Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront réussir leur évaluation. Grégoire Chamayou (publié sur le site de Contretemps)

Nietzsche l’avait prédit : nous sommes entrés dans l’ère des marchands. Leur culture a triomphé. C’est essentiellement une culture de l’évaluation. Le triomphe d’un nouveau regard évaluateur, et avec lui d’une nouvelle question directrice, la « question des questions », posée plus haut que toutes les autres : « quels gens et combien de gens consomment cela ? ».

Muni de cette question, le marchand, poursuivait Nietzsche, « l’applique dès lors instinctivement et constamment à tout, et donc aussi aux productions des arts et des sciences, des penseurs, savants, artistes […] à propos de tout ce qui se crée, il s’informe de l’offre et de la demande, afin de fixer pour lui-même la valeur d’une chose »[1].La chose aujourd’hui, c’est vous. Quelle est votre valeur sur le marché académique ? Comment la calculera-t-on ? Et surtout – question vitale – que pouvez-vous faire pour l’accroître ?

Dans la nouvelle culture de l’évaluation académique, introduite en Europe par le processus de Bologne et stimulée par la prolifération des classements universitaires mondiaux, les règles ont changé, le jeu se joue différemment. Votre vieille connaissance localiste des rouages mandarinaux ne vous suffira plus. Si vous voulez réussir à maximiser votre valeur académique, il existe pourtant des règles simples et efficaces. Encore faut-il les connaître.

Augmentez votre productivité académique

Au plan statutaire, commencez par cesser de vous penser comme des agents du service public, libres, ayant droit à une stricte égalité de traitement et étant au service de leur Université. Vous n’y êtes pas : vous êtes un employé, aux ordres de votre Président.

Comme tel, votre « productivité académique » sera régulièrement évaluée selon un ratio input/output, à l’instar de toute autre activité économique. Comme l’explique le chercheur japonais Akira Akimoto, « les réformes de l’enseignement supérieur visent dans presque tous les pays à accroître la productivité académique […] un principe de marché est introduit en ce sens que la survie d’une institution dépend de l’assurance qualité de sa productivité académique. En conséquence, la méthode suivie pour l’allocation budgétaire passe d’un système équitable à un système différentiel, d’une orientation égalitaire à une orientation concurrentielle »[2]

Dans ce régime de concurrence généralisée, la notion de productivité académique intervient à tous les niveaux pour orienter l’allocation des ressources, depuis l’Université prise dans son ensemble jusqu’à chaque enseignant-chercheur pris individuellement, en passant par les départements, les maquettes et les équipes de recherche.

À votre niveau, vous allez être soumis à une évaluation permanente de vos activités d’enseignement et de recherche, par la Présidence, par des agences gouvernementales, et bientôt par des cabinets privés sur le modèle de l’agence de consulting Evidence Ltd récemment créée en Grande-Bretagne – tout cela assorti d’une forte flexibilité managériale.

La durée de votre charge d’enseignement, la qualité de votre service, mais aussi le montant de votre salaire seront à moyen terme assujettis à votre niveau de productivité académique. Le récent décret sur le statut des enseignants-chercheurs ne constitue qu’une toute première étape en ce sens, en lien étroit avec les dispositions de la LRU.

Il existe tout un éventail de critères possibles pour mesurer votre productivité académique, dont celui du taux de satisfaction de vos étudiants – comme l’indique entre autres paramètres possibles un récent rapport du Sénat. Mais dans l’immédiat, le principal indicateur d’output qui doit vous préoccuper est celui de l’évaluation quantitative de vos travaux de publication.

Cultivez votre « facteur h »

Vous l’ignorez peut-être, mais vous avez un nouveau totem : le « facteur h » ou « h index » en anglais. Sous cette appellation énigmatique se cache un indicateur statistique, une formule mathématique destinée à mesurer votre valeur académique. « H » pour « Hirsch », du nom du physicien Jorge E. Hirsch qui a élaboré cet instrument statistique en 2005. Cet indicateur se calcule à partir de vos données bibliométriques. Aujourd’hui, n’importe qui peut très facilement, en quelques clics, connaître le facteur H de n’importe quel chercheur dans le monde – le vôtre y compris.

Cet indicateur combine deux types de variables : le nombre d’articles que vous avez publiés dans votre vie (ou plus exactement le nombre d’articles recensés par les bases de données électroniques disponibles) et le nombre de fois que vos articles ont été cités par d’autres. Pour exprimer la chose de façon technique, vous possédez un facteur h si un nombre h de vos articles a reçu pour chacun h citations ou plus. Si vous avez écrit 30 articles, mais qu’aucun de vos articles n’a jamais été cité, votre facteur h est de 0. Si 4 de vos articles ont été cités 4 fois ou plus, vous avez un facteur h de 4, et ainsi de suite.

Cet indice est censé mesurer votre valeur académique par « l’impact citationnel » de vos travaux. Le principe est en gros le même que celui du « pagerank » sur google (le pagerank sur google est l’ordre de priorité selon lequel s’affichent les résultats d’une recherche) : plus vous avez de liens pointant vers votre nom (i.e. de citations), plus on estime que vous avez de poids et plus vous montez dans le classement. Cette notion d’impact bibliométrique – nous y reviendrons – est en train de devenir l’alpha et l’omega de l’évaluation académique.

Si cet indicateur est aujourd’hui devenu monnaie courante, du moins en Amérique du Nord et en Chine, c’est parce que les bases de données bibliométriques commerciales l’ont intégré à leurs plateformes en ligne. La plus importante d’entre elles, l’ISI Web of science de Thomson-Reuters™ se fait fort de pouvoir établir, pour n’importe quel chercheur dans le monde, des « rapports citationnels » personnalisé mesurant régulièrement leurs performances. Ces « citation reports » se présentent comme une sorte d’audit individuel, avec graphes et statistiques. Voici par exemple à quoi ressemble le « citation report » d’un chercheur espagnol en science et technologie. Son H-index figure dans l’encadré rouge à droite.

Si vous brûlez à présent d’impatience de découvrir quel est votre propre facteur h, vous pouvez faire le test gratuitement, en ligne, sur un site utilisant les données de « google scholar ». Il vous suffit de taper votre nom dans la fenêtre qui s’affiche sur cette page. Pour un outil un peu plus performant, incluant des graphiques, vous pouvez aussi télécharger le logiciel gratuit “publish or perish”ici.

Vous le voyez, l’instrument est puissant. Il joue sur vos cordes sensibles : un goût invétéré pour les bons points et les bonnes notes, une bonne dose de narcissisme, une pincée d’esprit de compétition, et le tour est joué.

Aujourd’hui, l’usage du facteur h a littéralement envahi les campus américains, où tout enseignant-chercheur qui se respecte connaît par cœur son h index ainsi que celui de ses collègues. Notez bien, comme le rappelle Yves Gingras[4], que cette fièvre de l’évaluation personnelle n’a pas tant été stimulée par l’administration des Universités que par les enseignants-chercheurs eux-mêmes, dans une sorte d’appropriation spontanée. Le mouvement vient de la base. C’est vous-mêmes, en vous emparant de l’instrument, qui avez le pouvoir d’en faire une norme d’évaluation partagée, intégrée à votre culture, qui vous sera ensuite d’autant plus facilement appliquée à des fins managériales. Le facteur h est entre vos mains. À vous de le propager afin d’en faire l’étalon de votre vérité.

En ce qui vous concerne personnellement, à compter d’aujourd’hui, votre seule et unique priorité sera d’accroître votre facteur h, by any means necessary. D’abord parce que, par les temps qui courent, avec un facteur h bas, vous pourriez très vite vous retrouver à enseigner plus que de raison. Ensuite parce que le facteur h est en train de devenir l’indice objectif de votre valeur sur le marché universitaire. Dans un avenir pas si lointain, c’est aussi sur cette base que vous négocierez votre salaire avec votre administration. En Chine, les chercheurs perçoivent déjà des primes lorsqu’ils parviennent à augmenter leur h-index en « plaçant » un certain nombre d’articles dans des revues à fort facteur d’impact (nous reviendrons sur cette notion tout à l’heure). Un peu partout, les financeurs commencent aussi à le prendre en compte pour l’attribution des crédits. Devant cette progression fulgurante, le Chronicle of Higher Education a parlé d’un « nombre qui dévore la science »[5].

Dorénavant, vous vous tiendrez donc informé en temps réel de l’évolution comparée de votre facteur h et de celui de vos collègues et néanmoins amis – et vous réagirez en conséquence. Par manque de vigilance, vous risqueriez un beau matin de vous retrouver avec un emploi du temps saturé de TD de L1 alors que vos confrères enchaînent cocktail sur cocktail dans des colloques internationaux. Inversement, si un collègue moins bien coté que vous ose vous chercher des noises, rappelez-lui publiquement son facteur h – ça lui rabattra le caquet.

Notez que le système a ses failles. Il vous est utile de les connaître pour savoir en profiter. Comme le montre Yves Gingras, cet indicateur est en effet fortement corrélé à votre nombre total d’articles, ce qui peut produire des distorsions notables : soit un jeune chercheur ayant publié 3 articles cités 60 fois chacun et un autre plus âgé ayant à son actif 10 articles cités 11 fois. Le premier aura un facteur h de 3, alors que celui du second sera de 10. Cela veut-il dire que celui-ci est trois fois meilleur ? Sans doute pas, mais peu importe.

La plupart des index et classements bibliométriques existants ont été critiqués pour leur manque de scientificité. Mais cela ne doit pas vous empêcher d’y faire référence. Tout ce qui compte ici, un peu comme pour les prédictions auto-réalisatrices et les phénomènes d’emballements boursiers, ce n’est pas que la croyance soit vraie, mais qu’elle produise de la réalité. Oubliez la vérité. Cessez de vouloir changer la réalité. Coulez-vous dans le moule et mettez-vous sur lesstarting-blocks.

Si on vous oppose des critiques, tâchez de faire en sorte que les débats se focalisent sur la question des biais statistiques et de la fiabilité de la mesure. Noyez le poisson en plongeant votre contradicteur dans des problèmes pointus de méthodologie scientométrique. Tout ce qui compte dans ce genre de discussion, c’est que le présupposé des index et des classements ne soit jamais interrogé, que le débat ne porte jamais sur la finalité dont ils sont l’instrument, à savoir la mise en place d’un marché concurrentiel de l’enseignement supérieur et de la recherche. Discutez donc à perte de vue des modalités techniques des évaluations et des classements, mais jamais de leur cadre général ni de leur fonction structurelle.

De manière plus générale, ne vous contentez jamais de suivre les réformes, soyez-en le promoteur enthousiaste. Mieux : devancez-les ; incarnez-en l’esprit avant même d’en connaître la lettre.

Grimpez dans le classement ATP des chercheurs

Dans ce nouveau monde hyperconcurrentiel de la recherche, vous devez vous penser comme un tennisman. Chaque communication, chaque article est un match, chaque paragraphe est un set. Votre objectif : battre vos concurrents et grimper dans le classement ATP de votre discipline. Le ranking, la logique du classement est partout. Oubliez la lutte des classes et embrassez ouvertement la lutte des places. Apprenez que la recherche est un sport de compétition, pas un « sport de combat ». Le monde est votre terrain, internet est votre véhicule. Pour mieux vous habituer mentalement à ce nouvel univers, méditez sur le classement mondial des chercheurs en legal studies, sur le ranking des chercheurs afro-américains en shs, ou sur le classement mondial des chercheurs en philosophie du droit reproduit ci-dessous :

Palmarès des 10 chercheurs les plus cités au monde en philosophie du droit en 2007

 Soyez ambitieux, visez le top five. Évidemment, à chacun de vos succès, rendez public votre nouveau statut de chercheur « de classe mondiale », intégrez votre ranking à votre CV, faites figurer votre photo et votre rang de classement sur la page web de votre département comme le font déjà vos collègues américains. Un exemple ici. Vous allez faire des jaloux. Savourez votre triomphe et sortez votre calculatrice pour négocier avec le DRH.

