APPEL À LA GRÈVE ET À LA MOBILISATION LE 14 DÉCEMBRE POUR LA JUSTICE SOCIALE POUR LE DROIT DE TOUTES ET TOUS A UNE VIE DIGNE

La section départementale FSU de Loire Atlantique entend et comprend les colères qui s’expriment depuis un mois dans notre pays. Le mouvement des gilets jaunes est venu confirmer, avec ses propres formes et outils, ce que depuis plusieurs années nous dénonçons : la fracture et le sentiment d’abandon immenses que les politiques libérales choisies par les gouvernements successifs ont favorisés ; la précarisation et la fragilisation de l’accès aux droits essentiels des catégories sociales les plus démunies.

Cette colère est venue s’agréger aux revendications qui déjà existaient et qui retrouvent là un espace pour reprendre force : retraités malmenés, étudiants et lycéens soumis aux lois du tri et de la sélection, agents des services publics déconsidérés, salariés précarisés… Il y a là une demande de démocratie directe dont l’existence auprès des formes traditionnelles de représentation est plus que saine. Ces colères se montrent et vivent côte à côte avec les revendications que le mouvement syndical porte depuis longtemps dans le champ qui est le sien, celui de la défense des salarié.es, privé.es d’emploi et retraité.es.

L’obstination du gouvernement est insupportable et irresponsable ; il comble à présent son silence avec des semblants de réponses largement insuffisantes qui ne répondent pas aux exigences de justice sociale, ou pire, avec des méthodes autoritaires et répressives inacceptables. Dans ce contexte, la FSU de Loire Atlantique réaffirme encore plus fortement les revendications que nous portons :

  • Augmentation générale des salaires, des pensions, et du SMIC ;
  • Réindexation des salaires, des pensions et des retraites sur le coût de la vie ;
  • Remise en place et développement de tous les services publics au plus près des citoyen-ne-s ;
  • Fin du système de sélection de et tri des lycéens et étudiants ;
  • Abrogation des réformes qui mettent à mal et détricotent le droit du travail et la protection des salariés.

Pour porter cela, la FSU de Loire Atlantique appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi, les étudiants et lycéens à une journée de grève et de mobilisation le 14 décembre 2018 pour dire son refus des politiques inégalitaires et la nécessité urgente de remise en place d’un modèle social protecteur et redistributeur des richesses.

LE 14 DÉCEMBRE, TOUTES ET TOUS DANS LA RUE
POUR EXIGER LA JUSTICE SOCIALE
ET LA HAUSSE DU NIVEAU DE VIE

  • NANTES – 14 h 30
    Beauséjour (croisement bd du Massacre et route de Vannes – arrêt Beauséjour, ligne 3)
  • SAINT-NAZAIRE – 14 h 30
    Chantiers de l’Atlantique – porte 4
  • CHÂTEAUBRIANT – 10 h 30
    Mairie

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Blanquer face aux lycéens

Alors que le président de la République doit apporter une réponse aux gilets jaunes le 10 décembre, c’est Jean-Michel Blanquer qui doit faire face à la contestation. La journée du 7 décembre a encore vu de très nombreux blocages de lycées et des incidents. Le ministre de l’Education nationale n’entend pourtant pas écouter les organisations lycéennes. Il en appelle au seul Conseil national de la vie lycéenne, une assemblée dont la représentativité est contestable. C’est que la contestation lycéenne porte sur ses réformes. En refusant le dialogue avec les organisations lycéennes il les pousse dans la rue.

Deux fois plus de lycées en une semaine

Ce sont 400 lycées qui ont été perturbés le 7 décembre, soit une centaine de plus que la veille et le double du début de la semaine. Les appels au calme du ministre, des recteurs, les messages envoyés à tous les professeurs n’ont pas calmé les lycéens.

Il faut dire que les images des lycéens de  Mantes la Jolie sont dans toutes les têtes. La scène est devenue un symbole pour les manifestants. Elle a été jouée un peu partout face aux forces de l’ordre aussi bien le 7 que le 8 décembre. Les revendications lycéennes restent les mêmes : l’arrêt des réformes du lycée, du lycée professionnel et du bac et la suppression du SNU.

Voilà donc JM Blanquer face à la première contestation sérieuse de ses réformes. Est-il capable d’écouter et transiger ?

Blanquer veut-il négocier ?

On peut en douter. D’abord parce qu’il n’a pas hésité en pleine crise à faire passer en conseil des ministres le projet de loi sur l’école de la confiance. Bien que rejeté massivement au CSE (3 voix pour seulement), tout comme d’ailleurs les réformes du lycée, du lycée professionnel et du bac, cela n’empêche pas le ministre d’accélérer son lancement en ne tenant aucun compte de la contestation massive dans la rue.

Le 7 décembre sur France Inter, puis le 9 sur France 3, JM Blanquer s’est déclaré « choqué » par la scène de Mantes la Jolie. Mais tout de suite il l’a mise en doute. « Ces images sont faites pour attiser », dit-il sur FRance 3. « A Mantes la Jolie il y a eu des violences extrêmes avant et quelques policiers, qui n’étaient d’ailleurs pas très nombreux, ont eu à maîtriser une foule d’environ 130 personnes, dont des lycéens, et cette foule avait commis des exactions et était sur le point d’en commettre de pire… La chose la plus importante c’est qu’il n’ ya pas eu de blessés ». Pour le ministre le problème n’est pas les faits mais les images qui participeraient à une campagne de  mensonge.  De la même façon, interrogé par la mère d’un lycéen d’Ivry gardé à vue pendant 36 heures pour avoir écrit « Macron démission » sur un mur, le ministre estime que « ce n’est pas à lui de dire » si c’est disproportionné et qu’il « est possible que certaisn aient fait plus d’un tag ».

Déni des organisations lycéennes

Face à la contestation lycéenne, que va faire JM Blanquer ? Le 7 décembre il était question de recevoir les organisations lycéennes. Elles avaient été reçues sans véritable dialogue le 5. Le 9 décembre, confronté à L Boyard, président de l’UNL, il l’accuse à plusieurs reprises de participer à la campagne de mensonges (« il ne dit pas toujours des choses exactes »).  JM Banquer envisage de dialoguer uniquement sur l’application de la réforme et qu’avec le Conseil national de la vie lycéenne et pas avec les organisations. « Dans tous les aspects de la mise en place de la réforme c’est avec le CNVL que l’on va avancer », dit-il sur France 3.  

