Archives de la catégorie Economie

Contre les offensives libérales, s’organiser !

Contre les offensives libérales, s’organiser !

Communiqué 25 mai 2022

Bonjour,

Le fossé ne cesse d’élargir entre riches et pauvres, entre puissant.es et précaires, entre pays du Nord et du Sud, à l’échelle de la planète et au sein de nos sociétés. L’instabilité mondiale poussée par les conflits, la pandémie Covid19 et la crise climatique accélère ces inégalités. Face à ce constat, Attac a besoin de vous pour intensifier son combat !

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Une crise systémique


Deux grandes offensives idéologiques apportent leurs réponses radicales à cette situation inédite. L’une promeut un repli nationaliste et xénophobe et l’autre, un ultralibéralisme autoritaire dont l’austérité est l’arme principale.
Toutes deux sont porteuses de recul des droits et des solidarités et s’avèrent incapables de répondre à la crise écologique.
L’élection d’Emmanuel Macron annonce une offensive de démantèlement des services publics, de nos systèmes de retraite et de nos systèmes de protection sociale. Le tout, au service des plus riches, des multinationales et de leurs dirigeants.
La période qui s’ouvre est marquée par une tentative d’imposer de manière irréversible une politique nocive pour les populations !

Face à l’offensive, s’organiser !


Le mouvement contre les retraites de fin 2019 à début 2020, stoppé par le Covid, a su défendre un système de retraites solidaire pour tous·tes. La naissance du collectif « Plus Jamais ca », inédit à bien des égards, a su livrer porter des proposition sociales, économiques et écologiques cohérentes tout en obtenant des victoires, notamment avec le sauvetage de la Chapelle d’Arblay !
Attac a pris sa part dans ces luttes avec des mobilisations et actions fortes visant à dénoncer les profiteurs de crise, l’évasion fiscale tout en s’impliquant dans les mobilisations du mouvement social.
Face aux annonces de Macron, le mouvement social doit se renforcer et s’organiser !

Plus que jamais, la justice fiscale, sociale et écologique !


Attac prendra toute sa part au sein des mouvements sociaux dont le rôle doit être de porter un message d’espoir, de résistance et de rupture avec le néolibéralisme. Notre capacité à jouer notre rôle de contre-pouvoir dépend majoritairement du soutien et de la générosité des personnes.
En soutenant Attac mensuellement, vous agissez concrètement en donnant à notre association les moyens d’agir maintenant et sur le long terme partout en France. Vous nous permettez de renforcer notre rôle de contre-pouvoir, d’assurer notre indépendance financière, de produire de l’expertise, de développer l’éducation populaire, de passer à l’action et de construire, avec d’autres, des rapports de force indispensables.
Nous ne sommes pas résigné·es et sommes déterminé·es, plus que jamais, à contribuer à la transformation sociale et écologique !

D’avance, nous vous remercions.
L’équipe d’Attac

Informations complémentaires

Les adhésions et dons en ligne auprès d’Attac France sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66 % dans la limite de 20 % de vos revenus imposables. Pourtant, Attac n’est pas une niche fiscale ! Notre association est en effet reconnue d’utilité publique dans sa mission d’éducation populaire. La dépense fiscale liée à cet abattement contribue à financer ces activités d’éducation populaire, qui pourraient relever d’un service public, à travers des réunions publiques dans toute la France, des publications, des campagnes et des initiatives… notamment sur la thématique de la justice fiscale.

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SES : L’aveu ?

Dans une chronique publiée dans les Echos le 19 mai 2022 et intitulée « Le penser-faux de Mélenchon », l’économiste Philippe Aghion instrumentalise les sciences économiques et sociales (SES) à des fins politiques », écrit l’Apses, association qui réunit les professeurs de SES. « Ainsi, s’il affirme se battre depuis plusieurs années pour que tou·te·s les élèves du secondaire apprennent l’économie « afin que chacun puisse comprendre que certaines idées ne peuvent fonctionner », ses propos visent directement le programme politique de J.L Mélenchon. L’APSES prend acte du fait que les chapitres d’économie des programmes de SES, qui ont été réécrits en 2018 par un groupe d’experts présidé par M. Aghion (par ailleurs soutien officiel d’E. Macron en 2017), l’ont été avec pour objectif de dissuader les futur·e·s citoyen·ne·s de voter pour les adversaires politiques d’Emmanuel Macron. Cette prise de position est révélatrice des pressions qui s’exercent depuis de nombreuses années sur la confection des programmes de sciences économiques et sociales et de l’instrumentalisation qui peut en être faite par le pouvoir politique ». L’APSES « dénonce ce grave manquement au principe de neutralité » et demande  » une réécriture des programmes de SES, pour qu’ils intègrent davantage la réalité des débats scientifiques et démocratiques ».

 

Communqiué

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Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce

Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
23 mai 2022 | Par Romaric Godin
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser.
« Vous semblez oublier mes amis que vous n’êtes que des salariés, les êtres les plus vulnérables du système capitaliste. […] C’est pourquoi, si vous avez des revendications de salaires à formuler, vous me faites une note écrite, je la mets au panier et on n’en parle plus. » Cette réplique célèbre de Michel Audiard tirée du nanar Un idiot à Paris, sorti en 1967, et prononcée par Bernard Blier, qui campe le patron autoritaire d’un abattoir face à une grève sauvage, semble résumer à elle seule la situation dans laquelle les salariés se trouvent depuis quatre décennies.
Avec l’accélération des prix en 2021 et encore plus au début de 2022, la priorité des politiques menées en France, mais aussi dans la plupart des pays avancés, est la même : contenir les salaires nominaux pour éviter la fameuse « boucle prix-salaires ». Il est donc demandé aux salariés d’amortir le choc.
L’inflation exige la modération salariale
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau exhorte les salariés à la raison : « Tout le monde serait perdant en cas de hausses de salaire », a-t-il déclaré le 11 mai sur France 5. En attendant, ce sont les salariés qui trinquent. Les salaires réels se sont effondrés : selon la Dares, durant le premier trimestre 2022, le salaire mensuel de base du secteur privé a reculé de 2,3 %.
On peine à prendre conscience du choc que cet « ajustement » représente. Au cours des douze dernières années, les baisses de salaires en termes réels, autrement dit en prenant en compte l’inflation, ont été des phénomènes exceptionnels. Les salaires nominaux ont plutôt stagné quand les prix, eux, restaient faibles. C’est pour cette raison que le phénomène actuel est particulièrement rude pour les salariés : la baisse du salaire réel atteint un niveau inédit depuis longtemps. La réalité de la politique actuelle de lutte contre l’inflation se traduit donc par la plus grande violence sociale.
Évolution des prix à la consommation et du salaire mensuel de base du secteur privé. © Dares
C’est face à cette réalité qu’il faut comprendre la stratégie du précédent gouvernement et du nouveau. Le « chèque énergie », le nouveau « chèque alimentation », annoncé dans le prochain collectif budgétaire, ou même le « bouclier tarifaire » ne sont, en réalité, que des mesures d’accompagnement visant à faire accepter cette baisse de revenus réels.
Évidemment, en période de campagne électorale, les bras s’agitent et les moulinets succèdent aux effets de manche. Ce lundi 23 mai, Bruno Le Maire a réuni le patronat pour demander aux entreprises de faire quelque chose. Mais les « demandes » de Bercy sont surtout et avant tout le reflet de son impuissance volontaire. D’ailleurs, dans son entretien inaugural du dimanche 22 mai au Journal du Dimanche, la première ministre Élisabeth Borne, n’a même pas daigné évoqué la question des salaires.
En face, les entreprises ont beau jeu de faire valoir la compétitivité, l’investissement, leurs intérêts et le rapport de force décrit par Bernard Blier ci-dessus pour renvoyer le ministre à ses chères études. Tout le monde est content : le ministre a essayé, mais ce n’est pas possible. Aux salariés, donc, de continuer à ajuster. Si l’on cherche un adjectif pour qualifier ce type de politique économique, on pourrait aisément tomber sur le terme « cynique ».
L’inflation faible exige la modération salariale
Mais il y a davantage. Car la position des salariés n’est, en réalité, guère plus enviable lorsque l’inflation est modérée. On peut aisément s’en souvenir, cela ne date que de quelques années. Lorsque la hausse des prix est modérée ou basse, la « modération salariale » est de rigueur. Il en va bien sûr de notre compétitivité et, faute de hausse des prix, il faut bien pouvoir assurer les bénéfices par la compression des salaires.
Le 14 juillet 2020, lors de son entretien suivant la nomination de Jean Castex au gouvernement et alors que l’inflation était au plus bas, le président de la République avait d’ailleurs revendiqué cette politique de « modération salariale ». Dans cet entretien, Emmanuel Macron faisait aussi rêver les salariés en leur promettant en retour de leurs « efforts » de l’intéressement et de la participation. « Si on accepte de la modération salariale pour un temps, moi, je souhaite qu’elle s’accompagne et on a mis en place ces dispositifs, d’intéressement et de participation », affirmait-il. Ce que le salarié perd en salaire, il le gagnerait en forme de dividende.
Mais comme avec les chèques divers distribués en période d’inflation, le salarié lâche alors la proie pour l’ombre. Il abandonne la rémunération de son travail, fondement de la valeur, pour un partage avec les actionnaires, de la plus-value, autrement dit ce qu’il a travaillé pour le capital. À ce petit jeu, la perte est assurée.
C’est donc un bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent.
Au reste, la « grande modération » de l’inflation a un bilan très décevant en termes de revenus réels. Il est d’ailleurs intéressant de se plonger dans l’historique de l’Insee des évolutions du « pouvoir d’achat », autrement dit du revenu disponible brut réel par unité de consommation. On constate que, entre 1960 et 1980, ce revenu a progressé de 100,8 %. Mais entre 1980 et 2020, soit sur une période deux fois plus longue, ce même revenu a, lui, progressé de 45,5 %, soit plus de quatre fois moins vite. Dans la deuxième décennie du XXIe siècle, la situation a même été désastreuse : entre 2011 et 2013, la chute a été telle qu’il a fallu attendre 2017 pour revenir au niveau de 2010. Sans inflation, cette fois.
Comme on peut donc le constater, la promesse de la modération salariale est une fausse promesse : elle se traduit par des gains faibles ou négatifs en termes de revenus réels. Dès lors, ce que demandent aujourd’hui les économistes orthodoxes, le patronat et le gouvernement revient à demander aux salariés de perdre du pouvoir d’achat pour pouvoir ne pas en gagner par la suite.
C’est donc bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent. Inflation ou désinflation, ils doivent renoncer à toute revendication de hausse des salaires. Et le tout en supportant un discours dominant qui fait du salariat une sinécure pleine de sécurité et d’avantages face à un entrepreneur qui, lui, « prendrait des risques » et « jouerait sa vie ».
Évidemment, une telle situation n’est pas le fruit du hasard. En désarmant le monde du travail à force de « réformes structurelles » et de répressions syndicales, on a renforcé cette fameuse « vulnérabilité » structurelle du salarié dont parle Audiard. Il suffit de faire jouer la crainte du chômage pour faire accepter une politique unilatéralement favorable au capital. Car, bien sûr, cette politique de répression des salariés ne se fait jamais qu’au nom de « l’emploi » et de la « valeur travail ». Ce lundi 23 mai encore, Élisabeth Borne pouvait ainsi se lancer dans un éloge abstrait du travail qui « libère » et « rend digne ». À condition, évidemment, qu’il reste bon marché.
La situation actuelle agit naturellement comme un révélateur de la condition salariale que le consumérisme du dernier demi-siècle avait cherché à dissimuler. Du point de vue du capital, les salaires sont toujours trop élevés et les salariés toujours trop gourmands et trop paresseux. Cette règle ne signifie pas qu’il puisse y avoir des exceptions, mais lorsque, comme c’est le cas aujourd’hui, la croissance de la productivité du travail est faible, la lutte pour le partage de la valeur est nécessairement plus intense. Mais lorsque cette lutte n’est pas menée par un des deux camps, ici le travail, ce dernier devient nécessairement la dernière roue du carrosse économique.
Vers une prise de conscience par la lutte sociale ?
Si les années 1950-1970 peuvent, de ce point de vue, apparaître comme une exception, c’est en raison d’une triple conjoncture exceptionnelle dans l’histoire du capitalisme : une croissance inédite de la productivité, un besoin d’élargir la consommation de masse pour renforcer la rentabilité du secteur privé et un rapport de force unique en faveur d’un travail revendicatif et organisé.
Une fois cette exception passée, la réalité du statut salarial (qui d’ailleurs n’avait jamais complètement disparu) revient dans toute sa violence. Seuls les salariés de soutien direct au capital (les PDG des grandes entreprises) sont protégés, précisément parce qu’ils sont les artisans de cette soumission des salariés (le dernier bilan du CAC 40 publié par l’Observatoire des multinationales pour 2021 permet de s’en rendre compte). Mais cette réalité rappelle aussi que la lutte sociale est plus que jamais indispensable. Et c’est bien l’intérêt de cette période.
La démission de l’État semble complète. Ce lundi 23 mai, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a déclaré que « le gouvernement n’a pas le pouvoir direct d’augmenter les salaires des Français en appuyant sur un bouton ». C’est précisément ce que l’on peut lui reprocher. En refusant de restaurer tout mécanisme d’indexation, qui avait permis de sauvegarder les revenus réels jusqu’à sa suppression en 1982, le gouvernement renonce à protéger des salariés qu’il a, par ailleurs, en 2016 et 2017, encore affaiblis avec les ordonnances travail.
Laissés seuls face aux employeurs et à la violence de l’ajustement qui leur est demandé, les salariés n’ont d’autre option que de lutter pour maintenir leur niveau de vie. Ce combat se répand déjà dans les entreprises, que ce soit parmi les secteurs à bas salaires (lire ici l’article de décembre 2021 de Khedidja Zerouali) ou dans des secteurs plus « haut de gamme » comme chez Thales.
Ce mouvement est celui d’une nouvelle prise de conscience qui, après quatre décennies de répression et de guerre culturelle, sera forcément progressive. Mais elle peut permettre aussi d’interroger cette condition de salariés qui, à chaque variation de la conjoncture, devraient toujours s’oublier. Ce qui revient avec la particularité de l’inflation actuelle, c’est la remise en avant de la guerre sociale au cœur de la dynamique capitaliste, de cette lutte de classes que des générations de politiques ont voulu nier.
En 1847, un an avant la grande vague de révolutions qui emportera l’Europe avec, pour la première fois, un contenu social, Marx répondait à Proudhon dans sa Misère de la philosophie sur la défense des grèves et des « coalitions » que le penseur anarchiste critiquait si vivement. Pour le Trévois, les luttes sociales sont toujours politiques, elles permettent de mener ce combat interne au système productif et de modifier ainsi l’ordre social. Sans elles, l’ordre règne, au détriment du salariat.
On comprend donc l’intérêt du gouvernement à faire croire que quelques chèques régleraient le problème et permettraient d’oublier la violence de la politique actuelle qui n’est rien d’autre qu’une politique de classe. « Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il n’y a jamais de mouvement politique qui ne soit social en même temps », écrivait Marx dans le texte qu’on a cité. Peut-être le vrai combat politique se joue-t-il alors sur ce nouveau front des salaires.

