Programme commun de la Nupes : accord sur le social et la 6e République, dissensions sur l’Europe

par Rédaction

Le programme de coalition de la Nouvelle union populaire écologique et sociale propose des centaines de mesures pour la transitons écologique, la hausse du Smic, la retraite à 60 ans… Mais il reste des points de désaccord entre les partis de gauche.

Huit chapitres, des centaines de mesures… La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté son programme commun d’union de la gauche le 19 mai. Un « programme partagé de gouvernement » dans la perspective d’une possible majorité de l’union des gauches après les législatives des 12 et 19 juin. La France insoumise, le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste et Générations se sont mis d’accord sur une série de propositions, et écrit mis noir sur blanc leurs désaccord sur plusieurs sujets.

Assurance-chômage : cesser les radiations à tout-va

La Nupes rejette la réforme de l’assurance chômage d’Emmanuel Macron, qui réduit l’indemnisation de nombreux chômeurs. Au contraire, le programme des gauche veut indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de contrat, supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre raisonnable d’emploi », cesser la radiation des demandeurs d’emploi indemnisés à la première absence à un rendez-vous et « en finir avec la logique de radiation au moindre prétexte pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage ».

Par ailleurs, la Nupes souhaite mettre ne place une « garantie d’emploi » : « Tout chômeur de longue durée pourra se voir proposer un emploi utile », « rémunéré au moins au SMIC, financé par l’État et cohérent avec ses qualifications, son parcours professionnel et ses souhaits », ou « suivre une formation qualifiante prise en charge à 100 % ».

Vie au travail : vers la semaine de 32 heures

Parmi les propositions du programme contre la souffrance au travail, sont listées : la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle qui n’est pour l’instant que reconnu au cas par cas et si ses conséquences pour le salarié sont très graves [1], le doublement des effectifs de l’inspection du travail, qui compte actuellement 1800 inspecteurs et agents de contrôle, « soit un pour 1000 entreprises et 10 000 salariés », selon la CGT ; restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), supprimés par Emmanuel Macron.

La Nupes propose également de « créer un droit de préemption pour permettre aux salariés de reprendre leur entreprise sous la forme d’une coopérative », de donner plus de pouvoir aux salariés lors des procédures de redressement et de liquidation d’entreprise, d’accorder aux comités d’entreprise un droit de veto suspensif sur les plans de licenciements. La Nupes envisage aussi de rétablir la durée effective hebdomadaire du travail à 35 heures (les équivalents temps plein travaillent, en moyenne, plus de 40h par semaine), par la majoration des heures supplémentaires ; passer immédiatement aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit – Un tiers des salariés sont exposés aux postures pénibles ou fatigantes durant le travail – et leur généralisation par la négociation collective ; remettre en cause les autorisations de travail le dimanche.

Retraites : taux plein à 60 ans

La Nupes reprend le programme de Jean-Luc Mélenchon de la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous « après quarante annuités de cotisation ». Elle veut aussi rétablir la prise en compte des facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel Macron, prendre en compte le RSA pour valider des trimestres en vue de la retraite.

Transition énergétique : divergences sur le nucléaire

Le programme dit vouloir « planifier le passage à 100 % d’énergies renouvelables et la sortie du nucléaire », et abandonner les projets de réacteurs nucléaires EPR. La Nupes refuse par ailleurs la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz. Elle veut stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, créer un pôle public de l’énergie incluant EDF et Engie, qui seraient renationalisé, « ainsi que des coopératives locales ». Le programme commun ambitionne de rénover 700 000 logements par an pour les rendre moins consommateurs d’énergie, contre, actuellement, quelques dizaines de milliers de rénovation avec réelle efficacité énergétique.

Sur la politique énergétique, plusieurs désaccords sont exprimés. Sur le nucléaire, « le Parti communiste français proposera une trajectoire qui combine les énergies renouvelables à l’énergie nucléaire et ne s’associera pas à l’objectif 100 % renouvelables et à l’abandon des projets d’EPR ». Par ailleurs, Le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts ne soutiennent pas la renationalisation d’Engie.

Agriculture : sortie progressive des pesticides

La Nupes veut « refondre la politique agricole commune (PAC) », en réorientant les aides vers « les exploitations intensives en main-d’œuvre » – celles qui emploient davantage de travailleurs plutôt que de recourir intensivement à la mécanisation et aux produits chimiques – et l’agriculture écologique et paysanne, avec l’objectif d’atteindre 30 % de la surface agricole utile en agriculture biologique en 2030 (à peine 10 % actuellement selon l’Agence bio) et 100 % en 2050. Le programme entend luttercontre l’artificialisation des sols « pour empêcher la disparition de surfaces agricoles utiles ». Sans donner de calendrier précis, le programme dit vouloir « planifier la sortie progressive des engrais et de pesticides de synthèse », et interdire immédiatement le glyphosate et les néonicotinoïdes.

Droit au logement : baisser et encadrer les loyers

C’est un autre sujet crucial, qui pèse sur les revenus des ménages, et qui reste un impensé du nouveau gouvernement, sans ministère dédié. Le programme commun veut interdire les expulsions locatives sans proposition de relogement public, mettre en place une garantie universelle des loyers créant un filet de sécurité contre les impayés de loyers pour les locataires, comme pour les propriétaires ; encadrer les loyers partout sur le territoire et à la baisse dans les grandes villes ; construire 200 000 logements « publics » par an pendant cinq ans (contre environ 80 000 mis en chantier actuellement) ; relever le seuil minimal de logements sociaux par commune à 30 %, et augmenter les sanctions contre les communes hors la loi. La Nupes entend également « utiliser le droit de réquisition » (qui existe dans la loi depuis 1945 mais n’est jamais utilisé par l’Etat) pour lutter contre les logements vacants et les remettre en location.

Santé : rouvrir les services d’urgence

Alors que les services d’urgences et les lits d’hôpitaux ferment partout, le programme promeut la réouverture des services d’urgences, des maternités et des Ehpad publics « assurant un service de santé public de proximité à moins de trente minutes de chaque Français » ; revaloriser les métiers et les revenus et augmenter les capacités d’accueil des établissements de santé publics, notamment les hôpitaux. Contre les déserts médiaux, il est proposé : la création de centres de santé publics, des coopératives médicales, un conventionnement sélectif (limiter l’installation de nouveaux médecins dans les zones déjà largement dotées), des obligations temporaire d’installation.

Enseignement supérieur : supprimer Parcoursup

Sur les universités et l’accès aux études supérieurs, les mesures envisagées sont : la suppression de la sélection à l’université aggravée par Parcoursup ; la création de nouvelles places d’études en particulier en première année et dans les formations courtes ; abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Emmanuel Macron pour les étudiants étrangers ; recrutement de 30 000 personnels statutaires dans l’enseignement supérieur et la recherche en cinq ans ; titularisation des personnels précaires qui effectuent des missions pérennes ; abrogation de la dernière loi de programmation de la recherche qui prévoyait plus d’emplois précaires dans les universités ; construction de 15 000 logements étudiants supplémentaires par an.

Réformes des institutions : vers une 6e république

Dans l’optique d’éventuellement gouverner, mais en coalition avec le président Macron, le programme de la Nupes veut renforcer les pouvoirs du Parlement face au président. Et passer à la 6e République, « qui soit un régime parlementaire stable », avec une nouvelle constitution adoptée par référendum, pour « en finir avec la monarchie présidentielle ». Ainsi, la Nupes propose d’abolir « les procédures qui brident les droits du Parlement », comme l’article 49.3 qui permet au gouvernement de passer des lois sans vote.

Le programme des gauche entend par ailleurs renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement notamment sur les opérations militaires extérieures. Parmi les autres propositions : instaurer le référendum d’initiative citoyenne (RIC), droit de vote à 16 ans, reconnaissance du vote blanc, droit de vote des résidents étrangers aux élections locales ; une procédure de parrainages citoyens pour l’élection présidentielle en alternative aux 500 parrainages d’élus. En outre, la Nupes amnistiera les « citoyens, syndicalistes, militants écologistes, politiques, associatifs et Gilets jaunes » qui ont été condamné pour avoir « exercé leur droit de manifester ».

Changer la police

Après un quinquennat où la questions des pratiques et violences policières ont régulièrement fait les gros titres, la Nupes veut aussi réformer la police : interdire les armes mutilantes, les techniques d’immobilisation létales et la technique de la «  nasse  » ; rétablir la police de proximité ; supprimer les primes aux résultats « qui encouragent la politique du chiffre » ; abroger la loi Sécurité globale ; remplacer l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) par une « autorité indépendante incluant des magistrats, des universitaires, des citoyens ».

