Archives de la catégorie Fonction publique

Les traitements des enseignants français, 1960-2004 : La voie de la démoralisation ?

En nous appuyant sur une reconstruction des grilles indiciaires des enseignants, échelon par échelon, pour les instituteurs, agrégés et certifiés, maîtres de conférences et professeurs des universités, de 1960 à 2004, nous montrons que la valeur des carrières des agrégés du secondaire et des professeurs des universités, définie comme somme actualisée et espérée des salaires nets réels sur le cycle de vie professionnelle, a baissé d’environ 20% en 25ans, de 1981 à 2004. Cette baisse est due pour l’essentiel à une érosion de 15% de la valeur réelle du point d’indice, à laquelle il faut ajouter l’alourdissement des cotisations obligatoires, durant la période considérée. Si les traitements nets associés à un échelon donné de la carrière des professeurs certifiés ont bien subi une érosion de pouvoir d’achat de l’ordre de 20%, les mesures de revalorisation de carrière mises en place à partir de 1990 constituent des compensations partielles, qui conduisent, pour ce qui les concerne, à un jugement plus nuancé. Enfin, la situation des instituteurs ne s’est pas dégradée, mais uniquement en raison des compensations offertes par la création du corps des professeurs des écoles. Nous discutons ensuite les ressorts possibles de ce «tournant de la rigueur», qui remonte à 1983, du point de vue de l’économie politique, et formulons l’hypothèse qu’il comporte d’importants coûts sociaux à long terme, en partie cachés, sous forme d’aggravation du risque moral, de baisse de la qualité et de la productivité du service, et sous forme d’anti-sélection dans les recrutements.

Bouzidi Btissam, Jaaidane Touria, Gary-Bobo Robert, « Les traitements des enseignants français, 1960-2004 : La voie de la démoralisation ? », Revue d’économie politique, 2007/3 (Vol. 117), p. 323-363. DOI : 10.3917/redp.173.0323. URL : https://www.cairn.info/revue-d-economie-politique-2007-3-page-323.htm

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Coordination nationale mercredi 28 au matin + Université d’Été les 26-27-28 août

Chers et chères collègues, chers et chères ami.e.s !

La toute première Université d’Été des Enseignant.e.s et de l’Éducation se tiendra les lundi 26, mardi 27 et mercredi 28 août à la Cartoucherie de Vincennes (94).

Cette Université d’Été émane des luttes contre les réformes Blanquer, mais entend avant tout embrasser l’ensemble des questions d’éducation, et est ouverte à tou.te.s les enseignant.e.s et tou.te.s les acteurs et actrices de l’Éducation, partout ailleurs.

Débats, projections, assemblées, concerts et autres événements seront ainsi proposés pour aborder différents champs de l’École, suivant trois axes principaux :
– « Enseigner » sur le cœur des métiers de l’Éducation
– « Dialoguer » sur les rapports entre l’École et la société
– « Lutter » sur les raisons et les moyens de réaliser un autre projet d’École

Vous trouverez le programme de notre Université d’Été et le planning détaillé en pièce jointe, ainsi qu’à l’adresse suivante pour une version maintenue à jour (avec d’autres événements encore en suspens) :

http://www.uee.education/programme/

Pour participer à l’Université d’Été des Enseignant.e.s et de l’Éducation, n’oubliez pas de vous inscrire rapidement en ligne, même si vous ne pouvez venir qu’une ou deux journées sur les trois :

https://bit.ly/billetterie_uee2019

S’inscrire au plus vite nous permettra de gérer l’affluence, l’organisation des repas, les avances de trésorerie… Une participation financière vous sera demandée (à partir de 1 € pour permettre aux plus précaires de participer librement), sachant que le budget global est estimé à environ 6000 €.

Si vous ne pouvez pas participer à l’Université d’Été, il est tout de même possible de soutenir l’initiative par un don :
https://bit.ly/dons_uee2019
(Pour information sur HelloAsso, il est possible de cocher la case « Je ne souhaite pas laisser de pourboire », en cliquant sur « Modifier » à côté du « pourboire ».)

Cette Université d’Été des Enseignant.e.s et de l’Éducation, inédite par son auto-organisation et son envergure nationale, a reçu de nombreux soutiens d’organisations syndicales, d’associations pédagogiques ou disciplinaires, de collectifs d’enseignant.e.s ou de parents d’élèves, de collectivités territoriales. Vous pouvez consulter ici la liste de nos soutiens, et signer l’appel si vous le souhaitez :

http://uee.education/signataires-et-soutiens/

Enfin, une Coordination nationale des AG et collectifs contre les réformes Blanquer, connue comme « La Chaîne des Bahuts », se réunira le mercredi 28 août dans le cadre de l’Université d’Été, pour décider de la manière de poursuivre les combats entamés depuis des mois.

Pour demander un hébergement en Île-de-France (pour l’ensemble de l’Université d’Été ou seulement pour la Coordination nationale de la Chaîne des Bahuts), c’est par ici :
https://bit.ly/logement_uee2019

De même, pour demander ou proposer un covoiturage de partout en France (notamment pour les lycéen.ne.s de l’UNL dont nous accueillons le Conseil national aux mêmes dates), c’est par là :
https://bit.ly/covoiturage_uee2019

Bonne lecture de notre programme, et rendez-vous les 26-27-28 août à la Cartoucherie de Vincennespour faire le plein d’idées et d’énergie pour une rentrée créative et combative ! L’École, c’est nous !

L’équipe d’organisation de l’Université d’Été des Enseignant.e.s et de l’Éducation

P.S. : Si vous souhaitez soutenir cette initiative, pensez à diffuser cet e-mail avec ses pièces jointes à tous vos collègues, réseaux personnels, associations, syndicats… Si vos mailing-lists n’acceptent pas les pièces jointes supérieures à 500 Ko, n’hésitez pas à réessayer en supprimant le visuel. Merci d’avance !

Site internet : https://www.uee.education
Contact mail : contact@uee.education
Facebook : https://www.facebook.com/UEE19/
Événement Facebook : https://fr-fr.facebook.com/events/2900769823330056/
Twitter : https://twitter.com/UniversiteL

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Fonction publique: la dérogation au statut de fonctionnaire devient la norme Médiapart

La loi portant sur la transformation de la fonction publique a été définitivement adoptée le 23 juillet 2019. Elle accentue une tendance déjà lourde : plus de contractuels, et moins de fonctionnaires, à tous les échelons. Décryptage avec l’universitaire Aurélie Peyrin.

Adoptée, contre l’avis unanime des syndicats de la fonction publique. Après plusieurs tentatives d’amendement des parlementaires, la loi sur la « Transformation de la fonction publique » sort plutôt durcie de sa navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Le 23 juillet 2019, elle a été définitivement adoptée, sans faire taire les critiques. Le texte régit le sort d’environ cinq millions et demi d’agents, répartis entre la fonction publique d’État (44 %), les collectivités territoriales (35 %) et la fonction publique hospitalière (21 %), quelle que soit leur catégorie hiérarchique (A, B ou C). La chercheuse Aurélie Peyrin, maîtresse de conférences à Aix-Marseille, qui vient d’écrire une Sociologie de l’emploi public (Armand Colin), décrypte pour nous les principales mesures.

Mediapart : Vous rappelez dans votre livre que la fonction publique est loin d’être un corps homogène de fonctionnaires : les agents sous contrat, dits les « contractuels », font partie, et depuis longtemps, des effectifs réguliers des ministères, mairies, hôpitaux… Dans ce contexte, cette réforme est-elle une rupture ou dans la poursuite d’une tendance bien installée ?

Aurélie Peyrin : Il y a toujours eu, sous des appellations diverses, des agents qui travaillaient dans la fonction publique sans avoir le statut de fonctionnaire. Pendant longtemps ils ont été embauchés et gérés sans qu’il n’existe de procédures ou de règles unifiées. Cela a changé tardivement, seulement à la suite de la loi Sauvadet, votée en 2012. S’ils sont désormais mieux protégés et ont accès à une forme de stabilité (comme le CDI de droit public), ils ne sont pas et ne seront certainement jamais traités à égalité avec les fonctionnaires.

Cependant, même si la règle stipule toujours que les emplois permanents des collectivités publiques doivent être occupés par des agents relevant du statut de la fonction publique, la norme d’emploi statutaire a été complètement bouleversée ces dix dernières années. Ce que change donc le projet de loi « Transformation de la fonction publique », c’est qu’il élargit considérablement les critères autorisant les employeurs publics à déroger au statut – qui était déjà pourtant assez flou auparavant –, en particulier dans la fonction publique territoriale.

La loi prévoit la possibilité de signer des « contrats de projet », sorte d’équivalent des « contrats de chantier » dans le privé, qui permettent d’embaucher et de débaucher des agents pour des missions à durée limitée par la réalisation d’un projet. Est-ce une nouvelle brèche ?

Le contrat de projet avait déjà été proposé lors de la négociation préalable à la loi Sauvadet, mais avait été abandonné face à l’opposition syndicale. Cette fois-ci, et il me semble que c’est une première, le projet de loi a donné lieu à une concertation, mais pas à une négociation. C’est ce qui explique que le texte proposé au Parlement prévoie donc un contrat de projet d’une durée de 1 à 6 ans, pour toutes les catégories d’agents (A, B et C) et pour les trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière). Pour autant, on ne voit pas forcément très bien à quel besoin répond cette nouveauté, et rien ne dit que ce contrat de projet sera massivement utilisé dans la fonction publique. À titre d’exemple, l’intérim y est autorisé depuis 2009 et la majorité des remplacements de courte durée sont toujours réalisés par des agents contractuels, et pas par des intérimaires.

Il est également possible désormais de recruter des contractuels, même sur des postes de direction, ce qui ressemblait à un casus belli au cours de la concertation.

