Archives de la catégorie Education

Apprentissage : les régions dénoncent « l’indécence » de M Pénicaud

« La ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est réjouie, ce matin, sur France Culture, de la bonne évolution des résultats de l’apprentissage en France, qu’elle impute au Gouvernement. Les Régions expriment leur stupéfaction devant un tel aplomb. Elles tiennent à rappeler que ce sont elles qui exercent cette compétence et qu’elles ne disposent de moyens renforcés pour le faire que depuis 2016. Ce sont bien elles qui sont à l’origine de la dynamique observée », affirme Régions de France dans un communiqué. « Mme Pénicaud pratique la politique du coucou, s’appropriant des résultats qui ne sont pas uniquement les siens! ». C’est une loi présentée par M Pénicaud qui a retiré aux régions le financement de l’apprentissage. Mais cette loi n’entre en application qu’au 1er janvier 2020…

Communiqué

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Fonction publique : rien n’est joué selon la FSU

Alors que la loi de transformation de la Fonction publique  a été publiée cet été, la Fsu  veut croire que « rien n’est joué ». Le syndicat participera aux concertations sur son application. « Il n’est pas question de laisser, dans les nouvelles instances, les agent-es seul-es face à l’Administration et aux employeurs publics mais bien de défendre une gestion collective et démocratique des carrières et des conditions de travail de toutes et tous les agent-e-s », affirme la Fsu. L’Unsa a demandé également de nouvelles structures de suivi des carrière où les syndicats soient présents. « La FSU a également rappelé son exigence de reprendre les discussions sur la question salariale ».

Communiqué

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Professionnel : alerte au CHSCT

Selon le Snuep Fsu, le CHSCT ministériel a validé le 5 septembre l’alerte déposée par le Snuep Fsu concernant la réforme de l voie professionnelle sur les risques psycho sociaux engendrés par la réforme. « La balle est maintenant dans le camp du ministre. Ila deux mois pour répondre au vote du CHSCT qui demande le retrait de la réforme », écrit le Snuep Fsu.

Communiqué

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L’UEE revient à la Toussaint

L’université d’été des enseignants va revenir aux vacances de la Toussaint. Fiers du succès de leur université d’été, les organisateurs annoncent « une nouvelle occasion de poursuivre les réflexions engagées » cet été lors des vacances de la Toussaint, toujours à la cartoucherie.

Communiqué

Sur l’université d’été

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100 000 enfants non scolarisés selon un collectif

 » Hier, nous étions encore 100 000 enfants et jeunes dont ni vous ni personne n’a vu les visages à l’entrée des écoles de France. Nous étions encore cette année les 100 000 oubliés de la rentrée des classes », écrit le collectif « Ecole pour tous » dans Libération. Il dénonce les obstacles mis à la scolarisation des enfants de la grande précarité. L’appel évoque « les demandes illégales et interminables de justificatifs pour l’inscription en mairie, les expulsions d’habitat à répétition, la contestation arbitraire de notre minorité, la fin de la prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance qui brise nos rêves à 18 ans ou encore le racisme des adultes et des enfants dans et autour de l’école ».

Le collectif demande de « simplifier les démarches d’inscription, reconnaître et systématiser le métier de médiateur scolaire, instaurer la «trêve scolaire» pour qu’aucun enfant ou jeune scolarisé ne soit expulsé de son habitat de septembre à juillet, rendre obligatoire le contrat jeune majeur pour les bénéficiaires de l’Aide sociale à l’enfance, accorder la présomption de minorité aux mineurs non accompagnés qui demandent la protection de l’enfance, et enfin adapter les plans de lutte contre le racisme à nos réalités ».

Même si la loi Blanquer marque une avancée en donnant la possibilité au Dasen d’inscrire d’office des enfants, la situation ne progresse pas. On se rappelle l’inertie ministérielle dans l’affaire de Chilly Mazarin quand l’administration de l’éducation nationale intervenait pour déscolariser des enfants.

L’appel

Article de Libération

Chilly Mazarin

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Ouest France dénonce la censure dans l’Education nationale

Dans Ouest France, Arnaud Wajdzik dénonce les exigences de l’inspectrice d’académie d’Ancenis (44) qui interdirait aux directeurs d’école de parler à la presse.  » Ce genre de pratique menace la liberté de la presse, pourtant nécessaire à une société démocratique. Elle encourage la défiance envers les médias, dans un contexte où selon une étude récente, le fait même d’enquêter ou de dénoncer les « « versions officielles » » est de plus en plus souvent remis en cause par les dirigeants des pays démocratiques. Or, laisser croire que la presse peut être contrôlée, c’est menacer la démocratie », écrit A Wajdzik.  Une situation pourtant devenue banale et qui peut maintenant s’appuyer sur l’article 1 de la loi Blanquer.

Dans Ouest France

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Les sénateurs notent Blanquer

Public Sénat interroge les sénateurs sur la rentrée 2019. Max Brisson, pourtant LR et donc dans l’opposition, estime que « le bilan n’est pas si négatif ». Mais il estime que JM BLanquer va trop vite. « Il y a une précipitation dans la mise en œuvre de la réforme du bac, qui angoisse légitimement les professeurs. On a un calendrier politique de passage au forceps lié à l’effet du quinquennat. Dans l’esprit du ministre, il faut que le nouveau bac soit en place pour la présidentielle de 2022, d’où ce calendrier à marche forcée, qui ne marche pas justement ».

La sénatrice LREM F Cartron relativise la sous rémunération des enseignants.  » Bien sûr il y a la paie. Mais il y a des vacances qui vous permettent une qualité de vie. Quand vous partez deux mois en vacances, vous avez le temps de voyager, vous enrichir culturellement et humainement. Ce n’est pas dans la grille de salaire, mais ce n’est pas rien ». Voyager sans argent ?

Sur Public Sénat

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Tensions dans des lycées

Plusieurs lycées ont voté la grève en réaction à l’application de la réforme Blanquer. C’est le cas au lycée Mozart du Blanc Mesnil où la grève a été décidée par 30 professeurs pour le 5 septembre. Ils dénoncent des emplois du temps catastrophiques et des classes à 35. Situation comparable au lycée A Davis de Saint Denis (93) où la grève est votée pour le 4 septembre : classes à 35, postes non pourvus. Le lycée accueille 130 élèves de plus à cette rentrée. G Tillion au Bourget dénonce également la hausse des effectifs classe (35 élèves) et la sous dotation de l’établissement. A Cluses (Haute Savoie) les professeurs parlent de « chômage technique » : emplois du temps impossibles, manque de salles…

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France-Allemagne : le grand écart des salaires des profs

Gilles Fumey 3 septembre 2019

La longue crise du recrutement des enseignants en France peut-elle être mise en regard avec l’Allemagne ? Curieux qu’il n’y existe pas de crise. Les professeurs débutants sont rémunérés plus du double des stagiaires français : 24 580 € de ce côté-ci du Rhin, 50125€ de l’autre côté. Etonnant, mais il y a un biais géographique.