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Quand la souffrance rapporte gros (Oxfam)

Un nouveau rapport d’Oxfam montre que la pandémie a vu émerger 573 nouveaux milliardaires, au rythme d’un milliardaire toutes les 30 heures. Selon les estimations, 263 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté extrême cette année, au rythme d’un million de personnes toutes les 33 heures.

Les grandes entreprises ont elles aussi enregistré des bénéfices records. Dans le secteur de l’agroalimentaire, on compte 62 nouveaux milliardaires alors que les prix du pain, de la farine ou de l’huile flambent !

La fortune des milliardaires explose, le coût de la vie aussi

La fortune des milliardaires a augmenté davantage en deux ans de pandémie que lors des 23 dernières années. Les milliardaires détiennent au total l’équivalent de 13,9 % du PIB mondial. Ce pourcentage a triplé depuis 2000 !

Les milliardaires possédant des parts dans l’énergie, l’industrie pharmaceutique, la technologie et l’agroalimentaire ont particulièrement profité de la crise.

La richesse des milliardaires des secteurs de l’agroalimentaire et de l’énergie a augmenté de 453 milliards de dollars ces deux dernières années, soit 1 milliard tous les deux jours.

Pour les autres, c’est le coût de la vie qui explose. Farine, huile de cuisson, carburants, électricité… Dans le monde entier, les prix s’envolent. Partout, les gens n’ont d’autre choix que de réduire leurs dépenses ou d’affronter le froid plutôt que de chauffer leur maison.

Lire le rapport

Pour le secteur agroalimentaire, des bénéfices record !

Il y a désormais 62 nouveaux milliardaires dans le secteur de l’agroalimentaire. Dans ce secteur, la famille Cargill, qui contrôle avec 3 autres acteurs 70% du marché de l’agro-alimentaire, a vu sa fortune augmenter de 20md$ par jour depuis le début de la pandémie grâce à sa position dominante sur le marché. L’année dernière, avec un revenu net de 5 milliards, Cargill a enregistré les bénéfices les plus importants de son histoire et a versé 1,13 milliard de dollars de dividendes, dont la majeure partie a bénéficié aux membres de la famille. À elle seule, la famille Cargill compte 12 milliardaires. Ils étaient 8 avant la pandémie.

Cette augmentation de fortune, n’est pas le résultat de la main invisible du marché. Cargill a profité des aides publiques mais aussi de sa position dominante pour spéculer sur les prix de l’alimentation.

Ces bénéfices historiques du secteur agroalimentaires, qui profitent aux PDG et aux actionnaires, font échos avec la hausse insupportable des prix des denrées alimentaires observées en France et dans le monde depuis plusieurs mois. Ainsi, en France, en un an, le prix du pain a augmenté de 3,8%, la farine et autres céréales ont augmenté de 9,7%, les pâtes de 12,3% et les huiles alimentaires (hors huile d’olive) de 15% !

Les demandes d’Oxfam

Oxfam appelle le gouvernement à :

  • Faire contribuer ceux qui se sont enrichis grâce à l’action publique pendant la crise : les ultra-riches. Une taxe exceptionnelle sur les profits des multinationales devrait être mise en place, accompagnée du rétablissement d’un véritable impôt sur les grandes fortunes pour faire contribuer les milliardaires de manière juste.
  • Instaurer un blocage des prix temporaire sur certains produits de première nécessité, notamment sur les denrées alimentaires.
  • Adopter les 15 mesures de notre Manifeste fiscal au plus vite.

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Les syndicats demandent des moyens à Elisabeth Borne

Les syndicats de l’éducation n’attendent pas. Le 18 mai ils écrivent à la première ministre. « La situation pour la prochaine rentrée est inquiétante. Avec la chute importante du nombre de présents aux concours de recrutement, : des personnels vont manquer pour la rentrée 2022. Ceci alors que celles et ceux en postes dans les écoles, les établissements et les services sont épuisés par les réformes à marche forcée du dernier quinquennat et inquiets des projets annoncés », écrivent ensemble 11 syndicats (FSU, UNSA Education, FNEC FP-FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC, Sud Education, SNCL-FAEN, FO-EA, CGT Agri, SUD Rural Territoires) et la Fcpe.  » Il est nécessaire de mobiliser des moyens notamment en pérennisant partout où elles existent les listes complémentaires en y recourant en première intention. Il faut également dès maintenant renouveler les contractuels mobilisés pour assurer les remplacements cette année. Dans l’immédiat, nous demandons un moratoire sur les suppressions de postes présentées dans les comités techniques… Au titre des priorités à engager dès le début du quinquennat, nous vous confirmons notre exigence d’une revalorisation ambitieuse des salaires pour tous les personnels non seulement pour compenser la perte de pouvoir d’achat depuis plusieurs années mais pour redonner de l’attractivité aux métiers des services publics d’Education, sans conditionnement à des tâches supplémentaires ». Faire bloc semble être la bonne politique.