Souvenez-vous aussi que les rankings individuels s’agrègent pour former leranking de votre département ou de votre équipe de recherche. Débusquez parmi vos collègues les passagers clandestins qui font dangereusement baisser le rankingde votre petite PME. C’est essentiel car, vous l’avez bien compris, vos financements vont dépendre du rang de vos différents programmes dans le grand palmarès des Universités, des départements, des formations et des diplômes.

Investissez dans des activités académiquement rentables

Dans votre vie quotidienne, cette nouvelle finalité implique que vous rationalisiez encore davantage votre gestion du temps, dans l’objectif de maximiser vos activités académiquement rentables. Souvenez-vous de la loi de Pareto : 80% de la valeur de ce que vous faites provient seulement de 20% de votre activité. Cela fait une sacrée marge. Pour optimiser ce ratio, coupez dans vos activités professionnelles improductives. Dégraissez votre propre mammouth.

Afin de parvenir à une organisation optimale de votre vie professionnelle, vous pouvez établir un diagramme personnel de minimisation du temps improductif, sur le modèle suivant, emprunté à un chercheur américain :

http://www.academicproductivity.com/2007/minimize-unproductive-time/#more-55

 Comme vous le voyez, le principe est simple : identifier toutes les tâches délégables et les déléguer systématiquement.

Ne commettez surtout pas l’erreur de vous investir dans les tâches d’enseignement, cela ne vous rapporterait rien. Pire, en réduisant par là votre temps de publication disponible, vous mettriez votre évaluation en péril. Cela veut dire que la préparation de vos cours ne figure en aucun cas parmi vos priorités. De vieux polycops et des effets de manches feront l’affaire – ceci agrémenté d’une bonne dose de démagogie, au cas où vos étudiants seraient appelés à vous évaluer. Pour le reste, si vous remportez votre pari de grimper dans le top 500 des « most cited scholars » de votre discipline, vous n’aurez de toute façon plus à vous inquiéter : des contractuels précaires, des allocataires doctorants et des collègues non-publiants seront là pour assurer vos TD et corriger vos copies.

Ne vous laissez pas non plus cannibaliser par ces autres activités improductives que sont les tâches administratives et le travail de gestion pédagogique. Pour ce qui est des charges administratives, n’oubliez pas que la réforme du contrat doctoral vous permet depuis peu de les déléguer à vos allocataires doctorants, sans rémunération. Vous auriez tort de vous en priver.

Avec cette méthode, ainsi qu’avec d’autres techniques de maximisation des performances que vous trouverez détaillées sur le sitewww.academicproductivity.com vous arriverez sans peine à dégager de longues plages de temps académiquement productif.

Mais ne vous y méprenez pas, cela ne signifie pas non plus que vous deviezvraiment faire de la recherche. Là aussi, les choses ont changé.

Devenez un killer

Vous ne devez pas seulement changer votre manière d’organiser votre travail de recherche, mais aussi, bien plus profondément, transformer vos façons d’être, de vous comporter en tant que chercheur – votre ethos. Les critiques les plus pertinents ont d’ailleurs bien saisi cet enjeu fondamental des mutations en cours, même s’ils s’obstinent à en refuser les conséquences pratiques. Ainsi comme, le remarque Sylvain Piron sur la base des travaux de Peter Lawrence : « l’évaluation quantitative produit une perturbation généralisée de la morale scientifique. Le règne des indicateurs de performance exacerbe des valeurs de concurrence et de compétition. De ce fait, il concourt à ruiner ce qui devrait être au contraire les valeurs centrales de la recherche scientifique : le partage, la collaboration et la critique éclairée au sein de communautés bienveillantes ».

Merton avait listé quatre valeurs fondamentales de l’ethos scientifique : l’universalisme, le communalisme (c’est-à-dire le fait de concevoir la recherche comme un bien public), le désintéressement, et le scepticisme organisé. Ce modèle est périmé. Dorénavant, vos quatre vertus cardinales sont : l’anglo-américanisme, l’appropriation privée concurrentielle, l’ambition personnelle et le conformisme calculé. Gravez bien ces formules dans votre mémoire. Faites-en votre credo et votre leitmotiv.

Ne faites pas de la recherche : écrivez des papiers

Vous devez laisser tomber une autre illusion. Dans l’univers académique 2.0, vous l’avez compris, votre but n°1 est de publier. Mais pas de faire de la recherche. La nuance est de taille et il est essentiel pour vous de bien la saisir, faute de quoi vous risquez fort de rester sur le carreau. Il y a en effet dans ce nouveau contexte une grande différence entre faire de la recherche et publier des articles académiques. Comme l’explique Sylvain Piron « dès lors que des indicateurs bibliométriques sont pris comme des indicateurs de performance et des outils de décision, ils cessent d’être une mesure pour devenir une finalité qui oriente le comportement des acteurs. Il s’agit là d’un cas remarquable dans lequel l’observation scientifique a totalement perturbé le milieu soumis à observation. C’est la performance bibliométrique qui devient un objectif prioritaire, et non plus la découverte scientifique. »[6]

Comme le montre bien Luis von Ahn, la conjonction de l’explosion mondiale du nombre de chercheurs et de l’impératif productiviste du « publish or perish » produit de fait une « masse proprement délirante d’articles écrits chaque année, dont l’écrasante majorité n’apporte pas grand-chose (voire rien du tout) à notre savoir collectif. Ce n’est, en fin de compte, rien d’autre que du spam. »[7]

En ce qui vous concerne, peu vous importent les effets que ces pratiques peuvent avoir à une échelle « macro » sur l’état de la recherche ou sur le sens même de l’activité de chercheur. Surproduction, redondance infinie et saturation universelle d’articles dispensables sont autant d’effets de masse qui n’entrent pas en ligne de compte dans les eaux froides de vos calculs égoïstes. Votre seule et unique préoccupation est de tirer votre épingle du jeu. Pour cela, vous devez apprendre les ficelles de votre nouveau métier et devenir un redoutable spammeur académique.

Rassurez-vous, avec un peu d’entraînement et de persévérance, vous atteindrez vite le niveau de productivité de cette chercheuse américaine, véritable bête à concours, qui parvient à soumettre 7 articles en un mois à des revues bien cotées. Pour en savoir plus sur ses méthodes de management personnel et identifier les « bonnes pratiques » transférables, vous pouvez lire son interview en ligne : « How do you submit seven papers in a month ? interview with Dan Navarro ».

N’écrivez pas de livres, tronçonnez

Mais reprenons. Tout d’abord, pour vos publications, oubliez les monographies – dans notre nouveau régime de production du savoir, ça vaut peanuts. Si vous êtes chercheur en sciences humaines et sociales surtout, renoncez à écrire des livres. À quoi bon, puisqu’ils ne seront pas directement recensés par les bases de données bibliométriques ? C’est bien simple : aujourd’hui, leur monnaie n’a plus cours.

Non seulement écrire des livres est largement inutile, mais, pire, cela fait dangereusement baisser votre productivité académique. Un ouvrage, c’est au minimum 300 pages – réfléchissez : cela fait l’équivalent de combien d’articles potentiels ainsi sacrifiés en pure perte ? Quel sens y aurait-il à s’enfermer dans un travail d’aussi longue haleine pour de si maigres résultats ?

Faites le deuil de vos émois de jeunesse, de votre admiration adolescente pour les grands livres. Nous ne sommes plus au temps des Barthes, Deleuze ou Foucault. Aujourd’hui, de toute façon, toutes choses égales par ailleurs, ils ne pèseraient rien, leur poids bibliométrique ayant été en leur temps, comparé au vôtre aujourd’hui, proche du degré zéro : pensez, jusqu’à un âge avancé, pas un seul article publié dans des revues répertoriées par ISI web of science™. Des nains académiques, des nabots du H-index. Surtout, ne faites jamais non plus de traductions ou d’éditions critiques : du temps perdu, du pur gâchis.

Ou alors, si vous y tenez vraiment, pratiquez le « salami slicing », le tronçonnage, avec comme règle d’or la consigne suivante : ne jamais publier dans un article plus que la plus petite unité de recherche publiable. Si vous faisiez plus dense, vous gaspilleriez vos précieuses munitions intellectuelles. Faites bref et rapide. Recyclez votre thèse à l’infini. Ensuite, si ça vous flatte d’avoir votre nom sur une couverture cartonnée, vous recollerez tout ça après coup, et vous publierez des recueils d’articles.

Achetez-vous une méthode Assimil

Hors de l’anglais, point de salut. Si la dernière révision de vos verbes irréguliers remonte à votre classe de première, achetez une méthode Assimil. Sur le marché mondialisé de l’article, il vous faut écrire dans la langue de Bill Gates. Vos doctorants préférés traduiront en français vos chefs-d’œuvre. Si vous êtes nul en langue, utilisez votre fille au pair britannique pour la version anglaise. À défaut, renouez le contact sur facebook avec votre correspondant anglais du collège et salariez-le via paypal.

Identifiez le « facteur d’impact » de vos publications potentielles

Il ne suffit pas d’écrire, encore faut-il être publié, et bien publié. Votre but est de décrocher le plus de publications possibles dans des revues internationales à fort impact bibliométrique. C’est le sésame de toute votre carrière. Pour cela, il faut la jouer fine et commencer par ne pas vous tromper d’adresse.

N’allez surtout pas envoyer inconsidérément un article à une revue au prétexte stupide que vous l’estimez intellectuellement. Ce genre de considération n’a plus aucune espèce de pertinence dans le monde dans lequel nous vivons. La première chose que vous avez à faire est d’identifier les revues les mieux cotées sur le marché académique de votre discipline. Pour cela, consultez les classements de revues. Pas la liste de l’AERES, classée en A, B, C, émouvante par son amateurisme franchouillard et à ce titre légitimement critiquée, mais des listes dûment certifiées par les experts en « impact factor » de chez ISI Thomson Reuters™. Cette firme, hégémonique sur le marché mondial de l’évaluation de la recherche et des chercheurs, publie un ranking annuel « scientifiquement » établi des revues en fonction du nombre de citations desdites revues dans d’autres revues (c’est évidemment un serpent qui se mord la queue, mais, vous l’avez compris, on en est plus à ça près). Avant même d’ouvrir votre traitement de texte, consultez donc la dernière édition du « Journal Citation Report® » et repérez dans votre discipline quelles sont les revues à plus haut facteur d’impact. Ce sont vos cibles principales. C’est par elles que vous commencerez votre campagne de soumission d’article.

Exemple : le ranking mondial des revues en criminologie par facteur d’impact en 2006 © ISI – Thomson Reuters™

Cette étape est capitale car le profit citationnel que vous retirerez de votre article dépendra très largement de la visibilité de la revue dans laquelle vous le publiez. Un chercheur a fait l’expérience pour vous : un texte identique publié en même temps par 12 revues différentes génère des écarts de nombre de citations variant sur une échelle de 1 à 100[8] !

Pensez servile : vendez-vous

Dès que vous cliquez sur la touche ENTER de votre ordinateur pour envoyer votre article en document attaché par email au comité de lecture, sachez que, une fois renvoyée la pièce jointe que vous aviez oubliée dans votre premier message, vous entrez dans un autre jeu – le « publication game », avec ses codes et ses étapes bien spécifiques, que Bruno Frey schématise de la façon suivante :

Le « publication game » selon Bruno Frey[9].