Partons d’abord de ce constat qu’un étudiant dont on exige un master 2, donc cinq ans d’études post-bac, a du mal à accepter un job avec un salaire à 135% du Smic en début de carrière pour 268% en Allemagne. Oui, le salaire est bien pour les jeunes professeurs (pas les vocations tardives) un repoussoir pour ce métier qui ne reconnaît pas les efforts des études longues et exigeantes.

En outre, l’Allemagne ne subit pas l’humiliation annuelle de l’enquête Pisa, publiée par l’Ocde, comparant le niveau de formation des collégiens. L’Allemagne était dans les mêmes clous que la France il y a vingt ans. Aujourd’hui, elle est très loin devant alors que la France après avoir reculé fait du surplace (26e rang sur soixante-dix pays). Comment l’Allemagne a-t-elle fait ? Elle a impliqué ses enseignants en les payant plus pour marquer la considération qu’elle leur porte.

L’école coûte, pourtant, plus cher en France qu’en Allemagne. L’argent de l’école ne va pas aux enseignants. Eurostat et l’Ocde ont chiffré un système éducatif français très éparpillé, dû à des densités de population plus faibles, nécessitant au moins 20 000 établissements supplémentaires qui explique, en partie, pourquoi la moitié des dépenses de l’éducation va à la gestion. En fin de carrière, un professeur allemand gagne 30 000 euros annuels de plus que son collègue français.

Une étude datant de 2013 montrait que le professeur français a une moyenne de 14,25 élèves (à cause des dédoublements, des disciplines à faible effectif comme les lettres classiques, etc.) contre 15,48 en Allemagne. A l’époque, on calculait que même en augmentant le nombre d’élèves par classe (on a fait l’inverse depuis !), on aurait pu gagner 56 000 postes, pour augmenter les salaires des professeurs. Avec une dépense par élève qui a pu atteindre jusqu’à 24% du PIB français contre 17% en Allemagne, il y a une marge qu’un ministre avait comparé à de la graisse de mammouth. En ayant une dépense administrative au niveau de celle de l’Allemagne, on aurait pu reverser 20 000 euros par an aux enseignants et rattraper en partie l’Allemagne. Un an avant les municipales, demander un regroupement d’établissements : explosif !

Le travail des enseignants peut-il se comparer ? Le professeur allemand dans le primaire plus qu’au collège et au lycée, est multitâche, donnant 27 cours hebdomadaires de quarante-cinq minutes, surveillant s’il le faut, remplaçant les collègues malades ou absents. Son lieu de vie, c’est l’école comme le bureau pour l’employé ou l’usine pour l’ouvrier. En arrivant le matin, il consulte le tableau des remplacements et apprend ce que sera sa journée qui a commencé à 7h30 et termine entre 13h et 15h.

Son enseignement est laissé à sa libre appréciation : vidéos, travaux pratiques, cours magistraux. Il doit s’adapter lorsqu’il entre dans une classe qu’il ne connaît pas. Mais les élèves aiment bien voir d’autres professeurs et s’amuser à les comparer… Ils sont rassurés de savoir que leurs enseignants peuvent être les premiers assistants sociaux, qui signalent à ce qui est l’équivalent de la DDASS tout comportement inapproprié tant chez les élèves que chez les parents.

Toutes les comparaisons pourront être à l’avantage de l’Allemagne. Mais reste la géographie. Nos 32 000 communes regroupées en communautés d’agglomération amorcent des regroupements. Se feront-ils au bénéfice d’une nouvelle génération de professeurs mieux reconnus ? Ce n’est pas sûr. Le dédoublement des classes dont on attend avec impatience les résultats contribue paradoxalement à la paupérisation du métier. Er ce ne sont pas 300 malheureux euros qui ramèneront de bons étudiants motivés au bercail de l’école…

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Réforme des retraites : les vrais chiffres,4 SEPTEMBRE 2019 PAR DAN ISRAEL Médiapart

Un collectif citoyen a épluché les données publiques disponibles pour établir les conséquences de la future réforme, en comparant les situations de salariés qui partiront prochainement à la retraite avec ceux qui partiront 30 ans plus tard. Pour des carrières identiques, le niveau des pensions chutera de 15 à 23 %. Pour conserver le même niveau, il faudra travailler trois ans de plus. À partir de ce jeudi 5 septembre, Édouard Philippe reçoit les syndicats et le patronat.

our quelques jours encore, c’est la méthode du gouvernement qui va occuper les esprits. Comment le gouvernement entend-il mettre en musique la réforme des retraites, l’un des dossiers phares de la seconde phase du quinquennat d’Emmanuel Macron ? On en saura plus à la fin de la semaine, après le séminaire gouvernemental de rentrée et après que le premier ministre Édouard Philippe aura reçu les syndicats et le patronat, jeudi et vendredi, pour un nouveau tour d’horizon sur le sujet.

Mais les questions qui fâchent, elles, seront toujours loin d’être éclaircies. À commencer par les plus brûlantes d’entre elles, celles de l’âge de départ à la retraite et du niveau des pensions. Dans le nouveau système, combien toucheront les retraités ? Leur niveau de pension leur permettra-t-il de maintenir leur niveau de vie ? Et au prix de quel recul de l’âge de départ ?

Ce sont justement les questions que se sont posées le collectif citoyen présentant ses travaux sur le site RéformeDesRetraites.fr. Ce collectif, qui réclame « un débat public clair sur la réforme » est constitué de salariés du public, du privé, et du secteur associatif, parmi lesquels des économistes. Il se donne pour mission de compiler « toutes les données disponibles » sur le sujet.

Dans un document dévoilé ce mercredi soir, ces experts ont mis face à face le niveau de la pension de retraite par rapport au dernier salaire (c’est ce qu’on appelle le « taux de remplacement ») que touche un salarié partant à la retraite à 64 ans dans le système actuel, et celui qu’il toucherait dans le futur système par point, en partant au même âge, après la même carrière. L’analyse, qui s’appuie sur des données publiques (le rapport Delevoye pour le futur système, et le rapport 2019 du Conseil d’orientation des retraites pour l’actuel), est sans appel : pour les trois profils étudiés, le taux de remplacement pour les retraités de 64 ans chutera fortement, de 15 % à 23 % par rapport à aujourd’hui.

