Archives de la catégorie Fonction publique

Loi Blanquer : la confiance ne se décrète pas !

La loi Blanquer dite de « l’école de la confiance » qui avait  pour but essentiel d’abaisser l’âge de la scolarisation obligatoire à 3 ans est devenue un véritable fourre-tout au service du projet idéologique du gouvernement. La FSU y lit la volonté du Ministre de l’éducation d’imposer des transformations importantes tant dans l’organisation de l’École que dans les contenus à enseigner.

Depuis plusieurs mois, la FSU a exprimé au Ministre de l’Éducation ses réserves et ses inquiétudes sur ce projet. Elle a formulé de nombreuses propositions et amendements notamment lors du Conseil supérieur de l’Éducation. Aucun n’a été intégré. La FSU dénonce un projet de loi qui ne prend pas en compte les avis de la communauté éducative. Et elle s’inquiète de ces articles disparates qui ouvrent la voie à d’autres réformes profondes pouvant être décidées par ordonnances ou textes réglementaires.

Les sujets de préoccupations de la FSU sont nombreux et la FSU alerte les parlementaires sur les choix qu’ils sont amenés à faire.
Ainsi, alors que la loi de 1983 présente des garanties d’équilibre entre les droits et les obligations des fonctionnaires, l’article 1 du projet cherche à renforcer le contrôle de l’expression des agent-es. Pour la FSU, l’obligation de neutralité des fonctionnaires ne peut pas se transformer en une atteinte à la liberté d’expression et de fait à une contrainte au silence.

Sous les apparentes générosités d’un développement d’une scolarité en maternelle, les articles 2 à 4 servent en réalité de prétexte pour contraindre les collectivités territoriales à financer les écoles maternelles privées. Cette obligation de financer les écoles privées se fera aux dépens des écoles publiques. Pour la FSU, il est indispensable de préserver le financement des écoles publiques.

La création d’établissements publics des savoirs fondamentaux serait lourd de conséquences tant sur les personnels que sur les usagers en transformant l’organisation scolaire, les statuts des personnels et en recentrant les enseignements dispensés sur le fameux “lire-écrire-compter-respecter autrui”.

Pour la FSU, l’évaluation des établissements prévue (article 9) demanderait à s’exercer sous l’autorité d’une instance indépendante. C’est au contraire à des personnes choisies par le ministre de l’Éducation nationale et la majorité parlementaire que cette mission pourrait être confiée. N’offrant aucune garantie d’indépendance, cette évaluation risque d’être instrumentalisée pour légitimer les choix politiques ministériels.

Avec la création des nouveaux instituts du professorat (articles 10-12) basée sur une conception du métier d’enseignant réduite à des fonctions d’exécution et des enseignements centrés sur les « fondamentaux », rien ne garantit l’amélioration de la formation initiale des enseignants. Et La FSU n’acceptera pas le recours de recourir aux étudiants pour effectuer des remplacements dans les classes.

Enfin, il serait inacceptable pour la FSU de renoncer à l’instruction obligatoire pour les enfants étrangers (modification à l’article 2).

Si la FSU a exprimé sa satisfaction sur le renoncement du Ministre à la fusion des académies, elle constate que l’article 17 offre un blanc-seing inacceptable, par le biais d’ordonnances, permettant des réorganisations dont les perspectives ne sont pas fixées par la loi et un renforcement des pouvoirs des recteurs de régions.

Ce projet de loi ne répond pas à l’exigence de démocratisation du système éducatif ni à la nécessité d’améliorer le service public d’éducation pour assurer la réussite de tous les élèves et l’élévation du niveau de qualification. L’amélioration de notre système éducatif exige une construction commune, concertée et ambitieuse.
La FSU demande aux parlementaires de ne pas voter cette loi et l’ouverture  de discussions.

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Fonction publique : une nouvelle lettre des syndicats au gouvernement

Les 8 syndicats de la Fonction publique (Cgt, Cfdt, Unsa, Fsu, Solidaires, Fa-Fp, Cgc et Cftc) ont rédigé une lettre commune au premier ministre le 7 février. Dans ce document, « elles exigent une revalorisation salariale » et soulignent la politique salariale négative du gouvernement (gel du point qui était dégelé depuis 2016, jour de carence etc.). L’intersyndicale demande « la suspension du projet de loi relatif à la Fonction publique ». La politique de réforme de la fonction publique a été présentée par le premier ministre en juin 2018. E Philippe annonçait le recrutement de contractuels, la rémunération au mérite et la fin du paritarisme. En aout E Philippe avait été plus précis dans la ligne du rapport Cap 22.  Cette politique est e train d’être mise en oeuvre.

Le rapport Cap 22

En juin

En aout

Sa déclinaison en éducation

Et aussi ici

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Réforme territoriale : quels pouvoirs pour les simples recteurs ?

JM Blanquer va-t-il ou non abandonner la réforme territoriale ? De déclaration en déclaration, le paysage de la réforme territoriale évolue et se complexifie. Il semble bien que le maintien de 30 recteurs s’accompagne de la dépossession de leurs moyens.

Il est acquis que les 30 recteurs seront maintenus à coté des 13 recteurs de région académique. Cela a été annoncé par JM Blanquer lors du débat en commission sur la loi sur l’école. Mais lors de ce débat le ministre n’avait pas répondu a des questions précises de P Hetzel sur le pouvoir réel des recteurs face aux recteurs de région académique. Le 11 février, l’entourage du ministre répondait à la question. « Les BOP restent au niveau académique ». Les BOP ce sont les  budgets opérationnels de programme. En clair, cela veut dire que la trentaine de recteurs existants garderont un budget , ce qui n’était vraiment pas certain à l’issue des travaux de la commission.

Il y avait encore une ambiguïté. Les 13 recteurs de région académique seront les représentants du ministre vis à vis des simples recteurs et il y aura « un dialogue de gestion au niveau de la région académique », nous disait-on. Les recteurs auraient donc un budget mais devraient exécuter les instructions du recteur de région académique. En même temps il était dit en commission que l’administration sera réorganisée sur la base des régions académiques. Alors comment concilier ces inconciliables ?

JM Blanquer a été interrogé sur ce point au Sénat le 12 février. « Les rapprochements régionaux ne devront pas se faire au détriment de notre volonté de proximité », a répondu le ministre. « Ainsi, la départementalisation des décisions dans l’Éducation nationale sera renforcée à compter de la rentrée 2019. » JM Blanquer a annoncé un renforcement des pouvoirs des Dasen qui auront donc plus d’autonomie vis à vis des recteurs.

« Nous ne supprimerons aucun rectorat, mais nous fusionnons des services – les services d’orientation, par exemple, dont les équipes pourront se déployer à Lyon comme à Clermont ou à Grenoble. Il arrivera à Grenoble ou Clermont-Ferrand d’abriter le siège d’un service régional ».

Alors qu’il annonce aussi sa décision de maintenir un seul recteur pour Caen et Rouen, JM BLanquer semble entretenir une certaine ambiguïté. S’il est acquis qu’il y aura bien 30 recteurs, les pouvoirs réels de chacun semblent dans le flou. Un budget mais pas de services ? Une autorité mais des Dasen autonomes ? Quel sera réellement le poids des recteurs ? Un poids plume ?

Au Sénat du 12 février

Ajustements du 11 février

Blanquer va t-il abandonner la réforme territoriale ?

