PPCR : un accord salué par le Snes et le Se-Unsa

Le PPCR amène-t-il une vraie revalorisation ? La nouvelle évaluation sera-t-elle plus juste ? L’accord risque-t-il d’être tué dans l’oeuf par un retour de la droite au pouvoir ? Si certains syndicats, comme le Snalc ou FO, restent hostiles à l’accord PPCR, les deux principales organisations syndicales lui sont favorables. Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes, et Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, expliquent pourquoi.

L’accord PPCR prévoit-il une réelle revalorisation ?

« C’est une revalorisation qui ne compense pas la dévalorisation du métier enseignant par rapport aux autres fonctionnaires. Mais c’est quand même un effort assez significatif », nous dit Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu. « On a à la fois un ajout de points d’indice mais surtout une reconstruction des carrières où chacun bénéficie d’un gain financier. Les enseignants en milieu de carrière y gagnent plus que d’autres car précédemment il y a eu un effort en début de carrière selon le ministère. Nous regrettons que la reconstruction de la grille aboutisse à un allongement la durée de passage dans les premiers échelons alors que les jeunes en début de carrière doivent faire face à beaucoup de frais ».

« Le PPCR amène une vraie revalorisation pour tous », nous a dit Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. « Par exemple, les plus anciens vont en bénéficier dès 2017 lors du reclassement dans la nouvelle grille indiciaire. Aujourd’hui on connait une accélération ne début de carrière et en fin de carrière. La nouvelle grille est plus linéaire. Tous les enseignants accèderont à la hors classe ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui notamment dans le premier degré. On va établir un barème pour que les enseignants en fin de carrière puissent y accéder sur les 3 ou 5 prochaines années.

On aurait voulu que la classe exceptionnelle soit ouverte à tous. Elle sera accessible pour 80% à des enseignants ayant exercé des missions particulières, par exemple un enseignement durant 8 ans en éducation prioritaire. C’est une logique nouvelle qui ne reconnait plus seulement les enseignants travaillant avec les élèves les plus forts mais aussi ceux qui s’engagent en Rep ou Rep+. C’est un vrai tournant. On espère que dans 20 ou 30 ans l’accès à la classe exceptionnelle sera davantage élargi.

La nouvelle évaluation est-elle plus juste ?

Pour Christian Chevalier, « la nouvelle évaluation est plus juste. Tout le monde sera évalué au même moment selon des règles plus lisibles et plus transparentes. La grille unique s’appuie sur le référentiel métier. Tout le monde saura sur quoi il est évalué. L’inspection qui était un moment de stress aura un effet plus limité. Elle jouera pour une seule année d’accélération de l’avancement. Elle sera aussi plus objective avec une possibilité de recours avant que la décision d’avancement soit prise et non plus après ».

« J’ai du mal à comprendre ceux qui demandent le retrait du projet d’évaluation », explique F Rolet. « L’évaluation actuelle est très injuste. On est inspecté ou non par exemple. Maintenant il y aura des rendez vous réguliers avec des enjeux relativement faibles limités à une année seulement. disciplines. Il y a la création de 50 postes d’inspecteurs pour qu’ils puissent se recentre pour l’accompagnement des enseignants ».

« On avait critiqué le bilan professionnel car on craignait un exercice formel ou un exercice difficile car s’auto-évaluer demande des outils. Ca n’existe plus il y a un guide et un document de référence pour préparer l’entretien pour qu’il ne déroute pas l’évalué.  Il n’y a plus de bilan professionnel obligatoire. En ce qui concerne la grille on sera vigilants sur son application. C’est une transposition de ce qui existait auparavant. On observera comment les IPR et les chefs d’établissement vont ensuite déboucher sur leur appréciation générale. Pour nous certains items sont plus centraux que d’autres, ceux qui relèvent de la didactique et de la pédagogie. J’ai demandé qu’il y ait un bilan au bout d’un an. »

En cas de retour de la droite le PPCR risque-t-il de disparaitre ?

« Je vois mal un gouvernement remettre en question un dispositif qui aura été adopté par une majorité d »organisations », déclare F Rolet, même si elle ne peut pas préjuger des votes sur l’accord. « Je pense que la droite jouerait sur d’autres paramètres comme l’allongement du temps de travail. Je suis surprise des prises de position de FO ou d’autres organisations. Car on est dans un processus où il y a un gain pour tout le monde et où il y a une reconstruction globale des carrières. La profession y trouve un bénéfice insuffisant certes mais un bénéfice. »

« L’accord PPCR apporte un vrai basculement, un nouveau regard sur le métier », estime C Chevalier. « On verra si la droite le remet en cause ou pas. Un décret peut être défait comme l’a été le décret Chatel sur l’évaluation des enseignants en 2012. Si l’accord est adopté avec un soutien très juste des syndicats , la droite sera plus à même de le remettre en question. C’est tout l’enjeu des discussions avec le ministère ».

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