Le Conseil national de la vie lycéenne (CNVL) tout comme les Conseils de la vie lycéenne (CVL) sont nés des révoltes lycéennes. Novembre 1990, 300 000 lycéens surtout en banlieue manifestent. Le ministère crée les CAVL en 1991. 1995 les manifestations contre le CIP aboutissent à la création du CNVL. Les CVL sont nés des manifestations anti Allègre en 1998. Toutes ces instances sont nées sous la pression des « nouveaux lycéens » issus des quartiers populaires.

Le CNVL : « un outil de contrôle »

Mais les CVL jouent un role très négligeable dans la grande majorité des lycées. On ne se bat pas pour y être élu. Et les CVL sont confisqués par les enfants les plus favorisés. Or ce sont les membres de ces CVL qui vont élire les CAVL qui désigneront le CNVL, sans tenir d’ailleurs compte de la taille fort différente des académies.

Dans un livre publié en 2017, E Nouaille et A Moinet, deux élus au CNVL, décrivaient en ces termes le CNVL : « le CNVL apparait davantage comme un outil de controle des élus lycéens pour canaliser leur colère éventuel en donnant un semblant de cadre de dialogue. Cette instance est peu prise au sérieux à l’image de l’ensemble de la démocratie lycéenne ». Eux deux avouaient au Café pédagogique avoir candidaté pour paralyser ce conseil postiche. Ils dénonçaient aussi la composition du CNVL : des élèves venus des milieux les plus favorisés. « Les instances sont une colonie de vacances », concluaient-ils.

La politique du pire

En choisissant de dialoguer avec le seul CNVL , JM Blanquer applique un vieux truc , utilisé déjà par exemple par F Fillon en 2005 face aux organisations lycéennes.

Le ministre ne les reconnait pas comme des interlocuteurs. Et il n’entend pas négocier sur ses réformes. Il ne laisse donc aux organisations lycéennes qu’un seul moyen pour se faire entendre : la rue. Plusieurs organisations lycéennes appellent à des journées « noires » mardi et vendredi.

Des soutiens pour les organisations lycéennes

Les événements de Mantes-la-Jolie ont suscité des prises de position de plusieurs organisations. D’abord de l’UNL SD qui a immadiatement appelé à « un mardi noir » le 11 décembre et déposé plainte pour « violences sur mineurs de 15 ans et plus par personnes dépositaire de l’autorité publique ». Les parents de la Fcpe  exigent « du gouvernement qu ele harcèlement des lycéens cessent ». La Fcpe « demande au ministre de l’intérieur que toute la lumière soit faite sur ces violences policières ».  Un peu partout des parents s’organisent pour accompagner les lycéens dans les manifestations prévues le 10 et le 11 décembre. Chez les enseignants, la Fsu « condamne ces violences ». « C’est une réponse politique qu’il faut apporter à ce mouvement. La Fsu demande au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse, de recevoir les organisations de jeunesse et celles des personnels pour trouver une solution négociée ». En Ile de FRance et dans les Bouches du Rhône s’amorcent des intersyndicales régionales pour protéger les manifestations lycéennes. Sud Education a déposé des préavis de grève et appelle les enseignants à la grève « à partir du 10 décembre » et le 14 décembre contre les réformes Blanquer.

JMB sur FRance 3

Noaille et Moinet

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AFEF : lycéens, quelle confiance ?

Quand les actes démentent les paroles ! Les lycéens se révoltent, ils sont humiliés. Peuvent-ils avoir confiance ? Non, Monsieur le ministre, vous ne pouvez pas accuser les médias d’avoir créé de fausses nouvelles, les images des lycéens agenouillés ou visés par des policiers ne sont pas inventées. Vous parlez de confiance et de bienveillance, et vous ne répondez aux lycéens qu’en augmentant le déploiement sécuritaire. Vous parlez de dialogue et de démocratie, mais vous faites passer en accéléré et en force les réformes des lycées général et professionnel, ainsi que les programmes d’enseignement, hors du délai légal.

Les lycéens manifestent, ils n’y ont pas été poussés par un complot de fausses nouvelles. Ils exercent leurs droits de citoyens et ils ont raison. Quelques casseurs ont infiltré leurs rangs et provoqué des violences, mais la réponse par l’humiliation et la peur de 130 lycéens était-elle proportionnée ? Vous vous dites choqué, Monsieur le Ministre, mais vous gardez de condamner les coups et blessures infligés à des mineurs, sous les yeux de la France et du monde. Et vous disqualifiez les demandes légitimes des jeunes manifestants en les balayant d’un revers de main, faisant croire que vous dialoguez.

Ils vous adressent leurs revendications, car ils craignent que les réformes en cours ne leur ferment des portes. Ils réclament que leur parole soit entendue. Que disent-ils ? Nous les avons écoutés et sommes d’accord avec eux pour dire que :

–          Oui, la réforme du lycée est inégalitaire. Elle va laisser de côté les humanités et les arts, mis en balance avec des enseignements de spécialité plus payants ; l’absence de math dans le tronc commun va reconduire une organisation par filières dans laquelle les élèves « éclairés » par leur milieu feront les choix les plus pertinents pour une poursuite d’études qui engage vers la meilleure insertion professionnelle et sociale. Et le déploiement incomplet des enseignements de spécialité selon les villes va instaurer une nouvelle inégalité territoriale.

–          Oui, le lycée professionnel est renvoyé du côté des pratiques professionnelles ; la réduction de la part des humanités littéraires et scientifiques ne permettra pas aux lycéens de se former à un univers professionnel mouvant, ni d’envisager des études supérieures s’ils le souhaitent ; ils seront renvoyés vers des familles de métiers gérées par les branches professionnelles sans garantie d’égalité nationale.

–          Oui le fonctionnement de ParcourSup désavantage les lycéens qui viennent des établissements les moins prestigieux, urbains ou ruraux, et vise au final à réduire le nombre de places à l’université par la sélection sur des critères hautement discutables, alors que le développement économique et social de notre nation devrait passer par des moyens décents accordés à l’enseignement supérieur.

