Archives de la catégorie Numérique

Olivier Houdé : l’intelligence n’est pas un algorithme

C’est quoi l’intelligence humaine ? Professeur de psychologie du développement à l’université Paris Descartes, ancien instituteur, Olivier Houdé publie avec « L’intelligence n’est pas un algorithme » (Odile Jacob) une présentation de sa théorie de l’intelligence. Pour lui, nous ne sommes pas pure raison. Nous ne sommes pas non plus seulement capables de suivre nos impulsions. Nous disposons d’une arme intelligente : l’inhibition qui nous permet de mettre en doute et de raisonner. Notre cerveau comporte trois systèmes : un circuit court des intuitions , un long des algorithmes et de l’analyse et un troisième celui de l’inhibition, clé de l’intelligence.  Que peuvent faire les enseignants avec cette théorie ? Olivier Houdé l’explique.

Vous réalisez en ce moment des expériences avec des enseignants. Dans quel but ?

C’est un exemple de science participative qui réunit depuis la rentrée 2017 mon laboratoire du CNRS et le site Lea.fr de l’éditeur Nathan. Sur ce site nous avons ouvert un lab pédagogique où on mène plusieurs opérations avec les enseignants. On ne leur impose pas les neurosciences. On leur propose de mieux comprendre les erreurs des élèves ce qui est bienveillant.

Dans ce lab,  on réalise une carte des heuristiques, c’est à dire des automatismes scolaires  qui se construisent souvent inconsciemment dans le cerveau des enfants et qui sont sources d’erreurs. On en trouve en maths et en français. Par exemple « louis a 25 bonbons et 5 de plus que léo, combien en a léo ? Les élèves ont surappris qu’après « plus » on additionne et répondent 30. Pour avoir la bonne réponse il faut inhiber la réponse et raisonner. Or mon hypothèse c’est que bon nombre des erreurs des élèves viennent d’un défaut d’inhibition. On n’aide pas assez les professeurs et les élèves à comprendre la logique des erreurs des enfants.

Avec les professeurs on met au point un programme d’entrainement à l’inhibition. Ce sont de petits exercices, environ un quart d’heure par jour, où les élèves exercent leur cortex préfrontal. Ils entrainent leur controle inhibiteur.

Tout cela donne des résultats qui ont été publiés par Nathan dans « Le cerveau et les apprentissages » . On y trouve par exemple le témoignage d’une enseignante qui montre que c’est pas toujours facile mais qu’il y a au final des bénéfices pour les enfants et dans les pratiques pédagogiques.

Sur ce point là les neurosciences peuvent aider les enseignants car la vie de la classe est truffée de situations comme celle que j’ai décrite qui déclenchent des heuristiques. Alors il faut apprendre à utiliser son cortex préfrontal pour inhiber ces heuristiques. Et ça peut se faire avec des jeux. Sinon on peut matraquer les élèves avec de la logique  mais ça ne les prémunira pas des automatismes cognitifs et des erreurs.

Ca veut dire qu’il faut apprendre aux élèves à prendre le temps de réfléchir ?

C’est déjà ça. Mais ça ne suffit pas. Quand on prend le temps de réfléchir ça déclenche dans le cerveau un mécanisme inhibiteur, car les neurones peuvent envoyer un ordre inhibiteur à tout le cerveau. Le développement cognitif c’est plus qu’une accumulation d’algorithmes. C’est aussi la capacité à inhiber les automatismes et à ressentir des émotions.

Il faut donc à la fois travailler le doute, la curiosité et le regret. Il faut vraiment apprendre à douter. Il faut être curieux de notre façon de répondre aux questions et user de notre capacité à anticiper le regret. Il faut avoir une pédagogie fine de ces émotions.

Mais comment peut-on apprendre cela ?

On peut toujours initier au doute et à la curiosité. Dans mon laboratoire, on a mis au point des échelles du doute de 0 à 6. Et on demande à l’enfant s’il est très certain de sa réponse et de se situer sur l’échelle. On fait la même chose pour la curiosité et pour le regret. Si on le fait systématiquement ca veut dire qu’on apprend en même temps à l’enfant à éveiller ces émotions. Et c’est essentiel pour les apprentissages scolaires et la tolérance.

Or tout ceci repose sur une analyse fine des mécanismes cérébraux. Il y a toute une chaine qui va du cerveau émotionnel jusqu’aux régions de la réflexion préfrontale. Quand on fait remplir les échelles du doute aux enfants on active ces chaines.

Dans votre ouvrage, vous revenez longuement sur Piaget. Pourquoi ?

Piaget a construit une théorie d’acquisition de la logique où l’enfant passe par des stades pou r devenir logique vers 6-7 ans et logique abstrait avec l’adolescence. Piaget n’avait vu que les algorithmes logiques. Pour lui l’adulte devient un être logique. Or on a démontré, Kahneman particulièrement, que nous sommes peu logiques et dominés par des heuristiques.  On ne raisonne pas très rationnellement.