Pour quelques temps encore, Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme qui avait présenté ses préconisations le 18 juillet, pourra s’abstenir de répondre à ce type d’alertes. Mais pour combien de temps ? Mardi, celui qui est plutôt respecté par toutes les parties ayant participé aux 18 mois de négociations préliminaires, a annoncé qu’il entrait au gouvernement. Il n’aura pas droit au titre de ministre, et reste placé sous l’autorité de la ministre de la santé Agnès Buzyn, mais il pourra défendre le texte au Parlement, sans doute pas avant les élections municipales de mars 2020.

Dans l’intervalle, il est d’ores et déjà annoncé qu’une grande « concertation citoyenne » sera organisée, sans doute pendant plusieurs mois, et que l’avis des partenaires sociaux sera encore sollicité. Et ce, même si des ateliers participatifs ont déjà eu lieu en 2018, que les syndicats ont empilé des centaines d’heures de réunion avec le haut-commissariat à la réforme pendant plus d’un an. Et même si c’est Emmanuel Macron qui rendra les arbitrages finaux sur cette réforme censée créer un système de retraite à points, pertinent pour « les cinquante prochaines années ».

Et ses choix seront cruciaux. L’analyse produite par le collectif souligne que pour prétendre au même niveau de pension qu’un salarié partant à la retraite en 2025, son homologue né trente ans plus tard devrait travailler plus longtemps. Un fonctionnaire ou un salarié du privé né en 1990 ayant eu une carrière ininterrompue depuis ses 22 ans devra partir après 67 ans pour toucher le même niveau de pension que son collègue né en 1961 ayant eu la même carrière.

Bien sûr, la chute du taux de remplacement est aussi due aux réformes déjà votées ces dernières années et entrant progressivement en vigueur. Mais la réforme Macron aggravera bien la baisse des niveaux de pension, en particulier pour les générations nées après 1973.

Le collectif a commencé à gratter autour des données officiellement disponibles dès la remise du rapport Delevoye. Et la semaine suivante, il a débusqué une jolie combine au cœur du texte. Le fait que les neuf cas types présentés dans le texte soient quasiment tous favorisés par la réforme avait intrigué les experts… jusqu’à ce qu’ils comprennent que les cas présentés ne comparaient pas le futur système au système actuel, mais à un système qui incluait des allongements de la durée du travail n’ayant en fait jamais été votés.

La durée de travail prise en compte pour la génération 1980 était de 44 ans et 3 mois, alors que la loi actuelle prévoit qu’elle ne dépasse pas 43 ans. Cette petite manip’ a eu pour effet de faire baisser artificiellement le montant des pensions présentées comme étant celles du « système actuel », et de les faire apparaître inférieures ou égales à celles du futur système.

Un taux de remplacement qui chute de 72,5 % à 55,8 %

Dans son analyse dévoilée ce mercredi, le collectif se contente de comparer des taux de remplacement, en pourcentage, sans passer par des montants en euros, dont les fluctuations sur des dizaines d’années sont fatalement difficiles à analyser : si une pension de 1 700 euros peut être considérée aujourd’hui comme correcte (le Smic brut est de 1 520 euros mensuels en 2019), le collectif rappelle que cette somme sera dérisoire en 2056, quand le salaire net moyen sera d’environ 3 900 € (contre 2 385 € aujourd’hui).

Les trois cas types retenus (ce sont les seuls disponibles à la fois dans le rapport du COR 2019 et dans le rapport Delevoye, et donc comparables) sont présentés comme des cas de salariés ayant suivi la même carrière, à presque 30 ans d’intervalle. Et le système actuel est sans conteste plus avantageux

Ainsi, Mathieu, cadre du privé né en 1961 travaillant depuis l’âge de 22 ans, sans interruption pendant 42 ans, pourra prendre sa retraite « à taux plein » en 2025. Sa retraite nette représentera 72,5 % de son dernier salaire net. Mais pour Mathias, né en 1990, ayant suivi exactement la même carrière, la retraite dans le nouveau système représentera 55,8 % de son dernier salaire, selon les données du rapport Delevoye. Une perte de près d’un quart du montant de la pension par rapport à son aîné…

 © Collectif @nosretraites

© Collectif @nosretraites

Rien de plus logique, puisque la réforme voulue par Emmanuel Macron prévoit que les Français travaillent plus tard. En décalant son départ à la retraite de un, deux ou trois ans, Mathias verra son taux de remplacement augmenter largement. Et ce n’est qu’en partant à 67 ans, après une carrière de 45 ans, qu’il retrouvera le même taux de remplacement que son « prédécesseur » Mathieu.

Un changement de taille lorsque l’on sait que l’espérance de vie en bonne santé est aujourd’hui de 64,1 ans pour les Françaises, et de 62,7 pour les Français. Et qu’un cadre vit plus longtemps et en meilleure santé qu’un ouvrier… Par ailleurs, des carrières aussi longues ne seront pas accessibles à tous, loin de là : en 2018 déjà, à 62 ans, une personne sur deux n’est plus au travail, mais au chômage, en préretraite, en invalidité ou au RSA.

Le constat est le même pour Marie, fonctionnaire de catégorie B née en 1961, partant à 64 ans après 42 ans de carrière non stop, face à Maryam, née en 1990 et suivant la même carrière. La première touchera l’équivalent de 64 % de son dernier salaire, et la seconde ne pourra compter que sur 54,4 % de son salaire.

Enfin, le collectif a comparé les situations de Jules et Julien, employés au Smic toute leur carrière (même si ce cas de figure n’existe quasiment pas). En 2025, Jules pourra compter sur un taux de remplacement haut, à 81,6 %, alors qu’en 2054, Julien ne bénéficiera que d’un taux de remplacement de 64,8 %.

« Notre analyse est la bonne depuis le début »

L’analyse du collectif veille à ne pas trop charger la barque contre la future réforme des retraites : il rappelle, comme nous l’avons précisé précédemment, que les réformes de ces vingt-cinq dernières années ont largement leur part dans cette chute vertigineuse des taux de remplacement. Ainsi, ce sont les textes déjà votés qui expliquent la situation de Julien, le « smicard » né en 1990, par rapport à celle de Jules. La réforme telle que présentée par Jean-Paul Delevoye n’a pas d’impact sur son cas.