–          Oui les lycéens ont raison de dénoncer les classes surchargées, une situation qui va encore s’aggraver avec la diminution importante des places au concours de recrutement du second degré, notamment en lettres et langues, disciplines dites de culture générale qui ont pour objet l’enseignement de la langue, de la littérature, l’aptitude à lire-écrire-parler pour penser et débattre. 

En manifestant, les lycéens défendent surtout le droit à l’égalité des chances, le droit d‘espérer en un avenir choisi, le droit à une culture de haut niveau pour l’homme et la femme de demain, capables de comprendre le monde, de s’ajuster et contrôler les immenses mutations technologiques, sociétales, culturelles, économiques, écologiques. Le système précoce d’enseignement de spécialités imposé par la réforme du bac privilégie les choix rentables qui enferment la pensée très tôt dans des sentiers étroits. Les lycéens, par leur action, veulent reprendre le pouvoir sur leur avenir. Ils refusent une réforme du lycée menée au pas de charge, sans le temps nécessaire à une vraie réflexion collective. Notre responsabilité collective d’éducateurs est d’accompagner les lycéens pour les aider à faire émerger leur parole, à argumenter et débattre. L’AFEF, Association française pour l’enseignement du français, s’associe aux lycéens pour demander qu’elle soit débattue largement et démocratiquement.

Viviane Youx, D. Bucheton

présidente et vice-présidente de l’AFEF

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Lycée : la carte des spécialités avant Noël

Alors qu’une contestation générale secoue les lycées et que le ministre appelle au calme, il annonce le 9 décembre sur France 3 l’accélération de la réforme contestée du lycée. Les établissements recevront avant Noël le nombre de spécialités qu’ils pourront proposer. « Tout établissement aura au moins 7 spécialités » a promis le ministre. Le problème c’est que l’on sait déjà que ce ne sera pas le cas. Ainsi, à propos du lycée de Bellac, la rectrice de Limoges a nettement expliqué que 7 spécialités en zone rurale n’est pas rentable.  » En ville les lycées ont en moyenne 7 spécialités contre 6.75 à la campagne ».

Sur Bellac

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Le Sénat adopte 3 jours de carence pour les fonctionnaires (encore…)

Le Sénat a adopté un amendement du sénateur C Nougein (LR) portant de 1 à 3 jours  le délai de carence pour les congés maladie. « Il s’agit d’une mesure d’équité entre les salariés du secteur public et du secteur privé », explique le sénateur, et d’efficacité contre l’absentéisme. En janvier 2018, le gouvernement a rétabli la journée de carence que le gouvernement précédent avait supprimé en 2012. Le rétablissement de cette mesure devait rapporter 400 millions à l’Etat. En fait, selon l’Insee, « le jour de carence a conduit à une baisse importante des absences de 2 jours ». Mais l’Insee ajoute que « la prévalence des absneces d’une semaine à 3 mois a augmente dans la fonction publique pendant la période d’application du jour de carence et diminué après sa suppression ». L’argument d’équité ne tient pas plus : la quasi totalité des salariés du privé  bénéficient d’accords de prévoyance qui substituent l’entreprise au salarié pour le délai de carence.

L’amendement

Sur le délai de carence

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Action / Actualité

La section académique

aux

secrétaires de S1
Vous trouverez en suivant les liens ci-dessous les cartes des enseignements de spécialité envoyées aux membres du CAEN (Conseil Académique de l’Éducation Nationale, présidé par le préfet de région et le président du conseil régional, et dont le rôle est consultatif), en préparation de cette instance qui doit se réunir le 14 décembre prochain.
Carte des options et spécialités 1ère
Carte des options et spécialités 2nde
Il est à noter que ces cartes ont été élaborées sans concertation aucune, le recteur ayant refusé la tenue d’un GT.

Nous ne les avons récupérées qu’il y a quelques jours grâce à nos représentant-es au CAEN, mais les élections professionnelles et les difficultés liées à la mauvaise gestion des opérations par le rectorat, nous ont empêché de vous les communiquer plus vite.
Heureusement, il reste encore une semaine avant le CAEN.

Comme nous en avons l’habitude, nous vous envoyons ces documents de travail (qui ne seront définitifs qu’après la tenue du CAEN), afin de nous faire les retours que vous jugerez utiles et qui alimenteront nos interventions syndicales. Merci donc de ne pas les diffuser à votre tour en dehors de votre établissement.
LE CAEN portera aussi sur le bilan de la rentrée 2018 (comme le CTA du 09/11/18), l’offre de formation professionnelle initiale 2019 (documents à venir dans un 2nd mail) et la labellisation « lycées des métiers » et « campus des métiers et qualifications » ; sujets sur
lesquels nous sommes aussi porteurs de vos revendications collectives.

Nous vous en remercions par avance.

Par ailleurs, vous savez sans doute (cf. nos diverses communications) que le SNES, comme la FSU, appelle à rejeter les réformes Blanquer (du lycée, du BAC, de ParcourSup), soutient le mouvement lycéen qui porte les mêmes revendications, et constate que de nombreux
manifestants actuels partagent nos revendications syndicales.

Pour permettre toutes les actions décidées localement, le SNES-FSU a déposé un préavis de grève national couvrant toute la période.

Pour construire la riposte nécessaire :
la section académique soutient toutes les décisions départementales d’appel à la grève le vendredi 14/12 (action interpro initiée par la CGT et depuis rejointe par d’autres) et a décidé de proposer à la FSU (mardi 4/12) et à l’intersyndicale (jeudi 6/12) un rassemblement devant le rectorat, vendredi 14 à 9h (horaire et lieu du CAEN)

le SNES-FSU propose d’organiser des actions locales le mercredi 19 décembre après midi (au moment de la tenue du CSE à Paris).
la section académique relaie cette proposition et prévoit, en accord avec les sections départementales qui vous communiqueront les détails, des rassemblements dans les départements et devant le rectorat de Nantes.

la section académique relaiera, sur son site et ses listes de diffusion, toutes les mobilisations syndicales proposées localement dans la période.
Le secrétariat académique
SNES-FSU
Section académique de Nantes

15, rue Dobrée
44100 Nantes
02-40-73-52-38
site : www.nantes.snes.edu

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Les prochains rendez-vous de l’Uppercut

Vendredi prochain, sera organisé un arpentage, outil d’éducation populaire qui invite à une lecture collective d’un bouquin. Pour cette soirée, nous arpenterons le Guide philosophique des déchets de Jean Luc Coudray. L’auteur est écrivain, journaliste, scénariste de bandes dessinées. Son écriture est claire et pertinente. L’humour et la poésie se rencontrent dans des raccourcis ou des rapprochements inattendus sous forme de paradoxe. Soirée qui promet d’être à la fois drôle, profonde, légère ou grave. Et, comme à chaque fois, animée et conviviale. Et bien sur, le bar sera ouvert ! Le Vendredi 14 décembre à 20h30 au bar de l’amicale laïque 45 rue Violin à La Montagne.

