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« Louise », animatrice de « Bloquons Blanquer »…

« Louise » n’existe pas. C’est le pseudonyme choisi par l’une des deux jeunes enseignantes franciliennes qui animent le site « Bloquons Blanquer ». « Louise  » n’a pas peur d’être reconnue. Mais, très militantes,  les deux professeures refusent toute mise en avant personnelle. Elles se concertent pour s’exprimer par l’artefact de ce personnage. A force de travail, elles ont fait du site « Bloquons Blanquer », créé en mars 2019 à la suite d’une AG parisienne, l’étendard de la révolte enseignante contre la politique menée par JM Blanquer. De quoi rendre jaloux les syndicats et amer le ministre. Comment une simple professeure réussit-elle ce tour de force ? Comment gère-t-elle une influence avec laquelle le pouvoir doit compter ?

Louise est professeure dans une école Rep+ du Nord-Est parisien . Elle n’est pas devenue professeure des écoles par hasard. « J’ai choisi ce métier précisément parce que je pense que l’école est un pilier de l’émancipation. C’est un choix que j’ai fait dans la continuité d’un engagement militant de longue date sur le terrain des luttes sociales mais aussi sur celui des mouvements de pédagogie active. D’ailleurs, en classe, je pratique les méthodes Freinet ».

Qu’est-ce qui vous a amené à vous opposer à la Loi Blanquer ?

La première fois que je suis allée à une réunion d’enseignants où l’on m’a parlé du projet de loi, quand j’ai entendu la liste des mesures, un mot a résonné dans ma tête immédiatement, sans même que je réfléchisse, juste par association d’idées : « Blitzkrieg ». Blitzkrieg, c’est la « guerre-éclair », qui vise la sidération. Et c’est vraiment le projet de ce gouvernement. La liste des mesures – y compris en dehors de l’éducation nationale – prises sans concertation, dans l’urgence, au mépris de toutes les levées de boucliers des gens concernées est juste hallucinante. Ca va tellement vite, qu’on n’a pas le temps de penser à ce qui nous arrive, ni de nous organiser. Et c’est bien le but. Taper fort avec des mesures si jargonnantes qu’elles paraissent « floues », c’est un mot que j’ai entendu dans la bouche de beaucoup de personnels de l’éducation qui ne voyaient pas pourquoi il fallait se mobiliser, et empêcher toute forme de contestation.

L’article 1 de la loi, qui instaure un « devoir d’exemplarité » est d’ailleurs très inquiétant à cet égard : on est dans 1984, mais ça a l’air d’être un mauvais Disney, avec des couleurs chatoyantes et rien de bien méchant. Pourtant, une fois qu’on a décortiqué la loi, on aperçoit une logique très claire, en deux volets : d’une part, trier les élèves dès la maternelle, et jusqu’à l’université, entre ceux qui méritent tous les honneurs et toutes les attentions, et ceux qui peuvent bien se contenter d’une « école du socle ». D’autre part, faire taire tous ceux et celles qui s’opposeraient à ce tri. Je m’oppose farouchement à cette logique.

Comment est née l’idée du site bloquonsblanquer.fr ?

L’idée de la plateforme est née en AG. Au début du mouvement, en mars, on entendait beaucoup d’idées, beaucoup de rendez-vous, mais les informations étaient difficiles à trouver, éparpillées… C’est alors qu’avec un tout petit groupe, on a lancé l’idée qu’il faudrait une plateforme pour tout regrouper. C’est ainsi que le site internet est né. Dans l’équipe, certaines savaient utiliser WordPress, et avaient un passé dans la communication et le marketing. Du coup la commission « site internet » est vite devenue une commission « communication » qui articulait la plateforme en ligne avec les réseaux sociaux. C’est une forme de militantisme un peu nouveau, qui complète la grève et manifs, sans s’y opposer, et qui permet d’agir y compris depuis chez soi. Moi là-dedans, je me retrouve complètement : je suis mère célibataire. Un engagement compatible avec cet état de fait, où il ne s’agit pas de faire la course à l’échalote de qui restera le plus tard à l’AG pour prouver son plus grand engagement, ça fait du bien. A Bloquons blanquer, chacun et chacune participe comme il ou elle peut ou veut, le temps qu’il ou elle peut. Certain et certaines ont donné deux semaines, puis sont reparties – mais ces deux semaines ont été précieuses, d’autres sont là depuis le début et donnent un jour par semaine pour l’agenda… On peut venir à une réunion et pas à une autre, on s’entraide, on se forme mutuellement… Il y a une grande bienveillance et une grande empathie.

Votre engagement semble plus politique que pédagogique, ou est-ce finalement un mélange des deux ?

Si l’on lit Jacques Rancière, on voit bien que la pédagogie n’est pas séparée d’une vision politique. La plupart des enseignants et enseignantes engagés contre les réformes Blanquer ont une vision émancipatrice de l’école. Mon engagement comme prof est politique – c’est pour ça que j’ai choisi une pédagogie de la coopération. Alors mon engagement politique est forcément pédagogique ! D’ailleurs, à Bloquons Blanquer, l’un des maîtres mots est la formation mutuelle, dans la lignée de l’éducation populaire. On bouscule le modèle traditionnel de l’AG souveraine à qui les commissions techniques viennent rendre des comptes, parce que ce modèle est basé sur une dichotomie implicite entre les sachants et les non sachants.

Pour pouvoir faire une plateforme internet par exemple, il faut absolument savoir comment fonctionne le référencement, avoir des notions techniques précises et à jour sur les algorithmes de Google et de Facebook. Mais le choix des mots-clés, des titres et des chapeaux est stratégique et politique ! Donc ça n’a pas de sens de demander à une AG qui n’aurait pas ces notions techniques de décider pour une commission « propagande » qui ne serait qu’exécutante. Mais ça serait un contresens politique que de vouloir qu’une commission experte décide de la stratégie du mouvement. La seule solution pour sortir de cette aporie, c’est la montée en compétence par l’autoformation et la formation mutuelle, de tous et toutes. Bloquons Blanquer est ouvert à tous et toutes moyennant un droit d’entrée qui est une formation minimale de 30 mn.  Idéalement, il faudrait que la forme des AG permette un espace de discussion collective sur ces questions-là. Pour l’instant, c’est balbutiant. Mais la pédagogie par l’exemple, ça marche aussi ! Et beaucoup de sceptiques du début se rendent compte qu’on a obtenu des résultats non négligeables, comme le soutien public de Ludivine Bantigny, Antoine Peillon et Bertrand Tavernier, entre autres… Avec nos méthodes bizarres…

Qu’est-ce que ça change à votre vie quotidienne de prof ?

Ça diminue les heures de sommeil ! Tout ceci est épuisant, évidemment. Et il faut avouer que pour les plus acharnés d’entre nous, on a beaucoup moins vu nos élèves au troisième trimestre. Mais c’est pour eux qu’on fait ça ; tout ce temps arraché au travail, tout ce temps transformé par la grève, est aussi constitutive de notre posture enseignante.

Votre plateforme prend beaucoup d’ampleur, pas trop difficile à gérer ?