C’est une vraie nouveauté en effet, avec cette ouverture, en dépit de l’opposition d’associations de cadres territoriaux qui s’étaient manifestées lors d’une tentative préalable, il y a un an environ. Désormais, toutes les catégories hiérarchiques sont concernées par la contractualisation dans la fonction publique d’État, y compris les postes de direction. Seule exclusion à cette ouverture généralisée : un noyau d’emplois de catégorie A dont la caractéristique commune est de nécessiter une formation après réussite du concours [par exemple les concours de l’ENA, du Trésor, de la police, de l’inspection du travail ou encore de l’Insee – ndlr] resterait non substituable à des contractuels. Serait-ce là le signe du poids de certains corps de fonctionnaires qui auraient pesé pour rester hermétiques à la contractualisation ? On semble en cela se rapprocher progressivement d’une restriction du statut de fonctionnaire aux seules fonctions « régaliennes » de l’État (police, justice, impôts…).

Pourront donc candidater à des postes très élevés de l’administration des salariés du privé, ou d’anciens membres de cabinet, non fonctionnaires, qui devront suivre une « formation à la déontologie de la fonction publique ». Comment éviter les risques de collusion ?

Il est évidemment nécessaire de former les nouveaux entrants – quels qu’ils soient d’ailleurs – à l’organisation et au fonctionnement de l’administration comme aux principes du service public. Mais il me semble que c’est l’examen par la commission de déontologie qui sera le principal garde-fou. À nouveau cependant, cette possibilité nouvelle pourrait ne pas avoir autant d’effet qu’escompté, notamment en raison d’un manque d’attractivité de ces postes en comparaison avec les postes de dirigeant dans le privé – d’autant que ces postes ne donneront pas la possibilité d’accès à un CDI ni à la titularisation dans un « grand corps ». Seul le levier de la rémunération, qui pourra a priori être négociée au-delà des grilles indiciaires des corps de fonctionnaire, pourrait favoriser l’attrait pour ce type de poste.

Peut-on imaginer, à l’avenir, une fonction publique dominée par les agents contractuels ?

Plus rien ne l’empêche en droit désormais, en effet, et le processus est déjà en marche : depuis plusieurs années, dans les trois fonctions publiques confondues, la grande majorité des recrutements concernent des contractuels. Ceci dit, ce n’est pas pour demain : le stock de fonctionnaires en poste est important, et l’État recrute encore plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires chaque année, en majorité des enseignants. Il faudrait sans doute des décennies sans aucun recrutement de fonctionnaires titulaires pour inverser le ratio entre les fonctionnaires et les contractuels.

« Faut-il que la maîtresse d’école ou l’agent des impôts soit un agent titulaire d’un statut ? »

© DRComment la réforme touche-t-elle la fonction publique territoriale, à savoir les mairies, les communautés de communes,d’agglomérations ?

Dans la fonction publique territoriale, l’assouplissement des possibilités de recours aux contractuels est considérable. Il était déjà possible d’embaucher des agents contractuels en catégorie A dès lors que les besoins du service le justifiaient, et c’est désormais possible en catégorie B. Ceci dit, la majorité des recrutements concernent des agents de catégorie C, qui peuvent déjà accéder au statut sans concours. Le projet de loi permettra surtout aux communes de moins de 1 000 habitants et groupements de communes de moins de 15 000 habitants, qui sont assez nombreuses en France, de recruter des contractuels pour tous les emplois, sans plus aucune restriction. Certaines collectivités pourront donc ne plus recruter de fonctionnaires – et les travaux de la sociologue Émilie Biland montrent que les pratiques d’embauche et de titularisation varient fortement selon la couleur politique des exécutifs locaux.

Laisser de plus en plus de marges de manœuvre aux employeurs locaux, c’est aussi le sens de la réforme qui permet de conclure encore davantage d’accords négociés localement et de s’affranchir de la règle commune ?

Là encore, les pratiques préexistaient, la nouveauté est que le projet de loi permettra d’accroître ces différenciations. Mais dans toute la fonction publique, les pratiques de recours au contrat, leur renouvellement, l’accès au CDI ou à la titularisation varient d’un employeur à l’autre : dans les collectivités bien sûr, mais aussi dans les hôpitaux, dans les universités ou même dans les directions d’un même ministère. Il existe parfois déjà des conventions de gestion et des grilles de salaires pour les agents sous contrat, dans certaines directions mais pas dans d’autres, ou qui prennent des modalités variables… Cette possibilité de conclure des accords décentralisés va donc sans doute permettre de formaliser, parfois rationaliser, des pratiques existantes, ce qui peut conduire autant à de la différenciation qu’à de l’homogénéisation.

Le nombre de contractuels pourra donc aller grandissant. Peut-on dire que s’ils sont de plus en plus nombreux, ces agents restent les parents pauvres de la fonction publique ?

Oui, il y a toujours de vraies différences entre les contractuels et les fonctionnaires, sans même parler des autres formes d’emplois précaires, comme les contrats aidés par exemple. Même en CDI, l’emploi n’est pas garanti, ni la progression salariale. Ils n’ont pas les mêmes droits aux congés, leurs salaires et leurs primes sont moins élevés en moyenne. Il y a donc bien des inégalités, qui peuvent engendrer des tensions dans les collectifs de travail. Ces inégalités posent la question d’un État employeur qui se revendique exemplaire.

Les employeurs publics auront également plus de marge de manœuvre sur la rémunération des fonctionnaires, ce qui accentue la tendance de davantage de primes au mérite ou à la performance. Est-ce une innovation ?

Cette volonté est affichée depuis longtemps. Mais là encore, dans les enquêtes qui sont menées, il existe plutôt un hiatus entre l’affichage – il faudrait rémunérer au mérite parce que c’est moderne et performant – et des pratiques qui sont toujours proches d’une gestion statutaire des carrières, avec un recours aux primes limité. Des évaluations réalisées par les chercheurs dans de nombreux pays montrent que le montant des primes en jeu ne suffit pas à jouer sur le montant des rémunérations. Par ailleurs, et c’est le plus important, ces travaux montrent que la rémunération n’est pas le levier de motivation adéquat dans la fonction publique. Les fonctionnaires ne sont pas motivés par leur salaire mais par le fait d’exercer un métier qui a du sens, et d’être utiles à la société. Ce genre de mesure ne prend donc pas vraiment en compte la « culture du service public » dont les enquêtes d’opinion récentes prouvent la persistance.

Vous rappelez également dans votre livre que la « succession rapide de réformes de structures au cours des 20 dernières années », les « restructurations »les « réorganisations » ont considérablement transformé l’environnement de travail des agents publics. Comme dans le privé, la loi prévoit la fusion des instances représentatives du personnel, ce qui supprime au passage les instances chargées de la sécurité et de la santé des agents et transforme le rôle des commissions administratives paritaires (CAP). La souffrance au travail, qui est un vrai sujet dans la fonction publique, ne va-t-elle pas augmenter ?

Les sociologues et politistes spécialistes des relations professionnelles montrent en effet que les CHSCT [comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – ndlr]constituaient des échelons importants et méritent d’exister au niveau local. Mais au-delà, ce qui me frappe davantage dans la réforme des instances, c’est la redéfinition des compétences des commissions administratives paritaires. Historiquement, le système d’emploi public, et en particulier les carrières des fonctionnaires, était cogéré par les organisations syndicales et les représentants des corps. Le projet de loi prévoit de recentrer les attributions des CAP sur les seuls cas litigieux : elles ne se prononceront plus sur les mutations ou les promotions. C’est un vrai changement, qui amoindrit fortement cette tradition de cogestion.

Qui aura désormais le pouvoir sur les carrières des fonctionnaires, au-delà de la simple montée à l’ancienneté ?

Cela va justement conduire à se poser la question : entre les responsables hiérarchiques plus ou moins proches et les responsables des services de ressources humaines, qui aura la main sur les promotions ? Cela dépendra sans doute des rapports de force internes à chaque administration, mais les représentants des syndicats ou des corps n’auront plus leur mot à dire. Le risque d’arbitraire hiérarchique, qui concerne déjà les contractuels, deviendra certes plus prégnant, mais les fonctionnaires restent protégés par leur statut : ils ne pourront pas perdre leur emploi, ni même perdre en rémunération indiciaire. Par ailleurs, la promotion « au choix » était prévue par le statut, et il était déjà possible d’obtenir le soutien de sa hiérarchie pour « accélérer sa carrière ».

Le principe d’une fonction publique menée par des agents publics était considéré, en France comme ailleurs, comme un des éléments essentiels de la démocratie. Quels sont les enjeux sous-jacents à la transformation de ses formes d’emploi ?

La longue histoire du statut des fonctionnaires nous apprend que les principes ayant justifié ce régime dérogatoire au droit commun et l’instauration des recrutements par concours étaient, entre autres, le recrutement sur le mérite et les compétences pour lutter contre le népotisme, l’emploi à vie garantissant à la fois la protection contre les conflits d’intérêts et l’instabilité politique. Il s’agissait notamment d’assurer la continuité de l’État et de lutter contre la corruption pour que les citoyens soient traités de manière égalitaire. Les garanties apportées aux agents de l’État étaient ainsi également des garanties apportées aux citoyens usagers.

Mais depuis cinquante ans, le champ d’intervention de l’État-providence et des services publics s’est étendu, et le nombre d’agents publics – notamment de fonctionnaires – s’est accru en conséquence. Ce qui amène des débats de plus en plus nombreux sur le lien entre statut et service public, et cette antienne d’un recentrage sur les fonctions régaliennes. Faut-il que la maîtresse d’école ou l’agent des impôts soit un agent titulaire d’un statut ? Quelles sont les missions publiques qui nécessitent des protections statutaires et celles qui n’en nécessitent pas ? Ces questions sont éminemment politiques et engagent un modèle de service public propre à notre pays, inscrit dans notre histoire et notre culture.