Nous relayons également cette initiative portée par nos amis de L’ardeur, association d’éducation populaire politique, qui se déroulera la semaine suivante à Chéméré, à quelques kilomètres de la Montagne. Au gîte de la Baronnerie, L’ardeur anime un stage de conférences gesticulées. La conférence gesticulée est une prise de parole publique sous la forme  d’un spectacle politique militant mélangeant les savoirs de l’expérience et la théorie. Du lundi 17 au mercredi 19 décembre, nous vous invitons à des visites de chantiers. Il s’agira en quelque sorte de répétitions publiques où les spectateurs pourront assister à 8 conférences gesticulées en construction. Un beau moment d’éducation populaire en prévision ! Plus d’informations sur le flyers ci-joint.

Bien à vous

L’équipe de l’Uppercut

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COMMUNIQUÉ DU S3 VERSAILLES SUR ARRESTATIONS MASSIVES DE MANTES-LA-JOLIE / APPEL DU S3 VERSAILLES AUX COLLÈGUES A ÊTRE AUX CÔTÉS DES LYCÉENS

COMMUNIQUÉ DU SNES-FSU VERSAILLES DU 7/12
La section académique du SNES-FSU a découvert les images de l’arrestation de 142 jeunes à proximité du lycée Saint-Exupéry, à Mantes la Jolie (78) le jeudi 6 décembre. Elle dénonce avec force une mise en scène ignoble orchestrée par les forces de l’ordre : des lycéens, des jeunes, parqués, agenouillés, les mains sur la tête, sous des commentaires ironiques qui confinent à l’insulte. Ces images sont insupportables et indignes de notre démocratie. Nous ne pouvons tolérer que des jeunes soient ainsi humiliés. La lumière doit être faite dans les plus brefs délais sur la chaine de commandement et de responsabilités au sein des forces de l’ordre qui a conduit à de tels agissements, et les conséquences devront en être tirées rapidement.
http://www.versailles.snes.edu/spip.php?article4749-Mail à l’ensemble des syndiqués de la section académique de Versailles du 8/12 :
(…)1- Mobilisations lycéennes – être aux côtés des lycéens
Depuis 10 jours, les mobilisations lycéennes prennent de l’ampleur dans notre académie, comme ailleurs. Les élèves se mobilisent sur des revendications légitimes qui rejoignent en bonne partie celles des personnels (dénonciation de ParcourSup, de la réforme du lycée, du bac, des suppressions de postes). La section académique condamne fermement toutes les violences, quels que soient leurs auteurs, alors même les lycéens, en grande majorité, se mobilisent dans le calme et pacifiquement. Les interventions souvent disproportionnées des forces de l’ordre ont conduit à des blessures graves des lycéens. La répression policière doit cesser. Dès le vendredi 7/12 au matin, la section académique a réagi aux images scandaleuses de l’arrestation de 146 jeunes à Mantes la Jolie (voir notre site).
Alors que le Ministre en appelle à la responsabilité des personnels, le SNES-FSU Versailles rappelle que, depuis plusieurs jours, ces mêmes personnels, inquiets pour la sécurité de leurs élèves, ont été nombreux à les aider et les protéger pour éviter que les manifestations pacifiques dégénèrent. Sous-entendre, d’une manière ou d’une autre qu’ils n’ont pas été à la hauteur est profondément méprisant pour les personnels, mais cela n’a rien de surprenant venant d’un Ministre qui en a fait sa marque de fabrique. Il y a pourtant urgence à écouter et entendre les revendications des élèves et des personnels. 

La section académique du SNES-FSU appelle les personnels à se tenir aux côtés des lycéens, notamment en leur permettant de tenir des réunions, AG, à l’intérieur des établissements, en sécurité, faisant ainsi valoir leurs droits pour faire vivre la démocratie lycéenne. Nous appelons aussi à des AG des personnels partout dans les établissements pour débattre de la situation et des modalités d’action. Un préavis de grève a été déposé par la section nationale du SNES-FSU pour couvrir toutes les mobilisations jusqu’aux vacances de Noël.

Le SNES-FSU de l’académie de Versailles intervient également auprès du Rectorat pour que l’Administration assume ses responsabilités en matière de sécurité des personnels, de trop nombreux collègues sont laissés dans l’incertitude et sans information sur ce qu’ils doivent faire dans des contextes dangereux. Des situations ont évolué suite à nos interventions. N’hésitez pas à nous contacter. 

Au niveau national, le SNES-FSU envisage toutes les actions nécessaires la semaine prochaine. Des précisions seront apportées dimanche soir par la direction nationale du SNES-FSU. 
Par la suite, le mercredi 19 décembre sera également un temps fort d’expression de la Profession. 
Les deux derniers communiqués du SNES-FSU :
– snes.edu/Mobilisation-sociale.html
– snes.edu/Pour-plus-de-justice-sociale-a-l-Ecole.html
(…)
Bien cordialement
Sophie Vénétitay, Pascale Boutet, Marie Chardonnet et Maud Ruelle-Personnaz, co-secrétaires générales du SNES-FSU Versailles
Antoine Tardy, secrétaire général adjoint du SNES-FSU Versailles

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Arrestations massives de Mantes-la-Jolie (78) : Communiqué des personnels du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie du 7/12

