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Blanquer face aux lycéens

Alors que le président de la République doit apporter une réponse aux gilets jaunes le 10 décembre, c’est Jean-Michel Blanquer qui doit faire face à la contestation. La journée du 7 décembre a encore vu de très nombreux blocages de lycées et des incidents. Le ministre de l’Education nationale n’entend pourtant pas écouter les organisations lycéennes. Il en appelle au seul Conseil national de la vie lycéenne, une assemblée dont la représentativité est contestable. C’est que la contestation lycéenne porte sur ses réformes. En refusant le dialogue avec les organisations lycéennes il les pousse dans la rue.

Deux fois plus de lycées en une semaine

Ce sont 400 lycées qui ont été perturbés le 7 décembre, soit une centaine de plus que la veille et le double du début de la semaine. Les appels au calme du ministre, des recteurs, les messages envoyés à tous les professeurs n’ont pas calmé les lycéens.

Il faut dire que les images des lycéens de  Mantes la Jolie sont dans toutes les têtes. La scène est devenue un symbole pour les manifestants. Elle a été jouée un peu partout face aux forces de l’ordre aussi bien le 7 que le 8 décembre. Les revendications lycéennes restent les mêmes : l’arrêt des réformes du lycée, du lycée professionnel et du bac et la suppression du SNU.

Voilà donc JM Blanquer face à la première contestation sérieuse de ses réformes. Est-il capable d’écouter et transiger ?

Blanquer veut-il négocier ?

On peut en douter. D’abord parce qu’il n’a pas hésité en pleine crise à faire passer en conseil des ministres le projet de loi sur l’école de la confiance. Bien que rejeté massivement au CSE (3 voix pour seulement), tout comme d’ailleurs les réformes du lycée, du lycée professionnel et du bac, cela n’empêche pas le ministre d’accélérer son lancement en ne tenant aucun compte de la contestation massive dans la rue.

Le 7 décembre sur France Inter, puis le 9 sur France 3, JM Blanquer s’est déclaré « choqué » par la scène de Mantes la Jolie. Mais tout de suite il l’a mise en doute. « Ces images sont faites pour attiser », dit-il sur FRance 3. « A Mantes la Jolie il y a eu des violences extrêmes avant et quelques policiers, qui n’étaient d’ailleurs pas très nombreux, ont eu à maîtriser une foule d’environ 130 personnes, dont des lycéens, et cette foule avait commis des exactions et était sur le point d’en commettre de pire… La chose la plus importante c’est qu’il n’ ya pas eu de blessés ». Pour le ministre le problème n’est pas les faits mais les images qui participeraient à une campagne de  mensonge.  De la même façon, interrogé par la mère d’un lycéen d’Ivry gardé à vue pendant 36 heures pour avoir écrit « Macron démission » sur un mur, le ministre estime que « ce n’est pas à lui de dire » si c’est disproportionné et qu’il « est possible que certaisn aient fait plus d’un tag ».

Déni des organisations lycéennes

Face à la contestation lycéenne, que va faire JM Blanquer ? Le 7 décembre il était question de recevoir les organisations lycéennes. Elles avaient été reçues sans véritable dialogue le 5. Le 9 décembre, confronté à L Boyard, président de l’UNL, il l’accuse à plusieurs reprises de participer à la campagne de mensonges (« il ne dit pas toujours des choses exactes »).  JM Banquer envisage de dialoguer uniquement sur l’application de la réforme et qu’avec le Conseil national de la vie lycéenne et pas avec les organisations. « Dans tous les aspects de la mise en place de la réforme c’est avec le CNVL que l’on va avancer », dit-il sur France 3.  

Le Conseil national de la vie lycéenne (CNVL) tout comme les Conseils de la vie lycéenne (CVL) sont nés des révoltes lycéennes. Novembre 1990, 300 000 lycéens surtout en banlieue manifestent. Le ministère crée les CAVL en 1991. 1995 les manifestations contre le CIP aboutissent à la création du CNVL. Les CVL sont nés des manifestations anti Allègre en 1998. Toutes ces instances sont nées sous la pression des « nouveaux lycéens » issus des quartiers populaires.

Le CNVL : « un outil de contrôle »

Mais les CVL jouent un role très négligeable dans la grande majorité des lycées. On ne se bat pas pour y être élu. Et les CVL sont confisqués par les enfants les plus favorisés. Or ce sont les membres de ces CVL qui vont élire les CAVL qui désigneront le CNVL, sans tenir d’ailleurs compte de la taille fort différente des académies.

Dans un livre publié en 2017, E Nouaille et A Moinet, deux élus au CNVL, décrivaient en ces termes le CNVL : « le CNVL apparait davantage comme un outil de controle des élus lycéens pour canaliser leur colère éventuel en donnant un semblant de cadre de dialogue. Cette instance est peu prise au sérieux à l’image de l’ensemble de la démocratie lycéenne ». Eux deux avouaient au Café pédagogique avoir candidaté pour paralyser ce conseil postiche. Ils dénonçaient aussi la composition du CNVL : des élèves venus des milieux les plus favorisés. « Les instances sont une colonie de vacances », concluaient-ils.

La politique du pire

En choisissant de dialoguer avec le seul CNVL , JM Blanquer applique un vieux truc , utilisé déjà par exemple par F Fillon en 2005 face aux organisations lycéennes.

Le ministre ne les reconnait pas comme des interlocuteurs. Et il n’entend pas négocier sur ses réformes. Il ne laisse donc aux organisations lycéennes qu’un seul moyen pour se faire entendre : la rue. Plusieurs organisations lycéennes appellent à des journées « noires » mardi et vendredi.

Des soutiens pour les organisations lycéennes

Les événements de Mantes-la-Jolie ont suscité des prises de position de plusieurs organisations. D’abord de l’UNL SD qui a immadiatement appelé à « un mardi noir » le 11 décembre et déposé plainte pour « violences sur mineurs de 15 ans et plus par personnes dépositaire de l’autorité publique ». Les parents de la Fcpe  exigent « du gouvernement qu ele harcèlement des lycéens cessent ». La Fcpe « demande au ministre de l’intérieur que toute la lumière soit faite sur ces violences policières ».  Un peu partout des parents s’organisent pour accompagner les lycéens dans les manifestations prévues le 10 et le 11 décembre. Chez les enseignants, la Fsu « condamne ces violences ». « C’est une réponse politique qu’il faut apporter à ce mouvement. La Fsu demande au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse, de recevoir les organisations de jeunesse et celles des personnels pour trouver une solution négociée ». En Ile de FRance et dans les Bouches du Rhône s’amorcent des intersyndicales régionales pour protéger les manifestations lycéennes. Sud Education a déposé des préavis de grève et appelle les enseignants à la grève « à partir du 10 décembre » et le 14 décembre contre les réformes Blanquer.

JMB sur FRance 3

Noaille et Moinet

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AFEF : lycéens, quelle confiance ?

Quand les actes démentent les paroles ! Les lycéens se révoltent, ils sont humiliés. Peuvent-ils avoir confiance ? Non, Monsieur le ministre, vous ne pouvez pas accuser les médias d’avoir créé de fausses nouvelles, les images des lycéens agenouillés ou visés par des policiers ne sont pas inventées. Vous parlez de confiance et de bienveillance, et vous ne répondez aux lycéens qu’en augmentant le déploiement sécuritaire. Vous parlez de dialogue et de démocratie, mais vous faites passer en accéléré et en force les réformes des lycées général et professionnel, ainsi que les programmes d’enseignement, hors du délai légal.

Les lycéens manifestent, ils n’y ont pas été poussés par un complot de fausses nouvelles. Ils exercent leurs droits de citoyens et ils ont raison. Quelques casseurs ont infiltré leurs rangs et provoqué des violences, mais la réponse par l’humiliation et la peur de 130 lycéens était-elle proportionnée ? Vous vous dites choqué, Monsieur le Ministre, mais vous gardez de condamner les coups et blessures infligés à des mineurs, sous les yeux de la France et du monde. Et vous disqualifiez les demandes légitimes des jeunes manifestants en les balayant d’un revers de main, faisant croire que vous dialoguez.

Ils vous adressent leurs revendications, car ils craignent que les réformes en cours ne leur ferment des portes. Ils réclament que leur parole soit entendue. Que disent-ils ? Nous les avons écoutés et sommes d’accord avec eux pour dire que :

–          Oui, la réforme du lycée est inégalitaire. Elle va laisser de côté les humanités et les arts, mis en balance avec des enseignements de spécialité plus payants ; l’absence de math dans le tronc commun va reconduire une organisation par filières dans laquelle les élèves « éclairés » par leur milieu feront les choix les plus pertinents pour une poursuite d’études qui engage vers la meilleure insertion professionnelle et sociale. Et le déploiement incomplet des enseignements de spécialité selon les villes va instaurer une nouvelle inégalité territoriale.

–          Oui, le lycée professionnel est renvoyé du côté des pratiques professionnelles ; la réduction de la part des humanités littéraires et scientifiques ne permettra pas aux lycéens de se former à un univers professionnel mouvant, ni d’envisager des études supérieures s’ils le souhaitent ; ils seront renvoyés vers des familles de métiers gérées par les branches professionnelles sans garantie d’égalité nationale.

–          Oui le fonctionnement de ParcourSup désavantage les lycéens qui viennent des établissements les moins prestigieux, urbains ou ruraux, et vise au final à réduire le nombre de places à l’université par la sélection sur des critères hautement discutables, alors que le développement économique et social de notre nation devrait passer par des moyens décents accordés à l’enseignement supérieur.

