Archives de la catégorie Internationale

La saga Facebook continue : les autorités ne veulent pas « Liker »

Publié le 18/05/2017 par Thierry Léonard, Thomas Dubuisson

Trois autorités de contrôle de protection des données ont encore condamné certaines pratiques de Facebook et sa politique en matière de cookies. France, Belgique, Pays-Bas en tir groupé ! Leur constat est unanime : Facebook enfreindrait toujours les lois nationales sur la protection des données. Selon Facebook, seule la loi irlandaise serait applicable et seul le DPA irlandais serait compétente pour délivrer une sanction. Cela n’a pas empêché la CNIL de prononcer une sanction et condamner Facebook à 150.000 euros d’amende.

Contexte

Au sein du Groupe de travail européen « Groupe 29 », un « Groupe de contact » a été créé après que Facebook ait annoncé en 2014 un changement dans sa politique de confidentialité. Ce groupe est composé des Commissions vie privée de la Belgique, France, des Pays-Bas, d’Espagne et de l’Allemagne. Chacune de ces autorités de contrôle a lancé une procédure indépendante en cours contre Facebook.

Selon Facebook, seule la législation irlandaise sur la protection des données serait applicable et l’autorité irlandaise serait compétente pour contrôler le traitement des données personnelles des utilisateurs du service en Europe. A l’inverse, les autorités du « Groupe de contact » considèrent, respectivement, que leur législation nationale de protection des données est applicable au traitement des données personnelles des utilisateurs et non-utilisateurs de Facebook dans leurs pays respectifs et que chaque autorité est compétente.

Ce 16 mai, la Belgique, la France et les Pays-Bas ont publié leurs résultats sur les pratiques de Facebook.

France : la CNIL condamne Facebook à 150.000 euros d’amende

La CNIL a « constaté que Facebook procédait à la combinaison massive des données personnelles des internautes à des fins de ciblage publicitaire. Il a aussi été constaté que Facebook traçait à leur insu les internautes, avec ou sans compte, sur des sites tiers via un cookie ».

Au regard des manquements constatés à la loi Informatique et Libertés affectant 33 millions d’utilisateurs en France, la CNIL a décidé de mettre en demeure Facebook de se conformer à cette loi. N’étant pas satisfaite des réponses qui lui ont été formulées, une procédure de sanction a donc été engagée.

La CNIL a considéré que Facebook collecte de données à des fins publicitaires en l’absence de base légale. En effet, « si les utilisateurs disposent de moyens pour maitriser l’affichage de la publicité ciblée, ils ne consentent pas à la combinaison massive de leurs données et ne peuvent s’y opposer » note la CNIL.

Elle reproche aussi à Facebook la « collecte massive de données effectuée via le cookie « datr » en l’absence d’information claire et précise ». Bien que Facebook plaide en faveur d’un outil de sécurité, ce « cookie espion » est en réalité un outil servant à pister les internautes, que ceux-ci soient utilisateurs ou non-utilisateurs du réseau social. Cette collecte serait « déloyale » d’après la CNIL.

Facebook, en outre, ne recueille pas « le consentement exprès des internautes lorsqu’ils renseignent des données sensibles dans leurs profils (ex : leurs opinions politiques, religieuses ou leur orientation sexuelle) », et ne démontre pas « en quoi la conservation de l’intégralité des adresses IP des internautes pendant toute la durée de vie de leur compte est nécessaire ». Par ailleurs, en renvoyant au paramétrage du navigateur, Facebook ne permet pas « aux utilisateurs de s’opposer valablement aux cookies déposés sur leur équipement terminal ».

En raison de ces manquements, une sanction de 150.000 € fut prononcée à l’égard du géant  américaine qui dispose désormais 4 mois pour faire appel devant le Conseil d’État.

Belgique : Facebook n’a toujours pas mis fin aux violations en question

La CPVP a publié de nouvelles recommandations (03/2017) à Facebook concernant le traitement de données à caractère personnel via des cookies, des plug-ins sociaux et des pixels.

Elle considère que « Facebook n’obtient toujours pas de consentement valable des personnes concernées. Elle estime en outre que la collecte de données à caractère personnel par Facebook à l’aide de cookies et de modules sociaux est excessive dans plusieurs circonstances ».

Depuis août 2016, la CPVP constate également que Facebook fait une grande utilisation des « pixels » afin d’obtenir des informations sur le comportement de navigation d’utilisateurs et de non-utilisateurs. Le « pixel » est un « tracker » qui a pour objectif d’informer lorsqu’un internaute réalise une action spécifique (par ex. un achat, une inscription, un téléchargement) sur un site web.

La Commission belge considère par ailleurs que les exigences légales en matière de consentement, d’équité, de transparence et de proportionnalité ne sont pas respectées, notamment en raison des faiblesses de l’information que Facebook communique aux personnes concernées et de l’insuffisance des choix que Facebook offre aux personnes concernées.

Elle sollicite l’application judiciaire de ses recommandations dans la procédure judiciaire au fond pendante devant le tribunal de première instance de Bruxelles ; les plaidoiries devraient avoir lieu les 12 et 13 octobre prochain.

Pays-Bas : Facebook est aussi en infraction

Après une enquête sur le traitement des données personnelles de 9,6 millions d’utilisateurs de Facebook aux Pays-Bas, le College Bescherming Persoonsgegevens a conclu que Facebook enfreint la loi néerlandaise sur la protection des données.

La DPA néerlandaise a également constaté que « Facebook utilise des données personnelles sensibles des utilisateurs sans leur consentement explicite. Par exemple, les données relatives aux préférences sexuelles ont été utilisées pour montrer des publicités ciblées ». Facebook aurait à cet égard apporté des modifications pour mettre fin à l’utilisation de ce type de données.

La DPA néerlandaise évalue actuellement si les autres infractions ont cessé. Si ce n’est pas le cas, la DPA néerlandaise peut décider de délivrer une sanction.

Pour être complet, notons qu’en Allemagne, le « Der Bundesbeauftragte für den Datenschutz » a délivré deux injonctions à l’égard de Facebook et qu’en Espagne, la « Agencia de Protección de Datos » a ouvert deux procédures de sanction.

Cette condamnation de la CNIL est hautement symbolique car, soyons honnêtes, 150.000 euros n’arrêteront pas Facebook. Cependant, l’étau se resserre… Sans parler de l’entrée en vigueur du GDPR : après mai 2018, la CNIL et les autres autorités seront en mesure de prononcer des sanctions bien plus significatives : 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial d’un groupe. D’ici là, Facebook a encore quelques mois pour se conformer.

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Etats-Unis : comment Google a envahi les salles de classe

« Les écoles pourraient bien donner à Google plus qu’elles ne reçoivent : des générations de consommateurs ». Dans un long article du New York Times, Natasha Singer analyse l’emprise de Google sur l’école américaine en quelques années seulement. Selon elle la moitié des écoles primaires et secondaires des Etats Unis utilisent les applications Google et des Chromeboooks, les petits ordinateurs sous système Google, en classe. Et cette domination impacte la pédagogie. La « googlification » de l’école se fait au détriment de la formation d’un citoyen critique et au bénéfice d’un futur consommateur. « Inutile de comprendre la réponse est dans Google », semble dire l’article. N Singer interroge aussi l’usage qui est fait des données des utilisateurs de ses applications par Google. Le groupe vit de la vente de publicité en ligne et les données des élèves permettent de définir précisément les profils de millions de clients.

 

Article du NYT

Voir aussi cette analyse de l’Ed Tech Market

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La FSU appelle à la grève dans l’enseignement français à l’étranger

« Le problème des détachements de professeurs titulaires se pose à nouveau maintenant pour les deux degrés, primaire et secondaire, car des personnels titulaires sont sanctionnés par des refus de détachement sur un poste qui leur est proposé dans le réseau », écrivent les syndicats Snes, Snuipp et Snep de la Fsu. « Certains de ces collègues sont des titulaires déjà installés physiquement avec leurs familles dans les pays. D’autres sont d’anciens recrutés locaux contractuels, lauréats de concours, et se voient refuser leur détachement par le ministère de l’Éducation nationale alors qu’ils ont obtenu un poste dans l’établissement où ils étaient contractuels. Le refus de détachement de ces personnels est un frein incompréhensible à la formation et à la passation des concours du MEN, pourtant encouragées logiquement par le même ministère. Pour tous ces cas, malgré leurs interventions multiples le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUipp- FSU n’ont, à ce jour, pas obtenu de solution acceptable ». Les 3 sydnicats appellent à la grève dans l’ensemble du réseau AEFE.

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Lettre de Marwan Barghouthi aux Parlementaires du monde entier

Publié sur le site http://www.ensemble44-fdg.org

Depuis le 25 Avril des milliers de prisonniers palestiniens font la grève de la faim pour obtenir que soient respectés les droits prévus par le droit international et en particulier la convention de Geneve. : 

– la fin du recours à la torture et autres formes de mauvais traitements ;
– des conditions améliorées de visites de familles ; 
– la fin de leur détention en Israël et non dans les territoires occupés, comme l’exige la Quatrième Convention de Genève, avec pour conséquence des obstacles multiples aux visites de familles ; 
– l’abandon de la détention administrative, régime de détention sans charges et sans jugement auquel sont soumis aujourd’hui environ 500 prisonniers palestiniens, parfois depuis plusieurs années ; 
– des soins de santé adaptés, alors que des négligences délibérées dans ce domaine conduisent à la détérioration de l’état de santé de nombreux prisonniers, voire à leur mort. 

Les premières réactions du gouvernement israélien laissent craindre le pire : des mesures disciplinaires ont été prises immédiatement contre les grévistes de la faim dont les responsables sont déplacés et mis au secret.  

« Nous n’avons pas de raisons de négocier avec les prisonniers, il s’agit de terroristes et d’assassins » a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure. Avigdor Lieberman, ministre de la Défense, a souhaité que soit appliquée aux prisonniers palestiniens grévistes de la faim la même politique que celle de Margaret Thatcher qui avait laissé mourir de faim les Irlandais du Nord, Bobby Sands et ses camarades. 

Face à ce refus de négocier du gouvernement israélien, il faut multiplier les actions de solidarité. Nous ne pouvons pas laisser se perpétuer de tels crimes mais être solidaires et apporter notre plein soutien aux prisonniers politiques en grève de la faim et à leurs revendications. C’est avec cet objectif que nous publions ci-dessous la Lettre de Marwan Barghouthi, parlementaire et dirigeant palestinien incarcéré, à ses collègues parlementaires du monde entier, à propos de la grève de la faim pour la « Liberté et Dignité » 

lundi 24 avril 2017.

Mesdames et Messieurs les parlementaires,
chers collègues, chers amis,

Si vous recevez cette lettre c’est qu’Israël a décidé de poursuivre sa démarche de punition collective illégale et de provocation à l’encontre des prisonniers palestiniens plutôt que de répondre à leurs demandes légitimes. Cela veut dire que j’ai été encore une fois placé à l’isolement comme mes camarades grévistes de la faim. Pourtant on ne nous fera pas taire ni nous soumettre.

