NL : Le 25 novembre, nous associations et militantes féministes appelons à une contre-offensive contre les violences masculines à l’égard des femmes !

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Pour le 25 novembre, journée internationale de lutte pour l’élimination des violences masculines à l’égard des femmes, nous appelons à une contre-offensive féministe qui combat à la racine le continuum des violences patriarcales.

Les violences faites aux femmes sont symptomatiques d’une société où les filles et les femmes sont méprisées et déshumanisées. La lutte contre ce système de domination doit passer par un changement radical de la société, qui tarde à se concrétiser.

Crédit photo : Maggy Dago (action organisée par le collectif l’Amazone le 24 novembre 2022)
         Une fille sur 5 dans le monde subit une violence sexuelle, une femme sur 3 a subi une forme de violence physique et/ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans, au moins 210 000 femmes en France sont victimes de violences conjugales chaque année. En France, tous les 3 jours, un homme tue sa compagne ou ex-compagne.

Les filles et les femmes subissent harcèlement, agressions, viols, mutilations sexuelles, traite sexuelle ou prostitution, ce qui forme un continuum de violences, frappant les femmes dans tous les espaces, publics et privés : au travail, dans la rue, au foyer… Cette terreur patriarcale nous affecte toutes et accable notamment celles qui sont à l’intersection de plusieurs systèmes d’oppression : les femmes en situation de handicap, les femmes victimes de racisme, les femmes en situation de précarité, les lesbiennes.

Ces violences masculines sont structurelles, elles sont le produit concret d’une société patriarcale qui a hiérarchisé le rapport entre les deux sexes et a consacré la domination masculine et la haine des femmes. La banalisation des violences faites aux filles et femmes découle de cette haine misogyne profondément ancrée dans notre société.

La contre-offensive féministe doit donc être culturelle et combattre le pilier de la propagande patriarcale qu’est la pornographie. Elle alimente la haine des femmes, la haine raciale, la pédocriminalité et la culture du viol, fait l’apologie de l’humiliation et la déshumanisation des filles et des femmes, et favorise la glamourisation et  l’érotisation des violences sexuelles.

L’élimination des violences faites aux femmes et aux filles passe également par une contre-offensive politique, à commencer par des moyens conséquents, qui manquent toujours, malgré les grands discours de notre gouvernement autour de la grande cause du quinquennat.
– Nous réclamons un milliard pour lutter contre toutes les violences. Pour la justice, pour des hébergements d’urgence, pour la prise en charge psychotraumatique des victimes, pour la formation, l’éducation et la prévention aux violences de l’ensemble des intervenant.es auprès des victimes (police, justice, santé, social…) et du public, pour le financement des associations d’accompagnement en particulier féministes. .
– Nous réaffirmons que les corps des femmes ne sont pas à vendre. Nous voulons une lutte efficace contre le proxénétisme, le trafic d’êtres humains, et toutes les violences prostitutionnelles et pornocriminelles. Nous exigeons que l’Etat français fasse appliquer la loi de 2016 sur tout le territoire, en y allouant les moyens nécessaires. Nous sommes aux côtés de toutes les femmes victimes de violences pornocriminelles, dont la libération actuelle de la parole, immensément courageuse, fait vaciller toute l’industrie pornocriminelle.
– Nous voulons la justice. Au contraire du garde des Sceaux qui a invité ses magistrats à davantage classer sans suite pour traiter l’augmentation des plaintes depuis #METOO, nous exigeons la fin du déni de justice : des plaintes prises correctement, des moyens pour protéger les victimes, des instructions menées, sans classement sans suite ou déqualifications trop systématiques, l’imprescriptibilité des viols contre mineur.es…
Nous demandons la création de juridictions spécialisées en matière de violences sexistes

Pour le 25 novembre, nous revendiquons un changement de société radical. Toutes et tous mobilisé.es contre le système de domination et pour l’émancipation des femmes et des filles ! 

Premièr·es signataires

Fabienne El Khoury, porte-parole d’Osez le Féminisme !

Dominique Guillien Isenmann, présidente et Françoise Brié, directrice générale de la Fédération Nationale Solidarité Femmes

Laurence Rossignol,  présidente de l’Assemblée des Femmes

Danielle Bousquet, présidente de la Fédération nationale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF)

Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol

Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

Mié Kohiyama, co-fondatrice de BeBraveFrance

Claire Quidet, présidente du Mouvement du Nid

Marie-Hélène Franjou, présidente de l’Amicale du Nid

Yves Scelles, président de la Fondation Scelles

Le collectif Féminicides par compagnons ou ex

Céline Thiebault-Martinez, présidente de La Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF)

Marie Josèphe Devillers, co-présidente de la CIAMS Coalition Internationale pour l’Abolition de la Maternité de Substitution

Noura Raad, co-présidente du Réseau européen des femmes migrantes (ENoMW)

Monique Dental, présidente et fondatrice du Réseau Féministe « Ruptures »

Jonathan Machler, directeur de la Coalition pour l’Abolition de la Prostitution – CAP International

Hélène Bidard, adjointe à la maire de Paris – élue PCF

Maud olivier, ancienne députée

Magali Gallais, adjointe au Maire à l’Egalité des droits à Clermont-Fd, PCF

Gabrielle Siry-Houari, maire-adjointe du 18e arrondissement de Paris, PS

Laurence Cohen, Sénatrice PCF

Wirden Shirley, élue PCF

Marie-Noëlle Bas, militante féministe

Florence Montreynaud, historienne

Geneviève Couraud, militante féministe

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Calendrier scolaire : Le tourisme plus fort que l’Education nationale