C’est vrai qu’on n’a pas vraiment vu venir l’ampleur de notre idée. Au début, on a juste proposé un site pour diffuser et offrir une plateforme commune au mouvement. Et puis aujourd’hui on est devenue une commission trans-AG : notre travail est reconnu par des collègues de toute la France, et notre volonté d’agréger les forces fonctionne ! Sur notre fil de discussion Whatsapp, il y a des gens de Montpellier, de Toulouse, de toute l’Ile-de-France ! On agrège aussi les parents d’élèves et les lycéens, et ça c’est vivifiant ! De notre point de vue, le plus effrayant, c’est ce qui se profile pour les écoliers et les lycéens : la mise en concurrence de tous contre tous, le tri à chaque étape avec sa production de « déchets ». Quand on voit le sort réservé au lycée pro, qui perd la moitié de ses enseignements de matière générale, il y a de quoi être effrayé sur l’avenir qu’on nous réserve ! Le lycée pro, c’est un tiers des lycéens et dans certains endroits, c’est la majorité des jeunes qui y vont. Or ce sont nos futurs concitoyens ! Est-ce qu’on veut ça, partager une citoyenneté avec des gens qui n’auront plus aucune culture générale ?

C’est vrai qu’on voit ça et là des collègues se dire que c’est trop dur, face à un gouvernement complètement sourd et aveugle. Mais nous on se dit : c’est trop grave, on ne peut pas renoncer. Autour de nous, dans la « vraie vie » ça parle d’effondrement, et voici une contre-réforme de l’éducation, faite en 2019, qui ne dit pas un mot des enjeux d’aujourd’hui ? D’ailleurs, ce qu’on réclame, ce sont des états généraux de l’éducation. Et si ça se fait, ça se fera avec les syndicats, mais aussi avec des gens de la base, comme nous. C’est ça la démocratie directe. C’est sûr qu’on porte un nouveau modèle – c’est dans l’air du temps. Mais ce n’est pas nous que ça effraie.

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Le rapport accablant de la Cour des comptes sur le plan numérique

« La conception de cette politique doit être profondément revue ». Dans un rapport à paraitre  que le Café pédagogique s’est procuré, la Cour des comptes fait le bilan du plan numérique lancé en 2015 et plus globalement de la politique numérique menée depuis 2013. Doté d’un milliard, appuyé par la création d’une Direction du numérique éducatif , ce plan aurait du faire basculer l’Ecole dans une nouvelle ère numérique. La Cour en dresse pourtant un bilan très sévère. Alors que le ministère semble avoir abandonné depuis 2017 le terrain numérique, la Cour appelle à une autre politique qui prend le contre pied de celle menée entre 2013 et 2017. Elle s’oppose à celle des collectivités locales. Cette réorientation des investissements numériques tire un trait sur 6 années de fort développement numérique et renvoie les élèves à leur smartphone.

Un rapport qui condamne

Le Café pédagogique s’est procuré le rapport de la Cour des Comptes sur « le déploiement du numérique pour l’éducation : un défi encore à relever ». La version que nous partageons date de février 2019 et elle n’est pas définitive. Mais c’est un texte déjà très finalisé et prêt à paraitre. Le rapport final devrait être peu modifié. Il sera diffusé par la Cour début juillet.

Ce rapport se situe 6 ans après la création du « service public du numérique éducatif » inscrit dans la de refondation de l’Ecole en 2013. En 2014, le ministère créait la Direction du numérique éducatif. Puis en 2015, F Hollande lançait un grand plan numérique doté d’un milliard d’euros, censé changer la donne éducative. Ce plan a été stoppé net dès l’alternance de 2017.

Avec ce rapport , la Cour des comptes tire un trait sur tout ce qui s’est fait en numérique éducatif depuis le grand plan de 2015. La conclusion de la Cour est éloquente : « Il s’agit maintenant d’instaurer une gouvernance qui permette à l’État, en concertation avec les collectivités, de déployer le service public de manière beaucoup plus homogène sur le territoire, afin de corriger des inégalités scolaires dont les politiques publiques sont responsables ». On le verra, rien n’échappe à la critique de la Cour, souvent solidement argumentée. Ni la mise en place du DNE, ni les choix stratégiques faits par l’Etat, ni  les politiques des collectivités locales. Seul le vide échappe à la critique, en l’occurrence l’absence de politique numérique depuis 2017. Pourtant , et c’est un paradoxe, la Cour semble la dernière institution à croire que le numérique change radicalement la donne scolaire.

L’échec du plan Hollande lié à son mode de finacement

La Cour s’intéresse d’abord au pilotage par l’Etat qu’elle juge « insuffisamment novateur pour conduire la transition numérique ». Le rapport se livre à une analyse approfondie du fonctionnement de la Direction du numérique pour l’Education créée en 2014 pour porter le service public du numérique éducatif.  Pour la Cour, la DNE n’a pas réussi à faire l’unité entre le service des systèmes d’information (« le bastion des ingénieurs » pour la Cour) et le service pédagogique du numérique, infiniment moins nombreux et moins richement doté (environ 100 millions pour les systèmes d’information du ministère contre 10 millions pour la production pédagogique). Et là la DNE est en contradiction avec « l’ambition initiatrice » souligne la Cour. Cette fracture se retrouve au niveau des rectorats où les équipes DSI (placée sous l’autorité du secrétaire général) et DAN (placé sous celle du recteur) restent bien séparées.

Mais il y a pire et c’est un des apports importants du rapport :  » le pilotage financier des actions dont elle est chargée lui échappe en grande partie », note la Cour. « La DNE n’a en fait jamais disposé de la maîtrise directe de l’essentiel des crédits alloués à la politique dont elle est chargée ». La Cour parle de « leviers dérisoires ». En effet, le grand plan numérique lancé par F Hollande le 7 mai 2015 , doté d’un milliard d’euros, est financé par le programme d’investissement d’avenir (PIA) en complément des apports des collectivités locales. Or il apparait que ce circuit financier est complexe, à la limite de la régularité financière selon la Cour, et par suite long. Le délai moyen pour voir une décision trouver son budget était de 18 mois. Résultat, selon la Cour, seulement 307 millions ont été effectivement dépensés avant le gel imposé par JM Blanquer sur le milliard prévu. La Cour conteste d’ailleurs que le PIA puisse financer de l’équipement numérique (les tablettes pour les collégiens) car ce sont des dépenses de fonctionnement et non d’investissement. C’est une des raisons pour lesquelles la Cour demande l’abandon de la politique d’équipement des élèves.

Changer les rapports entre le ministère et ses opérateurs

Le rapport critique aussi la façon dont l’Education nationale pilote ses opérateurs numériques, Canopé, le Cned et l’Onisep. La Cour salue le développement du Cned (dont on apprend que le contrat d’objectifs et de performance est suspendu alors qu’il aurait du être signé fin 2017) et Canopé. C’est à l’Onisep, déjà frappé par la loi Avenir professionnel, que la Cour adresse ses reproches. « Le constat peut sembler paradoxal : le site http://www.onisep.fr draine, en effet, actuellement un volume significatif 47,6 millions de visites par an. Or, les publications numériques sont proposées à la vente uniquement via la librairie web. Elles représentent un chiffre d’affaires d’environ 100K€ à mettre en regard du budget de 41 M€ de l’ONISEP ».

