Archives de la catégorie Education

Décrochage : le Cnesco plaide pour la continuité

« C’est la continuité dans le temps des politiques scolaires qui produit des effets ». La preuve, Nathalie Mons, présidente du Cnesco, la livre avec les analyses de la conférence de comparaisons internationales organisée par le Cnesco et le Ciep. Au terme d’une étude poussée des facteurs et des politiques de décrochage, le Cnesco montre la réussite de la France qui a su faire baisser nettement le volume du décrochage et le ramener en dessous de la moyenne européenne. L’autre enseignement de la conférence c’est qu’il vaut mieux prévenir qu’intervenir après le décrochage. Là il reste encore beaucoup à faire…

Un décrochage en recul

Impossible de faire le portrait du décrocheur type, explique Pierre Yves Bernard, professeur au CREN et responsable de cette conférence. La recherche dégage 4 types entre les désengagés, qui rejettent l’école, les discrets, les sous performants et les inadaptés.

La même difficulté se retrouve quand il faut compter les décrocheurs. En fait 4 définitions sont utilisées , la plus fréquente étant le taux de sorties scolaires sans diplôme autre que le brevet. Le taux est passé de 13% en 2007 à 8.8% en 2016, soit une belle baisse. La France se situe en dessous de la moyenne européenne (10.7) et fait mieux que l’Allemagne (10.2), le Royaume uni (11) ou l’Espagne (19).

Pourtant le décrochage est un fait coûteux pour la société et il y a urgence à apporter des solutions. Le décrocheur aura nettement moins accès à l’emploi. Une étude évalue le coût du décrocheur ,en manque à gagner, à 230 000 € sur une vie. Or ils sont près de 500 000… Et le décrochage joue aussi sur la participation politique, la santé etc.

L’école facteur de décrochage


L’étude réalisée par le Cnesco montre que cette nette baisse a eu lieu sur tout le territoire, même s’il reste des inégalités. Le Nord, les académies d’Amiens ou Créteil gardent un taux supérieur à la moyenne nationale. C’est dans l’ouest que les taux sont les plus faibles.

Cela veut dire qu’il y a des facteurs locaux de décrochage parmi les nombreux facteurs. Le décrochage est d’abord lié au niveau social et scolaire des parents et au parcours scolaire du décrocheur. Avoir redoublé à l’école ou au collège augmente le risque.

C’est dire que l’école a sa part. D’abord par les insuffisances de l’offre scolaire. Beaucoup de jeunes sont envoyés dans des formations professionnelles qu’ils n’ont aps demandé et n’obtiennent pas leur choix. L’environnement scolaire compte aussi : un établissement mixte socialement aura un taux de décrochage plus faible qu’un établissement défavorisé.

Mais l’étude met aussi en évidence le climat scolaire, le sentiment de justice ou injustice ressentie par les élèves. L’absentéisme est un signal de décrochage particulièrement valable selon l’étude. Le sentiment d’appartenance à son établissement est un élément aussi important. Mais Pisa montre que la France est le pays où il est le plus faible.

Prévenir mieux qu’intervenir


L’étude s’est intéressée aux politiques à mener. La France a développé de nombreux types d’interventions avec des missions locales, les dispositifs relais, les formations spécifiques etc. Ils ont leur efficacité et sont pour beaucoup dans le recul du décrochage. Mais le rapport souligne de forts écarts de coûts (24 000 € pour chaque élève en Epide !) et parle « d’offre de formation balkanisée ».

Mais la conférence met l’accent sur les politiques préventives.  » Intervenir dès les premiers signes d’un possible décrochage quand le jeune est encore dans l’établissement est donc vital », dit N Mons.  » Cet « effet-établissement » fort doit nous amener à renforcer plus encore les interventions des professionnels de l’éducation dans ce cadre. Attention au climat scolaire, identité de l’établissement, qualité de vie dans l’école, souci d’intégrer les plus jeunes à leur arrivée dans le niveau d’enseignement (en 6e, en seconde…), logiciel permettant à l’ensemble de l’équipe pédagogique de suivre efficacement les premières signes du décrochage dans l’établissement ».

Continuer les politiques

La conclusion qu’en tire N Mons  c’est l’efficacité de la continuité des politiques éducatives. « C’est la continuité dans le temps des politiques scolaires qui produit des effets. Rapport après rapport, les évaluations du Cnesco le soulignent : les politiques scolaires, pour être efficaces doivent se fonder sur un consensus transpartisan et enjamber ainsi les échéances électorales. S’il est un domaine de l’enseignement scolaire qui le démontre clairement et positivement : c’est la lutte contre le décrochage scolaire. Porté par une impulsion européenne forte, ces politiques se sont déployées en France depuis 2008 dans une logique de continuité implacable, chaque gouvernement rajoutant à l’édifice réglementaire et législatif sa contribution pour parachever une politique appréhendée systématiquement et systémiquement. Pour une fois loin de tout débat idéologique stérile qui prend l’école pour otage ». Une vérité qu’il n’est pas inutile de rappeler aujourd’hui.

