Baromètre Unsa : le gouvernement n’a pas apaisé le malaise avec les enseignants

Le mécontentement reste profond chez les enseignants, révèle le Baromètre 2016 publié le 23 juin par l’Unsa Education. Cette enquête massive portant sur 25 000 salariés du secteur éducatif, montre qu’une large majorité des enseignants reste hostile aux réformes et que les mesures salariales annoncées n’ont pas eu d’effet majeur. Or le monde enseignant est le coeur de l’électorat de François Hollande.

Un sondage massif

Pour ceux qui veulent sonder les âmes du monde enseignant, le Baromètre Unsa reste une source importante d’information. En effet, c’est un sondage massif portant cette année sur 25 000 personnes dont 12 000 enseignants. Pour cette quatrième édition, le Baromètre a encore touché davantage de salariés qui ne sont pas tous des militants ou sympathisants Unsa.

« Le ça va mieux se voit un peu mais c’est pas encore ça ». En présentant les résultats du Baromètre Unsa, Laurent Escure, secrétaire général de l’Unsa Education, la seconde fédération syndicale de l’Education nationale, fait ressortir tout ce qui peut être positif. Mais , s’il y a un léger mieux pour l’équipe en place au gouvernement, les grandes lignes n’ont pas bougé depuis le Baromètre 2015. Sauf peut-être un mécontentement plus important chez les cadres du système éducatif.

Un vrai amour du métier enseignant

Les points les plus positifs restent les mêmes. Les enseignants , comme les cadres (inspecteurs, personnels de direction) aiment leur métier. La cote d’amour est massive : 94% des professeurs des écoles, 92% des enseignants du second degré, un taux équivalent chez les cadres.  Ils sont heureux de l’exercer pour  4 professeurs des écoles sur cinq et 3 professeurs du secondaire sur 4. Les cadres trouvent très majoritairement (9 sur dix) que leur mission a du sens, un sentiment ressenti majoritairement aussi chez les enseignants même si un enseignant du secondaire sur trois ne s’y retrouve plus.

La politique gouvernementale majoritairement rejetée

Une fois cela posé, le Baromètre bascule dans le négatif. La politique gouvernementale et ses réformes sont très majoritairement rejetées. Seulement 22% des professeurs des écoles et 21% des enseignants du secondaire  se déclarent en accord avec la politique éducative gouvernementale, C’est pratiquement le taux de 2015. Seulement 11 et 13% de ces enseignants estiment que leur situation s’est améliorée cette année, un taux là aussi identique. Seulement un enseignant sur trois se sent reconnu dans son métier. Un taux faible même s’il s’est un peu amélioré chez les PE.

Laurent Escure tente de positiver. « Dans les questions ouvertes 92% des professeurs des écoles (PE) ne parlent pas des rythmes. 85% des professeurs du secondaire ne parlent pas de la réforme du collège ». Il en tire la conclusion que « les oppositions aux réforme se réduisent ». Mais , si elles sont moins virulentes parce qu’en effet on est passé à l’application, le Baromètre montre qu’elles ne satisfont pas. « Le degré de satisfaction n’est pas élevé, mais dans le contexte actuel autour du gouvernement c’est un chiffre plus élevé que la moyenne des Français », rétorque -t-il…

Malgré les annonces, le salaire reste la première préoccupation

Voyons comment les mesures salariales positives annoncées par le gouvernement sont ressenties. Seulement un professeur sur cinq juge sa carrière satisfaisante. 87% des professeurs des écoles et 82% des enseignants du secondaire jugent leur rémunération insuffisante.  Le pouvoir d’achat reste la préoccupation numéro 1 des enseignants  (58 et 57% des enseignants). Vient ensuite la charge de travail, puis la carrière, la formation en enfin les relations hiérarchiques.

Tension chez les cadres

L’insatisfaction des relations hiérarchiques semble partagée par les cadres. Si 20% des enseignants les signalent dans les choses à améliorer c’est aussi le cas de d’un IEN  et un personnel de direction sur trois, un IPR sur sept.

Car la nouveauté de cette édition c’est de montrer une tension chez les cadres. Deux sur trois se plaignent de leur charge de travail (c’est plus que les enseignants), un sur deux de son pouvoir d’achat.  « On a un sujet avec l’encadrement » , dit L Escure. « C’est l’angle mort de la refondation ». Le principal syndicat de personnels de direction a récemment déposé une alerte sociale.

Une profession divisée

Pour le reste, les cadres s’opposent aux enseignants sur bien des points. Ils sont nettement plus favorables aux réformes. C’est le cas de 74% des IEN et 59% des IPR. Mais seulement 51% des personnels de direction partage cet avis, un taux nettement en baisse par rapport à 2015. Ils se sentent nettement plus reconnus (73% des IEN, 59% des personnels de direction).

Mais peut-être l’opposition la plus significative c’est quand on demande aux salariés s’ils recommanderaient leur métier à un proche. La moyenne des salariés du secteur éducatif est à 53% de réponse favorable. C’est el cas de près de 60% des cadres mais de seulement un professeur sur trois.

L’Ecole peut-elle être un thème de campagne ?

Quatre ans après le lancement dune nouvelle politique éducative, appuyée sur des investissements importants dans l’éducation et un recrutement massif d’enseignants, alors que le gouvernement vient de dégeler les salaires enseignants, la politique gouvernementale reste jugée sévèrement et c’est bien le marasme qui domine dans le monde de l’Ecole. Comment dans ces conditions en faire un thème de campagne ?

Le Baromètre 2016

Le Baromètre 2015

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