Archives de la catégorie Education

Lycée : le Snpden pose la question des emplois du temps

« Le nombre de combinaisons de spécialités choisies par les élèves sera de fait extrêmement important et connu tardivement. Même si les variations seront moindres en fin d’année, elles existeront néanmoins dans des volumes qui impacteront nécessairement les dotations des établissements, ceci à une période inhabituelle au regard des nécessités liées à la gestion des ressources humaines. De plus, du fait de la multiplication théorique des choix de combinaisons (7 enseignements de spécialité, c’est 35 combinaisons possibles en première, pour 9 c’est 84 combinaisons possibles), les premières simulations que nous avons pu conduire montrent un accroissement considérable des plages horaires à aligner dans les emplois du temps de première (de 30 à 55%) et de terminale (de 50 à 60%) », écrit Philippe Vincent, secrétaire général du Snpden au ministre. « Il nous apparaît donc indispensable qu’à ce stade soit menée une étude d’impact de manière à permettre de recenser les difficultés techniques de mise en oeuvre afin d’y pallier dès à présent. Ainsi il est souhaitable qu’un groupe d’experts (proviseurs, proviseurs adjoints) puisse, à partir de données réelles d’établissements (divisions, séries, DHG, dotation en professeurs, répartition des services, voeux exprimés par ces derniers, locaux, …), construire des emplois du temps sur la base des nouvelles spécialités et modalités d’organisation en seconde, première et terminale ».

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Le projet de loi Blanquer rejeté par le CSE

« Trois voix pour un projet de loi. C’est peu. Ils se sont rendus compte qu’ils y vont fort ». Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, résume assez bien la réunion du Conseil supérieur de l’Education (CSE) du 15 octobre. Le projet de loi Blanquer a fait consensus. Mais contre lui. A quelques semaines des élections, réunir ainsi les syndicats, il fallait le faire…

« Chez les organisations présentes, il y a eu un sentiment partagé d’un désaccord total sur la méthode employée. Ce projet de loi est arrivé devant le CSE sans avoir été discuté auparavant, le texte étant juste remis une semaine à l’avance ». Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa témoigne de l’unité du CSE contre le texte présenté par le ministre. « Il y a eu un consensus dans les déclarations des organisations sur la méthode utilisée, le fait que le projet de loi soit un véhicule législatif pour faire passer plein de choses différentes », souligne F Rolet.

Vingt organisations comprenant les principaux syndicats (Cfdt, Cgt, Fsu, Unsa) , la Fcpe, des organisations étudiantes (Unef, fage) et lycéenne (Sgl) et la Ligue de l’enseignement, ont ouvert le CSE avec une déclaration commune. « La confiance ne se décrète pas, elle se construit et surtout, elle se partage, entre tous les membres de la communauté éducative », disent-elles. « Où est la confiance quand vous mettez en place une instance d’évaluation qui ne fait pas de place à tous les acteurs de cette communauté éducative, qui semble être davantage dans le contrôle que dans l’évaluation ?… Où est la confiance quand les directeurs et directrices d’ESPE, devenus INSP, ne sont plus élus par leurs pairs ? Où est la confiance quand vous choisissez de passer par voie d’ordonnance pour faire évoluer les instances de concertation que sont les CAEN et CDEN ? Finalement, en filagramme du projet de loi que vous présentez, se dessine un mode de pilotage vertical et univoque ».

A l’issue de 7 heures de discussions, dont 3 passées avec le ministre, le CSE a repoussé le projet de loi par 34 voix contre , 15 refus de vote (Unsa et Sgen Cfdt), 5 abstentions et seulement 3 vois en faveur du texte (Apel et Spelc : deux organisations du privé catholique).

Le ministre a longuement dénoncé les procès d’intention qu’on lui porterait. Mais au final, le ministère a accepté peu de propositions du CSE. Les nouvelles écoles de formation des enseignants vont retrouver dans leur sigle le « e » d’éducation. Dans le nouveau conseil qui devrait prendre la place du Cnesco, il y aura 2 sénateurs et 2 députés à la place d’un seul. Cela ne changera rien dans le pilotage de cette institution d’évaluation de l’école où 8 membres sur 12 seraient nommés par le ministre.

Le CSE a aussi adopté des amendements qui ont peu de chances d’être pris en compte par le ministère. Notamment l’amendement demandant le retrait de l’article 9 et le maintien du Cnesco a obtenu 57 voix. Un record.

Mais dans l’entourage du ministre on affecte d’accorder peu d’importance à ces votes et au CSE. « Le CSE vote contre toutes les mesures depuis 10 ans , alors… ». Pourtant Peillon et Vallaud-Belkacem ont réussi, eux, souvent, à faire passer leurs textes….

Sur la loi Blanquer

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Loi Blanquer : le ministère confirme les craintes

Fourre tout législatif, le projet de loi Blanquer avance des dispositions très différentes et surtout obscures. Sur bien des points les objectifs poursuivis ne sont pas affichés. Or les échanges avec l’entourage du ministre confirment les craintes que l’on a exprimé. Oui les expérimentations ouvrent la porte à l’annualisation des service. Oui l’instruction obligatoire à 3 ans va se traduire par un transfert d’argent vers le privé. Oui l’évaluation des politiques éducatives sera faite par les proches du ministre. Oui les évaluations des écoles et des collèges seront publiées.

Un formidable cadeau au privé

« Ce projet de loi vise à faire réussir tous les élèves grâce à l’abaissement de l’age de l’instruction obligatoire ». Il vise « à élever le niveau » et à « davantage de justice sociale », nous a t-on dit le 15 octobre dans l’entourage de JM Blanquer. Pourtant sur bien des points les points négatifs du texte présentés dans le Café pédagogique sont maintenant confirmés.

Les articles 2 à 4 traitent de la scolarisation obligatoire à 3 ans, une annonce présidentielle. Le texte stipule que  » L’Etat attribue à chaque commune les ressources correspondant à l’augmentation des dépenses obligatoires qu’elle a consenties en application des dispositions des articles L. 212-4, L. 212-5 et L. 442-5 du code de l’éducation au cours de l’année scolaire 2019-2020 par rapport à l’année scolaire précédente dans la limite de la part d’augmentation résultant directement de l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire ».

