Archives de la catégorie Communiqués

Lycées : que sait-on des dotations horaires de 2019 ?

Alors que les lycées amorcent une première mobilisation le 17 janvier à l’appel d’une assez large intersyndicale (Fsu, Fo, Cgt, Sud), que sait-on de certain sur l’impact des réformes du lycée général et technologique et de la voie professionnelle ? S’il semble encore un peu tôt pour définir dans chaque établissement le nombre de postes supprimés, il est déjà certain qu’aux 2650 postes supprimés par le ministère pourrait s’ajouter un volume variable d’heures supplémentaires aboutissant aussi à des suppressions. Et que les suppressions porteront davantage sur certaines académies et certaines disciplines.

Que sait-on des DHG des lycées ?

« Globalement c’est trop tôt ». Secrétaire général du principal syndicat de personnels de direction, le Snpden Unsa, Philippe Vincent précise que les dotations horaires globales (DHG) arriveront dans les établissements entre le 24 janvier, jour de la grève nationale du 2d degré, et début février, selon les académies. Seuls les lycées parisiens sauraient déjà à quoi s’en tenir. En février tous les lycées connaitront le nombre de postes pour chaque établissement et aussi le volume d’heures supplémentaires (HSA) attribué. On entrera alors dans les discussions entre enseignants, établissements et rectorat pour finaliser les arbitrages.

Faut-il s’inquiéter ? « On attend pour voir, ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas inquiet », nous dit P Vincent. « On verra dans 15 jours ». Proviseur d’un lycée de Marseille il affirme ne pas avoir encore évalué les éventuelles pertes de postes dans son lycée.

Du coté du principal syndicat concurrent, ID FO, on redoute davantage l’avenir. D’ailleurs Philippe Donatien, son secrétaire général, qui dirige un très important lycée du Sud-Ouest, a déjà fait les calculs pour son lycée et s’attend par exemple à 4 ou 5 postes en moins dans la filière professionnelle.

L’impact des nouvelles grilles horaires

Sur quoi peuvent bien reposer ces calculs ? On connait déjà les grilles horaires des lycées général, technologique et professionnel. Dans les trois cas, la réforme appliquée à la rentrée 2019 diminue les heures d’enseignement. Pour le lycée général on passe de 28 heures minimum en seconde à 26, soit 10% de moins. La proportion est identique en première, l’autre année d’application de la réforme dès 2019. Supprimer 10% des postes en 2de et ère équivaudrait à environ 6 000 postes.  En lycée professionnel , la baisse est plus importante surtout en enseignement général. Les syndicats, comme le Snuep Fsu, annoncent 5000 suppressions de postes.

Mais pour les deux secrétaires généraux, les avis divergent. Philippe Donatien estime qu’en lycée général il perdra 2 enseignants sur les 300 de son lycée polyvalent qui s’ajouteront aux 4 ou 5 de la voie professionnelle. Philippe Vincent pense « qu’à structure et nombre d’élèves équivalents il n’y a aura pas de grande différence entre la DHG ancienne et la nouvelle ».

L’optimisation des moyens

En fait le nombre d’heures d’enseignement ne fixe pas à lui seul les moyens nécessaires. D’autres éléments entrent en jeu mais ne sont pas forcément calculables dès maintenant.

Il y a d’abord la structure même du nouveau lycée. Dans le lycée actuel les élèves sont répartis dans des classes de S, ES ou L. Les classes mélangées sont rares. Par conséquent on peut avoir des classes avec peu d’élèves qui consomment les mêmes moyens d’enseignement que les classes chargées.

L’effet principal du nouveau lycée c’est de rentabiliser les moyens. Il n’y a plus de filières et plus vraiment de classes. Les élèves sont répartis entre des enseignements de tronc commun et des spécialités. Dans les deux cas, les rectorats vont définir des seuils d’ouverture de classe, souvent les plus hauts possible pour « rentabiliser » leurs moyens.

Des seuils sérieusement relevés

En fait ces seuils sont déjà publiés par certaines académies. « On voit des choses différentes selon les académies et c’est un problème », estime P Donatien. « On en sait pas non plus comment se feront les pondérations sociales entre les établissements ». Pour P Vincent, « on tend vers une harmonisation nationale avec 35 élèves en enseignement général et 30 pour la voie technologique ». Les spécialités qui n’atteindront pas ces niveaux ne seront peut-être pas ouvertes. Or actuellement on compte seulement 32 élèves par classe en seconde en moyenne, 29 en 1ère générale et 28 en terminale générale. On mesure que la réforme devrait dégager par cette simple optimisation des moyens un certain nombre de postes.

Pour le lycée général, une grande inconnue demeure sur les spécialités ouvertes ou pas. Les ouvertures vont dépendre des demandes des élèves aux propositions des établissements. C’est seulement au printemps que les lycées sauront combien de spécialités seront réellement ouvertes.

Quel impact du nouveau volume d’heures supplémentaires ?

Enfin il y a l’inconnu des heures supplémentaires. Le ministère a annoncé un volume d’heures supplémentaires correspondant aux 2650 postes supprimés dans le second degré. Il semble que les comités techniques académiques (CTA) aient reçu des informations sur les volumes. Mais c’est seulement en février que les établissements recevront la DHG avec le nombre de postes et celui des HSA. Il faudra alors qu’il trouve les enseignants pour ces HSA. Or à chaque fois que 18 HSA est donné, un poste disparait… La Cour des comptes a calculé que la décision de rendre obligatoires deux heures supplémentaires pour tous les enseignants rapporterait 6000 postes. Cette mesure, annoncée par le ministre, va arriver en comité technique ministériel le 30 janvier.

Au moment où les enseignants du second degré entament une journée de mobilisation, on voit qu’il reste bien des inconnues sur l’impact de la réforme des lycées.

Le choix politique de baisser le coût du lycée

Alors revenons sur les certitudes. La première c’est que JM Blanquer ne fait pas mystère d’aligner le « coût » du lycée sur la moyenne de l’OCDE. Aujourd’hui le lycée français consomme nettement plus de moyens que celui des autre spays. Il a donc la volonté affichée de supprimer des postes à ce niveau.

La seconde certitude c’est que 2650 postes sont supprimés à la rentrée 2019. Et ils ne le seront pas au collège où on attend plus de 30 000 élèves supplémentaires. Au contraire, le ministre va devoir trouver au moins 2000 postes pour le collège à cette rentrée. Il sne pourront venir que du lycée.

Des suppressions de postes plus fortes dans la moitié nord

Troisième certitude, les suppressions de postes seront plus ou moins importantes selon les académies. Le nord et l’est du pays sont particulièrement touchés. Le ministère a tout fait pour cacher cette réalité. Mais les syndicats ont obtenu les chiffres en CTA. On sait que Lille perd 276 postes, Amiens 158, Dijon 135, Paris 101, Rouen 178 et Caen 119. Même Versailles et Créteil perdent des postes (36 et 21). Les lycées du nord et de l’est seront davantage touchés.

Certaines disciplines seront davantage touchées

Quatrième certitude : toutes les disciplines ne seront pas touchés à égalité. Pour baisser le cout du lycée, le ministre a choisi de diminuer l’offre éducative. Ainsi les enseignements optionnels ne sont plus financés. Chaque établissement devra prendre sur ses propres moyens et cela va les fragiliser énormément. La volonté ministérielle se voit aussi dans le fait que ces options ne rapporteront plus de points au bac (sauf LCA).

