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Retraites : l’avenir des enseignants en débat à l’Assemblée

Après l’échec de la commission chargée de préparer le texte sur la réforme des retraites présenté à l’Assemblée, c’est le texte initial du gouvernement qui est intégralement mis en débat depuis le 17 février. Or, dès l’article 1, la loi bute sur la retraite des enseignants. Dès le début du texte, la loi mentionne la fameuse loi de programmation dont on sait qu’elle n’est pas constitutionnelle. Le gouvernement doit trouver une solution et par suite éclairer sur ses intentions envers la revalorisation des enseignants. A moins qu’il ne préfère entretenir le flou qui dure depuis 4 mois…

Bricolage

Les alinéas 14 et 15 de l’article 1er de la loi sur les retraites mentionnent un engagement gouvernemental pour la revalorisation des enseignants.  » Le Gouvernement s’est engagé à ce que la mise en place du système universel s’accompagne d’une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants et chercheurs que pour des corps équivalents de même catégorie de la fonction publique. Cette revalorisation sera également applicable, conformément à l’article L. 914-1 du code de l’éducation, aux maîtres contractuels de l’enseignement privé sous contrat. Cet engagement sera rempli dans le cadre d’une loi de programmation dans le domaine de l’éducation nationale et d’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche ».

Or l’avis du Conseil d’Etat sur ce projet de loi estime que cette disposition est anticonstitutionnelle, une loi ne pouvant contraindre le gouvernement à déposer une loi de programmation. C’est , selon la formule d’un député PC, M Dharréville, le 17 octobre , un « sidérant bricolage, flagrant délit d’impréparation ! »

Malgré cet avis, le gouvernement a laissé cette mention inchangée dans le projet de loi. Cette décision a été très critiquée car elle ouvre la porte à un retrait de cet engagement dès que la loi passera devant le conseil constitutionnel. Le gouvernement est accusé à la fois d’incompétence, de précipitation et de dissimulation.  Cet engagement ferme mais qui n’a aucun avenir donne à penser que le gouvernement ne souhaite pas réellement revaloriser les enseignants.

Comment sortir du problème ?

Comment rattraper cette situation ? Parmi les 40 000 amendements déposés sur le projet de loi, plusieurs dizaines concernent les enseignants et proposent des solutions.

Le rapporteur de la loi devant la Commission qui a examiné le texte, M. Gouffier-Cha (LREM) propose de supprimer les deux alinéas (amendement 9998) et d’en remettre le texte dans un article additionnel juste après l’article 1er. Cela permettrait de ne pas faire censurer par le Conseil constitutionnel l’article 1. Après cet article serait ajouté un article précisant :  » La mise en place du système universel de retraite s’accompagne, dans le cadre d’une loi de programmation, de mécanismes permettant de garantir aux personnels enseignants ayant la qualité de fonctionnaire et relevant des titres II, III et VI du livre IX du code de l’éducation une revalorisation de leur rémunération leur assurant le versement d’une retraite d’un montant équivalent à celle perçue par les fonctionnaires appartenant à des corps comparables de la fonction publique de l’État ». (amdt 10000)

La fausse solution Rilhac

Mais les députés de la majorité ont d’autres solutions. Mme Rilhac, que l’on sait si proche du ministre de l’éducation nationale, propose de compléter l’article 1 par cette mention : « La mise en place du système universel de retraite ne devant occasionner aucun préjudice concernant les futures pensions, pour les enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs, le Gouvernement s’engage à mettre en œuvre tous les moyens, financiers ou autres, nécessaires à la réussite de cet engagement ». Pour elle, malgré cette formulation peu précise,  » cet amendement, sans mentionner la référence à une autre loi, engage le gouvernement mais aussi les prochains, à mettre en œuvre tous les moyens budgétaires au maintien du montant des pensions des enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs ». Adopté après la suppression des alinés 14 et 15 , cet amendement offrirait une porte de sortie peu contraignante pour le gouvernement et utile politiquement (amendement 24552).

Plusieurs élus LREM, menés par Mme Wonner, proposent de supprimer simplement la référence à la loi de programmation (amendement 38037) dans l’alinéa 14 et l’alinéa 15 et de préciser que  » Un décret un Conseil d’État détermine les modalités de mise en œuvre du I ». L’amendement a le mérite de la clarté : un décret est un acte du gouvernement qui fait ce qu’il veut. Mais il est politiquement moins séduisant.

M Naegelen et des députés UDI prennent au mot le gouvernement. Ils proposent de retirer les alinéas 14 et 15 et de les remplacer par une mention claire :  » Les personnels enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs ayant la qualité de fonctionnaire et relevant du titre V du livre IX du code de l’éducation bénéficient a minima d’une retraite comparable à celle en vigueur à la date de l’entrée en vigueur du présent projet de loi. Un décret un conseil d’État en détermine les modalités de mise en œuvre ». On aurait ainsi un engagement clair de l’Etat. Cet amendement pourrait mettre en difficulté le gouvernement , du moins s’il est maintenu… (n°9341).

Une coalition droite – gauche pour un rapport

Du coté de l’opposition, la situation du gouvernement qui propose un texte en sachant qu’il est anticonstitutionnel suscite de l’ironie. Ainsi les députés LFI ont déposé de nombreux amendements identiques (par ex. 3394) invitant le gouvernement à « éviter une inconstitutionnalité supplémentaire » en retirant ses alinéas et en maintenant le cadre actuel des retraites. M Jumel , PC, rappelle qu’il y a un moyen de revaloriser les enseignants  « c’est de revaloriser leur point d’indice ce que le gouvernement actuel s’est refusé à faire » (n°26816).

Le groupe PS demande le retrait des alinéas pour inconstitutionnalité (n°24919) et la remise d’un rapport au 30 septembre 2020 précisant le système de garantie du montant de la retraite des enseignants retenu par le gouvernement (n°11179). Cet amendement est repris par des députés d’extrême droite et du groupe Liberté et territoires. Décidément la loi sur les retraites est source de surprises…

La solution retenue par la majorité de l’Assemblée devrait éclairer sur les intentions réelles du gouvernement. Pour maintenir le montant de leur retraite la rémunération des enseignants dans le nouveau système doit être nettement revalorisée. C’est 10 à 12 milliards de masse salariale qui sont à ajouter. Pour le moment le gouvernement n’a vraiment mis sur la table des négociations avec les syndicats que 500 millions en 2021 dont seulement 200 millions de revalorisation. Le reste ne relève pas d’une revalorisation mais de tâches nouvelles rémunérées : formations sur les vacances ou remplacements.

 

Le dossier législatif avec accès aux amendements

Revalorisation : finalement ce sera 200 millions

Revalorisation : le principal engagement n’en est pas un

Le dossier Retraites

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Maths : la réforme du lycée assèche les disciplines scientifiques du supérieur

« Il y a un problème nouveau : celui du vivier ». Dans le BGV 210, le bulletin interne de l’APMEP, Bernard Egger alerte sur le risque que fait porter la réforme du lycée aux filières scientifiques du supérieur : celui de devoir recruter des élèves ayant arrêté les maths en 2de.

Il y a hétérogénéité et hétérogénéité , explique Bernard Egger.  » Ce que la réforme du baccalauréat va apporter, c’est un nouveau type d’hétérogénéité : celle des parcours et donc des connaissances (savoirs et savoir-faire) », écrit-il.  » Dans l’ancien système, 80 % des élèves du bac général avaient suivi des cours de mathématiques. Certes, pour nombre d’entre eux, ce fut une véritable souffrance (aussi bien en S qu’en ES). Néanmoins, chaque formation d’enseignement supérieur qui sélectionnait l’un de ces élèves pouvait espérer ne pas être en terrain vierge : même pour un élève de niveau faible, il y avait eu toujours au moins quelques rencontres avec les maths ».

Or la réforme du lycée casse cela. « Personne ne sait très bien combien d’élèves de première se dirigeront vers la spécialité math en terminale. Les chiffres qui circulent sont alarmants. Ne nous y attachons pas trop pour le moment. Ce qui est certain, c’est que le vivier qui correspondait à la terminale S et à la spécialité math de terminale ES aura fondu ».

Résultat: « beaucoup de formations d’enseignement supérieur sont en train de revoir leurs exigences « à la baisse ». Au début, on parlait de l’obligation de « maths expertes », puis on s’est raisonnablement contenté de la spécialité maths en terminale comme suffisante (mais aussi nécessaire) et, maintenant, on commence à évoquer « maths complémentaires ». On peut même imaginer que, dans certains cas, il faudra se résoudre à recruter simplement des élèves ayant suivi la spécialité en première et abandonné les mathématiques en terminale ».

Selon B Egger toutes les filières du supérieur ne seront pas touchées de la même façon. Les filières les plus prestigieuses continueront à recruter des matheux. Mais les classes préparatoires de province ou les universités vont devoir relever de nouveaux défis.  » À première vue, les universités sont mieux adaptées. Le « oui si » qui existe depuis quelque temps permet de créer un enseignement de rattrapage pour ceux qui en auraient besoin. D’ores et déjà, son efficacité est relative et des élèves trop éloignés des exigences de la formation ne s’en sortent pas vraiment. Mais là encore, l’hétérogénéité des publics va compliquer sérieusement la tâche ».

 

Dans le BGV 210

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Dole : une intersyndicale dénonce la répression sur un enseignant

C’est une large intersyndicale regroupant le Snuep Fsu, le Snes Fsu, la Cgt Education, Sud Education, FO et l’Unsa Education qui interpelle le recteur de Besançon suite aux poursuites engagées contre Noël Bucher suite à une action menée contre les E3C.

 Le 27 janvier 2020, N. Bucher, PLP, a accompagné des élèves de section professionnelle qui perturbaient les épreuves des E3C en faisant du bruit dans les couloirs de leur lycée, le lycée Duhamel. « Ils étaient remontés. Je ne voulais pas les laisser seuls » a dit N Bucher à FRance 3 régions.

N Bucher enseigne depuis 20 ans dans ce lycée et il est aussi connu comme syndiqué Snuep fsu. Convoqué par le proviseur, il est suspendu pour 4 mois avec interdiction d’approcher de son lycée. Une procédure disciplinaire est ouverte.

