Archives de la catégorie Economie

Communiqué commun  » Secret des affaires : action unitaire spectaculaire pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires »

#StopSecretdAffaires

Secret des affaires : action unitaire spectaculaire pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires

 

Ce mardi 15 mai à 7h30 une centaine de militant·e·s et de personnalités ont déployé une banderole géante devant l’assemblée nationale pour interpeller Emmanuel Macron et les parlementaires sur la proposition de loi Secret des affaires.

Étaient notamment présent·e·s les personnalités et organisations suivantes : Edwy Plenel, Laurent Joffrin, Edouard Perrin, la CGT, Attac, Pollinis, Foodwatch, Greenpeace, Sherpa, Le Mouvement, les syndicats de journalistes (SNJ et SNJ-CGT), Sciences citoyennes, Informer n’est pas un délit, le Syndicat de la Magistrature…

La proposition de loi instituant le secret des affaires sera soumise le 24 mai à la Commission Mixte Paritaire. Elle est dénoncée par 53 organisations (syndicats et associations) et 23 sociétés de journalistes qui ont interpellé Emmanuel Macron le 16 avril dernier[1]. Pour empêcher que le secret ne devienne la règle et les libertés des exceptions, les organisations signataires exigent que le champ d’application du secret des affaires soit restreint aux seuls acteurs économiques concurrentiels.

Malgré cette lettre ouverte, la pétition signée par plus de 550 000 personnes[2], et de multiples demandes de rendez-vous, Emmanuel Macron n’a pas répondu.

L’enjeu est pourtant de taille : la proposition de loi remet en cause les principes Républicains et permet aux entreprises de poursuivre journalistes, syndicalistes, lanceurs d’alerte, ONG voire simples salarié·e·s pour détention ou révélation de secrets d’affaires. La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) vient d’ailleurs d’appeler à la restriction du champ d’application de la loi aux seuls acteurs économiques concurrentiels[3].

La coalition renouvelle son interpellation du Président de la République et des parlementaires : la commission mixte paritaire du 24 mai doit permettre d’amender en ce sens la proposition de loi de façon à garantir le respect des libertés fondamentales et de l’intérêt général. 

Signataires de la lettre ouverte au Président de la République :Appel-Muller Patrick, Directeur de la rédaction de l’Humanité ; Auroi Danielle, Présidente de Forum Citoyen pour la RSE ; Berille Luc, Secrétaire général de l’UNSA ; Beynel Éric, Porte-parole de Solidaires ; Binet Sophie et Kotlicki Marie-José, Secrétaires générales de l’Ugict-CGT ; Blanchet Lise, Présidente de la Commission SCAM des journalistes ; Borrel Thomas, Porte-parole de Survie ; Bounaud Laurène, Déléguée générale de Transparency International ; Cellier Dominique, Président de Sciences Citoyennes ; Collectif « On ne se taira pas ! » ; Compain Florent, Président des Amis de la Terre France ; Coriat Benjamin et Sterdyniak Henri, Économistes atterrés ; Cossart Sandra, Directrice de Sherpa ; Cutajar Chantal, Présidente de l’Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale ; Darmon Muriel, Présidente de l’Association Française de Sociologie ; Deltour Antoine, Lanceur d’Alertes LuxLeaks ; Derigny Alexandre, Secrétaire Général de la Fédération des Finances CGT ; Dubreuil Katia, Présidente du Syndicat de Magistrature ; Duval Guillaume, Président du Collectif Éthique sur l’étiquette ; Faucheux Benoît, Directeur général de CCFD Terre Solidaires ; Fayet Véronique, Présidente du Secours Catholique ; Fontaine Alain, Directeur général de Terre des Hommes France ; Julliard Jean-François, Directeur exécutif de Greenpeace France ; Kalinowski Wojtek, Co-directeur de l’Institut Veblen ; Kragl Ingrid, directrice de l’information de Foodwatch ; Laarman Nicolas, Délégué général de Pollinis ; Lanier Vincent, Premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes ; Lefevre Christophe, Secrétaire national en charge des affaires européennes de la CFE-CGC ; Lepers Elliot, Directeur de l’ONG Le Mouvement ; Mahieu Laurent, Secrétaire général de la CFDT Cadres ; Marolleau Jean-Louis, Secrétaire exécutif du Réseau Foi et Justice Afrique Europe – Antenne de France ; Martinez Philippe, Secrétaire général de la CGT, Merckaert Jean, Rédacteur en Chef de la Revue Projet ; Monfort Patrick, Secrétaire général du SNCS-FSU ; Morin Jérôme, Secrétaire général de la F3C CFDT ; Noisette Christophe, Rédacteur en Chef d’Inf’OGM ; Pedersen Birthe, Présidente d’Action Aid France – Peuples Solidaires ; Peres Éric, Secrétaire général de FO Cadres ; Perrin Édouard, Président du Collectif « Informer N’est Pas un Délit » ; Petitjean Olivier, coordinateur à l’Observatoire des Multinationales ; Pigeon Martin, Corporate Europe Observatory ; Plihon Dominique et Trouvé Aurélie, Porte-paroles d’Attac; Poilane Emmanuel, Directeur général de France Liberté et président du CRID ; Poitier Julie, Directrice de Bio Consom’Acteurs ; Rehbinder Lison, Coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires ; Remy Clément, Président de Pollinis ; Rizzoli Fabrice, CrimHalt ; Roques Laurence, Présidente du Syndicat des Avocats de France ; Salemkour Malik, Président de la Ligue des Droits de l’Homme ; Vire Emmanuel, Secrétaire général du Syndicat National des Journalistes CGT ; Youakim Marie, Co-présidente de Ritimo ; SDJ des Échos ; SDJ de Premières Lignes ; SDJ de TV5 Monde ; SDJ de BFMTV ; SDJ de l’AFP ; SDJ de Challenges ; SDJ de la rédaction nationale de France 3 ; SDJ de Télérama ; SDJ du JDD ; SDJ de l’AEF ; Société des rédacteurs du Monde ; SDJ de Radio France ; SDJ du Figaro ; SDJ du Point ; SDJ de RTL ; SDJ de La Vie ; SDJ de Libération ; Rédaction d’Alternatives Economiques ; SDJ de TF1 ; SDJ de RMC, SDJ de Mediapart ; SDJ de l’Humanité ; SDJ de France 2 ; Prix Albert Londres ; Télé Libre.

[1] http://www.ugict.cgt.fr/ugict/presse/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique

[2] http://www.stopsecretdaffaires.org

[3] http://www.cncdh.fr/fr/publications/secret-des-affaires-la-liberte-dexpression-et-dinformation-doit-rester-le-principe

À Montreuil, le 15 mai 2018

Publicités

Poster un commentaire

15 000 suppressions de postes dans les hôpitaux attendues cette année

par Nolwenn Weiler

Plusieurs centaines de soignants ont manifesté hier à Paris, bloquant un temps les Champs Élysées, pour protester contre les nouvelles suppressions de postes que le gouvernement souhaite imposer à l’hôpital. Lors de son interview télévisée du 15 avril dernier, Emmanuel Macron avait pourtant affirmé que l’hôpital ne souffrirait pas de coupes budgétaires durant son quinquennat. Les objectifs fixés par la loi de financement de la Sécurité sociale (votée fin 2017) exige pourtant des économies de plusieurs millions d’euros de la part des établissements de santé pour la seule année 2018. De sévères coupes sont attendues notamment du côté du personnel, qui représente le gros de la masse budgétaire des hôpitaux.

Le plan d’accompagnement à la transformation du système de santé (PATSS) que le ministère de la Santé a publié confirme que les hôpitaux devront réaliser un « effort » de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale ces quatre prochaines années, dont 960 millions pour la seule année en cours. « Des économies, en somme, s’indigne le syndicat Sud Santé. Au total, ce sont au moins 15 000 emplois d’hospitalier-es qui sont voués à la destruction dès cette année ! » Voilà qui tranche avec les promesses présidentielles. « 960 millions d’euros d’économies, c’est comme si on nous demandait de supprimer 15 000 emplois, déclarait déjà il y a quelques jours Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) au micro de France télévision. Je ne crois pas qu’il y ait des emplois en trop à l’hôpital. Il suffit de pousser la porte d’un service hospitalier pour voir que le quotidien n’y est pas rose. »

Un recours accru à la prise en charge ambulatoire des patients, hors de l’hôpital, s’annonce donc, avec de nouvelles suppressions de lits. « On en manque déjà cruellement, notamment pour sécuriser l’aval des urgences et tenter de limiter leur engorgement », déplore le syndicat Sud santé. « Le gouvernement programme les nombreuses crises à venir de nos services d’urgences », prévient-il. Des manifestations unitaires de défense de la fonction publique, et notamment du système de santé, sont prévues le 22 mai prochain, partout en France.

Photo : « Marée blanche » du 15 mai 2018 à Paris – Place des Invalides – Ministère de la santé / © Serge d’Ignazio

Poster un commentaire

CAC 40 : les dividendes des actionnaires ont augmenté trois fois plus vite que les salaires

par Anne-Sophie Simpere

Les grandes entreprises françaises préfèrent – et de loin – rémunérer les rentiers plutôt que d’investir ou de mieux payer leurs employés. C’est ce que révèle un rapport d’Oxfam et du Basic : depuis 2009, les deux tiers des bénéfices des sociétés du CAC40 ont été reversés aux actionnaires sous forme de dividendes. La France devient aussi championne en matière d’inégalités salariales entre ceux qui produisent et ceux qui « restructurent ».

Dans un nouveau rapport qui parait ce 14 mai, l’ONG Oxfam et le Basic (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) s’attaquent au CAC 40 [1]. Alors que les plus grosses entreprises françaises viennent d’annoncer des bénéfices records de plus de 93 milliards d’euros pour 2017, pas de ruissellement en vue : depuis 2009, les deux tiers de ces bénéfices ont été reversés aux actionnaires sous forme de dividendes, moins d’un tiers a été réinvesti tandis que les salariés n’ont touché que 5,3 % de participation et d’intéressement.

La France serait ainsi championne du monde de la rémunération des actionnaires. Cerise sur le cadeau : grâce aux réformes du gouvernement Macron, les revenus financiers sont maintenant exonérés d’impôt sur la fortune et soumis à un prélèvement forfaitaire maximal de 30 %, la flat tax, qui leur permet d’échapper à la progressivité de l’impôt sur le revenu et à la tranche supérieure de 45 %. Les heureux actionnaires sont principalement privés : fonds d’investissements, grands groupes familiaux type Arnault ou Bettencourt Meyers… L’État français ne détient que 3 % des actions du CAC 40.

Les salariés auraient pu être augmentés de 2000 euros par an

A quoi aurait pu servir l’argent distribué aux actionnaires ? A revaloriser les salaires, par exemple. Selon le rapport : « Si les entreprises du CAC 40 avaient choisi de maintenir en 2016 le niveau – déjà élevé, de dividendes de 2009, et d’augmenter les salaires des employés plutôt que de maximiser les dividendes des actionnaires, l’ensemble des travailleurs du CAC 40 auraient pu voir leurs revenus augmenter d’environ 14 000 euros sur la période, soit plus de 2 000 euros par an et par employé. » Au contraire, les dividendes ont augmenté de près de 60 %, soit pratiquement trois fois plus que la moyenne des salaires depuis 2009 (22,6%).

Autre suggestion du rapport : éviter des milliers de licenciements. Depuis 2011, les principaux plans sociaux des entreprises du CAC40 n’ont permis d’économiser que 0,6 à 5,5 % des volumes de dividendes versés aux actionnaires. Réduire leur rémunération pour sauver l’emploi, c’est le choix que n’ont pas voulu faire les grands groupes.

Écarts de salaires : la France parmi les pays les plus inégaux

Certains salariés ne souffrent pas de cette politique : les dirigeants du CAC40, qui touchent des rémunérations comprises entre 1,5 et 10 millions d’euros en 2016, soit 46 % de plus qu’en 2009. Une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne des salaires de leurs entreprises, et quatre fois plus rapide que celle du SMIC. En moyenne, les PDG du CAC 40 gagnent aujourd’hui 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés. Un écart qui s’est aggravé : en 2009, ils ne gagnaient « que » 97 fois plus que leurs salariés.

