Archives de la catégorie Economie

Communiqué commun AFPS, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq : « Un rapport dévoile les liens entre cinq banques et assurances françaises et les colonies israéliennes »

Communiqué commun : Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq

Paris, le 29 mars 2017

Plusieurs organisations (Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq) publient aujourd’hui un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne ». Il met en lumière les liens entre certaines banques et assurances françaises et des banques et entreprises israéliennes impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes.

La colonisation israélienne dure depuis cinquante ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de six mille nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 23 décembre 2016, la résolution 2334 [1], exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Cette colonisation ne pourrait exister sans la contribution des banques israéliennes qui financent les constructions, et des sociétés israéliennes qui fournissent services et infrastructures dans les colonies. Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation, et les entreprises israéliennes contribuent au maintien et au développement des colonies israéliennes. En 2013 déjà, une mission d’enquête indépendante des Nations unies dénonçait le rôle primordial des banques israéliennes dans la colonisation et les conséquences en termes de violations des droits de l’Homme.

L’enquête menée par nos organisations révèle des liens financiers entre ces entités israéliennes et les groupes bancaires français suivants : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole (et sa filiale LCL), BPCE (et sa filiale Natixis) et AXA.

Chacune de ces sociétés détient plusieurs participations minoritaires, de manière directe ou indirecte, dans des banques ou entreprises actives dans les colonies israéliennes [2]. Au- delà de ces participations, ces sociétés financent des projets d’entreprises directement impliquées dans la colonisation. Ce fut notamment le cas lors de l’octroi d’un prêt en 2004 de deux cent quatre-vingt-huit millions d’euros par un consortium de banques (dont BNP Paribas, Société générale, Crédit lyonnais et Natixis) à l’Israel Electric Corporation (IEC). Cette entreprise approvisionne directement les colonies en électricité.

Les banques et assurances françaises concernées ont toutes adhéré à des lignes directrices internationales et pris des engagements relatifs au respect des droits humains. Mais la pratique ne suit pas. Tant qu’elles persisteront à financer des banques et entreprises israéliennes actives dans le maintien et développement des colonies israéliennes, elles continueront à soutenir et cautionner ces dernières.

De nombreuses institutions financières étrangères [3], publiques ou privées, se sont d’ores et déjà publiquement désengagées de banques et entreprises israéliennes actives dans les colonies. Par leur refus de prendre un engagement public fort, les banques et d’assurances françaises concourent à la poursuite de la colonisation et aux violations des droits humains qu’elle induit. Et ce, malgré les différentes interpellations des organisations auteures de l’étude.

La responsabilité du gouvernement français est également pointée dans le rapport. En effet, la France soutient la politique européenne de « différenciation » territoriale entre Israël et ses colonies. Cette politique met en garde les entreprises sur les risques juridiques, économiques et réputationnels, d’entretenir directement ou indirectement des liens financiers et économiques avec les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Le Parlement vient par ailleurs d’adopter la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre, qui s’applique aux banques et aux assurances. Celles-ci seront obligées de publier un plan de vigilance identifiant les risques potentiels que leurs activités et leur chaîne d’approvisionnement sont susceptibles de provoquer sur les droits humains et l’environnement.

L’Etat français, en laissant les institutions financières françaises financer les entreprises impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes, soutient indirectement la colonisation. Le gouvernement français doit faire pression sur les banques et assurances pour leur demander de mettre fin à l’ensemble de leurs soutiens. Par ailleurs, l’implication directe d’Alstom dans des grands projets d’infrastructures dans les colonies israéliennes est plus que problématique [4]. Là encore, l’Etat, en tant qu’actionnaire, doit intervenir pour y mettre fin.

[1] https://www.un.org/webcast/pdfs/SRES2334-2016.pdf

[2] http://www.fairfinancefrance.org/media/373618/links-between-french-banks-and-companies-profiting-from- the-occupation-of-160628.pdf http://www.fairfinancefrance.org/media/373619/links-between-french-fis-and-israeli-banks-160614.pdf

[3] C’est notamment le cas du fonds de pension du Gouvernement norvégien (2010), du fonds de pension néerlandais PGGM (2013), du fonds de pension luxembourgeois FDC (2014) des banques danoise et allemande, Danske Bank (2014) et Deutsche Bank (2014) et du fonds de pension de l’Eglise méthodiste américaine (2016).

[4] Centrale électrique avec Israel Electric Corporation (IEC) ; tramway de Jérusalem

Lire le rapport : Les liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne mars 2017

Poster un commentaire

CECI N’EST PAS UN TROU

Poster un commentaire

Fillon confirme : 500 000 postes de fonctionnaires supprimés rapidement

Le candidat Républicains a confirmé le 13 mars les suppressions de postes dans la fonction publique et présenté un programme qui transfère une centaine de milliards vers les plus favorisés en augmentant les prélèvements sur les plus pauvres par la hausse de la TVA et l’augmentation de l’age de la retraite.

« Simplification » du Code du travail, 40 milliards donnés aux entreprises et impôt des entreprises baissé compensés par une hausse de la TVA, retraite repoussée à 65 ans mais relèvement du quotient familial et rétablissement de l’universalité des prestations au bénéfice des plus fortunés, le programme de F Fillon, présenté le 13 mars transfert des ressources publiques vers  les plus favorisés.

F Fillon a aussi confirmé sa volonté de « réduire de 500 000 le nombre d’emplois publics, par le non remplacement d’un départ sur deux en retraite ». C’est plus que le retour de la politique qu’il a mené entre 2007 et 2012 et dont le quinquennat Hollande a tout juste suffit à gommer les principaux effets.

Sur les 500 000 emplois au moins 150 000 seront à trouver dans l’Education nationale. F Fillon a déjà annoncé le transfert de l’enseignement professionnel aux régions. Une masse d’emplois en lycée pourrait aussi être supprimés par la réforme du bac qui se limitera  à 4 disciplines.

Mais le candidat Républicains a préféré le 13 mars  aligner les contre vérités sur l’école  » négligée ces dernières années. Je souhaite la refocaliser sur ses missions fondamentales : apprendre à lire, écrire, compter, connaître l’histoire de notre pays et ses valeurs civiques, apprendre un métier, apprendre le respect et la fraternité ». Selon le Cevipof, F Fillon peut compter sur les voix de 15% des enseignants. C’est la catégorie sociale qui a été la plus heurtée par les affaires que traine le candidat.

 

Son programme

Poster un commentaire

T’UPPERCUT TV : revenu de base et salaire à vie

T’UPPERKUT’TV : revenu de base & salaire à vie

Qu’est-ce que Benoît Hamon et Christine Boutin ont-ils en commun ??? Ils défendent tous les deux le revenu de base ! La TV de l’UPPERCUT, sans micro et sans cravate, invite à un tour d’horizon de l’actualité sans chichi. Nos intrépides journalistes se sont penchés sur cette question du revenu universel, de base, garanti pour vous aider à mieux comprendre de quoi il s’agit exactement ? La solution à la fin annoncée du travail ? Les robots attaquent ! Un filet de sécurité pour enfin se lancer dans la vie ? La libération de l’emploi ! Vive le travail !!! Venez parler du travail, du revenu de base et du salaire à vie !

Vendredi 31 Mars à partir de 20h30 au bar de l’amicale laïque, 45 rue Violin à la Montagne (44). Une soirée ludique et émancipatrice, et bien sûr le bar sera ouvert !!

Un rendez-vous UPPERCUT !!

