Blanquer : CP dédoublés et avenir des maitres +

Dans un entretien accordé à La Voix du Nord le 26 juin, Jean Michel Blanquer détaille son programme pour les CP. Le ministre promet de respecter l’approche « plus de maitres ». Des propos qui semblent bien infirmés sur le terrain.

 » Sur 4000 créations de postes, nous en consacrons 2500 en dédoublement des CP en REP+ », déclare JM Blanquer dans La Voix du nord le 26 juin. « Il ne faut pas considérer qu’on déshabille Pierre pour habiller Paul. Nous sommes capables de concentrer nos efforts sur ces moments décisifs. Il a été démontré qu’un euro dépensé par la puissance publique dans ces premières années d’école, c’est huit euros économisés dans le futur. C’est de la bonne gestion que de savoir concentrer les moyens là où c’est efficace, au service des enfants ».

Interrogé sur le devenir des maitres +, le ministre répond : « Nous continuerons à mettre en oeuvre ce plan, avec moins de professeurs dédiés. L’esprit initial de “plus de maîtres que de classes”, était de concentrer les professeurs en CP et CE1. Nous respectons cette approche. Nous faisons coexister les deux dispositifs pour pouvoir les évaluer et avancer. Jusqu’à présent les études nationales et internationales ont montré une efficacité des dispositifs de dédoublement. En revanche les dispositifs comparables à “plus de maîtres que de classes” n’ont pour l’instant pas fait preuve de leur efficacité. Mais nous allons évaluer ces dispositifs. »

Le nombre de postes nécessaire aux dédoublements des CP de Rep+ à la rentrée correspond à peu près aux 2500 postes mentionnés par le ministre. Mais, sur le terrain ce qui se met va plus loin que les propos ministériels. Dans plusieurs départements les postes de maitres + en Rep+ sont supprimés et les enseignants affectés en CP.

Ainsi dans le département du Nord, où JM Blanquer est venu remettre les Fables le 26 juin , 202 classes de CP supplémentaires sont à créer du fait du dédoublement, selon le Snuipp. En fait 95 seront dédoublées et 107 fonctionneront en co intervention par manque de locaux, principalement sur Lille Roubaix Tourcoing. 130 maitres surnuméraires sont déployés dans les classes de CP. 102 changent d’école.

Le 31 mai, Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp, soulignait déjà dans le Café pédagogique, le double discours de JM Blanquer.  » Il y a une inadéquation entre le discours tenu et les réalités du terrain », disait-elle.  » Clairement sur le terrain les dasen sont en train de récupérer les postes de maitres + et les réserves pour créer les 2200 dédoublements de CP annoncés… Il va falloir un vrai dialogue social pas déconnecté de la réalité ».

Dans La Voix du Nord

Snuipp 59

Poster un commentaire

Lecture : le SNPI craint « le retour des querelles idéologiques »

« S’il s’agit d’affirmer que bien lire, bien écrire, bien compter sont indispensables, nul doute que nous pouvons être facilement d’accord. Mais était-il nécessaire d’engager cette perspective dans l’éternelle querelle sur le primat de la maîtrise du code », interroge le Snpi Fsu, syndicat des inspecteurs du primaire.  « Développerons-nous la compétence professionnelle des enseignants dans l’alternance de politiques qui voudront, tour à tour, privilégier ou relativiser l’importance respective des acquisitions instrumentales et de la construction du sens? »

Cette prise de position intervient à la suite d’un séminaire organisé à Poitiers le 22 juin auquel les IEN ont été invités par le ministre. JM Blanquer et S Dehaene y sont intervenus sur les pratiques les plus efficaces pour l’apprentissage de la lecture. JM Blanquer était directeur adjoint du cabinet de G de Robien au moment où celui-ci a lancé une grande polémique sur la méthode syllabique.

« Puisqu’il s’agit, pour notre ministre, de tirer bénéfice de la recherche scientifique, revenons aux enseignements de la conférence de consensus de 2016 (CNESCO – IFE) qui affirmait l’importance conjointe de la maîtrise du code et du développement de la compréhension », pour suit le Snpi. « La complexité de l’apprentissage de la lecture ne peut conduire à chercher des appuis dans le seul champ de la psychologie cognitive ».

« Si nous voulons améliorer qualitativement le service public d’éducation et tout particulièrement dans la perspective d’une démocratisation des savoirs, il faut y consacrer les moyens nécessaires qui donneront à l’ensemble des enseignants la possibilité de développer en permanence leurs compétences. A défaut d’un tel choix, nous allons à nouveau connaître une période de querelles idéologiques sur la lecture où l’annonce d’un prétendu recentrage sur les fondamentaux sera préférée à l’engagement d’une véritable volonté de formation. Nous doutons que ce soit, du point de vue d’un pragmatisme régulièrement invoqué, la meilleure stratégie pour garantir la réussite de tous ».

Snpi

Blanquer : Un revenant

Poster un commentaire

Les devoirs c’est vraiment efficace ?

Alors que JM Blanquer annonce la mise en place rapide du dispositif « devoirs faits », qui devrait accueillir au collège les élèves dans des études du soir, l’OCDE publie une intéressante étude sur le temps de travail des collégiens. Si l’on en croit l’OCDE, il n’y a pas de lien mathématique entre le temps passé au travail scolaire et le niveau obtenu. Et cela dépend en grande partie du temps consacré aux travaux d’après la classe. Pour l’OCDE ce n’est pas hors de la classe que l’on peut améliorer les résultats scolaires…

La solution « Devoirs faits »

« Oui, les devoirs, c’est important. On a besoin de faire des exercices, d’apprendre des choses par cœur… Bref, d’avoir un travail individuel autonome ». Sur RTL, le 30 mai, JM Blanquer, nouveau ministre de l’éducation nationale, annonce le dispositif « Devoirs faits ». L’année prochaine les collèges proposeront aux élèves volontaires un temps d’étude pour faire les devoirs présentés parle ministre comme « importants ».

