Archives de la catégorie Education

Un programme contre la sexualisation précoce des élèves

C’est un programme préventif important que le département de sexologie de l’UQAM (Québec) propose aux enseignants. Sous le titre « On est encore des enfants » il protège le droit à l’enfance. Il propose une série d’exercices et d’activités à mener en classe entre 8 et 13 ans pour amener les enfants à réfléchir et à agir contre les stéréotypes.

Le programme est très copieux et propose de nombreux exercices concrets sur les relations amicales, les stéréotypes médiatiques, le désir de plaire, l’intimidation sexuelle, les réseaux sociaux. Les enseignants disposent de nombreuses fiches supports. Ce travail important et de grande qualité mérite d’être connu des professeurs des écoles et des enseignants des collèges. On pourra le faire entrer dans les enseignements  d’EMC ou de sensibilisation aux médias ou encore lors des heures de vie de classe.

 

On est encore des enfants

Article dans L’école branchée

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Le Snuep inquiet des débats sur la formation professionnelle

« L’apprentissage et la formation professionnelle sont au cœur de l’actualité car une réforme d’ampleur est actuellement en discussion. La petite musique qui se dégage depuis ces derniers jours est inquiétante pour l’enseignement professionnel public sous statut scolaire », écrit le Snuep Fsu.  » La réforme envisagée porte uniquement sur la priorité à développer, encore et toujours, l’apprentissage, présenté en des termes élogieux par Emmanuel Macron le 15 octobre dernier ».

Le syndicat souligne les faiblesses de l’apprentissage. « Même si les apprenti-es s’insèrent mieux à court et moyen terme, l’accès au diplôme et le niveau de qualification restent prépondérants. Différentes études soulignent régulièrement le moindre taux d’accès des apprenti-es au CAP et bac pro (10 à 15 points d’écart avec la voie scolaire) et la forte sélection à l’entrée en apprentissage. Cette sélection s’opère par une discrimination similaire à celle à l’embauche (de genre, raciale et sociale) mais aussi par le souhait des entreprises d’avoir des apprenti-es plus âgé-es ou ayant déjà une expérience professionnelle. Ainsi, l’apprentissage ne permet pas à toutes et tous les jeunes d’acquérir un diplôme », écrit leSnuep.

A l’inverse, il souligne que « le lycée professionnel accueille les élèves en fonction de leur projet, sans distinction sociale, géographique ou d’origine. Les professeur-es de lycée professionnel enseignent, sous la responsabilité de l’Education nationale, pour former des élèves, les futur-es travailleurs et travailleuses mais aussi des citoyen-nes.. Aujourd’hui, le seul but poursuivi est le développement de l’apprentissage pour un assujettissement aux employeurs qui eux ne font rien pour valoriser les métiers considérés de faible qualification ».

Snuep

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La réforme du brevet rejetée par le CSE

Le Conseil supérieur de l’éducation a repoussé par 8 voix pour et 36 contre le projet de réforme du brevet présenté par le ministère. Le projet prévoit un renforcement du poids de l’examen final afin d’obliger les candidats à le passer. En même temps il introduit une hiérarchie entre les disciplines, certaines (le français , les maths) garantissant deux fois plus de points que d’autres. Surtout le projet ne tranche pas entre l’idée d’un brevet sanctionnant la maitrise des compétences du socle et l’examen final disciplinaire.

Réuni le 19 octobre le Conseil supérieur de l’éducation n’a pas suivi le ministère dans son projet. « Le texte voulait répondre à la problématique des 30% d’élèves qui arrivent à l’examen en ayant déjà le brevet. Mais laa réforme ne répond pas à l’enjeu de 30% d’élèves qui n’ont finalement pas le brevet ou qui ne maitrisent pas le socle », nous a dit A Torchet du Sgen Cfdt. Pour le Snes, Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du Snes, s’oppose à  l’introduction d’une hiérarchie entre les disciplines. Finalement seuls le Snalc, la Cftc, la Cgc et des syndicats du privé ont voté pour le projet de JM Blanquer. L’Unsa, le Sgen Cfdt, Fo, Sud, la Fcpe ont voté contre. Les autres organisations se sont abstenues. Certains amendements ont été adopté comme l’amendement invitant à maintenir le statu quo en points qui a recu 32 voix pour.

Le vote du CSE n’empêchera pas le  ministre de mettre en application son projet. Il ne règle pourtant en rien la complexité et l’absurdité du brevet. Pour complaire les traditionalistes, il ne fait qu’ajouter du trouble à un examen qui  n’en a pas besoin. La malédiction qui pèse sur le brevet n’est pas levée

De l’examen complexe à l’épreuve absurde

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Angleterre : les budgets des écoles menacés

L’alarme est donnée par le NAHT, l’association des chefs d’établissement en Angleterre. Selon le Guardian, ils viennent d’envoyer une lettre à tous les député demandant une rallonge de 3 milliards pour leurs établissements. Selon eux, les coupes budgétaires accumulées ces deux dernières années mettent en péril la survie des écoles et établissements. Ils dénoncent notamment la nouvelle taxe en faveur de l’apprentissage.

 

Dans le Guardian

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Adieu revalorisation !

Une semaine après la journée d’action du 10 octobre, les syndicats avaient rendez vous le 16 octobre avec Gérald Darmanin, ministre des compte publics, pour aborder la question salariale. Le ministre leur a confirmé qu’il y aurait un gel des accords de revalorisation PPCR en 2018. Les mesures prévues pour cette année seront-elles appliquées en 2019 ?  La loi de finances parle de gel strict de la masse salariale de l’Etat bien au delà de 2019… Seul point positif pour les fonctionnaires : la hausse de la CSG devrait être compensée.

Un mouvement exceptionnellement unitaire

Pour la première fois depuis une décennie, les syndicats de la fonction publique avaient su défiler en commun le 10 octobre pour demander l’application des accords PPCR de revalorisation. Le candidat Macron n’avait d’ailleurs pas annoncé vouloir les abroger ou les remettre à plus tard.

C’est pourtant ce que le gouvernement a décidé. Les points des accords PPCR qui devaient s’appliquer en 2018, par exemple le relèvement des indices, sont reportés. Selon le gouvernement cela représente 800 millions d’économie. Le ministre a fait une concession sur la hausse de la CSG : elle sera tout juste récupérée grâce à une prime pérenne.

Rupture de la parole de l’Etat

La FSU évoque  » une rupture de la parole de l’Etat qui ne figurait même pas au programme du candidat Emmanuel Macron ». La FSU donne rendez vous aux autres syndicats pour  » trouver les moyens, dans les suites de ce que les agents ont exprimé le 10 octobre dernier, d’obtenir une réorientation de cette politique ».

