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Bac : traumatisme pour l’Ecole

Après les révélations de ces derniers jours sur la façon dont les résultats du bac ont été obtenus, de nombreux enseignants, des présidents de jury, des chefs de centre manifestent leur dégout. Des notes ont été attribuées de façon non réglementaire. La volonté des jurys n’a pas été respectée dans plusieurs cas. Alors que toutes les copies sont en train d’être rendues, les jurys se trouvent à partir du lundi 8 juillet à valider ou pas des notes fictives et à prendre des décisions d’admission ou pas. JM Blanquer s’en lave les mains : « Je ne suis pas derrière chaque jury » a-t-il déclaré sur TF1 le 5 juillet laissant les jurys seuls face à l’illégalité éventuelle de leurs actes. La fracture morale avec la profession et ses valeurs semble acquise.

300 centres concernés

« Je me suis dit : ce n’est pas vrai, on n’a pas fait ça ». Le témoignage d’un chef de centre dans Libération qui se rend compte après coup qu’en suivant les recommandations ministérielles ila commis des irrégularités et créé une inégalité entre les candidats incompatible avec les valeurs de l’Education nationale , résument ce qui s’est passé dans de nombreux centres.

Selon le ministère une centaine de centres d’examen ont été concernés par la retenue de copies sur 1500. Le site Bloquons Blanquer en recense de son coté de façon très précise 300. Pour ne pas entamer le dialogue avec les grévistes, JM Blanquer n’a pas pris un arrêté modifiant le règlement d’examen. Il a fait savoir que le ministère décidait de remplacer les notes manquantes par la moyenne des notes de l’année ou , quand il n’y a aps de livret scolaire, par une note imaginée par le jury. Et il a compté sur les chefs de centre pour faire appliquer la consigne.

Les témoignages s’accumulent

Les résultats se lisent dans ce nombreux témoignages vérifiés par les médias. Ainsi Céline Vaguer, présidente de jury à Montauban, explique que son jury a refusé de s’affranchir des textes réglementant l’examen. Le jury n’a donc pas pris de décision. Pourtant les résultats étaient proclamés le 5 juillet. Quelqu’un a donc rempli les bordereaux à la place du jury. D’autres témoignages vont dans le même sens. Ailleurs, des enseignants qui n’étaient pas d’accord avec les voeux de JM Blanquer ont été interdits de jury ou ont subi des pressions. Ailleurs un proviseur a remplacé le président de jury récalcitrant, violant ainsi l’anonymat des candidats. Le site Bloquons Blanquer donne des centaines d’exemples précis de jurys où le règlement d’examen n’a pas été respecté.

« Il est question de valeurs. D’égalité mais aussi de transparence pour les candidats », explique C Vaguer dans Libération. Pour assurer la sortie des bordereaux à la date du 5 juillet , les recommandations ministérielles ont piétiné des valeurs essentielles du système éducatif. L’égalité entre les candidats n’est pas respectée quand certains ont le bac au controle continu quand d’autres l’ont, selon le règlement, en fonction de leurs notes aux épreuves. On a l’exemple d’un candidat absent dans une discipline toute l’année crédité d’un 10 par le jury. Ce principe d’égalité semble plus fort que la souveraineté du jury. L’anonymat des copies n’a pas toujours été accepté.

Tout cela n’a été possible que par la mobilisation de la machine administrative qui a tourné à plein régime pour satisfaire le ministre en contradiction avec les valeurs de l’Ecole.

Les jurys face à un choix moral

« Ceux qui sont admis ce matin seront certains de l’avoir », a dit JM Blanquer sur France 2 le 5 juillet. Voilà la question qui se pose aux jurys à partir du 8 juillet. Le cas des 50 000 candidats ayant des notes « provisoires », en fait factices, va repasser devant les jurys puisque toute sles copies ont déjà été rendues ou vont revenir lundi. Certains déclarés « admis »  vont se retrouver avec leurs vraies notes non admis. Inversement d’autres candidats convoqués à l’oral n’en auront pas besoin. Quelle décision prendront les jurys ? Vont-ils valider la parole ministérielle contre le règlement d’examen ? Ou choisiront-ils de rester fidèles aux valeurs de l’Ecole ? A coup sur on va revoir des scènes désolantes dans les jurys du 8 au 10 juillet.

JM Blanquer se réfugie derrière la souveraineté des jurys avec sa petite phrase sur Tf1 : « Je ne suis pas derrière chaque jury ». En effet les jurys sont amenés chaque année à modifier des notes , par exemple pour « racheter » un candidat à qui il manque un point ou deux pour avoir le bac. Mais les circonstances de 2019 sont nettement différentes. La consigne vient du ministère. Et elle concerne des milliers de candidats. Enfin le secret est levé. La France entière sait que l’inégalité a été introduite dans l’examen.

Une coupure définitive

Il est évident que des recours auront lieu. Que se passera t-il si un tribunal démontre qu’un jury n’a pas respecté la loi ? Qu’en sera t-il pour l’ensemble des candidats de ce jury ? Et pour les membre du jury et le chef de centre ?

Mais la principale conséquence est ailleurs. Les relations entre les enseignants et JM BLanquer étaient déjà très mauvaises, seulement 6% d’entre eux étant en accord avec sa politique selon le Baromètre Unsa. Mais avec le bac, JM Blanquer oblige l’éducation nationale à choisir entre ses valeurs et l’efficacité technocratique. Jusqu’à maintenant l’institution semble préférer piétiner les principes qui l’animent. Il n’est pas certain que cela dure partout cette semaine. Il est par contre évident que le fossé entre le ministre , certains cadres et les enseignants a changé de nature. En passant du terrain politique ou pédagogique au terrain moral il devient une coupure définitive.  

Blanquer et le KO

Capharnaüm dans les jurys

Céline Vaguer dans Libération

Libération : réaction d’un chef de centre

Des jurys refusent de délibérer

De graves irrégularités dans les jurys

Blanquer a-t-il demandé aux chefs d’établissement d’inventer des notes ?

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1400 postes non pourvus aux concours 2019

JM Blanquer est peut-être « le ministre des professeurs », il n’est pas celui de leur recrutement. Près de 1500 enseignants vont manquer à la rentrée. La crise du recrutement des enseignants connait une accélération sans précédent en 2019. Le ministère a beau réduire fortement le nombre de postes offerts, il arrive de moins en moins à trouver le nombre d’enseignants fixés. Les concours de 2019 montrent une dégradation rapide du recrutement aussi bien dans le premier que dans le second degré. Une situation qui n’arrive pas par hasard. Le gouvernement veut augmenter la nombre de contractuels, pas celui des fonctionnaires.

865 postes non couverts dans le 1er degré

Dans le premier degré, le Snuipp évalue à 865 le nombre de postes non pourvus à la rentrée (concours externes, seconds concours internes et 3ème concours).  C’était 775 postes en 2018 et 564 en 2017. On a donc une dégradation nette de la situation. Cela se lit dans les résultats académiques. 6 académies sont maintenant en déficit : Créteil avec 483 postes, Versailles avec 368, la Corse (-9), Orléans Tours (-6), Nice (-4), et Montpellier et Nancy Metz (-1). L’académie de Créteil pourrait compenser la perte des 483 postes avec le concours spécial offrant 500 postes. Ce ne sera pas le cas de Versailles où le concours spécial n’offrira que 200 postes.

Cette dégradation de l’attractivité du métier est d’autant plus nette que le nombre de postes mis aux concours régresse. En 2017 on comptait 13 287 postes pour ces concours, 12 303 en 2018 et maintenant 11 485. Il y a en pourcentage deux fois plus de postes non pourvus en 2019 (7.5%) qu’en 2017 (4.2%), année pourtant record pour le recrutement.

532 postes vacants au seul capes externe

Ce n’est pas mieux dans le second degré. Les résultats d’admission au capes externe sont publiés et ils montrent, là aussi, une dégradation rapide qui concerne aussi bien les disciplines littéraires que scientifiques. Si tous les postes sont pourvus en lettres modernes, c’est le cas de moins de la moitié des emplois en lettres classiques. On compte seulement 65 reçus pour 145 postes. En allemand seulement 150 postes sont pourvus sur 250 proposés. En maths 972 enseignants sont recrutés pour 1200 postes proposés. Il en manque donc 228. Et cette année c’est aussi le cas en physique chimie. Pour la première fois cette discipline entre dans le rouge : on compte 263 postes pourvus pour 385 emplois offerts.