Mais est-ce si sur ? Le 7 juin, le Café pédagogique citait P Rayou.  » Il ne semble pas que les devoirs soient utiles aux élèves qui ont le plus besoin de compléter des apprentissages qui n’ont pas été convenablement mis en place pendant les séquences de cours », écrivait-il. « Beaucoup des élèves que nous avons vus, notamment dans des aides aux devoirs, s’acquittent très scrupuleusement de leur tâche, mais si leurs difficultés d’apprentissage au cœur de la classe, au milieu de leurs pairs, persistent, ils peuvent finir par penser qu’ils sont « nuls ». Ils se débarrassent alors de ce qui ne constitue plus qu’un pensum, voire ne font plus leur travail. Ce qui ne fait en effet que creuser les inégalités d’apprentissage ».

De forts écarts de temps scolaire selon les pays

Dans un nouveau numéro de Pisa à la loupe, l’OCDE apporte un nouvel éclairage sur cette question. L’organisation a demandé aux collégiens ou parfois jeunes lycéens (élèves âgés de 15 ans) quel était leur temps de cours et quel était leur temps de travail hebdomadaire après les cours.

Le tout cumulé se chiffre à environ 44 heures de travail scolaire hebdomadaire en  moyenne. Mais cela va de 36 (Finlande) à 58h (Emirats arabes unis) , en grande partie en raison de la durée variable des travaux scolaires à la maison.

Dans les Emirats arabes unis, en Chine, en Tunisie, en Thaïlande, en Corée, les jeunes passent presque tout leur temps disponible à étudier. A l’autre extrémité, les Finlandais, les Allemands, les Suisses , les Uruguayens passent peu de temps au travail scolaire, en grande partie  parce que le travail à la maison est beaucoup moins long. La France est dans une position un peu inférieure à la moyenne Ocde.

Pas de lien entre temps scolaire et niveau

Quels pays obtiennent les meilleurs résultats ?  D’après l’OCDE  il n’y a pas de lien entre le temps de travail scolaire global et le niveau atteint.

Ainsi dans les pays ayant le plus fort niveau on va trouver Singapour, où les élèves consacrent plus de 50 heures par semaine au travail scolaire, ou le Canada mais aussi tout le bloc des dilettantes, Finlande en tête, où on retrouve l’Allemagne, le Japon, les Pays Bas, la Nouvelle Zélande…

Travailler après les cours est peu efficace

Comment expliquer cela ? L’OCDE s’est attaché à calculer l’efficacité du travail scolaire après les cours. Pour l’organisation, elle n’a rien d’évident. L’organisation calcule même que plus il est long moins il est efficace. Pour chaque heure de devoirs en plus le score baisse de 20%.

La conclusion de l’Ocde ne surprendra pas les enseignants, mais peut-être les ministres… « Etudier et apprendre après l’école peut être inéquitable .. Ca peut aussi être la façon la moins efficace d’atteindre le niveau attendu. Pour aider les élèves, il faut redoubler d’efforts pour que le temps scolaire soit productif ».  C’est dans la salle de classe qu’il faut améliorer les conditions d’enseignement. Mais c’est plus couteux que des retraités ou des jeunes du service civique après l’école…

Pisa in focus

Rayou

Blanquer sur RTL

Poster un commentaire

Turquie : la théorie de l’évolution ne sera plus enseignée

Présentée comme « controversée » et « trop compliquée » par le ministre turc de l’éducation, la théorie de l’évolution ne sera plus enseignée en Turquie. Le chapitre de 3ème qui la présentait sera retiré des programmes a annoncé le 23 juin le ministre turc, A. Durmus, selon le Guardian. Le ministre a aussi annoncé une diminution du temps consacré à l’étude d’Ataturk, le fondateur de la laïcité en Turquie et une augmentation des heures consacrées à l’étude de la religion.

 

Dans le Guardian

Poster un commentaire

Primaire : la grève continue dans deux départements le 26 juin

 » Alléger les effectifs des CP en REP+, c’est nécessaire. Mais ça l’est tout autant dans les autres classes, en REP+, comme en REP ou hors éducation prioritaire. » Le snuipp soutient des mouvements départementaux qui font suite à la suppression des postes de maitres surnuméraires (« maitres + ») pour permettre l’application du dédoublement des classes de Cp à la rentrée 2017.

Le 23 juin 4 départements appelaient à la grève, la Seine Saint Denis, le Rhône, le Var et le Vaucluse avec aussi le soutien de Sud et FO. Dans le 93, une quarantaine d’écoles étaient fermées. Le 26 juin ce sont le Tarn et Garonne et la Seine et Marne qui prennent le relais. Dans tous ces départements selon le syndicat les postes de maitres + en Rep+ sont réaffectés en CP. Souvent cela ne suffit pas et des remplaçants sont aussi nommés en CP ou des ouvertures de classe annulées. Il faut se serrer dans les autres niveaux pour assurer les Cp à 12…

Communiqué Snuipp

Le Snuipp en grève dans plusieurs départements

Poster un commentaire

Primaire : 600 postes non pourvus aux concours de CRPE

Les résultats aux concours de professeurs des écoles de plusieurs académies sont sortis. A Versailles comme à Créteil, cette année encore tous les postes n’ont pas été pourvus. 600 professeurs manqueront à la rentrée.