Mais le rapport souligne surtout le mélange des rôles entre opérateurs et ministère. Le ministère passe des commandes imprévues qui perturbent les opérateurs. Surtout il concurrence les opérateurs en réalisant, via la Dgesco et Eduscol, des ressources concurrentes à celles des opérateurs.  » La Cour recommande donc d’éclaircir le rôle de chacun des opérateurs du service public du numérique éducatif, la manière dont ils  doivent coopérer entre eux et avec l’administration centrale, et d’élaborer une stratégie globale du ministère, partagée avec les opérateurs, pour la production de ressources et services numériques. Il conviendrait, à cette occasion, de préciser les missions de service public des opérateurs et d’éclaircir l’intérêt de leurs interventions dans le champ concurrentiel ». Et la Cour recommande un grand portail unique de ressources éducatives, mirage régulièrement poursuivi dans l’Education nationale…

Le choix du BYOD

Le principal reproche de la Cour c’est d’avoir sacrifié les réseaux et l’investissement à l’équipement des élèves , les fameuses tablettes. L’objectif était de doter chaque élève de 5ème d’une tablette ou de financer des classes mobiles. Finalement pour la Cour, ce plan a été une aubaine pour les collectivités locales qui ont saisi l’occasion pour équiper leurs établissements avec le soutien financier de l’Etat. On est passé de 2 millions dépensés en achat de tablettes par les départements à 20 millions en 2016 et 2017. Des départements ont atteint la tablette par élève (comme la Corrèze, les Bouches du Rhône ou les Landes). Pour la Cour cette politique était inutile car les jeunes sont déjà équipés de smartphones et tablettes. Il aurait suffi de cibler sur des publics spécifiques et de faire appel au BYOD.  » La Cour suggère de mettre en place des dispositifs d’aides ciblées, en faveur des élèves qui en font la demande, et  qui satisfont à des critères sociaux ».

De ce fait l’Etat a accentué les inégalités entre établissements. Pour la Cour le choix de la méthode d’appels à projet pour équiper les collèges « connectés » a accentué les inégalités. Pour la Cour,  » le ministère aurait pu rechercher davantage d’homogénéité, et viser la mise en place d’un socle minimum d’outils et pratiques numériques dans l’ensemble des établissements, en favorisant leur convergence… A l’heure actuelle, l’accès au numérique n’est pas garanti pour tous les élèves, et au cours de son parcours scolaire, un élève n’a pas l’assurance, tant s’en faut, de bénéficier d’une continuité pédagogique : le numérique est peu développé à l’école élémentaire, puis inégalement déployé au collège et au lycée ».

Les ENT dépassés

La Cour souligne un investissement insuffisant dans les réseaux, les collectivités ayant plutot acheté des tablettes à cause de la politique nationale. Elle souligne les « résultats décevants des ENT » qui n’ont pas réussi à devenir les supports d’usages pédagogiques comme on l’avait imaginé.  » Entre 7 et 8 enseignants sur 10 déclarent ne jamais utiliser les ressources ou les services de l’ENT pour préparer leurs cours, personnaliser l’accompagnement des élèves, produire des contenus pédagogiques avec les autres enseignants ou encore faire collaborer les élèves entre eux », note le rapport. Les enseignants préfèrent d’autres outils pour collaborer. Pour la Cour il est clair que les ENT sont dépassés.  » L’efficacité des espaces numériques de travail (ENT) en termes de sécurité et d’usages s’avérant décevante, leur pérennité, dans un environnement technologique qui a beaucoup évolué depuis leur création mérite aujourd’hui d’être réinterrogée ».

La Cour s’aventure encore dans l’édition privée pour craindre pour la sécurité et la souveraineté. Si le risque de récupération des fichiers élèves par les Gafam est bien réel, la Cour est très inquiète de la domination d’entreprises privées en ce qui concerne les notes des élèves.  » Dans presque tous les établissements du 2nd degré, la confection des emplois du temps repose désormais sur un unique logiciel externe qui expose potentiellement toute l’institution à un risque de vulnérabilité », note le rapport.  » La DINSIC (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat)  partage le constat d’une quasi-dépendance du ministère de l’Éducation nationale s’agissant des logiciels de gestion de la vie scolaire. Cette situation doit, selon cette direction, conduire à interroger « des choix technologiques profonds au ministère de l’Éducation nationale ». En clair, la Cour recommande d’interdire ou de racheter Pronote.

Un socle numérique de base

Tout cela amène la Cour à demander de « réorienter la politique numérique » et à faire des recommandations. Pour assurer un déploiement égal du nuémrique, la Cour recommande de définir un « socle numérique de base » pour chaque catégorie d’établissement. Elle souhaite le rétablissement de la certification numérique des enseignants. Elle souhaite aussi que le soutien public à l’achat d’équipements individuels soit ciblé sur critères sociaux. La principale recommandation concerne la politique d’ensemble :  » S’inscrire dans la doctrine d’emploi du programme d’investissements d’avenir en ne mobilisant ses financements, dans le domaine du numérique éducatif, que vers des actions traduisant une véritable logique d’investissement ou de soutien à l’expérimentation et à l’innovation pédagogiques ». Et donc abandonner le plan tablettes, de fait d’ailleurs déjà mort.

Des recommandations déjà périmées ?

Le bilan de la Cour est donc très sévère pour le plan numérique Hollande et les politiques menées entre 2013 et 2017. Curieusement la Cour évoque très peu (uniquement à l’occasion de la RGPD) ce qui se fait depuis 2017 , c’est à dire l’absence de toute politique numérique, l’abandon des acteurs à eux mêmes, la mise en difficulté des entreprises  et le gel des dépenses.

La Cour a sans doute raison de souligner les inégalités d’équipement, criantes dans le premier degré, encore importantes dans le second. Elle est quand même bien sévère pour les collectivités locales qui se sont particulièrement emparées du numérique, parfois sans soutien réel de l’Etat, et qui ont fait oeuvre de pionniers.

Elle a raison de dire que « la mise en oeuvre du service public du numérique éducatif et du plan numérique pour l’éducation de 2015 a souffert d’un diagnostic initial insuffisamment étayé par l’étude des besoins ». Mais à vrai dire quelle politique de l’Education nationale, à l’exception peut-être de l’éducation prioritaire avant 2017, écoute les besoins du terrain ?

Par contre la réorientation politique voulue par la Cour semble totalement déconnectée de la réalité. Après des mois de gel numérique, 5 grandes régions viennent tout d’un coup d’investir massivement dans l’équipement des lycées. Ainsi l’Ile de France annonce 160 000 tablettes pour les lycéens franciliens à la rentrée. Si elles le font c’est qu’elles n’ont aps le choix. Pour pouvoir maintenir la dotation gratuite en manuels scolaires, les régions sont contraintes par la politique ministérielle à passer au manuel numérique. Et comme elles y sont obligées à très grande échelle elles ont aussi amenées à revoir les réseaux numériques pour les renforcer. Sur ce terrain le rapport est déjà décalé avec la réalité.