Alors que les enseignants participent à des heures d’information syndicale le 17 janvier, bien d’autres questions vont être soulevées , comme la pertinence pédagogique de la réforme (particulièrement en LP) ou la montée des inégalités territoriales et sociales (en lycée général par exemple). Mais tous les enseignants des lycées doivent s’attendre à une réduction sensible du nombre de postes. P Donatien résume la situation : « Ca na va pas être neutre ».

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Blanquer refuse d’abandonner l’évaluation de CP

Il aura fallu peu de temps au ministre pour répondre aux syndicats. Sur France Info le 16 janvier, JM Blanquer leur oppose une fin de non recevoir affirmant même que deux enseignants sur trois sont favorables aux évaluations. Que pèsent en effet tous les syndicats du premier degré ? JM Blanquer invite par contre les stylos rouges à le rencontrer.

Dans une lettre envoyée le 14 janvier, tous les syndicats enseignants du premier degré (Snuipp Fsu, le Se Unsa, le Sgen Cfdt, Sud, FO et la CGT) ont demandé ensemble l’abandon de l’évaluation de mi-CP.  » La manière de mener les évaluations standardisées montre une grande confusion sur les objectifs des différentes formes d’évaluation dans et du système éducatif », rappelaient les syndicats.  » Si l’objectif est d’évaluer le système éducatif, nous disposons déjà de beaucoup d’évaluations nationales et internationales et des évaluations sur échantillon sont suffisantes, nul besoin donc de les généraliser… A moins qu’il ne s’agisse d’utiliser ces évaluations pour imposer des pratiques, réduire la liberté pédagogique, pourtant nécessaire à l’efficacité d’enseignements adaptés aux besoins des élèves, voire  pour évaluer le travail des enseignants au travers des résultats des élèves. Le ministère assure qu’il n’en est rien, il est permis d’en douter ».

JM Blanquer leur répond dès le 16 janvier sur France Info. « Je les maintiens bien entendu. On a fait une étude les deux tiers des professeurs répondent qu’ils voient bien la pertinence de ces évaluations », affirme JM Blanquer. « Le conseil scientifique a fait ce qui se fait de mieux dans le monde ».

Interrogé sur les salaires des esneignants, le ministre répond qu’il « partage le diagnostic » posé par les stylos rouges. « Le problème du pouvoir d’achat ne date pas d’hier matin. Le gel du point d’indice n’est pas le seul élément et il relève de la Fonction publique et pas de mon ministère. Je peux répondre par le nombre de points par exemple par un avancement plus rapide ». Comme si la modification des grilles indiciaires ne dépendait que du ministre… Et il invite les stylos rouges à « désigner des interlocuteurs ».

Sur France info

La lettre des syndicats

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Parcoursup : Le Sénat divisé sur Parcoursup

A la demande du groupe communiste, le Sénat a débattu le 16 janvier de Parcoursup, montrant une belle diversité d’analyses. Si les sénateurs communistes dénoncent la sélection sociale mise en oeuvre avec Parcoursup, l’opposition de droite salue dans cette outil l’affirmation du principe de sélection.

 » Le nombre de bacheliers a progressé de 5,3 %, mais le nombre de ceux qui entrent dans le supérieur n’a augmenté que de 2,2 %. Que sont devenus les 22 % de bacheliers ayant quitté Parcoursup sans affectation ? Ont-ils rejoint l’enseignement privé, les classes passerelles ou le marché de l’emploi ? Pourquoi 180 000 étudiants ont-ils fait un autre choix ? », interroge Pierre Ouzoulias.  » Parcoursup a facilité l’affectation des meilleurs bacheliers des sections générales mais l’a rendu plus difficile, voire dissuasive pour les autres… Les familles sont nombreuses à s’inquiéter des prérequis impliquant des choix au lycée. Il faudra connaître son choix de licence dès la seconde ! On s’oriente vers une discrimination inédite des lycéens ruraux qui ne trouvent pas toutes les spécialités dans leur établissement de proximité, et de tous ceux qui, faute d’information suffisante, ne sont pas en mesure de bien définir leur stratégie d’orientation ».

« En dépit de quelques imperfections, cette nouvelle plateforme a plutôt bien fonctionné. Je soutiens la philosophie du système, consistant à tenir compte des aspirations et des chances de réussite. La sélection n’est pas taboue ; être sélectionné, c’est motivant pour le candidat et choisir, c’est engageant pour l’établissement », estime de son coté Stéphane Piednoir (LR). « Les premiers résultats des examens partiels montrent de meilleurs taux de réussite cette année ».

Pour la ministre, F Vidal,  » le bilan de la première année de mise en oeuvre s’entend au regard de trois engagements qu’avait pris le Gouvernement – mettre fin au tirage au sort, remettre de l’humain dans les procédures et réduire le coût de la rentrée étudiante – qui ont été tenus : le tirage au sort a été supprimé, chacun le sait ; les futurs étudiants ont bénéficié d’un niveau d’accompagnement inédit ; le coût de la rentrée a été diminué de 100 millions d’euros, avec la suppression de la cotisation de sécurité sociale étudiante ». Pour elle, « les lycéens se sont emparés de la plateforme et ont apprécié la liberté qu’elle leur offre – qu’ils ont pleinement exercée. La loi a ouvert de nouveaux droits aux bacheliers professionnels et technologiques et accru le nombre de boursiers dans l’enseignement supérieur de 16 000, et pas seulement en raison de la démographie, comme le montre la situation dans les classes préparatoires parisiennes ».

Le débat

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Parcoursup : Le rapport du Comité éthique face aux problèmes de Parcoursup

Quel bilan le Comité éthique et scientifique fait-il de Parcoursup ? Sous des formules très prudentes, le CESP laisse percer les défauts de Parcoursup en terme d’équité sociale. Ses recommandations invitent à des améliorations qui ont peu de chances d’être entendues. La plus forte concerne les établissements privés qui devraient accueillir des quotas de boursiers. Mais le comité se soucie toujours peu des bacheliers professionnels.

Des lueurs sur les algorithmes locaux ?

Présidé par Noëlle Lenoir, dont les récents propos sur les journalistes ont fait scandale, le CESP a peu de chances de faire entendre sa voix. D’autant qu’il chuchote plutôt qu’affirmer et qu’il limite très sérieusement ses investigations. Le CESP estime que « son role n’est pas d’animer un débat avant tout politique », alors que le rapport est destiné au Parlement, et qu’il « n’est aps chargé de proposer des modifications dans la conception qu’a retenue le législateur de Parcoursup ».

Aussi le rapport consacre tout un chapitre à légitimer les algorithmes locaux de Parcoursup, et le secret qui les entoure.  » Il faut garder à l’esprit que l’algorithme général n’est qu’un algorithme d’interclassement destiné à unifier des classements effectués par les diverses formations et les comparer aux souhaits des élèves. Cet algorithme est complètement indépendant des questions de choix et de phasage temporel des différentes étapes de son utilisation qui peuvent donc changer sans modification de l’algorithme lui-même », reconnait pourtant le rapport. Et il estime que  » la communication des critères de classement doit préciser les rubriques – différentes d’un établissement ou d’une formation à l’autre – établies pour pouvoir classer les candidats au regard des attendus publiés par chaque formation sur les connaissances et compétences requises pour y accéder. Le comité estime qu’il appartient également aux établissements de préciser les critères choisis en spécifiant les plus importants pris en considération pour l’affectation du candidat ». Il propose d’aider les établissements à assumer leur rôle de responsable de traitement en les incitant à « élaborer un rapport annuel au rectorat rendant compte des procédures locales ».