La grève de la faim est une action légitime et non violente pour protester, en tant que prisonniers, contre les violations de nos droits humains fondamentaux tels qu’ils sont garantis par le droit international. Les prisonniers palestiniens sont certes aux mains de la puissance occupante, et c’est bien pour cela qu’ils sont protégés par le droit humanitaire international, mais ils ne sont pas impuissants.

Nous nous sommes résolus à cette grève après des mois d’efforts pour faire entendre nos revendications légitimes. Ces exigences sont liées aux arrestations arbitraires de masse, à la torture et aux mauvais traitements, aux mesures punitives contre les prisonniers, à la négligence médicale délibérée, aux visites et au contact avec nos familles, tous ceux que nous aimons, et aussi à l’éducation.

Il s’agit là des droits humains les plus élémentaires.

Chers collègues, chers amis,

Je salue la solidarité que vous manifestez avec vos collègues palestiniens emprisonnés et le soutien vigoureux de parlements de par le monde aux droits du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’une paix juste et durable sur la base du droit international.

Je fus le premier parlementaire à être arrêté, en 2002. Depuis, Israël a arrêté 70 parlementaires – plus de la moitié du Conseil législatif, le parlement palestinien- et 13 d’entre eux restent détenus à ce jour. Ceci est une insulte aux parlementaires partout dans le monde, à la démocratie et aux droits de l’Homme partout dans le monde. C’est une insulte à la liberté et la justice et il faut y répondre.

Le sort infligé aux parlementaires palestiniens reflète le sort du peuple qu’ils représentent. En 50 ans la puissance occupante, Israël, a arrêté des centaines de milliers de Palestiniens, ce qui équivaut à 40 % de la population masculine du Territoire palestinien occupé. 6500 croupissent aujourd’hui dans les prisons israéliennes.

Aux yeux d’Israël nous sommes tous coupables et l’accusation non déclarée c’est notre désir de liberté, notre soif de liberté, notre sacrifice pour la liberté.

Les lois israéliennes autorisent le colonialisme, les punitions collectives, la discrimination et l’apartheid. Ceux qui votent en faveur de ces lois doivent être tenus pour responsables, il me semble. Certains députés israéliens ont recommandé que l’on nous arrête. Ils sont aujourd’hui à vos côtés alors que nous, nous ne le pouvons pas.

Quant aux tribunaux israéliens, ils font intégralement partie de l’occupation coloniale et militaire qui vise à annexer notre terre et à déraciner et déplacer encore une fois notre peuple. Dans les tribunaux militaires israéliens, le taux de condamnation des Palestiniens a varié entre 90% et 99% ces dernières années !

Je le redis : nous avons là un système d’apartheid judiciaire qui criminalise l’existence et la résistance des Palestiniens, tandis que les Israéliens qui commettent des crimes contre les Palestiniens demeurent impunis.

J’ai été condamné par l’un de ces tribunaux illégitimes. J’ai refusé de reconnaître ce tribunal, d’autant plus que je suis un élu du peuple occupé. Les tribunaux de la puissance occupante m’ont condamné pour terrorisme à 5 fois la perpétuité plus 40 ans, lors de ce procès que les observateurs internationaux ont unanimement dénoncé comme un tribunal spectacle. Pas un seul pays n’a accepté ce verdict.

Au cours de l’histoire, dans le monde entier, cela a été le sort des dirigeants des luttes de libération nationale. Le procès de Rivona où Mandela fut condamné à la prison à vie ne le rendit pas moins légitime et son combat non plus. Il ne fit que délégitimer davantage le régime d’apartheid qui le poursuivait.

C’est pourquoi le compagnon de Mandela, l’icône anti apartheid Ahmed Kathrada, a lancé la « Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens », comme il avait lancé la « Campagne pour la libération de Mandela » avant de passer lui même 26 ans dans les prisons de l’apartheid.

C’est pour cela qu’il a lancé la campagne depuis la cellule de Nelson Mandela à Robben Island. C’est pour cela que 8 Prix Nobel, 120 gouvernements et des centaines de parlementaires, des dirigeants, des universitaires, des artistes, des intellectuels et des organisations de la société civile ont rejoint cette campagne. C’est pour cela que deux Prix Nobel, des parlements et des parlementaires m’ont nominé pour le prix Nobel de la paix, en soutien au combat pour la liberté du peuple palestinien.

Les prisonniers palestiniens ont toujours eu à subir l’injustice et la violation de leurs droits. Mais ces dernières années les autorités d’occupation israéliennes les ont même privés des droits acquis lors de précédentes grèves de la faim. C’est une escalade punitive et les mesures inhumaines prises à l’encontre des prisonniers et leurs proches ne peuvent rester sans réponse.

Nous avons décidé de lancer cette grève de la faim parce que nous n’avions pas d’autre choix. Les Palestiniens souffrent et font des sacrifices afin de pouvoir jouir des droits qui sont les leurs mais dont ils sont privés.

Les prisonniers palestiniens ne font pas exception à la règle. Nous avons appelé cette grève « Liberté et Dignité ». Ces mots résonnent jusqu’au cœur et dans les cœurs de notre nation qui se bat depuis 70 ans pour qu’ils adviennent. Ce sont des mots qui résonnent aussi dans le monde, car ils font partie de notre histoire universelle et du combat contre toutes les formes d’oppression et de servitude. Ce sont ces valeurs qui sont au cœur même de l’humanité et qui sont indispensables pour que la paix advienne.

Aucune paix n’est possible entre l’oppresseur et l’opprimé car oppression et paix s’excluent l’une l’autre. Il n’existe pas de paix entre le prisonnier et son geôlier.

Le chemin vers la paix, c’est la liberté.

J’en appelle à vous. Parlez pour ceux qu’Israël veut réduire au silence. Je vous demande d’apporter votre soutien à ceux qui sont jetés dans de lugubres cellules pour y être oubliés. Je vous demande d’ appuyer les demandes légitimes du mouvement des prisonniers palestiniens et de défendre le droit international.

Je vous demande de soutenir la liberté et la dignité du peuple palestinien afin que la paix puisse prévaloir. Certains pensent peut-être que c’est la fin de l’histoire et que je mourrai ici, dans ma cellule, en isolement.

Mais je sais, même dans cette solitude qui m’est imposée, que nous ne sommes pas seuls. Je sais que des millions de Palestiniens et bien d’autres millions de gens dans le monde sont à nos côtés. Nous nous retrouverons bientôt, libres.

Traduction Campagne française pour la libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens

Nantes le 4 mai 2017

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La lettre d’Attac – L’élection de tous les dangers

L’élection de tous les dangers Lettre d’information — 3 mai 2017

Les résultats du premier tour de la présidentielle illustrent bien la crise politique et démocratique que connaît la France. Ils conduisent à l’affrontement au second tour d’un tenant du libéralisme le plus décomplexé et la représentante d’une extrême droite qui met au cœur de son projet le racisme et la préférence nationale.

Emmanuel Macron est porteur des politiques libérales de ces dernières décennies, qui ont conduit à l’augmentation de la pauvreté, des inégalités et à la désespérance sociale. Il est l’ami de la finance et le candidat zélé du libre-échange. Son programme ne sera en rien un obstacle à la montée des idées de l’extrême droite dans les années à venir.

Marine Le Pen est porteuse d’un racisme décomplexé à l’égard des étranger·e·s et des musulman·e·s. Son projet est de s’attaquer aux libertés publiques, aux mouvements sociaux, aux syndicats et d’instaurer un pouvoir autoritaire. Son élection le 7 mai prochain serait un stimulant très puissant pour les fractions les plus réactionnaires au sein de notre société, un danger vital pour les libertés publiques. Elle ne mettrait en aucun cas un coup d’arrêt au capitalisme financier et à sa violence. Marine Le Pen est tout sauf la candidate du peuple. Son élection créerait la pire des situations.

Quel que soit le résultat de ces élections présidentielles, la mobilisation sera à l’ordre du jour ! Attac poursuivra son travail d’éducation populaire tournée vers l’action et recherchera des convergences avec les autres mouvements sociaux pour développer les résistances et construire les alternatives indispensables. Nous participerons aux mobilisations sociales face au nouvel ordre établi, aux multinationales et à la finance, au racisme et aux discriminations qui gangrènent notre société. Nous devons reprendre l’offensive dès maintenant !

Actualité

Front national : un programme économique et social incohérent et xénophobe

mercredi 3 mai 2017, par Les Économistes atterrés

Cette note des Économistes atterrés propose une analyse détaillée du programme économique et social du Front national : un programme avant tout au service du patronat et des riches, s’en prenant très clairement aux syndicats et aux étrangers ; un « patriotisme économique » fondé sur le logiciel néolibéral du FN et les mythes et valeurs de l’extrême droite ; un féminisme de pure façade.

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La transition écologique : une solution aux problèmes du chômage et de la précarité

mardi 2 mai 2017, par Collectif

Alors que les débats font rage entre les deux tours de l’élection présidentielle, la Plateforme « emplois-climat », dont Attac est membre, rappelle sa conviction que la transition écologique fait partie des solutions aux problèmes du chômage et de la précarité qui persistent en France.

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Guyane : la mobilisation a fait voler en éclat les préjugés

dimanche 23 avril 2017, par Attac France

Après des semaines de blocages, dont celui du centre spatial de Kourou, de manifestations historiques et de grève générale, l’État français a été contraint de répondre à la mobilisation des Guyanaises et des Guyanais qui exprimaient leur mécontentement face à leurs conditions de vie dans cette ancienne colonie française.

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Campagnes

7 militant⋅e⋅s anti-évasion fiscale entendus par la police : les délinquants sont les banquiers, pas les citoyen⋅e⋅s engagés !

mercredi 26 avril 2017, par Attac France

Quel est le délit le plus grave ? Organiser l’évasion fiscale et mentir devant une commission d’enquête parlementaire, ou bien passer une couche de blanc de Meudon sur une vitrine d’agence bancaire ? La réponse des pouvoirs publics semble claire : malgré les révélations des «  Panama Papers  » et les mensonges du DG de Société générale, aucune convocation ni poursuite contre les banquiers, alors qu’Aurélie Trouvé, porte-parole d‘Attac, et six autres militant·e·s doivent répondre aux questions des policiers pour une action symbolique contre l’évasion fiscale. Alors qu’aucun des deux finalistes de l’élection présidentielle n’affiche de volonté crédible de lutter contre l’évasion fiscale, l’action citoyenne est plus que jamais nécessaire et légitime.

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Faisons échouer la ratification du CETA en France

vendredi 28 avril 2017, par Collectif Stop TAFTA

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, a été signé en octobre et voté au Parlement européen le 15 février. Bien qu’une large partie du traité fasse l’objet d’une « application provisoire » dès cet été, il ne pourra entrer en vigueur, pleinement et définitivement, qu’une fois qu’il aura été ratifié par l’ensemble des États membres de l’UE. Il faut être plus que jamais résolu, vu ses très graves conséquences, à faire échouer la ratification nationale en France !

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Signez l’ICE demandant l’interdiction du glyphosate

mardi 25 avril 2017, par Attac France, Collectif

Cette Initiative citoyenne européenne (ICE) a pour objectifs de proposer aux États membres une interdiction du glyphosate, de réformer la procédure d’approbation des pesticides, et de fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides.