Tout notre soutien va aux personnels, aux parents et bien sûr, avant tout, aux élèves des lycées St-Exupéry et Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78). Voici un premier communiqué très digne de nos collègues de Jean Rostand. Nous vous invitons à le partager le plus largement possible :

Communiqué des personnels du lycée Jean Rostand (Mantes-la-Jolie, 78) réunis en AG à 13h ce vendredi 7/12/2018.
Des évènements graves se sont produits cette semaine aux abords des établissements Jean Rostand et Saint-Exupéry. Les circonstances de l’arrestation de plus de 140 jeunes, hier, jeudi 6 décembre, ont provoqué indignation et incompréhension parmi les enseignants et les parents d’élèves. 
Nous, les personnels du lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78) réunis en AG à 13h ce vendredi 7/12/2018, souhaitons réagir.
Dès le début des troubles, les personnels sur place ont demandé que la réalité et la gravité des faits soient prises en compte dans la communication de l’établissement vers les familles, et que nos autorités dissuadent les familles d’envoyer leurs enfants au lycée, notamment en prenant la décision claire de fermer l’établissement au regard des risques. Cette demande a été refusée, ce qui nous a laissés dans une situation confuse : les personnels se sont retrouvés dans l’obligation et l’urgence de prendre des décisions individuelles, qui relèvent normalement de l’institution. Les familles pouvaient avoir l’impression que le lycée fonctionnait normalement alors que, malgré la mobilisation de tous, cela ne pouvait être le cas. 
Nous avons donc accueilli les quelques élèves qui ont réussi à entrer au lycée en dépit des dangers encourus aux abords de l’établissement. Tous les personnels présents ont veillé à les encadrer avec le plus grand souci de sécurité, malgré l’émergence d’un climat oppressant et menaçant.
Nous sommes convaincus qu’une meilleure prise en compte des demandes des personnels sur le terrain aurait réduit les risques de regroupements à l’extérieur et évité l’exposition de nombreux élèves à une situation violente et à des arrestations massives.

Salutations militantes,

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Communiqué LDH : « Mantes-la-Jolie : la puissance de l’Etat s’affirme par sa maîtrise et non par l’humiliation »

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Des vidéos montrant plus d’une centaine de mineurs, pour beaucoup lycéens, à Mantes-la-Jolie, agenouillés, face contre un mur, certains les mains sur la tête, humiliés par des policiers, sont insupportables et ont profondément choqué.

Au-delà de l’indignité d’un tel comportement de représentants des forces de l’ordre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce ces agissements illégaux, en violation de l’ordonnance du 2 février 1945 sur les mineurs et des garanties accordées à toute personne interpellée.

Quelles que soient les tentatives de justification du parquet de Versailles et du gouvernement, la LDH rappelle qu’aucun principe de sécurité ou d’ordre public ne saurait primer sur les droits de l’enfant ni autoriser des humiliations d’Etat. Ces valeurs fondamentales sont protégées par de nombreux outils internationaux. C’est pourquoi la LDH entend alerter le rapporteur spécial sur la torture de l’ONU, afin qu’il se saisisse de cette situation dans un contexte de multiplication des blessés par les forces de l’ordre lors d’opérations de sécurité autour des mouvements sociaux.

Parallèlement à l’autosaisine du Défenseur des droits, qu’il faut saluer, la LDH demande que toute la lumière soit faite sur ces graves faits. Si le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il rendrait publique l’enquête interne initiée, la transparence doit être totale et les responsabilités recherchées.

Paris, le 7 décembre 2018Télécharger le communiqué LDH

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Communiqué LDH : « Interdire l’usage des Flash-ball et grenades pour le maintien de l’ordre »

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) fait le constat dramatique d’un usage illégitime et disproportionné des GLI-F4 (grenades de désencerclement) et LBD 40 (lanceurs de balles de défense) par les forces du maintien de l’ordre, dans le cadre des manifestations. De très nombreux citoyens de tous âges, y compris des mineurs lycéens et des retraités, sont victimes graves blessures, infirmités, mutilations et décès causés par les tirs de ces armes qui figurent encore à ce jour dans l’arsenal légal du maintien de l’ordre. Ce n’est pourtant pas la première fois que la LDH, ainsi que les ONG nationales et internationales, dénoncent les violences commises par les forces de l’ordre contre des personnes exerçant une contestation sociale. Il est dès lors regrettable que le gouvernement n’ait pas jugé utile d’intervenir pour restreindre l’usage de ces armes que la France est le seul pays de l’Union européenne à compter dans son arsenal de maintien de l’ordre. Il convient de rappeler que les grenades offensives OF-F1 avaient été interdites à la suite du décès de Rémi Fraisse, que celles-ci contenaient de la TNT, composant explosif utilisé sur les fronts militaires, et que, partant, rien ne justifie que les grenades GLI-F4, contenant également de la TNT, ne subissent pas le même sort ; que par ailleurs, les grenades de désencerclement et les LBD causent des blessures allant jusqu’à la mutilation permanente, ce que nos valeurs républicaines ne sauraient plus tolérer.

Les drames humains qui se nouent dans le cadre du périmètre de la contestation citoyenne, tant pour les manifestants que pour les forces de l’ordre impliquées dans ces violences, ne sauraient davantage se multiplier. La France exhorte dès lors le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur à donner instruction de cesser l’utilisation de ces armes et à adapter le dispositif du maintien de l’ordre de manière à éviter tout risque de blessures et de décès, puis à abroger tous les décrets autorisant l’usage de ces armes dans le cadre du maintien de l’ordre.

La LDH restera particulièrement attentive aux suites qui seront données à cette demande, ainsi qu’aux violences éventuelles qui adviendraient, aux fins d’envisager toute action de mise en cause de la responsabilité des décisionnaires dans le cadre de la chaîne de commandement.

Paris, le 7 décembre 2018

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Aquarius : fin des opérations de sauvetage

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Cher Monsieur,

Alors que des réfugiés, des migrants et des demandeurs d’asile continuent de mourir dans la mer Méditerranée, Médecins Sans Frontières et son partenaire SOS MÉDITERRANÉE sont contraints de mettre fin aux opérations de recherche et de sauvetage de l’Aquarius.

