Archives de la catégorie Europe

La moitié des enseignants anglais veulent démissionner

Selon un sondage réalisé pour la National Education Union, 44% des professeurs anglais prévoient de démissionner dans les 5 années à venir. 22% veulent partir dans les 2 ans. Parmi les raisons invoquées, 65% citent en premier la masse de travail « ingérable ». Les autres motifs ne surprendront pas : la profession est déconsidérée dans le public et dans le gouvernement et la paye est trop faible.

 

Dans Le Guardian

Les candidats à la présidentielle au défi du recrutement des enseignants

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Un convoi syndical pour l’Ukraine

« Un convoi intersyndical pour l’Ukraine, affrété par train, est en cours de constitution afin de matérialiser notre solidarité en fournissant une aide matérielle, des produits de première nécessité et de soins aux populations ukrainiennes victimes de la guerre. » Les grandes centrales syndicales françaises (UNSA, CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaire) se mobilisent pour aider le peuple ukrainien.

 

L’appel

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La Belgique fait sa réforme des rythmes scolaires

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a définitivement approuvé le 30 mars la réforme des rythmes scolaires. Elle entrera en application à la fin de cette année scolaire. Dorénavant les élèves de la Belgique francophone et de Bruxelles auront des congés d’été légèrement raccourcis pour offrir une alternance régulière 7 semaines de cours et 2 semaines de congé tout au long de l’année scolaire. La réforme a suscité des oppositions. D’abord parce que les vacances de la Belgique flamande et de la Belgique francophone ne seront plus strictement alignées. Le nouveau calendrier pourrait poser problème aux familles les plus favorisées de Bruxelles qui inscrivent des enfants dans des écoles flamandes de Bruxelles. Finalement la Belgique arrive à mettre en place un calendrier respectant les rythmes recommandés par les scientifiques. Ce que nous n’avons pas réussi à faire en raison des intérêts touristiques en hiver.

 

Sur Rtbf

Calendrier scolaire et lutte des classes

Dans Le Vif

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Que font les pays pour les élèves réfugiés ukrainiens ?

L’Unesco ouvre une page spéciale consacrée aux initiatives pour aider à scolariser les élèves ukrainiens réfugiés dans un autre pays.  » En Pologne, par exemple, les autorités ont lancé la création de nouveaux centres éducatifs et de nouvelles garderies pour les enfants ukrainiens arrivant dans le pays. L’emploi des citoyens ukrainiens en tant qu’assistants pédadogique va également être facilité. En Roumanie, certaines écoles ont instauré une offre d’enseignement en ukrainien. En Lettonie, une nouvelle loi ouvre aux ukrainiens le droit de travailler en tant qu’enseignants pour faire cours aux élèves réfugiés de moins de 18 ans », souligne l’Unesco. La France a ouvert ses universités aux étudiants africains qui étudiaient en Ukraine. Paris offre la cantine aux élèves ukrainiens. Le ministère aurait ouvert une formation Magister pour l’accueil des élèves ukrainiens. Ceux ci auront accès aux classes pour allophones. Mais il ne semble pas que des moyens supplémentaires soient attribués.

 

Sur le site Unesco

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L’Union européenne va aider les élèves ukrainiens

Réunis le 16 mars, les ministres de l’éducation des pays membres de l’Union Européenne (UE) se sont mis d’accord sur un plan d’aide aux élèves et enseignants ukrainiens réfugiés dans l’Union. « On doit faire de notre mieux », a déclaré la commissaire européenne Mariya Gabriel. « La réunion d’aujourd’hui avait pour objectif de trouver une réponse coordonnée pour garantir les droits fondamentaux des élèves ukrainiens en veillant à ce qu’ils ne perdent pas le contact avec la culture ukrainienne ». L’UE va débloquer un soutien aux états membres qui accueilleront les élèves ukrainiens en réorientant des fonds disponibles (jusqu’à 10 milliards). Les états veilleront à ce qu’ils ne perdent pas le contact avec la culture ukrainienne. JM Blanquer a annoncé la création d’une « task force » européenne, réunie chaque semaine, pour coordonner l’action des états européens, ainsi qu’un portail avec des informations sur la scolarisation en ukrainien. « Il y a un double enjeu : permettre aux élèves de garder un lien avec l’Ukraine mais aussi apprendre la langue du pays d’accueil », a t-il dit.Une plate forme européenne destinée aux enseignants sera développée avec des ressources. JM Blanquer a annoncé un tutoriel sur le suivi des jeunes réfugiés, notamment en ce qui concerne le soutien psychologique. Cette démarche européenne a lieu alors que des syndicats appellent à la prise en charge des jeunes réfugiés ukrainiens. « La France doit prendre sa part dans l’accueil des toutes et tous les réfugié-es. Cela implique de rompre avec les politiques indignes qui ont été menées en particulier ces cinq dernières années », déclare ainsi la Fsu. « La FSU exige qu’un effort particulier soit fait pour l’accueil et la scolarisation des jeunes réfugié-es. Cela passe notamment par le renforcement des UPE2A. Aujourd’hui, ces structures sont sous tension, faute de moyens, et ce sont les élèves qui en ont le plus besoin qui en subissent les conséquences ».

 

Communiqué fsu

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Les députés doivent refuser la censure sans juge en une heure

Demain, mercredi 9 février, la commission des lois de l’Assemblée nationale discutera de la proposition de loi concernant la « diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne », introduisant en droit français le règlement européen de censure terroriste. La Quadrature du Net a envoyé aux membres de cette commission la lettre reproduite ci-dessous pour appeler au rejet de ce texte.

Lettre aux députés : Rejetez la loi censure antiterroriste

Mesdames, Messieurs les député·es,

Membres de la commission constitutionnelle, de la législation et de l’administration générale de la République,

Vous examinerez mercredi prochain la proposition de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière de prévention de la diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne.

Ce texte vise à introduire dans le droit français les dispositions du règlement 2021/784 de censure antiterroriste. Ce règlement, très débattu et contesté au niveau européen, crée de graves dangers pour la liberté d’expression et d’information en ligne. Surtout, les mesures qu’il introduit s’opposent frontalement à la décision du Conseil constitutionnel du 18 juin 2020 ayant largement censuré la loi visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet telle que proposée par la députée Laetitia Avia.

La Quadrature du Net vous appelle donc à rejeter ce texte.

Un texte contraire à la décision du 18 juin 2020 du Conseil constitutionnel

En effet, dans sa décision du 18 juin 2020, le juge constitutionnel a expressément censuré une disposition identique à celle constituant le cœur de la proposition de loi dont vous allez débattre : le pouvoir confié à l’autorité administrative d’ordonner à toute plateforme en ligne le retrait ou le blocage en une heure d’un contenu que cette autorité aurait qualifié de terroriste, sans le contrôle préalable d’un juge.

