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La Cour des Comptes veut revoir l’évaluation de l’Ecole et des enseignants

Le rapport de la Cour des Comtes  sur  l’évaluation de l’Education nationale « pour améliorer sa performance » appelle à une rupture complète avec la culture de l’institution scolaire. La Cour demande la mise en place de batteries de tests automatisés, pilotés par une nouvelle institution à créer , susceptible d’évaluer les performances du système éducatif, des élèves et des enseignants. Ce rapport peut devenir un levier puissant pour supprimer le Cnesco et, bien au delà, piloter de façon très hiérarchique et coercitive l’Ecole et les enseignants. Il importerait en France des modes d’évaluation américains qui n’ont apporté que désillusions.

L’évaluation une exigence pour l’Ecole

« La massification des populations scolaires impose une sommation de la mesure des savoirs transmis, maintenant possible par l’emploi de modes d’enquêtes, plus systématiques et globaux, sous forme de tests le plus souvent numérisés. C’est ainsi que pratiquent les enquêtes de référence internationales et nombre d’institutions éducatives étrangères ». Dans un nouveau rapport publié le 20 février, la Cour des Comptes invite l’Education nationale à réorganiser son évaluation et à mettre en place une évaluation de type américain.

« L’évaluation constitue pour l’Éducation nationale, peut-être plus encore que pour tout autre service public, un impératif. L’école a pour mission première la transmission des connaissances. Aussi la mesure des connaissances transmises est consubstantielle à sa mission, inhérente à l’acte d’enseigner comme cette mesure est indispensable à l’évaluation du fonctionnement et des performances du service public de l’éducation », estime la Cour.

Des évaluations actuelles contradictoires

La Cour dénonce des évaluations trop partielles et une multiplication d’initiatives. Elle reconnait la solidité des évaluations Cedre réalisées par la Depp mais déplore qu’il faille 5 ans pour avoir une évaluation dans toutes les disciplines. Elle salue la mise en place de l’évaluation de 6ème depuis 2015 et son extension à tous les élèves depuis 2017.

Mais la Cour relève aussi des évaluations divergentes à l’intérieur du système éducatif. On va voir que les choix opérés par la Cour ne doivent rien au hasard. Ainsi à propos  du dispositif PARLER que la Cour gratifie d’une évaluation positive alors que l’Inspection générale a émis un avis négatif. La Cour oublie que l’Inspection s’était interessée à l’efficacité durable du dispositif. Même chose , mais à l’envers pour l’enquête de R Goigoux, Lire et écrire au CP dont les résultats sont contestables selon la Cour. La Cour défend aussi l’idée que les classes de niveau sont positives et s’appuie sur les travaux d’Esther Duflo, que Blanquer vient de faire entrer dans son Conseil scientifique. La Cour relève les évaluations divergentes sur l’efficacité de l’éducation prioritaire. Elle s’indigne de voir les maitres + multipliés alors que leur efficacité n’est pas prouvée. Autrement dit la Cour reprend les chevaux de bataille des dénonciateurs du « pédagogisme ».

Lier davantage l’évaluation des enseignants et la carrière

La Cour attaque aussi l’évaluation des enseignants. Elle a pu calculer que le nombre d’inspections d’un esneignant est en moyenne de 5 soit une tous les 7 ans (5 ans au primaire). Surtout l’évaluation n’est pas assez liée à la carrière estime la Cour. « Le critère de l’ancienneté demeure très prégnant », estime la Cour. « Le projet du ministère dispose que les propositions annuelles de promotion à la hors classe seront basées sur un « barème » fondé sur deux éléments, d’une part l’appréciation finale du troisième rendez-vous de carrière de l’enseignant, d’autre part le nombre d’années de présence de l’enseignant dans la plage d’appel statutaire à la hors-classe. Aussi cette réforme est loin de garantir une connexion plus forte entre carrière et évaluation. De surcroît apparait le risque que s’instaure effectivement une déconnexion entre évaluation et avancement ».

Une attaque frontale du Cnesco

Tout cela amène la Cour à attaquer frontalement le Cnesco. Certes elle  relève qu’à chaque alternance politique on a changé l’organe d’évaluation de l’Ecole : Hcéé, HCE puis Cnesco. Mais elle invite à supprimer à son tour le Cnesco en attaquant frontalement son mode de fonctionnement. « Les critiques adressées à l’instance actuelle chargée de l’évaluation du système éducatif, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), illustrent les divergences de vision et d’attentes en termes de méthodologies. Sans enlever de l’intérêt à des conclusions obtenues par « consensus participatif » ou « collaboratif » tel que pratiqué par le CNESCO ou le secrétariat général à la modernisation des politiques publiques, elles n’acquièrent leur valeur probante que si elles se combinent avec des données objectives. Les méthodes dites participatives ou collaboratives d’évaluation, pour disposer d’une base solide, ont grand besoin de données ».

Une nouvelle instance et des batteries de tests annuels

La Cour invite à créer plus qu’une nouvelle instance un nouveau système. « Il serait possible de construire un système cohérent, crédible et efficace d’évaluation à condition de lui fixer, au moins dans un premier temps, une cible prioritaire et de concevoir les instruments à cet effet Un consensus pourrait se dégager pour estimer comme condition première et nécessaire à l’évaluation du système éducatif, la mesure du degré de maitrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui clôt la scolarité obligatoire », écrit la Cour.

« Le déploiement actuel des technologies numériques dans les établissements scolaires et les progrès réalisés par les tests standardisés, rendent possible la généralisation de contrôles réguliers des connaissances et compétences acquises, pour un coût raisonnable car fortement dégressif. La généralisation des tests de compétences en classe de sixième à la rentrée 2017 ouvre cette voie. Grâce à un dispositif étendu d’évaluation des acquis des élèves, il serait non seulement possible de mesurer une performance collective, mais de décliner des données agrégées par équipes éducatives, par établissements, par dispositifs pédagogiques ».

Ce nouvel organisme indépendant publierait un rapport annuel sur la performance du systeme éducatif. Pour cela il mettrait aussi en place des batteries de tests d’abord à chaque entrée et fin de cycles puis à l’entrée et à la fin de chaque année pour évaluer les élèves mais aussi les enseignants. C’est l’idée de l’évaluation par les résultats que JM BLanquer a aussi défendu récemment.

Le modèle dépassé du NCLB

La Cour s’appuie sur les systèmes existant aux Etats Unis, où le Teaching for the test est devenu une routine, et au Luxembourg, les eux seuls états où on ait vraiment des systèmes d’évaluation sur l’enseignement obligatoire.

Ces idées ne sont pas réellement neuves. La mise en place  d’évaluations tests a commencer aux Etats Unis dans les années 1960. Elle est devenue un système , liant évaluation des élèves, des écoles et des enseignants avce la loi No Child Left Behind , en 2002.

La loi NCLB mettait en place des indicateurs et liait l’avenir des écoles et le salaire et l’emploi des enseignants aux résultats des évaluations. Cela a généré des fraudes en tous genres et totalement déformé les enseignements, l’objectif étant d’enseigner pour le test et non pour le développement de l’élève. Par exemple les disciplines non évaluées ont été abandonnées ou réduites.

Quinze ans plus tard NCLB a été supprimée et remplacée par une nouvelle loi nettement moins coercitive. Le paradoxe c’est qu’alors qu’aux Etats Unis on réfléchit aux désillusions apportées par NCLB, en France la vague arrive portée par l’arrivée au ministère de JM Blanquer.

Ce que sous tend ce type d’évaluation, tout comme les dispositifs vantés par la Cour comme  PARLER, c’est un encadrement  hiérarchisé et très strict des enseignants. C’est l’idée qu’en imposant des normes et en vérifiant leur application on va améliorer le système éducatif.

Une menace directe pour les enseignants

Aux Etats Unis il aura fallu la multiplication des scandales et des fraudes pour que ce type de système soit remis en question. Comme l’explique Anthony S. Bryk, tout cela a surtout apporté des désillusions. Si cette politique définit de « bonnes pratiques » elle ne dit pas  » ce qu’il faudrait faire pour que l’intervention fonctionne pour différents sous groupes d’élèves et d’enseignants ou dans différents contextes. Ici, au fond, nous sommes confrontés à la différence entre la connaissance que quelque chose peut fonctionner et la connaissance sur la façon de le faire fonctionner de manière fiable sur des contextes et des populations variés », note A S Bryk.