L’UPPERCUT, l’Université Populaire et Politique Encourageant les Résistances Créatrices d’UTopies est un lieu de rendez-vous, ouvert à tous et toutes, pour échanger, réfléchir, rêver, expérimenter. Créée en octobre 2014, elle est animée par une vingtaine de personnes, bénévoles, convaincues que dans chaque lieu des collectifs doivent porter des projets de transformation sociale. Elle est hébergée par l’Amicale Laïque de La Montagne, association d’Éducation populaire.

Poster un commentaire

Remplacements : pas de miracle, il faut des postes affirme le Snuipp

Dans un communiqué, le Snuipp, premier syndicat du primaire, critique la nouvelle politique pour les remplacements annoncée par la ministre.  » L’abandon de la différenciation entre remplacements de courte durée et de longue durée, un congé maternité par exemple, risque d’entraîner une dégradation du remplacement. Cela nuira également à l’attractivité de ces postes qui ont des exigences différentes », estime le syndicat.  » L’amélioration du dispositif de remplacement… passe par des créations de postes pour répondre aux besoins et pas par une désorganisation du service actuel ».

 

Communiqué

Sur les remplacements

Poster un commentaire

Tribune d’un collectif dorganisations membres du Forum Citoyen pour la RSE: « Devoir de vigilance des multinationales : le Conseil constitutionnel doit choisir entre liberté d’entreprendre et respect des droits humains »

Devoir de vigilance des multinationales : le Conseil constitutionnel doit choisir entre liberté d’entreprendre et respect des droits humains

 

La Tribune, le 8 mars 2017 

 

Tribune d’un collectif d’organisations membres du Forum Citoyen pour la RSE : ActionAid, France-Peuples solidaires, l’AITEC,  les Amis de la Terre France, Amnesty International France, Sherpa, Collectif Ethique Sur Etiquette, CCFD-Terre Solidaire, FIDH, la Ligue des droits de l’Homme

Les organisations patronales se mobilisent encore contre ce texte de loi récemment adopté, imposant une certaine éthique aux multinationales. Un texte pourtant objet de compromis. Quelle sera l’attitude de la juridiction suprême? Par un collectif d’organisations appartenant la société civile *

Le 21 février dernier, nos organisations saluaient l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi historique. La loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordres est l’aboutissement de nombreuses années de combat de la société civile pour une mondialisation plus juste. Elle vise à prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement que peuvent causer les très grandes entreprises via leurs activités et celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Ces dernières sont désormais tenues de mettre en œuvre un plan de vigilance. Un juge en France pourra être saisi pour faire publier et appliquer ce plan, et l’entreprise sanctionnée d’une amende en cas de manquement à ses nouvelles obligations

 Un assaut des organisations patronales contre le texte

La satisfaction de voir adopter une loi de progrès aura été de courte durée : 48 heures après son adoption, des députés et des sénateurs du groupe Les Républicains ont saisi le Conseil constitutionnel, contestant la nouvelle loi dans sa quasi-totalité. La veille, le MEDEF avait déjà déposé un mémoire pour contester la constitutionnalité du texte. Des recours qui apparaissent comme le point d’orgue de l’assaut continu dont ce texte a fait l’objet tout au long du processus législatif, de la part du MEDEF et de l’Association française des entreprises privées (AFEP) en tête, appuyés par des juristes et certains parlementaires, qui s’opposent à toute régulation contraignante de l’activité économique. Les démarches volontaires fondées sur le respect de leurs propres codes éthiques ont pourtant montré maintes fois leurs limites.

 La loi, objet d’un compromis

En réponse, nos organisations, mobilisées depuis le début des discussions autour de cette loi, viennent d’adresser un mémoire (une « porte étroite ») au Conseil constitutionnel, afin de défendre ce texte. Dans le souci de la défense de l’intérêt général, nous réalisons cette démarche en toute transparence.

Objet d’un compromis, la loi est loin d’être aussi ambitieuse que l’auraient souhaité nos organisations. Contrairement à ce qu’avancent ses détracteurs, elle ne crée pas un régime de responsabilité du fait d’autrui, et la charge de la preuve continuera à peser sur les victimes, pour qui l’accès à la justice et aux réparations restera un long combat. C’est donc bien dans son volet préventif qu’elle a tout son intérêt. Elle permet simplement de rééquilibrer le rapport de force entre des acteurs économiques surpuissants et des populations vulnérables, et constitue une première avancée dans la lutte contre l’impunité des multinationales.

 Les citoyens attachent une importance croissante au respect de l’éthique

Les citoyens ne s’y sont pas trompés. Ils soutiennent dans leur grande majorité le principe d’une responsabilisation juridique des multinationales pour les atteintes graves causées par leur activité. En effet, ils attachent une importance croissante à l’éthique des produits qu’ils achètent. Certes la désinformation organisée par les milieux économiques sur la prétendue logique répressive disproportionnée de cette loi semble en partie avoir fait son œuvre, mais elle ne résiste pas à une analyse objective du texte.

 Choisir entre liberté d’entreprendre ou les droits fondamentaux des individus à mener une vie digne, dans un environnement sain

Il revient désormais au Conseil constitutionnel, garant du respect des droits humains et des libertés fondamentales, d’analyser sa conformité à la Constitution. Les dernières décisions du Conseil constitutionnel ont surpris les organisations de la société civile : il a censuré récemment la « taxe Google » et le reportingpublic pays par pays, deux mesures permettant de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales des multinationales, qui grèvent de plusieurs dizaines  de milliards d’euros par an les recettes publiques. Le Conseil constitutionnel devra donc montrer quel principe à valeur constitutionnelle prévaut dans notre République : la liberté d’entreprendre ou les droits fondamentaux des individus à mener une vie digne, dans un environnement sain.

Gageons donc qu’avec cette décision, il fera primer l’intérêt général sur les intérêts économiques. Car comme le dit Robert Badinter, « plus les droits de l’Homme sont protégés, plus la République est elle-même« .

* – Birthe Pedersen Présidente ActionAid France-Peuples solidaires 
 – Amélie Canonne, présidente de l’AITEC 
 – Florent Compain, président des Amis de la Terre France 
 – Camille Blanc, présidente d’Amnesty International France 
 – William Bourdon, président Sherpa 
 – Guillaume Duval, président Collectif Ethique Sur Etiquette  
 – Sylvie Bukhari de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
 – Dimitris Christopoulos, président FIDH
 – Françoise Dumont, présidente Ligue des droits de l’Homme.

Organisations membres du Forum Citoyen pour la RSE.

Poster un commentaire

Rentrée 2017 : une nouvelle gestion des remplaçants dans les cartons

N Vallaud Belkacem devrait présenter le 9 mars les grandes lignes de la rentrée 2017. Celle ci sera marquée par la création de 11 000 postes et le reclassement des enseignants dans les nouvelles grilles salariales du PPCR. Mais la ministre devrait aussi annoncer de nouvelles mesures concernant les remplacements élargissant les conditions d’emploi des remplaçants. Des mesures prises sous la pression de la Cour des comptes qui vient de publier un référé sur ce sujet.

11 000 postes

Avec 11 662 postes créés, la rentrée 2017 atteint les 54 000 emplois promis par F Hollande en 2012. Surtout, la rentrée devrait permettre aux établissements de respirer, surtout au primaire où on attend une baisse des effectifs.

Pour les enseignants, 4 311 postes à temps plein seront ouverts dans le 1er degré et 4 400  dans le second degré publics, parmi lesquels 450 pour les lycées « fragiles » .  S’y ajouteront un millier de postes d’enseignants dans le privé sous contrat et 2 351 postes d’accompagnants ou d’administratifs.