Au total 532 certifiés vont manquer à la rentrée.  En 2017, il manquait 342 certifiés et 1233 en 2017. Mais le capes externe de 2017 proposait 7315 postes contre 5833 en 2018 et 5460 en 2019. Autrement dit , malgré une diminution très importante des postes proposés, le ministère n’arrive plus à les remplir.

La baisse des postes nourrit celle des candidats

En 2018, le ministère avait justifié la baisse du nombre de postes mis aux concours par la volonté d’avoir un budget « sincère » et d’ajuster le nombre de postes ouverts à la réalité de l’offre. Mais au final on constate que l’offre reste supérieure à la demande et que la baisse continue.

Comment expliquer cette situation ? On constate depuis 2017 une baisse rapide du nombre de candidats présents aux concours depuis 2017, alors qu’on avait une hausse entre 2013 et 2017. Autrement dit, la réduction du nombre de postes proposés depuis 2017 a cassé la difficile reconquête qui avait été opérée par le gouvernement précédent. On est rentré à nouveau dans un cycle de déclin des candidatures à l’enseignement comme celui qu’on a connu sous Sarkozy. Pour que les étudiants s’orientent vers le métier d’enseignant il faut leur garantir une certaine stabilité de recrutement. Ou alors il faut réduire la formation à une seule année… On peut difficilement faire entrer des étudiants dans une tunnel de formation de 2 ans si chaque année on diminue le nombre de postes.

Une autre raison est bien sur à trouver dans les conditions d’exercice des enseignants. Les salaires enseignants sont inférieurs de 26% à ceux des cadres équivalents de la fonction publique. Et ils le sont encore davantage pour ceux du privé. Les éventuels candidats voient aussi les conditions d’exercice du métier menacées. Il n’est question que de réduction des congés et du temps libre, que d’augmenter la durée du travail, que de diminuer les libertés dans le métier. Les enseignants ne s’y trompent pas qui ne recommandent très majoritairement pas à leurs enfants leur métier.

Le gouvernement veut-il rendre le métier attractif ?

Cela peut-il évoluer positivement ? Le ministre ne cesse de parler de revalorisation. Mais il est clair qu’elles se limiteront au mieux à l’application des engagements pris par le gouvernement précédent (PPCR) moins la hausse du point Fonction publique, qui avait été dégelé en 2016 et 2017 avant d’être à nouveau bloqué après les présidentielles. La dernière négociation salariale s’est terminée par le maintien du gel.

Mais pourquoi il y aurait il une évolution ? Le ministère a envoyé une réponse claire en imposant une seconde heure supplémentaire dans le second degré, évitant ainsi de créer des postes. La politique officielle du gouvernement est d’encourager la contractualisation, comme le porte la loi de transformation de la fonction publique. Pour lui tous ces postes non pourvus sont une occasion pour recruter des contractuels en place des fonctionnaires.

Gageons que la situation devrait connaitre une nouvelle dégradation en 2020 : le transfert du master 2 en fin de m2 va imposer la suppression du statut de fonctionnaire stagiaire. Les futurs enseignants ne seront plus que des étudiants et le métier va perdre encore un rare élément d’attractivité : pouvoir être payé en M2.

Etude Depp sur les concours

La croissance exponentielle des contractuels

Les enseignants trop payés ?

Le gouvernement poursuit le gel

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Bac : la fraude vient d’un établissement privé

Selon Le Parisien, la fuite des sujets du bac viendrait du lycée privé Ozar-Hatorah de Créteil. Un surveillant, mis en examen, aurait vendu un sujet de maths. Il aurait également vendu un sujet de géographie, discipline jusque là non citée. Selon son avocat il aurait agi sous pression du chef d’établissement privé : « son employeur lui aurait fait comprendre, sans parler frontalement de triche, qu’il serait bon de donner un coup de main à quelques élèves en difficulté ». Le Parisien cite aussi un élève qui affirme que  » tous les lycéens du 16e avaient eu connaissance de ce sujet le matin de l’épreuve ». On sait que le ministre n’a pas fait refaire les épreuves. L’affaire n’est pas pour autant terminée. L’administrateur de TI Planet affirmait que la fraude porte sur plusieurs séries de maths et sur la physique chimie de S. Le surveillant est il responsable de toutes ces fuites ?

Dans Le Parisien

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Loi Blanquer : les Républicains saisissent le Conseil constitutionnel

Les députés Républicains ont saisi le Conseil constitutionnel sur la loi Blanquer. Ils ne contestent pas l’article 1. Ce qui les chagrine c’est le fait que les communes qui versaient avant la loi une aide aux maternelles privées ne bénéficient pas de la même compensation que les autres.  » La mesure susvisée méconnaît le principe d’égalité en ce qu’elle règle de façon différente des situations identiques », écrivent les députés.

La saisine

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Bac : les réactions, de Macron au Snes

Sans surprise, si E Macron soutient le ministre de l’éducation nationale, le PS fustige le ministre. L’Unsa Education envoie dos à dos ministre et grévistes… Le Snes propose aux jurys du 8 juillet une motion.

Interrogé sur France Info le 7 juillet, le président de la République témoigne de son soutien au ministre de l’éducation. « Je pense que le ministre a eu la bonne réaction », dit E Macron. « Je respecte la liberté d’opinion, la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otages ». Comme si le ministre n’était pour rien dans cette affaire…

« En inventant le stratagème de la note de contrôle continue pour remplacer provisoirement la note du baccalauréat, M. Blanquer a ajouté de la confusion à la tension. Pour la première fois un ministre de l’éducation a justifié une rupture dans l’égalité de traitement entre candidats à un diplôme national et créé par la-même une probable autoroute à contestation, juridique cette fois. D’autant que de nombreux témoignages montrent que pour appliquer les instructions ministérielles, des chefs de centre ont pris de grande liberté avec le règlement d’examen », écrivent Olivier Faure, premier secrétaire du PS et Yannick Trigance, secrétaire à l’éducation. « C’est toute la limite de la méthode Blanquer qui est posée aujourd’hui. Les tours de passe-passe et le passage en force ne marchent plus ».

« Notre Fédération appelle le Ministre à engager un réel dialogue afin qu’en septembre, ni les élèves, ni les personnels ne fassent leur rentrée scolaire dans de telles conditions », demande Frédéric Marchand de l’Unsa Education. « La montée des crispations était prévisible car si les réformes de notre système éducatif sont nécessaires, elles ne peuvent se faire sans dialogue et la prise en compte des hommes et des femmes qui les mettent en oeuvre.. Cela fait plusieurs mois que l’UNSA Éducation alerte le Ministre et ses équipes à ce sujet. Il est encore temps d’agir et trouver une issue favorable… Il est temps d’agir également pour ne pas s’engager vers la prochaine rentrée scolaire dans ces mêmes conditions ».

Sur Twitter, le Snpden Créteil abat ses cartes. « Le SNPDEN Créteil tient donc à féliciter tous ceux qui se sont engagés pour la réussite de cette journée cruciale et nous saurons rappeler au Ministre que si les résultats ont été publiés, c’est avant tout grâce aux chefs d’établissement », affirme t-il.  Et il ajote : « Etre « le ministre des professeurs » ne suffit donc pas, les personnels de direction doivent maintenant être remerciés et considérés comme ils le méritent »…

 » Nous, professeurs, membre du jury XXX, dénonçons une nouvelle fois les conditions dans lesquelles se tiennent les délibérations de la session 2019 du baccalauréat. Nous dénonçons la rupture d’égalité introduite par la prise en compte du contrôle continu dans les résultats de l’examen ». Le Snes Fsu propose aux jurys d’adopter cette motion le 8 juillet. « En aucun cas, nous ne pourrons être responsable de l’invalidation juridique des résultats des élèves du jury XXX. La responsabilité en incombe au Ministre et à lui seul qui a imposé ce protocole de délibération au mépris de la souveraineté des jurys ».

