Le rapport très critique du Comité de suivi de la refondation

Election oblige ? Le deuxième rapport du Comité de suivi de la loi sur la refondation,  présidé par le député Yves Durand, est moins sévère que celui de 2015. Il montre une « montée en charge » de la refondation en 2016 avec un  « effet systémique ». Mais, mise en place de façon précipitée, la refondation est appliquée de façon inégale particulièrement au collège où sur le terrain les nouveaux dispositifs restent formels. Le rapport pointe particulièrement le cycle 3 et l’évaluation avec un livret numérique toujours en attente. Moins critique qu’en 2015 sur le Cnesco et le CSP en apparence, le rapport envisage quand même de les recadrer, voire les chapeauter. C’est pour leur bien ?

Remis le 7 février au président de l’Assemblée nationale, le rapport du comité de suivi de la loi sur la refondation donne un éclairage politique sur l’application de la loi. Le comité est composé de 4 députés et 4 sénateurs et de 4 personnalités nommées par la ministre. Le comité penche donc du coté parlementaire et le Comité se verrait bien comme l’organe de controle de la Nation sur l’application de la loi.

Les temps courts et longs de la réforme…

Le rapport souligne que la loi a été mise en oeuvre « en bloc » en 2016 avec l’application en même temps des nouveaux programmes de l’école élémentaire et du collège en lien avec une réforme d el’évaluation et un nouveau brevet.  » Le Comité de suivi a été frappé par la montée en charge en 2016 de la mobilisation des acteurs, enseignants, inspecteurs pédagogiques, formateurs, chefs d’établissement, recteurs, au moment de la mise en oeuvre des points de réforme qui concernaient tous les acteurs, en particulier les nouveaux programmes », souligne le comité.

Si le coté systémique de la réforme s’en est trouvé plus évident,  » cette mise en oeuvre « en bloc » de la réforme a soulevé différentes problématiques selon chaque chantier. » A ce temps court du lancement de la réforme, le comité oppose le temps long de l’appropriation « seule susceptible d’engager un changement profond des pratiques ».

Pour le comité,  » le choix d’une mise en application « en bloc » de la réforme, nouveaux programmes, nouveaux cycles, dont le cycle 3 incluant la 6ème, nouveau socle, nouveaux dispositifs d’aide personnalisée (AP), enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), nouveau système d’évaluation, nouveau diplôme national du brevet (DNB), a placé les enseignants, les inspecteurs, l’encadrement académique, dans une course contre le temps qui a des conséquences sur l’organisation de leur travail et rend difficile la mise en place d’un processus d’évaluation en continu, seul susceptible de permettre aux acteurs de s’approprier les mesures mises en oeuvre et de les ajuster ».

Un bon point pour la maternelle

La rapport distingue des niveaux d’application différents. L’école maternelle, où la réforme a démarré avec un an d’avance, la situation est la meilleure. Le seul bémol est la scolarisation des moins de trois ans qui est « un objectif difficile à atteindre » : en fait le ministère fait du sur place. Le comité se borne à recommander une mutualisation des pratiques des professeurs de maternelle et la création d’une offre de formation continue.  De fait tout cela existe mais souvent indépendamment  du ministère par le bouche à oreille numérique des enseignants…

Peu de choses sur le prioritaire

Concernant l’éducation prioritaire, qui occupe peu de place dans le rapport, le comité juge que  » des effets positifs sont identifiés par les académies, en termes de ressources humaines, par exemple, de stabilisation des équipes pédagogiques (la balance demandes d’entrées/demandes de sorties s’est inversée localement). Mais globalement, l’évaluation de cette politique est un chantier à engager ».

Précipitation à l’école et au collège

Le premier degré est bien une priorité, estime le rapport, « mais tous les moyens programmés n’ont pas encore été affectés » souligne -t-il. La Dgesco ne semble pas en mesure de flécher les postes en fonction des politiques définies par la loi…

La mise en route des nouveaux programmes à l’école et au collège se heurte à la précipitation.  » Concernant les programmes d’enseignement, les ressources ont été livrées, en ligne, sur eduscol, en nombre important, voire trop important pour les enseignants qui, tout en saluant leur existence, demeurent nostalgiques des « documents d’accompagnement » ancienne version, ramassés en un seul livret papier et accompagnant les programmes au plus près. Le format numérique des ressources actuelles et leur nombre fait « masse » et il apparait difficile aux enseignants de se les approprier », écrit le comité. « En revanche, les enseignants sont centrés sur les nouvelles modalités d’évaluation, et se disent déstabilisés par le fait de devoir par eux-mêmes, d’une part, faire le lien entre les domaines du socle et les programmes en termes d’évaluation et, d’autre part, formuler l’évaluation dans le format nouveau que constitue le livret scolaire numérique unique, auquel ils n’ont pas toujours accès. » Au passage le rapport mentionne que le Conseil supérieur des programmes (CSP) a livré les programmes en retard…

 » Tous les changements ont dû être mis en même temps lors de la rentrée 2016: assimiler des programmes nouveaux et les mettre en oeuvre à tous les niveaux en même temps (avec toujours le même sujet : qu’est-ce que mettre en place un programme défini pour trois ans dans la troisième année d’un cycle quand les élèves n’ont pas eu le programme des deux premières années ?), une culture de cycle méconnue au collège, des formes d’évaluation et des outils nouveaux pour en rendre compte, des bouleversements organisationnels avec un accompagnement personnalisé dans une nouvelle formule, les Enseignements Pratiques interdisciplinaires (EPI), les enseignements de compléments », poursuit le comité. Quant aux actions de formation , nombreuses en 2016, elles n’ont pas touché tous les enseignants …

Au collège une réforme appliquée sur le papier

De fait l’application de la réforme au collège apparait au comité très inégale, particulièrement pour les nouveaux dispositifs.

La coordination du cycle 3 à cheval sur école et collège laisse encore beaucoup à désirer et la nature pédagogique du conseil école collège « n’est pas encore totalement perçue ».

L’accompagnement personnalisé  » est perçu comme l’accompagnement des élèves les plus faibles et peu comme l’occasion de travailler pour des élèves qui ont des besoins différents. En outre, cet accompagnement personnalisé correspond souvent à des heures de dédoublement consacrées à de la discipline, l’approche non disciplinaire des enseignements ne provoquant pas nécessairement l’adhésion des professeurs du second degré ».

Du coté des EPI,  » il apparaît que les EPI font l’objet d’une mise en oeuvre pour le moins disparate d’un collège à l’autre et qu’ils fonctionnent beaucoup sur de l’existant. Un chef d’établissement tient à souligner également qu’il est difficile de parvenir à connaître les contenus réels de EPI. Il y a bien souvent des heures « fléchées EPI » dans l’emploi du temps mais le contenu réel n’en est pas connu. De plus, il apparaît clairement que certaines disciplines s’engagent plus que d’autres dans le dispositif, les disciplines scientifiques le plus souvent ». Le rapport préconise de « raccorder les EP et l’AP au cycle 3 dans les formations de bassin » et de renforcer l’accompagnement par les inspecteurs.

Le point le plus noir c’est l’évaluation. Pour le rapport cela tient au retard du livret scolaire numérique  (LSUN), dispositif qui devait amener les enseignants à changer leur évaluation. Mais le rapport souligne aussi un problème pédagogique. Il préconise de prioriser la réflexion sur la progression, du point de vue des élèves et d’élaborer des ressources au niveau académique et national sur les progressions.

CSP et Cnesco à recadrer

Justement la question de l’évaluation est suivie de près par le Comité qui s’était montré très critique sur le Cnesco et le CSP en 2016.

S’agissant du CSP, le comité salue son travail. Mais il pose quand même la question de son indépendance.  » Le comité pose la question des raisons profondes de l’année de retard de la livraison des nouveaux programmes : temps de rodage d’un fonctionnement, nécessité d’une clarification du processus global menant à la publication des programmes et de la place de chaque type d’acteurs de ce processus, résistance à l’indépendance conférée au CSP. En outre, eu égard aux chantiers que le CSP n’a pas engagés, extrêmement importants, tels la formation des enseignants, l’introduction des pratiques numériques dans les pratiques pédagogiques, les programmes du lycée, le baccalauréat, le Comité de suivi se pose également la question de savoir si la redéfinition du statut d’indépendance du CSP par rapport au ministre en charge de l’éducation ne mérite pas d’être posée ».