International : divisions sur l’Europe et l’Otan

C’est le domaine où les désaccords entre les différents partis de la Nupes sont les plus nombreux. Sur l’Union européenne, « nous partageons l’objectif commun de mettre fin au cours libéral et productiviste de l’Union européenne et de construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique, démocratique et solidaire, même si nos histoires avec la construction européenne diffèrent », dit le programme. Mais alors que la France insoumise et le Parti communiste se disent « héritiers du non de gauche au Traité constitutionnel européen en 2005 », le PS « est attaché à la construction européenne et ses acquis », et EELV « historiquement favorable à la construction d’une Europe fédérale ». Les partis se sont cependant mis d’accord pour « mener les batailles au sein du Conseil de l’Union européenne » pour « constituer des alliances pour obtenir des majorités sur des textes favorisant le progrès social et écologique, former des minorités de blocages sur des textes qui y sont contraires, opposer notre droit de veto aux accords de libre-échange ».

Sur l’invasion russe en Ukraine, le programme affirme « défendre la souveraineté et la liberté de l’Ukraine et du peuple ukrainien ainsi que l’intégrité de ses frontières, dans un contexte international de tensions et de guerre sur le continent européen et face aux crimes de guerre décidés par Vladimir Poutine ». Sur l’Otan, LFI demande toujours « le retrait immédiat de la France du commandement intégré de l’Otan puis, par étapes, de l’organisation elle-même ». La demande est soutenu par les communistes, qui veulent même la « dissolution » de l’Otan.

Le PS et EELV quant à eux, « soutiendront le renforcement de la coopération militaire au niveau de l’Union européenne, la création d’un commandement militaire opérationnel européen, ainsi que l’intensification des livraisons d’armes à l’Ukraine et la mise en place d’un embargo total et immédiat sur les importations russes de pétrole, de charbon, de combustible nucléaire et de gaz. » Ces dissensions seront à discuter au sein du Parlement, dit le programme. La Nupes assure n’avoir « rien voulu cacher » sur les désaccords. Reste à voir si ce grand chantier de réflexion sur la politique internationale de la France, ses principes fondateurs, ses alliances et les moyens de sa défense, sera sérieusement ouvert.

Notes

[1Un salarié en burn out peut être indemnisé par l’Assurance maladie si son trouble est directement lié au travail et a provoqué une incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 25 %.

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Entre opposition pugnace et force de proposition : le bilan du groupe LFI à l’Assemblée nationale

par Ivan du Roy, Rachel Knaebel

On ne peut pas leur reprocher leur inactivité : le groupe des député.e.s, dont nombre de novices en politique, de La France insoumise a beaucoup questionné et proposé ces cinq dernières années, souvent en vain.

Des « néo-bolcheviques », une alliance « d’extrême gauche », « déshonorante », qui provoquera un « désastre » : la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) semble faire craindre le pire à certains commentateurs habitués des plateaux télés (voir le sympathique condensé réalisé par Blast). C’est que l’alliance réunissant insoumis, écologistes, socialistes et communistes a de bonnes chances de faire élire plus de 150 député.e.s à l’Assemblée après les élections législatives de juin (voir notre carte des circonscriptions que la gauche peut gagner). Lors de la précédente législature, les partis désormais membres de l’union des gauches ne comptaient que 62 députés : aucun pour les Verts, 15 pour le Parti communiste, 28 pour les socialistes, et La France insoumise (LFI), alors nouvelle venue, 17.

La gauche, autour de LFI, pèsera donc a priori bien plus dans la prochaine Assemblée. Et si les nouveaux députés sont aussi actifs que leurs prédécesseurs, ce sera plutôt rassurant pour le débat démocratique et pour faire remonter à l’Assemblée des situations et des revendications souvent ignorées par la majorité présidentielle. Le groupe des député.e.s LFI sortants, quoi qu’on pense de leurs propositions, ont largement participé au travail de fond, porté des débats et des propositions d’intérêt général au sein de l’hémicycle. Voici un panorama de l’action de ces parlementaires « néo-bolcheviques »…

Caroline Fiat, la voix des soignantes

Caroline Fiat a consacré une bonne partie de son mandat à porter la voix des soignant.e.s de l’hôpital public et des Ehpad. Logique : elle est elle-même aide-soignante de profession, en Moselle. Et la seule élue « ouvrière » de la santé à l’Assemblée, aux côtés d’une trentaine de médecins. En 2018, elle rédige avec une députée LREM, Monique Iborra, un rapport sur les Ehpad. Les deux élues proposent de fixer le nombre de soignants (infirmiers et aides-soignants) à 6 équivalents temps plein pour 10 résidents. Soit le double de ce qui est pratiqué actuellement en Ehpad. Ce rapport débouche, en 2021, sur une proposition de loi qui vise à mettre en place une obligation d’encadrement minimal dans les Ehpad. Le projet est soutenu par le reste du groupe LFI.

Elle planche également en 2019 sur un texte pour interdire les dépassements d’honoraires médicaux, afin de garantir un meilleur accès au soins. Puis, en janvier 2021, elle propose d’attribuer la même prime « post covid » aux personnels soignants des établissements médico-sociaux, « oubliés » du Ségur de la santé, qu’à ceux des hôpitaux. Un mois plus tard, le ministre de la Santé d’alors, Olivier Véran, annonce accorder cette prime de 183 euros aux autres professions médico-sociales qui en étaient initialement exclues.

François Ruffin aux côtés des aides-ménagères

François Ruffin, journaliste, fondateur du journal picard indépendant Fakir et député de la Somme, s’est aussi engagé pour les travailleuses et travailleurs du soin, dans deux propositions de loi en 2020. La première tentait de faire « reconnaître les métiers du lien », pour améliorer les conditions de travail et garantir une rémunération minimum aux auxiliaires de vie sociale et aux AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap), en prévoyant par exemple qu’elles puissent être recrutées en CDI.

L’autre proposition ambitionne de mieux encadrer la sous-traitance dans le recours au personnel de ménage, en garantissant l’égalité de salaire et une majoration de 50 % des heures de soir et de nuit. Le député de la Somme a également proposé une loi pour étendre le RSA au jeunes de 18 à 25 ans.

Écologie : transférer l’aérien vers le train, en finir avec l’intoxication au glyphosate

Sur les questions écologiques, François Ruffin s’est attaqué dès 2019 au sacro-saint transport aérien. Il a proposé de remplacer les vols intérieurs par le train « quand c’est possible… », c’est-à-dire quand le trajet équivalent en train ne prend pas plus de deux heures de plus que le trajet en avion. Les vols domestiques (Outre-mer compris) génèrent 20 % des émissions de CO2 du secteur aérien en France. Dans la proposition, les vols Paris-Rennes, Paris-Brest, Paris-Marseille, Brest-Rennes (entre autres) auraient été transférés vers le rail. François Ruffin a aussi proposé d’instaurer un quota carbone individuel pour limiter l’usage de l’avion. Deux ans plus tard, la suppression des vols domestiques, dont le trajet était réalisable en moins de 4 heures de train, sera l’une des mesures phares de la Convention citoyenne pour le climat. Sans succès également.

Autres combats des députés insoumis pour l’environnement : l’interdiction des pesticides à base de glyphosate, la non-prolifération des « fermes-usines » (une proposition déposée par Bénédicte Taurine, enseignante et élue de l’Ariège), et la création d’un délit d’obsolescence programmé et d’une garantie de disponibilité des pièces détachées, a minima sur la durée de garantie légale (par le député de Gironde, Loïc Prud’homme).

Bannir les armes et techniques policières dangereuses

Autre spécificité des insoumis : ils et elles font partie des rares élus à porter au sein de l’hémicycle la lutte contre les violences policières arbitraires ou illégales. La députée de Paris Danièle Obono en 2019, puis l’année suivante François Ruffin, ont ainsi tenter de légiférer pour bannir les techniques dangereuses d’immobilisation : celles dites du plaquage ventral et du pliage – quand un interpellé est entravé, plaqué au sol, la tête immobilisé, contraint parfois de supporter le poids d’un ou plusieurs policiers [1]. Ces techniques d’interpellation ont provoqué des asphyxies respiratoires, et sont notamment mises en cause dans la mort de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, mort en janvier 2020 lors d’un contrôle par des agents de la police nationale.

Alexis Corbières, député de Seine-Saint-Denis, a demandé en 2019, dans la foulée du mouvement des Gilets jaunes et de sa brutale répression, que les forces de l’ordre ne soient plus équipées de lanceurs de balles de défense et de « grenades lacrymogènes instantanées de type F4 ». Les premiers sont la cause de l’éborgnement d’une trentaine de manifestants pendant le mouvement des Gilets jaunes (sans oublier toutes celles et ceux qui en ont fait les frais, dans les quartiers populaires ou les mouvements sociaux précédents). Les secondes, du fait de la charge de TNT qu’elles contiennent, sont responsables de plusieurs mutilations et pertes de membres (mains arrachées). Ces grenades controversées ne sont, officiellement, plus censées faire partie de l’arsenal du maintien de l’ordre depuis 2021.

