Archives de la catégorie Fonction publique

communiqué intersyndical FP CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires

22 mars : grève et manifestations dans la Fonction publique !

A nouveau réunies le 21 février, les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires ont fait le bilan des réunions bi latérales organisées par le Ministre. Les discussions ouvertes par le gouvernement sur le recours accru aux contractuels, les éléments de rémunération dont celui du mérite, une révision des instances de dialogue social…engagent de profondes remises en cause des missions publiques et une dégradation des conditions de travail des agent-es. C’est aussi une menace réelle contre le Statut Général des fonctionnaires et la fin possible d’une Fonction publique au service de l’intérêt général.

A l’inverse de ces orientations inquiétantes, et de celles contenues dans le programme Action publique 2022, la qualité des services publics à rendre aux usagers sur l’ensemble du territoire, la défense de l’intérêt général, nécessitent la création d’emplois qualifiés pérennes et de qualité, une plus grande reconnaissance du travail et des missions exercées par les agent-es, une amélioration significative de leurs salaires.

Pour les plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique, après le report de PPCR et contrairement à ce qu’avait promis Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, leur pouvoir d’achat continue de baisser du fait du gel de la valeur du point d’indice, du rétablissement de la journée de carence, de l’augmentation de la CSG avec une simple compensation et des retenues pour pension.

L’ouverture rapide de négociations est indispensable pour pouvoir rediscuter d’une augmentation réelle et significative des salaires de toutes et tous les agent-es de la Fonction publique, permettant une réelle reconnaissance de leur engagement professionnel quotidien qui contribue à la qualité des services publics, au développement du pays comme à la cohésion de la société.

C’est pour faire entendre ces légitimes revendications que les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires appellent les agent-es à se mobiliser massivement le 22 mars.
Pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d’indice, le rattrapage des pertes subies et l’augmentation du pouvoir d’achat ;
  • L’arrêt des suppressions d’emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;
  • Un nouveau plan de titularisation des contractuel.le.s, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;
  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l’égalité professionnelle ;
  • L’abrogation du jour de carence ;
  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes

    particuliers ;

  • La défense du statut général des fonctionnaires, et des statuts particuliers, qui permet déjà de

    répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire et qui garantit l’égalité entre les usagers.

    Les organisations tiendront une conférence de presse le 27 février prochain à 11h00

Les Lilas le 22 février 2018

Publicités

Poster un commentaire

[lalettre] 58. IRFSU – La lettre d’information de Fév. 2018

Si cet email ne s’affiche pas correctement, vous pouvez consulter directement la page.
Newsletter Février 2018
A LA UNE

Etats généraux des migrations

Les États Généraux des Migrations (EGM ) sont un processus dans lequel sont impliqués des centaines d’acteurs locaux et nationaux – associatifs ou collectifs citoyens – présents sur le terrain aux côtés des migrants. En juin 2017, 470 organisations ont adressé un courrier à M. Macron. Faute de réponse satisfaisante sur la concertation, elles ont décidé de lancer le processus des États Généraux des Migrations.
L’IRFSU invite à y participer partout où cela se décline.

Pablo Servigne : « La loi du plus fort est un mythe »

Alternatives économiques propose dans ses pages « idées-débat » un entretien passionnant avec Pablo Servigne qui vient de publier avec Gauthier Chapelle « L’entraide, l’autre Loi de la Jungle » (Ed. Les Liens qui Libèrent). Ils démontrent, études scientifiques sur le monde vivant à l’appui, que l’entraide, la coopération, la solidarité jouent un rôle déterminant dans l’évolution et qu’il en est de même chez les humains. Démonstration.

Enquête Les Services Publics qu’il nous Faut !

La Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics – à laquelle participe la FSU – a décidé d’engager une véritable enquête et un débat populaire sur les services publics.
Un questionnaire en ligne est proposé. Nous vous remercions d’accepter de prendre quelques minutes pour le remplir (avec possibilités de choix multiples dans certains cas).
Lire la suite

L’INSTITUT

Le 27 mars un colloque de l’IR-FSU : Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur

Réfléchir sur le travail et le rapport salarial est depuis son origine un des axes de recherches de l’Institut de recherches de la FSU. C’est pourquoi l’Institut organise un colloque le mardi 27 mars, à Paris, qui réfléchira aux alternatives au salariat, afin de contribuer à inventer avec le syndicalisme un autre futur. Lire la suite

Payer pour réussir ?

Le marché du soutien scolaire. Le soutien scolaire marchand concerne une part tout à fait significative des élèves puisque environ 15 % des lycéens en bénéficient. Derrière cette moyenne se cachent d’importantes disparités sociales. Ainsi ce soutien scolaire est-il révélateur du poids du capital économique dans la reproduction des inégalités scolaires.
L’ouvrage analyse précisément sa diversité et ses stratégies mais aussi le rôle de l’État dans la structuration du marché. Il montre comment le soutien scolaire construit un marché de l’angoisse et participe de l’exacerbation de la compétition scolaire. Lire la suite

Premiers résultats de l’enquête « métier » auprès des enseignants et enseignants-chercheurs du supérieur

Au cours du premier semestre 2017, le SNESUP a lancé une enquête auprès des enseignants et enseignants-chercheurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
L’exploitation de cette enquête (plus de 2 600 réponses) reste largement à faire pour affiner le diagnostic et alimenter la réflexion syndicale sur la santé des personnels.
Le diaporama joint, présenté lors de la journée du 11 janvier 2018 sur « Les transformations du travail universitaire », fournit les premiers résultats. Par Gérard Grosse de l’IR-FSU. Lire la suite

ON A VU

L’envers de Flins. Une féministe révolutionnaire à l’atelier

Préface d’Annick Coupé à l’ouvrage de Fabienne Lauret.
« il n’y a pas eu (à ma connaissance) de livres de femmes établies en usine ; comme si cette question de l’établissement de militants d’extrême gauche dans les années 1970 n’avait concerné que des hommes ! »
C’est aussi un témoignage assez remarquable sur la condition ouvrière dans une usine qui se veut le fleuron de l’industrie automobile française : les conditions de travail sur les chaînes de production, la taylorisation, la hiérarchie, la place des ouvriers immigrés, les secteurs de production réservés aux 10 % de femmes salariées du secteur… On y lit la solidarité, les moments de luttes collectives, les grèves mais aussi la répression ou la division syndicale. Lire la suite

La place des femmes dans l’univers syndical.

Le dernier essai de la sociologue Cécile Guillaume fourmille de portraits de militantes qui portent, toujours plus nombreuses, la parole syndicale dans les entreprises. Comme le constate Michel Noblecourt dans son article du Monde du 16 janvier :  » Il se confirme que la précarité de l’emploi constitue l’un des principaux freins à la syndicalisation des femmes, comme pour les hommes, mais pour elles la marche est plus haute à monter. » Lire la suite

Les sentinelles – film

Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.
Ils ont rencontré le père du réalisateur, Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.
Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.
Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides. » Lire la suite

AGENDA
mercredi 28 février 2018 à 17h15

Comité de défense et de développement de l’enseignement agricole public – Salon Agriculture

2 mars 2018

Séance inaugurale de « Mai 68 vu des Suds » : 2 mars-14 avril 2018

8 et 9 mars 2018

« Le colloque d’Amiens, mars 1968 » Université de Picardie Jules Verne – Amiens

Mardi 27 mars 2018 à Paris

IR-FSU : Colloque « Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur »

Mardi 10 avril 2018, de 9h15 à 16h30 (Bourse du Travail Évry)

Stage FSU 91 « La Fonction publique, c’est l’avenir avec Anicet Le Pors, Gérard Aschieri, Bernadette Groison

PUBLICATIONS

Octobre – Novembre – Décembre

Regards Croisés N°24

ARTS
Thiphaine Corvez la femme chocolat
DOSSIER
Le niveau scolaire
GRAND ENTRETIEN
Emmanuelle Seyboldt Lire la suite

Socialismes et éducation au XIXè siècle

L’ambition de cet ouvrage est d’étudier comment le mouvement socialiste a su articuler des conceptions et des réalisations originales de l’éducation au projet de transformation sociale. Il s’agit de comprendre quelles formes peut prendre une éducation quand elle entend contrarier les effets les plus délétères d’une société de
classes et contribuer à l’émancipation complète des individus dans une société égalitaire. Situées dans leur contexte, ces conceptions et ces expérimentations appartiennent sans aucun doute à l’histoire. Mais elles portent en elles un projet qui s’il n’a pas abouti n’est pas pour autant révolu. Lire la suite

IR-FSU

Poster un commentaire

Salaire correct exigé !