Au cours des deux derniers mois, alors que des personnes continuaient de fuir par la mer en empruntant la route migratoire la plus meurtrière au monde, l’Aquarius a été maintenu à quai, incapable de mener à bien sa mission humanitaire.

« C’est un jour sombre, déplore Nelke Mander de MSF. Non seulement l’Europe a renoncé à fournir des moyens de recherche et de secours, mais elle a aussi sciemment saboté les tentatives d’autres acteurs de sauver des vies. La fin de nos opérations à bord de l’Aquarius signifie davantage de morts en mer, des morts évitables et sans témoin.»

L’arrêt forcé des opérations menées par l’Aquarius arrive à un moment critique. On estime que 2 133 personnes sont décédées en Méditerranée en 2018, et les départs depuis la Libye représentent la grande majorité des cas. Les gouvernements européens ont contribué à ces événements tragiques en soutenant les garde-côtes libyens pour intercepter les personnes en mer – plus de 14 000 cette année – et les ramener de force en Libye, ce qui constitue une violation du droit international. En 2015, l’Europe s’est engagée auprès du Conseil de sécurité des Nations unies à ce qu’aucune personne sauvée en mer ne soit obligée de retourner en Libye.

« Aujourd’hui, l’Europe soutient directement les retours forcés et revendique des «résultats» sur la question migratoire, indique Karline Kleijer, responsable des urgences chez MSF. Soyons clair sur ce que sous-entend ces résultats : un manque d’assistance en mer qui permettrait de sauver des vies ; des enfants, des femmes et des hommes renvoyés à une détention arbitraire sans aucune chance d’en réchapper ; et la création d’un environnement qui décourage tous les bateaux de répondre à leurs obligations de porter secours aux personnes en détresse. »

Depuis le début de ces opérations de recherche et de sauvetage en février 2016, l’Aquarius a porté assistance à près de 30 000 personnes dans les eaux internationales entre la Libye, l’Italie et Malte. La dernière mission de recherche et de sauvetage de l’Aquarius s’est terminée le 4 octobre 2018 lorsqu’il a rejoint le port de Marseille, après le sauvetage de 58 personnes débarquées à Malte. Sur l’ensemble de ses opérations de recherche et de sauvetage depuis 2015, y compris avec ses précédents bateaux – Bourbon Argos, Dignity, Prudence et Phoenix -, MSF a secouru ou porté assistance à plus de 80 000 personnes en mer Méditerranée. Malgré les efforts récents des organisations non gouvernementales en mer, il n’y a plus aucun bateau dédié au secours en mer Méditerranée.

« Nous refusons de rester à quai alors que des personnes continuent de mourir en mer, déclare Karline Kleijer. Aussi longtemps que des gens souffriront en Libye, seront en détresse en mer, MSF cherchera des moyens de leur porter secours avec une aide médicale et humanitaire. »

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Photos : ©MSF/Ikram N’gadi

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COMMUNIQUE La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse

La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse

La FSU exprime sa vive émotion après les violences commises à l’égard des jeunes, notamment suites aux événements de Mantes la Jolie.
Elle condamne ces violences. Le gouvernement ne peut pas traiter ainsi la jeunesse: gardes à vue, déferrements devant la justice des mineurs… La FSU exige que ces jeunes ne soient pas poursuivis dans le cadre de procédures abusives et demande la levée des gardes à vue.

C’est une réponse politique qu’il faut apporter à ce mouvement. La FSU demande solennellement au gouvernement d’entendre les revendications de la jeunesse, de recevoir les organisations de jeunesse et celles des personnels pour trouver une solution négociée. Elle alerte, depuis le début de ce conflit, le Ministre de l’Éducation nationale et le gouvernement sur la gravité de la situation et elle a fait part à maintes reprises des inquiétudes tant pour les élèves que pour les personnels. Pour sortir de cette crise, la FSU a proposé que se tiennent immédiatement des discussions avec les organisations de jeunesse et les représentants des personnels.

Il s’agit d’entendre les inquiétudes des jeunes face à leur avenir et leurs revendications contre les réformes porteuses d’inégalités et pour améliorer le service public d’éducation.
La FSU demande solennellement et urgemment au gouvernement d’accéder à cette demande.


Aux Lilas, 7 décembre 2018

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Un appel unanime à la négociation des 6 fédérations syndicales

Le 6 décembre, les six principales fédérations syndicales, CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU, ont signé un appel à la négociation avec le gouvernement. « Aujourd’hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l’expression d’une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue. Nos organisations s’y engageront, chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible. Les sujets du pouvoir d’achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l’accessibilité des services publics, de la fiscalité doivent trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d’une transition écologique efficace parce que juste. Le dialogue et l’écoute doivent retrouver leur place dans notre pays… La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations ». Si la déclaration reste vague sur ses objectifs, elle offre la possibilité d’une sortie douce de la crise.

L’appel

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Journées décisives

Alors que les deux journées du 7 et du 8 décembre s’annoncent décisives pour le gouvernement et l’Ecole, le gouvernement semble ne pas avoir décidé de politique. Il envoie des signaux contradictoires. Ce qui s’est passé le 6 décembre laisse craindre une politique du pire. Cette situation est particulièrement dangereuse alors que le 7 décembre doit être une journée de mobilisation massive des lycéens et le 8 la grande journée des gilets jaunes.

300 lycées perturbés, des collèges aussi

Le gouvernement veut-il une issue négociée de la crise politique qui secoue le pays ou cherche t-il l’essoufflement et l’affrontement ? Les incidents qui ont eu lieu le 6 décembre et la façon dont le gouvernement les gère peut donner à penser qu’il ne cherche aucunement à négocier.

Le 6 décembre environ 300 lycées ont été perturbés. On en comptait une quarantaine dans le 93 ainsi que deux collèges, une dizaine à Paris, une trentaine sur l’académie de Montpellier, plus de 20 sur Aix-Marseille, autant dans l’académie de Versailles. Autrement dit le niveau de mobilisation n’a pas changé. La journée du 6 décembre a vu 700 lycéens et collégiens interpellés. A Mantes-la-Jolie le plus jeune avait 12 ans. Dans l’Oise, à Orléans le préfet a fait fermer des établissements pour assécher le vivier de manifestants. Mais la nouveauté est ailleurs.