Certains se sont octroyé des augmentations records : +469 % pour Carlos Ghosn, PDG de Renault qui passe de 1,2 à 7 millions d’euros entre 2009 et 2016, + 347 % soit 3,7 millions d’euros supplémentaires pour le DG de PSA, +344 % ou + 2,5 millions d’euros pour celui de Michelin… Une bonne partie de ces grands patrons complètent ces rémunérations par des jetons de présence au sein de divers conseils d’administration [2]. Pour Oxfam et le Basic : « Ces écarts de salaire placent la France parmi les pays les plus inégaux au niveau international. Ainsi, l’écart entre les rémunérations des PDG du CAC 40 et le revenu moyen français est d’environ 143, soit un ratio légèrement supérieur à celui de l’Allemagne et plus de sept fois plus élevé qu’en Norvège [3]. »

Même les fonds d’investissements s’inquiètent de l’approche court-termiste des grandes entreprises

Ces rémunérations astronomiques récompensent-elles des stratégies d’investissements ambitieuses pour l’entreprise ? Pas vraiment : « La primauté donnée à la rémunération des actionnaires a pour corollaire une baisse significative de l’investissement qui risque de fragiliser à terme la santé économique des entreprises françaises », expliquent les auteurs du rapport. Traduction : pour rémunérer les actionnaires, les entreprises du CAC 40 ont sacrifié leur capacité à investir. En 2017, quinze grandes entreprises françaises ont ainsi reversé plus de la moitié de leurs bénéfices à leurs actionnaires, ponctionnant d’autant les investissements et le travail réel accompli par leurs employés. Six entreprises ont même versé plus de 90% de leurs bénéfices en dividendes (TechnipFMC, Veolia, Engie, ST Micro, Total, Orange), comme nous le montrons dans le graphique ci-dessous, issu de notre propre enquête.

Cette approche court-termiste de maximisation des dividendes, critiquée par des fonds d’investissements eux-mêmes, à l’image de BlackRock, inquiet de cette obsession du rendement immédiat de l’actionnariat qui peut compromettre la croissance à long terme. Paradoxe : en 2017, comme nous le révélons ici, le puissant fonds d’investissement a, à lui seul, perçu au moins 1,6 milliard d’euros de dividendes du CAC40 ! Un chiffre qui donne une idée du poids de ce géant de la finance.

https://datawrapper.dwcdn.net/m8eHu/1/(Graphique issu de l’article de notre Observatoire des multinationales : Dividendes : les actionnaires ont coûté 55 milliards au CAC40 en 2017

Pour réformer ce « système économique qui va dans le mur » et creuse les inégalités, Oxfam et le Basic proposent une série de recommandations allant de l’encadrement des rémunérations à la réforme de la gouvernance des sociétés. Un débat sur le rôle de l’entreprise et le partage des richesses qu’ils espèrent ouvrir autour des discussions sur la loi Pacte, dont la présentation vient encore une fois d’être décalée par Bercy. En 2017, la répartition des richesses s’est encore davantage déséquilibrée : les actionnaires du CAC40 ont reçu plus de 47 milliards d’euros de dividendes, soit 52,6% des profits enregistrés par les grands groupes français (lire notre article).

Anne-Sophie Simpere

Photo : CC Ars Electronica

Poster un commentaire

France : la croissance ne profite pas aux habitants

Incroyable…on ne s’en doutait pas…

Le ruissellement c’est du goutte à goutte. L’OCDE a publié le 7 mai de nouvelles données sur l’évolution du PIB et du revenu réel des ménages.  » La croissance du revenu réel des ménages par habitant, qui fournit une meilleure image des évolutions du bien-être économique des ménages que la croissance du PIB réel par habitant, a repris dans la zone OCDE s’établissant à 0,3% au quatrième trimestre 2017 contre 0,2% au troisième trimestre, restant cependant plus faible que la croissance du PIB réel par habitant (0,5%) », écrit l’OCDE. En France, alors que le PIB augmente de 0.6% au dernier trimestre, le taux le plus élevé des 7 grands, le revenu des ménages n’augmente que de 0.1%, un des taux les plus faibles. Une situation bien différente de celle de l’Union européenne.

 

Communiqué

 

Poster un commentaire

Scolarisation à 3 ans : les inquiétudes des maires

Que signifie pour les maires la décision présidentielle de rendre obligatoire la scolarisation dès 3 ans ? La Nouvelle République enquête auprès des maires du Loir et Cher. Pour Benjamin Vétélé, maire-adjoint de Blois, la mesure est  » une promesse « ni sérieuse, ni raisonnable dans le contexte actuel », évoquant un surcoût important en perspective pour la collectivité ». Pour Blois c’est 125 000 euros qui devront être trouvés pour financer l’enseignement privé.

 

Sur La Nouvelle République

Le ministre plus très sur de l’impact pour le privé

Poster un commentaire

Salaire : le gel indiciaire ce n’est pas pour tous les fonctionnaires…

Un décret et un arrêté , publiés au JO du 7 avril, attribuent une bonification indiciaire, allant de 15 à 40 points, avec effet au 1er mai, à des fonctionnaires du ministère des affaires sociales. Sans doute justifiée, cette bonification montre que d’autres ministères, par le jeu de primes ou même de bonifications, compensent le gel salarial. Ce qui n’est pas le cas à l’Education nationale.

 

Le décret

L’arrêté

Poster un commentaire

Cadres cheminots : ni soumission, ni compromission… résistance

Si l’opinion est un enjeu décisif dans la bataille en cours à la SNCF, on a peut-être un peu vite oublié que l’encadrement cheminot est lui aussi au centre des manœuvres et des coups bas de la direction. Littéralement pris entre rail et roue (à défaut de marteau et enclume), Guillaume Pépy entend se servir d’eux pour mater les grévistes et briser leur mouvement.
rails-coupes

On sait qu’avant même la première salve de grève, la direction de l’entreprise proposait une prime de 150 euros à des cadres pour prendre les commandes de trains à la place des grévistes. Trahir ses intérêts objectifs de salariés, se couper de ses équipes en faisant le travail des cheminots grévistes pour un plat de lentilles ? Mettre un mouchoir sur ses revendications, ses préoccupations éthiques, ses conditions de travail, sur le mal travail, le temps d’une grève ? C’est à cela que Guillaume Pépy et la direction de l’entreprise exhortent les cadres.

Mais comme ça ne semble pas suffisamment bien prendre, alors dénonce la CGT Cheminots, « la DRH de la SNCF demande aux Directeurs d’établissement d’appliquer des mesures illégales afin de démobiliser les cheminots », mais de nombreux responsables refusent ces injonctions contraires à leur éthique. (…) De nombreux cadres, même s’ils ne s’inscrivent pas (encore) dans le mouvement social engagé, refusent de quitter leur poste de travail pour aller remplacer les grévistes ! « A-t-on le droit de m’envoyer en gare ? » demandent-ils, écrit la CGT Cheminots sur le site qu’elle a mis en ligne pour informer usagers et cheminots.

Ne reculant devant aucune démagogie, Guillaume Pépy exhorte même les cadres à enfiler les gilets rouges pour rejoindre en gare les cheminots non-grévistes qui « ont besoin d’être soutenus ». Un « beau geste » qui aux yeux du patron de la SNCF est plein de sens : « ce sont de belles histoires que ces rencontres entre les agents et des cadres de direction, et les gens du terrain sont contents ! » Ben voyons ! Oublié le management technocratique, foin des choix uniquement financiers… les dirigeant de l’entreprise sont à la peine, mis en difficulté par l’exaspération des agents, et ils en appellent à une « solidarité » perverse.

Dans une adresse aux cheminots en novembre dernier l’organisation syndicale spécifique de la CGT Cheminots (UFCM-CGT) affirmait : « les orientations prises par les premiers dirigeants de l’entreprise sont des décisions politiques de dérégulation et d’affaiblissement de la démocratie au nom d’une rigueur imposée par la finance. »

L’UFCM-CGT Cheminots appelait alors « les agents de maîtrise et cadres à se rapprocher et interpeller les organisations syndicales pour créer la convergence et l’unité du monde cheminot ». Ces convergences, cette unité, elles sont à l’œuvre aujourd’hui dans le mouvement en cours. Ce conflit pour préserver et développer le service public a besoin des cadres, agents de maîtrise cheminots.

Etre pleinement citoyen, pleinement cadre, pleinement cheminot aujourd’hui c’est refuser le plat de lentilles de Pépy, c’est résister, c’est proposer, c’est revendiquer…

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

Poster un commentaire

Scolarisation à 3 ans : le ministre plus très sur que cela n’aura aucun effet pour le privé…

« Il n’y a pas de changement en ce qui concerne le privé lié à cette évolution », nous avait dit le 27 mars JM Blanquer à propos de la scolarité obligatoire avancée à 3 ans. Mais finalement le ministre n’est pas très sur. Répondant à une question de la sénatrice RDSE Mireille Jouve le 5 avril, le ministre répond que  » le forfait d’externat est (déjà) acquitté par les trois quarts des communes ». Il ajoute que « l’obligation de scolarité à 3 ans n’ajoutera pas forcément aux dépenses des communes, d’autant que l’on attend une baisse démographique dans les prochaines années qui devrait dégager des marges de manoeuvre. Mais si c’était le cas, nous respecterions la Constitution », ce qui veut dire que l’Etat serait obligé de financer la mesure. Dans sa réponse le ministre « oublie » d’évoquer les emplois d’atsems dans les écoles privées qu’il faudra aussi que les villes prennent en charge. Pour Pierre Marsollier, délégué général national de l’enseignement catholique, il n’y a pas de doute de l’effet de cette mesure sur les communes. « S’il y a obligation de scolarisation, il faut que le financement suive. Nous sommes paisibles. Nous n’allons pas présenter la facture dans six mois, mais il faut que pour l’application de cette réforme, en septembre 2019, nous ayons notre dû. Et on ne lâchera pas », dit-il dans La Voix du nord.

 

Au Sénat

La Voix du Nord

Macron fait il un cadeau au privé ?

Poster un commentaire

CHU sur l’Ile de Nantes, débat public mardi 10 avril

POURQUOI un NOUVEAU CHU sur l’ÎLE de NANTES ?

 Projet d’attractivité urbanistique ou projet d’amélioration des soins ?

La véritable histoire du nouvel hôpital

RÉUNION DÉBAT PUBLIC

MANUFACTURE des TABACS
10 bis bd Stalingrad 44100 NANTES

Mardi 10 avril 2018 20 heures

Contacts :

DECLERCQ Céline :     celine.declercq2@gmail.com    06.32.02.28.38

CROUPY Guy:             croupy.guy@free.fr                  06.85.03.42.94

Depuis 10 ans, le projet d’un nouveau CHU (Hôtel Dieu et Laënnec) sur l’Ile de Nantes est porté à marche forcée par la municipalité nantaise.

Les Insoumis désirent ré-interroger ce projet pour :

  • Répondre et préciser les « vérités » des porteurs de projet : direction du CHU et élus nantais.
  • Pointer les incohérences et les non-dits du projet
  • Ecouter ceux qui n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer
  • Confronter les approches avec les personnes ou les structures qui ont déjà eu à questionner le thème
  • Établir les bases d’autres projets

Lors de cette soirée, que les Insoumis veulent interactive, plusieurs points seront abordés.

Rappel historique du projet qui ne date réellement que d’une dizaine d’années

Pourquoi le projet de transfert total du CHU sur l’Ile de Nantes apparaît brusquement en 2008 ? Alors que le rapport d’activité 2007 du CHU détermine comme défi d’ordre structurel : « de préparer de façon optimale l’opération de regroupement des activités de court séjour en centre ville, au travers du plan de réorganisation architecturale de l’Hôtel Dieu et du BEH de l’Ile de Nantes ». La nouvelle orientation politique prise par J.M. Ayrault provoquera l’incompréhension et le départ spectaculaire de l’architecte Chemetoff. En décembre 2009, ce dernier déclare au sujet de son désaccord sur le transfert du CHU sur l’île : « C’est un projet sur lequel nous avons travaillé dès le début, en y associant la Samoa, la Ville, les médecins, les chercheurs, etc., pour voir comment le CHU pouvait s’insérer au mieux sur l’île. Pas simplement sur le plan architectural mais dans son fonctionnement et dans sa relation avec la ville. Et tout d’un coup, changement de stratégie. On nous a dit : l’hôpital, ça va être une grosse machine qu’on va mettre là et c’est comme ça. »

Dans le rapport de l’IGAS (2011), pour quelle raison le scénario de remise à niveau de l’actuel CHU valorisé à 150 M€ est écarté au profit d’un projet à 820 M€ ?

Depuis cette date, les alternatives comme les interrogations portées par de nombreuses personnes sont officiellement écartées. Mais le projet global évolue curieusement en fonction de ces mêmes interrogations. Le changement brutal du plan des risques d’inondation ou l’annonce de la création de nouvelles dessertes de transports en commun en est l’exemple.

