Archives de la catégorie Numérique

Gazette d’@rrêt sur images, n°497. Les collégiens, le réalisateur, et le dieu serpent

Gazette d’@rrêt sur images, n°49

C’est l’histoire d’une jeune parisienne, brutalement transplantée dans son village natal au Sénégal, après une rixe à Paris. Elle avait droit à la nationalité française, mais avait bêtement omis de la demander. Et la voilà coincée dans ce village, sans pizzas ni hamburgers. Choc des cultures ! Horreur et fatalité ! C’est le sujet de La mort du Dieu serpent (1), le dernier « doc de Tënk » sur lequel nous nous arrêtons avant l’interruption estivale. Vous pouvez le voir sur notre site toute cette semaine (2).

Et pour en parler, avec son réalisateur Damien Froidevaux, nous avons fait appel aux collégiens de la « classe télé (3) », qui nous ont accompagnés toute cette année scolaire. Mais oui, Mamadou, Maximilian, Minyana et les autres sont sur notre plateau. Avec leur enseignante, Laura Mougel, ils ont visionné le documentaire, et soigneusement préparé la séance. Quel regard portent-ils sur ce documentaire, eux qui vivent dans l’arrondissement du Nord parisien voisin de celui de Koumba ? Entre les collégiens et le réalisateur, c’est une rencontre inattendue. Mais pas vraiment un choc des cultures. Notre émission est ici (4).

Daniel Schneidermann

(5)

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GAFAM : le Snes et la CGT saisissent la Cnil et la DAJ

«  Nous avons des inquiétudes concernant le développement des bases de données numériques et de l’usage qui pourrait en être fait. L’identité numérique des élèves comme celle des personnels ne saurait faire l’objet d’une quelconque diffusion, voire, pire, d’un usage mercantile. C’est pourquoi la découverte, par voie de presse, d’un courriel envoyé par le ministère aux Dan et Dsi nous a particulièrement inquiétés, tant par la forme que par le fond ». Dans un courrier du 15 juin, le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent la Direction des affaires juridiques du ministère de l’éducation nationale de cette question. Les syndicats ont également saisi la Cnil le même jour.

Parmi les questions:  » Qui a la compétence juridique/réglementaire pour donner une autorisation d’interconnexion à un annuaire de l’Éducation nationale ? Qu’en est-il de l’application de la loi de 1978 informatique et libertés en ce qui concerne la connexion des annuaires (données élèves mineurs ou majeurs) aux GAFAM ? Existe-t-il un cadre juridique ? Si oui, pouvez-vous nous préciser lequel ? Pouvez-vous nous éclairer sur la hiérarchie entre CGU « éducation » (conditions générales d’utilisation), chartes dans l’établissement, cadre réglementaire validé par la CNIL ? »

A l’occasion d’une rencontre, le 6 juin, entre le directeur du numérique éducatif, M Jeandron, et le Snptes, c’est l’avenir de la base même des élèves qui est évoqué.  » L’hypothèse d’un abandon de la base élèves établissement SIECLE qu’exploiteraient désormais les éditeurs privés ». Hypothèse confirmée par la direction du numérique.  » Mathieu Jeandron ne dément pas que cette question est à l’étude, et s’interroge sur la viabilité de SIECLE dans les années à venir. Il faut s’interroger, selon lui, sur l’intérêt de continuer à investir sur des produits que les éditeurs privés font aussi bien, voire mieux », écrit le Snptes.

La lettre à la DAJ

La lettre à la Cnil

Le ministère ouvre l’école aux GAFAM

Snptes

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Elèves, bientôt tous fichés ?

Rue des écoles par Louise Tourret, le dimanche de 17h à 17h55

Quel encadrement pour le numérique dans l’éducation?

Ré-écouter l’émission : https://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/eleves-bientot-tous-fiches

Pixel Amiens - Des écoliers amiénois s'initient à l'informatique dans les locaux d'ALCO
Pixel Amiens – Des écoliers amiénois s’initient à l’informatique dans les locaux d’ALCO Crédits : Frédéric MétézeauRadio France

Nous allons vous parler des « Gafam », des ENT des algorythmes ou encore des learnings analytics… Oui le numérique éducatif est un sujet technique, on y emploie aussi nombre d’acronymes et des termes en anglais… Mais derrière le jargon, les enjeux sont énormes car il s’agit de protéger les informations qui concernent nos enfants, ce que beaucoup d’entre nous oublient de faire dans leur vie numérique de tous les jours où l’on donne notre avis, publions des photos et ouvrons des comptes personnels en livrant nom, date de naissance et adresse. Alors, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft sont-ils prêts à pénétrer le marché de l’Education Nationale dans le but de récupérer le plus possible de données personnelles comme ils-le font déjà ailleurs? Comment une institution aussi énorme que l’Education nationale peut-elle s’adapter et formuler des règles et des bonnes pratiques compréhensibles, applicables et protectrices? La question dépasse d’ailleurs l’école, il s’agit d’éduquer les enfants et même toute la société à un usage responsable du numérique.

L’actualité de l’éducation avec Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction de l’Etudiant

– Début des épreuves du Bac et un sondage « Les lycéens dessinent leur Bac idéal », autour de la réforme du Bac

– Les annonces du ministre de l’Education : jeudi 08 juin, le CSE examinait les textes de « détricotage » des réformes précédentes : rythmes scolaires avec un retour désormais possible à la semaine de 4 jours et collège avec le rétablissement des classes bilangues. L’éventuelle remise en cause de la suppression du redoublement

– Des mesures seraient inspirées par l’Institut Montaigne? Une enquête parue dans Libération

APB, tirage au sort des étudiants de la filière Paces, une information du site Educpros

Focus : Les reconversions vers le métier d’enseignant. Avec le témoignage de Libie Cousteau

Intervenants

Bibliographie

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Gazette d’@rrêt sur images, n°496. De l’ancien au nouveau monde : Isabelle Attard parle

Gazette d’@rrêt sur images, n°496

Pour évoquer le nouveau monde macronien, nous avons choisi une voix de l’ancien monde. Et pas n’importe laquelle : Isabelle Attard, remuante députée sortante, sur de nombreux sujets qui nous intéressent. Elle a été sèchement battue au premier tour des législatives. Comment analyse-t-elle son échec ? Que pense-t-elle des candidates novices qui bafouillent sur les plateaux ? Des premiers gestes de Macron sur l’écologie et le code du travail ? Et elle, maintenant, que va-t-elle faire ? Notre émission est ici (1).