Pour AS Bryk cela doit nous inviter à nous focaliser non sur la pratique mais sur son application.  » Ces observations suggèrent que nous accordions plus d’attention aux tâches que les enseignants accomplissent et aux environnements organisationnels qui façonnent la manière dont ce travail est mené. Plutôt que de laisser croire que la voie vers l’amélioration des résultats consiste à ajouter continuellement de nouveaux programmes (de fait « plus de pièces »), cette perspective nous encourage à nous concentrer d’abord sur l’amélioration de notre compréhension des systèmes de travail qui créent des résultats insatisfaisants. Car c’est dans cette capacité à voir le système que les progrès significatifs peuvent s’établir », écrit-il.

Or c’est justement ce que fait le Cnesco qui semble galoper loin devant la Cour. Le Cnesco aborde les questions pédagogiques à travers des conférences de consensus qui réunissent chercheurs et enseignants. C’est cette rencontre qui peut être efficace pour faire évoluer les pratiques sur le terrain. Et c’est aussi ce que R Goigoux a fait dans la recherche Lire Ecrire.

La Cour a multiplié très récemment les rapports sur l’Ecole. Il y a quelques mois elle a demandé l’annualisation des services enseignants Dans un autre rapport la Cour a plaidé pour une réorganisation territoriale de l’Education nationale.

Tous ces rapports convergent avec les  idées développées par JM Blanquer dans L’Ecole de demain. Ils sont un puissant appui pour le ministre. Autrement dit ce rapport aura des suites. Et sans doute rapidement.

Le rapport

La Cour veut un recadrage du métier d’enseignant

La Cour veut « simplifier » l’organisation territoriale de l’Education nationale

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Enseignement professionnel : comment c’est ailleurs ?

 » Un nombre croissant de pays s’accordent à reconnaître qu’un enseignement et une formation professionnels de qualité peuvent contribuer de façon déterminante à leur compétitivité économique. Dans le deuxième cycle du secondaire, les filières d’Enseignement et Formation Professionnelle (EFP) sont plus fortement corrélées à l’employabilité que les filières générales », reconnaît une étude de l’OCDE publiée cet été. Mais l’enseignement professionnel traine une image négative qui rend difficile les poursuites d’études. Selon l’OCDE c’est plus vrai en France qu’ailleurs.

Quand on regarde l’importance de l’EFP dans les pays de l’OCDE on observe deux extrêmes. D’un coté le Canada, le Japon ou la Corée où l’EFP est très peu développé. De l’autre, la Belgique, la Finlande, la Suisse, la Chine, l’Allemagne où il domine l’enseignement. La France se situe en position médiane.  » Globalement, en 2012, dans plus d’un tiers des pays de l’OCDE, le pourcentage d’élèves suivant une filière préprofessionnelle ou professionnelle représentait plus de 50 % des effectifs totaux du deuxième cycle du secondaire », note l’OCDE.

Ces pays là ont souvent associé formation professionnelle et apprentissage, note l’OCDE, pour  améliorer les débouchés des jeunes.  » Dans certains systèmes, l’apprentissage en milieu scolaire est largement combiné à un apprentissage en milieu professionnel. Ces systèmes de « double formation » s’observent par exemple en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Hongrie, aux Pays-Bas, en République slovaque, en République tchèque et en Suisse.  En plus d’offrir aux élèves la possibilité d’acquérir des compétences valorisées dans le monde du travail, l’apprentissage en milieu professionnel permet de développer des partenariats entre les secteurs public et privé, et d’impliquer les partenaires sociaux et les employeurs dans le développement des filières d’EFP, souvent par le biais de la définition des cadres de leurs programmes d’enseignement. Un système d’EFP offrant une composante bien intégrée d’apprentissage en milieu professionnel peut ainsi faciliter la transition entre l’école et le monde du travail. »

Le point faible de l’EFP reste la poursuite d’études.  » Moins de 15 % des jeunes obtenant un diplôme à l’issue d’une filière professionnelle du deuxième cycle du secondaire poursuivent ensuite leurs études dans l’enseignement post-secondaire. Dans certains pays, ce constat s’explique par le fait que ces élèves trouvent un emploi directement à l’issue de leur formation professionnelle du deuxième cycle du secondaire. Dans d’autres cas, toutefois, cette situation est imputable au fait que les élèves suivant une filière d’EFP dans le deuxième cycle du secondaire rencontrent des difficultés pour poursuivre leurs études. » La remarque est particulièrement vraie pour la France.

La question de la qualité des formations en EFP est posée par l’OCDE. Les diplômés de l’EFP ont à la fois plus de chances d’avoir un emploi et plus de chance d’être ni en emploi ni en formation que les autres. « Il est essentiel d’améliorer la qualité des filières d’EFP pour contrer l’image négative qu’elles véhiculent dans de nombreux pays et créer davantage de possibilités pour la poursuite des études », estime l’OCDE. Pour cela il appelle le spartenaires sociaux à prendre plus de place dans l’EFP.  » Les partenaires sociaux peuvent s’impliquer aux différents niveaux des systèmes d’EFP, du secondaire à l’enseignement supérieur, afin de développer les possibilités d’apprentissage en milieu professionnel et de renforcer la flexibilité des dispositifs de formation pour en faciliter l’accès aux adultes ayant déjà des obligations professionnelles et familiales ».

Etude OCDE

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Lycée professionnel : un rapport qui laisse les mains libres au ministre

« Tous les acteurs de la voie professionnelle, particulièrement les professeurs, doivent sentir un vent de renouveau ». Ces propos de JM Blanquer ouvrent le 22 février la présentation du rapport sur la voie professionnelle de la députée EM Céline Calvez et du  cuisinier Régis Marcon.  Quelques jours après la publication des rapports sur l’apprentissage et sur la réforme du lycée, ce texte aurait pu clore la réorganisation de l’enseignement secondaire. En fait il donne des pistes assez vagues, teintées de bons sentiments, reprenant de vieilles idées du ministère, qui n’engagent en rien le ministre. En se basant sur ses points les plus inquiétants, JM Blanquer pourrait faire passer des mesures conduisant à une déprofessionnalisation de la voie professionnelle.

Réorganisation de la voie pro

La principale mesure semble être la réorganisation des filières. Les deux rapporteurs envisagent des secondes professionnelles réorganisées autour de seulement 5 à 15 familles de métiers au lieu des 80 filières actuelles. « On n’entre pas dans un métier bloqué mais dans un panel qui permettra de les découvrir » explique R Marcon. C Calvez parle de « parcours progressif vers une spécialisation plus poussée ». Pour les rapporteurs les filières actuelles trop précises sont « trop compliquées pour les familles ». Le regroupement est « plus lisible pour les familles ».

En seconde l’élève suit un enseignement de découverte des métiers à la place des stages en entreprise. L’accent est mis sur « les compétences transversales », c’est à dire le savoir être en entreprise, l’esprit d’entreprendre. Tout cela est délivré dans un module spécial. Le choix de la spécialité se fait en fin de seconde.

A partir de la première l’élève suit de véritables périodes de formation en entreprise. Mais ces périodes seront redéfinies avec les branches professionnelles. Leur durée et leur rythme seront définis au niveau de l’établissement.  Mais le nombre global minimum de PFMP sera précisé diplôme par diplôme au niveau national.

En fin de première le jeune doit choisir entre la poursuite d’études ou l’insertion professionnelle. En terminale il suivra un module de recherche d’emploi ou un module de préparation aux études supérieures. Interrogés par le Café pédagogique, les deux rapporteurs étaient incapables de donner des précisions sur le contenu, le volume horaire ou les enseignants de ces modules.

L’orientation

La question de l’orientation vers la voie professionnelle est un point important abordé par les rapporteurs comme une question d’information.  Pour eux il suffit de développer une plateforme numérique d’information des familles sur l’orientation.

La rapport consacre aussi un chapitre au CAP.  » Confrontées à une demande pressante des familles, les académies ont été conduites, au cours des dernières années, à sécuriser la poursuite d’études d’élèves qualifiés de prioritaires, en leur réservant des places en CAP avec, pour conséquence, de restreindre, voire d’interdire à des élèves issus de troisième générale, l’accès à ces formations : aujourd’hui, les élèves provenant de l’enseignement adapté représentent en moyenne le quart des élèves accueillis en première année de CAP alors que la proportion des élèves de troisième tend à diminuer. Certains CAP sont devenus, de fait, quasi-exclusivement réservés à des élèves de Segpa, avec une distance de plus en plus perceptible entre les attendus du diplôme et le degré de maîtrise des compétences que possèdent ces élèves », écrit le rapport. Il demande  » la consolidation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ».

