Archives de la catégorie Education

Lettre d’infos de la FSU 44 | Etre en Grève le 31 mai : toutes les raisons | la FSU s’adresse au nouveau Ministre

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Toutes les raisons d’être en Grève le 31 mai | lieu et horaire de la mobilisation

 

Rassemblement le 31 mai à 11h à la préfecture à Nantes, puis manifestation.

Cette année, pour faire classe dans les meilleures conditions possibles, il nous a manqué : des enseignant·es dès le début de l’année dans de nombreuses matières en collège et lycée et pour les écoles des enseignant·es remplaçant·es partout des enseignant·es spécialisé·es pour que les réseaux d’aide soient complets des AESH pour prendre en charge les élèves notifié·es et pour remplacer …

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La FSU et ses syndicats s’adressent au nouveau Ministre de l’éducation national

COMMUNIQUE DE PRESSE Les Lilas le 24 mai 2022

Nouveau ministre, nouveau style, à quand les actes ?

La FSU a été reçue par le nouveau ministre ce mardi 24 mai. Elle a porté les exigences de mesures rapides pour les salaires et les conditions de travail des personnels. Le ministre s’est posé en rupture des méthodes de Jean-Michel Blanquer mais …

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ÉDUCATION : ADRESSE À LA PREMIÈRE MINISTRE

L’ensemble de l’intersyndicale de l’éducation et la FCPE s’adresse à la Première Ministre (et à la presse) pour faire part des inquiétudes concernant la situation pour la prochaine rentrée et faire connaître les mesures qui doivent être prises de toute urgence.

Madame la Première Ministre,

Vous prenez vos fonctions dans un contexte où plus que jamais nous avons besoin d’un service public de l’Éducation renforcé. Or l’École publique et laïque a subi de profonds bouleversements ces dernières années. La multiplication des réformes imposées à marche forcée et le manque chronique de moyens ont dégradé les conditions de travail des personnels et des élèves. Une politique salariale inadaptée aux défis des rémunérations des personnels a conduit à un recul du niveau de vie des personnels. Les personnels aux plus faibles rémunérations en particulier les AESH, les AED, la plupart des contractuels se trouvent dans une précarité inacceptable. Le déficit d’attractivité des métiers de l’Éducation nationale et de l’Enseignement agricole public s’amplifie année après année.

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Pap Ndiaye : le ministre qui écoute les syndicats… (???)

« Une écoute réelle ». Le 24 mai, Pap Ndiaye a reçu pour la première fois les syndicats de l’Education nationale, en commençant par les deux plus importants, la FSU et l’UNSA. Pap Ndiaye les a longuement écouté, rompant ainsi avec les pratiques de son prédécesseur. Si les syndicats ont pu insister sur les questions les plus urgentes, comme la rentrée ou la revalorisation, le ministre n’a rien laissé paraitre de ses intentions. Si ce n’est celle de maintenir le dialogue. Le ministre écoute. Mais peut-il s’écarter de la feuille de route élyséenne ?

La nouvelle méthode

« Le dialogue avec toute la communauté éducative sera un principe important » avait déclaré Pap Ndiaye le 20 mai. Il tient parole en recevant dès le 24 mai les deux principales centrales syndicales, la Fsu et l’Unsa. Le ministre est accompagné de son directeur de cabinet, JM Huart et de Julie Benetti. Animatrice du pole éducation de la campagne d’E. Macron, elle devrait intégrer le cabinet de P Ndiaye comme conseillère spéciale ou conseillère sociale.

« Pap Ndiaye a beaucoup écouté et il a insisté sur la nouvelle méthode qu’il prétend mettre en place : nous écouter et aussi répondre aux questions », nous a dit Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu, à la sortie de la réunion. Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education, parle lui aussi « d’une écoute réelle » et d’une « bonne prise de contacts sans véritables engagements ». Les syndicats sont repartis sans annonces, y compris sur les sujets qui deviennent très urgents comme les recrutements pour la rentrée.

Une décision attendue sur les maths au lycée

Un seul sujet semble vouloir évoluer rapidement : les maths au lycée général. « Le ministre a posé des questions sur les maths au lycée avec une insistance curieuse », nous a dit B Teste. « S’il met en place 1h30 de maths pour les élèves qui ne prennent pas la spécialité maths cela va être difficile à organiser pour la rentrée. On craint la désorganisation ». « On souhaite que le changement n’ait pas lieu à la rentrée 2022 », confirme F Marchand. Emmanuel Macron a annoncé lors de sa campagne électorale le retour des maths dans le tronc commun. Le Conseil Supérieur des Programmes consulte en ce moment sur un projet de programme. L’Elysée pourrait vouloir concrétiser sa promesse très rapidement. Quitte à ce que les établissements aient du mal à suivre.

Revalorisation et recrutement : en attente

Si les syndicats craignent une évolution très rapide sur cette question, d’autres, encore plus urgentes, pourraient attendre. « Le ministre a pris note de nos demandes sur la revalorisation. Pour nous il faut aller vite aussi bien au ministère de la Fonction publique (pour le point FP) qu’à l’éducation nationale. Le ministre a dit qu’il y aurait des discussions avant l’été », dit B Teste. »Pour lui c’est lié à la question de l’attractivité du métier d’enseignant. Mais il n’a pas donné de détails », explique F Marchand.

Pap Ndiaye « est conscient des difficultés de recrutement », confirme B Teste. « On lui a dit qu’il faut employer les inscrits sur listes complémentaires et garder les contractuels. Il a opiné du chef. Mais a t-il les moyens pour le faire ? ». « Notre alerte sur le recrutement a été entendu par le directeur de cabinet », estime F Marchand. « Il va falloir aller sur du pluriannuel pour garder les contractuels ».

L’Unsa Education a rappelé que la loi sur le harcèlement prévoit la CDIsation des surveillants (AED) et il a demandé la réalisation des engagements pris en faveur du personnel administratif. Le syndicat a rendu compte du Baromètre Unsa « pour signifier l’état d’esprit de la profession et la nécessité d’apaiser la relation ». Il a posé la question de la mixité sociale et scolaire et de l’école inclusive.

Pas de chamboule tout

La Fsu a demandé l’attention du ministre sur la montée des inégalités, notamment avec la réforme du lycée, et des discriminations. Pap Ndiaye a déclaré qu’il y serait attentif. « On a alerté sur le fait que le ministère du Travail récupère des dossiers comme l’apprentissage et par suite la voie professionnelle. On lui a dit que pour nous c’est une ligne rouge », dit B Teste. Un autre sujet est venu sur la table, celui des 6 enseignants sanctionnés de l’école Pasteur de Saint Denis. « On lui a dit qu’il faut une mesure d’apaisement. Il a pris des notes mais ne semble pas connaitre le dossier ».

