Archives de la catégorie Europe

Au Parlement européen, Emmanuel Macron n’a pas du tout apprécié le cadeau de cet eurodéputé belge

Le président de la République a sèchement répondu à cet élu écologiste.

EUROPE – La politique française s’est largement invitée à l’intérieur du Parlement de Strasbourg où Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi 17 avril aux eurodéputés. A l’issue du discours d’une vingtaine de minutes du président de la République, chaque groupe avait la parole pour lui répondre.

C’est à cette occasion que l’élu écologiste belge Philippe Lamberts a largement critiqué ce que le gouvernement d’Edouard Philippe fait en France depuis bientôt un an. Le porte-parole des eurodéputés écolos a adressé quelques bons points, comme l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais c’était pour mieux dénoncer l’action des forces de l’ordre qui « écrasent dans la violence les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une autre manière de vivre ».

Il a dénoncé la loi asile, « ses procédures expéditives, recours non-suspensifs, détentions administratives » mais il a surtout critiqué la politique économique menée, reprenant l’une des expressions favorites du chef de l’Etat: « les premiers de cordée ». « Dans nos sociétés, cette corde n’existe plus: les riches s’enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort », a-t-il lancé, concluant son propos en offrant une corde à Emmanuel Macron, comme le montre la vidéo en tête d’article.

Ce dernier lui a ensuite répondu de manière virulente. « Vous pouvez tenir des propos d’estrade car vous avez le confort de ce salon. Au nom du respect que j’ai pour ce Parlement, je ne peux vous laisser dire des bêtises et contre-vérités », a balayé le chef de l’Etat.

À voir également sur Le HuffPost:

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01590560/zone/1/showtitle/1/src/vflmxr

Publicités

Poster un commentaire

Catalogne : communiqué unitaire de 6 organisations de Loire-Atlantique

Communiqué Catalogne 

De nouvelles arrestations d’élu-e-s de la Catalogne viennent d’avoir lieu. Par ailleurs, Carlos Puigdemont a été arrêté en Allemagne et risque d’être extradé, ce qui montre la complicité des gouvernements européens avec celui de l’Espagne. Le gouvernement de Madrid, en accentuant la répression, remet en cause le vote des électeurs et électrices de Catalogne, qui ont confirmé en décembre leur choix en faveur des partis indépendantistes.

Nous exigeons la libération des prisonniers politiques catalans, la non extradition de Carlos Puigdemont.

Nous appelons toutes les organisations qui se réclament de la démocratie à protester contre ce qui constitue une grave atteinte aux droits démocratiques.

Nous soutenons la mobilisation du peuple de Catalogne contre la répression. 

Signataires :

Casal Catala – Conseil Démocratique Kurde de l’Ouest – Breizhistance – Ensemble ! – NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) – POID (Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique)

Nantes, le 27 mars 2018

Poster un commentaire

Pour l’OCDE, il faut améliorer le bien-être des enseignants

Si même eux le disent…

« Le réussite éducative ne repose plus sur la restitution des connaissance mais sur la capacité à extrapoler et à appliquer les connaissances de façon créative dans de nouvelles situations en reliant différents champs de connaissances… Cela nécessite de nouvelles façons d’enseigner et d’apprendre et un nouveau type d’enseignants ». Dans un nouvel ouvrage publié par l’OCDE, Valuing our Teachers and Raising their Status, Andreas Schleicher, directeur de l’éducation de l’OCDE, tire toutes les conséquences de cette évolution. Il met en évidence le lien entre le constructivisme et le niveau des élèves. Il montre aussi l’intérêt qu’ont les autorités à veiller au bien être des enseignants. Car là où il est faible, le niveau l’est aussi…

Une nouvelle conception du métier d’enseignant

« La classe traditionnelle qui a existé pendant des générations repose sur une introduction dirigée par l’enseignant caractérisée par des leçons, ou un cours dialogué ». Cette classe là, pour A Schleicher, vit ses derniers instants. Parce que le niveau d’exigences s’est élevé et qu’on attend des élèves davantage capables d’autonomie et de traiter des tâches complexes.

Pour pouvoir asseoir cette nouvelle pédagogie, le métier d’enseignant doit évoluer  aussi bien dans ses relations avec la communauté éducative que dans les pratiques pédagogiques. Pour A Schleicher il y a déjà un lien entre le niveau des élèves, tel qu’il est évalué dans Pisa, et les conceptions pédagogiques des enseignants. « Depuis des décades les éducateurs ont encouragé à donner aux élèves plus de controle sur l’organisation du cours, son rythme. Ces stratégies orientées vers l’élève trouvent de plus en plus de place dans les salles de classe ».

Quelles pratiques pédagogiques…

C’est ce qu’il va montrer en se basant sur les résultats en maths de Pisa. Il dresse d’abord une typologie des méthodes pédagogiques dans les pays de l’OCDE selon que l’enseignement est centré sur le maitre ou l’élève et aussi selon qu’il repose sur la mémorisation ou la construction du savoir par l’élève. Les résultats sont intéressants parce que le graphique montre le lien entre la mémorisation et l’enseignement centré sur le professeur et inversement. La France apparait à cet égard bien extrême avec un taux très fort d’enseignement tourné vers le professeur et de mémorisation.

Pour quels résultats ?

Coté niveau des élèves, les résultats sont à nuancer. « Quand les professeurs dirigent les élèves, il sont plus à même de réussir des problèmes de maths simples. Quand le problème devient difficile, les élèves enseignés dans un système centré sur l’enseignant perdent cet avantage », dit A Schleicher. La conclusion qu’il en tire c’est qu’il ne fait aps se reposer sur un style d’enseignement mais qu’il faut en utiliser plusieurs.

L’opposition est plus nette entre les démarches où les élèves mémorisent des résultats et celles où ils élaborent les résultats. La mémorisation est liée à l’anxiété des élèves. Elle aide à résoudre des problèmes de routine. « Si la mémorisation marche pour résoudre des problèmes simples cela ne va plus loin », note A Schleicher.  Plus le niveau des élèves d’un pays est élevé moins l’enseignement repose sur la mémorisation, montre PIsa.

