Bourse du Travail de Paris encerclée par la police ce 28 juin : communiqués de l’UD CGT 75 « Intimidation et entrave à l’activité syndicale » et de Solidaires 75 + articles Libé, Là-bas si j’y suis et Médiapart « A Paris, premier «nassage» d’une bourse du travail »

Intimidation et entrave à l’activité syndicale

Communiqué de presse UD CGT Paris 

En cette fin de matinée, plus de 15 cars de CRS se sont placés Place de la République. Les CRS se sont déployés autour de la Bourse du travail.

L’objet de cette intervention policière : contrôler les syndiqué.e.s et toute personne qui quitte la Bourse du Travail 3 rue Château d’Eau. Ce contrôle inclut les fouilles au corps – comme s’il s’agissait de délinquants !

Nous ne savons absolument pas sur quels prétextes ces contrôles et fouilles ont été effectués.
De nombreux syndicats ont leurs bureaux dans ce lieu au sein duquel se tiennent des réunions au quotidien.
La seule hypothèse que nous pouvons faire c’est que l’intervention policière vise à empêcher des militants de se rendre à la manifestation contre la loi El Khomri qui part à 14h de place de la Bastille.
Cette intervention policière est inacceptable. L’Union départementale CGT Paris dénonce une entrave à l’activité syndicale et insiste sur la nécessité de mettre fin immédiatement à de telles procédures.
La CGT exige également l’arrêt immédiat de toute fouille et entrave à la sortie de la Bourse du travail.

Paris, le 28 juin 2016

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=814401791994325&id=346594778775031

Communiqué de Solidaires Paris suite la répression policière autour de la manif d’aujourd’hui

Communiqué Solidaires Paris

L’union syndicale Solidaires Paris condamne avec la plus grande fermeté les contrôles et la nasse des militant-es de la Bourse du Travail de Paris. En effet, au sortir d’une assemblée générale, les militant-es ont contraint-es de se laisser contrôler et ont été nassé-es ainsi que leur soutien venu sur place par les forces de l’ordre. Nous condamnons l’intervention de la police aux abords de la Bourse du Travail, haut lieu des luttes sociales et des victoires ouvrières, preuve que les commanditaires de ces actes odieux sont dans une logique anti-sociale et anti-syndicale. S’attaquer à des travailleurs-ses de la sorte, c’est s’attaquer à l’ensemble du syndicalisme.

Nous condamnons également avec la plus grande vigueur le dispositif policier qui s’installe autour de nos manifestations et le long des parcours, où les opposant-es à la loi travail se voient contrôler une, deux, trois fois avant de se rendre sur leur cortège. Nos véhicules sont contrôlés et fouillés et parfois dirigés dans la mauvaise direction. Nous exigeons que cessent les provocations policières pour que nous puissions avoir la liberté de combattre une loi néfaste pour l’ensemble des travailleur-seuses du public et du privé et pour acquérir de nouveaux droits.

Nous voulons apporter notre soutien au camarade de SUD Éducation Paris ainsi que les camarades arrêtés à leur domicile. Le gouvernement, à court d’argument et piégé par son propre échec, se sert de la répression afin de faire toute contestation. Celui-ci reste aveugle et sourd à nos mots d’ordre.

L’union syndicale Solidaires Paris exige la libération et sans poursuite de toutes les personnes arrêtées, l’arrêt de l’inadmissible tenaille répressive et le retrait de loi travail.

Paris, le 28 juin 2016

https://www.solidaires.org/Communique-de-Solidaires-Paris-suite-la-repression-policiere-autour-de-la-manif

  • Reportage photo de libé
       :

    http://www.liberation.fr/france/2016/06/28/loi-travail-un-28-juin-en-cage_1462722

    MANIF

    A Paris, la police a encerclé la Bourse du travail

    Par Luc Peillon , Ismaël Halissat et Rozenn Morgat — 28 juin 2016 à 20:18
    Rassemblement «nassé» devant la Bourse du travail, le 28 juin. Les manifestants voulaient rejoindre la cortège place de la Bastille tout en refusant les contrôles de police.Rassemblement «nassé» devant la Bourse du travail, le 28 juin. Les manifestants voulaient rejoindre la cortège place de la Bastille tout en refusant les contrôles de police. Photo Boris Allin pour Libération

    Un petit groupe proche de Nuit debout, refusant de participer à la manif syndicale contre la loi travail en raison des conditions imposées par les forces de l’ordre, est resté « nassé » devant le bâtiment.