Il y a un autre décalage peut-être encore plus important. C’est la croyance de la Cour dans le fait que le numérique va changer radicalement l’Ecole.  » Le développement très rapide de l’intelligence artificielle, qui permet une exploitation algorithmique de données massives, ouvre pour les prochaines années la perspective d’une amélioration des processus d’apprentissage fondée sur l’étude des « traces numériques » des élèves qui utilisent des outils numériques en situation d’apprentissage. Le numérique doit ainsi faciliter la mise en place d’une pédagogie plus différenciée ». Presque 40 ans après le lancement du premier plan numérique, on sait que le numérique ne change pas l’Ecole. Il n’est pas pour autant inutile car les élèves vivent dans une société numérique où la culture est numérique. Il peut aussi y avoir des usages pédagogiques extrêmement pertinent du numérique. Mais globalement le numérique ne va ni sauver l’Ecole, ni supprimer les difficultés scolaires, ni changer le paradigme scolaire. Il est intéressant de voir que la Cour, si critique du plan numérique de F Hollande, en partage finalement les convictions.

Le rapport

Plan nuémrique : le dossier

Le Cndp et le Clemi sous pression de la Cour

Le Sénat demande un nouveau plan nuémrique

Numérique éducatif, pourquoi ça ne marche pas ?

A Ludovia Blanquer parle du numérique mais ne le finance pas

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Olivier Houdé : l’intelligence n’est pas un algorithme

C’est quoi l’intelligence humaine ? Professeur de psychologie du développement à l’université Paris Descartes, ancien instituteur, Olivier Houdé publie avec « L’intelligence n’est pas un algorithme » (Odile Jacob) une présentation de sa théorie de l’intelligence. Pour lui, nous ne sommes pas pure raison. Nous ne sommes pas non plus seulement capables de suivre nos impulsions. Nous disposons d’une arme intelligente : l’inhibition qui nous permet de mettre en doute et de raisonner. Notre cerveau comporte trois systèmes : un circuit court des intuitions , un long des algorithmes et de l’analyse et un troisième celui de l’inhibition, clé de l’intelligence.  Que peuvent faire les enseignants avec cette théorie ? Olivier Houdé l’explique.

Vous réalisez en ce moment des expériences avec des enseignants. Dans quel but ?

C’est un exemple de science participative qui réunit depuis la rentrée 2017 mon laboratoire du CNRS et le site Lea.fr de l’éditeur Nathan. Sur ce site nous avons ouvert un lab pédagogique où on mène plusieurs opérations avec les enseignants. On ne leur impose pas les neurosciences. On leur propose de mieux comprendre les erreurs des élèves ce qui est bienveillant.

Dans ce lab,  on réalise une carte des heuristiques, c’est à dire des automatismes scolaires  qui se construisent souvent inconsciemment dans le cerveau des enfants et qui sont sources d’erreurs. On en trouve en maths et en français. Par exemple « louis a 25 bonbons et 5 de plus que léo, combien en a léo ? Les élèves ont surappris qu’après « plus » on additionne et répondent 30. Pour avoir la bonne réponse il faut inhiber la réponse et raisonner. Or mon hypothèse c’est que bon nombre des erreurs des élèves viennent d’un défaut d’inhibition. On n’aide pas assez les professeurs et les élèves à comprendre la logique des erreurs des enfants.

Avec les professeurs on met au point un programme d’entrainement à l’inhibition. Ce sont de petits exercices, environ un quart d’heure par jour, où les élèves exercent leur cortex préfrontal. Ils entrainent leur controle inhibiteur.

Tout cela donne des résultats qui ont été publiés par Nathan dans « Le cerveau et les apprentissages » . On y trouve par exemple le témoignage d’une enseignante qui montre que c’est pas toujours facile mais qu’il y a au final des bénéfices pour les enfants et dans les pratiques pédagogiques.

Sur ce point là les neurosciences peuvent aider les enseignants car la vie de la classe est truffée de situations comme celle que j’ai décrite qui déclenchent des heuristiques. Alors il faut apprendre à utiliser son cortex préfrontal pour inhiber ces heuristiques. Et ça peut se faire avec des jeux. Sinon on peut matraquer les élèves avec de la logique  mais ça ne les prémunira pas des automatismes cognitifs et des erreurs.

Ca veut dire qu’il faut apprendre aux élèves à prendre le temps de réfléchir ?

C’est déjà ça. Mais ça ne suffit pas. Quand on prend le temps de réfléchir ça déclenche dans le cerveau un mécanisme inhibiteur, car les neurones peuvent envoyer un ordre inhibiteur à tout le cerveau. Le développement cognitif c’est plus qu’une accumulation d’algorithmes. C’est aussi la capacité à inhiber les automatismes et à ressentir des émotions.

Il faut donc à la fois travailler le doute, la curiosité et le regret. Il faut vraiment apprendre à douter. Il faut être curieux de notre façon de répondre aux questions et user de notre capacité à anticiper le regret. Il faut avoir une pédagogie fine de ces émotions.

Mais comment peut-on apprendre cela ?

On peut toujours initier au doute et à la curiosité. Dans mon laboratoire, on a mis au point des échelles du doute de 0 à 6. Et on demande à l’enfant s’il est très certain de sa réponse et de se situer sur l’échelle. On fait la même chose pour la curiosité et pour le regret. Si on le fait systématiquement ca veut dire qu’on apprend en même temps à l’enfant à éveiller ces émotions. Et c’est essentiel pour les apprentissages scolaires et la tolérance.

Or tout ceci repose sur une analyse fine des mécanismes cérébraux. Il y a toute une chaine qui va du cerveau émotionnel jusqu’aux régions de la réflexion préfrontale. Quand on fait remplir les échelles du doute aux enfants on active ces chaines.

Dans votre ouvrage, vous revenez longuement sur Piaget. Pourquoi ?

Piaget a construit une théorie d’acquisition de la logique où l’enfant passe par des stades pou r devenir logique vers 6-7 ans et logique abstrait avec l’adolescence. Piaget n’avait vu que les algorithmes logiques. Pour lui l’adulte devient un être logique. Or on a démontré, Kahneman particulièrement, que nous sommes peu logiques et dominés par des heuristiques.  On ne raisonne pas très rationnellement.

En effet il y a une logique qui se construit avec le système des algorithmes. Mais les heuristiques ne disparaissent pas à l’âge adulte, l’intuition reste. C’est ma théorie des 3 systèmes : heuristique comme dit Kahneman, algorithmique comme dit Piaget. Et il y a le 3ème système celui de l’inhibition.

Vous citez aussi Vygotski, un auteur connu des enseignants. Quel lien entre lui et votre théorie de l’inhibition ?

