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[LDH] Fwd: Lettre ouverte de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : « Reconnaître l’Etat de Palestine »

Monsieur le Président, il est temps de reconnaître l’Etat de Palestine

Lettre ouverte de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont la LDH est membre

Monsieur le Président de la République,

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a récemment annoncé son intention de consulter ses partenaires européens pour aboutir à une position commune européenne sur la reconnaissance de la Palestine. Si cette démarche échouait, l’Espagne pourrait reconnaître la Palestine de son côté.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères a exprimé une position similaire en indiquant que si les négociations de paix entre la Palestine et Israël demeuraient dans l’impasse alors l’Irlande reconnaîtrait l’Etat de Palestine. Il a également sous-entendu que d’autres pays européens pourraient adopter la même attitude.

La France devrait soutenir l’initiative espagnole et s’engager à reconnaître l’Etat de Palestine quelle que soit l’issue des consultations. Comme le déclarait Jean Asselborn en janvier 2018, « si la France reconnaissait la Palestine, d’autres États la suivraient, y compris le Luxembourg ». Le même positionnement a été observé dans d’autres pays comme la Belgique et la Slovénie. Au Royaume-Uni, le Labour Party s’est engagé à reconnaître l’Etat de Palestine s’il revient au pouvoir.

Par leur parti-pris systématique de soutien à la politique du gouvernement de B. Netanyahou, les Etats-Unis prouvent qu’ils ne peuvent en aucun cas être une référence sérieuse dans la recherche d’une solution juste à la question de Palestine. En effet, le déménagement de l’ambassade à Jérusalem reconnue par Donald Trump comme capitale d’Israël, la volonté d’annihilation de l’UNRWA et des réfugiés palestiniens, l’arrêt de la participation au financement des hôpitaux palestiniens de Jérusalem, la fermeture de la mission de Palestine à New York ou encore le départ de l’Unesco et du Conseil des droits de l’Homme ainsi que la volonté d’en finir avec la Cour pénale internationale, sont autant de mesures obéissant aux positions israéliennes et imposant un état de fait au lieu de poser les fondements d’un règlement négocié basé sur l’application du droit international.

Il n’y a pas de « plan du siècle » américain et en l’absence d’autres perspectives, c’est maintenant que la France doit s’imposer comme une alternative crédible à la « médiation » américaine. A la tribune des Nations unies, vous venez d’affirmer la primauté du droit et de la justice. L’État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale est un premier pas nécessaire en ce sens.

Enfin, en reconnaissant l’Etat de Palestine, Monsieur le Président, vous accéderez également aux demandes formulées dans les résolutions de l’Assemblée nationale et du Sénat adoptées les 2 et 11 décembre 2014.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

Paris, le 15 octobre 2018

Claude LEOSTIC, présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ; André BARTHELEMY, président d’honneur d’Agir ensemble pour les droits de l’Homme ; Catherine BILLET, déléguée Générale Pax Christi France ; Me Maurice BUTTIN, président du Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPR PO) ; Lucien CHAMPENOIS, vice-président de l’association « Pour Jérusalem » ; Hubert DELAUNAY, président du Comité Palestine Israël Châteaubriant ; Christophe DELTOMBE, président de La Cimade ; Haydar DEMIRYUREK et Hélène MILLET, coprésident-e-s du Groupe d’amitié islamo chrétienne (GAIC) ; Josette GAZZANIGA, présidente du Mouvement international de réconciliation (MIR) ; Bertrand HEILBRONN, président de l’Association France Palestine solidarité (AFPS) ; Patrick LE HYARIC, président de l’Association de jumelage entre les villes françaises et les camps de réfugiés palestiniens (AJPF) ; Renée LE MIGNOT, co-présidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) ; Roland LOMBARD, président du Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les universités palestiniennes (CICUP) ; Danielle MOREAU et Marie YOUAKIM, co-présidentes de Ritimo ; Joseph OESTERLE, président de l’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP) ; Perrine OLFF-RASTEGAR, collectif Judéo Arabe et citoyen pour la Palestine ; Emmanuel POILANE, président du Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID) ; Malik SALEMKOUR, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Pierre STAMBUL, co-président de l’Union Juive française pour la paix (UJFP)

Télécharger la lettre ouverte au format PDF et la fiche-contexte

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[LDH] Appel et pétition pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace

Appel et pétition de plusieurs personnalités et organisations, signée par la Ligue des droits de l’Homme

« Si vous avez le droit de diviser le monde entre italien.ne.s et étranger-ère-s, alors je dirai que je n’ai pas de Patrie et je réclame le droit de diviser le monde entre déshérité-e-s et opprimé-e-s d’un côté, privilégiés et oppresseurs de l’autre. Les un-e-s sont ma patrie, les autres mes étrangers » (Don Milani, 1965)

Signez vous aussi la pétition !

Accusé d’avoir « favorisé l’immigration clandestine » le maire de Riace (Calabre, Italie) est aux arrêts domiciliaires depuis le 2 octobre. Il s’agit d’une arrestation en représailles à l’action courageuse de Mimmo Lucano, surnommé le « maire de l’accueil », qui s’était mis cet été en grève de la faim pour protester contre la politique migratoire inhumaine du gouvernement italien. Sa seule faute : avoir su mettre en place dans sa commune un système d’accueil qui fonctionne. Il a non seulement permis d’offrir à des femmes et des hommes fuyant la guerre et la misère des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi à la population locale en créant des emplois (médiateurs-trices culturels, enseignant-e-s etc…), et en promouvant des formation inédites (laboratoires artisanaux, fermes pédagogiques). Une réussite dans un territoire connu pour ses mafias et son chômage. C’est cet exemple courageux que le gouvernement italien veut punir. Mimmo Lucano a pu en effet faire la preuve que l’accueil des migrant.e.s pouvait se conjuguer avec le dialogue et le bien être d’une communauté tout entière. Il est pour cela depuis quelques années sur la liste noire de tous les partis et mouvements qui entendent faire de la peur de l’autre et de la répression contre les migrant.e.s leur fonds de commerce politique.


L’Italie vit un moment très grave : les propos particulièrement choquants que tiennent régulièrement le principal parti de gouvernement, la Lega et le vice-premier ministre Matteo Salvini lèvent les tabous et libèrent les venins les plus abominables : le racisme et la haine. Dans le sud de l’Italie, l’exploitation éhontée des migrant.e.s fait les affaires d’une poignée de propriétaires terriens, vrais négriers, de nationalité italienne pour la plupart. En garantissant aux migrant.e.s des conditions de travail et de vie décentes, Mimmo Lucano prend le contrepied de cette exploitation. Il les protège des nombreuses tragédies – mort de douzaines d’immigré.e.s sur les routes durant le transport du travail aux camps où ils-elles sont entassés – qui ont marqué l’été. C’est un acte de solidarité.


C’est pourquoi, la décision de justice contre Mimmo Lucano instaure de fait un nouveau délit, le délit de solidarité.
Face à l’offensive déclenchée par le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini contre les migrant-e-s, les pauvres et celles et ceux qui les soutiennent, nous dénonçons cette arrestation et affirmons publiquement notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui, comme Mimmo Lucano, sont entrés en lutte, ou s’apprêtent à le faire.


