Archives de la catégorie Numérique

Data scolaire : des industriels et des syndicats saisissent le ministre contre la directive GAFAM

L’Ecole a-t-elle vraiment le droit de fournir les données des élèves aux grands groupes d’Internet , le GAFAM (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) ? La question se pose après la révélation par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un courrier du Directeur du numérique pour l’éducation, Mathieu Jeandron, invitant les responsables académiques à fournir aux GAFAM les annuaires des établissements. Des industriels, investis dans les ENT demandent des comptes dans un courrier que le Café pédagogique s’est procuré. Le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent le nouveau ministre de ce qu’ils considèrent comme un « revirement lourd de conséquences ».

Le revirement du DNE

« Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation »… Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels ». La lettre de Mathieu Jeandron, Directeur du numérique pour l’éducation, que le Café pédagogique a révélé, invitait clairement les directeurs académique du numérique et les DSI à laisser les établissements donner les données sur les élèves aux géants d’Internet. Pour M Jeandron , interrogé par le Café, les élèves sont suffisamment protégés par les CGU (Conditions générales d’utilisation) de ces grands groupes.

En ouvrant grand les portes de l’Ecole aux GAFAM, le directeur du numérique revient par une simple lettre  sur des années de développement d’outils nationaux sécurisés, les ENT, et toute une culture de « sanctuaire numérique » pour l’Ecole.

La réaction des éditeurs français

Les industriels nationaux ne s’y trompent pas. Dans un courrier du 18 mai, que le Café pédagogique s’est procuré, les responsables de trois entreprises phares du numérique éducatif français, Arnaud Albou, CEO d’Open Digital Education, Alain Ecuvillon, DG de Itslearning et Hervé Borredon ,président d’Itop, demandent des explications à Mathieu Jeandron.

« Sous prétexte qu’elles disposent de « Conditions Générales d’Utilisation propres au monde de l’éducation », et sous couvert d’une déclaration CNIL, vous êtes donc prêts à transférer l’ensemble des annuaires académiques aux fameux ‘GAFAM’. Connaissez-vous bien le modèle économique de ces entreprises ? Savez-vous sur quoi la gratuité apparente de certains de ces services repose ? », interrogent-ils. Certaines de ces entreprises , comme Google ou Facebook, vivent principalement de revenus publicitaires rendus possibles par l’exploitation des données des utilisateurs.

« Quel est le cadre réglementaire imposé à Amazon, Google ou à Facebook ? Les “CGU Education” de chacun de ces éditeurs remplacent-elles dorénavant votre propre cadrage ? Vous dispensez ces entreprises américaines des contraintes (justifiées) que vous nous avez imposées depuis toutes ces années. C’est le monde à l’envers ! », écrivent les industriels.

« L’Espace Numérique de Travail est un dispositif central dans l’école qui constitue un “environnement de confiance, protecteur des données des élèves” selon la circulaire de rentrée 2017 du Ministère. Après des efforts importants de tout l’écosystème éducatif, des centaines de milliers d’élèves et d’enseignants sont connectés chaque jour », rappellent-ils. « Partout où nos déplacements professionnels nous conduisent (en Europe, au Brésil, au Mexique, en Amérique du Nord, en Afrique), ce modèle français interpelle et intéresse. Tous nous envient cette capacité à adresser des problématiques territoriales, à généraliser des solutions à l’échelle de centaines de milliers d’élèves, le tout avec une autonomie pédagogique, éditoriale et économique. Du moins, tous ceux qui ont compris que les bases centralisées commerciales ne pouvaient être la solution aux nouveaux enjeux de l’éducation, ceux de la collaboration, de l’éducation aux médias et à l’identité numérique, de la prévention des risques inhérents aux usages des réseaux sociaux commerciaux… »

Les trois dirigeants d’entreprise mettent en cause le nouveau ministre. « Est-ce là le mandat que vous aurait déjà confié la nouvelle équipe ? Ou une prise de position plus personnelle ? », écrivent-ils.  « S’il vous plaît, expliquez-nous ! »

La Cgt et le Snes montent au créneau

De leur coté, le Snes Fsu et la Cgt Education  saisissent le ministre par une lettre publique.  » Un revirement lourd de conséquence vient d’être opéré au ministère de l’éducation nationale : avant la nomination du nouveau ministre, le directeur du numérique pour l’éducation incite clairement les cadres académiques à l’utilisation des outils des grandes multinationales du numérique (notamment les GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels. Il ignore délibérément les risques évoqués par la CNIL sur le traitement possible des données personnelles et scolaires des élèves (souvent mineurs), données particulièrement sensibles, et qui les suivront longtemps », écrivent les deux syndicats. « Les organisations signataires jugent inacceptables que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles des élèves et des enseignants. Elles s’inquiètent qu’une telle décision aussi lourde de conséquences pour les personnes et la souveraineté des données puisse être prise par simple mél. Elles dénoncent cette tentative de passage en force contraire à l’État de droit et saisiront la CNIL et la Direction des affaires juridiques du ministère sur cette question. Elles demandent au nouveau Ministre de l’éducation nationale de clarifier rapidement sa position sur cette question.  »

Deux acteurs n’ont pas encore réagi dans ce débat. Mais ils ne devraient plus tarder à le faire. D’abord les collectivités territoriales qui ont englouti des sommes très importantes dans le développement des ENT au nom de la sécurité des élèves. Ensuite les associations de parents. Ce sont les données scolaires et privées de leurs enfants qui sont l’enjeu de ce bras de fer.