Après avoir envoyé votre papier, vous aurez de la chance si, environ un an après votre première soumission, un nouvel email de la secrétaire de rédaction (à ce poste, ce sont toujours des femmes) vous parvient, vous demandant de resoumettre votre papier en intégrant les demandes des referees. Ayez bien conscience qu’il s’agit là d’une offre que vous ne pouvez pas refuser, même et surtout si les remarques ne sont pas seulement marginales mais exigent une modification substantielle de vos thèses.

À ce stade, votre seule chance de publication est de vous soumettre servilement àtoutes les demandes de tous les referees (vous n’êtes pas en effet sans savoir que chacun d’entre eux dispose d’un droit de veto sur votre texte). Ignorez les remarques vexantes de referees drapés dans leur anonymat, vous vous vengerez sur d’autres plus tard, lorsque vous serez à votre tour membre du board. Pour l’heure, mettez votre fierté et vos convictions au placard et, au besoin, changez complètement votre thèse, votre plan et vos conclusions. Vous n’avez pas de scrupules à avoir. Après tout, il est dans l’ordre des choses que, comme l’écrit Bruno Frey, « les chercheurs vendent leur âme pour se conformer à la volonté des autres, à savoir les referees et les éditeurs, afin d’en tirer profit, c’est-à-dire pour décrocher des publications »[10]. Certes, « agir ainsi contre ses convictions dans le but d’obtenir une récompense » s’apparente, toujours selon lui, à de la « prostitution intellectuelle », mais vous devez en passer par là pour survivre, académiquement parlant. Faute de suivre cette voie, vous risqueriez de devenir un « non publiant ». Votre pire cauchemar.

Souvent donc, entre vos idées et votre réussite académique, il vous faudra choisir (sauf si vous n’avez pas de convictions particulières, ce qui rend évidemment la chose beaucoup moins coûteuse). De façon plus générale, cela va sans dire, fuyez les sujets authentiquement polémiques et les prises de position politiques tranchées. Évitez aussi les sujets trop novateurs ou trop atypiques : ils sont risqués. Ne critiquez jamais un auteur ayant du pouvoir institutionnel dans votre champ. Réservez vos critiques aux outsiders. En sciences humaines et sociales, bannissez Marx de votre vocabulaire.

Dans votre phase de rédaction, l’attitude la plus rationnelle pour vous consiste à intégrer en amont les contraintes du « publication game » et de vous autoréguler en assimilant totalement ses normes rhétoriques et institutionnelles. Votre but n’est pas la créativité, mais la conformité aux attentes des referees. Renseignez-vous sur leurs centres d’intérêt et sur leur positionnement intellectuel. Dans votre tête, devancez toutes leurs critiques potentielles, pliez-vous à toutes leurs exigences avant même qu’elles aient été exprimées. Faites allégeance. Citez impérativement les membres du comité de lecture dans votre article, en soulignant toute l’importance de leurs travaux décisifs. Citez aussi le plus possible d’articles publiés dans la revue en question : l’éditeur sera sensible à vos efforts visant à gonfler l’impact citationnel de sa revue, son JIF (Journal Impact factor). Vous devez apprendre à vous vendre.

Si vous ne suivez pas ces règles élémentaires, vous vous trouverez devant une alternative moralement coûteuse et éminemment chronophage : accepter des révisions substantielles ou voir votre article refusé. Dans ce second cas de figure, vous aurez perdu un temps très précieux. Devenez donc votre propre évaluateur et scalpez en amont tout ce qui dépasse. En recherche aussi, soyez un bon élève. Votre docilité sera récompensée.

Une fois publié, vous n’êtes cependant qu’à la moitié du chemin. En effet, en l’état, votre article ne vaut encore rien ou pas grand-chose sur le marché de l’évaluation. Comme nous l’avons vu, dans le grand casino de l’évaluation bibliométrique, ce n’est pas le nombre d’articles publiés qui compte per se, mais le nombre de fois que chacun de vos articles aura été cité.

Renforcez votre capital citationnel

Dans votre malheur, vous avez de la chance : en effet, les évaluations bibliométriques fondées sur le nombre de citations ne mesurent pas la qualité de votre recherche. Encore une fois, laissez tomber cette vieille lune. En réalité, la seule chose qui compte est votre visibilité citationnelle, le buzz que vous réussissez à produire. Dans cette nouvelle économie, le seul objectif est de faire parler de vous, et ce, à la limite, indépendamment du contenu de ce que vous faites. Bienvenue dans la bulle spéculative du ranking académique.

Les index de citation ne disposent en effet d’aucun instrument capable d’apprécier le sens d’une citation : qu’elle soit laudative, purement tactique, fortement polémique ou franchement disqualifiante, elle a toujours, en fin de compte, la même valeur. L’analyse citationnelle est une taupe, quasi aveugle, ne répondant qu’à un seul stimulus : le nombre d’occurrences d’un nom et d’un titre.

Il est vrai cependant que les spécialistes en scientométrie admettent une corrélation forte entre qualité de la recherche et fréquence des citations. Mais l’on sait aussi, au moins depuis Hume, qu’une conjonction habituelle n’est pas une loi nécessaire. Cette distinction épistémologique est votre planche de salut : à défaut d’être vraiment de qualité, il suffira que votre recherche soit suffisamment citée pour avoir l’air de l’être, et donc le devenir. Contrairement au mythe du génie esseulé, il n’y a effectivement peu ou pas de grands chercheurs peu cités. Mais il y a en revanche une masse non négligeable de chercheurs médiocres raisonnablement cités. À vous de faire jouer cette distorsion en votre faveur.

Vous disposez d’une série de techniques simples pour le faire, la plupart répertoriées par le chercheur suisse Fridemann Mattern[11] :

– Pratiquez l’autocitation, mais avec modération, car le « citation index » repère les pratiques d’autocitation outrancières.

– Plus payant : citez vos collègues et amis. Ils vous le rendront au centuple. Pensez vos citations comme autant de « pokes » sur facebook. Participez vous aussi au grand potlatch de la référence.

– N’oubliez pas que vos doctorants sont votre clientèle captive : veillez à ce qu’ils vous citent plusieurs fois dans chacun de leurs articles. Pensez-les comme une écurie, une machine travaillant à étoffer votre poids citationnel.

– En sciences dures, et dorénavant aussi en SHS, usez et abusez de la pratique de la signature collective. Appropriez-vous les travaux de vos doctorants en mettant systématiquement votre nom sur leurs articles.

– Étendez ce procédé : si vous dirigez une équipe de recherche, pratiquez le « gift authorship » en offrant à des membres choisis de votre labo la possibilité de cosigner gratuitement un article auquel ils n’ont pas contribué. Votre générosité sera, là encore, amplement récompensée.

– Jouez la quantité plutôt que la qualité : écrivez le plus d’articles possibles.

– Ne vous reposez jamais sur vos lauriers : votre évaluation bibliométrique est mise à jour en permanence, votre place n’est jamais acquise.

– Renoncez à cet obscur travail de recherche qui vous tenait à cœur. Écrivez sur des sujets à la mode. En travaillant sur des sujets « tendance », vous augmentez vos chances d’être cité et vous élargissez démesurément votre bassin de citateurs potentiels.

– Trouvez des titres accrocheurs : cela plaira et vos articles seront davantage cités.

– Écrivez des articles de synthèse plutôt que des résultats de recherches innovantes. Les statistiques montrent qu’en contexte d’inflation bibliographique, les articles de « survey » sur la littérature existante sont davantage cités que les productions originales.

– Devenez un « troller » académique. Le « troll », vous le savez, est ce procédé bien connu sur les listes de discussion consistant à provoquer les autres membres de la communauté afin de susciter une avalanche de réactions. Cette tactique, très payante lorsqu’elle est bien maîtrisée, est un art. Prenez habilement le contre-pied d’une thèse en vogue, et le tour est joué : le tombereau de réponses qui s’ensuivra vous apportera plus que votre lot suffisant de citations. Devenez donc un troller et multipliez les paradoxes rhétoriques: vous allez faire un malheur.

De façon plus générale, débarrassez-vous de cette idée farfelue que la recherche académique puisse être destinée à éclairer vos concitoyens ou à intervenir de manière critique dans le débat public. Seule vous importe votre fréquence de citation par des chercheurs internationaux de votre micro-sous-champ. L’extérieur n’existe pas, seule compte votre place dans l’espace académique. Ignorez le monde, enfermez-vous dans votre tour d’ivoire électronique. Les seules incursions qui vous sont permises sont pour y flairer les tendances à la mode, pour draguer les financeurs, ou pour faire du networking avec vos amis du Ministère. À ce propos, sachez que le copinage mandarinal est dépassé : il vous faut viser plus haut. En la matière, prenez exemple sur votre collègue de Paris IV. C’est aussi, aujourd’hui, la clef de la réussite.

*

En conclusion, quelques avertissements en direction des « archaïques » parmi vous. Si vous voyez dans le décret de notre Ministre Madame Valérie Pécresse une « atteinte à votre indépendance et un alourdissement de votre charge de travail » c’est que vous n’avez pas compris que, comme l’écrit l’Observatoire Boivigny, « le passage à l’autonomie des universités qui est en train de se mettre en œuvre perdrait tout son sens si les établissements ne pouvaient pas gérer leurs ressources humaines, lesquelles constituent leur unique richesse. »

C’est aussi que vous n’avez pas saisi le sens du concept d’autonomie tel que redéfini par la LRU : il ne s’est jamais agi de « l’autonomie » au sens des vieilles libertés académiques, mais de l’autonomie managériale des Présidents d’Universités, des instances d’évaluation et des agences de financement. Votre situation, à vous, est celle d’une hétéronomie accrue. Il va désormais vous falloir apprendre à manœuvrer depuis cette position inconfortable, et réussir à tirer votre épingle du jeu.

De même, si vous ne voyez pas l’intérêt des réformes actuelles de l’évaluation des enseignants-chercheurs, au prétexte que vous êtes déjà évalués, par vos pairs, de façon collégiale, lors de la publication de vos travaux et dans la progression de votre carrière, c’est que vous avez manqué un épisode. Comme l’a suggéré la conférence de Bergen en mai 2005, le « management de la qualité du corps enseignant » doit en effet désormais passer par de nouvelles procédures d’évaluation, et ce à l’échelle internationale. Qui veut un marché unifié et un espace de concurrence non faussée veut aussi des étalons de mesure communs, à base harmonisée. Telle est la motivation fondamentale des réformes institutionnelles en cours sur le front de l’évaluation. L’évaluation bibliométrique n’est que la partie émergée de l’iceberg. Elle n’est qu’un des instruments mis au service de la libéralisation de l’enseignement et de la recherche.

Enfin, si le décret sur les enseignants-chercheurs vous irrite, sachez que ce n’est qu’un avant-goût de ce qui vous attend. Dans le cas où votre agitation actuelle ne parviendrait pas à bloquer les nécessaires réformes, vous ne tarderiez pas à le constater plus amèrement encore. Plutôt que de refuser collectivement le nouvel ordre des choses en niant l’évidence de votre médiocrité académique – si justement rappelée il y a peu par notre Président – vous devriez plutôt vous activer un peu et vous préoccuper sérieusement d’augmenter votre facteur h. Quoi qu’il en soit, pour la suite, vous n’avez plus d’excuses. Vous ne pourrez plus dire que vous ne connaissiez pas les règles de notre nouveau jeu.

Grégoire Chamayou

http://www.contretemps.eu/petits-conseils-enseignants-chercheurs-qui-voudront-reussir-leur-evaluation/

[1] Nietzsche, « Pensée fondamentale d’une culture de commerçants », Aurore, § 175, Folio Gallimard, Paris, 1991, p. 137.