Pour le Conseil constitutionnel, cette obligation de retrait portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication, pour deux raisons : la détermination du caractère illicite des contenus était soumise à la seule appréciation de l’administration et la contestation de cette décision devant un tribunal n’avait pas d’effet suspensif, alors même qu’aucun tribunal ne saurait se prononcer en moins d’une heure. Aucune garantie n’empêchait qu’une décision illégale de l’administration n’entraîne la censure de propos légitimes, en totale violation des principes les plus élémentaires de séparation des pouvoirs.

Or, la proposition de loi qui fera l’objet de la discussion en commission reprend exactement le même mécanisme puisqu’elle permet à l’autorité administrative d’émettre des injonctions de retrait de contenus en une heure à destination de « fournisseurs de contenus et hébergement » sous peine d’être sanctionné d’une amende et sans recours suspensif.

Voté en l’état, le texte serait donc clairement contraire à la Constitution. Une telle analyse est d’ailleurs partagée dans son rapport d’activité 2020 par la personnalité qualifiée de la CNIL, c’est à dire l’autorité actuellement chargée de contrôler la censure administrative des sites internet et dont le pouvoir serait désormais confié à l’ARCOM.

Une disposition régulièrement dénoncée par organisations et institutions

Les dangers du règlement ont été régulièrement dénoncés par de nombreuses organisations et institutions. 61 organisations européennes et 11 organisations françaises avaient d’ailleurs demandé son rejet au regard des risques qu’il posait.

D’une part, l’obligation de retrait aura pour effet de motiver les acteurs du Web à censurer en amont tout contenu potentiellement illicite, et ce en adoptant une définition la plus large possible du terrorisme pour ne pas recevoir des ordres de retraits impossibles à satisfaire en pratique. Cette proposition de loi donne d’ailleurs à l’ARCOM la possibilité d’imposer à ces fournisseurs des « mesures techniques » pouvant correspondre à des filtres automatisés, pour respecter cette obligation de retrait en une heure. En pratique, un tel délai et de tels filtres automatisées ne pourront être gérés que par des acteurs géants comme Facebook, Google et Amazon, auxquels le reste du Web deviendra encore plus dépendant

D’autre part, le texte renforce la censure administrative confiée à la police, en l’occurrence l’OCLCTIC, alors que toute demande de retrait d’un contenu ne devrait être émise que par un juge, seul garant de la liberté d’expression. Des exemples concrets ont démontré ces dernières années les abus auxquels pouvaient aboutir cette censure illégale et non contrôlée, comme par exemple la censure d’un site militant sous couvert d’une interprétation abusive de la notion de terrorisme, finalement annulée par un juge administratif un an et demi après les faits.

En conclusion, l’adoption telle quelle de la proposition de loi aurait non seulement de graves conséquence pour la liberté d’expression en ligne, mais aussi pour la confiance dans les institutions. Voter ce texte signifierait expressément que le Parlement refuse le rôle du Conseil constitutionnel et viole en connaissance de cause les garde-fous qu’il érige pour la protection de nos droits et libertés.

Nous vous invitons à ne pas céder à cette négation de l’État de droit et à rejeter ce texte en votant contre l’article unique de cette proposition de loi.

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Travail enseignant : pour en finir avec le prof bashing…

Si les enseignants français sont mal payés c’est parce qu’ils ne travaillent pas beaucoup. La preuve, ils ne balaient même pas leur classe. A quelques jours d’une manifestation enseignante pour les salaires, c’est le message diffusé le 23 janvier par France 3. Un message qui flatte le public en reprenant le cliché du professeur paresseux, « toujours en vacances ». Cette fois ci, France 3 oppose l’enseignant français au professeur allemand qui, lui, travaille dur et paye de sa personne. Pourtant le sujet est bien documenté. Et il faut une bonne dose de mauvaise foi ou d’ignorance pour dresser le bilan fait par France  3.

Qu’en est-il du temps de travail enseignant ?

Julia Kochanek, la professeure allemande montrée par France 3, fait 26 cours par semaine dans deux disciplines, de la 5ème à la terminale et assure 27 heures de présence « contre 20 heures en France ». Et en plus, elle n’est pas arrogante : elle passe le balai. Elle gagne 6300 € brut par mois, nous dit France 3 qui se contente de ces affirmations. On pourra toujours répondre que 26 cours ne font que 19.5h de cours, soit ce que fait aussi un professeur du secondaire en France. Ou quel le temps de présence des enseignants « en Allemagne » n’est pas défini au niveau national mais à celui des régions (Länder), ce qui ne fait aps de J Kochanek un cas type. Mais on a assez de données européennes ou de l’OCDE pour tenter une comparaison plus solide que les à peu près de France 3.


Commençons par le temps de travail. Un enseignant français du niveau collège enseigne 720 heures par an (sans les heures supplémentaires) contre 610 h en Allemagne. Au niveau lycée c’est 720 et 626. Et en école élémentaire 900 contre 691. En Europe seuls les enseignants écossais et lithuaniens ont plus d’heures d’enseignement que les professeurs français. On trouve ces données dans « Regards sur l’éducation 2021 », une publication de l’OCDE. La moyenne européenne est de 738 h en élémentaire, 660 h au collège et 629 au lycée.

La professeure allemande érigée en modèle par France assume 7 heures de présence dans l’établissement en plus de ses cours, ce qui semble la règle dans son Land. En FRance on n’a pas de temps de présence obligatoire. On ne sait pas combien de temps les enseignants passent dans les établissements en réunions, réception de parents etc. Mais il est certain que les établissements ne sont pas conçus pour que les enseignants y restent. Les professeurs n’ont pas de bureau. Les salles des professeurs ne sont pas bâties pour accueillir tous les enseignants. Il est vrai par contre qu’il n’y a pas de vie scolaire en Allemagne et dans les pays anglo-saxons. Ce sont les enseignants qui font ce travail. Selon l’OCDE, sur les 40 systèmes éducatifs de l’OCDE décrits dans « Regards sur l’éducation, » seulement 21 imposent un temps de travail dans l’établissement.


Et les salaires ? Calculés en dollars en parité de pouvoir d’achat, pour des enseignants ayant 15 ans d’ancienneté, ils sont pour le premier degré de 35 513$ en France , 75 935 en Allemagne, 43 692$ pour la moyenne européenne. Au niveau collège, ils sont respectivement de 42 079$, 88 037$ et50 225$. Au niveau lycée, on trouve 42 079$, 91 041$ et 52 604$. En fait tous les pays d’Europe de l’Ouest ont des salaires nettement au dessus des salaires français à l’exception de l’Angleterre, où la réforme libérale a cassé le métier, et au Portugal. Les salaires allemands ne sont pas les plus élevés : le Luxembourg et la Suisse payent encore mieux leurs professeurs.

Or, comme le remarque le rapport du sénateur Longuet,  » l’enquête PISA 2012 établit une corrélation positive entre le niveau de salaire des enseignants et la performance globale des élèves. Les pays ayant les scores moyens les plus élevés sont également ceux où ils sont les plus hauts, c’est-à-dire sont supérieurs à 115 % du produit intérieur brut (PIB) par tête. C’est notamment le cas du Japon, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas et de la Belgique, pour lesquels les salaires des enseignants représentent en moyenne 135 % du PIB par tête. À l’inverse, la France ne dépense que 105 % du PIB par tête ».