La lettre des industriels

Le Café révèle la décision du DNE

La lettre du Snes et de la Cgt

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La saga Facebook continue : les autorités ne veulent pas « Liker »

Publié le 18/05/2017 par Thierry Léonard, Thomas Dubuisson

Trois autorités de contrôle de protection des données ont encore condamné certaines pratiques de Facebook et sa politique en matière de cookies. France, Belgique, Pays-Bas en tir groupé ! Leur constat est unanime : Facebook enfreindrait toujours les lois nationales sur la protection des données. Selon Facebook, seule la loi irlandaise serait applicable et seul le DPA irlandais serait compétente pour délivrer une sanction. Cela n’a pas empêché la CNIL de prononcer une sanction et condamner Facebook à 150.000 euros d’amende.

Contexte

Au sein du Groupe de travail européen « Groupe 29 », un « Groupe de contact » a été créé après que Facebook ait annoncé en 2014 un changement dans sa politique de confidentialité. Ce groupe est composé des Commissions vie privée de la Belgique, France, des Pays-Bas, d’Espagne et de l’Allemagne. Chacune de ces autorités de contrôle a lancé une procédure indépendante en cours contre Facebook.

Selon Facebook, seule la législation irlandaise sur la protection des données serait applicable et l’autorité irlandaise serait compétente pour contrôler le traitement des données personnelles des utilisateurs du service en Europe. A l’inverse, les autorités du « Groupe de contact » considèrent, respectivement, que leur législation nationale de protection des données est applicable au traitement des données personnelles des utilisateurs et non-utilisateurs de Facebook dans leurs pays respectifs et que chaque autorité est compétente.

Ce 16 mai, la Belgique, la France et les Pays-Bas ont publié leurs résultats sur les pratiques de Facebook.

France : la CNIL condamne Facebook à 150.000 euros d’amende

La CNIL a « constaté que Facebook procédait à la combinaison massive des données personnelles des internautes à des fins de ciblage publicitaire. Il a aussi été constaté que Facebook traçait à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers via un cookie ».

Au regard des manquements constatés à la loi Informatique et Libertés affectant 33 millions d’utilisateurs en France, la CNIL a décidé de mettre en demeure Facebook de se conformer à cette loi. N’étant pas satisfaite des réponses qui lui ont été formulées, une procédure de sanction a donc été engagée.

La CNIL a considéré que Facebook collecte de données à des fins publicitaires en l’absence de base légale. En effet, « si les utilisateurs disposent de moyens pour maitriser l’affichage de la publicité ciblée, ils ne consentent pas à la combinaison massive de leurs données et ne peuvent s’y opposer » note la CNIL.

Elle reproche aussi à Facebook la « collecte massive de données effectuée via le cookie « datr » en l’absence d’information claire et précise ». Bien que Facebook plaide en faveur d’un outil de sécurité, ce « cookie espion » est en réalité un outil servant à pister les internautes, que ceux-ci soient utilisateurs ou non-utilisateurs du réseau social. Cette collecte serait « déloyale » d’après la CNIL.

Facebook, en outre, ne recueille pas « le consentement exprès des internautes lorsqu’ils renseignent des données sensibles dans leurs profils (ex : leurs opinions politiques, religieuses ou leur orientation sexuelle) », et ne démontre pas « en quoi la conservation de l’intégralité des adresses IP des internautes pendant toute la durée de vie de leur compte est nécessaire ». Par ailleurs, en renvoyant au paramétrage du navigateur, Facebook ne permet pas « aux utilisateurs de s’opposer valablement aux cookies déposés sur leur équipement terminal ».

En raison de ces manquements, une sanction de 150.000 € fut prononcée à l’égard du géant  américaine qui dispose désormais 4 mois pour faire appel devant le Conseil d’État.

Belgique : Facebook n’a toujours pas mis fin aux violations en question

La CPVP a publié de nouvelles recommandations (03/2017) à Facebook concernant le traitement de données à caractère personnel via des cookies, des plug-ins sociaux et des pixels.

Elle considère que « Facebook n’obtient toujours pas de consentement valable des personnes concernées. Elle estime en outre que la collecte de données à caractère personnel par Facebook à l’aide de cookies et de modules sociaux est excessive dans plusieurs circonstances ».

Depuis août 2016, la CPVP constate également que Facebook fait une grande utilisation des « pixels » afin d’obtenir des informations sur le comportement de navigation d’utilisateurs et de non-utilisateurs. Le « pixel » est un « tracker » qui a pour objectif d’informer lorsqu’un internaute réalise une action spécifique (par ex. un achat, une inscription, un téléchargement) sur un site web.

La Commission belge considère par ailleurs que les exigences légales en matière de consentement, d’équité, de transparence et de proportionnalité ne sont pas respectées, notamment en raison des faiblesses de l’information que Facebook communique aux personnes concernées et de l’insuffisance des choix que Facebook offre aux personnes concernées.