Interrogée par l’AFP, Mylène Jacquot (CFDT) fait part de sa « déception forte. 2018 sera une année blanche, voire pire pour certains agents avec le gel du point, le report du PPCR d’un an, tout ça assorti d’une hausse des cotisations retraite (…) Le ministre n’a pris aucun engagement pour 2019 à l’exception d’un nouveau rendez-vous salarial ». Pour Baptiste Talbot (CGT), « ce qui ressort, c’est que les fonctionnaires et les agents sont les sacrifiés de ce gouvernement, Emmanuel Macron est bien le président des riches ».

Le gel programmé jusqu’en 2022

A vrai dire la loi de programmation financière 2018-2022 laisse peu d’espoir pour les fonctionnaires de voir leurs salaires augmenter sous le quinquennat.  En effet elle programme une baisse de 3 points de la dépense publique d’ici à 2022. Elle passerait de 56% du PIB en 2017 à 51.5% en 2022. L’effort sera encore plus important en 2019 et 2020 qu’en 2018.

Cet effort sera rendu possible par la maitrise de la masse salariale de l’Etat.  » L’évolution de la masse salariale de l’État et de ses opérateurs fera l’objet d’une maitrise stricte. En particulier le point d’indice est stabilisé en 2018 et un jour de carence est introduit pour réduire le micro-absentéisme. Par ailleurs, les effectifs de l’État et des opérateurs s’inscriront en baisse sur le quinquennat. Les créations d’emplois prévues dans les ministères stratégiques comme les armées, l’intérieur ou la justice seront ainsi compensées par des réductions d’effectifs plus importantes dans les autres domaines ». Compte tenu du simple glissement vieillesse technicité (autrement dit l’avancement normal de carrière) , pour maintenir le volume de la masse salariale il faudra supprimer des emplois de fonctionnaires.  On voit mal comment les accords PPCR inappliqués en 2018 pourraient tout d’un coup devenir applicables dans ce contexte.  Il semble plutôt que le gouvernement veuille imposer d’emblée l’enterrement des accords PPCR.

Dans les ministères autres que l’Education nationale, les gels sont souvent compensés par des primes. A l’éducation nationale cela semble également difficile. Même la prime promise par E Macron , les 3000 € promis aux enseignants des Rep+, ne sera pas versée totalement cette année. Là aussi la loi de finances montre que les prévisions sont loin des sommes nécessaires.

Alors que les salariés du privé devraient bénéficier des mesures annoncées par le gouvernement , les fonctionnaires sont les premiers perdants du quinquennat. Pour les enseignants, qui ont voté massivement pour E Macron dès le premier tour, le choc pourrait être rude.

Dépêche AFP

Communqiué FSU

La loi d eprogrammation

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Macron promet la transformation des savoirs à l’école

Mis en difficulté par ses propos sur les « fainéants » et autres « fouteurs de bordel » lors de son entretien télévisé du 15 octobre, le président de la République s’est justifié en faisant appel à sa politique éducative. Quelques minutes plus tard il nuançait ce tableau en assumant la sélection dans le supérieur et l’apprentissage comme voie de réussite. Mais on retiendra aussi ses propos sur la transformation des savoirs fondamentaux à l’école. Une formule qui semble annoncer une réforme des programmes.

Transformer les fondamentaux

« Quand on dédouble toutes ces classes (les CP de Rep+), je ne m’adresse pas à la France où tout va bien mais aux quartiers qui souffrent et où les enfants n’ont pas une formation qui est à la hauteur de ce que nous devons », a déclaré Emmanuel Macron, ajoutant que « c’est un projet de société ».

C’est encore l’éducation comme dimension sociale de son programme qui est utilisée un peu plus tard dans une formule surprenante. « La vraie inégalité c’est l’inégalité de qualification », affirme le président. Il évoque « une transformation des savoirs fondamentaux à l’école primaire » et « le retour de l’évaluation pour éviter qu’on n’ait 20% de nos jeunes qui ne sachent pas lire, écrire et compter. Car là vous êtes fichu pour la vie ».

Qu’a voulu dire exactement le président de la République ? Peut on considérer que les dédoublements de Cp en Rep+ sont cette « transformation des savoirs fondamentaux » ? Ou faut il comprendre que l’évaluation systématique imposera cette transformation ? En tous cas le président de la République semble attendre une véritable transformation de l’école primaire et un gain d’efficacité qui semblent aller au delà de la réforme , très limitée en volume, des dédoublements. Une réforme d’ailleurs dont l’extension au Ce1 et aux Rep est maintenant reportée sans calendrier précis.

Sélection dans le supérieur

Interrogé sur la réforme du supérieur, E Macron n’a pas tiqué sur le mot « sélection ». « Mais il y a une sélection aujourd’hui » a -t-il répondu. Il promet une meilleure orientation « dès la troisième » en « expliquant les filières et la vie des entreprises » aux élèves. Pour lui, il faut « donner de la transparence »  car « quand vous êtes de famille modeste vous ne pouvez pas vous y retrouver dans ce maquis, vous n’êtes pas informé ».

La solution mise en avant par le président pour cette jeunesse c’est l’apprentissage. « Il permet d’avoir des emplois de façon formidable », explique-t-il. « 80% des apprentis ont un emploi ». Il promet de développer l’apprentissage partout « y compris dans les filières d’excellence » et notamment dans la voie professionnelle.

L’apprentissage en remède

Le problème c’est que l’apprentissage ne se développe déjà que dans les filières d’excellence alors qu’il est déjà en régression ailleurs et notamment pour les bas niveaux de qualification. Contrairement à ce que dit le président, l’apprentissage n’est pas actuellement la planche de salut des classes populaires mais un mode de financement de la formation des classes moyennes et supérieures pour le post bac.

Ce qui renvoie à la réalité budgétaire de sa politique éducative. Alors que le président évoque la justice sociale, force est de constater que son budget du supérieur ne permet pas l’accueil dans le supérieur des jeunes issus des milieux populaires.

Il confirme la sélection à l’entrée dans le supérieur qui n’est rien d’autre que le moyen d’ajuster le flux d’entrants avec un budget par étudiant en régression. Cette sélection s’opère au détriment des lycéens des milieux populaires, ceux des bacs professionnels et technologiques  pour qui les voies d’accès au supérieur ne suivent pas l’évolution du flux. Finalement sur ce plan son programme c’est l’inégalité justifiée par une leçon de morale.

Seulement 100 millions pour démocratiser le supérieur

La ministre entre APB sélection et adaptation

Sur l’apprentissage

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Contrats aidés : établissements condamnés

Selon Ouest France, les Prud’hommes ont donné raison à 38 salariés en contrats aidés , EVS et AVS, travaillant dans 5 établissements de l’académie de Rennes. Le tribunal transforme leur contrat en contrat en CDI , l’éducation nationale n’ayant pas rempli ses obligations en matière de formation et d’accompagnement.