Manifestations : Une vidéo révoltante

Apparemment réalisée et publiée par la police sur Internet, une vidéo suscite des vagues d’indignation sur les réseaux sociaux. Elle renvoie à une nouvelle pratique policière testée au lycée Saint Exupéry à Mantes-la-Jolie :  la grande rafle de lycéens.

148 lycéens ont été interpellés en bloc par la police. La vidéo montre quelques dizaines de ces jeunes à genoux, parfois nez au mur, les mains entravées ou sur la tête. Ils sont gardés par des policiers. On entend les commentaires des policiers : « voilà une classe qui se tient sage ». « On lève pas la tête on regarde droit devant ».

Alors que les députés LREM et le gouvernement multiplient les appels au calme, cette scène révoltante a tout d’un appel à la violence.

Cette scène d’humiliation collective  fait réagir. Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, parle « d’images insupportables », d’une « jeunesse humiliée et sacrifiée ». Pour l’UNL , il ne s’agit plus de répression ou d’humiliation ou de répression mais de soumission ». En effet la scène évoque les conquêtes coloniales.

La FCPE Paris a aussi réagi « comment une République qui met sa jeunesse à genoux peut-elle lui demander de faire preuve de responsabilité ». Sur les réseaux des enseignants se demandent comment ils pourront transmettre les valeurs de la République après cette scène. Ce sont eux qui vont accueillir ces jeunes humiliés.

Le gouvernement cherche-t-il l’apaisement ? Dans ses déclarations il l’affirme. Mais sur le terrain il pratique le contraire. Diffusée quelques heures avant la grande manifestation du 7 décembre, cette vidéo ne peut qu’échauffer les esprits.

Peut-on encore sauver les réformes du lycée ?

Le gouvernement veut-il réellement négocier avec les lycéens ? En apparence , oui. Le 5 décembre il a reçu les organisations lycéennes. Mais celles -ci estiment qu’il n’y a aucune volonté d’aboutir a un accord, le ministère souhaite convaincre les organisations du bien fondé de sa politique. Au fond il ne croit pas en la représentativité des interlocuteurs qu’il invite à venir au ministère et se livre à un simulacre de négociation. Sur Cnews, le 6 décembre, le ministre balbutie. « Le dialogue est ouvert sur tous les enjeux du futur… La mise en oeuvre (de la réforme du bac)  peut se discuter sur bien des points ». Mais il est incapable d’engager des discussions sérieuses.

Les organisations rappellent au gouvernement ses responsabilités. « Par son intransigeance le Ministre, qui refuse de dialoguer avec les organisations lycéennes, attise les colères, porte une part de responsabilité et prend le risque de la multiplication d’incidents très graves », écrit le Snes Fsu le 6 décembre. « Il est urgent de redonner de l’espace à la négociation en recevant les organisations de jeunesse et les organisations syndicales, en donnant des signes sur Parcoursup, sur la réforme des lycées et du baccalauréat ainsi que sur l’éducation prioritaire ».

L’Unsa Education pose lui aussi la question des réformes et des postes.  » Le rythme effréné de réformes multiples, mal ou pas expliquées, sans prendre le temps de la négociation avec les premiers concernés : personnels, lycéens, étudiants et parents ont certainement nourri la défiance et le mécontentement… Au delà des discours, des actes doivent être posés dès à présent. Les suppressions de postes qui minent la confiance de toutes et tous doivent être immédiatement annulées ». Visiblement le ministre fait le choix d’attendre.

Pourtant la concomitance du mouvement avec la mise en place des réformes du lycée et du lycée professionnel et la première étape de Parcoursup est évidente. Pourtant les cortèges lycéens (2000 jeunes à Paris par exemple le 6 décembre) portent des pancartes dénonçant la sélection et demandant l’arrêt des réformes.

Le ministre affirme vouloir négocier mais il inscrit au Conseil des ministres du 5 décembre le projet de loi Blanquer qui a été refusé à l’unanimité par les syndicats en CSE.

Mais peut-il encore espérer sauver les réformes des lycées, conserver Parcoursup, opérer tranquillement la réforme des statuts et des carrières ? C’est exactement l’enjeu des journées du 7 et du 8 décembre. Faute d’entrer dans des négociations claires et assumées, il renvoie à la rue le soin d’en décider. Les atermoiements du ministre portent tous les dangers de cette journée. En jouant les prolongations, il prend des risques importants compte tenu du niveau de violence qu’il laisse s’installer dans la rue.

La vidéo  (validée par l’AFP)

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Approbation du cahier des charges sur la formation des enseignants

Un arrêté publié au JO du 6 décembre approuve le cahier des charges de l’appel à projets « Pôles pilotes de formation des enseignants et de recherche pour l’éducation ». Cet appel à projets fait partie de l’enveloppe  » Territoires d’Innovation Pédagogique » qui bénéficie de 250 millions.

Au JO

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Une pétition pour la démission de JM Blanquer

 » Puisqu’il est dans l’incapacité de comprendre que les violences dans les lycées sont liées aux problèmes sociaux et à la ghettoïsation de certains milieux scolaires. Il est nécessaire de proposer un grand plan national de l’éducation, de la culture et de l’engagement dans les zones sensibles, afin de remettre les jeunes décrocheurs sur les rails de l’éducation. Toutefois, cette proposition n’est pas étonnante de la part d’un ancien sarkozyste, qui réforme de façon violente. En partant, de ce constat, il est nécessaire de demander la démission de Jean-Michel Blanquer à son poste de ministre de l’éducation national ». La FIDL a déposé cette pétition le 5 décembre. Avec 102 signatures , JM Blanquer peut dormir tranquille…

La pétition

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La FSU demande un Grenelle pour une autre politique salariale

« A l’inverse de l’opération CAP22 et des décisions prises à sa suite, la FSU réitère sa demande d’un « Grenelle » de l’action publique qui permettrait tout à la fois de discuter et conforter les missions de services publics sur l’ensemble du territoire mais aussi le rôle des agent-es publics ». Dans un communiqué du 5 décembre, la FSU entend rebondir sur la crise grave qui secoue le pays. « Les questions de pouvoir d’achat sont également présentes au sein de la Fonction publique », rappelle la FSU. « Les salaires sont actuellement gelés. C’est pourquoi, elle demande à nouveau l’ouverture de nouvelles discussions, avec toutes les organisations syndicales dans la Fonction publique, afin d’améliorer le niveau des salaires et les conditions de travail de toutes et tous les agent-es. Car il n’y a pas de services publics de qualité sans l’engagement quotidien des agent-es ».