Selon les résultats des académies de Créteil et Versailles, 564 postes d’enseignants ne sont pas pourvus à la rentrée 2017. Sur les 1600 postes proposés aux concours externes, seulement 1110 ont été pourvus à Créteil. Il manque donc 490 enseignants. A Versailles, le déficit est de 74 postes sur les 1470 qui étaient proposés.

Ce déficit est globalement moins important qu’en 2016 où il avait atteint 665 postes. La situation est meilleure à Versailles où on comptait deux fois plus de postes non pourvus en 2016. Mais elle s’est aggravée sur Créteil : en 2016, 424 postes n’avaient pas été couverts.

Ces deux académies sont celles qui créent le plus de postes. Ce sont aussi des académies où le nombre de candidats est limité par la composition sociale et scolaire de la population. Enfin ce sont les académies qui ont les seuils d’admission les plus bas de métropole : en dessous de 8 en 2016.

Résultats Versailles Créteil

Les poste smis aux concours en 2017

Les résultats de 2016

Notre analyse des résultats des concours 2016

Poster un commentaire

Communiqué LDH : « En Marche », mais pas pour mettre fin à l’état d’urgence ni renoncer aux lois sécuritaires !

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Se plaçant dans le sillage de la politique sécuritaire des pouvoirs publics précédents, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres, le jeudi 22 juin 2017, deux projets de lois attentatoires aux droits et libertés. Les préfets garderont seuls jusqu’au 1er novembre leurs pouvoirs exorbitants, sans juge pour prévenir les détournements constatés, notamment contre les mouvements sociaux.

Le premier tend à la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre 2017 et aura pour effet de placer, pour la sixième fois, la France sous ce régime d’exception, pour une durée totale inédite de presque deux ans alors que ses conditions légales sont loin d’être réunies et que des rapports parlementaires ont démontré son inefficacité dans la lutte contre le terrorisme. La France demeurera ainsi seule, avec l’Ukraine et la Turquie, à subir ce droit d’exception, dont l’application a conduit à des abus, à des dérives et à une stigmatisation d’une partie de la population.

Le second, supposé nécessaire pour sortir de l’état d’urgence, introduit dans le Code de la sécurité intérieure, après les lois des 3 juin et 21 juillet 2016, des dispositions qui accroissent considérablement les pouvoirs de police administrative du ministre de l’Intérieur et des préfets, et qui sont inspirées, même si elles ne sont pas transposées, par l’état d’urgence (périmètre de sécurité imposant à tous des contrôles d’identité, palpations de sécurité, inspections visuelles et fouilles des bagages, visites des véhicules, mesures individuelles de surveillance à l’égard de personnes présumées suspectes de lien avec le terrorisme comportant des restrictions de libertés, perquisitions de jour et de nuit, saisies de données informatiques…).

La LDH condamne cette fuite en avant des pouvoirs publics, qui, se réfugient dans l’élaboration d’une nouvelle loi sans même avoir pris le temps de procéder à une évaluation pertinente des législations antérieures, et sans non plus s’interroger sur l’efficacité réelle de l’action des services de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Se crée ainsi un véritable droit d’exception sans cesse renforcé qui ampute, sans retour possible, les droits et libertés de chacun, au mépris de l’Etat de droit et des engagements internationaux et européens de la France.

Paris, le 23 juin 2017

Poster un commentaire

La LDH se mobilise contre l’état d’urgence !

L’Etat d’urgence : au centre de l’agenda politique.

Déjà plusieurs fois reconduit, cet instrument n’est pas prêt d’être remisé au magasin des accessoires dépassés. Après son expiration en juillet prochain, il sera sans aucun doute, vu les déclarations du gouvernement, renouvelé dans les mêmes termes. Puis ce sera le dépôt d’un projet de loi intégrant l’Etat d’urgence dans le droit commun, et qui sera examiné  à l’automne.

Le document en référence est fait pour aider à la mobilisation contre le renouvellement de cet Etat d’urgence, dans sa définition actuelle. Il comprend :

  • un résumé sous la forme de questions / réponses à son propos, rédigé par la LDH ;
  • un argumentaire détaillé écrit par des associations et syndicats qui militent depuis des mois contre l’Etat d’urgence tel qu’il est actuellement en vigueur.

Le projet de loi qui sera présenté au débat parlementaire fera l’objet à une date ultérieure d’une analyse sous une forme qui n’est pas encore arrêtée par les organisations qui ont rédigé l’argumentaire du dispositif actuel.

L’action que la LDH doit conduire est double : mobiliser les citoyennes et les citoyens sur les dangers du renouvellement de l’Etat d’urgence actuel ; interpeller les nouve-aux-lles député-e-s sur ce renouvellement qui est l’actualité de ce qu’elles et ils vont devoir adopter – ou rejeter… – dans l’une de leurs premières sessions en juillet.

Bien cordialement,

Dominique Guibert

Secrétaire général

—————————————

138 rue Marcadet – 75018 Paris

Tél. 01 56 55 51 07 – Fax : 01 42 55 51 21

ldh@ldh-france.orgwww.ldh-france.org

Poster un commentaire

Gazette d’@rrêt sur images, n°497. Les collégiens, le réalisateur, et le dieu serpent

Gazette d’@rrêt sur images, n°49

C’est l’histoire d’une jeune parisienne, brutalement transplantée dans son village natal au Sénégal, après une rixe à Paris. Elle avait droit à la nationalité française, mais avait bêtement omis de la demander. Et la voilà coincée dans ce village, sans pizzas ni hamburgers. Choc des cultures ! Horreur et fatalité ! C’est le sujet de La mort du Dieu serpent (1), le dernier « doc de Tënk » sur lequel nous nous arrêtons avant l’interruption estivale. Vous pouvez le voir sur notre site toute cette semaine (2).