Un nouveau chroniqueur nous rejoint cette semaine : André Gunthert, professeur de culture visuelle. Il nous parlera…d’images (quelle surprise !) Et il commence avec Wonder Woman. Certes, le film n’est pas féministe. Mais tout de même… Sa chronique est ici (2).

Je voudrais enfin vous raconter l’histoire de Koumba. C’est une jeune fille qui a grandi en France et qui arrive dans son pays de naissance, le Sénégal, à l’âge de vingt ans, après son expulsion de France. Elle est l’héroïne d’un documentaire, La mort du dieu serpent. Nous en parlerons la semaine prochaine, mais vous pouvez déjà le regarder. Il est ici (3).

Daniel Schneidermann

(4)

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Numérique : plus d’équipement mais nouveau fossé numérique aux Etats Unis

Les enseignants américains ont plus de matériel numérique et d’accès Internet mais les usages n’évoluent pas voire la situation se détériore, note la revue américaine Edweek qui consacre un dossier aux dernières statistiques fédérales sur le numérique à l’école.

« Malgré la promesse de construire les compétences du 21ème siècle, comme la créativité et la résolution de problèmes, les élèves disent qu’ils utilisent les ordinateurs à l’école davantage pour des activités routinières », écrit Edweek. La revue souligne aussi que le pourcentage d’enseignants formés aux usages numériques a légèrement baissé depuis 2009.  Les enseignants non formés se retrouvent surtout dans les écoles des quartiers populaires créant ainsi un nouveau fossé numérique entre les élèves pauvres et les favorisés.

Dossier Edweek

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Gazette d’@rrêt sur images, n°4955 : Qui l’eût cru ? Le Qatar est nul en com’

Gazette d’@rrêt sur images, n°495

Qu’arrive-t-il au Qatar ? On le connaissait rachetant la France du luxe et de l’esbroufe, morceau par morceau. Le voici soudain soumis au blocus de ses puissants voisins, avec files d’attente dans les supermarchés. Faut-il craindre une escalade de cette crise diplomatique hors normes ? L’Émirat va-t-il devoir sacrifier son beau joujou, Al Jazeera ? Et nos medias, peuvent-ils traiter en toute liberté du sujet, connaissant la puissance de lobbying des deux principaux belligérants, les deux géants pétroliers, qataris et saoudiens ? Réponse unanime de nos invités : en communication, les qataris sont très mauvais. Qui l’eût cru ? Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

(2)

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Royaume Uni : des professeurs victimes du harcèlement numériqu

Selon TES,  c’est au moins un professeur sur 10 qui est victime de harcèlement sur les réseaux sociaux organisé par des élèves. Le syndicat NASUWT parle d’un professeur sur trois. Ce qui semble certain c’est la tendance grandissante de ce genre d’affaire. Des élèves n’hésitent pas à créer des faux comptes d’enseignants sur Facebook pour diffuser des photos compromettantes d’enseignants. Ou à organiser de faux rendez vous à partir de faux comptes sur les sites de rencontre pour se moquer de leur professeur.

 

L’article

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Gazette d’@rrêt sur images, n°494. La non-mixité, expliquée aux hommes blancs

Gazette d’@rrêt sur images, n°494

« Interdit aux Blancs » : trois mots qui ont enflammé la fachosphère, et pas seulement elle. Derrière ces trois mots, une manifestation afro-féministe, organisée en juillet prochain à Paris. Et sous la polémique, ce concept de « non mixité », qui a toujours tant de mal à passer dans les médias mainstream. Pourquoi des femmes, et à fortiori des femmes noires, ont-elles besoin de se réunir à l’abri du regard des dominants ? Pour revenir aux sources, nous avons invité Christine Delphy, sociologue, et figure du féminisme français – elle fut fondatrice du MLF. Face à elle, une figure… des médias français, Audrey Pulvar, qui s’est vigoureusement opposée à ce principe de non-mixité. Un beau débat, serein et respectueux – qualités peu courantes sur ce sujet. Notre émission est ici (1).

Et sur ce même sujet, Océanerosemarie se charge d’une tâche quasi-humanitaire : consoler les malheureux hommes blancs, exclus de ces manifestations, et qui rêvaient pourtant, les pauvres, d’y assister ! Sa chronique est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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GAFAM : le CNNUm tacle à son tour l’Education

Après la Cnil, le Conseil national du numérique réagit à la décision de l’Education nationale de livrer aux entreprises du GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) les annuaires des établissements scolaires. Dans un article de Libération, le Conseil national du numérique fait référence à l’article du Café pédagogique du 16 mai et prend position sur ces données scolaires.  » Ce sont des données qui ont de la valeur, qui permettent de la R&D en matière d’apprentissage adaptatif, par exemple, et qui sont parties vers des acteurs privés. Or, on pourrait négocier autrement l’utilisation et la régulation de ces données. Quand l’Etat répond par des «chartes de confiance», plutôt que par des standards et des négociations d’égal à égal, il néglige la capacité que nous devrions avoir de réagir, de pousser à transformer les usages et à les questionner ». Les parents de la Fcpe, les syndicats Snes et Cgt éducation sont également intervenus à ce sujet.

