Etude sur la parité dans la Fonction Publique Territoriale

L’accès des femmes aux emplois de direction et notamment aux emplois fonctionnels est toujours limité dans la fonction publique territoriale, selon une étude publiée le 22 septembre. La territoriale est également marquée par une faible mixité des métiers, liée aux représentations sur les rôles sociaux des femmes et des hommes

La fonction publique territoriale (FPT) reste très féminisée, avec un taux de 60,6 % d’agentes, mais de fortes inégalités hommes-femmes persistent, selon une étude du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) publiée le 22 septembre. Ce taux de féminisation, qui atteint 61 % sans les contrats aidés, est supérieur à celui de la fonction publique d’État (54,4 %) mais inférieur à celui de la fonction publique hospitalière (77,4 %), selon cette étude.

Dans la FPT, les femmes sont plus précaires et représentent 70 % des contractuels. Près des deux tiers des emplois de direction dans les grandes collectivités restent occupés par des hommes, alors que la part des femmes, qui progresse nettement cependant, était de 35 % au 31 décembre 2014 (contre 18,6 % en 2005).

On constate néanmoins la persistance d’un plafond de verre : plus les postes impliquent des responsabilités, plus la part des femmes à ces postes diminue, souligne l’étude. L’écart est particulièrement marqué dans les emplois dits fonctionnels, les postes les plus élevés dans la hiérarchie et qui peuvent changer au gré des alternances politiques. L’analyse du taux de féminisation des emplois fonctionnels par type de collectivité permet de préciser encore un peu plus le phénomène en montrant la difficulté d’accès des femmes aux postes de direction au sein des structures hiérarchiques les plus développées.

Plafond de verre

“En effet, on constate un poids plus important de femmes dirigeantes dans les petites collectivités et inversement dans les collectivités de taille importante”, note l’étude. À 39,8 %, le taux de femmes exerçant un emploi fonctionnel dans les communes et établissements communaux est supérieur à la moyenne. Plus la strate des communes et établissements communaux augmente, plus le taux de féminisation diminue (excepté pour la strate de 20 000 à 50 000 habitants).

Ainsi, on comptabilise 63,5 % de femmes exerçant un emploi fonctionnel dans les communes et établissements communaux de moins de 1 000 habitants. En revanche, ce taux chute à 31,7 % pour les communes et établissements publics de plus de 50 000 habitants. Dans les grandes collectivités (région, département, communauté urbaine, communauté d’agglomération), le taux de féminisation est inférieur à la moyenne. Dans les conseils régionaux, un emploi fonctionnel sur 4 est exercé par une femme. On recense 21 % de femmes sur des emplois fonctionnels dans les conseils départementaux et dans les communautés urbaines et 26 % dans les communautés d’agglomération et les syndicats d’agglomération nouvelle (SAN). À noter que le taux de féminisation sur un emploi fonctionnel dans les centres de gestion et au CNFPT s’élève à 43,7 %.

Cette sous-féminisation des hauts postes s’observe alors que les femmes réussissent largement mieux que les hommes aux concours de catégorie A + (administrateurs, conservateurs, ingénieurs en chef…), l’une des plus élevées (56,9 % d’admises contre 52,9 % d’admis).

200 euros de salaire en moins

Leur salaire net reste également inférieur – de 11 % en moyenne – à celui des hommes, même si cet écart est plus faible que dans la fonction publique hospitalière (29 %), la fonction publique d’État (17 %) et le secteur privé (24 %). En 2013, il était en moyenne de 1 769 euros, soit environ 200 euros de moins que le salaire net moyen des hommes.
Les 10 principaux métiers concentrent 42 % d’agents territoriaux, dont 5 sont fortement féminisés et regroupent 80 % de femmes : assistant(e) de gestion administrative, métiers liés à l’enfance et agents de restauration. Le métier de chargé(e) de propreté des locaux compte 77,2 % de femmes. À cet égard, on retrouve dans la territoriale la reproduction de certains schémas assez classiques : la faible mixité des métiers reste liée aux représentations sur les rôles sociaux des femmes et des hommes au sein de la société et dans le travail.

Sur 234 métiers répertoriés, on en recense 14 avec un taux de féminisation très supérieur à la moyenne : les métiers de santé, de la petite enfance et du social, ainsi que les métiers administratifs (assistant de direction et secrétaire de mairie). Les métiers particulièrement masculins (avec un taux de féminisation inférieur à 5 %) sont des métiers liés principalement au secteur technique ou au secteur d’incendie et de secours.

La part des femmes de plus de 60 ans reste par ailleurs particulièrement élevée avec 66,1 % pour la tranche 60 à 65 ans et 64,9 % pour les plus de 65 ans. Les femmes sont également plus longtemps absentes – d’environ 2,5 jours en moyenne – pour des raisons de santé. Enfin, 52 % des agents en situation de handicap sont des femmes.

Publié le lundi, 26 septembre 2016 dans Actualités
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