Le rapport

La conférence sur le décrochage

Un défi réussi du ministère

Le dossier Décrochage

Que dit la recherche ?

PY Bernard : désaffection envers l’école

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10 millions virés au privé

Un décret publié au J.O. du 7 décembre prélève 20 millions sur les crédits du second degré pour les répartir entre enseignement scolaire et supérieur. Si 5 millions passent d’une caisse à l’autre de l’éducation nationale et 5 millions de l’éducation nationale vers l’enseignement supérieur, 10 millions  sont prélevés sur les crédits de l’enseignement secondaire public et versés à l’enseignement privé.

 

Au JO

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PIRLS : les syndicats unanimes contre le programme ministériel

Condamné déjà par F Popineau et S Crochet, respectivement secrétaires généraux du Snuipp et du Se-Unsa, dans L’Expresso du 6 décembre, le programme de JM Blanquer, en réponse aux difficultés en lecture des écoliers révélées par l’étude PIRLS, est étrillé par les syndicats d’enseignants. Du Sgen à la Cgt et du Snuipp au Se-Unsa, les syndicats soulignent l’écart entre les décisions ministérielles et les difficultés en lecture.

 » Jean-Michel Blanquer fait un diagnostic qui passe totalement à côté des enjeux », écrit le Snuipp. « Pour remédier aux difficultés de compréhension en lecture, les propositions qui consistent à préconiser une dictée quotidienne, de la lecture à haute voix, à suggérer une kyrielle d’évaluations, à imposer une méthode ou un manuel “magique” et neuf heures de formation annuelles consacrées à la lecture ne répondent en rien au défi posé… Il est plus que temps d’investir massivement dans l’école, à la même hauteur que les pays comparables qui réussissent mieux que nous ».

 » Le ministre est à contre-courant des attentes des professionnels de l’éducation », relève le Se-Unsa qui parle d’un plan « à contresens ». « Il passe à côté de l’occasion de mobiliser l’ensemble de la communauté éducative pour relever le défi majeur de la maîtrise de la langue et de l’accès de tous à une compréhension autonome de l’écrit ».

 » Les recommandations faites en mars 2016 par le CNESCO, les réflexions, formations et outils pour alimenter la réflexion pédagogiques des équipes par l’Institut Française de l’Education (IFE), les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), les centres académiques de ressources pour la maîtrise de la langue semblent oubliés », relève le Sgen. « Alors qu’on devrait au contraire construire les dispositifs pour permettre au plus grand nombre de collègues de les approprier et ainsi de faire évoluer le travail qu’ils et elles mènent avec les élèves que ce soit dans la classe et dans les dispositifs utiles en complément ».

La CGT éducation annonce déjà son intention de s’opposer à certaines annonces du ministre.  » Le goût du ministre pour les neurosciences, au détriment de la diversité pédagogique, ainsi que sa volonté d’imposer des méthodes pédagogiques inquiètent les personnels et notre organisation. Il va imposer aux professionnel·les de l’enseignement des méthodes pédagogiques basées sur les seules approches scientistes, mais aussi un strict encadrement de leur travail et imposer, par exemple, des programmations annuelles dans le premier degré. L’ensemble des mesures avancées par le ministre indiquent clairement une très grande restriction des libertés pédagogiques des personnels enseignants et la CGT Educ’action s’y opposera ».

Snuipp

Se-Unsa

Sgen

Cgt

Des acteurs nous disent

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La pauvreté des enfants

« La pauvreté risque fort de se transmettre en quelque sorte par héritage culturel. Un peu comme pour l’alcoolisme, lorsque les parents sont pauvres, les enfants trinquent ». Dans Alternatives économiques, Denis Clerc revient sur les 3 millions de jeunes mineurs vivant dans des familles pauvres.  » La France est le pays qui dépense le plus dans le monde pour sa protection sociale (33 % du produit intérieur brut, qui mesure la richesse produite par les travailleurs). Elle devrait donc être celui dans lequel la lutte contre la pauvreté est la plus efficace. Ce n’est pas le cas : 16 % des jeunes de 15 à 34 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation, contre 8 % en Suède. Sur ce terrain, nous occupons la seizième place sur 28 au sein de l’Union européenne ».