 

Article Libération

L’avis de la CNIL

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Gazette d’@rrêt sur images, n°493. Hanouna : le convaincre, ou le combattre ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°493

Vous avez sans doute suivi le feuilleton Hanouna. Canular homophobe, vaines protestations d’associations et de télespectateurs auprès du CSA : tout se serait déroulé comme d’habitude, si les annonceurs, pressés par les réseaux sociaux, n’avaient déserté en masse les écrans publicitaires. Du coup, plates excuses de l’animateur. On en est là. Reste une question : pour les victimes de ses blagues douteuses (les femmes, les homosexuels) : que faire ? Répondre à ses invitations à venir le dédouaner ? Détourner cette tribune involontaire au bénéfice de la cause, ou bien le combattre ? En bref, comment lutter contre la télé-poubelle. C’est notre débat de la semaine. Notre émission est ici (1) (2).

Dans ce long pont ensoleillé, peut-être avez-vous entrevu la poignée de main « virile », entre Emmanuel Macron et Donald Trump, à Bruxelles. Les télés l’ont montrée et re-montrée. Et comme d’habitude, la belle image masque son hors-champ : l’inflexibilité de Trump sur l’OTAN, et celle de l’Allemagne sur l’austérité. Et aussi, ce nouveau recul de la France sur la taxe européenne sur la finance. Pas entendu parler ? Nous le racontons ici (3). Et sur cette poignée de main, ne ratez pas la chronique d’Océanerosemarie. Elle est ici (4) (5).

Daniel Schneidermann

(6)

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Un communiqué de l’EPI sur les données personnelles et scolaires des élèves mises à disposition des GAFAM.

Source : http://www.enseignerlinformatique.org/2017/05/25/communique-de-lassociation-enseignement-public-et-informatique-epi/

Communiqué de l’association Enseignement Public et Informatique (EPI)

Les données personnelles et scolaires des élèves mises à disposition des GAFAM.

Dans une lettre, envoyée le 12 mai aux délégués académiques au numérique (DAN) et aux directeurs des services informatiques, Mathieu Jeandron, Directeur de la DNE (Direction du numérique pour l’éducation, Ministère de l’Éducation nationale), indique qu’ « il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web». En clair, il autorise, incite même à l’utilisation par les établissements scolaires des outils et services des grandes multinationales du numérique, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels.

L’enjeu essentiel, ce sont les données personnelles et scolaires des élèves et leurs traitements possibles. Ces données sont particulièrement sensibles. Elles disent énormément sur les enfants et peuvent les suivre longtemps. Les risques évoqués par la CNIL sont ignorés. L’expérience a amplement montré que les GAFAM, qui par ailleurs payent peu d’impôts en France, ne vont pas bouleverser le fonctionnement de leur cloud simplement parce que les CGU (Conditions générales d’utilisation) ont été modifiées en France pour le secteur éducatif. De plus, la charte annoncée par le MEN pour janvier 2017 n’est toujours pas finalisée. Et l’on se souvient des révélations sur les agissements de la NSA (Agence nationale de la sécurité des États-Unis) dont les liens avec les GAFAM sont à la fois étroits et bien connus.

L’émotion suscitée par ce courrier est grande. L’EPI la partage. Ce passage en force, en contradiction avec le cadre réglementaire actuel et qui repose sur une initiative non soumise à la concertation, est inacceptable. Il suscite déjà de nombreuses réactions auxquelles l’EPI s’associe. On ne doit pas donner les clés de la maison Éducation nationale aux GAFAM. Surtout qu’une volonté politique, qui fait défaut, permettrait de faire autrement en s’appuyant notamment sur les logiciels libres. Il est possible de « dégoogliser Internet » comme le fait à son échelle l’association Framasoft (1). L’EPI juge inacceptable que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles et scolaires des élèves et des enseignants. L’EPI demande aussi la non-reconduction de la convention signée fin novembre 2015 entre Microsoft France et l’Éducation nationale (2).

Paris, le 25 mai 2017

(1) https://degooglisons-internet.org/

(2) http://www.education.gouv.fr/cid96030/numerique-a-l-ecole-partenariat-entre-le-ministere-de-l-education-nationale-et-microsoft.html&xtmc=partenariatmicrosofteacuteducationnationale&xtnp=1&xtcr=1

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GAFAM : La Cnil rappelle l’Education à ses obligations

« Il est plus que jamais nécessaire de fixer un cadre de régulation adapté qui protège de façon effective les données personnelles des élèves et de enseignants », déclare la CNIL le 23 mai. Elle répond ainsi à la décision du ministère d’ouvrir largement les annuaires des établissements et les données élèves aux grand s groupes du GAFAM (Gooogle, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

La question est posée depuis la révélation par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un courrier du Directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, invitant les responsables académiques à fournir aux GAFAM les annuaires des établissements.

« Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation »… Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels ». La lettre de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation, que le Café pédagogique a révélé, invite clairement les directeurs académique du numérique et les DSI à laisser les établissements donner les données sur les élèves aux géants d’Internet. Pour M Jeandron , interrogé par le Café, les élèves sont suffisamment protégés par les CGU (Conditions générales d’utilisation) de ces grands groupes. « Le contrat passé avec l’entreprise est protecteur au sens de la CNIL », nous a-t-il dit. « On est protégé vis à vis des GAFAM quand on créé un compte sous le régime éducation. Celui qui crée le compte signe un contrat explicite qui est protecteur ».

Ce n’est pas l’avis de la CNIL. Si celle-ci juge  » intéressante » l’idée initiée par le ministère (mais non concrétisée) d’une charte de confiance,  « elle considère que, compte tenu de la sensibilité des données en jeu, cette charte devrait se traduire par un encadrement juridique contraignant tant en ce qui concerne la non utilisation des données scolaires à des fins commerciales, l’hébergement de ces données en France ou en Europe ou encore l’obligation de prendre des mesures de sécurité conformes aux normes en vigueur ».