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Altermondialiste, donc solidaires des migrant⋅e⋅s et des réfugié⋅e⋅s

mardi 25 avril 2017, par Attac France

Attac est engagée dans des actions communes avec associations, syndicats et partis pour exiger une politique ouverte de l’immigration. Dans ce combat, Attac a un rôle spécifique d’éducation populaire à jouer. En effet, la question des réfugié·e·s s’inscrit dans le cadre de la crise globale d’un monde dominé par le capitalisme financier, thème fondateur d’Attac. Son combat altermondialiste est intimement lié à la lutte pour la liberté d’aller et venir, à la solidarité avec les migrants afin d’arrêter la déshumanisation à l’œuvre dans le monde.

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Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive

vendredi 28 avril 2017, par Collectif

Cet essai paraît dans une période électorale où la récupération des questions identitaires est monnaie courante. En temps de crise du système néo-libéral et au motif de la « guerre contre le terrorisme », les politiques nationalistes et sécuritaires gagnent du terrain. L’affaire Adama Traoré, l’affaire Théo… autant de marqueurs d’une actualité ambivalente, qui questionne le racisme institutionnel et met à l’ordre du jour la fin de la colonialité des savoirs et des pouvoirs, base des xénophobies.

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Agenda

Université d’été européenne des mouvements sociaux

  • > Organisé par : Attac d’Europe, Attac France
  • > Du 23 au 27 août à Toulouse, Université Toulouse – Jean Jaurès

Du 23 au 27 août 2017, l’Université d’été européenne des mouvements sociaux initiée par le réseau des Attac d’Europe se tiendra à Toulouse. Soyons nombreux et nombreuses à nous y retrouver pour nous informer, débattre, agir. On se voit là-bas ?

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Multimédia

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Aurélie Trouvé dans Regards : « Marine Le Pen au pouvoir serait la pire des situations »

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La transition écologique ne doit pas se faire sur le dos des salariés

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Chômage, précarité, Halte aux idées reçues !

Boutique en ligne : dernières publications

Cette crise qui n’en finit pas : par ici la sortie

La crise est l’expression d’un système économique capitaliste à bout de souffle, qui épuise le travail et la nature. Ce livre décrypte les causes de cette crise globale et pointe les raisons profondes (…)

janvier 2017, 12 €
Attac France

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Notre monde à changer !

Notre monde change, mais pas dans la bonne direction. Le fossé ne cesse de s’élargir entre riches et pauvres, entre puissants et précaires. Le climat et la nature se dérèglent chaque année davantage (…)

janvier 2017, 18 €
Attac France, Civic city

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Québec : le pilotage par les résultats aboutit au tripatouillage des notes

La moitié des enseignants québécois ont vu les notes de leurs élèves modifiés à la hausse par les directions d’écoles et d’établissements affirme un syndicat d’enseignants, la Fédération autonome de l’enseignement. Le syndicat dénonce des pressions liées au pilotage du système éducatif par les résultats. D’une part un logiciel du ministère de l’éducation arrondirait automatiquement les taux de réussite de 58 à 60%, la barre de réussite fixée nationalement. D’autre part les chefs d’établissement et els directeurs pousseraient les taux de réussite à la hausse pour atteindre les objectifs qui leur sont fixés. Le syndicat dénonce aussi la pratique du « teach for the test » , n’enseigner que les matières évaluées dans les tests nationaux, déjà bien installées dans certaines écoles. Cette campagne prend à parti le ministre de l’éducation québécois accusé de dévaloriser les enseignants.

Article Journal du Québec

Article Newswire

Article Newswire

Communiqué FAE

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La liberté de la presse davantage menacée en 2017

« La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée », indique Reporters sans frontières qui publie  son Classement 2017 de la liberté de la presse. RSF pointe 3 nouveaux pays qui ont sombré dans le controle des médias en 2017 : l’Egypte, le Burundi et Bahreïn.  En queue de classement on retrouve les trois mêmes pays : la Corée du Nord, le Turkménistan et l’Erythrée. Mais l’association pointe aussi Cuba, où le remplacement de Castro par un autre Castro n’a rien changé. Deux pays ont fortement régressé en 2017 : la Turquie et le Mexique, ce dernier pays étant marqué par les assassinats de journalistes.

 

Le classement RSF

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[ATTAC] Dès maintenant, préparons la suite !

Dès maintenant, préparons la suite !Université d’été européenne des mouvements sociaux

Évènement 27 avril 2017

Chère amie,
Cher ami,

Comme vous le savez déjà, l’Université d’été européenne des mouvements sociaux aura lieu à Toulouse du 23 au 27 août. Depuis le début du mois de mars, les organisations de la société civile et les mouvements sociaux européens ont proposé des atelier ou des séminaires pour ces cinq jours intensifs de débats, de rencontres, de formations, d’actions et de fête. Partout en Europe la rumeur court déjà : il se trame quelque chose à Toulouse et ce sera le lieu où aller cet été du 23 au 27 août.

Débattons, résistons, agissons. C’est le moment !

Le mot d’ordre est clair. Face aux bouleversements politiques, sociaux et climatiques qui frappent tout autant l’Europe que le monde, il est grand temps d’agir ! L’Université d’été européenne des mouvements sociaux à Toulouse sera donc l’occasion de nous retrouver pour préparer les réponses collectives de toutes celles et tous ceux pour qui un autre monde n’est plus seulement une urgente nécessité, mais un devoir commun.

  • > Débattons et réfléchissons aux grandes questions qui marquent la période.
  • > Organisons les mobilisations et les résistances à venir.
  • > Construisons et renforçons les alternatives pour un monde plus juste, souhaitable et vivable pour tou·te·s.
  • > En somme, agissons !

Mais n’oublions pas de nous rencontrer et de célébrer comme il se doit nos convergences et mobilisations passées, présentes et à venir !

C’est le moment, inscrivez-vous à l’Université d’été européenne des mouvements sociaux !
Je m’inscris !

Il y aura de la place pour tout le monde mais n’attendez pas plus pour préparer votre venue, toutes les informations pratiques concernant le voyage jusqu’à Toulouse, l’hébergement et l’alimentation sur place sont disponibles ici.

Université d’été européenne des mouvements sociaux organisée en 2014 à Paris

Nous avons besoin de vous pour faire de cette Université d’été un succès

Quelle que soit la forme qu’elle prendra, votre aide nous sera très précieuse !

Aidez-nous à mobiliser le plus grand nombre pour l’université d’été en la faisant connaître. Vous pouvez aussi contribuer au succès de cet événement en devenant bénévole, ou encore en contribuant au financement de l’université d’été.

Retrouvons-nous cet été à Toulouse, et d’ici là sur Facebook et Twitter avec le mot clé #ESU2017.


L’université d’été européenne des mouvements sociaux est soutenue par

Conseil Départemental de la Haute-Garonne
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Bien-être : les élèves français moins angoissés mais trop peu liés à leur école

On ne pourra plus dire que les élèves français sont les plus angoissés de l’OCDE. La livraison le 19 avril du tome III de Pisa 2015 relativise fortement l’angoisse ressentie par les jeunes Français. Elle montre aussi des jeunes heureux de vivre. Il reste des points noirs. Le plus grave est le très faible sentiment d’appartenance à leur établissement. Une situation qui retentit sur les résultats. Les jeunes Français sont aussi parmi les plus dépendants à Internet. Vous le saviez déjà?

Des élèves heureux

Sonder les coeurs et les âmes des jeunes de 15 ans c’est aussi ce que permet Pisa. Cette vaste enquête internationale concernant les jeunes âgés de 15 ans donne une photographie exceptionnelle du ressenti des jeunes Français et les compare aux 70 autres pays participant à Pisa.

Les jeunes Français se déclarent heureux de vivre dans une proportion supérieure à la moyenne de l’OCDE. 7% des jeunes âgés de 15 ans ne sont pas heureux de vivre. Un nombre trop élevé mais à comparer d’un coté aux 4% de Néerlandais mais aussi aux 22% de Coréens du Sud et 29% de Turcs. Nos voisins européens sont au dessus de 10% (Allemagne 11, Espagne 10, UK 16, Italie 15%).

Les jeunes français se sentent aussi soutenus par leur famille dans leurs travaux scolaires. Ils font partie des jeunes qui prennent le plus souvent leur diner en famille et cela a un effet sur leurs résultats scolaires (évalué à 22 points en général par l’OCDE).

Une Ecole qui n’accroche pas

L’anxiété à l’école qui était un point faible de l’école française est maintenant en dessous de la moyenne de l’OCDE. 47% des élèves français se déclarent anxieux même quand ils se sont préparés à un contrôle contre 56% pour l’OCDE. On est nettement en dessous des taux de nos voisins : RU à 72%, Espagne à 67% sauf l’Allemagne (42%).

C’est peut-être que les élèves français sont moins intéressés à bien faire. A la question « je veux faire de mon mieux », seulement 45% des jeunes Français se déclarent d’accord contre 59% dans l’OCDE , 85% des jeunes Américains, 76% des Britanniques.

Le point le plus sombre du tableau dressé par l’OOCDE est le très faible sentiment d’appartenance des élèves français à leur établissement. Seulement 41% des élèves français se sentent  comme chez eux dans l’établissement contre 73 % en moyenne dans l’OCDE. C’est le plus faible taux de tous les pays participants. Chez nos voisins cela concerne 87% des Espagnols, 76% des Américains, 68% des Britanniques, 75% des Allemands par exemple. C’est aussi en France que ce sentiment a le plus fortement reculé depuis 2003 après la Turquie. Or cette faible appartenance a un lien avec les résultats scolaires. En France les élèves qui se sentent étrangers à leur école accusent un retard de 30 points en sciences, soit presque une année scolaire. C’est beaucoup plus que chez nos voisins (moins de 5 points aux Etats Unis ou en Grande Bretagne par exemple. Ces élèves qui ne se sentent pas appartenir à leur établissement sont aussi beaucoup plus nombreux qu’ailleurs à faire le lien avec un comportement injuste de leur enseignant.

Le harcèlement déclaré par les élèves se situe en France dans la moyenne de l’OCDE. Par contre c’est en France que les effets scolaires sont les plus marqués après la Grèce. Les élèves victimes de harcèlement accusent un retard de plus de 40 points.

Ce que ça nous dit de l’Ecole

Que nous disent ces informations sur l’Ecole ? Les résultats montrent une certaine dureté de l’Ecole français par rapport à celles de nos voisins et un faible accord avec les objectifs de l’Ecole. On pourrait relier ces résultats à la forte indiscipline des écoliers français évaluée dans d’autres enquêtes de l’OCDE. Ou encore au faible soutien ressenti par les élèves et au sentiment d’injustice. Les élèves ne se retrouvent pas dans l’univers scolaire. De ce fait le harcèlement produit des effets beaucoup plus négatifs qu’ailleurs. La motivation scolaire est  faible. Et cela joue évidemment sur les résultats. Autrement dit les résultats de Pisa valident la nécessité d’une Ecole bienveillante pour être performante.