Le comité invite à  » réfléchir à un modèle tirant davantage la leçon de la nature indépendante du CSP, sous la forme d’une agence dotée de moyens matériels et humains et de mandats mieux adaptés à ses missions ».

Justement cette agence le rapport la présente à quelques pages de distance.  » Il pourrait être intéressant de réfléchir à la création d’une agence autonome des parcours scolaires et des formations, qui, sur le modèle du conseil supérieur de l’éducation du Québec, pourrait choisir les thèmes et les partenaires des études qu’il mène sur l’état et les besoins de l’éducation, les modalités de leur diffusion, préconiser des modes de formation des enseignants, organiser la réflexion critique, les consultations, en particulier de représentants de la société civile et du monde économique, et les évaluations sur les programmes et les formations ». Cette agence aurait aussi l’avantage de remplace le CSP et le Cnesco…

S’agissant de ce dernier, le comité reprend les formulations du rapport précédent.  » Il apparaît clairement que le CNESCO s’attache aujourd’hui davantage à diffuser les résultats d’enquêtes menées en collaboration avec d’autres entités (organisations syndicales, par exemple) que de développer une culture et une méthodologie de l’évaluation en France ».  Il demande de  » situer le CNESCO dans le paysage global institutionnel de l’évaluation et par rapport aux instances d’évaluation qui existent à l’intérieur de ce système et à l’extérieur ».

A quelques mois d’une éventuelle alternance politique, les parlementaires du comité censé veiller à la loi de refondation pointent une réforme qui reste à appliquer concrètement sur le terrain et des instances qui sont à recadrer, chapeauter sinon effacer. C’est le comité qui doit suivre l’application de la loi qui le dit…

Le rapport du Comité

Le rapport de 2016

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Bilan très négatif de la réforme du lycée en maths

 » Comment continuer à faire des mathématiques avec le programme actuel, les outils actuels, les élèves actuels ? » Un sondage réalisé par la Commission inter IREM Université, sous la direction de Pascale Sénéchaud, dresse un tableau très sombre de la réforme du lycée en série S. Les enseignants dénoncent les failles énormes en calcul. L’introduction de l’algorithmique creuse l’écart entre les élèves au bénéfice des plus forts plutôt qu’accrocher davantage d’élèves au train des maths.

Moins de capacités à calculer

Le sondage réalisé par la Commission inter IREM Université avec le soutien de l’Apmep reste très limité. Il touche un peu moins de 300 professeurs enseignant très majoritairement en première et terminale S.

Mais sa tonalité est très négative pour la réforme du lycée.  » Le malaise des enseignants est grand face à une situation difficile. La satisfaction du professeur qui fait progresser ses élèves existe-elle encore ? Soit c’est facile et l’élève aurait pu comprendre tout seul, soit c’est un peu plus dur et c’est évacué dans les problèmes posés au bac », conclue la commission.

Les enseignants  » notent tous des lacunes, des failles énormes en calcul algébrique et littéral dès la seconde puis en première et en terminale. Ces difficultés ne sont pas nouvelles, mais elles ont été sans aucun doute amplifiées par la réforme. Elles empêchent les élèves d’avancer dans des démarches calculatoires et ils deviennent incapables de faire aboutir une résolution de problème ». 80% des enseignants notent une dégradation des aptitudes des élèves en ce domaine depuis la réforme.

L’algorithmique contre le raisonnement

L’accent mis dans les programmes sur le raisonnement et la logique est accueilli très froidement. Pour les professeurs il s’agit « d’incantations stériles… Les élèves ne raisonnent pas mieux ».

L’introduction de l’algorithmique est jugée aussi sévèrement  alors que la  quasi totalité utilisent la calculatrice en cours et une très forte majorité l’informatique.  » Les professeurs sont d’accord pour dire que cela creuse encore plus les inégalités entre les bons et les plus mauvais élèves. Les élèves moyens pouvant aussi bien en tirer parti qu’être défavorisés », écrit la Commission.  » C’est beaucoup de temps pour peu de gain en logique et raisonnement. Pour les meilleurs élèves c’est un plus : les algorithmes une fois compris permettant d’ordonner ses idées, pour les autres c’est une (grosse) perte de temps ».

La disparition de la géométrie, résultat de l’introduction de l’algorithmique, est mal vécue par 62% des enseignants qui déplorent un effet négatif sur le raisonnement des élèves, particulièrement le raisonnement hypothético déductif.

L’enquête

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En pleine affaire FILLON, les élus votent une loi pour se blanchir

Sans aucune information dans les médias s’est joué aujourd’hui l’un des plus gros scandale de corruption des élus. Les députés ont voté aujourd’hui un amendement pour se blanchir, ainsi que tous les autres escrocs en col blanc, de tous les délits financiers et de tous les détournements de fonds cachés qu’ils ont commis il y a plus de 12 ans.

C’est juste incroyable !

Sans aucune information dans les médias s’est joué aujourd’hui l’un des plus gros scandale de corruption des élus.

Les députés ont voté aujourd’hui un amendement pour se blanchir, ainsi que tous les autres escrocs en col blanc, de tous les délits financiers et de tous les détournements de fonds cachés qu’ils ont commis il y a plus de 12 ans.

A partir de ce jour, toutes les sommes volées discrètement à qui que ce soit il y a plus de 12 ans resteront acquises définitivement à tous les escrocs ou hommes politiques, ce même si il était impossible de savoir que ces vols avaient été commis !!

Toutes les affaires de corruption ou détournement de fond de plus de 12 ans que l’on ne découvriraient qu’à partir de ce jour sont blanchies par ces nouvelles lignes rajoutées en catimini dans un amendement voté ce jour.

Il s’agit bien de fait d’autoriser la corruption en toute impunité, car il suffit de se faire verser le pot de vin issu de la corruption sur un compte à l’étranger, donc que personne ne peut connaitre, puis simplement d’attendre 12 ans pour dépenser cet argent illégalement perçus aux yeux de tous, ce sans que la justice ne puisse vous demander quoi que ce soit. Au pire un redressement pour non déclaration ISF si la somme est vraiment importante !!!

C’est une réelle « légalisation » de la corruption, la justice ne vous demandant simplement de ne pas dépenser les sous avant 12 petites années !

Et tout cela pour que nos chers élus se blanchissent eux mêmes de tous leurs détournements de fond ou emplois fictifs commis il y plus de 12 ans dans notre dos.

Le plus fou est qu’ils ont glissé ces lignes dans des textes durcissant tous les délais de prescription pour tous les autres délits et crimes !

Nous devons absolument crier notre colère et descendre partout dans les rues pour faire retirer ces lignes scélérates rajoutées au dernier moment (ci-dessous en rouge) !

Alors que la loi protégeait les citoyens victimes des escroqueries ou infractions dites « occultes » ou « dissimulées » en ne prenant comme date de référence pour le délai de prescription que la date de « connaissance » du délit et non celle du délit, maintenant des députés ont rajouté discrètement quelques lignes pour glisser une date butoir de 12 ans à partir de la date de la réalisation du délit, donc tous les délits financiers ou autres arnaques que vous pouvez cacher pendant 12 ans seront donc considérés de facto comme « légaux » et inattaquables.

Il faut comprendre qu’en termes de détournements de fond ou de fraudes financières dissimulés, 12 ans est simplement ridicule. Dans toutes les entreprises ou services publics, il existe des milliers de situations qui ne sont apparentes que si quelqu’un s’y interresse par exemple lors d’une cession ou d’une régularisation.

Il suffit de changer un nom ou de faire une fausse déclaration pour dissimuler durablement un détournement de fond, la victime ne le verra que quand elle demandera par exemple réellement les fonds.

L’inversion du sens des mots et du sens commun est en train de faire des ravages partout dans les médias, car cet amendement est à lui seul une injonction paradoxale, car il dit une chose et fait son contraire !