Présenté au Conseil supérieur de l’éducation du 24 novembre, le calendrier scolaire des années 2023-2024 à 2025-2026 prend beaucoup de libertés avec l’alternance recommandée des 5 semaines de cours et 2 semaines de congés. Pour ces années encore, le ministère cède au tourisme et organise des congés selon 3 zones. Le résultat, c’est le déséquilibre entre les périodes de cours. Ainsi, la zone C rentrera de congé de printemps le 22 avril 2024. Elle attendra ensuite le 6 juillet pour retrouver des congés. Soit 11 semaines de cours au lieu de 5 ! La zone B connait le même sort en 2025 : rentrée le 22 avril 2025, sortie le 5 juillet 2025. Puis c’est la zone A : rentrée le 20 avril 2026 et sortie le 4 juillet 2026. Ce calendrier déséquilibré pour assurer le remplissage des hotels a été rejeté par le CSE par 46 voix contre, 3 pour (APEL) et 6 refus de vote (Sgen Cfdt). Mais ce vote n’engage pas l’administration qui devrait passer outre. La Fcpe et la Fsu ont obtenu la remise en place d’une commission sur le calendrier scolaire. Un autre point du calendrier a suscité des oppositions. Systématiquement, les enseignants rentrent un vendredi : 1er septembre 2023, 30 aout 2024, 29 aout 2025. « Rentrer un vendredi est une mesure vexatoire. Personne ne reprend le travail un vendredi », nous a dit Gwenaël Le Paih, co secrétaire général du Snes Fsu. Faire rentrer en aout pose aussi un problème de paye : les enseignants qui débutent dans le métier vont travailler gratuitement. Le CSE a adopté un amendement de la Fsu contre ces dates, mais là aussi l’administration devrait passer outre.

Les calendriers

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Voie professionnelle : L’intersyndicale éclate (stratégie de l’échec….)

« Carole Grandjean vient de gagner contre les Plp », écrit le Snetaa Fo, à la sortie de la réunion de l’intersyndicale de la voie professionnelle du 23 novembre. « Après la mobilisation historique du 18 octobre, du 17 novembre et de la manifestation nationale du SNETAA-FO qui a réuni plus de 2 000 PLP, l’intersyndicale vient de caner ! » Le Snetaa Fo, qui avait déjà organisé une manifestation le 19 novembre quand l’intersyndicale manifestait le 17, quitte l’intersyndicale de la voie professionnelle. La raison donnée est la participation des autres organisations syndicales à une réunion au ministère le 25 novembre sur un état des lieux de la voie professionnelle. Cette décision affaiblit fortement le mouvement de lutte contre la réforme même si le Snetaa « poursuit le combat ». C’est le second syndicat à quitter l’intersyndicale après le Sgen Cfdt. Et c’est surtout le premier syndicat de la voie professionnelle qui s’en va. L’intersyndicale continue à réunir le Snuep fsu, la Cgt, l’Unsa, le Snalc, Sud et la Cnt. « Le ministère de l’Éducation nationale a enfin concédé un premier recul en convoquant, dès vendredi, une réunion d’échanges sur la situation de la voie professionnelle hors cadre du projet de réforme. Être reçu par le ministère de l’Éducation nationale était une de nos revendications, c’est pourquoi nos organisations syndicales s’y rendront pour porter nos revendications », explique l’intersyndicale. Elle « maintient sa volonté de continuer les luttes et appelle les collègues à poursuivre la mobilisation sous des formes diverses et variées pour montrer leur opposition résolue contre ce projet… dans la perspective de construire une troisième journée de mobilisation en janvier ». Mais avec l’émiettement du mouvement, on risque d’entrer dans les négociations individuelles comme cela s’est déjà produit dans la voie professionnelle…

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Un appel pour une trêve scolaire républicaine

Alors que près de 100 000 enfants ne sont pas scolarisés en France, un appel est lancé pour permettre concrètement leur scolarisation. « Le collectif #EcolePourTous alerte depuis 2019 sur la situation de 100 000 enfants pauvres privés de ce droit fondamental à l’Éducation en France :  en Seine-Saint-Denis, en Occitanie, à Mayotte, en Guyane. 100 000 enfants que pour la première fois la Défenseur des Enfants contribuait à sortir de l’ombre lors d’une conférence de presse le 3 septembre 2019. Une des causes majeures de cette exclusion scolaire, ce sont les expulsions habitatives intempestives de leurs habitats précaires et informels (bidonvilles, squats, hôtels sociaux, aires d’accueil, foyers pour mineurs) en plein milieu de l’année. En outre, UNICEF alertait, avec le Samu Social, dans un rapport rendu public le 10 octobre 2022, sur l’existence de 42 000 enfants sans abris en France. En face de ces enfants, nous avons failli… C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des parlementaires fidèles à l’histoire et aux valeurs de l’école de la République Française à se rassembler, par-delà les appartenances partisanes, pour œuvrer dès maintenant à instituer dans la loi une « Trêve Scolaire Républicaine » qui suspende les expulsions habitatives des familles avec enfants scolarisés en situation de grande précarité durant toute la durée de l’année scolaire ». L’appel est signé notamment de Jack Lang et Anina Ciuciu, marraine d’École pour tous.

L’appel

Enfants privés d’école

Ecole pour tous

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Grève massive des enseignants en Ecosse

« Nous demandons une hausse de 10% pour garder nos salaires malgré l’inflation qui est à 11% », déclare une enseignante à la BBC. « Nous faisons un travail très difficile. Nous avons une longue formation et nous ne sommes pas payés comme les autres professionnels », déclare une autre. Avec un syndicat qui réunit 80% des enseignants, la grève est très suivie et la plupart des écoles sont fermées. Le syndicat a repoussé une offre de revalorisation de 6.85% pour les débutants et 5% pour les enseignants en fin de carrière. Les enseignants écossais débutants commencent avec un salaire net de 32  727 € annuels.

Sur la BBC

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Mobilisation des AESH en Loire-Atlantique

Avant de lire la suite, nous nous permettons de demander à chacun·e d’entre vous de faire connaître ce mail et les pièces jointes aux AESH de votre établissement.

La FSU de Loire-Atlantique a organisé deux réunions des AESH du département en octobre et en novembre à Nantes (comptes rendus et articles de presse en pièce jointe). Ensemble nous avons refait le point sur les revendications : augmentations de salaires, meilleures conditions de travail, fin des temps partiels imposés, titularisation des agents, formations professionnelles adaptées aux missions…

Nous avons également décidé de nous opposer aux contrats de vacation qui sont proposés aux AESH pour accompagner les élèves sur le temps du midi. En effet l’Éducation nationale se décharge de ces créneaux sur les collectivités territoriales sans donner aucune garantie concernant les salaires, les carrières, les retraites. Nous demandons à rencontrer le Conseil départemental, les députés et le Rectorat à ce sujet. Le Snes national et la FSU sont aussi mobilisés sur cette question.