Mais au delà, quelles méthodes pédagogiques employer pour réussir en maths ? L’ouvrage donne de nombreux exemples de « bonnes pratiques » dans des établissements. Il cite par exemple un établissement de Linz où l’enseignement est donné par deux professeurs dans la classe qui se partagent le travail l’un d’eux encadrant des groupes d’élèves. Dans uen école israélienne les enseignants ont changé le temps de l’heure de cours pour l’allonger de façon à aller plus au fond des questions mais ils traitent moins de sujets et la semaine est raccourcie. Dans uen école anglaise un jour par semaine es réservé à une recherche menée par les élèves. Les enseignants donnent le défi du jour et les élèves doivent rassembler les informations pour trouver al solution. Exemples de problèmes : jeter un oeuf le plus haut possible et ne pas le casser, ou apporter une solution à un risque naturel.

Enseigner de façon collaborative

Tous ces exemples reposent sur des pratiques collaboratives du métier. Pour A Schleicher, « trouver l’approche pédagogique qui marche  le mieux dans un contexte précis  perdn du temps, nécessite de la recherche et une pratique collective où les bonnes idées irriguent la profession.  Réussir cela c’est passer d’une organisation de type industriel  à une organisation du travail vraiment professionnelle. C’est ce qu’on doit attendre du 21ème siècle en éducation ». Un graphique montre non seulement que la France est mal placée pour le travail collaboratif des enseignants mais aussi que les pays qui ont les meilleurs résultats dans Pisa sont ceux qui ont des pratiques collaboratives ( Japon en tête, Corée, Singapour, Hong Kong etc.). L’ouvrage donne d’ailleurs en exemple les réseaux d’enseignants au Japon où ont lieur régulièrement des séminaires de pratiques de classes.


Pour A Schleiecher, pour améliorer les pratiques pédagogiques dans le futur, il faut passer de l’enseignant isolé au travail collaboratif, de l’emploi du temps traditionnel à des périodes plus longue set plus flexibles pour approfondir l’enseignement, de l’enseignement traditionnel à  des projets et des problèmes.

Quel lien entre la considération reconnue aux enseignants et les résultats ?

Tout cela nécessite aussi que le métier d’enseignant soit reconsidéré. « Pour que l’enseignement soit plus efficaces, les enseignants doivent avoir un haut niveau de bien-être, de sentiment d’efficacité et de confiance… On demande de plus en plus aux enseignants . On attend d’eux une connaissance approfondie de ce qu’ils enseignent.. et on attend d’eux d’autres tâches comme développer les compétences non cognitives des élèves, répondre aux différences des élèves  et travailler collaborativement avec les autres enseignants et les parents. Dans ce contexte ce n’est aps une surprise que le stress et le bien-être des enseignants soient devenus des sujets prioritaires… Pisa montre que les systèmes éducatifs les plus efficaces sont ceux où la société accorde une grande valeur aux enseignants… Ce n’est aps seulement que les enseignants doivent se sentir bien. Le sentiment d’efficacité des enseignants est lié à la motivation des èleves, à leur résultat.

Et là on a en France du souci à se faire car les enseignants français sont ceux, avec la République slovaque, qui se sentent les moins valorisés dans la société.

Cela alors même que l’OCDE établit le lien entre cette valorisation et la part de très bons élèves en maths.

On laisse nos décideurs en tirer les conclusions qui s’imposent. Ou pas.

Valuing our teachers

Poster un commentaire

En Espagne, les femmes font grève pour « arrêter le monde »

Malgré des progrès considérables en vingt ans, les femmes espagnoles sont toujours payées près de 15 % de moins que leurs confrères masculins.

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

C’est déjà une victoire. Depuis que les mouvements sociaux et syndicaux ont appelé à la première « grève féministe » d’Espagne, jeudi 8 mars, la défense des droits des femmes fait la « une » de la presse, nourrit les débats politiques, s’est imposée dans l’activité législative.

Le parti de la gauche radicale Podemos a soumis, le 20 février, une proposition de loi sur l’égalité des revenus des femmes et des hommes et le Parti socialiste en a proposé une autre, le 7 mars, sur « l’égalité de traitement et de chances ». Plus symbolique, le parti libéral Ciudadanos, pourtant opposé à la grève qu’il juge « trop politisée », a annoncé le 7 mars la création d’un groupe de travail au Parlement catalan pour lutter contre « la fracture salariale, la co-responsabilité et la précarité dont souffrent les femmes ».

De son côté, le Parti populaire a dû rectifier sa position, après la polémique suscitée par plusieurs élues qui ont proposé de faire une « grève à la japonaise, en travaillant encore plus », en se disant « respectueux » des grévistes. Le PP a rappelé qu’il existe une loi qui interdit qu’un homme soit mieux payé qu’une femme à travail égal et qu’il a augmenté le congé paternité de treize jours à quatre semaines en 2017.

Mieux que la moyenne européenne

La situation de l’Espagne en matière des droits des femmes a progressé considérablement en vingt ans. La fracture salariale s’est réduite de 33 % depuis 2002, selon la Fondation des études d’économie appliquée (Fedea). Mais, selon les derniers chiffres d’Eurostat, à travail égal, elle se situe encore à 14,9 % (inférieure aux 16,3 % de la moyenne européenne).

Les mesures prises pour dénoncer les violences faites aux femmes et accompagner les victimes portent aussi leurs fruits, avec une baisse sensible du nombre de femmes décédées des mains de leur (ex-) compagnon. Les syndicats rappellent par ailleurs que les femmes occupent 62 % des CDD et 74 % des emplois à temps partiel, et que leur salaire moyen est inférieur de 23 % à celui des hommes.

« Il reste encore beaucoup à faire : les femmes ont les retraites les plus faibles, les emplois les plus précaires, elles réalisent encore l’essentiel des travaux domestiques, sont trop souvent questionnées quand elles posent plainte pour viol, et près de 1 000 ont été assassinées en quatorze ans », énumère Ruth Caravantes, porte-parole de la commission 8M, qui regroupent différents mouvements féministes, et a publié le manifeste d’appel à la grève qui propose de « stopper le monde » pour exiger « l’égalité des droits et des conditions de vie ».

