Archives de la catégorie Education

Qu’est ce qui motive les profs ?

De nombreux travaux ont étudié la motivation des élèves qui est reconnue comme un facteur de réussite. Mais que sait-on des motivations des professeurs ? Les jeunes et les professeurs plus anciens ont-ils les mêmes buts ?  A-t-on le même objectif en éducation prioritaire et ailleurs ? Dans la Revue française de pédagogie, n°194, Nicolas Mascret, Christophe Maïano et Olivier Vors étudient, au regard des types psychologiques récents, les motivations des enseignants. Une étude fine qui permet au final de mieux connaitre les enseignants.

6 modèles de motivation

A l’origine de cette publication, une recherche menée auprès de 289 enseignants de l’académie d’Aix Marseille dont 65 en ECLAIR, on dirait rep+ aujourd’hui. Ils ont été soumis à des questionnaires précis sur leurs buts professionnels. L’étude utilise le vocabulaire  scientifique sur la motivation qui distingue 6 buts principaux chez les professionnels. Adaptés aux enseignants, on dira que les enseignants peuvent se motiver par rapport à la tâche à accomplir : faire réussir les élèves ou éviter l’échec des élèves. Ils peuvent aussi se motiver par rapport à eux : enseigner mieux que l’année dernière ou éviter de faire moins bien. Enfin ils peuvent aussi se motiver par rapport aux collègues : être meilleur prof que les autres ou éviter d’apparaitre comme le pire professeur de l’établissement.

Le profil particulier des professeurs des Rep

L’étude montre qu’il y a bien un effet établissement, autrement dit les professeurs se motivent différemment en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire. En Eclair, les professeurs cherchent moins à faire réussir tous les élèves. Ils cherchent plus à leur éviter l’échec.  Ils cherchent aussi davantage à éviter la comparaison avec les autres enseignants et à apparaitre comme en difficulté.

Pour les auteurs, ces constatations confirment ce que l’on sait de l’éducation prioritaire.  » Les enseignants peuvent se donner des priorités différentes de celles directement liées à l’apprentissage et à la réussite scolaire, au risque de substituer le maintien de l’ordre à la transmission des connaissances (Kherroubi & Rochex, 2004), la socialisation primant alors sur les apprentissages (Peltier-Barbier, 2004). Les pratiques enseignantes visent alors des objectifs multiples dont les relations sont souvent complexes voire contradictoires, comme faire que les élèves réussissent  les tâches, mettre les élèves au travail et maintenir leur motivation, préserver le climat et la discipline dans les classes ». C’est l’idée d’un « narrow curriculum » dans les Rep.

L’idéal universel de la réussite de  tous les élèves

Cela ne veut pas dire que l’idéal de la réussite des élèves est absent.  » L’objectif institutionnel de réussite de tous les élèves est largement partagé par les enseignants quel que soit leur contexte d’exercice… Les enseignants, quel que soit leur établissement d’exercice, cherchent à éviter que leurs élèves échouent ».

« Le fait d’essayer de mieux enseigner que les années précédentes semble être une préoccupation qui concerne davantage les enseignants en début de carrière que les enseignants plus expérimentés », notent encore les auteurs.  » Tout en visant l’apprentissage de leurs élèves, la préoccupation centrale des enseignants novices est l’apprentissage de leur propre métier ».

La place des élèves

Par conséquent les enseignants débutants en éducation prioritaire  » cherchent davantage à progresser en tant qu’enseignants que ceux qui ont plus d’ancienneté. » Une remarque qui renvoie à l’idée de faire venir des enseignants expérimentés en Rep.

Finalement la recherche confirme , sous un angle nouveau, des éléments décrits sur l’éducation prioritaire.  » Elle apporte un nouvel éclairage aux nombreuses recherches spécifiques aux milieux « difficiles » en montrant la spécificité d’une certaine forme d’orientation motivationnelle des enseignants en établissement appartenant à la politique d’éducation prioritaire ». Elle confirme aussi ce que chaque enseignant sait : au coeur de sa motivation il y a les élèves.

Le sommaire du numéro 194 de la Revue française de pédagogie

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Revalorisation : vers un PPCR sur mesure ?

« J’ai proposé aux syndicats de regarder métier par métier, notamment à l’éducation nationale pour les Atsem ». Dans le grand détricotage entamé par le gouvernement, celui des accords PPCR et de l’augmentation uniforme du point Fonction publique semble se profiler. Bruno Le Maire et Gerald Darmanin ont présenté les grands axes de la politique budgétaire d gouvernement à la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Deux certitudes : l’éducation occupe beaucoup les deux ministres. Et ils sont déterminés à faire passer une politique de rupture avec le gouvernement précédent.

Trop de déficit, trop de dépense…

Bruno Le Maire va-t-il sauver la France ? C’est un peu comme cela que le ministre des finances présente son programme devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale le 12 juillet. Dans le duo mené avec Gerald Darmanin, B Le Maire parle grande politique. G Darmanin développe, avec une certaine agressivité, les applications concrètes.

« La France fait structurellement moins bien que ses partenaires en Europe… On a un niveau de dépense publique de 10 points supérieur à nos partenaires.. Un déficit excessif depuis 10 ans ». C’est tout cela que B Le Maire veut redresser de façon à adapter l’économie française à « la révolution technologique » de l’intelligence artificielle et de la robotique ». Il promet réforme de l’assurance, des régimes de retraite et de la formation professionnelle. L’objectif premier reste la réduction du déficit public pour le ramener à 3% dès 2017.

« Trop de déficit, trop de dépense et de prélèvements obligatoires », poursuit G Darmanin, ministre des comptes publiques. Il promet la baisse des dépenses « la plus ambitieuse » de tous les gouvernements précédents. Il confirme le gel du point Fonction publique, le rétablissement du jour de carence.

Des augmentations à la carte à la place du PPCR

G Darmanin s’explique aussi sur les 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires sur le quinquennat. « On va définir les missions du service public avant de mettre des agents ». C’est donc mission par mission, avec chaque ministre, que la réduction du nombre de postes sera évaluée. Ce travail sera fait dès septembre avec l’optique de moderniser les  ministères.

Pour le PPCR, « l’évolution de la masse salariale c’était 4 milliards d’ici 2020. C’est beaucoup d’argent », dit G Darmanin. « On souhaite questionner le calendrier avec les syndicats et regarder métier par métier ». Le 11 juillet, le ministre a évoque le « report  » du PPCR devant les syndicats.