Cette mesure est surtout un affichage puisque 98% des enfants concernés sont déjà scolarisés. Mais c’est aussi un cadeau pour le privé comme l’a précisé le 15 octobre l’entourage du ministre. Celui ci estime que cette mesure coutera au total 100 millions par an versés aux communes qui devront faire face à de nouvelles dépenses de fonctionnement scolaires. Sur cette somme 50 millions correspondront à la prise en charge par les communes des écoles maternelles privées. En clair les communes devront rémunérer des Atsems dans les écoles privées comme dans le public. Or il n’y a pas parité entre public et privé : 90% des enfants de maternelle sont scolarisés dans le public. L’obligation scolaire à 3 ans va donc bénéficier principalement aux écoles privées.

Mais toutes les communes ne seront pas a égalité. Le ministère tient compte d’une décision du Conseil d’Etat dont le Café avait rendu compte le 24 août. Les communes qui ont donné leur accord à la conclusion du contrat d’association de l’école maternelle ne seront pas aidées par l’Etat même si elles n’ont rie payé jusque là à l’école maternelle privée.  L’Etat n’aidera que les communes qui n’ont jamais donné d’accord à l’ouverture d ‘une école maternelle privée. D’une certaine façon, les communes les plus favorables au privé sont pénalisées par une mesure globalement très favorable au privé !

Les évaluations des écoles et des collèges rendues publiques

L’article 9 du projet de loi crée un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » composé de 10 membres dont 8 choisis par le ministre qui a été décrit dans cet article. Le CSE du 15 octobre a obtenu que leur nombre soit porté à 12 avec 4 parlementaires au lieu de 2. Avec 8 membres sur 12 désignés par le ministre dont 4 sont des fonctionnaires, le nouveau conseil n’a de toutes façons plus aucune indépendance. Le ministère ajoute que les  évaluations des écoles et collèges réalisées par ce conseil seront rendues publiques « à l’image des IVAL des lycées ». On sait ce qu’a donné la publication des IVAL avec le classement annuel des lycées. C4est la mise en concurrence des collèges et même des écoles que prépare le ministre.

L’avenir du Cnesco confirmé

Du coup le projet de loi supprime le Cnesco. Pour justifier cette mesure, alors qu’un récent rapport parlementaire rend un hommage appuyé au Cnesco, on dit au ministère que le Cnesco « sera repositionné ». Il pourrait devenir une chaire d’université ou même être représenté dans le Conseil scientifique créé par JM Blanquer. Dans les deux cas le Cnesco cesserait d’être une instance d’évaluation de l’Ecole.

Quant à l’évaluation de l’Ecole, l’entourage ministériel estime qu’aucune instance ne peut évaluer les politiques publiques éducatives. « Il faut croiser les regards », dit-on rue de Grenelle. Mais qui ferait ce croisement ? Pas le Conseil d’évaluation de l’école mais le conseil scientifique, intégralement nommé par le ministre. On n’est jamais aussi bien évalué que par soi-même…

L’annualisation des services

L’article 8 du projet de loi modifie le régime des expérimentations issu de la loi Fillon. Le texte précise que « ces expérimentations peuvent concerner l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire, l’utilisation des outils et ressources numériques, la répartition des heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire dans le respect des obligations réglementaires de service des enseignants et les procédures d’orientation des élèves ». « Il ouvre la voie à l’annualisation des services d’enseignement », écrivions nous le 15 octobre. Cela est confirmé par l’entourage du ministre qui souligne que c’est déjà pratiqué dans plusieurs établissements. L’annualisation, chaudement recommandée par plusieurs rapports ministériels, permet d’augmenter le temps de travail de façon sensible.

Une nouvelle voie de formation des enseignants

Les articles 10 à 12 remplacent les ESPE par des INSP qui pourraient d’ailleurs s’appeler définitivement INSPE, le ministère acceptant en CSE le 15 octobre d’ajouter le E d’Education.  Leurs directeurs seront choisis par les ministres, et non plus élus par leurs pairs. Pour l’entourage ministériel, cette mesure se justifie par le fait que les Espe « ne sont pas à la hauteur des enjeux » et « n’ont pas trouvé leur régime de croisière ». La nomination directe par l’éducation nationale se justifie car « elle est l’employeur » des étudiants. Les assistants d’éducation (AED) qui souhaiteront devenir professeur seront choisis par les chefs d’établissement. Ils pourront dès l’année de L2 intervenir en classe accompagnés et des L3 sans accompagnement.

La loi Blanquer en 20 articles

Les communes doivent elles payer les maternelles du privé ?

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Loi Blanquer : les grandes villes mécontentes

Dans Les Echos, les responsables des grandes villes craignent le coût de la loi Blanquer. Elles devront verser aux écoles maternelles privées  la même somme que pour le public, soit environ 800€ par enfant. « L’Etat ne va compenser que pour une minorité de communes », explique B Vételé, maire adjoint de Blois. Seules celles qui n’ont jamais donné d’accord pour une école maternelle privée sous contrat seront prises en charge.

Dans Les Echos

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Pressions et mise au pas des enseignants en Loire Atlantique

 » Une dizaine de collègues enseignant en CP et/ou CE1, nous a alerté concernant une visite de leur IEN pour faire le point sur leur méthode et outils en français et mathématiques… L’objectif serait d’aider l’enseignant·e à avoir un regard critique et analytique sur sa pratique. Néanmoins, l’IEN-A explique que les IEN pourront être amené·es à faire comprendre aux collègues qu’il y a des méthodes de lecture qui ne sont pas assez efficaces…et qu’in fine un.e enseignant.e qui ne se montrerait pas assez efficace pourrait être amené.e à changer de niveau de classe ». Le Snuipp 44 publie un compte rendu d’audience auprès de l’Inspecteur d’académie de Loire Atlantique qui met en évidence le changement « en marche » dans le département. On notera aussi la mention sur les maitres +, un dispositif qui  » n’était pas satisfaisant »…

Sur le site Snuipp 44

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Stage IRFSU : l’école face à la radicalisation

Le chantier « Politiques de sécurité publiques » de l’IRFSU organise un stage syndical le 13 décembre 2018 au siège du SNUipp, 12 Rue Cabanis, 75014 Paris.
L’école est au premier chef concernée par des phénomènes de radicalisation qui touchent d’abord une population jeune, la conduite à tenir est alors toujours délicate comme le fait lui-même difficilement détectable. Comment l’enseignant peut-il et doit-il réagir ? Comment concilier l’impératif de protection de la société avec celui de la protection de l’enfance ? Qu’est-ce qu’un signalement et quelles sont ses conséquences ?