Mélange des publics

A tous les niveaux, le rapport préconise de mélanger les publics, élèves en statut scolaire et apprentis. Il demande la suppression des diplômes intermédiaires comme le BEP. Les diplômes seraient délivrés en blocs de compétences. Ce sont ces blocs qui remplaceront notamment les diplômes intermédiaires.

Les enseignants en entreprise

Certaines préconisations concernent les enseignants. Le rapport veut  » créer des modules de formation communs aux enseignants des disciplines générales et des disciplines professionnelles, centrés sur la connaissance de l’entreprise, le travail en mode projet et l’ingénierie pédagogique ». Il souhaite aussi un stage d’une semaine en entreprise pour les futurs enseignants de la voie professionnelle, quelle que soit leur discipline.

Il souhaite aussi que des professionnels aient accès plus facilement aux métiers de l’enseignement en lycée professionnel.

Le ministre a mis en avant une nouvelle fois les campus des métiers , évoquant des « Harvard du professionnel ». Une vision qui ne lui coute pas grand chose puisque ce sont les régions qui financent les campus. Il s’agit de « créer des locomotives ».

JM Blanquer va maintenant entrer en concertation avec les syndicats. Il fera part de ses décisions en avril.

Des préconisations qui ignorent la réalité

On est frappé de la légèreté du rapport sur bien des points. A commencer par l’orientation et l’attractivité de la voie professionnelle.

La réalité de l’orientation vers la voie professionnelle c’est que celle ci se fait encore majoritairement sur l’échec et que la diffusion d’informations n’y changera pas grand chose. Aujourd’hui 14% des familles demandent la voie professionnelle mais 36% y vont. De plus il faut souligner que les jeunes obtiennent rarement la spécialité qu’ils souhaitent.  Ils sont orientés vers les spécialités où il reste des places en fonction de leur livret scolaire de 3ème. Rien ne dit que ça change…

Comment améliorer l’attractivité du bac pro ?

Il y a pourtant des solutions pour améliorer l’attractivité de la voie professionnelle. Vincent Troger a montré que  le bac pro a gagné en attractivité depuis 2010 en offrant une nouvelle voie d’accès au supérieur. Selon lui, la réforme du bac pro a changé le regard des élèves sur l’enseignement professionnel.  » Le seul fait d’avoir créé le bac pro en 3 ans a changé les aspirations de ces jeunes. Même si leur situation culturelle les rend plus à l’aise dans les savoirs instrumentaux , ils ont maintenant un accès possible à l’enseignement supérieur. Ca ouvre des possibilités de promotion suite à cette décision politique », nous a-t-il dit en 2016. « En retirant une année d’études à des familles pour qui elles pèsent sur le budget, et en retirant le blocage du BEP pour ouvrir la perspective du bac, c’est clair que ça a ouvert des aspirations… Un aspect symbolique aussi a joué : c’est le bac en 3 ans donc c’est le même bac que les autres, se sont dits les jeunes ».

De fait de 2010 à 2017 le nombre de bacheliers professionnels a explosé passant de 110 000 à 190 000. Et c’est cette explosion qui a porté la démocratisation du bac. Aujourd’hui plus de 100 000 jeunes bacheliers professionnels souhaitent poursuivre des études supérieures. 70 000 demandent une place en BTS , la filière du supérieur où ils ont un taux de réussite correct. Mais seulement 37 000 sont admis. Environ 14 000 s’inscrivent en université faute de mieux et là ils échouent massivement. Les autres abandonnent le rêve qu’on leur a fait miroiter.

De ce terrible gâchis le rapport ne dit rien. Pire, la nouvelle loi Vidal va de fait bloquer l’accès en université des bacheliers professionnels sans que pour autant un effort soit fait pour augmenter significativement le nombre de places en BTS. Et ce  n’est pas un module qui remplacera ces places. Interrogé par le Café pédagogique, JM Blanquer dit seulement « qu’il est évident qu’on doit avoir des places réservées pour les bacs pros en BTS. On peut avoir des mesures volontaristes ».

Mais il y a pire encore. La réforme multiplie les incitations à ne pas poursuivre d’études supérieures avec un choix final en fin de première. Ceux qui feront ce choix se heurteront au mur du manque de places. Et ceux qui auront choisi l’insertion professionnelle sortiront du bac avec une formation professionnelle réduite à 2 ans alors même que 3 ans semble actuellement trop court. Finalement le rapport, s’il est suivi, rendra encore plus incertain l’avenir des jeunes passés par le lycée professionnel quelque soit leur destination finale.

Des préconisations dont l’échec est déjà annoncé

D’autres recommandations du rapport font l’objet de critiques dès maintenant. La seconde dessinée par famille de métier existe déjà et elle n’ a pas donné de bons résultats. On le voit clairement avec le bac GA où la fusion des secrétaires et des comptables dans un bac unique aboutit à une déprofessionnalisation qui est très négativement ressentie par les élèves et les enseignants. Le ministère a du lui même admettre qu’il faut réformer ce  bac. Généraliser cette mesure pourrait bien généraliser la crise.

Le mélange des publics, apprentis et scolaires, qui est mis en avant dans le rapport ne semble pas plus judicieux. Effectivement il permet de rentabiliser les installations. Mais au niveau de la classe, les enseignants savent que ça ne fonctionne pas. Comment gérer la progression d’élèves qui ont des calendriers différents ? Comment gérer leur scolarité alors que des règlements  différents s’appliquent pour tous les aspects de la vie quotidienne (absences par exemple) ? Lors de la conférence du Cnesco un chercheur britannique , Andy Green, a pu montrer que ce mélange nuit aux apprentissages.

Cette conférence avait montré que l’avenir de la voie professionnelle passait par la revalorisation des curricula de l’enseignement général. Or ce point est ignoré sauf en CAP. Le Cnesco avait aussi posé la question des LP ghettoïsés.

Des jeunes sacrifiés ?

Or la signature de ce rapport c’est l’omission de toute la réalité sociale de l’enseignement professionnel. L’enseignement professionnel c’est la voie des pauvres. Il concentre des populations socialement défavorisées : on compte dans l’enseignement professionnel 60% d’enfants d’ouvriers et seulement 12% d’enfants de cadres. A cela on pourrait ajouter la discrimination ethnique. Certaines filières se sont fortement ethnicisées au moins en Ile de France (par exemple opposition coiffure – esthétique). De tout cela le rapport ne dit mot.

Cette indifférence au devenir des jeunes des LP fait la différence avec ceux de l’apprentissage. Le rapport Calvez Marcon a beau multiplier les bons sentiments, au final il ne répond pas aux vraies questions d’attractivité, d’orientation, de formation et de devenir des lycéens de LP. On peut craindre qu’une nouvelle fois ils soient sacrifiés et que la réforme du LP se traduise pour eux par un retour en arrière.

Le rapport Marcon Calvez

La conférence du Cnesco (DOSSIER)

Un point sur l’enseignement profesionnel

Entretien avec V Troger

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[Cerises] Prévenir, accompagner

Sortir du répressif inefficace, prévenir, accompagner, c’est le thème du « sandwich » de ce numéro 343, entre autres.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Procès #AppleContreAttac : Apple condamné, Attac agit pour « l’intérêt général »

Procès #AppleContreAttac : Apple condamnée, Attac agit pour « l’intérêt général »

Campagne 23 février 2018

L’ordonnance de référé opposant Apple à Attac a été rendue ce vendredi 23 février 2018 : Apple est déboutée de l’ensemble de ses demandes et est condamnée à verser 2 000 € à Attac !

Fin décembre, Apple nous assignait en référé pour empêcher toute future action d’Attac dans ses magasins. Le jugement rendu par le tribunal est limpide : « La simple pénétration de militants dans l’enceinte du magasin Apple Store Opéra, ou dans d’autres magasins situés en France, sans violence, sans dégradation, et sans blocage de l’accès du magasin à la clientèle, ne suffit pas à caractériser un dommage imminent justifiant de limiter le droit à la liberté d’expression et à la liberté de manifestation des militants de l’association Attac, qui agissaient conformément aux statuts de l’association, et dans le cadre d’une campagne d’intérêt général sur le paiement des impôts et l’évasion fiscale. »

Alors que l’évasion fiscale pratiquée par Apple affaiblit les finances publiques, il aurait été scandaleux que la justice protège Apple et épingle une association qui défend l’intérêt général, avec des actions citoyennes non violentes. Au final, non seulement les accusations d’Apple sont rejetées en bloc, – Apple « parle des “actes de vandalisme”, ou des actions ayant mis en péril la sécurité des employés et des clients […] sans en justifier par la production de pièces probantes » – mais le tribunal confirme le caractère d’intérêt général de la campagne d’Attac.