Grève soutenue

Alors que l’Espagne a peu réagi au mouvement #metoo et n’a pas connu de mouvement similaire au #balancetonporc français, 82 % des Espagnols estiment que la grève est justifiée, selon un sondage paru dans le quotidien El Pais le 6 mars. « Le mouvement #metoo est le produit de nombreuses années de féminisme, tout comme cette grève », estime Mme Caravantes, pour qui « il ne suffit pas qu’il y ait de nouvelles lois, il faut transformer la société et cette grève est notre manière d’interpeller pour cela notre voisin, notre collègue, notre chef ou le gouvernement… La balle est à présent dans le camp de la société… »

Les syndicats minoritaires CNT et CGT, ainsi que le parti néocommuniste de la Gauche unie (IU) et Podemos soutiennent la grève de 24 heures convoquée par la commission 8M. Une grève à la fois des travailleurs, des étudiants, des soins (des enfants ou des personnes dépendantes) et de la consommation, dont le positionnement ouvertement anticapitaliste ne fait toutefois pas l’unanimité. Les syndicats majoritaires Commissions ouvrières (CCOO) et Union générale des travailleurs (UGT), soutenus par le PSOE, appellent quant à eux à des arrêts de travail de deux heures.

« Nous avons besoin de mesures du gouvernement et du patronat pour lutter de manière effective contre les inégalités salariales et professionnelles, faciliter la conciliation entre vie familiale et professionnelle ou valoriser le travail à la maison…, explique Lola Santillana, responsable de l’emploi et la qualification professionnelle pour les CCOO. Il faut que le gouvernement investisse dans des plans d’action et que des mesures coercitives avec sanction soient prises contre les entreprises qui ne respectent par l’égalité des travailleurs. »

Les médias responsables

En marge des partis et des syndicats, de nombreuses femmes se sont organisées avec leurs propres mots d’ordres. Artistes, scientifiques, universitaires ou journalistes, elles se sont unies au mouvement de grève. « Je pense qu’au fond, nous en avions marre de nous retenir de nous plaindre », résume Eva Belmonte, journaliste et porte-parole du mouvement L’arrêt des journalistes, dont le manifeste a été signé par plus de 7 000 femmes de la profession. « Nous avons les mêmes problèmes que le reste des femmes : les différences de salaire, l’accès restreint aux postes de direction, le harcèlement professionnel, la précarité, et nous en avons un autre, qui est la présence et la représentation des femmes dans les médias. Trop souvent, les médias culpabilisent les victimes d’agression sexuelle, trop peu de tribunes d’opinion sont confiées à des femmes, trop peu de places leur sont données dans les débats politiques. Notre mobilisation est une manière d’attirer l’attention des directeurs de médias sur ce problème. »

Près d’une centaine de rassemblements sont organisés dans la capitale espagnole, dont une grande manifestation à 19 heures. Tout comme à Barcelone et des dizaines de villes espagnoles. « La grève sera un succès si le 9, on continue d’en parler… », conclut Mme Santillana.

En Espagne, par exemple, une grève générale des femmes, sans précédent dans le pays, s’est traduite par des piquets de grève devant des grands magasins, par des perturbations dans les transports et par l’absence des présentatrices-vedettes dans les médias. Selon le syndicat UGT et la confédération syndicale CCOO, qui avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures, celui-ci a été observé par 5,3 millions de personnes.

Poster un commentaire

Angleterre : le gouvernement envoie l’armée pour restaurer la discipline dans les écoles

Toujours plus bas dans la connerie…ça sent la bonne idée à venir en France…

Damian Hinds, secrétaire à l’éducation, et son collègue de la Défense ont annoncé un programme de soutien aux anciens militaires qui voudront devenir enseignants. A partir de septembre ils bénéficieront d’une bourse de 45 000 euros. « Nos vétérans ont un monde d’expérience et expertise qu’ils peuvent partager dans la salle de classe, enseignant aux élèves les compétences dont ils ont besoin pour réussir comme le leadership et l’autodiscipline »,a  notamment déclaré, selon le Daily Mail. , le ministre de l’éducation. Ces bourses ne seront offertes que dans les disciplines en pénurie d’enseignants : maths, langues, SVT, physique chimie, informatique.

 

Dans le Daily Mail

Poster un commentaire

L’Angleterre abaisse les critères de recrutement des enseignants

Pour faire face à la crise du recrutement, le ministre de l’éducation a décidé que les candidats ayant échoué aux tests d’entrée dans la formation d’enseignant pourront les repasser librement. Précédemment un second échec aux tests écartait le candidat pour deux ans. Ce changement s’explique par la chute du nombre de candidats (-29% cette année). Le ministre promet que le niveau de recrutement sera maintenu . Cette décision scelle une évolution constatée dans tous les pays qui appliquent le New Public Management. L’élévation des conditions de recrutement et la hausse des exigences réduit le recrutement au point qu’il faille faire un appel massif aux contractuels. Le résultat final de cette politique c’est l’abaissement du niveau de recrutement des enseignants particulièrement dans les établissements populaires.

 

Communiqué

Angleterre , Suède, Pays Bas : l’échec du New Public Management

Poster un commentaire

Communiqué commun de plusieurs associations, dont la LDH : « Pour une démocratisation de la politique européenne de commerce et d’investissement »

Pour une démocratisation de la politique européenne de commerce et d’investissement

Communiqué commun de plusieurs associations, dont la LDH

Depuis plusieurs mois et dans différents pays européens, des organisations de la société civile, des syndicats, des organisations d’agriculteurs, des entrepreneurs, des consommateurs et des élus locaux ont multiplié les appels en faveur d’une démocratisation de la politique commerciale. Ils demandent une refonte complète du processus de négociation et de décision pour les accords de commerce et d’investissement en cours de négociation et à venir.

La portée croissante des nouveaux accords de commerce réduit les marges de manœuvre politiques des États et impose de nouvelles règles de discipline qui s’appliquent à l’élaboration de l’ensemble des politiques publiques.