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  Annick Coupé ancienne porte-parole de l’Union syndicale Solidaires et actuellement engagée dans Attac. Alors que le mouvement des Gilets Jaunes est en phase de dépasser les records de longévité du mouvement social en France, la CGT et Solidaires ont appelé à une journée de grève interprofessionnelle le 5 février. L’équipe du Fil a rencontré Annick Coupé pour discuter de l’avenir du mouvement syndical et social. }
  Pour le CDFN de la FSU, projet de société et mouvement syndical sont interrogés Texte voté au CDFN des 22 et 23 janvier.
Notre pays, comme beaucoup d’autres pays en Europe et dans le monde, traverse actuellement une crise profonde qui trouve ses origines dans la crise économique et sociale qui a explosé en 2008. Il s’agit aujourd’hui, d’une crise multiforme économique, sociale, culturelle, politique à laquelle s’ajoutent la crise climatique et ses conséquences. Les inégalités n’ont, depuis plusieurs années, cessé de se creuser. Le taux élevé de chômage ne se réduit pas et la précarité s’installe. Cette situation est accentuée par un dialogue social déficient dont la responsabilité incombe pleinement au gouvernement dans sa volonté de contourner les organisations syndicales représentatives.
  Emmanuel Macron face à une France pessimiste et divisee Pour mieux comprendre l’état d’esprit des Français, Ipsos a réalisé pour Challenges une grande enquête sur leur moral, leur perception de l’état du pays et leurs attentes. Quelles perspectives pour les Français ? Quels sont les grands sujets au cœur de leurs préoccupations ? Quel regard portent-ils sur le chef de l’État ?
  L’INSTITUT
  C’est une chance et un espoir. Qu’est-ce qui jette hors de chez eux chaque samedi des dizaines de milliers de personnes, malgré le froid, la fatigue et les risques sérieux encourus ?
Que manquait-il aux syndicats pour toucher et mettre ainsi en mouvement ces personnes, dont les revendications en matière de pouvoir d’achat et de démocratie rejoignent très largement les leurs ?
Peut-on se contenter de répondre par l’inégalité, certes évidente, de traitement médiatique ? Lire la suite
   » La formation est un sujet important que l’on porte à la FSU… » Stage « Formation continue : un enjeu syndical ? » – 31 janvier 2019. Intervention liminaire de Bernadette Groison, Secrétaire Générale de la FSU
« Je voulais être avec vous ce matin parce que la formation est un sujet important que l’on porte à la FSU, avec beaucoup d’insistance, à tous les niveaux : en demandes de formation, de plans de formation, d’amélioration de la formation. Parce qu’aujourd’hui il y a un vrai déficit de formation dans la Fonction publique, de manière globale. Lire la suite
  Une vraie alternative à l’enfermement des enfants La liberté Le Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocat.e.s de France, l’Observatoire International des Prisons organisent à Lyon le 15 février une conférence débat. Librairie Le Bal des Ardents 17 Rue Neuve 69001 LYON Lire la suite
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  En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic par Casilli L’essor des intelligences artificielles réactualise une prophétie lancinante : avec le remplacement des êtres humains par les machines, le travail serait appelé à disparaître. Si certains s’en alarment, d’autres voient dans la « disruption numérique » une promesse d’émancipation fondée sur la participation, l’ouverture et le partage. Lire la suite
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  AGENDA
  9 Février – 10 Mars Vacances de printemps – par zones.
  Jeudi 14 février à Lyon Bourse du travail Réunion de l’intersyndicale « Uni-es contre l’extrême droite »
  Vendredi 15 fév. 19h – 21h Conférence débat Une alternative à l’enfermement des enfants Librairie Le Bal des Ardents 17 rue Neuve 69001 Lyon
  PUBLICATIONS
  Regards Croisés N°28 ART
JOËL POMMERAT CIE LOUIS BROUILLARD Ça ira (1). Fin de Louis
DOSSIER
Obligation scolaire et droit à l’éducation
ENTRETIEN
Marc Bablet Lire la suite
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Un ouvrage qui se nourrit de nombreux témoignages d’agent.es de la fonction publique
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Loi Blanquer : JM Blanquer a-t-il vraiment abandonné la réforme territoriale ?

« Première victoire ! » « Bonne décision » : les syndicats saluent l’annonce de l’abandon de la suppression des rectorats faite par JM Blanquer lors du débat sur la loi Blanquer, le 31 janvier. Le ministre a précisé qu’il maintiendrait la trentaine de rectorats existants, qui devaient disparaitre début 2020, et les doterait même chacun d’un vice-chancelier. Mais ses propos, et ses silences, lors de la réunion de la Commission de l’éducation de l’Assemblée, donnent à penser qu’on est loin de l’abandon réel d’une réforme gouvernementale et qu’il ne faut pas tuer la peau de l’ours… Alors que la loi Blanquer arrive dans l’hémicycle le 11 février, les députés auraient intérêt à lever les ambiguïtés des réponses du ministre.

« Les académies ne fusionneront pas : une première victoire ! », écrit la Fsu dans un communiqué du 4 février. « Ce premier pas en arrière du ministre…. est une première victoire pour les personnels ». La FSU demande d’ailleurs son application immédiate à Rouen et Caen pourvues actuellement du même recteur. F Marchand, secrétaire général du Se Unsa, salue « une bonne décision » et regrette « le manque de considération » pour les personnels qui ont travaillé sur les schémas de réorganisation territoriale ». Il invite le ministre « à s’appuyer sur l’expertise des collègues ».

Qu’a dit exactement le ministre le 31 janvier ?

La loi sur l’école de la confiance prévoyait à l’article 17 d’accorder au gouvernement le droit de prendre des ordonnances sur la réforme territoriale de l’Education nationale. La Commission votera en faveur des ordonnances après avoir entendu JM Blanquer. Le ministre déclare qu’il oeuvre « pour que l’éducation nationale soit au plus près des territoires » et qu’il va « renforcer la proximité par la départementalisation en donnant plus de pouvoirs aux Dasen ». Il insiste sur le fait qu’il y aura « une nouvelle échelle infra régionale renforcée : la circonscription, le réseau d’établissements », pour une gestion des relations humaines de proximité et « des carrières plus personnalisées pour les personnels ». « C’est en vous écoutant que j’en suis arrivé à cette solution : on maintient tous les recteurs », lâche JM Blanquer. « J’ai compris les attentes ». Pour lui ce nouveau schéma « va permettre une plus grand efficacité ». Il précise qu’il y aura un recteur de région académique ayant autorité hiérarchique sur les autres recteurs et que les services des rectorats pourront être organisés au niveau des nouvelles régions.

Ce discours amène des réactions. P Hetzel (LR) qui avait soulevé la question par exemple de l’Alsace, « n’est pas rassuré ». Il demande de façon très précise au ministre de quelles allocations de moyens bénéficieront les 30 recteurs. « Budgétairement les 30 recteurs seront-ils décideurs ? » La question n ‘aura pas de réponse.

Une réforme soutenue par le gouvernement

Longtemps très centralisé, le système éducatif français s’est territorialisé depuis les lois de décentralisation, de 1982 jusqu’à la récente loi NOTR. En 2015, avec la naissance des nouvelles régions, l’Education nationale a fait exception en gardant ses anciennes académies. Mais elle les a chapeautées avec des « recteurs de région académique » correspondant aux 13 nouvelles régions métropolitaines. JM Blanquer a fait un pas supplémentaire. Un décret publié en novembre 2017 autorise un recteur de région académique à administrer plusieurs académies, légalisant une situation de fait en Normandie.

En mai 2018, le rapport Weil estime que le passage vers les 13 nouvelles  académies  » doit se faire selon des scénarios différents selon les régions académiques concernées et en tenant compte des contraintes spécifiques à chacune ». L’originalité du rapport est de proposer des scénarios concrets et datés de passage de 30 à 13 académies, en distinguant 4 régions d’étendue modeste, 4 plus étendues et enfin l’Ile de France. Dans les 4 régions d’étendue modeste (Bourgogne‐Franche‐Comté, Hauts‐de‐France, Normandie et Provence‐Alpes‐Côte d’Azur) , qui ne comptent que 5 ou 6 départements, le rapport considère que les personnels sont prêts à la fusion. Il invite les recteurs des régions académiques à élaborer un projet de fusion pour 2019 ou 2020, le projet devant être remis fin 2018. Dans les 4 grandes régions (Auvergne‐Rhône‐Alpes, Grand Est, Nouvelle‐Aquitaine et Occitanie),  » la mise en oeuvre de ce principe implique la conception de nouveaux modes de gouvernance pour maintenir ou renforcer, dans le nouveau cadre, le fonctionnement et la qualité de suivi indispensables ». Les scénarios vont varier selon les régions. Le rapport demande la création d’un vice chancelier des universités et d’un adjoint chargé de l’enseignement scolaire auprès de chaque recteur. En Ile de FRance,  » le recteur de la future académie de Paris-Île-de-France pourra prévoir de s’appuyer sur deux à trois adjoints, territorialisés ou non, qui pourraient être directeurs d’académie ou recteurs adjoints ». Dans toutes les académies, il est question de ne plus lier le Dasen à un département précis, le même Dasen pouvant gérer deux départements ou un territoire infra départemental selon les cas.

En juillet 2018, dans un entretien, JM Blanquer annonce qu’il avance la date de fusion des rectorats à 2020. En août 2018, c’est Edouard Philippe qui confirme l’accélération de la réforme territoriale.  » Les recteurs d’académie travaillent dès à présent pour faire émerger, au 1er janvier 2020, 13 académies correspondant aux 13 régions métropolitaines. Cette dynamique est notamment l’occasion d’imaginer une organisation de terrain renouvelée dans laquelle la gestion des ressources humaines de proximité prendra tout son sens ».

La gestion des enseignants au coeur de la question

Même si le rapport ne l’a pas dit, la principale justification de la réforme est dans les économies réalisées dans la gestion des personnels. Le rapport d’ailleurs annonce une totale régionalisation des personnels.  » Il est clair que la nouvelle organisation territoriale repose la question de la déconcentration de la gestion des ressources humaines dans des termes nouveaux. Au terme du processus que la mission préconise, les recteurs devront voir renforcer leurs compétences en matière de gestion de personnels avec la déconcentration au niveau académique de tous les actes de gestion, ce qui permettra à l’administration centrale de se consacrer exclusivement à ses tâches de conception, pilotage et régulation ». Mais le rapport sent venir les résistances. Il conseille « dans un premier temps, de ne pas remettre en question les circonscriptions académiques actuelles pour l’affectation des personnels » dans les grandes régions. Dans les petites l’intégration sera progressive.

Blanquer a-t-il vraiment abandonné la réforme ?

Alors que le gouvernement est accusé de sacrifier des pans entiers du territoire, notamment en matière scolaire, JM Blanquer a fait un pas en arrière le 31 janvier. Les 30 recteurs seront maintenus. Et les Dasen sortent rassurés et renforcés.