Nos actions visent à ce qu’Apple, la plus grande multinationale du monde, paie sa juste part d’impôts dans les pays où elle exerce réellement ses activités et accepte le redressement fiscal de 13 milliards d’euros que lui réclame la Commission européenne en retirant son recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Avec la campagne #ApplePayeTesImpôts, nous avons constaté un ras-le-bol de la grande majorité de la population face à l’impunité fiscale des ultra riches et des multinationales. Au rassemblement du 12 février devant le TGI de Paris, l’ensemble des représentant·e·s associatifs, syndicaux et politiques ont accueilli positivement l’idée d’une « alliance pour la justice fiscale ». Ce jugement est donc un encouragement à poursuivre et amplifier la mobilisation pour que les multinationales paient enfin leur juste part d’impôts.

Nous attendons sereinement un éventuel appel d’Apple et nous allons désormais consacrer toute notre énergie à la préparation de nouvelles actions pour la justice fiscale à l’occasion de l’examen du projet de loi contre la fraude fiscale prévu avant cet été. Attac invite d’ores et déjà à se mobiliser pour le procès de Nicole Briend le 7 juin à Carpentras (suite à une plainte de BNP Paribas) et pour les 20 ans de notre association prévus le 2 juin prochain à la Bellevilloise à Paris.

Plus d’informations


Attac France — 2018
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Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

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Communiqué commun FIDH et SCM : « Syrie : le Conseil de sécurité doit décréter un cessez-le-feu immédiat pour sauver les civils de la Ghouta orientale »

Syrie : le Conseil de sécurité doit décréter un cessez-le-feu immédiat pour sauver les civils de la Ghouta orientale

Communiqué commun FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme), dont la LDH est membre, et SCM (Centre syrien des médias et de la liberté de l’expression)

Le régime de Bachar El Assad et son allié russe écrasent depuis quelques jours les 400 000 civils – dont 100 000 enfants – de la Ghouta, enclavée et coupée du reste du monde sous les bombardements. Alors que la communauté internationale a été jusqu’à présent incapable de faire cesser les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à la Ghouta et ailleurs en Syrie, nos organisations appellent le Conseil de sécurité, qui se réunit aujourd’hui, à adopter une résolution sous le chapitre VII de la charte des Nations unies, afin d’instaurer un cessez-le-feu immédiat, obtenir la levée du siège de la Ghouta et garantir un accès humanitaire inconditionnel et immédiat aux populations civiles prisonnières de la Ghouta orientale.

Depuis le 18 février, le régime de Bachar El Assad et son allié russe intensifient leurs bombardements sur les populations civiles de la Ghouta orientale, afin de reprendre coûte que coûte cette banlieue de Damas tombée aux mains des rebelles en 2012, et bombardée quasi quotidiennement depuis.

Selon les organisations syriennes membres et partenaires de la FIDH, les bombardements intensifs des armées syrienne et russe auraient tué plus de 300 civils ces derniers jours. Des sources locales ont recensé 24 attaques contre des établissements de santé depuis lundi. 6 hôpitaux sont désormais hors service, d’autres n’opèrent plus que partiellement, privant les victimes de soins adéquats.

« Après 7 années de violence et de crimes sans interruption, le régime syrien, les forces russes et leurs alliés sont en train de commettre un nouveau crime de masse en toute impunité. La communauté internationale semble résignée à l’impuissance » déclare Mazen Darwish, président du SCM. « Il faut être clair, la région de la Ghouta et celle d’Idlib sont des enclaves où des centaines de milliers de personnes sont enfermées et piégées, condamnées à se voir bombarder de façon indiscriminée. Les responsables de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité devront un jour répondre de leurs actes ».

Coupée du monde et de toute aide humanitaire, pilonnée sans relâche, cette banlieue de Damas est privée des moyens de survie les plus basiques.

« Le blocage de la communauté internationale joue un rôle clé dans ces massacres. Il n’est plus l’heure de simples condamnations. Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit agir pour l’arrêt des bombardements, la levée du siège de la Ghouta et le rétablissement de l’accès humanitaire à la population civile. » a déclaré Dimitris Christopoulos, Président de la FIDH. « Dans les situations de crimes les plus grave et d’urgence humanitaire, le Conseil de sécurité doit agir ou être réformé pour ne plus se trouver paralysé par le veto des auteurs et complices des crimes en cours ».

Car si la situation dans la Ghouta orientale est d’ores et déjà dramatique, elle n’est pas la seule région à faire l’objet de bombardements intensifs par des armements conventionnels et non conventionnels, prohibés par les conventions internationales. Ainsi, un déluge de feu s’abat également sur la province d’Idlib depuis le début du mois, et aurait déjà fait de nombreuses victimes, principalement des civils. Les organisations syriennes rapportent également que le régime aurait mené des attaques chimiques depuis le début de l’année, utilisant notamment du chlore.

Il est impératif et urgent que les organisations humanitaires dont notamment les convois des Nations Unies puissent avoir un accès sans entrave aux populations civiles de la Ghouta Orientale, à Idlib, et dans le reste du pays.

A la lumière des récentes informations recueillies par ses organisations partenaires, la FIDH et SCM appellent toutes les parties au conflit, et particulièrement les autorités politiques et militaires syriennes, russes et iraniennes, à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et des résolutions de l’ONU, et en particulier à :

– Mettre fin aux bombardements et aux attaques indiscriminées contre les civils ;
– Garantir sans restriction l’accès du Comité International de la Croix rouge à toute zone assiégée et bombardée, et notamment à la Ghouta ;
– Garantir une assistance humanitaire à la population civile ;
– Lever les sièges de toutes les villes syriennes concernées.

Alors que l’Envoyé Spécial pour la Syrie Staffan De Mistura demande qu’une nouvelle série de pourparlers se tiennent à Genève, il est urgent que la communauté internationale le soutienne afin de trouver une solution politique au conflit syrien.

La FIDH et SCM réitèrent que toute violation du droit international est un obstacle essentiel à tout processus de paix et rappellent que la société civile syrienne doit être intégrée à toute recherche de paix durable en Syrie.

Paris, le 23 février 2018

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communiqué intersyndical FP CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires

22 mars : grève et manifestations dans la Fonction publique !

A nouveau réunies le 21 février, les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires ont fait le bilan des réunions bi latérales organisées par le Ministre. Les discussions ouvertes par le gouvernement sur le recours accru aux contractuels, les éléments de rémunération dont celui du mérite, une révision des instances de dialogue social…engagent de profondes remises en cause des missions publiques et une dégradation des conditions de travail des agent-es. C’est aussi une menace réelle contre le Statut Général des fonctionnaires et la fin possible d’une Fonction publique au service de l’intérêt général.

A l’inverse de ces orientations inquiétantes, et de celles contenues dans le programme Action publique 2022, la qualité des services publics à rendre aux usagers sur l’ensemble du territoire, la défense de l’intérêt général, nécessitent la création d’emplois qualifiés pérennes et de qualité, une plus grande reconnaissance du travail et des missions exercées par les agent-es, une amélioration significative de leurs salaires.

Pour les plus de 5 millions d’agents de la Fonction publique, après le report de PPCR et contrairement à ce qu’avait promis Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, leur pouvoir d’achat continue de baisser du fait du gel de la valeur du point d’indice, du rétablissement de la journée de carence, de l’augmentation de la CSG avec une simple compensation et des retenues pour pension.

L’ouverture rapide de négociations est indispensable pour pouvoir rediscuter d’une augmentation réelle et significative des salaires de toutes et tous les agent-es de la Fonction publique, permettant une réelle reconnaissance de leur engagement professionnel quotidien qui contribue à la qualité des services publics, au développement du pays comme à la cohésion de la société.