Et si on parlait coût salarial réel ?


Si l’on veut vraiment comparer la valeur du travail enseignant, on peut l’approcher en calculant le cout salarial par élève. En France ce coût pour un professeur du premier degré est de 2092 $ et pour un professeur de collège de 2843$ contre 3196 et 3680$ pour la moyenne OCDE. En Allemagne il est de 5097 et 6514$, en Espagne de 3881 et 5209$. En fait les professeurs français sont au 22ème rang sur 33 systèmes éducatif . Tous les grands pays développés sont devant eux  mais aussi la Slovénie, la Grèce et la Lithuanie par exemple. Cet écart énorme est du à la faiblesse du salaire doublé du nombre important d’élèves par professeur.

Dernier trait particulier : les salaires des enseignants français, plus faibles que dans la plupart de spays, sont aussi ceux qui augmentent le moins. « Entre 2010 et 2020, les salaires statutaires des enseignants ayant 15 ans d’expérience et les qualifications les plus répandues (professeur des écoles ou enseignants certifiés pour la France) ont augmenté entre 6 % et 7 % dans l’élémentaire et les deux cycles du secondaire général, en moyenne dans les pays de l’OCDE. En France, les salaires statutaires des enseignants à ces niveaux ont stagné ou augmenté de 1%. ».

Et si on parlait conditions de travail ?

Regardons y de plus près en ce qui concerne les conditions réelles de travail. On peut les voir par exemple dans le nombre d’élèves par professeur et dans l’indiscipline des élèves.


En ce qui concerne le ratio élèves / professeur, selon l’OCDE, un seul pays a plus d’élèves par professeur qu’en France en Europe c’est le Royaume Uni. Tous les autres pays européens sont nettement en dessous. Au Danemark, en Italie, en Grèce, en Norvège, pour ne citer que ces pays là, le professeur a moitié moins d’élèves en charge. Cela veut dire moins d’efforts en cours mais aussi moins de correction, moins de parents à rencontrer etc.


Cela a aussi à voir avec le climat dans la classe. Ce que montre aussi l’OCDE c’est que, de tous les pays de l’OCDE, l’Argentine et le Brésil sont les seuls pays où l’indice du climat de discipline en classe est pire qu’en France. Un élève français sur deux déclare qu’il y a di bruit et du désordre dans la plupart des cours, contre un sur trois en moyenne dans l’OCDE.

Le rapport Longuet rappelle aussi les indices de satisfaction des enseignants français par rapport à leurs collègues européens. Si les professeurs français aiment leur métier comme leurs collègues européens (90%), ils ne sont que 8% à penser que « les enseignants peuvent influencer les politiques éducatives », contre 19% en Europe. C’est en France que les enseignants sont les moins nombreux dans toute l’OCDE (7%) à assurer que le « métier enseignant est valorisé dans la société ». Et ils ne sont aussi que 7% à déclarer que « les enseignants sont valorisés par les médias » (contre 17%). France 3 leur donne raison…

 

Regards sur l’éducation 2021

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E. Macron propose un service civique européen

« J’avais évoqué à la Sorbonne une généralisation du programme d’échange Erasmus à tous les jeunes Européens… Allons plus loin et réfléchissons à un service civique européen de 6 mois ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans pour un échange universitaire ou d’apprentissage, un stage ou une action associative. Ce service civique européen, c’est une proposition que nous ont fait les jeunes Européens et qui ont été remises aux ministres compétents. Je souhaite que nous puissions enclencher la mise en oeuvre concrète et véritable de cette initiative qui vient de notre jeunesse durant ce semestre qu’aura à présider la France ». Présentant les objectifs de la présidence française du Conseil de l’Union européenne le 9 décembre, E Macron à avancé cette idée de décliner le SNU à toute l’Europe.

 

Le SNU vraiment universel ?

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Une allocation de fin d’année pour les enseignants belges (ils ont de la chance)

« Les membres des personnels de l’enseignement dont la rémunération est prise en charge par le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles recevront une allocation de fin d’année entre le 15 et le 17 décembre 2021 », annonce la fédération. Cette allocation comprend une partie fixe de 746€ et une partie variable selon le nombre d’heures de travail représentant 2.5% du salaire annuel brut. La revalorisation ça existe bien. Mais ailleurs…

 

Communiqué

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Le réquisitoire du Sénat sur la dégradation du métier enseignant

« En euros constants, les enseignants français ont perdu entre 15 et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années ». Des salaires en chute de près de 20% en 20 ans, devenus nettement plus faibles que les salaires du privé. Un temps d’enseignement nettement supérieur à celui des pays voisins pour des salaires nettement plus bas. Des conditions de travail parmi les plus dégradées de tous les pays de l’OCDE. Tout cela est connu. Mais ce réquisitoire sans appel ne vient pas d’un syndicat enseignant. Il est tiré du rapport du Sénat sur le budget de l’Education nationale. Budget malgré tout adopté sans modification par la commission des Finances du Sénat…

20% de perte de pouvoir d’achat en 20 ans

Il est rare de voir le Sénat, majoritairement à droite, aller dans un sens favorable aux enseignants. On se rappelle du rapport Longuet (2016) qui avait calculé au plus mesquin les économies qu’on pouvait faire sur le dos des professeurs. Mais le rapport de Jean-François Husson (LR) sur le budget 2022 de l’Education nationale apporte un éclairage particulièrement net sur ce qu’il faut bien nommer la dévalorisation matérielle mais aussi morale du métier enseignant.

Comment évaluer un corps de métier ? Le rapport le fait par l’évolution de ses rémunérations en comparaison avec celles du privé. Il le fait aussi par comparaison avec les autres pays. Enfin il introduit des éléments liés à la durée et aux conditions de travail.

« En euros constants, les enseignants français ont perdu entre 15 et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années », établit le rapport en se basant sur un document de la Depp. Le rapport donne des exemples précis. Ainsi au bout de 15 ans d’ancienneté, en euros constants, le salaire d’un professeur des écoles de 2020 est inférieur de 22% à celui qu’il aurait eu en 2000. Pour un certifié la baisse est de 23%. C’est en fin de carrière que l’écart est le plus élevé, ce qui va peser sur la retraite. Dans les deux cas on a 25% de perte.


Par rapport aux salaires du privé le décrochage est tout autant important.  » Les salaires effectifs des enseignants français sont donc en deçà du revenu du travail des actifs ayant atteint au moins le niveau licence. Plus précisément, les salaires des professeurs sont inférieurs à celui des actifs du privé de 21 % dans le préélémentaire, 23 % dans l’élémentaire et 12 % au collège ». Rappelons que les enseignants ont un diplôme de master soit deux ‘études de plus que la licence. Le rapport souligne que « ce n’est pas le cas dans d’autres pays européens et en particulier en Allemagne ou en Belgique pour lesquels les rémunérations des enseignants sont supérieures à celle de l’ensemble des actifs ».