Près de 2000 nouveaux postes du 1er degré permettront d’atteindre 5 161 emplois de maitres surnuméraires. Toutes les écoles de l’éducation prioritaire devraient en être dotés selon le ministère même si au moins un département a annoncé ne pas le faire.

Nouvelle étape dans la revalorisation

Autre nouvelle importante pour les enseignants : au 1er septembre ils seront tous reclassés sur les nouvelles grilles issues des négociations PPCR. Selon le ministère, en plus de la revalorisation qui a déjà été appliquée (hausse du point Fonction publique plus octroi de points), le  reclassement avec maintien de l’ancienneté sur les nouvelles échelles devrait s’accompagner d’un gain salarial. Le ministère donne en exemple un professeur des écoles au 8e échelon de la classe normale qui a trois ans d’ancienneté sera reclassé au 1er septembre 2017 en la conservant et passera au 9e échelon six mois plus tard. À l’occasion de ce changement d’échelon, sa rémunération de base augmentera d’environ 2 000 € bruts par an.

Nouveaux périmètres pour les remplacements

Plus discutées seront peut-être les mesures concernant les remplacements. 1500 nouveaux postes devraient être affectés aux remplacements à la rentrée. Mais pour améliorer le taux de remplacements, le ministère a aussi décidé de changer les règles à la rentrée 2017.

 » Un décret relatif à l’exercice des fonctions de remplacement des enseignants du 1er degré créera un vivier unique à la place des différentes brigades spécialisées dans le remplacement de différents types d’absence. Il permettra de mieux mobiliser les remplaçants dans l’intérêt du service et des élèves », dit le ministère. Dans le second degré, une instruction ministérielle améliorera la gestion du remplacement à l’échelon académique et réactivera les protocoles de remplacement de courte durée dans les établissements imaginés par G de Robien en 2005. Ce texte demande aux personnels de direction de chercher dans l’établissement des enseignants pour faire face aux absences de courte durée. Le chef d’établissement peut désigner, s’il manque  de volontaire, un enseignant dans la limite de 60 h par an et 5 h par semaine. Un protocole resté largement lettre morte. Les conseils d’administration des établissements ont normalement été consultés sur ce point.

Ces mesures , outre qu’elle n’assurent pas le remplacement par exemple d’un professeur de maths par un autre, risquent d’être mal accueillies. Dans le premier degré les conditions de travail des remplaçants, déjà pas faciles, risquent de devenir plus difficiles. Dans le second degré les enseignants sont souvent hostiles à l’idée qu’on puisse leur imposer des heures supplémentaires.

Des mesures en réponse à la Cour des comptes

Rendu public le 8 mars, la Cour des comptes a envoyé le 23 décembre un référé au ministère de l’éducation nationale sur les remplacements. La Cour souligne d’abord l’absence de fiabilité des informations comptables et des taux de remplacement communiqués par le ministère.

Elle dénonce le cadre trop rigide des remplacements de longue durée. Elle juge trop ambitieux le principe de remplacer les enseignants par des professeurs de la même discipline. Elle estime que les titulaires remplaçants sont peu utilisés.

Mais c’est surtout sur les remplacements de courte durée du 2d degré que la Cour marque le ton. Elle estime le taux réel de remplacement très en dessous du taux officiel. Elle constate aussi que la plupart des absences sont liées au fonctionnement du système éducatif (examens, formations, sorties etc.).

Elle constate aussi que le décret Robien n’est pas appliqué parce que les chefs d’établissement ne sont pas soutenus et ne croit pas dans la nouvelle initiative ministérielle.  « Comme aucune mesure renforçant les prérogatives des proviseurs de lycées et principaux de collège n’accompagne les décisions ministérielles, il est à craindre que cette nouvelle initiative n’ait pas plus d’effets que la précédente ».

La Cour propose sa solution : faire entrer le remplacement dans les obligations liées au statut des enseignants. Elle demande aussi d’améliorer le recueil statistique et le pilotage . Et de créer les conditions pour rendre effectif le décret Robien sur le remplacement de courte durée.

Numérique

Le ministère met aussi l’accent sur le numérique à la rentrée 2017. La moitié des collèges deviendront des « collèges numériques » et 600 000 élèves devraient être équipés. Le ministère annonce 3 journées de formation pour les enseignants et surtout la mise en place de PIX en lieu et place du B2i.

Mesures sociales pour les élèves

D’autres mesures concernent les élèves. Après avoir remonté le montant des bourses collège et lycée, le ministère augmente les fonds sociaux : ils atteindront 65 millions , contre 28 en 2012. 2 000 nouvelles places seront ouvertes à la rentrée en BTS pour faciliter l’accueil des bacheliers professionnels. Cinq académies expérimenteront l’entrée en BTS sur décision du conseil de classe de terminale.

La rentrée dans le primaire

Le référé

Poster un commentaire

Communiqué commun : « Loi sur le devoir de vigilance des multinationales : nos organisations défendent le texte devant le Conseil constitutionnel »

 

Communiqué commun : ActionAid France-Peuples solidaires, Les Amis de la Terre France, Amnesty International France, le CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Ethique sur l’étiquette, Sherpa, la Ligue des droits de l’Homme, la CFDT et la CGT

Paris, le 7 mars 2017

Vendredi 3 mars 2017, ActionAid France-Peuples solidaires, Les Amis de la Terre France, Amnesty International France, le CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Ethique sur l’étiquette, Sherpa, la Ligue des droits de l’Homme, la CFDT et la CGT ont adressé un mémoire au Conseil constitutionnel, afin de défendre la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre. Saisi le 23 février par des députés et sénateurs Les Républicains sur la constitutionnalité de ce texte, le Conseil constitutionnel devrait rendre sa décision mi-mars.

La loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordres, adoptée le 21 février dernier, a été déférée par des députés et des sénateurs du groupe Les Républicains devant le Conseil constitutionnel 48 heures après son adoption. La veille, le Medef avait déjà annoncé avoir envoyé un mémoire au Conseil pour « alerter » sur une possible inconstitutionnalité du texte.

En réponse, nos organisations, mobilisées depuis le début des discussions autour de cette loi, ont également adressé un mémoire au Conseil constitutionnel afin de démontrer la conformité de la loi à la Constitution.

Claire et intelligible, cette loi nécessaire vise à prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement que peuvent causer les très grandes entreprises via leurs activités et celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Elle impose simplement aux grands groupes de rédiger et mettre en œuvre un plan de vigilance pour éviter que leurs activités ne portent atteinte aux droits fondamentaux et à l’environnement.

Depuis 4 ans, des organisations patronales se sont opposées systématiquement à l’adoption de ce texte de progrès, arguant que les normes volontaires qu’elles s’imposent sont suffisamment efficaces, à l’inverse des dispositions contraignantes. Or, ces démarches volontaires ont montré depuis plusieurs décennies leurs insuffisances.

Sauf à accepter que la liberté d’entreprendre prenne le pas sur le respect des droits fondamentaux des individus, une censure du Conseil constitutionnel serait incompréhensible.

 Des porte-paroles sont disponibles pour des interviews 

 A télécharger : Loi sur le devoir de vigilance des multinationales : nos organisations défendent le texte devant le Conseil constitutionnel 

Poster un commentaire

Revalorisation : ce qui change en février

Le BO du 2 mars publie la liste des  indemnités affectées par la hausse de 0.6% du point Fonction  Publique. Cela concerne aussi bien l’ISOE que l’indemnité de professeur principal ou les indemnités de direction. Un autre texte revalorise les heures supplémentaires effectuées par les professeurs des écoles pour le compte des collectivités territoriales (étude surveillée, surveillance, enseignements).