En effet il y a une logique qui se construit avec le système des algorithmes. Mais les heuristiques ne disparaissent pas à l’âge adulte, l’intuition reste. C’est ma théorie des 3 systèmes : heuristique comme dit Kahneman, algorithmique comme dit Piaget. Et il y a le 3ème système celui de l’inhibition.

Vous citez aussi Vygotski, un auteur connu des enseignants. Quel lien entre lui et votre théorie de l’inhibition ?

Ce lien est essentiel. Dans le livre je montre le cerveau d’élèves quand ils font une erreur heuristique de logique et aussi avec un entrainement à la logique ou l’inhibition. On voit que l’apprentissage au controle inhibiteur entraine une reconfiguration cérébrale. Cela renvoie à ce que Vygotski appelle la zone proximale de développement, c’est à dire la situation de l’élève incapable de faire seul mais qui peut aller plus loin avec l’aide du professeur. Après cela , seul, il intériorise le « langage régulateur » et devient capable de résoudre le problème seul. Entre mes deux images du cerveau il y a une interaction sociale ou on apprend à inhiber un automatisme de raisonnement. On voit comment un apprentissage agit sur le cerveau. C’est le paradigme de Vygotski : comment avec une intervention pédagogique on peut changer un raisonnement. Mon approche est vygotskienne.

C’est aussi l’approche du ministre ?

Quand le ministre m’a décoré il m’a dit : « nous nous focalisons sur les automatismes et vous nous expliquez qu’il faut aussi apprendre à inhiber ». Il a bine compris ! Il y a une différence avec ce que dit JM Blanquer. Le ministre dit qu’il faut renforcer les automatismes. Moi je dis qu’il faut tout autant apprendre à inhiber les automatismes. Cette  inhibition c’est le cortex frontal, cette moitié du cerveau sous entrainée à l’école.

Je dis qu’il faut apprendre à l’école à inhiber, à douter. Le role du professeur est essentiel. L’inhibition permet de lutter contre les erreurs récurrentes que les enseignants trouvent dans les devoirs. Si elles restent c’est qu’on ne lance pas le bon processus pour y faire face.

Vous en avez parlé avec le conseil scientifique de l’éducation nationale ?

J’ai refusé de participer à ce conseil car je crois qu’il faut être délicat dans la façon dont on introduit de nouvelles connaissances dans l’école. J’ai perçu que la façon de faire du conseil serait plus brutale et hors sol avec l’idée que la science allait expliquer aux enseignants comment faire de la pédagogie. Je suis opposé à cette façon de faire. Et je n’ai pas besoin du conseil pour travailler avec les profs. Ceux ci m’ont bien compris. Agri autrement c’est prendre le risque que les professeurs se dégoutent des neurosciences.

L’Education nationale devrait faire quoi ?

L’école apprend surtout à activer des connaissances, des émotions. Les professeurs ont le nez sur le programme. Et l’école n’apprend pas à inhiber. Résultat on ne fait que la moitié de ce qu’on devrait faire. L’école doit considérer que l’intelligence n’est pas qu’un algorithme mais aussi une inhibition.

Propos recueillis par François Jarraud

Olivier Houdé, L’intelligence humaine n’est pas un algorithme, Odile Jacob, 2019, ISBN 978-2-7381-4690-8

Entretien en 2014

Qu’est ce qu’apprendre ?

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J’veux du soleil à L’UPPERCUT en ce printemps

c’est avec grand plaisir que L’UPPERCUT, Université Populaire Politique de la Montagne, vous annonce la tenue de deux soirées en ce début de mois de mai… Rendez-vous :

Jeudi 2 mai à 20h30 pour la projection du film « J’veux du soleil » au cinéma Le Montagnard.

Vendredi 3 mai à 20h pour une discussion autour du film et un arpentage du livre « les raisins de la misère » au bar de L’amicale Laïque.

Plus d’informations en pièce jointe…

au grand plaisir de vous rencontrer lors de ces soirées…

L’équipe de L’UPPERCUT

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interview du secrétaire départemental du SNUipp Paris

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Loi Blanquer : un outil pour interpeller son député

Alors que la loi Blanquer est encore en discussion au Parlement, le Snep Fsu propose un outil très pratique pour interpeller son député. Il suffit d’entrer sa commune de résidence et automatiquement se crée un message demandant au député de la circonscription de voter contre la loi Blanquer. En 2017, les enseignants ont été une des catégories de la population à voter de façon importante pour E Macron. Vu de l’Assemblée, c’est aussi l’avenir de ce vote et des députés LREM qui se joue avec la loi Blanquer…

Interpeller son député

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sécurité sociale alimentaire