Imaginez un détournement massif des épargnes longue durée ?

http://www.lcp.fr/actualites/comment-le-garde-des-sceaux-modifie-la-prescription-des-infractions-occultes

Il faut voir les excuses que donne le garde des sceaux pour garder un tel scandale, « c’est juste que ce serait compliqué de faire enlever ces lignes, il nous prend vraiment pour des c…

Le nouvel article 9-1 A précité disposerait que « par dérogation au premier alinéa des articles 7 et 8 du présent code, le délai de prescription de l’action publique de l’infraction occulte ou dissimulée court à compter du jour où l’infraction est apparue et a pu être constatée dans des conditions permettant la mise en mouvement ou l’exercice de l’action publique, sans toutefois que le délai de prescription puisse excéder douze années révolues pour les délits et trente années révolues pour les crimes à compter du jour où l’infraction a été commise

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Un pas vers la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans

Lancée par la ministre en septembre 2016, l’idée de rendre la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans a reçu un début de réalité avec le vote de la loi sur l’égalité réelle outre mer. Son extension en métropole poserait d’autres problèmes…

Une expérimentation outre mer

« Par dérogation à l’article L. 131-1 du code de l’éducation, à compter de la rentrée scolaire de 2018 et à titre expérimental pour une durée n’excédant pas trois ans, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à La Réunion, le Gouvernement peut rendre l’instruction obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre trois ans et dix-huit ans, dès lors que ceux-ci ne disposent ni d’un emploi ni d’un diplôme de l’enseignement secondaire ». Cet article de la loi sur l’égalité réelle outre-mer adoptée le 14 février ouvre un nouveau cap pour le système éducatif.

Une idée portée parla Refondation ?

Le ministère estime être dans la continuité avec la loi de refondation qui établit que « Tout élève qui, à l’issue de la scolarité obligatoire, n’a pas atteint un niveau de formation sanctionné par un diplôme national ou un titre professionnel enregistré et classé au niveau V du répertoire national des certifications professionnelles, doit pouvoir poursuivre des études afin d’acquérir ce diplôme ou ce titre. » Mais en fait cet article vise surtout à donner un droit au redoublement et depuis 2013 n’a pas empêché les décrochages.

En 2012, interrogé par le Café pédagogique, Vincent Peillon avait écarté cette possibilité. « L’allongement de la scolarité obligatoire, c’est une belle perspective », nous avait-il dit. « Mais rien ne sert de se fixer des objectifs, même s’ils sont louables, si l’on sait qu’on ne les atteindra pas. Aujourd’hui, l’enjeu, c’est de réduire drastiquement le nombre de sorties sans qualification et de garantir qu’aucun jeune ne reste sans solution. Commençons par le commencement : réglons la question des élèves qui, dès le CP, sont en difficulté puis en exclusion. Luttons contre le décrochage ».

De sérieuses difficultés

C’est que s’il est aisé de repousser à l’âge de 3 ans le début de la scolarité obligatoire, c’est un sacré défi pour passer de 16 à 18 ans. A 3 ans, selon la Depp, 98% des enfants sont déjà scolarisés alors que l’école n’est pas obligatoire. Ce serait d’ailleurs bien différent si la scolarité obligatoire était avancée à 2 ans.

Par contre à l’âge de 18 ans c’est autre chose. Seulement 77% d’une génération est scolarisé. A 17 ans c’est 92%. Etendre la scolarité à 18 ans c’est donc accueillir environ 180 000 jeunes supplémentaires ce qui ne peut pas s’improviser. Parmi ces 180 000 jeunes, environ 80 000 ont décroché de l’Ecole sans diplôme et les faire revenir dans l’univers scolaire ne sera pas une mince affaire.

Evidemment les effectifs sont nettement plus faibles outre mer. Mais on voit mal comment le ministère pourrait l’appliquer par exemple en Guyane et à Mayotte, deux départements où il n’arrive pas à scolariser l’ensemble des enfants.

Sur son blog, Claude Lelièvre évoque aussi de sérieuses réticences dans l’éducation nationale où une majorité d’enseignants pourrait être hostile à cette mesure.

Un pas vers l’union des gauches ?

Dans un communiqué, la ministre « se réjouit » de cette mesure. En effet, elle avait avancé l’idée le 17 septembre à l’université PS de l’engagement. Cette idée fait son chemin. Longtemps portée par le Snes, elle a notamment été reprise par JL Mélenchon. La ministre apporte-elle sa pierre à la réconciliation des gauches ?

La loi

Sur le Café

Communiqué

Blog de C Lelievre

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L’efficacité des Rased mise en cause par une étude

Les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) vont-ils faire à nouveau les frais de la probable alternance politique ? C’est ce que craignent les associations d’enseignants spécialisés après la publication par l’IREDU d’une étude qui met en doute leur efficacité. Réalisée par Claire Bonnard, Jean-François Giret et Céline Sauvageot, l’étude point une recrutement trop large des élèves, un effet d’étiquetage néfaste à leur carrière scolaire et des résultats  neutres ou négatifs. Les associations de maitres des Rased pointent des failles dans l’étude et craignent des suites politiques. Des enseignants du premier degré sont inquiets.

2007-2017, Rebelote

Dix ans plus tard, rebelote ? Déjà menacés de disparition en 2007, les enseignants des Rased s’attendent à un nouveau coup dur en 2017. Alors que la ministre a très récemment demandé aux recteurs de favoriser leur reconstitution, les Rased sortent étrillés d’une étude de l’Iredu. Leur efficacité est nettement mise en doute.

L’étude utilise les données issues du panel primaire 1997 réalisé par la Depp (division des études du ministère). Ce panel suit un échantillon de 10 000 élèves entrés en CP en 1997 jusqu’en 5ème. Les élèves indiquent chaque année s’ils ont reçu une aide. Le panel donne les résultats aux évaluations nationales de français et maths en Cp et en Ce2.

L’étude de Claire Bonnard, Jean-François Giret et Céline Sauvageot pointe trois éléments négatifs pour les rased.

Un recrutement trop large

Le premier c’est le recrutement trop large et très orienté des Rased. Trop large car l’étude estime qu’un tiers des enfants bénéficiant du rased ne présente pas de difficultés scolaires. Très orienté aussi selon l’étude.  » Les caractéristiques socio-démographiques des élèves semblent bien jouer significativement sur la sélection en Rased. Toutes choses égales par ailleurs, une fille aura moins de chances de bénéficier de l’aide du Rased qu’un garçon. De même, la PCS du chef de famille structure largement l’accès au Rased au bénéfice des enfants issus des milieux les moins favorisés ».  Ainsi quand 5% des élèves sont de nationalité étrangère, c’est 14% des élèves suivis par les rased, quand 2% des chefs de famille dont chômeurs c’est 8% de ceux des élèves suivis par les rased.

Effet d’étiquetage

L’étude pointe aussi un effet d’étiquetage des élèves des rased.  » Le fait d’avoir bénéficié du Rased en CP accroît significativement la probabilité de redoubler l’année de CP ou de partir en classe spécialisée en CE1″. Pour les auteurs de l’étude cela montre que ces élèves restent marqués par leur passage en rased.

Plus grave, l’étude estime que l’effet sur le niveau scolaire est nul ou négatif. Pour l’estimer l’étude observe les résultats aux évaluations nationales des élèves inscrits en rased.  » On constate globalement un effet négatif du Rased sur les résultats aux évaluations de début de CE2. Cet impact est plus marqué et surtout très significatif, en mathématiques », note l’étude. « En effet, les élèves ayant bénéficié du Rased en CP obtiennent en moyenne des scores en mathématiques inférieurs de 2 à 4 points par rapport aux autres élèves, à caractéristiques comparables. Cette différence, est nettement moins importante en français et apparaît même non significative dans deux des estimations… L’effet du passage en Rased diffère également selon le niveau initial de l’élève. Le fait d’avoir été en Rased a un impact d’autant plus négatif si l’élève présente initialement moins de difficultés scolaires et comportementales. En revanche, l’effet apparaît neutre pour les élèves jugés les plus en difficulté ».

La condamnation d’un système d’aide

Pour les auteurs,  » ces résultats présentent néanmoins l’intérêt de questionner d’une part, l’efficacité globale du dispositif et d’autre part, sa difficulté à cibler les élèves les plus faibles. Nous pouvons penser qu’un recentrage des moyens de ce dispositif sur ces derniers pourrait apparaître plus pertinent ». Leur conclusion vise directement le maintien des rased.  » Nos résultats montrent que les programmes d’aide visant à extraire ou cibler de manière spécifique, des jeunes en difficulté ne semblent pas être efficaces. D’autres programmes permettant un travail avec l’ensemble de la classe, mais adapté aux difficultés des élèves semblent à privilégier ».

