Archives de la catégorie Internationale

L’OCDE demande une autre formation pour les enseignants

Présentant les résultats de Talis le 19 juin, Ludger Shuknecht, secrétaire général adjoint de l’OCDE, Karine Tremblay et Noémie Le Donné, analystes, ont mis l’accent sur la nécessité  de soutenir davantage les enseignants débutants, de revoir l’offre de formation continue et d’encourager les enseignants « à être les moteurs de la société de demain ». Des recommandations qui imposent une refonte de la formation initiale et continue.

Une formation inadaptée

« La formation initiale n’est pas ajustée à ces défis ». Les propos de Ludger Shuknecht ciblent la difficulté des enseignants français à prendre en charge les enfants à besoins particuliers. Ils visent aussi les problèmes de discipline plus importants en France que dans la plupart des autres pays de l’OCDE.

Moins d’un quart des enseignants français ont suivi une formation à la gestion de classe, un taux qui est le plus faible de l’enquête Talis. C’est aussi en France que le pourcentage d’enseignants ayant participé à de la formation continue est le plus faible.

L’OCDE fait trois recommandations pour la France. La première c’est « un meilleur soutien enseignants étudiants et débutants ». L’OCDE lie ainsi la formation initiale et les premières années d’exercice, une vision qui s’est imposée aussi dans la réforme de la formation portée par la loi Blanquer.

Renforcer la gestion de classe


« La France a un profil atypique de formation car les enseignants commencent par préparer un diplôme supérieur axé sur un contenu disciplinaire avant de se spécialiser dans l’enseignement », explique K. Tremblay. « De ce fait, la préparation aux aspects professionnels du métier est plus faible ». 20% des enseignants français n’ont une formation que disciplinaire ce qui est « unique » pour K Tremblay. Pour elle, la loi Blanquer avec la pré professionnalisation des étudiants est « intéressante ». « Elle accompagne les enseignants dans la découverte du métier de façon progressive. Cela rapproche le modèle français de celui des autres pays ».

L’OCDE demande un renforcement de la formation initiale en pédagogie, gestion de la classe et prise en charge des élèves à besoins particuliers. Cette demande va dans le sens de ce qu’annonce JM BLanquer, notamment quand avec l’appel à des enseignants de terrain pour former les enseignants dans les futures INSPE.

Revoir l’affectation des enseignants

Mais les recommandations OCDE vont plus loin. L’organisation demande à « revoir l’affectation des enseignants débutants et expérimentés pour leur premier poste ». Talis montre que les enseignants débutants ont plus de mal à gérer les élèves et qu’ils sont affectés dans des collèges difficiles. L’OCDE en conclut qu’il faut revoir les règles d’affectation des débutants et aussi des expérimentés.

Jusque là le ministère a opté pour une autre solution : dégager du temps pour la formation des enseignants dans les établissements les plus défavorisés (rep+) et y encourager le travail en équipe. Changer les règles d’affectation alors que celles-ci participent de la reconnaissance de l’ancienneté et du travail des enseignants supposerait que le ministère puisse récompenser autrement les enseignants, ce qui n’est pas acquis.

L’OCDE souhaite aussi que le tutorat soit développé et que la collaboration entre enseignants soit encouragée. Là aussi les Rep+ apparaissent comme un laboratoire. Mais généraliser la mesure a un coût.

Prendre en compte l’avis des enseignants pour la formation continue


L’OCDE souhaite revoir « l’offre et les modalités » de la formation continue. L’enquête Talis montre que les demandes de formation des enseignants comme des chefs d’établissement ne sont pas prises en compte. Alors que l’enquête montre que les enseignants préfèrent les formations de pair à pair et répondant à leur demande.

L’OCDE souhaite des incitations à la participation à la formation continue. On sait que la loi Blanquer la rend obligatoire.

Enfin l’enquête Talis insiste sur l’innovation pédagogique. Les enseignants français font partie des professeurs qui croient le moins dans la capacité d’innovation de leurs collègues. Pour N Le Donné, la France pourrait s’inspirer du Portugal où la collaboration entre enseignants est encouragée et où les enseignants réfléchissent ensemble à des pratiques pédagogiques innovantes. L’objectif pour les enseignants français serait de les aider à « tirer plus de profit de la diversité des classes ».

C’est donc un appel à la transformation de la formation, mais aussi des règles de fonctionnement de l’Ecole française, que lance l’OCDE au moment où la loi Blanquer arrive en fin de parcours. Si le Parlement a renoncé à changer les règles d’affectation, les recommandations de l’OCDE rejoignent la réforme de la formation menée par JM BLanquer.

Le rapport

Talis : Revoir la formation

Talis : les pratiques pédagogiques des enseignants français

Talis : L’indiscipline

Poster un commentaire

Revoir la formation des enseignants

Parmi les 33 pays participant à l’enquête de l’OCDE Talis sur la formation des enseignants, la France est un cas à part. C’est le seul pays où la formation des enseignants ne débute qu’au niveau master. Et on verra que cela a à voir avec les difficultés de l’École française. Le problème n’est pas la nomination des directeurs des Espé, comme l’affirme la loi Blanquer, mais de savoir si la France veut vraiment s’offrir des enseignants formés…

« Parmi les 33 pays et économies dont les données sont disponibles, la plupart des enseignants ont une formation à l’enseignement reposant sur une approche « simultanée » qui octroie aux futurs enseignants un diplôme unique pour des études dont le contenu disciplinaire, la pédagogie et les autres cours relatifs à l’enseignement débutent dès le début de leurs études supérieures. La France fait figure d’exception car ses enseignants obtiennent le plus fréquemment leur diplôme à l’issue d’une formation à l’enseignement reposant sur une approche « consécutive » qui exige que les futurs enseignants suivent deux phases d’études supérieures : une première phase avec un enseignement universitaire axé sur une discipline et une deuxième phase axée sur la pédagogie et les stages pratiques », explique l’OCDE. La France est aussi le pays ayant le plus d’enseignants formés seulement à une discipline (19 contre 10%).

Résultat, les enseignants français sont moins formés à la pédagogie et aux pratiques de classe, assure Talis : seulement 66% d’entre eux contre 79% en moyenne. Et les enseignants français sont aussi parmi ceux qui expriment le plus leur manque de formation pédagogique : 50%. « Il faut noter également qu’en France, seulement 55% des enseignants ont été formés à la gestion des comportements des élèves et de la classe au cours de leur formation initiale, ce qui est nettement en dessous de la moyenne de l’OCDE (72%). Ils sont encore moins nombreux (22%) à se sentir bien ou très bien préparés dans ce domaine à l’issue de leur formation initiale », affirme l’OCDE. Ils sont aussi parmi ceux qui sont le moins suivis dans leurs premières années, un point que la loi Blanquer pourrait améliorer si des crédits sont affectés à cela.

Malheureusement, ce qui suit cette formation initiale insuffisante n’est pas non plus au standard des pays développés. Les enseignants français ont le plus faible taux des 33 pays pour  la formation continue. De plus cette formation est moins diversifiée que dans les autres pays.

L’OCDE enfonce le clou en observant la qualité de la formation dans des termes choisis. « La participation à des cours et séminaires en présentiel est l’un des types de formation continue les plus répandus parmi les enseignants au sein de l’OCDE. En France, 50% des enseignants participent à ce type de formation, tandis que 20% des enseignants participent à des formations basées sur l’apprentissage et le coaching entre pairs. Il est intéressant de noter que les enseignants, dans l’ensemble de l’OCDE, déclarent que la formation continue basée sur la collaboration et les approches pédagogiques collaboratives compte parmi le type de formations qu’ils jugent les plus efficaces ».

Un exemple, la formation à l’enseignement des élèves à besoin particulier

Un exemple particulièrement éclairant est donné par Talis à propos de l’enseignement aux élèves « à besoins particuliers ». On sait que depuis 2005, la scolarisation de ces enfants est effective dans le premier degré. Elle l’est maintenant au collège, cible de Talis.

La situation française est parfaitement présentée dans ce graphique proposé par Talis.

En France 40% des enseignants ont des classes comptant au moins 10% d’élèves à besoins particuliers ce qui est supérieur à la moyenne de Talis (27%). La moitié des enseignants déclarent avoir été formés en formation initiale à l’enseignement à ces élèves. Mais seulement 25% se sentent réellement préparés, un taux parmi les plus faibles de Talis. Les enseignants français sont aussi ceux qui ont bénéficié le moins d’une formation continue en ce domaine. Ils sont pourtant parmi ceux qui demandent le plus cette formation. C’est aussi une priorité pour les chefs d’établissement. Mais tout cela semble peu compter aux yeux de l’institution scolaire…

Poster un commentaire

Pour l’OCDE, le tri académique ou social des élèves fait baisser le niveau général

La ségrégation scolaire est nuisible à tous.  On le savait depuis une récente conférence de consensus du Cnesco sur la mixité sociale. Mais c’est maintenant l’OCDE qui l’atteste en se basant sur 15 années de résultats de Pisa. Pour l’organisation internationale, l’affaiblissement de la carte scolaire et la montée de la sélection des élèves, soit sociale, soit par les résultats, fait baisser la performance des systèmes éducatif sans pour autant tirer les plus forts ou les plus favorisés vers le haut. Une analyse particulièrement intéressante au moment où le ministère renforce la concurrence entre les lycées et instaure avec la loi Blanquer l’école à deux vitesses.

Pas plus d’élèves dans le privé…

Faut-il ou non supprimer la carte scolaire ? Le débat a fait rage sous Sarkozy au moment où le ministère « assouplissait » la carte scolaire. Aujourd’hui la question revient dans le débat éducatif avec le libre choix des spécialités (et donc des établissements) en lycée et la décision dans la loi Blanquer de créer des établissements d’élite (EPLEI) dont on se sait pas encore s’ils seront des raretés ou une banalisation de filières élitistes.

Pour son étude, l’OCDE se base sur les 15 années de résultats de Pisa entre 2000 et 2015. L’organisation observe une évolution divergente de la sélection scolaire.