Et pour en parler, avec son réalisateur Damien Froidevaux, nous avons fait appel aux collégiens de la « classe télé (3) », qui nous ont accompagnés toute cette année scolaire. Mais oui, Mamadou, Maximilian, Minyana et les autres sont sur notre plateau. Avec leur enseignante, Laura Mougel, ils ont visionné le documentaire, et soigneusement préparé la séance. Quel regard portent-ils sur ce documentaire, eux qui vivent dans l’arrondissement du Nord parisien voisin de celui de Koumba ? Entre les collégiens et le réalisateur, c’est une rencontre inattendue. Mais pas vraiment un choc des cultures. Notre émission est ici (4).

Daniel Schneidermann

(5)

Poster un commentaire

[Cerises] Le champ des possibles

Voici le 330° numéro de Cerises dans lequel est posée la question des possibles, et la « com' » macroniste démysthifiée. Il y est aussi question des retraites.

« Et maintenant », à vous de lire :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

Poster un commentaire

Collège : Blanquer explique la rentrée aux principaux

Alors que le B.O. du 22 juin publie l’arrêté sur la réforme du collège, le ministre écrit aux principaux pour expliquer ses intentions. Evoquant « une nouvelle étape », il montre comment « consolider la place des langues au collège avec al réaffirmation des classes bilangues » et le « développement du latin et/ou du grec ».

Dans sa lettre adressée le 19 juin aux principaux,  JM Blanquer annonce « une nouvelle étape pour le collège » qui « donne la possibilité d' »enrichir l’offre d’enseignements des établissements ». Pour le ministre , « cette réussite passe par la consolidation des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui), l’ouverture sur la culture , la projection vers l’avenir ».

Le ministre rappelle « qu’un EPI au minimum » doit avoir été suivi au cycle 4 et qu’il n’y a plus de thèmes imposés. Et il glisse tout de suite au rétablissement des classes bilangues et du latin grec.

Le document d’accompagnement clarifie la gestion des moyens. L’horaire ancien est continué, y compris les 4 h d’enseignements complémentaires au cycle 4 et les 3 heures par division pour dédoublements.

Ce qui change c’est à la fois les priorités et une nouvelle gestion des moyens. Dès le début du document officiel on parle d’assouplissement et d’enrichissement de l’offre d’enseignements dans chaque collège, une invitation claire à développer les enseignements facultatifs.

Si les 3 et 4 heures d’enseignements complémentaires sont maintenues, leur gestion est libérée. Chaque collège peut les attribuer librement entre AP et EPI , à condition d’avoir au moins une séquence de chaque sur le cycle 4. Le contenu des EPI n’est plus défini. Enfin , « un enseignement complémentaire peut être dispensé dans une langue vivante étrangère ».

Tout cela permet le rétablissement des classes bilangues et des filières latin grec en puisant dans les enseignements facultatifs (les 3 heures par division) mais aussi sur le temps des enseignements complémentaires.

La lettre aux principaux

La rentrée

L’arrêté qui dit adieu à la réforme

Poster un commentaire

Le Snpden veut un autre bac

Plus question de « remuscler » ou de « simplifier ». Le bac, pour le Snpden Unsa, le premier syndicat des personnels de direction, est « un truc monstrueux qui ne sert à rien ». Alors qu’une nouvelle affaire de fuite au bac venait de tomber, Philippe Tournier, secrétaire général,  a dit le 22 juin tout le mal que son syndicat  pense d’un examen perçu comme obsolète et néfaste. Le Snpden veut deux examens distinguant d’un coté la certification de fin d’études secondaires et de l’autre l’accès au supérieur.

Bac : Des sujets impossibles

« Le coût réel du bac c’est 2 milliards d’euros ». Le Snpden arrive à ce calcul en estimant toutes les heures de cours perdues du fait de l’examen. Ou plutôt des heures « volées aux élèves ». Pour Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, on paye pendant plus d’un trimestre les enseignants à fare autre chose que des cours à cause du bac.

Mais ces 2 milliards ne sont qu’un apéritif. Le Snpden n’en a pas fini avec les critiques. Le syndicat dénonce la multiplication des épreuves et cite e exemple celle de langues vivantes où d’une épreuve écrite on est passé à 3 épreuves qui occupent les enseignants de mars à juin.

Troisième critique , la question des sujets. Le Snpden est irrité par les erreurs « inadmissibles » dans les sujets. D’après le syndicat on en serait à 7 alertes depuis le début du bac. La plupart de ces erreurs, comme celle de l’épreuve de chinois Lv2, sont détectées par les candidats. « Comment se fait-il que personne n’ait rie vu », demande P Tournier.

Mais il y a pire. Pour P Tournier , l’évolution des sujets tend au sujet impossible. Il cite en exemple le sujet d’histoire des séries Es et L : « Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à nos jours ». Il en a d’autres : le sujet de français de ES et L où le texte de Proust nécessite 7 fiches vocabulaires. Ou ces sujets de bac pro qui font 10 pages. « Il faut arrêter le concours Lépine des sujets hors sol », dit il. Pour lui le résultat c’est qu’on n’évalue plus réellement les connaissances des élèves.

