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Communiqué commun AFPS, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq : « Un rapport dévoile les liens entre cinq banques et assurances françaises et les colonies israéliennes »

Communiqué commun : Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq

Paris, le 29 mars 2017

Plusieurs organisations (Association France Palestine solidarité, CCFD – Terre solidaire, Fair finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq) publient aujourd’hui un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne ». Il met en lumière les liens entre certaines banques et assurances françaises et des banques et entreprises israéliennes impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes.

La colonisation israélienne dure depuis cinquante ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de six mille nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 23 décembre 2016, la résolution 2334 [1], exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Cette colonisation ne pourrait exister sans la contribution des banques israéliennes qui financent les constructions, et des sociétés israéliennes qui fournissent services et infrastructures dans les colonies. Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation, et les entreprises israéliennes contribuent au maintien et au développement des colonies israéliennes. En 2013 déjà, une mission d’enquête indépendante des Nations unies dénonçait le rôle primordial des banques israéliennes dans la colonisation et les conséquences en termes de violations des droits de l’Homme.

L’enquête menée par nos organisations révèle des liens financiers entre ces entités israéliennes et les groupes bancaires français suivants : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole (et sa filiale LCL), BPCE (et sa filiale Natixis) et AXA.

Chacune de ces sociétés détient plusieurs participations minoritaires, de manière directe ou indirecte, dans des banques ou entreprises actives dans les colonies israéliennes [2]. Au- delà de ces participations, ces sociétés financent des projets d’entreprises directement impliquées dans la colonisation. Ce fut notamment le cas lors de l’octroi d’un prêt en 2004 de deux cent quatre-vingt-huit millions d’euros par un consortium de banques (dont BNP Paribas, Société générale, Crédit lyonnais et Natixis) à l’Israel Electric Corporation (IEC). Cette entreprise approvisionne directement les colonies en électricité.

Les banques et assurances françaises concernées ont toutes adhéré à des lignes directrices internationales et pris des engagements relatifs au respect des droits humains. Mais la pratique ne suit pas. Tant qu’elles persisteront à financer des banques et entreprises israéliennes actives dans le maintien et développement des colonies israéliennes, elles continueront à soutenir et cautionner ces dernières.

De nombreuses institutions financières étrangères [3], publiques ou privées, se sont d’ores et déjà publiquement désengagées de banques et entreprises israéliennes actives dans les colonies. Par leur refus de prendre un engagement public fort, les banques et d’assurances françaises concourent à la poursuite de la colonisation et aux violations des droits humains qu’elle induit. Et ce, malgré les différentes interpellations des organisations auteures de l’étude.

La responsabilité du gouvernement français est également pointée dans le rapport. En effet, la France soutient la politique européenne de « différenciation » territoriale entre Israël et ses colonies. Cette politique met en garde les entreprises sur les risques juridiques, économiques et réputationnels, d’entretenir directement ou indirectement des liens financiers et économiques avec les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé. Le Parlement vient par ailleurs d’adopter la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre, qui s’applique aux banques et aux assurances. Celles-ci seront obligées de publier un plan de vigilance identifiant les risques potentiels que leurs activités et leur chaîne d’approvisionnement sont susceptibles de provoquer sur les droits humains et l’environnement.

L’Etat français, en laissant les institutions financières françaises financer les entreprises impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes, soutient indirectement la colonisation. Le gouvernement français doit faire pression sur les banques et assurances pour leur demander de mettre fin à l’ensemble de leurs soutiens. Par ailleurs, l’implication directe d’Alstom dans des grands projets d’infrastructures dans les colonies israéliennes est plus que problématique [4]. Là encore, l’Etat, en tant qu’actionnaire, doit intervenir pour y mettre fin.

[1] https://www.un.org/webcast/pdfs/SRES2334-2016.pdf

[2] http://www.fairfinancefrance.org/media/373618/links-between-french-banks-and-companies-profiting-from- the-occupation-of-160628.pdf http://www.fairfinancefrance.org/media/373619/links-between-french-fis-and-israeli-banks-160614.pdf

[3] C’est notamment le cas du fonds de pension du Gouvernement norvégien (2010), du fonds de pension néerlandais PGGM (2013), du fonds de pension luxembourgeois FDC (2014) des banques danoise et allemande, Danske Bank (2014) et Deutsche Bank (2014) et du fonds de pension de l’Eglise méthodiste américaine (2016).

[4] Centrale électrique avec Israel Electric Corporation (IEC) ; tramway de Jérusalem

Lire le rapport : Les liaisons dangereuses de banques françaises avec la colonisation israélienne mars 2017

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Ce que Pisa nous apprend pour améliorer l’enseignement des sciences

Quelles méthodes, quelles organisations sont les plus efficaces pour améliorer l’enseignement des sciences ? Intitulé « Politiques et pratiques pour des établissements performants », le volume II des résultats de Pisa 2015 vient de sortir. Il propose des analyses fines des différents facteurs  qui influent sur le niveau en sciences. Certains concernent l’organisation du système éducatif comme le nombre d’heures de cours ou d’élèves en classe, ou encore le salaire du professeur. D’autres renvoient à ce qui se passe en classe depuis la discipline aux méthodes utilisées.

Des résultats globaux inquiétants

Publiés en décembre 2016, les premiers résultats de Pisa 2015, la grande évaluation commune des systèmes éducatifs des pays de l’OCDE, ont été accueillis avec un relatif soulagement. c’est la stabilité qui l’emporte avec des scores qui tournent autour de la moyenne de l’Ocde. Si les résultats arrêtent une dégringolade qui a commencé au début du siècle, les écarts entre les disciplines augmentent. Alors que le niveau en français se redresse, celui des sciences ne bouge pas mais le niveau en maths décroche. Surtout, les écarts se creusent entre les élèves favorisés et les défavorisés, entre les autochtones et les immigrés, entre la filière professionnelle et la générale. Avec Pisa 2015, au pays de l’égalité revendiquée, le système éducatif français montre encore un peu plus le chemin des inégalités…

En sciences, qui est la matière principale dans Pisa 2015, la France est un peu au dessus de la moyenne Ocde (493) avec 495 points. Un niveau stable. On compte 29 % d’élèves performants et très performants, soit un peu plus que la moyenne. Mais on a 22% d’élèves en difficulté (21% en 2006); ce qui est un peu plus que la moyenne Ocde. On observe là l’éclatement du système éducatif.

La publication en français du volume II des analyses de Pisa donne l’occasion d’aller voir plus loin et de dégager les facteurs qui influent sur ces résultats. L’OCDE va ainsi jusqu’à avancer des recommandations pour les politiques éducatives

Quelles méthodes d’enseignement sont efficaces ?

Quelles méthodes pédagogiques sont efficaces pour enseigner les sciences ?  » Les résultats de l’enquête PISA montrent que lorsque les enseignants expliquent et démontrent fréquemment les concepts scientifiques, et discutent des questions des élèves (une méthode d’enseignement appelée communément l’enseignement dirigé par l’enseignant), les élèves obtiennent de meilleurs résultats en sciences, affichent de plus fortes convictions par rapport au bien-fondé de la démarche scientifique (ou convictions épistémiques) et sont plus susceptibles d’envisager exercer une profession scientifique à l’âge adulte. Lorsque les enseignants adaptent leurs pratiques aux besoins des élèves, par exemple en apportant une aide personnalisée quand un élève a des difficultés à comprendre un sujet ou un exercice, ou en modifiant leurs cours quand la plupart des élèves trouvent le sujet difficile à comprendre, les élèves obtiennent de meilleurs scores en sciences et affichent de plus fortes convictions épistémiques. « , affirme le rapport.