 

Indemnités

Heures supplémentaires

Poster un commentaire

Angleterre, Suède, Pays Bas : l’échec du New Public Management

Marqué par l’autonomie locale, la responsabilisation, l’individualisation des carrières, le haut niveau de formation des enseignants, le New Public Management (NPM) apparait en France comme le modèle à suivre pour beaucoup de candidats à l’Elysée et de nombreux thinktank.  C’est le modèle qui devrait permettre d’améliorer rapidement les résultats de l’Ecole grâce à des enseignants mieux formés, mieux impliqués, mieux dirigés.  Mais qu’en est-il vraiment ? Florence Lefresne et Robert Rakocevic ont décidé d’aller y voir de près en étudiant le cas des 3 pays européens qui ont le mieux appliqué les principes du NPM : la Suède, l’Angleterre, les Pays Bas. Trois pays où, au final, les promesses ne sont pas tenues.

Naissance d’un nouvel enseignant

Le New Public Management a-t-il vraiment réussi à faire apparaitre un nouvel enseignant plus efficace ?  Lors du séminaire de D. Fougère et A. Van Zanten au Liepp de Sciences Po, le  28 février, Florence Lefresne et Robert Rakocevic, Depp et Paris Descartes, ont présenté une analyse également publiée dans un numéro d’Education & formations (n°92, décembre 2016).

« En toile de fond de ce nouveau modèle du  New Public Management, on trouve le client à la place de l’usager, la recherche d’efficience, le contrat à la place du fonctionnaire », explique F Lefresne. « C’est une nouvelle figure de l’enseignant qui est proposée, avec de nouvelles compétences. Un enseignant multi compétent, qui maitrise les Tice, sait gérer l’hétérogénéité , expert, constructeur de la culture d’établissement et près des usagers ».

Cette figure du nouvel enseignant émerge-t-elle dans les pays qui ont tout fait pour installer le New public Management ? A-t-on vraiment amélioré le recrutement des enseignants en les rendant plus efficaces et plus adaptés au contexte local ? Retient-on ces employés plus qualifiés en mobilisant les leviers de la décentralisation ? Améliore-t-on in fine la qualité du service éducatif ? Le nouveau paradigme tient-il ses promesses ?

Trois pays modèles

Florence Lefresne et Robert Rakocevic sélectionnent trois pays qui sont emblématiques de cette évolution: la Suède, l’Angleterre et les Pays Bas. Aux Pays Bas on a privatisé la gestion des écoles publiques. En Suède la réforme est allée très loin puisque les écoles ont acquis un haut niveau d’autonomie et leur gestion a été municipalisée. Le statut de fonctionnaire des enseignants a éclaté. Ils sont devenus des employés privés. Les écoles ont été mises en concurrence avec des chèques éducation. En Angleterre la barrière entre public et privé a disparu par le développement des academies et des free schools, écoles publiques mais autonomes et gérées de façon privée.

En modifiant les conditions de recrutement des enseignants, en repoussant leur formation de la licence au master a-t-on changé la sociologie des professeurs ? Les deux chercheurs montrent que les nouveaux enseignants entrent dans le métier deux années plus tard et que la féminisation a progressé.

Une politique qui crée la pénurie d’enseignants…

 Mais ce qu’observent Florence Lefresne et Robert Rakocevic c’est d’abord le développement de la pénurie d’enseignants dans ces pays. Ainsi 71% des enseignants hollandais travaillent dans des établissements dont le chef d’établissement déclare manquer d’enseignants qualifiés et 22% des enseignants de maths déclarent ne pas avoir été formés à cet enseignement. En Angleterre c’est respectivement 46 et 6%. En France, où le système dominant est encore traditionnel c’est 32 et 4.

La proportion d’enseignants qui abandonnent le métier a fortement augmenté en lien avec des salaires qui sont inférieurs aux salaires moyens du privé à diplome égal. Le sentiment de dévalorisation des enseignants est fort : dans les trois pays moins de 40% des enseignants s’estiment valorisés dans la société. En Suède on est en dessous de 10%.

Et paradoxalement leur baisse de niveau

 On observe en même temps une baisse du niveau des enseignants. En effet, face à la pénurie du recrutement des enseignants, les trois pays ont du mettre en place des stratégies parallèles. En Suède on a largement eu recours à des enseignants immigrés et à des professeurs du secondaire pour enseigner au primaire. En Angleterre on a cherché à attirer des étudiants en leur donnant des primes importantes par exemple en maths. Autrement dit la promesse d’enseignants mieux formés n’a pas pu être tenue.

Dans les trois pays l’évaluation des enseignants est confiée au chef d’établissement. Résultat,  selon Talis, les enseignants des trois pays sont moins nombreux que la moyenne des pays OCDE à déclarer des effets bénéfiques de cette évaluation. Les tentatives de lier la rémunération des enseignants à leur performance individuelle a aussi généré des problèmes. Si en Suède, la mesure a été acceptée, en Angleterre il y a eu des grèves puissantes contre la paye au mérite et aux Pays Bas les mesures ont du être fortement atténuées sous pression syndicale.

Pas d’amélioration des résultats


Au final l’élévation de la performance n’est pas rendez vous.  » En Angleterre, des inquiétudes sur l’incapacité des élèves de 15 ans à dépasser la moyenne des résultats au test PISA rencontrent un large écho médiatique. En Suède, les résultats des élèves à PISA, en baisse sensible, sont cités dans l’argumentaire de plusieurs réformes récentes. Aux Pays-Bas, les résultats à PISA restent parmi les meilleurs en Europe : le débat porte ici davantage sur la proportion relativement faible d’élèves parmi ceux qui arrivent en tête du peloton international », écrivent les deux chercheurs.

En conclusion, Florence Lefresne et Robert Rakocevic interrogent les effets du New Public Management sur l’Ecole. « De quelle professionnalisation parle-t-on quand les professionnels ne sont pas associés à la redéfinition de leurs conditions de travail ? », demandent-ils. Ils soulignent la question de légitimité  posée par ces politiques auxquelles s’opposent la profession. L’autre question concerne le recrutement : comment concilier élévation des exigences dans la formation et pénurie d’enseignants ? Plus on élève le niveau de formation et d’exigence plus on donne aux étudiants d’opportunités de travailler dans un autre secteur.

Alors que les idées d’autonomie, d’élévation du niveau de formation , de régionalisation, de contractualisation des relations établissement – Etat, de renégociation du statut et des conditions de travail des enseignants se banalisent dans le discours des politiques et des médias, le travail de Florence Lefresne et Robert Rakocevic nous montre que cette voie prometteuse mène à des impasses.

Article dans Education & formations

Poster un commentaire

La Sociale N°24 : des projections-débats pour la campagne électorale


Où voir « La Sociale » cette semaine du 1er au 8 mars ?