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[Cnet] La reconnaissance faciale dans les lycées suscite l’inquiétude, plusieurs associations montent au créneau

3 mars 2019

Deux lycées de la région Sud testent la reconnaissance faciale. Quatre associations françaises ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Marseille. […]

Pour Martin Drago, juriste à la Quadrature du Net, l’une des associations qui a déposé ce recours : « Cette expérimentation vise à accoutumer les élèves à une surveillance biométrique. Cela participe à la banalisation de ce type de technologies, alors que des projets sécuritaires de vidéosurveillance dopées à la reconnaissance faciale pullulent désormais sur le territoire français« . Rappelons que l’aéroport de Nice dispose d’un outil similaire afin notamment d’améliorer le contrôle aux frontières et fluidifier la circulation.

https://www.cnetfrance.fr/news/la-reconnaissance-faciale-dans-les-lycees-suscite-l-inquietude-plusieurs-associations-montent-au-creneau-39881057.htm

[NDLRP] Le communiqué de La Quadrature du Net sur ce recours : Reconnaissance faciale : un recours pour faire barrage à la surveillance biométrique.

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Usul. Réforme scolaire : Blanquer prend la confiance

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Cerises, la coopérative, février 2019

Incontournables! Dans ce numéro de Février 2019 de Cerises, la coopérative, les Gilets jaunes sont incontournables.

Dans le détail, bien sûr, nous n’allons pas rester au milieu du rond-point (quelle qu’en soit notre envie).

+ Avec les enquêtes présentées par Henri Mermé, nous allons tâcher de faire leur connaissance.

+ Quand tout cela a démarré, nous dit Frédéric Bodin, « notre camp » y voyait l’extrême droite en embuscade.

+ Et même, comme le rappellent Christian Mahieux et Daniel Rome, on y voyait les organisations syndicales en difficultés.

+ Et si, après cela, avec cela, avec Bénédicte Goussault, il nous fallait revoir tout ce que nous pensions du système représentaitf?

Quant au 10ème anniversaire du LKP en Guadeloupe, et même si, sur l’île, il n’y a, aujourd’hui, pas trop de Gilets jaunes, Catherine Destom-Bottin se dit que, quand même… ça y ressemblait beaucoup.

Bonnes lectures

On sera ravi de recevoir vos commentaires

La rédaction de Cerises, la coopérative



Cerises
www.cerisesenligne.fr
2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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[Marianne] Reconnaissance faciale : Big Brother s’invite dans les lycées à Nice et à Marseille

13 février 2019

Deux lycées de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont installer des portiques de vidéosurveillance à reconnaissance faciale. Un dispositif en partie voué à combler le manque d’effectifs dédiés à la sécurité, mais qui interroge sur les risques liés à la vie privée. […]

Pour l’association la Quadrature du Net, qui défend les droits et libertés des citoyens sur Internet, cette déclaration prouve bien la nature du projet mené dans les lycées de Nice et de Marseille : il s’agirait d’une répétition générale pour une « banalisation » toujours plus grande d’une « technologie liberticide« . « Il s’agit d’une nouvelle étape dans la normalisation de la vidéo surveillance et de la reconnaissance faciale« , regrette auprès de Marianne Félix Tréguer, chercheur à l’Institut des sciences de la communication et membre de l’association. […]

Les inquiétudes de la Quadrature du Net ne sont pas des divagations d’amateurs de dystopie technologique. Car si la France est pour l’instant globalement frileuse face aux expérimentations sur la reconnaissance faciale, plusieurs instances s’en sont récemment dotées. Depuis cet été, les aéroports d’Orly et de Roissy en région parisienne, ainsi que le terminal 2 de l’aéroport de Nice, emploient cette technologie. Aéroports auxquels il faudra donc bientôt ajouter deux lycées français : « Difficile de ne pas y voir une nouvelle pierre à une tendance beaucoup plus large, commente Félix Tréguer. On commence par les lycées mais à Marseille et à Nice, les élus sont aussi les promoteurs de projets sécuritaires qui font de la reconnaissance faciale un pilier de contrôle à l’échelon de la ville« . […]

https://www.marianne.net/societe/reconnaissance-faciale-big-brother-s-invite-dans-les-lycees-nice-et-marseille

[NRLDP : Soutenons notre internet, La Quadrature a besoin de vos dons.]

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La Commission européenne saisie de Parcoursup

« La Commission considère-t-elle que la non-publication notamment des algorithmes locaux de traitement des dossiers par les commissions d’établissements est conforme au Règlement Européen sur la Protection des Données notamment au regard du principe de transparence dans le traitement des données à caractère personnel tels que définis à l’article 5 et 12 du règlement ? La Commission considère-t-elle que le recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats peut être assimilé à une pratique discriminatoire ?  » Ces deux questions ont été posées par la député européenne Front de gauche Marie Christine Vergiat. Elle demande à la commission ce qu’elle compte faire.