Récemment, deux nouveaux éléments sont apparus qui fragilisent l’architecture du projet.

En décembre 2017, le conseil d’administration de l’Institut de cancérologie de l’Ouest (centre GAUDUCHEAU) annonce son intention de rester sur le site du CHU Nord en raison d’un coût de transfert estimé à 130 M€. Déjà regroupé avec le Centre Paul Papin à Angers, les deux structures sont très endettées. La Direction de la cancérologie a demandé à ce que l’ARS prenne en charge le transfert. Refus de celle-ci.

Le déménagement total du site Nord (public et privé) ne sera donc pas possible. Depuis cette décision, il ne semble pas que la direction du CHU ait communiqué sur les incidences qui en découlent (cession incertaine des terrains, maintien d’une logistique au nord…)

En février 2018, l’abandon de l’aéroport à Notre Dame des Landes remet en lumière la problématique du survol de l’Ile de Nantes. La seule réponse apportée par la SAMOA consiste à décréter que d’autres approches aériennes seront réalisables… ce qui avait été décrété comme absolument impossible par les zélateurs du nouvel aéroport !

Pour l’actuel Hôtel Dieu, si l’ensemble des acteurs estime que la continuelle remise aux normes cliniques est efficiente, il y a cependant nécessité de faire une mise aux normes (incendie, amiante) et d’envisager une évolution des bâtiments pour le confort des malades (SDB individuelle …).

Quel diagnostic de la situation existante pour déterminer les enjeux à prendre en compte pour le nouvel hôpital dans le cadre d’une politique publique de soins au service de tous les citoyens ? La création d’un regroupement du CHU sur l’Ile de Nantes serait-elle l’unique réponse ?

L’histoire que les Insoumis avec beaucoup d’autres tentent de construire veut apporter d’autres alternatives.

Car les Insoumis estiment que l’on peut dissocier le financement d’un nouvel outil de celle de son implantation. Et que cette seule question ré-interroge l’intégralité du projet et détermine les réponses qui peuvent y être apportées.

Un projet opaque et sans réelle concertation

Depuis une décennie, la politique de communication de la municipalité et de ses alliés fonctionne à plein régime. Expositions, colloques, plaquettes occupent l’espace médiatique. Pourtant, quand des associations ou des professionnels de santé demandent la communication de certaines données, elle leur est refusée ou fournie avec parcimonie, qu’il s’agisse du rapport du S.D.I.S., des éléments financiers sur la valorisation des sites ou des documents du Ministère de la Santé…

Les Insoumis et nombre de citoyens sont toujours en attente d’un diagnostic détaillé de l’état de fonctionnement actuel afin de se baser sur les besoins réels des populations pour construire un nouvel hôpital.

Les Insoumis observent cependant que derrière le dossier, il existait un seul et même homme : Jean Marc Ayrault. À la fois maire de Nantes, président de Nantes Métropole, Président du conseil d’administration du CHU puis 1er ministre. Depuis, Johanna Rolland a repris les mêmes postures dans les mêmes postes.

Les porteurs du projet évoquent souvent des études de tout ordre mais ils ne les communiquent que rarement ou de façon parcellaire. Ainsi le 12 mars 2018, au CCO, le directeur de la SAMOA enjoignait les participants à ne prendre aucune photo du diaporama sous prétexte que les différents scénarii n’étaient pas aboutis !

Les insoumis réclament, ici comme sur d’autres grands dossiers métropolitains, une co-construction réelle intégrant tous les citoyens.

Une amélioration des soins ?

Avant l’aspect métropolitain et architectural, les Insoumis veulent aborder des questions sur la centralité de la santé, sur une offre de soins prenant en compte les déterminants principaux de l’état de santé de la population, intégrant les conditions sociales et environnementales :

Est-ce que le nouveau projet urbanistique dédié à l’ambulatoire permettra d’en finir avec la logique perverse de « l’hôpital-entreprise » pour restaurer le service public hospitalier, auquel doivent être donnés les moyens humains et financiers de fonctionner ?

Combien de jours par an l’hôpital est-il en tension (donc arrêt de son fonctionnement habituel pour accueillir des épidémies par exemple) ?

Quel est le délai d’attente pour les chirurgies lourdes ?

Quel est le pourcentage de reports d’intervention du fait de manque de place en réanimation ?

Quel est diagnostic de l’absentéisme et donc du manque de qualité de l’outil avec 800 à 1 000 postes supprimés à terme ?

La diminution du personnel et du nombre de lits (au minimum 350) répond-il à un objectif de soins ou de consommation (gérer des flux et non de l’humain) ? Le futur hôpital ne sera-t-il pas un modèle économique plus proche « d’une usine à soin » que d’un équipement soucieux du bien-être des malades et des soignants ? Pour les Insoumis, une personne malade n’est pas une succession d’actes à tarifer !

Peux-on tout résoudre par l’ambulatoire, notamment dans un établissement public qui a à gérer des poly-pathologies et des populations fragilisées ? Ne faut-il pas favoriser les prises en charge globales et cohérentes de la population ?

Parallèlement à un grand établissement centralisé, le développement de centres de santé locaux et pluri-professionnels encouragerait l’exercice des soins primaires en équipe (médecins, infirmières, kinésithérapeutes, diététiciens, médiateurs de santé, etc.) entretenant des liens étroits avec l’hôpital public.

L’expansionnisme forcené de la population ainsi que la recherche effrénée d’attractivité et de croissance illimitée poursuivis par l’actuelle maire questionne. Avec 100 000 habitants de plus, les services publics ne suivent pas le rythme des grues. Crèches, HEPAD, établissements de santé manquent cruellement, ou sont attribués au privé.

Les conditions de travail, tout comme l’accueil des patients sont d’ores et déjà dégradée. À cette situation, une raison (parmi d’autres) mérite d’être soulignée :

Comme le survol de Nantes par les avions permettait une acceptabilité renforcée au projet de Notre Dame des Landes, la dégradation de la partie hôtelière renforce l’idée d’une autre structure. Pourtant cette dégradation n’est, en grande partie, que la résultante du Schéma financier du COmité interministériel de PERformance et de la MOdernisation de l’offre de soins (COPERMO) qui impose un taux de 23 % en auto-financement. Depuis des années et pour encore 10 ou 15 ans, la situation d’accueil des usagers et les conditions de travail des personnels se trouveront très fortement impactées par le montage financier retenu.

Un lieu pertinent ?

Un hôpital est un organisme vivant qui évolue perpétuellement. Or l’espace qui est proposé est contraint et ne permettra pas d’évolution. À cette remarque, la position de la direction est d’indiquer que la hauteur apportera une réponse adéquate. Est-ce réaliste quand on connaît la nature instable du sol et les contraintes liées aux trajectoires aériennes d’atterrissage ?

Dans le projet initial, les surfaces de 18 hectares de l’Hôtel Dieu et les 49 hectares de l’hôpital Laënnec, soit presque 67 hectares, sont réduits à 10 hectares sur l’île de Nantes. Même pour un hôpital du 21ième siècle, l’équation interroge !

À l’échelle de la Métropole et du département, l’Ile de Nantes est-elle plus centrale que l’Hôtel Dieu distant de 1,5 Km ?

Les risques d’inondation ne peuvent être écartés par un simple « bidouillage » des cartes du P.P.R.I. comme la préfecture l’a récemment opérée. Si le projet semble prendre acte des risques d’inondabilité ((cuvelage du parking souterrain et aucun équipement sensible en dessous du 1er étage) ; comment pourra-t-on y accéder avec des voiries à 6.55 NGF (Nivellement Général de la France) pour un risque retenu à 7.35 NGF ?

L’accessibilité du site pose également de nombreuses interrogations. Il ne semble pas que le projet initial ait réellement intégré les nécessités de desservir le CHU par les transports en commun. Dès lors, depuis quelques années, les projets apparaissent au gré des conjonctures : nouvelles lignes de tramway, création de nouveaux ponts, lignes de chrono-bus… Ces équipements sont-ils financés ? Il faudra bien les considérer dans le coût global du dossier. Parallèlement, les 75% de patients hors métropole qui fréquenteront l’établissement pourront-ils y accéder uniquement en transport en commun ? Il en est de même pour le personnel dont les horaires atypiques ne permettent pas l’usage rationnel des transports en commun.

8000 personnes fréquenteront quotidiennement le CHU et il est prévu 1 200 places de stationnement. Les quartiers environnants pourront-ils absorber les voitures qui ne trouveront pas d’emplacement sous le site ? La situation actuelle du stationnement sur l’Ile de Nantes est très problématique, demain elle risque d’être catastrophique.

Le 12 mars 2018 lors de la présentation du projet au CCO, un intervenant à la tribune déclarait «  Il faudrait mieux que les patients viennent quand il n’y a pas de circulation ! » Effectivement, avec le triomphe du tout ambulatoire, le patient pourrait venir et repartir en vélo ! Est-ce sérieux ?

Coût

Sur les coûts très importants de construction, les Insoumis estiment que la Sécurité Sociale ne devrait pas payer les investissements immobiliers. Ces dépenses devraient (dans l’esprit de la création de Sécurité Sociale) être du ressort exclusif de l’Etat ou des collectivités territoriales.

Il est annoncé presque un milliard d’euros de travaux. Chiffre, nous assure-t-on, qui n’évoluera pas jusqu’en 2028.

On peut en douter en prenant l’exemple d’une autre implantation construite auprès d’un fleuve sur des assises instables : le musée des Confluences à Lyon aura coûté 328 millions au lieu des 61 prévus ! Plus près de la Métropole, le dérapage financier du musée d’Arts indique malheureusement une dépense finale nettement plus élevée que celle communiquée.

Pour le projet nantais, le coût n’a cessé d’évoluer : de 350 M€ en 2011 à 984 M€ aujourd’hui.

Les Insoumis demandent une véritable présentation financière incluant tous les paramètres et les budgets annexes :

Coût de préparation du terrain et du renforcement des berges. Les 17.2 M€ de préparation du terrain intègrent-ils la réfection du quai ?

Le coût des transports en commun à créer ou à modifier.

Le doublement des ponts existants. Serait-il nécessaire sans le regroupement du CHU sur l’île ?

Coût induit par le transfert du MIN., soit 150 M€. Les 80 entreprises qui n’étaient pas demandeuses se sont vu offrir de généreuses indemnités de l’ordre de 15 M€ (chiffre qui doit évoluer). Pourtant la concession était valide jusqu’en 2030 et le MIN fonctionnait sur le site sans réel problème. Les sommes importantes mises dans ce transfert était-elles justifiées s’il n’y avait pas eu l’implantation du CHU ?

Quels seront le montant et les conséquences de la désaffection de la gare de l’État et le mépris pour les anciennes lignes SNCF et ponts ferroviaires ?

Même si les conditions de réalisation et les contextes sont différents, les Insoumis s’interrogent sur les écarts constatés dans le financement de deux nouveaux CHU : celui de Caen et celui de Nantes.

L’hôpital normand est budgété pour 500 M€ (dont 350 M€ d’aides de l’Etat) pour  1256 lits. L’infrastructure hospitalière nantaise coûterait 984 M€ pour 1384 lits et seulement 220 M€ d’aides de l’Etat. Le futur CHU de Caen ne serait-il pas, lui aussi, un hôpital du futur, éco-responsable, numérisé et capable de gérer les flux ?

Dans aucun des documents fournis à ce jour, il n’est évoqué l’avenir de l’Hôtel Dieu. Quelle grande opération immobilière et financière les élus de Nantes ont-ils envisagée ? Le réaménagement de la place de la Petite Hollande et de l’ancien site trouverait-il une autre dimension non soumise aux normes du secteur sauvegardé ? Les opérateurs privés (Vinci, Bouygues…) ont-ils déjà préempté l’espace pour de juteuses opérations financières au cœur de Nantes ? Sur ce sujet, comme sur de nombreux autres, les Insoumis demandent des précisions sur les intentions des élus nantais. Le recul sur l’urbanisation de la Place de Petite Hollande sera-t-elle compensée par la libéralisation de l’Hôtel Dieu ?

Pourquoi ne pas étudier des solutions alternatives ?

Les Insoumis ne peuvent se contenter d’une seule opportunité unique à saisir absolument, à défaut de voir disparaître 225 M€ de subventions de l’Etat. Nous réfutons l’argument de perte de temps et d’argent, alors que c’est du seul choix de la direction du CHU et des élus que découle la situation du regroupement hospitalier en un seul lieu problématique.