Mais pour Mathias, le jeune salarié du privé, c’est bien la réforme Macron qui aggrave la situation : si les critères d’aujourd’hui étaient maintenus, son taux de remplacement à l’issue de sa carrière serait de 66 %, après 43 ans de carrière à 65 ans (la loi prévoit déjà un recul d’un an de l’âge de départ). Après la réforme Macron, à 65 ans, il aura droit à seulement 61 % de son dernier salaire.

Le bilan est plus difficile à tirer concernant les agents publics. Le collectif a repris les hypothèses du rapport Delevoye, qui prévoit que les fonctionnaires gagneront dans les années à venir beaucoup plus de primes, qui seront intégrées au calcul de la retraite, contrairement à aujourd’hui. Dans cette hypothèse, la réforme aura peu d’impact pour les fonctionnaires. Mais si la part de primes n’augmente pas pour les fonctionnaires (et c’est ce que le COR prévoit comme le plus probable), le niveau de leurs pensions baissera beaucoup plus que ce qui est déjà prévu dans la législation actuelle.

Interrogé sur ces données, le haut-commissariat à la réforme des retraites n’a pas souhaité faire de commentaires. De leur côté, les syndicats accueillent ces simulations en fonction de leurs positions respectives, vis-à-vis de la réforme.

« Ces quelques cas bien étayés montrent que notre analyse est la bonne depuis le début, déclare Philippe Pihet, le négociateur de Force ouvrière sur les retraites. Nous avons toujours dit que le taux de remplacement allait chuter, et dans certains cas, avec la fin de la règle des 25 meilleures années ou des 6 derniers mois, le comprendre est aussi simple que faire une règle de trois. »

La CGT ne sera elle non plus guère étonnée, elle qui explique depuis des mois que la réforme aboutira fatalement à une baisse du niveau des pensions, ne serait-ce que parce que le gouvernement a annoncé qu’il n’entendait pas consacrer plus de ressources au système des retraites (14 % du PIB), alors que les retraités seront de plus en plus nombreux : 35 % en plus d’ici à 2050, selon les prévisions.

L’Ugict, la branche de la CGT dédiée aux ingénieurs et aux cadres, a mis en ligne un argumentaire efficace pour démonter la présentation rassurante du gouvernement, reprenant de nombreux arguments détaillés ici par Mediapart quant au bouleversement de philosophie qui accompagne le nouveau régime. La CGT et FO ont appelé à des manifestations contre la réforme, le 24 septembre pour le premier, trois jours plus tôt pour le second.

En revanche, la CFDT, qui soutient largement la réforme, au moins dans sa conception générale, est plus embarrassée. Début juillet, Laurent Berger avait vanté sur Mediapart « un système plus juste, plus lisible » et « un élément de progrès social pour tous ceux qu’on n’entend pas suffisamment aujourd’hui, qui ont des basses pensions, des carrières difficiles, qui partent à la retraite en ayant une espérance de vie beaucoup plus faible que d’autres ».

Interrogé sur l’analyse du collectif, Frédéric Sève, le « Monsieur retraites » de la confédération, invite à « rester prudent lorsqu’on se base sur des simulations : il y a tellement de paramètres et d’hypothèses à prendre en compte qu’il est difficile d’y voir toujours clair ». Il rappelle que « puisque la réforme se fera à moyens constants, s’il y a des perdants, c’est qu’il y aura aussi des gagnants », qui se recruteront du côté des plus précaires.

« Cette réforme va rebattre fortement les cartes, souligne-t-il. Oui, ceux dont les revenus sont les plus hauts vont y perdre, car ils sont aujourd’hui les gagnants outrageants du système actuel. » Il insiste aussi sur la nécessité que « la transition entre les deux systèmes soit bien étalée dans le temps, pour que les individus ne soient pas trop pénalisés dans le temps ».

Une demande pour la mise à disposition de toutes les données

Bien évidemment, les données mises sur la table par le collectif militant sont très parcellaires. Elles ne prennent pas en compte la réalité du monde du travail d’aujourd’hui, avec ses carrières heurtées et non linéaires. « Pour avoir davantage d’information sur les autres profils, il faudrait que le haut-commissaire et le gouvernement acceptent enfin de rendre publiques les données du rapport, écrit le collectif, qui a fait une demande officielle en ce sens mi-août. Cela serait nécessaire notamment pour étudier les profils spécifiques des carrières heurtées (notamment celles des femmes), des cadres, des fonctionnaires à faible taux de primes (par exemple enseignants). »

L’entourage de Jean-Paul Delevoye prévoit depuis des mois que le débat va monter autour de l’accès aux données, et que les demandes de simulations précises, déjà portées par les syndicats, vont se multiplier. Mais le haut-commissaire ne prévoit pas de tout mettre sur la table. À la fois parce que toutes les données ne sont pas disponibles, notamment pour les cas concernant des salariés dépendant de petites caisses de retraite, qui n’ont pas toujours les ressources nécessaires pour fournir toutes les informations. Mais aussi parce qu’il attend que l’exécutif rende tous ses arbitrages.

Une fois les choix opérés par le président et son gouvernement, l’étude d’impact du projet de loi devrait contenir beaucoup de données, et de cas types, pour enrichir les débats au Parlement. Mais il n’est pour l’instant pas question d’éclairer toutes les pistes possibles dans ce vaste débat en fournissant l’ensemble des données dont dispose l’administration.

La mise en lumière de la question du taux de remplacement est en tout cas bienvenue, car elle permet de recentrer les débats sur les questions concrètes qui se posent pour les salariés et les futurs retraités. Des sujets pourtant éclipsés ces derniers jours, lorsque Emmanuel Macron a déclaré le 26 août sur France 2 qu’il était en faveur d’« un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge » nécessaire pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. Le président a ainsi contredit Jean-Paul Delevoye, qui avait assuré le 18 juillet qu’il favorisait largement la notion d’un âge pivot, évoluant avec les générations, avant lequel une forte décote serait appliquée. Ce choix n’était pas vraiment celui du haut-commissaire, mais très largement celui du premier ministre Édouard Philippe. « Rien n’est décidé », a assuré le chef de l’État, relançant la machine à analyse et à polémiques.

Or, comme l’ont par exemple expliqué plusieurs blogueurs de Mediapart, le changement de pied d’Emmanuel Macron ne peut pas franchement être analysé comme un grand pas vers la gauche, ou même comme un changement profond de philosophie. Le mérite du collectif citoyen est de rappeler que derrière ces débats théoriques, et parfois rhétoriques, reste le vrai sujet, celui du compte en banque des Français de plus de 64 ans.