Sur Huffington Post

Unsa Education

Snes

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La FCPE contre le SNU

La FCPE ne soutient pas le service national universel (SNU). Dans le JDD, Rodrigo Arenas et Carla Dugault, co-présidents de la Fcpe, proposent d’utiliser autrement l’argent du SNU, 1,5 milliard, d’euros. « Pour faire connaître la vie en collectivité et ses règles, les valeurs de la République, le civisme, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme. On peut par exemple inscrire nos enfants dans des colonies de ­vacances, malheureusement inaccessibles aux familles les plus en difficulté en raison de tarifs souvent prohibitifs. Cette manne financière aurait aussi pu permettre la prise en charge des voyages scolaires, plutôt que de compter sur les parents qui passent des après-midi à faire des gâteaux et à les vendre aux sorties d’école pour alléger la facture des plus démunis. Au lieu du service militaire « light », la FCPE propose que chaque enfant puisse bénéficier gratuitement, comme c’est le cas pour le SNU, d’une classe de découverte ou d’une colonie de vacances ».

Dans le JDD

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SOUTIEN DU SUPÉRIEUR : NON au « bac provisoire » instauré par Jean-Michel Blanquer – Communiqué du SNESUP-FSU du 5/07/2019

[SOUTIEN DES COLLÈGUES DU SUPÉRIEUR : BLANQUER BLOQUE LE BAC, DE LA MATERNELLE À LA FAC ON CONTRE-ATTAQUE]
« NON au « bac provisoire » instauré par Jean-Michel Blanquer – Communiqué du SNESUP-FSU du 5 juillet 2019
Face à une grève inédite des enseignant·es correcteurs et correctrices du bac qui demandent une ouverture de négociations sur la réforme du bac et du lycée, face au refus de nombreux/ses enseignant.es-chercheur.es qui refusent de présider les jurys de bac, le Ministre choisit l’affrontement en menaçant nos collègues du second degré des pires sanctions. Il va même jusqu’à créer une rupture d’égalité entre les élèves pour la délivrance du baccalauréat en remplaçant des notes d’épreuves terminales anonymes par celles du contrôle continu.
Face aux pressions hiérarchiques et aux pratiques inacceptables (levées d’anonymat, expulsions, notes saisies pendant la nuit, validation de la note de 10/20 par défaut, etc), le SNESUP-FSU comme les autres syndicats de la FSU rappellent que  l’administration de l’Éducation nationale doit garantir l’égalité de traitement des candidat.es ! La parole du Ministre Jean-Michel Blanquer ne fait pas office de loi. Ses menaces concernant les retenues sur traitement constituent une grave atteinte au droit de grève, droit garanti par notre Constitution. Solidaires de nos collègues de l’enseignement secondaire, nous appelons à l’ouverture de négociations et à la prise en compte de leurs revendications
Le SNESUP-FSU rappelle que le baccalauréat, avec le DAEU, est la seule condition pour suivre des études supérieures. Toutes et tous les élèves remplissant cette condition doivent pouvoir poursuivre les études supérieures de leur choix. »
https://www.snesup.fr/article/non-au-bac-provisoire-instaure-par-jean-michel-blanquer-communique-du-5-juillet-2019

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Manipulation des rectorats, intimidation des professeurs, notes trafiquées… 2019, le bac de la honte

Même Valeurs Actuelles s’y met…

Confronté à une opposition unanime des syndicats de professeurs à sa réforme “école de la confiance”, le ministère de l’Education nationale a usé de stratagèmes douteux pour faire croire que le baccalauréat 2019 s’est bien passé. Résultat : le bac le plus injuste et absurde depuis 1968. Récit, de l’intérieur, d’un professeur anonyme.

Contestée massivement, malgré les démentis du ministère, la réforme du baccalauréat et du lycée, réforme baptisée “Ecole de la confiance” a contre elle, chose rare, tous les syndicats d’enseignants. Ironie de l’histoire, l’Education nationale et une partie de l’administration manient l’antiphrase avec le même brio que les ministères de 1984, car l’institution n’a jamais montré une telle défiance à l’endroit de ceux qui assurent l’enseignement au quotidien. On les a peu consultés et pas du tout entendus. On s’apprête à faire enseigner aux professeurs de Lettres et de philosophie une spécialité nouvelle baptisée HLP (Humanités, Littérature, Philosophie) pour laquelle aucun n’a été formé et dont l’objet et la finalité restent tout à fait nébuleux. Sourds à toutes les demandes de dialogues, le ministre et le gouvernement ont joué la politique du pire. La voici : le bac le plus injuste, le plus absurde depuis 1968.

Les syndicats avaient tous appelé à une grève du baccalauréat. Cela a commencé par une grève importante des surveillances, grève minorée par le gouvernement qui adressa à la presse le nombre de grévistes à… 7 heures le matin, avant qu’on ait pu savoir combien de professeurs et de surveillants manqueraient à l’appel. Ils furent nombreux. Dans certains lycées, la surveillance fut insuffisante (un seul surveillant au lieu de deux), dans d’autres des parents d’élèves furent engagés à la hâte pour surveiller. Quel sérieux attendre de telles dispositions ? C’est au prix de tels dispositifs à la limite de la légalité que le ministre put crier victoire. Toujours la confiance dans le tripatouillage. Sur le même sujet Fuites au bac : le ministère de l’Éducation porte plainte

Intimidation des professeurs par le ministère

Beaucoup de jurys dans toute la France refusèrent cette mascarade : certains refusèrent purement et simplement de siéger, certains acceptèrent de statuer sur les candidats dont on avait toutes les notes, mais refusèrent d’être partie prenante d’une opération qui semblait rompre l’équité entre les candidats. Certains acceptèrent certes la mascarade. Pour faire pression sur les membres des jurys, les rectorats exigèrent que les jurys revotent, nominativement, pour la motion choisie. Il y eut souvent un refus de cette intimidation.

Dans les cas où les jurys avaient refusé de siéger ou avaient refusé de statuer sur les candidats  “incalculables”, il fut annoncé que le chef de centre – un proviseur (nullement habileté pédagogiquement à évaluer les élèves, qui ne peut être ni président (un universitaire normalement), ni vice-président (un professeur du secondaire) et un professeur du secondaire volontaire ou désigné. Voilà donc des personnes qui souvent n’ont corrigé aucun des candidats et qui vont leur attribuer des notes qui sont sans rapport avec l’examen. Sur le même sujet Éducation : les profs français passent trop de temps à faire la loi

Conclusion : cette année, il y aura les candidats qui auront un bac qui sera le résultat de leurs performances à l’examen dans toutes les matières et des candidats dont certaines notes seront tirées de leur livret scolaire ou de leurs autres notes. Ou quand une note en EPS et en anglais peut décider de votre note en philosophie ou en mathématique !

Bac soviétique

L’URSS pratiquait le plan quinquennal : on décidait d’objectifs à atteindre pour les cinq années à venir. Si les objectifs n’étaient pas effectivement atteints, on faisait comme s’ils l’étaient. M. le ministre Blanquer a inventé le bac soviétique : il faut pouvoir dire que tout s’est bien passé. On confie donc le travail à ceux qui ne sont pas qualifiés, mais qui ont la qualité attendue : la docilité face à l’injustice et à l’absurdité. Sur le même sujet 1800 postes en moins à l’Éducation nationale : Blanquer, caricature de Macron

La confiance est donc nulle dans le travail des correcteurs et devrait être moins que nulle chez les candidats et leurs parents qui ne seront pas de quelle manière ils furent traités. Certains, nombreux, réussissent mieux l’examen que les travaux de l’année, car ils ont bien révisé : ceux-là seront réévalués si leur note d’examen se révèle, après récupération de la copie, meilleure que dans le contrôle continu ou dans la moyenne établie. Ceux au contraire qui ont moins bien réussi l’examen que leurs travaux de l’année conserveront la note factice.

Il y aura donc les bacs réguliers et les bacs bricolés. Voilà ce qu’on peut appeler le bac de la honte. Il aurait été si simple d’ouvrir un dialogue pour éviter cet épisode digne d’Ubu Roi. Qui peut avoir confiance dans une institution qui manie la manipulation des notes, la menace à l’endroit de gréviste (droit constitutionnel) et le mensonge sur les conditions effectives des résultats ? Si confiance est une antiphrase, alors oui, cette école qui s’annonce avec ce premier cru du bac trafiqué, est bien une  “école de la confiance”, mais Kafka et Ionesco ne sont pas loin.