 

Le courrier

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La richesse, héritage et diplômes…

« Les enfants de familles aisées ont trois fois plus de chances d’être parmi les 20 % les plus aisés que ceux issus de familles modestes », affirme l’Insee avec la publication d’une enquête mesurant la mobilité intergénérationnelle.  » Les inégalités se reproduisent donc en partie d’une génération à l’autre. Cependant, pour un même niveau de revenu des parents, les revenus des enfants varient fortement. En 2018, parmi les jeunes issus des familles les 20 % les plus modestes, 12 % sont parmi les 20 % les plus aisés de leur classe d’âge. Toutes choses égales par ailleurs, la mobilité ascendante est d’autant plus forte que les parents ont des revenus du capital élevés, sont diplômés du supérieur, sont immigrés, ont été mobiles géographiquement, ou que les enfants résident en Île-de-France à leur majorité ». Le role du diplôme reste important. « La mobilité varie beaucoup selon le diplôme du parent ayant le plus haut revenu : la mobilité ascendante est de 17 % pour les enfants de diplômés de l’enseignement supérieur et les titulaires du baccalauréat, contre 11 % pour ceux de parents titulaires de diplômes inférieurs au baccalauréat et 10 % pour ceux de parents non diplômés. La mobilité ascendante est encore plus élevée pour les enfants d’immigrés diplômés : elle est de 20 %, contre 9 % pour les immigrés non ou peu diplômés. Toutes choses égales par ailleurs, les enfants de parents diplômés du baccalauréat ou du supérieur ont significativement plus de chances de faire une mobilité ascendante élargie (1,3 à 1,4 fois). »

 

Enquete Insee

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Rire en faisant sa déclaration d’impôt, c’est possible !

Rire en faisant sa déclaration d’impôt, c’est possible !

Livre du mois 19 mai 2022

Il y a tout juste un an, Attac publiait Impôts : idées fausses et vraies injustices, un petit manuel de desintox qui s’attaque aux idées fausses souvent propagées par les éditorialistes en tout genre et autres responsables politiques opposés à toute notion de justice fiscale. En plus d’aller contre ces discours, ce livre réhabilite l’impôt, propose des solutions concrètes en faveur de la justice fiscale, et s’amuse du sujet grâce aux illustrations de Fred Sochard. Il n’est donc pas trop tard pour se le procurer… et remplir sa déclaration d’impôt avec optimisme et sourire !
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« Les pauvres ne paient pas d’impôts et les riches en paient trop ! », « La France est un enfer fiscal ! »… Face aux idées reçues diffusées par le discours dominant, Attac contre-attaque avec son livre Impôts : idées fausses et vraies injustices.

150 pages pour analyser et déconstruire les idées reçues sur les impôts, les taxes et notre système social plus généralement. Il a pour objectif de poser les termes d’un débat rigoureux, toujours plus nécessaire face aux crises que nous traversons, sur la hausse des inégalités et les besoins en matière de politiques publiques.

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144 pages. Prix public : 10€. Frais de port pour la France métropolitaine : 2,50€. 

Rédigé sous la responsabilité d’Attac et illustré avec humour par Fred Sochard, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains. Il vise à donner à chacun·e les outils pour mieux comprendre les enjeux de la fiscalité. Avec des propositions concrètes et applicables pour une meilleure justice fiscale afin de réhabiliter l’impôt solidaire et consenti !

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Informations complémentaires

En achetant les livres d’Attac sur notre boutique en ligne, vous soutenez aussi l’association financièrement. Merci !

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L’intersyndicale de la fonction publique saisit E Borne sur les salaires

« La première des urgences est celle des salaires et du pouvoir d’achat. La situation actuelle en la matière est inacceptable… La cause principale de cet état de fait résulte de la quasi-absence d’augmentation et de mesures générales depuis douze ans. Pierre angulaire des salaires des agentes et agents de la Fonction publique, le point d’indice doit en conséquence être fortement revalorisé et dans les plus brefs délais ». Geste inédit, les 8 fédérations de la Fonction publique, Cgc, Cftc, Cgt, FA, FO, FSU, Solidaires et Unsa, s’adressent ensemble le 17 mai à E Macron et E Borne. Outre la hausse des salaires, les 8 fédérations demandent l’indexation de la valeur du point fonction publique sur l’évolution du coût de la vie.

 

La lettre

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Lettre d’information « Reprise en main » de Gilles Perret

Au cinéma le 19 octobre

Cher(e)s ami(e)s

Vous suivez mes films depuis longtemps déjà et je vous en remercie.

Je tenais donc à vous prévenir en priorité quant à la sortie prochaine de mon dernier film. Il s’agit d’un film de fiction, c’est une première pour moi, intitulé « Reprise en main ». C’est une comédie sociale tournée dans la Vallée de l’Arve, près de chez moi, dans les mêmes usines que mon premier documentaire « Ma Mondialisation » et sur fond de montagne et d’amitié. Une aventure dense, vécue au sein d’une équipe formidable et dotée d’un très bon casting !

Le tournage a eu lieu d’août à septembre 2021 et maintenant, après 7 mois de post-production, « Reprise en main » est enfin terminé ! Il sortira partout en France le 19 octobre prochain. Nous débuterons les avant-premières début septembre dans les salles de la Vallée de l’Arve et de Haute-Savoie où il a été tourné, avant de parcourir le reste de la France. Nous passerons forcément près de chez vous à un moment donné et on espère vous croiser !

D’ici là, l’été sera propice à le présenter dans divers festivals de cinéma afin de découvrir le potentiel du film auprès du public et faire naitre le buzz autour de lui (nous l’espérons!).

La thématique sociale du film étant d’actualité, permettra les débats en salles, et je compte sur vous pour en parler en amont le plus largement possible à votre cinéma, vos associations, votre syndicat, votre parti politique, vos amis, votre famille « all over the world ». Préparons au mieux la vie du film, de manière à ce qu’il rencontre son public!

Amicalement.