A la place d’une augmentation pour tous, qui est actée dans plusieurs décrets, le ministre propose des augmentations catégorielles. Je l’ai propose notamment en éducation pour les Atsems », ajoute G Darmanin. Avant d’ajouter. « L’idée du gouvernement c’est de voir métier par métier plutôt qu’un point d’indice pour tout le monde ».

C’est donc une nouvelle étape dans le démantèlement de la politique salariale de l’Etat qui se dessine. On revient à une augmentation fragmentée et à la carte.

Si l’éducation nationale semble déjà entrée dans cette logique c ‘est qu’elle occupe beaucoup B Le Maire. « La question économique est d’abord une question éducative », dit-il. « On gagnera la bataille économique si on gagne la bataille éducative. La seule vraie question c’est comment on forme mieux les jeunes ».

Le PPCR reporté

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Une rentrée sans contrats aidés ?

Imagine-t-on l’école primaire sans AVS et sans aide administrative ? C’est pourtant ce qui attend peut-être la rentrée 2017 avec le non renouvellement d’un contrat aidé sur deux.

Près d’un contrat aidé sur deux ne sera pas renouvelé à la rentrée. Le gouvernement a annoncé son intention de passer de 190 000 contrats au premier semestre 2017 à 110 000 au second semestre. Le budget prévu pour ces contrat a été utilisé pour les 2 tiers au premier semestre et le gouvernement n’envisage pas de rallonge budgétaire. « C’est le ministre du travail qui fera la répartition » , a dit G Darmanin au Parisien le 11 juillet.

La mesure concerne directement l’école qui utilise un grand nombre de ces contrats. Les AVS qui accompagnent les enfants handicapés relèvent de ce mode de contrat. C’est aussi le cas des aides administratifs qui apportent une aide vitale aux écoles. Dès maintenant, dans plusieurs départements le renouvellement des contrats a été stoppé.

« Il est essentiel de renouveler et de recruter dans un premier temps les CUI-CAE nécessaires à l’accompagnement des élèves et au bon fonctionnement de l’école », déclare le Snuipp dans un communiqué du 12 juillet. Mais auront-ils la priorité ou la rentrée se fera-t-elle dans des conditions encore jamais vues ?

Snuipp

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L’apprentissage à 14 ans discuté à l’Assemblée

Dans le cadre de la loi sur le dialogue social, examiné en ce moment à l’Assemblée, les députés Républicains, notamment Patrick Hetzel, ont déposé un amendement demandant la création d’une « formation apprenti junior » ouverte à 14 ans. L’objectif est clair : en finir avec le collège unique.  » Le collège unique est un leurre », écrivent les députés à l’initiative du texte,  » qui pousse des milliers de jeunes gens hors des bancs de la scolarité chaque année. Il faut permettre à ceux auquel ce système ne convient pas d’emprunter une autre voie, plutôt que d’aller rejoindre les trop nombreuses cohortes de décrocheurs ».

La Fcpe invite les députés à réfléchir à l’avenir de ces jeunes.  » Loin de constituer une voie de diversification au collège, cette mesure signerait la fin du collège pour tous. Elle organiserait l’éviction précoce des élèves en difficulté en mettant en place une voie d’exclusion. En outre, en répondant à l’échec scolaire par l’apprentissage, on s’exonère de toute réflexion sur les causes de cet échec. L’apprentissage doit être un parcours choisi, réfléchi et accessible à la fin du collège, pas avant ».

La dernière proposition de loi pour l’apprentissage à 14 ans venait des Républicains. Elle date de février 2016.

Amendement

Fcpe

En 2016

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On n’a pas retrouvé tous les rapports de l’Inspection…

Cette année encore, la publication du rapport annuel de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale (IGAENR) réserve son lot de révélations. Notons d’abord qu’en 2016, 218 rapports ont été réalisés par l’Igaenr, soit 22% de plus qu’en 2015. Mais les révélations son à chercher dans les détails. Sur ces 218 rapports, l’IGAENR ne fait connaitre le sujet que de 97. La moitié restent totalement dans le noir. Sur les 97 dont on connait le sujet, seuls 38 ont été publiés. Les autres ont été retenus par le cabinet.

Parfois c’est pour de bons motifs. C’est le cas par exemple quand l’inspection est diligentée pour faire un rapport sur un principal ou un inspecteur, ou, peut-être, sur un établissement qui dérape.

Mais cette censure ministérielle est beaucoup plus discutable dans nombre de cas. On attend toujours la publication du rapport sur la santé scolaire. Ou encore de deux évaluations de la réforme du collège réalisée en 2016.Ou encore du rapport sur la gestion par les académies de l’enseignement privé sous contrat. Ou encore du rapport sur les dysfonctionnements sur les sujets d’examen au bac. Pour certains rapports gardés sous le boisseau, l’IGAENR en révèle le contenu dans le rapport annuel. C’est le cas par exemple  du rapport sur le fonctionnement du service du premier degré de l’académie de Paris. Une sortie « en douce ».

Le rapport

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Budget : le PPCR « reporté » ?

Les accords PPCR menacés ? Alors que la question budgétaire devient pour l’Éducation nationale la question prioritaire, deux syndicats, le Sgen Cfdt et l’Unsa Fonction publique, annoncent une éventuel « report » des accords de revalorisation du PPCR. L’interview donnée par G Darmanin, ministre des comptes publics, au Parisien le 11 juillet apporte plus de questions que de réponses. Elle renvoie directement aux silences de JM Blanquer. Et aux sous-entendus du ministre des comptes publics en conseil de la fonction publique.