 

Dans Ouest France

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Les syndicats donnent rendez vous à l’Etat le 16 octobre

Après la journée de mobilisation du 10 octobre, les syndicats donnent rendez vous au gouvernement le 16 octobre pour la négociation salariale. Ils affichent leur volonté de rester groupés.

« Il n’y avait pas eu une telle mobilisation depuis 2007 », écrit la large intersyndicale de la fonction publique dans un communiqué du 12 octobre. « Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement. Il doit redonner aux agent.e.s des perspectives et les moyens d’accomplir leur mission pour mieux répondre aux attentes de la population. ..  Le 16 octobre prochain, c’est en rappelant l’urgence des revendications portées dans l’unité lors de la manifestation du 10 octobre (augmentation du pouvoir d’achat, refus de jour de carence notamment) que nous aborderons le rendez-vous salarial ».

Le ton est plus critique du coté de la FSU. « Alors que l’on voit revenir les vieilles recettes économiques et fiscales qui ont fait la preuve de leur inefficacité, où sont les idées neuves et le modernisme promis par ce gouvernement ? Qui peut croire qu’il suffira de bloquer l’évolution du pouvoir d’achat des fonctionnaires, de les pénaliser en cas d’absence pour maladie, de supprimer des emplois publics et des services, de geler les pensions des retraité.e.s, de réduire les budgets de la santé… pour permettre le redressement du pays ?.. A la veille du rendez-vous salarial de la Fonction publique, et après la forte journée de mobilisations et de grève du 10 octobre dans laquelle se sont exprimés le mécontentement et les attentes des agent.e.s, la FSU appelle le gouvernement à y répondre ! »

 

Communiqué intersyndicale

Communiqué FSU

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Des brochures créationnistes distribuées devant des collèges du Var

Toujours rester vigilant…

« Comment les fossiles ont renversé l’évolution », une brochure créationniste, a été diffusée devant plusieurs collèges du Var, annonce le quotidien 20 minutes. Dans l’ouvrage, Harun Yahya, un créationniste turc, dénonce le darwinisme et la théorie de l’évolution.

 

Dans 20 minutes

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Snuipp : des professeurs stagiaires inquiets sur leur formation

Que pensent les nouveaux enseignants de leur formation ? Quatre ans après la mise en place des Espe, les doutes et les inquiétudes des néotitulaires sont toujours là affirme une enquête du Snuipp Fsu, premier syndicat du primaire. Selon elle, neuf nouveaux enseignants sur dix ne se sentent pas prêts à prendre une classe, un taux qui rappelle les IUFM. Plus grave : la moitié d’entre eux n’ont pas suivi le master d’enseignement ce qui ne les a pas empêché d’être reçus au concours….

Trois stagiaires sur quatre jugent leur formation insuffisante

L’enquête menée par le Snuipp a touché 1766 professeurs des écoles stagiaires, un nombre représentatif. Selon elle, 70% des stagiaires se sentent débordés, un taux comparable à celui des années antérieures. 87% ont le sentiment de ne pas être assez préparé pour avoir la responsabilité d’une classe, un taux en légère hausse par rapport à 2016 (85%) ou 2015 (82%).

Les stagiaires se sentent le plus en difficulté dans la gestion de l’hétérogénéité (68%), de la difficulté scolaire (55%) et des groupes (41%). Exactement comme si l’enseignement reçu se conformait à des modèles de classe qui n’existent plus que rarement.

Leur jugement sur l’enseignement reçu en Espe est sévère. 74% le jugent insuffisant en ce qui concerne la connaissance de l’élève, 70% pour la gestion de la classe et même 60% sur la connaissance des disciplines à enseigner.

L’enquête pointe également des dysfonctionnements matériels des ESPE. Ainsi deux stagiaires sur trois ont eu moins de 4 visites par le tuteur de terrain, 80% un ou deux visites par le tuteur espe.

Des concours pas assez professionnalisants

Quatre ans après la mise en place du nouveau système 43% des stagiaires n’ont pas suivi le master MEEF avant d’avoir le concours. Ils n’auront eu finalement qu’une année de stage , où ils se retrouvent directement poussés en responsabilité de classe, avant de devenir titulaires. 27% des stagiaires n’ont fait aucun stage en classe, même pas d’observation, avant d’être reçus et responsables d’une classe… Tout cela interroge sur le caractère des épreuves du concours qui ne semble pas accordé beaucoup de place aux gestes professionnels..

Des particularités déjà remarquées par Talis

En 2014, l’enquête Talis de l’OCDE montrait déjà la crise particulière des enseignants français. Selon elle, le professeur français est celui qui s’estime le moins bien formé sur le plan pédagogique. Seulement 6 enseignants sur 10 se jugent suffisamment préparés sur ce terrain-là, alors qu’ils sont 9 sur 10 dans les autres pays. Il a de fortes attentes de formation particulièrement sur l’utilisation des TIC en classe, les conseils et l’orientation des élèves, les pédagogies personnalisées. Sur ces points les demandes françaises sont deux fois plus importantes que la moyenne Ocde. Et restent lettre morte : les enseignants français participent moins à des formations que leurs collègues et jugent leurs formations peu utiles. Talis souligne aussi l’isolement des enseignants français.

Depuis la formation a été totalement revue avec la mise en place des Espe en 2013. Mais l’enquete Snuipp montre que les mêmes failles existent toujours dans la formation.

Pour le Snuipp revoir la formation

« Après quatre années de fonctionnement des ESPE, la situation ne s’est toujours pas améliorée, malgré la multiplication des alertes », estime le Snuipp. « Les professeurs stagiaires payent le prix fort d’une formation rétablie sans moyens suffisants et avec des choix (architecture de la formation, contenus et volumes de formation, poids du mi-temps en  responsabilité…) qui ne permettent pas de se consacrer pleinement à l’apprentissage du métier d’enseignant. Au regard des résultats, les professeurs des écoles stagiaires continuent de vivre une entrée dans le métier très difficile, stressante, fatigante, une surcharge de travail conséquente empêchant de vivre sereinement son nouveau métier. »

Le syndicat demande le déplacement du concours en L3 pour permettre deux années pleines de formation avec un temps de stage en classe ne dépassant pas le tiers temps. Le Snuipp demande aussi plus de cadrage et de moyens pour les Espe.

L’enquête

Enquête Talis

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Le pré recrutement contre le manque de professeurs

« On pose la question de l’attractivité du métier enseignant ». Comment faire face à la crise du recrutement dans l’enseignement primaire ? Si le Snuipp Fsu soulève la question le 11 octobre c’est que la rentrée a vu un taux record de postes non pourvus et un recours massif aux contractuels dans le premier degré. Une situation que Francette Popineau, co-secrétaire générale  du Snuipp, souhaite voir redressée. Pour cela le syndicat appelle à des prérecrutements massifs et au déplacement du concours en L3.