Le Ceta et le Tafta ont illustré à quel point les négociations commerciales et les processus de ratification des accords souffrent d’un cruel déficit de transparence et de contrôle démocratique et font la part belle aux intérêts des plus grandes entreprises. Dès le début des négociations, les lobbyistes du secteur privé ont été intensivement consultés tandis que les représentants de groupes d’intérêt général, les parlementaires, les collectivités locales et les citoyens ont été tenus à l’écart. Cette opacité et ce manque de participation démocratique ont fortement alimenté les controverses autour de la ratification du Ceta.

Cette expérience invite à revisiter en profondeur les procédures actuelles de négociation des accords de commerce et d’investissement. Seul un processus transparent et démocratique depuis le lancement des négociations, à la fois aux niveaux national et européen, peut garantir que les accords commerciaux bénéficieront au plus grand nombre et recevront par conséquent un large soutien.

L’objectif est de démocratiser le processus d’élaboration de la politique commerciale européenne en impliquant le Parlement européen, les parlements nationaux, la société civile et en encourageant le débat public, dans la transparence.

Ces questions ne sont pas seulement techniques mais aussi politiques. Les propositions récentes de la Commission européenne, qui visent à exclure le volet investissement des accords de commerce à venir afin d’éviter la ratification par les parlements nationaux, ne doivent pas conduire à diminuer encore le contrôle démocratique et le débat public sur cette politique. Toute accélération du processus au détriment de la participation démocratique ne serait pas acceptable.

Cet effort de démocratisation de la politique européenne de commerce et d’investissement doit reposer sur les principes et les propositions suivantes :

Principes directeurs

Le commerce n’est pas une fin en soi. Il constitue un moyen d’atteindre des objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Pour cela, l’objectif prioritaire des accords de commerce et d’investissement ne doit pas être la libéralisation des échanges et la réduction des coûts pour les entreprises mais leur contribution à des objectifs d’intérêt général supérieurs tels que la promotion d’emplois décents, la lutte contre le changement climatique, la protection des droits et de la santé des citoyens, la justice fiscale et la stabilité financière. Cela signifie que la politique commerciale doit non seulement être compatible avec le respect et la mise en œuvre des droits humains et des autres traités et accords internationaux tels que les conventions de l’OIT, l’accord de Paris sur le climat, la convention sur la biodiversité, les objectifs de développement durable, etc. mais en assurer la promotion.

Neuf mesures pour un processus démocratique

1. Conduire des consultations publiques transparentes et ouvertes en amont de la préparation des mandats de négociation

La Commission doit organiser des consultations transparentes et ouvertes dès la phase initiale qui précède le lancement des négociations, en amont de la préparation du mandat, sans préjuger du résultat.Elles doivent être nourries par les résultats rendus publics d’études d’impacts couvrant l’ensemble des domaines ciblés.La Commission doit ensuite publier le projet de mandat dès que possible pour permettre la tenue d’un débat approfondi et sérieux au sein des parlements et de la société civile. Toutes les contributions versées lors des consultations devraient être rendues publiques.

2. Garantir une participation équilibrée des différentes parties prenantes depuis la préparation du mandat jusqu’au processus de ratification

Toutes les parties prenantes doivent bénéficier d’opportunités égales de formuler des propositions auprès des responsables politiques avant, pendant et après les négociations d’un accord de commerce et d’investissement. Les gouvernements et la Commission doivent s’assurer de cet équilibre dans leurs interactions avec les parties prenantes à la fois quantitativement et qualitativement. Cela suppose de solliciter des contributions de la part de groupes représentatifs et d’intérêt général sous représentés et de limiter les interactions avec les groupes de lobbyistes du secteur privés, sur représentés. Les contacts avec les groupes d’intérêts doivent être rendus automatiquement publics. La Commission devrait s’abstenir de solliciter bilatéralement des contributions de la part de groupes d’intérêts qui refusent ces règles minimales de transparence.

3. Approbation des mandats de négociations par les parlements européen et nationaux

Les mandats de négociations des accords de commerce et d’investissement ne peuvent plus être discutés et approuvés seulement par le Conseil : le Parlement européen doit également se prononcer. Quant aux gouvernements des États membres, ils devraient soumettre les mandats à leurs parlements pour obtenir également leur approbation. Les mandats doivent avoir une durée limitée dans le temps.

4. Renforcer le rôle des Directions générales (DG) et des ministères au service d’objectifs d’intérêt général dans les négociations

Pour garantir que les objectifs sociaux, environnementaux et économiques, ainsi que l’intérêt général priment sur les intérêts commerciaux, d’autres DG et ministères doivent être associés de façon beaucoup plus importante dans la conduite de la politique commerciale à toutes les étapes du processus.

5. Publier tous les mandats et les documents de négociations

Tous les mandats, les offres de négociations et les textes consolidés, ainsi que les contributions des parties prenantes doivent être publiés sans retard et accessibles facilement.

6. Donner aux parlements la capacité d’influer sur le processus de négociation

Le Parlement européen et les parlements des États membres doivent recevoir des informations détaillées et à jour ainsi que les textes de négociation. La loi allemande de coopération entre le gouvernement fédéral et le Bundestag sur les aspects relatifs à l’Union européenne peut servir d’exemple dans ce domaine pour améliorer le droit à l’information des parlementaires. Les parlements doivent être en mesure de soumettre à la Commission des recommandations pour les négociations qu’elle doit impérativement examiner. Tous ces débats devraient être publics et permettre des contributions de la part de toutes les organisations de la société civile intéressées.

7. Ouvrir un large débat parlementaire avant la signature et la ratification des accords

Le parlement européen et les parlements des États membres doivent conduire un large débat en leur sein dès que les accords sont disponibles dans leur langue. Cela suppose de permettre aux commissions concernées d’évaluer l’accord avec la participation de différents groupes d’intérêts en amont du vote et avant que les États membres ne se prononcent au Conseil. Cela suppose également de conduire et publier une évaluation complète et à jour des bénéfices et des risques liés à cet accord. Les parlements doivent avoir la possibilité de renvoyer l’accord sur la table des négociations y compris après leur conclusion.

8. Supprimer l’application provisoire pour les accords de commerce et d’investissement mixtes

La pratique de la mise en application provisoire des accords internationaux a été conçue pour les situations d’urgence et non pour les accords de commerce et d’investissement. Ce type d’accords ne devrait entrer en application qu’au terme d’une ratification complète.