Pour la FSU, le ministre écoute mais n’a pas pris de décisions. Le syndicat s’interroge sur l’état des arbitrages budgétaires. « Aura t-il les moyens nécessaires ? Et pour plusieurs années ? », demande B Teste. « Ce ne sera pas un « chamboule tout », estime F Marchand. « Mais il est préoccupé par la fatigue des enseignants ». A suivre…

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Maths : Des associations contre le programme de 1ère

 » Ce projet de programme élaboré dans l’urgence en 7 semaines ne permet pas de répondre aux questions posées par les carences de formation du lycée général », déclarent la Société Mathématique de France et la Société française de statistique, deux associations savantes. « Il présente un catalogue sans cohérence globale, constitué de propositions qui ne prennent en compte ni la nécessité de considérer les mathématiques comme objet d’étude pour elles-mêmes, ni réellement les besoins mathématiques en sciences économiques et sociales et en sciences humaines, absents également des contenus de l’enseignement de spécialité mathématiques de première. La quantité de thèmes abordés est inadaptée à l’horaire prévu de 1h30 hebdomadaire ». Les associations soulèvent une autre question.  » Le prétendu accès possible à l’option maths complémentaires en terminale est un leurre ou un chemin vers l’échec assuré, puisque cette option sera accessible également aux élèves ayant suivi la spécialité maths en première de 4h hebdomadaire ». Les deux associations s’opposent à la mise ne place de ce programme à la rentrée. Une déclaration faite alors que le ministre semble prêt à l’annoncer.

 

Communiqué

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Sud demande la levée des sanctions contre les enseignants

 » Le mandat de M. Blanquer a été marqué par un autoritarisme inédit… Aujourd’hui, les services déconcentrés utilisent de plus en plus les moyens permis par la loi de transformation de la Fonction publique pour exercer une répression déguisée à travers les mutations d’office. C’est le cas actuellement à l’école Pasteur de Saint-Denis (93) et au collège Victor Hugo de Nantes (44). Nous attendons, en ce début de mandat, une décision forte de rupture avec la politique de M. Blanquer », demande Sud Education dans une lettre ouverte adressée à Pap Ndiaye. Le syndicat demande aussi la mise en oeuvre de mesures de sortie de la précarité comme la CDIsation des AED, permise par l aloi contre le harcèlement et la reconnaissance du métier d’AESH. Sud demande une revalorisation immédiate sans contrepartie pour tous les personnels et « des recrutements massifs » pour la rentrée.

 

La lettre

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La FSU critique le nouveau gouvernement

« La composition de ce gouvernement sonne comme l’annonce de la poursuite par Emmanuel Macron de sa politique de casse sociale : nouvelle réforme des retraites, travail gratuit exigé des allocataires du RSA, poursuite du démantèlement des services publics, fragilisation de l’éducation », écrit la FSU. « Dans la période de 3 semaines qui nous sépare de l’élection législative, la FSU continuera donc de mettre les enjeux sociaux au centre du débat public, en toute indépendance vis-à-vis des partis politiques mais avec la volonté de nourrir les dynamiques de progrès social et avec la volonté de porter au plus haut les revendications du monde du travail afin qu’elles se traduisent en mesures législatives et réglementaires. Elle appelle à aller voter massivement à l’élection législative, pour battre inconditionnellement l’extrême droite, mais aussi à rejeter massivement les forces portant les politiques néolibérales ».

 

Communqiué

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Oral du DNB : Le Snes demande une rémunération

 » L’arrêté du 13 avril 2012 indique que l’oral du DNB est indemnisé au taux de 4,11 euros de l’heure. Plusieurs rectorats refusent d’appliquer ce texte prétextant que les épreuves orales du DNB font partie des “missions liées” des enseignants car elles sont organisées sur place et qu’elles ne concernent que les élèves de leur collège », rappelle le Snes de Rennes. « L’oral du DNB est pourtant l’une des épreuves obligatoires d’un examen national (arrêté du 31/12/2015). Les examinateurs peuvent à ce titre exiger une convocation écrite nominative tenant lieu d’ordre de mission et précisant les dates, lieu et heures de la mission et la rémunération de participation à un jury d’épreuve orale (taux 1), soit 4,11 euros de l’heure (arrêté du 13/03/2012)…Il s’agit ainsi d’exprimer clairement le refus d’assumer de manière totalement bénévole cette charge supplémentaire de travail ».

 

Modèle de courrier

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Le Snuep demande une rémunération pour l’oral du chef d’oeuvre

« Aux missions habituelles des PLP (cours, visites de stages, organisation des CCF, surveillances…), s’ajoutent cette année les certifications du chef-d’œuvre et une multiplication des convocations pour faire passer les oraux de CAP des candidat·es hors scolaires dans des CFA… L’oral du chef-d’œuvre nécessite de dédier 15 minutes à chaque candidat·e. Nombre d’enseignant∙es sont actuellement contraint∙es d’organiser cette épreuve aux dépens des heures d’enseignement. D’autres, pour ne pas priver leurs élèves de cours pendant plusieurs semaines à l’approche de l’examen, organisent cette certification en dehors de leurs heures habituelles de cours. Or contrairement au grand oral de la voie générale et technologique rien n’est envisagé pour rémunérer ce travail supplémentaire : c’est purement scandaleux ». Le SNUEP-FSU « tient à rappeler que les professeur·es de LP ne sont pas des bénévoles ». Il demande  » une contrepartie financière dès cette année. »

 

Communiqué

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Illettrisme : Un rapport demande une vraie mobilisation de l’éducation nationale

 » C’est plus de 10 % de nos élèves, « qui ont toujours été en retard sur les compétences affichées », qui empruntent « ce couloir de l’illettrisme ». Un tel scénario a beau être connu, il reste de l’ordre de l’impensé pédagogique », estime le rapport des inspecteurs généraux  Renaud Ferreira de Oliveira et Catherine Mottet. « De la maternelle – voire avant – jusqu’en 3e, des alertes sont ignorées, des seuils mal négociés, des apprentissages essentiels manqués, creusant d’année en année des écarts devenus irréversibles. Cet échec programmé est souvent vécu par les élèves, leurs familles et les enseignants comme une fatalité, chacun s’habituant à ce qu’une partie des élèves reste au bord du chemin ». Le rapport décrit en détail comment l’illettrisme est mal pris en charge au collège et reste « un impensé pédagogique ». « Des mesures structurelles, des dispositifs et des outils existent déjà à la main de l’institution, de ses acteurs et partenaires pour détecter les risques d’illettrisme et y remédier au plus tôt. Ils restent diversement mis en oeuvre et insuffisamment partagés », estimele rapport. « S’attaquer efficacement à ce mal insidieux, dont il importe de reconnaître les formes spécifiques, passe par la coordination et la cristallisation des ressources et énergies (en matière de pilotage national et académique) afin de développer et d’accompagner l’acquisition de mesures-réflexes adaptées tout au long de la scolarité des élèves, et tout particulièrement au plus tôt : détecter et tester finement, classer les difficultés pour y remédier instantanément, suivre attentivement. Cela passe également par la mobilisation massive d’outils nouveaux et l’encouragement de gestes professionnels encore minorés. La formation raisonnée des acteurs, en lien avec les avancées de la recherche et les initiatives des partenaires, revêt de ce point de vue un rôle déterminant dans le traitement d’un mal qui prospère essentiellement du fait de la négligence et de la méconnaissance ». Le rapport préconise de créer un Conseil scientifique et pédagogique et de renforcer le pilotage national et académique de façon à permettre « une prise en charge adéquate  » dans l’instant.