 

Dans alternatives économiques

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Réforme du lycée : le Snes justifie son refus du lycée modulaire

« Un lycée « purement » modulaire où les élèves choisissent leurs formations ne fait en rien disparaître les hiérarchies de « prestige » entre les disciplines, ni les inégalités de choix d’orientation entre les élèves, en fonction du genre, de la classe sociale, du niveau scolaire ». Dans une analyse poussée, le Snes prend clairement position contre ce qui se dessine comme la réforme souhaitée par le gouvernement : un bac à l’anglaise où l’élève « choisit » sa voie dictée par les exigences universitaires.

Le modèle britannique

Dans un document publié le 4 décembre, le secteur lycée du Snes publie une analyse du lycée modulaire ou « à la carte ». Le Snes se base sur ce qui existe : le modèle britannique dont on voit bien que c’est lui qui sert de référence à l’équipe gouvernementale. Un lycée où , après l’école obligatoire, qui se termine à 16 ans, les élèves choisissent 4 ou 5 disciplines en première puis 3 en terminale en fonction de leur projet universitaire.

Comme dans la réforme Vidal, ce sont les pré requis universitaires qui guident le choix du jeune. Les universités  ont des prétentions variables selon leur cote. Et les jeunes doivent « choisir » en fonction de l’établissement et de la filière qu’ils visent.

La fausse liberté des lycéens

Ce que montre le Snes c’est que « laisser les élèves « libres » de choisir leurs disciplines, c’est en grande partie laisser des déterminismes sociaux et scolaires jouer librement sur les choix individuels ». Ainsi le clivage de genre existe comme en France : on trouve deux fois plus de garçons à faire es maths que de filles, et deux fois plus de filles en littérature. Les disciplines scientifiques sont masculines, les littéraires ou la sociologie c’est pour les filles.

Le « libre choix » des élèves dépend aussi de leur établissement d’origine : plus un établissement est socialement sélectif plus on y fait des maths. « Les élèves d’un bon niveau choisissent massivement des disciplines scientifiques, alors que les élèves faibles s’en détournent », note le snes. Evidemment ces choix sont connotés socialement. De la même façon, fait remarquer le snes, la liberté de choix sert les intérets des plus favorisés aussi parce qu’ils connaissent les bonnes filières. Les dés sont pipés.

Réduire les horaires des lycées

La conclusion du snes c’est que « les séries françaises, parce qu’elles sont plus larges, parce qu’elles incluent davantage de disciplines, permettent en réalité un choix bien plus large et bien moins risqué pour les élèves ». C’est aussi ce qu’avait conclu le Cnesco dans son étude sur le bac où il montrait que les examens nationaux à bande large sont plus justes socialement et poussent les élèves de milieu défavorisé.

Il y a pourtant quelque chose qui manque dans l’argumentaire du Snes. C’est ce qu’entraine ce pilotage par les pré-requis  universitaires. Au final ce qui compte ce sont les 4 ou 5 disciplines qui sont attendues par les universitaires qui sélectionnent les étudiants. Par suite, les autres disciplines perdent totalement leur intérêt.

En Angleterre c’est simple : les élèves ne suivent que les 5 puis 3 disciplines exigées. Le reste est dégagé. En France ce sera surement plus insidieux. Mais aux yeux des élèves ce qui compte c’est le résultat final. Que pèseront des disciplines qui ne serviront plus à rien ? Comment refuser le bac à des candidats qui remplissent le pré requis mais qui n’ont pas tout suivi ? Le lycée modulaire c’est aussi le lycée qui permettra de baisser le nombre de fonctionnaires.

Le document du Snes

Le Snes et la mort annoncée du bac

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La FSU s’adresse aux personnels de l’Éducation Nationale

Si vous avez des difficultés pour visualiser ce message, consultez la version web.
Lycée

Le lycée après les annonces du 30 octobre

Du lycée à l’entrée dans l’enseignement supérieur, le gouvernement entend réformer les parcours des jeunes, promouvant l’apprentissage pour les uns, la sélection à l’entrée à l’université pour les autres. Les mesures en discussion, si elles devaient être mises en œuvre, constitueraient un renoncement à élever le niveau de qualification du plus grand nombre, à rebours des besoins du pays.

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PsyEN

Majoritaires aux élections professionnelles

Les psychologues de l’Éducation nationale ont très majoritairement voté pour les listes présentées par le SNES et le SNUipp, syndicats de la FSU et ainsi renforcé la FSU en tant que première fédération syndicale dans l’Éducation nationale : avec 30 points d’avance sur la liste arrivée en deuxième position, elles obtiennent 5 sièges sur 7 à la CAPN et 79 des 120 sièges aux CAPA.