Il s’agira d’étudier la « radicalisation » au sein des établissements scolaires, par une approche à la fois locale et générale. Partant d’expériences vécues au sein de la ville de Trappes nous nous interrogerons sur les signaux faibles et forts permettant de détecter un phénomène de radicalisation. Enfin nous aborderons le cadre juridique qui borde l’action des enseignants et les suites d’un signalement.

Programme prévisionnel :

9h – accueil des participants –

9h30 – 12h30

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 Présentation de la journée – modérateur : Thierry Novarese

La rupture terroriste, perspective historique / Patrick Laclémence (professeur des Université, membre du chantier Politiques de Sécurité Publique de l’IRFSU)

Enseigner à Trappes, les territoires du jihad / Didier Lemaire (professeur de philosophie)

Ma fille sous influence / témoignage

14h – 16h30

Le processus de radicalisation dans le cadre scolaire et son signalement / Miviludes

Les suites d’un signalement, le cadre juridique / Luc Pham (sous réserve)

Inscrivez-vous auprès du centre de formation de la FSU.

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La loi Blanquer en 20 articles

Baptisé « loi pour une école de la confiance », le projet de loi Blanquer est marqué par la défiance certaine, tant son caractère principal est que le ministre y avance masqué. Pour cette raison, présenté rapidement par le Café pédagogique le 9 octobre,  le projet mérite une analyse précise tant certains points pourront avoir des implications difficiles à déchiffrer. Car le projet permet d’avancer des cartes bien camouflées : l’annualisation des services d’enseignement, le remplacement des enseignants par des surveillants (AED), la création d’un nouveau type d’établissements, la réforme territoriale par ordonnance sans oublier le remplacement du Cnesco par une instance d’évaluation de l’Ecole totalement dans la main du ministre. Le projet de loi est présenté au CSE du 15 octobre.

L’article le plus ridicule

Baptisée « loi pour une école de la confiance », la loi commence par cette phrase :  » Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. » Autrement dit le ministre remet sur les personnels la problématique de la confiance envers l’Ecole, lui-même, sa politique et son administration n’y étant sans doute pour rien…. On peut d’ailleurs se demander si cette formule peu élégante va rester dans le texte définitif car elle semble sortir du cadre d’une loi.

L’article le plus  ridicule est l’article 20. Il modifie le territoire des caisses des écoles des 1,2 , 3, et 4e arrondissements de Paris.

L’article positif

L’article positif est l’article 15. Il prévoit que les statuts des personnels d’éducation, de psychologues et de personnels de direction peuvent déroger au statut de la Fonction publique. Sur ce point, le ministre répond à la demande des syndicats depuis que le Conseil d’Etat a estimé que les CPE ne constituent pas un corps dérogatoire au statut général de la Fonction Publique. Le reste est nettement moins positif (voir cet article).

Un tiroir caisse ouvert pour rien…

Les articles 2 à 4 traitent de la scolarisation obligatoire à 3 ans, une annonce présidentielle. C’est surtout un affichage, 97% des enfants concernés étant déjà scolarisés. Mais c’est aussi un cadeau pour le privé. Le texte stipule que  » L’Etat attribue à chaque commune les ressources correspondant à l’augmentation des dépenses obligatoires qu’elle a consenties en application des dispositions des articles L. 212-4, L. 212-5 et L. 442-5 du code de l’éducation au cours de l’année scolaire 2019-2020 par rapport à l’année scolaire précédente dans la limite de la part d’augmentation résultant directement de l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire ». La loi va donc imposer aux communes la prise en charge des frais des écoles maternelles privées là où ce n’était pas encore fait. Mais ce texte semble aussi dire qu’une commune qui devrait construire une école maternelle pour accueillir des enfants pourrait se faire rembourser par l’Etat. Cet article 4 pourrait aboutir à des effets inattendus : pour un effet nul puisque les enfants de 3 ans sont déjà scolarisés, l’Etat pourrait avoir à prendre en charge des dépenses supplémentaires. Les départements d’outre mer , comme Mayotte ou la Guyane, où on est très loin de l’application de la scolarisation à 3 ans, pourraient y voir un boulevard. L’Etat lui n’a pas prévu de postes d’enseignants supplémentaires en maternelle pour 2019…

Des « académies » anglaises à la française ?

L’article 5 prévoit un renforcement du contrôle sur la scolarisation à domicile avec l’obligation d’inscrire son enfant à l’école en cas de deux contrôles négatifs.

L’article 6 traite des établissements locaux d’enseignement international. Un établissement de ce type a été créé à Strasbourg pour renforcer la dimension de capitale européenne de cette ville en 2012. Cet article ne se justifie que si le ministre veut multiplier ce genre d’établissement largement dérogatoires pour ses enseignements tout en restant public. Autrement dit on peut se demander si JM Blanquer ne pense pas aller vers des « academies » à l’anglaise, des écoles publiques à large autonomie. 

Une porte vers l’annualisation des services

L’article 8 modifie le régime des expérimentations issu de la loi Fillon. Le texte précise que « ces expérimentations peuvent concerner l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire, l’utilisation des outils et ressources numériques, la répartition des heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire dans le respect des obligations réglementaires de service des enseignants et les procédures d’orientation des élèves ». Autrement dit il ouvre la voie à l’annualisation des services d’enseignement là où l’institution le souhaite. Une réflexion qui est à lier à l’article 6… mais pas uniquement.