C’est pour faire entendre ces légitimes revendications que les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires appellent les agent-es à se mobiliser massivement le 22 mars.
Pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d’indice, le rattrapage des pertes subies et l’augmentation du pouvoir d’achat ;
  • L’arrêt des suppressions d’emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;
  • Un nouveau plan de titularisation des contractuel.le.s, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;
  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l’égalité professionnelle ;
  • L’abrogation du jour de carence ;
  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes

    particuliers ;

  • La défense du statut général des fonctionnaires, et des statuts particuliers, qui permet déjà de

    répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire et qui garantit l’égalité entre les usagers.

    Les organisations tiendront une conférence de presse le 27 février prochain à 11h00

Les Lilas le 22 février 2018

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Communiqué commun : Loi asile-immigration : un projet déséquilibré qui inquiète les associations

Loi asile-immigration : un projet déséquilibré qui inquiète les associations

Communiqué commun signé par la LDH

Le gouvernement a présenté le projet de loi asile-immigration en Conseil des ministres aujourd’hui. Certaines mesures sont positives, comme l’accès à la carte de résident des parents d’enfants bénéficiaires d’une protection internationale, ou encore l’extension à quatre ans de la carte de séjour pluriannuelle pour les bénéficiaires d’une protection subsidiaire.

Mais ce texte contient principalement des mesures qui vont dégrader la procédure d’asile et l’accompagnement social proposé par les associations, dans un contexte où l’ensemble des demandeurs d’asile ne pourra être hébergé, faute de places suffisantes :

  • Le raccourcissement des délais d’instruction des demandes d’asile s’effectue principalement au détriment du demandeur et risque de fait d’exclure des milliers de personnes de la protection : réduction des délais de recours devant la CNDA, fin du caractère suspensif du recours dans certaines situations, instauration des audiences par vidéo-conférence, notification des décisions par « tout moyen ».
  • Le projet de loi renforce les mesures directives et instaure un contrôle des préfectures, avec le risque de créer une confusion générale entre surveillance administrative et action sociale et de dégrader le travail des acteurs sociaux dans l’accompagnement pour l’accès aux droits (orientation directive sur l’ensemble du territoire national sans garantie d’une proposition effective d’hébergement, contrôles préfectoraux dans les structures d’hébergement, restriction de la liberté d’aller et venir).
  • Au prétexte de renforcer l’efficacité des mesures d’éloignement, le projet développe à outrance les mesures de contrôle et de privation de liberté (systématisation de l’assignation à résidence, forte hausse de la durée de rétention) auxquelles s’ajoute le placement en rétention des personnes placées sous procédure Dublin, voté au parlement le 15 février.
  • En fragilisant les fondements même du travail social, ce texte va altérer la relation de confiance entre les travailleurs sociaux et les personnes en grande précarité, leur famille et leurs enfants, qu’elles aient un statut administratif précaire ou non. Ces orientations pourraient conduire les personnes migrantes à fuir les procédures et les dispositifs sociaux, multipliant les situations d’errance et de précarité.
  • En refusant d’avancer sur la question de l’accès à un titre de séjour pour les dizaines de milliers de personnes qui vivent déjà sur le sol français, parfois depuis des années, et sur la modification nécessaire du règlement Dublin, ce projet passe à côté d’une occasion de s’attaquer réellement à la pauvreté et à la souffrance sociale.

Les associations en appellent à la responsabilité des parlementaires pour modifier ce texte en profondeur, afin que soit définie une politique publique qui tienne compte de leurs propositions adaptées aux situations vécues par les personnes migrantes en France.

Signataires : Fédération des acteurs de la solidarité, Médecins du monde, Emmaüs France, Dom’Asile, France terre d’asile, L’Uniopss, JRS France, Centre Primo Levi, AdN, Le Refuge, La Cimade, Ligue des droits de l’Homme, Médecins sans frontière, Solidarité femmes, Unicef, CASP, Le Secours catholique – Caritas France, Association des Cités du Secours catholique, Fondation Abbé Pierre, Emmaüs solidarité, Armée du salut

 

Paris, le 21 février 2018

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Vannes : 500 lycéens contre 1 expulsion

Selon Le télégramme, ils étaient près de 500 lycéens à manifester le 19 février contre l’expulsion de deux de leurs camarades albanais du lycée Lesage. Les lycéens ont demandé le respect du droit à l’éducation.

 

Dans le télégramme

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Lycée : le Se Unsa demande une prime pour le contrôle continu au bac

Dans une lettre du 20 février adressée au ministre, le Se Unsa demande la création d’une indemnité d’examen pour les professeurs de lycée.  » Pour les personnels enseignants, (les modifications du bac) auront pour conséquence un alourdissement important de la charge de travail en raison de la multiplication des épreuves en cours d’année dans le cycle terminal pour toutes les disciplines. Or, les épreuves en cours d’année (ECA, CCF, ECE) n’ouvrent actuellement droit à aucune indemnité. Quant aux épreuves terminales ouvrant droit à indemnité, avec la réforme, elles diminueront en nombre. Donc, les enseignants de lycée pourraient subir une baisse de rémunération. Il serait totalement inacceptable que la réforme du baccalauréat et du lycée, qui exigera un fort investissement professionnel des enseignants, se traduise concrètement pour eux par une perte de pouvoir d’achat. C’est pourquoi le SE-Unsa revendique pour tous les personnels concernés par la mise en place de ces épreuves en cours d’année la création d’une nouvelle indemnité d’examen ».

 

Communqiué

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La FCPE condamne les fermetures de classes rurales

 » Avec des enseignants en plus grand nombre, on aurait pu croire que les mouvements de carte scolaire susciteraient peu de difficultés. Pourtant sur le terrain de nombreux parents nous alertent sur des fermetures de classe, particulièrement en milieu rural et sur un manque d’enseignants dévolus à la scolarisation des moins de 3 ans », écrit la Fcpe. « Cette situation est intenable, elle pénalise des territoires déjà fragilisés pour lesquels l’école est synonyme de vie et d’attractivité ».

Ainsi dans la Somme la « Nuit des écoles » organisée le 20 février a fait bouger l’Inspection académique. De 63 fermetures de classes annoncées on passe finalement à 38, annonce France Bleu.

Le sujet est devenu très politique. Attaqué quasi quotidiennement sur ces fermetures par les députés, JM BLanquer dénonce « une sorte de campagne ». Il met en avant les créations brutes de postes dans les départements. Mais il oublie de préciser qu’elles ne couvrent pas les ouvertures liées aux dédoublements en cp et ce1 des Rep+ qu’il a décidées. Pour les réaliser les Dasen font feu de tous bois et ferment des classes rurales. Ils suppriment aussi des postes de remplaçants et de maitres plus. C’est bien la pénurie de postes qui explique la mobilisation dans les départements.

Dans la Somme

Les fermetures de classes rurales sont elles un mesnonge ?

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Terminale : le conseil de classe modifié pour Parcoursup

Le J.O. du 21 février publie un décret modifiant l’organisation des conseils de classe pour permettre son adaptation à Parcoursup. Le  nouveau texte précise que  » le chef d’établissement émet, après que le conseil de classe s’est prononcé, un avis sur chacun des vœux de poursuite d’études de l’élève dans l’enseignement supérieur ».

 

Au JO

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Le décret sur le redoublement publié au J.O.

Le Journal officiel publie un décret qui revoir la procédure de redoublement au primaire comme dans le second degré. La nouvelle rédaction supprime le caractère exceptionnel du redoublement qui n’était possible qu’en cas de rupture des apprentissages depuis 2014.  Le CSE s’était prononcé contre. Mais pourquoi ce retour en arrière ?

Des textes techniques

Le décret publié au JO du 21 février modifie les articles D 321-6, D 321-22 et D 331-62 du Code de l’éducation. Pour le premier dégré, le nouvel article D321-6 précise que « à titre exceptionnel, dans le cas où le dispositif d’accompagnement pédagogique mentionné au premier alinéa n’a pas permis de pallier les difficultés importantes d’apprentissage rencontrées par l’élève, un redoublement peut être proposé par le conseil des maîtres ». Mais le redoublement nécessite toujours l’avis de l’IEN et la mise en place d’un PPRE. En principe un seul redoublement est possible durant l’école élémentaire, mais le texte ne derme pas la porte à 2 redoublements après avis de l’IEN. Enfin « aucun redoublement ne peut intervenir à l’école maternelle ».

Pour le second degré, l’article D 331-62 précise qu’un redoublement peut être décidé par le chef d’établissement en fin de chaque année scolaire. Auparavant le redoublement n’était possible qu’en cas de rupture de l’apprentissage et avec l’accord écrit des parents.  Là aussi la règle c’est un seul redoublement sur la scolarité du collège mais deux sont possibles.