D’autres pays ont en effet réalisé des choix différents, conservant un petit noyau d’agents statutaires et confiant la majeure partie des services publics à des agents couverts par le droit commun du travail, mais bénéficiant d’une convention collective spécifique, souvent très proche du statut de fonctionnaire. Certains ont fait le choix d’externaliser à des agences privées. Mais l’État a le pouvoir de fixer un cadre, des règles et il reste chargé du contrôle. Ces décisions sont importantes et les dirigeants politiques sont responsables de la bonne conduite des services publics, même lorsqu’ils sont délégués. Est-ce que notre pays est prêt à emprunter cette voie ? Si oui, les changements seront-ils rapides ? Le changement de modèle est en tout cas facilité par ce projet de loi.

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La loi sur la fonction publique adoptée (et la France va grave morfler…)

Après une commission mixte paritaire positive, le Sénat et l’Assemblée ont adopté définitivement la loi sur la transformation de la fonction publique le 23 juillet. Le texte met à plat le statut de fonctionnaire et prépare la généralisation de la contractualisation et des suppressions massives de postes. Parmi les mesures adoptées en 1ère lecture, signalons la fin du contrôle par les commissions paritaires de l’avancement et de la mobilité des agents, la généralisation de la contractualisation pour quasiment tous les emplois, l’évaluation du mérite par le supérieur hiérarchique direct avec effet salarial, la possibilité de rompre le contrat de fonctionnaire simplement, le détachement d’office dans une entreprise privée, etc. Avec cette loi, le gouvernement « modernise » la Fonction publique en faisant sauter les verrous du contrôle syndical. Pour les écoles, la loi impacte aussi le droit de grève des personnels municipaux des cantines. L’avenir du fonctionnaire c’est le management privé ?

Les professeurs en première ligne

Le texte de la loi

Compte rendu de la commission mixte paritaire

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RETRAITES Rapport Delevoye

Vous trouverez en pièce jointe le communiqué de presse FSU suite à la remise du rapport Pour un système universel de retraite rédigé par Jean Paul Delevoye ainsi qu’une première note de lecture de la fédération.

Le lien avec le rapport:   https://nuage.fsu.fr/index.php/s/iqyCo5jojiDDO4g

Nous préparons le numéro spécial de POUR sur les retraites pour la rentrée.

Je vous rappelle que nous avons demandé à Olivier Dussopt, avec l’ensemble des fédérations de fonctionnaires (sauf FO), une réunion spécifique Fonction publique.

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Syndicats : ouverture ou pas rue de Grenelle ?

 » Cette rencontre bilatérale doit s’inscrire dans un processus de dialogue plus continu et constructif », note le Se Unsa , reçu, comme les autres syndicats à la mi juillet au ministère.  » La FSU a demandé au Ministre d’entendre les inquiétudes des personnels comme les désaccords qui peuvent s’exprimer », dit la Fsu. Les syndicats ont été reçus. Ont-ils une chance d’être entendus ? De nouvelles rencontres sont programmées à la mi-août, avant la rentrée.

 » Le ministre a reçu chacune des fédérations syndicales. Il a écouté attentivement nos analyses et nos demandes. Il a ouvert des perspectives pour la prochaine année scolaire et annoncé la création d’un comité de suivi de la réforme du lycée et du bac général et technologique », note le Se Unsa. Le syndicat reste prudent sur le volet rémunération:  » sur la question des rémunérations, le ministre à ce stade, confirme les augmentations liées au déploiement de PPCR acté avant 2017 et aux primes Rep+ et aux heures supplémentaires défiscalisées annoncées depuis. D’autres mesures pourraient apparaître l’année prochaine. Il confirme aussi une revalorisation liée à la réforme des retraites pour les enseignants. Elle dépendra donc du calendrier de la réforme des retraites ».

 » La FSU prend acte de l’affirmation du Ministre d’ouvrir les discussions annoncées par le Président de la République concernant la revalorisation des enseignant-es, en lien avec la future réforme des retraites, à partir de la rentrée », dit la Fsu. « La FSU s’engagera dans ces discussions et demande des mesures de valorisation salariale passant également par des améliorations de carrière et des discussions spécifiques sur la réforme des retraites qui risque d’être particulièrement pénalisante pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale. A propos du comité de suivi sur la réforme du bac, au-delà d’un échange de diagnostic sur la réforme en cours, la FSU a demandé qu’il permette d’opérer les modifications nécessaires sur cette réforme… La FSU a demandé au Ministre d’entendre les inquiétudes des personnels comme les désaccords qui peuvent s’exprimer ». « Tout reste à concrétiser », avait conlu le Se Unsa…

Se-Unsa

Fsu

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Une circulaire impulse la GRH de proximité

Une circulaire publié eau BO du 18 juillet généralise la gestion des ressources humaines de proximité entre la rentrée 2019 et 2021.  » Tous les personnels du ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse (MENJ) qui le souhaitent doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans leurs démarches (souhaits d’évolution professionnelle, accès facilité aux services d’action sociale et de santé, difficultés ou atteintes par des tiers, etc.), au plus près du lieu d’exercice de leurs missions. La mise en place d’une gestion des ressources humaines de proximité, complémentaire de l’appui hiérarchique que peuvent notamment apporter les personnels d’inspection et de direction, constitue une priorité pour l’année scolaire 2019-2020. Après une première année d’expérimentation qui a concerné la moitié des académies en 2018-2019, le dispositif est généralisé à la totalité des académies à la rentrée de l’année scolaire 2019-2020 et progressivement densifié au cours des années scolaires 2019-2020, et 2020-2021″. Alors que le gouvernement va désaisir les commissions paritaires de leur droit de regard sur la carrière des enseignants, la GRH de proximité s’affiche comme une promesse de prise en compte des individus par l’administration. Pour cela le texte annonce le recrutement de conseillers RH qui pourront soit être au chef lieu du département mais naviguer à une échelle plus petite soit être plus proches des personnels. Ces conseillers seront sous l’autorité du RH de l’académie mais devront « respecter la confidentialité des échanges avec les personnels ». On leur souhaite bon courage !

La circualire

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Budget 2020 : les ministères gagnants et les perdants – Le Monde

C’est le document qui finalise des semaines d’arbitrages serrés entre Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, et ses homologues du gouvernement. En fin de semaine dernière, les parlementaires ont reçu le tableau présentant les plafonds de dépenses pour les différents ministères en 2020.

Ces éléments chiffrés, de véritables feuilles de route pour l’année prochaine, constituent le prélude au projet de loi de finances présenté et examiné à l’automne. Ce dernier s’accompagnera d’une nouvelle loi de programmation des finances publiques, d’ici à la fin de l’année, destinée à actualiser la trajectoire budgétaire en tenant compte des nouvelles hypothèses macroéconomiques (croissance, taux d’intérêts…) et des annonces de ces derniers mois, précise-t-on au cabinet de M. Darmanin.

« Nous avons quatre grandes priorités pour la deuxième partie du quinquennat : apporter une réponse d’ampleur à l’urgence écologique, poursuivre les investissements marqués dans les fonctions régaliennes de l’Etat (défense, justice, intérieur), accompagner les plus précaires et valoriser le travail, et enfin favoriser le capital humain et la formation », explique BercyDe quoi dessiner les gagnants et les perdants de ce troisième budget du mandat Macron.

Engagement personnel de Macron

C’est le ministère des armées qui connaîtra la plus forte hausse de budget, avec 1,53 milliard d’euros supplémentaire l’an prochain – sachant que le ministère des finances raisonne par rapport aux montants budgétés en 2019, lors de la loi de finances initiale, et qui peuvent donc varier par rapport aux crédits effectivement dépensés. La loi de programmation militaire (LPM) prévoyait une augmentation supérieure, de 1,7 milliard au total en 2020. Mais son périmètre ne couvre pas tout le ministère, qui comprend aussi la mission anciens combattants, en recul compte tenu de « la démographie déclinante », argue Bercy.

Emmanuel Macron a en effet insisté fortement sur son engagement personnel dans la réalisation des promesses budgétaires faites aux armées dans la LPM 2019-2025. « Cette LPM sera tenue », avait-il indiqué le 12 juillet, à Cherbourg, lors du lancement du sous-marin Suffren. Pour lui, « d’ici 2025, pas loin de 59 milliards d’euros seront ainsi consacrés à nos grands programmes d’armement, dont 37 milliards d’euros dans les quatre ans à venir ». Le chef de l’Etat l’a assuré : « L’effort consenti par la France pour moderniser son armée n’est pas d’intention, mais de fait. » Samedi 13 juillet, lors de la réception des militaires qui allaient défiler pour la Fête nationale, il a été encore plus précis : « Je veille personnellement à son application. » Bercy a pour l’heure prévu une hausse de 4,65 milliards d’euros du budget des armées sur les trois dernières années du quinquennat.

Parmi les fortes hausses budgétaires pour 2020, viennent ensuite l’éducation nationale et la jeunesse (+ 1,04 milliard d’euros en 2020 par rapport à la loi de finances initiale 2019). « C’est l’effet des annonces récentes sur le dédoublement des classes, que nous étendons, de la montée en charge progressive du SNU [service national universel] et de la stabilisation des effectifs de l’éducation nationale sur la période 2020-2022 », explique-t-on au ministère des finances. Le budget de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation augmentera, lui, de 500 millions d’euros (plan étudiant, intelligence artificielle).

Ligne à ligne

A la troisième place du podium, le ministère des solidarités et de la santé bénéficiera, lui, d’une augmentation de 820 millions d’euros l’an prochain, conséquence des mesures pour le pouvoir d’achat annoncées en décembre, des mesures post-grand débat d’avril, et de la montée en puissance du plan pauvreté. Les crédits liés à la prime d’activité – dont la revalorisationavait été annoncée en décembre – représenteront ainsi une hausse de l’ordre de 4 milliards d’euros entre 2018 et 2022. L’allocation adulte handicapée augmentera de 1,3 milliard sur le quinquennat.