Pour autant la réforme ne semble pas remise en question sur le fond. Certes il y aura 30 recteurs. Mais de quels pouvoirs et de quel budget disposeront-ils ? Si JM Blanquer n’a pas répondu aux questions sur le budget, qui étaient tellement précises qu’il ne pouvait échapper à une réponse affirmative ou négative,  ce n’est pas par hasard. Le ministre a présenté une nouvelle architecture où les recteurs actuels sont mis en cage par une administration de l’éducation nationale qui sera pilotée et organisée au niveau de la région académique. Certes il y aura des services de l’Education nationale à Limoges ou Strasbourg. Mais ils pourraient bien prendre leurs ordres auprès du recteur de région académique (le recteur ayant autorité sur les 30 recteurs) et appliquer les décisions sur le territoire de la région académique. Ainsi l’action de l’Etat serait en harmonie avec celle des nouvelles régions. En dessous des 30 recteurs, les acteurs verraient leurs pouvoirs renforcés. Le Dasen , selon l’annonce de JM Blanquer. Et surtout les acteurs de proximité, circonscription, chefs d’établissement en charge par exemple de l’affectation des enseignants.

Plus que l’abandon de la réforme territoriale, le ministre semble avoir décidé de ne pas heurter une opinion mobilisée sur le maintien des services de proximité quitte à payer le prix symbolique du maintien de recteurs. Aussi, avant d’accorder au gouvernement le droit de faire ce qu’il veut sans consulter le parlement avec des ordonnances, il serait sage pour les députés de vérifier quelles sont ses intentions réelles et quels seront les pouvoirs et les budgets des 30 recteurs « maintenus ».

Vidéo : la commission le 31 janvier 2019

Blanquer  accélère la réforme

La réforme expliquée par E Philippe

Le rapport Weil

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Quatre syndicats franciliens manifesteront pour les salaires

La Cgt, FO, Solidaires et la FSU Ile de France appellent à manifester le 5 février pour la réindexation des salaires, des pensions et des retraites.  » Au moment où les actionnaires des entreprises du CAC 40 se voient verser en 2018 le montant record de 57,4 milliards €, où les entreprises bénéficient de 40 milliards € au titre du crédit impôt compétitivité emploi (CICE) et où l’évasion fiscale est évaluée entre 80 à 100 milliards €, l’heure est plus que jamais à la riposte interprofessionnelle pour obliger le gouvernement et le patronat à répondre à l’urgence sociale ». Le Snes Fsu national appelle à y participer.

Snes

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Appel à faire grève le 5 février

Pour rappel, la FSU de Loire Atlantique, dans le cadre de l’intersyndicale avec les UD CGT et Solidaires de Loire Atlantique, appelle à faire grève et à se mobiliser dans le cadre des différentes initiatives mises en place dans tout le département le mardi 5 février 2019.
Les différents rendez vous sont prévus comme suit : A Nantes 
– 10h00 : AG Educ à la gare de l’Etat salle C
–  puis pique nique devant la Cité des Congrès (en soutien aux agents des guichets et agences postales menacées de fermeture dont celle de Champ de Mars)
– 13h00: départ en manifestation de la Cité des congrès
A Saint-Nazaire
– 10h00 : rond-point rue Clément Ader / Bd des Apprentis. Soit blocage et manifestation, soit juste blocage, soit juste départ en manifestation)
A Châteaubriant
– 11h00 : Mairie
A Ancenis
– 10h00 tractage à la gare puis appel à rejoindre la manifestation nantaise

Syndicalement

Thierry Le Bihan ——————————————————————————–
SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
pour échanger entre adhérents du 44 : https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

La force du SNES repose sur ses adhérents. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer, c’est ici:
http://www.nantes.snes.edu/index.php/adhesion

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Les samedis, le 5 février et après : toutes et tous en lutte !

École Émancipée 3-4 minutes


Au moment où Macron entend reprendre la main sur l’actualité sociale via le grand débat national d’enfumage, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre la mobilisation. Les Gilets jaunes, depuis le mois de novembre, ont su porter des revendications de justices sociale et fiscale, de transition écologique, de répartitions des richesses. Ce mouvement, toujours soutenu majoritairement par la population, a déstabilisé le gouvernement en proposant des formes d’action nouvelles et en pointant du doigt les fractures présentes dans notre société. Les gains obtenus, même s’ils n’ont pas l’ampleur nécessaire, montrent bien qu’un gouvernement fragilisé est dans l’obligation de lâcher des mesures. Gouvernement dont les réponses sont aussi la répression policière avec son lot de manifestant.es mutilé.es, la volonté de limiter le droit à manifester …

Il est donc urgent que le syndicalisme de transformation sociale déclare sa solidarité avec ce mouvement et l’appuie par des journées de mobilisations, de grèves et travaille conjointement avec les Gilets jaunes pour obliger le gouvernement à arrêter sa politique libérale anti sociale, destinée aux plus riches. Comme il est urgent de participer des cadres unitaires contre les violences policières, l’usage des armes létales dans la gestion des manifestation et les restrictions au droit inaliénable de manifester. Ne rien faire en cette période serait une erreur politique grave et le syndicalisme aurait dû mal à conserver sa crédibilité.

C’est pour cela que la journée de grève interprofessionnelle du 5 février doit être la première étape d’un mouvement social d’ampleur, associant les Gilets jaunes qui le souhaitent. Elle doit déboucher sur des assemblées générales larges de salarié.es pour débattre des suites à donner à cette journée d’action, y compris en débattant de la reconduction du mouvement sous tous ses formes. Les mots d’ordre : justices fiscale et sociale, défense de la sécurité sociale et des retraites, garantie des services publics, augmentation des salaires et pensions, transition écologique, doivent permettre de rassembler une majorité de salarié.es et de construire une journée d’action massive.

Il est de la responsabilité de la FSU d’avoir un appel clair à la grève du 5 février et non pas seulement s’y associer en voulant une nouvelle fois faire un numéro d’équilibriste entre nos partenaires CGT Solidaires et le syndicalisme d’accompagnement pro-Macron. Nous devons construire des mobilisations, des tous ensembles. Faire apparaître les situations des métiers invisibilisés et sous rémunérés, nombreux dans les secteurs de l’éducation, de la culture, du social et de l’environnement, comme dans la santé… Mettre en avant le rôle des services publics dans la lutte contre les inégalités. Profiter de chaque occasion. : carte scolaire dans le 1er degré, DGH de collèges et lycées, menaces sur les services publics de proximité, plans sociaux dans les entreprises, … pour dire à quel point la vie que nous imposent les plus riches, à l’école, dans les services publics, dans tous les lieux de travail, sur toute le territoire, est insupportable. Alors, les samedis, le 5 février et après crions toutes et tous ensemble : Même Macron, même Combat ! 

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Loi Blanquer : le point après l’adoption en commission

Après trois jours de débats, quel texte de la loi Blanquer a été retenu par la commission de l’éducation de l’Assemblée ?  Fourre tout législatif au départ, la loi ressort enrichie et aussi beaucoup plus cohérente à l’issue des délibérations. C’est un véritable instrument d’évolution de l’Ecole qu’a écrit JM Blanquer et adopté la commission. Très présent dans les débats, le ministre a réussi à faire passer des idées qui concernent directement la vie des enseignants.

« C’est un combat que vous pourrez trouver don quichottesque mais c’est celui de toute ma vie ». JM Blanquer a mis beaucoup de lui dans les débats en commission, allant jusqu’à annoncer son départ :  » le ministre ne sera pas votre serviteur mais quelqu’un d’autre », lâche t-il le 30 janvier au soir. On trouve dans le texte une forte volonté de reprise en main de l’éducation nationale et aussi des changements structurels profonds.  Commençons par ceux qui affectent directement les enseignants.

Article 1 maintenu

Le maintien de l’article 1, quasi inchangé, marque cette volonté d’affirmer son autorité sur l’école.  » Dans le respect de la loi n° 83‑634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires , par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels.  » Le texte parait bien anodin et général et l’ajout du début de la première phrase renforce encore ces caractères. Mais l’étude d’impact de la loi, un document officiel remis aux parlementaires révélé par le Café pédagogique le 12 décembre, montre précisément la volonté d’utiliser cet article pour controler l’expression des enseignants sur les réseaux sociaux.

JM BLanquer avait promis une réécriture enlevant toute ambiguité. La rapporteure du projet également. Au final le texte est maintenu. Ce qui donne à penser que les intentions sont restées les mêmes. Plusieurs députés sont intervenus pour obtenir une autre rédaction en vain.

L’école du socle

Un autre point va impacter directement la vie des enseignants. Un amendement déposé par une élue de la majorité, C Rilhac, approuvé par le ministre, crée des « établissements des savoirs fondamentaux ». Ces écoles du socle réunissent en un seul nouvel établissement un collège et une ou des écoles. Le regroupement est décidé sans avis des enseignants et l’avenir des directeurs d’école n’est pas précisé si ce n’est que le principal du collège, qui devient le nouveau supérieur hiérarchique des enseignants des 1er et 2d degré, est doté d’un directeur adjoint.