FSU
Savez-vous à quel point le pouvoir d’achat des personnels du second degré a été dévalorisé ces dernières années ?
Chère et cher collègue,

Á nouveau notre pouvoir d’achat a baissé en ce début d’année. Depuis trop longtemps la rémunération des professeurs, CPE et Psy-ÉN en France est insuffisante et la situation s’aggrave. Á travers nos salaires, c’est aussi la place de l’Éducation qui est déconsidérée.

Nous pensons que beaucoup de gens ne mesurent pas cette dégradation et que cela permet au gouvernement de faire passer ses mesures d’austérité.

C’est pourquoi nous vous proposons de découvrir des données et des exemples précis qui démontrent l’injustice de cette situation, données que nous vous invitons á relayer.

N’hésitez pas à témoigner de votre situation ou à diffuser le site sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #salairecorrectexigé.

Le 22 mars, une journée de mobilisation à laquelle la FSU, avec la CGT, Solidaires, FO, la CFTC, la CGC et la FAFP appellent tous les fonctionnaires à participer permettra également de mettre la question de nos moyens et de notre rémunération en avant.

En attendant, la mobilisation de chacun est importante pour participer à une grande prise de conscience sur ce sujet !

Frédérique RoletFrédérique Rolet

SNES-FSU

46 avenue d’Ivry
75647 Paris Cedex 13

TW

FB TW TW

©2018 SNES-FSU

Poster un commentaire

Grève et manifs 22 mars Communiqué unitaire FP (absence comme d’habitude de CFDT et UNSA…)

POUR LES MISSIONS PUBLIQUES, L’EMPLOI, LE POUVOIR D’ACHAT

TOUTES ET TOUS MOBILISE – E – S LE 22 MARS

En dépit de la forte mobilisation unitaire du 10 octobre, plus les semaines passent, plus il se confirme que le Président de la République et le gouvernement demeurent sourds aux légitimes revendications portées par les agents à l’occasion de cette mobilisation.

Le gel de la valeur du point est maintenu, le jour de carence rétabli, l’injuste hausse de la CSG mal compensée, les coupes budgétaires et suppressions d’emplois confirmées.

De nouveaux projets viennent encore noircir un tableau pourtant déjà bien sombre.

Tout laisse craindre en effet que CAP 22 ne s’avère être qu’une opération visant à habiller de profondes remises en cause des missions publiques, ce que confirment les annonces inacceptables faites le 1er février qui, si elles sont appliquées, constitueraient à la fois une menace grave contre le Statut Général et tou.te.s les agent.e. s .

Ces politiques vont venir fortement aggraver une situation où déjà, que ce soit dans les administrations de l’État, dans les hôpitaux publics et dans les collectivités territoriales, on ne compte plus les services fonctionnant dans des conditions dramatiques, sans les moyens nécessaires – qu’ils soient humains ou budgétaires – et dans lesquels les conditions de travail sont détériorées comme jamais.

IL EST IMPÉRATIF ET URGENT DE CHANGER DE DIRECTION !

Parce que la Fonction publique est garante de l’intérêt général au service de la cohésion sociale, parce que les moyens existent pour mettre en œuvre des orientations de progrès social pour tous, les organisations syndicales CFTC CGC CGT FAFP FO FSU Solidaires, constatant que leurs positions ne sont pas entendues et que leurs propositions ne sont pas prises en compte, appellent tou.te. s les agent.e.s des trois versants de la Fonction publique à :

UNE JOURNÉE D’ACTION, DE GREVE ET DE MANIFESTATIONS LE 22 MARS 2018

Poster un commentaire

Journée d’action des fonctionnaires le 22 mars

Selon Reuters, les syndicats de la Fonction publique appellent à une journée d’actions et de grèves le 22 mars contre le plan Action publique 2022 qui prévoit, outre le recours à un nombre plus important de contractuels , et donc des suppressions de postes, la paye au mérite et un renforcement de l’autorité hiérarchique. L’appel est signé par la Fsu, CGT, CGC, FO, Cftc, Solidaires, Fa Fp. L’Unsa et la Cfdt n’appellent pas à participer à cette journée.

 

Sur le plan gouvernemental

Poster un commentaire

Communiqué unitaire FP appel journee 22 mars

Télécharger le communiqué/tract.

Poster un commentaire

Première alerte sociale pour E. Macron

Les menaces multiples feront elles sortir les enseignants de l’état de sidération dans lequel ils semblent installés depuis l’élection d’E Macron ? La journée du 6 février devrait être le premier test social pour le gouvernement. Tout semble réuni pour une mobilisation massive mais la journée pourrait n’enregistrer qu’un frémissement.

Perte de salaire

Difficile d’enchaîner autant de motifs de grève en aussi peu de temps. En ce début février les enseignants sont sous le coup d’une première baisse nette de salaire et sans aucune perspective d’amélioration à l’avenir, qui contraste avec la hausse dont bénéficient les salariés du privé. Bien au contraire le gouvernement a annoncé qu’il mettra en place une rémunération au mérite et qu’il renforcerait l’autorité des cadres locaux.

Les enseignants des collèges et des lycées perçoivent aussi les premiers coups des suppressions de postes dans le second degré à la rentrée 2018. La situation la plus fréquente c’est une dotation horaire (DHG) en baisse avec ce que cela entraine pour les enseignants : poste remis en question, complété sur plusieurs établissements etc. La situation devrait être pire encore en 2019 , le gouvernement ne cachant plus sa volonté de diminuer le nombre de fonctionnaires.

Parcoursup

Les enseignants des lycées sont aussi sous le coup de Parcoursup. Si certains apprécient le fait de pouvoir décider de l’avenir des élèves qui leur sont confiés d’autres sentent déjà , dans les tensions qui s’installent, le poids qui accompagne Parcoursup. D’autres n’ont toujours pas osé expliquer à leurs élèves que les règles du jeu de l’orientation ont été changées au tout dernier moment et que leurs espérances viennent de s’envoler.

Tout cela devrait pousser les enseignants dans la rue le 6 février et avec eux de nombreux élèves inquiets pour leur avenir. Le mouvement bénéficie d’un large soutien associant les syndicats d’enseignants (Fsu, Cgt, FO, Sud), les organisations lycéennes (Sgl, Unl, Unl Sd) et étudiante (Unef).

Frémissement ou vague ?

Pourtant le succès du mouvement n’est pas assuré. La journée d’action du 1er février a rencontré un succès très limité du coté des lycéens. Beaucoup n’ont pas encore découvert Parcoursup et pris conscience de la sélection qui se met en place.

Les enseignants ont été une des catégories sociales les plus favorables à E Macron en 2017. De nombreux enseignants pensent que seules les « petites » disciplines, optionnelles, sont menacées par la réforme du lycée. Beaucoup ne mesurent pas l’ampleur de la réforme de la fonction publique que le gouvernement veut faire passer le plus rapidement possible.

La journée du 6 février sera bien le premier test social pour le gouvernement. C’est ce que dit aussi l’agenda du président de la République qui a prévu un long entretien avec JM Blanquer immédiatement après son retour de Corse.