Le groupe insoumis est aussi à l’initiative d’une demande de commission d’enquête sur la « composition chimique des grenades utilisées par les forces de sécurité intérieure et ses conséquences sur la santé des personnes exposées » et d’une demande de créer « une commission d’enquête sur la violation des droits humains aux frontières françaises », au regard des traitements réservés aux exilés dans la région de Calais ou le long la frontière franco-italienne. Face à la question des contrôles de police discriminatoires à répétition, Éric Coquerel (député de Seine-Saint-Denis), a déposé une proposition de loi « relative à l’instauration d’un récépissé dans le cadre d’un contrôle d’identité ».

Face aux violences d’extrême droite qui s’intensifient, la députée de l’Hérault Muriel Ressiguier dépose une proposition de résolution en 2018 sur « la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France ». Elle y invite « le gouvernement à dissoudre les groupuscules d’extrême droite qui sévissent sur notre territoire ». Elle a aussi réalisé un rapport sur le sujet.

Victoire sur l’endométriose

C’est une des rares propositions du groupe de La France insoumise qui a finalement été adoptée par la majorité présidentielle. Fin 2021, la députée Clémentine Autain dépose une proposition de résolution visant à reconnaître comme une affection longue durée l’endométriose, une maladie chronique qui touche de nombreuses femmes et peut provoquer des douleurs invalidantes. Cette reconnaissance doit permettre une prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie. La mesure est votée à l’Assemblée début 2022, à la suite d’une annonce de Macron pour une stratégie nationale de prise en charge de diagnostic de la maladie.

Référendums d’initiative citoyenne, contrôle parlementaire des exportations d’armements…

Le groupe LFI n’a pas chômé sur la question de la réforme des institutions politiques françaises. Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbières ont déposé une série de propositions de loi sur le sujet : pour instaurer la proportionnelle intégrale au scrutin législatif, pour ouvrir la possibilité de référendums d’initiative citoyenne, pour un droit de révocation des élus ; ou encore pour renforcer le contrôle par le Parlement sur les exportations d’armements militaires, un sujet sur lequel le député Sébastien Nadot, dissident précoce du parti présidentiel, a également été très actif. Mais, ce dernier, élu de Haute-Garonne, ne se représentera pas.

Pendant le Covid : pôle public du médicament et nationalisations de secteurs stratégiques

Tout au long de la pandémie, les député.es LFI ont proposé des mesures pour faire face aux conséquences du Covid. En avril 2020, Jean-Luc Mélenchon demande un moratoire sur les loyers pendant l’épidémie, la création d’un pôle public du médicament, la réquisition des entreprises du secteur du textile au profit de la fabrication de masques, et la nationalisation des sociétés Luxfer Gas Cylinders, fabricant d’oxygène médical et Famar, producteur de médicaments, un sujet en théorie partagé par Emmanuel Macron qui assure alors « rendre à la France son indépendance sanitaire ». En mai 2020, Adrien Quatennens, député du Nord, tente de faire reconnaître le Covid-19 comme maladie professionnelle pour les travailleuses et travailleurs, au-delà des soignants, susceptibles d’avoir contracté le virus dans leur activité professionnelle.

Otan : la question qui fâche

C’est l’un des sujets qui divisera probablement les futurs élus de l’alliance de gauche : la question de l’Otan, des alliances militaires et des moyens à consacrer à la défense. Fin 2021, Bastien Lachaud, élu LFI de Seine-Saint-Denis, demande, à l’occasion de la crise diplomatique provoquée par l’annulation de la vente de sous-marins par l’Australie, au gouvernement de retirer la France de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Les député.e.s insoumis considèrent alors, au vu des interventions passée dans les Balkans (ex-Yougoslavie), en Afghanistan et en Libye, que l’alliance comporte un « caractère belliciste », reste largement dominée par les intérêts des États-Unis et que « la France dispose, en toute autonomie, des moyens de sa défense nationale ».

Nucléaire : sûreté des installations et amélioration du statut des sous-traitants

Sur la question des installations nucléaires françaises, la députée LFI Mathilde Panot (élue du Val-de-Marne) a déposé deux demandes de commission d’enquête en 2021 : sur la fuite de documents confidentiels relatifs à la sécurité du site de l’EPR de Flamanville et sur la sûreté et la sécurité de la centrale nucléaire de Tricastin. Elle essaie aussi de faire avancer la cause des travailleurs sous-traitants du nucléaire, pour qu’ils « disposent d’un suivi médical identique à celui des agents statutaires des exploitants du secteur nucléaire », et que le responsable d’une installation nucléaire soit « responsable pénalement des maladies professionnelles ayant pour origine le niveau d’exposition des travailleurs, tous statuts confondus ». Comme la quasi-totalité des mesures proposées par LFI dans l’opposition, cette demande a été ignorée par la majorité.

La soixantaine de députés de gauche (LFI, PS, PC) de la précédente législature ont par ailleurs souvent bataillé ensemble contre plusieurs projets gouvernementaux, avec parfois quelques succès à la marge. Ils se sont opposés de concert à l’affaiblissement du droit du travail, à la suppression de l’ISF, ou à la loi sécurité globale et son pendant sur les « séparatismes ».

À l’issue des élections législatives, la coalition de gauche nouvellement créée, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), devrait au minimum doubler le nombre de ses députés à l’Assemblée, avec le renfort d’un groupe parlementaire écologiste, et le triplement des élus insoumis. Même sans disposer d’une improbable majorité, les élus de la Nupes, bien plus nombreux, seront en mesure de mettre davantage de propositions de loi à l’ordre du jour, donc d’obliger la majorité macroniste à en débattre, et, qui sait, à les faire adopter.

Ivan du Roy, Rachel Knaebel

CC BY-NC-ND 2.0 Magali
via flickr
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Contre les offensives libérales, s’organiser !

Contre les offensives libérales, s’organiser !

Communiqué 25 mai 2022

Bonjour,

Le fossé ne cesse d’élargir entre riches et pauvres, entre puissant.es et précaires, entre pays du Nord et du Sud, à l’échelle de la planète et au sein de nos sociétés. L’instabilité mondiale poussée par les conflits, la pandémie Covid19 et la crise climatique accélère ces inégalités. Face à ce constat, Attac a besoin de vous pour intensifier son combat !

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Une crise systémique


Deux grandes offensives idéologiques apportent leurs réponses radicales à cette situation inédite. L’une promeut un repli nationaliste et xénophobe et l’autre, un ultralibéralisme autoritaire dont l’austérité est l’arme principale.
Toutes deux sont porteuses de recul des droits et des solidarités et s’avèrent incapables de répondre à la crise écologique.
L’élection d’Emmanuel Macron annonce une offensive de démantèlement des services publics, de nos systèmes de retraite et de nos systèmes de protection sociale. Le tout, au service des plus riches, des multinationales et de leurs dirigeants.
La période qui s’ouvre est marquée par une tentative d’imposer de manière irréversible une politique nocive pour les populations !

Face à l’offensive, s’organiser !


Le mouvement contre les retraites de fin 2019 à début 2020, stoppé par le Covid, a su défendre un système de retraites solidaire pour tous·tes. La naissance du collectif « Plus Jamais ca », inédit à bien des égards, a su livrer porter des proposition sociales, économiques et écologiques cohérentes tout en obtenant des victoires, notamment avec le sauvetage de la Chapelle d’Arblay !
Attac a pris sa part dans ces luttes avec des mobilisations et actions fortes visant à dénoncer les profiteurs de crise, l’évasion fiscale tout en s’impliquant dans les mobilisations du mouvement social.
Face aux annonces de Macron, le mouvement social doit se renforcer et s’organiser !

Plus que jamais, la justice fiscale, sociale et écologique !


Attac prendra toute sa part au sein des mouvements sociaux dont le rôle doit être de porter un message d’espoir, de résistance et de rupture avec le néolibéralisme. Notre capacité à jouer notre rôle de contre-pouvoir dépend majoritairement du soutien et de la générosité des personnes.
En soutenant Attac mensuellement, vous agissez concrètement en donnant à notre association les moyens d’agir maintenant et sur le long terme partout en France. Vous nous permettez de renforcer notre rôle de contre-pouvoir, d’assurer notre indépendance financière, de produire de l’expertise, de développer l’éducation populaire, de passer à l’action et de construire, avec d’autres, des rapports de force indispensables.
Nous ne sommes pas résigné·es et sommes déterminé·es, plus que jamais, à contribuer à la transformation sociale et écologique !

D’avance, nous vous remercions.
L’équipe d’Attac

Informations complémentaires

Les adhésions et dons en ligne auprès d’Attac France sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66 % dans la limite de 20 % de vos revenus imposables. Pourtant, Attac n’est pas une niche fiscale ! Notre association est en effet reconnue d’utilité publique dans sa mission d’éducation populaire. La dépense fiscale liée à cet abattement contribue à financer ces activités d’éducation populaire, qui pourraient relever d’un service public, à travers des réunions publiques dans toute la France, des publications, des campagnes et des initiatives… notamment sur la thématique de la justice fiscale.