Plus de travail pour des salaires plus bas qu’ailleurs en Europe

Justement restons dans la comparaison internationale. « Le salaire effectif brut moyen des enseignants est plus faible en France qu’en Allemagne et dans la plupart des pays du nord de l’Europe, mais aussi qu’en Angleterre et au Portugal. Dans le premier cycle du second degré, il se situe en dessous de ceux pratiqués en Allemagne et dans la plupart des pays d’Europe du Nord (Finlande, Danemark, Pays-Bas) », note le rapport. Autour de 15 ans de carrière l’écart entre les salaires versés aux enseignants français et ceux de leurs collègues européens est d’environ 10 000 $ par an. Enfin cet écart ne cesse de se creuser. Alors qu’entre 2014 et 2019 les salaire des enseignants en début de carrière ont augmenté de 2 à 3% pour les professeurs français, la hausse a été de 7% en Allemagne, de 20% dans les pays nordiques.


Et si on parlait conditions de travail ?  » Le temps d’enseignement réglementaire dans l’élémentaire est de 900 heures par an en France, 738 heures en moyenne dans l’UE et 691 heures en Allemagne. Au collège, il est de 720 heures en France, 660 heures dans l’UE et 641 heures en Allemagne ; au lycée, le temps d’enseignement est de 720 heures en France, 629 heures en moyenne UE-23 et 610 heures en Allemagne ». Quel que soit le niveau, les enseignants français travaillent davantage que leurs collègues européens pour un salaire inférieur. On entend dire que dans de nombreux pays européens les enseignants sont astreints à rester dans l’établissement un certain nombre d’heures. En réalité cela dépend des pays. Cela n’excède jamais 35 heures par semaine alors même que des enquêtes en France arrivent toutes à 40 à 44 h de travail hebdomadaires. De toutes façons, si les professeurs devaient être astreints à rester dans l’établissement en France, on se demande bien où ils pourraient aller. Les locaux ne sont absolument pas prévus pour cela.

Des conditions de travail dégradées

Il y a d’autres éléments qui jouent sur la qualité du travail auxquelles le rapport a été sensible. A commencer par le degré de satisfaction des enseignants.  » Près d’un quart des enseignants (24 % des professeurs des écoles et 25 % des enseignants en collège) se demandent s’ils n’auraient pas dû prendre une autre voie professionnelle. Environ 40 % des enseignants du second degré aimeraient travailler dans un autre établissement que le leur », note le rapport. Seulement 7% des enseignants français jugent leur métier valorisé par la société contre 17% en Europe. Seulement 8% pensent qu’ils peuvent influer sur les politiques éducatives contre 19% en moyenne en Europe.

Si les enseignants se déclarent satisfaits des relations avec les élèves, la vie de classe est plus pénible en France qu’ailleurs.  » L’Argentine et le Brésil sont les seuls pays (de l’OCDE) où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France. Un élève français sur deux déclare qu’il y a du bruit et du désordre dans la plupart ou dans tous les cours, contre un sur trois en moyenne dans l’OCDE ».

Cela a peut-être à voir avec le taux d’encadrement.  » Dans le premier degré, la France présente le taux le plus fort au sein de l’Union européenne avec plus de 19 élèves par enseignant dans l’élémentaire et plus de 23 élèves par enseignant dans le préélémentaire », note le rapport. Dans le second degré on est à 14 élèves par enseignant contre 12 en moyenne en Europe, 9 en Belgique, 11 en Italie, en Suède, en Espagne. Enfin le nombre d’élèves par classe a fortement augmenté dans le second degré depuis les suppressions de postes de N Sarkozy. Et cela continue sauf dans l’enseignement professionnel.


Face à cette situation, la « revalorisation » annoncée par JM Blanquer parait lilliputienne. 245 millions, répartis sur la moitié des enseignants, justement pas celle qui a connu la plus forte chute de pouvoir d’achat. Une revalorisation nettement inférieure aux accords PPCR, stoppés nets dans leur élan par le nouveau président. Les accords PPCR sont évalués par le même rapport à 1 milliards d’euros dont 26 millions en 2021 et 17 en 2022. La revalorisation « inédite » de JM Blanquer ne peut pas prétendre rendre le métier enseignant plus attractif dans ces conditions.

 

Le rapport du Sénat

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Faut-il donner de nouvelles missions à l’école ?

Le GIRSEF, un groupe de recherche de l’Université de Louvain (Belgique) organise le 16 novembre une « rencontre » accessible à distance et animée par Bernard Delvaux. « Plutôt que de contribuer à un projet intégrateur, on attend de plus en plus de l’école qu’elle participe à la cohabitation pacifique d’individus porteurs de projets hétérogènes. Un tel imaginaire autorise et encourage la différenciation des écoles, la fragmentation du système scolaire et l’estompement de la distinction entre les offres scolaires et les offres éducatives extra-scolaires en constant développement. L’enjeu de la rencontre sera d’abord de décrire ces évolutions et de tester l’hypothèse du passage progressif d’un régime d’intégration à un régime d’interfaçage. Il s’agira également de comprendre les racines de telles évolutions mais aussi d’identifier les critiques sociales qui pourraient faire éclore un autre imaginaire éducatif et redéfinir profondément les finalités de l’institution éducative commune, aujourd’hui incarnée par l’école. »

 

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Le secteur privé et ses fonds spéculatifs vont-ils faire main basse sur la santé en Europe ?

Elles s’appellent Orpea, Helios, Bupa… Ces entreprises à but lucratif possèdent de plus en plus d’hôpitaux et de maisons de retraite en Europe. Le Réseau d’observatoires des multinationales ENCO a cartographié cette privatisation de la santé.

L’entreprise française Orpea, créée à la fin des années 1980, est devenue une multinationale des maisons de retraite et des cliniques spécialisées en Europe. Korian, entreprise française créée au début des années 2000, est aujourd’hui présente dans sept pays européens et compte des centaines d’établissements, résidences pour personnes âgées et cliniques.

Dans le paysage des hôpitaux et maisons de retraite privées lucratives européennes, on trouve également des groupes allemands, comme Fresenius, qui a racheté l’espagnol Quironsalud, et possède les cliniques Helios, ou encore Asklepios. Partout, des entreprises à but lucratif se développent dans le secteur.

En France, un quart des lits hospitaliers appartiennent à des cliniques privées lucratives, et 22 % des lits d’Ehpad. En Allemagne, 30 % des lits hospitaliers sont gérés par des entreprises privées lucratives, 40 % des places en maisons de retraite. En Espagne, si moins d’un cinquième des lits d’hôpitaux sont dans le privé lucratif, plus de la moitié des places en maisons de retraite en dépendent. Ce que partagent quasiment tous les pays européen, c’est une croissance de ce secteur privé lucratif. C’est ce que nous apprend la nouvelle investigation du Réseau européen des observatoires des multinationales, ENCO. Il publie ce 14 octobre une cartographie interactive de la privatisation des hôpitaux et des maisons de retraite en Europe.

La privatisation de la santé en Europe
Voir la carte interactive de la privatisation de la santé en Europe par le réseau ENCO.