Pourquoi ils feront grève le 6 février

Poster un commentaire

Emploi enseignant : le Se Unsa et le Sgen rejoignent le Snuipp

 » Nos organisations alertent sur la dégradation à venir des conditions d’enseignement et d’apprentissage, dans les collèges et lycées comme dans les écoles ». Le Se Unsa et le Sgen Cfdt ont finalement rejoint le Snuipp dans une action nationale sur l’emploi. Les trois syndicats du primaire dénoncent dans une déclaration commune les effets des dédoublements sans moyens décidés par JM Blanquer. « Même en éducation prioritaire, les 3 880 postes attribués au primaire ne couvrent pas la poursuite demandée du dédoublement en CP et CE1 », écrivent -ils. « En décidant une forte réduction des effectifs uniquement en CP et CE1 dans l’éducation prioritaire, et ce, sans en donner les moyens suffisants, le ministre va dégrader les conditions d’enseignement et d’apprentissage partout ailleurs. Pour équilibrer leurs dotations, les DASEN sont conduits à fermer beaucoup de classes, particulièrement en maternelle et dans le rural ».

 

Communiqué commun

Poster un commentaire

Pourquoi ils feront grève le 6 février

Lancé initialement contre la réforme du lycée et les moyens insuffisants dans le second degré par une large intersyndicale (Fsu, Cgt, Sud, FO), le mouvement du 6 février est en train de changer de nature. Les déclarations du premier ministre le 1er février confirment que les pires perspectives professionnelles pour les enseignants sont l’application d’une politique gouvernementale. C’est maintenant une course de vitesse qui est engagée entre la volonté gouvernementale d’aller au bout de ses réformes le plus rapidement possible et des enseignants qui n’ont pas encore forcément perçu l’ampleur des transformations engagées par E. Macron.

De la réforme Mathiot…

« La réforme du collège continue de poser des difficultés importantes. Elle n’est pas financée à hauteur des besoins, l’évaluation des élèves fait l’objet de prescriptions ineptes et chronophages… Le lycée fait l’objet d’une vente à la découpe. Casse de la voie professionnelle, exclue des discussions sur le bac et mise en concurrence avec l’apprentissage pré-bac, volonté de faire disparaitre l’organisation des voies générales et technologiques. Le rapport Mathiot ouvre la voie à un lycée de la sélection et de l’orientation précoce des jeunes. Le remplacement des séries par des choix complexes de disciplines majeures et mineures, l’organisation des disciplines en semestres aggraveraient les déterminismes sociaux existant au lycée pour les élèves. Pour les personnels, la mise en oeuvre des propositions de ce rapport dégraderait les conditions de travail des personnels, menacerait leurs obligations de services et conduirait à des suppressions de postes massives ».

Le tract de l’intersyndicale Snes – Cgt – Snuep et Sud appelant à la grève dans le second degré le 6 février aligne des motifs déjà légitimes. Pourtant il date tant les mauvaises nouvelles pour les enseignants se sont multipliées ces derniers jours.

A la transformation du métier enseignant…

La publication du rapport Mathiot sur la réforme du bac et du lycée a confirmé le fait que celui-ci a surtout pour objectif une transformation radicale du métier enseignant. La réforme Mathiot implique, comme il le reconnait dans le rapport, l’annualisation des services. Tout est fait dans le rapport pour en diminuer l’importance mais l’application du découpage semestriel des enseignements induit obligatoirement ce changement. Or l’annualisation  c’est pour les enseignants une augmentation importante du temps d’enseignement (évaluable à 20% environ) et surtout la réouverture de la boite de Pandore du décret sur les 1657 heures de travail dues à l’Etat. Derrière se profile une réduction massive des postes d’enseignants qui semble bien être l’objectif final de la réforme puisque le gouvernement rappelle son objectif de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires d’Etat. Les enseignants en ont un avant gout avec les suppressions de postes dans le second degré et des DHG en berne.

La réforme aura aussi comme conséquence une transformation du travail enseignant avec la disparition de la classe au profit de groupes d’élèves renouvelés tous les 6 mois. C’est toute une conception d’un travail enseignant progressif, menant les élèves par étapes de la seconde au niveau bac, qui va disparaitre.

A la mise en danger de la démocratisation de l’éducation…

Une autre revendication de l’intersyndicale concerne Parcoursup et l’accès au supérieur. L’intersyndicale appelle les étudiants, les lycéens et même les collégiens, à manifester le 6 février. Leur engagement sera déterminant pour l’avenir du mouvement.

Le Snes appelle déjà les enseignants à n epas participer à la procédure de sélection qui se met en place. « Les attendus et les chiffres proposés sur Parcoursup sont dissuasifs, voire intimidants, en particulier pour les jeunes de classes populaires et leur famille, plus sensibles aux risques objectifs de la poursuite d’étude », estime le Snes qui relève par exemple la baisse des capacités d’accueil en 2018 en droit (Paris 1 : 640 places cette année, 690 l’an dernier) ou en médecine (en Ile de France : 2900 places de moins que l’an dernier, presque 25%). « Les attendus locaux posent des exigences élevées voire extravagantes, qui ne semblent avoir été conçues par certaines universités que pour leur permettre de faire leur marché parmi les bacheliers », estime le syndicat. Le Snes  » appelle les enseignants à ne pas barrer la route aux élèves, à porter en conseil de classe des avis favorables sur toutes les formations anciennement non sélectives ». Il invite aussi les professeurs principaux à ne pas renseigner le pavé « éléments d’appréciation » de la fiche Avenir.

Autre élément de mécontentement des enseignants, la politique salariale décidée par le gouvernement. Au 1er janvier les enseignants ont vu leur feuille de salaire fondre en net, alors que celle des salariés du privé augmente. Le gel du point Fonction publique, le « report » des effets financiers du PPCR, vont se traduire par une perte de pouvoir d’achat sensible tout au long de l’année. Une perte qui ne frappera que les seuls fonctionnaires.

Et du statut des fonctionnaires

Tous ces éléments auraient suffi à justifier la journée du 6 février. Mais les déclarations du premier ministre le 1er février apportent des inquiétudes nouvelles. Depuis quelques semaines, JM Blanquer annonçait sa volonté de payer les enseignants au mérite et d’accorder aux chefs d’établissement le pouvoir de recruter et d’affecter les enseignants. On sait depuis le 1er février que c’est simplement la déclinaison dans l’Education nationale d’une réforme du statut des fonctionnaires. E Philippe, le 1er février , a annoncé qu’il va lancer le chantier de la « rémunération plus individualisée ». « Une part de la rémunération (de l’agent) doit être liée au mérite et à l’atteinte des résultats individuels et collectifs »,a-t-il déclaré. C’est l’idée de la paye au mérite.

Il veut aussi donner plus de pouvoirs aux chefs d’établissement. « Il s’agit de donner  » plus de liberté et plus de responsabilité pour les managers publics… Au niveau central comme déconcentré, les managers publics, dont l’implication et la responsabilisation sont déterminantes pour la réussite de la transformation publique, ne disposent pas aujourd’hui des leviers nécessaires à l’exercice de leurs missions… En tant qu’employeurs, leur capacité d’initiative et leur marge de manoeuvre apparaissent excessivement contraintes ». Le gouvernement veut leur donner notamment  »  plus de souplesse dans leurs recrutements ».

Pour la FSU, ces déclarations « confirment  les inquiétudes ». « La FSU demande depuis des mois des discussions et un réel dialogue social. Elle découvre aujourd’hui que, sans qu’il y ait eu de réelles concertations avec les organisations syndicales, des décisions seraient déjà prises comme l’objectif d’aller vers une rémunération différenciée, le développement d’un management centré sur l’individualisation ou le recours aux contrats pour « donner davantage de souplesse dans les recrutements ». Ces objectifs constituent une attaque en règle contre les conditions d’emploi des agent.e.s. », estime la fédération qui appelle les fonctionnaires « à se mobiliser pour leur avenir ».