Nous avons enfin décidé deux rendez-vous importants pour donner de l’écho aux revendications de la profession et invitons tout·es les AESH à s’en emparer :

Samedi 3 décembre
action réseaux sociaux

Il s’agit, pour la journée internationale des personnes handicapées, de poster des centaines de messages avec slogans et photos (prises pendant la semaine qui précède) sur tous les réseaux sociaux avec le Hashtag #AESHstopmépris.

Samedi 10 décembre de 10h à 12h
3e réunion des AESH de Loire Atlantique

à la FSU (Place de la Gare de l’Etat à Nantes) – avec garde d’enfants sur place

Nous y préparerons une nouvelle action d’ampleur pour janvier ou février.

Le métier d’AESH est très féminisé et nous profitons de ce mail pour vous rappeler les rendez-vous de mobilisation contre les violences faites aux femmes :
– A Nantes le vendredi 25 novembre (départ à 18h30 au Miroir d’eau)
– A St Nazaire le samedi 26 novembre à 15h au Dragon place des Droits de l’Homme

Enfin, nous joignons à ce message le communiqué de presse de la FSU publié après les déclarations méprisantes du ministre mardi, lors des questions au gouvernement. Vous trouverez la vidéo au bout de ce lien. Le sujet intervient à 1h57’50 ».

Bonne fin de semaine à tout·es,

Sylvain Marange et Aminata Bathily
co-secrétaires du Snes FSU 44

——————————————————————————–
SNES-FSU – Section Départementale de Loire Atlantique
8, place de la gare de L’Etat
case postale 8 – 44276 Nantes cedex 2
tél : 02.40.35.96.71
La force du SNES repose sur ses adhérent·es. Pour vous syndiquer ou vous re-syndiquer : le lien adhésion – site du Snes

Pièces jointes :

Compte rendu de la réunion FSU-AESH du 9 novembre.pdf 447 Ko
2223_2311_cp_AESH_un_insupportable_mepris.pdf 684 Ko

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[SUD-EDUCATION] ♀️ Contre les violences sexistes et sexuelles au travail, votons SUD éducation !

Avec SUD éducation, pour combattre les violences sexistes et sexuelles au travail !
Chères et chers collègues,
Aujourd’hui a lieu la journée internationale contre les violences faites aux femmes. SUD éducation a formé ces 4 dernières années plusieurs milliers de collègues à identifier et combattre les violences sexistes et sexuelles au travail et a accompagné des dizaines de collègues pour faire  reconnaître les agressions, obtenir la protection fonctionnelle et condamner les agresseurs.
Au travail comme ailleurs, les violences sexuelles et sexistes ne peuvent plus durer !
Du 1er au 8 décembre, votez SUD éducation pour porter ce combat à tous les échelons : au CSA ministériel, dans les académies et les départements. 
Accéder à notre dossier contre les violences sexuelles et sexistes au travail
Dans notre société patriarcale, les violences à l’égard des femmes et des minorités de genre permettent de les maintenir dans une position de domination. Les violences sexuelles et sexistes forment un ensemble : c’est parce qu’il y a des violences quotidiennes que des violences plus graves peuvent survenir. Par exemple le harcèlement sexuel aura plus facilement cours dans un environnement où le sexisme est toléré par le groupe social, et les situations de harcèlement sexuel ou de violence sexiste constituent un terreau favorable aux agressions sexuelles. Le sexisme au quotidien habitue les femmes et les personnes composant les minorités de genre à la violence des hommes. SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes !
Le 30 novembre à 20h, participez à la webconférence sur les droits des personnels handicapés dans l’Éducation nationale
À l’occasion de la sortie de son guide sur les droits des personnels handicapés dans l’Éducation nationale, SUD éducation organise une webconférence le mercredi 30 novembre à 20h avec le CLHEE et l’ANTHEN.
Pour y assister, rendez vous sur la page Facebook de SUD éducation.
Plus d’infos ici
1 minute pour connaître SUD éducation
Lire la vidéo.
Lire nos revendications
Comment voter ? 
On remarque que plus les personnels sont hauts dans la hiérarchie de l’Éducation nationale, plus ils votent. Ne laissons pas les chef·fes décider pour nous.
Retrouvez notre mode d’emploi
On vous explique en 3 min comment activer votre espace électeur et comment voter pour les différents scrutins du 1er au 8 décembre 2022.

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Cnesco : Sus aux notes !

« L’évaluation n’est pas un exercice neutre consistant à quantifier le mérite d’un élève. Mais selon le type d’évaluation, elle a des effets psychosociaux sur les élèves et les enseignants ». Ces propos d’Agnès Florin, responsable avec André Tricot du Cnesco, résume assez bien une journée qui a vu se succéder des chercheurs expliquant pourquoi l’évaluation normative (en France le plus souvent avec une note) nuit aux apprentissages et contribue aux inégalités sociales de réussite scolaire. Des affirmations qui ne sont pas nouvelles, mais qui se heurtent au monde réel.

Évaluation normative, évaluation formative

Il y avait un petit air de déjà vu lors de cette première journée de la conférence de consensus du Cnesco sur l’évaluation. Le système éducatif a déjà connu des conférences comparables. La dernière était organisée par la Dgesco en 2014 et certains participants de la conférence de 2022 étaient déjà là.

Fabrizio Butera (université de Lausanne) démontre que l’évaluation normative sert surtout à la comparaison entre élèves et à leur sélection. Ses travaux montrent qu’elle diminue la motivation intrinsèque des élèves et qu’elle diminue aussi la coopération entre élèves. Il montre aussi que le type d’évaluation a un effet sur l’évaluateur. Quand ils mettent des notes, les évaluateurs trouvent davantage de fautes dans une dictée chez les élèves défavorisés que quand ils font une évaluation formative. Ces propos sont relayés par Lucie Mottier-Lopez (université de Genève) pour qui l’évaluation normative est « une pratique sociale » et non pédagogique. Elle constate que « les praticiens résistent » et leur demande de penser à la finalité éducative de l’évaluation, sachant qu’une évaluation pédagogique « ne peut pas être sélective ». Elle recommande l’implication des élèves dans la démarche d’évaluation, les démarches d’autoévaluation et d’évaluation par les pairs.