Dans le domaine des maisons de retraite, les entreprises françaises à but lucratif sont présentes dans toute l’Europe. DomusVi possède des établissements, directement ou à travers ses filiales, au Nord comme au Sud de l’Europe, dont la France. Elle est détenue en grande partie par un fonds d’investissement international, Capital Group. Colisée, avec plus de 200 établissements, est présent en France, Belgique, Espagne et Italie. Là encore, c’est un fonds d’investissements, IK Investment Partners, qui détient l’entreprise. Maisons de Famille, détenue par la famille du fondateur (Hugues Harmel) et par le fonds d’investissement Creadev (famille Mulliez, propriétaire d’Auchan et Décathlon), détient plus de 150 maisons de retraite en France, Espagne, Italie et Allemagne.

Rachats et fusions d’entreprises se sont multipliés

Dans le domaine des hôpitaux privés, le groupe allemand Helios opère dans une centaine d’établissements en Allemagne et en Espagne. Autre poids lourd européen des cliniques privées, Ramsay Santé, filiale française du groupe Australien Ramsay, gère plus de 150 établissements en France, Suède, Norvège, Danemark et Italie. Certaines de ces entreprises pèsent des dizaines de milliards d’euros. D’autres sont de taille plus modeste mais grandissent rapidement. Ces dernières années, les rachats et fusions d’entreprises se sont multipliés, créant des multinationales de la santé de plus en plus puissantes. Ramsay a ainsi acheté le suédois Capio, Helios l’espagnol Quironsalud…

L’Europe du Sud, qui vit un vieillissement marqué, est devenue un marché très attrayant pour les grands groupes français, allemands et, dans une moindre mesure, britanniques. Dans l’est de l’Europe, Orpea a pénétré le marché polonais des maisons de retraite. La société d’investissements slovaque Penta, fondée en 1994, est présente désormais dans plus de dix pays européens – avec des cliniques et des pharmacies – à la faveur d’un programme de privatisation lancé par le gouvernement slovaque. Penta dispose aussi des bureaux à Chypre, Jersey et aux Pays-Bas, trois destinations habituelles des schémas complexes d’optimisation fiscale.

Ces entreprises connaissent une croissance en grande partie financée par l’argent public dédié aux soins de santé et aux soins aux personnes âgées. Avec le vieillissement de la population, leurs marges pourraient encore augmenter. « Doit-on laisser des entreprises, dont l’objectif est le bénéfice financier, prendre soin de notre santé et s’occuper de nous lors de nos vieux jours ? » interroge le Réseau européen d’observatoires des multinationales.

Voir la recherche complète d’ENCO.

ENCO (European Network of Corporate Observatories) est un réseau de médias et d’organisations de la société civile de différents pays d’Europe qui se consacre à enquêter et informer sur les entreprises multinationales et leur pouvoir. Il publie le 14 octobre une recherche internationale sur les groupes privés lucratifs d’hôpitaux et de maisons de retraite en Europe.

Carte : Elsa Delmas

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Communique FSU _ Attaque fasciste contre la CGIL en Italie : Solidarité de la FSU

Communiqué de presse

 

Attaque fasciste contre la CGIL en Italie : Solidarité de la FSU

La FSU apporte sa pleine et entière solidarité internationaliste à la CGIL.

Le siège de la CGIL a été attaqué violemment ce samedi 9 octobre à Rome par plusieurs dizaines de militants fascistes de l’organisation Forza Nuova.

Les locaux de la CGIL ont été vandalisés alors que les fascistes créaient l’émeute dans les rues de la capitale. Cette attaque contre le mouvement syndical italien est très grave et rappelle des heures sombres de l’histoire italienne et européenne. L’agression suscite une indignation légitime en Italie et au-delà.

C’est une alerte : l’extrême droite, en Italie comme ailleurs, est l’ennemie mortelle des travailleuses et travailleurs et de leurs organisations. Elle doit être combattue avec détermination, ce que fait la CGIL en annonçant une grande manifestation antifasciste le 16 octobre prochain.

La FSU exprime son soutien et sa solidarité aux camarades italiens de la CGIL et se tient à leurs côtés dans le combat syndical contre l’extrême droite.

 

Les Lilas le 11 octobre 2021

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Le « plus de maitres que de classes » évalué positivement en Belgique

Ajouter un enseignant supplémentaire dans une école pour aider les enseignants à mieux suivre les élèves, cela a été essayé en France dans le premier degré sous le quinquennat Hollande. Mais avec l’arrivée de JM Blanquer, ces maitres surnuméraires (ou « maitres + ») ont été supprimés sans que leur action soit évaluée. C’ets ce que font S. Biémar, A Corfdir et A Libert, dans un article de Education et socialisation (n°60). « La Fédération Wallonie Bruxelles de Belgique est engagée dans une réforme visant notamment à développer la différenciation en mettant en place un accompagnement personnalisé. Pour ce faire, un enseignant supplémentaire est détaché pour quelques heures dans chaque classe », explique t-elle dans cette étude qui porte sur 10 écoles avec des élèves allant de 5 à 8 ans. Globalement, « L’analyse des données a mis en évidence un élargissement des conceptions véhiculées à propos des élèves. La présence d’une personne supplémentaire semble soutenir le développement d’une dynamique collaborative et des pratiques de différenciation ».  Elles montrent comment le maitre + améliore la différenciation. « Les représentations recueillies en début de projet, davantage centrées sur les difficultés des élèves, sont étroitement liées à la conception de la différenciation partagée par les enseignants. Ceux-ci l’envisageaient comme une pratique de remédiation, le plus souvent individuelle et compensatoire, fréquemment assurée par la prise en charge d’un professionnel hors de la classe. Cette approche déficitaire de la différenciation semble s’estomper par la suite, pour donner place à une différenciation permettant à chacun d’aller au plus loin de son potentiel sans perdre de vue le collectif ».

 

L’article

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Des cartes sur l’éducation en Europe

L’Europe compte près de 100 millions d’élèves, rappelle l’atlas statistique régional d’Eurostat. Cet atlas comporte un chapitre sur l’éducation. Si les cartes montrent des fractures européennes, elles ne sont pas toujours évidentes à saisir. Ainsi on a une coupure est-ouest nette en Europe en ce qui concerne la scolarisation à 3 ans, plus répandue à l’ouest, et particulièrement en France, que dans l’est. La carte du pourcentage de la population ayant un diplôme de fin du secondaire reflète des écarts de développement économique , des systèmes éducatifs sélectifs et aussi le développement de l’apprentissage dans certains pays.

 

L’atlas

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OCDE : satisfaire les enseignants pour faire réussir les élèves

« La satisfaction personnelle des enseignants influe sur la performance des élèves ». On aurait pu l’écrire mais c’est l’OCDE qui l’assure, preuves à l’appui, dans un nouveau numéro de « L’enseignement à la loupe ». L’organisation donne d’autres pistes pour stimuler les élèves…

Améliorer les condition de travail…

« Plus les enseignants sont satisfaits de leur environnement de travail, plus les élèves tendent à obtenir de bons résultats scolaires », écrit l’OCDE dans un nouveau numéro de « L’enseignement à la loupe » (n°38). L’organisation se base sur les résultats de ses deux enquêtes TALIS et PISA. Et elle publie un graphique montrant la corrélation entre la performance des élèves et la satisfaction professionnelle à l’égard de l’environnement de travail.