–          Oui les lycéens ont raison de dénoncer les classes surchargées, une situation qui va encore s’aggraver avec la diminution importante des places au concours de recrutement du second degré, notamment en lettres et langues, disciplines dites de culture générale qui ont pour objet l’enseignement de la langue, de la littérature, l’aptitude à lire-écrire-parler pour penser et débattre. 

En manifestant, les lycéens défendent surtout le droit à l’égalité des chances, le droit d‘espérer en un avenir choisi, le droit à une culture de haut niveau pour l’homme et la femme de demain, capables de comprendre le monde, de s’ajuster et contrôler les immenses mutations technologiques, sociétales, culturelles, économiques, écologiques. Le système précoce d’enseignement de spécialités imposé par la réforme du bac privilégie les choix rentables qui enferment la pensée très tôt dans des sentiers étroits. Les lycéens, par leur action, veulent reprendre le pouvoir sur leur avenir. Ils refusent une réforme du lycée menée au pas de charge, sans le temps nécessaire à une vraie réflexion collective. Notre responsabilité collective d’éducateurs est d’accompagner les lycéens pour les aider à faire émerger leur parole, à argumenter et débattre. L’AFEF, Association française pour l’enseignement du français, s’associe aux lycéens pour demander qu’elle soit débattue largement et démocratiquement.

Viviane Youx, D. Bucheton

présidente et vice-présidente de l’AFEF

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Lycée : la carte des spécialités avant Noël

Alors qu’une contestation générale secoue les lycées et que le ministre appelle au calme, il annonce le 9 décembre sur France 3 l’accélération de la réforme contestée du lycée. Les établissements recevront avant Noël le nombre de spécialités qu’ils pourront proposer. « Tout établissement aura au moins 7 spécialités » a promis le ministre. Le problème c’est que l’on sait déjà que ce ne sera pas le cas. Ainsi, à propos du lycée de Bellac, la rectrice de Limoges a nettement expliqué que 7 spécialités en zone rurale n’est pas rentable.  » En ville les lycées ont en moyenne 7 spécialités contre 6.75 à la campagne ».

Sur Bellac

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Action / Actualité

La section académique

aux

secrétaires de S1
Vous trouverez en suivant les liens ci-dessous les cartes des enseignements de spécialité envoyées aux membres du CAEN (Conseil Académique de l’Éducation Nationale, présidé par le préfet de région et le président du conseil régional, et dont le rôle est consultatif), en préparation de cette instance qui doit se réunir le 14 décembre prochain.
Carte des options et spécialités 1ère
Carte des options et spécialités 2nde
Il est à noter que ces cartes ont été élaborées sans concertation aucune, le recteur ayant refusé la tenue d’un GT.

Nous ne les avons récupérées qu’il y a quelques jours grâce à nos représentant-es au CAEN, mais les élections professionnelles et les difficultés liées à la mauvaise gestion des opérations par le rectorat, nous ont empêché de vous les communiquer plus vite.
Heureusement, il reste encore une semaine avant le CAEN.

Comme nous en avons l’habitude, nous vous envoyons ces documents de travail (qui ne seront définitifs qu’après la tenue du CAEN), afin de nous faire les retours que vous jugerez utiles et qui alimenteront nos interventions syndicales. Merci donc de ne pas les diffuser à votre tour en dehors de votre établissement.
LE CAEN portera aussi sur le bilan de la rentrée 2018 (comme le CTA du 09/11/18), l’offre de formation professionnelle initiale 2019 (documents à venir dans un 2nd mail) et la labellisation « lycées des métiers » et « campus des métiers et qualifications » ; sujets sur
lesquels nous sommes aussi porteurs de vos revendications collectives.

Nous vous en remercions par avance.

Par ailleurs, vous savez sans doute (cf. nos diverses communications) que le SNES, comme la FSU, appelle à rejeter les réformes Blanquer (du lycée, du BAC, de ParcourSup), soutient le mouvement lycéen qui porte les mêmes revendications, et constate que de nombreux
manifestants actuels partagent nos revendications syndicales.

Pour permettre toutes les actions décidées localement, le SNES-FSU a déposé un préavis de grève national couvrant toute la période.

Pour construire la riposte nécessaire :
la section académique soutient toutes les décisions départementales d’appel à la grève le vendredi 14/12 (action interpro initiée par la CGT et depuis rejointe par d’autres) et a décidé de proposer à la FSU (mardi 4/12) et à l’intersyndicale (jeudi 6/12) un rassemblement devant le rectorat, vendredi 14 à 9h (horaire et lieu du CAEN)

le SNES-FSU propose d’organiser des actions locales le mercredi 19 décembre après midi (au moment de la tenue du CSE à Paris).
la section académique relaie cette proposition et prévoit, en accord avec les sections départementales qui vous communiqueront les détails, des rassemblements dans les départements et devant le rectorat de Nantes.

la section académique relaiera, sur son site et ses listes de diffusion, toutes les mobilisations syndicales proposées localement dans la période.
Le secrétariat académique
SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38
site : www.nantes.snes.edu

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COMMUNIQUÉ DU S3 VERSAILLES SUR ARRESTATIONS MASSIVES DE MANTES-LA-JOLIE / APPEL DU S3 VERSAILLES AUX COLLÈGUES A ÊTRE AUX CÔTÉS DES LYCÉENS

COMMUNIQUÉ DU SNES-FSU VERSAILLES DU 7/12
La section académique du SNES-FSU a découvert les images de l’arrestation de 142 jeunes à proximité du lycée Saint-Exupéry, à Mantes la Jolie (78) le jeudi 6 décembre. Elle dénonce avec force une mise en scène ignoble orchestrée par les forces de l’ordre : des lycéens, des jeunes, parqués, agenouillés, les mains sur la tête, sous des commentaires ironiques qui confinent à l’insulte. Ces images sont insupportables et indignes de notre démocratie. Nous ne pouvons tolérer que des jeunes soient ainsi humiliés. La lumière doit être faite dans les plus brefs délais sur la chaine de commandement et de responsabilités au sein des forces de l’ordre qui a conduit à de tels agissements, et les conséquences devront en être tirées rapidement.
http://www.versailles.snes.edu/spip.php?article4749-Mail à l’ensemble des syndiqués de la section académique de Versailles du 8/12 :
(…)1- Mobilisations lycéennes – être aux côtés des lycéens
Depuis 10 jours, les mobilisations lycéennes prennent de l’ampleur dans notre académie, comme ailleurs. Les élèves se mobilisent sur des revendications légitimes qui rejoignent en bonne partie celles des personnels (dénonciation de ParcourSup, de la réforme du lycée, du bac, des suppressions de postes). La section académique condamne fermement toutes les violences, quels que soient leurs auteurs, alors même les lycéens, en grande majorité, se mobilisent dans le calme et pacifiquement. Les interventions souvent disproportionnées des forces de l’ordre ont conduit à des blessures graves des lycéens. La répression policière doit cesser. Dès le vendredi 7/12 au matin, la section académique a réagi aux images scandaleuses de l’arrestation de 146 jeunes à Mantes la Jolie (voir notre site).
Alors que le Ministre en appelle à la responsabilité des personnels, le SNES-FSU Versailles rappelle que, depuis plusieurs jours, ces mêmes personnels, inquiets pour la sécurité de leurs élèves, ont été nombreux à les aider et les protéger pour éviter que les manifestations pacifiques dégénèrent. Sous-entendre, d’une manière ou d’une autre qu’ils n’ont pas été à la hauteur est profondément méprisant pour les personnels, mais cela n’a rien de surprenant venant d’un Ministre qui en a fait sa marque de fabrique. Il y a pourtant urgence à écouter et entendre les revendications des élèves et des personnels. 

La section académique du SNES-FSU appelle les personnels à se tenir aux côtés des lycéens, notamment en leur permettant de tenir des réunions, AG, à l’intérieur des établissements, en sécurité, faisant ainsi valoir leurs droits pour faire vivre la démocratie lycéenne. Nous appelons aussi à des AG des personnels partout dans les établissements pour débattre de la situation et des modalités d’action. Un préavis de grève a été déposé par la section nationale du SNES-FSU pour couvrir toutes les mobilisations jusqu’aux vacances de Noël.

Le SNES-FSU de l’académie de Versailles intervient également auprès du Rectorat pour que l’Administration assume ses responsabilités en matière de sécurité des personnels, de trop nombreux collègues sont laissés dans l’incertitude et sans information sur ce qu’ils doivent faire dans des contextes dangereux. Des situations ont évolué suite à nos interventions. N’hésitez pas à nous contacter. 