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Sport scolaire

Démocratisation de l’accès au patrimoine culturel

Au cours de son histoire, le système éducatif a évolué pour s’ouvrir de plus en plus sur la société et sur le monde. Cette ouverture sur une société en constante évolution, sur le patrimoine culturel ne s’est pas faite sans poser de questions qui peuvent toujours être vives tant les velléités d’investir l’école peuvent être forte. C’est notamment le cas dans le milieu sportif…

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Concours du second degré : 700 postes non pourvus en 2018 ?

La baisse du nombre de postes proposés aux concours devrait dépasser les 20% prévient le Snes qui a calculé que 700 postes environ ne seront pas pourvus. « Au vu des résultats de l’an passé, et compte tenu de la baisse du nombre d’inscrits dans certaines disciplines (-3,7 % aux CAPES externes, -5,6 % à l’agrégation), la diminution du nombre de recrutements risque d’être bien supérieure à la baisse du nombre de postes offerts et pourrait avoisiner les 710 postes non pourvus », écrit le Snes. Le Café pédagogique avait prévenu le 29 novembre de cette évolution sans avoir chiffré le déficit en postes. Pour le Snes,  » c’est une logique comptable qui est à l’œuvre. Ce gouvernement n’a pas choisi d’améliorer les conditions d’étude des élèves ».

 

Communiqué

Dans le Café

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Appel à la grève le 14 décembre en Seine Saint-Denis

Les enseignants de Seine Saint-Denis sont appelés à faire grève le jeudi 14 décembre par une intersyndicale regroupant la Fsu, CGT, FO, Sud et Cnt. Le 1er et le 2d degré sont concernés mais les revendications ne sont pas les mêmes. Les syndicats du 1er degré demandent d’abord des créations de postes. Dans le 2d degré, la réforme du bac et de l’accès dans le  supérieur mobilise les enseignants.

Pour le premier degré, les syndicats veulent faire pression sur le débat budgétaire. « On veut alerter sur le faut que la situation ne s’est améliorée dans le 93 que grâce à des dotations budgétaires importantes ces 3 dernières années. Si elles s’arrêtent, on aura une situation dégradée très vite », nous a dit Rachel Schneider, secrétaire départementale du Snuipp. Le département a perdu des postes sous N Sarkozy et connu une forte croissance démographique. Tous les postes n’ont pas été récupérés malgré les créations depuis 2014. « Le concours de Créteil » (que JM Blanquer a annoncé vouloir poursuivre) « permet de recruter sur des postes existants. Il ne crée pas de postes », souligne R Schneider. Les syndicats demandent au moins 500 créations de postes dans le département pour le 1er degré.  Ils demandent aussi le renouvellement des contrats aidés. « Le ministre dit que l’accompagnement des handicapés n’ets pas impacté. C’est faux on manque d’AVS dans les classes », explique R Schneider. Ils souhaitent aussi l’intégration d’une cinquantaine d’écoles dans l’éducation prioritaire à l’occasion de la nouvelle carte de 2019.

L’appel du second degré devrait mettre l’accent sur le devenir de la jeunesse du département au regard de la réforme du bac et de l’entrée dans le supérieur. « Les jeunes des classes populaires paieront au prix fort cette réforme », estime R Schneider.

Appel du snuipp 93

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Le Snes et la chronique de la mort annoncée du bac…

Qui aime bien, châtie bien. Qui n’aime pas, châtie bien aussi. Le 30 novembre, le Snes a à la fois expliqué clairement pourquoi il faut garder un examen avec des épreuves nationales et fait un portrait ravageur d’un examen trop facile et donné. Mais peut on encore sauver le bac ? Peut on résister à la tempête qu’Emanuel Macron fait souffler sur le lycée ? Le futur lycée est pris entre les exigences des universitaires , qui vont fixer des pré-requis pour chaque filière du supérieur, et la perspective d’un bac allégé, réduit à 4 épreuves terminales. Le syndicat défend le maintien de toutes les disciplines au bac face à la volonté ministérielle du bac modulaire. Il est pris entre les auditions des multiples commissions de réforme et les décisions qui tombent  du chateau comme si elles n’existaient pas. La blitzkrieg du lycée est entamée.

Un diplôme qui a du sens

Pour parler du bac et de la réforme du lycée, le Snes a fait venir le 30 novembre des représentants des syndicats voisins : le Snuep (enseignement professionnel) et le Snetap (enseignement agricole).