Le bac « sert à rien »

P Tournier estime que le bac « ne sert à rien » puisque l’orientation des lycéens est faite avant le bac, par APB. « Pour toutes les formations sélectives elle se fait sur dossiers, de façon ni anonyme, ni régulée, ni nationale », relève-t-il. Au final, « 85% des élèves obtiennent le bac et 60% échouent dans le supérieur ». Le bac ne sert donc ni à l’orientation ni à la préparation au supérieur.

P Tournier dénonce le fait que tous les bacs donnent accès au supérieur.  » Seul le bac général a été conçu pour la poursuite d’études supérieures longues. Les bacs professionnels n’ont pas été faits pour que les élèves poursuivent dans le supérieur ».

Ces bacheliers professionnels inscrits dans le supérieur « occupent des places » alors qu’ils seront en échec, souligne -t-il. « Le statut d’étudiant est aussi un statut social », poursuit-il. « Ce qui se joue pour certains c’est leur moyen de survie avec le Crous et les bourses ».

Créer un examen d’entrée dans le supérieur

Le Snpden souhaite donc une réforme totale du bac et sur ce point rejoint le ministre. Il envisage deux épreuves. D’abord un certificat d’études secondaires , simplifié et passé au milieu de l’année de terminale, et ensuite un bac qui évaluerait les compétences nécessaires à la réussite dans le supérieur.

« Il faudrait d’autres épreuves qui s’assurent que les élèves savent écrire, parler, exploiter un document, chercher sur Internet », estime-t-il. Des épreuves qui ne se compenseraient pas à la différence du bac actuel.

Pour P Tournier, « des forces antagonistes peuvent se retrouver là dessus au conseil supérieur de l’éducation ». Il invite donc le ministre à chercher le consensus.

APB : Omerta et scandale

P Tournier est aussi intervenu sur APB  pour dénoncer le scandale des formations « à pastilles vertes » devenues inaccessibles. Les lycéens avaient l’obligation de prendre au moins une de ces formations qui étaient présentées comme la garantie d’avoir une affectation. Des 169 filières embouteillées , 129 auraient trouvé des solutions, selon le ministère, a précisé P Tournier. Seulement 2000 à 2500 jeunes se trouveront sans affectation en septembre.

« On aurait pu anticiper la croissance démographique de 2017 que l’on connait depuis 17 ans », a déclaré P Tournier. « En 2018 on nous promet que tout sera réglé mais il y aura encore 40 000 lycéens de plus ».

Macron avance son projet

Au conseil des ministres du 22 juin, le gouvernement a annoncé un « contrat de réussite étudiant » dès la rentrée 2018, mis en place « après dialogue avec les organisations étudiantes et syndicales ». Ce contrat « permettra de donner aux futurs étudiants les clés de la réussite dans l’enseignement supérieur ». Le projet de réforme du bac avec réforme d’APB est lancé.

Poster un commentaire

Rythmes : pour le Snuipp, la réforme est très massivement rejetée par les enseignants

Quatre ans plus tard la réforme n’est toujours pas passée. Une très large majorité des enseignants du premier degré rejette la réforme des rythmes introduite en 2013, c’est ce que montre le sondage publié par le Snuipp Fsu le 21 juin.  Les enseignants estiment que la semaine de 5 matinées est négative pour les apprentissages, le climat scolaire et leur vie personnelle. La pause méridienne , réglementée elle aussi en 2013, est accusée des mêmes maux. Alors que le projet de décret sur les rythmes scolaires est présenté ce même 21 juin au Comité technique ministériel, le sondage du Snuipp apporte un appui important au texte ministériel. Après le détricotage de la réforme du collège, c’est celui de l’école primaire qui est avancé.

Un rejet massif

Avec près de 30 000 enseignants du premier degré , le sondage publié par le Snuipp Fsu le 21 juin fait référence. Or il est sans ambiguïté. Le rejet de la réforme des rythmes est massif.

Selon le sondage 85% des enseignants du primaire se déclarent opposés aux rythmes actuels, c’est à dire la semaine de 9 demi journées dont 5 matinées.  Le pourcentage monte à 92% en maternelle. Seulement 13% des enseignants se déclarent favorables à la réforme.

Ce que veulent les enseignants c’est le retour à la semaine de 4 jours pour 74% d’entre eux. Parmi eux 21% sont d’accord pour une semaine de 4 jours avec réduction des vacances.

Un impact jugé négatif sur les apprentissages

Trois enseignants sur quatre jugent les rythmes actuels préjudiciables à l’attention des élèves, contre 13% qui les trouvent positifs. 61% jugent qu’ils dégradent le climat scolaire et 57% estiment qu’ils sont néfastes aux apprentissages. Ce sentiment est plus fort en maternelle.

Les enseignants justifient aussi leur opinion négative en mettant en avant un impact négatif sur les conditions de travail et d’exercice du métier. Pour 82% des professeurs des écoles la réforme a eu un impact négatif en ce domaine. « Le mercredi était souvent utilisé pour préparer des leçons chronophages en terme de préparation (ex: expériences scientifiques qui demandent du temps de recherche, de faire des achats, etc.). Il est bien plus difficile de passer du temps à la préparation de ce genre de leçon alors que nous n’avons que le mercredi après-midi (sans compter les animations pédagogiques!!!). Le mercredi après-midi ne suffit pas », déclare par exemple une enseignante.

« L’organisation actuelle implique que nous les enseignants n’avons plus de contacts avec les parents. Ce sont les ATSEM ou animateurs qui jouent le rôle de relais ce qui est source de crispations ou de conflits avec les parents car nous ne pouvons plus expliquer correctement les situations », déclare une autre.