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Rentrée : des collèges en grève

Ce n’est pas un hasard si plusieurs collèges connaissent des mouvements de grève à cette rentrée. La suppression de 2650 postes dans le second degré à la rentrée, partiellement compensée il est vrai par des heures supplémentaires, se fait au moment où plus de 30 000 élèves arrivent au collège. Au collège Gambetta de Cahors ce sont la quasi totalité des enseignants qui ont manifesté pour demander l’ouverture d’une classe de 4ème (avec la 6ème c’est la classe qui voit la plus forte croissance démographique). Le collège Barbusse de Vaulx en Velin entame sa 3ème journée de grève aussi pour demander des moyens d’enseignement. Au collège Rondeau à Rambouillet (78) come au collège Berthelot de Toulouse les revendications portent en priorité sur les moyens de la vie scolaire. Des moyens pour la vie scolaire c’est aussi ce que demande le lycée Renoir d’Asnières et le lycée Malherbe de Caen.

Caen

Cahors

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L’APAJH inquiet pour l’école inclusive

Première association accompagnant les handicapés, l’APAJH, par la voix de son président, Jean-Louis Garci, manifeste ses inquiétudes pour cette rentrée. « Nous sommes profondément inquiets du nombre d’enfants en situation de handicap qui pourront effectivement rejoindre les bancs de l’Ecole. Et la relative opacité du gouvernement à ce sujet n’est pas faite pour nous rassurer ; nous n’avons aucune visibilité sur les chiffres de cette rentrée : combien d’accompagnants d’élève en situation de handicap effectivement recrutés parmi les nouveaux postes ouverts pour cette rentrée ? Combien d’appels auprès des cellules d’écoute ? Combien de situations réglées, combien restent sans solution ? Quelles quotités horaires de scolarisation pour les élèves considérés comme scolarisés en milieu ordinaire ? « , explique JL Garcia.  » La communication, aussi bien léchée soit-elle, ne constitue pas une politique ».

Communiqué

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La CGT éducation contre le vade-mecum sur l’apprentissage

Publié cet été , puis retiré par l’Education nationale, le vade-mecum sur l’apprentissage fait réagir la CGT Education. « Ce vade-mecum confirme la méthode autoritariste du Ministre. Les personnels et les Conseils d’Administration sont désormais dépossédés de leur pouvoir de décision : la consultation du CA n’est plus obligatoire pour ouvrir une Unité de Formation en Apprentissage (UFA). C’est le chef d’établissement qui décide seul de la signature d’une convention entre un CFA et l’EPLE. L’autonomie des établissements devient toujours plus l’autonomie des chef·fes », écrit la CGT. « Il définit l’organisation du mixage des parcours et des publics, imposant la cohabitation dans la même classe d’élèves, d’apprenti·es et de stagiaires de la formation continue. On y découvre que l’apprentissage devient la pierre angulaire de toute l’organisation. L’emploi du temps des apprenti·es, par exemple, détermine l’emploi du temps des scolaires… Actant qu’une « certaine flexibilité des services sera à prévoir », c’est une attaque directe du statut des PLP et de leurs services hebdomadaires. La menace d’annualisation et la remise en cause des 18h hebdomadaires, que nous dénoncions, se confirme ».

Sur ce vademecum

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La réforme du CAP promulguée

Un arrêté publié au JO du 5 septembre fixe les unités composant le CAP et définit leurs épreuves à compter de 2021. Les épreuves de Français et Histoire- géo, EPS, maths et physique chimie, prévention santé environnement sont définies ainsi que les unités facultatives : langues étrangères, arts appliqués et mobilité. Cette nouvelle rédaction contient des extraits significatifs sur la considération envers ces jeunes. Ainsi la définition de l’unité générale de langues : « Pour les candidats (scolarisés).. le choix de la langue vivante étrangère obligatoire, lorsque le règlement d’examen de la spécialité du certificat d’aptitude professionnelle ne précise pas la langue imposée, est limité aux langues effectivement enseignées au sein des établissements concernés. Pour les autres candidats, le choix de la langue est limité par la possibilité d’adjoindre au jury un examinateur compétent ».

Au JO

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Les régions peinent à suivre les réformes Blanquer

Alors que plusieurs lycées sont en grève parce que les enseignants ne disposent pas des manuels scolaires ou des outils numériques équivalents, les Régions de France ont plaidé « non coupable » le 4 septembre face à « l’explosion des charges » générée par les décisions ministérielles. Pour l’orientation, confiée aux régions par l’Etat, les ambitions régionales vont mettre du temps à se concrétiser dans les établissements. Les régions veulent aussi défendre les CFA mis en danger par la loi avenir professionnel. Les réformes réalisées au pas de charge par le gouvernement pèsent sur les budgets régionaux. Sur le terrain elles pourraient bien se traduire par une année blanche dans les lycées.

La question des manuels scolaires

 « Vous n’aurez pas de manuels à la rentrée ». La phrase est devenue un classique des journées de rentrée en lycée cette année. En imposant la réforme des programmes pour deux années (2de et 1ère) en 2019, JM Blanquer a déjà soumis les éditeurs à un défi énorme pour sortir les ouvrages pour la rentrée. Pour autant cela ne règle pas tout. Second défi : il faut imprimer les manuels à plusieurs millions d’exemplaires et les transporter jusqu’aux établissements ou les libraires.

Mais avant que les manuels arrivent en salle de classe il y a aussi l’étape Régions. « En lycée les supports c’est le trou noir en matière de responsabilité publique », explique François Bonneau, président délégué de Régions de France qui est aussi à la tête de la région Centre. Si la loi a mis à la charge des communes les manuels du primaire et de l’Etat ceux du  collège, elle ne dit rien pour les manuels des lycées. En fait les régions ont toutes pris en charge totalement ou partiellement le cout des manuels.

De 750 000 € à 6.5 millions

Mais cette année elles ont du mal, confie F Bonneau. « La réforme du lycée amène pour cette rentrée le changement des manuels en 2de et en 1ère. Puis ce sera le lycée professionnel et en 2020 la terminale ». « C’est un poids considérable » assure t-il. Il parle « d’explosion des charges » pour les régions. Pour sa région Centre le coût des manuels est passé de 750 000 € à 2.5 à 3 millions. Au niveau national France régions estime le coût des manuels à 300 millions.