Ces perspectives vont être déclinées par plusieurs chercheurs. S. Genelot (université de Bourgogne) montre que les enseignants passent beaucoup de temps à différentes formes d’évaluation, mais ne reconnaissent que la normative comme véritable évaluation. Les parents, selon S Bénit, ne prêtent attention qu’aux évaluations formalisées. F Fenouillet montre que l’évaluation a un impact sur la motivation des élèves. Pascal Pansu (université Grenoble Alpes) explique que l’évaluation influe sur la perception qu’ont les élèves d’eux-mêmes. S Goudeau (université de Poitiers) fait le lien entre l’évaluation normative et les inégalités sociales à l’Ecole.

Mais pourquoi ça ne marche pas ?

Mais la vraie question est posée par le constat dressé par l’inspectrice générale Brigitte Hazard. Elle rappelle que la loi de 2013 impose que les enseignants évitent « la notation sanction » et privilégient l’évaluation « positive, simple et lisible ». La loi de 2019 invite à « mesurer et valoriser la progression de l’acquisition des compétences et connaissances par l’élève ». Mais voilà, ça ne marche pas comme le ministère voudrait. Si les choses ont changé à l’école, ce n’est pas le cas pour les fondamentaux et les ressources publiées par Eduscol sont « quasiment non utilisées ». Au collège, il y a des évolutions positives smais là aussi cela varie selon les disciplines. Cohabitent au collège une évaluation des compétences formative et une évaluation sommative notée. Au lycée, c’est pire selon B Hazard. « Les professeurs de lycée ont une sale habitude : préparer les élèves au certificatif, au bac. Ils ont des pratiques évaluatives très influencées par des pratiques certificatives ». D’où le dispositif que l’on leur a imposé de définir au niveau de l’établissement les critères d’évaluation.

Déjà vu

Le côté « déjà vu » de la conférence se tient dans ce constat. Comme lors de la conférence de 2014, il y a d’un côté les certitudes de la recherche, les injonctions de l’institution et de l’autre les enseignants qui n’en ont cure.

Disons tout de suite que la conférence du Cnesco agit de façon beaucoup plus intelligente que la Dgesco en 2014. Au martelage de 2014 succèdent des appels à l’intelligence portés par des chercheurs.

Mais la vraie question est éludée. Pourquoi ça ne marche pas. Brigitte Hazard finit par dire que « les exigences de l’institution paraissent un peu contradictoires » aux enseignants. On est sur la bonne piste. Comment, dans un système éducatif conçu pour être élitiste et sélectif, l’évaluation pourrait-elle être, sans tromper parents et élèves, non sélective ? Demain, la seconde journée de la conférence permettra-t-elle d’y voir plus clair ?

La conférence du Cnesco

La conférence de la Dgesco en 2014 (dossier)

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Une mission parlementaire propose de recruter les professeurs des écoles à bac +3

Peut-on changer le recrutement des professeurs des écoles sans remettre en question leur statut ? Le 23 novembre, Rodrigo Arenas (LFI) et Cécile Rilhac (Renaissance) remettent leurs propositions à l’issue d’une mission flash demandée par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée. Leurs propositions cherchent des pistes d’amélioration du concours, des affectations et des carrières sans toucher ni à la rémunération ni au statut. Un exercice pas évident pour des députés ayant des visions politiques bien différentes. Il débouche sur des propositions fortes comme le recrutement des enseignants à bac +3.

Quand tout se tient

Rentrée 2022 : 17% des postes aux concours de recrutement des professeurs des écoles restent vacants. Rentrée 2023 : ce devrait être pire si on en juge par le report de la date d’inscription aux concours. On comprend que la commission des affaires culturelles de l’Assemblée s’en mêle. Elle choisit pour cette mission flash sur « le recrutement, l’affectation et la mobilité des enseignants du 1er degré », des personnalités très investies dans l’éducation, mais avec des visions assez opposées. D’un côté, Cécile Rilhac, fidèlement à l’œuvre avec JM Blanquer depuis la loi Blanquer jusqu’à celle sur les directeurs d’école. De l’autre, Rodrigo Arenas qui présidant aux destinées de la FCPE avant de devenir député. Cela donne un rapport final assez consensuel même si certaines propositions ne sont portées que par C Rilhac.

D’emblée, les rapporteurs saisissent la situation sous-jacente à la difficulté actuelle de recrutement. « La moindre attractivité de cette profession s’explique par bien d’autres raisons que le seul enjeu salarial, néanmoins central, qui touchent à la reconnaissance sociale et symbolique du métier, à l’attractivité des territoires ou encore aux perspectives d’évolution de carrière. Les trois termes de la mission – recrutement, affectation, mobilité – nous sont apparus intrinsèquement liés : en effet, c’est à un véritable cercle vicieux que nous nous trouvons confrontés. Moins il y a de personnels, comme aujourd’hui, moins il y a de possibilités de mobilité pour ces personnels. Mais moins il y a de mobilité possible, moins la profession est attractive. C’est donc sur cet ensemble que nous devons agir ». Il leur faut donc à la fois élargir le vivier de recrutement et « mettre fin à des rigidités excessives » dans l’affectation et la mobilité.

Recruter à bac + 3

C’est pour le recrutement que la mission fait les propositions les plus nouvelles. Les rapporteurs souhaitent modifier profondément les conditions de recrutement. Ils demandent « la création de véritables écoles de formation des futurs enseignants » qui font penser aux PPPE imaginé par l’entourage de JM Blanquer. Pour Mme Rilhac ce serait une école de professionnalisation à l’issue de la licence. Pour R Arenas, il s’agirait d’une sorte d’école normale qui, à l’issue du lycée dispenserait une formation rémunérée conduisant à l’enseignement. La mission souhaite avancer le concours au niveau licence. Il serait suivi de deux années de professionnalisation. Le concours serait disciplinaire alors que la titularisation validerait des compétences professionnelles. Ce report du concours avait été avancé comme une solution à la crise de recrutement par Pap Ndiaye.