[2] www.rihe.hiroshima-u.ac.jp/tmp_djvu.php?id=56635

[4] http://www.cirst.uqam.ca/Portals/0/docs/note_rech/2008_05.pdf

[5] http://chronicle.com/free/v52/i08/08a01201.htm

[6] http://evaluation.hypotheses.org/229

[7] http://vonahn.blogspot.com/2009/02/academic-publications-20.html

[8] http://chronicle.com/free/v52/i08/08a01201.htm

[9] http://www.bsfrey.ch/articles/388_03.pdf

[10] http://www.bsfrey.ch/articles/416_05.pdf

[11] www.informatics-europe.org/ECSS08/papers/mattern.pdf

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FSU CDFN de septembre : ce qu’a porté l’école émancipée

Compte-rendu du CDFN des 20 et 21 septembre 2016

Ce CDFN était le premier conseil national de l’année, il a donc permis de revenir sur le mouvement contre la loi Travail, sur les attentats dramatiques de l’été et

leurs conséquences en terme de climat sécuritaire et raciste, sur la rentrée pas assez sociale et sur le dossier éduc très conflictuel autour de l’évaluation des

enseignants.

  • Les débats autour du mouvement loi Travail ont surtout porté sur la suite à donner à ce travail intersyndical engagé depuis des mois. Vous trouverez ce qu’a porté l’école émancipée sur cette question dans l‘intervention de Véronique Ponvert.
  • Sur le climat délétère et raciste qui se développe et se généralise, vous pourrez lire l’excellente intervention de Cécile Ropiteaux ici.
  • Le dossier de l’évaluation des enseignants a été au centre des débats de ce CDFN, laissant apparaître de lourdes divergences entre syndicats nationaux rendant la synthèse quasiment impossible. Vous trouverez ce qu’a porté l’EE sur cette question par l’intermédiaire de l’intervention de Laurent Cadreils.
  • Enfin, nous n’avons pas voulu laisser passer cette reprise sans remettre les services publics et la fonction publique au coeur des débats. Voir l’intervention de Denis Thomas ici.
  • De même, il nous a semblé essentiel que la FSU s’engage dans la mobilisation du 8 octobre prochain à Notre Dame des Landes, contre le projet d’aéroport… d’autant que la menace d’une expulsion militaire se fait de plus en plus concrète. Vous trouverez ici l’intervention de Julien Rivoire.

Comme à chaque CDFN, l’école émancipée a voulu apporté sa contribution à l’ensemble des débats.

Vous pourrez la lire.

_________________________
L’Ecole Emancipée c’est aussi une revue d’analyse et de débats sur les enjeux du syndicalisme et du mouvement social. Il est possible de s’y abonner en ligne.
Pour adhérer à la tendance c’est ici.

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Communiqué LDH « Mais à quoi sert le Conseil constitutionnel ? »

Communiqué LDH

Paris, le 23 septembre 2016

 

Mais à quoi sert le Conseil constitutionnel ?

Par une décision du 23 septembre 2016, le Conseil constitutionnel a invalidé une disposition de la loi sur l’état d’urgence, concernant les perquisitions administratives, dans sa version applicable entre le 14 et le 20 novembre 2015.

Dans la même décision, le Conseil constitutionnel vide de portée cette censure, en décidant qu’elle n’aurait aucun effet sur les procédures pénales qui auraient pu être engagées sur la base de ces perquisitions administratives illégales.

En statuant ainsi, le Conseil constitutionnel crée une nouvelle forme d’impunité de l’Etat, lequel peut donc commettre des actes illégaux sans que ceux-ci soient sanctionnés.

Au-delà du ridicule de cette décision pour une instance de cette nature, le Conseil constitutionnel valide ainsi un régime d’exception et démontre qu’il est plus que temps de changer la composition d’une Cour aussi marquée par les contingences politiques.

LDH-Ligue des droits de l’Homme

138 rue Marcadet – 75018 Paris

Tél. 01 56 55 51 00 – Fax : 01 42 55 51 21

ldh@ldh-france.org – www.ldh-france.org

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Gazette d’@rrêt sur images, n° 458. Tous gaulois, vraiment ? Et les bi-nationaux ?

Gazette d’@rrêt sur images, n° 458

C’est l’histoire d’un bateau, qui fait la liaison Marseille-Alger. Mais c’est bien davantage. C’est l’histoire d’un lieu entre deux mondes, entre deux continents, entre deux cultures, entre deux identités. Pour notre deuxième émission en partenariat avec la plateforme de documentaires de Tënk, nous avions prévu depuis longtemps de regarder ensemble ce beau documentaire, « La traversée ». Nous avons décidé de le faire en compagnie de l’écrivaine franco-hongroise Nina Yargekov, auteur d’un roman, « double nationalité » (POL), qui résonne fortement avec ce thème des identités incertaines et multiples. Mais nous n’avions pas prévu que nous serions sommés par Nicolas Sarkozy de reconnaître « nos ancêtres les Gaulois ». Notre émission n’en est que plus intéressante, la sommation étant allée droit au coeur de notre invitée. Notre émission est ici (1).

Mais c’est une autre vidéo, qui a le plus saisi nos abonnés, cette semaine : cette scène inouie, où l’on voit la sénatrice américaine Elizabeth Warren malmener un banquier américain coupable de malversations. Il faut la regarder, pour prendre la mesure du chemin qui reste à parcourir à nos propres parlementaires. Elle est ici (2).

Daniel Schneidermann

(3)

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[Cerises] Alstom est à nous !

La situation d’Alstom Belfort  que traitent l’édito et la « cuisine alternative » illustre en partie l’analyse faite dans le dossier sur le capitalisme.

A lire aussi le guignolet-kirsch – « L comme Laicité ». Et notre cocktail de brèves.

Bonne lecture :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

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Lutte contre le terrorisme : les dangers d’une « justice de précaution »,LE MONDE IDEES,

L’idée, à première vue, pouvait sembler de bon sens. « Il y a, dans la Constitution, un principe de précaution, a expliqué Nicolas Sarkozy le 11 septembre au Journal du dimanche.Pourquoi la lutte contre le terrorisme, donc la sécurité des Français, serait le seul sujet sur lequel on ne l’appliquerait pas ? » Au nom de ce raisonnement, l’ancien chef de l’Etat suggère que « tout Français suspecté d’être lié au terrorisme [fasse] l’objet d’un placement préventif dans un centre de rétention fermé ». C’est, au fond, et pour la première fois, le principe même de l’Etat de droit qui est remis en cause : suppression de la présomption d’innocence, du droit à un procès équitable, et de la règle d’or qui veut que l’on ne puisse être condamné que pour un crime ou un délit explicitement prévu par la loi.

Une justice de précaution, comme il existe pour l’environnement un principe de précaution, est-elle envisageable ? Le procureur de Paris – qui est aussi le chef du parquet antiterroriste – assure qu’il n’est pas question d’enfermer les personnes fichées « S » (pour « sûreté de l’Etat ») dans des camps. « Il ne peut y avoir de détention préventive en dehors d’une procédure pénale, a rappelé François Molins dans Le Monde. C’est le socle de l’Etat de droit. On ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction. » Nicolas Sarkozy, nullement convaincu, est revenu à la charge le 15 septembre sur France 2. « A quoi sert-il de faire des fichiers “S” si ces fichiers “S” qui portent atteinte à la sûreté de l’Etat on n’en fait rien, on ne les examine pas, on ne les met pas en rétention ? »

Intellectuellement, l’idée de ces centres de détention pose évidemment problème. « Appliquer le principe de précaution à la justice, c’est une déshumanisation, souligne la professeure de droit Mireille Delmas-Marty. Cela consiste à transposer le principe appliqué aux produits dangereux aux personnes, et donc à traiter les individus comme des produits. Le principe de précaution permet de retirer des produits du marché, faut-il retirer des individus de l’humanité ? » Techniquement, ces camps seraient sans doute impossibles à gérer. Vingt mille personnes, des Français pour l’essentiel, font l’objet d’une fiche « S », a indiqué Manuel Valls, dont 10 500 pour leurs liens avec la mouvance islamique. « Certaines peuvent être créées sur la base d’un simple renseignement non recoupé, d’une première suspicion, a expliqué le premier ministre. C’est un élément, un outil de travail. » Ces camps immenses seraient en outre difficilement maîtrisables – et permettraient à de jeunes radicalisés, qui ne se connaissent que par Internet, de se rencontrer, de se former et de s’entraîner en créant une hiérarchie interne qui serait décidée, non à Paris, mais en Syrie.

La stratégie de la rupture

« Ce serait une manière de créer des brigades de Daech, considère Antoine Garapon, le secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Quand on parle de guerre, il faut trouver ce que le théoricien militaire Carl von Clausewitz appelait au début du XIXe siècle le centre de gravité, ce qui fait la force de l’ennemi. Ce qui fait la force des djihadistes, c’est qu’ils ont plus envie de se battre que nous, et que protéger leur vie n’est pas un élément régulateur, alors qu’il l’est dans un combat traditionnel où chacun cherche à limiter ses pertes. » On risquerait, dans ces camps, de créer de solides commandos, qui n’auraient rien à perdre et auraient eu le temps de nourrir une véritable haine de la France. « Plus on les gardera longtemps, plus ils seront organisés et moins on pourra les relâcher, résume Antoine Garapon. Aucun homme politique ne prendra ce risque. »

« LE RADICALISÉ EST SUSPECTÉ, NON PAS D’AVOIR ACCOMPLI UN ACTE TERRORISTE, MAIS DE POUVOIR LE COMMETTRE. ON NE S’APPUIE PLUS SUR LE PASSÉ RÉCENT, ON VEUT PRÉVOIR LE FUTUR PROCHE. »
ANTOINE GARAPON, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’INSTITUT DES HAUTES ÉTUDES SUR LA JUSTICE

La perspective d’une « justice de précaution » constitue ainsi un nouveau glissement, et sans doute le plus inquiétant, hors du droit commun. Depuis 1986, la lutte antiterroriste s’est construite en France sur un régime d’exception : les faits sont désormais jugés par une cour d’assises sans jurés et instruits par des magistrats spécialisés, appuyés par un parquet à compétence nationale et par des policiers qui sont à la fois spécialistes du renseignement et officiers de police judiciaire. Les procédures sont tout aussi spécifiques : la garde à vue commune, qui est en France de vingt-quatre heures renouvelables une fois, peut atteindre six jours en matière terroriste. Et, durant ces trente années – seize lois antiterroristes ont été adoptées entre 1986 et 2015 –, les mesures limitant les libertés publiques n’ont cessé de se durcir. En passant peu à peu d’une logique de répression à une logique de prévention.

Une étape décisive est franchie en 1996 avec la création de l’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». La participation « à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation » d’un acte de terrorisme devient en soi un acte de terrorisme, puni de dix ans de prison – et ce avant même que des actes aient été commis. C’est la doctrine de la « neutralisation judiciaire préventive », selon le mot de Pierre de Bousquet de Florian, à l’époque patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST).

L’année 2008 est un tournant, avec l’adoption de la loi sur la rétention de sûreté – directement inspirée d’une loi nazie de 1933. Elle permet de garder enfermés des condamnés considérés comme dangereux, même après l’exécution de leur peine, et pour une période indéfiniment renouvelable. Alors que l’association de malfaiteurs définie en 1996 devait être caractérisée par « des éléments matériels » et connaître un« commencement d’exécution » (parfois mince), la notion de dangerosité instaurée par la loi de 2008 va plus loin. « Au nom de la prévention, la réforme marque une rupture avec la vision légaliste et humaniste du droit pénal, au profit d’une conception qui légitime une extension de la surveillance à vocation illimitée dans le temps », indique Mireille Delmas-Marty, auteure d’Aux quatre vents du monde, (Seuil, 150 p., 17 €).

