Archives de la catégorie Fonction publique

Deux vitesses pour les salaires des fonctionnaires

Les salaires des fonctionnaires d’Etat ont augmenté moitié moins vite que ceux des autres fonctionnaires  publics en 2015, établit l’Insee. Selon l’Inse, les salaires de la fonction publique d el’Etat ont cru de 0.4% en 2015 contre 0.8 dans la fonction publique territoriale.

 

Insee

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Rentrée 2017 : une nouvelle gestion des remplaçants dans les cartons

N Vallaud Belkacem devrait présenter le 9 mars les grandes lignes de la rentrée 2017. Celle ci sera marquée par la création de 11 000 postes et le reclassement des enseignants dans les nouvelles grilles salariales du PPCR. Mais la ministre devrait aussi annoncer de nouvelles mesures concernant les remplacements élargissant les conditions d’emploi des remplaçants. Des mesures prises sous la pression de la Cour des comptes qui vient de publier un référé sur ce sujet.

11 000 postes

Avec 11 662 postes créés, la rentrée 2017 atteint les 54 000 emplois promis par F Hollande en 2012. Surtout, la rentrée devrait permettre aux établissements de respirer, surtout au primaire où on attend une baisse des effectifs.

Pour les enseignants, 4 311 postes à temps plein seront ouverts dans le 1er degré et 4 400  dans le second degré publics, parmi lesquels 450 pour les lycées « fragiles » .  S’y ajouteront un millier de postes d’enseignants dans le privé sous contrat et 2 351 postes d’accompagnants ou d’administratifs.

Près de 2000 nouveaux postes du 1er degré permettront d’atteindre 5 161 emplois de maitres surnuméraires. Toutes les écoles de l’éducation prioritaire devraient en être dotés selon le ministère même si au moins un département a annoncé ne pas le faire.

Nouvelle étape dans la revalorisation

Autre nouvelle importante pour les enseignants : au 1er septembre ils seront tous reclassés sur les nouvelles grilles issues des négociations PPCR. Selon le ministère, en plus de la revalorisation qui a déjà été appliquée (hausse du point Fonction publique plus octroi de points), le  reclassement avec maintien de l’ancienneté sur les nouvelles échelles devrait s’accompagner d’un gain salarial. Le ministère donne en exemple un professeur des écoles au 8e échelon de la classe normale qui a trois ans d’ancienneté sera reclassé au 1er septembre 2017 en la conservant et passera au 9e échelon six mois plus tard. À l’occasion de ce changement d’échelon, sa rémunération de base augmentera d’environ 2 000 € bruts par an.

Nouveaux périmètres pour les remplacements

Plus discutées seront peut-être les mesures concernant les remplacements. 1500 nouveaux postes devraient être affectés aux remplacements à la rentrée. Mais pour améliorer le taux de remplacements, le ministère a aussi décidé de changer les règles à la rentrée 2017.

 » Un décret relatif à l’exercice des fonctions de remplacement des enseignants du 1er degré créera un vivier unique à la place des différentes brigades spécialisées dans le remplacement de différents types d’absence. Il permettra de mieux mobiliser les remplaçants dans l’intérêt du service et des élèves », dit le ministère. Dans le second degré, une instruction ministérielle améliorera la gestion du remplacement à l’échelon académique et réactivera les protocoles de remplacement de courte durée dans les établissements imaginés par G de Robien en 2005. Ce texte demande aux personnels de direction de chercher dans l’établissement des enseignants pour faire face aux absences de courte durée. Le chef d’établissement peut désigner, s’il manque  de volontaire, un enseignant dans la limite de 60 h par an et 5 h par semaine. Un protocole resté largement lettre morte. Les conseils d’administration des établissements ont normalement été consultés sur ce point.

Ces mesures , outre qu’elle n’assurent pas le remplacement par exemple d’un professeur de maths par un autre, risquent d’être mal accueillies. Dans le premier degré les conditions de travail des remplaçants, déjà pas faciles, risquent de devenir plus difficiles. Dans le second degré les enseignants sont souvent hostiles à l’idée qu’on puisse leur imposer des heures supplémentaires.

Des mesures en réponse à la Cour des comptes

Rendu public le 8 mars, la Cour des comptes a envoyé le 23 décembre un référé au ministère de l’éducation nationale sur les remplacements. La Cour souligne d’abord l’absence de fiabilité des informations comptables et des taux de remplacement communiqués par le ministère.

Elle dénonce le cadre trop rigide des remplacements de longue durée. Elle juge trop ambitieux le principe de remplacer les enseignants par des professeurs de la même discipline. Elle estime que les titulaires remplaçants sont peu utilisés.

Mais c’est surtout sur les remplacements de courte durée du 2d degré que la Cour marque le ton. Elle estime le taux réel de remplacement très en dessous du taux officiel. Elle constate aussi que la plupart des absences sont liées au fonctionnement du système éducatif (examens, formations, sorties etc.).

Elle constate aussi que le décret Robien n’est pas appliqué parce que les chefs d’établissement ne sont pas soutenus et ne croit pas dans la nouvelle initiative ministérielle.  « Comme aucune mesure renforçant les prérogatives des proviseurs de lycées et principaux de collège n’accompagne les décisions ministérielles, il est à craindre que cette nouvelle initiative n’ait pas plus d’effets que la précédente ».

La Cour propose sa solution : faire entrer le remplacement dans les obligations liées au statut des enseignants. Elle demande aussi d’améliorer le recueil statistique et le pilotage . Et de créer les conditions pour rendre effectif le décret Robien sur le remplacement de courte durée.

Numérique

Le ministère met aussi l’accent sur le numérique à la rentrée 2017. La moitié des collèges deviendront des « collèges numériques » et 600 000 élèves devraient être équipés. Le ministère annonce 3 journées de formation pour les enseignants et surtout la mise en place de PIX en lieu et place du B2i.

Mesures sociales pour les élèves

D’autres mesures concernent les élèves. Après avoir remonté le montant des bourses collège et lycée, le ministère augmente les fonds sociaux : ils atteindront 65 millions , contre 28 en 2012. 2 000 nouvelles places seront ouvertes à la rentrée en BTS pour faciliter l’accueil des bacheliers professionnels. Cinq académies expérimenteront l’entrée en BTS sur décision du conseil de classe de terminale.

La rentrée dans le primaire

Le référé

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Egalité femmes hommes inachevée dans l’encadrement de l’éducation nationale

« Mes quatre collègues étaient des hommes et avaient le titre d’adjoint, moi non. Les relations avec mon directeur, très macho, étaient très difficiles : une série d’accrochages, d’humiliations devant tout le monde ». Ce témoignage est tiré du rapport de l’Inspection générale, dirigé par Abdennour Bidar et Evelyne Liouville,   sur la féminisation de l’encadrement supérieur. Le rapport confirme ce que le Café pédagogique a écrit : dans un ministère très féminin, la féminisation de l’encadrement supérieur reste en trompe l’oeil.

« Le MENESR a atteint les objectifs globaux fixés chaque année. Il convient toutefois de nuancer les résultats présentés : le taux global, qui n’est pas décliné par type d’emploi ou par sous-type d’emploi, permet aux administrations de compenser un déficit d’une catégorie d’emplois par un taux supérieur dans une ou d’autres catégories. Tel est le cas du ministère : ses performances sont surtout dues aux nominations dans les emplois du groupe 1 (recteurs – rectrices, directeurs – directrices) qui sont à présent occupés par des femmes à plus de 50 % ; au-delà des fluctuations annuelles, le nombre des primo-nominations féminines dans les emplois du groupe 2 (emplois fonctionnels de l’administration centrale) et les emplois du groupe 3 (emplois de direction dans les services déconcentrés) reste faible, de 24 % à 30 % ».