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Grève du bac : Blanquer et le K.O.

« Je garantis que tous les élèves auront leurs résultats demain matin ». JM Blanquer a opté pour l’extrême fermeté le 4 juillet face aux grévistes du bac. Il les menace de sanctions et de retenue sur salaire. Le ministre nie les difficultés pourtant bien réelles apparues ce jeudi 4 juillet dans les jurys. Pour JM Blanquer ce chaos n’est qu’un mensonge diffusé par la presse. A la veille des vacances, le ministre mise sur la volonté de la population d’un retour à l’ordre et veut mettre les enseignants qui osent le défier K.O.

Le chaos

 Le chaos justement il en a beaucoup été question le 4 juillet. Les réseaux sociaux véhiculent de nombreux témoignages de jurys refusant de mettre des notes de controle continu et de manipulations des notes faites par les chefs de centre. De tout cela il ne sera pas question avec JM Blanquer qui n’y voit que crédulité de la presse. JM Blanquer était venu pour dire que la multiplication des incidents dans les jurys relevait de la manipulation médiatique. Selon lui, il n’y a que 700 correcteurs qui n’ont pas rendu leurs notes, essentiellement dans 3 académies (Créteil Versailles Toulouse). Cela représenterait 33 000 copies non rendues. Tant pis si la seule assemblée générale de Paris réunit à elle seule à peu près 500 enseignants le 4 juillet, le double de la veille.

Le message du jour c’est qu’il « garantit que tous les élèves auront leurs résultats demain matin », le 5 juillet. On se demande bien comment cela sera possible alors que de nombreux jurys ont été troublés et se sont dispersés dans la journée. Visiblement le ministre compte sur les personnels de direction, chefs de centre, pour entrer des notes et délivrer le diplôme même de façon irrégulière.

Parce que le ministre doit bien reconnaitre qu’il a perdu la bataille des notes. Dans un communiqué il annonce qu’en cas de note manquante, « les jurys sont invités à remplacer celle ci à titre provisoire par la moyenne obtenue par l’élève sur les 3 trimestres de la terminale dans la matière concernée ». Dans une note envoyée aux jurys, il est prévu qu’en cas d’absnece de livret scolaire les jurys inventent la note.

Quand on l’interroge sur la rupture d’égalité entre les candidats du fait de ces mesures, il argue « des circonstances exceptionnelles ». Les noms des candidats ayant des notes provisoires (copies non rendues remplacées par les notes de l’année ou des notes imaginées quand il n’y a pas de livret scolaire) seront affichés dans les centres dès le 5 juillet.

Des K.O.

Mais le ministre est surtout venu menacer les profs récalcitrants, « ceux qui sabotent ». « Les Français attendent un ministre qui tient l’éducation nationale », affirme JM Blanquer. Conserver les notes , « c’est une perte complète du sens du service public », estime JM BLanquer. « Ceux qui se mettent dans des situations contraires au droit seront sanctionnés » affirme t-il d’abord avant de parler de « ceux qui commettent des exactions », comme si la grève était une « exaction ». Il « leur indique de faire attention » et promet de s’occuper d’eux « en son temps ». Ces promesses ne sont probablement pas à prendre à la légère. Le ministre est certain de l’isolement de ces troublions. « La majorité des professeurs n’a pas envie de vivre sous la dictature de quelques uns », dit-il. Il veut assommer le mouvement de contestation par des sanctions.

JM BLanquer se présente comme « un homme de dialogue » et déplore que « certains essaient de (lui) donner une image autoritaire ». Tout en ajoutant qu’il « ne travaille pas sous le chantage »… D’après lui il a lancé une consultation sur la réforme du lycée puis une concertation et retenu quelques proposition syndicales. Il est prêt a donner la liste des réunions avec les syndicats, comme si c’était le signe d’une véritable concertation.

Alors que les enseignants grévistes et les syndicats appelaient à la négociation, promettant de rendre immédiatement les copies, JM Blanquer leur claque la porte au nez.  Il fait le pari de la mort des syndicats et de la contestation. Il s’apprête à faire tomber des têtes et briser ce qui  reste de la contestation.

Quelles conséquences ?

La première conséquence de cette politique c’est qu’effectivement tous les candidats devraient avoir un bordereau de notes le 5 juillet. Le ministre pourra démontrer qu’il « tient » l’éducation nationale. Mais à quel prix ! Dans beaucoup de jurys on aura pris beaucoup de liberté avec les textes.

La seconde c’est de rendre la rentrée très difficile. Contrairement à ce que dit le ministre ses réformes sont largement rejetées par les enseignants comme le montre par exemple le Baromètre Unsa (6% des enseignants approuvent la politique ministérielle). Le retrait des EPSF de la loi Blanquer illustre que l’opposition enseignante peut faire reculer le ministre et qu’elle dépasse le cadre des lycées. La façon dont le ministre traite les enseignants et leurs représentants aggrave les choses. Ses propos ont déjà fait durer le mouvement de garde des notes. Il faut s’attendre à des troubles dans les établissements dès la rentrée.

La troisième conséquence c’est la forte probabilité de recours en série de parents contre les décisions des jurys. Les instructions données ont créé une inégalité entre les candidats certains étant évalués sur les notes du bac,  d’autres sur leurs notes de l’année, d’autres encore sur des notes imaginées. De nombreux témoignages montrent que pour appliquer les instructions ministérielles, des chefs de centre ont pris de grande liberté avec le règlement d’examen. C’est une vraie autoroute à contestation, juridique cette fois, que le ministre a ouvert.

Parce qu’il ne veut pas assumer de discuter avec les professeurs grévistes, pourtant reçus par la petit porte par son cabinet, parce qu’il a entrepris de casser les syndicats, parce qu’il n’est pas un homme de dialogue, JM Blanquer fait la politique du pire. Il croit qu’affaiblir les syndicats éliminera la contestation. C’est toute l’Ecole qui va payer le prix de cette illusion.

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Grève du bac : la CFDT, la FAGE, la FCPE, le Snupden Fsu invitent le ministre au dialogue

 » Les personnels, soucieux de la réussite de leurs élèves, vont sortir profondément divisés de cette crise. La relation des élèves et de leur famille avec l’institution scolaire est fragilisée ». Le Sgen Cfdt et la Fep Cfdt n’ont pas appelé à la grève du bac. Mais les deux syndicats , avec al Fage, craignent les conséquences du pourrissement du mouvement du fait des décisions prises par le ministre.  » Il est urgent que le ministre réinstaure la confiance avec l’ensemble de la communauté éducative en installant les conditions d’une véritable co-construction des politiques éducatives », écrivent-ils.

Un peu plus tôt la Fep Cfdt (enseignement privé) montre « des collègues démunis en l’absence de consignes claires, des collègues heurtés par ce que le ministère de l’Education nationale leur demande d’effectuer, des collègues menacés d’être considérés comme grévistes… La volonté de ne pas pénaliser les élèves passant le bac ne justifie pas les moyens qui sont employés à l’encontre des agents. Cela ne fera qu’alimenter un peu plus la colère ». La Fep Cfdt « comprend la colère qu’expriment des enseignants » et  » appelle le Ministre à entendre enfin cette colère avant qu’elle n’explose davantage et à établir avec les représentants des enseignants un dialogue social constructif ».

« Comment cette « solution » peut-elle être appliquée ? Sur quel critère de droit ? Ceci signifierait qu’aujourd’hui le ministre pourrait changer les règles des examens seul ? Sans concertation avec les représentants des enseignants, des usagers de l’École ? C’est la question posée par les jurys qui refusent de délibérer sur des résultats qui intègrent en lieu et place des résultats aux épreuves terminales les notes de contrôle continu », écrit le Snupden Fsu, syndicat de personnels de direction.  » Qu’en serait-il des possibles recours des parents dont les enfants auraient échoué à l’examen à la suite de « cette solution miracle » ? ».