D’une part, de 2000 à 2015, la part des élèves scolarisés dans le privé a augmenté dans quelques pays comme le Royaume-Uni (où la hausse est énorme). Mais elle a diminué dans d’autres, comme les Pays Bas, la Corée ou l’Espagne. Globalement la part du privé est restée à peu près stable dans l’OCDE.

Mais plus de sélection…

D’autre part, dans la majorité des pays de l’OCDE, moins d’élèves sont affectés par la seule carte scolaire. Dans 11 pays sur 38 leur part a diminué depuis 2000, relève l’OCDE. Elle n’a augmenté que dans 5 pays dont la Hongrie ou la Pologne. Globalement, la tendance à sélectionner les élèves a progressé depuis 2010 et le pourcentage d’élèves sélectionnés a augmenté dans 34 des 59 pays de l’étude. La tendance est donc à la mise en concurrence des écoles. Et cette concurrence qui s’installe se fait entre écoles publiques.

La sélection académique des élèves augmente

Dans la plupart des pays le tri effectué par le niveau scolaire est plus fréquent que la ségrégation sociale. Le tri par les résultats augmente dans 15 pays dont la France, l’Allemagne ou l’Espagne. Dans certains pays, il prend la forme d’une mise à l’écart des élèves les plus faibles et dans d’autres des plus forts. La France se caractérise par la mise à l’écart des élèves les plus faibles regroupés dans les mêmes écoles. Si la ségrégation sociale est un peu inférieure dans les écoles publiques que la moyenne de l’OCDE, celle des écoles privées est supérieure.

Faut-il garder une carte scolaire ?

Pour l’OCDE, la carte scolaire a aussi des effets négatifs. Elle augmente la ségrégation résidentielle par le marché immobilier. Seuls les plus aisés peuvent habiter auprès des écoles les meilleures. Et on voit sur les sites de vente d’appartement que la carte scolaire figure dans les éléments de fixation du prix de l’immobilier.

Mais diminuer l’affectation par la carte scolaire a un impact sur la performance générale du système éducatif. En effet les élèves plus faibles sont affaiblis quand ils sont regroupés dans des écoles qui les concentrent.  La mise à l’écart des élèves les plus forts est elle aussi associée à des scores plus faibles dans Pisa. Cette baisse touche les élèves les plus défavorisés sans augmenter pour autant celui des plus favorisés.

Les effets négatif du tri scolaire

Les programmes de libre choix de l’école augmentent de fait le tri scolaire. Car seules les familles les mieux informées sur le système éducatif en bénéficient. Et les plus démunis peuvent aussi ne pas pouvoir faire face aux frais annexes liés à la scolarisation dans une école favorisée comme ceux relatifs à des activités extra scolaires. C’est ce qui a  été constaté aux Etats-Unis et en Suède par exemple, selon l’OCDE.

Ajoutons que la scolarisation dans une écoles plus favorisée peut nécessiter aussi des aides pédagogiques particulières. C’est aujourd’hui ce qui bloque le développement de plusieurs projets de mixité sociale, les académies refusant ce soutien.

Pour l’OCDE, trier les élèves entre les écoles en fonction de leur niveau ou de leur statut social peut affecter l’efficacité et l’équité d’un système éducatif. Par exemple les élèves faibles sont plus sensibles à la composition  des classes. Aussi trier les élèves selon leur niveau peut avoir un effet négatif sur le niveau moyen. Un élève défavorisé peut aussi avoir du mal à l’école parce qu’il ne bénéficie pas du même soutien familial qu’un plus favorisé. La ségrégation sociale ou académique ajoute des barrières au succès scolaire des enfants défavorisés. A long terme cela a des conséquences négatives sur la mobilité sociale.

L’OCDE recommande aux pays qui veulent une liberté de choix de l’école (elle est constitutionnelle par exemple en Belgique) de mettre en place des programmes de compensation. Par exemple elle invite les états à veiller à une information effective des familles défavorisées. Ou à ne donner de chèque scolaire qu’à ces mêmes familles.

School Choice and Equity

Mixité sociale : indifférence ministérielle

Que sait on de l’effet des pairs sur la réussite des élèves ?

Cnesco sur la mixité sociale

Mixité sociale et ségrégation scolaire

Poster un commentaire

Aide mondiale à l’éducation en baisse dénonce l’Unesco

« En 2017, l’aide à l’éducation s’élevait à 13,2 milliards de dollars, soit une baisse de 2 % ou 288 millions de dollars par rapport à 2016″, relève l’Unesco dans son nouveau Rapport mondial de suivi sur l’éducation. Pour respecter l’objectif des Nations Unies, les donateurs devaient attribuer à hauteur de 0,7 % du revenu national brut à l’aide étrangère. Allouer 10 % de cette aide à l’enseignement primaire et secondaire aurait permis de réunir les 39 milliards de dollars nécessaires au financement de l’éducation à l’échelle mondiale. Or c’est bien là qu’est le problème. Selon l’Unesco, par exemple,  » la France est le pays dont l’aide a le plus augmenté entre 2016 et 2017 pour atteindre un total de 207 millions de dollars, conformément à son engagement consistant à consacrer 0,55 % de son revenu national brut d’ici 2022 à l’aide publique au développement ». Mais  » 69 % des fonds alloués par la France sont destinés à des bourses d’études et à couvrir les frais de scolarité des étudiants issus des pays en développement inscrits dans leurs établissements d’enseignement supérieur. Si on excluait ces financements spécifiques, l’aide à l’éducation aurait diminué de manière plus nette encore au cours de l’année écoulée et aurait reculé de 5%, soit 534 millions de dollars. Tandis que l’aide à l’enseignement supérieur augmentait, l’aide à l’enseignement secondaire et à l’éducation de base diminuaient respectivement de 2 % et de 8 % entre 2016 et 2017″.

Le rapport Unesco

Poster un commentaire

L’OCDE demande plus de redistribution dans les réformes en France

L’OCDE publie une nouvelle édition de l’Etude économique de la France qui ne devrait pas faire plaisir au gouvernement. « Les prévisions de croissance établies dans l’Étude sont de 1.3 % pour cette année comme pour l’année prochaine », note l’OCDE, « un niveau qui, en l’absence de nouvelles réformes, sera insuffisant pour entraîner une décrue rapide du chômage et une amélioration notable des finances publiques ». L’OCDE souligne la faible hausse du niveau de vie en France par rapport aux autres pays de l’OCDE. « Il est recommandé que les effets de redistribution soient une priorité des réformes économiques à venir. Dans ce sens, des efforts supplémentaires pourraient se révéler nécessaires pour que les réformes soient socialement mieux acceptées et que les politiques publiques soient mieux mises en œuvre », écrit l’OCDE.

Sur le site OCDE

Poster un commentaire

L’OCDE inquiète des fractures sociales

« Une minorité seulement des personnes interrogées se déclarent  satisfaites de l’accès aux services de santé, de logement ou de prise en  charge de la dépendance par exemple », note l’OCDE qui publie une vaste enquête sur la perception du filet social dans les pays membre.

 » La plupart des répondants estiment  que l’État ne serait pas en  mesure de leur assurer un filet de  protection adapté s’ils venaient à  être privés de leurs revenus à la  suite de la perte de leur emploi,  d’une maladie ou de la vieillesse… Dans tous les pays où le sondage a été conduit, à l’exception du Canada,  du Danemark, de la Norvège et des Pays-Bas, la plupart des personnes  interrogées estiment que leur point de vue n’est pas pris en compte dans  l’élaboration de la politique sociale », note l’OCDE. Pour la France, l’OCDE souligne que « les Français ont également le sentiment d’avoir peu d’influence sur les politiques publiques. 72% des Français estiment que le gouvernement ne prend pas en compte l’opinion des citoyens dans la conception des aides publiques ».

L’enquête

La fiche France

Poster un commentaire

« On laisse mourir des gens, car leur droit à être hébergés est bafoué. Agissons ! » Tribune Le Monde

Tribune. Ils vivent dans des cabanes près du périph’, en campings, dans des hôtels et sont expulsables à toute heure. Ils dorment sans chauffage, sans sanitaires ni eau, dans des voitures, des chantiers, des parkings. Ils sont 150 000 sans abri, 200 000, combien ? L’équivalent du Havre, de Grenoble ou de Rennes, jetés à la rue, laissés dans la rue, mangés par la rue, abandonnés. Ces gens sans toit qui errent, sont-ils à ce point invisibles ?

Leur nombre croît car les loyers augmentent, les APL baissent, le chômage dure, et de moins en moins de logements sont construits pour les plus pauvres. Qui s’en occupe à hauteur des besoins ? La France, pourtant, compte 1,5 million de logements vacants collectifs, 296 000 situés à Paris (Insee, 2018). Ce sont pour la plupart des immeubles laissés vides par des fonds d’investissements, des grandes entreprises voire des organismes d’Etat, qui très souvent spéculent sur la hausse de l’immobilier. Or la loi DALO (Droit au logement opposable, mars 2007) impose au préfet de reloger sous six mois toute personne sans logis, en détresse, menacée d’expulsion ou très mal logée, après examen de sa situation par la commission ad hoc. Le droit à l’hébergement jusqu’au relogement est dans la loi : c’est à l’Etat de l’assurer !

« Les mots ne diront jamais assez, ce qu’est vivre à la rue, cette descente aux enfers, la violence sans répit, qui casse, détruit »

Les mots ne diront jamais assez, ce qu’est vivre à la rue, cette descente aux enfers, la violence sans répit, qui casse, détruit. La rue est torture, condamnation à mort ; une mort lente, seule, seul. La rue, ce sont très vite des plaies aux pieds, les jambes blessées qui s’infectent, les dents, les gencives, des bronchites pas soignées, les raclées pour un banc correct, sans ces inclinaisons ou ces pics qu’installent les mairies.

La rue, ce sont toutes les affaires volées ; des jours à traîner, fuir, perdu, méprisé, insulté, chassé ; alcool et came, quand tout lâche. La rue, ce sont les viols aussi. Un SDF sur trois est une femme. La rue, c’est la rage qui tord le ventre, impuissante, ne rien pouvoir faire, rien à espérer. Rien à manger. Trouver chaque soir où dormir, mais on n’y dort pas ; des nuits à se cacher. Qui pourrait s’en sortir ?