Modifier les règles d’affectation

La mission s’attaque aussi aux règles d’affectation dans la mesure où celles-ci font fuir des candidats. « Il nous semble nécessaire que la primo-affectation puisse faire l’objet d’une différenciation, sans pour autant contrevenir au principe d’égalité », écrit le rapport final. C Rilhac souhaite que les candidats pour qui l’enseignement est une seconde carrière puissent postuler sur des postes spécifiques. Clairement, il s’agit pour elle d’alimenter les postes de direction d’école par des cadres venus du privé. On a vu récemment à Saint Denis que cela pouvait entrainer des dérapages graves.

« Une réflexion doit être engagée sur l’échelle pertinente de l’affectation, éventuellement en distinguant selon les caractéristiques des territoires », affirme la mission. On rejoint là une demande des gestionnaires souhaitant davantage de souplesse dans les grandes régions comme l’Île-de-France. La mission souhaite davantage d’accompagnement pour les néo titulaires sur des postes difficiles comme ceux de Rep. « Ceci passe par l’octroi de davantage de décharges aux directeurs d’école pour leur permettre de se consacrer à leurs missions d’animation et de coordination de l’équipe pédagogique », propose le rapport. « La permanence d’une demande (qui ne fait gagner que 5 points par an), de même que l’affectation dans une zone rencontrant des difficultés particulières de recrutement, critères qui figurent au décret du 25 avril 2018 relatif aux priorités d’affectation des membres de certains corps, pourraient également être davantage valorisés, pour les mouvements intra comme interdépartementaux ».

Rétablir le contrôle syndical dans les commissions d’affectation

On est là à la limite de ce que permet le statut. La mission équilibre par une proposition qui contredit l’orientation gouvernementale depuis la loi de transformation de la fonction publique. « Corollaire de l’augmentation possible de la marge d’appréciation des situations par l’administration, la participation des organisations syndicales aux opérations du mouvement, au travers des organismes paritaires, doit être renforcée. La suppression de la consultation des commissions administratives paritaires (CAP) par la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique est largement contestée et souvent présentée comme ayant opacifié les opérations de mouvement, entrainant une incompréhension et une défiance des personnels vis-à-vis de l’institution. Ces commissions permettaient pourtant, le plus souvent, non pas de remettre en cause, mais d’expliquer les décisions prises. Elles permettaient également de répondre à un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, font l’objet de recours ». La question est maintenant sur le bureau de Pap Ndiaye.

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AESH : Quand Pap Ndiaye s’anime…

Très pondéré quand il a répondu, le 22 novembre à l’Assemblée nationale, à une question d’un député RN, le ministre de l’Éducation s’est vivement animé pour répondre à Nadège Abomangoli, une députée LFI. Nadège Abomangoli a déposé une proposition de loi tendant à créer un corps de fonctionnaires AESH. Selon elle, cela résoudrait la question du recrutement et de l’attractivité de la profession tout en reconnaissant le travail utile réalisé par les AESH. Le 16 novembre, en commission, des amendements identiques déposés par LR et la majorité présidentielle ont réécrit sa loi, supprimant la perspective de créer un corps de fonctionnaires. Le 22, elle interroge le ministre sur cette proposition. « La proposition de créer un corps d’AESH a le goût du progrès, son apparence, mais n’en a pas la réalité », répond P Ndiaye. « Vous voulez créer un corps de fonctionnaires de catégorie B. Or, il faut le bac. Et seuls 20% des AESH ont le bac. Votre proposition exclurait 80% des AESH. Beau progrès ! Merci pour elles ! » s’exclame le ministre. « On est bien avancé grâce à votre proposition de loi ! ». Il s’avère que 80% des AESH ont le bac…

Sur la proposition de loi

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Les associations de spécialistes contre la réforme de la voie pro

« En faisant dépendre les apprentissages dispensés au lycée des arbitrages locaux et des besoins des entreprises, ce projet porte atteinte au principe d’égalité. Le doublement du volume horaire dévolu aux stages se fera, en outre, aux dépens des enseignements dispensés au lycée par des professeurs dont les compétences ont été attestées par des concours nationaux. Or ces enseignements sont essentiels », écrivent les associations de spécialistes qui réunissent la plupart des associations d’enseignants du 2d degré (Apbg, Apden, Aphg, APLettres, APLV, Apmep, Appep et Udppc). La Conférence « s’opposera-t-elle avec toute son énergie à une réforme qui aura pour effets de dévaluer le baccalauréat professionnel, de renforcer les inégalités entre les élèves des trois voies du lycée, d’inféoder les apprentissages aux besoins des entreprises, de supprimer le cadrage national des enseignements et de dégrader les conditions des professeurs en les privant du temps nécessaire à instruire leurs élèves. »

Communiqué

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4 milliards pour Erasmus

La Commission européenne a lancé le 23 novembre l’appel à propositions dans le cadre du programme Erasmus+ pour 2023. Avec un budget annuel de 4,2 milliards d’euros, Erasmus+ renforce son soutien. Le programme continuera de soutenir la circulation des élèves, des étudiants de l’enseignement supérieur et de l’enseignement et de la formation professionnels (EFP), des apprenants adultes, des jeunes participant à des programmes d’apprentissage non formel, des éducateurs et du personnel par-delà les frontières, en vue de leur faire vivre une expérience d’éducation et de formation européenne. À partir de 2023, le programme intégrera une nouvelle action visant à soutenir la mobilité des entraîneurs sportifs par leur participation à des projets de mobilité, ce qui mettra les possibilités de coopération et d’apprentissage transeuropéens directement à la portée des organisations sportives locales et de leur personnel.

Communiqué

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La scolarisation précoce, facteur de prévention des difficultés ?