Le privé forcé à accepter des quotas de boursiers ?

Une partie importante du rapport est consacrée aux inégalités sociales dans Parcoursup. Là aussi on retrouve des formules et des recommandations prudentes. Ainsi le rapport souligne les inégalités dans l’application de quotas de boursiers aussi bien entre les formations non sélectives et les sélectives , qui ne tiennent pas compte des quotas de boursiers, que les inégalités géographiques. Sur ce point, le rapport formule des recommandations claires. Il demande pour les formations non sélectives « un quota de boursiers au moins égal au pourcentage réel de boursiers parmi les candidats », pour les sélectives de  » tenir compte, dans la mesure du possible, de la proportion de candidats boursiers ». Enfin, et c’est le plus fort,  il souhaite « étendre les quotas de boursiers aux établissements privés sous contrat et aux établissements placés sous une tutelle ministérielle autre que celle de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ».

Culpabilisation et voies de garage pour les bacs pros

Ce bel élan ne concerne pas les bacheliers professionnels. Tout en reconnaissant que « les bacheliers professionnels ont moins souvent reçu une proposition pendant la phase principale (apprentissage inclus) que les autres catégories de candidats (83 % contre 97 % parmi les bacheliers généraux), mais ils sont aussi moins nombreux à avoir accepté une proposition reçue pendant la phase principale ou complémentaire (62 % contre 85 % parmi les bacheliers généraux) », le rapport remet la responsabilité sur les bacheliers eux-mêmes. « Les résultats de la phase principale de Parcoursup montrent que l’inadéquation entre les souhaits d’études des bacheliers professionnels et l’offre de formation conduit un nombre important d’entre eux à renoncer à poursuivre des études supérieures », écrit le rapport alors même que 84% des bacheliers professionnels ont demandé un BTS. Le rapport demande de « développer l’offre d’études supérieures professionnelles, ne se résumant pas à l’offre en BTS, afin d’adapter cette offre aux besoins et profils des bacheliers professionnels ». On retrouve là l’idéed de formations poubelles spécifiques destinées aux bacs pros, idée qui cherche sa place depuis plusieurs années. Décidément le désintérêt et l’abandon des élèves des milieux populaires reste bien la signature des concepteurs de  Parcoursup.

Le rapport

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Des enseignants d’une école catholique hors contrat en garde à vue

Nouveau scandale pour l’école traditionaliste hors contrat de Riaumont. Après la mise en examen d’un ancien prieur pour abus sexuels, 4 prêtres ont été mis en garde à vue pour violences sur enfants, annonce France Info.

Sur France info

Le rapport pionnier publié par le Café

Sur l’agression sexuelle

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Des lycées contre la réforme

Alors que l’intersyndicale du second degré a décidé de faire du 17 janvier une journée d’actions, avec notamment des heures d’information syndicale, des lycées prennent le devant. Ainsi à Toulouse, la quasi totalité des enseignants du L.P. R Garros ont fait grève le 15 janvier pour le maintien de la filière GA. A Tours, c’est la réforme du lycée général avec la perspective de la fermeture d’une classe et de la suppression de 6 postes qui a mis en grève le lycée Vaucanson. A Blois, deux lycées ont manifesté contre la suppression de 8 postes à C Claudel et 4 à Dessaignes. A Saint Malo, un collectif de professeurs a manifesté contre les suppressions de postes (3 à Maupertuis) visant particulièrement les options. Ils dénoncent également lamise en concurrence des élèves. A Bagnères de Bigorre, l’heure syndicale au lycée V Duruy a pris la forme d’un rassemblement contre la réforme du lycée le 14 janvier. A Besançon, ce sont les lycéens qui manifestent contre la réforme.

Bagnères

Saint Malo

Blois

Toulouse

Tours

Besançon

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Les stylos rouges et les syndicats

« Le mouvement Les stylos rouges n’a pas vocation à se substituer aux syndicats » , affirment Les stylos rouges dans un communiqué le 15 janvier. Le nouveau mouvement se place en protecteur des syndicats. « La loi Cap 22 a pour but de les faire plier définitivement. Les SR ne permettront pas cela ». Les Stylos rouges travaillent aussi leur différence : « nous voulons nous faire entendre par un moyen d’action différent et unifiant tout le corps éducatif… Nous espérons que (les syndicats) soutiendront notre démarche ». C’est pourtant sur le terrain syndical que se situent les revendications des Stylos rouges : revalorisation, conditions d’apprentissage. Il reste aux Stylos rouges à trouver leurs modes d’action.

Les stylos rouges

Tout le monde aime les stylos rouges

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L’intersyndicale de la Fonction publique s’invite dans le grand débat

 » Au moment du grand débat national, où il sera notamment question de la réorganisation de l’État et des services publics, les organisations syndicales demandent au gouvernement la suspension du projet de loi relatif à la Fonction publique et des processus engagés sur la réforme de l’État ». La large intersyndicale CGC, CFDT, CFTC, CGT, FA FP, FSU, Solidaires, UNSA demande  » l’ouverture de négociations visant à renforcer la Fonction publique et les droits et garanties de ses personnels ».

Alors que le gouvernement a entrepris de briser les syndicats de la fonction publique, notamment en mettant fin au paritarisme, le lancement du grand débat et la situation sociale dans le pays sont des opportunités que l’intersyndicale saisit.

Dans un communiqué commun, les syndicats « appellent le gouvernement à changer d’orientation pour que soient confortés la Fonction publique, ses missions et le rôle des agent-es. A l’inverse des suppressions d’emplois et d’un recours accru au contrat prévus par le gouvernement, les organisations syndicales jugent indispensable la création d’emplois statutaires dans tous les services qui en ont besoin. Elles exigent également une revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es ».

Les syndicats se retrouveront à la fin du mois de janvier « pour examiner la situation et envisager les initiatives nécessaires. »

Communiqué

Le gouvernement veut mettre fin au paritarisme

Le gouvernement engage une réforme de fond

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L’Institut Montaigne en charge du grand débat ?

Lobbying quand tu nous tiens…

Emmanuelle Wargon, un des deux membres du gouvernement en charge du Grand débat lancé par E Macron, est liée à l’Institut Montaigne. Elle a co dirigé jusqu’à cet été la branche française de Teach for All, une association américaine. Teach for France, devenu en mai dernier Le choix de l’école, propose des enseignants contractuels aux académies franciliennes. Formés en 4 semaines à partir de diplômés du supérieur ils sont destinés aux enfants des milieux défavorisés. Le Choix de l’école revendique 70 enseignants en poste. Selon elle un collège sur deux en Seine Saint Denis (il y a 146 collèges) a un enseignant venu du Choix de l’Ecole. Emmanuelle Wargon a figuré au conseil d’administration de l’association aux cotés de L Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne. JM Blanquer a longtemps siégé au CA de l’Institut Montaigne.