« Nos organisations refusent que des militants, des responsables syndicaux soient attaqués injustement. Elles considèrent que les mesures iniques prises à l’encontre de N Bcher l’ont été pour faire un exemple et décourager toutes tentatives d’opposition ».

Cette procédure est ouverte alors que JM BLanquer a demandé le 14 février sur BFM des sanctions contre les « activistes » qui bloquent les épreuves du bac. Une pétition de soutien à N Bucher est ouverte. Elle compte plus de 5000 signatures.

 

La pétition

Sur FRance 3

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Martinique : pas d’amélioration

« L’entrevue avec les inspecteurs généraux de l’éducation nationale n’a pas été concluante », explique France TV info Martinique. Depuis décembre, les écoles et établissements secondaires de l’ile sont fermés pour protester contre la réforme des retraites et les suppressions de postes dans l’éducation nationale. Selon l’intersyndicale Cgt, Fsu, Fo et Unsa, la rencontre avec les deux inspecteurs généraux envoyés par le ministre pour mettre fin à la crise n’a pas été concluante. Alors que le ministère parle de « moratoire  » sur les suppressions de postes, les syndicats soulignent qu’aucune réponse chiffrée ne leur est faite sur les postes à la rentrée 2020. Ils n’ont aucune réponse sur les retraites cette question étant hors sujet pour l’inspection générale. Sur les E3C, les syndicats ont rejeté le nouveau calendrier proposé par le recteur. En Guadeloupe, autre région où le ministre a envoyé une mission de l’Inspection générale, la FSU a claqué la porte du comité technique le 13 février.

 

FSU Martinique

FRance TV

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Les médecins de l’éducation acceptent la décentralisation

 » Si le gouvernement persiste dans sa volonté de décentralisation et qu’un transfert vers les départements permet de sauver notre métier et de valoriser notre expertise, nous ne nous y opposerons pas ». Dnas un communiqué du 17 février, le bureau national du Snmsu Unsa, le syndicat Unsa des médecins scolaires, accepte la procédure de décentralisation de la médecine scolaire envisagé par le gouvernement.

« La Cour des comptes envisage de recommander la création d’un service de santé scolaire en académies sous la direction d’un inspecteur, avec une « réflexion sur le partage des rôles et des tâches entre médecins et infirmiers». La Cour des comptes propose la fusion du corps des MEN avec celui des médecins de santé publique dans un corps interministériel, les MEN restant rattachés au ministère chargé de l’éducation nationale. C’est bien cette organisation fonctionnelle que le SNMSU défend depuis de nombreuses années », écrit le Snmsu Unsa.

De son coté l’Unsa Education estime que  » la place des personnels et notamment infirmiers au sein des établissements scolaires et leur travail en réseau sur les écoles sont essentiels » et que « en décentralisant ces personnels de santé, on prend le risque d’une politique départementale qui remette en cause l’approche pluri-professionnelle auprès de tous les élèves ». Mais le syndicat estime aussi qu’il  » faut également travailler à une meilleure articulation avec la politique de santé publique en lien et en partenariat avec les autres acteurs de proximité ».

Ces prises de position s’opposent à celles du syndicat Fsu des infirmières. Elles soulignent que la question des bilans de santé est instrumentalisée pour décentraliser la médecine scolaire. « Notre rôle ce n’est pas le dépistage », nous avait dit Saphia Guereschi, secrétaire générale du Snics Fsu, le 10 février. « C’est d’accueillir les enfants dans les établissements. On reçoit les élèves. On les écoute on essaie de trouver la raison de leur sortie de classe », nous dit-elle. « Ainsi on participe à l’amélioration du climat scolaire ». Les 7600 infirmières revendiquent ainsi 18 millions de consultation chaque année, un nombre qui va croissant. Pour elles, le projet gouvernemental ramène la santé scolaire à avant 1982. A l’époque le service de santé scolaire avait été réformé pour répondre à ses insuffisances et notamment la montée des besoins des jeunes. Les infirmières craignent qu’avec leur transfert aux départements elles quittent les établissements pour accompagner les médecins scolaires et les médecins des PMI dans les bilans de santé obligatoire au détriment de leur role éducatif.

 

Unsa Education

Le gouvernement envisage de décentraliser la médecine scolaire

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Le pudding à l’arsenic version Blanquer

Excellente parodie !

https://www.facebook.com/sudeducation34/videos/1830705750397443/

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Retraites : écrire aux députés

Le 17 février, les projets de loi ordinaire et organique instituant un système universel de retraite entrent en débat à l’Assemblée nationale.
La mobilisation se poursuit sous diverses formes. Avant la grève et les manifestations du 20 février, nous vous proposons de vous adresser à votre député. Les modalités, très simples, sont précisées sur le site du SNEP-FSU.

Proposition de texte pour votre député, à adapter :

Madame, monsieur la/le député,
Depuis près de 3 mois, un mouvement social lutte pour le maintien et l’amélioration de notre système de retraite dont les principes actuels reposent sur le programme du Conseil National de la Résistance. L’ampleur et la durée de ce mouvement montrent l’attachement des citoyens à un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle et qui permet d’échapper à l’incertitude d’un système à points qui ne ferait que des perdants.
Même si des réformes depuis 1993 ont dégradé les pensions et allongé la période d’activité requise, le maintien d’une référence à un taux de remplacement permet de conserver l’essentiel de ce système de répartition solidaire. Des réformes sont possibles et nécessaires pour réduire les inégalités (femmes/hommes, carrières hachées, pénibilité…) et assurer la pérennité de son financement. Le projet actuellement présenté va dans un sens totalement opposé.
En toute conscience et quel que soit votre positionnement politique, je vous demande de ne pas vous associer à un projet de loi qui détruirait encore un peu plus notre système de protection sociale.
Soyez assuré(e), Madame, Monsieur la/le député de mon attachement à la République et à ses idéaux.

Bonne suite des vacances ou bonne dernière ligne droite avant une pause bien méritée !
Bien cordialement,

Frédérique Rolet, secrétaire générale
Valérie Sipahimalani, Xavier Marand, Sophie Vénétitay, secrétaires généraux adjoints

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Les E3C de monsieur Blanquer : Confusion, Chaos, Colère, ou l’école de la défiance – SLU ! 7 février 2020

vendredi 7 février 2020, par PCS (Puissante Cellule Site !)

En solidarité avec les lycéennes, les lycéens et tous les collègues du secondaire qui se mobilisent contre les réformes Blanquer.

Douze cars de CRS tous gyrophares allumés à l’aube devant le lycée Basch de Rennes, contrôle des lycéens à l’entrée dans le lycée, intervention policière « musclée » (comme on dit pudiquement) à Rennes, à Nantes, à Libourne, à Paris… Est-ce un nouveau mai 68 ? Non, ce sont les « Épreuves communes de contrôle continu », dites E3C de Jean-Michel Blanquer.

La présentation il y a plus d’un an des réformes voulues par le Ministre de l’Education Nationale a soulevé d’emblée bien des inquiétudes : différences de traitement des lycéens et lycéennes face à l’examen, inégalités entre les territoires, installation d’une sorte de bachotage permanent pendant dix-huit mois, lié aux modalités mal pensées d’un faux contrôle continu envahissant. C’est peu de dire que ces problèmes et ces risques maintes fois exposés n’ont trouvé ni écoute ni embryon de réponse au ministère de l’Education Nationale.

Tout se passe comme on pouvait le craindre : les programmes de 1ère qui ne suivent plus ceux de seconde conduisent à une sorte de course infinie pour « rattraper » ce qui n’a pas été fait parce que non prévu, les conseils de classe ne réunissent plus tous les enseignants et toutes les enseignantes d’une classe puisque l’éclatement des spécialités et des options conduit les enseignants à accueillir le plus souvent des élèves de classes différentes (d’où par exemple la distribution des élèves d’une classe entre 4 ou 5 professeurs de la même matière selon les particularités de leur parcours). Surtout, l’évaluation permanente est désormais le principe organisateur de ces années de lycée pourtant si cruciales pour la formation des jeunes gens : en lieu et place de la réflexion critique fondé sur l’échange entre l’enseignant et ses élèves, l’enchainement infernal des épreuves conduit les enseignants à faire le programme au pas de charge et les adolescents sont forcés à un apprentissage mécanique. Ils sont nombreux à raconter la situation d’anxiété perpétuelle dans laquelle ils sont plongés.

Tout cela a été annoncé et dénoncé. Tout cela est arrivé.

Mais le pire était encore à venir.

En effet, l’administration de l’Éducation Nationale de haut en bas – de son ministre, aux recteurs, aux inspecteurs et jusqu’aux proviseurs – s’est lancée dans une défense et illustration du bien-fondé de la réforme en cours au mépris de la réalité de ce qui se passe dans les établissements. Confusion, précipitation et opacité règnent en maîtresses dans l’organisation des premières épreuves de la réforme du Bac, les fameux E3C. Rien n’est respecté : ni le cadre chronologique des épreuves qui devrait être commun alors qu’elles sont étalées sur trois semaines —voire plus désormais puisque de nombreuses épreuves ont été reportées sine die, ni la gestion rationnelle des banques de sujet (certains sujets n’ont pas été retirés desdites banques et ont donc été redonnés quelques jours plus tard ailleurs, après avoir circulé sur internet !), ni l’identification d’un protocole commun pour le choix des sujets ou les corrections des épreuves, ni la logistique de ce qui est censé être une épreuve d’examen national : horaires fantasques, espaces impropres à un examen, absence de banalisation de la semaine concernée sont courants, à quoi s’ajoute le scannage extrêmement chronophage de copies en partie inutilisables.