La réforme territoriale

La réforme territoriale aura aussi des conséquences immédiates pour les enseignants. Le ministre a obtenu le droit de faire des ordonnances en ce domaine; Autrement dit il fera ce qu’il veut.  JM Blanquer a annoncé vouloir revenir sur la réforme prévue. Il va maintenir les rectorats actuels qui devaient disparaitre dans les mois à venir, avec des recteurs en titre. Mais, comme l’ont bien vu les députés Reiss et Hetzel (LR), il n’y aura pas de véritables recteurs. En effet la réforme présentée par JM Blanquer accorde un pouvoir hiérarchique au recteur de région académique sur les autres recteurs. Les services rectoraux seront réorganisés pour devenir ceux de la région académique , quelque soit la ville qui les abrite. Interrogé par M Hetzel, le ministre ne confirme pas que chaque recteur aura un budget. Les recteurs devraient avoir d’autant moins de pouvoir que le ministre va renforcer l’autorité des Dasen pour installer une gestion de proximité. L’échelle académique actuelle est certes maintenue, peut-être pour étouffer les inquiétudes. Mais la gestion se fera au dessus et en dessous de ce niveau par le recteur de région académique et les Dasen. Cela aura sans doute des conséquences directes sur les enseignants quand il s’agira de négocier des seuils d’ouverture ou des dédoublements, voire à terme décider les affectations.

Des expérimentations facilitées

L’article 8 modifie le régime des expérimentations , jusque là très encadrées par l’ancien article 34. Il portait deux craintes. La première c’est, qu’en supprimant l’ancienne réglementation, on facilite les expérimentations soutenues par le ministre comme Agir pour l’Ecole. Actuellement elles sont freinées car les enseignants peuvent utiliser le cadre del l’article 34. Aucun garde fou n’a été ajouté au texte ministériel et demain il sera beaucoup plus facile d’imposer les expérimentations. L’autre crainte touche l’annualisation puisque la loi permet d’expérimenter de nouvelles organisations des services enseignants. Le ministre a assuré que ce n’est pas son objectif. La commission a élargi les champs d’expérimentations en y ajoutant le role des parents dans l’école et les liaisons entre niveaux.

Les CDEN mis au pas

Le ministre a aussi fait adopter un article qui lui permet de modifier par ordonnance la composition des CAEN et CDEN, des assemblées « fastidieuses où on cultive les jeux de rôle » estime JM Blanquer.  Ces assemblées où les communautés éducatives pouvaient s’exprimer vont être reprises en main et modifiées dans leur composition au bon vouloir du ministre.

Evaluation des établissements

L’article 9 de la loi supprime le Cnesco et le remplace par un Conseil d’évaluation de l’école (CEE) dont le conseil est soumis au ministre. Ce conseil va évaluer tous les établissements. Des équipes d’inspecteurs, mais aussi d’usagers, feront une évaluation de chaque établissement tous les 5 ans. Les enseignants devront auparavant pratiquer une auto évaluation préparée par le CEE. Les résultats des évaluations pourront être publiés au gré du CEE. Ce système, tout droit importé des pays anglo saxons, devrait permettre un pilotage étroit des pratiques pédagogiques. Il renforcera la concurrence  entre établissements et les pressions sur les enseignants. Quant au Cnesco, dont les études sont appréciées des enseignants, le ministre s’est engagé à le transformer en chaire universitaire au Cnam et à lui maintenir 7 emplois. Mais ces emplois seront apparemment gérés par des opérateurs de l’éducation nationale. L’avenir du Cnesco n’est toujours pas assuré.

L’instruction obligatoire à 3 ans et ses conséquences

Cette mesure présidentielle est à l’origine de la loi. Dès la rentrée 2019 les enfants âgés de 3 ans et plus devront recevoir une instruction. Cela concerne seulement 24 000 enfants non encore scolarisés. La loi parait simple mais trois problèmes sont apparus très rapidement. D’abord elle va concerner 7000 enfants de Mayotte et Guyane, deux départements où on n’arrive déjà pas à scolariser les plus de 6 ans. La rapporteure a du admettre que l’application demanderait plusieurs années dans ces territoires. Ensuite la rapporteure a du déposer un amendement pour sauver les jardins d’enfants ruinés par la mesure. Cela n’avait pas été prévu dans la loi mais la commission a ajouté un délai d’application de la loi. Enfin la loi prévoit une compensation financière pour les communes. Mais celle ci n’est pas clairement définie. L’étude d’impact de la loi évalue à 120 à 150 millions (dont 50 pour le privé sous contrat) le coût de cette scolarisation. Mais on ne sait ni sur quelles dépenses portera la compensation (comprend-elle les atsems ?), ni quelles communes en bénéficiera ? (le gouvernement ne veut n’en faire bénéficier qu’un tiers des communes). Ce qui est certain c’est que les villes devront payer les maternelles privées dès 2019 et n’auront pas de remboursement d’ici 2021. Entre les deux il est à craindre que le budget des écoles primaires publiques soit impacté…

La création d’écoles internationales

La loi prévoit la création d’établissements publics internationaux (EPLEI) préparant les diplomes internationaux et largement dérogatoires aux programmes et règles françaises. Ces établissements visent une clientèle internationale. La loi invite les recteurs à veiller à la mixité sociale dans ces établissements. Mais ils pourraient bien dès la maternelle accaparer les enfants des classes privilégiées et diminuer ainsi la mixité sociale autour d’eux. Un amendement interdit aux entreprises d’obtenir des avantages en échange de dons à ces EPLEI. On craint que des entreprises achètent des places pour leurs cadres.

La réforme de la formation

Là aussi  la volonté de mise au pas est claire. Les Espe sont remplacées par des Inspe dont les directeurs sont nommés par le ministre selon une liste officielle.  Les députés ont accepté de rendre obligatoire un référentiel de formation sans en connaitre le contenu. C’est le ministre qui décidera ce que sera la formation dans son contenu pédagogique et qui l’appliquera.

Le projet de loi est donc marqué par l’autoritarisme de JM BLanquer et sa volonté de reprendre en main l’éducation nationale. Il est aussi très imparfait techniquement : le texte a plusieurs articles fragiles sur le plan juridique (article 1, article 3 par exemple) . Il a été adopté en commission le 31 janvier. Il lui reste à passer en séance de l’Assemblée. Ce sera le 11 février. De nombreux amendements ont été déposés en commission (plus de 600) et beaucoup ont été écartés. On pourrait avoir des surprises. Beaucoup pourraient réapparaitre le 11 février. Par exemple celui qui souhaite soumettre la réforme territoriale au Conseil national du tourisme (AC468) ou cette quarantaine de députés Modem qui ne veulent pas du bien aux services centraux du ministère (AC224)…

Texte de la commission

La première journée

La seconde journée

Sur l’article 1

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La FSU demande à Emmanuel Macron la suspension de la réforme des services publics

« Promettre  aux  Françaises  et  aux  Français  de  supprimer des emplois, alors que tant de besoins sont encore à satisfaire, c’est surtout porter un mauvais coup aux conditions de vie de chacune et chacun, aux conditions de travail des agent-e-s public-que-s, à l’économie du pays ». Dans une lettre ouverte à E Macron datée du 30 janvier, la FSU lui demande de suspendre le projet de loi pour la réforme de l’Etat.

 » L’absence de référence dans votre lettre à la question du pouvoir d’achat surprend tout autant qu’elle inquiète la FSU. Ce sujet est une préoccupation majeure des plus de 5 millions d’agent -e-s de la Fonction publique et il est aussi aujourd’hui au cœur du mouvement social qui s’exprime », écrit Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fsu, dans une lettre au président de la République. « Ne pas l’évoquer, ne pas  chercher à y répondre serait une grave erreur. Cette question du pouvoir d’achat, la FSU la porte avec force depuis de trop longues années. Votre gouvernement a pris un certain nombre de mesures négatives qui ont dégradé la situation des agent-e-s: gel de la valeur du point d’indice, mauvaise compensation de la CSG, rétablissement de la journée de carence, absence de négociations salariales… La FSU n’a eu cesse de vous alerter sur les conséquences néfastes de cette politique et sur la colère légitime qu’elle pouvait engendrer toute génération confondue. Et ce ne sont pas les quelques primes distribuées ici ou là qui régleront la question ».

Elle relève que l’organisation de l’Etat et de services publics fait partie des questions du Grand débat.  » Le  statut  est  un  des  piliers  de  la  continuité  de  la  Fonction  publique,  un  facteur  essentiel  de  stabilité.  De part  l’équilibre  entre  droits  et  obligations  qu’il  constitue,  il  représente  d’abord  l’assurance  pour  les usager-e-s  d’être  traité-e-s  de  manière  impartiale  et  protège  les  fonctionnaires  des  pressions  qu’ils pourraient subir dans l’exercice de leurs fonctions, dans l’application des politiques publiques. C’est une digue très efficace contre les phénomènes de corruption ou de clientélisme. Pour la FSU, le choix est clair entre la loi et le contrat, elle choisit la loi. D’où notre désaccord profond avec le nouveau contrat social pour  les  agents  publics que  vous  proposez  et  qui  vise  à  accroître  le  recours  au  contrat  contre  des recrutements statutaires. Pour  la  FSU,  le débat sur l’organisation de l’Etat  et  des  services  publics  doit  aussi  se  mener  avec  les organisations  syndicales  représentatives  des  agent-e-s  de  la  Fonction  publique.  Et  la  FSU  ne  comprend pas  comment  vous  comptez  prendre en  compte  ce  qui  se  dirait  dans  ces  débats  alors  que  vous  dites maintenir le calendrier du projet de loi pour la réforme de l’État. C’est pourquoi la FSU vous demande la suspension de ce projet de loi et l’ouverture de négociations dans la Fonction publique ».