9. Limiter la durée dans le temps des accords conclus avec une possibilité de prolongation

La résiliation des accords internationaux conclus par l’UE est extrêmement difficile. Elle doit être proposée par la Commission au Conseil et la décision se prend à la majorité qualifiée, voire à l’unanimité, avec l’accord du Parlement européen. Cette procédure prive les gouvernements futurs de la capacité d’évaluer et de revoir les accords de commerce qui ont été conclus par les gouvernements précédents. C’est pourquoi tout accord de commerce négocié par l’UE devrait être conclu seulement pour une période de temps donnée, avec la possibilité pour les deux parties de le prolonger. Par ailleurs, le Parlement européen et les parlements des États membres doivent avoir le droit d’exiger une révision complète ou partielle des accords de commerce et d’investissement sur la base des études d’impacts sur le développement durable et les droits humains conduites a posteriori. S’il faut d’abord et avant tout privilégier la discussion et la négociation, il faut aussi disposer des outils permettant de lever les paralysies éventuelles. Tel est l’objet du droit à la dénonciation partielle.

Certaines de ces mesures peuvent être mises en œuvre immédiatement, d’autres nécessitent une réforme plus approfondie des institutions concernées. L’ensemble de ces propositions constitue une feuille de route pour remettre la politique européenne de commerce et d’investissement au service de la société.

Liste des signataires :
Amis de la Terre ; Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs (Aitec) ; Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs ; Attac France ; Bio consom’acteurs ; Bloom ; Ceras ; Collectif éthique sur l’étiquette ; Collectif Roosevelt ; Comité catholique contre la faim et pour le développement, CCFD-Terre Solidaire ; Comité pauvreté et politique ; Commerce équitable France ; Confédération française des travailleurs chrétiens, CFTC ; Confédération française de l’encadrement, CFE-CGC ; Confédération générale du Travail, CGT ; Foi et justice Afrique Europe ; Fondation pour la nature et l’Homme ; foodwatch France ; France Amérique latine ; Institut Veblen ; Ligue des droits de l’Homme ; Mouvement pour l’économie solidaire, MES ; Mouvement rural de jeunesse chrétienne, MRJC ; Secours catholique – Caritas France ; Sherpa ; Terre des Hommes ; Union syndicale Solidaires

Paris, le 29 janvier 2018

Télécharger le communiqué en format PDF

Poster un commentaire

Le Luxembourg organise le débat éducatif

« Le débat autour de l’école est un débat de société. Il a besoin d’objectivité, de sérénité et de continuité. Voilà pourquoi il ne doit pas relever des seuls décideurs politiques, mais d’une démarche collective qui associe et responsabilise tous les acteurs », a expliqué Claude Meisch, le ministre luxembourgeois de l’éducation,le 18 janvier. Pour assurer un débat apaisé, il lance deux nouvelles institutions : l’Observatoire national de la qualité scolaire et le Conseil national des programmes.

 

 » L’Observatoire national de la qualité scolaire analysera régulièrement la qualité scolaire, avec l’aide d’experts scientifiques, d’instituts de recherche et d’universités, et proposera des pistes pour l’améliorer. Indépendant et neutre dans son travail, il analysera également les études nationales et internationales en matière de qualité scolaire pour situer le Luxembourg par rapport au niveau international », explique le site officiel du ministère. « Autonome et ouvert sur la société civile, le Conseil national des programmes représentera la voix de la société dans le discours sur les enseignements à l’école. Il consultera des interlocuteurs de la société civile, mais également les organismes publics, organisations et associations, pour conseiller le ministre dans les questions touchant les programmes scolaires. Le Conseil initiera également des forums avec les représentants de la société civile sur des sujets spécifiques liés aux programmes scolaires ».

 

Communqiué

Poster un commentaire

La pénibilité du travail enseignant bientôt reconnue en Belgique

Le décalage est trop important, explique-t-il. Quand vous avez 64-65 ans, les enfants ont toujours entre 6 ans et 18 ans, vous avez l’âge de leurs grands-parents, et c’est vrai que le décalage est tel que ça devient extrêmement difficile. » Missionné par le gouvernement, le député Laurent Henquet, ancien directeur d’école, a remis un rapport sur la pénibilité du travail enseignant. Pour lui , impossible de laisser les enseignants travailler jusqu’à 67 ans, précise la RTBF. Le métier est trop difficile. Le rapport a été demandé dans le cadre d ela réforme des pensions, le gouvernement souhaitant étendre l’âge de départ en retraite à 67 ans. Les enseignants devraient finalement effectuer deux années supplémentaires. En France plusieurs rapports parlementaires ont conclu à la pénibilité du travail enseignants sans affecter le régime de retraite.

RTBF

La souffrance ordinaire des enseignants

Qui écoutera la souffrance enseignante ?

Dossier bien être à l’école

Poster un commentaire

La pauvreté des enfants

« La pauvreté risque fort de se transmettre en quelque sorte par héritage culturel. Un peu comme pour l’alcoolisme, lorsque les parents sont pauvres, les enfants trinquent ». Dans Alternatives économiques, Denis Clerc revient sur les 3 millions de jeunes mineurs vivant dans des familles pauvres.  » La France est le pays qui dépense le plus dans le monde pour sa protection sociale (33 % du produit intérieur brut, qui mesure la richesse produite par les travailleurs). Elle devrait donc être celui dans lequel la lutte contre la pauvreté est la plus efficace. Ce n’est pas le cas : 16 % des jeunes de 15 à 34 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, contre 8 % en Suède. Sur ce terrain, nous occupons la seizième place sur 28 au sein de l’Union européenne ».

 

Dans alternatives économiques

Poster un commentaire

Les systèmes éducatifs en Europe

Comment sont structurés les systèmes éducatifs en Europe ? Eurydice permet de voir d’un coup d’oeil l’organisation des études du primaire au supérieur pour tous les pays européens à travers des graphiques simples. On peut relever trois grands types d’organisation. L’Europe du nord propose une école unique pour toute la scolarité obligatoire. Ainsi en Finlande une seule école couvre la scolarité de 7 à 17 ans. En Suède de 7 à 16 ans.  Les pays d’Europe centrale propose une sélection dès la fin du primaire avec des branches différentes. Ainsi en Allemagne dès l’âge de 10 ans les élèves sont triés entre 5 types d’enseignement secondaire.  Enfin les pays de l’ouest et du sud de l’Europe, du Royaume Uni à la Grèce en passant par la France , connaissent une différenciation après le collège.