Le ministère de l’intérieur verra, lui, son enveloppe gonfler de 740 millions. Bercy l’explique à la fois par les revalorisations salariales actées avec les syndicats de police et de gendarmerie, et par la poursuite des recrutements « conformément à l’engagement du président d’avoir 10 000 effectifs en plus en faveur de la sécurité au cours du quinquennat ». Il s’agit aussi de mieux coller à la réalité des dépenses, en forte hausse, de l’allocation pour les demandeurs d’asile.

Autre gagnant par rapport au projet de loi de finances initiale, le ministère de la justice (+ 200 millions d’euros). Là encore, le budget 2020, à 7,52 milliards d’euros, diffère des 7,7 milliards d’euros prévus par la loi de programmation et de réforme de la justice de mars 2019. La hausse des moyens alloués à la justice sera ainsi deux fois moindre que prévu l’an prochain (200 millions d’euros au lieu de près de 400 millions). « La trajectoire [2020-2022] correspond à la hausse prévue en loi de programmation, des ajustements étant opérés sur la seule année 2020 pour prendre en compte les retards d’avancement en matière d’immobilier pénitentiaire », assure Bercy. En fait, la direction du budget a demandé en juin aux services du ministère de la justice de regarder ligne à ligne dans les projets de construction et de rénovation de prisons et de tribunaux quels étaient ceux qui étaient en retard ou risquaient de l’être. Et d’en tirer les conclusions en termes de besoins, y compris d’effectifs.

Mouvements contraires

Enfin, le ministère de la transition écologique et solidaire verra son budget augmenter de 640 millions l’an prochain, après une hausse de 1,2 milliard en 2018 et 800 millions dans la loi de finance initiale 2019. « En incluant les transports, cela fait une dynamique de plus de 3 milliards d’euros en plus sur le quinquennat, soit plus de 10 % par rapport à 2017. C’est inédit », vante-t-on à Bercy. Ces plafonds ne prennent pas encore en compte les dernières annonces (taxe sur les billets d’avion annoncée le 9 juillet et rabot de la niche fiscale sur le gazole non routier). Il s’agira notamment de financer la prime à la conversion, recentrée sur les véhicules les moins polluants et les ménages modestes. Ce mécanisme connaît une dynamique bien supérieure à ce qui avait été anticipé en début de quinquennat (un million de véhicules désormais prévus, soit deux fois plus qu’initialement). Même succès pour latransformationdu crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) en prime. Ce mécanisme, annoncé le 12 juin par le premier ministre, Edouard Philippe, vise à rendre le versement de l’aide contemporaine des dépenses des particuliers, mais aussi à mieux cibler les ménages les plus modestes.

Le ministère du travail, lui, bénéficie facialement d’une enveloppe quasiment stable (+ 100 millions d’euros). Mais cela cache là aussi des mouvements contraires : d’une part la poursuite de la baisse des contrats aidés, de l’autre le plan d’investissement dans les compétences.

Les baisses de dépenses publiques devraient venir principalement du ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. Quelque 1,4 milliard d’euros d’économies sont en effet attendus sur le logement, avec la mise en place du nouveau mode de versement des APL, de façon contemporaine, début 2020. Autre contributeur : la réforme de l’audiovisuel public (– 70 millions d’euros). Hors audiovisuel, le ministère de la culture conservera une enveloppe quasiment stable (+ 30 millions d’euros).

Quand au ministère de l’action et des comptes publics, bon élève de la réforme de l’Etat, il verra son budget baisser de 120 millions l’an prochain et de 400 millions d’ici 2022. C’est le résultat de la restructuration de la direction générale des finances publiques, en raison de la suppression de la taxe d’habitation pour tous d’ici à 2023 et la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Mais aussi de la délocalisation de services en province. Autant de réformes qui doivent permettre une baisse de 10 000 équivalents temps plein au ministère pour le quinquennat. Seront aussi réduits les réseaux de l’Etat à l’étranger, de sorte que le ministère des affaires étrangères verra une stabilisation de ses crédits.

En tout, pour ce qui est des dépenses « pilotables » (c’est-à-dire en excluant les intérêts de la dette), le budget de l’Etat devrait progresser de 4,6 milliards d’euros en 2020 par rapport à 2019.

Nathalie Guibert Jean-Baptiste Jacquin et Audrey Tonnelier

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Fonctionnaires d’Etat : Bercy renonce à l’objectif de 50 000 suppressions de postes – Le Monde

Emmanuel Macron l’avait remis en cause mais, à Bercy, on continuait d’y croire. Alors que se dessinent les arbitrages pour le budget 2020, l’objectif de 50 000 suppressions de postes de fonctionnaires d’Etat sur le quinquennat n’est plus d’actualité : de sources concordantes, l’exécutif table désormais sur 15 000 suppressions d’ici à 2022 – confirmant une information des Echos du vendredi 12 juillet.

« Nous fixerons les quanta précis plus tard. Ce n’est rien de plus que l’application des engagements du président de la République du 25 avril sur les écoles et les hôpitaux [l’annonce d’un moratoire sur les fermetures d’écoles et d’hôpitaux jusqu’en 2022]. Ils nous amènent à réviser nos objectifs de réduction des effectifs », explique au Monde Olivier Dussopt, le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique.

« Nous avons toujours dit que nous ne sommes pas dans une logique de rabot. L’idée n’est pas de faire de la compatibilité de suppression de postes, mais de transformer le pays. Nous avons entendu aussi les demandes des Français. Pour le chiffre et la trajectoire précise, ce sera dans le projet de loi de finances [pour 2020] », minimise-t-on dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Jeudi matin déjà, dans son discours à l’Assemblée nationale dans le cadre du débat d’orientation des finances publiques, ce dernier avait laissé entendre que les lignes avaient bougé. « Les choix que nous faisons dans ce budget – baisser massivement les impôts, répondre à l’urgence économique et sociale, financer nos priorités – ont un coût, et nous l’assumons pleinement. Cela nous conduit à réviser le calendrier de certains objectifs d’équilibre des comptes, de diminution de l’endettement, ou encore de réduction du nombre d’agents publics », avait précisé M. Darmanin.

Revendications des « gilets jaunes »

C’est le chef de l’Etat qui, le 25 avril, lors de sa conférence de presse post-grand débat, avait commencé à lâcher du lest sur l’un de ses objectifs de campagne : supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en cinq ans, soit 70 000 dans les collectivités territoriales et 50 000 dans la fonction publique d’Etat. « Au vu de cette sortie du grand débat, il faut qu’on soit réalistes, avait-il justifié. Et donc je demanderai d’ici à l’été au gouvernement de me donner son analyse et de voir si c’est tenable. J’assume totalement, si ce n’est pas tenable, d’abandonner cet objectif.(…) Quand on doit réinvestir dans la sécurité, l’éducation, la justice, je ne vais pas donner des injonctions contradictoires au gouvernement », avait déclaré Emmanuel Macron. Manière de montrer qu’il avait écouté les revendications des Français et de la majorité des « gilets jaunes », qui demandaient plus de services publics. Article réservé à nos abonn

Mais à Bercy la musique demeurait sensiblement différente. Dès le lendemain des propos présidentiels, Gérald Darmanin avait estimé que le chiffre de 120 000 « paraît atteignable ». Tout en reconnaissant que « s’il faut pour atteindre cet objectif attendre 2023 ou 2024, c’est au premier ministre de regarder et de le décider ».

Un mois et demi plus tard, le 16 juin, le ton semblait moins volontariste. « On va d’abord transformer le pays et on verra. (…) La tendance doit être à la baisse de l’emploi public, mais on verra en 2022 le montant exact de suppressions », répondait le locataire de Bercy au « Grand Jury » organisé par Le Figaro, LCI et RTL. « Les 70 000 suppressions dans la fonction publique territoriale de postes seront tenues. Les 50 000, c’est plus compliqué. Mais notre objectif est toujours d’atteindre ce chiffre, même si ce n’est pas prioritaire », assurait pourtant une source à Bercy quelques jours plus tard.

Quasi-stabilisation des dépenses de personnels

Dans les collectivités locales, on observe en effet une quasi-stabilisation des dépenses de personnels en 2018, sans qu’il soit encore possible de quantifier les baisses d’effectifs qui y seraient liées, selon un rapport de la Cour des comptes sur ce secteur publié en juin.

Parmi les agents d’Etat, compte tenu du rythme de suppressions de postes actuel – 6 000 seulement sur les deux premières années du mandat Macron –, tenir l’objectif aurait demandé d’intensifier l’effort sur la seconde moitié du quinquennat.

Pour l’heure, personne à Bercy ne s’avance à préciser l’impact budgétaire de l’abandon de l’objectif pour la fonction publique d’Etat entre 2020 et 2022. Début mai, Albéric de Montgolfier, le rapporteur général (LR) de la commission des finances du Sénat, avait estimé que les économies attendues des 120 000 suppressions sur le quinquennat étaient « légèrement supérieures à trois milliards d’euros ». « Nous cherchons évidemment toujours à réaliser des économies et, à chaque fois que c’est possible, à diminuer le nombre d’équivalents temps plein, sans remettre en cause la qualité des services et en tenant les engagements présidentiels », précise encore M. Dussopt.

Audrey Tonnelier

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communiqué FSU – CGT de l’université de Bourgogne

https://snesup-bourgogne.org/posts/2019-07-09-communique-profs-grevistes.html
SNESUP Bourgogne

Communiqué de soutien aux professeurs grévistes mardi 9 juillet 2019

En utilisant le terme « prise d’otages » pour les professeurs grévistes qui ont retenu notes et copies, E. Macron assimile les fonctionnaires de l’Éducation nationale à des terroristes, alors même que le mouvement auquel ont été contraints les enseignants du second degré provient de mois de mobilisation et d’un manque d’écoute total de la part du ministre de l’Education.