 

Le rapport

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Jean-Marc Huart directeur du cabinet de Pap Ndiaye

Le retour de Jean-Marc Huart au ministère est-ce le retour du blanquerisme rue de Grenelle ? La question enflamme les réseaux sociaux. Si JM Huart a bien été un maillon important de la politique blanquérienne, son retour ne signifie pas pour autant celui de JM Blanquer. Mais il pose d’autres questions.

Un spécialiste de la formation professionnelle

Agé de 54 ans, Jean-Marc Huart a commencé sa carrière comme professeur de SES. Nommé IPR il a été de 2002 à 2007 délégué académique à la formation professionnelle dans l’académie de Bordeaux. De 2007 à 2009 il est conseiller technique pour l’enseignement professionnel au cabinet de X. Darcos. Inspecteur général, il est sous directeur à la formation professionnelle à la Dgesco. De 2013 à 2015 il est sous directeur des politiques de formation au ministère du Travail où il participe à l’élaboration de la loi Sapin sur la formation professionnelle. Il revient à l’éducation nationale en 2015 avant d’être nommé directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) par JM Blanquer. Il restera à ce poste deux années de l’été 2017 à l’été 2019. Il est alors nommé recteur de Nancy-Metz et recteur de la région académique Grand Est. Il est élu en 2021 président de la Conférence des recteurs.

La fidélité à JM Blanquer

JM Huart a été un directeur général très actif et très fidèle à JM Blanquer. Une fidélité qui a continué quand il était recteur. Ainsi Libération a pu montrer en 2020 son rôle dans la naissance du syndicat lycéen « Avenir lycéen », une organisation inspirée par le ministère qui aurait même trouvé son nom. En novembre 2020, JM Huart s’était défendu d’avoir privilégié Avenir lycéen en affirmant qu’il entretenait comme Dgesco des relations avec toutes les organisations lycéennes et qu’il n’avait favorisé personne.

Est-ce cette fidélité qui explique la nomination de JM Huart ? Est-ce même le souci de donner des gages aux partisans de JM Blanquer suite aux attaques lancées contre Pap Ndiaye ? Des confidences arrivées au Café pédagogique le 20 mai mentionnaient déjà son installation rue de Grenelle. C’est à dire avant que les polémiques racistes prennent de l’ampleur. Et il n’est pas rare que l’Elysée intervienne dans la nomination des directeurs de cabinet. Ceux ci ont à travailler fréquemment avec le secrétaire général de l’Elysée. Ils doivent donc y avoir des liens.

Appliquer la réforme d’E Macron

La carrière de JM Huart explique sa nomination. C’est un spécialiste de l’enseignement professionnel. Il a participé à la réforme menée sous X Darcos puis aux lois qui se sont succédées sur la formation professionnelle. Il a été un rouage important des contacts entre Education nationale et organisations patronales. Or Emmanuel Macron veut réformer en profondeur l’enseignement professionnel. Non seulement il va doubler la durée des stages en entreprises, ce qui va poser problème pour le maintien des enseignements, mais c’est la philosophie même de l’enseignement professionnel qu’il veut changer. D’un enseignement scolaire donné à des élèves perçus comme de jeunes citoyens ayant droit au bagage éducatif commun et ouvrant la porte du supérieur, E Macron veut passer à un enseignement adapté aux besoins immédiats des entreprises locales. Au point que le Snuep Fsu a pu parler d’un « séparatisme des jeunesses ». E. Macron accorde à cette réforme une très grande importance et il a installé au centre du ministère un spécialiste capable de la diriger.

Une nomination inhabituelle

JM Huart connait très bien le ministère. Il est connu des services. Il pourra être un appui pour un ministre quine connait pas la « centrale » et mal le fonctionnement du système. Rappelons que là aussi c’est une situation banale. Il est rare qu’un ministre de l’éducation soit du sérail et ait l’expérience d’avoir dirigé les services centraux. La Dgesco prépare un dossier qui présente les projets en cours et permet au ministre de faire, avec son directeur de cabinet, le tour des questions. JM Huart connait très bien le ministère. Il devra être plus qu’un directeur de cabinet, un véritable appui pour P. Ndiaye. Ce qui va lui demander beaucoup d’autorité.

Mais il y a une autre surprise dans cette nomination. « C’est sans précédent qu’un recteur devienne directeur de cabinet », nous a dit Claude Lelièvre. D’abord parce que le poste de recteur est des plus confortables. Ensuite parce que diriger un cabinet demande une disponibilité totale. Les membres des cabinets « sont donc plutôt jeunes » même s’il y a des exceptions (comme C Kerrero quand JM Huart était Dgesco). JM Huart a accepté de quitter Nancy-Metz pour revenir au coeur d’un ministère épuisant. Pour combien de temps ?

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Baromètre Unsa : L’éducation au fond du trou

« Combien de temps encore ça va durer ? » Commentant le 23 mai les résultats du « Baromètre Unsa », Frédéric Marchand , secrétaire général de l’Unsa Education, s’inquiète des tensions dans l’Ecole. Si les enseignants aiment leur métier, un tiers déjà trouve qu’il n’a plus de sens. Un tiers aussi envisage de changer totalement de métier. Et seulement 16% conseilleraient l’enseignement à leur enfant. Autre révélation de cette très large enquête (plus de 40 000 participants), le rejet de la politique ministérielle, déjà massif depuis 2018, ne cesse decroitre. 2022 voit une nouvelle baisse avec seulement 5% des enseignants en accord et pas plus d’un quart des cadres. Blanquer a laissé l’éducation au fond du trou.

Sonder les coeurs de 43 000 personnels d’éducation

De mars à avril 2022, pour sa 10ème édition, 43 000 personnels d’éducation ont répondu aux questions du « Baromètre » de l’Unsa Education. Un nombre très important qui donne à cette enquête une vraie représentativité. D’autant que les adhérents ou sympathisants Unsa ne représentent que 33% des participants. La moitié se déclarent proches d’aucun syndicat.