Les citoyens de l’agglomération ne sont pas comme Mr Chemetoff, obligé de par son statut à l’acceptation ou au licenciement. On ne licencie pas la démocratie !

Tout l’historique de ce projet démontre l’opacité des décisions et la prédominance d’intérêts très éloignés d’une politique de soins répondant aux besoins de la population.

Quelques mois nous séparent d’une décision irrévocable. Toutefois on constate que les études d’avant-projet sommaire ne sont toujours pas finalisées. Et si cette étape était franchie, puis les études d’avant-projet définitif, il resterait les éventuels recours contre le permis de construire. Ce qui, au regard du montage du projet et son instabilité réglementaire, ouvrirait une autre étape que nombre d’opposants pourrait saisir.

Durant la période qui s’ouvre, avec l’initiative du débat public le 10 avril 2018, les Insoumis veulent confronter avec d’autres acteurs : syndicats, associations d’usagers, associations (GAELA, collectifs santé…) et diverses oppositions, toutes les solutions alternatives permettant une santé publique de qualité et accessible au plus grand nombre.

Il existe peut-être d’autres solutions que celle d’une concentration de tous les services sur l’Ile de Nantes ou à Laënnec ; d’autres pistes qu’un réaménagement total sur le site actuel de l’Hôtel Dieu. Des réserves foncières appartenant au CHU existent, ont elles toutes été prises en compte ?

Poster un commentaire

Droit de réponse de la DARES, de Pôle Emploi et de l’Unédic et réaction des auteurs suite à la Note de l’IES – n°42 sur l’indemnisation chômage

Débat autour de la Note de l’IES n°42 sur l’indemnisation chômage

« Droit de réponse » de la Dares (Ministère du travail), de Pôle Emploi et de l’Unédic et réaction de Mathieu Grégoire et Claire Vivés

La Dares, Pôle Emploi et l’Unedic ont souhaité réagir à la note de l’IES n°42 de mars 2018 intitulée Combien de chômeurs indemnisés ? Un taux de couverture au plus bas occulté par un changement de définition. Nous publions ici leur courrier ainsi que la réponse de Mathieu Grégoire et Claire Vivés, les auteurs de la Note.

Pour rappel, cette Note a pour objet une analyse inédite de l’évolution du taux de couverture de l’indemnisation chômage de 1985. Celle-ci montre que la part des chômeurs indemnisés n’a jamais été aussi basse qu’aujourd’hui mais que cette réalité est occultée par le choix d’un nouvel indicateur de « taux de couverture » correspondant non plus aux chômeurs indemnisés mais aux chômeurs « indemnisables ».
Le courrier de la Dares, de Pôle Emploi et de l’Unedic, sans démentir le constat d’une proportion de chômeurs indemnisés historiquement basse, explique que l’information était  « claire, simple et transparente » sur les indemnisés et justifie le choix d’un taux de couverture fondé sur les « indemnisables ».
Mathieu Grégoire et Claire Vivés, répondent qu’au contraire cette situation de baisse historique de la couverture chômage n’était connue ni du public et ni des négociateurs et justifient l’intérêt qu’il y a publier des informations sur la part des chômeurs indemnisés autant que sur la part des chômeurs indemnisables.

Le lien vers la note:
http://www.ies-salariat.org/combien-de-chomeurs-indemnises-un-taux-de-couverture-au-plus-bas/


Le lien vers le débat:

http://www.ies-salariat.org/a-propos-de-la-note-de-lies-de-m-gregoire-et-claire-vives-sur-le-taux-de-couverture-de-lindemnisation-chomage/



Institut Européen du Salariat

L’Institut Européen du Salariat est un réseau de chercheurs en sciences sociales attaché à l’analyse sociologique, politique, économique, historique et juridique du salariat.

http://www.ies-salariat.org

Poster un commentaire

L’Apses manifestera le 11 avril devant le ministère

 » Face à la marginalisation et la dénaturation programmées des Sciences économiques et sociales dans le cadre de la réforme du lycée, l’APSES appelle l’ensemble de la communauté éducative et l’ensemble des citoyens à un grand rassemblement à Paris le mercredi 11 avril, veille de la présentation de la réforme du lycée au Conseil supérieur de l’éducation. » Le lieu du rassemblement est maintenant fixé au 11 avril rue Las Casas, à deux pas du ministère.

 

L’appel à manifester

Dans le Café

Poster un commentaire

Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers, au détriment des cheminots et des usagers

par Nolwenn Weiler

Sous prétexte de sauver la SNCF, endettée de près de 50 milliards d’euros, le gouvernement Philippe prépare une profonde réforme du secteur ferroviaire, ouvrant la porte à sa privatisation de fait. Présentée comme la conséquence de performances insuffisantes de l’entreprise, cette dette résulte pourtant très largement de choix politiques et organisationnels antérieurs. Loin des fantasmes sur le statut des cheminots, Basta ! a retracé l’histoire de cet endettement, qui constitue aussi une rente annuelle de plus d’un milliard d’euros pour les marchés financiers. Pour en venir à bout, d’autres solutions sont possibles.

Lors de l’inauguration de la ligne grande vitesse Paris-Rennes, en juillet dernier, Emmanuel Macron a évoqué une offre : l’État pourrait prendre en charge la dette de la SNCF en échange d’un « nouveau pacte social » au sein de l’entreprise publique, qui verrait le statut des cheminots progressivement supprimé. Emmanuel Macron faisait ainsi implicitement le lien entre l’endettement colossal de la SNCF – 46,6 milliards d’euros – et le « coût du statut » des cheminots, qui leur donne notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt. Le rapport Spinetta, remis le 15 février dernier au gouvernement en vue d’une loi réformant la SNCF, reprend cette thèse d’un coût du travail trop élevé qui viendrait gréver les finances du système ferroviaire français.

« C’est une escroquerie intellectuelle de laisser penser cela, s’insurge Jean-René Delépine, représentant du syndicat Sud-rail au conseil d’administration de SNCF réseau, la branche qui gère les voies ferrées. Cette dette, c’est d’abord la contre-valeur d’un bien commun : un réseau de chemin de fer. Elle est visible parce qu’elle se trouve au sein d’une seule société. Si une entreprise avait, à elle seule, la charge de maintenir et de développer le réseau routier, sa dette serait infiniment supérieure ! L’État, qui se présente comme la victime d’un endettement non maîtrisé de la SNCF, est en fait le premier responsable de l’explosion de la dette. »

Une dette « mise sous le tapis » il y a vingt ans

Dans les années 80, la politique du « tout TGV », vers lequel les investissements sont essentiellement dirigés, se traduit par une diminution continuelle des budgets de maintenance et de renouvellement du reste du réseau – dessertes des agglomérations, lignes rurales, lignes inter-cités – qui aboutit à un état de délabrement alarmant d’une partie des voies. « En 2005, un audit sur l’état du réseau français réalisé par l’école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) à la demande de Réseau ferré de France (RFF) et de la SNCF alertait sérieusement sur le vieillissement du réseau et pointait la responsabilité de l’État », souligne la CGT dans un récent rapport sur l’avenir du service public ferroviaire. Plus de 9000 kilomètres (sur un total de 30 000) sont considérés comme vétustes voire dangereux [1]. À certains endroits, les rails sont si dégradés que les trains doivent ralentir. Tout cela oblige l’État à engager un important et très coûteux programme de travaux au début des années 2000.

En 1997, pour répondre aux critères du traité de Maastricht qui conditionne le passage à l’euro à la maîtrise du déficit public, la France choisit de loger sa dette ferroviaire dans un nouvel établissement public, séparé de la SNCF : Réseau ferré de France (RFF, renommé SNCF réseau en 2014). « C’est une façon de masquer la dette publique, estime Jean-René Delépine. À la même époque, l’Allemagne a de son côté décidé de reprendre la dette du système ferroviaire, alors qu’elle était en pleine réunification ! »

La dette de 46,6 milliards d’euros qui plombe actuellement le système ferroviaire est celle de SNCF réseau, mise sous le tapis il y a vingt ans [2]. « RFF puis SNCF réseau se retrouvent à porter, seules, des investissements qui doivent normalement revenir à l’État, poursuit Jean-René Delépine. C’est pourtant lui qui prend les décisions d’aménagements ! »

Dix milliards ponctionnés par les marchés financiers

À la fin des années 2000, le gouvernement de Nicolas Sarkozy décide de lancer un vaste programme de travaux, mais sans y allouer les finances nécessaires. À la remise en état des voies vieillissantes, s’ajoute la construction de quatre nouvelles Lignes à grande vitesse (LGV) [3]. En 2010, SNCF réseau investit 3,2 milliards d’euros tout en percevant 2,2 milliards de subventions. Il faut donc emprunter sur les marchés pour trouver le milliard manquant. En 2012, les investissements s’élèvent à 4,3 milliards d’euros quand les subventions de l’État plafonnent à 1,2 milliard. Nouvel emprunt. En 2015, rebelote : alors que SNCF réseau doit débourser 5,3 milliards, il ne reçoit que 1,1 milliard de l’État. Cette année là, les subventions ne couvrent que 23 % des besoins d’investissement. Le recours à l’emprunt augmente encore. Depuis, les subventions consenties par l’État restent bien inférieures aux montants de travaux… pourtant engagés à sa demande ! « En 2017, 5,4 milliards d’euros ont été investis pour la régénération du réseau. 2,2 milliards ont été versés par des subventions. Le reste a été emprunté », illustre Jean-René Delépine.

À ce système structurellement déficitaire, s’ajoute le fait qu’« SNCF Réseau doit payer les intérêts de sa dette passée, comme l’explique Adrien Coldrey, économiste au sein du cabinet d’expertise Degest [4]. Or, il n’a plus aucune ressource pour payer ces intérêts puisque celles-ci ont été utilisées pour l’investissement : il doit donc s’endetter pour les payer. C’est un effet boule de neige, qui ressemble à une situation de surendettement pour un particulier. »

Ces dix dernières années, cette charge de la dette – 10,3 milliards d’euros seulement pour les intérêts – pèse plus lourd que l’entretien et le développement du réseau – 7,2 milliards d’euros ! « Quand la SNCF emprunte 100 euros pour le réseau, il ne peut en utiliser que 41. Les 59 restant sont ponctionnés par le système financier », détaille Arnaud Eymery, le directeur du cabinet Degest. Soit les banques, assurances et fonds d’investissement qui prêtent à la SNCF [5].

« On travaille pour financer les banques »

« Pour le dire autrement, afin d’investir 100 euros sur la modernisation des voies, la SNCF doit emprunter 243 euros ! Le surcoût est considérable. C’est une rente pour les marchés financiers, même si les taux sont actuellement très bas. » Si les taux devaient remonter, l’absurdité de ce choix économique serait encore plus flagrante. « La charge de la dette avale les trois quarts de la performance économique de l’outil industriel, assène Jean-René Delépine, de Sud-rail. On travaille pour financer les banques. C’est une honte. » Et plus le temps passe, plus la dette se creuse. « Si l’État l’avait reprise en 2010, seulement 7,2 milliards d’euros d’endettement auraient été générés, contre 17,5 milliards actuellement », calcule Arnaud Eymery du cabinet Degest.

Autre choix politique absurde : en 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin privatise les autoroutes, ce qui provoque un gros manque à gagner pour le système ferroviaire. Une partie des subventions versées par l’État à la SNCF provient de l’agence de financement des investissements de transports de France, qui était alimentée par les redevances des concessions d’autoroutes…

Pour se faire une idée des sommes dont est aujourd’hui privé le système ferroviaire, il suffit de regarder le montant des dividendes que se sont partagés les actionnaires des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA) en 2016 : 4,7 milliards d’euros [6] ! « La suppression du projet d’écotaxe en octobre 2014 [par le gouvernement de Manuel Valls, ndlr], également prévue par le Grenelle de l’environnement pour financer la construction des LGV, vient à nouveau gréver les finances et donc le report des trafics de la route vers le train », ajoute Arnaud Eymery.

Pour les usagers, le prix des billets explose

Le report de la route vers le train constitue un défi crucial face au réchauffement climatique et à l’aggravation de la pollution atmosphérique. Mais pour les usagers, le coût du train s’envole. Car pour faire face à sa situation financière, le tarif facturé par RFF aux sociétés exploitants les trains – et donc principalement à la SNCF – a été considérablement augmenté (+26 % entre 2007 et 2013). « La hausse est aussitôt répercutée sur le prix des billets, qui augmente de 20% entre 2008 et 2013 », souligne Arnaud Eymery. Résultat : les Français délaissent le train jugé hors de prix.