Le rapport met à plat la féminisation et constate comme Le Café pédagogique que la mise en avant d’un nombre de rectrices égal à celui des recteurs cache mal le fait que les hommes continuent à dominer nettement dans toutes les autres catégories de cadres supérieurs.

Pire, dit le rapport, « l’objectif légal de 40 % en 2017 sera certainement difficile à atteindre, alors que le ministère est très féminisé (68 %) et que les personnels viviers susceptibles d’accéder à des fonctions d’encadrement supérieur sont presque paritaires, avec un taux de féminisation s’échelonnant de 42 % pour les inspecteurs d’académie – inspecteurs pédagogiques régionaux [IA-IPR] à 48 % pour les personnels de direction et les administrateurs La question est donc non pas celle de l’existence de viviers, mais celle de leur mobilisation ».

Comment expliquer cette situation ?Le rapport n’écarte pas le sexisme ambiant.   » Il faut signaler la persistance, dans certaines académies, de comportements masculins ouvertement sexistes, dans l’expression (les femmes sont qualifiées de « petites », on s’étonne de leur capacité à prendre la parole en public, etc.), dans les promotions ou dans la vie quotidienne (par exemple, pour l’autorisation de l’usage de véhicules de fonction) ».

Si ces faits sont assez rares, globalement par contre « les résultats positifs présentés ne sont pas adossés à une prise de conscience unanimement partagée et à des stratégies qui permettraient leur pérennité », dit diplomatiquement le rapport.

Pour permettre davantage d’égalité dans l’accès aux emplois de cadre supérieur, le rapport demande des aménagements dans la gestion du personnel. « Des modalités nouvelles de management et de gestion des ressources humaines restent largement à définir pour lutter contre la sous-représentation des femmes aux postes de responsabilité ». Par exemple dans l’aménagement de la mobilité géographique des cadres.

Le rapport

Dans Le Café : Où en est l’éducation nationale ?

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Tribune de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH, dans Politis « Feu sur la Justice, feu la démocratie ! » (2 mars 2017)

Feu sur la Justice, feu la démocratie !

Politis, le 2 mars 2017

Michel Tubiana est président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme

Face aux procédures qui les touchent, François Fillon et Marine Le Pen crient au scandale et demandent une trêve électorale. Au mépris de l’indépendance des juges et de l’égalité de tous devant la loi.

La fusillade dont est l’objet l’institution judiciaire est un phénomène récurrent. Non que cette « autorité » soit exempte de critiques. L’actuel traitement des affaires de terrorisme où la prétention de certains magistrats à vouloir juger entre pairs parce qu’un jury ne pourrait comprendre leur travail en sont deux exemples parmi bien d’autres.

Que des juges soient critiquables dans leur manière d’exercer leur fonction, qu’ils soient susceptibles de faire preuve de partialité, ce sont aussi des évidences. Mais entre critiquer le fonctionnement de l’appareil judiciaire, son conservatisme, son caractère répressif, etc., et remettre en cause l’égalité des citoyens et citoyennes devant lui au profit d’une sorte de privilège de caste, voici ce que les responsables politiques de tout bord n’ont cessé de faire depuis que notre pays vit sous le régime de la séparation des pouvoirs (au moins en principe !).

Traditionnels arrangements entre amis

François Fillon crie à l’assassinat politique et Marine Le Pen dénonce un parti pris à son encontre. Dans le cas de François Fillon, ce qui lui est reproché, ce sont les traditionnels arrangements entre amis propres à une classe sociale qui ne comprend même pas ce qu’ils peuvent avoir d’indécents avant même de considérer leur légalité.

Ce qui est reproché à Marine Le Pen et ses proches, c’est l’habituel accaparement des institutions par l’extrême droite au point que les contrepouvoirs démocratiques devraient s’arrêter là où commence l’intérêt du Front national et de ses dirigeants. Les menaces proférées à l’égard des policiers, des juges et de tous les fonctionnaires qui ne respecteraient pas ce privilège atteste que si Marine Le Pen parle « démocrate », les fondamentaux de ce principe lui sont toujours étrangers.

Et je fais le pari que si, demain, d’autres responsables politiques font l’objet d’une mise en cause judiciaire, ils trouveront les arguments nécessaires pour protester contre cette immixtion de la Justice, voire à crier au complot.

Le principe même de l’existence de trois pouvoirs implique des contradictions et des frictions. La démocratie n’est pas un long fleuve tranquille et que ces tensions s’expriment où que chacun cherche à consolider son territoire est dans la nature du système démocratique.

Un État de droit amoindri

La difficulté naît lorsqu’un pouvoir cherche à assujettir l’autre. À cet égard, la Constitution de la Ve République postule ce déséquilibre au profit d’un exécutif presque omnipotent et ou « l’autorité » judiciaire n’est qu’un parent pauvre qu’il s’agisse de ses moyens ou de son rôle.

La revendication par François Fillon et Marine Le Pen d’une sorte de trêve électorale au cours de laquelle l’institution judiciaire s’interdirait d’intervenir s’inscrit dans cette logique tout en étant triplement irrecevable.

D’abord, parce qu’elle n’a pas de sens. Imagine-t-on un candidat à une élection pris en flagrant délit bénéficier de cette trêve au seul motif qu’il quête les suffrages des électeurs ? Ensuite, parce qu’elle ne résulte d’aucun texte, et pour cause, puisqu’elle constituerait, c’est la troisième raison, une rupture d’égalité devant la loi.

Au total, que nous servent ces « victimes » de l’institution judiciaire ? La perspective d’un État de droit amoindri par la création d’une sorte de privilège fonctionnel qui résulterait de leur engagement politique. Par extension, le discrédit de tous les responsables politiques et de toutes les institutions. Enfin, l’idée qu’au fond, la démocratie est le pire des régimes et qu’on peut en trouver un meilleur…

Ne nous y trompons pas, défendre l’indépendance de la Justice et donc l’indépendance des juges, ce n’est pas favoriser le gouvernement des juges. C’est nous assurer une garantie, sans doute imparfaite mais indispensable, contre l’arbitraire.

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Revalorisation : ce qui change en février

Le BO du 2 mars publie la liste des  indemnités affectées par la hausse de 0.6% du point Fonction  Publique. Cela concerne aussi bien l’ISOE que l’indemnité de professeur principal ou les indemnités de direction. Un autre texte revalorise les heures supplémentaires effectuées par les professeurs des écoles pour le compte des collectivités territoriales (étude surveillée, surveillance, enseignements).

 

Indemnités

Heures supplémentaires

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Benoit Hamon : maximum 25 élèves au cycle 2

Intervenant lundi 27 février sur France Inter, le candidat socialiste a dévoilé trois points de son programme éducatif.  » Je veux lutter contre les difficultés d’apprentissage et les classes surchargées avec un max. de 25 élèves/classe en CP, CE1, CE2″, a-t-il promis. Une mesure qui aurait l’avantage de reconnaitre le lien entre nombre d ‘élèves et réussite scolaire et qui affecterait le quart des classes dépassant ce seuil. B Hamon a aussi promis un plan de formation continue des enseignants qui permettra à chaque professeur d’avoir 3, 5,10 jours de formation par an. Enfin il s’est prononcé pour  » un service public d’aide aux leçons car il y a une inégalité fondamentale entre familles modestes et aisées ».

 

Sur France Inter

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Les Atsem se dressent pour leur statut

Adrien Rouchaleou
Jeudi, 2 Février, 2017
L’Humanité
Rassemblement hier devant le musée d’Orsay, à Paris, à l’occasion d’une journée nationale d'action. Photo : Ayoub Benkaroum

Rassemblement hier devant le musée d’Orsay, à Paris, à l’occasion d’une journée nationale d’action. Photo : Ayoub Benkaroum

Mobilisées hier dans toute la France, les « assistantes » des écoles maternelles dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et l’absence de revalorisation salariale.