Le rapport valide aussi la pratique du feedback, sous ses 5 formes :  » « le professeur me dit quels sont mes résultats à ce cours » ; « le professeur m’indique quels sont mes points forts dans cette matière » ; « le professeur me dit dans quels domaines je peux encore m’améliorer » ; « le professeur me dit comment je peux améliorer mes résultats » ; et « le professeur me donne des conseils sur la façon d’atteindre mes objectifs scolaires »… Dans les pays de l’OCDE, plus les élèves estiment que leurs enseignants leur fournissent fréquemment un feedback, plus ils sont susceptibles d’envisager une carrière scientifique et plus leurs convictions épistémiques sont importantes ».

Inversement la démarche d’investigation, fortement promue en France, n’est pas efficace selon l’OCDE.  » Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe aucun système d’éducation dans lequel les élèves ayant déclaré être fréquemment exposés à l’enseignement fondé sur une démarche d’investigation (qui leur demande d’effectuer des expériences ou des travaux pratiques) obtiennent un score plus élevé en sciences. Après contrôle du statut socioéconomique des élèves et des établissements, une exposition plus importante à l’enseignement fondé sur une démarche d’investigation est corrélée à de moins bons résultats des élèves en sciences dans 56 pays et économies », dit le rapport.

La pédagogie différenciée, sous ses trois formes (« le professeur adapte son cours aux besoins et aux connaissances de la classe » ; « le professeur apporte une aide personnalisée quand un élève a des difficultés à comprendre un sujet ou un exercice » ; et « le professeur modifie son cours quand la plupart des élèves trouve le sujet difficile à comprendre ») est perçue positivement. Le gain serait de 20 points. Or c’est un point où la France est particulièrement mal placée puisque seuls le Luxembourg et la Belgique font moins appel que nous des 54 pays ou zones étudiés par Pisa.

Heures d’enseignement et discipline

On le savait déjà mais Pisa permet de l’évaluer précisément. Il y a un lien direct entre l’exposition à l’enseignement et la discipline en cours et les résultats en sciences.

En moyenne les élèves des pays de l’OCDE ont 3h30 d’enseignement en sciences par semaine et autant en maths. Chaque heure d’enseignement supplémentaire entraine un gain moyen de 5 points. Les clubs science, les compétitions de sciences sont fortement corrélés à des résultats supérieurs (+21 points).

Les experts de l’OCDE ont par contre calculé que les heures de travail en dehors du cadre scolaire sont contre productives. Plus le temps de travail en sciences  hors école est long moins bons sont les résultats. Voilà qui fait réfléchir…

Mais un autre critère prend une grande importance dans la réussite : c’est la discipline. L’absentéisme en cours est fortement lié à des résultats faibles. C’est vrai pour les élèves absentéistes :en moyenne leurs résultats sont inférieurs de 45 points, presque une année, à ceux de leurs camarades. Mais c’est vrai aussi pour les autres élèves de la classe. L’absentéisme a un effet négatif sur la progression de tous. La France est un pays où il est supérieur à la moyenne OCDE mais plus faible que chez beaucoup de nos voisins.

Par contre nous sommes les champions du retard. La France fait même partie des pays où il augmente le plus.  » En moyenne, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, les élèves étant arrivés en retard à l’école au moins une fois durant les deux semaines précédant l’enquête PISA ont obtenu, lors des épreuves de sciences, un score inférieur de 27 points à celui des élèves n’ayant jamais été en retard, et de 23 points après contrôle du profil socioéconomique des élèves et des établissements », note l’OCDE.

Cette constatation invite à poser la question de la discipline en général.  » Les élèves qui ont déclaré connaître un meilleur climat de discipline dans leurs cours de sciences obtiennent de meilleurs résultats en sciences, après  contrôle du statut socioéconomique des élèves et des établissements. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, chaque augmentation d’une unité de l’indice du climat de discipline dans les cours de sciences (équivalent à un écart-type) est corrélée à une hausse du score de 11 points dans les épreuves de sciences, après contrôle du statut socio-économique des élèves et des établissements », écrit l’OCDE. Or la France avant dernière, juste avant la Tunisie, en ce qui concerne le climat de discipline dans les établissements. Concrètement cela se traduit par une partie importante du temps de classe perdu pour assurer l silence et le suivi du cours.

Petites classes et salaires des enseignants

Il y -a-t-il un lien entre taille de la classe et résultats en sciences ?Il ne saute pas aux yeux. Car les classes des filières d’élite sont les plus chargées et ont de très bons résultats. Mais ce qu’indique l’OCDE , c’est que  » en moyenne les élèves dans des classes moins denses ont indiqué plus fréquemment que les élèves dans des classes plus denses que leurs enseignants adaptent leur enseignement en fonction de leurs besoins, de leurs connaissances et de leur niveau de compréhension ». Or ça on a vu que c’était efficace.

Beaucoup plus net est le lien entre salaire des enseignants et résultats des élèves. On peut toujours trouver des exceptions. Par exemple les salaires élevés des enseignants au Mexique ou en Colombie (par rapport au salaire local) ne sont pas associés à des résultats élevés. Inversement Macao ou la république tchèque obtiennent de bons scores avec des enseignants mal payés. Mais globalement le spays qui ont de bons résultats en sciences sont ceux qui payent correctement leurs enseignants. C’est le cas par exemple de Singapour, le Japon,  Hong Kong.

Dernier point auquel l’OCDE tient beaucoup: l’autonomie des établissements.  » Dans les systèmes d’éducation où les chefs d’établissement ont davantage de responsabilités dans la gouvernance des établissements, les élèves obtiennent un score plus élevé en sciences », écrit l’OCDE. Mais l’OCDE nuance elle même cette appréciation.  » Les élèves accusent un score plus élevé en sciences tout particulièrement lorsque leur chef d’établissement dispose d’une plus grande autonomie en matière de ressources, programmes et autres politiques scolaires  et, notamment, dans les pays où il existe un suivi ou une publication des résultats scolaires au fil du temps et où les chefs d’établissement s’investissent davantage dans la direction pédagogique. Dans une certaine mesure, ce constat suggère également que lorsque les chefs d’établissement n’ont ni la préparation, ni les capacités nécessaires pour assurer la direction, le transfert du pouvoir aux établissements peut malencontreusement nuire aux élèves, dans la mesure où le personnel des établissements peut, dans ce cas, être privé des ressources et de l’expertise disponibles à des niveaux supérieurs du système. Les élèves obtiennent également un score plus élevé en sciences dans les pays où davantage d’enseignants jouissent d’une certaine autonomie en matière de programmes. Ces résultats soulignent l’importance de tirer parti de l’expertise des enseignants ».

Pour mieux réussir en sciences il ne suffira pas de multiplier les managers et de désétatiser comme le promettent plusieurs candidats à la présidentielle. C’est une autre gouvernance, associant les enseignants, qui est efficace. Si l’on en croit l’OCDE…

Pisa 2015 Volume II

Résultats de Pisa 2015

Dossier Pisa

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Le Snuep Fsu fait face aux menaces sur l’enseignement professionnel

« Recul sans précédent » : c’est ce qu’annonce le Snuep Fsu si les projets de plusieurs candidats de transmettre l’enseignement professionnel aux régions se réalisent..  Le Snuep répond par 28 propositions concernant le personnel et les élèves de l’enseignement professionnel.