Gilles Perret

 

Avec :

Pierre Deladonchamps, Laetitia Dosch, Grégory Montel, Vincent Deniard, Finnegan Oldfield, Rufus, Jacques Bonnaffé, Marie Denarnaud, Yannick Choirat, Sophie Cattani, Samuel Churin, Mohamed Brikat, Sabrina Ali Benali, et bien d’autres…

Résumé « Reprise en main » :

Cédric, ouvrier passionné, travaille dans une des nombreuses entreprises de mécanique de précision de la vallée de l’Arve en Haute-Savoie. Son usine est détenue par un fonds d’investissement à la gestion calamiteuse. A l’annonce d’une revente prochaine à un autre fonds, il décide de  reprendre la main sur son destin. Aidé de ses copains d’enfance, il choisit de se draper en financier pour reprendre la société afin de la remettre aux mains des salariés. Leur détermination, et parfois leurs maladresses, donnent un air de comédie sociale, parfois dramatique, à ce film tourné au sein d’une communauté où tout le monde se connaît, où les histoires d’amour de jeunesse et les clivages sociaux d’antan ne sont jamais très loin. Un Robin des bois au pays de Goldman Sachs.

Un film produit par : 

Elzevir Films

Distribué par : 

Jour2fête

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Le Snes Fsu veut la revalorisation

« La revalorisation sans contreparties est une urgence, elle est un impératif pour chacun-e d’entre nous mais aussi pour sortir de la crise de recrutement qui frappe de plein fouet le service public d’Education », lance le Snes Fsu dans un Appel voté par son congrès national de Montpellier. Le congrès demande un minimum de 2000€ net pour les enseignants et 1850 pour les AED et AESH. Il demande aussi la baisse des effectifs élèves, « la reconstruction du collège » et »la remise à plat de la réforme du lycée ».

 

L’Appel

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Rémunérations des PDG, dividendes pour les actionnaires : le CAC 40 bat encore des records

Après plus de deux ans de pandémie et plus de deux mois de guerre en Ukraine, les grandes entreprises françaises transfèrent plus de 80 milliards d’euros à leurs actionnaires. Soit une hausse de 57 % par rapport à l’année dernière.

Fi de la guerre, de la pandémie, de l’inflation et du dérèglement climatique ? Dans un contexte pourtant marqué par des crises multiples et une remise en cause des fondements de l’ordre économique international, les groupes du CAC40 ont abordé leurs assemblées générales annuelles 2022 sur l’air de « Tout va très bien, madame la marquise ».

Records de bénéfices, records de dividendes, records de rachats d’actions, records de rémunérations patronales… Cela ressemble à une véritable curée, rendue possible par l’argent public avec la bénédiction du pouvoir exécutif. Dans le même temps, les suppressions d’emplois se poursuivent dans la plupart des multinationales tricolores, à l’exception de quelques groupes de services à distance (Teleperformance, Capgemini) dont l’effectif explose… à l’international.

L’adage selon lequel « les bons résultats du CAC40 seraient les emplois de demain », repris en boucle par l’exécutif, ne résiste pas à l’épreuve des faits. Dans un contexte de guerre en Ukraine et de fin sans fin de l’épidémie de Covid 19, les groupes du CAC40 ont continué à profiter à plein de dizaines de milliards d’aides publiques.

100 % des groupes du CAC40 ont profité au moins d’une des nouvelles aides mises en place pour faire face à la pandémie et à ses conséquences – et le plus souvent de plusieurs aides. Aux dispositifs d’urgence (prêt garanti par l’État, chômage partiel, reports de charges et cotisations) se sont ajoutés des plans sectoriels, le plan de relance qui a profité de manière disproportionnée aux grandes entreprises, la baisse des impôts de production, les achats de dette des banques centrales, le plan France 2030, de nouvelles aides à l’embauche, les aides aux industriels sur les prix de l’énergie, et les nombreux autres plans mis en place au nom de la « relocalisation » et de la « souveraineté économique ».

Stellantis, TotalEnergies, Sanofi : des champions très aidés

Ce qui n’empêche pas les milieux d’affaires de réclamer aujourd’hui de nouvelles aides et de nouvelles baisses d’impôts. Cela forme un contraste saisissant avec la situation des ménages confrontés aux conséquences de l’inflation. La richesse du CAC40 est très peu redistribuée, les négociations de revalorisation salariale ayant patiné dans de nombreux groupes. Les grandes entreprises françaises ont profité de la manne sans faire grand-chose pour se préparer aux crises futures et à leurs répercussions, que ce soit à court terme avec la guerre en Ukraine et les tensions d’approvisionnement venues s’ajouter à celles déjà existantes du fait de la pandémie, ou à court, moyen et long terme avec le dérèglement climatique.

On constate que certains des groupes les plus aidés du CAC40 sont aussi ceux qui suppriment le plus d’emplois et gâtent le plus leurs patrons et actionnaires. Sur les six groupes du CAC40 qui versent le plus de dividendes au titre de l’année 2021, cinq ont encore supprimé des milliers d’emplois au cours de l’année écoulée (Total, BNP Paribas, Axa, Sanofi, Stellantis). Ces mêmes groupes figurent aussi souvent parmi ceux qui versent les rémunérations les plus astronomiques à leur PDG.

Alors que la rémunération de Carlos Tavares (19,1 millions d’euros) fait scandale et que plus de 3 milliards d’euros de dividendes doivent être versés aux actionnaires, PSA/Stellantis a supprimé plus de 17 000 emplois dans le monde en 2021 et a déjà annoncé d’autres suppressions en 2022. Or PSA/Stellantis a bénéficié des dispositifs du chômage partiel, de baisses d’impôts de production, du plan automobile et d’autres programmes des plans de relance et France 2030, ainsi que du soutien de la BCE pendant la pandémie.

Après son bénéfice record de 14 milliards d’euros en 2021, TotalEnergies conserve la médaille d’or des dividendes du CAC40 en versant près de 6,8 milliards d’euros à ses actionnaires, à quoi s’ajoutent 1,8 milliard de rachats d’actions. Le groupe prévoit déjà d’augmenter le dividende pour 2022 (+5 %) et son programme de rachats d’action (+3 milliards d’euros). Bien que TotalEnergies ait profité du plan automobile et du plan hydrogène, ainsi que du soutien de la BCE et de la baisse des impôts de production, la multinationale a tout de même supprimé des emplois en 2020 (-2300) et en 2021 (-4167).

Malgré ces suppressions d’emplois dans le monde en 2021, dont 700 en France, Patrick Pouyanné a touché en 2021 la jolie somme de 5,9 millions d’euros (+52 % par rapport à 2020). Le groupe engrange à nouveau un bénéfice record au premier trimestre 2022 grâce à la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre russe en Ukraine – et ce alors même que le groupe est étroitement lié au régime poutinien, et fait tout ce qu’il peut pour préserver ses investissements dans le pays.