Elles sont à bout. Et après une première journée d’action le 14 décembre, elles se sont réunies, hier, aux abords du ministère de la Fonction publique et dans toutes les villes de France plus nombreuses encore, pour que le message passe clairement : leur situation ne peut plus durer. Elles, ce sont les Atsem, pour agents territoriaux spécialisés d’école maternelle.

Profession très majoritairement féminine, les Atsem ont pour mission d’assister les enseignants dans les classes de maternelle. Un périmètre assez large pour qu’on les considère trop souvent comme du personnel à tout faire dans les établissements. De missions éducatives devant des demi-classes à la surveillance de la cantine, de l’accueil des élèves le matin au nettoyage des salles de classe…

Les Atsem relèvent d’un statut très particulier. Agents de la fonction publique territoriale, elles sont employées par les communes, mais dans leur temps de travail elles dépendent de l’éducation nationale. Et depuis la création de ce cadre de travail en 1992, elles ont vu l’école changer et leurs conditions se dégrader, sans que jamais leur travail ne soit revalorisé. D’abord, « le nombre d’élèves par classe a augmenté », souligne Nathalie Kern, de la CGT territoriaux, elle-même Atsem dans un petit village d’Alsace. « Dans des classes surchargées, avec une moyenne nationale au-dessus de 30 élèves, elles se retrouvent avec des demi-classes, des trois quarts de classes ou même des classes entières, à faire des ateliers de phonologie, des ateliers graphisme, de la prélecture, des évaluations… ».

Un blocage des carrières

Mais, au-delà de ce point, leurs missions même ont évolué. « Avec les nouveaux rythmes scolaires, les conditions de travail se sont réellement dégradées, dénonce Nathalie Kern. En plus du scolaire, nous devons maintenant assurer le périscolaire, ce qui fait de plus en plus de temps avec les enfants sur des missions éducatives, bien au-delà de l’accompagnement des enseignants qui est notre fonction officielle. »

D’où des journées à rallonge avec des tâches parfois pénibles. Nathalie Kern décrit la journée type d’une Atsem : « Cela commence par le temps d’accueil des élèves dès 7 h 30, puis nous changeons de casquette pour passer sur du temps scolaire. À midi, nous passons à la cantine avant de retourner dans les classes l’après-midi, et enfin de finir la journée soit par du ménage, soit par l’animation périscolaire… »

Malgré la difficulté évidente du poste, les Atsem dénoncent un blocage des carrières. Agents de catégorie C, elles ne peuvent évoluer que sur trois grades. Il n’existe pas de possibilité de passer en catégorie B, sauf à changer de cadre de travail et passer les concours. Et les deux tiers des Atsem ne dépassent jamais le premier grade. Du coup, les rémunérations plafonnent vite. Corinne, Atsem en Île-de-France, a fait le calcul : pour 41 heures mensuelles, elle touche 1 200 euros net par mois. Après vingt ans de carrière, une de ses collègues n’a jamais dépassé les 1 400 euros.

Après le succès de la mobilisation d’hier, la question des Atsem est aujourd’hui au cœur des débats de la séance plénière du Conseil supérieur de la fonction publique. Un rapport élaboré par toutes les parties concernées devrait y être adopté pour avancer quelques préconisations à la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin.

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sondage IFOP Fonction publique

Sondage exclusif : les Français ne veulent pas moins de fonctionnaires
2 FÉVR. 2017, PAR ACTEURS PUBLICS

Alors que l’avenir de la fonction publique figure parmi les thèmes majeurs de la campagne présidentielle, une majorité des personnes interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics et EY est défavorable aux propositions visant à réduire les effectifs de fonctionnaires. Emmanuel Macron apparaît comme le candidat le plus capable de moderniser la fonction publique devant Marine Le Pen et François Fillon. Les Français se montrent aussi très attachés à leurs services publics, en particulier à l’hôpital.

Les Français aiment leurs services publics de proximité et souhaitent majoritairement les conserver, quitte à les financer encore davantage. C’est ce qui ressort d’un sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour Acteurs publics et EY, à trois mois de l’élection présidentielle.

Les personnes interrogées déclarent à une large majorité être attachées à la quasi-totalité des services publics. Le service public hospitalier (hôpitaux publics, etc.) arrive alors en tête de la hiérarchie, 90 % d’entre elles évoquant leur lien fort avec cette institution, de peu devant les services publics de sécurité – police, gendarmerie, etc. – (85 %) et la Sécurité sociale (85 %), héritée de l’après-Seconde Guerre mondiale. Le service public de l’enseignement (78 %) et les services publics de justice (72 %) se situent ensuite à un haut niveau.

Les Français sont en revanche très partagés s’agissant des services publics de l’emploi (50 %), lesquels pâtissent sans doute du haut niveau du chômage depuis de nombreuses années et du peu d’efficacité perçue qui leur est prêtée. Ce point fait d’ailleurs l’objet d’un clivage marqué en fonction de la proximité politique des personnes interrogées : les sympathisants de droite (38 %), plus libéraux sur le plan économique, font preuve de moins d’attachement que ceux de gauche (62 %).

Augmenter les impôts

Dans cette perspective, l’arbitrage entre économies budgétaires et maintien des services publics de proximité confirme en creux cet attachement des interviewés. Une majorité d’entre eux (57 %) estime ainsi qu’il est nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire quitte à augmenter les impôts, tandis que 43 % considèrent qu’il est nécessaire de faire des économies budgétaires compte tenu de l’ampleur des déficits publics et de la dette, quitte à fermer certains services.

En juin 2008, aux prémices de la crise économique et financière, le rapport de forces entre les deux positions faisait l’objet de jugements plus partagés (53 % contre 47 %). Le clivage politique observé précédemment opère à nouveau de manière très significative, entre des sympathisants de gauche très majoritairement favorables au maintien des services publics de proximité (72 %) et des sympathisants de droite inquiets à l’évocation de l’opportunité d’augmenter les impôts (40 %).

500 000 postes

À près de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, c’est Emmanuel Macron qui apparaît comme le candidat le plus capable de moderniser la fonction publique. Avec 26 % de citations, l’ancien ministre de l’Économie bénéficie sans doute de son image de “candidat nouveau”, contrairement à ses concurrents, plus installés dans le champ politique. Sans doute fragilisé par sa proposition de suppression des 500 000 postes dans la fonction publique à l’horizon 2022, François Fillon recueille un score strictement identique à celui de Marine Le Pen (19 %). À gauche, bénéficiant sans doute d’un “effet primaire”, Benoît Hamon devance Jean-Luc Mélenchon (15 % contre 12 %)

Travailler plus

Les Français se montrent enfin majoritairement défavorables aux propositions visant à réduire les effectifs de la fonction publique. Seules 45 % des personnes interrogées se déclarent notamment favorables au retour de la politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite instaurée par Nicolas Sarkozy en 2007, tandis que seules 33 % appuient la proposition de François Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022 (64 % parmi les sympathisants des Républicains toutefois).

En revanche, les personnes interrogées montrent par leurs prises de position leur souhait de voir les fonctionnaires faire plus et participer à l’effort collectif pour redresser le pays, avec compensation. La proposition de revaloriser le point d’indice des agents publics, notamment formulée par Jean-Luc Mélenchon, séduit 67 % des personnes interrogées et ne fait d’ailleurs pas l’objet de clivages politiques nets. La proposition visant à faire passer la durée légale de leur travail de 35 heures à 39 heures par semaine est approuvée par 61 % d’entre elles.