Elle sollicite l’application judiciaire de ses recommandations dans la procédure judiciaire au fond pendante devant le tribunal de première instance de Bruxelles ; les plaidoiries devraient avoir lieu les 12 et 13 octobre prochain.

Pays-Bas : Facebook est aussi en infraction

Après une enquête sur le traitement des données personnelles de 9,6 millions d’utilisateurs de Facebook aux Pays-Bas, le College Bescherming Persoonsgegevens a conclu que Facebook enfreint la loi néerlandaise sur la protection des données.

La DPA néerlandaise a également constaté que « Facebook utilise des données personnelles sensibles des utilisateurs sans leur consentement explicite. Par exemple, les données relatives aux préférences sexuelles ont été utilisées pour montrer des publicités ciblées ». Facebook aurait à cet égard apporté des modifications pour mettre fin à l’utilisation de ce type de données.

La DPA néerlandaise évalue actuellement si les autres infractions ont cessé. Si ce n’est pas le cas, la DPA néerlandaise peut décider de délivrer une sanction.

Pour être complet, notons qu’en Allemagne, le « Der Bundesbeauftragte für den Datenschutz » a délivré deux injonctions à l’égard de Facebook et qu’en Espagne, la « Agencia de Protección de Datos » a ouvert deux procédures de sanction.

Cette condamnation de la CNIL est hautement symbolique car, soyons honnêtes, 150.000 euros n’arrêteront pas Facebook. Cependant, l’étau se resserre… Sans parler de l’entrée en vigueur du GDPR : après mai 2018, la CNIL et les autres autorités seront en mesure de prononcer des sanctions bien plus significatives : 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial d’un groupe. D’ici là, Facebook a encore quelques mois pour se conformer.

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Je n’ai rien à cacher. En fait si, et vous également !

Puis-je vous demander une copie de tous vos emails, de vos messages et photos sur Facebook, et de tous les fichiers sur votre ordinateur ? J’aimerais tout savoir sur votre vie privée.

Comment oseriez-vous répondre non ? Lorsque vous n’avez rien à cacher, vous ne pouvez pas faire de distinction entre ce que vous admettez rendre public et ce qui vous dérange un peu plus. Dès lors que vous imposez une barrière, vous avez quelque chose à cacher (et c’est bien normal !).

Nous autres, êtres humains, nous distinguons les uns des autres parce que nous avons tous une vie privée, une intimité que nous ne dévoilons pas à tout bout de champ.

La suite sur le site : http://jenairienacacher.fr/

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Gazette d’@rrêt sur images, n°492. Edouard Philippe, et ses transparences à géométrie variable

Gazette d’@rrêt sur images, n°492

A l’origine, il ne s’agissait pour lui que de filmer son « pote de droite », un vieux copain de classe prépa, Edouard Philippe, maire du Havre. Mais voilà que le vieux pote, contre toute attente, est bombardé Premier ministre. Alerte générale ! Du coup, le documentaire est scruté à la loupe. Et le moindre détail prend des proportions inattendues ! Laurent Cibien, pote de gauche du Premier ministre, raconte sur notre plateau le tournage, et ses coulisses. Notre émission est ici (1).

Transparent avec son « pote », Edouard Philippe l’a été nettement moins avec la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, qu’il a sèchement envoyée au bain, par exemple à propos de la valeur actuelle de ses propriétés immobilières. Nous le rappelons sur le plateau, avec quelques détails. Car en ce quinquennat naissant, nous souhations être aussi attentifs au « hors champ ». Par exemple, au fiasco très discret de la fusion américaine du géant parapétrolier français Technip. Cette fusion fut jadis défendue par un ministre nommé… Emmanuel Macron. Elle était conseillée part une banque nommée Rothschild. Conflit d’intérêt ? Pour creuser, il ne faut pas compter sur vos medias préférés. Notre enquête est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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Les GAFAM s’invitent dans les écoles françaises

La direction du numérique de l’Education nationale ne voit plus aucune opposition à l’utilisation des services web des grands acteurs américains dans les écoles françaises.

Les services en ligne de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM) vont-ils massivement prendre place au sein des établissements scolaires français ? Avec tous les risques encourus propres aux usages des données des élèves qui seront faits par ces grands groupes américains du Web. S’il est aujourd’hui trop tôt pour répondre à ces interrogations, les portes des classes leur sont néanmoins grandes ouvertes.

Selon un courrier adressé le 12 mai par Mathieu Jeandron, le directeur du numérique à l’Education nationale (DNE), aux directeurs des services informatiques et aux délégués académiques au numérique (DAN), « il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web », rapporte le Café pédagogique qui a mis la main sur la missive. Autrement dit, Google Classroom, iCloud, Facebook et autre Office 365 ont parfaitement droit de cité dans les salles de cours.

Le parcours de élèves entre les mains de Google ?

Toujours selon le site spécialisé dans l’actualité de l’Education nationale, le responsable justifie sa déclaration en considérant que l’usage de ces services web est, de facto, adopté par de nombreux enseignants aujourd’hui. Une maîtrise des outils dont il serait dommage de ne pas profiter dans le cadre des missions d’enseignement. D’autant que les services des GAFAM sont encadrés par les CGU (condition générales d’utilisation) « éducation », selon Mathieu Jeandron.