La solution imaginée par Jean-Michel Blanquer, qui consiste à prendre du contrôle continu dans les résultats du baccalauréat, rompt le principe d’égalité et donne une insécurité juridique à certains résultats dont il sera responsable.

Nous, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, personnels BIATSS de l’université, condamnons toute tentative du ministre de remettre en cause le droit de grève en multipliant les menaces de retraits de salaire de 15 jours, en multipliant les menaces de sanctions à l’encontre des collègues qui ont décidé la grève au moment de saisir les notes ou de participer aux jurys d’examens.

Nous rappelons notre soutien aux collègues qui ont manifesté leur opposition aux réformes Blanquer du Bac, des lycées, de Parcoursup et du projet de loi dit « école de la confiance » et avec nos collègues, nous en demandons à nouveau l’abrogation.

SNESUP-FSU
SNCS-FSU
FERC-Sup CGT
SNASUB-FSU

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Enseignants de la République française, pas preneurs d’otages

Plus de 450 enseignantes et enseignants, soutenus par de nombreuses personnalités, rappellent à Emmanuel Macron que leur mobilisation contre la refonte du baccalauréat est un devoir, et non pas une «prise d’otages».

Tribune. «Monsieur le président de la République,

Vous affirmez sur la chaîne de télévision Franceinfo que nous, enseignantes et enseignants mobilisés, aurions effectué une prise d’otages des élèves et de leurs familles. Vous rappelez : « Quand on est enseignant de la République française, on a des droits mais l’on a des devoirs aussi. »

Monsieur le président de la République, quand on est enseignant de la République française, on a le sens du devoir, car on choisit de servir le bien commun en s’engageant pour un service public qui doit garantir à chacun, quelle que soit sa condition sociale, l’égalité d’accès à des savoirs d’égale qualité.

Quand on est enseignant de la République française, on respecte les élèves en défendant notre mission de transmission des moyens de leur émancipation intellectuelle et de leur réussite sociale. On respecte les familles en mesurant la responsabilité qui est la nôtre : s’occuper de tous et veiller sur chacun.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, quand on est enseignant de la République française, on n’est pas preneur d’otages, mais citoyen exerçant son droit de grève. Faut-il vous rappeler que les mots ont un sens et une histoire ? Ce droit de grève, tout comme les personnels soignants, de la Poste ou des transports en commun, nous ne l’exerçons pas par caprice, mais par devoir. En effet, notre premier devoir n’est-il pas de défendre nos élèves et ce service public d’éducation qui constitue la seule richesse de ceux qui n’en ont pas d’autres ?

Oui, Monsieur le président de la République, c’est bien par devoir que nous luttons depuis des mois auprès de nos élèves, contre les réformes voulues par le ministère de l’Éducation nationale car nous pensons que l’égalité républicaine est mise en danger. En effet, comment cette égalité peut-elle être garantie si vos réformes suppriment le caractère national du baccalauréat, organisent la concurrence entre les établissements et entre les disciplines, et ont des effets graves sur la qualité de l’enseignement dans le but de faire des économies (classes surchargées, socle de disciplines réduit, diminution des horaires disciplinaires dans la voie professionnelle, évaluations permanentes, fermeture de classes, des programmes imposés sans concertations, etc.) ?

Oui, Monsieur le président de la République, c’est donc bien par devoir que nous exerçons notre droit de grève. C’est encore par devoir que nous dénonçons aujourd’hui les décisions irresponsables de votre ministre, qui préfère ignorer l’État de droit, nier l’égalité de traitement des candidats à un examen national, produire des situations injustes et pénibles pour les élèves et leur famille, plutôt que d’accepter d’ouvrir le dialogue avec des fonctionnaires plus inquiets que jamais non de leurs intérêts particuliers, mais de l’intérêt général.»

Ils nous soutiennent : Guillaume Meurice (humoriste et chroniqueur sur France Inter), Edouard Louis (écrivain), Thomas Porcher (économiste), Monsieur le prof (William Lafleur, professeur d’anglais), Emmanuelle Baymamack-Tam (écrivaine), Emma (dessinatrice), Usul (vidéaste et chroniqueur), Alexis Poulin (journaliste), Gérard Noiriel (historien), Matthieu Longatte (Le Bonjour Tristesse, vidéaste), Ludo (Osons Causer, vidéaste), Frédéric Lordon (économiste, philosophe), Laurence De Cock (historienne), Mathilde Larrère (historienne), Ludivine Bantigny (maître de conférence en histoire, université de Rouen-Normandie), Geoffroy de Lagasnerie (philosophe, sociologue), Bernard Friot (sociologue, économiste), Eric Fassin (sociologue, enseignant à Paris-VIII), Didier Eribon (philosophe, enseignant), Aurélie Trouvé (économiste), Léo Charles (économiste, université de Rennes), Maxime Combes (économiste et militant écologiste), Héloïse Moreau, (présidente de l’Union Nationale Lycéenne), Franck Fischbach (philosophe, enseignant, université Strasbourg), Isabelle Garo (philosophe), Patrice Maniglier (maître de conférence en philosophie et art du spectacle, université Paris-X), Guillaume Mazeau (maître de conférence en histoire Paris-I), Judith Revel (professeur de philosophie Paris-X), Michèle Riot-Sarcey (professeur émérite d’histoire Paris-VIII), Emmanuel Renault (professeur de philosophe, Paris-X), Philippe Cinquin (professeur et praticien Hospitalier de Santé Publique, université Grenoble Alpes), Isabelle Krzywkowski (Professeure de Littérature générale et comparée, université Grenoble Alpes), Michèle Monte (Professeure en sciences du langage, université de Toulon), Guillaume Sibertin-Blanc (Professeur de philosophie, université Paris-VIII), Olivier Neveux (professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’École normale supérieure de Lyon), Sandra Laugier (philosophe, université Paris-1), Jauffrey Berthier (maître de conférences en philosophie, université Bordeaux Montaigne), Magali Bessone (Professeure de philosophie, université Paris-1 Panthéon Sorbonne), Thomas Boccon-Gibod (Maître de conférences en philosophie, université Grenoble Alpes), Alix Boirot (doctorante en anthropologie sociale et culturelle, EHESS), Rémi Clot-Goudard (Maître de conférences en philosophie, université Grenoble Alpes), Alexis Cukier (Maître de conférences en philosophie, université de Poitiers), Grégory Delaplace, (Maître de conférences en anthropologie, université Paris Nanterre), Gwenaël Delaval, (enseignant-chercheur en informatique, université Grenoble Alpes), Joana Desplat-Roger, (Doctorante et Ater de philosophie, université Paris Nanterre) Elodie Djordjevic (Chercheuse post-doctorante et chargée de cours, universités Panthéon-Assas et Panthéon-Sorbonne), Irène Favier, (maîtresse de conférences en histoire, université Grenoble Alpes), Emilie Hache, (Maître de conférences en philosophie, université Paris Nanterre), Martin Hullebroeck, (doctorant en histoire de l’art et philosophie université Panthéon-Sorbonne et université libre de Bruxelles), Marlène Jouan (Maîtresse de conférences en philosophie, université Grenoble Alpes), Paul Laborde (enseignant-chercheur en philosophie, Strate école de design), Arnaud Milanese (maître de conférences en philosophie, ENS de Lyon), Camille Robert-Boeuf, doctorante en géographie, université Paris Nanterre), Nashidil Rouiaï (docteure en géographie, chercheuse postdoctorale, ESA), Matthieu Renault (Maître de conférence en philosophie, université Paris-8), Emmanuelle Puissant (enseignante-chercheuse, économie, université Grenoble Alpes), Anne Le Roy (enseignante-chercheuse, économie, université Grenoble Alpes), Hugo Dumoulin (doctorant contractuel en philosophie, université Paris Nanterre), Anouk Delaitre, (doctorante en anthropologie sociale université Toulouse-2 – Jean Jaurès), Gaël Plumecocq, (chargé de recherche en économie Inra de Toulouse), Sabrina Alzais, (université Paris Nanterre), Raphaël Sablong (enseignant-chercheur, Génie Electrique, université Lyon-1), Samira Saïdoune (enseignante FLE, université Grenoble Alpes), Pierre Brossard (doctorant contractuel en philosophie, université Paris-1), Anaïs Henneguelle (Maîtresse de conférence en économie, université de Rennes)

Retrouvez ici la liste complète des signataires. 

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La Cour des comptes veut changer les règles d’affectation des fonctionnaires

Alors que la loi de transformation de la Fonction publique prévoit de retirer aux syndicats leur droit de regard sur l’affectation et les mutations des fonctionnaires, la publication du rapport de la Cour des comptes devrait accélérer la mise en place de nouvelles règles. Déjà le gouvernement vise un doublement du nombre de postes à profil dans le second degré en 2020.

Des règles d’affectation insatisfaisantes

Le problème des mutations empoisonne déjà largement la vie des enseignants qui peuvent se trouver piégés de longues années dans des territoires d’où il est très difficile de sortir. La Cour des comptes, dans son rapport publié le 11 juillet, souligne les déséquilibres des mutations, l’insatisfaction des demandes de nombreux fonctionnaires et le trouble qui est apporté au service du public.  » Les demandes de mobilité géographique des fonctionnaires visent prioritairement les zones les plus attractives et non celles où les besoins sont les plus importants. De plus, les demandes de mobilité sont importantes et souvent convergentes vers les zones les plus attractives, ce qui empêche d’en satisfaire un grand nombre. La mobilité réelle est beaucoup moins importante que la mobilité souhaitée. Les mobilités géographiques spontanées ne permettant pas de répondre aux besoins des emplois à pourvoir dans les zones peu attractives, l’ajustement se fait prioritairement par les premières affectations des nouveaux fonctionnaires ». Le rapport publie des études très précises des mouvements des enseignants et des taux d’insatisfaction.