Pour trouver la séance la plus proche de chez vous:
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=249160.html

Aiguebelle (Cinébus), Ancenis (L’Eden), Argelès (Cinémaginaire), Argenton (Cinéma), Avignon (Utopia), Balbigny (Cinéma), Bordeaux (Utopia), Brignolles (Le Casino), Candé (Beaulieu), Captieux (Cinéma), Chalon sur Saone (L’Axel), Chateauroux (L’Apollo), Coulgens (Cinéma, Créteil (Le Palais), Dourdan (Le Parterre), Elbeuf (Cinéma), Eulmon (Gouin), Fougères (cinéma), Granville (Le Select), Guebwiller (Cinéma), Hendaye (Cinéma), Herouville St Clair (Café des Images), Issoudun (Les Elysées), La Roche Bernard (Cinéma), La Brugière (Cinéma), Lavelanet (Casino), Les Ancizes (Cinéma), Les Ollières sur Eyrieux (Cinéma), Lesparre Médoc (Cinéma), Lisieux (Le Majestic), Loriol (Cinéma), Montpellier (Utopia), Montreuil (Le Méliès), Morlaix (La Salamandre), Muzillac (Cinéma), Nimes (Le Sémaphore), Orthez (Cinéma), Palavas les Flots (Cinéma), Paris (Espace Saint-Michel), Pont St Maxence (Le Palace), Port de Bouc (Le Méliès), Retournac (Cinéma), Romainville (Le Trianon), Seremange Erzange (Grand Ecran), Soisson (Le Clovis), Soulac sur Mer (Cinéma), St Jean de Beaurunay (Cinéma), Saint Lo (Ciné Moviking), St Nazaire (Jacques Tati), St Pierre d’Oléron (Cinéma), Toulon (Le Royal), Toulouse (American Cosmograph), Tournefeuille (Utopia), Trappes (Grenier à Sel), Tullins (cinéma).

Carte des projections de La Sociale

Pour nous contacter:

Rouge Productions

Camille Gillet
7 rue Ambroise Thomas
75 009 Paris
mail: rouge@rougeprod.fr
tel: 01 47 70 04 33

Pour organiser des projections
Jérémie Pottier-Grosman
Réseaux et partenariats
jerem.pottier@lasociale.fr
06.50.40.24.00

Marion Pasquier
Programmation salles
mpasquier.prog@gmail.com
06 79 21 84 67


Facebook Twitter Google

Poster un commentaire

Numérique : le ministère relance un plan école numérique rurale

L’Etat va consacrer 50 millions pour un second plan Ecole numérique rurale. La mesure a été annoncée par N Vallaud Belkacem lors du conseil des ministres du 1er mars.  » un appel à projets, décidé lors du 3ème comité interministériel aux ruralités, sera prochainement lancé pour développer les usages numériques dans les écoles primaires en milieu rural et ainsi favoriser les innovations pédagogiques. 50 millions d’euros seront ainsi spécifiquement affectés pour sélectionner les projets porteurs d’innovation pédagogique élaborés conjointement par les écoles et les communes au service de la réussite des élèves. »

Un premier plan lancé en 2009 par X Darcos  avait montré l’extraordinaire réactivité du tandem enseignant d’école rurale – maire et l’efficacité d’une aide publique affectée au bon niveau, au plus prés du terrain.

Communiqué

Le plan de 2009

Poster un commentaire

L’Ecole anglaise face à ses premières coupes budgétaire

La dépense éducative est en train de baisser en Angleterre annonce l’Institute for Fiscal Studies, selon le Guardian. Le pays devrait connaitre ses vraies premières coupes budgétaires depuis les années 1990. L’IFS annonce une baisse de 6.5% sur la période 2017-2020.  La tranche des 16-18 ans devrait être la grande perdante. Selon l’IFS elle a été davantage impactée par les coupes budgétaires des années 1990, n’a pas connu de réel redressement ensuite  et subit à nouveau les principales économies budgétaires.

 

Dans Le Guardian

Poster un commentaire

« La marche de Bernard Friot » sur Alternantes

Nous accompagnons dans la rue Bernard Friot, sociologue, économiste , auteur d’ « Emanciper le travail », livre paru aux éditions La dispute. Bernard Friot est l’initiateur de Réseau salariat. Il a théorisé le salaire à vie…
Une émission de Michel Sourget

http://www.reseau-salariat.info/?lang=fr

Poster un commentaire

Professeurs des écoles : éducation prioritaire et directions favorisés

Les professeurs des écoles exerçant dans un établissement prioritaire ou exerçant une fonction de direction accèderont plus vite à la hors classe. C’est ce qu’indique une note de service publiée au BO du 23 février. Prenant en compte les accords PPCR, elle fixe à 5% le taux de passage pour 2017. Les enseignants ayant atteints le 7ème échelon au 31 août sont promouvables. Ils n’ont aucune démarche à faire, la hors classe étant devenue avec le PPCR une étape normale de la carrière. La note accorde une bonification aux enseignants ayant exercé en éducation prioritaire au moins 4 ans.La clause de sauvegarde des enseignants des ex écoles zep, RRS, Eclair non retenues dans l’éducation prioritaire est mentionnée dans la note.

 

La note

Poster un commentaire

Hugo Décrypte t’explique le temps de travail en France

Source : http://www.madmoizelle.com/hugo-decrypte-temps-travail-719661

Hugo Travers, 19 ans et étudiant à Sciences Po, a la politique dans la peau, à tel point qu’il a décidé d’en parler dans des vidéos YouTube.

Sur sa chaîne Hugo Décrypte, il revient sur l’actualité politique nationale et internationale, en décortiquant en 5 minutes ou moins les évènements et programmes politiques, entre autres.

Dans le cadre de l’élection présidentielle française, dont le premier tour se tiendra fin avril, Hugo se lance dans une nouvelle série de vidéos qui passe au peigne fin les thématiques abordées par les différent•es candidat•es, avec beaucoup de pédagogie.

Cette fois-ci, il s’attaque au temps de travail, à sa règlementation et aux ajustements que comptent y apporter les politiques.

Cette vidéo pédagogique est donc très transversale et utile, même si tu n’es pas en âge de voter, ou ne le seras pas en avril prochain.

Elle donne également l’occasion à Hugo d’aborder rapidement les modifications qu’apporte la Loi Travail (Loi El Khomri) aux conditions de travail et à cette durée légale de 35h actuellement en place.

Comme toujours, Hugo se contente d’effleurer le sujet, bien plus complexe que ça et dont il est difficile de faire le tour en 5 minutes. C’est pour cette raison que le youtubeur met à disposition des liens pour approfondir tes connaissances en la matière dans la description de sa vidéo.

Dans la même série de vidéos tu peux retrouver des explications sur la Sécurité Sociale, le revenu universel ou encore le droit du sol.

Poster un commentaire

Gazette d’@rrêt sur images, n° 477. Fillon : cet univers des dominants, que révèle l’affaire

Gazette d’@rrêt sur images, n° 477

Evidemment, dans le scandale Fillon, c »est le pur feuilleton qui sidère d’abord : comment vont-ils le lâcher ? Combien de temps va-t-il tenir ? Que va-t-on encore apprendre demain ? Mais élargissons le champ : comme tous les grands faits-divers, l’affaire Fillon révèle tout un pan de la société. Cette fois, ce sont les dominants. Leur impunité, leur tranquille pratique du népotisme, leur délicieux langage, aussi, comme cette manière de dire « maison », pour parler d’un château de quatorze pièces. Qui pouvait mieux nous en parler que la sociologue, Monique Pinçon-Charlot ? Notre émission est ici (1).

Grand écart : à l’autre extrémité de l’échelle sociale, ne ratez pas notre seconde émission de la semaine, sur ce merveilleux documentaire « La chasse au Snark ». On y raconte les rapports, au quotidien, entre adultes et adolescents en difficulté, dans une institution qui s’efforce de renouveler les pratiques…mais n’y réussit pas tous les jours. Le documentaire est ici (2), et notre émission est là (3).