Cela pour les versions papiers. Mais il faut aussi compter avec les versions numériques. « Dans ma région avec les licences correspondant aux manuels, le matériel, les infrastructures, on arrive à 6.5 millions », assure F Bonneau. Une somme qu’il compare aux 750 000 euros de 2018. Les régions sont conscientes des problèmes pédagogiques posés par l’arrivée massive du numérique dans une partie des régions mais « la pédagogie n’est pas de la responsabilité des régions ». Quant aux infrastructures, le très haut débit sera installé partout mais d’ici 2025…

Ces dépenses en plus il faut les faire dans le cadre de l’accord passé avec l’Etat à Cahors qui limite la hausse des dépenses régionales à 1.2% en 2019. « On n’est pas certains que tous ces surcoûts seront exclus de Cahors », dit F Bonneau. Le ministre ne s’est engagé verbalement que pour les manuels.

Kamel Chibli, président de la commission éducation de l’association des régions, craint aussi les hausses de frais des transports scolaires : la réforme des lycées a bouleversé les emplois du temps des lycées

L’orientation en pleine mutation

 « On va relever le défi de la représentation du monde de demain par les jeunes », affirme F Bonneau. Le second grand chantier de l’année c’est la réforme de l’orientation avec la prise en charge de l’orientation scolaire par les régions cette année. Pour lui le vrai défi c’est de « connecter le monde de l’économie et celui de l’éducation ».

Les directions régionales Onisep vont etre transférées aux régions d’ici décembre. Régions France pense avoir signé des conventions avec tous les rectorats en novembre. Elles produiront l’information métiers destinées aux élèves. Les régions fourniront les supports et les partenaires pour les heures destinés à l’orientation dans les établissements. « Les chefs d’établissement sauront qui mobiliser pour la séquence d’un professeur principal ou à qui faire appel pour monter un forum dans l’établissement », explique F Bonneau. Les régions feront l’interface entre les établissements et les entreprises qui seront mobilisées pour ces interventions.

« On a des moyens limités », explique F Bonneau. Là aussi le cadre fixé à Cahors pèse sur les régions. Elles pensent embaucher quelques directeurs de CIO, en plus d’une partie du personnel Dronisep, pour les aider et s’appuyer sur les branches professionnelles ou les chambres de commerce.

L’apprentissage face aux inégalités territoriales

Troisième chantier régional : l’apprentissage. « On tient à ce que l’apprentissage se développe », affirme F Bonneau. Les régions ont du mérite puisque l’Etat leur a retiré cette compétence pour la confier aux branches professionnelles. Ce qui reste aux régions c’est la carte des formations professionnelles.

« On ne veut pas voir resurgir d’opposition violente entre lycée professionnel et apprentissage », assure F Bonneau. « Il faut une complémentarité ». Pour les régions c’est une position « pragmatique ». « Il faut abandonner une approche idéologique d’opposition pour servir l’intérêt des jeunes » , assure F Bonneau. Pour les régions la mixité des parcours est un moyen de maintenir des formations dans la proximité. Problème : là aussi l’Etat a coupé le nerf de la guerre. Les régions ne disposent que de 180 millions pour les dépenses d’investissement, qui seront répartis en fonction des dépenses des années 2017-2019. Pour les dépenses de fonctionnement des CFA, celles qui permettront aux petits CFA de tenir le coût alors que  la loi Avenir professionnel les finance au contrat, les régions ne disposeront que de 138 millions. Elles en demandaient 250.

Essuyer les plâtres

Ces trois chantiers finalement démontrent bien ce qu’est la décentralisation à la française : les régions sont des collectivités ayant des compétences mais elles sont tellement imbriquées avec celles de l’Etat que les régions sont prisonnières du cadre fixé par l’Etat, particulièrement du cadre budgétaire.

Pour les enseignants et les établissements, on mesure à quel point 2019-2020 va être une année où établissements et acteurs locaux vont essuyer les plâtres. Les réformes sont décrétées mais  rien n’est prêt à cette rentrée. Il faudra encore des semaines et probablement des mois pour que les manuels scolaires papier et numériques soient dans les mains des élèves. Le dispositif d’orientation ne sera probablement pas prêt au moment où les lycéens devront faire leurs choix de spécialité et dans Parcoursup.

Les ruptures culturelles s’additionnent

D’autres décisions semblent aller bien vite. La mixité des parcours et même des publics en lycée professionnel va poser beaucoup de problèmes aux enseignants. Elle est quand même imposée au nom du pragmatisme par les régions mais aussi par le ministère. L’entrée des entreprises dans les établissements pour les formations à l’orientation, la redéfinition de l’information des Dronisep dans cet esprit ce n’est pas rien non plus en terme de rupture culturelle pour le monde enseignant. Sans parler des problèmes matériels de débit et d’installations, le passage au tout numérique imposé pour des raisons budgétaires mais non accompagné sur le plan pédagogique aussi. L’Etat impose ses conceptions. Les régions courent derrière. Et le monde de l’Ecole subit.

L’Etat et les régions affichent leur accord

L’accord de Cahors

Le vademecum sur la réforme de la voie professionnelle

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Rentrée : la FSU ne se laisse pas endormir par JM Blanquer

C’est toujours plus agréable de parler à un ministre aimable plutôt qu’à un ministre cassant et buté. Comme les autres syndicats, la FSU, qui donnait le 4 septembre sa conférence de presse de rentrée, a reconnu le changement de ton de Jean-Michel Blanquer. Mais les sujets de divergence et les motifs d’inquiétude demeurent, que ce soit sur le sens des réformes, sur les moyens jugés insuffisants de l’école, sur la question des salaires ou sur la réforme des retraites. Au delà du discours, la première fédération de l’éducation attend donc de voir si ce ministre habituellement si sûr de lui et de la justesse de ses vues, va savoir réellement dialoguer.

Nouvelle tonalité

 » Il y a une tonalité un peu plus ouverte et moins polémique du ministre, a reconnu la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison, mais une nouvelle tonalité, une manière civilisée de dialoguer ne suffisent pas. Ce qui va compter, ce sont les actes. Le ministre est-il prêt à écouter et à entendre ? « .

La responsable de la FSU a présenté les deux grandes thématiques de la rentrée pour sa fédération. D’abord, la question des moyens de fonctionnement.  » Si le ministre se gargarise de son budget en hausse, le plus important budget de l’Etat « , les différenciations d’effectifs d’élèves se creusent, montrant  » un manque de personnel « . Alors que l’on dédouble les CP et les CE1 en  éducation prioritaire, la moitié des maternelles accueille désormais plus de 25 élèves par classe. Et en terminale, les effectifs atteignent en moyenne 29 élèves par classe.