L’archive du site Teach for France

Pour une analyse de cette association

Le Choix de l’Ecole

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Salaire enseignant : JM Blanquer ne travaille pas sur le point d’indice

« Le point d’indice est gelé mais on ne doit pas se focaliser dessus car la question est le nombre de points », a déclaré JM BLanquer sur France Inter le 14 janvier. Le ministre se dit « convaincu » de la nécessité d’améliorer le bien être des enseignants. « On a entamé tout un travail », affirme t-il. Mais il ajoute : « je ne travaille pas sur le point d’indice car ce n’est pas dans mes fonctions » et « il est difficile budgétairement de faire des efforts importants ». Seule issue possible pour les enseignants : les heures supplémentaires qui « signifient plus de pouvoir d’achat »…

Sur France INter

Sur le Café

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Les syndicats demandent l’abandon des évaluations de mi-CP

Nous demandons l’abandon de ce protocole d’évaluation ». Cette fois-ci, c’est l’ensemble des syndicats du premier degré qui s’oppose aux évaluations de mi parcours instituées en CP pour la première fois par JM BLanquer. L’intersyndicale réunit le Snuipp Fsu, le Se Unsa, le Sgen Cfdt, Sud, FO et la CGT. Tous pointent l’inadaptation et les risques pour le métier enseignant.

Des évaluations de début d’année inadaptées

Les syndicats rappellent les critiques émis sur l’évaluation de début d’année.  » Enquêtes et témoignages montrent que ces évaluations sont inadaptées aux jeunes élèves de CP et sont facteur de stress. Les consignes officielles de passation, source de confusion et de difficultés, ont dû être adaptées le plus souvent par les personnels. De fait, les résultats ne peuvent être considérés comme fiables et ne sont donc d’aucune aide aux enseignants sur les acquis des élèves. La saisie extrêmement chronophage ainsi que la dépossession de l’analyse des résultats n’ont fait qu’accentuer le malaise ressenti par les enseignants, réduits à de simples exécutants de tâches subalternes ».

Quels objectifs pour les évaluations de mi parcours ?

Ils en arrivent à ces évaluations de mi parcours qui sont prévues pour la période du 21 janvier au 1er février.  » La manière de mener les évaluations standardisées montre une grande confusion sur les objectifs des différentes formes d’évaluation dans et du système éducatif. Ce qui nourrit des inquiétudes quant aux visées du ministère dans l’évaluation des établissements », écrivent les syndicats.

 » Si l’objectif est d’évaluer le système éducatif, nous disposons déjà de beaucoup d’évaluations nationales et internationales et des évaluations sur échantillon sont suffisantes, nul besoin donc de les généraliser… A moins qu’il ne s’agisse d’utiliser ces évaluations pour imposer des pratiques, réduire la liberté pédagogique, pourtant nécessaire à l’efficacité d’enseignements adaptés aux besoins des élèves, voire  pour évaluer le travail des enseignants au travers des résultats des élèves. Le ministère assure qu’il n’en est rien, il est permis d’en douter », disent de façon unanime les syndicats.

 » Les premières pressions exercées par les corps d’inspection pour imposer telle méthode de lecture, l’usage d’un manuel, ou promouvoir des partis pris faisant fi de l’ensemble des résultats de la recherche n’ont qu’un but : imposer une idéologie pédagogique et mettre au pas les enseignants », ajoutent-ils.

Le risque du pilotage par l’évaluation

Dans son discours donné à Ludovia , en aout 2018, le ministre avait donné une finalité plus globale aux évaluations. « Le traitement des données va permettre de mener une politique éducative au plus près des besoins scolaires », disait-il. « Dès cette année on ira dans ce sens avec les évaluations de Cp Ce1 et 2de… On va établir pour chaque élève à chaque moment un état des lieux de ses forces et de ses besoins. C’est le sens des évaluations auxquelles je fais référence ».  Le 2 aout, le premier ministre vantait l’opération :  » une véritable culture de l’évaluation, transparente et publique, doit se déployer au service de la réussite des élèves et de la qualité de la vie scolaire ».

Cette promesse rappelle les évaluations systématiques réalisées aux Etats-Unis depuis la loi No Child Left Behind.  La loi NCLB a mis en place des batteries d ‘indicateurs pour évaluer les objectifs à atteindre. Les résultats sont publics, ce que prévoit aussi le gouvernement. On obtient ainsi une évaluation de chaque établissement, un thème porté aussi par JM Blanquer. L’avenir des écoles et établissements est lié aux résultats aux tests. Dans plusieurs Etats on a lié aussi « tout naturellement » le salaire et l’emploi des enseignants aux résultats des évaluations. Des primes au mérite ont vu le jour , attribuées aux enseignants obtenant les meilleurs résultats aux tests jugés infaillibles. Les Etats-Unis sont revenus sur la loi NCLB et sur ces tests aux effets pervers.

Le ministre sommé de s’exprimer sur ses intentions

C’est donc bien aussi sur les intentions finales de ces évaluations que les syndicats s’opposent aux évaluations. Pointé du doigt par les syndicats avec ces évaluations à l’américaine, le risque d’évaluation individuelle de tous les enseignants de CP demeurera si l’évaluation de Ce1 a lieu à la rentrée 2019.

Si cette lettre commune envoyée au ministre est très claire pour dénoncer ce qui se trame avec cette évaluation, elle laisse au ministre la possibilité de s’exprimer avant une éventuelle consigne envoyée aux enseignants.

La lettre

Notre Dossier

Pilotage par les résultats : qu’en disent les enseignants

A Chaptal : Vers les méthodes des entreprises ?

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Etats-Unis : le shutdown touche l’école

Au bout de trois semaines de « shutdown », les responsables des écoles sont inquiets, explique Education Week, un média spécialisé sur l’éducation aux Etats-Unis. Même si l’éducation n’est pas fédérale et dépend des pouvoirs locaux, le blocage des fonds fédéraux touche les écoles par plusieurs canaux. Le programme de repas gratuits dans les cantines scolaires, qui concerne 30 millions d’enfants , devra fermer à partir de mars. Et les responsables des districts scolaires commencent déjà à inviter les familles à demander le bénéfice d’autres programmes pour pouvoir continuer à nourrir les enfants. Les districts où il y a beaucoup d’employés fédéraux, par exemple là où se trouvent des installations militaires, s’inquiètent des pertes de salaire des parents sur les enfants.  Les agriculteurs sont aussi touchés car ils ne perçoivent plus les aides fédérales. Les programmes de soutien scolaire aux minorités et  aux défavorisés sont eux aussi à l’arrêt.

Sur Edweek

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Une intersyndicale appelle à la grève le 24 janvier

La fameuse « convergence des luttes » va t-elle se faire dans les lycées ? Huit syndicats d’enseignants et deux organisations lycéennes appellent à un mouvement commun en  deux étapes contre les réformes des lycées, du bac et Parcoursup. C’est toute la politique gouvernementale du second degré qui est rejetée. Une journée d’actions est prévue le 17 suivie d’une journée de grève le jeudi 24 janvier.

« Les organisations syndicales des personnels et des lycéens font l’analyse que les réformes des lycées généraux et technologiques, de la voie professionnelle et du baccalauréat vont accroître les inégalités et la sélection entre élèves et établissements ». Huit syndicats (CGT Éduc’action – SNES, SNEP, SNUEP, SNETAP de la FSU – Sud Éducation – SNCL FAEN – CGT AGRI, SIES) et deux organisations lycéennes (UNL et FIDL) ont décidé d’unir leurs forces contre les réformes gouvernementales.