Quant à la gestion des identités et des données liées, elles peuvent simplement faire l’objet d’une déclaration auprès de la CNIL. « Il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels », assure Mathieu Jeandron qui fait référence aux profils des élèves et professeurs qui utiliseront leurs identifiants de connexion propres sur les services en ligne. « Dans la mesure où la démarche CNIL est réalisée, il devient possible d’utiliser des données à caractère personnel. Il n’est alors pas nécessaire d’utiliser des pseudonymes pour les utilisateurs : leur login peut tout à fait comporter leur nom et leur prénom afin de faciliter les usages pédagogiques. »

Même si ces « services professionnels [resteront] administrés par l’établissement/le rectorat […] pour lesquels les fournisseurs sont des sous-traitants », les géants du Web américains auront ainsi accès aux données des élèves concernés qui reflèteront alors leur parcours scolaire. Avec toutes les exploitations, à caractère publicitaire ou autres, qui pourront être faites de ces informations.

Complémentaire aux ENT

Un risque que l’Education nationale refusait jusqu’alors de prendre. Les services du ministère préconisaient plutôt l’emploi des espaces numériques du travail (ENT) sécurisés et la possibilité d’utiliser un pseudo pour accéder aux ressources en ligne externes aux contenus pédagogiques de la structure d’enseignement général. Mais Mathieu Jeandron fait remarquer à notre confrère que les ENT ne sont pas adaptés aux situations de mobilité ou à l’usage des tablettes. Les services des GAFAM apparaissent donc comme des compléments, selon lui. Au risque de s’y substituer à termes et de créer une dépendance des services français à des acteurs privés, Américains qui plus est.

L’incursion des éditeurs d’outre-Atlantique dans le secteur de l’enseignement n’est pas nouvelle en France. Récemment, Apple a été retenu sur appel d’offre par le Conseil départemental des Hauts de Seine pour fournir des iPad et le logiciel de gestion de ces derniers, Apple School Manager, aux élèves de plusieurs établissements du département. Avec pour conséquence de voir les données des élèves migrer outre Atlantique.

Précédemment, en novembre 2015, l’Education nationale signait une convention avec Microsoft dans laquelle ce dernier s’engageait à investir (jusqu’à 13 millions d’euros) dans la mise à disposition d’outils numériques, l’accompagnement des enseignants, la formation au code informatique, etc. Un accord qu’avait tenté de casser le collectif Edunathon qui y voyait une vente maquillée et non un contrat de mécénat. En vain. Le collectif a été débouté de sa demande par tribunal de grande instance de Paris en septembre 2016.


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Numérique : le ministère ouvre l’Ecole à Google ?

Rue de Grenelle le changement est déjà là. Après avoir soutenu durant des années les ENT (espaces numériques de travail) nationaux et prêché la sécurité face aux grands groupes étrangers, la Direction du numérique éducatif du ministère de l’éducation nationale (DNE) semble amorcer un virage. Dans un courrier que le Café pédagogique s’est procuré, Mathieu Jeandron, délégué au numérique éducatif, autorise clairement l’usage des services numériques des « GAFAM » (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) par les établissements scolaires. Selon cette lettre, envoyée le 12 mai aux délégués académiques au numérique (DAN) et aux directeurs des services informatiques, « il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web ». Pour M. Jeandron, ce courrier prend en compte le fait que de nombreux enseignants utilisent déjà ces services. Au ministère, des voix s’élèvent contre l’usage qui pourrait être fait des données des élèves par les entreprises. Deux conceptions s’opposent sur fond d’alternance politique…

« Il n’y a pas de blocage juridique »

 » Je tiens à vous confirmer qu’il n’y a pas de réserve générale sur l’usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d’utilisation CGU « éducation », et que les démarches déclaratives sont faites auprès de la CNIL », écrit Matthieu Jeandron. Les CGU ce sont les  » conditions générales d’utilisation » que tout utilisateur confirme.

 » Par ailleurs, je vous confirme qu’il n’y a pas de blocage juridique de principe à la connexion d’un annuaire avec l’un de ces services professionnels », poursuit M Jeandron. « L’annuaire » c’est l’identité  de l’utilisateur, en l’occurrence les élèves en lien avec sa classe et son établissement. M Jeandron invite les chefs d’établissement à prendre l’initiative de créer les domaines envisagés et à faire une déclaration à la CNIL.  » Dans la mesure où la démarche CNIL est réalisée, il devient possible d’utiliser des données à caractère personnel. Il n’est alors pas nécessaire d’utiliser des pseudonymes pour les utilisateurs : leur login peut tout à fait comporter leur nom et leur prénom afin de faciliter les usages pédagogiques (comme dans l’utilisation des ENT) », écrit M Jeandron.

Il invite les établissements à tenir une ligne de communication vis à vis des parents :  » En terme de communication que ce soit au niveau du CA, envers les parents et les enseignants, envers les élèves et les collectivités : il faudra toujours préciser qu’il s’agit de services professionnels, administrés par l’établissement/le rectorat et pour lesquels les fournisseurs sont des sous-traitant ».

Un virage à 90°

Depuis des années l’Education nationale interdisait l’utilisation officielle des services des GAFAM par les services de l’éducation nationale. Elle soutenait le développement d’espaces numériques du travail (ENT) sécurisés avec l’utilisation d’un pseudonyme pour accéder aux services des industriels (ressources numériques en ligne par exemple). Plus récemment encore, le ministère lançait le GAR, un service permettant d’anonymiser les usages des élèves. La lettre de M Jeandron invite à utiliser des services comme Office 365 ou Google Classrooom et même à leur transférer les annuaires après déclaration à la CNIL.