Un recours massif aux contractuels

Avec 569 postes non pourvus à l’issue des épreuves des concours du premier degré, la crise de recrutement s’est nettement aggravée en 2017.  Cette fois 5 académies n’ont pas réussi à recruter un nombre d’enseignants correspondant aux postes mis aux concours. A Créteil il manque 453 postes. Mais Versailles voit aussi 92 postes non pourvus. Et on manque aussi d’enseignants en Guyane (-19), à Caen et à Toulouse.

Et comme il faut bien mettre des enseignants dans les classes, les rectorats ont décidé de faire appel à des contractuels, une situation qui n’existait, il y a quelques années,  que dans le second degré. En 2017 avec 569 postes non pourvus,  un millier de départs en retraite supplémentaires inattendus et les dédoublements de Cp en Rep+, le recours aux contractuels a été massif.

En plus des 919 professeurs recrutés sur les listes complémentaires des concours, dans 35 départements les recteurs ont fait appel aux contractuels avec 2079 embauches. Du jamais vu ! Le Snuipp parle de « politique de précarisation des personnels ».

Une baisse du nombre de candidats aux concours


Comment expliquer une telle crise du recrutement ? Deux chiffres illustrent sa profondeur. Il y a eu à peu près le même nombre de postes proposés au concours externe des PE en 2005 et 2017 (environ 11 000). Mais en 2005 55 709 candidats ont participé au concours. En 2017 seulement 29 010. Le ratio du nombre de présents aux concours par rapport au nombre de postes n’a cessé de baisser depuis 2012 passant de 6 candidats pour un poste à moins de 3 pour un. Autrement dit le métier de professeur des écoles attire beaucoup moins de candidats qu’il y a 10 ans. La crise est structurelle et non anecdotique.

L’effet masterisation

Pour le Snuipp, la crise résulte de trois facteurs. D’abord la hausse du niveau de recrutement, de la licence au master, réduit forcément le nombre de candidats potentiels. Pour relever le défi du recrutement, il faudrait aller chercher de nouveaux candidats qui normalement ne feraient pas d’études aussi longues. Pour cela, le Snuipp demande de véritables prérecrutements qui n’existent pas aujourd’hui. Enfin il faut aussi améliorer le métier et notamment l’entrée dans le métier.

Le syndicat envisage d’agir sur plusieurs leviers pour inverser la tendance. D’abord il souhaite que le ministère arrête le mouvement de yoyo avec les postes. Il faut une planification longue du recrutement. Alterner des phases de réduction et de hausse des postes mis aux concours éloigne les étudiants.

Pour le pré recrutement

Le Snuipp propose d’instaurer le concours au niveau licence (L3) au lieu de la fin de master 1. Cela permettrait d’avoir deux années de formation professionnelle comme stagiaire, avec un temps en classe ne dépassant pas un tiers temps. Cela améliorerait les conditions d’entrée dans le métier avec un meilleur sentiment de compétence de nouveaux enseignants.

Le syndicat milite aussi pour un pré recrutement à partir de L1. Ces pré recrutements devraient être rémunérés et sans condition de service. Pour le Snuipp cela devrait aussi répondre à la question de la démocratisation du recrutement des PE. Les nouveaux PE sont plus élevés socialement avec la masterisation. Les travaux de G Farges (IREDU) ont montré que la tendance était déjà là avant la masterisation. Or, pour F Popineau, « il n’est pas bon que les enseignants soient éloignés socialement de leurs élèves ». Valentin Ripp, secrétaire du snuipp 93, souligne le fait que Créteil, en crise majeure de recrutement, dispose d’un fort potentiel de jeunes susceptibles de faire des études longues si on les aide.

L’accueil dans le métier serait meilleur et prolongé après l’année de titularisation par un tutorat sur les deux premières années avec une entrée progressive en classe, tiers temps puis mi temps . Cela devrait aussi diminuer le nombre de démissions.

Une crise globale du management

Mais la crise du recrutement ne frappe pas que la France. On la trouve dans tous les pays développés. Partout la hausse des exigences dans le recrutement et dans l’exercice du métier d’enseignant, les nouvelles formes de leur gestion avec le New Public Management, se heurtent à la pénurie.

En effet, cette politique met l’accent sur la formation des enseignants comme élément clé de l’amélioration des système éducatifs en lien avec leur encadrement plus étroit. Or plus on élève le niveau de formation et d’exigence plus on donne aux étudiants d’opportunités pour travailler dans un autre secteur, souvent mieux rémunéré. On fabrique ainsi la pénurie.

Cette situation avait été très bien analysée par  Florence Lefresne et Robert Rakocevic (Depp). Selon eux, 71% des enseignants hollandais travaillent dans des établissements dont le chef d’établissement déclare manquer d’enseignants qualifiés et 22% des enseignants de maths déclarent ne pas avoir été formés à cet enseignement. En Angleterre c’est respectivement 46 et 6%. En France, où le système dominant est encore traditionnel c’est 32 et 4.

Acceptation de la crise ?

Car le paradoxe de  la masterisation c’est, qu’en France comme ailleurs, au final on est obligé de recruter massivement des enseignants moins formés que ceux qui étaient recrutés au niveau licence. En France on a recours aux contractuels. En Suède on a largement eu recours à des enseignants immigrés et à des professeurs du secondaire pour enseigner au primaire. En Angleterre on a cherché à attirer des étudiants en leur donnant des primes importantes par exemple en maths. Au final on a rendu le métier moins attractif et moins satisfaisant pour les enseignants. Et dans de nombreux pays cette politique s’accompagne de démissions massives.

Revenons en France. L’enjeu immédiat pour le ministre français c’est son programme de dédoublements de CP et Ce1 en éducation prioritaire. JM Blanquer a encore besoin de 9500 postes pour tenir la promesse d’E Macron. Pense-t-il cela possible ? En tous cas, la loi de finances ne fixe plus de date limite pour l’application de cette réforme dont l’avenir s’obscurcit. Le nombre de stagiaires et de postes aux concours est revu à la baisse dans le premier degré dès 2018. Le ministre aurait-il fait sien la crise du recrutement ?

Documents Snuipp

L’échec du New Public Management

Embourgeoisement des enseignants

Sur les démissions d’enseignants

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Un mouvement enseignant marquant

Entre les enseignants et le gouvernement le charme est rompu. Alors qu’ils avaient massivement voté en faveur d’E Macron dès le premier tour de la présidentielle, de nombreux enseignants, entre un quart et un tiers, ont fait grève le 10 octobre, journée d’action des fonctionnaires contre les choix budgétaires du gouvernement. Ils entendent protester contre le gel du point fonction publique et les menaces qui pèsent sur la revalorisation. Mais des enseignants protestaient aussi contre la dégradation de leurs conditions de travail avec  la suppression des contrats aidés. Les contre réformes menées par JM Blanquer, qui vont souvent dans le sens de petits avantages catégoriels, n’ont pas convaincu les enseignants de soutenir le ministre. Pour autant cette mobilisation à moitié réussie a peu de chance de convaincre le gouvernement de mener une autre politique.