 » Dans l’enseignement professionnel, la réduction des horaires d’enseignement des disciplines générales pénalisera les élèves et compromettra leurs poursuites d’études… Le baccalauréat, tel que le ministre l’a imposé aux élèves et aux personnels, par l’importance qu’il donne au contrôle local via le contrôle continu, va se transformer en diplôme local Ces réformes se placent dans un contexte de préparation de rentrée marqué par l’amplification des suppressions de postes dans le second degré alors qu’il accueillera davantage d’élèves »

Les organisations lycéennes et syndicales « appellent lycéens et personnels à une journée nationale d’actions le 17 janvier, afin de construire une grève massive le 24 janvier pour le retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup, l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation des salaires ».

Le mouvement fédére beaucoup d’organisations. Mais on remarquera l’absence de trois syndicats du second degré : Se Unsa, Sgen Cfdt et Snalc.

Communiqué

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L’Ecole et la confiance dans la Lettre d’E. Macron

L’Ecole est directement mentionnée par la Lettre aux français d’Emmanuel Macron qui confirme son intention de construire « l’école de la confiance » et entend mettre tout en débat sauf sa politique économique et sociale, raison majeure de la crise politique.  

« Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle… Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine ». Dans sa « Lettre aux français » publiée le 13 janvier, Emmanuel Macron appelle à  » inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace ». L’Ecole est concernée par 2 des 4 thèmes décidés par le président : la fiscalité et les dépenses publiques et l’organisation de l’Etat et des services publics.

« Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses », poursuit E Macron. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service ».

Sur ce terrain, E Macron limite immédiatement le débat.  » Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises… afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets ». C’est pourtant s apolitique économique et sociale qui est à l’origine de la crise politique et sociale du pays.

Et le président oriente le débat vers « quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? », « quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? », « faut-il supprimer certains services publics ? » . De même , sur l’organisation de l’Etat, il précise que « les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale ».

C’est avec ce débat qu’E Macron entend  » transformer avec vous les colères en solutions ».  Pour cela il est prêt à débattre de tous les sujets qui peuvent fracturer l’opinion : la laïcité ou l’immigration sont nommément désignés. Mais il refuse toute autre politique que la sienne sur les sujets qui réunissent l’opposition à sa personne.

« Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum », ajoute-il. On se demande si un débat portant sur tout sauf ce qui met des personnes dans la rue depuis tant de semaines malgré tant de violences, a une chance de mettre fin à la crise. Le président qui se réclame de la confiance ne semble pas vraiment la désirer.

La lettre

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Primaire : le Snuipp Fsu contre les évaluations de janvier

Alors que les enseignants reçoivent les instructions sur de nouvelles évaluations en CP en janvier, le Snuipp Fsu prend position elles.  » Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves ».

 » Les évaluations de début d’année ont permis aux enseignants de CP de disposer de repères pour accompagner les élèves vers la maîtrise des savoirs fondamentaux. En milieu d’année, leurs compétences sont de nouveau évaluées en français et en mathématiques. Ce point d’étape doit permettre aux équipes pédagogiques d’apprécier les progrès et de définir les ajustements à apporter à l’accompagnement des élèves », affirme le site ministériel au moment où les instructions relatives aux évaluations de mi CP arrivent dans les écoles.  » Les évaluations CP sont des évaluations nationales qui s’adressent à tous les élèves de CP. Elles visent à fournir des points de repère quant à la maîtrise des compétences fondamentales en français et en mathématiques, plus particulièrement dans les domaines de la lecture, de l’écriture et de la numération », précise le ministère. Elle doivent avoir lieu entre le 21 janvier et le 1er février.

 » La première vague imposée aux classes de CP et de CE1 avait suscité une levée de boucliers des enseignants mais aussi d’une large partie du monde de la recherche en éducation », rappelle le Snuipp Fsu.  » Finalités, contenus, conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats : la communauté éducative s’accorde à qualifier ces tests d’inadaptés, d’inutiles et source d’échec pour les élèves ». Des critiques venues aussi bien d’enseignants de terrain que de chercheurs appréciés des enseignants , comme R. Brissiaud ou R. Goigoux ont été publiées par le Café pédagogique, ainsi qu’une analyse positive de F. Ramus, membre du Conseil scientifique créé par JM Blanquer.

 » Là encore, les tests sont centrés sur la maîtrise du décodage, laissant trop peu de place à la compréhension, à l’encodage et à la production d’écrit, sans prendre en compte les progrès en cours et les rythmes d’apprentissages différents d’un élève à l’autre », estime le Snuipp.

 » Le SNUipp-FSU est pourtant intervenu tous azimuts et a d’ailleurs obtenu quelques bougés », écrit le syndicat. « La reconnaissance que les temps indiqués ne sont pas les temps réels de passation, la diminution du nombre d’exercices, la mise à disposition d’une version adaptable pour toutes les écoles, une conception différente du document remis aux familles, reposant sur les acquis déjà en place sans mention de score. Mais ces modifications ne sont en rien suffisantes. Elles ne permettent pas de modifier en profondeur le sens de ces évaluations qui ne seront pas plus au service des élèves et des enseignants que les premières ».

Le Snuipp estime que « ces évaluations (sont) destinées avant tout à justifier la politique éducative de la rue de Grenelle, engageant un pilotage du système par les résultats, des changements dans les programmes et des méthodes qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves ». Il invite les enseignants « à s’interroger en équipes sur la finalité de ces évaluations et sur le rôle que le ministère entend leur faire jouer. Il réitère sa demande d’abandon de ce dispositif et propose aux autres organisations syndicales de s’adresser ensemble au ministre en ce sens ».

L’appel du Snuipp

Les évaluations sur Eduscol

Le dossier du Café pédagogique

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éé – Sur le mouvement des gilets jaunes

Mouvement des Gilets jaunes : contribution de l’École Émancipée

Le mouvement des Gilets Jaunes marque la séquence sociale et politique. Totalement inattendu, il a déstabilisé le pouvoir et redonné de la crédibilité à l’action collective : mobilisations déterminées (récurrence des actions, occupations de ronds-points 24h/24h pendant plusieurs jours…), soutien populaire à des niveaux rarement atteints pour un mouvement social ces dernières décennies, un pouvoir qui vacille et est contraint de réagir. Ce mouvement est cependant caractérisé par la quasi-absence des organisations syndicales. Beaucoup d’inédit donc dans cette séquence et d’interrogations pour le syndicalisme de transformation sociale. Cette contribution cherche à participer au débat nécessaire sur un mouvement en cours qui va marquer le quinquennat Macron.

Initialement motivé par le refus de la hausse des taxes sur les carburants, le mouvement des gilets jaunes a rapidement vu ses revendications s’étendre à la vie chère, aux injustices fiscales, aux questions démocratiques. Lorsqu’émerge début novembre la dynamique initiée sur les réseaux sociaux, nous sommes nombreux/ses à craindre l’émergence d’un mouvement réactionnaire anti fiscal. La France en a connu, et des dynamiques contemporaines existent (Tea Party aux USA notamment). La présence visible du petit patronat a pu légitimement alimenter cette hypothèse. Mais assez rapidement, la question des taxes sur le carburant apparaît comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’une colère plus générale qui s’incarne dans les revendications contre les injustices (fiscales notamment, avec le marqueur de l’ISF, contre les taxes indirectes, c’est-à-dire les plus injustes), pour des services publics notamment dans les territoires péri-urbains, et contre un système politique en crise profonde de légitimité.