Pour le Snes, « le bac a du sens ». Et le syndicat le démontre en rappelant que « tout le monde n’a pas le bac », notamment la grande majorité des enfants d’ouvriers non qualifiés. Le syndicat combat aussi l’idée que le bac ne sert plus à rien : le taux de chômage passe du simple au double entre bacheliers et non bacheliers.

Plus intéressant encore, le Snes combat l’idée que le bac français serait dépassé et évaluerait mal les élèves. Le Snes s’appuie sur une étude du Cnesco pour montrer qu’au contraire c’est le modèle français qui devient la norme dans l’OCDE, celui d’un examen national avec des épreuves finales nationales. On le voit par exemple en Grande Bretagne. Les effets discriminants et inégalitaires du controle continu sont bien établis. Le lien entre réduction du nombre d’épreuves et inégalités aussi.

Le bac décrié

Malheureusement le Snes accompagne aussi ce discours de critiques mortifères pour le bac. Une enquête auprès de 2260 professeurs, majoritairement adhérents du snes, montre que deux sur trois  sont hostiles à limiter le bac à 4 épreuves et 7 sur 10 contre le controle continu.  Mais 39% jugent le bac trop facile et presque la moitié dénonce des pressions sur l’évaluation au bac. Le Snes cite des cas de proviseurs ou d’inspecteurs qui remonteraient les notes. Une accusation qui décrédibilise l’examen. La moitié des enseignants sondés est aussi pour une note éliminatoire au bac.

Désarroi

Cette contradiction reflète le désarroi des syndicats face à ce qui se passe. Le gouvernement mène une véritable blitzkrieg en éducation avec la volonté de trancher et trasformer en quelques semaines. Le ministre tronçonne les sujets. Il multiplie les consultations. A coté de la consultation Mathiot sur le bac, il y a celle sur l’orientation dans le supérieur, et une autre mission sur le professionnel. Toutes trois, qui traitent de sujets en relation les uns avec les autres, vivent leur vie séparément… Par exemple l’enseignement professionnel est tenu à l’écart du débat sur le supérieur ce qui en dit long. Toutes ces missions consultent mais les décisions viennent d’ailleurs.  Les syndicats sont reçus comme n’importe quelle association mais pas plus. C’est l’Elysée qui mène la danse avec la brutalité de la jeunesse…

Quel projet gouvernemental ?

Du coup ils savent peu de choses du vrai projet gouvernemental. Pour le Snes, à coté des 3 à 5 épreuves terminales du bac, dont on sait qu’elles comprendront le français, la philosophie et les maths et probablement une grande épreuve orale pluridisciplinaire, les autres disciplines pourraient être évaluées au controle continu mais avec un protocole de péréquation national. Le Snes dénonce déjà la complexité de la chose.

La réforme s’accompagnera de nouveaux programmes pour le lycée. Selon F Rolet, le ministère ne lancerait leur réforme qu’en 2019 en même temps en 2de et 1ère. Il y aurait peu de changements à la rentrée 2018.

Nul ne sait si les 3 voies, général, technologique et professionnel, seront maintenues. Le gouvernement semble pencher vers un lycée modulaire où le jeune choisirait une grande partie de ses disciplines en fonction des pré requis du supérieur.

Ce système à l’anglaise augmenterait les inégalités selon le Snes entre les jeunes prenant les meilleures voies et les autres. Pour les bacheliers technologiques et professionnels il signerait leur mise à l’écart. Le destin de ces jeunes se scellerait en 3ème. Quant à l’enseignement agricole il est maintenu en dehors des consultations.

L’extraordinaire inversion du rapport secondaire – supérieur

« Les universitaires nous disent qu’ils n’ont rien à faire du bac car il ne sera plus un élément déterminent pour l’accès au supérieur et l’affectation en université », explique Claire Guéville , secrétaire nationale lycée du Snes. « C’est eux qui choisiront avec les pré requis ».

C’est cette inversion révolutionnaire qui se dessine. Les clés de l’accès au supérieur, que les enseignants du secondaire détiennent, vont passer dans les mains des universitaires. Par suite, effectivement le bac devient tout à fait secondaire. Et le lycée modulaire devient presque incontournable pour adapter l’offre en lycée aux pré requis exigés par le supérieur.

Et là on mesure que ce n’est pas que le bac mais les enseignements aussi qui seront pilotés par le haut. Avec la quasi certitude d’en voir un grand nombre disparaitre soit officiellement soit réellement.

L’éclatement à venir du lycée

« On sait que si on diminue les heures des disciplines on va faire des économies », prédit F Rolet. C’est à la fois une culture commune, avec cet examen commun à 700 000 jeunes, et un modèle d’enseignement qui pourraient disparaitre en quelques semaines dans le maelstrom macronien.