« Rares sont les pédopsychiatres pour défendre la scolarisation précoce. De leur point de vue, elle néglige le développement psychoaffectif des enfants, qui ont besoin, jusqu’à 3 ans, d’un environnement adapté à leurs besoins, en petits groupes et non pas dans un groupe classe d’une vingtaine d’élèves, avec dans le meilleur des cas, une aide en la personne d’un agent territorial spécialisé », écrit F Sodade, une psychologue scolaire dans la Gazette des communes. Mais « Agnès Florin, professeur de psychologie et spécialiste de la scolarisation des enfants de 2 ans à 3 ans, estime que les pédopsychiatres ont vite fait d’imputer à la seule scolarisation précoce des troubles qui relèvent d’autres variables et constate que « toutes les études disponibles montrent un avantage de la scolarisation avant 3 ans au moins dans le développement du langage. »

Dans la Gazette

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[lalettre] 153. La lettre du 23 Nov 2022

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Lettre de l’IR-FSU du 23 Nov 2022
A LA UNE

Introduction de Jean-Paul Gautier : Les antifascismes en France sous la 5e République

L’antifascisme est parfois difficile à définir car il pose le problème de la définition du fascisme lui-même [1]. C’est un phénomène qui représente une très grande diversité et n’est à aucun moment de son histoire l’expression d’une seule classe sociale ou d’un seul courant politique [2]. Il nous a semblé préférable, pour plus de clarté, d’utiliser le terme au pluriel, car chaque antifascisme a sa propre caractéristique.  

Une journée fasciste – Célestin et Élise Freinet, pédagogues et militants – Laurence De Cock

La scène se déroule le 24 avril 1933, dans la petite école de Saint-Paul dirigée par Célestin Freinet, quelques minutes après la fermeture des portes. Depuis des mois, l’instituteur subit une campagne de diffamation menée par le maire, soutenue par quelques habitants du village, qui veulent le chasser.  

L’INSTITUT

Quand les politiques publiques renoncent à protéger les enfants !

« En raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, l’enfant a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée ». En 1959, la Déclaration des Droits de l’Enfant avait affirmé la nécessité d’une protection de l’enfance. En 1989, ce principe se traduisait par un engagement des États signataires à considérer l’intérêt supérieur de l’enfant comme une exigence primordiale dans toute décision le concernant. 

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La faim dans le monde n’est pas une fatalité !

Alors que la crise mondiale des prix et de l’accès à la nourriture devient de plus en plus menaçante, nombre de commentateurs ou analystes tentent d’expliquer ce phénomène comme étant la conséquence de la guerre en Ukraine. Mais c’est un écran de fumée qui masque en fait un mal systémique bien plus profond et qui trouve ses origines dans les appétits capitalistes et la mondialisation à l’œuvre depuis bien avant février 2022 ! 

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Violences : Lettre intersyndicale au gouvernement / chantier FSP

Grâce à la mobilisation syndicale et féministe, l’OIT a adopté, en juin 2019, la première loi mondiale contre les violences sexistes et sexuelles, la convention 190 et la recommandation 206. En France, suite aux propositions de nos organisations dans le cadre des concertations de 2018, ont été mis en place des référent.e.s harcèlement sexuel et agissements sexistes, une obligation de négociation sur les violences sexistes et sexuelles dans les branches et l’obligation de traiter des Violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le document unique d’évaluation des risques professionnels. 

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ON A VU

« Les Amandiers » un film magnifique sur le travail des acteurs et actrices

Yves Baunay du chantier « travail » est allé voir et débattre de ce film.
Valéria Bruni-Tedeschi, la réalisatrice, accompagnée de quatre de ses jeunes actrices, d’un acteur et de son producteur, viennent nous présenter le film qu’ils et elles ont réalisé ensemble : « Les Amandiers ».
Pour moi, le théâtre des Amandiers installé depuis les années 70 à Nanterre, une ville ouvrière et populaire de la banlieue parisienne, symbolise une aventure culturelle et politique extraordinaire. 

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C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

Ce livre vient en complément de l’exposition « C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ? », réalisée par la commission Nord/Suds de la Fédération des associations de solidarité avec tou-tes les immigré·es(Fasti). En plus des textes des différents panneaux, il contient le présent édito, un entretien croisé avec trois intervenant∙es : Ludivine Bantigny (historienne), Patrice Garesio (coprésident de Survie) et Jean-Louis Marziani (Solidaires Val-de-Marne), ainsi que des références bibliographiques et audiovisuelles « pour aller plus loin ». 

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B. Frère, J.-L. Laville, La Fabrique de l’émancipation

Repenser la critique du capitalisme à partir des expériences démocratiques, écologiques et solidaires.
Sur fond de haines, de violences, d’inégalités sociales et de dérèglements écologiques, la démocratie paraît menacée.
Face à ce risque, la théorie critique (de l’école de Francfort à Bourdieu) reste indispensable pour alerter sur l’ampleur des aliénations et des dominations. Mais elle ne suffit plus. D’autres approches sont à mobiliser. 

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AGENDA
Mercredi 7 décembre 2022, 18h30

Quelle place pour le travail aujourd’hui ? 40 rue de Malte, Paris 11ème

mardi 29 novembre 2022

La cinquième édition du Salon du livre d’histoire sociale, organisé par l’Institut CGT d’histoire sociale,

PUBLICATIONS

CONSENTIR/DECONSENTIR Regards Croisés N°43

ARTS
Le destin mis en scène
DOSSIER
Consentir / déconsentir
GRAND ENTRETIEN
Nepthys Zwer et Philippe Rekacewicz 

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Le syndicalisme au défi du 21è siècle

Comment penser l’avenir du syndicalisme en prenant en compte les défis auxquels il est confronté ? Comment ne pas ignorer ses difficultés à susciter les mobilisations sans que ces inquiétudes conduisent au renoncement ? C’est en donnant la parole à des chercheur·es et à des militant·es que l’Institut de recherches de la FSU a organisé un premier débat autour des questions auxquelles nous devons faire face. 