 » Les chefs d’établissement et les autorités en charge de l’éducation pourraient travailler en collaboration avec les enseignants afin d’identifier les conditions de travail qui nécessitent d’être améliorées. À titre d’exemple, les établissements et les autorités en charge de l’éducation devraient veiller à ce que les enseignants disposent des infrastructures et du matériel nécessaires pour dispenser leurs cours, en particulier dans les établissements les plus défavorisés. Cependant, la satisfaction des enseignants à l’égard de leur environnement de travail ne se limite pas aux ressources matérielles. Les chefs d’établissement peuvent favoriser un climat scolaire propice à la collaboration, faire en sorte que les enseignants jouissent d’une plus grande autonomie dans des aspects essentiels de leur travail et les impliquer dans les décisions concernant leur établissement », écrit l’OCDE.

Et les salaires ?

Et les salaires ? L’OCDE semble hésitante. Dans Pisa 2012, le lien entre salaires et réussite des élèves est attesté pour les maths et les pays développés. Plus le niveau de rémunération est élevé (par rapport au PIB par habitant) meilleurs sont les résultats. Ainsi le haut niveau des salaires des enseignants à Hong Kong, en Allemagne, aux Pays Bas accompagne de meilleurs résultats pour les élèves de ces pays par rapport, par exemple à la France.  Pisa 2018 compare les résultats en lecture et les salaires enseignants et est moins affirmatif.  L’OCDE craint même que là où les salaires enseignants sont élevés on ne puisse pas en payer suffisamment. C’est qu’entre ces deux dates on observe une importante réduction des salaires enseignants par rapport au PIB. Du coup tous les pays se trouvent rapprochés dans le même marais salarial.

Et l’OCDE pointe d’autres facteurs qui font réussir les élèves. A commencer par le temps consacré à l’enseignement.   » En moyenne, plus les enseignants consacrent de temps de classe à l’enseignement et à l’apprentissage proprement dits, plus les élèves tendent à obtenir de meilleurs résultats », écrit l’OCDE.  » Les freins à l’enseignement et à l’apprentissage en classe sont généralement liés à des problèmes de discipline ou à un excès de tâches administratives ». On sait que la France est au moins bien classée pour la première catégorie.

La mixité sociale

Dernier facteur pour stimuler la réussite des élèves : la mixité sociale. « Quel que soit le milieu socio-économique d’où ils proviennent, les élèves sont favorisés sur le plan scolaire s’ils sont inscrits dans un établissement fréquenté par des élèves issus de milieux socio-économiques plus favorisés », écrit l’OCDE. Et voilà encore un domaine où la France se singularise par l’importance de sa ségrégation scolaire et l’abandon des efforts pour y remédier.

 

OCDE L’enseignement à la loupe n°38

Dans Pisa 2012

Et PISA 2018

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Malaise enseignant : stress du public, stress du privé

C’est une étude originale que publient Jude Brady et Elain Wilson (université de Cambridge). Les universitaires comparent le stress éprouvé par les enseignants du public et du privé. Et elles trouvent de nettes différences. En France cette dimension du malaise enseignant n’a pas été étudiée. Des études ont mis en avant le role de la hiérarchie et du sentiment d’impuissance des enseignants.

L’étude anglaise

Les enseignants anglais sont stressés, établit une étude réalisée par Jude Brady et Elain Wilson (université de Cambridge). Mais pas de la même façon selon qu’on enseigne dans le public et le privé. Leur étude se base sur des entretiens avec une vingtaine d’enseignants des deux systèmes. Le stress des enseignants du public provient majoritairement de l’excès de travail lié aux évaluations et au controles sur travail enseignant en ce domaine. Des enseignants du public avouent d’ailleurs tricher sur ce travail d’évaluation pour apaiser leurs chefs. Le stress des professeurs du privé vient des parents. Les parents exigent des réponses immédiates aux mails et attendent des résultats excellents pour leurs enfants. Ils payent et exigent une bonne rentabilité de leur investissement et el font savoir aux enseignants. L’étude note que ni dans le public ni dans le privé les élèves sont vus comme des sources de stress importantes. La situation est bien différente en France.

En France une profession plus exposée

En France, en 2017, la Depp (ministère de l’éducation nationale) publie une étude de S Jégo et C Guilto sur les risques psychosociaux chez les enseignants. Ce que montre l’enquête c’est d’abord le fait que globalement, tous indices confondus, les enseignants sont plus exposés que les autres salariés aux risques pyschosociaux (RPS) et parmi eux, les enseignants du premier degré.  » L’indice global d’exposition aux facteurs de RPS indique que les enseignants, hormis ceux du supérieur, ont une exposition moyenne significativement plus élevée que les autres populations, surtout dans le premier degré ».

Mais la plus forte caractéristique des RPS des enseignants, premier et second degré confondus, c’est le manque de soutien hiérarchique. « Ce sont surtout les enseignants qui déclarent manquer de soutien de leur hiérarchie et de moyens nécessaires pour bien faire leur travail, tant au niveau du matériel que de la formation », note l’étude. « Plus de 30 % des enseignants du premier degré et du second degré ne sont pas ou peu d’accord avec l’item « les personnes qui évaluent mon travail le connaissent bien », alors que les cadres représentent moins de 23 %. L’indice moyen d’exposition au manque de soutien hiérarchique est le plus élevé chez les enseignants, hormis ceux du supérieur, surtout pour le premier degré. Les tensions avec la hiérarchie se font plus ressentir pour eux ». A noter que les enseignants les plus jeunes se sentent plus soutenus que les autres.

Un sondage réalisé par le Se-Unsa en 2018 auprès de 7500 enseignants montre que 76% des enseignants estiment que leur activité professionnelle a des répercussion sur leur sommeil et 27% jugent leur métier « épuisant ». 51% des enseignants déclarent avoir déjà eu un arrêt de travail lié à leur métier. 46% déclarent des problèmes de voix et 32% d’audition. Le bruit apparait comme le premier facteur de risques psychosociaux. Le second ce sont les relations hiérarchiques, signalées par 48% des enseignants. Ils dénoncent un manque de soutien. 90% évoquent aussi une charge de travail qui augmente d’année en année. 31% envisagent de changer de métier

Un travail qui se complexifie

Dans une Note réalisée pour la FCPE, la sociologue Anne Barrère revient sur le malaise enseignant.  » Le relatif confort statutaire des enseignants français, pour la plupart fonctionnaires, est contrebalancé par un travail complexe, en forte évolution, et du coup la relative modération salariale aidant (rappelons que les enseignants français sont payés en moyenne 20 % de moins que leurs collègues européens), il n’apparaît plus aujourd’hui pour certains une contrepartie suffisante », écrit-elle.