Au niveau national, le SNES-FSU envisage toutes les actions nécessaires la semaine prochaine. Des précisions seront apportées dimanche soir par la direction nationale du SNES-FSU. 
Par la suite, le mercredi 19 décembre sera également un temps fort d’expression de la Profession. 
Les deux derniers communiqués du SNES-FSU :
– snes.edu/Mobilisation-sociale.html
– snes.edu/Pour-plus-de-justice-sociale-a-l-Ecole.html
(…)
Bien cordialement
Sophie Vénétitay, Pascale Boutet, Marie Chardonnet et Maud Ruelle-Personnaz, co-secrétaires générales du SNES-FSU Versailles
Antoine Tardy, secrétaire général adjoint du SNES-FSU Versailles

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Arrestations massives de Mantes-la-Jolie (78) : Communiqué des personnels du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie du 7/12

Tout notre soutien va aux personnels, aux parents et bien sûr, avant tout, aux élèves des lycées St-Exupéry et Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78). Voici un premier communiqué très digne de nos collègues de Jean Rostand. Nous vous invitons à le partager le plus largement possible :

Communiqué des personnels du lycée Jean Rostand (Mantes-la-Jolie, 78) réunis en AG à 13h ce vendredi 7/12/2018.
Des évènements graves se sont produits cette semaine aux abords des établissements Jean Rostand et Saint-Exupéry. Les circonstances de l’arrestation de plus de 140 jeunes, hier, jeudi 6 décembre, ont provoqué indignation et incompréhension parmi les enseignants et les parents d’élèves. 
Nous, les personnels du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78) réunis en AG à 13h ce vendredi 7/12/2018, souhaitons réagir.
Dès le début des troubles, les personnels sur place ont demandé que la réalité et la gravité des faits soient prises en compte dans la communication de l’établissement vers les familles, et que nos autorités dissuadent les familles d’envoyer leurs enfants au lycée, notamment en prenant la décision claire de fermer l’établissement au regard des risques. Cette demande a été refusée, ce qui nous a laissés dans une situation confuse : les personnels se sont retrouvés dans l’obligation et l’urgence de prendre des décisions individuelles, qui relèvent normalement de l’institution. Les familles pouvaient avoir l’impression que le lycée fonctionnait normalement alors que, malgré la mobilisation de tous, cela ne pouvait être le cas. 
Nous avons donc accueilli les quelques élèves qui ont réussi à entrer au lycée en dépit des dangers encourus aux abords de l’établissement. Tous les personnels présents ont veillé à les encadrer avec le plus grand souci de sécurité, malgré l’émergence d’un climat oppressant et menaçant.
Nous sommes convaincus qu’une meilleure prise en compte des demandes des personnels sur le terrain aurait réduit les risques de regroupements à l’extérieur et évité l’exposition de nombreux élèves à une situation violente et à des arrestations massives.

Salutations militantes,

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COMMUNIQUE La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse

La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse

La FSU exprime sa vive émotion après les violences commises à l’égard des jeunes, notamment suites aux événements de Mantes la Jolie.
Elle condamne ces violences. Le gouvernement ne peut pas traiter ainsi la jeunesse: gardes à vue, déferrements devant la justice des mineurs… La FSU exige que ces jeunes ne soient pas poursuivis dans le cadre de procédures abusives et demande la levée des gardes à vue.

C’est une réponse politique qu’il faut apporter à ce mouvement. La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse, de recevoir les organisations de jeunesse et celles des personnels pour trouver une solution négociée. Elle alerte, depuis le début de ce conflit, le Ministre de l’Éducation nationale et le gouvernement sur la gravité de la situation et elle a fait part à maintes reprises des inquiétudes tant pour les élèves que pour les personnels. Pour sortir de cette crise, la FSU a proposé que se tiennent immédiatement des discussions avec les organisations de jeunesse et les représentants des personnels.

Il s’agit d’entendre les inquiétudes des jeunes face à leur avenir et leurs revendications contre les réformes porteuses d’inégalités et pour améliorer le service public d’éducation.
La FSU demande solennellement et urgemment au gouvernement d’accéder à cette demande.


Aux Lilas, 7 décembre 2018

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Journées décisives

Alors que les deux journées du 7 et du 8 décembre s’annoncent décisives pour le gouvernement et l’Ecole, le gouvernement semble ne pas avoir décidé de politique. Il envoie des signaux contradictoires. Ce qui s’est passé le 6 décembre laisse craindre une politique du pire. Cette situation est particulièrement dangereuse alors que le 7 décembre doit être une journée de mobilisation massive des lycéens et le 8 la grande journée des gilets jaunes.

300 lycées perturbés, des collèges aussi

Le gouvernement veut-il une issue négociée de la crise politique qui secoue le pays ou cherche t-il l’essoufflement et l’affrontement ? Les incidents qui ont eu lieu le 6 décembre et la façon dont le gouvernement les gère peut donner à penser qu’il ne cherche aucunement à négocier.

Le 6 décembre environ 300 lycées ont été perturbés. On en comptait une quarantaine dans le 93 ainsi que deux collèges, une dizaine à Paris, une trentaine sur l’académie de Montpellier, plus de 20 sur Aix-Marseille, autant dans l’académie de Versailles. Autrement dit le niveau de mobilisation n’a pas changé. La journée du 6 décembre a vu 700 lycéens et collégiens interpellés. A Mantes-la-Jolie le plus jeune avait 12 ans. Dans l’Oise, à Orléans le préfet a fait fermer des établissements pour assécher le vivier de manifestants. Mais la nouveauté est ailleurs.

Manifestations : Une vidéo révoltante

Apparemment réalisée et publiée par la police sur Internet, une vidéo suscite des vagues d’indignation sur les réseaux sociaux. Elle renvoie à une nouvelle pratique policière testée au lycée Saint Exupéry à Mantes-la-Jolie :  la grande rafle de lycéens.

148 lycéens ont été interpellés en bloc par la police. La vidéo montre quelques dizaines de ces jeunes à genoux, parfois nez au mur, les mains entravées ou sur la tête. Ils sont gardés par des policiers. On entend les commentaires des policiers : « voilà une classe qui se tient sage ». « On lève pas la tête on regarde droit devant ».

Alors que les députés LREM et le gouvernement multiplient les appels au calme, cette scène révoltante a tout d’un appel à la violence.

Cette scène d’humiliation collective  fait réagir. Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, parle « d’images insupportables », d’une « jeunesse humiliée et sacrifiée ». Pour l’UNL , il ne s’agit plus de répression ou d’humiliation ou de répression mais de soumission ». En effet la scène évoque les conquêtes coloniales.

La FCPE Paris a aussi réagi « comment une République qui met sa jeunesse à genoux peut-elle lui demander de faire preuve de responsabilité ». Sur les réseaux des enseignants se demandent comment ils pourront transmettre les valeurs de la République après cette scène. Ce sont eux qui vont accueillir ces jeunes humiliés.

Le gouvernement cherche-t-il l’apaisement ? Dans ses déclarations il l’affirme. Mais sur le terrain il pratique le contraire. Diffusée quelques heures avant la grande manifestation du 7 décembre, cette vidéo ne peut qu’échauffer les esprits.

Peut-on encore sauver les réformes du lycée ?

Le gouvernement veut-il réellement négocier avec les lycéens ? En apparence , oui. Le 5 décembre il a reçu les organisations lycéennes. Mais celles -ci estiment qu’il n’y a aucune volonté d’aboutir a un accord, le ministère souhaite convaincre les organisations du bien fondé de sa politique. Au fond il ne croit pas en la représentativité des interlocuteurs qu’il invite à venir au ministère et se livre à un simulacre de négociation. Sur Cnews, le 6 décembre, le ministre balbutie. « Le dialogue est ouvert sur tous les enjeux du futur… La mise en oeuvre (de la réforme du bac)  peut se discuter sur bien des points ». Mais il est incapable d’engager des discussions sérieuses.

Les organisations rappellent au gouvernement ses responsabilités. « Par son intransigeance le Ministre, qui refuse de dialoguer avec les organisations lycéennes, attise les colères, porte une part de responsabilité et prend le risque de la multiplication d’incidents très graves », écrit le Snes Fsu le 6 décembre. « Il est urgent de redonner de l’espace à la négociation en recevant les organisations de jeunesse et les organisations syndicales, en donnant des signes sur Parcoursup, sur la réforme des lycées et du baccalauréat ainsi que sur l’éducation prioritaire ».

L’Unsa Education pose lui aussi la question des réformes et des postes.  » Le rythme effréné de réformes multiples, mal ou pas expliquées, sans prendre le temps de la négociation avec les premiers concernés : personnels, lycéens, étudiants et parents ont certainement nourri la défiance et le mécontentement… Au delà des discours, des actes doivent être posés dès à présent. Les suppressions de postes qui minent la confiance de toutes et tous doivent être immédiatement annulées ». Visiblement le ministre fait le choix d’attendre.

Pourtant la concomitance du mouvement avec la mise en place des réformes du lycée et du lycée professionnel et la première étape de Parcoursup est évidente. Pourtant les cortèges lycéens (2000 jeunes à Paris par exemple le 6 décembre) portent des pancartes dénonçant la sélection et demandant l’arrêt des réformes.

Le ministre affirme vouloir négocier mais il inscrit au Conseil des ministres du 5 décembre le projet de loi Blanquer qui a été refusé à l’unanimité par les syndicats en CSE.

Mais peut-il encore espérer sauver les réformes des lycées, conserver Parcoursup, opérer tranquillement la réforme des statuts et des carrières ? C’est exactement l’enjeu des journées du 7 et du 8 décembre. Faute d’entrer dans des négociations claires et assumées, il renvoie à la rue le soin d’en décider. Les atermoiements du ministre portent tous les dangers de cette journée. En jouant les prolongations, il prend des risques importants compte tenu du niveau de violence qu’il laisse s’installer dans la rue.

La vidéo  (validée par l’AFP)

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Approbation du cahier des charges sur la formation des enseignants

Un arrêté publié au JO du 6 décembre approuve le cahier des charges de l’appel à projets « Pôles pilotes de formation des enseignants et de recherche pour l’éducation ». Cet appel à projets fait partie de l’enveloppe  » Territoires d’Innovation Pédagogique » qui bénéficie de 250 millions.