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IR-FSU

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Au guichet du rectorat : Des sociologues au chevet du recrutement des contractuels

Comment s’opère le recrutement des enseignants contractuels ? Caroline Bertron (Paris 8) et Hélène Buisson-Fenet ont enquêté au service des contractuels de l’académie de Lyon. Elles nous livrent, dans Formation Emploi N°189, une analyse quasi fine, presque ethnographique, d’un processus administratif qui s’arbitre entre inspection chefs d’établissement et surtout gestionnaires. Derrière le cadre national, ce sont les acteurs administratifs locaux qui gèrent la réalité du recrutement, en naviguant entre les obstacles que sont les inspecteurs et les chefs d’établissement. Malgré son cadre théoriquement national, le recrutement des contractuels s’opère entre logique pédagogique et logique gestionnaire. Celle-ci ayant le plus souvent le dernier mot.

Un service dominé

Dans l’académie de Lyon, une académie en forte croissance où le poids des contractuels a doublé en 10 ans, le bureau des contractuels est nettement à part, nous confient C Bertron et H Fenet. « Le service est aussi relégué symboliquement : calqué sur la hiérarchie statutaire de l’emploi enseignant, son positionnement est secondaire jusque dans l’agencement spatial interne, puisque les bureaux se trouvent dans un couloir séparé, à distance des bureaux de la direction des personnels enseignants, regroupés dans une même aile », notent les deux sociologues. Le bureau a son personnel à part, parfois contractuel, et sa hiérarchie interne, le bureau du recrutement étant plus valorisé que celui de la paie.

C’est un service dominé. Son activité dépend étroitement du bureau des personnels enseignants qui s’occupe des titulaires. C’est seulement une fois que celui-ci a fait les affectations que le bureau des contractuels entre en jeu. En 2019, année d’observation, le bureau doit recruter une centaine de contractuels avec des postes parfois éclatés sur plusieurs établissements. Et c’est tout l’intérêt de cette recherche de montrer le jeu des acteurs administratifs souvent oubliés des analyses des politiques éducatives.

L’empire des gestionnaires

Les services du recrutement « ne relèvent à proprement parler ni du backoffice, ni du guichet », relèvent les autrices. Il y a des deux car le recrutement comporte des interactions avec les personnes sollicitées. Il y a une dimension relations humaines qui est mise en avant par les agents du bureau.

Ceux-ci ne sont pas les seuls à intervenir dans le procès de recrutement. Deux autres types d’acteurs interviennent et peuvent être sources de complications : les inspecteurs, maitres des disciplines et les chefs d’établissement. Ainsi s’affrontent derrière le guichet des logiques différentes, gestionnaires (pourvoir un poste au plus vite en tenant compte de contraintes budgétaires et territoriales) et pédagogiques (mettre ce que l’inspection ou le chef d’établissement estiment être le meilleur candidat). Vu du guichet, ces autres acteurs peuvent parfois être une aide. Souvent, ils sont une source de problème à gérer.

Cela nous vaut des analyses fines des deux sociologues.  « L’étape cruciale de la validation d’une candidature par l’inspecteur·trice académique en charge du « dossier contractuel » dans sa matière intervient soit à intervalles réguliers, soit au moment d’une demande expresse de la part des gestionnaires… On observe une forte variation des pratiques selon les inspecteurs. Outre les avis rendus en marge des dossiers – de « très favorable » à « défavorable » – qui signalent des priorités d’affectation auprès des gestionnaires, certaines annotations constituent des formes d’évaluation plus fine : inscription des nouvelles recrues à des formations qui leur sont dédiées (gestion de classe, réforme curriculaire, didactique disciplinaire), dont les places et la fréquence sont limitées ; niveaux d’enseignement à privilégier pour des candidat·es considéré·es plus fragiles (« collège sauf troisième », « lycée sauf terminale »)… Le recrutement fait ainsi intervenir trois types de logiques inspectorales : un « sens pratique » de l’organisation des services, une logique pédagogique et une logique de hiérarchie disciplinaire, dont dépendent ensuite les marges de manœuvre des gestionnaires ».

Le territoire des inspecteurs

Mais tout dépend des postes. Les exigences des inspecteurs varient selon le type de poste et la discipline. Si celle-ci est très déficitaire, les exigences en termes de diplôme baisseront. Et là, les gestionnaires retrouvent du pouvoir. « Dans ce cas, l’intervention des gestionnaires est souvent cruciale, montrant que les inspecteurs·trices n’ont pas le monopole de l’évaluation d’une compétence disciplinaire et pédagogique et plus largement d’une qualification. Dans les matières professionnelles et technologiques où la spécialisation des formations est moins requise des candidat·es, les gestionnaires donnent aussi leur avis au regard de critères complémentaires comme l’expérience professionnelle. C’est aussi le cas dans les matières générales où les profils des candidat·es peuvent être très variés (pas seulement issus de cursus disciplinaires), comme en mathématiques et en physique-chimie, où nous avons pu observer de nombreuses co-constructions des appariements poste/candidat·e entre gestionnaires et inspecteurs·trices ».

Ils ont également une influence dans le travail d’appariement entre le poste et le candidat. Ils connaissent la distance entre deux établissements, les temps de trajet d’une commune de l’académie à celle de l’établissement. Ils relient cela à la quotité horaire du poste et ajustent ces paramètres pour trouver le bon candidat. « Le bureau des contractuels intervient ainsi non seulement dans le recrutement, mais aussi dans la mise en forme de l’emploi, par combinaison d’heures, de postes, de lieux de travail – ce qui peut augmenter l’attractivité des postes, quand les conditions de travail proposées ou le prestige des disciplines et/ou des environnements de travail sont peu favorables », notent les autrices.

L’autre acteur, c’est le chef d’établissement. Mais « la perception de l’autonomie de recrutement semble-t-elle dépendre du positionnement de l’établissement par rapport au « besoin » de contractuel·les : plus celui-ci est fréquemment élevé et pressant, plus l’établissement va être incité par les services académiques à recourir à ses réseaux et à « faire remonter » des candidatures locales ».

Ainsi, l’action des gestionnaires consiste à éviter ces sources de complication et à installer leur pouvoir sur le recrutement. « Un des enjeux pour nous, c’est d’éviter d’associer trop le corps d’inspection avec la localisation du contractuel qu’on recrute. […] Sinon, ça complique beaucoup les choses, enfin, déjà, ils ont tendance à être exigeants sur le diplôme, sur telle ou telle chose, ils nous disent « Oui, mais seulement collège ou seulement LP, seulement en collège, etc. ». Si en plus de ça, après, il faut qu’ils aillent donner leur point de vue sur le fait de mettre ou pas dans cet établissement, compte tenu du contexte actuel à l’établissement, etc., alors on s’en sort plus », explique l’un d’eux.