« Dégainer la carte du contrôle continu pour casser la contestation, c’est non seulement franchir un nouveau pas dans le mépris du corps enseignant, plus que jamais soudé semble-t-il face à la gouvernance autoritaire de sa hiérarchie, mais aussi et surtout passer un cap totalement inacceptable : à savoir, créer les conditions d’une rupture d’égalité entre les candidats au baccalauréat », estime la Fcpe de Paris.   » La position du ministre Blanquer pour gérer la crise du bac 2019 est absurde et insolente d’irresponsabilité ».

Le communqiué

Fcpe 75

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Grève du bac : les enseignants grévistes déterminés

« On ne craint pas les sanctions ». Le site Bloquons Blanquer a réuni le 4 juillet plusieurs enseignants en grève. Certains sont entrés en grève suite aux propos du ministre du 3 juillet. Tous refusent les injustices crées par les mesures prises par le ministre  pour remédier à la retenue des notes. Leur détermination annonce une rentrée difficile pour le ministre.

Un arsenal de menaces

Alain, Clara, Sirine, Thibault, Jimmie. Réunis par l’équipe du site Bloquons Blanquer, ils représentent l’assemblée générale francilienne des enseignants grévistes. Alors que les jurys du bac doivent délibérer ce 4 juillet , ils témoignent du trouble créé par la décision prise par JM Blanquer de suppléer les notes manquantes par des notes de controle continu ou même en inventant des notes quand il n’y a pas de livret scolaire.

Tous ont été appelés le 3 juillet pour rendre les notes et participer au jury. « On a eu un arsenal de menaces un peu ubuesque », dit Clara, professeure de philosophie, comme Sirine, une autre enseignante gréviste. « Proviseurs, inspecteurs et même inspecteur général ont appelé pour nos intimider. Cette méthode abjecte ne nous intimide pas ».

Pour l’équité dans le bac

Alain, professeur de maths, est entré en grève le 2 juillet seulement. Il n’a pas entré les notes dans le logiciel et refuse d’assister au jury. Pour lui si le ministre ne fait pas un geste vers les correcteurs les copies ne seront pas rendues. »On ne fait pas cela de gaité de coeur. Mais on a bonne conscience car on met dans la balance l’avenir de l’éducation nationale », dit-il.

Pour Clara,  les directives BLanquer ne permettent pas un minimum d’équité dans l’obtention du bac, certains candidats étant noté sur les épreuves d’autres au controle continu. « IL faut s’attendre à de nombreux recours de parents », estime t-elle. « Pour ne pas perdre la face, le ministre met les élèves dans une situation inédite », dit-elle.

Les sanctions, même pas peur

Alain ne craint pas les sanctions. « Le droit de grève existe. Tant que je suis en grève je résiste aux injonctions. Il est envisageable que des sanctions non justifiées soient prises. Il y aura solidarité des collègues et des syndicats », dit-il.

« Jamais les copies ne seront rendues si le ministre ne change pas de position », affirme Louis Boyard, ancien président de l’UNL. L’esprit de mai 1968 flotte sur les jurys…

Sur Bloquons BLanquer

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F. Rolet : le plus grand capharnaüm règne dans les jurys

« On voit mal comment les résultats pourraient être donnés demain ». Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, les décisions prise s par JM Blanquer sèment le trouble le 4 juillet dans les jurys. Elle invite JM Blanquer à négocier avec les enseignants grévistes.

Des jurys en ébullition

« On espérait que le ministre prendrait conscience du fait que ce mouvement des enseignants est largement partagé. Or il repique avec une attitude de déni ». Le 4 juillet, le Snes Fsu partage des information s sur ce qui se passe dans les jurys du bac au lendemain des décisions de JM Blanquer.

Les témoignages remontés jusqu’au Snes montrent des jurys en ébullition et près de 80 000 copies toujours pas rendues le 4 au matin.  Et surtout la multiplication des actes illégaux. Bien loin de calmer les jurys, la décision ministérielle de remplacer les notes absentes du fait des grévistes par des notes issues du controle continu et, pour les candidats sans livret scolaire, en inventant les notes, tout cela a choqué les enseignants attachés au principe d’égalité entre les candidats.

Des exemples

« On a le plus grand capharnaüm dans les jurys aujourd’hui », souligne F Rolet. « Des proviseurs entrent eux -mêmes les notes, des présidents de jurys nommés sans arrêté suite à une démission, des membres de jury  sans qualification. Pourtant le ministre dénie l’existence d’un mouvement et affirme que tous les élèves auront les résultats du bac ».

D’autres exemples sont arrivés jusqu’au Snes. Dans l’académie de Versailles, des jurys où l’anonymat des copies est levé. Dans le sud un jury expulsé par le chef de centre caril refuse d’enregistrer les notes issues du controle continu. En Ile de FRance et dans le Nord, des jurys où les notes ont été saisies dans la nuit par le chef de centre. Des jurys qui ne délibèrent pas car ils ne savent pas si les notes sont celles de l’examen ou du controle continu. A Toulouse une secrétaire qui met 10 à tous les candidats en SES car les notes réelles ne sont pas entrées. Etc.

Alerte sur la validité du diplôme

« Les délibérations ne  se passent pas de façon normale », souligne le Snes. F Rolet doute que les jurys puissent donner les résultats le 5 au matin. Elle invite le ministre « au lieu de brandir les menaces à recevoir les organisations syndicales en prenant en compte la situation ».

Dans un communiqué, le Snes « alerte élèves, parents et enseignants, sur le risque de non validité des diplômes qui seraient délivrés » dans les conditions imposées par JM Blanquer. « un nombre massif d’incidents est signalé sur l’ensemble du territoire national : levée de l’anonymat des candidats, expulsion du jury par un proviseur, menace d’appel des forces de l’ordre, note délivrées et/ou saisies par des personnes non habilitées, consignes du ministre techniquement irréalisables… Les consignes du ministre annoncées hier, au mépris du droit et du principe d’égalité de traitement de tous les candidats, sont seules responsables de cette désorganisation qui met en péril juridique le Baccalauréat 2019 ».

Un communiqué de l’intersyndicale (Cgt, Fo, Snalc, Snes, Sud) dénonce l’escalade de menaces de la part de JM BLanquer et demande au ministre « d’engager un véritable dialogue indispensable au bon fonctionnement du service public d’Éducation pour permettre la communication des résultats du baccalauréat ». Dans la soirée, JM BLanquer répond au communiqué en promettant des sanctions aux enseignants grévistes.

Communiqué

Exemples d’incident de jury par Bloquons Blanquer

Et d’après le Snes

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La loi Blanquer adoptée au Sénat sur fond de grève du bac

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a adopté le 4 juillet la loi Blanquer.  » La nouvelle rédaction de l’article premier rappelle l’exigence d’exemplarité des professeurs, la met au service de leur autorité, et affirme le respect qui leur est dû. Le Sénat a également réaffirmé la place centrale des valeurs de la République – drapeau, devise, hymne – au sein même de l’école », a déclaré Max Brisson (LR)  , rapporteur de la loi.

Jean Michel BLanquer a surtout parlé du conflit avec les enseignants.  » La décision de certains professeurs – 2 000 sur 175 000 – de ne pas rendre les notes du bac montre qu’une ligne rouge a été franchie. Je rends hommage aux 173 000 autres qui ont le sens du service public chevillé au corps. On peut certes avoir des désaccords avec son ministre, mais les élèves n’ont pas à en être les victimes ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, Les Indépendants, UC et Les Républicains) »

 » Entendez le mécontentement des enseignants, qui tremblent pour l’avenir de l’Éducation nationale ! Parcoursup, réforme du lycée, du bac, des lycées professionnels, suppression de postes aux concours… La défiance règne. La confiance ne se décrète pas, elle se construit !Votre réforme qui ne vise qu’à réduire les coûts va creuser les inégalités. Nous défendons une autre vision de l’école de la République », a répliqué Marie Pierre Monnier (PS).

Pour Jacques Grosperrin (LR) « de fausses rumeurs avaient allumé un débat inutile, peut-être alimenté par ceux qui aujourd’hui retiennent les notes, prenant les élèves en otage. Je regrette que le syndicalisme gagne en radicalité quand il perd en représentativité… Cela mérite des sanctions disciplinaires, car les copies appartiennent à l’État ».