Face aux réactions de défiance ou de refus devant les E3C, réactions prévisibles et légitimes, chez de nombreux lycéens et lycéennes comme chez un grand nombre d’enseignant.e.s, la réponse apportée s’avère d’une dureté et parfois d’une violence inouïes, au sens strict du terme, parfaitement étrangères aux coutumes de gestion des conflits dans le second degré. Certains chefs d’établissement, après avoir interdit l’expression libre des lycéens et lycéennes au sein des établissements, ont appelé la police pour rompre des blocus conduits par des adolescents ; des lycéens mineurs ont été placés en garde en vue jusqu’à 35 heures sans justification, sans que leurs parents en soient prévenus ; certains ont été malmenés ; d’autres, après avoir été identifiés comme des « meneurs », ont été emmenés en minibus pour comparution au rectorat sans être accompagnés par des professeurs ou des parents d’élèves ; à l’occasion, ceux qu’on accuse du blocus n’ont pas le droit de repasser les épreuves et se retrouvent avec une note de 0/20 illégale (que les universitaires devront « oublier » au moment des évaluations sur ParcourSup) ; d’autres encore sont cadenassés dans leurs salles pour composer, alarme incendie désactivée, ou filtrés par les CRS à Rennes (les informations qui remontent des réseaux sociaux sont à cet égard concordantes et très alarmantes) ; des enseignant.e.s sont menacé.e.s de rétorsions ; d’absurdes rappels à un devoir de neutralité ou de « réserve » ont été adressés à des collègues du secondaire.

Quel autre mot que « répression », que beaucoup d’entre nous auraient trouvé naguère excessif, pour nommer ce qui se passe autour de la mise en place des réformes de M. Blanquer ?

Dans ces circonstances, la tribune des « 50 chefs d’établissement parisiens », publiée récemment dans un grand quotidien du soir, est une véritable provocation : rassemblés pour se plaindre des blocus de lycées et en appeler à des interventions plus fréquentes des forces de l’ordre en feignant de se soucier de la « fragilité » de certains de leurs élèves, et sans faire la moindre allusion aux raisons de la protestation ni même à ce que les réformes en cours font et feront subir justement aux plus fragiles, ces irresponsables, confits dans l’obéissance à leurs « supérieurs », manifestent la même propension à la surdité, à la morgue et à l’aveuglement qui règne actuellement au sommet de l’État.

Cette situation nous concerne tous, de la maternelle à l’Université : ce qui est mis en jeu dans cette répression, ce sont les libertés propres à l’exercice de nos métiers, quel que soit l’âge de ceux et celles à qui nous transmettons des connaissances et des savoirs, c’est la nature même d’un service public de l’enseignement (et de la recherche) qui suppose à la fois d’articuler des droits et des devoirs, de réaffirmer constamment le rôle social de notre travail et de nourrir la tension éthique qui l’anime et le justifie. La solidarité avec nos collègues du secondaire relève de la défense partagée de ce qui nous est commun.

Sauvons l’université !
7 février 2020

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Répression

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Blanquer veut « accentuer » la « dimension de mérite » dans leur rémunération AFP

La revalorisation salariale promise aux enseignants en contrepartie de la réforme des retraites se fera-t-elle en partie au « mérite » ? C’est l’idée avancée par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, vendredi 14 février sur RMC et BFMTV. De quoi tendre un peu plus les discussions déjà compliquées avec les syndicats.

« Il y a une dimension commune à tous qui va faire qu’il y a une augmentation pour tous, car il faut monter le niveau général des rémunérations. Et bien entendu, il y a une dimension de mérite, ça existe déjà en partie, et on va probablement l’accentuer », a déclaré Jean-Michel Blanquer.

« Est-ce travailler plus pour gagner plus ? En vérité, c’est plus compliqué que ça. C’est mieux que ça », a-t-il estimé. « C’est plutôt comment on donne des horizons aux acteurs de l’éducation nationale, c’est un jeu gagnant-gagnant ».

La rémunération des enseignants s’est imposée dans le débat sur la réforme des retraites, car ceux-ci seraient désavantagés par le nouveau mode de calcul des pensions qui prend en compte les primes, rares dans l’Education nationale. Le gouvernement s’est engagé à revaloriser les salaires pour compenser cet écueil. Des discussions avec les syndicats ont démarré mi-janvier, et doivent déboucher sur une loi avant l’été. La prochaine session est prévue le 24 février.

« Le mot ‘mérite’ n’avait jusqu’ici pas été prononcé »

Le ministère a déjà présenté aux syndicats quatre scénarios possibles pour la première étape de revalorisation des salaires, en 2021. Une partie de l’enveloppe serait consacrée à d’autres leviers d’augmentation, comme le financement d’heures supplémentaires sur des absences de courte durée ou encore l’indemnisation des enseignants qui acceptent de suivre des formations pendant les vacances scolaires. Un affront pour les syndicats, qui rejettent l’idée de contreparties en échange de ces revalorisations.

Vendredi, plusieurs d’entre eux ont vivement réagi à la déclaration de Jean-Michel Blanquer. « Le mot ‘mérite’ n’avait jusqu’ici pas été prononcé lors des discussions et là on ne sait pas ce qui est mis derrière », a alerté Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CDFT, rejetant l’argument du ministre : « Nous ne sommes plus dans la revalorisation mais clairement dans le ‘travailler plus pour gagner plus' ».

Cette « revalorisation sous contreparties » va forcément amener « une défiance record des enseignants envers le gouvernement » alors que « la profession est dans un état de tension forte », a commenté de son côté Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa.

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Mobilisations avant et pendant les vacances d’hiver

Télécharger l’Appel intersyndical 11 02 2020

Les vacances arrivent à grands pas pour la 2e zone mais la mobilisation est toujours bien présente et s’exprimera pendant les congés.
De nombreux établissements de l’agglomération nantaise ont organisé des rassemblements nocturnes devant les grilles (Collèges Ernest Renan, Le Hérault, Hector Berlioz, Gutenberg, Jean Rostand, Anne de Bretagne, Paul Langevin, Guist’hau, La Durantiere)
Le prochain banquet Blanquer, où nous monterons la garde, se fera devant le collège Guist’hau ce jeudi 13 février à 18h. Vous y êtes tous les bienvenus.

Voici les actions actées par l’intersyndicale départementale pour cette semaine …et après :

Jeudi 13 février
St Nazaire :
à 6h Diffusion de tracts Porte 4 des Chantiers navals
à 8h rassemblement (même lieu)

Vendredi 14 février
Nantes :
à 12h30 rassemblement éducation à l’IA pour dénoncer la répression de la contestation des E3C, les violences faites aux lycéen.es et enseignant.es.
à 14h rassemblement au CHU.

St Nazaire : A partir d’une proposition d’un collectif Culture, en lien avec le collectif de plasticien Arts en grève, actions en soirée à l’occasion de rdvs culturels : Vernissage d’une expo au Grand Café, représentation au Théâtre et concert au VIP.

à 18h30 : Rassemblement au Grand café (place des quat z’horloges) Déambulation jusqu’au Théâtre avec collage d’affiches,
à 19h30 : Rassemblement à l’entrée du théâtre, diffusion de tracts, déambulation jusqu’au VIP (Base Sous-marine)
à partir de 20h moment culturel et convivial sous la base-sous-marine (Alvéole 14)
(On prévoit de projeter sur les murs différentes vidéos, photos d’actions menées aux quatre coins de la France, conférence gesticulée… + temps d’échange et de partage avec bar et certainement repas…

Lundi 17 février
St Nazaire :
à 17h30  AG interpro à la maison des syndicats

Jeudi 20 février Journée nationale d’action interprofessionnelle
Nantes :
à 10h manifestation départ du Miroir d’eau

St Nazaire :
à 10h Manifestation de la Gare à la Mairie puis à l’issue de la manif (13h00) AG Education à la maison des syndicats.

Dimanche 8 mars Journée mondiale de la Femme
Actions à venir

Syndicalement

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SNES-FSU
Section Départementale de Loire Atlantique
8 place de la gare de L’Etat
case postale 8
44276 Nantes cedex 2
02.40.35.96.71
pour échanger entre adhérents du 44 : https://www.facebook.com/groups/128586234141781/

La force du SNES repose sur ses adhérents. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer, c’est ici:
http://www.nantes.snes.edu/index.php/adhesion

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DHG : les trois lettres qui vont (elles aussi) échauffer les lycées

Vous aimez le chaos généré par les épreuves du bac ? Une autre crise se profile à l’horizon, tout aussi insoluble et tout autant née des décisions ministérielles : celle des DHG (dotations horaires des établissements). En finançant les dédoublements dans le premier degré par des suppressions de postes dans le second, le ministère génère des situations impossibles dans les établissements. Un nouveau motif de tensions apparait au fur et à mesure que les enseignants découvrent ce qui les attend à la rentrée 2020.

Lycée mort et élèves dans la rue

Comme pour les E3C, il suffit d’ouvrir la presse quotidienne régionale pour constater que les dotations horaires commencent à semer la pagaille dans les établissements épargnés par le conflit du bac. Ainsi le 11 février c’était lycée mort à Ambert (63) comme à Bergerac (24) et pour les mêmes raisons : 4 postes supprimés à Bergerac, 20 heures en moins à Ambert mais qui se cumulent avec les 72h supprimées cette année. A Rodez aussi le lycée perd 4 postes. Aux Sables d’Olonne les lycéens sont dans la rue pour garder des enseignants. A Falaise le lycée est « KO ». Au Mans un lycée perd 196 heures (plus de 10 postes) d’un coup. A Vitry en Artois ou à Toucy ce sont les collèges qui manifestent contre les pertes de moyens.

Pourtant on attend près de 30 000 élèves en plus dans le second degré à la rentrée 2020. Mais, pour pouvoir créer 440 postes dans le 1er degré, le ministre a décidé d’en supprimer autant dans le second. Officiellement ces postes sont compensés par des heures supplémentaires (pour 315) et par 125 postes récupérés sur le dos de Canopé. Mais en fait les prévisions de postes pour 2020 annoncent 820 postes supprimés dans les académies à la rentrée.

On commence à avoir une idée de ce que cela entraine sur le terrain là où les DHG ont été annoncées par les rectorats. C’est notamment le cas dans les académies de Strasbourg et Bordeaux, qui sont un peu en avance sur les autres.