Ensuite Pisa montre aussi les forts écarts entre les établissements et l’impact des inégalités. Le pourcentage d’élèves qui se déclarent traités injustement est plus fort en France que dans l’OCDE (en moyenne10 points au dessus). Mais ce sentiment d’être traité de façon injuste par son enseignant est nettement plus ressenti chez les élèves défavorisés que favorisés en France : l’écart est trois fois supérieur à la moyenne OCDE (tableau III.7.16). PISA montre aussi que le climat scolaire est nettement plus dégradé dans les établissements où les enfants se sentent moins heureux que dans les autres , ce qui est aussi lié à la condition sociale. L’écart entre les écoles est presque 4 fois plus élevé en France que dans la moyenne de l’OCDE (tableau III.3.11).

Et aussi..

L’enquête Pisa montre que les jeunes français pratiquent moins de sport extra-scolaire que leurs camarades de l’OCDE : seulement 63% des élèves contre 70% dans l’OCDE ce qui n’est pas sans effet scolaire. Pisa montre un lien positif entre la pratique sportive et les résultats scolaires.

Une dernière observation concerne l’usage d’Internet. Les jeunes Français sont maintenant dans le peloton de tête des pays de l’OCDE pour l’équipement à la maison. Ils consacrent en moyenne 127 minutes par jour de classe à Internet en dehors de l’école et 191 durant le week end. Un volume horaire et une gestion qui semblent raisonnables par rapport à la moyenne de l’OCDE (146 et 184). Mais ne les privez pas d’Internet ! Après les Chinois et les Suédois ce sont ceux qui se déclarent le plus mal sans Internet.

Les résultats

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Education nationale, Terre d’inégalités…

Tous collègues  Certes. Mais pas pour la feuille de paie. La publication du Bilan social de l’Education nationale jette un coup de projecteur sur les rémunérations réelles des enseignants et de forts écarts solidement installés entre les corps et aussi entre les genres. Mais des lignes bougent aussi. On distingue concrètement la priorité au primaire.

Une progression des effectifs


Le premier enseignement du Bilan social c’est l’effort réalisé sur les effectifs enseignants sous le quinquennat Hollande. Et la priorité donnée au primaire n’est pas un vain mot.

De 2006 à 2012 on assiste à une nette chute des enseignants, plus forte dans le second degré que dans le premier. 2012 est bien une année de rupture avec un net redressement chez les enseignants à partir de 2013, alors qu’on atteint un plateau pour les non enseignants.

De 2012 à 2015 on passe de 378 000 à 393 000 enseignants du premier degré et de 480 000 à 499 000 pour ceux du second degré. En 2015 le premier degré a récupéré le niveau de 2006 (396 000). Ce n’est pas le cas du second degré où, malgré une nette hausse, 28 000  postes n’ont pas été recréés.

Des salaires plus faibles qu’à l’étranger

Certes, on le sait : les enseignants français sont mal payés par rapport à leurs homologues des autres pays développés. Eurostat et l’OCDE ont publié des données éclairantes à ce sujet. Si l’on s’en tient à l’Europe, exprimé en euros, 14 pays européens versent un salaire de débutant supérieur au salaire français. Alors que le salaire moyen annuel du professeur des écoles est de 24 724 € en France (2014), on, est à 42 891 en Allemagne, 25123 en Angleterre; 27 754 en Espagne, 30 335 en Belgique, 32 225 aux Pays Bas, 48 360 en Norvège, 31 699 en Finlande, selon Eurostat. Il atteint même 70 450 € au Luxembourg. Exprimé par rapport au PIB national ce n’est pas mieux. Le salaire du professeur des écoles français débutant représente 79% du PIB national. Or chez la plupart de nos voisins, il est supérieur au PIB. C’est le cas en Allemagne (126%), en Angleterre (100%), en Espagne (124%) ou au Portugal (138%).

Le rattrapage du primaire

Mais le Bilan social montre une progression des salaires du primaire en 2015, avant la décision de porter l’ISAE à 1200€ en 2016. Il montre que dès cette année les mesures gouvernementales avaient commencé à rapprocher des carrières historiquement bien différentes.

Bien sur l’écart entre les salaires du premier et du second degré reste important. Le salaire net moyen d’un professeur des écoles s’établit à 2221 €contre 2672 € en moyenne pour les enseignants du second degré. Mais de 2014 à 2015 on constate une augmentation de 24 € en moyenne dans le premier degré contre 3 € pour le second. « Le montant des primes reçues explique, comme en 2013 et avant, plus de la moitié de l’écart de salaire brut. La part des primes dans le salaire brut (dont les heures supplémentaires font partie) est de 5,3 % pour les corps du premier degré et de 14,0 % pour ceux du second. L’écart restant (soit 40 % de la différence totale) entre le salaire brut des enseignants du premier et du second degrés concerne le Traitement Indiciaire Brut, du fait, notamment, de la présence dans le second degré des corps d’agrégés et de professeurs de chaire supérieure, aux grilles indiciaires plus favorables », note le Bilan.

Un autre élément du rapprochement des carrières apparait en 2015. Le nombre des enseignants du premier degré accédant à la hors classe passe de 10 462 à 11 480, soit un bond significatif. Chez les certifiés il est stable avec 8153 promus.

Des écarts importants à l’intérieur du second degré


Des écarts importants demeurent par contre dans le second degré. La logique veut que plus les corps ont un indice élevé plus ils cumulent heures supplémentaires et primes. Ainsi le salaire moyen des certifiés s’établit à 2564 € dont 13% de primes et indemnités. Celui des agrégés est à 3471€ dont 17% de primes et indemnités. Pour les professeurs de chaire supérieur on monte à 5640€ grâce à 2337 € de primes et indemnités dont 1950 € d’heures supplémentaires par mois (les fameuses « colles »). De 2014 à 2015 le salaire net des certifiés a gagné 3 €. Celui d’un professeur de chaire supérieur 20€. Tout en bas de la pyramide on trouve les non titulaires avec un salaire net de 1900 €.

L’inégalité persistante entre femmes et hommes

L’écart entre les sexes reste important.  Globalement le salaire net moyen des enseignantes atteint 2371 € contre 2 664 pour les hommes. L’écart se retrouve dans toutes les catégories : 2190 et 2359 pour les P.E., 2534 et 2667 pour les certifiés. Il atteint même  300 € chez les agrégés et professeurs de chaire supérieure.


Le Bilan social explique cette situation par deux phénomènes. D’une part les hommes sont plus avancés dans leur carrière et ont donc un indice plus élevé. D’autre part le niveau et la part des primes sont également plus élevés pour les hommes. « Parmi les professeurs des  écoles du public, l’écart de primes est de 50 % entre hommes et femmes, en lien avec une relative surreprésentation des hommes dans les directions des écoles… Dans le second degré public, et plus encore parmi les professeurs agrégés et de chaires supérieures, les hommes perçoivent en moyenne 29 % de primes de plus que les femmes. Ces derniers ont en particulier une plus grande propension à effectuer des heures supplémentaires, percevant, en moyenne 52 % de rémunérations pour heures supplémentaires de plus que les femmes ».

L’écart avec le privé

Quelque soit le corps, les enseignants du privé sous contrat gagnent moins que leurs collègues du public. L’écart moyen est de 12%. Ainsi un P.E; du privé gagne 2016 € net en moyenne (contre 2221) , un certifié 2 403 (contre 2 564). Là où l’écart est le plus important c’est pour les non titulaires : en moyenne ils gagnent 1628 € contre 1900 € dans le public. Un mouvement syndical tente d’obtenir une égalité indiciaire entre public et privé pour cette catégorie.

Comment expliquer cet écart alors que enseignants du privé et du public sont sur les mêmes indices ? Trois phénomènes jouent selon le Bilan social. D’une part la carrière des enseignants du privé est plus courte : ils rentrent plus tard dans l’enseignement. Ensuite la création des concours de recrutement est récente et de nombreux enseignants sont restés longtemps sur des indices de maitre auxiliaire et ont une ancienneté plus faible dans leur corps de titulaire. Enfin els prélèvements sociaux sont plus élevés dans le privé (soumis au régime général de sécurité sociale et de retraite) que dans le public.

Que sait-on du salaire des cadres ?

Rien pour veux du privé qui sont versés par un organisme privé. Dans le public, le salaire net moyen des personnels de direction s’établit à 4026 €, celui des personnels d’inspection à 4163€. Les primes représentent un peu moins de 20% des revenus. Là aussi on retrouve l’écart entre femmes et hommes. Un inspecteur mâle gagne en moyenne 4  255€, une femme 4 044€. L’inégalité de traitement entre femmes et hommes est une colonne vertébrale de l’Education nationale…

Le bilan social 2015-2016

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Le plus grand syndicat européen d’enseignants nait en Angleterre

« Parler d’une seule voix terrifie le gouvernement ». Pour faire face aux restrictions budgétaires, deux syndicats d’enseignants anglais ont décidé carrément de fusionner. Le NUT et l’ATL créent le National Education Union (NEU) qui devient le plus important syndicat d’enseignants en Europe avec 450 000 membres. L’objectif est de mieux luter contre les restrictions budgétaires qui menacent l’école anglaise. Une journée de grève a été décidée par le NUT.

 

Article du Guardian

Article BBC

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[ATTAC] Lettre d’information — 11 avril 2017

Les multinationales dans notre viseur Lettre d’information — 11 avril 2017

La semaine mondiale d’actions contre l’évasion fiscale vient de s’achever. En France, des dizaines d’actions « d’opacification » des vitrines d’Apple, BNP Paribas, McDonald’s, Société générale… ont été menées pour réclamer la transparence et la fin de l’impunité fiscale pour les multinationales. Le 1er avril dernier à Paris, plus de cinquante militant·e·s ont été arrêté·e·s puis relâché·e·s suite à deux actions. Cette (longue) semaine se termine aujourd’hui avec le procès du Faucheur de chaises Florent Compain à Bar-le-Duc.

En montrant le vrai visage des multinationales et en plaçant certaines des plus emblématiques dans notre viseur, nous avons vu juste et nous n’allons pas en rester là ! Un appel à don a été lancé pour nous donner les moyens de préparer de nouvelles actions et attendre sereinement les éventuelles poursuites judiciaires qui nous permettront de faire le procès celles et ceux qui organisent l’évasion fiscale et ne sont jamais poursuivi, encore moins condamnés.

Actualité

Revue de presse : des actions contre l’évasion fiscale

lundi 10 avril 2017

LuxLeaks, SwissLeaks, Panama Papers… la multiplication des révélations a jeté la lumière sur les pratiques de banques et de multinationales qui profitent de l’opacité financière et de la complicité des pouvoirs publics pour évader des sommes colossales dans les paradis fiscaux. Au cours de la semaine mondiale d’actions contre l’évasion fiscale, des militant·e·s d’Attac ont mené des dizaines d’actions partout en France pour que ces multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités.