La réponse des enseignants

Interrogées par le Café pédagogique, les associations de maitres des Rased soulèvent des failles dans l’étude menée par l’iredu. Ainsi à propos de l’étiquetage des élèves observé par leur taux de redoublement « C’est une étude historique », relève Thérèse Auzou Caillemet, présidente de la FNAME, l’association des maitres E , ceux qui travaillent la remédiation pédagogique. « On n’est plus du tout dans le redoublement aujourd’hui ». De fait l’étude juge les rased à partir d’un panel d’élèves qui ont été scolarisés entre 1997 et 2003. Depuis trois circulaires ont redéfini les rased (2002, 2009 et 2014) et le redoublement a quasiment disparu du primaire. Fanny Apfeldorfer, pour la Fnaren, estime au contraire que le rased permet de changer le regard sur l’enfant et de le positiver.

T Auzou Caillemet revient aussi sur le mode de sélection des élèves.. Elle rappelle que ce ne sont pas les rased qui sélectionnent les élèves mais l’enseignant de la classe, le directeur et les trois membres du rased. « Le choix est issu d’une co reflexion » et il tient compte du rapport que la famille entretient avec l’école.

Qu’est ce que la difficulté scolaire ?

Une autre critique porte sur l’évaluation des élèves faite par l’étude. « Il y  aune méconnaissance de ce  qu’est la difficulté scolaire », estime T Auzou Caillemet. »L’étude part sur trois niveaux de compétences des élèves et considère comme en grande difficulté l’élève ayant des difficultés sur trois critères. Mais un élève trop discret en difficulté sur une seule compétence où serait-il classé ? Qu’entendent les auteurs par difficulté scolaire ? » C’est aussi ce que nous a dit Fanny Apfeldorfer, pour la Fnaren, l’association des maitres rééducateurs. « Dans les enfants pour lesquels une aide est demandée, il y a des enfants qui ne sont pas en difficulté sur le plan strictement scolaire mais par rapport à leur confiance en soi ou qui ont des difficultés de comportement qui retentissent sur le climat de la classe voire de l’école ».

La faiblesse des résultats en maths ne surprend pas T Auzou-Caillemet : « 80% des demandes en CP portent sur le français, les maths sont peu abordées », nous a t-elle dit. Le niveau en français est jugé plutôt au bénéfice des rased.

« Les enfants suivis par les rased sont en difficultés », rappelle F Apfeldorfer. « Sans le rased ces enfants auraient été réorientés en classe spécialisées », estime-t-elle. Ils seraient ainsi sortis du panel Depp.

Les associations de maitres des rased préparent une réponse commune. Mais ils s’interrogent sur le contexte de publication de cette étude, qu’elles jugent à charge, à quelques mois des élections.

Quelle place pour les rased dans le système ?

« Le professeur dans sa classe doit créer une dynamique et faire évoluer ses pratiques pour que tous les enfants soient en situation d’apprentissage », nous a dit Rachelle Schneider, secrétaire départementale du Snuipp 93. »Mais il y a des enfants, à un moment de leur parcours , qui ont besoin d’une aide spécifique apportée par un enseignant spécialisé ».

L’effet du démantèlement des rased entre 2007 et 2012 a été vivement ressenti sur le terrain. « La décimation des maitres G (rééducateurs) par exemple fait que l’on a des tensions dans les écoles élémentaires avec des enfants qui vont mal et qui mettent à mal l’équilibre de classes entières. On est persuadé qu’n meilleur travail de prévention en maternelle aurait atténué ces situations ».

Si l’étude de l’Iredu suscite autant de réactions dans l’enseignement primaire c’est bien qu’il cumule les difficultés. Les enseignants doivent accueillir des enfants ayant des handicaps divers, faire réussir tous les élèves dans les classes les plus chargées d’Europe de l’ouest , le tout sans formation. Dans cette situation les rased sont la seule aide dont disposent les maitres. Les attaquer est très mal vécu.

L’étude

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Nous Présidentes

En vue de la présidentielle et des législatives, le Collectif National pour les Droits des Femmes lance aujourd’hui une campagne « NousPrésidentes » pour mettre en avant ses revendications et les questions d’égalité femmes/hommes pendant la campagne.

Un site a été mis en ligne aujourd’hui http://www.nouspresidentes.fr/
Une campagne a aussi été lancée sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter #nouspresidentes.
N’hésitez pas à diffuser, le féminisme lutte de classes c’est bon pour la santé. 🙂

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MANIFESTATION d’opposition à la venue de la candidate du FN à l’élection présidentielle à Nantes.

Appel du Collectif unitaire contre l’extrême-droite et ses idées : télécharger le tract.

Appel de l’UD CGT : télécharger le tract.

 

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OEE – Un plan migrants qui génére de graves dérives dans le domaine de l’action sociale, Lettre ouverte à Jean-François Carenco, Préfet de la région Ile-de-France, Préfet de Paris

Observatoire de l’enfermement des étrangers

Un plan migrants qui génère de graves dérives dans le domaine de l’action sociale, lettre ouverte à Jean-François Carenco, Préfet de la région île-de-France, Préfet de Paris 

Le 16 février 2017

Monsieur le Préfet,

Informées par l’un de ses membres, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, les organisations de l’OEE (Observatoire de l’enfermement des étrangers) ainsi que le Réseau éducation sans frontières de l’Essonne (RESF 91) sont très préoccupées par les témoignages de maltraitance et de graves abus auxquels sont apparemment soumises les personnes prises en charge dans un centre d’hébergement d’urgence ouvert au 10 rue Galvani, à Massy, dans le cadre du « plan migrants ».

Cette prise en charge s’inscrit dans le cadre d’un dispositif national qui nous semble déroger aux principes généraux du code de l’action sociale et des familles, et notamment à la Charte des droits et libertés de la personne accueillie que les structures d’hébergement doivent respecter et dont l’État est le garant.

 

Nous vous demandons de vérifier en urgence les conditions dans lesquelles sont traitées les 70 personnes hébergées à Massy depuis novembre 2016 à la suite d’une évacuation d’un campement à Paris, qui semblent bien éloignées des recommandations contenues dans le Vade-mecum des gestionnaire de centres du 21 septembre 2016, diffusé par la préfecture de la région d’Ile-de-France dans le cadre du « plan migrants ». D’après les informations qui ont été portées à notre connaissance, les points suivants nous semblent mériter une attention particulière :

–          Prise en charge sociale totalement insuffisante pour des personnes nécessitant pourtant un accompagnement spécialisé (un travailleur social pour 70 personnes)

–          Absence d’écoute et de prise en compte des demandes des personnes hébergées, voire comportements dégradants, insultants et menaçants à leur encontre

–          Conditions matérielles d’hébergement peu appropriées à une prise en charge de longue durée (dortoir surpeuplé, sans intimité, douches froides, manque de chauffage, difficultés pour laver le linge…)

–          Aucune information donnée aux personnes sur leur devenir

D’après les dernières informations que nous avons reçues, des aménagements des locaux auraient été décidés en hâte par le gestionnaire, tels que la pose de cloisons, après que les protestations ont dépassé la seule enceinte du centre. On nous dit aussi que le centre s’apprêterait à augmenter sa capacité d’accueil pour atteindre le double du nombre de personnes actuellement hébergées.

Trois des personnes hébergées ont fait l’objet d’une fin de prise en charge alors qu’elles avaient protesté contre leurs conditions d’accueil et demandé le soutien d’associations et d’avocats. Le 1er février, la police a été appelée pour faire exécuter cette fin de prise en charge par le responsable du centre, au motif qu’elles auraient commis des actes de violence. Elles auraient précédemment subi une forme de chantage leur intimant de se taire si elles ne voulaient pas être renvoyées dans un autre pays européen sur la base du règlement Dublin. Placées en garde-à-vue, elles ont été relâchées peu après mais sont convoquées au commissariat le 16 février. Elles sont aujourd’hui privées de prise en charge dans le cadre du « plan migrants ».