Strasbourg supprime la 2de heure de chorale

Strasbourg perd officiellement 11 postes à la rentrée 2020. Mais, selon Arnaud Sigrist, co secrétaire académique du Snes Fsu, ce sont 1800 heures qui sont retirées à la rentrée soit l’équivalent de 100 postes, dans une académie où le nombre d’élèves est stable. Le syndicat a déjà un tableau complet des suppressions d’heures dans les établissements. Il lesamême cartographiées.

« C’est un carnage », nous dit A Sigrist. « Avec le nouveau mode de calcul des moyens par division, des établissements perdent beaucoup d’heures alors que l’an dernier on avait déjà rogné sur les moyens ».

Par exemple, le lycée Koeberlé de Sélestat perd 142 heures (8 postes) à la rentrée. Ce sont surtout des heures académiques, données pour accompagner des politiques académiques, qui sont retirées. Une situation qui fait réfléchir au moment où on parle de confier les heures Rep à une gestion académique… Dans le petit lycée de Münster, 45 heures disparaissent, autant que l’an dernier. En deux années le lycée perd 20% de ses moyens.

Selon A Sigrist, « les grands perdants seront plutôt les petites structures qui vont devoir assurer 7 spécialités mais avec des règles de calcul par division. Les prélèvements d’heures se font souvent sur les options, non financées dans la réforme du lycée, les dédoublements et les disciplines les moins représentées. Le cas des LV3 par exemple devient critique. Un autre exemple mérite d’être cité :le rectorat supprime la seconde heure de chorale dans les collèges. La communication ministérielle s’efface derrière sa gestion.

Bordeaux vide le rural au profit de la Gironde

L’académie de Bordeaux connait une croissance des effectifs élèves (3000 en plus dans le 2d degré) surtout en Gironde. Elle a déjà un taux d’encadrement inférieur à la moyenne nationale. Le ministère avait créé 50 postes en 2019. Il en annonce 11 pour 2020 auxquels s’ajouterait l’équivalent de 18 postes en heures supplémentaires. Mais pour Jean Pascal Méral, secrétaire général du Snes Fsu de l’académie, il faudrait 230 postes supplémentaires pour faire face à la croissance démographique et maintenir le taux d’encadrement.

Tout le jeu du rectorat va consister à prélever des moyens hors de la Gironde pour les y amener. « Mais dans les petits établissements ruraux souvent il n’y a rien à prélever ou alors il faudrait carrément fermer le collège », nous dit JP Méral. Ainsi, par exemple, le lycée Claveille de Périgueux perd 10 postes. « Il paye deux fois les réformes « , estime JP Méral. »La réforme du lycée a fait diminuer le nombre d’élèves en lycée technologique. Et la gestion des postes amène le rectorat à en prélever en Dordogne pour en amener en Gironde ».

Dans les autres académies, les enseignants commencent seulement à découvrir leur DHG. Si le conflit du bac trouve une solution acceptable, ce qui n’est pas sur, les lycées et collèges pourraient ne pas retrouver leur calme. Là aussi c’est la gestion ministérielle qui est en jeu. Pourtant JM Blanquer connait la vieille règle : on ne peut pas réformer (le lycée) et supprimer des moyens.

 

Carte scolaire 2020

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Saupoudrage, dégradation des conditions d’enseignement : le rapport de l’APLV critique les réformes sur l’enseignement des langues

Deux ministres mais même ministère et même incapacité à réformer ? Près d’un millier d’enseignants ont répondu à la longue enquête de l’APLV sur l’enseignement des langues vivantes après les réformes du collège et du lycée. Le bilan qui en ressort c’est l’échec des deux réformes du collège et du lycée et une dégradation des conditions d’enseignement et du niveau des élèves.

 » La réforme du collège de 2016 semble, malgré l’investissement horaire qu’elle représente, n’avoir amélioré en rien la situation dans les classes, puisque 60,5% des collègues considèrent que le niveau des élèves en fin de 3ème a régressé. La réforme du lycée de 2019 est désastreuse », écrit l’APLV. « La volonté du ministère de tout changer en même temps, les enseignements, les programmes, l’examen, induit une charge de travail considérable pour les professeurs, qui, dans leur immense majorité, déclarent qu’ils ont été insuffisamment, mal ou jamais informés ou formés à la nouvelle organisation du lycée et du baccalauréat (76%), au nouveau cadre de travail en tronc commun (72%) ou en spécialité (79,5%). Les professeurs des langues autres que l’anglais et l’espagnol se trouvent de plus en plus dans des situations précaires, qui leur imposent des services partagés sur plusieurs établissements, des postes instables, le risque de voir leur discipline disparaître, et, pour éviter cela, comme l’indique un professeur d’italien, « la nécessité de surnoter pour garder les élèves ». Les autres professeurs se trouvent face à une situation décrite comme anxiogène, déprimante, démotivante, stressante, et le terme de « burn out » revient dans plusieurs des commentaires des collègues ».

 » On a un peu l’impression que le ministère procède par une série de réponses simples, voire simplistes, à des situations complexes et est dans l’incapacité de prévoir les effets annexes des décisions qu’il prend », écrit l’APLV en en donnant des exemples dans la  réforme des lycées.

L’APV critique notamment le « saupoudrage » des heures de langues au collège.  » La réforme du collège a fait le choix d’un étalement de l’enseignement de LV2 sur trois années, à raison de 2.30 hebdomadaires au lieu de deux années à 3.00. Les professeurs se rendent compte aujourd’hui que, malgré l’augmentation de l’horaire global de cours (7.30 au lieu de 6.00) l’efficacité est équivalente ou moindre, et que cette augmentation ne fait progresser que les meilleurs élèves ».

Au collège comme au lycée, le souci gestionnaire l’a emporté dans l’application des réformes. Il s’agit toujours de remplir les classes et d’imposer des groupes de plus en plus nombreux aux enseignants. L’enquête montre à quel point , au terme de ces réformes, les enseignants de langues s’interrogent sur le sens de leur métier. L’application de l’ETLV en série technologique est emblématique de cette situation. Le rapport est très inquiétant et nécessite des réponses.

 

Le rapport

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Faillite des relations humaines de proximité au sein même du ministère…

L’éducation nationale est-elle devenue France Telecom ? Les enseignants se plaignent souvent du mépris qui les accable. Il n’est pas indifférent de montrer que celui-ci a maintenant cours également à « la centrale », au sein même des services centraux du ministère. Deux documents que le Café pédagogique s’est procuré, le rapport d’audit sur les relations humaines au sein de la Dgesco de décembre 2019 et le compte-rendu de la réunion du CHSCT du 28 juin 2019, en attestent. Souffrance au travail, guerre des chefs, absence d’écoute, dévalorisation des agents sont le quotidien des agents de la rue de Grenelle. Alors que JM Blanquer promet le « bonheur professionnel » au personnel de l’éducation nationale, il est loin de régner à la porte de son bureau. Des indicateurs objectifs mesurent la dégradation de la situation depuis 2017.

Un rapport officiel sur la Dgesco

A l’origine de ce rapport une demande d’expertise des représentants du personnel au CHSCT de l’administration centrale en juin 2019. Elle se traduit par une mission confiée par la secrétaire générale du ministère aux inspectrices santé et sécurité au travail Delphine Demoncheaux Raggiri et Véronique Juban. La lettre leur demande d’étudier les risques psychosociaux après la réorganisation de la Dgesco décidée par JM Blanquer en juillet 2019.

En charge de l’enseignement scolaire, la Dgesco compte 283 agents issus pour partie des corps administratifs, pour partie de personnels propres à l’éducation nationale (enseignants, inspecteurs, personnels de direction). C’est la direction la plus importante de l’administration centrale et son directeur apparait comme le numéro 2 du ministère. C’est aussi une administration que connait bien JM Blanquer puis qu’il l’a dirigée durant deux années entre 2010 et 2012. La réorganisation de 2019 a par exemple supprimé la « sous direction du socle commun » pour la remplacer par une « sous direction des savoirs fondamentaux et des parcours scolaires »…

Pour élaborer leur rapport, les deux inspectrices ont rencontré quelques obstacles : rapports non transmis, données non transmises par exemple sur les demandes de mutation ou le nombre d’arrêts de maladie. Mais elles ont pu mener des entretiens individuels discrets, lancer un questionnaire anonyme, interroger les chefs de service.

Souffrance et mépris au travail

Ce qui ressort de leur rapport ce sont des relations humaines très dégradées au sein même du ministère.  » Lors des entretiens individuels, la mission a pu relever des situations de souffrance, concentrées sur certains bureaux. »

La charge de travail pèse sur les employés.  » « Les agents font part à la mission ; d’horaires extensibles, de pauses repas devant l’ordinateur, de travail le soir, les week-ends et pendant les congés. Les dépassements d’horaires sont banalisés, connus de l’encadrement et les récupérations sont difficiles à obtenir ». D’autant que le travail n’est pas priorisé. Par exemple toutes les demandes des deux cabinets (Blanquer et Attal) passent comme prioritaires en court circuitant la voie hiérarchique. Les questionnaires anonymes montrent à 83% un dépassement des horaires de travail régulier.

La Dgesco est animée par une belle guerre de bureaux avec des chefs interdisant à leurs employés d’échanger avec le bureau voisin.  » Les agents font part à la mission des difficultés à travailler avec les collègues des autres bureaux de la DGESCO (voire interdiction), rivalités entre chefs de bureaux de la centrale, des pratiques managériales inappropriées (« vous êtes payés pour obéir, pas pour penser », « management brutal, infantilisant, pinailleur », « dévalorisant voire humiliant ») », note le rapport. Selon les questionnaires, 80% des agents signalent des injonctions contradictoires et 64% une absence d’écoute des managers.

Dans cette guerre des chefs, « il est signalé à la mission une volonté de faire partir les anciens à l’arrivée d’un nouveau chef de bureau, pour se créer sa propre équipe ».

La réorganisation de la Dgesco et l’arrivée d’un nouveau directeur avaient éveillé des espoirs qui sont déçus. Des employés  » ne voient pas d’amélioration possible et font état de leur désarroi et de leur souffrance ». 80% des personnels ayant répondu au questionnaire anonyme disent être au contact de collègues en souffrance.