Dès 2010, la fréquentation des TGV est en baisse. Un cercle infernal se met en place : les gens prennent moins le train, le nombre de trains diminue, les péages augmentent, de même que les billets, ainsi que les investissements nécessaires. Entre 2010 et 2016, le trafic ferroviaire enregistre une hausse de 1 % quand la voiture bondit de 7 % et le transport aérien de 17 %.

Plutôt que de taxer la route pour financer le transport ferroviaire, beaucoup mois polluant, l’État prétend que celui-ci peut s’autofinancer à condition que les cheminots travaillent plus et mieux. Pourtant, d’importants efforts ont déjà été consentis. « Chaque année, on demande à la SNCF d’économiser 1,5 milliard d’euros. Et la principale source d’économies, c’est l’emploi », poursuit Arnaud Eymery. Entre 2004 et 2014, les effectifs cheminots ont chuté. Ces derniers passent de 175 000 à 154 000 salariés, soit 2000 emplois supprimés chaque année.

Productivité élevée, espérance de vie réduite

Selon le cabinet Degest, une étude des gains de productivité laisse apparaître, entre 2004 et 2014, une progression plus forte pour les cheminots (+3,2% par an) que pour l’économie française dans sa globalité (+1,9%). Une tendance qui devrait se prolonger ces prochaines années du fait des contrats de performance signés entre l’État et la SNCF. Néanmoins, le coût de cette pression sur le travail est élevé. À la SNCF comme ailleurs, les salariés sont écartelés entre des objectifs sans cesse accrus et des moyens revus à la baisse. Au point que certains ne peuvent plus assurer correctement la sécurité sur les voies (lire notre enquête sur l’accident de Brétigny en 2013). Et que d’autres sont sommés de proposer aux voyageurs les billets les plus chers [7].

Pour que les trains puissent rouler en continu, la maintenance est davantage assurée de nuit, alors que le travail nocturne a des effets importants sur la santé. « Les indices de morbidité [le nombre de jours d’absence des salariés pour maladie ou accident du travail, ndlr] ont augmenté au fur et à mesure que des gains de productivité étaient enregistrés », remarque Arnaud Eymery.

L’espérance de vie des cheminots est inférieure à la moyenne nationale, notamment pour les personnels de l’exécution et de la traction. Ces derniers meurent quatre ans plus tôt que le reste de la population [8]. La fédération Sud-rail, à qui la direction refuse de fournir des chiffres, estime qu’une cinquantaine de cheminots se suicident chaque année.

1269 euros, le salaire de base d’un chef de bord

En parallèle, les réorganisations et le déploiement de nouvelles technologies entraînent une hausse de l’encadrement. « En créant trois entités en 2014, on a créé trois états-majors différents, illustre Jean-René Delépine. Cela augmente automatiquement la masse salariale puisque les cadres sont plus nombreux et mieux payés. » L’augmentation exponentielle de la sous-traitance a également entraîné une augmentation du taux d’encadrement. Pour réaliser des économies, il serait ainsi possible de regarder du côté de l’organisation du travail, ou encore… de la direction.

En 2017, les onze membres du comité exécutif de SNCF Réseau se sont ainsi partagés une rémunération nette imposable de 2,5 millions d’euros, assortis de 38 000 euros d’avantages en nature, soit une moyenne de 19 000 euros par mois et par personne. En 2017, Florence Parly, l’actuelle ministre des Armées, a été payée 52 000 euros par mois en tant que directrice générale chargée de SNCF voyageurs. Par comparaison, le traitement de base d’un chef de bord, qui assure les trajets à bord d’un train corail, est de 1269 euros nets, assortis de plusieurs primes.

D’autres solutions pour financer le réseau

Comment sortir le système ferroviaire de cette voie de garage ? L’État pourrait aider l’entreprise dont il est actionnaire à sortir du cycle infernal de l’endettement, et doter le train de financements pérennes. La CGT propose de flécher 6 milliards d’euros des recettes de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques) pour le financement du réseau ferré national. En 2016, ces recettes se sont élevées à 28,5 milliards d’euros pour les produits pétroliers [9]. La CGT propose par ailleurs de mettre fin aux exonérations et au remboursement partiel de cette taxe dont bénéficient les transporteurs routiers ou le secteur aérien.

La confédération syndicale propose également de mettre en place un « versement transport additionnel régional » : calculé à partir de la masse salariale et redevable par les entreprises d’au moins onze salariés, cet impôt permettrait de doter les régions de 500 à 850 millions d’euros par an pour financer les lignes locales. « Sur le modèle du Livret A créé pour financer le logement social, nous proposons la création d’un nouveau livret d’épargne défiscalisé offrant un produit d’épargne sécurisé, dont les fonds seraient centralisés par la Caisse des dépôts et consignations », suggère encore la CGT.

Développer le train pour sauver le climat

De son côté, le syndicat Sud-rail propose de réunir les trois entités qui composent actuellement la SNCF en une seule et même entreprise, ce qui permettrait de mutualiser les capitaux propres : ceux de SNCF mobilités s’élèvent à 15 milliards d’euros, alors que ceux de SNCF réseau sont négatifs de 12 milliards. « Nous aurions une entité qui démarrerait avec un capital positif de 3 milliards de capitaux propres » , résume Jean-René Delépine. La fusion entraînerait une mutualisation des marges opérationnelles, diluant la charge liée au remboursement de la dette et améliorant la capacité d’autofinancement.

Cette réunification aurait, toujours selon Sud-rail, un autre avantage : économiser les coûts de fonctionnement liés à la multitude de contrats passés entre les deux entités. Par exemple, lorsque SNCF réseau ferme une ligne pour réaliser des travaux, elle dédommage SNCF mobilités qui ne peut plus y faire passer ses trains. « Ces transactions créent des litiges, et induisent des surcoûts organisationnels monstrueux. » Sans oublier le bon millier de filiales créées par la SNCF, véritable mille-feuille organisationnel dont les effet économiques et sociaux réels restent à déterminer.

Sur le plan climatique, le secteur des transport est l’un des plus émetteur en gaz à effet de serre. Privilégier les modes de transport les moins polluants est donc indispensable. Une étude réalisée en Europe par le cabinet néerlandais CE Delf met en évidence un coût social et environnemental neuf fois plus élevé pour la voiture que pour le train. « Je pense même qu’en France, où le parc diesel est très important, ces chiffres sont encore supérieurs », estime Arnaud Eymery. Face aux défis, immenses, que pose le changement climatique, le train pourrait être considéré comme un atout plutôt que comme un poids. Ce n’est malheureusement pas le sens des conclusions du rapport Spinetta, qui sert de base à la future réforme ferroviaire.

Nolwenn Weiler

Photo : CC Renaud Chodkowski

- Lire aussi : Comment la SNCF a créé des centaines de filiales pour mieux préparer le démantèlement du transport ferroviaire.

Notes

[1L’audit réalisé par l’école polytechnique de Lausanne est disponible ici.

[2Les deux autres établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) du groupe n’ont pas de dettes « inquiétantes » pour le moment. On parle là de l’« Epic de tête » (la holding qui chapeaute l’ensemble) et de SNCF mobilités qui fait rouler les trains (et qui possède par ailleurs des centaines de filiales).

[3Paris-Strasbourg, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes, contournement Nîmes-Montpellier.

[4Le Cabinet Degest a rédigé en 2013 un rapport très documenté pour la SNCF en vue de la réforme ferroviaire de 2014. Les principales conclusions de ce rapport sont à lire ici. Le rapport est consultable .

[5Voir ici l’analyse de Degest sur le coût de la dette.

[6Pour consulter la synthèse des comptes des concessions autoroutières, voir ici.

[8Espérance de vie à l’âge de 60 ans : 24,9 ans pour la France entière ; 20,3 ans pour les personnels d’exécution à la SNCF, 22 pour les personnels de traction.

[9La TICPE est la quatrième recette fiscale de l’État derrière la TVA, les impôts sur le revenu et sur les sociétés.

Poster un commentaire

Lycée : les futurs horaires annoncent des suppressions de postes

Dévoilés par les syndicats, les futurs horaires du lycée, qui seront appliqués en 2019 en seconde et en 2020 en premières et terminales générales et technologiques, annoncent des suppressions de postes. S’il est difficile de prévoir précisément le nombre de postes supprimés, il est clair que l’offre scolaire est réduite et qu’il s’agit, portant sur 20 000 divisions pour chaque niveau, de milliers de postes. Les options sont particulièrement visées.

En seconde

« La réforme n’est pas faite pour des raisons économiques ». Interrogé par le Café pédagogique sur les conséquences en terme de postes de la réforme du lycée, JM Blanquer  avait évoqué une réforme pédagogique sans réduction de moyens. La publication des grilles horaires projetées pour le lycée (rentrée 2019 en seconde et 2020 à la fois en première et terminale) laisse pourtant voir des gains horaires significatifs entre les anciens et les futurs programmes.

En seconde générale et technologique, le futur horaire prévoit 26 heures de cours hebdomadaires alors qu’actuellement une classe de seconde nécessite 28h30. Le différentiel représente environ 2700 postes.

On remarque l’entrée d’un nouvel enseignement « sciences numériques » , autrement dit de l’informatique, à hauteur d’une heure par semaine. Les SES entrent aussi dans le tronc commun avec 1h30 hebdomadaire. Mais la quasi totalité des élèves suivaient déjà l’enseignement d’exploration de SES avec le même horaire. Les SES pourraient reprendre des éléments de l’enseignement d’économie gestion (PFEG) qui disparait totalement en seconde.

On s’interroge sur ce qui reste de l’accompagnement personnalisé (2 h actuellement). En effet il n’a plus d’horaire dédié sauf 54 h annuelles « d’éducation au choix de l’orientation » largement ouvertes aux interventions régionales. Mais l’accompagnement reste mentionné dans le texte officiel. Il est dit que  » L’accompagnement personnalisé en classe de seconde est destiné à améliorer les compétences scolaires de l’élève dans la maîtrise écrite et orale de la langue française et en mathématiques. Une évaluation des compétences de chaque élève sur chacun de ces domaines est organisée en début de classe de seconde. L’accompagnement personnalisé est placé sous la responsabilité des professeurs, en particulier du professeur principal ». Sur quels heures sera organisé cet accompagnement ? Mystère. D’autres enseignements ou accompagnements connaissent le même sort. Ainsi  » Un dispositif de tutorat est proposé à tous les élèves » sans qu’on sache comment.  » Les élèves volontaires peuvent bénéficier de stages de remise à niveau », idem.

Les élèves peuvent aussi suivre deux enseignements optionnels , soit des enseignements généraux, soit technologiques, sans aucune obligation. Du coup l’enseignement technologique n’est plus qu’optionnel alors qu’il entre aujourd’hui dans les enseignements d’exploration obligatoires.

Est-ce une influence du chef R Marcon, proche du ministre ?  La seconde hotellerie restauration bénéficie d’un régime particulier.

En première

En première on passe à 28h alors que l’horaire actuel est plutôt de 30 heures. Là aussi on a un gain sensible de postes (entre 2 et 3 000 pour le seul enseignement public). Les trois filières du bac général disparaissent en première comme en terminale ce qui rend le calcul horaire plus difficile. Un enseignement scientifique est créé avec 2 heures hebdomadaires ce qui est nettement inférieur aux horaires de maths actuels. Certes il y a dans les spécialités un enseignement de maths (4h) et un autre de « numérique et sciences informatiques » (4 h aussi) mais cela compensera-t-il la réduction de l’enseignement obligatoire ?

Les élèves doivent choisir 3 enseignements de spécialité dans une liste de 11 enseignements où on trouve aussi « histoire-géo, géopolitique et sciences politiques » et « humanités, littérature, philosophie ». Les SES sont un enseignement de spécialité avec 4 heures hebdomadaires, soit nettement moins que l’horaire de SES en série ES aujourd’hui. Le choix des élèves décide des spécialités de terminale.  » A titre exceptionnel, le choix en classe de terminale d’un enseignement de spécialité différent de ceux choisis en classe de première est possible après avis du conseil de classe en fin d’année ».

 » Les recteurs fixent la carte de ces enseignements en veillant à l’équilibre et à leur bonne répartition dans le cadre géographique le plus adapté au territoire, après avis des instances consultatives concernées », ce qui veut dire qu’il n’y a pas de minimum comme cela avait été annoncé et que l’offre scolaire va fortement varier selon les lycées. On peut prévoir qu’elle sera plus riche dans les lycées de centre ville , là où les services rectoraux sont certains de pouvoir remplir les effectifs.

Où est passé le « grand oral » ?

