre DVD vous sera envoyé 4 mois après la sortie nationale du film comme la loi nous l’impose.


Pour nous contacter:

contact@linsoumis.org

Plus d’informations sur :

www.linsoumis.org

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Conférence Espaces Marx Anjou – mardi 24 octobre 18h

Espaces Marx Anjou est heureux de vous inviter à la prochaine conférence qu’il organise :

Uber, Airbnb, Google : le capitalisme de plate-forme contre le bien commun

le mardi 24 octobre, à 18h
à l’Institut Municipal

Avec Yann Le Pollotec
responsable de la Commission Révolution Numérique du CN du PCF
… Parce qu’il n’y a aucune raison pour que, lors de la « Connected week » prévue à Angers du 23 au 28 octobre, 
seuls s’expriment les thuriféraires béats du numérique sous pavillon capitaliste !!!

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Gazette d’@rrêt sur images, n°514. Entrepôts : la commande vocale, et autres merveilles…

Gazette d’@rrêt sur images, n°514

Zoom sur les entrepôts. Depuis quelques semaines, et cette mémorable émission deCash Investigation, une image nous poursuivait : celle des manutentionnaires de Lidl, portant leurs insupportables casques de commande vocale. S’il y a un domaine où le patronat a vendu et survendu aux salariés l’innovation technologique, c’est bien celui de la logistique et de la distribution. Casques de commande vocale, exosquelettes, gilets qui bippent les postures incorrectes : ce ne sont que trouvailles plus mirobolantes les unes que les autres. Avec un but affiché : alléger la charge de travail. Et un but réel : gagner toujours davantage en productivité. Mais peut-on, toujours plus, transformer les ouvriers en robots ? Avec cette émission, nous prolongeons d’une certaine manière celle de la semaine dernière, sur l’intelligence artificielle (1), et l’avenir que nous préparent les machines. Notre émission est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°513. Intelligence artificielle, promesse ou menace ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°513

Et si les ordinateurs nous surpassaient ? Et s’ils nous rendaient inutiles, bons pour le rebut ? Alerte : déjà ils dialoguent entre eux, créant des langages inintelligibles aux humains ! C’est avec une sourde angoisse, tapie sous un regard émerveillé, que nos médias rendent compte, jour après jour, des progrès apparemment quotidiens de l’intelligence artificielle. Reprenons à zéro. Première question : cette expression « d’intelligence artificielle » recouvre-t-elle une réalité définissable, ou ne s’agit-il que d’une trouvaille marketing et journalistique ? Cette question déblayée, quel est vraiment l’état des lieux des menaces et des promesses des calculateurs de plus en plus puissants ? Journalistes, médecins, enseignants, juristes : qui est menacé ? Il était temps que nous plongions sur ce fantasme-là. Notre émission est ici (1).

Sur l’affaire Harvey Weinstein, ce prédateur sexuel de Hollywood, les témoignages se multiplient depuis quelques jours. C’est salutaire. Cette libération de la parole ne peut que faire progresser les choses. Mais avant cette semaine, qui savait quoi, notamment dans la presse ? Les investigations sur l’Omerta ne font que commencer. Nos articles sont regroupés dans notre dossier « Agressions sexuelles » (2).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°512. Agressions sexuelles : enfin visibles, mais à quel prix !

Gazette d’@rrêt sur images, n°512

Invisibles depuis des siècles, les atteintes sexuelles sur les femmes, les agressions sexuelles, le harcèlement de rue ou au travail, les viols, les incestes, sont entrés dans les dernières décennies dans le champ du visible. Mais à quel prix ! Cette irruption est parfois chaotique, souvent déformante, et violemment contestée, comme le montrent plusieurs émissions de la télévision mainstream, et notamment l’agression, sur le plateau de Laurent Ruquier, de la responsable EELV Sandrine Rousseau, par l’écrivaine et chroniqueuse Chistine Angot. Que s’est-il joué exactement au cours de cette séquence ? Nous y revenons cette semaine, avec Sandrine Rousseau, la députée France Insoumise Clémentine Autain, et la journaliste et militante féministe Lauren Bastide. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

(2)

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Une proposition de loi liberticide

Jusqu’où peut aller l’état d’esprit sécuritaire ? Pour le député Ciotti peut-être jusqu’à la dictature si l’on en croit le projet de loi qu’il a déposé à l’Assemblée nationale. Ce projet prévoit notamment cet article : « La loi fixe les conditions dans lesquelles l’autorité administrative peut priver de liberté tout individu à l’égard duquel il existe des raisons sérieuses de penser qu’il constitue, par son comportement, une grave menace pour la sécurité nationale, ainsi que les garanties juridictionnelles qui s’y rattachent.  » Tout simplement…

 

Le projet

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Communiqué LDH-SAF La vidéosurveillance n’est pas une solution !

