Blanquer entre dirigisme et empowerment

A quoi sert un ministre qui n’aurait aucune idée sur ce qu’il faut faire ? C’est cette question que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, a du affronter pour s’être présenté comme un pragmatique soft. Après avoir promis de respecter le terrain, le nouveau ministre en arrive quand même à dire ce qui va changer de la maternelle à l’enseignement de l’histoire…

 » Je ne donnerai pas dans l’injonction. Je serai un ministre qui pousse aux solutions de terrain. » C’est l’axe sur lequel Jean-Michel Blanquer a bâti sa première intervention dans Le Monde.

Ainsi sur les CP à 12 élèves et la suppression des maitres surnuméraires, le ministre arrive à dire à la fois que « Les classes de CP à 12 élèves en Rep+ sont le début d’une réforme qui vise els 100% de réussite à l’issue du cours préparatoire. Dans la grande majorité des cas nous aurons réussi ces dédoublements pour septembre » et « Nous ne voulons pas tomber dans  le travers  d’imposer la même façon de faire partout… On ne va pas supprimer ce dispositif (les maitres surnuméraires) par principe à la rentrée, mais l’évaluer et si besoin le faire évoluer… Si ailleurs le dispositif donne satisfaction il faut être capable de l’entendre ». Le problème c’est qu’on ne voit pas dans ce cas où il prendrait les postes pour arriver aux CP à 12 élèves en Rep+.

Même exercice sur la réforme du collège.  » Je n’exige des établissements aucun retour en arrière. Ceux qui souhaiteront rester dans le cadre actuel de la réforme du collège le pourront ». Mais en même temps JM Blanquer affirme :  » J’ai été choqué de la suppression de manière verticale  de dispositifs qui marchaient bien comme les classes bilangues, les sections européennes, l’option latin… Nous allons rétablir les classes bilangues. Nous allons valoriser le latin et le grec… L’interdisciplinarité est très intéressante mais doit venir des acteurs de terrain. On ne la décrète pas. C’est pourquoi nous donnerons plus de liberté aux enseignants ».

L’entretien se termine par des affirmations qui contredisent l’absence d’injonctions promise à son début. Evoquant la maternelle  » à laquelle les enfants accèdent avec des différences de vocabulaire très marquées », il annonce qu’elle « doit être un bain de langage ». Cela rappelle immanquablement aux enseignants les programmes de 2008 et les listes de mots à enseigner, une façon de développer le langage particulièrement inappropriée.

Sur l’enseignement de l’histoire, JM Blanquer affirme qu’une « approche chronologique st nécessaire au moins jusqu’à la fin du collège. Nous allons renforcer cette dimension chronologique », reprenant ainsi un thème de campagne de la droite.

 » Ah diantre! Mais l’approche de l’histoire dans les programmes d’histoire est chronologique. Curieuse annonce ! », s’exclame sur Twitter Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes.  » Et si juste on nous foutait la paix ? », dit sur le même Twitter une professeure d’histoire-géo.  » C’est vrai qu’il y en a marre ! Laissez-nous bosser », répond une autre.

En même temps, l’entretien le plus marqué à droite donné par le futur ministre à SOS Education est retiré. Mais chassez le naturel…

Dans Le Monde

Un idéologue à l’Education nationale

Portrait d’un revenant

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