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Attac a besoin de 50 000 € pour montrer le vrai visage d’Apple, Ikea, McDonald’s, Société générale, …

mercredi 5 avril 2017, par Attac France

Chaque année, les multinationales dépensent des milliards d’euros pour payer des agences de communication afin de nous vendre une image sublimée de leurs produits, des cabinets d’affaires afin de cacher leurs profits dans les paradis fiscaux, des lobbyistes qui murmurent à l’oreille des gouvernants afin de bloquer toute législation qui ne leur serait pas favorable.
Nous, nous avons besoin d’une somme bien plus modeste, qui nous permettra de continuer à les traquer sans relâche, montrer leur vrai visage et dénoncer l’évasion fiscale !

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Campagnes

Le 5 avril, Les restaurants McDonald’s occupés pour cause d’évitement fiscal

jeudi 6 avril 2017, par Attac France, Attac Play

1 400 restaurants en France et 80 % de franchisés 24 % de leur chiffre d’affaires part dans les paradis fiscaux 1 milliard d’euros d’impôts évités en 4 ans. Attac France est membre du collectif « McDo passe à la caisse » qui a mené des actions partout en France ce mercredi 5 avril pour réclamer la relocalisation des bénéfices de McDonald’s, qu’il paie ses impôts et 13 € de l’heure pour tous les salarié·e·s.

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Toutes les mobilisations locales de la semaine d’actions contre l’évasion fiscale

mardi 11 avril 2017, par Attac France

Des solutions existent pour mettre fin à l’évasion fiscale, il manque la volonté politique pour les mettre en œuvre. Pourtant cet argent permettrait de financer des milliers d’emplois pour la transition sociale et écologique. Les militant.e.s d’Attac se sont une fois de plus emparés de la problématique pour montrer le vrai visage des multinationales du 1er avril au 8 avril 2017 au cours de la semaine mondiale d’actions contre l’évasion fiscale. Rendez l’argent !

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Comment McDonald’s ampute les revenus des salarié·e·s et les recettes du Trésor public

vendredi 7 avril 2017, par Attac France, CGT McDonald’s Ile-de France, ReAct

Ce rapport décrypte le « système McDonald’s en France » (selon la terminologie de la multinationale). Un système qui organise la maximisation des profits aux dépens de ses salarié.es et des recettes de l’État en s’appuyant principalement sur deux mécanismes juridiques : l’évitement des seuils sociaux, via notamment les restaurants franchisés, et un dispositif de redevances.

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Petit guide pour en finir avec l’évasion fiscale

lundi 20 mars 2017, par Attac France

Ces dernières années, la multiplication des affaires a jeté la lumière sur le scandale de l’évasion fiscale. Avec la complicité des banques ou des cabinets de conseil, riches particuliers et multinationales utilisent aujourd’hui des moyens sophistiqués pour éviter l’impôt. Grâce à la libre circulation des capitaux, ils profitent des avantages de juridictions complaisantes dans des pays qui ont fait de l’évasion fiscale une véritable industrie.

Alors que des sommes colossales manquent pour financer l’action publique ainsi que la transition écologique et sociale, l’impunité dont jouissent les délinquants fiscaux et leurs complices est une injustice de plus en plus visible.

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Agenda

Université d’été européenne des mouvements sociaux

  • > Organisé par : Attac d’Europe, Attac France
  • > Du 23 au 27 août à Toulouse, Université Toulouse – Jean Jaurès

Du 23 au 27 août 2017, l’Université d’été européenne des mouvements sociaux initiée par le réseau des Attac d’Europe se tiendra à Toulouse. Soyons nombreux et nombreuses à nous y retrouver pour nous informer, débattre, agir. On se voit là-bas ?

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Multimédia

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Contre l’évasion fiscale Attac se mobilise dans toute la France !

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Développons ensemble l’esprit d’équipe contre l’évasion fiscale

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Evasion fiscle : Attac repeint l’Apple Store Saint-Germain

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Comment récupérer 200 milliards d’euros pour financer la transition écologique et sociale

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Lobby Tour au coeur de la Défense

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Table ronde des représentant·e·s des candidat·e·s à la présidentielle

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21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

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Même la prison ne fait pas reculer l’absentéisme

Rétablir la suppression des allocations familiales pour faire baisser le taux d’absentéisme des élèves est inscrit au programme de F Fillon pour la présidentielle. En Angleterre on va nettement plus loin puisque l’absentéisme relève du code pénal et est passible d’amende et de prison. Les derniers chiffres viennent de sortir. Le nombre de cas poursuivis a presque doublé depuis 2011 passant de 12 000 à 20 000 en 2015. Le montant des amendes a lui aussi grimpé : l’absentéisme est sanctionné de 176 £ (plus de200 €). Enfin 8 parents ont été condamnés à de la prison en 2015 (33 depuis 2013). Malgré tout cela l’absentéisme est toujours là…

 

Article TES

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L’Angleterre cherche à attirer des enseignants européens

Alors que le gouvernement britannique engage le Brexit, les autorités éducatives anglaises cherchent à attirer des enseignants européens, particulièrement en Allemagne, république tchèque et Pologne, annonce le Times. Les candidats se voient offertes de solides primes, des abonnements gratuits en club de gym ou encore des bons d’achat. Du fait d’un taux d’abandon important et d’un déficit chronique de recrutement, l’Angleterre manque d’enseignants dans les principales disciplines.

 

Dans le Times

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Yves Dutercq – autonomie des établissements : l’efficacité à quelles conditions ?

L’autonomie des établissements peut-elle améliorer l’efficacité du système éducatif français , notamment réduire les inégalités ? Professeur à l’université de Nantes et codirecteur du CREN, Yves Dutercq décrypte pour le Café pédagogique les réformes françaises et étrangères. Pour lui, l’autonomie des établissements ne fonctionne au profit de tous que là où elle est « d’ordre collectif et pas seulement fondée sur celle de l’équipe de direction ».

Le thème de l’autonomie des établissements scolaires et des écoles a envahi la campagne électorale. On en attend plus d’efficacité pour le système éducatif et notamment la réduction des inégalités sociales dans le système éducatif. Au regard des évolutions récentes des systèmes éducatifs, la France avec son mode actuel de gestion bureaucratique de l’Ecole fait elle exception ?

 Le thème de l’autonomie des établissements d’enseignement n’est pas nouveau dans les projets de réforme des systèmes éducatifs, y compris dans le cas français, puisqu’il apparaît dans la suite des lois de décentralisation des années 1980 avec la création du statut d’établissement public local d’enseignement (EPLE) accordé aux collèges et lycées en 1983. Cette autonomie s’inscrit en effet dans un mouvement international qui prête au local des vertus que le central ou le national n’aurait pas, en termes à la fois de meilleur ajustement aux situations et de plus grande efficacité. La question se pose tout autant pour les écoles du primaire… même si les avancées institutionnelles ont été bien moindres pour des raisons de taille mais aussi de culture (cf. l’échec des EPEP et l’impossible réforme du statut des directeurs/trices d’école).

Depuis 35 ans donc, cet horizon de l’autonomie des établissements revient régulièrement dans le débat politico-scolaire français, avec à peu près toujours les mêmes arguments, comme si les mesures déjà prises ne suffisaient pas. Il est vrai que l’autonomie des établissements français reste réduite ou partielle et qu’elle ne fait consensus que parce qu’elle est précisément largement rhétorique. Il est vrai aussi que dans la tête des responsables du système, l’autonomie renvoie moins à la capacité de régulation et d’autorégulation qu’on voudrait voir se développer chez les acteurs locaux qu’à la recherche d’efficience, voire tout simplement d’économie.

Finalement assez peu de pays développent une pleine autonomie au niveau des établissements du secteur public, comme si on se méfiait d’une trop grande indépendance accordée aux personnels et c’est plutôt à un renforcement de la gestion et de l’administration de l’éducation à un niveau plus territorial comme celui du district, du secteur ou de la commune qu’on assiste. Mais il faut dire que c’est dans des pays où des autorités locales ont toujours eu un rôle moteur en matière d’éducation (Angleterre, Canada, Etats-Unis). La décentralisation prend un tout autre sens là où le développement de l’éducation scolaire est avant tout l’œuvre de l’Etat central, comme pour la France.

Par ailleurs la question se pose des domaines sur lesquels porterait l’autonomie des établissements : gestion du budget ? choix des enseignants ? programmes d’enseignement ?

L’autonomie est souvent associée à l’idée du leadership du chef d’établissement. Est-ce ainsi que sont gérés les établissements qui ont mis en place l’autonomie à l’étranger ?

En France en tout cas et, c’est bien l’ambiguïté, on a associé dès les premières mesures -celles portant précisément sur l’EPLE- accroissement de l’autonomie et renforcement du pouvoir des directions d’établissement, comme pour la contrôler ou se préserver d’éventuelles dérives. Ce n’est pas pour rien que le législateur est revenu sur une première mouture plus libérale de la loi de 1983 qui prévoyait de réduire le rôle du chef d’établissement représentant de l’Etat à celui de directeur et de confier la présidence du conseil d’administration à un membre élu, quel que soit son statut. Pourtant l’esprit des textes des années 1980 était plutôt de mobiliser les acteurs, en particulier enseignants et parents, de les faire participer à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un projet et de les impliquer plus fortement dans le fonctionnement de l’établissement. Par la suite, la complexité grandissante des tâches à accomplir a rendu nécessaire leur prise en charge par un personnel ad hoc d’où le développement de la professionnalisation des chefs d’établissement qui s’est accompagnée d’une demande de reconnaissance de leur part.

Comme nous le montrons, Hélène Buisson Fenet et moi-même, dans un dossier de la revue Recherche et formation consacré aux cadres de l’éducation en Europe, le développement d’un leadership local assuré par un personnel de direction spécialisé est similaire dans la plupart des autres pays et s’est même accentué ces derniers temps. On trouve souvent aussi le cas de figure de la séparation des pouvoirs entre un chef d’établissement leader pédagogique, ex-enseignant/e, et un/e véritable directeur/trice aux pouvoirs managériaux (Angleterre).

Ce qui distingue peut-être la France, c’est la prise au sérieux du développement des compétences gestionnaires et organisationnelles des personnels de direction des établissements qui a conduit à mettre en place une formation spécifique. Parallèlement, les textes institutionnels mettent l’accent sur la nécessité de sa reconnaissance comme leader pédagogique, ce qui est plus délicat, sa seule formation en matière de pédagogie relevant de son passé d’enseignant, comme c’est encore le cas pour la grande majorité des chefs d’établissement français.

Il n’y a guère que les pays du Nord de l’Europe où on ait voulu étendre à l’ensemble des membres de la communauté éducative la possibilité de jouer un rôle fort dans le fonctionnement de l’établissement, sans privilégier l’équipe de direction. Mais d’une part c’est surtout dans les établissements primaires ou du début du secondaire qu’on retrouve ce type de fonctionnement, d’autre part les pays où on a voulu confier le rôle de leader à des non professionnels, par exemple par élection plutôt que par nomination par une autorité supérieure et avec un mandat limité en temps (Espagne, Portugal), on en est revenu par souci de meilleure efficacité et de compétence plus affirmée.

Dans le cadre de ce nouveau type de management que devient le rôle de l’Etat ?