Les débats

Loi Blanquer : le dossier

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L’intersyndicale de l’enseignement professionnel mobilisera à la rentrée

« L’intersyndicale nationale de la voie professionnelle appelle l’ensemble des personnels à se réunir et à débattre dans tous les établissements des difficultés rencontrées, pour construire une mobilisation d’ampleur ». Les syndicats CGT Éduc’action, CNT, SNALC, SIES, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SUD Éducation de l’enseignement professionnel dénoncent « les suppressions de postes » et  » l’imposition du mixage des publics dans les classes et l’introduction d’apprentis » qui dégradent les conditions de travail.

Communiqué

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Grève du bac : le ministère contraint d’allonger les délais

Les serveurs de saisie des notes du bac vont rester ouverts le 3 juillet, annonce le ministère. Alors que les grévistes estiment que près de 130 000 notes n’ont pas été transmises, le ministère de l’éducation nationale semble pour la première fois dépassé par la grève des examinateurs. Le ministère et les recteurs menacent les grévistes de poursuites pénales et comptent les contacter le 3 juillet pour qu’ils rendent les copies.

126 347 copies

Selon les grévistes, ce sont 126 247 copies dont les notes vont manquer dans les jurys du bac qui se réunissent le 4 juin. Une goutte d’eau dans l’océan des 4 millions de copies du bac. Mais ces notes concernent des disciplines obligatoires à tous les bacs généraux et technologiques comme la philosophie (la moitié des copies non rendues) et l’histoire-géo ou les SES. L’effet est renforcé par une certaine concentration géographique sur Créteil, Versailles, Toulouse, Grenoble et Lille.

Le 2 juillet au soir les grévistes ont tenu des assemblées marquées par un durcissement du mouvement. A Paris plus de 250 enseignants ont décidé collectivement de ne pas rendre les notes. En Lorraine ce sont 2000 copies qui manqueraient mais on craint là aussi un report des jurys. A Toulouse une centaine de correcteurs annoncent ne pas se rendre dans les jurys du 4 juillet.

Menaces de retenues sur salaire

Les autorités alternent douceurs et menaces. JM Blanquer « a confiance dans l’immense majorité des professeurs qui ont une très haute conscience professionnelle et qui n’ont aucune envie de contribuer au sabotage d’un examen ». Ses services sont plus directs. Le ministère a donné instruction de laisser les serveurs de saisie des notes ouverts au moins le 3 juillet. Cela laisse le temps aux rectorats d’appeler les correcteurs pour les convaincre de donner les notes.

D’autre part il menace de sanctions les grévistes évoquant 15 jours de retenue sur salaire entre la date de retrait des copies et celle de leur retour. Si les copies ne sont pas restituées le 4 juillet « des sanctions très graves  » seront prises.

Faire monter la colère

A Dijon, la rectrice menace de faire appel à la police. « Si certains n’apportent pas les copies (jeudi) , ils se mettent en situation de faute professionnelle », prévient-elle dans FRance Bleu. « Cette faute peut aller au pénal, les copies du bac appartiennent à l’Etat ». En cas de blocage des jurys « nous ferons appel aux forces de l’ordre » prévient-elle. Selon L’Yonne, quotidien local, les grévistes se jugent inattaquables car e grève. « Ils ne refusent pas de rendre les copies. Nous sommes simplement en grève le ou les jours où nous devons le faire ». Ils sont prets à les rendre corrigées « lorsque le ministre aura accepté de nous entendre ».

Pour le Snes Fsu, le ministre  » franchit un pas supplémentaire en menaçant de retirer jusqu’à 15 jours de salaire aux professeurs ayant collectivement décidé une rétention des notes, qui feraient valoir leur droit de grève le jour de la remise des notes du baccalauréat. Il prend ainsi la responsabilité de faire monter la colère de toute la profession, aujourd’hui et pour la rentrée, et, il met en péril la communication des résultats du baccalauréat dans les délais prévus ». Le Snes Fsu promet son assistance aux grévistes dans leurs recours.

Alors que le gouvernement poursuit la mise à mort de l’influence syndicale dans l’Education nationale en supprimant le paritarisme, la tentation du pire semble irrésistible.

Pourquoi la grève du bac et du brevet ?

L’Yonne

FRance Bleu

Déclaration Snes

Guerrilla ou pas la révolution BLanquer avance

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La loi Blanquer adoptée définitivement par l’Assemblée

 » Il est la preuve que la société peut s’unir autour de son école sur la base d’une confiance renouvelée en la promesse scolaire, en la République, dans le progrès et la justice sociale ». Indifférent aux grèves et aux manifestations, du moins en apparence, JM Blanquer a présenté  la loi Blanquer comme un modèle d’unité nationale. Pourtant le 2 juillet, lors de l’adoption définitive du texte par l’Assemblée nationale les opinions étaient bien partagées. Pour la majorité, la loi est une loi sociale. L’opposition de droite et de gauche critique l’article 1, qui devient le premier point noir de la loi après le retrait de l’EPSF, et la suppression du Cnesco. Le texte deviendra définitif après le vote du Sénat le 4 juillet. Son application pourra commencer à la rentrée 2019.

« Jamais un gouvernement n’a autant fait pour l’école »

« S’il ne fallait retenir qu’une chose, ce serait celle-là : cette loi est une loi sociale ». Jean-Michel Blanquer et les députés En Marche et Modem ont mis l’accent sur cette dimension de la loi Blanquer lors du débat final à l’Assemblée le 2 juillet.

« L’obligation de formation pour tous les jeunes âgés de 16 à 18 ans, le pré-recrutement des enseignants, la création d’un rectorat à Mayotte, les dispositions renforçant l’école inclusive, la scolarisation de tous les enfants quelle que soit leur nationalité ou encore l’adaptation des formulaires administratifs à la diversité des familles sont autant de mesures de justice sociale », affirme AC Lang, rapporteure de la loi à l’Assemblée. « L’égalité des chances est notre seule boussole. Aujourd’hui c’est l’instruction à 3 ans, hier c’était le dédoublement des classes en grande section, CP et CE1 dans toutes les REP et REP+ ; partout, la limitation à 24 du nombre d’élèves et la fin des fermetures d’écoles sans accord du maire. Au collège, c’est le dispositif « devoirs faits » ; au lycée, c’est la fin de la hiérarchisation des filières. C’est la réforme de la voie professionnelle ou encore la création des cités éducatives. Je le redis, jamais un gouvernement n’a autant fait pour l’école et contre les inégalités », s’enflamme t-elle. Elle affirme même que le nouveau Conseil d’évaluation de l’Ecole (CEE) sera plus indépendant que le Cnesco.

L’EPSF toujours à l’horizon

Pour JM BLanquer, la dimension sociale se trouve dans le pré recrutement des professeurs qui  » nous permettra de puiser ceux-ci parmi un vivier plus large et fera de la fonction professorale, dans la République, une modalité d’ascension sociale ».

La majorité souligne aussi ce que la loi n’a pas réussi à porter mais que la majorité veut remettre dans les projets : le statut de directeur d’école et  » les structures du premier degré », pour JM BLanquer. L’école publique des savoirs fondamentaux (EPSF) pour les deux rapporteures, F Charvier et AC Lang. La mobilisation des enseignants a été suffisante pour que les sénateurs retirent cet article du projet de loi et que la majorité ne le rétablisse pas.