Nous apportons notre soutien à Mimmo Lucano, à sa famille et à la population de sa commune, face à l’acharnement d’un gouvernement de la haine qui fait de la peur de l’autre son fonds de commerce politique.


Parce que nous nous reconnaissons dans les valeurs des droits humains.
Parce que nous défendons un Etat de droit, fondé sur l’indépendance de la justice.
Parce que nous sommes pour plus de solidarité, de démocratie, plus d’égalité et de justice sociale.
Parce que nous sommes du côté de celles et ceux qui défendent l’universalité des droits sociaux et civils.
Parce que nous sommes solidaires avec celles et ceux qui fuient les guerres, la misère et les catastrophes climatiques.
Nous sommes du côté de Mimmo Lucano et nous demandons sa remise en liberté immédiate.
#MimmoLucanolibre

Signez vous aussi la pétition !

Lire le communiqué LDHParis, le 10 octobre 2018

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Une pétition pour sauver l’Aquarius

Déjà signée par 250 000 personnes, la pétition en faveur de l’Aquarius a besoin d’un soutien plus important encore face à l’immobilisme politique. Dernier navire de sauvetage en Méditerranée centrale, l’Aquarius a sauvé des centaines de vies. La pétition exhorte les Etats à « prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite mener sa mission vitale de sauvetage; respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer; assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée ».

La pétition

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Patrick Weil : « Sur les migrants, Macron est complice d’Orbán et Salvini Nouvel Obs

A quelques mois des élections européennes, Emmanuel Macron tente d’imposer ses vues sur la question migratoire qui divise à gauche et à droite. Au-delà des postures, qu’en est-il de la politique menée ?

Chercheur au CNRS, enseignant à l’université de Yale, Patrick Weil est spécialiste de l’immigration et du droit de la nationalité. Il est également l’auteur de « Question de Laicité » (Bibliothèques sans Frontières/Michel Lafon, 2018). Interview.

Emmanuel Macron se veut le chef de file des « progressistes » contre les populistes italiens et hongrois. Viktor Orbán lui a même accolé le titre de « leader des partis promigrants » alors que sa politique migratoire est loin d’être laxiste. Fait-il là encore du « en même temps » ?

Le président Macron tente d’apparaître comme l’opposant numéro un à Orbán et Salvini, alors qu’il agit en complicité avec eux. C’est une opposition de façade, mise en scène, à l’approche des élections européennes, pour prendre Angela Merkel en sandwich.

Qu’entendez-vous par « mise en scène » ?

Le 2 janvier 2017, alors en campagne, Emmanuel Macron s’était indigné que la France ne soit pas venue en aide aux Italiens, confrontés aux arrivées de réfugiés en Sicile. Mais une fois au pouvoir, au lieu de proposer au gouvernement de centre gauche italien la solidarité de la France, la première chose qu’il fait, c’est d’agir seul en Libye en allant y chercher quelques dizaines de réfugiés au sud, sans accueillir aucun réfugié arrivé en Sicile.

Il choisit de snober et d’humilier le gouvernement de Gentiloni, contribuant à sa chute. En revanche, depuis que Matteo Salvini est au pouvoir, la coopération avec l’Italie fonctionne beaucoup mieux ! La France prend sa part des migrants qui arrivent par bateaux, ce qui n’arrivait pas auparavant.

Mais en quoi serait-il également complice de Viktor Orbán ?

Je ne sais pas s’il l’a bien mesuré, mais Emmanuel Macron vient de  fournir à Orbán une arme de poids en donnant son feu vert à un amendement de la loi asile et immigration qui permet d’appliquer à Mayotte un droit de la nationalité différent de celui qui s’applique au reste de la France, fondé sur le fait qu’il y existe des migrations importantes. Dorénavant, un enfant né à Mayotte de parents étrangers ne pourra devenir français à partir de 13 ans qu’à la condition de prouver qu’un de ses parents était en situation régulière à sa naissance.

Le Conseil d’Etat a soutenu ce projet, le Conseil constitutionnel a donné son aval à ce droit spécial qui rompt avec le principe de l’indivisibilité de la République et instaure une discrimination entre enfants nés en France. Le pays indique ainsi officiellement qu’il est justifié de modifier son droit de la nationalité en raison de flux migratoires, même si leur impact ne peut se mesurer que treize ans après.

Voilà qui sert, sur un plateau, un argument juridique à Orbán qu’il ne devrait pas manquer d’utiliser. Jusqu’ici, pour refuser d’accueillir des migrants, la Hongrie avait fait appel à des arguments racistes comme celui de l’identité culturelle. En vain. Désormais, étant donné que le droit de la nationalité fait partie de la compétence souveraine des Etats de l’Union, le Premier ministre hongrois pourra faire valoir l’impact de cette mesure sur la nationalité, domaine de sa souveraineté. Orbán peut dire merci à Macron !

La France a reçu plus de 100.000 demandes d’asile en 2017, un record…

Cette augmentation est liée à la politique absurde et arrogante à l’encontre de notre voisin transalpin. Lorsqu’il défendait l’espace Schengen, Charles Pasqua avait en tête notre situation géographique : la seule politique d’immigration efficace et respectueuse des droits humains est celle de la coopération active avec nos voisins européens. S’ils assurent les contrôles, il n’y a pas de crise migratoire en France… Or, l’humiliation qu’on a fait subir aux Italiens a provoqué leur « vengeance » : ils ont cessé de prendre les empreintes digitales des migrants qui arrivent chez eux afin de les laisser venir chez nous.

Concrètement, aujourd’hui, que faudrait-il faire ?

D’abord remettre la politique européenne de l’asile sur ses pieds. Proposer une coopération avec les pays qui font face à des afflux. Et si l’on doit prendre des mesures de relocalisation forcée ailleurs en Europe, faire appel au reste du monde. Quand, en 2015, la Grèce et l’Italie ont fait face à des flux massifs, il a fallu demander la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, exiger la solidarité des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Australie… Bref, de tous ceux qui étaient intervenus en Irak. L’Union européenne ne peut pas continuer d’être un géant humanitaire et un nain politique.

Ensuite, regarder la réalité en face. L’Europe n’est pas menacée d’invasion, ça c’est du délire. Mais la régulation des millions de migrants qui souhaiteraient la rejoindre n’est pas déterminée principalement par la démographie ou l’économie, mais par des politiques de contrôle strict des frontières et par des accords peu honorables avec la Turquie ou des pays du Sud de la Méditerranée.

Il faut rester fidèle à nos valeurs : accueillir les réfugiés, les familles, ainsi que des travailleurs. Mais il ne faut pas laisser tomber les autres migrants. Quand le réchauffement terrestre touchera l’Afrique davantage encore qu’aujourd’hui, que des dizaines de millions de jeunes en mourront, l’Europe mourra, elle, moralement, de n’avoir rien fait.