Daniel Schneidermann

Pour voir nos émissions, vous devez être abonnés. Pour vous, le premier mois est à 1€, sans engagement. Pour vous abonner c’est ici (4).

(5)

Poster un commentaire

Grèce: l’effondrement à bas bruit de tout un pays 2 FÉVRIER 2017 PAR MARTINE ORANGE (Médiapart)

La crise grecque est toujours là. Les responsables européens et le FMI ont lancé un nouvel ultimatum à Alexis Tsipras. Il a trois semaines pour présenter de nouvelles mesures d’austérité. Épuisé, le pays est au bord de l’effondrement financier, économique et moral. Des responsables de Syriza parlent de sortir de l’euro.

Après avoir repoussé l’idée pendant plus de deux ans, Syriza semble prêt à penser l’impensable : sortir de la zone euro. Même si les responsables gouvernementaux n’en parlent pas ouvertement, des figures éminentes du parti de gauche en évoquent publiquement l’hypothèse. Pour l’ancien ministre des affaires européennes de Syriza, Nikos Xydakis, la question de la sortie de l’euro, en tout cas, ne doit plus être considérée comme « taboue ». « Il ne doit pas y avoir de tabou quand nous parlons du destin de la nation. Nous sommes arrivés au point où le peuple est au bout de son endurance. Je crois que nous avons besoin d’une discussion politique nationale en profondeur. Et cette discussion, naturellement, a besoin de commencer au parlement », a-t-il déclaré mardi 31 janvier.

Depuis, les observateurs se perdent en conjectures. Est-ce un ballon d’essai personnel de l’ancien ministre ? Cette intervention a-t-elle pour but de desserrer l’étau du gouvernement Syriza, au moment où celui-ci se retrouve à nouveau dans une impasse face à ses créanciers ? Ou l’hypothèse d’une sortie de l’euro est-elle vraiment un scénario discuté par le gouvernement, épuisé de ne trouver aucun soutien et aucune solution ?

La crise grecque a disparu des écrans-radars depuis le troisième plan de sauvetage, arraché après la capitulation de Syriza en juillet 2015. Tout a même été mis en œuvre pour soigneusement enterrer le sujet, afin de ne pas rouvrir les divisions européennes, dans l’espoir que le temps finirait par faire oublier la Grèce. Les responsables européens ne veulent surtout pas remettre sur le devant de la scène le sujet, alors que les Pays-Bas, la France puis l’Allemagne sont appelés à voter cette année.

Cette tentative de mise en sourdine a presque fonctionné. Mais la crise grecque est toujours là. Plus que jamais : le troisième plan de sauvetage, comme redouté, n’a apporté aucune solution, aucun répit à Athènes. Et le cas grec pourrait se réinviter très rapidement dans tout le débat européen, si les événements continuent à ce rythme.

À chaque déboursement de crédits supplémentaire prévus dans le plan, les créanciers se montrent toujours plus exigeants. La dernière réunion de l’Eurogroupe qui s’est tenue le 26 janvier en présence de responsables du FMI, n’a pas échappé à la règle. Alors qu’Athènes attend un déblocage des crédits européens pour l’aider à refinancer environ 6 milliards de dettes en juillet, la discussion a donné lieu aux mantras habituels, où il n’est question dans la novlangue chère aux responsables que « de tenir les engagements, de mettre en œuvre les réformes, de diminuer les déficits, de retrouver une croissance soutenable, etc. ». Elle s’est achevée par une nouvelle humiliation pour la Grèce.

Un nouvel ultimatum vient d’être lancé à Athènes. Le premier ministre grec Alexis Tsipras a trois semainespour trouver un accord avec les créanciers du pays. Lors de la réunion européenne du 22 février, tout doit être bouclé. D’ici là, une ébauche complète du plan proposé par Athènes doit être présenté à Bruxelles le 6 février. « Disons que la fenêtre d’opportunité est une fenêtre qui est encore ouverte, mais qui va bientôt se refermer parce qu’il y a des échéances électorales » aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, a rappelé le ministre français des finances, Michel Sapin, à l’issue de la réunion des ministres des finances européens. Comme pour bien rappeler à la Grèce qu’elle ne saurait s’inviter dans les élections européennes, et que par la suite, elle risque de trouver des « partenaires européens » moins disposés à son endroit.

La dispute porte comme d’habitude sur ces fameux ratios financiers qui tiennent lieu de politique pour les responsables européens et du FMI. Alors que le gouvernement grec est parvenu, dans un effort budgétaire surhumain, a réalisé un excédent budgétaire (avant paiement de la dette et des frais financiers) de 1,5 % en 2016, les responsables européens ont conditionné leur nouvelle aide de juillet à un surplus budgétaire primaire de 3,5 % à partir de 2018 et ce pendant au moins vingt ans !

Jusqu’alors le FMI soutenait qu’un tel niveau d’excédent budgétaire était irréaliste voire contre-productif. Mais lors de ces dernières semaines, le FMI a changé totalement de position. Non seulement, il soutient l’objectif de 3,5 % d’excédent budgétaire mais il exige en plus des garanties. L’organisation internationale conditionne son soutien au plan de sauvetage à l’adoption préventive par le gouvernement grec de mesures d’austérité supplémentaires, qui viendraient s’ajouter à celles déjà prévues dans le plan de sauvetage. Celles-ci devraient être automatiquement mises en œuvre au moindre dépassement budgétaire.

Alors que le gouvernement Syriza a déjà porté la TVA à 24 %, diminué de 40 % les retraites, augmenté les impôts, notamment fonciers, décidé de nouvelles taxes sur les voitures, les télécommunications, les télévisions, l’essence, les cigarettes, le café, la bière, annoncé de nouvelles réductions de 5,6 milliards sur les salaires publics, il se refuse à adopter ces lois préventives qui imposeraient de nouvelles baisses des salaires publics et des retraites et de nouvelles hausses d’impôt. Au nom des derniers lambeaux de souveraineté nationale qu’il reste à la Grèce. « Demander de telles mesures alors que les recettes de l’État sont meilleures que prévu est non seulement extrême mais absurde. Aucune nation ne peut consentir à de tels dispositifs », a expliqué le ministre grec des finances Euclide Tsakalotos, soulignant le caractère anti-démocratique des mesures exigées.

Il n’a trouvé aucun soutien auprès de ses homologues européens. L’Allemagne faisant de la présence du FMI au plan de sauvetage grec un préalable à sa propre participation, Berlin est prêt à accepter les conditions imposées par l’institution internationale. D’autant qu’elles ne lui semblent pas exorbitantes. Tous les Européens se sont alignés sur la position allemande.

Cela n’empêche pas les différends entre le FMI et les Européens. Ce week-end, l’institution internationale a fait fuiter de nouveaux documents sur la situation financière de la Grèce. Comme elle l’avait déjà dit en 2013, 2014, 2015, 2016, celle-ci réaffirme que la dette grecque est « explosive ». Selon ses derniers calculs, elle s’élèverait à 260 % du PIB en 2060. « La Grèce ne peut pas repousser son problème d’endettement. Athènes a besoin d’un substantiel allégement de sa dette de la part de ses partenaires européens pour retrouver un niveau acceptable d’endettement », est-il écrit dans ces documents.

Fallait-il vraiment attendre les calculs du FMI jusqu’en 2060 pour affirmer que la dette grecque est insoutenable ? Elle l’est déjà depuis très longtemps. Alors que le niveau d’endettement de la Grèce était de 120 % du PIB en 2010, il atteint désormais les 180 % du PIB. Soit quasiment deux fois la production annuelle de richesse nationale. Depuis des années, de nombreux économistes, quelle que soit leur obédience, plaident pour une restructuration profonde voire une annulation complète de la dette de la Grèce. Seule condition, à leurs yeux, pour remettre le pays sur des rails économiques.