Esteban Pratviel,
chef de groupe au département “Opinion et stratégies d’entreprises” de l’Ifop

Méthodologie
Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 26 au 27 janvier 2017.

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Atsems en grève le 1er février

Les Atsems sont-elles les oubliées de la réforme de l’Ecole ? Ces agents municipaux qui interviennent dans les écoles maternelles ont vu leurs missions se développer avec la réforme des rythmes  scolaires puisqu’elles ont maintenant souvent en charge des activités périscolaires. Mais leur salaire et leur statut n’ont pas suivi.

 

Le collectif atsem

La grève sur France Bleu

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La revalorisation retardée à mars : panne administrative

« On ne voulait prendre aucun risque ». L’entourage de N Vallaud Belkacem explique ainsi le retard apporté par le ministère à faire passer dans les bulletins de paye de janvier la revalorisation décidée en septembre 2015 et actée en octobre 2016 dans le cadre des accords PPCR. L’Education nationale s’avère administrativement incapable de faire la nouvelle paye attendue par ses 800 000 enseignants. Ils devront attendre mars pour toucher les effets de la revalorisation. Un couac qui décrédibilise l’action ministérielle alors que 3 syndicats appellent à la grève contre le PPCR.

Ce n’est pas la première fois que l’Education nationale tarde à payer ses salariés. Les enseignants sont habitués à attendre plusieurs mois les changements qui concernent leur paye.  Mais c’est la première fois que le ministère s’engage sur un accord salarial et échoue finalement à le mettre en oeuvre à la date promise.

L’annonce de ce retard a été faite par le Snes le25 janvier.  » Le ministère indique que les mesures de revalorisation des salaires prévues pour janvier 2017 seront, en réalité, retardées jusqu’en mars 2017 avec effet rétroactif et rattrapage des sommes dues depuis le 1er janvier 2017″, affiche le site du syndicat.

Au ministère, l’entourage de la ministre confirme la situation au Café pédagogique. »Tout sera rattrapé en mars », nous dit-on. « Personne ne perdra rien ». Et on s’explique. « Face à un changement d’une telle ampleur, on a préféré ne prendre aucun risque. L’opération est complexe car elle porte sur de nombreux corps et échelons. On voulait sécuriser la paye et n’avoir aucun bug ».

Alors le ministère a trouvé une solution originale : presque tout arrêter et prendre 3 mois de plus pour s’y retrouver…

Il y a pire…

Disons le tout de suite. Il y a pire en terme d’erreur de paye au ministère de l’Education nationale. Le pire, le Café pédagogique l’avait signalé en décembre, c’est le fiasco de Sirhen.

Lancé en 2007 dans une optique de rationalisation, Sirhen (système d’information de gestion des moyens et des ressources humaines de l’éducation nationale) doit prendre en charge la paye du million de salariés de l’Education nationale. En principe Sirhen devrait déjà fonctionner. Mais en fait, révèle le rapport Longuet sur le budget de l’Education nationale, seulement 18 000 fonctionnaires, sur le million de l’Education nationale, sont gérés par Sirhen.

Les autres devront attendre, si tout va bien, 2020.  Mais personne ne sait si cet engagement sera tenu. D’année en année, de promesse en promesse, la date est repoussée. Et les frais montent. Sirhen doit permettre au final d’économiser 70 millions d’euros. Il en a déjà coûté496, estime le rapport Longuet qui demande d’arrêter l’opération. 496 millions cela représente le coût d’une armée de plus de 10 000 profs ou celui de la revalorisation PPCR en 2017…

Les fonds sont bien là

Précisons aussi que ce retard de paiement n’est pas du à un manque de fond. Le 4 décembre le Journal officiel a mentionné un versement spécial du Trésor de 600 millions à l’Education nationale pour faire face à la revalorisation.

Qu’est ce qui change sur le bulletin de paye ?

Concrètement quelles modifications auraient du être apportées à la paye des enseignants ? En janvier ils devaient bénéficier d’un ajout de points d’indice lié aux nouvelles grilles salariales et de la transformation de primes en points d’indice (les primes entrant alors dans le calcul de la retraite). En février ils devaient bénéficier de l’augmentation de 0.6%du point d’indice de la fonction publique.

En réalité ils ne recevront qu’une partie des points dus. Les certifiés et professeurs des écoles ne toucheront que 6 points supplémentaires fin janvier. Le reliquat ne sera effectué qu’en mars. Ce mois là, promis, il y aura un rattrapage des sommes dues depuis le 1er janvier.

Un message envoyé aux professeurs

Gêné aux entournures, le ministère a décidé d’envoyer aux enseignants un message explicatif avec le tableau de l’application  de la revalorisation.

Au lieu de reconnaitre le retard, le ministère dit sobrement :  » le protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) décidé par le Gouvernement le 30 septembre 2015, est progressivement mis en oeuvre ». Un euphémisme qui fait de l’ombre à la revalorisation.

Rendez vous en juin..

A la fin de l’année, le ministère doit affronter un autre rendez vous informatique, une autre première. En juin, le livret scolaire numérique devra lire et compiler pour la première fois les millions de bulletins trimestriels des élèves de France, qui suivent une multitude d’enseignements et d’options différents, pour en tirer le livret scolaire unique. Espérons que ce n’est pas plus compliqué qu’un bulletin de paye…

Communiqué Snes

Le versement fait en décembre

Sur Sirhen

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Des AVS dans la rue le 25 janvier

Un collectif d’AVS et AESH appelle à manifester le 25 janvier avec le soutien du Snes et de la Cgt pour une revalorisation salariale et contre la précarité.

 

Appel

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Compte personnel d ‘activité : les textes sont publiés

Présenté au Conseil des ministres du 19 janvier, le nouveau Compte personnel d ‘activité (CPA) fait l’objet d’une ordonnance publiée au J.O. du 20 janvier. Le texte modifie le droit à la formation et l’accès au temps partiel thérapeutique.

 

Au JO

Au JO

Le CPA

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Compte personnel d’activité pour les fonctionnaires

Présentée au conseil des ministres du 18 janvier, la création d’un compte personnel d’activité pour les fonctionnaires aura un impact sur leur formation et leur droit à la santé.  » Le CPA des agents publics comprend le compte personnel de formation (CPF), qui se substitue au droit individuel à la formation (DIF), et le compte d’engagement citoyen (CEC) », indique le compte rendu du conseil.

Le CPF permet d’obtenir 24 heures de formation par an, dans la limite de 150 heures. Ce crédit d’heures est majoré pour les agents de catégorie C dépourvus de qualification (48 heures par an dans la limite de 400 heures). Il ouvre droit au financement d’un nombre accru de formations, en fonction du projet professionnel de l’agent. Le CEC permet d’obtenir des droits à formation supplémentaires en reconnaissance des activités citoyennes exercées par l’agent, à raison de 20 heures par an dans la limite de 60 heures.

Le CPA a aussi un volet santé. L’ordonnance simplifie et améliore l’accès au temps partiel thérapeutique en supprimant la condition de six mois d’arrêt maladie continu avant l’ouverture du droit. Elle permet de mieux accompagner les fonctionnaires qui, en raison de leur état de santé, doivent changer de poste de travail. Elle crée une période de préparation au reclassement pour raison de santé d’un durée maximale d’un an permettant d’accompagner l’agent vers un nouveau poste de travail.