 » On fait beaucoup pour le primaire, ce qui est bien, mais cela ne peut se faire au détriment  » des autres niveaux. La secrétaire générale de la FSU a notamment rappelé la suppression de 2 650 postes à la rentrée dans le second degré alors que les effectifs ne diminuent pas.

No deal

Bernadette Groison a averti que sa fédération  » n’accepterait aucun deal emplois/ salaires « , comme Nicolas Sarkozy avait déjà tenté de le faire en 2010, en faisant miroiter les hausses de salaires que permettraient les coupes claires dans les effectifs enseignants. Dans les discussions qui s’enclenchent, la FSU redoute que Jean-Michel Blanquer veuille lui aussi lier les hausses de salaires à l’acceptation de la baisse des emplois.

 » Nous voulons des discussions pour obtenir des recrutements et également des discussions sur les augmentations des salaires « , a martelé Bernadette Groison. La responsable de la FSU a ajouté que les contractuels constitueraient  » un gros sujet  » dans les discussions : nombreux dans la voie professionnelle, ils dépassent les 40% dans l’enseignement supérieur.

Même prudence à propos du dialogue qui s’ouvre sur l’épineuse réforme des retraites. Les enseignants sont parmi les perdants de la réforme telle qu’elle se dessine – notamment parce qu’ils sont, au sein de la fonction publique, parmi ceux qui touchent le moins de primes. Jean-Michel Blanquer a reconnu qu’il y avait un problème mais saura-t-il mener la bataille ? A-t-il un poids suffisant, sachant que le dossier est piloté par Jean-Paul Delevoye, le tout nouveau Haut-commissaire aux retraites, et par le premier ministre Edouard Phlippe ?

Manque d’ambition

Pour la FSU, la seconde thématique de la rentrée est le manque d’ambition éducative.  Alors que le grand enjeu est de faire réussir tous les enfants et de réduire les inégalités qui minent le système, les réformes Blanquer sont centrées sur la maîtrise du  » lire-écrire-compter » par tous les élèves. Comme un remède miracle qui, à lui seul, assurerait des chances égales à tous.

Bernadette Groison a regretté que le ministre  » ait si peu parlé de l’éducation prioritaire en cette rentrée, dans une société aussi fracturée qui compte 3 millions d’enfants de familles pauvres « . Elle a annoncé que la FSU y consacrerait une journée le 2 octobre prochain,  » afin de porter ses propositions « .

La secrétaire générale de la FSU a aussi déploré la réforme de la voie professionnelle qui diminue les heures d’enseignement général  –  » la culture va être un facteur d’inégalités  » -, tout comme la nouvelle obligation de formation jusqu’à 18 ans qui fait la part belle à l’apprentissage au détriment de la scolarisation.

Sur la réforme du lycée, quelques établissements sont déjà en grève, faute de moyens pour la mettre en place, a indiqué Frédérique Rolet, responsable du SNES. S’il est trop tôt pour faire un point, on sait que dans un certain nombre de lycées, les emplois du temps ne sont toujours pas faits tant c’est complexe.  » On a compté que dans une classe de première, une quarantaine de professeurs pouvaient intervenir… », précise Frédérique Rolet.

Entre les groupes de travail qui se mettent en place avec le ministère, le  » nouveau  ton  » du ministre, les réformes compliquées…, les profs sont tout à leur rentrée. Mais il ne faudrait pas en rester trop longtemps aux discours lénifiants et aux paroles apaisantes, il faudra aussi bientôt leur donner des preuves d’amour.

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APPEL DE L’AG ÉDUCATION IDF INTER-DEGRÉS DU LUNDI 2 SEPTEMBRE

APPEL DE L'AG ÉDUCATION IDF INTER-DEGRÉS
LUNDI 2 SEPTEMBRE 2019

Après la réussite de la grève des examens en juin et juillet et de l’Université d’Été des Enseignant.e.s et de l’Éducation fin août, l’AG Éducation IDF inter-degrés a réuni 170 enseignant.e.s en provenance de 84 établissements et écoles, ainsi que des lycéen.ne.s de l'UNL et des parents d'élèves. Cette assemblée générale a permis de rendre compte du très grand nombre d'AG d'établissements, inédit pour une rentrée, et d’échanger sur les actions à mener pour créer un rapport de force capable de faire céder Blanquer.

Dès ce lundi, des établissements et écoles ont voté la grève dès le jour de l'accueil des élèves, entre le 2 et le 6 septembre selon les situations (Lycée Auguste Renoir, Asnières (92) ; Lycée Germaine Tillion, Le Bourget (93) ; Lycée Mozart, Le Blanc Mesnil (93) ; Lycée Jean-Jacques Rousseau, Montmorency (95)  ; Lycée Angela Davis, Saint-Denis (93) ; Collège Jean Moulin, Montreuil (93) ; plusieurs écoles de Gennevilliers (92) ; Collège Paparemborde, Colombes (92) ; etc.)

D'autres établissements n'assurent pas l'accueil des élèves du fait de l'action des enseignant.e.s ayant refusé d'être professeur.e.s principaux (Lycée Jacques Brel, La Courneuve (93) ; Lycée Buffon, Paris (75) ; Lycée Condorcet, Montreuil (93) ; Collège Berthelot, Montreuil (93) ; Collège Politzer, Bagnolet (93) ; etc.)

D'autres établissements ne font pas grève la semaine de rentrée, mais ont voté la grève du 10 septembre.  De nombreux autres établissements, enfin, n'ont pas pu faire cette rentrée catastrophique du fait de l'inexistence des emplois du temps, des listes d'élèves, etc.

Une rentrée inacceptable

Les réformes Blanquer engagent une dégradation inacceptable du service public d’éducation, des conditions d’enseignement, et des conditions de travail et de vie des professeur.e.s comme des élèves.
Nous n’acceptons pas le non-réemploi des contractuel.le.s et la multiplication des postes non pourvus. Nous demandons le réemploi des contractuel.le.s et leur titularisation.
Nous persistons à refuser la mise en place des réformes Blanquer auxquelles la totalité des acteurs de l’éducation s'opposent.