Une course de vitesse entre les syndicats et le pouvoir

Du coup le mouvement du 6 février change de nature. Il ne vise plus seulement à peser sur les moyens attribués aux collèges et aux lycées, sur la réforme Mathiot et sur Parcoursup. Trois objectifs qui étaient déjà autant de blocs de marbre à faire bouger. La journée d’action du 6 février intervient alors que le gouvernement veut aller très vite sur des réformes structurelles qui vont impacter l’avenir de la profession. C’est une course de vitesse qui est maintenant engagée entre la mobilisation des fonctionnaires , et notamment des enseignants, et un gouvernement déterminé.

Sur l’importance du mouvement, Emmanuel Macron n’a pas d’illusion. Dès son retour de Corse, il a inscrit à son agenda deux heures d’entretien avec JM Blanquer. C’est là que se jouera l’avenir de la profession enseignante.

Déclaration du premier ministre

Rapport Mathiot : l’impact de l’annualisation

Le nouveau lycée pose la question de l’annualisation

Snes sur Parcoursup

Déclaration FSU

Le retour des baisses de salaire

Qui veut encore de la réforme Mathiot ?

Mathiot critique Parcoursup

Poster un commentaire

Prolétarisation du métier enseignant : le colloque du Snuipp

« Depuis son arrivée rue de Grenelle, le ministre de l’Éducation nationale multiplie les annonces et les mesures qui mettent en avant l’individualisation des parcours et des apprentissages. Il engage un resserrement sur les fondamentaux et une mise sous tutelle pédagogique des enseignants, cherchant à imposer de soi-disant « bonnes pratiques ». Des orientations qui ont déjà été mises en œuvre avec les programmes de 2008 et qui, loin de faire leurs preuves, ont au contraire exacerbé les inégalités », souligne le Snuipp. Le syndicat organise les 3 et 4 avril un grand colloque sur l’évolution du métier enseignant.

 

« Alors quels savoirs enseigner pour favoriser la réussite de toutes et tous ? Quelles pratiques pour que ces savoirs soient acquis par tous les élèves ? Comment développer l’expertise professionnelle des enseignantes et des enseignants, leur capacité à effectuer des choix  pédagogiques adaptés et garantir leur professionnalité ? Ce sont ces questions, et d’autres, que le SNUipp-FSU entend mettre en débat à l’occasion d’un colloque national organisé à Paris les mardi 3 et mercredi 4 avril prochains. Au programme notamment, les interventions de Philippe Meirieu, Roland Goigoux, Dominique Cau-Bareille, du GFEN et des équipes d’écoles ».

 

S’inscrire

Poster un commentaire

La FSU s’adresse aux personnels de l’Éducation Nationale

Si vous avez des difficultés pour visualiser ce message, consultez la version web.
Rentrée 2018 - Postes

Rentrée 2018,
la saignée Blanquer !

2 600 suppressions d’emplois dans le second degré et 200 suppressions d’emplois de personnels administratifs. Le comité technique ministériel du 20 décembre a examiné la répartition des moyens attribués aux académies pour la prochaine rentrée.

Lire la suite

Lycée Mathiot

Chronique du lycée impossible

Le rapport Mathiot publié mercredi 24 janvier est supposé poser les bases d’un « nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles « . En vérité, il donne à voir une imitation de l’enseignement supérieur déclinée pour le Second degré et conçue pour un lycéen qui n’existe pas…

Lire la suite

SEGPA

SEGPA :
la FSU lance un appel

La SEGPA est une structure efficace qui produit des parcours de réussite pour de nombreux jeunes. Elle est un des outils performants de lutte contre le décrochage scolaire. La FSU, engagée au quotidien pour faire vivre les valeurs d’égalité et de démocratisation, est très attachée à rendre pérenne les SEGPA et à les renforcer.

L’appel

FSU

104 rue Romain Rolland
93260 Les Lilas

Logo Twitter Logo Facebook

©2018 FSU

Poster un commentaire

Paye au mérite, recrutement local : le gouvernement va faire évoluer les statuts

C’est une révolution des statuts des fonctionnaires d’Etat, notamment des enseignants, que prépare le gouvernement. JM Blanquer a multiplié les allusions récemment sur le recrutement local. Edouard Philippe a annoncé le 1er février un programme qui va plus loin puisqu’il est question d’établir une rémunération au mérite et d’augmenter le nombre de contractuels.

« Simplifier » les représentations syndicales

 » Ces mesures s’adressent en premier lieu aux agents publics, qui se verront proposer un nouveau contrat social pour accompagner l’évolution de leurs métiers et libérer leurs initiatives. Les usagers des services publics sont eux aussi concernés : ils auront accès à une information égale et transparente sur l’efficacité et la qualité des services publics, publiée régulièrement par les administrations concernées, et pourront s’exprimer, ce qui permettra aussi de valoriser les initiatives et résultats locaux ».

A l’occasion du Comité interministériel de la transformation publique réuni le 1er février, Edouard Philippe a présenté un véritable plan d’évolution des statuts des fonctionnaires d’Etat.

Dès ce mois ci il va lancer une concertation sur quatre chantiers.

Il promet d’abord « un dialogue social plus fluide et recentré » c’est à dire une modification des instances représentatives des fonctionnaires qui devraient être « simplifiées » et « déconcentrées ». Il s’agit, comme dans les ordonnances Travail, d’affaiblir les instances syndicales en les regroupant.

« Individualiser » les salaires

Le premier ministre veut ensuite lancer le chantier de la « rémunération plus individualisée ». « Une part de la rémunération (de l’agent) doit être liée au mérite et à l’atteinte des résultats individuels et collectifs ». C’est l’idée de la paye au mérite.

E Philippe annonce aussi « un élargissement du recours au contrat pour donner davantage de souplesse dans les recrutements ». Le nombre de contractuels devrait augmenter y compris pour les emplois les plus élevés.

Enfin un plan de formation serait élaboré pour les fonctionnaires.

Libérer les managers

Un cinquième point est annoncé par le premier ministre. Il s’agit de donner  » plus de liberté et plus de responsabilité pour les managers publics… Au niveau central comme déconcentré, les managers publics, dont l’implication et la responsabilisation sont déterminantes pour la réussite de la transformation publique, ne disposent pas aujourd’hui des leviers nécessaires à l’exercice de leurs missions… En tant qu’employeurs, leur capacité d’initiative et leur marge de manoeuvre apparaissent excessivement contraintes ». Le gouvernement veut leur donner notamment  »  plus de souplesse dans leurs recrutements ».

JM Blanquer avait annoncé son intention de permette aux chefs d’établissement de recruter leurs enseignants. C’est exactement ce qu’annonce le premier ministre.

Quel impact du renforcement des pouvoirs des chefs d’établissement ?

Toutes ces idées ne sont pas neuves. Ce que veut appliquer Edourad Philippe ce sont les recettes du New Public Management, déjà expérimentées dans les pays anglo saxons et au delà depuis une dizaine voire une vingtaine d’années.

L’idée du renforcement du pouvoir des chefs d’établissement pour en faire de « vrais managers » a été poussé à son maximum en Suède où ils ont obtenu un large pouvoir administratif (recrutement , paye des enseignants, évaluation) et pédagogique (curriculum local).

Les résultats sont désastreux. Le niveau des élèves suédois, qui était bon, a décliné dans Pisa. Le métier enseignant a été largement dévalorisé et les écoles ont du mal à en trouver. Il en va de même pour les chefs d’établissement. Dotés de très larges pouvoirs, ils sont soumis à des pressions majeures et sont débordés dans leurs tâches.