Pour 77% des enseignants, la réforme a dégradé leur vie personnelle. « On constate une plus grande fatigue chez les enseignants », déclare une enseignante. « Les temps consacrés à la classe, aux réunions et e formation donnent l’impression de ne plus quitter l’école ».

La pause méridienne rejetée

La pause méridienne, imposée par la réforme, n’a pas meilleure presse. Selon le décret Peillon  » la durée de la pause méridienne ne peut être inférieure à une heure trente ». Le sondage montre qu’en général elle est d’au moins 2 heures. Les enseignants estiment qu’elle a un impact négatif sur l’attention des élèves.  » Raccourcir la pause méridienne me parait essentiel : les enfants ne peuvent pas se reposer en collectivité donc ce n’est pas une vraie pause au sens des chronobiologistes », déclare l’un d’eux.

Les enseignants rejettent aussi les activités périscolaires jugées souvent de mauvaise qualité et accusées de créer une confusion avec l’école et de prolonger la journée des enfants.

Pour le syndicat, les enseignants réclament une réduction du nombre d’élèves par classe, la suppression des APC et le développement des Rased.

« C’est une première réponse sans équivoque. La réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon n’a pas eu les effets positifs qu’il en escomptait. Mal pensée, mal préparée, imposée par le haut, elle est aujourd’hui massivement rejetée par les enseignant.es », déclare le Snuipp.  » Quels que soient leur âge, leur école ou leur milieu d’exercice, plus de 8 enseignant.es sur 10 rejettent leur organisation actuelle. 75% souhaitent revenir à 4 jours d’enseignement hebdomadaires ».

Le Snuipp a voté pour le décret Blanquer au Conseil supérieur de l’éducation du 8 juin et au CTM du 21. Alors qu’un nombre croissant de communes demande aussi le retour à la semaine de 4 jours, beaucoup moins onéreuse pour les communes, ce sondage apporte un appui important à la contre réforme lancée par le ministre.

Poster un commentaire

Collège : des principaux critiques sur l’arrêté Blanquer

« Le MEN introduit de possibles changements, alors que nous obtiendrons au mieux des ajustements…tout simplement car les académies, elles aussi, ont bouclé le travail de préparation de rentrée, et n’auront sans doute pas de moyens supplémentaires…mais pendant ce temps, les personnels de direction auront une fois de plus été mis en difficulté ! », estime ID Fo, le syndicat FO des personnels de direction dans un communiqué du 21 juin. « En confiant à l’“autonomie” de l’établissement le soin de rétablir les horaires de langues anciennes, la LV2 en 6ème (pour ne pas dire classe bilangue), ou la section européenne (sans la nommer) ou de modifier l’organisation des enseignements de complément, comment tenir des nouveaux horaires en respectant la règle d’1H30 sur la pause méridienne, si nécessaire aux élèves ! Après avoir vanté les mérites de l’interdisciplinarité, on ouvre la porte à la possible disparition des EPI. Quelle crédibilité vis-à-vis des personnels ?.. En ajoutant la possibilité de remettre des enseignements facultatifs, nous allons accentuer la concurrence entre les EPLE ».

 

Communiqué

L’arrêté qui dit adieu à la réforme

Poster un commentaire

GAFAM : le Snes et la CGT saisissent la Cnil et la DAJ

«  Nous avons des inquiétudes concernant le développement des bases de données numériques et de l’usage qui pourrait en être fait. L’identité numérique des élèves comme celle des personnels ne saurait faire l’objet d’une quelconque diffusion, voire, pire, d’un usage mercantile. C’est pourquoi la découverte, par voie de presse, d’un courriel envoyé par le ministère aux Dan et Dsi nous a particulièrement inquiétés, tant par la forme que par le fond ». Dans un courrier du 15 juin, le Snes Fsu et la Cgt Education saisissent la Direction des affaires juridiques du ministère de l’éducation nationale de cette question. Les syndicats ont également saisi la Cnil le même jour.

Parmi les questions:  » Qui a la compétence juridique/réglementaire pour donner une autorisation d’interconnexion à un annuaire de l’Éducation nationale ? Qu’en est-il de l’application de la loi de 1978 informatique et libertés en ce qui concerne la connexion des annuaires (données élèves mineurs ou majeurs) aux GAFAM ? Existe-t-il un cadre juridique ? Si oui, pouvez-vous nous préciser lequel ? Pouvez-vous nous éclairer sur la hiérarchie entre CGU « éducation » (conditions générales d’utilisation), chartes dans l’établissement, cadre réglementaire validé par la CNIL ? »

A l’occasion d’une rencontre, le 6 juin, entre le directeur du numérique éducatif, M Jeandron, et le Snptes, c’est l’avenir de la base même des élèves qui est évoqué.  » L’hypothèse d’un abandon de la base élèves établissement SIECLE qu’exploiteraient désormais les éditeurs privés ». Hypothèse confirmée par la direction du numérique.  » Mathieu Jeandron ne dément pas que cette question est à l’étude, et s’interroge sur la viabilité de SIECLE dans les années à venir. Il faut s’interroger, selon lui, sur l’intérêt de continuer à investir sur des produits que les éditeurs privés font aussi bien, voire mieux », écrit le Snptes.