Largement mis en avant pour faire passer la réforme, le « grand oral » ne dispose finalement d’aucun horaire. Il est précisé que  » les élèves réalisent pendant le cycle terminal un travail de projet individuel ou collectif adossé à un ou aux deux enseignements de spécialité suivis, dans la perspective de l’épreuve orale terminale ». Autrement dit la préparation à la recherche et à expression orale, qui existe dans les TPE, disparait. La préparation orale va entrer en concurrence avec les enseignements disciplinaires des enseignements de spécialité.

L’accompagnement personnalisé voit son contenu redéfini.  » L’accompagnement personnalisé est destiné à soutenir la capacité d’apprendre et de progresser des élèves, notamment dans leur travail personnel, à améliorer leurs compétences et à contribuer à la construction de leur autonomie intellectuelle. En classe terminale, l’accompagnement personnalisé prend appui prioritairement sur les enseignements de spécialité ». Tout cela est fort bien dit mais aucun horaire n’est attribué à cet enseignement. L’éducation à l’orientation bénéficie comme en seconde de 54 heures annuelles en lien avec le conseil régional.

Chaque classe dispose d’une enveloppe horaire de 7 heures hebdomadaires (contre 12 en seconde) mais ce volume peut être modifié par les recteurs.

En terminale

En terminale le principal changement concerne les enseignement de spécialité ramenés à deux ce qui pose problème pour certaines préparations scientifiques. L’horaire est ramené à 27h30 alors qu’il est actuellement de plus de 30 heures. L’horaire de philosophie est augmenté par rapport à l’horaire de S actuel mais inférieur à celui de L.

En série technologique on assiste à des regroupements disciplinaires , par exemple management et gestion en stmg, ce qui interroge sur une déprofessionnalisation éventuelle dans les programmes.

Globalement la publication de ces textes donne des signes inquiétants. D’abord par la suppression prévisible de 5 000 à 7 000 postes pour le seul enseignement public. Ensuite, la suppression des TPE, un enseignement qui préparait à l’enseignement supérieur, est dramatique. Les TPE sont remplacés par rien puisque le « grand oral » aura à faire sa place en concurrence avec les disciplines. Les options sont menacées au bénéfice de la création d’un enseignement informatique. Enfin on assiste une nouvelle fois à un grand écart entre les annonces ministérielles et la réalité des textes. Il serait bon que le ministère, qui a du faire ses calculs au poste près, les publie.

Grille de 2de

Grille de 1ère et terminale générales

Grille de 1ère et terminale technologique

Blanquer le 14 février

Poster un commentaire

solidarité financière cheminot-es…

Voici trois initiatives existantes de solidarité financière avec les cheminots-es…

2 sont « purement syndicales », l’autre est issue d’un collectif de personnalités (publiée dans Médiapart) :

http://cgt.fr/Soutenez-les-cheminots-en-greve.html?var_mode=calcul

https://www.lepotcommun.fr/pot/yj07i0p3


Une cagnotte pour les cheminots grévistes

Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes. Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en « société anonyme ».

À ce jour, la ministre des transports n’a pas ouvert de négociations. Le pouvoir engage un bras de fer. Nous nous souvenons des grèves de 1995 et 1968 durant lesquelles les cheminots avaient arrêté le travail. La solidarité entre voisins et collègues mit en échec le calcul gouvernemental  de dresser les usagers contre la grève.

Chacun comprend que les journées de grève coûtent et que pour le succès de leurs revendications, il importe que le mouvement puisse durer. Nous soutiendrons financièrement les cheminots :

https://www.leetchi.com/fr/Cagnotte/31978353/a8a95db7

Les signataires :

Arié Alimi, avocat.

Armelle Andro, démographe.

Étienne Balibar, philosophe.

Laurent Binet, romancier.

Geneviève Brisac, écrivaine.

Michel Broué, mathématicien.

Dominique Cabrera, cinéaste.

Antoine Comte, avocat.

Philippe Corcuff, politiste.

Alexis Cukier, philosophe.

Didier Daeninckx, romancier.

Leyla Dakhli, historienne.

Annie Ernaux, écrivaine.

Geneviève Fraisse, philosophe.

Robert Guédiguian, réalisateur.

Nedim Gürsel, écrivain.

Christophe Honoré, réalisateur, écrivain.

Martine Kaluszynski, historienne et politiste.

Leslie Kaplan, écrivaine.

Luc Lang, écrivain.

Robert Linhart, écrivain.

Gérard Mordillat, romancier, cinéaste.

Toni Negri, philosophe.

Jenny Plocki, institutrice retraitée.

Patrick Raynal, romancier.

Emmanuel Renault, philosophe.

Judith Revel, philosophe.

Christian Salmon, écrivain et chercheur.

Jean-Marc Salmon, chercheur.

Bernard Stiegler, philosophe.

Dominique Tricaud, avocat.

Jean-Claude Zancarini, professeur émérite, ENS Lyon.

Poster un commentaire

Les recettes du stationnement en ville, un business ultra-rentable pour… des sociétés privées

PAR ISABELLE JARJAILLE

L’argent que les automobilistes dépensent pour se garer finit-il dans les caisses des communes ? Dans la plupart des cas, non. Sur le million de places de stationnement réglementées que compte la France, plus de la moitié sont gérées par des entreprises privées, le plus souvent au détriment des finances publiques. Il arrive même que les villes payent pour que les entreprises privées puissent s’enrichir en toute quiétude, voire même augmentent les tarifs de stationnements pour les habitants dans le but de se renflouer. C’est ce que révèle l’ouvrageServices publics délégués au privé : à qui profite le deal ? , d’Isabelle Jarjaille, publié ce mardi 27 mars par les éditions Yves Michel, et dont Basta publie ici un extrait.

Dans certaines villes – quel que soit le tarif payé par l’usager – les recettes du stationnement ne tombent jamais dans les caisses de la ville. C’est le cas par exemple à Béthune, dans le Pas-de-Calais, ou Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Dans ces deux villes, des délégations de service public ont été signées avec Q-Park (une société néerlandaise, ndlr), numéro 2 du marché du stationnement en France, qui gère 100 000 places de stationnement dans 70 villes. À Béthune, le contrat passé en 2005, par la majorité socialiste portait sur la construction d’un parking de 362 places sous la Grand-Place, son exploitation ainsi que celle de la totalité du stationnement payant de la ville.

Quand le secteur privé est payé pour encaisser des recettes

Il était prévu que le délégataire prenne à sa charge l’investissement nécessaire à la construction de ce nouveau parking (11,4 millions d’euros) et que, pour se rembourser, il percevait les recettes du stationnement sur les parkings en ouvrage et sur les places en voirie, jusqu’en 2035. Il était également convenu que la ville participe à l’investissement à hauteur de 1,125 millions d’euros. Sauf que de 1,125 million d’euros que la collectivité aurait dû mettre sur la table au départ, la facture n’a cessé de grimper pour atteindre en 2010 un peu plus de 9 millions d’euros ! Soit quasiment le coût total de l’ouvrage. « La ville n’encaisse pas mais elle compense le manque à gagner, explique Pierre-Emmanuel Gibson, premier adjoint au maire, UDI, depuis 2014, qui a hérité du dossier. Aujourd’hui on est au plafond : on verse chaque année 400 000 €. »

Pour Mathieu Lesage, avocat spécialisé en droit routier, tout se joue à ce niveau-là dans un contrat de délégation sur le stationnement :« le plus important, c’est la compensation du manque à gagner que doit subir la ville. » C’est sur cette clause que se joue une grande partie de l’équilibre financier du contrat pour les deux parties. Couplée à un autre aspect du contrat : l’exploitation du stationnement en voirie. Sur ces places là, l’entreprise privée encaisse des recettes colossales avec des frais d’entretien minimum. Pour Mathieu Lesage, dans le cas d’une concession extrêmement longue, 30 ans, par exemple, sur l’exploitation de toutes les places en stationnement payant, le risque financier qui justifie normalement des recettes importantes pour le délégataire, n’existe pas. Béthune se retrouve désormais tenue de verser 400 000 euros par an à Q-Park pour celle-ci encaisse les recettes du stationnement !

Les agents publics au service du secteur privé

À Colombes, dans les Hauts-de-Seine, l’histoire remonte à 2004 quand la maire de l’époque Nicole Goueta (alors UMP) signe un contrat de délégation de service public avec Omnipark (filiale d’Epolia), pour le stationnement payant sur voirie, la gestion des quatre parcs de stationnement et la construction de l’extension du parking de l’Hôtel de Ville. En juin 2008, le groupe Q-Park a succédé à la société délégataire, après avoir acquis le groupe Epolia et ses filiales. À l’époque, l’investissement pour l’extension du parking de l’Hôtel de Ville est de 4,4 millions d’euros et le contrat est prévu sur 30 ans. Pour Joël Siwoschinsky, c’est le premier problème. Membre très actif du collectif Le Colombes que j’aime, qui demande la rupture du contrat, Joël dénonce, entre autres, la durée de celui-ci : « La durée est totalement disproportionnée par rapport à l’investissement initial, assure le militant. Ailleurs on a des durées de 40 ans pour un investissement de 20 millions d’euros ! » Ce que confirme l’avocat Mathieu Lesage.

La disproportion est accentuée par le fait que la délégation comprend aussi les recettes du stationnement sur voirie : investissement minimal mais rentabilité maximale. Pour Joël, « les quatre ouvrages sont déjà une machine à cash. Auxquels on ajoute les 1500 places en voirie ! » Le collectif a calculé que le délégataire verse 35 000 euros par an à la ville au titre de l’occupation du domaine public et 88 000 euros par an, en moyenne, d’intéressement sur les recettes. Cependant, là où le déséquilibre s’accentue c’est que la ville est aussi en charge de la verbalisation via les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) qu’elle emploie. Au total, en 30 ans Le Colombes que j’aime estime que la ville aura investi 5,4 millions d’euros sur son stationnement (le coût des ASVP plus une redevance reversée à Q-Park en échange d’une heure de stationnement gratuit dans le parking de l’Hôtel de Ville), et récupérera 3,9 millions d’euros de recettes. Soit un déficit de 1,5 million d’euros. Tandis que le délégataire ferait un bénéfice de 24,7 millions d’euros, une fois ses investissements et ses charges déduits.

Des élus trop crédules ?

Le déséquilibre se joue essentiellement sur les recettes du stationnement en voirie, nécessitant très peu d’entretien et d’investissements. Cela pourrait justifier une dénonciation du contrat si le risque financier que devrait porter le délégataire n’est pas avéré. Mais un accord signé en 2010 coupe court à toute possibilité de recours. En effet, comme le rappelait la Cour régionale des comptes d’Île-de-France dans un rapport de 2015 sur les finances de la ville : « Dans le cadre du contrat initial, la ville de Colombes s’était engagée à étendre le stationnement payant sur voirie de 350 à 1196 places, au plus tard le 1er janvier 2007. » Certaines de ces dispositions n’ayant pas été respectées par la mairie de l’époque, « des négociations ont été conduites en 2010 et un accord conclu […] soldant l’ensemble des différends, toutes causes confondues, liées aux difficultés d’exécution du contrat. » Cela signifie que l’accord signé par la majorité socialiste qui avait succédé à Nicole Goueta en 2008, empêche tout recours en justice sur le contrat initial. Pour Joël Siwoschinsky « Q-Park a mis la pression aux nouveaux élus en attaquant en justice. Ils ont bluffé. On est toujours dans le même rapport, on a une société privée qui a affaire à des gens incompétents. Il faut savoir résister au bluff ! »

Désormais, si Colombes veut se débarrasser de ce contrat et récupérer les recettes considérables de son stationnement, il lui faudra le résilier, en s’acquittant des indemnités dues à Q-Park. Le 15 février 2016, Nicole Goueta, réélue après la parenthèse socialiste, déclarait dans Le Parisien : « Nous avons fait analyser la situation par un cabinet d’expertise. Si nous voulons annuler cette DSP, l’indemnité à verser [sera] de 9 M€. » Ajoutant : « Nous n’en avons pas la capacité financière, surtout dans un contexte de baisse des dotations d’État. » Le sujet mérite réflexion : vaut-il mieux emprunter 9 millions d’euros à rembourser sur x années ou se priver pendant 25 ans de recettes estimées à environ 1,07 million d’euros par an ? Sollicitée, la mairie de Colombes n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

À qui va profiter le forfait post-stationnement ?