La CNIL « appelle donc les responsables éducatifs, enseignants et les collectivités territoriales à être vigilants et à ne recourir qu’à des services numériques respectant ces règles et principes. »

Communiqué

Gafam : Les parents demandent des comptes

Le Café révèle le courrier du DNE

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GAFAM : les parents demandent des comptes au ministre

Dans un communiqué publié le 22 mai, le FCPE, première association de parents d’élèves  » souhaite des éclaircissements rapides de la part du ministère » sur une éventuelle diffusion des annuaires des établissements scolaires auprès des GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft). Après des éditeurs du numérique éducatif et des syndicats, ce sont les parents d’élèves qui montent au créneau alarmés par la décision ministérielle. Le silence de ce dernier n’en est que plus audible.

Un courrier révélé par le Café pédagogique

L’Ecole a-t-elle vraiment le droit de fournir les données des élèves aux grands groupes d’Internet , le GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) ? La question se pose après la révélation par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un courrier du Directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, invitant les responsables académiques à fournir aux GAFAM les annuaires des établissements.

« Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation »… Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels ». La lettre de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation, que le Café pédagogique a révélé, invite clairement les directeurs académique du numérique et les DSI à laisser les établissements donner les données sur les élèves aux géants d’Internet. Pour M Jeandron , interrogé par le Café, les élèves sont suffisamment protégés par les CGU (Conditions générales d’utilisation) de ces grands groupes. « Le contrat passé avec l’entreprise est protecteur au sens de la CNIL », nous a-t-il dit. « On est protégé vis à vis des GAFAM quand on créé un compte sous le régime éducation. Celui qui crée le compte signe un contrat explicite qui est protecteur ».

En ouvrant grand les portes de l’Ecole aux GAFAM, le directeur du numérique revient par une simple lettre  sur des années de développement d’outils nationaux sécurisés, les ENT, et toute une culture de « sanctuaire numérique » pour l’Ecole.

Les réactions d’industriels français et de syndicats

Cette décision lui vaut le 18 mai un courrier, révélé lui aussi par le Café pédagogique, de trois entreprises phares du numérique éducatif français. « Sous prétexte qu’elles disposent de « Conditions Générales d’Utilisation propres au monde de l’éducation », et sous couvert d’une déclaration CNIL, vous êtes donc prêts à transférer l’ensemble des annuaires académiques aux fameux ‘GAFAM’. Connaissez-vous bien le modèle économique de ces entreprises ? Savez-vous sur quoi la gratuité apparente de certains de ces services repose ? », interrogent-ils. Certaines de ces entreprises , comme Google ou Facebook, vivent principalement de revenus publicitaires rendus possibles par l’exploitation des données des utilisateurs.

Le même jour, le Snes Fsu et la Cgt Education écrivent au nouveau ministre pour dénoncer  » un revirement lourd de conséquences ». Les deux syndicats jugent « inacceptable que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles des élèves et des enseignants. Elles s’inquiètent qu’une telle décision aussi lourde de conséquences pour les personnes et la souveraineté des données puisse être prise par simple mél ».

La FCPE demande des comptes

Le 22 mai c’est au tour de la Fcpe de se manifester publiquement.  » Le développement des outils numériques au sein de l’Education nationale répondait jusqu’alors à un principe intangible, la sécurisation des données des utilisateurs. Qu’en sera-t-il désormais alors que Facebook notamment, à été condamné ces jours ci par la CNIL pour non-respect de la loi informatique et libertés ? « , demande la Fcpe.

« La sécurisation des données des élèves est un principe qui doit demeurer, y compris par la souveraineté des données scolaires, c’est-à-dire, le stockage de ces données sur des serveurs en territoire national. Cette sécurisation passe également par une anonymisation des adresses des élèves, ce qui ne semble pas être le cas dans la communication de la direction du numérique éducatif ».

La Fcpe  » réaffirme son opposition claire à l’utilisation par les « GAFAM » des données des élèves, la plupart du temps mineurs. Elle souhaite des éclaircissements rapides de la part du ministère sur cette situation. »

Interpellé par des enseignants, des industriels et maintenant des parents, le ministre peut-il plus longtemps garder le silence sur une décision qui l’engage ?

Communiqué FCPE

La lettre des industriels

Le Café révèle la décision du DNE

La lettre du Snes et de la Cgt

Article de TV5

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Data scolaire : des industriels et des syndicats saisissent le ministre contre la directive GAFAM

L’Ecole a-t-elle vraiment le droit de fournir les données des élèves aux grands groupes d’Internet , le GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) ? La question se pose après la révélation par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un courrier du Directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, invitant les responsables académiques à fournir aux GAFAM les annuaires des établissements. Des industriels, investis dans les ENT demandent des comptes dans un courrier que le Café pédagogique s’est procuré. Le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent le nouveau ministre de ce qu’ils considèrent comme un « revirement lourd de conséquences ».

Le revirement du DNE

« Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation »… Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels ». La lettre de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation, que le Café pédagogique a révélé, invitait clairement les directeurs académique du numérique et les DSI à laisser les établissements donner les données sur les élèves aux géants d’Internet. Pour M Jeandron , interrogé par le Café, les élèves sont suffisamment protégés par les CGU (Conditions générales d’utilisation) de ces grands groupes.

En ouvrant grand les portes de l’Ecole aux GAFAM, le directeur du numérique revient par une simple lettre  sur des années de développement d’outils nationaux sécurisés, les ENT, et toute une culture de « sanctuaire numérique » pour l’Ecole.