Elle met en avant plusieurs facteurs sociologiques pour expliquer le malaise enseignant. Le premier c’est le changement des élèves du fait de la démocratisation et la pression exercée par la cours eau diplôme. Le second c’est l’irruption de la culture adolescente dans le monde scolaire. Ajoutons y un troisième ingrédient : la cyclothymie de la classe, toujours à surveiller  car elle peut basculer des yeux qui brillent à l’avachissement hostile. « Les risques du métier d’enseignant sont très majoritairement liés à cette usure relationnelle, parfois émaillée de conflits plus ou moins graves, auquel le succès médiatique du thème de la violence scolaire a pu donner un écho. La solitude des enseignants reste grande à cet égard, accentuée par une culpabilité latente devant ce qui est perçu comme un indice synthétique de compétence professionnelle », écrit A Barrère.

Impuissance pédagogique

Mais il y a pire encore : le sentiment d’impuissance pédagogique. « Malgré l’accent mis par les textes sur les compétences pédagogiques de motivation, d’adaptation et de remédiation, bien des enseignants ont le sentiment d’échouer à faire réussir les élèves. … Cette impuissance pédagogique est parfois accentuée du sentiment d’être poussés à « évacuer vers le haut, cyniquement », comme le disait une enseignante, des élèves qui ne pourront pas, selon eux, tirer leur épingle du jeu ultérieurement ».

Enfin il y a la succession des réformes. « La première cause du malaise enseignant est pour 66 % des répondants l’absence de prise en compte des difficultés réelles du métier. C’est ainsi que les enseignants, souvent décrits à tort comme résistants globalement à des « réformes » de petite et moyenne portée qui se succèdent quelle que soit la couleur politique des ministères, font face à des propositions de changements qui ne constituent pas forcément, loin s’en faut, des ressources face aux deux premières épreuves du métier ».

Etude anglaise

Que sait-on du malaise enseignant

Stress et besoins éducatifs particuliers

Rapport MGEN 2013

Risque psychosociaux 2017

En 2018 dégradation des conditions de travail

Anne Barrère

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Enseignants : la précarité progresse en Europe

La crise du recrutement des enseignants n’est pas une spécialité française. Une récente publication de la Commission européenne montre que 35 systèmes éducatifs européens sont en manque d’enseignants. Cette situation n’explique pourtant qu’en partie les progrès de la précarisation du métier enseignant sur le continent. Il en va aussi des choix politiques.

Fonctionnaires ou pas ?

 « Teachers in Europe », une publication de la Commission européenne, fait un point régulier sur la profession enseignante en Europe. Il faut d’abord dire que les enseignants ont des statuts très différents en Europe. Dans 16 pays les professeurs sont des fonctionnaires. C’ets le cas par exemple en France, en Allemagne, en Finlande ou en Espagne. Dans un nombre équivalent ce sont des salariés sous contrat privé. C’est le cas au Royaume Uni, en Suède ou aux Pays Bas. Dans les autres pays ce sont des employés publics non fonctionnaires comme en Italie , en Pologne ou en Autriche. La privatisation du métier est donc déjà bien avancée. Mais elle ne s’accompagne pas forcément, on va le voir, de la précarisation.

Un manque général d’enseignants

Car si les systèmes éducatifs européens sont fort divers (rappelons que certains pays en comptent 3 ou 4), presque tous sont marqués par la montée de la précarité chez les enseignants et par un manque criant de professeurs.

Ainsi seulement trois pays (Turquie, Angleterre et Chypre) ont un excédent d’enseignants. Pour l’Angleterre cet excédent ne résout pas tous les problèmes. L’Angleterre connait aussi un taux de départ des enseignants énorme (près de 10% par an dans le second degré) qui met sous tension le système éducatif et gaspille des ressources en formation. L’Angleterre a donc pris des mesures pour retenir ses enseignants, en augmentant les salaires mais aussi en diminuant les charges administratives des enseignants.

Dans 35 pays les enseignants manquent. Pour la Commission européenne, cette situation est à rapprocher de la profonde insatisfaction des enseignants envers leur salaire ainsi qu’à la difficulté du métier :la moitié des enseignants européens souffrent de stress. Les enseignants français sont dans la moyenne.

Dans 19 pays le problème commence dès la filière de formation : les étudiants sont trop peu nombreux pour alimenter les postes proposés. C’est le cas aussi en France dans certaines disciplines comme les lettres classiques.

Un enseignant sur cinq a un statut précaire

Le résultat se lit dans la précarisation du métier enseignant. En Europe un enseignant du niveau collège sur cinq est un contractuel et près de 14% ne disposent que de contrats d’une année. Une situation qui est meilleure en France ou les contractuels représentent 7% de ces enseignants. Ainsi l’Espagne compte 34% d’enseignants contractuels dont 27% avec un contrat d’un an. En Italie c’est 25% (tous d’une année), au Portugal et en Belgique francophone 27%, en Autriche et Norvège 25%.

On aurait pourtant tort de croire que ces taux élevés ne relèvent que d’une malédiction pesant sur le métier ou de la nécessité d’avoir un volant de contractuels pour adapter le métier aux évolutions des programmes.

Un choix politique récurrent en cas de crise

Le développement des contractuels résulte aussi, selon la Commission européenne, de choix politiques. Ainsi en Espagne seulement 10% des postes des enseignants partant en retraite ont été proposés. Du coup il a fallu recruter des contractuels. En Italie c’est là aussi les restrictions budgétaires qui a conduit à recruter des contractuels. Au Portugal la crise économique a aussi été payée par des réductions de postes d’enseignants.

C’est justement le contexte actuel qui invite à rappeler cela. La crise actuelle n’est pas que sanitaire. Elle a des conséquences économiques lourdes avec un effondrement sans précédent du PIB. Il est actuellement couvert par un endettement massif. Mais déjà l’OCDE met en garde contre la perspective de faire payer à l’éducation le coût de la crise. Déjà on entend en France l’appel au redressement des dépenses publiques sans augmentation de la pression fiscale, et donc en diminuant les dépenses. C’est la philosophie du plan de relance gouvernemental. Les choix politiques de gestion de la fonction publique vont peser lourd dans les mois à venir .

 

Teachers in Europe

Le plan de relance

L’OCDE inquiète pour les budgets éducation

Recrutement : la crise touche aussi le 1er degré

Capes : Recrutement en baisse en 2021

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Les syndicats européens de l’éducation font campagne contre les coupes budgétaires

« Ce n’est pas à l’éducation de payer le prix de la crise. Les coupes budgétaires, le pouvoir d’influence des mécanismes du marché sur les politiques éducatives et les attaques ciblant la mission et le statut des enseignant·e·s et leurs syndicats ne peuvent en aucun cas conditionner la vie professionnelle des enseignant·e·s ». 127 syndicats de l’enseignement de la CSEE dans 51 pays européens font campagne pour une éducation de qualité , ce qui passe par des moyens pour l’Ecole. En France, FO, la Cfdt, la Fsu, l’Unsa, la Cgt font partie de la CSEE.