Ce lien est essentiel. Dans le livre je montre le cerveau d’élèves quand ils font une erreur heuristique de logique et aussi avec un entrainement à la logique ou l’inhibition. On voit que l’apprentissage au controle inhibiteur entraine une reconfiguration cérébrale. Cela renvoie à ce que Vygotski appelle la zone proximale de développement, c’est à dire la situation de l’élève incapable de faire seul mais qui peut aller plus loin avec l’aide du professeur. Après cela , seul, il intériorise le « langage régulateur » et devient capable de résoudre le problème seul. Entre mes deux images du cerveau il y a une interaction sociale ou on apprend à inhiber un automatisme de raisonnement. On voit comment un apprentissage agit sur le cerveau. C’est le paradigme de Vygotski : comment avec une intervention pédagogique on peut changer un raisonnement. Mon approche est vygotskienne.

C’est aussi l’approche du ministre ?

Quand le ministre m’a décoré il m’a dit : « nous nous focalisons sur les automatismes et vous nous expliquez qu’il faut aussi apprendre à inhiber ». Il a bine compris ! Il y a une différence avec ce que dit JM Blanquer. Le ministre dit qu’il faut renforcer les automatismes. Moi je dis qu’il faut tout autant apprendre à inhiber les automatismes. Cette  inhibition c’est le cortex frontal, cette moitié du cerveau sous entrainée à l’école.

Je dis qu’il faut apprendre à l’école à inhiber, à douter. Le role du professeur est essentiel. L’inhibition permet de lutter contre les erreurs récurrentes que les enseignants trouvent dans les devoirs. Si elles restent c’est qu’on ne lance pas le bon processus pour y faire face.

Vous en avez parlé avec le conseil scientifique de l’éducation nationale ?

J’ai refusé de participer à ce conseil car je crois qu’il faut être délicat dans la façon dont on introduit de nouvelles connaissances dans l’école. J’ai perçu que la façon de faire du conseil serait plus brutale et hors sol avec l’idée que la science allait expliquer aux enseignants comment faire de la pédagogie. Je suis opposé à cette façon de faire. Et je n’ai pas besoin du conseil pour travailler avec les profs. Ceux ci m’ont bien compris. Agri autrement c’est prendre le risque que les professeurs se dégoutent des neurosciences.

L’Education nationale devrait faire quoi ?

L’école apprend surtout à activer des connaissances, des émotions. Les professeurs ont le nez sur le programme. Et l’école n’apprend pas à inhiber. Résultat on ne fait que la moitié de ce qu’on devrait faire. L’école doit considérer que l’intelligence n’est pas qu’un algorithme mais aussi une inhibition.

Propos recueillis par François Jarraud

Olivier Houdé, L’intelligence humaine n’est pas un algorithme, Odile Jacob, 2019, ISBN 978-2-7381-4690-8

Entretien en 2014

Qu’est ce qu’apprendre ?

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J’veux du soleil à L’UPPERCUT en ce printemps

c’est avec grand plaisir que L’UPPERCUT, Université Populaire Politique de la Montagne, vous annonce la tenue de deux soirées en ce début de mois de mai… Rendez-vous :

Jeudi 2 mai à 20h30 pour la projection du film « J’veux du soleil » au cinéma Le Montagnard.

Vendredi 3 mai à 20h pour une discussion autour du film et un arpentage du livre « les raisins de la misère » au bar de L’amicale Laïque.

Plus d’informations en pièce jointe…

au grand plaisir de vous rencontrer lors de ces soirées…

L’équipe de L’UPPERCUT

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interview du secrétaire départemental du SNUipp Paris

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Loi Blanquer : un outil pour interpeller son député

Alors que la loi Blanquer est encore en discussion au Parlement, le Snep Fsu propose un outil très pratique pour interpeller son député. Il suffit d’entrer sa commune de résidence et automatiquement se crée un message demandant au député de la circonscription de voter contre la loi Blanquer. En 2017, les enseignants ont été une des catégories de la population à voter de façon importante pour E Macron. Vu de l’Assemblée, c’est aussi l’avenir de ce vote et des députés LREM qui se joue avec la loi Blanquer…

Interpeller son député

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sécurité sociale alimentaire

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[Cnet] La reconnaissance faciale dans les lycées suscite l’inquiétude, plusieurs associations montent au créneau

3 mars 2019

Deux lycées de la région Sud testent la reconnaissance faciale. Quatre associations françaises ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Marseille. […]

Pour Martin Drago, juriste à la Quadrature du Net, l’une des associations qui a déposé ce recours : « Cette expérimentation vise à accoutumer les élèves à une surveillance biométrique. Cela participe à la banalisation de ce type de technologies, alors que des projets sécuritaires de vidéosurveillance dopées à la reconnaissance faciale pullulent désormais sur le territoire français« . Rappelons que l’aéroport de Nice dispose d’un outil similaire afin notamment d’améliorer le contrôle aux frontières et fluidifier la circulation.

https://www.cnetfrance.fr/news/la-reconnaissance-faciale-dans-les-lycees-suscite-l-inquietude-plusieurs-associations-montent-au-creneau-39881057.htm

[NDLRP] Le communiqué de La Quadrature du Net sur ce recours : Reconnaissance faciale : un recours pour faire barrage à la surveillance biométrique.

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Usul. Réforme scolaire : Blanquer prend la confiance

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Cerises, la coopérative, février 2019

Incontournables! Dans ce numéro de Février 2019 de Cerises, la coopérative, les Gilets jaunes sont incontournables.

Dans le détail, bien sûr, nous n’allons pas rester au milieu du rond-point (quelle qu’en soit notre envie).

+ Avec les enquêtes présentées par Henri Mermé, nous allons tâcher de faire leur connaissance.

+ Quand tout cela a démarré, nous dit Frédéric Bodin, « notre camp » y voyait l’extrême droite en embuscade.

+ Et même, comme le rappellent Christian Mahieux et Daniel Rome, on y voyait les organisations syndicales en difficultés.

+ Et si, après cela, avec cela, avec Bénédicte Goussault, il nous fallait revoir tout ce que nous pensions du système représentaitf?

Quant au 10ème anniversaire du LKP en Guadeloupe, et même si, sur l’île, il n’y a, aujourd’hui, pas trop de Gilets jaunes, Catherine Destom-Bottin se dit que, quand même… ça y ressemblait beaucoup.

Bonnes lectures

On sera ravi de recevoir vos commentaires

La rédaction de Cerises, la coopérative



Cerises
www.cerisesenligne.fr
2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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[Marianne] Reconnaissance faciale : Big Brother s’invite dans les lycées à Nice et à Marseille

13 février 2019

Deux lycées de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont installer des portiques de vidéosurveillance à reconnaissance faciale. Un dispositif en partie voué à combler le manque d’effectifs dédiés à la sécurité, mais qui interroge sur les risques liés à la vie privée. […]

Pour l’association la Quadrature du Net, qui défend les droits et libertés des citoyens sur Internet, cette déclaration prouve bien la nature du projet mené dans les lycées de Nice et de Marseille : il s’agirait d’une répétition générale pour une « banalisation » toujours plus grande d’une « technologie liberticide« . « Il s’agit d’une nouvelle étape dans la normalisation de la vidéo surveillance et de la reconnaissance faciale« , regrette auprès de Marianne Félix Tréguer, chercheur à l’Institut des sciences de la communication et membre de l’association. […]

Les inquiétudes de la Quadrature du Net ne sont pas des divagations d’amateurs de dystopie technologique. Car si la France est pour l’instant globalement frileuse face aux expérimentations sur la reconnaissance faciale, plusieurs instances s’en sont récemment dotées. Depuis cet été, les aéroports d’Orly et de Roissy en région parisienne, ainsi que le terminal 2 de l’aéroport de Nice, emploient cette technologie. Aéroports auxquels il faudra donc bientôt ajouter deux lycées français : « Difficile de ne pas y voir une nouvelle pierre à une tendance beaucoup plus large, commente Félix Tréguer. On commence par les lycées mais à Marseille et à Nice, les élus sont aussi les promoteurs de projets sécuritaires qui font de la reconnaissance faciale un pilier de contrôle à l’échelon de la ville« . […]

https://www.marianne.net/societe/reconnaissance-faciale-big-brother-s-invite-dans-les-lycees-nice-et-marseille

[NRLDP : Soutenons notre internet, La Quadrature a besoin de vos dons.]