Le Snuep prend acte de l’incapacité de l’apprentissage de répondre à la demande de formation et en profite pour demander le développement des formations scolaires, à rebours des propositions de F Fillon. Une demande qui concerne aussi les référentiels qui devraient être revus  et comprendre un enseignement de la philosophie.

Le syndicat demande le retour au bac pro en 4 ans pour les élèves qui le souhaitent et l’augmentation des sections d’enseignement professionnel pour prendre en compte les souhaits d’orientation. Enfin il souhaite le développement de l’orientation précoce vers les segpa et4ème pré professionnelles. Et là il rejoint les propositions des candidats de  droite…

Propositions snuep fsu

Bac pro il va bien falloir revoir le référentiel

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Jeudi 30 mars, mobilisation des retraité-es

A l’appel des sept syndicats et associations, USR-CGT, UCR-FO, CFE-CGC, CFTC retraités, FSU retraité-es, Solidaires retraité-es et FGR-FP, deux rassemblements des retraité-es sont organisés en Loire-Atlantique jeudi prochain 30 mars :

  • A Saint-Nazaire, 10h30, Place Pierre Sémard (Gare SNCF-Bus)
  • A Nantes, 14h30, devant la Préfecture

 Télécharger l’appel.

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Mobilisation massive en Guyane pour la « journée morte »

C’est « la plus grosse manifestation jamais organisée » sur le territoire, selon les autorités préfectorales.

Le Monde.fr avec AFP | 28.03.2017 à 17h53

Au lendemain de la grève générale illimitée de lundi à l’affluence décevante, une mobilisation massive a réuni les Guyanais mardi 28 mars pour les manifestations de la « journée morte », à l’appel de l’Union des travailleurs guyanais (UTG), dont les 37 syndicats membres ont voté à la quasi-unanimité en faveur de l’arrêt du travail.

Alors que 250 000 personnes vivent dans ce territoire, la préfecture a comptabilisé respectivement entre 8 000 et 10 000 participants à Cayenne, et 3 500 à 4 000 à Saint-Laurent-du-Maroni, les deux plus grandes villes guyanaises. C’est « la plus grosse manifestation jamais organisée » sur le territoire, selon les autorités préfectorales.

Dans Cayenne, l’avenue de Gaulle, qui mène au centre historique, était noire de monde. Beaucoup de drapeaux guyanais étaient brandis, ainsi que des banderoles reprenant le slogan « nou bon ké sa »« ça suffit » en créole guyanais – qui a fleuri ces derniers jours sur les nombreux barrages installés dans les villes du territoire.

Le collectif des protestataires Pou La Gwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle, qui regroupe autant des collectifs contre la délinquance et pour l’amélioration de l’offre de soins, que l’UTG ou les avocats guyanais) s’en trouve renforcé alors qu’il n’est toujours pas disposé à rencontrer la délégation interministérielle arrivée samedi. Alors que le préfet Jean-François Cordet, qui la pilote, a fait état de « premiers résultats » obtenus depuis samedi, tels que « la fidélisation d’un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne » ou une enveloppe de « 60 millions d’euros supplémentaires » pour le très endetté hôpital de Cayenne, un porte-parole des grévistes a réclamé « un plan de développement et pas des mesurettes ».

Taubira appelle au dialogue

« Nous souhaitons que les discussions déjà ouvertes se poursuivent, s’amplifient et s’intensifient dans les jours qui viennent », « afin de parvenir à des solutions rapides, concrètes et durables pour la Guyane », ont réaffirmé le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, et la ministre des outre-mer, dans un communiqué commun.

Une délégation ministérielle doit arriver en Guyane « avant la fin de la semaine », « si toutefois les conditions du respect () et de l’ordre républicain sont réunies », a estimé lundi Bernard Cazeneuve.

L’ancienne garde des sceaux, la Guyanaise Christiane Taubira, a appelé au « dialogue » avec une « plus grande implication des élus locaux », « sinon le blocage va durer ». L’exécutif socialiste a « incontestablement » agi en augmentant notamment les forces de police et de gendarmerie, a-t-elle relevé.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui avait formulé en février de nombreuses recommandations pour améliorer l’accès aux droits et aux services publics en Guyane, s’est dit « particulièrement inquiet », dans un communiqué.

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Montreuil : le collège Marais de Villiers, déçu de l’éducation prioritaire

 » Il y a deux ans, en entrant en REP, nous pensions que nous aurions enfin les moyens de faire mieux. Et de fait, nous avons eu des moyens : un peu moins d’élèves par classe qu’en dehors de l’éducation prioritaire (24 au lieu de 26) et une prime annuelle, que ne touchent d’ailleurs pas les Assistant-es d’éducation, de façon assez inexplicable. Pas d’heures d’enseignements supplémentaires pour les élèves, qui permettraient d’expérimenter les demi-groupes ou le co-enseignement, et pas de deuxième CPE. Lorsque que nous revoyons les discours de notre ministre qui parle de « moyens très renforcés » en éducation prioritaire, nous rions. Jaune »,écrivent des enseignants du collège Marais de Villers de Montreuil (93). Ils entament une grève pour un second CPE.

 

Sur son blog

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Guyane : l’Ecole en explosion

Dans la vague de grève et de blocage qui se soulève en ce moment en Guyane, les enseignants ont leur place. La Fsu appelle les enseignants à manifester le 27 mars devant le rectorat. Elle « accuse l’état d’abandonner 300 000 citoyens qui lui ont pourtant fait confiance en votant massivement pour le maintien de la départementalisation ».

Le département a des particularités fortes en matière scolaire. Ainsi on estime à environ 10 000 le nombre de jeunes non scolarisés dans un département immense où la croissance démographique est très rapide et la circulation difficile. Le département est aussi marqué par la pauvreté : la moitié des élèves des collèges (46%) ont des parents inactifs. Enfin les élèves parlent fréquemment une autre langue à la maison que le français. Le taux de décrochage est massif. 56% des élèves quittent le système éducatif sans diplôme.

La FSU demande un plan de construction de 10 collèges, 5 lycées et 500 classes pour assurer la scolarisation de tous les enfants à partir de 3 ans (seulement 70% des 3 ans sont scolarisés). Cela représente 3 500 emplois d’enseignants et administratifs à créer. La Fsu demande un concours exceptionnel comme celui de Créteil. Le syndicat demande aussi le doublement des Intervenants Langue Maternelle (ILM) qui font le pont entre la parole du professeur et la langue locale.

En février 2017 le Défenseur des droits a demandé « d’assurer une mise en œuvre effective de l’obligation scolaire sans omettre les enfants des peuples des forêts et des fleuves et les enfants étrangers » et « d’assurer l’accès à un repas/collation quotidien » pour les enfants.

Appel FSU

La concertation de 2012 en Guyane

L’école guyanaise vue par l’insee

Défenseur des droits

Les systèmes éducatifs du Sud

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Guyane : LA FSU APPELLE A LA GREVE A PARTIR DE LUNDI 27 MARS 2017

APPEL de la FSU-GUYANE

L’histoire très récente le montre, lorsque nous sommes nombreux autour d’une demande commune, nous gagnons. C’est par la réunion de nos forces et de nos énergies que nous avons obtenu un classement en Éducation Prioritaire Renforcée pour notre académie.

Les mouvements d’ampleur qui paralysent la Guyane depuis plusieurs jours réunissent des citoyens, des collectifs, des organisations syndicales qui hurlent à l’État leur ras-le-bol, leur colère, leurs exigences d’une politique visionnaire, ambitieuse, pour que la Guyane marche vers un réel avenir.