Communiqué de presse

 

La vidéosurveillance n’est pas une solution !

Le 4 octobre 2017

La maire de Nantes, présidente de Nantes métropole et l’adjoint nantais délégué à la sécurité viennent de présenter le déploiement dans l’agglomération de 139 caméras, dans les rues à Nantes (97), St Herblain (22 déjà existantes), Rezé (13) et Vertou (7) et d’un centre de supervision urbain. Le coût de la création de celui-ci s’élèverait à 1,4 million d’euros, les frais de fonctionnement se chiffreraient à 342 000 € par an. Il semblerait que l’achat et l’installation d’une caméra reviendraient à 10 000 €.

Les élus sont appelés à voter l’engagement dans ce processus, au conseil municipal de Nantes le 6 octobre et au conseil métropolitain le 13 octobre. Le conseil municipal de Rezé a voté le recours à cette « expérimentation » pour deux ans. Celui de Vertou a voté l’implantation des caméras.

Nous regrettons que les majorités locales aient changé de position. Elles disaient il n’y a pas si longtemps que la vidéosurveillance n’est pas une solution.

Dans le département jusqu’à une date récente, la vidéosurveillance des espaces publics était seulement présente à St Herblain, Orvault et La Baule. Depuis 2013, elle s’est étendue : Sautron, Treillières, Le Pellerin, Pornichet, Pornic, Carquefou, Le Croisic, St Sébastien-sur-Loire, Grandchamp-des-Fontaines, St Nazaire… D’autres collectivités y réfléchissent comme Ste Luce, Bouguenais, La Montagne.

Nous refusons ce qu’implique la banalisation de la vidéosurveillance rebaptisée de façon trompeuse « vidéoprotection ».

De faux arguments

« La vidéosurveillance est un moyen d’identifier les délinquants ». Mais, si le méfait a été commis et que les caméras ne l’ont pas empêché, la « vidéoprotection » ne protège pas des atteintes aux personnes et aux biens et permet au mieux de poursuivre. La vidéosurveillance n’a pas empêché les attentats à Nice pourtant hautement vidéosurveillée, ni en d’autres lieux.

« La vidéosurveillance n’est pas à craindre quand on n’a rien à se reprocher ». Mais, la vidéosurveillance fait de tous les citoyens des suspects potentiels. Il s’agit là d’une inversion du droit, lequel considère chaque personne comme innocente jusqu’à ce qu’elle franchisse les limites de la loi, après quoi et pour cela elle pourra être sanctionnée.

« Les dégradations, incivilités et actes délictueux sont moins fréquents dans les endroits filmés ». Mais, la délinquance s’adapte et se déplace. Le délinquant averti, le braqueur décidé ne va pas être assez bête pour commettre un délit à découvert devant une caméra. La logique implique alors de mettre de plus en plus de caméras. Imagine-t-on une société totalement vidéosurveillée ? Tandis que les actes impulsifs ne sont pas freinés par les caméras. Ainsi, l’efficacité de la vidéosurveillance contre les incivilités et la délinquance n’a jamais été montrée.

La vidéosurveillance coûte cher et est inefficace pour faire respecter la « sécurité ».

Plus au fond, des dangers pour la liberté et la démocratie

Etre surveillé amène les personnes, même bien intentionnées, à « normaliser » leurs comportements, à s’autocensurer. C’est là une atteinte sournoise à la liberté d’aller et venir et au libre arbitre. L’enregistrement et la diffusion d’images d’une personne sans son consentement restent une atteinte à la vie privée et menacent les libertés individuelles.

Et comment être assuré de l’avenir ? Bien sûr, nous sommes en démocratie, mais par exemple sur la place Tian’anmen en Chine, les caméras ont permis d’identifier les personnes. L’opposition citoyenne et les mouvements sociaux font partie de l’activité démocratique. Une majorité municipale peut toujours évoluer.