C’était un dimanche. Tôt. Une nuit froide. Dehors à Paris. Jacques s’est engourdi dans cette rue du 10e arrondissement, blotti sur son sac. Nous dormions, il est mort. La vie entière dans ce sac serré sur son ventre. On laisse mourir tous ces gens, car leur droit à être hébergés et logés est bafoué. Mais ils sont, également, victimes de notre indifférence. Nous nous sommes progressivement accoutumés. Que faisons-nous contre l’inacceptable ? De 2012 à 2016, 3 000 personnes seraient mortes par an dans la rue (selon un rapport de la Fondation Abbé-Pierre de 2018), mortes par la rue, sans funérailles ; un mort toutes les 3 heures.

49 ans d’espérance de vie

On y meurt l’été autant que l’hiver. L’espérance de vie dépasse 80 ans en France, elle est de 49 ans dans la rue. Une fois dans la rue, tu meurs quinze ans plus tard. Sans cesse plus de femmes, d’enfants, de mineurs, d’handicapés, de vieillards, de réfugiés, deviennent SDF. La faute aux SDF eux-mêmes ? Avec la spéculation immobilière des années 2000, en dix ans, le prix des logements a augmenté de plus de 100 % et les loyers de 50 % ! Que de profits réalisés, et que d’êtres humains sacrifiés ! Les demandes d’hébergement d’urgence ? En violation de la loi, elles ne sont pas satisfaites pour 53 % d’entre elles dans les Bouches-du-Rhône, 75 % à Paris, 83 % en Seine-Saint-Denis et dans le Rhône.

« Sous six mois, il est possible d’assurer, décemment, un toit à tous les sans-logis. Il faut commencer tout de suite »

D’autres initiatives d’aide existent. Tant mieux. Elles sont utiles mais tellement insuffisantes face à l’urgence. Peut-on laisser faire ? Pour les SDF, il n’y aurait aucune solution ? Pas du tout. Elle est dans la loi, répétons-le. Dans l’ordonnance de 1945, complétée en 1998 : le représentant de l’Etat dans un département peut réquisitionner des logements vacants, durant un à douze ans. Les propriétaires perçoivent une indemnité et ne peuvent se soustraire à la réquisition sous peine de sanctions pénales. Sous six mois donc, il est possible d’assurer, décemment, un toit à tous les sans-logis. Il faut commencer tout de suite. Mais ce n’est pas fait, car seraient bousculées (un peu mais vraiment si peu !) les spéculations immobilières et les patrimoines des plus riches.

Si les pouvoirs publics ne le font pas, nous le ferons seuls. Nous qui signons ce texte, demandons aux maires de prendre des arrêtés de réquisitions et anti-expulsions pour obliger l’Etat à respecter la loi et les droits des sans-logis. En attendant, nous demandons l’arrêt des expulsions sans relogement préalable (les bailleurs sont alors indemnisés). Tous les présidents de la République l’ont promis, Emmanuel Macron en dernier : « Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont sans abri. » Alors agissons tout de suite, ensemble, pour que cesse l’intolérable, c’est possible, très vite !

Signataires : Gérard Aschieri, syndicaliste ; Josiane Balasko, actrice ; Guy Bedos, acteur ; Eric Beynel, syndicaliste (Solidaires) ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Etienne Caniard, mutualiste ; Stéphanie Chevrier, éditrice ; Pierre Corvol, biologiste ; Annie Ernaux, écrivaine ; Jean-Baptiste Eyraud, fondateur de Droit au Logement ; Elisabeth et Gérard Garouste, plasticiens ; Bernadette Groison, syndicaliste (FSU) ; Axel Kahn, généticien ; Frédéric Lebaron, sociologue ; Philippe Martinez, syndicaliste (CGT) ; Nicolas Mathieu, écrivain ; Francois Marthouret, acteur ; Gérard Mauger, sociologue ; Dominique Méda, sociologue ; Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic ; Pierre Richard, acteur ; Sanseverino, musicien ; Alfred Spira, épidémiologiste ; Diane et Bernar Venet, plasticiens ; Marina Vlady, actrice ; Anita Weber, haut-fonctionnaire ; Michel Wieviorka, sociologue.

Collectif

Poster un commentaire

Climat : la réplique jeune – Libé Par Nelly Didelot

Un peu partout en Europe, lycéens et étudiants se mobilisent pour des politiques d’ampleur en faveur de l’environnement. En France, premier tour de chauffe ce vendredi avec une journée de grève, sans l’aide de syndicats ni d’ONG.

Alors que le mois de janvier a vu s’accumuler les mauvaises nouvelles climatiques, entre accélération de la fonte des calottes glaciaires et des neiges himalayennes et confirmation que 2018 avait été la quatrième année la plus chaude de l’histoire, la seule éclaircie est venue des jeunes. Emboîtant le pas à la Suédoise Greta Thunberg et sa grève scolaire pour le climat (lire page 6), les élèves belges et suisses âgés de 12 à 18 ans ont décidé de sécher massivement et régulièrement les cours pour alerter leurs dirigeants sur l’urgence climatique, avant d’être rejoints la semaine dernière par plusieurs milliers de lycéens hollandais. Si l’on prend en compte des mouvements plus épars, en Allemagne ou en Australie notamment, 70 000 jeunes font grève pour le climat chaque semaine dans 270 villes, selon un décompte du Guardian. Un chiffre promis à augmenter grâce aux Français et Britanniques qui entrent à leur tour dans la danse ce vendredi, avec une première journée de grève qui devrait ensuite suivre un rythme hebdomadaire.

Dans chaque pays, la mobilisation s’est inscrite dans un contexte particulier. Les jeunes Belges veulent peser sur les élections fédérales de mai, tandis que le mouvement australien est né de l’opposition à l’ouverture d’une nouvelle mine de charbon. Mais partout, les moyens d’action sont les mêmes. Au-delà du choix très symbolique de la grève scolaire – qui proclame haut et fort que l’avenir éducatif et professionnel compte bien peu si les conditions d’une existence viable ne sont plus assurées -, ces mouvements sont tous spontanés, horizontaux, plus ou moins acéphales et nés grâce aux réseaux sociaux. De Bruxelles à Lausanne, les mêmes slogans barrent les pancartes : «Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ?» ou «Les dinosaures aussi pensaient qu’ils avaient le temps». Les jeunes grévistes ont conscience de s’attaquer à un problème international, qui ne pourra être résolu qu’à l’échelle mondiale. « On fait tous des efforts au quotidien pour polluer moins, mais maintenant on a compris qu’il faut des modes d’action collectifs si on veut des changements d’ampleur. C’est ce qu’on réclame», explique Piero Amand, 18 ans, cofondateur de Génération climat, un mouvement belge né avec les premières grèves scolaires.

Désobéissance civile

«Cette génération est la première à vraiment souffrir des dérèglements climatiques et la dernière à pouvoir agir, ce qui sécrète une forme d’angoisse», estime Victor Kristof, président de Swiss Youth for Climate, une association qui réunit des jeunes déterminés à agir pour l’environnement. Une étude de l’université de Gand publiée en janvier indique que la question environnementale est le premier sujet de préoccupation des Belges de 18-25 ans, quand elle n’est que le septième pour les plus de 50 ans. «Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les jeunes ne sont pas nihilistes du tout. Ils croient encore aux possibilités de sauver le climat, à notre capacité d’action collective. Plus que les adultes, ce sont eux qui s’inscrivent dans la longue durée», souligne Sylvain Wagnon, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Montpellier.

Au-delà des grèves scolaires, les jeunes semblent aujourd’hui former le cœur des mouvements écologistes. Un collectif de sociologues, Quantité critique, mène depuis septembre une étude, encore en phase exploratoire, sur le profil des manifestants climatiques en France. «Les moins de 26 ans représentent la population la plus déterminée à se mobiliser pour le climat. Plus les manifestations sont petites, plus les jeunes en représentent une part importante, explique Maxime Gaborit, chargé de cours à Sciences-Po et membre du collectif. A la dernière mobilisation pour le climat à Paris, « l’Agora » du 27 janvier, les moins de 26 ans formaient 33% des manifestants d’après notre échantillon.»  

Plus motivés, les jeunes sont aussi plus radicaux. «Leur registre d’action joue sur l’émotionnel, mais leurs revendications sont très claires, analyse Stéphane Canetta, porte-parole de Greenpeace Suisse. En Suisse, leurs exigences, par exemple sur les objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sont plus drastiques que celles des ONG.» Les jeunes grévistes pressent pour un changement immédiat et de grande ampleur. Et certains sont plus politisés que d’autres. « On pense qu’on ne pourra pas résoudre la crise climatique sans changer notre modèle de société consumériste. Parler de croissance verte, pour nous, c’est antithétique», explique Piero Amand, de Génération climat, qui se veut la voix de l’écologie radicale au sein du mouvement belge. « Mais ce n’est pas du tout le message le plus répandu dans les manifestations, qui est moins politique, plus sur le registre « on a des preuves scientifiques des dégâts qui s’annoncent et des moyens de lutter, maintenant il faut que vous, politiques, vous en empariez ».» Le choix de la grève scolaire, revendiquée comme de la désobéissance civile, est lui aussi révélateur. «En France, la désobéissance civile est acceptée quasi unanimement par les militants climatiques que nous avons interrogés, mais les moins de 26 ans sont prêts à aller plus loin, ils acceptent les dégâts matériels justifiés par la cause climatique – à 66 %, contre 50 % pour le reste des participants», explique Maxime Gaborit.

Colombie

Les tentatives de poursuivre en justice les Etats pour les obliger à adopter des politiques climatiques plus ambitieuses se multiplient également. Dès 2015, 21  jeunes âgés de 10 à 21 ans, soutenus par l’ONG Our Children’s Trust, ont porté plainte contre le gouvernement américain. Ils l’accusent de mettre en danger leurs droits constitutionnels, notamment à la vie, par son inaction climatique et son soutien aux industries fossiles. Le procès, déjà repoussé à plusieurs reprises, aurait dû s’ouvrir en octobre mais la Cour suprême, dominée par les conservateurs, a gelé la procédure. En Colombie, la plus haute instance juridique a, elle, ordonné l’an dernier au gouvernement de mettre un terme à la déforestation, en lui rappelant son devoir de protéger la nature pour les générations futures, donnant ainsi raison à un groupe de 25 adolescents appuyés par l’ONG Dejusticia qui avaient attaqué l’Etat pour atteinte à leurs droits fondamentaux. Encouragés par cet exemple, sept mineurs portugais ont décidé de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, après les incendies meurtriers qui ont ravagé leur pays cet été. Si toutes ces initiatives judiciaires ne sont pas couronnées de succès, elles représentent un moyen de peser sur les débats publics pour des jeunes qui ne sont souvent pas encore en âge de voter.