Le Snes , qui demande le retrait du projet de loi sur l’orientation, veut davantage de temps pour toutes ces réformes. D’ores et déjà le Snes pense à la résistance. Il demandera aux enseignants de ne pas mettre de veto aux demandes d’orientation des élèves au 2d trimestre.

Les épreuves universelles du futur bac

Eclairage sur les épreuves du bac

Suppression annoncée des filières

De mauvaises réponses à de fausses questions

La contrainte budgétaire sur l’école

Cnesco : le bac un diplome utile , mais…

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Réforme du collège : le bilan du SNES

« Quel bilan peut-on tirer un an après la mise en place de ces programmes et des nouvelles épreuves du DNB ? Quels constats ? Quelles propositions ? » Le Snes fait le point sur la réforme du collège et il le fait de façon disciplinaire. Le syndicat demande « des repères de progressivité dans les programmes pour construire une progression annuelle cohérente » à la place de programmes conçus par cycle.  De la même façon il souhaite « des repères de progressivité au cycle 3 avec un creuset de notions à aborder plus spécifiquement en CM1-CM2 d’une part et en Sixième d’autre part ».  Le Snes critique aussi la mise en place du LSU : « La mise en place du bilan de fin de cycle (fin de Sixième et fin de Troisième) via l’application informatisée LSU conduit souvent à l’imposition par les hiérarchies locales de modalités et de grilles d’évaluation. Elles remettent en cause la liberté pédagogique des enseignant.e.s et génèrent des tensions qui pèsent sur les métiers. L’évaluation des élèves est en fait utilisée comme levier pour transformer, sans le dire, les pratiques professionnelles des enseignant.e.s ».

 

Le bilan

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Diminution des postes dans le privé

La baisse du nombre de postes d’enseignants concerne aussi l’enseignement privé sous contrat. Ainsi le nombre de postes offerts aux concours externes et 3eme concours du 1er degré est de 800 en 2018, soit 14% de moins qu’en 2017. Il était de 930 en 2017. Dans le second degré on compte 22% de moins de postes au cafep externe et 3eme Cafep : 1200 postes contre 1530 en 2017. Le nombre de postes aux concours internes du second degré (CAER) diminue également : 1300 (dont 156 pour l’agrégation) en 2018 contre 1450 en 2017 (dont 160 pour l’agrégation). 370 postes sont offerts pour l’examen professionnalisé  réservé du 1er degré  et 600 aux concours réservés du 2d degré.

 

Concours externes PE

Cafep  et CAER

CAER répartition

Concours externes Cafep répartition

Concours réservés

Examen professionnalisé des PE répartition

Examen professionnalisé du 2d degré répartition

 

Effondrement des postes dans le public

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Effondrement des postes aux concours du second degré

Le tournant a été annoncé. Il arrive maintenant officiellement avec la publication au Journal officiel ce 29 novembre des postes mis aux concours du second degré. En moyenne il y a 20% de postes en moins à tous les concours externes du second degré : -19% à l’agrégation, – 20% pour le capes, – 21% pour le capet et le capeps, – 18% pour les plp. Les postes mis aux concours internes sont préservés. Pour le concours de professeur des écoles, il faut encore attendre.

La baisse va au delà de la réalité des recrutements

« On ne fait pas de rénovation politique en fonction d’un budget. La volonté du gouvernement est que le budget appuie la politique publique ». Mais la politique publique c’est la réduction du nombre de postes de fonctionnaires. Alors rien d’étonnant dans les chiffres actuels. La baisse de 20% des postes mis aux concours du second degré avait été annoncée par le Café pédagogique le 28 septembre.

Pour l’entourage du ministre la baisse devait correspondre  » aux postes non pourvus aux concours en 2017″ et devait donc théoriquement être indolore. En réalité elle va bien plus loin que cela. Ainsi au concours externe de l’agrégation 1709 postes sont été pourvus en 2017 et il n’y a que 1555 postes offerts en 2018. Pour le capes externe, 6011 postes ont trouvé preneur en 2017 et il n’y a que 5 833 postes offerts en 2018. Pour le capet c’est 569 et 495. Au concours externe de PLP 1647 postes ont été pourvus en 2017 mais 1580 sont offerts en 2018. En EPS les 800 postes ont été pourvus en 2017 mais on passe à 630 postes en 2018.

Le message envoyé aux étudiants est donc très clair : l’Education nationale réduit ses recrutements. D’autant que la réalité pourrait bien être inférieure encore aux annonces.