Cela n’empêche pas les responsables européens de faire la sourde oreille. Lors de la réunion du 26 janvier, ils ont à nouveau nié le problème face aux responsables du FMI. « Il n’y a aucune raison de tenir de tels propos alarmistes sur la situation de la dette grecque », soutient dans un communiqué le Mécanisme européen de stabilité, chargé de gérer les crédits européens à la Grèce. Compte tenu de l’abaissement des taux et de l’allongement des maturités consentis à la Grèce, l’inquiétude, selon les responsables européens, n’est pas de mise et encore moins le moindre allégement à Athènes. La seule chose que le gouvernement grec doit faire, répètent-ils, est d’« appliquer les deux tiers des réformes » prévues qu’il n’a pas encore mises en œuvre.

Un pays épuisé

La vacuité de toute cette politique d’austérité déterminée par certains ratios financiers saute aux yeux. Les responsables européens ont beau soutenir que leur plan de sauvetage fonctionne, se féliciter du redressement de la Grèce et des excédents budgétaires réalisés, la situation est tout autre : nous assistons, passifs, à l’effondrement à bas bruit de tout un pays.

Alors que les prévisions tablaient sur un rebond de l’économie grecque en 2016, avec une croissance de 2,6 % au moins, celles-ci risquent une nouvelle fois de se révéler fausses. Si un léger sursaut a été enregistré au début de l’année, il n’a cessé de se tasser. Dans les derniers mois, le moteur paraît avoir même calé. Selon les chiffres de Markit publié le 1erfévrier, l’activité manufacturière a enregistré en janvier sa plus forte baisse depuis 15 mois. « La baisse est liée tant au déclin de la production que des nouvelles commandes. Tandis que la hausse des prix des importations s’accélère pour atteindre leur plus haut niveau depuis 70 mois, les entreprises néanmoins baissent leurs prix de vente », explique l’institut économique et financier, pointant la chute de la consommation et l’absence de débouchés à l’extérieur.

En sept ans, le PIB de la Grèce a diminué d’un tiers. Le chômage touche 25 % de la population et 40 % des jeunes entre 15 et 25 ans. Un tiers des entreprises ont disparu en cinq ans. Les coupes successives imposées partout au nom de l’austérité mordent désormais dans toutes les régions. Il n’y a plus de trains, plus de bus dans des parties entières du pays. Plus d’écoles non plus, parfois. Beaucoup d’établissements secondaires ont dû fermer dans les coins les plus excentrés, faute de financement. Les dépenses de santé par habitant ont diminué d’un tiers depuis 2009, selon l’OCDE. Plus de 25 000 docteurs ont été renvoyés. Les hôpitaux manquent de personnel, de médicaments, de tout.

Le coût humain et social de cette politique d’austérité ne figure pas dans les tableaux Excel de l’Eurogroupe. Mais il est payé cash par la population. Un cinquième de la population vit sans chauffage ou sans téléphone. 15 % de la population est désormais tombée dans la grande pauvreté contre 2 % en 2009.

La banque de Grèce, qu’on ne peut soupçonner de complaisance, a dressé un bilan sur la santé de la population grecque, dans un rapport publié en juin 2016. Les chiffres qu’elle donne sont accablants : 13 % de la population sont exclus de tout soin médical ; 11,5 % ne peuvent acheter les médicaments prescrits ; les personnes souffrant de problèmes chroniques de santé sont en hausse de 24,2 %. Suicides, dépression, maladie mentale enregistrent des hausses exponentielles. Pire : alors que la natalité a baissé de 22 % depuis le début de la crise, le taux de mortalité infantile a quasiment doublé en quelques années pour atteindre 3,75 % en 2014.

Au terme de sept ans de crise, d’austérité, de plans européens, le pays est épuisé, financièrement, économiquement, physiquement. « La situation ne cesse de s’aggraver. Ce dont nous avons le plus besoin maintenant, c’est de nourriture. Cela montre que les problèmes portent sur l’essentiel et non la qualité de la vie. Il s’agit de subsistance », dit Ekavi Valleras, responsable de l’ONG Desmos. Et c’est à ce pays que l’Europe demande en plus d’assumer seul ou presque l’accueil des réfugiés venant en Europe.

Dans un premier temps, les observateurs ont analysé l’intransigeance réitérée des responsables européens comme un coup politique contre Syriza. Au bout de deux ans de gouvernement, après la volte-face sur le référendum de juillet 2015 puis le nouveau plan de sauvetage, le gouvernement d’Alexis Tsipras est au plus bas dans l’opinion publique. Exiger de lui de nouvelles mesures d’austérité, le mettre dos au mur et l’obliger à déclencher de nouvelles élections était analysé comme une ultime manœuvre pour le défaire politiquement, lui faire payer une dernière fois son affront de 2015 et le remplacer par un gouvernement beaucoup plus acceptable.

Ce scénario politique semble un peu court pour d’autres économistes. Pour eux, c’est l’addition de la gestion européenne de la crise grecque qui va bientôt être présentée. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, qui n’a jamais caché sa volonté de faire sortir la Grèce de l’euro mais avait vu sa ligne battue en juillet 2015, est en train de gagner, remarquent des observateurs. Peu à peu, les responsables européens, lassés de ce problème qui défie leurs solutions, se rallient à sa thèse. Le FMI qui cherche lui aussi à se sortir du bourbier grec, prône également un Grexit, seule solution susceptible, selon lui, de redonner l’oxygène monétaire au pays.

L’ennui est que personne ne veut assumer la responsabilité historique de cette rupture et ses conséquences. Car exclure un pays de la zone euro revient à dire que la monnaie unique n’est plus intangible, comme cela a été affirmé lors de sa création. D’autres, volontairement ou non, pourraient suivre l’exemple. Déjà, les financiers sont aux aguets. La dette grecque fait l’objet à nouveau de spéculations intenses, faisant passer ses taux au-dessus de 7 %. Au-delà, tout le marché obligataire européen se retrouve sous tension, poussant les taux italiens, espagnols, français à la hausse, malgré les interventions de la BCE.

L’attitude des dirigeants européens et du FMI ces dernières semaines est stupéfiante, tant elle s’inscrit dans un contretemps historique. Pousser la Grèce dehors au lieu de lui accorder la restructuration nécessaire de sa dette, au moment où les tensions géopolitiques n’ont jamais été aussi fortes, où Donald Trump attaque explicitement la construction européenne et parie sur son éclatement, paraît incompréhensible. Alors que l’Histoire frappe à la porte, ils n’ont comme réponse que celles de boutiquiers. Comme toujours depuis le début de la crise grecque.

Poster un commentaire

La Sociale N°21 : 100 000 spectateurs !

Le cap des 100 000 spectateurs a été passé.

Chers ami-e-s,
Nous avons réalisé LA SOCIALE pour redonner du souffle à une institution méconnue, à une histoire sociale piétinée.
Nous étions convaincus que ce serait utile, on ne savait pas que cela deviendrait nécessaire.
3 mois et 400 ciné-débats plus tard, 100 000 spectateurs nous ont témoigné de leur attachement à la sécu, et les salles sont toujours aussi pleines !
Des centaines de cinémas et des dizaines de débats sont encore prévus, prouvant que l’art mêlé de conviction est le plus puissant des discours.

VIVE LA SOCIALE !