On n’est jamais aussi bien contrôlé que par soi-même

L’article 9 crée un Conseil d’évaluation de l’Ecole composé de 10 dont 8 choisis par le ministre qui a été décrit dans cet article. Avec 8 membres sur 10 désignés par le ministre dont 4 sont des fonctionnaires, le nouveau conseil n’a plus aucune indépendance. La durée de leur mandat, 3 ans seulement aggrave cette dépendance. Clairement JM Blanquer a fait le choix de confier l’évaluation de sa réussite au ministère à… lui-même. Les nouvelles missions du Conseil d’évaluation interrogent également. Ce nouveau Conseil d’évaluation de l’école n’évaluera plus les politiques scolaires ! Si ce projet voit le jour, il ne restera plus que les évaluations internationales pour avoir un regard indépendant sur l’Ecole française sans avoir le travail d’explication et d’analyse extrêmement riche qu’a produit le Cnesco salué encore récemment par un rapport parlementaire.

Les remplacements effectués par les AED

Les articles 10 à 12 remplacent les ESPE par des INSP. Leurs directeurs seront choisis par les ministres, et non plus par la procédure universitaire normale.

L’article 13 prévoit que  » lorsqu’ils sont recrutés alors qu’ils sont inscrits dans une formation préparant aux concours d’accès aux corps des personnels enseignants ou des personnels d’éducation, (les assistants d’éducation)  peuvent également se voir confier, respectivement, des fonctions pédagogiques et d’enseignement ou des fonctions d’éducation ».

Cet article surprend. Aujourd’hui des AED ayant une licence peuvent déjà effectuer un remplacement. Si le ministre choisit de mettre cela dans sa loi c’est probablement qu’il pense à une réforme de la formation inscrivant les remplacements dans la tâche des AED avant la licence dans la cadre d’une réforme de la formation. On aurait là une évolution de la formation des enseignants aboutissant à la banalisation d’un corps de sous enseignants.

La réforme territoriale par ordonnances

Les article 17 et 18 prévoient que le gouvernement effectuera la réforme territoriale de  l’Education nationale par voie d’ordonnances. Il se donne donc carte blanche pour cette opération à grands risques pour les enseignants. Ce nouveau découpage pourra affecter les procédures d’affectation des enseignants de façon importante et aura aussi des effets importants de « rationalisation » de la carte scolaire. A noter que le projet veut aussi « simplifier » le fonctionnement des conseils de l’éducation nationale.

Ce projet de loi peut porter des modifications substantielles de l’Ecole. Bien loin d’être à l’image de l’Ecole de la confiance, le ministre y avance masqué.  Mais si le projet de loi est obscur c’est aussi parce que c’est un bric à brac de mesures sans logique interne. Et les parlementaires pourraient bien y trouver à redire.

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Primaire : les dédoublements financés par les autres classes

Principale mesure sociale de ce gouvernement, les dédoublements de classes en CP de Rep et une partie des Ce1 de Rep+ à cette rentrée sont assurés par des créations de postes affirme le ministre. Or ce n’est pas l’avis du Snuipp Fsu qui publie des chiffres précis remontant des analyses départementales.

Selon le Snuipp, les dédoublements consomment 5605 postes, un chiffre à comparer aux 3680 postes créés à la rentrée. Le ministère a donc du prélever 1925 postes ailleurs pour mettre en place les dédoublements.

Pour le Snuipp, ils ont été trouvés d’abord chez les maitres +, un dispositif prisé du terrain. 1400 postes, la moitié des maitres +, disparaissent à la rentrée. Le reste est trouvé en maternelle où on compte 575 classes supprimées. Le Snuipp relève aussi la faiblesse des effectifs de remplaçants et des ouvertures de postes dans les ULIS.  Selon le Snuipp près de 300 écoles rurales sot fermées à cette rentrée dont 34 fermetures nettes (les autres ferment par fusion).

Le résultat final, pour le Snuipp, c’est que les dédoublements se traduisent par une dégradation des conditions d’exercice ailleurs. En 2017 42% des classes du primaire comptaient plus de 25 élèves (52% en maternelle). Ce taux devrait progresser malgré la baisse démographique.

Document Snuipp

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5ème jour de blocage à Aspet

Le collège rural d’Aspet (Haute-Garonne) n’en peut plus. Depuis mardi 9 octobre , selon France 3, il est bloqué par des enseignants et des parents. Ils demandent l’ouverture d’une troisième classe de 6ème. Les deux classes actuelles comptent plus de 30 élèves par classe.

Sur France 3

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« Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif » Tribune dans Le Monde

Tribune. A son arrivée rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer avait expliqué qu’il ne voulait pas bousculer l’éducation nationale, que sa politique s’inscrirait dans le prolongement de la précédente, avec simplement quelques inflexions afin d’en améliorer l’efficacité, comme l’emblématique dédoublement des classes de cours préparatoires dans les réseaux d’éducation prioritaire. Mais il a, en réalité, engagé une transformation profonde de notre école à travers, en particulier, la promotion de « la culture de l’évaluation » qui est, pour lui, « le plus puissant moteur de transformation » du système.

L’évaluation concerne, d’abord, les élèves : ils passeront désormais des tests standardisés, répartis tout au long de la scolarité et, en particulier, dans les premières années de l’enseignement primaire. Objectif : repérer les acquis et les besoins de chacun afin de proposer un accompagnement personnalisé. Nul ne saurait s’opposer à une telle intention !

Approche technocratique libérale

Elle est, pourtant, grosse de difficultés, d’inquiétudes et de dangers. Difficultés pour élaborer des tests qui mesurent réellement des acquis transférables et ne réduisent pas les objectifs de l’école à ce qui est strictement quantifiable. Inquiétudes sur l’utilisation de données qui vont être collectées nationalement alors qu’en toute logique elles devraient rester entre les mains des enseignants qui sont les mieux placés pour les utiliser. Dangers de voir ainsi se mettre en place, puisque chaque élève est désormais « traçable » grâce à un identifiant, un fichage systématique à destination du système d’orientation et des employeurs.