Il nous faut radicalement changer nos politiques d’aide à nos frères humains africains. Se donner comme priorités l’éducation des enfants, les libertés individuelles et politiques, l’éradication de la corruption. Et, en matière de migration, favoriser les allers-retours de l’élite que nous formons et leur impact sur place.

Propos recueillis par Carole Barjon et Timothée Vilars

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[LDH] Pétition : « À Idleb, ne devenez pas les Ponce Pilate du massacre des Syriens »

Pétition signée par la Ligue des droits de l’Homme

Le 7 septembre 2018 à Téhéran, lors de la rencontre tripartite avec la Turquie, V. Poutine et H. Rohani ont considéré qu’Idleb, dernière grande enclave rebelle, doit retourner dans le giron du régime syrien. Cela laisse présager le scénario tant redouté d’une catastrophe humanitaire.

Russes et Iraniens avancent leurs pions en encerclant la région. Comme pour signifier qu’ils écartent une solution diplomatique, l’aviation russe frappait la province d’Idleb au moment même de la réunion.

Washington, Paris et Londres n’envisagent d’intervenir qu’en cas d’usage d’armes chimiques, ce que Vladimir Poutine et Bachar Al Assad comprennent comme un permis de massacrer les populations à l’aide d’armes conventionnelles, de privation de nourriture et de bombardements de barils de poudre.

Les démocraties vont-elles dépasser leur habituelle pusillanimité sur la Syrie ?

Une offensive sur la région d’Idleb du régime et de son allié russe ne peut que générer des centaines de milliers de réfugiés. Selon l’ambassadeur français à l’ONU, cela représente une « bombe à retardement humanitaire et migratoire » et les « évacuations forcées » sont contraires au Droit International.

S’ils laissent commettre demain à Idleb l’éradication des rebelles modérés et de leurs familles, que diront les dirigeants des grandes puissances démocratiques aux Syriens qui, par colère, dépit et désespoir, risquent de se détourner des valeurs du printemps syrien 2011 pour s’engager vers le fanatisme et l’obscurantisme ?

Texte complet : http://cpsld.free.fr/APPELS/Syrie_Idleb_Appel.pdf

Organisations : Collectif pour une Syrie libre et démocratique (CPSLD) ; Syriens chrétiens pour la paix (SCP) ; Mémorial 98 ; Ensemble ! ; Europe écologie Les Verts (EELV) ; Comsyr ; Collectif des amis d’Alep ; Ligue des droits de l’Homme (LDH)

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[LDH] Communiqué LDH : « La France doit accueillir l’Aquarius »

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

La Ligue des droits de l’Homme dénonce le refus du gouvernement français d’accueillir le bateau « Aquarius » avec, à son bord, ses cinquante-huit personnes recueillies au large de la Libye.

Elle demande de répondre d’urgence positivement à l’appel du président de SOS Méditerranée pour un accueil humanitaire exceptionnel, et d’accepter qu’accoste ce navire de sauvetage en mer avec ses naufragés.

Face à l’urgence humanitaire, la France se doit d’être à la hauteur de ses valeurs de fraternité et de solidarité.

Paris, le 25 septembre 2018

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Pilotage par les résultats : qu’en disent les enseignants ?

Après deux tentatives avortées, les enseignants français vivent la troisième tentative de faire entrer le pilotage par les résultats dans l’école française grâce aux évaluations nationales. Ces tentatives infructueuses expliquent le retard français par rapport à un mode de pilotage qui s’est répandu il y a 20 ans dans de nombreux pays développés. Comment les enseignants de ces pays vivent-ils cette forme de pilotage ? Dans la Revue française de pédagogie (n°198),  Gonzague Yerly (HEP Fribourg) et Christian Maroy (Université de Montréal) enquêtent auprès d’une cinquantaine d’enseignants de 4 systèmes éducatifs différents. Ils montrent leur attitude ambivalente vis à vis de ce pilotage. S’il n’est pas totalement rejeté, notamment les objectifs affichés de la réussite des élèves, ses effets réels sont vivement critiqués. Dès qu’il descend du rayon des principes pour arriver en classe, le pilotage par les résultats déçoit et perd de sa légitimité aux yeux de ces enseignants.

 » La gouvernance par les résultats est-elle un mode de régulation de l’école légitime aux yeux des enseignants ? » Pour les politiques la question ne se pose plus. Dans de nombreux pays ils ont imposé au tournant du XXIème siècle ce mode de gouvernance. Gonzague Yerly  et Christian Maroy ont interrogé des enseignants de 4 de ces pays (ou provinces) : Belgique francophone, Ontario, Québec et Suisse romande. Dans ces 4 système éducatifs on a installé des évaluations externes des acquis des élèves qui servent aussi à évaluer les personnels, des programmes à suivre, des cibles de réussite à atteindre par les écoles et des mesures de suivi qui diffèrent d’une région à l’autre. On attend des enseignants qu’ils prennent connaissances des résultats des élèves et qu’ils ajustent leurs pratiques pour atteindre les performances attendues. La mise en oeuvre de cette politique est perçue différemment selon les pays, notamment sur la publication ou non des résultats et les moyens ciblés en fonction des tests.

Les limites des évaluations

Selon Gonzague Yerly  et Christian Maroy, l’attitude des enseignants est partout ambivalente,  » certains éléments des politiques étant souvent à la fois acceptés et rejetés par le même enseignant ». Après deux décennies d’utilisation,  » si les enseignants reconnaissent les bienfaits proclamés des politiques de gestion par les résultats sur le système, ils mettent en doute leurs effets réels sur l’amélioration de la réussite effective des élèves. Les enseignants interrogés ne voient que peu de bénéfices positifs pour les élèves ».

« Les enseignants soulèvent en effet fortement les limites des examens standardisés et externes comme des moyens valides et/ou uniques pour évaluer la réussite des élèves et/ou la performance d’une école (ou de l’École en général) », expliquent Maroy et Yerli. « D’abord, pour certains enseignants, la réussite ne se limite pas à la réussite scolaire et dès lors on ne peut se limiter aux résultats quantifiés des évaluations externes pour juger de la réussite d’un élève en particulier ou du système en général. Ces résultats sont donc incomplets car ils ne portent que sur une partie de la mission de l’école. Aussi, la standardisation et l’uniformisation effective de l’évaluation externe restent limitées, car cette dernière est biaisée dans sa mise en oeuvre par les variations concrètes des conditions de la passation des examens ou de leur correction. Les enseignants relèvent également dans tous les contextes (mais surtout au Québec et en Belgique) la qualité pédagogique limitée des épreuves externes. Ils remettent en doute leur pertinence en termes d’évaluation des apprentissages des élèves… Surtout, pour eux, elles sont souvent trop éloignées des pratiques d’évaluation en classe. L’évaluation faite par les enseignants en classe permettrait, selon eux, de mieux cerner les acquis des élèves et de cerner ce qu’il y a lieu de faire pour améliorer leurs apprentissages ».