La FSU Guyane invite l’ensemble des personnels de l’éducation nationale à rejoindre les manifestations en cours et à venir, en portant haut et fort les revendications citoyennes, humanistes, solidaires et fraternelles qui sont les siennes.

La FSU Guyane appelle tous les personnels à rejoindre les rassemblements lundi à 8 heures devant le rectorat à Cayenne, devant Super U à St Laurent, ou sur les lieux qui vous seront accessibles.

La FSU Guyane accuse l’état d’abandonner 300 000 citoyens qui lui ont pourtant fait confiance en votant massivement pour le maintien de la départementalisation.

La FSU Guyane revendique :

  • Un plan de constructions scolaires bio climatiques : 10 collèges, 5 lycées et 500 classes.

  • La scolarisation de tous les jeunes de 3 à 18 ans.

  • La restauration scolaire et le transport gratuit pour tous les élèves.

  • L’enseignement systématique des langues maternelles, le doublement immédiat du nombre de postes d’ILM.

  • Le rattrapage du retard en personnels pour encadrer nos élèves : 3500 adultes de plus pour atteindre la moyenne nationale.

  • Des mesures visant à rendre le département attractif : concours exceptionnel, élargissement des mesures indemnitaires, formation des personnels précaires en vue de leur titularisation.

  • Le désenclavement des communes isolées par un réel accès au logement et aux services publics pour tous : transports, communications, soins, énergie, emploi, formation.

La FSU Guyane appelle les organisations syndicales de l’éducation à construire une plate-forme de revendications communes dans le cadre d’une intersyndicale.

Le bureau de la FSU Guyane.

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Gazette d’@rrêt sur images, n°484. Incroyable : nous avons vu des femmes dans LE café de Sevran

Gazette d’@rrêt sur images, n°484

Deux femmes sont venues, avec une caméra cachée. Elles ont un peu énervé les clients du bar. Elles ont recueilli une citation croustillante. Le reportage est passé au 20 Heures de France 2. Et voilà comment un bar PMU de Sevran (93) est devenu LE symbole des « bars intégristes interdits aux femmes ». Un territoire perdu de la République. La campagne présidentielle s’est jetée sur le sujet. Et le Bondy blog a eu beau réaliser une remarquable contre-enquête, peu reprise, l’image est restée. Voilà pourquoi nous avons voulu tourner l’émission de cette semaine au bar PMU « Le Jockey club » de Sevran. Nous en revenons à l’instant. Et (incroyable !) nous y avons vu des femmes. Notre émission est ici (1).

Un nouveau venu, sur le site, cette semaine : Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé dans l’écologie. Il viendra régulièrement nous signaler, en vidéo, des sujets délaissés par les medias. Pour sa première chronique, il a choisi de revenir sur la sécheresse dans le département français de Mayotte (silence dans les medias) et, pire encore, dans l’archipel des Comores (silence redoublé). Sa chronique est ici (2).

 

Daniel Schneidermann

(3)

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Sécurité : le Snpden veut du personnel de sécurité dans les établissements

« On ne fera pas l’économie du fait que la sécurité est un métier ». Sondage à l’appui, Philippe Tournier, secrétaire général du Snpden, a fait un état des lieux de la sécurité des lycées le 23 mars suffisamment énergique pour être suivi immédiatement d’un communiqué ministériel. Si les établissements ont pris le risque au sérieux, pour le Snpden ils manquent de la culture sécuritaire pour se préparer aux différents risques et particulièrement au risque d’attentat. Le syndicat veut saisir l’occasion de la signature des contrats tripartites établissement – rectorat et collectivité locale pour faire entrer la culture de sécurité dans les établissements. Et il veut aussi régler une fois pour toute une question qui l’irrite fortement : celle de la sortie cigarette des lycéens.

Des psychologues pas des portiques…

Séquence émotion. Hervé Pizzinat, le proviseur de Grasse, raconte comment l’attaque s’est déroulée dans son lycée. On est dans l’académie de Nice, celle qui a le plus investi dans la sécurité. Chaque classe dispose d’un boitier d’alerte lumineux et c’est sans doute un élément qui a joué pour réduire le nombre de victimes. « Des portiques n’auraient pas été utiles dans ce cas car le jeune élève a passé les armes par dessus une cloture, les a cachées et s’est présenté comme un élève ordinaire à l’accueil. On a surtout besoin d’encadrement psychologique et social pour faire face à ce danger ».

La plupart des établissements n’ont pas d’alerte attentat

Mais où en sont les autres établissements sur le plan sécurité ? Le Snpden a réalisé un sondage qui a fat mouche : plus de 2 000 établissements ont répondu pratiquement par retour. Bilan. Aujourd’hui le controle d’accès dans les établissements se fait en général par la loge d’entrée et il faut partie de la vie scolaire de l’établissement. A noter que 16% de ceux ci n’exercent aucun controle.

60% des établissements n’ont aucun système d’alerte confinement ou intrusion.  Il a fallu des années pour équiper les 11 000 établissements français d’alarme incendie. Actuellement , pour P Tournier, on est « dans le bricolage » alors que la rapidité du signalement est essentielle.  Surtout l’alarme attentat est plus subtile. Il faut que le personnel apprenne à  réagir à un risque évolutif. Régler la question des alertes est la première demande du syndicat.

Du personnel spécialisé

Or seulement un tiers des établissements a un personnel formé à la culture de sécurité.  Encore cela dépend-il des académies : dans celle de Nice seulement un établissement sur trois n’a pas de personnel formé. Dans d’autres académies c’est 85%!  « On demande aux établissements de faire un plan de prévention attentat et de régler cette question mais on ne sait pas faire », explique P Tournier. « Il n’y a pas de solution simple aux questions de sécurité ».

Le Snpden demande du personnel formé. « A minima il faut un spécialiste sécurité dans chaque établissement ». Ce peut être un membre du personnel mais solidement formé. A maxima ce peut être des agents de sécurité ». Cette formation, ces personnels pourraient être inclus dans les accords tripartites que les établissements vont signer avec les collectivités territoriales et les académies.

La pause cigarette doublement mortelle ?

Dernier élément que le Snpden veut mettre en avant, la question des abords des établissements. Le sondage du Snpden montre que là où la police est la moins présente c’est aux abords des établissements des ZUS, ce qui interroge. Or c’est la zone où les personnels de direction sont le plus souvent agressés.

Mais la question des abords c’est surtout pour le Snpden, celle des cigarettes. Depuis deux ans, elle enfume les relations entre le ministère et les chefs d’établissement. Du fait de l’interdiction de fumer dans les établissements scolaires, ceux ci avaient pris l’habitude de faire sortir les élèves à la récréation. Or ces attroupements d’élèves constituent des cibles parfaites et faciles pour un terroriste. D’ou l’apparition, autorisées par une circulaire ministérielle, de zones « spécifiques » (comprenez : fumeurs) dans les lycées. Elles ont vite été condamnées par la justice ce qui a suscité un rétropédalage du ministère.

« Depuis un an et demi on expose des centaines de milliers d’élèves au risque d’attentat », alerte P Tournier. « L’Etat expose sciemment les élèves », martèle-t-il. Le Snpden attend du prochain ministre qu’il assume ses responsabilités sur cette question.

Des propos entendus rue de Grenelle ?