Autre point qui devient un leitmotiv des discours de JM Blanquer, les mensonges sur ses projets. Le ministre fait la leçon aux députés de l’opposition « On doit éviter de dire des choses fausses. Dans les débats futurs il serait bon qu’on ait des débats importants en ayant le souci de la vérité de cette loi ». Pour lui il n’y a pas de désaccords entre droite et gauche sur l’Ecole. « L’école n’est pas un terrain de jeu politique », affirme t-il, oubliant le détricotage obstiné de tout ce que la majorité précédente avait construit…

« Un acte de défiance envers les enseignants »

L’opposition a focalisé ses critiques sur l’article 1 et la suppression du Cnesco.  « Sous une apparence d’assemblage disparate, ce projet de loi a, en réalité, pour ambition une transformation libérale profonde du système éducatif », estime la député PC Elsa Focillon. « Le seul et unique objectif de cet article (article 1) est d’autoriser un plus grand nombre de sanctions disciplinaires, qui seront fondées sur une grande part de subjectivité. L’étude d’impact du projet de loi nous éclaire sur ce que vous appelez confiance : «Les dispositions de la présente mesure pourront ainsi être invoquées […] dans  le  cadre  d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte à la réputation du service public. » En s’appuyant sur cet article qui évoque la confiance, vous entendez pouvoir sanctionner ce que vous ne réussissez pas à punir actuellement : sinon, pourquoi un tel article ? », dit-elle. « Il en va de même pour le Conseil d’’évaluation de l’école – CEE –, qui sera donc désormais sous le contrôle du ministère… Derrière l’inquiétude sur sa composition, c’est de la nature et de la transparence de ses futurs travaux qu’il est question. Le CNESCO – Conseil national d’évaluation du système scolaire – pouvait s’autosaisir de sujets aussi variés que l’apprentissage de l’écriture ou la mixité sociale. A contrario, le CEE proposera un cadre plus serré ».

Michèle Victory (PS) souligne que l’article 1 est « un acte de défiance » envers les enseignants. Pour C Autain c’est « une façon de mettre au pas les enseignants ». F Reiss (LR) « s’interroge sur l’article 1 ». R JUanico (PS) fait le lien entre l’article 1 et les pressions qui s’exercent sur les enseignants dès maintenant.

La suppression du Cnesco est regrettée aussi bien par E Focillon, que M Victory, F Reiss, R Juanico, MG Buffet, dans une unanimité de la droite et de la gauche qu’on ne voit pas souvent.

Le 2 juillet, l’Assemblée adopte la loi par 112 voix contre 48 et 14 abstentions. De nombreux points pourront entrer en application à la rentrée 2019 dès que le Sénat aura lui aussi adopté le texte . Ce devrait être le 4 juillet.

Loi Blanquer : Notre dossier

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« Louise », animatrice de « Bloquons Blanquer »…

« Louise » n’existe pas. C’est le pseudonyme choisi par l’une des deux jeunes enseignantes franciliennes qui animent le site « Bloquons Blanquer ». « Louise  » n’a pas peur d’être reconnue. Mais, très militantes,  les deux professeures refusent toute mise en avant personnelle. Elles se concertent pour s’exprimer par l’artefact de ce personnage. A force de travail, elles ont fait du site « Bloquons Blanquer », créé en mars 2019 à la suite d’une AG parisienne, l’étendard de la révolte enseignante contre la politique menée par JM Blanquer. De quoi rendre jaloux les syndicats et amer le ministre. Comment une simple professeure réussit-elle ce tour de force ? Comment gère-t-elle une influence avec laquelle le pouvoir doit compter ?

Louise est professeure dans une école Rep+ du Nord-Est parisien . Elle n’est pas devenue professeure des écoles par hasard. « J’ai choisi ce métier précisément parce que je pense que l’école est un pilier de l’émancipation. C’est un choix que j’ai fait dans la continuité d’un engagement militant de longue date sur le terrain des luttes sociales mais aussi sur celui des mouvements de pédagogie active. D’ailleurs, en classe, je pratique les méthodes Freinet ».

Qu’est-ce qui vous a amené à vous opposer à la Loi Blanquer ?

La première fois que je suis allée à une réunion d’enseignants où l’on m’a parlé du projet de loi, quand j’ai entendu la liste des mesures, un mot a résonné dans ma tête immédiatement, sans même que je réfléchisse, juste par association d’idées : « Blitzkrieg ». Blitzkrieg, c’est la « guerre-éclair », qui vise la sidération. Et c’est vraiment le projet de ce gouvernement. La liste des mesures – y compris en dehors de l’éducation nationale – prises sans concertation, dans l’urgence, au mépris de toutes les levées de boucliers des gens concernées est juste hallucinante. Ca va tellement vite, qu’on n’a pas le temps de penser à ce qui nous arrive, ni de nous organiser. Et c’est bien le but. Taper fort avec des mesures si jargonnantes qu’elles paraissent « floues », c’est un mot que j’ai entendu dans la bouche de beaucoup de personnels de l’éducation qui ne voyaient pas pourquoi il fallait se mobiliser, et empêcher toute forme de contestation.

L’article 1 de la loi, qui instaure un « devoir d’exemplarité » est d’ailleurs très inquiétant à cet égard : on est dans 1984, mais ça a l’air d’être un mauvais Disney, avec des couleurs chatoyantes et rien de bien méchant. Pourtant, une fois qu’on a décortiqué la loi, on aperçoit une logique très claire, en deux volets : d’une part, trier les élèves dès la maternelle, et jusqu’à l’université, entre ceux qui méritent tous les honneurs et toutes les attentions, et ceux qui peuvent bien se contenter d’une « école du socle ». D’autre part, faire taire tous ceux et celles qui s’opposeraient à ce tri. Je m’oppose farouchement à cette logique.

Comment est née l’idée du site bloquonsblanquer.fr ?

L’idée de la plateforme est née en AG. Au début du mouvement, en mars, on entendait beaucoup d’idées, beaucoup de rendez-vous, mais les informations étaient difficiles à trouver, éparpillées… C’est alors qu’avec un tout petit groupe, on a lancé l’idée qu’il faudrait une plateforme pour tout regrouper. C’est ainsi que le site internet est né. Dans l’équipe, certaines savaient utiliser WordPress, et avaient un passé dans la communication et le marketing. Du coup la commission « site internet » est vite devenue une commission « communication » qui articulait la plateforme en ligne avec les réseaux sociaux. C’est une forme de militantisme un peu nouveau, qui complète la grève et manifs, sans s’y opposer, et qui permet d’agir y compris depuis chez soi. Moi là-dedans, je me retrouve complètement : je suis mère célibataire. Un engagement compatible avec cet état de fait, où il ne s’agit pas de faire la course à l’échalote de qui restera le plus tard à l’AG pour prouver son plus grand engagement, ça fait du bien. A Bloquons blanquer, chacun et chacune participe comme il ou elle peut ou veut, le temps qu’il ou elle peut. Certain et certaines ont donné deux semaines, puis sont reparties – mais ces deux semaines ont été précieuses, d’autres sont là depuis le début et donnent un jour par semaine pour l’agenda… On peut venir à une réunion et pas à une autre, on s’entraide, on se forme mutuellement… Il y a une grande bienveillance et une grande empathie.

Votre engagement semble plus politique que pédagogique, ou est-ce finalement un mélange des deux ?

Si l’on lit Jacques Rancière, on voit bien que la pédagogie n’est pas séparée d’une vision politique. La plupart des enseignants et enseignantes engagés contre les réformes Blanquer ont une vision émancipatrice de l’école. Mon engagement comme prof est politique – c’est pour ça que j’ai choisi une pédagogie de la coopération. Alors mon engagement politique est forcément pédagogique ! D’ailleurs, à Bloquons Blanquer, l’un des maîtres mots est la formation mutuelle, dans la lignée de l’éducation populaire. On bouscule le modèle traditionnel de l’AG souveraine à qui les commissions techniques viennent rendre des comptes, parce que ce modèle est basé sur une dichotomie implicite entre les sachants et les non sachants.

Pour pouvoir faire une plateforme internet par exemple, il faut absolument savoir comment fonctionne le référencement, avoir des notions techniques précises et à jour sur les algorithmes de Google et de Facebook. Mais le choix des mots-clés, des titres et des chapeaux est stratégique et politique ! Donc ça n’a pas de sens de demander à une AG qui n’aurait pas ces notions techniques de décider pour une commission « propagande » qui ne serait qu’exécutante. Mais ça serait un contresens politique que de vouloir qu’une commission experte décide de la stratégie du mouvement. La seule solution pour sortir de cette aporie, c’est la montée en compétence par l’autoformation et la formation mutuelle, de tous et toutes. Bloquons Blanquer est ouvert à tous et toutes moyennant un droit d’entrée qui est une formation minimale de 30 mn.  Idéalement, il faudrait que la forme des AG permette un espace de discussion collective sur ces questions-là. Pour l’instant, c’est balbutiant. Mais la pédagogie par l’exemple, ça marche aussi ! Et beaucoup de sceptiques du début se rendent compte qu’on a obtenu des résultats non négligeables, comme le soutien public de Ludivine Bantigny, Antoine Peillon et Bertrand Tavernier, entre autres… Avec nos méthodes bizarres…

Qu’est-ce que ça change à votre vie quotidienne de prof ?