Sa question

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[Quadrature du net] Première sanction suite à nos plaintes contre les GAFAM !

En mai dernier, suite à l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD) et avec votre soutien et celui de près de 12 000 autres personnes, nous avons déposé une série de plaintes collectives contre les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), après six semaines de campagne pour vous informer de nos intentions et de nos objectifs. Dans notre ligne de mire, divers services de ces géants du Web : Youtube, Google Search et Gmail pour Google, iOS et son méga-cookie pour Apple, LinkedIn pour Microsoft ainsi que Facebook et Amazon.
En octobre, les CNIL européennes avaient établi chacune de nos plaintes comme étant légitime. C’est ainsi que la CNIL irlandaise a été désignée « autorité chef de file » concernant les plaintes contre Apple, Facebook et Microsoft, puisque ces entreprises ont le centre de leurs activités européennes là-bas. Pour les mêmes raisons, c’est au Luxembourg qu’est partie la plainte contre Amazon. Le cas de Google a été plus surprenant : l’entreprise n’ayant pas à cette date de réel établissement principal en Europe, la CNIL française s’est elle-même déclarée compétente pour instruire notre plainte. Cela nous semblait de bon augure, la CNIL française ayant rendu jusque là diverses décisions imposant de manière stricte le consentement libre, concept sur lequel nos plaintes se fondent.
Dans tous les cas, peu importe que certaines de nos plaintes soient traitées par les autorités irlandaise ou luxembourgeoise (ce à quoi nous nous attendions), le RGPD prévoit un système de coopération entre toutes les CNIL européennes. En théorie, cette coopération visent à éviter toute forme de « forum-shopping », qui permettrait à une entreprise d’échapper à ses sanctions en se réfugiant dans un État peu protecteur de nos libertés.
Hier, la CNIL française a rendu une première décision suite à notre plainte contre Google, mais aussi à la plainte celle déposée parallèlement par nos amis de NOYB (None of your business). Elle sanctionne Google à hauteur de 50 millions d’euros, considérant que le ciblage publicitaire que l’entreprise réalise sur son système d’exploitation Android n’est pas conforme au RGPD.
C’est une décision positive pour nous, mais elle ne prend en compte qu’une toute petite partie de ce que NOYB et nous-même nous exposions dans nos plaintes respectives : si NOYB s’attaquait spécifiquement à Android, nous dénoncions surtout le ciblage publicitaire imposé sur Youtube, Gmail et Google Search en violation de notre consentement. Et sur ces services, la CNIL ne dit rien.
De plus, la CNIL base sa sanction sur le fait que, lors de la création d’un compte sur Android, notre consentement n’est pas recueilli de manière explicite (les fameuses « cases pré-cochées »…), mais passe totalement sous silence le plus problématique selon nous : explicite ou non, il ne s’agit pas d’un consentement libre à partir du moment où pour utiliser le service vous n’avez pas d’autre choix que d’accepter le ciblage publicitaire de Google.
Cette décision de la CNIL, si on peut s’en féliciter sur un plan symbolique, n’est toutefois pas à la hauteur des enjeux : sanction très limitée (pour avoir un ordre de grandeur, cette amende de 50 millions d’euros ne représente qu’environ 4h du chiffre d’affaires de Google), traitement partiel des plaintes qui laisse de côté des arguments majeurs…
À cela s’ajoute le fait que hier matin dans la presse, la CNIL a déclaré que suite aux modifications des Conditions générales d’utilisation de Google, qui établissent à partir du 22 janvier un « établissement européen principal » en Irlande, elle transférait le dossier à son homologue irlandais, déjà en charge des plaintes contre Apple, Microsoft et Facebook. Autant dire que cette affaire risque de traîner un certain temps car la CNIL irlandaise n’a pas les mêmes moyens que celle française, et est déjà saisie de nombreuses plaintes (dont les nôtres).
Cela dit, cette décision reste une première victoire, et nous attendons de voir quelle sera la réaction de Google. On vous tient au courant, et surtout on vous remercie encore de votre soutien dans cette action !
Par ailleurs, nous vous rappelons que La Quadrature n’existe que grâce à vos dons. N’hésitez pas à parler de nous autour de vous et à nous faire un don sur laquadrature.net/donner

À très vite !

L’équipe de La Quadrature du Net

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Les efficaces mises au point de l’Apmep

Des maths pour tous au lycée ? Faux ! répond l’Apmep dans une vidéo virale qui répond aux vidéos ministérielles. « Le projet de programme de l’enseignement scientifique ne comprend aucun thème réellement mathématique », déclare l’Apmep. « Apprendre les maths ne peut se faire en voyant fonctionner des outils au service d’autres disciplines ». L’Apmep remet les pendules à l’heure aussi sur les évaluations de 2de. « L’évaluation de 2de n’a pas déclenché d’accompagnement personnalisé car les enseignants n’ont pas eu connaissance des évaluations et l’AP se fait souvent par groupe de 35… Les résultats ne correspondant pas au niveau de 2de mais de 4ème. Et contrairement aux résultats des tests les élèves ne sont pas à l’aise en maths ».