L'AG Éducation Île-de-France inter-degrés :

-       soutient les établissements en grève reconductible dès la rentrée ou dès le début effectif des cours, et appelle à les rejoindre ;
-       appelle à soutenir le rassemblement pour le réemploi de l'ensemble des enseignant.e.s non-titulaires de l'académie de Créteil, le mercredi 4 septembre à 14h au Rectorat de Créteil ;
-       appelle à un temps fort de grève et de mobilisation le jeudi 5 septembre pour étendre le mouvement, avec un rassemblement devant le Ministère à 14h, une conférence de presse le matin, et une AG Éducation IDF inter-degrés en fin d'après-midi à la Bourse du Travail de Paris ;
-       appelle à un deuxième temps fort de grève et d'actions le mardi 10 septembre pour consolider la mobilisation avec des tournées d’établissements et d'écoles, des AG de villes ou de bassin, et une AG Éducation IDF inter-degrés en fin d'après-midi.
-       appelle à rejoindre le temps fort de grève interprofessionnelle du mardi 24 septembre contre la réforme des retraites et à en faire une grève générale de l’Éducation, avec cortège Éducation dans les manifestations ; elle propose une AG de grève interprofessionnelle en fin de manifestation  ;
-       soutient la mobilisation lycéenne (à l'appel de l'UNL, MNL, FIDL,Youth For Climate...) du vendredi 20 septembre et appelle l’ensemble des personnels à rejoindre la grève internationale pour le climat, car elle considère que les politiques qui détruisent l'Éducation sont les mêmes que celles qui détruisent la planète. Elle considère aussi comme essentiel le rendez-vous du samedi 21 (manifestations appelées par de nombreuses organisations dont les Gilets Jaunes) lors duquel elle invite les parents d’élèves à manifester ensemble dans des cortèges Éducation

L'AG Éducation Île-de-France inter-degrés appelle les collègues à se réunir en AG, à rassembler tous les personnels, les parents et les élèves, et à tout faire pour mettre en échec l’application des réformes Blanquer et la politique de Macron et son monde.
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Actions en vue pour l’intersyndicale du second degré

Quelle estimation de la mobilisation à cette rentrée ? « Le ministre ne répond pas aux inquiétudes légitimes des personnels sur des sujets aussi importants, que les effets de la loi de transformation de la Fonction publique sur leur carrière, la faiblesse de leurs salaires ou sur l’impact désastreux qu’aura la future réforme des retraites sur les corps enseignants ». L’intersyndicale du 2de degré, regroupant la Cgt, le Snes Fsu, FO, Sud et le Snalc, estime que « les mobilisations engagées depuis des mois doivent se poursuivre ». Elle se réunira le 10 septembre « pour envisager les actions » et d’ici là couvre par des préavis les mouvements existants.

Communiqué

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Rentrée : dégradation continue selon le Snes

 » Malgré l’annonce stratégique du renoncement à supprimer 50 000 emplois dans la fonction publique la politique d’austérité se poursuit et détériore le service public de l’Education nationale : 5250 suppressions d’emplois en deux rentrées, des réformes idéologiques et précipitées dégradent les conditions d’enseignement pour les élèves et les personnels », affirme le Snes. Le syndicat rappelle qu’il y a 34 000 élèves en plus mais 2650 postes en moins à cette rentrée, principalement en 6ème et 4ème. Ils ne sont que partiellement compensés par un volume d’heures supplémentaires représentant 2085 emplois.  » Les seuils d’ouverture de classe sont en augmentation. Dans l’académie de Toulouse, le nombre de divisions en lycée est calculé sur la base de 36 élèves par classe. Dans les collèges « ordinaires » de la Meuse ce sera 30 minimum (25 en REP). » Le Snes demande  » l’abandon de la politique d’austérité budgétaire ».

Communiqué

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Le point sur Parcoursup

mercredi 28 août 2019

Pour la deuxième année consécutive, l’application Parcoursup a traité les vœux d’orientation post-bac des élèves. La première session, en 2017-2018, avait montré la réalité de ce dispositif, pensé en réalité pour être un outil de tri social. Le gouvernement est resté sourd aux revendications des personnels, des familles, et même du Défenseur des Droits qui l’a enjoint à rendre public les algorithmes locaux qui permettent la sélection des jeunes. Dans ces conditions, la session 2018-2019 de Parcoursup ne pouvait que confirmer le constat fait l’année dernière : ce n’est pas un outil d’orientation mais bien un outil de sélection.
Cet article, régulièrement mis à jour, tente donc de réunir les principaux textes qui régissent cette machine à trier.

Une session chaotique
Cette session a d’abord été marquée par un bug lors de la publication des premiers résultats : des élèves, après avoir reçu une proposition d’admission, se sont vus signifier qu’ils étaient en réalité sur liste d’attente et non admis. Le Ministère de l’enseignement supérieur et le cabinet du Ministre de l’Education Nationale ont communiqué sur une supposée erreur de calibrage des capacités d’accueil de certaines formations, pointant la responsabilité des équipes sans même s’interroger sur le fonctionnement de ParcourSup (notamment la pratique du surbooking) ou leur responsabilité pour n’avoir pas détecté de telles anomalies. Des dizaines de milliers de candidats, au moins 7% au total, ont vu leurs propositions d’affectation post-bac réinitialisées. Le gouvernement n’a jamais fait un bilan sincère de ce dysfonctionnement majeur.

Les ministères brouillent les pistes
Toute comparaison avec l’année dernière est rendue extrêmement difficile : le gouvernement publiait régulièrement un tableau de bord, qui a tardé à être publié cette année. De plus, les données présentées ne sont pas les mêmes que l’an dernier. Cette année, au 19 juillet, date de la fin de la session principale, le nombre de candidats ayant reçu au moins une proposition mais ne l’ayant pas encore définitivement acceptée (autant de candidats insatisfaits par les propositions) n’était pas connu. L’an dernier, ils étaient 148 787 le 17 juillet, en y ajoutant les 68 510 candidats sans proposition, on pouvait dire que 26,75% des candidats n’avaient pas trouvé leur formation. Cette année, faute de transparence de la part du Ministère, il est impossible de faire le même calcul.
Par ailleurs, mi-juillet, près d’un tiers des saisies des CAES (commissions d’accès à l’enseignement supérieur) venait de l’académie de Créteil, preuve que les inégalités territoriales sont toujours très marquées.

La fausse transparence
Charte des attendus (CDFI, CGE et CPU) décembre 2018
Attendus nationaux de Licence
Compléments à la liste des attendus nationaux pour l’accès aux formations de l’enseignement supérieur 2019

Le cadre réglementaire général
Loi orientation et réussite des étudiants, mars 2018
Décret, procédure pour l’accès aux formations de l’enseignement supérieur
Liste des formations privées sur Parcousup
Liste des formations initiales dont l’inscription sur Parcousup est reportée

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