Compte rendu du conseil

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N Vallaud Belkacem tacle François Fillon

« La droite ne forge sa réflexion que sur un préjugé : celui que les enseignants ne travailleraient pas assez. Un préjugé démonté par les enquêtes menées par la DEPP qui révélaient en 2010 que les enseignants du premier degré estimaient travailler en moyenne 44 heures par semaine et ceux du second degré, 41 heures. Les résultats de la politique de suppressions de postes dans l’Education nationale menée par le gouvernement de François Fillon ont eu une conséquence directe sur la dégradation des conditions d’enseignement dans notre pays. » Dans un communiqué du 4 janvier, la ministre de l’Education nationale réagit aux propos de Bruno Le Maire qui annonce des suppressions de postes d’enseignants en cas de victoire de F Fillon et déplore les créations de postes sans avoir  » demandé d’efforts sur le volume d’heures des enseignants ».

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Risques psychosociaux : les enseignants sont les plus affectés

Les enseignants du premier et du second degré sont bien les catégories de cadres les plus touchés par les risques pyschosociaux, affirme une étude publiée par la revue ministérielle Education & formations. Au coeur du problème : le manque de soutien hiérarchique et l’isolement des enseignants. Une position qui contraste avec le sentiment d’utilité ressenti par les professeurs.

Les dimensions des risques pyschosociaux

L’étude présentée par Sylvaine Jégo et Clément Guillo , de la Depp (division des études du ministère de l’éducation nationale) fait le point sur l’enquête menée par la Darès sur les risques pyschosociaux chez les enseignants en comparaison avec les autres cadres du privé ou du public.

Les risques pyschosociaux (RPS)  sont définis comme « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ». Ils ont aussi un impact fort sur la santé des individus et ce lien est encore démontré pour les enseignants.

L’enquête utilisée par la Depp repose sur les témoignages de 554 enseignants du primaire, 904 du secondaire, 152 du supérieur. Ils sont confrontés aux indications donnée spar 4290 cadres de la fonction publique et 4012 cadres du privé. Ils ont été pondérés en tenant compte de la composition de la population enseignante.

L’enquête s’intéresse à 7 dimensions des RPS.  D’abord celle de la complexité au travail : le sentiment d’être sou s pression ou dépassé, par exemple. Ensuite le manque d’intérêt porté au travail, le sens du travail. Un troisième indice est la qualité des rapports sociaux au travail notamment les comportements hostiles ressentis par le salarié. Le 4ème indice concerne le manque de soutien hiérarchique. Les 6ème et 7ème indices leur sont proches : il s’agit de la qualité des rapports sociaux avec les collègues qu’on encadre ou hors encadrement. Le 5ème indice porte sur les exigences émotionnelles liées au travail : éviter de montrer ses émotions par exemple.

Les enseignants plus exposés que les autres


Ce que montre l’enquête c’est d’abord le fait que globalement, tous indices confondus, les enseignants sont les plus exposés aux risques pyschosociaux et parmi eux, les enseignants du premier degré.  » L’indice global d’exposition aux facteurs de RPS indique que les enseignants, hormis ceux du supérieur, ont une exposition moyenne significativement plus élevée que les autres populations, surtout dans le premier degré ».

Mais cela ne concerne pas de façon égale toutes les dimensions des RPS. Ainsi le sentiment d’utilité dans le travail des enseignants est très forte et particulièrement dans le premier degré. « Ils sont plus nombreux à exprimer le plaisir, la fierté et l’utilité de leur métier », note l’étude. « Quant aux enseignants du second degré, leur part est plus proche de celui des cadres ». Mais l’enquête nuance cette affirmation en rpécisant que les enseignants sont aussi ceux qui déclarent le plus ne pas avoir l’occasion de développer leurs compétences professionnelles.

Les enseignants sont aussi parmi les cadres qui déclarent subir le moins de comportements hostiles. Sur ce terrain  les cadres en contact avec le public adulte subissent plus de comportements hostiles sur leur lieu de travail. Par contre ils sont parmi les cadres qui doivent gérer les plus fortes exigences émotionnelles.

Les rapports hiérarchiques au coeur du problème


La particularité des RPS des enseignants tient d’abord à l’intensité du travail. Les enseignants du premier degré sont les cadres qui déclarent le plus subir de contraintes de temps et de pressions dans leur métier. Là il y a une différence avec les enseignants du second degré qui sont ceux qui déclarent le moins de pression ressentie.

Mais la plus forte caractéristique des RPS des enseignants, premier et second degré confondus, c’est le manque de soutien hiérarchique. « Ce sont surtout les enseignants qui déclarent manquer de soutien de leur hiérarchie et de moyens nécessaires pour bien faire leur travail, tant au niveau du matériel que de la formation », note l’étude. « Plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien », alors que les cadres représentent moins de 23 %. L’indice moyen d’exposition au manque de soutien hiérarchique est le plus élevé chez les enseignants, hormis ceux du supérieur, surtout pour le premier degré. Les tensions avec la hiérarchie se font plus ressentir pour eux ». A noter que les enseignants les plus jeunes se sentent plus soutenus que les autres.

L’autre grande particularité c’est le manque ressenti de soutien de la part des collègues et globalement le sentiment d’isolement.

Les RPS et le débat politique de 2017

Quelles conclusions tirer de cette enquête ? D’abord elle confirme les données fournies par l’OCDE dans l’enquête Talis. Elle signalait que les enseignants français sont les plus isolés et ressentent leur évaluation comme la moins juste de tous les pays de l’OCDE.

Elle confirme l’importance de l’entraide entre enseignants, une dimension que Pasi Sahlberg a bien mise en valeur. Plus que la formation c’est la création de réseaux d’enseignants qui peut avoir le plus d’impact sur les pratiques enseignantes.

Cette enquête soutient aussi la nouvelle carrière des enseignants mise en place par les accords PPCR qui invite à faire évoluer les rapports hiérarchiques dans l’éducation nationale et à faire d ela hiérarchie un soutien et un accompagnateur des enseignants.

Elle vient aussi contrarier ce qui pourrait être le grand phénomène de 2017 : le durcissement autoritaire de la hiérarchie qui est promise tant par des livres récents (Blanquer, Toulemonde par exemple) que par le candidat de la droite à la présidentielle.

Les enseignants ne souffrent pas d’un déficit d’encadrement et de consignes autoritaires. Ils en crèvent littéralement. A bons entendeurs, salut.

L’étude

L’entraide entre enseignants clé du succès

L’école française moins professionnelle car plus hiérarchique

La leçon de Pisa : s’appuyer sur les collectifs enseignants

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SYNDICALISTE : C’EST QUOI CE TRAVAIL ? Militer à la FSU

SYNDICALISTE : C’EST QUOI CE TRAVAIL ? Militer à la FSU
CHANTIER TRAVAIL ET SYNDICALISME : UN LIVRE et UN SEMINAIRE les 1er et 2 Février

C’est quoi ce chantier ? C’est quoi ce travail ?

A l’occasion du séminaire « LES DIX ANS DU CHANTIER TRAVAIL » qui se déroulera les 1er et 2 février – voir sur le site – des camarades du chantier « travail » publient un livre qui devrait passionner tou.te.s les militant.e.s de la FSU… et d’ailleurs !
Sous la coordination de Gérard Grosse, Elizabeth Labaye, Michelle Olivier, ce livre s’appuie sur une enquête conduite auprès d’un échantillon de militant-es : elle a permis de connaître et analyser leurs emplois du temps et, sur la base d’entretiens, de saisir le sens qu’ils et elles donnent à leur militantisme. La seconde partie s’arrête sur de nouveaux cadres d’action (le travail syndical en CHSCT, les collectifs de travail) ou des façons innovantes de penser le syndicalisme (logique de care d’une part, activité syndicale à l’échelon d’une section locale d’autre part).
Ce livre est avant tout un ouvrage de militant.e.s qui interrogent leur travail. S’il permet à des militant-es syndicaux de « faire un pas de côté », de mieux comprendre ce qui est en jeu dans leurs activités syndicales, ce qu’ils y engagent et ce qu’ils en retirent, alors son objectif aura été atteint.
Et s’il peut susciter, chez des adhérent-es, l’envie de s’engager plus avant, en passant du côté des militant-es, nous ne pourrons que nous en féliciter, car le renouvellement est aussi un enjeu pour l’avenir du syndicalisme.
Il est encore temps de s’inscrire pour le séminaire et bien sûr de commander ce livre.