Ça diminue les heures de sommeil ! Tout ceci est épuisant, évidemment. Et il faut avouer que pour les plus acharnés d’entre nous, on a beaucoup moins vu nos élèves au troisième trimestre. Mais c’est pour eux qu’on fait ça ; tout ce temps arraché au travail, tout ce temps transformé par la grève, est aussi constitutive de notre posture enseignante.

Votre plateforme prend beaucoup d’ampleur, pas trop difficile à gérer ?

C’est vrai qu’on n’a pas vraiment vu venir l’ampleur de notre idée. Au début, on a juste proposé un site pour diffuser et offrir une plateforme commune au mouvement. Et puis aujourd’hui on est devenue une commission trans-AG : notre travail est reconnu par des collègues de toute la France, et notre volonté d’agréger les forces fonctionne ! Sur notre fil de discussion Whatsapp, il y a des gens de Montpellier, de Toulouse, de toute l’Ile-de-France ! On agrège aussi les parents d’élèves et les lycéens, et ça c’est vivifiant ! De notre point de vue, le plus effrayant, c’est ce qui se profile pour les écoliers et les lycéens : la mise en concurrence de tous contre tous, le tri à chaque étape avec sa production de « déchets ». Quand on voit le sort réservé au lycée pro, qui perd la moitié de ses enseignements de matière générale, il y a de quoi être effrayé sur l’avenir qu’on nous réserve ! Le lycée pro, c’est un tiers des lycéens et dans certains endroits, c’est la majorité des jeunes qui y vont. Or ce sont nos futurs concitoyens ! Est-ce qu’on veut ça, partager une citoyenneté avec des gens qui n’auront plus aucune culture générale ?

C’est vrai qu’on voit ça et là des collègues se dire que c’est trop dur, face à un gouvernement complètement sourd et aveugle. Mais nous on se dit : c’est trop grave, on ne peut pas renoncer. Autour de nous, dans la « vraie vie » ça parle d’effondrement, et voici une contre-réforme de l’éducation, faite en 2019, qui ne dit pas un mot des enjeux d’aujourd’hui ? D’ailleurs, ce qu’on réclame, ce sont des états généraux de l’éducation. Et si ça se fait, ça se fera avec les syndicats, mais aussi avec des gens de la base, comme nous. C’est ça la démocratie directe. C’est sûr qu’on porte un nouveau modèle – c’est dans l’air du temps. Mais ce n’est pas nous que ça effraie.

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Salaire : le gouvernement poursuit le gel et introduit le mérite

Alors que la commission mixte paritaire doit examiner le 4 juillet la loi de transformation de la fonction publique, le rendez vous salarial obligatoire du 2 juillet s’est révélé très décevant. Pourtant l’Insée calcule un écart significatif entre les salaires enseignants et ceux des autres fonctionnaires.

 » Le gouvernement refuse une nouvelle fois d’augmenter les salaires des agent-es de la Fonction publique ! Pas de dégel de la valeur du point d’indice, pas de mesures générales, pas d’abrogation du jour de carence… Quand aux non-titulaires, ils devront également attendre… », note la Fsu. Seule l’application des mesures du PPCR (850 millions pour toute la fonction publique en 2019 selon le gouvernement) est prévue. Ces accords ont été signés en 2015 par le gouvernement précédent. La Garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) sera reconduite en 2019 et, à titre exceptionnel pour 2020 uniquement, la compensation de l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG (IE-CSG).

Le gouvernement de son coté se félicite de l’arrivée de la rémunération au mérite « avec la création d’un « bonus » pour les agents publics titulaires et contractuels… Au sein de l’Etat, un accompagnement méthodologique et financier spécifique sera mis en place pour déployer prioritairement ce nouveau bonus, modulé sur la base d’objectifs individuels et collectifs, au bénéfice des agents les moins primés et de leurs administrations ».

Ces décisions sont prises alors que l’Insee publie une étude de la rémunération des fonctionnaires en 2017. Selon l’Insee, « le salaire net moyen des enseignants de catégorie A est inférieur de 25.8% à celui de leurs homologues non enseignants ». L’étude montre pourtant qu’en 2017 le salaire des enseignants a augmenté trois fois plus vite (1.6%) que celui des non enseignants (0.5%). Une situation qui avait déja été constatée en 2016 avec la revalorisation des enseignants du premier degré et la hausse de la prime ISAE. Mais la politique de gel salarial mise en place après les élections de 2017 n’a pas renouvelé ce rattrapage en 2018. Les enseignants français restent parmi les plus productifs et les moins bien payés selon l’OCDE.

Fsu

Communiqué gouvernemental

Insee Première

En 2016

Les enseignants sont-ils trop payés ?

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Plus de 1000 postes manquants à la rentrée

Plus d’un millier de postes ne seront pas pourvus à la rentrée. Les premiers résultats du capes externe montrent qu’il y a moins de disciplines en déficit que les années précédentes dans le second degré. Mais près de 200 postes ne sont pas pourvus dans le second degré et  900 dans le premier.

865 postes dans le 1er degré

Dans le premier degré, le Snuipp évalue à 865 le nombre de postes non pourvus à la rentrée (concours externes, seconds concours internes et 3ème concours).  C’était 775 postes en 2018 et 564 en 2017. On a donc une dégradation nette de la situation. Cela se lit dans les résultats académiques. 6 académies sont maintenant en déficit : Créteil avec 483 postes, Versailles avec 368, la Corse (-9), Orléans Tours (-6), Nice (-4), et Montpellier et Nancy Metz (-1). Cette dégradation de l’attractivité du métier est d’autant plus nette que le nombre de poste smis aux concours régresse. En 2017 on comptait 13 001 postes pour ces concours, 11 840 en 2018 et maintenant 10 785. Créteil devrait compenser la perte des 483 postes avec le concours spécial offrant 500 postes. Ce ne sera pas le cas de Versailles où le concours spécial n’offrira que 200 postes.

Déjà 182 dans le second

Dans le second degré la crise du recrutement s’améliore en apparence. Les résultats du concours externe sont connus dans plusieurs disciplines. En langues, tous les postes sont pourvus en anglais et espagnol. Mais seulement 150 postes ont trouvé preneur en allemand pour 250 postes. En lettres, si tous les postes sont pourvus en lettres modernes, ce n’est pas le cas en lettres classiques où seulement 63 postes sont pourvus pour 145 postes. Il manquera donc au moins 182 postes à la rentrée. Les résultats des disciplines scientifiques sont encore attendus.

Résoudre la crise du recrutement par sa suppression ?

En apparence c’est beaucoup mieux que les 1233 chaises vides de 2017 ou les 342 de 2018. Mais le nombre de postes offerts a considérablement diminué dans les disciplines qui ne sont pas en déficit. Ainsi en lettres modernes, 1440 postes étaient offerts en 2017, 1040 en 2018, 843 en 2019. En anglais on est passé de 1190 à 949 puis 832. Autrement dit, pour réduire la crise du recrutement le ministère n’a trouvé que réduire le recrutement. Dans les classes, ces chaises vides s’ajouteront aux 2600 postes supprimés alors que 40 000 nouveaux  élèves , qui nécessiteraient 1500 postes supplémentaires, arrivent dans les établissements.

Résultats capes externe

Snuipp Fsu

Plus de 1100 postes non pourvus

Concours PE  dans les académies

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5000 parents soutiennent les grévistes du bac

« Grâce à vous, à qui nous confions nos enfants au quotidien, nous avons compris le véritable projet du ministre Blanquer : créer une école du tri social, favoriser les plus favorisés aux détriment de “ceux qui ne sont rien” et empêcher toute forme de contestation de ce projet. » Près de 5000 parents d’élèves ont signé la pétition de soutien aux grévistes des examens. Les deux associations de parents appellent eux au maintien de l’examen.

La pétition

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