Cette nouvelle rédaction a été étudiée par le Conseil supérieur de l’éducation qui a voté contre le texte le 14 décembre 2017. CE qui n’empêche pas cette publication au J.O.

Un dispositif dont l’efficacité est contestée

Pourtant l’inefficacité du redoublement est avérée sauf cas particuliers. Selon le Cnesco, en 2015, « dans la majorité des études, le redoublement n’a pas d’effet sur les performances scolaires à long terme. Quelques études obtiennent des effets positifs à court terme dans des contextes très particuliers (notamment lorsque le redoublement est accompagné d’autres dispositifs de remédiation comme des écoles d’été). Le redoublement a par contre toujours un effet négatif sur les trajectoires scolaires et demeure le meilleur déterminant du décrochage. Il semble également impacter négativement le revenu futur du jeune adulte en agissant comme un signal de faible performance du salarié pour les entreprises ».

Dans une nouvelle étude publiée en 2018 , Hugues Draelants a réévalué le coté politique de la décision de maintenir ou pas le redoublement.  » Bien que la littérature sur le redoublement soit plutôt pléthorique, nous considérons au terme de cette analyse que, contrairement à l’idée reçue, la recherche a encore beaucoup de progrès à faire. En attendant, il nous semble important d’arrêter de prétendre que la Science détient la vérité sur le sujet et qu’elle plaide de manière unanime pour le passage obligatoire plutôt que pour le redoublement… Le choix consistant à privilégier l’un ou l’autre doit donc fonder pour l’instant sa légitimité sur des bases autres que scientifiques, en l’occurrence des bases politiques », écrit-il.

Une pratique socialement marquée

Reste que le redoublement est une pratique très inégalitaire socialement. Le redoublement ne touche pas tous les jeunes de façon égale. Il concerne beaucoup plus les garçons que les filles. Le niveau d’éducation des parents est fortement lié à la probabilité d’avoir redoublé. Plus les parents sont éduqués, plus les chances d’avoir redoublé à 15 ans sont faibles. Ainsi, en 2012, avoir une mère diplômée du supérieur divise la probabilité d’avoir redoublé par presque 3 par rapport au fait d’avoir une mère ayant au plus un niveau collège. Les conditions économiques, appréhendées par le statut d’emploi des parents (temps plein, temps partiel, chômage), impactent fortement le redoublement en 2012. Ainsi, un élève dont le père est au chômage ou travaille à temps partiel a deux fois plus de chance d’avoir redoublé qu’un élève dont le père travaille à temps plein. Enfin le redoublement a à voir avec l’appartenance ethnique. En 2003, un élève dont la langue des parents n’était pas le français avait une probabilité de redoubler 79 % plus élevé qu’un élève dont les parents parlent le français.

Le redoublement plébiscité

Mais le redoublement est une pratique plébiscitée par tous les acteurs en question. En 2015, le Cnesco a pris l’initiative d’interroger 3302 collégiens et 2314 lycéens venus de 59 établissements sur leur rapport au redoublement. Selon cette étude, 69% des lycéens  et collégiens se déclarent défavorables à la suppression du redoublement. Mais 80% voient dans le redoublement une seconde chance. 73% le jugent utile.  Les redoublants gardent le souvenir positif d’une année d’efforts.  » 67 % des redoublants déclarent s’être plus investis dans leur travail l’année de leur redoublement ;  71 % des lycéens et collégiens sont tout à fait ou plutôt d’accord avec l’affirmation : « J’ai eu de meilleurs résultats l’année redoublée » », affirme l’étude.

Du coté des enseignants, Hugues Draelants a étudié de près, en 2012, le rapport qu’entretiennent les enseignants belges au redoublement. Pour lui, s’il se maintient contre vents et marées, c’est tout simplement parce qu’il a son utilité.  » Le redoublement fait l’objet d’un attachement social important et est une pratique difficile à abolir », écrit-il. « D’une part, car nombre d’acteurs scolaires continuent à croire dans son efficacité.. D’autre part, peut-être plus fondamentalement, car le redoublement servait et sert toujours en Communauté française belge à assumer une série de fonctions latentes ». Il en distingue quatre : « une fonction de gestion de l’hétérogénéité et de tri des élèves au sein des établissements ; une fonction de positionnement stratégique et symbolique par rapport à des établissements environnants ; une fonction de régulation de l’ordre scolaire au sein de la classe ; une fonction de maintien de l’autonomie professionnelle des enseignants ». Ainsi le redoublement participerait du fonctionnement ordinaire du système , du positionnement symbolique des établissements et de l’ordre scolaire quotidien. « En l’absence du redoublement, les enseignants se plaignent du défaut de motivation induit auprès des élèves, il devient (encore plus) difficile de les faire travailler », écrit-il.

Peut on se passer du redoublement ?

De nombreux pays ne connaissent pas le redoublement et ont développé des mesures pour s’en passer.  Selon le Cnesco, « la quasi-totalité des pays européens offre aux élèves la possibilité de passer des épreuves supplémentaires (écrites et/ou orales selon le pays) en fin d’année scolaire pour rattraper les cours pour lesquels les notes ont été jugées trop faibles par l’équipe enseignante. Ce type d’organisation limite l’incidence d’un « accident de parcours » et corrige le caractère aléatoire de certaines évaluations. » D’autres pays , comme l’Allemagne ou l’Espagne, pratiquent la promotion conditionnelle. L’élève passe en classe supérieure mais doit suivre un programme de rattrapage dans la matière où ses résultats sont insuffisants. En Italie, on a créé des écoles d’été pour les élèves ayant de mauvais résultats. Si l’on sort des états européens, le colloque sur l’Asie organisé par le CIEP et la Revue d’éducation de Sèvres, a souligné le cas du Japon. Au Japon tous les jeunes suivent ensemble l’école obligatoire. Chaque classe est divisée en 6 groupes hétérogènes qui réalisent ensemble des travaux variés. Les classes sont délibérément hétérogènes.

Dans les bonnes pratiques qui permettent d’éviter l’échec et le redoublement , le Cnesco n’hésite pas à citer les classes à effectifs réduits. « Les classes à effectifs réduits peuvent permettre aux enseignants de modifier leur pédagogie en consacrant davantage de temps, d’attention à chaque élève », écrit le Cnesco. « La probabilité d’avoir des élèves perturbateurs dans une classe est également plus faible lorsque le nombre d’élèves est réduit ». Une autre pratqiue recommandée est le looping : garder le même enseignant plusieurs années facilite l’intégration de tous les élèves et améliore la gestion de la différence dans la classe. L’organisation des programmes en cycles, et non sur une base annuelle, fait également reculer le redoublement. On sait que le ministre veut revenir à des « repères annuels » et s’éloigne des cycles.

Une décision populiste ?

Comment expliquer la décision ministérielle ? Dans Le Parisien , en juin 2017, JM Blanquer avait vanté ce retour au redoublement. « Autoriser le redoublement ce n’est pas un virage absolu mais c’est une inflexion importante », disait il. « Il n’est pas normal d’interdire le redoublement. Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards. La première réponse réside dans l’accompagnement tout au long de l’année et dans les stages de soutien que nous créons. Mais le redoublement doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’enfant ».

Sa décision a un coût pour le système éducatif car davantage de redoublement entraine un engorgement des classes. Elle n’apporte rien aux élèves concernés. Mais l’avis du  ministre penche toujours du coté de la popularité. JM Blanquer connait la popularité du redoublement auprès des différents acteurs.  Comme pour la semaine de 4 jours, il penche toujours vers ce qui augmente son poids politqiue quelque soit le coût pour les élèves.

Le décret

Cnesco

Draelants en 2018

Redoublement un retour en arrière

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« L’insoumis » sort demain mercredi – c’est le moment de nous aider !

« L’insoumis » sort ce mercredi

C’est le moment de nous aider !


Bonjour à tous,

Ca y est, c’est le grand jour : « L’insoumis » sort demain mercredi au cinéma. Nous avons besoin de votre aide pour que ce film puisse vivre au mieux. La sortie a été chaotique, seuls les bons chiffres de fréquentation viendront lever certains barrages.

En ce sens, c’est très important d’avoir du monde dès les premiers jours (voir dès le tout premier jour). Cela a des conséquences sur toute la France.
Alors, venez voir ce film le plus tôt possible ou envoyez vos amis dans une des 40 salles qui programment « L’insoumis » en première semaine. D’autres villes suivront.