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Le rapport Longuet programme la baisse du salaire des enseignants

Travailler plus et gagner moins, c’est inscrit dans le programme Fillon pour l’élection présidentielle. Depuis le 8 décembre, on sait comment le probable futur gouvernement fera. Proche de F Fillon, le sénateur Gérard Longuet a publié ce matin un rapport qui prévoit d’inclure dans le temps de travail des enseignants les deux heures supplémentaires que font en moyenne les enseignants dans un nouveau cadre annualisé. Le temps de travail des agrégés serait aligné sur celui des certifiés, faisant passer leur temps hebdomadaire de 15 à 20 heures. Et il y a encore bien d’autres fruits du même arbre… On retiendra de ce rapport la violence et la détermination des Républicains pressés de passer à l’action…

L’heure de la revanche

 Clairement c’est l’heure de la revanche sur les enseignants. La publication ce matin du rapport Longuet sur « les heures supplémentaires dans le second degré » est une vraie déclaration de guerre à la profession enseignante. Si l’on ajoute l’ensemble des mesures présentées dans le rapport, c’est une hausse réelle de 6 heures hebdomadaires au minimum, toutes gratuites, qui sera demandée aux enseignants. Cela correspond à la suppression de 150 000 postes. Rappelons que le candidat Fillon a promis de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Le sénateur Gérard Longuet accumule une série de mesures qu’il faut bien observer pour en comprendre tout le sel. Partant d’une analyse très détaillée des heures supplémentaires dans le second degré, G Longuet va beaucoup plus loin, précisément jusqu’à l’annualisation du temps de service des enseignants. L’effet principal est là puisque cette annualisation permet de dégager deux heures gratuites pour tous les enseignants plus un réservoir d’heures dues équivalent à environ 4 heures hebdomadaires. Mais suivons le raisonnement de Gérard Longuet.

Annualiser le temps de travail

Le fondement du rapport c’est l’annualisation du temps d’enseignement. En s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes, G Longuet estime que l’organisation actuelle (hebdomadaire) du service des enseignants « renchérit le coût des heures de remplacement » et n’est plus en adéquation avec la formule annualisée de l’accompagnement personnalisé ou des enseignements d’exploration, deux éléments des dernières réformes du lycée et du collège.

 » La définition d’un temps de travail sur une base hebdomadaire ne permet pas de prendre en compte les variations d’intensité qui peuvent être constatées au cours de l’année scolaire », écrit G Longuet , par exemple le fait que dans les lycées des cours se terminent plus tôt du fait du bac.

Assécher les heures supplémentaires

Cela se traduit par une montée des heures supplémentaires qui sont passées de 8 millions d’heures en 2007 à 10 millions actuellement. Leur coût est évalué à 1 milliard par an. C’est évidemment le premier milliard que G Longuet veut récupérer mais on verra que ce n’est pas le seul.

L’étude des heures supplémentaires (HS) permet aussi d’opposer les corps enseignants entre eux. Elle montre par exemple que la répartition des heures se fait au bénéfice des corps les plus avantagés. Ainsi les HS représentent en moyenne 2166€ par an pour un certifié mais 23 300 pour un professeur de chaire supérieure (en Cpge). En moyenne un agrégé obtient un salaire double d’un certifié grâce à elles.

Augmenter le temps de travail

Mais l’essentiel c’est le temps de travail. G Longuet relève que le temps d ‘enseignement en France dans le secondaire est inférieur à celui de l’Ocde du fait des 36 semaines de cours (contre 37 en moyenne). Les enseignants français font 648 heures en moyenne contre 669 h pour la moyenne Ocde. Quant au temps de travail réel (incluant corrections, préparations etc.)  » ces chiffres sont à interpréter avec précaution, d’une part, car ils reposent sur des données déclaratives et, d’autre part, car ces moyennes peuvent masquer d’importantes disparités en fonction de l’âge, du corps d’appartenance ». Il faut savoir que, d’après la Depp (division des études du ministère), les enseignants du secondaire travaillent 42h53 par semaine pour les certifiés et 39h15 pour les agrégés. C’est nettement plus que les 35 heures. Mais on a vu que cela n’arrête pas G Longuet. Il ne relève pas non plus que les pays en tête dans Pisa sont ceux qui font nettement moins d’heures qu’en France (Corée, Japon par exemple).

Comment passer de 648 à 1607 heures

On en arrive à l’essentiel. G Longuet effectue un calcul simple à partir du décret de 2014 fixant le temps de travail des fonctionnaires annuel à 1607 heures.

 » Selon le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, une forme d’annualisation a déjà été mise en place avec le décret du 20 août 2014 dans la mesure où son article 2 fait référence « à la réglementation applicable à l’ensemble des fonctionnaires en matière de temps de travail », soit 1 607 heures par an. Pour autant, dans les faits, comme le rappelle la Cour des comptes « la seule obligation chiffrée à laquelle sont tenus les enseignants en vertu de ces décrets demeure d’assurer le nombre d’heures de cours hebdomadaire comme par le passé… ».

« En faisant l’hypothèse où une heure d’enseignement nécessiterait une heure de travail supplémentaire, comme l’estime la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance dans sa note d’information de juillet 2013 précitée, le temps de travail consacré par les enseignants aux heures de classe, à leur préparation et à la correction des copies s’élève à environ 1 296 heures pour les certifiés (36 semaines x 18 heures de cours x 2) et 1 080 heures pour les agrégés (36 semaines x 15 heures de cours x 2). Au total, le « réservoir » théorique d’heures disponibles s’élève donc à 311 heures pour les certifiés et à 527 heures pour les agrégés. » , dit G Longuet

Un service de 20 heures hebdo pour certifiés et agrégés

Les conséquences peuvent maintenant arriver.  » Dans la mesure où les enseignants effectuent en moyenne 2 HSA actuellement, il pourrait être envisagé de fixer le niveau des obligations règlementaires de service à 20 heures par semaine pour les certifiés et à 17 heures par semaine pour les agrégés, correspondant, en termes annuels, à 720 heures pour les certifiés et à 612 heures pour les agrégés. Dès lors, le réservoir d’heures disponibles pour la réalisation d’activités au-delà des obligations règlementaires de service passerait à 167 heures pour les certifiés et à 383 heures pour les agrégés », écrit-il.

Mais ce n’est pas tout. G Longuet est un humaniste qui veille à l’équité. Il relève que les agrégés font moins d’heures que les certifiés alors qu’ils sont mieux payés.  » Ces différences affectent paradoxalement des enseignants placés dans des situations d’enseignement semblables. Elles sont donc à la fois sans lien avec le public d’élèves et inéquitables pour les enseignants », écrit-il. Et il demande d’aligner les temps de service des uns et des autres, autrement dit 20 heures pour tout le monde soit 5 heures de plus gratuites pour les agrégés et deux pour les certifiés. Les professeurs de Cpge auraient un régime spécial.