5 milliards d’économies en 2017

Selon l’entretien donné au Parisien le 11 juillet, Gérald Darmanin confirme l’objectif de 4 à 5 milliards d’euros d’économies en 2017. Selon le ministre, les économies porteront surtout là où on ne les attendait pas : près d’un milliard sur la Défense, 500 millions pour l’intérieur, 100 millions sur l’Aide publique au développement. Pour le reste, le ministre se fait fort de trouver quelques milliards « sur la gestion du parc des voitures » des ministères et « avec des appels d’offres mieux négociés ». On demande à voir…

Le PPCR menacé

Dans l’Éducation nationale, où 95% du budget correspond à du salaire, les enseignants sont  aux premières loges. En quelques jours ils ont appris le gel du point Fonction publique, puis le rétablissement du jour de carence. D’après le Sgen Cfdt, ce sont maintenant les accords PPCR qui sont menacés. « Le ministre de l’action et des comptes publics a tenu hier des propos inquiétants en conseil commun de la fonction publique concernant le protocole PPCR », a révélé le Sgen Cfdt lors du CTM du 11 juillet. Le Sgen demande « une clarification sur ce point et la continuité des engagements de l’État ». L’Unsa Fonction publique confirme : « Gérald Darmanin envisage une perspective qui porterait un nouveau coup aux agents : le report du calendrier de montée en charge de PPCR ».

Le « report » des accords PPCR c’est une économie de 700 à 800 millions pour l’Éducation nationale. Ça voudrait dire que la revalorisation ferait une « pause » probablement définitive. Pour les enseignants, les deux revalorisations d’indices prévues pour le 1er septembre 2017 et le 1er janvier 2018 seraient annulées. Et probablement les suivantes, les 1er janvier 2019 et 2020. Par exemple, un certifié 4ème échelon devait passer à l’indice 529 au 1er septembre 2017 puis à 539 au 1er janvier 2018.

L’Himalaya de JM Blanquer

Pour l’Éducation nationale, le ministre se veut relativement rassurant. « Il y a une économie de 75 millions. Mais il n’y aura pas de postes de professeurs supprimés pour la rentrée scolaire », dit-il . Enfin, « nous tiendrons l’intégralité des promesses du président de la République ».

75 millions, dans un budget de plus de 60 milliards, c’est faisable. Mais les propos du ministre sont largement à décrypter. Par exemple, ne pas supprimer des postes pour la rentrée ne veut pas dire grand chose puisque les seuls emplois qui sont supprimables pour la rentrée, les contractuels, ne sont pas des  postes. Par contre G Darmanin a bien confirmé que 120 000 postes de fonctionnaires seraient supprimés sur le quinquennat.

Ce qui compte, c’est plutôt ce que ne dit pas G Darmanin. Car le défi budgétaire se renforce chaque jour pour l’Éducation nationale. Pour 2018, c’est un véritable Himalaya que JM Blanquer va devoir gravir.

Pour faire face au doublement des CP et CE1 de Rep et Rep+, une promesse d’E Macron, l’Éducation nationale doit trouver 9500 postes en 2018. Il était prévu que 5000 seraient créés, soit 250 millions. Pour 9500 c’est presque le double. Darmanin n’en parle pas. Et on ne l’imagine pas augmenter le budget du ministère.

L’Éducation nationale doit aussi financer le PPCR (700 millions), les « devoirs faits » (150 millions), le glissement vieillesse technicité (en clair l’avancement) pour 300 millions, la prime Rep+ (200 millions). Au total, les engagements du ministre et du président représentent plus d’un milliard de charges nouvelles pour l’Éducation nationale. Ce qui supposerait une augmentation d’autant du budget.

Or 2018 c’est l’année où le gouvernement doit faire plus de 20 milliards d’économies selon l’audit qu’il a fait connaitre le 4 juillet. Depuis, E Macron a ajouté la réforme de la taxe d’habitation et celle de l’ISF, soit au total 10 milliards supplémentaires à trouver. Quand on demande au ministre des comptes publics comment il va faire, il répond, dans Le Parisien, qu’il réfléchit à « des réformes structurelles ».

Quelle pourrait être la part de l’Éducation nationale ? On ne voit pas comment le gouvernement, qui a déclaré qu’aucun ministère ne sera sanctuarisé, pourrait épargner un ministère qui dépense un quart du budget de L’État et emploie la moitié de ses fonctionnaires.

Alors décryptons un peu. Il n’y aura peut-être pas de baisse très importante du budget de l’Éducation nationale en 2017. Mais, au mieux, tous les engagements annoncés, JM Blanquer devra les financer à budget constant. En 2018 ce sera très probablement pire.

Sortir du non-dit

De Bercy à Grenelle, il va bien falloir à un moment sortir des non-dits ou des petites phrases et présenter un budget. C’est-à-dire se prononcer clairement sur les coupes qui sont probablement déjà décidées. Car des pistes se dessinent  notamment avec une réforme du lycée lancée dès 2018 qui pourrait s’accompagner d’une réduction de l’offre scolaire. Il va falloir dire quels postes seront supprimés ou transférés. Les Fables de La Fontaine c’est pour les enfants.

Dans Le Parisien ce matin

Déclaration Unsa

Déclaration Sgen Cfdt

PPCR : les nouvelles grilles

PPCR : Une revalorisation importante

Sur le budget

Blanquer et le dédoublement : mission impossible

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Mutuelle : le ministère casse le monopole de la Mgen

Selon la Fsu, le ministère de l’éducation nationale a décidé de référencer deux nouveaux organismes pour l’offre de protection sociale complémentaire, à coté de la MGEN, à savoir AXA-Interial et la CNP-assurances. Pour la Fsu, « la possibilité pour deux opérateurs venus du monde de l’assurance de se prévaloir du référencement de l’employeur risque d’ouvrir une nouvelle phase de recul du mutualisme ».  La FSU craint  » un profond recul des solidarités inter-générationnelles en segmentant la population couverte entre opérateurs différents. La marchandisation de la protection sociale complémentaire est renforcée et la concurrence entre les opérateurs risque d’être exacerbée, accroissant ainsi les frais de gestion et de communication ».

 

Communiqué

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Des associations dénoncent  » le scandale de la disparition de la médecine scolaire » dans le 93

 » En 2015, seulement 17 postes de médecins-iennes de l’Éducation nationale (MEN) étaient pourvus sur les 49 provisionnés pour l’ensemble du département. Dans certaines villes, la médecine scolaire a quasiment disparu : ainsi à Bobigny, préfecture du département, dans laquelle il n’y a qu’un demi-poste de médecin-ienne de l’Éducation nationale pour 29 écoles, 4 collèges et 3 lycées », soulignent la Ligue des droits de l’Homme, la Fcpe 93 et les syndicats Sud et Fsu 93.