Face à cette situation, la Cour des comptes souhaite faire sauter les règles actuelles des mutations.  » Les déséquilibres constatés tirent largement leur origine du fait que, même s’il existe une certaine diversité des pratiques selon les ministères, l’ancienneté et le classement jouent un rôle prépondérant dans les procédures d’affectation et de mobilité Les possibilités de dérogation à ces principes, comme l’utilisation de « postes à profil » ou les mobilités contraintes, existent mais restent limitées », écrit la Cour.

Postes à profil et zones d’affectation plus large

La Cour fait plusieurs recommandations. La première c’ets la redéfinition de l’indemnité de résidence qui devrait passer d’une prime correspondant à un surcout d’installation à une prime incitant à s’installer dans une zone déficitaire.  » Elle doit être transformée en un dispositif prenant en compte le manque d’attractivité des territoires ».

L’autre grand moyen envisagé c’est de recourir plus largement aux postes à profil. Ou encore de recourir à des concours locaux. La Cour souhaite aussi que les zones d’affectation soient élargies pour faciliter les affectation souhaitées par l’administration.

Le rapport contient la réponse du premier ministre à ces recommandations. Il trouve que la réforme de l’indemnité de résidence st « souhaitable » mais qu’elle demande « une réflexion préalable ».

Doublement des postes à profil dans le second degré en 2020

Par contre E Philippe est pour développer les postes à profil. « Dans le second degré le pourcentage de postes à profils doit passer de 7% en 2019 à 12% en 2020 », écrit-il. Il annonce aussi qu’un comité de pilotage travaille sur les relations humaines et notamment sur la mobilité des enseignants et leur affectation.

Le rapport

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Budget 2020 : un milliard pour l’éducation nationale

Publiés le 11 juillet, les premiers documents budgétaires annoncent une hausse d’un milliard du budget de l’éducation nationale en 2020. L’éducation nationale connaitrait la plus forte hausse après les armées. Mais cette somme ne devrait pas épargner des tensions pour l’éducation nationale compte tenu de la croissance des besoins en 2020 du fait des décisions d’E Macron et de la montée du SNU.

Un budget qui n’impose plus les suppressions de postes de fonctionnaires

Publié le 11 juillet, le premier « rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques  » apporte des éclairage sur les plafonds de dépense des différents ministères.

Globalement le budget 2020 est marqué par une nouvelle hausse des prélèvements obligatoires (de 43.8 à 43.9%) , un taux de croissance de la dépense publique stable par rapport à 2019 (0.5%) et un poids de la dette publique inchangé à 98.9% du PIB. La loi de finances publiques revient sur le dogme des 50 000 suppressions d’emplois de fonctionnaires d’Etat d’ici 2022. Il est maintenant précisé que l’incidence du schéma d’emplois d’ici 2022 sera « inférieure ou égale à – 50 000 emplois ETP ».

Un milliard pour l’éducation

L’éducation nationale devrait voir son budget passer de 51.68 milliards à 52.72 milliards soir une hausse de 1.04 milliard. « Le budget du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse sera en hausse (+2,6 Md€ en 2022 par rapport à la LFI 2019), permettant notamment de mettre en oeuvre les annonces du Président de la République relatives au dédoublement de classes et à la limitation du nombre d’élèves en CP, CE1 et grandes sections de maternelles, ainsi que la montée en charge du service national universel », précise le ministère des comptes publics. « Par ailleurs, les effectifs seront stabilisés sur 2020 – 2022. Au total, la hausse sur le quinquennat atteindrait près de 4,5 Md€ pour permettre le renforcement des moyens de l’enseignement scolaire ».

Une hausse importante ?

Cette hausse d’un milliard en 2020 est importante dans des dépenses ministérielles totales qui ne vont augmenter que de 4.85 milliards. En fait l’éducation nationale est le second ministère qui voit son budget progresser, derrière les armées (+1.53 milliard) et devant la santé (+0.82), l’intérieur (+0.72) et l’écologie (+0.64). Mais , compte tenu de sa masse budgétaire, cela ne  représente qu’une croissance de 2%. C’est moins que la santé (+6%), les armées (+4%) et l’intérieur (+4%) et autant que l’écologie (+2%). Somme toute l’éducation nationale augmente à peine plus que le budget total des ministères (+1.8%).

La vraie question est de savoir si la hausse d’un milliard  va vraiment « donner de l’air » à l’éducation nationale et si elle permet de faire face aux besoins.

Pour situer cette hausse il faut la comparer à celle des années précédentes. En 2017, N Vallaud Belkacem avait arraché 3 milliards à Bercy. En 2018, JM Blanquer avait obtenu une hausse de 1.3 milliard, qui s’est avérée insuffisante pour que les premiers dédoublements se fassent sans peser sur les autres classes. D’autant que le ministre ne dépensait pas 260 millions. Résultat : en 2019 le budget de l’éducation nationale augmentait de seulement  0.9 milliard. C’est pratiquement cette hausse qui est renouvelée en 2020.

Un apport suffisant pour les nouvelles charges de l’éducation ?

Il faut aussi l’évaluer par rapport à la hausse des charges de l’éducation nationale en 2020. On peut déjà retirer du milliard environ 400 millions correspondant à la hausse automatique du glissement vieillesse technicité (le fait que les fonctionnaires « montent » en ancienneté et gagnent plus) et à l’application du PPCR. Le doublement des primes Rep+ devrait couter environ 100 millions. Plus difficile à évaluer est la prise en charge des AESH sur le budget éducation nationale. En 2019 cela représentait 200 millions. Il y a aussi le SNU dont les effectifs vont passer de 2000 jeunes en 2019 à 40 000 en 2020. Le cout estimé pourrait être un peu inférieur à 100 millions. On a déjà presque dépensé le milliard.

Double équation pour le ministre

Il y a pourtant un dernier élément à prendre en compte. Le 25 avril, E Macron a annoncé le passage à 24 élèves par classe pour toutes les classes de la GS de maternelle au Ce1 et le dédoublement des GS de l’éducation prioritaire. Cela représente 10 000 postes. Comme cette évolution doit se faire jusqu’en 2022, il faut ajouter 3 300 emplois par an dans le premier degré. En supposant qu’on les trouve, cela représente une charge de 200 millions, du moins si on crée ces postes.

Avec un milliard supplémentaire, JM Blanquer va se trouver devant une double équation à résoudre. Comment boucler le budget qui s’avère très juste alors que les enseignants exigent des hausses salariales et que le gouvernement les annonce depuis des mois ? Où dégager 10 000 postes pour le premier degré sans en créer ? Car ce qui est aussi inquiétant c’est la déclaration selon laquelle  » les effectifs seront stabilisés sur 2020 – 2022″.

Avec un milliard supplémentaire, JM Blanquer devrait se trouver devant un double mécontentement. Celui des enseignants qui demandent des hausses de salaire. Et celui des enseignants du second degré qui devraient voir de nouvelles suppressions de postes alors que le second degré voit le nombre d’élèves augmenter et que les classes sont déjà chargées. On comprend mieux pour quoi la seconde heure supplémentaire devient obligatoire dès la rentrée 2019…

Le tiré à part et le rapport

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Second degré : l’intersyndicale prête à affronter Blanquer dès la rentrée

« Il (JM Blanquer) a franchi la ligne jaune en livrant les professeurs à la vindicte populaire ». Ces propos de Jules Siran, représentant de Sud éducation, lors de la conférence de l’intersyndicale du 2d degré le 10 juillet, donne une idée de l’état d’esprit des syndicats présents. Le Snes Fsu, la Cgt, FO, Sud, le Snalc, les stylos rouges, la Chaine des bahuts, la Cnt, l’Unl: toutes les organisations présentes ont l’impression d’avoir vécu un moment historique et d’avoir le soutien des enseignants face à un ministre qui a dépassé les bornes. Ils invitent à des assemblées générales dès la pré rentrée et déposent déjà un préavis de grève.

Absence de dialogue

« On a vécu une séquence inédite. On s’est heurté à un ministre réfractaire à tout dialogue… Comme E Macron, JM BLanquer exaspère les collègues même ceux qui ne sont pas grévistes ». Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, partage ce sentiment avec les autres organisations syndicales. Toutes dénoncent l’absence de dialogue avec le ministre depuis des mois. « Le ministre a trouvé le moyen de rompre le dialogue avec tout le monde », souligne P Désiré secrétaire général de la Cgt Education.

« On était ouvert au dialogue », explique Jean Rémi Girard, président du Snalc. « On a déposé un préavis pour le bac en février. Ca laissait du temps pour le dialogue. Mais le ministre a refusé de négocier. Si les collègues en sont arrivés là c’est que quelque chose a dysfonctionné avant ». Depuis, pour les organisations présentes, JM Blanquer ne fait que jeter de l’huile sur le feu. « Il continue avec les menaces de sanction », déclare JR Girard. « On soutiendra les collègues, ceux dont les retenues sur salaire ne correspondront pas au droit de grève ou ceux qui auront des sanctions disciplinaires ». Cet engagement là est partagé par les syndicats présents. Une caisse de grève a d’ailleurs déjà été ouverte.

Ligne jaune franchie

Troisième constat partagé : la coupure entre les personnels de l’éducation et le ministre est devenu un fossé.  » Il a franchi la ligne jaune en livrant les professeurs à la vindicte populaire », déclare le représentant de Sud Education. Emmanuel Macron et ses « prises d’otages » est aussi mis en cause. Les syndicats reprochent aussi au ministre d’avoir fait adopter des mesures illégales pendant le bac. Le presse locale comme nationale en a donné de nombreux exemples.

Les syndicats craignent-ils l’opinion publique, apparemment hostile au mouvement ? « On constate qu’à un moment si on veut que nos préoccupations soient au coeur du débat  il faut plus qu’un seul jour de grève », explique JR Girard. « Les collègues se sont emparés du bac comme d’un symbole permettant de réveiller les médias ». Autrement dit, les syndicats ont dépassé cette peur. D’ailleurs ils nient que l’opinion publique leur soit hostile. « A la permanence téléphonique les élèves qui appellent ne se plaignent pas des profs mais de la gestion de la crise par le gouvernement », relève le représentant de l’UNL qui participe à la plate forme sur le bac ouverte par la Fcpe.