L’enjeu ce sont les données des élèves. Les entreprises auront accès aux annuaires des établissements et aux informations nominatives sur les élèves et les enseignants. Elles pourront suivre les déplacements et redoublements des uns et des autres, voir ce que le professeur X utilise comme ressource ou ce que fait l’élève Y. Ces données seront une manne pour le ciblage publicitaire ou pour revendre des informations à des partenaires.

« On ne doit pas donner les clés de la maison à Apple ou Google »

Au ministère de l’éducation nationale et dans les académies, des voix s’élèvent. « On est dans des logiques de sécurisation depuis des années et ce courrier invite à faire le contraire », nous a dit un responsable sous couvert de l’anonymat. « On ne doit pas donner les clés de la maison à Google, Apple ou Microsoft. On ne doit surement pas leur donner l’annuaire qui leur permettra de tracer les usages et les parcours ou encore de savoir combien il y a d’élèves arabes ou turcs et dans quels établissements. On ne doit pas plus savoir ce qu’utilisent les professeurs en classe. Il faut lancer une alerte citoyenne ».  Rue de Grenelle certains se rappellent les recours contre Base élèves, un fichier des élèves du primaire qui contenait peu d’informations et qui avait soulevé un tollé.

Opposés à cette ouverture aux GAFAM, ces cadres de l’éducation nationale crient au libéralisme. Le fait que ce courrier soit parti au lendemain de la démission du gouvernement et de la ministre ne leur semble pas le fait du hasard. Ils exigent des garanties sur l’utilisation qui pourrait être faite des données.

La réponse de  M Jeandron

Interrogé par le Café pédagogique, Matthieu Jeandron confirme son courrier. « Le contrat passé avec l’entreprise est protecteur au sens de la CNIL », nous a-t-il dit. « On est protégé vis à vis des GAFAM quand on créé un compte sous le régime éducation. Celui qui crée le compte signe un contrat explicite qui est protecteur ». Il s’e remet aux CGU même s’il reconnait qu’il n’y a pas d’engagement de conservation des données en France ou même en Europe. « Mais ces donnée sont conservées dans des conditions de sécurité acceptées au niveau d’un règlement européen ».

Faire entrer les GAFAM est-ce la mort des ENT ? « Ces outils sont complémentaires », dit-il. « Dans les ENT modernes il y a des outils qui apportent beaucoup de choses.  Cette ouverture ne va challenger que les fournisseurs qui n’auraient pas investi régulièrement ». Mais il ajoute  qu’en classe ou en situation de mobilité, avec des tablettes les outils des ENT ne sont pas très adaptés.

Jacobins et libéraux

« Aujourd’hui plus d’un million d’enseignants utilisent déjà les services des GAFAM selon une étude que nous avons fait faire », ajoute-il. « Ces comptes existent en dehors des conditions éducation.  Il y a une croissance forte sur le terrain et les DAN doivent répondre aux questions des utilisateurs ». Pour lui, il n’y a pas de virage à 90°. « J’ai déjà exprimé ma position. Maintenant je la mets par écrit ».

Les entreprises qui travaillent avec le ministère sur les ENT depuis des années, les collectivités territoriales qui ont englouti des centaines de millions dans les mêmes ENT, les parents qui tiennent à protéger leurs enfants verront peut-être les choses différemment.  Entre jacobins et libéraux, le nouveau ministre pourrait bien devoir trancher rapidement.

Le courrier de M Jeandron

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Approbation du cahier des charges écoles et collèges numériques

Les cahiers des charges modifiés des appels à projets « collèges numériques et innovation pédagogique » et « écoles numériques innovantes et ruralité » sont approuvés par un arrêté publié au JO.

 

Au JO

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Gazette d’@rrêt sur images, n°491. Macron, la légende et le hors-champ

Gazette d’@rrêt sur images, n°491

Evidemment, il y a la légende pieuse, que les télés ont commencé à nous raconter, à coups de documentaires embedded, et de reportages enamourés. Celle d’un jeune président, cool et sympa, un Kennedy du XXIe siècle, qui va renverser la table, et faire enfin entrer la France dans la modernité politique. Pourquoi pas ? Les légendes ont leur charme. Nous ne voudrions pas le rompre. C’est pourquoi cette semaine, nous avons demandé à quelques confrères étrangers de venir s’arrêter avec nous sur les premières images du nouveau quinquennat. Notre émission est ici (1).

Mais tout de même, restons attentifs au hors-champ. A tout ce que l’imagerie pieuse cache soigneusement. Nous nous sommes donc efforcés toute cette semaine d’attirer aussi l’attention sur ce que cachait le documentaire de TF1Coulisses d’une victoire (2), ou les portraits consacrés au nouveau président (3), ou encore les reportages complaisants sur la sélection des nouveaux députés (4). Plus que jamais, avec ce président qui va jouer la séduction, il faudra être attentif au hors-champ.