« Résultat, seuls 10% des enfants du département passent la visite médicale de l’année des 6 ans » , pourtant obligatoire.  » Les conséquences sont multiples. Il suffit d’échanger avec des parents d’élèves, avec l’infirmier-e d’un collège, pour trouver des exemples d’élèves dont on découvre une myopie en CM1, une dyspraxie en 4e, une légère diminution auditive en 6e ». Une situation qui augmente les inégalités.

Et qui n’est pas nouvelle. En 2014 déjà J. Grousset, secrétaire générale du SNMSU, le syndicat des médecins scolaires, signalait que seulement 15% des enfants passaient la visite des 6 ans.

soulignent la Ligue des droits de l’Homme, la Fcpe 93 et les syndicats Sud et Fsu 93 annoncent qu’ils vont saisir le tribunal administratif. Ils organisent une manifestation devant celui de Montreuil le 31 août.

Communqiué

J Grousset en 2014

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Recrutement : le Snes demande des mesures de pré-recrutement

« Le SNES FSU réitère sa demande de mesures de pré-recrutement, d’aides financières permettant d’attirer des étudiants vers les métiers de l’enseignement et leur donnant ainsi la possibilité de préparer les concours dans de bonnes conditions ». Après l’annonce d’un nombre croissant de postes non pourvus dans plusieurs disciplines du second degré, le Snes demande un investissement plus important de l’Etat.

 

Communiqué

Capes : un poste sur cinq vacant

La crise de recrutement : un phénomène lié au NPM

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Jour de carence : les syndicats réagissent

Comment réduire le déficit public ? En prélevant sur les fonctionnaires, a décidé le gouvernement. Deux mesures ont été décidées en ce sens : le gel du point Fonction publique et le rétablissement de la journée de carence. Cette dernière mesure fait davantage réagir les syndicats que la première. Mais cette réaction est-elle justifiée ?

Les syndicats

« Pour réduire les arrêts maladie, il faut agir sur les conditions de travail, renforcer la médecine de prévention, quasi inexistante pour une majorité de fonctionnaires et développer des mesures pour améliorer la qualité de vie au travail », répond la FSU à l’annonce gouvernementale de rétablissement du jour de carence.

N’empêche, les syndicats qui ont mollement réagi au gel, sont davantage vigoureux sur le jour de carence. Il faut dire que la mesure n’est pas flatteuse pour les fonctionnaires.

Ainsi la FSU  » exige des mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie au travail dans la Fonction Publique : c’est une question d’intérêt général. »

Du coté du Se-Unsa, on s’adresse directement au ministre.  » Monsieur Darmanin, sachez que les enseignants et personnels d’éducation, parce qu’ils sont des professionnels engagés et responsables, n’abusent pas des congés, ne sont pas plus absents que les autres salariés et ne s’absentent pas pour des convenances personnelles. Pour le SE-Unsa, cette mesure sonne comme une nouvelle provocation et un manque de reconnaissance de l’implication des fonctionnaires dans leur mission au service de l’État. »

Que sait-on de « l’absentéisme » enseignant ?

Selon une étude de la Depp, 43% des enseignants ont pris en 2012-2013 un congé maladie ordinaire pour une durée moyenne de 16,2 jours. Si l’on rapporte cette durée en moyenne par enseignant  on obtient une absence moyenne de 6,7 jours. Un nombre apparemment tellement considérable qu’en octobre 2014 un rapport de l’Institut Montaigne, un think tank proche du ministre actuel, avait proposé de faire pointer les enseignants pour lutter contre cet « absentéisme ». Pourtant la même étude montre que ces congés sont liés pour àla féminisation du corps enseignant et à la maternité.

Les enseignants sont -ils plus souvent absents que les autres fonctionnaires ? Selon la Depp, la durée moyenne du congé maladie ordinaire (CMO) est de 6,6 jours par enseignant ce qui est inférieur à la moyenne de la fonction publique (7,1 jours). Parmi les ministères au plus fort nombre, signalons les services du premier ministre (10,2), la Justice (8,7), l’Intérieur (8) et… le ministère du travail (8,5).

Les enseignants sont ils plus absents que les salariés du privé ? Une étude de la Dares (ministère du travail) de février 2013 a calculé le taux d’absentéisme par branche professionnelle. Ce taux est de 3,2% pour les enseignants soit moins que la moyenne nationale (3,6%). Les taux les plus élevés se trouvent dans le bâtiment ou la santé. D’une façon générale, le taux varie selon le niveau de souffrance physique ou psychologique au travail et selon la catégorie sociale. Les ouvriers sont trois fois plus absents que les cadres. Des réalités qui résistent aux leçons de morale…

Où faire des économies ?

Mais le vrai motif du rétablissement c’est l’économie que le gouvernement en attend. La mesure est censée rapporter 400 millions (sur 12 mois) selon la Cour des comptes. Le gouvernement souhaite récupérer 5 milliards en 2017. Le gel du point Fonction publique permettra d’économiser, selon la Cour des comptes, 2 milliards sur 12 mois.  C’est dire que le gouvernement est bien décidé à faire des économies sur le dos des fonctionnaires.

Et qu’on est encore loin des 5 milliards. La Cour propose encore le gel de l’avancement, les suppressions de postes ou l’augmentation du temps de travail. Affaire à suivre…

Communiqué FSU

Communiqué Se Unsa

Les profs toujours absents ?

Les « leviers » proposés par la Cour des Comptes

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[Snes national] De bonnes vacances, on en aura besoin pour la rentrée

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GAFAM : les embarras juridiques du ministère

Saisie fin juin par le Snes et la Cgt sur l’ouverture subite de l’Ecole aux entreprises du Gafam (Google Apple Facebook Amazon Microsoft) révélée par le Café pédagogique, la Direction des Affaires Juridiques (DAJ) du ministère vient de connaitre sa position. Le Café pédagogique s’est procuré ce document. Selon la DAJ,  les conditions générales d’utilisation des GAFAM ne réduisent pas les obligations juridiques des établissements scolaires et que le ministère est dans le plus grand flou sur les usages réels.

Un tournant à 90° du ministère

A l’origine de cette affaire la publication par le Café pédagogique, le 16 mai, d’un message envoyé par le Directeur du numérique éducatif aux responsables académiques (DAN, DSI) les invitant à utiliser dans le cadre scolaire les services des GAFAM et à communiquer les annuaires des établissements.