Combien de manifestants et de grévistes ?

Sous un ciel parisien très gris combien sont-ils à manifester le 10 octobre ? 26 000 selon la police, 45 000 selon les syndicats qui revendiquent 450 000 manifestants dans la France entière. Impossible de savoir combien d’enseignants sont présents : les manifestants défilent par fédération, tous corps de fonctionnaires mélangés. La police défile avec les enseignants, les territoriaux, les hospitaliers. Les frontières ne sont pas nettes.

C’est que tous partagent les mots d’ordre communs à toutes les fédérations de fonctionnaires. Elles protestent contre le gel des salaires, l’avenir incertain des accords de revalorisation (PPCR),le rétablissement de la journée de carence, et globalement contre une politique jugée hostile aux fonctionnaires.

Du coté des seuls enseignants, mêmes incertitudes pour le taux de grévistes. Le ministère déclare 17.5% de grévistes enseignants, 19.4% dans le premier degré et 16% dans le second. Les syndicats avancent entre un tiers et la moitié.

Un avertissement

Le Snes évoque « un sévère avertissement » donné au gouvernement.  » La grève de ce jour constitue un avertissement sévère que le gouvernement devrait prendre au sérieux. Quelques mois après son élection, la politique du Président de la République a eu pour effet de mobiliser les fonctionnaires à l’appel unanime de leurs organisations. Dans ce cadre, plus d’un personnel du second degré sur trois a répondu à l’appel ».  Du coté du Se Unsa, on souligne  » leur déception et leur colère en réponse aux  annonces concernant leurs salaires et leurs carrières.. On ne construit pas une politique contre les personnels et les agents de l’Etat, mais avec eux, dans le respect, la considération et la reconnaissance qu’on leur doit ».

Les professeurs entre défense de la paye et inquiétudes pédagogiques

Rencontrée dans le défilé parisien, Anne Olivia Fahy est professeure des écoles, mise à disposition dans une MDPH.  Elle défile « pour le pouvoir d’achat » et contre le manque de considération envers les professeurs des écoles. « Il y a eu un engagement de l’Etat sur la revalorisation il n’est pas normal qu’il ne soit pas respecté ».  Mais il y a aussi la question pédagogique. « Avec le mot pédagogisme c’est dommage de montrer du doigt des gens qui travaillent et qui sont aussi capables de s’inspirer des neurosciences ».

Amélie est professeure de lettres classiques dans un collège de Deuil la Barre (95). Elle est là « pour des raisons de salaire. On fait le  plus beau métier du monde mais on doit gagner notre vie avec », dit-elle. Elle pose aussi la question de la considération. « La manière dont la dernière réforme a été menée est scandaleuse. L’idée des  « Devoirs faits » est intéressante. Mais la proposer sans encadrement par des enseignants et sans moyens c’est ce moquer du monde ».

Isabelle est aussi professeure de lettres classiques. Elle enseigne dans un collège de Sainte Geneviève des Bois (91). Ce qui l’amène à manifester c’est d’abord les conditions matérielles de la rentrée dans son établissement. « On nous avait promis un contrat aidé de surveillant et on en l’a pas. Du coup on a du mal à surveiller la cour et les couloirs. Des AVS ne seront pas renouvelés. Or on a 30 élèves par classe en 6ème. On ne peut pas s’occuper de chaque élève et certains 6èmes ont besoin d’AVS pour suivre ». Elle signale aussi le manque d’agents techniques pour le nettoyage des salles de classe. « On manque de moyens pour accueillir dignement les élèves ».

Elisabeth est professeure des écoles dans un CP en Rep+. Elle a 12 élèves. Et malgré cela elle manifeste. « Je ne peux pas me plaindre de la réduction des effectifs. Mais habiller Pierre en déshabillant Paul ce n’est pas bien », nous dit-elle. Elle est là pour montrer son mécontentement contre le gel des salaires et la journée de carence. Surtout elle est inquiète devant les initiatives gouvernementales. « Avec le dernier gouvernement on a eu du répit sur l’école. Et là on a l’impression d’entendre à nouveau les gouvernements précédents ». Et ils n’ont pas laissé de bons souvenirs….

Communqiué Snes

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Première plainte contre la modification du calendrier scolaire

Les recteurs ont-ils le droit de changer le calendrier scolaire comme plusieurs l’ont fait à propos des vacances de printemps ? Le Café pédagogique soulevait cette question le 26 septembre. Selon des informations obtenues par le Café pédagogique, elle est maintenant posée au tribunal administratif d’Orléans par un enseignant. Il pourrait faire annuler la modification décidée par la rectrice d’Orléans Tours et, en cascade , par les autres recteurs.

« Ces décisions rectorales sont accueillies favorablement par nombre de parents et d’enseignants. Mais elles semblent aussi gêner une partie des familles et des enseignants. L’affaire sera-t-elle portée devant la justice administrative ? », demandions nous le 26 septembre.

C’est maintenant chose faite. Un professeur d’histoire-géographie de l’académie d’Orléans Tours a déposé deux requêtes devant le tribunal administratif d’Orléans visant à annuler la décision de la rectrice d’Orléans Tours de modifier le calendrier scolaire en reportant les congés de printemps à la période du 25 avril au 14 mai.

La demande d’annulation se base sur l’article D 521-5 du Code de l’éducation. Il établit que « sauf dans les cas où elles sont motivées par des circonstances non prévisibles, les décisions résultant de l’application des articles D. 521-1 à D. 521-4 sont arrêtées et rendues publiques un an au moins avant la date d’effet prévue quand elles concernent l’ensemble d’un département ou de l’académie ».

Selon la demande d’annulation déposée, « il n’est pas raisonnable de penser que la présence de jours fériés n’était pas prévisible et la décision prise l’a bien été au-delà de l’année d’avance demandée par les textes réglementaires ».

Pour expliquer sa démarche, l’enseignant explique qu’elle est « guidée par deux raisons principales. L’une d’entre elles est le souhait de voir respecter les règles établies. La seconde est que, d’une certaine manière, je me permets de me faire le porte-parole de ceux qui seront pénalisés par ce changement de calendrier de dernière minute. Je pense ainsi aux parents qui auraient pu prévoir des vacances, éventuellement déjà pris des réservations. Je songe également aux enseignants, ayant préparé leurs programmes ou des projets spécifiques en fonction des cours disponibles à chaque période. Me viennent à l’esprit le cas des voyages scolaires, décidés le plus souvent à la fin de l’année scolaire dernière et potentiellement remis en question ».