Mais même quand on a fait ce saut, les enseignants doivent toujours leurs 1 607 heures. En clair les certifiés doivent encore 167 heures et les agrégés 275 soit 4.6 heures hebdomadaires pour les uns et 7.6 h pour les autres. Excusez du peu…

Gratter l’os jusqu’au bout…

G Longuet n’oublie pas de faire le ménage dans les coins. C’est une de ses signatures. Ainsi il relève que  » de nouvelles décharges horaires ont vu le jour, notamment dans le réseau d’éducation prioritaire. Ces décharges ont pour conséquence de réduire les moyens d’enseignement disponibles et donc augmenter les besoins en heures supplémentaires. Enfin, il est envisageable que, compte tenu des habitudes prises et de l’importance du montant des heures supplémentaires pour certains enseignants (dans les formations post-bac ou dans l’enseignement technologique par exemple), certaines heures ne relevant pas du face-à-face pédagogique et n’ouvrant pas droit au versement d’une IMP continuent d’être rémunérées sous la forme d’heures supplémentaires en contradiction avec les dispositions du décret du 20 août 2014″. Il recommande donc d’aller y voir plus prêt en réalisant  » une analyse de l’évolution des moyens d’enseignement en lien avec l’évolution des heures supplémentaires, des effectifs de contractuels et des schémas d’emplois exécutés » (recommandation n°3).

Il reste encore un peu à gratter sur l’os. Comment se fait il que les enseignants de première aient une pondération horaire alors que la plupart des épreuves au bac ont lieu en terminale ? La recommandation n°9 demande de réserver la pondération aux seules discipline d’examen en 1ère. Et la recommandation n°1, en hors d’oeuvre, d’aller y voir de plus près du coté des indemnité de mission (IMP) pour récupérer des miettes.

Un tiers des postes supprimés dans le secondaire

Finalement ce qui est extraordinaire chez un libéral comme G Longuet c’est ce goût pour la réglementation étatique tout en pronant l’autonomie des établissements, un souci auquel répondent justement les IMP…

A quelques mois de l’élection présidentielle, alors que l’OCDE elle  même demande le maintien des investissements dans l’éducation, l’entourage de F Fillon pose les bases de son programme. Supprimer plus de 100 000 postes dans l’éducation c’est effectivement possible. Maintenant on sait comment cela se fera.

Le rapport provisoire

La Cour des comptes veut changer le lycée pour réduire son coût

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PPCR : l’accord est adopté en CTM

Le Comité technique ministériel a adopté les textes découlant de l’accord PPCR qui prévoit une nette revalorisation des enseignants. Mais cette adoption divise les syndicats enseignants. Elle interpelle aussi les inspecteurs chargés plus qu’avant « d’accompagner » les enseignants. Les textes relatifs à l’accord PPCR ont été adoptés par 11 voix contre 4. Fsu, Unsa et Sgen ont voté en faveur du texte alors que la Cgt, Fo et le Snalc votaient contre.

Du coté enseignants

Pour le SNES-FSU « cette revalorisation d’ensemble est inédite depuis 1989. Elle constitue une première étape sur laquelle le SNES-FSU entend s’appuyer pour construire de nouvelles mobilisations afin d’obtenir une revalorisation plus ambitieuse de nos métiers, nos salaires et nos carrières. Le SNES-FSU acte aussi positivement la création d’un nouvel espace indiciaire en fin de carrière mais en dénonce les modalités d’accès trop restreintes et demande que l’ensemble des collègues en fin de carrière puisse en bénéficier. Cependant cette revalorisation ne suffira pas, en l’état, à restaurer l’attractivité de nos professions, notamment en début de carrière ». Inversement pour la Cgt, « le gain financier est pour l’instant très faible » et dans le contexte politique actuel « il n’y a aucune visibilité sur le respect des engagements ».

Avoir confiance en son inspecteur ?

Les inspecteurs du Sien Unsa voient dans l’accord l’occasion d’un changement radical de posture des inspecteurs.  » Ce n’est que dans une confiance mutuelle que nous pourrons progresser, ce qui suppose un contrat clair entre les enseignants et leur inspecteur : c’est dans une dynamique constructive et partagée que doit se construire l’accompagnement que nous envisageons », écrit P Roumagnac, secrétaire général du Sien Unsa.

La suite pose pourtant la question de confiance.  » Dans ce contexte, il est évident que hors la gestion des carrières qui relève d’un protocole parfaitement caractérisé, les rencontres entre enseignants et inspecteurs doivent s’inscrire dans une perspective professionnelle et professionnalisante qui exclut de facto toute relation avec la hiérarchie départementale ou académique. Aucune étape de la carrière d’un enseignant ne peut ou ne doit ouvrir à la constitution d’éléments susceptibles d’être conservés dans une perspective normative… Nous sommes donc obligés de faire entendre à certains responsables locaux qu’en aucun cas nous n’accepterons de fournir des éléments évaluatifs hors ceux qui sont prévus par les textes. En serait-il qui doutent encore ?… Nous refuserons de transmettre toute forme d’écrit, ou pire encore de note, relative à des enseignants qui auront accepté de s’ouvrir à nous en confiance ! Ceci est vrai pour toute étape de la carrière des enseignants… », promet P Roumagnac.

PPCR : Une revalorisation importante

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PPCR, la CGT Éduc’action portera son opposition auprès des personnels

Les textes soumis au Comité Technique Ministériel (CTM) du 7 décembre 2016 sont la traduction statutaire des discussions menées sur les Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations (PPCR) des agents de la fonction publique.

Les organisations de la CGT fonction publique ont refusé de signer le protocole d’accord issu de ces négociations qui a été rejeté par des syndicats représentant une majorité des personnels de la fonction publique…

Manuel Valls, alors Premier ministre, a décidé de passer en force, en imposant un accord minoritaire dans toute la fonction publique, un 49-3 du dialogue social.

Les dispositions qui ont été présentées au CTM continuent à lier l’avancement d’échelon à l’évaluation professionnelle de l’agent, lors des trois premiers rendez-vous carrière.

Ces textes ne garantissent pas le passage à la hors classe pour toutes et tous les agent-es avant leur départ en retraite. Cette prétendue volonté de la Ministre reste un vœu pieux qui n’a pas été traduit en dispositions statutaires.

La seule garantie apportée par le ministère pour assurer le passage de toutes et tous les collègues à la hors classe est un ajustement des ratios promus/promouvables qui, pour l’instant, sont en cours de calcul par les services du ministère. Ils ne nous seront communiqués qu’au printemps…

Le caractère subjectif de l’appréciation professionnelle de nos collègues par la hiérarchie sera renforcé.

Ces nouvelles modalités d’avancement de carrière sont contraires aux revendications de la CGT-Éduc’action, qui demande une déconnexion totale de la rémunération avec l’évaluation, comme c’est le cas pour certains corps de ce ministère, en particulier celui des personnels de direction.

La création de la classe exceptionnelle est un grade à accès fonctionnel à 80 %. La CGT s’était prononcée contre ce type de grade dans la fonction publique de l’État, lors de son introduction en 2010 par le gouvernement Sarkozy-Fillon. Nous nous opposons toujours à un dispositif discriminant qui ne peut qu’exacerber la concurrence entre collègues.

Ce grade ne sera accessible qu’à 10 % de l’effectif d’un corps. Ce sont donc 90 % de l’effectif des collègues qui en seront irrémédiablement exclus.

De plus, les 10 % du corps ne seront atteints qu’en 2023 !

Rien ne dit que les dispositions prévues ne seront pas plus orientées vers des promotions uniquement au mérite !

Les modalités de gestion et le contrôle que les commissions administratives paritaires devraient avoir sur l’ensemble du processus ne sont toujours pas connus précisément.

Le calendrier d’application de l’ensemble du dispositif se fait dans un contexte politique où il n’y a aucune visibilité ni aucune assurance sur le respect des engagements qui seraient pris par l’actuelle ministre de l’Éducation, au-delà de l’année 2017.

Pour l’immense majorité des agent-es, le gain financier est pour l’instant très faible, quelques dizaines d’euros tout au plus en 2017.