Quelle efficacité pour la paye au mérite ?

L’idée du salaire au mérite a été aussi longuement testée dans les pays anglo saxons où ele est devenue la règle. De nombreux pays de l’OCDE (environ la moitié)  ont fait entrer la reconnaissance du mérite de l’enseignant dans sa rémunération. Aux Etats-Unis des districts utilisent les résultats des évaluation nationales pour estimer le niveau de rémunération des enseignants. On peut aller ainsi jusqu’à une paye strictement individuelle. L’idée c’est que les enseignants sont le premier outil d’amélioration de la productivité de l’école. « L’effet maitre » serait le premier responsable de la réussite des élèves et il y aurait urgence à faire partir les « mauvais maitres » et à encourager les bons.

En mai 2012, l’OCDE a publié une étude hésitante sur l’efficacité de cette politique. Selon l’Organisation, dans les pays où le salaire des enseignants est particulièrement bas par rapport au PIB local, la performance des élèves est meilleure avec une paye au mérite. Dans les pays où le salaire des enseignants est élevé, la paye au mérite fait baisser les performances des élèves. Mais encore faut-il que la paye au mérite soit reconnue comme juste et équitable par les enseignants.

Cette position embarrassée de l’OCDE s’explique par une caractéristique propre au métier d’enseignant : il est très difficile d’évaluer le mérite d’un enseignant. Comme le remarque Bruno Suchaut, dans un article donné au Café en 2008, « l’efficacité de l’acte pédagogique (est) en partie liée au contexte d’enseignement, c’est-à-dire à la classe et aux élèves qui la composent. Pour le métier d’enseignant, la définition même du concept de mérite ne va pas donc de soi et nécessiterait de mobiliser des indicateurs nombreux pour l’appréhender dans son ensemble ».

Alain Chaptal, auteur d’un ouvrage sur cette question,  a présenté la situation de façon très claire. « Entrez dans une salle des profs, passez suffisamment de temps pour gagner la confiance des enseignants, interrogez-les pour savoir si certains collègues ont plus de charisme que d’autres ou bien si certains d’entre eux ne sont pas à la hauteur. Très vite, les réponses vont converger, le consensus se réaliser entre pairs. Poussez plus loin l’exercice, essayez de faire émerger des critères objectifs susceptibles d’étayer ce jugement collectif. Echec sur toute la ligne. D’autant plus que la variabilité des situations est extrême. Tel enseignant qui réussit bien avec la quasi-totalité de ses classes pourra être confronté à de grandes difficultés avec telle autre ». Si le mérite est insaisissable, l’efficacité de la paye au mérite  calcule seulement celle de l’incitation financière et du climat de l’entreprise. La question de l’efficacité de la paye au mérite reste ouverte.

L’annonce de 50 000 suppressions de postes

Du moins si on cherche l’efficacité éducative. Mais l’objectif gouvernemental semble plus trivial. Le président de la République a annoncé 25 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de l’Etat. Il a promis 120 000 suppressions de postes dans les 3 fonctions publiques dont 50 000 pour celle d’Etat. Le programme de « modernisation » annoncé par E Philippe vise à permettre cet effondrement des effectifs et le remplacement des fonctionnaires par des contractuels.

On retiendra aussi que les annonces d’évolution des statuts des enseignants lancées par JM Blanquer ne sont maintenant qu’un élément d’une politique gouvernementale. Cela leur apporte beaucoup de poids.

Les annonces d’E Philippe

Echec de la Suède

L’échec du new public management

Chaptal

Suchaut

Cela sert il à quelque chose d’avoir un bon enseignant ?

Commentaires

  • Viviane Micaud, le 02/02/2018 à 08:40
    Très bonne analyse de Chaptal. La question est qui évalue le mérite et comment?
    Il y a encore quelques années, ce qui était valorisé était d’appliquer le dernier gadget pédagogique à la mode. Ce sont ces gens-là qui vont évaluer la capacité de l’enseignant de faire avancer sa classe en général et chaque enfant en particulier? C’est à dire la mise en place d’une « cuisine » subtile, basée sur de la préparation, des automatismes quand il est devant la classe et de la réflexion quand un élève a un problème particulier.
    Pour redonner confiance à un enfant, il faut travailler sur le long terme. Il se débloquera avec l’enseignant.e ou avec son successeur ou sa successeure. Comment vous mesurez vous cela? Et pourtant c’est sur ces jeunes là qu’il faut porter son attention.
    La Finlande pour arriver à son niveau d’efficacité a supprimé l’inspection dans les années 1980.
    Depuis, des dizaines d’années, les sociologues dénoncent les aspects néfastes de la « tyrannie » du chiffre. Les personnes focalisent sur les indicateurs, non pas sur ce qui fait vraiment la qualité. En effet, ce qui est mesurable ne correspond rarement à la finalité. Par ailleurs, la mise en concurrence casse les solidarités. Or, la capacité de tenir dans ce métier difficile, la recherche de solution pour les enfants avec des difficultés particulière nécessite des solidarités.
    Pour les enseignants, tant que les problèmes de fond de gouvernance ne sont pas résolus, le salaire au mérite est une très mauvaise idée.

Poster un commentaire

Mobilisation montante contre la sélection

La sélection peut-elle encore mobiliser les jeunes ? Ou ce combat est il celui de la génération Devaquet pour ne pas revenir à mai 68 ? La mobilisation du 1er février montre que l’idée du droit d’accès aux études est encore partagée par une part importante de la jeunesse. Près de 20 000 manifestants dans une quinzaine de villes ont affirmé leur opposition à Parcoursup le 1er février. Une mobilisation limitée mais qui intervient tôt pour les principaux intéressés. Les organisateurs ont pu démontrer que la mobilisation est possible.

La sélection est elle devenue un mode acceptable d’accès au savoir ? Depuis des mois on essaie de nous en convaincre notamment en arguant du fait que déjà près d’un étudiant sur deux est inscrit dans une filière sélective. Le moment serait venu de généraliser ce procédé. Les jeunes y seraient acquis et ce serait presque une preuve d’attachement à « l’ancien monde » que de trouver la sélection éthiquement condamnable. C’est du moins tout ce à quoi tend la communication gouvernementale depuis cet été.

Pour cette première manifestation d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron, un collectif réunit des syndicats enseignants (Fsu, Cgt, FO, Sud), des organisations lycéennes (Sgl, Unl, Unl sd) et étudiante (unef) ainsi que les parents de la Fcpe.

Des fermetures de lycée ont eu lieu dans une quinzaine de villes. A Paris une dizaine de lycées ont été bloqués ainsi que quelques uns en banlieue. Si sur Paris ce sont plutôt des établissements privilégiés qui ont manifesté, en banlieue on trouve des lycées beaucoup plus populaires comme à Massy.

Des cortèges ont traversé une quinzaine de villes. A Paris de 2500 à 10 000 manifestants ont battu le pavé. On a compté un millier de manifestants à Lille Bordeaux ou Lyon. Des lycées ont été bloqués également à Dax, Marseille, Clermont Ferrand etc. Un volume de manifestants qui peut sembler modeste mais qui intervient alors qu ela plupart des lycéens n’ont pas encore visité Parcoursup.

Pour tous ces jeunes manifestants, Parcoursup est bien un instrument de sélection qui va anéantir le droit d’accès au savoir.  C’est par exemple le cas d’Ugo Thomas, président du SGL, la première organisation lycéenne.  » La sélection va aller croissant », nous a t- il dit . « Il faut  regarder les conditions réelles de l’orientation. Dans Parcours Sup 900 000 candidats vont entrer 10 voeux. Comment seront gérés en un temps court ces 9 millions de voeux ? En fait chaque université va faire son petit algorithme pour trier les candidats.  Elles utiliseront les notes et les moyennes car c’est la seule donnée chiffrable. On doute fort que les dossiers soient réellement regardés. Toute cette histoire de motivation des candidats c’est sympathique. Mais la réalité c’est que les universités n’ont pas les moyens de traiter les dossiers et de faire face à l’afflux des candidats. Il y aura donc la sélection des attendus et en plus celle des universités dans la façon de traiter les dossiers ».