    Bourse du travail, mardi, dans le 10e arrondissement à Paris. Il est midi trente et l’assemblée commence à s’impatienter. Une grosse centaine de personnes, opposées à la manif officielle «en cage», sont réunies depuis le milieu de la matinée pour décider d’une action commune. Le «tour de manège» du 23 juin a laissé un souvenir amer. Occuper les locaux, rejoindre quand même la manif ? Les débats sont animés parmi le petit groupe de salariés, précaires et étudiants. Beaucoup d’entre eux sont proches de Nuit debout. Problème : depuis une demi-heure, la police encercle le bâtiment. Impossible de sortir sans fouille individuelle. «On ne peut pas accepter ça !», explique un militant. «Ils nous contrôlent à République alors que la manif est à Bastille !», s’indigne un autre. Décision adoptée à main levée : sortir en groupe et refuser les fouilles. Quelques minutes plus tard, tout le monde est dans la rue. Les CRS, qui s’étaient reculés, reviennent aussitôt nasser la petite foule. Un militant cégétiste explique alors que Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a appelé le préfet de police pour s’indigner de l’encerclement de la bourse du travail par la police. Sans résultat.

    Chamboule-tout

    «C’est totalement scandaleux qu’on ne puisse pas accéder à une manifestation qui a été autorisée par le gouvernement. Ils utilisent l’état d’urgence pour nous empêcher de nous exprimer», s’exclame Gaël, secrétaire départemental de Solidaires Hauts-de-Seine. Mais ils n’auront pas de répit pendant le mois d’août. Il y a trop de colère accumulée.»Côté étudiant, la rancœur monte aussi : «Ce ne sont même plus des contrôles, mais des fouilles au corps», s’agace Jérémy, qui dit avoir été fouillé huit fois le 23 juin.

    Les heures passent, le moral des personnes présentes remonte au rythme des coups de fil reçus des participants au cortège syndical, parti de Bastille à 14 heures : «Je pense qu’ils vont nous rejoindre, ils sont au courant de la nasse devant la bourse du Travail», explique un étudiant. Peu de temps après, une petite foule commence, en effet, à se former de l’autre côté de la nasse, obligeant les forces de l’ordre à augmenter leurs effectifs. Il y a l’ex-Conti Xavier Mathieu à l’intérieur, l’économiste Frédéric Lordon de l’autre côté. L’ambiance est bonne enfant. Plusieurs ballons, confisqués les uns après les autres, sont échangés au-dessus du cordon de police séparant les deux groupes. D’autres improvisent un chamboule-tout avec des gobelets en plastique.

    En fin d’après-midi, l’affluence des personnes revenues de la manifestation oblige les forces de l’ordre à investir la place de la République, située à proximité, et à procéder à plusieurs interpellations. Devant la Bourse du travail, le barrage policier est maintenu, contrôlant les entrées et sorties. Vers 18 heures, plusieurs centaines de personnes, retranchées dans le bâtiment, étaient toujours réunies en assemblée générale.

    Luc Peillon Ismaël Halissat Rozenn Morgat

  • https://www.mediapart.fr/journal/france/280616/paris-premier-nassage-d-une-bourse-du-travail?utm_source=article_offert&utm_medium=email&utm_campaign=article_offert&xtor=EPR-1013

A Paris, premier «nassage» d’une bourse du travail

28 JUIN 2016 | PAR KARL LASKE

En fin de matinée, les CRS ont encerclé la Bourse du travail de Paris dans l’intention de filtrer et d’interpeller les participants de l’AG interpro’. La nasse ordonnée par le préfet a provoqué une manifestation devant les locaux syndicaux.

Vers 11 h 30, les CRS se sont placés en catimini aux abords de la Bourse du travail de Paris. À petits pas, comme des voleurs. Peu à peu, ils ont encerclé le bâtiment, dans l’intention de fouiller, filtrer et interpeller les militants qui en sortaient. En déployant ainsi la police, le préfet Michel Cadot – ancien directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie au ministère de l’intérieur – a pris une décision symbolique et lourde : sauf réquisition judiciaire, les locaux syndicaux, tels que la Bourse du travail, sont réputés inviolables par l’Organisation internationale du travail. Le contrôle des militants qui s’y rendent ou en sortent constitue une entrave à la liberté syndicale. En outre, la fouille des manifestants est en principe limitée par l’arrêté du préfet à la zone de manifestation commençant à Bastille et aux rues alentour.