Dégradation de la santé des agents

Le rapport évalue sans ambiguïté la dégradation de la situation depuis 2017. Les inspectrices constatent « une augmentation des demandes de visites médicales sur les sujets risques psycho sociaux entre 2016 et 2019 (0 en 2016, 7 en 2017, 17 en 2018 et non renseigné pour 2019). Elles notent aussi une augmentation du nombre de postes vacants entre 2016 et 2019 (10 en 2016, 21 en 2017, 18 en 2018 et 26 sur les neuf premiers mois de 2019).

Dans leurs préconisations, les inspectrices demandent de revoir l’organisation de la charge de travail. Notamment elles souhaitent que soit revue « l’orientation des demandes des cabinets » en leur faisant suivre la voie hiérarchique. Elles demandent aussi que les chefs de service se voient rappeler leurs obligations en matière de prévention des risques psycho sociaux, déjà en remplissant les données légales.

Les révélations du CHSCT

Ce rapport sévère est pourtant en dessous de la réalité décrite dans le compte rendu de la réunion du CHCT du 28 juin, un autre document que nous nous sommes procurés. Ce compte rendu cible précisément des bureaux de la Dgesco (et aussi de la DNE) et certains chefs de bureau, parmi les principaux.  La réorganisation des services du ministère a entrainé des départs forcés mais le compte-rendu montre aussi que des agents sont heureux de partir tant la situation est dégradée.

Une experte CGT du CHSCT rappelle que « les chefs de bureau sont évalués sur ce qu’ils produisent, sur la production qu’ils obtiennent des agents par rapport aux commandes, mais ils ne sont jamais évalués sur les conditions dans lesquelles il l’obtiennent ». A propos des cadres elle note « une absence de considération, de respect, de bienveillance, des  humiliations publiques dans les couloirs ». Par exemple une chef de bureau qui dit à une de ses agentes « ici vous n’êtes rien ». Bonjour l’ambiance !

Si le rapport est moins percutant cela tient sans doute au fait que les personnes arrêtées pour risques psycho sociaux n’ont pas été entendues. Celles qui sont parties ne l’ont pas été non plus. A la différence du compte-rendu, le rapport se garde bien de citer les bureaux et les chefs de service qui sont responsables des risques psycho-sociaux. Rien ne dit qu’ils soient sanctionnés.

Un autre regard sur « la gestion de proximité »

JM Blanquer a fait de l’amélioration de la gestion des ressources humaines à l’éducation nationale un de ses thèmes favoris quand il s’adresse au Parlement ou dans les médias. Il a lancé l’idée d’une gestion « des relations humaines de proximité ». Il n’hésite pas à promettre un mieux-être à ses personnels et même leur « bonheur professionnel ».

Il semble pourtant qu’à la porte de son bureau, dans l’administration qu’il connait le mieux, les réformes qu’il a introduites et le type de gestion qu’il impulse quotidiennement aient considérablement dégradé la vie des agents du ministère.

 

Le rapport

Sur le décret sur la réorganisation de la Dgesco

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Laurent Petraszewski : revoir le contrat social des enseignants (on est mal…)

Invité sur France Inter le 10 février, Laurent Petraszewski, secrétaire d’Etat chargé de la réforme des retraites, était venu rassurer les enseignants. « Le chiffre de 10 milliards est toujours sur la table », dit-il. Mais il annonce « entre 400 et 500 millions « pour 2021, là où JM BLanquer parle de 500 millions. « Et une dynamique à travers une loi de programmation », laquelle semble mal partie. Laurent Petraszewski évoque « la volonté du gouvernement de reconstruire la rémunération et le contrat social entre la nation et les enseignants. La formule reprend les mots élyséens. Tout de suite il évoque « les temps de formation » des enseignants. Sur les 500 millions présentés par JM Blanquer aux syndicats pour 2021 moins de la moitié relèvent de la revalorisation. L’essentiel c’est un grand plan pour imposer aux enseignants des formations sur leur temps de congé à raison de 120€ par jour.

 

Sur FRance Inter

Revalorisation ce sera 200 millions

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Apses : les programmes permettent-ils de comprendre la réforme des retraites ?

« La question des retraites se situe tout en haut de l’agenda médiatique depuis plusieurs mois… Dans un tel contexte, les Sciences économiques et sociales (SES) devraient être en première ligne pour donner aux lycéen.ne.s, génération pleinement concernée par ce futur système de retraites, les clés de compréhension de ce débat public. Or, force est de constater que les contenus des nouveaux programmes, qui entrent en vigueur progressivement dans le cadre de la réforme du lycée, ne le permettent pas », écrit l’Apses, association des professeurs de SES. L’association  » rappelle l’urgence que soit constitué un comité de réécriture des programmes dans lequel les enseignant.e.s du secondaire seraient majoritaires, de manière à faire évoluer ceux-ci vers davantage de pluralisme scientifique, à remédier aux dérives technicistes des programmes actuels, et laisser la place à un traitement problématisé des questions économiques et sociales qui sont essentielles à la formation intellectuelle et citoyenne des lycéen.ne.s. »

 

Communiqué

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APPEL de la Coordination nationale de l’Éducation du samedi 8 février 2020

La réunion de coordination nationale de l’Éducation (1er et 2nd degrés), réunie à Paris ce samedi 8 février 2020, a rassemblé des personnels du 1er et du 2nd degrés en provenance de 18 académies, dont une partie a participé à distance. C’est le maximum d’académies atteint jusqu’à présent, avec pour la première fois une participation de la Martinique !

Vous trouverez ci-joint l’appel issu de la réunion de coordination nationale de l’Éducation du samedi 8 février, à diffuser dans nos AG locales. Les délais d’envoi, plus longs que d’habitude, s’expliquent en particulier par le travail commun et les décisions communes avec la Coordination Lycéenne Nationale, qui s’est tenue à Paris samedi et dimanche.

En plus des nombreuses mobilisations dans les écoles, collèges et lycées pros, en particulier contre la réforme des retraites et les conditions de la rentrée 2020, la lutte contre les E3C du Bac Blanquer s’est poursuivie de manière très intense cette semaine dans les lycées généraux et technologiques.

Sur environ 1600 lycées généraux et technologiques dans le public, ce sont plus de 660 lycées qui ont déjà vu leurs épreuves fortement perturbées, parmi lesquels plus de 210 lycées ont dû annuler ou reporter leurs épreuves.
Avec l’arrivée des vacances par zones, le temps joue cette fois contre le Bac Blanquer : il est désormais possible de bloquer réellement les E3C dans de nombreux lycées !

Enfin, l’irruption massive du mouvement lycéen, la Coordination Lycéenne Nationale de ce week-end, et la montée dans les universités du mouvement de grève à partir du 5 mars (à l’appel de la Coordination nationale des facs et labos en lutte du 1er février), montrent que le mouvement d’ensemble s’est réellement étendu à la jeunesse scolarisée.

Chaque semaine, Blanquer est davantage en difficulté. À chaque déclaration, il met de nouveaux collègues en colère, voire en grève. Face à un gouvernement plus fragilisé que jamais, le mouvement de grève contre ses politiques sociales et éducatives du gouvernement doit se poursuivre : même pendant les vacances par zones, pas de trêve pour Blanquer et le gouvernement !

Salutations fraternelles et militantes.

P.S. : La prochaine réunion de coordination nationale de l’Éducation se tiendra ce samedi 15 février à partir de 10h à la Bourse du Travail centrale de Paris (salle Pelloutier), avec participation possible à distance par téléphone ou Skype.

RETRAITES, BAC BLANQUER, RÉPRESSION, MOYENS :

PAS DE TRÊVE POUR BLANQUER ! 

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE DE L’ÉDUCATION — SAMEDI 8 FÉVRIER

La coordination nationale de l’Éducation (1er et 2nd degrés), réunie à Paris ce samedi 8 février 2020, a rassemblé des personnels du 1er et du 2nd degrés en provenance de 18 académies, dont une partie a participé à distance (comme la Martinique, évidemment) : Aix-Marseille, Amiens, Bordeaux, Caen, Créteil, Dijon, Grenoble, Lille, Martinique, Nancy-Metz, Nantes, Orléans-Tours, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Versailles.

Ce nombre d’académies représentées, encore une fois le plus important atteint jusqu’à présent alors que la zone C entre en vacances, montre que la détermination du monde de l’Éducation à lutter contre les politiques sociales et éducatives du gouvernement est intacte.

Ce fut également l’occasion d’avoir pour la première fois un aperçu de la mobilisation en Martinique, où entre 90 et 95 % des établissements sont fermés depuis plus de 4 semaines et où le mouvement commun contre la réforme des retraites (qui pénaliserait doublement l’outre-mer), contre le Bac Blanquer et pour des moyens pour l’Éducation va se poursuivre la semaine prochaine ! Mais ce fut aussi l’occasion pour des collègues de Martinique de féliciter directement celles et ceux de Marseille pour le blocage du port.

 

CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES :

POURSUIVRE LA MOBILISATION PARTOUT EN FRANCE

Alors que les médias cherchaient à enterrer la mobilisation, les discussions de la Coordination nationale de l’Éducation montrent qu’au contraire, la mobilisation pour le retrait de la réforme des retraites se poursuit. Dans de nombreuses villes (y compris petites), les cortèges de ce jeudi 6 février se maintiennent ou sont plus importants que le mercredi précédent. De nombreuses actions ont lieu en direction de député.e.s, de candidat.e.s aux élections municipales, etc.

Dans l’Éducation, la mobilisation historique des personnels se poursuit contre la réforme des retraites, contre les réformes Blanquer et pour nos conditions de travail. Des rassemblements et manifestations sont organisés devant, voire dans les rectorats, à la fois contre la réforme des retraites et pour les revendications de l’Éducation : moyens à la rentrée, postes, Bac Blanquer…

Dans de nombreuses académies, les rassemblements et blocages lycéens contre le Bac Blanquer ont même permis un nouveau relais dans le mouvement de grève, y compris en inter-degrés et en interprofessionnel là où de solides liens avaient été noués depuis le 5 décembre. En effet, la mobilisation contre le Bac Blanquer est à la fois un objectif et le moyen qui est placé dans les mains de l’Éducation pour continuer la lutte globale contre la réforme des retraites. De nombreux parents et salarié.e.s d’autres secteurs se joignent d’ailleurs aux piquets de grève et aux blocages des lycées, pour soutenir les grévistes de l’Éducation et les lycéen.ne.s mobilisé.e.s. Le slogan « Ni Bac Blanquer, ni retraites de misère » est tout sauf abstrait : c’est l’expression de l’unité de la lutte contre les politiques sociales et éducatives du gouvernement.