Jackpot du côté du secteur financier

Tête de gondole des profiteurs de crise, Sanofi, qui avait affiché un bénéfice de 12 milliards la première année de pandémie, distribue plus de 4 milliards d’euros à ses actionnaires au titre de 2021. Son PDG, Paul Hudson se voit rémunéré à la hauteur de près de 11 millions d’euros. Pourtant en 2021, Sanofi aura supprimé presque 4000 emplois, dont une petite centaine en France. Pire encore, la firme pharmaceutique a bénéficié du chômage partiel, d’un plan pour la relocalisation du médicament, de baisse d’impôts de production, et du soutien de la BCE pendant la crise Covid.

BNP Paribas et Axa versent respectivement 4,5 milliards et 3,7 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2021, avec plus de 3500 suppressions de postes dans le monde chacun. Les deux groupes ont largement profité de la baisse des impôts dits de production, ainsi que des largesses de la BCE.

Grand luxe pour Bernard Arnault cette année, qui touchera presque 8 millions d’euros en tant que PDG, sans compter les dividendes sur les actions LVMH qu’il détient en direct et via son groupe familial. Le 21 avril dernier, LVMH a voté un dividende de 5 milliards d’euros, soit le deuxième plus gros dividende (derrière TotalEnergies) du CAC40. À l’image d’autres grandes entreprises, LVMH s’est vu accorder le chômage partiel, des baisses d’impôt de production et le soutien de la BCE.

Plus de 80 milliards pour les actionnaires

Les deux tiers du CAC40 ont battu en 2021 leurs records historiques de profits, avec une poignée de groupes dépassant les 12 milliards d’euros : TotalEnergies, Stellantis, LVMH et ArcelorMittal [1].

Des profits qui ont été rendus possibles, au moins indirectement, par les dizaines de milliards d’euros d’aides publiques débloquées pour les « sauver » durant la crise. Aides dont elles continuent à bénéficier aujourd’hui alors qu’elles ne sont manifestement pas dans le besoin. Noyé dans l’argent public, le CAC n’a pas choisi d’utiliser ses profits pour investir dans la transition, créer de l’emploi ou augmenter les salaires, mais a une nouvelle fois priorisé ses actionnaires.

D’abord en rachetant des actions propres en vue de les annuler, afin d’entretenir à la hausse la valorisation boursière du groupe et de satisfaire les actionnaires. Un record historique a été atteint dans ce domaine, avec 23 milliards d’euros en 2021 (un chiffre qui n’inclut pas les programmes de rachats d’actions annoncés fin 2021 et qui se sont poursuivis en 2022).

Ensuite en augmentant à nouveau leurs versements de dividendes. Les dividendes proposés aux AG 2021 par les groupes du CAC40 s’élèvent à 57,5 milliards d’euros – également un record historique, alors même que deux poids lourds de l’indice parisien, Renault et Unibail, n’ont pas repris leurs versements aux actionnaires. C’est une augmentation de 33 % par rapport à 2020. Cela représente au total une gratification de 80 milliards d’euros pour les actionnaires du CAC40 au titre de l’année 2021.

Les principaux bénéficiaires de ces versements de dividendes et de ces rachats d’actions sont comme d’habitude le groupe Arnault (2,4 milliards d’euros de dividendes pour 2021) et BlackRock (plus de 2 milliards d’euros). Ils sont suivis par l’État français (en incluant Bpifrance et hors Caisse des dépôts et consignations) et les familles Bettencourt et Pinault. Près de 237 millions d’euros pour les patrons Les patrons du CAC40 seront en moyenne rémunérés à hauteur de 5,9 millions d’euros en 2021, pour une moyenne de 4,8 millions en 2020 (+23 %). Globalement, ce sont 236,8 millions d’euros qui ont été versés aux patrons du CAC40 à titre de rémunération.

Les champions dans ce domaine sont les habitués Bernard Charlès (Dassault Systèmes, 44 millions), Daniel Julien (Teleperformance, 19,5 millions), Carlos Tavares (Stellantis, 19,1 millions) ou encore Paul Hudson (Sanofi, 10,9 millions). Certains estiment même la rémunération du PDG de Stellantis à 66 millions d’euros en comptant les actions et rémunérations qui doivent lui être versées sous condition de performance [2].

Pendant ce temps, la majorité du CAC40 continue de tailler dans ses effectifs

Dans la foulée de l’épidémie de Covid-19, et dans la lignée de leur stratégie de réduction de l’emploi depuis des décennies, la majorité des groupes du CAC40 continue de tailler dans leurs effectifs.

Stellantis a donc effacé plus de 17 000 emplois en 2021, ArcelorMittal et la Société générale plus de 9000, TotalEnergies, Axa, Sanofi et BNP Paribas autour de 4000. Tous ces groupes figurent pourtant en tête du classement des profits réalisés en 2021. Se distinguent également Vivendi, Bouygues et Danone. Au niveau des effectifs français, pour lesquels nous ne disposons que d’une information partielle (25 groupes sur 40 seulement donnent ce chiffre), on enregistre la suppression de 17 613 emplois en 2021.

Au niveau global du CAC40, ces suppressions d’emplois sont compensées par l’explosion continue des effectifs de Teleperformance (+35 000) et Capgemini (+55 000), principalement pour des emplois à bas salaire situés dans des pays comme l’Inde. Globalement, le CAC40 supprime des emplois industriels en Europe et crée des emplois de services ailleurs dans le monde, emplois caractérisés par une main d’œuvre très jeune, relativement plus mal payée qu’en France et un fort turn-over.

Depuis le printemps 2020, le gouvernement a systématiquement refusé de conditionner les aides publiques nouvelles créées pour faire face à l’urgence et pour la relance à des critères stricts en termes de protection de l’emploi, de transition climatique, de transparence fiscale et de suspension des dividendes et de rachats d’actions. La solidarité nationale a ainsi été mise au service des actionnaires et des patrons du CAC40, sans contrepartie.

Le gouvernement continue de créer de nouvelles aides et refuse de mettre en cause le maquis des aides publiques au secteur privé, qui ne cesse de s’accroître depuis plus de 15 ans. Aujourd’hui, alors que les résultats de son refus d’agir s’étalent devant les yeux de tous, le gouvernement s’illustre par un autre refus : celui de mettre en œuvre une taxation exceptionnelle des profits et des dividendes des grands groupes pour payer au moins une partie de la facture de la crise.

Olivier Petitjean et Mélissandre Pirchon, de l’Observatoire des multinationales

Graphiques : Guillaume Seyral

Pour en savoir plus : Le site d’Allo Bercy
À lire :

{Un pognon de dingue mais pour qui ? L'argent magique de la pandémie}, Maxime Combes, Olivier Petitjean.