Gilles Perret et l’équipe de La Sociale.


Où voir « La Sociale » cette semaine du 1er au 8 février?

Pour trouver la séance la plus proche de chez vous:
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=249160.html

Avignon (Utopia), Bagnère de Bigorre (Le Maintenon), Baud (Le Celtic), Balaruc les bains (Cinécure), Beaulieu (Cinéma), Bordeaux (Utopia), Boulouzac (Studio 33), Bourges (maison de la Culture), Calais (L’Alhambra), Caudry (Le Milénium), Cesson Sévigné (Le Sévigné), Challes les Eaux (Le Challenger), Clamecy (Le casino), Compiègne-Jaux (majestic), Cran-Gevrier (La Turbine), Chamonix (Le Vox), Chambéry (Le Forum), Chateaulin (L’Agora), Chelles (Le Cosmos), Chemille (Le Club), Chatellerault (Les 400 coups), Clisson (Le Connetable), Cran Gevrier (La Turbine), Ferney-Voltaire (Cinéma), Fontainebleau (L’Ermitage), Guichen (Le Bretagne), Gray (Cinémavia), Grenoble (Le Méliès), Ibos (Le Méridien), Isle sur Sorgues (La Strada), Langres (Le Vox), La Ciotat (Les Lumières), Laruns (Le Palas), Le Chambon sur Lignon (Le Scoop), Le Rove (Cinéma), Le Theil sur Huisne (Cinéma), Loudenvieille (L’Arixo), Lure (Le Méliès), Lyon (Ciné Duchère), Mauriac (Ciné Mauriac), Montignac (Le Vox), Montfort sur Meu (Cinéma), Montpellier (Utopia), Mornant (Jean Carmet), Mussidan (Ciné Notre Dame), Montargis (Alti-ciné), Montreuil (Le Méliès), Nantua (Le Club), Nantes (Le Concorde), Nemours (Le Méliès), Nove (Cinéma), Opede (Ciné itinérant), Oyonnax (Espace Aragon), Palavas les Flots (Cinéplan), Paris (Espace Saint-Michel), Paris (MK2 Beaubourg), Pantin (Ciné 104), Pau (Le méliès), Pessac (Jean Eustache), Poitiers (Le Dietrich), Redon (Ciné Manivelle), Reims (Opéra), Rennes (L’Arvor), Revel (Ciné Get), Saint-Bel (Le Strapontin), Saint Ouen (Espace 1789), St-Ouen l’Aumone (Utopia), St Pol de Léon (Le Majestic), St Brieuc (Club 6), Tarascon (Le Rex), Terrasson (Ciné Roc), Toulon (Le Royal), Toulouse (American Cosmograph), Tournefeuille (Utopia), Tremblay en France (Jacques Tati), Valence (Le Navire), Vendome (Ciné Vendome), Vire (Cinéma), Yssingeaux (La Grenette).

Carte des projections de La Sociale

Petit secret de tournage :

Gilles révèle un petit secret de tournage concernant la scène surprenante dans le bureau du ministre du travail de l’époque: François Rebsamen. Une scène qui a fait beaucoup parler…
Cette interview a été réalisée par la Ligue de l’Enseignement dans le cadre du dossier pédagogique à télécharger ici.


Pour nous contacter:

Rouge Productions

Camille Gillet
5 rue Victor Letalle
75 020 Paris
mail: rouge@rougeprod.fr
tel: 01 47 70 04 33

Pour organiser des projections
Jérémie Pottier-Grosman
Réseaux et partenariats
jerem.pottier@lasociale.fr
06.50.40.24.00

Marion Pasquier
Programmation salles
mpasquier.prog@gmail.com
06 79 21 84 67


Facebook Twitter Google

Poster un commentaire

CAC 40 : augmentation record des dividendes en 2016 avec 56 milliards d’euros

par Olivier Petitjean 30 janvier 2017

Les entreprises du CAC40 ont distribué 56 milliards d’euros en dividendes et rachats d’actions en 2016. Un niveau record depuis la crise financière de 2008 [1]. Ce sont 13 milliards de plus qui ont été versés aux actionnaires comparé à 2015 (43 milliards d’euros). En moyenne, les grandes entreprises françaises ont ainsi redistribué 57 % de de leurs bénéfices aux actionnaires, contre 51 % en 2015.

Trois entreprises représentent à elles seules les deux tiers de ce montant : Sanofi et Total, les deux principales capitalisations boursières françaises, ainsi que Vivendi. Le groupe de médias et de divertissement a reversé en tout 9,6 milliards, dont 3,8 milliards de dividende exceptionnel ! Dans le cas de Vivendi, ces chiffres sont le résultat de l’arrivée de Vincent Bolloré, qui a puisé dans la trésorerie de Vivendi pour accroître les dividendes versés aux actionnaires – dont lui-même – ou acquérir des participations ailleurs [2].

Le groupe Sanofi (6,7 milliards de dividendes en 2016) est de son côté exposé à des affaires de sécurité sanitaire, comme celle de la Dépakine et de ses effets secondaires sur les femmes enceinte et leurs bébés, comme le rappelle Novethic,. Ces affaires pourraient lui coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros pour indemniser les victimes (lire cet article de l’Observatoire des multinationales).

Pour le pétrolier Total (5,9 milliards), les dividendes distribués chaque année constituent un pari sur sa capacité à extraire du pétrole et de gaz malgré leur rôle dans la crise climatique. C’est également autant d’argent qui ne sera pas consacré à une véritable transformation du modèle de Total pour répondre aux exigences de la transition énergétique (sur ce sujet, voir notre récent rapport Total : une stratégie climat en trompe-l’œil).

Deux fois plus de dividendes que d’investissement

Plusieurs observateurs ont souligné les risques intrinsèques à l’explosion des dividendes au détriment notamment des investissements, qui assurent la pérennité à long terme des firmes. Selon les calculs de Christian Chavagneux pour Alternatives économiques, les entreprises non financières françaises ont distribué en 2016 deux fois plus de dividendes qu’elles n’ont consacrées à l’investissement – une proportion inversée par rapport aux années 1980. Contrairement à un argument parfois invoqué, ces dividendes ne contribuent que très modérément à entretenir la prospérité de l’économie et de la société française dans son ensemble, au vu de la faible taxation du capital et du fait que plus de 50 % des actionnaires du CAC40 sont étrangers.

La hausse ininterrompue des dividendes illustre donc une nouvelle fois la manière dont les entreprises sont de plus en plus gérées uniquement dans l’intérêt immédiat de leurs actionnaires, au détriment de leur stratégie industrielle et de leurs travailleurs. Sans oublier la question de la prise en compte des coûts sociaux et environnementaux de leurs activités, qu’illustrent chacun à leur manière les exemples de Total et Sanofi.

Si, comme le rappelle Libération, les investissements et la part des salaires sont eux aussi repartis à la hausse, les profits générés par les entreprises restent très majoritairement consacrés à la rémunération du capital et des actionnaires. Malgré leurs discours sur le besoin d’investir sur le long terme, les fonds financiers comme BlackRock continuent à prioriser la distribution de dividendes. Plusieurs entreprises, dont EDF, doivent même s’endetter sur les marchés pour distribuer des dividendes, dont le premier bénéficiaire est en l’occurrence l’État actionnaire…

Olivier Petitjean

Notes

[1Le record historique de distributions de dividendes par les sociétés du CAC40 s’établit à 57,1 milliards d’euros. C’était en 2007, juste avant la crise financière globale.

[2Lire les articles de Libération ici et .

Poster un commentaire