Vidéo 1 Sur Twitter

Vidéo 2 Sur Twitter

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T’UPPERCUT TV vendredi à la Montagne : la société numérique

Vendredi 25 janvier à 20h30 au Bar de l’ALM, 45 Rue Violin à La Montagne

Plusieurs sujets seront traités par notre équipe de journalistes qui, une fois encore, décident d’être sérieux sans se prendre au sérieux :

– les écrans qui nous regardent

– les relations difficiles avec le numérique

– la pollution cachée du numérique

– les formes de résistance

– Et bien sûr, le bar sera ouvert !

A vendredi ?!?

L’équipe de l’UPPERCUT


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Parcoursup : le Défenseur des droits demande la communication des algorithmes locaux

A la veille de la mise en route de Parcoursup, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, vient sérieusement ébranler le discours ministériel sur la plateforme d’orientation postbac. Dans une décision publiée le 21 janvier, il demande à la ministre la publication des algorithmes locaux de tri des candidatures. Il interdit d’utiliser le lycée d’origine pour trier les candidatures. Cette décision est à même de remettre en question le fonctionnement de Parcoursup.

Les recours déposés par S Troussel, président du département de Seine Saint-Denis, et du sénateur P Ouzoulias sont récompensés par la décision prise par J Toubon. Les requérants avaient dénoncé le manque de transparence sur cette phase particulière de l’orientation, couverte par un article inscrit précisément dans la loi par la ministre de l’enseignement supérieur. Cet article permet aux établissements de garder secret les critères de tri des candidatures. Pour les plaignants, les établissements utiliseraient le lycée d’origine,  le lieu de résidence  ou l’origine sociale pour refuser des candidats, ce qui est illégal.

Pour le Défenseur, « le secret des délibérations du jury ne doit pas s’opposer à l’information des candidats sur le contenu exact et la manière précise d’évaluation de leurs candidatures. Le Défenseur des droits estime que la publication de ces informations ne porte pas atteinte aux principes de souveraineté du jury et du secret de ses délibérations, étant donné qu’il ne vise pas à dévoiler le contenu de l’appréciation portée sur chaque candidature mais uniquement les critères pris en compte dans cette appréciation ainsi que leur méthode d’application. Il est donc recommandé de rendre publiques ces informations ».

Par cette décision, le Défenseur des droits « recommande à la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation de prendre les mesures nécessaires, d’ordre législatif et d’ordre réglementaire, afin de rendre publiques toutes les informations relatives au traitement, y compris algorithmique, et à l’évaluation des dossiers des candidats par les commissions locales des établissements d’enseignement supérieur en amont du processus de leur affectation dans les formations de premier cycle de l’enseignement supérieur, afin d’assurer la transparence de la procédure et de permettre aux candidats d’effectuer leurs choix en toute connaissance de cause ».

Le Défenseur invite aussi la ministre de l’enseignement supérieur « à mener une analyse approfondie concernant la situation de l’affectation des bacheliers technologiques et professionnels dans l’enseignement supérieur et de prendre les mesures nécessaires pour favoriser davantage leur accès dans les formations de leur choix ».

La ministre a deux mois pour faire connaitre les mesures prises en application de cette décision du Défenseur des droits. Si elle n’allait pas dans son sens, le Défenseur pourrait saisir la justice pour discrimination. C’est justement pour luter contre elles que le Défenseur des droits a été créé. Il peut aussi utiliser son pouvoir d’injonction si la ministre ne répond pas à sa décision.

La décision

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Reconnaissance faciale au lycée : l’expérimentation avant la généralisation

19 décembre 2018

Le 14 décembre dernier, le Conseil Régional de PACA a voté une mesure visant à faire installer, à partir de 2019, des dispositifs de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de Nice et de Marseille. Dès le mois d’octobre, La Quadrature du Net avait demandé à la CNIL la communication des documents en sa possession sur ce dossier, cette dernière ayant été consultée par la région pour la mise en place de ces dispositifs. L’analyse de ces documents, ainsi que les précisions apportées par Christian Estrosi, confirment l’impuissance de la CNIL à enrayer la banalisation d’une technologie particulièrement liberticide et qui vise ici à s’étendre à l’ensemble des établissements scolaires de la région.