Le baromètre sonde les coeurs des personnels de l’éducation, et comme il le fait depuis 10 ans on voit les évolutions se dessiner et les préoccupations apparaitre. Et cela on le voit aussi pour les différents métiers de l’éducation.

Malaise, défiance, rejet de la politique éducative du gouvernement

« Le malaise et la défiance envers le ministre JM Blanquer se sont encore amplifiés », explique Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education. Si globalement 92% des répondants aiment leur métier, 29% ne trouvent plus de sens à ses missions. C’est le cas de 33% des enseignants, 32% des IPR (inspecteurs du 2d degré) et 42% des IEN (inspecteurs du 1er degré). 33% des enseignants envisagent de quitter l’éducation pour travailler dans le secteur privé (hors enseignement). Ils étaient deux fois moins nombreux en 2016. C’est aussi le cas de 24% des personnels de direction, 20% des IEN et 12% des IPR. Voilà qui laisse augurer d’une autre crise du recrutement, d’autant qu’un pourcentage plus important encore souhaite quitter son métier pour un autre dans le secteur public. Un personnel sur quatre seulement se sent reconnu dans son travail, soit deux fois moins aussi qu’en 2016 (27 et 46%). Seulement 19% des enseignants sont dans ce cas.

Une autre image de la situation est donnée par le degré d’approbation de la politique éducative du ministre. 86% des personnels de l’éducation sont en désaccord avec cette politique. Un pourcentage qui ne cesse de croitre depuis 2018. En 2017 le taux était à 67%. Il est passé à 83% en 2019.

Ce rejet n’est pas le fait que des enseignants même s’il est au maximum chez eux. Ainsi seulement 5% des enseignants approuvent la politique ministérielle. Chez les cadres le taux est plus fort mais pas plus d’un cadre sur 4 ne souscrit aux idées de JM Blanquer : 26% des IPR, 32% des IEN et 24% des personnels de direction. Ce divorce avec les cadres est apparu en 2018. JM Blanquer a réussi à faire une large majorité contre lui.

La revalorisation avant tout

Il reste des différences entre les cadres et les enseignants. Ainsi la moitié( mais la moitié seulement) se sent reconnu dans sa vie professionnelle contre un enseignant sur cinq. Les cadres sont plus satisfaits de leurs perspectives de carrière même si le taux est faible (30% des IPR, 22% des personnels de direction, 10% des enseignants). Seulement 7% des enseignants sont satisfaits de leur rémunération contre 28% des IPR, 16% des IEN et 12% des personnels de direction. Des taux très bas de toute façon.

Le premier motif de mécontentement c’est le pouvoir d’achat :68% demandent une amélioration urgente (70% des enseignants, 58% des personnels de direction) devant la charge de travail, les carrières et les relations hiérarchiques.

Des personnels favorables au programme de la NUPES

Le Baromètre montre aussi que les personnels de l’éducation sont nettement plus favorables aux propositions de la NUPES que d’E. Macron. Ainsi 89% des personnels (93% des enseignants, 89% des IEN, 85% des personnels de direction) sont pour recruter 160 000 personnels. 52% sont contre la paye au mérite. Sur ce point enseignants et cadres s’opposent, ces derniers étant majoritairement favorables (60% des IPR, 71% des personnels de direction, 30% des professeurs). 66% sont pour conditionner le financement du privé (69% des enseignants, 83% des IEN et personnels de direction). 50% sont pour supprimer Parcoursup (55% des enseignants). 54% sont contre la fin du collège unique. 48% sont contre davantage d’autonomie au lycée et au collège : 19% des enseignants y sont favorables contre 81% des personnels de direction et 41% des IPR.

« On a des sujets à porter lors de la prochaine rencontre avec le ministre », dit F Marchand. Ces sujets  sont bien repérés : la revalorisation, la charge de travail, les carrières et aussi « un besoin d’apaisement ». « Ce qui nous inquiète c’est combien de temps ça va encore durer », dit-il. « On voit les tensions. Il est urgent de respecter les personnels et de les associer ».

Selon le Baromètre un tiers des personnels n’attendent déjà rien du nouveau quinquennat. E Macron a annoncé une autre méthode. « L’état d’esprit des personnels se dégrade : en effet, seuls 59% des personnels attendent encore quelque chose du prochain gouvernement », estime F Marchand. « Les réponses aux questions d’actualité, sur les priorités éducatives et sur les propositions qui ont émergé dans le débat électoral, témoignent du besoin urgent d’un débat apaisé, loin des caricatures et des coups de pression. Les personnels veulent être reconnu·es et respecté·es, et attendent des politiques cohérentes et ambitieuses sur le long terme pour de nombreux sujets tels que l’inclusion, la transition écologique ou encore le climat scolaire… Il faut prendre le temps de parler.

On a besoin de débats qui permettent d’associer les personnels,  à condition que les conclusions ne soient pas écrites à l’avance ». Au niveau de délabrement moral où les 5 années de JM Blanquer laisse l’Ecole, sans réel changement le gouvernement prend le risque de voir l’Ecole s’effondrer.

 

Les résultats

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La FSU prépare une Journée de la précarité

« Aujourd’hui, un·e agent·e sur cinq n’est toujours pas titulaire : contractuel·les de droit public, de droit privé ou fonctionnaires à temps incomplet dans le versant territorial, recruté·es sur des fonctions normalement assurées par des fonctionnaires ou sur des fonctions uniquement mises en œuvre par le biais de contrat comme par exemple les AESH », écrit la Fsu. « Ce sont des personnes à qui l’administration impose des temps partiels et des salaires souvent plus faibles que ceux des fonctionnaires. Cette situation touche plus particulièrement les femmes et les jeunes. C’est pour dénoncer cette situation, revendiquer un plan de titularisation et de résorption de la précarité que la FSU rassemblera le 25 mai des délégations d’agent·es contractuel·les de tous les secteurs de la Fonction publique. »

 

Sur le site Fsu

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SES : L’aveu ?

Dans une chronique publiée dans les Echos le 19 mai 2022 et intitulée « Le penser-faux de Mélenchon », l’économiste Philippe Aghion instrumentalise les sciences économiques et sociales (SES) à des fins politiques », écrit l’Apses, association qui réunit les professeurs de SES. « Ainsi, s’il affirme se battre depuis plusieurs années pour que tou·te·s les élèves du secondaire apprennent l’économie « afin que chacun puisse comprendre que certaines idées ne peuvent fonctionner », ses propos visent directement le programme politique de J.L Mélenchon. L’APSES prend acte du fait que les chapitres d’économie des programmes de SES, qui ont été réécrits en 2018 par un groupe d’experts présidé par M. Aghion (par ailleurs soutien officiel d’E. Macron en 2017), l’ont été avec pour objectif de dissuader les futur·e·s citoyen·ne·s de voter pour les adversaires politiques d’Emmanuel Macron. Cette prise de position est révélatrice des pressions qui s’exercent depuis de nombreuses années sur la confection des programmes de sciences économiques et sociales et de l’instrumentalisation qui peut en être faite par le pouvoir politique ». L’APSES « dénonce ce grave manquement au principe de neutralité » et demande  » une réécriture des programmes de SES, pour qu’ils intègrent davantage la réalité des débats scientifiques et démocratiques ».