La lettre

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Communiqué de presse appel au 5 février

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Les personnels administratifs et techniques du rectorat et de la DSDEN 44 sont aussi touchés

Nous perdons 14 postes sur l’académie. Nous referons une action au rectorat mardi pour une AG desd personnels et déposer notre motion au Recteur avant de rejoindre la manif à 13h. après un 1er rassemblement à 80 collègues jeudi dernier 24/01 sur le temps de midi et une motion votée à la signature, nous nous sommes rassemblés ce midi à  presque 100 collègues pour refaire une AG et collecter les signatures de la motion votée. Nous avons recueilli 260 signatures contre les suppressions de postes et pour l’augmentation des salaires. Nous avons voté une nouvelle motion qui appelle à la grève mardi prochain, avec une nouvelle AG et un courrier au recteur pour une demande d’audience. Nous allons également transmettre la motion ci-dessous à la presse. Nous, la centaine de personnels du Rectorat et de la DSDEN 44 réunis en assemblée ce jeudi 31 janvier, soutenons toutes les initiatives permettant d’engager le rapport de force, afin de gagner sur les revendications : • Maintien des 14 postes dont la suppression est annoncée à la rentrée prochaine et création de tous les postes nécessaires au bon fonctionnement des services ; • Augmentation des salaires par la revalorisation du point d’indice, 300 € nets mensuels tout de suite pour commencer ; • Le remplacement immédiat des personnels absents ; • Le renforcement significatif du pôle remplacement par la titularisation des contractuels. A cet effet, nous soutenons les appels à mobilisation du 5 février (grève interprofessionnelle) et du 7 février (montée des fonctionnaires à Matignon, là où ça se décide). Nous appelons les personnels à se réunir le mardi 5 février à 10 heures devant l’entrée principale du Rectorat, bâtiment H1, pour décider ensemble des suites à donner à notre action pour gagner. Motion soutenue par la CGT Educ’Action et le SPASEEN-FO et adoptée à l’unanimité des personnes présentes

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Appel à l’acte XII et au 5 février

La FSU de Loire Atlantique, dans le cadre de l’intersyndicale avec les UD CGT et Solidaires de Loire Atlantique,  appelle à faire grève et à se mobiliser dans le cadre des différentes initiatives mises en place dans tout le département le mardi 5 février 2019. Cette journée de grève s’inscrit dans le calendrier des mobilisations qui depuis le mois de novembre déstabilisent un gouvernement cramponné à des réformes qui n’ont fait qu’aggraver les inégalités.

Le communiqué de presse est en cours de finalisation. Nous vous le ferons parvenir dès qu’il sera validé par les 3 OS.

Les différents rendez vous sont pour le moment prévus comme suit : A Nantes 
– dès 5h00 du matin : blocage de la zone économique aéroportuaire
– 11h00 : pique nique devant la Cité des Congrès (en soutien aux agents des guichets et agences postales menacées de fermeture dont celle de Champ de Mars)
– 13h00: départ en manifestation de la Cité des congrès
A Saint-Nazaire
– 10h00 : rond-point rue Clément Ader / Bd des Apprentis. Soit blocage et manifestation, soit juste blocage, soit juste départ en manifestation)
A Châteaubriant
– 11h00 : Mairie
A Ancenis
– 10h00 tractage à la gare puis appel à rejoindre la manifestation nantaise

L’UD FO appellera aussi à la grève et à rejoindre la manifestation prévue par l’intersyndicale FSU CGT le 5 février mais sur son propre appel.

La FSU de Loire Atlantique a également proposé aux UD CGT et Solidaires de s’associer à l’acte 12 du mouvement dit des Gilets jaunes, afin de maintenir le lien construit avec eux et d’inscrire cette date dans le rythme des mobilisations. Cette proposition a été reçue positivement et elle reste à construire avec l’AG des Gilets Jaunes nantais selon des modalités permettant à nouveau de respecter l’indépendance et la libre décision de chacune des organisations.

Syndicalement

Catherine Tuchais ——————————————————————————–
SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
pour échanger entre adhérents du 44 : https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

La force du SNES repose sur ses adhérents. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer, c’est ici:
http://www.nantes.snes.edu/index.php/adhesion

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Le gouvernement confirme la suppression de 120 000 fonctionnaires

Selon Ouest France, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des comptes publics, O. Dussopt, a confirmé l’objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat sur BFM. Sur ces 120 000, 50 000 seront pris dans les fonctionnaires d’Etat. Un projet de loi sur la fonction publique sera présenté en mars. L’accalmie dans les réformes installée depuis novembre semble terminée.

Sur Ouest France

La réforme expliquée par E Philippe

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Loi Blanquer : impréparation et autoritarisme

Au fur et à mesure que la commission de l’éducation avance dans l’étude du texte de la loi Blanquer, ses caractéristiques se dégagent. Le maintien de l’article 1 le 30 janvier a déjà envoyé un signal fort aux enseignants. L’étude des articles 3 à 9 le 31 janvier, a montré un fort niveau d’impréparation dans la rédaction du projet de loi. Par exemple, un point aussi important que le financement de la scolarisation à 3 ans reste dans un flou qui ne peut pas être durable. Le contrôle des enfants de 3 ans instruits chez eux reste aussi à inventer. L’étude de l’article 9 sur l’évaluation du système éducatif est marqué par les très fortes réticences de la majorité et du ministre à donner un peu d’indépendance à celle-ci. La loi a encore un dernier trait : la création des établissements internationaux a levé un tabou. Dans la foulée les députés ont adopté la création inattendue d’écoles  du socle regroupant école et collège.

Des mesures mal préparées

« La décision a été prise mais en a t-on tiré toutes les conséquences ? » La remarque de M Hetzel (LR)  va se révéler très judicieuse au fur et à mesure que la commission de l’éducation de l’Assemblée va avancer dans l’étude de l’article 3 d el aloi Blanquer, celui qui impose l’instruction obligatoire à 3 ans. Si la mesure ne concerne que très peu d’enfants (26 000) , elle a d’importantes conséquences financières.

En effet elle impose aux communes l’obligation de financer les maternelles privées sous contrat. Or il apparait vite qu’on ne sait pas exactement quelles sont les obligations des communes et que cet article constitue dans tous les cas « un réel cadeau à l’enseignement privé » comme le disent les députés Larive (LFI) et Faucillon (GRD). La droite s’en féliciterait mais elle démontre que la loi a été mal préparée. L’Etat envisage de compenser les dépenses que pour les communes qui ne payaient pas jusque là pour les écoles maternelles privées. Or cela crée un « risque juridique » (R Juanico PS) du fait de l’inégalité entre communes.

La compensation que l’Etat devra verser aux communes se situe entre 120 et 150 millions dont une cinquantaine ira au privé. Pour certaines villes l’application de la loi va peser lourd : 10 millions pour Paris, 1 million pour Villeurbanne par exemple. Ce sont des sommes à avancer car au mieux le remboursement est attendu (sauf complications juridiques) en 2021.

Enfin il y a le prix politique. Puisque l’Etat va financer le privé, R Juanico demande une contrepartie : des engagements pourla mixité sociale dans le privé. Mais le ministre n’est pas sur cette longueur d’onde.

Après que cet article 4 soit adopté, la majorité dépose un amendement pour régler un problème auquel la loi n’avait pas pensé : le devenir des jardins d’enfants. L’amendement donne un délai pour que ces structures abandonnent les enfants de 3 ans.

L’article 5 prévoir de renforcer le contrôle de l’instruction en famille. Mais il apparait que le lien avec l’article précédent n’a pas été fait : comment vérifier qu’une bonne instruction est donnée à des enfants de 3 ans ? G Pau-Langevin propose un régime d’autorisation préalable pour l’instruction à domicile qui est rejeté par la majorité. La seule avancée c’est un amendement permettant aux maires de saisir le procureur s’il a connaissances d’enfants laissés sans instruction.

L’oubli de l’école inclusive

Apparait alors un autre oubli de la loi : elle ne traite pas du tout de l’école inclusive. L’opposition s’en empare avec des échanges assez rugueux avec la majorité. L’homme du jour c’est A Pradié (LR) , passablement énervé par le jeu de la majorité. Il l’accuse de bloquer des amendements LR pour les reprendre à son compte dans un nouveau texte qui sera proposé dans quelques jours ! En attendant il soulève de vrais lièvres : la multiplication des ULIS en 2019 alors que le budget reste le même u le développement de l’aide mutualisée aux dépens de l’aide individuelle.

De nouveaux établissements pour qui ?

L’article 6 traite des établissements publics internationaux (EPLEI) que le gouvernement veut créer. Ces structures nouvelles, dérogatoires devraient accueillir les expatriés de la City après le Brexit et sans doute bien d’autres privilégiés. Pour M Larive (LFI) ils permettent « un enseignement à part pour des élèves triés sur le volet ». Les élus de droite sont pour et la gauche est réunie contre. La majorité soutient la mesure. JM Blanquer essaie de convaincre qu’avec les EPLEI « on tire le système éducatif vers le haut ».  La majorité cède une concession : un amendement de la rapporteure prévoit que le recteur affecte les élèves et qu’il doit veiller à la mixité sociale. Mais l’entrée dans ces établissements se fera sur des critères scolaires tels qu’ils seront de facto réservés à des enfants favorisés. Dans certains établissements, l’EPLEI ce sera des classes àpart, socialement très marquées. Un autre amendement précise que les dons et legs ne doivent pas donner lieu à contreparties. Il s’agit d’empêcher les entreprises d’acheter des places pour leurs cadres. On verra si ces mesures sont efficaces.