La vidéosurveillance détruit le lien social et déresponsabilise

On ne peut répondre au « sentiment d’insécurité » des citoyens par un artifice technique. Là où on attend au contraire des solutions basées sur le contact humain : renforcer la présence d’enseignants, d’aide-éducateurs, de travailleurs sociaux, d’animateurs, de médiateurs, de concierges, de correspondants de quartiers, de policiers de proximité et développer les espaces de rencontres et d’échanges pour rendre les gens acteurs de leurs espaces de vie collective.
La vidéosurveillance déresponsabilise les citoyens qui auront tendance, en cas d’incident, à se décharger sur l’agent imaginé derrière la caméra. La vidéosurveillance menace la solidarité et renforce l’individualisme.

Les moyens techniques ne peuvent garantir une protection absolue contre tous les risques de la vie. Cette illusion conduit à accepter des restrictions aux libertés et des atteintes à la vie privée sur lesquelles il sera ensuite impossible de revenir, le tout en affaiblissant au passage les valeurs sociales et démocratiques de notre société.

Au final, la vidéosurveillance est une sorte de renoncement.

Nous nous tenons à la disposition de toutes les personnes et des pouvoirs publics pour débattre des graves questions posées par la vidéosurveillance. Nous appelons tous les habitants à se saisir de ces questions.

Nous demandons aux élus de la ville de Nantes et à ceux de Nantes Métropole de ne pas voter la décision d’installer des caméras dans les rues.

Ligue des droits de l’Homme (LDH), Syndicat des Avocats de France (SAF)

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Quand la liberté s’éteint en silence PAR EDWY PLENEL

Quand la liberté s’éteint en silence

03 OCTOBRE 2017 | PAR EDWY PLENEL

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

Un État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause notre liberté de circulation, notre liberté de culte, notre droit à l’inviolabilité du domicile, notre droit à l’égalité devant la loi. Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127, lire ici le texte de loi adopté et là le dossier parlementaire), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

« Nous cajolons la bête immonde », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart (lire ici). Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuel. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. Présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH, lire ici son avis sur le projet de loi), Christine Lazerges avait pris date, dès juillet dernier, dans un entretien à Mediapart : « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France serait dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. »

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia (ici son blog sur Mediapart) rappelle cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. »C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Comment ne pas interroger le silence collectif, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribuée à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH (lire ici), tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies (lire là), se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction » (lire ici leur communiqué et là leur lettre au gouvernement français).

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche! et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs et écologistes isolés qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller l’indifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés (lire mon précédent parti pris, Le devoir d’hospitalité) ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes ? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

C’est ainsi que pas grand monde n’a sursauté en découvrant que cette loi dite antiterroriste entend faciliter, étendre, généraliser, bref banaliser encore plus les contrôles au faciès, cette discrimination quotidienne qui frappe la diversité de notre peuple, et notamment sa jeunesse. Même l’historien Patrick Weil, homme modéré par conviction autant que par métier, n’a pu réveiller l’opinion et les parlementaires en leur démontrant que « le projet de loi antiterroriste rappelait le code de l’indigénat », en destinant son dispositif policier à la surveillance d’une population particulière, les Noirs et les Maghrébins (lire ici sa tribune dans Le Monde), aggravant le champ des discriminations qui blessent l’égalité.

De grandes sagesses philosophiques nous ont pourtant enseigné, notamment après les catastrophes européennes du siècle passé, que le meilleur chemin vers le prochain, c’est le souci du lointain. Que le souci de l’autre mène à soi-même. Si je ne suis pas au rendez-vous des libertés des autres, je ne serai pas au rendez-vous des miennes. Si je laisse mettre en cause des droits fondamentaux, au prétexte de prévenir une menace qui me serait étrangère, je découvrirai, un jour ou l’autre, que j’ai ainsi renoncé à mes propres droits.

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Gazette d’@rrêt sur images, n°511. Journalisme : enfin du neuf !