Faut-il voir dans ces «enfants du climat» l’émergence d’un mouvement écologique moins marqué politiquement et plus divers sociologiquement ? La mobilisation est trop récente pour que la réponse soit évidente, mais d’après les premiers résultats de l’étude de Quantité critique, ces jeunes n’ont pas un profil très distinct des manifestants des autres générations. «Ce sont essentiellement des jeunes issus de milieux CSP +, engagés dans un parcours scolaire assez long, marqués à gauche et plutôt sur le créneau de l’écologie radicale», explique Yann Le Lann, coordinateur de l’étude et maître de conférence en sociologie à l’université de Lille.

Etre pris au sérieux

Politisés ou non, les jeunes grévistes pour le climat font désormais face à deux défis majeurs. Il leur faut d’abord éviter la récupération de leurs mouvements, tout en les faisant vivre dans la durée. «L’indépendance et le caractère non partisan et spontané de ces mouvements sont leur force première, juge Stéphane Canetta, de Greenpeace Suisse. C’est ce qui leur permet de secouer le monde politique et la société tout entière. Il faut absolument qu’ils puissent les préserver. Nous, associations instituées, n’avons pas à nous y impliquer.» Les soupçons de manipulation ont rapidement suivi l’essor des grèves scolaires. En Belgique, la ministre flamande de l’Environnement a été contrainte à la démission le 6 février après avoir affirmé que les grèves étaient téléguidées par des organisations politiques. Dernièrement, c’est la Suédoise Greta Thunberg qui a été la cible d’attaques venues du milieu anarcho-écologiste, qui la soupçonnait d’être aux mains du «capitalisme vert», après son invitation au forum mondial de Davos, dont les grands patrons se sont servis pour se donner bonne conscience.

Le second défi est d’être pris au sérieux par les dirigeants. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a jugé «fantastique» la première journée de grève des lycéens à La Haye, tout en affirmant ne pas pouvoir demander des mesures climatiques plus ambitieuses à son gouvernement. En novembre, au tout début de la mobilisation des jeunes Australiens, le Premier ministre, Scott Morrison, avait affirmé que « les écoles n’ont pas à être transformées en Parlements », et incité les élèves à passer moins de temps dans «l’activisme» et plus à étudier.

«Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. D’après le dernier rapport du Giec, il nous reste à peine douze ans pour agir et éviter des changements climatiques irréversibles, martèle Adélaïde Charlier, 18 ans, co-organisatrice du mouvement belge Youth for Climate qui a lancé la grève scolaire. Vouloir nous renvoyer sur les bancs de l’école et penser que tout va s’arranger, voilà ce qui est irresponsable

Poster un commentaire

Belgique : vers la privatisation ?

« Un « décret spécial » propose le transfert de l’enseignement de la Communauté à un organisme parastatal. Le Gouvernement se débarrasse de son enseignement », écrit Guy Martin, directeur général honoraire Enseignement et Formation Province de Liège, dans Le Vif.  » Il s’agit ni plus ni moins, au nom d’un modèle de pilotage (séparer les fonctions de régulateur et d’organisateur). de transférer l’école publique de la Communauté dans un organisme (parastatal) créé certes par le parlement (donc public), mais qui n’est plus dirigé par le Gouvernement. Les décisions sont prises par un Conseil (article 5 du projet de décret) composé de seize administrateurs assisté d’un administrateur général décidant en totale autonomie… comme dans le privé ! Ces dispositions ne sont pas étrangères au plan de David Cameron pour l’école publique en 2010 en Angleterre. Le Gouvernement établit entre ce Conseil d’administration et lui un contrat de gestion (article 38 du projet de décret). Il s’agit d’un rapport contractuel quasiment identique à une délégation de l’Etat ou d’une entité fédérée à un partenaire privé pour une durée déterminée. Et le statut de ce personnel travaillant dans cet organisme devient un « parastatal ».

Dans Le Vif

Poster un commentaire

Etats-Unis : le shutdown touche l’école

Au bout de trois semaines de « shutdown », les responsables des écoles sont inquiets, explique Education Week, un média spécialisé sur l’éducation aux Etats-Unis. Même si l’éducation n’est pas fédérale et dépend des pouvoirs locaux, le blocage des fonds fédéraux touche les écoles par plusieurs canaux. Le programme de repas gratuits dans les cantines scolaires, qui concerne 30 millions d’enfants , devra fermer à partir de mars. Et les responsables des districts scolaires commencent déjà à inviter les familles à demander le bénéfice d’autres programmes pour pouvoir continuer à nourrir les enfants. Les districts où il y a beaucoup d’employés fédéraux, par exemple là où se trouvent des installations militaires, s’inquiètent des pertes de salaire des parents sur les enfants.  Les agriculteurs sont aussi touchés car ils ne perçoivent plus les aides fédérales. Les programmes de soutien scolaire aux minorités et  aux défavorisés sont eux aussi à l’arrêt.

Sur Edweek

Poster un commentaire

[NL OLF] Commémoration de l’attentat misogyne de Montréal : reconnaissons les féminicides !

Vous n’arrivez pas à visualiser cet email ? Commémoration de l’attentat misogyne de Montréal : reconnaissons les féminicides ! Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte, Barbara Klucznik Widajewicz.

Ce sont les 14 femmes qu’un terroriste masculiniste a assassinées le 6 décembre 1989 à l’Ecole Polytechnique de Montréal.
 
“J’haïs les féministes! Vous êtes une bande de féministes !”, voilà ce qu’a crié Marc Lépine en tuant 14 femmes dans l’École polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989. Des étudiantes ingénieures assassinées parce qu’elles souhaitaient, selon les mots du tueur, “prendre la place des hommes” en exerçant un métier qui devait rester une chasse gardée masculine. Un terroriste a planifié l’extermination de ces femmes parce qu’elles avaient osé choisir cette orientation professionnelle et aussi, tout simplement, parce qu’elles étaient des femmes. Notre communiqué de presse 14 femmes tuées « sous les balles de la pensée misogyne »,
les témoignages de québecoises
Un militante d’Osez le féminisme ! ayant étudié à Montréal a interrogé 24 femmes québécoises sur ce que représentait pour elles le 6 décembre 1989. Des témoignages poignants à lire sur #féministoclic avant le #rassemblement ce soir place du Québec à 19h à Paris.

Elles ont entre 25 et 63 ans, elles sont enseignantes, étudiantes, techniciennes, greffières, retraitées, comptables, certaines ont vécu cet attentat masculiniste de près, d’autres n’étaient pas nées et pourtant, toutes sont marquées par cette date du 6 décembre 1989.“Consternation”, “douleur”, “soirée d’horreur”, “événement d’une violence extrême”, “drame épouvantable”, “acte terroriste” tels sont les mots qui viennent à l’esprit de ces femmes québécoises lorsque cette date leur est évoquée.   Ce jour du 6 décembre, certaines étaient alors étudiantes et avaient fait le choix, tout comme ces 14 femmes assassinées, d’étudier dans des domaines alors largement occupés par des hommes. Certaines étaient sur le campus. Elles ont vu des proches perdre des amies, des soeurs. Il y a aussi ces femmes qui venaient de terminer leurs études et allaient bientôt accoucher de petites filles. Des filles qui iraient probablement à l’université plus tard. À l’incrédulité et au choc s’est alors ajoutée la crainte, la crainte du type d’avenir laissé à leurs filles : pourront-elles étudier à l’université en toute sécurité dans la filière de leur choix ? Lire l’article sur le feministoclic Copyright © 2018 Osez le féminisme !, All rights reserved.
Vous recevez cette lettre d’informations car vous êtes adhérent-e ou militant-e d’Osez le féminisme !

Our mailing address is:
Osez le féminisme !MDA 14 – BL 6522, rue DeparcieuxParis 75014 France
Add us to your address book