L’école du socle

Du coup, l’adoption des EPLEI ouvre des horizons à la majorité. Un amendement de la députée LREM C. Rilhac propose de créer un autre nouveau type d’établissement : les « établissements publics des savoirs fondamentaux ». Il s’agit de créer des écoles du socle regroupant collège et écoles dans un même établissement dirigé par un principal et un directeur adjoint. Ils sont créés par le représentant de l’Etat sur proposition du département et des communes concernées. On attend de ces structures une taille qui facilite la gestion et la pédagogie. C’est aussi présenté comme une solution au problème des directeurs d’école. Avec les EPLEI et les EPSF , JM Blanquer commence à changer l’organisation du système en profondeur.

L’article 8 concerne les expérimentations dans le système éducatif. Cet article portait deux craintes. La première c’est en supprimant la réglementation de l’article 34 de faciliter l’entrée dans l’école des expérimentations soutenues par le ministre comme Agir pour l’Ecole. Aucun garde fou n’a été ajouté au texte ministériel et le problème reste entier. L’autre crainte touchait l’annualisation puisque la loi permet d’expérimenter de nouvelles organisations des services enseignants. Le ministre a assuré que ce n’est pas son objectif. La commission a élargi les champs d’expérimentations en ajoutant le role des parents dans lécole et les liaisons entre niveaux.

L’évaluation sous contrôle

L’article 9 est peut-être le plus important. Il prévoit la suppression du Cnesco et son remplacement par un Conseil d’évaluation de l’école (CEE). L’opposition droite et gauche s’est opposée à la suppression du Cnesco. Et toutes deux elles ont posé la question de l’indépendance du CEE.

Pour E Faucillon, le remplacement du Cnesco par le CEE montre « une volonté de reprise en main qu’on retrouve dans l’article 1 ». Mais JM Blanquer se dit « estomaqué par le malentendu » car il ne veut pas supprimer le Cnesco mais le transformer. Poussé avec constance par R Juanico, JM Blanquer lache qu’il prépare une chaire au CNAM pour le Cnesco où « il sera encore plus indépendant ». Quant aux moyens dont dispose le Cnesco (350 000 € et 7 emplois) , il finit par dire qu’il y aura des transferts de moyens vers la chaire . « Les moyens humains seront reliés à certaines instances de l’éducation nationale » explique le ministre, ce qui donne à penser qu’ils seront sous controle ministériel.

L’autre question était l’indépendance du futur CEE qui doit être confié à un conseil composé de 4 parlementaires, 4 personnalités nommées par le ministre et 4 représentants du ministre. Le ministre ayant en plus un droit de veto sur le programme du CEE.

Là aussi il faut des trésors d’argumentation pour faire passer l’idée que l’indépendance est absolument nécessaire à une instance d’évaluation de l’école car pour le ministre c’est curieusement un point tout à fait secondaire.

Au bout du compte la majorité accepte un amendement de R Juanico qui retire le droit de véto ministériel  sur le programme du CEE. Un amendement de Mme Tamarelle Verhaeghe fait passer de 4 à 6 le nombre de personnalités, desserrant un peu l’influence ministérielle.

Une loi mal conçue

L’analyse des amendements repoussés montre la façon dont le ministre et la majorité voit l’Ecole. Le futur CEE est un comité maison où toute nomination externe est perçue comme dangereuse. Il s’intéresse aux évaluations maison. Il pilote les évaluations maison. Finalement, comme pour l’article 1, faut-il vraiment une loi pour un tel organisme ? Le cheminement législatif de la loi Blanquer ne fait vraiment que commencer…

La première journée

Le texte de la loi

Sur l’article 1

La loi en 20 articles

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L’article 1 de la loi Blanquer maintenu

Réunie pour examiner la loi Blanquer sur l’école de la confiance, la commission de l’éducation de l’Assemblée nationale a maintenu intégralement la rédaction de l’article 1 en ajoutant simplement un rappel de la loi de 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires. Alors que le ministre et la rapporteure avaient déclaré souhaiter une nouvelle rédaction, alors surtout que de nombreux enseignants ont réagi à cet article, le maintien de l’article 1 confirme l’autoritarisme de la majorité envers les enseignants.

L’article 1 adopté

« Je n’ai aucun problème à faire évoluer l’article 1… Je vais le faire évoluer pour lever le malentendu ».  Le 8 janvier sur France Culture le ministre avait redit son intention de réécrire l’article 1 du projet de loi sur l’école de la confiance. La rapporteure du projet, AC Lang, avait annoncé qu’elle proposerait un nouveau texte là aussi pour lever toute ambiguïté.

Ce n’est pourtant pas comme cela que cela s’est passé. Le 29 janvier, la commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée a adopté l’ amendement 640 (le dernier de la liste) déposé par AC Lang qui se limite à ajouter à l’article à l’alinéa 2  » Dans le respect de la loi n° 83‑634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, ». A nos yeux ce maintien d’un texte accusé de vouloir empêcher l’expression des enseignants confirme cette analyse et la volonté ministérielle de dresser les enseignants.

Les tentatives pour le supprimer

Le 29 juillet la commission de l’éducation de l’Assemblée a entamé un marathon législatif pour étudier la loi sur l’école de la confiance déposée par JM Blanquer. Les députés doivent examiner pas moins de 500 amendements. Et l’étude du texte débute avec l’article 1

Ou plutot avec trois amendements demandant sa suppression déposés par des élus de gauche. Elsa Faucillon (GDR -PC) voit dans l’article 1 « l’idée d’une reprise en main forte  » et « une mesure d’exception pour les fonctionnaires de l’école publique ». « On serre la vis » résume-t-elle. Michel Larive (LFI) critique une formulation maladroite et  curieuse. G Pau Langevin (PS) est inquiète à la lecture de l’étude d’impact de la loi. Elle demande la suppression car elle n’est aps sure que la nouvelle formulation permettra de lever ses réserves.

C’est bien vu ! Car la rapporteure ne voit dans l’article que le renforcement de la confiance et du respect mutuel entre les acteurs de l’école. JM Blanquer affirme n’avoir « aucune intention de faire évoluer la liberté d’expression » des enseignants, n’est « pa s gêné par une nouvelle rédaction ». Mais il s’indigne qu’on puisse demander le retrait de l’obligation d’exemplarité des enseignants. « J’ai toujours été fier d’avoir des droits et des devoirs. Mes devoirs ne me posent pas de problèmes ».

Les amendements de retrait de l’article sont écartés par la commission (où LREM est majoritaire) et la rapporteure propose son propre amendement 640. Pour elle ajouter la référence à la loi de 1983 « permet le maintien de l’article 1 ». Son amendement est adopté.

Quel danger dans l’article 1 ?

En fait la rédaction de l’article 1 semble bien anodine. Il demande d’insérer un article L. 111-3-1 dans le Code de l’éducation ainsi rédigé :  » Art. L. 111-3-1 – Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels.  » Mais l’étude d’impact de la loi, un document légal réalisé par le ministère pour l’Assemblée, éclaire cet article d’une façon non ambigue, comme nous le signalions le 12 décembre.

 » Le Gouvernement souhaite inscrire, dans la loi, la nécessaire protection de ce lien de confiance qui doit unir les personnels du service public de l’éducation aux élèves et à leurs familles. Compte tenu de son importance, il serait en effet déraisonnable de s’en tenir à une simple consécration jurisprudentielle », explique l’étude d’impact. « Les dispositions de la présente mesure pourront ainsi être invoquées, comme dans la décision du Conseil d’Etat du 18 juillet 2018 précédemment mentionnée, dans le cadre d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public ».

L’arrêt en question avait annulé la décision d’une cour administrative d’appel  qui était revenue sur la révocation d’un enseignant condamné avec sursis pour agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans. Pour chasser cet enseignant du métier , le Conseil d’Etat a argué de  » l’exigence d’exemplarité et d’irréprochabilité qui incombe aux enseignants dans leurs relations avec des mineurs, y compris en dehors du service » et de l’importance de l’atteinte portée  » à la réputation du service public de l’éducation nationale ainsi qu’au lien de confiance qui doit unir les enfants et leurs parents aux enseignants du service ».

La volonté de faire taire les profs sur les réseaux sociaux

Le projet de loi Blanquer exploite cet arrêt dans un tout autre domaine. Il ne s’agit plus de délinquant sexuel condamné mais de n’importe quel prof. Il ne s’agit plus de la violation perverse de la relation pédagogique mais du lien d’obéissance au ministre.  En s’appuyant sur cet article le ministre veut pouvoir sanctionner ce qu’il n’arrive pas à punir actuellement.

L’étude d’impact le confirme en donnant des exemples très clairs. « Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront à dénigrer auprès du public par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire. Ces dispositions pourront également être utilement invoquées par l’administration dans les cas de violences contre les personnels de la communauté éducative ou d’atteintes au droit au respect de leur vie privée, notamment par le biais de publications sur des réseaux sociaux ».