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La Commission européenne saisie de Parcoursup

« La Commission considère-t-elle que la non-publication notamment des algorithmes locaux de traitement des dossiers par les commissions d’établissements est conforme au Règlement Européen sur la Protection des Données notamment au regard du principe de transparence dans le traitement des données à caractère personnel tels que définis à l’article 5 et 12 du règlement ? La Commission considère-t-elle que le recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats peut être assimilé à une pratique discriminatoire ?  » Ces deux questions ont été posées par la député européenne Front de gauche Marie Christine Vergiat. Elle demande à la commission ce qu’elle compte faire.

Sa question

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[Quadrature du net] Première sanction suite à nos plaintes contre les GAFAM !

En mai dernier, suite à l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD) et avec votre soutien et celui de près de 12 000 autres personnes, nous avons déposé une série de plaintes collectives contre les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), après six semaines de campagne pour vous informer de nos intentions et de nos objectifs. Dans notre ligne de mire, divers services de ces géants du Web : Youtube, Google Search et Gmail pour Google, iOS et son méga-cookie pour Apple, LinkedIn pour Microsoft ainsi que Facebook et Amazon.
En octobre, les CNIL européennes avaient établi chacune de nos plaintes comme étant légitime. C’est ainsi que la CNIL irlandaise a été désignée « autorité chef de file » concernant les plaintes contre Apple, Facebook et Microsoft, puisque ces entreprises ont le centre de leurs activités européennes là-bas. Pour les mêmes raisons, c’est au Luxembourg qu’est partie la plainte contre Amazon. Le cas de Google a été plus surprenant : l’entreprise n’ayant pas à cette date de réel établissement principal en Europe, la CNIL française s’est elle-même déclarée compétente pour instruire notre plainte. Cela nous semblait de bon augure, la CNIL française ayant rendu jusque là diverses décisions imposant de manière stricte le consentement libre, concept sur lequel nos plaintes se fondent.
Dans tous les cas, peu importe que certaines de nos plaintes soient traitées par les autorités irlandaise ou luxembourgeoise (ce à quoi nous nous attendions), le RGPD prévoit un système de coopération entre toutes les CNIL européennes. En théorie, cette coopération visent à éviter toute forme de « forum-shopping », qui permettrait à une entreprise d’échapper à ses sanctions en se réfugiant dans un État peu protecteur de nos libertés.
Hier, la CNIL française a rendu une première décision suite à notre plainte contre Google, mais aussi à la plainte celle déposée parallèlement par nos amis de NOYB (None of your business). Elle sanctionne Google à hauteur de 50 millions d’euros, considérant que le ciblage publicitaire que l’entreprise réalise sur son système d’exploitation Android n’est pas conforme au RGPD.
C’est une décision positive pour nous, mais elle ne prend en compte qu’une toute petite partie de ce que NOYB et nous-même nous exposions dans nos plaintes respectives : si NOYB s’attaquait spécifiquement à Android, nous dénoncions surtout le ciblage publicitaire imposé sur Youtube, Gmail et Google Search en violation de notre consentement. Et sur ces services, la CNIL ne dit rien.
De plus, la CNIL base sa sanction sur le fait que, lors de la création d’un compte sur Android, notre consentement n’est pas recueilli de manière explicite (les fameuses « cases pré-cochées »…), mais passe totalement sous silence le plus problématique selon nous : explicite ou non, il ne s’agit pas d’un consentement libre à partir du moment où pour utiliser le service vous n’avez pas d’autre choix que d’accepter le ciblage publicitaire de Google.
Cette décision de la CNIL, si on peut s’en féliciter sur un plan symbolique, n’est toutefois pas à la hauteur des enjeux : sanction très limitée (pour avoir un ordre de grandeur, cette amende de 50 millions d’euros ne représente qu’environ 4h du chiffre d’affaires de Google), traitement partiel des plaintes qui laisse de côté des arguments majeurs…
À cela s’ajoute le fait que hier matin dans la presse, la CNIL a déclaré que suite aux modifications des Conditions générales d’utilisation de Google, qui établissent à partir du 22 janvier un « établissement européen principal » en Irlande, elle transférait le dossier à son homologue irlandais, déjà en charge des plaintes contre Apple, Microsoft et Facebook. Autant dire que cette affaire risque de traîner un certain temps car la CNIL irlandaise n’a pas les mêmes moyens que celle française, et est déjà saisie de nombreuses plaintes (dont les nôtres).
Cela dit, cette décision reste une première victoire, et nous attendons de voir quelle sera la réaction de Google. On vous tient au courant, et surtout on vous remercie encore de votre soutien dans cette action !
Par ailleurs, nous vous rappelons que La Quadrature n’existe que grâce à vos dons. N’hésitez pas à parler de nous autour de vous et à nous faire un don sur laquadrature.net/donner

À très vite !

L’équipe de La Quadrature du Net

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Les efficaces mises au point de l’Apmep

Des maths pour tous au lycée ? Faux ! répond l’Apmep dans une vidéo virale qui répond aux vidéos ministérielles. « Le projet de programme de l’enseignement scientifique ne comprend aucun thème réellement mathématique », déclare l’Apmep. « Apprendre les maths ne peut se faire en voyant fonctionner des outils au service d’autres disciplines ». L’Apmep remet les pendules à l’heure aussi sur les évaluations de 2de. « L’évaluation de 2de n’a pas déclenché d’accompagnement personnalisé car les enseignants n’ont pas eu connaissance des évaluations et l’AP se fait souvent par groupe de 35… Les résultats ne correspondant pas au niveau de 2de mais de 4ème. Et contrairement aux résultats des tests les élèves ne sont pas à l’aise en maths ».

Vidéo 1 Sur Twitter

Vidéo 2 Sur Twitter

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T’UPPERCUT TV vendredi à la Montagne : la société numérique

Vendredi 25 janvier à 20h30 au Bar de l’ALM, 45 Rue Violin à La Montagne

Plusieurs sujets seront traités par notre équipe de journalistes qui, une fois encore, décident d’être sérieux sans se prendre au sérieux :

– les écrans qui nous regardent

– les relations difficiles avec le numérique

– la pollution cachée du numérique

– les formes de résistance

– Et bien sûr, le bar sera ouvert !