Les incertitudes de la « préemption »

Avec cette loi, la justice de précaution pointe déjà son nez, qui veut maintenant interner les personnes seulement susceptibles, un jour, de passer à l’acte. Si la rétention de sûreté garde un mince lien avec le droit pénal – l’existence antérieure d’un crime –, ce ne serait même plus le cas avec la création de centres de rétention des fichés « S », qui serait une manière de contourner l’Etat de droit. Or, ce dernier reste ce qui définit les démocraties, c’est-à-dire un attachement aux libertés fondamentales gravées dans le marbre de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), et partagées avec les quelque 800 millions de personnes de la zone de compétence du Conseil de l’Europe.

Pourtant, pour Nicolas Sarkozy, l’Etat de droit est lui-même devenu un concept élastique. « Il n’a rien à voir avec les Tables de la Loi de Moïse », a déclaré l’ancien chef de l’Etat, qui ne cache pas qu’il entend « demander la réécriture » de certains articles de la CEDH. Guillaume Larrivé, député Les Républicains de l’Yonne et membre du Conseil d’Etat, assure lui aussi que l’Etat de droit « n’est pas une norme absolue et transcendante, détachée de l’Histoire. C’est une notion relative et vivante, qui peut être adaptée aux nécessités de l’époque, telles qu’elles sont comprises par le peuple souverain. Autrement dit, c’est à nous, Français de 2016, de dire quelles sont les normes de l’Etat de droit adaptées au temps présent ».

Ces discours font frémir nombre de juristes. « Le vrai débat, qui est proprement stupéfiant et qui était encore inimaginable il y a quelques mois, c’est que, derrière ce principe de précaution, certains remettent en cause l’existence même de l’Etat de droit, s’alarme l’avocat Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme. Le simple fait qu’on puisse penser qu’il faut s’en affranchir pour lutter contre le terrorisme prouve que le ver est dans le fruit. Et ce discours, au nom de la peur du terrorisme ou de la compassion avec les victimes, passe très bien dans l’opinion publique. On glisse peu à peu vers le règne de l’arbitraire. C’est effrayant. »

Pour Antoine Garapon, le but désormais assigné à la justice n’est plus de condamner des coupables, mais d’écarter les suspects avant même qu’ils passent à l’acte. « Dans cette étrange guerre sans combattants, le pouvoir a bien conscience que si un attentat se produit, il aura déjà perdu la bataille, estime le magistrat. Le procès qui interviendra quelques mois, voire quelques années plus tard, n’y changera rien. » La justice doit donc intégrer une dimension plus incertaine, celle de la « préemption » : la prévention entendait agir sur les causes, la préemption, véritable utopie moderne, vise, par une interprétation du comportement, à supprimer l’événement. Faire des campagnes contre l’alcool au volant, c’est de la prévention ; interdire automatiquement à une voiture de démarrer quand le conducteur a une haleine chargée, c’est de la préemption.

Dans cette conception, la figure de l’islamiste radicalisé, pour Antoine Garapon, se distingue de celle du suspect. « On est suspecté d’un fait qui a été commis, alors que le radicalisé est suspecté, non pas d’avoir accompli un acte terroriste, mais de pouvoir le commettre. On ne s’appuie plus sur le passé récent, on veut prévoir le futur proche. » Et l’on substitue à la notion d’activité celle de comportement : être terroriste, c’est désormais être un criminel en puissance. Finalement, le radicalisé « réactive et laïcise une théorie de la prédestination, amputée de la grâce qui sauve ».

« Où va-t-on s’arrêter ? »

Il s’agit ainsi pour l’Etat de mettre en place « une boucle automatique de rétroaction », à laquelle nous habitue le monde numérique, indique le magistrat, et ce sans passer par la justice – d’où l’idée de créer des camps pour les fichés « S ». « Cela veut dire qu’on va condamner des gens, parfois à des peines lourdes, sans trop savoir ce qu’ils ont fait, en Syrie ou ailleurs, poursuit Antoine Garapon. La garantie élémentaire de notre droit, c’est pourtant que le comportement répréhensible soit caractérisé par une loi préalable et qu’il y ait un fait délictuel. Or nous avons aujourd’hui des qualifications très floues qui n’exigent même plus qu’il y ait un fait. » Etre allé en Syrie ou avoir voulu y aller suffit. « Il y a une confusion entre la matérialité du fait et l’immatérialité du virtuel – il n’a rien fait, mais il aurait pu. » Même chose pour l’apologie du terrorisme. « On poursuit quelqu’un parce qu’il a regardé des vidéos de DaechOn confond le faire et le voir. Parce qu’il a vu, il a fait. La peur d’un fait et la réalité de ce fait se confondent. »

Y a-t-il encore besoin de magistrats dans ce type de riposte ? « Nous sommes dans un temps nouveau qui consiste à conjurer ce qui pourrait se passer, mais qui ne s’est pas encore passé. Il n’y a plus de place pour la justice dans ce temps », estime Antoine Garapon, qui publie, le 5 octobre, Démocraties sous stress (avec Michel Rosenfeld, PUF, 217 p., 17 €). Il s’agit désormais de prévenir les risques et de montrer qu’on a tout fait, y compris ce qui n’est pas légal, pour empêcher les attentats. « Cette lutte exclut le contrôle de la justice, car il est impossible de condamner les gens avant qu’ils aient agi, conclut le secrétaire général de l’IHEJ. Son rapport au temps, sa distance, son souci de procédure sont autant de facteurs d’inefficacité qui sont qualifiés d’“arguties juridiques”. »

Les lois sur le renseignement du 24 juin 2015, qui ont légalisé les pratiques clandestines des services, puis celle du 3 juin 2016, qui a écarté le juge judiciaire de nombre de procédures antiterroristes, sont cohérentes avec cette évolution : elles marginalisent le tribunal et concentrent davantage de pouvoirs dans les mains des procureurs. Et de leurs nouveaux rivaux, les préfets, par essence aux ordres du gouvernement. « S’il y a d’autres attentats, où va-t-on s’arrêter ? s’inquiète l’avocat Patrick Baudouin. On voit bien que l’accumulation des mesures répressives n’empêche pas le terrorisme, dont l’objectif reste la destruction de nos valeurs. Et on tombe à pieds joints dans le piège qui nous est tendu. » C’est aussi l’analyse d’Antoine Garapon : « L’Etat s’empoisonne lui-même par une réaction désordonnée et exagérée de ses défenses. »

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Snes : première enquête sur le collège

Avec 1112 réponses , dont certaines incomplètes, l’enquête publié epar le Snes sur les effets de la réforme du collège ne peut pas prétendre à la représentativité. Mais elle apporte des éléments d’information inétressants.

Selon le Snes, l’effet le plus sensible de la réforme serait sur les emplois du temps des enseignants et sur les compléments de service. 59% des répondants signalent « un emploi du temps aggravé » c’est à dire probablement avec de nombreux trous entre les cours. De nombreux enseignants seraient contraints d’enseigner sur plusieurs établissements notamment en allemand, espagnol et lettres modernes où le taux serait de l’ordre de 30%. Autre enseignement : l’échec de l’enseignement intégré des sciences en 6ème qui ne serait effectif que dans 6% des établissements.

Pour le Snes, « cette enquête confirme la mise à mal du cadre national des enseignements, dont le corollaire est le poids croissant de la direction des établissements dans le quotidien des équipes, et la dégradation des conditions de travail. La charge lourde et inédite générée par les nouveaux programmes est trop souvent aggravée par des emplois du temps dégradés (pour près de 60 % des collègues), des heures supplémentaires (15 % des professeurs de langues vivantes) ou des compléments de services (plus de 60 % des établissements), des pressions à prendre en charge les heures d’AP / EPI / EIST ».

Communiqué

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Les chefs d’établissement mécontents ont manifesté

Selon le Snpden, qui appelait à des rassemblements devant les rectorats le 21 septembre, de 3500 à 4000 personnels de direction ont manifesté, soit environ 30% de la profession. Le Snpden dénonce une « crise de confiance » et « une exaspération croissante » en prenant garde de préciser qu’elle ne porte pas sur la politique conduite par la ministre mais « sur la façon dont elle est concrètement mise ne oeuvre ». « Trop souvent un autoritarisme .. trop souvent le silence sur l’essentiel », explique le syndicat.

 

Tout en ne critiquant pas les réformes ministérielles, le Snpden estime que « la réforme du collège a démontré l’inefficacité d’une réforme centralisée »… Alors que les négociations PPCR vont se terminer, le Snpden demande à la ministre une structuration des classe du corps des personnels de direction « conforme à cele des autres corps » et l’accès au grade B3.

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Le Québec réfléchit à l’école obligatoire jusqu’à 18 ans

L’école obligatoire de 4 à 18 ans : ce pourrait être décidé à l’issue de la large consultation que lance Sébastien Proulx, le ministre québécois de l’éducation. Une ocnsultation en ligne sur une réforme de l’Ecole sera lancée le 11 octobre. Elle durera jusqu’au 10 novembre. Dans les propositions gouvernementales , on note aussi l’enseignement du code et un cours d’éducation financière obligatoire au secondaire. Pour le ministre « c’est une illusion de penser que le simple ajout de ressources va miraculeusement régler les enjeux ». La réforme se fera donc à moyens constants.

 

Sur la réforme

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La lettre d’Attac – Économie, démocratie, libertés… De vrais débats en vue des élections

Économie, démocratie, libertés… De vrais débats en vue des élections Lettre d’information — 20 septembre 2016

Le 15 septembre, la ville de Belfort a connu une mobilisation exceptionnelle pour soutenir les salarié·e·s d’Alstom dont l’usine est menacée de fermeture. 450 emplois sont concernés et trois fois plus d’emplois indirects. François Hollande, presque futur candidat, a réagi rapidement en indiquant « qu’il fallait se mobiliser pour défendre notre industrie » ! Emmanuel Macron, son enfin ex-ministre, avait pourtant affirmé, en mai dernier qu’il n’y avait aucune menace sur le site. L’État dispose de 20 % des droits de vote et prétend pourtant ne rien savoir de ce que tramait la direction, alors que les indicateurs étaient déjà dans le rouge : faiblesse des commandes publiques, gestion financière qui favorise les actionnaires au détriment de l’investissement, de la recherche et de l’innovation et l’État qui a toujours soutenu ce groupe sans aucune contrepartie.

Les questions posées par ce dossier vont au-delà d’Alstom : quelles politiques publiques en matière de transports ? Quelle implication de l’État pour les secteurs clés utiles à la population ? Quel contrôle sur les investissements publics ? Quelle reconversion liée aux enjeux écologiques et quid du développement du ferroutage ? Tout cela supposerait de mettre un coup d’arrêt aux politiques libérales en œuvre depuis des décennies. Un vrai débat de société pour les échéances électorales à venir !

Actualité

15 octobre : Journée d’actions stop Tafta/Ceta !

lundi 19 septembre 2016, par Attac France

Il y a un peu plus de trois ans (juillet 2013) se déroulait le premier round de négociation du TAFTA. Alors que les lobbys d’affaire, la Commission et les gouvernements des états membres comptaient bien progresser, comme pour CETA, dans l’opacité organisée, la mobilisation citoyenne à travers l’UE et aux États-Unis leur a depuis sérieusement compliqué les choses. Aujourd’hui, TAFTA est enlisé grâce à cette mobilisation citoyenne et à cause du refus actuel des États Unis d’ouvrir leurs marchés publics aux entreprises de droit européen.

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Calais : la droite à la manœuvre et le fantôme de Sangatte

lundi 19 septembre 2016, par Philippe Wannesson

Le gouvernement s’oppose à toute renégociation des accords franco-britanniques et prépare la destruction du bidonville et le déplacement forcé d’environs 10 000 personnes. Il prépare aussi à n’en pas douter un déploiement policier d’envergure pour entraver le retour des personnes déplacées qui ne souhaiteront pas rester en France et repartiront vers Calais, basé sur des contrôles au faciès et des arrestations dans les gares et les trains, et un harcèlement aggravé à Calais. Avec peut-être des expulsions collectives vers des pays comme le Soudan, comme vient de le faire l’Italie, et comme le permettent plus facilement les outils que l’Union européenne est en train de mettre en place (accords de réadmission, laissez-passer européens).