Mais le ministre affirme, de plus, vouloir mettre en place « une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires ». On pourrait croire que c’est là simplement une façon d’effectuer en France des évaluations permettant de mesurer le niveau de nos élèves, et non de laisser ce soin aux comparaisons internationales. Mais, pour évaluer rigoureusement ce niveau, nul n’est besoin d’évaluer tous les établissements : un travail scientifique sur un échantillon représentatif d’élèves est, tout à la fois, bien plus efficace et bien moins coûteux…

En réalité, il s’agit là de développer un ensemble de dispositifs de contrôle en continu dont la publication encouragera la « concurrence libre et non faussée » de citoyens désormais devenus des « usagers ». Le service public ne sera plus fondé sur des valeurs communes, la volonté de garantir à chaque enfant le droit à l’éducation, la ventilation des moyens selon les difficultés sociales, la formation exigeante des acteurs. « Piloté par les résultats », il deviendra un ensemble de guichets proposés à des parents mis sans cesse en concurrence les uns avec les autres.

Paradoxe apparent dans cette approche technocratique libérale : les valeurs sont omniprésentes dans les discours officiels, où « confiance » et « respect » sont invoqués de façon incantatoire. Mais, en réalité, elles quittent le domaine des pratiques, puisque, par exemple, l’éducation civique et morale se replie sur des prescriptions formelles au détriment des activités de formation à la citoyenneté.

Propos ambigu et équivoque

De même, Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, qui dit tout haut ce que le ministre pense tout bas, explique-t-elle, dans le magazine Causeur, que « l’enseignement de l’histoire doit, aujourd’hui, plus que jamais, promouvoir le sentiment d’appartenir à la nation ».

Propos ambigu s’il en est, car un tel sentiment peut recouvrir aussi bien un repli nationaliste que l’effort collectif pour être à la hauteur de l’idéal des Lumières, de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance, nous ouvrant ainsi bien au-delà des frontières de l’Hexagone.

Propos équivoque aussi, car l’histoire est une discipline scolaire dont la rigueur est incompatible avec l’exaltation inconditionnelle de telle ou telle figure. Propos inopérant, surtout, car l’adhésion aux valeurs de la République ne peut être obtenue par une quelconque injonction, fut-elle étayée par des phénomènes d’identification habilement manipulés.

Nous ne ferons adhérer nos élèves à ces valeurs que par le témoignage qu’en donneront l’institution, dans son fonctionnement même, et les adultes qui la font vivre dans leurs pratiques pédagogiques. C’est ce que demandent, précisément, ces « prétendus pédagogues » que Souâd Ayada taxe de « constructivistes », oubliant que le constructivisme est d’abord une théorie élaborée au sein des sciences cognitives – dans la lignée desquelles se placent aujourd’hui les neurosciences – qui insiste sur le caractère « actif » du sujet dans ses apprentissages – « l’engagement actif », comme l’explique Stanislas Dehaene, le président du Conseil supérieur de l’éducation dans son dernier ouvrage.

Affirmation mensongère

Souâd Ayada voit en eux des êtres malfaisants « qui défendent l’idée que l’élève construit ses savoirs, et que le maître n’est donc pas le tenant d’un savoir qu’il transmet » ! Affirmation récurrente et mensongère : les « constructivistes » n’ont jamais prétendu que l’élève construisait seul son savoir.

Ils affirment, au contraire, que toute appropriation réelle des savoirs par les élèves requiert la maîtrise de ces savoirs par l’enseignant mais aussi l’exercice d’une autorité indispensable afin d’engager les élèves dans l’activité, de construire des situations d’apprentissage rigoureuses et de garantir leurs acquisitions. Aucune démission, bien au contraire. La véritable démission est dans l’illusion que la simple « distribution » des savoirs garantit leur appropriation. Et c’est en refusant cette démission-là que nous ferons vivre la promesse éducative de la République.

C’est ainsi que nous ferons vivre aussi « la liberté » à des enseignants aujourd’hui déniés dans leur expertise, sommés de mettre en œuvre des programmes élaborés sans véritable concertation. C’est ainsi que nous promouvrons l’« égalité », si gravement mise à mal quand on décide de l’avenir des lycées généraux et technologiques séparément des lycées professionnels dont les élèves restent privés de philosophie et voient leurs enseignements généraux sérieusement menacés. C’est ainsi que nous rendrons désirable la « fraternité » en promouvant l’entraide et la coopération plutôt qu’une concurrence systématisée.

Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif. Pas pour lui permettre de répondre par plus de solidarité aux défis de la modernité. Mais pour en calquer le fonctionnement sur celui d’une économie et d’un monde aujourd’hui en bout de course. Il est temps de se mobiliser pour imaginer collectivement une autre voie.

Signataires : Laurence De Cock, historienne, enseignante, Fondation Copernic ; Catherine Chabrun, militante pédagogie Freinet ; Gregory Chambat, enseignant, collectif « Questions de classe(s) » ; Véronique Decker, directrice d’école ; Claude Lelièvre, historien de l’éducation ; Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon-II ; Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et sociales, formateur à l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de Paris.

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Enseignement professionnel : l’intersyndicale annonce une semaine d’actions

 » L’intersyndicale CGT Éduc’action – SNUEP FSU – SNEP FSU – SNALC – SUD Éducation – SNCL -SSIES FAEN – CNT « se félicite du succès des mobilisations du 27 septembre et du 9 octobre. Le succès de ces deux premières journées de mobilisation montre le profond rejet de la réforme par les PLP ». Elle estime les avancées ministérielles obtenues au CSE du 10 octobre insuffisantes et annonce des actions.  » L’intersyndicale s’engage à poser dans le courant de la semaine prochaine un calendrier d’actions pour obtenir le retrait de cette réforme. La mobilisation pour la défense de la voie professionnelle doit se mener dans le cadre unitaire le plus large possible ».