La réaction des éditeurs français

Les industriels nationaux ne s’y trompent pas. Dans un courrier du 18 mai, que le Café pédagogique s’est procuré, les responsables de trois entreprises phares du numérique éducatif français, Arnaud Albou, CEO d’Open Digital Education, Alain Ecuvillon, DG de Itslearning et Hervé Borredon ,président d’Itop, demandent des explications à Mathieu Jeandron.

« Sous prétexte qu’elles disposent de « Conditions Générales d’Utilisation propres au monde de l’éducation », et sous couvert d’une déclaration CNIL, vous êtes donc prêts à transférer l’ensemble des annuaires académiques aux fameux ‘GAFAM’. Connaissez-vous bien le modèle économique de ces entreprises ? Savez-vous sur quoi la gratuité apparente de certains de ces services repose ? », interrogent-ils. Certaines de ces entreprises , comme Google ou Facebook, vivent principalement de revenus publicitaires rendus possibles par l’exploitation des données des utilisateurs.

« Quel est le cadre réglementaire imposé à Amazon, Google ou à Facebook ? Les “CGU Education” de chacun de ces éditeurs remplacent-elles dorénavant votre propre cadrage ? Vous dispensez ces entreprises américaines des contraintes (justifiées) que vous nous avez imposées depuis toutes ces années. C’est le monde à l’envers ! », écrivent les industriels.

« L’Espace Numérique de Travail est un dispositif central dans l’école qui constitue un “environnement de confiance, protecteur des données des élèves” selon la circulaire de rentrée 2017 du Ministère. Après des efforts importants de tout l’écosystème éducatif, des centaines de milliers d’élèves et d’enseignants sont connectés chaque jour », rappellent-ils. « Partout où nos déplacements professionnels nous conduisent (en Europe, au Brésil, au Mexique, en Amérique du Nord, en Afrique), ce modèle français interpelle et intéresse. Tous nous envient cette capacité à adresser des problématiques territoriales, à généraliser des solutions à l’échelle de centaines de milliers d’élèves, le tout avec une autonomie pédagogique, éditoriale et économique. Du moins, tous ceux qui ont compris que les bases centralisées commerciales ne pouvaient être la solution aux nouveaux enjeux de l’éducation, ceux de la collaboration, de l’éducation aux médias et à l’identité numérique, de la prévention des risques inhérents aux usages des réseaux sociaux commerciaux… »

Les trois dirigeants d’entreprise mettent en cause le nouveau ministre. « Est-ce là le mandat que vous aurait déjà confié la nouvelle équipe ? Ou une prise de position plus personnelle ? », écrivent-ils.  « S’il vous plaît, expliquez-nous ! »

La Cgt et le Snes montent au créneau

De leur coté, le Snes Fsu et la Cgt Education  saisissent le ministre par une lettre publique.  » Un revirement lourd de conséquence vient d’être opéré au ministère de l’éducation nationale : avant la nomination du nouveau ministre, le directeur du numérique pour l’éducation incite clairement les cadres académiques à l’utilisation des outils des grandes multinationales du numérique (notamment les GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels. Il ignore délibérément les risques évoqués par la CNIL sur le traitement possible des données personnelles et scolaires des élèves (souvent mineurs), données particulièrement sensibles, et qui les suivront longtemps », écrivent les deux syndicats. « Les organisations signataires jugent inacceptables que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles des élèves et des enseignants. Elles s’inquiètent qu’une telle décision aussi lourde de conséquences pour les personnes et la souveraineté des données puisse être prise par simple mél. Elles dénoncent cette tentative de passage en force contraire à l’État de droit et saisiront la CNIL et la Direction des affaires juridiques du ministère sur cette question. Elles demandent au nouveau Ministre de l’éducation nationale de clarifier rapidement sa position sur cette question.  »

Deux acteurs n’ont pas encore réagi dans ce débat. Mais ils ne devraient plus tarder à le faire. D’abord les collectivités territoriales qui ont englouti des sommes très importantes dans le développement des ENT au nom de la sécurité des élèves. Ensuite les associations de parents. Ce sont les données scolaires et privées de leurs enfants qui sont l’enjeu de ce bras de fer.

La lettre des industriels

Le Café révèle la décision du DNE

La lettre du Snes et de la Cgt

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La saga Facebook continue : les autorités ne veulent pas « Liker »

Publié le 18/05/2017 par Thierry Léonard, Thomas Dubuisson

Trois autorités de contrôle de protection des données ont encore condamné certaines pratiques de Facebook et sa politique en matière de cookies. France, Belgique, Pays-Bas en tir groupé ! Leur constat est unanime : Facebook enfreindrait toujours les lois nationales sur la protection des données. Selon Facebook, seule la loi irlandaise serait applicable et seul le DPA irlandais serait compétente pour délivrer une sanction. Cela n’a pas empêché la CNIL de prononcer une sanction et condamner Facebook à 150.000 euros d’amende.

Contexte

Au sein du Groupe de travail européen « Groupe 29 », un « Groupe de contact » a été créé après que Facebook ait annoncé en 2014 un changement dans sa politique de confidentialité. Ce groupe est composé des Commissions vie privée de la Belgique, France, des Pays-Bas, d’Espagne et de l’Allemagne. Chacune de ces autorités de contrôle a lancé une procédure indépendante en cours contre Facebook.

Selon Facebook, seule la législation irlandaise sur la protection des données serait applicable et l’autorité irlandaise serait compétente pour contrôler le traitement des données personnelles des utilisateurs du service en Europe. A l’inverse, les autorités du « Groupe de contact » considèrent, respectivement, que leur législation nationale de protection des données est applicable au traitement des données personnelles des utilisateurs et non-utilisateurs de Facebook dans leurs pays respectifs et que chaque autorité est compétente.

Ce 16 mai, la Belgique, la France et les Pays-Bas ont publié leurs résultats sur les pratiques de Facebook.