Poster un commentaire

[lalettre] 68. IR-FSU La lettre d’information de Novembre 2018

Si cet email ne s’affiche pas correctement, vous pouvez consulter directement la page.
Newsletter Novembre 2018
A LA UNE
La dictature néolibérale s’installe au Brésil Le second tour de l’élection présidentielle au Brésil, le 28 octobre, a vu triompher le partisan d’une dictature néolibérale. Ce genre de régime, l’Amérique latine l’a déjà connu avec le Chili de Pinochet qui en a été le laboratoire historique. Mais depuis les années 80, le néolibéralisme, devenu un système de pouvoir mondial, semblait s’accommoder des institutions de la démocratie libérale.
Civilisation ou barbarie João Sette Whitaker Ferreira est professeur d’urbanisme à l’Université de Sao Paulo, ancien secrétaire municipal au logement de Sao Paulo, membre du Parti des travailleurs. Le 20 oct. il publiait sur son blog l’article suivant.
Plus que jamais, le Brésil semble s’approcher de la barbarie.
Rapport sur la pauvreté en France Ce premier rapport sur la pauvreté réunit les données disponibles dans un document de référence, accessible à tous. Nous définissons les contours de la pauvreté avec un éclairage particulier sur la grande pauvreté. Nous donnons les principales caractéristiques de la population pauvre et sa répartition sur le territoire national. Nous explorons les trajectoires individuelles : comment devient-on pauvre et comment s’en sort-on ?
L’INSTITUT
La nuit recouvre-t-elle le monde ? L’élection de Bolsanero au Brésil terrifie toutes celles et tous ceux qui connaissent ce pays, où tant d’espoirs ont germé, et s’ajoute à la marée noire de régimes totalitaires.
Comment ne pas désespérer ?
Face au pessimisme de la raison cultiver l’optimisme de la volonté est une nécessité. Lire la suite
Nouvelles cultures managériales dans l’éducation Intervention de Paul Devin, inspecteur de l’Éducation nationale, secrétaire général du SNPI-FSU, le 6 octobre 2018 à Lurs lors du colloque organisé par la FSU des Alpes de Haute-Provence.
Vous l’avez lu comme moi dans les médias. La récente modification des règles de nomination des recteurs semble avoir été́ motivée par la volonté́ de placer une amie du président de la république à la tête de l’académie de Versailles. Lire la suite
Le temps d’apprendre a vivre Denis Paget dresse, devant 400 enseignants réunis lors de l’Université d’automne du Snuipp, le tableau d’une l’école que l’état de la société transforme. Les programmes 2015, à la rédaction desquels il a participé en tant que membre du Conseil supérieur des programmes (CSP), tentaient de prendre ces évolutions en compte.
Un article de Pierre Marie Gérarni dans le café pédagogique. Lire la suite
ON A VU
REVEILLONS-NOUS ! POUR UN MONDE PLUS JUSTE « Réveillons-nous ! Pour un monde plus juste » est un livre-manifeste. Ses auteurs, Gabriel Langouet et Dominique Groux (1) le revendiquent. Ce livre, ils le placent dans la lignée du manifeste de Stéphane Hessel « Indignez-vous ».
Une note de lecture de François Bouillon ancien président de l’IR-FSU. Lire la suite
La société ingouvernable Grégoire Chamayou, auteur d’ouvrages sur les chasses à l’homme ou les drones, poursuit son travail d’investigation philosophique singulier en publiant un livre intitulé La Société ingouvernable. Une enquête qui produit un vertige politique en exposant les armes idéologiques et les dispositifs avec lesquels nous avons été défaits par le « libéralisme autoritaire ». Lire la suite
Un peuple et son roi. Troisième long métrage de Pierre Schoeller, après notamment « l’Exercice de l’État », césar du meilleur scénario original en 2012, « Un peuple et son roi » évoque les trois premières années de la Révolution française en mettant en lumière les interactions entre les habitants des faubourgs de la Bastille et Louis XVI. Lire la suite
Économie. On n’a pas tout essayé Gérard Grosse nous livre une note de lecture de ce dernier ouvrage de Gilles Raveaud.
Après avoir été l’un des initiateur et animateur du premier mouvement en France de contestation étudiante de l’enseignement universitaire de l’économie, au tournant des années 2000, le Mouvement des étudiants pour la réforme de l’enseignement de l’économie, appelé “Autisme-économie”, il est lui-même devenu enseignant-chercheur en économie (à l’Université Paris VIII). Lire la suite
AGENDA
Merccredi 14 Nov. 18 Fondation Gabriel Péri : Conflictualité sociale et politique : mise en regard France États-Unis
Mercredi 5 déc. 18 Journée annuelle du Dictionnaire Maitron, à la Bourse du Travail de Paris. Ce sera l’occasion d’ouvrir la totalité des biographies mises en ligne jusqu’à la période 5 (1940-1968) en consultation libre.
Jeudi 13 déc. 18 L’école face à la radicalisation. Stage au siège du SNUipp, 12 Rue Cabanis, 75014 Paris.
18 – 19 Déc. 18 Stage fédéral sur l’extrème droite.
PUBLICATIONS
Regards Croisés N°27 ART
AKI KURODA artiste polyphonique
DOSSIER
Santé au travail : l’activité en question
GRAND ENTRETIEN
Christian Gourcuff Lire la suite
Une vraie alternative à l’enfermement des mineur.es LA LIBERTE Evelyne Bechtold-Rognon ; Nathalie Caron ; Michelle Olivier ; Sonia Ollivier ; Anaïs Vrain Lire la suite
Pour vous désabonner, cliquez ici

Poster un commentaire

Communiqué LDH : « Les leçons de l’attentat antisémite de Pittsburgh »

Communiqué LDH

L’attentat antisémite perpétré à la synagogue de Pittsburgh s’inscrit dans une montée préoccupante de la violence raciste aux Etats-Unis d’Amérique et dans un processus de légitimation des acteurs d’extrême droite, de leur parole, de leurs méthodes. Il y a encore peu de temps, la campagne Black lives matter attestait de l’ampleur des violences policières à l’encontre des populations afro américaines. Récemment, l’envoi de colis piégés à des institutions ou des personnalités réputées anti-Trump est venue illustrer la tentation croissante du passage à l’acte criminel chez les partisans des idées les plus rétrogrades : racistes, xénophobes, sexistes, anti-gays et… antisémites.

La personnalité de l’assassin de Pittsburgh en est un condensé : suprématiste blanc, complotiste, homophobe, il condamnait les juifs non seulement comme diaboliques mais de surcroît pour venir en aide aux réfugiés à travers le monde.

Par ses propos lénifiants vis-à-vis des réseaux médiatiques et des manifestations de cette extrême droite, par ses réactions à l’emporte-pièce contre les étrangers, les médias, les démocrates, les progressistes, le président des Etats-Unis porte une responsabilité réelle dans ce processus de radicalisation violente.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) condamne cette haine meurtrière et appelle à la combattre avec détermination et fermeté partout dans le monde. Car l’attentat de Pittsburgh nous rappelle d’abord la permanence de l’antisémitisme comme élément central de la haine raciale, en France comme aux Etats-Unis. Il devrait ensuite mettre en garde tous ceux qui, en particulier dans notre pays, font semblant de croire que l’on pourrait impunément flatter xénophobie et racisme, voire s’en saisir, pour combattre l’extrême droite. Pas plus qu’elle ne se divise, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ne peut s’accommoder de raccourcis ou pire, d’attitudes compréhensives à l’égard de ceux qui le pratiquent ou le banalisent.

Il nous incite enfin à ne jamais baisser la garde face à toutes les résurgences d’antisémitisme et de racisme, à manifester notre solidarité et notre volonté de ne pas laisser faire. A Pittsburgh comme partout ailleurs, lorsque l’antisémitisme sévit, c’est la démocratie, l’égalité et la liberté qu’on agresse.