Une réflexion confirmée par Pierre Mathiot lui même. Pour faire face à l’avalanche de voeux, les établissements d’enseignement supérieur « organisent la rareté pour assurer la sélection… les professeurs de droits se sont dit : « ça y est on va enfin sélectionner. On est à l’inverse de la promesse républicaine », a t-il déclaré. La lecture des premiers attendus, les mentions qui s’affichent dans Parcoursup, l’annonce d’années probatoires supplémentaires  obligatoires, ou de tests de haut niveau de culture générale pour accéder à certaines universités, tout semble fait pour décourager les lycéens, et particulièrement les plus modestes,  de poursuivre des études.

Coté enseignants, le ministère indique 1% de grévistes dans le second degré. Rien d’étonnant à cela. La journée d’action des enseignants est fixée au 6 février. Ce jour là plusieurs fédérations appellent à la grève contre Parcoursup mais aussi contre les DHG insuffisantes, les fermetures de classes, la réforme du lycée et le blocage salarial. La mobilisation perceptible le 1er février montre que la journée du 6 février pourrait être une réussite.

Sélection dans toutes les filières

Poster un commentaire

Réforme de l’Etat : vers un plan de départs volontaires dans la fonction publique, Le Monde

Le ton est donné. A l’issue d’une réunion avec quinze ministres, jeudi 1er février, le chef du gouvernement, Edouard Philippe, a présenté les premières pistes de l’exécutif pour réformer l’Etat. Il s’agit de s’attaquer sans barguigner aux piliers de la fonction publique : davantage de contrats ; rénovation du statut de fonctionnaire ; rémunération au mérite…

Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a même annoncé « un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, conséquence de la réforme de l’Etat ». Le gouvernement sait qu’il s’engage en terrain miné.

« Nous n’avons aucun doute, a dit Edouard Philippe, sur le fait que nous puissions heurter la sensibilité ou les équilibres auxquels certains se sont habitués. On ne répare pas un pays, on ne vise pas haut, sans avoir conscience qu’il faut parfois bousculer et modifier ces équilibres. »

Le premier ministre défend l’ambition du processus. Pas question, en effet, de se contenter de supprimer des postes, de mettre en œuvre « une politique du rabot » consistant, comme l’avait imposé Nicolas Sarkozy en 2007, à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le gouvernement vante « un travail de fond » et assure « réfléchir sans totem ni tabou à la transformation de l’action publique ».

Au-delà de l’amélioration de la qualité des services publics, l’objectif a été fixé par le président de la République : baisser la part de la dépense publique dans le produit intérieur brut (PIB) de 3 points d’ici à 2022 et réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires.

Point d’étape

Le comité interministériel au terme duquel MM. Philippe et Darmanin ont fait ces premières annonces est un point d’étape. Lancée en septembre 2017, la réforme de l’Etat doit être arrêtée en avril au terme d’un travail de consultation et de réflexion.

Installé en octobre 2017 et flanqué d’un « comité jeunes », un « comité action publique 2022 » est chargé d’une « profonde revue des missions et des dépenses de l’ensemble des administrations publiques ». Son rapport est attendu pour le début du mois d’avril. Un « forum de l’action publique » a également été lancé afin de consulter, depuis novembre 2017, agents et usagers. Une restitution est programmée ce mois-ci.

Parallèlement, le gouvernement a donc engagé des « chantiers transversaux » : ressources humaines ; simplification et qualité de service ; transformation numérique des services publics. C’est dans l’avancement de ceux-ci que les annonces de jeudi se situent.

La réforme de l’Etat transformera les métiers, ont souligné MM. Darmanin et Philippe. Le premier ministre a assuré que ces mutations seraient accompagnées, qu’il s’agisse de « reconversions », de « mobilités » ou de « départs vers le secteur privé ». C’est tout le but du plan de départs volontaires évoqué par M. Darmanin. Le gouvernement a prévu une enveloppe de 700 millions d’euros sur le quinquennat pour accompagner la transformation de l’action publique, dont 200 millions d’euros dès 2018. Ils serviront notamment à financer ce plan inédit dans la fonction publique.

Rémunération au mérite

Le gouvernement annonce aussi que « les possibilités de recourir aux contrats seront largement étendues ». Les manageurs publics, qui auront « plus de liberté et plus de responsabilités », pourront y recourir plus facilement.

Aujourd’hui, les contractuels représentent 17 % des effectifs de la fonction publique, soit 900 000 personnes, selon les chiffres officiels. Mais la CGT les estime à « 20 % au bas mot ». Historiquement réduit à une place « dérogatoire », le contrat tend à occuper une part de plus en plus complémentaire, au risque de constituer une « fonction publique bis », note Arnaud Freyder, haut fonctionnaire, dans La Fonction publique (LGDJ, 2013).

C’est une manière de toucher au statut des fonctionnaires, dont les bases ont été posées en 1946. Tout en se disant « légitimement attaché » aux grands principes qui le régissent, le premier ministre estime qu’il faut « l’assouplir, faire en sorte qu’il puisse redevenir un cadre efficace pour l’action publique, pas une fin en soi ». Car « les règles statutaires se sont un peu sédimentées, l’application du statut s’est rigidifiée », dit-il.

C’est dans cet esprit qu’il entend « simplifier » les instances représentatives du personnel. De même, ce « nouveau contrat social » que l’exécutif souhaite proposer aux agents publics s’accompagnera du renforcement de leur évaluation et du développement de la rémunération au mérite, que Nicolas Sarkozy avait consacrée en 2009, avant que François Hollande ne revienne partiellement dessus. Un mécanisme d’intéressement collectif, tel qu’il existe dans le privé, pourrait également être développé et le passage par le privé valorisé.

Un an de concertation

Pour mener à bien son projet de transformation de l’Etat, Emmanuel Macron en appelle aux jeunes énarques. Après avoir passé deux années, dès leur sortie de l’école, dans des fonctions d’inspection et de contrôle, ils seront dorénavant invités à s’investir sur les chantiers prioritaires du gouvernement. Une trentaine de fiches de poste devraient rapidement être rédigées.

Le gouvernement mise aussi sur la publication d’« indicateurs de résultats et de qualité » supposés refléter la satisfaction des usagers et, ce n’est guère une surprise, sur le recours au numérique qui sera généralisé. Il « se donne pour objectif au 1er janvier 2022 de rendre la totalité de ses services publics accessibles en ligne, y compris via un téléphone mobile ».

De toutes ces questions, M. Darmanin et son secrétaire d’Etat, Olivier Dussopt, sont chargés de discuter avec les syndicats. La concertation doit s’étendre sur toute l’année. La partie s’annonce ardue. Les syndicats, déjà échaudés par le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence, déçus par la réponse du gouvernement après la journée de mobilisation du 10 octobre 2017, réagissent très mal à ces nouvelles annonces.

« Dynamitage de la fonction publique », dénonce Solidaires. « En marche rapide vers un recul ? », s’interroge l’UNSA. La CGT estime qu’« on a franchi la ligne jaune. Le gouvernement choisit la confrontation », considère Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonction publique. Le plan de départs volontaires, en particulier, révolte le syndicat majoritaire. « Cela montre que la réforme de l’Etat est orientée, commente M. Canon. Elle vise à l’externalisation et à l’abandon pure et simple de missions. Sinon, pourquoi inciter les agents à partir ? »

Les organisations syndicales doivent se retrouver le 6 février. La question d’une nouvelle mobilisation sera posée.

Poster un commentaire

Quelle mobilisation le 1er février ?