A vendredi ?!?

L’équipe de l’UPPERCUT


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Parcoursup : le Défenseur des droits demande la communication des algorithmes locaux

A la veille de la mise en route de Parcoursup, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, vient sérieusement ébranler le discours ministériel sur la plateforme d’orientation postbac. Dans une décision publiée le 21 janvier, il demande à la ministre la publication des algorithmes locaux de tri des candidatures. Il interdit d’utiliser le lycée d’origine pour trier les candidatures. Cette décision est à même de remettre en question le fonctionnement de Parcoursup.

Les recours déposés par S Troussel, président du département de Seine Saint-Denis, et du sénateur P Ouzoulias sont récompensés par la décision prise par J Toubon. Les requérants avaient dénoncé le manque de transparence sur cette phase particulière de l’orientation, couverte par un article inscrit précisément dans la loi par la ministre de l’enseignement supérieur. Cet article permet aux établissements de garder secret les critères de tri des candidatures. Pour les plaignants, les établissements utiliseraient le lycée d’origine,  le lieu de résidence  ou l’origine sociale pour refuser des candidats, ce qui est illégal.

Pour le Défenseur, « le secret des délibérations du jury ne doit pas s’opposer à l’information des candidats sur le contenu exact et la manière précise d’évaluation de leurs candidatures. Le Défenseur des droits estime que la publication de ces informations ne porte pas atteinte aux principes de souveraineté du jury et du secret de ses délibérations, étant donné qu’il ne vise pas à dévoiler le contenu de l’appréciation portée sur chaque candidature mais uniquement les critères pris en compte dans cette appréciation ainsi que leur méthode d’application. Il est donc recommandé de rendre publiques ces informations ».

Par cette décision, le Défenseur des droits « recommande à la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation de prendre les mesures nécessaires, d’ordre législatif et d’ordre réglementaire, afin de rendre publiques toutes les informations relatives au traitement, y compris algorithmique, et à l’évaluation des dossiers des candidats par les commissions locales des établissements d’enseignement supérieur en amont du processus de leur affectation dans les formations de premier cycle de l’enseignement supérieur, afin d’assurer la transparence de la procédure et de permettre aux candidats d’effectuer leurs choix en toute connaissance de cause ».

Le Défenseur invite aussi la ministre de l’enseignement supérieur « à mener une analyse approfondie concernant la situation de l’affectation des bacheliers technologiques et professionnels dans l’enseignement supérieur et de prendre les mesures nécessaires pour favoriser davantage leur accès dans les formations de leur choix ».

La ministre a deux mois pour faire connaitre les mesures prises en application de cette décision du Défenseur des droits. Si elle n’allait pas dans son sens, le Défenseur pourrait saisir la justice pour discrimination. C’est justement pour luter contre elles que le Défenseur des droits a été créé. Il peut aussi utiliser son pouvoir d’injonction si la ministre ne répond pas à sa décision.

La décision

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Reconnaissance faciale au lycée : l’expérimentation avant la généralisation

19 décembre 2018

Le 14 décembre dernier, le Conseil Régional de PACA a voté une mesure visant à faire installer, à partir de 2019, des dispositifs de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de Nice et de Marseille. Dès le mois d’octobre, La Quadrature du Net avait demandé à la CNIL la communication des documents en sa possession sur ce dossier, cette dernière ayant été consultée par la région pour la mise en place de ces dispositifs. L’analyse de ces documents, ainsi que les précisions apportées par Christian Estrosi, confirment l’impuissance de la CNIL à enrayer la banalisation d’une technologie particulièrement liberticide et qui vise ici à s’étendre à l’ensemble des établissements scolaires de la région.

De quoi s’agit-il ? En octobre 2017, Renaud Muselier, président de la région PACA, demande les conseils de la CNIL pour la mise en place dans deux lycées de Nice et de Marseille de dispositifs de « portiques virtuels » associant « des moyens classiques d’identification (…) à un dispositif biométrique utilisant des technologies de comparaison faciale, seuls à même d’après nos premières investigations, d’apporter une solution fiable et rapide dans un contexte de contrôle d’accès portant sur un nombre potentiellement élevé de personnes ». Cette nouvelle étape est la suite logique de sa politique sécuritaire ayant conduit, entre 2016 et 2017, à ce que plus de 1 300 caméras de vidéosurveillance soient installées dans l’ensemble des lycées de la région. La technologisation à outrance est également présentée par la région comme une réponse au contexte d’austérité budgétaire :

Ce dispositif constitue une réponse au différentiel croissant constaté entre les exigences de sécurisation des entrées dans les établissements et les moyens humains disponibles dans les lycées, dans le cadre des plans successifs de réduction des effectifs dans la fonction publique.

La région PACA présente ainsi à la CNIL son projet visant à « sanctuariser » les entrées et les sorties dans les établissements secondaires. Il s’agit non seulement de reconnaissance faciale mais également d’un dispositif de « suivi de trajectoire » de certains des visiteurs : un logiciel installé couplé à une caméra permet de détecter des points de comparaison faciale déterminés par un algorithme et de le comparer avec ceux stockés dans une base de données. Un écran mis à la disposition des agents de contrôle permet alors de visualiser trois types de profils : « vert » pour les personnes autorisées à pénétrer dans l’enceinte du lycée, « jaune » pour les personnes non identifiées et invitées à se présenter à l’accueil et « rouge » pour les personnes non identifiées et qui ne se sont pas dirigées dès leur entrée vers l’accueil.

Il est par ailleurs précisé qu’il s’agit pour l’instant d’une « expérimentation limitée dans le temps » et fondée sur le consentement explicite de volontaires au sein des établissements visés.

La CNIL impuissante face au développement de la reconnaissance faciale

Alors qu’elle avait appelé en septembre 2018 à un débat urgent sur ces nouveaux usages des caméras vidéo et qu’elle souligne elle-même les risques considérables d’atteinte aux libertés individuelles que cette technologie entraîne, la CNIL n’a opéré ici qu’un suivi très souple – voire accommodant – du projet.

Soulignons d’abord que, depuis l’entrée en vigueur du RGPD en mai 2018, les responsables de traitement de données personnelles n’ont en principe plus à réaliser de formalités auprès de la CNIL avant la mise en œuvre du traitement, tel qu’obtenir son autorisation dans certains cas. Le contrôle de l’autorité ne se fait qu’a posteriori, conformément au principe de responsabilisation des acteurs prévu dans le règlement. Tout au plus certains traitements, et c’est le cas pour la reconnaissance faciale, doivent-ils faire l’objet d’une analyse d’impact. Le consentement des utilisateurs est désormais censé fournir une base légale suffisante pour le déploiement de ces systèmes qui font pourtant entrer la surveillance dans une nouvelle ère. En supprimant le pouvoir d’autorisation de la CNIL s’agissant de ce type de dispositifs, le RGPD marque donc un recul pour les libertés.