Un Pognon de dingue, mais pour qui ? L’argent magique de la pandémie (coédition Seuil/Don Quichotte, mai 2022), de Maxime Combes et Olivier Petitjean, de l’Observatoire des multinationales.

Notes

[2Ces chiffres incluent les rémunérations attribuées au PDG ou au DG au titre de l’année 2021 (ou 2020-2021 pour Alstom et Pernod-Ricard), sur l’ensemble du périmètre du CAC40, sans les éventuelles rémunérations futures sous condition de performance (dont bénéficie cette année par exemple Carlos Tavares).

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Rapport sur les riches – Derniers jours pour soutenir notre rapport

Derniers jours pour soutenir le rapport sur les riches de l’Observatoire des inégalités

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Vous aussi vous pensez que l’ampleur des inégalités sont à la source des profondes tensions dans notre pays ? C’est le moment où jamais pour nous aider à publier le Rapport sur les riches en France. Un document unique qui dresse un état des lieux complet du sujet.

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L’ancienneté dans le privé mieux prise en compte

Un décret étend la reprise des services réalisés dans le secteur privé, à raison des deux tiers de leur durée, à l’ensemble des lauréats des troisièmes concours enseignants, d’éducation et de psychologues de l’éducation nationale.

 

Au JO

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L’Observatoire des inégalités prépare un rapport sur les riches

 » L’hyper-richesse est indécente. Le PDG du luxe Bernard Arnault pourrait s’acheter à lui seul l’ensemble des logements de la ville de Marseille. Mais l’accent souvent mis dans notre pays sur les 1 % de super-riches masque la situation privilégiée d’une grande partie des classes aisées, qui profitent à plein des bienfaits de la société de consommation. Réformes fiscales, évolution des salaires, versement de dividendes, mise à l’arrêt de l’économie pendant les confinements, « épargne Covid » : dans cette nouvelle édition, les auteurs tenteront de dégager les phénomènes significatifs pour les tendances de long terme ». Pou rpublier ce rapport, l’Observatoire des inégalités lance un financement participatif.

 

Pour aider à publier ce rapport

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Macron – Le Pen : 14 minutes et quelques annonces pour l’école

On ne parle plus de « nouveau pacte » pour les enseignants. La revalorisation sera pour tous les enseignants a annoncé E Macron le 20 avril lors du débat du second tour. C’est une des annonces d’une soirée électorale qui n’a consacré que 14 minutes à l’école. Assez pour que chaque candidat défende son modèle d’école : ouverture sur l’entreprise pour E Macron, discipline et exclusions définitives pour M Le Pen.

Convergence sur le lycée professionnel

Citons tout de suite le point de convergence des deux candidats à l’élection présidentielle. « Je veux mener une grande réforme du lycée professionnel », a dit E Macron. « Les stagiaires n’étaient pas payés. Je veux les payer et m’inspirer du grand succès de l’apprentissage ». « Je veux revaloriser la filière professionnelle, l’alternance, l’apprentissage », a dit M Le Pen. Pour une fois elle rend hommage à E Macron : « vous avez fait quelque chose de positif ». E Macron veut doubler la durée des stages en entreprises, rémunérer ces stages. Une mesure qui réduira d’autant les enseignements généraux et professionnels délivrés dans les lycées. Et diminuera d’autant le nombre d’enseignants.

Dédoublements en 6ème et 2de

Emmanuel Macron a avancé quelques nouveautés dans son programme éducatif. Il a annoncé vouloir « mettre des moyens pour les classes de 6ème et de 2de en permettant de les dédoubler partout où c’est nécessaire ». Aucun chiffre n’a été avancé. Mais il est clair que compte tenu des tensions dans les effectifs enseignants cette mesure ne pourrait être mise en œuvre à la rentrée 2022 qu’à titre symbolique.

Macron promet une revalorisation sans contrepartie

La seconde annonce concerne la revalorisation des enseignants. Jusque là E Macron l’avait lié à des contreparties. Seraient réévalués les enseignants qui adhèreraient à un « nouveau pacte » où ils s’engageraient à effectuer de nouvelles tâches. Il avait été question de lier la paye au « mérite ». C’est en partie balayé.

« On ira au bout de la revalorisation des professeurs », a dit E Macron. « On va tous les revaloriser. Mais on revalorisera très substantiellement, jusqu’à 20%, ceux qui iront sur les méthodes les plus innovantes ». Un peu plus tard il ajoute que « la revalorisation a commencé. Je vais la poursuivre. De manière inconditionnelle la revalorisation sera d’environ 10%. Il n’y aura pas de démarrage de carrière sous 2000 €. C’est conditionné à rien ».

E Macron a donc évolué sur cette question. Il propose maintenant une double échelle de la revalorisation : 10% sans condition et 20% pour les enseignants acceptant des contreparties, ceux du « nouveau pacte ».

L’absence de contreparties lui a permis de dominer l’échange sur ce point avec M Le Pen. Celle-ci annonce 16% de revalorisation sur 5 ans. Mais dans le premier degré les enseignants devront faire 5 heures de travail supplémentaire. « Ils feraient une demi journée en plus au primaire mais ils seraient payés plus », précise t-elle.

Le Pen : l’école de l’exclusion

M Le Pen a mis en avant la sécurité à l’école. « Aujourd’hui il y a des classes entières persécutées par quelques individus qu’on laisse nuire à l’ensemble de la classe et gâcher l’avenir de certains élèves », dit-elle. « Il faut être beaucoup plus sévère… On n’ose plus prendre des exclusions définitives quitte à ouvrir des internats spécifiques pour ces enfants qui ont des problèmes de délinquance ». Elle introduit ainsi la sélection qui est au coeur de son programme éducatif puisque les élèves seraient orientés dès la 5ème. Le brevet serait un examen d’entrée en lycée, permettant d’orienter entre les filières du lycée  les élèves ou de les envoyer à la vie active en fin de 3ème.

Ce mépris pour les enfants des familles populaires s’est retrouvé dans l’échange sur la ruralité. « Les dédoublements vous les avez réservé aux quartiers difficiles », reproche M Le Pen. « C’est une bonne chose de l’ouvrir à l’ensemble de la France ». E Macron répond que dédoubler les CP CE1 pour l’ensemble des classes n’est pas possible. « Regardez le nombre d’enfants par classe : c’est dans nos ruralités qu’il est le plus faible », dit E Macron. « Ce n’est pas vrai « , répond M Le Pen.

En fait les deux ont tort. Ce sont bien les classes rurales qui comptent le moins d’élèves même si depuis des années la tendance est au regroupement pour diminuer le nombre de postes en zone rurale.