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Bientôt une ZAD entre Lyon et Saint-Etienne contre l’autoroute A45 ?

mardi 20 septembre 2016, par Maxime Combes

Les zadistes vont-ils débarquer contre l’A45 ? Telle est l’inquiétude exprimée par de nombreux médias et commentateurs au lendemain de la mobilisation réussie contre la construction d’une deuxième autoroute, parallèle à la première, entre les deux métropoles de la région. Non-sens économique et climatique, ce projet d’autoroute détruirait des terres agricoles indispensables sans résoudre les problèmes de mobilité dans la région : de quoi susciter une forte mobilisation citoyenne dans les mois à venir.

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Un pamphlet violent et caricatural contre les économistes critiques

lundi 19 septembre 2016, par André Orléan

Deux économistes, Pierre Cahuc et André Zylberberg, viennent de publier un pamphlet d’une rare violence contre les économistes « critiques ». En témoigne le titre de leur ouvrage : Le négationnisme économique et comment s’en débarrasser. La thèse défendue par C&Z est que l’économie est une science exacte, dite « science expérimentale », dont la méthode serait aussi rigoureuse que celle de la médecine ou de la physique. En pratiquant « l’expérimentation » pour tester des remèdes sur des groupes témoins, la science économique obtiendrait des résultats aussi sûrs et incontestables que ceux de la médecine. Tous les économistes qui s’opposent à cette méthode et à ses résultats seraient des « négationnistes », au même titre que celles et ceux qui contestent l’existence des chambres à gaz, ou du réchauffement climatique. Accusation outrancière qui assimile la critique de la pensée économique dominante avec une action délictueuse.

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Campagnes

Renversons le vieux monde !

jeudi 15 septembre 2016, par Attac France

Comme une ambiance de fin de règne, en cette rentrée sociale. On croyait le gouvernement « socialiste » au fond du gouffre : on réalise qu’il est encore capable de s’enfoncer. La mobilisation contre la loi Travail et Nuit debout avaient permis de percer le mur médiatique, et de parler de sujets qui nous touchent toutes et tous au quotidien : des conditions de travail aliénantes, la précarité grandissante, en particulier chez les jeunes, l’absence de perspectives d’avenir, les violences policières…

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Procès Cahuzac : « Juger un homme ne suffit pas, c’est le procès de l’évasion fiscale qu’il faut faire »

mardi 20 septembre 2016, par Fréderic Lemaire

Mercredi 14 septembre, le Parquet national financier a requis la condamnation de Jérôme Cahuzac à trois ans de prison ferme, ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans. Le sort de l’ancien ministre du budget de François Hollande sera fixé le 8 décembre. Quelle que soit son issue, le « feuilleton » Cahuzac aura été un véritable révélateur du climat d’impunité qui règne dans les cercles du pouvoir.

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Le 24 septembre 2016, rejoignez la Journée de la Transition !

vendredi 16 septembre 2016, par Attac France

Cette année encore, Attac participe à la Journée de la Transition. Une journée ou plutôt des Journées, réparties sur tout le territoire et regroupant des mouvements citoyens engagés dans la transition écologique et sociale de notre société.

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Climat : Nicolas Sarkozy, dangereux marchand de doute

En confirmant son virage climato-sceptique sur France 2 jeudi soir dans « l’Emission politique », l’ex-président vient de saper des dizaines d’années de pédagogie et d’information menées par les scientifiques et les ONG.

Devant un parterre de chefs d’entreprise, Nicolas Sarkozy a nié l’origine humaine du réchauffement climatique, considérant qu’il fallait « être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui changions le climat ». Un virage climato-sceptique confirmé sur France 2 jeudi soir dans « l’Emission politique ». N’en déplaise à l’ancien chef de l’État, les systèmes d’observation du climat, déployés aux quatre coins de la planète, ne sont pourtant pas « arrogants ». Avec constance, les satellites, les systèmes de mesure au sol, sur mer, en avion ou en ballon, enregistrent les données essentielles qui permettent de décrire l’évolution du climat. Le constat est clair. Les mesures sont fiables. Indiscutables. « Sans équivoque » et « sans précédent », selon les termes du GIEC, le réchauffement climatique est d’origine anthropique.

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Pétition : le secteur aéronautique doit réduire ses émissions, pas les compenser !

mardi 20 septembre 2016, par Attac France

L’aviation est un des deux seuls secteurs au monde sans objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il est même prévu que ses émissions augmentent de 300 % à 700 % d’ici à 2050 si rien n’est fait. Du 27 septembre au 7 octobre, à Montréal, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a l’intention de repousser à 2027 tout véritable engagement, tout en introduisant de la compensation carbone. Avec de nombreuses autres organisations, nous rejetons cette proposition contradictoire avec l’impératif climatique et nous appelons l’OACI à réduire ses émissions sans tarder et à exclure, comme première étape, tout dispositif de compensation.

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Agenda

Grande soirée Reuilly « Après le Brexit, quel avenir pour le Royaume-Uni et l’Union européenne ? »

Qui ? Attac France
Quand ? Vendredi 23 septembre de 19h00 à 22h30
Où ? Espace Reuilly 21 Rue Antoine-Julien Hénard, 75012 Paris (Métro Mongallet)

Suite au vote des britanniques en faveur du Brexit, Attac organise une grande soirée où invités anglais et français viendront débattre de l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union Européenne dans ce contexte. La parole sera ensuite donnée à chacun, pour échanger par petits groupes sur la thématique et restituer collectivement les réflexions. Alors à vos agenda : le 23 septembre, on vous y attend nombreu.x.ses !

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Festival Images Mouvementées : « La dé-fête du travail »

Qui ? Attac France
Quand ? Du 30 septembre au 2 octobre
Où ? Cinéma 5 Caumartin, à Paris Saint Lazare

Pour sa 14e édition, le festival “Images mouvementées” déménage : direction le cinéma 5 Caumartin, à Paris Saint Lazare, du 30 septembre au 2 octobre !

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Arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive !

Quand ? Du 1er au 2 octobre
Où ? Flamanville

À l’initiative du CRILAN et du Collectif « Stop EPR ni à Penly ni ailleurs », les associations locales et organisations anti-nucléaires de Normandie, de Bretagne et des Pays de Loire se sont regroupées au sein du « Collectif Anti-Nucléaire Ouest » (CAN-Ouest) depuis le 17 janvier 2015, soit actuellement plus d’une vingtaine d’associations et organisations représentées.

Ce collectif appelle à un grand rassemblement les 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville afin de faire renoncer à la mise en service de l’EPR et au rafistolage (appelé officiellement « grand carénage ») des réacteurs arrivant à 30 ans d’âge que ce soit à Flamanville, Paluel, Penly et ailleurs.

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Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016 : « Que résonnent les chants de nos bâtons ! »

Qui ? Attac France
Quand ? Samedi 8 octobre de 10h00 à 18h00
Où ? Notre-Dame-des-Landes

Acculé par les mobilisations massives des 9 janvier et 27 février, le gouvernement a organisé en juin une consultation biaisée. Se croyant forts du résultat de cette mascarade, les pro-aéroport et le premier ministre ont confirmé leur intention de procéder cet automne à l’évacuation et à la destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, de ses cultures, de sa faune et de sa flore, de ses habitats et activités ainsi que des liens entre toutes celles et ceux qui se sont attaché.es à ce bocage. Ces déclarations font fi de la situation juridique du dossier puisqu’entre autres les autorisations de travaux ne sont toujours pas accordées.

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Nicolas Sarkozy, l’immunité de la peur

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Vu du Québec – Bilan du Forum et luttes en cours

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« Et vous, vous serez où en 2016 ? » // Adhérez à Attac !

Attac France — 2016
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LDH Saint-Nazaire – Communiqué sur les fausses rumeurs du FHaine

ldh

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Evaluation des enseignants : le Snes et le Snuipp s’opposent au projet ministériel

Il y a des différences d’argumentation et de ton. Mais le Snuipp Fsu et le trois syndicats Fsu du secondaire (Snes, Snep et Snuep) engagent le fer contre le projet ministériel d’évaluation des enseignants. Un projet lui-même lié à la revalorisation des carrières enseignantes prévue par le protocole PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations).

Méfiance et culture égalitaire

Le Snuipp, premier syndicat du primaire, avait prévenu avant l’été qu’il consulterait les enseignants sur leur évaluation. Le 19 septembre il a publié les résultats de la consultation qui a touché 10 000 professeurs des écoles.

Deux conclusions s’en dégagent. La première c’est la méfiance envers les inspecteurs, ou plutôt l’inspecteur qui , dans le projet ministériel, sera le seul évaluateur des enseignants. La seconde c’est que les professeurs des écoles souhaitent dissocier carrière et évaluation et qu’il tiennent à la même carrière pour tous.

La nouvelle évaluation proposée par le ministère prévoit 4 rendez vous de carrière prévisibles seulement. L’évaluation se fait à l’aide d’une grille nationale, la même pour tous, remplie par l’inspecteur que le Café pédagogique a publié le 16 septembre. Ces 4 rendez vous permettront la promotion d’un tiers des enseignants qui avanceraient plus vite que les autres. Le Se-Unsa , favorable à la réforme, a calculé que les deux premiers rendez vous se traduiraient par un gain de 3000 € pour les heureux élus. On est loin des fortes inégalités du système actuel où certains enseignants sont très rarement inspectés et avancent lentement alors que d’autres caracolent et accumulent les hausses de salaire. Et où les critères d’évaluation sont aussi variables que le lubies des inspecteurs…

C’est sans doute ce qui explique le premier enseignement de l’enquête du Snuipp. Selon elle, huit enseignants sur dix ne sont pas satisfaits du système actuel d’évaluation. Ils demandent de l’aide et de l’accompagnement. Neuf sur dix demandent un meilleur cadrage national des inspecteurs.

Mais une proportion équivalente est aussi hostile à l’idée d’être évaluée par un seul inspecteur. Ils sont aussi contre le « bilan professionnel » que l’enseignant pourrait renseigner avant l’évaluation pour présenter ses activités. Ce bilan est perçu comme une charge de travail supplémentaire, explique le Snuipp.

Ce qui est particulièrement intéressant c’est la dimension égalitaire que les enseignants du primaire veulent donner à leur métier : 53% ne souhaitent pas que l’évaluation soit un moyen pour certains enseignants d’avoir une meilleure carrière. 60% jugent que les compétences de la future grille ne sont pas suffisamment centrées sur le coeur du métier.

Pour le Snuipp,  » L’évaluation doit être déconnectée de la carrière. Il ne doit pas y avoir de mise en concurrence des personnels, mais au contraire une volonté de faire progresser l’école en renforçant le travail en équipe et la confiance dans l’investissement quotidien des enseignants. »

Ramener l’évaluation sur le coeur du métier

C’est maintenant au tour des syndicats Fsu du secondaire, le Snes, le Snep et le Snuep, de lancer une consultation des enseignants sur l’évaluation. Mais dès maintenant, ils reprochent au projet ministériel plusieurs points. Ils insistent sur le fait que l’évaluation devrait se cantonner à l’acte d’enseignement, alors que la grille envisage toutes les dimensions du métier.  » Le ministère met en place une grille de compétences qui risque de détourner l’évaluation du cœur du métier, les problématiques d’apprentissage », écrivent-ils.  » Elle doit être revue afin de centrer l’évaluation sur l’essentiel : la relation didactique et pédagogique du professeur avec ses élèves au cours de l’enseignement ». Et c’est cette idée qui fait condamner le bilan profesionnel accusé de  » survaloriser les activités périphériques à l’acte d’enseignement. Cet exercice, formel et étranger à la culture professionnelle des enseignants, ne permettrait pas d’évaluer la réalité du travail enseignant ».