De quoi s’agit-il ? En octobre 2017, Renaud Muselier, président de la région PACA, demande les conseils de la CNIL pour la mise en place dans deux lycées de Nice et de Marseille de dispositifs de « portiques virtuels » associant « des moyens classiques d’identification (…) à un dispositif biométrique utilisant des technologies de comparaison faciale, seuls à même d’après nos premières investigations, d’apporter une solution fiable et rapide dans un contexte de contrôle d’accès portant sur un nombre potentiellement élevé de personnes ». Cette nouvelle étape est la suite logique de sa politique sécuritaire ayant conduit, entre 2016 et 2017, à ce que plus de 1 300 caméras de vidéosurveillance soient installées dans l’ensemble des lycées de la région. La technologisation à outrance est également présentée par la région comme une réponse au contexte d’austérité budgétaire :

Ce dispositif constitue une réponse au différentiel croissant constaté entre les exigences de sécurisation des entrées dans les établissements et les moyens humains disponibles dans les lycées, dans le cadre des plans successifs de réduction des effectifs dans la fonction publique.

La région PACA présente ainsi à la CNIL son projet visant à « sanctuariser » les entrées et les sorties dans les établissements secondaires. Il s’agit non seulement de reconnaissance faciale mais également d’un dispositif de « suivi de trajectoire » de certains des visiteurs : un logiciel installé couplé à une caméra permet de détecter des points de comparaison faciale déterminés par un algorithme et de le comparer avec ceux stockés dans une base de données. Un écran mis à la disposition des agents de contrôle permet alors de visualiser trois types de profils : « vert » pour les personnes autorisées à pénétrer dans l’enceinte du lycée, « jaune » pour les personnes non identifiées et invitées à se présenter à l’accueil et « rouge » pour les personnes non identifiées et qui ne se sont pas dirigées dès leur entrée vers l’accueil.

Il est par ailleurs précisé qu’il s’agit pour l’instant d’une « expérimentation limitée dans le temps » et fondée sur le consentement explicite de volontaires au sein des établissements visés.

La CNIL impuissante face au développement de la reconnaissance faciale

Alors qu’elle avait appelé en septembre 2018 à un débat urgent sur ces nouveaux usages des caméras vidéo et qu’elle souligne elle-même les risques considérables d’atteinte aux libertés individuelles que cette technologie entraîne, la CNIL n’a opéré ici qu’un suivi très souple – voire accommodant – du projet.

Soulignons d’abord que, depuis l’entrée en vigueur du RGPD en mai 2018, les responsables de traitement de données personnelles n’ont en principe plus à réaliser de formalités auprès de la CNIL avant la mise en œuvre du traitement, tel qu’obtenir son autorisation dans certains cas. Le contrôle de l’autorité ne se fait qu’a posteriori, conformément au principe de responsabilisation des acteurs prévu dans le règlement. Tout au plus certains traitements, et c’est le cas pour la reconnaissance faciale, doivent-ils faire l’objet d’une analyse d’impact. Le consentement des utilisateurs est désormais censé fournir une base légale suffisante pour le déploiement de ces systèmes qui font pourtant entrer la surveillance dans une nouvelle ère. En supprimant le pouvoir d’autorisation de la CNIL s’agissant de ce type de dispositifs, le RGPD marque donc un recul pour les libertés.

Selon les documents qui nous ont été communiqués, la CNIL s’est donc contentée de demander des précisions complémentaires à la Région sur le dispositif envisagé et, sur certains points, de fournir des recommandations. C’est d’ailleurs suite à l’une de ces recommandations que la Région a décidé que le stockage des données biométriques ne se ferait pas sur une base de données mais sur un support individuel, sous le contrôle exclusif de la personne (en l’espèce, un badge) (comme c’est le cas pour ce qui existe déjà dans plusieurs aéroports où la photographie n’est stockée que dans le microprocesseur du passeport biométrique).

Ainsi, et contrairement à ce qui a été annoncé par une partie de la presse et par Christian Estrosi lui-même, la CNIL n’a pas donné son « feu vert » à ce dispositif mais a simplement accompagné la région dans sa mise en place.

Pourtant, en laissant se développer ce type de technologies à des buts sécuritaires, sans qu’il ne soit apporté à un seul moment la preuve de la pertinence d’un tel dispositif par rapport au système existant,1 sans même une réelle réflexion sur la nature du consentement que peuvent donner des mineurs à l’égard d’une expérimentation au sein de leur lycée,2 la CNIL participe à la banalisation de ces technologies. Elle devient l’alibi au développement d’une surveillance généralisée qui sera au cœur des « Safe City » qui commencent à essaimer sur le territoire.