Mais ce sont deux ministres qui réagissent. Le 23 mars, M Fekl, le nouveau ministre de l’intérieur, et N Vallaud Belkacem annoncent une « stratégie d’ensemble » sur la sécurité des établissements. Ils décident d’augmenter le nombre des formateurs et des formations à la gestion de crise, une spécialité qui ne correspond pas aux attentes du Snpden. Plus proche de ces demandes, des formations communes personnel Etat et local sur les exercices de sécurité seront organisés d’avril à juin. Les deux ministres veulent aussi accélérer l’instruction des dossiers d’aide pour sécuriser les batiments scolaires, le montant total restant fixé à 50 millions. Enfin le gouvernement reprend la suggestion du rapport de l’Inspection pour remplacer les circulaires par des fiches pratiques. Ce « vademecum » devrait paraitre le 13 avril.

Le rapport de l’Inspection

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Contractuels : un texte harmonise des pratiques rectorales

 » La volonté d’harmoniser les pratiques académiques de gestion des contractuels a conduit à définir plus précisément au niveau national, dans un cadre rénové, les règles de gestion et de rémunération applicables, tout en préservant la souplesse nécessaire à une gestion de proximité et à la couverture de l’ensemble des besoins en personnels enseignants, notamment lorsqu’ils ne peuvent être couverts par la voie des concours », précise la circulaire publiée au BO du 23 mars.. Elle définit notamment la durée du contrat et son renouvellement. Mais  » les modalités de classement dans l’espace indiciaire de référence, ainsi que celles relatives à la réévaluation de la rémunération, sont définies par les recteurs »…

 

Circulaire

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Deux vitesses pour les salaires des fonctionnaires

Les salaires des fonctionnaires d’Etat ont augmenté moitié moins vite que ceux des autres fonctionnaires  publics en 2015, établit l’Insee. Selon l’Inse, les salaires de la fonction publique d el’Etat ont cru de 0.4% en 2015 contre 0.8 dans la fonction publique territoriale.

 

Insee

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Barometre Unsa : le quinquennat n’a pas convaincu les professeurs

Malgré la revalorisation et les nouvelles perspectives de carrière, le fossé ne cesse de se creuser entre les enseignants et le gouvernement. Les politiques menées depuis 2012 ne sont appréciées que par un professeur sur quatre, un pourcentage qui continue à baisser. Tous les indicateurs révèlent une moral enseignant qui sombre. C’est le principal enseignement du baromètre Unsa publié le 22 mars. Avec 31 000 réponses, dont moitié de non sympathisants Unsa, il sonde les états d’âme d’un corps qui se divise et révèle les tensions entre les enseignants et l’encadrement. En fin de quinquennat c’est un constat inquiétant que dresse l’Unsa Education.

Un enseignant sur cinq d’accord avec les réformes, 3 IPR sur quatre…

« On aura eu tout au long du quinquennat un degré de satisfaction sur les choix politiques qui est resté faible et tourne depuis 5 ans autour de 25% ». En présentant les résultats du Baromètre Unsa le 22 mars, Laurent Escure, secrétaire général de l’Unsa Education, présente cette situation comme un élément « qui doit alerter » mais qui durerait depuis une quinzaine d’années. Mais faute de Baromètre sous le quinquennat précédent, rien ne peut confirmer cette affirmation..

Ce que montre le baromètre c’est que seulement 24% des sondés sont en accord avec les choix politiques effectués dans leur secteur. Un chiffre qui est en baisse par rapport à 2016 où il était de 26%.

Surtout, ce rapport à la politique menée depuis 2012 est très différent selon les corps. Seulement 20% des enseignants valident la politique gouvernementale. Mais c’est 54% des personnels de direction, 64% des IEN et 73% des IPR. On ne saurait mieux illustrer la fracture entre les cadres et les enseignants. Seulement 33% des enseignants se sentent respectés dans leur travail ce qui les sépare des cadres (67 % des IPR).

Morosité enseignante

Mais cette morosité enseignante ,on la retrouve dans de nombreux indicateurs. Certes les enseignants se déclarent heureux d’exercer leur profession à 77% (contre 86% des IPR). Mais seulement 65% des professeurs du secondaire trouvent du sens à leur métier (74% des professeurs des écoles).  Seulement 28% des enseignants conseilleraient leur métier à un jeune de leur entourage , un pourcentage en baisse.

Pire encore 24% des enseignants souhaitent partir travailler dans une entreprise privée dans les prochaines années. C’est seulement 7% des IPR et 15% des personnels de direction.

Comment expliquer ce désamour avec l’Education nationale ? Seulement 15% des sondés jugent que leur situation s’est améliorée cette année. Ni la revalorisation, ni les accords PPCR n’ont marqué les esprits. Seulement 32% des enseignants trouvent leurs conditions de travail satisfaisantes et 15% la paye convenable.

Une revalorisation sans effet

Les revendications portent en premier sur le pouvoir d’achat, exactement comme si la revalorisation n’avait pas eu lieu. Ensuite arrive la charge de travail et les perspectives de carrière.

« Ce quinquennat qui a accompli tant de choses n’ a pas permis de faire monter le degré de satisfaction », estime L Escure. « Ce chiffre  doit alerter sur le fait que le malaise est profond. Les personnels de l’éducation nationale sont fragilisés et tardent à retrouver confiance envers les politiques publiques ».

Pour lui, cette situation résulte de l’incapacité de l’Education nationale à conduire le changement. « Les violences faites sous Sarkozy avec les suppressions de postes et la stigmatisation des enseignants n’ont pas été compensées par les preuves d’amour données sous Hollande ». En mettant ainsi l’origine du problème au quinquennat précédent, L Escure réfute la condamnation des réforme menées depuis 2012 que son organisation a soutenues. Pour lui, l’institution doit changer son mode de management et reconstruire la confiance.

Les personnels d’éducation divisés

Un nouveau volant de questions porte sur les attentes envers le prochain quinquennat. Les réponses montrent « que l’éducation nationale n’est plus un bloc » souligne L Escure. En effet les personnels d’éducation se divisent sur les politiques à mener dans l’Ecole.

Que faire pour répondre aux défis du système éducatif ? Deux tiers des répondants demandent des créations de postes mais un tiers (29%) veut ni en créer ni en supprimer. Que faire pour faire réussir les jeunes ? 50% des personnels veulent d’abord changer le management, 27% les pratiques pédagogiques. 44% veulent renforcer les fondamentaux, 33% poursuivre la refondation et 10% trier précocement les élèves. Même coupure sur la reconnaissance du mérite : un quart des personnels sont pour renforcer le poids du mérite dans l’avancement (20% des enseignants)  et trois quarts pour le reconnaitre mais sans sanction des moins méritants. Sur le mérite, 10% des personnels (mais un personnel de direction sur trois) sont pour renforcer le pouvoir du chef d’établissement par exemple d’embauche des personnels, 77% pour renforcer l’autonomie d’organisation des équipes pédagogiques.

« L’école du mérite punitif et du tri précoce est massivement rejetée », estime L Escure.  « Mais une partie des personnels est pour renforcer les fondamentaux , une autre pour continuer la refondation. Ca nous montre, nous réformateurs [ah putain voilà le fond : on va continuer à vous embourber], que l’on a encore du travail ».

Dans la situation actuelle , l’Unsa Education plaide pour la prudence en matière de politique éducative. « On est partisan qu’on laisse l’école en paix et que les personnels cherchent à se réconcilier ». Alors que les candidats s’opposent entre autre sur leur politique éducative, l’Unsa Education voudrait que la politique éducative soit débranchée de l’alternance politique [et des opinions des syndicats aliénés au pouvoir].