Au JO

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La FSU demande un Grenelle pour une autre politique salariale

« A l’inverse de l’opération CAP22 et des décisions prises à sa suite, la FSU réitère sa demande d’un « Grenelle » de l’action publique qui permettrait tout à la fois de discuter et conforter les missions de services publics sur l’ensemble du territoire mais aussi le rôle des agent-es publics ». Dans un communiqué du 5 décembre, la FSU entend rebondir sur la crise grave qui secoue le pays. « Les questions de pouvoir d’achat sont également présentes au sein de la Fonction publique », rappelle la FSU. « Les salaires sont actuellement gelés. C’est pourquoi, elle demande à nouveau l’ouverture de nouvelles discussions, avec toutes les organisations syndicales dans la Fonction publique, afin d’améliorer le niveau des salaires et les conditions de travail de toutes et tous les agent-es. Car il n’y a pas de services publics de qualité sans l’engagement quotidien des agent-es ».

Communiqué

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Violence scolaire : monologues au Sénat

Que faire face à la violence scolaire ? La Commission de l’éducation du Sénat, présidée par C Morin-Desailly, auditionnait le 5 décembre les syndicats de chefs d’établissement. Face à des acteurs de terrain qui ont chacun défendu des explications un peu différentes, les sénateurs sont restés sur leurs a-priori. La prochaine réunion changera-t-elle cette situation ? La commission invitera des internautes repérés dans le #pasdevagues…

Contresens

Contresens dès le départ. En ouvrant la réunion, C Morin Desailly interprète le comportement de la professeure du lycée Branly à Créteil comme de la passivité. C’est sur cette interprétation que la commission enquête et auditionne. Le 5 décembre c’est le tour des syndicats de personnels de direction. Se collègues senateurs ont chacun leur explication. Pour J Grosperrin (LR) s’il y a de la violence scolaire c’est a cause de « la culture bisounours » de l’éducation nationale. Avec plus d’autonomie des établissements (entendez : un chef d’établissement qui embauche et licencie) cela devrait changer.La sénatrice Laure Darcos estime que tout cela n’arriverait pas sans smartphone. Dominique Verien dénonce les enseignants qui refusent de chanter la Marseillaise. Pour Stéphane Piednoir (LR) il faut arrêter de donner des droits aux parents et donner tous pouvoirs aux professeurs. Pour les socialistes, Marie Pierre Monier plaide pour du personnel social et des psychologues dans les établissements. Maurice Antiste lie la violence à un enseignement ennuyeux , l’absence d’évolution des méthodes pédagogiques.

La faute aux profs ?

Que disent les acteurs de terrain ? Pour le Snpden, Pascal Bolloré, secrétaire général adjoint, s’inscrit en faux par rapport au #pasdevagues et exonère les personnels de direction de toute responsabilité. La violence scolaire est un phénomène ancien, explique t-il magazine à la main. En 1986 déjà un élève  avait utilisé une arme. Les établissements sont plus calmes qu’avant, affirme -t-il en se basant sur Pisa. « Les établissements ne sont pas la jungle. Il faut différencier ce qui se passe dans certaines classes face à certains collègues en difficultés de ce qui peut se passer devant l’établissement scolaire ». Certains enseignants ont fait « une erreur d’orientation »… Les chefs d’établissement ne peuvent être soupçonnés de laxisme : « nous avons l’habitude d’engager des procédure scolaires mais les enseignants ont une méconnaissance de ces procédures ». Un peu plus tard il signale qu’on demande aux chefs d’établissement de réduire le nombre de conseils de disciplines.

Ou au système ?

Cyrille Roger représente ID Fo et met en cause surtout les familles. « On a affaire à des générations qui n’ont pas obtenu les codes du respect ». Mais il souligne un autre facteur : le manque de personnel de santé et social dans les établissements.

Pour le Sgen Cfdt , C Nave Bekhti pointe  surtout des problèmes systèmiques.  Elle réfute la culture bisounours mais pointe le taux de turn over qui empêche la constitution d’équipes solides seules capables d’influencer le climat scolaire. Elle montre aussi que les violences interviennent souvent dans le temps interscolaire et donc que ce n’est aps qu’un problème de formation des enseignants. L’autonomie de l’établissement avec des postes à profil a déjà été essayé en vain. Au final il a fallu embaucher des contractuels sur des poste de référents éducation prioritaire.

Et le ministre ?

Justement quelle est la responsabilité du ministère ? On a évoqué les postes de surveillants, de psychologues, de médecins, d’assistantes sociales supprimés. P Bolloré souligne qu’on en est au 13ème plan anti violence. « On pose à chaque fois des mêmes mesures qui entrainent des créations de postes qui parfois au fil du temps disparaissent et qu’on tente de réinventer… » C Nave-Bekhti félicite le ministre de simplifier la protection fonctionnelle. Mais rappelle qu’avec les suppressions massives de postes administratifs ce ne sera pas facile et rapide de la mettre en route..

La prochaine réunion de la Commission s’annonce passionnante. La Commission publiera une étude des tweets sur #pasdevagues et invitera des twitters.

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Elections professionnelles : les raisons d’une faible participation

Après les bugs du premier jour de vote électronique, tout indique que la participation aux élections professionnelles sera très faible dans l’Education nationale. Ayant observé la campagne électorale à Lille et en région parisienne, notamment pour voir les syndicats aider les électeurs perdus, j’en tire la conclusion qu’on a réinventé une forme de vote capacitaire (un mode de scrutin dans lequel le droit de vote est accordé aux citoyens en fonction de leurs capacités intellectuelles).

Cela aboutit à une situation paradoxale : une très forte abstention dans l’une des professions les plus imprégnées par les références syndicales. Les deux courbes s’éloignent : depuis l’effondrement de la participation en 2011 (42 % de participation au lieu de 60 % lors des élections précédentes), le taux de syndicalisation reste stable, entre 25 et 30 %. Les syndicats doivent s’interroger sur leur rapport à la profession, sur leur difficulté à mobiliser leur base, mais à l’heure où la crise des gilets jaunes rappelle l’importance des corps intermédiaires, du dialogue social, l’affaiblissement de leur représentativité n’est pas un bon signe.

L’enquête représentative Militens (CERAPS Université de Lille / DEPP Ministère / IR FSU) a interrogé les abstentionnistes de 2014 sur leurs motivations. Il en ressort que les raisons matérielles (« J’ai oublié », « Je n’ai pas eu connaissance des dates du vote », « Le vote électronique était trop compliqué ») dominent les raisons idéologiques (« Aucun syndicat ne m’a convaincu », « Ça ne sert à rien », « Pour marquer mon mécontentement envers le syndicat que je soutiens habituellement »). Ce phénomène est plus marqué chez les jeunes enseignants, alors que les abstentionnistes plus âgés manifestent d’abord une défiance envers l’univers syndical. Une partie de ces raisons matérielles s’explique par  la mise en place d’un mode scrutin complexe et dissuasif.

Plusieurs systèmes de vote électronique sont employés par l’Etat : pour les élections prud’homales TPE de 2017, les 4,5 millions de personnes concernées ont reçu un courrier comprenant leurs codes d’accès pour voter directement en ligne. Le système choisi pour les enseignants est quant à lui semé d’embuches : l’acte de vote s’étale sur deux mois, avec trois opérations différentes à effectuer successivement. L’électeur doit prouver son intérêt pour le scrutin à plusieurs reprises, ne pas s’effrayer en cas de problème informatique, être patient. Autant de ressources qui sont distribuées inégalement. Une partie des enseignants est très à l’aise avec la révolution numérique et la profession a normalement les ressources culturelles pour adopter ce système. Mais en pratique, d’autres enseignants sont dépossédés de leur citoyenneté professionnelle et ceux dont le rapport au syndicalisme est le plus distant sont découragés.

Récapitulons le parcours de l’électeur. Auparavant, l’enseignant allait dans un bureau de vote, émargeait et votait. Depuis 2011, il lui faut :

1.         Se connecter dès octobre à une messagerie professionnelle qu’il utilise rarement (ou jamais)  pour créer un espace électeur : dans le second degré, les établissements utilisent une autre messagerie, celle de l’Espace numérique de Travail fourni par la région, dans le premier degré, les directeurs d’école trient les informations utiles, lisent les mails pour leurs collègues. Devoir ouvrir sa messagerie pro  n’est pas une formalité, car les enseignants ne travaillent pas avec un ordinateur connecté à elle, et quand elle n’a jamais été ouverte, elle est remplie à craquer.

A titre de comparaison : pour l’enquête Militens, effectuée à partir des mails professionnels du ministère (laurent.frajerman@ac-creteil.fr par exemple), il a fallu des mois de recueil, plus de 10 relances et pour certains l’envoi d’un courrier permettant de se connecter sans passer par le mail de l’institution.

2.         Aller chercher une notice de vote à l’administration début novembre, comprenant l’identifiant électeur. Donc effectuer une deuxième démarche volontaire.

Dans mes observations, on peut voir que les notices de vote ont été mal distribuées dans beaucoup d’établissements du secondaire. Les enseignants étaient invités  à aller à l’administration, et les chefs d’établissement n’ont visiblement pas mis la pression pour que tous prennent cette notice. Globalement, dans mon lycée comme ailleurs, la différence d’investissement de l’administration est flagrante par rapport aux élections à l’urne. Les syndicalistes l’expliquent par la disparition du quorum. Plusieurs jours avant le scrutin, les notices non récupérées sont retournées au rectorat. Je vais le solliciter pour connaître leur nombre…

A titre de comparaison, au ministère de l’Intérieur, la notice non récupérée est envoyée par courrier avec accusé de réception. Cela a dû motiver la hiérarchie pour les distribuer avant.