Un dispositif qui a vocation à s’étendre à toute la région

Car, sous le qualificatif faussement tranquillisant d’ « expérimentation » mis en exergue par Renaud Muselier et Christian Estrosi, ces derniers souhaitent en réalité, comme ils l’ont eux-mêmes énoncé lors de l’assemblée plénière du Conseil Régional, étendre ce dispositif de reconnaissance faciale à l’ensemble des lycées de la région :

Avec ces deux expériences, une fois que nous l’aurons démontré, nous irons très vite sur la généralisation, à partir du réseau de vidéosurveillance déjà existant, sur lequel il ne nous restera plus qu’à mettre le logiciel qui correspond à l’usage de la reconnaissance faciale par rapport aux caméras déjà installées dans nos établissements scolaires.

L’expérimentation des lycées de Nice et de Marseille s’inscrit donc en réalité parfaitement dans les divers projets que La Quadrature du Net dénonce depuis près d’un an, et qui sont d’ailleurs particulièrement avancés dans ces deux villes : « Observatoire Big Data de la tranquillité publique » à Marseille, « Safe City » à Nice… Cette actualité apparaît alors comme une nouvelle briqueau développement, toujours plus rapide et incontrôlable, de ces nouvelles technologies de surveillance (« Big Data », caméras « intelligentes », reconnaissance faciale…) au profit des municipalités et de leurs polices.

Un tel projet profitera par ailleurs pleinement à son maître d’œuvre, la société CISCO, qui finance entièrement cette expérimentation [lien doc] et qui s’occupera « dans un premier temps » de former les professeurs des lycées à ces nouvelles technologies. Cisco, acteur américain central de la « Safe City », et avec qui le gouvernement français avait déjà signé un partenariat important pour mener un projet de « Smart City » dans une ville française, se positionne dans un marché en plein essor. Il pourra pleinement tirer parti de cette occasion que lui donne la région de tester ses nouvelles technologies de surveillance dans nos établissements scolaires pour mieux la revendre plus tard, dans le cadre de marchés publics à vocation sécuritaire.

Alors qu’il y a plus d’un mois, nous appelions déjà la CNIL à imposer un moratoire sur le développement de ces technologies, cette dernière semble s’en tenir à une posture attentiste. Nous appelons les syndicats de lycéens et d’enseignants ainsi que les parents d’élèves et toutes celles et ceux révulsés par ces évolutions à s’organiser pour les tenir en échec.

References

1.Il est ainsi seulement précisé dans les documents produits par la région, et cela sans aucune preuve ou réelle analyse, que « les nombreux incidents et agressions constatés aussi bien dans l’enceinte du lycée qu’à ses abords, ainsi que le contexte sécuritaire existant depuis les attentats terroristes de 2016, conduisent également à tenter de limiter les temps d’attente et les attroupements à l’extérieur des établissements aux moments de forte affluence (rentrées matinales notamment) » ou que « ce dispositif constitue une réponse au différentiel croissant constaté entre les exigences de sécurisation des entrées dans les établissements et les moyens humains disponibles dans les lycées, dans le cadre des plans successifs de réduction des effectifs de la fonction publique. Il apporte une assistance aux personnels du lycée, qui peuvent ainsi mieux se concentrer sur les cas nécessitant une intervention humaine, et reporter leur vigilance sur les multiples situations menaçant la sécurité, en augmentant la présence humaine dans les lieux de vie de l’établissement. »
2.Le courrier de la région précise à ce titre que « Les personnes volontaires (ou leur représentant légal pour les mineurs) doivent signer préalablement un formulaire de recueil de consentement expliquant la finalité de l’expérimentation, la durée de conservation des donnée ainsi que la manière d’exercer les droits Informatique et Libertés »

Posté dans Surveillance

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La reconnaissance faciale testée dans deux lycées professionnels

Ce sont deux lycées professionnels, Ampère à Marseille et Eucalyptus à Nice, que le conseil régional de PACA a choisi pour tester une application de reconnaissance faciale. Le système identifiera les élèves et personnels en comparant les visages à une base de données des visages des lycéens et profeseurs. Selon Nice matin, le Snes relève que cela n’aura aucun impact sur la sécurité, la violence ne se réduisant pas à l’intrusion.

Nice matin

20 minutes

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élèves trompés et triés mais aussi livret scolaire numérique dans le primaire…

Témoignage du côté des plus jeunes, les élèves de primaire et collège, ceux que l’on fiche actuellement dans LSUN  (livret scolaire numérique) à l’insu des familles…


Si certains parents ont des enfants plus jeunes et sont (aussi) motivés pour réclamer l’information légale qu’on ne leur donne pas sur les écoles, ou pour faire opposition puis éventuellement recours devant Défenseur des Droits….Vous pouvez aussi aller sur le site du Collectif de résistance aux fichiers scolaires (CRBE https://retraitbaseeleves.wordpress.com/) qui a réactualisé sa campagne de rentrée et propose des modèles de lettres pour faire opposition.

Faites des vagues, si on ne défend pas les libertés maintenant, nos enfants sont bien mal barrés.