Daniel Schneidermann

(5)

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Gazette d’@rrêt sur images, n°490

Gazette d’@rrêt sur images, n°490

Agressive, et surtout terriblement amateuriste et brouillonne, telle est apparue Marine Le Pen, mercredi, lors de son débat face à Emmanuel Macron. Et cette Le Pen-là a surpris et effrayé nombre d’électeurs, y compris parmi…les siens propres. Mais pourquoi, tombant enfin le masque de la « dédiabolisation », nous apparait-elle si tard telle qu’elle est, c’est à dire la fille de son père ? Pourquoi les « gudards » néo-nazis de son proche entourage ont-ils si longtemps disparu derrière l’avenant et présentable Florian Philippot ? Il y a fallu un savant verrouillage de sa communication par le Front National, et une sacrée incuriosité des journalistes qui le couvraient. Dire qu’à quelques semaines près, ça a failli marcher ! Trois journalistes racontent. Notre émission est ici (1).

Et si vous en avez assez d’entendre que ce sont les communistes allemands, qui ont fait « élire démocratiquement » Hitler en 1923, parce qu’ils le préféraient aux socialistes, sachez que Mathilde Larrère, notre chroniqueuse Histoire, aussi. Regardez sa chronique. Elle est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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Gazette d’@rrêt sur images, n°489. Todd : « Je prends le risque. Je vais m’abstenir dans la joie. »

Gazette d’@rrêt sur images, n°489

Que s’est-il passé exactement dimanche dernier ? Et que faire dimanche prochain ? Sur les électeurs déboussolés, pleuvent les injonctions contradictoires. Votez ! Ne votez pas ! Votez blanc ! Et comme si ça ne suffisait pas, chacun ou presque se sent, au plus profond de lui-même, tiraillé. Résultat : un tumulte général, où les arguments s’entrechoquent et ses retournent de tous côtés.

Comme dans toutes les grandes occasions, une des voix libres que l’on aime à entendre est celle d’Emmanuel Todd. Mais lui comme moi, redoutions le risque d’une émission trop péremptoire. Aussi avons-nous décidé de maintenir l’émission dans l’écoute, et la bienveillance. Y sommes-nous parvenus ? Pour l’essentiel, je le crois, avec l’aide de notre second invité, Olivier Tonneau, militant Insoumis, auteur de deux textes très éclairants, le premier contre les électeurs de Macron, et…le second révélant qu’il allait malgré tout voter Macron. Todd, lui, s’abstiendra. Notre émission n’a pas pour ambition de vous dire quoi faire dimanche 7 mai, mais de vous aider à prendre votre décision. Elle est ici (1).

Daniel Schneidermann

(2)

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Un grand plan numérique à rebours : recul de l’équipement numérique des établissements secondaires

Il y a le grand plan numérique. Et il y a la réalité du terrain. Publié par le ministère de l’éducation nationale, le Tableau de bord du numérique pour l’éducation renvoie une réalité qui contraste avec le discours officiel sur la généralisation du numérique. Selon ce document, l’équipement numérique des établissements secondaires a diminué en 2016.

Selon le Tableau, on comptait certes 4.2 élèves par ordinateur au collège en 2015 et 3.97 en 2016 soit un léger gain de +0.38%. Si l’on en croit ces chiffres ministériels, le grand bond en avant du plan numérique ressemble étrangement à un piétinement valétudinaire.

Mais c’est pire au lycée. En 2015 on comptait 2.63 élèves par ordinateur en 2015. On en a 2.64 en 2016. En lycée polyvalent on passe de 2.19 à 2.22. Là c’est carrément le recul.

L’évolution est similaire pour le nombre d’enseignants par terminal mobile. On passe de 7.78 à 7.89 au collège, de 16.14 à 18.93 en lycée polyvalent. Le grand plan d’équipement en tablettes des collèges et lycées est en fait un recul.

 

Le tableau de bord

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Gazette d’@rrêt sur images, n°488. Dernières heures de suspense : pour tenir !

Gazette d’@rrêt sur images, n°488

Encore quelques heures, et prendra fin l’insoutenable suspense. Comme nous, dans l’équipe, vous aimeriez déjà savoir. Vous n’y tenez plus. Vous espérez, vous tremblez. Impossible, évidemment, de vous parler cette semaine d’autre chose que de la présidentielle. Mais comment vous aider à résister à la fièvre des derniers instants ? Les documentaires, pardi. Nous nous arrêtons cette semaine sur deux documentaires diffusés ces derniers mois par France 3, l’un sur Jean-Luc Mélenchon, l’autre sur Marine Le Pen. Deux démarches très différentes, l’une en sympahie, l’autre en claire opposition. Laquelle de ces deux démarches permet d’approcher le mieux la vérité des candidats, et…de leurs programmes ? Questions posées aux deux auteurs, Gérard Miller et Emmanuel Blanchard. Notre émission est ici (1).