Le rejet de l’obligation de résultats

Les enseignants rejettent aussi l’obligation de résultats imposés par ce pilotage. Ils critiquent l’idée même de tests identiques pour des écoles aussi différentes. Ils dénoncent aussi le « teaching for the test » et les tricheries qu’entraine ce genre de pilotage. Enfin, « si les enseignants acceptent de devoir se conformer en termes de pratiques, ils rejettent par contre le fait d’être contrôlés ou évalués sur la base des résultats des élèves. Ils remettent en cause une (trop grande) responsabilisation dans la réussite et les résultats des élèves. En d’autres mots, ils trouvent qu’une « obligation de résultats » est injuste ».

Alors que l’Education nationale tente , avec les évaluations nationales, d’entrer dans ce type de pilotage avec 20 ans de retard sur les autres pays, il n’apparait toujours pas légitime aux yeux des enseignants qui le subissent depuis 20 ans et n’y trouvent pas la confirmation des valeurs pour lesquels ils font ce métier.

Gonzague Yerly et Christian Maroy, La gouvernance par les résultats est-elle un mode de régulation de l’école légitime aux yeux des enseignants ? Une enquête qualitative dans 4 systèmes scolaires,  Revue française de pédagogie, n°198, 2018.

La revue

C Maroy : Où en est le métier d’enseignant ?

Evaluations au primaire : leçons d’histoire

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Les Moocs ne tiennent pas leurs promesses

Incroyable ! …..on ne s’y attendait pas du tout…pfff encore une mode à la con, un techno-miracle inutile.

« Les Moocs peuvent apparaitre comme une promesse non tenue », assure une tribune sur la Harvard Business Review. L’article souligne que la moitié des utilisateurs n’a pas l’impression d’avoir appris quelque chose. Il critique aussi la faible accessibilité des Moocs ainsi que leur faible qualité pédagogique.

Sur HBR France

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Etats Unis : des armes pour les enseignants

Selon TES, la ministre de l’éducation des Etats-Unis, Betsy DeVos, envisage l’achat d’armes pour les enseignants. Elle suit les recommandations de D. Trump qui avait tweeté qu’armer les professeurs serait une réponse aux attaques d’école. B DeVOs souhaite utiliser un fond fédéral , le Student Support and Academic Enrichment, pour financer ces achats. Pour le président du syndicat d’enseignants American Federation of Teachers, Randi Weingarten, cette mesure est « folle ».

 

Sur TES

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Communiqué FSU Halte au blocus de Gaza : la Flottille de la liberté doit passer !

Communiqué FSU

Les Lilas le 2 août 2018

Halte au blocus de Gaza : la Flottille de la liberté doit passer !

Ce dimanche 29 juillet, l’Awda, navire amiral de la flottille partie cette année de Suède et de Norvège, a été intercepté par la marine israélienne, et détourné vers le port israélien d’Ashdod. Son équipage et ses passagers ont été arrêtés et sont actuellement détenus en Israël.

Après Salah Hamouri détenu sans procès depuis de nombreux mois, c’est Sarah Katz, membre de l’équipage de l’Awda, citoyenne française également, qui a été emprisonnée en Israël, et depuis peu libérée. Pour ces deux situations, le silence du gouvernement est assourdissant et la protection consulaire absente.

La Flottille doit passer. l’Awda doit être restituée pour pouvoir aller à Gaza, et son équipage et ses passagers doivent être libérés.

Et la « Freedom », le voilier qui va la suivre dans quelques heures, ne doit pas faire l’objet d’un acte similaire.

La FSU, membre du collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, demande au gouvernement français d’agir dans ce sens, de toute urgence et publiquement, en prélude à une indispensable intervention, ferme et assortie de sanctions, pour la levée du blocus de Gaza.

Le gouvernement français doit agir pour que cesse le scandale que constitue ce blocus.

Il est temps que la communauté internationale s’exprime avec force et rappelle Israël à ses devoirs. Elle ne doit pas laisser indéfiniment son gouvernement et son armée agir et violer le droit international en toute impunité. Cela passe aussi par l’arrêt de toute coopération économique jusqu’à ce qu’Israël respecte enfin le droit international et s’y soumette.

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Communiqué LDH : « Loi asile immigration, il est encore temps d’écouter la société civile »

Loi asile immigration, il est encore temps d’écouter la société civile

Communiqué LDH

Après son examen par le Sénat le projet de loi asile immigration vient de repasser à l’Assemblée nationale. Il a été confirmé par 43 votes favorables, avec 77 présents sur 577 députés. Visiblement, au sein même de la majorité parlementaire, il convainc de moins en moins. Et pour cause, il est condamné par l’ensemble du monde associatif engagé sur ces questions. Il s’est attiré de sévères critiques de toutes les instances compétentes consultées, Défenseur des droits, Commission nationale consultative des droits de l’Homme, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté…

Il réduit encore l’accès réel au droit d’asile comme au droit au séjour, porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale, au droit à l’hébergement, généralise les possibilités d’enfermement de personnes n’ayant commis aucun délit.

Il ignore les vrais problèmes, notamment le drame du refus de l’accès à la demande d’asile qui cause des milliers de morts chaque année en Méditerranée. Il nie tout l’apport des migrants à notre société en jouant sur la peur et l’ignorance.

Les Etats généraux des migrations regroupant plus de 500 associations nationales et locales dans toute la France ont travaillé à l’élaboration de propositions pour une politique de l’asile et de l’immigration respectueuse des droits de l’Homme, partant des réalités et non des fantasmes xénophobes. Cette démarche, comme ces propositions, ont été malheureusement jusqu’ici totalement ignorées.

Aussi, nous demandons solennellement au gouvernement de prendre enfin le temps d’un dialogue réel avec la société civile.

Paris, le 30 juillet 2018

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Etats-Unis : une décision de la Cour suprème contre les syndicats enseignants

« C’est un jour noir pour la jurisprudence américaine.. C’est une attaque politique contre les travailleurs américains en faveur des plus riches et des plus puissants ». Le syndicat AFT, un syndicat enseignant, ne décolère pas contre la décision de la Cour suprème. Alors que dans plusieurs états les syndicats ont obtenu par la grève des hausses de salaire significatives, la Cour tente de mettre fin au mouvement. Pour cela elle veut affaiblir les syndicats. Dans un nouvel arrêt, elle interdit la pratique du fair share : les salariés non syndiqués qui bénéficient d’un accrod obtenu par un syndicat doivent lui verser une taxe. Cet accord pousse à une syndicalisation importante :70% des professeurs américains sont salariés. En incitant les enseignants à ne pas se syndiaquer la Cour souhaite visiblement les affaiblir.

 

Arret de la Cour

Position de l’AFT

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Communiqué EuroMed Droits « Méditerranée: chaque jour qui passe, ce sont des morts en plus et un peu moins d’humanité ici « 

Ci-dessous un communiqué d’EuroMed Droits dont est membre la LDH

Communiqué de presse

Méditerranée: chaque jour qui passe, ce sont des morts en plus et un peu moins d’humanité ici 

Bruxelles, le 15 juin 2018

Le cynisme ne fait pas une politique.