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Communiqué LDH : « Stop au racisme sur la toile »

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) se félicite de la décision du tribunal de grande instance de Paris d’ordonner aux diffuseurs, en France, d’Internet, de bloquer un site raciste et antisémite hébergé aux Etats-Unis.
Depuis des années, aucune procédure n’avait pu aboutir contre ses lâches auteurs, ni obtenir la fermeture de ce site. Une instruction reste cependant en cours pour sanctionner les coupables de ces délits.

Cette première est une avancée à saluer contre la haine en ligne, qui doit conduire à la fin d’une impunité trop longue.

La LDH continuera à demander de poursuivre les auteurs et responsables de ces publications illégales, où qu’ils soient, comme d’exiger la fin sans délais de leurs diffusions.

Paris, le 28 novembre 2018

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Nos plaintes contres les GAFAM avancent !

10 octobre 2018 – Nous venons de recevoir des nouvelles de la CNIL au sujet de nos plaintes collectives, engagées en mai 2018 contre Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Ces nouvelles sont encourageantes.

Les plaintes contre Apple, Facebook et Microsoft ont été transmises à l’autorité irlandaise de protection des données, qui a commencé l’instruction des dossiers. Pourquoi est-ce l’autorité irlandaise qui instruira nos plaintes, plutôt que la CNIL française, à qui nos plaintes étaient destinées ?

Comme nous le rappelions déjà en mai dernier, le RGPD a posé un nouveau cadre de coopération entre les différentes « CNIL » européennes : si une entreprise collecte des données dans plusieurs pays européens, les CNIL de tous ces pays doivent collaborer pour contrôler cette entreprise. La CNIL de l’État où l’entreprise a le « centre de ses activités » dans l’Union européenne est désignée « autorité chef de file ». Cette autorité chef de file est chargée de conduire l’instruction et d’animer la coopération entre les autorités. C’est en Irlande que Apple, Facebook et Microsoft ont le centre de leurs activités européennes. La CNIL irlandaise est donc l’autorité chef de file pour instruire nos plaintes.

S’agissant d’Amazon, la plainte a été transmise à l’autorité du Luxembourg – puisque, cette fois-ci, c’est dans ce pays qu’Amazon a le centre de ses activités au sein de l’Union.

Enfin, qu’en est-il de Google ? C’est ici que la situation devient la plus intéressante.

Le RGPD prévoit une exception au mécanisme de « l’autorité chef de file ». Si une entreprise n’a pas « d’établissement principal » au sein de l’Union, mais agit principalement depuis l’étranger, la CNIL de n’importe quel État peut la contrôler (voir les lignes directrices WP244, page 11, du G291).

C’est cette exception que la CNIL française a retenue s’agissant de Google : l’entreprise ne dispose dans l’Union d’aucun « établissement principal » qui dirigerait les activités que nous dénonçons comme contraires au RGPD. Concrètement, la CNIL considère que le siège de Google à Dublin ne prend pas de décisions importantes dans notre affaire et ne doit donc pas être pris en considération.

Ainsi, la CNIL française se reconnaît compétente pour instruire directement notre plainte contre Google (et pour, en fin de course, prononcer sa sanction). Toutefois, elle nous indique qu’elle compte conduire ce dossier en coopération avec les autres CNIL, avec lesquelles elle aurait commencé à travailler lors de leur dernière réunion européenne du 25 et 26 septembre. C’est une bonne chose.

Dans l’ensemble, la situation est des plus encourageantes : nos plaintes avancent concrètement et celle contre Google reste dans les mains d’une autorité dont les dernières décisions ont toutes imposé strictement la notion de « consentement libre », qui est au cœur de nos actions.

Nous vous garderons informés des prochains avancements sur ces dossiers.

En attendant, nous vous rappelons que nos plaintes sont libres de droit (disponibles ici) : n’hésitez pas à en reprendre les arguments (ils ont été pensés pour être faciles à reprendre) afin de rédiger des plaintes individuelles ou collectives contre d’autres entreprises – qui ne manquent pas pour violer le RGPD.

  • 1. Le G29 était l’organisation créée en 1995 pour regrouper les CNIL de tous les États de l’Union européenne et dégager des positions communes. Le RGPD a transformé le G29 en un nouveau « Comité Européen de la Protection des Données », qui reprend la même mission et organisation mais se voit désormais confier des pouvoirs de décisions dans le cadre de la nouvelle coopération entre les différentes CNIL

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Salaire à vie – Démocratie et liberté dans son travail

par Groupe de Réflexion Stéphanois 14 septembre 2018

Stéphane du GRS explique en détail le salaire à vie en le comparant au revenu de base.

Au delà des termes techniques vulgarisés, il nous faire entrevoir ce que serait une société du salaire à vie, en mettant en évidence l’aspect démocratique et les nouvelles libertés qu’elle nous procurerait.

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