M Le Pen prévoit bien des dédoublements partout mais avec des seuils plus élevés qu’E Macron. Dans le premier degré les classes seraient limitées à 20 élèves (et non pas 12). Concrètement cela aboutirait à supprimer des postes en Rep et Rep+ pour en ouvrir dans l’enseignement privé, comme nous l’avons montré. Dans le second degré le plafond serait fixé à 30 alors que la moyenne des classes est à 25 au collège public et 28 au lycée public. Ce « dédoublement » à l’envers aboutirait à dégrader les conditions d’enseignement au collège. Compte tenu de la sélection tout au long du second degré, la réforme Le Pen se traduirait par des suppressions de postes finançant la revalorisation.

En 14 minutes, les deux candidats ont finalement peu développé leur vision d’une école où ils ne comptent pas que des partisans.

 

Le programme éducatif d’E Macron

Et aussi

Celui de M Le Pen

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Election : les Français veulent plus d’argent pour l’Ecole

Interrogés par Ipsos pour la 10ème vague du Cevipof, 63% des Français veulent plus d’argent pour l’éducation et les retraites. Avec la police et les hopitaux ce sont les dépenses publiques plébiscitées.  Selon ce sondage auprès de près de 12 000 personnes, E Macron aurait 56% des voix au second tour et M Le Pen 44%. Ce sont ses électeurs et ceux d’E Macron qui sont les plus certains d’aller voter au second tour : 78% des électeurs de Le Pen sont surs d’aller voter contre 58% des électeurs de Mélenchon. E Macron est jugé plus crédible que M Le Pen sur la guerre en Ukraine, la croissance économique ou l’environnement quand M Le Pen l’est sur l’immigration et el pouvoir d’achat. Les Français restent pessimistes sur cette élection : 57% des Français pensent que la situation en France se dégraderait en cas d’élection de M Le Pen et 48% en cas d’élection d’E Macron.

 

La vague 10 Cevipof

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Hausse du minimum de traitement dans la fonction publique

Alors que les enseignants attendent un dégel du point fonction publique annoncé mais pas réalisé, le conseil des ministres a adopté un décret relevant le minimum de traitement dans la fonction publique. Le décret est paru ce matin au JO du 21 avril. A compter du 1er mai le minimum de traitement est porté à 1649,48€ bruts correspondant à l’indice 352 pour tenir compte de la hausse du SMIC (+2.65%). Cette mesure touchera 694 000 fonctionnaires.

 

Au JO

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[SUD_EDUCATION] 🎉 SUD éducation gagne l’indemnité REP/REP+ pour les AED

SUD éducation gagne l’indemnité REP/REP+ pour les AED ! 
Chères et chers collègues,
Le Conseil d’État a rendu le 12 avril 2022 sa décision dans la procédure engagée par SUD éducation il y a un peu plus d’un an en ordonnant au premier ministre l’attribution de l’indemnité REP/REP+ aux Assistant·es d’éducation (AED, AP et APS). SUD éducation a mis en œuvre tous ses moyens syndicaux pour en finir avec cette inégalité de traitement entre les personnels qui travaillent en éducation prioritaire. Le premier ministre dispose à présent d’un délai de six mois pour ordonner l’attribution de l’indemnité REP/REP + à tous les personnels AED qui travaillent en éducation prioritaire.

Grâce à l’action de SUD éducation, 8000 Assistant·es d’éducation toucheront l’indemnité REP/REP+ sur leur salaire dans un délai de 6 mois.

SUD éducation est un syndicat efficace et combatif. Cette victoire en appelle d’autres et est un point d’appui important pour les procédures, toujours en cours, engagées par les AESH afin d’obtenir elles·eux aussi le droit au versement de cette prime.

Syndiquez vous et rejoignez SUD éducation pour obtenir de nouveaux droits !

Lire le communiqué

Adhérez à SUD éducation

Face au ministère, plus que jamais, la solidarité et l’organisation des personnels sont nécessaires. SUD éducation ne vit que des cotisations de ses membres. Il est désormais possible d’adhérer directement en ligne. Rejoignez-nous !

Adhérer
Solidaires, Unitaires, Démocratiques !

Pour faire respecter nos droits, pour en conquérir de nouveaux, pour faire vivre les principes de solidarité et de justice sociale et mener les luttes indispensables face aux pouvoirs, à l’arbitraire et aux pressions hiérarchiques, il existe un outil : le syndicat tel que nous essayons de le construire.
Ne restez pas isolé‑e‑s,
contactez SUD éducation !

Nous sommes un syndicat résolument intercatégoriel : un seul syndicat pour tous les personnels, de la maternelle à l’université, sans condition ni de statut ni de grade, titulaire ou non. Prenez contact avec le syndicat SUD éducation de votre zone géographique.
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De futurs professeurs pas payés depuis 6 mois

Selon 76 actu, près de 200 étudiants inscrits à l’Inspé de Rouen ne sont pas payés pour les stages réalisés dans les écoles et établissements. On leur doit environ 700€ depuis octobre. Une somme qui met en difficulté des étudiants au budget très serré. Selon le rectorat un quart des sommes dues a été versé. Pour les 3 quarts il faut attendre…

 

Sur Actu76

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Les AED percevront l’indemnité Rep et Rep+

C’est une victoire importante pour Sud. Le syndicat avait saisi le conseil d’Etat du fait que, à la différence par exemple des CPE, les AED exerçant en Rep et Rep+ ne percevaient pas l’indemnité Rep/Rep+. Dans un arrêt rendu le 12 octobre (n°452547), le Conseil d’Etat a nettement donné tort au gouvernement. « Il ressort des pièces du dossier que, au regard de la nature de leurs missions et des conditions d’exercice de leurs fonctions, les assistants d’éducation servant dans les écoles ou établissements relevant des programmes REP+ et REP sont exposés à des sujétions comparables à celles des personnels titulaires et contractuels bénéficiant de l’indemnité de sujétions », estime le Conseil. « Par suite, en excluant les assistants d’éducation des catégories de personnels bénéficiant de cette indemnité de sujétions, le pouvoir réglementaire a créé une différence de traitement sans rapport avec l’objet du texte qui institue cette indemnité et a méconnu, ainsi, le principe d’égalité. Il en résulte que la Fédération Sud Education est fondée à demander l’annulation pour excès de pouvoir de la décision qu’elle attaque ». Le Conseil d’Etat « enjoint au Premier ministre de modifier les dispositions réglementaires relatives à l’indemnité de sujétions en faveur des personnels exerçant dans les écoles ou établissements relevant des programmes  » Réseau d’éducation prioritaire renforcé  » et  » Réseau d’éducation prioritaire « , conformément aux motifs de la présente décision, dans un délai de six mois à compter de la notification de cette décision ».

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