3.         Voter. Cette année, le dispositif est manifestement sous dimensionné en terme de serveurs : blocage du vote le premier jour, opérations lentes etc. Qu’en sera-t-il jeudi, quand il y aura un afflux de votants au dernier moment ?

L’électeur qui n’a pas suivi ses étapes est condamné à d’autres opérations pour récupérer mots de passe et identifiants. Tous ne sont pas à l’aise avec ces procédures, particulièrement lentes cette année.

D’après mes observations (j’ai aussi fait personnellement l’expérience un vendredi à 22 h) : compter au minimum ¼ h pour créer son espace de vote et 1/2 h pour récupérer un identifiant (à condition d’avoir retrouvé son NUMEN, le numéro d’identification du ministère de l’éducation nationale). Ceux qui s’énervent et relancent le système le font bugger avec leurs demandes répétées.

Bref, il faut être motivé pour voter !

Laurent Frajerman

Les enjeux d’une élection

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Nouvelles journées de manifestations lycéennes, nouvelles convergences

Le 5 décembre a vu une nouvelle journée de blocages et manifestations lycéennes. Environ 200 lycées ont été touchés et la journée a vu des incidents dans de nombreuses villes avec au moins un blessé grave. Le 6 décembre ne s’annonce pas mieux. Des universités sont entrés dans le mouvement. Deux organisations lycéennes, le SGL et la FIDL, veulent faire de cette journée un pic de mobilisation. Les lycéens sont dans la rue. Seul le gouvernement peut les faire rentrer…

Nouvelle journée d’incidents

La journée du 5 décembre a été marquée par un blessé grave. Un lycéen de Saint-Jean-de -Braye a été touché par un projectile de flash ball à la tête. Il est hospitalisé. Des policiers ont aussi été blessés , plus légèrement, à Paris dans des affrontements avec des lycéens de François Villon. En Ile de France comme dans l’académie de Lyon, le mouvement s’est étendu à de nouveaux lycées. 16 lycéens ont été bloqués à Lyon, 17 à Marseille. Des affrontements ont eu lieu à Nantes, à Bordeaux, Besançon, Grenoble, Lyon, Marseille, Bondoufle, Mantes la Jolie. A Vaulx en Velin, des enseignants ont manifesté leur soutien à leurs élèves estimant « qu’ils se reconnaissent dans leurs revendications ».

Panique au rectorat

Cette convergence inquiète le ministère de l’éducation nationale. Dans l’académie de Lyon, les inspecteurs ont reçu un mail de leur doyen leur demandant de se déplacer dans des établissements précis « suite à une demande prioritaire émanant du ministre ». On demande aux inspecteurs de se rendre dans les lycées pour parler de la réforme pour apporter du soutien aux enseignants. Un diaporama accompagne le message du doyen des inspecteurs. En attendant les rendez vous de carrière sont suspendus et même les réunions d’inspecteurs. « Nous risquons de ne plus pouvoir sortir ensuite du rectorat ».

Soutiens de la CGT et de la FSU

Après le Snes Fsu, d’autres syndicats manifestent leur soutien aux lycéens. La FSU « dénonce fermement la répression policière dont sont victimes les lycéen-nes… Elle demande l’ouverture de discussions avec les organisations de jeunesse et les organisations syndicales pour répondre aux exigences de la jeunesse et remettre à plat les réformes en cours et améliorer les conditions de scolarisation des élèves ».

 » Les revendications portées par les lycéen·nes, durant ces derniers jours, correspondent à celle portées par la CGT Éduc’action depuis plusieurs mois », reconnait ce syndicat enseignant. La CGT  » veillera à ce que ces mouvements de la jeunesse puissent s’exprimer librement, sans répression policière. La CGT Éduc’action appelle les personnels de l’Éducation nationale à se mobiliser, à se réunir pour envisager les suites permettant la convergence des luttes, y compris par la grève. La CGT Éduc’action, appelle à amplifier le rapport de force et soutiendra toutes les initiatives locales de mobilisation contre la politique éducative que mène ce gouvernement ». Du coté des personnels de direction, ID Fo demande à ses adhérents de « ne prendre aucun risque… Nous n’avons pas à nous substituer au maintien de l’odre ».

Mobilisation importante le 6 décembre

Déjà se profile une nouvelle journée de mobilisations le 6 décembre. Deux organisations lycéennes, le SGL et la FIDL, veulent en faire une grande journée de blocages. L’absence de vraie négociation avec le ministère, les violences du 5, la montée en puissance du mouvement en parallèle à celui des gilets jaunes, la convergence avec le mouvement naissant dans les universités, l’atmosphère générale dans le pays donnent à penser que ce pari sera réussi.

François Jarraud

Fsu

Cgt

Snes

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point de situation….sociale

Comme éléments nouveaux, il y a d’abord la confirmation de l’irruption d’un mouvement lycéen qui se saisit du mouvement des GJ pour affirmer sa propre insatisfaction, ses inquiétudes et ses revendications…des milliers de lycéen-nes ont manifesté aujourd’hui après avoir organisé blocages, grèves…Il faut noter une attitude extrêmement agressive des forces de police, postées souvent devant les établissements et n’hésitant pas à intervenir violemment pour casser le mouvement. Souvent les équipes enseignantes accompagnaient les lycéens pour être à leurs cotés et assurer leur protection (à Marseille, l’UD CGT a prêté main forte). A noter la volonté de franges très significatives des lycéens qui choisissent de répondre à la violence de la police de façon déterminée. Des embryons de coordinations d’établissements sont mis en place. Des choses commencent à bouger dans les universités.

L’autre élément, annoncé hier, est la tenue de la réunion interpro nationale ce matin. Révélant une inquiétude des directions syndicales qui sentent la situation leur échapper avec le développement de plusieurs mouvements sociaux massifs, déterminés et portant des revendications de caractère « syndical », cette réunion a débouché sur un seul communiqué (voir plus bas). Disons le tout net, son contenu est très mauvais et il ne propose aucune action syndicale nationale de mobilisation dans la situation actuelle. On a donc un mouvement syndical qui, en plein mouvements sociaux développés sans son apport, n’est pas capable d’essayer « de reprendre la main » de façon unitaire en se lançant sur ses propres revendications dans la bagarre sociale et politique en cours. Et pire, dans sa déclaration commune, il se paye le luxe de ne rien dire des violences policières, de constater que « Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue.« , et de dire que les syndicats signataires « dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications.« , c’est à dire une condamnation des manifestant-es agressé-es par la politique anti sociale et par la police….Ceci ne peut que contribuer à creuser le fossé qui existait entre les gens mobilisé-es jusque là et les syndicats, et faire le jeu du RN…Seul Solidaires a refusé de signer cette déclaration (voir ci dessous) et nous pouvons dire que nous partageons leurs raisons. Nous allons revenir au sein de la FSU sur cet épisode malheureux et ce, dans toutes les instances. Au contraire de cela, il nous faut prendre toutes les dispositions pour être au côté des manifestant-es dans les jours qui viennent de façon à construire un large front contre la politique de Macron.

Dernier élément, la publication d’un appel large de personnalités (voir ci dessous) affirmant leur volonté de combiner justice sociale et justice climatique…A faire connaître.

L'équipe EE du BDFN

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU se sont retrouvées ce jeudi 6 Décembre pour échanger sur l’actualité sociale.

Elles rappellent que, depuis des mois, face aux inégalités sociales et territoriales, elles ont réclamé des politiques publiques permettant de la justice sociale. Elles rappellent aussi que, depuis des mois, elles ont appelé le gouvernement à les écouter à travers un véritable dialogue social.

Aujourd’hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l’expression d’une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue.

Nos organisations s’y engageront, chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible. Les sujets du pouvoir d’achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l’accessibilité des services publics, de la fiscalité doivent trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d’une transition écologique efficace parce que juste.

Le dialogue et l’écoute doivent retrouver leur place dans notre pays. C’est pourquoi nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications.

La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations. Cela suppose qu’elles soient larges, ouvertes et transparentes, au niveau national comme dans les territoires.Les syndicats doivent prendre leur responsabilité

L’Union syndicale Solidaires n’a pas signé aujourd’hui le texte rendu public par toutes les autres organisations syndicales à la suite d’une réunion qui s’est tenue ce matin.

Pour Solidaires il n’est pas possible :

– de décider qu’il est urgent de ne rien faire

– de s’engager dans des négociations à leur sens ouvertes par le gouvernement

– de condamner uniquement « les formes de violence dans l’expression des revendications ».

Cette déclaration des syndicats d’aujourd’hui est hors sol.

La colère sociale exprimée depuis plusieurs semaines par les gilets jaunes et les maigres reculs consentis ne peuvent être transformés en « négociations » de circonstances voulues par le gouvernement. Cette colère n’est plus canalisable par de faux semblants.

Nous avons proposé aux autres syndicats de construire rapidement une journée de grève générale pour peser dans le rapport de force et arracher des augmentations de salaire et des droits sociaux. Notre proposition est restée lettre morte.

Une posture d’unité syndicale qui n’évoquent pas les violences subies par les manifestant-es depuis plusieurs années, et encore plus gravement depuis les dernières semaines, est inconcevable pour Solidaires.