Le baromètre

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Mélenchon publie son programme éducation

On annule tout et on satisfait toutes les revendications. Le programme éducation de Jean Luc Mélenchon, publié le 22 mars, a été rédigé par Marianne Nedyj, juriste, et Paul Vannier et Aurélien Saintoul, enseignants. Il propose à la fois d’annuler les réformes entreprises depuis 2012 jusque dans le détail et de satisfaire des revendications parfois très catégorielles. Dernière particularité : le programme, qui engagerait des dépenses très importantes, n’est pas budgétisé.

Rupture avec la loi Debré

C’est clairement un projet de rupture avec la refondation que propose le programme Mélenchon. Publié tardivement, le projet veut rompre avec le système éducatif actuel, satisfaire les revendications des enseignants et supprimer les réformes entreprises dans le quinquennat en revenant en arrière. Dernier point : la question de la faisabilité n’est pas posée.

La rupture est d’emblée introduite par le programme qui veut scolariser de 3 à 18 ans dans un système éducatif où la loi Debré serait abrogée, sans qu’on sache exactement par quoi elle serait remplacée ou si la liberté de l’enseignement serait abolie.

Embauches massives et revendications catégorielles

Le programme prévoit des embauches massives. JL Mélenchon promet à la fois l’embauche de 60 000 enseignants, 8 000 cpe et 6 000 personnels médicaux et sociaux et la revalorisation des salaires de 7%. Ces seuls points représentent une hausse du budget immédiate d’au moins 10 milliards.

A coté, le programme s’intéresse à satisfaire de nombreuses revendications très catégorielles.. JLMélenchon promet une agrégation d’informatique et une autre de professeur documentaliste. Il veut créer et généraliser dans l’éducation nationale les professeurs d’éducation socioculturelle qui existent dans l’enseignement agricole.

Au collège il dédouble les cours de maths et de français. La mesure représente à elle seule 51 000 postes.  Comme le programme veut aussi dédoubler les professeurs en éducation prioritaire au primaire et y réduire le nombre d’élèves par classe (20 à l’école et au collège, 25 en LEGT) et en même temps créer de nouveaux corps d’enseignants, la barre des 60 000 nouveaux postes devrait être largement dépassée si ces promesses se réalisent.

Retour à avant 2012

JL Mélenchon promet aussi le retour à avant 2012 sur le plan pédagogique. Il abroge la réforme des rythmes, celle du collège. Il rétablit bilangues et langues anciennes. Il interdit le LSU et les dispositifs interdisciplinaires (EPI etc.).

La culture tient une place intéressante dans le programme avec l’idée de professeurs référents culture dans chaque établissement du secondaire, qui animeraient une association culturelle, comme il y a une association sportive.

L’éducation prioritaire n’est pas oubliée dans le programme.. Outre la diminution du nombre d’élèves par classe, JL Mélenchon promet une nouvelle carte scolaire intégrant les lycées dans l’éducation prioritaire.

La dernière enquête Cevipof a crédité JL Mélenchon de 16% des intentions de vote chez les enseignants. Il arrivait en 3ème positon derrière E Macron (29) et B Hamon (25)

Le programme

Dossier Election 2017

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Election : la FSU interpelle les politiques sur l’avenir des fonctionnaires

« Au lieu de supprimer des emplois il faut continuer à en créer ». Après le Snes et le Snuipp, la fédération FSU prend la parole le 20  mars et s’adresse directement aux candidats à l’élection présidentielle. Le message est clair : pas question de revenir sur les accords PPCR ou la retraite. Pas question non plus de supprimer des postes. Bernadette Groison appelle à un effort supplémentaire pour l’enseignement secondaire.

Clarifier les programmes

Le fonctionnaire bashing ça suffit. Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, veut mettre fin aux discours hostiles à la fonction publique. Dans une lettre envoyée aux candidats à l’élection présidentielle elle rappelle que « la Fonction publique est un élément structurant de la société qui contribue au développement économique du pays et à son rayonnement international… Pour développer l’économie de notre pays et retrouver une croissance, la Fonction publique est indispensable. Comment espérer en effet cela sans pouvoir compter sur une formation qualifiante et de haut niveau, sans le développement de la recherche mais aussi sans les investissements des collectivités locales ».

Elle demande aux candidats de clarifier leur position. « Certains programmes inscrivant prioritairement la réduction du nombre d’agents et la limitation des services offerts aux usagers, ne manquent pas de nous inquiéter. Les agents doivent connaître l’avenir qui leur est promis par les uns et les autres. » Une remarque qui vise Fillon comme Macron.

« Un mensonge »

L’annonce de F Fillon de supprimer 500 000 emplois sur 5 ans lui semble un mensonge. En tout cas, « la Fsu serait totalement opposée à des suppressions d’emplois de 500 000 ou 120 000 postes ». Dans la même veine elle se déclare « opposée à tout allongement du temps de travail ». Elle est aussi hostile à un alignement des retraites du public sur le privé. « Ceux qui portent ça nous trouverons sur leur chemin ».

Mais pour elle il ne fait aucun doute qu’il faille créer de nouveaux emplois de fonctionnaires. « Le service public a un énorme chantier devant lui : il y a le défi de la démographie et le champ énorme de la formation des adultes… Au lieu de supprimer des emplois, il faut continuer à en créer », a-t-elle déclaré le 20 mars.

Un livre blanc

La FSU édite un « livre blanc  » qui détaille ses orientations pour la fonction publique. Le syndicat y décrit la Fonction publique comme « la clé de voute du modèle social français ». Il revient sur les salaires, le temps de travail et les conditions de travail. Trois sujets d’améliorations.

Un effort pour le second degré

S’agissant de l’éducation, la Fsu demande de nouveaux efforts.  » Poursuivre l’effort budgétaire est une nécessité. C’est ce qui est plébiscité par 9 français sur 10 dans notre dernier sondage réalisé par Harris Interactive afin de permettre de répondre aux évolutions démographiques mais aussi aux différents besoins (formation, actions pédagogiques…) », dit le livre blanc. B Groison rappelle qu’elle  » a toujours été convaincue qu’il fallait investir dans le premier degré… Mais il va falloir faire un effort supplémentaire pour le second degré ».

Sur les réformes, « on n’a jamais été pour le statu quo sur la réforme des rythmes et du collège », dit B Groison. « Il y a des choses à revoir et rediscuter ». Mais la Fsu attend des candidats que là aussi ils annoncent la couleur.

A quelques semaines de l’élection, la Fsu cible clairement les programmes de droite. Mais compte tenu de la division syndicale, ces déclarations suffisent-elles face aux programmes de démantèlement du service public ?

La FSU écrit aux candidats

La FSU veut peser sur le débat éducatif en 2017

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La drôle d’enquête du CNRS sur la radicalisation des lycéens

Drôle d’enquête menée par Olivier Galland et Anne Muxel sur le processus de radicalisation chez les jeunes et dévoilée le 20 mars. L’enquête ne prétend pas être représentative de la jeunesse française. Les eux chercheurs expliquent que si elle porte sur 7000 jeunes , ils ont fait le choix d’établissements de banlieue ou le taux de jeunes musulmans est particulièrement fort.