Ainsi toute critique portée par un enseignant sur l’institution pourrait avec cet article 1 être légalement sanctionnée par une révocation. Ce que poursuit le ministre c’est la généralisation du devoir de réserve qui concerne aujourd’hui les seuls cadres du système éducatif ou des cas bien particuliers. Les violences tout comme la diffamation sont déjà punis par la loi. Le devoir de réserve peut être invoqué pour des enseignants qui feraient campagne contre l’institution (et non contre un responsable politique). Or la liberté de parole des enseignants est nécessaire à l’exercice du métier. Ils doivent éthiquement privilégier l’intérêt de l’élève avant celui de l’institution. Ils doivent pouvoir exercer librement un droit de critique sur le fonctionnement de l’institution.

L’ajout par l’amendement 640 du rappel de la loi de 1983 ne change rien à la portée du texte. Cette loi existait avant la rédaction du projet d e loi. La rappeler ne change pas le nouveau texte.

C’est d’ailleurs ce qu’a compris tout de suite Elsa Faucillon. « Celles et ceux qui ont vu (dans l’article 1) une forme d’exception faite pour les enseignants  risquent de ne pas voir en quoi cette redondance modifie ce qu’il y a après ».

L’adoption de l’article par la commission ne fait que préparer le texte sur lequel les députés vont travailler lors de l’examen de la loi. Le texte va suivre le chemin normal d’une loi avec de nouvelles possibilités de débats et d’amendements. Mais ce qui ressort de la soirée du 29 janvier, c’est que le ministre et la majorité pensent qu’ils peuvent imposer cet article 1 tel quel. L’application de cet article va dépendre de la capacité des enseignants qui s’y opposent à convaincre les députés à faire machine arrière.

Offensive conservatrice

Les débats sur le projet de loi Blanquer ont continué. Les députés LR ont tenté de faire inscrire dans le texte de nombreux amendements sur des thèmes très conservateurs. L’uniforme obligatoire a été à nouveau proposé par le député Maxime Minot, défendu par P Hetzel et X Breton. La députée B Kuster (LR) a demandé qu’en plus de l’uniforme on chante la Marseillaise à l’école. P Hetzel a défendu à travers de nombreux amendements la thèse de la prééminence des familles sur l’école. Ainsi il a demandé que les programmes d’EMC soient revus pour que la famille garde la main sur l »éducation des enfants. Il a tenté de limiter le contenu du socle. Le summum a été atteint quand le X Breton, combattant l’éducation sexuelle à l’école, a déclaré : « quand il n’y avait pas d’éducation sexuelle il y avait moins d’attaques sexuelles », donnant nettement à pesner que celle ci , « trop physique », incite les enfants à la débauche. P Hetzel réfute le terme de « co éducation ». Cela ne l’empêche pas de demander de rendre obligatoire l’éducation à l’entrepreneuriat.

Un autre débat a lieu quand G Pau Langevin et M Larive (LFI) demandent à travers deux amendements qu’en échange du financement des écoles maternelles du privé grâce à la loi Blanquer , celles ci soient obligées à davantage de mixité sociale. Ces amendements seront rejetés.

La gauche fait passer un amendement sur le droit de tous les enfants à l’école

G Pau Langevin aura plus de chance avec un autre amendement. A propos de l’article 2 sur l’obligation d’instruction à partir de 3 ans, elle fait préciser que celle ci concerne les enfants de tous les sexes , français et étrangers. Malgré l’hostilité de la rapporteure, pourtant auteure d’une proposition de loi qui devait garantir la scolarisation de tous les enfants, l’amendement est adopté par la commission. L’article 2 est adopté vers 1 heure du matin.

A l’issue de cette première journée d’étude du texte, le ministre a réussi à maintenir l’article le plus controversé de sa loi. Réussira-t-il à faire passer la suppression du Cnesco, la possibilité d’annualiser les services des enseignants, l’ouverture aux expérimentations proches du ministre et une réforme des Espe qui vise à les mettre elles aussi au pas ? L’étude du texte continue le 30 janvier…

Café Pédagogique

Le texte de la loi

L’amendement 640

L’amendement Pau Langevin

L’étude d’impact

Notre article du 12 décembre

L aloi en 20 articles

Loi Blanquer : craintes confirmées

La loi Blanquer : Dossier

Non scolarisation : le scandale de Chilly Mazarin

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communiqué FSU appel à la grève et à la mobilisation le 5 février

La FSU de Loire Atlantique, dans le cadre de l’intersyndicale avec les UD CGT et Solidaires de Loire Atlantique,  appelle à faire grève et à se mobiliser dans le cadre des différentes initiatives mises en place dans tout le département le mardi 5 février 2019. Cette journée de grève s’inscrit dans le calendrier des mobilisations qui depuis le mois de novembre déstabilisent un gouvernement cramponné à des réformes qui n’ont fait qu’aggraver les inégalités.

Le communiqué de presse est en cours de finalisation. Nous vous le ferons parvenir dès qu’il sera validé par les 3 OS.

Les différents rendez vous sont pour le moment prévus comme suit : A Nantes 
– dès 5h00 du matin : blocage de la zone économique aéroportuaire
– 11h00 : pique nique devant la Cité des Congrès (en soutien aux agents des guichets et agences postales menacées de fermeture dont celle de Champ de Mars)
– 13h00: départ en manifestation de la Cité des congrès
A Saint-Nazaire
– 10h00 : rond-point rue Clément Ader / Bd des Apprentis. Soit blocage et manifestation, soit juste blocage, soit juste départ en manifestation)
A Châteaubriant
– 11h00 : Mairie
A Ancenis
– 10h00 tractage à la gare puis appel à rejoindre la manifestation nantaise

L’UD FO appellera aussi à la grève et à rejoindre la manifestation prévue par l’intersyndicale FSU CGT le 5 février mais sur son propre appel.
La FSU de Loire Atlantique a également proposé aux UD CGT et Solidaires de s’associer à l’acte 12 du mouvement dit des Gilets jaunes, afin de maintenir le lien construit avec eux et d’inscrire cette date dans le rythme des mobilisations. Cette proposition a été reçue positivement et elle reste à construire avec l’AG des Gilets Jaunes nantais selon des modalités permettant à nouveau de respecter l’indépendance et la libre décision de chacune des organisations.

Syndicalement

Catherine Tuchais

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La loi Blanquer doit tirer la leçon des CP dédoublés

Alors que l’Assemblée va examiner les articles de la loi Blanquer qui comprend la création d’un nouveau conseil de l’évaluation de l’Ecole, l’épisode des résultats des CP dédoublés démontre qu’on ne peut pas confier l’évaluation du système éducatif à un conseil dépendant du ministère. Cet épisode cumule les fautes : des résultats qui ne reposent sur aucune étude scientifique publiée, des affirmations qui ne s’appuient que sur le vent et surtout une communication qui claironne le contraire de ce que les données disent. Tout ceci doit amener les députés à modifier en profondeur le texte de la loi Blanquer sur son principal point : la création d’un service d’évaluation du système éducatif dépendant du ministre.

Dédoublement : « un effet très significatif »

 » C’est un résultat très bon… Les élèves concernés ont fait des progrès importants. On a réussi à monter le niveau de ceux qui sont dans la plus grande difficulté ». Sur TF1 le 23 janvier, JM Blanquer en personne est venu pour présenter les premiers résultats des CP dédoublés au journal télévisé. Il a vanté les progrès des élèves en français et en maths.

Un peu avant l’entourage du ministre, C Kerrero, son directeur de cabinet, F Rosenwald, directrice de la Depp et JM Huart, directeur de la Dgesco, ont eux aussi commenté ces résultats. C Kerrero parle de « premier grand jour » pour le ministère. « L’effet du dédoublement est statistiquement très significatif », affirme F Rosenwald.

C’est aussi ce que dit le dossier de presse du ministère.  » Les premiers résultats du dédoublement des CP en REP+ sont positifs…  Les objectifs de la mesure de dédoublement des classes étaient aussi l’amélioration du climat scolaire dans les classes ; l’amélioration des conditions de travail des professeurs ; la personnalisation accrue des pratiques d’enseignement ; le renforcement des formations et de l’accompagnement des professeurs. L’étude de la DEPP établit que ces objectifs ont été atteints. L’évaluation de l’impact du dédoublement sur les compétences des élèves indique que l’effet est de 8 % d’écart-type en français et de 13%  en mathématiques, en faveur des élèves de REP+, par rapport au groupe témoin. Cet effet est donc statistiquement très significatif « . Propos qui seront repris ensuite dans un communiqué gouvernemental.

Des affirmations sans preuves

Or cet épisode illustre parfaitement les dérapages à craindre si l’évaluation de l’Ecole tombait, comme le demande la loi Blanquer , dans les mains d’un conseil placé entre les mains du ministre.

Il faut d’abord signaler que le ministère s’exprime alors qu’aucune étude scientifique n’a été publiée. Le dossier de presse parle de l’évaluation, d’un échantillon composé de 15 000 élèves, d’une enquête auprès d’enseignants, sans qu’on n’ait aucun élément pour savoir comment les échantillons sont composés ou quels élèves sont concernés par ces progrès. La confusion est entretenue entre une étude scientifique dont on parle, voire dont on mime les résultats, et le communiqué de presse. L’étude scientifique, qui devrait être la base de la communication, n’est pas publiée. On parle donc sur du vide. Et ce n’est probablement pas par hasard comme on le verra.