La réforme du LP repoussée par le CSE

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Soutien quasi unanime en faveur du Cnesco

Quatorze organisations, dont les principaux syndicats (Fsu, Unsa, cfdt), les parents de la Fcpe, l’Unl et les Cemea, écrivent au ministre pour obtenir le maintien du Cnesco menacé de suppression par le projet de loi Blanquer.  » Pour les acteurs du système éducatif et de la société civile que nous représentons, il est important que l’évaluation « indépendante, scientifique et participative du système scolaire » que le Cnesco a réussi à mettre en place en quelques années, perdure. En effet, le Cnesco part des questions des usagers et des professionnels du système éducatif et travaille avec eux à construire des recommandations partagées à partir des évaluations réalisées par des chercheurs – y compris étrangers – et à les mettre à la disposition de tous. Les ressources évaluatives du Cnesco et ses recommandations sont importantes pour améliorer les pratiques éducatives sur le terrain et pour faire évoluer les politiques éducatives de façon constructive de façon constructive ».

Comment Blanquer enterre l’évaluation indépendante

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Evaluations : inutiles selon le Snuipp

« L’école de la confiance est un mirage auquel les enseignants et leurs représentants ne croient plus car elle ne prend pas en compte leurs préoccupations ». Le Snuipp Fsu écrit cela au ministre de l’éducation nationale en bilan des évaluations nationales de Cp Ce1. Le syndicat évoque « des contenus et des consignes inappropriés, des enseignants  qui face aux difficultés et au stress de leurs élèves adaptent les  consignes , des obstacles importants à la saisie des  résultats ». Au final l’enseignant est toujours seul face aux difficultés des élèves et l’évaluation ne lui donne pas la main sur ces difficultés. Le Snuipp rend compte aussi de ce qu’écrivent les enseignants sur ces éavluations.  » Les exercices diffèrent, les consignes défilent, les élèves s’exécutent et souvent finissent par répondre au hasard…  »  » j’ai dédramatisé le plus possible ces tests, malgré tout certains enfants sont déjà dans la peur de ne pas réussir, de ne pas finir dans les temps.  »  » j’ai passé 5 heures pour rentrer les résultats de huit élèves simplement pour le cahier n°1 ! Tout simplement insupportable. »…

Sur le site Snuipp

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La réforme du lycée professionnel rejetée par le CSE

Malgré des efforts du ministère, ça ne passe pas. Réuni le 10 octobre, le Conseil supérieur de l’éducation a voté contre la réforme de l’enseignement professionnel. La réforme divise les syndicats, opposant la principale organisation Snetaa Fo et l’Unsa à une intersyndicale réunissant le Snuep Fsu, la CGT et Sud.

Les votes

 Deux votes ont eu lieu au CSE du 10 octobre sur les grilles horaires de CAP et du bac pro. Les grilles de CAP ont été rejetées par 25 voix contre 22. Le vote négatif est plus clair pour le bac pro : 25 contre et 17 pour. Les projets de fusion des bacs pro commerce et vente ont eu un vote favorable ainsi que le nouveau bac pro métiers de l’accueil (ex bac arcu).

Un horaire revu à la hausse

Le ministère avait pourtant fait des efforts. Le Snetaa et l’Unsa se sont félicités d’une augmentation d’une heure en moyenne du volume d’heures complémentaires en bac pro (de 12,5 à 13,5 heures pour 20 élèves) et d’une augmentation d’une demi-heure de l’horaire de LVB/Sciences en seconde et première bac pro.

Pour le Se Unsa,  » avec ces avancées obtenues par la négociation constructive, la réforme de la voie professionnelle ne se fait pas « à l’économie ». En effet, les nouveaux engagements représentent au bas mot 1500 postes. Pour nous, on peut dire cette fois que le compte y est ! »

Déprofessionnalisation

Ce n’est pas l’avis du Snuep Fsu. Tout ne estimant que cette progression « n’est pas négligeable », Jérôme Dammerey, co-secrétaire général du Snuep Fsu, estime que cela ne règle pas la question de la baisse du volume horaire d’enseignement des élèves, particulièrement en esneignement général. Le syndicat estime que les élèves perdent de ce fait 7 semaines de cours en bac pro et 4 en CAP. De ce fait le bac pro est dévalorisé. Pour le Snuep Fsu la réforme nuit à la poursuite d’études des bacheliers professionnels et même à leur insertion professionnelle.

A l’appui de ce raisonnement, la transformation de l’année de 2de où les élèves ont un enseignement regroupé « par familles de métiers » réduit la préparation du bac pro en fait à deux années au lieu de 3.

Les propos de JM Blanquer

Enfin , les propos de JM Blanquer à l’Assemblée nationale le 2 octobre :  » Le lycée professionnel est celui qui coute le plus cher, a le plus d’heures de cours et ce n’est pas synonyme de réussite. J’assume qu’il peut y avoir moins d’heures (de cours) mais mieux d’heures. Je sais que les professeurs de LP sont d’accord », lui a été reproché par le Snuep Fsu.

Le 10 octobre, après le CSE, l’intersyndicale se réunissait. Après une journée d’action réussie le 27 septembre, les syndicats pourraient ne pas laisser refroidir le mécontentement.

Pourquoi la grève

Quel avenir pour les lycéens professionnels

Une manif contre la malédiction

Communiqué se unsa

Communqiué snuep fsu

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Une proposition de loi sur l’école inclusive

La Commission de l’éducation de l’Assemblée a commencé à travailler sur une proposition de loi sur l’inclusion scolaire déposée par le député (LR) Aurélien Pradié. Ce projet révise le statut des AESH en fondant tous les accompagnateurs dans un nouveau statut en CDI. Il impose un délai de 2 mois pour répondre aux demandes d’accompagnateurs. Et Il permet aux écoles hors contrat de bénéficier des services des accompagnateurs aux frais de  l’Etat.

Le projet de loi

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Manifestation du 9 octobre : des professeurs contre les suppressions de postes

Combien d’enseignants dans le cortège parisien du 9 octobre ? Bien peu. Alors que la FSU Ile de France, FO, Sud et la CGT appelaient à manifester, les quelques centaines d’enseignants étaient noyés dans la foule des salariés manifestant pour leur retraite et leur régime d’assurance chômage. Les préoccupations des enseignants étaient toutes autres. En premier lieu les suppressions de postes et la loi Blanquer qui commence tout juste à interroger.