Poster un commentaire

Communiqué LDH : « Inquiétudes démocratiques en Catalogne »

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

La Ligue des droits de l’Homme s’inquiète du traitement de la question catalane par le gouvernement de M. Rajoy.

Incarcérer des membres de l’ex-gouvernement catalan alors que des élections régionales sont convoquées revient à vider le débat démocratique de sens. Cette attitude fait peser sur ces futures élections les mêmes réserves que celles que méritaient, à juste titre, le référendum organisé par le gouvernement catalan.

On ne saurait régler une question politique par la voie judiciaire et invoquer les formes de l’Etat de droit pour mieux en ignorer l’esprit.

Paris, le 3 novembre 2017

Télécharger le communiqué en PDF

Poster un commentaire

Communiqué LDH : « Inquiétante escalade répressive du gouvernement espagnol »

Inquiétante escalade répressive du gouvernement espagnolCommuniqué Ligue des droits de l’Homme

Les événements qui se produisent en Catalogne concernent toute l’Europe, et la France en particulier. Si la Ligue des droits de l’Homme (LDH) n’a pas à prendre position pour ou contre l’indépendance de la Catalogne, elle entend rappeler des principes qui valent en tout état de cause.

La revendication d’indépendance n’a pas à être criminalisée. Une réponse judiciaire et policière ne peut être une solution politique. Un peuple doit être consulté quand il en manifeste, de manière aussi évidente, la volonté. Réprimer cette aspiration et cette volonté au nom de la loi relève alors d’une application illégitime de celle-ci. Les intimidations et violences infligées aux participant-e-s à cette tentative de consultation populaire traduisent une conception de la démocratie par le gouvernement espagnol qui en ignore les fondements.

La LDH condamne cette attitude qui ne peut conduire qu’à un durcissement du conflit. Elle assure de sa solidarité celles et ceux qui en sont les victimes.

La LDH reste très attentive aux suites de cette situation explosive au cœur de l’Union européenne, d’autant plus à la veille de nouvelles manifestations de protestation.

 

Paris, le 2 octobre 2017

Poster un commentaire

Face à la crise, l’Etat recrute des professeurs en Espagne

« Le Rectorat de Versailles a continué à recruter des étudiants en Espagne, tout juste sortis de l’Université, profitant de la persistance du chômage en Espagne pour leur faire miroiter des perspectives d’emploi en France », annonce la section Snes de Versailles. Selon le syndicat, l’académie chercherait 700 enseignants contractuels. Il manquerait près de 255 enseignants en maths, 95 en technologie et 62 en éco-gestion. Face à cette crise et à la pression démographique, l’académie aurait déjà épuisé son volant de TZR dans le second degré qui seraient déjà tous affectés à l’année.  » Cela signifie que le moindre arrêt – même prévu comme les congés maternité par exemple – est extrêmement compliqué à être remplacé, y compris dès la rentrée. Dès ce début d’année, des congés maladies ne sont pas remplacés ».

Dossier Snes

Poster un commentaire

L’Angleterre abandonne son évaluation de CE1

Trop de stress, trop de pression sur les enfants. L’Angleterre a annoncé officiellement l’abandon des évaluations en anglais et en maths à partir de 2023, annonce le Guardian. Pour autant le pays ne tourne pas le dos aux évaluations. Sous la pression, les autorités viennent aussi de mettre fin à une évaluation à l’entrée en maternelle. La suppression de l’évaluation de Ce1 laisse envisager qu’une évaluation au début du CP  pourrait voir le jour.  Pour le Nasuwt, un des syndicats britanniques, « il est acceptable d’avoir une évaluation à l’entrée dans l’école pour évaluer les progrès des élèves. Mais cette évaluation dit être administrée de façon à ce qu’elle soit gérée par les écoles et ne crée pas une surcharge de travail pour les enseignants ». Un autre syndicat, le nouveau NEU, a une position plus critique et veux empêcher l’introduction de cette évaluation d’entrée à l’école.

 

Dans le Guardian

Poster un commentaire

Vacances d’été : l’exception française ?

La France est-elle le pays des vacances d’été interminables ? C’est ce que laisse entendre le ministre qui, début juin, devant les parents de la Fcpe, a réouvert le chantier de la réforme des rythmes annuels. Mais qu’en est-il exactement ? Les vacances d’été sont-elles plus longues en France que dans les autres pays européens ?

Le serpent de mer de la réforme de l’année scolaire

« La certitude c’est qu’on doit mieux étaler le temps. Il ne faut pas  seulement examiner le temps hebdomadaire des élèves mais le calendrier scolaire annuel.. Il y a 10 ans, le plus innovant c’était 4 jours avec début de l’année vers le 20 août. La discussion permettra la formule la plus adaptée ». Le 3 juin, devant les parents de la Fcpe, Jean-Michel Blanquer a ouvert le chantier du calendrier scolaire annuel. Une ouverture d’autant plus nécessaire qu’il annonçait en même temps le retour à la semaine de 4 jours…

C’est un chantier qu’il avait essayé de faire passer sous Luc Chatel avant que ce dernier ne l’enterre. Rappelons-nous. Septembre 2010, Luc Chatel ouvre la consultation nationale sur les rythmes scolaires en nommant un Comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires. Il fixe le calendrier de la réforme : propositions à la mi-janvier 2011 et remise d’un rapport d’orientation en mai 2011. Un délai qui permettrait des changements pour la rentrée 2012, après les présidentielles…

En septembre 2013, Vincent Peillon, aux prises avec l’opposition sur la semaine de 4 jours et demi, repousse la réforme des congés d’été.  « Comme tous les Français l’ont observé, je suis en train de changer la semaine scolaire des enfants et cette réforme ne s’est pas faite en un an et va prendre deux ans. Lorsque nous aurons fini cette première réforme, nous commencerons les discussions pour lancer une autre réforme et voir les autres aspects du calendrier, dont l’année scolaire », avait-il dit.  » Pour autant, le ministère de l’éducation nationale confirme que des discussions s’ouvriront en 2015 quant à une évolution possible des rythmes scolaires annuels », affirme un peu plus tard un communiqué de la rue de Grenelle.