Vos services, ainsi que l’OFII, ont été alertés à plusieurs reprises par les personnes hébergées dans ce centre et par des réseaux associatifs d’une situation qui va bien au-delà du dysfonctionnement occasionnel. Rien ne semble changer, malgré le temps qui passe. Il est urgent d’intervenir.

Ces événements graves doivent conduire à une enquête et au relogement immédiat dans des conditions dignes des personnes concernées.

La situation du CHUM de Massy est symptomatique d’un plan d’accueil des migrants mis en œuvre à la hâte et qui, trop souvent, ne respecte pas les principes du code de l’action sociale et des familles. Le suivi des opérateurs et des conditions d’accueil des migrants ne semble pas à la hauteur des besoins essentiels de ce public particulièrement vulnérable, ce qui crée des tensions et est propice aux dérives constatées à Massy. D’autres exemples montrent que ces manquements peuvent avoir des conséquences dramatiques . Ainsi, dans la Marne, un jeune Malien s’est tué en se jetant du 8è étage du foyer où il était hébergé, dans lequel aucun éducateur ou travailleur social n’était présent : il craignait, semble-t-il, d’être expulsé.

Au-delà de la dénonciation de faits tragiques, nos organisations demandent à ce que les lieux d’hébergement du « plan migrants » ne servent pas à mettre en œuvre une politique de contrôle qui tendrait à faciliter les expulsions, à enfermer les migrants dans des centres de rétention administrative et surtout à porter atteinte aux droits et à la dignité des personnes.

 

Veuillez croire, Monsieur le Préfet, à nos sincères salutations.

Pour l’OEE et RESF 91

Claire Rodier

contact : Claire Rodier

GISTI

3 villa Marcès

75011 Paris

rodier@gisti.org

 

Organisations membres de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers :

ACAT-France, Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), Anafé, Comede, Droits d’urgence, Emmaüs France, Fasti, GENEPI, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l’Homme, MRAP, Revue Pratiques, Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat de la médecine générale (SMG), Palaiseau, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat de la médecine générale (SMG))

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Gazette d’@rrêt sur images, n° 479 : Derrière Théo, les vexations sexuelles ordinaires de la police

Gazette d’@rrêt sur images, n° 479

Dans le sillage de l’affaire Théo, ce jeune homme victime d’un viol présumé à la matraque télescopique lors d’un contrôle d’identité, se sont multipliées les révélations médiatiques, sur les vexations sexuelles, visant les jeunes des quartiers pauvres, de la part de la police. Emballement médiatique, ou levée d’un lourd tabou ? Est-il possible que des palpations génitales, par exemple, fréquemment pratiquées par la police, à seule fin d’humilier les adolescents contrôlés, soient passées sous les radars médiatiques ? En 2017 ? Mais qu’est donc devenue notre police ? Notre plateau y répond en toute liberté. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

 

(2)

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[infoseefsu] Web-lettre de L’École Émancipée


Web-Lettre envoyée le dimanche 19 février 2017

Voici les articles publiés sur le site L’École Émancipée depuis 4 semaines

« Pour une GOOD YEAR des luttes et conquêtes, démarrons à Amiens le 11 janvier 2017… »

11 février 2017

Ce sont les vœux de la CGT Goodyear pour 2017 (que nous reprenons évidemment à notre compte !) en invitant à manifester le mercredi 11 janvier, jour où a été rendu le jugement pour les 8 Goodyear. A son entrée en fonction l’actuel président de la République avait refusé de les amnistier. On se (…)

Le bulletin de l’ÉÉ SNES de ce début d’année regroupe un édito d’actu suivi d’une série d’article faisant le bilan de notre stage national qui s’est déroulé les 10 et 11 janvier (…)
Comme tous les ans, l’équipe nationale de l’EE-SNES a organisé un stage de formation syndicale ouvert à toutes et tous. Il a eu lieu les 10 et 11 janvier 2016 dans les locaux du SNES à Paris avec (…)

– Stage de l’ÉÉ : 10-11/01/2017 – Nos combats (…)
– Stage de l’ÉÉ : 10-11/01/2017 – Le lycée unique (…)
– Stage de l’ÉÉ : 10-11/01/2017 – Les conditions (…)
– Stage de l’ÉÉ : 10-11/01/2017 – Témoignage d’une (…)
– Edito : Demain se prépare aujourd’hui dans la (…)

Nous retraçons ici les interventions de l’École Émancipée au cours du CN de janvier du SNES.
ll s’est débattu en particulier au cours de ce CN les éléments suivants : La résistance à la réforme du collège et la lutte contre le Livret Scolaire Unique. La réforme des formations spécialisées (…)

MOUVEMENT SOCIAL CONTRE LA LOI TRAVAIL 2016

2 février 2017

L’école émancipée dresse un bilan du mouvement social contre la loi Travail ; elle vous propose de partager sa réflexion.

Évaluer : un peu, beaucoup, à la folie… pas du tout ?

1er février 2017

École, entreprise, politiques publiques, recherche, santé… L’évaluation est une priorité affichée et omniprésente. Depuis les années 80, elle a gagné tous les champs : il n’y a plus rien qui ne doive être évalué.

Bulletin d’information de l’École Émancipée du SNES Créteil

1er février 2017

Bulletin éé MaquetteLire plus de publications sur Calaméo

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La Sociale N°23 : Réinvestissons les cinémas en vue des élections!

Reprogrammer « La Sociale » en vue des élections :

De nombreuses salles qui avaient programmé « La Sociale » cet automne ont décidé de remettre ce film à l’affiche en vue des élections.
A vous de jouer en allant voir votre cinéma préféré et en lui proposant de faire de même!


Chers ami-e-s,

À force de patience, de travail et d’entraide, « La Sociale » s’est imposée dans les salles, et la Sécu dans le débat public. Vous êtes déjà 115 000 spectateurs à avoir vu ce film et ce sont près de 350 débats qui ont été organisés. Mais à l’approche des élections, ce n’est pas le moment de faiblir, et les cinémas qui ont déjà passé le film peuvent plus facilement le reprogrammer dans les semaines à venir. Pour ça rien de plus simple, allez les voir pour leur demander, emmenez vos classes et vos assos, pour que vive la Sociale ! Si vous avez besoin de leurs coordonnées, contactez-nous.
A très bientôt.

L’équipe de La Sociale.


Où voir « La Sociale » cette semaine du 8 au 15 février ?

Pour trouver la séance la plus proche de chez vous:
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=249160.html

Aigues Mortes (Marcel Pagnol), Annonay (Les Nacelles), Arbusigny (Cinébus), Aubervilliers (Les Studios), Aurignac (Espace St Michel), Auxerre (Méga CGR), Avignon (Utopia), Bordeaux (Utopia), Casteljaloux (Cinéma), Chalon sur Saone (L’Axel), Chambéry Jacob Bellecombette (Universciné), Champagne en Valromey (Cinébus), Comentry (Théâtre Alphonse Thivier), Dole (MJC), Douai (Hippodrome), Etampes (La Rotonde), Gençay (Cinéma), Grenoble (Le Méliès), Le Mans (Le Royal), Les Vans (Vivans), Libourne (Grand Ecran), Montpellier (Utopia), Montreuil (Le Méliès), Murat (Arverne), Nantes (Le Concorde), Nimes (Le Sémaphore), Noisiel (Ferme du Buisson), Palaiseau (Ciné Pal), Paris (Espace Saint-Michel), Paris (MK2 Beaubourg), Paris (UGC Gobelin), Pau (Le Méliès), Poitiers (Le Dietrich), Pontarlier (l’Olympia), Reims (Opéra), Rive de Gier (Cinéma), Sens (Cinéma Confluences), St Florent le Viel (Cinéma), St Georges de Didonne (Cinéma), St Martin en Haut (Cinéma Paradiso), Ste Livrade (Cinéma), Surgères (Le Palace), Thorens-Glières (Le Parnal), Toulouse (American Cosmograph), Tournefeuille (Utopia), Tournon sur Rhône (Ciné Théâtre), Villeneuve Tolosane (cinéma).