 « Je ne supporte pas l’idée qu’on continue à supprimer des postes pour augmenter le nombre de contractuels », nous a dit Hugo Esquerre, professeur d’EPS au collège Rep Roland Garros de Villeneuve Saint Georges. « On a déjà 25 élèves par classe et ce n’est aps évident de prendre e compte chaque élève dans sa diversité. Et là on va augmenter le nombre d’élèves par classes ». L’annonce des 2500 suppressions de postes dans le 2d degré alors qu’il y aura 40 000 élèves en plus à la rentrée, essentiellement en collège, a de quoi inquiéter. « La qualité de l’enseignement va diminuer ». Mobilisé le 9 octobre, H Esquerre est certain de faire grève le 12 novembre, la journée d’actions strictement éducation nationale retenue par l’intersyndicale Fsu – Unsa et Sgen Cfdt.

Amanda Berthommé enseigne les maths au lycée Branly de Créteil en série STI. Ce sont les suppressions de postes mais aussi les incertitudes sur la réforme du lyéce qui l’amènent à manifester. « On a de plus en plus d’élèves par classe. On leur demande d’apprendre les mêmes contenus mais avec moins d’heures. Et on s’étonne, alors qu’ils ne sont ni moins intelligents ni moins travailleurs,  qu’ils aient du mal ! » A Berthommé s’attend à perdre des heures avec la réforme du lycée technologique. Elle aimerait au moins savoir combien mais elle n’a même pas cette information, notamment sur le partage des heures dans l’option pluridisciplinaire.

Du coté des syndicat, ce 9 octobre, c’est le projet de loi Blanquer qui est sur les lèvres. « Le gouvernement profite de cette loi sur la scolarisation des enfants à 3 ans pour introduire des mesures qui vont dans le sens du coté très normatif du ministre », nous confie Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu. « On rebaptise les ESPE en Institut du professorat ce qui enlève le mot « éducation » avec ce que ça comporte sur le sens des missions. La modification du statut des AED pour en faire des personnels qui pourront avoir une activité pédagogique veut dire qu’on va en faire des remplaçants à bon marché ». Les projets gouvernementaux sur les retraites suscitent aussi l’inquiétude. « L’argument qui consiste à dire que les pensions ne vont pas baisser car on prendra toutes les rémunérations ne fonctionnent pas pour les professeurs ».

« Peut-être que les collègues ne mesurent pas tout le danger de la période, par exemple le système de la retraite par points », nous dit Rachel Schneider, secrétaire départementale du Snuipp Fsu 93. Du projet de loi Blanquer elle craint qu’il amène une formation des enseignants au rabais. « Le fait que les AED remplacent des enseignants est dramatique. Ils auront nettement moins de volume de formation que ce qui est nécessaire ».

A Paris le cortège a réuni entre 11 000 (police) et 50 000 (orgaénisateurs) manifestants. La police annonce 5000 manifestants à Nantes, Marseille et Lyon, 3000 au Havre, à Rennes, Grenoble et Caen.

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Lycée : les projets de programme publiés par le Snes

Ils ne sont pas tous là. Mais beaucoup y sont. Le Snes Fsu met en ligne les projets de programme du lycée qui lui sont parvenus et invite les enseignants  les commenter. On trouvera notamment les programmes de 2de en biotechnologies, histoire-géo, LCA, maths, management, musique, physique chimie, santé social, SES, SVT, EMC et le programme de physique chimie maths de STI.

Téléchargez les programmes

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La Ligue de l’enseignement interpelle le ministre sur les enfants de Chilly-Mazarin

 » Il est de la responsabilité du ministre de l’Éducation nationale de faire prévaloir le droit à l’École pour tous les enfants, partout sur le territoire de la République ». Dans un communiqué du 9 octobre, la Ligue de l’enseignement rappelle que « la jurisprudence établie depuis 2002 par la Cour de cassation pose clairement que les considérations de fait, donc le lieu d’habitation habituelle et effective, doivent prévaloir sur la déclaration administrative de résidence, ce qui devrait entraîner automatiquement l’accès des enfants à l’école primaire la plus proche ». Elle rappelle l’article 61 de la loi du 1er août 2018.  » cet article garantit un accueil provisoire à tout mineur de moins de 16 ans et autorise le Préfet à procéder directement à l’inscription des enfants en cas de refus par le maire. Ces nouvelles dispositions se sont d’ailleurs appliquées dans le cas de Chilly-Mazarin début octobre d’après le Préfet du département. » La Ligue demande au ministre d’intervenir. Le Café pédagogique a appelé JM Blanquer a se positionner le 8 octobre sur l’application qu’il souhaite faire d ela loi du 1er aout.

Communiqué de la Ligue

Article du Café pédagogique

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Comment Blanquer enterre l’évaluation indépendante de l’Ecole

L’évaluation de l’Ecole doit-elle être faite par le ministre de l’Education nationale ou doit-elle être indépendante ? Doit-elle être au service des parents et des enseignants ou doit-elle répondre aux commandes du cabinet ministériel ? Ces questions se posent avec le projet de loi « pour une école de la confiance » qui vient d’être transmis aux syndicats. Très attaché à l’évaluation, au point de multiplier les niveaux des évaluations nationales à cette rentrée, JM Blanquer semble surtout avoir peur que l’évaluation lui échappe. Le nouveau projet de loi « pour une école de la confiance » ne se borne pas à supprimer le Cnesco. Il le remplace par une  structure qui non seulement sera dirigée par un conseil à sa botte mais aussi qui n’aura plus aucune autonomie dans ses recherches et ne pourra plus rendre aux enseignants les services que le Cnesco a rendu depuis 2013.

Un conseil contrôlé par le ministre

 Le projet de loi Blanquer ne consacre qu’un seul article (l’article 9) au « Conseil d’évaluation de l’école » qui va remplacer le Cnesco. Mais si l’article est court il rompt totalement avec les pouvoirs et la façon dont fonctionne le Cnesco.