Pour l’Education nationale c’était un virage à 90°. Depuis des années, le ministère développe ou fait développer des applications qui veillent jalousement sur les données des élèves, empêchent leur exportation et encore davantage celle des annuaires d’établissement. Tout cela coute très cher mais c’est le sens du développement de réseaux sécurisés comme les ENT.

Ces données d’utilisation constituent une manne incroyable pour les entreprises puisqu’elles permettent de connaitre les usages de chaque utilisateur et donc de lui proposer des publicités adaptées.

L’analyse de la DAJ

Dans un courrier du 29 juin, la DAJ répond aux questions du Snes et de la Cgt. La DAJ relève d’abord que l’exportation d’un annuaire d’établissement ne serait possible qu’après que chaque inscrit ait été personnellement informé. Il faut aussi que la déclaration Cnil de chaque annuaire mentionne les possibilités d’exportation.  Le responsable de l’annuaire, le chef d’établissement, est responsable si ces points ne sont pas respectés.

A la connaissance de la DAJ aucun établissement n’a encore transmis d’annuaire. La DAJ va mandater des responsables académiques, les CIL, pour enquêter et rappeler la loi.

La DAJ rappelle aussi que les Conditions générales d’utilisation (CGU) des GAFAM n’ont aucune valeur réglementaire et qu’elles varient d’une entreprise à l’autre. « Il n’y a pas de CGU éducation type ».  Les CGU ne peuvent être sanctionnées que par la rupture du contrat d’utilisation et rien d’autre. Par contre le responsable français peut être poursuivi devant les tribunaux français s’il n’a pas respecté les obligations juridiques des fichiers informatiques.

La lettre de la DAJ met donc les montres à l’heure. Elle montrent clairement les risques liés à la transmission des annuaires d’établissement, risque pour le chef d’établissement mais aussi pour l’enseignant qui serait à l’initiative de l’utilisation du service. Le fait que le ministère ne sache pas ce qu’il en est sur le terrain n’est pas rassurant.

Pour le Snes des risques pour les enseignants…

Interrogée par la Café pédagogique, Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe  du Snes, un des syndicats qui a saisi la DAJ, explique ce que son syndicat retient de cette affaire.

« On est satisfait que la DAJ apporte des éclaircissements, par exemple sur le fait que les élèves comme les personnels doivent être informés personnellement des usages faits de l’annuaire d’établissement. Ce qui est étonnant c’est que si la loi française n’est pas respectée, la personne qui a fourni les données peut être sanctionnée mais il n’y a aucune contrainte possible sur les GAFAM. Si la CGU n’est pas respectée on peut se retourner vers l’éducation nationale, c’est à dire le chef d’établissement ou même l’enseignant qui aura créé les comptes élèves  Facebook, par exemple, mais pas vers l’entreprise étrangère. Cela alors qu’on voit dans les établissements une multiplication de logiciels en ligne utilisés en classe sans accord des parents ».

Et pour les entreprises françaises

Le Snes analyse aussi la situation sur le long terme. « Le Directeur du numérique éducatif pense qu’il est plus facile de travailler avec les GAFAM plutôt qu’avec de petites entreprises françaises avec qui il faudrait multiplier les contrats. Tout se passe comme si le ministère avait renoncé à normaliser le travail sur le numérique.

Résultat les données relatives aux usages du numérique en classe qui pourraient être très utiles aux entreprises françaises pour mieux adapter l’offre aux besoins des élèves, ces données vont alimenter de grosses entreprises étrangères. Ni l’éducation nationale ni les startups françaises ne pourront les utiliser. Enfin l’usage fait de ces données va nous échapper. Que deviendra le droit à l’oubli par exemple pour chacun des élèves ? »

Comment expliquer ce changement à 90° du ministère ? « Peut-être le ministère s’est -il rendu compte que le développement du numérique éducatif a un coût.  Il y a peut-être l’idée que les GAFAM sont moins chers ».

« On a besoin de savoir quelle politique le ministère veut finalement mettre en place avec une vision à long terme. Faute de soutien à long terme on voit les entreprises françaises du numérique éducatif s détourner du marché scolaire. On attend du ministère une solution qui permette de se projeter dans le temps tout en protégeant les données ».

La lettre de la DAJ

Le texte de départ

Le SNES et la CGT saisissent la DAJ

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Capes : un poste sur cinq non couvert en 2017

Voilà ce qu’il faut dénoncer ! Un problème de société profond ! Qui à bac + 5 veut faire ce métier démonté depuis 20 ans par les gouvernement successifs ? Qu’il manque des profs n’est que l’arbre qui cache la forêt : dans tous les payés industrialisés le libéralisme a fait son oeuvre et convaincu que les métiers au service des autres (médecins, infirmiers, enseignants, services sociaux, etc) étaient ringards, nuls !

La pénurie de professeurs de maths va se prolonger. Au Capes externe de maths, près de 400 postes n’ont pas été attribués. C’est une nouvelle chute avec une centaine de reçus en moins par rapport à 2016. Avec les résultats des principales disciplines, c’est près d’un poste sur cinq qui est laissé vacant aux Capes externes cette année.

La crise du recrutement en maths n’est pas nouvelle. Mais cette année elle a descendu une  nouvelle marche si l’on en croit les résultats du capes externe publiés le 5 juillet. En 2016, pour les 1440 postes proposés on comptait 1134 reçus.  En 2017 pour le même nombre de postes, seulement 1066 candidats ont été admis.

On retrouve en maths la même tendance à la détérioration de la situation qui a été constatée en langues vivantes (allemand et anglais). Cinq disciplines apparaissent déficitaires : outre les maths, les lettres classiques et modernes et les deux langues vivantes déjà mentionnées.

Tous les postes ont trouvé preneur en physique -chimie et en SVT, en espagnol, en histoire-géographie.

L’ensemble des postes proposés pour ces 9 disciplines atteignait 6453 postes. Seulement 5 220 sont pourvus. Il y aura 1233 chaises vides à la rentrée. Soit 200 de plus qu’en 2016.