Le sort tragique des personnes recueillies par l’Aquarius témoigne du cynisme d’une Union Européenne qui a perdu jusqu’au sens des valeurs sur lesquelles elle prétend se fonder.

Si les autorités italiennes ont, les premières, oublié leurs devoirs en demandant à SOS Méditerranée de procéder au sauvetage tout en refusant l’accès à ses ports, l’attitude de la France est tout aussi critiquable. En ne proposant aucun accueil et en fermant ses frontières avec l’Italie, au point de transformer toute une région en zone de non droit pour les étrangers, les autorités françaises n’ont aucun titre à donner des leçons à quiconque.

En autorisant l’accès des réfugiés à ses ports, l’Espagne a, certes, permis de mettre fin à l’errance dangereuse de 629 femmes, hommes et enfants mais cette décision ne règle rien : aujourd’hui même ce sont 41 personnes qui sont bloquées sur un bateau de la marine américaine devant le refus renouvelé des autorités italiennes de les accueillir.

C’est bien la politique européenne, ou plutôt l’absence de politique européenne d’asile qui est la cause de ces situations inadmissibles.

L’insupportable jeu de ping-pong entre les gouvernements européens doit cesser.

Chaque jour qui passe, ce sont des morts en plus et un peu moins d’humanité ici.

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OCDE : la France, le pays qui garde ses professeurs qualifiés pour les élèves favorisés

« Toute politique éducative est une politique d’enseignants ». L’OCDE publie le 11 juin un nouveau volume tiré des résultats de PISA 2015 sur les politiques enseignantes. L’organisation internationale montre du doigt la France pour l’inégalité criante entre lycées défavorisés et favorisés en ce qui concerne le niveau de qualification des enseignants. Selon l’OCDE les premiers ne compteraient que 20% d’enseignants « pleinement certifiés » contre 92% chez les seconds. Un chiffre contestable mais qui va d’autant plus renforcer la remise en cause du mode d’affectation des enseignants que l’organisation estime que plus d’autonomie des établissements entraine plus d’équité.  Au delà de ces prises de position, l’OCDE montre aussi que des systèmes éducatifs centralisés peuvent aussi avoir une gestion équitable des enseignants. A condition d’y mettre le prix et de le vouloir…

Une formation des enseignants à améliorer

Quelles politiques enseignantes trouve-t-on dans les systèmes éducatifs les plus performants ? Quelles politiques permettent plus d’équité pour les élèves ? Comment rendre le métier enseignant plus attractif ? Sous le titre « Des politiques enseignantes efficaces », l’OCDE publie un nouveau volume tiré des résultats de PISA 2015 qui apporte un éclairage nouveau sur les inégalités scolaires en France et aussi sur les politiques à mener pour y remédier.

Car la France fait bien partie pour l’OCDE des mauvais élèves. D’abord parce que, c’est connu, nous avons un des systèmes éducatifs les plus inégaux socialement. Mais aussi , c’est nouveau, pour sa formation et sa distribution des enseignants.

Pour mettre cela en évidence l’OCDE a fait des choix statistiques qu’il faut connaitre pour bien comprendre les résultats. L’organisation sélectionne dans PISA le quart des lycéens les plus défavorisés et les plus favorisés. Ce choix exclut les élèves les plus faibles et les plus défavorisés qui à 15 ans sont collégiens. Dans le quart défavorisé on va trouver de nombreux lycées professionnels et chez les favorisés de nombreux lycées privés. Disons plus de la moitié dans le premier cas et les 4 cinquièmes dans le second.

Première remarque de l’OCDE : les systèmes éducatifs performants ont des enseignants ayant eu de longs stages pratiques de formation initiale. Ils ont ensuite eu une formation continue importante et basée sur les besoins des enseignants. Dans ces systèmes, l’évaluation des enseignants est directement liée à la formation continue.

Voilà trois domaines où la France est mal placée. Jusqu’en 2013 les stages pratiques avaient disparu  en grande partie de la formation initiale. L’OCDE note quand même que ces stages varient selon les pays de 20 jours (au Japon) à 2 ans en Allemagne. La formation initiale des enseignants varie de 4 ans, cas le plus fréquent, à 7 ans (en Allemagne).

C’est pas mieux pour la formation continue qui est plus rare en France qu’ailleurs et très rarement liée aux attentes des enseignants, ne serait ce que parce qu’elle tombe du ciel. Enfin l’évaluation des enseignants est indépendante de la formation.

De criantes inégalités dans la répartition des enseignants mais des données à relativiser


On en arrive à la révélation la plus importante de cette étude OCDE : l’inégalité de répartition des enseignants. A en croire l’OCDE les établissements défavorisés français ne comptent que 20% d’enseignants « pleinement certifiés » contre 92% dans les établissements favorisés. Cet écart est le plus important de tous les pays membres de l’OCDE.

Ces chiffres sont à relativiser. L’OCDE compte comme professeur « pleinement qualifié » les certifiés et agrégés. Comme, en France, l’enseignement professionnel a sa propre catégorie d’enseignants et que les L.P. comptent pour plus de la moitié des élèves du quart le plus défavorisé, cela tire fortement vers le bas leur nombre. Mais cela reconnait aussi le choix français de ne pas mettre les mêmes enseignants en LP qu’ailleurs, comme si ces élèves là méritaient un corps spécial.

Si on regarde de plus près, 22% des professeurs de sciences enseignant dans les établissements défavorisés français n’ont aucun diplôme universitaire en sciences. Un élève sur cinq dans ces établissements a face à lui un professeur qui n’est pas qualifié. C’est un taux énorme qui tient compte de la présence massive des contractuels dans les lycées défavorisés. Ce taux est le double de celui des établissements favorisés où on compte de nombreux établissements privés qui eux aussi emploient de nombreux contractuels. Il y a donc bien en France  une inégalité criante dans la répartition des enseignants.

Il y a aussi tout ce que Pisa ne cherche pas à savoir. D’abord la présence effective des enseignants dans les établissements. On sait que le remplacement des enseignants est difficile dans les établissements défavorisés, particulièrement en sciences. Des mois d’enseignement sont perdus par les élèves pour cette raison.

On sait aussi qu’on va trouver dans ces établissements les enseignants les moins expérimentés et les plus récemment arrivés dans leur établissement. L’étude pointe d’ailleurs le turn over dans les établissements : pour l’OCDE les écoles qui ont les meilleurs résultats sont celles qui ont le taux de turn over le plus faible.

« Les inégalités observées en France s’expliquent en grande partie par les disparités d’accès à des enseignants expérimentés », dit-on à l’OCDE. Voilà une responsabilité qui incombe au ministère.

Comment améliorer cette situation ?

Ne rêvez pas ! L’Ocde ne reconnait qu’un rôle secondaire à la hausse salariale dans le recrutement des enseignants. Pour l’OCDE, la solution c’est l’autonomie des établissements. « Une autonomie accrue des établissements apporterait plus d’équité dans la répartition des enseignants ». L’affirmation repose sur des données qu’on peut retranscrire de façon moins péremptoire.  Ce que montrent les données OCDE, c’est que les chefs d’établissements déclarent que là où le chef d’établissement recrute directement les enseignants il y a moins de manque d’enseignants, quelque soit la qualité de celui-ci. Passer de cette déclaration à la prise de position sur l’autonomie est un peu tiré par les cheveux. Mais elle a un poids politique majeur.