Et pour un peu de lecture, précipitez-vous sur l’article de notre nouveau chroniqueur, Romaric Godin. Il parait que le programme de Mélenchon donne des sueurs froides aux « marchés ». Mais est-ce vraiment les marchés, qui sont terrifiés, ou bien les medias ? La chronique de Romaric Godin est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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Gazette d’@rrêt sur images, n°486. Mélenchon, Le Pen : dernières nouvelles de la campagne…

Gazette d’@rrêt sur images, n°486

Sacrée pagaille, qu’a fichu Mélenchon, en venant chambouler les pronostics. Pas un jour, sans qu’il reçoive des missiles du système médiatique. Le contraire eût été étonnant. Tiens, ce concert de railleries, à propos de sa proposition d’adhésion à « l’alliance bolivarienne ». On a évidemment le droit de rire ou de s’indigner. Mais autant s’informer avant, sur la nature de cette alliance. Nous l’avons fait. Notre enquête est ici (1).

Un éditorialiste de la presse patronale se permet, du haut de son Olympe, de juger « lunaire » le programme de la France insoumise ? Notre nouveau chroniqueur, Romaric Godin, le renvoie à la planète Mars. Sa chronique est ici (2). Et si vous voulez vous mettre à jour sur le candidat surprise de la dernière semaine, tout notre dossier est ici (3).

Et notre émission ? Elle est née de deux stupéfactions simultanées. L’ahurissante sortie de Marine Le Pen sur la France, qui ne serait pas coupable de la rafle du Vel d’Hiv ; et la tout aussi ahurissante déclaration du porte-parole de la Maison Blanche, expliquant que Hitler, somme toute, était un monstre moins monstrueux que Bachar Al Assad. Provocations délibérées ? Dérapages négationnistes ? Simple indifférence à l’Histoire ? Ce n’est jamais rassurant, de voir l’Histoire malmenée. Des historiens sont venus nous le dire, ce qui nous emmène bien loin de la campagne immédiate. Notre émission est ici (4).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°486. Comment il a dynamité le débat : Poutou raconte

Gazette d’@rrêt sur images, n°486

En une seconde, il a dynamité le débat de la présidentielle. En lançant à Marine Le Pen que les ouvriers, eux, ne disposant pas « d’immunité ouvrière », déféraient aux convocations de la police, Philippe Poutou a fait voler en éclats les éléments de langage de la candidate du FN. Elle en est restée scotchée. Ce n’est d’ailleurs pas sa seule transgression de la liturgie télé. En se retournant au cours du débat pour consulter son équipe, en refusant de serrer la main de certains autres candidats, et de poser pour la « photo de famille », Poutou a révélé, en les pulvérisant, toutes les règles invisibles d’un « débat présidentiel » solennel et empesé, à la manière Ve République.

Jusqu’où un candidat révolutionnaire à la présidentielle doit-il respecter ces règles ? Jusqu’où faut-il rire avec Ruquier, ou poser aux côtés de Le Pen ? Questions bien moins futiles qu’il y parait : à la télé, on le sait, la forme, c’est le fond. Philippe Poutou répond sur notre plateau, avec son habituelle spontanéité qui, je peux en témoigner, n’est pas feinte. Cela valait bien d’avancer d’un jour notre tournage. Retrouvez chez nous le candidat qui vous a fait vibrer cette semaine. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°485. Laïcité : déjà en 1905, Jaurès trouvait qu’on en parlait trop !

Gazette d’@rrêt sur images, n°485

Et si nous parlions barrages plutôt qu’élection? Et si nous partions en Inde plutôt que de rester dans cette campagne inter-minable? Banco: cette semaine, nous faisons un grand pas de côté pour débattre autour du film Narmada, « poème critique » selon les mots de sa réalisatrice Manon Ott. Tourné en Super 8 plus de dix ans après l’apogée de la mobilisation contre la construction d’un complexe de mille barrages sur le fleuve indien Narmada, ce documentaire est une allégorie des luttes contre le mythe de ce progrès – forcément libérateur – qu’on voudrait imposer à coups de grands travaux. Toute ressemblance avec les projets de Notre-Dame-des-Landes ou du projet d’enfouissement de déchets de Bure n’a rien de fortuit.L’émission est ici (1).

Pour autant, nous ne quittons pas l’actualité française. La loi sur la laïcité de 1905 s’est invitée dans tous les débats présidentiels. Saviez-vous que déjà en 1905, le grand Jaurès trouvait qu’on parlait trop de soutanes et de cornettes, et pas assez d’emploi et de salaires ? Mathilde Larrère vous le rappelle dans sa chronique.Elle est ici (2).

Pour sa part, Océanerosemarie a regardé à la loupe les reportages sur la mort de Shaoyo Liu, ce père de famille chinois tué par la police, à Paris, en début de semaine. Conclusion implacable : si la victime avait été française et blanche, bandeaux et titres de presse n’auraient pas été les mêmes.Sa chronique est ici (3).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°484. Incroyable : nous avons vu des femmes dans LE café de Sevran

Gazette d’@rrêt sur images, n°484

Deux femmes sont venues, avec une caméra cachée. Elles ont un peu énervé les clients du bar. Elles ont recueilli une citation croustillante. Le reportage est passé au 20 Heures de France 2. Et voilà comment un bar PMU de Sevran (93) est devenu LE symbole des « bars intégristes interdits aux femmes ». Un territoire perdu de la République. La campagne présidentielle s’est jetée sur le sujet. Et le Bondy blog a eu beau réaliser une remarquable contre-enquête, peu reprise, l’image est restée. Voilà pourquoi nous avons voulu tourner l’émission de cette semaine au bar PMU « Le Jockey club » de Sevran. Nous en revenons à l’instant. Et (incroyable !) nous y avons vu des femmes. Notre émission est ici (1).