Carte des projections de La Sociale

Biographie d’Ambroise Croizat :

Vous avez découvert Ambroise Croizat en allant voir « La Sociale » et vous voudriez en savoir plus sur le personnage? Alors vous pouvez commander sa très belle et très complète biographie rédigée par Michel Etievent.

A commander directement chez l’auteur (privilégions les circuits courts…) sur michel.etievent@wanadoo.fr


Pour nous contacter:

Rouge Productions

Camille Gillet
7 rue Ambroise Thomas
75 009 Paris
mail: rouge@rougeprod.fr
tel: 01 47 70 04 33

Pour organiser des projections
Jérémie Pottier-Grosman
Réseaux et partenariats
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06.50.40.24.00

Marion Pasquier
Programmation salles
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06 79 21 84 67


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Gazette d’@rrêt sur images, n° 478 : Le Décodex du Monde face aux critiques

Gazette d’@rrêt sur images, n° 478

Et encore un effet collatéral de l’élection de Trump ! En publiant précipitamment son guide « Decodex », qui attribue aux sites et blogs des labels rouges, oranges ou verts, en fonction de leur fiabilité supposée, Le Monde a déclenché une bruyante opposition sur la Toile. Il faut dire que le journal a tendu le bâton pour se faire battre. De quel droit se permet-il de « labelliser » ses confrères, et de passer du démontage des « fake news » à la mise à l’index de sites entiers ? Un media qui affiche clairement ses options politiques est-il moins digne de confiance qu’un media qui laisse passer son idéologie en contrebande ? Qu’est-ce qu’une information fiable, et qui est légitime à en juger ? Autant de questions passionnantes, dont débattent sur notre plateau Samuel Laurent, concepteur de Décodex, François Ruffin (Fakir), et l’universitaire Louise Merzeau. Notre émission est ici (1).

Daniel Schneidermann

 

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48. IRFSU – La lettre d’information de Février 2017

Si cet email ne s’affiche pas correctement, vous pouvez consulter directement la page.
Newsletter Février 2017
A LA UNE

Touche pas à ma ZEP

Depuis plusieurs mois, les enseignant-e-s des lycées anciennement classés ZEP se mobilisent pour le maintien de leurs établissements au sein de l’éducation prioritaire.
La réforme instituant les réseaux d’éducation prioritaire (REP) effectuée par Najat Vallaud-Belkacem en 2014 en plus de réviser à la baisse le nombre d’ établissements concernés, l’a cantonné au collège. La question des lycées était renvoyée à plus tard c’est-à-dire quasiment enterrée.
Le coup était rude pour les personnels concernés et les jeunes en formation compte tenu des difficultés rencontrées.
Le collectif « Touche pas à ma ZEP » regroupe des dizaines de lycées et de lycées professionnels.

Anne Barrère : Au coeur des malaises enseignants

Dans l’expresso du Café pédagogique du 30 janvier, François Jarrraud rend compte de la sortie d’un livre d’une enseignante qui est en même temps sociologue. Son livre montre que la sociologie peut aider les enseignants à comprendre le malaise et à agir. Si vous vous interrogez sur l’efficacité de l’accompagnement personnalisé, la légitimité des « bonnes pratiques », la résistance aux réformes ou encore le rôle des enseignants dans la reproduction des inégalités sociales, cet ouvrage apporte des clés scientifiques pour analyser et comprendre. Cela veut dire que l’ouvrage passe au crible de l’analyse bien des idées toutes faites. Autant dire que le livre d’Anne Barrère est un véritable plaidoyer pour la formation des enseignants. Mais pas une formation descendue d’en haut. Il plaide pour un éclairage débattu par les enseignants eux-mêmes, à l’image du livre lui-même, relu et critiqué au final par une dizaine de professeurs.

Une publication de l’INSEE sur les jeunes, leurs études et leur vision de l’avenir.

Ils ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.
Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

L’INSTITUT

« Dans quelle mesure travailler moins est-il désirable ? »

Si j’ai soumis ce sujet à la sagacité de mes élèves au bac blanc, c’est bien sûr parce que la question du travail et de la tension entre libération et aliénation est au cœur de la réflexion philosophique. C’est aussi parce que cette question ancienne habite les débats politiques d’aujourd’hui. C’est enfin et surtout parce que le Chantier Travail de l’Institut de la FSU a fêté ses 10 ans lors d’un séminaire qui a eu lieu les 1er et 2 février 2017. Lire la suite

Les 10 ans du Chantier travail : Un événement syndical sur le travail et l’activité

Les 1er et 2 février dernier s’est tenu à Paris un séminaire, « Le travail en débat », à l’occasion des 10 ans du chantier travail.
Entre 70 et 80 personnes y ont participé, en totalité pour la majorité d’entre elles, partiellement pour d’autres.
Il a bénéficié de la présence de deux « grands témoins », Yves Clot le premier jour, Yves Schwartz le second et de celle d’un représentant de Solidaires (Éric Beynel) le premier jour et de la CGT (Jérôme Vivenza) le second. La représentante de la CFDT n’a pas pu se libérer. Lire la suite

ON A VU

Industrialiser l’éducation Anthologie commentée (1913-2012)

Pour mieux comprendre les mutations des organisations, ressources et pratiques éducatives.
En vingt-et-un textes, un siècle de recherches américaines et européennes sur le phénomène majeur et méconnu de l’industrialisation éducative. Lire la suite

Les « mairies rebelles » espagnoles.

En mai 2015, à Barcelone, à Madrid, à Saragosse, à Saint-Jacques-de-Compostelle, des maires dans la lignée du mouvement des indignés ont été portés au pouvoir. Comment un mouvement se voulant citoyen peut-il se traduire politiquement ?
Le débat sur la « démocratie » est nourri ici par une étude approfondie de la démocratie participative en Espagne. Comment passer d’un mouvement social « les indignés » à des positions de pouvoir institutionnel ? Quels changements ? Lire la suite

La Traversée : Retour de bagne d’un communard déporté

Gérard Hamon fait le pari de reconstituer le journal de bord de *** ***, l’un de ces 410 communards ramenés par le Var à l’été 1879. Autour de lui dans l’un des deux faux-ponts du navire, Augustin Nicolle, Prosper Quiniou, Marc Gonthier et Paul Chibout, quatre communards réels et inconnus sur lesquels l’auteur a accumulé une documentation patiente et passionnante, impressionnante de précision et de détails. Lire la suite

8 mars 2017

Appel unitaire à la grève pour les droits des femmes le 8 mars

Cette année, le 8 mars est préparé bien en avance et avec une envie de frapper un grand coup : appel à la grève dans les entreprises. Premiers signataires : CGT, CNDF, Femen, Femmes Egalité, FSU, Les Effronté-e-s, Les Glorieuses, Osez Le Féminisme, Planning Familial, Union syndicale Solidaires, UNEF, …. Lire la suite

AGENDA
Mercredi 8 mars 2017

Appel unitaire à la grève pour les droits des femmes le 8 mars

Samedi 25 mars 2017 (9h30-17h)

Appel aux premières « Rencontres de la Plaine » : ESS, transformation sociale et échéances politiques

Lundi 27 mars

Cycle de journées d’études Ined : Saisir les inégalités scolaires au prisme des territoires

PUBLICATIONS

Regards Croisés N°20

ARTS
De neige et de rêve, les bijoux d’Elsa Triolet
DOSSIER
Disciplines et interdisciplinarité
ENTRETIEN
Mireille Delmas-Marty Lire la suite

Syndicaliste : C’est quoi ce travail ? Militer à la FSU

Coordination : Gérard Grosse, Elizabeth Labaye, Michelle Olivier Lire la suite

IR-FSU

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En 2017, Attac a besoin de vous : adhérez à Attac !

En 2017, Attac a besoin de vous : adhérez à Attac !

Appel à adhésion 9 février 2017

Chère amie, cher ami,

S’engager avec Attac, c’est permettre le succès des mobilisations citoyennes pour cette année 2017 !

Vous pouvez aussi adhérer en nous retournant le bulletin d’adhésion papier par courrier postal. Vous pouvez aussi faire un don sur le site d’Attac.