On a malheureusement trop d’exemples de pays où l’augmentation de l’autonomie s’est accompagnée d’une dégradation de la qualité du recrutement des enseignants et du niveau scolaire des élèves pour souscrire à cet argument de l’OCDE. L’exemple de la Suède, le pays qui est allé le plus loin dans l’autonomie par une réforme jugée emblématique, est éclairant sur ces deux points. En donnant le pouvoir de recruter et payer les enseignants aux chefs d’établissement, la Suède a fait s’effondrer et le recrutement des professeurs et celui des chefs d’établissement, assommés de travail. Le niveau des élèves a aussi beaucoup baissé.

Mais c’est l’OCDE elle-même qui nous offre, avec honnêteté, l’exemple contraire avec le Japon et la Corée du Sud. Voilà deux pays où le système éducatif est centralisé comme le notre. Et pourtant les inégalités entre établissements sont faibles. Dans ces deux pays les enseignants sont contraints régulièrement de changer de poste. Tout le jeu consiste à les attirer dans les établissements défavorisés. En Corée on utilise des hausses de salaire, la promesse de classes plus petites, de services moins chargés ou encore des points donnant des passe  droits pour la promotion suivante. Autrement dit, l’objectif d’équité est reconnu et affirmé par l’Etat qui donne aux établissements défavorisés des avantages significatifs pour attirer les meilleurs enseignants.

Ces pistes sont explorées en France dans les établissements de l’éducation prioritaire avec une prime et une réduction du temps de service. Mais probablement à un niveau trop faible. Pour le moment la carrière des enseignants continue de se construire sur le seul jeu des mutations, un « bon » établissement récompensant une fin de carrière. L’OCDE estime qu’une prime importante peut inciter les enseignants à demander un poste dans un établissement défavorisé à l’image de ce qui s’est fait en Caroline du Nord (Etats-Unis) avec une prime de 1800 $. On sait que le président de la République a promis une prime de 3000 € en plus de la prime actuelle de 2000 € aux professeurs de Rep+. Mais la promesse tarde à s’incarner…

Pour l’OCDE la politique courante de réduction du nombre d’élèves dans les établissements défavorisés a beaucoup moins d’impact. Mais il est vrai que dans la plupart des pays de l’OCDE la différence de taille des classes entre favorisés et défavorisés est minime (24 à 28 élèves). Et ca concerne peu la France. Seuls le Japon et le Mexique dépassent la France pour le nombre d’élèves par classe dans tous les pays membres de l’OCDE.

Peut-on attirer des étudiants plus brillants vers l’enseignement ? L’étude OCDE montre qu’il y a un pourcentage de jeunes souhaitant devenir enseignants en baisse mais suffisant pour faire face aux besoins. Mais en France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, ce ne sont pas les meilleurs élèves. Leurs résultats sont en dessous de la moyenne du pays en maths et en français. Les pays où les salaires des enseignants sont plus élevés trouvent plus facilement à recruter des enseignants mais n’attirent pas forcément les meilleurs.

Quel impact sur la politique gouvernementale ?

« La plupart des pays pourraient faire mieux pour observer comment les enseignants sont affectés », dit l’OCDE.  « Cela veut dire pas seulement le nombre d’enseignants mais aussi leur qualification, leur expérience et leur efficacité. Beaucoup de systèmes éducatifs pourraient aussi faire plus pour répondre aux besoins des enseignants, particulièrement les nouveaux, dans les établissements défavorisés ».

Cette étude de l’OCDE va soutenir la politique gouvernementale. L’autonomie des établissements est vantée par JM Blanquer qui ne fait pas mystère de sa volonté de donner aux chefs d’établissement le pouvoir de recruter. La récente annonce de modification des concours de recrutement pourrait devenir la première étape d’une réforme de fond mettant fin au système d’affectation des néo enseignants sinon au statut des enseignants. L’affirmation que l’autonomie s’accompagne de davantage d’équité aura du mal à passer tellement elle semble fausse. Mais l’appui de l’OCDE sera précieux pour le ministre.

Mais l’étude OCDE comprend aussi des éléments plus délicats à insérer dans le programme gouvernemental. Pour l’OCDE pour trouver des enseignants de qualité il faut pouvoir leur offrir des conditions de travail de qualité. Cela va contre le caporalisme ambiant. L’OCDE estime qu’il faut encourager la formation demandée par les enseignants, et non imposée par en haut, alors que le ministère vient de d’imposer le contenu des formations des enseignants du premier degré. Il faudrait encourager le travail en réseau des enseignants alors que les restrictions de moyens mettent e péril ce qui existe dans l’éducation prioritaire.

On retiendra de l’étude ce qu’elle met en lumière des inégalités de répartition des enseignants , même si les données OCDE sont à relativiser pour les deux catégories de lycées. L’OCDE confirme ce que l’on sait : la France a  une école à deux vitesses. Les dirigeants de l’école républicaine laissent tomber les jeunes qui ont le plus besoin d’elle.

Le rapport

Suède Angleterre Pays Bas

Quelle autonomie en éducation prioritaire ?

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Communiqué LDH à l’occasion de la venue de B. Netanyahou : « Une venue inopportune, des propos inopportuns »

Une venue inopportune, des propos inopportuns

Communiqué LDH

La venue, en France, de Benyamin Netanyahou à l’occasion de la Saison France-Israël ne peut que soulever interrogations et réprobations.

Nul besoin de « boycotter » Israël pour constater que les autorités françaises accueillent un homme responsable de crimes de guerre et qui n’a pour seul objectif que d’empêcher le peuple palestinien d’être libre, dans son propre Etat, et dans des frontières aussi sûres et reconnues que celles d’Israël.

La réalité d’aujourd’hui, c’est une politique israélienne empreinte de toute puissance, forte du soutien sans faille des Etats-Unis, et qui foule au pied les aspirations légitimes de tout un peuple.

Et les déclarations pusillanimes des autorités françaises face à cette situation ne peuvent se substituer à une volonté politique ferme d’œuvrer en faveur d’une paix juste et durable, laquelle ne peut exister sans que le peuple palestinien exerce la totalité de ses droits sur son territoire tel qu’issu des frontières de 1967.

Il est tout aussi regrettable que, pour la deuxième fois, le président de la République entérine la thèse selon laquelle l’Etat d’Israël serait l’Etat des juifs du monde entier, ou qui aurait vocation à les représenter.

Outre que tous les juifs ne se reconnaissent pas dans Israël, et encore moins dans ses agissements actuels, c’est ainsi enfermer les Français juifs dans une représentation ou pèse sur eux une double allégeance qui, de fait, conduit à les considérer comme des Français pas tout à fait comme les autres.

En tenant ces propos, dont on se demande si les conséquences ont été analysées, le président de la République contribue à alimenter les tensions et replis identitaires.