Depuis le 1er janvier 2018, c’est la révolution sur les places de parking en voirie. Fini le papillon vert déposé sur le pare-brise, encaissé par le Trésor public. Les agents en charge de verbaliser l’automobiliste délivreront une facture équivalant à un forfait de post-stationnement. Ce qui va changer c’est que ce sont les villes qui fixeront les tarifs de ce forfait et qui organiseront sa récolte. Une réforme pensée pour compenser en partie certaines pertes de recettes pour les collectivités. Par conséquent, vous ne paierez pas le même tarif que vous habitiez à Rennes (forfait de 34 euros en zone rouge ou 24 euros en zone verte), à Lyon (60 euros), à Caen (17 euros) ou à Bayonne (35 euros). Dans certaines villes la note est désormais beaucoup plus salée que l’ancienne amende (fixée à 17 € euros), lorsque la collectivité choisit d’utiliser les resquilleurs du stationnement pour remplir ses caisses.

Mais la réforme s’accompagne d’une autre possibilité : la fin des amendes marque aussi la possibilité de déléguer la verbalisation au privé. La ville pourra, comme aujourd’hui, déléguer la gestion et l’exploitation de son parc de stationnement, en ouvrage ou en voirie, mais aussi la perception des recettes du nouveau forfait. Dans ce cas, c’est le contrat signé entre la collectivité et la société qui déterminera la part que touchera la société délégataire sur les recettes du forfait post-stationnement. Un contrat mal rédigé, à la faveur de la société privée, risque de coûter cher, financièrement, mais aussi politiquement à la ville qui l’aurait signé. Un argument de plus pour ne pas inclure la gestion des places en voirie dans un contrat de délégation de service public.

« Si la ville délègue tout, elle perd la main sur tout son stationnement alors que c’est un sujet majeur qui joue un rôle très important dans l’attractivité du centre-ville », estime l’avocat en droit routier, Mathieu Lesage. Mais selon ce dernier, les agents des sociétés délégataires ont déjà commencé à démarcher les villes, « ils expliquent que ce sera plus facile s’ils délèguent tout, ils leur disent : “on va s’occuper de tout !” ». Un constat que fait également Michèle Rivasi, députée européenne et élue EELV à Valence (Drôme) : « On vous dit : ils prennent tout en charge, c’est eux qui vont construire. Oui, c’est vrai ! Mais après, tout ce qu’on paie ! Et on n’a plus aucune marge de manœuvre, on est complètement dépendants. On lie la politique de la ville à la politique du privé. C’est toujours une vision à court terme. » Mais l’argument peut faire mouche, notamment auprès de petites collectivités qui croulent sous les responsabilités.

Isabelle Jarjaille

Poster un commentaire

Primaire : selon le Snuipp près de 1000 postes seront supprimés en maternelle à la rentrée

A la veille des Assises de la maternelle, les données révélées par le Snuipp Fsu apportent un nouvel éclairage sur la gestion ministérielle. Basé sur les remontées de tous les départements, le syndicat annonce que 5 442 postes sont nécessaires pour couvrir les dédoublements annoncés par JM Blanquer. Or le ministre n’en possède que 3 880. Il doit donc récupérer des moyens chez les « plus de maitres » (1300), les maternelles (842 postes) et le monde rural 808 postes.

 » Comment parler de l’importance du langage en augmentant la taille des classes en maternelle ? Comment justifier que les effectifs allégés sont facteur de réussite sans que cela concerne tous les élèves ? Comment justifier l’attention aux conditions d’apprentissage quand en milieu rural on trouvera à la rentrée des cours multiples à 3 voire 4 niveaux à plus de 20 élèves ? » Les questions du Snuipp interpellent directement l’opinion sur la réalité des engagements du ministre.

Selon le premier syndicat du primaire, 6200 postes sont nécessaires à la rentrée pour faire face aux dédoublements annoncés par JM Blanquer, dont 531 pour les Cp de Rep+, 1835 pour les Ce1 de Rep+, 2910 pour les Cp de Rep. Or le ministre ne dispose que de 3880 postes. Il lui en manque 2320.

Ces postes là il les trouve en récupérant des moyens. D’abord auprès des maitres surnuméraires (maitres +) : 1300 postes, presque tous en éducation prioritaire, seront supprimés à la rentrée sur les 3000 encore existant. La maternelle apparait comme le second gisement où pioche le ministre avec 850 postes supprimés dont 235 en éducation prioritaire (où le solde est négatif de 74 postes). Le rural voit 289 ouvertures de classes mais 1097 fermetures, avec un solde négatif de 808 postes.

 » Affirmer donner la priorité au primaire ne peut pas être qu’un slogan », déclare le Snuipp. « Cela doit se traduire concrètement. La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves (RERS 2017), la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire ». Après une première rentrée 2017 faite d’expédients, la rentrée 2018 s’annonce difficile pour la plupart des écoliers.

Le dossier du Snuipp

Poster un commentaire

Pour l’OCDE, il faut améliorer le bien-être des enseignants

Si même eux le disent…

« Le réussite éducative ne repose plus sur la restitution des connaissance mais sur la capacité à extrapoler et à appliquer les connaissances de façon créative dans de nouvelles situations en reliant différents champs de connaissances… Cela nécessite de nouvelles façons d’enseigner et d’apprendre et un nouveau type d’enseignants ». Dans un nouvel ouvrage publié par l’OCDE, Valuing our Teachers and Raising their Status, Andreas Schleicher, directeur de l’éducation de l’OCDE, tire toutes les conséquences de cette évolution. Il met en évidence le lien entre le constructivisme et le niveau des élèves. Il montre aussi l’intérêt qu’ont les autorités à veiller au bien être des enseignants. Car là où il est faible, le niveau l’est aussi…

Une nouvelle conception du métier d’enseignant

« La classe traditionnelle qui a existé pendant des générations repose sur une introduction dirigée par l’enseignant caractérisée par des leçons, ou un cours dialogué ». Cette classe là, pour A Schleicher, vit ses derniers instants. Parce que le niveau d’exigences s’est élevé et qu’on attend des élèves davantage capables d’autonomie et de traiter des tâches complexes.

Pour pouvoir asseoir cette nouvelle pédagogie, le métier d’enseignant doit évoluer  aussi bien dans ses relations avec la communauté éducative que dans les pratiques pédagogiques. Pour A Schleicher il y a déjà un lien entre le niveau des élèves, tel qu’il est évalué dans Pisa, et les conceptions pédagogiques des enseignants. « Depuis des décades les éducateurs ont encouragé à donner aux élèves plus de controle sur l’organisation du cours, son rythme. Ces stratégies orientées vers l’élève trouvent de plus en plus de place dans les salles de classe ».

Quelles pratiques pédagogiques…

C’est ce qu’il va montrer en se basant sur les résultats en maths de Pisa. Il dresse d’abord une typologie des méthodes pédagogiques dans les pays de l’OCDE selon que l’enseignement est centré sur le maitre ou l’élève et aussi selon qu’il repose sur la mémorisation ou la construction du savoir par l’élève. Les résultats sont intéressants parce que le graphique montre le lien entre la mémorisation et l’enseignement centré sur le professeur et inversement. La France apparait à cet égard bien extrême avec un taux très fort d’enseignement tourné vers le professeur et de mémorisation.

Pour quels résultats ?

Coté niveau des élèves, les résultats sont à nuancer. « Quand les professeurs dirigent les élèves, il sont plus à même de réussir des problèmes de maths simples. Quand le problème devient difficile, les élèves enseignés dans un système centré sur l’enseignant perdent cet avantage », dit A Schleicher. La conclusion qu’il en tire c’est qu’il ne fait aps se reposer sur un style d’enseignement mais qu’il faut en utiliser plusieurs.

L’opposition est plus nette entre les démarches où les élèves mémorisent des résultats et celles où ils élaborent les résultats. La mémorisation est liée à l’anxiété des élèves. Elle aide à résoudre des problèmes de routine. « Si la mémorisation marche pour résoudre des problèmes simples cela ne va plus loin », note A Schleicher.  Plus le niveau des élèves d’un pays est élevé moins l’enseignement repose sur la mémorisation, montre PIsa.

Mais au delà, quelles méthodes pédagogiques employer pour réussir en maths ? L’ouvrage donne de nombreux exemples de « bonnes pratiques » dans des établissements. Il cite par exemple un établissement de Linz où l’enseignement est donné par deux professeurs dans la classe qui se partagent le travail l’un d’eux encadrant des groupes d’élèves. Dans uen école israélienne les enseignants ont changé le temps de l’heure de cours pour l’allonger de façon à aller plus au fond des questions mais ils traitent moins de sujets et la semaine est raccourcie. Dans uen école anglaise un jour par semaine es réservé à une recherche menée par les élèves. Les enseignants donnent le défi du jour et les élèves doivent rassembler les informations pour trouver al solution. Exemples de problèmes : jeter un oeuf le plus haut possible et ne pas le casser, ou apporter une solution à un risque naturel.

Enseigner de façon collaborative

Tous ces exemples reposent sur des pratiques collaboratives du métier. Pour A Schleicher, « trouver l’approche pédagogique qui marche  le mieux dans un contexte précis  perdn du temps, nécessite de la recherche et une pratique collective où les bonnes idées irriguent la profession.  Réussir cela c’est passer d’une organisation de type industriel  à une organisation du travail vraiment professionnelle. C’est ce qu’on doit attendre du 21ème siècle en éducation ». Un graphique montre non seulement que la France est mal placée pour le travail collaboratif des enseignants mais aussi que les pays qui ont les meilleurs résultats dans Pisa sont ceux qui ont des pratiques collaboratives ( Japon en tête, Corée, Singapour, Hong Kong etc.). L’ouvrage donne d’ailleurs en exemple les réseaux d’enseignants au Japon où ont lieur régulièrement des séminaires de pratiques de classes.


Pour A Schleiecher, pour améliorer les pratiques pédagogiques dans le futur, il faut passer de l’enseignant isolé au travail collaboratif, de l’emploi du temps traditionnel à des périodes plus longue set plus flexibles pour approfondir l’enseignement, de l’enseignement traditionnel à  des projets et des problèmes.

Quel lien entre la considération reconnue aux enseignants et les résultats ?

Tout cela nécessite aussi que le métier d’enseignant soit reconsidéré. « Pour que l’enseignement soit plus efficaces, les enseignants doivent avoir un haut niveau de bien-être, de sentiment d’efficacité et de confiance… On demande de plus en plus aux enseignants . On attend d’eux une connaissance approfondie de ce qu’ils enseignent.. et on attend d’eux d’autres tâches comme développer les compétences non cognitives des élèves, répondre aux différences des élèves  et travailler collaborativement avec les autres enseignants et les parents. Dans ce contexte ce n’est aps une surprise que le stress et le bien-être des enseignants soient devenus des sujets prioritaires… Pisa montre que les systèmes éducatifs les plus efficaces sont ceux où la société accorde une grande valeur aux enseignants… Ce n’est aps seulement que les enseignants doivent se sentir bien. Le sentiment d’efficacité des enseignants est lié à la motivation des èleves, à leur résultat.

Et là on a en France du souci à se faire car les enseignants français sont ceux, avec la République slovaque, qui se sentent les moins valorisés dans la société.

Cela alors même que l’OCDE établit le lien entre cette valorisation et la part de très bons élèves en maths.

On laisse nos décideurs en tirer les conclusions qui s’imposent. Ou pas.

Valuing our teachers

Poster un commentaire

Les instituts des jeunes sourds et aveugles inquiets des réductions budgétaires

Si elle a réussi à bloquer un transfert des 5 Instituts des jeunes sourds et des jeunes aveugles vers les ARS, l’intersyndicale (Unsa, Cfdt, Cgt, Sud, Fo, Apa-Inj, Cftc) doit faire face à une brutale réduction budgétaire à la rentrée 2018. « Le ministère a baissé de 13% sa subvention aux établissements pour l’année 2018 », indique l’intersyndicale. « Cela signifie clairement que nombre de contrats CDD ne seront pas reconduits en septembre 2018, et que la qualité d’encadrement et d’enseignement s’en ressentira ». Elle organise le 26 mai des Assises de l’enseignement et de l’éducation spécialisés.

Poster un commentaire

La loi sur le secret des affaires est un danger pour nos libertés fondamentales

par Collectif

Deux ans après son adoption, la directive européenne sur le secret des affaires va être transposée dans le droit français en catimini et dans le cadre d’une procédure accélérée. Lanceurs d’alerte, syndicalistes, militants associatifs, journalistes et chercheurs sonnent l’alarme sur les dangers de cette loi pour le droit à l’information et la liberté d’expression. Les journalistes de Basta ! s’associent à cet appel.

L’Assemblée nationale et le Sénat s’apprêtent à remettre en cause nos libertés fondamentales en votant, via une procédure accélérée, une proposition de loi portant sur le secret des affaires.