Nous portons et continuerons à porter dans le champ syndical la parole de ceux et celles qui considèrent que la construction de convergence de luttes entre les lycéen-nes, retraité-es, étudiant-es, salarié-es précaires, chômeur-euses, et toutes celles et ceux qui se battent pour la justice sociale, la justice environnementale est à mener. Nous appelons dès le 8 décembre à réaliser la convergence entre alarmes climatiques et sociales en étant présent-es dans la rue. Nous appelons à amplifier les mobilisations dans les secteurs où elles sont en cours, notamment par la grève, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui, partout aujourd’hui, exigent la justice sociale. Notre Union syndicale met à disposition son outil syndical partout où cela sera jugé utile.

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires ou artistes appellent à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Tribune. Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase».

En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Les signataires

Christophe Aguiton, membre d’Attac ; Verveine Angeli, Solidaires ; Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF, Pas-de-Calais ; Eliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRCE ; Antoine Atthalin, militant altermondialiste ; Didier Aubé, Solidaires ; Clémentine Autain, députée LFI ; Geneviève Azam, économiste, ancienne porte-parole d’Attac ; Emmanuel Aze, porte-parole Confédération paysanne 47 ; Albena Azmanova, University of Kent, Brussels ; Marinette Bache, conseillère de Paris, présidente de Résistance sociale ; Daniel Bachet, sociologue ; Sebastien Bailleul, délégué général du Crid ; Jacqueline Balsan, présidente du MNCP ; Louis-Marie Barnier, sociologue du travail, conseil scientifique d’Attac ; Francine Bavay, écologie sociale ; Emmanuelle Becker, conseillère de Paris PCF ; Esther Benbassa, sénatrice de Paris EE-LV ; Nicolas Béniès, économiste ; Ugo Bernalicis, député LFI ; Sophie Béroud, politiste ; Eric Berr, économiste atterré ; Jacques Berthelot, économiste ; Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ; Eric Beynel, co-délégué général Solidaires ; Jacques Bidet, philosophe ; Martine Billard, ancienne députée écologiste, oratrice nationale LFI ; Philippe Blanchet, universitaire, Rennes; Catherine Bloch-London, sociologue; Eric Bocquet, sénateur du Nord, PCF; Frédéric Bodin, Solidaires; Julien Boeldieu, syndicaliste CGT; Jérôme Bonnard, Solidaires; Claire Bornais, syndicaliste FSU; Hadrien Bortot, membre du Conseil National du PCF; Nicole Borvo Cohen-Séat, sénatrice honoraire; Paul Bouffartigue, directeur de recherche, CNRS; Edith Boulanger porte-parole du Mouvement de la Paix; Ali Boulayoune, sociologue; Philippe Boursier, professeur de SES, membre de la Fondation Copernic; Omar Brixi, médecin et enseignant en santé publique; Ian Brossat, adjoint de Paris, PCF; Céline Brulin, sénatrice de seine maritime, PCF; Alain Bruneel, député du Nord, PCF; Mireille Bruyère, économiste atterrée; Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, PCF ; Laurent Cadreils, syndicaliste FSU; Claude Calame, historien, conseil scientifique d’Attac; Sílvia Capanema, conseillère départementale vice-présidente de Seine-Saint-Denis, historienne; Jean-Claude Chailley, secrétaire général de Résistance Sociale; Patrick Chamoiseau, écrivain; Vincent Charbonnier, syndicaliste SNESUP-FSU; Léo Charles, économiste; André Chassaigne, député Puy de Dôme, président du groupe GDR ; Pascal Cherki, conseiller de Paris, Génération·s; Stéphanie Chevrier, éditrice; Patrick Cingolani, sociologue; Laurence de Cock, historienne, Fondation Copernic; Laurence Cohen, sénatrice Val de Marne, PCF; Patrice Cohen-Séat, président honoraire d’Espaces-Marx; Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var; Maxime Combes, membre d’Attac; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alexis Corbière, député LFI; Sergio Coronado, militant écologiste ; Jacques Cossart, économiste; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alain Couderc, militant AC!; Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac; Pierre Cours-Salies, sociologue; Thomas Coutrot, économiste, ancien porte-parole d’Attac; Robert Crémieux, revue partage; Alexis Cukier, philosophe, université de Poitiers; Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, PCF; Alain Damasio, écrivain; Christian De Montlibert, sociologue; Christian Delarue, fonctionnaire d’État, syndicaliste CGT; Christine Delphy, sociologue; Pierre Dhareville, député des Bouche du Rhône, PCF; Cyril Dion, auteur, réalisateur; Emmanuel Dockes, professeur de droit; Jean-Michel Drevon, institut de recherche de la FSU; Clémence Dubois – porte-parole de 350.org France; Vincent Dubois, professeur de science politique, université de Strasbourg; François Dubreuil, EELV, Unis pour le climat; Olivier Dubuquoy, géographe, militant écologiste; Jean-Paul Dufregne, député de l’Allier, PCF ; Cédric Durand, économiste; Simon Duteil, Solidaires; Stéphane Enjalran, Solidaires; Jean Baptiste Eyraud, porte parole du DAL; Colin Falconer, militant d’Ensemble ; Patrick Farbiaz, écologie sociale; Didier Fassin, professeur de sciences sociales, Institut d’étude avancée, Princeton; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF; Sélyne Ferrero, militante féministe; Caroline Fiat, députée LFI; Gérard Filoche, membre de la Gauche Démocratique ; Sociale; David Flacher, économiste, porte-parole du Mouvement Utopia; Fabrice Flipo, membre conseil scientifique d’Attac; Fanny Gaillanne, conseillère de Paris; Nicolas Galepides, secrétaire général Sud PTT; Yves-Jean Gallas, Mouvement de la Paix; Jean-Louis Galmiche, Solidaires; Isabelle Garo, enseignante; Pascal Gassiot, activiste; Alain Gaulon, universitaire, président de la fédération CNL du Val-de-Marne; Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, PCF; Vincent Gay, syndicaliste Snesup-FSu; Bertrand Geay, sociologue ; Didier Gelot, économiste, Fondation Copernic ; Frédérick Genevée, historien; Susan George, présidente d’honneur d’Attac; Karl Ghazi, syndicaliste CGT ; Vanessa Ghiati, conseillère régionale IDF, PCF – Front de Gauche; Jérome Gleizes, enseignant université Paris-XIII, EELV; Cécile Gondard-Lalanne, co-déléguée général Solidaires; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, EELV; Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle ; Michelle Greaume, sénatrice du Nord, PCF; Murielle Guilbert, Solidaires; Victoire Guillonneau – chargée d’organisation à 350.org France ; Janette Habel, politologue, coprésidente de la Fondation Copernic; Jean-Marie Harribey, co-président du conseil scientifique d’Attac et économiste atterré; Marie Haye, syndicaliste FSU; Ingrid Hayes, historienne; Odile Henry, sociologue; Anne Hessel, Nouvelle Donne; Hervé Heurtebize, syndicaliste FSU; Pamela Hocini, animatrice Espace des Luttes LFI; Robert Injey, membre du conseil national du PCF; Lucien Jallamion, République et Socialisme; Kévin Jean, président de Sciences Citoyennes; Fanny Jedlicki, sociologue; Esther Jeffers, économiste, co-présidente du conseil scientifique d’Attac ; Florence Johsua, politiste, Université Paris-Nanterre, membre de la Fondation Copernic; Anne Jollet, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers; Isaac Joshua, économiste membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic ; Samy Joshua, universitaire; Marianne Journiac, République et Socialisme; Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime, PCF; Philippe Juraver, orateur national LFI, co-coordinateur Espace des Luttes LFI; Emma Justum, DIEM25; Fadi Kassem, pour le PRCF; Pierre Khalfa, économiste, Fondation Copernic; Michel Kokoreff, sociologue; Isabelle Krzywkowski, universitaire; L’1consolable, chanteur; Bastien Lachaud, député LFI; Marie Lacoste, secrétaire du MNCP; Bernard Lacroix, politiste; Romain Ladent, militant associatif; Jean Lafont, mouvement écolo; Rose-Marie Lagrave, sociologue; Elie Lambert, Solidaires; Sandra Laugier, professeure de philosophie, Paris 1, Institut Universitaire de France; Pierre Laurent, sénateur de Paris, PCF; Michel Larive, député LFI ; Mathilde Larrère, historienne, membre de la Fondation Copernic; Pierre Laurent, sénateur PCF; Hervé Le Crosnier, éditeur; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député européen, PCF- GUE; Yann Le Lann, président d’Espaces Marx; Serge Le Quéau, membre du conseil scientifique d’Attac, membre de l’Union syndicale des Côtes d’Armor; Catherine Leclercq, sociologue; Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime, PCF; Clément Lefevre, syndicaliste FSU; Remi Lefebvre, politiste ; Sarah Legrain, secrétaire nationale du PG et membre de la Fondation Copernic; Arnaud Lelache, co-président Nouvelle Donne; Paul Lemonnier, FSU; Elliot Lepers, directeur de l’ONG le mouvement; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris; Daniel Linhart, sociologue; Pierre Lucot, membre du bureau national du mouvement Utopia ; Frédéric Lordon, économiste; Elise Lowy, sociologue, mouvement écolo ; Nicole Lozano, co-présidente Nouvelle Donne; Laurence Lyonnais, Ensemble Insoumis, candidate sur la liste Europe Insoumise; Pascal Maillard, syndicaliste FSU; Jean Malifaud, syndicaliste SNESUP-FSU; Jean-Claude Mamet, Ensemble!; Marc Mangenot, économiste, responsable associatif; Sophia Mappa, professeure honoraire, psychanalyste et consultante internationale; Jean-Christophe Marcel, sociologue; Myriam Martin, Ensemble, élue régionale LFI; Gaëlle Martinez, Solidaires ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT; Christiane Marty, féministe, chercheuse; Gustave Massiah, membre du conseil scientifique d’Attac; Sonia Masson, comédienne; Jean-Luc Mélenchon, député LFI ; Marilza de Melo Foucher, économiste et journaliste; Georges Menahem, membre du conseil scientifique d’Attac ; Roland Mérieux, Ensemble!; Julian Mischi, sociologue; Claire Monod, coordinatrice nationale Génération.s; Bénédicte Monville, conseillère régionale Ile-de-France; Corinne Morel-Darleux, militante écosocialiste, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes; Frank Mouly, membre de la direction du PCF; Émilie Moutsis, artiste plasticienne; Erik Neveu, politiste; Evelyne Ngo, Solidaires; Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix; Gérard Noiriel, historien; Alain Obadia, président de la fondation Gabriel Péri; Danièle Obono, députée LFI ; Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, PCF; Ugo Palheta, sociologue et maître de conférences à l’université de Lille; Guillaume Pastureau, membre du conseil scientifique d’Attac; Mathilde Panot, députée LFI ; Sébastien Peigney, Solidaires ; Willy Pelletier, sociologue, membre de la Fondation Copernic; Stephane Peu, député de la Seine-Saint-Denis, PCF; Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie; Michel Pinçon, sociologue; Monique Pinçon-Charlot, sociologue; Carl Pivet, militant AC!; Dominique Plihon, porte-parole d’Attac; Emmanuel Poilane, président du CRID; Matthieu Ponchel, collectif Climat Social; Jean-François Ponsot, économiste atterré, professeur à l’université de Grenoble; Véronique Ponvert, syndicaliste FSU ; Thomas Porcher, économiste ; Véronique Poulain, Solidaires; Christine Poupin, porte-parole du NPA; Philippe Poutou, porte-parole du NPA; Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac ; Loïc Prud’homme, député LFI; Christine Prunaud, sénatrice Côtes-d’Armor, PCF; Romain Pudal, sociologue; Serge Quadruppani, écrivain; Adrien Quatennens, député LFI; Guillaume Quintin, animateur Espace des Luttes LFI; Josep Rafanell i Orra, psychologue et psychothérapeute; Christophe Ramaux, économiste; Jean-Hugues Ratenon, député LFI; Philippe Reig, République et Socialisme ; Emmanuel Renault, enseignant de philosophie, Université Paris Nanterre; Muriel Ressiguier, députée LFI ; Michelle Riot-Sarcey, historienne; Jean Rochard, producteur de musique ; Daniel Rome, enseignant, militant altermondialiste; Roberto Romero, Responsable National du secteur international de Génération.s; Cécile Ropiteaux, syndicaliste FSU; Sabine Rosset, directrice de BLOOM; Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord; Sabine Rubin, député LFI; François Ruffin, député LFI; Jean-Michel Ruiz, conseiller régional IDF, PCF – Front de Gauche; Gilles Sabatier, membre d’Attac; Jean-Claude Salomon, membre du conseil scientifique d’Attac; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Diogo Sardinha, philosophe, ancien président du Collège international de philosophie; Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF; Luc Schaffauser, syndicaliste CGT, République et Socialisme; Jean-Christophe Sellin, secrétaire national du PG et conseiller régional Occitanie ; Nicolas Sembel, sociologue; Guillaume Sibertin-Blanc, professeur des universités, Paris 8; Denis Sieffert, Politis; Corine Siergé, APEIS; Cécile Sihouette, Ensemble!; Johanna Silva, membre du collectif La Fête à Macron; Patrick Simon, démographe; Danielle Simonnet, co-coordinatrice du PG et conseillère de Paris; Yves Sintomer, membre du conseil scientifique d’Attac; Francis Sitel, Ensemble!; Philippe Sultan, membre de la Fondation Copernic; Bénédicte Taurine, députée LFI; Jacques Testart, directeur honoraire de recherches à l’Inserm; Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Eric Thouzeau, conseiller régional de la Gauche démocratique et sociale (GDS); Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Jean Tosti, professeur de lettres; Eric Toussaint, historien, politologue, porte-parole international du CADTM; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac; Christophe Ventura, rédacteur en chef de Mémoire des luttes et chercheur en relations internationales; Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF, Gauche Unie Européenne; Philippe Villechalane, APEIS; Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT; Christophe Voillot, syndicaliste Snesup-FSU; Louis Weber, syndicaliste, éditeur; Hubert Wulfranc, député de la Seine-Maritime; Youlie Yamamoto, membre du collectif La Fête à Macron; Sophie Zafari, syndicaliste, FSU; Laurent Zappi, syndicaliste, FSU; Malika Zediri, militante.