 

Communqiué

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Pas d’amélioration du climat dans les établissements selon l’ASL

« Le nombre de dossiers ne baisse pas. Après la crise de la Covid-19, le nombre de dossiers d’accompagnement juridique et de conseil en 2021  revient à ce que l’on connaissait avant crise. Cela montre clairement qu’il n’y a pas d’amélioration de la situation et que les relations ne s’apaisent pas depuis plus de 5 ans » dans les établissements annonce l’Autonome de solidarité laïque, un organisme qui soutient les enseignants en cas de conflit. « Ce sont toujours les diffamations (cette année à hauteur de 33 %) et les insultes / menaces (30 %) que l’on retrouve toujours au tout premier plan. Ces deux catégories restent les plus importantes, ce qui permet de relever un climat scolaire continuellement défavorable et pesant au quotidien. Les agressions représentent quant à elles 7,5 % des dossiers, une baisse de 0,5 % ». L’ASL relève que la police refuse souvent les plaintes des enseignants. « Comment les personnels peuvent-ils être rassurés lorsque le traitement judiciaire des actes du quotidien semble les minorer ? Bien entendu, les actes de violence extrêmes, les agressions physiques sont bien traitées par la justice mais, même s’ils sont dramatiques, ils restent plus rares. Une action des pouvoirs publics est bel et bien nécessaire pour montrer l’intérêt qu’ils portent aux personnels d’éducation dans l’exercice quotidien de leur métier », déclare l’ASL.

 

Le Baromêtre de l’ASL

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L’OZP fait le bilan des cités éducatives

L’Observatoire des zones prioritaires organise le 8 juin une rencontre sur le bilan des cités éducatives. « Cette rencontre se tiendra en présence d’Annie Tobaty, IGEN honoraire, et de Richard Merra, élu de Gennevilliers et vice président du réseau des villes éducatrices. Trois années après leur mise en place, où en sont aujourd’hui les Cités Éducatives et qu’elles en sont les perspectives pour les prochaines années ? Deux experts, membres du Comité National d’Orientation et d’Evaluation (Cnoé), témoigneront à cette occasion ».

 

Le programme

Un rapport souligne les problèmes de pilotage

Une réforme de droite pour Marc Bablet

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Benoît Teste :  » On ne va pas se laisser conter par la stratégie actuelle qui vise à désamorcer le vote enseignant »

La personnalité de Pap Ndiaye va t-elle changer les relations entre le ministre et les personnels ? Secrétaire général du premier syndicat de l’Education, Benoît Teste manifeste son admiration pour la personne de Pap Ndiaye et sa volonté de reprendre un dialogue cassé par JM Blanquer. Pour autant il rappelle que les législatives peuvent changer le ministre et que la nomination de Pap Ndiaye est avant tout une manoeuvre politique.

La nomination de Pap Ndiaye a t-elle été une surprise pour vous ? Comment expliquez vous ce choix ?

Cela a été une grande surprise. D’autres noms de personnes proches d’E Macron ont circulé. Sa nomination est un symbole très fort d’une sorte d’anti blanquérisme sur les questions de la lutte contre les discriminations et le racisme. Par contre on ne connait pas avec quels projets il arrive au ministère. Il n’a pas pour l’instant développé ce qu’il souhaite faire.

Mais on peut penser qu’il vient appliquer la politique voulue par E Macron, que nous jugeons négativement. Comme par exemple lier la revalorisation à des contreparties. Nous sommes dans l’attente de savoir ce que sa nomination signifie et s’il y a réorientation de la politique éducative.

On lisait Pap Ndiaye comme historien. Nous étions en lien avec lui intellectuellement. C’est une personnalité qui compte, particulièrement intéressante par sa grande intelligence et sa grande finesse sur des questions comme les discriminations. Sur ces questions c’est une sorte d’anti Blanquer. Le précédent ministre hystérisait le débat. Au contraire, Pap Ndiaye manie ces questions avec finesse et intelligence.

Pap Ndiaye a marqué , dès son premier discours, son choix du dialogue. Etes vous prêt ?

On est prêt. On va poser nos sujets. Mais on l’aurait aussi été avec le ministre précédent. On attend une plus grande ouverture au dialogue et une capacité à mener des débats sans hystérisation. On souhaite un dialogue plus franc et plus serein. Mais il ne faut pas cacher que le projet présidentiel pour l’Ecole remet en cause de nombreux points sur le statut des personnels. On attendra donc de voir le contenu de ce dialogue.

Il faut le rappeler : on est dans une période particulière, à 3 semaines des législatives. On espère dialoguer avec Pap Ndiaye. Mais il y a aussi une élection qui doit déterminer la majorité parlementaire et donc l’orientation du gouvernement.

Quels sujets sont prioritaires ?

La revalorisation. On voit l’éducation prendre l’eau avec une crise du recrutement sans précédent. On craint beaucoup pour la rentrée prochaine. C’est le moment d’échanger sur les urgences : prendre en compte immédiatement les listes complémentaires, maintenir en emploi les contractuels par exemple.

Vous allez demander des mesures d’apaisement pour les poursuites lancées par le ministre précédent ?

Bien sur. Vouloir tout controler, désigner comme wokistes des enseignants qui usent seulement de leur liberté pédagogique, c’était structurel dans la politique de JM Blanquer. On attend du nouveau ministre qu’il envoie des signaux là dessus. Il ne s’agit pas de tout remettre en cause mais de montrer que le calme revient dans certains cas emblématiques. On attend ce calme dans les questions de discrimination. Ce qui s’est passé à Saint-Denis (la mutation forcée de 6 enseignants de l’école Pasteur NDLR) c’est typiquement de l’hystérisation. On a monté en épingle une situation d’autonomie pédagogique qui se faisait dans le respect des textes avec une volonté de reprise en main. On a fait de ces enseignants de dangereux gauchistes en donnant raison à l’extrême droite. On attend de Pap Ndiaye qu’il prenne des décisions là dessus. Il y aussi le cas des CPE déplacés à Nantes.

Un mot sur les 5 années de JM Blanquer ?