Paris, le 29 octobre 2018

Poster un commentaire

Les Possibles Revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

No. 18 Automne 2018
  Éditorial : Traversez la rue, vous serez dans la cour des miracles ! par Jean-Marie Harribey, Jean Tosti Il n’aura fallu que quelques mois pour que la baudruche du nouveau monde promis par Emmanuel Macron se dégonfle. Le président a sans doute compris qu’il ne convainc plus grand nombre. Il multiplie alors les provocations cyniques, voire les agressions verbales. On savait qu’il appelait à ce que chacun devienne milliardaire, on ne se serait jamais douté que, si l’on n’y parvenait pas, c’était à cause du « pognon de dingue » donné aux pauvres. Alors qu’il est si simple de traverser la rue pour trouver un emploi ! Doté d’un capital scolaire de très haut niveau – mais plus en économie financière qu’en économie sociale –, le président avait déclaré devant le Congrès à Versailles le 9 juillet 2018 : « la retraite n’est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie [mais] ce que les actifs paient pour les retraités ». Il est malin, mais il n’est pas plus doué en économie solidaire qu’en économie sociale : il utilise un fait exact (les actifs paient pour les retraités) pour dénier un droit fondamental. lire en ligne     Dossier : La protection sociale Les privatisations du soin par Philippe Batifoulier Le secteur de la santé connaît une multitude de réformes sans que la situation des hôpitaux s’améliore et sans avoir éradiqué des restes à charge (ce qui reste à la charge du patient après remboursement de la Sécurité sociale) parfois catastrophiques pour certains patients. Ces réformes ne combattent pas la trajectoire de privatisation du soin. Elles la confortent. Elles accentuent dès lors les inégalités tout en étant coûteuses en finances publiques. lire en ligne   Pour une « nouvelle Sécu à 100 % ! par André Grimaldi Le gouvernement poursuit le processus d’étatisation progressive de la Sécurité sociale : transfert des cotisations salariales vers l’impôt, retour à l’équilibre grâce à la diminution des prestations et à la mise en déficit des hôpitaux, et, plus récemment, remise en cause de la règle de séparation du budget de la Sécurité sociale et du budget de l’État et de la compensation par l’État des exonérations de cotisations sociales qu’il accorde aux entreprises… lire en ligne   Santé au travail : pas de prévention sans coercition : Premières réactions au Rapport Lecocq Aucune organisation du travail ne doit compromettre la santé et la sécurité des travailleuses et des travailleurs. par Louis-Marie Barnier, Alain Carré, Selma Reggui Le gouvernement annonce vouloir réformer le système de santé au travail. Il propose que la négociation interprofessionnelle s’engage sur la base du rapport Lecocq [1], qualifié de « base satisfaisante ». Il faut donc analyser ce rapport. Ces réformes se situent dans le prolongement de la disparition des CHSCT, de la réforme de l’inspection du travail, d’une réduction des budgets alloués aux organismes de prévention des risques professionnels (INRS, CARSAT), et d’une Loi Travail fragilisant les travailleurs et leurs organisations. Les travailleurs doivent s’emparer de ce débat pour défendre leur droit à la santé. Tel est l’objectif de notre contribution. lire en ligne   La Caisse accidents du travail-maladies professionnelles : une caisse basée sur le lien réparation/prévention par Marc Benoît Le rapport Lecocq représente une attaque du droit à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles en s’appuyant sur une fausse opposition réparation/prévention. Il remet en cause ce qui constitue le fondement de la Caisse accidents du travail-maladies professionnelles (AT/MP), ce lien entre une politique de réparation, définie par le code de la Sécurité sociale, et la capacité d’agir sur les choix des entreprises pour imposer des mesures de prévention des risques. lire en ligne   L’Unédic saisie par les droits fondamentaux des travailleurs, Sur quelques débats de fond concernant l’assurance-chômage (juin 2018) par Louis-Marie Barnier Le texte très complet de la Note de la Fondation Copernic (2003) décrivant les nombreux épisodes de la vie mouvementée de l’Unédic nous évitera de reprendre toutes ses évolutions. Rappelons simplement ici que l’Unédic a été instituée par un accord collectif du 31 décembre 1958 [2], qui donne naissance à « un régime national interprofessionnel d’allocations spéciales aux travailleurs sans emploi de l’industrie et du commerce » (Art. 1). Cet accord tardif est provoqué par la prise de conscience de la nécessité d’avoir un instrument capable d’accompagner les restructurations industrielles, « lieu et instrument d’une régulation conjoncturelle  » (Copernic, 2003, p. 49). La France est, de plus, le seul pays du Marché commun naissant, avec l’Italie, à ne pas avoir de régime d’assurance chômage (Bec, 2014, p. 191). lire en ligne   Retraites des femmes, un enjeu décisif pour toute réforme par Christiane Marty Les réformes passées des retraites ont été menées au nom de l’équilibre financier des régimes. Aujourd’hui que le déficit des caisses est en voie de résorption (moyennant la baisse programmée des pensions et le départ plus tardif en retraite), c’est la recherche de l’équité qui est la principale raison invoquée pour remettre à plat le système de retraites. Le projet est de le transformer en un système par points, qui aurait vocation à unifier les différents régimes. « L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique » a précisé Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la réforme des retraites. Quid alors des mécanismes de solidarité qui permettent de compenser – un peu – les aléas de carrière et les basses pensions ? Quid des inégalités de pension entre les femmes et les hommes ? lire en ligne   Politique familiale : quels objectifs et quels principes ? par Christiane Marty Depuis juillet 2015, les allocations familiales, réputées être le premier outil de politique familiale, sont modulées en fonction des revenus du foyer. Auparavant, toutes les familles avec deux enfants ou plus percevaient, quels que soient leurs revenus, la même somme pour le même nombre d’enfants. Les allocations n’étaient toutefois pas vraiment universelles du fait qu’une famille avec un seul enfant n’en percevait pas, et du fait que le montant de l’allocation par enfant était bien plus important (multiplié par 2,5) à partir du troisième enfant. lire en ligne   Les droits de propriété intellectuelle : un danger pour la santé par Joan Rovira Les effets négatifs des droits de propriété des actifs incorporels (DPI) sur l’accès aux médicaments et le droit à la santé sont un sujet de préoccupation récurrent pour les citoyens et les responsables des systèmes de santé [3]. Au cours des dernières années, les médias ont mis l’accent sur les problèmes d’accès aux médicaments de traitement de l’hépatite C, non seulement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, comme c’est l’habitude dans ces cas, mais aussi dans les pays les plus riches. lire en ligne       Débats André Gorz, philosophe anticapitaliste, critique du travail et précurseur de l’écologie politique par Françoise Gollain L’œuvre d’André Gorz est riche, complexe, marquée par des ruptures. Sa cohérence lui vient de son adhésion à la philosophique existentialiste qui représente le point d’ancrage de ses réflexions socio-écologiques. [4] lire en ligne   Le camp progressiste doit se préparer à la prochaine crise financière par Cédric Durand Entretien réalisé par Romaric Godin pour Médiapart le 1er août 2018 dans le cadre de la série « Penser avec Marx (2/6) » Entretien avec Cédric Durand sur la vision marxiste de la financiarisation de l’économie. Selon lui, elle n’est pas un moyen de régler les contradictions du capitalisme, mais de les déplacer dans le temps. lire en ligne   Marx et l’immigration : mise au point par Jacques Bidet Entretien inédit pour le site de Ballast, octobre 2018, par Julien Chanet
Socialismes et immigration : les divergences ne sont pas seulement d’actualité. En 1845, Engels avançait que l’immigration irlandaise a contribué, en Angleterre, à « abaisser le salaire et avec lui la classe ouvrière elle-même ». lire en ligne   Migrations, puisqu’on en parle par Samy Johsua Est-ce que les migrant-e-s divisent la classe prolétaire, permettant au Capital de baisser les salaires ? Est-ce que « personne » ne quitte son pays natal volontairement ? Sur le moyen terme, l’immigration est-elle « une chance » pour le pays qui l’accueille ? Et enfin, pourquoi s’interroger sur ces questions conduirait-il obligatoirement à l’injonction de chasser les migrant-e-s et à fermer les frontières ? lire en ligne   La Campagne Boycott, désinvestissement et sanctions par Imen Habib La Campagne BDS a été lancée en 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne, un an après l’avis de la Cour internationale de justice demandant la démolition du mur de l’apartheid en Palestine occupée. lire en ligne   Dépasser la propriété productive par Benoît Borrits Je tiens tout d’abord à remercier Thomas Coutrot et Jean-Marie Harribey de leur travail de recension de mon dernier ouvrage Au-delà de la propriété, pour une économie des communs publié aux Éditions La Découverte. Ce travail participe de notre volonté commune de reprendre le contrôle sur notre devenir et donc, de se débarrasser du pouvoir de la propriété productive caractéristique du capitalisme. C’est dans cette perspective que j’entends ici répondre à ces deux textes pour à la fois préciser les points d’accord ou de divergence et bien souvent d’incompréhension dont je porte forcément une part de responsabilité en tant qu’auteur. lire en ligne   La nature de la propriété des moyens de production génère des différences de démocratie par Thierry Brugvin Une des caractéristiques centrales du capitalisme réside selon Marx dans la propriété privée des moyens de production, avec l’accumulation, le marché, le profit… Marx explique que « c’est toujours dans le rapport immédiat entre le propriétaire des moyens de production et le producteur direct (…) qu’il faut chercher le secret le plus profond, le fondement caché de tout l’édifice social  » [5]. Le dépassement du capitalisme suppose notamment un changement dans la nature de la propriété, qui est intimement lié à la démocratie économique. En fonction notamment du type de propriété dominante, il existe aussi différents types de système : capitaliste, socialiste, communiste. Il faut y ajouter ensuite d’autres critères, l’orientation de la production régulée, planifiée, les formes de la démocratie, etc. lire en ligne   Sur l’indépendance de la Catalogne, En réponse au texte de Txetx Etcheverry par Caroline Knez Fernandez Je viens de lire l’article intitulé « Catalogne : construire de la base ce que le sommet nous refuse » de Txetx Etcheverry, publié dans Les Possibles, n° 15 (automne 2017). Cette question du « processus » indépendantiste catalan me tient à cœur car je suis d’origine espagnole. J’ai de la famille en Catalogne, où j’ai passé toutes mes vacances d’été durant mon enfance et mon adolescence. Mes grands-parents ont émigré d’Andalousie en Catalogne à la fin de la guerre civile parce qu’ils étaient pauvres et « rouges », donc repérés comme dangereux et indésirables : c’étaient donc ce que l’on appelle des « charnegos » en catalan (le terme n’est pas anodin). Ma préoccupation n’est pas seulement affective, bien sûr. Un engagement bien à gauche fait partie de ma carte d’identité, or l’émergence des nationalismes et de l’identitarisme, relayés et soutenus par une partie de la gauche que certains appellent « identitaire », questionne de plus en plus profondément cet engagement. lire en ligne       Revue des revues Revue des revues n° 18 par Jacques Cossart Les pauvres ne sont-ils pas responsables de leur sort ? On serait tenté de le croire à écouter le président de la République. Pourtant, d’un bout du monde à l’autre, les constats sont édifiants. Que l’on regarde les travaux de l’INSEE en France ou bien ceux du Fonds monétaire international (qui n’arrête pas de manger son chapeau sur bien des sujets), pauvreté, précarité et inégalités sont le lot de tous ces pauvres (ir)responsables. Tandis que, de sommet en sommet, les gouvernants… observent… le réchauffement du climat, la pérennité des paradis fiscaux et autres amusements mondiaux ou mondains, on ne sait. lire en ligne       Les Possibles automne 2018     À l’attention des lecteurs, note sur le statut de la revue Les Possibles La revue Les Possibles a maintenant quatre ans d’âge et sa diffusion progresse régulièrement. Nous rappelons qu’elle fut créée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac pour être un lieu de débat théorique sur la nécessaire transformation de la société, aujourd’hui minée par le capitalisme néolibéral. Dès lors, ouverte à toutes les personnes qui s’inscrivent dans cette perspective, elle est indépendante de l’association Attac, le contenu des articles est de la responsabilité de leurs auteurs et n’engage pas l’association. La diversité des sujets, des auteurs et des disciplines témoigne de la volonté de garantir le pluralisme des idées. Le choix des thèmes et le respect des règles du débat scientifique et démocratique sont assurés par un comité éditorial dont la composition figure à la fin du sommaire.
Le comité éditorial Adresse Attac, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris Directeur de la publication Jean-Marie Harribey Secrétariat de la rédaction Isabelle Bourboulon, Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Frédéric Lemaire, Christiane Marty, Pascal Paquin, Jeanne Planche, Dominique Plihon, Jean Tosti, Aurélie Trouvé Responsables techniques Edgard Deffaud, Serge Gardien, Éric Le Gall, Wilfried Maurin, Pascal Paquin, Tom Roberts, Rémi Sergé, Olivier Tétard, Valentin Drean Comité éditorial Sylvie Agard, Christophe Aguiton, Verveine Angeli, Paul Ariès, Geneviève Azam, Daniel Bachet, Jacques Berthelot, Catherine Bloch-London, Martine Boudet, Isabelle Bourboulon, Thierry Brugvin, Thierry Brun, Alain Caillé, Claude Calame, Christian Celdran, François Chesnais, Francoise Clement, Pierre Concialdi, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Christian Delarue, Vincent Drezet, Cédric Durand, Guillaume Duval, Mireille Fanon-Mendès-France, Daniel Faugeron, David Flacher, Fabrice Flipo, Pascal Franchet, Bernard Friot, Jean Gadrey, Susan George, Jérôme Gleizes, Gérard Gourguechon, André Grimaldi, Janette Habel, Nicolas Haeringer, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Esther Jeffers, Isaac Johsua, Pierre Khalfa, Serge Le Quéau, Frédéric Lemaire, Christiane Marty, Gus Massiah, Antoine Math, Dominique Méda, Georges Menahem, Denise Mendez, Pascal Paquin, René Passet, Évelyne Perrin, Dominique Plihon, Thierry Pouch, Daniel Rallet, Jean-Claude Salomon, Catherine Samary, Denis Sieffert, Vicky Skoumbi, Jean-Louis Sounes, Daniel Tanuro, Bruno Tinel, Michel Thomas, Jean Tosti, Éric Toussaint, Stéphanie Treillet, Aurélie Trouvé, Patrick Viveret Contact avec la revue et soumission d’articles Les propositions d’articles nouveaux ainsi que les contributions répondant à des textes publiés dans les numéros précédents de la revue doivent être adressées au secrétariat de la revue : revue-cs-secretariat@list.attac.org La revue a noué un partenariat avec Mediapart à travers une « édition » créée sur ce site : http://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-conseil-scientifique-dattac. À chaque parution trimestrielle de la revue, un des articles sera mis en ligne sur Mediapart.  
Attac France — 2018
Twitter |  Facebook |  Viméo
Attac France
21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

Poster un commentaire

[LDH] Fwd: « Appel pour l’égalité de tous les citoyens en Israël », à l’initiative de et signé par plusieurs membres de la LDH

Appel à l’initiative, entre autres, de Gilles Manceron membre du Comité central et coresponsable du groupe de travail « Mémoires, histoire, archives » de la LDH, et de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH.