Par une décision du 3 octobre, le tribunal administratif d’Orléans a rejeté une demande d’annulation par référé suspension au motif que le plaignant « ne justifie pas de l’urgence à se saisir de sa requête ». L’enseignant a donc déposé une requête sur le fond qui est encore en instruction.

Depuis d’autres académies de la zone B ont modifié le calendrier scolaire en suivant l’exemple d’Orléans Tours. C’est le cas de Rennes, Caen, Nantes, et Rouen. Nice pourrait suivre. Mais toutes les académies de la zone B ne suivent pas ce chemin. Amiens, Nancy Metz, Strasbourg , par exemple, restent accrochés au calendrier national. On sait maintenant pourquoi…

Modifier le calendrier scolaire est-il légal ?

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Guyane : le mouvement lycéen fait boule de neige

Selon FranceTVinfo, le mouvement lycéen prend de l’ampleur en Guyane. Les lycées du littoral et aussi celui de Mana ont manifesté le 10 octobre devant le rectorat. Les lycéens manifestent un ras le bol devant leurs conditions de travail : classes surchargées, postes de professeurs non pourvus, bâtiments  dégradés etc.

 

Sur France TV info

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Quelle place pour l’Ecole dans le mouvement du 10 octobre ?

La grève du 10 octobre devrait être majoritairement suivie dans le premier degré annonce le Snuipp. La mobilisation des enseignants dans le second degré est une des inconnues de la journée alors que l’avenir du PPCR se joue aussi dans cette journée. De nombreuses cantines et les services d’entretien des établissements seront aussi touchés.

Un professeur des écoles sur deux

Selon le syndicat, un professeur des écoles sur deux  est en grève le 10 octobre. Le Snuipp annonce des taux record de grévistes dans les Bouches d Rhône (75%) et les Pyrénées orientales (71%). Des taux importants sont aussi prévus dans le sud est (Alpes maritimes et Var), l’ouest (Finistère, Loire Atlantiques, Sarthe), le sud ouest (Tarn, Tarn et Garonne, Aveyron, Puy de Dôme). Dans le Puy de Dôme, une école sur quatre est fermée le 10 octobre. Une sur cinq dans le Val de Marne.

Ces taux importants sont à mettre en parallèle avec les gestes gouvernementaux comme le retour accéléré à la semaine de 4 jours. Apparemment cette mesure n’a pas d’effet sur le mécontentement dans le premier degré.

Le second degré aux premières loges

Qu’en est-il dans le second degré alors que là aussi le ministre a tenté de satisfaire une partie des enseignants en revenant sur la réforme du collège ? La grève du 10 octobre va d’abord toucher les services des établissements. On attend un taux de grévistes élevé chez le personnel des restaurants scolaires et celui d’entretien. Du coté des enseignants, la mobilisation en début d’année reste  imprévisible  alors même que le second degré est particulièrement concerné par le nouvelle politique du quinquennat.

En effet les enseignants sont les premières victimes des mesures budgétaires du gouvernement. Le ministre et son cabinet n’ont cessé de tenir des propos variés sur l’application des accords de revalorisation (PPCR). Elle pourrait être reportée en 2018. Ce qui est certain c’est le gel du point Fonction public dès maintenant, le rétablissement de la journée de carence et la suppression de plus de 20 000 contrats aidés dans l’enseignement. Enfin la baisse du nombre de postes mis aux concours en 2018 augure d’une réduction du nombre de postes dès la rentrée 2018. Ainsi après des années de gel des salaires et de baisse de pouvoir d’achat, la perspective d’un rattrapage s’éloigne.

Un budget de rupture

Mais si la nouvelle politique fiscale (suppression de l’ISF) et sociale (baisse des charges et hausse de la CSG) se fait clairement sur le dos des fonctionnaires, la suppression de 120 000 emplois de fonctionnaires  sur le quinquennat devrait concerner au premier chef l’éducation nationale et le second degré. C’est tout l’enjeu de la réforme des lycées, un niveau où le ministre pourrait récupérer un volant important de moyens dès la rentrée 2018. Le budget 2018 amorce déjà cette rupture avec la suppression de 2600 postes dans le secondaire. L’époque où l’Education nationale était préservée est bien passée.

Budget le tournant

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La grève des enseignants du 10 octobre 2017 : un test politique et social

Les premières remontées du terrain indiquent que la grève du 10 octobre 2017 sera un succès. La référence la plus évidente est celle des professeurs des écoles, que le service minimum d’accueil contraint à se déclarer grévistes à l’avance. Les autres catégories devraient se mobiliser dans les mêmes proportions, la grève étant unitaire et portant sur des thèmes communs à toute la fonction publique. Cela pose la question du sens à donner à ce mouvement, sur deux plans. Social : les enseignants vont-ils retrouver le chemin des grèves, comme sous Sarkozy ? Politique : le président est-il catalogué par eux comme un homme de droite ?

Premiers résultats d’un questionnaire en cours : la persistance de la culture gréviste chez les enseignants

Les chiffres sont encore bruts mais avec un bel échantillon de 1930 enseignants. Le questionnaire n’étant pas encore nettoyé, je ne cite que des fourchettes.

•          La moitié des enquêtés déclare avoir plus tendance à participer si l’ensemble des syndicats lance un mot d’ordre de grève que lorsque l’appel émane seulement de certains syndicats.

•          On constate que plus de la moitié des enseignants croit en l’efficacité de la grève, contre un cinquième de la profession (Q = « Que pensez-vous des affirmations suivantes sur la grève ? la grève permet de faire entendre ses revendications »).

•          Justement, un quart déclare ne jamais faire grève.

•          Le potentiel gréviste reste donc élevé chez les enseignants.

Pas d’effet anesthésiant du vote avec Macron

Traditionnellement proches de la gauche, les enseignants hésitent à se mobiliser contre un gouvernement de cette couleur politique. Les syndicats tardent à lancer des grèves et les premières sont des échecs. Il faut en moyenne trois ans pour que la conflictualité enseignante revienne à son niveau habituel. En 2013, 45 % des professeurs de lycée et collège refusaient « de fragiliser le gouvernement en remettant en cause ses réformes » (sondage CSA/SNES). En 1981 et 1997, cet effet anesthésiant se repère également (1). On peut vérifier ce phénomène en listant les premières grèves unitaires lancées après l’élection du président de la république, les plus comparables à celle du 10 octobre 2017 :

Chiffres du MEN sur les grèves (fonds PY Duwoye, Archives nationales)

Date 1er degré collèges Lycées pro lycées atoss sujet président
17/10/2002 48.84 44.02 37.2 35.65 36.77 décentralisation Chirac
20/11/2007 46.75 42.15 33.64 37.43 23.42 Fontion publique Sarkozy

Attention, aucune comparaison n’est possible sur ces pourcentages avec les chiffres post 2010, du fait de la modification de la méthode de calcul du Ministère (voir ici). Le Ministère n’a à ce jour toujours pas adopté de méthode fiable et transparente pour compter le nombre de grévistes.