Ouf ! Cette période a été douloureuse. Une période d’autoritarisme, de difficulté à dialoguer dans un ministère qui a besoin de calme et de sérénité. Il peut y avoir désaccord entre nous et le ministre. Mais JM Blanquer ajoutait une façon de mépriser ses interlocuteurs dès lors qu’ils ne pensaient pas comme lui qui a envenimé les choses. Le gouvernement actuel ne doit pas penser que la page est tournée. JM Blanquer a été soutenu y compris dans sa volonté de cliver sur les questions d’identité et de racisme car à un moment cela a correspondu à la volonté d’E Macron de fracturer la gauche. On ne va pas se laisser conter par la stratégie actuelle qui vise à désamorcer le vote enseignant. Il y a une forme de cynisme là dedans.

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Pap Ndiaye salué par ses collègues

Alors que l’extrême droite attaque violemment le nouveau ministre de l’Education nationale, ses collègues le saluent.  » Tout au long de sa carrière Pap Ndiaye a témoigné d’une conception profondément citoyenne de sa fonction et d’une idée très élevée du rôle des sciences humaines et sociales dans la compréhension des grands enjeux du monde contemporain », écrivent Laurence Bertrand Dorléac, présidente de la FSNSP et Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po. « Il a toujours mis son savoir et ses idées au service du plus grand nombre, sans sectarisme, dans le strict respect des règles du débat universitaire, celles d’un échange serein d’arguments rationnels, étayés par des faits, où les prises de position s’appuient sur des connaissances, sur une expertise… Celles et ceux qui, dès sa nomination, ont engagé une chasse aux sorcières à son encontre sont emblématiques de cette méconnaissance, trop largement partagée, de l’enseignement supérieur et de la recherche, teintée de mépris pour les sciences humaines et sociales. Les nuances de la pensée, le doute méthodique, les principes de l’enquête, les subtilités de la controverse scientifique, leur sont étranger. Ils nous donnent, par les voies étriquées et tortueuses de la malhonnêteté intellectuelle et de la vacuité argumentative, un bel exemple de la nécessité brûlante d’accorder la plus haute importance à la formation (de l’école primaire jusqu’au doctorat) et à la recherche ».  » Dix de ces 28 ministres de l’Éducation nationale ont été professeurs. Il est remarquable qu’ils sont tous agrégés », rappelle Claude Lelièvre. Pap Ndiaye n’échappe pas à la règle.  » En 2021, il est nommé par le président de la République Emmnanuel Macron à la tête du Palais de la Porte-Dorée qui héberge le Musée national de l’histoire de l’immigration. Selon le sociologue Michel Wievorka, « le chef de l’Etat voulait lancer un signal politique pour contrebalancer les positions des ministres Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal et Gérald Darmanin » (épisodes remarqués des évocation de « la cancel culture » et de « l’islamo-gauchisme »). Un an plus tard, Emmanuel Macron vient de l’installer à la tête d’un ministère très exposé (celui de « l’Education nationale et de la Jeunesse ») pour qu’il succède précisément à Jean-Michel Blanquer avec son passé et son passif. Sans compter la perspective d’être la cheville ouvrière (sinon le maître d’oeuvre) d’une « refondation de l’Ecole » voulue et dûment annoncée par le président de la République nouvellement réélu. Rude tâche… » L’APHG met aussi en garde ce collègue.  » Au-delà du symbole que représente l’arrivée rue de Grenelle de l’un de nos collègues historiens, dix-huit mois après l’assassinat de l’un des nôtres, Samuel Paty, l’APHG souligne l’impérative nécessité d’un dialogue renouvelé entre tous les acteurs éducatifs et notre ministre, fondé sur la confiance et l’intérêt commun d’œuvrer à la réussite des élèves. Les blessures sont profondes et il faudra une attention constante pour les apaiser et les soigner. »

 

APHG

C Lelievre

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A Alès, l’Education nationale aggrave sa crise

Le Café pédagogique l’avait signalé en juin 2021. A Alès, comme dans d’autres départements comme la Gironde, les dédoublements des classes de GS de maternelle ont été utilisés pour créer des postes à profil. Résultat : des enseignants expérimentés et appréciés sont obligés de passer devant une commission et peuvent perdre leur poste s’ils répondent mal à un entretien dont le contenu n’est pas communiqué. C’est ce qui est arrivé à Maxime Tatry, directeur et enseignant depuis 16 ans à l’école Rep+ Louis Leprince – Ringuet d’Alès. En février 2021 il perd son poste en 15 minutes sous prétexte qu’il ne connait pas assez Eduscol. « L’institution réduit à néant 16 ans d’expérience ce qui dévalorise nos compétences professionnelles », écrivent ses collègues qu organisent deux rassemblements de soutien.Un nouvel entretien a lieu à l’été 2021. A la rentrée, devenu directeur d’une autre école, M Tatry reçoit la visite de la police. L’inspectrice a porté plainte contre lui pour harcèlements et outrages. C’est le coup de grâce pour M Tatry. Amère, il décide de quitter définitivement l’enseignement et signe une rupture conventionnelle. La hiérarchie règne enfin. Sur un désert…

 

Dans le Café pédagogique du 15 juin 2021

Dans Objectif Gard

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Le Snuep FSu accuse France Compétences de fragiliser les formations professionnelles

« Comme chaque année depuis 3 ans, France Compétences publie les fiches de description synthétiques des 28 métiers prétendument émergents ou en cours d’évolution. Le label « émergent » autorise une procédure d’enregistrement simplifiée des modalités de certifications », rappelle le Snuep Fsu, syndicat de l’enseignement professionnel. France compétences est un établissement public créé par l aloi Choisir son avenir professionnel pour certifier les diplômes professionnels. « Ces dernières années, les politiques menées en matière de formation professionnelle ont été calamiteuses, que ce soit pour la formation initiale comme pour la formation continue des salarié·es ou des chômeurs et chômeuses. La loi « avenir pro », le développement anarchique de l’apprentissage à coup de dizaines de milliards d’argent public ainsi que la transformation de la voie professionnelle voulue par J.-M. Blanquer ont participé à accroître dangereusement la pénurie de personnels dans certains secteurs d’activité. Cette pénurie ne se résoudra aucunement par des formations réduites à quelques jours ou quelques semaines, pensées dans l’urgence et en développant de nouvelles micro-certifications. Ce problème risque même de s’accélérer si une rupture avec les choix opérés sous le dernier quinquennat n’est pas rapidement amorcée. Les jeunes ont besoin d’une formation professionnelle initiale globale solide et équilibrée entre savoirs généraux et professionnels qui leur permette réellement d’accéder à un métier et qui soit garante d’une insertion sociale et professionnelle durable. Les lycées professionnels sont les mieux à même de répondre à ce besoin », estime le Snuep.

 

Communiqué

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Pap Ndiaye et JM Blanquer : Rupture ou continuité ?