Un mouvement confusionniste ?

Aucun mouvement social n’est pur a priori. Et celui-ci se construit dans une société française travaillée depuis 30 ans par des politiques xénophobes de différents gouvernements et par une extrême droite qui s’est hissée au second tour de la présidentielle et est en tête des sondages pour les européennes. Le risque d’une perméabilité aux discours et aux pratiques les plus nauséabondes est réel. D’autant qu’une partie de l’Extrême Droite militante cherche à investir le mouvement, quand les organisations progressistes sont, elles, très discrètes… Cette fraction de l’ED n’a pas aujourd’hui les forces militantes pour orienter nationalement un mouvement populaire, mais elle a acquis les capacités depuis quelques années, sur les réseaux sociaux et dans certaines régions de déverser son venin. Et pourtant, au-delà des coups médiatiques et Fake news de l’ED, au vu des revendications discutées sur les plateformes numériques, des enquêtes de terrain, et même selon le secrétaire d’État au numérique, nos pires cauchemars ne se réalisent pas1.

La question au sein du syndicalisme de transformation sociale ne devrait donc plus être en ce début d’année de savoir comment caractériser le mouvement. Il ne s’agit pas non plus d’attendre qu’il se décante de lui-même, au risque qu’avec le temps et notre absence, l’extrême droite prospère réellement. Il s’agit de savoir comment nous, syndicalistes, pouvons agir pour favoriser toutes les issues progressistes possibles. La bataille contre le TCE en 2005 n’avait rien d’évident, mais si le Non de gauche l’a emporté sur le Non nationaliste, c’est du fait d’une dynamique militante impulsée par nos organisations dans leur diversité. La société française connaît un fort moment de politisation, notamment au sein d’une fraction de la population éloignée des formes de la participation politique traditionnelles, de nombreuses questions ont été discutées sur les réseaux sociaux, sur les ronds-points, au travail…Nous devons nous en réjouir et l’alimenter.

Un mouvement par procuration ?

Les premières enquêtes réalisées par deux collectifs de chercheurs de Lille et Bordeaux donnent quelques indications. Un ancrage fort au sein des classes populaires avec une surreprésentation d’employé.es, et donc de femmes dont de nombreuses mères célibataires très exposées à la précarité, mais également d’auto entrepreneurs, de petits artisans, de jeunes précaires, ou de retraité.es. Et politiquement, ni plus à gauche ou à droite que la société française dans son ensemble. Ce mouvement est le révélateur de dynamiques connues : éclatement du salariat et plus encore d’un monde du travail de plus en plus protéiforme : des auto entrepreneurs, ou de petits artisans sont objectivement inscrits dans des relations sociales très proches de salarié.es. Mais ils participent d’un monde du travail peu organisé, n’ayant pas souvent l’occasion d’être en contact avec des équipes syndicales (pensons également aux salarié.es de TPE et PME soumis à la concurrence et la sous-traitance). Distance qui explique en partie les discours anti syndicaux, qui peuvent être levés lorsqu’une démarche est entreprise2.

Le salariat plus stable, celui des grandes entreprises ou de la fonction publique, cette fraction, un peu plus syndiquée et qui compose plus traditionnellement les mouvements sociaux ces dernières décennies, bien que présente, n’est pas forcément majoritaire au sein du mouvement des Gilets jaunes. Il en est de même des grands centres urbains et de leurs quartiers périphériques. Une composition qui explique en partie l’inédit dans les formes et lieux de de mobilisations où, dans sa première phase, ce mouvement ne s’est pas traduit par LA grève mais par des occupations durables de ronds points et par des manifestations. C’est indubitablement un mouvement de classe (par sa composition sociale, ses revendications), qui réhabilite la lutte de classes, même si ce n’est pas les formes que nous avons connues durant des décennies. Toutes les enquêtes d’opinion indiquent par contre le soutien très massif, y compris des secteurs non mobilisés, ce qui rappelle la « grève par procuration » de nov-déc 1995. Ils ne sont pas forcément « Gilets jaunes », mais partagent les préoccupations de partage des richesses, de critiques du gouvernement, de sa politique tout comme de son mépris.

Et il faut bien reconnaître que ce mouvement vient de remporter une première victoire (certes partielle et insuffisante, comme le sont à peu près toutes les victoires des exploité-e-s et des dominé-e-s) face à un gouvernement très arrogant … alors que, depuis une quinzaine d’années, le mouvement ouvrier organisé, avec ses syndicats et ses partis, enregistre, lui, défaites sur défaites, reculs sociaux sur reculs sociaux !

Le mouvement ne serait pas une mobilisation massive comme on en a connu à d’autres époques ? Il est vrai qu’on est loin des grandes manifestations syndicales d’il y a quelques longues années. Mais, quelle que soit la réalité des chiffres, c’est ce nombre qui a contraint E. Macron à ce recul. Malgré la répression tous azimut, mais grâce à la détermination de la mobilisation, de sa permanence dans des conditions difficiles, dehors sous la pluie et le froid, et ce, avec le soutien très majoritaire du reste du salariat et de la population. Pour obtenir plus, il faut certainement plus de monde dans la lutte, dans la rue, dans la grève. Il faut donc profiter de la séquence et s’y mettre enfin ! Les syndicats peuvent faire la démonstration qu’ils peuvent amener plus de monde et changer aussi les choses à leur façon !

Un pouvoir affaibli

E. Macron se voit dans l’obligation en décembre de réagir autrement que par le mépris et la stigmatisation du mouvement. Certes, les annonces gouvernementales ne traduisent pas un changement de cap, sa politique est toujours guidée par le soutien actif aux ultra riches et aux grandes entreprises. Mais qui ne voit pas que le pouvoir est de fait en grande difficulté ? Cacophonie au sommet sur plusieurs sujets depuis 2 mois, démission de proches, obligation d’annuler tous ses vœux… Et un niveau de répression jamais atteint depuis Mai 68 3. Le pouvoir macroniste est obligé d’endosser l’option répressive des gouvernements libéraux dans le monde ces dernières années : incapables d’assurer une légitimité à leurs politiques d’austérité, la matraque et les restrictions des libertés fondamentales sont maintenant leurs seules armes pour approfondir la libéralisation de nos sociétés.

Si ce pouvoir est affaibli, il n’est pour autant pas défait. Et l’absence de renforts, la fatigue, la répression peuvent conduire à un affaiblissement d’une mobilisation qui a su passer la trêve des confiseurs. Pourtant, de la capacité ou non des mouvements sociaux à arracher une victoire à ce gouvernement dépendra la suite de ce quinquennat, voire au-delà : retraites, réforme de la fonction publique, restriction des droits et libertés pour tous les mouvements sociaux, ce n’est pas seulement la conclusion du mouvement des GJ qui se joue à travers le bras de fer engagé par le gouvernement en ce début d’année 2019.