Cela ne les empêche pas d’arriver à une conclusion générale qui est que la radicalisation est liée à la religion et non à la discrimination dont souffrent ces jeunes.  » Nous avons constaté dans notre étude un effet religieux qui est, on ne peut le nier, présent chez les jeunes musulmans de notre échantillon », disent-ils. « D’une part, ils sont trois fois plus nombreux que les autres à défendre une vision absolutiste de la religion – en considérant à la fois qu’il y a « une seule vraie religion » et que la religion explique mieux la création du monde que la science. 11 % des jeunes de notre échantillon sont sur cette ligne, un chiffre qui triple pour ceux de confession musulmane. D’autre part, quand on combine le degré d’adhésion à cet absolutisme religieux et la tolérance à l’égard de la déviance ou de la violence, on retrouve le même facteur multiplicatif : 4 % des jeunes de toutes confessions défendent une vision absolutiste de la religion tout en adhérant à des idées radicales, alors que ce chiffre est de 12 % chez les jeunes musulmans de notre échantillon… Le fait est que la prise en compte des sentiments de discrimination ne diminue qu’à la marge l’effet religieux. Dans notre échantillon, les jeunes musulmans qui se sentent discriminés adhèrent certes plus souvent à des idées radicales que ceux qui ne se sentent pas discriminés. Or, qu’ils soient discriminés ou non, ils sont toujours plus nombreux que les autres jeunes à adhérer à ces idées ».

Tirer une conclusion générale d’un échantillon que l’on a soi même construit en le désignant comme non représentatif aboutit au final à trouver ce que l’on cherche. Une conclusion qui alimente le discours contre l’Islam.

Dans le journal du CNRS

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Débat présidentiel 2017 : les petites et grosses intox des cinq candidats

Le Pen gonfle les chiffres du chômage, Fillon déforme ceux sur les demandeurs d’asile, Macron s’emmêle les pinceaux sur les peines de prison… Neuf déclarations des candidats décryptées.

LE MONDE (http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/21/presidentielle-les-petites-et-grosses-intox-du-debat-a-cinq-candidats-sur-tf1_5097892_4355770.html?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook&utm_term=Autofeed#link_time=1490059296)

21.03.2017 à 01h55 • Mis à jour le 21.03.2017 à 10h16 | Par Adrien Sénécat, Alexandre Pouchard, Maxime Vaudano et Anne-Aël Durand

C’est à un débat pugnace que se sont livrés les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, lundi 20 mars, sur TF1. François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont opposés sur de larges thèmes comme la sécurité, l’immigration, les retraites ou encore l’Europe. Au prix de quelques contrevérités ou d’exagérations, parfois, dans leurs argumentaires. Nous avons décrypté les neuf plus flagrantes relevées.

La proposition inapplicable de Marine Le Pen sur les fichés « S »

Marine Le Pen

Proposition : « Expulser les étrangers islamistes fichés S ».

Marine Le Pen

POURQUOI C’EST INAPPLICABLE

En pratique, la loi permet tout à fait d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l’intérieur. Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l’avance.

Ce qui pose problème, c’est que la candidate laisse entendre qu’il serait possible d’expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d’appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or, la décision d’expulsion ne peut se faire qu’en fonction d’une appréciation individuelle de la menace. Il n’est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d’éloignement.

Mais surtout, le cas des fichés « s » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « s » est un outil de surveillance, pas d’appréciation du niveau de dangerosité d’un individu.

Lire aussi :   Terrorisme : qu’est-ce que la « fiche S » ?

L’intox de François Fillon sur les demandeurs d’asile

François Fillon

« Une partie [des demandeurs d’asile] fuient la guerre en Syrie mais l’immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde. »

François Fillon

POURQUOI C’EST FAUX

En 2015, selon les chiffres d’Eurostat (organisme de statistiques européen), plus de la moitié des demandeurs d’asile venaient de pays en guerre tels la Syrie (29,9 %), l’Afghanistan (14,2 %) et l’Irak (9,7 %).

Les Syriens, Afghans et Irakiens sont les plus nombreux à demander l’asile en Europe
Part de chaque nationalité parmi les primo-demandeurs d’asile dans l’Union européenne en 2015.
0 %5 %10 %15 %20 %25 %30 %35 %SyrieAfghanistanIrakKosovoAlbaniePakistanErythréeNigériaIranInconnuUkraineSomalieSerbieApatridesRussieBangladeshGambieSoudanARY de MacédoineSénégalMaliAlgérieGéorgieBosnie-HerzégovineRDCChineCôte d’IvoireGhanaGuinéeEthiopieAutres hors UE-28

Source : Eurostat

L’erreur d’Emmanuel Macron sur les peines de prison courtes

Emmanuel Macron

« Les peines de moins de deux ans [sont] systématiquement non appliquées.»

Emmanuel Macron

POURQUOI C’EST FAUX

Il est en effet possible, pour les peines de prison ferme de moins de deux ans, d’aménager la peine si la situation de la personne condamnée le permet aux yeux de la justice. Il n’y a alors pas de mandat de dépôt.

Il est, en revanche, erroné de dire que les peines de prison de moins de deux ans ne sont jamais appliquées, ou « systématiquement non appliquées », comme le dit M. Macron. La preuve ? Au 1er janvier 2015, 12 % des peines en cours d’exécution (sur 60 742 détenus) concernaient des peines de moins d’un an et 29 % des peines de 1 à 3 ans, selon les chiffres du ministère de la justice.

Marine Le Pen force le trait sur l’insécurité

Marine Le Pen

Il y a en France une situation « d’explosion de l’insécurité ».

Marine Le Pen

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

Marine Le Pen a évoqué des « violences » et des « cambriolages sur tout le territoire », sans citer de chiffres précis. La candidate du FN semble ici passer un peu vite du sentiment d’insécurité qui reste élevé (notamment du fait des attentats successifs depuis janvier 2015) à une « explosion » des statistiques pour le moins contestable.

Il faut toujours prendre les chiffres de la délinquance avec du recul, car ils mesurent l’activité policière (par exemple à travers les plaintes déposées) et pas les atteintes commises directement. Reste que, selon les grands indicateurs disponibles, difficile de parler « d’explosion ».

Par exemple, le nombre de vols et de tentatives de vol de voitures est en baisse continue depuis 2006, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). A l’inverse, le nombre de victimes de retraits frauduleux sur les comptes bancaires a augmenté. Les cambriolages, les injures ou les violences physiques sont, quant à eux, restés plutôt stables depuis 2014, à un niveau « élevé par rapport au niveau moyen des années 2006 à 2010 », selon l’ONDRP.

Temps de travail : l’argument discutable de François Fillon

François Fillon

« La France est le pays où le volume d’heures travaillées est le plus bas par rapport aux grandes économies. »

François Fillon

POURQUOI C’EST CONTESTABLE

Certaines données, notamment celles d’Eurostat sur le temps de travail des salariés à temps complet, laissent effectivement entendre que les Français travaillent moins longtemps que leurs voisins européens.

Ces chiffres sont toutefois à manier avec précaution : d’abord, il faut également souligner que toutes catégories confondues (c’est-à-dire en intégrant les temps partiels et les indépendants), les Français arrivent cette fois en 10position (sur 28) du classement européen.

Par ailleurs, lorsque l’on s’intéresse au temps de travail et donc à la « rentabilité » des salariés en France, il n’est pas inintéressant de citer les chiffres de productivité. Et cette fois, selon Eurostat, la France se classait en 5e position européenne en 2014, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni par exemple, toujours selon Eurostat.

Lire aussi :   Les Français travaillent-ils vraiment moins que les autres Européens ?

Approximation de Jean-Luc Mélenchon sur le nucléaire

Jean-Luc Mélenchon

« Dans le prochain mandat, 18 réacteurs nucléaires atteignent 40 ans, il faut 100 milliards pour les “recaréner”​. »

Jean-Luc Mélenchon

DU VRAI ET DU FAUX

Le candidat a raison lorsqu’il parle de dix-huit réacteurs qui dépasseront les 40 ans avant 2022. Ils se trouvent dans les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin), Bugey (Ain), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Tricastin (Drôme) et Blayais (Gironde).