Quand un ministre s’en va il vante son bilan. Quand il arrive il salue les enseignants. Tout cela, JM Blanquer et Pap Ndiaye l’ont fait le 20 mai lors de la cérémonie de passation de pouvoirs. Mais les deux hommes se sont aussi affrontés à fleuret très moucheté sur le thème de la continuité. De leur coté, les syndicats posent dès maintenant leurs exigences en attendant d’entamer un dialogue que le nouveau ministre a promis.

JM Blanquer ne lâche rien

« Oui il y a eu un progrès. Oui les enfants ont progressé en français et en maths ». Ce dernier jour de son long ministère, JM Blanquer continue à répéter des éléments de langage qui ne l’ont pas aidé à garder son poste. Mais l’essentiel de son discours va porter sur ce qui semble le séparer de son successeur. « L’école républicaine c’est la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Et nous avons voulu faire valoir cela avec des initiatives que je sais que vous partagez, avec le conseil des sages de la laïcité, les équipes laïcité… Certains veulent souligner que chaque appartenance serait plus importante que la république. C’est l’inverse », dit JM Blanquer à son successeur, pionnier des Black Studies en France. « Je sais, et nous en avons parlé, il y aura des continuités et même des mesures d’approfondissement sur ces sujets », affirme t-il. JM Blanquer en appelle à S Paty. « Il y a eu un événement dramatique pour cette maison : l’assassinat de S Paty. Il nous oblige à une vigilance sur nos valeurs et cette vigilance vous en êtes maintenant le garant ».

Pap Ndiaye promet le dialogue

Pap Ndiaye anticipe. « J’ai une pensée pour un collègue historien, Samuel Paty, dont l’exemple et la mémoire sont gravés dans nos esprits », dit P Ndiaye en commençant son discours. « Mes premières pensées vont vers le monde des enseignants qui est le mien depuis toujours. Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine dont l’école est le pilier ». Mais Pap Ndiaye ajoute : « Je suis aussi le symbole de la diversité. Je n’en tire nulle fierté mais plutôt le sens des responsabilités ».

Arrive le moment d’annoncer sa politique. P Ndiaye évoque « la consolidation des savoirs fondamentaux, l’égalité des chances , l’adaptation aussi nécessaire de l’école aux bouleversements des économies et des sociétés ». Il termine son discours en promettant que « le dialogue avec toute la communauté éducative sera un principe important ».

Les syndicats manifestent leurs exigences

Justement la communauté éducative n’a pas tardé à faire connaitre ses exigences. « Sa nomination est un symbole de rupture avec Jean-Michel Blanquer à plus d’un titre », affirme le Snes Fsu. « Mais l’Education nationale ne se gouverne pas uniquement à coup de symboles. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron a évoqué de nombreux projets de réformes : pacte pour les enseignants, redéfinition du statut, orientation, avec des propos souvent méprisants ou déconnectés de la réalité. Ces projets ne répondent en rien à l’urgence du moment qui est salariale : après des années de déclassement salarial, les personnels doivent être revalorisés sans contreparties. Si le nouveau ministre de l’Education nationale persiste à vouloir engager des réformes qui ne répondent qu’à des lubies idéologiques sans prendre la mesure de la crise profonde que traverse l’Education nationale, il portera alors, comme son prédécesseur, une lourde responsabilité dans la crise du service public d’Education ». Le Snes demande une réelle revalorisation (« plus aucun professeur, CPE, Psy-EN ne doit être recruté en dessous de 2 000 euros nets »).

Pour le Snuipp Fsu,  » une rupture nette avec les politiques éducatives menées est non seulement nécessaire, mais aussi urgente. Pourtant, le programme du président de la République prévoit de poursuivre le resserrement sur « les fondamentaux » qui réduit l’ambition scolaire, d’amplifier la mise au pas des enseignant·es comme dernièrement avec la mutation d’office de six enseignant·es de l’école Pasteur en Seine Saint Denis, de généraliser “l’expérimentation marseillaise” créant ainsi des inégalités territoriales pour les écoles, d’instaurer un salaire prétendument au “mérite” et de mettre en concurrence les personnels comme les écoles… Ces mesures augmenteraient le caractère inégalitaire du système scolaire et conduiraient à une dégradation encore plus forte des conditions d’exercice du métier ». « Il faudra prendre des décisions rapides en matière de revalorisation salariale : dégeler le point d’indice et rattraper des années de déclassement salarial », dit encore le Snuipp. « Sur le plan des conditions de travail, des moyens doivent être débloqués pour alléger les effectifs partout afin de faire réussir tous les élèves ».

Pour le Sgen Cfdt « sortir du sous-investissement dans la reconnaissance des personnels implique pour le Sgen- CFDT une loi de programmation pluriannuelle pour revaloriser les rémunérations des agents. Mais cette reconnaissance doit passer aussi par un changement de paradigme en terme de gestion humaine. Il est nécessaire de mieux considérer les agents, reconnaître leur expertise professionnelle, leur reconnaître une autonomie au travail pour construire au plus près des réalités locales les solutions pour mieux faire réussir tous les élèves ».

Pour le Se Unsa,  » La priorité, c’est la nécessité de travailler à la réconciliation des personnels avec leur institution. Pour le SE-Unsa, il faut une rupture nette avec la méthode politique de la rue de Grenelle de ces cinq dernières années. Les personnels ne veulent plus subir, ni vivre au rythme d’incessantes annonces médiatiques qui nient la réalité, simplifient la complexité de leurs missions et placent les professionnels qu’ils sont dans un insupportable porte-à-faux ». Le Se Unsa pointe encore deux priorités :  » Le premier défi, c’est la crise de l’attractivité. Après des difficultés plus importantes que d’habitude en septembre 2021, la rituelle rentrée « techniquement » réussie » est sérieusement menacée pour septembre 2022… Le second défi, c’est la réussite de l’école inclusive. Il n’est plus possible de laisser les professionnels seuls, entre culpabilité et épuisement, et des élèves et des classes en panne, voire en souffrance ».

Pour Sud, « la nomination de Pap Ndiaye est un désaveu des aspects les plus réactionnaires et nauséabonds de la politique menée par Jean-Michel Blanquer. Néanmoins le programme de Macron en matière d’éducation continue de laisser craindre le pire avec la casse du lycée professionnel,  l’accroissement de l’autonomie des établissements et la remise en cause des obligations réglementaires de service… Le nouveau ministre doit prendre ses responsabilités et envoyer un signal d’apaisement aux personnels en mettant fin sans délai à la répression qui s’abat sur les enseignant·es de l’école Pasteur de Saint-Denis ainsi que sur les 2 CPE du collège Victor Hugo de Nantes. Enfin, l’abrogation des contre-réformes Blanquer (réformes des lycées et du bac, Parcours sup’ et loi Rilhac) doit être une priorité du nouveau ministre ».