Il n’y aura rien à attendre pour nous d’un retour à la « normale ». La répression des GJ et leur défaite sans soutien de la part des syndicats, c’est l’assurance d’une perte de crédibilité dans l’action collective, dans la possibilité de prendre notre destin en main et un approfondissement de la distance envers les OS. C’est un renforcement du fatalisme et/ou de l’aigreur, meilleurs carburants pour l’extrême droite. Il n’y a rien à espérer d’un mouvement des GJ qui s’éteindrait avec le goût amer de la défaite.

Attendons-nous que tout rentre dans l’ordre… ?

Ce mouvement est caractérisé par des formes et des modalités d’actions nouvelles. Nouveautés qui interrogent forcément le mouvement syndical, comme toutes les forces organisées.

Importance tout d’abord des réseaux sociaux pour s’organiser, se donner des rendez-vous, s’échanger des arguments, mais également organiser des consultations et des votes. L’importance de ces réseaux d’informations et d’échanges étaient évidents pour qui a suivi les grandes « mobilisations des places » contre les politiques d’austérité post crise 2008, d’Occupy Wall Street aux indigné.es, en passant même par les révolutions arabes, de nouvelles formes d’organisations ont émergé, en lien parfois avec des organisations traditionnelles, en substitution d’autres fois. En France, les mobilisations pour le climat cet automne ont combiné appels « citoyens » sur des réseaux sociaux, constitution de « collectifs citoyens » via des plate-formes de discussions (discord) et appui logistique et politique de certaines organisations plus réactives.

La tendance est trop lourde pour que ces processus d’auto organisation via les réseaux sociaux ne soient qu’un épiphénomène conjoncturel et national. Au-delà de l’outil, elle révèle une distance vis-à-vis des processus de représentation/délégation, un désir d’avoir une prise directe sur le cours des choses (ce que l’exigence de RIC dit également), et une démocratisation des savoirs faire organisationnels de sociétés de plus en plus qualifiées et éduquées. Associé à la circulation en direct des informations, c’est donc une partie des avantages majeurs des organisations (syndicales, associatives, politiques) qui disparaît ainsi. Les syndicats espagnols qui ont regardé de haut le mouvement des indignés ont dû regarder émerger les marées populaires, et non un retour à la « normale » et un retour au bercail…

Le syndicalisme à la croisée des chemins ?

Il s’agit donc pour les organisations syndicales de transformation sociale de prendre la mesure de l’événement en apportant leur soutien aux revendications de justice sociale portées par le mouvement des GJ, et en proposant des modalités d’action propres à élargir les mobilisations : il n’y a pas besoin d’être un GJ pour se mobiliser aujourd’hui pour un autre partage des richesses. Mais pour construire une mobilisation d’ensemble, les OS ne peuvent contourner la réalité de la mobilisation déjà à l’œuvre et ne pas appeler à converger avec les GJ.

Par ailleurs, dans les issues possibles à la crise politique actuelle, la démission de Macron ou la dissolution de l’Assemblée ne sont pas exclues. De même qu’une défaite du mouvement social. Avec, alors, le risque de l’accès au pouvoir de l’extrême-droite au regard du rapport de forces politique actuel. Très vite en cas de dissolution ou de démission, ou reportée à la fin du quinquennat, en cas de défaite du mouvement social. Le pire pour notre syndicalisme dans ce contexte serait de rester l’arme au pied. Au contraire, c’est à une mobilisation d’ensemble qu’il doit œuvrer pour obtenir la satisfaction des revendications en termes de justice sociale, de services publics et de démocratie. C’est sans doute là, la meilleure réponse à l’extrême-droite : dans la preuve qu’un autre avenir démocratique et social est possible.

La dynamique des GJ en entraîne d’autres, la sympathie pour le mouvement et la compréhension que le gouvernement est affaibli donne des idées dans d’autres secteurs. Ainsi, l’apparition des stylos rouges constitue un enjeu immédiat pour la FSU. Il nous faut répondre en tant que syndicat à cette attente en nous engageant dans un puissant mouvement contre la politique libérale de ce gouvernement. Nous pouvons démontrer notre utilité en nous affichant au service de la dynamique en germe, avec humilité et sans vouloir diriger, tout en interrogeant la nécessité de s’organiser dans la durée…

Enfin, la séquence et ses enseignements nous obligeront à engager une réflexion de plus long terme sur les pratiques et l’organisation du syndicalisme.

L’équipe EE du BDFN

1 Le secrétaire d’Etat, Mounir Mahjoubi en convient lui-même dans une tribune au Monde, le 1er janvier que « Dans leur immense majorité, les « gilets jaunes » que j’ai rencontrés ou qui participent au débat sur les réseaux sociaux ne sont ni violents, ni séditieux, ni anti-écologie, ni racistes, ni antisémites, ni homophobes. » cf. https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/01/mounir-mahjoubi-et-les-gilets-jaunes-elevons-nous-a-la-hauteur-des-francais/

2 Le récit fait par la CGT de rencontres sur les ronds-points est ainsi assez éclairante : https://www.nvo.fr/gilets-jaunes-et-cgt-convergences-sur-les-ronds-points/

3 https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/20/face-aux-gilets-jaunes-l-action-repressive-est-d-une-ampleur-considerable_5400077_3232.html

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Mitry-Mory : deux profs non remplacés depuis septembre au collège Langevin

C’est toujours la classe…

Mitry-Mory, mercredi. Deux professeurs du collège Paul-Langevin absents depuis la rentrée de septembre n’ont toujours pas été remplacés. LP/Alexandre Arlot

Au collège Paul-Langevin, des parents d’élèves s’inquiètent du non-remplacement de deux professeurs absents depuis septembre.

« Ces deux professeurs sont absents depuis la rentrée de septembre. L’un a donné des cours deux fois, l’autre n’a jamais été là de l’année. Nous avons été patients mais nous ne pouvons plus attendre ! ». Comme de nombreux parents d’élèves du collège Paul Langevin de Mitry-Mory, Sébastien Charpentier ne cache plus son exaspération.

Le représentant de l’association indépendante des parents d’élèves ne comprend pas pourquoi le rectorat ne remplace pas le professeur d’espagnol et de technologie, absents depuis le mois de septembre.

Le brevet des collèges approche à grands pas

« Sur les 25 classes que compte le collège, treize sont censées avoir ce professeur de technologie et six doivent avoir cours avec le professeur d’espagnol. Tous les niveaux sont concernés. Une classe de quatrième a même les deux enseignants. Nous avons cru qu’un remplaçant serait trouvé au retour des vacances de la Toussaint mais cet enseignant a privilégié une autre affectation à Paris », confie le représentant des parents d’élèves.

Principale inquiétude des parents d’élèves : la préparation du brevet des collèges, dont l’échéance approche à grands pas. « Même si les cours reprenaient aujourd’hui tous ces élèves n’auront suivi que la moitié du programme. Chaque année une matière scientifique est tirée au sort au niveau national entre la technologie, la physique-chimie et les sciences de la vie et de la Terre (SVT) pour être présentée au brevet des collèges. Si c’est la technologie ces élèves partiront avec un handicap », confie Sébastien Charpentier.

«Nous recherchons activement des remplaçants mais nous avons des difficultés à en recruter dans ces matières, en particulier technologie, où nous faisons face à un déficit. Ces enseignants seront remplacés au plus tard dans un mois », répond le rectorat de l’académie de Créteil.