La LDH regrette, dans ses conditions, l’accueil que va réserver la République au Premier ministre d’Israël, et rappelle son exigence de voir la France reconnaître sans délai la Palestine.

Paris, le 4 juin 2018

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une bonne nouvelle ….L’Irlande rompt catégoriquement avec des siècles de prohibition de l’avortement, Le Monde

Rurale ou urbaine, masculine ou féminine, jeune ou âgée : l’Irlande tout entière a plébiscité le droit à l’avortement, vendredi 25 mai, lors d’un référendum historique qui rompt avec des siècles de prohibition et confirme spectaculairement la perte d’influence de l’Eglise catholique.

Plus des deux tiers des 3,3 millions d’électeurs – soit 68 %, selon un sondage effectué pour le quotidien The Irish Times à la sortie des urnes, et même 69,4 % pour la radio-télévision publique RTE – ont voté en faveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui prohibe, de fait, tout avortement, en protégeant « l’enfant à naître » au nom de son droit à la vie « égal à celui de la mère ».

Un résultat sans appel

« Il semble que nous écrivions une page historique », a tweeté le premier ministre de centre droit Leo Varadkar. « Je m’endors ce soir avec l’espoir de me réveiller dans un pays plus généreux, plus attentionné et plus respectueux », a déclaré, pour sa part, le ministre de la santé, Simon Harris, voix marquante de la campagne du « yes ». Le résultat définitif du référendum devrait être proclamé officiellement samedi après-midi.

L’avortement, passible de la prison à vie entre 1861 et 2013, et de quatorze ans de détention depuis, va ainsi être légalisé en Irlande. L’ample victoire du « oui » propulse l’Irlande, dont la législation est l’une des plus restrictives et répressives d’Europe en matière d’avortement, dans le droit commun de l’Union européenne (UE). Les quelque 5 000 Irlandaises qui, chaque année, sont contraintes, pour avorter, de se rendre au Royaume-Uni à leurs frais, ou de commander sur Internet des pilules abortives à leurs risques et périls, pourront bénéficier d’un accueil médical dans leur pays dès que la loi, promise par le gouvernement Varadkar, aura été approuvée.

Le projet de loi publié avant le référendum prévoit que l’IVG pourra être pratiquée sans justification pendant les douze premières semaines de grossesse ; jusqu’à vingt-quatre semaines en cas de risque grave pour la santé de la mère ; et ensuite seulement en cas d’anomalie fœtale.

La levée d’un vieux tabou

Les campagnes (60 %) ont approuvé la libéralisation de l’IVG, presque autant que les villes (71 %), les hommes (65 %) presque autant que les femmes (70 %), les jeunes (87 % des moins de 25 ans) nettement plus que leurs aînés (63 % des 50-64 ans).

« Derrière presque chaque porte à laquelle nous frappions, il y avait une histoire d’avortement, parfois très ancienne, qui n’avait pas pu être racontée jusqu’à présent »,témoignait, vendredi soir, une militante du « oui ».

Comme lors du référendum de 2015 sur le mariage homosexuel, qui avait donné lieu à de multiples coming out publics et à des manifestations de solidarité, la campagne pour le droit à l’IVG a été marquée par de nombreuses confessions et par la levée d’un vieux tabou.

Avant le vote, prédit comme serré, l’éventualité d’une victoire du non mettait la larme à l’œil de bien des femmes militant pour leur liberté. Trop de drames vécus dans la honte et la solitude, trop de situations aberrantes comme ces grossesses pathologiques ou résultant d’un viol poursuivies coûte que coûte, ces femmes dissuadées de « voyager » en Grande-Bretagne.

L’Eglise s’est montrée discrète durant la campagne

En 1995, les Irlandais n’avaient approuvé la légalisation du divorce que par 50,3 % des voix ; en 2015, ils ont dit « oui » au mariage homosexuel par 62,07 % et ils viennent donc de légaliser l’avortement par 68 %. Une progression qui reflète la disparition de l’ascendant moral de l’Eglise catholique, qui a longtemps servi d’armature à l’Etat, après les guerres civiles des années 1920, qui ont libéré l’Irlande de la tutelle britannique.

En 1983, le clergé, encore tout-puissant et craignant une jurisprudence libérale de la Cour suprême, avait réussi à faire voter à 66,9 % le 8e amendement à la Constitution qui interdisait l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, même si le fœtus souffrait de malformation. Cadenassée dans la loi suprême, la prohibition devenait impossible à annuler par la loi.

Mais depuis lors, les scandales n’ont cessé d’éclabousser l’Eglise : pédophilie de prêtres, révélation sur la vente des bébés de filles-mères exploitées dans des blanchisseries (Magdalen Laundries) par des religieuses dans les années 1950, découverte d’un charnier d’enfants au couvent de Tuam en 2014… Difficile de considérer le clergé catholique comme défenseur des femmes et des enfants.

Certes, 87 % des Irlandais se disent encore catholiques, et la radio publique sonne l’angélus, mais les messes sont moins fréquentées et les couvents ne recrutent plus. L’Eglise avait d’ailleurs préféré se montrer discrète pendant la campagne du référendum. Vendredi, des électeurs ont protesté contre la présence d’une Bible dans certains bureaux de vote. La loi électorale le prévoit, en effet, pour permettre aux électeurs de jurer de leur état civil s’ils ne sont pas en mesure de produire un document d’identité.

Un triomphe pour le premier ministre

La victoire impressionnante du oui résulte d’une subtile campagne de la société civile lancée après le scandale provoqué en 2012 par la mort en couches, à l’hôpital de Galway, de Savita Halappanavar, 31 ans, d’une septicémie fulgurante après s’être vu refuser une IVG en dépit d’une rupture précoce de la membrane.

Intense lobbying des responsables politiques, sensibilisation de l’opinion à travers des témoignages publics, « ce référendum n’est pas tombé du ciel. Il a été patiemment et stratégiquement préparé depuis des années », confiait, avant le vote, Ailbhe Smyth, figure de proue de la campagne du « oui ».

Une première victoire inattendue est survenue en avril 2017, lorsqu’une assemblée citoyenne présidée par une juge de la Cour suprême a recommandé cette réforme libérale, sans restriction, jusqu’à douze semaines. Des milliers de témoignages, notamment de ceux relatant la popularisation de la pilule abortive, ont montré que le statu quo était impossible. Le principe d’un référendum était acquis. Il faudra le feu vert d’une commission parlementaire et des sondages favorables pour que le premier ministre, d’abord réticent, annonce qu’il fera campagne pour le « oui ».

Le résultat du vote de vendredi apparaît comme un triomphe pour M. Varadkar. Il pourrait l’inciter à pousser son avantage dans deux directions : en provoquant des élections législatives anticipées et, avec le soutien des Vingt-Sept, en haussant le ton à l’égard du Royaume-Uni pour éviter que le Brexit, catastrophe potentielle pour l’Irlande, ne se traduise par le retour de la frontière avec l’Irlande du Nord.