Si on se place dans une perspective internationale, et malgré les résultats mitigés du « school-based management », la question ne se pose plus guère de l’autonomie des établissements : elle est actée presque partout, notamment par désengagement de la puissance centrale (pour des raisons budgétaires et idéologiques) mais aussi pour répondre à l’attente des usagers (qui ont le sentiment de pouvoir ainsi davantage faire valoir leur intérêt). En revanche, la demande des enseignants en la matière est très variable et souvent ambivalente.

A partir de là c’est plutôt le problème du mode de régulation de cette autonomie qui se pose et qui fait la différence d’un pays à l’autre : régulation par l’Etat (national ou régional, cela revient souvent au même) ou régulation par le marché ? En France, de façon très claire, on s’est toujours inscrit dans des formes de régulation assurées par l’Etat, y compris quand par exemple on a développé la désectorisation de l’affectation des élèves dans les collèges (carte scolaire) dans les années 2007-2010 et laissé croire à la possibilité du libre choix de l’établissement par les parents.

Si l’affectation contrainte pose d’évidents problèmes vu les différences entre établissements, le libre marché ne peut fonctionner correctement car, d’une part, il bénéficie avant tout aux familles les mieux informées (a priori celles des milieux favorisés socialement et culturellement) mais encore il se heurte à l’insoluble problème du surcroit de demandes pour les établissements les plus attractifs qui fait forcément des mécontents et renforce la différenciation entre établissements, ce que les sociologues appellent la ségrégation inter-établissements.

Les politiques de chèques éducation, qui permettent aux parents de choisir leur école et de lui affecter directement la somme allouée, ont toutes plus ou moins échoué, accentuant la ségrégation entre établissements et suscitant la ghettoïsation de certaines écoles (Angleterre, certains états des Etats-Unis). Mises en place dès les années 1960 dans certains pays, elles ont été reprises ici et là dans les décennies qui ont suivi sans qu’on ait paru tirer les leçons de l’expérience des pays qui les avaient déjà expérimentées. Le dernier exemple connu est celui de la Suède qui a opéré ce bouleversement au milieu des années 1990 avec d’importants dégâts en termes d’accentuation des inégalités dans un pays qui jusque-là en avait été précisément préservé bien mieux que d’autres.

En Grande-Bretagne le pouvoir de contrôle de l’Etat avait été renforcé sous Thatcher en matière de régulation des établissements, en même temps qu’on leur accordait une plus grande autonomie managériale (school-based management) : développement d’un programme d’enseignement national et de l’inspection des établissements. En Belgique, pays du libre choix des familles en matière d’école, on a instauré très récemment une sorte de carte scolaire et une régulation de l’affectation des élèves par l’administration publique.

En résumé, si on peut et doit inciter les établissements à prendre des initiatives et à développer leur autonomie pédagogique, il est des domaines où il ne peut y avoir que des marges d’autonomie si on veut que le système éducatif continue à fonctionner et à contribuer aux nécessités d’une société équitable. De ce point de vue, il revient à l’autorité publique (l’Etat en particulier) d’assurer au moins la régulation des flux, l’octroi et la répartition du financement, la certification des personnels et les objectifs curriculaires.

Que change ce nouveau type de management pour les enseignants ?

Le school-based management n’a pas été conçu pour répondre aux attentes des enseignants mais bien des usagers des systèmes éducatifs qui se plaignaient de leurs lourdeurs et dysfonctionnements. Dans le cas de la France, on a vu qu’il a été perçu également par les porte-parole des équipes de direction comme une opportunité pour accroître la légitimité et la reconnaissance des chefs d’établissement, même si au départ tous ne l’ont pas forcément réclamé, loin de là, de crainte justement de se voir investis de grosses responsabilités non accompagnées des moyens d’action afférents, mais aussi de se couper du corps des enseignants dont ils étaient issus.

L’intention de répondre aux attentes des usagers, à une époque de forte dénonciation de l’immobilisme ou des raideurs des enseignants, a conduit à accompagner les mesures de gestion basée sur l’autonomie des établissements de dispositifs d’accompagnement, de soutien mais aussi d’incitation ou de pression dont on n’a vu en France que de très timides exemples dont le principal est l’octroi d’un plein statut de supérieur hiérarchique aux chefs d’établissement, avec donc l’assise institutionnelle pour les « manager » et se transformer en DRH… ce qui ne suffit pas forcément ! Difficile de mobiliser les enseignants sans qu’ils y voient leur intérêt et sans qu’ils reconnaissent la légitimité pédagogique du chef d’établissement qui ne peut se construire qu’en actes.

Bien entendu d’autres systèmes éducatifs, qui pratiquent une pleine politique de responsabilisation des établissements et de leurs personnels, sont allés nettement plus loin en l’assortissant de récompenses ou, plus souvent, de sanctions (obligation de formation, mutation, renvoi, baisse de salaire…) mais le plus souvent ces mesures sont d’ordre collectif et non individuel (déplacement de l’équipe pédagogique, éviction d’un pourcentage fixé d’enseignants, fermeture de l’établissement…). C’est ce qui se passe ou ce qui s’est passé dans certains états des Etats-Unis, en général avec une gradation des sanctions selon la réaction des équipes d’établissements.

Enfin la double question qui se pose toujours à ce propos est celle de l’élaboration de profils de postes et des modalités d’affectation des enseignants dans les établissements. Dans certains pays, la direction de l’établissement en est principalement chargée, dans d’autres ce sont les autorités locales, plus souvent le profil est élaboré par les autorités locales et le choix définitif laissé aux directions. C’est en gros ce qui se passe dans les établissements de l’enseignement privé sous contrat en France et dans ce cas on peut facilement percevoir la relation de redevabilité à la direction que ce type de recrutement induit, pas forcément toujours très saine. Les chefs d’établissement du public ne sont qu’à moitié demandeurs du reste, il en va différemment en revanche d’un droit de regard sur le profil voire les candidatures. Bien davantage, c’est une fois un enseignant affecté sur un établissement qu’une Relation Humaine intelligente peut se manifester via des entretiens formalisés réguliers (une ou deux fois par an) comme les pratiquent certains chefs d’établissement en France.

Certains candidats évoquent un paiement au mérite des enseignants. cette politique a t elle été appliquée ? Avec quels résultats ?

Bien entendu, la politique de rétribution au mérite a été mise en pratique dans plusieurs pays, y compris dans le secteur public, comme on peut le voir dans certains états des Etats-Unis, du Canada ou du Brésil. Le problème est évidemment alors de la manière d’évaluer objectivement ce mérite. L’évaluation sur le long terme, sans doute bien plus probante vu la longueur des carrières des enseignants, est difficile à mettre en œuvre et dans la plupart des cas on a eu recours aux résultats des élèves à des tests standardisés pour mesurer le mérite de leurs enseignants. Les enseignants concentrent alors tous leurs efforts à la réussite des élèves à ces tests, au détriment de l’accumulation d’un capital de connaissances articulées et donc d’une véritable progression pédagogique à long terme. Par ailleurs ce sont les seules disciplines testées qui font l’objet d’un investissement de la part des élèves comme des enseignants. Le célèbre économiste libéral de l’éducation, Eric Hanushek, le reconnaît lui-même : l’incitation monétaire et la relation mécanique entre rémunération et performance ne sont pas très pertinentes (cf. sur ce point par exemple un article de 2009 de Françoise Larré, paru dans la Revue française de pédagogie, La mise en incitation des enseignants : solution théorique ou réponse pragmatique ?).

Cela signifie que la rémunération au mérite, si elle est mise en place, doit porter sur d’autres indicateurs et donc d’autres formes d’investissement des enseignants, notamment d’ordre plus collectif. Cela signifie plus encore que des incitations à la mobilisation d’un autre ordre que monétaire doivent être imaginées.

Globalement ces politiques ont elle amélioré l’efficacité de l’Ecole ?

Le cas de la Suède est exemplaire, je l’ai dit. Au tournant des années 1990, le nouveau gouvernement libéral y a décentralisé la gestion des établissements en direction des municipalités alors même que le système éducatif était à la fois homogène et bien classé dans les comparaisons internationales. De plus on y a instauré au niveau du secondaire le libre choix de l’école par les familles. Le bilan est négatif, de l’avis unanime des experts en raison des insuffisances de cohérence et de régulation de la politique éducative, en particulier les écarts de performance entre établissements se sont creusés.

En effet, quand on met en place un marché régulé par la loi de l’offre et de la demande, les établissements ont intérêt à améliorer leur image plutôt que les performances potentielles des élèves : ils cherchent à recruter d’emblée les élèves les plus performants et les plus conformes aux attentes scolaires et sociales traditionnelles et non à faire progresser le tout venant des élèves. Le choix des élèves par les établissements, au moins les plus attractifs, se substitue alors à celui de l’établissement par les parents ou les élèves. Il faut donc faire la part des choses entre l’autonomie des établissements dans un cadre législatif et institutionnel solide et la liberté des usagers de choisir sur un marché favorisant l’entre-soi et les regroupements affinitaires. Par ailleurs l’adaptation au contexte fait courir le risque du localisme et du communautarisme, comme on a pu le voir aux Etats-Unis dans le cas des charter schools.

Au regard des exemples étrangers, quelles réformes imaginer pour améliorer l’efficacité et l’égalité du système éducatif français ?

Les systèmes éducatifs qui fonctionnent le mieux sont ceux dont la réussite des élèves est la moins corrélée à leur origine sociale, ceux dont le niveau scolaire à la sortie mais aussi les voies possibles d’orientation des élèves ne sont pas le décalque des inégalités sociales. On constate que de ce point de vue les systèmes les plus performants sont ceux de pays où précisément les inégalités sociales sont les moins grandes, où la différence de revenus entre les plus pauvres et les plus riches est la plus contenue. C’est encore une fois le cas des pays du Nord de l’Europe : on a cité et on continue de citer en référence la Finlande et c’est notamment pour cette raison.

Ce sont des pays où on continue d’investir beaucoup dans l’éducation et spécialement dans la formation des enseignants, où aucune réforme n’est menée sans être fortement accompagnée, où la réussite éducative n’est pas rapportée aux seules performances scolaires des élèves, où enfin les enseignants bénéficient d’une forte reconnaissance et de la confiance sociale. A ce compte-là, oui ce sont des pays où aussi on a pu développer des formes d’autonomie des établissements mais d’ordre collectif et pas seulement fondée sur celle de l’équipe de direction.

Yves Dutercq

Professeur à l’université de Nantes et codirecteur du CREN (Centre de recherche en éducation de Nantes), auteur entre autres de Où va l’éducation entre public et privé (De Boeck, 2011), Les bons élèves (PUF, 2013, avec Carole Daverne) et Le leadership éducatif, entre défi et fiction (De Boeck, 2015, avec Moncia Gather Thurer et Guy Pelletier).

A voir aussi :

Meirieu : Autonomie, de quoi parle-t-on ?

Quelle autonomie pour les établissements

L’autonomie démocratique des établissements

L’autonomie pour quoi faire ?

L’échec de la réforme suédoise

Dutercq : Où va l’éducation entre public et privé

Pilotage par les résultats : « Les affres du pseudolibéralisme »

Lire aussi : Maulini et Progin  Des établissements scolaires autonomes ? Entre inventivité des acteurs et éclatement du système  Paris : ESF.