Des actions dès la rentrée

L’intersyndicale annonce plusieurs types d’actions. La première ce sont des assemblées générales ou des heures syndicales dès la rentrée. Les syndicats présents pensent que les enseignants seront mobilisés et que la crise du bac a renforcé leur poids. Ils s’attendent à ce que les assemblées votent la grève dès la rentrée. Des préavis ont été déposés en ce sens.

D’autres formes d’opposition sont aussi proposées comme l’appel du Snes Fsu à refuser les charges de professeur principal. Il est justifié par la faiblesse de l’information des enseignants sur la réforme du lycée. Mais il a aussi pour but de matérialiser l’opposition des professeurs aux réformes.

Les organisations syndicales vont soutenir les grévistes qui seraient inquiétés par l’administration au delà de ce qu’elles considèrent comme normal : c’est à adire retenue sur salaire du 2 juillet à la remise des copies corrigées. Pour les syndicats l’annonce de JM Blanquer de faire partir les journées retenues à partir de la remise des copies est illégale.

La question de recours éventuel d’enseignants devant la justice est abordée avec prudence. « Il faut être fondé pour un recours. Si on n’est pas victime on ne peut pas en déposer », estime JR Girard. Cela réduit les recours aux personnels victimes de décisions illégales. Par contre des signalements d’actes illégaux commis durant l’examen sont possibles.

Un moment historique ?

Les syndicats vivent-ils vraiment un moment historique ? Oui car jamais le bac n’avait été aussi perturbés ce qui veut dire que les mentalités enseignantes ont changé. Une partie des enseignants est prête à violer le tabou des examens et une frange encore plus large comprend le mouvement sans y participer. Oui aussi par l’union qui est en train de se faire entre les organisations.  Mais le moment est historique aussi par les menaces qui pèsent sur les syndicats. Au delà de la réforme du lycée, se profile dans les jours à venir le vote de la loi de transformation de la fonction publique qui va leur retirer la capacité à intervenir dans la carrière et le mouvement des enseignants. L aloi va renforcer de façon importante l’autorité des chefs d’établissement et des inspecteurs et encourager la rémunération au mérite. C’est aussi contre cette avancée brutale du New Public Management que les organisations mobilisent.

Le ministre  refuse de recevoir l’intersyndicale. Mais des rendez vous avec les syndicats sont pris toute la semaine prochaine. JM BLanquer saura t-il entendre et tenir compte des revendications ou ces réunions resteront-elles formelles ? C’est la rentrée 2019 qui est en jeu.

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Jean-Marc Huart quitte la Dgesco

Un ministre de l’éducation nationale ça dure 2 ans et quelques mois. Jean-Michel Blanquer a atteint cette durée moyenne. Mais c’est le numéro 2 du ministère qui est sacrifié, d’après les informations recueillies par le Café pédagogique. Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire, quitte la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco).

De X Darcos à JM Blanquer

D’après les informations recueillies par le Café pédagogique, qui n’ont pas été confirmées par le ministère, Jean-Marc Huart abandonne son poste de directeur général de l’enseignement scolaire. Ancien chef du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique au ministère, une sous direction de la Dgesco, il avait été nommé à la tête de la Dgesco en aout 2017 par JM Blanquer.

Comme tous les anciens directeurs généraux il devrait se voir proposer un point de chute important. JM Blanquer, lui-même ancien Dgesco, s’était vu proposer l’Essec, le nouveau ministre ne souhaitant pas le garder à l’éducation nationale. JM Huart devrait devenir recteur, à l’image de la directrice précédente nommée rectrice de Nancy Metz par JM Blanquer.

JM Huart a connu un carrière originale. Ancien professeur de SES, il avait été pris comme conseiller par X Darcos. A son départ il avait été nommé inspecteur général et directeur des lycées et de la formation professionnelle au ministère sous Chatel. JM Huart est un spécialiste des relations éducation – économie. Depuis 2017, JM Huart a mis en oeuvre le rythme précipité des réformes lancée par le ministre.

Mouvements en vue

Son départ ouvre deux mouvements. D’abord un mouvement de recteurs qui devrait se tenir cet été. Avec la réforme territoriale le nombre de « vrais » recteurs est divisé par deux. Seuls les recteurs de région académique ont une vraie autorité sur leur territoire. Les recteurs des anciennes académies vont demeurer mais avec des pouvoirs nettement réduits.

L’autre mouvement c’est bien sur le remplacement de JM Huart. Le poste est éminemment politique. Le Dgesco est à la tête de l’administration la plus puissante de l’Education nationale, un véritable empire qui ne cesse d’étendre son influence. Le candidat idéal devra, entre autres qualités, être un fidèle de JM Blanquer.

Sa nomination

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Budget : les économies de JM Blanquer en 2018

 » Votre rapporteur spécial salue, néanmoins, cet effort de maitrise du nombre des créations de postes qui rompt avec une logique inflationniste inadaptée et insoutenable du point de vue budgétaire ». Gérard Longuet, rapporteur pour la commission des finances du Sénat, accorde un satisfecit final à la gestion du budget 2018 de l’Education nationale. Son rapport souligne la maitrise de l’emploi et aussi celle des salaires. Fin 2018, le ministère de l’Education nationale n’avait pas dépensé tout son budget. Il restait 256 millions. Pas question d’en faire  une prime pour le personnel…

Des économies sur le premier degré

 Ce rapport évalue définitivement l’application de la loi de finances 2018. G Longuet analyse l’application par l’Education nationale de la loi et de ses objectifs. Il s’attache particulièrement à l’évolution des postes et à celle de la masse salariale.

La première remarque du rapport porte sur l’exécution du budget. Traditionnellement l’Education nationale dépense plus que  ce qui est prévu dans la loi de finances car elle sous estime ses besoins. En 2018 c’est l’inverse. L’éducation nationale se retrouve avec un reste de 256 millions, après il est vrai une rallonge de 316 millions par rapport au texte adopté initialement. Mais en 2017, budget du gouvernement précédent, la rallonge avait été du double.  Il est intéressant de noter que c’est sur le premier degré que l’Education nationale n’a pas dépensé ce qui lui avait été alloué, alors qu’elle a dépensé plus que prévu dans le second degré.

Au total, lors de cette première gestion de J BLanquer les dépenses de l’éducation nationale ont augmenté moitié moins vite qu’en 2017 (1.4 milliard contre 2.6 en 2017).

La croissance du nombre de postes cassée net

 Surtout JM Blanquer a inversé l’évolution concernant les emplois.  » L’exécution 2018 se caractérise par le fort ralentissement des créations de postes par rapport aux années antérieures. En effet, alors qu’en 2017 (hors programme 143) la mission avait enregistré une hausse de 9 665 emplois équivalents temps plein, ce niveau a été ramené à +839 en 2018″. On appréciera la différence. Cette situation a été obtenue en supprimant 2490 emplois dans le second degré.

Le gel salarial imposé

Autre évolution avec la gestion de JM BLanquer : le gel salarial. En 2017, le budget avait dépensé 386 millions en mesures salariales générales (hors glissement vieillesse technicité). En 2018 c’est ramené presque à zéro : 22 millions. Les mesures catégorielles représentent 279 millions  contre 758 millions en 2017.

Le rapporteur félicite le ministère pour ces efforts mais estime que l’Education nationale doit aller plus loin. Il est sceptique sur les résultats des mesures de dédoublement et d’éducation prioritaire.  » Les premiers éléments d’évaluation fournis par l’administration paraissent indiquer une amélioration progressive du taux d’encadrement tant en REP qu’en REP+ qui serait imputable au dédoublement des classes. Toutefois, l’efficacité de la prime évoquée n’est pas encore démontrée ».

Ce rapport est publié alors que les discussions ont commencé entre le ministre des finances et les différents ministères pour la loi de finances 2020. On sait que le président de la République a prévu de limiter à 2% de PIB le déficit public en 2020 contre 3.1% en 2019. Il a aussi annoncé 5 milliards de baisse de l’impôt sur le revenu. Et il veut ramener la dette publique à 98.7% du PIB. Ces orientations imposent de nouvelles baisses des dépenses à l’Education nationale alors même qu’E Macron a aussi annoncé de nouveaux dédoublements hors éducation prioritaire. Autant dire que l’élaboration du budget général s’avère difficile. Et que l’Education nationale pourrait encore sacrifier des postes en 2020.

Le rapport

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1400 postes non pourvus aux concours 2019

JM Blanquer est peut-être « le ministre des professeurs », il n’est pas celui de leur recrutement. Près de 1500 enseignants vont manquer à la rentrée. La crise du recrutement des enseignants connait une accélération sans précédent en 2019. Le ministère a beau réduire fortement le nombre de postes offerts, il arrive de moins en moins à trouver le nombre d’enseignants fixés. Les concours de 2019 montrent une dégradation rapide du recrutement aussi bien dans le premier que dans le second degré. Une situation qui n’arrive pas par hasard. Le gouvernement veut augmenter la nombre de contractuels, pas celui des fonctionnaires.

865 postes non couverts dans le 1er degré

Dans le premier degré, le Snuipp évalue à 865 le nombre de postes non pourvus à la rentrée (concours externes, seconds concours internes et 3ème concours).  C’était 775 postes en 2018 et 564 en 2017. On a donc une dégradation nette de la situation. Cela se lit dans les résultats académiques. 6 académies sont maintenant en déficit : Créteil avec 483 postes, Versailles avec 368, la Corse (-9), Orléans Tours (-6), Nice (-4), et Montpellier et Nancy Metz (-1). L’académie de Créteil pourrait compenser la perte des 483 postes avec le concours spécial offrant 500 postes. Ce ne sera pas le cas de Versailles où le concours spécial n’offrira que 200 postes.