Ce texte, qui sera étudié en séance publique à l’Assemblée nationale le 27 mars 2018 et qui porte sur « la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites », est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016 malgré les mises en garde des ONG, des syndicats, des journalistes, des chercheurs et l’opposition massive des citoyens. Cette directive a été élaborée par les lobbies des multinationales et des banques d’affaires qui souhaitaient un droit plus protecteur pour leurs secrets de fabrication et leurs projets stratégiques, alors que le vol de documents et la propriété intellectuelle sont déjà encadrés par la loi.

La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen. Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. La proposition de loi sur le secret des affaires a des implications juridiques, sociales, environnementales et sanitaires graves. De fait, ce texte pourrait verrouiller l’information à la fois sur les pratiques et les produits commercialisés par les entreprises.

En effet, la définition des « secrets d’affaires » est si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie. L’infraction au secret des affaires aurait lieu dès lors que ces informations seraient obtenues ou diffusées et leur divulgation serait passible de sanctions pénales. Les dérogations instituées par le texte sont trop faibles pour garantir l’exercice des libertés fondamentales. Des scandales comme celui du médiator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les Panama Papers ou LuxLeaks pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens.

Qu’il s’agisse d’informations sur les pratiques fiscales des entreprises, de données d’intérêt général relatives à la santé publique ou liées à la protection de l’environnement et à la santé des consommateurs, les journalistes, les scientifiques, les syndicats, les ONG ou les lanceurs d’alertes qui s’aventureraient à rendre publiques de telles informations s’exposeraient à une procédure judiciaire longue et coûteuse, que la plupart d’entre eux seraient incapables d’assumer face aux moyens dont disposent les multinationales et les banques. C’est là le pouvoir de cette loi : devenir une arme de dissuasion massive.

Pour les téméraires qui briseront cette loi du silence, on peut toujours espérer que les tribunaux feront primer la liberté d’expression et d’informer. La récente affaire Conforama indique plutôt le contraire. Les soi-disant garanties proposées par le gouvernement français ne couvrent pas tous les domaines de la société civile et notamment le travail des associations environnementales. Ces dérogations ne sont qu’un piètre hommage aux grands principes de la liberté d’informer. Elles ne vaudront pas grand-chose devant une juridiction armée d’un nouveau droit érigeant le secret des affaires en principe, et la révélation d’informations d’intérêt public en exception.

Cette offensive sans précédent sur notre droit à l’information est un enjeu démocratique majeur qui est en train de mobiliser l’ensemble de la société civile, comme le montre le succès de la pétition dans ce sens. Lanceurs d’alertes, syndicats, ONG, journalistes, avocats, chercheurs et citoyens : nous nous opposerons à l’adoption en l’état de cette loi. Le droit à l’information et l’intérêt des citoyens ne sauraient être restreints au profit du secret des affaires.

Une pétition est à signer à l’adresse : http://www.stopsecretdaffaires.org

Premiers signataires

Aiquel Pablo, journaliste, SNJ-CGT
Alt Éric, Vice-Président de l’association ANTICOR
Apel-Muller Patrick, directeur de la rédaction de l’Humanité
Dr Arazi Marc, lanceur d’alerte du Phonegate
Beynel Eric, porte-parole de l’union syndicale Solidaires
Binet Sophie, Secrétaire générale adjointe de l’UGICT CGT
Borrel Thomas, porte-parole de Survie
Cellier Dominique, président de Sciences Citoyennes
Christofol Hervé, secrétaire général du Snesup-FSU
Compain Florent, Président Les Amis de la Terre France
Cossart Sandra, Directrice de Sherpa
Darmon Muriel, Présidente de l’Association Française de Sociologie
Deltour Antoine, lanceur d’alertes Luxleaks
Dupré Mathilde, Présidente du Forum citoyen pour la RSE
du Roy , Ivan, journaliste, co-rédacteur en chef de Basta !
Julliard Jean-François, directeur-exécutif de Greenpeace France
Kalinowski Wojtek, Co-Directeur de l’Institut Veblen
Kamenka Patrick, journaliste, SNJ-CGT
Kragl Ingrid, directrice de l’information, Foodwatch
Kotlicki Marie-José, secrétaire générale de l’UGICT CGT
Lepers Elliot, Directeur de l’ONG “Le Mouvement”
Lucet Élise, journaliste
Merckaert Jean, rédacteur en chef de la Revue Projet
Monfort Patrick, Secrétaire général du SNCS-FSU
Perrin Edouard, journaliste, Président du Collectif “Informer N’est Pas un Délit” Peres Eric, Secretaire général de FO Cadres
Petitjean Olivier, journaliste, coordinateur de l’Observatoire des multinationales.
Plihon Dominique, économiste, porte-parole d’Attac
Potier Julie, Directrice de BIO CONSOM’ACTEURS
Poilâne Emmanuel, délégué général de France Libertés et président du CRID
Raffin Patrick, photographe
Ramaux Christophe, économiste à l’Université Paris 1, membre des Economistes atterrés
Remy Clément, Président de l’ONG POLLINIS
Roques Laurence, Présidente du Syndicat des avocats de France
Rousseaux Agnès, journaliste, co-rédactrice en chef de Basta !
Salamand Bernard, délégué général de Ritimo
Thibaud Clément, président de l’Association des Historiens Contemporanéistes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
Trouvé Aurélie, porte parole d’ATTAC
Vire Emmanuel, Secrétaire général du Syndicat national des Journalistes CGT (SNJ-CGT)

CrimHalt
Collectif On ne se taira pas !
Collectif Ethique sur l’étiquette
Fédération CGT des finances
Ingénieurs Sans Frontières-AgriSTA

Alternatives Economiques
Bastamag
La Télé Libre

La Société des journalistes des Échos
La Société des rédacteurs du Monde
La Société des journalistes de TV5 Monde
La Société des journalistes du Point
La Société des journalistes de France 2
La Société des journalistes et du personnel de Libération
La Société des journalistes de BFMTV
La Société des journalistes de Premières Lignes
La Société des journalistes de Challenges
La Société des journalistes de RMC
La Société des journalistes de Mediapart
La Société des journalistes de Télérama
La Société des personnels de l’Humanité
La Société des journalistes du JDD

— 
Photo : CC Nada News by Pepe Medina/5395824766/

Poster un commentaire

Top 10 des idées reçues sur les cheminots, pour mieux comprendre le débat actuel

Source : http://www.topito.com/top-idees-recues-cheminots

Contrairement à leur volonté de ne pas se mouiller au site Topito, le point 10 ne prend pas en compte qu’il y a un débat idéologique sur le principe même de fonction publique, et de ce qu’on attend pour les transports.

1. Le statut ne concerne pas tous les salariés de la SNCF

Mais il concerne quand même beaucoup de monde : 130.000 personnes sur un effectif total avoisinant 150.000 salariés. Pour autant, l’accès au statut n’est pas automatique. Pour en bénéficier, il faut avoir moins de 30 ans au moment de l’embauche et un casier judiciaire vierge. Les autres contrats réalisés par la SNCF sont de droit commun : il s’agit, comme partout ailleurs, de CDD et de CDI.

2. Les cheminots ne peuvent pas prendre réellement leur retraite à 52 ans

Dans les faits, les conducteurs de train ont le droit de prendre leur retraite à 52 ans. C’est dans la loi. Sauf que cette même loi, modifiée en 2010, fixe à 42,5 le nombre d’années de cotisation nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein. A titre de comparaison, dans le privé, c’est six mois de plus : 43 ans. Pas non plus de quoi crier au scandale. De fait, l’âge moyen du départ à la retraite, à la SNCF, était de 57 ans en 2014 ; mais c’est que tous les cheminots n’étaient pas concernés par la réforme de 2010 : cet âge s’allonge d’année en année et devrait atteindre 62 ans, comme partout ou presque, dès 2025, même sans changement de loi.

3. Les cheminots ne peuvent être licenciés pour raison économique

Ils sont fonctionnaires, donc oui, c’est vrai. Ils peuvent toutefois être licenciés pour faute et radiés de la fonction publique. Par ailleurs, la période d’essai prévue par le contrat de cheminot est longue et peut même atteindre plus de deux ans pour les cadres. Plutôt plus restrictif que pour un employé de mairie.

4. Oui, ils peuvent voyager gratuitement

Ca, c’est un vrai avantage : les personnels de la SNCF ont accès au pass Carmillon, qui leur permet de voyager gratuitement dans les trains sans réservations et jusqu’à 8 fois par an dans les trains avec réservation obligatoire. Au-delà, ils paient leurs billets à des tarifs extrêmement préférentiels. Leurs conjoints et enfants ont droit à 16 trajets gratuits par an et à 90% de réduction sur leurs déplacements au-delà de cette limite. Enfin, leurs parents peuvent bénéficier de 4 trajets gratuits par an.

Ces avantages indéniables sont garantis aux cheminots, y compris à la retraite. Ils représenteraient un coût équivalent à 3% du déficit de la SNCF, d’après la Cour des comptes. Pas non plus une somme folle, donc. Et par ailleurs, les agents de la RATP bénéficient des transports gratuits : en réalité, de nombreuses professions présentent des avantages, à commencer même par celle des journalistes qui bénéficient d’un abattement fiscal conséquent.

5. Il n’y a pas de scandale sur le niveau de leur primes

Souvent mis en avant par les détracteurs du statut, la prime de charbon a disparu des écrans radar en 1974. La prime pour absence de prime, très décriée également, n’existe tout simplement pas.

Les cheminots bénéficient toutefois de primes de déplacement quand ils appartiennent au personnel roulant de la SNCF, ainsi que d’une prime de fin d’année qui se substitue à un treizième mois.

6. Leurs salaires ne sont pas lourds

Les cheminots bénéficient d’un salaire brut moyen légèrement supérieur à la moyenne nationale : autour de 3000 euros brut. Mais ce chiffre cache des disparités maousse : six cheminots sur dix gagnent moins que cette somme brute. Qui doit correspondre environ à 2200 euros net voire un peu moins. Par ailleurs, en raison des primes de parcours, notamment, les salaires varient énormément d’un mois à l’autre : cette moyenne est donc aussi tronquée. Un conducteur ou un contrôleur qui tomberait malade perdrait près de 40% de son salaire faute d’être éligible à ses primes. Par ailleurs, d’autres primes ont été supprimées en raison de remaniements internes. En gros, au milieu de sa carrière, un contrôleur gagne 2400 net et un conducteur 2900.

7. Ils ne bénéficient pas spécialement de plus de temps de repos que les autres Français

Pour les personnels roulants, le temps de travail est annualisé. Les cheminots bénéficient de 116 jours de repos qui ne correspondent pas nécessairement aux weekends (rappelez-vous que les weekends correspondent à 104 jours non travaillés, lesquels sont inclus dans ces 116 jours qui ne sont pas toujours octroyés de manière consécutive). Les cheminots ont aussi droit à 10 RTT et à 28 jours de congés payés. A peu près comme dans le droit privé, donc.

8. Ce n’est pas marrant pour eux non plus de faire grève

On dit souvent que les cheminots passent leur vie à faire grève. Mais ce n’est pas le cas, et d’autant moins que, rappelons-le, ils ne sont pas payés lorsqu’ils sont en grève. Le manque à gagner est donc important, surtout si l’on considère que les salaires mirobolants dont on parle sont pour moitié calculés sur une part variable. Qui dit grève dit énorme trou dans la fiche de paie. C’est donc mécaniquement impossible pour eux de faire une grève illimitée.

9. D’ailleurs, la grève annoncée ne sera pas permanente

Il s’agira d’une grève tournante entre avril et juin, avec une paralysie des services ciblées sur certains jours. Au total, sur 3 mois, la grève annoncée ne se déroulera que sur 36 jours, jamais plus de deux par semaine.

10. La réforme annoncée ne vise pas à supprimer le statut pour ceux qui en bénéficient déjà

On peut toutefois s’étonner d’une telle mobilisation des cheminots, puisque leur statut, s’il est menacé, ne leur sera pas retiré. Le gouvernement envisage de supprimer le recrutement sur ce type de contrat au profit de contrats de droit commun qui seront aménagés pour maintenir un certain niveau de primes. En réalité, tout ça est assez démagogique des deux côtés : les cheminots ont peur de perdre des avantages qui ne leur seront probablement pas ôtés et le gouvernement cherche à légiférer sur un terrain où il sait qu’il bénéficie de l’appui d’une partie de la population pas toujours bien informée.

Chem cheminot.

Sources : Lci, Ouest France, Le Figaro,

Poster un commentaire