France : la CNIL condamne Facebook à 150.000 euros d’amende

La CNIL a « constaté que Facebook procédait à la combinaison massive des données personnelles des internautes à des fins de ciblage publicitaire. Il a aussi été constaté que Facebook traçait à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers via un cookie ».

Au regard des manquements constatés à la loi Informatique et Libertés affectant 33 millions d’utilisateurs en France, la CNIL a décidé de mettre en demeure Facebook de se conformer à cette loi. N’étant pas satisfaite des réponses qui lui ont été formulées, une procédure de sanction a donc été engagée.

La CNIL a considéré que Facebook collecte de données à des fins publicitaires en l’absence de base légale. En effet, « si les utilisateurs disposent de moyens pour maitriser l’affichage de la publicité ciblée, ils ne consentent pas à la combinaison massive de leurs données et ne peuvent s’y opposer » note la CNIL.

Elle reproche aussi à Facebook la « collecte massive de données effectuée via le cookie « datr » en l’absence d’information claire et précise ». Bien que Facebook plaide en faveur d’un outil de sécurité, ce « cookie espion » est en réalité un outil servant à pister les internautes, que ceux-ci soient utilisateurs ou non-utilisateurs du réseau social. Cette collecte serait « déloyale » d’après la CNIL.

Facebook, en outre, ne recueille pas « le consentement exprès des internautes lorsqu’ils renseignent des données sensibles dans leurs profils (ex : leurs opinions politiques, religieuses ou leur orientation sexuelle) », et ne démontre pas « en quoi la conservation de l’intégralité des adresses IP des internautes pendant toute la durée de vie de leur compte est nécessaire ». Par ailleurs, en renvoyant au paramétrage du navigateur, Facebook ne permet pas « aux utilisateurs de s’opposer valablement aux cookies déposés sur leur équipement terminal ».

En raison de ces manquements, une sanction de 150.000 € fut prononcée à l’égard du géant  américaine qui dispose désormais 4 mois pour faire appel devant le Conseil d’État.

Belgique : Facebook n’a toujours pas mis fin aux violations en question

La CPVP a publié de nouvelles recommandations (03/2017) à Facebook concernant le traitement de données à caractère personnel via des cookies, des plug-ins sociaux et des pixels.

Elle considère que « Facebook n’obtient toujours pas de consentement valable des personnes concernées. Elle estime en outre que la collecte de données à caractère personnel par Facebook à l’aide de cookies et de modules sociaux est excessive dans plusieurs circonstances ».

Depuis août 2016, la CPVP constate également que Facebook fait une grande utilisation des « pixels » afin d’obtenir des informations sur le comportement de navigation d’utilisateurs et de non-utilisateurs. Le « pixel » est un « tracker » qui a pour objectif d’informer lorsqu’un internaute réalise une action spécifique (par ex. un achat, une inscription, un téléchargement) sur un site web.

La Commission belge considère par ailleurs que les exigences légales en matière de consentement, d’équité, de transparence et de proportionnalité ne sont pas respectées, notamment en raison des faiblesses de l’information que Facebook communique aux personnes concernées et de l’insuffisance des choix que Facebook offre aux personnes concernées.

Elle sollicite l’application judiciaire de ses recommandations dans la procédure judiciaire au fond pendante devant le tribunal de première instance de Bruxelles ; les plaidoiries devraient avoir lieu les 12 et 13 octobre prochain.

Pays-Bas : Facebook est aussi en infraction

Après une enquête sur le traitement des données personnelles de 9,6 millions d’utilisateurs de Facebook aux Pays-Bas, le College Bescherming Persoonsgegevens a conclu que Facebook enfreint la loi néerlandaise sur la protection des données.

La DPA néerlandaise a également constaté que « Facebook utilise des données personnelles sensibles des utilisateurs sans leur consentement explicite. Par exemple, les données relatives aux préférences sexuelles ont été utilisées pour montrer des publicités ciblées ». Facebook aurait à cet égard apporté des modifications pour mettre fin à l’utilisation de ce type de données.

La DPA néerlandaise évalue actuellement si les autres infractions ont cessé. Si ce n’est pas le cas, la DPA néerlandaise peut décider de délivrer une sanction.

Pour être complet, notons qu’en Allemagne, le « Der Bundesbeauftragte für den Datenschutz » a délivré deux injonctions à l’égard de Facebook et qu’en Espagne, la « Agencia de Protección de Datos » a ouvert deux procédures de sanction.

Cette condamnation de la CNIL est hautement symbolique car, soyons honnêtes, 150.000 euros n’arrêteront pas Facebook. Cependant, l’étau se resserre… Sans parler de l’entrée en vigueur du GDPR : après mai 2018, la CNIL et les autres autorités seront en mesure de prononcer des sanctions bien plus significatives : 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial d’un groupe. D’ici là, Facebook a encore quelques mois pour se conformer.

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Je n’ai rien à cacher. En fait si, et vous également !

Puis-je vous demander une copie de tous vos emails, de vos messages et photos sur Facebook, et de tous les fichiers sur votre ordinateur ? J’aimerais tout savoir sur votre vie privée.

Comment oseriez-vous répondre non ? Lorsque vous n’avez rien à cacher, vous ne pouvez pas faire de distinction entre ce que vous admettez rendre public et ce qui vous dérange un peu plus. Dès lors que vous imposez une barrière, vous avez quelque chose à cacher (et c’est bien normal !).

Nous autres, êtres humains, nous distinguons les uns des autres parce que nous avons tous une vie privée, une intimité que nous ne dévoilons pas à tout bout de champ.