Ce protocole n’améliore pas les déroulements de carrières des agents, ne corrigera pas le déclassement salarial de nos collègues et ne rendra pas plus attractifs les métiers enseignants.

Les enseignant-es français-es qui ont déjà perdu 14 % de leur pouvoir d’achat depuis 2000 seront toujours parmi les plus mal payé-es d’Europe.

La CGT Éduc’action a voté contre ces projets de décrets au comité technique ministériel du 7 décembre. Elle s’engage à poursuivre le travail unitaire avec toutes les organisations syndicales qui partagent son analyse pour alerter et mobiliser nos collègues contre les dangers de ces dispositifs. 

Montreuil, le 8 décembre 2016

Le communiqué au format 

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La FSU en résistance contre les projets de la droite

Ce n’est pas l’OCDE que la FSU est allé chercher pour faire face au programme éducatif des candidats de droite mais les français eux-mêmes.  A l’occasion du colloque « Pour la réussite de tous les élèves » qui s’est tenu à Paris les 6 et 7 décembre, la première organisation syndicale de l’enseignement a dévoilé un sondage d’opinion qui montre que les Français sont conscients qu’il faut continuer à investir dans l’Ecole.  Ils sont aussi mécontents de leur Ecole et considèrent qu’elle décline. A la veille des élections, le Fsu invite les enseignants à relever le défi de la réussite et à préparer la résistance.

Pour l’observateur qui sort des présentations bien huilées de l’Ocde, puisque l’évènement se tient au moment même de la parution de Pisa, un colloque de la Fsu a un petit coté suranné. Les interventions très remarquées des experts (JP Delahaye, N Mons, S Bonnery, B Falaize) alternent avec les déclarations fleuves des différents syndicats, style années 1950…

Des Français critiques envers l’Ecole…

Mais face à Pisa et ses mauvaises nouvelles, la Fsu dresse un double barrage assez efficace. D’abord avec la publication d’un sondage d’opinion qui montre que les Français sont lucides sur les difficultés de l’Ecole mais pas prêts à jeter le bébé avec l’eau du bain. Ensuite en alimentant la réflexion de ses militants sur les difficultés de l’Ecole et en les invitant au changement. Double effort un peu tardif mais qui montre que la fédération prépare la résistance.

Reposant sur la consultation d’un millier de français majeurs, le sondage Harris porte sur les exigences des Français, leur jugement sévère sur l’Ecole et les moyens à mettre en oeuvre pour y remédier.

Les exigences des Français c’est très clairement que l’Ecole doit donner les mêmes chances de réussite à tous les élèves (77%). Cela vient avant la transmission des connaissances et des valeurs. C’est le premier objectif qu’ils fixent à l’éducation et ils savent que l’Ecole ne l’atteint pas. Bien avant la publication de Pisa, les Français mettent l’accent sur le vrai point faible de l’Ecole. S’ils mettent en avant les valeurs de discipline et d’autorité, concrètement ils demandent une école solidaire et c’est une bonne nouvelle.

Le mécontentement envers l’Ecole est pourtant massif. 77% des Français estiment que l’Ecole fonctionne mal. 67% estiment que la situation s’est dégradée sur la décennie c’est dire que la refondation et les réforme n’ont pas convaincu.

Mais qui veulent davantage de moyens

Comment faire pour redresser l’Ecole ? Les Français demandent davantage d’enseignants. 85% pensent que réduire le nombre d’élèves par classe est efficace pour faire réussir tous les élèves. 75% jugent que c’est « augmenter le nombre d’enseignants », ce qui confirme le premier voeu. 90% jugent le travail en petit effectif favorable à la réussite. En seconde position ils privilégient des mesures pour l’insertion professionnelle comme l’apprentissage et davantage aider les élèves dans leur orientation. Les Français sont aussi convaincus à 73% que davantage d’autonomie donnée aux établissements serait efficace. 65%  pensent qu’il fat augmenter la mixité sociale.

C’est un mixte continuité et rupture que demandent les Français. L’Ecole que veulent les Français serait donc à la fois plus autoritaire et manageriale mais dotée aussi de davantage de moyens. Surtout ils gardent l’objectif social de réussite de tous les élèves.

Quelle pédagogie pour la réussite de tous ?

Second rempart, la Fsu manifeste son ouverture aux discours des experts en invitant des spécialistes qui peuvent être assez éloignés du discours de la fédération. Jean Paul Delahaye, ancien directeur de l’enseignement scolaire, a été vivement applaudi le 6 décembre quand il a évoqué la dureté de l’Ecole envers les pauvres. Nathalie Mons a pu présenter les analyse du Cnesco.

Le 7 décembre Stéphane Bonnery est intervenu sur la démocratisation scolaire. Il a montré comment les inégalités se déplacent dans le système éducatif au fur et à mesure de la démocratisation du collège puis du lycée. Mais l’essentiel de son propos a été de montrer le décalage entre une école qui accueille majoritairement des enfants de milieu populaire, contrairement à ce que beaucoup pensent, et les exigences d’une Ecole faite pour les enfants des milieux privilégiés.

Il a fait une démonstration brillante sur l’implicite des manuels scolaires et l’écart croissant entre les attentes de l’Ecole et la culture des familles. Pour lui, « le modèle de l’élève des manuels est celui qui a des connivence avec l’école ». Il montre comment les manuels sont préparés à occuper certains élèves avec des tâches de bas niveau et à laisser travailler les autres sur des réalisations de haut niveau. Autrement dit, le smanuels participeraient à une guerre scolaire creusant les inégalités.

Il invite donc à « penser son cours en pensant à quel modèle d’élève on s’adresse » tout en le renonçant pas aux exigences. Il critique ainsi la question de la différenciation qui mène souvent à donner des objectifs différents aux élèves.

Laïcité et réussite

Benoit Falaize a mené une intervention rapide mais brillante sur la laïcité à l’Ecole. Derrière la question de la laïcité il y a celle de l’islam considéré comme incompatible avec la démocratie et pour certains avec l’Ecole. Il a montré comment l’Ecole avait participé à la construction d’un identitaire religieux pour les enfants issus de l’immigration.

Que faire ? Porter réellement les valeurs de l’Ecole et de la République. Etre vraiment tolérant et fraternel. Une double exigence qui ne va pas de soi tant les stéréotypes et la culture de l’Ecole vont contre. Peut-on parler de fraternité entre l’enseignant et sa hiérarchie ? Reconnait-on réellement les convictions religieuses dans l’Ecole ?

L’appel à résister de la Fsu

Il revenait à Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, de conclure le colloque en lançant une sorte d’appel à la résistance.  « Pour maintenir une même ambition pour toutes et tous, il faut se doter des moyens et donner les outils aux enseignants », dit-elle. « Il faut donc centrer les efforts sur les conditions de scolarisation, dont la question des effectifs qui n’est pas un faux sujet, la pédagogie, avoir une grande vigilance et poursuivre les débats sur ce qui est et doit être enseigné, développer un plan ambitieux de formation initiale et continue des enseignants et de tous les personnels, développer la recherche… N’en déplaise aux pourfendeurs de la dépense publique, il faut poursuivre les efforts budgétaires engagés (postes, crédits), tout simplement parce que l’Éducation n’est pas un coût pour la société mais un investissement pour aujourd’hui et pour demain ».

« Nous sommes à l’opposé des propositions de certains candidats qui, en toute méconnaissance de la réalité du terrain, proposent encore d’augmenter le temps de travail », continue-t-elle. « L’heure n’est donc ni au bricolage ni au renoncement. Elle est à l’engagement total pour l’éducation et la formation ».

Une volonté qui devra passer par une union syndicale plus large qui ne va pas être simple à construire.

La sondage

La tribune de B Groison

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