Attac France — 2022
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21 ter rue Voltaire
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Lettre d’infos de la FSU 44 | Etre en Grève le 31 mai : toutes les raisons | la FSU s’adresse au nouveau Ministre

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Toutes les raisons d’être en Grève le 31 mai | lieu et horaire de la mobilisation

 

Rassemblement le 31 mai à 11h à la préfecture à Nantes, puis manifestation.

Cette année, pour faire classe dans les meilleures conditions possibles, il nous a manqué : des enseignant·es dès le début de l’année dans de nombreuses matières en collège et lycée et pour les écoles des enseignant·es remplaçant·es partout des enseignant·es spécialisé·es pour que les réseaux d’aide soient complets des AESH pour prendre en charge les élèves notifié·es et pour remplacer …

Lire la suite.

La FSU et ses syndicats s’adressent au nouveau Ministre de l’éducation national

COMMUNIQUE DE PRESSE Les Lilas le 24 mai 2022

Nouveau ministre, nouveau style, à quand les actes ?

La FSU a été reçue par le nouveau ministre ce mardi 24 mai. Elle a porté les exigences de mesures rapides pour les salaires et les conditions de travail des personnels. Le ministre s’est posé en rupture des méthodes de Jean-Michel Blanquer mais …

Lire la suite.

ÉDUCATION : ADRESSE À LA PREMIÈRE MINISTRE

L’ensemble de l’intersyndicale de l’éducation et la FCPE s’adresse à la Première Ministre (et à la presse) pour faire part des inquiétudes concernant la situation pour la prochaine rentrée et faire connaître les mesures qui doivent être prises de toute urgence.

Madame la Première Ministre,

Vous prenez vos fonctions dans un contexte où plus que jamais nous avons besoin d’un service public de l’Éducation renforcé. Or l’École publique et laïque a subi de profonds bouleversements ces dernières années. La multiplication des réformes imposées à marche forcée et le manque chronique de moyens ont dégradé les conditions de travail des personnels et des élèves. Une politique salariale inadaptée aux défis des rémunérations des personnels a conduit à un recul du niveau de vie des personnels. Les personnels aux plus faibles rémunérations en particulier les AESH, les AED, la plupart des contractuels se trouvent dans une précarité inacceptable. Le déficit d’attractivité des métiers de l’Éducation nationale et de l’Enseignement agricole public s’amplifie année après année.

Lire la suite.

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Pap Ndiaye : le ministre qui écoute les syndicats… (???)

« Une écoute réelle ». Le 24 mai, Pap Ndiaye a reçu pour la première fois les syndicats de l’Education nationale, en commençant par les deux plus importants, la FSU et l’UNSA. Pap Ndiaye les a longuement écouté, rompant ainsi avec les pratiques de son prédécesseur. Si les syndicats ont pu insister sur les questions les plus urgentes, comme la rentrée ou la revalorisation, le ministre n’a rien laissé paraitre de ses intentions. Si ce n’est celle de maintenir le dialogue. Le ministre écoute. Mais peut-il s’écarter de la feuille de route élyséenne ?

La nouvelle méthode

« Le dialogue avec toute la communauté éducative sera un principe important » avait déclaré Pap Ndiaye le 20 mai. Il tient parole en recevant dès le 24 mai les deux principales centrales syndicales, la Fsu et l’Unsa. Le ministre est accompagné de son directeur de cabinet, JM Huart et de Julie Benetti. Animatrice du pole éducation de la campagne d’E. Macron, elle devrait intégrer le cabinet de P Ndiaye comme conseillère spéciale ou conseillère sociale.

« Pap Ndiaye a beaucoup écouté et il a insisté sur la nouvelle méthode qu’il prétend mettre en place : nous écouter et aussi répondre aux questions », nous a dit Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu, à la sortie de la réunion. Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education, parle lui aussi « d’une écoute réelle » et d’une « bonne prise de contacts sans véritables engagements ». Les syndicats sont repartis sans annonces, y compris sur les sujets qui deviennent très urgents comme les recrutements pour la rentrée.

Une décision attendue sur les maths au lycée

Un seul sujet semble vouloir évoluer rapidement : les maths au lycée général. « Le ministre a posé des questions sur les maths au lycée avec une insistance curieuse », nous a dit B Teste. « S’il met en place 1h30 de maths pour les élèves qui ne prennent pas la spécialité maths cela va être difficile à organiser pour la rentrée. On craint la désorganisation ». « On souhaite que le changement n’ait pas lieu à la rentrée 2022 », confirme F Marchand. Emmanuel Macron a annoncé lors de sa campagne électorale le retour des maths dans le tronc commun. Le Conseil Supérieur des Programmes consulte en ce moment sur un projet de programme. L’Elysée pourrait vouloir concrétiser sa promesse très rapidement. Quitte à ce que les établissements aient du mal à suivre.

Revalorisation et recrutement : en attente

Si les syndicats craignent une évolution très rapide sur cette question, d’autres, encore plus urgentes, pourraient attendre. « Le ministre a pris note de nos demandes sur la revalorisation. Pour nous il faut aller vite aussi bien au ministère de la Fonction publique (pour le point FP) qu’à l’éducation nationale. Le ministre a dit qu’il y aurait des discussions avant l’été », dit B Teste. »Pour lui c’est lié à la question de l’attractivité du métier d’enseignant. Mais il n’a pas donné de détails », explique F Marchand.

Pap Ndiaye « est conscient des difficultés de recrutement », confirme B Teste. « On lui a dit qu’il faut employer les inscrits sur listes complémentaires et garder les contractuels. Il a opiné du chef. Mais a t-il les moyens pour le faire ? ». « Notre alerte sur le recrutement a été entendu par le directeur de cabinet », estime F Marchand. « Il va falloir aller sur du pluriannuel pour garder les contractuels ».

L’Unsa Education a rappelé que la loi sur le harcèlement prévoit la CDIsation des surveillants (AED) et il a demandé la réalisation des engagements pris en faveur du personnel administratif. Le syndicat a rendu compte du Baromètre Unsa « pour signifier l’état d’esprit de la profession et la nécessité d’apaiser la relation ». Il a posé la question de la mixité sociale et scolaire et de l’école inclusive.

Pas de chamboule tout

La Fsu a demandé l’attention du ministre sur la montée des inégalités, notamment avec la réforme du lycée, et des discriminations. Pap Ndiaye a déclaré qu’il y serait attentif. « On a alerté sur le fait que le ministère du Travail récupère des dossiers comme l’apprentissage et par suite la voie professionnelle. On lui a dit que pour nous c’est une ligne rouge », dit B Teste. Un autre sujet est venu sur la table, celui des 6 enseignants sanctionnés de l’école Pasteur de Saint Denis. « On lui a dit qu’il faut une mesure d’apaisement. Il a pris des notes mais ne semble pas connaitre le dossier ».

Pour la FSU, le ministre écoute mais n’a pas pris de décisions. Le syndicat s’interroge sur l’état des arbitrages budgétaires. « Aura t-il les moyens nécessaires ? Et pour plusieurs années ? », demande B Teste. « Ce ne sera pas un « chamboule tout », estime F Marchand. « Mais il est préoccupé par la fatigue des enseignants ». A suivre…

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Maths : Des associations contre le programme de 1ère

 » Ce projet de programme élaboré dans l’urgence en 7 semaines ne permet pas de répondre aux questions posées par les carences de formation du lycée général », déclarent la Société Mathématique de France et la Société française de statistique, deux associations savantes. « Il présente un catalogue sans cohérence globale, constitué de propositions qui ne prennent en compte ni la nécessité de considérer les mathématiques comme objet d’étude pour elles-mêmes, ni réellement les besoins mathématiques en sciences économiques et sociales et en sciences humaines, absents également des contenus de l’enseignement de spécialité mathématiques de première. La quantité de thèmes abordés est inadaptée à l’horaire prévu de 1h30 hebdomadaire ». Les associations soulèvent une autre question.  » Le prétendu accès possible à l’option maths complémentaires en terminale est un leurre ou un chemin vers l’échec assuré, puisque cette option sera accessible également aux élèves ayant suivi la spécialité maths en première de 4h hebdomadaire ». Les deux associations s’opposent à la mise ne place de ce programme à la rentrée. Une déclaration faite alors que le ministre semble prêt à l’annoncer.

 

Communiqué

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Sud demande la levée des sanctions contre les enseignants

 » Le mandat de M. Blanquer a été marqué par un autoritarisme inédit… Aujourd’hui, les services déconcentrés utilisent de plus en plus les moyens permis par la loi de transformation de la Fonction publique pour exercer une répression déguisée à travers les mutations d’office. C’est le cas actuellement à l’école Pasteur de Saint-Denis (93) et au collège Victor Hugo de Nantes (44). Nous attendons, en ce début de mandat, une décision forte de rupture avec la politique de M. Blanquer », demande Sud Education dans une lettre ouverte adressée à Pap Ndiaye. Le syndicat demande aussi la mise en oeuvre de mesures de sortie de la précarité comme la CDIsation des AED, permise par l aloi contre le harcèlement et la reconnaissance du métier d’AESH. Sud demande une revalorisation immédiate sans contrepartie pour tous les personnels et « des recrutements massifs » pour la rentrée.