La suite sur le site : http://jenairienacacher.fr/

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Gazette d’@rrêt sur images, n°492. Edouard Philippe, et ses transparences à géométrie variable

Gazette d’@rrêt sur images, n°492

A l’origine, il ne s’agissait pour lui que de filmer son « pote de droite », un vieux copain de classe prépa, Edouard Philippe, maire du Havre. Mais voilà que le vieux pote, contre toute attente, est bombardé Premier ministre. Alerte générale ! Du coup, le documentaire est scruté à la loupe. Et le moindre détail prend des proportions inattendues ! Laurent Cibien, pote de gauche du Premier ministre, raconte sur notre plateau le tournage, et ses coulisses. Notre émission est ici (1).

Transparent avec son « pote », Edouard Philippe l’a été nettement moins avec la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, qu’il a sèchement envoyée au bain, par exemple à propos de la valeur actuelle de ses propriétés immobilières. Nous le rappelons sur le plateau, avec quelques détails. Car en ce quinquennat naissant, nous souhations être aussi attentifs au « hors champ ». Par exemple, au fiasco très discret de la fusion américaine du géant parapétrolier français Technip. Cette fusion fut jadis défendue par un ministre nommé… Emmanuel Macron. Elle était conseillée part une banque nommée Rothschild. Conflit d’intérêt ? Pour creuser, il ne faut pas compter sur vos medias préférés. Notre enquête est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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Les GAFAM s’invitent dans les écoles françaises

La direction du numérique de l’Education nationale ne voit plus aucune opposition à l’utilisation des services web des grands acteurs américains dans les écoles françaises.

Les services en ligne de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM) vont-ils massivement prendre place au sein des établissements scolaires français ? Avec tous les risques encourus propres aux usages des données des élèves qui seront faits par ces grands groupes américains du Web. S’il est aujourd’hui trop tôt pour répondre à ces interrogations, les portes des classes leur sont néanmoins grandes ouvertes.

Selon un courrier adressé le 12 mai par Mathieu Jeandron, le directeur du numérique à l’Education nationale (DNE), aux directeurs des services informatiques et aux délégués académiques au numérique (DAN), « il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web », rapporte le Café pédagogique qui a mis la main sur la missive. Autrement dit, Google Classroom, iCloud, Facebook et autre Office 365 ont parfaitement droit de cité dans les salles de cours.

Le parcours de élèves entre les mains de Google ?

Toujours selon le site spécialisé dans l’actualité de l’Education nationale, le responsable justifie sa déclaration en considérant que l’usage de ces services web est, de facto, adopté par de nombreux enseignants aujourd’hui. Une maîtrise des outils dont il serait dommage de ne pas profiter dans le cadre des missions d’enseignement. D’autant que les services des GAFAM sont encadrés par les CGU (condition générales d’utilisation) « éducation », selon Mathieu Jeandron.

Quant à la gestion des identités et des données liées, elles peuvent simplement faire l’objet d’une déclaration auprès de la CNIL. « Il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels », assure Mathieu Jeandron qui fait référence aux profils des élèves et professeurs qui utiliseront leurs identifiants de connexion propres sur les services en ligne. « Dans la mesure où la démarche CNIL est réalisée, il devient possible d’utiliser des données à caractère personnel. Il n’est alors pas nécessaire d’utiliser des pseudonymes pour les utilisateurs : leur login peut tout à fait comporter leur nom et leur prénom afin de faciliter les usages pédagogiques. »

Même si ces « services professionnels [resteront] administrés par l’établissement/le rectorat […] pour lesquels les fournisseurs sont des sous-traitants », les géants du Web américains auront ainsi accès aux données des élèves concernés qui reflèteront alors leur parcours scolaire. Avec toutes les exploitations, à caractère publicitaire ou autres, qui pourront être faites de ces informations.

Complémentaire aux ENT

Un risque que l’Education nationale refusait jusqu’alors de prendre. Les services du ministère préconisaient plutôt l’emploi des espaces numériques du travail (ENT) sécurisés et la possibilité d’utiliser un pseudo pour accéder aux ressources en ligne externes aux contenus pédagogiques de la structure d’enseignement général. Mais Mathieu Jeandron fait remarquer à notre confrère que les ENT ne sont pas adaptés aux situations de mobilité ou à l’usage des tablettes. Les services des GAFAM apparaissent donc comme des compléments, selon lui. Au risque de s’y substituer à termes et de créer une dépendance des services français à des acteurs privés, Américains qui plus est.

L’incursion des éditeurs d’outre-Atlantique dans le secteur de l’enseignement n’est pas nouvelle en France. Récemment, Apple a été retenu sur appel d’offre par le Conseil départemental des Hauts de Seine pour fournir des iPad et le logiciel de gestion de ces derniers, Apple School Manager, aux élèves de plusieurs établissements du département. Avec pour conséquence de voir les données des élèves migrer outre Atlantique.

Précédemment, en novembre 2015, l’Education nationale signait une convention avec Microsoft dans laquelle ce dernier s’engageait à investir (jusqu’à 13 millions d’euros) dans la mise à disposition d’outils numériques, l’accompagnement des enseignants, la formation au code informatique, etc. Un accord qu’avait tenté de casser le collectif Edunathon qui y voyait une vente maquillée et non un contrat de mécénat. En vain. Le collectif a été débouté de sa demande par tribunal de grande instance de Paris en septembre 2016.


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Numérique : le ministère ouvre l’Ecole à Google ?

Rue de Grenelle le changement est déjà là. Après avoir soutenu durant des années les ENT (espaces numériques de travail) nationaux et prêché la sécurité face aux grands groupes étrangers, la Direction du numérique éducatif du ministère de l’éducation nationale (DNE) semble amorcer un virage. Dans un courrier que le Café pédagogique s’est procuré, Mathieu Jeandron, délégué au numérique éducatif, autorise clairement l’usage des services numériques des « GAFAM » (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) par les établissements scolaires. Selon cette lettre, envoyée le 12 mai aux délégués académiques au numérique (DAN) et aux directeurs des services informatiques, « il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web ». Pour M. Jeandron, ce courrier prend en compte le fait que de nombreux enseignants utilisent déjà ces services. Au ministère, des voix s’élèvent contre l’usage qui pourrait être fait des données des élèves par les entreprises. Deux conceptions s’opposent sur fond d’alternance politique…

« Il n’y a pas de blocage juridique »

 » Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation », et que les démarches déclaratives sont faites auprès de la CNIL », écrit Matthieu Jeandron. Les CGU ce sont les  » conditions générales d’utilisation » que tout utilisateur confirme.

 » Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels », poursuit M Jeandron. « L’annuaire » c’est l’identité  de l’utilisateur, en l’occurrence les élèves en lien avec sa classe et son établissement. M Jeandron invite les chefs d’établissement à prendre l’initiative de créer les domaines envisagés et à faire une déclaration à la CNIL.  » Dans la mesure où la démarche CNIL est réalisée, il devient possible d’utiliser des données à caractère personnel. Il n’est alors pas nécessaire d’utiliser des pseudonymes pour les utilisateurs : leur login peut tout à fait comporter leur nom et leur prénom afin de faciliter les usages pédagogiques (comme dans l’utilisation des ENT) », écrit M Jeandron.

Il invite les établissements à tenir une ligne de communication vis à vis des parents :  » En terme de communication que ce soit au niveau du CA, envers les parents et les enseignants, envers les élèves et les collectivités : il faudra toujours préciser qu’il s’agit de services professionnels, administrés par l’établissement/le rectorat et pour lesquels les fournisseurs sont des sous-traitant ».

Un virage à 90°

Depuis des années l’Education nationale interdisait l’utilisation officielle des services des GAFAM par les services de l’éducation nationale. Elle soutenait le développement d’espaces numériques du travail (ENT) sécurisés avec l’utilisation d’un pseudonyme pour accéder aux services des industriels (ressources numériques en ligne par exemple). Plus récemment encore, le ministère lançait le GAR, un service permettant d’anonymiser les usages des élèves. La lettre de M Jeandron invite à utiliser des services comme Office 365 ou Google Classrooom et même à leur transférer les annuaires après déclaration à la CNIL.

L’enjeu ce sont les données des élèves. Les entreprises auront accès aux annuaires des établissements et aux informations nominatives sur les élèves et les enseignants. Elles pourront suivre les déplacements et redoublements des uns et des autres, voir ce que le professeur X utilise comme ressource ou ce que fait l’élève Y. Ces données seront une manne pour le ciblage publicitaire ou pour revendre des informations à des partenaires.

« On ne doit pas donner les clés de la maison à Apple ou Google »

Au ministère de l’éducation nationale et dans les académies, des voix s’élèvent. « On est dans des logiques de sécurisation depuis des années et ce courrier invite à faire le contraire », nous a dit un responsable sous couvert de l’anonymat. « On ne doit pas donner les clés de la maison à Google, Apple ou Microsoft. On ne doit surement pas leur donner l’annuaire qui leur permettra de tracer les usages et les parcours ou encore de savoir combien il y a d’élèves arabes ou turcs et dans quels établissements. On ne doit pas plus savoir ce qu’utilisent les professeurs en classe. Il faut lancer une alerte citoyenne ».  Rue de Grenelle certains se rappellent les recours contre Base élèves, un fichier des élèves du primaire qui contenait peu d’informations et qui avait soulevé un tollé.

Opposés à cette ouverture aux GAFAM, ces cadres de l’éducation nationale crient au libéralisme. Le fait que ce courrier soit parti au lendemain de la démission du gouvernement et de la ministre ne leur semble pas le fait du hasard. Ils exigent des garanties sur l’utilisation qui pourrait être faite des données.

La réponse de  M Jeandron

Interrogé par le Café pédagogique, Matthieu Jeandron confirme son courrier. « Le contrat passé avec l’entreprise est protecteur au sens de la CNIL », nous a-t-il dit. « On est protégé vis à vis des GAFAM quand on créé un compte sous le régime éducation. Celui qui crée le compte signe un contrat explicite qui est protecteur ». Il s’e remet aux CGU même s’il reconnait qu’il n’y a pas d’engagement de conservation des données en France ou même en Europe. « Mais ces donnée sont conservées dans des conditions de sécurité acceptées au niveau d’un règlement européen ».

Faire entrer les GAFAM est-ce la mort des ENT ? « Ces outils sont complémentaires », dit-il. « Dans les ENT modernes il y a des outils qui apportent beaucoup de choses.  Cette ouverture ne va challenger que les fournisseurs qui n’auraient pas investi régulièrement ». Mais il ajoute  qu’en classe ou en situation de mobilité, avec des tablettes les outils des ENT ne sont pas très adaptés.

Jacobins et libéraux

« Aujourd’hui plus d’un million d’enseignants utilisent déjà les services des GAFAM selon une étude que nous avons fait faire », ajoute-il. « Ces comptes existent en dehors des conditions éducation.  Il y a une croissance forte sur le terrain et les DAN doivent répondre aux questions des utilisateurs ». Pour lui, il n’y a pas de virage à 90°. « J’ai déjà exprimé ma position. Maintenant je la mets par écrit ».

Les entreprises qui travaillent avec le ministère sur les ENT depuis des années, les collectivités territoriales qui ont englouti des centaines de millions dans les mêmes ENT, les parents qui tiennent à protéger leurs enfants verront peut-être les choses différemment.  Entre jacobins et libéraux, le nouveau ministre pourrait bien devoir trancher rapidement.

Le courrier de M Jeandron

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Approbation du cahier des charges écoles et collèges numériques

Les cahiers des charges modifiés des appels à projets « collèges numériques et innovation pédagogique » et « écoles numériques innovantes et ruralité » sont approuvés par un arrêté publié au JO.

 

Au JO

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