H Fenet et C Bertron décrivent le fonctionnement d’un marché scolaire négocié entre administratifs, inspecteurs et chefs d’établissement, chacun ayant sa logique. Dans la suite des travaux de Crozier sur le fonctionnement des administrations, cet article donne envie de recherches sur d’autres fonctionnements bureaucratiques. Qui s’attaque au bureau des personnels enseignants ?

Hélène Buisson-Fenet et Caroline Bertron, Au guichet du rectorat. Le travail de recrutement des enseignant·es contractuel·les dans le second degré, Formation Emploi n°189

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Maths : Une décision éloignée du terrain estime le Snpden

« Cette décision ne correspond ni à nos mandats, ni aux besoins, pas plus qu’elle ne tient compte des réflexions engagées dans le cadre du Comité de suivi des lycées » écrit le Snpden Unsa, premier syndicat de personnels de direction.  Pour lui, la décision d’instaurer 1 h 30 de maths pour les élèves de 1ère ne suivant pas la spécialité maths du lycée général « se tient bien loin des réalités du terrain ». Le Snpden estime que cette énième modification de la réforme du lycée « ne résoudra pas l’appétence des jeunes filles pour les maths » car « un enseignement imposé n’a pas vocation à faire aimer les maths ». Il estime aussi que cela ne permettra pas de former des scientifiques de haut niveau avec seulement 1 h 30 de maths. Finalement, la mesure « pénalise les élèves et crée des injustices » dit le Snpden. Ajoutons que cela complexifie la conception des emplois du temps, déjà bien difficiles avec la multiplication des spécialités.

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Comment la région Ile-de-France fait les poches des lycées

« La région a décidé d’adopter son propre mode de calcul, différent de celui de l’Etat, et d’évaluer le fonds de réserve en juillet, moment où ils sont très élevés… Ce n’est qu’aujourd’hui que les lycées découvrent le niveau des montants », disait la Fsu. Selon la Cgt Education, « la région Île-de-France se prépare à ponctionner les fonds de réserve des lycées ne laissant que 3 mois de fonctionnement. Certains lycées recevront 100 000 euros de moins que la somme qui leur avait été annoncée ». En effet, les tableaux des dotations de fonctionnement (DGFL) montrent des chutes extrêmement fortes entre la dotation notifiée et celle qui était calculée. Ainsi, le lycée Condorcet de Montreuil ne touchera que 72 000 € au lieu de 143 000. Marcelin Berthelot à Pantin 70 000 au lieu de 141 000. Le LP Costes de Bobigny 77 000 au lieu de 155 000. On peut multiplier ces exemples d’une chute de moitié dans tous les départements franciliens. Selonla CGT 16 millions seront récupérés sur le budget des lycées.

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Melle : Jugement rendu dans 15 jours

Sanctionnés sous JM Blanquer pour s’être opposés aux E3C, depuis supprimés de la réforme du bac, les 4 professeurs du lycée de Melle ont obtenu en référé en décembre 2020 la suspension de leurs sanctions. Le 22 novembre, les recours en contentieux de Sylvie Contini et Aladin Lévêque sont arrivés devant le tribunal administratif de Poitiers. La rapporteure publique a estimé que les sanctions ne sont pas disproportionnées et écartées les motifs d’irrégularité. Le tribunal donnera son délibéré dans 15 jours.

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Les jardins d’enfants soutenus par Paris

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a visité le 21 novembre un des jardins d’enfants de la ville et renouvelé son soutien. Elle a promis de prendre contact avec P Ndiaye pour trouver une solution. La loi Blanquer de 2019 oblige les jardins d’enfants à fermer d’ici à 2024. En août, devant la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée, Pap Ndiaye avait dit chercher une solution pour garder les jardins d’enfants. « Depuis ces avancées, le ministère de l’Educationne répond plus » affirme le collectif Décollaje. Il propose une modification législative. Une solution lourde que le ministère aurait du mal à faire passer.

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Insee : Des réformes fiscales qui profitent aux plus aisés

« Les nouvelles mesures sociales et fiscales intervenues en 2020 et 2021, une fois pleinement montées en charge, augmentent de 1,1 % le niveau de vie des personnes résidant en France métropolitaine par rapport à une situation sans leur mise en œuvre. Le gain moyen atteint 280 euros par an et par personne : 240 euros pour les mesures de 2020 et 40 euros pour celles de 2021 », annonce l’Insee dans la nouvelle édition de « France, portrait social ». « Cette hausse profite surtout à la moitié la plus aisée de la population, particulièrement concernée par les principales réformes pérennes mises en œuvre : la baisse du barème de l’impôt sur le revenu et la suppression progressive de la taxe d’habitation. Les mesures pérennes de 2020 et 2021 représentent près de 90 % de la hausse totale du revenu disponible des ménages. Elles induisent une augmentation du niveau de vie allant jusqu’à 470 euros annuels en moyenne pour les personnes entre les 7e et 8e déciles, contre 90 euros pour les 50 % les plus modestes. » Cette même édition aborde aussi les inégalités sociales dans l’enseignement. « Au collège, 40 % des élèves ont des parents ouvriers ou inactifs lorsqu’ils sont scolarisés dans un établissement public, contre 16 % lorsqu’ils le sont dans un établissement privé sous contrat. Cette part s’élève à 73 %  dans les collèges REP+ … Après le collège, le processus d’orientation aboutit à des contextes de scolarisation au lycée très différenciés selon l’origine sociale. Parmi les élèves scolarisés en voie générale et technologique dans un lycée public, 30 % ont des parents ouvriers ou inactifs. C’est le cas de 55 % des élèves en baccalauréat professionnel et de 67 % des élèves en CAP dans le public. Dans l’enseignement privé sous contrat, les proportions d’élèves de parents ouvriers ou inactifs sont nettement plus faibles ».

France portrait social

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