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Communiqué commun AFPS, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq : « Un rapport dévoile les liens entre cinq banques et assurances françaises et les colonies israéliennes »

Communiqué commun : Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq

Paris, le 29 mars 2017

Plusieurs organisations (Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq) publient aujourd’hui un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne ». Il met en lumière les liens entre certaines banques et assurances françaises et des banques et entreprises israéliennes impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes.

La colonisation israélienne dure depuis cinquante ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de six mille nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 23 décembre 2016, la résolution 2334 [1], exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Cette colonisation ne pourrait exister sans la contribution des banques israéliennes qui financent les constructions, et des sociétés israéliennes qui fournissent services et infrastructures dans les colonies. Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation, et les entreprises israéliennes contribuent au maintien et au développement des colonies israéliennes. En 2013 déjà, une mission d’enquête indépendante des Nations unies dénonçait le rôle primordial des banques israéliennes dans la colonisation et les conséquences en termes de violations des droits de l’Homme.

L’enquête menée par nos organisations révèle des liens financiers entre ces entités israéliennes et les groupes bancaires français suivants : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole (et sa filiale LCL), BPCE (et sa filiale Natixis) et AXA.

Chacune de ces sociétés détient plusieurs participations minoritaires, de manière directe ou indirecte, dans des banques ou entreprises actives dans les colonies israéliennes [2]. Au- delà de ces participations, ces sociétés financent des projets d’entreprises directement impliquées dans la colonisation. Ce fut notamment le cas lors de l’octroi d’un prêt en 2004 de deux cent quatre-vingt-huit millions d’euros par un consortium de banques (dont BNP Paribas, Société générale, Crédit lyonnais et Natixis) à l’Israel Electric Corporation (IEC). Cette entreprise approvisionne directement les colonies en électricité.

Les banques et assurances françaises concernées ont toutes adhéré à des lignes directrices internationales et pris des engagements relatifs au respect des droits humains. Mais la pratique ne suit pas. Tant qu’elles persisteront à financer des banques et entreprises israéliennes actives dans le maintien et développement des colonies israéliennes, elles continueront à soutenir et cautionner ces dernières.

De nombreuses institutions financières étrangères [3], publiques ou privées, se sont d’ores et déjà publiquement désengagées de banques et entreprises israéliennes actives dans les colonies. Par leur refus de prendre un engagement public fort, les banques et d’assurances françaises concourent à la poursuite de la colonisation et aux violations des droits humains qu’elle induit. Et ce, malgré les différentes interpellations des organisations auteures de l’étude.

La responsabilité du gouvernement français est également pointée dans le rapport. En effet, la France soutient la politique européenne de « différenciation » territoriale entre Israël et ses colonies. Cette politique met en garde les entreprises sur les risques juridiques, économiques et réputationnels, d’entretenir directement ou indirectement des liens financiers et économiques avec les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Le Parlement vient par ailleurs d’adopter la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre, qui s’applique aux banques et aux assurances. Celles-ci seront obligées de publier un plan de vigilance identifiant les risques potentiels que leurs activités et leur chaîne d’approvisionnement sont susceptibles de provoquer sur les droits humains et l’environnement.

L’Etat français, en laissant les institutions financières françaises financer les entreprises impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes, soutient indirectement la colonisation. Le gouvernement français doit faire pression sur les banques et assurances pour leur demander de mettre fin à l’ensemble de leurs soutiens. Par ailleurs, l’implication directe d’Alstom dans des grands projets d’infrastructures dans les colonies israéliennes est plus que problématique [4]. Là encore, l’Etat, en tant qu’actionnaire, doit intervenir pour y mettre fin.

[1] https://www.un.org/webcast/pdfs/SRES2334-2016.pdf

[2] http://www.fairfinancefrance.org/media/373618/links-between-french-banks-and-companies-profiting-from- the-occupation-of-160628.pdf http://www.fairfinancefrance.org/media/373619/links-between-french-fis-and-israeli-banks-160614.pdf

[3] C’est notamment le cas du fonds de pension du Gouvernement norvégien (2010), du fonds de pension néerlandais PGGM (2013), du fonds de pension luxembourgeois FDC (2014) des banques danoise et allemande, Danske Bank (2014) et Deutsche Bank (2014) et du fonds de pension de l’Eglise méthodiste américaine (2016).

[4] Centrale électrique avec Israel Electric Corporation (IEC) ; tramway de Jérusalem

Lire le rapport : Les liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne mars 2017

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Ce que Pisa nous apprend pour améliorer l’enseignement des sciences

Quelles méthodes, quelles organisations sont les plus efficaces pour améliorer l’enseignement des sciences ? Intitulé « Politiques et pratiques pour des établissements performants », le volume II des résultats de Pisa 2015 vient de sortir. Il propose des analyses fines des différents facteurs  qui influent sur le niveau en sciences. Certains concernent l’organisation du système éducatif comme le nombre d’heures de cours ou d’élèves en classe, ou encore le salaire du professeur. D’autres renvoient à ce qui se passe en classe depuis la discipline aux méthodes utilisées.

Des résultats globaux inquiétants

Publiés en décembre 2016, les premiers résultats de Pisa 2015, la grande évaluation commune des systèmes éducatifs des pays de l’OCDE, ont été accueillis avec un relatif soulagement. c’est la stabilité qui l’emporte avec des scores qui tournent autour de la moyenne de l’Ocde. Si les résultats arrêtent une dégringolade qui a commencé au début du siècle, les écarts entre les disciplines augmentent. Alors que le niveau en français se redresse, celui des sciences ne bouge pas mais le niveau en maths décroche. Surtout, les écarts se creusent entre les élèves favorisés et les défavorisés, entre les autochtones et les immigrés, entre la filière professionnelle et la générale. Avec Pisa 2015, au pays de l’égalité revendiquée, le système éducatif français montre encore un peu plus le chemin des inégalités…

En sciences, qui est la matière principale dans Pisa 2015, la France est un peu au dessus de la moyenne Ocde (493) avec 495 points. Un niveau stable. On compte 29 % d’élèves performants et très performants, soit un peu plus que la moyenne. Mais on a 22% d’élèves en difficulté (21% en 2006); ce qui est un peu plus que la moyenne Ocde. On observe là l’éclatement du système éducatif.

La publication en français du volume II des analyses de Pisa donne l’occasion d’aller voir plus loin et de dégager les facteurs qui influent sur ces résultats. L’OCDE va ainsi jusqu’à avancer des recommandations pour les politiques éducatives

Quelles méthodes d’enseignement sont efficaces ?

Quelles méthodes pédagogiques sont efficaces pour enseigner les sciences ?  » Les résultats de l’enquête PISA montrent que lorsque les enseignants expliquent et démontrent fréquemment les concepts scientifiques, et discutent des questions des élèves (une méthode d’enseignement appelée communément l’enseignement dirigé par l’enseignant), les élèves obtiennent de meilleurs résultats en sciences, affichent de plus fortes convictions par rapport au bien-fondé de la démarche scientifique (ou convictions épistémiques) et sont plus susceptibles d’envisager exercer une profession scientifique à l’âge adulte. Lorsque les enseignants adaptent leurs pratiques aux besoins des élèves, par exemple en apportant une aide personnalisée quand un élève a des difficultés à comprendre un sujet ou un exercice, ou en modifiant leurs cours quand la plupart des élèves trouvent le sujet difficile à comprendre, les élèves obtiennent de meilleurs scores en sciences et affichent de plus fortes convictions épistémiques. « , affirme le rapport.

Le rapport valide aussi la pratique du feedback, sous ses 5 formes :  » « le professeur me dit quels sont mes résultats à ce cours » ; « le professeur m’indique quels sont mes points forts dans cette matière » ; « le professeur me dit dans quels domaines je peux encore m’améliorer » ; « le professeur me dit comment je peux améliorer mes résultats » ; et « le professeur me donne des conseils sur la façon d’atteindre mes objectifs scolaires »… Dans les pays de l’OCDE, plus les élèves estiment que leurs enseignants leur fournissent fréquemment un feedback, plus ils sont susceptibles d’envisager une carrière scientifique et plus leurs convictions épistémiques sont importantes ».

Inversement la démarche d’investigation, fortement promue en France, n’est pas efficace selon l’OCDE.  » Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe aucun système d’éducation dans lequel les élèves ayant déclaré être fréquemment exposés à l’enseignement fondé sur une démarche d’investigation (qui leur demande d’effectuer des expériences ou des travaux pratiques) obtiennent un score plus élevé en sciences. Après contrôle du statut socioéconomique des élèves et des établissements, une exposition plus importante à l’enseignement fondé sur une démarche d’investigation est corrélée à de moins bons résultats des élèves en sciences dans 56 pays et économies », dit le rapport.

La pédagogie différenciée, sous ses trois formes (« le professeur adapte son cours aux besoins et aux connaissances de la classe » ; « le professeur apporte une aide personnalisée quand un élève a des difficultés à comprendre un sujet ou un exercice » ; et « le professeur modifie son cours quand la plupart des élèves trouve le sujet difficile à comprendre ») est perçue positivement. Le gain serait de 20 points. Or c’est un point où la France est particulièrement mal placée puisque seuls le Luxembourg et la Belgique font moins appel que nous des 54 pays ou zones étudiés par Pisa.

Heures d’enseignement et discipline

On le savait déjà mais Pisa permet de l’évaluer précisément. Il y a un lien direct entre l’exposition à l’enseignement et la discipline en cours et les résultats en sciences.

En moyenne les élèves des pays de l’OCDE ont 3h30 d’enseignement en sciences par semaine et autant en maths. Chaque heure d’enseignement supplémentaire entraine un gain moyen de 5 points. Les clubs science, les compétitions de sciences sont fortement corrélés à des résultats supérieurs (+21 points).

Les experts de l’OCDE ont par contre calculé que les heures de travail en dehors du cadre scolaire sont contre productives. Plus le temps de travail en sciences  hors école est long moins bons sont les résultats. Voilà qui fait réfléchir…

Mais un autre critère prend une grande importance dans la réussite : c’est la discipline. L’absentéisme en cours est fortement lié à des résultats faibles. C’est vrai pour les élèves absentéistes :en moyenne leurs résultats sont inférieurs de 45 points, presque une année, à ceux de leurs camarades. Mais c’est vrai aussi pour les autres élèves de la classe. L’absentéisme a un effet négatif sur la progression de tous. La France est un pays où il est supérieur à la moyenne OCDE mais plus faible que chez beaucoup de nos voisins.

Par contre nous sommes les champions du retard. La France fait même partie des pays où il augmente le plus.  » En moyenne, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, les élèves étant arrivés en retard à l’école au moins une fois durant les deux semaines précédant l’enquête PISA ont obtenu, lors des épreuves de sciences, un score inférieur de 27 points à celui des élèves n’ayant jamais été en retard, et de 23 points après contrôle du profil socioéconomique des élèves et des établissements », note l’OCDE.