Dans d’autres secteurs, la mobilisation se renforce comme dans le nettoiement (notamment à Paris ou Marseille), chez les avocat.e.s, ou dans les universités chez les étudiant.e.s et chez les personnels, comme l’ont souligné les interventions de nombreuses académies. De plus, alors que la RATP a déjà effectué une grève historique en décembre et janvier, l’intersyndicale de la RATP appellent à une « journée morte » de grève dans les transports le 17 février.

Tout cela doit renforcer notre détermination et notre ténacité à lutter pour le retrait de tout projet de retraites par points !

 

BAC BLANQUER : L’INCENDIE NE S’ÉTEINT PAS !

À ce jour, ce sont plus de 660 lycées qui ont déjà vu leurs « E3C » fortement perturbées, sachant que sur les 1600 lycées généraux et technologiques dans le public, tous n’ont pas encore organisé la passation des épreuves de contrôle continu. Parmi eux, plus de 210 lycées ont dû annuler ou reporter leurs épreuves — parfois à après les vacances, et parfois même sine die. Ces chiffres reposent sur nos seuls moyens auto-organisés.

Ce mercredi 5 février, même le SNPDEN-Unsa, le syndicat ultra-majoritaire des proviseurs, a communiqué à la presse que leurs propres remontées donnaient 43 % d’épreuves perturbées à l’échelle national.

En zone C, ces annulations signifient un report à après les vacances de février, alors même que le calendrier des vacances par zones joue cette fois contre Blanquer : que se passera-t-il si des lycées de la dernière zone n’ont pas pu faire passer les E3C avant leurs vacances ?

À la mobilisation de longue haleine des enseignant.e.s s’est ajoutée celle des lycéen.ne.s : ces dernier.e.s ont massivement bloqué leur établissement, ou se sont clairement mis en « grève » en refusant d’entrer ou de composer. La mobilisation lycéenne comme enseignante touche tous types d’établissements, des lycées relevant de l’Éducation Prioritaire jusqu’à ceux de centre-ville, en passant par les lycées ruraux, les lycées polyvalents pro/techno, etc.

D’ores et déjà, Blanquer a été obligé d’annoncer qu’il procéderait à des aménagements sur les E3C, conscient de l’impossibilité de mettre des zéros à des milliers de lycéen.ne.s, de l’indignation soulevée par sa répression et son jusqu’auboutisme, et de la situation explosive créée par une mobilisation lycéenne aussi déterminée face aux menaces.

Les hiérarchies à tous les niveaux, des chefs d’établissements jusqu’au ministre lui-même, pourraient tenter une manœuvre : faire avancer leur programme de libéralisation et de dérégulation du service public d’Éducation, en introduisant le contrôle continu total pour les élèves qui n’auront pas passé les E3C. Toute « sortie de crise » fondée sur le contrôle continu et l’utilisation des moyennes trimestrielles ne serait qu’un marché de dupes et une aggravation des conséquences du Bac Blanquer.

La coordination nationale de l’Éducation revendique plus que jamais l’annulation des épreuves d’E3C encore prévues, et la non-prise en compte pour le Bac des épreuves qui se sont déjà déroulées. Elle revendique la remise en place d’un Bac national, terminal et anonyme, ainsi que l’abrogation des réformes Blanquer et de Parcoursup.

Enfin, ce week-end s’est tenue à Paris une Coordination Lycéenne Nationale, la plus importante depuis de nombreuses années, qui a réuni plus de 110 lycéen.ne.s en provenance de 37 villes dans 15 académies. Des échanges ont eu lieu avec la coordination nationale de l’Éducation et des décisions communes ont été prises (voir fin de l’appel).

 

RÉPRESSION CONTRE LE MOUVEMENT LYCÉEN : NE LAISSONS PAS FAIRE !

Ainsi, la jeunesse a ainsi fait massivement irruption dans le mouvement général, sur des revendications claires et réfléchies. Mais elle s’est également heurtée à une répression administrative et policière féroce et nouvelle dans sa forme, allant des menaces de zéros au Bac au dépôt de plainte de proviseurs contre leurs élèves placés en garde à vue, en passant par le quadrillage par la police d’établissements pour obliger les élèves à composer :

  • Répression du mouvement lycéen par des zéros au Bac Blanquer, comme à La Rochelle où 15 élèves ont eu droit à des zéros… mais sans possibilité de rattrapage contrairement aux autres candidats n’ayant pas composé, sur la simple base de la surveillance par le proviseur de leur activité sur les réseaux sociaux !
  • Répression administrative par les exclusions d’élèves, avec ou sans conseils de discipline
  • Brutalités policières contre des élèves comme dans de très nombreux établissements, où ceux-ci ont été gazés ou matraqués (notamment dans les académies de Rennes ou Bordeaux)
  • Intrusion policières et quadrillage des établissements pour contrôler et trier nos élèves, leur faire baisser la tête et faire passer de force les E3C (comme à Max Linder à Libourne, à Bréquigny et Victor-et-Hélène-Basch à Rennes, à Desfontaines à Melle, ou à Paul Valéry, Gabriel Fauré, Hélène Boucher à Paris)
  • Gardes à vue préventives d’élèves, comme à Gagny (93) ou à Grenoble, où des élèves ont été interpellés à leur domicile à 6h du matin avant des épreuves
  • Généralisation de la garde à vue et du défèrement au parquet (pour des motifs et parfois des issues risibles), comme en région parisienne où on atteint sans doute les 50 élèves en garde à vue depuis le début des E3C (Saint-Maur-des-Fossés, Gagny, Pantin, Ravel à Paris 20ème, Paul Valéry à Paris 12ème, etc.).

Dans un communiqué, des avocates parisiennes dénoncent « un détournement de la garde à vue comme outil de répression du mouvement lycéen ». Un courrier commun de plusieurs avocats va être envoyé « aux procureurs des différents départements car il y a disproportion et beaucoup d’irrégularités dans les gardes à vue ».

  • Chantage et intimidations contre des élèves afin qu’ils ou elles dénoncent les enseignant.e.s mobilisé.e.s comme les ayant manipulé.e.s
  • Répression policière de personnels de l’Éducation, comme à Strasbourg où un AED a passé 48h de garde à vue suite à un blocage lycéen
  • Dépôt de plaintes de proviseurs contre des élèves comme à Chelles (77), ou contre des personnels comme à Montbrison (pour avoir gardé des copies quelques heures) ou Clermont-Ferrand (où des responsables syndicaux sont poursuivis suite à un rassemblement interprofessionnel devant un lycée lors de la première semaine d’E3C)

Blanquer a fait le choix d’aller à l’affrontement contre ses propres personnels et leurs élèves. Il semble désormais donner directement ses ordres aux forces de répression. Une génération entière se heurte à la brutalité de la répression sous toutes ses formes : pédagogique, administrative, policière, judiciaire. Comment croire que cela ne laissera pas de traces, et qu’une jeunesse aussi déterminée rentrera dans le rang, comme semble le croire Blanquer ?

À noter enfin que là où se tiennent des rassemblements devant les lycées les jours de mobilisation lycéenne (notamment les jours des E3C), la présence adulte permet souvent d’empêcher la répression policière — au besoin en débrayant. À ce titre, les rassemblements devant les commissariats en cas de garde à vue sont désormais à nouveau un réflexe chez les personnels.

 

PRÉPARATION DE RENTRÉE CATASTROPHIQUE : NE PAS ATTENDRE POUR LUTTER

Les DHG dans le 2nn degré et les cartes scolaires dans le 1er degré montrent que cette la rentrée 2020 sera une nouvelle fois catastrophique. Les très nombreuses suppressions de postes et fermetures de classe promettent une nouvelle dégradation des conditions de travail pour les personnels et des conditions d’apprentissage pour les élèves. Celles-ci sont la conséquence directe de l’application des réformes Blanquer, notamment des réformes du lycée général et technologique et de la voie professionnelle.

Dans le mouvement de grève en cours pour le retrait de la réforme des retraites, il nous faut nous battre aussi pour nos conditions de travail et les conditions d’apprentissage des élèves. C’est en revendiquant ensemble, en inter-établissements et inter-écoles, que nous pourrons gagner collectivement contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, et pas en laissant les rectorats nous diviser et temporiser jusqu’à la fin de l’année scolaire.

 

« RedÉfinition du mÉtier » : une restructuration dans l’Éducation

Loi Blanquer, loi de transformation de la Fonction publique, décret sur la rupture conventionnelle paru le 31 décembre 2019, embauche de contractuel.le.s sur des besoins permanents, décret permettant d’imposer 5 jours de « formation » sur les vacances scolaires, attaques contre le paritarisme… Blanquer ne s’en cache pas : sa politique vise à une véritable « redéfinition du métier » d’enseignant.e, à travers une remise en cause de toutes nos garanties collectives.

Comme « contrepartie » de la réforme des retraites, qui conduit déjà à une baisse considérable de nos pensions, Blanquer veut en profiter pour remettre en cause le temps de travail hebdomadaire et annuel et les missions des enseignant.e.s, contre la promesse d’une pseudo-revalorisation elle-même retoquée par le Conseil d’État.

Cet avis du Conseil d’État, en plus de fragiliser juridiquement l’ensemble du projet de loi sur les retraites, avait démontré que les promesses de Blanquer de compenser les conséquences de la réforme par une « revalorisation » étaient tout simplement « contraires à la constitution ».