Les disciplines ne sont pas traitées  avec équité

En effet, l’ajustement aux réalités de recrutement des postes en 2017 n’est pas fait. Le ministre n’a pas sabré dans les disciplines qui ne trouvent pas de candidats mais qu’il flatte. Au capes externe d’allemand, seulement 125 postes ont été couverts en 2017 sur 345 proposés. En 2018, 275 postes sont offerts. En maths 1066 postes ont trouvé preneur en 2017 mais 1183 sont proposés en 2018 (c’était 1440 en 2017). En lettres classiques, 85 professeurs certifiés ont été recrutés en 2017 mais 183 postes sont offerts en 2018 (230 en 2017).  En anglais l’éducation nationale a recruté 847 professeurs en 2017 pour 1190 postes offerts. En 2018 elle en attend 949. Par contre en arts plastiques 165 postes ont été couverts en 2017 sur 200 proposés mais seulement 125 sont offerts en 2018. Pour le capet, celui de tourisme disparait carrément et en STMS on passe de 48 à 27 postes seulement. Les disciplines ne sont pas traitées avec égalité.

Il y aura encore des postes non pourvus en 2018

Cela veut dire que le nombre réel d’emplois qui seront pourvus en 2018 sera probablement inférieur aux emplois ouverts en 2018. L’écart entre offre et réalité va continuer à exister , justifiant de nouvelles baisses les années suivantes.

L’inversion de tendance sera durable

Alors même que le nombre d’élèves attendus à la rentrée 218 dans les collèges et les lycées va augmenter de près de 20 000 jeunes, il y aura  nettement moins d’enseignants pour les accueillir. D’autant que le nombre de départs pourrait bondir en cas de réforme brutale des retraites.

Après des années de croissance, le signal qui est envoyé aux étudiants c’est bien la chute du recrutement à l’éducation nationale. Alors que le ministère a mis des années à obtenir une reprise des candidatures aux concours de l’enseignement, le plan de recrutement de 2018 va annihiler ces années d’effort. Il y a un autre signal dont il faut tenir compte alors que le ministère va attaquer la réforme du lycée. C’est la volonté de diminuer le nombre d’emplois dans le second degré. Les réductions de postes ce n’est probablement pas terminé.

Agrégation

Répartition des agrégés

Certifiés

Répartition des certifiés

PLP

Répartition des PLP

PEPS

CPE

Psychologues

Répartition des psychologues

Concours réservé certifiés

Et aussi

Réservé PLP

Et aussi

Réservé PE

Et aussi

Réservé EPS

Réservé CPE

Réservé Psychologues

 

Budget le tournant

Effectifs d’élèves

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Brevet : le nouveau texte

Sans surprise, le ministre n’ a pas tenu compte du rejet, le 19 octobre par le Conseil supérieur de l’éducation de la nouvelle mouture du brevet. Le nouvel arrêté modifie la répartition des points entre les épreuves terminales et la validation du socle pour 2018. Le nombre total de points passe de 700 à 800 dont 400 pour les épreuves finales. Le nouveau brevet continue donc à associer validation du socle et épreuves terminales dans un montage de plus en plus complexe. Non seulement le ministre n’a pas su trancher entre ces deux logiques mais le nouveau brevet hiérarchise les disciplines : maths et français comptent double. Histoire géo et sciences sont deux fois moins importants. Quant aux autres disciplines…

 

Le nouvel arrêté

Réforme rejetée

De l’examen complexe à l’épreuve absurde

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Sénat : annualiser pour économiser les remplacements

 » Le remplacement n’est pas un problème de moyens. Imagine-t-on dépenser davantage que 3,5 milliards d’euros ? Une augmentation marginale serait sans effet sur la situation. A cadre réglementaire inchangé, il faudrait plusieurs milliards supplémentaires pour assurer le remplacement de toutes les absences ». Dans son rapport sur le budget de l’enseignement scolaire , le sénateur Jean-Claude Carle consacre tout un chapitre à l’analyse des besoins de remplacement des enseignants.

Le rapport critique les données fournies par le ministère jugées peu fiables. Dans le premier degré, officiellement « malgré l’importance des moyens consacrés au remplacement, une demi-journée d’absence sur cinq n’est pas remplacée » avec de forts écarts selon les académies. Dans le second degré,  » le remplacement des absences de courte durée dans le second degré constitue une « défaillance systémique », tant est faible la proportion des heures remplacées ».

Le rapporteur recommande d’abord de « réduire les absences institutionnelles en organisant les stages de formation continue et les autres tâches institutionnelles en dehors du temps d’enseignement et pendant les vacances scolaires; en évaluant et en revoyant les régimes d’allégement du temps d’enseignement, le cas échéant en compensant leur remise en cause par des avantages statutaires et indemnitaires ». Cette dernière phrase concerne prioritairement pour JC Carle l’éducation prioritaire.