 

La lettre

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La FSU critique le nouveau gouvernement

« La composition de ce gouvernement sonne comme l’annonce de la poursuite par Emmanuel Macron de sa politique de casse sociale : nouvelle réforme des retraites, travail gratuit exigé des allocataires du RSA, poursuite du démantèlement des services publics, fragilisation de l’éducation », écrit la FSU. « Dans la période de 3 semaines qui nous sépare de l’élection législative, la FSU continuera donc de mettre les enjeux sociaux au centre du débat public, en toute indépendance vis-à-vis des partis politiques mais avec la volonté de nourrir les dynamiques de progrès social et avec la volonté de porter au plus haut les revendications du monde du travail afin qu’elles se traduisent en mesures législatives et réglementaires. Elle appelle à aller voter massivement à l’élection législative, pour battre inconditionnellement l’extrême droite, mais aussi à rejeter massivement les forces portant les politiques néolibérales ».

 

Communqiué

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Oral du DNB : Le Snes demande une rémunération

 » L’arrêté du 13 avril 2012 indique que l’oral du DNB est indemnisé au taux de 4,11 euros de l’heure. Plusieurs rectorats refusent d’appliquer ce texte prétextant que les épreuves orales du DNB font partie des “missions liées” des enseignants car elles sont organisées sur place et qu’elles ne concernent que les élèves de leur collège », rappelle le Snes de Rennes. « L’oral du DNB est pourtant l’une des épreuves obligatoires d’un examen national (arrêté du 31/12/2015). Les examinateurs peuvent à ce titre exiger une convocation écrite nominative tenant lieu d’ordre de mission et précisant les dates, lieu et heures de la mission et la rémunération de participation à un jury d’épreuve orale (taux 1), soit 4,11 euros de l’heure (arrêté du 13/03/2012)…Il s’agit ainsi d’exprimer clairement le refus d’assumer de manière totalement bénévole cette charge supplémentaire de travail ».

 

Modèle de courrier

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Le Snuep demande une rémunération pour l’oral du chef d’oeuvre

« Aux missions habituelles des PLP (cours, visites de stages, organisation des CCF, surveillances…), s’ajoutent cette année les certifications du chef-d’œuvre et une multiplication des convocations pour faire passer les oraux de CAP des candidat·es hors scolaires dans des CFA… L’oral du chef-d’œuvre nécessite de dédier 15 minutes à chaque candidat·e. Nombre d’enseignant∙es sont actuellement contraint∙es d’organiser cette épreuve aux dépens des heures d’enseignement. D’autres, pour ne pas priver leurs élèves de cours pendant plusieurs semaines à l’approche de l’examen, organisent cette certification en dehors de leurs heures habituelles de cours. Or contrairement au grand oral de la voie générale et technologique rien n’est envisagé pour rémunérer ce travail supplémentaire : c’est purement scandaleux ». Le SNUEP-FSU « tient à rappeler que les professeur·es de LP ne sont pas des bénévoles ». Il demande  » une contrepartie financière dès cette année. »

 

Communiqué

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Illettrisme : Un rapport demande une vraie mobilisation de l’éducation nationale

 » C’est plus de 10 % de nos élèves, « qui ont toujours été en retard sur les compétences affichées », qui empruntent « ce couloir de l’illettrisme ». Un tel scénario a beau être connu, il reste de l’ordre de l’impensé pédagogique », estime le rapport des inspecteurs généraux  Renaud Ferreira de Oliveira et Catherine Mottet. « De la maternelle – voire avant – jusqu’en 3e, des alertes sont ignorées, des seuils mal négociés, des apprentissages essentiels manqués, creusant d’année en année des écarts devenus irréversibles. Cet échec programmé est souvent vécu par les élèves, leurs familles et les enseignants comme une fatalité, chacun s’habituant à ce qu’une partie des élèves reste au bord du chemin ». Le rapport décrit en détail comment l’illettrisme est mal pris en charge au collège et reste « un impensé pédagogique ». « Des mesures structurelles, des dispositifs et des outils existent déjà à la main de l’institution, de ses acteurs et partenaires pour détecter les risques d’illettrisme et y remédier au plus tôt. Ils restent diversement mis en oeuvre et insuffisamment partagés », estimele rapport. « S’attaquer efficacement à ce mal insidieux, dont il importe de reconnaître les formes spécifiques, passe par la coordination et la cristallisation des ressources et énergies (en matière de pilotage national et académique) afin de développer et d’accompagner l’acquisition de mesures-réflexes adaptées tout au long de la scolarité des élèves, et tout particulièrement au plus tôt : détecter et tester finement, classer les difficultés pour y remédier instantanément, suivre attentivement. Cela passe également par la mobilisation massive d’outils nouveaux et l’encouragement de gestes professionnels encore minorés. La formation raisonnée des acteurs, en lien avec les avancées de la recherche et les initiatives des partenaires, revêt de ce point de vue un rôle déterminant dans le traitement d’un mal qui prospère essentiellement du fait de la négligence et de la méconnaissance ». Le rapport préconise de créer un Conseil scientifique et pédagogique et de renforcer le pilotage national et académique de façon à permettre « une prise en charge adéquate  » dans l’instant.

 

Le rapport

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Plainte collective contre la Technopolice

Il y a 3 ans, La Quadrature du Net lançait l’initiative Technopolice pour recenser les nouvelles technologies policières installées dans nos villes. Aujourd’hui, la surveillance de nos rues est devenue totale, car ces technologies se renforcent les unes les autres : vidéosurveillance généralisée, fichage de masse, reconnaissance faciale et détection automatisée de comportements. Pour mettre un coup d’arrêt à cette surveillance totale, nous lançons une plainte collective contre le ministère de l’intérieur qui l’organise illégalement.

Rejoignez la plainte sur plainte.technopolice.fr. Vous y trouverez le détail de notre argumentaire et de la procédure.

En résumé, il s’agit d’une procédure similaire à celle que nous avions engagée il y a 4 ans devant la CNIL contre les GAFAM. Ces plaintes collectives avaient réuni 12 000 personnes et conduit à quelques belles victoires, telle que l’amende record de 746 millions d’euro contre Amazon (les autres plaintes sont encore en cours de traitement).

Aujourd’hui, nous attaquons l’État français pour demander l’arrêt de quatre dispositifs de surveillance :

  • les caméras de surveillance installées depuis plus de 20 ans dans toutes les villes de France, qui n’ont cessé de démontrer leur inutilité (et donc leur illégalité) ;
  • les logiciels qui s’ajoutent à ces caméras, dans le but de détecter des comportement « indésirables » (mendicité, maraude, regroupement, tag…) pour aseptiser nos villes et en exclure les personnes les plus vulnérables ou encore les activistes politiques ;
  • les fichiers de police enregistrant nos visages, qu’il s’agisse du TAJ (« traitement des antécédents judiciaires »), qui contient 8 millions de photos de personnes connues de la police, ou du TES (« titres électroniques sécurisés »), qui contient la photo de toute personne demandant un passeport ou une carte d’identité ;
  • l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police (plus de 1 600 fois par jour en 2021) et par les services de renseignement, qui est en train d’abroger l’anonymat dans l’espace public.

Le but de notre action n’est pas uniquement juridique : il s’agit aussi d’imposer un rapport de force politique dans un contexte où ces technologies s’imposent dans l’opacité la plus totale. Unissons-nous massivement pour reprendre notre place dans le débat public et faire savoir que la Technopolice est illégale et doit le rester.

Rejoignez notre plainte collective sur plainte.technopolice.fr.

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Jean-Marc Huart directeur du cabinet de Pap Ndiaye

Le retour de Jean-Marc Huart au ministère est-ce le retour du blanquerisme rue de Grenelle ? La question enflamme les réseaux sociaux. Si JM Huart a bien été un maillon important de la politique blanquérienne, son retour ne signifie pas pour autant celui de JM Blanquer. Mais il pose d’autres questions.

Un spécialiste de la formation professionnelle

Agé de 54 ans, Jean-Marc Huart a commencé sa carrière comme professeur de SES. Nommé IPR il a été de 2002 à 2007 délégué académique à la formation professionnelle dans l’académie de Bordeaux. De 2007 à 2009 il est conseiller technique pour l’enseignement professionnel au cabinet de X. Darcos. Inspecteur général, il est sous directeur à la formation professionnelle à la Dgesco. De 2013 à 2015 il est sous directeur des politiques de formation au ministère du Travail où il participe à l’élaboration de la loi Sapin sur la formation professionnelle. Il revient à l’éducation nationale en 2015 avant d’être nommé directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) par JM Blanquer. Il restera à ce poste deux années de l’été 2017 à l’été 2019. Il est alors nommé recteur de Nancy-Metz et recteur de la région académique Grand Est. Il est élu en 2021 président de la Conférence des recteurs.