Allez, plus le temps pour le blabla, nous comptons sur votre aide.

Vive le cinéma!

Fraternellement.
Gilles Perret et toute l’équipe de « L’insoumis ».


Où voir « L’insoumis » dès ce mercredi ?

Angers, Les 400 Coups.
Avignon, Utopia Avignon.
Blois, Les Lobis.
Bordeaux, Utopia Saint-Siméon.
Brest, Les Studios.
Chambéry, Cinéma le Forum.
Clermont-Ferrand, Le Rio.
Cran-Gevrier, La Turbine.
Grenoble, Le Méliès
Hérouville-Saint-Clair, Café des Images.
Le Mans, Cinéma Les Cinéastes.
Lille, Le Metropole.
Limoges, Cinéma Grand Ecran Ester
Lyon, Le Comœdia..
Lyon, Cinémas Lumière Bellecour.
Marseille, Pathe Le Madeleine..
Meythet, LE RABELAIS.
Montbéliard, Colisée Concorde.
Montpellier, Cinéma Diagonal.
Montreuil, Le Méliès.
Nancy, Caméo Officiel Commanderie.
Nantes, Cinéma Le Concorde
Nice, Cinéma le Rialto.
Nîmes, Cinéma le Sémaphore.
Orléans, Cinéma Les Carmes.
Paris, UGC Ciné Cité Les Halles.
Paris, Espace Saint-Michel.
Paris, Sept Parnassiens.
Paris, Cinéma Publicis Champs Elysées.
Paris, Majestic Bastille.
Paris, Cinema Escurial.
Paris, Gaumont Opéra.
Perpignan, Le Castillet.
Rennes, Ciné TNB.
Rouen, Omnia République.
Saint-Étienne, Le Méliès (Projection avec G Perret le 27 fév, puis sortie 14 mars)
Saint-Gaudens, Le Régent.
Sillingy, Tournée Cinébus.
Strasbourg, Cinéma Star.
Toulouse, American Cosmograph.
Vaison-la-Romaine, Le Florian.
Valence, Le Navire Valence.


Quelques critiques presse à lire :

Critique film

Abus De Cinéma

Vous en retrouverez d’autres sur la page facebook du film…


La bande annonce du film :

Suivez l’actualité du film et celle de Gilles Perret en vous abonnant aux deux pages Facebook :

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Vous pouvez payer soit en ligne, soit par chèque.
Votre DVD vous sera envoyé 4 mois après la sortie nationale du film comme la loi nous l’impose.


Pour nous contacter:

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Plus d’informations sur :

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Communiqué commun : Recours des associations contre la circulaire du 12 décembre : la décision du Conseil d’Etat retient l’essentiel des points soulevés par les associations

Recours des associations contre la circulaire du 12 décembre : la décision du Conseil d’Etat retient l’essentiel des points soulevés par les associations

Communiqué commun, signé par la LDH

Par une ordonnance rendue le 20 février 2018, le Conseil d’Etat a statué sur le recours en référé initié par 28 associations contre la circulaire « Collomb » relative à l’hébergement d’urgence. Cette circulaire autorisait la réalisation de contrôles dans les centres d’hébergement par des équipes mobiles placées sous l’autorité des préfets.

Si le Conseil d’Etat a refusé de suspendre le texte, il l’a interprété restrictivement en retenant l’essentiel des points qui avaient été contestés par les associations requérantes.

En effet, le Conseil d’Etat a explicitement indiqué dans sa décision que :

– Les équipes mobiles ne peuvent recueillir auprès des personnes hébergées dans les centres que les seules informations que celles-ci ont accepté de leur communiquer ;

– La circulaire ne confère aux équipes mobiles, par elle-même, aucun pouvoir de contrainte tant à l’égard des personnes hébergées qu’à l’égard des gestionnaires des centres ;

– La circulaire n’autorise pas à collecter des informations en violation de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

Par conséquent, les équipes mobiles ne pourront interroger que les seules personnes hébergées qui le souhaitent. Ainsi, elles ne sont pas autorisées à réaliser des contrôles forcés au sein des centres.

Dans ces conditions, la décision encadre strictement les pouvoirs de l’administration confirmant la pertinence de l’action et des arguments des associations requérantes.

En outre, elle met un coup d’arrêt aux actions et exigences comminatoires des autorités préfectorales à l’égard des centres d’hébergement d’urgence.

Après cette décision de référé, le Conseil d’Etat doit encore se prononcer sur l’ensemble des arguments des associations dans le cadre du recours en annulation. En particulier, il se prononcera sur la légalité de la présence même d’agents de l’administration au sein des centres d’hébergements, alors que ceux-ci ont pour unique mission d’assurer la protection sociale des personnes les plus vulnérables. De plus, il jugera si la circulaire remet en cause le principe fondamental de l’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence.

Le Conseil d’Etat devrait se prononcer sur ce recours au fond d’ici quelques mois.

Paris, le 20 février 2018

Liste des associations requérantes :

Fédération des acteurs de la solidarité ; Association des Cités du Secours catholique ; Association Droit au logement ; Association les Petits frères des pauvres ; Aurore ; Dom’asile ; Emmaüs France ; Emmaüs solidarité ; France terre d’asile ; L’Amicale du nid ; Anas ; Uniopss ; La Cimade ; Fédération Entraide protestante ; Fehap ; Fondation Abbé Pierre ; Fondation de l’Armée du salut ; Centre d’action sociale protestant ; Centre Primo Lévi ; Gisti ; Le Refuge ; Le Secours catholique – Caritas France ; Médecins du monde ; Médecins sans frontières ; Ligue des droits de l’Homme ; JRS France ; Association Charonne ; Oppelia

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[lalettre] 58. IRFSU – La lettre d’information de Fév. 2018

Si cet email ne s’affiche pas correctement, vous pouvez consulter directement la page.
Newsletter Février 2018
A LA UNE

Etats généraux des migrations

Les États Généraux des Migrations (EGM ) sont un processus dans lequel sont impliqués des centaines d’acteurs locaux et nationaux – associatifs ou collectifs citoyens – présents sur le terrain aux côtés des migrants. En juin 2017, 470 organisations ont adressé un courrier à M. Macron. Faute de réponse satisfaisante sur la concertation, elles ont décidé de lancer le processus des États Généraux des Migrations.
L’IRFSU invite à y participer partout où cela se décline.

Pablo Servigne : « La loi du plus fort est un mythe »

Alternatives économiques propose dans ses pages « idées-débat » un entretien passionnant avec Pablo Servigne qui vient de publier avec Gauthier Chapelle « L’entraide, l’autre Loi de la Jungle » (Ed. Les Liens qui Libèrent). Ils démontrent, études scientifiques sur le monde vivant à l’appui, que l’entraide, la coopération, la solidarité jouent un rôle déterminant dans l’évolution et qu’il en est de même chez les humains. Démonstration.

Enquête Les Services Publics qu’il nous Faut !

La Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics – à laquelle participe la FSU – a décidé d’engager une véritable enquête et un débat populaire sur les services publics.
Un questionnaire en ligne est proposé. Nous vous remercions d’accepter de prendre quelques minutes pour le remplir (avec possibilités de choix multiples dans certains cas).
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L’INSTITUT

Le 27 mars un colloque de l’IR-FSU : Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur

Réfléchir sur le travail et le rapport salarial est depuis son origine un des axes de recherches de l’Institut de recherches de la FSU. C’est pourquoi l’Institut organise un colloque le mardi 27 mars, à Paris, qui réfléchira aux alternatives au salariat, afin de contribuer à inventer avec le syndicalisme un autre futur. Lire la suite

Payer pour réussir ?