Mais la question des remplacements lui permet d’aller plus loin dans la remise en cause des statuts.  » Le caractère hebdomadaire des obligations de service des enseignants constitue une contrainte importante dans l’élaboration des emplois du temps… Je recommande en conséquence l’annualisation des obligations règlementaires de service des enseignants, prônée depuis plusieurs années par la Cour des comptes. Ces obligations devraient également intégrer les missions de remplacement des collègues absents et de formation continue. L’annualisation revêt de nombreux avantages : elle donnerait une souplesse aux établissements dans l’organisation du remplacement, la définition des emplois du temps et le soutien aux élèves en difficulté. Il en va de même pour la bivalence dans le second degré, c’est-à-dire de la capacité des professeurs à enseigner deux disciplines : celle-ci doit être encouragée ; elle permettrait également de faciliter le remplacement et de réduire les situations de sous-service ou de service partagé sur plusieurs établissements ».

Rapport Carle

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Crégy (77) toujours sans professeur de technologie

Comment se désorganise un système éducatif ? Selon le site Actu.fr Crégy est un bon exemple. Dans cette banlieue pavillonnaire de Meaux (77), le collège vient enfin de récupérer un professeur de français. Mais il manque depuis la rentrée un professeur de technologie. La disparition des contrats aidés frappe le personnel d’entretien. Et même le transport scolaire semble avoir des difficultés à fonctionner.

 

Dans Actu.fr

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Les établissements français à l’étranger en grève le 27 novembre

 » Pour défendre l’établissement public AEFE et ses personnels, le SNES et les syndicats de la FSU appellent à la grève sur l’ensemble du réseau le 27 novembre, jour du Conseil d’administration. La mobilisation n’est plus seulement nécessaire, elle est désormais vitale ».  Le Snes entend protester contre la baisse de 33 millions du budget de l’AEFE. Selon l’intersyndicale Fsu, Unsa, Sgen celle ci devrait se traduire par la suppression de 500 postes.

 

L’appel à la grève

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Les enseignants en détresse avec le new public management

Le nouveau management axé sur la performance coute cher aux enseignants. C’estce qui ressort d’un congrès d’un syndicat d’enseignants québécois, la FAE, selon l’Huffington Post. « Les travaux de la sociologue Marie-France Maranda et du professeur Simon Viviers font état de la culture du «trop» et du «manque», soit trop d’élèves dans les classes, trop d’élèves présentant des difficultés diverses et trop d’exigences individualisées alors que parallèlement, les enseignants manquent de ressources, manquent de reconnaissance et manquent de soutien politique », écrit l’Huffington Post.  » La philosophie de gestion tourne autour d’un discours positif visant à mousser l’enthousiasme et la résilience face à l’adversité, et qui interprète les situations de surcharge comme un problème personnel de l’enseignant incapable de gérer son temps de travail et son désenchantement comme étant un manque de vocation pour l’enseignement. » Le congrès  a mis en évidence le coût final pour le système éducatif : les enseignants craquent, tombent malade et il faut les remplacer.

 

L’article

L’échec du New Public Management

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Petites économies sur le dos des référents handicaps

Enseignants du premier degré, les 1500 référents handicap suivent les projets de scolarisation des écoliers handicapés. Doivent ils bénéficier de la même revalorisation que les autres enseignants du premier degré qui ont vu l’ISAE, une prime annuelle, relevée ? Finalement le ministère laisse les recteurs décider si leur prime sera de 950 ou de 2500 €. Dans une lettre au premier ministre datée du 23 novembre, l’intersyndicale Snuipp, Se Unsa et Sgen Cfdt, c’est « inacceptable ».

 

La lettre

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Les profs recrutés par la police ?

 » Toute décision de recrutement doit être précédée d’une enquête administrative destinée à vérifier si la personne concernée représente une menace grave à la sécurité publique ou la sûreté de l’État ». Une proposition de loi déposée par I Valentin,député Les Républicains, veut soumettre la nomination des enseignants , et eux seuls, à une enquête de police.

 

La proposition

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Des lycéens en grève obtiennent les enseignants qui leur manquent

En grève pour obtenir les 3 enseignants qui leur manquent, les élèves de terminale du lycée Delamare Deboutteville à Forges-les-Eaux viennent d’obtenir satisfaction, annonce France Bleu. Il manquait deux professeurs de maths et un de philosophie dans l’établissement. Le rectorat assure les avoir trouvés.

 

Sur France Bleu

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