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Compte-rendu détaillé de la réunion du 10 janvier à Nantes

Une cinquantaine de personnes (dont une vingtaine de parents) se sont réunies ce soir à Carcouët.

Parmi elles se trouvaient quatre participants inattendus : la doyenne des inspecteurs (IA/IPR) et le directeur de la pédagogie venu-es du Rectorat ainsi que le proviseur du lycée Carcouët et son adjoint, suite à l’annonce dans le Ouest-France du matin de la réunion.

Nous avions prévu d’exposer 7 points (voir réunion du 8 janvier) avec un temps de débat entre chaque point, plutôt que de faire un long exposé d’introduction qu’on craignait indigeste. Cette forme de réunion a été très appréciée et a permis l’expression de très nombreuses personnes dans des échanges riches et couvrant la plupart des aspects de la réforme :

  • La fausse liberté de choix de 3 spécialités en 1re , alors qu’il ne sera pas possible donner satisfaction à tous les élèves en pratique, et de loin.
  • La complexification des épreuves du bac, qui devient à 50% local et donc perd sa qualité de référence à l’échelle nationale.
  • L’impréparation extrême de la réforme, l’institution étant à ce jour encore incapable d’expliquer comment elle pourrait être applicable concrètement (programmes toujours pas définitifs et aussi inadaptés, impossibilité de créer des emplois du temps au-delà de 12 menus possibles, impossibilité de trouver des professeurs pour enseigner certaines nouvelles matières, etc.)
  • Des conditions d’enseignement dégradées, avec moins d’adultes face aux élèves, disparition de la plupart des heures en effectifs réduits, la fin des voyages scolaires pour ne pas gêner les épreuves du bac à répétition, tous les cours supprimés pendant ces multiples épreuves, etc.
  • Une réforme destructrice pour les filières professionnelles et technologiques.

Le temps imparti (fin à 19h30) ne nous a pas permis d’aborder deux autres points mais la priorité était le jeu des questions/réponses avec la salle.

Les représentants de l’institution sont peu intervenus notamment parce que nous étions convaincant-es et peut-être parce qu’ils étaient là pour écouter surtout. La plupart des objections qu’ils ont formulées ont été balayées par nos arguments :

  • Il a été prétendu que l’enseignement de SNT (sciences du numérique et technologie) de 2de était un enseignement général sur la culture et la société numérique.
    Son programme contient l’enseignement des protocoles TCP/IP, NMEA0183, des métadonnées EXIF et autres routages par paquets… Il est très technique au contraire et inadapté à être imposé à tous les élèves de 2de à hauteur d’une heure 30 par semaine.
  • Il a été prétendu qu’il n’y avait pas de problème pour trouver des enseignants de SNT en les piochant dans toutes les disciplines existantes, et que chaque enseignant l’enseignerait avec sa « sensibilité ».
    Beaucoup de professeurs refuseront d’avoir cette matière dans leur service qui ne correspond pas à leur formation et leurs compétences, et ceux qui y seront contraints le seront sous la menace de perdre leur poste et n’enseigneront pas ce programme très technique pendant les heures imparties.
  • Il a été prétendu qu’il était faux que les chefs d’établissements envisageaient de contraindre les élèves à choisir leurs spécialités parmi des menus imposés en nombre limité.
    Au moins une réunion venait d’avoir eu lieu le jour-même dans laquelle un chef d’établissement a proposé de nous faire travailler sur cette limitation du nombre de menus, puisque les 24 menus ressortant actuellement du sondage auprès des élèves est impossible à mettre en pratique en terme d’emplois du temps.
  • Il a été avancé qu’à Carcouët, il y avait un engagement à ne pas supprimer de poste l’année prochaine, même s’il s’avérait au 3e trimestre qu’une spécialité était désertée par les élèves et que donc des professeurs se retrouveraient avec très peu de cours à effectuer.
    En sera-t-il de même dans tous les lycées ?

D’autre part, ces représentants de l’institution ont montré de façon flagrante qu’il y avait de nombreuses inconnues et que la réforme n’était pas du tout prête à être mise en œuvre à l’heure d’aujourd’hui.
Nous avons d’ailleurs conclu sur ce point : au minimum, cette réforme doit être reportée au moins d’un an, car elle est inapplicable à la rentrée 2019.

En fin de réunion, les personnes présentes ont en grande majorité exprimé leur satisfaction d’avoir pu assister à cette réunion et participer aux débats.
Plusieurs parents ont laissé leurs adresses mails pour être recontactés et participer aux prochaines réunions du collectifs et/ou temps forts organisés.

Perspectives :
Prochaine réunion du collectif CRBP44 le 17 janvier (date et lieu à confirmer)
De nouvelles réunions du même type avec les parents dans d’autres lycées (à organiser)
Participation à la réunion de la FCPE44 vendredi 25 à la maison des syndicats
Journée de grève le 24 janvier appelée par l’intersyndicale Education nationale (à confirmer)

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[LDH] Communiqué LDH : « Edouard Philippe : une fuite en avant contre les libertés »

 Communiqué LDH

Le Premier ministre a ouvert, ce lundi 7 janvier une nouvelle surenchère sécuritaire face à des mouvements sociaux qui persistent. En visant les casseurs, les mesures envisagées portent de lourdes menaces sur la liberté de manifester et la liberté d’opinion de toutes et tous.

Le poison de l’état d’urgence poursuit ces effets liberticides et le Premier ministre annonce le retour de la responsabilité collective qu’avait instituée la loi « anticasseurs », de sinistre mémoire. Les mesures adoptées par le Sénat, et qui seraient portées et aggravées par le gouvernement, s’en inspirent grandement. Plus de pouvoir administratif, moins de justice, moins de libertés.

La Ligue des droits l’Homme (LDH) s’inquiète vivement de ce qui serait ainsi envisagé, avec notamment de nouveaux pouvoirs aux préfets qui pourraient décider qui peut, ou pas, manifester, et de faire d’un manifestant un délinquant, dès lors qu’un rassemblement auquel il participe par conviction politique ne serait pas déclaré.

Au lieu de réponses sociales et politiques de nature à apaiser les tensions, le choix de l’autoritarisme est dangereux pour notre démocratie et nos libertés, qui ont au contraire besoin de force et vigueur.

Paris, le 8 janvier 2019

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De nouveaux lycées contre la réforme

A Blois une cinquantaine d’enseignants du lycée C Claudel ont érigé un « mur des doutes » sur l’avenir de leur établissement. Une nouvelle sectorisation met en danger le maintien de plusieurs spécialités. Ils dénoncent l’absence de dialogue avec le rectorat. Celui ci a réservé ses arguments à La Nouvelle République. « Les élèves qui ne viendront aps à C Claudel en 2de auront toujours la possibilité de changer  d’établissement en 1ère », répond le rectorat. Quand à la mise en danger de l’italien, le rectorat répond que « on ne peut pas proposer toutes les spécialités dans tous les lycées ».  Au moins c’est clair.. A Lisieux des professeurs ont manifesté pour le maintien de la spécialité SVT au lycée Cornu. A Arras et à Marseille les blocages de lycées par des lycéens ont repris. Quatre lycées marseillais ont été bloqués le 10 janvier.

Arras

Lisieux

Blois

Marseille

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