Et ça recommence en 2015. Avril 2015, N Vallaud Belkacem écarte l’idée d’une réduction des congés d’été. « Il ne s’agit pas de bouleverser la donne » dit-elle. « Le cadre légal actuel (36 semaines de cours) est le bon. On est allé  le plus loin possible dans ce que permet le consensus », dit-elle. Juin 2017 : quelques semaines seulement après l’élection présidentielle, le ministre de l’éducation nationale ouvre à nouveau ce chantier. L’idée d’une année scolaire de 38 ou 40 semaines de cours, au lieu de 36, est relancée.

Des congés d’été plus longs chez nos voisins

Mais ont-ils si longs nos congés d’été ? Eurostat relève chaque année la durée des congés dans les pays européens. Avec ses 8 semaines et demi de congés d’été, la France fait partie des pays très raisonnables. Certes l’Allemagne et l’Angleterre (6 semaines chacune) , ou encore le Danemark et les Pays Bas (5 seulement) font moins. Au total 7 pays européens ont des vacances d’été plus courtes que celles de la France.

Mais 19 pays grands pays européens ont des congés d’été plus long que nous. L’Italie et l’Espagne enchainent 13 et 12 semaines, la Bulgarie 14 et la Turquie 13 semaines. La plupart de nos voisins s’arrêtent en été plus longuement que nous.

La question est hebdomadaire pas annuelle

Par contre , avec nos 162 jours de classe d’avant Blanquer, on faisait clairement partie des pays ayant le moins de jours de classe. La plupart des pays européens en comptent de 170 à 180 et 15 pays sont entre 180 et 190. Le maximum européen est de 200 jours de classe par an. La réforme Blanquer qui nous ramène à 144 jours de classe par an nous éloigne encore davantage de la norme.

La réforme du temps scolaire doit être hebdomadaire et non annuelle. Demander la réduction des congés d’été est un moyen d’augmenter le nombre de jours de classe sur l’année. C’est aussi un moyen de ne pas affronter la dégradation des conditions de travail notamment dans les écoles. Mais ce n’est ni le chemin le plus simple ni le plus courageux…

Le temps scolaire en Europe

Blanquer devant la Fcpe

Poster un commentaire

L’apprentissage des langues progresse en Europe

Que sait-on de l’apprentissage des langues vivantes en Europe ? Eurostat publie une étude précise sur le développement de l’enseignement des langues. Avec une bonne nouvelle : celui ci progresse en Europe. Et le français reste la seconde langue étrangère étudiée en Europe.

Comment évolue l’apprentissage des langues ?

Selon Eurostat, 84% des écoliers européens apprennent au moins une langue étrangère. C’est 16% de plus qu’en 2005. Dans 12 pays tous les écoliers apprennent une langue étrangère. C’est le cas par exemple en France mais aussi en Espagne ou Pologne. L’apprentissage peut commencer à 3 ans comme en Belgique germanophone. Mais pour la plupart des écoliers il commence entre 6 et 8 ans. C’est le Royaume Uni qui retarde le plus cet apprentissage, statut de l’anglais oblige.

La majorité des collégiens européens apprennent deux langues vivantes (60%) et là aussi leur nombre augmente.  Dans 11 pays cet enseignement concerne 90% et plus des élèves. Mais dans tous les pays, les élèves de l’enseignement professionnel son moins nombreux à apprendre deux langues.

Quel niveau ?

La quasi totalité des pays européens  a adopté le Cadre européen commun de référence pour les langues. La plupart demande le niveau A2 en fin de collège et B2 en fin de lycée pour la première langue et B1 pour la seconde  en fin de lycée.

Quelles langues sont apprises ?

On ne sera pas surpris de constater que l’anglais se taille la part du lion. 97% des collégiens apprennent l’anglais. C’est aussi le cas de 79% des écoliers et 85% seulement des lycéens (les élèves du professionnel n’apprennent pas tous une langue étrangère). La part de l’anglais a encore progressé fortement depuis 2005 particulièrement au primaire.

Le Français est la seconde langue enseignée : 34% des européens l’apprennent au collège et 23% au lycée. L’Allemand vient après avec 23 et 19% devant l’espagnol enseigné à 18% des collégiens et 19% des lycéens. L’espagnol est en progression.

Apprend on les langues en France comme dans les autres pays ?

Dans la plupart des pays européens on accorde davantage de temps aux langues au primaire que dans le second degré. C’est le contraire en France. On accorde 270 heures à l’école alors que la moyenne européenne est de 312 heures. 17 pays européens consacrent davantage de temps. Dans le second degré, les langues prennent 936 heures contre 565 en moyenne en Europe. Un système qui explique peut-être les difficultés de nos élèves ?

Etude Eurostat

Le rapport

Poster un commentaire

La France reste championne des fondamentaux

 » D’abord et avant tout les fondamentaux ». Dans son discours d’installation, le 17 mai, Jean Michel Blanquer a mis les fondamentaux comme la première priorité de l’Ecole en les précisant :  » Lire, écrire, compter , respecter autrui ». Une injonction qui vient butter sur la réalité statistique. Selon Eurostat, qui vient de publier son annuel sur les temps d’instruction en Europe, l’école française est déjà celle qui accorde le plus de temps aux fondamentaux.

La championne du temps scolaire ?

Alors que le débat sur les rythme scolaires est relancé, qu’en est il du temps consacré à l’instruction en France ? Eurostat livre à la fois des données et deux manières de les lire.

Si l’on en croit la longueur de l’année scolaire, l’école française a les temps d’enseignement parmi les plus longs en Europe. L’année scolaire à l’école primaire c’est 864 heures de cours en France contre 734 en moyenne en Europe. Seulement 5 pays ont un temps plus long sur les 42 systèmes éducatifs évalués par Eurostat. Le record c’est le Danemark avec 1051 heures. Mais la Bulgarie se contente de 468 heures.