En 2012, avec Hollande, l’absence de grève ne peut s’expliquer par une satisfaction générale (songeons au gel du point d’indice…). Mais 46 % des enseignants avaient voté pour François Hollande au premier tour et 80 % au second (sondage IFOP Le Monde, 2012).

Le simple fait de voir l’ensemble des syndicats de la fonction publique appeler si tôt à la grève était un avertissement pour Macron. Si l’essai est transformé, il est possible que cela déclenche un cycle protestataire, nourri par l’impopularité d’un président dont l’éthos et le discours sont éloignés des valeurs enseignantes.

La moitié de l’électorat enseignant d’E Macron (19 % des voix sur 38 % au total) vient de l’électorat de centre gauche, qui s’était mobilisé pour F Hollande cinq ans plus tôt. La participation à la grève constituerait pour ce segment un indice fort de décrochage politique envers le président. Il sera difficile néanmoins de le calculer (les opinions politiques et la conflictualité ne se recoupent pas entièrement, par exemple on peut faire partie des 42 % d’enseignants qui ont voté  pour des candidats de gauche et ne pas faire grève, notamment pour des raisons financières)

L’indice du maintien de la surconflictualité enseignante ?

La surconflictualité enseignante, en comparaison avec les luttes des entreprises, est nette. En moyenne, depuis 2005, les enseignants font 4,5 fois plus grève que leurs homologues du secteur privé.

Répartition des grèves en 2013

La temporalité des grèves étant très différente ; ces chiffres varient fortement selon les années. Les salariés du privé sont plus réguliers dans leur conflictualité, alors que les grèves enseignantes dépendent de l’agenda du pouvoir, notamment lorsqu’un ministre de l’Education nationale annonce une réforme contestée.

Grèves dans la FPE 2004-2015


Cela étant, leur conflictualité a régressé depuis 2011, alors que le quinquennat a été marqué par deux réformes impopulaires, les rythmes scolaires et le collège. Citons parmi les obstacles : les retenues sur salaire plus conséquentes depuis les années 2000, le service minimum d’accueil dans le premier degré, le durcissement du management et un contexte politique et social défavorable (crise économique qui légitime l’austérité, absence de résultat des derniers mouvements…).

Cette grève est donc l’occasion de tester la pérennité de leur culture gréviste.

Blanquer dans le sillage de Macron ?

Il est prématuré d’analyser l’image de M Blanquer chez ses administrés, en l’absence d’enquête d’opinion. Les enseignants de droite devraient être satisfaits par un certain nombre d’annonces portant sur des marqueurs. Mais l’ensemble de la profession s’intéresse peu aux débats et principes généraux sur l’Ecole. Le pragmatisme est le maître mot. Ils risquent donc de se montrer peu réceptifs au discours du ministre, et d’attendre les mesures concrètes pour se positionner. A cet égard, l’omniprésence médiatique du ministre peut se révéler contre-productive, en générant un effet de saturation qui nuirait à l’absorption du discours. Cette hypothèse est nourrie par le précédent de Vincent Peillon, qui avait connu pareille heure de gloire médiatique, et sombré pourtant sur la question des rythmes.

Si M Blanquer est apprécié des enseignants, cela devrait limiter leur participation à la grève : les revendications sont d’ordre salarial, au sens large, mais on a vu que les enseignants tentent de mettre en cohérence leur opinion de l’action gouvernementale, leur sensibilité politique et leurs actions revendicatives.

A l’inverse, une forte participation pourrait ouvrir un espace à la contestation de la politique scolaire du gouvernement. D’autant que les sujets lourds devraient être abordés dans les mois qui viennent : réforme du baccalauréat, autonomie des établissements, programmes, etc.

Laurent Frajerman

Chercheur à l’institut de recherches de la FSU et au Centre d’Histoire sociale de Paris I

Note :

1- Laurent Frajerman (dir), La grève enseignante en quête d’efficacité, Paris, Syllepse, 2013

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Enseignement professionnel : l’affront d’Emmanuel Macron

 » En déplacement mercredi 4 octobre à Égletons en Corrèze, Emmanuel Macron est entré une nouvelle fois dans la provocation », écrit le Snuep Fsu, un syndicat de l’enseignement professionnel. Il ne fait pas allusion au fameux « bordel » des salariés de GM&S. Mais au fait que le chef de l’Etat ait choisi de visiter une école privée hors contrat du bâtiment en ignorant totalement le lycée professionnel du bâtiment Caraminot situé à quelques mètres. « Pour le SNUEP-FSU, une nouvelle limite est franchie : l’État privilégie le privé hors contrat au service public d’éducation ! » Pour le Snuep, qui prend en exemple les métiers de la fonderie, la carte scolaire décidée par l’Etat et la région joue au détriment de l’Ecole publique.  » Cette « visite » du président de la République accompagné du ministre de l’Éducation nationale, augure mal, une fois encore, du sort réservé à l’enseignement professionnel public et des jeunes qu’il forme ».

 

Communiqué

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Doublement des cas d’agressions sexuelles entre écoliers en Angleterre

Selon le Télégraph, le nombre des cas d’agressions sexuelles menées par des élèves âgés de moins de 10 ans dans les locaux scolaires en Angleterre a plus que doublé depuis 2013 passant de 204 à 456, selon un communiqué des forces de police. La police signale aussi le passage de 4600 à 7900 des agressions sexuelles commises par des mineurs. Le quotidien britannique dénonce l’influence d ela pornographie sur les enfants.

 

Dans le Telegraph

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IRFSU – La lettre d’information d’Oct. 2017

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Newsletter Octobre 2017
A LA UNE

DE QUOI L’ENTREPRISE EST-ELLE LE LIEU ?

Le dossier de Regards Croisés N°23 est consacré à La citoyenneté.
Vivons-nous une crise de citoyenneté ? Le droit à participer à la vie publique semble boudé par les citoyens, échaudés par le caractère volatile de la parole des élus. L’augmentation dramatique des inégalités sape-t-elle toute citoyenneté authentique ? L’époque est-elle à un individualisme égoïste, refusant tout devoir et tout engagement dans le collectif ? Ce dossier montre que les choses sont bien plus complexes et nuancées.
L’article de Hervé Le Fiblec « De quoi l’entreprise est-elle le lieu ? » est d’une grande actualité.