Combien de lycéens dans la rue le 1er février ? Combien d’établissements touchés ? Ce sera les points à observer pour l’avenir du mouvement de contestation de la loi d’orientation dans le supérieur. Car le 1er février ne doit être qu’une mise en jambe pour la journée du 6 février.

Réunie le 27 janvier, la Coordination nationale de l’éducation a réuni des syndicats enseignants (la Fsu, FO, Sud éducation, CGT), les lycéens de l’Unl, Unl sd, SGL et les étudiants de l’Unef. Elle appelle à manifester le 1er février et à multiplier les assemblées dans les lycées et les universités.

« Les attendus nationaux, déclinés en attendus locaux sont rédigés dans la précipitation et sans consultation réelle des enseignant·es concernés, ni des instances des universités. Ceux-ci vont pourtant être déterminants pour l’accès des bachelier·es aux formations post-bac et pour les réorientations des étudiant·es en cours de Licence », écrit la coordination. « Dans de nombreux cas, ils vont bloquer l’accès des jeunes aux filières de leur choix, leur imposer des remises à niveau qui ne sont pas encore connues ou organisées, mais aussi décourager les candidatures, en particulier des élèves les plus en difficulté. Dans de nombreux cas, la mise en place de capacités d’accueil, la croissance du nombre de bachelier et la multiplication des vœux (non hiérarchisés) vont transformer la quasi-totalité des filières ouvertes en filières sélectives. La procédure d’émission des vœux et d’affectation semble aujourd’hui extrêmement complexe, voire irréalisable. La limitation à 10 vœux, l’absence de hiérarchisation des vœux, le calendrier d’affectation, vont générer d’énormes difficultés à la fois pour les services universitaires et pour les jeunes et leurs familles. Nous craignons que de nombreux bachelier·es restent sans affectation ».

De son coté, le Snes élargit la lutte aux dotations horaires insuffisantes, au rapport Mathiot et à la réforme du lycée. « Les attaques contre les personnels du second degré et leur professionnalité sont légions depuis l’arrivée du nouveau président : suppression de moyens dans un contexte d’augmentation du nombre d’élèves à accueillir, réforme à marche forcée de l’affectation dans l’enseignement supérieur introduisant une sélection pour masquer un manque de places disponibles, volonté de transformer le bac au risque de lui faire perdre son caractère national, volonté de décliner pour le second degré une imitation de l’enseignement supérieur qui fera peser sur les élèves les raisons de leur échec ou non. »

Le 1er février prend donc l’allure d’une étape dans une mobilisation dont la clé de voute devrait être le 6 février. Pour les lycéens le mouvement n’est aps bien choisi. Certains établissements ont organisé des examens blancs. D’autres sont en train de faire passer les TPE. C’est pourtant dans la mobilisation des lycées que le mouvement va jouer son avenir.

Les lycéens ont beaucoup à perdre avec la généralisation des procédures sélectives dans le supérieur. C’est particulièrement vrai des bacheliers technologiques et professionnels qui perdent la priorité qui leur était reconnue avec APB pour accéder aux Bts et Iut et qui devraient être les premières victimes des « attendus » locaux. Mais peu d’établissements de banlieue ont bougé jusque là

Communiqué

Snes

Poster un commentaire

Le retour des baisses de salaire

C’est la surprise de début 2018. En regardant leur feuille de paie de janvier, les enseignants observent une perte d’une vingtaine d’euros nets en moyenne, de 6 à 50 euros selon le Sgen Cfdt. Cette perte de pouvoir d’achat résulte des décisions gouvernementales. Elle contraste avec la situation vécue par tous les salariés du privé. Ils bénéficient, eux, d’une augmentation équivalente.

Hausse du prélèvement pension civile

« Il y a une légitimité à vouloir payer plus les professeurs dans le futur. Je ferai mon maximum ». S’exprimant le 28 janvier sur France Inter, Jean Michel Blanquer a parlé de la revalorisation salariale des enseignants qu’il espère mener à bien sur le quinquennat « dans le cadre de la situation budgétaire de la France ».

Une promesse qui contraste avec la réalité. La paye de janvier, virée le 29,  est amputée pour tous les fonctionnaires de façon significative. Pour les enseignants du public elle se traduit par une baisse du net d’une vingtaine d’euros en général, parfois plus.

Plusieurs décisions gouvernementales expliquent ce salaire en berne. D’abord la hausse du taux de prélèvement pension civile. Le taux passe de 10.29 à 10.56% ce qui se traduit par une perte de salaire d’environ 8 euros. Le taux va continuer à augmenter et donc le salaire à baisser en 2019 et 2020.

CSG mal compensée

Un second élément joue davantage : la hausse de la CSG. La CSG augmente de 1.7%. Cette augmentation est compensée pour les fonctionnaires  par la suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité et par une indemnité compensatrice. Cette indemnité est fixe. Elle ne suivra plus à l’avenir les éventuelles hausses de salaire. Par conséquent la compensation réelle de la CSG pour les fonctionnaires va rapidement baisser en termes réels.

Pour les salariés du privé la situation est radicalement différente. La hausse de la CSG est largement compensée par la baisse, puis la suppression cette automne, des cotisation chômage et maladie. Dès ce mois de janvier les salaires sont poussées à la hausse d’environ une vingtaine d’euros pour un salaire moyen. Selon le gouvernement, une fois le régime stabilisé cela se traduira par une hausse de 260 € par an pour un smicard, de plus de 350 euros pour un salarié payé 2000 euros par mois. Le contraste est complet avec la réalité vécue par les fonctionnaires.

Une politique salariale hostile aux enseignants

D’autres éléments vont continuer à peser sur le revenu des enseignants cette année. Le gel du point Fonction publique alors que l’inflation repart va se traduire par une perte de pouvoir d’achat d’au moins 1% sur l’année. Le retour du jour de carence va impacter aussi directement les feuilles de paie dès cet hiver. Enfin le report d’application des accords PPCR pèse lui aussi sur le revenu enseignants.

Quant aux promesses de revalorisation, on sait qu’elles ne seront pas tenues cette année. La prime de 3000 euros promise aux enseignants des Rep+ pendant la campagne électorale ne sera pas versée en 2018. Une application très partielle de la mesure est inscrite au budget. Elle ne touchera pour une vingtaine de millions d’euros qu’une petite partie des enseignants concernés.

Un petit air de déjà vu

Ce début d’année 2018 n’est décidément pas sans rappeler des souvenirs aux enseignants. Avec la perte de salaire, les DHG en baisse dans les collèges, les fermetures de classe dans le primaire, les perspectives de chute des volumes horaires au lycée, la promesse de confier le recrutement des enseignants aux chefs d’établissement, 2018 commence là où on était resté en 2012. Un petit air de déjà vu.

Sur le plan salarial, la situation des enseignants français va ses singulariser encore davantage dans le monde. Car la baisse de 2018 vient après un cycle exceptionnel de perte de pouvoir d’achat en France.  » Entre 2000 et 2015, les salaires statutaires des enseignants titulaires des qualifications typiques ont augmenté en valeur réelle dans la plupart des pays… L’Angleterre (Royaume-Uni), la France et la Grèce font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué de respectivement 5­%, 10­% et 16­% », écrivait l’OCDE dans le dernier Regards sur l’éducation. Avec le nouveau gouvernement la France est bien partie pour faire pire que la Grèce.

Salaires enseignants : l’exception française

Poster un commentaire

Réformes : la semaine du « non »

Coordination nationale, manifestations et grèves, pétitions : les opposants à la réforme du lycée et du bac comptent jouer sur tous les tableaux pour faire échouer la réforme lancée tambour battant par le gouvernement. Réunie le 27 janvier, une coordination nationale a fait le point et lancé un appel. De nouvelles analyses sur la réforme sont publiées alors que les premiers blocages apparaissent.