Selon les documents qui nous ont été communiqués, la CNIL s’est donc contentée de demander des précisions complémentaires à la Région sur le dispositif envisagé et, sur certains points, de fournir des recommandations. C’est d’ailleurs suite à l’une de ces recommandations que la Région a décidé que le stockage des données biométriques ne se ferait pas sur une base de données mais sur un support individuel, sous le contrôle exclusif de la personne (en l’espèce, un badge) (comme c’est le cas pour ce qui existe déjà dans plusieurs aéroports où la photographie n’est stockée que dans le microprocesseur du passeport biométrique).

Ainsi, et contrairement à ce qui a été annoncé par une partie de la presse et par Christian Estrosi lui-même, la CNIL n’a pas donné son « feu vert » à ce dispositif mais a simplement accompagné la région dans sa mise en place.

Pourtant, en laissant se développer ce type de technologies à des buts sécuritaires, sans qu’il ne soit apporté à un seul moment la preuve de la pertinence d’un tel dispositif par rapport au système existant,1 sans même une réelle réflexion sur la nature du consentement que peuvent donner des mineurs à l’égard d’une expérimentation au sein de leur lycée,2 la CNIL participe à la banalisation de ces technologies. Elle devient l’alibi au développement d’une surveillance généralisée qui sera au cœur des « Safe City » qui commencent à essaimer sur le territoire.

Un dispositif qui a vocation à s’étendre à toute la région

Car, sous le qualificatif faussement tranquillisant d’ « expérimentation » mis en exergue par Renaud Muselier et Christian Estrosi, ces derniers souhaitent en réalité, comme ils l’ont eux-mêmes énoncé lors de l’assemblée plénière du Conseil Régional, étendre ce dispositif de reconnaissance faciale à l’ensemble des lycées de la région :

Avec ces deux expériences, une fois que nous l’aurons démontré, nous irons très vite sur la généralisation, à partir du réseau de vidéosurveillance déjà existant, sur lequel il ne nous restera plus qu’à mettre le logiciel qui correspond à l’usage de la reconnaissance faciale par rapport aux caméras déjà installées dans nos établissements scolaires.

L’expérimentation des lycées de Nice et de Marseille s’inscrit donc en réalité parfaitement dans les divers projets que La Quadrature du Net dénonce depuis près d’un an, et qui sont d’ailleurs particulièrement avancés dans ces deux villes : « Observatoire Big Data de la tranquillité publique » à Marseille, « Safe City » à Nice… Cette actualité apparaît alors comme une nouvelle briqueau développement, toujours plus rapide et incontrôlable, de ces nouvelles technologies de surveillance (« Big Data », caméras « intelligentes », reconnaissance faciale…) au profit des municipalités et de leurs polices.

Un tel projet profitera par ailleurs pleinement à son maître d’œuvre, la société CISCO, qui finance entièrement cette expérimentation [lien doc] et qui s’occupera « dans un premier temps » de former les professeurs des lycées à ces nouvelles technologies. Cisco, acteur américain central de la « Safe City », et avec qui le gouvernement français avait déjà signé un partenariat important pour mener un projet de « Smart City » dans une ville française, se positionne dans un marché en plein essor. Il pourra pleinement tirer parti de cette occasion que lui donne la région de tester ses nouvelles technologies de surveillance dans nos établissements scolaires pour mieux la revendre plus tard, dans le cadre de marchés publics à vocation sécuritaire.

Alors qu’il y a plus d’un mois, nous appelions déjà la CNIL à imposer un moratoire sur le développement de ces technologies, cette dernière semble s’en tenir à une posture attentiste. Nous appelons les syndicats de lycéens et d’enseignants ainsi que les parents d’élèves et toutes celles et ceux révulsés par ces évolutions à s’organiser pour les tenir en échec.

References

1.Il est ainsi seulement précisé dans les documents produits par la région, et cela sans aucune preuve ou réelle analyse, que « les nombreux incidents et agressions constatés aussi bien dans l’enceinte du lycée qu’à ses abords, ainsi que le contexte sécuritaire existant depuis les attentats terroristes de 2016, conduisent également à tenter de limiter les temps d’attente et les attroupements à l’extérieur des établissements aux moments de forte affluence (rentrées matinales notamment) » ou que « ce dispositif constitue une réponse au différentiel croissant constaté entre les exigences de sécurisation des entrées dans les établissements et les moyens humains disponibles dans les lycées, dans le cadre des plans successifs de réduction des effectifs de la fonction publique. Il apporte une assistance aux personnels du lycée, qui peuvent ainsi mieux se concentrer sur les cas nécessitant une intervention humaine, et reporter leur vigilance sur les multiples situations menaçant la sécurité, en augmentant la présence humaine dans les lieux de vie de l’établissement. »
2.Le courrier de la région précise à ce titre que « Les personnes volontaires (ou leur représentant légal pour les mineurs) doivent signer préalablement un formulaire de recueil de consentement expliquant la finalité de l’expérimentation, la durée de conservation des donnée ainsi que la manière d’exercer les droits Informatique et Libertés »

Posté dans Surveillance

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La reconnaissance faciale testée dans deux lycées professionnels

Ce sont deux lycées professionnels, Ampère à Marseille et Eucalyptus à Nice, que le conseil régional de PACA a choisi pour tester une application de reconnaissance faciale. Le système identifiera les élèves et personnels en comparant les visages à une base de données des visages des lycéens et profeseurs. Selon Nice matin, le Snes relève que cela n’aura aucun impact sur la sécurité, la violence ne se réduisant pas à l’intrusion.

Nice matin

20 minutes

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élèves trompés et triés mais aussi livret scolaire numérique dans le primaire…

Témoignage du côté des plus jeunes, les élèves de primaire et collège, ceux que l’on fiche actuellement dans LSUN  (livret scolaire numérique) à l’insu des familles…


Si certains parents ont des enfants plus jeunes et sont (aussi) motivés pour réclamer l’information légale qu’on ne leur donne pas sur les écoles, ou pour faire opposition puis éventuellement recours devant Défenseur des Droits….Vous pouvez aussi aller sur le site du Collectif de résistance aux fichiers scolaires (CRBE https://retraitbaseeleves.wordpress.com/) qui a réactualisé sa campagne de rentrée et propose des modèles de lettres pour faire opposition.

Faites des vagues, si on ne défend pas les libertés maintenant, nos enfants sont bien mal barrés.

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Communiqué LDH : « Stop au racisme sur la toile »

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) se félicite de la décision du tribunal de grande instance de Paris d’ordonner aux diffuseurs, en France, d’Internet, de bloquer un site raciste et antisémite hébergé aux Etats-Unis.
Depuis des années, aucune procédure n’avait pu aboutir contre ses lâches auteurs, ni obtenir la fermeture de ce site. Une instruction reste cependant en cours pour sanctionner les coupables de ces délits.

Cette première est une avancée à saluer contre la haine en ligne, qui doit conduire à la fin d’une impunité trop longue.

La LDH continuera à demander de poursuivre les auteurs et responsables de ces publications illégales, où qu’ils soient, comme d’exiger la fin sans délais de leurs diffusions.

Paris, le 28 novembre 2018

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