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Edouard Philippe : La contrainte budgétaire s’abat sur l’Ecole

Une page se tourne. Privilégiée depuis 2012, l’éducation retourne au sort commun des ministères pressurés par une politique d’austérité. Dans son discours de politique générale, le 4 juillet, Edouard Philippe a tiré un trait sur 5 années exceptionnelles. L’éducation va devoir fonctionner avec une masse salariale stable. L’Ecole elle même tient très peu de place dans le discours du chef du gouvernement et dans la politique gouvernementale. Une certaine cohérence semble se dessiner entre la pression budgétaire et certains choix éducatifs. Par exemple avec les bacs pros dont les ambitions post bac sont sacrifiées. Reste maintenant à voir précisément comment le ministre pourra satisfaire le chef du gouvernement et quels choix il fera pour cela.

« La formation dès le plus jeune âge à la culture et à la création rend libre et en les familiarisant avec la longue histoire des arts, en leur faisant découvrir les lieux de culture, en leur apprenant à décrypter l’époque et à découvrir notre héritage nous élevons l’âme de nos enfants et nous renforçons la cohésion de notre pays ». Edouard Philippe a commencé son discours de politique générale le 4 juillet, en vantant le dispositif Descoing mis en place à sciences Po et en liant culture et éducation dans une vision assez traditionnelle.

Un constat sévère

De l’école, le premier ministre ne dira pas grand chose. Il ne l’aborde que durant 5 minutes en dressant un constat sévère et en évoquant uniquement le bac et les bacheliers professionnels. Le gouvernement n’a pas de projet éducatif si ce n’est réduire la dépense.

« Nous formons très bien les très bons mais nous creusons les inégalités et le niveau moyen de nos élèves n’est pas à la mesure de notre grand pays », dit E Philippe dans son constat. « Notre système laisse sortir chaque année encore près de 100.000 jeunes sans qualification, nous dépensons bien moins que nos voisins dans le primaire où pourtant tout se joue, nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat. Mais nous conduisons 60 % de bacheliers à l’échec en licence ».

Rétablir la sélection à l’entrée dans le supérieur en 2021

Face à lui, le premier ministre n’a que deux annonces éducatives. La première c’est la réforme du bac où il veut  » resserrer les épreuves finales autour d’un petit nombre de matières » comme cela a déjà été annoncé. Par contre le gouvernement étend le délai d’application. La réforme sera définie avant septembre 2018 et sa mise en oeuvre est reportée au bac 2021.

Un peu plus loin, E Philippe revient sur ce sujet en précisant qu’il va « offrir (aux) lycéens des contrats de réussite étudiante qui leur indiquent les pré-requis pour réussir dans la filière visée, nous le ferons dès la rentrée 2018 ». Ainsi la réforme du bac est bien liée à la mise en place d’une sélection à l’entrée dans le supérieur.

Claquer la porte du supérieur au nez des bacheliers professionnels

Il nous semblait que cette politique serait désastreuse pour les bacheliers professionnels, ceux qui alimentent la croissance de la population étudiante. Edouard Philippe le confirme.  » Le lien entre le lycée professionnel et le monde de l’entreprise par l’alternance ou par l’apprentissage doit être resserré », dit le premier ministre. « Le lycée professionnel doit aussi être mieux intégré avec les filières post-bac courtes que sont le BTS et les licences professionnelles. Des diplômes de qualification à bac+1 pourront également être proposés après le baccalauréat professionnel ».

Là il y a une véritable invention gouvernementale. Face à la montée des bacheliers professionnels vers le supérieur, E Macron avait proposé une nouvelle formation supérieure « dès la L1 » laissant ouverte la voie de la licence professionnelle. C’est devenu un « diplôme » de niveau bac+1.

Alors que les bacs pros sont le seul réservoir où on peut puiser de nouveaux étudiants pour atteindre les 50% de diplômés du supérieur , le premier ministre leur ferme radicalement la porte du supérieur. Après le bac pro ce qui se profile c’est ce misérable nouveau diplôme de bac +1.

Le BTS a déjà du mal à trouver sa place dans le système LMD de l’enseignement supérieur et à avoir une reconnaissance européenne. Mais la création d’un diplôme bac +1 est une mauvaise farce faite aux bacheliers professionnels. C’est une façon effrontée de leur claquer la porte du supérieur au nez.

Stabiliser la masse salariale de l’éducation nationale

Mais il y a encore plus inquiétant pour l’avenir de l’Ecole et qui explique ces annonces. C’est le budget. « On ne dépensera pas plus en 2018 qu’en 17. Pour atteindre ces objectifs sur la dépense publique, il va falloir agir sur trois leviers. D’abord, stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public qui représente le quart de nos dépenses publiques… Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisé », dit E Philippe.

Ces deux phrases sont très importantes. Alors que le gouvernement avait laissé entendre la semaine dernière que le budget de l’Education pourrait être sanctuarisé, comme il l’est depuis 2012, on sait maintenant que ce ne sera plus le cas.

Concrètement cela veut dire par exemple que dans les 50 000 postes à supprimer dans la Fonction publique de l’Etat, l’éducation nationale devra probablement en fournir la moitié.

Ensuite le premier ministre annonce le gel de la masse salariale. Or celle-ci augmente automatiquement avec le « glissement vieillesse technicité » (GVT) , autrement dit les avancements de carrière. Pour l’éducation nationale cela représente environ 300 millions par an. En 2018 et jusqu’à 2020, la masse salariale devait aussi augmenter du fait de l’application des accords de revalorisation PPCR (environ 800 millions).

Blanquer au pied du mur budgétaire

La question qui se pose maintenant c’est comment JM Blanquer va faire pour appliquer sa politique et respecter la stricte stabilité en euros de son budget. Comment appliquer le PPCR, le dispositif « devoirs faits » (150 millions), les dédoublements de CP (500 millions), le GVT, la prime de 3000 € promise aux professeurs de Rep+ (200 millions) dans un budget stable en euros ?

Il est clair que le ministre va devoir sacrifier des dépenses éducatives. La cohérence est peut-être à chercher dans les décisions sur le bac. Un bac réduit à quelques épreuves pourrait permettre de diminuer fortement le nombre de disciplines enseignées en lycée et récupérer ainsi des moyens importants tout en diminuant le nombre de postes.

Dans tous les cas, la gestion de la rue de Grenelle va devenir très délicate. JM Blanquer est maintenant au pied du mur budgétaire. Il est urgent que le ministre, au lieu de parler musique et « soap education »,  exprime ses choix budgétaires. Pour les enseignants et les familles commence le grand retour en arrière.