Communiqué

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Budget : les sénateurs diminuent encore les emplois dans le second degré

Ce ne sont pas 2650 mais 2950 postes qui vont être supprimés dans le second degré en 2019 si l’on suit le vote du Sénat. Le 5 décembre, les sénateurs ont adopté le budget de l’enseignement scolaire mais en amputant de 300 postes, soit 10 millions, le budget du second degré pour les transvaser dans les écoles primaires rurales.

L’amendement déposé par le sénateur LR Jacques Grosperrin vise à compenser le nombre de classes supprimées en milieu rural en 2018.  » L’école est souvent le dernier service public dans ces communes. Une école qui ferme dans un village, c’est un village qui meurt. C’est aussi contraindre les parents à de longs trajets. Je sais le ministre sincère mais cet amendement symbolique enverra un signal fort en direction de l’école rurale », a déclaré J Grosperrin.

Un contre amendement , déposé par la senatrice F Laborde (RDSE) demandait de prélever ces 10 millions sur les crédits de formation des enseignants du privé. Il a été rejeté.

Ces 10 millions représentent 300 emplois qui devront être pris sur les postes du second degré, si l’Assemblée suit le vote du Sénat. Cela porterait à 2950 le nombre d’emplois supprimés dans le second degré en 2019 et aggraverait la situation dans un degré où on attend 40 000 élèves de plus.

Le Sénat a aussi adopté un amendement de la sénatrice socialiste Victoire Jasmin  transférant 300 000 euros au profit de l’inclusion des élèves handicapés pour permettre l’achat de « téléphones portables ou des tablettes pour qu’ils puissent communiquer avec les professionnels et les chefs d’établissement ».

Débat au senat

Amendement jasmin

Sur le budget

Le rapport Grosperrin

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Violence scolaire : monologues au Sénat

Que faire face à la violence scolaire ? La Commission de l’éducation du Sénat, présidée par C Morin-Desailly, auditionnait le 5 décembre les syndicats de chefs d’établissement. Face à des acteurs de terrain qui ont chacun défendu des explications un peu différentes, les sénateurs sont restés sur leurs a-priori. La prochaine réunion changera-t-elle cette situation ? La commission invitera des internautes repérés dans le #pasdevagues…

Contresens

Contresens dès le départ. En ouvrant la réunion, C Morin Desailly interprète le comportement de la professeure du lycée Branly à Créteil comme de la passivité. C’est sur cette interprétation que la commission enquête et auditionne. Le 5 décembre c’est le tour des syndicats de personnels de direction. Se collègues senateurs ont chacun leur explication. Pour J Grosperrin (LR) s’il y a de la violence scolaire c’est a cause de « la culture bisounours » de l’éducation nationale. Avec plus d’autonomie des établissements (entendez : un chef d’établissement qui embauche et licencie) cela devrait changer.La sénatrice Laure Darcos estime que tout cela n’arriverait pas sans smartphone. Dominique Verien dénonce les enseignants qui refusent de chanter la Marseillaise. Pour Stéphane Piednoir (LR) il faut arrêter de donner des droits aux parents et donner tous pouvoirs aux professeurs. Pour les socialistes, Marie Pierre Monier plaide pour du personnel social et des psychologues dans les établissements. Maurice Antiste lie la violence à un enseignement ennuyeux , l’absence d’évolution des méthodes pédagogiques.

La faute aux profs ?

Que disent les acteurs de terrain ? Pour le Snpden, Pascal Bolloré, secrétaire général adjoint, s’inscrit en faux par rapport au #pasdevagues et exonère les personnels de direction de toute responsabilité. La violence scolaire est un phénomène ancien, explique t-il magazine à la main. En 1986 déjà un élève  avait utilisé une arme. Les établissements sont plus calmes qu’avant, affirme -t-il en se basant sur Pisa. « Les établissements ne sont pas la jungle. Il faut différencier ce qui se passe dans certaines classes face à certains collègues en difficultés de ce qui peut se passer devant l’établissement scolaire ». Certains enseignants ont fait « une erreur d’orientation »… Les chefs d’établissement ne peuvent être soupçonnés de laxisme : « nous avons l’habitude d’engager des procédure scolaires mais les enseignants ont une méconnaissance de ces procédures ». Un peu plus tard il signale qu’on demande aux chefs d’établissement de réduire le nombre de conseils de disciplines.

Ou au système ?

Cyrille Roger représente ID Fo et met en cause surtout les familles. « On a affaire à des générations qui n’ont pas obtenu les codes du respect ». Mais il souligne un autre facteur : le manque de personnel de santé et social dans les établissements.

Pour le Sgen Cfdt , C Nave Bekhti pointe  surtout des problèmes systèmiques.  Elle réfute la culture bisounours mais pointe le taux de turn over qui empêche la constitution d’équipes solides seules capables d’influencer le climat scolaire. Elle montre aussi que les violences interviennent souvent dans le temps interscolaire et donc que ce n’est aps qu’un problème de formation des enseignants. L’autonomie de l’établissement avec des postes à profil a déjà été essayé en vain. Au final il a fallu embaucher des contractuels sur des poste de référents éducation prioritaire.

Et le ministre ?

Justement quelle est la responsabilité du ministère ? On a évoqué les postes de surveillants, de psychologues, de médecins, d’assistantes sociales supprimés. P Bolloré souligne qu’on en est au 13ème plan anti violence. « On pose à chaque fois des mêmes mesures qui entrainent des créations de postes qui parfois au fil du temps disparaissent et qu’on tente de réinventer… » C Nave-Bekhti félicite le ministre de simplifier la protection fonctionnelle. Mais rappelle qu’avec les suppressions massives de postes administratifs ce ne sera pas facile et rapide de la mettre en route..

La prochaine réunion de la Commission s’annonce passionnante. La Commission publiera une étude des tweets sur #pasdevagues et invitera des twitters.

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