L’évaluation au service de la communication

Dans cette affaire les impératifs d’une communication positive au moment où la loi Blanquer arrive au Parlement semblent primer toute autre considération. C’est le cabinet et ses communicants qui donnent le moment où la Depp peut parler. Et ce seul fait en dit long.

Certaines parties du dossier de presse sont encore plus ouvertement fantaisistes. Le paragraphe évoquant Agir pour l’Ecole en est un bon exemple.  » Les données produites par les responsables de l’expérimentation mettent en évidence des progrès significatifs des élèves quant aux résultats en lecture », écrit le dossier, et on croit comprendre qu’il s’agit des résultats de 2017-2018.  » Un article sur les données de la cohorte 2015-2016 de CP estime l’impact du programme à 20% d’écart type pour la fluence et 30% d’écart type pour la compréhension écrite ; il est en cours de publication ». Finalement dans ce paragraphe on ne parle pas des CP dédoublés et on se demande ce que l’APE vient faire dans le dossier. Et on donne à nouveau des résultats non publiés. Ca commence à faire beaucoup…

Des affirmations contraires aux données

Mais le pire c’est que le ministère affirme le contraire de ce que disent les données. Il parle de « résultats très bons », de « grand jour », de « résultats positifs ». Rappelons nous les propos du ministère :  » L’évaluation de l’impact du dédoublement sur les compétences des élèves indique que l’effet est de 8 % d’écart-type en français et de 13%  en mathématiques, en faveur des élèves de REP+, par rapport au groupe témoin. Cet effet est donc statistiquement très significatif « .

Mais la réalité est exactement le contraire. La note synthétique de l’IPP sur l’effet de la réduction des classes, rédigée par Adrien Bouguen, Julien Grenet et Marc Gurgand, annonçait de tous autres résultats.  » Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type ». C’est cet impact important qui, d’après les auteurs, justifie un investissement financier aussi important. Or au lieu de 20 à 30% d’écart type, le communiqué ministériel ne revendique que 8 % d’écart-type en français et 13%  en mathématiques.

Julien Grenet d’ailleurs confirme cela dans un entretien donné au Nouvel Observateur. « En termes de résultat, ça n’est pas monstrueux, on est en deçà des 20 %-30 % d’écart-type qu’on pouvait escompter. Mais il faut prendre en compte l’ampleur du dispositif et attendre deux ou trois ans, que la réforme se consolide. D’autant que les études internationales montrent des effets importants à long terme sur la poursuite d’études et même sur les gains salariaux ».

Les résultats sont donc loin d’être bons. D’ailleurs, en réponse aux questions de la presse,  le ministère a donné d’autres chiffres. Sur les 60 000 élèves de Rep+, 24 000 auraient du être en grande difficulté. Avec les CP dédoublés il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. On mesure mieux ainsi la modestie des effets du dédoublement. Faute d’étude scientifique on ne sait d’ailleurs pas quelle(s) catégorie(s) d’élèves sont concernées et si ce sont les plus en difficulté. Et encore moins pourquoi.

Les affirmations ministérielles sur les pourcentages de professeurs qui « rapportent une meilleure compréhension des modes de raisonnement des élèves » ou « une meilleure identification des besoins des élèves » sont touchants. Mais leur base scientifique est nulle. On imagine bien que les enseignants ayant 12 élèves au lieu de 24 et plus sont satisfaits, comme l’explique très bien Marc Bablet dans un article.

Une étude scientifique aurait mis en évidence la grande faiblesse des résultats. Elle aurait creusé les raisons de la désillusion là où le ministère affirme que les enseignants « doivent changer de méthodes ». Elle nous aurait dit quels élèves ne profitent pas du dispositif. Il n’est pas impossible que le ministère ait ces informations. Mais dans ce cas il ne souhaite pas les communiquer.

Un investissement peu intéressant…

Mais la question est aussi politique. D’abord parce que plus de 5 000 postes d’enseignants ont été engloutis dans des dédoublements qui ne font pas leurs preuves. Ces postes ont été prélevés sur d’autres dispositifs et d’autres classes du primaire ou sur l’enseignement secondaire. On ne saura jamais si le dispositif des maitres +, par exemple, qui amenait les enseignants à travailler en équipe leur pédagogie n’aurait pas eu des résultats meilleurs que les dédoublements. Ce qu’on sait c’est que les conditions d’enseignement de milliers d’élèves et de leurs maitres se sont dégradées avec le dispositif ministériel avec des résultats décevants pour les élèves de CP.

Qui pose la question de la loi Blanquer

Ensuite parce que cette communication est faite alors que la loi Blanquer propose de remplacer le Cnesco, un organe indépendant d’évaluation de l’Ecole, par une nouvelle structure , le Conseil d’évaluation de l’école, qui, au vu de sa composition, sera totalement dépendant du ministre.

Or cet épisode montre ce qu’est l’évaluation de l’école comme l’entend JM Blanquer. Une soumission de la publication des résultats au calendrier politique. Un mélange de données scientifiques avec de la communication. Des résultats proclamés qui sont à l’opposé de la réalité quand celle-ci se révèle décevante.

Toute cette semaine les membres de la Commission de l’éducation de l’Assemblée vont travailler sur les articles de la loi Blanquer. La démonstration est faite qu’on ne peut pas laisser l’évaluation de l’école dans les mains d’une structure dépendant du ministère.

Le dossier ministériel

L’étude de Grenet Gurgand Bouguen

Le dossier gouvernemental

Sur TF1

Voir aussi l’article de M Bablet

Sur le Café

Nouvel Observateur

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L’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires au JO

Sans cotisation, pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de fonction publique…

Un décret publié au JO du 25 janvier officialise la promesse d’exonération des cotisations salariales sur les heures supplémentaires à compter du 1er janvier 2019. Il modifie deux articles du code de la sécurité sociale. « Art. D. 241-21. – Le taux de la réduction de cotisations salariales prévue à l’article L. 241-17 est égal à la somme des taux de chacune des cotisations d’assurance vieillesse d’origine légale et conventionnelle rendue obligatoire par la loi effectivement à la charge du salarié, dans la limite de 11,31 %. Art. D. 241-22. – En cas d’application d’une exonération totale ou partielle de cotisations salariales de sécurité sociale, de taux réduits, d’assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations, la réduction s’applique dans la limite des cotisations effectivement à la charge du salarié ».

Au JO

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Grève : pour le Snes, ce n’est qu’un début…

Faut-il ranger la grève au musée ? Le 24 janvier, les enseignants du second degré étaient peu nombreux au rendez vous de la grève, 8% selon le ministère, 33% selon le Snes Fsu. Face à un gouvernement affaibli, les syndicats semblent incapables de transformer le large mécontentement des enseignants en un mouvement utile. Les enseignants ont-ils loupé le coche ?

« Il y a un mécontentement généralisé, sur les salaires car le gouvernement a lâché des choses mais pas pour les fonctionnaires, et sur les postes car on commence à voir les conséquences concrètes dans les établissements. La réforme du lycée montre son vrai visage : inégalités entre établissements, dédoublements pas assurés, disciplines mises à mal. Il faudra à un moment agréger toutes ces colères ». Interrogée par le Café pédagogique, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, le principal syndicat appelant à la grève le 24 janvier y croit encore. « On est dans un mouvement durable. C’est une journée à laquelle on donnera des suites ».

Effectivement le Snes Fsu  » appelle tous les collègues à étendre la mobilisation, à multiplier les contacts avec les parents et les parlementaires, à suspendre toutes les activités non obligatoires et à se réunir au plus vite pour envisager des suites à cette journée ».

Pour Sigrid Gérardin, secrétaire générale du Snuep Fsu, un syndicat de la voie professionnelle, « les enseignants agissent dans les lycées ». Elle rappelle l’impact de la réforme avec des baisses importantes du nombre d’heures enseignées dans l’enseignement général.

Dans le cortège parisien, on retrouvait aussi bien des enseignants des collèges que de lycée, des établissements très chics du centre de Paris que de banlieue. Ainsi Anne Rodes, professeure de lettres au collège Césaria Evora de Montreuil, manifeste surtout contre la réforme du lycée. « La réforme impose des choix à des jeunes qui ont encore besoin  de former leur esprit. C’est injuste. Le bac perd son caractère national et l’offre d’enseignement varie selon les établissements », déplore-t-elle.

C’est aussi pour le devenir de ses élèves qu’Adeline, professeure d’histoire géographie dans un collège Rep+ de Meaux (77), est venue manifester. « On est là pour les élèves en premier lieu », nous dit-elle. On vient aussi soutenir les collègues de lycée « . Elle dénonce les classes surchargées et l’incapacité des enseignants à personnaliser leur cours ». Elle fait partie d’un petit groupe de Stylos rouges qui a opté pour passer du virtuel au réel et qui participe à la grève.

Car le réel va se rappeler aux enseignants. D’ici février les dotations horaires arrivent des les établissements, matérialisant les conséquences de la réforme et des suppressions de postes. L’occasion d’une nouvelle chance ?

Appel Snes

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