Au collège, avec 948 heures de classe les élèves français sont nettement au dessus de la moyenne européenne (864 heures) et la France se situe au 9ème rang. C’est pire encore pour le lycée : avec 1031 heures de cours contre 900 en moyenne, la France est au second rang juste derrière l’Espagne avec 1054 heures. Autant dire qu’en France, les années d’école sont parmi les plus chargées du continent.

Mais il y a une autre façon de compter le temps scolaire. C’est additionner le temps scolaire obligatoire.  Or beaucoup de pays comptent 12 d’école obligatoire alors que la France n’en exige que 10. Avec 4000 heures d’instruction obligatoire, la  France est dépassée par le Royaume Uni, les Pays Bas, la Belgique et la Turquie. Il faut rappeler que la grande majorité des élèves poursuit sa scolarité au delà de 16 ans et dépasse donc les 4000 heures.

Dans tous les cas on est très loin d’un modèle européen d’éducation, même si l’Europe a rédigé des directives  sur l’éducation. Le temps scolaire effectif peut varier du simple au double. Pour le collège la Lithuanie ou la Macédoine se contente de 734 heures annuelles quand le Danemark exige 1200 heures.

Championne des fondamentaux

Là où la position de la France est bien établie c’est pour les fondamentaux. Pour la lecture – écriture, l’école primaire française mobilise 1656 heures. C’est presque le double de la moyenne européenne qui est de 953 heures. Aucun pays n’atteint le nombre d’heures français. L’Allemagne se contente de 744 heures, l’Espagne de 1099, la Pologne de 383 heures.

Ces données relativisent les propos entendus durant la campagne électorale. Inutile d’augmenter l’horaire de français à l’école. On lui consacre déjà beaucoup plus de temps que tous nos voisins. La conférence de consensus du Cnesco a par contre montré qu’il y avait des apprentissages à renforcer.

Dans le second degré, 774 heures sont consacrées au français quand la moyenne est de 564 heures. Seuls l’Italie et la Turquie donnent plus de temps à l’étude de leur langue nationale.

900 heures sont consacrées aux maths à l’école primaire ce qui est nettement plus que la moyenne européenne (670 heures). 5 pays consacrent plus de temps que la France, dontle Portugal avec 1310 heures. L’Allemagne se contente de 573 heures.

Dans le second degré, la France donne 684 heures aux maths , nettement au dessus des 484 heures de la moyenne européenne. Seule la Turquie, avec 768 heures, y passent plus de temps.

En sciences, la France est aussi nettement au dessus de la moyenne européenne avec 306 heures au primaire (contre 284) et 630 dans le second degré (contre 475). Seulement 2 pays européens accordent plus de temps à ce niveau.

Mais l’école la moins autonome

Eurostat donne encore deux singularités de l’école française. La première est son manque d’autonomie.  Il est souligné par Eurostat. Celle ci peut porter sur l’organisation des enseignements ou même sur le curriculum.  Dans neuf pays l’établissement scolaire peut affecter du temps supplémentaire sur tel ou tel sujet aussi bien au primaire que dans le second degré. En Ecosse aucun horaire n’est donné pour aucune discipline. En Finlande l’Etat fixe des horaires disciplinaires mais les écoles ont une marge pour leur répartition. La France reste fidèle à un système national  qui fixe des horaires nationaux pour chaque année.

La seconde singularité est liée à cette question. La France est le pays européen qui a connu la plus forte réduction du temps d’instruction en 2016. 180 heures ont disparu au collège du fait des nouveaux dispositifs (AP EPI).

Le rapport

Poster un commentaire

Belgique : la formation des profs passe de 3 à 4 ans

La formation des enseignants du primaire et du collège en Belgique francophone sera augmentée d’un an à partir de 2019 a annoncé le gouvernement de la Communauté belge francophone. Pour lui il s’agit de s’aligner sur le niveau des enseignants des pays voisins au moment où le pays change son système éducatif avec le Pacte d’excellence. La 4ème année aura lieu en université alors que  les 3 premières se font en Haute Ecole pédagogique. Les syndicats ont obtenu une nouvelle grille salariale  pour les nouveaux enseignants formés en 4 ans ainsi que des aménagements pour que les autres puissent faire cette 4ème année d’étude. La réforme aura donc un cout évalué à 300 millions. Seule voix discordante , celle d’une association étudiante qui craint une pénurie d’enseignants. Les recherches tendent à lui donner raison. Les pays qui ont relevé le niveau de formation et d’exigences envers les enseignants ont tous connu la pénurie de professeurs et ont donc du embaucher massivement des auxiliaires. Ce qui a fait baisser le niveau moyen des enseignants…

 

Dans Le Soir

Quel effet sur le recrutement des professeurs ?

Poster un commentaire

Marseille veut revenir aux semaines de 4 jours

Alors qu’Emmanuel Macron a promis de laisser les municipalités choisir leurs rythmes scolaires, la ville de Marseille a fait savoir le 23 mai que dès la publication du décret elle opterait pour la semaine de 4 jours. Marseille avait attendu le plus longtemps possible pour mettre en oeuvre les nouveaux rythmes, le maire, JC Gaudin, pestant contre les dépenses générées par cette réforme. Stratégie gagnante :finalement il avait obtenu une aide spéciale de l’Etat alors même que la ville est connue pour le délabrement et l’état d’abandon de ses écoles.

En janvier 2014, le maire de Marseille avait soutenu une proposition de loi UMP demandant le libre choix pour les maires d’appliquer ou non la réforme. Emmanuel Macron a pris l’engagement de lui donner satisfaction.

Le libre choix des municipalités pourrait aller moins vite que ce que Marseille attend. La mesure est très critiquée, notamment par les syndicats, même si le nouveau ministre de l’éducation nationale a déclaré dans Le Monde « qu’aucune étude ne tranche » entre les deux semaines de 4 jours et 4.5 jours. Qui peut croire qu’avoir 5 matinées de classe ou 4 c’est la même chose ?

Dans le Figaro

Dans le Café

Poster un commentaire