Signé, entre autres, par Malik Salemkour, président de la LDH ; Jean-Pierre Dubois, Françoise Dumont, Henri Leclerc et Pierre Tartakowsky, présidents d’honneur de la LDH ; Arié Alimi, membre du Bureau national de la LDH ; Fabienne Messica, membre du Bureau national de la LDH et coresponsable du groupe de travail « Maghreb / Moyen-Orient »

Le 19 juillet 2018, le Parlement israélien adoptait la loi définissant Israël comme Etat-nation du peuple juif.

Cette loi est le concentré, l’aboutissement, de la politique de la droite et de l’extrême-droite israélienne. En une douzaine de points :

– elle affirme la prédominance ethnique juive en Israël ;
– elle encourage la colonisation juive, présentée comme valeur nationale, et confirme l’annexion de Jérusalem déclarée unilatéralement capitale d’Israël ;
– elle précise explicitement que le peuple juif est le seul à exercer le droit à l’autodétermination en Israël sans préciser les frontières de celui-ci ;
– elle retire même à la langue arabe le statut de langue officielle désormais réservé exclusivement à la langue hébraïque.

Ainsi le postulat d’une inégalité fondamentale, inscrite dans le droit et pas seulement dans les faits, est établi entre les citoyens d’un même pays, d’un côté les citoyens juifs ou d’origine juive et de l’autre côté les citoyens arabes et non juifs qui deviendraient juridiquement des citoyens de seconde catégorie.

C’est dire que cette loi renie ouvertement la promesse de la Déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 selon laquelle le nouvel Etat « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ». Contrairement à la loi fondamentale de 1992 « sur la dignité de l’homme et sa liberté », elle ne fait plus aucune référence ni à la démocratie ni à l’égalité.

Autant de violations des fondements d’un Etat démocratique et autant de violations du droit international.

De nombreuses personnalités, juives et non-juives, se sont élevées contre cette loi. Le président du Congrès juif mondial a fermement critiqué la politique poursuivie par le gouvernement israélien, les lois récemment adoptées et spécifiquement cette loi Etat-nation.

En Israël, des manifestations importantes, regroupant des dizaines de milliers d’israéliens, de toutes origines et de toutes confessions, ont eu lieu à plusieurs reprises contre cette loi qui institue une discrimination entre les citoyens.

Nous appelons à se tenir aux côtés des progressistes israéliens – sans distinction d’origine ethnique – pour exiger :

– l’abolition de cette loi inique ;
– l’égalité de droit de tous les citoyens israéliens ;
– que cessent les atteintes de plus en plus graves aux libertés démocratiques et aux droits humains.

Signer l’appel

Lire l’appel sur l’Humanité

Lire l’appel sur Mediapart

Lire l’appel sur Libération

Poster un commentaire

[LDH] Fwd: Lettre ouverte de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : « Reconnaître l’Etat de Palestine »

Monsieur le Président, il est temps de reconnaître l’Etat de Palestine

Lettre ouverte de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont la LDH est membre

Monsieur le Président de la République,

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a récemment annoncé son intention de consulter ses partenaires européens pour aboutir à une position commune européenne sur la reconnaissance de la Palestine. Si cette démarche échouait, l’Espagne pourrait reconnaître la Palestine de son côté.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères a exprimé une position similaire en indiquant que si les négociations de paix entre la Palestine et Israël demeuraient dans l’impasse alors l’Irlande reconnaîtrait l’Etat de Palestine. Il a également sous-entendu que d’autres pays européens pourraient adopter la même attitude.

La France devrait soutenir l’initiative espagnole et s’engager à reconnaître l’Etat de Palestine quelle que soit l’issue des consultations. Comme le déclarait Jean Asselborn en janvier 2018, « si la France reconnaissait la Palestine, d’autres États la suivraient, y compris le Luxembourg ». Le même positionnement a été observé dans d’autres pays comme la Belgique et la Slovénie. Au Royaume-Uni, le Labour Party s’est engagé à reconnaître l’Etat de Palestine s’il revient au pouvoir.

Par leur parti-pris systématique de soutien à la politique du gouvernement de B. Netanyahou, les Etats-Unis prouvent qu’ils ne peuvent en aucun cas être une référence sérieuse dans la recherche d’une solution juste à la question de Palestine. En effet, le déménagement de l’ambassade à Jérusalem reconnue par Donald Trump comme capitale d’Israël, la volonté d’annihilation de l’UNRWA et des réfugiés palestiniens, l’arrêt de la participation au financement des hôpitaux palestiniens de Jérusalem, la fermeture de la mission de Palestine à New York ou encore le départ de l’Unesco et du Conseil des droits de l’Homme ainsi que la volonté d’en finir avec la Cour pénale internationale, sont autant de mesures obéissant aux positions israéliennes et imposant un état de fait au lieu de poser les fondements d’un règlement négocié basé sur l’application du droit international.

Il n’y a pas de « plan du siècle » américain et en l’absence d’autres perspectives, c’est maintenant que la France doit s’imposer comme une alternative crédible à la « médiation » américaine. A la tribune des Nations unies, vous venez d’affirmer la primauté du droit et de la justice. L’État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale est un premier pas nécessaire en ce sens.

Enfin, en reconnaissant l’Etat de Palestine, Monsieur le Président, vous accéderez également aux demandes formulées dans les résolutions de l’Assemblée nationale et du Sénat adoptées les 2 et 11 décembre 2014.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

Paris, le 15 octobre 2018

Claude LEOSTIC, présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ; André BARTHELEMY, président d’honneur d’Agir ensemble pour les droits de l’Homme ; Catherine BILLET, déléguée Générale Pax Christi France ; Me Maurice BUTTIN, président du Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPR PO) ; Lucien CHAMPENOIS, vice-président de l’association « Pour Jérusalem » ; Hubert DELAUNAY, président du Comité Palestine Israël Châteaubriant ; Christophe DELTOMBE, président de La Cimade ; Haydar DEMIRYUREK et Hélène MILLET, coprésident-e-s du Groupe d’amitié islamo chrétienne (GAIC) ; Josette GAZZANIGA, présidente du Mouvement international de réconciliation (MIR) ; Bertrand HEILBRONN, président de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) ; Patrick LE HYARIC, président de l’Association de jumelage entre les villes françaises et les camps de réfugiés palestiniens (AJPF) ; Renée LE MIGNOT, co-présidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) ; Roland LOMBARD, président du Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les universités palestiniennes (CICUP) ; Danielle MOREAU et Marie YOUAKIM, co-présidentes de Ritimo ; Joseph OESTERLE, président de l’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP) ; Perrine OLFF-RASTEGAR, collectif Judéo Arabe et citoyen pour la Palestine ; Emmanuel POILANE, président du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) ; Malik SALEMKOUR, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Pierre STAMBUL, co-président de l’Union Juive française pour la paix (UJFP)

Télécharger la lettre ouverte au format PDF et la fiche-contexte

Poster un commentaire

[LDH] Appel et pétition pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace

Appel et pétition de plusieurs personnalités et organisations, signée par la Ligue des droits de l’Homme

« Si vous avez le droit de diviser le monde entre italien.ne.s et étranger-ère-s, alors je dirai que je n’ai pas de Patrie et je réclame le droit de diviser le monde entre déshérité-e-s et opprimé-e-s d’un côté, privilégiés et oppresseurs de l’autre. Les un-e-s sont ma patrie, les autres mes étrangers » (Don Milani, 1965)

Signez vous aussi la pétition !

Accusé d’avoir « favorisé l’immigration clandestine » le maire de Riace (Calabre, Italie) est aux arrêts domiciliaires depuis le 2 octobre. Il s’agit d’une arrestation en représailles à l’action courageuse de Mimmo Lucano, surnommé le « maire de l’accueil », qui s’était mis cet été en grève de la faim pour protester contre la politique migratoire inhumaine du gouvernement italien. Sa seule faute : avoir su mettre en place dans sa commune un système d’accueil qui fonctionne. Il a non seulement permis d’offrir à des femmes et des hommes fuyant la guerre et la misère des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi à la population locale en créant des emplois (médiateurs-trices culturels, enseignant-e-s etc…), et en promouvant des formation inédites (laboratoires artisanaux, fermes pédagogiques). Une réussite dans un territoire connu pour ses mafias et son chômage. C’est cet exemple courageux que le gouvernement italien veut punir. Mimmo Lucano a pu en effet faire la preuve que l’accueil des migrant.e.s pouvait se conjuguer avec le dialogue et le bien être d’une communauté tout entière. Il est pour cela depuis quelques années sur la liste noire de tous les partis et mouvements qui entendent faire de la peur de l’autre et de la répression contre les migrant.e.s leur fonds de commerce politique.