 

Communiqué

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Sur-sollicités depuis un an, les enseignants français sont parmi les moins payés d’Europe

par Thalia Creac’h

Sommés, à nouveau, de s’adapter dans l’urgence à la fermeture des écoles, les enseignants sont fatigués d’être méprisés. D’autant plus que leur rémunération ne cesse de baisser depuis 30 ans.

Le « Grenelle de l’Éducation », lancé par le gouvernement en septembre 2020, doit entraîner une « évolution profonde du système éducatif ». Parmi les promesses évoquées : celle de revaloriser dès 2021 les rémunérations des enseignant.es ; une enveloppe de 400 millions d’euros est prévue. La moitié de cette enveloppe devrait être destinée à une prime d’attractivité pour les jeunes professeurs. Il était temps. Car si l’on en croit le chercheur en économie Lucas Chancel, de Sciences-Po Paris, la rémunération des enseignants n’a pas cessé de baisser depuis près de 30 ans. Il dépeint ce constat dans ce graphique :

Le chercheur s’intéresse ici à la rémunération réelle, c’est-à-dire celle qui prend en compte l’augmentation des prix de la vie quotidienne (logement, alimentation, électricité, etc). Même si le chiffre sur le bulletin de paie des enseignants a augmenté ces dernières décennies, il ne l’a pas fait aussi vite que le coût de la vie. C’est pourquoi les enseignants perdent en pouvoir d’achat.

Des conditions de travail qui se dégradent

Aujourd’hui, une professeure des écoles en tout début de carrière gagne 1800 euros bruts, soit environ 1500 euros nets [1]. Pour les professeurs de collège titulaires du Capes, le revenu est un peu plus élevé. « Au bout de dix ans de carrière, je gagne 1800 euros nets, signale Sarah, professeure de physique-chimie dans un collège de Bourgogne et titulaire du Capes. Ma première année, je devais gagner autour de 1550 euros nets. Le salaire est revalorisé quand on change d’échelon, mais j’ai gagné seulement trois échelons en dix ans, ce n’est pas beaucoup. »

Quand les enseignants arrivent au dernier échelon, il ne voient plus leur salaire augmenter. Et cela ne devrait pas changer. D’après Catherine, professeure d’allemand et de français en collège depuis plus de 30 ans, « le gouvernement va peut-être augmenter les rémunérations de début de carrière pour susciter des vocations chez les jeunes. Mais les « vieux », ils ne les augmentent plus, parce qu’ils savent que l’on ne va pas démissionner. » À l’absence de perspective d’augmentation s’ajoute une dégradation des conditions de travail. « Certains enfants vont mal, remarque Catherine. Je fais beaucoup de social, ce que je ne faisais jamais en début de carrière. Pour que les jeunes aient envie d’enseigner, il faudrait que l’on ait moins d’élèves dans les classes. »

Comment expliquer que la rémunération des enseignants ne soit pas corrélée à l’inflation ? « Comme pour les autres métiers de la Fonction publique, la progression du salaire des enseignants a été pénalisée par la faible augmentation du point d’indice, qui a été inférieure à l’inflation depuis une trentaine d’année. Celui-ci a même été « gelé » à certaines périodes, explique Jérôme Gautié, enseignant-chercheur en économie à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Autre problème : les enseignants ont bénéficié de moins d’augmentations indiciaires – c’est-à-dire d’ajouts de points d’indice – et de primes que d’autres métiers. »

Face aux critiques des enseignants, le ministère de l’Éducation nationale leur oppose souvent la possibilité de faire des heures supplémentaires. Or, comme l’explique Sarah, cette proposition n’est pas viable dans la réalité : « Dans les entreprises privées, quand les gens font des heures supplémentaires, ces heures sont majorées, elles sont payées plus. Pour les professeurs, ce n’est pas le cas. L’heure supplémentaire est même moins bien payée que l’heure normale à partir du milieu de carrière. Et puis, tout le monde ne peut pas en faire, ce n’est pas facile par exemple quand on a des enfants à charge…. » Pour Sarah, l’incitation aux heures supplémentaires est une fausse solution. « Beaucoup de collègues sont dans un état de fatigue nerveuse importante. Prendre des heures supplémentaires les amène parfois à se mettre en arrêt maladie. »

Les enseignants français, parmi les moins bien payés d’Europe

Par ailleurs, tous les professeurs de l’Éducation nationale ne sont pas titulaires. Les rémunérations des enseignants contractuels (qui ne sont donc pas fonctionnaires) sont encore plus basses et augmentent encore moins vite. « En tant que contractuel, on évolue beaucoup moins vite parce que nous connaissons beaucoup d’interruptions de contrats entre les remplacements, pendant lesquelles nous ne sommes pas payés, pointe Romain, enseignant contractuel d’histoire-géographie dans un collège de Bourgogne, qui souhaiterait être titularisé. À la longue, l’écart de rémunération se creuse… »

En réalité, la France est parmi les pays les moins bien classés en Europe en ce qui concerne la rémunération de ses professeurs. En témoigne ce graphique réalisé à partir des chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

En début de carrière, un enseignant de collège en France est deux fois moins payé que ses collègues d’Allemagne. Après 15 ans d’expérience, l’écart se creuse encore plus avec les Allemands et les collègues néerlandais gagneront deux fois plus que les enseignants français. Les enseignants sont aussi mieux payés en Suède, en Espagne, en Italie et au Portugal.

« Selon les données de l’OCDE, le salaire des professeurs est inférieur en France à ce qu’il est dans beaucoup d’autres pays », confirme Jérôme Gautié. Les enseignants français sont bien conscients de cet écart. « L’État mise beaucoup en France sur l’égalité des chances grâce à l’école, mais il n’y met pas les moyens », regrette Sarah.

Une augmentation moyenne de « 29 euros bruts mensuels par agent »

Le gouvernement a-t-il vraiment pris conscience du problème avec son enveloppe de 400 millions d’euros ? Ce n’est pas l’avis de Sud éducation pour qui « c’est une somme dérisoire rapportée aux plus d’un million cent-trente-mille personnels dans l’Éducation nationale » Au final, cela revient en moyenne à « 29 euros bruts mensuels par agent.e », rappelle le syndicat. Pour Catherine aussi, enseignante depuis trois décennies, il s’agit surtout d’« effets d’annonces ».

De plus, un grand nombre de professeurs s’accordent à dire que leurs conditions de travail se sont grandement dégradées depuis des années. « On nous demande d’en faire de plus en plus avec un effectif d’élèves sans cesse en augmentation et de moins en moins de moyens, témoigne Patricia, professeure de français titulaire, qui travaille en collège depuis plus de 30 ans. Et plutôt que créer des postes, le gouvernement préfère distribuer des heures supplémentaires. Si nous avions les moyens pour travailler dans de meilleures conditions, le niveau du salaire passerait au second plan. » C’est également l’impression de Mathilde, professeure de français dans un collège Bourguignon : « Je pense que le salaire et les conditions de travail sont liés. Parfois, quand on a un salaire correct, on est capable d’accepter plus de choses que quand on est payé rien du tout et qu’on a des conditions terribles ».

Thalia Creac’h

Dessin : Rodho

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