Deux journées d’action

Le secondaire et le supérieur peuvent ils coordonner leurs efforts ? C’est l’objectif de la Coordination nationale de l’éducation qui a réuni le 27 janvier une dizaine d’organisations. Quatre syndicats enseignants, FSU, FO, Cgt, Sud, une association de parents d’élèves (Fcpe), trois mouvements lycéens (SGL, UNL, UNL SD), l’Unef et une trentaine d’universités réunies par Sauvons l’université, ont partagé leurs positions le 27 janvier.

A l’issue de la journée elles ont lancé un appel à participer à al journée de mobilisation le 1er février en organisant des assemblées dans les lycées et universités. Elles participeront également à la journée d ‘action du 6 février qui devrait être le point d’orgue du mouvement. Cette même date du 6 février est retenue aussi par le syndicat Se-Unsa AEFE pour un mouvement contre les suppressions de postes dans les établissements français à l’étranger.

L’analyse de l’Apses

L’Apses a publié une analyse précise de la réforme du lycée qui dénonce « la disparition de la série ES qui a pourtant fait la preuve de son succès ». Pour l’Apses, « loin d’abolir la hiérarchie des séries, le projet propose au contraire un lycée à deux vitesses entre les classes de « scientifiques » et celles qualifiées fort inopportunément de « non scientifiques ». Un lycée modulaire soucieux de l’égale dignité des voies de formation n’aurait pas cantonné les SES dans un ensemble « lettres-humanités-société » tendant à dénier la spécificité d’une troisième culture qui a justement l’attrait de se situer au croisement des sciences et des humanités ».

L’Apses dénonce aussi la perte « de la cohérence des parcours d’enseignements » et des groupes classes. « En démultipliant les choix que devront effectuer les élèves, cela risquerait d’accroître les inégalités sociales entre les lycées et de profiter aux seules familles « initiées » », écrit l’Apses. Pour l’Apses, « la modularisation du lycée couplée à l’accentuation de la sélection des bacheliers dans le supérieur via Parcoursup transformerait radicalement la fonction sociale du lycée en engageant trop tôt les élèves (dès la fin du premier semestre de seconde !) dans des choix d’orientation stratégiques à l’âge où les adolescents, en train de se construire, sont justement traversés par des questionnements et des incertitudes ». L’Apses demande des dédoublements et des enseignements sur une base annuelle.

Premiers blocages

L’Apemu, l’association des professeurs d’éducation musicale, jamais reçue par P Mathiot, adresse elle aussi une critique de fond au projet.  « Les pistes de réforme envisagées par Pierre Mathiot entérinent la situation actuelle qui, d’une part exclut les cultures et pratiques artistiques du tronc commun de formation générale et, d’autre part,  enferme un parcours substantiel en ces domaines (couples de disciplines majeures) sur les lettres et les humanités », dénonce l’Apemu. Elle demande leur inscription dans le tronc commun.

Enfin de premiers blocages réussis ont eu lieu le 26 janvier dans des établissements des quartiers populaires contre Parcoursup. Plusieurs centaines de lycéens ont bloqué le lycée professionnel Jean Macé de Vitry et le LGT Romain Rolland d’Ivry contre la sélection à l’université. Les blocages pourraient continuer cette semaine. Le gouvernement entend rendre sa décision le 14 février.

Appel coordination nationale

Apses

Apemu

Poster un commentaire

Carte scolaire : les écoles rurales payent le prix des dédoublements

Les écoles rurales vont elles payer le prix fort de la politique gouvernementale ? Alors que les quotidiens locaux publient les cartes scolaires de la rentrée 2018, un point commun émerge nettement : les dédoublements de CP et CE1 se font aux dépens des écoles rurales où se multiplient les fermetures de classe. Comme si la réforme lancée par JM Blanquer visait aussi à faciliter les regroupements qu’il vante dans ses ouvrages…

 » Nous n’accepterons pas que les choix politiques et leur application, bienvenue, du dédoublement des classes pour diminuer le nombre d’enfants scolarisés par classe dans les zones prioritaires, se fassent au détriment des enfants des territoires ruraux. Il n’est pas acceptable de déshabiller Loïc pour habiller Stéphanie », écrivait Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France, la semaine dernière.

La presse locale lui donne raison. Ainsi dans la Somme , les dédoublements de classe en éducation prioritaire sont compensées par 63 fermetures de classe , une situation qui rappelle les années 2010-2011. Les fermetures touchent les zones rurales mais aussi des écoles urbaines en lisière de Rep.

Dans l’Indre et Loire, treize ouvertures de classe sont programmées mais 30 fermetures sont actées. Elles concernent à aussi les communes rurales.

Indre et loire

Somme

Poster un commentaire

Nice : des policiers à l’école… depuis 2016…

« L’expérimentation commencera prochainement. J’ai donné mon feu vert. J’ai demandé que les policiers ne soient pas armés ». Sur France inter le28 septembre, JM Blanquer a évoqué en termes positifs l’installation de policiers dans chacune des écoles de Nice semblant s’en attribuer le mérite. Pourtant le ministre n’y est pour rien. L’idée est municipale. Surtout la décision a été prise en décembre 2016. Le syndicat Cgt intervenant en janvier 2017 pour que ces policiers municipaux ne soient pas armés…

Poster un commentaire

CDFN des 23 et 24 janvier : La lettre électro de l’Ecole Emancipée

 
Le CDFN a débattu de questions diverses comme à son habitude. Au niveau de l’EE nous avons pointé la difficulté de la période mais la nécessité pour les forced de transformation sociale de construire l’opposition et les mobilisations aux politiques en cours. Lire ici l’intervention de Judith Fouillard.
Les débats ont été pour beaucoup concentrés sur les questions éducation. Nous avions d’ailleurs anticipé cela dans l’EE puisque nous avions consacré un focus conséquent à l’éducation dans notre contribution (à lire ici), jugeant que c’était là une question essentielle, par l’enjeu et par la gravité des attaques, mais aussi en raison du calendrier d’actions déjà décidées.
Vous retrouverez sur ce sujet l’intervention deVéronique Ponvert et celle de Clément Lefèvre.
Nous avons essayé, dans nos interventions comme dans notre travail sur le texte action, de faire apparaître une cohérence : cohérence bien réelle des attaques de Blanquer vers une même finalité de destruction d’une école pour toutes et tous.
Le CDFN a permis également d’aborder d’autres points : sur la FP, le constat d’une situation très dégradée pour les agents est partagé, la FSU appellera à la grève sur les questions salariales à la fin du mois de mars. La caractérisation de la nature du gouvernement ne pose pas de problème au sein de la fédération, elle condamne ses orientations économiques et sociales sans réserve. Les projets du gouvernement pour la FP sont très inquiétants (CAP 22).Retrouvez ici l’intervention de Denis Thomas.
L’’indignation face au sort réservé aux migrants est unanime… A lire ici, l’intervention de Grégory Bekhtari
Seul bémol, la position sur NDDL : la FSU se félicite de la victoire, mais refuse d’appeler à la mobilisation du 10. Lire ici l’intervention de Julien Rivoire.
Dans la période, nous n’avons pas voulu évacuer les problématiques féministes notamment après la publication dans le Monde d’une tribune plus que controversée. Lire ici l’intervention de Cécile Ropiteaux.
Lors de ce CDFN, une partie de la plénière était consacrée à un sujet d’actualité : la réforme de la formation professionnelle et les GT apprentissage. Vous trouverez un CR des différents débats en PJ (merci à tous-tes les rédacteurs-trices pour la prise de notes)
Les interventions de l’EE seront mises sur le site d’ici peu.

En conclusion, un CDFN plutôt calme, sans véritable enjeu, si ce n’est de se questionner sur la façon de conduire les luttes aujourd’hui.dans une période particulièrement difficile…

Poster un commentaire