Un nouveau venu, sur le site, cette semaine : Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé dans l’écologie. Il viendra régulièrement nous signaler, en vidéo, des sujets délaissés par les medias. Pour sa première chronique, il a choisi de revenir sur la sécheresse dans le département français de Mayotte (silence dans les medias) et, pire encore, dans l’archipel des Comores (silence redoublé). Sa chronique est ici (2).

 

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°483. Macron et les medias : pourquoi tant d’amour ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°483

Ils l’aiment, c’est certain. Et ils le lui disent, à longueur d’édtoriaux, de sondages flatteurs, de couvertures de magazines. Ou encore, en n’étant pas trop curieux sur ses donateurs, ou les variations de son patrimoine. Mais pourquoi les medias aiment-ils tant Emmanuel Macron ? Parce qu’il fait vendre ? Parce qu’il est nouveau sur le marché ? Parce que fondamentalement, les propriétaires de medias et les patrons des rédactions sont idéologiquement « raccord » avec lui et considèrent, comme lui que droite et gauche sont des notions dépassées ? C’est avec deux journalistes, le directeur de Match Bruno Jeudy, et le « spécialiste Macron » de Mediapart Mathieu Magnaudeix, que nous tentons de répondre à la question : pourquoi tant d’amour ? Notre émission est ici (1).

Cette semaine encore, ne ratez pas nos chroniques.

C’est en partant de l’histoire…de l’isoloir, que Mathilde Larrère raconte l’histoire de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel. Sa chronique est ici (2).

Quant à Océanerosemarie, elle a vibré avec le « rêve » des medias pour la jeune Mélanie Ségard, la jeune trisomique qui « rêvait » de présenter la météo. En se demandant bien pourquoi des medias si émerveillés n’embauchent pas davantage de handicapés. Sa chronique est ici (3).

 

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°482. Abstention piège à cons, vraiment ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°482

Comme à chaque élection depuis vingt ans, les télés se re-penchent sur cette peuplade étrange, les abstentionnistes. Est-ce croyable ? Un électeur sur quatre, ou sur trois, ne se sentirait pas concerné par la campagne. Et les invectives de pleuvoir : flemmards ! Mauvais citoyens ! Irresponsables ! Et les chroniqueurs des medias mainstream de fustiger « l’abstention, piège à cons ». Nous avons fait le choix inverse. Nous avons choisi de recevoir deux auteurs de livres plutôt favorables à l’abstention électorale, et de les écouter comme leur thèse le mérite, sans avoir peur de les pousser dans leurs retranchements sur les implications de leur choix.

Face à eux, et pour défendre la nécessité civique de la participation au vote, nous avons invité l’ancienne ministre Rama Yade, aujourd’hui candidate à la présidentielle, en recherche de ses parrainages. C’est peu dire que sur le plateau, elle nous a causé une sacrée surprise. Je ne vous en dis pas plus. Décidément, le « Système » a du plomb dans l’aile. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

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Gazette d’@rrêt sur images, n°481. La politique, telle qu’on devrait en parler !

Gazette d’@rrêt sur images, n°481

Je vous l’avoue, quand nous avons conclu notre partenariat avec Tënk, pour consacrer une émission par mois à un documentaire de création, j’avais une petite crainte : ne serait-ce pas parfois frustrant, pour nous, de délaisser l’actualité, surtout en cette année présidentielle ? Crainte pulvérisée cette semaine. Pas un mot sur Fillon et les fillonades : notre émission est une bouffée d’air. On y parle…de jardinage. Mais aussi, bien entendu, de biodiversité. De permaculture. Ou de l’économie de la mer. Evidemment, c’est aussi une manière de parler de politique. Plus précisément : de ce dont la politique, hélas, ne parle pas. Et avec un invité exceptionnel : Gilles Clément, paysagiste, et tellement davantage. Notre émission est ici (1).

Tout ramène toujours à la politique. Même les palmarès des Césars et des Oscars, et aux interviews par Laurent Delahousse des comédiennes lauréates. Je ne vous en dis pas plus. Regardez simplement la chronique d’Océanerosemarie. Ce serait une faute de la manquer cette semaine (il y a des semaines, comme ça, où je suis particulièrement fier de vous présenter notre travail). La chronique est ici (2).

Daniel Schneidermann

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Numérique : le ministère relance un plan école numérique rurale

L’Etat va consacrer 50 millions pour un second plan Ecole numérique rurale. La mesure a été annoncée par N Vallaud Belkacem lors du conseil des ministres du 1er mars.  » un appel à projets, décidé lors du 3ème comité interministériel aux ruralités, sera prochainement lancé pour développer les usages numériques dans les écoles primaires en milieu rural et ainsi favoriser les innovations pédagogiques. 50 millions d’euros seront ainsi spécifiquement affectés pour sélectionner les projets porteurs d’innovation pédagogique élaborés conjointement par les écoles et les communes au service de la réussite des élèves. »

Un premier plan lancé en 2009 par X Darcos  avait montré l’extraordinaire réactivité du tandem enseignant d’école rurale – maire et l’efficacité d’une aide publique affectée au bon niveau, au plus prés du terrain.

Communiqué

Le plan de 2009

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