Le rendez-vous de « négociation » des organisations syndicales du 1er et du 2nd degré, ce vendredi 7 février au Ministère, vient de confirmer l’étendue de l’arnaque proposée par Blanquer :

  • une pseudo « revalorisation » des rémunérations des professeurs, CPE et PsyEn (quid des autres personnels ?) sous la forme d’une « prime d’attractivité » en début de carrière, qui pourrait ne concerner qu’une petite minorité des personnels ;
  • une enveloppe globale de revalorisation régulièrement revue à la baisse (passée de 10 milliard d’ici 2037 à 500 millions seulement en 2021, sur lesquels ils ne resterait en fait que 200 millions pour la fameuse « revalorisation »), qui dans aucun des 4 scénarii présentés par le ministère ne permettrait de compenser, ni de près ni de loin, les conséquences de la réforme des retraites sur le montant de nos pensions ;
  • une augmentation de notre charge de travail hebdomadaire et annuelle, alors que celle-ci n’a déjà cessé d’exploser ces dernières années avec les réformes successives à marche forcée : formation pendant les vacances scolaires, remplacement en interne des professeurs absents dans le 2nd degré, etc.

En réalité, les « contreparties » à la revalorisation présentées comme une « redéfinition du métier », constituent bien une nouvelle attaque et une véritable restructuration de notre secteur – comme l’ont connue France Télécom, La Poste et aujourd’hui la SNCF – et qui viendrait s’ajouter dès demain à la réforme des retraites.

 

DÉCISIONS COMMUNES

DE LA COORDINATION NATIONALE DE L’ÉDUCATION

ET DE LA COORDINATION LYCÉENNE NATIONALE

 

Chaque semaine, Blanquer est davantage en difficulté. À chaque déclaration, il met de nouveaux collègues en colère, voire en grève. Avec l’arrivée des vacances par zones, le temps joue contre le Bac Blanquer : il est désormais possible de bloquer les E3C dans des centaines de lycées. Plus que jamais, la mobilisation contre la politique sociale et éducative du gouvernement doit se poursuivre. Face à un gouvernement plus fragilisé que jamais, il est possible de gagner sur nos revendications !

 

La coordination nationale de l’Éducation et la Coordination Lycéenne Nationale (qui a réuni ce week-end à Paris plus de 110 lycéen.ne.s de toute la France en provenance de 37 villes dans 15 académie) appellent :

  • à poursuivre le mouvement de grève interprofessionnelle, notamment en multipliant les rassemblements et piquets de grève contre le Bac Blanquer, avec des grévistes d’autres degrés de l’Éducation, d’autres secteurs, des parents d’élèves, et en se joignant également aux mobilisations de l’enseignement supérieur ;
  • pour la zone C où les vacances scolaires viennent de démarrer : à poursuivre la mobilisation sur son lieu de travail ou de résidence (par la participation aux piquets ou aux blocages d’autres secteurs), ou bien sur son lieu de vacances (en participant aux AG, rassemblements et piquets de grève Éducation et interpro, et aux actions contre le Bac Blanquer).
  • à réaffirmer notre refus total du Bac Blanquer, fondé sur le contrôle continu, le rejet au local et la mise sous pression et en concurrence à tous les niveaux. Toute « sortie de crise » fondée sur le contrôle continu et l’utilisation des moyennes trimestrielles ne serait qu’un jeu de dupes et une aggravation des conséquences du Bac Blanquer. La coordination nationale de l’Éducation et la Coordination Lycéenne Nationale exigent l’annulation de la session d’E3C en cours et la non-prise en compte pour le Bac des épreuves déjà passées. Elles revendiquent la mise en place d’un Bac fondé sur des épreuves nationales, terminales et anonymes.
  • à participer massivement aux grèves et manifestations des vendredi 14 février (aux côtés des hospitaliers), lundi 17 février (ouverture des débats publics sur la réforme des retraites à l’Assemblée Nationale, avec appel à la grève à la RATP), et jeudi 20 février (journée interprofessionnelle de grève et manifestations massives de l’intersyndicale nationale).
  • à réussir la jonction de la maternelle à l’université en se joignant le jeudi 5 mars à la mobilisation des universités, où un mouvement de grève démarre ce jour aussi bien chez les étudiant.e.s que chez les personnels, à l’appel notamment de la première Coordination nationale des facs et labos en lutte (qui a réuni 750 personnes le week-end dernier à Saint-Denis)
  • à participer aux mobilisations du dimanche 8 mars, journée internationale des luttes des femmes, qui seraient les plus touchées par la réforme des retraites ;
  • à maintenir le niveau de mobilisation et à faire monter la pression afin de pouvoir envisager une manifestation à Paris avec montée nationale à une date rapprochée pour renforcer et rythmer le mouvement, notamment en appelant les intersyndicales nationales à y contribuer ;

Toutes ces échéances doivent créer les conditions, si le gouvernement ne cède pas, pour envisager et réussir une véritable « semaine noire », une semaine entière de grève, à partir du lundi 16 mars, après le retour de vacances de toutes les zones.

 

DÉCISIONS DE LA COORDINATION NATIONALE DE L’ÉDUCATION

E3C du Bac Blanquer :

La coordination nationale de l’Éducation appelle, en cas de passation des E3C, à refuser la dématérialisation des copies et à donner du temps aux mobilisations en cours en ne corrigeant aucune copie au moins d’ici les vacances de toutes les zones, le samedi 22 février.

Nous proposons ce mardi 11 février après-midi une réunion de travail organisée par l’AG Éducation IDF (et élargie nationalement via Skype et téléphone) concernant la suite du mouvement contre le Bac Blanquer, notamment sur les corrections des E3C.

 

Répression :

La coordination nationale de l’Éducation appelle :

  • à protéger les lycéen.ne.s en sortant devant les établissements dès qu’ils et elles se mobilisent, au besoin en débrayant, afin de permettre une présence adulte et empêcher les violences policières.
  • à manifester sa solidarité avec les lycéen.ne.s, personnels et militant.e.s interpellé.e.s, en se rendant devant les commissariats et en effectuant toutes les démarches nécessaires

Une nouvelle réunion de coordination nationale de l’Éducation 1er et 2nd degrés se tiendra samedi 15 février à partir de 10h à la Bourse du Travail de Paris (salle Pelloutier).

 

Compte Twitter de la Coordination nationale : https://twitter.com/STOPreformes/

Facebook de la Chaîne des Bahuts et Écoles : https://www.facebook.com/Inter-collectifs-La-Chaîne-des-Bahuts-194521998140665/

Groupe Facebook de discussion : https://www.facebook.com/groups/422548111511799

Compte Twitter Stop Bac Blanquer – Stop E3C : https://twitter.com/ReformeE3C

Compte Facebook Stop Bac Blanquer – Stop E3C : www.facebook.com/stopbacblanquerstopE3C

Formulaire national des résistances aux E3C : https://frama.link/formulaire-resistances-e3c

Carte nationale des résistances aux E3C : https://frama.link/carte-resistances-e3c

Formulaire national des répressions : https://frama.link/formulaire-repressions-e3c

Carte nationale des répressions : https://frama.link/carte-repressions-e3c

Liste de discussion de la Coordination nationale : intercollectifs_onyva@framalistes.org

Caisse de lutte et de grève : http://www.lepotsolidaire.fr/pot/xo7rsjoh

Facebook Touche Pas Ma Zep : https://www.facebook.com/touchepasmazep/

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Revalorisation : finalement ce sera 200 millions

Présentée comme « historique » par JM Blanquer, la revalorisation ne sera finalement qu’un mince ruisseau. C’est ce qui ressort des documents ministériels remis le 7 février aux organisations syndicales. Des 10 milliards promis par le gouvernement, on passe à seulement 500 millions sur le budget 2021. Une seconde réduction s’opère par les choix ministériels. Les scénarios avancés représentent environ 200 millions seulement. Le reste ne sera donné qu’aux enseignants qui accepteront les tâches supplémentaires désignées par le ministre.

De 10 milliards à 14.25€ par mois…

Passer de 10  milliards à 200 millions, il n’y a qu’un alambic ministériel pour arriver à une telle distillation. Au final les enseignants n’auront que le parfum de la revalorisation. Celle-ci va leur échapper alors qu’elle est indispensable au maintien du montant de leur retraite.

Les documents remis le 7 février par le ministère aux organisations syndicales avancent 4 scénarios de revalorisation. Celle-ci prendrait la forme d’une prime d’attractivité. Il n’est pas question de réviser les grilles salariales ou encore d’augmenter le point Fonction publique, solution qui impliquerait tous les fonctionnaires.

Des 10 milliards annoncés pour la loi de programmation il n’est plus question comme on le sait depuis le 13 janvier. Le ministère ne parle plus que des 500 millions qu’il a promis pour le budget 2021, c’est-à-dire pas avant une année.

Le premier scénario prévoit de verser une prime aux échelons 2 à 5 allant de 157 à 64 € nets par mois de façon dégressive de l’échelon 2 au 5ème. Cela toucherait seulement 14% des enseignants. Au-delà de l’échelon 5, il n’y aurait rien.

Le scénario 2, prévoit d’attribuer la prime aux échelons 2 à 6, soit 23% des enseignants, en diminuant son montant. On passerait de 128 à 49.80€ nets par mois. Le scénario 3 envisage de verser la prime de l’échelon 2 au 8ème échelon en faisant passer son montant de 114€ (échelon 2) à 14.25€ (échelon 8). Cela toucherait 44% des enseignants. Enfin le scénario 4 concerne 76% des enseignants mais toujours dans la même enveloppe budgétaire. La revalorisation concernerait tous les enseignants de la classe normale (76% des enseignants) avec une prime allant de 92€ nets par mois à l’échelon 2 à 14.25€ par mois pour les échelons 8 à 11.

Au total, chaque scénario représente environ 200 millions d’euros seulement. Le ministère envisage d’autres mesures non conditionnelles comme une hausse des taux d’accès à la hors classe et à la classe exceptionnelle (en modifiant les taux d’accès selon les deux voies). Mais il est difficile de chiffrer la portée budgétaire de ces mesures.

Les contreparties exigées par le ministère

Ce qui est certain c’est que la majorité de la revalorisation promise sera conditionnée à l’acceptation par des enseignants de contreparties. Là-dessus JM Blanquer applique les consignes données par le président de la République et renouvelées par le 1er ministre. Le ministère propose aux enseignants d’augmenter leurs revenus en acceptant deux tâches nouvelles.