La lettre à la DAJ

La lettre à la Cnil

Le ministère ouvre l’école aux GAFAM

Snptes

Poster un commentaire

Concours : menaces sur la lente reprise des candidatures

« Cette année encore, la session n’a pas permis de pourvoir l’ensemble des postes ouverts aux concours externes ». On le savait mais deux Notes de la Depp, la division des études du ministère, apportent un éclairage historique à la crise du recrutement qui touche le premier et le second degré. Pourtant l’élan est réel depuis la reprise du recrutement en 2012 et le nombre de candidats augmente. Mais celui des postes aussi. Dans cette course, l’Education nationale perd des plumes. On peut s’interroger sur l’avenir du redressement initié depuis 5 ans.

Inégalités entre les disciplines au second degré

Aux concours du second degré 2016, 13% des postes n’ont pu être dotés, rappelle la Depp dans une nouvelle Note. Si l’on retient que les postes mis aux concours externes, 44 846 candidats se sont inscrits mais finalement seulement 11 454 ont été admis pour 13 170 postes proposés.


Le nombre de candidats a pourtant augmenté depuis 2012 passant de moins de 30 000 à 45 000. Mais le nombre de postes proposés augmente aussi : 8000 en 2012, 13 000 en 2016. Le nombre de candidats augmente juste au même rythme que celui des candidatures et l’écart entre les deux se maintient. Globalement on a toujours 3 candidats pour un admis.

Si on regarde en détail, on note de fortes variations entre les disciplines. En maths 6106 personnes se sont inscrites pour 1540 postes. Mais seulement 2732 étaient présentes et 1234 admises. En lettres modernes les 3881 inscrits n’ont donné lieu qu’à 1120 admis là où il y avait 1357 postes. Déficit aussi en anglais avec 1134 admis pour 1304 postes. Certaines disciplines connaissent l’inverse : en EPS on a 3442 présents pour 820 postes.

Inégalités régionales dans le premier

Dans le premier degré aussi tous les postes n’ont pas été pourvus en 2016. 600 postes sont restés vacants pour 13 000 postes proposés. On constate là aussi la forte reprise des candidatures (moins de 20 000 en 2012, plus de 30 000 en 2016) mais l’évolution du nombre de postes est plus rapide encore.


Dans le premier degré, la différence est surtout régionale. Les concours sont académiques et deux académies ont des besoins immenses et une population avec un bagage scolaire plus faible qu’ailleurs. En 2016 Créteil recrutait 1745 postes et Versailles 1725. Dans les deux cas on a eu à peine plus que 2000 présents. Même avec une seuil d’admission assez bas (7.5 à Créteil), tous les postes n’ont pu être pourvus. A Créteil on a compté 1321 admis pour 1745 postes. Le concours spécial dit de Créteil a apporté 500 postes supplémentaires.

Un phénomène mondial

Comment expliquer cette crise du recrutement ? On sait que les salaires enseignants , même revalorisés, restent faibles, les conditions de travail et les perspectives de carrière médiocres. Mais il faut ajouter que cette situation est générale dans les pays développés.

Partout, sous la poussée du New Public Management, on augmenté la professionnalisation des enseignants, relevé les conditions de diplôme et partout la pénurie est apparue. La crise est plutôt plus faible en France que chez nos voisins où on peut compter par exemple 10 fois plus de démissions.

La rentrée et après…

Ces données de la Depp sortent alors que les Dasen mettent un point presque final à la rentrée. En septembre 2017, il y aura beaucoup d’enseignants en plus dans les écoles et les établissements. Les 13 170 nouveaux professeurs du second degré admis en 2016 seront dans les classes à la rentrée avec les 11 858 nouveaux professeurs des écoles. Mais il y en aura moins qu’espéré.

Le pire est pourtant pour après. Le candidat Macron a prévu 2000 nouveaux postes seulement pour son quinquennat. L’effort fait pour redresser le nombre de candidatures pourrait bien se perdre dans la baisse du nombre de postes proposés dès la session 2018.

Note Depp 1er degré

Note Depp 2d degré

Suède, Angleterre, Pays Bas

L’échec des concours réservés

La crise du recrutement s’aggrave dans le 1er degré

2d degré la crise du recrutement

Poster un commentaire

Maitres + : le Snuipp en grève dans plusieurs départements le 23 juin

 » A quoi servent des CP à 12 élèves, si les conditions d’apprentissage se dégradent dans toutes les autres classes, en maternelle comme en élémentaire ? » Alors que les Dasen mettent en place en urgence la consigne ministérielle de dédoublement des CP des rep+, dans plusieurs départements, comme ici dans le 93, le Snuipp appelle à la grève le 23 juin.

« Le ministre décide… mais le ministre ne budgète pas ! A 3 semaines de la fin des classes, les enseignants apprennent qu’ils doivent mettre en place, pour la rentrée de septembre 2017, les « CP à effectif réduit » dans les 109 élémentaires REP+ de Seine-Saint-Denis, sans aucune création de postes supplémentaires », explique Rachel Schneider, secrétaire départementale du Snuipp 93.

« Pour y parvenir, le DASEN vient d’annoncer la fin du dispositif « Plus de maîtres que de classes » en REP+ et dans certaines écoles REP. Dans les écoles, c’est la consternation : le nouveau ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dit qu’il veut asseoir ses décisions sur des études sérieuses, mais le travail des «Plus de maîtres… » est balayé avant d’avoir pu être évalué ! Le ministre affirme son soutien aux équipes qui innovent, mais il supprime le meilleur levier que les équipes aient eu ces dernières années pour la réflexion pédagogique collective en stoppant net le travail des « Plus de maîtres que de classes » », dit-elle.