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Répression lycée Camus – jeudi 6 décembre

Bonjour à tous,

Pour info :

Résumé Lycée Camus  Jeudi 6 décembre 2018

A 7h, les policiers étaient déjà arrivés. En nombre. Interdisant aux élèves de s’approcher du lycée. Les élèves étaient repoussés au niveau du tram à Romanet.

Plusieurs profs et parents d’élèves présents pour essayer d’apaiser la situation au vu des charges de lundi. Deux tentatives de discussions avec les policiers présents, totalement infructueuses (fin de non recevoir, menaces).

Pendant 3/4 d’h, tensions mais la grande majorité des élèves veulent juste manifester pacifiquement (cartons et slogan), tentent un sit-in. 200/300 lycéens. Rejoins par d’autres jeunes (lycée Sacré-Cœur et autres).

Quelques jets de pétards. Mais la discussion est possible avec les jeunes. Et entre eux puisqu’une grande majorité n’est pas d’accord. Situation dangereuse avec le tram et les voitures.

Vers  8h15, ça dérape. Un caddy en feu est lancé sur les voies du tram. Lacrymos, charge des policiers… On dénombre plus de 50 cartouches de grenades après coup, juste à cet endroit.

Ça dure un peu à Romanet, ça part vers Bellevue. Quelques dizaines de lycéens ont contourné et ont pu venir devant le lycée. Mise en place des pancartes de revendication et discussions avec les adultes présents. Moment plus apaisé, sans présence policière.

Vers 10h30, retour du groupe des jeunes devant le lycée. Des lycéens et d’autres. On arrive à échanger, à reprendre les poubelles apportées. Et ça re-dérape.  Explosion d’un grenade devant le bahut lancée de loin derrière. Poubelle enflammée un peu plus loin dans la rue. Jets de lacrymo et charge devant le lycée.  

On arrive à faire ouvrir la grille du parking prof pour faire rentrer les élèves qui cherchent refuge au lycée (présence d’un agent de sécurité à l’intérieur de l’établissement qui refuse régulièrement d’ouvrir les grilles). On arrive à faire rentrer une cinquantaine d’élèves.

Deux élèves blessés sont amenés au lycée, un par les lacrymos puis un autre qui a pris une balle de flashball au-dessus de la cheville, pris en charge par l’infirmière. Selon des témoignages d’élèves, au moins une autre élève a reçu un tir de flashball alors qu’elle cherchait à quitter les lieux quand ça commençait à se tendre.

L’ordre de fermer le lycée arrive (ni entrée, ni sortie, il y a 250 personnes, élèves et personnels à l’intérieur). Le chef d’établissement fait référence à un PPMS : on est « confinés ».

L’autorisation de partir est donnée par la police (sic) vers 13h30.

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Communiqué de la SD FSU Loire-Atlantique en soutien aux mobilisations lycéennes

La FSU de Loire Atlantique s’associe aux sections FSU et Solidaires du lycée Albert Camus à Nantes qui, dans le communiqué précédent , dénoncent les interventions des forces de l’ordre à l’encontre de lycéens le 3 décembre dernier devant leur établissement.
 La FSU de Loire Atlantique affirme son opposition à toutes formes de répressions et de violences, d’autant plus quand celles-ci s’invitent à proximité voire dans les établissements scolaires. Partout en France des actes de cet ordre se répètent, dans des conditions qui ne peuvent être justifiées.

Elle dénonce la méthode autoritaire utilisée par ce gouvernement qui, englué dans sa surdité et son incapacité à entendre les exigences populaires de justice sociale, n’a pour seule réponse que le blanc-seing laissé à des méthodes et des armes policières d’un autre âge.

Dans le contexte actuel de colères, la FSU de Loire Atlantique entend et comprend les exaspérations exprimées dans le champ qui est le sien. Le mouvement des jeunes scolarisés qui sortent et disent leurs inquiétudes face aux systèmes de sélections et de tri mis en place en fait partie. Elle leur apporte son total soutien.

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infos du lycée Carcouët : violences aux abords de l’établissement

À l’attention de : Monsieur le Recteur de l’Académie de Nantes, Monsieur le Préfet de Loire Atlantique, sous couvert de M.Dupré, Proviseur du lycée.

Monsieur le Recteur, Monsieur le Préfet.

Comme dans d’autres établissements de Nantes et du pays, certains élèves du lycée se sont mobilisés depuis deux jours et tentent de mettre en place un blocage dans le cadre de leur refus des réformes du lycée et de l’orientation. Ils ont été rejoints par d’autres jeunes.

Quelques uns ont rassemblé des poubelles et tenté d’y mettre le feu, ont lancé des projectiles (œufs, pierres) sur les policiers présents.