La nasse mise en place en fin de matinéeLa nasse mise en place en fin de matinée

À République, à l’intérieur de la Bourse du travail, justement, se tenait l’assemblée générale interpro’ regroupant syndicats, inorganisés, dont certains membres de Nuit debout, et l’on discutait des nasses policières et de l’intérêt de rejoindre la manif intersyndicale contre la loi sur le travail. La proposition des représentants de SUD PTT 92, en grève depuis 48 jours, était d’y aller groupés, tandis que d’autres militants reprenaient les termes d’un appel à rester en périphérie du cortège – « Contre la mise en cage du droit de manifester » – ou à se retrouver ailleurs dans Paris.

« Le virage a déjà eu lieu, je n’irai pas à ce rendez-vous qui est un rendez-vous policier »,proclame un militant. « Je veux bien me faire nasser mais ce sera devant mes camarades en lutte, rétorque un postier, qui préconise de rejoindre la Bastille. L’alternative, c’est quoi ? Se faire nasser ailleurs quelque part dans Paris ? » Sans le savoir, le préfet met donc tout le monde d’accord en déployant une nasse jusqu’aux portes de la Bourse du travail.

« Les flics se sont positionnés partout ! » annoncent deux jeunes, interrompant l’AG.« C’est tout le quartier qui est bloqué ! » Dans le quart d’heure qui suit, tous les syndicats sont prévenus. Un texte est concocté dénonçant le « déploiement de la police », et le« quadrillage d’un quartier autour d’un local syndical ». Il appelle « à tout mettre en œuvre pour que la police quitte les lieux »« C’est une séquestration ! » réagit un militant qui veut durcir le texte. « Non, pour le moment, ils ne nous séquestrent pas…corrige un animateur de l’AG. Mais il faut lancer un appel pour que les organisations nous rejoignent ici. »

La nasse formée par les CRS vue du 2e étage de la Bourse du travail © KlLa nasse formée par les CRS vue du 2e étage de la Bourse du travail © Kl

Leur appel est entendu et des soutiens se pressent bientôt derrrière la nasse. Les vigiles du bâtiment ont reçu de la police « l’instruction de fermer les portes » derrière les militants en cas de sortie. Dans l’AG, l’idée d’un départ en manif se fait jour, mais sans illusion. « Il faut un groupe important qui garde le contrôle des portes », propose l’un des animateurs de la réunion. « L’UD CGT a appelé Martinez, qui a appelé le préfet pour dire que c’est scandaleux de venir à la Bourse du travail », rapporte un militant qui a joint la centrale syndicale.

Les militants SUD font la proposition de « sortir du bâtiment » et de « refuser collectivement de se soumettre à la fouille »« Ils nous laissent pas passer et puis voilà, ils gazeront », murmure une jeune femme, fataliste. « Si ça finit en nasse, on s’engage à ne pas montrer nos cartes d’identité ! » lance un militant. « Personnellement, je n’irais pas à Bastille, tranche un autre. Essayons de nous rassembler ici ! » S’il y a repli et charge policière, on songe à l’occupation. « On est deux cents, sortons et voyons comment ils réagissent, propose Xavier Mathieu, l’ancien délégué syndical CGT de Continental, signataire de l’appel « contre la mise en cage ». Manifestons devant la Bourse du travail. La même manif pourrie que le 23 juin, on la refuse. Il faut refuser ça, parce que sinon toutes les manifs seront comme ça. »

À l’extérieur, les CRS ont été rejoints par les gendarmes, qui forment une ligne de boucliers. « On laisse sortir de manière isolée avec contrôle des sacs », crachote un officiel sur la radio des CRS. La manifestation s’improvise, les banderoles sortent, les slogans fusent, malgré l’interdiction d’avancer. On annonce l’interpellation d’un membre de SUD éducation à son domicile. Le 23 juin, les postiers qui se rendaient à la manif ont été contrôlés trois fois, puis matraqués, pour finalement passer l’après-midi devant un commissariat du XVIIIe arrondissement, deux d’entre eux ayant été interpellés – l’un parce qu’il avait des lunettes de plongée, l’autre pour « rébellion » à la suite d’une charge. Ils sont présents tous les deux devant la Bourse du travail.