Pire, selon le Snuipp 93, le dasen serait contraint de ne pas ouvrir toutes les classes attendues à a rentrée. « Pour le comité technique spécial départemental de vendredi 23 juin, il propose 46 ouvertures et… 47 fermetures de classes »,précise le Snuipp.

Résultat le 23 juin, le Snuipp appelle à faire grève pour que les effectifs n’augmentent pas dans toutes les classes d’un département déjà en difficulté. « A quoi servent des CP à 12 élèves, si les conditions d’apprentissage se dégradent dans toutes les autres classes, en maternelle comme en élémentaire ? », explique R Schneider.

Même les slogans du ministre ne passent plus. « Le slogan « 100% de réussite en CP » suscite l’incompréhension », estime R Schneider. « L’apprentissage de la lecture par exemple doit se construire sur plusieurs années, sauf si l’on se satisfait, pour les élèves les plus éloignés de la culture écrite, d’un déchiffrage sans compréhension ».

Le mouvement ne se limite pas à la seine Saint Denis. Venu du terrain il est difficile à estimer. Mais le 23 juin, les enseignants du Rhône aussi seront en grève, selon Le Progrès. Là aussi il s’agit de protester contre les redéploiements liés au dédoublement et l’augmentation des effectifs dans les autres niveaux que le CP.

Sur le site Snuipp 93

Dans Le Progrès

Maitre + ou CP à 12 ?

Sur les dédoublements de CP

Crise de confiance entre Blanquer et le SNUIPP

Poster un commentaire

Communiqué LDH : « Législatives : la confirmation d’une démocratie à refonder »

Législatives : la confirmation d’une démocratie à refonder

Communiqué Ligue des droits de l’Homme

Le deuxième tour des législatives confirme le désarroi démocratique révélé par le premier tour. L’abstention massive est une nouvelle preuve de la distance que prennent nombre de nos concitoyen-ne-s vis-à-vis du processus électoral, alors même qu’il s’agissait de choisir celles et ceux dont le rôle est de faire la loi et de contrôler le gouvernement. Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH) qui l’affirme à nouveau, c’est bien la démocratie qu’il faut refonder, en s’y attelant dès maintenant.

Face à la demande de débats démocratiques publics et contradictoires, le message envoyé aux député-e-s nouvellement élu-e-s, c’est qu’il faut changer la façon de faire participer les citoyennes et les citoyens aux décisions sur les  choix de politiques publiques qui les concernent.

Après son score historique à l’élection présidentielle, l’entrée à l’Assemblée nationale de huit député-e-s du Front national doit avoir comme conséquence une ardente obligation et une totale détermination à agir pour redonner enfin, à toutes et à tous, le goût de la démocratie, du progrès social, du combat contre les discriminations et les inégalités.

Le président Macron a désormais le pouvoir de faire avec sa majorité et son gouvernement. Il leur revient de tirer les leçons de ces scrutins et de répondre aux inquiétudes exprimées. Au vu de leur programme et des premiers projets annoncés, la LDH restera vigilante et agira pour une refondation forte de notre démocratie, pour un dialogue civil et social renforcé, pour la défense de l’Etat de droit, pour la justice sociale et les droits économiques et sociaux.

C’est ce combat pour une société solidaire et pour l’effectivité des droits fondamentaux que la LDH entend mener, avec toutes celles et tous ceux qui le partagent.

Paris, le 19 juin

Poster un commentaire

L’Union syndicale Solidaires publie une carte des suicides

 par Nolwenn Weiler 20 juin 2017

« Rendre visible les suicides liés au travail » : c’est l’objectif de la carte réalisée par l’union syndicale Solidaires. Après les suicides le 7 mars d’une infirmière à l’hôpital Cochin et d’un cheminot le 10 mars à la gare St Lazare, Solidaires a décidé de recenser les suicides au travail et de les rendre publics. Et malheureusement, la liste s’allonge : en mars, à Tarbes, un technicien et un ingénieur travaillant pour Daher Socata, une ancienne filiale d’EADS qui construit des avions légers, ont mis fin à leur jour ; en avril, à Amiens, trois salariés de l’équipementier Valeo se suicidaient ; en mai, l’InterSyndicat national des internes (ISNI) de Bordeaux déplorait le cinquième suicide d’un interne hospitalier depuis la rentrée universitaire.

Partout les directions d’entreprises cherchent à rendre invisibles ces drames qui, pourtant, pourraient être en partie liés aux conditions de travail : à la SNCF, dans les hôpitaux, à la Poste, dans de trop nombreuses entreprises, petites et grandes, qui n’ont parfois aucune équipe syndicale pour alerter sur ces situations.

- A relire : Les suicides au travail sont-ils statistiquement admissibles ?

Solidaires invite les équipes syndicales, les salariés et militants qui ont connaissance d’un suicide probablement lié au travail à les informer en remplissant un court formulaire. Seules informations nécessaires : le lieu et la date du suicide, avec un lien vers la source l’ayant rendu public (communiqué tract syndical, article de presse…).

https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/carte-des-suicides-au-travail_135473?scaleControl=false&miniMap=false&scrollWheelZoom=false&zoomControl=true&allowEdit=false&moreControl=true&searchControl=null&tilelayersControl=null&embedControl=null&datalayersControl=true&onLoadPanel=undefined&captionBar=false

Poster un commentaire

[Cerises] Spécial 2e tour

Et voici pour le 2e tour des législatives.
A vendredi prochain !

L’équipe de Cerises :


Cerises
www.cerisesenligne.fr

2 rue Edouard Vaillant
Saint-Denis, 93200

Poster un commentaire