Les 25 et 26 août, le premier ministre irlandais accueillera le pape François, qui vient à Dublin pour clôturer la Rencontre mondiale des familles.

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[Cerises] Révolution maintenant et comment

Face au capitalisme déployé sous toutes ses formes de Trump à Macron en passant par…, des propositions pour « Faire la révolution maintenant et comment ».

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Communiqué FSU Gaza : halte au massacre

Communiqué FSU
Les Lilas le 16 05 18

Gaza : halte au massacre

La FSU condamne avec force le massacre de la population palestinienne à la frontière de Gaza, perpétré par l’armée de l’État israélien.

Depuis plus de 70 ans et l’expulsion des Palestinien-nes de leur terre, l’état israélien viole les droits des Palestinien-nes en dépit des résolutions de l’ONU : annexion de territoires, colonisation, blocus de Gaza, enfermement des militant-es palestinien-nes, répression extrême de toutes les manifestations…

Aujourd’hui, l’administration Trump choisit la provocation et piétine le droit international en déplaçant son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Avoir Jérusalem comme capitale, vieille revendication des droites extrêmes israéliennes, symbolise une expulsion de plus pour les Palestinien-nes. Ce geste a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère.

Le bilan humain des manifestations pour le droit au retour, qui commémorent ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe) et qui s’opposent à l’installation de l’ambassade américaine à Jérusalem est terrible : plusieurs dizaines de manifestant-es tué-es froidement, dont des enfants, et des milliers de blessé-es.

Les Palestinien-nes demandent l’égalité, la justice, la dignité. Autant de revendications légitimes et qui sont les nôtres. La FSU demande au gouvernement français de prendre toutes les mesures pour protéger le peuple palestinien et qu’il prenne des sanctions vis-à-vis de l’Etat d’Israël pour que le droit international soit respecté.

La FSU appelle à participer aux rassemblements de soutien au peuple palestinien.

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Tribune collective  » Israël fête ses 70 ans, et après ? « , à l’initiative du Collectif Trop c’est trop et de la LDH

Tribune collective « Israël fête ses 70 ans, et après ? », à l’initiative du Collectif Trop c’est trop et de la LDH, publiée, ce 15 mai 2018, sur lemonde.fr et sur Mediapart

Israël fête ses 70 ans, et après ?

15 mai 2018

Soixante-dix ans après la création de l’Etat d’Israël, diverses personnalités appellent l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine.

Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale marquée par le génocide des Juifs d’Europe, a été accueillie dans le monde comme un refuge pour les survivants et comme un espoir. En même temps, elle a dépossédé les Palestiniens d’une partie importante de leur pays et représenté pour eux une catastrophe, la Naqba. 70 ans plus tard, l’Etat d’Israël est une réalité, comme est une réalité le fait que des millions de Palestiniens vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement à Gaza, de discriminations en Israël ou d’exil.

Depuis 1948, ces deux réalités s’entrechoquent entraînant du sang et des larmes, entravant l’avenir des peuples de la région et produisant ses effets jusqu’en Europe et dans le reste du monde. L’occupation et la colonisation poursuivie par Israël depuis 1967 de territoires ne faisant pas partie de ses frontières internationalement reconnues aggrave une situation régionale par ailleurs bouleversée par de nombreux conflits et fait peser de lourdes menaces sur la paix mondiale.

Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant les terres, cantonnant les Palestiniens à des territoires de plus en plus réduits, les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux Etats puissent vivre en paix, côte à côte, avec Jérusalem comme capitale commune. Le résultat de leur politique interroge, certes, sur la possibilité de cette solution. La poursuite continue de la colonisation conduisant à l’installation de quelque 700 000 colons en Cisjordanie a sapé les espoirs suscités par le processus d’Oslo. Mais il est clair que l’hypothèse louable d’un seul Etat ouvert à tous avec les mêmes droits se heurte aux aspirations nationales des deux peuples. L’établissement de deux Etats dans les frontières de 1967, garantissant une solution aux réfugiés et établissant Jérusalem comme capitale des deux pays, reste, au moins à court et moyen terme, la seule solution viable.

Il est illusoire de penser que laisser le gouvernement israélien et l’autorité palestinienne face à face permettrait d’avancer dans cette voie. Seule l’intervention de la communauté internationale permettra de peser sur les deux parties, en particulier sur les autorités israéliennes qui se sentent revêtues de l’impunité que leur confère le soutien indéfectible des Etats-Unis.

C’est donc à l’Union européenne d’agir. L’Europe doit cesser de regarder ce conflit comme une séquelle de ses responsabilités dans le génocide des juifs et de la manière dont y ont été traités les survivants. Ramener le gouvernement israélien au respect du droit et à la raison, dénoncer sa politique, n’est en rien une manifestation d’antisémitisme. Antisémitisme dont nous combattons les manifestations insupportables qui se produisent partout en Europe.

Nous appelons l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. La France doit agir en ce sens en procédant elle-même à cette reconnaissance sans délai.

Les signataires:

Tewfik Allal, militant associatif,
Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’EPHE,
Bertrand Badie, professeur à l’IEP Paris,
Françoise Basch, universitaire,
Sophie Basch, professeur à Sorbonne Université,
Esther Benbassa, sénatrice EELV, universitaire,
Sophie Bessis, historienne,
Françoise Blum, ingénieure CNRS,
Barbara Cassin, chercheur CNRS,
Mouhieddine Cherbib, militant associatif CRLDH Tunisie,
Alice Cherki, psychanalyste,
Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne,
Michel Deyfus, directeur de recherche au CNRS,
Dominique Guibert, président de l’AEDH,
Christiane Hessel, présidente d’honneur de Les Enfants, le Jeu, l’Education,
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS,
Robert Kissous, militant associatif,
Abdelatif Laabi, écrivain,
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS,
Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH,
Jean-Claude Lefort, député honoraire,
Catherine Lévy, sociologue CNRS,
Gilles Manceron, historien,
Michel Mousel, militant politique,
Fabienne Messica, sociologue,
Bernard Ravenel, historien,
Vincent Rebérioux, LDH,
Malik Salemkour, président de la LDH,
Abraham Ségal, documentariste,
Taoufiq Tahani, universitaire, président d’honneur de l’AFPS,
Athéna Tsingarida, professeure à l’Université libre de Bruxelles,
Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH,
Marie-Christine Vergiat, députée européenne,
Georges Vigarello, EHESS,
Sylviane de Wangen, comité de rédaction de Confluences Méditerranée.

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GAZA_-_Urgence_!_Rassemblement_et_remise_de_lettre_à_la_Préfète_pour_E_Macron

URGENCE GAZA !

Après le massacre d’aujourd’hui,

soyons très nombreux

au rassemblement déjà annoncé

mercredi 16 mai à 18h

Rue Barillerie/50 Otages

  • Pose d’une plaque « rue de la Nakba »
  • Marche vers la Préfecture
  • Remise d’une lettre pour E. Macron

Israël tue ! L’inaction internationale aussi !

La France doit imposer des sanctions.

Le bureau de l’AFPS44

 

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