Cette attitude, bien qu’inacceptable et que nous condamnons totalement, ne nous semble pas justifier l’usage disproportionné de la force de la part des policiers devant et à proximité du lycée, dont peuvent attester les personnels et élèves présents.

Ces policiers, adultes dans l’exercice de leurs fonctions face à des jeunes mineurs, ont tenu des propos et ont eu une attitude tels que :

  • Insultes envers des élèves (par exemple, un policier a dit à une élève : « Tu es une pute, comme ta mère »).
  • Agressions physiques d’élèves (coups de pieds, élèves agrippés par le col sans raison).
  • « charge » d’élèves rassemblés plus loin (près du Rond Point du Massacre), qui ne gênaient pas l’entrée du lycée.
  • Utilisation de gaz lacrymogènes et piment en plusieurs occasions (notamment face à des élèves qui souhaitaient aller en cours).
  • Certains policiers ont pris la pose pour se photographier « en position de force » et ont dit « 1-0 » lorsqu’une élève a été blessée.

Ce type d’attitude et de propos nous semble inadmissible et facteur de tensions. Des mesures plus pacifiques auraient pu être prises pour désamorcer la situation face à ces jeunes. Au lieu de cela, la tension a été exacerbée. La question se pose, bien-sûr, de l’ordre chronologique des événements (dont ce courrier ne rend pas compte), mais il nous semble que, en toutes circonstances, les adultes se doivent de montrer l’exemple face à des personnes mineures.

Les personnels d’éducation du lycée Carcouët rassemblés ce jour dénoncent et condamnent toutes les formes de violence physique et verbale exercées à proximité ou au sein du lycée. Ils en appellent aux services responsables des forces de l’ordre pour que l’intégrité physique et morale des personnes soit respectée quelles que soient les circonstances.

Monsieur le Recteur, Monsieur le Préfet, nous vous remercions pour votre attention et vous assurons de notre attachement au Service Public d’Éducation.

Les personnels d’éducation du lycée Carcouët réunis en assemblée générale.

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UN ÉLÈVE A EU LA JOUE DÉCHIQUETÉE PAR UN TIR DE FLASH BALL A GARGES-LES-GONESSE (95) CE MATIN : COMMUNIQUÉ DES PROFS DU LYCÉE SIMONE DE BEAUVOIR

Vous trouverez ci-dessous le message des collègues du lycée. Nous leur exprimons toute notre solidarité. Une AG de coordination des établissements sur l’Île-de-France sera convoquée très rapidement pour que nous fassions le point ensemble.Vous trouverez ici un exemple avec la vidéo ci-dessous d’une charge d’élèves du lycée Simone de Beauvoir ce matin (alors que les élèves sont calmes, une charge + une interpellation) : https://www.facebook.com/351927098951188/posts/351956702281561/

« Aujourd’hui 05 décembre au lycée Simone de Beauvoir à Garges-lès-Gonesse (95), lors d’un blocage mis en place par un certain nombre de jeunes, la situation a dégénéré. Les forces de l’ordre ont fait un usage abusif et illégal de la force. 

Malgré la tentative de médiation par des enseignants présents, un élève a reçu un tir tendu de flashball à la tête. La joue a été déchiquetée. Il est actuellement hospitalisé en urgence à Gonesse.

Les enseignants du lycée Simone de Beauvoir sont profondément choqués par les évènements et récusent formellement cet usage de la violence à l’encontre d’élèves de la République.
Ci-joint un communiqué bref des évènements, un témoignage d’une élève – d’autres devraient affluer d’ici peu – et un lien vers la page facebook de l’évènement.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires.

Les personnels mobilisés du lycée Simone de Beauvoir, Garges-lès-Gonesse. »

Communiqué

Non aux violences policières au lycée Simone de Beauvoir de Garges-les-Gonesse (95) !

Nous, professeurs et personnels du lycée Simone de Beauvoir, condamnons fermement les violences policières ayant eu lieu le mercredi 5 décembre 2018 devant notre établissement.
Lors d’un blocage mis en place par un certain nombre de jeunes, la situation a dégénéré. Les forces de l’ordre ont fait un usage abusif de la violence :
Un élève a été gravement blessé au visage par un tir tendu de flashball. Celui-ci a dû être pris en charge en urgence au CHU de Gonesse.
– Un autre élève a été arrêté brutalement sans raison apparente.
– Les forces policières ont chargé par deux fois sur les élèves et des menaces directes ont été proférées à leur encontre sur le parvis.
– La médiation d’un enseignant s’est révélée vaine.
– Choqués, de nombreux élèves et membres du personnel s’indignent de ce débordement révoltant.
Nous demandons qu’une enquête soit ouverte sur le comportement des policiers face à des mineurs afin que ces faits ne se reproduisent pas.
Nos élèves doivent pouvoir venir au lycée et manifester sans craindre une telle répression que rien ne justifie.

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La FSU demande au Ministre d’entendre les inquiétudes de la jeunesse

Communiqué de la FSU – Les Lilas le 5 décembre 2018

La FSU demande au Ministre d’entendre les inquiétudes de la jeunesse
Inquiétudes face à l’avenir, poids des inégalités sociales sur les parcours de formation, dégradation des conditions de scolarisation… de nombreux jeunes se mobilisent pour dénoncer les réformes en cours dans les lycées et contre le dispositif « parcours sup » qui organise une sélection à l’entrée à l’université.

Porteuse de la réussite de tous les jeunes, et particulièrement des plus fragiles et des plus défavorisés, de l’élévation du niveau de qualification, la FSU demande au Ministre d’entendre les demandes des lycéen-nes qui aspirent à une réelle démocratisation du système éducatif.

La FSU dénonce fermement la répression policière dont sont victimes les lycéen-nes. Le gouvernement doit très vite répondre à ce mouvement lycéen. La FSU demande l’ouverture de discussions avec les organisations de jeunesse et les organisations syndicales pour répondre aux exigences de la jeunesse et remettre à plat les réformes en cours et améliorer les conditions de scolarisation des élèves.

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Des syndicats enseignants rejoignent le mouvement lycéen

Alors que des blocages et des incidents ont encore eu lieu le 4 décembre, une nouvelle étape se dessine. Dans une « convergence des luttes » en construction sur le terrain, plusieurs syndicats d’enseignants du second degré, à commencer par le premier d’entre eux, le Snes Fsu, appellent à rejoindre les cortèges lycéens. Le Snes entend mobiliser le 19 décembre jour du CTM et du CSE sur les lycées. Les revendications portées par l’UNL rejoignent celles des organisations syndicales d’enseignants et le mouvement semble vouloir réussir à changer la donne à l’ éducation nationale.

De nombreux lycées ont été bloqués pour la troisième journée le 4 décembre. Le mouvement se développe dans de nouveaux lieux comme à Dunkerque où 1200 lycéens sont descendus dans la rue. A Marseille 21 lycées ont été perturbés. En Ile de France des incidents ont eu lieu dans le 93 où une dizaine de lycées sont bloqués. Dans le 95 on compterait une quinzaine d’établissements bloqués. Des lycéens ont été interpellés à Villiers le Bel , Bondoufle et Ivry. On compte eux lycéens blessés à Bordeaux. L’incident le plus grave a  eu lieu à Blagnac (31) où un incendie a ravagé l’entrée du lycée Saint Exupéry.

Dans ce contexte, le Snes Fsu « dénonce les violences et la répression du mouvement lycéen ». Le premier syndicat du second degré « appelle les personnels de l’Education nationale à entrer en action ». Il leur demande d’organiser des assemblées générales dans les établissements et « d’agir aux cotés des lycéens ». Le Snes a déposé un préavis de grève « sur toute la période ». Le Snes entend faire du 19 décembre, jour d’un CTM et d’un CSE sur la réforme des lycées, « une journée de mobilisations dans toute la France ».

Sud Education  » appelle l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à se solidariser des lycéen-ne-s mobilisé-e-s et à s’emparer des mots d’ordre portés pour l’abrogation des réformes Blanquer ». Le syndicat appelle aussi les personnels « à rejoindre les actions des gilets jaunes et à participer aux rassemblements du 8 décembre ». Enfin la Cgt Education « affirme sa solidarité » avec les lycéens et appelle les personnels « à garantir par leur présence la liberté d’expression et de mobilisation des élèves ».

Cette montée des syndicats enseignants s’explique en partie par les demandes lycéennes. Notamment l’UNL demande à ce que les réformes du lycée et du lycée professionnel soient annulées et à investir les 3 milliards prévus pour le SNU dans les établissements. Il y a convergence des revendications.

Mais elle arrive aussi après les déclarations du premier ministre le 4 décembre.  » Je veux ouvrir un large débat sur les impôts et les dépenses publiques », a déclaré E Philippe après avoir annoncé un moratoire de certaines taxes.  » Si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent », a-t-il ajouté. Or du coté des Républicains ces propos sont immédiatement utilisés contre les enseignants. Immédiatement Eric Ciotti, pour les Républicains, a demandé des suppressions d’emploi à l’Education nationale. « Il y a beaucoup de personnes qui n’enseignent plus, beaucoup de mises à disposition syndicales dans l’Education nationale. On peut trouver des espaces de manoeuvre, quelques dizaines de milliers d’emplois ». En réalité l’ensemble des décharges syndicales à l’Education nationale représente 2500 emplois depuis des années en application de la législation sur l’exercice du droit syndical dans la fonction publique.

Le discours d’E Philippe

Décharges syndicales au JO

Ciotti

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