2017 a commencé avec une victoire, la relaxe pour les Faucheurs de chaise grâce à une mobilisation incroyable : plus de 80 actions d’occupation de banques et 2 000 personnes qui se sont rendues à Dax pour soutenir Jon Palais et faire le procès de l’évasion fiscale. Et on ne va pas s’arrêter là ! Nous préparons déjà de nouvelles actions contre les McDonald’s, Apple, Zara et autres multinationales qui font s’évader des milliards d’euros dans les paradis fiscaux.

En 2017, la mobilisation citoyenne contre le CETA ne faiblit pas : de nombreux députés européens initialement favorables au CETA, ou ne s’étant pas prononcés, vont finalement s’opposer à cet accord de libre échange mortifère.

2017 c’est aussi l’année du lancement, en France, de la campagne « un million d’emplois climat » . Attac est au cœur de cette mobilisation qui vise à répondre à deux grands défis : mettre en œuvre la transition écologique et sortir de la crise sociale.

En 2017, alors que les scandales fiscaux et politiques se multiplient et que notre système politique et économique semble à bout de souffle, Attac France accueillera pour la deuxième fois l’Université d’été européenne des mouvements sociaux. Nous nous retrouverons tout·e·s, avec des acteurs et actrices des luttes et des alternatives venus de toute l’Europe, du 23 au 27 août à Toulouse. Une date à noter dans votre agenda car nous avons besoin de vous pour que cet évènement international soit une réussite !

Le financement de notre association repose à plus de 90 % sur les adhésions et les dons.

Votre soutien est donc une condition majeure pour qu’Attac agisse et donne de la voix, en toute indépendance !

Solidairement et comptant sur votre aide et votre soutien,
Dominique Plihon, Aurélie Trouvé, porte-paroles d’Attac France.

Retrouvez Attac France sur le web et les réseaux sociaux :

Attac France — 2017
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Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

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La Sociale N°22 : Pas d’emploi fictif pour l’équipe de « La Sociale »


En direct sur Médiapart :

Gilles Perret et Frédéric Pierru dans le « Direct de Médiapart » ce soir mercredi à 20h30 puis en différé. Une soirée complète consacrée à la Sécu et à l’hôpital public.
C’est en accès libre ici.


Chers ami-e-s,

Le travail n’a rien de fictif pour l’équipe de « La Sociale » qui répond à des dizaines de demandes de projections-débats chaque semaine. Au delà des salles de cinéma, ce sont les lycées, les entreprises, les syndicats, les caisses de sécu, les associations dans les villes et villages qui souhaitent utiliser le film pour aider à faire connaître notre institution. Un travail bien réel d’autant que nous avons du nous séparer de notre VRP de luxe (celui qui voulait privatiser la Sécu) car il a quelques problèmes familiaux et judiciaires à résoudre en ce moment.
Entre ceux qui veulent s’y attaquer et ceux qui veulent la substituer en partie au revenu de base, la Sécurité Sociale demeurera, soyons en sûrs, au coeur du débat de la présidentielle. C’est tant mieux et nous devons tous nous en assurer.

Vive La Sociale, vive le cinéma.

L’équipe de La Sociale.


Où voir « La Sociale » cette semaine du 8 au 15 février ?

Pour trouver la séance la plus proche de chez vous:
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=249160.html

Agen (Montreur d’images), Albiez-Montrond (Cinéma), Aniche (Jacques Tati), Aubenas (Le Palace), Avignon (Utopia), Bordeaux (Utopia), Carcassonne (Le Colisée), Chateaulin (L’Agora), Challes les Eaux (Le Challenger), Chambéry (Le Forum), Concarneau (Cinéville), Cran Gevrier (La Turbine), Gerardmer (MCL), Gourdon (L’Atalante), Gray (Cinémavia), Grenoble (Le Méliès), Hauteville sur Mer (Cinéma de la Plage), Hyères (Ciné Olbia), La Crêche (Henry-Georges Clouzot), La Rochelle (CGR Olympia), Montpellier (Utopia), Montreuil (Le Méliès), Morteau (L’Atalante), Nantes (Le Concorde), Neuville de Poitou (Le Majestic), Nimes (Le Sémaphore), Obernai (Adalric), Paris (Espace Saint-Michel), Paris (MK2 Beaubourg), Paris (Le Luminor), Pessac (Jean Eustache), Pezenas (Cinéma), Reims (Opéra), Sens (Cinéma Confluences), St Flour (Cinéma Delta), St Ouen l’Aumone (Utopia), Toulouse (American Cosmograph), Tournefeuille (Utopia), Tournon sur Rhône (Ciné Théâtre), Vire (Le Basselin).

Carte des projections de La Sociale

« La Sociale » à l’étranger :

« La Sociale » a été sélectionné au festival international du film documentaire de Thessalonique, en Grèce.
Un distributeur belge le distribuera en Belgique dès le mois prochain. Par ailleurs, le film sera présenté en Algérie, en Norvège, en Espagne et ce n’est pas terminé…


Pour nous contacter:

Rouge Productions

Camille Gillet
7 rue Ambroise Thomas
75 009 Paris
mail: rouge@rougeprod.fr
tel: 01 47 70 04 33

Pour organiser des projections
Jérémie Pottier-Grosman
Réseaux et partenariats
jerem.pottier@lasociale.fr
06.50.40.24.00

Marion Pasquier
Programmation salles
mpasquier.prog@gmail.com
06 79 21 84 67


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Le SNESUP-FSU et le SNCS-FSU appellent à la mobilisation pour soutenir Pinar Selek et les universitaires de Turquie

Le SNESUP-FSU et le SNCS-FSU appellent à la mobilisation
pour soutenir Pinar Selek et les universitaires de Turquie
Prenant prétexte du putsch militaire de juillet 2016, le président Erdogan et son gouvernement se sont lancés dans une entreprise de restriction des libertés fondamentales. Un virage autoritaire et l’exercice d’un pouvoir arbitraire se sont manifestés, entre autres, par des purges massives dans la fonction publique, dont des milliers d’enseignants, d’universitaires et de chercheurs ont été les victimes. C’est dans ce contexte, dénoncé par nos syndicats dès le mois de novembre, que nous avons appris que le procureur de la Cour de cassation de Turquie avait requis contre notre collègue Pinar Selek, l’annulation de son acquittement de 2014 ainsi que la prison à perpétuité.

De telles réquisitions suscitent notre inquiétude et notre plus vive indignation. Il convient en effet de rappeler que Pinar Selek est persécutée par les autorités turques depuis 19 ans, qu’on lui attribue la responsabilité d’un attentat qui n’a jamais existé, et qu’elle a été acquittée à quatre reprises. Réfugiée en France depuis 2012, ayant bénéficié d’un large soutien de la communauté de recherche et d’enseignement, cette écrivaine et sociologue a soutenu sa thèse en 2014 à l’université de Strasbourg et a été faite Docteur honoris causa par l’ENS de Lyon. Pinar Selek est aujourd’hui membre associée d’un laboratoire du CNRS à l’université de Nice.

Porte-drapeau des combats pour les Droits humains, incarnant exemplairement par son œuvre la défense de la liberté d’expression et de recherche, chercheuse et militante engagée aux côtés des minorités, Pinar Selek mérite un soutien qui soit à la hauteur des valeurs qu’elle incarne et qu’elle défend avec courage depuis de longues années. C’est pourquoi nos organisations syndicales interpellent le gouvernement afin que des mesures soient prises rapidement pour sécuriser sa situation professionnelle et personnelle.

Mais, au-delà du cas individuel de Pinar Selek, nous appelons aussi le gouvernement français et l’Union européenne à exercer des pressions diplomatiques fermes en direction du gouvernement turc. Celui-ci doit cesser son entreprise de destruction systématique des libertés fondamentales et rétablir l’état de droit. Nous demandons en particulier que les universitaires suspendus soient rétablis dans leurs fonctions, et que les libertés académiques et la libre circulation des chercheurs soient garanties.

Le SNESUP-FSU et le SNCS-FSU appellent enfin la communauté universitaire à amplifier la mobilisation en soutien à Pinar Selek et à tous nos collègues de Turquie, en créant dans les établissements et laboratoires des comités de soutien universitaires, en œuvrant avec les équipes de direction à l’accueil des chercheurs turcs et en prenant toutes les initiatives nécessaires au développement des échanges avec la Turquie.