Le marché du soutien scolaire. Le soutien scolaire marchand concerne une part tout à fait significative des élèves puisque environ 15 % des lycéens en bénéficient. Derrière cette moyenne se cachent d’importantes disparités sociales. Ainsi ce soutien scolaire est-il révélateur du poids du capital économique dans la reproduction des inégalités scolaires.
L’ouvrage analyse précisément sa diversité et ses stratégies mais aussi le rôle de l’État dans la structuration du marché. Il montre comment le soutien scolaire construit un marché de l’angoisse et participe de l’exacerbation de la compétition scolaire. Lire la suite

Premiers résultats de l’enquête « métier » auprès des enseignants et enseignants-chercheurs du supérieur

Au cours du premier semestre 2017, le SNESUP a lancé une enquête auprès des enseignants et enseignants-chercheurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche.
L’exploitation de cette enquête (plus de 2 600 réponses) reste largement à faire pour affiner le diagnostic et alimenter la réflexion syndicale sur la santé des personnels.
Le diaporama joint, présenté lors de la journée du 11 janvier 2018 sur « Les transformations du travail universitaire », fournit les premiers résultats. Par Gérard Grosse de l’IR-FSU. Lire la suite

ON A VU

L’envers de Flins. Une féministe révolutionnaire à l’atelier

Préface d’Annick Coupé à l’ouvrage de Fabienne Lauret.
« il n’y a pas eu (à ma connaissance) de livres de femmes établies en usine ; comme si cette question de l’établissement de militants d’extrême gauche dans les années 1970 n’avait concerné que des hommes ! »
C’est aussi un témoignage assez remarquable sur la condition ouvrière dans une usine qui se veut le fleuron de l’industrie automobile française : les conditions de travail sur les chaînes de production, la taylorisation, la hiérarchie, la place des ouvriers immigrés, les secteurs de production réservés aux 10 % de femmes salariées du secteur… On y lit la solidarité, les moments de luttes collectives, les grèves mais aussi la répression ou la division syndicale. Lire la suite

La place des femmes dans l’univers syndical.

Le dernier essai de la sociologue Cécile Guillaume fourmille de portraits de militantes qui portent, toujours plus nombreuses, la parole syndicale dans les entreprises. Comme le constate Michel Noblecourt dans son article du Monde du 16 janvier :  » Il se confirme que la précarité de l’emploi constitue l’un des principaux freins à la syndicalisation des femmes, comme pour les hommes, mais pour elles la marche est plus haute à monter. » Lire la suite

Les sentinelles – film

Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.
Ils ont rencontré le père du réalisateur, Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.
Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.
Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides. » Lire la suite

AGENDA
mercredi 28 février 2018 à 17h15

Comité de défense et de développement de l’enseignement agricole public – Salon Agriculture

2 mars 2018

Séance inaugurale de « Mai 68 vu des Suds » : 2 mars-14 avril 2018

8 et 9 mars 2018

« Le colloque d’Amiens, mars 1968 » Université de Picardie Jules Verne – Amiens

Mardi 27 mars 2018 à Paris

IR-FSU : Colloque « Salariat, les alternatives : Avec le syndicalisme, inventer un autre futur »

Mardi 10 avril 2018, de 9h15 à 16h30 (Bourse du Travail Évry)

Stage FSU 91 « La Fonction publique, c’est l’avenir avec Anicet Le Pors, Gérard Aschieri, Bernadette Groison

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Emmanuelle Seyboldt Lire la suite

Socialismes et éducation au XIXè siècle

L’ambition de cet ouvrage est d’étudier comment le mouvement socialiste a su articuler des conceptions et des réalisations originales de l’éducation au projet de transformation sociale. Il s’agit de comprendre quelles formes peut prendre une éducation quand elle entend contrarier les effets les plus délétères d’une société de
classes et contribuer à l’émancipation complète des individus dans une société égalitaire. Situées dans leur contexte, ces conceptions et ces expérimentations appartiennent sans aucun doute à l’histoire. Mais elles portent en elles un projet qui s’il n’a pas abouti n’est pas pour autant révolu. Lire la suite

IR-FSU

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« L’insoumis » au cinéma Le Concorde de Nantes dès ce mercredi 21 février

Bonjour à tous

 
« L’insoumis » sort en sortie nationale ce mercredi 21 février.
 
A Nantes, « L’insoumis » sera au cinéma Le Concorde dès ce mercredi.
 
Allez-y ou envoyez vos amis sans trop tarder. Les premiers jours sont décisifs.
Vous êtes nos meilleurs ambassadeurs !

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Les écoles de Loire Atlantique en grève

« On n’a pas eu autant de classes à plus de 28 élèves depuis près de 10 ans ». Selon le Snuipp Loire Atlantique cette situation va empirer à la rentrée 2018 et encore davantage en 2019. Pour faire face aux dédoublements en Rep+, l’inspection académique ferme 70 classes et supprime 24 postes de maitres plus dans le département. A noter aussi que les départements ruraux sont mis à contribution pour alimenter les besoins de la Loire Atlantique.

« L’Inspecteur d’Académie démantèle le dispositif « plus de maîtres que de classes » 24 postes supprimés dans le département, dispositif pédagogique permettant de travailler avec des petits groupes, en co-animation. Il est inacceptable de voir cet outil disparaître alors que les écoles l’utilisant prônent sa généralisation dans toutes les écoles. Plus de 30 fermetures en élémentaire et plus de 40 fermetures en maternelle de classe sont annoncées, pour la rentrée prochaine sans prendre en considération la spécificité de l’école : zone rurale, population défavorisée, concurrence avec l’enseignement catholique, … », écrit le Snuipp. La situation devrait s’aggraver en 2019 avec la baisse des poste smis aux concours.

Mardi 20 février les enseignants sont appelés à faire grève. Selon le syndicat une quarantaine d’écoles devrait être totalement fermées dans le département.

Ouest France

Snuipp 44

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Les professeurs de maths rejettent la réforme du lycée

Crainte de voir à nouveau les maths devenir une discipline de sélection tout en ne permettant plus une formation scientifique solide, la réforme du lycée inquiète l’Apmep, association des professeurs de maths. Elle s’exprime dans un nouveau communiqué qui fait suite à celui de la CFEM.

« L’enseignement des sciences, des mathématiques en particulier, est un enjeu majeur pour la formation de tous en ce début de 21ième siècle. De nombreux métiers actuels, mais aussi futurs, nécessitent des compétences qui relèvent des mathématiques. Assurer à chacun une formation minimale en mathématiques éviterait de cantonner cette discipline au rang de discipline de sélection », écrit l’association. Elle souligne l’absence des maths du tronc commun. Seul un enseignement « d’humanités numériques et scientifiques » est prévu dans le tronc commun. Or son contenu apparait peu scientifique.

« Un enseignement de mathématiques pour tous permettrait d’assurer à chacun une formation suffisante pour ne pas être trop limité dans son orientation à l’entrée du supérieur et d’enrayer les choix « stratégiques » ne correspondant ni à un projet d’études, ni à un goût particulier. Les enseignements de spécialisation en mathématiques pourraient alors reposer, de manière totalement assumée, sur un programme ambitieux pour les lycéens ayant un projet mathématique ou plus largement scientifique », explique l’Apmep. Celle-ci relève qu’il « ne suffit pas de gommer artificiellement les filières pour qu’elles n’existent plus (ni d’ailleurs la hiérarchie entre elles) ».

L’Apmep interroge aussi la cohérence des parcours alors qu’il est modulaire avec des changements en fin de première. « La structure du lycée général telle qu’elle a été exposée par le ministre, peut faire craindre que le contenu des enseignements de mathématiques ne soit pas (ou très peu) articulé avec les autres disciplines. La présentation actuelle avec un enseignement de spécialisation en mathématiques auquel s’ajoute deux enseignements facultatifs de « mathématiques expertes » et de « mathématiques complémentaires » pose un problème de cohérence dans les programmes : ils regrouperont des élèves aux projets d’études très différents. Il est donc à craindre que le contenu de la spécialisation en mathématiques reste extrêmement généraliste et peu ambitieux », écrit l’Apmep.

Apmep

Les disciplines contre la réforme du lycée

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Les organisations lycéennes unies contre Parcoursup

Concurrentes et divisées, voir frères ennemis pour certaines, les organisations lycéennes font front commun contre Parcoursup. Dans un communiqué commun, la Fidl, le Sgl, l’Unl et l’Unl SD demandent le retrait du plan étudiants et appellent à manifester le 15 mars. « Plutôt que d’investir dans l’enseignement supérieur pour nous permettre de faire les études de notre choix, le gouvernement préfère nous sélectionner », dit le communiqué commun. « La réforme du bac va encourager un accroissement des inégalités territoriales. Cette réforme va vers la création d’un lycée à 2 vitesses entre les mieux dotés, ceux de centre ville.. et le smoins bien dotés , ceux de campagne, de banlieue ou en périphérie ». Cette unanimité arrivera-t-elle à réveiller un mouvement lycéen bien essoufflé ces dernier jours ?

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