Cette constatation invite à poser la question de la discipline en général.  » Les élèves qui ont déclaré connaître un meilleur climat de discipline dans leurs cours de sciences obtiennent de meilleurs résultats en sciences, après  contrôle du statut socioéconomique des élèves et des établissements. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, chaque augmentation d’une unité de l’indice du climat de discipline dans les cours de sciences (équivalent à un écart-type) est corrélée à une hausse du score de 11 points dans les épreuves de sciences, après contrôle du statut socio-économique des élèves et des établissements », écrit l’OCDE. Or la France avant dernière, juste avant la Tunisie, en ce qui concerne le climat de discipline dans les établissements. Concrètement cela se traduit par une partie importante du temps de classe perdu pour assurer l silence et le suivi du cours.

Petites classes et salaires des enseignants

Il y -a-t-il un lien entre taille de la classe et résultats en sciences ?Il ne saute pas aux yeux. Car les classes des filières d’élite sont les plus chargées et ont de très bons résultats. Mais ce qu’indique l’OCDE , c’est que  » en moyenne les élèves dans des classes moins denses ont indiqué plus fréquemment que les élèves dans des classes plus denses que leurs enseignants adaptent leur enseignement en fonction de leurs besoins, de leurs connaissances et de leur niveau de compréhension ». Or ça on a vu que c’était efficace.

Beaucoup plus net est le lien entre salaire des enseignants et résultats des élèves. On peut toujours trouver des exceptions. Par exemple les salaires élevés des enseignants au Mexique ou en Colombie (par rapport au salaire local) ne sont pas associés à des résultats élevés. Inversement Macao ou la république tchèque obtiennent de bons scores avec des enseignants mal payés. Mais globalement le spays qui ont de bons résultats en sciences sont ceux qui payent correctement leurs enseignants. C’est le cas par exemple de Singapour, le Japon,  Hong Kong.

Dernier point auquel l’OCDE tient beaucoup: l’autonomie des établissements.  » Dans les systèmes d’éducation où les chefs d’établissement ont davantage de responsabilités dans la gouvernance des établissements, les élèves obtiennent un score plus élevé en sciences », écrit l’OCDE. Mais l’OCDE nuance elle même cette appréciation.  » Les élèves accusent un score plus élevé en sciences tout particulièrement lorsque leur chef d’établissement dispose d’une plus grande autonomie en matière de ressources, programmes et autres politiques scolaires  et, notamment, dans les pays où il existe un suivi ou une publication des résultats scolaires au fil du temps et où les chefs d’établissement s’investissent davantage dans la direction pédagogique. Dans une certaine mesure, ce constat suggère également que lorsque les chefs d’établissement n’ont ni la préparation, ni les capacités nécessaires pour assurer la direction, le transfert du pouvoir aux établissements peut malencontreusement nuire aux élèves, dans la mesure où le personnel des établissements peut, dans ce cas, être privé des ressources et de l’expertise disponibles à des niveaux supérieurs du système. Les élèves obtiennent également un score plus élevé en sciences dans les pays où davantage d’enseignants jouissent d’une certaine autonomie en matière de programmes. Ces résultats soulignent l’importance de tirer parti de l’expertise des enseignants ».

Pour mieux réussir en sciences il ne suffira pas de multiplier les managers et de désétatiser comme le promettent plusieurs candidats à la présidentielle. C’est une autre gouvernance, associant les enseignants, qui est efficace. Si l’on en croit l’OCDE…

Pisa 2015 Volume II

Résultats de Pisa 2015

Dossier Pisa

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L’immigration réussit à l’école londonienne

L’immigration est un facteur principal de la réussite de l’école londonienne qui obtient de meilleurs résultats que la moyenne anglaise. C’est ce qu’a rappelé Michael Gove, l’ancien ministre travailliste de l’éducation, au moment où le Royaume Uni vit la tentation de l’enfermement avec le Brexit. Il reprend là les résultats d’une étude de Simon Burgess (Bristol University) que le Café pédagogique a fait connaitre en 2015. Il a démontré que les bons résultats des écoles de Londres (10%au dessus de la moyenne) sont liés aux aspirations des familles migrantes et à la capacité intégratrice de ces écoles.

 

Article BBC News

Quand la diversité ethnique fait la réussite de l’école

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La lettre d’Attac – L’argent est là !

L’argent est là ! Lettre d’information — 2 mars 2017

Dans un contexte où l’on nous dit qu’« il n’y a pas d’argent » pour répondre aux urgences sociales et écologiques, alors que des candidat·e·s à l’élection présentielle défient la justice après avoir détourné des centaines de milliers d’euros au profit de leurs proches ou de leurs partis, il est plus qu’urgent de démontrer que l’argent est là, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales.

Attac va publier un rapport pour montrer qu’il est possible de récupérer plusieurs dizaines voir plusieurs centaines de milliards d’euros par an. Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats mobilisés en ce sens.

La sortie de ce rapport sera suivi d’une mobilisation citoyenne qui débutera par des actions menées partout en France à l’occasion de la semaine mondiale d’action contre l’évasion fiscale #EndTaxHavens du 1er au 7 avril prochain. Pour y participer, passez à l’Attac !

Actualité

Université européenne des mouvements sociaux : plus altermondialistes que jamais !

mercredi 15 février 2017, par Aurélie Trouvé, Dominique Plihon

Un rendez-vous incontournable pour toutes les personnes engagées dans la construction d’un monde plus juste. Du 23 au 27 août prochain nous vous invitons à l’Université Toulouse Jean Jaurès pour débattre des bouleversements considérable que connaissent l’Europe et le monde et préparer ensemble les mobilisations à venir !

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Réponse à ceux qui nient l’importance de renforcer les moyens de combattre la fraude fiscale

jeudi 2 mars 2017, par Vincent Drezet

Le raisonnement visant à relativiser, voire nier, qu’un renforcement des moyens, notamment humains, alloués à la lutte contre la fraude fiscale est au mieux ignorant de certaines réalités, au pire fallacieux et délibérément orienté. Une réponse à un article publié par Alexandre Delaigue sur le site « francetvinfo.fr ».

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Campagnes

La chambre de commerce de Paris occupée !

mardi 28 février 2017, par Nos droits contre leurs privilèges

Dimanche 26 février, plusieurs centaines de personnes ont rendu publique l’occupation de la chambre de commerce de Paris 11 rue Léon Jouhaux à deux pas de la Place de la République. Ce bâtiment vide de 10 000 mètres carrés, était occupé discrètement depuis le vendredi 24 février. Cette occupation spectaculaire et massive avait deux objectifs : installer un QG des mouvements sociaux pour faire entendre leurs voix dans la période électorale et mettre à l’abri une trentaine de familles et célibataires du DAL, sans abri ou hébergées de manière très précaire (foyers, hôtels, hébergement chez des tiers…) pouvant être mises à la rue à tout moment.

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Les Faucheurs de chaises ouverts au dialogue avec BNP Paribas et déterminés à poursuivre les actions

mercredi 1er mars 2017, par Action non-violente COP21, Attac France, Bizi !, Les Amis de la Terre, Solidaires Finances publiques

Les Faucheurs de chaises maintiennent l’appel aux actions et à la mobilisation pour le procès de Florent Compain le 11 avril à Bar-le-Duc. La déclaration de BNP Paribas de ne pas se porter partie civile n’annule pas le procès, et n’apporte pas de réponse aux activités de la banque favorisant l’évasion fiscale et aggravant le dérèglement climatique. Les Faucheurs de chaises se déclarent disponibles pour un dialogue constructif avec BNP Paribas sur ces différents sujets.

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Revenu d’existence universel : un état des lieux

jeudi 2 mars 2017, par Christiane Marty, Daniel Rome, Esther Jeffers, Huayra Llanque, Jean-Marie Harribey

Le revenu universel refait surface en France dans le débat politique à l’occasion de l’élection présidentielle, alors que dans ce pays parmi les plus riches de la planète la pauvreté s’étend. Appelé aussi revenu inconditionnel, revenu d’existence, revenu social, allocation universelle, revenu de citoyenneté, voire salaire à vie, cette revendication est donc maintenant dans l’air du temps, mais cette idée n’est pas nouvelle. Dans ce dossier, nous vous proposons un état des lieux pour mieux apréhender les débats sur cette question.

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Nouveau petit guide ! « Un million d’emplois pour le climat »

vendredi 17 février 2017, par Plateforme « emplois-climat »

Nous sommes confronté·e·s à deux crises d’ampleur, climatique et sociale. La création massive d’emplois « climatiques », c’est-à-dire dans les secteurs nécessaires à une transition écologique est une réponse à cette double crise. Après la publication d’un premier rapport en janvier 2017, la Plateforme « emplois-climat », dont Attac est membre, publie un petit guide pour permettre au plus grand nombre de s’emparer de cette question.

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Agenda

#8mars15h40 en grève

  • > Organisé par : Collectif
  • > Mercredi 8 mars à Partout dans le monde

Depuis plus d’un siècle, la journée internationale des femmes est l’occasion pour les femmes du monde entier de se rassembler, de manifester et de se mobiliser pour leurs droits. Au Nord comme au Sud, la lutte des femmes s’inscrit au cœur du combat alter mondial, contre les politiques néolibérales. Cette année, en France, les organisations féministes, des syndicats et des associations, dont Attac, appellent les femmes à faire grève le 8 mars à partir de 15 h 40, soit l’heure à partir de laquelle le travail est effectué gratuitement par les femmes, dont le salaire est, en moyenne, inférieur de 26 % à celui des hommes.

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Attac marchera le 19 mars pour la justice et la dignité

  • > Organisé par : Attac France, Collectif
  • > Dimanche 19 mars à 14h00 à Paris, place de la Nation

Les violences policières, et le viol présumé, subis par Théo à Aulnay-sous-Bois, ont mis à jour une réalité trop souvent niée dans notre pays. Contrôle au faciès, insultes, harcèlements et humiliations restent le quotidien de beaucoup de jeunes des quartiers populaires. Et cela peut conduire à la mort de certains : Ziad, Bouna, Adama Traoré, Ali Ziri, Amine Bentousi, Lamine Dieng… C’est pour dénoncer cette situation qu’une grande Marche est organisée à Paris le dimanche 19 mars, à l’appel des familles et avec le soutien de nombreuses organisations et personnalités.

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Make Love Not CETA, Strasbourg 14 & 15 février 2017

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N'attends pas la prochaine crise pour te révolter, passe à l'Attac (...)

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N’attends pas la prochaine crise pour te révolter, passe à l’Attac !

Le CETA ratifié au Parlement Européen le 15 février 2017

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L’Ecole anglaise face à ses premières coupes budgétaire

La dépense éducative est en train de baisser en Angleterre annonce l’Institute for Fiscal Studies, selon le Guardian. Le pays devrait connaitre ses vraies premières coupes budgétaires depuis les années 1990. L’IFS annonce une baisse de 6.5% sur la période 2017-2020.  La tranche des 16-18 ans devrait être la grande perdante. Selon l’IFS elle a été davantage impactée par les coupes budgétaires des années 1990, n’a pas connu de réel redressement ensuite  et subit à nouveau les principales économies budgétaires.

 

Dans Le Guardian

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