Signez et faites signer la pétition « Soutien à Pinar Selek, pour un acquittement définitif »

Paris, le 8 février 2017

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Le Lundi 6 mars à 20H00, à la Gare de l’Etat, Maison des Syndicats à Nantes : conférence gesticulée sur le sexisme

Pour une soir�e antisexiste et amusante. Télécharger le flyer.

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Communiqué commun le Cran, la LDH, la Licra, le Mrap, SOS Racisme : « Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves »

Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves

Communiqué commun : le Cran, la LDH, la Licra, le Mrap, SOS Racisme

En cette circonstance, la violence policière a pris un caractère sexuel et raciste. Des insultes comme « salope », « négro », « bamboula » auraient été proférées.

Depuis des années, la question des violences policières est posée. Qu’elles aient ou non un caractère racial, elles portent atteinte à la sécurité des citoyen-ne-s et à la crédibilité de la police elle-même. Or nous avons besoin d’une police forte et juste. Ce quinquennat ne peut s’achever sans qu’on mette en œuvre un véritable plan contre ce fléau, qui mine notre République. La violence ne peut être une réponse. A la République de démontrer que ses outils sont les seuls qui vaillent.

C’est pourquoi nous demandons de toute urgence à être reçus par monsieur le Président de la République, monsieur le Premier ministre et monsieur le ministre de l’Intérieur pour nous assurer de la mise en place de solutions concrètes, pour mettre fin à ces abus et rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre.

Paris, 8 février 2017

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Communiqué commun : « Le Laissez-passer européen, un pas supplémentaire vers l’expulsion à tout prix »

Le Laissez-passer européen, un pas supplémentaire vers l’expulsion à tout prix

Alors que des hauts fonctionnaires africains et européens se réunissent à Malte les 8/9 février 2017 à mi-parcours du processus de la Valette, l’Union européenne (UE) fait un pas de plus pour restreindre la mobilité des personnes migrantes et imposer sa loi aux pays d’où viennent la majorité d’entre elles, sous la forme du « laissez-passer européen », adopté sans bruit en octobre 2016.

Le plan d’action lancé à La Valette en novembre 2015 par l’UE, ses Etats membres et 35 Etats africains vise à « lutter contre l’immigration irrégulière, le trafic d’êtres humains et les causes profondes de la migration forcée ». Actuellement en cours d’évaluation, il s’appuie sur la « coopération extérieure » pour obtenir la signature, par des Etats « tiers », d’accords de réadmission destinés à expulser plus facilement les personnes migrantes.

Avec le laissez-passer européen (LPE), l’UE marque une étape supplémentaire de la stratégie d’externalisation de sa politique migratoire depuis vingt ans. Ce document de voyage, délivré par les Etats membres de l’UE – et eux seuls -, permet d’expulser une personne sans qu’elle ait été identifiée par le pays « tiers » dont elle est supposée être originaire, et donc sans laissez-passer consulaire, au mépris de ses droits et du principe d’égalité entre Etats souverains (garanti par la Convention de Vienne).

En dépit de l’opposition exprimée dès novembre 2015 par les responsables africains présents au Sommet de La Valette et réitérée début 2017 par la société civile et le gouvernement maliens, le LPE – malgré ses défauts majeurs de forme et de fond – est bel et bien déjà utilisé.

Au-delà des effets négatifs immédiats d’une mesure d’éloignement sur les personnes, le flou total qui caractérise la mise en œuvre du LPE laisse craindre un nombre important de violation des droits, en atteste le nombre de questions sans réponse que pose l’utilisation de ce document (voir liste ci-jointe).

A l’heure où la machine à expulser gagne en puissance (coopération avec la Turquie, l’Afghanistan, la Libye, nouvelles prérogatives octroyées à Frontex), les droits fondamentaux ne sont même pas évoqués dans le texte paru au Journal Officiel de l’UE sur le LPE.

Les réseaux africains et européens d’organisations de la société civile signataires du présent communiqué réclament que les Etats membres de l’UE suspendent immédiatement l’utilisation du LPE et que les autorités européennes fournissent et publient sans délai les informations complémentaires et indispensables concernant sa mise en œuvre (voir liste des informations ci-jointe).

La mobilité est un droit, et non un outil de chantage diplomatique.

Organisations signataires 

AEDH – Association Européenne pour la Défense des Droits de l’Homme

EuroMed Droits

Loujna-Tounkaranké

FORIM – Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations

Medico International

Migreurop

Observatoire Ouest-Africain des Migrations

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Communiqué du collectif Alerte : « Pour une société bienveillante, fraternelle et solidaire »

Pour une société bienveillante, fraternelle et solidaire

Communiqué du collectif Alerte, dont la LDH est membre

A l’approche de l’élection présidentielle, le collectif Alerte demande un plan interministériel de lutte contre la pauvreté, traduit dans une loi de programmation financière sur 5 ans.

La pauvreté ne diminue pas dans notre pays. 14 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le nombre de sans-abri s’accroît. 5 millions de Français souffrent de l’isolement. De nombreuses zones urbaines sont à la dérive. La politique du logement est défaillante. Si le plan de lutte contre l’exclusion mis en place en 2013 a sans doute permis une stabilisation du taux de pauvreté, une amélioration des minima sociaux, ou des avancées significatives dans le domaine de la santé, il n’a pas profondément modifié la situation des personnes en précarité, particulièrement des jeunes et des familles monoparentales.

Alerte ne peut se contenter de ces progrès. Les mesures sont trop dispersées et il manque une approche globale. Pour François Soulage, Président du Collectif Alerte, « le moment est venu de changer d’échelle dans la lutte contre la pauvreté ; il est nécessaire de s’attaquer aux causes de la pauvreté et pas seulement à ses conséquences sur la vie des personnes ».

Notre pays, qui a mieux résisté à la crise que les autres, doit conserver une protection sociale de qualité. Il doit offrir aux jeunes une vision d’avenir, dont la garantie jeune est l’un des éléments. Il doit aussi fournir aux familles des conditions de vie décente. Chacun doit pouvoir vivre dignement.

Pour une loi cadre de lutte contre l’exclusion

Le Collectif Alerte demande un plan pluriannuel de lutte contre l’exclusion traduit dans une loi de programmation financière pour le quinquennat afin de privilégier une action transversale, tenant compte des interactions entre les différents ministères. On ne peut pas lutter contre la pauvreté uniquement par des mesures sectorielles ni par des propositions institutionnelles. Il est essentiel de partir de la situation des personnes, des réalités qu’elles vivent. La participation de tous est un levier fantastique de transformation sociale et mérite, à ce titre, d’être un axe majeur de nos politiques publiques. Pour cela, Alerte centre ses propositions dans cinq grandes directions :

  1. Une réforme en profondeur de la politique des minima sociaux pour aboutir à la mise en œuvre d’un revenu minimum garanti, sous condition de ressources, dès 18 ans, adossé à un accompagnement renforcé, avec des référents de parcours, et une politique de mobilisation générale pour un emploi décent pour tous (emploi aidés, postes d’insertion par l’activité économique). Il s’agit donc d’un triptyque vertueux « revenu minimum garanti – accompagnement effectif – politique d’emploi renforcée » pour les personnes les plus en difficulté.
  1. Une politique ambitieuse de formation professionnelle et d’alternance appuyée sur le compte personnel d’activité qui doit être élargi à un droit à l’éducation – formation tout au long de la vie.
  1. Des investissements sociaux massifs dans la lutte contre l’isolement, pour la petite enfance, et dans le soutien à la parentalité.
  1. Une politique du logement qui permette enfin de sortir des logiques d’hébergement, de lutter contre la précarité énergétique, de mieux utiliser le parc privé et de garantir l’accès au logement, y compris privé, pour les personnes les plus modestes.
  1. Une politique de santé accessible à toute personne, quels que soient ses revenus et à tous ceux présents sur le territoire, en application de l’accueil inconditionnel. Cela nécessite le renforcement du système de sécurité sociale actuel.

Ce projet fédérateur permettra de construire une société fraternelle, bienveillante et solidaire, une société où chacun puisse enfin trouver sa place.

Paris, le 7 février

Retrouvez la liste associations membres d’Alerte

Et pour en savoir plus, téléchargez la plateforme présidentielle d’ALERTE  et  la plaquette de présentation

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