Le discours d’E Philippe

Blanquer et la dangereuse réforme du bac

Bac de mauvaises réponses à de fausses questions

Blanquer et le dédoublement : Mission impossible ?

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Primaire : six académies en recrutement négatif

Et comme de moins en moins de personnes veulent faire des métiers orientés vers les autres, comme prof, infirmier, médecin, etc, dans tous les pays industrialisés, on doit baisser le niveau d’exigence chaque année…

 » À cette session 2017, ce sont 573 recrutements qui ne seront pas effectués… Une nouvelle fois, le nombre des admis est inférieur aux postes mis au concours ». Dans un communiqué ,le Snuipp Fsu confirme l’information que le Café pédagogique donnait le 26 juin : un nombre important de postes non couverts au concours externe 2017.

Le snuipp publie le détail pour chaque académie. La nouveauté c’est que cette année 6 d’entre elles passent dans le rouge. Il manque 454 enseignants à Créteil, 92 à Versailles. Mais il en manque aussi 2 à Caen, 19 en Guyane, 3 à Montpellier et 6 à Toulouse.

Le Snuipp « demande de privilégier le recours à la liste complémentaire y compris en recrutant dans d’autres académies sur la base du volontariat, pour pallier le déficit », plutôt que faire appel à des contractuels.

Autre proposition :  » étendre le concours supplémentaire de l’académie de Créteil aux autres académies en situation difficile » par exemple à Versailles, la Guyane et Amiens.

 » Pour rendre ce métier attractif, le SNUipp-FSU demande l’ouverture de discussions sur la question des pré-recrutements dès la L1, une réelle amélioration des conditions de formation et d’entrée dans le métier des nouveaux enseignants, ainsi qu’une revalorisation salariale du métier ». Mais là Edouard Philippe vient de répondre…

Communiqué

600 postes non pourvus aux concours 2017

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Recrutement : la crise s’amplifie aux concours 2017

On aurait pu s’attendre à une amélioration en 2017. Il n’en est rien. Les résultats des Capes externes de lettres, anglais et allemand sont tombés. Même si on observe un léger progrès en lettres, l’écart global entre les postes proposés et les candidats admis s’est encore creusé. Pour ces seules 4 disciplines, près d’un millier des enseignants escomptés ne feront pas la rentrée en septembre.

Déficit en lettres…

Après 5 ans de recrutements importants et une revalorisation, on aurait pu penser qu’un nombre croissant d’étudiants se portent sur les métiers de l’enseignement. Il n’en est rien. Les résultats des capes externes de lettres (modernes et classiques,) , anglais et allemand montrent une nouvelle chute en 2017.

En lettres modernes, 1 288 postes étaient proposés cette année, soit un tout petit peu moins qu’en 2016. Seulement 1137 candidats ont été admis. 151 postes, soit 12%, restent vacants. C’est un peu mieux qu’en 2016 où 18% des postes n’avaient pas été pourvus. On compte cette année 58 professeurs stagiaires de plus qu’en 2016.

En lettres classiques c’est aussi un peu mieux, mais on reste à un niveau très bas : 37% des postes sont pourvus. Il y a 85 admis pour 230 postes. L’année dernière pour le même nombre de postes , seulement 68 candidats avaient été admis.

Et en langues…

En anglais, 847 candidats ont été admis pour 1190 postes. 29% des postes ne sont pas pourvus. On assiste à un net recul. En 2016, 1055 candidats avaient été admis pour 1225 postes. Le décrochage est de taille !

La situation n’est pas meilleure en allemand avec 125 admis pour 345 postes. L’année dernière 149 personnes avaient été admises.

Pour l’ensemble de ces 4 disciplines, 859 postes n’ont pas été pourvus. L’année dernière 795 postes étaient vacants et, aux concours 2015, 649. On a donc un écart croissant entre les admis et la demande institutionnelle.

Si globalement au long du quinquennat le recrutement des enseignants s’est amélioré , la crise dans certaines disciplines se maintient ou même se renforce. Il est probable que les maths, le 5 juillet, s’ajoutent à cette liste des disciplines déficitaires.

La revalorisation décidée par F Hollande n’a pas eu d’influence déterminante. Ni même un attendu « appel d’air » créé par 5 années de recrutement massif. Alors que l’éducation nationale va replonger dans des années de faible recrutement, c’est comme si les éventuels candidats avaient anticipé les difficultés à venir de l’Education nationale.

Capes anglais

Capes lettres modernes

Capes lettres classiques

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Dédoublements des CP : ce qui change sur le terrain

Comment se mettent en place les dédoublements de CP sur le terrain ? Et si on déshabillait Pierre pour habiller Paul ? La mesure phare d’Emmanuel Macron est appliquée dans l’urgence des derniers jours de classe. Les Dasen doivent doubler le nombre de postes des CP de l’éducation prioritaire (Rep+ seulement) et trouver les enseignants. Chaque département se débrouille comme il peut. Mais la mesure est loin de faire l’unanimité chez les enseignants. Pour habiller les CP il faut déshabiller d’autres classes. Et , contrairement à ce que semble penser le ministre, l’apprentissage de la lecture se poursuit bien au -delà du CP…

CP à 12 et PS à 31…

Trois juillet au matin. Les parents occupent l’école maternelle Vandrezanne à Paris (13ème). Motif : l’annonce de classes de petite section à 31 élèves à la rentrée. Dans un arrondissement en croissance démographique l’ouverture annoncée d’une classe est annulée. C’est une des retombées des dédoublements décidés par E Macron.

Jérôme Lambert, secrétaire départemental du Snuipp, souligne la concertation qui a eu lieu avec le Dasen. Il n’empêche. Pour dédoubler les CP il a fallu trouver 17 enseignants. 7 « plus de maitres » (PDM) de Rep+ sont affectés en CP ainsi que 10 postes réservés aux ouvertures de classe.

Désorgansiation

A quelques kilomètres, Rachel Schneider , secrétaire départementale du 93, est amère. Dans ce département populaire et à forte croissance démographique, ce sont 221 postes qu’il a fallu dégager pour alimenter les dédoublements. 113 PDM ont été supprimés. 27 nouveaux PDM sont annulés et envoyés en CP. Enfin 81 postes de remplaçants sont affectés en Rep+

Avec tout cela, le Dasen devrait à peu près respecter les consignes ministérielles. Le département compte beaucoup de Rep+ et de communes pauvres. Il a fallu ruser. Résultats , les élèves de CP seront parfois dans des classes à 12, parfois dans des classes à 24 avec deux professeurs et parfois mélangés avec des CE1 dans des classes aux effectifs ordinaires.. Ces trois formes d’organisation peuvent se retrouver dans la même école (les écoles du 93 sont généralement importantes).