Interrogée par le Café pédagogique, Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe, explique que les activités autres que l’enseignement dépendent des équipes et que l’enseignant ne choisit pas son équipe. Les enseignants auraient du mal à écrire le bilan professionnel et à décrire leurs activités.

Un calendrier qui impose une décision rapide

En multipliant les consultations les syndicats prennent le risque de retarder la mise en place de la revalorisation liée à l’accord PPCR. Or cet accord prévoit une nette revalorisation des carrières pour hisser les enseignants français dans la moyenne de l’OCDE dont ils sont aujourd’hui éloignés. Les gains du PPCR sont plus importants pour les enseignants du primaire que du secondaire et pour les enseignants en milieu de carrière. Pour le gouvernement, retarder le PPCR c’est aussi perdre le gain électoral d’une revalorisation très attendue. Le temps ne joue pas pour le compromis… En septembre 2015, Manuel Valls avait annoncé que l’accord PPCR Fonction publique serait appliqué même s’il n’était pas signé par une majorité de syndicats de la fonction publique.

Communiqué Snuipp

Communiqué Snes

La nouvelle évaluation

Les documents de travail du ministère

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Communiqué – Construction de nouvelles prisons : une politique qui mène droit dans le mur

Communiqué de presse
Construction de nouvelles prisons :
une politique qui mène droit dans le mur


Paris, le 19 septembre 2016

69 375 : c’est le nombre de personnes qui étaient détenues dans les prisons en juillet dernier, la France atteignant ainsi des taux de détention inégalés depuis le 19e siècle. Contraignant 3 à 4 personnes à partager des cellules de 9m2 en maison d’arrêt et autour de 1 500 personnes à dormir chaque nuit sur des matelas posés au sol. Au mépris du principe de l’encellulement individuel et de la dignité des personnes, près de 15 000 personnes sont en « surnombre » et une quarantaine de maisons d’arrêt connaissent un taux d’occupation de plus de 150 %.

Pour y remédier, le gouvernement annonce la construction de 10 000 nouvelles places de prison pour l’horizon 2024. Une réponse ambitieuse et audacieuse ? Non, une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité et que les gouvernements successifs continuent pourtant de nous servir comme la seule solution pragmatique… restant sourds aux résultats de nombreuses études et statistiques qui la pointent au contraire comme inopérante, que ce soit pour endiguer la surpopulation carcérale ou pour réduire la récidive.

Que disent les chiffres ? Que depuis 25 ans, près de 30 000 places de prison ont été construites, un effort immobilier inédit entraînant une hausse de 60 % du parc pénitentiaire. Sans effet cependant sur la surpopulation car dans le même temps, le pays a emprisonné toujours plus et de plus en plus longtemps, sous le coup de politiques pénales essentiellement répressives. Des politiques qui seraient rendues nécessaires par une insécurité grandissante, entend-on dire. Une idée reçue là aussi démentie par la réalité, le taux de criminalité étant globalement stable, les homicides et violences sexuelles ayant même diminué ces dernières années. En France comme ailleurs, la courbe du nombre de personnes détenues n’est pas tant liée à celle de la délinquance qu’aux choix de politiques pénales des gouvernants. Des politiques qui se sont concrétisées dans notre pays par l’allongement de la durée moyenne de détention et par une incarcération massive pour des petits délits, avec une augmentation de plus  de 33 % du nombre de détenus condamnés à des peines de moins d’un an de prison en cinq ans.

Surtout, construire plus de prisons, ce n’est pas mieux protéger la société. Au contraire. La prison produit ce qu’elle entend combattre : elle aggrave l’ensemble des facteurs de délinquance en fragilisant les liens familiaux, sociaux ou professionnels, favorise les fréquentations criminogènes, et n’offre qu’une prise en charge lacunaire – voire inexistante – face aux nombreuses problématiques rencontrées par la population carcérale en matière d’addiction, de troubles psychiatriques, d’éducation, de logement, d’emploi, etc. Conséquence : 61 % des personnes condamnées à une peine de prison ferme sont réincarcérées dans les cinq ans. Des chiffres qui tombent à  34 et 32 % pour une peine alternative à la prison comme le travail d’intérêt général ou le sursis avec mise à l’épreuve. Tandis que les moyens manquent cruellement aux personnels et aux structures qui assurent l’accompagnement socio-éducatif et l’hébergement des sortants de prisons et personnes condamnées en milieu ouvert, le gouvernement prévoit d’injecter trois milliards d’euros supplémentaires aux cinq milliards déjà engloutis dans l’accroissement et la sécurisation du parc pénitentiaire en une décennie.

Où s’arrêtera cette fuite en avant carcérale ?

A l’heure où plusieurs de nos voisins européens ferment des prisons, où les Etats-Unis réalisent que l’incarcération de masse les a menés dans une impasse coûteuse et inefficace, la France, elle, fait le choix d’une continuité aux coûts économiques, sociaux et humains exorbitants. Pour lutter efficacement contre l’inflation de la population pénale et carcérale, c’est d’une politique pénale humaniste, ambitieuse et audacieuse, visant à investir massivement dans la prévention, l’accompagnement et le suivi en milieu ouvert, dont notre société a besoin.

Organisations signataires :

  • Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France)
  • Association national des juges de l’application des peines (ANJAP)
  • Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP)
  • Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D)
  • Ban Public
  • CASP-ARAPEJ (Centre d’action sociale protestant – Association réflexion action prison et justice)
  • CGT-Insertion Probation
  • Citoyens et Justice
  • Emmaüs-France
  • Genepi
  • Ligue des droits de l’homme (LDH)
  • Observatoire international des prisons, section-française (OIP-SF)
  • Prison Insider
  • Secours catholique
  • Syndicat des Avocats de France (SAF)
  • SNEPAP-FSU
  • Socapsyleg
  • Syndicat de la magistrature (SM)

—————————————

138 rue Marcadet – 75018 Paris

Tél. 01 56 55 51 00 – Fax : 01 42 55 51 21

ldh@ldh-france.org – www.ldh-france.org

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N Vallaud-Belkacem souhaite étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans

Intervenant le 17 septembre à l’Université PS de l’engagement, la ministre de l’éducation nationale a partagé son souhait d’étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. Ainsi se dévoile petit à petit ce qui pourrait devenir le programme éducation du PS en 2017.

Pourquoi allonger la scolarité obligatoire ?

Comment construire un programme ? A coup d’essais et de petites phrases qui annoncent des argumentaires plus sérieux. Le 17 septembre, dans le cadre de « l’Université de l’engagement » du PS, tenue à Lomme (59), la ministre de l’éducation nationale a déclaré :  » Pour aller plus loin sur l’Éducation, je proposerai d’étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ».

Cette déclaration fait suite aux propos de F Hollande pour une réforme du lycée, puis sur l’innovation pédagogique, ainsi qu’à ceux de N Vallaud Belkacem sur la mixité sociale dans les établissement scolaires.

Pourquoi allonger la scolarité obligatoire ? En 2012, interrogé par le Café pédagogique, Vincent Peillon avait écarté cette possibilité. « L’allongement de la scolarité obligatoire, c’est une belle perspective », nous avait-il dit. « Mais rien ne sert de se fixer des objectifs, même s’ils sont louables, si l’on sait qu’on ne les atteindra pas. Aujourd’hui, l’enjeu, c’est de réduire drastiquement le nombre de sorties sans qualification et de garantir qu’aucun jeune ne reste sans solution. Commençons par le commencement : réglons la question des élèves qui, dès le CP, sont en difficulté puis en exclusion. Luttons contre le décrochage ».

Une mesure difficile

Certes il est aisé de repousser à l’âge de 3 ans le début de la scolarité obligatoire. A cet âge, selon la Depp, 98% des enfants sont déjà scolarisés alors que l’école n’est pas obligatoire. Ce serait bien différent si la scolarité obligatoire était avancée à 2 ans.

Par contre à l’âge de 18 ans c’est très différent. Seulement 77% d’une génération est scolarisé. A 17 ans c’est 92%. Etendre la scolarité à 18 ans c’est donc accueillir 180 000 jeunes supplémentaires ce qui ne peut pas s’improviser.

Parmi ces 180 000 jeunes, entre 110 000 et 140 000 ont décroché de l’Ecole sans diplôme et les faire revenir dans l’univers scolaire ne sera pas une mince affaire.

Sur son blog, Claude Lelièvre évoque aussi les réticences dans l’éducation nationale où une majorité d’enseignants pourrait être hostile à cette mesure. Il lie d’ailleurs cette annonce au discours de F Hollande demandant la réforme du lycée et la hausse du nombre d’étudiants dans le supérieur.

C’est évidemment dans les milieux populaires qu’il faudrait recruter ces étudiants supplémentaires. Ce qui implique une adaptation des enseignements en lycée, autrement dit une réforme.

Reprendre une revendication du Snes

Fixer cet objectif a un autre avantage pour le ministère. La scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans est une revendication historique du Snes. En la reprenant, la ministre pourrait améliorer ses relations, très en froid depuis la réforme du collège, avec ce syndicat.

Mais « tout dépend de ce que veut dire la ministre », nous a dit Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du Snes.  » Si elle entend par là inscrire des jeunes en CFA ou dans des formation professionnelles proposées par les régions,  ce n’est pas de la scolarisation. Pour nous la scolarisation c’es faire sortir tous les jeunes des trois branches du lycée. Si la ministre est d’accord avec cela, nous lui disons « chiche ! « .

La déclaration ministérielle

Hollande sur le lycée

Hollande sur l’innovation

Peillon en 2012

C Lelievre

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Collège : le Snes enquête

« Les EPI et l’AP sont-ils mis en place au détriment des dispositifs précédents ? » C’est une des questions posées par le questionnaire collège proposé par le Snes. Il demande aussi si les emplois du temps ont été touchés négativement par la réforme, comment ont évolué les moyens et les postes.

 

L’enquête

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« Vendredis de la colère » pour les personnels de direction

Alors que le Snpden s’apprête à lancer ses manifestants le 21 septembre, ID FO , autre syndicat de personnels de direction, lance les « vendredis de la colère ». Il invite les chefs d’établissement à ne plus participer à des réunions et ne plus répondre au téléphone le vendredi.  » L’objectif est d’informer sur les raisons de notre colère, de sensibiliser les enseignants, les élèves, les parents, la presse et l’opinion publique sur la réalité de nos conditions de travail », explique ID FO. Le syndicat demande  » une véritable gestion des ressources humaines » et  » une reconnaissance morale et matérielle » alors que vont se clore les négociations avec le ministère dans le cadre du PPCR.

 

Communiqué

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Le timide projet de réforme de l’évaluation des enseignants,LE MONDE

Un inspecteur assis au fond de la classe, qui observe un cours. A l’autre bout, un professeur stressé, qui tente de donner le meilleur de lui-même. A la clef, une note, qui déterminera l’augmentation de salaire. Le vieil édifice sur lequel repose l’évaluation des enseignants a-t-il vécu ? Au ministère de l’éducation nationale, le sujet est sur la table. Depuis juin, des discussions avec les syndicats suivent leur cours. Un projet de réforme, dont Le Monde a pris connaissance, leur a été présenté les 14 et 15 septembre, pour une application en 2017.