D’abord en acceptant une formation sur leur temps de congé. Un décret paru en septembre 2019, en application de la loi Blanquer, rend obligatoire la formation durant les congés dans la limite de 5 jours par an. Celle-ci doit être rémunérée 600€ maximum pour les  5 jours. JM Blanquer a déjà prévu au budget 2020 30 millions d’euros pour cette mesure, soit 50 000 professeurs contraints de perdre une semaine de congé. A notre connaissance, les intéressés n’en ont pas déjà été informés. Mais l’annonce a été faite au Sénat en novembre.

En consacrant 200 millions à cette mesure, JM BLanquer pourrait imposer une formation de son choix à 350 000 enseignants, par exemple tous les professeurs des écoles, sur le temps de congé. Cela rentre tout à fait dans la vision ministérielle du « nouveau métier enseignant » et du rôle que se donne le ministre de faire évoluer les pratiques pédagogiques selon ses idées. Position qui a l’avantage de rendre les enseignants responsables des échecs de sa politique.

L’autre idée avancée par le ministère c’est de faire effectuer des remplacements par les enseignants en les rémunérant par des heures supplémentaires. On rejoint là une vieille idée déjà avancée sous Luc Chatel. Le problème c’est que les établissements du second degré (car seuls ces enseignants seraient concernés) disposent déjà de ces enveloppes d’heures qui ne sont pas dépensées, les enseignants refusant les remplacements.

Flou total sur l’avenir

Sur la revalorisation, « on est dans le flou et on prend pas en compte les attentes des enseignants », nous a dit R Metzger, co secrétaire général du Snuipp Fsu. « Ils attendent que la loi retraite soit votée pour parler de la loi de programmation », pense F. Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu. Elle marque elle aussi sa déception.

Les 10 milliards ne sont donc bien qu’un mirage projeté aux enseignants par un gouvernement qui souhaite qu’ils se tiennent tranquilles. La revalorisation des enseignants n’est vue que comme un levier pour leur imposer de nouvelles tâches. Quant au maintien du niveau des retraites, il sera à arracher chaque année, budget après budget aux gouvernements successifs.

Les syndicats opposés sur ces mesures

Il n’y a pourtant pas unanimité syndicale sur ces points. « Ces mesures ne permettent pas de prendre en compte l’investissement de tous les collègues et ne répondent pas au déclassement salarial. Il est inacceptable que le ministère puisse concevoir la résolution de questions essentielles comme la revalorisation, le déroulement de carrière, le remplacement ou la formation continue à l’aune d’une enveloppe de 500 millions qui serait à « multi usages », estime la FSU dans un communiqué.

Le Sgen Cfdt accueille par contre positivement ces mesures. « Le budget supplémentaire pour 2021 de 500 millions d’euros représente une hausse du budget hors pension du ministère de l’Éducation nationale de + 1%. C’est une première étape importante pour une revalorisation des carrières qui sera amplifiée par le prochain plan pluriannuel à partir de 2022. En 2021, la revalorisation concernera surtout les débuts de carrière et dans une moindre mesure les milieux de carrière. Elle pourra se traduire dès le 1er janvier 2021 – selon les hypothèses retenues –  par une amélioration des débuts de carrière de 1100 à 1800 euros nets par an pour un.e professeur.e d’école débutant.e par exemple, les enseignant.e.s du second degré, les CPE et les PsyEN sont aussi concerné.e.s ».

 

Le document ministériel

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Bac : avec la FCPE, des parents du lycée Valin au ministère

Quatorze élèves du Lycée Valin à la Rochelle (17) ont été notés 0 aux premières épreuves de contrôle continu du nouveau bac, les fameuses E3C. Et cela, la FCPE ne l’accepte pas. Le 7 février, elle accompagnait la délégation, constituée d’une partie des élèves concernés et de leurs parents, à une entrevue avec le cabinet du Ministre.

Peu nombreux mais déterminés, parents et enseignants sont venus soutenir la délégation qui a été reçue par le cabinet du ministre de l’éducation nationale à 15h. Les faits sont graves. Au lycée Valin de La Rochelle (17), le 20 janvier plus d’une centaine d’élèves n’a pu participer aux épreuves d’histoire géographie, certains parce qu’ils participaient au blocage, d’autres parce qu’ils étaient dans l’impossibilité d’entrer dans leur établissement.

Une épreuve de rattrapage a été organisée par le chef d’établissement. Mais il a décidé d’en exclure quatorze élèves qu’il estime responsables du blocage. Sur quoi s’est-il basé ? « Il est allé voir sur nos profils Instagram si nous étions abonnés au @blocusvalin pour décider si oui ou non nous étions des bloqueurs » explique micro à la main Raphaël, un élève du lycée.

Le président de la FCPE, Rodrigo Arenas, dénonce : « ce qui se passe aujourd’hui n’est pas anodin. Ce ne sont pas des voyous, ce sont des enfants qui pourraient être les miens ou les vôtres qui sont sanctionnés et cela sans fondement. On est face à une situation de crispation, dont les premières victimes sont les enfants et dont les seuls responsables sont au ministère ».

Héloïse Moreau, présidente de l’union nationale lycéenne (UNL) était elle aussi présente. « Nous sommes implantés au lycée Valin, nous avons donc pu suivre dès le départ ce qui s’y passait. Et clairement, c’est inacceptable. Mais nous sommes là aussi pour dénoncer les E3C de façon plus générale. Dans beaucoup d’établissements les épreuves ont été bloquées, dans d’autres elles se sont déroulées dans des conditions plus que questionnables – avec pour certains la présence de la police au sein de l’établissement.  Et même sur le fond, la forme des E3C est à questionner. Comment parler d’égalité quand selon le lycée où vous êtes scolarisés, vous n’avez même pas eu la totalité de vos heures de cours, avec des enseignants absents non remplacés ? ».

Sabrina Patat, maman de Jules, un élève sanctionné, était de la délégation. « Je suis en colère contre l’institution. Mon fils était manifestant, ce qu’il ne nie pas, mais le proviseur a estimé qu’il était bloqueur. Une position que l’on ne comprend pas. Jules le vit mal, c’est dur psychologiquement de commencer le bac avec un 0. Cette situation est totalement injuste ».

La délégation a été reçue deux heures. « On nous a parlé de bienveillance. Pas envers les élèves, non. On nous a demandé d’être bienveillants envers les chefs d’établissement qui sont à bout ». Aucune réponse officielle ne leur a été faite quant au sort des élèves sanctionnés. Le représentant de la FCPE, qui faisait partie de la délégation, a exigé une réponse pour lundi au plus tard. A suivre…

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Guadeloupe : succès de la grève ?

« Woulo bravo ! » Il aura fallu près de deux mois de grève avec la quasi totalité des écoles et établissements scolaires fermés pour faire reculer JM Blanquer. Le 6 février les syndicats enseignants (Fsu, Speg, Unsa, FO) ont annoncé la suspension de leur mouvement. Cette annonce fait suite à un accord entre JM BLanquer et les députés guadeloupéens. Le ministre a accepté un moratoire  sur la suppression de 73 postes à la rentrée 2020 dans l’ile (25 dans les écoles et 48 dans le secondaire). La Fsu  demande le classement de l’ile en éducation prioritaire ce qui entrainerait la création de 270 postes. Le rectorat estime que les suppressions de postes s’expliquent par la baisse du nombre d’élèves. Le moratoire a lieu jusqu’à la remise d’un rapport de l’inspection générale envoyée sur place par le ministre. Un mouvement aussi massif continue en Martinique.

 

Sur 20 minutes

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Baccalauréat : l’Allemagne prend un chemin « exactement inverse » à la France pour François-Xavier Bellamy

Europe Hebdo- bac allemand VS français
01:11

En France, la réforme du baccalauréat voulue par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, semble s’inspirer de l’« Abitur » le bac allemand. Un système décentralisé qui montre ses limites et qui explique pourquoi selon François-Xavier Bellamy « l’Allemagne est en train de faire le chemin inverse » de ce que souhaite faire la France.

Le 06 fév 2020
Par Pauline Vilchez
3mn

S’il y a des rapprochements, entre l’organisation du bac allemand et français, les deux pays ne prennent pas pour autant la même direction. Interrogé mercredi 5 février, sur le plateau de l’émission Europe Hebdo, si François-Xavier Bellamy, député européen français du groupe du Parti Populaire Européen, a reconnu des « similitudes » entre le nouveau baccalauréat français et son équivalent allemand, il a rapidement précisé que « l’Allemagne est en train de prendre un chemin qui est l’inverse de celui que nous faisons [la France] aujourd’hui ».

« L’Allemagne est en train de prendre un chemin qui est l’inverse de celui que nous faisons [la France] aujourd’hui »

Selon lui, l’Allemagne « a réagi au choc qu’a été pour elle le classement PISA » (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

En effet en 2001 le pays avait découvert son mauvais classement, inférieur à la moyenne de l’OCDE : En mathématiques et en sciences, l’Allemagne se situait au 21e rang, et au 22e pour la compréhension de l’écrit. Le pays a ensuite doublé ses dépenses fédérales d’éducation pour finalement revenir au-dessus de la moyenne de l’OCDE en 2018.

« Nous accélérons la spécialisation au lieu de transmettre cette culture générale »

Pour l’eurodéputé, les Allemands ont tenté « d’harmoniser les politiques éducatives entre les différentes régions, de rapprocher les systèmes de notation et diminuer la spécialisation qui était offerte aux lycéens en offrant un tronc commun plus solide de culture générale ». Pour l’agrégé de philosophie le gouvernement fait « exactement l’inverse » aujourd’hui : « nous décentralisions l’évaluation à travers des épreuves qui ne sont pas vraiment des contrôles continus, car on n’a pas fait un choix clair et donc elles sont très complexes pour les établissements. Elles vont être beaucoup moins lisibles et le bac sera beaucoup moins national. Simultanément nous accélérerons la spécialisation au lieu de transmettre cette culture générale dont je crois que les élèves ont besoin plus que jamais aujourd’hui ».

Publié le : 06/02/2020 à 17:07 – Mis à jour le : 07/02/2020 à 12:49

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