« On va y perdre beaucoup en formation », explique R Schneider. En effet, les PDM supprimés sont les plus anciens. Ils remontent aux années 1990. Ce sont typiquement ceux que le ministre aurait du évaluer. Les postes qui devaient être créés pour la formation continue ont disparu avec les CP dédoublés. Or le département compte beaucoup de jeunes enseignants.

Autre problème, celui des répartitions. La décision ministérielle a mis par terre ce qui était déjà prévu. Et les enseignants sont partagés sur les trois dispositifs qu’on leur propose. Il y a des refus, des départs.

A cela s’ajoutent les pressions des municipalités qui récupèrent en urgence des salles, celle du rased ou du BCD (la bibliothèque) par exemple, pour les transformer en salle de CP. « Les municipalités prennent des décisions pédagogiques que seul le conseil d’école devrait prendre », explique R. Schneider.

L’apprentissage de la lecture ne s’arrête pas au CP…

Mais le plus grand motif d’amertume est ailleurs. « Avec les PDM on était en train de reconstituer le collectif de travail mis à mal depuis 2013. Pour nous c’était le meilleur levier pour faire progresser les pratiques pédagogiques et les élèves. On s’inquiète aussi du recentrage sur le CP. Le travail sur la compréhension en lecture va bien au-delà du CP. On risque de voir revenir une vision étriquée de l’apprentissage de la lecture réduite au seul déchiffrage. Il va falloir être vigilant ».

Des dédoublements aux dépens de tous les autres élèves

« On ne fera pas la rentrée », nous a dit Benjamin Grandener, secrétaire départemental du Rhône. A l’issue d’une grève surprise qui a fait fermer 40 écoles, le Snuipp local est très remonté sur la façon dont s’appliquent les dédoublements de CP. « Que reste-il aux écoles en Rep+ après ces dédoublements ? Rien ! » Selon lui, pour trouver les 120 postes nécessaires, le Dasen a supprimé tous les PDM des Rep+, soit 84.Il a complété avec 36 remplaçants, eux aussi envoyés en CP. Et pour que ça tienne, il  a décidé que les classes en Rep+ compteraient autant d’élèves que les autres .

« On a fait les dédoublements en CP aux dépens de tous les autres élèves », explique B Grandener. « Sur le plan éthique c’est inadmissible. Sur celui de l’efficacité c’est sans intérêt car on va perdre après le CP ce qu’on aura pu y gagner ».  Dans le Rhône aussi, on pense que l’apprentissage de la lecture ne s’arrête pas au déchiffrage du CP.

« Je n’ai jamais vu une fin d’année dans un désordre pareil », continue-t-il. « Tout est flou. Les équipes sont désorganisées ». Les enseignants des Rep+ ont prévu de commencer 2017-2018 par une grève. « Nous ne rentrerons pas ».

Blanquer et le dédoublement : Mission impossible ?

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Brevet : le Snes « effaré » par le sujet d’EMC

 » Le SNES-FSU a pris connaissance avec effarement de l’exercice d’enseignement moral et civique (EMC) du Diplôme National du brevet sur lequel ont dû composer les élèves de 3e de série générale en métropole et ne peut que s’en indigner, tant sur le fond que sur la forme », déclare le premier syndicat du secondaire dans un communiqué du 3 juillet.  Le Snes vise le texte « tiré du site de l’IFRAP, un think tank d’inspiration libérale, dont la partialité est inconnue des élèves ». Mais c’est aussi le contenu de l’exercice qui est visé. « Il s’agit encore une fois de glorifier notre armée, sans demander aux élèves de faire preuve de recul ni du moindre esprit critique, contrairement aux objectifs affichés de l’EMC… Il s’agit bien de propagande, qui entretient la confusion entre l’UE et ses institutions, la République française et « ses valeurs » et qui oblige les candidat.e.s à défendre une opinion partisane ».

Sur son site, un enseignant, C Lopez, note :  » On peut immédiatement se questionner sur la validité du choix d’un tel support pour construire un sujet d’examen. En effet le texte provient d’un groupement privé d’orientation ouvertement libéral… Il en va du respect du contenu du bulletin officiel cité plus haut édictant la condition sine qua non selon laquelle l’éducation à la citoyenneté ne peut se faire qu’en dehors de toute idéologie ou de « dogme ». »

Communiqué

Sur le sujet d’EMC

La réaction d’un enseignant

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Gel du point d’indice: faibles réactions syndicales…

« La décision du gouvernement de geler à nouveau la valeur du point d’indice des fonctionnaires est profondément injuste et négative pour la fonction publique : ce n’est pas en portant atteinte aux conditions de rémunération de ses agents que l’on renforce le bien commun et notre modèle social », écrit la Fsu.  » Après six années de disette indiciaire entre 2010 et 2016, avancer à reculons c’est aggraver la dégradation du niveau de vie déjà vécue par plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique. » L’Unsa  » prend acte du gel de cette valeur, déjà évoqué par le Ministre de l’Action et des Comptes publics… le 24 mai dernier, au regard de l’évolution du déficit budgétaire que devait préciser l’audit des finances publiques. L’Unsa Fonction Publique regrette cette décision » et  » demandera d’autres mesures pour permettre la progression du pouvoir d’achat ».

 

Fsu

Unsa

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Le suivi médical des enseignants inquiète

Le décès d’un jeune élève de 5 ans des suites d’une tuberculose qui pourrait avoir été transmise par une enseignante remplaçante près de Poitiers relance le débat sur la médecine du travail dans l’Education nationale.  France 3 site des témoignages d’enseignants sur l’absence de tout contrôle médical. Le Café pédagogique avait dénoncé cette situation dès 2014. Les postes de médecin mis au concours de l’Education nationale ne trouvent pas preneurs la rémunération étant trop basse. En 2017, 23 médecins ont été admis aux concours normaux et réservés pour 80 postes proposés.

 

Article France 3

Zéro pointé pour le contrôle médical

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