CITOYEN 2.0

Gérard Aschieri, ancien Secrétaire général de la FSU, est membre du CESE. Il a été, avec Agnès Popelin, le rapporteur de l’avis « Réseaux sociaux : comment favoriser l’engagement citoyen ? ».
Connaissez-vous Nation Builder ? Cet outil développé par une société américaine a été largement utilisé en France, d’Alain Juppé à Jean-Luc Mélenchon, pour la campagne des présidentielles : il permet notamment de stocker et gérer une multitude de contacts, créer des sites web, s’adresser à ses partisans, coordonner leur activité.

Les élections en Allemagne

Peter Wahl est l’un des fondateurs d’ATTAC en Allemagne. Il nous a fait parvenir, via ATTAC France, l’analyse suivante des résultats des élections au Bundestag qui ont produit un changement profond dans le système politique Allemand. Cela aura des répercussions bien au delà des frontières.
Les résultats officiels – y compris pour les Länder – se trouvent (en anglais) sous le lien suivant. https://bundeswahlleiter.de/en/bundestagswahlen/2017/ergebnisse.html

L’INSTITUT

Payer les profs au mérite ?

Après le énième rapport de la Cour des Comptes qui juge « surréaliste » que l’évaluation des enseignants ne tienne pas compte des résultats des élèves nous vous conseillons la lecture du petit livre « Payer les profs au mérité »
L’émergence de la question du salaire au mérite des enseignants nous renvoie à quelques problèmes de fond concernant l’évolution du modèle français. Lire la suite

Science et pédagogie : déformations et impostures l’expérimentation Alvarez

Paul DEVIN, secrétaire général du SNPI-FSU, syndicat des inspecteurs (IEN et IA-IPR) et membre de l’IRFSU.
Le premier d’une série de billets sur des affirmations scientifiques censées faire la preuve de la pertinence d’un choix pédagogique mais déformées ou manipulées par volonté idéologique,…Il est consacré à l’expérience de Céline Alvarez à l’école maternelle Lurçat de Gennevilliers ; le prochain s’intéressera aux relations entre l’association « Agir pour l’École » et le programme PARLER, … Lire la suite

Qu’est-ce qui anime les fonctionnaires qui font grève et manifestent aujourd’hui ?

Le corporatisme ? La colère ? La disproportion flagrante entre les niveaux d’exigences et de qualifications en hausse constante et les salaires qui stagnent voire baissent ?
Tout cela et un peu plus. Lire la suite

ON A VU

Le jeune Karl Marx

« Je voulais montrer Marx, Engels et Jenny, la femme de Marx, dans leur vie concrète , à partir de leurs propres paroles . Ils sont jeunes, ils ont la vingtaine, ils sont révoltés et ils ambitionnent de changer le monde . C’est cela, le cœur du film. Et mon but, dès le début, a été que cette formidable histoire inspire les jeunes d’ aujourd’hui , qu’elle nourrisse leurs propres combats . Je n’ai pas fait ce long métrage en regardant dans le rétroviseur , mais bien devant, vers le présent et l’avenir. » Lire la suite

Le plafond de verre et l’Etat

Dans le sillage des lois sur la parité des années 2000, la rareté des femmes aux sommets des organisations professionnelles est devenue un problème public, objet de lois et de dispositifs de plus en plus contraignants (quotas). Qu’en est-il dans la haute fonction publique ?
Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart, Sophie Pochic et Anne Revillard
Paris, Armand Colin, octobre 2017. Lire la suite

Le souffle d’octobre 1917

À l’occasion du centenaire de la révolution russe cette année, les historiens Bernard Pudal et Claude Pennetier vous invitent dans Le souffle d’Octobre 1917 à comprendre pourquoi des centaines de millions de personnes ont cru au communisme, les raisons de leur engagement et de leur aveuglement. Lire la suite

L’exercice de la pluralité des mondes

Sous la direction de Sylvie Nony et Alain Sarrieau, Préface de Michel Blay, ADAPT/SNES, Paris, 2017.
Comment nous représentons-nous l’univers ? De façon plurielle. Chercher les traces de cette pluralité est d’abord un combat. Contre « la grande épopée scientiste et positiviste », contre l’idée voulant que les représentations passées du monde soient au pire archaïques, au mieux pré-scientifiques. Lire la suite

AGENDA
1er Novembre 2017 14h à 19h

A l’initiative des éditions Syllepse et de l’Association Autogestion : Réunion-débat autour de deux livres portant sur la révolution d’Octobre 17 Le Maltais rouge 40 rue de Malte, 75011 Paris

16 et 17 novembre 2017

« L’institutionnalisation du syndicalisme : de quoi parle-t-on ? (France, 1945-2007) » Un colloque de l’IHS-CGT et du laboratoire Triangle de Lyon II à la Fac Lyon II

18 Novembre 17

 » Le souffle d’ Octobre – centenaire de la révolution russe d’ octobre 1917  » est organisé à l’ initiative de l’ Association Daniel Bensaid , la revue Contretemps, le club Marxismes analyses et débats, Penser l’ émancipation et la société Louise Michel.

PUBLICATIONS

Regards Croisés N°23

ARTS
Hervé Delamare
DOSSIER
La citoyenneté
GRAND ENTRETIEN
Michèle Riot-Sarcey Lire la suite

Le travail hors la classe des professeurs des écoles

Le métier d’enseignant ne se limite pas à « faire classe » : il y a aussi un avant, un après.
Aussi les contours des horaires de travail sont-ils difficiles à définir et ce travail « invisible » – qui prend toujours sa source dans la réflexion pour améliorer les apprentissages – n’est pas reconnu.
Cet ouvrage permet de réfléchir à ces activités. Lire la suite

IR-FSU

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Un succès à prévoir pour la grève du 10 octobre ?

La grève du 10 octobre sera-t-elle suivie dans l’éducation ? Ce n’est à priori pas évident. Même si la grève s’appuie sur des revendications concrètes (le jour de carence, le gel des salaires, les hésitations sur le PPCR, suppression des contrats aidés etc.), il n’est pas évident de faire grève contre un nouveau gouvernement élu et de le faire si tôt dans l’année. L’enjeu est d’ailleurs particulièrement important e éducation où la grève, si elle est suivie, pèsera sur les réformes que JM Blanquer va engager dès ce mois d’octobre : réforme du bac et du lycée, de l’enseignement professionnel par exemple, deux secteurs où le gouvernement pourrait récupérer un volume d’emplois non négligeable. Les premières indications syndicales donnent à penser que la grève pourrait être suivie. Le Snuipp Paris annonce 55% de grévistes dans le premier degré. Dans le Nord Pas de Calais , selon La Voix du Nord, la FSU avance moitié de grévistes. Dans la Loire, une vingtaine d’école seront totalement fermées. A noter que la grève va aussi impacter les services qui font vivre les établissements : le taux de grévistes devrait être important dans les cantines et l’entretien des établissements.

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