La fidélité à JM Blanquer

JM Huart a été un directeur général très actif et très fidèle à JM Blanquer. Une fidélité qui a continué quand il était recteur. Ainsi Libération a pu montrer en 2020 son rôle dans la naissance du syndicat lycéen « Avenir lycéen », une organisation inspirée par le ministère qui aurait même trouvé son nom. En novembre 2020, JM Huart s’était défendu d’avoir privilégié Avenir lycéen en affirmant qu’il entretenait comme Dgesco des relations avec toutes les organisations lycéennes et qu’il n’avait favorisé personne.

Est-ce cette fidélité qui explique la nomination de JM Huart ? Est-ce même le souci de donner des gages aux partisans de JM Blanquer suite aux attaques lancées contre Pap Ndiaye ? Des confidences arrivées au Café pédagogique le 20 mai mentionnaient déjà son installation rue de Grenelle. C’est à dire avant que les polémiques racistes prennent de l’ampleur. Et il n’est pas rare que l’Elysée intervienne dans la nomination des directeurs de cabinet. Ceux ci ont à travailler fréquemment avec le secrétaire général de l’Elysée. Ils doivent donc y avoir des liens.

Appliquer la réforme d’E Macron

La carrière de JM Huart explique sa nomination. C’est un spécialiste de l’enseignement professionnel. Il a participé à la réforme menée sous X Darcos puis aux lois qui se sont succédées sur la formation professionnelle. Il a été un rouage important des contacts entre Education nationale et organisations patronales. Or Emmanuel Macron veut réformer en profondeur l’enseignement professionnel. Non seulement il va doubler la durée des stages en entreprises, ce qui va poser problème pour le maintien des enseignements, mais c’est la philosophie même de l’enseignement professionnel qu’il veut changer. D’un enseignement scolaire donné à des élèves perçus comme de jeunes citoyens ayant droit au bagage éducatif commun et ouvrant la porte du supérieur, E Macron veut passer à un enseignement adapté aux besoins immédiats des entreprises locales. Au point que le Snuep Fsu a pu parler d’un « séparatisme des jeunesses ». E. Macron accorde à cette réforme une très grande importance et il a installé au centre du ministère un spécialiste capable de la diriger.

Une nomination inhabituelle

JM Huart connait très bien le ministère. Il est connu des services. Il pourra être un appui pour un ministre quine connait pas la « centrale » et mal le fonctionnement du système. Rappelons que là aussi c’est une situation banale. Il est rare qu’un ministre de l’éducation soit du sérail et ait l’expérience d’avoir dirigé les services centraux. La Dgesco prépare un dossier qui présente les projets en cours et permet au ministre de faire, avec son directeur de cabinet, le tour des questions. JM Huart connait très bien le ministère. Il devra être plus qu’un directeur de cabinet, un véritable appui pour P. Ndiaye. Ce qui va lui demander beaucoup d’autorité.

Mais il y a une autre surprise dans cette nomination. « C’est sans précédent qu’un recteur devienne directeur de cabinet », nous a dit Claude Lelièvre. D’abord parce que le poste de recteur est des plus confortables. Ensuite parce que diriger un cabinet demande une disponibilité totale. Les membres des cabinets « sont donc plutôt jeunes » même s’il y a des exceptions (comme C Kerrero quand JM Huart était Dgesco). JM Huart a accepté de quitter Nancy-Metz pour revenir au coeur d’un ministère épuisant. Pour combien de temps ?

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Baromètre Unsa : L’éducation au fond du trou

« Combien de temps encore ça va durer ? » Commentant le 23 mai les résultats du « Baromètre Unsa », Frédéric Marchand , secrétaire général de l’Unsa Education, s’inquiète des tensions dans l’Ecole. Si les enseignants aiment leur métier, un tiers déjà trouve qu’il n’a plus de sens. Un tiers aussi envisage de changer totalement de métier. Et seulement 16% conseilleraient l’enseignement à leur enfant. Autre révélation de cette très large enquête (plus de 40 000 participants), le rejet de la politique ministérielle, déjà massif depuis 2018, ne cesse decroitre. 2022 voit une nouvelle baisse avec seulement 5% des enseignants en accord et pas plus d’un quart des cadres. Blanquer a laissé l’éducation au fond du trou.

Sonder les coeurs de 43 000 personnels d’éducation

De mars à avril 2022, pour sa 10ème édition, 43 000 personnels d’éducation ont répondu aux questions du « Baromètre » de l’Unsa Education. Un nombre très important qui donne à cette enquête une vraie représentativité. D’autant que les adhérents ou sympathisants Unsa ne représentent que 33% des participants. La moitié se déclarent proches d’aucun syndicat.

Le baromètre sonde les coeurs des personnels de l’éducation, et comme il le fait depuis 10 ans on voit les évolutions se dessiner et les préoccupations apparaitre. Et cela on le voit aussi pour les différents métiers de l’éducation.

Malaise, défiance, rejet de la politique éducative du gouvernement

« Le malaise et la défiance envers le ministre JM Blanquer se sont encore amplifiés », explique Frédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education. Si globalement 92% des répondants aiment leur métier, 29% ne trouvent plus de sens à ses missions. C’est le cas de 33% des enseignants, 32% des IPR (inspecteurs du 2d degré) et 42% des IEN (inspecteurs du 1er degré). 33% des enseignants envisagent de quitter l’éducation pour travailler dans le secteur privé (hors enseignement). Ils étaient deux fois moins nombreux en 2016. C’est aussi le cas de 24% des personnels de direction, 20% des IEN et 12% des IPR. Voilà qui laisse augurer d’une autre crise du recrutement, d’autant qu’un pourcentage plus important encore souhaite quitter son métier pour un autre dans le secteur public. Un personnel sur quatre seulement se sent reconnu dans son travail, soit deux fois moins aussi qu’en 2016 (27 et 46%). Seulement 19% des enseignants sont dans ce cas.

Une autre image de la situation est donnée par le degré d’approbation de la politique éducative du ministre. 86% des personnels de l’éducation sont en désaccord avec cette politique. Un pourcentage qui ne cesse de croitre depuis 2018. En 2017 le taux était à 67%. Il est passé à 83% en 2019.

Ce rejet n’est pas le fait que des enseignants même s’il est au maximum chez eux. Ainsi seulement 5% des enseignants approuvent la politique ministérielle. Chez les cadres le taux est plus fort mais pas plus d’un cadre sur 4 ne souscrit aux idées de JM Blanquer : 26% des IPR, 32% des IEN et 24% des personnels de direction. Ce divorce avec les cadres est apparu en 2018. JM Blanquer a réussi à faire une large majorité contre lui.

La revalorisation avant tout

Il reste des différences entre les cadres et les enseignants. Ainsi la moitié( mais la moitié seulement) se sent reconnu dans sa vie professionnelle contre un enseignant sur cinq. Les cadres sont plus satisfaits de leurs perspectives de carrière même si le taux est faible (30% des IPR, 22% des personnels de direction, 10% des enseignants). Seulement 7% des enseignants sont satisfaits de leur rémunération contre 28% des IPR, 16% des IEN et 12% des personnels de direction. Des taux très bas de toute façon.

Le premier motif de mécontentement c’est le pouvoir d’achat :68% demandent une amélioration urgente (70% des enseignants, 58% des personnels de direction) devant la charge de travail, les carrières et les relations hiérarchiques.

Des personnels favorables au programme de la NUPES

Le Baromètre montre aussi que les personnels de l’éducation sont nettement plus favorables aux propositions de la NUPES que d’E. Macron. Ainsi 89% des personnels (93% des enseignants, 89% des IEN, 85% des personnels de direction) sont pour recruter 160 000 personnels. 52% sont contre la paye au mérite. Sur ce point enseignants et cadres s’opposent, ces derniers étant majoritairement favorables (60% des IPR, 71% des personnels de direction, 30% des professeurs). 66% sont pour conditionner le financement du privé (69% des enseignants, 83% des IEN et personnels de direction). 50% sont pour supprimer Parcoursup (55% des enseignants). 54% sont contre la fin du collège unique. 48% sont contre davantage d’autonomie au lycée et au collège : 19% des enseignants y sont favorables contre 81% des personnels de direction et 41% des IPR.

« On a des sujets à porter lors de la prochaine rencontre avec le ministre », dit F Marchand. Ces sujets  sont bien repérés : la revalorisation, la charge de travail, les carrières et aussi « un besoin d’apaisement ». « Ce qui nous inquiète c’est combien de temps ça va encore durer », dit-il. « On voit les tensions. Il est urgent de respecter les personnels et de les associer ».