Double ligne de gendarmes pour éviter la jonction avec les soutiens arrivés sur place © KlDouble ligne de gendarmes pour éviter la jonction avec les soutiens arrivés sur place © Kl

Après 48 heures de garde à vue, Adil doit comparaître le 6 septembre pour « outrage et rébellion ». Matraqué dans le dos et sur les jambes, il a subi deux décharges de taser lors de son interpellation. « J’avais seulement repoussé un CRS qui m’avait bousculé deux fois, raconte-t-il. Il m’a dit “toi, je vais pas te lâcher“ et il m’a tiré vers l’arrière, et là c’est parti en coups de matraque sur moi. Quand il a vu ma carte de résident, il m’a dit : “Je vais faire en sorte qu’on te renvoie” ! » Secrétaire adjoint de SUD PTT 92, Xavier a lui aussi été matraqué le 23 juin. « L’idée du pouvoir, c’est d’empêcher syndiqués et non syndiqués de se retrouver, comme ici dans les AG interpro’ ou dans les cortèges de tête de manif, analyse le syndicaliste. C’est leur cauchemar qu’il y ait une convergence entre des familles politiques différentes, des comités d’action et des syndicats. Je ne partage pas l’idée de renoncer à manifester. Mais avec un pouvoir qui est prêt à encercler des bourses du travail, on va se retrouver face à des dispositifs comme en Turquie. On va être obligés de sortir très nombreux dans la rue. »

En fin d’après-midi, la préfecture a annoncé, sans évoquer son travail de filtrage, que les personnes rassemblées devant la Bourse du travail avaient été rejointes, vers 17 h 30, « par environ 1 500 manifestants provenant de la place de la République et de la place d’Italie »« Les forces de l’ordre ont été positionnées afin d’éviter tout départ en cortège, cette manifestation n’étant pas déclarée »,a-t-elle indiqué.

En début de soirée, les policiers desserrent légèrement leur étau, tout en maintenant un important dispositif aux abords immédiats de la Bourse du travail. Et l’AG reprend son cours dans la grande salle de la Bourse du travail, bondée.

http://la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/bourse-du-travail-des-nouvelles-du-frontHTTP://LA-BAS.ORG/SPIP.PHP?PAGE=PLAYER&ID_DOCUMENT=37046

Bourse du Travail : des nouvelles du front

Le mardi 28 juin 2016

Frédéric Lordon et Xavier Mathieu font partie du public qui s’est fait nasser depuis ce matin à la Bourse du travail à Paris, alors qu’une AG INTERLUTTES était prévue. 200 à 300 personnes ont été bloquées, certains depuis ce matin.

Des manifestants venus en renfort par la place de la République ont été refoulés et gazés. Vers 18h30, nous avons pu rejoindre Frédéric Lordon et Xavier Mathieu

Communiqué de la Commission Action Travail Social de Nuit Debout :

Interdiction arbitraire de manifester

« Les plus de deux cents militants et militantes réunis ce matin à la Bourse du travail de Paris (rue du Château-d’eau), ainsi que ceux et celles qui les ont rejoints suite à l’information d’un déploiement policier devant le bâtiment, ont tenté de se rendre vers 13h30 à la manifestation intersyndicale qui se tient à 14 heures place de la Bastille.

La police, qui procède depuis la fin de la matinée à des fouilles arbitraires sur la place de la République, nous a alors empêchés de sortir de la rue du Château d’eau et de nous rendre au métro. Entretemps, une centaine de syndicalistes de Solidaires et de la CNT qui avaient essayé de nous rejoindre ont été bloqués à la sortie du métro Jacques Bonsergent.

Malgré les interventions de nombreux responsables syndicaux auprès de la Préfecture de police, nous sommes de fait assignés à résidence dans la Bourse du travail ! Nous sommes actuellement près de trois cents à être « nassés » devant le bâtiment.

Ce déni de démocratie est insupportable.

Si le gouvernement croit venir à bout de la mobilisation contre sa Loi Travail, il se trompe lourdement. Nous continuerons de le lui prouver en poursuivant la lutte.

Nous appelons ceux et celles qui partagent notre révolte, notre indignation et notre détermination à se réunir à 18h30 à la Bourse du travail pour une assemblée générale interprofessionnelle. »


Merci à Frédéric LORDON et Xavier MATHIEU.

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

reportage : Dillah TEIBI
réalisation : Sylvain RICHARD
montage : Anaëlle VERZAUX
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