Le ministère réveille là un dossier sensible, prompt à mettre les enseignants dans la rue. La dernière tentative de réforme en 2011, sous la droite – qui faisait endosser au chef d’établissement le rôle d’évaluateur à la place de l’inspecteur –, avait soulevé un tollé. Adoptée in extremis en mai 2012, elle avait été abrogée aussitôt par la gauche au pouvoir. Cette fois, rien d’explosif ne transparaît dans cette réforme en gestation. Rien de révolutionnaire non plus, même si les changements qu’elle induit viennent amorcer des évolutions de fonds.

Dans l’esprit, la réforme vise à changer la nature de l’évaluation, pour qu’elle serve davantage à accompagner les professeurs qu’à distribuer des bons ou des mauvais points. Le but, en somme, est de passer d’une gestion très administrative des carrières – souvent perçue comme infantilisante –, à « une véritable politique de développement des compétences et de gestion des ressources humaines », avait déclaré, en juin, la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, en préambule des négociations sur le sujet.

Surpréparation pour les inspections

Pour l’heure, les professeurs sont notés, tout comme leurs élèves. A l’issue de sa visite en classe, qui a lieu en moyenne tous les cinq ans, l’inspecteur leur attribue une note pédagogique. Au collège et au lycée, elle est couplée d’une note administrative, d’un poids moindre, donnée annuellement par le chef d’établissement. De cette double notation dépend l’avancement des enseignants, qui gravissent plus ou moins vite les échelons de la grille salariale.

« Le fait que l’inspection débouche sur un jugement et une note dont dépendra l’avancement dans la carrière conduit les enseignants à tenter de donner la meilleure image possible d’eux à l’inspecteur, explique le sociologue Xavier Albanel, spécialiste du sujet. La plupart vont surpréparer le cours et déployer un maximum d’énergie pendant la leçon. Mais dans le même temps, ils vont taire leurs difficultés et se priver ainsi d’une occasion d’être aidés. »

Dans le nouveau système, l’inspecteur changerait de casquette : sans promotion à la clef, il pourrait rendre visite à un enseignant ou à une équipe – par exemple, pour aider à la mise en place d’un projet ou de nouvelles pratiques –, à la demande des enseignants ou de sa propre initiative. Reste à savoir si la théorie sera suivie des faits : les inspecteurs auront-ils le temps de faire ces visites ? Les enseignants oseront-ils faire appel à eux ? « Surtout, l’objectif de mieux accompagner les professeurs ne sera pas atteint si la formation continue reste exsangue », prévient Xavier Marand, du syndicat SNES-FSU, majoritaire dans le secondaire.

Par ailleurs, le projet maintient une part de « salaire au mérite ». A quatre moments clefs de leur parcours, les enseignants auraient des « rendez-vous de carrière » – une inspection en classe, suivie d’un entretien avec l’inspecteur puis avec le chef d’établissement –, au cours desquels ils pourraient bénéficier d’une promotion.

Lors deux premiers rendez-vous, après sept ans et treize ans d’ancienneté, les plus « méritants » verraient leur carrière accélérer d’une année. Le 3e rendez-vous, après vingt ans, pourrait permettre d’accéder plus vite au grade de la « hors-classe » ; le 4e, en fin de carrière, d’atteindre un nouveau grade, la « classe exceptionnelle », ouverte en priorité à ceux qui ont travaillé en éducation prioritaire ou exercé des responsabilités (formateur, directeur d’école, conseiller pédagogique…) pendant au moins huit ans.

Plus de notes, mais des appréciations

« Le nouveau système sera plus équitable, estime Christian Chevalier, du syndicat des enseignants de l’UNSA. Actuellement, il n’y a aucune régularité dans le rythme des inspections : certains sont inspectés tous les trois ans, d’autres tous les quinze ans, ce qui est source d’injustices dans l’évolution des carrièresLà, les choses sont claires : on sait à quel moment tombe l’inspection, et tout le monde y passe. »

Le nouveau système se veut aussi moins opaque, puisque des critères nationaux, qui n’existaient pas jusqu’à présent, seraient définis. Dans une grille qui comprendrait onze critères, l’inspecteur évaluerait la « maîtrise des savoirs disciplinaires et leur didactique », la capacité à « prendre en compte la diversité des élèves », à mesurer leurs progrès… Le chef d’établissement jugerait, lui, la capacité du professeur à « coopérer au sein d’une équipe » ou avec les parents. Dans la grille, pas de notes, mais des appréciations, allant de« à consolider » à « excellent ».

Lors de ces rendez-vous, l’enseignant aurait son mot à dire. Il lui serait demandé de remplir un bilan professionnel pour parler de son parcours, sa pédagogie, son implication dans la vie de l’établissement, ses souhaits d’évolution professionnelle. « Ce bilan, ce sera le plaidoyer de l’enseignant, estime Frédéric Sève, du SGEN-CFDT. Jusqu’à présent, il n’avait pas le droit à la parole. On lui ouvre un espace pour parler de ce qu’il fait, y compris de ses activités invisibles, qui passent hors des radars de sa hiérarchie. »

2011 est dans toutes les têtes

La réforme semble, somme toute, assez tranquille, car elle ne franchit pas la « ligne interdite » défendue par le SNES-FSU : le rôle de l’inspecteur, jugé légitime pour évaluer les enseignants, reste prépondérant par rapport à celui du chef d’établissement. Il n’en reste pas moins qu’elle fait des déçus. « Ce que nous contestons, c’est la part d’évolution de carrière au mérite. Nous souhaitons que chacun avance au même rythme », déplore Xavier Marand, du SNES. « C’est un rendez-vous raté, regrette de son côté Francette Popineau, du SNUipp-FSU, majoritaire au primaire. Quel dommage que l’évaluation reste connectée à un tri des enseignants entre les soi-disant méritants et non méritants ! La carotte, ce n’est pas ce qui fait progresser… »

Toujours est-il que l’épisode de 2011 est dans toutes les têtes. A sept mois de l’élection présidentielle, la question est aussi de jouer, ou non, tactique : faut-il accepter, maintenant, une réforme par défaut, ou bien prendre le risque de voir ressurgir, dans une prochaine mandature, une réforme qui serait jugée pire ?


             Aurélie Collas

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Défendre la ZAD : mobilisation nationale et formations

Au début de l’été, vous vous étiez mobilisé.e, aux côtés de milliers d’autres, pour défendre la ZAD de Notre Dame des Landes. Il n’y a en effet pas de place pour cet aéroport dans un futur préservé du chaos climatique. Mais, en cette rentrée,  nous devons réaffirmer notre détermination à faire front contre le projet d’aéroport et son monde.

Les envolées lyriques de la COP21 sont en effet bel et bien derrière nous. Les travaux sont censés commencer à l’automne. Le ministère de l’intérieur et la préfecture de Loire-Atlantique sont en train de planifier l’expulsion des occupant.e.s de la ZAD, qui pourrait débuter dans les prochaines semaines.

Nous devons donc agir, pour contraindre le gouvernement à respecter les engagements pris à l’issue de la COP21. Plusieurs échéances sont d’ores et déjà au programme de cette rentrée.

Le 8 octobre : mobilisation nationale

L’ensemble du mouvement d’opposition au projet d’aéroport organise une journée nationale de mobilisation, à Notre Dame des Landes, pour manifester massivement notre opposition à toute agression contre la ZAD. Il s’agira d’une journée de manifestation, mais aussi de construction et de fête. Chacun.e d’entre vous est invité.e à venir avec un bâton, qui nous permettra de faire résonner notre détermination. Nous participerons également à la construction d’un hangar (dont les diféérents éléments ont été fabriqués tout l’été) qui servira de base arrière en cas de tentative d’expulsion.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur les sites acipa-ndl.fr et zad.nadir.org et vous inscrire à la lettre d’information de l’ACIPA.
D’ici au 8 octobre : des formations pour défendre la ZAD

Depuis le début du mois, chaque week-end, la ZAD accueille chaque fin de semaine des formations pour se préparer à résister aux expulsions : travail en binômes, en groupes affinitaires, connaissance juridiques, découverte de la ZAD, explorations d’idées créatives d’action à appliquer partout en France.
Vous pouvez en trouver une rapide présentation dans la vidéo ci-dessous !

Pour en savoir plus sur ces formations, rendez-vous sur la page dédiée aux formations du site zad.nadir.org.

Des formations similaires se déroulent ailleurs en France. Trouvez la plus proche de chez vous sur le site du collectif Diffraction.

Pour préparer votre participation à la manifestation du 8 octobre :

Si vous souhaitez organiser votre venue à Notre Dame des Landes le 8 octobre, vous pouvez trouver un bus ou un covoiturage au départ de toute la France ici. Vous pouvez également vous mettre en relation avec le comité local le plus proche de chez vous.

Que nos bâtons résonnent de mille et un chants !

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Web-lettre de L’École Émancipée


Web-Lettre envoyée le dimanche 18 septembre 2016

Voici les articles publiés sur le site L’École Émancipée depuis 3 semaines

Garder le fil d’un syndicalisme de lutte

9 septembre 2016

Contribution de l’Ecole Emancipée pour le vote interne du SNUipp-FSU du 14 septembre au 12 octobre Après cinq ans au pouvoir de François Hollande, le bilan est sans appel. Assumant pleinement une politique libérale et austéritaire, ses gouvernements ont multiplié les cadeaux aux entreprises et aux (…)

L’École Émancipée : Kesako ?

5 septembre 2016

Bulletin d’adhésion et bordereau d’abonnement à la revue à télécharger au format PDF en bas de l’article. Possibilité également de s’abonner et d’adhérer en ligne. Une tendance de la FSU L’École Émancipée est une tendance qui a fait le choix de construire la FSU où le droit de tendance est reconnu. Les (…)

Lettre du GD 01 42 69 : septembre 2016

4 septembre 2016

Grève nationale du 8 septembre : Pour une autre réforme de l’École ! Évaluation : vers une carrière au mérite ? Ce que masque le PPCR… Sécurité à l’École : une façon de nous enfermer dans l’anxiété ? Formation des maîtres : une avancée historique lors du congrès du SNUIPP. La loi Travail nous concerne tou-tes. (…)

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Salaire à Vie : Bernard Friot le 24 Septembre à Chalonnes sur Loire

Journée d’automne… de réflexion et de débats

Emploi, chômage, salaire :

Faut-il faire de la lutte contre le chômage notre priorité ?

Avec Bernard Friot, sociologue et économiste

Samedi 24 septembre, de 10h à 17h30

Au Lenincafé (La Basse Ile, Chalonnes-sur-Loire)

Programme de la journée :

* 9h30 : Accueil des participants

* 10h-12h : conférence de Bernard Friot : « Pas de lutte contre le chômage sans une mobilisation pour un statut politique du producteur ».

* 12h-14h : repas sur place, 2 possibilités : 1) pique-nique préparé par vous-même ; 2) repas préparé par le Lénincafé, auquel cas ne pas oublier d’envoyer votre bulletin d’inscription à l’adresse mail ci-dessous, prévoir une participation financière de 15€ (date limite d’envoi de vos réponses : mardi 20 septembre).

* 14h-15h30 : travail en ateliers (sous réserve du nombre de participants) à partir de questions formulées le matin.

* 15h30-16h : pause

* 16h-17h30 : mise en commun et clôture avec Bernard Friot

* Soirée : possibilité de terminer la journée en beauté avec le concert du samedi soir programmé par le Lenincafé (pour info : apéro-dîner-concert : 25€)

Participation aux frais libre.

Inscription pour la journée du 24 septembre au Lenincafé
A renvoyer à : espacesmarx49@gmail.com
Ou bien par voie postale : Jean-Paul Plassard, 17 rue Sarret Terrasse, 49100 Angers
NOM – PRENOM :
ADRESSE MAIL :
NOMBRE DE REPAS PRIS SUR PLACE :

Salutations Libres & Dignes

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