Selon le Baromètre un tiers des personnels n’attendent déjà rien du nouveau quinquennat. E Macron a annoncé une autre méthode. « L’état d’esprit des personnels se dégrade : en effet, seuls 59% des personnels attendent encore quelque chose du prochain gouvernement », estime F Marchand. « Les réponses aux questions d’actualité, sur les priorités éducatives et sur les propositions qui ont émergé dans le débat électoral, témoignent du besoin urgent d’un débat apaisé, loin des caricatures et des coups de pression. Les personnels veulent être reconnu·es et respecté·es, et attendent des politiques cohérentes et ambitieuses sur le long terme pour de nombreux sujets tels que l’inclusion, la transition écologique ou encore le climat scolaire… Il faut prendre le temps de parler.

On a besoin de débats qui permettent d’associer les personnels,  à condition que les conclusions ne soient pas écrites à l’avance ». Au niveau de délabrement moral où les 5 années de JM Blanquer laisse l’Ecole, sans réel changement le gouvernement prend le risque de voir l’Ecole s’effondrer.

 

Les résultats

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La FSU prépare une Journée de la précarité

« Aujourd’hui, un·e agent·e sur cinq n’est toujours pas titulaire : contractuel·les de droit public, de droit privé ou fonctionnaires à temps incomplet dans le versant territorial, recruté·es sur des fonctions normalement assurées par des fonctionnaires ou sur des fonctions uniquement mises en œuvre par le biais de contrat comme par exemple les AESH », écrit la Fsu. « Ce sont des personnes à qui l’administration impose des temps partiels et des salaires souvent plus faibles que ceux des fonctionnaires. Cette situation touche plus particulièrement les femmes et les jeunes. C’est pour dénoncer cette situation, revendiquer un plan de titularisation et de résorption de la précarité que la FSU rassemblera le 25 mai des délégations d’agent·es contractuel·les de tous les secteurs de la Fonction publique. »

 

Sur le site Fsu

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SES : L’aveu ?

Dans une chronique publiée dans les Echos le 19 mai 2022 et intitulée « Le penser-faux de Mélenchon », l’économiste Philippe Aghion instrumentalise les sciences économiques et sociales (SES) à des fins politiques », écrit l’Apses, association qui réunit les professeurs de SES. « Ainsi, s’il affirme se battre depuis plusieurs années pour que tou·te·s les élèves du secondaire apprennent l’économie « afin que chacun puisse comprendre que certaines idées ne peuvent fonctionner », ses propos visent directement le programme politique de J.L Mélenchon. L’APSES prend acte du fait que les chapitres d’économie des programmes de SES, qui ont été réécrits en 2018 par un groupe d’experts présidé par M. Aghion (par ailleurs soutien officiel d’E. Macron en 2017), l’ont été avec pour objectif de dissuader les futur·e·s citoyen·ne·s de voter pour les adversaires politiques d’Emmanuel Macron. Cette prise de position est révélatrice des pressions qui s’exercent depuis de nombreuses années sur la confection des programmes de sciences économiques et sociales et de l’instrumentalisation qui peut en être faite par le pouvoir politique ». L’APSES « dénonce ce grave manquement au principe de neutralité » et demande  » une réécriture des programmes de SES, pour qu’ils intègrent davantage la réalité des débats scientifiques et démocratiques ».

 

Communqiué

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Pas d’amélioration du climat dans les établissements selon l’ASL

« Le nombre de dossiers ne baisse pas. Après la crise de la Covid-19, le nombre de dossiers d’accompagnement juridique et de conseil en 2021  revient à ce que l’on connaissait avant crise. Cela montre clairement qu’il n’y a pas d’amélioration de la situation et que les relations ne s’apaisent pas depuis plus de 5 ans » dans les établissements annonce l’Autonome de solidarité laïque, un organisme qui soutient les enseignants en cas de conflit. « Ce sont toujours les diffamations (cette année à hauteur de 33 %) et les insultes / menaces (30 %) que l’on retrouve toujours au tout premier plan. Ces deux catégories restent les plus importantes, ce qui permet de relever un climat scolaire continuellement défavorable et pesant au quotidien. Les agressions représentent quant à elles 7,5 % des dossiers, une baisse de 0,5 % ». L’ASL relève que la police refuse souvent les plaintes des enseignants. « Comment les personnels peuvent-ils être rassurés lorsque le traitement judiciaire des actes du quotidien semble les minorer ? Bien entendu, les actes de violence extrêmes, les agressions physiques sont bien traitées par la justice mais, même s’ils sont dramatiques, ils restent plus rares. Une action des pouvoirs publics est bel et bien nécessaire pour montrer l’intérêt qu’ils portent aux personnels d’éducation dans l’exercice quotidien de leur métier », déclare l’ASL.

 

Le Baromêtre de l’ASL

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L’OZP fait le bilan des cités éducatives

L’Observatoire des zones prioritaires organise le 8 juin une rencontre sur le bilan des cités éducatives. « Cette rencontre se tiendra en présence d’Annie Tobaty, IGEN honoraire, et de Richard Merra, élu de Gennevilliers et vice président du réseau des villes éducatrices. Trois années après leur mise en place, où en sont aujourd’hui les Cités Éducatives et qu’elles en sont les perspectives pour les prochaines années ? Deux experts, membres du Comité National d’Orientation et d’Evaluation (Cnoé), témoigneront à cette occasion ».

 

Le programme

Un rapport souligne les problèmes de pilotage

Une réforme de droite pour Marc Bablet

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L’environnement des enfants des pays pauvres menacé par les pays riches

« La majorité des pays riches créent des conditions de vie délétères et dangereuses pour les enfants du monde entier », annonce le Bilan Innocenti publié par l’UNICEF. Le Bilan Innocenti 17, intitulé Places and Spaces: Environments and children’s well-being (Lieux et espaces : Environnements et bien-être des enfants), analyse dans quelle mesure 39 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Union européenne (UE) offrent aux enfants un cadre de vie sain, en s’appuyant sur toute une série d’indicateurs tels que l’exposition à des substances polluantes nocives (pollution atmosphérique, pesticides, humidité du domicile, plomb) ; l’accès à la lumière, aux espaces verts et à des routes sûres ; et les contributions des pays à la crise climatique, à la consommation des ressources et à la production de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE). Selon ce rapport, si chaque individu sur le globe vivait comme un Français, il faudrait 2,9 planètes pour couvrir l’ensemble des besoins de l’humanité. Aucun des pays de l’OCDE et de l’UE ne parvient à fournir des environnements sains à tous les enfants du monde sur l’ensemble des indicateurs étudiés. La France est l’un des pays de l’OCDE et de l’UE ayant le moins d’espaces verts récréatifs à disposition des citadins. « Non seulement la majeure partie des pays riches ne parvient pas à fournir à ses propres enfants un cadre de vie sain, mais pire, ils contribuent à la destruction de celui d’autres enfants, ailleurs dans le monde », estime Gunilla Olsson, directrice du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF. « Par ailleurs, certains pays offrant des environnements relativement préservés à leur propre jeunesse contribuent fortement à la pollution qui détériore les conditions de vie des enfants dans d’autres pays. »

 

Le rapport

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Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce

Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
23 mai 2022 | Par Romaric Godin
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser.
« Vous semblez oublier mes amis que vous n’êtes que des salariés, les êtres les plus vulnérables du système capitaliste. […] C’est pourquoi, si vous avez des revendications de salaires à formuler, vous me faites une note écrite, je la mets au panier et on n’en parle plus. » Cette réplique célèbre de Michel Audiard tirée du nanar Un idiot à Paris, sorti en 1967, et prononcée par Bernard Blier, qui campe le patron autoritaire d’un abattoir face à une grève sauvage, semble résumer à elle seule la situation dans laquelle les salariés se trouvent depuis quatre décennies.
Avec l’accélération des prix en 2021 et encore plus au début de 2022, la priorité des politiques menées en France, mais aussi dans la plupart des pays avancés, est la même : contenir les salaires nominaux pour éviter la fameuse « boucle prix-salaires ». Il est donc demandé aux salariés d’amortir le choc.
L’inflation exige la modération salariale
Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau exhorte les salariés à la raison : « Tout le monde serait perdant en cas de hausses de salaire », a-t-il déclaré le 11 mai sur France 5. En attendant, ce sont les salariés qui trinquent. Les salaires réels se sont effondrés : selon la Dares, durant le premier trimestre 2022, le salaire mensuel de base du secteur privé a reculé de 2,3 %.
On peine à prendre conscience du choc que cet « ajustement » représente. Au cours des douze dernières années, les baisses de salaires en termes réels, autrement dit en prenant en compte l’inflation, ont été des phénomènes exceptionnels. Les salaires nominaux ont plutôt stagné quand les prix, eux, restaient faibles. C’est pour cette raison que le phénomène actuel est particulièrement rude pour les salariés : la baisse du salaire réel atteint un niveau inédit depuis longtemps. La réalité de la politique actuelle de lutte contre l’inflation se traduit donc par la plus grande violence sociale.
Évolution des prix à la consommation et du salaire mensuel de base du secteur privé. © Dares
C’est face à cette réalité qu’il faut comprendre la stratégie du précédent gouvernement et du nouveau. Le « chèque énergie », le nouveau « chèque alimentation », annoncé dans le prochain collectif budgétaire, ou même le « bouclier tarifaire » ne sont, en réalité, que des mesures d’accompagnement visant à faire accepter cette baisse de revenus réels.
Évidemment, en période de campagne électorale, les bras s’agitent et les moulinets succèdent aux effets de manche. Ce lundi 23 mai, Bruno Le Maire a réuni le patronat pour demander aux entreprises de faire quelque chose. Mais les « demandes » de Bercy sont surtout et avant tout le reflet de son impuissance volontaire. D’ailleurs, dans son entretien inaugural du dimanche 22 mai au Journal du Dimanche, la première ministre Élisabeth Borne, n’a même pas daigné évoqué la question des salaires.
En face, les entreprises ont beau jeu de faire valoir la compétitivité, l’investissement, leurs intérêts et le rapport de force décrit par Bernard Blier ci-dessus pour renvoyer le ministre à ses chères études. Tout le monde est content : le ministre a essayé, mais ce n’est pas possible. Aux salariés, donc, de continuer à ajuster. Si l’on cherche un adjectif pour qualifier ce type de politique économique, on pourrait aisément tomber sur le terme « cynique ».
L’inflation faible exige la modération salariale
Mais il y a davantage. Car la position des salariés n’est, en réalité, guère plus enviable lorsque l’inflation est modérée. On peut aisément s’en souvenir, cela ne date que de quelques années. Lorsque la hausse des prix est modérée ou basse, la « modération salariale » est de rigueur. Il en va bien sûr de notre compétitivité et, faute de hausse des prix, il faut bien pouvoir assurer les bénéfices par la compression des salaires.
Le 14 juillet 2020, lors de son entretien suivant la nomination de Jean Castex au gouvernement et alors que l’inflation était au plus bas, le président de la République avait d’ailleurs revendiqué cette politique de « modération salariale ». Dans cet entretien, Emmanuel Macron faisait aussi rêver les salariés en leur promettant en retour de leurs « efforts » de l’intéressement et de la participation. « Si on accepte de la modération salariale pour un temps, moi, je souhaite qu’elle s’accompagne et on a mis en place ces dispositifs, d’intéressement et de participation », affirmait-il. Ce que le salarié perd en salaire, il le gagnerait en forme de dividende.
Mais comme avec les chèques divers distribués en période d’inflation, le salarié lâche alors la proie pour l’ombre. Il abandonne la rémunération de son travail, fondement de la valeur, pour un partage avec les actionnaires, de la plus-value, autrement dit ce qu’il a travaillé pour le capital. À ce petit jeu, la perte est assurée.
C’est donc un bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent.
Au reste, la « grande modération » de l’inflation a un bilan très décevant en termes de revenus réels. Il est d’ailleurs intéressant de se plonger dans l’historique de l’Insee des évolutions du « pouvoir d’achat », autrement dit du revenu disponible brut réel par unité de consommation. On constate que, entre 1960 et 1980, ce revenu a progressé de 100,8 %. Mais entre 1980 et 2020, soit sur une période deux fois plus longue, ce même revenu a, lui, progressé de 45,5 %, soit plus de quatre fois moins vite. Dans la deuxième décennie du XXIe siècle, la situation a même été désastreuse : entre 2011 et 2013, la chute a été telle qu’il a fallu attendre 2017 pour revenir au niveau de 2010. Sans inflation, cette fois.
Comme on peut donc le constater, la promesse de la modération salariale est une fausse promesse : elle se traduit par des gains faibles ou négatifs en termes de revenus réels. Dès lors, ce que demandent aujourd’hui les économistes orthodoxes, le patronat et le gouvernement revient à demander aux salariés de perdre du pouvoir d’achat pour pouvoir ne pas en gagner par la suite.
C’est donc bien à un jeu de dupes que les salariés sont désormais soumis : pile, ils perdent, face, ils perdent. Inflation ou désinflation, ils doivent renoncer à toute revendication de hausse des salaires. Et le tout en supportant un discours dominant qui fait du salariat une sinécure pleine de sécurité et d’avantages face à un entrepreneur qui, lui, « prendrait des risques » et « jouerait sa vie ».
Évidemment, une telle situation n’est pas le fruit du hasard. En désarmant le monde du travail à force de « réformes structurelles » et de répressions syndicales, on a renforcé cette fameuse « vulnérabilité » structurelle du salarié dont parle Audiard. Il suffit de faire jouer la crainte du chômage pour faire accepter une politique unilatéralement favorable au capital. Car, bien sûr, cette politique de répression des salariés ne se fait jamais qu’au nom de « l’emploi » et de la « valeur travail ». Ce lundi 23 mai encore, Élisabeth Borne pouvait ainsi se lancer dans un éloge abstrait du travail qui « libère » et « rend digne ». À condition, évidemment, qu’il reste bon marché.
La situation actuelle agit naturellement comme un révélateur de la condition salariale que le consumérisme du dernier demi-siècle avait cherché à dissimuler. Du point de vue du capital, les salaires sont toujours trop élevés et les salariés toujours trop gourmands et trop paresseux. Cette règle ne signifie pas qu’il puisse y avoir des exceptions, mais lorsque, comme c’est le cas aujourd’hui, la croissance de la productivité du travail est faible, la lutte pour le partage de la valeur est nécessairement plus intense. Mais lorsque cette lutte n’est pas menée par un des deux camps, ici le travail, ce dernier devient nécessairement la dernière roue du carrosse économique.
Vers une prise de conscience par la lutte sociale ?
Si les années 1950-1970 peuvent, de ce point de vue, apparaître comme une exception, c’est en raison d’une triple conjoncture exceptionnelle dans l’histoire du capitalisme : une croissance inédite de la productivité, un besoin d’élargir la consommation de masse pour renforcer la rentabilité du secteur privé et un rapport de force unique en faveur d’un travail revendicatif et organisé.
Une fois cette exception passée, la réalité du statut salarial (qui d’ailleurs n’avait jamais complètement disparu) revient dans toute sa violence. Seuls les salariés de soutien direct au capital (les PDG des grandes entreprises) sont protégés, précisément parce qu’ils sont les artisans de cette soumission des salariés (le dernier bilan du CAC 40 publié par l’Observatoire des multinationales pour 2021 permet de s’en rendre compte). Mais cette réalité rappelle aussi que la lutte sociale est plus que jamais indispensable. Et c’est bien l’intérêt de cette période.
La démission de l’État semble complète. Ce lundi 23 mai, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a déclaré que « le gouvernement n’a pas le pouvoir direct d’augmenter les salaires des Français en appuyant sur un bouton ». C’est précisément ce que l’on peut lui reprocher. En refusant de restaurer tout mécanisme d’indexation, qui avait permis de sauvegarder les revenus réels jusqu’à sa suppression en 1982, le gouvernement renonce à protéger des salariés qu’il a, par ailleurs, en 2016 et 2017, encore affaiblis avec les ordonnances travail.
Laissés seuls face aux employeurs et à la violence de l’ajustement qui leur est demandé, les salariés n’ont d’autre option que de lutter pour maintenir leur niveau de vie. Ce combat se répand déjà dans les entreprises, que ce soit parmi les secteurs à bas salaires (lire ici l’article de décembre 2021 de Khedidja Zerouali) ou dans des secteurs plus « haut de gamme » comme chez Thales.
Ce mouvement est celui d’une nouvelle prise de conscience qui, après quatre décennies de répression et de guerre culturelle, sera forcément progressive. Mais elle peut permettre aussi d’interroger cette condition de salariés qui, à chaque variation de la conjoncture, devraient toujours s’oublier. Ce qui revient avec la particularité de l’inflation actuelle, c’est la remise en avant de la guerre sociale au cœur de la dynamique capitaliste, de cette lutte de classes que des générations de politiques ont voulu nier.
En 1847, un an avant la grande vague de révolutions qui emportera l’Europe avec, pour la première fois, un contenu social, Marx répondait à Proudhon dans sa Misère de la philosophie sur la défense des grèves et des « coalitions » que le penseur anarchiste critiquait si vivement. Pour le Trévois, les luttes sociales sont toujours politiques, elles permettent de mener ce combat interne au système productif et de modifier ainsi l’ordre social. Sans elles, l’ordre règne, au détriment du salariat.
On comprend donc l’intérêt du gouvernement à faire croire que quelques chèques régleraient le problème et permettraient d’oublier la violence de la politique actuelle qui n’est rien d’autre qu’une politique de classe. « Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il n’y a jamais de mouvement politique qui ne soit social en même temps », écrivait Marx dans le texte qu’on a cité. Peut-être le vrai combat politique se joue-t-il alors sur ce nouveau front des salaires.

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