L’Italie vit un moment très grave : les propos particulièrement choquants que tiennent régulièrement le principal parti de gouvernement, la Lega et le vice-premier ministre Matteo Salvini lèvent les tabous et libèrent les venins les plus abominables : le racisme et la haine. Dans le sud de l’Italie, l’exploitation éhontée des migrant.e.s fait les affaires d’une poignée de propriétaires terriens, vrais négriers, de nationalité italienne pour la plupart. En garantissant aux migrant.e.s des conditions de travail et de vie décentes, Mimmo Lucano prend le contrepied de cette exploitation. Il les protège des nombreuses tragédies – mort de douzaines d’immigré.e.s sur les routes durant le transport du travail aux camps où ils-elles sont entassés – qui ont marqué l’été. C’est un acte de solidarité.


C’est pourquoi, la décision de justice contre Mimmo Lucano instaure de fait un nouveau délit, le délit de solidarité.
Face à l’offensive déclenchée par le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini contre les migrant-e-s, les pauvres et celles et ceux qui les soutiennent, nous dénonçons cette arrestation et affirmons publiquement notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui, comme Mimmo Lucano, sont entrés en lutte, ou s’apprêtent à le faire.


Nous apportons notre soutien à Mimmo Lucano, à sa famille et à la population de sa commune, face à l’acharnement d’un gouvernement de la haine qui fait de la peur de l’autre son fonds de commerce politique.


Parce que nous nous reconnaissons dans les valeurs des droits humains.
Parce que nous défendons un Etat de droit, fondé sur l’indépendance de la justice.
Parce que nous sommes pour plus de solidarité, de démocratie, plus d’égalité et de justice sociale.
Parce que nous sommes du côté de celles et ceux qui défendent l’universalité des droits sociaux et civils.
Parce que nous sommes solidaires avec celles et ceux qui fuient les guerres, la misère et les catastrophes climatiques.
Nous sommes du côté de Mimmo Lucano et nous demandons sa remise en liberté immédiate.
#MimmoLucanolibre

Signez vous aussi la pétition !

Lire le communiqué LDHParis, le 10 octobre 2018

Poster un commentaire

Une pétition pour sauver l’Aquarius

Déjà signée par 250 000 personnes, la pétition en faveur de l’Aquarius a besoin d’un soutien plus important encore face à l’immobilisme politique. Dernier navire de sauvetage en Méditerranée centrale, l’Aquarius a sauvé des centaines de vies. La pétition exhorte les Etats à « prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite mener sa mission vitale de sauvetage; respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer; assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée ».

La pétition

Poster un commentaire

Patrick Weil : « Sur les migrants, Macron est complice d’Orbán et Salvini Nouvel Obs

A quelques mois des élections européennes, Emmanuel Macron tente d’imposer ses vues sur la question migratoire qui divise à gauche et à droite. Au-delà des postures, qu’en est-il de la politique menée ?

Chercheur au CNRS, enseignant à l’université de Yale, Patrick Weil est spécialiste de l’immigration et du droit de la nationalité. Il est également l’auteur de « Question de Laicité » (Bibliothèques sans Frontières/Michel Lafon, 2018). Interview.

Emmanuel Macron se veut le chef de file des « progressistes » contre les populistes italiens et hongrois. Viktor Orbán lui a même accolé le titre de « leader des partis promigrants » alors que sa politique migratoire est loin d’être laxiste. Fait-il là encore du « en même temps » ?

Le président Macron tente d’apparaître comme l’opposant numéro un à Orbán et Salvini, alors qu’il agit en complicité avec eux. C’est une opposition de façade, mise en scène, à l’approche des élections européennes, pour prendre Angela Merkel en sandwich.

Qu’entendez-vous par « mise en scène » ?

Le 2 janvier 2017, alors en campagne, Emmanuel Macron s’était indigné que la France ne soit pas venue en aide aux Italiens, confrontés aux arrivées de réfugiés en Sicile. Mais une fois au pouvoir, au lieu de proposer au gouvernement de centre gauche italien la solidarité de la France, la première chose qu’il fait, c’est d’agir seul en Libye en allant y chercher quelques dizaines de réfugiés au sud, sans accueillir aucun réfugié arrivé en Sicile.

Il choisit de snober et d’humilier le gouvernement de Gentiloni, contribuant à sa chute. En revanche, depuis que Matteo Salvini est au pouvoir, la coopération avec l’Italie fonctionne beaucoup mieux ! La France prend sa part des migrants qui arrivent par bateaux, ce qui n’arrivait pas auparavant.

Mais en quoi serait-il également complice de Viktor Orbán ?

Je ne sais pas s’il l’a bien mesuré, mais Emmanuel Macron vient de  fournir à Orbán une arme de poids en donnant son feu vert à un amendement de la loi asile et immigration qui permet d’appliquer à Mayotte un droit de la nationalité différent de celui qui s’applique au reste de la France, fondé sur le fait qu’il y existe des migrations importantes. Dorénavant, un enfant né à Mayotte de parents étrangers ne pourra devenir français à partir de 13 ans qu’à la condition de prouver qu’un de ses parents était en situation régulière à sa naissance.

Le Conseil d’Etat a soutenu ce projet, le Conseil constitutionnel a donné son aval à ce droit spécial qui rompt avec le principe de l’indivisibilité de la République et instaure une discrimination entre enfants nés en France. Le pays indique ainsi officiellement qu’il est justifié de modifier son droit de la nationalité en raison de flux migratoires, même si leur impact ne peut se mesurer que treize ans après.

Voilà qui sert, sur un plateau, un argument juridique à Orbán qu’il ne devrait pas manquer d’utiliser. Jusqu’ici, pour refuser d’accueillir des migrants, la Hongrie avait fait appel à des arguments racistes comme celui de l’identité culturelle. En vain. Désormais, étant donné que le droit de la nationalité fait partie de la compétence souveraine des Etats de l’Union, le Premier ministre hongrois pourra faire valoir l’impact de cette mesure sur la nationalité, domaine de sa souveraineté. Orbán peut dire merci à Macron !

La France a reçu plus de 100.000 demandes d’asile en 2017, un record…

Cette augmentation est liée à la politique absurde et arrogante à l’encontre de notre voisin transalpin. Lorsqu’il défendait l’espace Schengen, Charles Pasqua avait en tête notre situation géographique : la seule politique d’immigration efficace et respectueuse des droits humains est celle de la coopération active avec nos voisins européens. S’ils assurent les contrôles, il n’y a pas de crise migratoire en France… Or, l’humiliation qu’on a fait subir aux Italiens a provoqué leur « vengeance » : ils ont cessé de prendre les empreintes digitales des migrants qui arrivent chez eux afin de les laisser venir chez nous.

Concrètement, aujourd’hui, que faudrait-il faire ?

D’abord remettre la politique européenne de l’asile sur ses pieds. Proposer une coopération avec les pays qui font face à des afflux. Et si l’on doit prendre des mesures de relocalisation forcée ailleurs en Europe, faire appel au reste du monde. Quand, en 2015, la Grèce et l’Italie ont fait face à des flux massifs, il a fallu demander la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, exiger la solidarité des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Australie… Bref, de tous ceux qui étaient intervenus en Irak. L’Union européenne ne peut pas continuer d’être un géant humanitaire et un nain politique.

Ensuite, regarder la réalité en face. L’Europe n’est pas menacée d’invasion, ça c’est du délire. Mais la régulation des millions de migrants qui souhaiteraient la rejoindre n’est pas déterminée principalement par la démographie ou l’économie, mais par des politiques de contrôle strict des frontières et par des accords peu honorables avec la Turquie ou des pays du Sud de la Méditerranée.

Il faut rester fidèle à nos valeurs : accueillir les réfugiés, les familles, ainsi que des travailleurs. Mais il ne faut pas laisser tomber les autres migrants. Quand le réchauffement terrestre touchera l’Afrique davantage encore qu’aujourd’hui, que des dizaines de millions de jeunes en mourront, l’Europe mourra, elle, moralement, de n’avoir rien fait.

Il nous faut radicalement changer nos politiques d’aide à nos frères humains africains. Se donner comme priorités l’éducation des enfants, les libertés individuelles et politiques, l’éradication de la corruption. Et, en matière de migration, favoriser les allers-retours de l’élite que nous formons et leur impact sur place.

Propos recueillis par Carole Barjon et Timothée Vilars

Poster un commentaire

[LDH] Pétition : « À Idleb, ne devenez pas les Ponce Pilate du massacre des Syriens »

Pétition signée par la Ligue des droits de l’Homme

Le 7 septembre 2018 à Téhéran, lors de la rencontre tripartite avec la Turquie, V. Poutine et H. Rohani ont considéré qu’Idleb, dernière grande enclave rebelle, doit retourner dans le giron du régime syrien. Cela laisse présager le scénario tant redouté d’une catastrophe humanitaire.

Russes et Iraniens avancent leurs pions en encerclant la région. Comme pour signifier qu’ils écartent une solution diplomatique, l’aviation russe frappait la province d’Idleb au moment même de la réunion.

Washington, Paris et Londres n’envisagent d’intervenir qu’en cas d’usage d’armes chimiques, ce que Vladimir Poutine et Bachar Al Assad comprennent comme un permis de massacrer les populations à l’aide d’armes conventionnelles, de privation de nourriture et de bombardements de barils de poudre.

Les démocraties vont-elles dépasser leur habituelle pusillanimité sur la Syrie ?

Une offensive sur la région d’Idleb du régime et de son allié russe ne peut que générer des centaines de milliers de réfugiés. Selon l’ambassadeur français à l’ONU, cela représente une « bombe à retardement humanitaire et migratoire » et les « évacuations forcées » sont contraires au Droit International.

S’ils laissent commettre demain à Idleb l’éradication des rebelles modérés et de leurs familles, que diront les dirigeants des grandes puissances démocratiques aux Syriens qui, par colère, dépit et désespoir, risquent de se détourner des valeurs du printemps syrien 2011 pour s’engager vers le fanatisme et l’obscurantisme ?

Texte complet : http://cpsld.free.fr/APPELS/Syrie_Idleb_Appel.pdf

Organisations : Collectif pour une Syrie libre et démocratique (CPSLD) ; Syriens chrétiens pour la paix (SCP) ; Mémorial 98 ; Ensemble ! ; Europe écologie Les Verts (EELV) ; Comsyr ; Collectif des amis d’Alep ; Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Signer la pétition

Poster un commentaire