En revanche, les « 100 milliards d’euros » que coûteraient le grand « carénage » correspondent plutôt à la somme qu’il faudrait débourser pour rénover les 58 réacteurs français selon la Cour des comptes. Pour les dix-huit réacteurs évoqués, on arrive plutôt à 30 milliards… bien qu’il ne s’agisse que d’une estimation, qui peut encore évoluer.

Dette publique : l’erreur de François Fillon

François Fillon

« Nous sommes le pays le plus endetté de tous les grands pays développés »

François Fillon

POURQUOI C’EST FAUX

Alors que la dette publique française est d’un ordre de grandeur équivalent au produit intérieur brut (PIB) – soit 97,5 % de celui-ci au troisième trimestre 2016 selon l’Insee –, cela n’en fait pas le pays le plus endetté du monde. Par exemple, les Etats-Unis (108 % du PIB) et le Japon (250 %) le sont beaucoup plus.

Attention, néanmoins, ce chiffre à lui seul ne permet pas d’appréhender la situation des finances publiques d’un pays, puisque d’autres paramètres jouent : croissance, taux d’emprunts, niveau du chômage… C’est pourquoi le taux d’endettement du Japon, qui peut paraître spectaculaire, n’est pas un problème majeur pour le pays actuellement.

Chômage : l’exagération de Marine Le Pen

Marine Le Pen

« Nous avons 7 millions de chômeurs. »

Marine Le Pen

POURQUOI C’EST TROMPEUR

Si l’on y ajoute les personnes à temps partiel et souhaitant travailler davantage (les catégories B et C), ce chiffre s’établit à 5,5 millions, selon les chiffres de Pôle emploi. Si l’on ajoute les catégories D et E, qui regroupent les personnes non tenues de chercher un emploi (personnes en stage, formation, maladie, contrats aidés…), on atteint 6,2 millions de demandeurs d’emploi en janvier 2017 (6,6 millions pour la France entière).

A la fin de janvier, en France métropolitaine, le nombre de chômeurs tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) était de 3,5 millions. C’est ce nombre que l’on convoque communément pour parler des « chiffres du chômage ».

Cette définition, très large, ne correspond pas à celle du « chômeur », au sens du Bureau international du travail (BIT), qui doit répondre à trois critères simultanément :

  • être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant une semaine de référence ;
  • être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;
  • avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

C’est sur cette base que l’Insee estimait le nombre de « chômeurs » à 2,8 millions de personnes en France métropolitaine au troisième trimestre 2016.

Lire aussi :   Chômage : pourquoi des chiffres différents entre l’Insee et Pôle emploi ?

L’exagération d’Emmanuel Macron sur le niveau des écoliers

Emmanuel Macron

« Nous avons plus de 20 % des élèves qui arrivent en CM2 » qui ne savent pas lire, écrire ou compter.

Emmanuel Macron

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

Les statistiques du ministère de l’éducation nationale sur le niveau des élèves de CM2 montraient en 2013 que 79,8 % maîtrisaient les compétences attendues en lecture et 70,9 % celles en mathématiques. Des chiffres qui peuvent sembler correspondre à l’ordre de grandeur évoqué par le candidat, mais sa présentation est, en réalité, trompeuse.

Il est, en effet, faux d’affirmer que ceux qui ne maîtrisent pas les compétences du socle ne savent pas lire ou compter. Sur la compétence lire, il est notamment attendu de savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles [implicites], repérer les effets de choix formels ».

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L’immigration réussit à l’école londonienne

L’immigration est un facteur principal de la réussite de l’école londonienne qui obtient de meilleurs résultats que la moyenne anglaise. C’est ce qu’a rappelé Michael Gove, l’ancien ministre travailliste de l’éducation, au moment où le Royaume Uni vit la tentation de l’enfermement avec le Brexit. Il reprend là les résultats d’une étude de Simon Burgess (Bristol University) que le Café pédagogique a fait connaitre en 2015. Il a démontré que les bons résultats des écoles de Londres (10%au dessus de la moyenne) sont liés aux aspirations des familles migrantes et à la capacité intégratrice de ces écoles.

 

Article BBC News

Quand la diversité ethnique fait la réussite de l’école

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Gazette d’@rrêt sur images, n°483. Macron et les medias : pourquoi tant d’amour ?

Gazette d’@rrêt sur images, n°483

Ils l’aiment, c’est certain. Et ils le lui disent, à longueur d’édtoriaux, de sondages flatteurs, de couvertures de magazines. Ou encore, en n’étant pas trop curieux sur ses donateurs, ou les variations de son patrimoine. Mais pourquoi les medias aiment-ils tant Emmanuel Macron ? Parce qu’il fait vendre ? Parce qu’il est nouveau sur le marché ? Parce que fondamentalement, les propriétaires de medias et les patrons des rédactions sont idéologiquement « raccord » avec lui et considèrent, comme lui que droite et gauche sont des notions dépassées ? C’est avec deux journalistes, le directeur de Match Bruno Jeudy, et le « spécialiste Macron » de Mediapart Mathieu Magnaudeix, que nous tentons de répondre à la question : pourquoi tant d’amour ? Notre émission est ici (1).

Cette semaine encore, ne ratez pas nos chroniques.

C’est en partant de l’histoire…de l’isoloir, que Mathilde Larrère raconte l’histoire de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel. Sa chronique est ici (2).

Quant à Océanerosemarie, elle a vibré avec le « rêve » des medias pour la jeune Mélanie Ségard, la jeune trisomique qui « rêvait » de présenter la météo. En se demandant bien pourquoi des medias si émerveillés n’embauchent pas davantage de handicapés. Sa chronique est ici (3).

 

Daniel Schneidermann

(4)

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Remplacements : la nouvelle circulaire

Annoncée par la ministre dans la circulaire de rentrée, la nouvelle circulaire sur le remplacement des enseignants change la donne au primaire come au secondaire. Elle commence par un rappel de tous les textes encadrant les différents types d’absence (enfant malade, concours, election etc.) pour arriver au régime des remplacements.

Dans le 1er degré, la circulaire invite à  » abandonner la distinction des zones de remplacement en fonction des catégories d’absence. L’ensemble des remplaçants sont affectés dans des zones pour répondre à l’ensemble des besoins de remplacement et à la formation continue des enseignants. Les zones de remplacement sont déterminées, par arrêté, par l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale après avis du comité technique départemental ». La circulaire de rentrée annonçait que  » l’ensemble des remplaçants sont affectés dans des zones pour répondre à l’ensemble des besoins de remplacement et à la formation continue… et qu’un remplaçant a vocation à remplacer tout service (toute école, tout poste, toute durée) dans l’intérêt du service et des élèves. » C’est bien la cas.

Dans le second degré, les modifications sont tempérées. Si ma circulaire rappelle le décret de 2005 c’est pour en atténuer les effets.  » Le chef d’établissement recherche en priorité l’accord des enseignants pour participer à ce dispositif même s’il a la possibilité de recourir à la désignation d’un enseignant en l’absence de volontaires », dit la circulaire. « Par ailleurs, par-delà le recours à un remplaçant pour assurer la continuité pédagogique d’un enseignement, la mobilisation des moyens de surveillance est assurée, notamment par le recours aux services des assistants d’éducation ».

La circulaire

Sur les remplacements

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