Dans l’enseignement professionnel, une priorité pour E Macron, le Snuep Fsu va a contre courant de la politique présidentielle. « Les lycées professionnels, fortement fragilisés par la Transformation imposée par J.-M. Blanquer, doivent bénéficier d’une politique éducative renforcée et volontariste permettant à tout∙es les élèves d’accéder à un diplôme dans des conditions d’études satisfaisantes. Pour cela, il est indispensable de rompre immédiatement avec la volonté d’imposer l’apprentissage dans les classes, d’abroger la Transformation de la voie professionnelle et donc de supprimer les familles de métiers et les gadgets pédagogiques (chefs-d’œuvre, co-intervention et accompagnement imposés). Il faut en finir avec le dogme libéral des compétences et renforcer les diplômes en les certifiant par des épreuves ponctuelles terminales ».

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Pap Ndiaye ministre de l’Education nationale

C’est une nomination surprise, un tournant et pourtant une continuité. La nomination de Pap Ndiaye à l’éducation nationale et à la jeunesse est une surprise. Il ne figurait pas dans les noms qui revenaient pour ce ministère et ce n’est pas un politique. Un tournant car il va rompre avec le populisme anti wokisme agité par JM Blanquer. Une continuité car il aura à appliquer la politique décidée par E Macron, c’est à dire continuer ce qui avait été dessiné dès 2017.

Grimace rue de Grenelle

Nouvelle grimace rue de Grenelle. On se souvient de celle de N Vallaud Belkacem en 2017 à l’annonce du nom de JM BLanquer. Aujourd’hui c’est JM Blanquer qui doit faire la grimace. La nomination de Pap Ndiaye est une gifle pour l’ancien ministre de l’éducation nationale.

Le départ du ministre qui est resté le plus longtemps au ministère a des raisons de grimacer. Les 5 années du ministère Blanquer se traduisent par un rejet inédit de la politique ministérielle. Toutes les enquêtes le disent qu’il s’agisse du Baromètre Unsa ou des enquêtes menées par la FSU. Selon le baromètre Unsa, la confiance est morte entre le ministre et ses personnels depuis 2018. En 2021 il compte seulement 8% de soutiens chez les professeurs des écoles et 6% chez les enseignants du 2d degré. Cela touche aussi les cadres. Un inspecteur (IPR ou IEN) ou personnel de direction sur quatre seulement partage les vues de JM Blanquer. Les résultats promis, malgré la communication ministérielle active jusqu’au bout, ne sont pas au rendez vous. JM Blanquer avait promis un vrai bond au début de l’école primaire grâce à plus de 10 000 postes. En fait l’évolution est faible. Pire, les résultats des élèves socialement défavorisés des classes dédoublées ne sont pas meilleurs que ceux des élèves défavorisés des classes non dédoublées. On ne saurait mieux attester de l’impasse pédagogique dans laquelle le ministre s’est mis.

Un intellectuel à l’Education nationale

Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’éducation nationale, est un historien spécialiste de la question noire. Il est même un pionnier des Black Studies en France, ces études sociologiques que JM Blanquer a décriées et poursuivies d’une haine tenace. Il siège par exemple au conseil scientifique du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). La campagne anti wokisme, la répression qui touche élèves à ce sujet et personnels vont probablement cesser. On va assister à des acrobaties dans les discours des cadres de l’Education nationale. Pour de nombreux cadres, comme le Dasen de Seine Saint Denis mis en cause récemment par Mediapart, ce n’est pas une bonne nouvelle.

En nommant un intellectuel rue de Grenelle, une personnalité qui affiche des valeurs partagées par les enseignants, Emmanuel Macron cherche une certaine réconciliation avec les enseignants. Nul doute que cette nomination sera bien accueillie. Nul doute aussi que les attentes des enseignants soient grandes qu’il s’agisse du dialogue dans l’institution mais aussi des programmes et surtout de la revalorisation.

Après les deux années et 9 mois du ministère Allègre, il avait fallu tout le talent d’un Jack Lang pour apaiser un héritage lourd à porter. Jack Lang avait été nommé pour renouer avec les enseignants. Il avait le soutien politique pour le faire. A la différence de Jack Lang, le nouveau ministre d’E Macron devra, lui, porter la continuité d’une politique lancée par JM Blanquer. Et le président n’a pas marqué dans son discours du 17 mars une considération particulière pour les enseignants.

Une politique fixée par E Macron

Mais le nouveau ministre, même s’il est beaucoup plus ouvert, aura à mener la politique annoncée par E Macron. « Nous sommes à un moment de bascule où nous pouvons changer les choses », a dit E Macron le 17 mars. Sur le fond, c’est la même politique que JM Blanquer (anti wokisme en moins) que Pap Ndiaye aura à appliquer, avec une équipe probablement fléchée par l’Elysée.

E Macron a  fixé comme objectif à son second quinquennat d’aller au bout des réformes menées depuis 2017. Redonnons en les grandes lignes.

Commençons par les enseignants. « On va augmenter leur rémunération mais avec de nouvelles missions » , a dit le président. Ces nouvelles missions sont énumérées. « On propose un pacte aux enseignants : on vous demande de nouvelles missions qu’on est prêts à mieux payer comme le remplacement des profs absents, ça doit être une obligation, le suivi individualisé des élèves, l’accompagnement sur le temps périscolaire. Pour les enseignants en place je propose un nouveau contrat. On augmente leur rémunération s’ils sont prêts à changer leur organisation. Toutes les nouvelles embauches sont sur la base de ces nouveaux contrats », explique E Macron. « On va payer mieux ceux qui sont prêts à faire plus d’efforts.. J’assume plusieurs systèmes de rémunération car ils (les enseignants) ne font pas tous la même chose. Vous avez des enseignants qui pendant le covid se sont occupés de leurs élèves et des enseignants qui ont disparu ».  C’est la paye au mérite que Pap Ndiaye aura à mettre en place. Il aura un budget pour cela : 6 milliards supplémentaires pour l’éducation.

E Macron veut donner de nouveaux pouvoirs aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement , dans la logique de la loi de transformation de la fonction publique. « Je veux que les directeurs aient la possibilité de récuser des profils et participent à la décision », a dit E Macron le 17 mars. « Il ajoute : « Cela permettra de luter contre l’absentéisme. Si un directeur veut porter un projet pédagogique, il est légitime qu’il ait une équipe qui adhère à ce projet. Donc je veux lui donner plus de liberté ». Il souhaite aussi une profonde réforme de l’enseignement professionnel en doublant les périodes de stage, c’est à dire en diminuant d’autant les enseignements.

Voilà la route tracée à Pap Ndiaye. Les enseignants seront soulagés de voir partir JM Blanquer. Ils seront flattés de voir un grand intellectuel et un homme qui défend des valeurs démocratiques nommé rue de Grenelle. Ils doivent aussi se préparer aux réformes à venir.

 

Paye au mérite : histoire d’une obsession

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