Le Cnesco est actuellement piloté par un conseil de composé de 4 parlementaires, 2 membres du CESE et 8 personnalités choisies pour 6 ans. Il ne compte aucun fonctionnaire. Et six ans c’est plus qu’un quinquennat…

D’après le projet de loi, le Conseil d’évaluation de l’Ecole sera « composé de dix membres… quatre personnalités choisies par le ministre chargé de l’éducation nationale…; un député et un sénateur, désignés, respectivement, par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ;

quatre représentants du ministre chargé de l’éducation nationale ». Avec 8 membres sur 10 désignés par le ministre dont 4 sont des fonctionnaires, le nouveau conseil n’a plus aucune indépendance. La durée de leur mandat, 3 ans seulement aggrave cette dépendance. Clairement JM Blanquer a fait le choix de confier l’évaluation de sa réussite au ministère à… lui-même.

Pourtant le dernier rapport de l’Assemblée nationale sur l’évaluation de l’Ecole (rapport Régis Juanico et Marie Tamarelle-Verhaeghe) insiste sur la nécessaire indépendance de l’instance chargée de l’évaluation de l’Ecole vis à vis du ministre de l’Education nationale. Il proposait de faire nommer son président par le Premier ministre pour bien signifier cette indépendance. Le rapport montrant aussi comment  avoir un conseil indépendant et la collaboration de l’administration de l’Education nationale.

Il n’y aura plus d’évaluation des politiques scolaires

Les nouvelles missions du Conseil d’évaluation interrogent également. Aujourd’hui le Cnesco  » est chargé d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire » et  » fait réaliser des évaluations » à sa demande ou à celle de ministres ou des assemblées. A ce titre le Cnesco a produit de nombreuses études qui ont pris la forme de conférences internationales ou de conférences de consensus. Associant chercheurs et acteurs de l’Ecole , chacune a eu un grand retentissement dans l’Ecole. Elles ont fait avancer les connaissances et la réflexion qu’ils s’agisse des conférences sur l’enseignement professionnel, la mixité sociale, le décrochage, le redoublement, sans oublier bien sur celles sur le calcul, la compréhension en lecture ou l’écriture. Des sujets pourtant qui semblent intéresser le ministre.

Demain le nouveau Conseil de l’école ne pourra plus faire cela.  » Il veille à la cohérence des évaluations conduites par le ministère portant sur les acquis des élèves, les dispositifs éducatifs et les établissements d’enseignement scolaire. A ce titre, il établit une synthèse des différents travaux d’évaluation sur le système éducatif et a pour mission d’enrichir le débat public sur l’éducation. Il définit le cadre méthodologique et les outils des évaluations des établissements conduites par le ministère…Il donne un avis sur les méthodologies, sur les outils et sur les résultats des évaluations du système éducatif organisées au niveau national par les services du ministre ». Le futur conseil n’est plus qu’un assistant à la politique ministériel travaillant sur les évaluations décidées par le ministre.

Mais le plus singulier c’est que ce nouveau Conseil d’évaluation de l’école n’évaluera plus les politiques scolaires ! Si ce projet voit le jour, il ne restera plus que les évaluations internationales pour avoir un regard indépendant sur l’Ecole française sans avoir le travail d’explication et d’analyse extrêmement riche qu’a produit le Cnesco.

Blanquer n’a pas oublié le précédent du HCE

Comment expliquer un tel dérapage ? Le rapport Juanico – Tamarelle avait pourtant souligné l’excellent travail du Cnesco, parlant d’une  » une instance prometteuse qui, en quatre ans, a réussi à mettre en place une méthode d’évaluation du système scolaire à la fois originale, scientifique et participative » , méthode qui « contribue à la diffusion de la culture de l’évaluation au sein du système scolaire ».

Mais JM Blanquer a toujours eu des soucis avec les évaluations. Entre 2009 et 2012 il s’est acharné à produire des évaluations nationales dont le caractère non scientifique était évident. D’ailleurs on peut dire , au vu de leurs condition de passage, que c’est à nouveau le cas des évaluations de Cp et Ce1. Peu de voix au sein du ministère s’étaient fait entendre contre ces évaluations. Mis il s’était trouvé une instance d’évaluation indépendante, le HCE pour dénoncer des évaluations trompeuses. JM Blanquer a visiblement retenu la leçon. Le projet de loi est d’ailleurs rédigé au moment où l’autoritarisme du ministre fait des vagues, qu’il s’agisse des démissions en cascade au CSP ou des réactions aux tentatives d’agrandir l’influence d’Agir pour l’école (un article du même projet de loi semble écrit pour cette association) et d’imposer les méthode Blanquer.

Il est à peu près admis par les acteurs de l’Ecole qu’elle a besoin d’une instance d’évaluation indépendante, comme en disposent les pays modernes. A coup sur, le projet de loi « pour une école de la confiance » ne le permet pas.

La loi Blanquer

Le grand ratage des évaluations Blanquer

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Les écoles perturbées par la journée de grève interprofessionnelle

Lancée par les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et les syndicats de lycéens et d’étudiants FIDL, UNL et UNEF, la journée de grève et manifestations du 9 octobre aura un impact dans les écoles et établissements scolaires. La journée veut stopper les projets gouvernementaux en matière sociale particulièrement la réforme annoncée des retraites. Elle veut aussi  » améliorer les conditions de travail et augmenter les salaires, les retraites, les aides sociales pour l’autonomie des jeunes, les minima sociaux » et « défendre la Fonction publique et les services publics : statuts, missions, emplois, salaires, conditions de travail et s’opposer aux suppressions de postes et au transfert de missions vers le secteur privé ». Les établissements scolaires vont être touchés déjà par la grève d’une partie des enseignants. Ainsi à Rennes on annonce 13 écoles sur 83 en service minimum d’accueil. Le grève des agents territoriaux va aussi affecter les services de restauration. Toujours à Rennes, par exemple, 41 écoles seront privées de repas, soit presque la moitié.

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