Cette dégradation de l’attractivité du métier est d’autant plus nette que le nombre de postes mis aux concours régresse. En 2017 on comptait 13 287 postes pour ces concours, 12 303 en 2018 et maintenant 11 485. Il y a en pourcentage deux fois plus de postes non pourvus en 2019 (7.5%) qu’en 2017 (4.2%), année pourtant record pour le recrutement.

532 postes vacants au seul capes externe

Ce n’est pas mieux dans le second degré. Les résultats d’admission au capes externe sont publiés et ils montrent, là aussi, une dégradation rapide qui concerne aussi bien les disciplines littéraires que scientifiques. Si tous les postes sont pourvus en lettres modernes, c’est le cas de moins de la moitié des emplois en lettres classiques. On compte seulement 65 reçus pour 145 postes. En allemand seulement 150 postes sont pourvus sur 250 proposés. En maths 972 enseignants sont recrutés pour 1200 postes proposés. Il en manque donc 228. Et cette année c’est aussi le cas en physique chimie. Pour la première fois cette discipline entre dans le rouge : on compte 263 postes pourvus pour 385 emplois offerts.

Au total 532 certifiés vont manquer à la rentrée.  En 2017, il manquait 342 certifiés et 1233 en 2017. Mais le capes externe de 2017 proposait 7315 postes contre 5833 en 2018 et 5460 en 2019. Autrement dit , malgré une diminution très importante des postes proposés, le ministère n’arrive plus à les remplir.

La baisse des postes nourrit celle des candidats

En 2018, le ministère avait justifié la baisse du nombre de postes mis aux concours par la volonté d’avoir un budget « sincère » et d’ajuster le nombre de postes ouverts à la réalité de l’offre. Mais au final on constate que l’offre reste supérieure à la demande et que la baisse continue.

Comment expliquer cette situation ? On constate depuis 2017 une baisse rapide du nombre de candidats présents aux concours depuis 2017, alors qu’on avait une hausse entre 2013 et 2017. Autrement dit, la réduction du nombre de postes proposés depuis 2017 a cassé la difficile reconquête qui avait été opérée par le gouvernement précédent. On est rentré à nouveau dans un cycle de déclin des candidatures à l’enseignement comme celui qu’on a connu sous Sarkozy. Pour que les étudiants s’orientent vers le métier d’enseignant il faut leur garantir une certaine stabilité de recrutement. Ou alors il faut réduire la formation à une seule année… On peut difficilement faire entrer des étudiants dans une tunnel de formation de 2 ans si chaque année on diminue le nombre de postes.

Une autre raison est bien sur à trouver dans les conditions d’exercice des enseignants. Les salaires enseignants sont inférieurs de 26% à ceux des cadres équivalents de la fonction publique. Et ils le sont encore davantage pour ceux du privé. Les éventuels candidats voient aussi les conditions d’exercice du métier menacées. Il n’est question que de réduction des congés et du temps libre, que d’augmenter la durée du travail, que de diminuer les libertés dans le métier. Les enseignants ne s’y trompent pas qui ne recommandent très majoritairement pas à leurs enfants leur métier.

Le gouvernement veut-il rendre le métier attractif ?

Cela peut-il évoluer positivement ? Le ministre ne cesse de parler de revalorisation. Mais il est clair qu’elles se limiteront au mieux à l’application des engagements pris par le gouvernement précédent (PPCR) moins la hausse du point Fonction publique, qui avait été dégelé en 2016 et 2017 avant d’être à nouveau bloqué après les présidentielles. La dernière négociation salariale s’est terminée par le maintien du gel.

Mais pourquoi il y aurait il une évolution ? Le ministère a envoyé une réponse claire en imposant une seconde heure supplémentaire dans le second degré, évitant ainsi de créer des postes. La politique officielle du gouvernement est d’encourager la contractualisation, comme le porte la loi de transformation de la fonction publique. Pour lui tous ces postes non pourvus sont une occasion pour recruter des contractuels en place des fonctionnaires.

Gageons que la situation devrait connaitre une nouvelle dégradation en 2020 : le transfert du master 2 en fin de m2 va imposer la suppression du statut de fonctionnaire stagiaire. Les futurs enseignants ne seront plus que des étudiants et le métier va perdre encore un rare élément d’attractivité : pouvoir être payé en M2.

Etude Depp sur les concours

La croissance exponentielle des contractuels

Les enseignants trop payés ?

Le gouvernement poursuit le gel

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Salaire : le gouvernement poursuit le gel et introduit le mérite

Alors que la commission mixte paritaire doit examiner le 4 juillet la loi de transformation de la fonction publique, le rendez vous salarial obligatoire du 2 juillet s’est révélé très décevant. Pourtant l’Insée calcule un écart significatif entre les salaires enseignants et ceux des autres fonctionnaires.

 » Le gouvernement refuse une nouvelle fois d’augmenter les salaires des agent-es de la Fonction publique ! Pas de dégel de la valeur du point d’indice, pas de mesures générales, pas d’abrogation du jour de carence… Quand aux non-titulaires, ils devront également attendre… », note la Fsu. Seule l’application des mesures du PPCR (850 millions pour toute la fonction publique en 2019 selon le gouvernement) est prévue. Ces accords ont été signés en 2015 par le gouvernement précédent. La Garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) sera reconduite en 2019 et, à titre exceptionnel pour 2020 uniquement, la compensation de l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG (IE-CSG).

Le gouvernement de son coté se félicite de l’arrivée de la rémunération au mérite « avec la création d’un « bonus » pour les agents publics titulaires et contractuels… Au sein de l’Etat, un accompagnement méthodologique et financier spécifique sera mis en place pour déployer prioritairement ce nouveau bonus, modulé sur la base d’objectifs individuels et collectifs, au bénéfice des agents les moins primés et de leurs administrations ».

Ces décisions sont prises alors que l’Insee publie une étude de la rémunération des fonctionnaires en 2017. Selon l’Insee, « le salaire net moyen des enseignants de catégorie A est inférieur de 25.8% à celui de leurs homologues non enseignants ». L’étude montre pourtant qu’en 2017 le salaire des enseignants a augmenté trois fois plus vite (1.6%) que celui des non enseignants (0.5%). Une situation qui avait déja été constatée en 2016 avec la revalorisation des enseignants du premier degré et la hausse de la prime ISAE. Mais la politique de gel salarial mise en place après les élections de 2017 n’a pas renouvelé ce rattrapage en 2018. Les enseignants français restent parmi les plus productifs et les moins bien payés selon l’OCDE.

Fsu

Communiqué gouvernemental

Insee Première

En 2016

Les enseignants sont-ils trop payés ?

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Plus de 1000 postes manquants à la rentrée

Plus d’un millier de postes ne seront pas pourvus à la rentrée. Les premiers résultats du capes externe montrent qu’il y a moins de disciplines en déficit que les années précédentes dans le second degré. Mais près de 200 postes ne sont pas pourvus dans le second degré et  900 dans le premier.

865 postes dans le 1er degré

Dans le premier degré, le Snuipp évalue à 865 le nombre de postes non pourvus à la rentrée (concours externes, seconds concours internes et 3ème concours).  C’était 775 postes en 2018 et 564 en 2017. On a donc une dégradation nette de la situation. Cela se lit dans les résultats académiques. 6 académies sont maintenant en déficit : Créteil avec 483 postes, Versailles avec 368, la Corse (-9), Orléans Tours (-6), Nice (-4), et Montpellier et Nancy Metz (-1). Cette dégradation de l’attractivité du métier est d’autant plus nette que le nombre de poste smis aux concours régresse. En 2017 on comptait 13 001 postes pour ces concours, 11 840 en 2018 et maintenant 10 785. Créteil devrait compenser la perte des 483 postes avec le concours spécial offrant 500 postes. Ce ne sera pas le cas de Versailles où le concours spécial n’offrira que 200 postes.

Déjà 182 dans le second

Dans le second degré la crise du recrutement s’améliore en apparence. Les résultats du concours externe sont connus dans plusieurs disciplines. En langues, tous les postes sont pourvus en anglais et espagnol. Mais seulement 150 postes ont trouvé preneur en allemand pour 250 postes. En lettres, si tous les postes sont pourvus en lettres modernes, ce n’est pas le cas en lettres classiques où seulement 63 postes sont pourvus pour 145 postes. Il manquera donc au moins 182 postes à la rentrée. Les résultats des disciplines scientifiques sont encore attendus.

Résoudre la crise du recrutement par sa suppression ?

En apparence c’est beaucoup mieux que les 1233 chaises vides de 2017 ou les 342 de 2018. Mais le nombre de postes offerts a considérablement diminué dans les disciplines qui ne sont pas en déficit. Ainsi en lettres modernes, 1440 postes étaient offerts en 2017, 1040 en 2018, 843 en 2019. En anglais on est passé de 1190 à 949 puis 832. Autrement dit, pour réduire la crise du recrutement le ministère n’a trouvé que réduire le recrutement. Dans les classes, ces chaises vides s’ajouteront aux 2600 postes supprimés alors que 40 000 nouveaux  élèves , qui nécessiteraient 1500 postes supplémentaires, arrivent dans les établissements.

Résultats capes externe

Snuipp Fsu

Plus de 1100 postes non pourvus

Concours PE  dans les académies

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5000 parents soutiennent les grévistes du bac

« Grâce à vous, à qui nous confions nos enfants au quotidien, nous avons compris le véritable projet du ministre Blanquer : créer une école du tri social, favoriser les plus favorisés aux détriment de “ceux qui ne sont rien” et empêcher toute forme de contestation de ce projet. » Près de 5000 parents d’élèves ont signé la pétition de soutien aux grévistes des examens. Les deux associations de parents appellent eux au maintien de l’examen.

La pétition

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