Gazette d’@rrêt sur images, n°511

Réinventer le journalisme, cette profession sinistrée, tout le monde est d’accord, mais comment ? Par un journalisme d’opinion assumé, rompant avec la fausse neutralité des éditorialistes politiques qui squattent les plateaux ? Ou bien en partant en reportage sur les routes, loin des petites polémiques politiques, à la rencontre de la vie des gens ? Ce sont les auteurs de deux projets stimulants, innovants, intrigants, que nous recevons cette semaine. Emmenée par Gérard Miller et Sophia Chikirou, une équipe proche de la France insoumise créera en janvier prochain un site, Le Média. Au même moment, l’équipe de la revue XXI lancera un hebdomadaire… papier (mais oui !) Deux conceptions très différentes du journalisme se confrontent en toute liberté, et avec bienveillance : depuis longtemps, nous n’avions pas eu un débat aussi stimulant. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Les députés adoptent l’obligation de déclarer tous ses identifiants électroniques

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le mercredi 27 septembre 2017 à 10:04

Les députés ont voté hier soir les mesures de contrôle et de surveillance individuelles. Dans le lot, a été adoptée l’obligation pour une personne au comportement suspect de fournir l’intégralité de ses identifiants aux autorités administratives.

Le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme poursuit sa route à l’Assemblée nationale. Les députés ont voté tard dans la nuit l’article 3 du projet de loi où se nichent les mesures de surveillance individuelle comme le port d’un bracelet électronique ou l’obligation de pointer une fois par jour au commissariat du coin, outre l’obligation de résider dans un périmètre déterminé.

Une autre mesure concerne tout particulièrement le domaine des nouvelles technologies. C’est l’obligation de fournir ses identifiants. Comme relatée dans notre panorama, elle avait été prévue dès le projet de loi initial, mais avait sauté au Sénat. À l’Assemblée, en appui d’une confortable majorité, Gérard Collomb a réinjecté la mesure.

Cette contrainte pèsera là encore sur la personne « à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics ».

Ce n’est à dire vrai qu’une première condition puisque les autorités devront aussi démontrer que celle-ci est entrée « en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme » ou bien a soutenu, diffusé ou adhéré « à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes ».

Ceci fait, la personne au comportement et relations louches aura l’obligation de déclarer tous ses « identifiants techniques de tout moyen de communication électronique dont elle dispose ou qu’elle utilise ».

Un seul identifiant oublié, trois ans de prison et 45 000 euros d’amende

Le moindre oubli sera lourdement sanctionné : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Hier, en séance, un seul amendement sur le sujet a été examiné.

Déposé par des députés de la Gauche démocrate et républicaine il visait à supprimer cette déclaration au motif qu’elle « porte une forte atteinte aux libertés constitutionnelles : respect de la vie privée, secret des correspondances et droits de la défense ».

Selon ses auteurs, comme d’ailleurs les sénateurs, « nul n’est tenu de participer à sa propre incrimination ». Et ceux-ci de revenir sur la décision du Conseil constitutionnel du 4 novembre 2016 qui a rappelé « le principe selon lequel nul n’est tenu de s’accuser, dont découle le droit de se taire ».

Autre argument : cette mesure viendrait heurter le principe de nécessité puisque la loi sur le renseignement prévoit depuis le 24 juillet 2015 une armada de mesures pour « récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif, qu’il s’agisse de l’accès aux données de connexion (article L. 851‑1 du Code de la Sécurité intérieure) ou du recueil en temps réel des données de connexion (article L. 851‑2 du Code de la Sécurité intérieure) ».

Enfin, les députés GDR ont jugé « paradoxal » d’inscrire cette obligation dans le droit commun alors qu’elle n’est pas prévue dans le cadre de l’état d’urgence, censé être plus sécuritaire que sécuritaire.

Une obligation adoptée « pour des raisons opérationnelles »

En fin de route, vers une heure du matin, le rapporteur a exprimé un « avis défavorable » expliquant rapidement que l’obligation devait être adoptée « pour des raisons opérationnelles ». Et Gérard Collomb de se délester d’un même « avis défavorable », sans autre explication.

La commission des lois avait déjà expliqué que ces informations, qui ne concernent pas les mots de passe, seront « très utiles aux services de renseignement » puisque ces derniers pourront alors suivre à la trace et en temps réel les personnes concernées. Soit un véritable pont dressé avec la loi sur le renseignement.

En séance, juste avant le vote rejetant cet amendement de suppression, Ugo Bernalicis (FI) a fait cette mise au point : « Donc, je résume : on est suspect, on n’a pas de preuve, on est suspect. On peut se voir poser un bracelet avec le consentement, on doit sinon pointer une fois par jour et puis en plus, on doit communiquer ses identifiants, numéro de téléphone, etc. (…) C’est aller très loin dans la remise en cause des libertés individuelles (…) ou alors les principes évoqués de se taire (…) ne veulent plus rien dire dans cette ère d’infrasoupçon ». (3:46:00 de la vidéo).

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